# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0d45c4df-2b85-59b1-9e60-b7ba11c40170
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des curatelles Arrêt / 2018 / 967
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_008_Arr-t---2018---967_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

QD17.037951 -
181714 

213 

 

 

CHAMBRE
DES CURATELLES

___________________________________

Arrêt
du 12 novembre 2018

__________________

Composition
:               M.             
Krieger,
président

             
              Mmes             
Kühnlein et Giroud Walther, juges

Greffière             
:              Mme             
Paschoud-Wiedler

 

 

*****

 

 

Art.
450 al. 3 CC ; 59 al. 2 let. a CPC 

 

 

             
La Chambre des curatelles du Tribunal cantonal prend séance pour statuer sur le recours interjeté
par T.________,
à [...], contre la décision rendue le 15 juin 2018 par la Juge de paix du district de Lausanne
dans la cause le concernant.  

 

             
Délibérant à huis clos, la Chambre voit :

 

             
En fait et en droit :

 

 

1.             
Par décision du 15 juin 2018, adressée pour notification le 24 octobre 2018, la Juge
de paix du district de Lausanne (ci-après : juge de paix) a levé la curatelle ad hoc de
représentation au sens de l’art. 449a CC (Code civil suisse du 10 décembre 1907 ; RS
210) instituée le 31 août 2017 en faveur de T.________, né le 22 novembre 1960 (I) ;
a relevé Me Vincent Demierre de son mandat de curateur ad hoc, purement et simplement
(II) ; a alloué à ce dernier une indemnité de 2'115 fr. 85, débours et
vacations compris, à la charge de l’Etat pour son activité du 5 septembre 2017 au
7 mai 2018 (III) et a laissé les frais de la décision à la charge de l’Etat (IV).

 

             
En droit, la première juge a exposé que Me Vincent Demierre avait été désigné
par décision du 31 août 2017 en qualité de curateur ad hoc de représentation au sens
de l’art. 449a CC avec pour mission de représenter T.________ dans la procédure d’enquête
ouverte en faveur de ce dernier en institution d’une mesure de curatelle et en placement à
des fins d’assistance. Elle a retenu que dans la mesure où par décision du 26 janvier
2018 l’autorité de protection avait mis fin à cette enquête, confirmé l’institution
d’une curatelle de portée générale en faveur du prénommé et ordonné
son placement à des fins d’assistance pour une durée indéterminée à l’EMS
[...], la mission confiée à Me Demierre était terminée et qu’il y avait
dès lors lieu de lever la curatelle de représentation ad hoc au sens de l’art. 449a CC
et de relever le curateur de son mandat. 

 

2.             
Par acte du 1er
novembre 2018, remis à la Poste le 2 novembre 2018, T.________ a recouru contre cette décision
auprès de la Chambre des curatelles en contestant son placement à des fins d’assistance
à l’EMS [...] ainsi que l’institution d’une mesure de curatelle à son endroit.

 

3.             

3.1             
Le recours est dirigé contre une décision de la juge de paix levant une mesure de curatelle
ad hoc de représentation au sens de l’art. 449a CC et fixant la rémunération du
curateur.

 

3.2             

3.2.1             
Contre une telle décision, le recours de l'art. 450 CC est ouvert à la Chambre des curatelles
(art. 8 LVPAE [loi du 29 mai 2012 d'application du droit fédéral de la protection de l'adulte
et de l'enfant ; RSV 211.255] et 76 al. 2 LOJV [loi d'organisation judiciaire du 12 décembre 1979
; RSV 173.01]) dans les trente jours dès la notification de la décision (art. 450b al. 1 CC).
Les personnes parties à la procédure, les proches de la personne concernée et les personnes
qui ont un intérêt juridique à l'annulation ou à la modification de la décision
attaquée ont qualité pour recourir (art. 450 al. 2 CC). Le recours doit être dûment
motivé et interjeté par écrit (art. 450 al. 3 CC), les exigences de motivation ne devant
cependant pas être trop élevées (Steck, Basler Kommentar, Zivilgesetzbuch I, Art. 1-456
CC, 5e
éd., 2014, n. 42 ad art. 450 CC).

 

3.2.2             
Un intérêt est requis pour exercer toute voie de droit (Corboz, Commentaire de la LTF [Loi
sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 ; RS 173.110], 2e éd.,
Berne 2014, n. 14 ad art. 76 LTF et les réf. citées). Le justiciable qui fait valoir une prétention
doit démontrer qu'il a un intérêt digne de protection à voir le juge statuer sur
sa demande (art. 59 al. 2 let. a CPC [Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS
272], applicable par renvoi des art. 450f CC et 12 LVPAE; Bohnet, CPC commenté, Bâle 2011,
n. 89 ad art. 59 CPC). L'existence d'un intérêt digne de protection du recourant est ainsi
une condition de recevabilité de tout recours et doit être constatée d’office (art.
60 CPC ; Bohnet, ibid., n. 92 ad art. 59 CPC). Le recourant n’a d’intérêt au recours
que s’il demande la modification du dispositif de l’arrêt attaqué, de sorte que
le recours sur les seuls motifs doit être déclaré irrecevable (TF 5C_89/2004 du 25 juin
2004 consid. 2.2.1 ; ATF 118 II 108 consid. 2c, JdT 1993 I 351 ; CCUR 17 avril 2018/73).

 

3.2.3             
Pour que l’exigence de motivation soit remplie, l’autorité de recours doit pouvoir comprendre
ce qui est reproché aux premiers juges sans avoir à rechercher par elle-même les griefs
formulés, cette exigence requérant une certaine précision dans l’énoncé
et la discussion des critiques formulées (Jeandin, CPC commenté, n. 3 ad art. 311 CPC,
applicable par renvoi de l’art. 450f CC, p. 1251). Si l’autorité de seconde instance
peut impartir un délai au recourant pour rectifier des vices de forme, ainsi l’absence de
signature, elle ne peut en revanche le faire lorsqu’elle constate un défaut de motivation
ou des conclusions déficientes, de tels vices n’étant pas d’ordre formel et affectant
de manière irréparable le recours (Jeandin, CPC commenté, n. 5 ad art. 311 CPC, applicable
par renvoi de l’art. 450f CC ; CCUR 22 septembre 2018/172). 

 

3.3             
En l’espèce, le recourant ne remet pas en cause la décision attaquée, mais uniquement
son placement à des fins d’assistance ainsi que la mesure de curatelle instituée à
son endroit. Or, ces éléments ne font pas l’objet de la décision querellée.
En outre, à considérer que son acte de recours tende à contester la levée de la mesure
de curatelle ad hoc instituée le 31 août 2017 en sa faveur, l’écriture ne contient
aucune conclusion ni motivation en ce sens. 

 

             
Partant, le recours doit dès lors être déclaré irrecevable faute d’intérêt
digne de protection ainsi que de motivation. A toutes fins utiles, il sera rappelé que l’intéressé
pourra faire valoir ses moyens dans le cadre de l’examen périodique de son placement à
des fins d’assistance. 

4.             
En conclusion, le recours doit être déclaré irrecevable. 

 

             
Le présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires de deuxième instance (art.
74a al. 4 TFJC [Tarif du 28 septembre 2010 des frais judiciaires civils ; RSV 270.11.5]).   

 

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des curatelles du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais judiciaires, est exécutoire.

 

Le
président :              La greffière:

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
T.________,

‑             
Me Vincent Demierre,

‑             
 [...], curatrice auprès de l’Office des curatelles et tutelles professionnelles,

et
communiqué à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district de Lausanne, 

 

par
l'envoi de photocopies.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente
jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
La greffière :