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**Case Identifier:** 30d964ef-b48d-5494-8893-41bbe00b9949
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-04-13
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 13.04.2015 LP 15 8
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_LP-15-8_2015-04-13.pdf

## Full Text

LIBRE /14 

LP 15 8 

C3 15 34 

 

 

DÉCISION DU 13 AVRIL 2015 

 

Tribunal cantonal du Valais 

Autorité de recours en matière de poursuite et faillite 

 

Stéphane Spahr, juge; Laure Ebener, greffière; 

 

statuant sur les recours interjetés par 

 

X_________, instante et recourante, représentée par M
e
 M_________ 

 

contre 

 

les décisions rendues le 12 février 2015 par la Juge suppléante II du district de 

N_________. 

 

 

 

(refus de séquestre; assistance judiciaire) 

  

- 2 - 

Vu 

 

la requête déposée le 9 février 2015 par X_________, tendant au séquestre de 

différentes parts de propriété par étage (PPE n
os

 xxx1, xxx2, xxx3, xxx4, parcelle de 

base n° xxx5 de la commune de A_________), ainsi que de l'ensemble des meubles 

les garnissant et des véhicules automobiles "sis sur" lesdites parts, propriétés de 

B_________ et C_________, en garantie de l'exécution d'une créance de 1'312'500 fr. 

(avec intérêt à 5 % dès le 27 novembre 2014) dont elle serait titulaire à leur encontre; 

les pièces annexées à cette requête; 

la décision du 12 février 2015 par laquelle le juge suppléant II du district de 

N_________ (ci-après : le juge suppléant) a rejeté ladite requête; 

la décision du même jour par laquelle le magistrat a rejeté la requête d'assistance 

judiciaire formée dans le cadre de la procédure de séquestre; 

le recours interjeté le 23 février 2015 par X_________, au terme duquel elle a conclu à 

l’admission de la requête de séquestre, subsidiairement au renvoi de la cause à 

l'autorité de première instance pour nouvelle décision;   

la requête d'assistance judiciaire contenue dans cette écriture; 

le recours interjeté le 23 février 2015 par X_________ et tendant à l'annulation de la 

décision lui refusant le bénéfice de l'assistance judiciaire pour la procédure de 

première instance;   

la transmission de ses dossiers, le 25 février 2015, par la juge intimée, qui a renoncé à 

se déterminer sur les recours; 

l'ensemble des actes de la cause;  

 

Considérant 

 

qu’étant donné leur étroit rapport de connexité, mis en évidence par les indications qui 

vont suivre, il y a lieu de joindre les procédures de recours (LP 15 8 et C3 15 34); 

- 3 - 

que, selon l’article 5 al. 1 let. b de la loi d’application du code de procédure civile suisse 

(LACPC; RSV 270.1), le Tribunal cantonal est compétent pour connaître des recours 

limités au droit prévus au titre 9 du code de procédure civile du 19 décembre 2008 

(CPC; RS 272), soit aux articles 319 ss CPC; 

qu'en cas de refus d'ordonner un séquestre, le droit fédéral accorde au créancier 

séquestrant la possibilité de former un recours au sens des articles 319 ss CPC (cf. art. 

309 let. b ch. 6 CPC a contrario; arrêt 5A_508/2012 du 28 août 2012 consid. 3.1); 

que, dans les affaires relevant du Tribunal cantonal, un juge cantonal unique peut 

statuer sur les appels ou les recours limités au droit lorsque la procédure sommaire 

était applicable en première instance (art. 5 al. 2 let. c LACPC); 

que la procédure sommaire est applicable aux décisions rendues en matière de 

mainlevée de l’opposition, de faillite, de séquestre et de concordat, conformément à 

l’article 251 let. a CPC; 

que le recours est également ouvert contre les décisions refusant l'assistance judiciaire 

(art. 121 et 319 CPC), lesquelles sont rendues en procédure sommaire (art. 119 al. 3 

CPC);  

que, remis à la poste le 23 février 2015, les recours ont été interjetés dans le délai 

légal de dix jours prévu à l’article 321 al. 2 CPC;  

que, suivant l’article 320 CPC, le recours est recevable pour violation du droit (let. a) et 

constatation manifestement inexacte des faits (let. b); 

que l’autorité de recours examine avec plein pouvoir les griefs pris de la mauvaise 

application du droit - fédéral, cantonal ou étranger - par le juge de première instance 

(FREIBURGHAUS/AFHELDT, in Sutter-Somm/Hasenböhler/Leuenberger [édit.], Kommen-

tar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, 2013, n. 3 sv. ad art. 320 CPC); que son 

examen se limite toutefois aux seuls moyens invoqués (HOHL, Procédure civile, T. II, 

2
ème

 éd., 2010, n
os

 2514 et 3024); qu’il incombe par ailleurs au recourant, à peine 

d’irrecevabilité, de discuter les motifs de la décision entreprise et d’indiquer 

précisément en quoi il estime que l’autorité précédente a méconnu le droit (ATF 133 II 

249 consid. 1.4.2; 133 IV 286 consid. 1.4; HOHL, op. cit., n
os

 2514 et 3024); 

que l’autorité de recours applique le droit d’office, sans être liée par les motifs invoqués 

par les parties ou le tribunal de première instance; qu’elle peut ainsi substituer ses 

propres motifs à ceux de la décision attaquée (HOHL, op. cit., n
os

 2267 et 2508);  

- 4 - 

que l’autorité de recours ne censure en revanche la constatation des faits que si ceux-

ci ont été établis de manière arbitraire (art. 9 Cst. féd.; FREIBURGHAUS/AFHELDT, n. 5 ad 

art. 320 CPC); que cette notion correspond à celle de l’article 97 al. 1 LTF, de sorte 

que l’on peut se référer à la jurisprudence rendue en application de cette disposition 

(HOHL, op. cit., n° 2509);  

que la constatation des faits ou l'appréciation des preuves est arbitraire lorsqu'elle est 

manifestement insoutenable, en contradiction avec le dossier, ou contraire au sens de 

la justice et de l'équité ou lorsque l'autorité ne tient pas compte, sans raison sérieuse, 

d'un élément propre à modifier la décision, se trompe sur le sens et la portée de celui-

ci ou, se fondant sur les éléments recueillis, en tire des constatations insoutenables 

(ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 134 V 53 consid. 4.3; 129 I 8 consid. 2.1; 127 I 54 consid. 

2b et les réf.); 

qu'en vertu de l'article 271 al. 1 ch. 4 LP, le créancier d'une dette échue et non garantie 

par gage peut requérir le séquestre des biens du débiteur qui se trouvent en Suisse 

lorsque celui-ci n'habite pas en Suisse et qu'il n'y a pas d'autre cas de séquestre, pour 

autant que la créance ait un lien suffisant avec la Suisse ou qu'elle se fonde sur une 

reconnaissance de dette au sens de l'article 82 al. 1 LP;  

que, suivant l'article 272 al. 1 LP, le séquestre est autorisé à condition que le créancier 

rende vraisemblable que sa créance existe (ch. 1), qu'on est en présence d'un cas de 

séquestre (ch. 2) et qu'il existe des biens appartenant au débiteur (ch. 3);  

que le créancier et requérant doit notamment rendre vraisemblables l'existence, le 

montant et l'exigibilité de la créance (STOFFEL, Commentaire bâlois, 2010, n. 8 sv. ad 

art. 272 LP);  

que D_________, de nationalité E_________, de dernier domicile à F_________ (F), 

est décédé dans cette ville le 12 mars 2005, laissant pour héritiers les quatre enfants 

issus de son union avec G_________, dont il a divorcé en 1997, soit H_________ 

(épouse de I_________), X_________, B_________ et C_________;  

qu'il n'a pas rédigé de dispositions pour cause de mort; que, par acte du 8 février 2002, 

il avait transféré à titre gratuit, à ses deux fils, qui acceptaient "pour se constituer en 

société simple, chacun en part égale, la propriété" de différents immeubles sis sur les 

communes de J_________ et de K_________; que l'acte de donation prévoyait que 

ces biens n'étaient pas rapportables (en vertu du droit suisse);  

- 5 - 

que, selon les allégations de la requérante, ses frères ont "apparemment" également 

reçu de leur père des parts d'étages sises sur commune de A_________ en Valais, 

(nom local "L_________"); qu'il ressort d'extraits du cadastre que les intéressés sont 

effectivement propriétaires, à raison de moitié chacun, des unités d'étages n
os

 xxx2, 

xxx3, xxx4, parcelle de base n° xxx5 de la commune de A_________; qu'ils détiennent 

également, chacun, le 1.5/48
ème

 de la PPE n° xxx1 (de la même parcelle de base);  

que, selon la requérante, "à premier vue", les immeubles sis dans le canton de 

O_________, qui comprennent notamment une "maison de maître" et un important 

terrain, devraient valoir au moins 5'000'000 fr., tandis que les PPE en Valais devraient 

atteindre une valeur minimale de 2'000'000 fr.; 

qu'elle soutient que les donations effectuées par son père constituent des libéralités 

entre vifs réductibles au sens de l'article 527 CC; qu'elle allègue que sa sœur et elle-

même n'ont reçu aucun bien de leur père; qu'elle en déduit que les donations 

effectuées excèdent la quotité disponible et que sa réserve ainsi que celle de sa sœur 

sont manifestement lésées; que, dès lors que la valeur des biens faisant l'objet des 

libéralités soumises à réduction s'élève à 7'000'000 fr., "au bas mot", sa réserve (la 

même que celle de sa sœur) s'élèverait à 1'312'500 fr. (3/16 [3/4 x 1/4] de 7'000'000 

fr.);  

que la requérante et sa sœur ont ouvert action contre leurs frères, par requête de 

conciliation du 27 novembre 2014, prenant des conclusions formulées comme suit : 

"I. Constater que la valeur des actifs situés en Suisse de la succession de D_________, décédé 

le 12 mars 2005, s'élève à un montant qui sera précisé une fois les preuves utiles 

administrées, mais qui ne sera pas inférieur à Fr. 7'000'000.- (sept millions de francs). 

 II. Constater que la réserve de H_________ est de 3/16
e
. 

 III. Constater que la réserve de X_________ est de 3/16
e
.  

 IV. Fixer la valeur de la succession au moment du décès après l'addition des libéralités soumises 

à réduction. 

 V. Sur la base du résultat obtenu, fixer la valeur de la réserve de 3/16
e
 ainsi que la quotité 

disponible de la succession pour H_________. 

 VI. Sur la base du résultat obtenu, fixer la valeur de la réserve de 3/16
e
 ainsi que la quotité 

disponible de la succession pour X_________. 

 VII. Réduire d'un montant minimum de Fr. 2'625'000.- (deux millions six cent vingt cinq mille 

francs), montant qui sera précisé une fois les preuves utiles administrées, proportionnellement 

à leur valeur, la donation entre vifs du 8 février 2002 portant sur les immeubles situés sur la 

commune de J_________ et K_________ dans le canton de O_________ et la donation entre 

vifs portant sur la PPE située sur un immeuble de la commune de A_________, en Valais, 

- 6 - 

octroyées à B_________ et C_________, de telle manière à reconstituer la réserve de 

H_________ et X_________. 

 VIII. Condamner B_________ et C_________ à payer à H_________, immédiatement et 

solidairement entre eux, un montant qui sera précisé une fois les preuves utiles administrées 

mais qui ne sera pas inférieur à 1'312'500.- (un million trois cent douze mille cinq cent francs) 

avec intérêt à 5% l'an dès le 26 novembre 2014.  

 XIX. Condamner B_________ et C_________ à payer à X_________, immédiatement et 

solidairement entre eux, un montant qui sera précisé une fois les preuves utiles administrées 

mais qui ne sera pas inférieur à Fr. 1'312'500.- (un million trois cent douze mille cinq cent 

francs) avec intérêt à 5% l'an dès le 26 novembre 2014."; 

que, le 3 février 2015, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de 

P_________ a délivré l'autorisation de procéder à X_________ et à H_________; 

que c'est de la créance réclamée devant les autorités judiciaires O_________ que se 

prévaut la requérante à l'appui de sa demande de séquestre;  

que l'autorité de première instance a considéré que la requérante n'avait pas rendu 

vraisemblable qu'elle était titulaire d'une créance exigible; que, selon la magistrate, la 

créance en question est hypothétique et non exigible, dès lors que la procédure 

introduite est en cours et qu'elle n’a pas (encore) abouti à un jugement (formateur); que 

la juge suppléante a souligné que le montant à concurrence duquel le séquestre est 

demandé résulte de surcroît d'une estimation de la requérante; qu'elle en a conclu que 

celle-ci n'avait rendu vraisemblables ni l'existence, ni le montant, ni l'exigibilité de la 

créance, de sorte que la condition de l'existence de la créance n'est pas remplie; 

qu'elle a ainsi rejeté la requête de séquestre; 

que, selon l'argumentation de la requérante contenue dans son mémoire de recours, la 

juge de première instance a méconnu que non seulement a été déposée une action en 

réduction, mais également une action en restitution de la partie de la libéralité sujette à 

réduction, comme le confirment les conclusions prises, renfermant expressément des 

conclusions en paiement; que, si le jugement en réduction est certes formateur, les 

prétentions en restitution sont exigibles dès le dépôt de la demande en justice, le 

défendeur étant mis en demeure de reconstituer la réserve du demandeur par 

l'introduction de l'action, date dès laquelle le demandeur peut obtenir le versement 

d'intérêt à 5 % l'an;  

qu'elle en déduit que sa créance est bel et bien exigible depuis le 27 novembre 2014, 

date à laquelle elle a déposé une action en réduction et en restitution auprès du 

Tribunal d'arrondissement de P_________;  

- 7 - 

qu'elle ajoute, s'agissant du montant de sa créance, que, bien qu'il repose sur une 

estimation, il est tout à fait vraisemblable;  

qu'elle persiste dès lors dans sa requête de séquestre; 

que le grief pris de l'exigibilité de la créance semble fondé; 

que la demande en réduction est une action civile formatrice; que le jugement rendu 

modifie la situation juridique avec effet rétroactif au décès; que, dans certains cas 

(lorsque la promesse de donner du de cujus a déjà été exécutée, lorsque le legs a déjà 

été délivré ou lorsque les biens effectifs existant à l'ouverture de la succession ont déjà 

été partagés), l'action en réduction peut se doubler d'une action en restitution (ATF 115 

II 211 consid. 4; BOHNET, Actions civiles, Conditions et conclusions, 2014, n. 12 sv. ad 

§ 33); que, lorsqu'est seule introduite une action en réduction, le droit à la restitution 

découlant de la réduction ne naît qu'avec le prononcé du jugement; qu'en revanche, si 

l'action est couplée avec une action en restitution, le défendeur est mis en demeure par 

l'introduction de la procédure et il doit des intérêts dès ce moment-là (ATF 115 II 211 

consid. 4; arrêt 5A_97/2014 du 23 octobre 2014 consid. 5; FANKHAUSER, in 

Handkommentar zum Schweizer Privatrecht, 2012, n. 7 ad art. 522 CC);  

que, dans ces conditions, il semble qu'il faille admettre l'exigibilité de la créance (du 

moins, sous l'angle du droit suisse; cf. toutefois infra) depuis le dépôt de l'action à tout 

le moins, de sorte qu'elle pourrait justifier le prononcé d'un séquestre (voir PKG 2012 

p. 105 ss);  

que l'existence de la créance pose néanmoins problème sous un autre angle;  

qu'on ne peut ignorer l'aspect international du litige;  

que la requérante se prévaut d'une créance reposant sur le droit suisse; qu'elle a fondé 

la compétence des autorités suisses, auprès desquelles elle a déposé action, sur 

l'article 88 al. 1 LDIP, exposant, dans sa requête de conciliation, que la France ne 

s'occupe pas des immeubles situés dans les cantons de O_________ et du Valais;  

qu'elle calcule sa réserve sur la base des seuls immeubles situés en Suisse, admettant 

apparemment une scission successorale du fait des règles de droit international privé; 

que, toutefois, tant la compétence des autorités suisses que l'application du droit 

suisse sont douteuses;  

- 8 - 

que, selon le système voulu par la LDIP, les autorités judiciaires et administratives 

suisses n'ont pas de compétence directe dans le cas - comme celui d'espèce - d'un 

étranger de dernier domicile à l'étranger; qu'il se peut toutefois que l'Etat étranger ne 

s'occupe pas de biens laissés par un défunt sur sol suisse; que le droit international 

privé suisse a prévu, dans cette hypothèse, une compétence subsidiaire au lieu de 

situation; que l'article 88 al. 1 LDIP dispose ainsi que, si un étranger, domicilié à 

l'étranger à son décès, laisse des biens en Suisse, les autorités judiciaires ou 

administratives suisses du lieu de situation sont compétentes pour régler la part de 

succession sise en Suisse dans la mesure où les autorités étrangères ne s'en 

occupent pas (arrêt 5A_264/2013 du 28 novembre 2013 consid. 3.1);  

que le sens et le but de cette compétence subsidiaire des autorités suisses sont de 

prévenir un conflit négatif de compétences; qu'il convient en effet d'éviter que des 

biens situés en Suisse ne soient pas liquidés; qu'il est dans l'intérêt tant des parties 

que de la Suisse que les rapports de propriété sur des biens situés sur son sol ne 

demeurent pas indéterminés trop longtemps (arrêt 5A_264/2013 précité consid. 3.1.2);  

qu'il ne s'agit pas, en revanche, de garantir à tout potentiel héritier le droit à sa réserve 

selon le droit suisse; que ne sont visés par l'article 88 al. 1 LDIP que les biens, 

immobiliers et mobiliers, qui se trouvent sur sol suisse; que tel n'est pas le cas des 

prétentions résultant du droit à la réduction ou du droit au rapport (opinion de 

l'Obergericht de Zurich exposée au consid. 3.2 de l'arrêt 5C.291/2006 du 30 mai 2008); 

qu'en vertu de l'article 91 al. 1 LDIP, la succession d'une personne qui a eu son dernier 

domicile à l'étranger est régie par le droit que désignent les règles de droit international 

privé de l'Etat dans lequel le défunt était domicilié; qu'il s'agit de l'une des hypothèses 

de renvoi au sens de l'article 14 al. 1 LDIP; qu'il convient d'appliquer les règles de 

conflit du pays étranger du domicile comme elles sont appliquées dans ce pays 

(BUCHER, Commentaire romand, 2011, n. 1 ad art. 91 LDIP; SCHNYDER/LIATOWITSCH, 

Commentaire bâlois, 2013, n. 6 ad art. 91 LDIP);  

que les règles de conflit françaises (règles jurisprudentielles) soumettent les 

successions mobilières à la loi du dernier domicile du défunt et les successions 

immobilières à la loi du lieu de situation (Code civil Dalloz, 2015, n. 91 et 92 ad art. 3 

CCF), étant précisé que cette loi s'entend de l'ordre juridique étranger dans son 

ensemble; que, selon la jurisprudence de la Cour de cassation française, l'éventuel 

renvoi opéré par la loi de situation de l'immeuble est admis s'il assure l'unité 

successorale et l'application d'une même loi aux meubles et aux immeubles (cf. 

- 9 - 

notamment arrêt du 11 février 2009 de la Cour de cassation française [arrêt Riley], cité 

in Code civil Dalloz, 2015, n. 91 ad art. 3 CCF, ledit arrêt traitant d'une donation [vente 

déguisée] portant sur des immeubles situés à Majorque); que le renvoi est également 

admis du point de vue de la compétence juridictionnelle; que la Cour de cassation 

française a en effet (récemment) étendu la compétence des tribunaux français à des 

immeubles situés à l’étranger (arrêt du 23 juin 2010 [arrêt Tassel Carvalho], cité in 

Code civil Dalloz 2015, n. 91 ad art. 3 CCF);  

qu'en l'occurrence, il n'existe pas, en Suisse, de biens laissés par le de cujus; que les 

prétentions résultant du droit à la réduction dont se prévaut la requérante ne 

constituent pas un bien au sens de l'article 88 LDIP; que, dès lors, les autorités 

judiciaires O_________ ne semblent pas compétentes pour statuer sur ces 

prétentions; que le fait que l'autorité de conciliation saisie ait délivré l'autorisation de 

procéder ne démontre pas encore le contraire;  

qu'au demeurant, la compétence des tribunaux français pour traiter des éventuels 

droits de la requérante résultant des donations effectuées par son père n'est nullement 

exclue, loin s'en faut;  

que, dans un cas comme celui d'espèce, il est vraisemblable les juges français 

admettraient le renvoi opéré par le droit suisse (art. 91 al. 1 LDIP) et appliqueraient le 

droit matériel français, dès lors que ce mécanisme permettrait l'application de la même 

loi (la loi française) aux meubles et aux immeubles (voir à cet égard l'arrêt rendu le 18 

février 2010 par la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois, consid. IV a);  

que la créance invoquée semble ainsi être soumise au droit français;  

que ce droit contient des dispositions similaires à celles du droit suisse en matière de 

réduction des libéralités entre vifs en cas de lésion de la réserve héréditaire (cf. art. 

920 ss CCF); qu'en outre, la quotité de la réserve est, dans l'hypothèse qui nous 

occupe, la même qu'en droit suisse (art. 913 CCF); qu'ainsi, il n'est pas exclu que la 

requérante prétende à juste titre, sur la base du droit français, à un montant du fait des 

donations consenties ; 

que, cela étant, à supposer que les tribunaux français soient compétents et que le droit 

français soit applicable, il s'agirait, pour déterminer la réserve de la requérante et une 

éventuelle lésion de celle-ci, de prendre en compte l'intégralité de la succession (à tout 

le moins les biens situés en France);  

- 10 - 

que, si le renvoi devait ne pas être admis par le droit international privé français et qu'il 

faille appliquer le droit matériel suisse à la partie de la succession sise en Suisse, il y 

aurait lieu également de prendre en compte la dévolution successorale étrangère, 

comme le préconise la doctrine majoritaire (LEUPIN, La prise en compte de la masse 

successorale étrangère en droit successoral suisse, 2010, p. 464; BUCHER, n. 10 ad 

art. 90 LDIP; SCHNYDER/LIATOWITSCH, n. 17 ad art. 91 LDIP);  

qu'en l'occurrence, dans la mesure où la requérante n'a pas rendu vraisemblable 

qu'elle n'a perçu aucun bien ou qu'elle n'est titulaire d'aucune prétention à la suite du 

décès de son père (on ignore tout de l'état de la succession en France), le montant de 

sa réserve héréditaire, de même que l'éventuelle lésion de celle-ci ne sont pas établis, 

même au niveau de preuve requis en matière de séquestre; que ce constat vaut que la 

créance soit soumise au droit suisse ou au droit français;   

qu'en sus, quoi qu'il en soit du droit applicable, et bien qu'on ne puisse se montrer trop 

exigeant en matière de quotité de la créance, il y a lieu de relever que, en l'occurrence, 

le montant de la créance allégué est plus qu'incertain; que, premièrement, la valeur 

des immeubles concernés n'est pas connue, le montant articulé par la requérante ne 

reposant sur aucune preuve; que les parts d'étages sises en Valais n'ont pas toutes 

été cédées par le de cujus, ou pas exclusivement par lui (les PPE n
os

 xxx2 et xxx3 

appartenaient au de cujus et à son ancienne épouse à raison d'une moitié chacun; les 

PPE n
os

 xxx1 [plus précisément les 3/48
èmes

 de celle-ci] et xxx4 n'appartenaient qu'à 

cette dernière); que la requérante n'a pas non plus rendu vraisemblable que ces PPE 

auraient été remises à titre gratuit; qu'ainsi, les calculs opérés par la requérante 

reposent sur de pures estimations manquant singulièrement de précision, voire sur de 

simples allégations; qu'or, la quotité de la créance doit également être rendue 

vraisemblable;  

qu'enfin, dans l'hypothèse, défendue par la requérante, de l'application du droit suisse, 

celle-ci n'a pas rendu vraisemblable qu'elle aurait respecté le délai (de péremption; cf. 

notamment FORNI/PIATTI, Commentaire bâlois, 2011, n. 1 ad art. 533 CC) de l'article 

533 al. 1 CC, de sorte que le bien-fondé de sa créance doit également être nié de ce 

point de vue;  

qu'en définitive, l'existence de la créance invoquée, de même que sa quotité n'ont pas 

été rendues suffisamment vraisemblables;  

qu'aussi, c'est à juste titre que la juge de première instance a rejeté la demande de 

séquestre; que le recours doit, partant, être rejeté;  

- 11 - 

que la juge de première instance a refusé d'octroyer l'assistance judiciaire en raison de 

l'absence de chances de succès de la requête de séquestre; qu'elle a purement et 

simplement renvoyé aux motifs de sa décision refusant ladite requête; 

que la recourante conteste l'absence de chances de succès, pour les motifs invoqués 

dans son recours dirigé contre le refus de séquestre; 

que la pertinence du grief pris de l'exigibilité de la créance a été reconnue;   

que le recours n'en a pas moins été rejeté au motif, notamment, que le bien-fondé et la 

quotité de la créance n'ont pas été rendus vraisemblables; que la lésion de la réserve 

héréditaire n'a pas été établie, dès lors que la requérante n'a pas rendu vraisemblable 

qu'elle n'a pas perçu des biens à la suite du décès de son père, respectivement qu'elle 

n'est pas titulaire de prétentions sur des biens extants (ou biens existants) dans le 

cadre de la succession ouverte en France dont il faudrait tenir compte dans le calcul de 

la réserve (cf. GRIMALDI, Droit civil, Successions, 1989, p. 656, n° 718, p. 673 ss, n
os

 

673 ss, p. 745, n° 824 : "la libéralité n'est réduite que dans la mesure nécessaire pour 

parfaire les parts de réserve des demandeurs"); 

que, dans ces conditions, la requête de séquestre apparaissait d'emblée dépourvue de 

chance de succès (art. 117 let. b CPC a contrario);  

que le recours interjeté contre la décision refusant l'assistance judiciaire doit ainsi 

également être rejeté;  

que la recourante requiert d'être mise au bénéfice de l'assistance judiciaire en 

procédure de recours (contre la décision de refus de séquestre); que, compte tenu des 

motifs exposés ci-avant, son recours était d'emblée dépourvu de chances de succès 

(art. 117 let. b CPC a contrario);  

que, vu le sort de la cause, les frais sont mis à la charge de la recourante qui 

succombe (art. 106 al. 1 CPC); que, compte tenu de la difficulté ordinaire de la cause 

et de la valeur litigieuse, ils sont fixés à 600 fr. (art. 48 et 61 al. 1 OELP); 

 
Par ces motifs,  

  

- 12 - 

 

Prononce 

 

1. Les causes TCV LP 15 8 et TCV C3 15 34 sont jointes.  

2. La requête d'assistance judiciaire formée par X_________ en instance de recours 

(TCV LP 15 8) est rejetée. 

3. Le recours interjeté par X_________ contre la décision rejetant sa demande de 

séquestre (LP 15 147) est rejeté. 

4. Le recours interjeté par X_________ contre la décision de refus d'assistance 

judiciaire en première instance (C2 15 52) est rejeté.  

5. Les frais, par 600 fr., sont mis à la charge de X_________.   

Sion, le 13 avril 2015