# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1ff868ea-1f47-57a7-95c7-965fe1605be3
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-10-04
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 04.10.2011 A/1820/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1820-2011_2011-10-04.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1820/2011-EXPLOI ATA/627/2011  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 4 octobre 2011 

1
ère

 section 

dans la cause 

 

Madame S______ 
représentée par Me Florence Yersin, avocate  

contre 

SERVICE DU COMMERCE 
 

 

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A/1820/2011 

EN FAIT 

1.  Madame S______ exploite à Genève depuis mars 2010 le café-restaurant 
«L______ » sis 1, rue U______, à l’angle avec le boulevard O______. Cet 
établissement est propriété de G______ S.A., dont Mme S______ et son mari,  
sont actionnaires et dont ce dernier est administrateur unique.  

2.  Le 7 septembre 2010, Mme S______ a obtenu du service du commerce 
(ci-après : SCom) une autorisation de prolongation de l’horaire d’exploitation et 
« à laisser danser » du vendredi 24 septembre à 19h00 au samedi 25 septembre 
2010 à 3h00, en raison de l’Oktoberfest.  

3.  Le 25 septembre 2010 à 2h45, le L______ a fait l’objet d’un contrôle par 
une patrouille de police composée de deux policiers. 

4.  Le 4 octobre 2010, les agents ont établi un rapport de dénonciation à 
l’intention du SCom. Mme S______ avait exploité l’établissement le 25 
septembre 2010 au matin de manière à engendrer des inconvénients graves pour le 
voisinage contrevenant ainsi aux art. 22 et 74 de la loi sur la restauration, le débit 
de boissons et l’hébergement du 17 décembre 1987 (LRDBH - I 2 21). Les 
policiers qui passaient en voiture devant l’établissement avaient constaté qu’un 
grand nombre de personnes se trouvait sur la voie publique, pouvant causer un 
danger pour la circulation routière. Cette foule émettait un « brouhaha » 
susceptible d’engendrer des inconvénients graves pour le voisinage. Interrogée, 
Mme S______ leur avait dit qu’elle n’était plus en mesure de gérer sa clientèle. 

5.  Le 8 décembre 2010, le SCom a écrit à Mme S______, sans joindre à ce 
courrier le rapport de dénonciation précité, afin qu’elle puisse se déterminer sur 
les faits qui lui étaient reprochés. Le SCom envisageait de lui infliger une sanction 
et/ou une mesure administrative(s).  

6.  Après avoir obtenu copie dudit rapport, Mme S______ a répondu le 7 
janvier 2011. Elle contestait le rapport de dénonciation. Ce soir-là, l’établissement 
fermait à 3h00 du matin. A 2h45, deux policiers s’étaient présentés dans 
l’établissement pour connaître les raisons d’une fermeture si tardive. Ils avaient 
prétendu que les époux S______ n’avaient pas d’autorisation pour prolonger 
l’heure de fermeture. Après que Mme S______ leur avait présenté l’autorisation 
obtenue, lesdits agents lui avaient indiqué que la tranquillité du voisinage était 
troublée par la présence des clients devant l’établissement. Avant l’arrivée des 
gendarmes, tous les clients étaient sortis de l’établissement, la musique était 
arrêtée et les lumières allumées. Quelques clients se trouvaient devant 
l’établissement. Le service de sécurité du L______ les avait priés de quitter les 
lieux. Leur présence n’avait pas engendré de « brouhaha » mais un bruit 

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provenant de discussions. Aucune nuisance n’en était résultée. Aucun voisin ne 
s’était plaint la nuit en question. Elle contestait avoir déclaré qu’elle n’arrivait 
plus à gérer la situation. Ce soir-là, elle avait un service de sécurité pour la 
seconder. 

7.  Par pli recommandé du 11 mai 2011, le SCom a infligé à Mme S______ une 
amende de CHF 400.- pour avoir exploité son établissement de manière à 
engendrer des inconvénients graves pour le voisinage (art. 22 al. 2 LRDBH). 

8.  Le 14 juin 2011, Mme S______ a recouru contre la décision précitée auprès 
de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre 
administrative), en concluant principalement à l'annulation de ladite décision, 
subsidiairement à une réduction de l’amende à CHF 100.-, ainsi qu'à l'ouverture 
d'enquêtes et à l’octroi d’une indemnité de procédure. Elle contestait la gravité des 
inconvénients pour le voisinage, aucun voisin ne s’étant plaint cette nuit-là. Dans 
l’hypothèse où l’amende était admise dans son principe, le montant de CHF 400.- 
était disproportionné au regard de la nature et de la gravité de l’infraction, ainsi 
que de l’absence d’antécédents. 

9.  Le 15 juillet 2011, le SCom a conclu au rejet du recours, avec suite de frais 
et émolument, ainsi qu'à la confirmation de sa décision du 11 mai 2011. 
Le L______ avait été exploité en violation de l’art. 22 al. 2 LRDBH : 
la recourante ne contestait pas que des clients se trouvaient devant son 
établissement, engendrant des inconvénients graves pour le voisinage. De plus, 
elle n’avait pas été en mesure d’expliquer les raisons pour lesquelles son service 
d’ordre n’avait pas pu disperser la clientèle qui se trouvait sur la voie publique. 

10.  Le 12 septembre 2011, le juge délégué a tenu une audience de comparution 
personnelle et d’enquêtes. 

 a. Mme S______ a déclaré que ce soir-là, le service d’ordre, composé de son 
mari, d’un employé, Monsieur D______, et d’elle-même, avait incité les clients à 
quitter les lieux. 

 b. La représentante du SCom a admis qu’aucune plainte des voisins n’était à 
l’origine de l’intervention des agents. Mme S______ n’avait jamais fait l’objet 
d’une amende administrative avant cette date. La pratique du SCom consistait à 
sanctionner tout inconvénient grave constaté après minuit d’une amende de 
CHF 400.-. 

 c. Le brigadier M______, entendu à titre de renseignement, a déclaré que ce 
soir-là, il circulait avec sa collègue devant l’établissement en question. Ils étaient 
descendus du véhicule pour demander aux clients qui se trouvaient sur la voie 
publique au boulevard du O______ de remonter sur le trottoir et de regagner leur 
domicile. Ils avaient informé Mme S______ et son mari que ceux-ci ne pouvaient 

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pas laisser leurs clients s’attrouper ainsi. Les époux S______ paraissaient 
débordés, n’étant pas en mesure de faire entendre raison à leurs clients. Sa 
collègue et lui-même étaient intervenus en raison de l’attroupement et non au 
motif que l’établissement aurait fermé tardivement.  

  D’entente entre les parties, il a été renoncé à l’audition de l’autre agent, 
Mme Q______. 

11.  Sur quoi, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire - LOJ - E 2 05 ; art. 62 
al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - 
LPA - E 5 10). 

2.  La recourante conclut à l’annulation de l’amende, au motif qu’elle n’aurait 
pas exploité l’établissement de manière à engendrer des inconvénients graves pour 
le voisinage durant la nuit du 24 au 25 septembre 2010. 

3. a. L'exploitant doit veiller au maintien de l'ordre dans son établissement et 
prendre toutes les mesures à cette fin (art. 22 al. 1 LRDBH). Il doit exploiter 
l’établissement de manière à ne pas engendrer d'inconvénients graves pour le 
voisinage (art 22 al. 2 LRDBH). Si l'ordre est sérieusement troublé ou menace de 
l'être, que ce soit à l'intérieur de l'établissement ou dans ses environs immédiats, il 
doit faire appel à la police (art. 22. al. 3 LRDBH). 

 b. Alors que le projet de loi précisait simplement que si l'ordre était 
sérieusement troublé ou menacé de l'être, l'exploitant devait faire appel à la police 
(Mémorial des séances du Grand Conseil, 1985 III p. 4209), la commission ad hoc 
du Grand Conseil a précisé : « que ce soit à l'intérieur de l'établissement ou dans 
ses environs immédiats », pour bien souligner que la responsabilité de l'exploitant 
s’étendait au-delà des strictes limites de son établissement ou de sa terrasse 
(Mémorial des séances du Grand Conseil, 1987 V p. 6426). 

 c. Une violation de l’art. 22 LRDBH peut être fondée sur le fait que 
l’exploitant n’a pas pris les mesures nécessaires pour contenir sa clientèle ou pour 
en atténuer le bruit, par exemple en fermant la porte et en invitant ses clients à 
modérer leur enthousiasme (ATA/146/1999 du 2 mars 1999). 

4. a. Les amendes administratives prévues par les législations cantonales sont de 
nature pénale, car aucun critère ne permet de les distinguer clairement des 
contraventions pour lesquelles la compétence administrative de première instance 

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peut au demeurant aussi exister. C’est dire que la quotité de la sanction 
administrative doit être fixée en tenant compte des principes généraux régissant le 
droit pénal (ATA/14/2011 du 11 janvier 2011 ; ATA/788/2010 du 16 novembre 
2010 ; ATA/571/2010 du 31 août 2010 ; P. MOOR, Droit administratif : les actes 
administratifs et leur contrôle, vol. 2, Berne 2002, ch. 1.4.5.5, p. 139 s). 

 b. En vertu de l'art. 1 let. a de la loi pénale genevoise du 17 novembre 2006 
(LPG - E 4 05), les dispositions de la partie générale du code pénal suisse du 
21 décembre 1937 (CP - RS 311.0) s'appliquent à titre de droit cantonal supplétif, 
sous réserve de celles qui concernent exclusivement le juge pénal 
(comme notamment les art. 34 ss, 42 ss, 56 ss, 74 ss, 106 al. 2 et 3 et 107 CP ; 
P. MOOR, idem, p. 141). 

 c. Il est ainsi nécessaire que le contrevenant ait commis une faute, fût-ce sous 
la forme d’une simple négligence (HÄFELIN/MÜLLER/UHLMANN, 
Allgemeines Verwaltungsrecht, 6ème éd., Zürich-Bâle-Genève 2006, p. 252, 
n. 1179). Selon la jurisprudence constante, l’administration doit faire preuve de 
sévérité afin d’assurer le respect de la loi et jouit d’un large pouvoir 
d’appréciation pour infliger une amende (ATA/14/2011 du 11 janvier 2011 ; 
ATA/788/2010 du 16 novembre 2010 ; ATA/571/2010 du 31 août 2010). La 
juridiction de céans ne la censure qu’en cas d’excès (ATA/160/2009 du 31 mars 
2009). Enfin, l’amende doit respecter le principe de la proportionnalité (art. 36 
al. 3 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - 
Cst. - RS 101 ; ATA/533/2010 du 4 août 2010 ; ATA/201/2010 du 23 mars 2010). 

 d. L’autorité qui prononce une mesure administrative ayant le caractère d’une 
sanction doit également faire application des règles contenues aux art. 47 ss CP 
(principes applicables à la fixation de la peine), soit tenir compte de la culpabilité 
de l’auteur et prendre en considération, notamment, les antécédents et la situation 
personnelle de ce dernier (art. 47 al. 1 CP). La culpabilité est déterminée par la 
gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le 
caractère répréhensible de l’acte, par les motivations et les buts de l’auteur et par 
la mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, 
compte tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (art. 47 
al. 2 CP). 

5.  En l'espèce, le seul motif fondant l'amende est celui d'une violation de 
l'art. 22 al. 2 LRDBH précité. 

  Il convient donc de déterminer si la recourante a commis une telle violation 
alors qu'aucun voisin ne s'est plaint. 

6.  Selon la jurisprudence, le dépôt d'une plainte n'est cependant pas nécessaire 
pour le prononcé d'une amende. Un rapport de dénonciation peut être suffisant 
(ATA/570/2004 du 6 juillet 2004) si les faits sont avérés. 

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  A teneur de l’art. 74 al. 1 LRDBH, le département peut infliger une amende 
administrative de CHF 100.- à CHF 60'000.-, indépendamment du prononcé de 
l’une des sanctions prévues aux art. 70 à 73, en cas d’infraction à ladite loi et à ses 
dispositions d’application. 

7.  En l'espèce, le rapport de dénonciation, de même que la déclaration du 
brigadier M______ lors de l'audience d'enquêtes le 12 septembre 2011 démontrent 
que le bruit n’était pas le motif de l’intervention mais que leur attention avait été 
attirée par l’attroupement des clients sur la chaussée, lesdits agents étant dans 
l’ignorance de l’autorisation de prolongation d’horaire au bénéfice de laquelle se 
trouvait Mme S______. Or, une éventuelle entrave à la sécurité publique n'est pas 
réprimée par l'art. 22 al. 2 LRDBH. Quant au brouhaha allégué, les gendarmes 
n’ont pas fait état d’un bruit important. La recourante conteste qu'il ait pu être 
suffisant pour troubler la tranquillité des voisins. Force est d'admettre que dans 
ces conditions, il n'est pas établi que l'exploitation dudit établissement ait 
engendré le 25 septembre 2010 de graves inconvénients pour le voisinage. 

8.  Aucune faute ne pouvant être imputée à la recourante, le recours sera admis 
et la décision attaquée annulée (ATA/633/2006 du 28 novembre 2006). 

9.  Un émolument de CHF 500.-, comprenant les frais d'interprète à hauteur de 
CHF 100.- sera mis à la charge du SCom. Une indemnité de procédure de 
CHF 1'000.- sera allouée à la recourante à la charge de l'Etat de Genève (art. 87 
LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 14 juin 2011 par Madame  S______ contre la 
décision du service du commerce du 11 mai 2011 ; 

au fond : 

l’admet ; 

annule l’amende administrative infligée à Mme S______ ; 

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A/1820/2011 

met à la charge du service du commerce un émolument de CHF 500.- comprenant les 
frais d’interprète à hauteur de CHF 100.- ; 

alloue à Mme S______ une indemnité de procédure de CHF 1’000.- à charge de l’Etat 
de Genève ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Me Florence Yersin, avocate de la recourante, ainsi qu'au 
service du commerce. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mme Hurni, M. Verniory, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

C. Derpich 

 le président siégeant : 
 
 

Ph. Thélin 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :