# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f26ab1a6-fef4-530c-b44c-6386f7a29e22
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-06-24
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 24.06.2010 A/483/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-483-2010_2010-06-24.pdf

## Full Text

Siégeant : Thierry STICHER, Président. 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/483/2010 ATAS/698/2010 

ORDONNANCE D’EXPERTISE 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 
ASSURANCES SOCIALES 

du 24 juin 2010 

 Chambre 8 

 

En la cause 

Madame Y__________, domiciliée à GENEVE, représentée par 

ASSUAS Association suisse des assurés 

 

 

Recourante 

 

contre 

OFFICE DE L’ASSURANCE-INVALIDITE DU CANTON DE 

GENEVE, rue de Lyon 97, GENEVE 

Intimé 

 

 

 

- 2/5- 

 

 

 

A/483/2010 

Attendu en fait que l’Office de l’assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après : 

OAI) a refusé l’octroi de toutes prestations à Madame Y__________ (ci-après : la 

recourante ou l’assurée), née en 1970, par décision du 4 janvier 2009 [recte : 2010], au 

motif qu’il n’y avait pas de perte de gain dans la sphère professionnelle et que les 

empêchements de la part ménagère ne dépassaient pas 10 %, après pondération ; 

Que l’assurée a interjeté recours contre cette décision en date du 8 février 2010, en 

concluant à l’annulation de la décision précitée, ainsi qu’à ce qu’il soit dit qu’elle avait 

droit aux prestations de l’assurance invalidité, et en particulier à une rente entière ; 

Que dans sa réponse du 18 mars 2010, l’OAI a conclu au rejet du recours et à la 

confirmation de la décision entreprise ; 

Que par écriture spontanée du 30 mars 2010, la recourante a déclaré persister dans ses 

conclusions du 8 février 2010 ; 

Que le Tribunal de céans a informé les parties par courrier du 3 juin 2010, de son 

intention de mettre en œuvre une expertise bidisciplinaire en matière rhumatologique et 

psychiatrique ; 

Qu’à cette occasion, il leur a communiqué le nom des experts pressentis, ainsi que les 

questions qu’il avait l’intention de poser aux experts, tout en leur impartissant un délai 

au 15 juin 2010 pour faire valoir d’éventuels motifs de récusation des experts et 

proposer des questions complémentaires ; 

Que par courriers du 10 juin 2010, les deux parties ont indiqué n’avoir aucun motif de 

récusation à l’encontre des experts et n’ont pas souhaité poser de question 

complémentaire ; 

Attendu en droit que le Tribunal de céans est compétent en la matière (art.56 V de la 

loi sur l’organisation judiciaire - LOJ) ; 

Que la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA), entrée en vigueur le 

1er janvier 2003, est applicable au cas d’espèce ; 

Que le recours, déposé dans les formes et délai prévus par la loi est recevable à la forme 

(art. 56 et 60 LPGA) ; 

Que la question préalable à l’examen d’éventuelles prestations de l’AI à résoudre est de 

savoir si la recourant souffre d’une affection invalidante de sa santé, notamment 

psychique; 

- 3/5- 

 

 

 

A/483/2010 

Que l’autorité administrative doit constater d’office les faits déterminants, c’est-à-dire 

toutes les circonstances dont dépend l’application des règles de droit (ATF 117 V 261 

consid. 3 p. 263 ; T. LOCHER Grundriss des Sozialversicherungsrecht, Bern 2003, t.1, 

p. 443) ; 

Qu’ainsi l’administration est tenue d’ordonner une instruction complémentaire lorsque 

les allégations des parties et les éléments ressortant du dossier requièrent une telle 

mesure, et qu’en particulier elle doit mettre en œuvre une expertise lorsqu’il paraît 

nécessaire de clarifier des aspects médicaux (ATF 117 V 282 consid. 4a, p. 283 ; 

RAMA 1985 p. 240 consid.4 ; LOCHER loc. cit.) ; 

Que de son côté le juge qui considère que les faits ne sont pas suffisamment élucidés 

peut renvoyer la cause à l’administration pour complément d’instruction ou procéder 

lui-même à une telle instruction complémentaire (RAMA 1993 p. 136) ; 

Qu’en matière d’AI la première solution est en principe préférée (ATFA I 431/02 du 8 

novembre 2002) ; 

Qu’un renvoi à l'administration, lorsqu'il a pour but d'établir l'état de fait, ne viole ni le 

principe de simplicité et de rapidité de la procédure, ni le principe inquisitoire ; 

Qu’il en va cependant autrement quand un renvoi constitue en soi un déni de justice (par 

exemple, lorsque, en raison des circonstances, seule une expertise judiciaire ou une 

autre mesure probatoire judiciaire serait propre à établir l'état de fait), ou si un renvoi 

apparaît disproportionné dans le cas particulier (RAMA 1993 n° U 170 p. 136, 1989 n° 

K 809 p. 206) ; 

Qu’à l'inverse, le renvoi à l'administration apparaît en général justifié si celle-ci a 

constaté les faits de façon sommaire, dans l'idée que le tribunal les éclaircirait comme il 

convient en cas de recours (voir RAMA 1986 n° K 665 p. 87) ; 

Qu’en l’espèce, le Tribunal a acquis la conviction qu’une expertise bidisciplinaire était 

indispensable, sans toutefois qu’il apparaisse que l’OCAI ait constaté les faits de 

manière sommaire ; 

Qu’il convient ainsi d’ordonner une expertise, laquelle sera confiée au Dr A__________ 

et au Dr B__________ ; 

*** 

 

- 4/5- 

 

 

 

A/483/2010 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant préparatoirement 

 

1. Ordonne une expertise bidisciplinaire en matière rhumatologique et psychiatrique, 

les experts ayant pour mission d’examiner et d’entendre Madame Y__________, 

après s’être entouré de tous les éléments utiles et après avoir pris connaissance du 

dossier de l’OAI, ainsi que du dossier de la présente procédure en s’entourant 

d’avis de tiers au besoin ; 

2. Charge l’expert de répondre aux questions suivantes : 

1. Anamnèse. 

2. Données subjectives de la personne. 

3. Constatations objectives. 

4. Diagnostic(s). 

a) Mentionner les diagnostics qui peuvent êtres retenus tant sur le plan 

rhumatologique que sur le plan psychiatrique. 

b) En particulier, indiquer si, en s’appuyant sur les critères d’un système de 

classification reconnu, l’on peut retenir le diagnostic de fibromyalgie. 

c) En cas de réponse positive à la question précédente, préciser si le 

diagnostic de fibromyalgie est associé à la présence d’une comorbidité 

psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée. Présente-t-

elle cas échéant un état dépressif majeur ? 

d) De manière plus générale, indiquer si la fibromyalgie peut être surmontée 

par un effort de volonté raisonnablement exigible. 

5. Mentionner pour chaque diagnostic posé les limitations fonctionnelles et les 

conséquences sur la capacité de travail de la recourante et sur sa capacité à 

tenir son ménage, en pour-cent. 

6. Dater la survenance de l’incapacité de travail durable, le cas échéant. 

Préciser si l’état de santé de Mme  Y__________ a évolué ou non, depuis 

l’avis du Dr C__________ du 6 mars 2009. 

- 5/5- 

 

 

 

A/483/2010 

Cas échéant, est-il possible de déterminer les grandes étapes de l’évolution de 

son état de santé et de la capacité de travail ? 

7. Dans quelle mesure une activité lucrative adaptée est-elle raisonnablement 

exigible de la recourante, et dans ce cas dans quel(s) domaine(s) ? 

8. Evaluer les chances de succès d’une réadaptation professionnelle. 

9. La capacité de travail peut-elle être améliorée par des mesures médicales ? 

En particulier, sur le plan rhumatologique, une intervention chirurgicale est-

elle de nature à améliorer la capacité de travail ? Si oui, une telle intervention 

présente-t-elle des risques particuliers ? 

10. Pronostic. 

11. Toute remarque utile et proposition de l’expert. 

3. Commet à ces fins le Dr A__________ et le Dr B__________ ; 

4. Invite l’expert à déposer à sa meilleure convenance un rapport en trois 

exemplaires au Tribunal de céans ; 

5. Réserve le fond ; 

 

La greffière 

 

 

 

Irène PONCET 

 Le Président 

 

 

 

Thierry STICHER 

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties le