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**Case Identifier:** 9516e279-1181-5d76-8aa4-411f95c8f1bf
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-03-11
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 11.03.2016 C/31250/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-31250-2010_2016-03-11.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 15 mars 2016. 

 
 

R É P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/31250/2010 ACJC/340/2016 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 11 MARS 2016 

 

Entre 

A______, domicilié ______, Genève, appelant d'un jugement rendu par la 3ème chambre 
du Tribunal de première instance de ce canton le 28 février 2014, comparant par 
Me Christophe Zellweger, avocat, 9, rue de la Fontaine, case postale 3781, 1211 Genève 
3, en l'étude duquel il fait élection de domicile aux fins des présentes, 

et 

B______, sise c/o G______, Genève, intimée, comparant par Me Laurent Strawson, 
avocat, 3, rue De-Beaumont, case postale 24, 1211 Genève 12, en l'étude duquel elle fait 
élection de domicile aux fins des présentes. 

  

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C/31250/2010 

 
EN FAIT 

A. a. B______, sise à Genève, est vouée à l'exploitation de l'immeuble dont elle est 
propriétaire. A______ en était administrateur unique depuis 1994. 

 b. C______ était usufruitière de 245 actions D______, dont les héritiers de feu 
E______ étaient les nus-propriétaires. Ces derniers sont les pleins propriétaires du 
solde de 255 actions. 

 c. Le 14 décembre 2010, l'assemblée générale de B______ a, notamment, décidé à 
la majorité absolue des voix, soit celles de la succession de feu E______ contre 
celles de C______, de refuser l'approbation des rapports de gestion et de révision 
des comptes 2009 et d'élire F______ à la fonction d'administrateur, en 
remplacement de A______. 

 d. Par assignation du 24 décembre 2010, C______ a principalement demandé le 
constat de la nullité, subsidiairement l'annulation des décisions prises par 
l'assemblée générale de B______. 

A______ a déclaré le 20 septembre 2011 vouloir intervenir au litige à l'appui de 
C______ en prenant les mêmes conclusions qu'elle. 

La demande principale a été introduite lors de l'audience du 19 janvier 2012 et, 
avant qu'il ait été statué sur la recevabilité de la demande d'intervention, a été 
suspendue en raison du décès de C______, survenu le 23 janvier 2012. 

 e. Par jugement n. 1______ du 28 février 2014, notifié aux parties le 4 mars 2014, 
le Tribunal de première instance a constaté que la demande principale était 
devenue sans objet (ch. 1), a rayé la cause du rôle (ch. 2), compensé les dépens 
(ch. 3) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4). Il a, par ailleurs, 
déclaré la requête en intervention irrecevable (ch. 1), condamné A______ en tous 
les dépens de l'intervention (ch. 2) et débouté les parties de toutes autres 
conclusions (ch. 3). 

Le Tribunal a retenu que l'usufruit était une servitude personnelle incessible et 
intransmissible, de sorte que les droits d'actionnaire dont se prévalait C______ 
s'étaient éteints avec sa mort. Ainsi, sa demande était devenue sans objet. Le 
procès principal étant devenu sans objet, l'intervention accessoire perdait 
également son objet et devenait irrecevable. A______ avait omis d'introduire une 
action en annulation des décisions litigieuses dans le délai légal de deux mois et 
ainsi perdu ce droit. En outre, une substitution de partie par le remplacement de 
C______ par A______ était exclue, une telle possibilité n'ayant pas été prévue par 
l'ancien droit de procédure civile genevois. 

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C/31250/2010 

B. Le 3 avril 2014, A______ a formé recours contre le jugement en ce qui concerne 
la demande d'intervention et un appel portant sur la demande principale. 

Dans son appel, il a conclu à l'annulation du jugement entrepris, à ce qu'il soit dit 
que son intervention était recevable, à ce que la cause soit renvoyée au Tribunal 
pour audition des parties, enquêtes et administration des preuves et nouvelle 
décision. Subsidiairement, il a conclu à la constatation de la nullité, plus 
subsidiairement à l'annulation des décisions prises par l'assemblée générale le 
14 décembre 2010. B______ a conclu au rejet de l'appel. 

Après réception du mémoire-réponse, la procédure d'appel a été suspendue jusqu'à 
droit jugé dans la procédure de recours. 

C.  Par arrêt n. 2______ du 7 novembre 2014, la Cour de justice a rejeté le recours 
formé par A______ contre le rejet de sa demande d'intervention. 

Cet arrêt a été confirmé le 2 juin 2015 par le Tribunal fédéral (n. 3______). En 
tant qu'intervention principale, la demande était périmée, A______ n'ayant pas agi 
dans le délai de l'art. 706a al. 1 CO. En tant qu'intervention accessoire, elle avait 
perdu son objet avec le décès de C______, la fin de l'usufruit de celle-ci ayant 
pour conséquence le retour de l'action en justice aux hoirs E______. A cet égard, 
le Tribunal de première instance n'avait pas jugé arbitrairement qu'à la suite du 
décès de C______, la cause était devenue sans objet. 

D. La procédure d'appel a été reprise par arrêt du 29 octobre 2015. 

 Les parties ont encore répliqué, respectivement dupliqué, persistant dans leurs 
conclusions respectives. Il sera revenu ci-après sur leurs arguments, dans la 
mesure utile à la solution du litige. 

EN DROIT 

1. L'appel est dirigé contre une décision déclarant une cause sans objet et la rayant 
du rôle, soit contre une décision finale au sens de l'art. 308 al.1 let. a CPC (arrêt 
du Tribunal fédéral 4A_137/2013 du 7 novembre 2013 consid. 7.2, non publié in 
ATF 138 III 478). La valeur litigieuse est supérieure à 30'000 fr. (cf. arrêt 
4A_706/2014 du Tribunal fédéral rendu dans la présente cause). 

Formé, en outre, dans le délai et la forme prescrits (art. 311 CPC), l'appel est 
recevable. 

2. Se pose cependant la question de savoir si l'appelant dispose de la légitimation 
active pour former appel. 

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C/31250/2010 

 2.1 La qualité pour agir (ou légitimation active) appartient aux conditions 
matérielles de la prétention litigieuse, lesquelles se déterminent selon le droit au 
fond. Il s'agit d'un conflit sur la titularité du droit. En principe, seule est légitimée 
comme partie au procès celle qui est personnellement titulaire d'un droit et dont le 
défaut conduit au rejet de l'action (ATF 138 III 537 consid. 2.2.1 avec références). 
Cette question doit être examinée d'office et librement (ATF 126 III 59 consid. 1a 
et les arrêts cités). 

 2.2 En l'espèce, le Tribunal fédéral a rejeté le recours formé par l'appelant contre 
les décisions cantonales lui niant la qualité d'intervenant. Celui-ci ne peut donc 
fonder sa légitimation active sur cette qualité. 

 Par ailleurs, l'appelant n'a pas agi dans le délai de deux mois (art. 706a al. 1 CO) 
pour contester en son nom les décisions prises par l'assemblée générale de 
l'intimée. Il ne soutient d'ailleurs pas qu'il ne serait pas forclos pour agir à ce titre. 

 L'appelant ne peut pas non plus déduire sa légitimation active de droits dont 
bénéficiait la défunte, voire la succession de celle-ci. D'une part, l'appelant n'est 
pas héritier de la défunte. D'autre part, les droits de cette dernière, fondés sur sa 
qualité d'usufruitière de 16 actions du capital-actions de l'intimée, se sont éteints 
avec le décès de l'intéressée, l'usufruit étant incessible et intransmissible (art. 749 
al. 1 CC; STEINAUER, Les droits réels, Berne 2003, p. 41). Contrairement à ce qu'il 
soutient dans sa réplique, l'appelant n'est donc pas habilité à faire valoir 
d'éventuels droits qu'auraient acquis les héritiers dans la présente procédure. 

 Enfin, l'ancien droit de procédure ne prévoyait pas la possibilité de substituer une 
partie défunte par un intervenant, accessoire ou principal; l'appelant ne le soutient 
d'ailleurs pas. 

 Ne disposant pas de la légitimation active pour former appel du jugement 
déclarant sans objet la demande formée par feu C______ et rayant la cause du 
rôle, l'appelant doit être débouté de son appel, sans qu'il soit nécessaire d'examiner 
ses griefs. 

3. L'appelant, qui succombe, sera condamné aux frais judiciaires d'appel (art. 106 
al. 1 CPC), arrêtés à 800 fr. (art. 17 et 35 RTFMC), compensés avec l'avance de 
frais, acquise à l'Etat (art. 111 al. 1 CPC). 

 Il s'acquittera de dépens d'appel en faveur de l'intimée, arrêtés à 2'000 fr., débours 
et TVA inclus (art. 84, 85 et 90 RTFMC et art. 25 et 26 LaCC). 

* * * * * 

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C/31250/2010 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par A______ contre le jugement n. 1______ rendu le 
28 février 2014 par le Tribunal de première instance dans la cause C/31250/2010-3. 

Au fond : 

Confirme ce jugement. 

Déboute A______ de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 800 fr., les met à la charge de A______ et les 
compense avec l'avance de frais, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne A______ à verser à B______ la somme de 2'000 fr. à titre de dépens d'appel. 

Siégeant : 

Madame Florence KRAUSKOPF, présidente; Monsieur Laurent RIEBEN et Monsieur 
Ivo BUETTI, juges; Madame Marie NIERMARÉCHAL, greffière. 

 

La présidente : 

Florence KRAUSKOPF 

 La greffière : 

Marie NIERMARÉCHAL 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière 

civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure à 30'000 fr.