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**Case Identifier:** 92c2de28-9fbf-5a7d-b624-a0c101d197b1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-11-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 17.11.2015 C/21585/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-21585-2013_2015-11-17.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 18 novembre 2015. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/21585/2013-2 CAPH/189/2015 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des prud'hommes 

DU 17 NOVEMBRE 2015 

 

Entre 

A______, sise ______, Genève, appelante d'un jugement rendu par le Tribunal des 
prud'hommes le 18 mars 2015 (JTPH/122/2015), comparant par Me Claude LAPORTE, 
avocat, Equey & Associés, rue du Tir-au-Canon 4, 1227 Carouge (GE), en l'Étude 
duquel elle fait élection de domicile, 

 d'une part, 

et 

Madame B______, domiciliée ______, (GE), intimée, comparant par le Syndicat 
UNIA, chemin Surinam 5, case postale 288, 1211 Genève 13, dans les bureaux duquel 
elle fait élection de domicile, 

 d'autre part. 

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C/21585/2013-2 

EN FAIT 

A. A______ est une société à responsabilité limitée inscrite au Registre du commerce 
de Genève, qui a pour but l'exploitation d'un restaurant pizzeria avec vente à 
l'emporter de pizzas et achat et vente de matériel lié à la restauration. 

B. Le 1er janvier 2012, B______ s'est engagée au service de A______, en qualité de 
serveuse, pour une durée déterminée échéant le 31 mai 2012, puis, le 1er juin 
2012, pour une durée déterminée échéant le 30 novembre 2012. Dans les deux 
cas, le contrat de travail signé par les parties – sur une formule préimprimée – 
était intitulé "contrat de travail pour employé avec horaires irréguliers (par ex. 
"auxiliaire payé à l'heure)", l'horaire était de 42 heures par semaine, et le salaire de 
21 fr. 10 de l'heure, indemnité vacances et jours fériés incluse. 

A compter du 1er mars 2013, B______ et A______ ont conclu, derechef au moyen 
d'une formule préimprimée, un nouveau contrat de travail, expirant le 31 août 
2013, mais résiliable moyennant un préavis d'un mois pour la fin d'un mois. Le 
titre était libellé ainsi: "contrat de travail pour a) employé/e à plein temps, b) 
employé/e à temps partiel (avec horaire fixé régulier)". La lettre b précitée a été 
cochée. A la rubrique "durée du travail et vacances", le sous-chapitre "employé à 
temps partiel" a été complété de la mention "42" dans la phrase suivante: "la durée 
moyenne de la semaine de travail, y compris le temps de présence est de … 
heures". Le salaire mensuel brut était de 800 fr., soit 738 fr. 45 fixes et une part 
mensuelle du treizième salaire de 61 fr. 55. 

B______ a déclaré que A______ ne voulait pas établir de contrat supérieur à 50%, 
de sorte qu'elle avait décidé de partager le contrat de travail en deux fois 20% 
entre une autre serveuse (C______) et elle-même. 

Selon A______, la mention de 42 heures par semaine dans le contrat procédait 
d'une erreur; B______ n'avait jamais travaillé 42 heures. Toutes les fiches de 
salaire avaient été remises à l'employée et pouvaient être produites. 

C. B______ a déclaré avoir travaillé à 100% de fin janvier 2013 au 10 mai 2013, 
dernier jour de son emploi, ses horaires n'ayant jamais été fixes. 

Durant les derniers mois, l'employeur déduisait de son salaire net le montant de 
l'appartement qu'il lui sous-louait, soit 900 fr. par mois. Elle n'a pas formé 
davantage d'allégués au sujet des montants effectivement perçus de son 
employeur. 

Le 10 mai 2013, elle n'avait pas ses horaires, mais elle était quand même venue 
travailler. 

A______ a déclaré que l'employée n'avait pas travaillé à son service en décembre 
2012, janvier et février 2013. Après avoir déclaré que les fiches de présence de 

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C/21585/2013-2 

B______ étaient en sa possession, elle a admis ne pas en avoir établi, tout en 
relevant que le restaurant n'était pas ouvert avant 11h00. 

L'établissement est ouvert tous les jours de 11h00 à 14h30 et de 17h30 à 23h00. 
B______ faisait les horaires de midi, soit de 11h30 à 14h30, du lundi au vendredi. 
Il n'y avait ni plannings ni fiches de présence dans l'établissement (témoin 
D______). 

D. Par lettre recommandée expédiée le 30 avril 2013, A______ a licencié B______. 

Le lendemain, elle a établi un courrier identique daté du 1er mai 2013 et portant la 
mention "lettre remise en main propre". La fin des rapports de travail était 
indiquée au 31 mai 2013. 

Par courrier de son syndicat du 7 mai 2013, B______ a contesté le contenu de la 
lettre de licenciement, fait valoir que les rapports de travail se termineraient le  
30 juin 2013, requis le paiement du treizième salaire pour toutes les heures 
travaillées en 2012 et 2013, et évoqué des sommes perçues en trop pour son 
logement. 

Par lettre du 14 mai 2013, A______ a répondu audit syndicat qu'elle ne contestait 
pas que le délai de congé arrive à échéance le 30 juin 2013, que l'employée avait 
toutefois requis que les rapports de travail prennent fin au 31 mai 2013, que les 
calculs pour le treizième salaire 2012 seraient faits tandis que celui de 2013 était 
inclus. 

Le même jour, elle a écrit à B______ notamment pour lui faire observer qu'elle ne 
s'était pas présentée à son poste de travail le 9 mai précédent, qu'elle était arrivée 
en retard (à 12h10 au lieu de 10h30) le 10 mai avant de partir à 13h35 sans motifs, 
et qu'elle n'était pas venue travailler le lundi 13 mai 2013. Elle relevait encore 
avoir reçu la veille divers sms de son employée selon lesquels celle-ci indiquait 
vouloir venir à 30%, ne plus être motivée, vouloir "terminer [son] licenciement 
jusqu'au mois de juin 2013, et demander quels jours elle devait venir travailler. 

Le 17 mai 2013, B______, par l'entremise de son syndicat, a soulevé divers 
points. Elle a notamment observé que le "troisième contrat de travail est égal à un 
20% du taux d'activité, c'est-à-dire 8,5 heures par semaine, toutes les heures 
travaillées au-delà de ce taux sont à considérer comme heures supplémentaires". 
Elle a contesté les motifs du licenciement; elle ne s'est pas prononcée sur sa 
présence ou son absence entre le 9 et le 13 mai 2015. 

Le 22 mai 2013, le syndicat de B______ a requis un contrôle CCNT, relevant 
notamment ce qui suit: "notre membre a un contrat à temps partiel pour environ 
8,5 heures par semaine, mais nous savons qu'elle travaille plus sans que ces heures 
soient payées d'une forme transparente. L'employeur n'a jamais communiqué aux 
employées le planning selon les dispositions conventionnelles". 

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E. Le 17 juillet 2013, l'Office de contrôle CCNT a rendu un rapport. Il en résulte 
qu'en mai 2013, A______ employait dans son établissement deux collaborateurs à 
temps partiel, n'avait pas de fermeture hebdomadaire, et ne respectait pas la 
CCNT sur divers points. En particulier, aucune preuve de paiement des salaires 
n'avait été apportée, il n'y avait pas de contrôle des présences, l'horaire de travail 
n'était pas spécifié par écrit. 

L'Office a encore relevé que les indications des parties étaient contradictoires et 
qu'aucun document n'avait été mis à disposition de sorte qu'il ne pouvait être pris 
position notamment sur la demande de B______. 

F. Le 11 octobre 2013, B______ a saisi l'Autorité de conciliation du Tribunal des 
prud'hommes d'une requête dirigée contre A______ en paiement de 12'580 fr. 29. 

G. A une date indéterminée, A______ a versé 2'070 fr. 45 nets à B______. 

Selon un courrier électronique du conseil de l'employeur, daté du 31 janvier 2014, 
ce montant se décomposait ainsi: 616 fr. 45 nets à titre de treizième salaire de 
janvier à mai 2012, 807 fr. 70 nets à titre de treizième salaire de juin à novembre 
2012, 151 fr. 65 nets à titre de vacances de janvier à novembre 2012, 32 fr. 30 
nets à titre de jours fériés de janvier à novembre 2012, 242 fr. 75 nets à titre de 
salaire jusqu'au 10 mai 2013 (date de l'abandon de poste), 181 fr. nets à titre de 
vacances pour l'année 2013 jusqu'au 10 mai 2013 date de l'abandon de poste,  
38 fr. 60 nets à titre de jours fériés pour l'année 2013 jusqu'au 10 mai 2013. 

H. Au bénéfice d'une autorisation de procéder délivrée le 10 décembre 2013, 
B______ a déposé au Tribunal des prud'hommes, le 10 mars 2014, une demande 
par laquelle elle a conclu à ce que A______ soit condamnée à lui verser 10'902 fr. 
02, à titre d'indemnité vacances (958 fr. 33), jours de congé (1'473 fr. 33), jours 
fériés (540 fr. 48), treizième salaire de mars à juin 2013 (1'132 fr. 88), salaire de 
mai et juin 2013 (6'800 fr.), et à lui remettre un certificat de travail et un décompte 
de caisse de pension en français. 

Elle a notamment allégué qu'elle avait un "CDD à 20%" du 1er mars au 31 août 
2013, tout en ayant travaillé en moyenne à 100%, de 10h30 à 15h00 et de 17h30 à 
24h00 du lundi au vendredi. 

Par mémoire-réponse du 9 mai 2014, A______ a conclu au déboutement de 
B______ des fins de la demande. 

Elle a notamment contesté que B______ ait travaillé selon l'horaire allégué, en 
particulier quant aux heures du soir; elle a offert en preuve de son allégué, outre 
l'interrogatoire des parties, l'audition des témoins E______ et D______, ainsi que 
F______ sur l'horaire du soir seulement. Elle s'est par ailleurs prévalue d'une fin 
des rapports de travail au 9 ou 10 mai 2013, en raison de l'abandon de poste de 
l'employée. 

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C/21585/2013-2 

A la requête du Tribunal, les parties ont déposé leurs listes de témoins. Celle de 
B______ comportait dix noms, celle de A______ trois noms. Le Tribunal a 
convoqué les deux premières personnes figurant sur chacune des listes, à savoir 
G______ et C______ d'une part, D______ et E______ d'autre part. 

A l'audience du Tribunal du 15 décembre 2014, il a été procédé, avec l'accord des 
parties, à la rectification d'office de la qualité de ______ en A______. Les deux 
parties ont persisté dans leurs conclusions. Le témoin D______ a été entendu. 
B______ a indiqué que le témoin G______ lui avait fait connaître son 
indisponibilité, tandis que le témoin C______ lui avait dit ignorer la tenue de 
l'audience. Le témoin E______ n'a pas été entendu sans qu'il ait été porté 
d'indication à ce propos au procès-verbal d'audience. Puis les deux parties ont 
déclaré "si le Tribunal estime avoir suffisamment d'éléments pour rendre son 
jugement, nous nous en remettons à lui quant à l'audition du reste de nos 
témoins". 

Sur quoi, les parties ont plaidé et persisté dans leurs conclusions. 

I. Par jugement du 18 mars 2015, expédié pour notification aux parties le même 
jour, le Tribunal a renoncé à entendre divers témoins, dont E______ (ch. 2), a 
condamné A______ à verser à B______ le montant brut de 9'324 fr. 30 (ch. 3) et à 
remettre à celle-ci un certificat de travail (ch. 5), a invité la partie qui en avait la 
charge à opérer les déductions sociales légales et usuelles (ch. 4), et a débouté les 
parties de toutes autres conclusions (ch. 6). 

En substance, le Tribunal, après avoir considéré, par appréciation anticipée des 
preuves, qu'il était suffisamment renseigné par les pièces produites, les 
déclarations des parties et le témoignage recueilli, a renoncé à procéder aux 
auditions des autres témoins à propos desquels les parties s'en étaient rapportées, a 
retenu que les rapports de travail étaient soumis à la CCNT de l'hôtellerie-
restauration étendue, que les déclarations des parties divergeaient quant à l'horaire 
de la travailleuse, que l'employeur ne procédait pas au contrôle des horaires, que 
le contrat de travail, certes intitulé à temps partiel, mentionnait 42 heures, qu'il 
fallait dès lors considérer qu'il s'agissait de l'horaire de l'employée, qu'elle n'avait 
pas perçu le salaire conventionnel correspondant, que le salaire était dû jusqu'à fin 
juin 2013 l'employeur n'ayant pas démontré un abandon de poste et la travailleuse 
ayant clairement manifesté sa volonté de poursuivre les rapports de travail, de 
même que le treizième salaire, les vacances et les jours fériés, et qu'un certificat 
de travail devait être remis. 

J. Par acte du 29 avril 2015, A______ a formé appel contre les chiffres 2, en tant 
qu'il avait refusé l'audition du témoin E______, 3 et 4 du jugement précité. Il a 
conclu à l'annulation de ceux-ci, à l'audition du témoin E______, cela fait au 
déboutement de B______ de ses conclusions. 

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Elle a allégué que son témoin E______ s'était présenté, certes avec retard, à 
l'audience du 15 décembre 2014 du Tribunal. Elle a produit une attestation à 
l'appui de son allégué. 

Par réponse du 27 mai 2015, B______ a conclu à la confirmation de la décision 
déférée. Elle a requis que l'attestation nouvellement produite soit écartée. 

Par avis du 26 juin 2015, les parties ont été informées de ce que la cause avait été 
gardée à juger, l'appelante n'ayant pas fait usage de son droit de réplique. 

EN DROIT 

1. Les jugements finaux de première instance sont susceptibles d'appel si la valeur 
litigieuse au dernier état des conclusions devant le Tribunal atteint 10'000 fr.  
(art. 308 CPC). 

Interjeté auprès de l'autorité compétente (art. 124 let. a LOJ), dans le délai utile de 
30 jours (art. 311 al. 1, 145 al. 1 let. a et 146 al. 1 CPC) et selon la forme prescrite 
par la loi (art. 311 al. 1 CPC), par une personne qui y a intérêt, l'appel est 
recevable. 

2. La Chambre de céans revoit la cause en fait et en droit avec un plein pouvoir 
d'examen (art. 310 CPC). 

3. S'agissant d'un litige dont la valeur litigieuse est inférieure à 30'000 fr., la 
procédure simplifiée est applicable (art. 243 al. 1 CPC). Les faits doivent être 
établis d'office (art. 247 al. 2 let. b ch. 2 CPC). 

4. Il est établi et non contesté que les rapports de travail entre les parties étaient 
soumis à la Convention collective nationale de travail pour les hôtels, restaurants 
et cafés du 6 juillet 1009 (CCNT). 

5. L'appelante reproche au Tribunal de ne pas avoir établi correctement les faits et 
d'avoir violé le droit, notamment en retenant que l'employée avait travaillé à plein 
temps et en omettant de tenir compte de l'abandon de poste du 9 mai 2013, et de 
ne pas avoir procédé à l'audition du témoin E______, qu'elle avait dûment offert 
en preuve et à laquelle elle n'avait pas renoncé, étant précisé que le précité s'était 
présenté à l'audience mais n'y avait pas été entendu. 

5.1 En vertu de l'art. 8 CC, le travailleur qui émet des prétentions salariales doit 
prouver en particulier le taux d'occupation (arrêt du Tribunal fédéral 4A_127/2015 
du 30 avril 2015 consid. 3.4). 

Selon l'art. 21 ch. 4 CCNT, si l'employeur n'observe pas l'obligation d'enregistrer 
la durée du travail du collaborateur, l'enregistrement de la durée du travail ou le 

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contrôle de la durée du travail réalisé par le collaborateur sera admis comme 
moyen de preuve en cas de litige. 

5.2 Le droit à la preuve, comme le droit à la contre-preuve, découlent de l'art.  
8 CC ou, dans certains cas, de l'art. 29 al. 2 Cst., dispositions qui n'excluent pas 
l'appréciation anticipée des preuves (cf. ATF 133 III 189 consid. 5.2.2,  
ATF 133 III 295 consid. 7.1; ATF 129 III 18 consid. 2.6). 

 Il s'ensuit qu'une mesure probatoire peut être refusée en procédant à une 
appréciation anticipée des preuves, lorsque l'autorité compétente considère que le 
moyen de preuve requis ne pourrait pas fournir la preuve attendue ou ne pourrait 
en aucun cas prévaloir sur les autres moyens de preuve déjà administrés, à savoir 
lorsqu'il ne serait pas de nature à modifier le résultat des preuves qu'elle tient pour 
acquis (cf. ATF 131 III 222 consid. 4.3; ATF 129 III 18 consid. 2.6). 

5.3 En l'occurrence, il est constant que le contrat signé entre les parties porte la 
mention "temps partiel", mentionne un horaire de 42 heures par semaine et un 
salaire mensuel de 800 fr. Il comporte ainsi des contradictions internes, sur 
lesquelles les parties ne se sont guère expliquées. L'appelante a soutenu que 
l'indication de 42 heures représentait une erreur sans exposer si les autres éléments 
correspondaient à la volonté des parties, tandis que l'intimée, sans se prononcer 
sur la quotité de salaire fixée, a avancé une explication peu claire relative au fait 
que l'employeur ne voulait pas de contrat supérieur à 50% de sorte que 20% avait 
été attribué à sa collègue C______ et 20% à elle-même. Elle a porté le nom de 
ladite collègue sur sa liste de témoins, mais ce témoignage n'a pas été administré. 

L'intimée a elle-même allégué, dans sa demande, qu'elle était au bénéfice d'un 
contrat à 20%, mais qu'elle travaillait à 100%, selon un horaire de 10h30 à 15h00 
et de 17h30 à 24h00, cinq jours par semaine. Dans le courrier de son syndicat du 
17 mai 3013, elle se prévalait d'un taux d'activité contractuel de 20%, soit 8,5 
heures par semaine, les heures travaillées au-delà (qui n'étaient pas chiffrées) étant 
à considérer comme heures supplémentaires à compenser comme telles. Le 11 mai 
2013, toujours sous la plume de son syndicat, elle répétait que son contrat était 
d'environ 8,5 heures par semaine, tout en ajoutant travailler "plus", sans davantage 
de précision. 

Lors de son audition par le Tribunal, elle a déclaré que ses horaires n'étaient 
jamais fixes, tandis que l'appelante a, certes de mauvaise grâce, admis qu'elle ne 
tenait pas de contrôle des horaires. 

Selon le témoignage D______, l'intimée n'assurait que le service de midi, entre 
11h30 et 14h30. Les autres témoins cités par l'appelante sur le sujet de l'horaire 
n'ont pas été auditionnés. 

Il résulte de ce qui précède que l'employée, à qui revient la charge de la preuve de 
son taux d'occupation et qui avait fait des offres de preuve auxquelles il n'a pas été 

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donné de suite, n'a pas, en l'état, apporté d'éléments suffisants pour en établir la 
réalité, contrairement à l'avis du Tribunal.  

Si l'appelante a admis qu'elle ne tenait pas de décomptes des horaires, 
contrairement à son obligation conventionnelle, l'intimée n'a pas allégué qu'elle 
aurait elle-même procédé à l'inscription de ses heures, ce qui pourrait, 
conformément à l'art. 21 ch. 4 CCNT constituer un moyen de preuve. 

Le Tribunal a motivé sa décision de ne pas entendre les témoins requis par les 
parties par la circonstance qu'il considérait être suffisamment renseigné par les 
mesures probatoires déjà administrées, sans qu'il résulte du dossier qu'il aurait 
identifié quels faits auraient pu être établis par les auditions sollicitées. Or, 
l'écriture de réponse de l'employeur comportait une offre de preuve précise 
s'agissant des témoins E______ et F______, et la déclaration de l'intimée 
permettait d'identifier le témoin C______. Comme il l'a été exposé ci-dessus, la 
question de l'horaire de l'intimée est pertinente pour l'issue du litige, de sorte qu'il 
doit être fait droit à la conclusion de l'appelante, qui ne remet toutefois en cause le 
chiffre 2 du dispositif de la décision attaquée que s'agissant du témoin E______. 

En outre, en ce qui concerne les événements survenus entre les 9 et 13 mai 2013, 
dont l'appelante se prévaut pour soutenir l'abandon de poste, les faits n'ont pas été 
éclaircis, singulièrement la réalité de sms - qui apparaissent prima facie 
contradictoires selon la relation qui en a été faite - sur l'absence de motivation de 
l'employée, son offre de travailler à 30%, son souhait d'accomplir un préavis. 
Dans ces circonstances, le Tribunal a, de façon prématurée, considéré qu'il était 
incontestable que l'intimée avait clairement manifesté sa volonté de poursuivre les 
rapports de travail jusqu'à la fin du contrat et n'avait dès lors pas abandonné son 
poste.  

Ainsi, la décision rendue par les premiers juges repose sur un établissement des 
faits incomplet.  

Le jugement attaqué sera dès lors annulé, et, dans le respect du principe du double 
degré de juridiction, la cause renvoyée au Tribunal (art. 318 al. 1 let. c CPC) pour 
qu'il complète son instruction, en interrogeant les parties sur les circonstances de 
la conclusion du contrat du 1er mars 2013, et sur leurs intentions respectives à cet 
égard, et en procédant à l'audition du témoin E______. 

6. Il n'est pas prélevé de frais (art. 114 let. c CPC) ni alloué de dépens (art. 22 al. 2 
LaCC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des prud'hommes, groupe 2 : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel formé par A______ contre les chiffres 2, en ce qui concerne le 
refus d'audition du témoin E______, 3 et 4 du jugement rendu par le Tribunal des 
prud'hommes le 18 mars 2015 dans la cause C/21585/2013-2. 

Au fond : 

Annule les chiffres 2, en ce qui concerne le refus d'audition du témoin E______, 3 et 4 
du dispositif de ce jugement. 

Renvoie la cause au Tribunal des prud'hommes pour instruction complémentaire et 
nouvelle décision sur ces points. 

Siégeant : 

Madame Sylvie DROIN, présidente; Monsieur Vincent CANONICA, juge employeur, 
Monsieur Kasum VELII, juge salarié; Madame Véronique BULUNDWE-LÉVY, 
greffière. 

 

La présidente : 

Sylvie DROIN 

 La greffière : 

Véronique BULUNDWE-LÉVY 

 
 
 
 
 
 
 
 
Indication des voies de recours et valeur litigieuse : 

 
Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière civile; la 

qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la 

loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110). Il connaît également des recours 

constitutionnels subsidiaires; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 113 à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans les trente 

jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. L'art. 119 al. 1 LTF prévoit 

que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les deux 

recours dans un seul mémoire. 
 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 
Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 15'000.- fr.