# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0a801d3f-f0d5-529d-9abc-fc05c2eea510
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2012 / 100
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2012---100_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JS11.017880-112040
; JS 11.017880-112265 

22  

 

 

JUGE
DELEGUE DE LA cour d’appel CIVILE

__________________________________________________________

Arrêt du
16 janvier 2012

___________________

Présidence
de               M.             
Creux,
juge délégué

Greffier
              :             
M.              Elsig

 

 

*****

 

 

Art.
163 al. 1, 176 al. 1 ch. 1 CC

 

 

             
Statuant à huis clos sur l'appel et l'appel joint interjetés par
A.E.________,
à [...], intimé, et B.E.________,
à [...], requérante, contre la décision de mesures protectrices de l'union conjugale rendue
le 11 octobre 2011 par la Présidente du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois dans
la cause divisant les parties, le juge délégué de la Cour d’appel civile du Tribunal
cantonal voit :

             
En fait :

 

 

A.             
Par décision de mesures protectrices de l'union conjugale du 11 octobre 2011, la Présidente
du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois a autorisé les parties à vivre séparées
pour une durée indéterminée (I), fixé la contribution d'entretien due par l'intimé
A.E.________ pour l'entretien des siens à 29'000 fr. par mois, allocations familiales en sus, dès
le 1er
mai 2011, sous déduction du subside de 20'000 fr. versé en mai 2011 et des acomptes versés
(I), mis à la charge de l'intimé une provisio ad litem de 12'000 fr. (II), pris acte que la
conclusion VIII de la requête n'avait plus d'objet (IV), rappelé la convention passée
à l'audience du 16 juin 2011, ratifiée sur le siège pour valoir ordonnance partielle de
mesures protectrices de l'union conjugale, attribuant à la mère la garde des enfants C.E.________,
née le [...] 2005, D.E.________, née le [...] 2007 et E.E.________, née le [...] 2009,
fixant le droit de visite du père, attribuant à la requérante B.E.________ la jouissance
du domicile conjugal et prévoyant l'institution du régime de la séparation de biens avec
effet au 26 avril 2011 (V), rendu la décision sans frais ni dépens (VI) et rejeté toutes
autres ou plus amples conclusions (VII).

 

             
En droit, le premier juge a considéré que, prima facie, les différentes activités
professionnelles de l'intimé lui rapportaient des gains substantiels lui permettant d'assurer le
maintien du niveau de vie confortable auquel les siens étaient habitués jusqu'au moment de
la séparation. Il a admis que la requérante avait rendu vraisemblable que ses besoins nécessaires
au maintien de ce niveau de vie s'élevaient à 29'000 fr. par mois. Il a jugé que la requérante
avait droit à une provisio ad litem, vu la répartition des tâches choisie durant la vie
commune et la différence de ressources financières des parties.

 

 

B.             
A.E.________ a interjeté appel le 24 octobre 2011 contre cette décision en concluant, avec
dépens, à sa réforme en ce sens que la contribution d'entretien mise à sa charge
est fixée à 13'455 fr. par mois dès le 1er
mai 2011 et à 10'735 fr. par mois dès le 16 décembre 2011, allocations familiales en sus,
et à ce qu'il ne soit pas astreint à verser une provisio ad litem.

 

             
Dans son mémoire du 5 décembre 2011, B.E.________ a conclu, avec dépens, au rejet de l'appel
et, par voie de jonction à ce que la contribution d'entretien mise à la charge de l'appelant
principal est fixée à 29'500 fr. par mois, allocations familiales en sus, dès le 1er
septembre 2011. Elle a produit un bordereau de pièces et requis la production de six pièces
(151 à 155).

 

             
Le 12 décembre 2011, le juge de céans a invité l'appelant principal à produire les
pièces nos
151 et 151 bis.

 

             
Par courrier du 14 décembre 2011, l'appelante par voie de jonction a réitéré sa requête
de production des pièces nos
152 à 155. Le 19 décembre 2011 le juge de céans a motivé son refus d'ordonner la
production desdites pièces.

 

             
Le 16 décembre 2011, l'appelant principal a conclu à l'irrecevabilité de l'appel joint
et a requis du juge de céans qu'il ordonne la production par l'appelante par voie de jonction de
la pièce n° 150, requête à laquelle le juge de céans a donné suite par
ordonnance de production du 21 décembre 2011.

 

             
Par courrier du 22 décembre 2011, l'appelante par voie de jonction a demandé au juge de céans
qu'il reconsidère dite ordonnance de production de la pièce n° 150, requête à
laquelle le juge de céans a partiellement donné suite par ordonnance de production du 23 décembre
2011.

 

             
Le 23 décembre 2011, l'appelant principal a produit un bordereau contenant notamment les pièces
requises le 12 décembre 2011 (pièces nos
151 à 162).

 

             
Le 6 janvier 2012, l'appelante par voie de jonction a produit la pièce requise le 23 décembre
2011.

 

             
A l'audience du 9 janvier 2012, l'appelante par voie de jonction a requis le retranchement de la pièce
n° 155. Lors de son interrogatoire, protocolé dans un procès-verbal séparé,
l'appelant principal a notamment déclaré s'engager à continuer à assumer la charge
fiscale du couple.

 

 

C.             
Le juge délégué retient les faits suivants, sur la base de la décision complétée
par les pièces du dossier :

 

1.             
A.E.________ et B.E.________ se sont mariés le [...] 2004 à [...]. Trois enfants sont issus
du cette union : C.E.________, née le [...] 2005; D.E.________, née le [...] 2007 et E.E.________,
née le [...] 2009.

