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**Case Identifier:** 31435c21-497e-5bb0-90dc-bf2d71e65bfa
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-10-22
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 22.10.2008 A/4663/2007
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-4663-2007_2008-10-22.pdf

## Full Text

Siégeant : Juliana BALDÉ, Présidente; Christine LUZZATTO et Dana DORDEA,   
Juges assesseurs 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/4663/2007 ATAS/1182/2008 

ARRÊT 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 
ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 4 

du 22 octobre 2008 

 

En la cause 

 

Madame P_________, domiciliée à CHÂTELAINE, comparant 
avec élection de domicile en l'étude de Maître Nathalie MILLET 

recourante 

 

contre 

 

ZURICH, Compagnie d’Assurances sur la Vie, sise à  ZURICH intimée 

 

 
 
 

 

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EN FAIT 

1. Madame P_________ (ci-après l’assurée ou la recourante), née en 1954, travaillait 
en qualité de vendeuse au service de Bijoux X__________ depuis le 1er janvier 
2000. À ce titre, elle était assurée auprès de « Zürich », Compagnie d’Assurances 
sur la Vie (ci-après : l’assureur ou l’intimée) contre le risque d’accidents 
professionnel et non professionnel. 

2. Le 9 mars 2002, elle a été victime d’une chute qui a provoqué la déchirure du 
tendon sus-épineux de son épaule droite, à la suite de laquelle des douleurs se sont 
manifestées, qui l’ont rendue totalement incapable de travailler depuis le 9 avril 
2002. L’assureur a pris en charge le cas et versé des indemnités journalières. 

3. Le 12 mai 2003, l’assurée a déposé une demande de prestations de l’assurance-
invalidité. Du fait de ses absences durables, son employeur a déclaré résilier le 
contrat de travail avec effet au 31 mai 2004. 

4. Dans la nuit du 25 au 26 décembre 2004, l’assurée a été agressée à l’arme blanche 
par son concubin. Blessée à la paume de la main gauche, elle a subi une 
intervention chirurgicale au cours de laquelle le docteur A_________, spécialiste en 
chirurgie de la main, a pratiqué une suture des nerfs collatéraux radiaux D5 et D2, 
des fléchisseurs superficiels de l’index et de l’auriculaire ainsi que de l’adducteur 
du pouce, sectionné à 40%. 

5. L’assureur a pris en charge les frais de traitement et versé des indemnités 
journalières. 

6. Par certificat médical du 13 juin 2005, le docteur A_________ a attesté l’incapacité 
totale de travailler de l’assurée, du 26 décembre 2004 au 30 août 2005, pour cause 
d’accident. 

7. Selon une note d’entretien datée du 30 juin 2005, le docteur B_________, médecin-
conseil de l’assureur, a confirmé qu’à ce jour, l’incapacité totale de travailler de 
l’assurée se justifiait encore par l’existence d’une algodystrophie, d’une raideur des 
doigts et d’une atteinte de la pince index-pouce. 

8. Selon le protocole opératoire établi par le docteur A_________ suite à une seconde 
intervention, effectuée le 24 octobre 2005, la première intervention avait laissé 
persister une algodystrophie, qui avait finalement complètement régressé, ainsi 
qu’une bride cicatricielle au niveau de la première commissure et le développement 
d’un névrome cicatriciel sur le nerf collatéral radial de l’index. La seconde 
intervention avait pour objectif une neurolyse de ce nerf et une plastie en Z de la 
première commissure de la main gauche qui devait permettre d’augmenter 
l’ouverture commissurale et de faire disparaître cette zone irritative. 

