# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 43893855-25b9-57c0-a2d7-5464c099e479
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-03-28
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 28.03.2014 P1 12 65
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_P1-12-65_2014-03-28.pdf

## Full Text

P1 12 65 

 

 

JUGEMENT DU 28 MARS 2014 
 

Tribunal cantonal du Valais 
La Cour pénale I 

 

Jérôme Emonet, juge ; Yves Burnier, greffier 

 

en la cause pénale 
 

Ministère public, représenté par A_________ 

 

contre 
 

X_________, prévenu et appelant, représenté par Maître B_________ 

 

 

(art. 95 ch. 2 aLCR) 

recours contre le jugement du juge du district de C_________ du 18 septembre 2012 

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Procédure 
 

A.  Le 4 novembre 2011, le procureur a ouvert une instruction d’office contre 
X_________ pour conduite d’un véhicule automobile malgré un retrait (art. 95 ch. 2 
aLCR). 

B.  Le 18 septembre 2012, le juge du district de C_________ a rendu le jugement 
suivant : 

1. X_________, reconnu coupable de conduite d’un véhicule automobile alors que la 

permis de conduire lui avait été retiré (art. 95 ch. 2 aLCR), est condamné à une peine 

pécuniaire de 20 jours-amende, à 110 fr. l’un, ainsi qu’à une amende de 600 francs. 

2. Il est mis au bénéfice du sursis à l’exécution de la peine pécuniaire, le délai d’épreuve 

étant fixé à 3 ans (art. 42 et 44 al.1 CP). 

3. Pour le cas où X_________ ne paierait pas par sa faute l’amende de 600 francs, la 

peine privative de liberté de substitution est fixée à 6 jours (art. 106 al. 2 et 3 CP). 

4. Les frais du Ministère public, arrêtés à 570 fr., et ceux du tribunal de céans, arrêtés à 

1325 fr., sont mis à la charge de X_________, lequel supporte ceux liés à son 

intervention en justice. 

 
C.  X_________ a annoncé faire appel de ce jugement le 28 septembre 2012. Il a 
déposé une déclaration d’appel le 14 décembre 2012, concluant à son acquittement. 

D.  Le procureur a renoncé à comparaître aux débats et a conclu au rejet de l’appel. 

E.  Le juge de céans a rejeté la réquisition de preuve de l’accusé par décision du 
10 février 2014. 

F.  Aux débats du 12 février 2012, le mandataire de l’appelant a confirmé les 
conclusions de sa déclaration d’appel. 

 

sur quoi le juge unique 
 

Préliminairement 
 

1.  
1.1  La partie qui entend faire appel l’annonce au tribunal de première instance par 
écrit ou oralement pour mention au procès-verbal dans le délai de dix jours à compter 
de la communication du jugement (art. 399 al. 1 CPP), c'est-à-dire de la remise ou de 
la notification du dispositif écrit (art. 384 let. a CPP; ATF 138 IV 157. consid. 2.1). 
Lorsque le jugement motivé est rédigé, le tribunal de première instance transmet 
l'annonce et le dossier à la juridiction d'appel (art. 399 al. 2 CPP). La partie qui a 
annoncé l'appel adresse à celle-ci une déclaration écrite dans les vingt jours à compter 

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de la notification du jugement motivé (art. 399 al. 3 CPP). Cette déclaration doit être 
signée et indiquer les parties du jugement qui sont attaquées, les modifications du 
jugement de première instance demandées et les réquisitions de preuve (art. 399 al. 3 
et 4 CPP).  

1.2  En l'espèce, le dispositif du jugement a été communiqué par pli recommandé du 
18 septembre 2012. L’accusé a annoncé vouloir faire appel le 28 septembre 2012. Les 
considérants du jugement lui ont été notifiés le 24 novembre 2012. La déclaration 
d’appel a été remise à la poste le 14 décembre suivant ; l’appel est donc recevable. 
Pour le surplus, le juge de céans est compétent pour connaître de la cause (art. 21 al. 
1 CPP ; art. 20 al. 3 LOJ, 14 al. 1 et 2 LACPP). 

1.3  L’appelant ne conteste pas avoir conduit un véhicule automobile alors que le 
permis lui avait été retiré. Il prétend avoir agi en état de nécessité excusable au sens 
de l’art. 18 al. 2 CP. 

 

Statuant en faits et considérant en droit 
 

2. 

2.1  X_________ est l’administrateur unique de la société D_________ SA, de siège 
social à E_________, dont le but social est la distribution de matériel et réactifs 
médicaux-diagnostiques et articles de diverses natures Il y travaille avec une 
secrétaire, F_________, et deux employés, G_________ et un certain H_________.  

2.2  Dans un courrier du 15 août 2011, I_________ a informé D_________ SA qu’en 
raison de travaux d’entretien, le raccordement téléphonique de la société serait 
interrompu le 12 septembre 2011, de 8h à 14 h. Elle signalait la possibilité de dévier 
les appels sur un mobile. C’est ainsi que X_________ a dévié les appels sur le mobile 
de sa secrétaire.  

Le 12 septembre 2011, vers 8h30, alors qu’il était à son domicile à J_________, 
X_________ a été informé par téléphone de sa secrétaire que la société n’avait encore 
reçu aucun appel, alors qu’elle en reçoit généralement beaucoup le lundi matin. 
X_________ a décidé de se rendre sans délai sur place pour examiner la situation et 
prendre les mesures appropriées. Comme il était sous le coup d’un retrait de permis de 
douze mois - du 4 novembre 2010 au 3 novembre 2011 -, il a tenté d’appeler une 
entreprise de taxi, dont il avait les coordonnées. N’ayant pas obtenu de réponse, il 
s’est adressé à un ami à K_________ sur C_________, lequel était cependant à 
l’étranger. Sans prendre la peine de tenter d’atteindre une autre compagnie de taxi ou 
de chercher un autre moyen de se faire amener à E_________, il a décidé de prendre 
son véhicule, nonobstant la mesure dont il avait été l’objet. Arrivé sur place, il a été 
interpellé par la police à qui il a présenté un permis délivré quelques années 
auparavant par le canton de L_________ et qui n’était plus valable. Interrogé devant 
ses locaux entre 8h56 et 9h20, il n’a à aucun moment fait état d’un danger pour la vie 

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ou la santé de l’un de ses clients potentiels du fait que la ligne téléphonique était 
interrompue. A le croire, il aurait simplement demandé à la police de pouvoir remédier 
au problème avant d’être interrogé, ce que celle-ci aurait refusé. Cette affirmation, faite 
pour la première fois devant le juge de première instance, ne ressort toutefois ni du 
rapport de police, ni du procès-verbal d’interrogatoire. X_________ n’a en tout cas pas 
prétendu avoir insisté d’une quelconque manière auprès des agents, en donnant des 
motifs justifiant une intervention sans délai. Une fois l’interrogatoire terminé, il a rejoint 
sa secrétaire et a pu rétablir les liaisons interrompues par une simple remise en route 
du programme.  

2.3  S’agissant de l’urgence à se rendre sur place pour tenter de remédier à la panne, il 
n’a rien dit de précis à la police. Devant le procureur, il a expliqué que sa société 
vendait des appareils pour des sociétés actives dans les analyses médicales, que la 
situation économique n’était pas facile et que le fait de ne pas pouvoir répondre 
immédiatement à la clientèle était susceptible de lui causer des dommages importants. 
Devant le juge de district, il a confirmé que l’urgence consistait aussi dans le fait qu’il 
aurait pu perdre des clients, ainsi que sa réputation dans le domaine médical. Quant 
au risque que la panne pouvait entraîner pour la vie ou la santé d’êtres humains, il ne 
l’a pas expressément confirmé, déclarant sans plus de précision que, dans l’absolu et 
avec beaucoup de malchance, le fait de ne pas pouvoir être atteint pouvait entraîner, si 
ce n’est la mort, du moins de graves problèmes pour la santé d’un patient. Aux débats 
de première instance, il a expliqué que son entreprise devait fournir des réactifs à tout 
moment, y compris en cas d’urgence, précisant encore que, si la machine fournie ne 
fonctionnait pas, il devait d’abord détecter l’origine du problème, et, suivant l’origine, 
intervenir, lui ou l’un de ses techniciens, ajoutant que dans cette organisation, la 
communication téléphonique était très importante.  

Rien au dossier, en particulier une attestation d’un bénéficiaire des services de 
l’entreprise, n’étaie cependant l’existence d’un risque réel et concret pour des tiers si 
l’entreprise ne pouvait être atteinte pendant une heure ou deux. La secrétaire semble 
d’ailleurs ignorer un tel risque, ne voyant dans l’interruption en cause que celui de 
perdre un client mécontent (R12 et 13 p. 48). Quant à l’employé G_________, il s’est 
contenté d’évoquer de manière vague le problème que peut poser au médecin le fait 
d’être privé de la possibilité de faire une analyse de laboratoire. Il ne ressort en outre 
pas des actes du dossier que l’entreprise était organisée de manière à pouvoir 
répondre sans délai à toute demande d’un client potentiel et qu’elle devait 
habituellement agir dans l’urgence. Si tel avait été le cas, X_________ n’aurait pas 
manqué de le signaler immédiatement à la police et de démontrer que la société était 
organisée à cette fin, en particulier le jour en question. Or ce jour-là, elle n’était en tout 
cas pas en mesure de procéder à une livraison urgente : la secrétaire a en effet 
déclaré qu’elle ne pouvait en principe pas quitter le bureau, devant répondre au 
téléphone, préparer des colis ou prendre en charge des livraisons ; X_________ 
n’avait pas le droit de conduire ; quant aux deux autres employés, à qui il aurait fallu 
recourir en cas de nécessité, ils travaillaient à l’extérieur, plus précisément dans la 
région de Lausanne. Dans ces conditions, les dispositions qu’il aurait fallu prendre pour 
organiser une livraison dans un secteur s’étendant sur la toute la Suisse romande, 

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n’auraient de toute évidence pas permis que celle-ci soit faite dans des délais très 
courts.  

 

3. 

3.1  Si l’auteur commet un acte punissable pour se préserver ou préserver autrui d’un 
danger imminent et impossible à détourner autrement menaçant la vie, l’intégrité 
corporelle, la liberté, l’honneur, le patrimoine ou d’autres biens essentiels, le juge 
atténue la peine si le sacrifice du bien menacé pouvait être raisonnablement être exigé 
de lui (art. 18 al. 1 CP). L’auteur n’agit pas de manière coupable si le sacrifice du bien 
menacé ne pouvait être raisonnablement exigé de lui (art. 18 al. 2 CP). 

L’auteur doit être confronté à un danger imminent, c’est-à-dire actuel et concret. Il 
commet un acte punissable pour préserver un bien juridique lui appartenant ou 
appartenant à un tiers. Contrairement à l’état de nécessité licite prévu par l’art. 17 CP, 
l’auteur ne peut sauvegarder n’importe quel bien juridique, mais uniquement des biens 
essentiels. Il doit en outre être impossible que le danger puisse être détourné 
autrement. Ces derniers termes posent expressément la condition de la subsidiarité, à 
laquelle aucune exception ne peut être faite (ATF 122 IV 1 consid. 3a). Plus 
généralement, la condition de la subsidiarité est violée si le danger pouvait être 
efficacement détourné par des moyens non constitutifs d’infraction, que l’auteur avait le 
temps d’utiliser. L’infraction nécessaire n’est pas punissable si, dans les circonstances 
où l’acte a été commis, le sacrifice du bien menacé ne pouvait être raisonnablement 
exigé. En d’autres termes, le titulaire du bien menacé doit avoir détourné le danger par 
des moyens proportionnés aux circonstances.  

3.2  En l’espèce, il était légitime que X_________ se préoccupe sans tarder du 
problème technique qui affectait son entreprise. L’absence momentanée de liaison 
téléphonique pouvait entraîner une perte de clientèle. Le risque pour ses intérêts 
patrimoniaux ou pour la réputation de son entreprise ne présentait cependant pas un 
caractère de gravité justifiant qu’il soit impérativement sur place quelques minutes 
après l’appel de sa secrétaire. Une telle urgence n’a pas été démontrée. Elle est même 
démentie par le propre comportement de l’accusé qui, d’une part, a d’abord, selon ses 
dires, décidé de recourir aux services d’un taxi, puis d’appeler un ami, ce qui 
rallongeait sans conteste le temps d’intervention, et, d’autre part, n’a pas jugé bon 
d’insister auprès de la police pour différer de quelques instants son interrogatoire, ce 
qu’il aurait à l’évidence fait si la situation présentait l’urgence qu’il semble soutenir pour 
sa défense. En réalité, si l’interruption, même momentanée, de la liaison téléphonique 
pouvait entraîner des conséquences aussi dommageables que l’appelant voudrait le 
faire croire, il aurait immanquablement vérifié le fonctionnement de la déviation mise en 
place et se serait tenu prêt à intervenir sur le système que sa secrétaire, seule au 
bureau, ne maîtrisait apparemment pas. A défaut, ce manquement devrait lui être 
reproché. Ces éléments permettent de considérer qu’un déplacement dans l’urgence 
n’était pas proportionné à la menace qui pesait sur ses biens.  

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Mais surtout, l’appelant n’a pas respecté le principe de subsidiarité. Il lui était en effet 
possible de détourner d’une manière légale le danger auquel il était exposé et il devait 
chercher à le faire avant d’enfreindre la loi. Alors qu’il avait eu la bonne réaction de 
tenter d’appeler un taxi, il ne pouvait se contenter d’un unique essai avant d’y 
renoncer. Si la première compagnie appelée ne répondait pas, il devait en appeler une 
autre dont il pouvait aisément trouver les coordonnées au moyen de son portable, qui 
disposait de la liaison internet. Ce moyen de transport lui garantissait d’être sur place 
dans un délai adapté à la menace. Il pouvait aussi, dès lors que la liaison téléphonique 
ne fonctionnait de toute manière pas et que les appels étaient déviés sur le portable de 
sa secrétaire, demander à celle-ci de venir le chercher. Dame F_________ connaissait 
son domicile et n’avait besoin, selon ses propres déclarations, que de 15 à 20 minutes 
pour faire l’aller-retour. Une absence de si courte durée n’était pas incompatible avec 
la nécessité d’assurer une présence au bureau pour prendre en charge une éventuelle 
livraison de matériel, dont on peut au surplus douter qu’elle se fasse sans un contact 
préalable avec le livreur.  

3.3  En définitive, les conditions d’application de l’art. 18 al. 2 CP ne sont pas réunies 
de telle sorte que la condamnation pour infraction à l’art. 95 ch. 2 aLCR doit être 
confirmée pour les motifs exposés aux considérants 2 et 3 du jugement querellé, 
auxquels il convient de se référer dans la mesure où l’appelant ne les a pas contestés. 

4. 

Le juge de céans se rallie intégralement aux considérants 5 et 6 du premier jugement 
et confirme, par conséquent, la condamnation à une peine pécuniaire de 20 jours-
amende à 110 fr. l’un, peine assortie du sursis avec un délai d’épreuve de deux ans, 
ainsi qu’à une amende de 600 fr. et au paiement des frais par 1895 francs. 

5. 

Enfin, vu le sort de son recours, X_________ supportera les frais de la procédure 
d’appel (art. 428 al. 1 CPP). Ceux-ci peuvent osciller entre 380 fr. et 5000 fr. et sont 
arrêtés à 1000 fr., débours (25 fr.) compris, compte tenu de la décision sur preuve du 
10 février 2014, ainsi que de l’ampleur et de la difficulté de la cause. 

 

Prononce 
 

L’appel est rejeté. En conséquence : 

1. X_________, reconnu coupable de conduite d’un véhicule automobile alors que le 
permis de conduire lui avait été retiré (art. 95 ch. 2 aLCR), est condamné à une 
peine pécuniaire de 20 jours-amende, à 110 fr. l’un, ainsi qu’à une amende de 
600 francs. 

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2. Il est mis au bénéfice du sursis à l’exécution de la peine pécuniaire, le délai 
d’épreuve étant fixé à 3 ans (art. 42 et 44 al.1 CP). 

3. Pour le cas où X_________ ne paierait pas par sa faute l’amende de 600 francs, 
la peine privative de liberté de substitution est fixée à 6 jours (art. 106 al. 2 et 3 
CP). 

4. Les frais du Ministère public, arrêtés à 570 fr., ceux du tribunal de première 
instance, arrêtés à 1325 fr., et ceux d’appel, arrêtés à 1000 fr., sont mis à la 
charge de X_________, lequel supporte ceux liés à son intervention en justice. 

 

Sion, le 28 mars 2014