# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cff5ec6f-57ec-52db-9cf5-d68ff56ea616
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2010-09-09
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 09.09.2010 RR.2010.202
**Docket/Reference:** RR.2010.202
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2010-202_2010-09-09

## Full Text

Entraide judiciaire internationale en matière pénale à l'Afrique du Sud. Présence de fonctionnaires étrangers (art. 65a EIMP).;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à l'Afrique du Sud. Présence de fonctionnaires étrangers (art. 65a EIMP).;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à l'Afrique du Sud. Présence de fonctionnaires étrangers (art. 65a EIMP).;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à l'Afrique du Sud. Présence de fonctionnaires étrangers (art. 65a EIMP).

Arrêt du 9 septembre 2010 
IIe Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Cornelia Cova, prési-
dente, Giorgio Bomio et Patrick Robert-Nicoud,  
le greffier Philippe V. Boss  

   

Parties  La société A., représentée par Me Olivier Wehrli, 
avocat, 
 

recourante 
 

 contre 
   
  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 

partie adverse 
 

   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale à 
l'Afrique du Sud 
 
Présence de fonctionnaires étrangers (art. 65a EIMP) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  RR.2010.202 + RP.2010.55 
 
 
 

 

 

- 2 - 

 

 

 
La Cour, vu: 
 
- l’ordonnance d’entrée en matière sur la requête d’entraide judiciaire du 

Ministère public de la République d’Afrique du Sud du 8 août 2009, 
couplée à la décision incidente d’admission de la présence de fonction-
naires étrangers, rendues le 25 août 2009 par le Ministère public de la 
Confédération (ci-après: MPC) (act. 1.7),  

 
- l’ordonnance de saisie de la documentation bancaire du compte 1 dont 

la société A. est titulaire en les livres de la banque B., datée du 13 jan-
vier 2010, assortie d’une interdiction de communiquer au titulaire jus-
qu’au 23 février 2010 (act. 1.9), ainsi que l’exécution de cette ordon-
nance par la banque B. (act. 1.8); 

 
- la séance de tri des pièces saisies prévue le 15 septembre 2010 en 

présence de fonctionnaires sud-africains (act. 1.1);  
 

- l’échange de correspondance entre la société A. et le MPC qui a mené 
ce dernier, par écriture du 30 août 2010, à refuser de statuer à nouveau 
sur l’autorisation donnée aux fonctionnaires sud-africains de participer 
au tri des pièces bancaires (act. 1.1, 1.12 et 1.13); 

 
- le recours du 8 septembre 2010 de la société A. tendant à constater 

qu’une décision autorisant la présence de fonctionnaires ou de magis-
trats sud-africains lors de l’audience du tri des pièces du compte 1 n’a 
pas été notifiée à A. et qu’une telle participation n’est ainsi pas admise, 
requérant que l’effet suspensif soit conféré à son recours (act. 1); 

 
 

considérant que: 
 
 

- la société A. (ci-après: la recourante) se plaint de ne s’être pas vue noti-
fier la décision d’entrée en matière du 25 août 2009 autorisant la pré-
sence des fonctionnaires étrangers; 

 
- en date du 21 avril 2010, après la révocation de l’interdiction de com-

muniquer assortie à la décision d’entrée en matière, le MPC a transmis 
à la recourante les pièces qu’elle a souhaité consulter (act. 1.10) par 
son courrier du 20 avril 2010 (non produit), et que la recourante 
n’allègue pas qu’une requête de notification de la décision précitée lui 
aurait été refusée; 

- 3 - 

 

 

 
- quoiqu’il en soit, au sujet des modalités de notification de la décision du 

25 août 2009, il sied de relever que celle-ci est connue de la recourante 
dans la mesure où elle est produite en annexe au recours, et qu’ainsi la 
recourante ne saurait se prévaloir d’un quelconque intérêt à une nou-
velle notification (art. 80h let. b EIMP); 

 
- un recours contre une décision autorisant des fonctionnaires étrangers 

à participer à l’exécution de la demande d’entraide n’est ouvert que si le 
recourant rend vraisemblable que dite décision lui cause un préjudice 
immédiat et irréparable au sens de l’art. 80e al. 2 let. b EIMP; 

 
- la recourante n’allègue aucun dommage immédiat et irréparable, autre 

qu’une violation prétendue du principe de proportionnalité, grief qui, en 
absence dudit dommage immédiat et irréparable, n’est recevable que 
dans le cadre d’un éventuel recours à l’encontre de la décision de clô-
ture de la procédure d’entraide; 

 
- la référence qu’elle fait à la jurisprudence publiée aux ATF 130 II 329 

consid. 3 est inopérante (v. mémoire de recours, act. 1, p. 11, § 44), en 
tant que, dans cette affaire, le Tribunal fédéral avait précisément exa-
miné le critère de la proportionnalité car il était «[entré] en matière ex-
ceptionnellement sur un recours dirigé contre une décision incidente 
[…] autoris[ant] la présence d'agents étrangers lors de l'exécution de la 
demande d'entraide», après avoir constaté l’existence d’un préjudice 
immédiat et irréparable (consid. 2); 

 
- au surplus, un dommage immédiat et irréparable n’est envisageable 

que dans le cas visé à l’art. 65a al. 3 EIMP, c’est-à-dire lorsque la pré-
sence de fonctionnaires étrangers a pour conséquence de porter à la 
connaissance des autorités de l’Etat requérant des faits touchant au 
domaine secret avant le prononcé d’une décision définitive sur l’octroi 
et l’étendue de l’entraide (arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2009.205-
206 du 24 juin 2009, p. 3); 

 
- ce risque peut être évité par la fourniture, par l’autorité requérante, de 

garanties quant à la non utilisation prématurée des informations (ATF 
128 II 211 consid. 2.1 p. 215; arrêts du Tribunal fédéral 1A.3/2007 du 
11 janvier 2007, consid. 2.3 et 1A.217/2004 du 18 octobre 2004, 
consid. 2.6; ZIMMERMANN, op. cit., n° 409, p. 376 s); 

 

- 4 - 

 

 

- s’agissant de la prise de notes, la Cour de céans a statué qu’elle ne 
prêtait pas le flanc à la critique, dans la mesure où les notes restaient 
dans le dossier suisse (TPF 2008 116 consid. 5.1); 

 
- en l’espèce, le MPC a précisément obtenu «deux déclarations de ga-

rantie des 14 septembre 2009 et 25 août 2010, cette dernière étant ap-
paremment signée d’un capitaine DAVIS de la police sud-africaine» 
(mémoire de recours, act. 1, p. 8, § 28, puis ég. § 35, § 48) et d’autres 
personnes, produites à l’annexe du courrier du 30 août 2010 (act. 1.1), 
déclarations également connues de la recourante; 

 
- rien ne permet de douter au demeurant (v. mémoire de recours, act. 1, 

p. 12, § 48) que, d’une part, le MPC s’assurera, avant de procéder au tri 
du 15 septembre 2010, que toute prise de note demeurera au dossier 
et que, d’autre part, l’Etat requérant ne respectera pas ses engage-
ments; 

 
- à défaut d’un dommage immédiat et irréparable, le recours doit en 

conséquence être déclaré irrecevable; 
 

- vu le sort du recours, la requête d’effet suspensif devient sans objet; 
 

- le recours étant d’emblée irrecevable, la Cour de céans a renoncé à 
procéder à un échange d’écritures (art. 57 al. 1 PA a contrario, applica-
ble par renvoi de l’art. 30 let. b LTPF) et à exiger une avance de frais 
(art. 63 al. 4 PA); 

 
- en tant que partie qui succombe, la recourante doit supporter les frais 

du présent arrêt (art. 63 al. 1 PA), lesquels sont fixés à CHF 3’000.-- 
(art. 3 du règlement du 11 février 2004 fixant les émoluments judiciaires 
perçus par le Tribunal pénal fédéral; RS 173.711.32). 

 

- 5 - 

 

 

Par ces motifs, la IIe Cour des plaintes prononce: 
 
1. Le recours est irrecevable. 
 
2. La demande d’effet suspensif est sans objet. 

 
3. Un émolument de CHF 3’000.-- est mis à la charge de la recourante. 

 
 

Bellinzone, le 9 septembre 2010 
 
Au nom de la IIe Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
La présidente:      Le greffier:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Olivier Wehrli, avocat 
- Ministère public de la Confédération 
- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire 
 
 
 
 
Indication des voies de recours 

Aucune voie de droit ordinaire n’est ouverte contre le présent arrêt (cf. art. 93 al. 2 LTF).