 
 
 

 

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9. D’un rapport établi par le Service médical régional de l’assurance-invalidité (SMR) 
suite à un examen bi-disciplinaire, rhumatologique et psychiatrique, effectué le 
15 décembre 2005, il ressort notamment les éléments suivants : dès novembre 1980, 
l’assurée avait été mise au bénéfice d’un traitement médicamenteux en raison de 
crises d’anxiété paroxystiques liées à une situation familiale et conjugale très 
perturbée ; en 2002, elle avait été mise au bénéfice d’un traitement antidépresseur et 
anxiolytique et, en juin ou juillet 2003, elle avait effectué un tentamen 
médicamenteux à but non létal ; deux expertises psychiatriques avaient été 
réalisées, respectivement les 21 novembre 2003 et 20 avril 2005, qui aboutissaient à 
des résultats discordants, la première concluant à une pleine et entière capacité de 
travail, moyennant respect des limitations fonctionnelles du membre supérieur 
droit, et la seconde à une incapacité de travail totale. Au terme de leurs examens 
complémentaires, les docteurs C_________, spécialiste en médecine physique et 
rééducation, et D_________, psychiatre, ont retenu les diagnostics suivants, avec 
répercussion sur la capacité de travail : douleurs au niveau de la main gauche suite 
à une coupure traumatique, avec trouble neurologique sous forme de dysesthésie, 
hyperesthésie et hypo-sensibilité, et scapulalgie droite chronique sur rupture de la 
coiffe des rotateurs aux dépens du sus-épineux ; sans répercussion sur la capacité de 
travail : fibromyalgie, troubles de l’adaptation avec réaction dépressive prolongée 
et dépendance aux benzodiazépines en utilisation continue. Au chapitre de 
l’appréciation consensuelle du cas, les deux praticiens ont notamment relevé que, 
sur le plan somatique, les troubles objectifs, aussi bien sous la forme d’une déchi-
rure de la coiffe des rotateurs à droite et d’une lésion traumatique au niveau des 
tendons fléchisseurs de la main gauche, ne pouvaient être à l’origine de la globalité 
de la symptomatologie présentée par l’assurée ; sur ce plan, la capacité de travail 
théorique de celle-ci était donc de 100% dans une activité adaptée qui tiendrait 
compte des limitations fonctionnelles du membre supérieur droit. Sur le plan 
psychiatrique, l’existence d’un événement stressant (des violences physiques 
notamment) avant chaque épisode dépressif et les observations de l’assurée 
concernant le peu d’efficacité du traitement antidépresseur conduisaient à retenir le 
diagnostic de troubles de l’adaptation avec réaction dépressive prolongée ; ces 
troubles n’étaient cependant pas une « maladie psychiatrique à l’origine d’une 
atteinte à la santé ayant pour conséquence une incapacité de travail ». En 
conclusion, une incapacité de travail de six semaines maximum pouvait être mise 
en relation directe avec le traumatisme survenu le 26 décembre 2004. 

10. Selon une attestation établie par ses soins à la demande de l’assurée le 18 septembre 
2006, le docteur E_________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, a 
confirmé que sa patiente bénéficiait d’un suivi régulier à raison d’une séance tous 
les quinze jours depuis le 28 novembre 2003, et qu’au cours des mois qui avaient 
suivi l’agression dont elle avait été la victime, la symptomatologie de stress post-
traumatique d’intensité sévère avait, « durant plusieurs mois », nécessité un 
traitement spécifique à une cadence, « par périodes », plus soutenue. 

 
 
 

 

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11. À teneur d’une note d’entretien datée du 5 mars 2007 qui se référait à un rapport 
établi par le docteur A_________, le docteur B_________ a confirmé à l’assureur 
qu’une indemnité pour atteinte à l’intégrité de 10% serait justifiée pour autant que 
l’atteinte à la santé soit totale. Dans le cas concret, il n’existait pas de diminution de 
la mobilité, pas d’instabilité ni d’arthrose, seule subsistant une affection 
neurologique qui se limitait à la survenance de douleurs dans certaines 
circonstances. Le médecin-conseil précisait que bien que la guérison fût lente avec 
notamment une algoneurodystrophie, elle était quasiment complète. Tout au plus 
pouvait-on admettre une atteinte de 2 à 3% pour tenir compte d’une possible 
péjoration avec le temps. 

