# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cc82f77d-507c-5f2e-aefe-eeddd3aed766
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-11-02
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 02.11.2023 101 2023 330
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_101-2023-330_2023-11-02.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

101 2023 330

Arrêt du 2 novembre 2023

Ie Cour d’appel civil

Composition Président : Jérôme Delabays
Juges : Dina Beti, Cornelia Thalmann El Bachary
Greffière-rapporteure : Pauline Volery

Parties A.________, intimée et appelante, représentée par Me Mathieu 
Azizi, avocat

contre

B.________, requérant et intimé à l’appel, représenté par Me Jean-
Marc Courvoisier, avocat

Objet Modification de mesures provisionnelles de divorce - dies a quo de la 
baisse des contributions d’entretien en faveur d’enfants mineures 

Appel du 4 septembre 2023 contre la décision de la Présidente du 
Tribunal civil de la Gruyère du 22 août 2023

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considérant en fait

A. A.________, née en 1987, et B.________, né en 1982, se sont mariés en 2013. Deux enfants 
sont issues de leur union, soit C.________, née en 2013, et D.________, née en 2015. 

Les époux vivent séparés depuis le début août 2018. Leur vie séparée a été réglée par décision de 
mesures protectrices de l’union conjugale du 3 septembre 2019, selon laquelle, notamment, l’époux 
a été astreint à verser les pensions mensuelles suivantes en faveur de ses filles : pour C.________, 
CHF 925.- dès le 1er septembre 2019 jusqu’au 7 décembre 2019, et CHF 1'100.- dès le 7 décembre 
2019, et pour D.________, CHF 1'920.- dès le 1er septembre 2019 jusqu’au 5 août 2019, et 
CHF 2'100.- dès le 5 août 2021. 

Le 11 janvier 2021, le mari a introduit une procédure de divorce sur demande unilatérale à l’encontre 
de son épouse, doublée d’une requête de mesures provisionnelles tendant à la diminution des 
contributions d’entretien dues en faveur de ses filles. 

Par convention de mesures provisionnelles du 26 février 2021, homologuée judiciairement, les 
parties ont convenu du maintien des pensions fixées dans la décision de mesures protectrices de 
l’union conjugale du 3 septembre 2019, les pensions étant toutefois réduites de CHF 250.- par enfant 
et par mois, soit à CHF 850.- pour C.________ et CHF 1'850.- pour D.________, tant que les frais 
de prise en charge par des tiers seraient inférieurs à CHF 200.- par mois en totalité. 

Par convention partielle de divorce conclue le 21 janvier 2022 devant le Tribunal civil de la Gruyère, 
les parties ont notamment convenu de la mise en place d’une garde alternée sur les enfants 
C.________ et D.________ devant s’exercer selon des modalités définies. 

Le 23 septembre 2022, l’époux a déposé une nouvelle requête de mesures provisionnelles tendant 
à la diminution des pensions dues en faveur de ses filles avec effet au 1er février 2022. 

Lors de la séance de divorce et de mesures provisionnelles du 26 septembre 2022, les parties ont 
passé une convention valant accord provisoire jusqu’à la décision de la Présidente du Tribunal civil 
de la Gruyère (ci-après : la Présidente) sur la modification des mesures provisionnelles. Aux termes 
de cette convention, homologuée par la Présidente, les pensions dues par l’époux en faveur de ses 
filles ont été modifiées dès le 1er octobre 2022 à CHF 500.- pour C.________ et CHF 2'600.- pour 
D.________, l’époux devant en sus assumer les frais de garde des enfants, et l’épouse s’engageant 
à lui transmettre les factures relatives aux frais d’accueil dès leur réception. 

B. Par décision de mesures provisionnelles du 22 août 2023, la Présidente a partiellement 
admis la requête de modification des mesures provisionnelles du 23 septembre 2022 et réduit les 
pensions dues par B.________ en faveur de ses filles avec effet rétroactif au 1er février 2022, le 
précité devant verser pour C.________ CHF 650.- du 1er février au 31 décembre 2022, CHF 330.- 
pour janvier 2023 et CHF 650.- dès le 1er février 2023, et, pour D.________, CHF 1'550.- du 
1er février au 30 novembre 2022, CHF 1'650.- pour décembre 2022, CHF 360.- pour janvier 2023 et 
CHF 1'550.- dès le 1er février 2023. 

