# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f4219758-1ba3-5185-a7a2-0dbdab921035
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-07-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 26.07.2023 P/15083/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-15083-2019_2023-07-26.pdf

## Full Text

Siégeant : Monsieur Gregory ORCI, président ; Mesdames Gaëlle VAN HOVE et 
Delphine GONSETH, juges ; Monsieur Matthieu HÖSLI, greffier-juriste 
délibérant. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/15083/2019 AARP/283/2023 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 26 juillet 20233 

 

Entre 

A______, actuellement détenu en exécution anticipée de peine aux Établissements 

[pénitentiaires] de B______, ______, comparant par Me C______, avocat, 

demandeur en révision, 

 

contre l'arrêt AARP/254/2022 rendu le 31 août 2022 par la Chambre pénale d'appel et de 

révision, 

et 

D______, partie plaignante, 

E______, partie plaignante, comparant par Me Alain GROS, avocat, MLL 

MEYERLUSTENBERGER LACHENAL FRORIEP SA, rue du Rhône 65, case postale 

3199, 1211 Genève 3 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés en révision.

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P/15083/2019 

EN FAIT : 

A. a. Par acte du 14 avril 2023, A______ forme une demande en révision à l'encontre de 
l'arrêt AARP/254/2022 rendu le 31 août 2022 par la Chambre pénale d'appel et de 
révision (CPAR), par lequel celle-ci l'a déclaré coupable de tentative de meurtre 
(art. 22 al. 1 du Code pénal [CP] en lien avec l'art. 111 CP), de lésions corporelles 
simples (art. 123 ch. 1 et ch. 2 al. 4 CP), de contrainte (art. 181 CP), de viol (art. 190 
al. 1 CP), de tentative de viol (art. 22 al. 1 CP en lien avec l'art. 190 al. 1 CP), de 
contrainte sexuelle (art. 189 al. 1 CP) et de violation du devoir d'assistance ou 
d'éducation (art. 219 al. 1 CP), et l'a condamné à une peine privative de liberté de 
six ans et six mois. La CPAR l'a en outre expulsé de Suisse pour une durée de huit 
ans, a ordonné l'inscription de cette expulsion au système d'information Schengen et 
l'a condamné à payer à D______ CHF 5'000.- à titre de tort moral. 

Le 10 octobre 2022, cet arrêt a fait l'objet d'un recours auprès du Tribunal fédéral 
(procédure 6B_1214/2022). Par ordonnance du juge instructeur du 2 mai 2023, la 
cause a été suspendue dans l'attente de l'issue de la présente procédure de révision. 

 b. A______ entreprend intégralement l'arrêt AARP/254/2022, concluant au renvoi de 
la cause au Ministère public pour complément d'instruction, sous suite de frais. 

 Le Ministère public (MP) conclut au rejet de la demande en révision. E______ s'en 
rapporte à la justice et D______ n'a pas déposé d'observations. 

B. La demande en révision est fondée sur les faits suivants : 

a. En octobre 2022, F______ a écrit une lettre manuscrite à destination de son père 
incarcéré. Sa teneur est la suivante : "Bonjour je vous écrit car j'ai beaucoup de 
regrets Monsieur et Madame les Juges Suite a l'affaire de mon père je suis dans le 

regrets de vous dire que j'ai menti mon père n'était pas le seul à avoir un couteau sur 

lui mais D______ aussi en avait un. Monsieur et Madame les Juges il est réel que 

mon père est en danger en Turquie. Je ne vous dis pas tout sa pour le défendre ou 

par peine. Mon père, s'il part en prison en Turquie il en resortira pas car toute ses 

années il sait enfuit. Je sais que se que mon père a pu commetre est impardonnable 

mais D______ aussi a été en tord mon père a aussi voulu se défendre peut-être pas 

de la bonne manière. Si je vous écris sa c'est pour pouvoir avancer dans ma vie sans 

avoir de regrets dans le futur. Je suis vraiment désolé d'avoir menti devant toute la 

cours du Tribunal". 

 b. Le 15 mai 2023, la CPAR a reçu un courriel adressé par "G______" sous l'adresse 
courriel "G______@gmail.com" et signé "F______", avec pour objet le numéro de la 
procédure. Dans le courriel, il était mentionné : "Je vous écris suite a une lettre que 
j'ai écrite qui a été adresser de ma part. Se qui concerne l'affaire du couteau se n'est 

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pas D______ qui porter un couteau sur lui. Mais se qui concerne la situation en 

Turquie est réel. Et en vue de sa situation il pourrait avoir de grave probleme si il est 

transferer la bas. je vous demande de ne pas prendre l'histoire du couteau que sois 

disant D______ portait je l'ai écrite avec l'avis de plusieurs bouche dont je ne peux 

pas cité de nom. je vous prie de bien vouloir prendre en considération se dernier 

message. Monsieur et madame les président je vous prie vraiment de prendre en 

compte se message". 