12. Par décision du 7 mars 2007, l’assureur a mis un terme aux prestations (frais 
médicaux et indemnités journalières) au 30 septembre suivant, au motif que le cas 
serait « médicalement stabilisé en ce qui concern[ait] les conséquences de 
l’accident du 25 décembre 2004 » à cette dernière date au plus tard. S’agissant du 
traitement psychiatrique encore en cours, l’assurée l’avait entrepris avant 
l’agression, de sorte qu’il n’était pas ou plus en relation de causalité avec cet 
accident particulier. Au surplus, l’assureur a refusé le versement d’une rente 
d’invalidité ainsi que d’une indemnité pour atteinte à l’intégrité, les taux minima 
pour l’octroi de telles prestations n’étant pas atteints. 

13. Par acte adressé à l’assureur le 19 avril 2007, l’assurée a déclaré faire opposition à 
ladite décision. Elle faisait en substance valoir que, suite à l’agression, elle souffrait 
de séquelles neurologiques qui diminuaient la capacité fonctionnelle de sa main 
gauche de telle manière qu’elle n’était plus en mesure d’exercer son activité 
professionnelle, ainsi que d’une importante atteinte sur le plan psychologique ; 
l’assureur lui avait, à tort, refusé le versement d’une rente d’invalidité et d’une 
indemnité pour atteinte à l’intégrité en se fondant sur l’appréciation médicale du 
docteur B_________, lequel ne l’avait jamais vue. Elle concluait donc à ce que 
l’assureur lui accorde une telle indemnité à hauteur de 4'030 fr. (10%), et réservait 
ses droits quant à l’octroi d’une rente d’invalidité. 

14. Par lettre du 19 avril 2007 adressée au conseil de l’assurée, le docteur A_________ 
a confirmé qu’une atteinte définitive à l’intégrité de sa patiente persistait, à un taux 
compris « entre 5 et 10% en fonction du métier retenu ». Il précisait que cette 
atteinte était séquellaire à la présence de dysesthésies au bord ulnaire de la main 
gauche et qu’elle nécessitait la prise chronique d’anti-inflammatoires. Il précisait en 
outre que l’hypersensibilité de la paume éprouvée par l’assurée limitait celle-ci 
dans toutes ses activités manuelles, de sorte qu’une activité de bureau pouvait être 
envisagée à plein temps, mais avec un rendement diminué de l’ordre de 10 à 20%, 
toute mobilisation répétitive de la main gauche demeurant impossible. 

15. Par décision du 31 octobre notifiée le 1er novembre 2007, l’assureur a rejeté 
l’opposition et confirmé sa décision du 7 mars précédent. 

 
 
 

 

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16. Par acte de recours déposé à l’office postal le 28 novembre 2007, l’assurée a conclu 
à l’annulation de ladite décision en tant qu’elle fixe le taux de l’atteinte à l’intégrité 
à 3% et qu’elle lui dénie le droit au versement d’une indemnité de ce chef et d’une 
rente d’invalidité ; elle conclut en outre, avec suite de dépens, à ce que le Tribunal 
de céans fixe le taux de l’atteinte à l’intégrité à 10% et lui alloue une indemnité en 
4'030 fr. à ce titre, tous droits réservés pour le surplus. 

À l’appui de ses prétentions, elle fait en substance valoir que les rapports médicaux 
des docteurs A_________, C_________ et D_________ faisaient état d’une 
incapacité fonctionnelle de sa main gauche, le premier considérant que l’atteinte à 
l’intégrité s’élevait à 10% ; seul le docteur B_________, qui ne l’avait jamais 
auscultée, prétendait que ce taux ne s’élèverait qu’à 3%. D’autre part, l’affirmation 
de l’assureur à propos de son affection neurologique était contredite par le 
diagnostic de son médecin traitant, lequel avait confirmé qu’elle serait contrainte de 
prendre des anti-inflammatoires de manière chronique. Enfin, deux médecins 
avaient confirmé que ses troubles psychiques étaient en relation de causalité avec 
l’agression dont elle avait été la victime. 

17. Par mémoire de réponse déposé à l’office postal le 3 janvier 2008, l’intimée a 
conclu au rejet du recours, motif pris notamment de ce que l’atteinte à l’intégrité 
étant une notion médico-théorique, l’impact de l’atteinte sur la capacité de travail 
ne devait pas être pris en considération ; l’évaluation fournie par le docteur 
A_________ était donc dénuée de pertinence puisque l’indication selon laquelle 
une telle atteinte persistait à un taux compris « entre 5 et 10% en fonction du métier 
retenu » démontrait que ce praticien avait indûment tenu compte de l’impact de 
l’atteinte sur la capacité de travail pour en déterminer le taux. S’agissant du refus 
d’accorder une rente d’invalidité, il était motivé par le fait que l’accident survenu 
dans la nuit du 25 au 26 décembre 2004 n’avait pas entraîné une invalidité de 10% 
au moins. 

18. Par ordonnance du 19 février 2008, le Tribunal de céans, à la demande de l’intimée, 
a ordonné l’apport du dossier d’assurance-invalidité. 

Il ressort notamment de ce dossier que, par décision du 4 avril 2006, confirmée sur 
opposition le 2 février 2007, l’Office cantonal de l’assurance-invalidité a rejeté la 
demande de prestations formée le 12 mai 2003. Par arrêt du 4 septembre 2007, la 
1ère Chambre de la Juridiction de céans a en outre rejeté le recours interjeté contre 
lesdites décisions le 7 mars précédent, au motif que l’assurée qui, de l’avis des 
médecins consultés, présentait une capacité de travail totale dans une activité 
adaptée à ses handicaps devait, au regard des règles légales applicables en la 
matière, être considérée comme invalide au taux de 2.3%, insuffisant pour lui 
ouvrir le droit au versement d’une rente de l’assurance-invalidité. 

 
 
 

 

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Il apparaît d’autre part que suite à l’accident du 9 mars 2002, l’assurée s’était 
trouvée en incapacité totale de travailler jusqu’au 30 septembre 2003, attestée par 
des certificats médicaux établis successivement par les docteurs F_________, 
G_________ et H_________ puis, selon ce dernier praticien, capable de travailler à 
50% dès le 1er octobre suivant. Elle ne s’était pas présentée à son poste de travail, et 
une incapacité totale de travailler avait été attestée par le docteur G_________ 
jusqu’à la fin des rapports de travail et par la suite. 

19. Dans le délai imparti pour consulter le dossier de l’assurance-invalidité, l’intimée a 
conclu au rejet du recours, rappelant que, dans ce cadre, l’assurée avait été déboutée 
de ses conclusions. 

20. Par lettres expédiées le 10 avril 2008, les parties ont été informées que la présente 
cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l’art. 56V al. 1er let. a ch. 5 de la loi genevoise sur l’organisation 
judiciaire, le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance unique 
des contestations prévues à l’article 56 de la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la 
partie générale du droit des assurances sociales (LPGA) qui sont relatives à la loi du 
20 mars 1981 fédérale sur l’assurance-accidents (LAA). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. À teneur de l’art. 1er al. 1er LAA, les dispositions de la LPGA s’appliquent à 
l’assurance-accidents à moins que la LAA n’y déroge expressément. 

À cet égard, il sied de relever que les modifications légales contenues dans la 
LPGA constituent, en règle générale, une version formalisée dans la loi, de la 
jurisprudence relative aux notions correspondantes avant l’entrée en vigueur de la 
LPGA ; il n’en découle aucune modification du point de vue de leur contenu, de 
sorte que la jurisprudence développée à leur propos peut être reprise et appliquée 
(ATF 130 V 345 consid. 3). 

3. Conformément à l’art. 60 al. 1er LPGA, le recours doit être déposé dans les trente 
jours suivant la notification de la décision sujette à recours. La décision du 
31 octobre ayant été reçue par le recourant le 1er novembre 2007, le délai de recours 
a commencé à courir le lendemain de la réception de sorte que, compte tenu du fait 
que le terme devait échoir un samedi, il a été reporté au lundi 3 décembre 2007 
conformément à l’art. 38 al. 1 et 3 LPGA, applicable en vertu de l’art. 60 al. 2 
LPGA. 

 
 
 

 

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Interjeté dans les forme et délai prévus par la loi (art. 56 ss LPGA), le recours 
déposé à l’office postal le 28 novembre 2007 conformément à l’art. 39 al. 1er LPGA 
est donc recevable. 