C. Par acte du 4 septembre 2023, A.________ a interjeté appel contre cette décision en 
demandant, sous suite de frais à la charge de l’intimé à l’appel, à ce que la baisse des pensions 
dues pour C.________ et D.________ intervienne seulement à partir du 1er octobre 2022, étant 
précisé qu’elle ne conteste pas le montant des contributions telles que modifiées. 

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Elle a en outre sollicité l’assistance judiciaire, qui lui a été accordée par arrêt du Président de la Cour 
du 20 septembre 2023. 

Dans sa réponse du 6 octobre 2023, B.________ a conclu au rejet de l’appel et à la confirmation de 
la décision attaquée, sous suite de frais. 

Il a également requis l’assistance judiciaire, qui lui a été accordée par arrêt séparé de ce jour du 
Président de la Cour. 

en droit

1.

1.1. L'appel est recevable notamment contre les décisions de première instance sur les mesures 
provisionnelles, pour autant que, dans les affaires patrimoniales, la valeur litigieuse au dernier état 
des conclusions soit de CHF 10'000.- au moins (art. 308 al. 1 let. b et al. 2 CPC). Le délai d'appel 
en procédure sommaire - qui régit notamment les mesures provisionnelles (art. 248 let. d CPC) - est 
de 10 jours (art. 314 al. 1 CPC).

En l'espèce, la décision attaquée a été notifiée au mandataire de l’appelante le 24 août 2023 
(DO IV/123). Déposé le lundi 4 septembre 2023, premier jour ouvrable suivant l’échéance du délai 
(art. 142 al. 3 CPC), l’appel a dès lors été interjeté en temps utile. Le mémoire est, de plus, dûment 
motivé et doté de conclusions. En outre, au vu du montant de la baisse des pensions requise en 
première instance par le mari et contestée par l’épouse, soit une baisse de CHF 200.- pour 
C.________ (CHF 850.- - CHF 650.-) et CHF 1'200.- pour D.________ (CHF 1'850.- - CHF 650.-) 
du 1er février 2022 au 30 septembre 2022, et de CHF 400.- pour C.________ (CHF 850.- - CHF 450.-
) et CHF 1'400.- pour D.________ (CHF 1'850.- - CHF 450.-) dès le 1er octobre 2022, la valeur 
litigieuse est manifestement supérieure à CHF 10'000.- (cf. art. 92 CPC). Il s’ensuit la recevabilité 
de l’appel.

1.2. La procédure sommaire (art. 252 ss CPC) s'applique aux causes de mesures provisionnelles 
requises dans le cadre d'un divorce (art. 271, 276 al. 1 et 286 al. 3 CPC), le tribunal établissant 
toutefois les faits d'office (maxime inquisitoire, art. 272 et 296 al. 1 CPC) et, s’agissant des questions 
concernant les enfants mineurs, n’étant pas lié par les conclusions des parties (maxime d’office, 
art. 296 al. 3 CPC).

1.3. La cognition de la Cour d’appel est pleine et entière, en fait comme en droit (art. 310 CPC). 
La Cour applique le droit d'office (art. 57 CPC) mais, hormis les cas de vices manifestes, elle doit en 
principe se limiter à statuer sur les critiques formulées dans la motivation écrite (ATF 142 III 413 
consid. 2.2.4).

1.4. Lorsque, comme ici, le procès est soumis à la maxime inquisitoire illimitée, l'application stricte 
de l'art. 317 al. 1 CPC n'est pas justifiée et les parties peuvent présenter des nova en appel même 
si les conditions de l'art. 317 al. 1 CPC ne sont pas réunies (ATF 144 III 349 consid. 4.2.1).

1.5. Selon l'art. 316 al. 1 CPC, la Cour d'appel peut ordonner des débats ou statuer sur pièces. 
En l'espèce, vu l'objet de l'appel et le fait que toutes les informations utiles à son traitement figurent 
au dossier, il n'est pas nécessaire d'assigner les parties à une audience. 

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1.6. La voie de droit au Tribunal fédéral se détermine, en matière pécuniaire, en fonction de la 
valeur litigieuse. Il s’agit du recours en matière civile si la valeur litigieuse est d’au moins 
CHF 30'000.- (art. 72 ss LTF) ou du recours constitutionnel subsidiaire dans les autres cas 
(art. 113 ss LTF). En l’espèce, le montant de la baisse des pensions arrêtée par la Présidente n’est 
pas litigieux en appel ; seul le dies a quo de la modification des pensions est contesté par l’appelante, 
qui requiert que dite modification soit repoussée du 1er février 2022 au 1er octobre 2022. La baisse 
des contributions arrêtée durant la période du 1er février 2022 au 30 septembre 2022 se montant à 
CHF 200.- pour C.________ (CHF 850.- - CHF 650.-) et CHF 300.- pour D.________ (CHF 1'850.- 
- CHF 1'550.- ), soit à CHF 500.- par mois sur 8 mois, ce qui équivaut à CHF 4'000.-, la valeur 
litigieuse pour un recours au Tribunal fédéral est largement inférieure à CHF 30'000.- (art. 51 al. 1 
let. a LTF). Partant, seule la voie du recours constitutionnel subsidiaire est ouverte (art. 113 ss LTF).

2.

2.1. Une fois que des mesures protectrices de l'union conjugale ou des mesures provisionnelles 
dans la procédure en divorce ont été ordonnées, elles ne peuvent être modifiées qu'aux conditions 
de l'art. 179 CC (applicable directement pour les premières, par renvoi de l'art. 276 al. 1 CC pour les 
secondes ; arrêt TF 5A_883/2011 du 20 mars 2012 consid. 2.4). 

Selon l'art. 179 al. 1 CC, les mesures protectrices ou provisionnelles peuvent être modifiées ou 
révoquées s'il s'avère par la suite qu'elles sont injustifiées ou que les circonstances se sont 
modifiées. Une modification ne peut ainsi être obtenue que si, depuis le prononcé des mesures, les 
circonstances de fait ont changé d'une manière essentielle et durable, notamment en matière de 
revenus, à savoir si un changement significatif et non temporaire est survenu postérieurement à la 
date à laquelle la décision a été rendue, ou si les faits qui ont fondé le choix des mesures provisoires 
dont la modification est sollicitée se sont révélés faux ou ne se sont par la suite pas réalisés comme 
prévu. Une modification peut également être demandée si la décision de mesures provisoires s'est 
révélée par la suite injustifiée parce que le juge appelé à statuer n'a pas eu connaissance de faits 
importants (arrêt TF 5A_287/2013 du 5 août 2013 consid. 2). Une réglementation différente doit 
donc être commandée par des faits nouveaux, importants et durables : la procédure de modification 
n'a en effet pas pour but de corriger le premier jugement, mais de l'adapter aux circonstances 
nouvelles. Le moment déterminant pour apprécier si celles-ci se sont produites est la date du dépôt 
de la demande de modification (ATF 137 III 604 consid. 4.1.1). Si le principe d'une modification est 
admis, il faut recalculer la contribution en tenant compte de l'évolution de toute la situation financière, 
c'est-à-dire de toutes les charges, y compris celles qui ne sont pas nouvelles (ATF 138 III 289 
consid. 11.1.1). 

2.2. En l’espèce, la Présidente a considéré que la mise en place d’une garde alternée sur les 
enfants C.________ et D.________ à compter du 1er février 2022 justifiait à elle seule le principe 
d’une modification des mesures provisionnelles et, partant, le réexamen complet de la situation des 
parties (décision attaquée, p. 5 s., ch. 18 s.). Ce point n’est pas contesté en appel. 

3.

3.1. De jurisprudence constante, la décision de modification de mesures protectrices de l'union 
conjugale ou de mesures provisoires ne déploie en principe ses effets que pour le futur, l'ancienne 
réglementation restant valable jusqu'à l'entrée en force formelle du nouveau prononcé. En matière 
de contributions d'entretien, la modification peut aussi prendre effet, au plus tôt, au moment du dépôt 
de la requête, l'octroi d'un tel effet rétroactif relevant toutefois de l'appréciation du juge. Lorsque le 
motif pour lequel la modification d'une contribution d'entretien est demandée se trouve déjà réalisé 
au moment du dépôt de la requête, il ne se justifie normalement pas, du point de vue de l'équité, de 

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faire remonter l'effet de la modification à une date ultérieure. Selon les circonstances, le juge peut 
toutefois retenir, même dans ce cas, une date postérieure au dépôt de la requête, notamment 
lorsque la restitution des contributions accordées et utilisées pendant la durée de la procédure ne 
peut équitablement être exigée. En revanche, seuls des motifs très particuliers peuvent justifier une 
rétroactivité au-delà de la date du dépôt de la requête, par exemple un lieu de séjour inconnu ou 
une absence du pays du débiteur de la contribution d'entretien, le comportement contraire à la bonne 
foi d'une partie ou encore une maladie grave du créancier de la contribution d'entretien (arrêt TF 
5A_505/2021 du 29 août 2022 consid. 6.2.4 et les références citées ; arrêts TC FR 101 2020 120 
du 30 novembre 2020 consid. 3.5 ; 101 2017 357 du 8 janvier 2018 consid. 2.4 et les références 
citées). 

3.2.

3.2.1. L’appelante reproche à la première juge d’avoir abusé de son pouvoir d’appréciation en 
arrêtant la date de la baisse des pensions en faveur de C.________ et D.________ au 1er février 
2022, date de la mise en place de la garde alternée, alors que la requête de modification des 
mesures provisionnelles a été déposée le 23 septembre 2022 seulement. Elle soutient qu’il n’existe 
pas de circonstances exceptionnelles au sens de la jurisprudence qui justifieraient de retenir une 
date antérieure au dépôt de la requête du 23 septembre 2022. Selon elle, le fait que l’époux a tardé 
à demander une baisse des pensions malgré la mise en place d’une garde alternée dès le 1er février 
2022 ne justifie pas de déroger à la règle selon laquelle la modification des pensions doit prendre 
effet au plus tôt au jour du dépôt de la requête (appel, p. 7 s.). 

3.2.2. L’intimé à l’appel estime pour sa part que c’est à juste titre que la Présidente a fait partir la 
baisse des pensions à la date de la mise en place de la garde alternée, circonstance justifiant à elle 
seule le principe d’une modification. Il oppose en outre que l’attitude procédurale adoptée par 
l’appelante s’agissant du montant des frais de garde aurait même pu justifier de faire intervenir la 
baisse des pensions avant le 1er février 2022. En effet, l’appelante s’est longtemps abstenue de 
l’informer sur le coût réel des frais de garde des enfants et de produire les pièces utiles pour les 
justifier ; finalement, au vu des frais de garde qui ont pu être établis dans la décision attaquée, il a 
versé durant plusieurs années des montants largement supérieurs au montant servant à couvrir 
l’entretien convenable des enfants (réponse, p. 2 s.). 

3.3.

3.3.1. En l’occurrence, le motif principal à la base de la modification des contributions d’entretien 
est la mise en place d’une garde alternée dès le 1er février 2022 selon accord des parties. La 
première juge semble s’être basée exclusivement sur cet élément pour accorder l’effet rétroactif à 
la même date à la modification des contributions d’entretien, comme demandé par le mari. 

Cela étant, force est de constater, avec l’appelante, qu’il n’existe en l’espèce aucun motif très 
particulier au sens de la jurisprudence qui justifierait de déroger au principe clair posé par le Tribunal 
fédéral, selon lequel une décision de modification peut rétroagir tout au plus au jour du dépôt de la 
requête, pour autant que le motif de modification fût déjà donné à cette date. Alors que les parties 
avaient convenu le 21 janvier 2022, via une convention partielle de divorce, de mettre en place une 
garde alternée sur les enfants C.________ et D.________, sans toutefois parvenir à un accord sur 
les contributions d’entretien (cf. PV de la séance du 21 janvier 2022, p. 2 ss, DO III/27 s.), l’époux a 
attendu le 23 septembre 2022, soit pas moins de huit mois, pour demander une baisse des pensions 
fondée essentiellement sur l’instauration de ce nouveau mode de garde. Le fait que, dans l’intervalle, 
il « espérait pouvoir régler à l’amiable la modification des contributions d’entretien rendue nécessaire 
par la situation » (cf. requête du 23 septembre 2023, p. 3, ch. 8, DO III/74), n’est pas suffisant pour 

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octroyer un effet rétroactif à la modification. Il est en effet fréquent que le dépôt d'une requête de 
modification des mesures protectrices de l'union conjugale ou des mesures provisionnelles soit 
précédé de pourparlers. Ceux-ci ne sauraient par conséquent constituer un motif très spécial 
pouvant justifier une rétroactivité de la modification au-delà du dépôt de la requête, ce d'autant plus 
qu'ils sont la plupart du temps censés rester secrets en vertu de la législation sur la profession 
d'avocat (cf. notamment art. 26 du Code suisse de déontologie). C’est par ailleurs le propre des 
pourparlers transactionnels que d’impliquer pour chaque partie des concessions réciproques et il va 
de soi que si aucun accord ne peut en définitive être trouvé, chaque partie retrouve ses droits (cf. 
arrêt TC FR 101 2022 159 du 4 novembre 2022 consid. 3.4). 

3.3.2. Dans la mesure où l’instauration d’une garde alternée selon accord des parties justifiait à elle 
seule l’admission du principe d’une modification des contributions et où l’époux a lui-même demandé 
l’effet rétroactif au 1er du mois suivant la mise en place de la garde alternée, exprimant ainsi qu’il 
s’agissait pour lui du moment déterminant pour modifier les pensions, il ne saurait se prévaloir du 
fait que son épouse aurait tardé à produire les pièces relatives aux frais de prise en charge des 
enfants par des tiers pour tenter d’excuser le dépôt tardif de sa requête de modification. Au 
demeurant, l’épouse a produit le 24 février 2021 les factures de l’accueil extrascolaire pour les mois 
de septembre et octobre 2020 (bordereau du 24 février 2021, pièce 18), ce dont le mari s’est 
visiblement contenté dès lors qu’il a ensuite signé une convention de mesures provisionnelles le 
26 février 2021 maintenant les pensions fixées dans la décision de mesures protectrices de l’union 
conjugale du 3 septembre 2019, les pensions étant toutefois réduites de CHF 250.- par enfant et 
par mois tant que les frais de prise en charge par des tiers seraient inférieurs à CHF 200.- par mois 
en totalité (cf. PV de la séance du 26 février 2021, p. 9, DO I/73). De plus, l’épouse a produit les 
factures relatives à l’accueil extrascolaire des enfants pour la période de septembre 2020 à janvier 
2022 le 7 mars 2022 (bordereau du 7 mars 2022, pièce 5), soit dans le délai imparti pour ce faire 
(cf. PV de la séance du 21 janvier 2022, p. 8, DO III/30), et, bien que l’époux estime que ces factures, 
qui lui ont été transmises directement par l’épouse le 7 mars 2022 (cf. DO III/53), « attestent de ce 
que les frais de garde sont bien inférieurs à ceux retenus dans la décision de mesures protectrices 
de l’union conjugale » (cf. requête du 23 septembre 2022, p. 2, ch. 4 s., DO III/73), cela ne l’a 
pourtant pas incité à déposer immédiatement une requête en modification des contributions 
d’entretien. 

3.3.3. Étant donné que le motif principal à la base de la modification des pensions, à savoir 
l’instauration d’une garde alternée, existait déjà au moment du dépôt de la requête du 23 septembre 
2022, il se justifie de faire partir la modification des contributions, par souci de simplification et 
comme demandé par l’appelante, au 1er octobre 2022. 

3.4.

Le bien-fondé du grief conduit à l’admission de l’appel et à la modification de la décision attaquée 
dans le sens évoqué. 

4.

4.1. Aux termes de l'art. 106 al. 1 CPC, les frais sont en principe mis à la charge de la partie 
succombante. Cette disposition est aussi applicable aux affaires de droit de la famille, quand bien 
même le tribunal a la faculté, en application de l'art. 107 al. 1 let. c CPC, de s'écarter des règles 
générales et de répartir les frais selon sa libre appréciation (ATF 139 III 358 consid. 3). 

En l’espèce, l’appel étant admis, les frais de la procédure d’appel doivent être mis à la charge de 
l’intimé à l’appel qui succombe, sous réserve de l’assistance judiciaire. 

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4.2. Les frais judiciaires pour l’appel sont fixés forfaitairement à CHF 600.- (art. 95 al. 2 let. b 
CPC ; art. 124 LJ ; art. 10 s. et 19 RJ). 

4.3. En vertu de l'art. 118 al. 3 CPC, l'assistance judiciaire ne dispense pas du versement des 
dépens à la partie adverse. Selon l'art. 105 al. 2 CPC, le tribunal fixe les dépens selon le tarif, soit 
le règlement fribourgeois du 30 novembre 2010 sur la justice (RJ ; RSF 130.11). En cas de fixation 
globale, comme en l'espèce, l'autorité tient compte notamment de la nature, de la difficulté et de 
l'ampleur de la procédure, du travail nécessaire de l'avocat, ainsi que de l'intérêt et de la situation 
économiques des parties (art. 63 al. 2 RJ). L'indemnité maximale en cas de recours contre une 
décision du juge unique est de CHF 3'000.-, montant pouvant être doublé si des circonstances 
particulières le justifient (art. 64 al. 1 let. e et al. 2 RJ). 

En l’espèce, compte tenu de ces critères, les dépens d'appel de A.________ seront arrêtés 
globalement à la somme de CHF 1'000.-, débours compris, plus la TVA par CHF 77.- (7.7% de 
CHF 1'000.-).

Conformément à la jurisprudence du Tribunal fédéral, le montant des dépens est dû directement au 
défenseur d’office de A.________ (arrêt TF 4A_106/2021 du 8 août 2022 consid. 3.4).

4.4. La décision attaquée n'étant pas finale, c'est à juste titre que les frais y relatifs ont été 
réservés (art. 104 al. 3 CPC) ; il n'y a donc pas lieu de faire application de l'art. 318 al. 3 CPC. 

la Cour arrête :

I. L’appel est admis. 

Partant, le chiffre 2 du dispositif de la décision prononcée le 22 août 2023 par la Présidente 
du Tribunal civil de la Gruyère est modifié pour prendre la teneur suivante : 

2. Partant, le chiffre V du jugement de mesures protectrices de l'union conjugale du 
3 septembre 2019 est modifié comme suit :

" Pour C.________ :

a) CHF 650.- du 1er octobre au 31 décembre 2022 ;

b) CHF 330.- du 1er au 31 janvier 2023 ;

c) CHF 650.- dès le 1er février 2023.

Pour D.________ :

a) CHF 1'550.- du 1er octobre au 30 novembre 2022 ;

b) CHF 1'650.- du 1er au 31 décembre 2022 ;

c) CHF 360.- du 1er au 31 janvier 2023 ;

d) CHF 1'550.- dès le 1er février 2023.

La moitié des allocations familiales est conservée par B.________, le solde étant dû 
en sus des pensions arrêtées ci-dessus.  " 

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II. Les frais de la procédure d’appel sont mis à la charge de B.________, sous réserve de 
l’assistance judiciaire.

Les frais judiciaires dus à l’État sont fixés à CHF 600.-. 

B.________ est reconnu devoir à Me Mathieu Azizi, à titre de dépens pour l’appel, un montant 
de CHF 1'000.-, débours compris, mais TVA en sus par CHF 77.-.

III. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours constitutionnel au Tribunal fédéral dans les trente jours qui 
suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 113 à 119 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de recours 
motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 2 novembre 2023/pvo

Le Président La Greffière-rapporteure