# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e4ab214a-70ab-5c36-b0bf-6bd4a54ce7d3
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-07-05
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 05.07.2010 A/2130/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2130-2010_2010-07-05.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2130/2010-MARPU  ATA/473/2010 

DÉCISION 

DE LA 

     PRÉSIDENTE DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 5 juillet 2010 

sur effet suspensif 

 

dans la cause 

 

MED KOH GMBH 
représentée par Me Béatrice Stahel, avocate  

contre 

CENTRALE D'ACHATS ET D'INGÉNIERIE BIOMÉDICALE DES HÔPITAUX 
UNIVERSITAIRES 
 

 

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A/2130/2010 

  Attendu, en fait, que : 

1.  Par publication dans la Feuille d’avis officielle du 14 septembre 2009, les 
Hôpitaux universitaires genevois (ci-après : HUG) ont lancé un appel d’offre en 
procédure ouverte, soumis à l’accord OMC/GATT, pour l’acquisition de trente-cinq 
appareils de microchirurgie destinées à remplacer les équipements des blocs-
opératoires de l’hôpital. La procédure d’adjudication était conduite par la Centrale 
d’achats et d’ingénierie biomédicale des hôpitaux universitaires (ci-après : la 
centrale). 

2.  Les besoins en prestations et le matériel souhaités ainsi que le contenu de 
l’offre étaient décrits dans un cahier des charges techniques. Les conditions 
administratives de l’appel d’offre, dont les critères d’évaluation étaient contenus dans 
un autre document à disposition des soumissionnaires.  

3.  Le 28 octobre 2009, la centrale a procédé à l’ouverture des offres. Quatre 
sociétés avaient soumissionné, dont COVIDIEN SWITZERLAND LTD, qui avait 
fait parvenir une offre le 22 octobre 2009,  et MED KOH GMBH, qui en avait 
transmis une le 26 octobre 2009. Selon le procès-verbal d’ouverture des offres du 
28 octobre 2009, l’offre de COVIDIEN SWITZERLAND LTD était de 
CHF 595'000.- et celle de MED KOH GMBH de CHF 596'923, 50. Ce document a 
été transmis à cette dernière le 16 novembre 2009 

4.  Le 7 juin 2010, la centrale a écrit à MED KOH GMBH. La procédure 
d’évaluation des offres formulées dans le cadre du marché d’acquisition d’appareils 
d’électrochirurgie était terminée. Celui-ci avait été adjugé à COVIDIEN 
SWITZERLAND LTD « conformément aux critères d’adjudication mentionnés ». 
MED KOH GMBH obtenait le deuxième rang.  

5.  Par acte posté le 21 juin 2010, MED KOH GMBH a recouru contre cette 
décision, reçue le 10 juin 2010, auprès du Tribunal administratif. Elle conclut à son 
annulation. Son droit d’être entendu avait été violé. Malgré ses requêtes et un contact 
qu’elle avait eu avec les représentants de la centrale, le droit de consulter le dossier 
d’adjudication, même s’il avait été admis dans un premier temps, lui avait été 
finalement refusé. Elle n’avait pas d’autre choix que d’interjeter recours pour 
préserver ses droits, consulter le dossier et pouvoir, le cas échéant, élever tout grief 
utile contre la décision d’adjudication litigieuse. 

6.  Préalablement, elle conclut à la restitution de l’effet suspensif. 

7.  Le 30 juin 2010, les HUG ont conclu au rejet de la requête de restitution de 
l’effet suspensif. Le 16 novembre 2009, les HUG avaient adressé le procès-verbal 
d’ouverture des offres du 28 octobre 2009 à la recourante. A l’issue de la procédure 
d’évaluation des offres, c’était celle de COVIDIEN SWITZERLAND LTD qui 
s’était révélée la meilleure par application des critères fixés dans les conditions 

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générales de l’appel d’offre. Un contact avait eu lieu le 15 juin 2010 entre le 
représentant de la recourante et un collaborateur de la centrale. Comme l’aspect 
technique était déterminant et non les aspects économiques, le premier a été adressé 
par le deuxième à un autre collaborateur de la centrale en charge des aspects 
techniques du dossier. Lors de ces entretiens, la recourante avait obtenu les 
informations qu’elle demandait, à savoir que, si elle avait obtenu la meilleure note en 
rapport avec les aspects économiques du marché, son évaluation avait été moins 
bonne sur les deuxième, troisième et quatrième critères d’évaluation, soit la 
fonctionnalité clinique, la facilité d’utilisation et les performances techniques, 
notamment sur le fait que ce qui avait emporté l’adhésion de l’autorité adjudicatrice à 
l’acquisition de l’appareils finalement retenu était sa simplicité d’utilisation et les 
meilleures performances de l’appareil en matière de fusion tissulaire. Ces 
explications avait été répétées le jour-même par les collaborateurs de la centrale à 
l’un des gérants de MED KOH GMBH.  

  L’effet suspensif ne devait pas être restitué en raison de l’obsolescence des 
appareils d’électrochirurgie utilisés à l’heure actuelle aux HUG et de l’urgence à 
pouvoir les remplacer. En outre, le recours était mal fondé dès lors qu’il n’y avait pas 
eu violation du droit d’être entendu de la recourante, qui avait reçu le procès-verbal 
d’ouverture des offres et obtenu toute information orale lors des entretiens du 15 juin 
2010. Il était faux de prétendre que la consultation du dossier avait été refusée. La 
centrale avait simplement invité la recourante à préciser les questions qui se posaient 
encore pour pouvoir y répondre de manière précise et exhaustive. 

Considérant, en droit, que : 

1.  Interjeté en temps utile devant l’autorité compétente, le recours est, prima 
facie, recevable (art. 15 al. 1 et 2 AIMP ; art. 3 al. 1 de la loi autorisant le Conseil 
d’Etat à adhérer à l’accord intercantonal sur les marchés publics du 12 juin 1997 - L -
AIMP - L 6 05.0 ; art. 56 al. 1 du règlement sur la passation des marchés publics du 
17 décembre 2007 - RMP - L 6 05.01). 

2.  En tant que personne évincée du marché adjugé à un tiers, la recourante a, 
prima facie, qualité pour recourir contre la décision d'adjudication (art. 15 al. 1bis 
let. d AIMP ; art. 55 al. 1 let. e RMP ; art. 60 let. b de la loi sur la procédure 
administrative du 12 septembre 1985 (LPA - E 5 10). 

3. a. Le recours n’a pas d’effet suspensif (art. 17 al. 1 AIMP), celui-ci pouvant être 
restitué par l’autorité de recours, d’office ou sur demande et au vu des pièces de la 
procédure, pour autant qu'il paraisse suffisamment fondé et qu’aucun intérêt public 
ou privé prépondérant ne s’y oppose (art. 17 al. 2 AIMP) cette formulation 
s’inspirant de celle de l’art. 66 al. 2 LPA (ATA/858/2005 du 15 décembre 2005). 

 b. En matière de marché public, la restitution de l’effet suspensif en cas de 
recours constitue cependant une exception (ATA/572/2008 du 6 novembre 2008 ; 

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ATA/473/2008 du 12 septembre 2008 ; A/376/2008 du 17 juillet 2008 et les 
références citées). Elle représente par conséquent une mesure dont les conditions de 
réalisation ne peuvent être admises qu'avec restrictions. 

4.  Sur le fond, la recourante se plaint d'une violation de son droit d'être entendu. 
Celui-ci est garanti par l’art. 29 al. 2 Cst et constitue une garantie de nature formelle 
(Arrêt du Tribunal fédéral 2P.256/2001 du 24 janvier 2002 consid. 2a et les arrêts 
cités ; ATA/172/2004 du 2 mars 2004). Sa portée est déterminée en premier lieu par 
le droit cantonal (art. 41ss LPA) et le droit administratif spécial (Arrêt du Tribunal 
fédéral 1P.742/1999 du 15 février 2000 consid. 3a ; ATF 124 I 49 consid. 3a p. 51 et 
les arrêts cités ; Arrêt du Tribunal fédéral du 12 novembre 1998 publié in RDAF 
1999 II 97 consid. 5a p. 103). Si la protection prévue par ces lois est insuffisante, ce 
sont les règles minimales déduites de la Constitution fédérale de la Confédération 
suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101) qui s’appliquent (Arrêts du Tribunal fédéral 
2P.256/2001 du 24 janvier 2002 consid. 2b ; 1P.545/2000 du 14 décembre 2000 
consid. 2a et les arrêts cités ; B. BOVAY, Procédure administrative, Berne 2000, 
p. 198). 

  Il comprend en particulier le droit pour les parties d’avoir accès au dossier et 
celui d’obtenir une décision motivée. Cette exigence vise à ce que le justiciable 
puisse comprendre la décision dont il est l’objet et exercer ses droits de recours à bon 
escient. Elle vise également à permettre à l’autorité de recours d’exercer son contrôle 
ATF 124 II 146 consid. 2 p. 149 ; 122 IV 8 consid. 2c p. 14 ; ATA/126/2007 du 20 
mars 2007 ; ATA/595/2006 du 14 novembre 2006 ; ATA/140/2006 du 14 mars 
2006 ; ATA/875/2004 du 9 novembre 2004).  

   En matière de marchés publics, l’obligation de respecter le droit d’être entendu 
se manifeste par le devoir qu’a l’autorité d’indiquer au soumissionnaire évincé les 
raisons du rejet de son offre (J.-B. ZUFFEREY/C. MAILLARD/N. MICHEL, Le 
droit des marchés publics, Fribourg 2002, p. 256). Ce principe est rappelé à l’art. XX 
ch.6 let e de l’Accord sur les marchés publics du 15 avril 1994 (AMP - RS 
0632.231.422) concrétisé par les art. 13 let. h AIMP et 45 RMP, qui prévoient que 
les décisions d'adjudication doivent être sommairement motivées. Quant au droit de 
consulter le dossier, l’obligation pour les états signataires d’assurer celui-ci est 
rappelée à l’art. XX al. 6 let. c AMP. Même si ce droit ne fait pas l’objet d’une 
disposition spécifique dans la législation genevoise relative aux marchés publics, il 
résulte de l’art. 44 al. 1 LPA et son existence dans le domaine spécifique précité est 
reconnue (E. CLERC, L’ouverture des marchés publics : Effectivité et protection 
juridique, p. 511). 

  En l'espèce, la décision du 7 juin 2010 ne donne aucune information relative 
aux raisons pour lesquelles les HUG ont adjugé le marché à COVIDIEN 
SWITZERLAND LTD. Selon l'intimée, les représentants de la recourante ont reçu le 
15 juin 2010 toutes les explications orales à ce sujet de la part des collaborateurs de 
la centrale. La teneur des informations communiquées étant contestée, il sera retenu, 

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au vu des pièces produites à ce stade de la procédure, que la recourante n'a eu accès à 
aucune pièce du dossier d'adjudication avant de former son recours. En particulier, 
elle n'a pas eu connaissance des tableaux synthétisant, critère par critère, les résultats 
précis et chiffrés de l'évaluation comparative des différentes offres, que l’intimée a 
maintenant produits avec ses écritures. La question d'une violation de son droit d'être 
entendu se pose donc concrètement, qui devra faire l’objet d’une instruction, comme 
d'éventuels autres griefs que la recourante pourrait être amenée à invoquer après 
avoir consulté les pièces du dossier.  

  Dans la pesée des intérêts imposée par les art. 17 al 2 AIMP et 58 al.2 RMP,  il 
y a lieu, d’un côté, de prendre en considération l’intérêt public des HUG à remplacer 
dans les meilleurs délais leur parc d’appareils de microchirurgie. De l’autre côté, doit 
être pris en compte l'intérêt privé de la recourante à défendre ses intérêts 
économiques, non seulement dans le respect de son droit d'être entendu, mais du 
principe de transparence garantie par l'art. 1 al. 3 let. c AIMP. En l'occurence, dès 
lors qu’au vu des pièces de la procédure, les droits de cette dernière sont susceptibles 
d’avoir été violés de manière  significative par l’autorité adjudicatrice et que 
s’impose la préservation de l’objet du recours, son intérêt doit être pris en compte à 
titre principal, faute de quoi on viderait de toute portée les normes de protection des 
concurrents en matière de marchés publics.  

  Au vu des art. 66 al. 2 LPA et 5 du règlement du Tribunal administratif du 
5 février 2007, la requête en restitution d'effet suspensif sera admise. 

 

LA PRÉSIDENTE DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

restitue l’effet suspensif au recours interjeté par MED KOH GMBH contre la décision du 
16 juin 2010 prise par les Hôpitaux universitaires genevois d'adjuger à COVIDIEN 
SWITZERLAND LTD le marché de la fourniture de trente-cinq appareils de 
microchirurgie selon appel d’offre du 14 septembre 2009 ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière de 
droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 
preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 
Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

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communique la présente décision, en copie, à Me Béatrice Stahel, avocate du recourant 
ainsi qu’aux Hôpitaux universitaires genevois/Centrale d’achats et d’ingénierie 
biomédicale des hôpitaux universitaires. 

 
 

 La présidente du Tribunal administratif : 
 
 
 

L. Bovy 

 

 
 

 

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 

 

 la greffière :