C. Les faits pertinents suivants ressortent des procédures antérieures : 

 a.a. H______ et A______ se sont mariés en Turquie en 1990 et sont venus vivre en 
Suisse en 2003. Le couple a six enfants, soit les jumelles I______ et J______ nées en 
1993, K______ née en 1995, L______ née en 1996, M______ né en 1999 et 
F______ née en 2003. 

a.b. Par jugement du 14 novembre 2017, le Tribunal de première instance, statuant 
sur mesures protectrices de l'union conjugale, a attribué la jouissance exclusive du 
domicile conjugal à E______ et a fait interdiction à A______ de s'approcher à moins 
de 100 mètres de son épouse ou de l'ancien domicile conjugal et de prendre contact 
avec elle (jugement JTPI/14913/2017). 

 b.a. Selon l'arrêt de la CPAR du 31 août 2022, le soir du 18 juillet 2019, A______ 
s'était rendu sans y être convié au domicile de E______, dans lequel se trouvaient 
cette dernière ainsi que F______ et D______, son nouveau partenaire. Envahi par la 
colère à la vue d'un autre homme dans l'appartement qu'il considérait être toujours le 
sien en présence de celle qui demeurait, selon lui, sa compagne, A______ s'était 
dirigé vers D______ et lui avait asséné plusieurs coups de poing. Il s'était ensuite 
rendu dans la cuisine et s'était emparé d'un couteau d'une longueur totale d'environ 
30 cm. Après avoir écarté H______ et F______, qui tentaient de s'interposer, il avait 
assené deux coups de couteau à D______, l'un au niveau de la nuque et l'autre dans 
le dos, et avait tenté de lui porter un coup dans le ventre, avant d'être désarmé par le 
précité qui avait réussi à saisir le couteau et à en tordre la lame. A______ était alors 
retourné dans la cuisine pour y chercher un autre couteau, laps de temps que 
D______ avait mis à profit pour fuir en sautant du balcon. 

 b.b. Vers 22h23, la Centrale d'engagement, de coordination et d'alarme (CECAL) 
avait reçu un appel de F______ expliquant que son père avait poignardé son "beau-
père" au domicile familial. À son arrivée, la patrouille avait repéré A______ et 
E______ sur le trottoir à proximité du domicile. Alors que les policiers voulaient le 
contrôler, le premier s'était débarrassé d'un couteau en le jetant dans des buissons, 
puis avait été appréhendé. 

 b.c. D______ avait été transporté aux urgences en ambulance. Si les blessures qu'il 
avait reçues n'avaient jamais mis concrètement sa vie en danger, une issue fatale 

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n'avait été évitée que grâce au courage dont avaient fait preuve H______ et F______ 
en s'interposant, ainsi que D______ en saisissant la lame avec ses mains, outre que le 
coup porté à la nuque avait vraisemblablement par chance heurté une chaîne 
métallique qu'il portait. 

 c.a. Entendu par les autorités pénales, A______ a affirmé qu'il s'était rendu le 
18 juillet 2019, au domicile de sa femme pour y boire le thé, certes sans y être invité, 
mais après avoir tenté de la joindre. Lorsque F______ lui avait ouvert, il avait vu 
D______, torse nu, dans le salon. Celui-ci lui avait dit qu'il était lui-même un visiteur 
et avait sorti un couteau pliable de la poche de son pantalon. Pris de peur, il était 
alors allé dans la cuisine pour se saisir d'un grand couteau afin de se défendre. 
Voyant le prénommé tenter de s'échapper par le balcon, il l'y avait rejoint et avait fait 
plusieurs mouvements horizontaux avec l'arme pour se défendre, sans savoir si ces 
gestes avait atteint D______. Avant de sauter du balcon, ce dernier lui avait donné un 
coup de poing mais ne l'avait pas touché, atteignant à la place son épouse qui tentait, 
avec sa fille, de le retenir, car de peur qu'il saute également. Il était ensuite sorti de 
l'appartement en oubliant de poser le couteau qu'il avait dans la main. Il n'avait 
jamais frappé D______, ni E______, n'était pas allé dans la cuisine pour prendre un 
second couteau, et n'avait pas dit qu'il allait tuer le plaignant. S'agissant des 
déclarations de son ex-épouse, de D______, de sa fille et du petit ami de cette 
dernière, qui contredisaient les siennes, elles étaient concordantes parce qu'ils 
s'étaient tous ligués contre lui. 

 c.b. D______ a déclaré que le 18 juillet 2019, alors qu'il se trouvait dans le salon de 
E______, il avait été surpris par l'arrivée d'A______, qui s'était jeté sur lui en criant 
en turc et l'avait d'abord frappé avec ses mains, avant d'utiliser un couteau à pain pris 
à la cuisine. E______ avait essayé de s'interposer, mais A______ l'avait repoussée et 
était revenu vers lui. Il lui avait porté un premier coup de couteau, passant par-dessus 
E______ qui s'était à nouveau interposée, et l'avait atteint l'arrière gauche du cou. 
A______ avait ensuite projeté la précitée contre le mur et, alors qu'il était, pour sa 
part, parti sur le balcon pour lui échapper, ce dernier était revenu à la charge en le 
frappant dans le dos au niveau des reins. Tandis que A______ s'apprêtait à le frapper 
une nouvelle fois au ventre, il était parvenu à saisir la lame de son couteau, se 
blessant aux doigts de la main gauche, et à lui donner un grand coup au visage de la 
main droite, ce qui avait eu pour effet de le repousser dans le salon. Se sentant en 
danger de mort, il avait alors sauté du balcon, puis s'était caché sous un banc à 
proximité. Peu après, constatant que A______ le cherchait un couteau à la main, il 
s'était mis à courir pour lui échapper. Ce dernier l'avait poursuivi sans parvenir à le 
rattraper. 

 c.c. E______ a déclaré que le soir des faits, A______ était entré dans l'appartement 
sans prévenir et avait vu dans le salon D______, qui était son "petit copain". Il s'était 
alors immédiatement dirigé vers ce dernier, l'avait saisi par le cou et lui avait asséné 
plusieurs coups de poing dans le ventre. Elle avait tenté de séparer les deux hommes, 

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mais A______ l'avait attrapée par les cheveux et elle avait eu "un choc" à l'arcade 
sourcilière gauche qui lui avait fait perdre connaissance. En revenant à elle, elle avait 
constaté que les deux hommes se battaient sur le balcon. A______ se tenait au-dessus 
de D______ et lui donnait des coups de poing au visage. Sa fille F______ criait et 
tentait de les séparer. A______ s'était ensuite dirigé vers la cuisine, avait sorti le plus 
grand couteau du tiroir à couverts et dit à l'attention de D______ : "je vais te tuer". Il 
était ensuite retourné en courant sur le balcon et avait poignardé ce dernier à 
plusieurs reprises dans le dos. Le couteau s'étant tordu, A______ s'était remis à 
donner des coups de poing à D______, puis était retourné à la cuisine pour s'emparer 
d'un autre couteau. À son retour sur le balcon, le précité avait disparu. Il était alors 
parti à sa recherche en bas de l'immeuble, et elle l'avait suivi. 

 c.d. Entendue selon le protocole "enfants victimes d'infractions graves" (EVIG), 
F______ a expliqué que cela faisait un certain temps que son père, toujours 
amoureux de sa mère malgré leur séparation, était à la recherche du copain de celle-
ci. Le soir des faits, A______ était entré dans l'appartement et avait mis un gros coup 
dans la tête de D______, qui se trouvait sur le canapé dans le salon. Ce dernier s'était 
ensuite levé tous deux avaient commencé à se battre, en se déplaçant jusqu'au balcon. 
Son père avait un regard haineux, "comme s'il avait le démon". En tentant de 
s'interposer, elle avait reçu un coup à la tête, destiné à D______, ainsi qu'au ventre. 
Sa mère avait également tenté d'arrêter son père, mais ce dernier l'avait repoussée, la 
faisant tomber à terre la tête la première. A______ s'était ensuite rendu dans la 
cuisine pour prendre un grand couteau et, tandis qu'avec E______ elles lui criaient 
d'arrêter et tentaient de s'interposer, avait porté un coup de couteau au bas du dos de 
D______. Il y avait eu du sang partout. Voyant que son père n'était pas prêt de 
s'arrêter et qu'il voulait tuer l'ami de sa mère, elle l'avait tiré de toutes ses forces, ce 
qui avait permis à D______ de s'enfuir en sautant par le balcon. Elle ne pouvait pas 
préciser si ce dernier avait reçu d'autres coups de couteau. Elle avait ensuite couru 
vers la porte de l'appartement pour enfermer son père et l'empêcher de poursuivre 
D______, mais il l'avait repoussée. Ne se sentant pas bien, elle était tombée dans les 
escaliers, où son petit ami, N______, l'avait retrouvée. Son père était alors en 
contrebas du balcon, à la recherche de D______. 

c.e. N______ a relaté que, le 18 juillet 2019 vers 22h30, un homme, qu'il ignorait 
être le père de F______, était monté avec lui dans l'ascenseur menant chez sa copine. 
Il s'était ensuite dirigé vers la porte palière du domicile de F______ et avait frappé. 
Lorsque sa copine avait ouvert la porte, l'homme était entré dans l'appartement sans 
la regarder, ni la saluer. F______ lui avait alors fait comprendre qu'il y avait un souci 
et avait refermé la porte. Peu après, la porte s'était soudainement ouverte et le père de 
F______ avait quitté les lieux en courant en direction des escaliers. Sa petite amie 
était ensuite sortie et était venue vers lui en pleurant et en s'accroupissant, car elle 
avait mal au ventre et à la tête. Elle lui avait dit que son père venait de "planter son 
beau-père" et qu'il fallait sortir de l'immeuble. Entre le moment où ils avaient quitté 
l'appartement et celui de l'arrivée de la police, F______ lui avait en outre expliqué 

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qu'en voyant E______ et son copain dans l'appartement, son père était allé chercher 
un couteau dans la cuisine et avait poignardé ce dernier, lequel avait néanmoins 
réussi à s'échapper en sautant par le balcon. Son père avait également tapé la tête de 
sa mère contre le mur. 

c.f. D'après O______, mari de K______, A______ pouvait faire preuve de jalousie. Il 
avait entendu dire que, le 18 juillet 2019, il avait mis un coup de couteau dans le dos 
d'un homme qui avait un couteau dans la main, et que tous deux avaient été blessés. 

c.g. Lors de l'enquête technique effectuée par la Brigade de police technique et 
scientifique, deux couteaux ont été saisis, l'un avec la lame pliée et des traces de sang 
appartenant à D______ sur la pointe, retrouvé sur le balcon de l'appartement, l'autre 
au lieu de l'interpellation de A______. Des traces d'un liquide rougeâtre, 
vraisemblablement du sang, ont de surcroît été décelées dans la cuisine et sur le 
balcon de l'appartement. 

D. a. Invité le 16 mai 2023 à se déterminer sur le maintien de sa demande de révision vu 
le courriel susmentionné, A______ a répondu par courrier du 16 juin 2023 qu'il 
persistait intégralement dans ses conclusions. 

 b.a. Dans son mémoire, A______ fait valoir que le témoignage de F______ avait 
joué un rôle crucial dans l'appréciation des faits réalisée par le Tribunal correctionnel 
et par la CPAR qui a fondé sa condamnation pour tentative de meurtre. Le courrier 
d'octobre 2022 de la précitée remettant fondamentalement en cause ladite 
appréciation, il convenait donc de reprendre l'instruction afin d'éclaircir les 
évènements afin de permettre aux juges de rendre une nouvelle décision. 

 b.b. Dans son mémoire, le MP soutient que le courrier d'octobre 2022 et le courriel 
de mai 2023 de F______ ne sont que la matérialisation d'un conflit de loyauté chez la 
prénommée, mais qu'ils ne constituent pas un motif suffisant pour modifier 
l'appréciation des faits réalisée par la CPAR. Il en va de même des éléments apportés 
par F______ en lien avec l'expulsion de son père vers la Turquie, ceux-ci ayant déjà 
été pris en considération dans le cadre de la procédure d'appel. 

E. Me C______, défenseur d'office de A______, n'a pas déposé d'état de frais. 

EN DROIT : 

1. 1.1. Une procédure de révision est constituée de trois étapes distinctes : le tribunal 
saisi doit tout d'abord examiner si les conditions de recevabilité d'une demande en 
révision sont remplies (1) ; si tel est le cas, il doit ensuite procéder à l'examen du 
grief soulevé par le demandeur en révision (rescindant) (2) ; enfin, si ce grief est 
admis, il doit se saisir à nouveau de la cause au fond ou renvoyer la cause à une 
autorité inférieure (rescisoire) (3) (ATF 147 I 494 consid. 1.2 [relatif à la révision 

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d'un arrêt du Tribunal fédéral]). Au stade du rescisoire, le juge de la révision peut 
librement examiner les faits et le droit de la cause (ATF 141 IV 145 consid. 6.3), 
alors qu'au stade du rescindant seuls les griefs expressément listés à l'art. 410 du 
Code de procédure pénale suisse (CPP) entrent en ligne de compte. 

L'objet d'une procédure en révision se détermine à l'aune du dispositif de la décision 
querellée et des conclusions du demandeur en révision (ATF 147 I 494 consid. 1.3 
[relatif à la révision d'un arrêt du Tribunal fédéral]) 

1.2. En l'espèce, le demandeur conclut à l'annulation de l'arrêt AARP/254/2022 et au 
renvoi de la procédure au MP. Il ressort cependant de la motivation de sa demande 
que seule est visée sa condamnation pour tentative de meurtre, ainsi que les 
conséquences qui en découlent en matière de sanctions et de frais. La preuve 
nouvelle sur laquelle le demandeur fonde sa demande de révision n'est en effet 
manifestement pas de nature à modifier ses condamnations pour viol, tentative de 
viol, contrainte sexuelle, contrainte et violation du devoir d'assistance ou d'éducation. 
Eu égard à ces condamnations, sa demande est donc manifestement mal fondée, ce 
qui mène à son irrecevabilité (cf. ATF 143 IV 122 consid. 3.5). 

Eu égard à sa condamnation pour tentative de meurtre, la demande de révision a été 
formée par devant l'autorité compétente (art. 21 al. 1 let. b CPP en lien avec l'art. 130 
al. 1 let. a de la loi d'organisation judiciaire [LOJ]) et selon la forme prévue par la loi 
(art. 411 al. 1 CPP), En outre, le demandeur avance un grief lié à une preuve 
nouvelle qui n'apparait pas manifestement infondé. Partant, il y a lieu d'entrer en 
matière. 

2. 2.1. Selon l'art. 410 al. 1 let. a CPP, la révision d'un jugement pénal peut être 
demandée s'il existe des faits ou des moyens de preuves qui étaient inconnus de 
l'autorité inférieure et qui sont de nature à motiver l'acquittement ou une 
condamnation sensiblement moins sévère ou plus sévère du condamné. Ce motif de 
révision implique que les faits ou preuves nouveaux produits par le requérant soient 
susceptibles de modifier le complexe de faits fondant la décision pénale en cause 
pour aboutir à un résultat plus favorable pour le prévenu (ATF 145 IV 197 
consid. 1.1 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_742/2020 du 19 novembre 2020 
consid. 1.1 ; 6B_688/2020 du 15 octobre 2020 consid. 1.1). 

 2.2.1 Au considérant 2.6.1 de son arrêt AARP/254/2022, la CPAR a procédé à une 
appréciation détaillée des éléments de preuve à la procédure, et en particulier des 
témoignages directs de E______, D______ et F______, ainsi que des témoignages 
indirects de N______ et O______. Sur cette base, elle a conclu qu'un faisceau 
d'éléments sérieux prouvait que c'était le demandeur qui avait agressé D______, 
notamment au moyen d'un couteau. La version avancée par ledit demandeur, à savoir 
que le prénommé était armé d'un couteau à son arrivée dans le salon, n'était 
corroborée par aucun témoin, si ce n'est O______ qui n'était pas présent et relatait 

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des renseignements qu'il tenait d'autrui, lesquels étaient d'ailleurs incorrects 
s'agissant de l'information selon laquelle les deux protagonistes avaient été blessés. 
Aucun couteau dont D______ aurait pu se servir n'avait par ailleurs été retrouvé. La 
version avancée par les témoins directs de l'altercation correspondait de plus au 
constat des lésions traumatiques de D______, et aux informations données par 
F______ à N______ et à la CECAL alors que les évènements étaient encore en 
cours. À l'opposé, l'hypothèse d'un complot familial visant à faire accuser le 
demandeur ne trouvait aucune assise dans le dossier. Une instrumentalisation de 
F______ par E______ n'était d'ailleurs pas crédible, les faits s'étant déroulés 
rapidement et la jeune fille n'ayant pas varié dans ses explications. 

Le demandeur avance que la lettre manuscrite d'octobre 2022 constituerait une 
preuve nouvelle fondant une révision au sens de l'art. 410 al. 1 let. a CPP en lien avec 
l'information selon laquelle D______ aurait été en possession d'un couteau au 
moment des faits. 

 En premier lieu, cette allégation apparaît peu crédible au vu des autres éléments 
recueillis. Si D______ avait été en possession d'un couteau, il est en effet improbable 
qu'il ait été le seul à être blessé et qu'il ait fui en sautant d'un balcon. En outre, s'il 
avait été en possession d'un couteau lors de l'altercation, celui-ci aurait 
vraisemblablement été retrouvé. La version des évènements avancée par le 
demandeur, qui serait corroborée par la preuve nouvelle, souffre par ailleurs de 
nombreuses incohérences. Elle ne permet pas de comprendre pourquoi celui-ci aurait 
suivi D______ sur le balcon s'il s'était rendu à la cuisine dans l'unique but de 
chercher une arme pour se défendre, ni pour quelle raison il est descendu dans la rue 
un couteau à la main au lieu de se barricader dans l'appartement après la fuite du 
précité, faits qui ressortent notamment de son audition. Les témoignages de E______ 
et de D______ apparaissent par ailleurs cohérents avec les éléments de preuve 
recueillis, permettant notamment de comprendre pourquoi un couteau à la lame pliée 
et avec des traces du sang de D______ sur la pointe a été retrouvé sur le balcon, et 
pourquoi le demandeur se trouvait dans la rue, un couteau à la main, au moment où il 
a été appréhendé par des policiers. 

 En second lieu, les faits contenus dans le courrier de F______ d'octobre 2022 
apparaissent en contradiction tant avec le contenu de son audition selon le protocole 
EVIG, qu'avec la version des évènements qu'elle a communiquée à N______ 
immédiatement après que son père a quitté l'appartement. Or, sa description initiale 
des faits correspond mieux aux autres éléments de preuve recueillis, pour les mêmes 
motifs que ceux détaillés au paragraphe précédent. De plus, les déclarations d'un 
témoin lors de sa première audition sont en général plus crédibles que celles faites 
ultérieurement en procédure, lesquelles peuvent être parasitées par d'autres 
considérations que la poursuite de la simple vérité factuelle (cf. ATF 143 V 168 
consid. 5.2.2 ; 142 V 590 consid. 5.2). Enfin, le courrier d'octobre 2022 n'a pas été 
adressé à une autorité pénale mais au père de F______, alors même qu'il apparaît 

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destiné à la Chambre de céans au vu de son contenu. Cette circonstance jette le doute 
sur le caractère spontané et libre d'influences extérieures de la démarche.  

 En troisième et dernier lieu, le courriel du 15 mai 2023, dont rien n'indique qu'il n'a 
pas été rédigé par F______, son style correspondant d'ailleurs à celui de la lettre 
d'octobre 2022, remet frontalement en cause l'information contenue dans ladite lettre 
selon laquelle D______ aurait été en possession d'un couteau au moment des faits. 
Ce courriel, adressé directement à la Chambre de céans, apparaît plus crédible que la 
lettre qui l'a précédé, dès lors qu'il est cohérent avec la quasi-totalité des éléments de 
preuve recueillis et notamment avec les déclarations constantes de F______ réalisées 
lors ses premières auditions après les faits. 

 Au vu de ce qui précède, le courrier d'octobre 2022 de F______ n'est pas de nature à 
modifier l'appréciation convaincante du complexe de faits réalisée par la Chambre 
d'appel, ne serait-ce que sous l'angle de la vraisemblance. Il s'ensuit que ce courrier 
ne constitue pas un motif de révision au sens de l'art. 410 CPP. 

 2.2.2. Les risques encourus par le demandeur en révision en cas d'expulsion vers la 
Turquie, ne sont pas d'éléments nouveaux susceptibles de fonder une révision au sens 
de l'art. 410 CPP. Ils ont d'ailleurs été dument pris en compte par la Chambre d'appel 
au considérant 4.2. de son arrêt du 31 août 2022 et font l'objet d'un grief au Tribunal 
fédéral. Enfin, ce point doit de toute façon le cas échéant être réexaminé par l'autorité 
compétente au moment de l'exécution de l'expulsion, en lien avec un possible report 
de celle-ci au sens de l'art. 66d CP. Dans le canton de Genève, ce n'est pas la 
Chambre de céans qui est compétente pour ce faire, mais l'autorité administrative 
(cf. art. 5 al. 2 let. c de la loi d'application du code pénal suisse et d'autres lois 
fédérales en matière pénale du 27 août 2009 [LaCP]). 

 En conclusion, la demande en révision devra être rejetée. 

3. Le demandeur en révision, qui succombe entièrement, sera condamné à supporter les 
frais de la procédure de révision (art. 428 al. 1 CPP), lesquels s'élèvent à CHF 1'390., 
y compris un émolument de jugement de CHF 1'000.-. 

4. 4.1.1. Selon l'art. 428 al. 1 CPP, l'autorité de révision répartit d'office les frais de 
procédure. Selon l'art. 422 al. 2 let. a CPP, les frais imputables à la défense d'office 
sont inclus dans les frais de procédure. 

 Selon l'art. 135 al. 2 CPP, le tribunal qui statue au fond fixe l'indemnité de l'avocat 
commis d'office à la fin de la procédure. Celui-ci exerce sa prestation en vertu d'un 
rapport juridique spécial de droit public et c'est à ce titre qu'il est rémunéré par l'État 
qui est le bénéficiaire de sa prestation de service (le prévenu n'étant dans cette 
relation qu'un tiers bénéficiaire d'un acte juridique pour autrui) (ATF 141 IV 344 
consid. 4.2 ; voir également : ATF 149 IV 91 consid. 4.1.2). 

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L'art. 17 du règlement sur l'assistance juridique et l'indemnisation des conseils 
juridiques et défenseurs d'office en matière civile, administrative et pénale (RAJ) 
prévoit que l'état de frais détaille par rubriques les activités donnant lieu à 
indemnisation, avec indication du temps consacré et que les justificatifs des frais 
doivent être joints. La production d'un état de frais par un avocat ne saurait toutefois 
être un prérequis de son indemnisation au vu du droit fédéral susmentionné, comme 
il ressort tant de la pratique de la Chambre de céans (AARP/156/2022 du 19 mai 
2022 consid. 6.2 ; AARP/125/2022 du 5 mai 2022 consid. 6.2 ; AARP/389/2021 du 
10 décembre 2021 consid. 6.2.1) que de celle de la Chambre pénale de recours 
(ACPR/298/2023 du 27 avril 2023 consid. 5.2 ; ACPR/69/2023 du 26 janvier 2023 
consid. 5.2 ; ACPR/21/2023 du 10 janvier 2023 consid. 6.2). Dans un tel cas, le 
défenseur d'office n'a toutefois pas droit à une motivation aussi spécifique que 
lorsqu'il a produit une note de frais et que certains des postes qu'elle contient sont 
refusés (ATF 141 I 70 consid. 5.2 ; arrêts du Tribunal fédéral 9C_285/2022 du 
11 avril 2023 consid. 2.2 ; 9C_372/2019 du 10 septembre 2019 consid. 3.3). 

 4.1.2. Selon l'art. 135 al. 1 CPP, le défenseur d'office est indemnisé conformément au 
tarif des avocats du canton du for du procès. L'art. 16 al. 1 RAJ prescrit que le tarif 
horaire est de CHF 200.- pour un avocat chef d'étude. Conformément à l'art. 16 al. 2 
RAJ, seules les heures nécessaires sont retenues ; elles sont appréciées en fonction 
notamment de la nature, de l'importance et des difficultés de la cause, de la valeur 
litigieuse, de la qualité du travail fourni et du résultat obtenu (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_1362/2021 du 26 janvier 2023 consid. 3.1.1 [considérant non publié à 
l'ATF 149 IV 91]). 

L'activité consacrée aux conférences, audiences et autres actes de la procédure est 
majorée de 20% jusqu'à trente heures de travail, décomptées depuis l'ouverture de la 
procédure, et de 10% lorsque l'état de frais porte sur plus de trente heures, pour 
couvrir les démarches diverses, telles la rédaction de courriers ou notes, les entretiens 
téléphoniques et la lecture de communications, pièces et décisions (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_838/2015 du 25 juillet 2016 consid. 3.5.2 ; AARP/139/2023 du 25 avril 
2023 consid. 9.1 ; AARP/51/2023 du 20 février 2023 consid. 8.1.2). 

4.2. En l'occurrence, le travail de Me C______ ne peut être qualifié d'inutile d'emblée 
au vu des éléments de preuve nouveaux à sa disposition lors du dépôt de la demande 
de révision, de sorte qu'il y a lieu de l'indemniser. 

Ce travail a consisté avant tout en la rédaction d'un mémoire dont une page est 
consacrée aux conclusions et trois pages à l'exposé des griefs. L'exposé du contenu 
de la décision querellée et l'allégation de faits sont en revanche inutiles dès lors qu'un 
acte de recours/appel/révision a pour fonction la critique d'une décision existante au 
moyen de griefs (de faits et/ou de droit), et non la détermination d'un complexe de 
faits comme une demande civile, une demande de prestation sociale ou un acte 

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d'accusation. À cette aune, la prise en compte trois heures de travail apparaît 
appropriée. 

 En conclusion, la rémunération de Me C______ sera arrêtée à CHF 775.45, 
correspondant à trois heures d'activité au tarif de CHF 200.-/heure (CHF 600.-) plus 
la majoration forfaitaire de 20% (CHF 120.-) et l'équivalent de la TVA au taux de 
7.7% (CHF 55.45.-). 

* * * * *  

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 
Reçoit la demande en révision formée par A______ contre l'arrêt AARP/254/2022 rendu le 
31 août 2022 par la Chambre pénale d'appel et de révision dans la procédure 
P/15083/2019. 

La rejette dans la mesure de sa recevabilité. 

Condamne A______ aux frais de la procédure d'appel, soit CHF 1'390.-, y compris un 
émolument de décision de CHF 1'000.-. 

Arrête à CHF 775.45, TVA comprise, le montant des frais et honoraires de Me C______, 
défenseur d'office de A______, pour ses frais et honoraires en procédure de révision. 

Notifie le présent arrêt aux parties. 

Le communique, pour information, au Tribunal fédéral et aux Établissements de B______. 

 

La greffière : 

 Lylia BERTSCHY 

 Le président : 

Gregory ORCI 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral (LTF), le présent 

arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition 

complète (art. 100 al. 1 LTF), par-devant le Tribunal fédéral (1000 Lausanne 14), par la 

voie du recours en matière pénale, sous la réserve qui suit. 

 

Dans la mesure où il a trait à l'indemnité de l'avocat désigné d'office ou du conseil 

juridique gratuit pour la procédure d'appel, et conformément aux art. 135 al. 3 let. b CPP 

et 37 al. 1 de la loi fédérale sur l'organisation des autorités pénales de la Confédération 

(LOAP), le présent arrêt peut être porté dans les dix jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 39 al. 1 LOAP, art. 396 al. 1 CPP) par-devant la Cour des 

plaintes du Tribunal pénal fédéral (6501 Bellinzone). 

  

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 ETAT DE FRAIS  

 

 COUR DE JUSTICE  

 

Selon les art. 4 et 14 du règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais et dépens 
en matière pénale (E 4 10.03). 

 

Bordereau de frais de la Chambre pénale d'appel et de révision   

Délivrance de copies et photocopies (let. a, b et c) CHF 00.00 

Mandats de comparution, avis d'audience et divers (let. i) CHF 240.00 

Procès-verbal (let. f) CHF 00.00 

Etat de frais CHF 75.00 

Emolument de décision CHF 1'000.00 

Total des frais de la procédure d'appel : CHF 1'390.00