# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e6ea5b47-8074-55d6-a8d3-b3a6dfbb8ebf
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-05-08
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 08.05.2020 P/20607/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-20607-2017_2020-05-08.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/20607/2017                                                                                                 ACPR/292/2020 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du vendredi 8 mai 2020 

 

Entre 

A______ SA, [banque] sise ______ [ZH], comparant par Me Rodolphe GAUTIER, avocat, 

Walder Wyss SA, rue d'Italie 10, case postale 3770, 1211 Genève 3, 

recourante, 

contre l'ordonnance de classement rendue le 4 juin 2019 par le Ministère public, 

et 

B______, domicilié ______ (France), comparant par Me Louis BURRUS, Schellenberg 

Wittmer SA, Rue des Alpes 15 bis, Case postale 2088, 1211 Genève 1 

C______, domicilié ______ [GE], comparant par Me Pierre-Damien EGGLY, RVMH, 

Avocats, Rue Gourgas 5, Case postale 31, 1211 Genève 8 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés. 

 

 

 

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EN FAIT : 

A. a. Par acte déposé au greffe de la Chambre de céans le 17 juin 2019, A______ 
(Suisse) SA (ci-après A______ SA) recourt contre l'ordonnance du 4 juin 2019, 
notifiée le 6 suivant, par laquelle le Ministère public a classé sa plainte déposée 
contre B______ et C______. 

 La recourante conclut à l'annulation de l'ordonnance querellée et au renvoi de la 
procédure au Ministère public afin qu'il procède aux actes d'instruction qu'elle 
énumère.  

b. La recourante a versé les sûretés en CHF 1'500.- qui lui étaient réclamées par la 
Direction de la procédure. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. A______ SA est inscrite au Registre du commerce de Zurich, où elle a son siège 
principal. À teneur de l'extrait de ce registre du 24 janvier 2020, les pouvoirs des 
personnes se trouvant en Suisse romande ont été radiés, seuls y restant inscrits ceux 
domiciliés en Suisse alémanique. Ainsi, ont vu leurs pouvoirs radiés D______ à 
E______ [VD], F______ à G______ [VD], H______ à I______ [GE], en mai 2019, 
B______ à J______ [GE] et C______ à K______ [GE], en juillet 2017.  

À teneur de l'extrait du 24 janvier 2020 du Registre de la succursale de  
L______ [GE] de A______ SA, il n'y a plus aucune personne ayant qualité pour 
signer, depuis août 2013.  

b. Le 23 août 2017, A______ SA a porté plainte auprès du Ministère public de 
M______ [ZH] contre B______, ancien "senior relationship manager", et C______, 
ancien "senior relationship manager" et sous-directeur, les soupçonnant la violation 
du secret bancaire (art. 47 LB), violation du secret de fabrication ou du secret 
commercial (art. 162 CP et 6 LCD) et détérioration de données (art. 144bis CP) dans 
l'intention d''"emporter leurs clients" chez leur nouvel employeur. Elle a transmis la 
traduction française de cette plainte par courrier du 3 novembre 2017 (cf. infra B.e) 

À l'appui de sa plainte, A______ SA a notamment exposé les éléments suivants : 

- en novembre 2016, N______ SA, une banque belge, avait approché O______, 
président du conseil d'administration de A______ SA, afin de discuter de l'éventuelle 
vente de cette dernière, ce à quoi ce dernier avait répondu négativement. Les 
représentants de N______ SA avaient alors déclaré "we will go after your people"; 

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- un contact avait été établi entre B______, C______ et N______ SA courant octobre 
ou novembre 2016 et, en décembre 2016, B______ avait tenté de convaincre des 
collègues de travail [que A______ SA ne nomme pas] de démissionner et de 
travailler pour une banque belge; 

- le 12 avril 2017, P______, membre de la direction, avait été abordé par un 
collaborateur zurichois [dont l'identité n'est pas révélée] au sujet du "major plan" de 
B______ et C______, dont ni le premier cité ni A______ SA ne connaissaient 
l'existence. Interrogé à ce sujet devant O______, le 21 avril 2017, ce collaborateur 
avait nié avoir procédé à de tels agissements. Quant à B______, il avait minimisé les 
faits et affirmé que personne ne désirait, à l'heure actuelle, changer de poste et que 
tout le monde ferait mieux de se concentrer sur son propre travail; 

