# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f7d7d36d-0abe-506a-8eff-1e302c4dd9f0
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-10-31
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 31.10.2023 A/1817/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1817-2023_2023-10-31.pdf

## Full Text

______________________________________________________________________ 

  

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/1817/2023-AIDSO ATA/1180/2023  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 31 octobre 2023 

2ème section 

 dans la cause 

 

 A______ et B______  recourants 
 

contre 

HOSPICE GÉNÉRAL intimé 
 

 

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A/1817/2023 

EN FAIT 

A.     a. B______ , né le ______ 1988, est de nationalité suisse. 

b. Dans sa demande d’aide financière adressée en janvier 2018 à l’Hospice 
général (ci-après : hospice), il a indiqué avoir obtenu à Paris, en 2015, un diplôme 
dans le domaine audiovisuel, être de retour à Genève depuis décembre 2017 et 
vivre chez ses parents. 

Il a indiqué dans sa demande d’aide, signée le 5 février 2018, qu’il n’était pas 
propriétaire d’un bien immobilier. Le même jour, il a signé le document « Mon 
engagement en demandant une aide financière à l’Hospice général », par lequel il 
a notamment pris acte de la subsidiarité des prestations d’aide financière à toute 
ressource de travail ou de la fortune et s’est notamment engagé à donner 
immédiatement et spontanément à l'hospice tout renseignement et toute pièce 
nécessaire à l’établissement de sa situation personnelle, familiale et économique, 
tant en Suisse qu’à l’étranger et d’informer immédiatement et spontanément de 
tout fait nouveau de nature à entraîner la modification du montant des prestations 
d’aide financière. Il a également pris acte, par sa signature, que l’hospice se 
réservait de réduire ou de supprimer ses prestations d’aide financière en cas de 
violation de la loi, notamment de cet engagement, et qu’il pouvait être amené à 
rembourser toute prestation exigible selon l’art. 12 al. 2 et 36 à 41 de la loi sur 
l’insertion et l'aide sociale individuelle du 22 mars 2007 (LIASI - J 4 04). 

c. B______  a perçu des prestations d’aide financière à compter du 
1er février 2018. 

d. Le ______ 2020, il a épousé A______   au Maroc. Il est revenu ensuite en 
Suisse, alors que son épouse ne l’y a rejoint qu’en juillet 2021, chez les parents de 
celui-ci. 

e. Lors d’un contrôle réalisé par le service des enquêtes de l’hospice (ci-après : 
SEC) le 15 mars 2022, la mère du bénéficiaire a déclaré que celui-ci était rarement 
à la maison et qu’elle ignorait où il logeait.  

f. Dans un complément d’enquête, B______  et son épouse ont déclaré ne pas être 
propriétaire immobilier en Suisse ou à l’étranger. 

g. Dans leur demande de prestations du 4 juillet 2022, les époux ont également 
répondu par la négative à la question de savoir s’ils étaient propriétaires d’un bien 
immobilier et indiqué loger dans un appartement au______, avenue C______   à 
Genève, qu’ils sous-louaient à D______ . 

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h. Lors de l’entretien du 30 septembre 2022 avec l’assistante sociale chargée du 
dossier auprès de l’hospice, B______  a déclaré détenir un bien immobilier en 
France. 

i. Par décision du 5 décembre 2022, l’hospice a octroyé aux époux une aide 
exceptionnelle, limitée à trois mois et remboursable, en raison du fait que le 
bénéficiaire était propriétaire d’un studio en France. Cette aide était conditionnée 
à son engagement de vendre ledit studio et à la signature par les époux d’une 
reconnaissance de dette à chaque renouvellement de l’aide financière. Un délai au 
2 janvier 2023 leur a été imparti pour fournir tout document justifiant de la 
propriété de B______   et de la valeur du bien. 

j. Ce dernier a été hospitalisé début janvier 2023, ce dont il a informé son 
assistante sociale. 

k. Lors de l’entretien du 13 janvier 2023, l’assistante sociale a rappelé aux époux 
l’obligation de fournir les documents demandés précédemment et leur a accordé 
un délai supplémentaire pour les présenter, compte tenu de leurs problèmes de 
santé. 

l. Par courrier du 23 janvier 2023, l’assistante sociale a averti les bénéficiaires 
qu’à défaut de transmettre les documents sollicités le 15 février 2023 au plus tard, 
il serait mis fin aux prestations. 

m. Par pli du 8 février 2023, la mère du bénéficiaire, F______ , a expliqué avoir 
acheté un studio sis ______, route G______  à Annemasse, courant 2017, mis au 
nom de son fils « pour des raisons familiales ». Celui-ci devait effectuer les 
travaux de réhabilitation et de rénovation qu’elle prenait à sa charge, et il louerait 
le studio et lui reverserait les loyers. Il devait aussi s’occuper des charges et 
impôts, qu’elle acquitterait. Elle avait fait signer à son fils une reconnaissance de 
dette de CHF 96'000.- relative à l’achat du bien et une autre de CHF 27'000.- 
relative aux travaux. Son fils avait fait faire les travaux, mais omis de payer les 
taxes foncières et d’habitation. Il n’avait, en raison de ses problèmes de santé, pas 
mis le studio en location. Il était convenu qu’en cas de problème, son fils prendrait 
contact avec un notaire pour lui restituer le bien, ce qu’il n’avait pas fait depuis 
plusieurs années, prétextant ses problèmes de santé et son incapacité à gérer la 
situation. Elle envisageait d’agir en justice afin de faire valoir ses droits en lien 
avec la reconnaissance de dettes et d’obtenir le transfert de la propriété. Elle avait 
envisagé cette acquisition comme investissement pour sa retraite et avait 
également acheté l’appartement voisin dans la perspective de l’agrandir en y 
intégrant le studio. 

Elle a joint l’acte de vente du studio du 26 janvier 2018, dont il ressort qu’elle a 
viré la somme d’Euro 82'640.- sur le compte du notaire le 22 janvier 2018, la 
reconnaissance de dettes de son fils du 22 janvier 2018 reconnaissant avoir reçu la 

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somme précitée, directement versée au notaire, pour acquérir le studio. Son fils 
s’engageait à faire effectuer les travaux de rénovation dans un délai de trois mois. 
Ceux-ci ainsi que les charges, impôts et taxes seraient avancés par la mère et 
prélevés sur les loyers qu’il lui reverserait. En cas de problème, il s’engageait à 
transférer la propriété à sa mère. En contrepartie de la gestion du studio, sa mère 
renonçait à lui demander le remboursement de ses frais d’études de EUR 24'000.-. 

Était également jointe la seconde reconnaissance de dette, du 18 juillet 2018, 
indiquant que les travaux de rénovation de EUR 27'000.- avaient été acquittés par 
sa mère. Il s’engageait à mettre le studio en location, sa mère percevant 
directement les loyers et s’acquittant des charges et taxes y relatives. Le fils 
reconnaissait devoir rembourser à sa mère les sommes de CHF 97'260.- et CHF 
31'455.-. 

n. B______  a formé opposition à la décision du 5 décembre 2022. Le studio avait 
été acquis par sa mère. Celle-ci lui avait demandé de le prendre à son nom, car 
elle ne souhaitait pas l’acquérir « en communauté de bien » avec son mari. Elle lui 
avait demandé de s’occuper des travaux et de la mise en location. En contrepartie, 
elle renonçait à sa créance liée au financement de ses études. Elle avait financé 
tous les travaux. Étant tombé malade, il n’avait pas pu s’occuper du studio, au 
sujet duquel un conflit était né avec sa mère. Elle lui avait demandé de signer une 
reconnaissance de dettes de CHF 120'000.- et de lui remettre tous les documents 
se rapportant au studio, ce qu’il avait fait. Il avait en vain tenté à plusieurs reprises 
de prendre rendez-vous avec un notaire. Les taxes foncières et d’habitation 
n’étaient pas réglées. Sa mère était disposée à les payer, dès qu’il lui aurait 
transféré la propriété. Il demandait un délai supplémentaire pour pouvoir effectuer 
les démarches auprès du notaire et de l’administration fiscale française. 

o. Lors de l’entretien du 17 février 2023, confirmé par courriel du 21 février 2023, 
l’assistante sociale a informé les époux que lhospice maintenait que ceux-ci 
étaient propriétaires d’un bien immobilier, de sorte que les prestations versées 
étaient remboursables et conditionnées à la vente de celui-ci. 

p. Par décision du 18 avril 2023, l’hospice a rejeté l’opposition. 

B.     a. Par acte expédié le 25 mai 2023 à la chambre administrative de la Cour de 
justice, B______  et A______  ont recouru contre cette décision. Le recourant a 
repris les explications déjà fournies et ajouté que le studio n’avait jamais été loué. 
Son incapacité à gérer le studio était liée à sa maladie. Depuis 2015, il souffrait 
d’un syndrome anxieux avec perte de motivation et de diverses pathologies, liées 
à un syndrome de Crushing diagnostiqué que plusieurs années plus tard. Pendant 
ses périodes de rémission, il avait cherché un emploi. Il avait ainsi travaillé auprès 
de H______ d’avril à novembre 2018, puis de janvier à juillet 2019 auprès de 
I______. En juillet 2019, sa dépression s’était aggravée au point de nécessiter une 
hospitalisation en 2020. Pendant une période de rémission, il s’était marié le 30 

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décembre 2020. Sa maladie n’avait été diagnostiquée qu’en janvier 2021. En juin 
2021, il avait subi une opération au cerveau, qui ne lui avait cependant pas permis 
de guérir. Une nouvelle opération, du genou, avait eu lieu en août 2021, puis une 
au cerveau en février 2022 et enfin une opération d’appendicite en janvier 2023. 
La maladie dont il souffrait avait entraîné une dépression chronique. Jusqu’en 
avril 2022, son épouse et lui avaient habité chez ses parents. Il était erroné de 
prétendre qu’il n’y était jamais. Il produisait une attestation de sa mère du 25 mai 
2023 indiquant qu’elle avait dit à l’enquêteur que son fils n’était pas à la maison 
le jour en question et qu’il arrivait souvent à celui-ci de s’absenter.  

Il avait signalé à l’enquêteur, le 25 mai 2022, qu’un bien immobilier avait été 
acquis par sa mère en son nom en France. Celui-ci lui avait demandé de produire 
toute pièce justificative à cet égard. Compte tenu du conflit avec sa mère, il 
n’avait pas pu produire les pièces. Son épouse et lui n’avaient pas mentionné le 
bien les 21 juin et 4 juillet 2022, étant convaincus qu’ils n’avaient pas de droit de 
propriété sur ce bien. Il avait compris de l’entretien avec l’enquêteur qu’il suffisait 
que sa mère explique qu’elle était propriétaire du bien. Elle ne l’avait fait qu’en 
février 2023, après qu’il eût insisté. 

Il ne s’était jamais comporté en propriétaire et avait signalé de bonne foi 
l’existence de ce bien. Il n’avait, en raison de ses problèmes de santé, pas réussi à 
organiser le transfert du bien à sa mère. Lorsqu’il n’avait pas déclaré être 
propriétaire d’un bien immobilier, il n’avait pas eu pour intention de cacher 
l’existence de ce bien ; il ne bénéficiait nullement de celui-ci. Ses problèmes de 
santé ne lui avaient pas permis d’apprécier pleinement la situation et ses 
conséquences administratives. Son comportement volontaire et coopératif et ses 
opérations lourdes devaient conduire à nier l’existence de malice ou mauvaise foi 
de sa part. Lui demander de vendre le bien reviendrait à ne pas tenir compte de sa 
situation particulière. 

b. L’hospice a conclu au rejet du recours. 

c. Dans sa réplique, le recourant a indiqué qu’il avait, avec l’accord de sa mère, 
requis la vente du bien immobilier. Vu sa situation psychologique et matérielle 
précaire, il demandait à pouvoir utiliser le bénéfice de la vente pour rembourser sa 
mère. Subsidiairement, il sollicitait que le montant dû à l’hospice soit fixé en 
équité. 

Il a produit une attestation J______ , notaire à Annemasse, indiquant être chargée 
de la vente de l’appartement de « deux pièces-cuisine » appartenant au recourant, 
un certificat médical du 1er juin 2023 de la docteure K______ , médecin-cheffe 
auprès de l’Hôpital universitaire de Bâle, selon lequel, en raison de ses affections, 
il avait besoin d’une situation d’habitation stable et devait être priorisé dans 
l’attribution d’un logement ainsi qu’un certificat médical du docteur L______  du 
5 juin 2023 selon lequel le patient était sans domicile fixe depuis le début du mois 

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et était hébergé par ses parents, ce qui affectait son état de santé. Il avait besoin 
d’un lieu de vie adapté à sa situation personnelle et médicale. 

d. Invité par la chambre de céans à préciser le nom de l’acquéreur, le recourant a 
répondu que malgré deux relances, la notaire ne lui avait pas répondu. Il allait 
vendre le bien à son père, qui avait payé les arriérés de charges et taxes. Il était 
redevable à celui-ci des arriérés d’impôts et de taxes foncières pour les cinq 
dernières années. Son père allait assumer les frais de rénovation des canalisations 
d’égouts. 

e. Se déterminant sur ces éléments, l’hospice a maintenu sa position. Il continuait 
à considérer que le recourant était propriétaire du bien en question, qui ne lui 
servait pas de demeure. L’aide accordée devait ainsi être remboursable et était 
exceptionnelle. La décision de remboursement ne serait prononcée qu’une fois le 
bien vendu. L’affectation du produit de la vente ne faisait pas l’objet du litige, de 
sorte que la chambre administrative n’avait pas à se prononcer à cet égard. 
L’hospice rappelait néanmoins au recourant que même si l’existence d’une dette 
envers sa mère était établie, il n’appartenait pas à la collectivité de désintéresser 
d’éventuels créanciers. 

f. Sur ce, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable 
(art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 
05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 
1985 - LPA - E 5 10). 

2. L’objet du litige est limité au bien-fondé des conditions d’octroi de l’aide 
accordée le 5 décembre 2022 au recourant et à son épouse, à savoir qu’il s’agit 
d’une aide exceptionnelle, remboursable, limitée dans le temps, conditionnée à 
leur engagement de réaliser leur bien immobilier ainsi qu’à la signature d’une 
reconnaissance de dette lors de chaque renouvellement de l’aide financière. 

Les autres points soulevés par le recourant, à savoir l’existence d’une dette envers 
sa mère, d’arriérés de charges et de taxes à acquitter en lien avec le bien 
immobilier ainsi que la quotité du montant futur à rembourser à l’hospice ne font 
pas l’objet de la décision précitée. Sortant du cadre du litige, ils ne seront pas 
examinés. 

3. Aux termes de l’art. 12 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 
18 avril 1999 (Cst. - RS 101), quiconque est dans une situation de détresse et n’est 
pas en mesure de subvenir à son entretien a le droit d’être aidé et assisté et de 

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recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la 
dignité humaine. L’art. 39 de la Constitution de la République et canton de 
Genève du 14 octobre 2012 (Cst-GE - A 2 00) contient une garantie similaire. 

3.1 En droit genevois, la LIASI et son règlement d’exécution du 25 juillet 2007 
(RIASI - J 4 04.01) concrétisent ces dispositions constitutionnelles, en ayant pour 
but de prévenir l’exclusion sociale et d’aider les personnes qui en souffrent à se 
réinsérer dans un environnement social et professionnel (art. 1 al. 1 LIASI). Les 
prestations de l’aide sociale individuelle sont l’accompagnement social, des 
prestations financières et l’insertion professionnelle (art. 2 LIASI). La personne 
majeure qui n’est pas en mesure de subvenir à son entretien ou à celui des 
membres de la famille dont il a la charge a droit à des prestations d’aide 
financière. Celles-ci ne sont pas remboursables sous réserve notamment de leur 
perception indue (art. 8 al. 1 et 2 LIASI). Elles sont subsidiaires à toute autre 
source de revenu (art. 9 al. 1 LIASI). 

3.2 Ont droit à des prestations d'aide financière prévues par la présente loi les 
personnes qui : a) ont leur domicile et leur résidence effective sur le territoire de la 
République et canton de Genève, b) ne sont pas en mesure de subvenir à leur 
entretien et c) répondent aux autres conditions de la LIASI (art. 11 al. 1 LIASI). 

Ont droit à des prestations d'aide financière les personnes majeures qui ne sont pas 
en mesure de subvenir à leur entretien ou à celui des membres de la famille dont 
ils ont la charge (art. 8 al. 1 LIASI). Ces prestations ne sont pas remboursables, 
sous réserve des art. 12 al. 2 et 36 à 41 LIASI (al. 2). 

3.3 Le demandeur doit fournir tous les renseignements nécessaires pour établir 
son droit et fixer le montant des prestations d'aide financière (art. 32 al. 1 LIASI). 
La LIASI impose ainsi un devoir de collaboration et de renseignement. Le 
bénéficiaire doit immédiatement déclarer à l'hospice tout fait nouveau de nature à 
entraîner la modification du montant des prestations d'aide financière qui lui sont 
allouées ou leur suppression (art. 33 al. 1 LIASI ; ATA/1446/2019 du 1er octobre 
2019 consid. 5a). Le document intitulé « Mon engagement en demandant une aide 
financière à l'hospice » concrétise cette obligation de collaborer en exigeant du 
demandeur qu'il donne immédiatement et spontanément à l'hospice tout 
renseignement et toute pièce nécessaires à l'établissement de sa situation 
économique (ATA/93/2020 du 28 janvier 2020 consid. 3a). 

3.4 Les prestations d'aide financière sont accordées aux personnes dont le revenu 
mensuel déterminant n'atteint pas le montant destiné à la couverture des besoins 
de base et dont la fortune ne dépasse pas les limites fixées par règlement du 
Conseil d'État (art. 21 al. 1 LIASI). L'art. 1 al. 1 let. a RIASI prévoit ainsi que les 
limites de fortune permettant de bénéficier des prestations d'aide financière sont 
de CHF 4'000.- pour une personne seule majeure. 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/A%202%2000
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/J%204%2004.01
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/1446/2019
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/93/2020

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Dès lors que la valeur d'un immeuble dépasse pratiquement toujours les limites de 
fortune fixées à l'art. 1 al. 1 RIASI, une personne propriétaire d'un immeuble 
n'aura pratiquement jamais droit à des prestations d'aide financière (ATF 146 I 1 
consid. 6.4). L'art. 12 al. 2 LIASI prévoit toutefois qu'exceptionnellement une aide 
financière peut être accordée à une personne propriétaire d'un bien immobilier, si 
ce bien lui sert de demeure permanente. Dans ce cas, l'aide financière accordée est 
remboursable, l'immeuble pouvant être grevé d'une hypothèque au profit de 
l'hospice. L'hospice demande le remboursement de ces prestations dès que le 
bénéficiaire ne remplit plus les conditions du besoin (art. 39 al. 2 LIASI). 

La volonté du législateur était d’offrir l’aide de l’hospice à une personne 
propriétaire de son logement pour éviter que celle-ci soit obligée de réaliser son 
bien et qu’elle se retrouve sans toit, à certaines conditions notamment que ledit 
logement constitue sa demeure permanente (MGC 2006-2007/V A - Séance 25 du 
23 février 2007 ; ATA/10/2020 du 7 janvier 2020 consid. 2f et les références 
citées). 

