# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 27b3f9f6-6622-5f2a-95b1-a0da64ad1bcc
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-02-04
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 04.02.2014 E-194/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-194-2014_2014-02-04.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour V 

E-194/2014 

 

 

 

 A r r ê t  d u  4  f é v r i e r  2 0 1 4  

Composition 

 
Jean-Pierre Monnet (président du collège),  

Gérard Scherrer, Regula Schenker Senn, juges, 

Anne-Laure Sautaux, greffière. 

 

 
 

Parties 

 
A._______, né le (…), Irak,   

représenté par Caritas Jura, (…), 

recourant,  

 
 

 
contre 

 

 
Office fédéral des migrations (ODM), 

Quellenweg 6, 3003 Bern,    

autorité inférieure. 

 

Objet 

 
Déni de justice (retard injustifié) ; 

N (…). 

 

 

E-194/2014 

Page 2 

Vu 

la demande d’asile déposée le 15 juillet 2010 en Suisse par le recourant, 

les procès-verbaux des auditions des 19 et 28 juillet 2010, 

les lettres des 22 août 2011, 21 décembre 2011, 8 octobre 2012 et 

20 novembre 2012, par lesquelles le recourant (agissant en son propre 

nom) s'est enquis du stade d'avancement de la procédure et a demandé 

qu'une décision soit rendue, en se plaignant du fait que son statut de 

requérant d'asile l'empêchait de travailler et d'entamer un processus 

d'intégration en Suisse,  

le courrier du 17 octobre 2012, par lequel les autorités du canton 

d'attribution du recourant ont produit, au nom de celui-ci, un permis de 

conduire irakien, 

la lettre du 30 avril 2013, par laquelle le neurologue du recourant a 

demandé à l'ODM qu'une décision soit rendue rapidement concernant 

celui-ci, en indiquant que la prolongation de son statut (temporaire) de 

requérant d'asile était susceptible de nuire à son état de santé,  

le jugement en audience du 4 octobre 2013 (dont l'ODM a reçu une copie 

le 14 janvier 2014), par lequel le juge pénal du Tribunal de première 

instance du canton d'attribution du recourant a libéré celui-ci de la 

prévention de lésions corporelles simples, éventuellement graves, 

infractions prétendument commises le 21 juin 2011, 

la lettre du 5 décembre 2013, par laquelle l'ODM "faisant suite à ses 

récentes demandes", a répondu au recourant que sa demande d'asile 

était en cours de traitement et qu'il allait prochainement être invité à 

Wabern pour "la suite de l'instruction de [son] dossier", 

le recours interjeté le 14 janvier 2014 auprès du Tribunal administratif 

fédéral (ci-après : Tribunal), par lequel le recourant a conclu à ce que 

l'ODM soit invité à statuer sur sa demande d'asile, sous suite de dépens, 

et a sollicité l'assistance judiciaire partielle, 

 

 

 

E-194/2014 

Page 3 

et considérant 

qu'aux termes de l'art. 46a de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la 

procédure administrative (PA, RS 172.021) intitulé "déni de justice et 

retard injustifié", le recours est recevable si, sans en avoir le droit, 

l'autorité saisie s'abstient de rendre une décision sujette à recours ou 

tarde à le faire, 

qu'un tel recours est de la compétence de l'autorité qui aurait été 

compétente pour connaître d'un recours contre la décision attendue 

(cf. ATAF 2008/15 consid. 3.1.1 in initio ; voir aussi MARKUS MÜLLER, in : 

Auer/Müller/Schindler [éd.], Kommentar zum Bundesgesetz über das 

Verwaltungsverfahren [VwVG], Zurich/St Gall 2008, art. 46a, n
o
 3), 

que c'est le Tribunal qui aurait été compétent pour connaître d'un recours 

contre une décision de l'ODM concernant l'asile (cf. art. 31 et 33 let. d 

LTAF et art. 105 LAsi), 

que le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent recours 

pour retard injustifié de l'ODM à statuer sur la demande d'asile du 

recourant, 

que la procédure devant le Tribunal est régie par la PA, pour autant que 

ni la LAsi ni la LTAF n'en disposent autrement (cf. art. 6 LAsi et art. 37 

LTAF), 

que le Tribunal statue de manière définitive, le présent arrêt devant être 

considéré comme une décision rendue en matière d'asile (cf. art. 83 let. d 

ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110] ; 

arrêt du Tribunal fédéral 2C_201/2009 du 22 juin 2009), 

que, selon la jurisprudence, le dépôt d'un recours pour déni de justice ou 

retard injustifié suppose que l'intéressé ait non seulement requis de 

l'autorité compétente qu'elle rende une décision, mais ait également un 

droit à se voir notifier une telle décision, 

qu'un tel droit existe lorsqu'une autorité est tenue, de par le droit 

applicable, d'agir en rendant une décision, et que l'intéressé qui s'en 

prévaut a la qualité de partie, selon l'art. 6 PA en relation avec l'art. 48 

al. 1 PA (cf. ATAF 2010/29 consid. 1.2.2 et réf. cit., ATAF 2009/1 consid. 3, 

ATAF 2008/15 consid. 3.2), 

que ces conditions sont remplies dans le cas d'espèce,  

E-194/2014 

Page 4 

que, déposé par ailleurs dans la forme prescrite par la loi (cf. art. 52 al. 1 

PA), le recours est recevable, 

que le recourant a fait valoir une violation de l'art. 29 al. 1 de la 

Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst., 

RS 101),  

qu'aux termes de cette disposition, toute personne a droit, dans une 

procédure judiciaire ou administrative, à ce que sa cause soit traitée 

équitablement et jugée dans un délai raisonnable, 

que cette disposition consacre le principe de célérité ou, en d'autres 

termes, prohibe le retard injustifié à statuer, 

que l'autorité viole cette garantie constitutionnelle lorsqu'elle ne rend pas 

la décision qu'il lui incombe de prendre dans le délai prescrit par la loi ou 

dans un délai que la nature de l'affaire, ainsi que toutes les autres 

circonstances, font apparaître comme raisonnable, 

que le caractère raisonnable de la durée de la procédure s'apprécie sur la 

base d'éléments objectifs, tels que le degré de complexité de l'affaire, le 

temps qu'exige l'instruction de la procédure, l'enjeu que revêt le litige pour 

l'intéressé, ou encore le comportement de ce dernier et celui des 

autorités compétentes (cf. JÉRÔME CANDRIAN, Introduction à la procédure 

administrative fédérale, Bâle 2013, p. 74), 

qu'il n'est pas important de savoir si l'autorité a, ou non, commis une 

faute, 

qu'est déterminant uniquement le fait que l'autorité agit ou non dans les 

délais légaux ou, à défaut, dans des délais raisonnables, 

qu'il faut examiner si les circonstances concrètes qui ont conduit à la 

prolongation de la procédure sont objectivement justifiées, 

qu'il appartient à l'intéressé d'entreprendre ce qui est en son pouvoir pour 

que l'autorité fasse diligence, que ce soit en l'invitant à accélérer la 

procédure ou en recourant, le cas échéant, pour retard injustifié, 

qu'en ce qui concerne l'autorité, on ne saurait lui reprocher quelques 

"temps morts", qui sont inévitables dans une procédure, 

E-194/2014 

Page 5 

qu'ainsi, pour autant qu'aucun de ces temps morts ne soit d'une durée 

vraiment choquante, c'est l'appréciation d'ensemble qui prévaut, 

que des périodes d'intense activité peuvent donc compenser le fait que le 

dossier ait été momentanément laissé de coté en raison d'autres affaires, 

qu'en revanche, une organisation déficiente, un manque de personnel ou 

une surcharge structurelle ne peuvent justifier la lenteur excessive d'une 

procédure (cf. décision du Tribunal fédéral 12T_3/2011 du 21 décembre 

2011 consid. 1.2 ; ATF 130 I 312 consid. 5 et réf. cit., ATF 130 IV 54 

consid. 3.3.3 et réf. cit., ATF 108 V 13 consid. 4c ; AUER / MALINVERNI / 

HOTTELIER, Droit constitutionnel suisse, vol. II, 2
e
éd., Berne 2006, p. 

587 ss, par. 1267 à 1285 ; UHLMANN / WÄLLE-BÄR, in : Praxiskommentar 

VwVG, Zurich / Bâle / Genève 2009, art. 46a, n
o
 19, p. 930 s. ; MARKUS 

MÜLLER, op. cit., n
o
 6 ad. art. 46a), 

que les décisions prises en vertu des art. 38 à 40 LAsi (dans leur teneur 

avant l'entrée en vigueur, le 1
er
 février 2014, de la modification législative 

du 14 décembre 2012) doivent, en règle générale, être rendues dans les 

vingt jours ouvrables qui suivent le dépôt de la demande (art. 37 al. 2 

LAsi, selon sa teneur antérieure), 

que, lorsque d'autres mesures d'instruction s'imposent conformément à 

l'art. 41 LAsi (selon sa teneur antérieure), la décision doit, en règle 

générale, être prise dans les trois mois qui suivent le dépôt de la 

demande (art. 37 al. 3 LAsi, selon sa teneur antérieure), 

que ne sont méconnus ni la surcharge de l'ODM ni le fait qu'il n'est pas 

en mesure de traiter chaque demande d'asile dans les délais de 

traitement prévus par la loi, de sorte qu'il est inévitable que ceux-ci ne 

puissent être scrupuleusement respectés dans chaque cas, 

qu'en l'espèce, il est toutefois patent que l'ODM est resté inactif depuis 

l'audition sur les motifs le 28 juillet 2010, soit pendant près de trois ans et 

demi jusqu'au dépôt du présent recours, 

que les requêtes tendant à ce qu'il soit statué adressées par écrit à l'ODM 

à compter du 22 août 2011 sont restées sans réponse jusqu'au 

5 décembre 2013, soit pendant plus de deux ans et trois mois à compter 

du dépôt de la première, 

E-194/2014 

Page 6 

que, dans sa réponse du 5 décembre 2013, l'ODM n'a indiqué aucune 

raison objective, qui serait liée au cas particulier et qui ne tiendrait pas à 

des questions d'organisation de l'office, de nature à justifier son inaction, 

qu'au surplus, en ayant excessivement tardé à répondre aux requêtes 

précitées du recourant et faute d'avoir rendu une décision incidente 

invitant celui-ci à se présenter pour une audition complémentaire (en se 

contentant d'annoncer celle-ci dans son courrier du 5 décembre 2013), 

l'ODM a encouragé le dépôt d'un recours pour retard injustifié, 

que, pour cette phase d'inactivité, il n'existe aucune raison objective, 

qu'en définitive, la durée de la procédure devant l'ODM ne correspond 

objectivement pas au déroulement ordinaire d'une affaire, 

que des mesures d'instruction complémentaires, comme l'audition 

complémentaire annoncée le 5 décembre 2013, risquent d'entraîner un 

nouveau retard dans la procédure, 

que l'ODM devra donc s'assurer qu'elles interviennent d'autant plus vite 

qu'il a tardé à les diligenter (cf. arrêt du Tribunal fédéral 8C_1014/2012 du 

3 juillet 2013 consid.7.1), 

qu'au vu de ce qui précède, force est de reconnaître que la procédure n'a 

pas été menée dans un délai raisonnable au sens de l'art. 29 al. 1 Cst., 

ce d'autant moins qu'elle n'est toujours pas prête à être jugée, 

que, par conséquent, le recours pour retard injustifié doit être admis, 

qu'il est enjoint à l'ODM de clore rapidement l'instruction et de rendre une 

décision au plus vite, 

qu'il est renoncé à un échange d'écritures (cf. art. 111a al. 1 LAsi), 

que, le recourant ayant eu gain de cause, il n'y a pas lieu de percevoir de 

frais de procédure (cf. art. 63 al. 3 PA a contrario), 

que la demande d'assistance judiciaire partielle devient donc sans objet, 

que le recourant a droit à des dépens pour les frais indispensables 

encourus par la présente procédure de recours (cf. art. 64 al. 1 PA et 

art. 7 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

E-194/2014 

Page 7 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, 

RS 173.320.2]), 

qu'il a produit un décompte indiquant deux périodes de 0,5 heure à un 

tarif horaire de 400 francs et une période de 2,5 heures à un tarif horaire 

de 240 francs,  

que ces tarifs horaire ne correspondent à aucune réalité objectivement 

étayée et ne peuvent dès lors être pris en considération, 

que, selon l'art. 10 al. 2 FITAF, le tarif horaire pour les mandataires 

professionnels n'exerçant pas la profession d'avocat, est de 100 francs 

au moins et de 300 francs au plus, 

que, compte tenu des pièces du dossier, du contenu du recours et de 

l'absence de complexité de l'affaire, il paraît équitable d'allouer au 

recourant une indemnité de 300 francs à titre de dépens (à raison de 

deux heures retenues comme temps indispensable consacré à la 

présente procédure par le mandataire à 150 francs), à charge de l'ODM, 

 

 

 

(dispositif : page suivante) 

  

E-194/2014 

Page 8 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis. 

2.  

Il est enjoint à l'ODM de clore rapidement l'instruction et de rendre une 

décision au plus vite. 

3.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. 

4.  

La demande d'assistance judiciaire partielle est sans objet. 

5.  

L'ODM versera au recourant le montant de 300 francs à titre de dépens. 

6.  

Le présent arrêt est adressé au mandataire du recourant, à l'ODM et à 

l'autorité cantonale concernée. 

 

Le président du collège : La greffière : 

  

Jean-Pierre Monnet Anne-Laure Sautaux 

 

 

Expédition :