# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0c02a0b9-7ddd-52cc-8de7-bf5b9fd91ef4
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des curatelles Arrêt / 2025 / 281
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_008_Arr-t---2025---281_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

L824.034025-250120

67 

 

 

CHAMBRE
DES CURATELLES

___________________________________

Arrêt
du 7 avril 2025

__________________

Composition
:               Mme             
Chollet,
présidente

             
              M.             
Krieger et Mme Bendani, juges

Greffière             
:              Mme             
Aellen

 

 

*****

 

 

Art.
29 cst ; 306 al. 2 et 450 CC

 

 

             
La Chambre des curatelles du Tribunal cantonal prend séance pour statuer sur le recours interjeté
par X.________,
à [...], contre l’ordonnance rendue le 2 décembre 2024 par la Justice de paix du district
de Nyon dans la procédure concernant l’enfant B.________,
à [...]. 

 

             
Délibérant à huis clos, la Chambre voit :

 

             
En fait :

 

 

A.             
Par décision du 2 décembre 2024, notifiée aux parties le 30 janvier 2025, la Justice de
paix du district de Nyon (ci-après : la justice de paix ou les premiers juges) a institué
une curatelle de représentation de mineur (empêchement des parents) au sens de l’art.
306 al. 2 CC en faveur de l’enfant B.________, née le [...] 2016 (I), nommé […],
assistant social auprès de la Direction générale de l’enfance et de la jeunesse
(ci-après : DGEJ) – Office régional pour la protection des mineurs (ci-après :
ORPM), en qualité de curateur (II), défini les tâches et obligations du curateur (III
et IV), privé d’effet suspensif tout recours éventuel contre la décision (art. 450
CC) (V) et laissé les frais à la charge de l’Etat (VI).

 

             
La justice de paix a retenu que la mesure de retrait provisoire du droit de déterminer le lieu de
résidence instituée en faveur de l'enfant B.________ ne garantissait pas une protection suffisante
de ses intérêts face au comportement de sa mère, qui persistait à s'ingérer
dans le quotidien de ses enfants au foyer pour imposer sa vision des choses, mettant à mal leur
accompagnement tant éducatif et scolaire que thérapeutique. Les premiers juges ont donc considéré
qu’il se justifiait d'instituer une mesure de curatelle de représentation de mineur (empêchement
des parents) en faveur de l'enfant B.________ et de désigner […] en qualité de curateur
avec pour tâches de représenter la fillette dans Ie domaine médical et scolaire.

 

             
Une décision identique a été rendue en faveur de l’enfant [...], qui fait l’objet
d’une procédure distincte (L824.034023-250274/250123).

 

 

B.             
Par acte du 6 février 2025, X.________ (ci-après : la recourante), par son conseil, a
recouru contre cette décision, concluant, avec suite de frais et dépens, à ce que l’ordonnance
de mesures provisionnelles (sic)
portant l’institution d’une curatelle de représentation de mineur soit annulée
et la cause renvoyée à l’autorité inférieure pour nouvelle décision. Elle
a requis la restitution de l’effet suspensif et l’assistance judiciaire.

 

 

             
Par décision du 10 février 2025, le juge délégué de la Chambre de céans
a rejeté la requête d’effet suspensif.

 

 

C.             
La Chambre retient les faits suivants :

 

1.               
B.________, née le [...] 2016, est la fille
de X.________, qui est également la mère quatre autres enfants, soit [...], né le [...]
2018, [...], née le [...] 2003, [...], née le [...] 2005 et [...], née le [...] 2010. 
Les enfants sont de pères différents. Les deux aînées vivent avec leur père
et n’ont que peu de contact avec leur mère. 

 

             
[...], qui souffre du syndrome [...] et qui est polyhandicapée, est prise en charge par l’institution
[...]. B.________ et C.________ souffrent de troubles du spectre autistique, ce qui nécessite beaucoup
de suivis et de contacts avec les institutions et l’école.

 

2.               
Par décision du 27 septembre 2021, la justice
de paix a mis fin à l’enquête en limitation de l’autorité parentale instruite
en faveur des enfants B.________ et C.________, institué une mesure de curatelle d’assistance
éducative en faveur des enfants prénommés et désigné [...], assistant social
auprès de la DGEJ – ORPM [...], en qualité de curateur.

 

             
En substance, l’autorité de protection avait alors retenu – sur la base d’un rapport
d’expertise familiale établi par la Dre [...] le 15 février 2021 – que les capacités
éducatives de X.________ étaient entravées par ses troubles de la compréhension,
par ses réactions impulsives et par la relation indifférenciée et symbiotique qu’elle
entretenait avec ses enfants.

 

3.               
Par ordonnance de mesures provisionnelles du 30
septembre 2024, la Juge de paix du district de Nyon (ci-après : la juge de paix) a confirmé
le retrait provisoire du droit de déterminer le lieu de résidence de X.________  sur l'enfant
B.________– qui avait été ordonné par mesures d’extrême urgence du 29
juillet 2024 – et maintenu la DGEJ-ORPM [...] en qualité de détenteur du mandat provisoire
de placement et de garde de l'enfant prénommée, avec pour tâches de placer la mineure
dans un lieu propice à ses intérêts, de veiller à ce que la garde de la mineure soit
assumée convenablement dans le cadre de son placement et de veiller au rétablissement d'un
lien progressif et durable avec sa mère.

 

             
L’autorité de protection a rendu une décision semblable concernant l’enfant [...].

 

             
Les deux enfants ont été placés en foyer.

 

4.               
Par requête de mesures superprovisionnelles
et provisionnelles du 8 octobre 2024, Me Giuliano Scuderi, conseil de X.________, a requis que les
enfants B.________ et C.________ soient immédiatement retirés du foyer et retournent vivre
chez leur mère. A l’appui de sa requête, il exposait que B.________ aurait été
abusée sexuellement au sein du foyer, la veille, par un autre résident.

 

5.               
Par ordonnance de mesures superprovisionnelles
du 9 octobre 2024, la juge de paix a rejeté la requête de mesures superprovisionnelles et confirmé
le mandat provisoire de placement et de garde à la DGEJ qui se chargerait de placer C.________ et
B.________ au mieux de leurs intérêts.

 

6.               
Par courrier du 10 octobre 2024, [...] et […],
respectivement adjointe à la cheffe d'Office et assistant social pour la protection des mineurs
à la DGEJ-ORPM [...], ont expliqué que la collaboration de X.________ avec les différents
professionnels qui entouraient les enfants B.________ et C.________ au quotidien était compliquée
et que, sans amélioration, une curatelle de représentation de mineur s'avérerait nécessaire
pour assurer les soins médicaux et thérapeutiques des enfants prénommés.

 

7.               
Par courrier du 11 octobre 2024, la juge de paix
a notamment invité X.________ à collaborer de manière constructive avec la DGEJ-ORPM [...]
et les intervenants du foyer afin notamment de coordonner et d'assurer la prise en charge médicale
de B.________.

 

8.               
Par courrier du 14 octobre 2024, Me Giuliano Scuderi
a notamment relevé que le document dont la DGEJ-ORPM [...] réclamait la signature de X.________
permettait uniquement aux éducateurs du foyer de consulter le dossier médical et d'être
renseignés, mais aucunement de gérer le suivi médical, prendre des décisions et d'amener
les enfants aux rendez-vous médicaux. Revenant sur les événements dont B.________ aurait
été victime, il s’opposait à ce que les deux enfants prennent part au camp prévu
par le foyer du 19 au 25 octobre 2024. Il requérait la révocation de l’ordonnance
de mesures superprovisionnelles du 9 octobre 2024, concluant à ce qu’il soit donné
ordre à la DGEJ de ne pas faire partir les enfants en camp avec le foyer et à ce que les enfants
soient placés chez leur mère pendant la durée des vacances, à tout le moins jusqu’à
ce qu’une autre entité puisse prendre en charge les enfants.

 

9.               
Par courrier du même jour, la justice de
paix a informé X.________ du fait qu’elle envisageait de nommer un curateur de représentation
aux enfants C.________ et B.________ dans le cadre de l’enquête en placement et lui a imparti
un délai échéant au 21 octobre 2024 pour se déterminer à cet égard, étant
précisé qu’en l’absence de réponse, il serait statué en l’état
du dossier.

 

             
Parallèlement, la justice de paix a imparti à la DGEJ-ORPM [...] un délai au 18 octobre
2024 pour se déterminer sur le courrier de Me Scuderi du 14 octobre 2024.

 

10.           
Par courrier du 17 octobre 2024, [...], cheffe
de l'ORPM [...], et […] ont confirmé leur demande de retrait de l’autorité parentale
de X.________. Ils indiquaient que pour le cas où cette demande ne devait pas pouvoir être
traitée en l’état, une curatelle de représentation de mineur en faveur des enfants
B.________ et C.________ au sens de l’art. 306 al. 2 CC devait leur être confiée en complément
du mandat de placement et de garde. A l'appui de leur requête, ils ont confirmé que la collaboration
entre X.________ et les professionnels était impossible, que les échanges étaient houleux,
agressifs et menaçants, et que la question de la prise en charge des suivis médicaux occultait
complètement le suivi des enfants et leur quotidien au foyer. 

 

             
[…] et […] ont également ajouté que la mère ne respectait pas le cadre et
l'organisation des rendez-vous médicaux et qu'elle s'ingérait en permanence dans l'accompagnement
des enfants par l'équipe éducative du foyer.

 

             
Ce courrier n’a pas été communiqué aux parents des enfants.

 

11.           
Par courrier du 25 novembre 2024, Me Scuderi,
pour X.________, s’est étonné du fait qu’aucune décision n’avait été
rendue ensuite de son courrier du 14 octobre 2024, que les enfants s’étaient rendus au camp
organisé par le foyer et a requis qu’une décision soit prise à très brève
échéance.

 

 

             
En droit :

 

 

1.               
 

1.1.         
Le recours est dirigé contre une décision
rendue par la justice de paix instituant une curatelle de représentation de mineur (empêchement
des parents) au sens de l’art. 306 al. 2 CC en faveur de l’enfant B.________. Il s’agit
d’une décision au fond et non de mesures provisionnelles comme l’a mal compris le conseil
de la recourante.

 

1.2.         
 

1.2.1.  
Contre une telle décision, le recours de
l'art. 450 CC (Code civil suisse du 10 décembre 1907 ; RS 210) est ouvert à la Chambre des
curatelles (art. 8 LVPAE [Loi du 29 mai 2012 d'application du droit fédéral de la protection
de l'adulte et de l'enfant ; BLV 211.255] et 76 al. 2 LOJV [Loi d'organisation judiciaire du 12 décembre
1979 ; BLV 173.01]) dans les trente jours dès la notification de la décision (art. 450b al.
1 CC). Les personnes parties à la procédure, les proches de la personne concernée et les
personnes qui ont un intérêt juridique à l'annulation ou à la modification de la
décision attaquée ont qualité pour recourir (art. 450 al. 2 CC). Le recours doit être
dûment motivé et interjeté par écrit (art. 450 al. 3 CC), les exigences de motivation
ne devant cependant pas être trop élevées (Droese, Basler Kommentar, Zivilgesetzbuch I,
Art. 1-456 ZGB, 7e
éd., Bâle 2022, ci-après : Basler Kommentar, n. 42 ad art. 450 CC, p. 2940).

 

             
En vertu de l’art. 314 al. 1 CC, les dispositions de
la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte (art. 360 à 456 CC)
sont applicables par analogie. En matière de protection de l’enfant, si le droit fédéral
y relatif et le droit cantonal ne contiennent pas de règles particulières, la procédure
est régie par le CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272), applicable
à titre de droit cantonal supplétif (art. 12 al. 1, 20 al. 1 LVPAE et 450f CC ; ATF 140
III 167 consid. 2.3 ; CCUR 25 juillet 2022/127 et les références citées).

 

1.2.2.  
L’art. 446 al. 1 CC prévoit que l'autorité
de protection établit les faits d'office. Compte tenu du renvoi de l'art. 450f CC aux règles
du CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272), l'art. 229 al. 3 CPC est applicable
devant cette autorité, de sorte que les faits et moyens de preuve nouveaux sont admis jusqu'aux
délibérations. Cela vaut aussi en deuxième instance (Droese, BSK ZGB I, op.
cit., n. 7 ad art. 450a CC, p. 2943, et les auteurs
cités ; TF 5C 1/2018 du 8 mars 2019 consid. 5.1 et les références citées). En matière
de protection de l'adulte et de l'enfant, la maxime inquisitoire illimitée est applicable, de sorte
que les restrictions posées par l'art. 317 CPC pour l'introduction de faits ou moyens de preuve
nouveaux sont inapplicables (cf. CCUR 27 juillet 2020/151 ; JdT 2011 III 43).

 

             
La Chambre des curatelles doit procéder à un examen complet de la décision attaquée,
en fait, en droit et en opportunité (art. 450a CC), conformément à la maxime d'office
et à la maxime inquisitoire, puisque ces principes de la procédure de première instance
s'appliquent aussi devant l'instance judiciaire de recours (Droit de la protection de l'adulte, Guide
pratique COPMA 2012, n. 12.34, p. 289). Elle peut confirmer ou modifier la décision attaquée
devant elle. Dans des circonstances exceptionnelles, elle peut aussi l'annuler et renvoyer l'affaire
à l'autorité de protection, par exemple pour compléter l'état de fait sur des points
essentiels (art. 318 al. 1 let. c ch. 2 CPC, applicable par renvoi des art. 450f CC et 20 LVPAE).

 

             
Conformément à l’art. 450d CC, la Chambre des curatelles donne à la justice de paix
l'occasion de prendre position (al. 1), cette autorité pouvant, au lieu de prendre position, reconsidérer
sa décision (al. 2).

 

1.3.         
En l’espèce, motivé
et interjeté en temps utile par la mère de la mineure concernée, partie à la procédure,
le recours est recevable.

 

             
Vu l’issue du recours, il a été renoncé à consulter l’autorité de
protection et à interpeller les autres parties à la procédure, qui auront l’occasion
d’être entendues dans le cadre de la reprise de la procédure.

 

 

2.               
 

2.1.         
La recourante invoque une violation du droit d’être
entendu. Elle fait valoir que la requête de la DGEJ du 17 octobre 2024 tendant à l’institution
d’une mesure de curatelle de représentation de mineur en faveur des enfants C.________ et
B.________ ne lui a pas été transmise, l’empêchant notamment de se déterminer
sur les motifs invoqués par la DGEJ.

 

             
Sur le fond, X.________ conteste tout problème de collaboration et soutient que celle-ci se passe
bien tant avec les professionnels de la santé qu’avec l’école. Elle estime, à
tout le moins, que cette question devrait être instruite.

 

2.2.         
 

2.2.1.  
Compris comme l'un des aspects de la notion générale
de procès équitable au sens des art. 29 Cst. (Constitution fédérale de la Confédération
suisse du 18 avril 1999 ; RS 101) et 6 CEDH (Convention de sauvegarde des droits de l’homme et
des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ; RS 0.101), le droit d'être entendu garantit
notamment au justiciable le droit de s’expliquer avant qu’une décision ne soit prise
à son détriment, d’obtenir et de participer à l’administration des preuves
pertinentes et valablement offertes et de se déterminer sur son résultat, d’avoir accès
au dossier et de prendre connaissance de toute pièce du dossier ainsi que de toute argumentation
présentée au tribunal et de se déterminer à son propos, dans la mesure où il
l’estime nécessaire, que celle-ci contienne ou non de nouveaux éléments de fait
ou de droit. Il appartient en effet aux parties, et non au juge, de décider si une prise de position
ou une pièce nouvellement versée au dossier appelle des observations de leur part. Toute prise
de position ou pièce nouvelle versée au dossier doit dès lors être communiquée
aux parties pour leur permettre de décider si elles veulent ou non faire usage de leur faculté
de se déterminer (ATF 145 I 167 consid. 4.1 ; ATF 142 III 48 consid. 4.1.1 ; ATF 139 II 489 consid.
3.3 ; ATF 138 I 484 consid. 2.1), que cela soit ou non concrètement susceptible d'influer sur le
jugement à rendre (CCUR 3 mars 2021/56).

 

             
Le droit d'être entendu est une garantie constitutionnelle de caractère formel, dont la violation
doit entraîner l'annulation de la décision, indépendamment des chances de succès
du recours sur le fond (ATF 141 V 495 consid. 2.2 ; 135 I ATF 187 consid. 2.2 ; TF 5A_699/2017 du 24
octobre 2017 consid. 3.1.3 ; TF 5A_741/2016 du 6 décembre 2016 consid. 3.1.2). Ce moyen doit
par conséquent être examiné en premier lieu (ATF 141 V 495 consid. 2.2 ; ATF 137 I 195
consid. 2.2, SJ 2011 I 345) et avec un plein pouvoir d'examen (ATF 135 I 279 consid. 2.2 ; ATF 127
III 193 consid. 3 ; sur le tout : TF 8C_119/2020 du 26 novembre 2020 consid. 4.2).

 

2.2.2.  
La tenue d’une audience n’est pas
systématiquement nécessaire dans toutes les affaires de protection de l’enfant. Toutefois
les parties doivent pouvoir se déterminer sur les requêtes et autres demandes qui conduisent
à une décision de l’autorité avant que celle-ci ne soit rendue (dans ce sens cf.
CCUR 5 novembre 2024/ 250).

 

2.3.         
Avec la recourante, il faut constater que le dossier
ne contient aucune trace de la transmission du courrier de la DGEJ-ORPM [...] du 17 octobre 2024. Il
apparait tout au plus qu’une possibilité de détermination a été accordée
à X.________ par courrier du 14 octobre 2024, lequel mentionnait que la justice de paix envisageait
« de nommer un curateur
de représentation aux enfants dans le cadre de l’enquête en placement ».
Toutefois, aucune annexe n’était mentionnée et ne semble avoir été envoyée
selon le procès-verbal des opérations.

 

             
Sans qu’on comprenne vraiment pourquoi, X.________ ne s’est pas déterminée dans
le délai qui lui avait été imparti par courrier du 14 octobre 2024, qui mentionnait pourtant
qu’une curatelle de représentation était envisagée. Elle s’est contentée,
par courrier du 25 novembre 2024, de s’étonner du fait qu’aucune suite n’avait
été donnée à son courrier du 14 octobre 2024.

 

             
Quoiqu’il en soit, force est de constater que le courrier de la DGEJ-ORPM [...] du 17 octobre 2024
– sur lequel s’est pourtant fondée la justice de paix pour motiver sa décision
d’instituer une curatelle de représentation de mineur en faveur de B.________– n’a
jamais été transmis à la recourante.

 

             
Le droit d’être entendue de celle-ci a donc été violé et la réparation
de ce vice n’est pas possible sans instruction supplémentaire.
Par conséquent, la décision entreprise doit être annulée et la cause renvoyée
à la justice de paix pour que le droit d’être
entendu puisse être exercé dans les formes.

 

3.               
 

3.1.         
En conclusion, le recours doit être admis
et la décision litigieuse annulée, la cause étant renvoyée à la justice de paix
pour instruction et nouvelle décision
dans le sens de ce qui précède.

 

3.2.         
X.________ a requis l’assistance judiciaire
pour la procédure de recours.

 

3.2.1.  
Selon l’art. 117 CPC, une personne a droit
à l'assistance judiciaire aux conditions cumulatives qu’elle ne dispose pas de ressources
suffisantes (let. a) et que sa cause ne paraisse pas dépourvue de toute chance de succès (let.
b). La requête d’assistance judiciaire peut être présentée avant ou pendant
la litispendance (art. 119 al. 1 CPC). L’art. 119 al. 5 CPC prévoit que l’assistance
judiciaire doit faire l’objet d’une nouvelle requête pour la procédure de recours.

 

             
Le conseil juridique commis d’office a droit au remboursement de ses débours et à un
défraiement équitable (art. 122 al. 1 let. a CPC), qui est fixé en considération
de la cause, de ses difficultés, de l’ampleur du travail et du temps consacré au litige
(art. 2 al. 1 RAJ [règlement sur l'assistance judiciaire en matière civile du 7 décembre
2010 ; BLV 211.02.3]). A cet égard, le juge apprécie l'étendue des opérations nécessaires
pour la conduite du procès. Il applique le tarif horaire de 180 fr. pour un avocat et de 110 fr.
pour un avocat-stagiaire (art. 2 al. 1 let. a et b RAJ).

 

3.2.2.  
Les conditions précitées étant
remplies, il y a lieu d’accorder à la recourant l’assistance judiciaire pour la procédure
de recours et de désigner Me Giuliano Scuderi en qualité de conseil d’office de X.________.

 

             
En cette qualité, Me Giuliano Scuderi a droit à une rémunération équitable pour
les opérations et débours dans la procédure de recours. 

 

             
Selon la liste des opérations du 2 avril 2025, Me Scuderi indique avoir consacré, pour la période
5 février au 2 avril 2025, 2h45 aux procédures concernant les enfants C.________ et B.________.
Il précise qu’il y a lieu de ne prendre en compte que la moitié du montant total dans
le cadre de la procédure concernant B.________, l’autre moitié étant à mettre
en relation avec la procédure concernant [...]. Vu la nature du litige et les difficultés de
la cause, cette durée est adéquate et peut être admise. Il s’ensuit qu’au
tarif horaire de 180 fr. pour un avocat breveté (art. 2 al. 1 let. a RAJ), l’indemnité
de Me Scuderi pour la procédure concernant B.________ est fixée à 272 fr. 90 ((2h45)/2
x 180 + 2% de débours + 8,1 % de TVA), débours et TVA compris, conformément à son
décompte dont il n’y a pas lieu de s’écarter.

 

             
Cette indemnité est provisoirement laissée à la charge de l’Etat.

 

3.3.         
Compte tenu de l’issue du recours et dans
la mesure où la recourante obtient gain de cause, les frais judiciaires de deuxième instance,
par 600 fr. (art. 74a al. 1 TFJC [tarif du 28 septembre 2010 des frais judiciaires civils ; BLV 270.11.5])
seront laissés à la charge de l’Etat (art. 106 al. 2 CPC).

 

3.4.         
Quand bien même la recourante obtient gain
de cause en étant assistée d’un mandataire professionnel, il n’y a pas lieu de
lui allouer de dépens de deuxième instance. En effet, la justice de paix n'a pas qualité
de partie, mais d'autorité de première instance, de sorte qu’elle ne saurait être
condamnée à des dépens (ATF 140 II 385 consid. 4.1 et 4.2 ; CCUR 17 avril 2023/72 et les
références citées ; Tappy, CR CPC, op.
cit., n. 35 ad art. 107 CPC, p. 495 ).

 

3.5.         
Le bénéficiaire de l’assistance
judiciaire est tenu au remboursement de l’indemnité de son conseil d’office, laissée
provisoirement à la charge de l’Etat, dès qu’il sera en mesure de le faire (art.
123 CPC).

 

             
Il incombe à la Direction générale des affaires institutionnelles et des communes de fixer
le principe et les modalités de ce remboursement (art. 39a CDPJ [Code du 12 janvier 2010 de droit
privé judiciaire vaudois ; BLV 211.02]).

 

 

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des curatelles du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours de X.________ est admis.

 

             
II.             
La décision de la Justice de paix du district de Nyon du 2 décembre 2024 concernant l’enfant
B.________ est annulée.

 

             
III.             
La cause est renvoyée à
la Justice de paix du district de Nyon pour nouvelle décision au sens des considérants.

 

             
IV.             
La requête d'assistance judiciaire de
X.________ est admise, Me Scuderi étant désigné conseil d'office de la recourante
pour la procédure de recours, avec effet au 5 février 2025.

 

             
V.             
L’indemnité d’office
de Me Giuliano Scuderi, conseil de la recourante X.________ , est arrêtée à 272 fr. 90
(deux cent septante-deux francs et nonante centimes), débours et TVA compris, et provisoirement
laissée à la charge de l’Etat.

 

             
VI.             
Le bénéficiaire de l'assistance judiciaire est, dans la mesure de l'art. 123 CPC, tenu
au remboursement de l’indemnité de son conseil d'office, laissée provisoirement à
la charge de l'Etat, dès qu'il sera en mesure de le faire.

             

             
VII.             
Les frais judiciaires de deuxième
instance, par 600 fr. (six cents francs), sont laissés à la charge de l'Etat.

             

             
VIII.             
L'arrêt est exécutoire.

 

La
présidente :              La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Me Giuliano Scuderi (pour X.________ ),

-             
DGEJ-ORPM [...], à l’att. de M. […],

 

et
communiqué à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district de Nyon,

 

par
l'envoi de photocopies.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente
jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
La greffière :