# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3ba685bb-27d2-57a1-8ce1-77b64dd05773
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2018-10-02
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 02.10.2018 D-7174/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-7174-2017_2018-10-02.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour IV 

D-7174/2017 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2  o c t o b r e  2 0 1 8  

Composition 
 Gérard Scherrer, juge unique,  

avec l’approbation de Claudia Cotting-Schalch, juge; 

Michel Jaccottet, greffier. 

   

Parties 
 A._______,  

né le (…), 

Erythrée,   

représenté par Philippe Stern,  

Service d’Aide Juridique aux Exilés-e-s (SAJE),  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Qualité de réfugié et renvoi;  

décision du SEM du 28 novembre 2017 / N (…). 

 

 

 

D-7174/2017 

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Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse par A._______, le 14 juin 2015, 

les procès-verbaux des auditions des 30 juin 2005, 7 juillet 2015 et  

4 octobre 2017, lors desquelles l’intéressé a déclaré avoir vécu à 

B._______, où il aurait effectué sa scolarité jusqu’à la sixième année, avant 

de travailler en tant que berger; qu’en 2012, craignant d’être enrôlé à 

l’armée, il aurait quitté de manière illégale son pays et aurait rejoint la 

Suisse, le 14 juin 2015,  

la décision du 28 novembre 2017, par laquelle le SEM, faisant application 

de l’art. 3 LAsi (RS 142.31), a rejeté la demande d'asile de l'intéressé, a 

prononcé son renvoi de Suisse et ordonné l’exécution de cette mesure,  

le recours du 19 décembre 2017, par lequel l'intéressé, tout en sollicitant 

l'assistance judiciaire totale, a conclu principalement à l'annulation de ladite 

décision, à la reconnaissance de la qualité de réfugié, subsidiairement, à 

l’octroi d’une admission provisoire, 

l’ordonnance du 21 décembre 2017, par laquelle le Tribunal administratif 

fédéral (le Tribunal) a admis la demande d’assistance judiciaire totale et a 

désigné Philippe Stern mandataire d’office du recourant, 

 

et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l’art. 31 LTAF (RS 173.32), connaît des recours 

contre les décisions au sens de l’art. 5 PA (RS 172.021) prises par les 

autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF, 

qu’en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l’asile 

peuvent être contestées, par renvoi de l’art. 105 LAsi, devant le Tribunal, 

lequel statue alors définitivement, sauf demande d’extradition déposée par 

l’Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. LTF, [RS 

173.110]), exception non réalisée en l'espèce, 

que le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent recours, 

que l'intéressé a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA), 

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que, présenté dans la forme (cf. art. 52 al. 1 PA) et le délai (cf. art. 108 al. 1 

LAsi) prescrits par la loi, le recours est recevable, 

qu'en matière d'asile et sur le principe du renvoi (art. 44 1ère phr. LAsi), le 

Tribunal examine en vertu de l'art. 106 al. 1 LAsi, les motifs de recours tirés 

d'une violation du droit fédéral, notamment pour abus ou excès dans 

l'exercice du pouvoir d'appréciation (let. a), et d'un établissement inexact 

ou incomplet de l'état de fait pertinent (let. b), 

qu'en matière d'exécution du renvoi, le Tribunal examine en sus le grief 

d'inopportunité (art. 112 al. 1 LEtr en relation avec l'art. 49 PA ; voir aussi 

ATAF 2014/26, consid. 5.6), 

qu’à titre liminaire, il convient de constater que l’intéressé n’a motivé son 

recours et pris des conclusions qu’en matière de reconnaissance de la 

qualité de réfugié et de l’exécution du renvoi, si bien que la décision du 

SEM du 28 novembre 2017 a force de chose décidée en ce qui concerne 

le refus de l’asile,  

que sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion, 

de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou 

de leurs opinions politiques (art. 3 al. 1 LAsi ; cf. également ATAF 2010/44 

consid. 3.1‒3.6 p. 619‒621), 

que sont notamment considérées comme de sérieux préjudices la mise en 

danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la liberté, de même que les 

mesures qui entraînent une pression psychique insupportable (art. 3 al. 2 

LAsi), 

que ne sont pas des réfugiés les personnes qui, au motif qu’elles ont refusé 

de servir ou déserté, sont exposées à de sérieux préjudices ou craignent à 

juste titre de l’être, les dispositions de la Convention du 28 juillet 1951 

relative au statut des réfugiés (Conv. réfugiés, RS 0.142.30) étant 

réservées (art. 3 al. 3 LAsi),  

que l’asile n’est pas accordé à la personne qui n’est devenue un réfugié au 

sens de l’art. 3 qu’en quittant son Etat d’origine ou de provenance ou en 

raison de son comportement ultérieur (art. 54 LAsi), 

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que quiconque demande l’asile doit prouver ou du moins rendre 

vraisemblable qu’il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi), 

qu’en l’espèce, l’intéressé soutient que sa fuite illégale d’Erythrée 

additionnée au fait qu’il soit en âge d’être enrôlé pour le service militaire et 

que des membres de sa famille en Suisse soient au bénéfice du statut de 

réfugié sont des éléments qui justifient l’octroi de la qualité de réfugié pour 

des motifs postérieurs à la fuite,  

que, selon l’arrêt du Tribunal D-7898/2015 du 30 janvier 2017 (publié 

comme arrêt de référence), une sortie illégale d’Erythrée ne suffit plus, en 

soi, à justifier la reconnaissance de la qualité de réfugié (consid. 5),  

qu’un risque majeur de sanction en cas de retour ne peut être désormais 

admis qu’en présence de facteurs supplémentaires qui font apparaître le 

requérant d’asile comme une personne indésirable aux yeux des autorités 

érythréennes,  

qu’en l’espèce, contrairement à ce que soutient l’intéressé, de tels facteurs 

font défaut, 

qu’en étant mineur au moment de son départ, il n’avait pas encore atteint 

l’âge d’être recruté, 

qu’il n’a du reste jamais eu de contact avec les autorités civiles ou militaires 

(cf. procès-verbal d’audition [pv.] du 4 octobre 2017, réponses aux 

questions 103 à 105, p. 10 s.), 

qu’il n’a pas connu non plus de problèmes avec des tiers et n’a jamais 

mené d’activités politiques (cf. pv. du 4 octobre 2017 réponses aux 

questions 112 et 113, p. 11), 

qu’il n’a ainsi jamais exercé une quelconque activité d’opposition au régime 

et, de ses déclarations, il ne ressort nullement qu’il était personnellement 

dans le collimateur des autorités érythréennes, 

que la seule présence en Suisse de son frère et de sa sœur, au bénéfice 

de l’asile, respectivement de la qualité de réfugié, ne saurait fonder une 

crainte de persécution en cas de retour en Erythrée, 

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qu’il ne ressort en effet pas de ses déclarations qu’il a été ciblé par des 

mesures étatiques en raison de la désertion de son frère ou du 

comportement de sa sœur, 

qu’il n’a pas non plus soutenu qu’en Erythrée les autres membres de sa 

famille avaient été victimes de sanctions liées à son départ ou à celui de 

son frère et de sa sœur, 

qu’en outre, dans l’arrêt précité, le Tribunal a précisé que le risque d’être 

soumis à l’obligation d’accomplir le service national en cas de retour en 

Erythrée n’est pas non plus pertinent sous l’angle de l’asile, 

l’accomplissement de cette obligation ne devant pas être assimilée à un 

sérieux préjudice qui aurait sa cause dans l’un des motifs exhaustivement 

énumérés à l’art. 3 LAsi, 

que la question de savoir si un enrôlement éventuel au service national 

après son retour en Erythrée constituerait un traitement prohibé par les 

art. 3 et 4 CEDH (RS. 0.101) ou encore par l’art. 3 de la Convention du 10 

décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, 

inhumains ou dégradants (Conv. Torture, RS 0.105) relève de l’examen 

relatif à l’illicéité, respectivement à l’inexigibilité de l’exécution du renvoi (cf. 

arrêt op. cit. consid. 5.1), 

qu’au vu de ce qui précède, le recours, en tant qu’il conteste le refus de 

reconnaissance de la qualité de réfugié pour des motifs subjectifs 

postérieurs à la fuite, doit être rejeté, 

que lorsqu'il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière à 

ce sujet, le SEM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 

ordonne l'exécution (art. 44 LAsi), 

qu’aucune des conditions de l’art. 32 OA 1 (RS 142.311) n’étant réalisée, 

en l’absence notamment d’un droit du recourant à une autorisation de 

séjour ou d’établissement, le Tribunal est tenu de confirmer le renvoi 

(art. 44 LAsi),  

que l'exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 

exigible et possible ; que si ces conditions ne sont pas réunies, l'admission 

provisoire doit être prononcée ; que celle-ci est réglée par les art. 83 et 84 

de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr, RS 142.20), 

applicables par renvoi de l'art. 44 LAsi, 

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que l'exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de non-

refoulement de l'art. 5 LAsi, le recourant n'ayant pas démontré qu'il serait, 

en cas de retour dans son pays, exposé à de sérieux préjudices au sens 

de l'art. 3 LAsi, 

que, pour les mêmes raisons, le recourant n'a pas non plus établi à 

satisfaction de droit un véritable risque concret et sérieux d'être victime, en 

cas de retour en Erythrée, de traitements inhumains ou dégradants (cf. 

art. 3 CEDH et art. 3 Conv. torture), 

qu’un enrôlement éventuel au service national après son retour en Erythrée 

ne constitue pas un traitement prohibé par les art. 3 et 4 CEDH (cf. arrêt 

du Tribunal E-5022/2017 du 10 juillet 2018 consid. 6.1 [prévu à la 

publication]), de sorte que la jurisprudence citée à l’appui de son recours 

n’est pas pertinente, 

qu’aucun autre élément du dossier ne permet de retenir l’existence d’un 

risque pour l’intéressé d’être victime d’un traitement prohibé par les 

dispositions précitées, 

que l'exécution du renvoi s'avère donc licite (cf. art. 83 al. 3 LEtr), 

qu'elle est aussi raisonnablement exigible (art. 83 al. 4 LEtr), dans la 

mesure où elle ne fait pas apparaître une mise en danger concrète du 

recourant,  

que l'Erythrée ne se trouve pas en proie à une guerre, une guerre civile ou 

une violence généralisée (cf. arrêts du Tribunal E-5022/2017 précité, 

consid. 6.2, et D-2311/2016 du 17 août 2017 consid. 17 [publié comme 

arrêt de référence]),  

que le recourant, majeur, n’a pas contesté être en bonne santé, disposer 

d’un important réseau familial dans son pays d’origine, notamment 

[membres de la famille], avec lesquels il a maintenu des contacts (cf. pv. 

du 4 octobre 2017, réponses aux questions 23 à 27, p. 4) et de nombreux 

oncles et tantes, et pouvoir compter sur le soutien financier de son frère et 

de sa sœur en Suisse, 

qu’enfin, si un retour forcé en Erythrée n’est d’une manière générale pas 

possible (cf. arrêts précités E-5022/2017 consid. 6.3 et D-2311/2016 

consid. 19), le recourant, débouté, est tenu d'entreprendre toute démarche 

nécessaire auprès de la représentation de son pays d'origine en vue de 

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l'obtention de documents de voyage lui permettant de quitter la Suisse 

(cf. art. 8 al. 4 LAsi),  

qu’au vu de ce qui précède, le recours en matière de renvoi doit également 

être rejeté, 

que vu l’issue de la cause, il y aurait lieu de mettre des frais de procédure 

à la charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 let. b 

du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), 

que la demande d’assistance judiciaire totale ayant toutefois été admise, il 

y a lieu de statuer sans frais, 

qu’il convient par ailleurs d'allouer une indemnité à titre d'honoraires et de 

débours au mandataire d’office (art. 8 à 11 en relation avec les art. 12 et 

14 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 

173.320.2]),  

qu’en cas de représentation d'office en matière d'asile, le tarif horaire est 

dans la règle de 100 à 150 francs pour les représentants ne bénéficiant 

pas du brevet d’avocat (cf. art. 12 FITAF en lien avec l'art. 10 al. 2 FITAF), 

seuls les frais nécessaires étant indemnisés (cf. art. 8 al. 2 FITAF), 

qu’après examen du décompte du 19 janvier 2017, le Tribunal retient 

l’étude du dossier comprenant la rédaction du mémoire de recours  (120 

minutes) et un entretien avec le client (30 minutes),  

qu’en tenant compte d’un tarif horaire de 150 francs (cf. ordonnance du 

Tribunal du 21 décembre 2017), le Tribunal fixe ainsi l’indemnité due au 

mandataire d’office à 375 francs,  

 

(dispositif page suivante) 

 

 

  

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Il est statué sans frais. 

3.  

Un montant de 375 francs, à charge de la caisse du Tribunal, est versé au 

mandataire d’office à titre d’indemnité. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. 

 

Le juge unique : Le greffier : 

  

Gérard Scherrer Michel Jaccottet 

 

 

Expédition :