# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3077df4a-cbf7-5dfb-becb-ac4677df7e9b
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2004-05-14
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 14.05.2004 PE.2004.0123
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_PE-2004-0123_2004-05-14.html

## Full Text

CANTON DE VAUD

TRIBUNAL ADMINISTRATIF

Arrêt

du 14 mai 2004

sur le recours interjeté par X.________,
ressortissant de la Serbie et du Monténegro né le 12 mars 1980, dont le conseil
est l'avocat Bernard Zahnd, case postale 4132, 1002 Lausanne,

contre

la décision de l'Office cantonal de la
main-d'oeuvre et du placement (ci-après OCMP) du 16 février 2004 refusant
de l'autoriser à travailler pour le compte de Seggio & Coppola Sàrl en
qualité de nettoyeur.

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Composition de la section: M. Jean-Claude
de Haller, président; M. Rolf Wahl et M. Jean-Daniel Henchoz, assesseurs.
Greffière: Mme Nathalie Neuschwander.

Vu les faits suivants :

A.                     X.________ est entré en
Suisse le 24 juin 2003 et y a débuté sans autorisation le 1er juillet suivant
une activité de parqueteur nettoyeur auprès 1.******** à Pully.

                        Le 11 décembre 2003,
cet employeur a déposé une demande de main-d'œuvre étrangère en faveur de
X.________ sollicitant en faveur de celui-ci une autorisation annuelle. Le 20
janvier 2004, X.________ s'est annoncé auprès de sa commune de domicile. 

B.                    Par décision du 16
février 2004, l'OCMP a refusé d'autoriser cette prise d'emploi aux motifs que
X.________ n'était pas un ressortissant d'un pays de l'Union européenne ou de
l'Association européenne de Libre-Echange, en se référant à l'art. 8 de
l'Ordonnance du 6 octobre 1986 limitant le nombre des étrangers (OLE). L'OCMP a
considéré qu'il ne remplissait pas les conditions de qualifications
particulières, de formation complète et de large expérience professionnelle
pouvant justifier une exception.

C.                    Recourant le 8 mars
2004, X.________ conclut avec dépens à l'octroi de l'autorisation sollicitée.
Par décision du 17 mars 2004, le juge instructeur a écarté la requête d'effet
suspensif du recourant et ne l'a pas autorisé provisoirement à poursuivre son
activité de nettoyeur pendant la durée de la procédure cantonale de recours. Le
recourant a été invité à examiner l'opportunité d'un retrait de son recours. Le
recourant ayant procédé au paiement de l'avance de frais, le tribunal a statué
sans autre mesure d'instruction conformément à la procédure simplifiée de
l'art. 35a LJPA.

et considère en droit :

1.                     Selon l'art. 8 al. 1
OLE, une autorisation en vue de l'exercice d'une activité lucrative est
accordée en premier lieu aux ressortissants des Etats-membres de
l'Uon-Eropéenne (UE) conformément à l'accord sur la libre circulation des
personnes et aux ressortissants des Etats-membres de l'Association européenne
de Libre-Echange (AELE) conformément à la convention instituant l'AELE. 

                        En l'espèce, il est
constant que le recourant est ressortissant de l'ex-Yougoslavie, soit un pays
n'appartenant pas à l'UE ni à l'AELE. Il ne bénéficie donc pas de la priorité
dans le recrutement telle qu'elle résulte de l'art. 8 al. 1 OLE. A l'appui de
ses conclusions, le recourant fait valoir qu'avant de venir en Suisse il a
séjourné et travaillé pendant plusieurs années en France, pays dont il
possédait une carte de résident. Il expose qu'il a rejoint sa famille en
Suisse, soit son oncle qui travaille précisément pour l'entreprise 1.********
et qui l'a hébergé dans un premier temps. Ces motifs ne sont pas décisifs. En
effet, l'accord entre la Confédération suisse, d'une part, et la Communauté
européenne et ses Etats-membres, d'autre part, sur la libre circulation des
personnes entré en vigueur le 1er juin 2002 accorde un droit d'entrée, de
séjour, d'accès à une activité économique salariée et le droit de demeurer sur
le territoire des parties contractantes uniquement en faveur des ressortissants
des Etats-membres de la Communauté européenne et de la Suisse (art. 1er
a ALCP) et de leur famille selon l'art. 3 de l'Annexe I de l'ALCP, soit
seulement à l'égard du conjoint, des descendants et des ascendants à charge.

2.                     Aux termes de l'art. 8
al. 3 a OLE, lors de la décision préalable à l'octroi d'autorisation, les
offices de l'emploi peuvent admettre des exceptions à l'art. 8 al. 1 OLE
lorsqu'il s'agit de personnel qualifié et que des motifs particuliers
justifient une exception.

                        Le recourant fait
valoir que depuis le mois d'octobre 1999, le recourant a travaillé
successivement comme aide-maçon, puis maçon, ouvrier de fabrique, manœuvre,
manutentionnaire, faïenceur-plintheur, ouvrier exécution non cadre. De tels
éléments démontrent que le recourant a œuvré dans toute sorte de domaines qui
ne nécessitaient pas des connaissances pointues. On ne peut pas admettre que le
recourant serait au bénéfice de qualifications professionnelles particulières.
L'exception dans la priorité dans le recrutement résultant de l'art. 8 al. 3 a
OLE n'entre ici clairement pas en considération.

3.                     A ceci s'ajoute encore
le fait que le recourant n'a pas annoncé son arrivée dans les huit jours (art.
2 al. 1 LSEE) et qu'il a pris un emploi et travaillé plusieurs mois avant d'en
solliciter l'autorisation, ce qui constitue une infraction caractérisée à
l'art. 3 al. 3 LSEE, ce qui justifie en règle générale le renvoi de l'étranger
qui a exercé une activité lucrative sans autorisation (art. 3 al. 3 RSEE). 

                        Dans ces conditions,
le refus préalable de l'OCMP d'autoriser le recourant à travailler en qualité
de nettoyeur pour le compte 1.******** est justifié. Il doit être confirmé.

4.                     Les considérants qui
précèdent conduisent au rejet du recours aux frais du recourant qui succombe.

                        

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.                      Le recours est
rejeté.

II.                     La décision de
l'OCMP du 16 février 2004 est confirmée.

III.                     Un émolument
judiciaire de 500 (cinq cents) francs est mis à la charge du recourant, cette
somme étant compensée avec son dépôt de garantie.

IV.                    Il n'est pas
alloué de dépens.

Lausanne, le 14 mai 2004

Le président:                                                                                             La
greffière:

                                                                                                                  

 

 

 

 

 

 

Le présent arrêt est notifié :

-    au recourant, par l'intermédiaire de son conseil, sous lettre
signature;

-    à l'OCMP;

-    au SPOP;

-    à l'Office fédéral de l'immigration, de l'intégration et de
l'émigration, IMES, Section Suisse Romande, Canton de Vaud, Quellenweg 9, 3003
Berne-Wabern.

 

 

 

 

 

 

 

 

Annexe pour l'OCMP : son dossier en retour.

Annexe pour le SPOP : son dossier en retour.