# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d5bb624a-46d4-56c5-a942-d07a43daa66c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-07-24
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 24.07.2018 P/12334/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-12334-2014_2018-07-24.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/12334/2014 AARP/224/2018 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 24 juillet 2018 

 

Entre 

A______, domiciliée ______, comparant par Me B______, avocate, 

appelante, 

 

contre le jugement JDTP/1791/2017 rendu le 22 novembre 2017 par le Tribunal de police, 

 

et 

 

C______, comparant par son curateur D______, Service de protection de l'adulte, case 

postale 5011, 1211 Genève 11, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés.

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EN FAIT : 

A. a. Par courrier déposé le 2 février 2018, A______ a annoncé appeler du jugement du 
22 novembre 2017, dont les motifs lui ont été notifiés le 1er février 2018, par lequel 
le Tribunal de police l'a reconnue coupable d’usure (art. 157 ch. 1 du Code pénal 
suisse du 21 décembre 1937 (CP - RS 311.0) et d’abus de confiance (art. 138 ch. 1 
CP), l'a condamnée à une peine pécuniaire de 300 jours-amende à CHF 30.- l'unité, 
assortie du sursis, délai d'épreuve de trois ans, à une amende de CHF 1’000.- (peine 
privative de liberté de substitution de 10 jours), à payer à C______ CHF 56’773,10, 
avec intérêts à 5% dès le 17 juin 2013, à titre de réparation du dommage matériel, 
déboutant celle-ci pour le surplus de ses conclusions civiles relatives audit dommage 
et la renvoyant à agir par la voie civile s’agissant de ses conclusions en réparation du 
tort moral. Le Tribunal de police a condamné A______ aux frais de la procédure, 
s'élevant à CHF 1'364.-, y compris un émolument de jugement de CHF 500.-. 

 b.a. Par la déclaration d'appel prévue à l'art. 399 al. 3 du code de procédure pénale du 
5 octobre 2007 (CPP - RS 312.0), déposée le 12 février 2018 à la Chambre pénale 
d'appel et de révision (ci-après : CPAR), A______ attaque le jugement dans son 
ensemble. Elle conclut à son acquittement, à la mise à charge de l'Etat des frais de la 
procédure et à l'octroi d'une indemnité fondée sur l'art. 429 CPP. 

 b.b. Elle a réitéré et motivé les réquisitions de preuve formulées dans son courrier du 
13 novembre 2017 et par-devant le Tribunal de police le 22 novembre suivant 
tendant à l'obtention des contrôles de signature effectués par l'employé du guichet de 
F______ [à] E______ les 4 et 6 juin 2013 relativement aux montants de CHF 999.95 
et de CHF 1'000.-, auxquelles il a été donné suite par ordre de dépôt de la CPAR à 
F______ [établissement bancaire] du 5 mars 2018 (cf. infra B.e.b.). 

 c. Selon acte d'accusation du 8 février 2017, il est ou était reproché à A______ :  

 d’avoir exploité la faiblesse et la générosité de C______, sa nièce, souffrant de 
dysharmonie évolutive, sans retard mental, mais avec un trouble envahissant du 
développement et d'un trouble de la personnalité de type borderline, alors que 
celle-ci résidait chez elle d'octobre-novembre 2012 jusqu'en décembre 2013, 
ayant dû quitter le domicile familial où elle était maltraitée physiquement et 
psychiquement, pour obtenir de sa part : 

 depuis à tout le moins le 28 novembre 2012 jusqu’au mois de décembre 2013, 
le paiement de diverses charges en sus de la part de loyer convenue de  
CHF 500.-, sous prétexte qu’elle n’avait plus assez d’argent. A______ 
adoptait systématiquement le même comportement, pleurnichant et se 
plaignant de sa situation financière précaire, pour demander à C______ de 
participer aux charges mensuelles. Cette dernière a notamment à tout le 

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moins une fois payé la totalité du loyer de A______ ainsi que les frais 
d’entretien de ses animaux et d’autres dépenses occasionnelles pour un 
montant d’environ CHF 7'480.- (ndlr : correspondant, à teneur de la plainte, à 
des achats au moyen de la carte de la partie plaignante auprès de diverses 
enseignes entre le 5 novembre 2012 et le 17 décembre 2013) (chiffre B.II.1 
de l’acte d’accusation). 

 au mois d’août 2013, sa participation à hauteur de CHF 30'000.- à l’achat 
d’un monospace G______ d’une valeur de CHF 35'000.-, alors que C______ 
n’était même pas titulaire du permis d’élève conducteur (chiffre B.II.2 de 
l’acte d’accusation). 

 d’avoir amené C______ depuis à tout le moins le 28 novembre 2012 jusqu’au 
mois de décembre 2013, sous prétexte de la protéger et de la responsabiliser, à lui 
confier sa carte bancaire ainsi que le code PIN y relatif, tout en menaçant de la 
mettre à la porte si elle ne s’exécutait pas. A______ a prétexté vouloir l’aider à se 
responsabiliser et à dépenser moins. Elle a dès lors eu un accès sans limite au 
compte F______ [no] 1______, se fâchant lorsque C______ lui demandait de 
pouvoir utiliser sa propre carte.  

 A______ a profité de cette maîtrise totale sur cette carte pour retirer, en un 
an, plusieurs montants importants, totalisant environ CHF 40'000.- et ainsi se 
procurer un avantage illégitime d'autant (chiffre B.III.3 de l’acte 
d’accusation).  

 Elle a également, directement au guichet au moyen de prélèvements d’un 
montant total de CHF 29'000.-, payé des factures libellées à son nom (chiffre 
B.II.4 de l’acte d’accusation), ainsi que pour des proches. Les plus 
importantes, au nombre de cinq (CHF 1'000.-, H______ SA, le 2 août 2013 ; 
CHF 693.10, I______ SA, le 27 août 2013 ; CHF 302.40, Office cantonal des 
véhicules, le 4 septembre 2013 ; CHF 452.60, Office cantonal des véhicules, 
le 27 novembre 2013 ; CHF 955.80, I______ SA, le 27 novembre 2013), 
étaient au nom de J______, d’autres, de montants moindres, pour CHF 
591.50 au total, au nom des père, mère et de l'ex-conjoint de A______ 
(chiffre B.III. 4 et 5 de l’acte d’accusation). 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 a. Selon un rapport médical du 28 mars 2012 rédigé par la Dre K______ à l’attention 
de l’Assurance-invalidité (AI), C______, née le ______ 1989, souffre de traits de 
personnalité dépendante et d'un trouble borderline depuis l’enfance, de panique sans 
agoraphobie depuis l’âge de 14 ans et d'un trouble dépressif récurrent. C______ 
pouvait être la proie de n’importe quel abuseur, tant sa naïveté est grande.  

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Un certificat médical rédigé par cette même thérapeute le 2 juillet 2012 indiquait que 
C______ devait changer de lieu de vie en raison de conflits graves avec ses parents 
qui mettaient sa santé en danger. Elle avait besoin de se retrouver dans un 
environnement stable et sécurisé.  

b. Par décision du 27 novembre 2012, l’Office cantonal des assurances sociales 
(OCAS) a octroyé à C______, partir du 1er octobre 2007, des prestations mensuelles 
de l’AI, pour un degré d'invalidité de 100%. Déduction faite de précédents 
versements, l'arriéré en sa faveur était de CHF 85'805.-.  

c. Aux termes de son ordonnance du 21 mars 2014, le Tribunal de protection de 
l’adulte et de l’enfant (TPAE) a instauré une curatelle de représentation avec gestion 
du patrimoine en faveur de C______. Les co-curateurs avaient notamment pour tâche 
de représenter et sauvegarder les intérêts de leur protégée dans le cadre des montants 
dont elle avait été dessaisie contre sa volonté par des tiers y compris au sein de sa 
famille. L’exercice des droits civils s’agissant du pouvoir de contracter avec des 
tiers, ainsi que la faculté d’accéder et de disposer librement de ses avoirs, en 
particulier auprès [des établissements bancaires] L______  et F______, lui étaient 
retirés.  

La situation de C______ avait été signalée par courrier du 7 février 2014 co-signé 
par l’intéressée et M______, assistante sociale auprès de [l'organisation] N______. 
C______ était au bénéfice d’une rente AI depuis sa majorité, souffrant d’une 
pathologie psychique et d’un état de santé très fluctuant, entraînant de grandes 
difficultés à gérer son administration et ses finances. Un certificat médical établi le 
31 janvier 2014 par la Dre K______ indiquait que, si elle avait sa totale capacité de 
discernement, C______ avait beaucoup de difficultés à se positionner face aux 
sollicitations des membres de sa famille qui venaient lui demander de l’argent. La 
Dre K______ suivait cette patiente depuis deux ans et l’avait connue dans un 
contexte de crise où elle subissait des violences psychologiques de la part de ses 
parents, ce qui l’avait poussée à partir vivre chez sa tante. Elle avait souffert dans son 
enfance d’une dysharmonie évolutive, soit d’un trouble envahissant du 
développement qui avait toutefois bien évolué, sans engendrer de retard mental. Elle 
souffrait d’un trouble de la personnalité de type borderline et était une personne au 
grand cœur, avec des angoisses d’abandon, qui avait peur de décevoir son entourage 
et devait être protégée contre ses élans.  

Aux dires du TPAE, le besoin de protection sur le plan administratif et financier était 
manifeste. C______ restait très fragile et influençable.  

Cette ordonnance a été communiquée aux co-curateurs par pli recommandé du 
25 mars 2014. 

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d. Par courrier du 19 juin 2014, reçu au Ministère public le 23 juin suivant, D______, 
co-curateur de C______, a déposé plainte pénale pour les faits visés par l’acte 
d’accusation. En novembre 2012, C______ avait été contrainte de quitter le domicile 
de ses parents et s’était installée chez A______ jusqu’à fin décembre 2013. Elle avait 
pu intégrer le foyer O______ de l’association P______ en janvier 2014. Elle avait 
transmis à son curateur un extrait de son compte F______ sur lequel elle avait annoté 
les écritures faites par ou pour sa tante. Le préjudice causé par A______ était estimé 
à CHF 114'815.95, dont CHF 69'979.80 retirés du compte F______ de C______,  
CHF 37'355.55 utilisés pour payer des factures et CHF 7'480.60 dépensés au profit 
de A______, auprès de magasins tels que Q______, R______, S______, T______, 
U______, V______ et W______. A l'inverse, dès fin décembre 2013, plus aucun 
retrait ni paiement de facture conséquent n'était intervenu. 

Aux dires de sa protégée, A______ avait exercé des pressions sur elle pour la 
contraindre à lui remettre CHF 30'000.- le 8 août 2013, soit peu après la réception du 
rétroactif de CHF 75'000.- du Service des prestations complémentaires (SPC), pour 
l'achat d'un véhicule 4x4. 

e.a. A teneur de l’extrait du compte [no] 1______ détenu auprès de F______ par 
C______, l’OCAS y a versé CHF 85'805.- le 28 novembre 2012. Déduction  
faite d'un retrait le jour-même de CHF 5’000.-, le solde s'élevait ce jour-là à  
CHF 82'067.75. Le 11 juillet 2013, ce compte a été crédité d’un montant de  
CHF 75'002.-, versé par le SPC. Le solde s’élevait alors à CHF 97’922.20, puis à 
CHF 37'089.67 le 31 décembre 2013 et à CHF 33'042.- le 26 janvier 2014. 

Entre le 1er novembre 2012 et le 31 décembre 2013, CHF 198'932.- ont été crédités 
sur ledit compte et CHF 162'099.- débités. 

Il ressort du détail des opérations que, pendant la période visée par l’acte 
d’accusation, de nombreuses factures libellées au nom de A______ ont été payées 
directement par débit de ce compte, au guichet, pour un total de CHF 27'440.20,  
dont CHF 15'312.- en faveur de X______ et Y______, p. a. Z______, [régie], 
correspondant à 11 loyers d'un montant de CHF 1'392.-. En outre, trois transactions 
pour un montant total de CHF 2'191.40 correspondant à trois bulletins de versement 
libellés au nom de A______ (CHF 398.20 en faveur de I______, CHF 401.20 en 
faveur de AA______ et CHF 1'392.- en faveur de X______ et Y______, p. a. 
Z______), ont fait l'objet d'un blocage en date du 4 juin 2013, au motif que la limite 
journalière du compte avait été dépassée (cf. pièces 435, 440, 441 et 443).  

Les deux premiers paiements ont été renouvelés avec succès le 6 juin 2013 et le 
troisième est intervenu le 11 juillet 2013 (cf. pièces 447 et 467). 

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La première facture de A______ payée par le débit du compte de C______ l'a été le 
17 décembre 2012 et la dernière le 16 décembre 2013. Dans cet intervalle, des 
factures libellées au nom de proches de A______, à savoir ses père et mère, 
AB______ et AC______, son ex-conjoint, AD______, ainsi que sa meilleure amie 
J______, apparaissent également avoir été payées par le débit du compte F______ de 
C______ pour un total de CHF 3'995.40 (cf. détail repris pour grande partie dans 
l'acte d'accusation).  

Lors de telles opérations ont généralement été présentés tant des bulletins de 
versement au nom de A______ que de C______, la personne s'étant présentée au 
guichet ayant parfois procédé dans un même temps à des retraits d'espèces. 

Le détail des crédits et débits afférents à ce F______ sera repris dans la mesure 
nécessaire dans les considérants en droit. 

e.b. Un contrôle de signature et d'identité est intervenu à trois reprises, à savoir les 
4 et 6 juin 2013, relativement à des paiements et un retrait en espèces pour le 
montant global de CHF 999.95, puis un retrait d'espèces de CHF 1'000.- et, en 
dernier lieu, le 8 août 2013, pour un retrait de CHF 30'000.-.  

Il résulte des éléments versés à la procédure par F______ que c'est C______ qui a 
procédé à ces trois opérations et que lesdits contrôles sont survenus, pour les deux 
premières, car elle n'était pas en possession de la carte afférente à son compte et pour 
la troisième, en raison du montant retiré, supérieur à la limite de CHF 5'000.- 
commandant une telle vérification. 

f. A teneur de la documentation remise par L______ relative au compte 2______ 
ouvert par A______ en janvier 2006, celle-ci a retiré, systématiquement au bancomat 
de l'agence de ______, en 2012, CHF 3'600.- et CHF 2'300.- les 8 et 22 octobre,  
CHF 3'500.- le 15 novembre, CHF 1'300.- le 10 décembre, et CHF 2'300.- le 
lendemain. En 2013, celle-ci a retiré CHF 3'500.- le 17 janvier, CHF 5'000.- le 
15 février, CHF 3'600.- le 20 mars, CHF 3'600.- le 24 avril, CHF 3'500.- le 24 mai, 
CHF 3'500.- le 24 juin, CHF 3'600.- le 18 juillet, CHF 3'500.- le 13 août, 
CHF 3'500.- le 25 septembre, CHF 3'600.- le 11 octobre , CHF 3'600.- le  
12 novembre, CHF 1'200.- et CHF 2'300.- les 9 et 30 décembre puis en 2014, 
CHF  3'500.- le 20 janvier et CHF 3'600.- le 25 février. 

g.a. Entendue par la police, A______ a indiqué que sa nièce était restée une année 
chez elle avant, à fin décembre 2013, en raison d'un conflit, de "débarquer" avec son 
copain et des sacs pour prendre ses affaires et aller vivre chez lui. C______ était 
borderline, passait très vite des rires aux larmes. Elle était très dépensière et 
incapable de gérer son argent. Sa tante avait fait au mieux pour essayer de calmer ses 
humeurs et l’aider, devant régulièrement la gronder car elle achetait "tout et 

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n’importe quoi". Au début de la cohabitation, elle devait tout lui dire, y compris de 
prendre sa douche et de se laver les dents. Sa nièce contribuait à l'entretien du 
ménage à hauteur de CHF 500.- par mois. 

A______ savait que sa nièce avait reçu en 2013 un rétroactif de l’AI, semble-t-il 
versé en deux fois, d’un total de CHF 85'800.-. Avec ce montant, elles avaient réglé 
les dettes de C______ auprès de l'Office des poursuites qui se montaient à environ 
CHF 20'000.-. A______ disposait de la carte et du code PIN de sa nièce. Pour 
contrôler ses dépenses, elle avait en effet été obligée de "séquestrer" cette carte dans 
un tiroir non fermé à clé et connu de C______. Chaque fois qu’elle avait sa carte, 
C______ ne faisait que dépenser son argent en cadeaux et autres, revenant avec de 
nouvelles choses à stocker, de sorte qu’il n’y avait plus de place à la maison ou à la 
cave. A la demande et pour sa nièce, sans qu'elle n'en connaisse la raison, A______ 
avait utilisé cette carte pour payer ses factures au guichet et retirer à sa place des 
sommes d’argent. A______ n’avait jamais utilisé cette carte ou l'argent de sa nièce 
pour payer ses propres factures ou s’acheter des objets. A______ n’avait jamais "mis 
la pression" en menaçant notamment de la mettre à la porte. Elle évoquait une 
résidence en foyer pour faire comprendre à C______ que dans ce cas elle ne pourrait 
pas revenir à la maison. Ce n’était pas des menaces. Elles étaient allées ensemble 
acheter une voiture G______. C______ voulait au début une petite voiture 
d’occasion pour passer son permis. A______ souhaitant également une voiture, 
toutes deux avaient passé un accord : C______ lui prêtait CHF 30'000.- et elle 
prendrait la voiture une fois qu’elle aurait le permis de conduire. A______ avait 
utilisé ce véhicule pour transporter les chiens ou sa nièce. Elle l'avait immatriculé au 
nom de J______ pour éviter d’avoir des "histoires avec l’AI, vu la valeur du 
véhicule". Cette voiture stationnait toujours dans son garage, mais elle l'avait mise en 
vente dans la mesure où elle lui coûtait trop cher, avec pour intention de rendre son 
argent à sa nièce. A______ n’avait plus eu de contacts avec sa nièce et ne comprenait 
pas pourquoi celle-ci avait déposé plainte après tout ce qu'elle avait fait pour elle. 

g.b. Devant le Ministère public, A______, outre confirmer ses premières 
déclarations, informée des informations découlant des relevés F______, a ajouté 
qu’il lui était arrivé de demander à C______, pour la responsabiliser et en lui donnant 
de l’argent provenant de son compte auprès de L______, de faire des paiements en sa 
faveur ce, tous les mois. Elle portait alors en déduction les CHF 500.- que sa nièce 
lui devait pour le loyer. Choquée, elle n’y avait pas pensé lors de son audition à la 
police. A______ ne voulait au départ pas que C______ loge chez elle. C’était sur son 
insistance et sur présentation d’un certificat de son psychiatre qu’elle avait accepté. 
Sa nièce avait accumulé tellement d'effets durant son séjour qu'il avait fallu deux 
allers-retours avec le monospace pour les déménager. A______ avait parlé à la 
psychiatre d'une mise sous tutelle de C______ en voyant que celle-ci achetait tout et 
n'importe quoi pour des sommes folles. 

Elle-même avait participé en petite partie à l'achat de la voiture. 

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h. Le relevé détaillé de l’Office des poursuites du 4 février 2015 indique que 
C______ faisait l’objet de nombreuses poursuites et actes de défauts de biens. Seul 
un versement de la débitrice de CHF 468.10 apparaît le 12 novembre 2012, opéré, 
selon les pièces transmises par F______, au guichet F______ de la commune de 
AI______, lieu de résidence de ses parents, l'adresse manuscrite sur le bulletin de 
versement étant ______ (AI_____) [GE].  

i. Lors de l’audience de confrontation devant le Ministère public : 

i.a. C______ a indiqué qu’elle avait souhaité emménager chez sa tante. La 
cohabitation avait été bonne jusqu’au versement des rétroactifs de l’AI. Elle versait 
CHF 500.- par mois pour le loyer et dormait dans "un placard". Sa tante lui avait 
demandé de lui remettre sa carte sans quoi elle serait mise dehors. C______ 
demandait chaque mois à sa tante comment il se faisait que le solde sur ses relevés 
[bancaires auprès de F______] diminue et celle-ci lui répondait qu'elle l'ignorait. Sa 
tante se mettait en pleurs à chaque fin de mois pour que sa nièce paie l’entier du 
loyer et certains frais pour ses animaux. Il fallait également que C______ lui donne 
de l’argent pour l'achat d'une plus grosse voiture pour promener les chiens. C______ 
payait aussi les courses. Elle avait acheté un chat à EUR 1'500.-. Sa tante voulait 
également être aidée dans la remise à jour de ses factures non payées, tout cela sous 
menaces psychologiques. Le 26 décembre 2013, lors du Noël chez ses parents, 
C______ leur avait tout "déballé". C______ n’était pas partie vivre chez son copain. 
Elle n’avait pas quitté, le  
28 décembre 2013, avec l'aide de sa mère, en bons termes le domicile de sa tante, 
qu’elle n’avait plus revue depuis. Elle était passée le matin-même [au guichet de] 
F______ et avait constaté la disparition de CHF 1'200.- de son compte alors même 
qu'elle se trouvait chez ses parents (ndlr : un retrait de CHF 1'200.- apparaît sur la 
documentation de F______, valeur 28 décembre 2013, à E______). Sa tante avait 
réussi à lui faire perdre toute confiance en elle. C______ ne faisait pas de cadeaux à 
ses amis et ne retirait pas de gros montants puisque sa tante lui avait "sucré" sa carte, 
en 2012, peu après la réception de son rétroactif de l'AI et avait obtenu son code PIN 
sous la menace psychologique à savoir que si elle ne le lui révélait pas, elle devrait 
quitter l'appartement. Au début, C______ allait payer ses factures, ce qu’elle était 
capable de faire depuis des années. Après deux mois et le "séquestre" de sa carte 
dans un endroit inconnu, sa tante allait les payer, en sus de ses propres factures et de 
celles de proches, dont J______, sa meilleure amie. C______ n’avait jamais demandé 
à sa tante d’aller retirer de l’argent. Cette dernière lui avait laissé une ou deux fois sa 
carte dans l’année et s'était offusquée des dépenses de CHF 100.- à 200.- que sa nièce 
avait alors effectuées. Comme C______ n’avait pas sa carte, elle notait tout. Le nom 
de AE______ ne lui disait rien. L'idée d'acheter une voiture pour CHF 35'000.- ou 
CHF 36'000.-, destinée aux chiens, venait de A______. C______ n’en voulait pas car 
trop chère à l’entretien vu son statut de rentière AI. Elle avait été d’accord de prêter 
CHF 30'000.- à sa tante à la condition d'un remboursement au plus vite. A______ lui 
avait dit qu’elle vendrait sa [voiture] "AF______" pour ce faire. Sa tante était allée 

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choisir le véhicule. Dans la mesure où elle-même n’avait même pas le permis d’élève 
conducteur, C______ n’avait pas utilisé la nouvelle voiture, sauf erreur une 
AT______. Elle ignorait que sa tante avait proposé à ses parents de la récupérer lors 
de son départ. Lorsqu’elle vivait chez sa tante, elle achetait des séries, des DVD ou 
des mangas, pour des sommes non excessives. Elle s'était acheté un ordinateur pour 
son anniversaire, avec l’accord de sa tante, mais pas beaucoup de chaussures. 
Lorsqu’elle avait accompagné sa tante chez V______, soit à cinq ou six occasions, il 
lui était arrivé d’acheter un ou deux pantalons ou un pull. Elle estimait ne pas avoir 
commis de grands excès de dépenses. Elle gérait désormais extrêmement bien ses 
affaires et n’était plus du tout "un panier percé".  

i.b. A______ avait accepté que sa nièce vive chez elle, outre sur la base du document 
du psychiatre, car il était question que cela soit à mi-temps. A______ avait demandé 
de voir sa psychiatre pour connaître l'état de santé de sa nièce et comprendre ses 
sautes d’humeur difficiles à gérer. Durant l’entretien de deux heures, la psychiatre 
avait indiqué que C______ était borderline et que son comportement financier ne la 
surprenait pas. A______ avait menacé de mettre sa nièce dehors une seule fois, alors 
que cette dernière l’avait insultée. Quand sa nièce envisageait d’aller en foyer, 
A______ lui avait dit de bien réfléchir, car elle pensait que ce n’était pas adapté pour 
elle, ce qu'elle avait pu prendre pour une menace, mais n’en était pas. La chambre de 
C______ pouvait ressembler à un placard, démunie de fenêtre, mais il y avait des 
portes coulissantes. Sa carte bancaire avait été réquisitionnée, non pas "séquestrée", 
dès l’été 2013, dans un tiroir ouvert connu de C______, car celle-ci dépensait trop 
d’argent. Lorsque C______ prenait la carte, A______ vérifiait systématiquement son 
retour en place. S’il lui était arrivé de confier à sa nièce ses factures à régler avec son 
propre argent, ce n’était pas pour la responsabiliser, mais en raison d'une opération à 
la gorge qui l'immobilisait. Confrontée au montant de CHF 29'000.- s'agissant de 
factures à son nom réglées par le débit du compte de sa nièce, A______ a répondu 
"autant que ça?". Elle ne pouvait pas contester que sa nièce eût payé un loyer en 
entier, car A______ devait payer son dentiste. Elle comptait rembourser ce montant à 
sa nièce une fois que l’AI l’aurait remboursée. C______ l’avait aussi aidée 
financièrement pour le chien de son compagnon. A______ avait avancé de l'argent à 
sa nièce pour les cours de conduite. Toutes deux faisaient un décompte à la fin du 
mois et compensaient avec le montant des factures à régler. Elles avaient prospecté 
sur Internet et beaucoup parlé de l'achat du véhicule G______, sa nièce souhaitant 
apprendre à conduire et A______ transporter ses chiens. Un gros véhicule avait été 
nécessaire pour transporter son ex-conjoint, ses deux filles, ses animaux et C______. 
A______ s’était "un peu emballée". Elles étaient allées ensemble retirer les  
CHF 30'000.-, car C______ devait montrer sa carte d’identité pour une telle 
opération. L’achat était une décision commune, mais A______ n’aurait pas dû se 
laisser influencer. Elle avait une voiture AF______ automatique appartenant à sa 
mère. Son ami avait décidé de vendre la sienne, ancienne, et participer à l’achat de la 
G______, pour n’avoir plus qu’une voiture pour tout le monde. Cet achat avait été 
"une grosse boulette". C______ n’avait pas suivi de cours de conduite et n'aurait pu 

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obtenir qu'un permis pour véhicule automatique. Après son départ, A______ lui avait 
laissé le choix de venir chercher ce véhicule ou de le vendre et de lui rendre l’argent. 
Sa nièce lui avait fait cadeau d’un chat pour la somme de EUR 680.-.  

