# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 4df9ccf6-258c-532b-b9ad-3038b645c827
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-05-20
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 20.05.2010 A/990/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-990-2010_2010-05-20.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENEVE 

 

POUVOIR JUDICIAIRE 
 

 

DCSO/246/10 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 

17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Commission de 

surveillance des Offices des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance 

en matière de poursuite pour dettes et faillite (art. 56R al. 3 LOJ). Il doit être déposé devant le 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les dix jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière 

de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). Le recours doit être rédigé dans 

une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens 

de preuve, et être signé (art. 42 LTF). 

 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU JEUDI 20 MAI 2010 

Causes jointes A/990/2010, A/991/2010 et A/992/2010, plaintes 17 LP formées le 19 

mars 2010 par G______ SA. 

 

Décision communiquée à : 

- G______ SA  

 
 

- Office des poursuites  

 

 - 2 - 

 

E N   F A I T  

A. Dans le cadre des poursuites par voie de saisie n
os

 09 xxxx35 V, 09 xxxx09 X et 

09 xxxx29 Z dirigées contre A______ SA par G______ SA, cette dernière a 

requis, en date du 18 août 2009, la vente des biens mobiliers saisis figurant au 

procès-verbal de saisie, série n° 09 xxxx09 X, sous ch.1 à 36 et estimés à 8'275 fr. 

 Par courriers des 18 novembre 2009, 4 janvier et 18 février 2010, G______ SA a 

demandé à l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) de donner suite à ses 

réquisitions. 

B. Par trois actes formés le 19 mars 2010, G______ SA a porté plainte pour retard 

injustifié. Elle conclut à ce que l'Office soit prié de lui transmettre immédiatement 

l'avis de vente aux enchères, voire l'acte de défaut de biens. 

 Ces plaintes ont été enregistrées sous causes n
os

 A/990/2010 (poursuite                

n° 09 xxxx35 V), A/991/2010 (poursuite n° 09 xxxx09 X) et A/992/2010 

(poursuite n° 09 xxxx29 Z). 

 Dans ses trois rapports datés du 22 avril 2010, l'Office expose qu'au moment du 

dépôt des réquisitions de vente, la débitrice était déjà au bénéfice d'un sursis à la 

réalisation au sens de l'art. 123 LP pour des poursuites antérieures et qu'elle s'était 

acquittée d'une somme mensuelle de 5'000 fr. jusqu'à fin décembre 2009. Suite 

aux réquisitions de G______ SA, l'Office a informé la poursuivie que cet acompte 

ne suffisait pas à couvrir le montant des nouvelles poursuites au stade de la vente. 

L'administrateur de cette dernière lui ayant déclaré, lors de son audition en 

novembre 2009, qu'elle verserait 15'000 fr. le 19 mars 2010, puis 30'000 fr. d'ici 

fin avril 2010, l'Office a renoncé à procéder à la vente aux enchères avant le mois 

de mai 2010. 

 Interpellé par la Commission de céans, l'Office a complété ses rapports. Il en 

ressort que la poursuivie s'est acquittée, en ses mains, de 15'000 fr. le 19 mars 

2010, 15'000 fr. le 23 avril 2010 et 15'000 fr. le 30 avril 2010, soldant ainsi, en 

particulier, les poursuites dont il est question. L'Office a notamment précisé 

qu'après avoir proposé, en janvier 2010, une vente de gré à gré qui n'a pas été 

acceptée par G______ SA, la poursuivie a sollicité un délai à la mi-février pour 

solder toutes les poursuites de cette dernière, délai qu'elle n'a cependant pu 

respecter. Cela étant, "plusieurs indices" indiquait à l'Office que "ce n'était qu'une 

question de temps" ; en outre la TVA, qui avait reçu entretemps les décomptes qui 

lui manquaient, rectifierait les montants de ses poursuites. L'Office a donc décidé 

d'accorder un "nouveau" sursis à la poursuivie, à condition qu'elle verse 30'000 fr. 

à fin avril 2010. 

 

 - 3 - 

 Par courrier du 4 mai 2010, la Commission de céans a invité G______ SA à lui 

faire savoir, si, au vu des rapports de l'Office et de ses explications 

complémentaires, elle entendait retirer ou maintenir ses plaintes et, dans cette 

dernière hypothèse, pour quels motifs. 

 L'intéressée a répondu qu'elle maintenait ses plaintes, indiquant : "Les poursuites 

faisant l'objet de nos plaintes viennent juste d'être soldées par l'Office des 

poursuites, soit plus de 8 mois après l'envoi des réquisitions de vente. Nos 

plaintes contre l'Office des poursuites étaient donc parfaitement justifiées". 

 

E N   D R O I T  

1. La Commission de céans est compétente pour statuer sur les plaintes formées en 

application de la LP (art. 10 al. 1 LaLP ; art. 56R al. 3 LOJ) contre des mesures 

non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l’espèce, pour déni de justice 

ou retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP). 

Une plainte pour déni de justice ou retard injustifié peut être formée en tout temps 

(art. 17 al. 3 LP). 

En tant que poursuivante, la plaignante a qualité pour se plaindre d’un retard 

injustifié dans le traitement de ses réquisitions de vente. 

Ses plaintes satisfont aux exigences de forme et de contenu prescrites par la loi 

(art. 13 al. 1 et 2 LaLP). 

Elles sont donc recevables. 

2. Conformément à l'art. 70 LPA, applicable par renvoi de l'art. 13 al. 5 LaLP, les 

causes A/990/2010, A/991/2010, A/992/2009 seront jointes en une même 

procédure sous cause A/990/2010. 

3.a. L’Office informe le débiteur de la réquisition de réaliser dans les trois jours 

(art. 120 LP). Les biens meubles, y compris les créances, sont réalisés par l’Office 

des poursuites dix jours au plus tôt et deux mois au plus tard à compter de la 

réception de la réquisition de vente (art. 122 al. 1 LP). 

Le délai maximal dans lequel la réalisation doit intervenir est certes un délai 

d'ordre. Sa violation n'affecte pas la validité de la réquisition de vente, mais un 

retard injustifié ou une inaction de l'Office est susceptible d'engager la 

responsabilité du canton (art. 5 LP) et la responsabilité disciplinaire du préposé ou 

des membres du personnel auxquels le retard ou l’inaction est imputable (art. 14 

al. 2 LP; DCSO/259/05 consid. 3 du 12 mai 2005 ; ATF du 7 novembre 1996 

consid. 2 in initio, in SJ 1997 p. 105 ; Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire, ad 

 

 - 4 - 

art. 122 n° 11; Benedikt A. Suter, in SchKG II, ad art. 122 n° 28 ss et 44 s.; Kurt 

Amonn / Fridolin Walther, Grundriss, 7
ème

 éd. 2003, § 11 n° 3 et § 27 n° 6). 

3.b. Si le débiteur rend vraisemblable qu'il peut acquitter sa dette par acomptes et s'il 

s'engage à verser à l'office des acomptes réguliers et appropriés, le préposé peut 

renvoyer la réalisation de douze mois au plus, une fois le premier versement 

effectué (art. 123 al. 1 LP). 

 Un sursis à la réalisation de peut être accordé qu'une fois dans la même poursuite. 

Lorsqu'une série a été constituée (art. 110 al. 1 LP) ou que le ou les mêmes droits 

patrimoniaux sont saisis dans une première et dans une ou des saisies 

subséquentes (art. 110 al. 2 LP), un sursis à la réalisation ne peut être octroyé 

qu'une fois en prenant en considération tous les poursuivants formant une série 

et/ou tous les poursuivants au profit de qui le ou les mêmes droits patrimoniaux 

ont été saisis (Pierre-Robert Gilliéron, op.cit. ad art. 123 n° 22-23). 

 En application de l'art. 123 al. 5 LP, le préposé a la compétence de modifier sa 

décision, d'office ou à la réquisition du poursuivi ou du poursuivant, pour l'adapter 

aux circonstances. 

4. En l'espèce, il appert que, dans le cadre de poursuites antérieures, le poursuivie a 

obtenu un sursis et s'est régulièrement acquittée des acomptes fixés par l'Office. A 

réception des réquisitions de vente de la plaignante, en août 2009, l'Office n'a pas 

modifié sa décision relative au montant de l'acompte. Il a, suite à un entretien avec 

la poursuivie en novembre 2009, décidé de "surseoir" à la vente moyennant 

versement de 15'000 fr. le 15 mars 2010, puis de 30'000 fr. le 31 avril 2010, 

sommes dont la débitrice s'est acquittée dans les délais. 

 Il s'ensuit que si l'Office n'a pas suivi à la lettre les prescriptions de l'art. 123 LP, 

les poursuites ayant donné lieu aux réquisitions de vente de la plaignante ont été 

entièrement soldées, ce qui n'eût incontestablement pas été le cas si les actifs 

saisis et estimés à 8'275 fr., - qui faisaient d'ailleurs déjà l'objet d'une précédente 

saisie - avaient dû être réalisés par voie d'enchères publiques. A teneur du procès-

verbal de saisie, série n
o
 09 xxxx09 X, établi le 4 juin 2009, le montant des 

poursuites, en capital et intérêts, s'élevait, en effet, à 29'098 fr. 

 Les présentes plaintes sont donc devenues sans objet, ce que la Commission de 

céans - qui relève qu'il incombait à l'Office d'informer la plaignante des suites 

données à ses réquisitions - constatera.  

 La cause A/990/2010 sera rayée du rôle.  

 

*  *  *  *  *  

 

 - 5 - 

 

P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

 

Préalablement : 

Joint les causes A/990/2010, A/991/2010 et A/992/2010 en une même procédure sous 

cause A/990/2010. 

A la forme : 

Déclare recevables les plaintes pour retard injustifié formées le 19 mars 2010 par 

G______ SA dans le cadre des poursuites n
os

 09 xxxx35 V, 09 xxxx09 X et                  

09 xxxx29 Z. 

Au fond : 

1. Constate qu'elles sont devenues sans objet en cours de procédure.  

2. Raye la cause A/990/2010 du rôle.  

 

Siégeant : Mme Ariane WEYENETH, présidente ; Mme Florence CASTELLA,               
juge assesseure, et M. Yves DE COULON, juge assesseur suppléant.  

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 

Véronique PISCETTA      Ariane WEYENETH 

           Greffière :                         Présidente : 

 

 

La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par courrier 

recommandé aux autres parties par la greffière le