# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1615bb93-bc36-5b97-b2a0-2fe61fd134d2
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2006-06-13
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 13.06.2006 PS.2005.0053
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_PS-2005-0053_2006-06-13.html

## Full Text

CANTON DE VAUD

  TRIBUNAL
  ADMINISTRATIF

  
	
   

  	
  Arrêt du 13 juin 2006

  
	
  Composition

  	
  Mme Aleksandra Favrod, présidente; Mme Sophie Rais
  Pugin et M. Marc-Henri Stoeckli, assesseurs, M. Yann Jaillet, greffier.

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  X.________, à 1********, 

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Service de prévoyance et d'aide
  sociales, à Lausanne, 

  

   

	
  Autorité concernée

  	
   

  	
  Centre social régional de Lausanne,
  à Lausanne

  

   

 

	
  Objet

  	
           RMR - revenu minimum de réinsertion  

  
	
   

  	
  Recours X.________ c/ décision du Service de prévoyance
  et d'aide sociales du 2 février 2005 (refus du RMR)

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
Géologue de formation, M. X.________, né le 16 janvier
1966, a bénéficié du revenu minimum de réinsertion (ci-après : le RMR) du 1er
novembre 1998 au 30 octobre 1999. Renouvelé pour une deuxième année, ce droit a
été prorogé jusqu'à fin juin 2001, l'intéressé ayant travaillé comme enseignant
pendant deux périodes de quatre mois (janvier à avril 2000 et janvier à avril
2001).

Par la suite, M. X.________ a bénéficié de l'aide
sociale de septembre à décembre 2001 et de juin à juillet 2002. Du 18 juillet
2002 au 17 juillet 2004, il a touché des indemnités de l'assurance-chômage.
Durant cette période, il a effectué un emploi temporaire subventionné en Europe
de l'Est pendant environ sept mois (programme Y.________), ainsi qu'un emploi
d'un mois dans un musée roumain comme collaborateur scientifique. 

B.                              
Le 27 juillet 2004, M. X.________ a déposé une nouvelle
demande de RMR auprès du Centre social régional de Lausanne (ci-après : le
CSR). 

Par décision du 10 août 2004, le CSR a refusé
d'octroyer le RMR à M. X.________ au motif qu'il en avait déjà bénéficié
pendant vingt-quatre mois et n'avait pas, entre-temps, exercé une activité
lucrative pendant une année au mois afin de renouveler son droit au RMR. 

C.                              
Le 18 octobre 2004, M. X.________ s'est opposé à cette
décision, concluant implicitement à son annulation et à l'octroi du RMR. Il
faisait valoir que la loi fédérale sur l’assurance-chômage obligatoire et
l’indemnité en cas d’insolvabilité (LACI), qui n'exigeait alors l'exercice
d'une activité soumise à cotisation que six mois durant le délai-cadre de cotisation,
était moins restrictive que la loi sur l'emploi et l'aide aux chômeurs (LEAC)
qui en demandait douze. 

Par décision du 2 février 2005, le Service de
prévoyance et d'aide sociales (ci-après : le SPAS) a rejeté l'opposition de M. X.________
considérant qu'il fallait s'en tenir au texte légal qui traduisait la volonté
du législateur de se montrer plus rigoureux dans l'octroi du RMR à l'égard des
personnes ayant déjà bénéficié de ce droit pendant vingt-quatre mois. 

D.                              
Le 4 mars 2005, M. X.________ a recouru contre cette
décision, concluant à son annulation et à l'octroi du RMR. Il reprend son
argumentation développée devant le SPAS, précisant qu'en comptant son emploi
temporaire subventionné en Europe de l'Est et son travail en Roumanie, il ne
lui manque que trois mois et vingt jours de travail pour pouvoir bénéficier du
RMR. Le reste de son argumentation sera repris plus loin dans la mesure utile. 

Dans sa réponse du 23 mars 2005, le SPAS a conclu au
rejet du recours, précisant que le délai d'une année prévu par la LEAC est
spécifique au RMR, lequel "est un régime de droit cantonal indépendant
de celui institué par la loi fédérale sur l'assurance-chômage".

Le CSR a produit son dossier, sans formuler
d'observations.

Considérant en droit

1.                               
Déposé dans le délai de 30 jours fixé par l'art. 56 al. 1
LEAC, alors en vigueur, le recours est recevable. Il y a donc lieu d'entrer en
matière.

2.                               
L'art. 48 LEAC dispose que le RMR est
accordé jusqu'à ce que le bénéficiaire retrouve une activité professionnelle,
mais pour une durée ne dépassant pas douze mois (al. 1er); au-delà de cette
durée, une nouvelle demande peut être déposée pour une période identique, un
bilan étant alors effectué quant au respect des conditions contractuelles et
sur les perspectives de retour à l'autonomie financière, le RMR ne pouvant
toutefois dépasser la durée totale de 24 mois (al. 2). Le troisième alinéa de
cette disposition est ainsi formulé: "Une fois le droit au RMR épuisé, une
nouvelle demande peut être déposée, pour autant que l'intéressé ait au
préalable exercé une activité lucrative pendant une année au moins et ait
épuisé ses nouveaux droits aux prestations LACI".

3.                               
a) En l'espèce, admettant que la
condition de l'art. 48 al. 3 LEAC relative à l'épuisement d'un nouveau droit aux
indemnités de l'assurance-chômage est réalisée, l'autorité intimée soutient que
celle d'avoir préalablement exercé une activité lucrative durant douze mois ne
l'est en revanche pas. Le recourant affirme quant à lui que la décision
litigieuse contrevient à l'esprit de la loi, qui est de permettre à la personne
sans emploi de pouvoir bénéficier de mesures de réinsertion avant d'émarger à
l'aide sociale, du moment qu'elle a rempli les conditions nécessaires à
l'octroi des prestations de l'assurance-chômage.

Partant, le litige se trouve
circonscrit à la question de savoir si l'octroi d'un nouveau droit au RMR est
soumis aux deux conditions posées à l'art. 48 al. 3 LEAC, cumulatives selon la
lettre de cette disposition, ou si, eu égard à l'esprit de la loi, la condition
de la reconstitution préalable d'un droit LACI - laquelle s'est en l'occurrence
trouvée réalisée après six mois seulement d'activité soumise à cotisation (art.
13 al. 1er LACI dans sa teneur lors des faits) - est seule déterminante.

b) Les travaux parlementaires relatifs
à l'élaboration de l'art. 48 al. 3 LEAC n'apportent aucune explication quant
aux raisons qui présidèrent au choix de la durée de l'activité lucrative
préalable (BGC, septembre 1996, 1C-1, p. 2439 ss et 1C-2, p. 3223 ss). Le
législateur - respectivement la majorité des députés, dans la mesure où
l'élaboration de la loi a donné lieu à d'âpres débats - a toutefois clairement
manifesté la volonté de limiter le droit au RMR à 24 mois (art. 48 al. 2 LEAC),
sans que les mesures de réinsertion entreprises doivent avoir pour but de
reconstituer un droit LACI (BGC, op. cit., p. 2552, 2555, 2564, 2597, 3227,
3237, 3242). L'on en déduit qu'il s'est agi de se montrer plus rigoureux dans
l'octroi du RMR à l'égard de la personne qui, à l'instar du recourant, a déjà
bénéficié de ce droit durant 24 mois. Partant, il y a lieu de s'en tenir à la
lettre de la loi, rien ne permettant de faire abstraction d'une des deux
conditions restrictives qu'elle énonce. 

c) Cela étant, force est de constater
que l'emploi temporaire subventionné du recourant
en Europe de l'Est pendant sept mois et son travail d'un mois dans un musée
roumain ne suffisent pas à satisfaire à la condition de la durée
de l'activité telle que prévue à l'art. 48 al. 3 LEAC. Ainsi, la décision
attaquée ne peut qu'être confirmée.

 

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

 

I.                                  
Le recours est rejeté.

II.                                
La décision du Service de prévoyance et d'aide sociales du
2 février 2005 est confirmée.

III.                               
Le présente arrêt est rendu sans frais ni dépens. 

 

 

sg/Lausanne, le 13 juin 2006

 

 

 

 

La présidente:                                                                                           Le
greffier:

 

                                                                                                                  

Le présent arrêt est
communiqué aux destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.