# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** bc1bb75a-b766-535d-818b-223ef0f2c1a3
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-08-28
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 28.08.2014 P/1115/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-1115-2012_2014-08-28.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par pli recommandé du 10 novembre 2014, à 
l'autorité inférieure et à l'OCP. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/1115/2012 AARP/453/2014

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 28 août 2014 

 

Entre 

A______, détenu à la prison de Champ-Dollon, 1241 Puplinge, comparant par Me Romain 

JORDAN, avocat, Etude Merkt & Ass., rue du Général_Dufour 15, case postale 5556, 1211 

Genève 11, 

B______, détenu à la prison de Champ-Dollon, 1241 Puplinge, comparant par Me Corinne 

ARPIN, avocate, boulevard des Philosophes 8, 1205 Genève, 

appelants et intimés sur autre appel, 

 

contre le jugement JTCR/4/2013 rendu le 6 décembre 2013 par le Tribunal criminel, 

 

et 

C______, comparant par Me Nicola MEIER, avocat, Etude Hayat & Meier, rue de la 

Fontaine 2, 1204 Genève, 

D______, comparant par Me Doris LEUENBERGER, Etude Leuenberger, Lahlou et 

Bazarbachi, rue Micheli-du-Crest 4, 1205 Genève, 

E______, domiciliée _______, comparant en personne, 

 
 
 

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F______, domicilié ______, comparant en personne, 

G______, domiciliée _______, comparant en personne, 

H______, domiciliée _______, comparant en personne,  

RESTAURANT I______, représenté par J______, domiciliée ______, comparant en 

personne, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6b, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565 - 1211 Genève 3, 

intimés.

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EN FAIT : 

A. a. Par courriers du 9 décembre 2013, A______ et B______ ont annoncé appeler du 
jugement rendu par le Tribunal criminel le  
6 décembre 2013, dont les motifs ont été notifiés le 16 janvier 2014, par lequel le 
tribunal de première instance a : 

- acquitté A______ du chef de séquestration aggravée (art. 183 ch.1 et 184 du Code 
pénal suisse, du 21 décembre 1937 [CP ; RS 311.0]), 

- reconnu A______ coupable de tentative d'assassinat (art. 22 al. 1 cum 111 et 112 
CP), de brigandages aggravés (art. 140 ch. 1, 2 et 3 CP), d'utilisation frauduleuse 
d'un ordinateur (art. 147 al. 1 CP), de vol (art. 139 ch. 1 CP), de dommages à la 
propriété (art. 144 al. 1 CP), de dommages à la propriété de peu de gravité (art. 
144 al. 1 cum 172ter CP), de recel (art. 160 ch. 1 CP), de violation de domicile 
(art. 186 CP), de violence contre les autorités et les fonctionnaires (art. 285 ch. 1 
CP), d'entrée et séjour illégaux (art. 115 al. 1 let. a et b de la loi fédérale sur les 
étrangers, du 16 décembre 2005 [LEtr ; RS 142.20]), le condamnant à une peine 
privative de liberté de 13 ans, sous déduction de 658 jours de détention avant 
jugement,  

- constaté que A______ acquiesçait aux conclusions civiles de D______ et lui a 
donné acte de ce que, en paiement des sommes auxquelles il était condamné au 
titre des conclusions civiles, il lui cédait l'indemnité en réparation du tort moral 
qu'il avait lui-même obtenue dans le cadre de la procédure P/1______, 

- acquitté B______ des chefs de tentative d'assassinat (art. 22 al. 1 cum 111 et 112 
CP), de séquestration aggravée (art. 183 ch. 1 et 184 CP), de vol (faits visés sous 
ch. C.IX de l'acte d'accusation [art. 139 ch. 1 CP]), de violation de domicile (art. 
186 CP) et de recel (art. 160 ch. 1 CP), classé la procédure pour les faits visés 
sous ch. C.XI, constitutifs de dommages à la propriété (art. 144 al. 1 CP) et de 
menaces (art. 180 al. 1 CP), reconnu B______ coupable de brigandage aggravé 
(art. 140 ch. 1, 2 et 3 CP), d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur (art. 147 al. 1 
CP), de lésions corporelles simples (art. 123 ch. 1 CP), de contrainte (art. 181 CP), 
d'empêchement d'accomplir un acte officiel (art. 286 CP), de séjour illégal (art. 
115 al. 1 let. b LEtr), le condamnant à une peine privative de liberté de 8 ans, sous 
déduction de 658 jours de détention avant jugement,  

- dit que cette peine est complémentaire à celle prononcée par le Ministère public 
de Genève le 13 février 2012 et ordonné le maintien en détention pour des motifs 
de sûreté de B______,  

- condamné B______ et A______, conjointement et solidairement, à payer à 
D______ la somme de CHF 30'000.– plus intérêts à 5 % dès le 18 février 2012, à 

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titre de réparation du tort moral, ainsi que les montants de CHF 7'200.– plus 
intérêts à 5 % dès le 18 février 2012, CHF 174.– plus intérêts à 5 % dès le 8 mars 
2012, CHF 600.– plus intérêts à 5 % dès le 25 juillet 2013 et CHF 38.70 plus 
intérêts à 5 % dès le 23 octobre 2012 à titre de réparation de son dommage 
économique. 

La détention pour des motifs de sûreté de A______ a été prononcée par ordonnance 
séparée du 6 décembre 2013 avant que, le 13 décembre 2013, le Tribunal criminel 
n'autorise l'exécution anticipée de sa peine.  

b. Par actes du 5 février 2014, les deux prévenus ont formé la déclaration d'appel 
prévue à l'art. 399 al. 3 du Code de procédure pénale du 5 octobre 2007 (CPP ; RS 
312.0). 

A______ conclut à l'annulation du jugement entrepris dans la mesure où il a été 
reconnu coupable de tentative d'assassinat et condamné à 13 ans de peine privative 
de liberté, ainsi qu'au prononcé d'une peine clémente. 

B______ conclut à son acquittement des chefs de brigandage aggravé (ch. C.XII de 
l'acte d'accusation), de lésions corporelles simples et de contrainte (ch. C.XI), 
d'empêchement d'accomplir un acte officiel au sens de  
l'art. 286 CP (ch. C.XIII) et au prononcé, pour les deux infractions pour lesquelles il 
plaide coupable (violation de la LEtr [ch. C.VIII] et utilisation frauduleuse d'un 
ordinateur [ch. C.XII]), d'une peine n'excédant pas 12 mois de privation de liberté. 

c.a Par acte d’accusation du 3 octobre 2013, il est reproché à A______ d'avoir, à 
Genève : 

- séjourné sans droit sur le territoire helvétique du 24 juin 2011 au mois de 
janvier 2012 et d'avoir, le 18 février 2012, après avoir pénétré sans droit sur ce 
même territoire (ch. B.I), 

- le matin du 4 décembre 2011, cambriolé avec un inconnu le restaurant I______, 
sis rue ______ après en avoir brisé la vitre, dérobant des biens et valeurs pour un 
montant total d'environ CHF 10'000.- et causant par ailleurs des dommages pour 
un montant de CHF 1'140.- (ch. B.II), 

- durant la nuit du 4 au 5 décembre 2011, cambriolé avec K______ le magasin de 
chaussures ______, sis rue ______, après en avoir brisé la vitrine, dérobant des 
biens pour un montant total de CHF 7'908.- et causant par ailleurs des dommages 
pour un montant de CHF 1'053.- (ch. B.III), 

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- entre le 18 et le 25 décembre 2011, acquis un téléphone portable NOKIA C2 
auprès d'un tiers demeuré non identifié tout en sachant ou en devant se douter que 
ledit appareil avait été obtenu par une infraction contre le patrimoine, étant précisé 
que le téléphone avait été dérobé entre les 17 et 18 décembre 2011 à L______ (ch. 
B.IV), 

- le 19 janvier 2012, de concert avec C______, cambriolé l'appartement sis avenue 
______ alors que G______, locataire des lieux alors âgée de 86 ans, se trouvait à 
son domicile, dérobant des biens et valeurs pour un montant total estimé à 
CHF 1'500.-, et d'avoir menacé, ou accepté que C______ menace, G______ à 
l'aide d'un couteau afin que celle-ci communique le code de sa carte bancaire, ce 
qu'elle a fait, d'avoir coupé les fils du téléphone fixe de la locataire puis retiré, de 
concert avec C______, CHF 5'000.- sur le compte de G______ au bancomat UBS 
de V______, au moyen de la carte emportée et du code obtenu par la force (ch. 
B.V), 

- le 18 février 2012, de concert avec B______, pénétré sans droit dans l'appartement 
sis avenue WA______ 39C à W______ alors que D______, locataire des lieux 
alors âgée de 78 ans, se trouvait à son domicile, saisi D______ par le cou et lui 
avoir montré un couteau dont la lame mesurait 30 cm environ, lui avoir ensuite 
donné des coups de genou et un coup de poing violent dans l'œil avant de la jeter 
sur le lit faisant peser le poids de son corps sur le sien, puis lui avoir donné 
d'autres coups au visage et l'avoir étranglée à plusieurs reprises. Il lui est 
également reproché d'avoir placé le bout de son couteau sous la gorge de 
D______ et de lui avoir demandé à réitérées reprises où se trouvait son or, de 
l'avoir obligée à lui remettre les bijoux qu'elle portait alors et d'avoir exigé d'elle, 
tout en menaçant de la tuer avec son couteau et de faire venir deux autres 
personnes qui attendaient à l'extérieur de l'appartement, qu'elle lui remette son 
argent, étant précisé que D______ lui a finalement remis une carte bancaire ainsi 
que le code y relatif avant que A______ ne l'emmène de force dans la salle de 
bains pour la priver de sa liberté, plus précisément en la frappant, en ligotant ses 
mains et ses pieds et en la bâillonnant avant de la pousser dans la baignoire. Il est 
encore reproché à A______ d'avoir ensuite fouillé l'appartement de D______ et 
emporté environ CHF 10'000.- avant que lui-même ou B______ ne ferme à clé la 
porte de la salle de bains, augmente le volume de la télévision et ferme à clé la 
porte de l'appartement en le quittant puis d'avoir, le même jour, de concert avec 
B______, retiré CHF 5'000.- au moyen de la carte dérobée à D______ et du code 
obtenu de cette dernière (ch. B.VI), 

- le 18 février 2012, au moment de son interpellation par la police, donné des coups 
aux policiers présents, blessant l'inspecteur M______ (ch. B.VII). 

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S'agissant des actes visés aux chiffres B.II, B.III, B.IV, B.V et B.VI, il est par ailleurs 
reproché à A______ d'avoir agi par métier. 

c.b Par le même acte d'accusation, il est reproché à B______ d'avoir, à Genève : 

- séjourné sans droit sur le territoire helvétique du 23 décembre 2011 au 
18 février 2012 (ch. C.VIII), 

- le 21 décembre 2011, dérobé l'ordinateur portable de N______ à son domicile (ch. 
C.IX), 

- le 20 janvier 2012, aidé A______ et C______ à vendre les bijoux et objets 
dérobés le 19 janvier 2012 à G______, en leur désignant, moyennant 
rémunération de CHF 100.-, un commerce dans lequel ils pourraient les vendre, 
puis, quelques jours plus tard, accepté de dissimuler chez lui une pièce en or et 
une montre pour femme que A______ et C______ avaient dérobées à G______, 
alors que B______ en connaissait la provenance délictueuse (ch. C.X), 

- durant la nuit du 11 au 12 février 2012, entraîné dans une allée sa petite amie 
H______, l'avoir frappée, notamment en lui donnant un coup de tête ainsi que des 
coups de poing et de pied, l'avoir tirée par la veste pour l'emmener dans une 
direction opposée à celle où elle souhaitait se rendre, avoir ensuite détruit, en le 
jetant à terre, le téléphone portable de H______ et l'avoir encore menacée de mort 
si elle le quittait (ch. C.XI), 

- dans le contexte décrit sous chiffre B.VI de l'acte d'accusation, de concert avec 
A______, pénétré sans droit dans l'appartement sis avenue WA______ à 
W______ alors que D______ se trouvait à son domicile, et d'avoir accepté que 
A______ s'en prenne physiquement à D______, qu'il la menace et se fasse 
remettre des bijoux, une carte bancaire et le code y relatif puis qu'il la prive de sa 
liberté en la ligotant et en la bâillonnant, ainsi que décrit sous chiffre B.VI. Il lui 
est encore reproché d'avoir ensuite, avec A______, fouillé l'appartement de 
D______ et emporté environ CHF 10'000.- avant que lui-même ou A______ ne 
ferme à clé la porte de la salle de bain, augmente le volume de la télévision et 
ferme à clé la porte de l'appartement lorsque les deux hommes ont quitté ce 
dernier, puis d'avoir, le même jour, de concert avec A______, retiré CHF 5'000.- 
au moyen de la carte dérobée à D______ et du code obtenu de cette dernière (ch. 
C.XII), 

- le 18 février 2012, au moment de son interpellation par la police, résisté et s'être 
débattu (ch. C.XIII), 

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S'agissant des actes visés aux chiffres C.IX, C.X et C.XII, le métier est en sus 
reproché à B______. 

B. Les faits encore pertinents à ce stade de la procédure sont les suivants : 

 Plainte pénale de D______ (chiffres B.VI et C.XII de l'acte d'accusation)  

 a.a Selon le rapport d'arrestation du 19 février 2012, la veille à 22h22, la centrale 
d'alarme de la police avait été avertie d'une agression sur la personne de D______, 
laquelle venait d'être retrouvée bâillonnée et ligotée dans sa salle de bains.  

Le visage de D______ était fortement tuméfié et présentait des traces de coups aux 
yeux et à la bouche, ainsi que de ligatures sur les poignets. Elle a expliqué en 
substance avoir été agressée par un homme alors qu'elle se trouvait à son domicile, 
sis à W______. L'individu l'avait menacée au moyen d'un couteau, frappée et 
molestée jusqu'à obtenir le code de sa carte bancaire. Il s'était également emparé 
d'une somme de CHF 10'000.-, de son téléphone portable et l'avait délestée des 
bijoux qu'elle portait, dont l'alliance de feu son mari. Il l'avait ensuite placée dans la 
baignoire, ligotée et bâillonnée, avant de prendre la fuite, non sans qu'il ait encore 
fortement augmenté le volume de la télévision.  

Selon la Dresse O______, qui avait procédé aux constats des lésions traumatiques, 
D______ présentait les signes d'un étranglement, à savoir des pétéchies dans les 
yeux, des traces sur son cou et des lésions dans la gorge. Son corps était couvert 
d'hématomes et elle souffrait d'un œdème important aux yeux. L'agression avait été 
extrêmement violente. 

L'enquête de voisinage effectuée immédiatement n'a pas apporté d'éléments utiles, la 
majorité des locataires étant absent ou n'ayant rien remarqué. Les recherches ont 
permis de retrouver des gants en laine noire et un couteau de cuisine dans des 
buissons situés à une trentaine de mètres de l'immeuble, au bord de la Y______. 
Divers prélèvements biologiques ont été opérés sur différents objets, dans et hors le 
logement de la victime. 

Vers 23h00, cinq retraits de CHF 1'000.- avaient été effectués auprès de l'agence 
d'UBS SA (ci-après : UBS) de la place V______. Vers 23h45, A______ et B______ 
avaient été interpellés alors qu'ils se trouvaient devant le bancomat en vue d'y 
effectuer d'autres retraits. Ils avaient camouflé leurs visages en rabattant leurs 
capuches.  

A______, vêtu d'une veste "de type Collegian" blanche et noire avec la lettre G 
imprimée sur la manche gauche, était en possession du téléphone volé à D______, de 
deux clés provenant de son appartement et d'un billet comportant l'inscription 1915, 

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correspondant au code de la carte bancaire de la victime. Un billet de CHF 1'000.- a 
été découvert dans une des chaussettes de B______.  

Les tests d'alcoolémie ont révélé chez les deux prévenus des taux de 0,8 ‰ 
(A______) et de 0,58 ‰ (B______). Pour le premier nommé, le taux pouvait être 
estimé au moment des faits entre 0,95 et 1,93 g/kg. La recherche de toxiques 
médicamenteux effectuée ultérieurement est restée négative. 

a.b.a A______ a nié toute implication. Durant la journée du 18 février 2012, il était 
"défoncé" au Rivotril. Le couteau retrouvé à proximité du domicile de la victime ne 
lui disait rien. Il avait prêté sa veste à un ami dénommé "P______" durant la soirée 
écoulée, de sorte que tous les objets retrouvés dans les poches du vêtement ne lui 
appartenaient pas, à l'exception d'un téléphone NOKIA noir. Il ne se souvenait ni de 
l'heure à laquelle il avait prêté sa veste à "P______" ni de celle à laquelle ce dernier 
la lui avait rendue. Il n'avait jamais tenté de prélever de l'argent à quelque 
distributeur automatique de billets et ne savait pas que l'autre prévenu était en 
possession de  CHF 1'000.-. Il avait essayé de prendre la fuite lors de son 
interpellation, car il avait cru à une agression. 

a.b.b B______ s'était rendu le jour des faits, vers 18h00, chez des amis à V______, 
dont il ne souhaitait pas révéler les coordonnées. Vers 19h30, il était rentré chez son 
amie à W______, avant d'en ressortir vers 21h00 pour retrouver A______ en ville. 
Ce dernier l'avait rejoint vers 22h00. Il était en possession d'une carte bancaire qu'un 
tiers lui avait donnée dans le cadre d'un "règlement de comptes" ainsi que du code 
inscrit sur un bout de papier. Dans la mesure où A______ ne savait pas comment 
retirer de l'argent avec la carte, B______ avait accepté de l'aider contre rémunération. 
Ils s'étaient donc rendus à l'agence UBS de la Place V______ où il avait retiré CHF 
1'000.- à cinq reprises, remettant à chaque fois l'argent à A______. Vers 22h50, ils 
s'étaient rendus dans un bar situé dans le même quartier où A______ lui avait donné 
le billet de CHF 1'000.- retrouvé dans sa chaussette. A 23h45, ils s'étaient à nouveau 
dirigés vers l'agence bancaire afin d'y retirer de l'argent. Il ne savait rien au sujet du 
brigandage commis au préjudice de D______, ni si A______ était impliqué. Ce 
dernier ne lui avait rien dit et ne lui avait montré aucun butin. 

a.c Q______, voisin direct de D______, était revenu à son domicile vers 22h05. Il 
avait aussitôt entendu des appels au secours et reconnu la voix de D______. Il avait 
saisi le double des clés qu'il possédait et s'était précipité chez elle. En entrant dans 
l'appartement, il avait été frappé par le volume sonore de la télévision. La porte de la 
salle de bains était fermée de l'extérieur. Il avait découvert sa voisine allongée dans la 
diagonale de la baignoire avec les jambes sur le rebord. Elle avait un gros "cocard" 
sur l'un des yeux, qui était tout gonflé. Bâillonnée avec un foulard ou une écharpe 
placée dans sa bouche, elle ne pouvait parler. Ses jambes et ses mains étaient 

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également attachées. D______ se tenait à peine debout et vacillait. Elle était en état 
de stress post-traumatique. 

b.a D______ a déposé plainte le 19 février 2012. La veille vers 21h00, quelqu'un 
avait sonné à la porte palière de son appartement. Lorsqu'elle avait ouvert sa porte, 
l'inconnu avait forcé l'accès à son appartement et l'avait poussée en direction de la 
chambre à coucher en la saisissant par la nuque et en la tirant par ses vêtements. 
Dans la chambre, il l'avait violemment poussée vers le lit, sur lequel elle était tombée 
sur le dos. Il l'avait maintenue dans cette position malgré ses tentatives pour se 
relever. Disposant d'un long couteau, dont la lame devait mesurer une trentaine de 
centimètres, l'inconnu l'avait placé sous sa gorge en lui demandant où était l'or. 
Comme il avait constaté qu'elle portait des bagues, dont deux alliances, il avait exigé 
qu'elle les lui remette, ainsi que sa montre en or et un collier ayant appartenu à son 
arrière-grand-mère. Il lui avait encore demandé où se trouvait la montre de son 
défunt mari. Durant tout ce temps, il l'avait maintenue sur le matelas en appuyant très 
fortement sur sa gorge avec ses mains, au point qu'elle avait cru mourir faute de 
pouvoir respirer. Il lui disait sans cesse de se taire. Plus elle se débattait, plus il 
resserrait son étreinte sur son cou. Il s'était même couché de tout son long sur elle, 
ses genoux lui coinçant les jambes afin de l'immobiliser. Elle avait cru qu'il allait la 
violer. Si elle lui donnait de l'argent et de l'or, il la laisserait tranquille.  

Après s'être emparé des bijoux et les avoir placés dans la poche de son pantalon, 
l'agresseur l'avait emmenée au salon et l'avait obligée à ouvrir les tiroirs d'une petite 
commode. Ils étaient ensuite revenus dans la chambre où elle lui avait remis son 
porte-cartes. Après avoir identifié sa carte UBS, il l'avait forcée à inscrire le code sur 
un bout de papier, la sommant de lui donner le bon code en lui disant "si tu ne me le 
donnes pas, tu y passes". Elle avait obtempéré et il lui avait précisé ne vouloir retirer 
que CHF 400.-. Lors des déplacements à l'intérieur de l'appartement, il la tirait par le 
col de son chemisier pour la faire avancer en tenant en permanence le couteau dans 
sa main. Il la menaçait fréquemment avec le couteau dont il plaçait la pointe vers son 
ventre ou au niveau de son thorax en lui disant : "tu vois ce que j'ai dans la main", "si 
tu ne fais pas ce que je te dis, je te plante", "tu sais, on est trois, les deux autres 

m'attendent dehors et si tu n'obéis pas, je les fais venir".  

Après s'être saisi du code de sa carte bancaire, il l'avait contrainte à le suivre à la 
salle de bains. Avec son couteau, il avait coupé les lanières d'un de ses sacs à main et  
lui avait attaché les mains dans le dos en serrant fortement les lanières autour de ses 
poignets, ce qui lui avait fait très mal. Il l'avait ensuite poussée dans la baignoire où 
elle était tombée sur le dos, sa tête coincée sous le robinet, en diagonale avec les 
pieds appuyés sur le rebord. Il avait noué une écharpe autour de ses pieds. Il était allé 
chercher une sorte de coton blanc qu'il avait introduit dans sa bouche en tirant sur sa 
mâchoire. Il s'était abstenu de répondre lorsqu'elle lui avait pour la seconde fois 
demandé s'il allait la tuer. Il avait encore noué un linge autour de son cou en 

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obstruant sa bouche et son nez. Comme elle l'avait supplié de la laisser respirer, il 
avait quelque peu dégagé les narines. Il l'avait abandonnée ainsi dans la baignoire 
après avoir fermé la porte de la salle de bains à clé. Elle avait été avertie qu'il ne 
servait qu'elle crie et qu'il reviendrait si le code bancaire était faux. Elle avait alors 
entendu quelqu'un rigoler sans savoir si c'était lui ou un tiers, mais la voix était 
d'humeur joyeuse. Elle avait dès lors pensé qu'il avait mis la main sur ses économies 
de l'ordre de CHF 10'000.-. Elle avait ensuite entendu que le volume de sa télévision 
avait été poussé. Après quelques minutes, ses mains la faisaient atrocement souffrir. 
Comme elle avait entendu son voisin rentrer, elle l'avait appelé à l'aide de toutes ces 
forces, en réussissant à dégager un peu le bâillon de sa bouche. Après qu'elle eut été 
libérée, elle avait eu de la peine à tenir debout, étant toute ankylosée, et ses mains 
étaient noires faute de circulation du sang.  

Elle estimait que son agression avait duré environ 45 minutes. Le "cocard" à l'œil 
gauche dont elle souffrait était le résultat d'un coup de poing violent que son 
agresseur lui avait assené alors qu'il la contraignait à le suivre et qu'elle se débattait. 
Elle s'était d'ailleurs écroulée sur le matelas suite à la violence du coup. Son 
agresseur avait agi méthodiquement et avec précision, tel un "pro". Il savait ce qu'il 
faisait et était très bien organisé. Il avait été au téléphone tout au long de l'agression, 
passant et recevant des appels.  

b.b D______ a été entendue une seconde fois par la police le 28 février 2012, après 
avoir formellement identifié A______ comme étant son agresseur. Elle a confirmé 
ses déclarations précédentes concernant les actes commis dans la salle de bains. Elle 
avait été agressée par une seule personne, sans être en mesure de dire si une seconde 
s'était introduite dans son appartement alors qu'elle se trouvait dans la baignoire.  

b.c Devant le Ministère public, D______ a confirmé ses précédentes déclarations, en 
particulier le fait de n'avoir vu qu'un seul agresseur. Depuis la salle de bains, elle 
n'avait entendu qu'une seule voix, raison pour laquelle elle pensait que son agresseur 
avait téléphoné. Elle pensait avoir été surveillée. Elle avait mangé seule dans sa 
cuisine avant d'être agressée et elle était aisément visible depuis l'extérieur lorsqu'elle 
se trouvait dans cette pièce. Les économies qu'elle avait épargnées, en vue de ses 
funérailles, avaient bien disparu. Elle avait encore des séquelles de son agression et 
avait été traumatisée. Lorsque A______ lui avait pris l'alliance de son défunt mari, 
elle l'avait supplié de la lui laisser. Jamais, elle ne lui pardonnerait de l'avoir privée 
de ce souvenir précieux. 

c.a Selon le rapport d'expertise du  Centre Universitaire Romand de Médecine Légale 
(ci-après : CURML), les éléments suivants ont pu être mis en évidence environ cinq 
heures après l'agression : 

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- de nombreuses pétéchies au niveau des téguments de l’extrémité céphalique et de 
la partie supérieure du cou, avec une limite située au niveau du cou sous la forme 
d’une marque quasiment horizontale constituée d’ecchymoses et de 
dermabrasions hémorragiques linéaires, 

- un hématome en monocle à gauche, 
- de nombreuses ecchymoses récentes au niveau de 1’extrémité céphalique, du cou, 

du membre supérieur droit et des membres inférieurs ainsi que des régions 
fessières, 

- des tuméfactions au niveau du visage, du membre supérieur droit et des membres 
inférieurs, 

- des dermabrasions hémorragiques ainsi que des plaies superficielles, au niveau de 
l'extrémité céphalique (y compris la muqueuse buccale), du cou, des membres 
supérieur et inférieur droits ainsi que du dos, 

- de nombreuses pétéchies intéressant la quasi-totalité de la surface cutanée de la 
face dorsale de la main droite, limitées par une marque nette, linéaire, à la jonction 
du poignet avec la main, 

- une fracture des deux cornes supérieures du cartilage thyroïde du larynx, et un 
œdème de 1'hypopharynx. 

 
c.b Compte-tenu de l’examen clinique et des renseignements médicaux, les experts 
ont émis les commentaires suivants : 
 
- les ecchymoses, l’hématome en monocle et les tuméfactions étaient le résultat de 

contusions. Elles avaient été provoquées par un ou des objet(s) contondant(s) 
ayant heurté le corps (par exemple coups portés) et/ou contre lequel/lesquelles le 
corps s’était heurté (par exemple contre le mur ou le sol) ou encore par une ou des  
pression(s) ferme(s), 

- les pétéchies constatées au niveau de la partie supérieure du cou, de l’extrémité 
céphalique, ainsi qu’au niveau de la main droite étaient la conséquence d’une 
congestion avec empêchement du retour veineux, 

- les pétéchies de la partie supérieure du cou et de la tête, associées à la marque 
quasiment linéaire au niveau de la partie supérieure du cou, et aux fractures du 
larynx témoignaient d’une violence certaine contre le cou, sous forme d’une 
strangulation manuelle et/ou d’une strangulation par un lien (possiblement le 
pourtour du col d’un chemisier). Sur la base des lésions ainsi objectivées, ainsi 
que sur la base des éléments subjectifs rapportés par la patiente, les experts 
pouvaient dire que D______ avait été victime d’une agression ayant concrètement 
mis sa vie en danger, 

- les lésions au niveau de la main droite (pétéchies) étaient compatibles avec le fait 
d’avoir été ligotée avec un lien au niveau du poignet, 

- les lésions dans la sphère buccale pouvaient avoir été provoquées, par un 
mécanisme contondant ou par la mise en place d’un bâillon, 

- les lésions au niveau des avant-bras pouvaient être interprétées comme des lésions 
de défense, 

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- le tableau lésionnel constaté, vu le nombre des lésions, leurs caractéristiques et 
leurs localisations, était évocateur d’une hétéro-agression, compatible avec les 
faits rapportés par la victime. 

 
d. L'enquête a rapidement révélé qu'au moment des faits B______ habitait chez son 
amie intime H______, laquelle était domiciliée dans le même lotissement que la 
victime, au 41b, chemin WA______ à W______.  
 
d.a Les Transports Publics Genevois (ci-après : TPG) ont produit des images de 
vidéosurveillance de la soirée du 18 février 2012 relatives aux deux bus (nos 1 et 9) 
empruntés par A______ et B______ avant et après l'agression de D______.  
 
Selon le rapport de synthèse du 22 février 2012 : 
 
- les prévenus avaient emprunté le bus no 1 à 20h11 à l'arrêt "ZA______", 
- ils étaient descendus à 20h19 à l'arrêt "ZB______", situé à environ 400 m des 

domiciles de D______ et de B______. Lors de la course, A______ avait sorti de 
la poche intérieure de sa veste un document, format carte de crédit, afin de le 
montrer à celui qui l'accompagnait, 

- à 22h23, les deux prévenus étaient montés ensemble dans le bus no 9 à l'arrêt 
"ZC______", situé à environ 575 m desdits logements, 

- ils étaient descendus à 22h33 à l'arrêt "ZD______". Lors de cette course, les 
prévenus portaient les mêmes vêtements qu'à l'aller, auxquels ils avaient ajouté 
des bonnets, ainsi que des gants et une écharpe, masquant partiellement le visage 
de B______. Dès le moment où ils avaient pris place côte à côte, A______ avait 
sorti des objets, dont l'un ressemblait à une montre, et/ou des papiers de la poche 
droite de son pantalon qu'il avait montrés à B______. A______ avait ensuite 
mimé certains gestes en plaçant ses deux poignets l'un contre l'autre, puis ses bras 
dans son dos. Ces gestes pouvaient être interprétés selon l'analyse de la police 
comme montrant une personne attachée par les poignets, respectivement les bras 
dans le dos. B______ avait pris soin de remonter son écharpe sur son visage en 
quittant le bus. 

 
Selon le même rapport, le couteau et les gants en laine noire saisis avaient été 
dissimulés au bord de la Y______ près d'un chemin piétonnier longeant le ruisseau, 
duquel un pont permet de rejoindre le chemin XA______, lequel conduit au chemin 
XC______ qui débouche directement à l'arrêt du bus no 9 "ZC______".  
 
d.b La chronologie suivante a pu être établie :  
 
- à 21h00, Q______ quitte son domicile, 
- à 21h15 D______ entend quelqu'un sonner à sa porte, 
- à 22h05 Q______ est de retour dans l'immeuble, 
- il découvre à 22h10 sa voisine dans la salle de bains, 

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- Q______ appelle la centrale d'alarme à 22h22, 
- après le trajet en bus, les deux prévenus procèdent au retraits de CHF 5'000.- au 

bancomat UBS de la Place V______ à 22h35, 
- ils sont interpellés à 23h45. 
 
d.c Le 28 février 2012, un "line-up" comptant cinq individus, parmi lesquels les deux 
prévenus, a été organisé par la police. D______, a indiqué, après avoir vu et entendu 
les cinq individus, penser à 80 % que son agresseur était A______. Après avoir 
examiné plusieurs modèles de vestes, dont celui porté par B______ le soir des faits, à 
savoir une veste doudoune de couleur sombre, D______ a exclu qu'elle fut celle de 
son agresseur.  
 

d.d L'examen des rétroactifs téléphoniques relatifs aux numéros utilisés par les deux 
prévenus durant la soirée du 18 février 2012, et plus particulièrement pendant la 
tranche horaire correspondant à l'agression de D______, a permis de mettre en 
exergue les éléments suivants, ressortant du rapport de police du 23 mai 2012 : 

- la première localisation de A______ est intervenue à 17h46. A 17h54 et 18h02, 
les prévenus avaient été en contact durant deux minutes à chaque fois (antennes 
activées : place VA______ et VB______). A 18h20 et 18h45, ils avaient été en 
contact pendant respectivement 23 puis 53 secondes (bornes activées : V______). 
B______ avait encore contacté A______ à 18h36, puis il n'y avait plus eu d'appel 
entre eux jusqu'à 20h35, 

- A______ avait essayé de joindre l'autre prévenu à cinq reprises entre 20h35 et 
21h00, avec des appels qui avaient duré moins de dix secondes. La borne activée 
par l'appareil de A______ était d'abord située à X______ puis à W______, tandis 
que celle activée par B______ était située à X______, 

- B______ avait appelé A______ à deux reprises,  à 21h04 et 21h10, 
respectivement pendant 10 et 29 secondes. Les bornes activées respectivement par 
A______ et B______ étaient situées avenue WA______ 12 et chemin 
XA______ 4. Il n'y avait ensuite plus eu aucun appel de B______ en direction du 
portable de l'autre prévenu entre 21h10 et 21h51, 

- A______ (borne activée : avenue WA______ 12 à W______) avait appelé 
B______ (bornes activées : chemin XA______ 4 et avenue XB______ 2) à trois 
reprises, soit à 21h22, 21h37 et 21h57 (durées respectives : 45'',  31'' et 29''), 
tandis que B______ l'avait appelé à 21h51 et 22h05 (durées respectives : 48'' et 
9''), 

- le 18 février 2012 entre 20h51 et 22h05, les deux prévenus n'avaient eu que des 
contacts entre eux. Aucun autre numéro ne figurait dans les rétroactifs relatifs au 

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numéro d'appel de A______. Il n'y avait plus eu de communications entre les 
prévenus entre 22h05 et 22h45, 

- entre 20h49 et 22h05, les bornes activées par le téléphone de B______ étaient 
toutes situées proche du domicile de D______ et de H______, 

- H______ avait appelé B______ à 20h18, puis il n'y avait plus eu aucun contact 
entre eux jusqu'à 21h04. Entre 21h07 et 21h36, ils avaient échangés de nombreux 
SMS au contenu d'ordre sentimental. Les bornes activées par B______ étaient soit 
sises chemin XA______ 4, soit avenue XB______ 2. Dans un sms de 20h02, 
B______ répondait à son amie qui lui reproche d'être sorti avec "ses potes" : "a 
oui c pour ce faire de argents Pck j'ai pas c toi ki me le dit tou le temps pt1 tu vas 

me rendre fou walah". Dans un autre message de 23h12, il lui faisait savoir qu'il 
avait déjà CHF 1'000.- et que, si tout se passait bien, il aurait encore plus, 

- de 22h48 à 23h15, les appareils des deux prévenus avaient activé des bornes 
situées dans le quartier de V______. 

d.e Une seconde enquête de voisinage a été menée par la police. Une voisine de 
D______, habitant au 38B de l'avenue WA_______, avait aperçu, vers 18h00, un 
inconnu vêtu de sombre cheminer depuis l'allée du 41b jusque vers les voitures 
stationnées vers l'allée du 41a puis partir en direction du petit chemin bordant la 
Y______. Une deuxième voisine, habitant au 39C, a déclaré avoir constaté depuis sa 
cuisine, vers 21h45-22h00, la présence de deux silhouettes de grandeur différente le 
long de l'immeuble des allées 41a et 41b. L'un des deux individus portait une 
capuche rabattue sur la tête pouvant correspondre à celle portée par A______. Enfin, 
une jeune fille d'origine asiatique a expliqué qu'en rentrant chez elle, vers 20h30, elle 
avait aperçu un homme vêtu de sombre devant l'allée du 41b. Aucune des personnes 
interrogées n'a été en mesure de reconnaître les deux prévenus sur planche 
photographique. 

d.f Selon le rapport du CURML, le prélèvement effectué sur le manche du couteau 
correspondait au profil ADN de A______ (rapport de vraisemblance supérieur à un 
milliard). Par ailleurs, l'analyse d'un prélèvement sous-unguéal effectué chez la 
victime mettait en évidence un profil de mélange correspondant aux profils ADN de 
la victime et de A______ (rapport de vraisemblance similaire). En outre, A______ ne 
pouvait être exclu comme étant l'une des personnes à l'origine des profils de mélange 
complexes identifiés sur la lame du couteau, sur la lanière du sac à main, sur les 
extrémités diagonales des plis du linge, sur la paume et les doigts/phalanges d'un 
gant et sur le col de la blouse.  

En revanche, le profil ADN de B______ ne correspondait à aucun des profils ADN 
mis en évidence dans le cadre de cette affaire. 

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d.g Selon le rapport de police du 12 juin 2012, les prévenus avaient déjà agi 
ensemble par le passé dans le cadre d'infractions contre le patrimoine. En 2008, ils 
avaient commis un brigandage avec deux autres complices, au cours duquel ils 
avaient délesté la victime de son porte-monnaie en la ceinturant puis en l'agressant 
lorsqu'elle avait voulu se défendre. Ils avaient aussi agi de concert en décembre 2011 
pour le vol d'un collier en or. 

e.a Une perquisition dans l'appartement de H______ a permis la découverte d'une 
carte de résident espagnol au nom de A______, laquelle était cachée dans la cuisine à 
côté de la poubelle dans un petit sac en plastique.   

e.b H______ avait emménagé dans son appartement du 41b avenue WA______ le 31 
décembre 2011. B______ y avait amené ses affaires et y vivait généralement. Le 18 
février 2012, vers 18h00 sauf erreur, ils avaient quitté le centre-ville pour rentrer 
chez eux, où son ami n'était pas resté plus d'une heure avant de ressortir. Il était vêtu 
d'un jeans noir, d'une doudoune noire avec un capuchon en fourrure, peut-être d'une 
écharpe beige et de gants en laine noirs. Il avait dû partir vers 20h-21h00 ou peut-être 
bien avant. Pour sa part, elle n'avait pas prévu de ressortir. Vers 22h00, elle l'avait 
appelé. Il lui avait dit qu'il allait voir un ami qu'il n'avait pas vu depuis longtemps et 
qu'il ne rentrerait pas tard, car il ne se trouvait pas loin de "la maison". Elle avait reçu 
un message de sa part lui indiquant qu'il avait CHF 1'000.- et qu'il allait rentrer. Elle 
n'y avait pas cru.  

B______ n'était jamais venu en sa présence dans l'appartement avec un ami. Elle ne 
savait rien de la carte de résident espagnol au nom de A______ découverte dans son 
appartement. Son ami avait dû la cacher à cet endroit sans qu'elle ne sache depuis 
quand. Le couteau utilisé pour commettre l'agression ressemblait à un de ceux qui se 
trouvaient dans sa cuisine et qui n'était pas à sa place lors de la perquisition, mais elle 
ne pouvait pas être formelle. Elle n'avait  pas vu son ami s'emparer d'un couteau ni 
aller dans la cuisine prendre quoi que ce soit le soir des faits. Ils avaient échangé de 
nombreux messages, car B______ n'était pas revenu à l'appartement après son départ 
en début de soirée.  

e.c Devant le Ministère public, H______, entendue comme prévenue, a confirmé ses 
précédentes déclarations. Elle était formelle : son ami n'était pas resté plus de vingt 
minutes dans l'appartement après leur retour de promenade et n'y était pas revenu par 
la suite. Si tel avait été le cas, elle l'aurait entendu. Son ami disposait de sa propre clé 
de la porte d'entrée et elle ne savait pas s'il avait emmené des objets avec lui lorsqu'il 
était sorti. Le message qu'elle lui avait envoyé à 18h11 était postérieur à son départ.  

f. Q______, entendu par le Ministère public, a confirmé ses précédentes déclarations. 
Il ne reconnaissait pas les prévenus.  

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g.a Devant le Ministère public, A______ a maintenu lors des audiences des 19 et 27 
février 2012 ses déclarations à la police. Confronté aux images de la 
vidéosurveillance des TPG, il a admis avoir menti précédemment et a dit vouloir 
enfin donner la véritable version des faits.  

Il était arrivé depuis ______ à la gare ______ le 18 février 2012 à 16h00, après avoir 
passé un certain temps en Espagne où il avait récupéré des documents d'identité, 
notamment une carte de séjour espagnole. Il avait pris du Rivotril et était presque 
inconscient. Il avait rencontré B______ dans le quartier de V______ et lui avait 
demandé de cacher les documents d'identité chez lui. Son interlocuteur lui avait 
demandé de l'accompagner et lui avait parlé d'une voisine âgée. Ils avaient pénétré 
chez D______, fouillé ensemble son appartement, notamment la chambre à coucher, 
puis demandé à la victime sa carte bancaire ainsi que son code. Il était sous 
l'influence de médicaments et n'aurait jamais agi de la sorte sans le concours de 
B______, qui avait profité de son état. Il n'avait reçu aucun appel téléphonique alors 
qu'il se trouvait au domicile de la victime. Le couteau, utilisé à tour de rôle pour faire 
peur à la victime, avait été apporté par B______, lequel s'était également muni de 
gants. C'est lui qui avait ensuite caché l'arme blanche. Après l'agression, A______ 
avait attendu son comparse en bas de l'immeuble. Il n'était pas en mesure de 
s'expliquer sur les gestes mimés dans le bus. Avec la carte bancaire de la victime, 
B______ avait retiré de l'argent.  Lui-même ne savait pas utiliser un distributeur 
automatique de billets.  

Dans une troisième version, soutenue lors de l'audience du 5 avril 2012, A______ a 
continué de prétendre avoir été "défoncé" au Rivotril et "contrôlé" par B______. 
C'était son comparse qui tenait le couteau dans l'appartement et lui aussi qui avait 
tenté d'étrangler la victime, mais tous deux l'avaient ligotée dans la salle de bains. 
Les bijoux de D______ avaient ensuite été dissimulés par B______ au pied d'un 
arbre que A______ avait ultérieurement désigné à la police, sans que les recherches 
n'aboutissent.  

g.b Lors de l'audience du 3 juillet 2012, A______ a persisté, malgré les résultats 
négatifs des analyses toxicologiques, dans ses déclarations selon lesquelles il était 
sous l'effet du Rivotril durant la soirée du 18 février 2012.  

B______ lui avait parlé d'une "dame", habitant près de chez lui, qui possédait un 
coffre, ainsi que des valeurs. Il lui avait dès lors demandé de participer à un "casse", 
à l'instar de celui commis au préjudice de G______ dont il avait appris l'existence. Il 
était très clair entre eux que le couteau devait servir chez D______, même si cela 
n'avait pas été évoqué expressément. Ils avaient discuté depuis V______ du 
brigandage qu'ils entendaient commettre. A sa demande, B______ avait ramené le 
couteau de son domicile, ainsi que des gants, puis l'avait accompagné jusqu'à 
l'appartement de la future victime, car il ne connaissait pas les lieux. A______ était 

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entré seul dans l'appartement, son comparse étant resté en retrait près de la cage 
d'escalier. Il était le seul auteur des actes perpétrés au préjudice de D______. Celle-ci 
n'avait pas vu B______, qui n'était entré dans l'appartement qu'après qu'elle eut été 
ligotée dans la baignoire. B______ avait aidé à fouiller l'appartement mais ils 
n'avaient même pas trouvé CHF 1'000.-.  

Les bijoux visibles sur les images de vidéosurveillance des TPG étaient bien ceux 
dérobés à D______. Il avait mimé des gestes dans le bus, car son ami voulait savoir 
comment il avait procédé dans l'appartement, ce qui n'avait pas été discuté avant le 
passage à l'acte. C'est ainsi qu'il avait su qu'elle avait été ligotée dans sa baignoire. 
B______ l'avait appelé dans l'appartement pour lui dire qu'il ne fallait pas que 
D______ le voie, car elle pourrait le reconnaitre. Il lui avait alors demandé de 
l'attacher et il était venu dans l'appartement aussitôt après. Il avait gardé la clé de 
l'appartement de la victime pour aller la délivrer après avoir retiré l'argent. B______ 
lui avait d'ailleurs assuré qu'il préviendrait la police une fois leur méfait accompli, 
mais il n'en avait rien fait. 

g.c Confronté à B______, A______ a persisté intégralement dans ses déclarations du 
3 juillet 2012. Lorsqu'il se trouvait seul dans l'appartement, son comparse l'avait 
appelé à trois ou quatre reprises et lui-même lui avait également téléphoné. Il avait 
agi de concert avec B______ et regrettait ses actes.  

h.a B______ a soutenu, durant toute la procédure, ne pas être mêlé à l'agression 
subie par D______.  

Avant 21h00, il avait quitté ses amis domiciliés à V______ pour retrouver A______. 
Ce dernier voulait lui emprunter des vêtements et lui remettre des documents afin 
qu'il les garde chez lui. Il lui avait également demandé un couteau et des gants, dans 
la mesure où il avait eu "une histoire avec quelqu'un", soit "qu'il devait voir 
quelqu'un". Selon ce qu'il avait compris, A______ voulait simplement faire peur à 
cette tierce personne. Tous deux avaient ainsi emprunté le bus no 9 jusqu'à l'arrêt 
"ZB______", d'où partait un raccourci en direction du domicile de H______. Il était 
monté dans son appartement tandis que A______ l'avait attendu en bas de 
l'immeuble. H______ se trouvait à la maison et regardait la télévision. Le couple 
s'était disputé car il sentait l'alcool, ce que son amie n'appréciait pas, et il avait annulé 
la sortie qu'ils avaient prévu. Il avait caché dans la cuisine les documents que lui 
avait remis son ami et réuni subrepticement les objets qu'il lui avait demandé de 
prendre. Il avait remis le couteau et les gants à son ami avant de remonter à 
l'appartement pour discuter encore quelques minutes avec H______. Lorsqu'il en 
était ressorti, A______ n'était plus là. Contacté par téléphone, il lui avait indiqué qu'il 
se soulageait dans un buisson à proximité. Alors que les minutes passaient, il l'avait 
rappelé au moins 20 fois. A______ avait décroché, en tout cas à deux reprises, pour 
lui dire de patienter. Pendant son attente, il avait croisé une personne d'origine 

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asiatique, qui sortait du bâtiment et qui avait accepté de lui donner une cigarette. Il 
était allé se placer derrière l'immeuble au bord de la Y______ et avait échangé des 
messages avec H______. Il avait attendu A______ pendant au moins 40 minutes. Au 
moment où il allait quitter les lieux, son ami l'avait rappelé pour lui dire qu'il ne 
retrouvait pas son chemin. Ils s'étaient rejoints aux alentours et A______, qui était un 
peu rouge, lui avait tendu le couteau et les gants, qu'il avait dissimulés dans les 
buissons aux fins de les récupérer plus tard.  

Ils avaient ensuite pris le bus jusqu'à la place V______, car il voulait retrouver, dans 
ce quartier, ses amis quittés plus tôt dans la soirée. Durant la course, A______ lui 
avait indiqué avoir rencontré un dénommé "P______" qui lui devait de l'argent. Ce 
dernier lui avait remis un téléphone portable, une carte bancaire et le code y relatif. 
Comme il ne savait pas comment cela fonctionnait, A______ lui avait demandé 
contre rémunération de l'aider à retirer de l'argent.  Etant en retard de paiement de 
son loyer, il avait accepté. Sur les CHF 5'000.- retirés en cinq fois, CHF 1'000.- lui 
avaient été remis à titre de rémunération.  

Confronté aux images de vidéosurveillance des TPG, B______ a d'abord indiqué que 
A______, dont les amis incarcérés à Champ-Dollon lui faisaient peur, lui avait 
demandé en prison de confirmer le prêt de sa veste à "P______". Dans le bus du 
retour, A______ lui avait montré le téléphone volé à D______, ce qu'il ignorait 
toutefois à ce moment-là, une carte de crédit, un portefeuille d'homme et une montre 
dorée. Il ne pouvait se prononcer quant aux gestes mimés par son ami, sinon que "les 
Arabes" s'exprimaient souvent au moyen de gestes. A______ ne lui avait pas indiqué 
avoir attaché quelqu'un. Aucun des objets visibles sur les images de 
vidéosurveillance n'avait été sorti des poches de A______, qui ne lui avait rien dit 
concernant D______.  

h.b Le 5 avril 2012, B______ a précisé que A______ l'avait appelé vers 16h00 pour 
qu'il vienne le chercher à ______, ce qu'il avait refusé. Il lui avait demandé de lui 
remettre un couteau alors qu'ils étaient dans le bus pour se rendre chez H______. 
A______ s'était déjà rendu au domicile de H______, seul ou avec son amie, sans 
pour autant prétendre qu'il connaissait bien le quartier. B______ contestait avoir 
informé A______ de la possibilité de commettre un cambriolage chez D______. Il 
était possible que A______ ait, précédemment, effectué des repérages dans les 
environs. C'était son genre. Il avait entendu en prison que A______ avait déjà 
commis des actes du même genre au préjudice d'une vielle dame habitant à V______ 
avec un dénommé "P______". Lui-même n'aurait jamais conseillé à quelqu'un de 
commettre un tel acte à "trois mètres de chez [lui]".  

h.c Lors de l'audience du 3 juillet 2012 et suite aux révélations de A______, 
B______ a contesté l'ensemble des propos l'impliquant dans les actes commis au 

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préjudice de D______ et soutenu que son ami avait décidé de lui faire porter la 
responsabilité de ces évènements. Il persistait intégralement dans ses déclarations. 

h.d Lors de l'audition de H______, B______ a maintenu, malgré les dénégations de 
son amie, qu'il était bien retourné à l'appartement pour y cacher la carte de résident 
espagnol, puis s'emparer du couteau et des gants qui lui avaient été demandés par 
A______. 

h.e B______ a exprimé à D______ des regrets pour ce qu'elle avait enduré, tout en 
persistant à nier toute implication dans cette affaire. A______ a maintenu que 
B______ était son complice et que lui-même n'était pas dans son état normal, ce que 
sa victime a contesté. 

i. Les bijoux et espèces volés à D______ n'ont pas été retrouvés. Toutefois, suite aux 
révélations de B______ et de celles d'une source proche de la police, il a été établi 
que A______ avait réussi, avec l'aide d'un autre détenu, à les faire sortir de la prison 
de Champ-Dollon. Ils  avaient été vendus à un bijoutier de ______ le 7 mars 2012 et 
fondus le 10 mars suivant par une société basée à Milan. Le produit de la vente avait 
été reversé sur le compte à Champ-Dollon d'un détenu. A______ avait récupéré sa 
part en vêtements et diverses fournitures. 

j.a Selon l'expert qui a examiné A______, il était surprenant qu'il ait été l'auteur 
d'actes avec un couteau alors qu'il avait eu à souffrir de troubles consécutifs à une 
agression. Ses capacités intellectuelles étaient limitées et il avait des difficultés à 
comprendre les questions compliquées ou abstraites. Les critères pour un diagnostic 
de retard mental léger étaient présents, mais cela n'entrainait aucune diminution de 
ses facultés d'apprécier le caractère illicite de ses actes et de se déterminer d'après 
cette appréciation. 

j.b B______ a fait l'objet d'une expertise et d'une contre-expertise aux termes 
desquelles il apparaissait très intelligent. Il souffrait d'un trouble de la personnalité 
dyssociale avec un diagnostic accessoire de comorbidité lié à l'utilisation de 
substance avec dépendance à l'alcool. Sa responsabilité était légèrement diminuée. 

k.a Devant le Tribunal criminel, les deux prévenus sont restés sur leurs positions. 

A______ a confirmé avoir agi sur instructions de son comparse qui lui avait fourni 
les renseignements utiles sur la future victime. Lorsqu'ils s'étaient retrouvés devant le 
domicile de H______, B______ lui avait désigné l'appartement, amené des gants et 
un bonnet et lui avait dit de les mettre pour commettre le vol. Il lui avait demandé 
quelque chose pour se défendre et B______ lui avait donné un couteau. Ce dernier 
l'avait accompagné à l'appartement et avait mis à sa disposition l'équipement utile 
(couteau, gants et bonnet). Les instructions données par B______ consistaient à se 

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diriger directement vers le coffre. Il lui avait ensuite téléphoné pour lui indiquer qu'il 
devait faire "ceci et cela", soit utiliser le couteau pour lui faire peur, le lui mettre sous 
la gorge, ligoter la victime, la mettre de côté et "qu'il allait arriver après". Quand 
B______ était rentré dans l'appartement, il savait que la victime était ligotée dans la 
salle de bains. Il était au courant de tout, lui-même n'ayant fait qu'exécuter les ordres 
de son comparse qui ne voulait pas que D______ le voie.  

D'une manière générale, il admettait avoir fait à la victime tout ce qu'elle avait   
décrit. Il avait fauté et le regrettait. B______ lui avait dit qu'ils allaient retourner 
libérer la victime. Ils étaient allés prendre un verre après avoir retiré l'argent et, à un 
moment, son comparse lui avait dit qu'il faudrait appeler la police pour qu'elle aille 
libérer la victime. Finalement, ils avaient attendu minuit pour procéder à d'autres 
retraits, et avaient été arrêtés. Dans le bus, en plus d'avoir mimé par des gestes 
comment il avait attaché la victime, il avait dit à son ami que la victime était dans la 
baignoire avec un bâillon sur la bouche. Il était au courant et le savait. 

Sur question, A______ a finalement admis qu'il n'avait pas pris de Rivotril ce jour-là, 
ainsi que le révélaient les recherches toxicologiques. 

B______ a contesté cette version, affirmant que son comparse ne lui avait rien 
raconté, ni montré des objets dérobés. Lorsque A______ avait les deux mains en 
avant, il mimait sa précédente arrestation. Ce jour-là, tous deux s'étaient rendus dans 
l'appartement de H______ car il devait y déposer des papiers d'identité. Dans le bus, 
A______ s'était enquis du sort de ses agresseurs et lui avait dit avoir besoin d'un 
couteau, qui devait être grand et effrayant. Il était donc allé chercher un couteau qu'il 
lui avait remis. Pour résumer, il n'avait aucune idée de ce qu'avait fait son ami entre 
le moment où il était remonté à l'appartement après lui avoir donné le couteau et le 
moment où il l'avait retrouvé alors qu'il cherchait son chemin. 

Les deux prévenus ont admis avoir eu des contacts téléphoniques entre eux pendant 
l'agression, soit à 21h22, 21h37, 21h51 et 21h57. Selon A______, ces contacts 
avaient eu lieu alors qu'il se trouvait dans l'appartement de la victime. A une 
occasion, il avait raccroché au nez de son comparse car il était "occupé avec la 
dame". 

k.b D______ a confirmé intégralement ses précédentes déclarations, notamment 
qu'elle avait cru mourir à plusieurs reprises. Elle a insisté sur la violence de 
l'agression dont elle avait été victime. 

k.c H______ a confirmé la teneur de ses déclarations antérieures. Elle était formelle, 
en ce sens qu'elle ne pouvait pas ne pas avoir vu son ami revenir dans l'appartement 
sans qu'elle ne le voie ni l'entende. L'appartement étant un studio, il fallait passer par 
le salon pour aller dans la cuisine. Or, lors de cette soirée, elle regardait la télévision 

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dans le salon. Si son ami s'était rendu dans la cuisine, elle l'aurait vu, car il aurait dû 
passer devant elle. Même si sa réponse pouvait causer du tort à B______, elle n'en 
persistait pas moins.  

k.d R______, professeur au CURML, a confirmé le rapport du 5 mars 2012, 
précisant qu'il n'avait pas directement procédé aux examens de D______. 

La victime avait souffert d'une fracture des deux cornes supérieures du cartilage 
thyroïde du larynx, qui traduisait une compression forte au niveau du cou. Elle avait 
été victime d'une agression ayant concrètement mis sa vie en danger dans la mesure 
où elle présentait des pétéchies au niveau de la face et du cou. Il s'agissait de micro-
hémorragies qui se produisaient au niveau des yeux et qui pouvaient se généraliser à 
la face et au cou. Elles étaient dues à une compression du cou qui pouvait avoir pour 
effet d'empêcher le retour veineux et la pression augmentait en amont jusqu'au 
moment où les petits vaisseaux éclataient et donnaient lieu à ces pétéchies. Ces 
dernières signalaient qu'il risquait d'y avoir un empêchement circulatoire au cerveau, 
ce qui était éminemment dangereux pour la personne. Cette limitation de l'irrigation 
du cerveau pouvait en effet entraîner une anoxie cérébrale et provoquer le décès 
d'une personne, en particulier si cette personne était âgée. Il était admis que, pour que 
des pétéchies apparaissent, il fallait une compression de l'ordre de plusieurs minutes, 
avec toutes les réserves mentionnée dues notamment à l'âge de la victime. 
L'agression de D______ avait été d'une violence particulière. Cette dernière n'avait 
pas souffert uniquement de blessures au cou mais également d'autres lésions. Le fait 
d'être ligotée dans le dos et placée dans la baignoire lui faisait dire que D______ 
avait eu beaucoup de chance car elle avait été exposée à un risque de 
décompensation et d'asphyxie, notamment par la compression du cou. Il y avait une 
situation potentielle de "décompensation catastrophique", ce qui signifiait un risque 
de décès clair car elle aurait pu faire un arrêt circulatoire ou cardio-respiratoire. Le 
fait que la victime soit malade du cœur augmentait évidemment ce risque et son 
décès aurait pu arriver dans les minutes qui avaient suivi. 

Plainte pénale de H______ (ch. C. XI) 

l.a Alors qu'elle était entendue comme prévenue dans le cadre de l'affaire de 
D______, H______ a déposé plainte à l'encontre de son ami pour des faits datant 
d'une semaine auparavant. 

Le 11 février 2012, elle avait fêté son anniversaire avec des amies et s'était rendue au 
club ______ de la place ______. B______, qui n'appréciait pas qu'elle sorte sans lui 
et avait passablement bu, l'avait attendue devant l'établissement. Lorsqu'elle l'avait 
rejoint, il avait commencé à la frapper en lui assenant "un coup de boule", plusieurs 
coups de poing et un coup de pied alors qu'il l'avait jetée au sol. Il avait agi sans 
témoins, l'ayant entrainée vers une porte d'entrée d'une allée de la place. Après l'avoir 

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relevée, il l'avait tirée par la veste pour l'obliger à le suivre. B______ avait 
finalement quitté les lieux et ses amies l'avaient rejointe, mais elle ne leur avait pas 
expliqué ce qui s'était passé. Il les avait ensuite retrouvées. Il l'avait prise par le bras. 
Ses amies avaient eu peur et étaient parties de leur côté, alors que B______ la 
contraignait à le suivre, malgré son refus. Il avait alors cassé son téléphone portable 
en le jetant à terre, l'avait forcée à entrer dans un tram, puis à rentrer jusqu'à leur 
appartement. Il était hors de lui. Elle ne le reconnaissait pas et avait eu vraiment 
peur. Il n'avait jamais agi ainsi auparavant. Elle avait eu mal partout suite aux coups, 
sans pour autant faire constater ses lésions par un médecin.  

l.b Après avoir indiqué : "on s'est disputés. On s'est tapés dessus tous les deux", le 
prévenu a nié les faits qui lui étaient reprochés. Le 11 février 2012, il se trouvait à la 
Place ______ et avait vu H______ sortir du club ______ par hasard, alors qu'il 
s'apprêtait à rentrer à W______. Il l'avait interpellée et lui avait demandé de le 
rejoindre. Ils s'étaient méchamment disputés. Il admettait l'avoir prise par le bras, 
mais "elle a la peau fragile à peine on la touche elle a des bleus". Comme il ne 
voulait pas qu'elle reparte avec ses copines, il l'avait tirée par le bras pour qu'elle 
rentre avec lui. Elle ne voulait pas, si bien qu'il l'avait finalement lâchée. Il avait 
ensuite retrouvé H______ qui lui avait "demandé de la laisser aller" chez ses 
parents. Comme il ne voulait pas que ces derniers soient au courant de leur dispute, il 
l'avait tirée et "emmenée avec [lui]", mais il ne l'avait pas prise par les cheveux ni 
contre son gré. Il lui avait dit de le suivre et elle s'était exécutée. En sortant du tram, 
H______ n'arrivait pas à marcher car elle portait une mini-jupe, raison pour laquelle 
il l'avait portée. 

l.c Lors de l'audience de confrontation qui a suivi, H______ a confirmé ses 
déclarations. Elle avait eu mal durant plusieurs jours avec des bleus à la cuisse droite 
et à la base du nez du côté droit près de l'arcade. Elle ne voulait pas aller chez un 
médecin, car elle ne "voulait pas qu'on sache". Avant le dépôt de sa plainte, elle 
n'avait parlé à personne des faits de violence dont elle avait été victime.  

l.d Devant le Tribunal criminel, B______ a contesté avoir infligé des lésions 
corporelles à son amie. Il ne lui avait jamais donné de coups mais il était vrai qu'ils 
s'étaient bousculés durant leur dispute. Il l'avait plaquée contre un mur et ils s'étaient 
"engueulés" pour qu'elle se calme. Il n'avait fait que la tirer pour qu'elle le suive.  

H______ a confirmé ses précédentes déclarations. Elle ne portait pas de jupe le soir 
des faits et il ne l'avait pas portée par galanterie. Elle s'était débattue et gesticulait, de 
sorte qu'il avait utilisé la force. Elle n'avait déposé plainte qu'après avoir été entendue 
à la police, car elle avait réalisé durant son interrogatoire que "ce qu'avait fait 
B______ était plus grave qu'une gifle". 

 

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Plainte pénale des forces de l'ordre (ch. C. XII) 

m.a Selon le rapport d'arrestation, les prévenus avaient tenté de prendre la fuite et 
s'étaient vivement débattus. Ils avaient été amenés au sol et été légèrement blessés.  

Aux termes d'un rapport complémentaire du 8 mars 2012, B______ avait levé les 
mains à la manière d'une garde de boxe, raison pour laquelle il avait été amené au sol 
par les inspecteurs S______ et T______. Il s'était fortement débattu et, une fois au 
sol, avait refusé de mettre ses mains en évidence, qu'il avait repliées sous lui. Des 
clés de bras ainsi qu'un atémi au niveau des côtes avaient été nécessaires pour le 
maitriser et le menotter. 

m.b L'arrestation a été filmée par les images de vidéosurveillance du bancomat de 
l'agence UBS de V______. Selon ces images, l'interpellation de B______ a été 
extrêmement rapide. On distingue le prévenu de dos face au bancomat, puis il est 
immédiatement amené au sol par un policier. Ses mains ne sont pas visibles. Une fois 
au sol, les images ne permettent de distinguer que les jambes du prévenu qui bougent 
sous la prise de l'inspecteur. 

m.c.a Selon l'inspecteur T______, les policiers s'étaient légitimés en criant police et 
B______ avait levé les mains dans un geste menaçant, de sorte qu'il avait été amené 
au sol. Le prévenu ne s'était pas laissé menotter et son collègue avait été contraint de 
faire usage de la force. Le geste de B______ était menaçant dans la mesure où il 
avait "levé les bras et non seulement les mains", que les policiers ne savaient pas ce 
qu'il tenait et qu'il était de dos. Ils se référaient en outre "au motif de la diffusion sur 
les ondes de la police", lequel faisait état d'une agression violente avec un couteau. 

m.c.b Selon l'inspecteur S______, B______ avait levé les mains après qu'ils se furent 
légitimés. Sa collègue et lui-même avaient eu peur qu'il ne prenne la fuite, raison 
pour laquelle ils avaient décidé de le menotter au sol. Le prévenu "ne [s'était] pas 
laissé faire". Concrètement, ils lui avaient demandé de lever les mains et il ne s'était 
pas exécuté. Ils lui avaient demandé de se coucher, il ne l'avait pas fait non plus. Il ne 
s'était pas plus exécuté quand il avait été sommé de donner ses mains alors qu'il était 
couché. Tout s'était passé très vite.  

m.d B______ a contesté avoir résisté à son arrestation. Il s'était tout de suite rendu. 
Les inspecteurs lui avaient immédiatement "sauté dessus" sans qu'il ne puisse rien 
faire. 

C. a. Le Ministère public conclut au rejet des appels. D______ n'avait aucune 
observation à formuler et les autres parties plaignantes ne se sont pas manifestées. 

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b. Par ordonnance présidentielle du 31 mars 2014 (OARP/87/2014), la juridiction 
d'appel a rejeté, pour les motifs figurant dans la décision, les réquisitions de preuve 
présentées par les deux prévenus, à l'exception de celle tendant à l'audition de 
l'inspectrice U______. Une procédure orale a été ouverte et les parties citées aux 
débats. 

 c. Le 20 août 2014, A______ a produit un bordereau de pièces complémentaires 
attestant principalement de son suivi psychiatrique, des pressions et menaces dont il 
fait l'objet en prison suite à des déclarations incriminant des détenus étrangers à la 
présente procédure ainsi que des démarches entreprises en vue de son transfert dans 
un autre établissement pénitentiaire. 

d.a A l'ouverture des débats d'appel, le conseil de B______ a soulevé la question 
préjudicielle tendant à ce que des pièces (20'243 à 20'251) provenant de la procédure 
ouverte du chef de tentative de meurtre sur la personne de A______, soient écartées 
des débats au motif qu'elles portaient sur la crédibilité des déclarations de ce dernier 
dans le cadre d'une autre procédure et que le Ministère public n'était pas habilité à se 
servir à sa guise dans les procédures dont il était saisi sous peine de violer son secret 
de fonction. 

Le conseil de A______ s'en est rapporté à justice et le Ministère public a conclu au 
rejet de la question préjudicielle, aucune disposition du CPP ne limitant la production 
à la procédure de telles pièces. Le conseil de D______ a appuyé la position du 
Ministère public. 

d.b Ouï les parties et après avoir délibéré, la CPAR a rejeté la question préjudicielle, 
faisant siens les motifs retenus par le Tribunal criminel au bénéfice d'une brève 
motivation orale, les parties étant renvoyées au fond pour l'exposé des motifs plus 
complets.  

d.c Les débats se sont poursuivis, le Président a indiqué aux parties que les débats 
porteraient également sur l'application éventuelle de l'art. 140 ch. 4 CP. 

e. A______ souffrait encore des séquelles de l'agression qu'il avait subie en 
décembre 2011. Pour se protéger de l'agression de tiers, il ne pouvait pas travailler en 
prison, ni profiter des moments de promenade. Il était à l'isolement. Il avait commis 
beaucoup trop d'erreurs et il était conscient qu'à terme il valait mieux qu'il retourne 
dans son pays d'origine, raison pour laquelle il avait demandé à ses parents de lui 
faire parvenir son passeport marocain.  

Il n'avait pas volé les CHF 10'000.- disparus du logement de D______ dont il 
ignorait qu'ils représentaient les économies accumulées par elle pour ses propres 
obsèques. B______ et lui-même avaient l'intention de commettre un vol le soir des 

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faits. Ils avaient dissimulé la montre de la victime comme déclaré à la police. Il était 
exact qu'il avait demandé un couteau à son ami, mais cette arme n'était destinée qu'à 
assurer sa protection contre les personnes qui l'avait agressé précédemment. Il avait 
décidé d'utiliser le couteau à peine quelques minutes avant d'entrer dans 
l'appartement de la victime. B______ n'était rentré dans le logement que 
subséquemment, mais il n'avait rien fait mis à part rentrer et ressortir. Il n'avait pas 
eu l'intention de tuer D______ ni de lui faire du mal. Il ressentait plus que des 
remords. Il avait eu tort d'agir ainsi et ne supporterait jamais que quelqu'un agisse de 
même à l'égard de sa mère. Il était l'auteur de toutes les violences subies par 
D______. Sur les CHF 5'000.- prélevés avec la carte volée, CHF 1'000.- avaient été 
remis à son ami, le solde ayant été jeté lors de la fuite suite à l'intervention de la 
police.  

Depuis son incarcération, il n'était plus le même. Il lui arrivait de pleurer dans sa 
cellule et il voulait continuer dans la voie du changement. Il faisait l'objet de menaces 
en prison suite à diverses déclarations qu'il avait faites. Les menaces n'émanaient pas 
de B______.  

f.a B______ n'a pas nié s'être disputé avec H______ début février 2012. Après l'avoir 
rencontrée par hasard, il l'avait invitée à le suivre en lui prenant le coude, sans la 
forcer à monter dans le tram. Il se trouvait d'ailleurs à quelques mètres en train 
d'acheter des cigarettes lorsque le tram était arrivé. Elle ne s'était jamais retrouvée à 
terre et il ne lui avait pas donné de coup de boule. H______ l'accusait à tort pour lui 
faire du mal. Il reconnaissait l'avoir bousculée, lorsqu'il l'avait rencontrée sur la Place 
______. Elle n'avait aucune marque sur le corps le lendemain. 

f.b Il se trouvait devant le bancomat lorsqu'il avait entendu le mot police. A______ 
avait immédiatement pris la fuite. Pour sa part, il avait levé les mains en se 
retournant. Il n'avait résisté que lorsque les inspecteurs avaient pris appui sur son dos 
pour l'amener à terre. Il voulait se protéger en amortissant la chute avec ses mains. Il 
contestait avoir adopté une attitude menaçante. 

f.c B______ n'avait appris le brigandage commis par A______ au préjudice de 
G______ que lors du transfert en fourgon depuis les locaux de la police. Les 
déclarations de A______ étaient si contradictoires qu'il était capable de l'accuser puis 
de le disculper durant une seule et même audience. Le contact avec son ami le soir 
des faits était motivé par la remise des cartes d'identité espagnoles que ce dernier 
avait réussi à obtenir. Il s'était arrangé pour que H______ ne remarque pas son 
passage à la cuisine pour y prendre le couteau. Il était bien remonté à l'appartement 
même si son amie affirmait le contraire. Il était vêtu d'une écharpe et de gants en 
raison du froid. Il ignorait tout de ce qui s'était passé mais après que son ami lui eut 
montré dans le bus la carte bancaire, la montre et le portefeuille, il avait préféré 

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masquer son visage avec l'écharpe en vue du retrait d'argent au bancomat. Depuis le 
début de la procédure, A______ essayait de l'incriminer à tort.  

Le soir des faits, il avait prévu de commettre un cambriolage avec A______ dans une 
villa à X______ qu'il avait préalablement repérée. Il avait besoin de son aide pour 
forcer la porte, étant lui-même novice en la matière. Il avait des loyers de retard et 
avait besoin d'argent. Il lui avait exposé son plan dans le bus. Il était prévu que son 
comparse force la porte de la villa et que lui-même s'y introduise pour rechercher un 
collier de grande valeur dont il avait seul connaissance et dont la photo lui avait été 
montrée par un tiers. Lorsqu'il avait constaté l'absence de A______ au pied de 
l'immeuble, il avait cherché à le joindre, mais sans succès. Il n'avait eu des contacts 
avec lui que pour lui indiquer son chemin quand il était perdu. Dans le SMS envoyé à 
20h02 à H______, il se référait au cambriolage projeté dans la villa. Les CHF 1'000.- 
évoqués dans le message de 22h12 visaient les retraits effectués avec la carte de 
D______. Il espérait en avoir plus en effectuant une seconde série de retraits. 

Lorsque A______ lui avait remis le couteau et les gants après qu'il eut commis le 
brigandage, il s'était demandé s'il se moquait de lui, mais il les avait cachés afin de 
les retrouver à son retour et les remettre à leur place, puisque son ami lui avait dit ne 
plus en avoir besoin. Il n'était pas prévu d'utiliser un couteau dans le cambriolage de 
la villa. Il avait renoncé au cambriolage projeté pendant qu'il attendait A______, qui 
ne répondait pas à ses appels. Lorsqu'il était réapparu, celui-ci lui avait dit vouloir 
immédiatement repartir en ville, tout en lui révélant qu'il s'était emparé d'une montre 
qu'il lui avait montrée dans le bus. Non seulement "les Arabes" parlent avec les 
mains mais encore plus en prison où le langage gestuel s'utilise à travers les fenêtres. 
Pour lui, A______ mimait le geste de mettre des menottes.  

f.d U______ était en charge de la rédaction des rapports liés à l'enquête concernant 
D______. S'agissant des bijoux écoulés, la police avait disposé de deux sources dont 
l'une était B______. H______ avait été choquée et surprise d'apprendre l'implication 
de son compagnon dans cette affaire, ainsi que lors de la découverte des cartes 
d'identités falsifiées dans son appartement.  

g.a Le conseil de B______ reprend les conclusions figurant dans sa déclaration 
d'appel et les complète en concluant subsidiairement à l'exemption de peine pour 
l'infraction à l'art. 286 CP si elle devait être retenue, à ce que les frais ne soient pas 
mis à sa charge, notamment les frais d'interprète qui ne le concernait pas, et à sa 
libération immédiate compte tenu de la détention déjà subie. 

Le Tribunal criminel ayant écarté la culpabilité de B______ du chef de violation de 
domicile, l'acte d'accusation ne contenait plus les éléments factuels permettant de le 
condamner pour les faits liés au brigandage. Sa coactivité avait été retenue sur 
d'autres faits que ceux figurant dans l'acte d'accusation, en violation de son droit 

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d'être entendu. Les déclarations de A______ étaient dénuées de toute crédibilité et la 
procédure n'avait pas permis d'établir quel aurait été son rôle, de sorte qu'il devait 
être acquitté au bénéfice du doute. B______ admettait tout au plus des voies de fait 
concernant H______. Il suffisait enfin de regarder les images de l'interpellation pour 
se convaincre de son innocence du chef de l'infraction à l'art. 286 CP. La peine fixée 
par le Tribunal criminel était excessive dès lors qu'elle correspondait à celle requise 
par le Ministère public pour tous les chefs d'accusation retenus. 

g.b Le conseil de A______ conclut à l'annulation du jugement entrepris s'agissant de 
la culpabilité pour tentative d'assassinat, tout en s'en rapportant à justice sur une 
éventuelle application de l'art. 140 ch. 4 CP. Il conclut en tout état à une réduction de 
peine.  

A______ n'avait pas eu l'intention de tuer sa victime et n'avait pas réalisé que les 
sévices infligés étaient de nature à mettre sa vie en danger. Il avait d'ailleurs libéré ses 
narines, lorsqu'elle lui avait indiqué ne pas pouvoir respirer. Au vu de ses faibles 
capacités intellectuelles, il n'avait pas le profil d'un assassin. Le doute devait lui 
profiter. Une peine plus clémente devait être prononcée, sans qu'elle ne soit 
influencée par le caractère émotionnel du dossier. 

g.c Le Ministère public conclut au rejet des appels, à la condamnation des prévenus 
aux frais et à leur maintien en détention. 

L'enquête avait mis en exergue suffisamment d'éléments matériels pour retenir la 
culpabilité de B______, qui avait planifié et suivi les actes commis par son comparse 
depuis l'extérieur. Son acquittement du chef de l'art. 186 CP n'avait aucune portée 
juridique s'agissant du brigandage qu'il avait commandité. Il savait qu'D______ avait 
été ligotée, mais ne s'en était pas inquiété. Il était la tête pensante et A______ le bras 
armé. Nul doute que l'aggravante du ch. 4 de l'art. 140 CP était réalisée en l'espèce, 
mais elle était absorbée par la tentative d'assassinat. Lorsque A______ avait 
abandonné la victime à son sort en s'assurant qu'elle ne serait pas entendue, il avait 
commis des actes allant au-delà de ce qui était nécessaire à la commission du 
brigandage. Il était conscient des risques encourus par la victime tant ceux-ci étaient 
manifestes. Si la victime était décédée, l'assassinat aurait été retenu sans aucune 
hésitation. 

g.d Le conseil de D______ demande le rejet des appels et la confirmation du 
jugement concernant ses conclusions civiles. 

Les éléments matériels fondaient la culpabilité de B______, dont il était évident qu'il 
avait "monté le coup". Toutes les conditions de l'assassinat auraient été réalisées en 
cas de décès. Par ces agissements, A______ s'était assuré du décès de sa victime dans 
la mesure où elle ne pouvait pas appeler au secours, seule l'intervention d'un voisin 

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ayant permis d'éviter le pire. A______ ne s'était pas contenté de l'étrangler ou de lui 
mettre le couteau sous la gorge, mais était allé plus loin avec les actes commis dans 
la salle de bains. 

g.e G______ conclut à la confirmation du jugement entrepris.  

D.  a. A______ est né le ______ au Maroc où il a été scolarisé jusqu'à l'âge de 17 ans. Il 
a deux sœurs et un frère établis au Maroc à l'instar de ses parents, lesquels ne sont 
pas au courant des motifs de son incarcération actuelle. Il a quitté son pays pour la 
France en 2006 par bateau, caché dans un container. Il a ensuite été accueilli par un 
oncle à Turin puis est arrivé en Suisse à 21 ans, cherchant vainement un emploi. Sans 
revenu et sans papiers d'identité, il a vécu dans des lieux d'accueil pour subsister, 
consommant à cette époque alcool, médicaments, cocaïne et volant afin d'assurer sa 
consommation. Suite à un conflit dans un appartement à Genève, il a reçu un coup de 
sabre sur la tête en décembre 2011, lui causant des lésions à la fois physiques et 
psychiques. 

Selon son casier judiciaire suisse, A______ a déjà été condamné le 3 avril 2008 par 
le Ministère public du canton de Genève à une peine pécuniaire de 10 jours-amende 
à CHF 30.- l'unité, assortie du sursis et délai d'épreuve de trois ans, pour délit contre 
la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes, du 3 octobre 1951 
(LStup ; RS 812.121). 

Il a été condamné par la suite à des peines privatives de liberté de : 

- 4 mois pour vol et violation de domicile le 20 août 2008, 
- 150 jours pour vol, tentative de vol, séjour illégal, contravention et délit contre la 

LStup le 27 janvier 2009, 
- 4 mois pour vol, dommages à la propriété et violation de domicile le 17 avril  

2009, 
- 2 mois pour vol le 13 octobre 2009, 
- 15 mois pour brigandage, tentative de vol, recel, entrée illégal et séjour illégal le 

22 décembre 2009, 
- 3 mois pour vol et séjour illégal le 5 mai 2011 et  
- 4 mois et une amende de CHF 300.- pour tentative de vol, séjour illégal et voies 

de fait le 24 juin 2011. 

Il ressort également de son casier judiciaire italien qu'il a été condamné sous un alias 
pour des infractions liées à la détention et/ou la vente de stupéfiants en 2007 et 2008.  

b. B______ est né au Maroc le ______. Cinquième enfant d'une fratrie de six, il a 
vécu une enfance heureuse au sein de sa famille. Il a effectué une scolarité 
satisfaisante puis un stage en imprimerie à l'âge de 15 ans. Il a été accueilli à Genève 
par une tante à 17 ans et a été scolarisé, interrompant toutefois ses études et quittant 

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le domicile familial au bout de quelques mois en raison de problèmes relationnels, 
puis débutant une consommation d'alcool et de drogue qui a signé le début de ses 
problèmes judiciaires. Il est père d'un enfant né le ______ issu de sa relation avec 
N______ qu'il voit de façon hebdomadaire en prison. La naissance de son fils l'a 
convaincu de sortir de la délinquance. Il voit son fils une fois par semaine et a pour 
projet, à sa sortie de prison, de s'installer en France voisine pour garder contact avec 
son enfant. Une convention pour le partage des droits parentaux est en cours 
d'homologation par le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant.  

Depuis son arrivée en Suisse, B______ a déjà été condamné à des peines 
d'emprisonnement de : 

- 20 jours assortis du sursis et délai d'épreuve de trois ans, sursis révoqué le 27 
septembre 2005, pour délit contre la LStup et délit contre la loi sur le séjour et 
l'établissement des étrangers (ci-après : LSEE) le 25 août 2005, 

- un mois assorti du sursis et d'un délai d'épreuve de trois ans, pour délit contre la 
LStup, infraction à la LSEE et vol d'usage le 29 août 2005, 

- 30 jours pour infraction à la LSEE le 27 septembre 2005, 
- 30 jours pour infraction à la LSEE, dommages à la propriété et violation de 

domicile le 19 décembre 2005 et  
- 3 mois pour infraction à la LSEE, voies de fait, injure et menaces le 4 mai 2006. 
 
A compter de l'introduction du CP en 2007, il a été condamné à des peines privatives 
de liberté de : 
 
- deux ans et trois mois pour brigandage, vol et dommages à la propriété le 22 mars 

2007, 
- 3 mois, pour dommages à la propriété, violation des règles de la circulation 

routière et circulation sans permis de conduire le 22 janvier 2008, 
- 4 mois pour délit contre la LStup et séjour illégal le 11 novembre 2008, 
- 3 mois pour vol les 24 mars et  30 novembre 2009, 
- 3 mois et 29 jours pour entrée illégale, séjour illégal et contravention à la LStup le 

18 juin 2010, 
- 4 mois pour vol, entrée illégale et séjour illégal le 19 février 2011, 
- un mois pour séjour illégal le 3 avril 2011. 

EN DROIT : 

1. Les appels sont recevables pour avoir été interjetés et motivés selon la forme et dans 
les délais prescrits (art. 398 et 399 CPP). 

 La partie qui attaque seulement certaines parties du jugement est tenue d'indiquer 
dans la déclaration d'appel, de manière définitive, sur quelles parties porte l'appel, à 
savoir (art. 399 al. 4 CPP) : la question de la culpabilité, le cas échéant en rapport 

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avec chacun des actes (let. a) ; la quotité de la peine (let. b) ; les mesures qui ont été 
ordonnées (let. c) ; les prétentions civiles ou certaines d'entre elles (let. d) ; les 
conséquences accessoires du jugement (let. e) ; les frais, les indemnités et la 
réparation du tort moral (let. f) ; les décisions judiciaires ultérieures (let. g). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. Le conseil de l'appelant B______ pose la question préjudicielle tendant à ce que les 
pièces 20'243 à 20'251, issues de la procédure P/2______, soient écartées de la 
présente procédure.  

 2.1 La procédure pénale suisse est régie par le principe de la maxime inquisitoire 
(art. 6 al. 1 CPP) et a pour objectif la recherche de la vérité matérielle (autrement dit 
l'établissement des faits tels qu'ils se sont déroulés) ; cet objectif a pour corollaire que 
les autorités pénales ne peuvent se satisfaire des déclarations des parties ni 
administrer les preuves sur la base des seules propositions de celles-ci (Message 
relatif à l'unification du droit de la procédure pénale du 21 décembre 2005, FF 2006 
p. 1105). 

Par conséquent, les autorités pénales doivent établir l'état de fait d'elles-mêmes et 
indépendamment des plaintes, explications et autres comportements des parties et 
procurer les moyens de preuves correspondants (ACPR/478/2012 du  
6 novembre 2012 ; M. NIGGLI/ M. HEER/ H. WIPRÄCHTIGER (éds), 
Schweizerische Strafprozessordnung / Schweizerische Jugendstrafprozessordnung, 

Basler Kommentar StPO/JStPO, Bâle 2011, n. 65 ad art. 6 et les références citées). 

 Selon l'art. 139 al. 1 CPP, les autorités pénales mettent en œuvre tous les moyens de 
preuve licites qui, selon l'état des connaissances scientifiques et l'expérience, sont 
propres à établir la vérité. Conformément à l'art. 139 al. 2 CPP, il n'y a pas lieu 
d'administrer des preuves sur des faits non pertinents, notoires, connus de l'autorité 
ou déjà suffisamment prouvés.  

A teneur de l'art. 194 al. 1 CPP, le Ministère public et les tribunaux requièrent les 
dossiers d'autres procédures lorsque cela est nécessaire pour établir les faits ou pour 
juger le prévenu. Cet article prévoit l'obligation de principe pour les autorités 
judiciaires et administratives d'ouvrir leurs dossiers aux autorités pénales (A. KUHN/ 
Y. JEANNERET, Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, 2011, n. 
3 ad art. 194). L'alinéa 2 de l'art. 194 CPP précise que les autorités administratives et 
judiciaires autorisent la consultation de leurs dossiers lorsqu'aucun intérêt public ou 
privé prépondérant au maintien du secret ne s'y oppose. Les intérêts publics et privés 
doivent être mis en balance avec l'intérêt de l'autorité pénale d'avoir accès aux 
informations contenues dans le dossier dont la consultation ou la production est 

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demandée, conformément au principe de la proportionnalité (A. KUHN/ Y. 
JEANNERETI, op. cit., n. 13 ad art. 194; M. NIGGLI/ M. HEER/ H. 
WIPRÄCHTIGER (éds),, op. cit., n. 13 ad art. 194). A cet égard, le Message rappelle 
que les autorités peuvent refuser de produire les documents demandés lorsqu'un 
intérêt public ou privé prépondérant au maintien du secret s'y oppose. Toutefois, ce 
refus doit être considéré comme une ultima ratio. Il y a lieu, dans chaque cas, 
d'examiner si des mesures moins radicales ne permettraient pas, malgré tout, de 
sauvegarder cet intérêt (Message relatif à l'unification du droit de la procédure 
pénale du 21 décembre 2005, FF 2006 1195). 

2.2 Les pièces que l'appelant B______ souhaite voir écartées ont été versées à la 
procédure par le Ministère public le 10 septembre 2012 au motif qu'elles pouvaient 
revêtir une certaine importance dans l'examen de la crédibilité des déclarations de 
l'appelant A______. Ces pièces faisaient partie de la procédure ouverte du chef de 
tentative de meurtre sur sa personne mentionnée par l'expert psychiatre (P/2______). 
Elles consistaient en un rapport de renseignements complémentaires, daté du 12 
juillet 2012, portant sur l'analyse des images de vidéosurveillance de l'appartement 
dans lequel l'appelant A______ avait été frappé à la tête, ainsi qu'en une note du 24 
juillet 2012 du procureur en charge de la procédure P/2______ mettant en exergue 
une présomption de commission d'un faux témoignage dans le cadre de la procédure 
en cause. 

Aucune disposition du CPP n'interdit au Ministère public l'apport de certaines pièces 
issues d'autres procédures dont il est ou a été saisi, voire même l'apport d'une 
procédure dans son ensemble, s'il estime que cet acte est utile à la manifestation de la 
vérité. Au contraire, il apparaît impérieux que le Ministère public, chargé d'instruire à 
charge et à décharge, soit en mesure de se munir de tout élément pertinent. 

La défense a eu tout loisir d'en prendre connaissance et de s'exprimer à leur sujet si 
bien que la juridiction d'appel ne discerne pas en quoi le droit d'être entendu de 
l'appelant aurait été violé. 

Par ailleurs, il convient de relever, à l'instar du Tribunal criminel, que ces pièces 
traitent d'éléments objectifs tels qu'on peine à saisir en quoi elles porteraient 
préjudice à l'appelant B______, d'autant qu'elles ne renseignent en rien sur la 
crédibilité des dires de son comparse. 

L'examen des pièces litigieuses ressort ainsi de l'administration et de l'appréciation 
des preuves, de sorte que la question préjudicielle sera rejetée. 

3. 3.1 Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, garantie 
par l'art. 6 ch. 2 Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés 
fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH ; RS 0.101) et, sur le plan interne, par 

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les art. 32 al. 1 Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 
(Cst. ; RS 101). et 10 al. 3 CPP, concerne tant le fardeau de la preuve que 
l'appréciation des preuves. 

En tant que règle sur le fardeau de la preuve, ce principe signifie qu'il incombe à 
l'accusation d'établir la culpabilité de l'accusé, et non à ce dernier de démontrer son 
innocence. Il est violé lorsque le juge rend un verdict de culpabilité au seul motif que 
l'accusé n'a pas prouvé son innocence, mais aussi lorsqu'il résulte du jugement que, 
pour être parti de la fausse prémisse qu'il incombait à l'accusé de prouver son 
innocence, le juge l'a condamné parce qu'il n'avait pas apporté cette preuve (ATF 127 
I 38 consid. 2a p. 40 et les arrêts cités). 

Comme règle de l'appréciation des preuves, le principe in dubio pro reo interdit au 
juge de se déclarer convaincu d'un état de fait défavorable à l'accusé, lorsqu'une 
appréciation objective des éléments de preuve recueillis laisse subsister un doute 
sérieux et insurmontable quant à l'existence de cet état de fait. Des doutes abstraits ou 
théoriques, qui sont toujours possibles, ne suffisent certes pas à exclure une 
condamnation. La présomption d'innocence n'est invoquée avec succès que si le 
recourant démontre qu'à l'issue d'une appréciation exempte d'arbitraire de l'ensemble 
des preuves, le juge aurait dû éprouver des doutes sérieux et irréductibles sur sa 
culpabilité (ATF 120 Ia 31 consid. 2 p. 33 ss, ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 87 ss). 

3.2 Selon l’art. 12 al. 2 CP, agit intentionnellement quiconque commet un crime ou 
un délit avec conscience et volonté. L’auteur agit déjà intentionnellement lorsqu’il 
tient pour possible la réalisation de l’infraction et l’accepte au cas où elle se 
produirait. Il y a dol éventuel lorsque l’auteur envisage le résultat illicite, mais agit 
néanmoins, même s’il ne le souhaite pas, parce qu’il s’en accommode pour le cas où 
il se produirait (ATF 135 IV 152 consid. 2.3.2 p. 156 ; ATF 134 IV 26 consid. 3.2.2 
et 3.2.4, p. 28s ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_355/2011 du 23 septembre 2011 
consid. 4.2.1).  

Faute d’aveux, il faut se fonder sur les éléments extérieurs, parmi lesquels figurent 
l’importance du risque, connu de l’intéressé, que les éléments constitutifs objectifs de 
l’infraction se réalisent, la gravité de la violation du devoir de prudence, les mobiles 
et la manière dont l’acte a été commis (ATF 125 IV 242 consid. 3c p. 252 ; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_355/2011 du 23 septembre 2011 consid. 4.2.1). Plus la 
survenance de la réalisation des éléments constitutifs objectifs de l’infraction est 
vraisemblable et plus la gravité de la violation du devoir de prudence est importante, 
plus sera fondée la conclusion que l’auteur s’est accommodé de la réalisation de ces 
éléments constitutifs (ATF 135 IV 12 consid. 2.3.3 p. 18). Ainsi, le juge est fondé à 
déduire la volonté à partir de la conscience lorsque la survenance du résultat s’est 
imposée à l’auteur avec une telle vraisemblance qu’agir dans ces circonstances ne 
peut être interprété raisonnablement que comme une acceptation de ce résultat (ATF 

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133 IV 222 consid. 5.3 p. 225s). Cette interprétation raisonnable doit prendre en 
compte le degré de probabilité de la survenance du résultat de l’infraction reprochée, 
tel qu’il apparaît à la lumière des circonstances et de l’expérience de la vie (ATF 133 
IV 1 consid. 4.6 p. 8). La probabilité doit être d'un degré élevé car le dol éventuel ne 
peut pas être admis à la légère (ATF 133 IV 9 consid. 4.2.5 p. 19 ; arrêt du Tribunal 
fédéral 6S.127/2007 du 6 juillet 2007 consid. 2.3 – relatif à l'art. 129 CP – avec la 
jurisprudence et la doctrine citées).  

3.3.1 Se rend coupable de brigandage celui qui commet un vol en usant de violence à 
l'égard d'une personne, en la menaçant d'un danger imminent pour la vie ou l'intégrité 
corporelle ou en la mettant hors d'état de résister (art. 140 ch. 1 CP).  

L'art. 140 CP institue une gradation dans la gravité du brigandage. Le premier niveau 
est atteint lorsque l'auteur s'est muni d'une arme à feu ou d'une autre arme dangereuse 
(art. 140 ch. 2 CP). Le brigandage est plus sévèrement réprimé si la façon d'agir de 
l'auteur dénote qu'il est particulièrement dangereux ou si son auteur a agi en qualité 
d'affilié à une bande formée pour commettre des brigandages ou des vols (art. 140 
ch. 3 CP). Parmi les circonstances qui peuvent dénoter que l'auteur est 
particulièrement dangereux, la jurisprudence cite une exécution froide, une 
préparation professionnelle et la brutalité dans l'action (ATF 116 IV 312 consid. 2e 
p. 317) ou encore le fait de menacer la victime avec une arme (ATF 120 IV 113 
consid. 1c p. 117). Enfin, le dernier stade d'aggravation est réalisé si l'auteur a mis la 
victime en danger de mort, lui a fait subir une lésion corporelle grave, ou l'a traitée 
avec cruauté (art. 140 ch. 4 CP). 

3.3.2 La mise en danger de mort de la victime, première hypothèse envisagé par l'art. 
140 ch. 4 CP, doit être interprétée restrictivement en raison de l'importance de la 
peine, qui est la réclusion pour cinq ans au moins et qui correspond ainsi à la peine 
du meurtre. Selon la jurisprudence, la mise en danger de mort de la victime suppose 
un danger concret, imminent et très élevé que la mort puisse survenir facilement 
(ATF 121 IV 67 consid. 2b p. 72). Il y aura notamment un danger de mort imminent 
si l'auteur menace la victime avec une arme à feu chargée et désassurée, dirigée 
contre elle à courte distance, de sorte qu'un coup peut partir, à chaque instant, même 
involontairement, et atteindre un organe vital (ATF 117 IV 419 p. 425 et 427) ou si 
le délinquant, ayant empoigné sa victime, maintient une lame à courte distance de la 
gorge de celle-ci, d'une manière telle qu'une réaction réflexe de la victime suffirait 
facilement à provoquer une lésion mortelle (ATF 117 IV 427 consid. 3b p. 428).  

Sur le plan subjectif, l'intention doit porter sur la mise en danger de mort et l'auteur 
doit avoir conscience de faire courir à la victime un tel danger. Le dol éventuel suffit. 
Il n'est en revanche pas nécessaire que l'auteur veuille la mort de la victime et soit 
prêt à mettre sa menace à exécution (M. DUPUIS / B. GELLER / G. MONNIER / L. 

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MOREILLON / C. PIGUET / C. BETTEX / D. STOLL (éds), Code pénal - Petit 
commentaire, Bâle 2012, n. 30 ad art. 140). 

Les lésions corporelles graves constituent la deuxième hypothèse envisagée par l'art. 
140 ch. 4 CP et doivent être causées intentionnellement, le dol éventuel étant là aussi 
suffisant. Le fait de traiter la victime avec cruauté, troisième hypothèse, désigne le 
fait d'infliger à la victime des souffrances physiques ou psychiques aigües, allant au-
delà de ce qui est nécessaire pour briser sa résistance et au-delà de ce qu'implique en 
soi l'infraction de base (M. DUPUIS / B. GELLER / G. MONNIER / L. 
MOREILLON / C. PIGUET / C. BETTEX / D. STOLL (éds), op. cit., n. 32 ad art. 
140). 

L'insertion de tissus dans la bouche de la victime et l'apposition d'un bâillon constitué 
d'une double couche de bande adhésive sont de nature à créer un risque de 
suffocation, soit un danger de mort. Le décès peut en effet survenir en cas de 
vomissement, de production importante de salive, par la compression de la langue 
causant une obstruction des voies respiratoires, par le déplacement d'une prothèse 
dentaire ou encore par l'étouffement en cas d'affection des voies nasales. Cela vaut 
d'autant plus lorsque la victime est abandonnée seule, ligotée, durant plusieurs heures 
(C. FAVRE/ M. PELLET/ P. STOUDMANN, Code pénal annoté, Lausanne 2011, n. 
4.6 ad art. 140). 

3.3.3 Lorsque plusieurs circonstances aggravantes sont simultanément réalisées par 
l'auteur, il y a lieu de retenir celle qui prévoit la sanction minimale la plus 
importante. Il est ensuite possible de tenir compte de la pluralité des circonstances 
aggravantes au niveau de la fixation de la peine (ATF non publié du 18 juin 2009 en 
la cause 6B_219/2009, consid. 1.4 renvoyant aux ATF 122 IV 265 consid. 2c p. 268 
et 120 IV 330 consid. 1c/aa p. 333 en matière d’infractions à la LStup). En outre, une 
même donnée ne peut entraîner une double qualification (ATF 102 IV 225, consid. 
2). 

3.4.1 L’art. 111 CP réprime le comportement de celui qui aura intentionnellement tué 
une personne.  

L'assassinat (art. 112 CP) est une forme qualifiée d'homicide intentionnel, qui se 
distingue du meurtre ordinaire (art. 111 CP) par le fait que l'auteur a tué avec une 
absence particulière de scrupules. Cette dernière suppose une faute spécialement 
lourde et déduite exclusivement de la commission de l'acte.  

Pour caractériser l’absence particulière de scrupules, l’art. 112 CP évoque le cas où 
les mobiles, le but ou la façon d’agir de l’auteur sont particulièrement odieux, cet 
énoncé n’étant pas exhaustif. L’auteur est animé par des mobiles particulièrement 
odieux lorsqu’il tue, par exemple pour obtenir une rémunération ou pour voler sa 

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victime (ATF 127 IV 10 consid. 1a p. 14 ; ATF 118 IV 122 consid. 2b p. 125 ; ATF 
115 IV 187 consid. 2 p. 188). Son but est particulièrement odieux notamment 
lorsqu’il agit pour éliminer un témoin gênant ou une personne qui l’entrave dans la 
commission d’une infraction. Enfin, sa façon d’agir est particulièrement odieuse s’il 
fait preuve de cruauté, soit en prenant plaisir à faire souffrir ou à tuer sa victime 
(ATF 118 IV 122 consid. 2b p. 126), ou s’il agit avec perfidie, soit en inspirant 
frauduleusement confiance à la victime pour la tuer ensuite sans qu’elle se méfie 
(ATF 118 IV 122 consid. 2b p. 125s ; ATF 115 IV 8 consid. Ib p. 14 ; ATF 101 IV 
279 consid. 2 p. 282). 

Le fait de tuer un être humain pour commettre un brigandage est un cas typique 
d'assassinat (ATF 115 IV 187, ATF 127 IV 10 consid. 1a ; (C. FAVRE/ M. 
PELLET/ P. STOUDMANN, op. cit., n. 1.5 ad art. 112). 

3.4.2 Selon la jurisprudence, qui trouve appui dans la doctrine largement majoritaire, 
le dol éventuel, n'exclut pas la qualification d'assassinat. On doit, en effet, considérer 
que la perception qu'a l'auteur de son absence particulière de scrupule n'est pas 
déterminante en elle-même. Dans l'application de l'art. 112 CP, la question du degré 
de l'intention ne se pose donc, outre les conditions de l'homicide, qu'en relation avec 
les éléments objectifs concernant l'acte, la façon d'agir en particulier, permettant 
d'établir l'absence de scrupule dans le cadre de l'appréciation globale (arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_335/2011 du 23 septembre 2011 consid. 5.1). 

3.4.3 Le juge peut atténuer la peine si l'exécution d'un crime ou d'un délit n'est pas 
poursuivie jusqu'à son terme ou que le résultat nécessaire à la consommation de 
l'infraction ne se produit pas ou ne pouvait pas se produire (art. 22 CP). Dans ce cas, 
ce sont des circonstances extérieures qui viennent faire échec à la consommation de 
l'infraction, de sorte que l'atténuation de la peine n'est que facultative. Toutefois, 
selon la jurisprudence, si le juge n'a pas l'obligation de sortir du cadre légal, il devrait 
tenir compte de cette circonstance atténuante en application de l'art. 47 CP, la mesure 
de l'atténuation dépendant de la proximité du résultat et des conséquences effectives 
des actes commis (ATF 121 IV 49 consid. 1b p. 54-55 ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_708/2008 du 22 octobre 2008 consid. 3.4.). Dans le cas d'une tentative de 
meurtre ayant provoqué des lésions corporelles graves, le minimum légal de l'art. 122 
CP doit être pris en considération pour la fixation de la peine, celle-ci ne pouvant être 
inférieure à celle qui aurait été prononcée pour les seules lésions (ATF 137 IV 113 = 
JdT 2011 IV 391 consid. 1.4 p. 394-395 et les références citées). 

La tentative suppose que l'auteur réalise tous les éléments subjectifs de l'infraction et 
qu'il manifeste sa décision de la commettre, mais sans en réaliser tous les éléments 
objectifs (ATF 131 IV 100 consid. 7.2.1 p. 103 ; ATF 128 IV 18 consid. 3b p. 21). 
La jurisprudence a affirmé à plusieurs reprises que l’équivalence des deux formes de 
dol - direct et éventuel - s’appliquait également à la tentative (ATF 137 IV 133 

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consid. 1.4.2 p. 115 ; ATF 122 IV 246 consid. 3a p. 246), notamment de meurtre ou 
d'assassinat (ATF 112 IV 65 consid. 3b p. 66 ; arrêts du Tribunal fédéral 
6B_246/2012 du 10 juillet 2012 consid. 1 et 6B_355/2011 du 23 septembre 2011 
consid. 5.1). Il n'est ainsi pas nécessaire que l'auteur ait souhaité la mort de la 
victime, ni que la vie de celle-ci ait été concrètement mise en danger, ni même qu'elle 
ait été blessée pour qu'une tentative de meurtre soit retenue dans la mesure où la 
condition subjective de l'infraction est remplie (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_246/2012 du 10 juillet 2012 consid. 1.2 et 1.3).  

3.5 Les différents niveaux d'aggravation du brigandage posent des problèmes de 
concours avec les infractions contre la vie et l'intégrité corporelles. Si l'assassinat est 
retenu, il exclut la circonstance aggravante de la mise en danger de mort et des 
lésions corporelles graves sur la personne de la victime ; l'homicide par négligence et 
les lésions corporelles par négligence peuvent concourir avec le brigandage (B. 
CORBOZ, Les infractions en droit suisse, vol. I, 3e éd., Berne 2010, p. 265 ch. 21). 

En cas d'homicide, lorsque l'auteur tue la victime pour la dépouiller, on retient en 
principe un concours entre l'assassinat, ou à tout le moins le meurtre, et le brigandage 
(ATF 100 IV 146 consid. 3). Les circonstances aggravantes de la mise en danger de 
la vie d'autrui ou des lésions corporelles graves (art. 140 ch. 4 CP) sont réputées 
absorbées par l'homicide intentionnel, mais non celle de la cruauté. Quoi qu'il en soit, 
le fait que le concours soit reconnu entre l'infraction de base, voire l'infraction 
qualifiée au sens du ch. 2 ou 3, ou même avec le chiffre 4, n'a guère d'importance 
pratique s'agissant du cadre de la peine encourue. En cas de lésions corporelles 
graves intentionnelles, l'art. 140 ch. 4 CP représente une lex specialis et absorbe l'art. 
122 CP (M. DUPUIS / B. GELLER / G. MONNIER / L. MOREILLON / C. 
PIGUET / C. BETTEX / D. STOLL (éds), op. cit. , n. 35 et 37 ad art. 140). 

La jurisprudence récente n'a pas tranché la question du concours entre le brigandage 
aggravé et la tentative d'assassinat par dol éventuel. La comparaison avec des affaires 
idoines, à savoir des cas de brigandages avec mise en danger de la vie, lésions 
corporelles graves et cruauté, permet de constater que soit la victime est décédée et 
l'assassinat est retenu en concours avec le brigandage aggravé, soit la victime a 
survécu et l'art. 140 ch. 4 CP est retenu (arrêts du Tribunal fédéral 6B_355/2011 du 
23 septem