- le 22 mai 2017, la société mère néerlandaise de A______ SA avait appris de 
Q______, gérant et ayant droit économique de l'un de ses clients, que B______ lui 
aurait expliqué, lors d'une rencontre le 4 mai 2017, qu'il allait quitter son poste de 
travail, que A______ SA allait alors "s'écrouler", que six personnes auraient déjà 
démissionné et s'apprêtaient à rejoindre une banque belge. Selon A______ SA, 
B______ avait de la sorte manifestement insinué qu'elle allait devoir fermer et qu'elle 
ne pourrait plus s'occuper de clients. Elle était parvenue à rassurer son client qui avait 
maintenu son contrat. Interpellé à ce sujet par O______, B______ avait évoqué un 
malentendu lié certainement à un problème de maîtrise de la langue anglaise et la 
banque l'avait cru; 

- d'autres clients [non identifiés] avaient rapporté à A______ SA les déclarations de 
B______ et C______ selon lesquelles, notamment, "Genève allait être fermé", "c'est 
le chaos", "six collaborateurs allaient quitter la banque" ou encore "un coup est en 
cours"; 

- par courrier, en néerlandais traduit en anglais, du 17 août 2017, les clients 
dénommés R______ et S______, domiciliés en Belgique, avaient prié A______ SA 
de les contacter avant de donner suite à leur demande de mai 2017, de transférer 
leurs avoirs vers N______ SA, que C______ était allé leur faire signer. A______ SA 
relate que ces clients lui avaient ensuite expliqué que C______ les avait informés 
qu'il leur rendrait visite en novembre 2017, qu'il allait quitter A______ SA laquelle 
devrait fermer. Cette dernière soupçonnait en conséquence C______ d'avoir divulgué 
sans droit à N______ SA la relation de clientèle existant entre elle et les susnommés 
en violation du secret bancaire (art. 47 LB), respectivement du secret commercial 
(art. 162 CP et 6 LCD); 

- le 26 juin 2017, D______, gestionnaire de portefeuille auprès de A______ SA, 
avait entendu C______ communiquer à un client que la situation était chaotique, qu'il 
ne recevait aucun soutien et que la banque allait fermer. Ces affirmations infondées 
avaient servi à créer le trouble et à déstabiliser ses clients; 

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- B______ et C______, employés de la banque depuis 2007, avaient démissionné le 
29 juin 2017 pour fin août 2017, respectivement fin octobre 2017; ils avaient été 
libérés de leurs responsabilités avec effet immédiat. Selon A______ SA, B______ et 
C______ avaient prévu leur départ depuis longtemps, en témoignait le mot de passe 
choisi par le dernier nommé pour les documents protégés: "thisistheend!!"; 

- après leur démission, A______ SA avait constaté des incohérences dans leurs 
activités. En particulier, elle a produit l'inventaire des visites aux clients de B______, 
duquel il ressort qu'au premier semestre de 2016, il avait fait 10 voyages sur 24 jours 
et 16 voyages sur 38,5 jours au cours du premier semestre 2017, sans raison 
commerciale. Elle a produit les inventaires des portefeuilles clients que B______ et 
C______ avaient fait générer par le système, expliquant qu'ils avaient, 
manifestement, enjoint à leurs collègues de ne pas envoyer les rapports et les aperçus 
des portefeuilles aux clients, parce qu'ils s'en chargeraient personnellement. B______ 
avait ainsi généré plus de 150 portefeuilles en juin 2017 contre à peine la moitié en 
mai 2017, et entre 20 et 30 les mois précédents et C______, pour sa part, près de  
170 portefeuilles contre 10 à 45 les mois précédents. Ils avaient ainsi édité les 
portefeuilles de plus de 90% des clients qu'ils suivaient, indice qu'ils agissaient dans 
leur propre intérêt. En outre, C______ s'était rendu très souvent à la poste, ce qui 
suggérait qu'il avait imprimé les rapports et aperçus de portefeuille, voire qu'il était 
encore en possession de ces documents;  

- B______ avait également enjoint D______ de déroger aux instructions internes de 
A______ SA, selon lesquelles un ordre de virement adressé par e-mail devait être 
confirmé par un appel téléphonique au client, lui demandant de ne pas procéder audit 
téléphone lié à un ordre de virement de CHF 1.5 million; A______ SA ne pouvait 
que spéculer sur ce comportement; 

- avant de démissionner, B______ et C______ s'étaient envoyés divers courriels 
contenant des données de clients sur leurs adresses e-mail privées, non protégées 
contre des accès indus. En agissant ainsi, A______ SA considérait qu'ils avaient 
accepté que des tiers non autorisés puissent prendre connaissance de données 
soumises au secret bancaire et les soupçonnait d'avoir transmis ces données à leur 
nouvel employeur (art. 47 LB). Ainsi de mars à juin 2017, C______ s'était envoyé 
diverses données de clients, telles que celles de T______, le 9 janvier 2017, un 
inventaire contenant toutes les valeurs patrimoniales et les revenus bruts des 
conseillers à la clientèle, le 13 mars une liste de clients invités à un apéritif en 
décembre 2016. B______ s'était envoyé, entre mars 2017 et sa démission, 
d'innombrables e-mails contenant des données de clients et, le 28 juin 2017, la 
nouvelle version des modèles d'ouverture de compte utilisée à partir de juillet 2017;  

- par ailleurs, A______ SA avait découvert dès leur démission en juillet 2017 que 
B______ et C______ avaient modifié diverses adresses e-mail et numéros de 
téléphone de clients dans sa banque de données électroniques, en changeant 

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notamment certaines lettres et chiffres, rendant de ce fait les données de clients 
inutilisables; 

- enfin, elle s'était aperçue qu'ils avaient recommandé à des clients des stratégies de 
placement qui contrevenaient aux recommandations de la banque, en lui faisant 
croire faussement qu'il s'agissait de la volonté propre desdits clients. Une vingtaine 
d'entre eux au moins avait suivi ces stratégies de placement. 

c. Par mandat du 12 septembre 2017 ("Ermittlungsauftrag an die Polizei Art. 312 
StPO"), le Ministère public zurichois a chargé la police locale de différentes missions 
"im Rahmen der bereits eröffneten Untersuchung". 

d. Le 27 septembre 2017, A______ SA a complété sa plainte pénale (dont seule la 
traduction française a été versée à la procédure par courrier du 3 novembre 2017) 
après avoir été informée par U______, un client, que C______ l'avait contacté par e-
mail du 13 septembre 2017, de manière proactive, afin de lui recommander une 
stratégie de placement alors qu'il lui était strictement interdit de prendre contact avec 
des clients de A______ SA, sans l’accord préalable express de celle-ci. Un fort 
soupçon existait que C______ ait révélé à N______ SA cette relation de clientèle en 
violation de l'art. 47 LB. 

e. Le 18 octobre 2017, le Ministère public de Genève a repris la procédure après 
acceptation du for. 

f. Le 3 novembre 2017, A______ SA a informé le Ministère public de faits 
nouveaux qui constituaient, selon elle, une violation supplémentaire des art. 3 al. 1 
let. a et 23 al. 1 LCD. En effet, quatre anciens clients, dont B______ était chargé, 
avaient récemment clôturé leur compte et rejoint N______ SA [elle ne produit 
aucune pièce attestant de ce fait]; elle craignait que ces départs résultent des 
méthodes mises en place par B______, soit le dénigrement par des affirmations 
fallacieuses ou inexactes. Elle estimait provisoirement son dommage issu du 
comportement des mis en cause à CHF  142'000.- pour les six derniers mois. 

g. Le 9 novembre 2017, le Ministère public a transmis la procédure à la police pour 
complément d'enquête sur la base de l'art. 309 al. 2 CPP.  

h. La police a, dès lors entendu, hors la présence de la partie plaignante:  

 le 19 décembre 2017, B______ qui a contesté les faits reprochés.  

Il avait rejoint N______ SA car il se faisait du souci pour la poursuite des activités de 
A______ SA en Suisse laquelle ne faisait presque pas de bénéfice et n'apportait 
aucune contribution au groupe A______ SA, dont deux filiales avaient fermé. Il 

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savait que la direction de N______ SA avait eu des contacts avec A______ SA mais 
ignorait que ses représentants auraient dit "we will go after your people". Il n'avait 
pas été approché par N______ SA mais l'avait démarchée en juin 2016 avec 
C______. Il avait démissionné le 29 juin 2017 et s’était rendu au bureau le 4 juillet 
2017 pour assurer la transition et il avait constitué un fichier Excel de tous ses 
clients.  

À l'heure de son audition, il conseillait la même clientèle fortunée que lorsqu'il était 
employé de A______ SA; huit clients l'avaient suivi dont six faisaient déjà partie de 
son portefeuille auprès de son précédent employeur et deux autres provenaient de 
recommandations d'autres clients; il avait développé une relation de confiance avec 
eux. Il n'avait pris aucun contact ni n'avait rendu visite aux clients de A______ SA 
durant son délai de congé. Il n'avait pas tenté, en décembre 2016, de convaincre 
d'anciens collègues de démissionner ni n'avait indiqué à des clients que la succursale 
de Genève allait fermer.  

Il avait certes rencontré, le 4 mai 2017, Q______, gérant d'une société cliente, en 
présence de l'épouse de ce dernier, car ils comptaient parmi les clients qu'il gérait. À 
cette occasion, il l'avait informé qu'il voulait quitter son poste, sans préciser sa 
destination. Ce client lui avait été demandé avec insistance le nom de son prochain 
employeur et il avait mentionné qu'il faisait partie de trois personnes qui rejoignaient 
N______ SA, précisant que son successeur prendrait contact avec eux, et les 
informant qu'il ne pouvait pas leur demander de le rejoindre dans sa nouvelle banque. 
Il n'avait jamais dit que A______ SA allait s'écrouler et que six personnes allaient 
démissionner.  

Il avait généré des portefeuilles de clients en format pdf, sans rien imprimer, comme 
d'habitude, et les avait utilisés lors d'entretiens clients, sans les sortir de la banque, 
selon une pratique mensuelle habituelle. Il n'avait jamais demandé à D______ de 
déroger aux directives internes, en particulier ne lui avait jamais interdit de contacter 
un client par téléphone suite à un ordre de virement donné par e-mail. S'agissant de 
l'envoi de données de clients sur sa boîte e-mail personnelle, c'était la pratique 
courante de la banque, depuis près de 8 ans, d'autoriser l'envoi des "fiches de 
contacts W______" sur les comptes mails privés des collaborateurs de manière à 
pouvoir enregistrer les contacts dans leur téléphone professionnel, appartenant à la 
banque et qu'il avait rendu à son départ. Il s'était envoyé le document d'ouverture de 
compte vierge parce qu'il avait été l'origine de la révision de ce document et était fier 
du résultat. Il avait saisi dans le système Outlook de la Banque les données de clients 
dont les cartes de visite trainaient encore dans le tiroir de son bureau, de manière à 
s'assurer que tout était en ordre. Il n'avait pas transféré le formulaire ni revendu les 
informations y figurant. Il n'avait pas modifié les données des clients dans la banque 
de données dédiée et n'y avait pas accédé après sa démission.  

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 le 20 décembre 2017, C______ qui a contesté tous les reproches.  

Il avait quitté A______ SA car il s'inquiétait pour sa pérennité, particulièrement à 
Genève, où n'œuvraient que quatre employés. Il avait uniquement parlé de son 
intention de quitter la banque à B______. Il ne savait pas que N______ SA avait dit à 
A______ SA "we will go after your people". C'était de sa propre initiative qu'il avait 
rencontré les membres de N______ SA, en compagnie de B______. Il avait respecté 
son délai de préavis ainsi que son obligation de ne pas travailler.  

Huit de ses anciens clients étaient encore dans son portefeuille. Il s'agissait de clients 
dont il administrait le portefeuille depuis plus de vingt ans. Il n'avait contacté ni 
n'avait rencontré des clients de A______ SA durant son délai de préavis. Il n'avait 
jamais déclaré à des clients de A______ SA qu'un "coup" se préparait, que la 
succursale de Genève allait fermer et que de nombreux employés quittaient la 
banque. En mai 2017, il était allé voir les clients R______ et S______, qui l'avaient 
suivi chez A______ SA; il ne leur avait pas demandé de signer un document mettant 
fin à leur relation bancaire et demandant le transfert de l'ensemble de leurs actifs 
auprès de N______ SA, ces clients ne l'avaient pas suivi et il ne leur avait  
pas dit qu'il allait rejoindre cet établissement, il ne leur avait jamais dit que  
A______ SA allait fermer et ne les avait pas rencontrés en novembre 2017.  

Il n'avait pas transmis de données de clients à N______ SA. En juin 2017, il avait 
imprimé les portefeuilles de ses 60 clients pour déterminer leur performance, comme 
il le faisait depuis plus de dix ans. Il était usuel de les imprimer et de les faire 
parvenir aux clients qui le souhaitaient. Il avait effectivement envoyé vers son 
adresse e-mail privée des fiches V-card car son téléphone professionnel ne permettait 
pas d'accéder aux données clients, en particulier d'appeler ces derniers. Pour y 
remédier, il fallait transférer les contacts vers le mail privé auquel le téléphone 
professionnel était jumelé. De ce fait, il s'était envoyé six contacts, dont trois étaient 
des intermédiaires, notamment des avocats et fiscalistes, et aucun d'eux n'était 
devenu client de N______ SA. Il n'avait pas accédé à la banque de données 
électroniques de A______ SA depuis sa démission et n'avait pas modifié les détails 
de clients dans le fichier central de la banque. Enfin, il n'avait pas conseillé de 
placements anormaux aux clients de A______ SA entre février et juin 2017; il 
achetait depuis toujours ces investissements, particulièrement appréciés des clients 
belges et hollandais. 

i. Par ordonnance du 26 juin 2018, le Ministère public a refusé d'entrer en matière sur 
la plainte. Par arrêt du 25 février 2019 (ACPR/148/2019), la Chambre de céans a 
annulé cette décision au motif que l'instruction ayant été ouverte, le Ministère public 
ne pouvait plus statuer par cette voie. 

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j. Le 9 mai 2019, le Procureur a avisé les parties qu'il entendait rendre une 
ordonnance de classement et leur a imparti un délai pour présenter leurs éventuelles 
réquisitions de preuves. 

k. Le 29 mai 2019, A______ SA s'est opposée au classement de sa plainte et a requis 
divers actes d'instruction. 

Elle a fait part que de nouveaux clients s'étaient plaints de démarches des prévenus 
lesquels auraient déclaré à nombre d'entre eux que la succursale de Genève allait 
fermer ou l’était déjà. 

A______ SA produit des échanges d'emails, en néerlandais traduits – partiellement –, 
en anglais, caviardés s'agissant des correspondants de V______ directrice de 
A______ SA, soit ceux du: 

 20 février 2019, dont le texte est "Got in touch with B______. Account is 
closed"; A______ SA soutient que B______ aurait ouvert de son propre chef 
un compte auprès de son nouvel employeur pour un client, malgré 
l'instruction explicite de ce dernier de ne pas le faire sans son consentement et 
ne l'aurait fermé qu'après de nombreuses relances dudit client. 

 9 avril 2019, dont il ressort que V______, après une visite à la cliente, 
notamment, rappelait à cette dernière les rendements qu'elle avait obtenus 
chez eux, faisait état des commentaires de clients s'agissant des rendements 
obtenus chez N______ SA, critiquait les méthodes de calcul de cette banque, 
soutenait qu' "ils n'avaient même pas de licence pour vous approcher de 
manière proactive aux Pays-Bas - en vous racontant des mauvaises histoires 

sur la banque qui avait été bonne pour eux pendant de nombreuses années, 

ce n'était pas élégant". La cliente lui ayant demandé si elle avait pu retenir sa 
lettre, V______ lui a répondu qu'elle était dans son coffre. A______ SA 
soutient que B______, malgré son engagement de s'en abstenir, avait rendu 
plusieurs visites "proactives" à une cliente aux Pays-Bas, depuis 2017 et 
début 2019, lors desquelles il aurait critiqué A______ SA et menti sur la 
santé financière de celle-ci, prétendant que la succursale de Genève était 
fermée et que la banque suivrait le même sort. 

 10 mai 2019, concernant les clients R______ et S______, confirmant que le 
client avait décidé de rester chez A______ SA; la lettre pouvant être 
considérée comme invalide. A______ SA soutient que C______ avait 
convaincu les clients de clôturer leur compte en leur disant que la succursale 
de Genève allait fermer et que les clients étaient revenus sur leur décision en 
apprenant le mensonge.  

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 12 avril 2019, de C______ envoyé à D______ – qui avait rejoint  
N______ SA le 1er avril 2019 – à l'ancienne adresse email de cette dernière 
chez A______ SA, confirmant un rendez-vous avec un client. A______ SA 
soutient que les coordonnées de ce client avaient été récupérées illicitement 
de son fichier central s'appuyant sur l'email du 20 mai 2019, de V______, 
adressé à un client dont le nom est caviardé, développant leurs services en 
matière de fiscalité et donnant les différences entre A______ SA et  
N______ SA. A______ SA soutient que C______ et D______ auraient fait 
douter le client de sa santé financière et de ses capacités à gérer les avoirs de 
clients belges. 

Elle avait appris que de nouveaux clients belges, sans lien avec les prévenus, avaient 
été approchés par des représentants de N______ SA, ce qui lui faisait craindre une 
nouvelle fuite de données avec le départ de D______. 

C. Dans sa décision querellée, le Procureur n'a pas retenu la violation du secret 
commercial (art. 162 CP) dès lors qu'il n'était pas établi que les prévenus avaient 
transmis ou tenté de transmettre à un tiers une quelconque information concernant 
des clients de A______ SA, ni qu'un tiers avait exploité ou tenté d'exploiter de telles 
informations.  

 Aucun élément matériel objectif ne permettait de retenir que B______ et C______ 
auraient transmis à des tiers une quelconque information concernant des clients de 
A______ SA, de manière contraire à la volonté de ceux-ci, de sorte qu'il n'y avait pas 
de violation du secret bancaire (art. 47 LB). S'agissant des clients qui avaient suivi 
les mis en cause auprès de N______ SA, ils avaient décidé de ce changement et 
souhaité que les employés du nouvel établissement accèdent aux informations 
relatives aux comptes qu'ils détenaient auprès de A______ SA et aucun élément 
matériel objectif ne permettait de retenir le contraire, ce qui excluait une violation du 
secret bancaire.  

 La détérioration de données (art. 144bis CP) n'apparaissait pas davantage réalisée, 
dans la mesure où rien n'indiquait que des données relatives à des clients auraient été 
modifiées, effacées ou mises hors d'usage par B______ et/ou C______. Aucun 
élément du dossier ne permettait d'imputer les erreurs découvertes par A______ SA 
aux prévenus, ni d'établir le moment et les circonstances dans lesquelles ces erreurs 
auraient été commises.  

 Enfin, aucune infraction à la LCD, notamment sous forme de dénigrement par des 
affirmations fallacieuses (art. 3 al. 1 let. a), n'était établie.  

 En l'absence de prévention pénale suffisante, les réquisitions de preuve sollicitées par 
A______ SA étaient rejetées. 

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D. a. À l'appui de son recours, A______ SA considère que les premiers contacts entre 
B______ et N______ SA, remontant à près d'une année avant sa démission, auraient 
dû éveiller les soupçons du Ministère public et le rendre plus circonspect quant à la 
véracité des déclarations des mis en cause. La sincérité et la fidélité de ces derniers 
étaient compromises dès juin 2016, ce qui n'avait pas été pris en compte. Il eût été 
également opportun d'entendre certains témoins cités par la plaignante, notamment 
celui qui avait entendu parler d'un "major plan" alors que les mis en cause en niaient 
l'existence. B______ avait déclaré à des clients et à la police qu'une troisième 
personne de A______ SA devait rejoindre N______ SA, ce qui avait été le cas avec 
D______. Ces éléments établissaient que leur départ était concerté et préparé et qu'ils 
avaient eu tout loisir de rencontrer des clients, s'envoyer des données personnelles de 
clients sur leur adresse email privée voire de modifier des données clients du fichier 
central.   

 Le Ministère public aurait dû confronter les mis en cause s'agissant de leurs 
déclarations sur la situation de A______ SA aux clients Q______, R______ et 
S______, l'entretien téléphonique du 26 juin 2017 de C______ avec un client et 
entendre, à cet égard, D______, ainsi que sur la prise de contact du 13 septembre 
2017 de ce prévenu avec un ancien client de A______ SA alors qu'il s'était engagé à 
ne pas les solliciter.  

 A______ SA reproche encore au Ministère public de ne pas avoir enquêté sur les 
nombreux rapports de clients générés par les mis en cause et l'envoi de données de 
clients, soumises au secret bancaire, vers leurs adresses électroniques privées, et, 
pour B______, l'ensemble de la documentation d'ouverture de compte, et non une 
seule page. Tous ces envois avaient été faits dans les trois mois de leur démission. 
C______ n'avait pas plus été entendu sur l'inventaire des profits issus des valeurs 
patrimoniales par conseiller à la clientèle et sur le liste des clients ayant été invité à 
l’apéritif de décembre 2016.  

 Enfin, le "chief operating officer" avait découvert le 4 juillet 2017 que les données 
personnelles des clients gérés par les mis en cause avaient été modifiées dans le 
fichier central de la banque, pour empêcher cette dernière de contacter ses clients. 

 Le Ministère public n'avait pas fait état dans l'ordonnance querellée des faits 
nouveaux relatés dans son courrier du 29 mai 2019 (cf. supra B.j). 

 A______ SA fait ainsi valoir la constatation inexacte des faits. Il y avait en outre 
violation du principe in dubio pro duriore. Les soupçons de violation des art. 47 LB 
et 162 CP découlaient des transferts de documents internes à la banque et des 
données personnelles des clients sur les adresses email privées des mis en cause; ces 
derniers avaient délibérément modifié les données des clients qu'ils avaient gérés; ils 
avaient violé la LCD en prenant contact avec des clients alors même qu'ils s'étaient 

