# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9e4e4bd6-43a0-5f35-8b69-38819c4a4860
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2006-02-06
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 06.02.2006 PS.2005.0235
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_PS-2005-0235_2006-02-06.html

## Full Text

CANTON DE VAUD

  TRIBUNAL
  ADMINISTRATIF

  
	
   

  	
  Arrêt du 6 février 2006

  
	
  Composition

  	
  M. François Kart, président; Mme Dina Charif Feller et
  Mme Isabelle Perrin, assesseurs

  

 

	
  recourante

  	
   

  	
  A.________, à 1********, représentée par Karine BAERTSCHI, avocate, à Genève

  

   

	
  autorité intimée

  	
   

  	
  Service de l'emploi, Instance
  juridique chômage, à Lausanne 

  

   

	
  autorités concernées

  	
  1.

  	
  Caisse cantonale de chômage, Division
  technique et juridique, à Lausanne 

  

 

	
   

  	
  2.

  	
  Office régional de placement de
  Nyon, à Nyon 

  

   

 

	
  Objet

  	
  Indemnité de chômage  

  
	
   

  	
  Recours A.________ c/ décision du Service de l'emploi,
  Instance juridique chômage du 5 juillet 2005 (suspension du droit à
  l'indemnité)

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
A.________ s'est inscrite en qualité de demandeuse
d'emploi le 6 septembre 2004 et l'indemnité chômage lui a été versée
depuis cette date. Son chômage a été contrôlé par l'Office régional de
placement de Nyon (ci-après : l'ORP).

B.                              
En date du 16 décembre 2004, l'ORP a demandé à A.________
de se déterminer sur les motifs pour lesquels elle ne s'était pas présentée à
un entretien de conseil fixé le 15 décembre 2004. A.________ s'est déterminée
dans un courrier adressé à l'ORP le 26 décembre 2004, dont la teneur, pour l'essentiel,
était la suivante : 

"(…)

Suite a votre courrier du 16 courant, je me permets de vous
adresser l'explication faisant suite à mon entretien manqué du 15 décembre 2004
avec Mme B.________.

Besoin urgent et pressant de prendre quelques jours de répit.
J'avais envie de mettre fin à mes jours.

Je vous remercie de votre aimable compréhension et vous
demande de m'accorder un ultérieur entretien.

(…)"

Par courrier du 10 janvier 2005, l'ORP a informé A.________
que, suite aux explications fournies le 26 décembre 2004, il renonçait à lui
infliger une suspension dans son droit aux indemnités de chômage. 

C.                              
Par courrier du 11 janvier 2005, l'ORP a informé A.________
qu'il n'était pas en possession de ses recherches d'emploi pour le mois de
décembre 2004, ce qui pouvait constituer une faute et conduire à une suspension
de son droit aux indemnités de chômage. Invitée à se déterminer d'ici le 17
janvier 2005, A.________ n'a pas fourni d'explications.

D.                              
Dans une décision du 2 février 2005, l'ORP a suspendu A.________
dans son droit à l'indemnité chômage durant 5 jours, au motif qu'elle n'avait
pas effectué des recherches d'emploi suffisantes au mois de décembre 2004. 

En date du 5 juillet 2005, le Service de l'emploi a
rejeté l'opposition formulée par A.________ contre la décision de l'ORP du 2
février 2005.

E.                              
A.________ s'est pourvue contre cette décision auprès du
Tribunal administratif le 30 août 2005 en concluant à son annulation, à ce
qu'il soit prononcé que la suspension de son droit aux indemnités de chômage
n'était pas fondée et à ce qu'elle soit rétablie dans son droit intégral aux
indemnités chômage. A l'appui de son recours, A.________ a notamment produit un
certificat médical établi le 13 janvier 2005 attestant de son incapacité totale
de travailler du 15 décembre 2004 au 17 janvier 2005.   L'ORP a déposé son
dossier le 7 septembre 2005 en s'en remettant à justice. Le Service de l'emploi
a déposé sa réponse et son dossier le 13 septembre 2005, sans prendre de
conclusion. Constatant qu'il n'était pas en possession du certificat médical
produit par la recourante lorsqu'il avait rendu la décision attaquée, le
Service de l'emploi s'en remettait à l'appréciation du tribunal au vu de ce
nouvel élément. A.________ a déposé des observations complémentaires le 21
octobre 2005. La Caisse a déposé son dossier le 28 octobre 2005, sans prendre
de conclusions.

 

Considérant en droit

1.                               
Formé dans le délai fixé à l'art. 60 de la Loi fédérale du
6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA),
le recours est intervenu en temps utile; répondant en outre aux autres conditions
prévues à l'art. 60 LPGA, il est recevable en la forme.

2.                               
a) L'art. 17 al. 1er de la Loi fédérale du 25 juin 1982
sur l'assurance chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité
(LACI) dispose que l'assuré doit, avec l'assistance de l'office du travail
compétent, entreprendre tout ce que l'on peut raisonnablement exiger de lui
pour éviter le chômage ou l'abréger; en particulier, il lui incombe de chercher
du travail et d'apporter la preuve des efforts qu'il a fournis. Selon l'art. 26
al. 2 bis de l'Ordonnance du Conseil fédéral du 31 août 1983 sur l'assurance
chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité (OACI), l'assuré doit
ainsi apporter la preuve des efforts qu'il entreprend pour trouver du travail
pour chaque période de contrôle en remettant ses justificatifs au plus tard le
cinq du mois ou le premier jour qui suit cette date. Le non respect de cette
obligation est sanctionné par l'art. 30 al. 1er let. c LACI à teneur duquel le
droit de l'assuré à l'indemnité est suspendu lorsqu'il est établi qu'il ne fait
pas tout ce que l'on peut raisonnablement exiger de lui pour trouver un travail
convenable. Selon l'art. 3 al. 3 LACI, la durée de la suspension est
proportionnelle à la gravité de la faute. Aux termes de l'art. 45 al. 2 OACI,
la durée de la suspension de l'exercice du droit à l'indemnité est de 1 à 15
jours en cas de faute légère (let. a), 16 à 30 jours en cas de faute de gravité
moyenne (let. b) et 31 à 60 jours en cas de faute grave (let. c).

b) aa) En l'occurrence, l'ORP a considéré que le
fait de ne pas lui avoir remis la preuve des recherches d'emploi pour le mois
de décembre 2004 constituait une faute légère puisqu'il a prononcé une
suspension du droit à l'indemnité de 5 jours. La recourante soutient pour sa
part qu'aucune faute ne saurait être retenue à son encontre. Se référant au
certificat médical établi le 13 janvier 2005, elle fait valoir que son état de
santé à cette époque ne lui permettait pas d'effectuer des recherches d'emploi.
Elle soutient également qu'elle a cru, de bonne foi, que les explications fournies
à l'ORP le 26 décembre 2004 au sujet de son absence lors de l'entretien de
conseil du 15 décembre 2004 rendaient inutiles de nouvelles explications en ce
qui concerne l'absence de recherches d'emploi au mois de décembre 2004. Elle
fait valoir à cet égard que, dès lors que l'ORP avait admis que son état ne lui
permettait pas de se rendre au rendez-vous fixé le 15 décembre 2004, il
devait également admettre qu'elle n'était pas en mesure d'effectuer des
recherches d'emploi durant le mois de décembre 2004. 

