# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2b088f20-7d4d-526a-9e61-5d0410768149
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-06-10
**Language:** fr
**Title:** Bern Obergericht Strafkammern 10.06.2020 SK 2019 226
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_ZivilStraf/BE_OG_005_SK-2019-226_2020-06-10.pdf

## Full Text

1

Cour suprême
du canton de Berne

2e Chambre pénale

Obergericht
des Kantons Bern

2. Strafkammer

Jugement 
SK 19 226

Hochschulstrasse 17
Case postale
3001 Berne
Téléphone +41 31 635 48 13
Fax +41 31 634 50 55
coursupreme-penal.berne@justice.be.ch
www.justice.be.ch/coursupreme

Berne, le 10 juin 2020
(Expédition le 17 juin 2020)

Composition Juges d’appel Schleppy (Présidente e.r.), Geiser et Niklaus
Greffière Müller

Participants à la procédure A.________
représenté d'office par Me B.________
prévenu/appelant

Parquet général du canton de Berne, Nordring 8, 3013 Berne
ministère public

C.________, (nouveau nom et adresse connus du Tribunal)
représentée par Me D.________
partie plaignante demanderesse au pénal et au civil/appelante par 
voie de jonction

Préventions brigandage, alternativement recel, alternativement vol

Objet appel contre le jugement du Tribunal régional Jura bernois-
Seeland (juge unique) du 29 mars 2019 (PEN 2018 768)

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Considérants

I. Procédure
Note : la signification des abréviations générales employées est décrite sur la dernière page du 

présent jugement. Les autres abréviations utilisées seront explicitées dans le texte du 
jugement.

1. Mise en accusation

1.1 Par acte d’accusation du 30 juillet 2018 (ci-après également désigné par : AA), le 
Ministère public du canton de Berne a demandé la mise en accusation de 
A.________ pour les faits et infractions suivants (dossier [ci-après désigné par : 
D.], pages 133p-133r) :
I.1 Brigandage (art. 140 ch. 1, 2e phrase, CP),

alternativement recel (art. 160 ch. 1 CP) :

Infraction commise le 7 juillet 2017 vers 16h55 à G.________, au préjudice de C.________ 
et de F.________,

en entrant dans le magasin F.________ en portant un bonnet sur la tête et équipé d'un sac 
à dos ainsi que d'un sac en bandoulière, 

en prenant dans les étalages du magasin divers produits, dont des parfums et des parures 
de lit, et en les introduisant dans son sac à dos et son sac en bandoulière, sans avoir 
l'intention de les payer,

en remarquant que l'employée C.________ avait repéré ses agissements et était sur le 
point de quitter le magasin pour attendre la police, 

en se précipitant alors vers la sortie du magasin, dans le but de quitter les lieux avec son 
butin, se retrouvant face à l'employée C.________ qui déplaçait un porte-vêtements afin 
d'empêcher l'entrée de nouveaux clients dans le magasin,

C.________ lui disant de s'arrêter en tendant la main gauche devant elle,

en disant « sors de là » à C.________, en laissant tomber les parures de lit qu'il tenait dans 
ses mains, en se précipitant sur C.________, en lui donnant un coup de poing sur la joue 
droite, la faisant ainsi chuter au sol, la mettant ainsi hors d'état de résister et dans 
l'incapacité de l'empêcher de quitter les lieux, dans le but de pouvoir prendre la fuite avec 
le butin,

en lui marchant sur le bras gauche pour sortir du magasin,

en abandonnant sur place une partie du butin, à savoir le sac en bandoulière contenant 
2 bouteilles de parfum Hugo Boss de 100 ml et 1 bouteille de parfum Nikos, Sculpture, de 
100 ml (valeur totale : CHF 179.70) ainsi que des parures de lit,

en parvenant à prendre la fuite en emportant 2 bouteilles de parfum Joop, Eau de toilette, 
2 bouteilles de parfum Bulgari, Omnia, 40 ml, 2 bouteilles de parfum Azzaro, Eau de toilette 
et 1 bouteille de parfum Nikos, Sculpture (valeur totale : CHF 285.30),

en causant, par ses agissements, à C.________ des contusions à la mâchoire, côté droit, 
à l'intérieur du bras gauche, ainsi qu'au niveau des reins, et une élongation de l'épaule 
droite, C.________ souffrant encore de douleurs à la colonne vertébrale et à l'épaule droite 
en date du 17 octobre 2017. [faits contestés]

ALTERNATIVEMENT

Infraction commise le 7 juillet 2017 vers 16h00 à G.________, derrière la gare CFF, en 
achetant à un arabe inconnu 2 bouteilles de parfum Joop, Eau de toilette, 2 bouteilles de 
parfum Bulgari, Omnia, 40 ml, 2 bouteilles de parfum Azzaro, Eau de toilette et 1 bouteille 
de parfum Nikos, Sculpture (valeur totale : CHF 285.30) pour la somme de CHF 120.00, 
alors qu'il savait, ou devait savoir - notamment au regard du prix de vente convenu, bien 
inférieur au prix du marché - qu'ils provenaient d'une infraction contre le patrimoine, en 

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l'espèce un brigandage commis quelques minutes plus tôt à la G.________ au préjudice de 
C.________ et F.________.

I.2 Non-respect d'une interdiction de pénétrer dans une région déterminée (art. 119 
aI. 1 LEtr) :

Infraction commise le 7 juillet 2017 en venant à G.________, enfreignant ainsi l'interdiction 
de périmètre H.________ qui lui avait été valablement notifiée et dont il avait parfaitement 
connaissance. [faits admis]

2. Première instance

2.1 Pour la description des différentes étapes de la procédure préliminaire et de 
première instance, il est renvoyé aux motifs du jugement du 29 mars 2019 
(D. 225).

2.2 Par jugement du 29 mars 2019 (D. 215-219), le Tribunal régional Jura bernois-
Seeland a :
I.

1. libéré A.________ de la prévention d’infraction à la loi sur les étrangers, commise le 
7 juillet 2017, par le fait de n’avoir pas respecté une interdiction de pénétrer dans une 
région déterminée ;

2. fixé l’indemnité de Me B.________, défenseur d’office de A.________, à CHF 605.05 :

Prestations dès le 1er janvier 2018

Tarif
Indemnité pour la défense d'office 2.57 200.00 CHF 514.00

CHF 22.50
CHF 25.30

TVA 7.7% de CHF 561.80 CHF 43.25
CHF 605.05Total à verser par le canton de Berne

Supplément en cas de voyage

Nbre heures

Frais soumis à la TVA

3. mis les frais de cette partie de la procédure, composés de CHF 637.50 d’émoluments et de 
CHF 734.60 de débours (y compris les honoraires de la défense d’office), soit un total de 
CHF 1'372.10, à la charge du canton de Berne ;

II.

- reconnu A.________ coupable de brigandage, infraction commise le 7 juillet 2017, à 
G.________, au préjudice de C.________ et de F.________ ;

III.

- condamné A.________ :

1. à une peine privative de liberté de 8 mois ;

l’arrestation provisoire d’un jour a été imputée à raison d’un jour sur la peine 
privative de liberté prononcée ;

2. il a été prononcé une expulsion de 5 ans du territoire suisse ;

3. au paiement des frais de procédure afférents à la condamnation, composés de 
CHF 5'737.50 d’émoluments et de CHF 7'062.95 de débours (y compris les 
honoraires de la défense d’office), soit un total de CHF 12'800.45 (honoraires de 
la défense d’office non compris : CHF 6'923.80) ;

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IV.

- fixé comme suit l’indemnité pour la défense d’office afférente à la condamnation et les 
honoraires de Me B.________, défenseur d'office de A.________ :

Prestations jusqu’au 31 décembre 2017 

Tarif
Indemnité pour la défense d'office 1.67 200.00 CHF 334.00

CHF 65.00
TVA 8.0% de CHF 399.00 CHF 31.90

CHF 430.90

CHF 450.00
CHF 65.00

TVA 8.0% de CHF 515.00 CHF 41.20
Total CHF 556.20

Montant à rembourser ultérieurement par le prévenu CHF 125.30

Honoraires d'un défenseur privé
Frais soumis à la TVA

Nbre heures

Frais soumis à la TVA

Total à verser par le canton de Berne

Prestations dès le 1er janvier 2018

Tarif
Indemnité pour la défense d'office 23.13 200.00 CHF 4'626.00

CHF 202.50
CHF 227.90

TVA 7.7% de CHF 5'056.40 CHF 389.35
CHF 5'445.75

Honoraires d'un défenseur privé 23.13 270.00 CHF 6'245.10
CHF 202.50
CHF 227.90

TVA 7.7% de CHF 6'675.50 CHF 514.00
Total CHF 7'189.50

Montant à rembourser ultérieurement par le prévenu CHF 1'743.75

Supplément en cas de voyage

Supplément en cas de voyage

Nbre heures

Frais soumis à la TVA

Frais soumis à la TVA

Total à verser par le canton de Berne

dit que le canton de Berne indemnisait Me B.________ de la défense d’office de 
A.________ par un montant de CHF 5'876.65 ; 

dit que dès que sa situation financière le permettait, A.________ serait tenu de rembourser 
d'une part au canton de Berne l’indemnité allouée pour sa défense d'office, d'autre part à 
Me B.________ la différence entre cette indemnité et les honoraires que celui-ci aurait 
touchés comme défenseur privé (art. 135 al. 4 CPP) ;

V.

1. condamné A.________, en application des art. 41 et 49 CO, 126, 432 ss CPP, à verser à 
la partie plaignante demanderesse au pénal et au civil C.________ : 

1.1. un montant de CHF 1'793.70 à titre de dommages-intérêts ; 

1.2. un montant de CHF 500.00 à titre d’indemnité pour tort moral ;

2. rejeté pour le surplus les prétentions civiles de C.________ ; 

3. dit que le jugement de l’action civile n’avait pas engendré de frais particuliers ; 

4. compensé les dépenses occasionnées par les conclusions civiles ; 

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VI.

- ordonné :

1. la confiscation des objets suivants pour destruction (art. 69 CP) :

- 1 bonnet blanc et noir avec pompon noir de marque « Original » ; et

- 1 sac en bandoulière noir avec logo d’un joueur de baseball, marque « Deluxe » ;

2. que la requête d’autorisation du profil d’ADN prélevé sur la personne de A.________ et 
répertorié sous le numéro PCN ________ soit soumise après l’échéance du délai prévu 
par la loi à l’autorité de céans (art. 16 al. 4 de la loi sur les profils d’ADN) ;

3. que la requête d’autorisation d’effacement des données signalétiques biométriques 
prélevées soit soumise après l’échéance du délai prévu par la loi à l’autorité compétente 
(art. 17 al. 4 en relation avec l’art. 19 al. 1 de l’ordonnance sur le traitement des données 
signalétiques biométriques) ; 

4. l’inscription dans le système d’information Schengen de l’expulsion (refus d’entrée et de 
séjour) ; 

[…]

2.3 Par courrier du 12 avril 2019 (D. 245), Me B.________ a annoncé l'appel pour 
A.________. 

2.4 Le 4 juin 2019 (D. 223-242), le Tribunal régional Jura bernois-Seeland a rendu la 
motivation du jugement du 29 mars 2019.

3. Deuxième instance

3.1 Par courrier du 27 juin 2019 (D. 254-255), Me B.________ a déclaré l'appel pour 
A.________. L’appel est limité à « la condamnation du prévenu pour brigandage 
(ch. II), avec les conséquences en matière de frais, dépens et prétentions civiles, 
ainsi qu’en tout état de cause sur le prononcé d’une expulsion ». A cette 
occasion, la défense a déposé trois pièces relatives à la situation familiale et 
professionnelle du prévenu (D. 256-258).

3.2 Le Parquet général a renoncé à participer à la procédure d’appel (courrier du 
31 juillet 2019, D. 263-264).

3.3 Dans sa lettre du 2 août 2019 (D. 265-266), Me D.________ a déclaré l'appel joint 
pour C.________ (ci-après également : la partie plaignante). Celle-ci a précisé 
son appel joint le 27 août 2019 (date du sceau postal) en requérant la 
confirmation du jugement de première instance s’agissant du volet pénal, l’appel 
joint étant limité à l’action civile adhésive. Elle a pris les conclusions suivantes 
(D. 273-274) :
1. Das Urteil des Regionalgerichts Berner Jura-Seeland vom 29. März 2019 sei im Strafpunkt 

vollumfänglich zu bestätigen;

2. Der Beschuldigte, A.________, sei wegen Raubes, begangen am 7. Juli 2017 in Biel zum 
Nachteil der Privat- und Strafklägerin, C.________ und der F.________ schuldig zu 
erklären und zu verurteilen zu(r)

a. einer Freiheitsstrafe von 8 Monaten; 

b. einem Landesverweis von 5 Jahren aus dem schweizerischen Staatsgebiet;

c. Bezahlung der gesamten Verfahrenskosten (erst- und oberinstanzlich);

3. Das Urteil des Regionalgerichts Berner Jura-Seeland vom 29. März 2019 sei im Zivilpunkt 
wie folgt abzuändern;

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4. Der Beschuldigte, A.________, sei zu verurteilen:

a. einen Schadenersatz zu bezahlen an die Privat- und Strafklägerin in der Höhe von 
CHF 1'793.70; 

b. eine Genugtuungssumme von CHF 1'000.00 zu bezahlen an die Privat- und 
Strafklägerin;

Unter Kosten- und Entschädigungsfolgen.

3.4 Un nouvel extrait du casier judiciaire suisse a été requis (D. 305-307).

3.5 Un nouvel extrait du registre des poursuites a été requis (D. 308-311).

3.6 En vue des débats en appel, il a été ordonné la comparution personnelle de 
A.________, Me B.________ et C.________, cette dernière pouvant être 
accompagnée de Me D.________, ainsi que de la témoin E.________

3.7 Par courrier du 6 avril 2020, Me B.________ a déposé plusieurs pièces relatives à 
la situation personnelle du prévenu (D. 339-342).

3.8 Un nouvel extrait du casier judiciaire suisse a été requis (D. 347-349).

3.9 Le dossier de la procédure no BJS 20 845 a été édité et une copie de 
l’ordonnance pénale y relative a été jointe au dossier (D. 350-351 ; 355-357 ; 
359).

3.10 Par courrier du 8 juin 2020, Me B.________ a déposé plusieurs pièces relatives à 
la situation familiale et professionnelle du prévenu (D. 368-372).

3.11 Lors de l’audience des débats en appel le 10 juin 2020, l’ordonnance de 
séquestre du 1er décembre 2017, retrouvée la veille dans les objets séquestrés, a 
été insérée au dossier (D. 374 ; 379-390). A la demande de la défense, il a été 
décidé d’examiner la prévention faisant l’objet de la présente procédure 
également sous l’angle de la qualification juridique de vol (art. 344 du Code de 
procédure pénale suisse [CPP ; RS 312.0]). Les parties ont retenu les 
conclusions finales suivantes, Me D.________ ayant déposé les siennes, pour 
C.________, avant que toutes deux ne s’en aillent, ayant été dispensées de 
comparution dès la fin de l’audition de la partie plaignante : 

Me B.________ pour A.________ (D. 393) :
A. Prendre acte que le jugement du 29 mars 2019 est entré en force dans la mesure où il a : 

1. libéré M. A.________ de la prévention d’infraction à la loi sur les étrangers 
commise le 7 juillet 2017 (ch. I.1) ;

2. fixé l’indemnité due au mandataire d’office à CHF 605.05 (ch. I.2) ;

3. mis les frais de cette partie de la procédure à charge du canton de Berne à raison 
de CHF 1'372.10 (ch. I.3) ;

B. En réformation du jugement du 29 mars 2019 (ch. II à VI) :

1. Libérer M. A.________ de la prévention de brigandage, infraction prétendument 
commise le 7 juillet 2017 à G.________ ;

2. Libérer M. A.________ de la prévention alternative de recel, infraction 
prétendument commise le 7 juillet 2017 à G.________ ;

3. Rejeter en conséquence les conclusions civiles de la partie plaignante ; 

4. En tout état de cause et si par extraordinaire la conclusion B.1 ci-dessus n’était 
pas accueillie favorablement, renoncer (art. 66a al. 2 CP) à prononcer l’expulsion 

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html

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de M. A.________ du territoire suisse, les faits sous ch. I.1 de l’acte d’accusation 
n’étant pas constitutifs de brigandage mais de vol ;

5. Laisser les frais à la charge de l’état ;

6. Taxer l’indemnité due au défenseur d’office et la mettre à charge de l’Etat.

C. En tout état de cause, rejeter l’appel [joint] de la partie plaignante ;

D. Sous suite de frais et dépens.

Me D.________, pour C.________, a confirmé ses conclusions précédentes et les 
a complétées en ce sens que le prévenu soit condamné à lui verser une 
indemnité pour ses dépenses correspondant à la note d’honoraires déposée 
(D. 374 ; 381).

3.12 Prenant la parole en dernier, A.________ a déclaré en substance qu’il était 
innocent et qu’il souhaitait pouvoir continuer à voir ses enfants grandir (D. 387).

4. Objet du jugement de deuxième instance

4.1 La 2e Chambre pénale limitera son examen aux points qui ont été attaqués. Les 
points qui n’ont pas été attaqués ont d’ores et déjà acquis force de chose jugée 
en vertu de l’art. 402 CPP, sous réserve de la disposition de l’art. 404 al. 2 CPP 
qui donne à la juridiction d’appel la possibilité de réexaminer en faveur du 
prévenu des points du jugement qui ne sont pas attaqués, afin de prévenir des 
décisions illégales ou inéquitables.

4.2 En l’espèce, l’acquittement du prévenu s’agissant de l’infraction à la loi sur les 
étrangers et ses conséquences ainsi que la confiscation des objets séquestrés 
pour destruction ne sont pas remis en cause. A.________ conteste uniquement la 
reconnaissance de culpabilité concernant le brigandage commis le 7 juillet 2017 
et ses conséquences (peine prononcée, expulsion, frais de la procédure, 
condamnation sur le plan civil). La partie plaignante conteste en substance 
exclusivement le montant qui lui a été alloué à titre de tort moral.

4.3 Ainsi, la libération du prévenu de l’infraction à la loi fédérale sur les étrangers 
(LEtr ; dès le 1er janvier 2018, la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration 
[LEI] ; RS 142.20) et les frais afférents à celle-ci ainsi que l’indemnité allouée en 
lien avec cette partie de la procédure sont entrés en force. Il en va de même 
concernant la confiscation des objets séquestrés pour destruction.

4.4 Au surplus, il est précisé que la partie plaignante a pris des conclusions relatives 
à la quotité de la peine et à la mesure d’expulsion prononcées à l’encontre du 
prévenu, contrairement à ce que prévoit l’art. 382 al. 2 CPP. Ces conclusions sont 
donc irrecevables et ne seront pas prises en considération. 

5. Maxime d’instruction, pouvoir de cognition et pouvoir d’examen

5.1 Lorsqu’elle rend sa décision, la 2e Chambre pénale n’est pas liée par les motifs 
invoqués par les parties ni par leurs conclusions, sauf lorsqu’elle statue sur une 
action civile (art. 391 al. 1 CPP).

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a402
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a404
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20020232/index.html
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a391

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5.2 Dans la présente procédure, elle est liée par l’interdiction de modifier le jugement 
en défaveur (reformatio in peius) de A.________ en vertu de l’art. 391 al. 2 CPP, 
la question du tort moral mise à part. 

5.3 La 2e Chambre pénale jouit d’un plein pouvoir d’examen sur tous les points 
attaqués du jugement (art. 398 al. 2 CPP). L’appel peut être formé pour violation 
du droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation, le déni de justice et 
le retard injustifié, pour constatation incomplète ou erronée des faits ou pour 
inopportunité (art. 398 al. 3 CPP).

6. Renvoi aux motifs du jugement de première instance

6.1 Conformément à l’art. 82 al. 4 CPP, lors de la procédure d’appel, la 2e Chambre 
pénale peut, s’agissant de l’appréciation en fait et en droit des faits faisant l’objet 
de l’accusation, renvoyer à l’exposé des motifs du jugement du Tribunal régional 
Jura bernois-Seeland. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la possibilité de 
renvoyer à l’exposé des motifs de l’autorité inférieure doit cependant être utilisée 
avec réserve. Un renvoi n’entre en considération, lorsque l’état de fait ou 
l’application du droit est contesté, que lorsque l’autorité de deuxième instance fait 
(totalement) siennes les considérations de l’autorité précédente (ATF 141 IV 244 
consid. 1.2.3). Les arguments de la partie appelante doivent en outre être traités 
avant une éventuelle confirmation du premier jugement concernant l’appréciation 
en fait et en droit (arrêt du Tribunal fédéral 6B_731/2015 du 14 avril 2016 
consid. 1.4).

6.2 Sur la base de cette jurisprudence, la 2e Chambre pénale ne renverra aux motifs 
de première instance susceptibles d’être confirmés qu’après avoir traité les 
arguments soulevés par les parties en procédure d’appel. Elle désignera les 
pages auxquelles il est renvoyé et indiquera en outre si des corrections ou 
compléments doivent être apportés et, le cas échéant, sur quels points précis.

II. Faits et moyens de preuve

7. Résumé des faits et moyens de preuve dans le jugement de première 
instance

7.1 Les motifs du jugement de première instance se fondent sur les divers moyens de 
preuve administrés (D. 226 ; 229-233), qui sont les suivants : 

- le rapport de dénonciation du 24 octobre 2017, complété par courriel du 
31 janvier 2018 (avec photographies ; D. 12-19) ; 

- les auditions du prévenu par la police les 8 juillet, 10 et 20 octobre 2017 
(D. 27-38) ;

- l’audition du prévenu par le Ministère public le 31 janvier 2018 (D. 39-45) ;

- l’audition de la partie plaignante et du prévenu par le Ministère public en 
confrontation le 31 août 2017 (D. 46-48) ;

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a391
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a398
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a398
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a82
http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-141-IV-244&lang=fr&zoom=&system=
http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=6B_731%2F2015&rank=1&azaclir=aza&highlight_docid=aza%3A%2F%2F14-04-2016-6B_731-2015&number_of_ranks=1

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- les auditions du prévenu par le Tribunal régional Jura bernois-Seeland le 
22 février 2019 et le 29 mars 2019 (D. 166-169 ; 200) ;

- l’audition de la partie plaignante par la police le 7 juillet 2017 (D. 53-57) ;

- les auditions de la partie plaignante lors de l’audience des débats de 
première instance par-devant le Tribunal régional Jura bernois-Seeland le 
22 février 2019 et le 29 mars 2019 (D. 163-164 ; 199) ;

- l’audition de I.________ par la police le 8 juillet 2017 (D. 49-52) ;

- l’audition de E.________ le 8 juillet 2018 (recte : 2017 ; D. 58-61) ;

- l’audition de J.________, épouse du prévenu, lors de l’audience des débats 
de première instance par devant le Tribunal régional Jura bernois-Seeland le 
22 février 2019 (D. 165) ;

- les données signalétiques saisies le 8 juillet 2017 (D. 102-108) ;

- le rapport d’identité judiciaire du 24 août 2017 (D. 62-71) et son complément 
du 13 juillet 2018 (D. 72a-72i) ; 

- les rapports médicaux établis respectivement le 19 février 2018 par la 
Dresse méd. K.________, médecin-cheffe en chirurgie au Centre hospitalier de 
G.________, (D. 75-80) et le 26 février 2018 par le Dr méd. L.________, 
médecin généraliste à M.________ et médecin-traitant de la partie plaignante 
(D. 81-86) ; 

- divers documents relatifs à la situation personnelle du prévenu, remis par la 
défense tout au long de la procédure (D. 144-155 ; 171 ; 212-214) ;

- divers documents sur la situation du prévenu (D. 88-100 ; 118c-118d) ;

- divers documents (photographies, factures, ordonnances médicales) remis 
par la partie plaignante lors de l’audience des débats de première instance 
(D. 172-178 ; 203-207) ;

- les dossiers édités des procédures S 08 751 (dont une copie du jugement et 
du procès-verbal d’audience a été jointe au dossier, D. 179-187) et BJS 18 
23601.

8. Moyens de preuve administrés en procédure d’appel

8.1 En procédure d’appel, il a été procédé à un complément d’administration de la 
preuve. Me B.________, pour le prévenu, a déposé divers documents relatifs à la 
situation personnelle de ce dernier (D. 256-258 ; 340-342 ; 369-372), joints au 
dossier, au sujet desquels la 2e Chambre pénale se déterminera en tant que 
nécessaire ci-après. Il a en outre été procédé à trois auditions complémentaires. 
Le contenu des dites auditions sera évoqué plus loin dans la mesure utile. Suite à 
la réquisition d’un nouvel extrait du casier judiciaire, le dossier de la procédure 
no BJS 20 845 a été édité et une copie de l’ordonnance pénale y relative a été 
jointe au dossier (D. 355-357).

10

III. Appréciation des preuves

9. Règles régissant l’appréciation des preuves

9.1 En ce qui concerne l’approche légale de l’appréciation des preuves et le principe 
de la libre appréciation des preuves (art. 10 al. 2 CPP), la 2e Chambre pénale se 
réfère aux motifs de première instance (D. 226-229), sans les répéter.

9.2 On ajoutera qu’en raison de conditions propres à la psychologie de la mémoire, la 
première déclaration revêt une importance décisive (ATF 129 I 49 consid. 6.1). 
De ce fait, en cas de déclarations contradictoires d’une même personne au cours 
de la procédure, il y a en principe lieu d’appliquer la règle d’appréciation des 
preuves selon laquelle les premières déclarations spontanées sont en général 
exemptes de prévention et plus fiables que les déclarations subséquentes, ces 
dernières pouvant être influencées de manière consciente ou inconsciente par 
des réflexions postérieures, notamment au sujet de leur portée et de leurs 
conséquences (ATF 115 V 133 consid. 8.c ; ATF 121 V 45 consid. 2.a).

10. Ad exploitabilité et valeur probante des traces dactyloscopiques et d’ADN

10.1 En premier lieu, la défense conteste l’exploitabilité de la trace dactyloscopique 
retrouvée après les faits, sur un parfum abandonné dans le magasin F.________ 
par l’auteur, ainsi que celle de la trace d’ADN retrouvée sur le bonnet. Elle 
argumente que les objets supports des traces n’ont pas été séquestrés, 
respectivement ne l’ont pas été en temps utile en ce qui concerne le bonnet et la 
sacoche, de sorte que les conclusions tirées de leurs analyses ne sont pas 
exploitables. Elle ajoute que les parfums ne sont pas au dossier, que les analyses 
faites ne peuvent être vérifiées et que ceci est d’autant plus problématique que le 
nombre de parfums laissés sur place par l’auteur des faits est incertain (D. 385-
386). 

10.2 Dans la mesure où la défense a plaidé l’exploitabilité et la valeur probante de ces 
éléments de manière conjointe, ces deux questions seront également traitées 
ensemble dans le présent chapitre. La valeur probante sera également reprise en 
tant que nécessaire dans le cadre de l’appréciation des preuves (ch. 11 ci-
dessous).

10.3 L’exploitation des moyens de preuves obtenus illicitement est réglée à 
l’art. 141 CPP, qui prévoit en particulier que les preuves administrées d’une 
manière illicite ou en violation de règles de validité ne sont pas exploitables, sauf 
si elles sont indispensables à l’élucidation d’infractions graves (al. 2).

10.4 On relèvera d’emblée que le séquestre des objets sur lesquels des traces ADN 
ou autres ont été prélevées n’est pas une condition préalable à leur analyse 
(cf. art. 255 ss CPP) et n’est pas non plus une condition à la prise en compte des 
résultats obtenus par ce biais. En effet, si un séquestre peut bien entendu être 
maintenu suite aux analyses de la police scientifique (Décision de la Cour 
suprême du canton de Berne BK 13 423 du 12 février 2014 consid. 3.3), il n’existe 
pas d’obligation de prononcer un séquestre. Au contraire, il appartiendra à 

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a10
http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-129-I-49&lang=fr&zoom=&system=
http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-115-V-133&lang=fr&zoom=&system=
http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-121-V-45&lang=fr&zoom=&system=

11

l’autorité de statuer au cas par cas en fonction des circonstances concrètes, le 
principe de proportionnalité jouant un rôle prépondérant (cf. notamment Décision 
de la Cour suprême BK 15 376 du 23 mars 2016 consid. 2.2, dans le cas d’un 
séquestre disproportionné requis par la partie plaignante). Ces considérations 
sont parfaitement évidentes puisque le moyen de preuve n’est pas l’objet sur 
lequel ont eu lieu les prélèvements mais la trace ainsi que le rapport relatif aux 
conclusions de police scientifique tirées des analyses du prélèvement (voir 
également : FELIX BOMMER/PETER GOLDSCHMID, in Basler Kommentar, 
Strafprozessordnung/Jugendstrafprozessordnung, 2e éd. 2014, no 8 ad 
art. 263 CPP). 

10.5 En l’espèce, l’argument de l’inexploitabilité en tant que conséquence de l’absence 
de séquestre tombe également à faux s’agissant du bonnet et de la sacoche, ceci 
d’autant plus qu’ils ont été séquestrés le 1er décembre 2017 par le Ministère 
public. Cette ordonnance n’est pas tardive, contrairement à ce qu’invoque la 
défense, les dispositions sur le séquestre ne prévoyant pas de date limite pour 
formaliser le séquestre par ordonnance (art. 263 ss CPP) et cet acte de 
procédure ayant été réalisé en l’espèce bien avant la clôture de l’instruction. 

10.6 Les jurisprudences citées par la défense lors des débats de première et de 
seconde instance ne sont quant à elles pas pertinentes, traitant notamment de 
questions de compétence, de séquestre de valeurs patrimoniales ou 
d’exploitabilité de déclarations figurant uniquement dans un rapport de police qui 
ne se posent pas en l’espèce (ATF 143 IV 313 ; arrêts du Tribunal fédéral 
6B_28/2018 du 7 août 2018 ; 6B_234/2019 du 5 décembre 2019 consid. 1.3).

10.7 La défense a cité deux références de doctrine traitant des risques d’erreurs dans 
les analyses effectuées sur des traces dactyloscopiques et d’ADN (JOËLLE 
VUILLE/ALEX BIEDERMANN, Une preuve scientifique suffit-elle pour fonder une 
condamnation pénale ?, in : RDS 2019 I 491-511 ; CYRIELLE FRIEDRICH, Les 
nouvelles technologies dans la procédure pénale: aspects techniques et 
juridiques de ces moyens de preuve, thèse, 2013 ; D. 385-386). Le fait que des 
erreurs soient abstraitement possibles ne suffit toutefois pas à lui seul pour 
discréditer les analyses effectuées dans le présent cas.

10.8 Les parfums volés dans le magasin F.________ le 7 juillet 2017 ont été restitués 
au magasin lésé le 9 août 2017 (D. 24), après que les traces ont été préservées. 
Celles-ci ont ensuite fait l’objet d’analyses par le Service de l’identité judiciaire 
(ci-après : SIJ ; D. 62-71 ; 72a-72i). Une empreinte digitale avec un résultat 
d’identification positif a été mise en évidence sur un parfum encore emballé, 
destiné à être restitué rapidement au lésé, à qui il n’avait pas été soustrait par 
l’auteur. Dans ces conditions, il est compréhensible qu’une ordonnance de 
séquestre n’ait pas paru indispensable.

10.9 Contrairement à ce qu’invoque la défense, le fait que le SIJ ait établi un seul 
inventaire n’exclut pas que les analyses des différents objets aient été effectuées 
séparément. Au contraire, dans le rapport complémentaire du 13 juillet 2018, le 
SIJ indique expressément que les objets ont été emballés séparément tels que 

12

trouvés par les agents et qu’en particulier, les parfums retrouvés sur le prévenu et 
dans la sacoche laissée dans le magasin n’ont pas été mélangés, de même que 
le bonnet ; en outre, le SIJ précise que toutes les précautions ont été prises au 
sein du laboratoire pour que les objets n’entrent pas en contact les uns avec les 
autres (D. 72c, réponse à la question no 1). Ainsi, la trace dactyloscopique en 
question a bel et bien été prélevée sur l’un des parfums retrouvés dans la 
sacoche laissée sur place par l’auteur des faits et elle n’a pas pu être altérée.

De plus, c’est en vain que la défense tente de soulever une incohérence dans le 
rapport du SIJ du 24 août 2017 en relevant que la trace dactyloscopique au 
résultat positif est indiquée sous le no 004.2 dans l’inventaire (D. 66), alors qu’il 
est fait mention de la trace dactyloscopique no 004.1 sur la photographie des 
parfums retrouvés dans la sacoche (D. 69). En effet, ces deux numéros diffèrent 
car il s’agit de deux traces distinctes et il convient de constater que les 
collaborateurs du SIJ ont signalé sur la photographie l’emplacement de la trace 
dactyloscopique au résultat négatif (et non de celle au résultat positif). Cela ne 
signifie pas pour autant qu’il y aurait une confusion sur le parfum sur lequel la 
trace digitale positive a été localisée. A l’époque où la photographie en question 
(D. 69) a été prise, le SIJ n’avait pas encore été sollicité pour élaborer son 
complément du 13 juillet 2018. Finalement, dans le rapport complémentaire du 
13 juillet 2018, il est confirmé que la trace positive est bien celle portant le numéro 
004.2 (D. 72c), comme indiqué dans l’inventaire (D. 63). On relèvera par ailleurs 
qu’en dépit de la remarque figurant dans le premier rapport du SIJ (D. 63 in fine), 
la défense n’a à aucun moment demandé à ce que tous les clichés existants 
soient déposés au dossier.

Ainsi, s’il aurait été très souhaitable que les parfums concernés – en particulier 
celui sur lequel la trace positive a été retrouvée – soient séquestrés et conservés 
et que la défense soit consultée avant leur restitution au lésé, ce défaut ne 
conduit pas à enlever sa forte force probante au résultat positif issu de l’examen 
de comparaison auquel la trace no 004.2 a été soumise. 

Enfin, il est précisé que si la trace dactyloscopique retrouvée sur un parfum laissé 
sur place a représenté un élément important au début de l’instruction, tel n’est 
plus forcément le cas aujourd’hui. En effet, au vu des nombreux autres éléments 
au dossier (notamment l’heure du prétendu achat selon la version totalement 
dénuée de crédibilité du prévenu et les menaces proférées par celui-ci à 
l’encontre de la partie plaignante en avril 2018, cf. ch. 11.2.6, 11.2.9 et 11.2.12 ci-
dessous), la trace en question n’est pas indispensable pour arriver à une 
reconnaissance de culpabilité.

Pour ce qui est du nombre de parfums concernés par la présente procédure, il y a 
lieu de se rallier aux considérations de première instance (D. 229-230). Ainsi, la 
présente procédure concerne dix parfums (D. 24), dont trois ont été laissés dans 
le magasin par l’auteur, comme cela ressort clairement du rapport de 
dénonciation (D. 13-14), mais également des rapports du SIJ (D. 65-67 ; 69 ; 
72c). À cet égard, il importe peu que le prévenu ait toujours parlé de huit parfums 

13

et que ces déclarations aient été ensuite reprises par les autorités pénales. Dix 
parfums ont d’ailleurs été restitués à la lésée, dont trois ont été retrouvés sur 
place, ce qu’indique sans ambiguïté la légende du cliché évoqué par la défense 
(D. 69). Par conséquent, en toute bonne logique, les parfums retrouvés sur le 
prévenu (en provenance du magasin F.________ auquel on venait de dérober les 
mêmes articles [D. 15], ce qui n’est pas contesté) sont au nombre de sept. 

Au surplus, il est précisé qu’il importe peu que sept ou huit parfums aient été 
retrouvés sur le prévenu, dans la mesure où la trace positive a été retrouvée sur 
un parfum contenu dans la sacoche abandonnée par l’auteur de l’infraction au 
magasin F.________. 

10.10 S’agissant de la trace ADN retrouvée sur le bonnet, il y a lieu de constater, à 
l’instar de la défense (D. 386) que seuls 7 marqueurs de la trace sur les 
16 analysés pourraient correspondre au prévenu (D. 70-71 ; 72c). La force 
probante de ce moyen de preuve est donc effectivement limitée (cf. ch. 11.2.5 ci-
dessous).

10.11 Aussi, il y a lieu de constater que les analyses des traces dactyloscopiques et 
d’ADN au dossier sont pleinement exploitables dans le cas d’espèce, ce d’autant 
plus que l’infraction en cause est grave. Leur valeur probante n’est cependant pas 
absolue, respectivement reste toutefois limitée (cf. également ch. 11.2.5 ci-
dessous).

11. Appréciation des preuves en l’espèce

11.1 Dans sa plaidoirie en appel, Me B.________ a notamment mentionné les 
contradictions concernant l’habillement du prévenu (descriptions faites par la 
partie plaignante et la témoin, ainsi que les divergences de celles-ci avec les 
photographies prises suite à l’interpellation du prévenu) et le fait que le dossier 
n’indique pas les effets que le prévenu avait sur lui lors de son interpellation. Il a 
évoqué quelques contradictions dans les déclarations de la partie plaignante et le 
fait que celle-ci n’a d’abord pas reconnu le prévenu (malgré la bonne qualité des 
photos et le peu de temps écoulé entre les faits et sa première audition). Il a 
également fait remarquer qu’elle l’aurait reconnu uniquement grâce à sa voix, 
alors qu’elle n’avait entendu que trois syllabes de la part de l’auteur (« Sors de 
là ! »), ce qui ne saurait exclure une certaine marge d’erreur. Ainsi, il ne serait pas 
possible d’identifier formellement le prévenu comme l’auteur des faits. La témoin 
E.________ n’aurait pas non plus pu identifier ce dernier. Selon la défense, en 
application de la présomption d’innocence, les faits ne pourraient donc pas être 
considérés comme établis.

11.2 Concernant l’analyse des déclarations du prévenu, rejoignant les considérations 
de l’instance précédente (D. 231-233), la 2e Chambre pénale constate que si le 
prévenu reste globalement constant dans ses déclarations, celles-ci recèlent de 
multiples incohérences et éléments non véridiques ou, au mieux, invérifiables. 

11.2.1 Premièrement, s’agissant du but dans lequel le prévenu déclare avoir acheté les 
parfums, il indique d’abord (le 8 juillet 2017, suite à son arrestation) qu’il s’agissait 

14

d’un cadeau pour son propre anniversaire (D. 27 l. 17-18), mais – dans un second 
temps – également pour sa « femme » (D. 30 l. 128-130). Ensuite, le 20 octobre 
2017, il déclare uniquement qu’il « en avai[t] besoin » (D. 36 l. 80-83). Devant le 
Ministère public et lors des audiences des débats de première et seconde 
instance, respectivement le 31 janvier 2018, le 22 février 2019 et le 10 juin 2020, 
il déclare que les parfums auraient été destinés à sa « femme » et lui-même 
(D. 40 l. 40-42 ; 168 l. 20-28 ; 382). Le prévenu n’aurait toutefois pas vérifié si les 
parfums qui lui étaient proposés étaient pour homme ou pour femme (D. 168 
l. 34-36), ce qui ne l’avait pourtant pas empêché de déclarer devant le Ministère 
public que trois parfums étaient destinés à sa « femme » et cinq à lui-même 
(D. 40 l. 41-42). 

Aussi, il y a lieu de constater que les déclarations du prévenu quant au but de son 
acquisition sont quelque peu fluctuantes et peu cohérentes. S’il voulait faire un 
cadeau à sa « femme » ou à lui-même – comme cela ressort de ses premières 
déclarations, qui devraient être dotées de la meilleure crédibilité (ch. 9.2 
ci-dessus) –, il apparaît comme superflu d’acheter sept parfums comme tel aurait 
été le cas en l’espèce. En outre, il aurait été essentiel de constater si les parfums 
en question étaient destinés aux hommes ou aux femmes, ce que le prévenu a 
déclaré n’avoir pas examiné. 

À cela s’ajoute que son récit est peu plausible. Effectuer une telle dépense sans 
examiner un minimum la marchandise proposée n’est pas imaginable, tout 
spécialement de la part d’une personne au bénéfice de l’aide sociale et qui a 
plusieurs enfants à charge (D. 166 l. 27-33 ; 168 l. 24-26, 30-36). Lors de 
l’audience des débats de seconde instance également, il n’a pas pu donner 
d’explications satisfaisantes quant à la raison qui l’a poussé à acheter autant de 
flacons de parfum (D. 382). En outre, sa description des prétendus vendeurs (un 
arabe et deux hommes noirs ; D. 27-29 l. 14, 65-71 ; 40 l. 29-31 ; 168 l. 21), si elle 
reste constante, ne permet en rien d’identifier ces personnes en vue d’une 
éventuelle vérification de son récit.

11.2.2 Ensuite, concernant ses liens avec I.________, deuxième personne interpelée 
par la police le jour des faits, le prévenu a d’abord déclaré qu’il était un ami ou 
une connaissance (D. 28 l. 20-21, 41-45), avant d’indiquer qu’il s’agissait d’un 
inconnu à qui il avait emprunté son téléphone (D. 40-41 l. 35-36, 60-63 ; 167 
l. 35-36), précisant qu’il le voyait pour la première fois ce jour-là (D. 41 l. 60-63). À 
noter que lorsqu’il a été interrogé par la police le 8 juillet 2017, I.________ a 
indiqué ne pas connaître le prévenu, tout en précisant qu’il surnommait ce dernier 
« le N.________ » (D. 50 l. 27-28, 45-47). 

La 2e Chambre pénale relève à ce propos qu’il est quelque peu incongru de 
donner un surnom à quelqu’un que l’on a vu à une seule reprise. Toutefois, la 
question de l’éventuelle amitié du prévenu et de I.________ peut demeurer 
ouverte en l’espèce, ce fait n’étant pas déterminant dans le cadre de la présente 
procédure. Il n’en demeure pas moins que le prévenu a modifié la version des 

15

faits présentée aux autorités pénales suite à sa première audition. Cet élément 
diminue la crédibilité de ses déclarations. 

11.2.3 En outre, le prévenu a déclaré devant le Ministère public ne pas s’être rendu dans 
un commerce avec I.________ (D. 41 l. 76-79), alors que ce dernier a indiqué le 
contraire à la police (D. 50 l. 30-36 : « Nous sommes allés chez Money Gram. En 
ce lieu, […] »). Le paiement effectué par I.________ est quant à lui confirmé par 
la quittance correspondante mentionnée par les agents lors de l’audition de celui-
ci (D. 51 l. 80-84). Ainsi, les déclarations du prévenu sont contredites par celles 
de I.________ et par la quittance de Money Gram, mentionnée.

11.2.4 À cela s’ajoute une certaine confusion de A.________ quant au(x) sac(s) qu’il 
portait ce jour-là. Il a d’abord déclaré qu’il avait acheté les parfums et le « sac à 
dos noir » les contenant et avec lequel il a été arrêté (D. 27-28 l. 18-19 ; 35 
l. 51-52 ; 40 l. 34). Ce même sac à dos serait ensuite devenu bleu après que le 
prévenu a eu connaissance de la description faite par la partie plaignante, qui 
décrit le voleur comme portant un sac à dos « foncé » (D. 41 l. 81-85 ; 42 
l. 98-102 ; 168 l. 13). Il a d’ailleurs répété cette information de manière totalement 
spontanée lors de son audition par la 2e Chambre pénale, en dehors de tout 
contexte (D. 382). Il ressort pourtant du dossier que le sac en question est noir et 
brun (D. 66). Lors des débats de première instance, le prévenu a en outre déclaré 
qu’il possédait déjà le sac à dos bleu et a ensuite acheté les parfums et la 
sacoche les contenant. Ainsi, il laisse échapper qu’il avait une sacoche en plus du 
sac à dos déjà mentionné. Il est précisé que la sacoche dont il est question est 
celle qui a été retrouvée dans le magasin suite aux événements (D. 168 l. 9-14). 

Aussi, il convient de constater que le prévenu varie fortement dans ses 
déclarations, respectivement modifie celles-ci en fonction des éléments du 
dossier qui lui sont présentés. En effet, la couleur du sac à dos avec lequel il a 
été interpelé change après qu’il a été confronté aux déclarations de la partie 
plaignante et les parfums prétendument achetés lui sont remis d’abord dans le 
sac à dos en question (avec lequel le prévenu a été interpelé), puis dans la 
sacoche retrouvée par après sur les lieux, ce qui est insensé. 

11.2.5 Les déclarations du prévenu sont également contredites par les éléments 
matériels au dossier. En effet, il nie catégoriquement et de manière constante être 
le détenteur du bonnet retrouvé sur les lieux de l’infraction, sans pouvoir expliquer 
le fait qu’une trace ADN pouvant lui correspondre a été retrouvée sur la doublure 
interne du bonnet (D. 35 l. 39-49 ; 41 l. 87-97 ; 63-65 ; 68 ; 70-71; 168 l. 1-5 ; 
382). À ce propos, il est souligné que, quand bien même la trace ADN prélevée a 
permis d’établir une concordance sur seuls 7 des 16 marqueurs disponibles 
(D. 70-71 ; 72c), un transfert secondaire est peu vraisemblable dans un bonnet 
(D. 72d), de surcroît en plein été. La concordance doit être considérée comme 
vraisemblable. Elle constitue cependant tout au plus un indice supplémentaire de 
l’implication du prévenu dans les faits du 7 juillet 2017. 

Il en va de même concernant la sacoche indubitablement laissée sur place par le 
malfrat, vu le résultat obtenu de l’analyse de la trace relevée sur la lanière et la 

16

fermeture éclair du sac retrouvé dans le magasin, qui permet de ne pas exclure 
que cette trace ait été laissée par le prévenu (D. 72b et 72i). 

Enfin, cette sacoche contenait des parfums lorsqu’elle a été retrouvée sur les 
lieux des événements en cause. Une trace digitale correspondant à l’annulaire 
droit du prévenu a été mise en évidence sur l’emballage en plastique transparent 
de l’un de ces parfums (D. 35 l. 54-65 ; 42 l. 98-107 ; 63-66 ; 69 ; 70-71 ; 168 
l. 9-14). Il convient de préciser que cette trace était suffisamment bonne pour que 
la correspondance puisse être qualifiée d’identification (D. 72c). Ainsi, il doit être 
considéré comme établi que le prévenu a touché un parfum qui a ensuite été 
laissé sur place par l’auteur des faits. 

Cet élément contredit ainsi les déclarations du prévenu, qui indique n’avoir jamais 
mis les pieds dans le magasin F.________ (D. 28 l. 51-58 ; 40 l. 48-50 ; 168 l. 16-
18). Or, il y a lieu de constater que cet élément ne s’accorde pas avec la trace 
dactyloscopique retrouvée : si tel avait été le cas, il n’aurait pas pu laisser son 
empreinte sur un parfum qui aurait par la suite été laissé sur place par l’auteur 
des faits. 

11.2.6 De plus, il indique avoir acheté les parfums en question vers 16:00 heures (D. 27 
l. 13-18 ; 40 l. 28-34), alors que le vol a eu lieu postérieurement, vers 
16:55 heures (réception de l’avis téléphonique par la police à 16:59 heures, 
D. 12). Dans la mesure où les parfums retrouvés sur le prévenu ont été identifiés 
comme des marchandises du magasin, il y a lieu de constater que cette 
information ne peut pas être véridique.

11.2.7 Le prévenu a également déclaré lors des débats de première instance qu’il 
« n’avai[t] rien sur la tête non plus » lors du brigandage pour lequel il a été 
condamné en 2009 (D. 168 l. 7). Or, il y a lieu de constater – à l’instar du Tribunal 
régional – que tel n’était pas le cas (D. 232 ; dossier S 08 751, audition de la 
plaignante du 17 janvier 2008, p. 2 l. 44 ; audition d’une témoin du 17 janvier 
2008 p. 2 l. 17). En outre, il convient de souligner que le prévenu avait alors nié 
les faits (dossier S 08 751, auditions du prévenu du 19 janvier 2008 et du 
20 janvier 2008, respectivement p. 1 l. 14-22 et p. 1 l. 18 à p. 2 l. 18), alors qu’il 
les reconnaît aujourd’hui et tente de les utiliser (en les déformant) pour nier qu’il 
est l’auteur des faits faisant l’objet de la présente procédure.

11.2.8 Lors de son audition par la 2e Chambre pénale, il a par ailleurs indiqué être arrivé 
en Suisse en 1993 alors qu’il avait 27 ans et avoir quitté son pays d’origine 
directement après le décès de ses parents (D. 382). Ceci est toutefois contredit 
par le rapport du 13 avril 2018 du Service des migrations du canton de Berne, qui 
mentionne que le prévenu avait déclaré en 2003 que ses parents, un frère et une 
sœur vivaient encore en O.________ (D. 118c). 

11.2.9 Il ressort en outre du dossier BJS 18 23601 que le prévenu s’est rendu le 24 avril 
2018 dans le magasin F.________ où travaille la partie plaignante pour la 
menacer. L’ordonnance pénale y relative est entrée en force (D. 349 ; dossier 
BJS 18 23601 pages 24-26).

17

Auditionné dans ce cadre, le prévenu avait déclaré : « la fille dit m’avoir reconnu 
mais elle a dit que l’homme du brigandage n’avait pas de barbe, mais moi j’ai 
toujours eu une barbe. Elle a dit m’avoir reconnu car l’homme du brigandage 
parlait un peu fort comme moi. Mais je ne suis pas la seule personne à avoir une 
voix forte. Je n’ai rien à voir avec les deux histoires » (dossier BJS 18 23601 
page 11 l. 27-30). En tout état de cause, lors de l’audience des débats de 
seconde instance, la partie plaignante a confirmé reconnaître le prévenu comme 
étant la personne qui était venue la menacer en avril 2018 au magasin, en 
précisant que ce jour-là, il ne portait pas de barbe (D. 378-379). Cet élément n’est 
toutefois pas problématique, une barbe pouvant parfaitement être rasée. La Cour 
constate d’ailleurs que le prévenu, porteur d’une barbe blanche très fournie lors 
de son audition en débats d’appel, était ce jour-là difficilement assimilable à la 
personne figurant sur les photographies ayant valeur de données 
dactyloscopiques (D. 102 ss). 

Malgré cette condamnation entrée en force, le prévenu a, lors de son audition en 
appel, nié avoir menacé la partie plaignante (D. 383).

Ainsi, il y a lieu de constater que ces éléments diminuent encore la crédibilité des 
déclarations du prévenu. En effet, s’il n’était véritablement pas l’auteur des faits 
faisant l’objet de la présente procédure, il est peu vraisemblable qu’il soit alors 
allé menacer la partie plaignante. 

De plus, le prévenu a ensuite continué de nier connaître ou s’être déjà rendu 
dans le magasin F.________ lors des débats de première instance (D. 168 l. 16-
18 ; cf. également ch. 11.2.5 ci-dessus), alors qu’il s’y était rendu en avril 2018 
pour menacer la partie plaignante.

À noter que dans le cadre de la procédure relative aux menaces également, le 
prévenu a nié les faits qui lui étaient reprochés (dossier BJS 18 23601 page 11 
l. 27-30), comme dans la procédure BJS 20 845 d’ailleurs. Il a pourtant admis sa 
condamnation dans les deux cas, ce qui n’est toutefois pas déterminant pour la 
présente appréciation des preuves, mais apparaît logique si l’on retient que le 
prévenu est bien l’auteur des faits reprochés dans le cadre de la présente 
procédure.

11.2.10 Il convient par ailleurs de souligner que lors de ses auditions par la police, le 
prévenu a refusé par trois fois de signer ses déclarations et a refusé de faire des 
déclarations à une reprise (D. 30-33 ; 36). S’il en avait parfaitement le droit, ce 
comportement est suffisamment atypique pour être relevé et signifie 
manifestement en l’espèce qu’il avait quelque chose à craindre dans le cadre de 
la présente procédure.

11.2.11 En outre, les explications abracadabrantesques données lors des débats de 
seconde instance quant au nombre de condamnations inscrites à son casier 
judiciaire ont été du plus mauvais effet. Le prévenu s’est d’ailleurs souvent 
abstenu de donner de véritables réponses aux questions posées, même sur des 
éléments aussi simples que sa propre taille et son poids (D. 382-383). S’agissant 

18

de sa crédibilité, il n’aurait ainsi que difficilement pu faire une plus mauvaise 
impression à la Cour de céans.

11.2.12 Au vu de tout ce qui précède, il y a lieu de constater que la crédibilité des 
déclarations du prévenu est quasiment inexistante. Le prévenu tente 
manifestement de nier toute implication, n’hésitant ni à modifier ses déclarations 
lorsque les éléments du dossier lui sont présentés, ni à déformer à son avantage 
des éléments relevant d’une procédure déjà jugée. 

11.3 La partie plaignante a été interrogée à plusieurs reprises dans le cadre de la 
présente procédure. Ses déclarations sont restées cohérentes et sont 
corroborées par les éléments de preuve objectifs au dossier.

11.3.1 Entendue le jour des faits par la police et presque deux mois plus tard par le 
Ministère public, elle n’a corrigé que quelques éléments et a expliqué sa 
confusion par le choc ressenti, ce qui est tout à fait compréhensible au regard des 
circonstances particulières (D. 47 l. 24-31). Elle a ensuite pleinement confirmé 
ses déclarations précédentes lors de l’audience des débats de première instance 
(D. 163 l. 11-12). 

11.3.2 Elle a indiqué de manière constante que l’auteur avait la tête couverte et a 
précisé à une reprise avoir été marquée par le fait que l’auteur portait un bonnet 
en plein été. Elle a d’ailleurs toujours reconnu le bonnet retrouvé sur les lieux 
comme étant celui porté par l’auteur de l’infraction (D. 47-48 l. 33-35, 75 ; 54 
l. 40-42 ; 164 l. 3-4, 21-25 ), même si elle n’a pas toujours été précise dans la 
description du couvre-chef en question (« quelque chose sur la tête », 
« capuche », « couvre-chef avec un pompon » ; D. 54 l. 41 ; 164 l. 3-4, 21-22). 

Elle a également mentionné de manière constante que l’auteur avait un sac en 
bandoulière – correspondant à celui qui a été séquestré. Elle a toutefois émis une 
réserve concernant l’avant (blanc), qui était ouvert et lui est donc apparu comme 
noir lors des faits. Elle a d’abord indiqué que l’auteur avait deux sacs sur lui, 
avant de préciser que l’un d’eux était un sac à dos (D. 47 l. 37-46 ; 54 l. 42-43 ; 
164 l. 24-25). Elle a en outre précisé être « persuadée [que l’auteur] a volé des 
choses dans son deuxième sac » en sus des parfums retrouvés dans la sacoche 
laissée sur place (D. 55 l. 101-102). Or, il s’est avéré que d’autres parfums 
provenant du magasin F.________ ont été retrouvés dans le sac à dos du 
prévenu lorsque celui-ci a été interpelé (cf. D. 28 l. 34-36 ; 66-67).

11.3.3 Questionnée à ce sujet lors de son audition en débats d’appel, elle a estimé que 
le prévenu avait fait tomber les parures de lit « par accident » en prenant la fuite 
(D. 378). Ainsi, ce ne serait pas intentionnellement que l’auteur des faits a 
abandonné une partie de son butin. 

11.3.4 Si elle n’a tout d’abord pas pu identifier le prévenu comme étant l’auteur de 
l’infraction, que ce soit sur photo ou de visu, en raison de la barbe de celui-ci 
(D. 47-48 l. 50-59, 71-81 ; 55 l. 83-97 ; 164 l. 1-4), elle a immédiatement reconnu 
sa voix, qui l’avait marquée au vu de sa profondeur, mais aussi parce que l’auteur 
lui avait parlé en français, ce qui est rare dans son métier (D. 48 l. 64-68 ; 54 

19

l. 49-50 ; 164 l. 3-4). Au vu de ces particularités, il importe peu que seules trois 
syllabes aient été prononcées par l’auteur des faits. Ces derniers ont été 
particulièrement marquants pour la partie plaignante et ont eu par la suite de 
lourdes conséquences (D. 379). Il est en outre relevé que le fait de se souvenir 
d’une voix est un élément caractéristique renforçant la crédibilité de la partie 
plaignante. Celle-ci a d’ailleurs précisé lors de son audition devant le Ministère 
public ne pas pouvoir être sûre « à 100 % » (D. 48 l. 57-59), ce qui est également 
un signe de crédibilité. La taille du prévenu coïncide également avec celle de 
l’auteur. Il serait donc faux de dire que le seul élément d’identification du prévenu 
par la partie plaignante est sa voix, bien que ce soit effectivement le principal.

11.3.5 Finalement, il y a lieu de constater que la partie plaignante n’a pas reconnu le 
prévenu (sur photographie) comme client du magasin ou l’auteur lors de son 
audition par la police (D. 55 l. 83-97), mais qu’elle a ensuite déclaré que le 
prévenu venait régulièrement au magasin (D. 47-48 l. 50-59), contrairement à ce 
que ce dernier prétend (cf. ch. 11.2.5 ci-dessus). 

Cette incohérence n’entache toutefois pas la crédibilité des déclarations de la 
partie plaignante dans son ensemble. En effet, il y a lieu de prendre en compte le 
fait que celle-ci était encore très choquée lors de sa première audition et qu’il est 
parfois plus difficile d’identifier quelqu’un sur une photographie qu’en personne. 
En outre, lors des débats de seconde instance, elle a précisé qu’elle ne regardait 
les visages des clients que lorsqu’ils étaient à la caisse et non lorsqu’ils entraient 
ou sortaient du magasin (D. 378), ce qui explique ses déclarations précédentes.

11.3.6 Aussi, la 2e Chambre pénale considère les déclarations de la partie plaignante 
comme globalement fiables. Elles permettent en particulier de retenir pour établi 
que l’auteur des faits a rempli la sacoche, prise sur les lieux, avec des parfums 
dans l’intention de se les approprier sans les payer mais a ensuite laissé par 
accident ces éléments sur les lieux dans le cadre de sa fuite (D. 54 l 42-43 ; 
D. 164 l. 22-25 et 37-38 ; 378), emportant le sac à dos et son contenu.

11.4 Le lendemain de la commission de l’infraction, la témoin E.________ a été 
auditionnée par la police. Elle a alors déclaré avoir assisté aux faits dans le 
magasin, avant de croiser par hasard l’auteur dans la rue, vers le P.________ et 
le magasin Q.________ (D. 59). Le prévenu et I.________ ont d’ailleurs tous 
deux déclaré s’être rencontrés à cet endroit le jour des faits (D. 28 l. 20-21 ; 50 
l. 27-28). 

La témoin a en outre précisé que lorsqu’elle l’a croisé dans la rue, l’auteur des 
faits se trouvait avec une autre personne, qu’elle a décrite (D. 60). Cette 
description correspond à I.________, avec qui le prévenu a été interpelé le jour 
des faits (D. 15 ; 19). 

Entendue une nouvelle fois lors de l’audience des débats de seconde instance, 
soit près de trois ans plus tard, elle a confirmé ses déclarations, même si ses 
souvenirs étaient nettement moins précis, ce qui est normal au vu de 
l’écoulement du temps. Elle n’a pas pu identifier le prévenu (en personne ou sur 

20

photographies), mais a assuré qu’un seul homme était sorti précipitamment du 
magasin (D. 375-376). 

Elle n’a pas tenté de charger absolument le prévenu, précisant à la police qu’elle 
n’était pas certaine que l’auteur des faits et la personne qu’elle avait croisée dans 
la rue étaient la même personne (D. 61), ce qui est un signe de crédibilité. Elle a 
également admis ne pas pouvoir identifier le prévenu durant les débats de 
seconde instance (D. 375). En outre, elle n’a aucun intérêt dans la présente 
procédure, de sorte que la 2e Chambre pénale estime que ses déclarations sont 
globalement crédibles. 

11.5 Concernant l’habillement du prévenu et de l’auteur le jour des faits, le prévenu a 
déclaré avoir été vêtu de trois t-shirts superposés (un débardeur noir, un t-shirt 
noir et un bleu clair) et ne pas s’être changé (D. 35 l. 32-37). La partie plaignante 
a indiqué que l’auteur des faits portait un t-shirt à manches longues foncé et 
pantalon noir (D. 54 l. 43-44). La témoin E.________ a quant à elle déclaré que 
l’auteur portait un t-shirt sombre lors des faits, puis un t-shirt à longues manches 
bleu clair lorsqu’elle l’a ensuite croisé dans la rue (D. 60). Elle a d’ailleurs 
confirmé devant la 2e Chambre pénale que l’auteur des faits avait changé de 
vêtements entre le moment où elle l’a vu fuir du magasin et lorsqu’elle l’a croisé 
dans la rue (D. 375). Le fait qu’aucun pull bleu clair ne soit visible sur les 
photographies du prévenu prises lors de son interpellation ne permet pas de 
disculper celui-ci. En effet, il a lui-même déclaré en porter un ce jour-là, comme 
mentionné ci-dessus. En outre, l’hypothèse de l’abandon d’une pièce de vêtement 
en cours de route ne saurait être écartée. Le fait que la témoin ait remarqué un 
changement de vêtement en dépit de la rapidité de l’action est donc un indice 
supplémentaire de l’implication du prévenu en tant qu’auteur. 

Ces indications sont globalement concordantes. La 2e Chambre pénale considère 
donc comme établi que le prévenu avait plusieurs vêtements en couches 
superposées, comme il l’a lui-même indiqué. Toutefois, contrairement à ce qu’il 
allègue, il est considéré comme établi qu’il en a ajouté ou retiré certain(s) afin de 
modifier son apparence et de brouiller les pistes après son forfait, pour éviter 
d’être appréhendé. Ses efforts ont toutefois été vains, puisque la témoin 
E.________ a malgré tout pu le reconnaître dans la rue. 

11.6 Les lésions de la partie plaignante telles que décrites dans l’AA sont attestées par 
les rapports médicaux du 19 février 2018 de la Dresse méd. K.________, médecin-
cheffe au Centre hospitalier G.________, et du Dr méd. L.________, médecin 
généraliste à M.________ et médecin-traitant de la partie plaignante (D. 78-80 ; 
85-86). Dans la mesure où rien ne vient mettre en doute la véracité des 
constatations faites dans les rapports susmentionnés, les lésions en question 
sont considérées comme établies. Sur le plan psychologique, la Cour a constaté 
que la partie plaignante était encore très choquée par les évènements, presque 
trois ans après leur survenance.

11.7 Ainsi, la 2e Chambre pénale constate qu’à l’exception des déclarations du 
prévenu (qui ne sont pas crédibles, ch. 11.2 ci-dessus), tous les éléments du 

21

dossier convergent et conduisent à éliminer tout doute sur l’implication du 
prévenu dans les faits tels qu’ils lui sont reprochés. L’appréciation des preuves 
effectuées en première instance est parfaitement convaincante (D. 229-233). 
Aussi, la Cour de céans considère comme établi que le prévenu s’est lui-même 
rendu dans le magasin F.________ le 7 juillet 2017 pour dérober divers biens, 
dont les parfums retrouvés le jour même tant dans la sacoche laissée sur place et 
que sur sa personne. Dans sa fuite et afin de conserver une partie de son butin, il 
a asséné un coup de poing sur la joue droite de la partie plaignante, la faisant 
ainsi chuter au sol, et lui a marché sur le bras, lui causant les lésions décrites 
dans l’AA. Il est pour le surplus renvoyé au ch. 1 de l’AA (première alternative) 
pour la description complète des faits (cf. ch. I.1.1 ci-dessus).

IV. Droit

12. Brigandage, recel ou vol

12.1 Au vu de l’état de fait retenu (cf. ch. III.11.7 ci-dessus), il n’y a pas lieu d’examiner 
l’infraction de recel au sens de l’art. 160 du Code pénal suisse (CP ; RS 311.0). 
Cette infraction ayant été renvoyée alternativement à celle de brigandage, une 
libération n’a pas à être prononcée (ATF 142 IV 389 consid. 1.3).

12.2 Lors de l’audience des débats de seconde instance, la 2e Chambre pénale a 
admis la requête de réserve de qualification juridique divergente de la défense et 
examinera également les faits renvoyés sous l’angle du vol (art. 139 CP). 

Toutefois, cette infraction se distinguant du brigandage uniquement par l’élément 
constitutif de contrainte propre à ce dernier (cf. art. 140 al. 1 CP) que ne connaît 
pas l’infraction de vol, il convient d’examiner en premier lieu si l’infraction de 
brigandage est en l’occurrence réalisée.

12.3 Pour ce qui est de la description des éléments constitutifs du brigandage au sens 
de l’art. 140 CP, ainsi que de la doctrine et de la jurisprudence y relatives, il peut 
être renvoyé aux motifs pertinents de la première instance (D. 234), en ajoutant 
les quelques éléments qui suivent.

12.3.1 S’agissant de la soustraction dans un magasin en libre-service, celle-ci est 
réalisée lorsque l’auteur quitte le magasin sans avoir payé les marchandises, 
avec ou sans dissimulation de celle-ci. La maîtrise de fait du commerce est en 
principe brisée lorsque l’auteur passe les caisses sans payer (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_100/2012 du 5 juin 2012 consid. 3 ; ALEXANDRE PAPAUX, in 
Commentaire romand, Code pénal II, 2017, no 35 ad art. 139 CP). 

12.3.2 L’art. 140 ch. 1 CP prévoit en outre différentes hypothèses et comprend tant le 
cas où l’auteur utilise le moyen de contrainte pour soustraire la chose mobilière 
(al. 1) que celui où il use de la contrainte après la soustraction, pour conserver la 
chose (al. 2 ; JOËLLE DRUEY, in Commentaire Romand, Code pénal II, 2017, no 4 
ad art. 140 CP). Si la violence est utilisée uniquement dans le but de fuir, le 
brigandage ne peut pas être retenu. Toutefois, cela ne signifie pas que le seul but 

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/index.html

22

de l’auteur doive être de conserver son butin. Au contraire, pour que le 
brigandage soit réalisé, il suffit que l’auteur use d’un moyen de contrainte tant 
pour conserver son butin que pour prendre la fuite. Il suffit à ce titre que l’auteur 
prenne en compte la soustraction de la chose lorsqu’il utilise la contrainte pour 
briser la résistance de la victime (arrêt du Tribunal fédéral 6B_787/2019 du 
24 octobre 2019 consid. 1.1 ; JOËLLE DRUEY, op. cit., no 35 ad art. 140 CP). 

12.3.3 Les circonstances aggravantes prévues aux ch. 2 à 4 de l’art. 140 CP n’ont pas 
être examinées, n’étant pas l’objet de la procédure. 

12.4 En l’espèce, les parfums dérobés sont manifestement des choses mobilières 
appartenant à autrui (en l’espèce, F.________). En les prenant des rayons pour 
les mettre dans ses sacs, le prévenu les a dissimulés. Il pouvait toutefois encore 
les payer. En revanche, lorsqu’il a vu que la partie plaignante entamait des 
préparatifs pour bloquer la porte du magasin, il a dépassé les caisses sans payer 
et a écarté la partie plaignante de son chemin en usant de violence. Parvenant à 
s’enfuir, il a ainsi soustrait les parfums en question et avait clairement l’intention 
d’en faire de même avec les objets laissés sur place, si cela lui avait été possible. 

Pour ce faire et pour assurer sa fuite ainsi que la conservation de son butin, il a 
frappé la partie plaignante au visage avec son poing, la faisant tomber au sol 
sous la force du coup. Il n’a en outre pas hésité à marcher sur le bras de celle-ci 
pour sortir plus vite dans la rue. Ainsi, la violence dont il a fait preuve était 
largement suffisante pour briser la résistance que la partie plaignante lui opposait. 
Ses actes ont atteint une intensité suffisante pour être qualifiés de moyen 
contrainte. Il n’a en effet pas écarté la partie plaignante principalement par la 
surprise, mais bien à la force de son poing. 

Contrairement à l’argumentaire de la défense (D. 386-387), il ne peut en l’espèce 
pas être retenu que le prévenu aurait usé de violence uniquement dans le but de 
fuir et que la partie du butin conservée ne l’aurait suivi que fortuitement. Cet 
argument est manifestement mal fondé. La défense extrapole en soutenant que 
chaque acte de violence de l’auteur a eu pour conséquence la perte d’une partie 
du butin : rien ne permet d’affirmer que le prévenu a laissé tomber, d’une part, le 
paquet de parures de lit après avoir donné le coup de poing (au contraire : D. 54 
l. 52) et, d’autre part, la sacoche après avoir marché sur la partie plaignante. En 
tout état de cause, il n’est pas possible d’affirmer que le prévenu s’est délesté 
délibérément de cette sacoche. Quoiqu’il en soit, c’est « par accident » qu’il a 
laissé tomber les parures de lit (D. 378). Au surplus, le prévenu savait 
pertinemment qu’une partie conséquente de son butin (plus des deux tiers) se 
trouvait dans son sac à dos qu’il a conservé. Ce n’est manifestement 
qu’accidentellement, dans sa course, qu’il s’est départi d’une partie de son butin. 

En outre, la partie plaignante, en tant qu’employée de F.________, était une 
personne chargée de veiller sur les choses mobilières dérobées. Ainsi, en brisant 
la résistance de la partie plaignante, le prévenu a usé d’un moyen de contrainte 
contre une personne devant défendre la possession de la chose. 

23

Le prévenu a manifestement agi intentionnellement, ainsi que dans le dessein de 
s’approprier indument les marchandises en question et d’obtenir un 
enrichissement illégitime. Vu que l’élément constitutif de la contrainte est rempli, 
le vol ne peut pas être retenu, contrairement à ce que requiert la défense.

12.5 Partant, tous les éléments constitutifs sont réalisés en l’espèce. Le prévenu doit 
donc être reconnu coupable de brigandage. 

V. Peine

13. Droit applicable

13.1 En ce qui concerne les généralités sur le droit applicable, la 2e Chambre pénale 
renvoie aux considérants du jugement de première instance (D. 233), sous 
réserve du complément suivant. 

13.2 La réforme du droit des sanctions entrée en vigueur le 1er janvier 2018 a modifié 
non seulement les dispositions énoncées par la première instance, mais 
également certaines dispositions de la partie spéciale du CP, dont l’art. 140 relatif 
à l’infraction de brigandage.

Les éléments constitutifs de l’infraction n’ont pas été modifiés, contrairement à la 
peine-menace. Avant l’entrée en vigueur de cette réforme, il était prévu que 
l’auteur d’un brigandage soit puni « d’une peine privative de liberté de 10 ans au 
plus ou d’une peine pécuniaire de 180 jours-amende au moins » (art. 140 ch. 1 du 
Code pénal dans sa teneur avant la révision sur le droit des sanctions entrée en 
vigueur le 1er janvier 2018 [aCP ; RS 311.0]). En revanche, cette disposition dans 
sa version actuelle prévoit que l’auteur sera puni « d’une peine privative de liberté 
de six mois à dix ans » (art. 140 ch. 1 CP). La peine prévue par le nouveau droit 
est donc plus sévère. 

13.3 Compte tenu de ce qui précède, mais également du chapitre 1 du Titre 3 du CP 
dans son ancienne et sa nouvelle teneur, le nouveau droit n’est en l’espèce pas 
plus favorable au prévenu, de sorte qu’il convient d’appliquer le droit en vigueur 
lors de la commission de l’infraction, conformément à l’art. 2 al. 1 CP.

14. Arguments de la défense

14.1 Lors de l’audience de seconde instance, la défense a plaidé la peine par rapport 
aux infractions de vol et de recel (D. 387). Celles-ci n’ayant pas été retenues, il 
n’y a pas lieu de revenir plus en détail sur cette argumentation.

15. Règles générales sur la fixation de la peine

15.1 En ce qui concerne les généralités sur la fixation de la peine, la 2e Chambre 
pénale renvoie aux considérants du jugement de première instance (D. 236).

24

16. Genre de peine

16.1 Manière de déterminer le genre de peine

16.1.1 Le choix concret de la sanction dépend de plusieurs facteurs et doit être opéré en 
tenant compte au premier chef de l’adéquation de la peine, de ses effets sur 
l’auteur et sur sa situation sociale, ainsi que de son efficacité du point de vue de 
la prévention (ATF 134 IV 82 consid. 4.1 ; ATF 134 IV 97 consid. 4.2).

16.1.2 Sous l’ancien droit des sanctions en vigueur avant le 1er janvier 2018, la peine 
pécuniaire constituait la sanction principale dans le domaine de la petite et 
moyenne criminalité, à savoir pour les peines d’une quotité allant jusqu’à 
360 jours (art. 34 al. 1 aCP ; ATF 134 IV 97 consid. 4).

16.1.3 La peine privative de liberté est la sanction la plus sévère prévue par la loi 
(ATF 134 IV 97 consid. 4). Pour les peines d’une quotité allant jusqu’à 360 jours, 
elle n’était prononcée que lorsqu’il n’y avait pas d’autre moyen de garantir la 
sécurité publique et l’exercice du droit de punir de l’Etat. Pour les peines d’une 
quotité inférieure à six mois, elle ne pouvait être prononcée que de manière 
ferme, si les conditions du sursis à l’exécution de la peine n’étaient pas réunies et 
s’il y a lieu d’admettre que ni une peine pécuniaire ni un travail d’intérêt général 
ne pouvaient être exécutés (art. 41 al. 1 aCP). 

16.2 Application dans le cas d’espèce

16.2.1 Le prévenu a déjà été condamné à plusieurs reprises à des peines privatives de 
liberté fermes, dont une fois pour avoir commis deux brigandages qui lui avaient 
valu une peine privative de liberté de 9 mois. Manifestement, cela ne l’a pas 
impressionné. En outre, au vu de sa situation financière extrêmement obérée 
(actes de défaut de biens pour plus de CHF 122'000.00, non seulement en faveur 
des impôts, mais aussi des Ministères publics bâlois et bernois, entre autres ; 
D. 308-311), une peine pécuniaire ferme serait inexécutable. Certaines peines 
pécuniaires déjà prononcées à son égard ont d’ailleurs donné lieu à conversion. 
En tout état de cause, la seule peine susceptible de présenter un minimum 
d’efficacité en l’occurrence est la peine privative de liberté. 

17. Cadre légal

17.1 Dans la présente affaire, le cadre légal est celui prévu par l’art. 140 ch. 1 aCP, 
soit une peine privative de liberté de 10 ans au plus.

18. Eléments relatifs à l’acte 

18.1 S’agissant des éléments relatifs à l’acte, il peut être renvoyé aux motifs pertinents 
de la première instance (D. 237), sous réserve des quelques précisions 
suivantes.

18.2 Les biens volés ne sont pas de première nécessité. Les mobiles de l’acte 
apparaissent dès lors futiles. Le prévenu, se voyant repéré dans ses 
agissements, aurait pu choisir de payer la marchandise ou de la remettre en 
rayons. Il avait donc tout loisir de s’abstenir de commettre l’infraction. Au lieu de 

http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-134-IV-82&lang=fr&zoom=&system=
http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-134-IV-97&lang=fr&zoom=&system=
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/index.html#a34
http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-134-IV-97&lang=fr&zoom=&system=
http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-134-IV-97&lang=fr&zoom=&system=
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/index.html#a41

25

cela, il a agressé la partie plaignante, en faisant preuve à son égard d’une 
violence non négligeable, soit en lui administrant un fort coup de poing à la tête, 
acte potentiellement dangereux et susceptible d’avoir des répercussions durables 
sur la santé de la personne visée. On relèvera qu’au vu des gabarits respectifs 
des parties, ce coup de poing apparaît totalement hors de proportion, le prévenu 
étant tout sauf un poids plume. Cette façon d’agir démontre également une 
énergie criminelle non anodine. 

18.3 Quant au résultat de l’infraction, on relèvera à l’instar de la juge de première 
instance les conséquences physiques et psychiques douloureuses subies 
pendant plusieurs mois, respectivement plusieurs années, par la partie 
plaignante. Le butin n’est par ailleurs pas très important, étant précisé que le 
prévenu en a laissé une partie sur place qu’il n’a pas pu emporter dans sa fuite.

19. Qualification de la faute liée à l’acte (Tatverschulden)

19.1 Sur la base de tout ce qui précède, la 2e Chambre pénale qualifie la faute de 
A.________ de légère, étant précisé que cette qualification ne signifie pas que 
l’acte ne serait pas grave, mais n’a pour but que de fixer sa gravité à l’intérieur du 
cadre légal de la peine. 

20. Eléments relatifs à l’auteur

20.1 Concernant les éléments relatifs à l’auteur, il peut être renvoyé aux motifs 
pertinents de la première instance (D. 237) ainsi qu’aux considérations émises en 
lien avec l’expulsion (ch. VI.24.3 ci-après) pour conclure que la situation 
personnelle du prévenu n’est globalement pas bonne.

20.2 Le prévenu a déjà agressé physiquement une personne qui voulait le stopper 
dans ses actes délictueux (dossier S 08 751). Il présente donc un potentiel de 
violence à ne pas banaliser.

20.3 Abstraction faite des nombreuses condamnations radiées du casier judiciaire du 
prévenu, ce dernier présente les antécédents judiciaires suivants :

- une condamnation à une peine privative de liberté (ferme) de 9 mois et à une 
amende de CHF 100.00 prononcée le 26 novembre 2009 pour brigandages, 
séjour illégal et contravention à la loi sur les stupéfiants (LStup ; 
RS 812.121) ;

- une condamnation à une peine privative de liberté (ferme) de 90 jours et à 
une amende de CHF 200.00 prononcée le 18 octobre 2011 pour séjour illégal 
et contravention à la LStup ;

- une condamnation à une peine privative de liberté (ferme) de 100 jours et à 
une amende de CHF 300.00 prononcée le 2 avril 2012 pour séjour illégal et 
contravention à la LStup ;

- une condamnation à une peine privative de liberté (ferme) de 80 jours 
prononcée le 13 juin 2013 pour séjour illégal et non-respect d’une assignation 

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19981989/index.html#a19
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19981989/index.html#a19

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à un lieu de résidence ou interdiction de pénétrer dans une région 
déterminée ;

- une condamnation à une peine privative de liberté (ferme) de 70 jours et à 
une amende de CHF 100.00 prononcée le 4 décembre 2014 pour séjour 
illégal et non-respect d’une assignation à un lieu de résidence ou interdiction 
de pénétrer dans une région déterminée ;

- une condamnation à une peine pécuniaire (ferme) de 20 jours-amende 
prononcée le 4 novembre 2016 pour délit au sens de la LStup ;

- une condamnation à une peine pécuniaire (ferme) de 40 jours-amende 
prononcée le 15 décembre 2016 pour délit au sens de la LStup et opposition 
aux actes de l’autorité ;

- une condamnation à une peine pécuniaire (ferme) de 30 jours-amende 
prononcée le 3 janvier 2017 pour recel ;

- une condamnation à une peine pécuniaire (ferme) de 30 jours-amende 
prononcée le 20 février 2019 pour menaces ;

- une condamnation à une peine pécuniaire (ferme) de 30 jours-amende 
prononcée le 25 février 2020 pour vols.

Ainsi, il apparaît que le prévenu est un délinquant multirécidiviste et endurci. En 
outre, les deux dernières condamnations sont survenues au cours de la présente 
procédure, pour des faits postérieurs à ceux qui sont l’objet de cette dernière. Cet 
élément doit peser à sa charge dans une mesure importante. 

20.4 Au regard de son comportement tout au long de la procédure, il apparaît que le 
prévenu est dénué de la moindre introspection et a même parfois tendance à se 
poser en victime. A titre d’exemple, sa dernière parole lors des débats de 
première instance à l’occasion de laquelle il a accusé la partie plaignante de 
vouloir gâcher sa vie – et ce alors même qu’il était retourné au magasin 
F.________ pour menacer celle-ci de mort – est digne d’être relevée.

20.5 Pris dans leur ensemble, les éléments relatifs à l’auteur sont défavorables. Ils 
justifient donc une augmentation importante de la peine.

21. Fixation de la quotité de la peine dans le cas particulier

21.1 Au moment de fixer une quotité de peine concrète, la Cour suprême a pour 
pratique de se référer aux recommandations de l’Association des juges et 
procureurs bernois quant à la mesure de la peine (dans leur teneur actuelle, 
disponibles sur le site internet http://www.justice.be.ch), si elles contiennent une 
proposition pour l’infraction à punir ou si elles comportent un état de fait de 
référence comparable à celui de l’affaire à juger. Ces recommandations ne lient 
aucunement le juge, mais elles sont un moyen d’assurer autant que possible 
l’égalité de traitement. 

21.2 Lesdites recommandations ne prévoient pas de proposition pour le brigandage. 
On peut cependant relever qu’elles suggèrent une peine de 150 unités pénales 

http://www.justice.be.ch/justice/fr/index/strafverfahren/strafverfahren/formulare_merkblaetter.assetref/dam/documents/Justice/OG/de/Formulare/Recommandations%20AJPB%2001-07-2015.pdf
http://www.justice.be.ch

27

pour un vol à l’arrachée pour un butin de CHF 1'000.00, lorsque la victime ne 
chute pas et ne subit aucune blessure. Or, le cas d’espèce est bien plus grave au 
vu du comportement du prévenu à l’égard de la partie plaignante et des 
conséquences subies par celle-ci.

21.3 Sur la base de tous les éléments qui précèdent, en particulier les éléments relatifs 
à l’auteur, la peine prononcée en première instance à l’égard de A.________, soit 
une peine privative de liberté de 8 mois, est trop clémente, car elle ne tient pas 
compte des éléments relatifs à l’auteur qui sont défavorables – même si l’on s’en 
tient uniquement à ceux qui étaient connus du Tribunal de première instance. 
Quoiqu’il en soit, la 2e Chambre pénale est liée par l’interdiction de la reformatio in 
peius et confirme dès lors ladite peine.

22. Sursis

22.1 Règles applicables

22.1.1 La loi en vigueur avant le 1er janvier 2018 prévoyait que le sursis était accordé 
lorsqu’une peine ferme ne paraissait pas nécessaire pour détourner l’auteur 
d’autres crimes ou délits (art. 42 al. 1 aCP). L’octroi du sursis constituait la règle à 
laquelle on ne pouvait déroger qu’en présence d’un pronostic défavorable ou 
hautement incertain (ATF 134 IV 1 consid. 4.2.2). Le sursis complet pouvait être 
accordé à l’exécution d’une peine pécuniaire, d’un travail d’intérêt général et 
d’une peine privative de liberté de deux ans au maximum.

22.1.2 La deuxième phrase de l’art. 391 al. 2 CPP permet à l’instance d’appel de tenir 
compte, pour établir le pronostic relatif au sursis, de faits, par exemple d’une 
condamnation, qui ne pouvaient pas être connus du tribunal de première instance 
(ATF 142 IV 89 consid. 2.3).

22.2 Application dans le cas d’espèce

22.2.1 Il est difficile de poser un pronostic plus négatif qu’en l’espèce puisque le prévenu 
avait déjà commis deux brigandages en 2008. Il a ensuite régulièrement donné 
lieu à des condamnations. On peut relever, entre autres, que le prévenu a 
récidivé plusieurs fois depuis les faits à la base de la présente procédure, 
notamment en allant menacer la partie plaignante sur son lieu de travail (dossier 
BJS 18 23601, édité). Il ressort en outre du dossier de la procédure BJS 20 845, 
relative à trois vols commis dans le même magasin les 3 et 4 décembre 2019, 
que le prévenu n’a aucun scrupule à s’en prendre aux biens d’autrui et qu’il n’y a 
manifestement aucun espoir qu’il cesse de commettre des infractions en matière 
patrimoniale. L’octroi du sursis ne peut donc entrer en ligne de compte.

23. Imputation de la détention avant jugement

23.1 La détention provisoire et à des fins de sûreté subie par A.________ entre le 7 et 
le 8 juillet 2017, à savoir au total deux jours, peut être imputée sur la peine 
prononcée (art. 51 CP).

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/index.html#a42
http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-134-IV-1&lang=fr&zoom=&system=
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a391
http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-142-IV-89&lang=fr&zoom=&system=
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/index.html#a51

28

VI. Mesure

24. Expulsion

24.1 Arguments de la défense

24.1.1 La défense a argué que le prévenu était installé en Suisse depuis 1993 et qu’il y a 
toute sa famille (compagne et enfants), dont il prendrait soin. Il ferait preuve de 
volonté d’intégration, qui se manifesterait par son implication dans une église 
chrétienne à G.________, mais également par l’intégration de ses enfants. Quant 
à son intégration professionnelle, il faudrait tenir compte du parcours difficile du 
prévenu et du fait qu’il n’est bénéficiaire que d’un permis F, ce qui compliquerait 
singulièrement la recherche d’un emploi. Le prévenu n’aurait plus aucune 
perspective dans son pays d’origine, où il n’aurait plus aucun contact. Malgré son 
passé pénal (qui pourrait être relativisé, notamment au vu de l’ancienneté de la 
condamnation pour brigandages), au vu de la longue durée de son séjour en 
Suisse et de son intégration familiale, une pesée d’intérêts serait nécessaire 
selon la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés 
fondamentales (CEDH ; RS 0.101) avant de prononcer son expulsion. Or, l’intérêt 
privé du prévenu primerait sur l’intérêt public à l’expulsion – ceci d’autant plus que 
cet intérêt public ne pourrait pas se concrétiser, la mise en œuvre de l’expulsion 
étant difficile –, lequel ne serait donc pas prépondérant. Il devrait donc être 
renoncé à l’expulsion.

24.2 Principe de l’expulsion

24.2.1 En vertu de l'art. 66a al. 1 CP (expulsion obligatoire), le juge expulse de Suisse 
l’étranger qui est condamné pour l’une des infractions du catalogue mentionné 
par cette disposition, quelle que soit la quotité de la peine prononcée à son 
encontre, pour une durée de cinq à quinze ans. En l'espèce, vu que le verdict de 
culpabilité porte sur l’une des infractions figurant sur cette liste (art. 66a al. 1 
let. c CP), le prévenu, ressortissant O.________ ayant commis ledit crime après 
l’entrée en vigueur des dispositions sur l’expulsion, satisfait les conditions de 
cette dernière, sous réserve d’une application de l’art. 66a al. 2 CP (cas de 
rigueur).

24.2.2 Le juge peut exceptionnellement renoncer à une expulsion si les exigences de 
l’art. 66a al. 2 CP sont remplies. Dans sa jurisprudence, le Tribunal fédéral a 
concrétisé les critères selon lesquels le cas de rigueur peut être retenu. Il a par 
ailleurs indiqué que les conditions de l’art. 66a al. 2 CP sont cumulatives et qu’il y 
a lieu de procéder à un raisonnement en deux étapes. Il faudra ainsi, en premier 
lieu, analyser si la mesure met l’étranger dans une situation personnelle grave et, 
le cas échéant, analyser en second lieu si les intérêts publics à l’expulsion ne 
l’emportent pas sur l’intérêt privé de l’étranger à demeurer en Suisse (ATF 144 IV 
332 consid. 3.3 ; arrêts 6B_1027/2018 du 7 novembre 2018 consid. 1.3 ; 
6B_1079/2018 du 14 décembre 2018 consid. 1.2 ; 6B_1329/2018 du 14 février 
2019 ; 6B_143/2019 du 6 mars 2019 consid. 3.2 ; 6B_70/2019 du 28 juin 2019 
consid. 1.2). Si le juge refuse de renoncer à l'expulsion alors que la clause de 

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19500267/index.html
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/index.html#a66a
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/index.html#a66a
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/index.html#a66a

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rigueur est applicable, le principe de proportionnalité ancré à l'art. 5 al. 2 de la 
Constitution fédérale (Cst. ; RS 101) est violé. 

24.2.3 Considérant que le législateur a fait usage d’un concept ancré depuis longtemps 
dans le droit des étrangers et compte tenu du lien étroit entre l’expulsion pénale 
et les mesures du droit des étrangers, le Tribunal fédéral a estimé qu’il se 
justifiait, s’agissant de la notion de « situation personnelle grave » dans 
l’application de l’art. 66a al. 2 CP (première condition), de s’inspirer des critères 
prévus à l’art. 31 de l’ordonnance relative à l’admission, au séjour et à l’exercice 
d’une activité lucrative (OASA ; RS 142.201) et de la jurisprudence y relative 
(ATF 144 IV 332 consid. 3.3.2 et ses références).

24.2.4 En vertu de l’art. 31 OASA, il y a lieu de tenir compte notamment de l’intégration 
du prévenu, du respect de l’ordre juridique suisse par celui-ci, de sa situation 
familiale, plus particulièrement de la période de scolarisation et de la durée de la 
scolarité des enfants, de sa situation financière ainsi que sa volonté de prendre 
part à la vie économique et d’acquérir une formation, de la durée de sa présence 
en Suisse, de son état de santé ainsi que des possibilités de réintégration dans 
son Etat de provenance. En principe, il y a lieu de retenir un cas de rigueur au 
sens de l’art. 66a al. 2 CP, lorsque l’expulsion constituerait pour le prévenu une 
ingérence d’une certaine importance dans son droit au respect de sa vie privée et 
familiale garantie par les art. 13 Cst. et 8 par. 1 CEDH (arrêt 6B_143/2019 précité 
consid. 3.3.1 in fine et ses références). 

24.2.5 L'art. 8 CEDH ne prévoit pas un droit à l'entrée et au séjour ou à un titre de 
séjour. Il n'empêche pas les États parties à la Convention de réglementer la 
présence des étrangers sur leur territoire et, si nécessaire, de mettre fin à leur 
séjour, en tenant compte de l'intérêt supérieur de la vie familiale et privée.

24.2.6 Selon la jurisprudence, pour se prévaloir du respect au droit de sa vie privée au 
sens de l'art. 8 par. 1 CEDH, l'étranger doit établir l'existence de liens sociaux et 
professionnels spécialement intenses avec la Suisse, notablement supérieurs à 
ceux qui résultent d'une intégration ordinaire. Le Tribunal fédéral n'adopte pas 
une approche schématique qui consisterait à présumer, à partir d'une certaine 
durée de séjour en Suisse, que l'étranger y est enraciné et dispose de ce fait d'un 
droit de présence dans notre pays. Il procède bien plutôt à une pesée des intérêts 
en présence, en considérant la durée du séjour en Suisse comme un élément 
parmi d'autres et en n'accordant qu'un faible poids aux années passées en 
Suisse dans l'illégalité, en prison ou au bénéfice d'une simple tolérance (ATF 134 
II 10 consid. 4.3 ; arrêts 6B_1329/2018 du 14 février 2019 consid. 2.3.2 ; 
6B_965/2018 du 15 novembre 2018 consid. 4.3 ; 6B_296/2018 du 13 juillet 2018 
consid. 3.1). Quant au droit au respect de la vie familiale consacré par l'art. 8 
par. 1 CEDH, il peut être affecté si une personne étrangère est empêchée de 
vivre avec des membres de sa famille autorisés à résider en Suisse (ATF 143 I 21 
consid. 5.1). L'art. 8 CEDH est affecté si une mesure étatique de distance ou 
d'éloignement porte atteinte à une relation familiale étroite, authentique et 
effectivement vécue d'une personne qui a le droit d'être présente en Suisse et qui 

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20070993/index.html

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est fermement établie, sans qu'il lui soit possible ou raisonnable de maintenir sa 
vie familiale ailleurs sans plus attendre (ATF 139 I 330 consid. 2.1 ; ATF 137 I 
247 consid. 4.1.2 ; ATF 116 Ib 353 consid. 3c). Le membre de la famille résidant 
ici doit disposer d'un droit de présence consolidé conformément aux décisions du 
Tribunal fédéral, ce qui est le cas en pratique s'il est citoyen suisse, s'il a obtenu 
un permis de séjour permanent ou s'il dispose d'un permis de séjour qui repose 
sur une demande légale consolidée (ATF 135 I 143 consid. 1.3.1 ; ATF 130 II 281 
consid 3.1 et 3.2). Le cercle familial protégé comprend principalement la famille 
nucléaire, c'est-à-dire la communauté des époux avec leurs enfants mineurs 
(ATF 137 I 113 consid 6.1 ; ATF 135 I 143 consid 1.3.2 avec références ; 
ATF 144 II 1 consid. 6.1). Sous réserve de circonstances particulières, les 
concubins ne sont donc pas habilités à invoquer l'art. 8 CEDH. D'une manière 
générale, il faut que les relations entre les concubins puissent, par leur nature et 
leur stabilité, être assimilées à une véritable union conjugale pour bénéficier de la 
protection de l'art. 8 par. 1 CEDH (arrêts du Tribunal fédéral 6B_143/2019 du 
6 mars 2019 consid. 3.3.2 ; 6B_1329/2018 du 14 février 2019 consid. 2.3.2 ; 
6B_612/2018 du 22 août 2018 consid. 2.2 et les références citées).

24.2.7 La liste figurant à l’art. 31 OASA n’étant pas exhaustive et compte tenu qu’il s’agit 
d’une expulsion pénale, le juge devra également prendre en compte les 
perspectives de réinsertion sociale du prévenu (ATF 144 IV 332 consid. 3.3.2). 

24.2.8 Dans le cas d’une « situation personnelle grave », le juge doit examiner la 
deuxième condition, en vérifiant si l’intérêt privé du prévenu à continuer de 
séjourner en Suisse l’emporte sur l’intérêt public présidant à son expulsion. Le 
juge examine ainsi si la mesure respecte le principe de la proportionnalité 
découlant de l’art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH (arrêts du Tribunal fédéral 
6B_1027/2018 précité consid. 1.5 ; 6B_1192/2018 précité consid. 2.2.1 et les 
références citées). Le juge doit tenir compte de l’ensemble des circonstances 
lorsqu’il pondère l’intérêt privé de l’étranger à demeurer en Suisse et l’intérêt 
public à son expulsion (ATF 140 I 145 consid. 3.1 et sa référence).

24.2.9 Il sied dès lors d'examiner si des motifs permettant de renoncer à l'expulsion sont 
donnés, étant précisé que ces motifs doivent être appréciés de manière 
restrictive. En tout état de cause, quant au bénéfice de la clause de rigueur, il faut 
tenir compte du fait que le législateur visait tout particulièrement les étrangers nés 
en Suisse ou qui y ont grandi (cf. art. 66a al. 2 phrase 2 CP). 

24.3 Situation personnelle du prévenu

24.3.1 En premier lieu, quant à sa vie privée au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH, il convient 
de rappeler que le prévenu n’est arrivé en Suisse qu’à l’âge de 27 ans (D. 118c ; 
382) et a donc passé son enfance tout comme la première partie de sa vie 
d’adulte dans son pays d’origine. Il y aurait appris à s’occuper des jardins avec 
son père (D. 43 l. 141). A son arrivée dans notre pays, il a déposé une demande 
d’asile et a été admis provisoirement. Il a obtenu un titre de séjour en 1997 suite à 
son mariage avec une ressortissante suisse, le 16 août 1996 (D. 117). Suite à 
son divorce, en 2002, le prévenu n’a plus été au bénéfice d’une autorisation de 

31

séjour. Une expulsion pénale a même été prononcée à son égard en 2005 pour 
une durée de 3 ans (D. 118c). De 2007 à 2015, le prévenu a séjourné en Suisse 
sans être au bénéfice d’une autorisation correspondante (D. 118c). Il est 
maintenant et depuis le 1er décembre 2015 au bénéfice d’un permis F, valable 
jusqu’au 9 décembre 2020 (D. 340). Le prévenu prétend ne plus avoir de famille 
en O.________ (D. 42 l. 127) où il ne se serait plus rendu depuis son arrivée en 
Suisse (D. 43 l. 136). Selon sa compagne, il n’a pas de contacts avec sa famille 
au pays (D. 165 l. 17-18). Quand bien même son statut au regard du droit des 
étrangers le lui permettrait, le prévenu n’exerce pas d’activité lucrative stable. A 
l’en croire, cela aurait été le cas avant son divorce (D. 43 l. 157-158). Depuis lors, 
il décroche sporadiquement des emplois, relevant de programmes d’insertion 
(D. 149-154 ; 258 ; 212-213 ; 341), mais il tire très essentiellement ses revenus, 
comme sa famille, de l’aide sociale (D. 166 l. 30). Le 6 janvier 2020, la somme 
des actes de défauts de biens prononcés à son égard se montait à 
CHF 122'093.95 (D. 308-311). Au regard de l’ensemble de ces éléments, son 
intégration en Suisse doit être considérée comme très faible. Le fait de jouer de la 
batterie pour une chorale d’église n’y change rien (D. 155). D’ailleurs, le prévenu 
a lui-même précisé qu’il avait précédemment des amis dans la communauté 
africaine mais qu’en raison de problèmes non spécifiés, il privilégie dorénavant sa 
famille (D. 44 l. 179-181). 

24.3.2 Partant, on constate que le prévenu n’a pas passé en Suisse les années cruciales 
de son existence au sens de l’examen de la clause de rigueur. La durée de son 
séjour est importante, même si une partie de celle-ci ne peut être prise en 
considération puisqu’il a vécu dans l’illégalité. Sa situation financière est 
catastrophique sans chances d’amélioration. Le prévenu est dénué de 
perspectives professionnelles et il vit essentiellement aux crochets de la société. 
Son intégration est inexistante. Son parcours de délinquant multirécidiviste 
obscurcit encore le tableau. Aucun élément ne permet de retenir que ses 
problèmes de santé seraient sérieux et d’affirmer que ce dernier ne pourrait pas 
se faire soigner dans son pays d’origine (D. 342). Au surplus, les chances de 
réinsertion du prévenu ne sont pas pires en O.________ – où son renvoi peut 
être exécuté, en particulier si le prévenu y coopère (D. 118d) – que dans notre 
pays où elles doivent être qualifiées de nulles. On notera enfin que l’O.________ 
n’est plus un pays en guerre. Au contraire, selon le site du Département des 
affaires étrangères (https://www.eda.admin.ch/eda/fr/dfae/representations-et-
conseils-aux-voyageurs/O.________/suisse-O.________.html), l’O.________ se 
relève après des années de guerre civile et connaît un redressement économique 
spectaculaire. Dans la plupart des régions du pays, la situation politique peut être 
qualifiée de stable.

24.3.3 Quant à sa situation familiale, on rappellera que le prévenu vit depuis 20 ans avec 
sa compagne, avec laquelle il n’est pas marié (D. 146-148). Ils ont ensemble trois 
enfants (D. 147). Le prévenu entretient de bons contacts avec eux. Selon les 
éléments au dossier, il s’investit dans leur éducation mais dans une mesure qui 
reste floue (D. 165 l. 14-22 ; 256-257). Sa compagne est N.________ et titulaire 

https://www.eda.admin.ch/

32

d’un permis F (D. 165 l. 11). Il en va de même de leurs trois enfants communs 
(D. 361 ; 383). Partant, son statut familial ne saurait lui permettre d’invoquer 
efficacement la protection de l’art. 8 par. 1 CEDH. Le fait qu’il soit père d’un 
enfant a priori titulaire de la nationalité suisse ne saurait être pertinent pour 
admettre une atteinte à sa situation familiale puisque ce fils – qu’il ne voit que 
ponctuellement – est adulte. Par voie de conséquence, quand bien même la 
Suisse représente sans conteste le centre de vie du prévenu, une expulsion ne le 
mettrait pas dans une situation personnelle grave au sens de l’art. 66a al. 2 CP.

24.4 Pesée des intérêts

24.4.1 Même si la condition d’une situation personnelle grave devait être admise, la 
pesée des intérêts publics à expulser le prévenu et des intérêts privés de ce 
dernier à demeurer en Suisse pencherait indubitablement en faveur des premiers. 
En effet, comme déjà évoqué à plusieurs reprises, le prévenu est un délinquant 
endurci, qui a commis divers types d’infractions, de manière régulière, sur de 
nombreuses années. Il ne présente aucune once de remord et le pronostic le 
concernant est définitivement négatif. Au surplus, il recèle un potentiel de 
violence à ne pas négliger car son comportement à l’égard de la partie plaignante 
était véritablement dommageable. Ses agissements du 17 janvier 2008 et du 
19 novembre 2008 étaient également très agressifs et assez violents 
(notamment : D. 184, figurant en original dans le dossier S 08 751 édité). Les 
conséquences sociales de tels actes ne sauraient être minimisées tant leurs 
répercussions peuvent impacter la santé physique et psychique des victimes, 
voire même leur capacité de gain. Tel a d’ailleurs été le cas pour la partie 
plaignante. Le prévenu représente donc un danger important pour l’ordre public, 
voire la sécurité publique, ce qui exclurait catégoriquement de le mettre au 
bénéfice de la clause de rigueur.

24.5 Durée de l'expulsion

24.5.1 En l'espèce, la juge de première instance a fixé la durée de l’expulsion à 5 ans, 
soit la durée minimale. Compte tenu de l’interdiction de la reformatio in peius, la 
2e Chambre pénale ne peut que confirmer cette durée.

24.5.2 Il sied de préciser que l’expulsion s’applique dès l’entrée en force du jugement et 
que sa durée est calculée à partir du jour où la personne condamnée a quitté la 
Suisse (art. 66c al. 2 et 5 CP). Toutefois, la peine ou partie de peine ferme ou la 
mesure privative de liberté doit être exécutée avant l’expulsion (art. 66c al. 3 CP).

VII. Action civile

25. La défense a uniquement conclu au rejet de l’action civile, sans plaider ses 
conclusions B.3 et C (D. 393). La partie plaignante a quant à elle exposé les 
lourdes conséquences qu’ont eu pour elle les faits du 7 juillet 2017 (D. 379). 

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/index.html#a66c
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/index.html#a66c

33

26. S’agissant des éléments théoriques liés au jugement de l’action civile, la 
2e Chambre pénale renvoie aux considérants du jugement de première instance 
(D. 240).

26.1 Concernant les dommages-intérêts, il y a lieu de constater qu’ils sont uniquement 
remis en cause par le prévenu. En effet, la partie plaignante conclut au paiement 
du montant accordé par la première instance. Ainsi, malgré la formulation quelque 
peu maladroite des conclusions, il y a lieu de retenir que la partie plaignante ne 
conteste pas le jugement sur ce point. 

Le prévenu a conclu au rejet des conclusions civiles « en conséquence » de sa 
libération de la prévention de brigandage (D. 255 ; 393). Or, la 2e Chambre 
pénale l’a reconnu coupable de cette prévention (ch. IV.12.5 ci-dessus). Dans ces 
circonstances, il convient de constater que la conclusion du prévenu à ce sujet 
n’a pas été motivée à suffisance de droit et de confirmer par conséquent sur ce 
point la solution retenue en première instance. 

Ainsi, le prévenu est condamné à verser à la partie plaignante le montant de 
CHF 1'793.70. Il est renvoyé aux considérations de première instance pour le 
surplus.

26.2 Quant au principe de l’octroi d’une indemnité pour tort moral, le prévenu ayant 
également conclu au rejet de cette demande « en conséquence » de sa libération 
sans plaider la question (D. 393), sa conclusion sur ce point n’a pas été motivée à 
suffisance de droit. 

Il en va de même de la question du montant alloué. Le prévenu n’a pas motivé en 
quoi l’indemnité pour les souffrances de la partie plaignante ne devrait pas être 
accordée ou ne devrait pas dépasser le montant octroyé en première instance 
(D. 385-387). 

En l’espèce, compte tenu des souffrances et lésions non négligeables subies par 
la partie plaignante, ainsi que des lourdes conséquences qu’a eues le brigandage 
commis sur sa vie personnelle, la 2e Chambre pénale estime que le montant 
alloué en première instance est insuffisant. Il y a dès lors lieu de condamner le 
prévenu à verser à la partie plaignante le montant tout à fait raisonnable de 
CHF 1'000.00 réclamé par celle-ci à titre d’indemnité pour tort moral. 

VIII. Frais

27. Règles applicables

27.1 Les règles en matière de répartition des frais ont été exposées dans les motifs de 
première instance et la 2e Chambre pénale y renvoie (D. 240).

27.2 Pour la deuxième instance, les frais de la procédure sont mis à la charge des 
parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou succombé. La partie 
dont le recours est irrecevable ou qui retire le recours est également considérée 
avoir succombé (art. 428 al. 1 CPP). Pour d