 

 

2.             
A.E.________ détient l'entier du capital-actions de la société W.________ AG, inscrite
au Registre du commerce du canton [...] le [...] 2008, laquelle détient l'entier du capital des
sociétés S.________ SA et Q.________ Sàrl. A.E.________ détient en outre l'entier
des parts sociales de la société L.________ Sàrl.

 

             
Les [...] et [...] 2008, W.________ AG, en qualité de preneur de crédit, A.E.________ et S.________
SA en qualité de donneurs de sûretés, ont conclu avec Banque O.________ une convention
de crédit-cadre prévoyant une limite de crédit d'un montant maximum de 3'400'000 fr. dans
le but de financer le solde de l'achat de S.________ SA. Le contrat prévoyait sous la rubrique "Réduction
de la limite/Amortissements" un versement unique de 1'000'000 fr. au plus tard le 31 juillet 2008
et de 175'000 fr. par trimestre les 31 mars, 30 juin, 30 septembre et 31 décembre, la première
fois le 31 décembre 2008. Parmi les obligations négatives, le preneur s'engageait à ne
pas distribuer de dividendes pendant toute la durée de la relation de crédit (art. 14 ch. 6
du contrat).

 

3.             
En 2007, S.________ SA a réalisé un bénéfice de 1'128'067 francs 05 et Q.________
Sàrl un bénéfice du 33'199 fr. 78.

 

             
En 2008, S.________ SA a réalisé un bénéfice de 1'810'314 francs 86 et versé
des dividendes, par 2'620'000 francs. Q.________ Sàrl a réalisé un bénéfice
de 356'676 fr. 68 et versé des dividendes pour un montant total de 365'000 francs. L.________ Sàrl
a réalisé un bénéfice de 14'772 fr. 67. W.________ AG a quant à elle réalisé
un bénéfice de 1'906'887 francs.

 

             
En 2009, S.________ SA a réalisé un bénéfice de 807'782 francs 38, Q.________ Sàrl
un bénéfice de 638'578 fr. 54, L.________ Sàrl une perte de 59'523 fr. 89 et W.________
AG un bénéfice de 2'547'891 fr. 92, comprenant le dividende de S.________ SA de 2008.

 

             
Le 9 novembre 2009, T.________, agissant au nom d'A.E.________ et sur mandat de celui-ci, a informé
Banque O.________ du plan de distribution des dividendes et de compensation des créances, prévoyant
notamment le versement par W.________ AG d'un dividende de 3'242'000 fr. à A.E.________ le 31 décembre
2009.

 

             
En 2010, S.________ SA a réalisé un bénéfice de 560'835 francs 03, Q.________ Sàrl
une perte de 287'081 fr. 94, L.________ Sàrl une perte de 4'138 fr. 50 et W.________ AG un bénéfice
de 710'040 francs 48, selon déclaration fiscale 2010.

 

4.             
Dans leur déclaration d'impôts pour l'année 2006, les parties ont fait état de revenus
nets d'une activité dépendante de 63'593 fr. et des gains accessoires, par 8'000 francs, une
fortune de 6'140'000 fr. comprenant les sociétés L.________ Sàrl, Q.________ Sàrl,
U.________ SA et S.________ SA, ainsi que des dettes hypothécaires sur immeubles privés de
5'728'000 francs, dont 1'050'000 fr. en relation avec S.________ SA.

 

             
Pour l'année 2007, ont été déclarés des revenus net de 139'314 fr. (94'639 fr.
pour A.E.________ payés par S.________ SA et 44'675 fr. pour B.E.________ payés par L.________
Sàrl), une fortune de 6'184'352 fr. comprenant notamment les sociétés mentionnées
ci-dessus et des dettes privées d'un montant de 7'708'282 fr., dont 2'825'633 fr. en relation avec
S.________ SA.

 

             
Pour l'année 2008, ont été déclarés des revenus de 105'943 fr., dont 99'297
fr. de produit d'une activité dépendante, une fortune de 2'660'000 fr. comprenant notamment
les sociétés W.________ AG, L.________ Sàrl, Q.________ Sàrl et U.________ SA et
des dettes privées d'un montant de 2'852'319 fr., dont 2'550'000 en relation avec S.________ SA.

 

             
Pour l'année 2009, ont été déclarés des dividendes de 3'885'000 fr. (210'000
fr. de L.________ Sàrl, 375'000 fr. d'U.________ SA et 3'300'000 fr. de W.________ AG), des revenus
d'une activité dépendante de 36'743 fr., une fortune de 3'150'584 fr., comprenant les sociétés
L.________ Sàrl, U.________ SA et W.________ AG et des dettes privées d'un montant de 777'244
fr., la dette envers S.________ SA ayant été remboursée. Selon attestations de versement
des dividendes susmentionnés, le montant de ceux-ci, après déduction de l'impôt anticipé
par 2'525'250 fr., ont servi, selon décisions des assemblées générales des trois
sociétés, au remboursement d'un prêt.

 

             
Pour l'année 2010, ont été déclarés un revenu net provenant d'une activité
dépendante de 123'368 fr., 25'000 fr. d'autres revenus, une fortune de 2'755'755 fr., comprenant
notamment les sociétés L.________ Sàrl et W.________ AG et des dettes privées d'un
montant de 5'151 francs.

 

5.             
Le 13 mai 2011, B.E.________ a saisi le Président
du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois d'une requête de mesures protectrices de
l'union conjugale tendant à ce que les parties soient autorisées à vivre séparées
pour une durée indéterminée (I), à l'attribution à la mère de la garde
sur les enfants (II), à la fixation du droit de visite du père (III), à l'attribution
en sa faveur du domicile conjugal (IV), au versement par A.E.________ d'une contribution d'entretien
mensuelle de 29'000 fr., dès le 1er
mai 2011, allocations familiales en sus (V), à ce que le régime de la séparation de biens
soit institué avec effet au 26 avril 2011 (VI), au versement par A.E.________ d'une provisio ad
litem de 6'000 fr. (VII) et à la restitution dans un délai de 48 heures d'un disque dur (VIII).
Par requête de mesures superprovisionnelles, elle a en outre conclu au versement par A.E.________
d'un montant de 20'000 fr., à valoir sur les pensions qui seraient allouées par voie de mesures
protectrices de l'union conjugale (I), à l'attribution à la mère de la garde sur les enfants
(II) et à la fixation du droit de visite du père (III).

 

             
Par ordonnance de mesures préprovisionnelles de l'union conjugale du 16 mai 2011, la Présidente
du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois a ordonné à A.E.________ de verser,
dans les vingt-quatre heures suivant la réception de la décision, un subside de 20'000 fr.
à valoir sur les pensions qui seraient allouées par voie de mesures protectrices de l'union
conjugale (I), attribué à la mère la garde sur les enfants (II) et fixé le droit
de visite du père (III).

 

             
Dans un procédé du 14 juin 2011, A.E.________ a conclu au rejet des conclusions de la requête
du 13 mai 2011 et, par voie de reconvention, a conclu à ce que les parties soient autorisées
à vivre séparées pour une durée de quatre mois à compter du 13 mai 2011 (I),
à l'attribution à la mère de la garde sur les enfants (II), à la fixation du droit
de visite du père (III), à l'attribution à B.E.________ de la jouissance du domicile conjugal
(IV) et à ce qu'il contribue à l'entretien des siens, par la prise en charge du loyer du domicile
conjugal, des charges dudit domicile, de l'écolage des enfants C.E.________ et D.E.________, des
primes d'assurance-maladie de son épouse et des enfants et des primes d'assurances diverses (ménage,
ECA etc.), ainsi que par le versement d'une pension de 4'000 fr. par mois (V).

 

             
A l'audience du 16 juin 2011, les parties ont signé une convention partielle, ratifiée par
le juge pour valoir prononcé partiel de mesures protectrices de l'union conjugale, attribuant à
la mère la garde sur les enfants (I), fixant le droit de visite du père (II), attribuant à
B.E.________ la jouissance du domicile conjugal (III) et prévoyant la séparation de biens avec
effet au 26 avril 2011 (IV). Les parties ont en outre admis que la conclusion VIII de la requête
du 13 mai 2011 n'avait plus d'objet. B.E.________ a conclu, à titre superprovisionnel à ce
que la contribution d'entretien soit fixée à 29'000 fr. par mois, allocations familiales en
sus dès le 1er
mai 2011, sous déduction d'un subside de 20'000 fr. versé au mois de mai 2011. A.E.________
a conclu au rejet de cette conclusion et complété son procédé du 14 juin 2011 par
une conclusion subsidiaire Vbis tendant à ce que la contribution d'entretien soit fixée à
16'000 fr. par mois. Les parties sont enfin convenues de suspendre l'audience.

 

             
Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 20 juin 2011, la Présidente du Tribunal civil
de l'arrondissement de l'Est vaudois a fixé à 22'500 fr. par mois, allocations familiales en
sus, dès le 1er
mai 2011, sous déduction du subside de 20'000 fr. versé en mai, la contribution due par A.E.________
pour l'entretien des siens.

 

             
Dans un procédé complémentaire du 26 juillet 2011, A.E.________ a retiré ses conclusions
V et Vbis et les a remplacées par une conclusion V nouvelle tendant à ce que la contribution
d'entretien mise à sa charge soit fixée à 9'000 fr. par mois, allocations familiales en
sus, dès le 1er
mai 2011.

 

             
L'audience a été reprise le 28 juillet 2011. B.E.________ a augmenté sa conclusion VII
en ce sens qu'elle a réclamé une provisio ad litem de 12'000 francs.

 

 

6.             
Le 11 octobre 2011, A.E.________ a contresigné
un courrier de B.E.________ manifestant son souhait de résilier avec effet au 30 décembre 2011
le bail de la villa conjugale, dont le loyer s'élevait à 5'750 fr. par mois et dont la prochaine
échéance était le 30 juin 2012. 

 

             
Le 25 octobre 2011, B.E.________ a loué, dès le 15 décembre 2011, un appartement de 5,5
pièces et une place de parc dans un garage, à Vevey, pour un loyer mensuel de 3'650 fr., plus
200 fr. d'acompte de chauffage et d'eau chaude, et 180 fr. de loyer pour la place de parc.

 

             
A l'audience du 9 janvier 2012, B.E.________ n'avait pas trouvé de repreneur pour la villa conjugale.

 

 

7.             
A l'appui de sa conclusion en entretien, B.E.________
a fait valoir les besoins suivants, qui ont été retenus par le premier juge :

 

Loyer             
Fr.              5'750.—

Charges
villa              

Gaz             
Fr.                 440.--

Electricité             
Fr.                 200.—

Jardinier             
Fr.                 250.—

Eaux
épuration                Fr.             
   100.—

Divers             
Fr.                 100.—

             

Ecolage
C.E.________              Fr.             
1'705.—

Ecolage
D.E.________              Fr.             
1'187.—

Nourriture
Ecole              Fr.             
   400.—

AM             
Fr.                 663.—

AM
Compl              Fr.             
   300.—

Frais
méd. non couverts             
Fr.                 200.—

Billag,
tél. natel internet             
Fr.                 300.—

Assurances
diverses              Fr.             
   200.—

Sport
enfants              Fr.             
     70.—

Sport
Mme              Fr.             
   350.—

Equipement
sportif              Fr.             
   100.—

 

Salaire
fille au pair              Fr.             
2'300.—

Charges
patronales              Fr.             
   250.—

Nourriture
fille au pair              Fr.             
   600.— 

Part.
frais de voyage              Fr.             
   100.—

 

Vacances
loisirs coiffeur              Fr.             
1'500.—

Frais
habillement              Fr.             
   500.—

Nourriture             
Fr.              2'000.—

Véhicule             
Fr.              1'000.—

Impôts             
Fr.              8'000.---

 

Total             
Fr.              28'565.--

 

             
A.E.________ admet le poste de loyer, par 5'750 fr., le poste "charges Villa" à concurrence
de 800 fr., les postes "Ecolages C.E.________ et D.E.________" à concurrence respectivement
de 1'519 fr. et 1'366 fr., les postes "AM" par 662 fr., "AM compl.", par 300 fr.,
et "Frais méd. non couverts", par 200 fr., le poste "Billag, tel., natel, internet",
par 300 fr., le poste "Assurances diverses" à concurrence de 50 fr., les postes "Sport
enfants" "Sport Mme" et "Equipement sportif" à concurrence de 100 fr.,
soit des besoins totaux de 11'047 francs. Dans la mesure où l'engagement d'une fille au pair serait
jugée nécessaire, A.E.________ admet le poste "Salaire fille au pair" à concurrence
de 800 fr., le poste "Charges patronales" à concurrence de 200 fr., le poste "Nourriture
fille au pair" par 600 francs. A.E.________ admet enfin le poste "Vacances, loisirs coiffeur"
à concurrence de 1'000 fr. et le poste "Nourriture" à concurrence de 1'200 fr., soit
des besoins admis à concurrence de 14'847 francs.

 

             
Durant la vie commune, l'employée de maison chargée du ménage était engagée
par S.________ SA.

 

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
L'art. 308 al. 1 let. b CPC (Code de procédure
civile suisse du 19 décembre 2008; RS 272) ouvre la voie de l'appel contre les ordonnances de mesures
provisionnelles rendues dans les causes non patrimoniales ou dont la valeur litigieuse est supérieure
à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC), les mesures protectrices de l'union conjugale devant être
assimilées à des mesures provisionnelles au sens de l'art. 308 al. 1 let. b CPC (Tappy, CPC
Commenté, 2011, nn. 51 ss ad art. 273 CPC, pp. 1077 ss; CACI 6 avril 2011/28 c. 1b).

 

             
Les ordonnances de mesures protectrices de l'union conjugale étant régies par la procédure
sommaire (art. 271 CPC), le délai pour l'introduction de l'appel est de dix jours (art. 314 al.
1 CPC) et l'appel joint est irrecevable (art. 314 al. 2 CPC).

 

             
En l'espèce, l'appel, formé en temps utile par A.E.________, porte sur des conclusions de première
instance qui, capitalisées selon l'art. 92 al. 2 CPC, sont supérieures à 10'000 francs.
Il est en conséquence recevable.

 

             
En revanche l'appel joint formé par B.E.________ est irrecevable, vu la règle de l'art. 314
al. 2 CPC.

 

 

2.             
a) L'appel portant sur des mesures protectrices
de l'union conjugale, il relève de la compétence du juge unique (art. 84 al. 2 LOJV [loi du
12 décembre 1979 d'organisation judiciaire; RSV 173.01]).

 

             
b) L'appel
peut être formé pour violation du droit ou constatation inexacte des faits (art. 310 CPC).
L'autorité d'appel peut revoir l'ensemble du droit applicable, y compris les questions d'opportunité
ou d'appréciation laissées par la loi à la décision du juge et doit le cas échéant
appliquer le droit d'office conformément au principe général de l'art. 57 CPC (Jeandin,
CPC Commenté, 2011, nn. 2 ss ad art. 310 CPC, p. 1249). Elle peut revoir l'appréciation des
faits sur la base des preuves administrées en première instance (Jeandin, op. cit. n. 6 ad
art. 310 CPC, pp. 1249-1250).

             

             
Les faits et moyens de preuve nouveaux ne sont pris en compte que s'ils sont invoqués ou produits
sans retard et ne pouvaient être invoqués ou produits devant la première instance bien
que la partie qui s'en prévaut ait fait preuve de la diligence requise, ces deux conditions étant
cumulatives (art. 317 al. 1 CPC; Jeandin, op. cit., n. 6 ad art. 317 CPC, p. 1265). Il appartient à
l'appelant de démontrer que ces conditions sont réalisées, de sorte que l'appel doit indiquer
spécialement de tels faits et preuves nouveaux et motiver spécialement les raisons qui les
rendent admissibles selon lui (Jeandin, op. cit., n. 8 ad art. 317 CPC, p. 1266). La jurisprudence de
la cour de céans considère que ces exigences s'appliquent aux litiges soumis à la maxime
inquisitoire, mais pas à ceux relevant de la maxime d'office, par exemple ceux portant sur la situation
d'enfants mineurs en droit matrimonial, à tout le moins lorsque le juge de première instance
a violé la maxime inquisitoire illimitée (JT 2011 III 43).

 

             
c/aa)
B.E.________ a produit un bordereau de pièces en deuxième instance. Ces pièces sont recevables
dès lors qu'elles sont postérieures à l'audience de première instance du 28 juillet
2011. Quant aux réquisitions de production des pièces nos
152 à 155, B.E.________ ne fait pas valoir que le premier juge aurait violé la maxime inquisitoire
illimitée sur les points que ces pièces doivent établir. Cette réquisition est donc
irrecevable de même que les pièces nos
158 et 160 produites spontanément par A.E.________ en réponse à celle-ci. Au demeurant,
elles sont sans pertinence sur l'issue du litige.

 

             
bb)
A.E.________ a produit sur réquisition du juge de céans un bordereau, dont les pièces
nos
151 à 154, 156 et 157 répondent à la réquisition du 12 décembre 2011. Il a en
outre produit sous n° 155, des attestations de la fiduciaire de ses sociétés, dont B.E.________
a requis le retranchement, ainsi que, sous n° 159, une facture de téléphone du 7 octobre
2011. Il a en outre requis la production de la pièce n° 150.

 

             
La question de la recevabilité de la pièce n° 155 peut demeurer indécise, dès
lors que celle-ci n'est pas déterminante pour l'issue du litige.

 

             
La pièce n° 159 est recevable dès lors qu'elle est postérieure à l'audience
de première instance du 28 juillet 2011.

 

             
Quant à la requête de production de la pièce n° 150, elle est tardive en tant qu'elle
porte sur la période postérieure à l'audience de première instance du 28 juillet
2011, n'ayant pas été déposée avec le mémoire d'appel. La pièce produite
par B.E.________ en réponse à cette réquisition est recevable.

 

             
cc)
A.E.________ se réfère aux pièces nos 139 et 140 de son bordereau IV du 26 juillet 2011
et en déduit que la moyenne mensuelle des dépenses de la famille en 2010 s'est élevée
à 15'834 fr. et à 17'802 fr. entre les mois de janvier et de mai 2011. B.E.________ conteste
ces chiffres en faisant valoir qu'ils ne comprennent pas les dépenses faites en liquide et qu'il
existe des incohérences entre le décompte de la pièce n° 139 et les chiffres figurant
dans la pièce n° 140. A l'audience du 9 janvier 2012, A.E.________ a expliqué avoir, pour
établir le décompte de la pièce n° 139, séparé dans la pièce n°
140 les dépenses privées des dépenses professionnelle et n'avoir pris en compte que les
premières.

 

             
Dès lors que ce tri a été effectué par une seule partie et qu'il est apparu que certaines
dépenses de la famille étaient assumées par les sociétés d'A.E.________, il
y a lieu de considérer que le décompte figurant dans la pièce n° 139 n'est pas probant
pour établir le train de vie vraisemblable de la famille durant la vie commune.

 

             
dd)
B.E.________ a produit sous n° 111 de son bordereau du 5 décembre 2011 deux factures mensuelles
du 14 novembre 2011 pour l'écolage de D.E.________ et d'C.E.________ de respectivement 1'823 fr.
et 1'640 fr. 70. Ces deux factures comportent sous la rubrique "Term" le libellé "4/10".
Il apparaît ainsi que ces écolages ne sont facturés que pendant les dix mois de l'année
scolaire, de sorte qu'annualisés, ils représentent une charge mensuelle de respectivement 1'519
fr,  (1'823 x 10 : 12) et 1'366 fr. (1'640.7 x 10 : 12).

 

 

3.             
A.E.________ soutient que la contribution d'entretien en cause doit être calculée sur la base
de son seul salaire, soit 123'368 fr. en 2010, dès lors que les dividendes de ses sociétés
ont servi au remboursement de dettes et que le prêt consenti par Banque O.________ lui interdit
le versement de dividendes par ses sociétés. Il fait valoir que B.E.________ peut, soit renoncer
au service d'une jeune fille au pair, soit trouver une activité lucrative couvrant ces frais.

 

             
a) Selon
l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge fixe la contribution pécuniaire à verser par l'une des parties
à l'autre. Il le fait en application de l'art. 163 al. 1 CC. Le montant de la contribution d'entretien
se détermine en fonction des facultés économiques et des besoins respectifs des époux.
Tant que dure le mariage, chacun des conjoints a le droit de participer de la même manière
au train de vie antérieur. En cas de situation financière favorable, savoir lorsque les revenus
de la famille dépassent 8'000 au 9'000 fr. par mois (TF 5A_288/2008 du 27 août 2008, c. 5.4),
il convient ainsi de se fonder sur les dépenses indispensables au maintien du train de vie antérieur,
qui constitue la limite supérieure du droit à l'entretien et non procéder selon la méthode
du minimum vital avec répartition de l'excédent (ATF 121 I 97 c. 3b, JT 1997 I 46; TF 5A_475/2011
du 12 décembre 2011, c. 4.2; TF 5A_205/2010 du 12 juillet 2010, c. 4.2.3 et 4.2.4 publié in
La Pratique du droit de la famille [FamPra.ch] 2010, p. 894). C'est au créancier de la contribution
d'entretien qu'il incombe de préciser les dépenses nécessaires à son train de vie
et de les rendre vraisemblables (ATF 115 II 424 c. 2).

 

             
b) Selon
la jurisprudence, lorsqu'il existe une unité économique entre une société anonyme
et un actionnaire unique ou principal, il peut se justifier, dans les procès du droit de la famille,
d'examiner la capacité contributive de l'actionnaire en application des règles relatives aux
indépendants (TF 5P.127/2003 du 4 juillet 2003, c. 2.2 et références, publié in FamPra.ch.
2004, p. 909; Bräm, Zürcher Kommentar, 1998, n. 78 ad art. 163 CC, p. 114).

 

             
Le revenu d'un indépendant est constitué par son bénéfice net. Pour obtenir un résultat
en cas de revenus fluctuants, il convient de tenir compte en général du bénéfice
net moyen réalisé durant plusieurs années. Plus les fluctuations de revenus sont importantes
et les données fournies par l'intéressé sont incertaines, plus la période de comparaison
doit être longue (TF 5A_246/2009 du 22 mars 2010, c. 3.1 et références). Les bilans singuliers,
c'est-à-dire particulièrement bons ou mauvais, peuvent selon les circonstances être ignorés.
Ce n'est qu'en cas de revenus en baisse ou en hausse constante que le bénéfice de la dernière
année sera considéré comme déterminant (TF 5D_167/2008 du 13 janvier 2009, publié
in FamPra.ch 2009, n° 44, p. 464). De même, ce n'est que lorsque les allégations sur le
montant des revenus ne sont pas vraisemblables et que les pièces produites ne sont pas convaincantes
– comme par exemple lorsque les comptes de résultat manquent - qu'il convient de se fonder
sur le niveau de vie des époux durant la vie commune. Les prélèvements privés constituent
alors un indice permettant de déterminer le train de vie (TF 5A_246/2009 précité).

 

             

4.             
a) En
l'espèce, A.E.________ détient l'entier du capital social des sociétés L.________
Sàrl et W.________ AG , laquelle détient l'entier du capital social des sociétés
S.________ SA et Q.________ Sàrl. Il y a dès lors lieu de considérer qu'il existe une
unité économique entre lui et ces sociétés justifiant l'application des règles
applicables au revenu d'indépendant et de prendre en compte, en sus des salaires versés, les
bénéfices nets réalisés par celles-ci, les dividendes versés n'étant à
cet égard pas déterminants.

 

             
En 2007, les salaires versés par les sociétés aux parties se sont élevés à
139'314 fr. et le bénéfice cumulé de celles-ci a atteint 1'161'266 fr. 83 (1'128'067.05
+ 33'199 fr. 78). En 2008, le salaire versé par les sociétés à l'appelant principal
a atteint 99'297 fr. et le bénéfice cumulé de celles-ci 4'088'651 fr. 21 (1'810'314.86
+ 356'676.68 + 14'772 fr. 67 + 1'906'887). En 2009, le salaire versé par les sociétés
s'est élevé à 36'743 fr. et le bénéfice cumulé de celles-ci à 1'314'728
fr. 95 (807'782.38 + 638'578.54 – 59'523.89 + [2'547'891.92 – 2'620'000 de dividende de S.________
SA de 2008 déjà pris en compte à titre de bénéfice]). En 2010, le salaire versé
par les sociétés a atteint 123'368 fr. et le bénéfice cumulé de celles-ci 979'655
fr. 07 (560'835.03 – 287'081.94 – 4'138.50 + 710'040.48). Le montant moyen déterminant
pour le calcul de la contribution en cause s'élève en conséquence à 1'985'756 francs
([139'314 + 1'161'266.83 + 99'297 + 4'088'651.21 + 36'743 + 1'314'728.95 + 123'368 + 979'655.07] : 4),
soit un montant mensuel de 165'479 fr. 65. On se trouve bien dans une situation favorable au sens de
la jurisprudence susmentionnée et c'est dès lors à juste titre que le premier juge a déterminé
le montant de la contribution litigieuse sur la base des besoins de B.E.________ et des enfants.

 

             
A.E.________ fait valoir en vain la clause de la convention de crédit-cadre de 2008 prohibant le
versement de dividendes par W.________ AG. En effet, il a pu en 2009 percevoir un dividende de 3'242'000
fr, destiné à rembourser sa dette envers l'une des sociétés. Rien n'indique qu'il
ne pourrait obtenir de la banque une autorisation d'utiliser le bénéfice des sociétés
pour assumer l'entretien de sa famille.

 

             
b) En
ce qui concerne les besoins de B.E.________ et des enfants, il convient de distinguer quatre périodes,
soit celle du mois de mai à la fin du mois de novembre 2011, où seul était louée
la villa conjugale, celle couvrant le mois de décembre 2011 où la double charge de loyer a
débuté au milieu du mois, celle courant du 1er
janvier 2012 jusqu'à la relocation de la villa conjugale (au plus tard à l'échéance
ordinaire du bail le 30 juin 2012) durant laquelle il y a double charge de loyer et celle courant dès
le moment où cette double charge prendra fin.

 

             
A cet égard, il y a lieu de relever que les parties ont signé conjointement le courrier de
résiliation du 11 octobre 2011 et qu'A.E.________ n'a pas rendu vraisemblable qu'il aurait conditionné
son accord à cette résiliation à l'existence d'un repreneur du bail de la villa conjugale
au 1er
janvier 2012. Au vu de ces éléments, Il convient de faire supporter par moitié à
chacune des parties la charge de ce loyer dès le 15 décembre 2011, date à partir de laquelle
deux loyers ont été dus.

 

             
aa) Pour
la période courant du 1er
mai au 30 novembre 2011, il y a lieu de prendre en compte le loyer de la villa conjugale, par 5'750 francs.
Avec A.E.________, il convient de retenir que les charges de la villa s'élèvent à 800
fr. par mois. La charge de l'écolage des enfants doit être arrêtée à 1'519 fr.
et 1'366 fr. (cf. c. 2c/dd ci-dessus). Il n'y a pas lieu de prendre en compte le poste de "Nourriture
école", B.E.________ n'ayant pas rendu vraisemblable qu'il était facturé à part.
Les postes "Assurance-maladie", par 663 fr., "Assurance-maladie complémentaire",
par 300 fr., "frais médicaux non couverts", par 200 fr. et "Billag, tél., natel,
internet", par 300 fr., ne sont pas contestés. Ils peuvent être retenus. Au titre des
"Assurances diverses", il y a lieu de retenir un montant de 100 fr. et de 200 fr. pour l'ensemble
des postes "Sport enfants" "Sports Mme" et "Equipement sportif".

 

             
A.E.________ soutient que son épouse peut renoncer aux services d'une fille au pair, subsidiairement
que les frais de ce poste pourraient être réduits. Toutefois, cette prestation était comprise
dans l'entretien de la famille durant la vie commune et A.E.________ n'a pas rendu vraisemblable qu'elle
avait alors un coût moindre. Les postes "Salaire fille au pair", par 2'300 fr., "Charges
patronales", par 250 fr., et "Nourriture fille au pair", par 600 fr., doivent être
retenus. Il n'y a en revanche pas lieu de tenir compte du poste "Participation aux frais de voyage",
B.E.________ n'ayant pas rendu vraisemblable que le montant figurant dans ce poste était versé
en sus du salaire.

 

             
Les postes "Vacances, loisirs, coiffeur", par 1'500 fr., "Frais habillement", par
500 fr., et "Nourriture", par 2'000 fr. apparaissent adéquats compte tenu des revenus
du couple. Ils peuvent être retenus. Le poste "Véhicule" doit être admis à
concurrence de 600 francs.

 

             
Il n'y a pas lieu de prendre en compte le poste "Impôts" dès lors que A.E.________
s'est engagé à l'audience du 9 janvier 2012 à les prendre en charge.

 

             
Au vu de ces éléments, les besoins globaux de B.E.________ et des enfants doivent être
arrêtés à 18'948 fr. (5'750 + 800 + 1'519 + 1'366 + 663 + 300 + 200 + 300 + 100 + 200
+ 2'300 + 250 + 600 + 1'500 + 500 + 2'000 + 600). La contribution d'entretien pour la période courant
du 1er
mai au 30 novembre 2011 doit en conséquence être fixée au montant arrondi de 18'950 francs.

 

             
Comme on l'a vu au considérant 2c/cc) ci-dessus, A.E.________ n'a pas démontré, au stade
de la vraisemblance, que ces besoins excéderaient le train de vie exercé durant la vie commune.

 

             
bb) Pour
la période courant du mois de janvier 2012 jusqu'à la fin de la période de double charge
de loyer, il convient de déduire des besoins définis ci-dessus, par 18'948 fr., la moitié
du loyer de la villa conjugale à la charge de B.E.________, par 2'875 fr. (cf. c. 4b ci-dessus)
et les trois quarts des charges de dite villa par 600 fr., dès lors qu'il y a lieu de considérer
que ces frais ont diminué de moitié dès le moment où celle-ci est restée inoccupée
et que B.E.________ doit en assumer la moitié. Il convient en outre d'y ajouter le loyer du nouvel
appartement, par 4'030 fr., ainsi que les frais d'électricité et d'épuration de celui-ci,
par 300 francs. Les besoins globaux pour cette période doivent en conséquence être arrêtés
à 19'803 fr. (18'948 – 2'875 – 600 + 4'030 + 300), montant arrondi à 19'800 francs.

 

             
cc) Pour
le mois de décembre 2011, il convient de prendre en compte, dès lors que le bail du nouvel
appartement de B.E.________ a pris effet au 15 décembre 2011, la moitié de la contribution
de la période courant jusqu'au 30 novembre 2011, par 9'475 fr. (18'950 : 2), et la moitié de
celle due dès le mois de janvier 2012 après déduction de la moitié du loyer et des
charges du nouvel appartement, soit 8'817 fr. 50 ([19'800 – 2'015 – 150] : 2), soit une contribution
globale de 18'292 fr. 50, arrondie à 18'290 francs.

 

             
dd) Pour
la période courant dès la fin de la double charge de loyer, il y a lieu de déduire des
besoins définis ci-dessus, par 18'948 fr., les charges liées à la villa conjugale, par
5'750 fr. et 800 fr. et d'ajouter celles du nouvel appartement, par 4'030 fr. et 300 fr., ce qui aboutit
à un montant de 16'728 fr., arrondi à 16'730 francs.

 

             
c) Il
n'y a pas lieu d'exiger de B.E.________ qu'elle exerce une activité lucrative à temps partiel,
dès lors qu'à l'exception de l'année 2007, elle n'en a exercé aucune, que les enfants
ont moins de dix ans et que l'on ne saurait considérer que la présence d'une fille au pair
équivaut à une garde par un tiers (cf. ATF 115 II 6 c. 3c; TF 5A_210/2008 du 14 novembre 2008
c. 3.2, non publié in ATF 135 III 158; TF 5A_6/2009 du 30 avril 2009 c. 2.2).

 

             
d) L'appel
d'A.E.________ doit ainsi être partiellement admis sur le montant de la contribution d'entretien.

 

 

5.             
A.E.________ conclut à ce qu'il ne soit pas astreint au versement d'une provisio ad litem.

 

             
D'après la jurisprudence, une provision ad litem est due à l'époux qui ne dispose pas
lui-même des moyens suffisants pour assumer les frais du procès en divorce; le juge ne peut
toutefois imposer cette obligation que dans la mesure où son exécution n'entame pas le minimum
nécessaire à l'entretien du conjoint débiteur et des siens (ATF 103 Ia 99 c. 4; TF 5A_784/2008
du 20 novembre 2009 c. 2). Le fondement de cette prestation – devoir d'assistance (art. 159 al.
3 CC) ou obligation d'entretien (art. 163 CC) – est controversé (TF 5P_346/2005 c. 4.3; FamPra.ch
2006 p. 892 n° 130 et les références citées; Bräm, op. cit., n. 131 ad art.
159 CC p. 53 et références), mais cet aspect n'a pas d'incidence sur les conditions qui président
à son octroi. En tout état de cause, selon l'art. 163 al. 1 CC, la loi n'institue plus un devoir
général d'entretien à la charge du mari (art. 160 al. 2 aCC; ATF 110 II 116 c. 2a), mais
une prise en charge conjointe des besoins de la famille au regard des facultés de chacun des époux
(Deschenaux/Steinauer/Baddeley, Les effets du mariage, 2ème
éd. 2009, n° 422, p. 237 et note infrapaginale n° 41 et les références citées;
TF 5P_42/2006 du 10 juillet 2007 c. 4).

 

             
En l'espèce, au vu de la capacité contributive d'A.E.________ telle qu'arrêtée au
considérant 4a ci-dessus et dès lors que les frais de procès ne sont pas inclus dans les
besoins ayant servi à fixer la contribution d'entretien, l'allocation à B.E.________ d'une
provisio ad litem de 12'000 fr. doit être confirmée.

 

             
L'appel d'A.E.________ doit être rejeté sur ce point.

 

 

6.             
En conclusion, l'appel d'A.E.________ doit être
admis partiellement, l'appel joint de B.E.________ déclaré irrecevable, et la décision
de mesures protectrices de l'union conjugale reformée en ce sens que la contribution due par A.E.________
pour l'entretien des siens est fixée à 18'950 fr. du 1er
mai au 30 novembre 2011, à 18'290 fr. pour le mois de décembre 2011, à 19'800 fr. du 1er
janvier 2012 jusqu'à la fin de l'obligation de payer le loyer de la villa conjugale, au plus tard
jusqu'au 30 juin 2012 et à 16'730 fr. dès lors.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 3'000 fr. (art. 65 al. 3 TFJC
[tarif du 28 septembre 2010 des frais judiciaires civils; RSV 270.11.5), sont, vu l'issue de l'appel,
mis par moitié à la charge de chacune des parties, les dépens étant compensés
(art. 106 al. 2 CPC) et B.E.________ devant verser à A.E.________ la somme de 1'500 fr. à titre
de remboursement de l'avance de frais (art. 111 al. 2 CPC).

 

 

 

Par
ces motifs,

le
juge délégué de la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

             
I.             
L'appel est admis partiellement.

 

             
II.             
L'appel joint est irrecevable.

 

             
III.-             
La décision de mesures protectrices de l'union conjugale est réformée au chiffre II de
son dispositif comme il suit :

 

II.             
dit qu'A.E.________ contribuera à l'entretien des siens par le régulier versement, d'avance
le 1er
de chaque mois en mains de B.E.________, allocations familiales en sus, de la somme de 18'950
fr. (dix-huit mille neuf cent cinquante francs)
à compter du 1er
mai 2011 et jusqu'au 30 novembre 2011, de 18'290
fr. (dix-huit mille deux cent nonante francs)
pour le mois de décembre 2011, de 19'800
fr. (dix-neuf mille huit cents francs) à
compter du 1er
janvier 2012 et jusqu'à la fin de l'obligation de payer le loyer de la villa sise [...], au plus
tard jusqu'au 30 juin 2012, et de 16'730
fr. (seize mille sept cent trente francs) dès
lors, sous déduction du subside de 20'000 fr. (vingt mille francs) versé en mai 2011 et des
acomptes versés.

 

La
décision est confirmée pour le surplus.

 

             
IV.-             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 3'000 fr. (trois mille francs),
sont mis à la charge de chacune des parties à raison de 1'500 francs (mille cinq cents francs).

 

             
V.-             
L'intimée B.E.________, doit verser à l'appelant A.E.________ la somme de 1'500 fr. (mille
cinq cents francs) à titre de restitution de l'avance de frais de deuxième instance, les dépens
de deuxième instance étant compensés pour le surplus.

 

             
VI.-             
L'arrêt motivé est exécutoire.

 

Le
juge délégué :              
Le greffier :

 

 

 

 

Du
17 janvier 2012

 

             
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

 

             
Le greffier :

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies à :

 

‑             
Me Jean-Paul Maire (pour A.E.________),

‑             
Me Jérôme Bénédict (pour B.E.________).

 

 

 

             
Le juge délégué de la Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse
est supérieure à 30'000 francs.

 

 

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Le greffier :