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**Case Identifier:** 58173b91-ac26-5710-ac29-16bd8c6d71c5
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-09-04
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 04.09.2017 C/26592/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-26592-2013_2017-09-04.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/26592/2013 ACJC/1133/2017 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017 

Entre 

A______, sise ______, succursale de Genève, ______ Genève, recourante contre un 
jugement rendu par la 10ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 
22 septembre 2016, comparant par Me Miguel Oural, avocat, 30, route de Chêne,  
1211 Genève 17, en l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

et 

1. B______, sise c/o Madame C______, ______, République de Panama, intimée, 
comparant par Me Marc Hassberger et Me Wana Catto, avocats, 3, rue du Mont-Blanc, 
case postale 1363, 1211 Genève 1, en l'étude desquels elle fait élection de domicile, 

2. Monsieur D______, domicilié ______, Espagne, appelé en cause, comparant par  
Me Pierre de Preux, avocat, 15, rue Pierre-Fatio, case postale 3782, 1211 Genève 3, en 
l'étude duquel il fait élection de domicile,  

3. Monsieur E______, domicilié c/o Monsieur F______, ______, Espagne, appelé en 
cause, comparant par Me Shahram Dini, avocat, 1, place du Port, 1204 Genève, en 
l'étude duquel il fait élection de domicile, 

 

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C/26592/2013 

4. Madame G______, domiciliée ______, Espagne, appelée en cause, comparant par 
Me Stéphanie Hodara, avocate, 11bis, rue Toepffer, 1206 Genève, en l'étude de laquelle 
elle fait élection de domicile. 

  

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés ainsi qu'au Tribunal de 
première instance le 22 septembre 2017. 

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C/26592/2013 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/11943/2016 du 22 septembre 2016, reçu par les parties le 
27 septembre 2016, le Tribunal de première instance a déclaré irrecevable l'appel 
en cause de G______, E______ et D______ formé par A______ (ch. 1 du 
dispositif), refusé de suspendre la cause jusqu'à droit jugé dans la procédure 
pénale P/1______ (ch. 2), arrêté les frais judiciaires à 19'536 fr. 30 (ch. 3), en les 
compensant à concurrence de 13'000 fr. avec les avances fournies par A______ 
(ch. 4) et en les mettant à charge de cette dernière (ch. 5), condamné A______ à 
verser 6'536 fr. 30 aux Services financiers du pouvoir judiciaire (ch. 6) et 6'000 fr. 
à titre de dépens à B______ (ch. 7), dit qu'il n'y avait pas lieu à l'allocation de 
dépens en faveur de G______, E______ et D______(ch. 8), réservé la suite de la 
procédure au fond (ch. 9) et débouté les parties de toutes autres conclusions  
(ch. 10). 

 Le jugement indique qu'il peut faire l'objet d'un recours dans les 30 jours dès sa 
notification. 

B. a. Par acte déposé le 27 octobre 2016 au greffe de la Cour de justice, A______ 
forme recours contre ce jugement, dont elle sollicite l'annulation. Cela fait, elle 
conclut à ce que la Cour déclare recevable sa demande d'appel en cause de 
G______, E______ et D______ et ordonne la suspension de la procédure jusqu'à 
droit jugé dans celle pénale P/1______, sous suite de frais et dépens de première 
instance et d'appel. 

 b. B______ conclut au rejet du recours et à la confirmation du jugement entrepris, 
sous suite de frais et dépens. 

 c. E______ conclut, sous suite de frais et dépens, au déboutement de A______ de 
toutes ses conclusions et à la confirmation du jugement entrepris. 

 Il produit des pièces nouvelles. 

 d. D______ s'en rapporte à justice sur la recevabilité de l'appel en cause litigieux. 

 e. G______ s'en rapporte également à justice tant sur la recevabilité que sur le 
fonds du recours. 

 f. Par avis du 9 juin 2017, les parties ont été informées de ce que la cause était 
gardée à juger, A______ n'ayant pas fait usage de son droit de réplique. 

C. Les éléments pertinents suivants ressortent de la procédure : 

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C/26592/2013 

 a. En avril 2006, la société panaméenne B______ (ci-après : B______) a ouvert 
un compte auprès de A______, devenue depuis A______ (ci-après : A______ ou 
la banque). 

 D______ était employé de la banque et s'occupait notamment de la gestion de ce 
compte. 

 b. En 2010, D______ a fait virer au moyen d'un faux ordre de transfert muni d'une 
signature contrefaite la somme de 3'950'000 euros du compte précité de B______ 
sur un compte ouvert auprès d'un autre établissement bancaire en faveur de la 
société H______ (compte n° 1), dont l'ayant droit économique était E______. 

 Ce dernier a transféré le montant précité sur un autre compte de la société 
H______ (compte n° 2), dont l'ayant droit économique était sa sœur, G______. 

 c. Le 21 décembre 2012, la banque a porté plainte pénale contre son ancien 
employé D______ pour faux dans les titres et toute autre infraction que 
l'instruction préparatoire révélerait, notamment abus de confiance, escroquerie et 
gestion déloyale (P/1______). 

 La banque a indiqué se constituer «partie plaignante et déclare d'ores et déjà 
vouloir participer à la procédure pénale comme demanderesse au pénal et au 

civil». 

 d. Le 3 juillet 2013, B______ a également porté plainte pénale contre D______ 
pour abus de confiance, subsidiairement, gestion déloyale et faux dans les titres 
(P/1______).  

 e. Dans le cadre de cette procédure pénale P/1______, E______ a été mis en 
prévention pour utilisation sans droit de valeurs patrimoniales et, subsidiairement, 
pour blanchiment d'argent le 29 novembre 2013. G______ a, quant à elle, été mise 
en prévention pour blanchiment d'argent le 20 juin 2014. 

 f. D______ a reconnu les faits qui lui sont pénalement reprochés, notamment le 
transfert sans droit opéré sur le compte bancaire de B______. 

 g. Par acte déposé le 9 juillet 2014 au greffe du Tribunal de première instance, 
B______ a assigné A______ en paiement de 3'950'000 euros avec intérêts à 5% 
l'an dès le 12 novembre 2010 et de 140'501 fr. 40 avec intérêts à 5% l'an dès le  
10 décembre 2013. 

 B______ a exposé que la banque était responsable, en tant qu'employeur, des 
agissements de ses auxiliaires sur la base des art. 55 et 101 CO. La responsabilité 
de la banque se fondait également sur l'art. 398 CO, cette dernière n'ayant pas fait 
preuve de la diligence requise dans l'exécution de son mandat. 

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C/26592/2013 

 h. Dans sa réponse du 8 juin 2015, la banque a conclu, préalablement, à l'appel en 
cause de G______, E______ et de D______ et à la suspension de la cause jusqu'à 
droit jugé dans la procédure pénale P/1______. Principalement, elle a conclu au 
déboutement de B______ de toutes ses conclusions et, subsidiairement, dans 
l'hypothèse où elle serait condamnée à indemniser cette dernière, à la 
condamnation des appelés en cause «à relever BANQUE A______ SA de toute 
condamnation qui serait prononcée contre elle […] et donc au paiement des 
montants qui seraient mis à la charge de Banque A______ S.A en capital, intérêts, 

frais et dépens». 

 Elle a allégué que le lien de connexité entre la demande principale et les 
prétentions qu'elle pourrait faire valoir contre les appelés en cause, vu leurs 
agissements, était évident. Elle a contesté toute responsabilité de sa part dans le 
cadre du transfert de fonds litigieux. 

 A l'appui de sa requête en suspension, la banque a fait valoir la nécessité de 
définir préalablement les responsabilités pénales respectives des appelés en cause 
dans le cadre du transfert bancaire litigieux. La suspension de la procédure se 
justifiait en vertu du principe d'économie de procédure, dès lors que les actes 
d'instruction effectués dans la procédure pénale n'auraient pas besoin d'être 
répétés dans la présente procédure. 

 i. Par ordonnance du 26 novembre 2015, le Tribunal a ordonné l'ouverture d'une 
instruction sur l'appel en cause. 

 j. Le 23 mars 2016, D______ s'en est rapporté à justice s'agissant de l'admission 
de l'appel en cause. 

 k. Le 24 mars 2016, B______ a conclu à l'irrecevabilité de la requête d'appel en 
cause et au rejet de la demande de suspension de la procédure jusqu'à droit jugé 
sur celle pénale. 

 Elle a relevé qu'en se constituant partie plaignante, tant sur le plan pénal que civil, 
dans le cadre de la procédure pénale P/1______, la banque ne pouvait plus agir au 
civil contre les appelés en cause, dès lors qu'il y avait litispendance. S'agissant de 
la requête en suspension, le sort de la procédure civile ne dépendait pas de celui 
de la procédure pénale. Par ailleurs, celle-ci n'était pas proche de son terme, l'objet 
de cette procédure n'étant pas limité au transfert bancaire litigieux entre B______ 
et la banque. 

 l. Le 24 mars 2016, G______ s'en est rapporté à justice s'agissant de la 
recevabilité de l'appel en cause. 

 m. Par courrier du 20 avril 2016, la banque a sollicité du Tribunal un second 
échange d'écritures, afin de pouvoir répondre aux nouveaux éléments soulevés par 

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C/26592/2013 

B______ dans ses déterminations du 24 mars 2016, demandant qu'un délai lui soit 
imparti à cet effet. 

 n. Par courrier du 21 avril 2016, B______ s'est opposée à un second échange 
d'écritures, au motif que cette requête était dilatoire et abusive et ne visait qu'à 
retarder l'avancement de la procédure; ses déterminations du 24 mars 2016 ne 
contenaient aucun nouvel élément. 

 o. Par courrier du 13 juillet 2016, B______ a prié le Tribunal de rendre au plus 
vite une décision sur la requête d'appel en cause, exposant que la procédure était 
pendante depuis plus de deux ans, de sorte qu'afin de respecter son droit à obtenir 
une décision au fond dans un délai raisonnable, la procédure devait aller de 
l'avant. 

 p. Par courrier du 18 juillet 2016, la banque a réitéré sa demande de second 
échange d'écritures. 

EN DROIT 

1. 1.1 En vertu de l'art. 82 al. 4 CPC, la décision d'admission de l'appel en cause peut 
faire l'objet d'un recours. Il a en outre été jugé que, malgré la formulation de cette 
disposition, la décision de refus d'appel en cause devait également être attaquée 
par la voie du recours (arrêt du Tribunal fédéral 5A_191/2013 du 1er novembre 
2013 consid. 3.1; ACJC/188/2016 du 12 février 2016 consid. 1.2). 

 Cette disposition renvoie à l'art. 319 let. b ch. 1 CPC, qui dispose que le recours 
est recevable contre les autres décisions et ordonnances d'instruction de première 
instance lorsque la loi le prévoit (HALDY, in CPC, Code de procédure civile 
commenté, 2011, n. 9 ad art. 82 CPC; GASSER/RICKLI, ZPO Kurzkommentar, 
2013, n. 8 ad art. 82 CPC; GÖKSU, DIKE-Komm, 2016, n. 15 ad art. 82 CPC). 

 La loi prévoit que le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de 
recours dans les 30 jours à compter de la notification de la décision entreprise 
(art. 321 al. 1 CPC). Le délai est de 10 jours pour les décisions prises en 
procédure sommaire et les ordonnances d'instruction, à moins que la loi n'en 
dispose autrement (al. 2). 

 Selon un auteur, la décision sur l'admissibilité de l'appel en cause constitue une 
ordonnance d'instruction, de sorte que le délai de 10 jours prévu à l'art. 321 
al. 2 CPC est applicable au recours contre cette décision (SCHWANDER,  
in Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, 2013, n. 24 
ad art. 82 CPC). D'autres auteurs considèrent cette décision comme une 
ordonnance d'instruction, voire comme une ordonnance d'instruction qualifiée, 
sans en déduire expressément que le délai abrégé de 10 jours serait applicable au 

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C/26592/2013 

recours contre cette décision (GASSER/RICKLI, op. cit., n. 8 ad art. 82 CPC; 
DOMEJ, KuKo-ZPO, 2013, n. 9 ad art. 82 CPC). 

 On déduit du principe général de la bonne foi que les parties ne doivent subir 
aucun préjudice en raison d'une indication inexacte des voies de droit (ATF 117 Ia 
297 consid. 2). Seul peut toutefois bénéficier de la protection de la bonne foi celui 
qui ne pouvait pas constater l'inexactitude de la voie de droit indiquée, même avec 
la diligence qu'on pouvait attendre de lui (ATF 138 I 49 consid. 8.3.2; arrêts du 
Tribunal fédéral 5A_878/2014 du 17 juin 2015 consid. 3.2 et 4A_35/2014 du 
28 mai 2014 consid. 3.2). 

 1.2 En l'espèce, la recourante a déposé son recours dans un délai de 30 jours 
suivant la notification du jugement entrepris, conformément aux indications 
données dans celui-ci. 

 La question de savoir si la décision querellée doit être considérée comme une 
ordonnance d'instruction soumise à un délai de recours de 10 jours (art. 321 
al. 2 CPC), ou plutôt comme une "autre décision" au sens de l'art. 319 let. b 
ch. 1 CPC, soumise au délai de 30 jours, peut en l'espèce demeurer indécise. Dans 
la décision attaquée, le premier juge a en effet indiqué que celle-ci pouvait faire 
l'objet d'un recours dans les 30 jours auprès de la Cour. A supposer que cette 
indication soit erronée s'agissant du délai, il apparaît que ni la lecture de la loi ni 
même celle de la doctrine ne permettaient à la recourante de la rectifier 
spontanément. Conformément aux principes rappelés ci-dessus, la recourante 
pouvait dès lors de bonne foi se fier à cette indication, de sorte qu'il faut admettre 
que le recours est recevable quant au délai. 

 Interjeté en temps utile et suivant la forme prescrite par la loi (art. 130 al. 1, 131 et 
321 al. 1 CPC), le recours est recevable en tant qu'il concerne l'appel en cause. 

 1.3 En présence d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la 
violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits 
(art. 320 CPC). 

 La Cour doit ainsi conduire son raisonnement juridique sur la base des faits 
retenus par le premier juge et ne peut s'en écarter que s'ils ont été établis de façon 
manifestement inexacte (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2). 

2. Les conclusions, les allégations de fait et les preuves nouvelles sont irrecevables 
(art. 326 al. 1 CPC). 

 Les faits nouveaux allégués par les parties, ainsi que les pièces nouvelles s'y 
rapportant sont par conséquent irrecevables. 

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3. La recourante se plaint d'une violation de son droit d'être entendue, le premier 
juge n'ayant pas fait suite à ses requêtes de deuxième échange d'écritures sur la 
question de l'admission de son appel en cause. 

 3.1 Le droit d'être entendu découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. garantit notamment le 
droit pour une partie à un procès de prendre connaissance de toute argumentation 
présentée au Tribunal et de se déterminer à son propos, que celle-ci contienne ou 
non de nouveaux éléments de fait ou de droit, et qu'elle soit ou non concrètement 
susceptible d'influer sur le jugement à rendre. Il appartient en effet aux parties, et 
non au juge, de décider si une prise de position ou une pièce nouvellement versée 
au dossier contient des éléments déterminants qui appellent des observations de 
leur part. Ce droit à la réplique vaut pour toutes les procédures judiciaires. Toute 
prise de position ou pièce nouvelle versée au dossier doit dès lors être 
communiquée aux parties pour leur permettre de décider si elles veulent ou non 
faire usage de leur faculté de se déterminer (ATF 139 I 189 consid. 3.2; 138 I 484 
consid. 2.1; 137 I 195 consid. 2; 133 I 98 consid. 2.1; 132 I 42 consid. 3.3.2; arrêt 
du Tribunal fédéral 1C_458/2011 du 29 février 2012 consid. 3.1). 

 En relation avec une telle communication, le Tribunal a la possibilité d'ordonner 
un second échange d'écritures lorsque les circonstances le justifient 
(cf. art. 225 CPC). 

 Une détermination, adressée par les parties ou les autorités dans une procédure 
judiciaire, peut être communiquée aux autres parties en y joignant une ordonnance 
de second échange d'écritures, ou en fixant formellement un délai pour une 
détermination facultative, ou – en règle générale- simplement pour information, 
sans mention d'une possibilité de détermination. Dans ce dernier cas, si les 
destinataires souhaitent encore prendre position, ils doivent le faire sans le 
requérir au préalable et immédiatement pour des motifs de gain de temps; à défaut 
il faut admettre qu'ils y renoncent (ATF 138 I 484 consid. 2.2 à 2.4; 138 III 252 
consid. 2.2; 133 I 98 consid. 2.2, JdT 2007 I 379; 133 I 100 consid. 4.8, JdT 2008 
I 368, SJ 2007 I 487; arrêt du Tribunal fédéral 4A_410/2011 du 11 juillet 2012 
consid. 4.1). 

 Le droit de répliquer n'impose pas à l'autorité judiciaire l'obligation de fixer un 
délai à la partie pour déposer d'éventuelles observations. Elle doit seulement lui 
laisser un laps de temps suffisant, entre la remise des documents et le prononcé de 
sa décision, pour qu'elle ait la possibilité de déposer des observations si elle 
l'estime nécessaire. D'une manière générale, ce laps de temps peut être fixé à 
20 jours au maximum. (ATF 138 I 484 consid. 2.4, JdT 2014 I 32; arrêt du 
Tribunal fédéral 2C_560/2012 du 21 janvier 2013 consid. 4.4; 6B_629/2010 du 
25 novembre 2010 consid. 3.3.2). 

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 Malgré son caractère formel, la garantie du droit d'être entendu n'est pas une fin 
en soi. Dès lors, l'admission du grief de refus du droit d'être entendu suppose que 
dans sa motivation, le recourant indique quels arguments il aurait fait valoir dans 
la procédure cantonale et en quoi ceux-ci auraient été pertinents. A défaut, le 
renvoi de la cause au juge précédent, en raison de la seule violation du droit d'être 
entendu, risquerait de conduire à une vaine formalité et à prolonger inutilement la 
procédure. Selon le principe général de la bonne foi (art. 2 CC) une partie qui n'a 
pas eu la possibilité de se déterminer sur un acte doit avoir la possibilité de 
présenter ses arguments. Si toutefois l'on ne voit pas en quoi cet acte pourrait 
avoir une portée, le plaideur doit à tout le moins démontrer que pour lui, il y a 
vraiment lieu à détermination (arrêts précités). Si notamment, le plaideur n'a rien à 
dire sur un acte, son grief revient à exercer son droit sans raison, ce qui ne mérite 
pas de protection (arrêt du Tribunal fédéral 4A_453/2016 du 16 février 2017 
consid. 4.2.3 et 4.2.4). 

 Même dans le cadre d'un recours au sens strict, une violation du droit d'être 
entendu peut être guérie, lorsque la détermination qui a été – à tort – écartée du 
dossier sans être lue ne concerne que des questions de droit –et non des allégués 
de fait que le tribunal cantonal ne peut pas examiner librement, en raison de la 
limitation de sa cognition (art. 320 CPC). En ce cas, le tribunal cantonal peut 
renoncer à renvoyer la cause, dès lors que ce renvoi ne serait qu'une vaine 
formalité (arrêt du Tribunal fédéral 5A_82/2015 du 16 juin 2015 consid. 4.2.4). 

3.2 En l'espèce, le premier juge n'a pas ordonné un second échange d'écritures, au 
motif que les parties devaient uniquement se déterminer sur la question limitée à 
la recevabilité de l'appel en cause et que deux des appelés en cause s'en étaient 
rapportés à justice sur cette question, le troisième ne s'étant pas déterminé. 
Le premier juge a, en outre, considéré que si la recourante voulait faire valoir son 
droit à la réplique pour répondre aux moyens soulevés par l'intimée dans sa 
réponse du 24 mars 2016, il lui appartenait de déposer une écriture spontanée et 
immédiate.  

 Le raisonnement du premier juge ne prête pas flanc à la critique. En effet, la 
recourante a attendu près d'un mois après la réponse de l'intimée du 24 mars 2016, 
soit le 20 avril 2016, pour solliciter l'octroi d'un délai afin de pouvoir répliquer. 

Cette requête est tardive au regard de la jurisprudence précitée. Si la recourante, 
assistée d'un conseil, entendait encore prendre position, il lui incombait de le faire 
immédiatement, à savoir au plus tard dans les 20 jours ayant suivi la réception de 
la prise de position de sa partie adverse. 

La recourante a disposé in casu d'un délai de plusieurs mois pour déposer sa 
réplique puisque la réponse de B______ a été déposée le 24 mars 2016 et que le 
jugement querellé a été prononcé le 22 septembre 2016. 

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Ce délai était suffisamment long pour lui permettre de faire valoir son droit à la 
réplique. Le droit d'être entendu de la recourante n'a ainsi pas été violé. 

 Au demeurant, cette dernière motive la violation de son droit d'être entendue par 
le fait qu'il était nécessaire qu'elle se détermine sur les nouveaux éléments 
contenus dans l'écriture de l'intimée du 24 mars 2016. Elle ne précise cependant 
pas à quels éléments elle fait référence. 

 Elle justifie également la nécessité d'un second échange d'écritures par le 
prononcé de l'arrêt du Tribunal fédéral 4A_375/2015 du 26 janvier 2016 portant 
sur le chiffrement des conclusions dans le cadre d'un appel en cause et qui a été 
publié après son écriture du 8 juin 2015. Or, en vertu du principe iura novit curia, 
il ne saurait avoir violation du droit d'être entendu des parties lorsqu'un nouvel 
arrêt du Tribunal fédéral est publié et traite d'une question soumise au Tribunal 
dans la cause concernée. 

 En tout état de cause, s'agissant uniquement de questions de droit, la recourante a 
pu présenter tous ses arguments devant la Cour, ce qui est suffisant pour pallier 
une éventuelle violation de son droit d'être entendue par le Tribunal. 

 Partant, le grief de violation du droit d'être entendu est infondé et sera rejeté. 

4. Le Tribunal a retenu que l'appel en cause était irrecevable, dès lors que la banque 
s'était constituée partie plaignante et demanderesse de prétentions civiles dans la 
procédure pénale P/1______ créant ainsi une litispendance excluant toute action 
récursoire ultérieure devant un juge civil. En outre, le fait que les conclusions de 
l'appel en cause n'étaient pas chiffrées entraînait l'irrecevabilité de celui-ci. 

 La recourante reproche au premier juge d'avoir considéré qu'il y avait 
litispendance préexistante, alors même qu'elle n'avait pas formulé de conclusions 
civiles à l'encontre des appelés en cause dans la procédure pénale P/1______. Par 
ailleurs, sa plainte pénale ne visait que D______ et non les deux autres appelés en 
cause. Le premier juge avait fait preuve de formalisme excessif en retenant qu'elle 
n'avait pas chiffré ses conclusions récursoires, dès lors que celles-ci devaient 
s'interpréter à la lumière de sa motivation, qui était sans équivoque sur ses 
prétentions récursoires. 

 4.1.1 Selon l'art. 81 al. 1 CPC, le dénonçant peut appeler en cause le dénoncé 
devant le Tribunal saisi de la demande principale en faisant valoir les prétentions 
qu'il estime avoir contre lui pour le cas où il succomberait. La demande 
d'admission de l'appel en cause doit être introduite avec la réponse ou avec la 
réplique dans la procédure principale. Le dénonçant énonce les conclusions qu'il 
entend prendre contre l'appelé en cause et les motive succinctement (art. 82 

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al. 1 CPC). Le Tribunal donne l'occasion à la partie adverse et à l'appelé en cause 
de s'exprimer (art. 82 al. 2 CPC). 

 La recevabilité d'un appel en cause est soumise aux conditions particulières des 
dispositions précitées et également aux conditions générales de recevabilité de 
l'art. 59 CPC, qui valent pour toutes les demandes (ATF 142 III 102 consid. 3; 
139  III 67 consid. 2.4). 

 La litispendance a notamment pour conséquence l'impossibilité d'introduire 
devant une autre autorité une autre instance portant sur la même cause et opposant 
les mêmes parties (art. 64 al. 1 CPC). 

 4.1.2 Selon l'art. 118 al. 1 CPP, on entend par partie plaignante le lésé qui déclare 
expressément vouloir participer à la procédure pénale comme demandeur au pénal 
ou au civil. Une plainte pénale équivaut à une telle déclaration (al. 2). En ce qui 
concerne la forme et le contenu d'une telle déclaration, le lésé peut, 
cumulativement ou alternativement, demander la poursuite et la condamnation de 
la personne pénalement responsable de l'infraction (art. 119 al. 2 let. a CPP) et/ou 
faire valoir des conclusions civiles déduites de l'infraction par adhésion à la 
procédure pénale (art. 119 al. 2 let. b CPP). 

 En vertu de l'art. 122 al. 3 CPP, l'action civile devient pendante dès que le lésé a 
fait valoir des conclusions civiles en vertu de l'art. 119 al. 2 let. b CPP. 

 La seule constitution du lésé en qualité de partie plaignante comme demandeur au 
civil, pour autant qu'elle satisfasse aux exigences de forme et de contenu prévues 
par la loi, suffit pour créer la litispendance, indépendamment du chiffrage et de la 
motivation des conclusions qui pourront intervenir au plus tard durant les 
plaidoiries (JEANDIN/MATZ, in Commentaire romand, Code de procédure pénale 
suisse, 2011, n. 28 ad. art. 122 CPP). 

 Lorsqu'il y a litispendance, la même cause opposant les mêmes parties ne peut être 
portée devant une autre autorité (art. 64 al. 1 let. b CPC). Cela signifie que dès le 
moment où la déclaration visée par l'art. 122 al. 3 CPP a été émise en bonne et due 
forme, le lésé ne peut plus introduire une demande au civil ayant le même objet 
contre le prévenu, sous peine d'irrecevabilité (JEANDIN/MATZ, op. cit., n. 29 
ad. art. 122 CPP). 

 4.1.3 Conformément à l'art. 82 al. 1 CPC, l'appelant énonce, dans la demande 
d'admission de l'appel en cause, les conclusions qu'il entend prendre contre 
l'appelé et les motive succinctement. Lorsque l'action tend au paiement d'une 
somme d'argent, l'une des conditions de recevabilité est le chiffrement des 
conclusions, sous réserve de l'application de l'art. 85 al. 1 CPC. Selon cette 
disposition, le demandeur peut intenter une action non chiffrée s'il est dans 

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C/26592/2013 

l'impossibilité d'articuler d'entrée de cause le montant de sa prétention ou si cette 
indication ne peut être exigée d'emblée. D'après la jurisprudence, l'appelante en 
cause ne se trouve pas dans une telle situation et ne peut donc pas renoncer à 
chiffrer les conclusions formulées dans sa demande d'admission de l'appel en 
cause au seul motif qu'il ignore s'il succombera dans la procédure principale et, le 
cas échéant, quel montant il sera condamné à payer (ATF 142 III 102; arrêts du 
Tribunal fédéral 4A_235/2016 du 7 mars 2017 consid. 2 et 4A_164/2016 du 
18 octobre 2016 consid. 3.2). 

 En revanche, des conclusions en paiement non chiffrées sont admissibles si la 
demande principale, ou l'appel en cause lui-même, remplissent les conditions 
posées à l'art. 85 al. 1 CPC. Si le demandeur principal ne peut pas chiffrer ses 
prétentions parce qu'elles dépendent de l'administration des preuves ou des 
informations à fournir par le défendeur (art. 85 al. 2 CPC), l'appelant sera de 
même dispensé de chiffrer les conclusions à énoncer dans la demande d'appel en 
cause. Il ne sera pas non plus tenu de chiffrer d'emblée son action en paiement 
lorsque, indépendamment du sort de la procédure principale, l'administration de 
preuves est nécessaire pour établir l'ampleur des prétentions élevées contre 
l'appelé (ATF 142 III 102 consid. 3.1 et 3.2; arrêt du Tribunal fédéral 
4A_235/2016 du 7 mars 2017 consid. 2). 

 4.2.1 En l'espèce, conformément aux principes rappelés supra, il n'est pas 
nécessaire que le lésé chiffre et motive ses conclusions civiles prises dans le cadre 
de la procédure pénale pour que la litispendance civile soit effective. En effet, le 
simple fait d'avoir déclaré dans sa plainte pénale du 21 décembre 2012, qui 
respecte les exigences requises par le CPP, se constituer partie plaignante et 
demanderesse au pénal et au civil suffit pour créer la litispendance. Cette 
déclaration d'adhésion est sans équivoque, bien qu'elle n'ait pas encore formulé de 
conclusions civiles précises. 

 Bien que la recourante n'ait pas porté plainte pénale contre tous les appelés en 
cause, la procédure pénale P/1______ est dorénavant diligentée à l'encontre des 
trois appelés en cause, E______ et G______ ayant été mis en prévention dans le 
cadre de celle-ci. La présente cause et celle pénale concernent ainsi toutes deux 
les mêmes parties. Par ailleurs, la recourante ne conteste pas que l'objet du litige 
de ces procédures soit également identique. 

 Enfin, cette dernière n'allègue pas avoir retiré son action civile dans le cadre de la 
procédure pénale, de sorte qu'elle a bel et bien opté pour l'exercice de ses droits 
civils devant l'autorité pénale. 

 Il y avait ainsi une litispendance préexistante au sens de l'art. 59 al. 2 let. d CPC, 
de sorte que la recourante n'était plus en mesure d'introduire une action civile à 

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C/26592/2013 

l'encontre des appelés en cause pour obtenir réparation du dommage qu'elle 
allègue. 

 4.2.2 La recourante a conclu à ce que les appelés en cause soient condamnés à la 
relever de toute condamnation dont elle pourrait faire l'objet par suite de la 
demande principale du 9 juillet 2014 introduite par l'intimée. 

 Les conclusions de la recourante dans son appel en cause ne sont ainsi pas 
chiffrées. Conformément à la jurisprudence précitée, de telles conclusions, non 
chiffrées, ne sont pas recevables en tant qu'elles sont subordonnées à l'issue de la 
procédure principale. Or, la demande principale du 9 juillet 2014 est, quant à elle, 
chiffrée, de sorte que la recourante ne peut se prévaloir du fait que le demandeur 
principal n'aurait pas été en mesure de chiffrer son action en paiement et que 
celle-ci, ou l'appel en cause lui-même, remplirait les conditions posées par l'art. 85 
al. 1 CPC. Les conclusions en paiement, telles que formulées dans la demande 
d'appel en cause, ne sont ainsi pas recevables. 

 La recourante estime que le premier juge a fait preuve de formalisme excessif en 
n'interprétant pas ses conclusions récursoires à la lumière de sa motivation, de 
laquelle il ressortait que celles-ci portaient sur le paiement de 3'950'000 euros, à 
5% l'an dès le 12 novembre 2012, et de 140'501 fr. 40, à 5% l'an dès le 
10 décembre 2013. Or, le respect des formes procédurales, notamment de la 
réalisation des conditions de recevabilité d'une demande, est nécessaire à la mise 
en œuvre des voies de droit pour assurer le déroulement de la procédure 
conformément au principe de l'égalité de traitement, ainsi que pour garantir 
l'application du droit matériel (ATF 138 III 213 consid. 2.5). Il incombait ainsi à 
l'avocat prudent de chiffrer les conclusions d'une action en paiement dans la 
demande d'appel en cause. 

 Compte tenu de ce qui précède, c'est à juste titre que le premier juge a déclaré 
irrecevable la demande d'appel en cause, de sorte que le chiffre 1 du dispositif du 
jugement entrepris sera confirmé. 

5. Le Tribunal a retenu que le sort de la procédure civile était indépendant de celui 
de la procédure pénale P/1______, de sorte qu'il ne se justifiait pas de suspendre 
la première jusqu'à droit jugé dans la seconde. 

 La recourante fait valoir qu'il est nécessaire de suspendre la procédure civile, dès 
lors que l'issue de la procédure pénale aura une influence déterminante sur celle-
ci. La responsabilité pénale des appelés en cause devait ainsi être préalablement 
déterminée. 

- 14/18 - 

 

 

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 5.1.1 Aux termes de l'art. 126 al. 1 CPC, le Tribunal peut ordonner la suspension 
de la procédure si des motifs d'opportunité le commandent. La procédure peut 
notamment être suspendue lorsque la décision dépend du sort d'un autre procès. 

 L'ordonnance de suspension peut faire l'objet d'un recours (art. 126 al. 2 CPC en 
lien avec art. 319 let. b ch. 1 CPC). Le refus de la suspension ne peut en revanche 
être attaqué séparément que de manière limitée, soit seulement dans le cadre de 
l'art. 319 let. b ch. 2 CPC, à savoir si elle peut causer un préjudice difficilement 
réparable. Pour le surplus, une remise en cause, dans un appel ou recours, dirigé 
contre la décision finale, est possible (arrêt du Tribunal fédéral 5D_182/2015 du 
2 février 2016 consid. 1.3). 

 La notion de préjudice difficilement réparable vise un inconvénient de nature 
juridique ou des désavantages de fait. Est considérée comme "préjudice 
difficilement réparable", toute incidence dommageable (y compris financière ou 
temporelle), pourvu qu'elle soit difficilement réparable. Il y a toutefois lieu de se 
montrer exigeant, voire restrictif, avant d'admettre la réalisation de cette 
condition, sous peine d'ouvrir le recours à toute décision ou ordonnance 
d'instruction, ce que le législateur a clairement exclu (JEANDIN, in CPC, Code de 
procédure civile commenté, 2011, n. 22 ad art. 319 CPC; HOHL, Procédure civile, 
Tome II, 2010, n. 2485). 

 Une simple prolongation de la procédure ou un accroissement des frais ne 
constitue pas un préjudice difficilement réparable (ACJC/464/2015 du 24 avril 
2015 consid. 2.2; ACJC/231/2015 du 17 février 2015 consid. 2.1; SPÜHLER, 
 in Basler Kommentar, Schweizerische Zivil-prozessordnung, 2013, n. 7 ad  
art. 319 CPC; HOFFMANN-NOWOTNY, in ZPO-Rechtsmittel, Berufung und 
Beschwerde, 2013, n. 25 ad art. 319 CPC). 

 5.1.2 Dès lors qu'elle contrevient à l'exigence de célérité de la procédure, imposée 
par les art. 29 al. 1 Cst. et 124 al. 1 CPC, la suspension ne peut être ordonnée 
qu'exceptionnellement, en particulier lorsqu'il se justifie d'attendre la décision 
d'une autre autorité, ce qui permettrait de trancher une question décisive. 
De manière générale, la décision de suspension relève du pouvoir d'appréciation 
du juge saisi; ce dernier procédera à la pesée des intérêts des parties, l'exigence de 
célérité l'emportant dans les cas limites (ATF 130 V 90 consid. 5; 119 II 386 
consid. 1b; arrêt du Tribunal fédéral 9C_293/2014 du 16 octobre 2014 
consid. 2.2.2). 

 La suspension doit répondre à un besoin réel et être fondée sur des motifs 
objectifs. Elle ne saurait être ordonnée à la légère, les parties ayant un droit à ce 
que les causes pendantes soient traitées dans des délais raisonnables. Le juge 
bénéficie d'un large pouvoir d'appréciation en la matière. Une suspension dans 
l'attente de l'issue d'un autre procès peut se justifier en cas de procès connexes. 

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Comme le juge civil n'est pas lié par le jugement pénal (art. 53 CO), l'existence 
d'une procédure pénale ne justifiera toutefois qu'exceptionnellement la  
suspension de la procédure civile (WEBER, in Kurzkommentar ZPO, 2014, n. 7 
ad art. 126 CPC; GSCHWEND/BORNATICO, in Basler Kommentar, Schweizerische 
Zivilprozessordnung, 2013, n. 13 ad art. 126 CPC; arrêt du Tribunal fédéral 
4A_683/2014 du 17 février 2015 consid. 2.1). 

 5.2.1 En l'espèce, à titre de préjudice difficilement réparable, la recourante 
soulève la durée et le coût engendré par la procédure civile si celle-ci n'était pas 
suspendue. Elle explique que cette suspension jusqu'à droit jugé sur la procédure 
pénale permettrait une économie de procédure substantielle, ce qui aurait une 
incidence financière et temporelle sur sa situation, dès lors que les actes 
d'instruction déjà effectués dans la procédure pénale n'auront plus besoin d'être 
répétés dans la présente procédure. Cela aurait pour conséquence de réduire la 
phase d'instruction de la procédure civile. 

 Or, la recourante ne démontre pas en quoi le refus de suspendre lui causerait un 
préjudice difficilement réparable, dans la mesure où la simple prolongation de la 
procédure ou un accroissement des frais ne constituent pas un tel préjudice. Les 
éventuelles conséquences du refus de suspendre la présente procédure ne 
paraissent par ailleurs pas difficiles à réparer ultérieurement dans la procédure, 
dès lors que le premier juge pourra ordonner à tout moment l'apport des éléments 
pertinents de la procédure pénale pour le présente cause. 

 La recourante disposera enfin, à l'encontre du jugement au fond, d'une voie de 
recours dans le cadre de laquelle elle pourra, cas échéant, contester le refus de 
suspendre la procédure. Ses droits n'apparaissent ainsi pas menacés de 
conséquences dommageables. Il s'ensuit que ce refus n'est pas de nature à causer à 
la recourante un préjudice difficilement réparable. 

 Partant, le recours en tant qu'il porte sur le refus de suspendre la présente cause est 
irrecevable, la condition de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC n'étant pas remplie. 

 5.2.2 Quand bien même le recours serait recevable, celui-ci n'en serait pas moins 
mal fondé. En effet, une telle suspension ne se justifie pas en l'espèce. D______ a 
reconnu les faits qui lui sont reprochés dans la procédure pénale P/1______, soit 
le transfert sans droit de la somme de 3'950'000 euros du compte bancaire de 
B______ ouvert auprès de la recourante sur celui de E______ ouvert auprès d'un 
autre établissement bancaire. Or, dans la cause civile, le premier juge devra 
déterminer si la recourante est responsable ou non envers l'intimée des 
agissements de son ancien employé, sous l'angle tant contractuel que délictuel. Il 
n'est donc pas nécessaire d'attendre le jugement pénal, celui-ci ne devant pas se 
déterminer sur l'éventuelle responsabilité de la banque, partie plaignante dans le 

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cadre de celle-ci, mais sur les responsabilités pénales, et éventuellement civiles, 
des appelés en cause. 

 Partant, le refus de suspendre la procédure dans l'attente du jugement pénal sur le 
fond est justifié. 

6. La recourante, qui succombe, sera condamnée aux frais judiciaires du recours, 
arrêtés à 3'000 fr. (art. 104 al. 1, 105 al. 1 et 106 al. 1 CPC; art. 23 et 41 du 
Règlement fixant le tarif des greffes en matière civile [RTFMC; E 1 05.10]). 
Ils sont partiellement couverts par l'avance de 1'200 fr. opérée par la recourante, 
qui reste acquise à l'État de Genève (art. 111 al. 1 CPC), celle-ci étant condamnée 
à verser le solde aux Services financiers du Pouvoir judiciaire. 

 La recourante sera en outre condamnée aux dépens de l'intimée, arrêtés à 2'500 fr. 
(art. 95 al. 3 let. c, 104 al. 1, 105 al. 2 et 106 al. 1 CPC; art. 85, 87 et 90 RTFMC; 
art. 23 al. 1 et 25 LaCC). 

 La recourante sera également condamnée aux dépens de E______ et de D______ 
arrêtés à 2'500 fr. Il n'y a par contre pas lieu d'allouer de dépens à G______, qui a 
répondu au recours par une simple lettre. 

* * * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté le 27 octobre 2016 par A______ contre le 
jugement JTPI/11943/2016 rendu le 22 septembre 2016 par le Tribunal de première 
instance dans la cause C/26592/2013-10 en tant qu'il concerne le chiffre 1 du dispositif 
du jugement précité. 

Le déclare irrecevable pour le surplus. 

Au fond : 

Rejette ce recours dans la mesure de sa recevabilité. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires de recours à 3'000 fr., les met à la charge de A______ et les 
compense partiellement avec l'avance de frais fournie par celle-ci, qui reste acquise à 
l'État de Genève. 

Condamne A______ à verser 1'800 fr. à l'Etat de Genève au titre de frais judiciaires de 
recours. 

Condamne A______ à verser à B______, E______ et D______, trois indemnités de 
2'500 fr. chacune à titre de dépens de recours. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens de recours à G______. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Monsieur Patrick CHENAUX, Madame 
Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, juges; Madame Anne-Lise JAQUIER, greffière. 

Le président : 

Laurent RIEBEN 

 La greffière : 

Anne-Lise JAQUIER 

 

 

 

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C/26592/2013 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 
(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 
notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 
fédéral par la voie du recours en matière civile. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 
30'000 fr.