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**Case Identifier:** 65451116-7974-56fd-ae46-3c304a520147
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-05-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre constitutionnelle 27.05.2021 A/945/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_015_A-945-2021_2021-05-27.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/945/2021-INIT ACST/25/2021 

COUR DE JUSTICE 

Chambre constitutionnelle 

Décision du 27 mai 2021 
 

dans la cause 

 

Monsieur A______ 

et 

ASSOCIATION B______ 

représentés par Me François Bellanger, avocat 

contre 

CONSEIL D’ÉTAT 

- 2/7 - 

A/945/2021 

  Attendu, en fait, que : 

1)  Le 14 janvier 2020 a été publié dans la Feuille d’avis officielle de la 
République et canton de Genève (ci-après : FAO) un avis selon lequel un comité 
d’initiative (ci-après : le comité) avait informé le Conseil d’État du lancement d’une 
initiative législative intitulée « Pour un urbanisme plus démocratique » (ci-après : 
IN 176) visant la modification des art. 5A, 6 et 12 de la loi générale sur les zones de 
développement du 29 juin 1957 (LGZD - L 1 35), dont la teneur était la suivante : 

« Art. 1 Modifications 
Art. 5A É                                                         

département 
1 Le projet de plan localisé de  uartier est élaboré par le département de sa 
propre initiative ou sur demande du Conseil d’État ou d’une commune ou des 
propriétaires concernés ; il est mis au point par le département, en collaboration 
avec la commune, et la commission d’urbanisme et les particuliers intéressés à 
développer le périmètre, sur la base d’un avant-projet étudié par le département, 
la commune ou des particuliers intéressés à développer le périmètre dans le 
cadre d’un processus de concertation avec ces derniers, les habitants, 
propriétaires et voisins du quartier ainsi que les associations et la commune 
concernées. 
(…) 
                                                                         
4
 Les propriétaires concernés peuvent également solli                       
                                                                                 
                                                                                    
                                                                                
                                                                         
                                                                            
                                                                             
                                             
5
 Si différents projets de plans localisés de quartiers sont soumis au Conseil 

                                                                            
communale sera organisée pour déterminer celui qui devra être retenu      
                                           
Art. 6 P          ’         
(…) 
Préavis communal 
4  imultanément   l’ouverture de l’en u te publi ue, le département transmet   
la commune le projet de plan pour  u’il soit porté   l’ordre du jour du Conseil 
municipal. À l’issue de l’en u te, le département transmet en principe dans un 
délai de 60 jours,   la commune les observations re ues  L’autorité  municipale 
doit communi uer son préavis dans un délai de 4  jours   compter de la 
réception des observations. Son silence vaut approbation sans réserve. 
5                                                                          
                                                                        
                                                                               
                                                                            avis 
                     h                     
6                                                                            
                                                                        
commune et/ou les propriétaires du périmètre concernés d                   
                                                                                  
                                                                          
                                                                             
publique sera reprise et ce plan sera retenu par le département. 

 
7 L’enquête publi ue et l’avis aux propriétaires visés aux alinéas 1 et 2 sont 

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A/945/2021 

toutefois facultatifs en cas d’accord de tous les propriétaires concernés et 
lors ue le périmètre du projet de plan localisé de  uartier est compris dans celui 
d’un plan directeur de quartier en force depuis moins de 10 ans. En l’absence 
d’en u te publi ue, le département transmet   la commune le projet de plan 
pour  u’il soit porté   l’ordre du jour du Conseil municipal  L’autorité  
municipale doit alors communi uer son préavis dans un délai de 4  jours   
compter de la réception du projet de plan. Son silence vaut approbation sans 
réserve. 
Modifica                                                                    
9
                                        seules les modifications essentielles du 

projet de plan localisé de  uartier, soit celles  ui ont pour consé uence un 
changement fondamental de ses caractéristi ues, nécessitent l’engagement 
d’une nouvelle procédure  Le département devra suivre les 
recommandations/conditions du préavis favorable du Conseil municipal qui 

respectent sur le plan formel les exigences légales et adapter le projet de pl   
                      
Art. 12, al. 8 Disposition transitoire (nouveau) 
8                                        apportées                        
                                         localisés                              
publique après cette date. 

Art. 2 Entrée en vigueur 

La présente loi entre en vigueur le lendemain de sa promulgation dans la 

                          ». 

2)  Par arrêté du 14 octobre 2020, publié dans la FAO du 16 octobre 2020, le 
Conseil d’État a constaté l’aboutissement de l’IN 176. 

3)  Le 26 novembre 2020, le Conseil d’État a invité le comité à lui faire part de sa 
détermination au sujet de la validité de l’IN 176 sur différents points. 

4)  Le 4 janvier 2021, le comité a transmis au Conseil d’État ses déterminations au 
sujet de la validité de l’IN 176. 

5)  Par arrêté du 10 février 2021, publié dans la FAO du 12 février 2021, le 
Conseil d’État a partiellement invalidé l’IN 176 et supprimé l’art   A al    LGZD 
projeté. 

  La votation communale prévue par l’art   A al    LGZD projeté consistait à 
consulter la population communale, sous la forme d’un nouveau type de votation 
consultative  Il s’agissait dès lors d’une extension des droits politiques, qui 
nécessitait une modification formelle de la Constitution de la République et canton 
de Genève du 14 octobre 2012 (Cst-GE - A 2 00),  ue l’IN 176 ne prévoyait pas. Il 
n’était ainsi pas loisible au comité de proposer une modification d’une loi pour 
introduire un nouveau type de votation consultative, si bien que la disposition en 
cause n’était pas conforme au droit supérieur. 

6)  Par acte du 15 mars 2021, enregistré sous cause n° A/945/2021, Monsieur 
A______ et l’Association B______ (ci-après : B______) ont interjeté recours auprès 
de la chambre constitutionnelle de la Cour de justice (ci-après : la chambre 
constitutionnelle) contre l’arr té précité, concluant principalement à son annulation 
et   l’invalidation de l’IN 176, subsidiairement   l’invalidation des art. 5A al. 4 et 6 
al. 6, 7 et 9 LGZD projetés, le tout sous suite de frais et dépens. 

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7)  Le même jour, soit le 15 mars 2021, le comité a également interjeté un recours, 
enregistré sous la cause n° A/946/2021, auprès de la chambre constitutionnelle contre 
l’arr té du Conseil d’État du 10 février 2021, concluant principalement à son 
annulation en tant  u’il déclarait l’IN 176 partiellement invalide et à ce que celle-ci 
soit déclarée valide dans son intégralité, conformément à sa teneur initiale, sous 
réserve de ses rectifications formelles, subsidiairement au renvoi de la cause au 
Conseil d’État pour nouvelle décision au sens des considérants, le tout sous suite de 
frais et dépens. 

8)  Le 12 avril 2021, le comité a demandé à être appelé en cause dans la procédure 
de recours dans la cause n° A/945/2021 et, ce faisant, à pouvoir déposer des 
observations et conclusions sur ledit recours. 

  Il était directement touché par la procédure de recours, dès lors que 
l’invalidation totale ou partielle de l’IN 176 qui, par hypothèse, irait plus loin que 
celle prononcée par le Conseil d’État, comme le demandaient les recourants, porterait 
atteinte à leur droit de soumettre une proposition législative au Grand Conseil et, le 
cas échéant, de défendre sa validité dans une procédure de recours. Un arrêt 
admettant le recours dans la cause n° A/94 /2021 leur serait opposable, puis u’il 
aurait un impact direct sur le sort de l’IN 176  u’il avait lancée  Par ailleurs, 
contrairement aux recourants, il était partie à la procédure non contentieuse qui avait 
conduit   l’adoption de l’arr té litigieux, si bien  ue le droit d’ tre entendu devait lui 
être reconnu dans toute la procédure de recours dirigée contre ledit arrêté. En 
d’autres termes, l’issue de la procédure de recours parallèle dans la cause 
n° A/945/2021 était susceptible d’influer directement sa situation de fait et de droit, 
si bien  u’il disposait d’un intér t digne de protection    tre appelé en cause dans le 
cadre de cette procédure. 

9)  Le 10 mai 2021, le Conseil d’État s’en est remis   l’appréciation de la chambre 
constitutionnelle au sujet de la demande d’appel en cause formée par le comité. 

10)  Le 18 mai 2021, M. A______ et B______ ont indi ué ne pas s’opposer   la 
demande d’appel en cause formée par le comité, pour autant que leur demande 
d’appel en cause dans la procédure n° A/946/2021 soit accueillie favorablement, 
puisque rien ne justifiait un traitement différent dans les deux causes. 

11)  Le 26 mai 2021, le comité a répliqué, indiquant que des conclusions 
conditionnelles étaient irrecevables et que la position de M. A______ et B______ 
était fondamentalement différente de la sienne, étant donné que ces derniers 
n’avaient pas participé   la procédure non contentieuse  

12)  Sur quoi, la cause a été gardée à juger sur la re u te d’appel en cause. 

  Considérant, en droit, que : 

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1) a. L’autorité peut ordonner, d’office ou sur requête, l’appel en cause de tiers dont 
la situation juridique est susceptible d’être affectée par l’issue de la procédure. La 
décision leur devient dans ce cas opposable (art. 71 al. 1 de la loi sur la procédure 
administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). L’appelé en cause peut exercer 
les droits qui sont conférés aux parties (art. 71 al. 2 LPA). 

 b. Selon la jurisprudence cantonale, cette disposition doit être interprétée à la 
lumière de celles relatives à la qualité pour recourir en procédure contentieuse. 
L’institution de l’appel en cause ne doit ainsi pas permettre   des tiers d’obtenir des 
droits plus étendus que ceux donnés aux personnes auxquelles la qualité pour agir est 
reconnue, mais a pour but, notamment, de sauvegarder le droit d’ tre entendu des 
personnes n’étant pas initialement parties à la procédure (ATA/313/2021 du 
9 mars 2021 consid. 1b et les références citées). 

 c. Ce dernier but est reconnu par la jurisprudence du Tribunal fédéral (arrêt du 
Tribunal fédéral 1C_134/2010 du 28 septembre 2010 consid. 4.2) ; ainsi – et 
conformément du reste à ce que prévoit expressément l’art. 71 al. 1 LPA –, il peut 
aussi s’agir d’étendre au tiers l’autorité de chose jugée, afin que le jugement lui soit 
opposable par la suite (arrêt du Tribunal fédéral 2C_373/2016 du 17 novembre 2016 
consid. 2.1). 

  Par ailleurs, il n’existe pas de droit à être appelé en cause (ATF 131 V 133 
consid. 13). 

2) a.  elon l’art  60 al  1 LPA, ont  ualité pour recourir non seulement les parties   
la procédure qui a abouti à la décision attaquée (let. a), mais aussi toute personne qui 
est touchée directement par une loi constitutionnelle, une loi, un règlement du 
Conseil d’État ou une décision et a un intérêt personnel digne de protection à ce 
 u’elle soit annulée ou modifiée (let  b)  

 b. La jurisprudence a précisé que les let. a et b de la disposition précitée doivent 
se lire en parallèle : ainsi, le particulier qui ne peut faire valoir un intérêt digne de 
protection ne saurait  tre admis comme partie recourante, m me s’il était partie   la 
procédure de première instance (ATA/139/2021 du 9 février 2021 consid. 2b et les 
références citées)  L’exemple le plus évident concerne la partie   la procédure  ui a 
obtenu le plein de ses conclusions au stade antérieur de la procédure, et n’est dès lors 
pas lésée par la décision ou le jugement de première instance (ATA/1352/2020 du 
22 décembre 2020 consid. 3b). 

  L’intérêt digne de protection consiste dans l’utilité pratique que l’admission du 
recours apporterait au recourant, en lui évitant de subir un préjudice de nature 
économique, idéale, matérielle ou autre que la décision attaquée lui occasionnerait. Il 
implique que le recourant soit touché de manière directe, concrète et dans une 
mesure et avec une intensité plus grandes que la généralité des administrés. Le 
recours d’un particulier formé dans l’intérêt général ou dans l’intérêt d’un tiers est 

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exclu. Cette exigence a été posée de manière à éviter l’action populaire 
(ATF 139 II 499 consid. 2.2 ; arrêt du Tribunal fédéral 1C_442/2020 du 4 mars 2021 
consid. 1.2.1). 

 c. La qualité pour recourir est par ailleurs reconnue, dans les recours pour 
violation des droits politiques, à toute personne physique ayant le droit de vote dans 
l’affaire en cause, aux partis politiques – pour autant  u’ils soient constitués en 
personnes morales, exercent leurs activités dans la collectivité publique concernée 
par la votation populaire en cause et recrutent leurs membres principalement en 
fonction de leur  ualité d’électeurs –, ainsi  u’aux organisations   caractère politi ue 
formées en vue d’une action précise comme le lancement d’une initiative ou d’un 
référendum, indépendamment du point de savoir s’ils ont un intér t personnel   
l’annulation ou la modification de l’acte atta ué (ACST/12/2021 du 15 avril 2021 
consid. 1c ; ACST/10/2021 du 23 mars 2021 consid. 2a ; 
Stéphane GRODECKI / Romain JORDAN, Code annoté de procédure administrative 
genevoise, 2017, n. 735). 

3)  En l’espèce, il se justifie de faire droit   la re u te d’appel en cause du comité, 
qui a participé   la procédure non contentieuse ayant conduit   l’invalidation partielle 
de l’IN 176 dont il est   l’origine  En effet, outre le fait que le requérant a qualité 
pour recourir contre l’acte atta ué en tant  u’organisation   caractère politi ue 
formée en vue du lancement d’une initiative, il serait directement concerné par 
l’admission, m me partielle, du recours dans la cause n° A/945/2021, au regard des 
conclusions des recourants, qui irait plus loin  ue l’invalidation partielle de 
l’initiative résultant de l’arr té du Conseil d’État contesté, le uel a annulé le seul 
art. 5A al. 5 LGZD projeté. 

  En conséquence, l’appel en cause du comité sera ordonné et il lui sera imparti 
un délai pour produire ses observations et pièces sur le fond du litige. 

4)  Le sort des frais de la procédure est réservé jusqu’à droit jugé au fond. 

 

LA CHAMBRE CONSTITUTIONNELLE 

ordonne l’appel en cause du comité de l’initiative « Pour un urbanisme plus 
démocratique » (IN 176) ; 

communique au comité de l’initiative « Pour un urbanisme plus démocratique » (IN 176) 
une copie du recours, de la décision attaquée et de la réponse de la partie intimée ; 

dit que les pièces de la procédure peuvent être consultées au greffe de la chambre 
constitutionnelle ; 

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impartit un délai au 17 juin 2021 au comité de l’initiative « Pour un urbanisme plus 
démocratique » (IN 176) pour présenter ses observations sur le fond du litige ; 

réserve le sort des frais de la procédure jus u’  droit jugé au fond ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière de 
droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 
preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 
Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art  42 LTF  Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être jointes   l’envoi ; 

communique la présente décision, en copie, à Me Tobias Zellweger, avocat de l’appelé en 
cause, à Me François Bellanger, avocat des recourants, ainsi  u’au Conseil d’État. 

Au nom de la chambre constitutionnelle : 

la greffière : 
 
 

M. Niermaréchal 
 

 le juge délégué : 
 
 

C. Mascotto 
 

 

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 

 la greffière :