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**Case Identifier:** 6a09c06f-99c2-5690-aed1-4a784264b781
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-05-23
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance 23.05.2016 C/12799/2006
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_006_C-12799-2006_2016-05-23.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/12799/2006-CS DAS/129/2016

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 

DU LUNDI 23 MAI 2016 

 

Recours (C/12799/2006-CS) formé en date du 17 mars 2016 par Monsieur A______, 

domicilié ______ (GE), comparant en personne. 

* * * * * 

Décision communiquée par plis recommandés du greffier 

du   24 mai 2016 à : 

- Monsieur A______ 
Rue Pierre-Fatio 12, 1204 Genève. 

- Madame B______ 
c/o Me Astrid RICO-MARTIN, avocate 
Boulevard des Tranchées 36, 1206 Genève. 

- Madame ______ 
Monsieur ______ 

SERVICE DE PROTECTION DES MINEURS 
Case postale 75, 1211 Genève 8. 

- TRIBUNAL DE PROTECTION DE L'ADULTE 
ET DE L'ENFANT. 

 

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C/12799/2006-CS 

EN FAIT 

A.  B______ et A______ sont les parents non mariés de l'enfant C______, né le 

______ 2006. 

 L'enfant a été reconnu par A______ le ______ 2006. 

B. a) Le 18 mai 2015, A______ a saisi le Tribunal de protection de l'adulte et de 

l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) d'une requête tendant à ce que 

l'autorité parentale conjointe soit instituée, et à ce que la garde sur l'enfant soit 

instaurée de manière partagée et alternée.  

 b) B______ s'est opposée à cette requête par écriture du 8 juin 2015. 

 Elle s'est prévalue des rapports extrêmement tendus qu'entretiennent les parties 

depuis plusieurs années, du comportement du père qui l'inquiétait profondément, 

de leurs divergences éducatives et de la grande pression qu'il exerçait sur leur fils. 

 c) Le Service de protection des mineurs (ci-après : le SPMi) a établi un rapport 

d'évaluation sociale le 18 septembre 2015. Il a préconisé d'instituer l'autorité 

parentale conjointe, d'exhorter les parties à la médiation, et de fixer les modalités 

des relations personnelles à raison d'un week-end sur deux, du vendredi 16h00 au 

lundi 8h00, d'une nuit dans la semaine, du mercredi 11h30 au jeudi 8h00, et de la 

moitié des vacances scolaires. 

 A l'appui de ses recommandations, le SPMi a relevé qu'une mésentente profonde 

séparait les deux parents, qui ne justifiait toutefois pas qu'il soit renoncé à 

instaurer l'autorité parentale conjointe, dès lors que le père respectait son droit de 

visite et son obligation d'entretien. Il n'avait, en outre, jamais entravé la prise de 

décisions importantes relatives à la scolarité ou la santé de l'enfant, et l'exercice 

exclusif de l'autorité parentale n'avait pas empêché le conflit parental de 

s'installer. Par ailleurs, les inquiétudes de la mère en relation avec la prise en 

charge du mineur par le père n'étaient pas relayées par la grand-mère paternelle ni 

constatées par le pédopsychiatre. Il convenait toutefois que les parties soient 

exhortées à la médiation, afin qu'elles retrouvent une communication parentale 

fonctionnelle et dépassent leur conflit qui était préjudiciable à leur enfant.  

 Une garde partagée n'était en l'état pas envisageable au regard du conflit parental, 

de sorte qu'il convenait de constater judiciairement les modalités de visite en 

place, dès lors qu'elles étaient adéquates, qu'elles permettaient aux parents d'éviter 

de se rencontrer au moment du passage de l'enfant, et qu'elles étaient respectées 

par ces derniers. 

 d) Les parents se sont déterminés sur ce rapport par écritures du 27 octobre 2015.  

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C/12799/2006-CS 

 B______ a persisté dans ses conclusions en rejet de la requête en attribution de 

l'autorité parentale conjointe et d'instauration d'une garde alternée. Elle a relevé 

que A______ n'avait eu de cesse d'attiser le conflit parental en proférant des 

menaces, en ayant des exigences sans lien avec la réalité et en contactant son 

employeur, au risque de lui faire perdre son emploi. Il s'opposait ou compliquait la 

prise en charge de leur enfant au niveau scolaire et extrascolaire, et sur des 

questions spirituelles. On ne pouvait donc exiger d'elle qu'elle doive faire face à 

l'opposition constante du père et en arriver à se tourner vers la justice pour faire 

trancher leurs différends concernant leur enfant. 

 A______ a indiqué qu'il souhaitait être associé à la prise des décisions importantes 

concernant son fils, et que l'instauration de l'autorité parentale conjointe était 

susceptible de les contraindre à retrouver un moyen de communiquer s'agissant de 

leur enfant. Il désirait également être impliqué dans le quotidien de son fils, de 

sorte qu'une garde partagée ne devait pas lui être refusée du fait de l'attitude de la 

mère, alors qu'il avait les compétences et la disponibilité pour le prendre en 

charge. 

 e) Lors de l'audience du 30 novembre 2015, la représentante du SPMi a confirmé 

les termes de son rapport, et a précisé qu'une expertise psychiatrique de la famille 

permettrait de dégager des pistes aux fins d'aider le mineur et ses parents dans 

leurs difficultés actuelles. 

 B______ a expliqué avoir longtemps cherché à apaiser la situation, être désormais 

démunie et n'être plus en mesure d'adresser la parole à A______. Elle agréait aux 

modalités de visite préconisées par le SPMi, relevait que la grand-mère paternelle 

s'occupait de plusieurs aspects de la prise en charge de l'enfant, de sorte qu'elle 

doutait des disponibilités réelles du père. 

 A______ a relevé que la communication avec B______ était possible en cas de 

besoin, précisant que cette dernière devrait changer de psychiatre et d'avocat afin 

de permettre un apaisement de la situation. Il était favorable à toute mesure 

d'accompagnement susceptible d'améliorer la situation, pour autant que les 

démarches se fassent après le prononcé de l'autorité parentale conjointe et n'en 

soient pas le préalable. 

C. a) Par ordonnance DTAE/5719/2015 datée du 30 novembre 2015, notifiée à 

A______ le 7 mars 2016, le Tribunal de protection a, sur mesures provisionnelles, 

réservé à A______ un droit de visite qui s'exercerait, sauf accord contraire entre 

les parties, un week-end sur deux, du vendredi 16h00 au lundi 8h00, une nuit dans 

la semaine du mercredi 11h30 au jeudi 8h00, ainsi que la moitié des vacances 

scolaires (ch. 1 du dispositif), et exhorté les parties à entreprendre une médiation 

auprès de l'antenne de médiation de l'ASTURAL (ch. 2). Il a, sur le fond, ordonné 

une expertise psychiatrique familiale (ch. 3) et imparti un délai à la mère, au père 

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et au SPMi pour déposer la liste des questions qu'ils souhaitaient voir posées à 

l'expert. 

 b) Par acte expédié le 17 mars 2016, A______ recourt contre cette ordonnance en 

tant qu'elle prononce des mesures provisionnelles. Il ne prend pas de conclusions 

formelles en annulation de cette décision, mais demande à la Chambre de 

surveillance d'instaurer l'autorité parentale conjointe à titre provisionnel.  

 Il fait état du comportement ingérable de son fils à l'école, des changements 

d'établissement scolaire de l'enfant décidés par sa mère, de son exclusion, en tant 

que père, de la gestion de l'éducation et de la scolarité de son fils.  

 Il reproche au Tribunal de protection de ne lui avoir octroyé aucun des droits 

parentaux qu'il sollicite, demande à ne plus être exclu de l'autorité parentale sur 

son fils C______, estimant que le maintien de la situation tel qu'il résulte de 

l'ordonnance querellée implique le maintien du statu quo sur le long terme.  

 A l'appui de son recours, il produit cinq pièces nouvelles. 

 c) Le Tribunal de protection a indiqué qu'il n'entendait pas reconsidérer sa 

décision. 

 d) Le SPMi a confirmé les termes de son rapport établi le 18 septembre 2015, 

ainsi que le préavis exprimé dans ce cadre. 

 e) Dans son écriture de réponse, B______ conclut à l'irrecevabilité du recours, 

subsidiairement à son rejet et à la confirmation de l'ordonnance du 

30 novembre 2015, avec suite de frais et dépens. 

 f) Les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger par avis du 

4 avril 2016. 

EN DROIT 

1. 1.1 Les décisions de l'autorité de protection relatives à des mesures 

provisionnelles peuvent faire l'objet d'un recours dans les dix jours à compter de 

leur notification (art. 445 al. 3 CC; art. 314  al. 1 CC) auprès de la Chambre de 

surveillance de la Cour de justice (art. 53 al. 1 LaCC). 

Le recours doit être dûment motivé et interjeté par écrit auprès du juge (art. 450  

al. 3 CC). 

En l'espèce, le recours a été interjeté en temps utile, et les motifs exposés par le 

recourant permettent, malgré l'absence de conclusions formelles énoncées, de 

comprendre les griefs qu'il dirige contre la décision querellée. Le recours est en 

conséquence recevable. 

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 1.2 Les pièces nouvellement déposées devant la Chambre de céans sont 

recevables : l'art. 53 LaCC, qui régit de manière exhaustive les actes accomplis 

par les parties en seconde instance, à l'exclusion du CPC (art. 450 f CC cum 

art. 31 al. 1 let. c et let. d a contrario LaCC) ne stipulant aucune restriction en 

cette matière. 

 1.3 La cognition de la Chambre de surveillance est complète (art. 446 CC).  

2. Le recourant reproche au Tribunal de protection de n'avoir pas instauré l'autorité 

parentale conjointe à titre provisionnel.  

 2.1 En l'absence de déclaration commune des parents, l'autorité de protection 

institue l'autorité parentale conjointe à moins que le bien de l'enfant ne commande 

que la mère reste seule détentrice de l'autorité parentale ou que cette dernière soit 

attribuée exclusivement au père (art. 298b al. 2 CC).   

 L'autorité de protection prend, d'office ou à la demande d'une des parties à la 

procédure, toutes les mesures provisionnelles nécessaires pendant la durée de la 

procédure. Elle peut notamment ordonner une mesure de protection à titre 

provisoire (art. 445 al. 1 CC). Elle prend notamment les mesures nécessaires pour 

protéger l'enfant si son développement est menacé et que les père et mère n'y 

remédient pas d'eux-mêmes ou soient hors d'état de le faire (art. 307 al. 1 CC).  

 Les mesures provisionnelles doivent être nécessaires et appropriées (STECK, 

Protection de l'adulte, LEUBA/STETTLER/BÜCHLER/HÄFELI (éd.), 2013, n. 11 

ad art. 445 CC). 

 2.2 Dans la décision querellée, le Tribunal de protection a ordonné une expertise 

familiale en vue de se déterminer sur l'instauration de l'autorité parentale conjointe 

requise par le recourant. Il a en conséquence, pour la durée de la procédure, réglé 

les modalités des relations personnelles entre l'enfant et son père, et exhorté les 

parents à entreprendre une médiation en vue d'apaiser leur conflit.  

 Ces mesures sont appropriées en ce qu'elles répondent au bien de l'enfant. Elles  

ne sont au demeurant pas remises en cause par le recourant.  

 L'exercice en commun de l'autorité parentale que requiert le recourant à titre 

provisionnel ne se justifie en revanche pas en l'état. L'enfant est, depuis sa 

naissance, soumis à l'autorité parentale exclusive de sa mère. L'expertise familiale 

ordonnée par le Tribunal de protection permettra de déterminer si l'exercice 

conjoint de cette autorité par les parties n'est pas préjudiciable à l'enfant au regard 

de la profonde mésentente qui les oppose et de leurs graves difficultés de 

communication. Dans l'attente du résultat de cette expertise, un changement de la 

situation actuelle de l'enfant ne se justifie pas : l'intérêt de l'enfant n'apparaît en 

particulier pas exiger que l'autorité parentale soit exercée en commun par ses 

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parents avant que le Tribunal de protection puisse se prononcer sur cette question 

sur le fond. 

 Le recours sera en conséquence rejeté, et l'ordonnance entreprise confirmée. 

3. La procédure n'est pas gratuite. Dans la mesure où il succombe, les frais de la 

procédure seront mis à la charge du recourant à hauteur de 400 fr., compensés 

entièrement par l'avance de frais effectuée, qui reste acquise à l'Etat 

(art. 77 LaCC).  

 Il n'y a pas lieu d'allouer des dépens. 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté le 17 mars 2016 par A______ contre l'ordonnance 

DTAE/5719/2015 rendue par le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant le 30 

novembre 2015 dans la cause C/12799/2006-7. 

Au fond : 

Le rejette et confirme l'ordonnance attaquée. 

Sur les frais :  

Arrête les frais de la procédure à 400 fr., les met à la charge de A______ et les compense 

en totalité avec l'avance de frais effectuée, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens.  

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Mesdames Paola CAMPOMAGNANI et 

Ursula ZEHETBAUER GHAVAMI, juges; Madame Carmen FRAGA, greffière. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours: 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 

suivent sa notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le 

Tribunal fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.