# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f9cdf0ea-a506-5246-aee8-7f93fa6c1d04
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-05-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 02.05.2017 A/732/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-732-2014_2017-05-02.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/732/2014-PE ATA/491/2017  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 2 mai 2017 

1
ère

 section 

   dans la cause 

 

Madame et Monsieur A______, agissant en leur nom personnel et en qualité de 

représentants de leurs enfants mineurs B______ et C______ 
 

contre 

OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION ET DES MIGRATIONS 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

15 avril 2016 (JTAPI/386/2016) 

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A/732/2014 

EN FAIT 

1)  Madame A______, née D______ le ______1986, et Monsieur A______, né 
le ______1984, sont ressortissants du Kosovo. Ils sont parents d’B______ né le 
______2010 et de C______, né le ______2012. 

2)  Le 2 février 2012, la police soleuroise a interpellé M. A______ qui résidait 
depuis treize mois à Genève, en situation irrégulière. Il vivait avec sa compagne, 
Mme A______ et travaillait auprès d’une société d’agencement à E______.  

3)  Le 15 mars 2012, cette société a déposé auprès de l’office cantonal de la 
population et des migrations (ci-après : OCPM) une demande de permis de séjour 
avec activité lucrative pour M. A______ de durée déterminée pour un poste  
d’aide-menuisier, à plein temps, rémunéré CHF 26.- bruts par heure. 

4)  Le 14 mai 2012, l’OCPM a entendu Mme et M. A______ en vue de 
l’examen de leur situation. 

  Ils étaient célibataires mais avaient célébré un mariage coutumier au 
Kosovo. M. A______ n’avait pas reconnu officiellement les enfants. Il était arrivé 
en Suisse en 2004 ou 2005 et subvenait aux besoins de sa famille grâce à son 
travail. Il était retourné à deux reprises au Kosovo, mais n’y avait pas séjourné 
plus d’une semaine. Cela faisait trois ans qu’il n’y était pas retourné. Il avait une 
sœur en Suisse qui était dans l’attente d’une autorisation de séjour. Mme A______ 
l’avait rejoint en 2008 et n’était pas retournée au Kosovo depuis. Elle n’avait pas 
d’emploi et s’occupait de leurs enfants. Ils souhaitaient régulariser leur situation 
afin de rester en Suisse. 

5)  Le 23 mai 2012, l’OCPM a autorisé M. A______ à poursuivre son travail 
auprès de son employeur, jusqu’à droit connu sur la demande d’autorisation de 
séjour. 

6)  Le 12 juillet 2012, M. A______ a transmis à l’OCPM quatre lettres de 
soutien, provenant de collègues de travail, en sa faveur. 

7)  Le 28 mars 2013, les époux A______ ont fourni des informations 
complémentaires à l’OCPM. 

  M. A______ avait poursuivi sa scolarité jusqu’à l’âge de dix-neuf ans, puis 
avait travaillé en qualité de menuisier. Ses parents, ses deux sœurs et quatre frères 
vivaient au Kosovo, dans la pauvreté. Ils avaient des contacts bihebdomadaires 
par internet. Il avait quitté son pays car sa famille n’avait pas suffisamment de 
moyens pour vivre. À son arrivée en Suisse, il avait occupé plusieurs emplois 
dans le domaine du bâtiment. Depuis 2011, il travaillait auprès du même 

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employeur. Il avait débuté en aidant ses collègues, mais ne pouvait à présent 
mener seul les chantiers. Grâce à son travail, il pouvait offrir un avenir à ses 
enfants. Son revenu mensuel net était de CHF 4'200.- et les charges fixes de la 
famille étaient de CHF 2'500.-. Ils bénéficiaient tous d’une assurance-maladie. Il 
était retourné au Kosovo en mars 2009 durant trois semaines afin de renouveler 
son passeport. Il y était retourné du 28 juillet au 6 août et du 12 octobre au 
12 novembre 2012 pour rendre visite à sa mère malade et du 3 au 17 janvier 2013 
pour y passer des vacances. En 2005, il s’était marié traditionnellement avec 
Mme A______ et ils comptaient se marier civilement au Kosovo durant l’été. Il 
avait aussi entamé des démarches auprès de l’État civil de la Ville de Genève afin 
de reconnaître ses enfants. 

  Mme A______ avait poursuivi sa scolarité jusqu’à l’âge de quinze ans. Au 
Kosovo, elle avait ses parents, une sœur et deux frères ; ils appartenaient à la 
classe moyenne et elle les appelait « une fois par mois par  téléphone quand il y 
avait une urgence ». Elle avait aussi deux sœurs en Allemagne, une en Belgique et 
une au Canada. Elle était venue en Suisse en août 2007 pour y rejoindre son 
compagnon et pour y « avoir une vie meilleure ». Elle n’avait jamais travaillé. La 
perte d’un premier enfant, à trois mois de grossesse, l’avait traumatisée. Depuis la 
naissance des enfants, elle leur consacrait tout son temps. B______ était en bonne 
santé, mais C______ souffrait d’un souffle au cœur et devait effectuer des 
contrôles tous les quatre mois. Il devait subir une intervention chirurgicale, dont la 
date n’était pas encore fixée. Elle comptait chercher un emploi lorsque les enfants 
iraient en crèche.  

  Tous deux se sentaient bien intégrés en Suisse et pouvaient bénéficier d’un 
bon système de santé. Au Kosovo, ils n’avaient ni travail ni logement. Compte 
tenu de la situation socio-économique, ils risquaient de se retrouver à la rue et ne 
pouvaient compter sur aucune aide. 

  M. A______ parlait et comprenait bien le français. Mme A______ ne le 
parlait pas mais le comprenait. 

  Selon l’attestation de l’Hospice général du 16 avril 2013, les intéressés 
n’émargeaient pas à l’aide sociale, à tout le moins entre 2009 et 2013. 

  Selon le relevé de l’office des poursuites du 30 mai 2013, M. A______ 
faisait l’objet de poursuites à hauteur de CHF 14'100.45 concernant 
principalement des dettes d’assurance-maladie. 

8)  Par décision du 3 février 2014, l’OCPM a refusé de préaviser favorablement 
le dossier des intéressés auprès du secrétariat d’État aux migrations  
(ci-après : le SEM) et leur a imparti un délai au 3 mai 2014 pour quitter la Suisse, 
cette mesure apparaissant licite, possible et raisonnablement exigible. 

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  La durée de leur séjour en Suisse devait être relativisée par rapport aux 
nombreuses années passées au Kosovo et ils ne pouvaient se prévaloir d’une 
intégration socio-professionnelle particulièrement marquée. Les enfants, alors 
âgés d’un an et de trois ans, ne résidaient en Suisse que depuis peu et ils 
s’adapteraient à leur patrie sans trop de difficultés. 

9)  Par acte du 10 mars 2014, les époux A______ en leur propre nom et au nom 
de leurs enfants mineurs ont recouru auprès du Tribunal administratif de première 
instance (ci-après : TAPI) contre la décision de l’OCPM, concluant à son 
annulation et au renvoi du dossier afin qu’il présente à l’autorité fédérale leur 
cause, avec un préavis formel en vue de l’octroi d’une autorisation de séjour ainsi 
qu’au versement d’une indemnité de procédure.  

  L’OCPM n’avait pas pris en compte les problèmes de santé de C______. Il 
souffrait d’une malformation cardiaque et devrait subir une intervention 
chirurgicale lorsque son état de santé le permettrait. En cas de renvoi au Kosovo, 
C______ ne pourrait pas bénéficier des soins qui lui étaient nécessaires puisque le 
Kosovo ne disposait pas d’un système public d’assurance-maladie et que l’accès 
aux soins y était extrêmement difficile et cher. M. A______ séjournait en Suisse 
depuis près de dix ans et n’avait plus aucun réseau professionnel au Kosovo. Il lui 
serait extrêmement difficile de trouver un emploi lui permettant d’assumer les 
frais médicaux de son fils. Il ne pouvait pas non plus compter sur l’aide financière 
de sa famille qui était pauvre, ni sur celle de sa belle-famille. Un renvoi au 
Kosovo risquait de mettre sa famille dans une situation très précaire, alors qu’en 
Suisse, ils étaient bien intégrés. Il avait un emploi, n’avait jamais émargé de 
l’assistance sociale et était respectueux des lois. Il avait aussi noué de très forts 
liens socio-professionnels. Mme A______ séjournait, quant à elle, depuis sept ans 
à Genève. Elle s’occupait de ses enfants. C______ nécessitait une surveillance 
constante car il fallait éviter qu’il ne s’essouffle. Leur vie de famille se trouvait 
désormais en Suisse, où ils pouvaient notamment compter sur la compétence des 
médecins pour soigner C______. 

  Par certificat médical du 24 mars 2014, le médecin-traitant indiquait qu’il 
était préférable que C______ reste en Suisse afin de continuer à bénéficier d’un 
suivi en cardiologie pédiatrique. 

10)  Dans ses observations du 12 mai 2014, l’OCPM a conclu au rejet du 
recours.  

  Le Kosovo disposait d’infrastructures médicales et de médicaments 
distribués gratuitement ou qui pouvaient être commandés à l’étranger.  

  Actuellement, C______ ne bénéficiait d’aucun autre traitement qu’un suivi 
cardiologique pédiatrique. La famille A______ n’avait pas démontré, à 
satisfaction de droit, que les contrôles périodiques prévus tous les quatre mois ne 

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pourraient pas s’effectuer au Kosovo. Par ailleurs, ils pourraient en cas de besoin 
solliciter leur famille résidant à l’étranger pour se procurer les médicaments 
nécessaires au traitement de C______. 

11)  Le 16 septembre 2014, le TAPI a tenu une audience de comparution 
personnelle des parties. Mme A______ était assistée d’un  interprète. 

  M. A______ remboursait ses dettes d’assurance-maladie et avait un 
rendez-vous pour convenir d’un échelonnement de paiement. Il avait reconnu ses 
enfants. Son épouse et lui-même s’étaient mariés civilement au Kosovo le 3 juillet 
2013. Ils n’avaient aucune économie. Son conseil a ajouté que la situation 
médicale au Kosovo semblait beaucoup trop floue pour prendre des risques avec 
un enfant de deux ans. 

  Selon la représentante de l’OCPM, les membres de la famille A______ 
obtiendraient la délivrance d’un visa ou d’une autorisation de séjour de courte 
durée si C______, de retour au Kosovo, avait besoin d’une intervention 
chirurgicale à Genève. Le coût d’une telle intervention pouvait en revanche 
s’avérer problématique pour les parents, celle-ci n’étant prise en charge par  
l’assurance-maladie qu’en cas de résidence en Suisse. Les autorités suisses ne 
délivreraient l’autorisation de séjour qu’à cette condition et également s’il était 
attesté que l’opération n’était pas possible au Kosovo. 

  Le médecin-traitant suivait C______ depuis sa naissance pour une 
communication interventriculaire qui se traduisait par un symptôme appelé souffle 
au cœur. Il travaillait en relation avec le professeur F______, chef du service de 
cardiologie pédiatrique de l’hôpital des enfants de Genève qui voyait C______ 
chaque semestre et procédait à des échographies. C______ se portait très bien et 
sa circulation sanguine était correcte au niveau général. Pour l’instant, on attendait 
une éventuelle fermeture naturelle du trou des ventricules. On ne pouvait 
actuellement pas savoir si une intervention serait finalement nécessaire. C______ 
ne prenait aucun traitement médicamenteux. Ni le professeur F______ ni  
lui-même ne connaissaient un cardiologue pédiatrique au Kosovo ; il s’agissait 
d’une spécialité difficile à trouver dans certains pays. 

12)  Le 28 octobre 2015, l’OCPM a produit le rapport du médecin conseil, rédigé 
en anglais, de l’ambassade de Suisse au Kosovo, avec traduction libre en français. 

  Il était possible d’effectuer des cardiographies ultrasoniques au Kosovo, 
lesquelles étaient gratuites dans les établissements publics. L’éventuelle 
conclusion d’une assurance-maladie au Kosovo (pour bénéficier des 
infrastructures hospitalières privées) était d’environ € 900.- par an, ce qui ne 
représentait pas en soi un montant prohibitif, d’autant moins au regard du soutien 
financier éventuel que les époux A______ pourraient obtenir des autres membres 
de leur famille résidant à l’étranger. La chirurgie cardiaque pédiatrique n’était pas 

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disponible au Kosovo, mais le Ministère de la santé du Kosovo avait signé un 
mémorandum avec l’Italie afin que les patients puissent être traités à l’Hôpital de 
G______. 

13)  Le 20 novembre 2015, la famille A______ s’est déterminée sur ce rapport. 

  Le Kosovo ne disposait pas, à l’heure actuelle, de système  
d’assurance-maladie publique, de sorte que seuls des contrats privés assuraient 
l’accès à l’ensemble des prestations hospitalières et ambulatoires. Les services de 
santé étaient théoriquement fournis gratuitement par les institutions de santé 
publique à certains groupes spécifiques, comme par exemple les enfants jusqu’à 
quinze ans, les élèves et étudiants jusqu’à la fin de leur formation de base, ou 
encore les bénéficiaires de l’assistance sociale et leur famille proche. En raison 
des contraintes financières et matérielles ne permettant pas toujours de faire face à 
la demande, les parents étaient souvent tenus de payer l’intégralité des frais. 

  En Italie, seule une partie des cas étaient traités ; aucune information 
supplémentaire n’avait été trouvée quant à cette sélection si bien que la prise en 
charge par cet hôpital était incertaine. 

  Selon une directive du Ministère de la santé du Kosovo, tout citoyen 
kosovar avait le droit de formuler une demande de traitement médical à l’étranger. 
Le requérant devait notamment joindre un certificat médical attestant que ledit 
traitement ne pouvait s’effectuer au Kosovo. Le cas était ensuite examiné par un 
comité de médecins et le Ministère de la santé, lequel prenait la décision finale. Ils 
devraient, le cas échéant, faire face à d’importantes difficultés tant procédurales 
que financières, sans pour autant être assurés que leur enfant serait dûment pris en 
charge. Ils auraient certes la possibilité de solliciter du SEM une aide au retour 
pour motifs médicaux, mais celle-ci n’était versée que pour une durée limitée (six 
mois) et ne garantissait ainsi pas que C______ puisse bénéficier du suivi de très 
longue durée dont il avait besoin.  

  Il était choquant de renvoyer une famille dans son pays d’origine, alors 
même qu’il n’y existait aucune chirurgie cardiaque pédiatrique et que dès lors, le 
cas échéant, C______ devrait aller se faire soigner à l’étranger, alors même que la 
Suisse, pays où il résidait, disposait de toutes les infrastructures médicales 
nécessaires. 

14)  Le 14 décembre 2015, l’OCPM a relevé que la famille A______ avait versé 
diverses pièces en langue étrangère si bien qu’elles ne pouvaient pas être prises en 
considération. La majorité des pièces qu’elle avait versée était antérieure aux 
documents fournis par l’OCPM.  

15)  Par jugement du 15 avril 2016, le TAPI a rejeté le recours de la famille 
A______. 

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  Les conditions strictes requises pour la délivrance d’une autorisation pour 
cas de rigueur n’étaient pas remplies. 

  Les recourants ne pouvaient pas se prévaloir de la durée du séjour de ses 
membres en Suisse puisqu’ils y résidaient illégalement depuis leur arrivée. 

  L’intégration socio-professionnelle des époux A______ n’était pas 
exceptionnelle, seul M. A______ travaillait et maîtrisait le français à l’oral 
contrairement à son épouse qui n’avait jamais exercé d’activité lucrative et ne 
parlait pas le français. Ils n’étaient pas particulièrement intégrés dans la vie 
genevoise, les relations avec les collègues ne constituaient pas des liens étroits et 
ils ne disposaient d’aucune attache familiale en Suisse. M. A______ n’avait pas 
acquis des connaissances professionnelles ou des qualifications spécifiques que 
seule la poursuite de son séjour en Suisse aurait permis de mettre en œuvre.  

  Mme et M. A______ étaient arrivés en Suisse à l’âge de vingt-deux ans, 
respectivement vingt ans. Ils avaient conservé des attaches importantes avec le 
Kosovo et ne démontraient pas qu’ils seraient affectés par la situation  
socio-économique au Kosovo de manière plus intense que leurs concitoyens en 
cas de retour dans ce pays. Le processus d’intégration des enfants en Suisse n’était 
pas avancé et irréversible compte tenu de leurs jeunes âges. 

  Le problème de santé de C______ n’était pas suffisant pour justifier une 
autorisation de séjour pour cas de rigueur. La communication interventriculaire ne 
présentait aucun danger immédiat pour C______ qui ne faisait l’objet d’aucun 
traitement. Ce problème serait éventuellement résolu de manière naturelle avec le 
temps. Même s’il n’existait pas de chirurgie cardiaque pédiatrique au Kosovo, les 
enfants pouvaient être soignés en Italie. 

16)  Par acte expédié le 20 mai 2016, les époux A______  
(ci-après : les recourants) ont recouru contre le jugement du TAPI auprès de la 
chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre 
administrative), concluant à son annulation ainsi qu’au renvoi du dossier à 
l’OCPM afin qu’il présente à l’autorité fédérale leur cause, avec un préavis formel 
en vue de l’octroi d’une autorisation de séjour et au versement d’une indemnité de 
procédure. 

  Le TAPI avait constaté les faits de façon inexacte et en violation de la 
maxime d’office. Ils invoquaient en particulier la violation des dispositions 
concernant les cas d’extrême gravité, du principe de la proportionnalité et le droit 
de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible. 

  Mme A______ n’avait jamais travaillé en raison de la perte de son bébé à 
trois mois de grossesse, durant sa première année de résidence en Suisse, épreuve 
très difficile à surmonter qui l’avait empêchée d’entreprendre une formation ou de 

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travailler. Elle était tombée enceinte l’année suivante d’B______, puis de 
C______. Elle se consacrait à ses fils au quotidien, avec une surveillance 
constante de C______ puisqu’une attaque ou un essoufflement pouvait intervenir 
à tout instant, en raison de sa malformation cardiaque. 

  Elle parlait désormais le français qu’elle pratiquait dans la vie de tous les 
jours, y compris à la maison. Si elle était assistée d’un interprète lors de 
l’audience du 16 septembre 2014, c’était uniquement pour s’assurer de 
comprendre les termes techniques utilisés. La procédure avait duré plus de trois 
ans pendant lesquels Mme A______ avait continué de séjourner à Genève, le 
TAPI aurait ainsi dû effectuer un nouvel examen de ses connaissances 
linguistiques. Elle communiquait en français avec ses enfants qui maîtrisaient 
cette langue et ne connaissaient que quelques mots d’albanais. Ils allaient intégrer 
respectivement la deuxième primaire et le cycle élémentaire en août 2016.  

  Ils avaient des membres de leurs familles à Genève, soit quatre frères et 
sœurs de M. A______ et une sœur de Mme A______. 

  Ils voulaient rester en Suisse en raison de la malformation cardiaque de 
C______ mais également pour des motifs économiques liés aux coûts de 
l’assurance-maladie qu’ils pouvaient financer et qui assurait une prise en charge 
de C______. Les parents des époux A______ ne pouvaient pas les aider 
financièrement puisqu’ils vivaient pauvrement au Kosovo et se faisaient aider par 
leurs enfants vivant en Suisse. 

  C______ faisait l’objet d’un suivi indispensable pour examiner l’évolution 
de sa malformation et déterminer si une opération devait avoir lieu. Une nouvelle 
consultation cardiologique pédiatrique avait eu lieu le 17 mai 2016. Les médecins 
n’avaient jamais indiqué que C______ pouvait guérir de sa malformation mais 
uniquement que le trou entre les ventricules du cœur pouvaient se fermer 
naturellement, sans affirmer que la situation serait alors stabilisée.  

  La prise en charge médicale par l’hôpital de Gênes était incertaine puisque 
seule une partie des enfants pouvait en bénéficier. Ils n’avaient aucun 
renseignement quant à la sélection des enfants pris en charge par cet hôpital. Une 
telle opération coûtait jusqu’à CHF 13'300.-. Le coût de l’assurance-maladie au 
Kosovo de € 900.- par an était prohibitif compte tenu du niveau de vie dans ce 
pays. Les recourants espéraient gagner au mieux € 240.- bruts par mois, ce qui 
serait difficile puisqu’ils n’avaient pas travaillé au Kosovo depuis environ douze 
ans. 

  Par certificat médical du 12 mai 2016, le médecin-traitant certifiait qu’il 
était nécessaire que C______ reste en Suisse vu son état de santé. 

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  Ils ont repris au surplus leur argumentation exposée dans leur recours au 
TAPI. 

17)  Le 24 mai 2016, le TAPI a déposé son dossier sans formuler d’observations. 

18)  Le 21 juin 2016, l’OCPM a répondu au recours, confirmant sa décision et 
reprenant en substance l’argumentation du TAPI. 

19)   Les recourants n'ont pas fait usage de leur droit de réplique. 

20)  Une audience de comparution personnelle des parties et d’audition du  
médecin traitant de C______ a eu lieu le 19 décembre 2016. 

  C______ souffrait d’une pathologie cardiaque, soit une ouverture entre les 
deux parties du cœur. Il était suivi par les spécialistes des Hôpitaux Universitaires 
de Genève et par son médecin traitant. Il faisait l’objet d’un contrôle annuel du 
cœur. La pathologie pouvait évoluer, soit par une diminution de l’ouverture soit 
par la nécessité d’une intervention chirurgicale, laquelle ne pouvait être réalisée 
que par des spécialistes de la chirurgie cardiaque pédiatrique. Ces spécialistes se 
trouvaient beaucoup plus facilement dans les pays bénéficiant d’un haut niveau de 
vie. Actuellement, il n’était pas possible de donner un pronostic sur l’évolution de 
la pathologie de C______. Pour l’instant, il la supportait très bien. 

21)  À l'issue de l'audience, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Le recours devant la chambre administrative peut être formé pour violation 
du droit, y compris l’excès et l’bus du pouvoir d’appréciation, ainsi que pour la 
constatation inexacte des faits (art. 61 al. 1 LPA). En revanche, celle-ci ne connaît 
pas de l’opportunité d’une décision prise en matière de police des étrangers, dès 
lors qu’il ne s’agit pas d’une mesure de contrainte (art. 61 al. 2 LPA ; art. 10 al. 2 
de loi d'application de la loi fédérale sur les étrangers du 16 juin 1988  
(LaLEtr - F 2 10, a contrario). 

3) a. La loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr - RS 142.20) et 
ses ordonnances d’exécution, en particulier l’ordonnance relative à l’admission, 
au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative du 24 octobre 2007 (OASA – 
RS 142.201), règlent l’entrée, le séjour et la sortie des étrangers dont le statut 

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juridique n’est pas réglé par d’autres dispositions du droit fédéral ou par des 
traités internationaux conclus par la Suisse (art. 1 et 2 LEtr). 

 b. Selon l’art. 30 al. 1 let. b LEtr, il est possible de déroger aux conditions 
d’admission d’un étranger en Suisse pour tenir compte d’un cas individuel 
d’extrême gravité. Dans un tel cas, une autorisation de séjour peut être octroyée 
(art. 31 al. 1 ab initio OASA). Aux termes de l’art. 31 al. 1 OASA, lors de 
l’appréciation d’un cas d’extrême gravité, il convient de tenir compte notamment 
de l’intégration du requérant (let. a), du respect de l’ordre juridique suisse par le 
requérant (let. b), de la situation familiale, particulièrement de la période de 
scolarisation et de la durée de la scolarité des enfants (let. c), de la situation 
financière ainsi que de la volonté de prendre part à la vie économique et 
d’acquérir une formation (let. d), de la durée de la présence en Suisse (let. e), de 
l’état de santé (let. f) et des possibilités de réintégration dans l’État de provenance 
(let. g). Les critères énumérés par cette disposition, qui doivent impérativement 
être respectés, ne sont toutefois pas exhaustifs, d’autres éléments pouvant 
également entrer en considération, comme les circonstances concrètes ayant 
amené un étranger à séjourner illégalement en Suisse (ATA/25/2017 du 17 janvier 
2017). 

 c. L’art. 30 al. 1 let. b LEtr n’a pas pour but de soustraire le requérant aux 
conditions de vie de son pays d’origine, mais implique qu’il se trouve 
personnellement dans une situation si grave qu’on ne peut exiger de  sa part qu’il 
tente de se réadapter à son existence passée. Des circonstances générales affectant 
l’ensemble de la population restée sur place, en lien avec la situation économique, 
sociale, sanitaire ou scolaire du pays en question et auxquelles le requérant serait 
également exposé à son retour, ne sauraient davantage être prises en 
considération, tout comme des données à caractère structurel et général, telles que 
les difficultés d’une femme seule dans un société donnée (ATF 123 II 125 
consid. 5b/dd ; ATA/25/2017 précité). 

4) a. La jurisprudence développée au sujet des cas de rigueur selon le droit en 
vigueur jusqu’au 31 décembre 2007 (art. 13 let. f de l’ordonnance limitant le 
nombre des étrangers du 6 octobre 1986 - aOLE) est toujours d’actualité pour les 
cas d’extrême gravité qui lui ont succédé (ATF 136 I 254 consid. 5.3.1 et 
ATA/25/2017 précité)  

 b.  Les dispositions dérogatoires des art. 30 LEtr et 31 OASA présentent un 
caractère exceptionnel et les conditions pour la reconnaissance d’une telle 
situation doivent être appréciées de manière restrictive (ATF 128 II 200 
consid. 4). Elles ne confèrent pas de droit à l’obtention d’une autorisation de 
séjour (ATF 138 II 393 consid. 3.1). 

 c. Pour admettre l’existence d’un cas d’extrême gravité, il est nécessaire que 
l’étranger concerné se trouve dans une situation de détresse personnelle. Cela 

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signifie que ses conditions de vie et d’existence, comparées à celles applicables à 
la moyenne des étrangers, doivent être mises en cause de manière accrue, c’est-à-
dire que le refus de soustraire l’intéressé à la règlementation ordinaire d’admission 
comporte pour lui de graves conséquences. Le fait que l’étranger ait séjourné en 
Suisse pendant une assez longue période, qu’il y soit bien intégré socialement et 
professionnellement et que son comportement n’ait pas fait l’objet de plaintes ne 
suffit pas, à lui seul, à constituer un cas d’extrême gravité ; il faut encore que sa 
relation avec la Suisse soit si étroite qu’on ne puisse exiger qu’il aille vivre dans 
un autre pays, notamment dans son pays d’origine. À cet égard, les relations de 
travail, d’amitié ou de voisinage que l’intéressé a pu nouer pendant son séjour ne 
constituent normalement pas des liens si étroits avec la Suisse qu’ils justifieraient 
une exception (ATF 124 II 110 consid. 2 et 3 ; arrêt du Tribunal administratif 
fédéral C-6628/2007 du 23 juillet 2009 consid. 5.2 ; ATA/25/2017 précité ; 
ATA/14/2017 du 10 janvier 2017 ; ATA/920/2016 du 1er novembre 2016). 

 d.  Parmi les éléments déterminants pour la reconnaissance d’un cas d’extrême 
gravité, il convient en particulier de citer la très longue durée du séjour en Suisse, 
une intégration sociale particulièrement poussée, une réussite professionnelle 
remarquable ou une maladie grave ne pouvant être soignée qu’en Suisse. 
L’intégration professionnelle est qualifiée d’exceptionnelle lorsque le requérant 
possède des connaissances professionnelles si spécifiques qu’il ne pourrait les 
utiliser dans son pays d’origine ou lorsque son ascension professionnelle est si 
remarquable qu’elle justifierait une exception aux mesures de limitation (arrêt du 
Tribunal fédéral 2A.543/2001 du 25 avril 2002 consid. 5.2 ; ATA/25/2017 
précité ; ATA/827/2016 du 4 octobre 2016). 

 e. Constituent en revanche des facteurs allant dans un sens opposé le fait que 
la personne concernée n’arrive pas à subsister de manière indépendante et doive 
recourir aux prestations de l’aide sociale ou des liens conservés avec le pays 
d’origine, par exemple sur le plan familial susceptibles de faciliter sa réintégration 
(arrêt du Tribunal fédéral 2A.543/2001 du 25 avril 2002 consid. 5.2 ; arrêt du 
Tribunal administratif fédéral C-5414/2013 du 30 juin 2013 consid. 5.1.4 ;  
C-6379/2012 et C-6377/2012 du 17 novembre 2014 consid. 4.3 ; ATA/25/2017 
précité ; ATA/960/2016 du 14 novembre 2016 ; ATA/827/2016 du 4 octobre 
2016 ; ATA/350/2016 du 26 avril 2016). 

 f.  En règle générale, la durée des séjours illégaux en Suisse n’est en principe 
pas prise en compte dans l’examen d’un cas de rigueur. Sinon, l’obstination à 
violer la législation en vigueur serait en quelque sorte récompensée (arrêts du 
Tribunal fédéral 2A.718/2006 du 21 mars 2007 consid. 3 ; 2A.225/2003 du 21 mai 
2003 consid. 3.1 ; arrêts du Tribunal administratif fédéral C_6051/2008 et 
C_6098/2008 du 9 juillet 2010 consid. 6.4 ; ATA/25/2017 précité ; 
ATA/960/2016 précité ; ATA/920/2016 précité). 

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5) a. Selon la jurisprudence, des motifs médicaux peuvent, selon les 
circonstances, conduire à la reconnaissance d’un cas de rigueur lorsque l’intéressé 
démontre souffrir d’une sérieuse atteinte à la santé qui nécessite, pendant une 
longue période, des soins permanents ou des mesures médicales ponctuelles 
d’urgence, indisponibles dans le pays d’origine, de sorte qu’un départ de Suisse 
serait susceptible d’entraîner de graves conséquences pour sa santé. En revanche, 
le seul fait d’obtenir en Suisse des prestations médicales supérieures à celles 
offertes dans le pays d’origine ne suffit pas à justifier une exception aux mesures 
de limitation. De même, l’étranger qui entre pour la première fois en Suisse en 
souffrant déjà d’une sérieuse atteinte à la santé ne saurait se fonder uniquement 
sur ce motif médical pour réclamer une telle exemption (ATF 128 II 200 
consid. 5.3 ; ATA/25/2017 précité ; ATA/920/2016 précité ; ATA/827/2016 
précité).  

 b. Lorsque la personne concernée se prévaut de problèmes de santé d’une 
certaine gravité, les critères prévus par la let. a et la let. d de l’art. 31 al. 1 OASA 
doivent faire l’objet d’un examen plus approfondi. Dans cette hypothèse, 
l’intégration (sociale et professionnelle) de la personne de même que sa situation 
financière et sa volonté de prendre part à la vie économique et d’acquérir une 
formation doivent en effet être appréciées en fonction de son état de santé, en 
tenant compte de sa capacité de travail effective (arrêt du Tribunal administratif 
fédéral C-2712/2012 du 9 juillet 2014 consid. 5.8 ; ATA/25/2017 précité ; 
ATA/920/2016 précité ; ATA/827/2016 précité). 

 c. En l’absence de liens d’une certaine intensité avec la Suisse, l’aspect 
médical et les éventuelles difficultés de réintégration de la personne concernée 
dans le pays d’origine ne sauraient justifier, à eux seuls l’octroi d’un permis 
humanitaire pour cas de rigueur (arrêt du Tribunal administratif fédéral  
C-22712/2012 précité consid. 5.7 ; ATA/25/2017 précité). Le cas échéant, ces 
critères ne peuvent en effet être pris en considération que dans le cadre de 
l’examen de la licéité et de l’exigibilité de l’exécution au renvoi (arrêts du 
Tribunal administratif fédéral C-2712/2012 précité consid. 5.7 ; C-3216/2010 du 
29 janvier 2014 consid. 3.6 ; ATA/25/2017 précité ; ATA/920/2016 précité). 

6)  En l’espèce, il ressort du dossier que les époux A______ âgés 
respectivement de 30 et 32 ans, sont nés au Kosovo où ils ont vécu toute leur 
enfance, leur adolescence et le début de l’âge adulte. Dès leur arrivée en Suisse, 
ils y ont vécu dans l’illégalité si bien que le temps passé sur le sol helvétique doit 
être relativisé au sens de la jurisprudence précitée. Par ailleurs, le recourant faisait 
l’objet de poursuites d’environ CHF 14'000.- concernant principalement des dettes  
d’assurance-maladie, qu’il allègue être en train de rembourser. 

  Les époux A______ ne peuvent pas se prévaloir d’une intégration sociale 
particulièrement marquée. M. A______ travaille en tant qu’aide-menuisier. Il ne 
maîtrise la langue française qu’à l’oral. Cette activité professionnelle n’atteint pas 

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un niveau de qualification exceptionnelle au regard de la législation et de la 
jurisprudence. Les lettres de soutien produites par les collègues du recourant 
témoignent certes de son intégration, mais ne sont pas suffisantes pour satisfaire 
l’intensité nécessaire exigée par la jurisprudence. Mme A______ consacre tout 
son temps à l’éducation de ses enfants et en particulier à C______ en raison de sa 
malformation cardiaque. La chambre de céans constate toutefois qu’elle ne 
bénéficie d’aucune formation, d’aucun emploi et d’aucuns liens sociaux 
particuliers qui pourraient plaider en faveur d’une intégration particulièrement 
avancée en Suisse. Les recourants indiquent que Mme A______ chercherait un 
emploi lorsque les enfants iraient en crèche. Bien qu’ils soient actuellement 
scolarisés, la recourante n’allègue pas avoir débuté une formation ou rechercher 
activement un emploi, ne serait-ce qu’à temps partiel. Les recourants allèguent 
avoir quelques membres de leur famille à Genève mais rien n’atteste qu’ils 
entretiendraient des rapports étroits. La chambre de céans constate en outre que 
plusieurs membres des familles des recourants vivent au Kosovo, notamment 
leurs parents. Ainsi, en cas de retour au Kosovo, les recourants ne seront pas 
dépourvus de réseau social et pourront bénéficier de l’appui des membres de leurs 
familles. 

  Par ailleurs, la situation économique et sociale du Kosovo ne saurait être 
prise en considération pour l’admission d’un cas de rigueur conformément à la 
jurisprudence susmentionnée.  

  Au vu de ce qui précède, il apparaît que les recourants ne peuvent pas se 
prévaloir de liens d’une intensité particulière avec la Suisse, telle que requise par 
la jurisprudence.  

  Ainsi, il n’est pas contesté que les recourants se retrouveraient confrontés à 
des difficultés en cas de retour et qu’une période d’adaptation serait 
vraisemblablement nécessaire. Cependant, ils ne se trouveraient pas 
personnellement dans une situation grave au point que l’on ne puisse exiger d’eux 
qu’ils tentent de se réadapter à la vie dans leur pays d’origine. 

  En l’absence de liens d’une certaine intensité avec la Suisse, les problèmes 
de santé et les difficultés de réintégration que les recourants rencontraient dans 
leur pays d’origine ne peuvent justifier la reconnaissance d’un cas d’extrême 
gravité. 

7) a. Il convient d’analyser la pathologie de C______ dans le cadre de la licéité et 
de l’exigibilité de l’exécution du renvoi. La malformation cardiaque dont souffre 
actuellement C______ a d’ailleurs été largement documentée dans le cadre de la 
procédure de recours. 

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 b.  Tout étranger dont l’autorisation est refusée est renvoyé de Suisse  
(art. 64 al. 1 let. c LEtr). La décision de renvoi est assortie d’un délai de départ 
raisonnable (art. 64d al. 1 LEtr). 

  Les autorités cantonales peuvent toutefois proposer au secrétariat d’État aux 
migrations (ci-après : SEM) d’admettre provisoirement un étranger si l’exécution 
du renvoi ou de l’expulsion n’est pas possible n’est pas licite ou ne peut être 
raisonnablement exigée (art. 83 al. 1 et 6 LEtr). La portée de cette disposition 
étant similaire à celle de l’art. 14a de l’ancienne loi sur le séjour et l’établissement 
des étrangers du 26 mars 1931 (aLSEE), la jurisprudence rendue ou la doctrine 
citée en rapport avec cette disposition légale reste d’actualité (ATA/920/2016 du 
1er novembre 2016 et les références citées). 

8) a. L’exécution de la décision ne peut être raisonnablement exigée si le renvoi 
ou l’expulsion de l’étranger dans son pays d’origine ou de provenance le met 
concrètement en danger, par exemple en cas de guerre, de guerre civile ou de 
violence généralisée ou de nécessité médicale (art. 83 al. 4 LEtr). 

  Le Conseil fédéral désigne les États d'origine ou de provenance ou les 
régions de ces Etats dans lesquels le retour est raisonnablement exigible. Si 
l'étranger renvoyé ou expulsé vient de l'un de ces États ou d'un État membre de 
l'UE ou de l'AELE, l'exécution du renvoi ou de l'expulsion est en principe exigible 
(art. 83 al. 5 LEtr). Par décision du 6 mars 2009, le Conseil fédéral a ajouté le 
Kosovo à la liste des États sûrs (safe countries), avec effet au 1er avril 2009 (arrêt 
du Tribunal administratif fédéral C-3241/2014 du 29 octobre 2014 consid. 5.2). 

  L’exigibilité du renvoi au Kosovo n’est donc pas contestable sous cet angle 
(arrêt du Tribunal administratif fédéral E-3241/2014 du 29 octobre 2014 
consid. 5.2 ; ATA/561/2015 du 2 juin 2015 ; ATA/678/2013 du 8 octobre 2013). 

 b. S’agissant plus spécifiquement des personnes en traitement médical en 
Suisse, l’exécution du renvoi ne devient inexigible que dans la mesure où elles 
pourraient ne plus recevoir les soins essentiels garantissant des conditions 
minimales d’existence. Par soins essentiels, il faut entendre les soins de médecine 
générale et d’urgence absolument nécessaires à la garantie de la dignité humaine. 
Ainsi, l’art. 83 al. 4 LEtr, vu son caractère d’exception, ne confère pas un droit 
général d’accès en Suisse à des mesures médicales visant à recouvrer la santé ou à 
la maintenir, au simple motif que l’infrastructure hospitalière et le savoir-faire 
médical dans le pays d’origine de l’intéressé n’atteignent pas le standard élevé 
prévalant en Suisse. Cette disposition ne fait pas l’obligation à la Suisse de pallier 
les disparités entre son système de soins et celui du pays d’origine du requérant en 
fournissant des soins de santé gratuits et illimités à tous les étrangers dépourvus 
du droit de demeurer sur son territoire. En revanche, si, en raison de l’absence de 
possibilité de traitement effectif dans le pays d’origine, l’état de santé de la 
personne concernée se dégraderait très rapidement, au point de conduire, d’une 

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manière certaine, à la mise en danger concrète de son intégrité physique et 
psychique, ledit article peut trouver application (arrêt du Tribunal administratif 
fédéral E-6298/2015 du 22 octobre 2015 consid. 4.3.1 ; ATA/920/2016 précité et 
les références citées). 

9)   En l’espèce, C______ souffre d’une malformation cardiaque qui se traduit 
par une ouverture entre les deux parties du cœur.  

 a. C______ ne suit aucun traitement. Il est établi que les contrôles périodiques 
pourraient s’effectuer au Kosovo, notamment des cardiographies ultrasoniques. 
Cette malformation pourrait évoluer positivement et ne nécessiterait, dans cette 
hypothèse, aucune intervention chirurgicale ni aucun traitement. C______ la 
supporte très bien. Sa circulation sanguine est correcte. Les recourants pourraient 
au besoin solliciter leurs familles résidant à l’étranger pour se procurer les 
médicaments qui deviendraient nécessaires en cas d’une évolution négative de 
cette pathologie. Ils pourront conclure une assurance-maladie au Kosovo (pour 
bénéficier des infrastructures hospitalières privées) pour la somme de € 900.- par 
an. Cette somme ne paraît pas prohibitive compte tenu des éventuelles économies 
des recourants effectuées en Suisse et de l’aide financière qu’ils pourraient 
percevoir des membres de leurs familles, en particulier de ceux vivant en Suisse.  

  La difficulté de trouver des spécialistes cardiaques au Kosovo n’est pas un 
élément déterminant dans la mesure où il est établi que ce pays a signé un 
mémorandum avec l’Italie qui effectue les opérations cardiaques pour les enfants 
kosovars nécessiteux. Certes, les critères de sélection pour une intervention 
semblent manquer de transparence, cela étant, même dans l’hypothèse incertaine 
dans laquelle C______ ne serait pas admis à l’hôpital de G______, il pourrait 
éventuellement être mis au bénéfice d’un visa ou d’une autorisation de séjour de 
courte durée afin de se faire opérer en Suisse, si la condition du financement est 
remplie, notamment grâce à une aide financière des membres de sa famille, en 
particulier de ceux vivant en Suisse. 

 b. Vu ce qui précède, rien n’indique dans le dossier qu’un renvoi de C______ 
au Kosovo favoriserait une très rapide dégradation de son état de santé au point de 
le mettre concrètement en danger. Les soins nécessaires pourraient cas échéant lui 
être prodigués en cas de retour au Kosovo.  

 c. Les recourants invoquent le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de 
santé possible et de bénéficier de services médicaux et de rééducation. 

  Au sens de l’art. 24 ch. 1 de la Convention relative aux droits de l'enfant du 
20 novembre 1989 (CDE - RS 0.107), les États parties reconnaissent le droit de 
l'enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de services 
médicaux et de rééducation. Ils s'efforcent de garantir qu'aucun enfant ne soit 
privé du droit d'avoir accès à ces services.  

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  Selon la jurisprudence, on ne peut déduire de prétention directe à l’octroi 
d’un titre de séjour en Suisse de la CDE (ATF 139 I 315 consid. 2.4 et 2.5) qui 
doit être considérée comme une ligne directrice pour l’interprétation et 
l’application du droit (ATF 137 V 167 consid. 4.8 ; 136 I 297 consid. 8.2 ; arrêt 
du Tribunal fédéral 8C_295/2008 du 22 novembre 2008 consid. 4.2). 

  Vu ce qui précède, le renvoi de C______ au Kosovo ne le privera pas d’un 
accès aux services médicaux, si bien que la décision ordonnant son renvoi ne 
viole pas l’art. 24 CDE qui ne constitue qu’une ligne directrice pour 
l’application du droit suisse.  

 d. Il n’existe aucun motif interdisant le renvoi des recourants. La décision 
entreprise sera donc confirmée. 

10)  Au vu de ce qui précède, le recours sera rejeté. Vu l’issue du litige, un 
émolument de CHF 570.- qui comprend la taxe de témoin par CHF 170.- sera mis 
à la charge des recourants, pris conjointement et solidairement, qui succombent. 
Aucune indemnité de procédure ne leur sera pas ailleurs allouée (art. 87 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 20 mai 2016 par Madame et Monsieur A______, 
agissant en leur nom personnel et en qualité de représentants de leurs enfants mineurs, 
B______ et C______, contre le jugement du Tribunal administratif de première instance 
du 15 avril 2016 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met un émolument de CHF 570.-  à la charge de Madame et Monsieur A______, pris 
conjointement et solidairement, lequel inclut la taxe de témoin par CHF 170.- ;  

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que les éventuelles voies de recours contre le présent arrêt, les délais et conditions de 
recevabilité qui leur sont applicables, figurent dans la loi fédérale sur le Tribunal fédéral 
du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), dont un extrait est reproduit ci-après. Le mémoire 

- 17/18 - 

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de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou 
par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi ; 

communique le présent arrêt à Monsieur et Madame A______, agissant en leur nom 
personnel et en qualité de représentants de leurs enfants mineurs, B______ et C______, 
à l'office cantonal de la population et des migrations, au Tribunal administratif de 
première instance, ainsi qu'au secrétariat d'État aux migrations. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mme Payot Zen-Ruffinen, M. Pagan, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. Scheffre 
 

 le président siégeant : 
 
 

Ph. Thélin 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière : 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

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Extraits de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110) 
consultable sur le site: http://www.admin.ch/ch/f/rs/c173_110.html 

Recours en matière de droit public 

(art. 82 et ss LTF) 
Recours constitutionnel subsidiaire 

(art. 113 et ss LTF) 

Art. 82 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours : 
a. contre les décisions rendues dans des causes de droit 
public ; 
… 
Art. 83 Exceptions 
Le recours est irrecevable contre : 
… 
c. les décisions en matière de droit des étrangers qui 

concernent :  
1. l’entrée en Suisse, 
2. une autorisation à laquelle ni le droit fédéral ni le 

droit international ne donnent droit, 
3. l’admission provisoire, 
4. l’expulsion fondée sur l’art. 121, al. 2, de la 

Constitution ou le renvoi, 
5. les dérogations aux conditions d’admission, 
6. la prolongation d’une autorisation frontalière, le 

déplacement de la résidence dans un autre canton, 
le changement d’emploi du titulaire d’une 
autorisation frontalière et la délivrance de 
documents de voyage aux étrangers sans pièces de 
légitimation ; 

d. les décisions en matière d’asile qui ont été rendues :  
1. par le Tribunal administratif fédéral, 
2. par une autorité cantonale précédente et dont 

l’objet porte sur une autorisation à laquelle ni le 
droit fédéral ni le droit international ne donnent 
droit ; 

… 
Art. 89 Qualité pour recourir 
1 A qualité pour former un recours en matière de droit 
public quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité précédente 

ou a été privé de la possibilité de le faire ; 
b. est particulièrement atteint par la décision ou l’acte 

normatif attaqué, et 
c. a un intérêt digne de protection à son annulation ou à 

sa modification. 
… 
Art. 95 Droit suisse 
Le recours peut être formé pour violation : 
a. du droit fédéral ; 
b. du droit international ; 
c. de droits constitutionnels cantonaux ; 
d. de dispositions cantonales sur le droit de vote des 

citoyens ainsi que sur les élections et votations 
populaires ; 

e. du droit intercantonal. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé devant le 
Tribunal fédéral dans les 30 jours qui suivent la 
notification de l’expédition complète. 
______________________________________________ 

Art. 113 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours 
constitutionnels contre les décisions des autorités 
cantonales de dernière instance qui ne peuvent faire 
l’objet d’aucun recours selon les art. 72 à 89. 
Art. 115 Qualité pour recourir 
A qualité pour former un recours constitutionnel 
quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité 

précédente ou a été privé de la possibilité de le 
faire et 

b. a un intérêt juridique à l’annulation ou à la 
modification de la décision attaquée. 

Art. 116 Motifs de recours 
Le recours constitutionnel peut être formé pour 
violation des droits constitutionnels. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé 
devant le Tribunal fédéral dans les 30 jours qui 
suivent la notification de l’expédition complète. 
___________________________________________ 

 

Recours ordinaire simultané (art. 119 LTF) 
1 Si une partie forme contre une décision un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les 
deux recours dans un seul mémoire. 
2 Le Tribunal fédéral statue sur les deux recours dans la même procédure. 

3 Il examine les griefs invoqués selon les dispositions applicables au type de recours concerné.