# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ed4259af-aaec-563d-83b5-49e7fe93c6fe
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 1992-11-02
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 02.11.1992 FI.1992.0042
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_FI-1992-0042_1992-11-02.html

## Full Text

canton de vaud

TRIBUNAL ADMINISTRATIF

- A R R E T -

du 2 novembre 1992

__________

sur le recours interjeté par la société X.________
Frères SA, à Y.________, 

contre

 

la décision rendue par l'Administration
cantonale des impôts (ci-après : l'ACI) le 12 décembre 1991 (prononcé
d'amende). 

***********************************

 

Statuant à huis clos, 

le Tribunal administratif, composé de

MM.     J.-C. de Haller, président

            R. Lavanchy, assesseur

            V. Pelet, assesseur

Greffier : M. C. Parmelin, sbt

constate en fait :

______________

A.                     La société X.________
Frères SA (ci-après : la société) exploite une entreprise de maçonnerie à
Y.________. Elle emploie des travailleurs étrangers au bénéfice d'un permis de
séjour. 

B.                     Le 20 août 1991, la
Commission d'impôts et recette du district de Y.________ (ci-après : la
Commission d'impôts) a adressé à la société une sommation l'enjoignant de lui
payer, dans les 10 jours, le montant des impôts prélevés à la source durant le
deuxième trimestre 1991 en application des règles sur la perception à la source
des impôts dus sur les salaires des employés et ouvriers étrangers. Etait
jointe à cet envoi la lettre-circulaire de l'ACI énonçant les obligations de
l'employeur. Ces deux documents mentionnaient également les sanctions auxquelles
l'employeur s'expose en cas d'inobservation de ses obligations.

                        Le 25 septembre
1991, la recourante a versé la somme de Fr. 15'041,50, correspondant aux impôts
retenus pour le 2ème trimestre 1991.

C.                    Par décision du 12
décembre 1991, l'ACI a infligé à la société une amende de Fr. 500.- pour
n'avoir pas produit dans les délais légaux les décomptes trimestriels de
paiement afférents au second trimestre 1991, ni versé aucune retenue d'impôts à
l'autorité fiscale pour cette période.

D.                    Par lettre du 13
décembre 1991, la société a recouru contre la décision précitée. Elle admet ne
pas avoir respecté le délai, mais soutient que le retard est dû à la période
des vacances et à l'absence de la responsable de la comptabilité.

E.                     L'ACI a déposé ses
observations par mémoire du 27 mai 1992. Elle conclut au rejet du recours,
mettant notamment en évidence le fait que la société enfreint régulièrement
depuis 1990 les dispositions en matière de perception d'impôts à la source et
paie les montants dus avec d'importants retards.

G.                    Le Tribunal
administratif a statué sans débats dans sa séance du 27 octobre 1992.

Considère en droit :

_________________

1.                     A teneur des art. 125
LI et 6 al. 1 du règlement du 12 décembre 1980 sur la perception et
l'imposition à la source (ci-après : le règlement), l'employeur est responsable
du paiement de l'impôt retenu à la source sur les salaires des employés
étrangers et doit en effectuer périodiquement le règlement auprès de l'autorité
fiscale; il est également tenu de fournir à cette autorité tous les
renseignements utiles à la perception de l'impôt, ce qui signifie qu'il doit
adresser trimestriellement à celle-ci le formulaire de décompte de paiement,
cela même s'il n'a pas occupé du personnel étranger soumis à l'impôt à la
source durant une période (voir lettre-circulaire de l'ACI).

                        En vertu de l'art. 7
du règlement, les retenues effectuées doivent être versées à l'autorité fiscale
trimestriellement, aux termes d'échéance des 31 mars, 30 juin, 30 septembre et
31 décembre (al. 1), dans un délai fixé par le Département des finances (al.
3), délai qui a été arrêté à 30 jours (voir Instructions concernant la
perception à la source de l'impôt sur leur salaire par les employés et ouvriers
étrangers, chiffre VI, p. 3).

2.                     La recourante ne
conteste pas le retard que lui reproche l'autorité intimée. Il ne fait dès lors
aucun doute qu'elle a contrevenu aux dispositions précitées et qu'elle s'expose
à une amende.

3.                     En vertu de l'art.
131 al. 1 LI, l'employeur qui enfreint, intentionnellement ou par négligence,
les dispositions des articles 19 al. 4 et 125 LI est frappé d'une amende de Fr.
50.- à Fr. 25'000.- prononcée par le Département des finances. 

                        Selon la
jurisprudence développée par la Commission cantonale de recours en matière
d'impôts et reprise par le Tribunal administratif (Tribunal administratif,
arrêt FI 92-017 du 4 septembre 1992), le montant de l'amende doit être fixé en
tenant compte de l'ensemble des circonstances de la cause, du degré de la
faute, de l'importance des montants soustraits et de l'attitude du contribuable
lors de l'instruction. La jurisprudence récente du Tribunal fédéral (inaugurée
dans l'ATF 114 1b 32), fondée sur l'art. 6 CEDH, a posé le principe selon
lequel l'autorité de recours doit disposer d'un plein pouvoir d'examen dans
l'appréciation du bien-fondé d'une amende fixée par une autorité
administrative.

4.                     Dans le cas d'espèce,
le tribunal constate que la recourante, tout en reconnaissant devoir transférer
à l'autorité fiscale des montants d'impôts prélevés à la source et dont le
délai de paiement est échu depuis le 31 juillet 1991, a retenu les sommes dues
pendant près de deux mois. De plus, la recourante n'a même pas pris la peine de
répondre à la sommation du 20 août 1991, ni de se mettre à jour. 

                        Elle ne saurait faire
valoir les perturbations résultant des vacances. D'une part, un employeur doit
prendre ses dispositions pour respecter ses obligations même lorsque son
personnel - ou une partie de celui-ci - est en vacances, ce qui est une
situation normale, se reproduisant chaque année. D'autre part, la recourante a
accumulé des retards dans le versement des retenues à la source tout au long de
l'année 1991, sans que l'explication des vacances puisse justifier ces
manquements. L'amende qui lui a été infligée est donc certainement justifiée
dans son principe.

                        Il en est de même de
la quotité de cette amende, le tribunal constatant que l'autorité intimée s'en
est tenu à un montant correspondant aux chiffres inférieurs de l'échelle prévue
par l'art. 131 LI. Si l'on admet que, comme toute sanction administrative, une
amende fiscale doit être proportionnée à l'infraction, doit tenir compte de la
gravité objective de celle-ci, le cas échéant de la faute, et doit être assez
rigoureuse pour prévenir une récidive (voir ATF 108 Ib 166, considérant 5b), on
ne saurait en aucun cas retenir qu'une amende de Fr. 500.- est
disproportionnée, compte tenu des montants retenus et non versés (plus de Fr.
15'000.-) et de la manière dont la recourante a accumulé les retards dans les
périodes antérieures et postérieures au 2ème semestre de 1991.

5.                     Le recours est ainsi
rejeté et un émolument que le tribunal arrête à Fr. 200.-, somme compensée par
l'avance de frais déposée en cours de procédure, doit être mis à la charge de
la recourante (art. 55 LJPA). 

Par ces motifs,

le Tribunal administratif

a r r ê t e  :

I.                 Le recours est rejeté; 

II.                La décision de
l'Administration cantonale des impôts du 12 décembre 1991 est confirmée;

III.               L'émolument de justice,
par Fr. 200.- (deux cents francs), somme compensée par le dépôt de garantie
versé en cours de procédure, est mis à charge de la recourante, la société
X.________ Frères SA.

Lausanne, le 2 novembre 1992

Au nom du Tribunal administratif :

 

Le président :                                                                                                  Le
greffier :

 

 

 

 

 

Le présent arrêt est notifié :

- à la recourante, la société
X.________ Frères SA,  à Y.________, sous pli recommandé;

- à l'ACI, rue de la Paix 6, 1014
Lausanne, en 3 exemplaires dont un à l'intention de la Commission d'impôt et
recette de Lausanne-district.