A______ ne se sentait pas responsable de l'état psychologique de sa nièce, laquelle 
n’était pas consciente de la démolition morale et physique en cours chez sa tante. 
A______ avait voulu faire avec ses moyens et ses possibilités pour aider sa nièce, sa 
seule faute étant peut-être de l’avoir aimée et mal comprise.   

AE______ était l’amie de C______. Elle avait vécu presque trois mois à la maison et 
C______ lui avait offert de nombreux cadeaux, dont trois paires de chaussures à 
CHF 180.- la paire.  

i.c. C______ a précisé qu’il s’agissait d’une seule paire de chaussures et qu’elle 
l’appelait AS______ [il s'agit de AE______]. Elle ne se souvenait pas avoir payé des 
factures AG______ pour le compte de son amie, laquelle avait vécu à temps partiel 
chez sa tante durant trois mois, en échange de CHF 100.- à 200.- que sa tante prenait 
sur son compte.  

i.d. Le curateur de C______ a indiqué que depuis qu’il la suivait, soit plus d’une 
année, elle avait fait deux ou trois demandes d’argent supplémentaires pour des 
montants raisonnables et ne donnait pas l’impression d’être une personne dépensière. 
Les démarches pour régler les dettes de sa protégée étaient toujours en cours. Le 
véhicule avait été vendu CHF 20'000.-.  

j. Ont encore été entendus devant le Ministère public : 

j.a. AD______, qui avait fait la connaissance de C______ huit ans auparavant, en 
même temps que A______, et qu'il considérait comme sa nièce. Ils avaient vécu tous 
trois chez celle-là. C______ avait fréquenté de nombreux copains qui "défilaient" à 
la maison, ce qui posait problème. A______ avait pris sa nièce sous son aile et s’en 
était très bien occupée. C______ avait dépensé sans compter dès réception de son 
rétroactif de l'AI, faisant des cadeaux à tout le monde, dont une cafetière et un lave-
vaisselle à sa tante. Lui-même avait reçu des pneus neige. A______ s’occupait de la 
comptabilité de sa nièce, ce qui avait évité qu’elle perde tout en une année. Il y avait 
eu des conflits, car C______ dépensait tellement qu’elle ne se rappelait plus de ce 
qu’elle achetait. Ils lui avaient proposé, ce qu'elle avait accepté, de placer sa carte 
bancaire dans un tiroir non fermé à clé. Elle pouvait en disposer à sa guise et l'avait 
d'ailleurs plus souvent sur elle que dans ledit tiroir. L’idée était qu’elle ne l’ait pas 
constamment sur elle pour dépenser moins. Lorsque C______ faisait des achats sur 
Internet, il lui prêtait sa carte bancaire française et elle lui remboursait en espèces, 
sauf erreur en francs suisses. Il n’y avait pas eu de menaces de la part de A______, 
mais des "engueulades" quand C______ piquait des colères, ce qui arrivait souvent. 

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Il était possible que A______ ait demandé à C______ d’aller payer des factures pour 
elle, mais il n’en savait pas plus que cela, y compris s'agissant du règlement de 
factures à son propre nom. Il n’avait pas participé à la décision ni au financement de 
la G______. Il avait été passager de ce véhicule et l’avait peut-être conduit une fois.  

j.b. AH______  avait connu C______ le 11 octobre 2011. Leur relation avait pris fin 
à son emménagement chez sa tante, sauf erreur à l'été 2013. C______ avait alors 
vécu pendant une année (sic) en partie chez lui, en partie chez sa tante. Il l'avait vue 
retirer deux fois de l'argent à F______ de AI______, soit CHF 1'000.- et 1'500.-, ce 
qui n'était pas un montant important pour elle. Même après le versement de l’AI, il 
payait toujours les sorties, ce qui était "dur" pour son budget. L’argent était un 
problème du couple. C______ dépensait le peu qu’elle avait en Mangas, DVD et en 
jeux à gratter. Elle lui avait en tout et pour tout offert une seule fois le restaurant. A 
la fin de son apprentissage, elle avait perçu le chômage pendant six mois dont elle 
remettait une partie à sa mère pour les factures, dépensant le reste "dans des 
conneries". Il ne se souvenait pas que C______ ait évoqué des menaces de la part de 
sa tante. Elle lui avait parlé de la confiscation de sa carte en raison de ses trop 
importantes dépenses, placée dans le tiroir du bureau de sa tante, ce que C______ 
savait et dont elle était fâchée. Il ne se souvenait pas s’il l'avait vue régler une 
dépense avec cette carte après cette confiscation. Il l'avait accompagnée à l'Office 
des poursuites pour demander une attestation. Il avait assisté à la discussion relative à 
la voiture : C______ et sa tante avaient conclu qu’il fallait une nouvelle voiture pour 
les chiens qui étaient gros. Comme C______ les sortait souvent, elle était d’accord 
avec l’achat et en était satisfaite. Il était question d’un remboursement, sans qu'il n’en 
connaisse les termes. Il était également question que C______ apprenne à conduire 
avec le véhicule, mais il était trop puissant pour elle. AH______ était désormais ami 
avec A______ qu’il voyait environ deux fois par mois. Quand, à fin 2013, il avait "su 
qu’il y avait cette affaire", il avait été surpris que C______ fasse "quelque chose 
comme cela".   

j.c. AJ______ connaissait sa meilleure amie, A______, et sa nièce depuis 1998 
environ. Elle s'était souvent trouvée chez A______ en 2013. Les relations entre tante 
et nièce étaient sereines, même s’il y avait des hauts et des bas. Il pouvait être 
nécessaire "d’engueuler" C______, ce qui pouvait créer des tensions. A______ était 
un peu comme une mère de substitution. C______ n’avait pas vraiment de sautes 
d’humeur. Elle achetait "beaucoup, énormément de fringues, des livres Manga". Le 
samedi, elle arrivait avec des sacs remplis. A______ lui disait de faire attention car 
bientôt sa nièce n’aurait plus d’argent. Elle gâtait sa tante en apportant toujours de 
petites choses (savons, peluches). AJ______ n’avait pas vu de cadeau onéreux. 
A______ gardait dans un tiroir ouvert la carte de sa nièce qui pouvait s’en servir 
quand elle le voulait. Elle n’avait jamais vu d’amis de C______ chez sa tante, ni 
entendu celle-ci la menacer. Compte tenu de son style gothique, C______ devait 
plutôt s’habiller "dans des marques pour jeunes, notamment V______".  

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j.d. J______ avait côtoyé presque tous les jours A______ et sa nièce. Leur relation 
était familiale avec deux-trois tensions comme dans toutes les familles. C______ 
était indécise et pouvait en une heure changer totalement de comportement. Elle était 
libre de faire ce qu’elle voulait de son argent et se montrait très dépensière, un 
"panier percé", achetant des DVD à n’en plus finir. J______ ne l’avait pas vue offrir 
des cadeaux à sa tante. Son comportement avait changé après avoir perçu une 
importante somme d’argent. Elle offrait des pizzas à l'emporter à n’en plus finir 
lorsqu'il y avait facilement cinq à six personnes à la maison. Saisissant une 
conversation qui ne la regardait pas, C______, prête "à sortir" plus de CHF 15'000.-, 
lui avait proposé de régler ses impôts, ce qu’elle avait refusé. En difficulté pour le 
règlement d'une facture de CHF 500.- à AK______, J______ avait essayé de "taper à 
la porte" de C______ qui lui avait dit être sous tutelle, ne pouvait pas faire quoique 
ce soit, sinon elle l’aurait fait avec grand plaisir. C______ n’avait pas payé de 
factures pour elle. J______ avait prêté son nom pour la voiture achetée pour des 
raisons familiales, pour C______, pour A______ et pour les chiens. Toutes les 
factures liées à ce véhicule avaient été payées par A______, sauf la dernière que 
J______ avait payée elle-même. La facture AK______ du 2 août 2013, d'environ 
CHF 1'000.-, avait été payée par A______ qui la lui devait. Depuis des années, toutes 
deux se prêtaient réciproquement de l’argent. La facture, à l'instar des quatre autres, 
faisait partie du lot que A______ remettait à sa nièce en même temps que de l’argent 
liquide pour qu’elle aille les payer seule "parce que ça lui faisait chier tout 
simplement d'aller à la F______", plus poliment ça l'embêtait. C______ payait 
souvent les factures du ménage. A______ effectuait toujours ses paiements en 
liquide. Lorsque C______ partait en week-end avec son amie AS______ [il s'agit de 
AE______], elle prenait sa carte bancaire. Elle ne l'avait pas vue s'en saisir mais 
entendue des fois demander "où est ma carte?" avant de s'en aller. 

J______ avait essayé avec A______ de rendre attentive C______ sur ce qu’était un 
foyer grâce à de "gentilles menaces, c’était histoire de la réveiller". Il s’agissait de 
lui faire comprendre que si elle décidait de "passer la porte" de chez sa tante, elle ne 
pourrait plus revenir. "Ce n'est pas facile de se traîner un boulet". J______ avait 
appris que C______ était borderline à son arrivée chez sa tante.  

j.e. La Dre K______ suivait C______ depuis mars 2012, alors victime de 
maltraitance parentale et l’avait assistée dans le cadre d’une demande AI. A la 
demande de sa patiente, elle avait rencontré A______  juste avant ou après la 
décision de l’AI du 27 novembre 2012. Celle-ci était bienveillante, affectueuse et 
calme, contrairement à la mère de C______. Durant l’entretien, C______ s’était 
assise par terre, la tête posée sur les cuisses de sa tante. Son besoin de protection 
avait clairement été expliqué à la tante. La question de la curatelle avait été abordée 
avec cette dernière, pas dans le sens où A______ l'aurait considérée comme 
nécessaire, mais plutôt dans une puissance de sa part de tout gérer et que cela se 
passerait bien. 

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En juin 2013, C______ allait tellement mal qu’elle n’avait plus la capacité d’être 
autonome et exprimait un vrai besoin de protection, ce qui expliquait notamment 
pourquoi le certificat du 26 juin 2013 préconisait un placement dans un lieu semi-
protégé alors qu'il était question de la prise d'un appartement dans celui du 2 juillet 
2012, autre que celui de ses parents. C______ avait une capacité intellectuelle limitée 
mais pas de retard mental. Son trouble était incurable. Lorsque sa tante avait été 
opérée sous le menton, C______ s’était montrée très inquiète. Elle se plaignait aussi 
de devoir faire des tâches qui n’étaient pas les siennes et disait se sentir exploitée. Sa 
tante lui avait demandé sa carte bancaire pour la mettre sous clé, dans un endroit 
inconnu, pour sa protection et pour qu’elle ne soit pas tentée de faire des dépenses 
intempestives. Si C______ la demandait, sa tante se fâchait. Celle-là s’était décrite 
comme un "panier percé", aimant acheter des gadgets, des mangas ou des vêtements 
gothiques. Elle était une fois arrivée à la consultation avec huit DVD achetés  
CHF 3.50 la pièce à AL______. Sa patiente lui avait parlé de l'achat de la voiture, 
motivé par le besoin de sa tante de transporter ses animaux, ce qu'elle-même avait 
trouvé bizarre et l'inquiétait. C______ était toutefois certaine que l'argent allait lui 
revenir. La Dre K______ n’avait pas l’impression que sa patiente faisait des 
dépenses "graves", arborant pratiquement toujours les mêmes habits, le même sac et 
la même veste. Elle-même ignorait les arrangements financiers entre A______ et 
C______, laquelle avait commencé à se plaindre de devoir payer le loyer et d'autres 
choses. Cette dernière avait parlé de menaces d’être mise à la porte. Sa thérapeute 
avait constaté que la situation était de plus en plus grave, au point de devoir 
augmenter la médicamentation, compte tenu de son angoisse grandissante. 

Après avoir quitté le domicile de sa tante, C______ avait peur de la croiser. En raison 
de son trouble, elle n’avait pas la capacité de gérer un face à face avec sa tante. Elle 
ressentait également beaucoup de culpabilité face à ce qui s’était passé et de ne pas 
avoir pu poser des limites claires.   

k. Le 26 mai 2016, A______ a signé en faveur de sa nièce une reconnaissance de 
dette d’un montant de CHF 10'000.- en remboursement d’un prêt de CHF 30'000.- 
pour l’achat d’un véhicule en août 2013, remboursable en fonction de ses moyens, à 
hauteur de CHF 50.- par mois au minimum. 

l. En première instance : 

l.a. A______ a contesté avoir profité de la situation. Elle n’avait pas encore 
remboursé le loyer entier payé par sa nièce. Elle avait participé à hauteur de  
CHF 6’000.- - argent que lui avait laissé son ex-compagnon avant son décès et 
qu'elle détenait dans une enveloppe, sans lien avec le retrait de CHF 3'000.- 
apparaissant en pièce 134 - à l’achat de la voiture qu’elle ne voulait pas utiliser à la 
base, en souhaitant une plus petite d'occasion pour que C______ apprenne à 
conduire. En fait, l’idée était que son compagnon la reprenne et que C______ avance 

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l’argent à ce dernier, le temps qu’il trouve un crédit. Trop naïve, elle s’était fait 
influencer par C______. La voiture n’avait pas pu être assurée au nom de son 
compagnon, car il vivait en France. A chaque fois que C______ allait en ville, elle 
dépensait CHF 300.- à CHF 500.- pour des "babioles". Les achats n’avaient pas 
cessé, car C______ reprenait parfois sa carte. Elle-même n’avait pas remboursé les 
dettes de sa nièce, mais l’avait incitée à régler la situation en la conseillant. Au départ 
de C______, A______ avait perdu toute sa famille à l’exception de son père. 
Agoraphobe et souffrant d’importants problèmes de mobilité, elle ne quittait pas son 
domicile et devait, à l’époque, être accompagnée, notamment par son ancien 
compagnon, pour sortir dans son quartier. 

Elle a déposé des conclusions en indemnisation à hauteur de CHF 24'951.55 plus 
intérêts à 5% l'an à compter du 30 juin 2016, sous réserve d'amplification pour 
l'audience de jugement, à titre d'indemnité pour les dépenses occasionnées par 
l'exercice raisonnable de ses droits de procédure. 

l.b. C______ a précisé que les achats évoqués par sa tante étaient effectués pour des 
faibles montants chez AM______, AN______, AL______ et à AO______. Depuis 
qu’elle avait quitté l’appartement de sa tante, il y avait des choses qu’elle ne pouvait 
plus faire. Elle n’arrivait pas à passer son permis de conduire et n’osait plus aller 
seule à E______, de peur de la croiser. Elle ne pouvait pas expliquer comment elle 
avait gardé les récépissés des factures payées par ou pour A______. Elle avait pris 
des médicaments qui lui avaient fait oublier beaucoup de choses.  

Elle a déposé des conclusions civiles visant à la condamnation de A______ à lui 
verser, le montant total de CHF 95'525.40, plus intérêts à 5% l'an dès le 28 novembre 
2012, correspondant à son dommage matériel, et à hauteur de CHF 3'000.- pour la 
réparation de son tort moral. Elle y a précisé qu'un montant de CHF 20'000.- lui avait 
été rétrocédé, suite à la vente de la voiture et qu'elle avait encaissé CHF 950.-, par le 
biais de versements mensuels opérés par A______. 

l.c. AP______, curatrice de C______ depuis 2016, a indiqué que les dettes de sa 
protégée, qui n’était pas dépensière, avaient été réglées.  

C. a. La CPAR, après avoir donné suite à la réquisition de preuve de A______, a 
ordonné la procédure écrite, avec l'accord des parties, et attiré leur attention sur le 
fait qu'elle examinerait les faits encore reprochés, qualifiés d'abus de confiance par le 
Ministère public dans son acte d'accusation et par le premier juge, également sous 
l'angle de l'usure (art. 344 CPP). 

 b. Aux termes de son mémoire du 4 mai 2018, A______ conclut à l'annulation du 
jugement entrepris, et, cela fait, à son acquittement, au déboutement de C______ de 

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ses prétentions civiles. Elle se plaint en outre de violations du droit d'être entendu et 
du principe de célérité. 

 En ce qui concernait le chef d'abus de confiance, le Tribunal de police s'était contenté 
de constater qu'elle avait utilisé la carte de sa nièce pour payer ses propres factures, 
alors qu'aucun élément au dossier, à l'exception des déclarations contradictoires de la 
partie plaignante, ne permettrait d'étayer cette version. A______, qui souffrait 
d'agoraphobie, remettait régulièrement ses factures et de l'argent liquide à sa nièce 
pour qu'elle aille effectuer des paiements à F______. C______ conservait ces 
liquidités et effectuait tous les paiements au moyen de sa carte bancaire, dont elle 
connaissait parfaitement l'emplacement. Son caractère dépensier ressortait d'ailleurs 
des déclarations de plusieurs témoins.  

 C______ avait démontré qu'elle avait connaissance des mouvements opérés sur son 
compte et était parfaitement capable de se rendre compte que des supposées 
infractions étaient commises à son encontre. Partant, la plainte déposée par son 
curateur le 19 juin 2014, soit plus de trois mois après le dernier paiement indu 
reproché à A______, le 16 décembre 2013, était tardive. 

 S'agissant de l'usure, si l'on faisait abstraction des CHF 30'000.- remis pour l'achat de 
la voiture, la somme totale dépensée par C______ en faveur de A______ s'élevait à 
CHF 13'980.-, qui, étalée sur les 16 mois de cohabitation, représentait une 
"prestation" mensuelle de CHF 873.75, participation au loyer comprise, en aucun cas 
déraisonnable vu le coût de la vie à Genève, ni a fortiori usuraire. Rien dans le 
dossier ne venait corroborer les déclarations de C______ à teneur desquelles elle 
aurait été mise sous pression par sa tante afin de consentir à l'achat d'une nouvelle 
voiture. Il s'agissait, de l'avis de tous les participants à la procédure, d'un prêt accordé 
à A______, laquelle n'avait d'ailleurs plus utilisé ledit véhicule après le départ de sa 
nièce. Le montant des prétentions civiles de C______ avait été arrêté par erreur à  
CHF 56'773.10, alors qu'il s'élevait tout au plus à CHF 35'192.40. 

 Le calcul du dommage réalisé par le Tribunal de police était erroné, dans la mesure 
où il avait omis de tenir compte des CHF 20'000.- restitués à C______ après la vente 
de la voiture, ainsi que des CHF 950.- qui avaient été versés à cette dernière par 
A______, au jour du jugement. Partant, à défaut d'acquittement, le montant du 
dommage imputable à A______ était tout au plus de CHF 35'192.40 et non de  
CHF 56'773.10 comme retenu par le premier juge.  

 Au surplus, il apparaissait que le jugement n'était pas suffisamment motivé, le 
premier juge ayant omis d'indiquer précisément sur quels faits déterminants il s'était 
fondé pour rendre son verdict de culpabilité, se contentant notamment de constater 
que A______ avait utilisé la carte de sa nièce pour payer des factures, sans citer un 
seul élément de preuve au dossier susceptible de fonder une telle conclusion. 

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 Afin d'éviter d'inutiles redites, la CPAR reprendra dans la partie en droit les faits 
nécessaires au traitement de ce grief (consid. 3.3.6). 

 Enfin, le jugement ayant été notifié aux parties trois mois après les débats de 
première instance, sans dispositif préalable, il y avait lieu de constater la violation du 
principe de célérité, voire, en cas de condamnation, de réduire en conséquence la 
peine infligée à A______. 

c. C______ conclut au rejet de l'appel et fait siens les faits retenus dans le jugement 
querellé. 

Il ne pouvait être retenu que A______ remettait régulièrement de l'argent à sa nièce 
pour qu'elle paie ses factures par le débit de son compte tout en conservant les 
espèces de sa tante. Cette version des faits se heurtait aux opérations de retrait 
enregistrées dans la foulée sur le compte, lesquelles n'avaient pas lieu d'être si 
C______ disposait déjà de liquidités remises par sa tante.  

A______ avait profité de la faiblesse d'esprit de sa nièce et du lien de confiance qui 
les liait pour se faire accorder des avantages conséquents, à savoir le paiement de ses 
factures et de celles de ses proches pour plusieurs dizaines de milliers de francs. Les 
sommes ainsi dépensées étaient en disproportion évidente avec l'hébergement de 
C______ dans un "placard" pendant une année. 

Même si des zones d'ombres subsistaient en lien avec les retraits effectués au moyen 
de sa carte bancaire, le montant de son préjudice, arrêté à CHF 56'773.10 par le 
premier juge, devait être confirmé. 

d. Le Ministère public conclut au rejet de l'appel.  

A______ n'avait pas démontré pour quelles raisons elle aurait eu besoin du code PIN 
de la carte de sa nièce, si ce n'est pour s'en servir afin de régler ses propres factures. 
Elle avait joué avec la conscience et la volonté de sa nièce, dont elle connaissait la 
fragilité, afin d'obtenir la remise de montants substantiels, notamment CHF 30'000.- 
destinés à l'achat d'une voiture, en échange du droit de demeurer dans l'appartement 
ou de recevoir des leçons de conduite, à savoir des prestations en disproportion 
évidente avec la somme en question. 

C'était à bon droit que le Tribunal de police avait déterminé le dies a quo du délai de 
plainte au jour de la mise sous curatelle de la plaignante, dès lors qu'il ne pouvait être 
exigé de cette dernière, au vu des troubles dont elle souffrait, qu'elle dénonçât plus 
tôt aux autorités pénales les comportements reprochés à sa tante.  

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Le choix du Tribunal de police de notifier aux parties directement un jugement 
motivé, 70 jours seulement après l'audience, soit dans le délai prévu à l'art. 84 al. 4 
CPP, ne violait pas le principe de célérité et avait permis, au demeurant, à A______ 
de connaître immédiatement les considérants de la décision, ce qui lui avait fait 
gagner du temps en appel. 

e. Le Tribunal pénal se réfère intégralement à son jugement. 

f. A______ réplique.  

Elle ne cherchait pas à démontrer que c'était C______ qui se rendait à chaque fois à 
la F______, mais que l'immense majorité des paiements et des retraits controversés 
étaient le fait de cette dernière alors qu'elle même se rendait exceptionnellement [au 
guichet de] F______, toujours à la connaissance de C______ et avec son accord, 
après lui avoir remis les sommes en liquide ou les avoir compensées. 

Sa première audition à la police était inexploitable, ce qui devait être constaté par la 
CPAR, dans la mesure où elle avait été entendue à titre de personne appelée à donner 
des renseignements, sans être informée de ce qui lui était reproché avant qu'elle ne 
dépose, alors même qu'une plainte avait été déposée à son encontre et qu'elle aurait 
dû être entendue comme prévenue. 

Le grief de la violation du principe de célérité avait trait au délai écoulé dans l'attente 
du dispositif du jugement attaqué, non pas de ses motifs (art. 84 al. 1 et al. 3 CPP), 
l'attente de l'opinion du juge pénal étant particulièrement dure à supporter pour la 
prévenue. 

g.a. S'agissant de la procédure de première instance, pour la période antérieure au  
8 février 2017, date de sa nomination d'office, Me B______, conseil de A______, 
conclut au versement d'une indemnité de procédure au sens de l'art. 429 CPP d'un 
montant de CHF 18'371.30, TVA à 8% incluse, correspondant à 48h10 d'activité au 
tarif de collaboratrice (350.-/heure) et 1h50 à celui d'avocat-stagiaire (CHF 150.-
/heure), cette somme portant intérêts moratoires à 5% dès le prononcé du jugement 
d'appel. 

Elle concluait aussi à ce que les 32h40 d'activité d'avocat-stagiaire arrêtées  
en première instance, pour la période postérieure à sa nomination d'office,  
soient indemnisées à un tarif horaire de CHF 80.-, conclusion retirée par écrit du  
28 mai 2018. 

g.b. En appel, elle réclame une indemnité de CHF 3'711.-, forfait pour activités 
diverses de 20% et TVA à 7.7% inclus, correspondant à 22h15 d'activité d'avocat-
stagiaire à un tarif horaire de CHF 80.-, comprenant notamment dix minutes, 

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respectivement 2h50 pour la rédaction de l'annonce et de la déclaration d'appel,  
40 minutes consacrées à des recherches et 18h25 pour la rédaction d'un mémoire 
d'appel, ainsi que 5h30 d'activité de cheffe d'étude (vu son changement de statut à 
compter du 1er janvier 2018) à un tarif horaire de CHF 200.-, comprenant notamment 
4h30 pour la rédaction d'un mémoire d'appel. 

h. Les parties ont été informées par courriers du 25 juin 2018 que la cause était 
derechef gardée juger sous quinzaine. Aucune d'elles n'a réagi. 

D. A______, née le ______ 1969, Suissesse, célibataire, est bénéficiaire de l’AI en 
raison d’un choc post-traumatique consécutif au décès de ses enfants à la naissance. 
Elle reçoit CHF 1'297.- de l’AI par mois et CHF 2'305,- de prestations 
complémentaires. Son loyer mensuel s'élève à CHF 1’392.-. Elle indique ne pas 
disposer d’économies et ignorer le montant exact de ses dettes dans la mesure où elle 
ne s’occupe plus de ses papiers depuis 2013.    

A______ n’a pas d’antécédents judiciaires.  

EN DROIT : 

1. 1.1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 CPP). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2.  2.1. La garantie du droit d'être entendu, déduite de l'art. 29 al. 2 de la Constitution 
fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), impose à 
l'autorité de motiver ses décisions, afin que les parties puissent les comprendre et 
apprécier l'opportunité de les attaquer, et que les autorités de recours soient en 
mesure d'exercer leur contrôle (ATF 141 III 28 consid. 3.2.4 p. 41 ; ATF 136 I 229 
consid. 5.2 p. 236 ; ATF 135 I 265 consid. 4.3 p. 276). Il suffit que l'autorité 
mentionne , au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé 
sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de 
celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 143 IV 40 consid. 3.4.3 p. 47 et 
les références ; ATF 142 I 135 consid. 2.1 p. 145 ; arrêts du Tribunal fédéral 
6B_246/2017 du 28 décembre 2017 consid. 4.1 ; 6B_726/2017 du 20 octobre 2017 
consid. 4.1.1). 

L'autorité ne doit pas se prononcer sur tous les moyens des parties, mais peut au 
contraire se limiter aux questions décisives (ATF 142 II 154 consid. 4.2 p. 157). 
L'autorité peut se limiter à ne discuter que les moyens pertinents, sans être tenue de 
répondre à tous les arguments qui lui sont présentés (ATF 139 IV 179 consid. 2.2  

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p. 183 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_146/2016 du 22 août 2016 consid. 1.1). Dès lors 
que l'on peut discerner les motifs qui ont guidé la décision de l'autorité, le droit à une 
décision motivée est respecté même si la motivation présentée est erronée. Il n'y a 
ainsi violation du droit d'être entendu que si l'autorité ne satisfait pas à son devoir 
minimum d'examiner les problèmes pertinents (ATF 142 II 154 consid. 4.2 p. 157 ; 
ATF 141 V 557 consid. 3.2.1 p. 565 ; arrêts du Tribunal fédéral arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_404/2017 du 20 décembre 2017 consid. 2.1 ; 6B_445/2016 du 5 juillet 
2017 consid. 6.3.1). La motivation peut d'ailleurs être implicite et résulter des 
différents considérants de la décision (ATF 141 V 557 consid. 3.2.1 p. 565 ; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_1369/2016 du 20 juillet 2017 consid. 3.1). 

Une autorité se rend coupable d'un déni de justice formel prohibé par l'art. 29 al. 2 
Cst. si elle omet de se prononcer sur des griefs qui présentent une certaine pertinence 
ou de prendre en considération des allégués et arguments importants pour la décision 
à prendre (ATF 138 V 125 consid. 2.1 p. 127 ; ATF 135 I 6 consid. 2.1 p. 9 ; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_868/2016 du 9 juin 2017 consid. 3.1). 

2.2. L'appelante se plaint que le juge de première instance aurait omis d'indiquer 
précisément sur quels faits déterminants il s'était fondé pour rendre son verdict.  

Elle se plaint en réalité de l'appréciation des faits opérée par cette instance, que la 
CPAR revoit avec un plein pouvoir d'examen, étant relevé que pour le surplus le 
jugement attaqué contient toute la motivation nécessaire pour que l'appelante 
comprenne sur quelle base la décision est fondée et puisse valablement faire valoir 
ses arguments en appel.  

Le grief d'une violation du droit d'être entendu sera partant rejeté. 

3. 3.1.1. Conformément à l'art. 344 CPP, applicable en procédure d'appel par le renvoi 
de l'art. 405 al. 1 CPP, lorsque le tribunal entend s'écarter de l'appréciation juridique 
que porte le ministère public sur l'état de fait dans l'acte d'accusation, il en informe 
les parties présentes et les invite à se prononcer. 

Cette disposition ne trouve toutefois application qu'autant que les conditions 
conduisant impérativement à une modification de l'acte d'accusation ne sont pas 
réunies. Une telle modification s'impose, en particulier, lorsque l'autorité de 
jugement estime que les faits exposés dans l'acte d'accusation pourraient réunir les 
éléments constitutifs d'une autre infraction, mais que l'acte d'accusation ne répond 
pas aux exigences légales (art. 333 al. 1 CPP). En revanche, l'art. 333 al. 1 CPP 
n'entre pas en considération lorsque l'état de fait figurant dans l'acte d'accusation 
contient d'ores et déjà tous les éléments de fait nécessaires au jugement de 
l'infraction pénale nouvellement envisagée, alors que celle-ci n'est pas désignée 
expressément par l'acte d'accusation. Dans une telle configuration, si l'autorité de 

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jugement est, en effet, liée par le complexe de faits décrit dans l'acte d'accusation 
(principe d'immutabilité), elle n'en conserve pas moins toute latitude quant à 
l'application du droit (art. 350 al. 1 CPP), pour peu que soient garantis les droits des 
parties, autrement dit que celles-ci soient informées du changement envisagé et aient 
la possibilité de s'exprimer (art. 344 al. 1 in fine CPP). Il va, par ailleurs, de soi que 
le principe de l'accusation ne saurait empêcher l'autorité de jugement, au besoin, de 
constater des faits permettant de réfuter les contestations et allégations du prévenu 
portant, par exemple, sur des faits justificatifs, qu'il n'incombe pas au ministère 
public de décrire par le menu dans l'acte d'accusation (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_445/2015 du 29 janvier 2016 consid. 1.3). 

3.1.2. Conformément à l'art. 391 al. 2 CPP, la juridiction d'appel ne peut modifier 
une décision au détriment du prévenu ou du condamné si le recours a été interjeté 
uniquement en leur faveur. Le but de cette disposition est de permettre au prévenu 
d'exercer son droit de recours sans craindre d'être puni plus sévèrement (ATF 139 IV 
282 consid. 2.4.3 et les références citées).  

3.2.1. Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, 
garantie par l'art. 6 ch. 2 de la CEDH) et, sur le plan interne, par l'art. 32 al. 1 Cst., 
concerne tant le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves.  

En tant que règle sur le fardeau de la preuve, ce principe signifie qu'il incombe à 
l'accusation d'établir la culpabilité de l'accusé, et non à ce dernier de démontrer son 
innocence. Il est violé lorsque le juge rend un verdict de culpabilité au seul motif que 
l'accusé n'a pas prouvé son innocence, mais aussi lorsqu'il résulte du jugement que, 
pour être parti de la fausse prémisse qu'il incombait à l'accusé de prouver son 
innocence, le juge l'a condamné parce qu'il n'avait pas apporté cette preuve (ATF 127 
I 38 consid. 2a p. 40 et les arrêts cités). 

Comme règle de l'appréciation des preuves, le principe in dubio pro reo interdit au 
juge de se déclarer convaincu d'un état de fait défavorable à l'accusé, lorsqu'une 
appréciation objective des éléments de preuve recueillis laisse subsister un doute 
sérieux et insurmontable quant à l'existence de cet état de fait. Des doutes abstraits ou 
théoriques, qui sont toujours possibles, ne suffisent certes pas à exclure une 
condamnation (ATF 120 Ia 31 consid. 2 p. 33 ss, 124 IV 86 consid. 2a p. 87 s.). 

3.2.2. Lorsqu'il est confronté à des versions contradictoires, le juge forge sa 
conviction quant aux faits sur la base d'un ensemble d'éléments ou d'indices 
convergents. En pareil cas, il ne suffit pas que l'un ou l'autre de ceux-ci ou même 
chacun d'eux pris isolément soit à lui seul insuffisant. L'appréciation des preuves doit 
être examinée dans son ensemble et il n'y a pas arbitraire si l'état de fait retenu peut 
être déduit de manière soutenable du rapprochement de divers éléments ou indices 

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(arrêts du Tribunal fédéral 6B_623/2012 du 6 février 2013 consid. 2.1 et 
6B_642/2012 du 22 janvier 2013 consid. 1.1). 

3.2.3. Les déclarations de la victime, entendue comme témoin, constituent un 
élément de preuve que le juge apprécie librement (arrêts du Tribunal fédéral 
6B_614/2012 du 15 février 2013 consid. 3.2.5 ; 6B_716/2010 du 15 novembre 2010 
consid. 1.3 et 6B_360/2008 du 12 novembre 2008 consid. 4.3).  

Les constellations "déclaration contre déclaration", dans lesquelles les déclarations 
de la présumée victime en tant que principal élément à charge et déclaration 
contradictoire de la personne accusée s’opposent, ne doivent pas nécessairement ou 
seulement très vraisemblablement, sur la base du principe in dubio pro reo, conduire 
à un acquittement. L’appréciation définitive des déclarations des participants 
incombe au juge du fond (ATF 137 IV 122 = JdT 2012 IV p. 79). 

3.3.1. A teneur de l'art. 143 al. 1 let. b CPP, le comparant est informé de l'objet de la 
procédure et de la qualité en laquelle il est entendu, information qui doit être 
consignée au procès-verbal (alinéa 2). 

3.3.2. Est entendu en qualité de personne appelée à donner des renseignements, 
quiconque, sans être soi-même prévenu, pourrait s'avérer être soit l'auteur des  
faits à élucider ou d'une infraction connexe, soit un participant à ces actes (art. 178 
let. d CPP). 

Le cas de figure prévu par l'art. 178 al. 1 let. d CPP est donc très étroit : pour y 
correspondre, la personne entendue doit être suspectée, mais pas suffisamment pour 
comparaître en qualité de prévenu. Pratiquement, le soupçon ne doit pas encore être 
concrétisé par des actes de l'autorité pénale affectant la situation de la personne 
interrogée, et celle-ci ne doit pas être le sujet des actes de procédure entrepris  
 (A. KUHN / Y. JEANNERET [éds]), Commentaire romand : Code de procédure 
pénale suisse, Bâle 2011, n. 18 ad art. 178 ; ACPR/399/2014 du 8 septembre 2014). 

3.3.3. La police a la compétence de procéder aux auditions du prévenu ou des 
personnes appelées à donner des renseignements (A. KUHN / Y. JEANNERET 
[éds], op.cit., n. 3 ad art. 179). 

3.3.4. L'art 180 CPP distingue la partie plaignante des autres personnes entendues à 
titre de renseignement : tandis que la première est obligée de déposer, les secondes 
disposent du droit de refuser toute déclaration. Dans le premier cas (alinéa 1), les 
dispositions relatives à l'audition du prévenu sont applicables, alors que dans le 
deuxième (alinéa 2), on applique les règles pour l'audition de témoins (A. KUHN / 
Y. JEANNERET [éds]), op.cit., n. 1,2 ad art. 180). 

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3.3.5. A teneur de l'art. 158 al. let. a CPP, la police ou le Ministère public informent 
le prévenu dans une langue qu'il comprend qu'une procédure préliminaire est ouverte 
contre lui et pour quelles infractions. 

Il doit être informé, de manière générale et selon l'état actuel de la procédure, de 
l'acte délictueux qui lui est reproché. À cet égard, il ne s'agit pas d'en opérer une 
description au sens des dispositions pénales, mais de relever les circonstances 
concrètes de l'acte reproché (ATF 141 IV 20 consid. 1.3.3 p. 29 et les références 
citées). 

S'agissant de la forme de l'information, l'art. 158 CPP ne donne qu'une seule 
précision, à savoir qu'elle doit être donnée au prévenu dans une langue qu'il 
comprend (A. KUHN / Y. JEANNERET [éd]), op cit., Bâle 2011, n. 6 ad art. 158). 

3.3.6. En l'espèce, les quelques soupçons qui pesaient sur l'appelante en date du 9 
septembre 2014, date de sa première audition à la police, découlaient exclusivement 
de la plainte déposée par le curateur de l'intimée, à l'exception de tout acte d'enquête. 
Partant, en l'absence de soupçons concrets, c'est à juste titre que l'appelante a été 
entendue par la police en qualité de personne appelée à donner des renseignements 
au sens de l'art. 178 al. 1 let. d CPP et non immédiatement en tant que prévenue.  

Il ressort du procès-verbal que l'appelante a non seulement été informée, avant d'être 
entendue, de ses droits et obligations découlant des art. 157ss CPP au moyen du 
formulaire idoine, mais qu'elle a également été rendue attentive, au cours de son 
audition, à l'existence d'une plainte pénale déposée par sa nièce pour appropriation 
illégitime et abus de confiance concernant des dépenses et prélèvements litigieux 
effectués depuis son compte. Au fur et à mesure de son audition, l'appelante a ainsi 
été informée précisément, avant de répondre, des faits qui lui étaient reprochés par 
l'intimée, à savoir l'utilisation de sa carte bancaire, l'achat d'une voiture, ainsi que 
l'exercice de pressions psychologiques.  

Les seules déclarations de l'appelante susceptibles d'être écartées sont celles faites 
avant d'avoir eu connaissance de la plainte déposée par sa nièce et qui ont 
directement trait au litige. Il s'agit en l'occurrence de la réponse donnée à la 
cinquième question qui lui a été posée, à savoir si elle avait eu connaissance du 
versement à l'intimée d'un rétroactif de l'AI de CHF 85'500.-. Sa réponse positive ne 
porte cependant pas conséquence puisqu'elle l'a répété au cours de ses auditions 
ultérieures, en qualité de prévenue. 

Au vu de ce qui précède, il ne saurait être retenu que l'appelante n'a pas été 
valablement informée des charges qui pesaient contre elle au sens de l'art. 158 al. 1 
let. a CPP. Le procès-verbal de son audition du 9 septembre 2014 est par conséquent 
exploitable. 

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4. 4.1. Commet un abus de confiance au sens de l'art. 138 ch. 1 al. 2 CP, celui qui, sans 
droit, aura employé à son profit ou au profit d'un tiers, des valeurs patrimoniales qui 
lui avaient été confiées. Sur le plan objectif, l'infraction suppose qu'une valeur ait été 
confiée, autrement dit que l'auteur ait acquis la possibilité d'en disposer, mais que, 
conformément à un accord (exprès ou tacite) ou un autre rapport juridique, il ne 
puisse en faire qu'un usage déterminé, en d'autres termes, qu'il l'ait reçue à charge 
pour lui d'en disposer au gré d'un tiers, notamment de la conserver, de la gérer ou de 
la remettre (ATF 133 IV 21 consid. 6.2 p. 27 ; arrêts du Tribunal fédéral 
6B_613/2016 et 6B_627/2016 du 1er décembre 2016 consid. 4 ; 6B_635/2015 du 9 
février 2016 consid. 3.1). Le comportement délictueux consiste à utiliser la valeur 
patrimoniale contrairement aux instructions reçues, en s'écartant de la destination 
fixée (ATF 129 IV 257 consid. 2.2.1 p. 259 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_356/2016 
du 6 mars 2017 consid. 2.1). 

L'alinéa 2 de l'art. 138 ch. 1 CP ne protège pas la propriété, mais le droit de celui qui 
a confié la valeur patrimoniale à ce que celle-ci soit utilisée dans le but qu'il a  
assigné et conformément aux instructions qu'il a données. Est ainsi caractéristique  
de l'abus de confiance le comportement par lequel l'auteur démontre clairement  
sa volonté de ne pas respecter les droits de celui qui lui fait confiance (ATF 129 IV 
257 consid. 2.2.1, p. 259 ; ATF 121 IV 23 consid. 1c p. 25 ; arrêts du  
Tribunal fédéral 6B_356/2016 du 6 mars 2017 consid. 2.1 ; 6B_507/2015 du  
25 février 2016 consid. 1). 

Du point de vue subjectif, l'auteur doit avoir agi intentionnellement et dans un 
dessein de se procurer à un tiers un enrichissement illégitime, qui peut être réalisé par 
dol éventuel (ATF 133 IV 21 consid. 6.1.2 p. 27 et les références ; ATF 118 IV 27 
consid. 2a p. 34 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_356/2016 du 6 mars 2017 consid. 2.1 
; 6B_635/2015 du 9 février 2016 consid. 3.1). Celui qui dispose à son profit ou au 
profit d'un tiers d'un bien qui lui a été confié et qu'il s'est engagé à tenir en tout temps 
à disposition de l'ayant droit s'enrichit illégitimement s'il n'a pas la volonté et la 
capacité de le restituer immédiatement en tout temps. Celui qui ne s'est engagé à tenir 
le bien confié à disposition de l'ayant droit qu'à un moment déterminé ou à l'échéance 
d'un délai déterminé s'enrichit illégitimement que s'il n'a pas la volonté et la capacité 
de le restituer à ce moment précis (ATF 118 IV 27 consid. 3a p. 29 s.). 

4.2. Au terme de l'art. 157 ch. 1 CP, celui qui aura exploité la gêne, la dépendance, 
l’inexpérience ou la faiblesse de la capacité de jugement d’une personne en se faisant 
accorder ou promettre par elle, pour lui-même ou pour un tiers, en échange d’une 
prestation, des avantages pécuniaires en disproportion évidente avec celle-ci sur le 
plan économique, sera puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou 
d’une peine pécuniaire. 

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4.3.1. L'infraction consiste à obtenir ou à se faire promettre une contre-prestation 
disproportionnée en exploitant la faiblesse de l'autre partie. Il faut non seulement 
qu'il y ait un contrat onéreux et une disproportion entre les prestations échangées, 
mais encore que cette disproportion provienne d'une exploitation par le bénéficiaire 
de la position de faiblesse particulière dans laquelle se trouve l'autre partie. 
L'évaluation des prestations doit être objective (ATF 130 IV 108 consid. 7.2). La 
jurisprudence considère comme décisive la valeur patrimoniale effective, c'est-à-dire 
la valeur de la prestation calculée en tenant compte de toutes les circonstances. Dans 
la mesure où ils existent, on se fondera sur les prix usuels (ATF 93 IV 87 consid. 2).  

L'avantage fourni doit l'avoir été en échange d'une prestation (ATF 130 IV 106 
consid. 7.2. = SJ 2005 I 52). L'usure ne saurait trouver application pour les 
donations, car il n'y a pas d'échange de prestations dans un tel cas. Il est donc 
impossible, matériellement, de comparer les prestations et d'en déduire une 
disproportion (ATF 111 IV 139, JdT 1986 IV 3). De manière générale, l'usure ne 
trouve ainsi pas application dans le cadre des actes juridiques unilatéraux et gratuits 
comme le testament ou la donation (M. DUPUIS / B. GELLER / G. MONNIER / L. 
MOREILLON / C. PIGUET / C. BETTEX / D. STOLL [éds], Code pénal - Petit 
commentaire, Bâle 2017, n. 16-17, ad art. 157 CP). La prestation peut être de 
n'importe quelle nature : paiement en liquide, remise d'un objet, cession de l'usage 
d'une chose, cession de créance, transfert d'un droit ou encore fourniture de services 
ou d'une garantie (M. DUPUIS et al., op. cit., n. 19- 20, ad art. 157 CP et références 
citées). 

4.3.2. La faiblesse de jugement vise une personne qui, en raison de son âge, d'une 
maladie, d'une faiblesse congénitale, de l'ivresse, de la toxicomanie ou d'une autre 
cause semblable est diminuée dans sa faculté d'analyser la situation. Une situation de 
faiblesse de jugement est par exemple réalisée chez un mineur ou une personne dont 
les capacités sont diminuées, chez une personne faible d'esprit ou influençable, ou 
encore chez une personne qui, par faiblesse de caractère ou par légèreté, est entravée 
dans la capacité de former sa volonté de manière autonome.  

La personne peut se trouver dans une situation de faiblesse pour plusieurs raisons, ce 
qui aggrave en principe le cas et sera pris en considération au stade de la fixation de 
la peine (B. CORBOZ, op. cit., no 10 ad art. 157 CP). 

4.3.3. Sur le plan subjectif, l'infraction est intentionnelle, mais le dol éventuel suffit. 
Il faut donc que l'auteur sache, au moins sous la forme du dol éventuel, que l'autre 
partie se trouve dans une situation de faiblesse. Il doit également connaître, au moins 
sous la forme du dol éventuel, la disproportion entre les prestations. Enfin, il doit 
avoir conscience, au moins sous la forme du dol éventuel, que la situation de 
faiblesse motive l'autre partie à accepter la disproportion évidente entre les 
prestations (ATF 106 IV 106 consid. 7.2). 

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4.4. En préambule, il faut relever que le premier juge a déjà circonscrit les faits 
retenus à ce stade de manière définitive, faute d'appel ou d'appel joint du Ministère 
public ou de la partie plaignante, aux montants et transactions "admis par 
[l'appelante] ou suffisamment prouvés par des éléments objectifs", à savoir  
les factures payées par le compte F______ de l'intimée, mais libellées au nom de 
l'appelante ou de proches de cette dernière, ainsi que les CHF 30'000.- liés à l'achat 
de la voiture. 

Les factures libellées au nom de l'appelante payées par le débit du compte de 
l'intimée s'élèvent à CHF 27'440.20 et non à CHF 29'727.70, comme retenu par le 
premier juge, une telle différence de 2'287.50 s'expliquant par le fait que les trois 
paiements bloqués en date du 4 juin 2013, puis renouvelés, ont été comptabilisés à 
double. Partant, ce ne sont pas 12, mais 11 loyers qui ont été payés par le débit dudit 
compte F______, pour un montant total de CHF 15'312.-, dont il sied de déduire la 
contribution mensuelle de l'intimée aux frais du ménage (CHF 500.- pendant 11 
mois), pour arriver à la somme de CHF 9'812.-. 

En ce qui concerne les factures libellées au nom de tiers qui ont également été payées 
par ce même biais, totalisant CHF 3'995.40, force est de constater que celles-ci 
concernent exclusivement des personnes proches de l'appelante, à savoir ses père et 
mère, son ex-conjoint et sa meilleure amie, à l'exception de AE______, dans la 
mesure où il appert, à la lecture des déclarations des parties, qu'il s'agissait en réalité 
d'une amie de l'intimée. 

Les CHF 30'000.- prélevés sur le compte de l'intimée le 8 août 2013 doivent 
également être pris en compte, dès lors que d'après les déclarations concordantes des 
parties, cette somme a été retirée du compte de l'intimée et remise à l'appelante en 
vue de l'acquisition d'une voiture.  

Il n'y a pas lieu en revanche, comme l'a souligné le premier juge, de prendre en 
considération les CHF 40'000.- retirés en espèces du compte de l'intimée (ch. B.II.3 
de l'acte d'accusation), dans la mesure où il est impossible de déterminer qui a 
effectué ces retraits et à qui ils ont bénéficié.  

Il en va de même des CHF 7'480.- mentionnés dans la plainte et repris dans l'acte 
d'accusation (ch. B.II.1) en tant que dépenses effectuées au profit de l'appelante. En 
effet, force est de constater qu'il s'agit de 42 opérations de débit direct effectuées au 
moyen de la carte bancaire de l'intimée, auprès d'enseignes telles que Q______, 
R______, S______, T______, U______, V______, W______, ainsi qu'auprès de 
salons de coiffure, lesquelles ne peuvent être attribuées avec certitude à l'appelante, 
puisque, comme l'a relevé le premier juge, l'analyse des relevés de compte et des 
annotations de l'intimée a révélé que cette dernière avait un comportement dépensier 
et qu'elle se rendait - pour ses propres achats - dans la plupart des enseignes 

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précitées. Partant, il n'est pas possible d'établir avec suffisamment de certitude que 
les opérations signalées par l'intéressée, pour ledit montant, ont effectivement profité 
en tout ou en partie à l'appelante. 

4.5. La CPAR considère, sur la base des diverses déclarations, certificats médicaux et 
du compte et des pièces justificatives liées au CPP de la parte plaignante, que les 
faits se sont déroulés comme suit : 

4.5.1. La partie plaignante, née en 1989, souffre de dysharmonie évolutive, sans 
retard mental, mais avec un trouble envahissant du développement, et d'un trouble de 
la personnalité de type borderline. Aux dires de sa thérapeute, elle peut être la proie 
de n’importe quel abuseur, tant sa naïveté est grande. Au bénéfice d’une pleine rente 
AI depuis sa majorité, sa pathologie psychique et son état de santé très fluctuant, 
entrainent de grandes difficultés à gérer son administration et ses finances, ce qui a 
amené le TPAE à ordonner le 21 mars 2014 une curatelle de représentation avec 
gestion du patrimoine en sa faveur. Bien que jouissant d'une totale capacité de 
discernement, la plaignante avait, à tout le moins au moment des faits, beaucoup de 
difficultés à se positionner face aux sollicitations des membres de sa famille qui 
venaient lui demander de l’argent. Personne au grand cœur, avec des angoisses 
d’abandon, elle avait peur de décevoir son entourage et devait être protégée contre 
ses élans. 

Toujours aux dires de sa thérapeute, qui l'a connue dans un contexte de crise où elle 
subissait des violences psychologiques de la part de ses parents, ce qui nécessitait un 
changement de lieu de vie vers un environnement stable et sécurisé, la plaignante a 
été poussée à partir à E______, chez sa tante.  

4.5.2. Le dernier paiement au guichet [de] F______ de AI______, pour des factures 
au nom de l'intimée, est intervenu le 7 novembre 2012, où elle a encore écrit sur l'un 
des bulletins de versement son adresse chez ses parents. Tous les retraits et 
paiements au guichet de F______ intervenus par le débit de son compte F______ à 
compter du 28 novembre 2012 l'ont été à E______. On peut en déduire que la 
plaignante a emménagé chez sa tante entre le 7 et le 28 novembre 2012 au plus tard, 
date à laquelle ont été retirés CHF 5'000.-.  

A ce moment-là, tante et nièce s'accordent à dire que la seconde disposait encore 
librement de la carte liée à F______. 

4.5.3. La partie plaignante a bénéficié de rétroactifs de l'AI et de prestations 
complémentaires (du SPC) à hauteur des montants de CHF 85'505.-, puis de  
CHF 75'002.-, crédités respectivement sur son compte F______ les 28 novembre 
2012 et 11 juillet 2013. Entre le 1er novembre 2012 et le 31 décembre 2013, des 
crédits à hauteur de CHF 198'932 ont été enregistrés sur ledit compte et  

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CHF 162'099.- en ont été débités, aboutissant à un solde de CHF 37'090.- au  
31 décembre 2013, ce malgré les entrées mensuelles subséquentes à hauteur de  
CHF 1'550.- (AI), des revenus de l'ordre de quelques centaines de francs retirés de 
ses activités occupationnelles et d'apparents remboursements de l'assurance-maladie.  

Dès le premier règlement de factures à E______, par le débit du compte de l'intimée, 
le 17 décembre 2012, apparaissent des charges libellées au nom de l'appelante, pour 
les AQ______, des frais d'assurance et de dentiste, d'abonnement au câble et une 
société AR______, pour un montant global de CHF 1'207.30. 

4.5.4. L'appelante a varié dans ses déclarations s'agissant de savoir qui de sa nièce ou 
elle-même s'est présentée au guichet pour procéder à ces paiements, affirmant dans 
un premier temps avoir utilisé la carte de sa nièce pour payer les factures au guichet 
et retirer de l'argent à sa place, pour et à sa demande, mais pas pour payer ses propres 
factures ni acheter des marchandises, pour prétendre plus tard, assistée d'un conseil, 
avoir envoyé sa nièce faire ses propres paiements en lui donnant l'argent provenant 
de son compte L______, ce pour la responsabiliser. Il s'avère qu'une telle manière de 
faire est en totale contradiction avec la "séquestration" de sa carte pour éviter qu'elle 
ne dépense tout son argent. Qui plus est, l'appelante, elle-même à l'AI, ne peut 
convaincre en prétendant avoir séquestré ladite carte en raison de dépenses non 
contrôlées de sa nièce tout en confiant à cette dernière chaque mois des centaines, 
voire des milliers de francs pour aller faire ses propres paiements, avec le risque bien 
concret que celle-ci ne les utilise pour des achats plutôt que pour régler ses factures. 
Ce procédé est au demeurant contredit par la documentation de F______ dont il 
ressort que les paiements en faveur de l'appelante et de son entourage n'ont pas été 
effectués en espèces, mais bien par le débit du compte de l'intimée. Autrement dit, si 
la nièce était réellement allée faire les paiements en faveur de sa tante avec des 
espèces provenant du compte L______ de celle-ci, que ce soit pour la responsabiliser 
ou lorsque l'appelante aurait été immobilisée suite à une opération à la gorge, les 
BVR y relatifs n'auraient pas figuré dans les pièces et décomptes transmis à la justice 
par F______ en relation avec le compte F______ de la plaignante. Celle-ci serait au 
contraire repartie chaque mois avec un lot de récépissés dûment tamponnés par 
F______ ou un carnet postal au nom de l'appelante les regroupant. En appel 
seulement, elle tente vainement et pour la première fois d'expliquer que sa nièce 
gardait les liquidités remises et payait les factures de sa tante par le débit de son 
compte F______. Ce mode de faire s'avère en totale contradiction d'une part, avec 
l'ambition de protéger sa nièce de dépenses inconsidérées et d'autre part, avec les 
opérations de retrait effectuées le jour des paiements, lesquelles n'auraient pas eu lieu 
d'être si l'intimée disposait déjà de plusieurs centaines, voire milliers de francs qui lui 
auraient été remis par sa tante. 

Il est enfin édifiant de constater que lors de l'audience de confrontation, l'appelante 
s'est contentée de répondre, "autant que ça ?" lorsqu'elle a eu connaissance du 

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montant des factures payées en sa faveur ou celle de ses proches par le débit du 
compte de sa nièce. 

4.5.5. L'intimée n'est pas davantage crédible lorsqu'elle prétend ne plus être allée 
faire ses paiements à F______, du fait de la confiscation de sa carte par sa tante, 
puisque précisément elle a pu, certes sans sa carte, procéder aux opérations des 3 et 4 
juin 2014.  

De l'infraction d'abus de confiance 

4.6.1. Appelante et partie plaignante s'accordent à dire que la première a "séquestré" 
la carte afférente au compte F______ de celle-ci. Peu importe en définitive que la 
seconde ait ou non su en quel lieu elle était détenue, seul comptant en effet la 
maîtrise que l'appelante a effectivement obtenue sur ledit compte par non seulement 
la remise physique de la carte, mais également du code PIN, lequel ne lui était 
d'aucune utilité s'il s'était seulement agi d'empêcher l'intimée de faire des dépenses 
excessives.  

4.6.2. Dans la mesure où il subsiste un doute sur la ou les personnes ayant procédé 
aux paiements de factures en faveur de l'appelante et de ses proches au guichet au 
moyen de la carte et du code de l'intimée, l'appelante ne peut être reconnue coupable 
d'abus de confiance en lien avec ces CHF 27'440.20 et CHF 3'995.40. Ces faits 
doivent par contre être examinés sous l'angle de l'usure. 

Il n'y avait en effet aucune raison pour que l'intimée s'en acquitte par le débit de son 
compte F______, étant comme relevé ci-dessus hautement invraisemblable que 
l'appelante lui aurait confié les espèces nécessaires à leur règlement. 

De l'infraction d'usure 

4.7.1. En l'espèce, il est établi par la procédure que l'intimée pouvait être la proie de 
n'importe quel abuseur, tant sa naïveté était grande (cf consid. 3.4.1. supra).  

L'analyse des relevés montre que le compte de cette dernière a fait l'objet de très 
nombreux prélèvements et paiements, durant toute la période pendant laquelle elle a 
séjourné chez sa tante, pour un montant total de CHF 162'099.-, soit une somme sans 
commune mesure avec ses faibles revenus de rentière AI au bénéfice de prestations 
complémentaires.  

Force est de constater que la nouvelle capacité financière de l'intimée, qui s'est 
retrouvée soudainement avec plus de CHF 150'000.- d'arriérés de prestations sur son 
compte, n'a pas échappé à sa tante, qui s'est vue offrir, entre autres choses, un chat, 
ainsi qu'un lave-vaisselle, ni à J______, à qui l'intimée a proposé de régler son arriéré 

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d'impôts de CHF 15'000.- et qui n'a pas hésité ensuite à lui demander de l'aide pour le 
remboursement d'une facture de carte de crédit. En tant toutefois qu'il s'agit là de 
dons, l'infraction d'usure n'entre pas en compte. 

Comme relevé précédemment, l'intimée a également été amenée à participer de 
manière prépondérante aux frais du ménage (AQ______, assurance, abonnement au 
câble, etc.), prenant à sa charge notamment 11 loyers entiers, ainsi que de 
nombreuses contraventions et factures au nom de sa tante et de personnes proches de 
cette dernière. A teneur des déclarations constantes de l'intimée, c'est sous la pression 
de l'appelante qui la menaçait de la mettre à la porte qu'elle avait consenti à ces 
paiements. Il importe peu ici de savoir si c'est l'intimée qui s'est rendue au guichet 
pour s'en acquitter ou bien si c'est l'appelante qui s'en est chargée, avec la carte et le 
PIN de l'intéressée, dans la mesure où il est établi que cette dernière y a acquiescé, 
dans le seul but de pouvoir continuer à résider chez sa tante, alors qu'elle versait déjà 
à cette dernière, chaque mois, CHF 500.-, à titre de loyer pour l'espace qu'elle 
occupait dans une partie borgne du salon. 

C'est dans ce même état d'esprit qu'est intervenu le prélèvement de CHF 30'000.- du 
compte de l'intimée pour l'acquisition d'une voiture que celle-ci n'a jamais pu 
conduire, sa tante ayant au demeurant admis que sa nièce n'obtiendrait pas le permis 
pour le faire. L'appelante a varié dans ses déclarations s'agissant de sa participation à 
l'achat dudit véhicule, ainsi que de celle de son ami qui n'a finalement rien déboursé, 
d'après ses propres déclarations. Or, il est clair que l'appelante n'avait pas les moyens 
de rembourser cette somme à sa nièce, comme en atteste la reconnaissance de dette 
pour le montant résiduel de CHF 10'000.-, aux termes de laquelle elle ne peut 
s'engager à rembourser que CHF 50.- par mois. Celle-ci a ainsi joué sur la naïveté de 
sa nièce et l'a convaincue, sous prétexte de lui apprendre à conduire avec ce nouveau 
véhicule de procéder à un achat sans commune mesure avec ses revenus, dans lequel 
elle trouvait un avantage au premier plan. Faute de découverte du pot aux roses et de 
départ de l'intimée de chez sa tante, celle-ci aurait sans contrepartie vis-à-vis de sa 
nièce, continué à utiliser ce véhicule mis au nom de sa meilleure amie, dans le but - 
assumé - de ne pas apparaître comme propriétaire du véhicule, craignant des 
"histoires avec l'AI, vu la valeur du véhicule". C'est donc dire que son acte et ses 
conséquences étaient réfléchies. Elle a d'ailleurs fini par admettre qu'elle s'était 
"emballée". 

Au vu de ce qui précède, la CPAR n'a aucun doute sur le fait que l'appelante a profité 
de la situation de faiblesse de l'intimée pour obtenir de cette dernière des avantages 
pécuniaires pour une somme d'au moins CHF 55'935.60 (cf. infra consid. 6.2. pour le 
détail), avec pour seules contreparties, d'une part, la garantie de pouvoir continuer à 
résider sous son toit et d'autre part, la promesse de lui apprendre à conduire. 

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Ces montants sont en disproportion évidente avec les contreparties proposées. 
L'appelante a agi à l'évidence en exploitant l'état de faiblesse de jugement et de 
dépendance de l'intimée qui, contrainte de quitter le domicile de ses parents, n'avait 
nulle part où aller et pensait être en sécurité chez sa tante, en qui elle avait toute 
confiance, ce dont cette dernière était consciente et dont elle a profité. 

L'appelante doit ainsi être reconnue coupable d'usure au sens de l'art. 157 al. 1 CP, la 
description des faits figurant dans l'acte d'accusation ne s'opposant pas à une 
requalification juridique, sur laquelle les parties se sont prononcées. En outre, les 
peines-menaces venant sanctionner les infractions d'usure et d'abus de confiance 
étant identiques, une telle requalification respecte le principe de l'interdiction de la 
reformatio in pejus. 

5. 5.1. Celui qui se rend coupable d'usure sera puni d'une peine privative de liberté de 
cinq ans au plus ou d'une peine pécuniaire (art. 157 al. 1 CP). 

 5.2.1. Les nouvelles dispositions sur le droit des sanctions sont entrées en vigueur le 
1er janvier 2018. En l'espèce, l'application de l'ancien ou du nouveau droit ne conduit 
pas à une solution différente s'agissant des critères de fixation et d'atténuation de la 
peine. La nouvelle mouture de l'art. 34 al. 1 CP, qui prévoit que la peine pécuniaire 
ne peut excéder 180 jours-amende, n'emporte pas conséquence in casu. La novelle 
n'étant pas plus favorable à l'appelante (lex mitior), l'ancien droit s'applique (art. 2 
CP). 

 5.2.2. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il 
prend en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi 
que l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la 
gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le 
caractère répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la 
mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte 
tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). 

 La culpabilité de l'auteur doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs 
pertinents, qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, 
le caractère répréhensible de l'acte et son mode d'exécution (objektive 
Tatkomponente). Du point de vue subjectif, sont pris en compte l'intensité de la 
volonté délictuelle ainsi que les motivations et les buts de l'auteur (subjektive 
Tatkomponente). À ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter les facteurs liés 
à l'auteur lui-même (Täterkomponente), à savoir les antécédents (judiciaires et non 
judiciaires), la réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations 
familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la 
peine, de même que le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale 
(ATF 142 IV 137 consid. 9.1 p. 147 ; ATF 141 IV 61 consid. 6.1.1 p. 66 s. ; ATF 

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136 IV 55 consid. 5 p. 57 ss ; ATF 134 IV 17 consid. 2.1 p. 19 ss ; ATF 129 IV 6 
consid. 6.1 p. 20).  

 5.2.3. Conformément à l'art. 34 aCP, la peine pécuniaire est fixée en jours-amende 
dont le tribunal fixe le nombre en fonction de la culpabilité de l'auteur (al. 1). Un 
jour-amende est de CHF 3'000.- au plus. Le juge en arrête le montant selon la 
situation personnelle et économique de l'auteur au moment du jugement, notamment 
en tenant compte de son revenu et de sa fortune, de son mode de vie, de ses 
obligations d'assistance, en particulier familiales, et du minimum vital (al. 2). 

 5.2.4. Selon l'art. 42 al. 4 aCP, le juge peut prononcer, en plus du sursis, une peine 
pécuniaire sans sursis ou une amende selon l'art. 106 CP. 

 Le juge fixe le montant de l'amende et la quotité de la peine privative de liberté de 
substitution en tenant compte de la situation de l'auteur, afin que la peine 
corresponde à la faute commise (art. 106 al. 3 CPP). 

 5.3.1. Le principe de célérité impose aux autorités de mener la procédure pénale sans 
désemparer, dès le moment où l'accusé est informé des soupçons qui pèsent sur lui, 
afin de ne pas le maintenir inutilement dans l'angoisse. Il s'agit d'une exigence à 
l'égard des autorités pénales, qui se distingue de la circonstance atténuante du temps 
relativement long (art. 48 let. e CP), laquelle est liée à l'approche de la prescription et 
suppose que l'accusé se soit bien comporté dans l'intervalle. Comme les retards dans 
la procédure pénale ne peuvent être guéris, le Tribunal fédéral a fait découler de la 
violation du principe de célérité des conséquences sur le plan de la peine. Le plus 
souvent, la violation de ce principe conduira à une réduction de la peine, parfois 
même à la renonciation à toute peine ou encore, en tant qu'ultima ratio dans des cas 
extrêmes, à une ordonnance de classement (ATF 135 IV 12 consid. 3.6 ; ATF 130 IV 
54 consid. 3.3.1). 

 L'autorité viole cette garantie lorsqu'elle ne rend pas une décision qu'il lui incombe 
de prendre dans le délai prescrit par la loi ou dans le délai que la nature de l'affaire et 
les circonstances font apparaître comme raisonnable (voir ATF 130 I 312 consid. 
5.1). Le caractère raisonnable du délai s'apprécie selon les circonstances particulières 
de la cause, eu égard notamment à la complexité de l'affaire, à l'enjeu du litige pour 
l'intéressé, à son comportement ainsi qu'à celui des autorités compétentes (ATF 135 I 
265 consid. 4.4 ; ATF 130 I 312 consid. 5.1). On ne saurait reprocher à l'autorité 
quelques temps morts, qui sont inévitables dans toute procédure. Une diminution de 
la peine ne peut entrer en ligne de compte qu'en cas de lacune crasse et avérée dans le 
déroulement de la procédure et le fait que certains actes aient pu être effectués plus 
rapidement ne suffit pas pour que soit admise une telle violation (arrêts du Tribunal 
fédéral 6B_590/2014 du 12 mars 2015 consid. 5.3 et 6B_473/2011 du 13 octobre 
2011 consid. 4.2). Apparaissent comme des carences choquantes une inactivité de 

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treize ou quatorze mois au stade de l'instruction, un délai de quatre ans pour qu'il soit 
statué sur un recours contre l'acte d'accusation ou encore un délai de dix ou onze 
mois pour que le dossier soit transmis à l'autorité de recours (ATF 130 IV 54 consid. 
3.3.3). 

 5.3.2. A teneur de l'art. 84 CPP, lorsque le tribunal ne peut rendre son jugement 
immédiatement, il le fait dès que possible et le notifie lors d'une audience ultérieure. 
Si, dans ce cas, les parties renoncent au prononcé public du jugement, le tribunal leur 
notifie le dispositif sitôt le jugement rendu (al. 3). S'il doit motiver son jugement par 
écrit, il notifie dans les 60 jours, exceptionnellement dans les 90 jours, au prévenu et 
au Ministère public le jugement intégralement motivé (al. 4).  

 5.3.3. Les débats doivent être conduits à leur terme sans interruption inutile. Par 
conséquent, les délibérations doivent dans la mesure du possible suivre 
immédiatement la clôture des débats dans le but de respecter la règle de la continuité 
et de la concentration. Il est cependant possible d'initier plus tard les délibérations 
dans les cas complexes ou lorsque les débats ont duré longtemps, notamment aux 
conditions posées à l'art. 84 al. 3 CPP (arrêt du Tribunal fédéral 6B_1165/2013 du 
1er mai 2014 consid. 1.3). 

 5.3.4. L'art. 84 al. 4 CPP prévoit que si le tribunal doit motiver son jugement par 
écrit, il notifie dans les 60 jours, exceptionnellement dans les 90 jours, au prévenu et 
au ministère public le jugement intégralement motivé. Figurant parmi les règles 
générales de procédure, cette disposition s'applique également à la juridiction 
d'appel. Les délais de 60 et 90 jours ne sont que des délais d'ordre dont la violation 
n'affecte pas la validité du jugement (arrêt du Tribunal fédéral 6B_1066/2013 du 27 
février 2014 consid. 1.1.1). En cas de dépassement de ces derniers, le justiciable 
pourra tout au plus recourir pour retard injustifié, conformément à l'art. 393 al. 2 let. 
a CPP (ibidem). 

Il est généralement admis que le dépassement de ces délais ne constitue pas en soi 
une violation du principe de la célérité, mais peut en constituer un indice (arrêts du 
Tribunal fédéral 6B_870/2016 du 21 août 2017 consid. 4.1 ; 6B_1066/2013 du  
27 février 2014 consid. 1.1.2). 

Le caractère raisonnable de la durée de la procédure s'apprécie selon les 
circonstances particulières de la cause, eu égard notamment à la complexité de 
l'affaire, à l'enjeu du litige pour l'intéressé, à son comportement ainsi qu'à celui des 
autorités compétentes (ATF 135 I 265 consid. 4.4 p. 277 ; 130 I 312 consid. 5.1  
p. 331 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1066/2013 du 27 février 2014 consid. 1.1.2). 
On ne saurait reprocher à l'autorité quelques temps morts, qui sont inévitables dans 
une procédure (ATF 130 IV 54 consid. 3.3.3 p. 56 ss ; 130 I 312 consid. 5.2 p. 332 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 6B_1066/2013 précité). Le fait que certains actes auraient 

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pu être effectués plus rapidement ne suffit pas pour que soit admise une telle 
violation (arrêt du Tribunal fédéral 6B_1066/2013 précité). 

Il appartient au justiciable d'entreprendre ce qui est en son pouvoir pour que l'autorité 
fasse diligence, que ce soit en l'invitant à accélérer la procédure ou en recourant, le 
cas échéant, pour retard injustifié (ATF 130 I 312 consid. 5.2 p. 332 ; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_1066/2013 précité). Cette règle découle du principe de la bonne 
foi (art. 5 al. 3 Cst.), qui doit présider aux relations entre organes de l'État et 
particuliers (arrêt du Tribunal fédéral 6B_1066/2013 précité). 

 5.4. En l'espèce, la faute de l'appelante est grave. Elle a volontairement exploité la 
faiblesse et l'angoisse d'abandon de sa nièce, qui lui faisait confiance, afin d'obtenir 
de cette dernière qu'elle lui achète une nouvelle voiture et s'acquitte, pendant 
plusieurs mois, de ses factures et de celles de ses proches pour plusieurs dizaines de 
milliers de francs. Son mobile est égoïste. Elle a agi par appât du gain, sans 
considération aucune pour la situation financière de sa nièce, dont les revenus, à 
l'exception des deux rétroactifs versés en 2012 et 2013, étaient très limités. 

 Sa situation personnelle, certes difficile, ne saurait justifier ses actes, l'appelante - au 
bénéfice d'une rente AI et de prestations complémentaires - n'étant pas dans le 
besoin. 

 Sa collaboration à la procédure a été mauvaise. Elle s'est contredite à plusieurs 
reprises s'agissant notamment de l'utilisation qu'elle faisait de la carte bancaire de sa 
nièce, ainsi que de sa participation au financement de la voiture.  

 Elle a persisté à nier les faits tout au long de la procédure, ce qui dénote une absence 
totale de prise de conscience. Pire encore, elle n'a eu de cesse de rejeter la faute sur 
sa nièce, qu'elle a qualifiée de "panier percé", allant jusqu'à dire que cette dernière 
l'aurait influencée pour l'achat de la voiture.  

 L'appelante n'a pas d'antécédents, ce qui a toutefois un effet neutre sur la fixation de 
la peine (ATF 136 IV 1 consid. 2.6).  

 Il sera en revanche tenu compte du fait que l'appelante a signé une reconnaissance de 
dette et a commencé à rembourser une partie du dommage causé, ce qui ne constitue 
toutefois pas un repentir sincère, dans la mesure où elle n'a exprimé aucun regret, si 
ce n'est celui d'avoir "mal compris" sa nièce envers laquelle elle n'a formulé aucune 
excuse. 

 Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le prononcé par le premier juge d'une 
amende et d'une peine privative de liberté de 300 jours-amende tient adéquatement 

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compte de la faute de l'appelante et consacre une application correcte des critères 
précités. 

 Enfin, au vu de la complexité de l'affaire, laquelle a nécessité une analyse 
approfondie de nombreux relevés bancaires, sur une période relativement longue, la 
notification du jugement motivé, sans dispositif préalable, le 1er février 2018, soit 
moins de trois mois après les débats de première instance, n'a pas violé le principe de 
célérité. Il n'y a donc pas lieu d'opérer une quelconque réduction de peine à ce titre. 

 Le montant du jour-amende, arrêté à CHF 30.-, est adapté à la situation économique 
et personnelle de l'appelante et doit par conséquent être confirmé. 

 Le sursis lui est acquis (art. 391 al. 2 CPP). Le délai d'épreuve, arrêté à trois ans, est 
de nature à la dissuader de la commission de nouvelles infractions. 

 Le jugement entrepris sera dès lors confirmé sur ces points. 

6. 6.1.1. À teneur de l'art. 122 CPP, en qualité de partie plaignante, le lésé peut faire 
valoir des conclusions civiles déduites de l'infraction par adhésion à la procédure 
pénale (al. 1). L'action civile devient pendante dès que le lésé a fait valoir des 
conclusions civiles en vertu de l'art. 119 al. 2 let. b (al. 3). Si la partie plaignante 
retire son action civile avant la clôture des débats de première instance, elle peut à 
nouveau faire valoir ses conclusions civiles par la voie civile (al. 4). 

 6.1.2. Selon l'art. 123 CPP, dans la mesure du possible, la partie plaignante chiffre 
ses conclusions civiles dans sa déclaration en vertu de l'art. 119 et les motive par 
écrit; elle cite les moyens de preuves qu'elle entend invoquer (al. 1). Le calcul et la 
motivation des conclusions civiles doivent être présentés au plus tard durant les 
plaidoiries (al. 2). Les plaidoiries mentionnées à l'art. 123 al. 2 CPP sont celles 
présentées aux débats de première instance, compte tenu de la règle énoncée à l'art. 
122 al. 4 CPP (L. MOREILLON / A. PAREIN-REYMOND, Petit commentaire 
CPP, Bâle 2016, n. 7 ad art 123 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_193/2014 du 21 juillet 
2014 consid. 2.3 = SJ 2015 I p. 293 ; AARP/399/2017 du 13 décembre 2017 consid. 
1.3). 

 6.1.3. Constituent des prétentions civiles celles qui sont fondées sur le droit civil et 
doivent en conséquence être déduites ordinairement devant les tribunaux civils. Il 
s'agit principalement des prétentions en réparation du dommage et en tort moral au 
sens des art. 41 ss de la loi fédérale du 30 mars 1911, complétant le Code civil suisse 
(CO ; RS 220) (arrêt du Tribunal fédéral 1B_312/2011 du 21 juin 2011 consid. 2).  

 6.1.4. Lorsque l'indemnisation se fait sous la forme d'un capital, le demandeur a droit 
aux intérêts de celui-ci. Ces intérêts, dont le taux s'élève à 5% (art. 73 CO), courent 

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en principe à partir du jour de l'évènement dommageable et ce, jusqu'au moment  
de la capitalisation. Il s'agit d'intérêts du dommage ou intérêts compensatoires,  
qui ont pour but de remettre le lésé dans la situation patrimoniale qui aurait été la 
sienne si la réparation du dommage avait eu lieu immédiatement (L. THÉVENOZ / 
F. WERRO [éds], Commentaire romand : Code des obligations I, 2e éd., Bâle 2012, 
n. 17 ad art. 42). 

 6.2. Il appert qu'une erreur s'est apparemment glissée dans le calcul du Tribunal de 
police, puisque celui-ci a porté deux fois en déduction la somme  
CHF 950.- versée par l'appelante à l'intimée, au jour de l'audience de jugement, et 
omis de déduire les CHF 20'000.- remis conséquemment à la vente de la voiture. 
Ainsi, sur la base des élément