# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 56f83b5a-bba2-5644-8c5e-f309e72713b8
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2014 / 967
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2014---967_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JL14.030189-142169

635  

 

 

cour
d’appel CIVILE

_____________________________

Arrêt du
11 décembre 2014

__________________

Présidence
de               M.             
Colombini,
président

Juges             
:              M.             
Giroud et Mme Courbat 

Greffière
:              Mme             
Juillerat Riedi

 

 

*****

 

 

Art.
321 al. 2 CPC ; 257d CO

 

 

             
Statuant à huis clos sur l’appel interjeté par 
D.________,
à Nyon, défenderesse, contre l’ordonnance d’expulsion rendue le 31 octobre 2014
par le Juge de paix du district de Nyon dans la cause divisant l’appelante et W.________
d’avec A.Q.________
et B.Q.________,
à Mies, demandeurs, la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal voit :

 

En
fait:

 

A.             
Par ordonnance du 31 octobre 2014, la Juge de paix du district de Nyon a ordonné à W.________
et D.________ de quitter et rendre libres pour le vendredi 31 novembre 2014 à midi les locaux occupés
dans l’immeuble sis à Gland, [...] (appartement de 3,5 pièces + mezzanine traversant
au 3e
étage avec cave, buanderie commune, ainsi qu’une place de parking) (I), dit qu’à
défaut pour la partie locataire de quitter volontairement ces locaux, l’huissier de paix est
chargé sous la responsabilité du juge de paix de procéder à l’exécution
forcée de la décision sur requête de la partie bailleresse, avec au besoin l’ouverture
forcée des locaux (II), ordonné aux agents de la force publique de concourir à l’exécution
forcée de la décision, s’ils en sont requis par l’huissier de paix (III), arrêté
à 300 fr. les frais judiciaires, qui sont compensés avec l’avance de frais de la partie
bailleresse (IV), mis les frais à la charge de W.________ par 150 fr. et à charge de D.________ 
par 150 fr., sous bénéfice de l’assistance judiciaire (V), dit qu’en conséquence
W.________ et D.________ rembourseront à A.Q.________ et B.Q.________ leur avance de frais à
concurrence de 300 fr. et leur verseront la somme de 700 fr. à titre de dépens, dont 350 fr.
est mis à la charge de W.________ et 350 fr. est mis à la charge de D.________, sous bénéfice
de l’assistance judiciaire (VI) et dit que toutes autres ou plus amples conclusions sont rejetées
(VII). 

 

             
Le premier juge a considéré en substance que le congé donné par la partie bailleresse
était valable dès lors que, pour réclamer le paiement d’arriérés de loyers
à hauteur de 6'400 fr., elle avait fait notifier à la partie locataire une lettre recommandée
renfermant aussi l’indication qu’à défaut de paiement dans les trente jours le
bail serait résilié et que, faute de paiement dans ce délai, elle avait signifié
à la partie locataire qu’elle résiliait le bail pour le 30 avril 2014, respectant par
là le délai minimum de trente jours pour la fin d’un mois prévu par l’art.
257d CO (Code des obligations du 30 mars 1911 ; RS 220). Il a par ailleurs admis que l’on
était en présence d’un cas clair permettant de faire application de la procédure
sommaire. 

 

 

B.
              Par courrier daté
du 20 novembre 2014 et reçu le 24 novembre 2014 par la Justice de paix du district de Nyon, D.________
a fait valoir en substance qu’elle éprouvait de la détresse et de la crainte au sujet
de son expulsion, que son mari lui devait de l’argent et que, compte tenu de sa situation, elle
ne serait pas en mesure d’obtenir un autre logement en location.

 

             
Une volonté de faire appel de l’ordonnance précitée ne ressortant pas clairement
de cet acte, le premier juge l’a invitée, par lettre du 27 novembre 2014, à lui préciser
dans un délai expirant le 8 décembre 2014 s’il devait considérer son écriture
comme un recours. D.________ a répondu par l’affirmative le 28 novembre 2014. 

 

             
Le 5 décembre 2014, son écriture a été transmise au Tribunal de céans comme
objet de sa compétence. 

 

 

C.
             
La Cour d’appel civile retient les faits suivants sur la base de l’ordonnance complétée
par les pièces au dossier : 

 

1.             
Par contrat du 7 août 2007, A.Q.________ et B.Q.________ ont remis à bail à W.________
et D.________, à partir du 1er
septembre 2007, un appartement de 3.5 pièces au 3e
étage de l’immeuble sis à la Rue [...] à Gland. Le loyer mensuel net de l’appartement
s’élevait à 2'700 fr., plus 200 fr. d’acompte de chauffage, eau chaude et frais
accessoires et 150 fr. pour une place de parc. 

 

             
En raison de la séparation des locataires, D.________ occupe désormais seule l’appartement,
conformément à un prononcé de mesures protectrices de l’union conjugale du 13 décembre
2011. 

 

2.             
Par courriers séparés du 13 février 2014, les bailleurs ont mis en demeure W.________
et D.________ de s’acquitter dans les trente jours de la somme de 6'400 fr., soit 6'100 fr. à
titre de loyers impayés de l’appartement pour les mois de novembre et décembre 2013 et
300 fr. à titre de loyers impayés de la place de parc pour les mois de janvier et février
2014. Cette sommation indiquait qu’à défaut de paiement dans le délai imparti, le
bail serait résilié. 

 

             
W.________ et D.________ n’ont pas versé l’arriéré de loyer dans le délai
de trente jours imparti.

 

             
Par avis séparés du 25 mars 2014, les bailleurs ont signifié à W.________ et D.________
qu’ils résiliaient le bail pour le 30 avril 2014. 

 

3.             
Les locataires n’ayant pas libéré l’appartement et la place de parc en question
à la date prévue, A.Q.________ et B.Q.________ ont déposé à leur encontre une
requête d’expulsion le 15 juillet 2014, concluant en substance à ce qu’il soit
constaté que le contrat de bail a valablement été résilié (I), à ce qu’ordre
soit donné aux locataires, solidairement entre eux, de rendre libre immédiatement l’appartement
et la place de parc en question (II) et à ce que le Juge de paix soit autorisé à prescrire
une mesure de contrainte telle que l’expulsion forcée en s’assurant le concours d’un
tiers habilité à requérir l’autorité compétente au sens de l’art.
343 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272) (IV[sic]). 

 

             
W.________ s’est déterminé le 10 octobre 2014 par l’intermédiaire de son avocat,
adhérant en ce qui le concernait à la conclusion I de la requête et concluant à ce
que les conclusions II et IV soient déclarées sans objet en ce qui le concernait, avec suite
de dépens. 

 

             
Par courrier du même jour, D.________, par l’intermédiaire de son avocate, a fait valoir
qu’en raison de sa séparation, elle s’était retrouvée dans une situation inextricable
qui avait abouti à une prise en charge par les services sociaux, qu’en date du 15 juillet
2014, le juge civil avait toutefois, par voie de mesures provisionnelles, alloué une pension alimentaire
en sa faveur avec effet rétroactif au 1er
janvier 2014 et qu’au surplus, elle s’en remettait à justice. 

 

 

 

             
En droit

 

 

1.             
a)
Le litige porte sur le bien-fondé d’une ordonnance prononçant une expulsion pour défaut
de paiement de loyer. Pour déterminer quelle voie de droit, de l’appel ou du recours, est
ouverte, il faut se fonder sur la valeur litigieuse, calculée selon le droit fédéral.
Celle-ci est égale au loyer de la période minimum pendant laquelle le contrat subsiste si la
résiliation n’est pas valable, période qui s’étend jusqu’à la date
pour laquelle un nouveau congé peut être donné. En principe, la durée déterminante
pour le calcul de la valeur litigieuse ne saurait être inférieure à la période de
trois ans pendant laquelle l’art. 271a al. 1 let. e CO consacre I’annulabilité d’une
résiliation (JT 2011 III 43 ; TF 4A_634/2009 du 3 mars 2010 c. 1.1 ; SJ 2001 I 17 c. 1a ;
ATF 119 II 147 c. 1). 

 

             
En l’espèce, le loyer, acompte de charges et place de parc compris, s’élevant à
3’050 fr. par mois, la valeur litigieuse est supérieure à 10'000 fr., de sorte que
la voie de l’appel est ouverte (art. 308 al. 2 CPC). 

 

             
b)
Le délai pour l’introduction de l’appel contre les décisions prises en procédure
sommaire est de dix jours (art. 321 al. 2 CPC). L'indication de cette voie de droit figure au demeurant
au pied de la décision entreprise. 

 

             
En l’espèce, il ressort du suivi des envois de la Poste que l’ordonnance attaquée
a été notifiée à l’appelante, par l’intermédiaire de son conseil,
le 3 novembre 2014, de sorte que le délai pour exercer un appel arrivait à échéance
le jeudi 13 novembre 2014. L’appel du 20 novembre 2014 a ainsi été déposé hors
délai. Pour ce motif, l’appel doit être déclaré irrecevable. 

 

 

2.             
Même supposé recevable, l’appel serait infondé pour les motifs qui suivent. 

 

             
a)
Aux termes de l’art. 257d CO, lorsque, après la réception de la chose, le locataire a
du retard pour s’acquitter d’un terme ou de frais accessoires échus, le bailleur peut
lui fixer par écrit un délai de paiement et lui signifier qu’à défaut de paiement
dans ce délai, il résiliera le bail. Ce délai sera de dix jours au moins et, pour les
baux d’habitation ou de locaux commerciaux, de trente jours au moins (al. 1). Faute de paiement
dans le délai fixé, le bailleur peut résilier le contrat avec effet immédiat ;
les baux d’habitation et de locaux commerciaux peuvent être résiliés moyennant un
délai de congé minimum de trente jours pour la fin d’un mois (al. 2). Ainsi, lorsqu'il
n'a pas réglé l'arriéré réclamé dans le délai comminatoire prévu
par l'art. 257d CO, le locataire est en demeure et doit subir les conséquences juridiques de l'alinéa
2 de cette disposition, à savoir la résiliation du bail moyennant un délai de congé
de 30 jours (ATF 127 III 548 c. 4), cela même si l'arriéré a finalement été
payé (TF, arrêt du 27 février 1997, in Cahiers du bail [CdB] 3/97 pp. 65 ss). 

 

b)
En l’espèce, les arriérés de loyers qui ont fait l’objet d’un avis comminatoire
de la part des bailleurs n’ont toujours pas été payés à ce jour et les intimés
ont strictement respecté la procédure de résiliation régie par l’art. 257d
CO, de sorte que la résiliation est valable. Les arguments soulevés par l’appelante sont
à cet égard sans pertinence. 

 

 

3.             
Au vu de ce qui précède, l’appel est irrecevable. Il ne sera pas perçu de frais
de justice en application de l’art. 11 TFJC (Tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre
2010, RSV 270.11.5). 

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour d’appel civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

en
application de l'art. 312 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
L’appel est irrecevable.

 

             
II.
              L’ordonnance est
maintenue. 

 

             
III.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Mme D.________,

-          
Me Philippe Richard (pour W.________),

-          
M. Julien Pfeiffer, aab (pour A.Q.________ et
B.Q.________).

 

             
La Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à 15'000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district de Nyon.

 

             
La greffière :