bb) Comme la recourante ne conteste pas ne pas avoir
effectué de recherches d'emploi durant le mois de décembre 2004, il lui
appartient de démontrer que cette omission ne peut pas lui être imputée à
faute. A cet égard, on constate que le certificat médical qu'elle a produit
atteste d'une incapacité totale de travailler entre le 15 décembre 2004 et le
17 janvier 2005 et on ne saurait par conséquent lui reprocher de ne pas avoir
effectué de recherches d'emploi durant la seconde moitié du mois de décembre
2004. Bien qu'interpellée à cet égard dans le cadre de la procédure, elle n'a
en revanche pas produit de certificat médical relatif à la  période antérieure.
Elle indique à cet égard avoir souffert d'un état dépressif durant tout le mois
de décembre 2004, l’existence d'un certificat seulement à partir du 15 décembre
2004 s'expliquant par le fait qu'elle aurait tardé à consulter un spécialiste
en psychiatrie. Selon elle, si une incapacité de travail a été constatée à
partir du 15 décembre 2004 en raison de son état psychologique, ceci implique
nécessairement qu'elle était déjà atteinte dans sa santé durant les deux
semaines qui ont précédé. 

cc) Dans le domaine des assurances sociales, le juge
fonde sa décision, sauf dispositions contraires de la loi, sur les faits qui,
faute d'être établis de manière irréfutable, apparaissent comme les plus
vraisemblables, c'est-à-dire qui présentent un degré de vraisemblance
prépondérante. Il ne suffit donc pas qu'un fait puisse être considéré seulement
comme une hypothèse possible. Parmi tous les éléments de faits allégués ou
envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui paraissent
les plus probables (ATF 126 V 360 consid. 5b, 125 V 195 consid. 2 et les
références). 

En l'occurrence, on a vu que la recourante a fourni
un certificat médical attestant d'une incapacité de travail à partir du 15
décembre 2004 en indiquant que cette incapacité de travail était due à un état
dépressif. Tout bien considéré, le tribunal estime que si une dépression a été
médicalement constatée le 15 décembre 2004, il est vraisemblable que cet état existait
depuis un certain temps. Il s'agit là de l'hypothèse la plus vraisemblable et il
est par conséquent établi au degré de preuve de la vraisemblance prépondérante
que les problèmes de santé dont elle a souffert durant la seconde moitié du
mois de décembre 2004 existaient déjà durant la période précédente et qu'ils
l'ont empêché d'effectuer des recherches d'emploi durant tout le mois de décembre.
Partant, la recourante a établi au degré de preuve requis les faits dont on peut
déduire qu'aucune faute ne peut être reprochée en ce qui concerne son omission
d'effectuer des recherches d'emploi au mois de décembre 2004. 

3.                Il résulte de ce qui précède que le
recours doit être admis et la décision attaquée réformée en ce sens que
l'opposition formée contre la décision de l'Office régional de placement de
Nyon du 2 février 2005 est admise. Vu le sort du recours, le présent arrêt est
rendu sans frais. Dès lors que le recours est admis essentiellement en raison
du certificat médical fourni par la recourante postérieurement à la décision
attaquée, il n' y a pas lieu de lui allouer les dépens requis. 

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.                                  
Le recours est admis.

II.                                
La décision du Service de l'emploi du 5 juillet 2005 est
réformée en ce sens que l'opposition formée par A.________ contre la décision
de l'Office régional de placement de Nyon du 2 février 2005 est admise.

III.                               
Le présent arrêt est rendu sans frais ni dépens.

Fg/Lausanne, le 6 février 2006

 

                                                          Le
président:                                   

                                                                                                                  

 

Le présent arrêt est
communiqué aux destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.

 

La présente décision peut
faire l'objet, dans les trente jours suivant sa communication, d'un recours au
Tribunal fédéral des assurances, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne. Le recours
s'exerce par acte écrit, déposé en trois exemplaires, indiquant :

a)    quelle
décision le recourant désire obtenir en lieu et place de la présente décision;

b)    pour
quels motifs le recourant s'estime en droit d'obtenir cette autre décision;

c)    quels moyens de preuve le
recourant invoque à l'appui de ses motifs.

La présente décision et l'enveloppe dans laquelle elle a
été expédiée, ainsi que les pièces invoquées comme moyens de preuve, lorsqu'elles
se trouvent en mains du recourant, seront jointes au recours.