# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9dee5660-55f8-5c58-824d-2a7059f98555
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-08-24
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 24.08.2023 F-1421/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-1421-2021_2023-08-24.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-1421/2021 

 

 
 

  A r r ê t  d u  2 4  a o û t  2 0 2 3  

Composition 
 Aileen Truttmann (présidente du collège),  

Regula Schenker Senn, Sebastian Kempe, juges, 

Nuno-Michel Schmid, greffier. 
 

 
 

Parties 
 1. A._______,   

2. B._______,   

3. C._______,   

tous représentés par Maître Jean Orso, Orso Avocats, 

Rue du Rhône 57, 1204 Genève,  

recourants,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

  
 

 
 

Objet 
 Refus d'approbation à l'octroi d'une autorisation de séjour en 

dérogation aux conditions d'admission (art. 30 al. 1, let. b 

LEI) et renvoi de Suisse. 

 

 

 

F-1421/2021 

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Faits : 

A.  

B._______, née le (…) 1972 et A._______, né le (…) 1975, tous deux res-

sortissants brésiliens, forment un couple. Ils se seraient rencontrés en 

1997. Leur fils D._______ (ci-après : D._______) est né le (…) 1999. 

B.  

Le 7 septembre 2009, en raison de sa prise d’emploi au sein d’une entre-

prise de nettoyage, A._______ a déposé une demande d’autorisation de 

séjour auprès de l’Office cantonal de la population et des migrations (ci-

après : l’OCPM) à Genève. Dans le formulaire individuel de demande pour 

ressortissant UE/AELE qu’il a utilisé à cette fin, il a indiqué qu’il était de 

nationalité portugaise et qu’il était entrée en Suisse le 15 août 2009. Il a 

également produit une carte d’identité portugaise valable jusqu’au 11 août 

2014. 

C.  

Le 18 septembre 2009, en application de l’Accord sur la libre circulation 

des personnes du 21 juin 1999 (ALCP ; RS 0.142.112.681), l’OCPM a oc-

troyé à A._______ une autorisation de séjour pour ressortissant européen 

(permis B UE/AELE), valable jusqu'au 17 septembre 2014.  

D.  

Le couple formé de A._______et B._______ s’est marié au Brésil, le 9 juil-

let 2010.  

E.  

Le 21 décembre 2010, A._______ a déposé une demande de regroupe-

ment en faveur de son épouse et de leur fils. La demande a également été 

formulée en faveur de E._______ et F._______, toutes deux nées d’une 

précédente relation de B._______, respectivement le (…) 1991 et le (…) 

1994.  

F.  

Le 20 juin 2011, B._______ et les trois enfants précités ont obtenu une 

autorisation de séjour UE/AELE pour regroupement familial, valable à par-

tir du 22 décembre 2010 jusqu’au 21 décembre 2015, prolongée par la 

suite au 17 septembre 2019. 

G.  

C._______ (ci-après : C._______), le deuxième enfant du couple, est né le 

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25 juin 2012 à Genève et a été mis au bénéfice d’une autorisation de séjour 

UE/AELE par regroupement familial à partir du jour de sa naissance.  

H.  

Le 17 septembre 2014, les autorisations d'établissement UE/AELE de 

A._______ et de C._______ ont été renouvelées. Un délai de contrôle a 

été fixé au 17 septembre 2019.  

I.  

Le 22 janvier 2019, A._______, son épouse et leur fils C._______ (ci-

après : les requérants) ont, par le biais de leur mandataire, écrit à l’OCPM 

pour exposer que c’était de toute bonne foi que A._______ avait obtenu 

par l'intermédiaire d’un tiers la carte d'identité portugaise produite à 

l’époque auprès de l’OCPM. 

Il était précisé que A._______ avait compris avoir été dupé par ce tiers, 

lorsqu’il avait appris du Consulat du Portugal à Genève en 2017 qu’il ne 

figurait sur aucun registre et ne disposait donc pas de la nationalité portu-

gaise.  

Les requérants sollicitaient dès lors une autorisation de séjour au sens de 

l’art. 30 al. 1 let. b LEI cum art. 31 OASA pour le cas où l’OCPM venait à 

révoquer leurs titres de séjour au vu de ce nouvel élément. 

J.  

Ayant été dénoncé par l’OCPM, A._______ a, lors de son audition du 25 

juin 2019 auprès de la police genevoise, expliqué que le tiers avec lequel 

il avait été en contact pour le renouvellement de sa carte d'identité portu-

gaise lui avait assuré faire les démarches nécessaires. Il a ajouté que, sans 

nouvelles de ce tiers, il avait finalement décidé d’entreprendre lui-même 

les mesures en 2017 pour le renouvellement de sa carte d’identité portu-

gaise. C’est à cette occasion qu’il avait découvert qu’il ne disposait en ré-

alité pas de cette nationalité. 

Par ordonnance du 2 septembre 2019, le Ministère public genevois a sus-

pendu la procédure pénale dirigée contre A._______ dans l’attente de la 

décision du SEM. Dans ses observations du 24 octobre 2019 à l’OCPM, le 

mandataire a souligné que A._______ n'avait jamais eu l’intention de trom-

per les autorités et qu’il avait spontanément informé l’OCPM de sa situa-

tion. Quant à B._______, celle-ci ignorait que son époux avait obtenu un 

faux document d’identité portugais. Les conditions de révocation des auto-

risations de séjour, respectivement d’établissement UE/AELE, n’étaient en 

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outre pas remplies. La demande d’octroi autorisations de séjour en vertu 

des art. 30 al. 1 let. b LEI et 31 OASA dans l’éventualité d’une révocation 

des titres de séjour en cours était enfin réitérée. 

K.  

K.a Par décisions des 17 et 28 janvier 2020, l’OCPM a respectivement ré-

voqué l’autorisation de séjour UE/AELE obtenue par B._______ en appli-

cation de l’art. 3 Annexe I ALCP et les autorisations d’établissement de 

A._______ et de son fils C._______. Il s’est toutefois déclaré favorable à 

l’octroi d’autorisations de séjour en leur faveur, en application de l’art. 30 

al. 1 let. b LEI en relation avec l’art. 31 OASA, sous réserve de l’approba-

tion fédérale. 

K.b Les dossiers des intéressés ont été transmis pour approbation au Se-

crétariat d’Etat aux migrations (ci-après : SEM) le 29 mai 2020.  

L.  

Le 25 septembre 2020, le SEM a informé les intéressés de son intention 

de refuser son approbation à l’octroi des autorisations de séjour et de pro-

noncer leur renvoi de Suisse. Il a relevé que A._______ avait manifeste-

ment trompé les autorités cantonales sur sa nationalité en produisant un 

faux document portugais afin d’obtenir un titre de séjour en Suisse.  

Par ailleurs, le SEM a précisé que la durée du séjour des intéressés en 

Suisse, de même que leur intégration, devaient être relativisées. De plus, 

les intéressés avaient bénéficié de l’aide sociale et n’avaient pas réalisé 

une ascension professionnelle telle qu’un retour dans leur pays d’origine 

ne pourrait aujourd’hui être exigé de leur part. C._______ n'était quant à 

lui âgé que de 8 ans et pourrait ainsi s’intégrer sans trop de difficultés au 

Brésil. Enfin, la situation des intéressés en Suisse n’était pas constitutive 

d’un cas de rigueur et un départ de Suisse ne les placerait pas non plus 

dans une situation de rigueur excessive. Un délai, prolongé au 30 no-

vembre 2020 sur demande de leur mandataire, leur était imparti pour trans-

mettre leurs observations. 

M.  

Dans ses observations du 30 novembre 2020, le mandataire a en subs-

tance fait valoir que A._______ n’avait jamais eu l’intention de tromper les 

autorités suisses et qu’il avait lui-même informé l’OCPM que les autorisa-

tions avaient été délivrées sur la base d’informations inexactes. La suspen-

sion de la procédure pénale démontrerait par ailleurs que la tromperie ne 

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pouvait d’emblée être considérée comme intentionnelle. A._______ et 

B._______ séjournaient en Suisse depuis respectivement 2006 et 2004. 

Ils n’avaient bénéficié de l’aide sociale que durant un court laps de temps. 

Le montant était au demeurant faible et des démarches avaient été entre-

prises pour son remboursement par acomptes mensuels de fr.100.-. De 

plus, B._______ envisageait d'entreprendre des études universitaires et 

s’était ainsi inscrite au programme « Horizon Académique » pour l’année 

2020-2021 et A._______ souhaitait travailler dans le domaine de la prise 

en charge des personnes âgées. C._______ était, quant à lui, né à Ge-

nève ; il avait tous ses repères dans cette ville et il entrait progressivement 

dans la phase de l’adolescence. Enfin, D._______, le fils aîné du couple, 

s’était inscrit à CAP Formations dans l’objectif de trouver un apprentissage 

pour 2021. Il dépendait financièrement de ses parents et, en l’absence de 

ceux-ci, risquait de dépendre de l’aide sociale.  

N.  

Par décision du 19 février 2020, le SEM a refusé d'approuver l'octroi d'auto-

risations de séjour en faveur des requérants et a prononcé leur renvoi de 

la Suisse. 

Le SEM a pour l’essentiel repris les arguments évoqués dans son courrier 

du 25 septembre 2020. Il a au surplus indiqué que la durée de séjour des 

intéressés devait être relativisée eu égard au fait qu’elle avait en grande 

partie été rendue possible grâce à des titres de séjour obtenus sur la base 

d’un document falsifié. Les autorisations de séjour et d’établissement des 

intéressés étaient ainsi viciées dès l’origine et leur séjour en Suisse ne 

pouvait donc pas être considéré comme ayant été légal. Par ailleurs, le 

simple fait pour un étranger de séjourner en Suisse pendant de longues 

années ne permettait pas d’admettre un cas personnel d’extrême gravité. 

De plus, l’intégration professionnelle de A._______ (employé par une en-

treprise de nettoyage en qualité d’agent de propreté polyvalent pour un 

salaire mensuel brut de 1'822 fr. 80) et de B._______ (employée chez un 

particulier en qualité d’aide à la personne pour un salaire mensuel brut de 

1'558 fr. 77) n’apparaissait pas exceptionnelle au point de justifier l'octroi 

d’une autorisation de séjour en dérogation aux conditions d’admission or-

dinaires. En outre, aucun élément au dossier ne laissait penser que les 

intéressés se seraient créé des attaches sociales particulièrement pro-

fondes et durables en Suisse. Ils avaient bénéficié de l’aide sociale pour 

un montant total de 6'590 fr. 80 et, malgré la durée de leur séjour en Suisse, 

leur connaissance de la langue française ne dépassait pas le niveau élé-

mentaire. Enfin, sur le plan du comportement et du respect de l’ordre juri-

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dique, A._______, bien qu’ayant allégué sa bonne foi au sujet de l’obten-

tion de sa carte d’identité portugaise, n’avait apporté aucun élément con-

vaincant à ce sujet, et il paraissait peu crédible que B._______ ait pu igno-

rer que les titres de séjour avaient été obtenu indûment. En conclusion, 

l'intérêt public à ne pas permettre à des requérants de bénéficier de titres 

obtenus sur la base de fausses informations ou de documents falsifiés de-

vait l’emporter sur l’intérêt privé des intéressés à rester en Suisse. 

O.  

Par acte du 25 mars 2021, A._______ (ci-après : le recourant 1), 

B._______ (ci-après : la recourante) et C._______ (ci-après : le recourant 

2) ont, par l'entremise de leur mandataire, recouru contre la décision du 

SEM du 19 février 2020 auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : 

le Tribunal ou le TAF). Ils ont conclu à son annulation et à l'octroi d'autori-

sations de séjour en leur faveur. Subsidiairement, ils ont sollicité le renvoi 

de la cause au SEM pour nouvelle décision. Sur le plan procédural, ils ont 

requis l'effet suspensif afin de pouvoir demeurer en Suisse durant l'instruc-

tion de la procédure, ainsi qu’un délai supplémentaire pour compléter leurs 

écritures. 

Le recourant 1 a contesté avoir eu l’intention de tromper les autorités avec 

une fausse pièce d’identité portugaise et invoqué la présomption d’inno-

cence, en soulignant à nouveau qu’il avait volontairement porté sa méprise 

à la connaissance des autorités. Il a en outre indiqué que ni lui, ni la recou-

rante, n’étaient en bonne santé et produit un certain nombre de certificats 

médicaux. 

P.  

Par décision incidente du 6 avril 2021, le Tribunal a indiqué que le recours 

avait effet suspensif de par la loi et octroyé un délai supplémentaire aux 

recourants pour compléter leurs écritures. 

Q.  

Le 17 mai 2021, les recourants ont complété leurs écritures. Ils ont indiqué, 

certificats médicaux à l’appui, que leur fils D._______ était suivi par un 

psychiatre et souligné le lien de dépendance particulier qui en résultait. Il 

n’était pas raisonnable d’exiger d’eux qu’ils retournent habiter au Brésil, un 

pays où ils n’avaient plus aucune famille et qu’ils avaient quitté depuis 

2004, respectivement 2006.  

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R.  

Dans ses observations du 24 juin 2021, le SEM a conclu au rejet du re-

cours. Il a intégralement maintenu ses écritures précédentes et pour le sur-

plus nié que les difficultés médicales avancées par le recourant 1 et la re-

courante seraient graves au point d’atteindre sérieusement leur santé ou 

d’engager leur pronostic vital. En outre, ces derniers n’avaient pas rendu 

vraisemblable ne pas pouvoir bénéficier d’une prise en charge adéquate 

au Brésil. Quant à leur fils D._______, il ne souffrait pas d’une maladie 

grave ou d’un handicap qui nécessiterait un soutien de longue durée de 

ses parents. 

S.  

Dans leur réplique du 1er novembre 2021, les recourants ont exposé que 

le recourant 1 travaillait à raison de 100% pour son employeur auquel il 

donnait entière satisfaction, et que la recourante suivait un cursus de for-

mation, ce qui témoignait de leur volonté de progresser dans leur situation 

professionnelle. Leur fils D._______ avait démarré un apprentissage le 16 

août 2021 mais l’idée du départ de ses parents l’angoissait. Il avait besoin 

d’eux à ses côtés, ce qui justifiait qu’ils bénéficient d’autorisations de séjour 

au sens de l’art. 30 al. 1 let. b LEI.  

T.  

Le 9 novembre 2021, le SEM a confirmé ses conclusions tendant au rejet 

du recours. 

U.  

Le 23 décembre 2022, le Tribunal a invité les recourants à actualiser leur 

dossier et à communiquer toute information ou pièce susceptible d’avoir 

une incidence sur l’issue du recours. 

V.  

Le 17 janvier 2023, les recourants ont communiqué des informations et 

produit des pièces supplémentaires, desquelles il ressortait ce qui suit. Le 

recourant 1 avait été promu au poste de chef d’équipe auprès de son em-

ployeur et ne faisait l’objet d’aucune poursuite. La recourante, financière-

ment indépendante, était employée en qualité de garde de personnes 

âgées et poursuivait une formation auprès de la Haute Ecole de Travail 

Social. C._______ poursuivait sa scolarité et D._______ était en deuxième 

année d’apprentissage. 

W.  

Le 2 février 2023, les recourants ont déposé des pièces additionnelles, à 

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savoir un certificat de travail du 25 janvier 2023 en faveur de la recourante, 

et un courrier du 12 septembre 2023 de la société au sein de laquelle 

D._______ effectuait son apprentissage. 

X.  

Le 13 février 2023, le SEM a confirmé n’avoir plus d’autres observations à 

formuler dans le cadre du recours. 

Par ordonnance du 21 février 2023, le Tribunal a clos l’échange d’écritures 

et gardé la cause à juger. 

Y.  

Les autres éléments contenus dans les écritures précitées seront exami-

nés, si nécessaire, dans les considérants en droit ci-dessous. 

 

 

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF (RS 173.32), le 

Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions 

au sens de l'art. 5 PA (RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF. En particulier, les décisions en matière de refus d'approba-

tion à l'octroi d'une autorisation de séjour en dérogation aux conditions 

d'admission et de renvoi prononcées par le SEM (art. 33 let. d LTAF) sont 

susceptibles de recours au Tribunal, qui statue définitivement (cf. art. 1 

al. 2 en relation avec l'art. 83 let. c ch. 2 et 5 LTF [RS 173.110]). 

1.2 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le 

Tribunal est régie par la PA (art. 37 LTAF). 

1.3 Les recourants ont qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté 

dans la forme et les délais prescrits par la loi, leur recours est recevable 

(art. 50 al. 1 et 52 al. 1 PA). 

2.  

Le Tribunal examine les décisions qui lui sont soumises avec un plein pou-

voir d'examen en fait et en droit. Les recourants peuvent ainsi invoquer 

devant le Tribunal la violation du droit fédéral, y compris l'excès ou l'abus 

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du pouvoir d'appréciation, la constatation inexacte ou incomplète des faits 

pertinents ainsi que l'inopportunité de la décision entreprise, sauf lors-

qu'une autorité cantonale a statué comme autorité de recours (art. 49 PA). 

L'autorité de recours applique le droit d'office, sans être liée par les motifs 

invoqués par les parties (art. 62 al. 4 PA), ni par les considérants juridiques 

de la décision attaquée (ATAF 2014/24 consid. 2.2 ; 2009/57 consid. 1.2 ; 

voir également arrêt du TF 1C_214/2015 du 6 novembre 2015 consid. 

2.2.2). Aussi peut-elle admettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres motifs 

que ceux invoqués. Dans son arrêt, elle prend en considération l'état de 

fait existant au moment où elle statue (cf. ATAF 2014/1 consid. 2). 

3.  

3.1 Selon l'art. 99 LEI (RS 142.20) en relation avec l'art. 40 al. 1 LEI, le 

Conseil fédéral détermine les cas dans lesquels les autorisations de courte 

durée, de séjour ou d'établissement, ainsi que les décisions préalables des 

autorités cantonales du marché du travail sont soumises à l'approbation du 

SEM. Celui-ci peut refuser son approbation ou limiter la portée de la déci-

sion cantonale. 

3.2 En l'occurrence, l'OCPM a soumis sa décision à l'approbation du SEM 

en conformité avec la législation et la jurisprudence (cf. art. 5 let. d de 

l'ordonnance du DFJP du 13 août 2015 relative aux autorisations et aux 

décisions préalables dans le domaine du droit des étrangers soumises à la 

procédure d'approbation [RS 142.201.1] ; ATF 141 II 169 consid. 4.3.1, 

4.3.2 et 6.1 ; arrêt du TAF F-3202/2018 du 28 février 2019 consid. 4.2). Il 

s'ensuit que ni le Tribunal, ni le SEM ne sont liés par les décisions de 

l'OCPM des 17 et 28 janvier 2020, et peuvent s'écarter de l'appréciation 

faite par cette autorité. 

4.  

Les recourants font valoir qu’ils remplissent les conditions de cas indivi-

duels d’extrême gravité au sens de l’art. 30 al. 1 let. b LEI et 31 OASA.  

4.1 A teneur de l'art. 30 al. 1 let. b LEI, il est possible de déroger aux con-

ditions d'admission (art. 18 à 29 LEI), notamment dans le but de tenir 

compte de cas individuels d'une extrême gravité ou d'intérêts publics ma-

jeurs. 

Il appert également du libellé de l'art. 30 al. 1 let. b LEI (« cas individuel 

d'une extrême gravité ») que cette disposition, à l'instar de l'art. 13 let. f de 

l'ancienne ordonnance du 6 octobre 1986 limitant le nombre des étrangers 

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(OLE, RO 1986 1791), constitue une disposition dérogatoire présentant un 

caractère exceptionnel. Aussi, conformément à la jurisprudence constante 

relative à l'art. 13 let. f OLE, que l'on peut transposer aux cas visés par 

l'art. 30 al. 1 let. b LEI, les conditions relatives à la reconnaissance d'un 

cas de rigueur doivent être appréciées de manière restrictive. Il est néces-

saire que l'étranger concerné se trouve dans une situation de détresse per-

sonnelle. Cela signifie que ses conditions de vie et d'existence, comparées 

à celles applicables à la moyenne des étrangers, doivent être mises en 

cause de manière accrue, autrement dit qu'une décision négative prise à 

son endroit comporte pour lui de graves conséquences (cf. ATF 130 II 39 

consid. 3 ; arrêt du TF 2C_754/2018 du 18 janvier 2019 consid. 7.2). 

4.2 Lors de l'appréciation d'un cas de rigueur, il y a lieu de tenir compte de 

l'ensemble des circonstances du cas particulier. La reconnaissance d'un 

cas individuel d'une extrême gravité n'implique pas forcément que la pré-

sence de l'étranger en Suisse constitue l'unique moyen pour échapper à 

une situation de détresse. Par ailleurs, le fait que l'étranger ait séjourné en 

Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré (au 

plan professionnel et social) et que son comportement n'ait pas fait l'objet 

de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas individuel d'une 

extrême gravité ; encore faut-il que la relation de l'intéressé avec la Suisse 

soit si étroite qu'on ne puisse exiger de lui qu'il aille vivre dans un autre 

pays, notamment dans son pays d'origine (cf., notamment, arrêt du TAF 

F-5341/2020 du 7 février 2022 consid. 4.2 et réf. cit. ; sur l'ensemble des 

éléments qui précèdent, cf., notamment, arrêts du TAF F-6510/2017 du 6 

juin 2019 consid. 5 ; F-736/2017 du 18 février 2019 consid. 5.5 et les réf. 

cit.). 

L'art. 31 al. 1 de l'ordonnance du 24 octobre 2007 relative à l'admission, au 

séjour et à l'exercice d'une activité lucrative (OASA, RS 142.201), qui com-

prend une liste exemplative des critères à prendre en considération pour 

la reconnaissance des cas individuels d'une extrême gravité, précise que, 

lors de l'appréciation, il convient de tenir compte notamment de l'intégration 

du requérant sur la base des critères d'intégration définis à l'art. 58a al. 1 

LEI (let. a), de la situation familiale, particulièrement de la période de sco-

larisation et de la durée de la scolarité des enfants (let. c), de la situation 

financière (let. d), de la durée de la présence en Suisse (let. e), de l'état de 

santé (let. f) et des possibilités de réintégration dans l'Etat de provenance 

(let. g). 

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Page 11 

4.3 Il ressort de la formulation de l'art. 30 al. 1 let. b LEI, qui est rédigé en 

la forme potestative, que l'étranger n'a aucun droit à l'octroi d'une déroga-

tion aux conditions d'admission pour cas individuel d'une extrême gravité 

et, partant, à l'octroi d'une autorisation de séjour fondée sur cette disposi-

tion (cf. ATF 138 II 393 consid. 3.1 ; 137 II 345 consid. 3.2.1). 

Parmi les éléments déterminants pour la reconnaissance d'un cas de ri-

gueur au sens de la jurisprudence susmentionnée, il convient de citer, en 

particulier, la très longue durée du séjour en Suisse, une intégration sociale 

particulièrement poussée, une réussite professionnelle remarquable, une 

maladie grave ne pouvant être soignée qu'en Suisse, la situation des en-

fants, notamment une bonne intégration scolaire aboutissant après plu-

sieurs années à une fin d'études couronnée de succès. Constituent en re-

vanche des facteurs allant dans un sens opposé le fait que la personne 

concernée n'arrive pas à subsister de manière indépendante et doive re-

courir à l'aide sociale, ou des liens conservés avec le pays d'origine (par 

exemple sur le plan familial) susceptibles de faciliter sa réintégration 

(cf., entre autres, arrêts du TAF F-4690/2019 du 22 février 2021 con-

sid. 5.4 et F-6236/2019 du 16 décembre 2020 consid. 5.6). 

4.4 D'une manière générale, lorsqu'un enfant a passé les premières an-

nées de sa vie en Suisse et y a seulement commencé sa scolarité, il reste 

encore attaché dans une large mesure à son pays d'origine, par le biais de 

ses parents. Son intégration au milieu socioculturel suisse n'est alors pas 

si profonde et irréversible qu'un retour dans sa patrie constituerait un dé-

racinement complet (ATAF 2007/16 consid. 5.3). Avec la scolarisation, 

l'intégration au milieu suisse s'accentue. Dans cette perspective, il convient 

de tenir compte de l'âge de l'enfant lors de son arrivée en Suisse et au 

moment où se pose la question du retour, des efforts consentis, de la du-

rée, du degré et de la réussite de la scolarité, de l'état d'avancement de la 

formation professionnelle, ainsi que de la possibilité de poursuivre ou d'ex-

ploiter, dans le pays d'origine, la scolarisation ou la formation profession-

nelle entamée en Suisse. Un retour dans la patrie peut, en particulier, re-

présenter une rigueur excessive pour des adolescents ayant suivi l'école 

durant plusieurs années et achevé leur scolarité avec de bons résultats. 

L'adolescence est en effet une période essentielle du développement per-

sonnel, scolaire et professionnel, entraînant une intégration accrue dans 

un milieu déterminé (ATF 133 II 6 consid. 3.1.1 ; 123 II 125 consid. 4b ; 

ATAF 2020 VII/3 consid. 7.7.1 ; cf. aussi arrêt TAF F-3100/2021 du 18 no-

vembre 2022 consid. 6.4). 

F-1421/2021 

Page 12 

5.  

A titre préliminaire, il convient de préciser que l’autorité inférieure a notam-

ment relevé que le recourant 1 avait eu un comportement contraire au res-

pect de l’ordre public au motif qu’il avait « trompé intentionnellement les 

autorités suisses sur sa nationalité en vue d’obtenir pour lui et sa famille 

un statut en Suisse ». Cette tromperie devait être considérée comme une 

grave entorse à l’ordre juridique suisse et parlait contre l’octroi d’une auto-

risation de séjour selon l’art. 30 al. 1 let. b LEI. 

5.1 Si la bonne foi du recourant 1 peut sérieusement être mise en doute, 

le Tribunal doit constater que, en dépit d’une tromperie, les autorités gene-

voises se sont déclarées favorables à l’octroi d’une autorisation de séjour 

en application de l’art. 30 al. 1 let. b LEI en faveur des recourants et de leur 

fils D._______ au vu de leur longue présence et de leur intégration réussie 

en Suisse. Ces dernières ont donc jugé que la situation particulière des 

membres de la famille en Suisse à ce jour était à même de contrebalancer 

l’éventuelle tromperie commise par le recourant 1 en 2009. Le Tribunal re-

lève en outre que le Ministère public genevois a du reste suspendu la pro-

cédure pénale dirigée à l’encontre de ce dernier.   

Aussi, quand bien même les recourants invoquent la violation du principe 

de la présomption d’innocence et de celui de l’interdiction de l’arbitraire 

pour retenir que la bonne foi du recourant 1 ne peut être mise en doute, le 

Tribunal estime qu’il n’est pas nécessaire de trancher cette question et se 

limitera ainsi à examiner la situation objective actuelle des recourants à la 

lumière des critères d’octroi d’une autorisation de séjour selon l’art. 30 al. 

1 let. b LEI. 

5.2 S'agissant tout d'abord de la durée de leur présence en Suisse, le Tri-

bunal relève que, bien que les parents allèguent vivre en Suisse depuis 

2006 pour le recourant 1 et 2004 pour la recourante, la date effective de 

leur entrée en Suisse reste incertaine, aucune pièce au dossier ne l'attes-

tant clairement. Dans la décision querellée, le SEM a relevé les demandes 

d’autorisation indiquaient que le recourant 1 et la recourante étaient res-

pectivement entrés en Suisse le 15 août 2009 et le 21 juillet 2010. Quoi 

qu’il en soit, tant le recourant 1 que la recourante comptabilisent chacun 

au moins plus de 12 ans de présence en Suisse. Même si le simple fait 

pour un étranger de séjourner en Suisse pendant plusieurs années ne per-

met pas d’admettre un cas personnel d’extrême gravité en l’absence 

d’autres circonstances exceptionnelles à même de justifier l’existence d’un 

cas de rigueur, il n’en demeure pas moins qu’un long séjour en Suisse a 

pour effet que les (autres) exigences posées aux critères d’appréciation du 

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Page 13 

cas de rigueur doivent être assouplies (cf. ATF 124 II 110 consid. 3 ; ATAF 

2020 VII/2 consid. 9.2.1 ; 2007/16 consid. 7 ; cf. également arrêt TAF F-

5290/2019 du 17 janvier 2022 consid. 7.1).  

6.  

Pour ce qui a trait à l’intégration des recourants en Suisse, le SEM a relevé 

que celle-ci devait être relativisée dès lors que le recourant 1 et la recou-

rante avaient bénéficié de l’aide sociale et n’avaient pas réalisé une ascen-

sion professionnelle telle qu’un retour dans leur pays d’origine ne pouvait 

être exigé de leur part. 

6.1 S'agissant plus particulièrement de l'exigence relative à la situation fi-

nancière du ressortissant étranger et à sa volonté de prendre part à la vie 

économique (art. 31 al. 1 let. d OASA), elle implique que ce dernier béné-

ficie d'une autonomie financière suffisante. Le fait que la personne concer-

née ne parvient pas à subsister de manière indépendante et doit recourir 

à l'aide sociale ou requérir le soutien de tiers constitue en effet un facteur 

négatif pour la reconnaissance d'un cas d'extrême gravité (cf., notamment, 

arrêts du TAF F-390/2019 du 21 juin 2021 consid. 5.2 ; F-5708/2019 du 

2 juin 2021 consid. 5.6). 

6.2 Les recourants ont précisé être financièrement autonomes à ce jour et 

ne pas devoir recourir à l’aide sociale. En outre, ils ont fait valoir que le 

montant de l’aide sociale qu’ils avaient touché entre novembre 2018 et mai 

2019 (à savoir à savoir 6'590 fr. 80) était relativement faible, et qu’ils 

avaient pris contact avec l’Hospice général en vue de le rembourser par 

acomptes mensuels de fr. 100.-. Enfin, ils ne faisaient l’objet d’aucune 

poursuite. 

6.3 Pour ce qui a trait à l'intégration professionnelle, il ressort du dossier 

que le recourant 1 est au service de son employeur actuel depuis le 28 

juillet 2021 (cf. Réplique des recourants du 1er novembre 2021, dossier 

TAF, pce 18, page 2), qu’il a été promu au 1er septembre 2022 à un poste 

de chef d’équipe et qu’il est à ce titre chargé de la supervision de 5 per-

sonnes, fonction en vue de laquelle il aurait au préalable suivi une forma-

tion particulière de gestionnaire d’équipe (cf. écritures des recourants du 

17 janvier 2023, dossier TAF, pce 23). Quant à la recourante, elle est em-

ployée en qualité de garde de personnes âgées et poursuit une formation 

auprès de la Haute Ecole de Travail Social. 

Le Tribunal relève ainsi qu’hormis une brève période à l’aide sociale, les 

intéressés ont été indépendants financièrement pendant la majeure partie 

F-1421/2021 

Page 14 

de leur séjour en Suisse et le sont encore à ce jour. Leur intégration finan-

cière doit donc être considérée comme réussie.  

Même si les efforts consentis par les intéressés en vue de leur intégration 

en Suisse ne saurait être minimisés, leur ascension professionnelle n’ap-

paraît pas suffisante pour justifier, à elle seule, l'octroi d'autorisations de 

séjour en dérogation aux conditions d'admission (cf., en ce sens, arrêts du 

TAF F-2369/2019 du 21 avril 2021 consid. 8.2 ; F-5341/2020 consid. 6.2). 

En effet, ni le recourant 1, ni son épouse n'ont suivi de formation ou acquis 

de qualifications spécifiques en Suisse qu'ils ne sauraient mettre à profit 

au Brésil et qui seraient susceptibles de justifier l'admission d’un cas de 

rigueur au sens de l'art. 30 al. 1 let. b LEI (cf., notamment, arrêts du TAF 

F-2204/2020 du 8 février 2021 consid. 7.1 ; F-1714/2016 du 24 février 2017 

consid. 5.2). Les attaches professionnelles des intéressés, toutes louables 

qu’elles soient, ne sont pas à ce point profondes et durables qu’un un re-

tour dans leur pays d'origine ne puisse plus être envisagé. 

6.4 Au niveau linguistique, le Tribunal retient que la recourante dispose de 

bonnes connaissances de la langue française, soit un niveau B2-C1. Quant 

au recourant 1, même si son niveau de français est moins bon, il ressort 

du dossier qu’il peut s’exprimer en français et atteint donc le niveau A2 

exigé. Ce critère d’intégration parle donc en leur faveur. 

En outre, quand bien même il ne ressort pas des pièces versées en cause 

qu’ils se seraient investis particulièrement dans la vie associative locale, le 

Tribunal admet, tout en se référant à la jurisprudence en la matière (cf. ATF 

144 I 266 consid. 3 ; arrêt du TF 2C_398/2019 du 1er mai 2019 consid. 3.1), 

que dans la mesure où les intéressés ont résidé légalement depuis plus de 

dix ans en Suisse, il y a lieu de partir de l’idée qu’ils y ont développé des 

liens sociaux étroits, ce d’autant plus que les deux exercent une activité 

lucrative.  

Du point de vue du respect de l'ordre et de la sécurité publics, et sous 

réserve de ce qui suit, le Tribunal note que les intéressés peuvent se pré-

valoir d’un comportement irréprochable dès lors que leurs casiers judi-

ciaires sont vierges et qu’ils ne font l’objet d’aucune poursuite (cf. dossier 

TAF, act. 23). Le SEM l’a certes nié dans sa décision du 19 février 2020 en 

raison du recours à un faux document d’identité portugais. Toutefois, le Tri-

bunal observe que le recourant 1 a toujours contesté avoir voulu tromper 

les autorités et qu’il n’a, à ce jour, pas été condamné pénalement. Si on ne 

peut exclure que le recourant 1 devait se douter que sa carte d’identité 

avait été frauduleusement émise et que son épouse ne pouvait l’ignorer, il 

F-1421/2021 

Page 15 

doit être constaté que les intéressés ont pour le surplus eu un comporte-

ment irréprochable. 

Le Tribunal juge donc que le critère de l’intégration des intéressés en 

Suisse est réalisé. 

7.  

Dans l’appréciation du cas de rigueur, il convient en l’espèce de prendre 

particulièrement compte de la situation des deux enfants des intéressés.  

7.1 C._______ est né en Suisse le 25 juin 2012 et y a vécu toute sa vie 

ainsi qu’effectué toute sa scolarité (cf. attestation de l’école de la Roseraie, 

dossier SEM, p. 415). Son renvoi équivaudrait à un réel déracinement et 

l’exposerait à de sérieuses difficultés d’adaptation à son pays d’origine (cf. 

arrêt du TF 2C_709/2019 du 17 janvier 2020 consid. 6.2.2 avec renvois ; 

arrêt du TF 2C_17/2021 consid. 3.6, concernant un enfant bolivien de 11 

ans). De plus, il ne ressort pas du dossier que C._______ parle le portugais 

(cf. sa déclaration du 26 octobre 2021, annexe 45 à la réplique des recou-

rants du 1er novembre 2021, qui indique qu’il a « du mal à comprendre et 

à parler le Portugais »). Quand bien même C._______ devrait avoir 

quelques notions de cette langue, il ne fait aucun doute qu’il présentera 

d’importantes lacunes dans la connaissance et la maîtrise de cette dernière 

et que cela hypothéquerait sa scolarité et formation professionnelle au Bré-

sil, et donc son avenir. 

En outre, C._______ a constitué tous ses points de repère en Suisse au 

cours de son enfance et de sa préadolescence. L’obligation de rompre bru-

talement avec un milieu où la majeure partie de la scolarité a été effectuée 

pour se réadapter à un environnement complètement différent peut cons-

tituer un cas personnel d’extrême gravité (cf. ATF 123 II 125 consid. 4b). 

Aussi, le renvoi de C._______ de Suisse apparaît être une mesure très 

incisive, ce d’autant plus que son frère ainé a, pour sa part, été mis au 

bénéfice d’une autorisation de séjour en Suisse. Un renvoi impliquerait 

donc non seulement un déracinement mais également un déchirement 

émotionnel, les deux frères vivant sous le même toit. 

7.2 D._______ n’est, quant à lui, pas partie à la présente procédure. Il a en 

effet obtenu le 16 septembre 2020, dans le contexte d’une procédure sé-

parée vu sa majorité, une autorisation de séjour selon l’art. 30 al. 1 let. b 

LEI. Il effectue actuellement un apprentissage et vit sous le même toit que 

son père, sa mère et son frère depuis sa naissance. Il est financièrement 

F-1421/2021 

Page 16 

dépendant de ses parents avec lesquels il entretient une relation étroite. 

En outre, il ressort du dossier qu’il présente des troubles psychiques et qu’il 

est suivi par un psychiatre. 

Le lien de dépendance de D._______ avec ses parents doit donc être qua-

lifié de fort et le départ de Suisse de ceux-ci risquerait de le faire non seu-

lement dépendre de l’aide sociale, mais aussi de le priver également d’un 

soutien apparaissant comme indispensable à ce jour.  

7.3 En conclusion, au terme d'une appréciation de l'ensemble des circons-

tances de la présente cause, tenant compte de la situation de tous les 

membres de la famille, le Tribunal parvient à la conclusion que les recou-

rants satisfont aux conditions pour la reconnaissance de cas individuels 

d’une extrême gravité au sens de l’art. 30 al. 1 let. b LEI. 

8.  

Le recours doit par conséquent être admis et la décision attaquée annulée. 

Statuant lui-même, le Tribunal approuve l'octroi d'autorisations de séjour 

en faveur des recourants.  

Obtenant gain de cause, les recourants n'ont pas à supporter de frais de 

procédure (art. 63 al. 1 1ère phrase a contrario PA), pas plus que l'autorité 

qui succombe (art. 63 al. 2 PA). 

9.  

Il convient par ailleurs d'allouer aux recourants une indemnité équitable à 

titre de dépens pour les frais indispensables et relativement élevés occa-

sionnés par la procédure de recours (cf. art. 64 al. 1 PA et art. 7 al. 1 du 

règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]). 

Au vu de l'ensemble des circonstances du cas, le Tribunal estime, au re-

gard des art. 8 ss et 14 al. 2 FITAF, que le versement d'un montant de 

1'800 francs à titre de dépens apparaît comme équitable en la présente 

cause (cf. aussi arrêt TAF F-5695/2016 précité consid 9.2). 

 

  

F-1421/2021 

Page 17 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis et la décision de l'autorité inférieure du 19 février 2020 

est annulée.  

2.  

L’octroi d’autorisations de séjour en faveur des recourants est approuvé. 

3.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. L'avance de frais de 1'200 francs 

versée le 21 avril 2021, sera restituée aux recourants par le Service finan-

cier du Tribunal. 

4.  

Un montant de 1'800 francs est alloué aux recourants à titre de dépens, à 

charge de l'autorité inférieure. 

5.  

Le présent arrêt est adressé aux recourants, à l'autorité inférieure ainsi qu’à 

l’autorité cantonale. 

 

 

 

La présidente du collège : Le greffier : 

  

Aileen Truttmann Nuno-Michel Schmid 

 

 

Expédition :