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**Case Identifier:** 0e964187-04fe-5111-9ad7-c20d88ca3d0e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-08-25
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 25.08.2015 A/3307/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3307-2013_2015-08-25.pdf

## Full Text

Siégeant : Valérie MONTANI, Présidente; Teresa SOARES et Jean-Pierre WAVRE, 

Juges assesseurs 
     

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/3307/2013 ATAS/614/2015 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 24 août 2015 

6
ème

 Chambre 

 

En la cause 

Monsieur A______, domicilié c/o Monsieur B______, à GENÈVE, 
représenté par le Service protection de l'adulte (SPAd) 

 

 

recourant 

 

contre  

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITE DU CANTON DE 
GENÈVE, sis rue des Gares 12, GENÈVE 

intimé 

 

  

 
 
 

 

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EN FAIT 

 

1. M. A______ (ci-après : l’assuré), né le______ 1974, originaire d’Algérie, entré en 
Suisse en 2002, divorcé, est titulaire d’une autorisation d’établissement C. 

Il a exercé une activité d’aide de cuisine (2001), aide charpentier (2002-2003), 
installateur métallique (2002 à 2006) et de 2006 à 2011 diverses missions 
temporaires à Fribourg. Il s’est inscrit à l’OFFICE CANTONAL DE L’EMPLOI le 
3 novembre 2005. 

2. Le 22 décembre 2011, la Dresse C______ a indiqué que l’assuré avait été 
hospitalisé aux Hôpitaux Universitaires du canton de Genève (HUG) du 19 au 21 
décembre 2011. Le diagnostic posé était celui d’épisode dépressif léger avec 
syndrome somatique. Au vu de l’absence de risque auto ou hétéroagressif, de la 
normothymie et d’absence d’éléments florides de la lignée psychotique, l’assuré 
était sorti le deuxième jour.  

3. Le 30 décembre 2011, les Drs D______ et E______ de la Clinique genevoise de 
Montana ont indiqué que l’assuré avait été hospitalisé du 29 novembre au 
19 décembre 2011, date à laquelle il avait été transféré en non volontaire aux 
urgences psychiatriques des HUG. 

Ils ont posé le diagnostic de trouble délirant sans précision (F22.8), tabagisme 
chronique (10 UPA ; F17.1) et consommation d’alcool à risque (F10.1). 

L’assuré avait présenté une désorganisation de la pensée, des comportements 
bizarres, une incapacité à se remettre en question ; face à une agitation 
psychomotrice, il avait été décidé d’une hospitalisation non volontaire car sa 
vulnérabilité le rendait à risque pour lui-même.  

4. Le 7 mars 2012, les EPI ont effectué un bilan suite à un stage de l’assuré du 
13 février au 2 mars 2012, demandé par l’OCE, qui recommande un projet 
professionnel comme ouvrier-manutentionnaire polyvalent.  

5. Le 9 novembre 2012, l’assuré a déposé une demande de prestations d’invalidité. 

6. Le 23 novembre 2012, le Tribunal tutélaire a désigné Mme F______ comme 
représentante légale provisoire de l’assuré. 

7. Le 26 novembre 2012, le Dr G______, FMH psychiatrie et psychothérapie, a 
rempli un rapport médical AI dans lequel il a diagnostiqué un trouble délirant F22, 
des troubles mentaux et du comportement liés à l’utilisation d’alcool, syndrome de 
dépendance F10, un trouble de la personnalité schizo-typique F21 et un épisode 
dépressif léger, avec symptômes psychotiques F32.01. 

 

 
 
 

 

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Il suivait l’assuré depuis août 2011, lequel avait été hospitalisé du 27 janvier au 19 
février 2011 à Marsens (Fribourg) puis du 28 novembre au 19 décembre 2011 à la 
clinique genevoise de Montana et du 19 au 21 décembre 2011 en hospitalisation 
non volontaire à Belle-Idée. 

L’assuré était à Genève depuis six mois, à charge de l’Hospice Général. 

Il suivait une psychothérapie et un traitement médicamenteux permettant une 
stabilité clinique, avec une diminution des risques de décompensation 
psychiatrique. L’assuré présentait une idéation de type persécutrice constamment 
sous-jacente, sans éléments franchement délirants. Sa capacité de travail était nulle 
en raison de troubles de la concentration et de l’attention, hallucinations, discours 
par moments incohérent et troubles du sommeil.  

Actuellement, l’assuré souffrait de trouble de l’humeur avec des éléments 
psychotiques qui ne lui permettaient pas de reprendre une activité professionnelle. 

8. Le 13 décembre 2012, le Dr H______ du réseau fribourgeois de santé mentale 
(RFSM) a indiqué que l’assuré avait séjourné au Centre de soins hospitalier du 27 
janvier au 17 février 2011, à la demande du Dr I______. 

Des consommations massives et régulières d’alcool avaient impliqué plusieurs 
pertes d’emploi durant ces dernières années et amené l’assuré à un isolement social. 
Il avait présenté une symptomatologie anxieuse composée de troubles du sommeil, 
de difficultés de concentration et d’épuisement. Une évaluation psychiatrique 
(MINI) démontrait une problématique de dépendance actuelle à l’alcool, 
accompagnée de symptômes anxieux durant ces six derniers mois. Le patient ne 
considérait pas sa consommation comme problématique. 

Le diagnostic était celui de F10.25 ; troubles mentaux et du comportement liés à 
l’utilisation d’alcool, utilisation continue. L’état psychique de l’assuré s’était 
légèrement amélioré après un mois.  

9. Le 17 décembre 2012, le Dr H______ a rempli un rapport médical AI dans lequel il 
a diagnostiqué des troubles mentaux et du comportement liés à l’utilisation 
d’alcool, utilisation continue (F10.25) depuis plusieurs années ; l’assuré avait 
séjourné au Centre de soins hospitalier du RFSM du 27 janvier au 17 février 2011. 
L’assuré déniait ses troubles addictifs. 

10. Par communication du 19 mars 2013, l’OFFICE DE L’ASSURANCE-
INVALIDITE (ci-après : l’OAI) a refusé des mesures de réadaptation 
professionnelle. 

11. Le 22 mai 2013, le Dr J______ du SMR a rendu un avis médial selon lequel il n’y 
avait pas de pathologie psychiatrique expliquant une incapacité de travail, le 
diagnostic de personnalité schizo-typique F12.1 posé par le psychiatre-traitant 
pouvant aussi être en relation avec l’alcool. L’alcoolémie était primaire. 

 
 
 

 

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12. Par projet de décision du 7 juin 2013, l’OAI a refusé à l’assuré le droit à des 
prestations d’invalidité en raison de la présence d’une toxicomanie primaire sans 
maladie psychique ou somatique préexistante. 

13. Le 11 juillet 2013, l’assuré, représenté par Mme F______, a contesté le projet de 
décision de l’OAI en relevant qu’il présentait, selon son psychiatre, un état 
dépressif récurrent sévère, avec des éléments psychotiques associés à un trouble de 
la personnalité schizotypique et des troubles mentaux liés à l’utilisation de l’alcool ; 
il avait continué à présenter des symptômes de la lignée psychotiques malgré un 
sevrage d’alcool ; sa toxicomanie n’était donc pas primaire et il souffrait de maladie 
psychique préexistante.  

Il a transmis un rapport médical du Dr G______ du 10 juillet 2013, selon lequel 
celui-ci suivait l’assuré pour un état dépressif récurrent sévère avec des éléments 
psychotique associé à un trouble de la personnalité schizotypique, et troubles 
mentaux liés à l’utilisation de l’alcool. 

Selon le Dr G______, actuellement, l’assuré présentait toujours une désorganisation 
de la pensée, des attitudes d’écoutes en faveur d’hallucinations acousticoverbales, 
importante anxiété avec des angoisses de morcellements, des troubles du sommeil 
avec inversement du cycle nycthéméral. Les capacités de concentration et de 
mémoires étaient diminuées. Des éléments délirants étaient présents de type 
persécutrice et de filiation, soliloque avec des rires immotivés. 

Le médecin du SMR n’accordait aucune incapacité de travail, alors que l’assuré 
avait présenté plusieurs épisodes dépressifs sévères avec des éléments 
psychotiques, trouble de personnalité décompensé, c’est-à-dire après avoir 
bénéficié d’un traitement médicamenteux, une psychothérapie et trois 
hospitalisations à Marsens, à la clinique de Montana et à Belle-Idée. 

Bien qu’un sevrage éthylique avait été bien conduit à la Clinique Genevoise de 
Montana, l’assuré avait continué à présenter des symptômes de la lignée 
psychotique ayant pour conséquence une incapacité totale de travail ; ainsi cette 
dernière n’était pas due à son addiction mais à une maladie psychique sous-jacente. 

Par ailleurs, le SMR n’avait pas mentionné le trouble de la personnalité de l’assuré, 
ce qui ne permettait pas une bonne appréciation de l’intensité de ses troubles 
psychiatriques. 

Le SMR n’avait pas tenu compte des antécédents personnels de l’assuré avec 
plusieurs épisodes dépressifs tant en Algérie qu’en Suisse, ce qui avait été décrit 
dans l’anamnèse et par sa sœur, psychiatre à Paris. 

Actuellement, l’assuré était dans une souffrance psychique précaire et son état de 
santé était incompatible avec toute activité professionnelle et il ne pouvait pas 
s’occuper de ses affaires administratives. 

 
 
 

 

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Sa situation était assez compliquée avec d’importantes préoccupations concernant 
son avenir professionnel et social. 

L’ensemble des troubles psychiques, influencaient de manière négative sa capacité 
de travail. Le rendement de l’assuré sans mesure appropriée, était faible. L’assuré 
présentait une incapacité de travail à 100%. 

14. Le 12 août 2013, le Dr J______ a maintenu son avis et estimé que le Dr G______ 
relevait pour la première fois un trouble dépressif sévère avec des éléments 
psychotiques, associé à un trouble schizotypique de la personnalité. Jusqu’à 
présent, tous les intervenants, le Dr G______ y compris, avaient parlé d’épisode 
dépressif léger. L’anamnèse dans tous les rapports, y compris celui du Dr G______ 
du 11 juillet 2013, était la même ; il n’y avait aucun élément nouveau, ni 
d’aggravation objectivable. Tous les rapports indiquaient, de façon claire et sans 
équivoque, que les troubles liés à l’alcool étaient la principale cause d’incapacité de 
travail. C’était cette problématique qui avait mené l’assuré à l’isolement social, à 
des troubles délirants, cause de toutes ses hospitalisations. 

15. Par décision du 17 septembre 2013, l’OAI a rejeté la demande de prestations. 

16. Le 16 octobre 2013, l’assuré, représenté par Mme F______ a recouru auprès de la 
chambre des assurances de la Cour de justice sociales à l’encontre de la décision 
précitée en concluant à son annulation et à l’octroi d’une rente entière d’invalidité, 
au motif que le Dr G______ avait attesté d’une atteinte à la santé préexistante à la 
toxicomanie. 

17. Le 29 novembre 2013, l’assuré a complété son recours en estimant que sa 
dépendance à l’alcool était la conséquence de ses atteintes à sa santé psychiatrique ; 
il a produit un avis du Dr G______ du 28 « février » 2013 selon lequel 
actuellement, l’assuré vivait seul, il avait de la peine à se nourrir, amaigri, les traits 
fatigués, il était en rupture de soin, refusait tout traitement psychotrope, 
complètement isolé, pas de contact avec l’extérieur, sans contact avec sa famille et 
n’avait pas d’amis sans vie sociale, il se repliait sur lui-même ; il disait consommer 
modérément de l’alcool ; la consommation de l’alcool était à visée anxiolytique et 
permettait de lutter contre les troubles de l’humeur et affectif ; cette consommation 
d’alcool était secondaire à ses troubles de l’humeur et affectifs et ses conditions 
socioéconomiques chaotiques. Sur le plan psychiatrique, l’assuré présentait une 
mauvaise hygiène corporelle, tenue vestimentaire négligée. Son attitude était 
empreinte de méfiance et de soupçons. Les propos étaient inadaptés et incohérents, 
le discours hermétique, il disait qu’on lui voulait du mal. On retrouvait aussi dans 
son discours des idées délirantes de réincarnation, d’ensorcellement et mystique. 
Par moment réticent, pouvant parfaitement dissimuler ses troubles et rationaliser ; il 
était orienté dans le temps et dans l’espace mais ne réalisait pas son état, n’avait pas 
conscience de sa maladie. Le contenu de sa pensée mettait aussi en évidence des  
 

 
 
 

 

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éléments délirants, avec une idéation de type persécutrice, soliloque et sourire  
immotivé ; il semblait halluciné. Il reconnaissait des moments de tension 
importante. Par ailleurs, son humeur était triste, une fatigue importante, et une 
abolie. 

Il souffrait d’un trouble dépressif récurrent d’intensité moyenne à sévère avec des 
éléments psychotiques associé à un trouble de la personnalité de type schizo-
typique avec schizophrénie simple. L’ensemble de ses troubles psychiques était 
caractérisé par un besoin d’isolement social, d’anxiété durant des situations 
sociales ; il présentait une froideur affective inappropriée, une anhédonie, un 
comportement étrange, un retrait social, des idées de persécutions, des troubles du 
cours de la pensée et des perturbations des perceptions, parfois des épisodes 
psychotiques comportant des illusions intenses, des hallucinations auditives et 
visuelles, des idées délirantes mégalomaniaques, survenant sans facteur déclenchant 
extérieur. 

Dans les interactions sociales, il réagissait de façon inappropriée. Il pouvait croire 
qu’il avait des pouvoirs sensoriels. Il tendait à éviter l’intimité et n’avait pas d’amis 
proches. Il était susceptible de se sentir nerveux autour des étrangers. L’ensemble 
des troubles qu’il présentait tendait à orienter vers une entrée dans une forme 
mineure de la schizophrénie. 

La consommation d’alcool était secondaire à ses troubles de l’humeur et affectifs et 
visait à lutter contre l’anxiété et l’angoisse engendrées par ses troubles. 

Actuellement, son état psychique s’était aggravé, avec recrudescence de la 
symptomatologie psychotique. Les limitations de la capacité de travail étaient 
importantes ; elles tenaient à la dépression récurrente avec une forte instabilité de 
l’humeur, à la symptomatologie psychotique dont les répercussions relationnelles et 
sociales engendraient des difficultés d’adaptation sévères. Elles l’empêchaient de 
développer des stratégies d’adaptation suffisamment élaborées pour palier à ses 
difficultés. 

Les troubles psychiques et mentaux dont il souffrait avaient une répercussion 
majeure sur l’activité professionnelle, du fait des ruptures de continuité qu’elles 
entraînaient dans tous les domaines et elles le rendaient inapte à un engagement 
professionnel continu et durable. Une rente d’invalidité était justifiée. 

18. Le 7 janvier 2014, les Drs J______ et K______ du SMR ont rendu un avis selon 
lequel tous les rapports indiquaient clairement que les troubles liés à l’alcool étaient 
la cause principale de l’incapacité de travail ; il est fait mention du rapport du Dr 
G______ du 10 juillet 2013 et relève qu’aucun autre document n’avait été produit 
dans la procédure de recours. 

 

 

 
 
 

 

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19. Le 23 janvier 2014, l’OAI a conclu au rejet du recours en relevant que le SMR 
confirmait la toxicodépendance primaire comme étant à l’origine de l’incapacité de 
travail. 

20. Le 10 février 2014, l’assuré, représenté par Mme F______, a transmis un avis du Dr 
G______ du 6 février 2014 et observé qu’aucune expertise n’avait été ordonnée et 
que le SMR se fondait uniquement sur des lettres de sortie de centres médicaux où 
il avait séjourné ; il a conclu à l’ordonnance d’une expertise. 

21. Dans son avis du 6 février 2014, le Dr G______ a relevé que l’assuré souffrait d’un 
trouble dépressif récurrent d’intensité moyenne à sévère avec des éléments 
psychotiques associé à un trouble de la personnalité schizo-typique avec 
schizophrénie simple. La consommation d’alcool était secondaire à ses troubles de 
l’humeur et affectifs et visait à lutter contre l’anxiété et l’angoisse engendrées par 
ses troubles. Les limitations de la capacité de travail étaient importantes ; elles 
tenaient à la dépression récurrente avec une forte instabilité de l’humeur, à la 
symptomatologie psychotique dont les répercussions relationnelles et sociales 
engendraient des difficultés d’adaptations sévères.  

22. Le 17 février 2014, les Drs J______ et K______ ont estimé que l’avis du Dr 
G______ n’apportait pas de nouveaux éléments cliniques. 

23. Le 4 mars 2014, l’OAI a confirmé ses conclusions. 

24. Le 4 septembre 2014, la chambre de céans a informé les parties qu'elle entendait 
confier une expertise à la doctoresse L______ et leur a imparti un délai pour faire 
valoir leurs éventuelles causes de récusation ou observations sur le projet de 
mission d'expertise. 

25. Le 15 septembre 2014, l'OAI, et le 7 octobre 2014, l'assuré, ont indiqué qu'ils 
n'avaient pas d'observations particulières. 

26. La Dresse L______ a rendu son rapport le 18 mai 2015, fondé notamment sur trois 
entretiens avec l'assuré et des entretiens téléphoniques avec les Drs G______ et 
M______, médecin psychiatre aux HUG, en charge de l'assuré, et avec Madame 
N______, assistante sociale aux HUG, laquelle suivait l'assuré. 

L'assuré vivait de manière isolée depuis 2010; il bénéficiait d'une mesure de 
curatelle depuis le 3 novembre 2012 et était soutenu par l'hospice général; il avait 
été hospitalisé en psychiatrie en janvier et décembre 2011. Aux entretiens, l'assuré 
était négligé; son hygiène défectueuse et il était amaigri; la collaboration était 
fluctuante; les affects étaient inappropriés; il présentait des idées délirantes 
mégalomaniaques. L'assuré se plaignait de fatigue chronique et de difficulté à se 
concentrer. L'experte a posé le diagnostic de schizophrénie paranoïde continue. 

A partir de 2006, l'assuré était devenu angoissé et avait présenté des bizarreries de 
comportement avec consommation d'alcool; son fonctionnement s'était altéré.  

 
 
 

 

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Depuis 2010, il était perturbé dans ses relations et les soins personnels, avec un 
comportement désorganisé, méfiant, des idées délirantes de persécution. La 
dépendance à l'alcool n'était plus présente en novembre 2011; le tableau 
psychotique ne pouvait être attribué à une problématique alcoolique; il n'y avait pas 
de syndrome de dépendance à l'alcool, ce qui était confirmé par des tests 
biologiques de novembre 2014. Le tableau de la schizophrénie s'était installé en 
2010. L'assuré était totalement incapable de travailler. 

27. Le 19 mai 2015, l'assuré, représenté par Mme F______, a observé que l'expertise 
démontrait qu'il était totalement incapable de travailler en raison de ses troubles 
psychiques. 

28. Le 5 juin 2015, le Dr O______, du SMR, a observé que l'expertise n'était pas 
convaincante, car on ne retrouvait pas dans le status les éléments nécessaires au 
diagnostic et l'experte ne relevait qu'un cours de la pensée disgressif et des affects 
inappropriés et fluctuants; par ailleurs, l'état psychique s'était amélioré au décours 
des hospitalisations.  

29. Le 22 juin 2015, l'OAI a persisté dans ses conclusions. 

30. Sur quoi, la cause a été gardée à juger. 

 

EN DROIT 

 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
9 octobre 2009 (LOJ; RS E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la Chambre des 
assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des 
contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 
assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1) relatives à la loi fédérale 
sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI; RS 831.20). 

 Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. a) A teneur de l'art. 1 al. 1 LAI, les dispositions de la LPGA s'appliquent à 
l'assurance-invalidité, à moins que la loi n'y déroge expressément. Toutefois, les 
modifications légales contenues dans la LPGA constituent, en règle générale, une 
version formalisée dans la loi de la jurisprudence relative aux notions 
correspondantes avant l'entrée en vigueur de la LPGA; il n'en découle aucune 
modification du point de vue de leur contenu, de sorte que la jurisprudence 
développée à leur propos peut être reprise et appliquée (ATF 130 V 345 consid. 3). 

 b) Sur le plan matériel, le point de savoir quel droit s'applique doit être tranché à la 
lumière du principe selon lequel les règles applicables sont celles en vigueur au 
moment où les faits juridiquement déterminants se sont produits (ATF 130 V 230  

 
 
 

 

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consid. 1.1; 335 consid. 1.2; ATF 129 V 4 consid. 1.2; ATF 127 V 467 consid. 1, 
126 V 136 consid. 4b et les références). 

 En l'espèce, l'objet du litige porte sur une demande de prestation du 9 novembre 
2012 de sorte que sont applicables les modifications de la LAI du 21 mars 2003 
(4ème révision), entrées en vigueur le 1er janvier 2004, celles du 6 octobre 2006 (5ème 
révision), entrées en vigueur le 1er janvier 2008 et celles du 18 mars 2011 (révision 
6a), entrées en vigueur le 1er janvier 2012. 

3. Le délai de recours est de 30 jours (art. 60 al. 1 LPGA). Interjeté dans la forme et le 
délai prévus par la loi, le recours est recevable, en vertu des art. 56ss LPGA. 

4. Est réputée invalidité, l'incapacité de gain totale ou partielle présumée permanente 
ou de longue durée, résultant d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un 
accident (art. 8 al. 1 LPGA et 4 al. 1 LAI). Selon l’art. 7 LPGA, est réputée 
incapacité de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des possibilités de 
gain de l'assuré sur le marché du travail équilibré qui entre en considération, si cette 
diminution résulte d'une atteinte à la santé physique ou mentale et qu'elle persiste 
après les traitements et les mesures de réadaptation exigibles (al 1). Seules les 
conséquences de l’atteinte à la santé sont prises en compte pour juger de la présence 
d’une incapacité de gain. De plus, il n’y a incapacité de gain que si celle-ci n’est 
pas objectivement surmontable (al. 2 en vigueur dès le 1er janvier 2008). 

5. a) En vertu de l’art. 28 al. 2 LAI, l’assuré a droit à une rente entière s’il est invalide 
à 70% au moins, à un trois-quarts de rente s'il est invalide à 60% au moins, à une 
demi-rente s’il est invalide à 50% au moins, ou à un quart de rente s’il est invalide à 
40% au moins. 

 Il y a lieu de préciser que selon la jurisprudence, la notion d'invalidité, au sens du 
droit des assurances sociales, est une notion économique et non médicale; ce sont 
les conséquences économiques objectives de l'incapacité fonctionnelle qu'il importe 
d'évaluer (ATF 110 V 273 consid. 4a). L’atteinte à la santé n’est donc pas à elle 
seule déterminante et ne sera prise en considération que dans la mesure où elle 
entraîne une incapacité de travail ayant des effets sur la capacité de gain de l’assuré 
(ATFA non publié I 654/00 du 9 avril 2001, consid. 1). 

 b) En vertu des art. 28 al. 1 et 29 al. 1 LAI, le droit à la rente prend naissance au 
plus tôt à la date dès laquelle l’assuré a présenté une incapacité de travail (art. 6 
LPGA) d’au moins 40% en moyenne pendant une année sans interruption notable et 
qu’au terme de cette année, il est invalide (art. 8 LPGA) à 40% au moins, mais au 
plus tôt à l’échéance d’une période de six mois à compter de la date à laquelle 
l’assuré a fait valoir son droit aux prestations conformément à l’art. 29 al. 1 LPGA. 

6. a) Les atteintes à la santé psychique peuvent, comme les atteintes physiques, 
entraîner une invalidité au sens de l'art. 4 al. 1 LAI en liaison avec l'art. 8 LPGA.  

 

 
 
 

 

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On ne considère pas comme des conséquences d'un état psychique maladif, donc  
pas comme des affections à prendre en charge par l'assurance-invalidité, les 
diminutions de la capacité de gain que l'assuré pourrait empêcher en faisant preuve 
de bonne volonté; la mesure de ce qui est exigible doit être déterminée aussi  
objectivement que possible (ATF 102 V 165; ATFA non publié I 786/04 du 
19 janvier 2006, consid. 3.1). 

 b) En ce qui concerne les facteurs psychosociaux ou socioculturels et leur rôle en 
matière d'invalidité, ils ne figurent pas au nombre des atteintes à la santé 
susceptibles d'entraîner une incapacité de gain au sens de l'art. 4 al. 1 LAI. Pour 
qu'une invalidité soit reconnue, il est nécessaire, dans chaque cas, qu'un substrat 
médical pertinent, entravant la capacité de travail (et de gain) de manière 
importante, soit mis en évidence par le médecin spécialisé. Plus les facteurs 
psychosociaux et socioculturels apparaissent au premier plan et imprègnent 
l'anamnèse, plus il est essentiel que le diagnostic médical précise s'il y a atteinte à la 
santé psychique qui équivaut à une maladie. Ainsi, il ne suffit pas que le tableau 
clinique soit constitué d'atteintes qui relèvent de facteurs socioculturels; il faut au 
contraire que le tableau clinique comporte d'autres éléments pertinents au plan 
psychiatrique tels, par exemple, une dépression durable au sens médical ou un état 
psychique assimilable, et non une simple humeur dépressive. Une telle atteinte 
psychique, qui doit être distinguée des facteurs socioculturels, et qui doit de 
manière autonome influencer la capacité de travail, est nécessaire en définitive pour 
que l'on puisse parler d'invalidité. En revanche, là où l'expert ne relève pour 
l'essentiel que des éléments qui trouvent leur explication et leur source dans le 
champ socioculturel ou psychosocial, il n'y a pas d'atteinte à la santé à caractère 
invalidant (ATF 127 V 294 consid. 5a in fine). 

 c) A teneur de la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, une dépendance 
comme l’alcoolisme, la pharmacodépendance ou la toxicomanie ne constitue pas en 
soi une invalidité au sens de la loi. En revanche, elle joue un rôle dans l’assurance-
invalidité lorsqu’elle a provoqué une atteinte à la santé physique ou mentale qui 
nuit à la capacité de gain de l’assuré, ou si elle résulte elle-même d’une atteinte à la 
santé physique ou mentale qui a valeur de maladie (ATF 99 V 28 consid. 2; 
VSI 2002 p. 32 consid. 2a, 1996 p. 319 consid. 2a). Notre Haute Cour a à cet égard 
précisé que la situation de fait doit faire l'objet d'une appréciation globale incluant 
aussi bien les causes que les conséquences de la dépendance, ce qui implique de 
tenir compte d'une éventuelle interaction entre dépendance et comorbidité 
psychiatrique. Pour que soit admise une invalidité du chef d'un comportement 
addictif, il est nécessaire que la comorbidité psychiatrique à l'origine de cette 
dépendance présente un degré de gravité et d'acuité suffisant pour justifier, en soi, 
une diminution de la capacité de travail et de gain, qu'elle soit de nature à entraîner 
l'émergence d'une telle dépendance et qu'elle contribue pour le moins dans des 
proportions considérables à cette dépendance. Si la comorbidité ne constitue qu'une  

 
 
 

 

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 cause secondaire à la dépendance, celle-ci ne saurait être admise comme étant la 
conséquence d'une atteinte à la santé psychique. S'il existe au contraire un lien de 
causalité entre l'atteinte maladive à la santé psychique et la dépendance, la mesure 
de ce qui est exigible doit alors être déterminé en tenant compte de l'ensemble des 
limitations liées à la maladie psychique et à la dépendance (ATF non publié 
9C_395/2007 du 15 avril 2008, consid. 2.2). 

 Cependant, l'existence d'une comorbidité psychiatrique ne constitue pas encore un 
fondement suffisant pour conclure sur le plan juridique à une invalidité en raison 
d'une dépendance. L'affection psychique mise en évidence doit contribuer pour le 
moins dans des proportions considérables à l'incapacité de gain de l'assuré. Une 
simple anomalie de caractère ne saurait à cet égard suffire (RCC 1992 p. 180, 
consid. 4d). En présence d'une pluralité d'atteintes à la santé, l'appréciation 
médicale doit décrire le rôle joué par chacune des atteintes à la santé sur la capacité 
de travail et définir à quel taux celle-ci pourrait être évaluée, abstraction faite des 
effets de la dépendance. Si l'examen médical conduit à la conclusion que la 
dépendance est seule déterminante du point de vue de l'assurance-invalidité, il n'y a 
pas lieu de distinguer entre les différentes atteintes à la santé (ATF non publié 
9C_395/2007, op. cit., consid. 2.4). 

 d) En matière de dépendance à l'alcool, la science médicale distingue les troubles 
psychiatriques induits (secondaires à la prise d'alcool) des troubles psychiatriques 
indépendants (associés à la consommation d'alcool). La démarche diagnostique 
peut cependant se révéler particulièrement délicate, dans la mesure où les effets 
d'une consommation abusive d'alcool affectent inévitablement le tableau clinique. 
En règle générale, les signes et symptômes psychiatriques sont induits et 
s'amendent spontanément par l'arrêt de la consommation dans les semaines qui 
suivent le sevrage; ils ne sauraient par conséquent faire l'objet d'un diagnostic 
psychiatrique séparé. En revanche, si à l'issue d'une période d'abstinence suffisante, 
les éléments réunis sont suffisants, il y a lieu de retenir l'existence d'une 
comorbidité psychiatrique. Dans certaines circonstances, l'anamnèse, notamment 
l'historique de la consommation d'alcool depuis l'adolescence, peut constituer un 
instrument utile dans le cadre de la détermination du diagnostic, notamment 
s'agissant de la préexistence d'un trouble indépendant (ATF non publié 9C_395/07 
du 15 avril 2008, consid. 2.3). 

 Dans l'éventualité où des troubles psychiques ayant valeur de maladie sont 
finalement admis, il y a alors lieu d'évaluer le caractère exigible de la reprise d'une 
activité lucrative par l'assuré, au besoin moyennant un traitement thérapeutique. A 
cet effet, il faut examiner quelle est l'activité que l'on peut raisonnablement exiger 
de lui. Pour admettre l'existence d'une incapacité de gain causée par une atteinte à la 
santé mentale, il n'est donc pas décisif que l'assuré exerce une activité lucrative 
insuffisante; il faut bien plutôt se demander s'il y a lieu d'admettre que la mise à 
profit de sa capacité de travail ne peut, pratiquement, plus être raisonnablement  

 
 
 

 

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 exigée de lui, ou qu'elle serait même insupportable pour la société (ATF 127 V 294, 
consid. 4c, ATF 102 V 165; VSI 2001 p. 224 consid. 2b et les références). Ces 
principes sont valables, selon la jurisprudence, pour les psychopathies, les 
altérations du développement psychique (psychische Fehlentwicklungen), 
l'alcoolisme, la pharmacomanie, la toxicomanie et pour les névroses 
(RCC 1992 p. 182 consid. 2a et les références; ATFA non publié I 237/04 du 
30 novembre 2004, consid. 4.2). 

7. a) Pour pouvoir calculer le degré d’invalidité, l’administration (ou le juge, s’il y a 
eu un recours) a besoin de documents qu’un médecin, éventuellement d’autres 
spécialistes, doivent lui fournir. La tâche du médecin consiste à porter un jugement 
sur l’état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l’assuré 
est, à ce motif, incapable de travailler. En outre, les données médicales constituent 
un élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, 
exiger de l’assuré (ATF 125 V 256 consid. 4 et les références). 

 b) Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en 
procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales (cf. art. 61 
let. c LPGA), le juge n'est pas lié par des règles formelles, mais doit examiner de 
manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis 
décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur 
le droit litigieux. En cas de rapports médicaux contradictoires, le juge ne peut 
trancher l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons 
pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. 
L'élément déterminant pour la valeur probante d'un rapport médical n'est ni son 
origine, ni sa désignation, mais son contenu. A cet égard, il importe que les points 
litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur 
des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes 
exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la 
description des interférences médicales soit claire et enfin que les conclusions de 
l'expert soient bien motivées (ATF 125 V 351 consid. 3). 

 c) Sans remettre en cause le principe de la libre appréciation des preuves, le 
Tribunal fédéral des assurances a posé des lignes directrices en ce qui concerne la 
manière d'apprécier certains types d'expertises ou de rapports médicaux. Ainsi, en 
principe, lorsqu’au stade de la procédure administrative, une expertise confiée à un 
médecin indépendant est établie par un spécialiste reconnu, sur la base 
d'observations approfondies et d'investigations complètes, ainsi qu'en pleine 
connaissance du dossier, et que l'expert aboutit à des résultats convaincants, le juge 
ne saurait les écarter aussi longtemps qu'aucun indice concret ne permet de douter 
de leur bien-fondé (ATF 125 V 351 consid. 3b/bb). 

 

 

 
 
 

 

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 d) Le juge ne s'écarte pas sans motifs impératifs des conclusions d'une expertise 
médicale judiciaire, la tâche de l'expert étant précisément de mettre ses 
connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de l'éclairer sur les aspects 
médicaux d'un état de fait donné. Selon la jurisprudence, peut constituer une raison 
de s'écarter d'une expertise judiciaire le fait que celle-ci contient des contradictions, 
ou qu'une surexpertise ordonnée par le tribunal en infirme les conclusions de 
manière convaincante. En outre, lorsque d'autres spécialistes émettent des opinions 
contraires aptes à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions de 
l'expert, on ne peut exclure, selon les cas, une interprétation divergente des 
conclusions de ce dernier par le juge ou, au besoin, une instruction complémentaire 
sous la forme d'une nouvelle expertise médicale (ATF 125 V 351 consid. 3b/aa et 
les références). 

 e) Le juge peut accorder pleine valeur probante aux rapports et expertises établis 
par les médecins d'un assureur social aussi longtemps que ceux-ci aboutissent à des 
résultats convaincants, que leurs conclusions sont sérieusement motivées, que ces 
avis ne contiennent pas de contradictions et qu'aucun indice concret ne permet de 
mettre en cause leur bien-fondé. Le simple fait que le médecin consulté est lié à 
l'assureur par un rapport de travail ne permet pas encore de douter de l'objectivité 
de son appréciation ni de soupçonner une prévention à l'égard de l'assuré. Ce n'est 
qu'en présence de circonstances particulières que les doutes au sujet de l'impartialité 
d'une appréciation peuvent être considérés comme objectivement fondés. Etant 
donné l'importance conférée aux rapports médicaux dans le droit des assurances 
sociales, il y a lieu toutefois de poser des exigences sévères quant à l'impartialité de 
l'expert (ATF 125 V 351 consid. 3b/ee).  

 f) Une expertise médicale établie sur la base d'un dossier peut avoir valeur probante 
pour autant que celui-ci contienne suffisamment d'appréciations médicales qui, 
elles, se fondent sur un examen personnel de l'assuré (cf. RAMA 2001 n° U 438 
p. 346 consid. 3d).  

 g) En ce qui concerne les rapports établis par les médecins traitants, le juge peut et 
doit tenir compte du fait que, selon l'expérience, le médecin traitant est 
généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de 
la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 351 consid. cc). 

 h) On ajoutera qu'en cas de divergence d’opinion entre experts et médecins 
traitants, il n'est pas, de manière générale, nécessaire de mettre en œuvre une 
nouvelle expertise. La valeur probante des rapports médicaux des uns et des autres 
doit bien plutôt s'apprécier au regard des critères jurisprudentiels (ATF 125 V 351 
consid. 3a) qui permettent de leur reconnaître pleine valeur probante. A cet égard, il 
convient de rappeler qu'au vu de la divergence consacrée par la jurisprudence entre 
un mandat thérapeutique et un mandat d'expertise (ATF 124 I 170 consid. 4; arrêt 
du Tribunal fédéral I 514/06 du 25 mai 2007 consid. 2.2.1, in SVR 2008 IV Nr. 15  

 
 
 

 

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 p. 43), on ne saurait remettre en cause une expertise ordonnée par l'administration 
ou le juge et procéder à de nouvelles investigations du seul fait qu'un ou plusieurs 
médecins traitants ont une opinion contradictoire. Il n'en va différemment que si ces 
médecins traitants font état d'éléments objectivement vérifiables ayant été ignorés 
dans le cadre de l'expertise et qui sont suffisamment pertinents pour remettre en 
cause les conclusions de l'expert (ATF non publié 9C_369/2008 du 5 mars 2009, 
consid. 2.2).  

8. Les constatations médicales peuvent être complétées par des renseignements 
d’ordre professionnel, par exemple au terme d'un stage dans un centre d'observation 
professionnel de l'assurance-invalidité, en vue d'établir concrètement dans quelle 
mesure l'assuré est à même de mettre en valeur une capacité de travail et de gain sur 
le marché du travail. Il appartient alors au médecin de décrire les activités que l'on 
peut encore raisonnablement attendre de l'assuré compte tenu de ses atteintes à la 
santé (influence de ces atteintes sur sa capacité à travailler en position debout et à 
se déplacer; nécessité d'aménager des pauses ou de réduire le temps de travail en 
raison d'une moindre résistance à la fatigue, par exemple), en exposant les motifs 
qui le conduisent à retenir telle ou telle limitation de la capacité de travail. En 
revanche, il revient au conseiller en réadaptation, non au médecin, d'indiquer 
quelles sont les activités professionnelles concrètes entrant en considération sur la 
base des renseignements médicaux et compte tenu des aptitudes résiduelles de 
l'assuré. Dans ce contexte, l'expert médical et le conseiller en matière 
professionnelle sont tenus d'exercer leurs tâches de manière complémentaire, en 
collaboration étroite et réciproque (ATF 107 V 17 consid. 2b; SVR 2006 IV n° 10 
p. 39). 

 En cas d'appréciation divergente entre les organes d'observation professionnelle et 
les données médicales, l'avis dûment motivé d'un médecin prime pour déterminer la 
capacité de travail raisonnablement exigible de l'assuré (ATFA non publié I 531/04 
du 11 juillet 2005, consid. 4.2). En effet, les données médicales permettent 
généralement une appréciation plus objective du cas et l'emportent, en principe, sur 
les constatations qui peuvent être faites à l'occasion d'un stage d'observation 
professionnelle, qui sont susceptibles d’être influencées par des éléments subjectifs 
liés au comportement de l'assuré pendant le stage (ATF non publié 9C_462/2009 du 
2 décembre 2009, consid. 2.4). 

9. a) Le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf dispositions contraires de 
la loi, sur les faits qui, faute d’être établis de manière irréfutable, apparaissent 
comme les plus vraisemblables, c’est-à-dire qui présentent un degré de 
vraisemblance prépondérante. Il ne suffit donc pas qu’un fait puisse être considéré 
seulement comme une hypothèse possible. Parmi tous les éléments de fait allégués 
ou envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui paraissent les plus 
probables (ATF 130 III 321 consid. 3.2 et 3.3, ATF 126 V 353 consid. 5b,  
 

 
 
 

 

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ATF 125 V 193 consid. 2 et les références). Aussi n’existe-t-il pas, en droit des 
assurances sociales, un principe selon lequel l’administration ou le juge devrait 
statuer, dans le doute, en faveur de l’assuré (ATF 126 V 319 consid. 5a). 

 b) Conformément au principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine 
des assurances sociales, les autorités administratives et les juges des assurances 
sociales doivent procéder à des investigations supplémentaires ou en ordonner 
lorsqu'il y a suffisamment de raison pour le faire, eu égard aux griefs invoqués par 
les parties ou aux indices résultant du dossier. Ils ne peuvent ignorer des griefs 
pertinents invoqués par les parties pour la simple raison qu'ils n'auraient pas été 
prouvés (VSI 5/1994 220 consid. 4a). En particulier, ils doivent mettre en oeuvre 
une expertise lorsqu'il apparaît nécessaire de clarifier les aspects médicaux du cas 
(ATF 117 V 283 consid. 4a; RAMA 1985 p. 240 consid. 4; ATFA non publié I 
751/03 du 19 mars 2004, consid. 3.3). 

 Dans un arrêt de principe, le Tribunal fédéral a modifié sa jurisprudence en ce sens 
que les instances cantonales de recours sont en principe tenues de diligenter une 
expertise judiciaire si les expertises médicales ordonnées par l'OAI ne se révèlent 
pas probantes (ATF 137 V 210 consid. 4.4.1.3). Cela étant, un renvoi à 
l'administration pour mise en œuvre d'une nouvelle expertise reste possible, même 
sous l'empire de la nouvelle jurisprudence, notamment lorsqu'une telle mesure est 
nécessaire en raison du fait que l'administration n'a pas instruit du tout un point 
médical ou lorsqu’il s’agit d’un éclaircissement ou d’une précision ou d’un 
complément d’une expertise (ATF 137 V 210 consid. 4.4.1.4 in fine et les 
références). 

  c) Si l’administration ou le juge, se fondant sur une appréciation consciencieuse 
des preuves fournies par les investigations auxquelles ils doivent procéder d’office, 
sont convaincus que certains faits présentent un degré de vraisemblance 
prépondérante et que d’autres mesures probatoires ne pourraient plus modifier cette 
appréciation, il est superflu d’administrer d’autres preuves (appréciation anticipée 
des preuves ; ATF 122 II 464 consid. 4a, ATF 122 III 219 consid. 3c). Une telle 
manière de procéder ne viole pas le droit d’être entendu selon l’art. 29 al. 2 Cst 
(SVR 2001 IV n. 10 p. 28 consid. 4b). 

10. En l'espèce, la chambre de céans a ordonné, le 13 octobre 2014, une expertise 
psychiatrique confiée à la Dresse L______, FMH psychiatrie et psychothérapie, 
rattachée à la Fondation Phoenix, en charge des problématiques d'addiction, en 
considérant ce qui suit :  

L’intimé a refusé toute prestation d’invalidité au motif que l’incapacité de travail du 
recourant était due à une toxicodépendance primaire. Force est de constater que 
cette évaluation a été faite uniquement sur la base des avis médicaux du SMR, sans 
examen du recourant et, en particulier, sans qu’une expertise psychiatrique ne soit  
 

 
 
 

 

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ordonnée; l’intimé n’a pas non plus tenu compte de l’avis du psychiatre traitant,  
lequel a conclu à l’existence d’une atteinte psychiatrique préexistante à la 
consommation d’alcool du recourant et a précisé que celui-ci souffrait d’un trouble 
dépressif récurrent d’intensité majeure à sévère avec des éléments psychiatriques 
assimilés à un trouble de la personnalité schizo-typique avec schizophrénie simple 
et que la consommation d’alcool était secondaire à ces troubles (rapports du 28 
« février » 2013, du 6 février 2014, du 26 novembre 2012 et du 10 juillet 2013). 

Dans son avis du 12 août 2013, le SMR se borne à indiquer que le Dr G______ 
mentionne pour la première fois le 10 juillet 2013 un trouble dépressif sévère avec 
des éléments psychiatriques, associé à un trouble schizo-typique de la personnalité 
et que tous les intervenants, Dr G______ y compris, n’avaient jusque-là parlé que 
d’un épisode dépressif léger. Toutefois, la cour de céans constate que dans son 
rapport médical AI du 16 novembre 2012, le Dr G______ avait déjà relevé que le 
recourant présentait depuis 1999 un trouble délirant, un trouble de la personnalité 
schizo-typique et un épisode dépressif léger avec symptôme psychotique, ce dont le 
SMR n’a pas tenu compte. Ce dernier ne s’est pas non plus prononcé sur le rapport 
du Dr G______ du 28 « février » 2013 produit par le recourant le 29 novembre 
2013, en relevant à tort qu’aucun autre document n’avait été produit dans le cadre 
de la procédure de recours (avis du 7 janvier 2014). 

En conséquence, l’avis du SMR ne saurait être considéré comme probant et l’état 
de santé du recourant doit faire l’objet d’une évaluation psychiatrique. 

11. La Dresse L______ a rendu son rapport d'expertise le 18 mai 2015, lequel répond 
aux réquisits jurisprudentiels précités pour qu'il lui soit reconnu une pleine valeur 
probante. 

L'experte a rencontré l'assuré à trois reprises et a contacté les médecins-traitants et 
l'assistante sociale en charge du recourant. L'expertise se fonde sur toutes les pièces 
du dossier, comprend une anamnèse sociale et psychiatrique, relate les plaintes du 
recourant et le status; le diagnostic de schizophrénie paranoïde continue est 
expliqué clairement et la dégradation de l'état de santé du recourant depuis l'année 
2006 est motivée par les pièces médicales au dossier et les constatations de 
l'experte; l'incapacité de travail totale est aussi motivée de façon convaincante 
depuis 2010, année durant laquelle l'experte a expliqué que le tableau de la 
schizophrénie s'était installé.  

Par ailleurs, le diagnostic posé rejoint celui relaté par les psychiatres-traitants, soit 
un trouble psychotique de type schizophrénie ou trouble de la personnalité 
schizotypique, avec schizophrénie simple, par le Dr G______ (expertise p. 7 et 11)  
et un trouble psychotique par le Dr M______ (expertise p. 11). L'experte a 
clairement exclu le diagnostic de syndrome de dépendance à l'alcool.  

 

 
 
 

 

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Au vu de ce rapport probant, il convient de suivre ses conclusions et de retenir que 
le recourant présente depuis l'année 2010 une incapacité de travail totale dans toute 
activité, en raison d'un diagnostic de schizophrénie paranoïde continue.  

L'avis du Dr O______ du 5 juin 2015, succinct, n'est pas à même de remettre en 
cause les conclusions de l'expertise judiciaire; en effet, le Dr O______ se borne à 
relever qu'on ne retrouve pas les éléments nécessaires au diagnostic dans le status 
psychique, que seul un cours de la pensée disgressif et des affects inappropriés 
fluctuants sont relevés et que l'état psychique du recourant se serait amélioré après 
les hospitalisations.  

Il convient préalablement de constater que le Dr O______ avait estimé, dans ses 
appréciations des 22 mai 2013, 12 août 2013 et 7 janvier 2014, que le diagnostic de 
personnalité schizo-typique posé par le Dr G______ pouvait être en relation avec 
l'alcool; il avait, pour ce motif, soit la constatation d'une alcoolémie primaire, exclu 
toute pathologie psychiatrique invalidante en relevant que tous les rapports 
indiquaient de façon claire et sans équivoque que les troubles liés à l'alcool étaient 
la principale cause d'incapacité de travail. A cet égard, l'experte a exclu un 
diagnostic de syndrome de dépendance à l'alcool; ce fait n'est d'ailleurs pas contesté 
par le SMR. L'attribution de la symptomatologie psychiatrique à un alcoolisme 
primaire n'est ainsi, à juste titre, plus confirmée par le SMR; celui-ci n'explique 
toutefois pas pour quelle raison il écarte dans son dernier avis la symptomatologie 
psychiatrique reconnue auparavant. 

Par ailleurs, contrairement à l'avis du Dr O______, il convient de constater que 
l'experte a motivé le diagnostic de schizophrénie paranoïde continue de façon 
convaincante. Le status relève que le recourant est négligé, son hygiène est 
défectueuse et il est amaigri, sa concentration et son attention sont perturbées, la 
collaboration est fluctuante, avec un comportement changeant, des affects 
inappropriés, le cours de la pensée disgressif, avec un relâchement des associations 
et des moments de discours incohérents; le contenu de la pensée est marqué par des 
idées délirantes de persécution et de filiation, avec agressivité, sans conscience de 
la maladie. L'experte a posé les limitations fonctionnelles suivantes : l'assuré 
présente un comportement instable, désorganisé; le lien à l'autre est imprégné par 
une forte méfiance; il présente par ailleurs une difficulté à se concentrer et à 
maintenir son attention; il se plaint d'une fatigue en lien avec une aboulie; tous ces 
éléments entravent fortement la régularité et le rendement. 

Or, ces constatations ne sont pas contestées par le SMR. 

Le status est complété par la vision des psychiatres-traitants, lesquels relatent une 
prise en charge difficile, parfois à la demande de l'entourage, une désorganisation 
psychique, un discours délirant et un déni de l'évidence (expertise p.11). Il est aussi 
complété par l'anamnèse, laquelle relève que le recourant vit de manière isolée, il  
 

 
 
 

 

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est très méfiant, fuit le contact et peut se montrer agressif, il peine à gérer son  
quotidien et a parfois été observé en train de soliloquer dans sa chambre d'hôtel 
(expertise p. 9 et 11).  

L'expertise, probante, sera en conséquence suivie.  

12. Au vu de ce qui précède, il convient d'admettre que le recourant présente une 
incapacité de travail totale depuis 2010, dans toute activité, de sorte qu'il a droit à 
une rente entière d'invalidité. 

La demande de prestations ayant été déposée le 9 novembre 2012, le droit à la rente 
ne peut naître que le 1er mai 2013. 

13. Partant, le recours sera admis et il sera dit que le recourant a droit à une rente 
entière d'invalidité depuis le 1er mai 2013. 

14. Etant donné que, depuis le 1er juillet 2006, la procédure n'est plus gratuite (art. 69 
al. 1bis LAI), au vu du sort du recours, il y a lieu de condamner l'intimé au 
paiement d'un émolument de CHF 500.-. 

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. L'admet. 

3. Annule la décision de l'intimé du 17 septembre 2013. 

4. Dit que le recourant a droit à une rente entière d'invalidité depuis le 1er mai 2013. 

5. Met un émolument de CHF 500.- à la charge de l'intimé.  

6. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Alicia PERRONE 

 La présidente 
 
 
 
 

Valérie MONTANI 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le