4. Le litige porte sur le droit de la recourante au versement, par l’assureur-accidents, 
d’une rente d’invalidité et d’une indemnité pour atteinte à l’intégrité. 

5. L’art. 18 al. 1er LAA, dans sa teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2003, prévoit 
que si l’assuré est invalide à 10% au moins à la suite d’un accident, il a droit à une 
rente d’invalidité. Aux termes de l’art. 8 al. 1er LPGA, est réputée invalidité 
l’incapacité de gain totale ou partielle qui est présumée permanente ou de longue 
durée. 

Il convient d’ajouter qu’en droit suisse, l’invalidité est une notion économique et 
non médicale, si bien que ne sont pas déterminants les critères médico-théoriques, 
mais bien plutôt les répercussions de l’atteinte à la santé sur la capacité de gain 
(voir par exemple l’ATF non publié du 8 août 2007, I 477/06 et les références 
citées). 

Relevons encore qu’en raison de l’uniformité de la notion d’invalidité, consacrée de 
longue date par la jurisprudence et codifiée depuis le 1er janvier 2003 à l’art. 8 
LPGA, il convient notamment d’éviter que pour une même atteinte à la santé, 
assurance-accidents et assurance-invalidité n’aboutissent à des appréciations 
divergentes quant au taux d’invalidité. Cela n’a cependant pas pour conséquence de 
les libérer de l’obligation de procéder dans chaque cas et de manière indépendante à 
l’évaluation de l’invalidité. D’un autre côté, l’évaluation de l’invalidité par l’un de 
ces assureurs ne peut être effectuée en faisant totalement abstraction de la décision 
rendue par l’autre. À tout le moins, une évaluation entérinée par une décision entrée 
en force ne peut pas rester simplement ignorée. 

6. En substance, la recourante fait grief à l’assureur de n’avoir pas tenu compte, dans 
la mesure appropriée, des séquelles physiques et psychiques de l’agression du 
26 décembre 2004. 

a) Le droit à des prestations découlant d’un accident assuré suppose d’abord, entre 
l’événement de caractère accidentel et l’atteinte dommageable à la santé, un lien de 
causalité naturelle. Cette exigence est remplie lorsqu’il y a lieu d’admettre que, sans 
cet événement accidentel, le dommage ne se serait pas produit du tout, ou qu’il ne 
serait pas survenu de la même manière. Il n’est pas nécessaire, en revanche, que 
l’accident soit la cause unique ou immédiate de l’atteinte à la santé. Il faut et il 
suffit que l’événement dommageable, associé éventuellement à d’autres facteurs, 
ait provoqué l’atteinte à la santé physique ou psychique de l’assuré, c’est-à-dire 
qu’il se présente comme la condition sine qua non de celle-ci. Savoir si 
l’événement assuré et l’atteinte à la santé sont liés par un rapport de causalité 
naturelle est une question de fait, que l’administration ou, le cas échéant, le juge 

 
 
 

 

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examine en se fondant essentiellement sur des renseignements d’ordre médical, et 
qui doit être tranchée en se conformant à la règle du degré de vraisemblance 
prépondérante, appliquée généralement à l’appréciation des preuves dans 
l’assurance sociale. Ainsi, lorsque l’existence d’un rapport de cause à effet entre 
l’accident et le dommage paraît possible, mais qu’elle ne peut pas être qualifiée de 
probable dans le cas particulier, le droit à des prestations fondées sur l’accident 
assuré doit être nié (ATF 129 V 177 consid. 3.1). 

Relevons également que le lien de causalité naturelle entre les symptômes présentés 
par l’assuré et l’accident doit être nié lorsque l’état maladif antérieur est revenu au 
stade où il se trouvait avant l’accident (statu quo ante) ou s’il est parvenu au stade 
d’évolution qu’il aurait atteint sans l’accident (statu quo sine ; RAMA 1992 
n. U 142 p. 75, consid. 4b). En principe, on examinera si l’atteinte à la santé est 
encore imputable à l’accident ou ne l’est plus (statu quo sine vel ante) sur le critère 
de la vraisemblance prépondérante évoqué plus haut (ATF 126 V 360 consid. 5b, 
125 V 195 consid. 2).  

Le droit à des prestations découlant d’un accident assuré suppose, ensuite, un 
rapport de causalité adéquate entre l’événement de caractère accidentel et l’atteinte 
dommageable à la santé. La causalité est adéquate si, d’après le cours ordinaire des 
choses et l’expérience de la vie, le fait considéré était propre à entraîner un effet du 
genre de celui qui s’est produit, la survenance de ce résultat paraissant de façon 
générale favorisée par une telle circonstance (ATF 129 V 181 consid. 3.2, 405 
consid. 2.2, 125 V 461 consid. 5a et les références). 

b) Il convient d’examiner dans un premier temps la valeur probante des rapports et 
avis médicaux fournis par le SMR et les docteurs B_________ et A_________ 
respectivement les 15 décembre 2005 et 5 mars et 19 avril 2007, de manière à 
pouvoir ensuite examiner s’il se justifie de retenir un lien de causalité naturelle et 
adéquate entre l’atteinte dommageable à la santé alléguée par la recourante et 
l’accident du 26 décembre 2004. Cas échéant, il conviendra ensuite d’examiner 
quel est le degré d’invalidité présenté par la recourante suite à l’événement de dé-
cembre 2004. 
Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en 
procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales (cf. art. 61 
let. c LPGA), le juge n’est pas lié par des règles formelles, mais doit examiner de 
manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu’en soit la provenance, puis 
décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur 
le droit litigieux. En cas de rapports médicaux contradictoires, le juge ne peut 
trancher l’affaire sans apprécier l’ensemble des preuves et sans indiquer les raisons 
pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. 
L’élément déterminant pour la valeur probante d’un rapport médical n’est ni son 
origine, ni sa désignation, mais son contenu. À cet égard, il importe que les points 
litigieux importants aient fait l’objet d’une étude fouillée, que le rapport se fonde 

 
 
 

 

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sur des examens complets, qu’il prenne également en considération les plaintes 
exprimées par l’assuré, qu’il ait été établi en pleine connaissance du dossier 
(anamnèse), que la description des interférences médicales soit claire et enfin que 
les conclusions de l’expert soient bien motivées (cf. ATF 125 V 351 consid. 3). 

7. En l’espèce, le rapport de l’examen bi-disciplinaire effectué le 15 décembre 2005 
par les docteurs C_________ et D_________, du SMR, remplit les exigences 
précitées. Il a été établi sur la base d’une anamnèse très détaillée, la description des 
interférences médicales a fait l’objet d’un abondant commentaire, et les conclusions 
des praticiens sont bien motivées ; pour le surplus, les avis ainsi exprimés ne 
contiennent pas de contradictions, et aucun indice concret ne permet de mettre en 
cause leur bien-fondé. 

Les avis exprimés par les docteurs A_________ et B_________ ne répondant pas 
aux mêmes exigences, il conviendra de n’accorder pleine valeur probante qu’au 
rapport du SMR. 

S’agissant du lien de causalité entre l’accident et l’atteinte dommageable à la santé, 
l’instruction a permis d’établir qu’au moment de l’accident du 26 décembre 2004, 
l’assurée se trouvait déjà en incapacité totale de travailler pour un complexe de 
raisons qui dépassait largement l’événement accidentel du 9 mars 2002 ; 
l’anamnèse recueillie par les docteurs C_________ et D_________ montre que, 
suite à cet événement déjà, l’assurée était pleinement capable de travailler, mais que 
les traumatismes psychologiques causés par les mauvais traitements qu’elle avait 
subis dès l’enfance pouvaient encore retentir fortement et durablement sur sa 
capacité de travail. Le docteur D_________ a ainsi relevé que la recourante 
présentait un état anxieux en 1980 déjà, qu’elle avait été mise au bénéfice d’un 
traitement antidépresseur en 2002, puis à nouveau prise en charge par un psychiatre 
en 2003 à la suite d’un tentamen médicamenteux. Son état psychique s’était ensuite 
amélioré. Lors de l’examen du 15 décembre 2005, le psychiatre n’a pas constaté 
une symptomatologie dépressive, anxieuse ou psychotique liée spécifiquement à 
l’agression subie une année plus tôt. 

L’attestation du docteur E_________ n’est pas de nature à remettre en cause les 
conclusions du SMR. Ce praticien a confirmé que la recourante était suivie par lui 
depuis le 28 novembre 2003, à raison d’une séance tous les quinze jours ; d’autre 
part, il a attesté que l’agression du 26 décembre 2004, qui avait provoqué une 
symptomatologie de stress post-traumatique d’intensité sévère, avait, pendant 
plusieurs mois, nécessité un traitement spécifique, la cadence des rendez-vous ayant 
été, « par périodes », plus rapprochée. En l’absence d’indications plus précises, 
force est de constater qu’une telle symptomatologie n’était, en tout état, plus 
perceptible lors de l’examen effectué par le SMR à mi-décembre 2005. 

 
 
 

 

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Il est également établi que, compte tenu des troubles neurologiques constatés suite à 
la première intervention chirurgicale et de l’ensemble de la symptomatologie 
présentée par la suite par l’assurée, les troubles somatiques (sous forme de 
dysesthésie, d’hyperesthésie et d’hypo-sensibilité à la main gauche) ont été traités 
avec succès au cours de l’intervention chirurgicale du 24 octobre 2005, dont le 
protocole opératoire établi par le docteur A_________ précise que l’algodystrophie, 
qui avait persisté après la première intervention, avait alors complètement régressé, 
de sorte que la capacité de travail de l’assurée était, en théorie, de 100% dans une 
activité adaptée. 

Force est donc de retenir qu’à fin 2005, l’accident du 26 décembre 2004 ne pouvait 
plus être considéré comme la condition sine qua non de l’atteinte dommageable à la 
santé physique et psychique de l’assurée. Autrement dit, au vu des éléments versés 
au dossier, le critère de la vraisemblance prépondérante commande de retenir 
qu’une année après l’agression, l’état de santé de l’assurée était revenu au stade où 
il se trouvait avant l’accident ou, à tout le moins, au stade d’évolution qu’il aurait 
atteint sans l’accident. Pour s’en convaincre, il suffit de remarquer que si l’assurée 
n’avait pas été agressée physiquement au cours de la dispute du 26 décembre 2004, 
elle n’en aurait pas moins subi, sur le plan psychologique, un traumatisme de ceux 
qu’elle redoute tout particulièrement, de sorte que, dans cette hypothèse aussi, son 
état de santé aurait nécessité le traitement spécifique dispensé « durant plusieurs 
mois » par le docteur E_________. Partant, il s’impose de considérer que le lien de 
causalité naturelle entre l’accident du 26 décembre 2004 et l’atteinte dommageable 
à la santé physique et psychique de l’assurée a été rompu quand les conséquences 
directes de l’agression ont disparu, une année plus tard environ. 

Il sied encore de relever que, même si l’on devait admettre le maintien d’un état 
psychique pathologique au moment de l’interruption du versement de ses 
prestations par l’assureur, l’existence d’un lien de causalité adéquate devrait être 
niée sur le vu des critères objectifs développés par la jurisprudence (ATF 115 V 
133 consid. 6c et 403 consid. 5c) pour juger du caractère adéquat du lien de 
causalité entre un accident – qu’il y a lieu, en l’occurrence, de qualifier d’accident 
de gravité moyenne – et une atteinte à la santé psychique. On ne saurait en effet 
considérer que l’agression subie avait un caractère particulièrement impressionnant. 
On ne saurait d’autre part raisonnablement soutenir que les lésions physiques ont 
été d’une gravité telle qu’elles étaient de nature, selon l’expérience, à entraîner des 
troubles psychiques. En outre, il n’apparaît pas que la durée du traitement médical 
ait été particulièrement longue, compte tenu du fait que l’état de santé antérieur de 
l’assurée nécessitait déjà un tel traitement, qui a simplement été intensifié pendant 
quelques mois. 

En définitive, l’on ne saurait reprocher à l’intimée d’avoir attendu plus d’une année 
la confirmation, par le docteur B_________, de la stabilisation de l’état de santé de 
son assurée, en prenant en considération la complexité et la fragilité particulières de 

 
 
 

 

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sa situation, avant d’interrompre le versement de ses prestations. En tout état, il ne 
se justifie pas de s’écarter des conclusions des experts, selon lesquelles une 
invalidité de l’ordre de 3% pourrait être admise au regard de l’ensemble de la 
symptomatologie constatée. 

Au vu des dispositions applicables en la matière, c’est à bon droit que l’intimée a 
refusé le versement d’une rente d’invalidité suite à l’accident du 26 décembre 2004. 

8. Aux termes de l’art. 24 LAA, si, par suite de l’accident, l’assuré souffre d’une 
atteinte importante et durable à son intégrité physique, mentale ou psychique, il a 
droit à une indemnité équitable pour atteinte à l’intégrité (al. 1er). L’indemnité est 
fixée en même temps que la rente d’invalidité ou, si l’assuré ne peut prétendre une 
rente, lorsque le traitement médical est terminé (al. 2). 

Contrairement à ce qui prévaut pour l’invalidité elle-même, l’indemnité pour 
atteinte à l’intégrité est exclusivement fixée en fonction de la gravité de l’atteinte, 
laquelle s’apprécie d’après les constatations médicales. En d’autres termes, le 
montant de l’indemnité pour atteinte à l’intégrité ne dépend pas des circonstances 
particulières du cas concret, mais d’une évaluation médico-théorique de l’atteinte 
physique ou mentale, abstraction faite des facteurs subjectifs (ATF 115 V 147 
consid. 1 ; ATFA non publié du 30 juillet 2002, U 249/01). 

L’annexe 3 à l’Ordonnance du 20 décembre 1982 sur l’assurance-accidents 
(OLAA) comporte un barème des atteintes à l’intégrité en pour cent du montant 
maximum du gain assuré. Ce barème – reconnu conforme à la loi – ne constitue pas 
une énumération exhaustive (ATF 124 V 32 consid. 1b et les références). Pour les 
atteintes qui sont spéciales ou qui ne figurent pas dans la liste, il y a lieu 
d’appliquer le barème par analogie, en tenant compte de la gravité de l’atteinte 
(ch. 1 al. 2 de l’annexe). Conformément à l’al. 3 de cette disposition, les atteintes à 
l’intégrité pour lesquelles un taux inférieur à 5% serait appliqué selon le barème ne 
donnent droit à aucune indemnité. 

9. En l’espèce, il a été établi qu’une année après son agression, cet événement n’avait 
plus eu de conséquences dommageables sur la capacité de gain de l’assurée. 
L’instruction a cependant permis d’établir que, bien que la seconde intervention 
chirurgicale pratiquée par le docteur A_________ ait remédié aux limitations 
fonctionnelles de sa main gauche, subsistaient, dans certaines circonstances, la 
présence de dysesthésies au bord ulnaire et une hypersensibilité de la paume de 
cette main. 
Le barème figurant à l’annexe 3 précitée fixe à 5% le taux à prendre en 
considération pour la perte totale d’une phalange du pouce ou d’au moins deux 
phalanges d’un autre doigt. De toute évidence, la gravité de l’atteinte à l’intégrité 
de la recourante est moindre, ainsi que le Dr B_________ l’a fait remarquer, 
puisque la mobilité est rétablie et que ne persistent que des douleurs, notamment 
aux changements de température et à l’effleurement. En conséquence, c’est 

 
 
 

 

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également à bon droit que l’assureur-accidents a refusé de lui verser une indemnité 
de ce chef. 

10. Enfin, la recourante n’ayant pas obtenu gain de cause, elle ne peut prétendre à 
l’octroi de frais et de dépens (art. 61 let. g LPGA, a contrario). 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 
juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 
être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 
recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Isabelle CASTILLO 

 La présidente 
 
 
 
 

Juliana BALDÉ 
 

 
Le secrétaire-juriste : 

 
Olivier TSCHERRIG 

 
 
 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
de la santé publique par le greffe le