3.5 En l’espèce, il n’est pas contesté que le recourant a répondu par la négative à 
la question de savoir s’il était propriétaire d’un bien immobilier en Suisse ou à 
l’étranger, lors de ses demandes d’aide sociale signées par ses soins le 5 février 
2018 et le 23 avril 2021 et par les conjoints en juillet 2022. Il ressort, toutefois, du 
dossier que le recourant est propriétaire d’un bien immobilier de « deux pièces-
cuisine », sis______, route G______  à Annemasse. Ce bien a été acquis, selon 
acte notarié, en son nom le 26 janvier 2018 pour le prix de EUR 80'000.-. Le fait 
que le recourant aurait prêté son nom parce que sa mère ne souhaitait pas 
apparaître comme propriétaire ne permet pas de lui dénier la qualité de 
propriétaire du bien immobilier. En effet, celle-ci lui permet d’exercer les droits 
qui y sont rattachés, notamment celui de le vendre, ce qu’il a d’ailleurs chargé la 
notaire de faire. Partant, sa qualité de propriétaire de l’appartement sis à 
Annemasse est établie. Le rapport d’enquête a constaté que les époux occupaient 
un appartement en sous-location sis avenue C______   à Châtelaine ; ils n’utilisent 
donc pas ledit bien comme domicile.  

Or, le recourant étant propriétaire d’un bien immobilier sans l’utiliser à titre de 
logement, son épouse et lui ne peuvent en principe, conformément à l’art. 12 
LIASI, pas accéder aux prestations de l’hospice. L’hospice a néanmoins, afin de 
tenir compte de leurs difficultés et pour faire face aux besoins urgents, accepté de 
leur octroyer une aide aux conditions fixées à l’art. 12 LIASI. Il a subordonné 
cette aide à la condition que le recourant réalise le bien immobilier rapidement, 
s’engage à rembourser l’aide accordée jusqu’à la vente du bien et limité l’aide à 
trois mois, renouvelable. 

La fixation de ces conditions est conforme à la loi et au principe de 
proportionnalité. En effet, dès lors que le recourant et son épouse ne remplissent 
pas les conditions d’octroi d’une aide, étant propriétaires d’un bien immobilier, 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/146%20I%201
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/10/2020

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l’hospice était fondé à limiter ses prestations à une aide exceptionnelle, limitée 
dans le temps et à la conditionner à la vente du bien immobilier et à l’engagement 
de la rembourser après perception du produit de la vente. 

Comme le relève l’hospice, la question de savoir si le recourant a agi de bonne foi 
en ne déclarant pas le bien immobilier dont il est propriétaire ne fait pas l’objet de 
la décision querellée. À juste titre, l’autorité intimée a, par ailleurs, attiré son 
attention sur le fait qu’une fois qu’il aurait perçu le bénéfice de la vente, celui-ci 
devait, en priorité, servir au remboursement de l’aide accordée à bien plaire à 
l’hospice et non à désintéresser des tiers, fût-ce la mère du recourant. 

Enfin, les problèmes de santé du recourant, dont il n’y a pas lieu de minimiser 
l’importance, ne l’ont nullement empêché de mandater un agent immobilier en 
vue d’estimer la valeur du bien, de faire établir des devis relatifs aux travaux à 
entreprendre dans celui-ci, de sorte que les conditions posées par l’hospice ne se 
heurtent pas à l’état de santé du recourant, qui ne le soutient ni ne l’établit. 

Mal fondé, le recours doit donc être rejeté. 

4. Vu la nature du litige, il ne sera pas perçu d’émolument. Il n’y a pas lieu à 
l’allocation d’une indemnité de procédure, vu l’issue du litige (art. 87 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 25 mai 2023 par A______ et B______  contre la 
décision de l’Hospice général du 18 avril 2023 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/RS%20173.110

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au Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession 
du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi ; 

communique le présent arrêt à A______ et B______  ainsi qu'à l'Hospice général. 

Siégeant : Claudio MASCOTTO, président, Florence KRAUSKOPF, Eleanor 
McGREGOR, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F.  SCHEFFRE 
 

 le président siégeant : 
 
 

C. MASCOTTO 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :