# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 28dd2433-1f86-5c0b-af6b-f29452ba529a
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-05-19
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour civile 19.05.2020 (publié) 31/2016/EKA
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_007_31-2016-EKA---------_2020-05-19.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

 

 

	
 

 

 

 

             
CO09.019319

 
31/2016/EKA

COUR
CIVILE

_________________

Jugement
incident dans la cause divisant O.________,
à [...], d’avec
K.________, à
[...], et C.________,
à [...].

___________________________________________________________________

Du 26 septembre
2016

__________________

Présidence
de              M. KALTENRIEDER, juge
instructeur

Greffier             
:              Mme Bron

*****

             
Statuant à huis clos, le juge instructeur considère :

 

             
En fait
et en droit :

 

Vu
le procès ouvert par la demanderesse O.________ contre les défendeurs K.________ et C.________,
selon demande du 27 mai 2009, dont les conclusions, prises avec suite de frais et dépens, sont les
suivantes :

 

« Principalement

 

             
                           
                           
I.-

 

             
              Dire qu’O.________
n’est pas la débitrice de K.________ et ne lui doit pas paiement de la somme de CHF 34'773.20
(trente-quatre mille sept cent septante-trois francs et vingt centimes) plus intérêts à
5% l’an courant dès le 
20 janvier
2004.

 

             
                           
                           
II.-

 

             
              Maintenir définitivement
l’opposition formée par O.________ au commandement de payer poursuite ordinaire [...] notifié
par l’Office des poursuites de [...] le 23 mai 2007 à la requête de K.________.

 

             
                           
                           
III.-

 

             
              Ordonner au Préposé
de l’Office des poursuites de [...] de procéder à l’annulation, respectivement
la radiation du commandement de payer No [...] de ses registres.

 

             
                           
                           
IV.-

 

             
              Dire que K.________ et
C.________ sont les débiteurs dO.________ et lui doivent paiement immédiat conjointement et
solidairement entre eux ou chacun pour la part que justice dira de la somme de CHF 110'000.-- (cent dix
mille francs) plus intérêts à 5% l’an courant dès le 27 mai 2009.

 

 

Subsidiairement

 

             
                           
                           
V.-

 

             
              Dire quC.________ doit
relever O.________ de tout montant qui pourrait être mis à sa charge en faveur de K.________
à concurrence de 
CHF 34'773 fr. 20
(trente-quatre mille sept cent septante-trois francs et vingt centimes) plus intérêts à
5% l’an courant dès le 20 janvier 2004 ainsi que de tout dépens, intérêts et
frais qui pourraient être mis à charge dO.________ dans le cadre de la présente procédure. »,

 

             
vu la réponse déposée par la défenderesse K.________ le 8 octobre 2010, dont les
conclusions, prises avec suite de frais et dépens, sont les suivantes :

 

« Principalement :

 

I.             
Les conclusions de la demande du 27 mai 2009 dO.________
sont rejetées.

 

Reconventionnellement :

 

II.           
O.________ est la débitrice de K.________
et lui doit prompt paiement de la somme de frs. 34'773.20 (trente-quatre mille sept cent septante-trois
francs et vingt centimes), avec intérêt à 5% l’an dès le 20 janvier 2004.

 

III.         
La mainlevée définitive de l’opposition
formée au commandement de payer [...] de l’Office des poursuites de [...], notifié le
23 mai 2007 à O.________, à hauteur de frs. 34'773.20, avec intérêt à 5% l’an
dès le 20 janvier 2004. »,

 

vu
la réponse déposée par le défendeur C.________ le 9 février 2011, qui conclut,
avec suite de frais et dépens, au rejet des conclusions IV et V de la demande et s’en remet
à justice s’agissant des conclusions I, II et III de la demande, ainsi que des conclusions
I à III de la réponse déposée par la défenderesse K.________,

 

vu
la réplique déposée le 23 novembre 2011 par la demanderesse O.________ qui confirme les
conclusions prises au pied de sa demande et conclut au rejet des conclusions de la réponse,

 

vu
la duplique déposée le 11 juin 2012 par la défenderesse K.________,

 

vu
la duplique déposée le 24 septembre 2012 par le défendeur C.________,

 

vu
les déterminations déposées le 11 janvier 2013 par la demanderesse O.________,

 

vu
les déterminations déposées le 18 mars 2013 par la défenderesse K.________,

 

vu
les nova
déposées le 10 décembre 2013 par le défendeur C.________,

 

             
vu l’avis du juge instructeur du 18 mars 2016 impartissant aux parties un délai au 24 juin
2016 pour déposer un mémoire au sens de l’art. 317a CPC-VD (Code de procédure
civile vaudoise du 14 décembre 1966, RSV 170.11),

 

             
vu la prolongation de ce délai au 14 juillet 2016 accordée par le juge instructeur en date
du 27 juin 2016,

 

vu
la requête de réforme déposée le 14 juillet 2016 par la défenderesse au fond
et requérante à l’incident K.________ (ci-après : la requérante), tendant
à ce qu’elle soit autorisée à se réformer au jour de l’audience préliminaire
du 
12 décembre 2013 en vue d’introduire
les nova
suivants, avec suite de dépens :

 

             
« I.             
Du jugement rendu le 1er
octobre 2015 :

 

             
355 (sic).              Un litige a
opposé le défendeur C.________ d’avec la demanderesse O.________ devant la Cour civile
du Tribunal cantonal vaudois sous référence [...].

 

             
              Preuve :
pièce 107

 

             
356 (sic).              L’audience
de jugement s’est tenue le 1er
octobre 2015.

 

             
              Preuve :
pièce 107

 

             
357 (sic).              Le dispositif
du jugement a été communiqué aux parties C.________ et O.________ le 13 octobre 2015.

 

             
              Preuve :
pièce 107

 

             
358 (sic).              Le jugement
motivé, censé allégué ici en son entier, a été notifié aux parties
le 21 avril 2016.

 

             
              Preuve :
pièce 107

 

             
359 (sic).              Dans la présente
procédure qui divise K.________ et C.________ d’avec O.________, cette dernière fait
valoir des moyens identiques à ceux invoqués dans le litige dont le jugement a été
rendu le 1er
octobre 2015.

 

             
              Preuve :
pièce 107, appréciation du tribunal

 

             
360 (sic).              Ainsi, O.________
soutient que K.________ et C.________ sont responsables de la situation financière difficile dans
laquelle elle s’est trouvée à la fin 2005, début 2006, puis par la suite.

 

Preuve :
pièce 107, par la procédure (allégués 11, 12, 40, 41, 45, 23, 236, 237, 256)

 

             
361 (sic).              O.________ soutient
également qu’un accord aurait été trouvé avec K.________ dans le cadre d’un
sursis concordataire extrajudiciaire, qui lierait K.________.

 

             
              Preuve :
pièce 107, par la procédure (allégués 24, 25, 204, 295)

 

 

             
II.             
Du sursis concordataire extrajudiciaire :

 

             
Le jugement rendu le 1er
octobre 2015 retient ce qui suit en ce qui concerne le sursis concordataire extrajudiciaire :

 

             
362 (sic).              « Le
18 mai 2006, le demandeur et [...] se sont rendus à l’hôpital de [...] pour rencontrer
le défendeur [...] hospitalisé. Lors de cette rencontre, la mise en place d’un concordat
extrajudiciaire entre la défenderesse O.________ et ses créanciers, ainsi que la préparation
d’un protocole ont été évoquées ».

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre 6, p. 6)

 

             
363 (sic).              « Les
fournisseurs refusaient depuis de nombreuses années de livrer les appareils à la défenderesse
O.________ sans avoir été payés d’avance ».

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre 9, p. 9)

 

             
364 (sic).              « Les
créanciers ont été approchés par le demandeur, au prix d’efforts importants
de négociation, et certains ont accepté un règlement de leurs créances par le biais
d’un versement correspondant au 10% de celles-ci ».

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre 9, p. 9)

 

             
365 (sic).              « Le
3 juillet 2006, la société K.________ a accepté la proposition du demandeur qui consistait
en un abattement de 90% de ce qu’elle prétendait disposer comme créance contre la défenderesse
O.________ : « Nous sommes prêts à renoncer au 90% de notre créance de
frs. 36'936.40, si le 10% Fr. 3'693 est versé au plus tard le 31 juillet 2006 ».

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre 13, p. 11)

 

             
366 (sic).              « Le
16 mars 2007, la société K.________ a informé le défendeur [...] du fait que le solde
de la dette due s’élevait à 
Frs.
34'773.20. »

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre 38, p. 36)

 

             
367 (sic).              « Le
27 mars 2007, la société K.________ a adressé à la défenderesse O.________ une
mise en demeure de respecter les obligations suivantes : le paiement du montant de frs. 34'773.20,
l’exécution des travaux transmis à la défenderesse O.________ et le développement
de son chiffre d’affaires. »

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre 38, p. 36)

 

             
368 (sic).              « Il
ressort de l’instruction que les créanciers ont été approchés par le demandeur
et que certains ont accepté un règlement de leurs créances par le biais d’un versement
correspondant au 10% de celles-ci. Toutefois, cela n’a pas été le cas de tous les créanciers.
Il apparaît que les dissensions entre les parties sont survenues alors que l’assainissement
était en cours et que les désaccords sont devenus insurmontables alors que dit processus n’avait
pas abouti. La condition de l’acceptation par les créanciers d’un sursis concordataire
extrajudiciaire et de l’épuration du passif de la société ne s’est donc pas
réalisée. »

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre V, lit. b, p. 56)

 

             
369 (sic).              « Il
ne peut être imputé au demandeur le refus des créanciers – en particulier de la
société K.________ – d’adhérer aux mesures d’assainissement. »

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre IX, lit. c, p. 67)

 

             
370 (sic).              Le jugement
rendu par la Cour civile a donc retenu que le sursis concordataire extrajudiciaire visant à assainir
la demanderesse O.________ n’avait pas abouti…

 

             
              Preuve :
pièce 107, appréciation du tribunal

 

             
371 (sic).              … que
les discussions entre la défenderesse K.________ et O.________ s’inscrivaient dans le cadre
de ce processus d’assainissement…

 

             
              Preuve :
pièce 107, appréciation du tribunal

 

             
372 (sic).              … mais
qu’aucun accord n’a été trouvé…

 

             
              Preuve :
pièce 107, appréciation du tribunal

 

             
373 (sic).              … K.________
ayant, en définitive, refusé d’adhérer à cet assainissement.

 

             
              Preuve :
pièce 107, appréciation du tribunal

 

             
374 (sic).              K.________ n’a
pas adhéré à l’assainissement dès lors que les conditions posées dans
sa lettre du 3 juillet 2006 n’avaient pas été réalisées par la demanderesse
O.________…

 

             
              Preuve :
pièces 105 et 106, appréciation du tribunal

 

             
375 (sic).              … en particulier
la reprise de la demanderesse par le défendeur C.________…

 

             
              Preuve :
pièces 105 à 107, appréciation du tribunal

 

             
376 (sic).              … et le
retour à un chiffre d’affaires de frs. 200'000.- en 2006, 
frs.
350'000.- en 2007 et frs. 500'000.- en 2008.

 

             
              Preuve :
pièces 105 et 106, appréciation du tribunal

 

             
377 (sic).              C’est
donc bien un montant de frs. 34'773.20, avec intérêt à 5% l’an depuis le 20 janvier
2004, qui est dû par la demanderesse O.________ à la défenderesse K.________.

 

             
              Preuve :
appréciation du tribunal

 

 

             
III. De la
situation financière difficile de la demanderesse 

O.________

             
Le jugement rendu le 1er
octobre 2015 retient ce qui suit en ce qui concerne la situation financière difficile de la demanderesse
O.________ :

 

             
378 (sic).              « A
la clôture de l’exercice au 31 décembre 2005, la défenderesse O.________ était
dans une situation économique difficile ».

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre 2, p. 4)

 

             
379 (sic).              « Le
but de la reprise était d’éviter la faillite de la défenderesse O.________ et ce
qui en découlerait au niveau des responsabilités financières du défendeur [...] ».

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre 4, p. 5)

 

             
380 (sic).              « Dans
le cadre de l’administration et la gestion de la défenderesse O.________, le défendeur
[...] compliquait le travail de la comptable, ce qui retardait chaque transaction. Il compliquait également
le travail des employés, en exigeant d’eux des détails supplémentaires, mettant
en doute leurs compétences dans leurs nouvelles attributions décidées par le demandeur
et les surveillant de manière excessive. Cela a détourné les efforts pour développer
les affaires en efforts pour justifier les changements dans l’organisation de la défenderesse
O.________ ».

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre 19, p. 14)

 

             
381 (sic).              « Selon
l’expert, les comptes 2005 de la défenderesse O.________ présentaient une situation économique
difficile sous forme d’insuffisance de trésorerie et de surendettement aboutissant à
une perte de 69'632 francs. En 2003 et en 2004 déjà, des pertes ont clôturé les exercices
de respectivement frs. 114'520 et 203'566 francs. Afin d’éviter les conséquences de l’art.
725 CO, une créance de l’actionnaire de frs. 187'857 a été postposée. Elle
figurait déjà dans les comptes 2003. Dès 2004, les passifs n’étaient plus couverts
par des actifs et le bilan présentait un déficit de frs. 131'223 à frs. 200'855 
(-
320'555 fr. 06 + 119'700 fr.). La créance postposée de l’actionnaire de frs. 187'857
est restée inchangée, ce qui a conduit à un bilan déficitaire en 2005 de 12'998 francs.
Pour les exercices 2003 et 2004, cette postposition a permis d’éviter l’annonce au juge
selon l’art. 725 CO, mais dès 2005 le déficit obligeait la société à aviser
le juge  ».

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre 44, lit. a, p. 38)

 

             
382 (sic).              « S’agissant
des relations de la défenderesse O.________ avec les fournisseurs, les difficultés financières
de cette dernière et d’organisation au sein de la direction ont manifestement été
décisives dans les relations avec la société K.________ notamment. Une conjonction de
multiples problèmes et litiges ne permettent pas de définir un responsable en particulier dans
la situation présente. La perte de compétitivité de la défenderesse O.________ a
commencé bien avant l’arrivée du demandeur et a continué après. Il n’est
dès lors pas possible de lui imputer une détérioration de la situation commerciale de
la société ».

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre 44, lit. f, p. 43)

 

             
383 (sic).              « L’expert
ne peut établir un lien direct et unique entre la baisse constante du chiffre d’affaires de
la défenderesse O.________ depuis quelques années et celle de 2006, suite à l’intervention
du demandeur durant cinq mois d’administration de la société ».

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre 44, lit. g, p. 43)

 

             
384 (sic).              « Selon
l’expertise judiciaire, dont il n’existe aucun motif de s’écarter, le demandeur,
qui s’est investi personnellement dans la société et qui n’a pas contribué
à sa détérioration, laquelle avait déjà commencé avant son arrivée
et a continué après son départ, n’a pas failli à ses devoirs de diligence et
de fidélité ».

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre VII, lit. d, p. 64)

 

             
385 (sic).              « Durant
la période pendant laquelle le demandeur avait la fonction d’administrateur président,
il a notamment injecté des fonds, réorganisé les locaux de la société, réengagé
des collaborateurs et négocié des remises de dettes avec les créanciers de la défenderesse
O.________. Contrairement à ce qu’allèguent les défendeurs, il n’est pas établi
qu’il ait été responsable de l’échec de la procédure de sursis concordataire
extrajudiciaire, ni qu’il ait négligé des partenaires commerciaux essentiels de la société
au point que ceux-ci aient rompu leurs relations commerciales à cause du demandeur, ni qu’il
ait terni l’image du défendeur [...] auprès de ses clients et fournisseurs, ni qu’il
ait été responsable des problèmes d’affiliation de l’entreprise à l’institution
de prévoyance, ni qu’il ait effectué des prélèvements dommageables à la
défenderesse O.________. Cela a été confirmé par l’expertise selon laquelle
il ne peut être démontré que la situation de la société aurait été
péjorée par l’arrivée du demandeur en tant qu’administrateur – la perte
de compétitivité d’O.________ ayant commencé bien avant son arrivée et ayant
continué après. Il ne peut être imputé au demandeur le refus des créanciers
– en particulier de la société K.________ - d’adhérer aux mesures d’assainissement ».

 

             
              Preuve :
pièce 107 (chiffre IX, lit. c, p. 67)

 

             
386 (sic).              Le jugement
rendu par la Cour civile a donc retenu que la situation financière difficile d’O.________
existait depuis 2003 déjà…

 

             
              Preuve :
pièce 107, appréciation du tribunal

 

             
387 (sic).              … et qu’elle
a continué à se détériorer par la suite…

 

             
              Preuve :
pièce 107, appréciation du tribunal

 

             
388 (sic).              … sans
que la responsabilité du défendeur C.________ puisse être mise en cause.

 

             
              Preuve :
pièce 107, appréciation du tribunal

 

             
389 (sic).              Il en va de
même, à plus forte raison, pour la défenderesse K.________.

 

             
              Preuve :
pièce 107, appréciation du tribunal

 

             
390 (sic).              Contrairement
à ce que soutient la demanderesse O.________…

 

             
              Preuve :
par la procédure (allégués 40, 41, 43, 44, 45)

 

             
391 (sic).              … aucune
baisse du chiffre d’affaire n’est imputable à la défenderesse K.________.

 

             
              Preuve :
appréciation du tribunal

 

             
392 (sic).               [...], administrateur
et actionnaire de la demanderesse, est le seul et unique responsable de la situation financière
de sa société.

 

             
              Preuve :
pièce 107, appréciation du tribunal »,

 

             
vu l’avis du juge instructeur du 14 juillet 2016 informant les parties que le délai de l’art.
317a CPC-VD serait refixé dès droit connu sur la requête de réforme,

 

             
vu l’avis du juge instructeur du même jour impartissant à la requérante un délai
au 16 août 2016 pour verser la somme de 4'000 fr. à titre d’avance de dépens frustraires,

 

             
vu le versement de 4'000 fr. de la requérante intervenu le 16 août 2016,

 

             
vu l’avis du juge instructeur du 17 août 2016 notifiant la requête incidente à la
demanderesse au fond et intimée à l’incident O.________ (ci-après l’intimée),
ainsi qu’au défendeur au fond et intimé à l’incident C.________ (ci-après
l’intimé), et leur impartissant un délai au 6 septembre 2016 pour faire la déclaration
prévue par l’art. 148 CPC-VD ou indiquer les mesures d’instruction demandées, dit
avis valant par ailleurs interpellation au sens de l’art. 149 al. 4 CPC-VD pour toutes les parties,

 

             
              vu l’avis du juge
instructeur du même jour impartissant à la requérante un délai au 6 septembre 2016
pour verser la somme de 900 fr. à titre d’avance de frais,

 

vu
le courrier déposé le 6 septembre 2016 par l’intimée, déclarant s’en
remettre à justice sur la requête de réforme, et requérant, en cas d’admission
de celle-ci, qu’elle puisse non seulement se déterminer mais également alléguer
des faits connexes à ceux qui seraient introduits par le biais de la réforme,

 

vu
le courrier déposé le 9 septembre 2016 par l’intimé, déclarant s’en remettre
à justice sur la requête de réforme, 

 

vu
les autres pièces au dossier,

 

vu
les art. 19, 146 ss, 153 ss, 317a et 317b CPC-VD ainsi que 404 al. 1 CPC (Code de procédure civile
suisse du 19 décembre 2008, RS 272);

 

attendu
qu’à teneur de l’art. 404 al. 1 CPC, les procédures pendantes avant l’entrée
en vigueur du nouveau droit demeurent régies par l’ancien droit de procédure cantonal
jusqu’à la clôture de l’instance,

 

que
la procédure au fond était en cours lors de l’entrée en vigueur du CPC le 1er
janvier 2011,

 

qu’elle
demeure donc régie par l’ancien droit de procédure, soit notamment le CPC-VD,

 

             
qu’il en va de même de la présente procédure incidente;

 

attendu
qu’aux termes de l’art. 153 al. 1 CPC-VD, la partie qui désire obtenir la restitution
d’un délai, corriger ou compléter sa procédure, peut, jusqu’à l’expiration
du délai fixé pour le dépôt des mémoires de droit, voire jusqu’à
la clôture de l’audience de jugement, demander l’autorisation de se réformer (art.
317a et 317b CPC-VD),

 

qu’en
vertu de l’art. 154 al. 1 CPC-VD, la demande de réforme doit indiquer les motifs et l’étendue
de la réforme demandée,

 

qu’en
d’autres termes, la partie qui sollicite la réforme doit préciser dans sa requête
les opérations nouvelles qu’elle se propose de faire dans le délai dont elle demande
restitution et les points sur lesquels elle entend corriger ou compléter sa procédure (Poudret/Haldy/Tappy,
Procédure civile vaudoise, 3ème
éd., n. 1 ad art. 154 CPC-VD), 

 

qu’elle
doit en outre exposer les motifs qui feraient apparaître la réforme sollicitée comme nécessaire
ou utile à la solution du litige (ibidem),

 

             
qu’en l’espèce, la requête de réforme a été déposée le
14 juillet 2016, soit avant l’échéance du délai prolongé pour le dépôt
des mémoires, donc en temps utile,

 

qu’elle
est motivée et conforme aux exigences des art. 19 et 147 al. 1 CPC-VD, applicables par le renvoi
de l’art. 154 al. 2 CPC-VD,

 

qu’elle
comprend les allégués nouveaux que la requérante entend introduire avec les offres de
preuves y afférentes,

 

qu’elle
est dès lors recevable en la forme;

 

attendu
que la réforme n'est accordée que si la partie requérante y a un intérêt réel
et pour autant qu'elle ne soit pas présentée dans le dessein de prolonger la procédure
(art. 153 al. 2 et 3 CPC-VD),

 

que
l’art. 153 al. 3 CPC-VD tend à prohiber la requête présentée à des fins
exclusivement dilatoires, et non seulement tardive, réservant ainsi une exception analogue à
l’abus de droit (Poudret/Haldy/Tappy, op. cit., n. 8 ad art. 153 CPC-VD),

 

             
que l’intérêt réel à la réforme doit être apprécié au regard
de l’ensemble des circonstances, notamment de la pertinence du fait allégué, de sa vraisemblance,
de la forme de la preuve offerte et de la durée probable de la procédure consécutive à
la réforme (JT 2002 III 190; Poudret/Haldy/Tappy, op. cit., n. 4 ad art. 153 CPC-VD),

 

             
qu’en l’espèce, la requérante souhaite introduire des allégués nouveaux
tendant à compléter ses écritures au regard des faits ressortant du jugement rendu par
la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois le 1er
octobre 2015 dans la cause divisant, notamment, deux des trois parties à la présente procédure,
soit les intimés (CO08.029169/54/2015/PHC),

 

             
que la pertinence des allégués que la requérante entend introduire est certaine pour juger
du litige,

 

             
que les offres de preuves consistent principalement en trois pièces dont une seule est nouvelle,
savoir le jugement motivé notifié par la Cour civile le 
21
avril 2016 dans la cause précitée, ce qui ne requiert dès lors aucune mesure d’instruction
particulière,

 

             
que, partant, l’intérêt de la requérante à la réforme est évident,

 

             
qu’aucun élément au dossier ne permet de retenir que la requête de réforme
constituerait un procédé dilatoire de la part de la requérante, qui est défenderesse
au procès,

 

             
qu’au demeurant, les intimés ne se sont pas opposés à la requête de réforme,

 

             
qu’il se justifie, pour ces motifs, d’admettre dite requête,

 

             
que la requérante est ainsi autorisée à se réformer pour introduire dans sa procédure
les allégués nos 317 à 354 et produire la pièce 107, conformément à sa
requête de réforme du 14 juillet 2016,

 

             
qu’en conséquence, un délai de quinze jours dès que le présent jugement incident
sera devenu définitif et exécutoire doit ainsi être imparti à la requérante
pour déposer une écriture complémentaire contenant les nouveaux allégués nos
317 à 354 et les offres de preuves y relatives, ainsi qu’un bordereau de pièces produites
à titre de compléments d’offres de preuves,

 

             
qu’après le dépôt de cette écriture complémentaire, un délai sera
imparti aux intimés pour se déterminer sur ces nouveaux allégués et, le cas échéant,
introduire des allégations et des preuves strictement connexes à celles autorisées par
la réforme (JT 1981 III 133; Poudret/Haldy/Tappy, op. cit., n. 1 ad art. 155 CPC-VD);

 

             
attendu que tous les actes du procès peuvent être maintenus (art. 155 al. 1 CPC-VD);

 

             
attendu que la partie qui obtient la réforme est chargée des dépens frustraires, à
moins qu’elle n’établisse n’avoir pu connaître en temps utile le fait qui
l’incite à corriger sa procédure (art. 156 al. 2 CPC-VD),

 

qu'en
l'occurrence, le jugement du 1er
octobre 2015 à l’origine du dépôt de la présente réforme ne pouvait être
produit en temps utile par la requérante, puisque sa motivation a été notifiée le
21 avril 2016, soit postérieurement à sa dernière écriture du 18 mars 2013,

 

qu'il
se justifie dès lors de dispenser la requérante des dépens frustraires et de lui restituer
le montant versé à ce titre;

 

             
attendu que les frais de procédure incidente, arrêtés à 900 fr., sont mis à
la charge du requérant, en application des art. 4 al. 1 et 170a al. 1 aTFJC (tarif du 4 décembre
1984 des frais judiciaires en matière civile, abrogé par l’entrée en vigueur, le
1er janvier 2011, du tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010 [TFJC, RSV 270.11.5] et
applicable en vertu de l’art. 99 al. 1 TFJC);

 

             
attendu que le juge statue librement sur l’adjudication des dépens de l’incident soulevés
par la requête de réforme (art. 156 al. 3 CPC-VD),

 

que
les dépens sont alloués à la partie qui a obtenu l'adjudication de ses conclusions (art.
92 al. 1 CPC-VD),

 

             
qu’en l’espèce, la requérante a obtenu entièrement gain de cause sur ses conclusions
en réforme,

 

             
que les intimés ne se sont pas opposés à la requête en réforme, mais s’en
sont remis à justice,

 

             
qu’il n’y a dès lors pas lieu de faire supporter à l’une des parties des
dépens de l’incident.

 

Par
ces motifs,

le
juge instructeur,

statuant
à huis clos

et
par voie incidente,

prononce
:

 

I.                 
La requête de réforme déposée
le 14 juillet 2016 par K.________ est admise.

 

II.               
La requérante K.________ est autorisée
à se réformer pour introduire les allégués nos 317 à 354 contenus dans la requête
précitée et les offres de preuves y relatives.

 

III.            
Un délai de quinze jours dès celui où
le présent jugement incident sera devenu définitif et exécutoire est imparti à K.________
pour déposer une écriture complémentaire contenant les allégués 
nos
317 à 354 ainsi que les offres de preuves y relatives, ainsi qu’un bordereau de pièces
produites à titre de compléments d’offres de preuves.

 

IV.            
Un délai sera imparti ultérieurement
à O.________ et à C.________ pour déposer une écriture complémentaire contenant
leurs déterminations et, le cas échéant, introduire des allégations et des preuves
connexes.

 

V.               
Tous les actes de procédure déjà
accomplis sont maintenus.

 

VI.            
La requérante K.________ est dispensée
du versement de dépens frustraires, le montant avancé à ce titre lui étant restitué.

 

VII.          
Les frais de la procédure incidente sont
arrêtés à 900 fr. (neuf cents francs), à la charge de K.________.

 

VIII.       
Il n’est pas alloué de dépens
de l’incident.

 

Le
juge instructeur:              Le greffier
:

 

E.
Kaltenrieder              M. Bron

 

Du

 

             
Le jugement qui précède, lu et approuvé à huis clos, prend date de ce jour. Il est
notifié, par l'envoi de photocopies, aux conseils respectifs des parties. 

 

             
Le greffier :

 

             
M. Bron