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**Case Identifier:** cc073377-d63d-5ed5-96a8-5f3f5e071569
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-01-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 13.01.2022 C/20143/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-20143-2021_2022-01-13.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 14.01.2022. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/20143/2021 ACJC/26/2022 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU JEUDI 13 JANVIER 2022 

 

Entre 

Madame A______, domiciliée ______[GE], recourante contre un jugement rendu par le 
Tribunal des baux et loyers le 21 décembre 2021, comparant par Me Nils DE DARDEL, 

avocat, boulevard Georges-Favon 13, 1204 Genève, en l'étude duquel elle fait élection 

de domicile,  

et 

B______ SA, sise ______[GE], intimée, comparant par Me Serge PATEK, avocat, 
boulevard Helvétique 6, case postale, 1211 Genève 12, en l'étude duquel elle fait 

élection de domicile. 

 

- 2/5 - 

 

C/20143/2021 

Vu le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'un atelier de 

peinture au 2ème étage de l'immeuble sis 1______, à Genève; 

Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 350 fr. par mois; 

Que par avis du 4 octobre 2017, la bailleresse a résilié le contrat de bail pour le 31 mai 

2018; 

Que le congé a été contesté par la locataire; 

Qu'à l'audience du Tribunal des baux et loyers du 23 mai 2018, les parties sont 

parvenues à un accord, au terme duquel le congé a été accepté par la locataire, une 

prolongation de bail au 31 octobre 2021 étant accordé à la précitée, l'accord valant 

jugement d'évacuation dès le 1
er

 novembre 2021 (cause C/2______/2017/5-OSB); 

Que le 18 octobre 2021, la locataire a déclaré invalider l'accord susmentionné; 

Qu'elle a saisi, le même jour, le Tribunal des baux et loyers d'une demande de révision, 

assortie de mesures provisionnelles; 

Que la bailleresse a, par écritures du 19 novembre 2021, conclu à l'irrecevabilité de la 

requête, subsidiairement à son rejet; 

Que le Tribunal a gardé la cause à juger le 8 décembre 2021; 

Que, par jugement JTBL/1062/2021 rendu le 21 décembre 2021, reçu le lendemain par 

la locataire, le Tribunal a rejeté la requête de mesures provisionnelles formée le 18 

octobre 2021 (ch. 1 du dispositif) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 2); 

Vu, EN FAIT, l'appel déposé le 23 décembre 2021 à la Cour de justice par A______ 
contre ce jugement; 

Qu'elle a conclu à l'octroi de l'effet suspensif à l'appel; 

Qu'elle a fait valoir que l'exécution du jugement d'évacuation la priverait brutalement de 

son atelier de peinture, entraînant l'interruption brutale de son activité artistique; 

Qu'invitée à se déterminer, la bailleresse a conclu au rejet de la requête d'effet suspensif; 

Considérant, EN DROIT, que la voie de l'appel est ouverte contre une décision finale 
de première instance, pour autant que la valeur litigieuse soit supérieure à 10'000 fr. (art. 

308 al. 2 CPC); 

Que selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, les contestations portant sur 

l'usage d'une chose louée sont de nature pécuniaire (arrêts du Tribunal fédéral 

4A_388/2016 du 15 mars 2017 consid. 1; 4A_479/2013 du 20 novembre 2013 consid. 

1); 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_388/2016
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_479/2013

- 3/5 - 

 

C/20143/2021 

Que lorsque la contestation porte sur la validité d'une résiliation de bail, ou que le 

locataire requiert la constatation de la nullité ou de l'inefficacité du congé, la valeur 

litigieuse est égale au loyer, provisions pour frais accessoires incluses, dû pour la 

période pendant laquelle le bail subsiste nécessairement si la résiliation n'est pas 

valable, c'est-à-dire jusqu'au jour où un nouveau congé pourra être donné; qu'en 

pratique, il convient de prendre en considération le loyer et les frais accessoires pour la 

période de trois ans de l'art. 271a al. 1 let. e CO (ATF 137 III 389 consid. 1.1; 111 II 

384 consid. 1; arrêt du Tribunal fédéral 4A_87/2012 du 10 avril 2012 consid. 1.1); 

Qu'en l'espèce, compte tenu du montant du montant du loyer, de 350 fr. par mois, que la 

locataire devrait verser si l'invalidation de l'accord conclu devait être admise, la valeur 

litigieuse est supérieure à 10'000 fr. (350 fr. x 12 mois x 3 ans = 12'600 fr.), de sorte que 

la voie de l'appel est ouverte; 

Que lorsque la décision de première instance a été rendue en procédure sommaire, 

comme en l'espèce s'agissant de mesures provisionnelles (art. 248 let. d CPC), le délai 

pour l'introduction du recours est de dix jours (art. 321 al. 2 CPC);  

Que déposé selon la forme et le délai requis (art. 130, 311 al. 1 et 314 al. 1 CPC), l'appel 

est recevable; 

Que la décision attaquée portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet 

suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC); 

Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut 

exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice 

difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de 

fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure 

ordinaire, qui en serait compromise (ATF 138 III 378 consid. 6.3; 137 III 475 consid. 

4.1; arrêt du Tribunal fédéral 5A_514/2012 du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2); 

Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation  

(ATF 137 III 475 consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral 5A_403/2015 du 28 août 2015 

consid. 5; 5A_419/2014 du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2); 

Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en 

présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une 

situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du 

recours (arrêts du Tribunal fédéral 4A_337/2014 du 14 juillet 2014 consid. 3.1; 

4D_30/2010 du 25 mars 2010 consid. 2.3); 

Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de 

première instance que dans des cas exceptionnels; qu'elle dispose cependant d'un large 

pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/137%20III%20389
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/111%20II%20384
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/111%20II%20384
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_87/2012
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/138%20III%20378
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/137%20III%20475
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/5A_514/2012
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/137%20III%20475
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/5A_403/2015
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/5A_419/2014
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_337/2014
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4D_30/2010

- 4/5 - 

 

C/20143/2021 

d'espèce (ATF 137 III 475 consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral 5A_403/2015 du 28 

août 2015 consid. 5); 

Qu'à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, l'autorité de recours n'accorde l'effet 

suspensif, à teneur de l'art. 174 al. 3 LP, que si le juge a prononcé la faillite, et non s'il a 

rejeté la requête (arrêt du Tribunal fédéral 5A_881/2017 du 23 janvier 2018 consid. 2.3; 

GILLIERON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, 

vol. III, 2001, nos 53 et 60 ad art. 174 LP); que cette solution est conforme au principe 

général selon lequel l'effet suspensif ne peut être octroyé à un recours ayant pour objet 

une décision rejetant une demande (parmi d'autres : GRISEL, Traité de droit 

administratif, vol. II, 1984, p. 923 et les arrêts cités); 

Qu'en l'espèce, l'appelante fait valoir qu'en l'absence de suspension de l'effet exécutoire 

de la décision entreprise, elle subirait un préjudice difficilement réparable, du fait de 

l'exécution du jugement d'évacuation qui la priverait brutalement de son atelier de 

peinture, entraînant l'interruption brutale de son activité artistique; 

Que la vraisemblance dudit préjudice est prima facie douteuse; 

Qu'en tout état, le jugement entrepris a rejeté la requête de mesures provisionnelles 

déposée par l'appelante; que, conformément à la jurisprudence rappelée ci-avant, 

applicable par analogie en matière de rejet de mesures provisionnelles, la suspension du 

caractère exécutoire d'une décision ne peut l'être que contre un jugement qui prononce 

la mesure, et non contre une décision de rejet de celle-ci; 

Que la suspension de l'effet exécutoire du jugement litigieux sera par conséquent 

refusée. 

* * * * * 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/137%20III%20475
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/5A_403/2015
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/5A_881/2017

- 5/5 - 

 

C/20143/2021 

PAR CES MOTIFS, 

La Présidente de la Chambre des baux et loyers : 

Rejette la requête de suspension du caractère exécutoire du chiffre 1 du dispositif du 

jugement JTBL/1062/2021 rendu le 21 décembre 2021 par le Tribunal des baux et 

loyers dans la cause C/20143/2021. 

Siégeant : 

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, présidente; Madame Maïté VALENTE, 

greffière. 

 

La présidente : 

Nathalie LANDRY-BARTHE 

 La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indications des voies de recours : 

 

La présente décision, incidente et de nature provisionnelle (137 III 475 consid. 1) est 

susceptible d'un recours en matière civile, les griefs pouvant être invoqués étant 

toutefois limités (art. 98 LTF), respectivement d'un recours constitutionnel subsidiaire 

(art. 113 à 119 et 90 ss LTF). Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans 

les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.