# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a8e549c6-f39e-5eb4-a547-41b79ff1940e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2009-08-25
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 25.08.2009 A/1339/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1339-2009_2009-08-25.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1339/2009-AIDSO ATA/419/2009  

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 25 août 2009 

2ème section 

  dans la cause 

 

 

 

 

Monsieur P______ 
 

contre 

HOSPICE GÉNÉRAL 
 

 

- 2/7 - 

A/1339/2009 

EN FAIT 

1.  En décembre 2008, Monsieur P______, né en 1948, célibataire, domicilié 
chemin X______ à Genève, a sollicité une aide financière de l'Hospice général 
(ci-après : l'hospice). 

  Il arrivait en fin de droits au regard de la loi fédérale sur l'assurance 
chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité du 25 juin 1982 (LACI - 
RS 837.0) et il était dans l'attente des prestations du service des mesures 
cantonales (ci-après : SMC). Selon les documents qu'il a produits, ses frais 
mensuels fixes étaient les suivants : 

  - Loyer mensuel : CHF 1'420.- (y compris les charges s'élevant à CHF 195.-
et le téléréseau à CHF 25.--) ; 

  - Assurance maladie de base : CHF 359.- ; 

  Il avait perçu des indemnités de chômage s'élevant à CHF 3'641.- nets en 
novembre 2008 et s'était trouvé en incapacité de travail pour cause de maladie du 
21 novembre au 31 décembre 2008. Durant cette période, il avait reçu des 
indemnités pour perte de gain. 

2.  Par décision du 13 janvier 2009, l'hospice a refusé d'allouer à M. P______ 
les prestations en application de la loi sur l'aide sociale individuelle du 22 mars 
2007 (LASI - J 4 04) pour le mois de décembre 2008, en raison du fait que ses 
ressources dépassaient "les charges admises" de CHF 1'303,40. Selon les barèmes 
résultant de la loi précitée, les charges de l'intéressé s'élevaient à CHF 2'339.- 
alors que ses ressources se montaient à CHF 3'642,40 avec une fortune de 
CHF 3'219,05. 

  Cette décision était susceptible d'opposition dans les 30 jours. 

3.  Le 13 janvier 2009 également, l'hospice a alloué à M. P______ des 
prestations au titre de la LASI à hauteur de CHF 2'557,60 pour le mois de janvier 
2009. M. P______ pouvait prétendre à des prestations à hauteur des montants 
précités, incluant CHF 220.- supplémentaires puisqu'au 1er janvier 2009, il avait 
reçu de la régie un avis de majoration des provisions et des charges. 

  Cette décision était susceptible d'opposition dans les 30 jours également. 

4.  En février 2009, l'hospice a considéré que M. P______ avait travaillé à la 
Migros du 19 au 31 janvier 2009 et réalisé un revenu net de CHF 1'860,15. Il 
pouvait donc bénéficier de prestations au titre de la LASI s'élevant à CHF 818,45. 

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5.  Fin février 2009, M. P______ a perçu un salaire net de CHF 3'702, 20 pour 
son activité d'aide comptable. 

6.  Par décision du 17 mars 2009, l'hospice a refusé toute prestation pour le 
mois de mars 2009, les ressources de l'intéressé dépassant "les charges admises de 
CHF 944,60". 

  Selon les barèmes de la LASI, le montant pour l'entretien de base d'une 
personne seule s'élevait à CHF 960.-. Le loyer de l'intéressé, à hauteur de 
CHF 1'100.-, plus un montant à titre de dépassement de celui-ci de CHF 220.- lui 
ont été octroyés pour ce poste. M. P______ avait droit à un subside pour 
l'assurance maladie s’élevant à CHF 277,60 ainsi qu'à une indemnité FLA (frais 
liés à une activité rémunérée) de CHF 200.- par mois, soit un total de 
CHF 2'757,60. 

  Les ressources de l’intéressé s'étant élevées à CHF 3'702,20, elles 
dépassaient de CHF 944,60 la somme de CHF 2'757,60 qui pouvait lui être 
allouée selon les indications précitées. 