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engagés à s'en abstenir et avaient dénigré A______ SA alors qu'ils étaient encore 
employés. Elle estime qu'il subsistait un sérieux doute sur la commission des 
infractions qui justifiait la poursuite de l'instruction, estimant son dommage à  
CHF 402'000.-, pour la période entre juin 2017 et juin 2018. Son droit à un débat 
contradictoire avait également été violé puisqu'elle n'avait pas pu assister à l'audition 
des mis en cause par la police alors même que l'instruction avait été ouverte. Enfin, 
l'ordonnance était insuffisamment motivée, le Procureur ayant uniquement résumé 
les faits contenus dans sa plainte et dans les auditions des mis en cause, sans émettre 
la moindre appréciation au sujet des nombreuses contradictions émaillant ces 
dépositions, reprenant au mot près le contenu de son ordonnance de non-entrée en 
matière. La cause devait lui être retournée afin qu'il procède aux confrontations et 
auditions nécessaires, ainsi qu'aux investigations sollicitées.  

 b. Le Ministère public s'en tient à sa décision et propose le rejet du recours.   

c. C______ conteste la violation des art. 47 LB et 162 CP par l'envoi de documents 
internes de la banque et de données personnelles de clients sur sa messagerie privée, 
faute de soupçons qu'ils aient été portés à la connaissance de tiers et les informations 
relatives à la clientèle ne constituant pas un secret commercial. Il n'y avait pas plus 
de détérioration de données. La recourante admettait qu'il avait un accès autorisé à ce 
fichier pouvant ainsi modifier seul les données; en outre, elle expliquait qu'il y aurait 
coexistence de données sur son fichier central, de sorte qu'elle ne lui reprochait pas 
une modification de données mais l'enregistrement de nouvelles données. Pour le 
surplus, rien n'indiquait qu'il était l'auteur des "erreurs" constatées par la recourante. 
Les allégations, contestées, selon lesquelles la succursale de Genève était fermée ou 
sur le point de l’être ne seraient ni inexactes, ni fallacieuses ni inutilement blessantes 
au sens de l'art. 3 al. 1 let. a LCD, l'ensemble des employés qui disposaient d'un 
pouvoir dans cette succursale ayant été radiés. 

d. B______ précise que, au vu des extraits des Registres du commerce de Genève et 
Zurich, A______ SA n'avait plus, depuis début 2019, de responsables ni d'employés 
basés à Genève; D______ travaillait chez N______ SA depuis le 1er avril 2019,  
après avoir été licenciée et non débauchée. Un compte avait bien été ouvert chez 
N______ SA pour un ancien client de A______ SA, à la demande expresse de ce 
dernier et clôturé ensuite pour des raisons fiscales. Il n'avait contacté aucun client 
avant de quitter A______ SA et ceux qui l'avaient suivi l'avaient fait en raison de la 
confiance qu'ils lui accordaient à lui et non à la banque. À supposer que les faits 
reprochés soient avérés, ce qu'il conteste, ils n’étaient pas constitutifs d'infractions 
pénales. L'envoi de données à son adresse email privée n'était pas constitutif d'une 
violation du secret commercial ou bancaire. Les clients qui se seraient plaints auprès 
de A______ SA n'avaient cependant pas porté plainte pour violation du secret 
bancaire, alors qu’ils seraient alors seuls concernés par celle-ci. A______ SA lui 
reprochait d'avoir modifié les données d'un client, au sens de l'art. 144bis CP, alors 
qu'elle avait sans peine retrouvé les données antérieures. Il conteste avoir prétendu 

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que la succursale de Genève de A______ SA était fermée et que la banque suivrait le 
même sort. Cela étant, il constate que ladite succursale était effectivement fermée, 
plus aucun organe n'y travaillant. En toute hypothèse, de tels propos n'atteignaient 
pas le mépris nécessaire à la réalisation de l'infraction aux art. 3 al. 1 let. a et 23 
LCD, contrairement aux propos tenus par V______ à l'encontre de N______ SA. Il 
conteste l'incitation illicite à rompre un contrat au sens de l'art. 4 let. a LCD. 
L'ouverte de compte du client avait été faite avec le consentement de ce dernier, 
aucune ouverture n'étant possible sans cet accord et/ou la signature du concerné. Le 
fait d'informer un client, même avant d'avoir donné sa démission, et de rendre visite à 
une cliente après la fin des rapports de travail, malgré son engagement formel de sans 
abstenir, ne constituait pas une incitation au sens de l'art. 4 let. a LCD. 

e. La recourante n'a pas répliqué. 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours 
auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner de la partie 
plaignante qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. b CPP), a qualité pour agir, 
ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la 
décision querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

2. La recourante se plaint d'une constatation erronée des faits par le Ministère public 
(art. 393 al. 2 let. b CPP). 

Dès lors que la Chambre de céans jouit d'un plein pouvoir de cognition en droit, en 
fait et en opportunité (art. 393 al. 2 CPP) (ATF 137 I 195 consid. 2.3.2 p. 197; arrêt 
du Tribunal fédéral 1B_524/2012 du 15 novembre 2012 consid. 2.1), les éventuelles 
constatations inexactes du Ministère public auront été corrigées dans l'état de fait 
établi ci-dessus. 

Partant, ce grief sera rejeté. 

3. La recourante se plaint de la violation du droit au débat contradictoire. 

3.1. Aux termes de l'art. 147 al. 1 CPP, les parties ont le droit d'assister à 
l'administration des preuves par le ministère public et les tribunaux et de poser des 
questions aux comparants. 

Lorsqu'il charge la police d'effectuer des interrogatoires, les participants à la 
procédure jouissent des droits accordés dans le cadre des auditions effectuées par le 
Ministère public (art. 312 al. 2 CPP). 

https://intrapj/perl/decis/137%20I%20195
https://intrapj/perl/decis/1B_524/2012

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Autrement dit, les règles de l'art. 147 al. 1 CPP, qui consacrent le principe de 
l'administration des preuves en présence des parties durant la procédure d'instruction 
et les débats, s'appliquent alors (ATF 139 IV 25 consid. 5.4.3 = JdT 2013 IV 226). Il 
en ressort que les parties ont le droit d'assister à l'administration des preuves par le 
ministère public et les tribunaux et de poser des questions aux comparants. Ce droit 
spécifique de participer et de collaborer découle du droit d'être entendu (art. 107 al. 1 
let. b CPP). Il ne peut être restreint qu'aux conditions prévues par la loi (cf. art. 108, 
146 al. 4 et 149 al. 2 let. b CPP; cf. aussi art. 101 al. 1 CPP et Message du  
21 décembre 2005 relatif à l'unification du droit de la procédure pénale, FF 2006 
1166 s. ch. 2.4.1.3). 

3.2. Dans son arrêt du 25 février 2019 (cf. supra B.g), la Chambre de céans a retenu 
que l'instruction avait été ouverte par les autorités zurichoises lorsqu'elles avaient 
chargé la police de procéder à une enquête au sens de l'art. 312 CPP. Le Procureur 
genevois aurait dès lors dû charger la police d'entendre les parties, en se fondant non 
sur l'art. 309 al. 2 CPP mais sur l'art. 312 al. 2 CPP et dans le respect de l'art. 147 
CPP.  

Le Ministère public ayant ordonné le classement en se fondant notamment sur les 
déclarations des prévenus sans que la partie plaignante n'ait eu l'opportunité d'assister 
aux auditions et de poser des questions, ni par la suite, faute de confrontation, et sans 
non plus motiver pourquoi les réquisitions de preuve de la recourante seraient inaptes 
à faire progresser la procédure, le droit d'être entendu de la recourante a été violé et 
ne peut être réparé au stade de la procédure de recours. 

Sous cet angle, le recours est fondé. 

La cause sera dès lors renvoyée au Ministère public pour reprise de la procédure et 
nouvelle décision sur le sort de la poursuite.  

4. Le renvoi de la procédure au Ministère public dispense la Chambre de céans de 
trancher les autres violations alléguées par la recourante. 

5. Le recours étant bien fondé, l'ordonnance querellée querellé sera annulée. 

6. L'admission du recours ne donne pas lieu à la perception de frais (art. 428 al. 1 CPP). 

7. La recourante, partie plaignante représentée par un conseil, n'a pas demandé 
d'indemnité au sens de l'art. 433 al. 2 CPP, applicable en instance de recours (art. 436 
al. 1 CPP), si bien qu'il n'y a pas à lui en allouer (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_1345/2016 du 30 novembre 2017 consid. 7). 

* * * * *  

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/139%20IV%2025
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/2013%20IV%20226
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/6B_1345/2016

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 
Admet le recours. 

Annule l'ordonnance de classement et renvoie la procédure au Ministère public afin qu'il 
procède dans le sens des considérants. 

Laisse les frais de la procédure de recours à la charge de l'État. 

Invite les Services financiers du Pouvoir judiciaire à restituer à A______ SA les sûretés 
versées, en CHF 1'500.-. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, à la recourante, soit pour elle son conseil, aux 
intimés, soit pour eux leurs conseils, et au Ministère public.  

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Madame Sandrine JOURNET, greffière. 

 

La greffière : 

Sandrine JOURNET  

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF).