# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7ad2df2f-c42f-5ec4-ad1d-33bcdfbb2102
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites Plainte / 2025 / 3
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_Plainte---2025---3_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

FA24.041612-241529

35 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
3 mars 2025

__________________

Composition
:               M.             
Hack,
président

             
              Mmes             
Byrde et Giroud Walther, juges

Greffier
              :             
Mme              Joye

 

 

*****

 

 

Art.
17 LP

 

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal prend séance à huis clos, en sa qualité
d'autorité cantonale supérieure de surveillance, pour statuer sur le recours interjeté
par A.________,
à Montreux, contre la décision rendue le 29 octobre 2024 par le
Président du Tribunal d’arrondissement de l’Est vaudois, autorité inférieure
de surveillance, dans la procédure de plainte ouverte par le recourant contre
une décision de saisie de l’Office
des poursuites du district de La Riviera –
Pays-d'Enhaut, à Vevey.

 

             
Vu les pièces du dossier, la cour considère :

 

             
En fait :

 

 

1.             
a)
Par décision du 6 septembre
2024, l’Office des poursuites du district de La Riviera – Pays-d’Enhaut (ci-après :
l’Office) a fixé la saisie de salaire de A.________ à 400 fr. par mois dès
le 1er
septembre 2024. Le calcul effectué prenait en compte une prestation perçue de l’assurance-chômage
de 3'451 fr. 40, une base mensuelle de 1'200 fr. et des charges propres payées totalisant 1'848
fr. 15 (1'226 fr. de loyer mensuel, 150 fr. de frais de recherche d’emploi et 472 fr. 15 de frais
de garde d’enfants). N’ont pas été prises en compte dans le calcul du minimum vital :
les primes d’assurance-maladie du débiteur (pour non-paiement) et les contri-butions d’entretien
concernant les deux enfants de l’intéressé dont celui-ci se prévalait.

 

             
b)
Le 17 septembre 2024, A.________
a déposé plainte au sens de l’art. 17 LP (loi fédérale du 11 avril 1889 sur
la poursuite pour dettes et la faillite ; RS 281.1) contre l’avis de saisie précité,
reprochant à l’Office de ne pas avoir tenu compte d’une contribution d’entretien
de 400 fr. en faveur de sa fille [...],
née le [...] 2022. 

 

             
A l’appui de sa plainte, A.________ a produit notamment une convention
relative à l’entretien de sa fille [...] qu’il a passée avec [...] lors d’une
audience du 10 janvier 2024 par devant la Présidente du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est
vaudois, dont le chiffre III a la teneur suivante : 

 

«
Ill.-               Vu sa situation
actuelle, A.________ est libéré en l'état de toute contribution d'entretien en faveur
de sa fille [...], née le [...] 2022, étant précisé que les allocations familiales
restent acquises à [...].

 

A.________
s'engage à informer immédiatement [...] de toute modification qui interviendrait dans sa situation
professionnelle, financière et/ou de santé. Il s'engage en particulier à transmettre spontanément
à [...] son certificat de salaire annuel dans les dix jours suivant sa réception et d'informer
en particulier cette dernière de tout dépôt de demande Al en sa faveur, cas échéant
de l'avancement d'une telle procédure Al. ».

 

             
c) Par
décision du 26 septembre 2024, l’Office a informé le plaignant qu’un montant de
212 fr. 70 lui serait restitué sur les retenues opérées sur ses revenus des mois de juillet
et août 2024. S’agissant de sa décision du 6 septembre 2024, il a exposé les détails
du calcul qu’il avait effectué pour arriver au montant saisi de 400 francs. L’Office
a notamment indiqué que si les contributions d’entretien concernant les deux enfants du débiteur
n’ont pas été prises en compte dans le calcul de son minimum vital, c’est en raison
du fait que le plaignant ne s’en acquittait pas.

 

             
d)
Interpellé par le président ensuite de la nouvelle décision de l’Office du 26 septembre
2024, A.________ a confirmé, par lettre du 30 sep-tembre 2024, qu’il maintenait sa plainte
du 17 septembre 2024.

 

             
Par déterminations du 3 octobre 2024, l’Office a conclu au rejet de la plainte.

 

             
Une audience a été tenue le 8 octobre 2024 en présence du plaignant et de deux représentants
de l’Office. 

 

 

2.             
Par décision
rendue le 29 octobre 2024, le Président du Tribunal d’arrondissement de l’Est vaudois
a rejeté la plainte de A.________
du 
17 septembre 2024 (I)
et a rendu sa décision sans frais (II).

 

 

3.             
Par acte déposé le 9 novembre 2024, A.________
a recouru contre cette décision, concluant implicitement à l’admission de sa plainte.

 

 

             
En droit :

 

 

I.             
Le recours, formé contre une
décision de l’autorité inférieure de surveil-lance dans le délai de dix jours
suivant sa notification (art. 18 al. 1 LP et art. 28 al. 1 LVLP [loi d’application dans le Canton
de Vaud de la LP ; BLV 280.05]), a été déposé en temps utile. Il comporte une
conclusion implicite et des moyens compré-hensibles, de sorte qu’il est conforme aux exigences
de l’art. 18 LP et de la jurispru-dence y relative en matière de motivation (TF 5A_118/2018
du 7 février 2018 consid. 4.1 et les références citées). Le recours est dès
lors recevable.

 

II.             
a)
La plainte du 17 septembre 2024 est dirigée contre l’avis de saisie de l’Office du 6
septembre 2024. Le 26 septembre 2024, l’Office a rendu une nouvelle décision, qui confirme
toutefois celle du 6 septembre 2024 s’agissant du montant de la saisie fixée à 400 fr.
par mois dès le 1er
septembre 2024. Le 30 septembre 2024, le recourant a indiqué qu’il maintenait sa plainte.

 

             
Le recourant reproche à l’Office de ne pas avoir tenu compte, dans le calcul de son minimum
vital, d’une contribution d’entretien de 400 fr. par mois en faveur de sa fille [...],
née le [...] 2022.

 

             
b)
Pour fixer le montant saisissable,
l'Office des poursuites doit d'abord tenir compte de toutes les ressources du débiteur ; puis, après
avoir déterminé le revenu global brut, il évalue le revenu net en opérant les déductions
correspondant aux charges sociales et aux frais d'acquisition du revenu ; enfin, il déduit du revenu
net les dépenses nécessaires à l'entretien du débiteur et de sa famille, en s'appuyant
généralement pour cela sur les Lignes directrices pour le calcul du minimum
vital du droit des poursuites
selon l’art. 93 LP édictées par la Conférence des préposés aux poursuites
et faillites de Suisse (TF 7B.77/2002 du 21 juin 2002 consid. 2.2 et les références citées ;
TF 5A_792/2021 du 30 novembre 2021 consid. 3.1.1, TF 5A_1/2017 du 7 juillet 2017 consid. 2.1 ; TF
5A_16/2011 du 2 mai 2011 consid. 2.1). 

 

             
Pour être retenues, les charges composant le minimum vital doivent être effectivement
payées (ATF 121 III 20 consid. 3, JdT 1997 II 163 ; ATF 112 III 19 consid. 4, JdT 1988
II 118, SJ 1988, p. 13). A cet égard, l’Office des poursuites ne doit pas se contenter des
déclarations du poursuivi ; il peut exiger la production des justificatifs de paiement (TF
5A_266/2014 du 11 juillet 2014 consid. 8.2.1). 

 

             
c)
En l’espèce, pour étayer sa plainte, le recourant a produit une con-vention qu’il
a passée avec [...] lors d’une audience du 10 janvier 2024 par devant la Présidente du
Tribunal civil de l'arron-dissement de l'Est vaudois. Il ressort toutefois de cette convention (chiffre
III) que le recourant, vu sa situation actuelle, est libéré de toute contribution d’entretien
en faveur de sa fille [...], née le [...] 2022. Le recourant s’est certes engagé à
informer la mère de sa fille de toute modification qui interviendrait dans la situation, mais cet
engagement ne change rien au fait qu’en l’état, il ne verse aucune pension pour l’enfant
prénommée, le contraire n’étant pas démontré.

 

             
Dans ces circonstances, c’est à juste titre que l’Office n’a pas pris en considération,
dans le calcul du minimum vital du recourant, la contribution d’entre-tien alléguée.
C’est donc également à bon droit que le premier juge a rejeté la plainte.

 

 

III.             
Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté et la décision de première
instance confirmée.

 

             
L’arrêt est rendu sans frais judiciaires ni dépens (art. 20a ch. 5 LP ; art. 61
al. 2 let. a et 62 al. 2 OELP [ordonnance du 23 septembre 1996 sur les émolu-ments perçus en
application de la LP : RS 281.35])

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité cantonale

supérieure
de surveillance,

p
r o n o n c e :

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
La décision du 29 octobre 2024 est confirmée.

 

             
III.             
L’arrêt, rendu sans frais judiciaires
ni dépens, est exécutoire.

 

Le
président :              La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. A.________,

-             
M. le Préposé à l’Office des poursuites du
district de La Riviera – Pays-d’Enhaut.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les
dix jours – cinq jours dans la poursuite pour effets de change – qui suivent la présente
notification (art. 100 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
M. le Président du Tribunal d'arrondissement de l’Est vaudois, autorité inférieure
de surveillance.

 

             
La greffière :