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**Case Identifier:** 68fb7ae9-022a-51d1-886f-09bf1fd15dab
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-03-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 27.03.2015 C/15645/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-15645-2014_2015-03-27.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 31.03.2015. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/15645/2014 ACJC/354/2015 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 27 MARS 2015 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______(GE), recourant contre un jugement rendu par la 
9ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 2 décembre 2014, 

comparant en personne, 

et 

B______, sise ______(BE), intimée, comparant en personne. 

 

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C/15645/2014 

EN FAIT 

A. a. Par courrier du 8 octobre 2012, A______ s'est plaint auprès de B______ du 
retard pris dans la livraison d'une véranda, malgré ses mises en demeure qui 

étaient restées vaines. Il a considéré que la précitée avait ainsi manqué à ses 

obligations contractuelles, ce qui lui ouvrait la possibilité de résilier la commande, 

avec demande de restitution des acomptes versés. Il demeurait cependant 

envisageable qu'elle lui fournisse un calendrier de début et fin des travaux, assorti 

d'une clause prévoyant des pénalités de retard. 

 b. Le 3 décembre 2012, A______ a signé une confirmation de commande portant 
sur la livraison d'une véranda au prix de 85'101 fr. 75. En regard de la mention 

"délai de livraison", il est indiqué: "début de la pose Semaine 6/7 2012" [sic]. 

 c. Le 12 novembre 2013, B______ a adressé une facture à A______, lui réclamant 
le solde du prix de la véranda, soit 15'257 fr. 75. 

 d. Le 17 décembre 2013, A______ a considéré que B______ devait lui accorder 
une réduction de prix à hauteur du montant précité en raison "du très important 

retard accumulé dans l'exécution des travaux de construction et de suivi de la 

véranda construite sur [sa] propriété" et il considérait dès lors avoir intégralement 

payé le prix desdits travaux. 

 e. Par courrier daté du 6 janvier 2013 [recte : 2014], B______ a maintenu sa 
demande de paiement du solde du prix de la commande de la véranda, relevant 

que les retards invoqués ne pouvaient lui être imputés et que le contrat conclu ne 

prévoyait pas d'intérêts, de pénalités ou de frais de retard. 

 A______, par courrier du 3 mars 2014, a rappelé que les travaux de la véranda, 

qui devaient débuter en février 2013, ne s'étaient achevés qu'en octobre 2013, soit 

avec un retard de plus de six mois, qui s'ajoutait à celui qu'il avait déjà relevé dans 

son courrier du 8 octobre 2012. Il a persisté à soutenir que le retard pris dans 

l'achèvement des travaux constituait une inexécution du contrat qui justifiait une 

réduction du prix de 15'275 fr. 75.  

f. Le 17 juin 2014, un commandement de payer, poursuite n° 14 170931 N, a été 
notifié à A______, à la requête de B______, portant sur la somme de 15'275 fr. 75 

avec intérêts à 5% dès le 1
er

 janvier 2014, le titre de créance invoqué étant une 

facture impayée. 

A______ y a formé opposition. 

g. Par requête expédiée le 30 juillet 2014 au Tribunal de première instance (ci-
après : le Tribunal), B______ a requis la mainlevée de ladite opposition. 

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C/15645/2014 

h. Lors de l'audience devant le Tribunal du 28 novembre 2014, B______ était ni 
présente, ni représentée. 

A______ a déposé une réponse écrite à la requête ainsi que diverses pièces. Il a 

contesté devoir payer le solde de la facture de B______ au motif que la véranda 

avait été livrée avec retard et présentait des défauts. 

B. Par jugement JTPI/15458/2014, le Tribunal a déclaré irrecevable la réponse écrite 
déposée par A______ à l'audience du 28 novembre 2014 (ch. 1 du disposif), 

prononcé la mainlevée de l'opposition au commandement de payer, poursuite 

n° 14 170931 N (ch. 2), arrêté les frais judiciaires à 400 fr., les compensant avec 

l'avance fournie qui restait acquise à l'Etat (ch. 3), condamné A______ à payer à 

B______ la somme de 400 fr. à titre de restitution de l'avance fournie (ch. 4) et 

débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 5). 

 Il a considéré que les parties avaient conclu un contrat d'entreprise portant sur la 

construction d'une véranda, dont A______ ne contestait pas la livraison. Ce 

dernier n'excipait pas de compensation d'une créance en dommages et intérêts 

pour exécution tardive, de sorte que B______ était au bénéfice d'un titre de 

mainlevée provisoire et qu'il serait fait droit à la requête. 

C. a. Par acte déposé le 19 décembre 2014 au greffe de la Cour de justice (ci-après : 
la Cour), A______ a formé recours contre ce jugement. Il a conclu à son 

annulation et au rejet de la requête de mainlevée, avec suite de frais et dépens. 

 Il a soutenu que la confirmation de commande sur laquelle se fondait B______ 
contenait une condition expresse de livraison à fin mars 2013. Il ne pouvait dès 

lors en être déduit sa volonté de payer sans réserve ni condition. Il avait en outre 

invoqué la compensation en raison de la mauvaise et tardive exécution du contrat 

d'entreprise. 

 b. Par courrier du 7 janvier 2015, B______ a relevé qu'aucune pénalité de retard 
n'avait été convenue et qu' A______ ne lui avait adressé aucune mise en demeure 

avant la réception de la facture finale. Par la suite, ce dernier n'avait pas signalé de 

problème lié à la pose de la véranda, mais uniquement un retard. 

 c. Les parties ont été informées par avis de la Cour du 2 février 2015 de ce que la 
cause était gardée à juger. 

 

EN DROIT 

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1. 1.1. S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 309 let. b ch. 3 et 319 let. b CPC). La procédure sommaire s'applique 

(art. 251 let. a CPC). 

Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours doit, en procédure sommaire, 

être introduit dans les dix jours à compter de la notification de la décision 

motivée. 

Interjeté dans le délai prescrit et selon la forme requise, le recours est recevable. 

1.2. Dans le cadre d'un recours, l'autorité a un plein pouvoir d'examen en droit, 
mais un pouvoir limité à l'arbitraire en fait, n'examinant que les griefs formulés et 

motivés par le recourant (art. 320 CPC; HOHL, Procédure civile, Tome II, 2
ème

 éd., 

2010, n. 2307).  

La maxime des débats (art. 55 al. 1 et 255 let. a CPC a contrario) et la maxime de 

disposition (art. 58 al. 1 CPC) s'appliquent. La preuve des faits allégués doit être 

apportée par titres (art. 254 al. 1 CPC). 

2. Le recourant soutient ne pas être débiteur du solde du prix au motif que la véranda 
commandée a été livrée avec retard et qu'il est dès lors en droit d'invoquer la 

compensation découlant de la mauvaise et tardive exécution du contrat. 

 2.1. Selon l'art. 82 al. 1 LP, le créancier dont la poursuite se fonde sur une 
reconnaissance de dette constatée par acte authentique ou sous seing privé peut 

requérir la mainlevée provisoire. 

2.1.1 Au sens de l'art. 82 al. 1 LP, constitue une reconnaissance de dette, en 
particulier, l'acte authentique ou sous seing privé signé par le poursuivi, d'où 

ressort sa volonté de payer au poursuivant, sans réserve ni condition, une somme 

d'argent déterminée, ou aisément déterminable, et exigible (ATF 136 III 624 

consid. 4.2.2, 627 consid. 2 et les arrêts cités). S'agissant de l'exigibilité de la 

créance au moment de l'introduction de la poursuite, il appartient au créancier de 

l'établir (arrêts du Tribunal fédéral 5A_32/2011 du 16 février 2012 consid. 3 non 

publié aux ATF 138 III 182; 5A_845/2009 du 16 février 2010 consid. 7.1; 

4A_223/2009 du 14 juillet 2009 consid. 3.2; STAEHELIN, in Basler Kommentar, 

Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs I, 2
ème

 éd. 2010, n. 77 et 79 ad 

art. 82 LP). 

Le contrat d'entreprise constitue une reconnaissance de dette pour autant que 

l'entrepreneur établisse qu'il a exécuté sa prestation. Le solde du prix n'est pas 

exigible tant que la livraison n'est pas conforme au contrat (KRAUSKOPF, La 

mainlevée provisoire: quelques jurisprudences récentes, JdT 2008 II 23, p. 34; 

PANCHAUD/CAPREZ, La mainlevée d'opposition, 2
ème

 éd., 1980, par. 87 p. 213). 

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 2.1.2 Conformément à l'art. 82 al. 2 LP, le poursuivi peut faire échec à la 
mainlevée en rendant immédiatement vraisemblable ses moyens libératoires (ATF 

132 III 140 consid. 4.1.1 et les références citées; arrêt du Tribunal fédéral 

5A_878/2011 du 5 mars 2012 consid. 2.1), ce que celui-ci doit établir en principe 

par titre (cf. art. 254 al. 1 CPC). Le poursuivi peut se prévaloir de tous les moyens 

de droit civil - exceptions ou objections - qui infirment la reconnaissance de dette 

(ATF 131 III 268 consid. 3.2), notamment de la compensation (art. 120 ss CO). 

S'agissant de ce dernier moyen, il doit rendre vraisemblable non seulement son 

droit d'opposer la compensation (cf. art. 125 CO), mais aussi la cause et le 

montant de la créance (arrêt du Tribunal fédéral 5D_147/2011 du 10 novembre 

2011 consid. 3). 

Il n'a pas à apporter la preuve absolue (ou stricte) de ses moyens libératoires, mais 

seulement à les rendre vraisemblables (arrêt du Tribunal fédéral 5A_878/2011 du 

5 mars 2012 consid. 2.2). Le juge n'a pas à être persuadé de l'existence des faits 

allégués; il doit, en se fondant sur des éléments objectifs, avoir l'impression qu'ils 

se sont produits, sans exclure pour autant la possibilité qu'ils se soient déroulés 

autrement (ATF 132 III 140 consid. 4.1.2). 

2.1.3 L'art. 366 CO confère certains droits au maître lorsque l'entrepreneur, au 
cours des travaux, enfreint ses obligations relatives aux délais de livraison de 

l'ouvrage (al. 1) - retard dans le commencement de l'exécution, retard dans le 

rythme d'exécution ou non-respect du terme de livraison arrêté entre parties - ou à 

l'exécution sans défaut de l'ouvrage (al. 2). S'il y a un retard dans l'exécution de 

l'ouvrage au sens de l'une des trois hypothèses susrappelées de l'art. 366 al. 1 CO, 

le maître peut se départir du contrat de manière anticipée s'il en fait la déclaration 

immédiate et exercer le droit d'option que lui confère l'art. 107 al. 2 CO (ATF 126 

III 230 consid. 7a/bb p. 234). Toutefois, le maître doit fixer à l'entrepreneur un 

délai supplémentaire convenable pour s'exécuter afin de lui donner une chance de 

livrer à temps l'ouvrage (art. 107 al. 1 CO), la fixation d'un tel délai n'étant pas 

nécessaire dans les cas prévus par l'art. 108 CO. 

2.2. En l'espèce, le recourant ne conteste pas avoir signé la confirmation de 
commande portant sur la livraison d'une véranda pour un prix de 85'101 fr. 75 et 

que le solde du prix est de 15'257 fr. 75, après déduction des acomptes versés. Il 

ne soutient pas que l'ouvrage est inachevé. Il relève uniquement qu'aucun procès-

verbal de chantier ne lui a été soumis, mais il est rappelé que la réception de 

l'ouvrage peut également intervenir par actes concluants (ATF 115 II 456 

consid. 4). Il n'explique par ailleurs pas quel défaut matériel affecterait la véranda, 

indiquant au contraire que l'intimée avait remédié aux défauts rencontrés en cours 

d'exécution des travaux. 

L'intimée ayant livré l'ouvrage commandé, la confirmation de commande 

constitue donc une reconnaissance de dette.  

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Le recourant invoque toutefois, en compensation, un prétendu dommage de 

15'257 fr. 75 résultant du retard pris dans l'exécution des travaux. Cela étant, il 

n'explique d'aucune manière sur quel fondement il serait en droit de réclamer un 

tel montant à l'entrepreneur, quel type de dommage il aurait subi (gain manqué, 

dépenses engagées en raison du retard, dépenses inutilement engagées ou 

remplacement temporaire, par exemple), ni comment il a calculé ce montant. 

Le recourant ne rend dès lors pas vraisemblable qu'il disposerait d'une créance en 

dommages-intérêts d'un montant de 15'257 fr. 75, ou d'un quelconque autre 

montant, qu'il pourrait opposer en compensation.  

Au vu de ce qui précède, c'est à bon droit que le Tribunal a prononcé la mainlevée 

de l'opposition au commandement de payer. Le recours, infondé, sera rejeté. 

3. Le recourant, qui succombe, sera condamné aux frais judiciaires, arrêtés à 600 fr. 
et compensés avec l'avance de frais qu'il a versée, laquelle reste acquise à l'Etat de 

Genève (art. 106 al.1 et 111 al. 1 CPC; art 48 et 61 al. 1 OELP). 

 Il ne sera pas alloué de dépens à l'intimée, qui comparait en personne, a répondu 
au recours par un simple courrier et n'a pas réclamé qu'il lui en soit alloué (art. 95 

al. 3 let. c CPC). 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A______ contre le jugement JTPI/15458/2014 

rendu le 2 décembre 2014 par le Tribunal de première instance dans la cause 

C/15645/2014-9 SML. 

Au fond : 

Rejette ce recours. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Condamne A______ aux frais judiciaires du recours, fixés à 600 fr., lesquels sont 

compensés avec l'avance de frais fournie, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Madame Pauline ERARD et Madame Fabienne 

GEISINGER-MARIETHOZ, juges; Madame Céline FERREIRA, greffière. 

 

Le président : 

Laurent RIEBEN 

 La greffière : 

Céline FERREIRA 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF : RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.