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**Case Identifier:** c5d6cf42-d82a-5637-a3fd-72b574b63536
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-06-23
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 23.06.2017 C/8298/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-8298-2016_2017-06-23.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 29 juin 2017. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/8298/2016 ACJC/749/2017 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 23 JUIN 2017 

Entre 

1) Monsieur A______, sise ______ (BL), 
2) B______AG, sise ______ (BL), recourants contre une ordonnance rendue par la 
22ème Chambre du Tribunal de première instance du canton de Genève le 16 mars 

2017, comparant par Me Jean-Cédric Michel, avocat, rue Bellot 6, 1206 Genève, en 

l'étude duquel ils font élection de domicile, 

et 

1) CAISSE C______, sise ______ (GE),  

2) CAISSE D______, sise ______ (GE),  

3) CAISSE E______, sise ______ (SH),  

4) CAISSE F______, sise ______ (GE), 

5) CAISSE G______, sise ______ (BE),  

6) CAISSE H______, sise ______ (SH),  

intimées, comparant toutes par Me Pierre Vuille, avocat, rue des Alpes 15, case 

postale 1592, 1211 Genève 1, en l'étude duquel elles font élection de domicile.

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C/8298/2016 

EN FAIT 

A. a. Par acte déposé le 4 novembre 2016 au greffe du Tribunal de première instance, 
les caisses C______ à H______ (ci-après : les Caisses) ont assigné A______ et 

B______AG, conjointement et solidairement, en paiement de la somme de 

5'000'000 fr. en capital et ont également conclu à la constatation de l'existence 

d'un droit de gage en leur faveur, à la levée des oppositions formées aux 

commandements de payer notifiés à leur requête et à la constatation que le droit 

de gage en leur faveur comprend l'intégralité des loyers.  

 b. Par acte du 14 février 2017, A______ et B______AG ont sollicité la suspension 
de la procédure jusqu'à droit jugé dans d'autres procédures connexes, similaires ou 

identiques, pendantes devant le Tribunal de première instance de Genève et 

d'autres tribunaux civils dans d'autres cantons, ainsi que la révocation du délai qui 

leur était imparti au 13 mars 2017 pour répondre à la demande.  

 c. Par ordonnance du 7 mars 2017, le Tribunal a suspendu le délai pour répondre 
au fond jusqu'à droit jugé sur la requête de suspension. 

 d. Par réponse du 13 mars 2017, les Caisses ont conclu au rejet de la requête de 
suspension. 

 Il ne ressort pas du dossier que cette écriture ait été communiquée par le Tribunal 
à A______ et B______AG avant le prononcé de l'ordonnance objet de la présente 

procédure de recours. 

B. Par ordonnance ORTPI/258/2017 rendue le 16 mars 2017 et notifiée aux parties le 
22 mars 2017, le Tribunal de première instance a rejeté la requête de suspension 

formée par A______ et B______AG et leur a fixé un nouveau délai au 28 avril 

2017 pour se déterminer sur le fond.   

Le Tribunal a considéré que, à ce stade et compte tenu du fait que les autres 

procédures invoquées ne concernaient pas les mêmes parties, il n'y avait pas lieu 

d'entrer en matière sur la demande de suspension, intervenue avant l'échéance du 

délai pour se déterminer sur le fond de la cause. 

C. a. Par acte déposé le 3 avril 2017 à la Cour de justice, A______ et B______AG 
recourent contre cette ordonnance, concluant à son annulation et, cela fait, au 

prononcé de la suspension de la procédure C/8298/2016, subsidiairement, au 

renvoi de la cause au Tribunal pour nouvelle décision dans le sens des 

considérants, avec suite de frais et dépens. 

 Ils ont, préalablement, sollicité l'octroi de l'effet suspensif à leur recours, requête 
qui a été rejetée par arrêt ACJC/455/2017 rendu le 12 avril 2017, la question des 

frais et dépens étant renvoyée à la décision sur le recours. 

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 b. Les Caisses concluent à l'irrecevabilité du recours, subsidiairement, à son rejet, 
avec suite de frais et dépens.  

c. Les parties ont été informées par la Cour de ce que la cause était gardée à juger 
par avis du 12 mai 2017. 

EN DROIT 

1. 1.1. La décision ordonnant la suspension de la cause est une mesure d'instruction 
qui peut, conformément à l'art. 126 al. 2 CPC, faire l'objet du recours de  

l'art. 319 let. b ch. 1 CPC (GSCHWEND/BORNATICO, Basler Kommentar, 

Schweizerische Zivilprozessordnung, 2013, n. 17a ad art. 126 CPC). 

La décision de refus de suspension ne peut, en revanche, faire l'objet que du 

recours de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC, le recourant devant démontrer le préjudice 

difficilement réparable résultant du refus de suspendre (HALDY, Code de 

procédure civile commenté, 2011, n. 9 ad art. 126 CPC; STAEHELIN, Kommentar 

zur Schweizerischen Zivilprozessordnung [ZPO], 2013, n. 8 ad art. 126 CPC; 

GSCHWEND/BORNATICO, loc. cit.; COLOMBINI, Condensé de la jurisprudence 

fédérale et vaudoise relative à l'appel et au recours en matière civile, in JdT 2013 

III p. 131 ss, 157). 

1.2. Le recours, écrit et motivé, doit être introduit dans les dix jours à compter de 
la notification de la décision motivée (art. 321 al. 2 CPC). 

En l'espèce, l'ordonnance attaquée refuse la suspension, de sorte que seule la voie 

du recours prévu à l'art. 319 let. b ch. 2 CPC est ouverte. 

Le recours a été introduit dans les délai et forme (art. 130, 131 et 145 al. 1 let. a 

CPC) prescrits par la loi. Il est ainsi recevable sous cet angle. 

 Reste par conséquent à examiner si la décision querellée peut causer aux 
recourants un préjudice difficilement réparable (art. 319 let. b ch. 2 CPC). 

2. Les recourants critiquent l'ordonnance attaquée en tant qu'elle a refusé la 
suspension de la procédure et en tant qu'elle a été rendue en violation de leur droit 

d'être entendus. Ils reprochent au premier juge de leur avoir communiqué la 

réponse des intimées du 13 mars 2017 au moment de la notification de 

l'ordonnance entreprise, de sorte qu'il leur a été impossible de se déterminer sur 

ces écritures. 

2.1.1 La notion de préjudice difficilement réparable est plus large que celle de 
préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF relatif aux recours dirigés 

contre des décisions préjudicielles ou incidentes, dès lors qu'elle ne vise pas 

seulement un inconvénient de nature juridique, mais toute incidence 

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dommageable (y compris financière ou temporelle), pourvu qu'elle soit 

difficilement réparable. L'instance supérieure doit se montrer exigeante, voire 

restrictive, avant d'admettre l'accomplissement de cette dernière condition, sous 

peine d'ouvrir le recours à toute décision ou ordonnance d'instruction, ce que le 

législateur a clairement exclu (ATF 138 III 378 consid. 6.3; 137 III 380 consid. 2, 

in SJ 2012 I 73; ACJC/327/2012 du 9 mars 2012 consid. 2.4; JEANDIN, Code de 

procédure civile commenté, n. 22 ad art. 319 CPC; HOHL, Procédure civile, Tome 

II, 2010, n° 2485). 

Si la condition du préjudice difficilement réparable n'est pas remplie, la partie doit 

attaquer l'ordonnance avec la décision finale sur le fond (ACJC/327/2012 précité 

et les réf. citées; Message du Conseil fédéral relatif au CPC, FF 2006 6841,  

p. 6984; BRUNNER, Kurzkommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung ZPO, 

2014, n° 13 ad art. 319 CPC; DONZALLAZ, La notion de préjudice difficilement 

réparable dans le Code de procédure civile suisse, in Il Codice di diritto 

processuale civile svizzero, 2011, p. 183 et jurisprudence citée). 

Il appartient au recourant d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision 

incidente lui cause un préjudice difficilement réparable, à moins que cela ne fasse 

d'emblée aucun doute (par analogie ATF 134 III 426 consid. 1.2 et 133 III 629 

consid. 2.3.1). 

2.1.2 Le droit d'être entendu garanti par les art. 29 al. 2 Cst. et 6 CEDH comprend 
en particulier le droit, pour une partie à un procès, de prendre connaissance de 

toute argumentation présentée au tribunal et de se déterminer à son propos (droit 

de réplique); peu importe que celle-ci contienne de nouveaux éléments de fait ou 

de droit, et qu'elle soit propre à influer concrètement sur le jugement à rendre. En 

effet, il appartient aux parties, et non au juge, de décider si une prise de position 

ou une pièce produite contient des éléments déterminants qui appellent des 

observations de leur part. Toute prise de position ou pièce nouvellement versée au 

dossier doit dès lors être communiquée aux parties pour leur permettre de décider 

si elles veulent faire usage de leur droit de réplique (ATF 139 I 189 consid. 3.2; 

139 II 489 consid. 3.3; 138 I 154 consid. 2.3, 484 consid. 2.1; 137 I 195 consid. 

2.3.1; arrêt 4A_29/2014 du 7 mai 2014 consid. 3, non publié in ATF 140 III 159). 

 La communication spontanée de documents par le conseil d'une partie au 

mandataire de la partie adverse ne saurait suppléer une transmission par le juge, 

laquelle est la seule à garantir un droit de réplique effectif (arrêts du Tribunal 

fédéral 4A_612/2013 du 25 août 2014 consid. 6.4, 4A_660/2012 du 18 avril 2013 

consid. 2.2, in RSPC 2013 p. 290).  

 Si le tribunal communique l'écriture pour information sans fixer de délai pour 

d'éventuelles observations, il doit surseoir à statuer afin de permettre à la partie 

adverse de déposer des observations spontanées et ne rendre sa décision qu'après 

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écoulement d'un laps de temps suffisant pour admettre que la partie intéressée a 

renoncé à répliquer (arrêt du Tribunal fédéral 4A_332/2011 du 21 novembre 2011 

consid. 1). Un délai inférieur à dix jours ne suffit pas à garantir l'exercice du droit 

de répliquer de manière spontanée (arrêts du Tribunal fédéral 5D_81/2015 du  

4 avril 2016 consid. 2.3.4, 5A_174/2016 du 25 mai 2016 consid. 3.2; voir 

également ATF 139 I 189 c. 3.3). 

Compte tenu de la nature formelle du grief portant sur la violation du droit d'être 

entendu, qui est propre à entraîner l'annulation de la décision attaquée 

indépendamment des chances de succès de l'appel (ou du recours) sur le fond 

(ATF 137 I 195 consid. 2.2; 135 I 279 consid. 2), il convient de l'examiner en 

premier lieu. 

2.2 En l'espèce, le Tribunal a prononcé l'ordonnance entreprise en tenant compte 
de la détermination des intimées du 13 mars 2017, mais sans l'avoir communiquée 

aux recourants avant de statuer. La nature de la décision querellée, qui porte sur la 

suspension de la procédure et le délai imparti aux recourants pour répondre à la 

demande, ne justifie par ailleurs aucune limitation de cette garantie procédurale, 

dès lors que l'effectivité des mesures prononcées ne dépend pas de la rapidité du 

processus décisionnel, ni de l'effet de surprise comme dans le cas de mesures 

provisionnelles. 

Le Tribunal a, dans ces circonstances, violé le droit d'être entendu des recourants 

en ne leur garantissant pas leur droit de réplique. 

 Dans la mesure où cette décision a été rendue au commencement de la procédure, 

il apparaît disproportionné d'exiger des recourants qu'ils attendent le prononcé du 

jugement final pour se plaindre de la violation de leur droit d'être entendus 

commise à peine la cause introduite.  

 La condition du préjudice difficilement réparable est dès lors réalisée, de sorte 

qu'il se justifie d'entrer en matière sur le recours. 

3. 3.1 La violation du droit d'être entendu entraîne l'annulation de la décision 
attaquée, indépendamment des chances de succès du recours sur le fond (ATF 137 

I 195 précité consid. 2.2; 135 I 279 consid. 2.6.1); celle-ci peut toutefois, à titre 

exceptionnel, être réparée, pour autant qu'elle ne soit pas particulièrement grave et 

que la partie concernée ait la possibilité de s'exprimer devant une autorité de 

seconde instance disposant d'un pouvoir de cognition complet en fait et en droit 

(ATF 137 I 195 précité consid. 2.3.2; 136 V 117 consid. 4.2.2.2; 133 I 201  

consid. 2.2). 

3.2 En l'occurrence, la violation du droit d'être entendu soulevée par les recourants 
et admise ci-avant ne peut être guérie dans la présente procédure de recours, dès 

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lors qu'in casu le pouvoir de cognition de la Cour est restreint à la violation de la 

loi et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC).  

Il convient, en conséquence, d'annuler l'ordonnance attaquée et de renvoyer la 

cause au Tribunal, lequel statuera à nouveau sur la requête de suspension, après 

avoir laissé aux parties un temps suffisant pour toute réplique éventuelle sur ce 

point. 

4. 4.1 Les frais sont mis à la charge de la partie succombante. Lorsqu'aucune des 
parties n'obtient entièrement gain de cause, les frais sont répartis selon le sort de la 

cause (art. 106 al. 1 et 2 CPC). Les frais judiciaires qui ne sont pas imputables aux 

parties ni aux tiers peuvent être mis à la charge du canton si l'équité l'exige  

(art. 107 al. 2 CPC). 

4.2 Les frais judiciaires du recours seront arrêtés à 1'440 fr., comprenant les frais 
relatifs à l'arrêt sur requête d'effet suspensif (art. 104 al. 1, 105 al. 1 et 106 al. 1 

CPC; art. 13, 24 et 41 RTFMC). Compte tenu de l'issue du recours, ils seront mis 

à la charge de l'Etat et l'avance de frais versée par les recourants leur sera 

restituée. 

Les dépens, qui ne peuvent être mis à la charge de l'Etat, seront mis à la charge 

des intimées, qui ont conclu à l'irrecevabilité du recours et subsidiairement à son 

rejet. Elles seront par conséquent condamnées, conjointement et solidairement, à 

verser aux recourants des dépens réduits à 1'000 fr., ce montant tenant compte du 

fait que les recourants ont été déboutés de leurs conclusions sur octroi de l'effet 

suspensif.  

4.3 Les frais et dépens de première instance seront réservés, leur sort devant être 
tranché dans le jugement à prononcer après le présent arrêt de renvoi. 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté le 3 avril 2017 par A______ et B______AG 

contre l'ordonnance ORTPI/258/2017 rendue le 16 mars 2017 par le Tribunal de 

première instance dans la cause C/8298/2016-22. 

Sur le fond : 

Annule l'ordonnance entreprise. 

Renvoie la cause au Tribunal de première instance pour nouvelle décision. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires de l'appel à 1'440 fr. et les met à la charge de l'Etat de 

Genève. 

Ordonne en conséquence aux Services financiers du Pouvoir judiciaire de restituer à 

A______ et B______AG, pris conjointement et solidairement, l'avance versée en 1'440 

fr. 

Condamne les caisses C______ à H______, prises conjointement et solidairement, à 

verser à A______ et à B______AG, pris conjointement et solidairement, la somme de 

1'000 fr. à titre de dépens.  

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Mesdames Pauline ERARD et Paola 

CAMPOMAGNANI, juges; Madame Camille LESTEVEN, greffière. 

Le président : 

Cédric-Laurent MICHEL 

 
La greffière : 

Camille LESTEVEN 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile, aux conditions de l'art. 93 al. 1 LTF. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

30'000 fr.