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**Case Identifier:** e193d5f6-0d49-5fff-89e6-bb92719a1a28
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-08-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance 02.08.2017 C/1853/2005
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_006_C-1853-2005_2017-08-02.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/1853/2005-CS DAS/145/2017

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 

DU MERCREDI 2 AOUT 2017 

 

Recours (C/1853/2005-CS) formé en date du 22 mai 2017 par Madame A______, 

domiciliée ______, comparant par Me Garance STACKELBERG, avocate, en l'Etude 

de laquelle elle élit domicile. 

* * * * * 

Décision communiquée par plis recommandés du greffier 

du     9 août 2017 à : 

- Madame A______ 

c/o Me Garance STACKELBERG, avocate 

Boulevard des Tranchées 4, 1205 Genève. 

- Monsieur B______ 

______. 

- Madame ______ 

Madame ______ 

SERVICE DE PROTECTION DES MINEURS 
Case postale 75, 1211 Genève 8. 

- TRIBUNAL DE PROTECTION DE L'ADULTE 

ET DE L'ENFANT. 

 

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C/1853/2005-CS 

EN FAIT 

A. Par ordonnance DTAE/1800/2017 du 24 mars 2017 le Tribunal de protection de 

l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) a accordé à A______ et 

B______ l'autorité parentale conjointe sur leurs filles C______ et D______ nées 

respectivement les ______ 2002 et ______ 2004 (ch. 1 du dispositif), accordé à 

A______ et B______ la garde alternée sur leurs filles C______ et D______ et fixé 

le domicile des mineures auprès de A______ (ch. 2), instauré en outre une 

curatelle d'assistance éducative, désigné le curateur, rappelé aux parents leur 

devoir à l'égard des enfants, ordonné un suivi de thérapie familiale, réparti par 

moitié entre les parents les frais non-remboursés par les assurances concernant la 

thérapie (ch. 3 à 8), attribué à A______ et B______ pour moitié chacun la 

bonification pour tâche éducative (ch. 9), fixé un émolument de 600 fr. à charge 

des parties à raison de la moitié chacune, débouté les parties de toutes autres 

conclusions (ch. 10 et 11). 

 En substance, le Tribunal de protection a retenu qu'il n'y avait aucun motif de ne 

pas accorder la garde conjointe aux deux parents sur les enfants, qu'une garde 

pouvait être organisée conformément aux recommandations du Service de 

protection des mineurs, le père des enfants ayant trouvé un logement capable de 

les accueillir, les parties étant pour le surplus d'accord de se soumettre à une 

thérapie familiale ainsi qu'avec l'instauration d'une curatelle d'assistance 

éducative. Enfin, dans la mesure où les parents assumaient à égalité la prise en 

charge des enfants la bonification pour tâche éducative était partagée par moitié. 

 Cette ordonnance a été notifiée aux parties en date du 5 mai 2017. 

B. Par acte du 22 mai 2017, A______, au bénéfice de l'assistance judiciaire, a 

recouru contre l'ordonnance en question concluant à l'annulation des chiffres 1, 2 

et 9 de son dispositif. Elle conclut, cela fait, à l'attribution de l'autorité parentale 

exclusive ainsi qu'à la garde sur les enfants moyennant un droit de visite en faveur 

du père et à l'attribution de la totalité de la bonification pour tâche éducative. 

Subsidiairement, elle conclut au renvoi de la cause au Tribunal de protection pour 

nouvelle décision. 

 Elle fait grief au Tribunal de protection d'être tout d'abord entré en matière sur 

l'attribution de l'autorité parentale conjointe dans la mesure où la demande faite 

par le père était tardive. Pour le surplus, elle lui reproche d'avoir violé 

l'art. 298d CC en l'absence de faits nouveaux permettant de modifier l'attribution 

de l'autorité parentale. Enfin, et quoi qu'il en soit, elle fait grief au Tribunal de 

protection de ne pas avoir retenu la persistance d'un conflit important entre les 

parents rendant impossible le bon fonctionnement d'une autorité parentale 

conjointe. Elle en déduit qu'il est impossible de prévoir une garde alternée entre 

les parents, celle-ci étant par ailleurs incompatible avec le bien des enfants, au vu 

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C/1853/2005-CS 

du domicile éloigné des parties de l'école et du conflit parental aigu. Il découle de 

cela que la bonification pour tâche éducative doit lui revenir intégralement. Elle 

conclut pour terminer à ce qu'un droit de visite d'un weekend sur deux et la moitié 

des vacances scolaires soit octroyé au père. 

 Par observations du 30 mai 2017, le Tribunal de protection a déclaré ne pas 

souhaiter revoir sa décision. 

 Quant au Service de protection des mineurs, par courrier à l'adresse de la Chambre 

de surveillance de la Cour de justice du 2 juin 2017, il a exposé confirmer son 

préavis du 1
er

 février 2017 relevant que conformément à l'ordonnance, le père 

avait pris contact en vue d'une thérapie familiale, ce qui n'avait pas été le cas de la 

recourante. 

 Par réponse expédiée le 26 juin 2017 à l'adresse de la Cour de justice, le père 

conclut à la confirmation de l'ordonnance attaquée et au rejet du recours. 

C. Les faits pertinents suivants ressortent pour le surplus de la procédure : 

 Les mineures C______ et D______ sont nées respectivement les ______ 2002 et 

______ 2004 de la relation hors mariage entre A______ et B______, lequel les a 

reconnues. 

 En date du 12 août 2014, les parties avaient conclu une convention de garde 

partagée sur leurs filles, convention amendée le 28 novembre 2014 du fait de 

l'absence de logement convenable de B______ à l'époque pour accueillir les 

enfants durant la nuit. 

 En date du 20 septembre 2016, A______ a requis l'intervention du Tribunal de 

protection afin de formaliser les accords antérieurs. 

 Par courrier du 3 novembre 2016 à l'adresse du Tribunal de protection, B______ a 

sollicité la garde partagée ainsi que "la responsabilité parentale partagée" sur les 

enfants. 

 Par rapport d'évaluation sociale du 1
er

 février 2017 après audition notamment des 

deux mineures, le Service de protection des mineurs a préavisé l'instauration de 

l'autorité parentale conjointe ainsi que d'une garde partagée d'une semaine en 

alternance chez chacun des parents et de la moitié des vacances scolaires, le 

domicile légal des enfants devant être fixé chez la mère, les parents devant être en 

outre exhortés à entreprendre une thérapie familiale, une mesure de droit de regard 

et d'information devant être instaurée pour le surplus. Il en ressort notamment que 

les deux enfants ont fait part de leur souhait de passer une semaine en alternance 

chez chacun des parents, ces enfants souffrant de la relation parentale 

extrêmement conflictuelle. Les parents perdent de vue l'intérêt de leurs enfants et 

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C/1853/2005-CS 

leurs devoirs à leur égard, les enfants se retrouvant pris dans leur conflit. Les deux 

filles sont en difficulté scolaire. Le rapport mentionnait en outre qu'au vu du 

dysfonctionnement des parents, il apparaissait important que les modalités de 

prise en charge des enfants soient identiques pour les deux filles afin qu'elles 

puissent se soutenir et être solidaires l'une de l'autre face à cette situation difficile 

à vivre. Une thérapie familiale est nécessaire de même que l'instauration d'une 

mesure de droit de regard et d'information dans le but d'améliorer l'état 

psychologique et scolaire des enfants ainsi que de veiller à prodiguer des conseils 

éducatifs aux parents. 

 Enfin, il ressort des propos des professionnels contactés par le Service de 

protection des mineurs dans le cadre de l'établissement de son rapport, que d'une 

part une thérapie ne pourrait débuter que lorsqu'une décision judiciaire aurait été 

rendue, le conflit entre les parents étant trop aigu pour l'initier avant, selon la 

Dresse E______, médecin cheffe de clinique à la Consultation 

psychothérapeutique pour familles et couples des Hôpitaux universitaires de 

Genève; la psychologue à l'Office médico-pédagogique ______ a observé que 

C______ était une fille triste et très en colère qui avait pleuré sans pouvoir mettre 

de mots sur son ressenti lors de l'entretien avec elle; l'infirmière au cycle 

d'orientation ______ avait constaté que l'enfant C______ ressentait un mal-être, se 

déclarant inquiète face à sa souffrance et par sa révolte et son malaise par rapport 

à la situation familiale, celle-ci devant bénéficier d'un soutien psychologique pour 

faire face à ses soucis familiaux et sa tristesse, propos corroborés par la 

conseillère sociale de l'école ______; quant à l'enseignante à l'école 

primaire______, maîtresse de l'enfant D______, elle a exposé que celle-ci avait de 

bonnes compétences mais n'avait pas la moyenne dans les disciplines nécessitant 

une réflexion et manquait de motivation. La plupart des intervenants ont exposé 

être en contact avec la mère mais pas avec le père. 

 Les parties ont été entendues par le Tribunal de protection lors de son audience du 

24 mars 2017. A______ a confirmé son opposition à une autorité parentale 

conjointe ainsi qu'à une garde alternée, notamment au vu de l'éloignement du 

domicile du père par rapport à l'école des enfants. Quant à B______, il a persisté 

dans ses demandes. Le représentant du Service de protection des mineurs a 

confirmé son rapport et confirmé que les deux enfants avaient de la difficulté à 

l'école et qu'une curatelle d'assistance éducative était nécessaire en raison de leur 

mal-être. 

 Suite à quoi, l'ordonnance querellée a été rendue. 

EN DROIT 

1. 1.1 Les décisions de l'autorité de protection de l'adulte et de l'enfant peuvent faire 

l'objet d'un recours devant le juge compétent qui dans le canton de Genève est la 

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C/1853/2005-CS 

Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 450 al. 1 CC par renvoi de 

l'art. 314 al. 1 CC; 53 al. 1 LaCC; 126 al. 1 let. b LOJ). Ont qualité pour recourir 

les personnes parties à la procédure (art. 450 al. 2 ch. 1 CC). Le délai de recours 

est de trente jours à compter de la notification de la décision (art. 450b al. 1 CC; 

53 al. 2 LaCC applicable par renvoi de l'art. 314 al. 1 CC). 

 1.2 En l'espèce, le recours a été formé par une partie à la procédure dans le délai 

utile de trente jours et devant l'autorité compétente. Il est donc recevable à la 

forme. 

 1.3 La Chambre de surveillance examine la cause librement, en fait, en droit et 

sous l'angle de l'opportunité (art. 450a CC). Elle établit les faits d'office et n'est 

pas liée par les conclusions des parties (art. 446 al. 1 et 3 CC). 

2. La recourante conclut à l'annulation de l'ordonnance attaquée en tant qu'elle 

attribue l'autorité parentale conjointe aux deux parents sur les enfants et fixe une 

garde alternée de ceux-ci chez chacun des parents. Elle conteste enfin l'attribution 

par moitié de la bonification de prise en charge. 

 2.1 Selon l'ancien art. 298 al.1 CC si la mère n'est pas mariée avec le père, 

l'autorité parentale appartient à la mère. Depuis le 1
er

 juillet 2014, l'art. 296  

al. 2 CC stipule que l'enfant est soumis pendant sa minorité à l'autorité parentale 

conjointe de ses père et mère. Selon l'art. 12 al. 4 titre final du CC si l'autorité 

parentale n'appartient qu'à l'un des parents lors de l'entrée en vigueur de la 

modification du 21 juin 2013, l'autre parent peut dans le délai d'une année à 

compter de l'entrée en vigueur du nouveau droit s'adresser à l'autorité compétente 

pour lui demander de prononcer l'autorité parentale conjointe. 

 2.2 Dans le cas d'espèce, il n'est pas contesté que les mineures sont nées hors 

mariage en 2002 et 2004 et que l'autorité parentale sur elles appartenait dès lors 

exclusivement à la recourante. Le délai d'une année pour requérir le prononcé de 

l'autorité parentale conjointe au sens de l'art. 12 al. 4 titre final du CC est arrivé à 

échéance le 30 juin 2015. Dans la mesure où pour la première fois le père a 

sollicité le prononcé de l'autorité parentale conjointe le 3 novembre 2016, il était 

forclos à la requérir. 

 Par ailleurs, aucun fait nouveau pertinent commandant, pour le bien des enfants, 

la modification de l'attribution de l'autorité parentale au sens de l'art. 298d 

al. 1 CC ne ressort du dossier. En particulier le fait, pour le père, d'avoir trouvé un 

appartement plus grand n'est pas pertinent dans l'examen de l'attribution de 

l'autorité parentale. 

 Par conséquent, le chiffre 1 du dispositif de l'ordonnance querellée doit être 

annulé. 

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C/1853/2005-CS 

 2.3 Il découle de cela qu'il doit en aller de même du chiffre 2 du dispositif de 

l'ordonnance. 

 En effet, le Tribunal fédéral comme la Cour de justice ont eu d'ores et déjà 

l'occasion de rappeler que l'instauration d'une garde alternée s'inscrit dans le cadre 

de l'exercice conjoint de l'autorité parentale. La garde alternée est la situation dans 

laquelle les parents exercent en commun l'autorité parentale mais prennent en 

charge l'enfant de manière alternée pour des périodes plus ou moins égales 

(ATF 5A_46/2015 consid. 4.4.3 et les arrêts cités; DAS/297/2016 consid. 2.1). Il 

en découle que dans la mesure où l'autorité parentale conjointe n'est pas octroyée, 

il n'y a pas place pour une garde alternée. Cela ne veut à l'évidence pas dire qu'un 

large droit aux relations personnelles confinant dans les faits, le cas échéant, à un 

partage du temps passé par les enfants chez chacun de leurs parents ne pourrait 

être mis en place. 

 La cause sera renvoyée dès lors au Tribunal de protection pour qu'il instruise et se 

prononce sur l'existence et les modalités du droit de visite à accorder au père sur 

ses enfants. 

 Le Tribunal de protection statuera par la même occasion à nouveau sur la question 

de l'attribution du bonus éducatif. 

3. Les frais de la procédure, arrêtés à 400 fr., sont laissés à la charge de l'Etat vu 

l'issue de la procédure. 

* * * * * 

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C/1853/2005-CS 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours formé le 22 mai 2017 par A______ contre l'ordonnance 

DTAE/1800/2017 rendue le 24 mars 2017 par le Tribunal de protection de l'adulte et de 

l'enfant dans la cause C/1853/2005-10. 

Au fond : 

L'admet et annule les chiffres 1, 2 et 9 de l'ordonnance querellée. 

Retourne la procédure au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant pour instruction 

et nouvelle décision au sens des considérants. 

Arrête les frais à 400 fr. et les laisse à la charge de l'Etat de Genève. 

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Mesdames Paola CAMPOMAGNANI et 

Jocelyne DEVILLE-CHAVANNE, juges; Madame Marie NIERMARECHAL, 

greffière. 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 

suivent sa notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le 

Tribunal fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral - 1000 Lausanne 14.