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**Case Identifier:** 3e032b47-1018-50ce-a56f-88888fc57c2f
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2014 / 234
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2014---234_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC13.054998-141046

             
376 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
5 novembre 2014

____________________

Présidence
de               M.             
Sauterel,
président

Juges             
:              Mme             
Byrde et M. Maillard 

Greffier
              :             
Mme              van Ouwenaller

 

 

*****

 

 

Art.
80 et  82 LP

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité
d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites, s'occupe du recours exercé par
F.________,
à Saint-Sulpice, contre le prononcé rendu le 10 avril 2014, à la suite de l’interpellation
du poursuivi, par le Juge de paix du district de Nyon, dans la cause qui l'oppose à
R.________,
à Trélex.

 

             
Vu les pièces au dossier, la cour considère :

 

 

 

 

             
En fait :

 

 

1.             
Le 22 février 2013, à la réquisition de F.________, l’Office des poursuites du district
de Nyon a notifié à R.________ un commandement de payer dans la poursuite n° 6'525'729
portant sur la somme de 156'770 fr. avec intérêt à 5 % l’an dès le 1er
mars 2009, indiquant comme cause de l’obligation : "Remboursement du prêt accordé
par F.________ à R.________ par Fr. 200000.00, sous déduction de Fr. 43230.00 de remboursement
(2005 : Fr. 3600.00, 2006 : Fr. 6000.00, 2007 : Fr. 5760.00 / 2008 : Fr. 1600.00,
2009 : Fr. 6000.00, 2010 : Fr. 5770, 2011 : Fr. 8000.00, 2012 : Fr. 6000.00, 2013
Fr. 500.00. Jugement de divorce du 30 juin 1997 définitif et exécutoire dès le 23 août
1997". Le poursuivi a fait opposition totale.

 

             
Par acte du 9 décembre 2013, la poursuivante, par son conseil, a requis du Juge de paix du district
de Nyon qu'il prononce la mainlevée de l’opposition à concurrence de 153'770 fr. plus
intérêt à 5 % l’an dès le 1er
mars 2009. A l’appui de sa requête, elle a produit, outre le commandement de payer susmentionné,
les pièces suivantes :

 

-
la copie d’un jugement de divorce rendu le 30 juin 1997 par la Présidente du Tribunal civil
du district de Lausanne entre F.________ et R.________, attesté définitif et exécutoire
dès le 23 août 1997, dont le chiffre III ratifie, pour en faire partie intégrante, une
convention conclue entre les parties le 6 mai 1997 dont le chiffre VI prévoit ce qui suit :

 

"La situation
patrimoniale des parties est dissoute et liquidée comme il suit :

F.________
prête à R.________ un montant de fr. 200'000.- (deux cent mille francs) pour l’aider
à ouvrir un établissement public en Suisse ou en France frontalière. R.________ certifie
que l’argent sera utilisé à cette fin. L’argent sera remis dans les 10 jours dès
la date du jugement de divorce définitif et exécutoire.

Le prêt,
qui ne portera pas intérêt, sera remboursé à raison d’annuités de fr.
40'000.- payables le 1er janvier de chaque année, la première annuité étant payée
le 1er janvier 2003 et la dernière le 1er janvier 2007 ; il pourra être remboursé
plus rapidement.

R.________
renseignera F.________ sur l’utilisation exacte de l’argent prêté. […]";

 

-
la copie d’un extrait de ce jugement, également attesté définitif et exécutoire
dès le 23 août 1997 ;

 

-
un décompte des paiements faits par le poursuivi des mois de février 2007 à novembre 2013,
non daté ni signé, selon lequel celui-ci aurait remboursé 46'230 fr. à la poursuivante
et resterait débiteur de 153'770 francs; ce décompte fait état de versements mensuels
de 500 fr. des mois de janvier à août 2013; pour les années 2008 et 2009 le décompte
mentionne les paiements suivants :

 

-      
300 fr. le 17 mars 2008,

-      
300 fr. le 15 mai 2008,

-      
500 fr. le 16 juin 2008,

-      
500 fr. le 15 août 2008,

-      
500 fr. au mois de mars 2009,

-      
500 fr. au mois d'avril 2009,

-      
500 fr. au mois de mai 2009,

-      
1'000 fr. au mois de juillet 2009,

-      
500 fr. au mois d'août 2009,

-      
500 fr. au mois de septembre 2009,

-      
500 fr. au mois d'octobre 2009,

-      
1'000 fr. au mois de novembre 2009,

-      
1'000 fr. au mois de décembre 2009;

 

-
la copie d’une convention signée entre les parties le 6 janvier 2005, dont le chiffre 1 a
la teneur suivante :

 

"Le chiffre
VI de la convention sur effets du divorce, ratifiée par jugement du 30 juin 1997, est modifié
en ce sens que R.________ remboursera à F.________ le prêt de CHF 200'000.- à raison de
CHF 300.- par mois pour la période du 1er
janvier 2005 au 31 décembre 2005.

Dès le
1er
janvier 2006, les mensualités seront portées à CHF 500.- par mois jusqu’à l’indépendance
financière de [...] et d' [...] ; à partir de cette date, le remboursement mensuel est
porté à CHF 1'000.- jusqu’à extinction de la dette.

En cas de retard
de plus de trois mois dans le versement d’une mensualité, l’entier du solde de la dette
est immédiatement exigible sans autre préavis".

 

             
Le 15 janvier 2014, le juge de paix a fixé au poursuivi un délai au 14 février 2014
pour se déterminer, délai qui a été prolongé au 28 février 2014.

 

             
Par acte du 17 février 2014, R.________ s’est déterminé, concluant au maintien de
son opposition. Quant aux paiements qu'il aurait opérés, il a indiqué qu’à
la date de la poursuite il était redevable d’un montant de 1'670 fr. ensuite d'avoir versé
en 2008 2'800 fr. et non 1'600 fr. comme indiqué par la poursuivante. Il a produit des copies d’extraits
bancaires BCV pour 2008 faisant état de quatre versements les 17 mars (900 fr.), 15 mai (900 fr.),
16 juin (500 fr.) et 15 août 2008 (500 fr.) et d’un versement de 1'670 fr. à la poursuivante,
valeur au 17 février 2014. Il en déduisait qu’il était à jour dans le remboursement
de la dette.

 

             
Les 13 et 14 mars 2014, la poursuivante, par son conseil, a fourni des précisions à propos
des paiements allégués par le poursuivi, indiquant que ceux-ci s'étaient bien élevés
à 1'600 fr. pour 2008, les deux versements de 900 fr., opérés le 17 mars et le 15 mai
2008 étant composés de 600 fr. dus à titre de pension alimentaires pour les enfants des
parties et de 300 fr. en remboursement du prêt. Elle a produit un relevé de son compte UBS
dont il ressort que les deux paiements en question mentionnaient dans leur intitulé "pension
enfants". 

 

 

2.             
Par prononcé daté du 7 avril 2014, adressé aux parties le 10 avril 2014, le Juge de paix
du district de Nyon a prononcé la mainlevée définitive de l’opposition à concurrence
de 2'870 fr. plus intérêt à 5 % l’an dès le 23 février 2013, sous déduction
de 1'670 fr. valeur au 14 février 2014 (I), arrêté à 660 fr. les frais judiciaires
(II), mis ces frais à la charge du poursuivi (III), et dit que ce dernier devait rembourser à
la poursuivante son avance de frais à concurrence de 150 fr. et lui verser en outre 480 francs à
titre de dépens (IV). 

 

             
              Le dispositif a été
notifié le 11 avril 2014 au conseil de la poursuivante, qui en a requis la motivation par lettre
du même jour. Le poursuivi a écrit le 22 avril 2014 au juge de paix qu’il ne comprenait
pas, vu le sort de la requête, qu’il doive payer des frais. Interpellé, il a précisé
que sa lettre ne devait pas être considérée comme un recours.

 

             
Les motifs ont été envoyés le 28 mai 2014 et notifiés le 2 juin 2014 au conseil de
la poursuivante. Le prononcé a été rectifié à son chiffre I en ce sens que la
mainlevée est prononcée à concurrence de 2'870 fr. avec intérêt à 5 % l'an
dès le 23 février 2013, sous déduction de 1'670 fr. valeur au 17 février 2014 (et
non au 14 février 2014).

 

             
En bref, le juge de paix a considéré que le jugement du 30 juin 1997, définitif et exécutoire
dès le 23 août 1997, constituait un titre à la mainlevée définitive au sens
de l’art. 80 al. 1 LP (loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite du 11
avril 1889; RS 281.1), que la convention du 6 janvier 2005 avait pour but de modifier le chiffre VI de
la convention du 6 mai 1997 ratifiée dans le jugement en ce sens qu’elle accordait au poursuivi
un sursis au versement des annuités de 40'000 fr., qu’il convenait donc – compte tenu
du fait que les parties admettaient que les enfants n’étaient pas encore indépendants
financièrement – de retenir que le poursuivi devait des mensualités de 300 fr. en 2005
et de 500 fr. du 1er
janvier 2005 (recte : 2006) au 31 janvier 2013, soit respectivement 3'600 fr. (12 x 300 fr.) et
42'500 fr. (85 x 500 fr.), soit au total 46'100 francs. S’agissant de l’année 2008,
seule litigieuse, le premier juge a retenu que le poursuivi, s’il avait bien payé 2'800 fr.
à la poursuivante, l’avait fait à concurrence de deux fois 900 fr. pour s’acquitter
non seulement du remboursement du prêt, par deux fois 300 fr., mais aussi des pensions des enfants,
par deux fois 600 fr.; c’est donc un montant de 1'600 fr. qu’il a retenu comme payé
en 2008 (2'800 fr. moins 1'200 fr.). Etant donné qu’il était ainsi vraisemblable que
le poursuivi avait payé 43'230 fr., le premier juge a accordé la mainlevée définitive
sur 2'870 fr., sous déduction de 1'670 fr., valeur au 17 février 2014 ; le dispositif,
qui retenait le 14 février 2014 comme date de valeur, devait être rectifié en application
de l’art. 334 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008; RS 272). En outre, le
premier juge a estimé que l’intérêt moratoire à 5 % l’an devait courir
dès le lendemain de la notification du commandement de payer. Enfin, il a mis les frais à la
charge du poursuivi, estimant que celui-ci avait succombé.

 

             
Par acte du 5 juin 2014, la poursuivante a recouru contre cette décision, concluant à sa réforme
en ce sens que la mainlevée définitive de l’opposition est accordée pour le montant
de 156’770 fr. plus intérêt à 5 % l’an dès le 1er
mars 2009, les frais et dépens des deux instances étant mis à la charge du poursuivi.

 

             
Par acte daté du 9 et posté le 11 juillet 2014, le poursuivi a conclu implicitement au rejet
du recours déposé par son ex-épouse, demandant que les "frais de procédure soient
à sa charge". Il a également produit deux pièces.

 

 

 

 

             
En droit
:

 

 

I.             
Le recours a été formé en temps
utile, dans le délai de dix jours de l'art. 321 al. 2 CPC. Il est écrit et motivé
(art. 321 al. 1 CPC). Le recours est ainsi recevable à la forme. Toutefois, la recourante ne saurait
prendre de plus amples conclusions que celles qu’elle a prises dans sa requête de mainlevée,
qui tendaient à la levée définitive de l’opposition à concurrence de 153'770
francs. En tant qu’elle est supérieure à ce montant, la conclusion de la recourante est
irrecevable.

 

             
La réponse de l'intimé, déposée dans le délai de l'art. 322 al. 2 CPC, est également
recevable. Les pièces nouvelles que celui-ci a produites sont en revanche irrecevables (art. 326
al. 1 CPC), le tribunal de deuxième instance devant statuer sur un état de fait identique
à celui examiné par le premier juge (Chaix, Introduction au recours de la nouvelle procédure
civile fédérale, in SJ 2009 II 257 ss, n. 17, p. 267).

 

 

II.              
a) La recourante fait grief au premier juge de
n’avoir pas tenu compte de la clause figurant dans la convention du 6 janvier 2005, selon laquelle,
en cas de retard de plus de trois mois dans le versement d’une mensualité, l’entier
de la dette est immédiatement exigible sans autre préavis. Elle relève qu’il ressort
des décomptes fournis par les parties que le poursuivi a eu à plusieurs reprises des retards
de plus de trois mois. En particulier, aucun paiement ne serait intervenu entre les mois de septembre
2008 et février 2009. Elle en déduit que, dès cet instant, l’entier de la somme
en poursuite était exigible. La mainlevée devrait donc être accordée pour 156'770
francs. En outre, il s’agirait d’une obligation de paiement dont le jour de l’exécution
a été déterminé d’un commun accord, si bien qu’une interpellation ne
serait pas nécessaire ; l’intérêt moratoire devrait donc courir dès le
1er
mars 2009, et non dès le jour de la poursuite. 

 

             
b) Selon l'art. 80 al. 1 LP, le créancier
qui est au bénéfice d'un jugement exécutoire peut requérir du juge la mainlevée
définitive de l'opposition. Constitue un tel jugement la transaction passée en justice (CPF
28 novembre 2013/474 ; CPF 21 juin 2013/263, et les références citées). Il appartient
au poursuivant d’apporter la preuve du caractère exécutoire de la décision (CPF
21 juin 2013/263, et les références citées).

 

             
Le créancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance de dette constatée par acte
authentique ou sous seing privé peut requérir la mainlevée provisoire de l'opposition
au commandement de payer (art. 82 al. 1 LP). Constitue une reconnaissance de dette l'acte authentique
ou sous seing privé d'où résulte la volonté du poursuivi de payer au poursuivant,
sans réserve ni condition, une somme déterminée, ou aisément déterminable, et
échue (Panchaud/Caprez, La mainlevée d'opposition, § 1 ; Gilliéron, Commentaire
de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, n. 29 ad art. 82 LP ;
ATF 132 III 480 c. 4.1, JT 2007 II 75 ; ATF 130 III 87 c. 3.1, JT 2004 II 118 ; ATF 122 III
125 c. 2, JT 1998 II 82). La reconnaissance de dette ne justifie la mainlevée de l’opposition
que pour les créances qui étaient exigibles au jour de la réquisition de poursuite.

 

             
c) En l’espèce, la recourante est bien
au bénéfice d’un jugement attesté exécutoire qui prévoit que la poursuivie
prête au poursuivi un montant de 200'000 fr., qui sera remis dans les dix jours dès jugement
définitif et exécutoire, et que ce montant sera remboursable par annuités de 40'000 fr.
payables le premier janvier de chaque année, la première fois le 1er
janvier 2003. Il est admis par les parties, et du reste cela ressort de la convention du 6 janvier 2005,
que le montant de 200'000 fr. a bien été remis au poursuivi. Toutefois, le jugement ne comprend
pas la clause d’exigibilité immédiate du solde de la dette dont la recourante se prévaut.
Comme cette clause ne figure que dans la convention sous seing privé que les parties ont signée
le 6 janvier 2005, elle ne peut justifier que la mainlevée provisoire de l’opposition
de l’intimé à s’acquitter du solde de la créance, et non la mainlevée
définitive.

 

             
La recourante fait valoir que les conditions posées par cette clause sont remplies, l’intimé
ayant été en demeure de payer plus de trois mensualités. De fait, les conditions de remboursement
posées dans le jugement, prévoyant un remboursement annuel de 40'000 fr., ont été
modifiées en ce sens que le poursuivi s’est engagé à rembourser la dette de 200'000
fr. à raison de 300 fr. par mois pour la période du 1er
janvier 2005 au 31 décembre 2005 et, dès le 1er
janvier 2006, à raison de 500 fr. par mois jusqu’à l’indépendance financière
des deux enfants du couple.

 

             
Pour 2008, seule année litigieuse, la recourante avait allégué que l’intimé
avait payé 1'600 fr., soit 300 fr. le 17 mars, 300 fr. le 15 mai, 500 fr. le 16 juin et 500 fr.
le 15 août 2008. Dans sa réponse du 17 février 2014, l’intimé prétendait
pour sa part avoir payé 2'800 fr. en 2008, soit 900 fr. le 17 mars, 900 fr. le 15 mai, 500 fr. le
16 juin et 500 fr. le 15 août 2008 ; pour 2009, il déclarait que les chiffres et dates
allégués par la poursuivante étaient exacts. Dans le prononcé attaqué, le premier
juge a retenu que l’intimé s’était acquitté en 2008 de 1'600 fr., les deux
montants de 900 fr. versés par le poursuivi comprenant chacun 600 fr. de pension. Dans sa détermination
du 9 juillet 2014, l’intimé ne conteste pas le raisonnement du premier juge à cet égard,
ni la constatation de fait qui en découle, et déclare qu’il n’a ainsi pas voulu
recourir. Au demeurant, le raisonnement du premier juge, fondé sur le montant des pensions pour
les enfants ressortant de la convention du 6 janvier 2005 (de 600 fr.) et l’intitulé des paiements
litigieux ("pension enfants"), apparaît bien fondé.

 

             
Il s’ensuit que l’intimé a admis qu’il ne s’est pas acquitté des remboursements
dus pour les mois de septembre à décembre 2008, et qu’il n’a versé qu’en
mars de l’année suivante la première mensualité due pour 2009. Ainsi, de son propre
aveu, l’intimé a été en demeure de payer plus de trois mensualités d’affilée.
Il explique les circonstances – accident grave, hospitalisation, AI – qui l’ont conduit
à ce retard, mais ces faits n’ont pas d’incidence sur la procédure, formaliste,
de poursuite. 

 

             
Les conditions posées par la clause d’exigibilité du solde sont donc remplies. En février
2009, date à laquelle le commandement de payer a été notifié, le solde dû s’établissait
au montant non contesté retenu par le premier juge, de 200'000 francs moins 43'230 fr., soit 156'770
francs. Dans sa requête de mainlevée, la recourante a tenu compte des versements opérés
pas le poursuivi depuis la réquisition de poursuite tels qu'ils découlent du décompte
qu'elle a élaboré, soit 3'000 fr., pour ne requérir la mainlevée qu'à hauteur
de 153'770 francs. Pour les motifs déjà exposés, elle ne saurait réclamer plus en
deuxième instance. Il convient en outre de déduire de ce montant le versement de 1'670 fr.
fait par l’intimé le 17 février 2014.

 

             
L’intérêt moratoire ne saurait courir dès le 1er
mars 2009, comme le soutient la recourante. La convention du 6 janvier 2005 prévoit en effet la
date à laquelle la créance en remboursement du solde est exigible, mais pas le jour de l’exécution
au sens de l’art. 102 al. 2 CO (Code des obligatoires, loi fédérale du 30 mars 1911
complétant le Code civil suisse; RS 220). L’intérêt moratoire, à 5 % l’an
(art. 104 al. 1 CO), doit donc courir dès le lendemain de la notification du commandement de payer,
soit dès le 23 février 2013 comme l’a retenu le premier juge.

 

 

III.
              En
conclusion, le recours doit être partiellement admis et le prononcé réformé en ce
sens que l’opposition est provisoirement levée à concurrence de 153'770 fr. avec intérêt
à 5 % l’an dès le 23 février 2013, sous déduction de 1'670 fr. valeur au 17
février 2014. Le recours ne portant pas sur les frais et dépens de première instance,
le prononcé doit être maintenu pour le surplus.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance sont arrêtés à 900 francs. Aucune des
parties n'obtenant entièrement gain de cause, il convient de répartir ces frais à raison
d'un tiers (300 fr.) à la charge de la recourante et de deux tiers (600 fr.) à la charge de
l'intimé (art. 106 al. 2 CPC). Ce dernier doit verser à la recourante la somme de 900 fr. à
titre de dépens de deuxième instance réduits d'un tiers (art. 3 et 8 TDC  [Tarif
des dépens en matière civile du 23 novembre 2010; RSV 270.11.6]).

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est admis partiellement.

 

             
II.             
Le prononcé est réformé en ce sens que l'opposition formée par R.________ au commandement
de payer dans la poursuite n° 6'525'729 de l'Office des poursuites du district de Nyon, notifié
à la réquisition de F.________, est provisoirement levée à concurrence de 153'770
fr. (cent cinquante trois mille sept cent septante francs), plus intérêt à 5 % l'an dès
le 23 février 2013, dont à déduire 1'670 fr., valeur au 17 février 2014.

 

             
              Le prononcé est maintenu
pour le surplus.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 900 fr. (neuf cents francs),
sont mis à la charge de la recourante à concurrence de 300 fr. (trois cents francs) et de l'intimé
à concurrence de 600 fr. (six cents francs).

 

             
IV.             
L'intimé R.________ doit verser à la recourante F.________ la somme de 1'500 fr. (mille cinq
cents francs) à titre de dépens réduits et de restitution partielle d'avance de frais
de deuxième instance.

 

             
V.             
L'arrêt est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
5 novembre 2014

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Yves Hofstetter, avocat (pour F.________),

‑             
M. R.________.

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 155'570 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100  al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme le Juge de paix du district de Nyon.

 

             
La greffière :