7.  Le 21 mars 2009, M. P______ a formé opposition contre cette décision. Il 
ne comprenait pas les calculs effectués par l'hospice. Ses ressources ne lui 
permettaient pas d'effectuer ses paiements, en particulier, les acomptes 
provisionnels pour les impôts à hauteur de CHF 550.- pour l'ICC et un solde 
CHF 459,05 pour l'IFD. Le montant de CHF 160.- pour l'assurance accident 
n'avait toujours pas été versé à sa caisse maladie. Quant à sa prime d'assurance 
maladie, elle se montait à CHF 350.- par mois. Il ne parvenait pas à honorer tous 
ses paiements.  

8.  Le 31 mars 2009, le directeur de l'hospice a rejeté l'opposition. Selon les 
barèmes prévus par la LASI, qui ne permettaient pas la prise en compte des 
impôts ni des dettes, le calcul résultant de la décision du 21 mars 2009 était exact.  

9.  Par acte posté le 14 avril 2009, M. P______ a recouru contre cette décision 
auprès du Tribunal administratif en concluant implicitement à son annulation et à 
l'octroi de nouvelles prestations "dans l'attente de pouvoir retrouver un emploi 
stable, correctement rémunéré, donc un droit au travail, conformément à la 
déclaration universelle des droits de l'homme". S'il avait réglé l'acompte 
provisionnel de CHF 550.- pour avril 2009, il ne lui serait resté que CHF 260,40 
pour vivre. 

10.  Le 27 avril 2009, le service de l'assurance maladie a informé M. P______ 
que l'hospice l'avait avisé que l'aide allouée par l'Etat - correspondant au subside 
partiel - ne se justifiait plus. Aussi, ce subside serait supprimé dès le 
1er mars 2009. 

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11.  Le 11 mai 2009, M. P______ s'est indigné auprès du SAM de cette décision, 
alors que celle prise le 31 mars 2009 par le directeur de l'hospice faisait l'objet 
d'un recours et n'était donc pas définitive. 

12.  Le 28 mai 2009, l'hospice a conclu au rejet du recours en persistant dans ses 
explications.  

13.  Le 11 juin 2009, M. P______ a écrit au juge délégué qu'il n'avait jamais 
travaillé à la Migros. Le gain de CHF 1'860,15, réalisé en janvier 2009, l'avait été 
dans le cadre de son activité d'aide comptable au département des finances et il 
avait pris cet emploi le 19 et non le 21 janvier 2009. De ce fait, les calculs de ses 
indemnités et de ses revenus étaient erronés. 

  Il s'opposait au fait de pouvoir vivre avec CHF 960.- par mois s'il tenait 
compte d'une somme CHF 600.- pour la nourriture et des acomptes pour les 
impôts. 

14.  Après un échange de correspondance, l'hospice a admis que le recourant 
n'avait jamais travaillé à la Migros. Cependant, il avait bien réalisé les revenus 
susmentionnés dans son activité d'aide comptable. 

15.  Le 24 juin 2009, M. P______ s'est adressé au juge délégué pour savoir si 
son assurance maladie était fondée à lui réclamer la rétrocession du subside 
précité, ladite assurance lui ayant fixé un délai au 1er juillet 2009 pour s'acquitter 
de ce versement. 

16.  A la requête du juge délégué, l'hospice a répondu le 7 juillet 2009 que sa 
décision du 31 mars 2009 refusant l'octroi de prestations au recourant, étant une 
décision négative, elle n'avait pas été déclarée exécutoire nonobstant recours. 

17.  L'hospice a complété sa réponse le 17 juillet 2009 : le subside partiel avait 
été supprimé en l'espèce, mais le recourant pouvait éventuellement demander un 
subside ordinaire. 

18.  Ces lettres ont été transmises au recourant avec la mention que la cause était 
gardée à juger. 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l'organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10 ; art. 52 LASI). 

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2.  a.  Selon l'art. 12 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 
18 avril 1999 (Cst. - RS 101), quiconque est dans une situation de détresse et n'est 
pas en mesure de subvenir à son entretien a le droit d'être aidé et assisté et de 
recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la 
dignité humaine. Le droit constitutionnel fédéral ne garantit toutefois que le 
principe du droit à des conditions minimales d'existence ; il appartient ainsi au 
législateur fédéral, cantonal et communal d’adopter des règles en matière de 
sécurité sociale qui ne descendent pas en dessous du seuil minimum découlant de 
l’art. 12 Cst. mais qui peuvent aller au-delà (Arrêts du Tribunal fédéral 
2P.318/2004 du 18 mars 2005 consid. 3 ; 2P.115/2001 du 11 septembre 2001, 
consid. 2a). 

 b.  En droit genevois, depuis le 19 juin 2007, la LASI concrétise l’art. 12 Cst. 

3.  S'agissant des prestations financières, l'art. 21 al. 1 LASI prévoit que les 
personnes, dont le revenu mensuel déterminant n’atteint pas le montant destiné à 
la couverture des besoins de base et dont la fortune ne dépasse pas les limites 
fixées par le RASI, ont droit aux prestations d'aide financière. 

4.   Les besoins de base se déterminent exhaustivement selon l'art. 21 al. 2 LASI 
et sont complétés par le RASI. Ils comprennent : 

     - le forfait pour l'entretien fixé par le RASI. 

  Il correspond au montant du forfait mensuel de base prévu pour le nombre 
de personnes faisant partie du groupe familial du requérant, sans tenir compte du 
cohabitant (art. 11 let. a RASI). 

  En l'espèce, le recourant perçoit pour son loyer la somme CHF 1'320.- ce 
qui correspond au maximum possible au regard du RASI. 

  - la prime d'assurance maladie obligatoire des soins, mais au maximum le 
montant correspondant à la prime moyenne cantonale fixée par le département 
fédéral de l'intérieur, sous réserve des exceptions temporaires prévues par le RASI 
lesquelles ne sont pas réalisées (ATA/295/2009 du 16 juin 2009). En l'espèce, 
après déduction du subside mensuel de CHF 80.-, l'hospice a tenu compte d'une 
prime d'assurance maladie de CHF 277,60, ce qui correspond à la cotisation 
mensuelle due par l'intéressé à ce titre. Si l'aide de l'hospice est refusée, le subside 
en question n'est plus alloué et il incombe à l'intéressé de rembourser cette somme 
à son assureur maladie. Les décisions prises par l'hospice les 17 et le 31 mars 
2009 sont bien des décisions à contenu négatif, comme l'a écrit l'hospice en 
dernier lieu de sorte que l'opposition, respectivement le recours à leur encontre 
n'emporte pas d'effet suspensif. Cet élément mériterait toutefois d'être spécifié par 
l'autorité dans ses décisions afin que le destinataire de celles-ci puisse comprendre 

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qu'elles sont immédiatement exécutoires et solliciter, cas échéant des mesures 
provisionnelles. 

5.  M. P______ demande essentiellement que l'hospice tienne compte des 
charges réelles qui sont les siennes et qui incluent en particulier les mensualités 
d'impôts et un solde dû au titre de l'impôt fédéral direct. 

6.  Or, l'autorité intimée doit procéder au calcul des ressources selon 
l'art. 22 LASI lequel renvoie aux art. 4 et 5 de la loi sur le revenu déterminant le 
droit aux prestations sociales cantonales du 19 mai 2005 (LRD - J 4 06). 

  En l'espèce, l'autorité intimée se doit d'appliquer les dispositions légales qui 
ne permettent pas de tenir compte des impôts cantonaux et fédéraux. 

7.  Il en résulte qu'en mars 2009, les ressources de M. P______ excédaient 
l'aide dont il aurait pu bénéficier ; le calcul tel qu'il résulte de la décision du 
17 mars 2009, confirmée par la décision sur opposition du 31 mars 2009, est 
conforme à la LASI et au RASI, de sorte que le recours doit être rejeté. 

  Vu la nature du litige, aucun émolument ne sera perçu (art. 87 LPA ; art. 10 
du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative 
du 30 juillet 1986 - RFPA - E 5 10.03). 

 
 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 14 avril 2009 par Monsieur P______ contre la 
décision sur opposition prise par le directeur de l'Hospice général le 31 mars 2009 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ; 

dit que, conformément aux art. 82 et ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 
juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 

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au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Monsieur P______ ainsi qu’à l’Hospice général. 

Siégeants : Mme Bovy, présidente, Mme Hurni, M. Dumartheray, juges. 

Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste : 
 
 

C. Del Gaudio-Siegrist 

 la présidente : 
 
 

L. Bovy 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :