# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f6002712-b9f7-5f5a-9f00-49f9c8d491f0
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2024-02-19
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 19.02.2024 A-5615/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_A-5615-2020_2024-02-19.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour I 

A-5615/2020 

 

 
 

  A r r ê t  d u  1 9  f é v r i e r  2 0 2 4  

Composition 
 Annie Rochat Pauchard (présidente du collège),  

Keita Mutombo, Jürg Steiger, juges, 

Loucy Weil, greffière. 
 

 
 

Parties 
 A._______SA,  

représentée par  

BfB Société Fiduciaire Bourquin frères et Béran SA,  

recourante,  

 
 

 
contre 

 
 Administration fédérale des contributions (AFC),  

Division principale de l'impôt fédéral direct, de l'impôt 

anticipé, des droits de timbre,  

autorité inférieure.   
 

 
 

Objet 
 Droit de timbre de négociation. 

 

 

 

A-5615/2020 

Page 2 

Faits : 

A.  

A.a A._______SA (ci-après : la recourante ou A._______SA), dont le siège 

est à (…), est inscrite au registre du commerce depuis le (…) 2006. Elle a 

pour but statutaire la fourniture de conseils et de services financiers en 

rapport avec la gestion de patrimoine, et emploie deux personnes à cet 

effet dans ses bureaux à (…). Etant donné son but social, la recourante est 

enregistrée en qualité de commerçante de titres auprès de l’Administration 

fédérale des contributions (ci-après : l’AFC ou l’autorité inférieure).       

A.b La société B._______Ltd (ci-après : B._______Ltd), fondée en 2003, 

a ses bureaux à (…) où elle emploie une vingtaine de personnes. Elle 

figure au registre des services financiers de la Financial Conduct Authority 

(FCA).   

A.c Appartenant toutes deux au groupe (…) – qui compte également une 

société sise au (…) – A._______SA et B._______Ltd ont conclu un contrat 

de sous-traitance (sub-contracting agreement du 28 février 2009 [titre 4 du 

bordereau de la recourante]) et un contrat de partage des coûts (cost 

sharing agreement du 12 septembre 2012 [titre 5 du bordereau de la 

recourante]), qui régissent leurs relations. Il en ressort, en substance, que 

la gestion, respectivement l’exécution des contrats de gestion de fortune 

signés par la recourante avec ses clients est entièrement déléguée à 

B._______Ltd, moyennant compensation financière.  

B.  

A l’occasion d’un contrôle fiscal opéré le 12 juillet 2017 dans les locaux de 

la recourante, portant sur les années 2012 à 2016, l’AFC a constaté que 

celle-ci n’avait pas décompté et payé de droit de timbre de négociation en 

lien avec ses clients ayant des comptes auprès de banques établies à 

l’étranger, à l’exception des transactions effectuées en relation avec la 

banque C._______Ltd à (…) – quant auxquelles le droit de timbre de 

négociation avait été déclaré et payé. Après plusieurs échanges avec 

A._______SA, l’AFC lui a indiqué, par bulletin de constatation du 15 février 

2018, que le montant dû au titre du droit de timbre de négociation pour les 

années fiscales 2012 à 2016 s’élevait à Fr. 71'494.50 (hors intérêts 

moratoires).  

A-5615/2020 

Page 3 

C.  

Sous pli du 26 février 2018, la recourante a contesté la reprise et requis la 

notification d’une décision formelle à cet endroit. En date du 27 février 

2018, elle s’est acquittée sous réserve du montant de Fr. 71'494.50, soit 

sans reconnaissance du bien-fondé de la créance fiscale.  

D.  

Par décision n° *** du 15 octobre 2018, l’autorité inférieure a fixé le montant 

dû au titre du droit de timbre de négociation pour la période concernée à 

Fr. 71'494.50, les intérêts moratoires étant dus en sus.   

E.  

E.a Le 2 novembre 2018, la recourante a déposé une réclamation à 

l’encontre de la décision du 15 octobre 2018, contestant être redevable du 

droit de timbre de négociation pour les transactions concernées. Elle 

plaide, en substance, que les conditions du prélèvement de l’impôt ne 

seraient pas réalisées, dès lors qu’elle n’aurait joué aucun rôle dans les 

transactions en cause, au profit de B._______Ltd.   

E.b Sous pli du 24 janvier 2019, l’AFC a informé la recourante qu’elle 

entendait modifier la décision n° *** en sa défaveur, soit soumettre à l’impôt 

des transactions concernant un client, Monsieur D._______, dont 

l’exonération avait jusqu’alors été requise. Plusieurs échanges ont eu 

cours entre les parties à ce propos, dans le cadre desquels la recourante 

a soumis ses déterminations et différentes pièces utiles à l’AFC. 

A._______SA soutient, eu égard à ces transactions, qu’elles seraient 

exonérées du droit de timbre de négociation à raison de la qualité 

d’investisseur exonéré des contractants.     

F.  

Par décision sur réclamation du 9 octobre 2020, l’autorité inférieure a rejeté 

la réclamation formée par A._______SA et réformé la décision du 

15 octobre 2018, en ce sens que le montant de la reprise a été augmenté 

à concurrence de Fr. 89'629.54 pour la période fiscale considérée. La 

décision n° *** a été confirmée pour le surplus.    

G.  

Sous pli du 9 novembre 2020, complété par correspondance du lendemain 

10 novembre 2020, la recourante a déféré la décision de l’AFC du 

9 octobre 2020 au Tribunal administratif fédéral (ci-après : le TAF, le 

Tribunal ou la Cour de céans). Elle conclut à l’annulation de la décision 

attaquée et à ce qu’aucun droit de timbre ne lui soit réclamé.     

A-5615/2020 

Page 4 

H.  

Dans sa réponse du 9 février 2021, l’AFC a conclu au rejet du recours sous 

suite de frais.   

I.  

Par réplique du 15 mars 2021, la recourante a précisé ses moyens et 

conclu à la réforme de la décision attaquée dans le sens de ses écritures.  

J.  

Aux termes de sa duplique du 6 avril 2021, l’autorité inférieure a de même 

complété ses arguments et confirmé les conclusions de sa réponse.  

Les autres faits et arguments des parties seront repris, pour autant que 

nécessaire, dans les considérants en droit ci-après.  

 

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l’art. 32 de la loi fédérale du 

17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32) – non 

réalisées en l’espèce – celui-ci connaît, conformément à l’art. 31 LTAF, des 

recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 

20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021), 

prises par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF, dont l’AFC. 

La procédure de recours devant le Tribunal est régie par la PA, pour autant 

que la LTAF n’en dispose pas autrement (art. 37 LTAF). 

1.2 Le recours déposé répond aux exigences de forme et de fond de la 

procédure administrative (art. 50 al. 1 et 52 al. 1 PA), la recourante, en 

qualité de destinataire de la décision attaquée, disposant en outre 

manifestement de la qualité pour recourir (art. 48 PA).  

Il est donc entré en matière sur le recours.  

2.  

La recourante peut invoquer la violation du droit fédéral, y compris l’excès 

ou l’abus du pouvoir d’appréciation, la constatation inexacte ou incomplète 

des faits pertinents, ainsi que l’inopportunité, à moins qu’une autorité 

cantonale ait statué comme autorité de recours (art. 49 PA ; ANDRÉ 

MOSER/MICHAEL BEUSCH/LORENZ KNEUBÜHLER/MARTIN KAYSER, 

A-5615/2020 

Page 5 

Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, 3e éd., 2022, n° 2.149). 

La Cour de céans dispose ainsi d’un plein pouvoir de cognition. Elle 

constate les faits et applique le droit d’office (art. 62 al. 4 PA). Cela étant, 

le Tribunal se limite en principe aux griefs invoqués et n’examine les autres 

points que dans la mesure où les arguments des parties ou le dossier l’y 

incitent (ATF 135 I 91 consid. 2.1 ; ATAF 2014/24 consid. 2.2).  

3.  

En l’espèce, la recourante conteste principalement avoir participé à des 

transactions soumises au droit de timbre, en ce sens qu’elle n’aurait 

assumé aucun rôle actif ou causal à leur égard. Seule B._______Ltd serait 

intervenue, en qualité d’intermédiaire, dans lesdites transactions, dès lors 

qu’elle aurait passé les ordres et entrepris des actions concrètes. La 

recourante en déduit que les opérations en question ne seraient pas 

soumises à l’impôt. A titre subsidiaire, elle conteste la reprise en tant qu’elle 

porte sur les transactions liées au client D._______ ; elles seraient en effet 

exonérées de par la qualité des deux investisseurs – qui seraient 

respectivement un fonds de prévoyance et une assurance-vie de droit 

anglais. La recourante s’en prend de plus aux procédés de l’autorité 

inférieure, estimant en particulier que la reformatio in pejus opérée par 

l’AFC porterait atteinte à ses droits.   

La Cour procèdera donc à un rappel du droit applicable en matière de droit 

de timbre de négociation (cf. consid. 4), y compris s’agissant de la notion 

d’intervention d’un commerçant suisse de titres, contestée en l’espèce (cf. 

consid. 4.1.4), et de l’exonération invoquée (cf. consid. 4.1.5). Le Tribunal 

évoquera ensuite succinctement les principes pertinents en matière de 

reformatio in pejus (cf. consid. 5), avant d’analyser les griefs de la 

recourante (cf. consid. 6 et 7).      

4.  

4.1 La Confédération perçoit des droits de timbre, notamment, sur la 

négociation de titres suisses et étrangers (art. 1 al. 1 let. b de la loi fédérale 

du 27 juin 1973 sur les droits de timbre [LT, RS 641.10]), soit sur les 

transactions juridiques (ATF 143 II 350 consid. 2.2). Plus spécifiquement, 

le droit de négociation a pour objet le transfert à titre onéreux de la propriété 

des documents imposables, si l’un des contractants ou l’un des 

intermédiaires est un commerçant de titres (art. 13 al. 1 LT) et pourvu 

qu’aucune exception ne soit réalisée (art. 14, 17a et 19 LT). Le prélèvement 

d’un droit de négociation suppose ainsi la réalisation des 

conditions suivantes : (1) l’existence d’un document imposable, (2) un 

transfert de la propriété de ce document, (3) le caractère onéreux du 

A-5615/2020 

Page 6 

transfert, (4) l’intervention dans l’opération d’un commerçant suisse de 

titres et (5) la non-réalisation d’un cas prévu aux art. 14, 17a et 19 LT (cf. 

arrêt du TAF A-5038/2020 du 23 novembre 2021 consid. 2.1 ; MARTIN 

BÜELER, in : Zweifel/Beusch/Bauer-Balmelli [éd.], Kommentar zum 

schweizerischen Steuerrecht, Bundesgesetz über die Stempelabgaben, 

2e éd., 2019 [ci-après : Kommentar StG 2019], n° 1 s. ad art. 13).  

4.1.1 Sont des documents imposables les obligations, les actions, les parts 

de sociétés commerciales, les bons de participation, les bons de 

jouissance, les parts de placements collectifs et d’autres documents 

similaires émis par une personne domiciliée en Suisse (art. 13 al. 2 let. a 

et c LT). Les titres émis par une personne domiciliée à l’étranger sont 

également imposables pourvu qu’ils remplissent les mêmes fonctions 

économiques que les documents énumérés ci-avant (art. 13 al. 2 let. b LT).    

4.1.2 Le transfert de propriété se règle selon les prescriptions du droit civil, 

sous réserve d’un cas d’évasion fiscale, dans le cadre duquel la maîtrise 

économique des biens en cause pourra être considérée (ATF 143 II 350 

consid. 2.3). La notion de transfert de propriété au sens de l’art. 13 al. 1 LT 

a toutefois une portée plus large qu’en droit civil, en tant qu’elle comprend 

également l’acquisition originaire, c’est-à-dire la remise du titre au premier 

acquéreur (arrêt du TAF A-2347/2014 du 29 septembre 2015 consid. 2.3 ; 

FILIPPO LURÀ, in : Oberson/Hinny [éd.], LT – Commentaire droits de timbre, 

2006 [ci-après : Commentaire LT 2006], n° 39 ad art. 13).  

4.1.3 Pour être imposable, l’opération de transfert de la propriété du titre 

doit avoir lieu à titre onéreux, en ce sens que l’acquéreur doit effectuer une 

certaine prestation en faveur de son cocontractant. A cet égard, il suffit qu’il 

existe un lien étroit entre le transfert de la propriété et la prestation de 

l’acquéreur (ATF 108 Ib 28 consid. 5b ; arrêt du TAF A-6120/2007 du 

19 octobre 2009 consid. 1.8 ; LURÀ, Commentaire LT 2006, n° 53 

ad art. 13), étant précisé que dite prestation n’a pas nécessairement à être 

monétaire (cf. art. 16 al. 2 LT ; HANS-PETER HOCHREUTENER, Die 

Eidgenössischen Stempelabgaben und die Verrechnungssteuer, 2013, 

p. 218).         

4.1.4 Le droit de négociation n’est prélevé que moyennant l’intervention 

d’un commerçant professionnel de titres à la transaction.  

4.1.4.1 Les commerçants de titres, soit des personnes ou entités pratiquant 

le commerce de documents imposables à titre professionnel, sont 

exhaustivement énumérés à l’art. 13 al. 3 LT (HOCHREUTENER, op. cit., 

A-5615/2020 

Page 7 

p. 214 ; LURÀ, Commentaire LT 2006, n° 59 s. ad art. 13). Seuls les 

nationaux – à savoir, s’agissant des personnes morales, celles qui ont leur 

siège statutaire ou légal en Suisse ou qui y sont inscrites au registre du 

commerce – peuvent revêtir cette qualité (art. 13 al. 3 let. b LT cum art. 4 

al. 1 LT). Ainsi, sont notamment des commerçantes de titres les personnes 

morales suisses dont l’activité consiste exclusivement, ou pour une part 

essentielle, à s’entremettre en tant que conseiller en placement ou gérant 

de fortune dans l’achat et la vente de documents imposables 

(« intermédiaires » ; art. 13 al. 3 let. b ch. 2 LT).  

4.1.4.2 Le commerçant de titres, défini comme tel sur la base de l’art. 13 

al. 3 LT, doit accomplir un acte concret tel qu’évoqué à l’art. 13 al. 1 LT, 

c’est-à-dire participer à l’opération en tant que contractant ou intermédiaire 

(cf. arrêt du TAF A-5038/2020 du 23 novembre 2021 consid. 2.4.2). 

L’intervention du commerçant de titres en qualité d’intermédiaire implique 

– à l’instar d’un courtier (cf. arrêt du TF 2C_638/2020 du 25 février 2021 

consid. 3.4 [traduit in : Revue de droit administratif et de droit fiscal {RDAF} 

2021 II 580, 584]) – qu’il assume un rôle causal dans la conclusion de la 

transaction, en ce sens que son activité a pour but de provoquer la 

conclusion de la transaction. L’on ne peut toutefois limiter la conception du 

rôle causal aux seuls cas où la transaction n’aurait pas été conclue sans la 

contribution du commerçant de titres ; un effet causal peut en effet exister 

même si le commerçant de titres s’est retiré peu avant la conclusion de la 

transaction, ou si son nom ne figure dans aucun des documents y relatifs. 

Une contribution causale est ainsi donnée lorsque le commerçant de titres 

s’implique dans une transaction concrète dans une mesure qui contribue à 

sa réussite (HOCHREUTENER, op. cit., p. 238).  

4.1.4.3 Il convient ici de relever, à des fins de clarté, que le concept 

d’intermédiaire utilisé à l’art. 13 al. 3 let. b ch. 2 LT (relatif à la qualité de 

commerçant de titres) ne se recoupe pas avec la notion d’intermédiaire 

évoquée à l’art. 13 al. 1 LT (relative à l’acte concret que doit accomplir le 

commerçant de titres), ni d’ailleurs avec celle mentionnée à l’art. 17 al. 3 

LT (relative à l’aménagement technique de la perception du droit ; arrêt du 

TAF A-5038/2020 du 23 novembre 2021 consid. 2.4). L’art. 13 al. 3 let. b 

ch. 2 LT désigne un groupe de personnes (les conseillers en placement ou 

les gérants de fortune professionnels) comme des « intermédiaires » et les 

qualifie de commerçants de titres. L’art. 13 al. 1 LT exige, pour sa part, 

qu’un commerçant de titres participe à l’opération en qualité de contractant 

ou d’intermédiaire ; il n’exige pas, en revanche, que ledit « intermédiaire » 

soit un conseiller en placement ou un gérant de fortune professionnel. 

Quant à l’art. 17 al. 3 LT, il définit le groupe de personnes qui doivent payer 

A-5615/2020 

Page 8 

le droit de négociation, lorsque l’état de fait de l’art. 13 al. 1 LT est réalisé, 

et permet d’éviter une imposition multiple en cas de transferts en chaîne 

avec plusieurs commerçants de titres (arrêt du TF 2C_638/2020 du 

25 février 2021 consid. 3.2 [traduit in : RDAF 2021 II 580, 585 s.]).            

4.1.5 Le prélèvement du droit de timbre suppose enfin qu’aucune 

exception ou exonération ne soit réalisée.  

4.1.5.1 Sous le titre « exceptions », l’art. 14 al. 1 LT énumère les opérations 

qui ne sont pas soumises au droit à raison de la transaction elle-même, 

soit celles qui n’entrent pas dans le champ de l’impôt. Cela comprend par 

exemple les opérations qui sont déjà soumises au droit de timbre 

d’émission (let. a et b).  

4.1.5.2 Les art. 17a et 19 LT prévoient pour leur part des exceptions à 

l’impôt liées à la qualité des parties à la transaction (HOCHREUTENER, 

op. cit., p. 224 ss), lesquelles visent à améliorer la compétitivité 

internationale de la place financière suisse. Cela concerne notamment un 

certain nombre d’investisseurs institutionnels étrangers (MARTIN STEINER/ 

PETER LANG, Kommentar StG 2019, n° 1 ad art. 17a). Ainsi, à teneur de 

l’art. 17a al. 1 let. e LT, les institutions étrangères de prévoyance 

professionnelle – à savoir les institutions qui servent à la prévoyance 

vieillesse, survivants et invalidité, dont les fonds sont affectés durablement 

et exclusivement à la prévoyance professionnelle et qui sont soumises à 

une surveillance équivalente à celle de la Confédération (cf. art. 17a al. 3 

LT) – sont considérées comme des investisseurs exonérés. Sont 

également considérés comme des investisseurs exonérés les sociétés 

d’assurances sur la vie étrangères soumises à une réglementation 

étrangère prévoyant une surveillance équivalente à celle de la 

Confédération (cf. art. 17a al. 1 let. f LT). La justification de la qualité 

d’investisseur exonéré d’un contractant implique que le demi-droit afférent 

à sa participation à l’opération n’est pas dû (art. 17 al. 2 LT).   

4.1.5.3 Conformément aux règles sur la répartition du fardeau de la preuve, 

il incombe à l’autorité fiscale d’établir les faits qui fondent ou augmentent 

l’imposition, tandis que le contribuable supporte la charge de la preuve des 

faits qui diminuent ou lèvent l’imposition (arrêt du TAF A-5038/2020 du 

23 novembre 2021 consid. 1.5.2 et les réf. cit.). Le fardeau de la preuve en 

matière d’exonération incombe dès lors au commerçant de titres 

(STEINER/LANG, Kommentar StG 2019, n° 31 ad art. 17a), étant relevé que 

la forme sous laquelle la qualité d’investisseur exonéré doit être justifiée 

A-5615/2020 

Page 9 

n’est pas définie dans la loi (cf. Circulaire n° 12 « Droit de timbre de 

négociation » de l’AFC du 10 mars 2011, ch. 49).   

4.2 La créance fiscale prend naissance au moment de la conclusion de 

l’opération, ou de son exécution en cas d’opération conditionnelle ou 

accordant un droit d’option (art. 15 LT). Elle est calculée sur la 

contre-valeur, à savoir sur la somme d’argent payée ou sur la valeur vénale 

de la contre-prestation convenue ; le droit de négociation s’élève à 1,5 ‰ 

pour les titres émis par une personne domiciliée en Suisse, et à 3 ‰ pour 

les documents émis par une personne domiciliée à l’étranger (art. 16 LT en 

relation avec l’art. 4 al. 2 LT). L’obligation fiscale incombe au commerçant 

de titres, dans la mesure prévue par l’art. 17 al. 2 LT. Un intérêt moratoire 

est dû dès l’échéance de la créance fiscale (cf. art. 20 et 29 LT), au taux 

de 5 % jusqu’au 31 décembre 2021 (art. 1 al. 1 de l’ordonnance du DFF du 

29 novembre 1996 sur l’intérêt moratoire en matière des droits de timbre 

en vigueur jusqu’au 31 décembre 2021 [RO 1996 3370]), puis de 4 % dès 

le 1er janvier 2022 (art. 1 al. 1 let. b et Annexe de l’ordonnance du DFF du 

25 juin 2021 sur les taux de l’intérêt moratoire et de l’intérêt rémunératoire 

en matière de droits, de redevance et d’impôts [RS 631.014]).      

4.3 Le contribuable, assujetti au droit de timbre en qualité de commerçant 

de titres conformément à l’art. 13 al. 3 LT, est tenu de remettre à l’AFC, à 

l’échéance du droit (cf. art. 20 LT) et sans y être invité, le relevé prescrit 

accompagné des pièces justificatives. Il doit en même temps payer le 

montant du droit (art. 34 al. 2 LT). Cet impôt relève ainsi du système de 

l’auto-taxation (voir l’intitulé de l’art. 34 LT : taxation par le contribuable 

lui-même ; arrêts du TAF A-5038/2020 du 23 novembre 2021 consid. 4.5 

et A-2777/2016 du 4 juillet 2017 consid. 2.3.2 ; HOCHREUTENER, op. cit., 

p. 247). 

4.4 Le droit de timbre présente un caractère formel marqué, en ce sens 

qu’est décisive la forme juridique donnée à l’opération, et non pas son but 

économique. L’art. 27 al. 1 LT précise à cet égard que sont applicables, 

pour la fixation des droits, les clauses réelles des documents ou des actes 

juridiques (l’ancienne ordonnance du 7 juin 1928 d’exécution des lois 

fédérales concernant les droits de timbre parlait, à son art. 5, du contenu 

véritable des actes [RO 44 353] ; DANIEL SCHÄR, Kommentar StG 2019, 

n° 4 ad art. 27) ; il n’est ainsi pas tenu compte des dénominations ou 

expressions inexactes employées par les intéressés. Aussi, lorsqu’un état 

de fait précis, imposable en vertu de la loi, est réalisé, le droit de 

négociation est dû, quand bien même le but économique poursuivi eût pu 

être atteint par une autre opération exempte de droits. Corollairement, 

A-5615/2020 

Page 10 

l’autorité fiscale ne peut se fonder sur la seule réalité économique pour 

déclarer imposable un état de fait, sous réserve des cas où la loi elle-même 

utilise des notions économiques (par exemple la « concentration 

équivalant économiquement à une fusion » évoquée à l’art. 6 al. 1 let. abis 

LT) ou en cas d’évasion fiscale (sur cette dernière notion, voir l’arrêt du 

TAF A-2347/2014 du 29 septembre 2015 consid. 2.2 et les références 

citées). Ce caractère formel découle du fait que le droit de timbre de 

négociation n’a pas pour objet le bien économique, mais uniquement la 

forme extérieure de l’opération (ATF 143 II 350 consid. 2.2 ; arrêt du TF 

9C_610/2022 du 7 septembre 2023 consid. 2.2.2 [destiné à la publication] ; 

arrêts du TAF A-5038/2020 du 23 novembre 2021 consid. 2.5 et 

A-1480/2019 du 9 juin 2020 consid. 2.7 ; SCHÄR, Kommentar StG 2019, 

n° 7 ad art. 27).   

5.  

A teneur de l’art. 39 al. 3 LT, si une réclamation a été valablement formée 

contre la décision de l’AFC, celle-ci revoit sa décision sans être liée par les 

conclusions présentées. L’autorité inférieure est ainsi tenue de prendre une 

décision plus sévère, respectivement de procéder à une reformatio in pejus 

dans le cas où elle serait d’avis que la première décision était trop favorable 

au réclamant. Il lui incombe certes de faire part de son intention à 

l’intéressé pour qu’il se détermine à cet égard (voir l’art. 62 al. 3 PA ; cf. 

HANS-PETER HOCHREUTENER, Commentaire LT 2006, n° 53 s. ad art. 39). 

Néanmoins, la solution juridiquement correcte doit l’emporter, la procédure 

de réclamation se poursuivant, nonobstant le retrait de la réclamation, 

lorsqu’il y a des indices que la décision attaquée n’est pas conforme à la 

loi (cf. art. 39 al. 4 LT).   

6.   

6.1 En l’espèce, est disputée la question de savoir si les transactions 

concernant les clients de la recourante titulaires de comptes à l’étranger, 

effectuées au cours des années fiscales 2012 à 2016, doivent être 

soumises au droit de timbre.  

Les faits à l’origine de la décision attaquée ne sont pas querellés : 

A._______SA, société de gestion de patrimoine, a été fondée en 2006, 

postérieurement à la création de B._______Ltd en 2003. Le conseil 

d’administration de la première nommée se compose (ou se composait) 

notamment de Messieurs E._______, F._______ et G._______, tous trois 

associés fondateurs de la société britannique (pièces 5 et 6 du dossier de 

l’AFC). En 2009, les entités précitées ont conclu un contrat de sous-

traitance, prévoyant en substance une délégation complète de la gestion 

A-5615/2020 

Page 11 

des contrats conclus par la recourante avec ses clients à B._______Ltd (cf. 

sub-contracting agreement, p. 1 [titre 4 du bordereau de la recourante]). 

Elles sont en outre convenues, dans un contrat de partage des coûts daté 

de 2012, de rémunérer les services ainsi fournis par B._______Ltd à 

concurrence d’une prise en charge partielle de ses charges opérationnelles 

et d’un remboursement des frais assumés par celle-ci pour A._______SA, 

augmentés de 10 % (cf. cost sharing agreement, ch. 2 [titre 5 du bordereau 

de la recourante]). Concrètement, les affaires de la recourante se déroulent 

comme suit : un mandat de gestion, en principe discrétionnaire, est conclu 

entre A._______SA et son client (cf. discretionary asset management 

agreement [titre 6 du bordereau de la recourante]). Le contrat, qui 

mentionne la délégation en faveur de B._______Ltd en première page, 

prévoit le versement de commissions de gestion et, le cas échéant, de 

rétrocessions en mains de la recourante (ch. 4.1). Une procuration de 

gestion pour gestionnaire externe est ensuite établie en faveur de 

A._______SA (cf. titre 9 du dossier de l’AFC), qui transmet à la banque 

concernée la liste des personnes autorisées à signer les ordres d’achat et 

de vente. Figurent sur cette liste des employés de B._______Ltd, ainsi que 

Messieurs E._______, F._______ et G._______ (titre 8 du dossier de 

l’AFC). Les ordres sont transmis par les personnes précitées, le cas 

échéant sous la signature de B._______Ltd. Au 31 décembre 2016, la 

recourante avait comptabilisé un total de commissions de gestion et de 

rétrocessions de Fr. 1'794'657.59 (titre 12 du dossier de l’AFC).     

Cela étant, les parties s’opposent quant à la qualification de la recourante 

en qualité de commerçante de titres, respectivement en tant 

qu’intermédiaire. L’autorité inférieure soutient, en substance, que la 

recourante serait la mandataire exclusive de ses clients, étant donné la 

signature des procurations et le versement des commissions en sa faveur. 

Elle serait dès lors effectivement active dans le commerce de documents 

imposables et, partant, revêtirait la qualité de commerçante de titres au 

sens de l’art. 13 al. 3 let. b ch. 2 LT. Aucune autre condition ne serait 

litigieuse, en sorte que le droit de timbre devrait être prélevé. La recourante 

plaide, pour sa part, n’être qu’une entité de représentation commerciale, 

sans activités opérationnelles. Se référant à l’art. 17 al. 3 LT, elle soutient 

que B._______Ltd aurait participé aux transferts de titres, en qualité 

d’intermédiaire, dès lors qu’elle aurait concrètement conclu les 

transactions pour ses clients. A._______SA ne pourrait en revanche être 

considérée comme un intermédiaire d’un point de vue économique, mais 

comme un délégataire passif, soit un tiers à la transaction. Aussi, faute 

d’avoir exercé un rôle causal dans les transferts de titres, elle ne serait pas 

redevable du droit de négociation à l’aune de l’art. 13 LT.        

A-5615/2020 

Page 12 

6.2 A titre liminaire, il sied de rappeler que les notions d’intermédiaire 

utilisées aux art. 13 al. 1, 13 al. 3 let. b ch. 2 et 17 al. 3 LT ne se recoupent 

pas – en dépit d’une certaine connexité – chacune de ces dispositions 

poursuivant un but propre (cf. consid. 4.1.4.3 supra). Les références de la 

recourante à l’art. 17 al. 3 LT reposent sur une mécompréhension de cette 

systématique, l’objet du litige n’étant pas l’aménagement de la perception 

du droit (réglé à l’art. 17 LT), mais bien l’existence d’une créance fiscale 

(régie par l’art. 13 LT). Cela étant, la question disputée ici est celle de savoir 

si A._______SA s’entremet en tant que conseillère en placement ou 

gérante de fortune dans l’achat et la vente de titres – le seul fait qu’elle y 

soit destinée selon ses statuts n’étant pas suffisant au regard de l’art. 13 

al. 3 LT (HANS-JOACHIM JAEGER/CHRISTOPHE ADANK, Kommentar StG 

2019, n° 61 ad art. 13). Cela revient à se demander si elle est intervenue 

en qualité d’intermédiaire dans les opérations que l’AFC entend imposer. 

Autrement dit, dans la présente constellation, l’analyse de la condition 

prévue à l’art. 13 al. 3 let. b ch. 2 LT (qualification en tant que commerçante 

de titres ; activité professionnelle d’intermédiaire) se confond avec celle de 

la condition prévue à l’art. 13 al. 1 LT (participation aux transactions en 

cause en qualité d’intermédiaire), en ce qu’elle porte sur l’activité 

d’intermédiaire (cf. arrêt du TAF A-5038/2020 du 23 novembre 2021 

consid. 4.2.2.3). Aussi, le Tribunal observe que le litige s’épuise dans 

l’examen de la condition préalable qu’est la qualité de commerçante de 

titres de la recourante (cf. consid. 4.1.4.1 s. supra).    

6.3 Cela étant précisé, le Tribunal peut en venir au cœur du litige, en réalité 

circonscrit à la question de savoir si l’ « intermédiaire » au sens de l’art. 13 

al. 3 let. b ch. 2 LT doit être défini suivant une approche juridique (comme 

le soutient l’AFC) ou économique (comme le plaide la recourante). Il est en 

effet avéré que l’intéressée satisfait aux éléments subjectifs de ladite 

norme – en tant que personne morale de droit suisse inscrite au registre 

du commerce du canton de (…) – et que les contrats conclus avec ses 

clients, de même que son but social, portent sur une activité visée par 

l’art. 13 al. 3 let. b ch. 2 LT. Plus particulièrement, il est incontesté que si 

elle est bien partie aux contrats de gestion de fortune sur le plan civil, dont 

elle encaisse au surplus les commissions, elle en a délégué la gestion à 

B._______Ltd, dont les employés signent les ordres d’achat et de vente. Il 

apparaît donc que la recourante est l’intermédiaire sur le plan juridique, 

mais que ce sont les employés de B._______Ltd qui s’entremettent en 

pratique dans les transferts de documents imposables.  

Dans ce contexte, il convient de rappeler qu’en tant qu’impôt sur les 

transactions juridiques (Rechtsverkehrssteuern), les droits de timbre ont 

A-5615/2020 

Page 13 

un caractère formel marqué, qui appelle une approche de droit civil formel. 

Dans cette mesure, les droits de timbre ne laissent guère de place à une 

approche économique, sous réserve des cas où la loi elle-même utilise des 

concepts ou des définitions économiques, ou encore lorsque l’état de fait 

réalise les conditions d’une évasion fiscale (cf. consid. 4.4 supra ; cf. arrêt 

du TF 9C_610/2022 du 7 septembre 2023 [destiné à la publication] 

consid. 2.2.2 s. et les réf. cit.). Or, force est de constater que l’art. 13 al. 3 

let. b ch. 2 LT – à l’instar d’ailleurs de l’art. 13 al. 1 LT (arrêt du TF 

2C_638/2020 du 25 février 2021 consid. 3.6.3 [traduit in : RDAF 

2021 II 580, 593]) – ne contient pas de tels concepts ou définitions.  

Il en découle que l’interprétation économique proposée par la recourante, 

selon laquelle l’intermédiaire au sens de l’art. 13 al. 3 let. b ch. 2 LT serait 

celui qui signe les ordres de vente et d’achat en pratique, ne peut être 

accueillie. Son intention de n’être qu’une entité de représentation 

commerciale et d’onboarding de clients, la manière dont elle a choisi 

d’organiser et de déléguer ses activités, de même que l’historique et la 

structure du groupe (…) ne sont dès lors pas pertinents pour déterminer sa 

qualité de commerçante de titres. Peu importe également qu’elle eût pu 

atteindre le même résultat franc d’impôt par une autre voie, par exemple 

en renonçant à sa qualité de partie aux contrats de gestion de fortune, au 

profit de B._______Ltd. Est seul déterminant ici le fait que les opérations 

en cause relèvent sur le plan civil (et comptable) de la recourante, qui 

dispose d’une personnalité juridique propre, indépendante de celle de 

B._______Ltd (LURÀ, Commentaire LT 2006, n° 65 ad art. 13).       

6.4 En conséquence, il y a lieu de conclure que les activités de la 

recourante correspondent à son but social, respectivement que son activité 

consiste, pour une part essentielle à tout le moins, à s’entremettre en 

qualité d’intermédiaire dans l’achat et la vente de documents imposables ; 

elle revêt ainsi la qualité de commerçante de titres à forme de l’art. 13 al. 3 

let. b ch. 2 LT. Corollairement, elle doit être considérée comme étant 

intervenue en qualité d’intermédiaire dans les opérations litigieuses ; en 

effet, elle a participé (en tant que gestionnaire) de manière déterminante à 

la conclusion desdites opérations auprès des banques, sur la base des 

mandats de gestion qui lui ont été confiés (cf. consid. 6.1 supra ; titre 6 du 

bordereau de la recourante). C’est donc à bon droit que l’autorité inférieure 

a retenu que l’état de fait décrit à l’art. 13 al. 1 LT était réalisé, les autres 

conditions du prélèvement du droit de négociation n’étant pas disputées. 

Les griefs de la recourante sont dès lors rejetés.        

A-5615/2020 

Page 14 

7.  

A titre subsidiaire, la recourante soutient que les opérations concernant un 

client particulier, D._______, – représentant un droit de négociation de 

Fr. 18'135.04 – devraient être exonérées de droit.   

7.1 A cet égard, elle soutient tout d’abord qu’en soulevant cette 

problématique pour la première fois dans la procédure de réclamation 

(reformatio in pejus), l’autorité inférieure l’aurait privée d’un niveau de 

juridiction. Plus encore, les procédés de l’AFC relèveraient davantage 

d’une volonté d’intimidation ou de dissuasion, suite au dépôt de la 

réclamation, que de la bonne application de la loi. La recourante reproche 

en outre à l’AFC de ne pas s’être prononcée clairement sur les 

manquements qui lui étaient reprochés, de même que sur l’importance des 

éléments prétendument manquants pour justifier l’exonération. Elle n’aurait 

dans cette mesure pas pu se défendre valablement. A._______SA se plaint 

ainsi d’une violation de son droit d’être entendue.  

Il ressort certes du dossier de l’AFC que l’exonération des transactions 

liées à D._______ n’a pas été contestée dans le cadre du contrôle fiscal, 

soit préalablement à la procédure de réclamation. Il n’empêche que 

l’autorité inférieure n’était pas liée par les conclusions présentées par 

A._______SA dans sa réclamation ; elle était au contraire tenue, 

conformément à l’art. 39 al. 4 LT, de corriger sa décision en défaveur de 

l’intéressée, dès lors que celle-ci n’apparaissait pas conforme à la loi. 

L’AFC a de surcroît invité la recourante à se déterminer au préalable (cf. 

titre 13 du dossier de l’AFC), ses actes ne révélant pas d’intention inique 

ou malveillante. Aucune violation des droits de procédure de la recourante 

n’est donc constatée en lien avec la reformatio in pejus (cf. consid. 5 

supra). La même conclusion s’impose quant au grief suivant lequel l’AFC 

n’aurait pas motivé sa décision à satisfaction. Le Tribunal relève en effet 

que la décision attaquée prend position de manière détaillée sur la question 

litigieuse et les moyens soulevés par la recourante, laquelle a au 

demeurant pu recourir en pleine connaissance de cause (sur cette 

thématique, cf. not. arrêts du TAF A-3726/2021 du 23 novembre 2022 

consid. 2.2.2 et A-5129/2918, A-5130/2018 du 19 août 2022 consid. 7.1.2 

et les réf. cit.).              

En conséquence, les griefs formels de la recourante sont rejetés.  

7.2 Cela étant, la recourante a exposé que les avoirs de D._______ 

consistaient en un self-invested personal pension (SIPP) auprès de la 

société britannique H._______, d’une part, et un life insurance contract 

A-5615/2020 

Page 15 

auprès de la société sise (…) I._______Limited, d’autre part. Une analyse 

de ces entités avait révélé qu’elles devaient être qualifiées d’institution de 

prévoyance en ce qui concerne H._______, et d’assurance-vie pour 

I._______Limited, soit deux investisseurs exonérés à l’aune de l’art. 17a 

al. 1 let. e et f LT. A._______SA était donc fondée, conformément à l’art. 17 

al. 2 LT, à ne pas retenir de droit de négociation sur les transactions 

impliquant ces investisseurs, à plus forte raison que le registre des 

négociations comportait tous les éléments utiles, dont le nom desdites 

entités.  

L’AFC s’oppose à ce point de vue en excipant, tout d’abord, du moment 

auquel la recourante a obtenu la justification du (prétendu) statut 

d’investisseur exonéré. S’appuyant sur un arrêt du Tribunal fédéral du 

20 mars 2019 (2C_749/2017, 2C_753/2017 [traduit in : RDAF 2020 II 115]), 

elle souligne que la justification de la qualité d’investisseur exonéré doit 

être apportée avant la transaction pour être opérante. Or, l’intéressée a dû 

demander à son client des renseignements à ce sujet suite au contrôle 

fiscal (c’est-à-dire après l’opération). Cela démontrerait que dite 

justification n’avait pas été apportée en temps utile, empêchant ainsi 

l’exonération. En second lieu, l’autorité inférieure a relevé que la 

contrepartie dans les transactions en cause n’était pas H._______, 

respectivement I._______Limited, mais D._______ lui-même. Ce dernier 

n’étant pas un investisseur exonéré au sens de l’art. 17a al. 1 LT, il ne 

pourrait être question d’une exonération. L’AFC a enfin remis en doute la 

qualité d’investisseur exonéré des deux entités, sans toutefois se 

prononcer de manière définitive.   

7.3 En l’occurrence, le Tribunal constate, à l’examen du registre des 

négociations (titre 11 du dossier de l’AFC), qu’est indiqué comme client 

D._______ lui-même. H._______ et I._______Limited sont pour leur part 

mentionnées sous la rubrique « banque », soit l’entité auprès de laquelle 

les avoirs sont détenus. Il apparaît ainsi, comme l’a relevé l’autorité 

inférieure, que le contractant des transactions est le client de la recourante, 

D._______, à l’exclusion des deux entités précitées. Les documents 

disponibles en rapport auxdites transactions confirment ce point de vue.        

En ce qui concerne le SIPP détenu auprès d’H._______, il s’agit, comme 

son nom l’indique, d’un fonds de pension personnel autorisant son titulaire 

à choisir lui-même ses investissements, par l’entremise du conseiller 

financier qu’il aura désigné – aucun conseil d’investissement n’étant fourni 

(« execution-only service » ; cf. Key features of the H._______ 

Investcentre SIPP, p. 3 s. [titre 14 du dossier de l’AFC]). Les conditions 

A-5615/2020 

Page 16 

générales versées au dossier, certes valables dès le 1er juillet 2018, 

précisent que lorsqu’un ordre d’achat ou de vente est placé, le client est 

seul contractant, à l’exclusion d’H._______, aux côtés du vendeur ou de 

l’acheteur (« When an Order is placed We act as Your agent which means 

that You are entering into a contract for the sale or purchase of the relevant 

investment directly with the buyer or seller and not with Us » ; Terms and 

conditions for the SIPP […] ch. 19.2 [titre 14 du dossier de l’AFC]). Il appert 

ainsi que les opérations effectuées au moyen des avoirs de D._______ 

l’ont été au nom de ce dernier, en qualité de contractant.          

S’agissant de I._______Limited, elle est enregistrée auprès de la Financial 

Services Authority (…) en qualité de société d’assurance-vie (titre 13 du 

dossier de l’AFC). La recourante a produit deux polices établies au nom de 

D._______ (premiere account alpha, schedule) et les dispositions 

associées (premiere account, policy provisions ; titre 10 du bordereau de 

la recourante). Le premiere account y est défini comme une police 

d’assurance-vie à prime unique liée à des investissements (ch. 1 : « The 

Premiere Account Alpha Version is a single payment Whole of Life 

Assurance providing benefits linked to the value of units in one or more of 

the Funds and restricted to funds classed as pooled investments »). Les 

décisions d’investissement sont prises par le titulaire de la police, ou son 

conseiller ou gérant (Key features of the Premiere Account, p. 5, 

disponibles sous : [… ; consulté le 13.10.2023]), en l’occurrence par 

A._______SA (titre 8 du bordereau de la recourante). D._______ apparaît 

donc être le seul responsable de l’investissement de ses avoirs et la 

contrepartie des transactions réalisées dans ce contexte.   

A titre superfétatoire, la Cour relève encore que conformément aux règles 

de répartition du fardeau de la preuve (cf. consid. 4.1.5.3 supra), il 

incombait à la recourante d’établir que l’exonération invoquée était fondée. 

Or, elle ne s’est pas déterminée sur la présente problématique – soit 

l’identité du contractant dans les opérations litigieuses – bien qu’elle en ait 

eu l’occasion dans le cadre des deux échanges d’écritures menés devant 

le Tribunal. Elle n’a à fortiori pas établi que la contrepartie aux transactions 

litigieuses était H._______, respectivement I._______Limited. Elle assume 

dès lors l’absence de preuve de l’exonération, la qualité de contractant de 

D._______ étant établie.  

7.4 H._______ et I._______Limited n’étant pas les contreparties des 

transactions considérées, il n’y a pas lieu de déterminer si elles revêtent la 

qualité d’investisseur exonéré au sens de l’art. 17a al. 1 let. e et f LT. De 

même, la question de savoir si la recourante a obtenu la justification de la 

A-5615/2020 

Page 17 

qualité d’investisseur exonéré des entités précitées en temps utile peut 

demeurer ouverte. Le Tribunal souligne néanmoins, eu égard à ce dernier 

point, que l’arrêt du TF cité par l’AFC (2C_749/2017, 2C_753/2017) se 

prononce sur la justification de la qualité de commerçant de titres au moyen 

de la carte idoine (consid. 8.2 et 8.3), et non pas sur celle des investisseurs 

exonérés, qui ne disposent pas d’un tel moyen d’identification (cf. 

consid. 4.1.5.3 supra). L’on ne saurait donc appliquer strictement cette 

jurisprudence aux investisseurs exonérés sans plus ample analyse.   

7.5 Etant donné tout ce qui précède, l’imposition des transactions 

concernant D._______ doit être confirmée.  

8.  

8.1 En conséquence, le recours est rejeté. La recourante, qui succombe, 

doit supporter les frais de procédure, lesquels se montent, compte tenu de 

la charge de travail liée à la procédure, à Fr. 4’250.- (cf. art. 63 al. 1 PA et 

art. 4 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le TAF [FITAF, RS 173.320.2]). Ils seront prélevés sur 

l’avance de frais déjà versée d’un même montant.   

8.2 Etant donné l’issue de la cause, il n’est pas alloué de dépens (art. 64 

al. 1 PA a contrario et art. 7 al. 1 FITAF a contrario).  

 

(Le dispositif de l’arrêt se trouve à la page suivante.)  

 

 

 

A-5615/2020 

Page 18 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté.  

2.  

Les frais de procédure de Fr. 4’250.- (quatre mille deux cent cinquante 

francs) sont mis à la charge de la recourante. Ce montant est prélevé sur 

l’avance de frais déjà versée, d’un montant équivalent. 

3.  

Il n’est pas alloué de dépens.  

4.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante et à l'autorité inférieure. 

 

L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. 

 

La présidente du collège : La greffière : 

  

Annie Rochat Pauchard Loucy Weil 

 

A-5615/2020 

Page 19 

Indication des voies de droit : 

La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, 

Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par la voie du recours en matière de 

droit public, dans les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss 

et 100 LTF). Ce délai est réputé observé si les mémoires sont remis au 

plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou 

consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). Le mémoire doit être rédigé dans une 

langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de 

preuve, et être signé. La décision attaquée et les moyens de preuve 

doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils soient en mains de la 

partie recourante (art. 42 LTF). 

 

Expédition : 

  

A-5615/2020 

Page 20 

Le présent arrêt est adressé : 

– à la recourante (Acte judiciaire) 

– à l'autorité inférieure (n° de réf. *** ; acte judiciaire)