# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 762febcf-f45c-54a2-a3f3-5a9fa6c927ca
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-12-23
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 23.12.2022 P/22736/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-22736-2022_2022-12-23.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/22736/2022 ACPR/903/2022 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du vendredi 23 décembre 2022 

 

Entre 

 

A______, actuellement détenu à la prison de B______, comparant par Me C______, 

avocat,  

recourant, 

 

contre l'ordonnance de mise en détention provisoire rendue le 9 décembre 2022 par le 

Tribunal des mesures de contrainte, 

 

et 

 

LE TRIBUNAL DES MESURES DE CONTRAINTE, rue des Chaudronniers 9,  

1204 Genève - case postale 3715, 1211 Genève 3, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés. 

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EN FAIT : 

A. Par acte expédié, par messagerie sécurisée, le 12 décembre 2022, A______ recourt 
contre l'ordonnance du 9 précédent, par laquelle le Tribunal des mesures de 
contrainte (ci-après : TMC) l'a mis en détention provisoire jusqu'au 7 mars 2023. 

 Le recourant conclut, préalablement, à l'extension du mandat de défense d'office pour 
la procédure de recours, à la tenue de plaidoirie publique, à ce que des documents, 
qu'il vise, soient écartés de la procédure, et principalement, à l'annulation de la 
décision querellée et à sa mise en liberté immédiate, les frais étant laissés à la charge 
de l'État et une indemnité de CHF 1'077.- TTC versée pour ses frais de défense. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

a. À teneur du rapport d'arrestation du 8 décembre 2022, le 11 août précédent, 
D______, employée de maison de la famille E______, propriétaire des immeubles 
correspondant aux allées 1______, 2______ et 3______ de la rue 4______, a déclaré 
s'être fait agresser et séquestrer au domicile de ces employeurs, sis rue 4______ 
no. 3______. Après être arrivée en bus à son travail, elle avait entendu sonner à la 
porte du logement du 5ème étage et, l'ayant ouverte, s'était trouvée face à deux 
individus qui s'étaient présentés comme chauffagistes. Elle leur avait ouvert 
l'appartement ainsi que celui du 4ème étage. Un troisième individu l'avait ensuite 
agressée en la frappant, l'aspergeant d'un produit avec une bombe noire, la trainant 
jusqu'aux toilettes et la menaçant de mort. La plainte de la famille E______ fait état 
du vol de montres, de sac de luxe, de bijoux et de deux pistolets d'une valeur totale 
de CHF 270'000.- et de dommages estimés à CHF 30'000.-. 

Les images de vidéosurveillance d'immeubles aux alentours ont permis de cibler le 
véhicule vraisemblablement utilisé par les auteurs des faits – à tout le moins trois 
individus –, à savoir une F______ [marque, modèle], immatriculée en France – 
lequel avait été volé la veille ou le matin même et retrouvé incendié le 11 août 2022 à 
11h15, dans la commune de G______ [France].  

L'enquête a ensuite révélé de nombreuses contradictions dans les déclarations de 
D______; contrairement à ce qu'elle avait déclaré: elle n'était pas venue en bus à son 
travail mais avec sa voiture qu'elle avait garée au parking de H______ [GE]; rien ne 
corroborait qu'elle aurait été aspergée d'un produit irritant; le rapport de constat de 
lésions traumatiques du 19 septembre 2022 du CURML privilégie l'hypothèse de 
lésions auto-infligées à celle de coups reçus; la voisine n'était pas venue dans 
l'appartement du 5ème étage mais avait trouvé l'intéressée accroupie dans la cage 
d'escalier; son ami intime n'était pas un individu vivant à I______ [France], mais 
A______, connu des services de police français notamment pour tentative de vol par 

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effraction en 2020, violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'une 
incapacité n'excédant pas 8 jours en 2021, à J______ [France], et complicité de vol 
aggravé en septembre 2022. 

L'analyse des données rétroactives du raccordement utilisé par D______ a permis la 
mise en évidence de contacts fréquents avec celui utilisé par A______. L'examen des 
données de ce dernier raccordement a révélé une symétrie précise entre les antennes 
qu'il a activées, le 11 août 2022, et le parcours de F______ [marque, modèle] utilisée 
par les auteurs ainsi que deux antennes, situées à proximité directe de l'immeuble de 
la famille E______, entre 09h05 et 09h53. 

b. Le 7 décembre 2022, D______ et A______ ont été contrôlés par une 
patrouille de la police à K______ [VD] à 17h00. Les avis de recherche et 
d'arrestation leur ont été notifiés à 18h24, respectivement 18h28, avant d'être 
conduits à Genève pour audition.  

c. Entendue par la police, D______ a déclaré être en couple avec A______ et a 
finalement admis savoir que trois individus – qu'elle ne connaissait pas – allaient 
commettre le vol, au cours duquel elle devait jouer le rôle de victime; elle avait bien 
été frappée et sprayée mais s'était griffée elle-même les avant-bras et la tête avec des 
clés. Elle avait parlé de cette affaire avec A______ mais n'avait pas d'explications sur 
les motifs de la localisation de ce dernier à proximité du lieu du vol et sur les axes 
empruntés par le véhicule des auteurs des faits. 

d. L'audition de A______ par la police a commencé à 22h00; elle a été 
suspendue de 01h33 à 02h45 et s'est achevée à 03h05. 

Le prévenu a pris connaissance du formulaire de ses droits et obligations qu'il a signé 
à 20h50. Il a été informé des faits qui lui sont reprochés et a précisé ne pas souhaiter 
la présence d'un avocat; il s'est déclaré d'accord de s'exprimer hors la présence d'un 
conseil. 

Il a nié avoir quoi que ce soit à voir avec le vol commis au préjudice de la famille 
E______ et ne savait pas pourquoi ses données rétroactives avaient suivi le parcours 
du véhicule des auteurs, le 11 août 2022, ni pourquoi D______ avait donné le nom 
d'un tiers comme étant son petit ami, si ce n'était pour le protéger; il aurait fait la 
même chose pour elle. Cette dernière lui avait dit avoir été renvoyée par son 
employeur à la suite d'un vol, sans rien lui raconter dudit vol. Il était sous retrait de 
permis conduire mais venait néanmoins régulièrement en Suisse en voiture. Il a 
refusé de donner l'accès à son téléphone portable. Après la suspension de l'audition, 
il n'a pas souhaité changer sa déclaration à la suite de celle de son amie qui avait 
reconnu être au courant qu'un vol serait commis. 

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e. Le 8 décembre 2022, le Procureur a prévenu D______ de vol (art. 139 CP), 
dommages à la propriété (art. 144 CP) et d'induction de la justice en erreur (art. 
304 CP). Elle a confirmé être impliquée dans les faits reprochés et avoir été une 
"fausse victime"; elle ne souhaitait pas fournir le nom des autres personnes. 

f.   Le même jour, A______ a été prévenu de vol (art. 139 CP), dommages à la 
propriété (art. 144 CP), violation de domicile (art. 186 CP) et d'induction de la justice 
en erreur (art. 304 CP) pour avoir, à Genève, le 11 août 2022: 

- de concert avec D______ et deux individus non identifiés, pénétré sans droit 
dans les immeubles correspondant aux allées 1______, 2______ et 3______ 
de la rue 4______, dont la famille E______ est propriétaire, et dérobé des 
biens et des valeurs, d'un montant total estimé à tout le moins à 
CHF 270'000.-, dans le but de se les approprier et de s'enrichir illégitimement 
de leur valeur; 

- dans les circonstances précitées, endommagé des biens dans les appartements 
de la famille E______, le montant total du dommage étant estimé à tout le 
moins à CHF 30'000.-; 

- par simulation, participé à la dénonciation par D______ aux autorités de faits 
inexistants notamment de violence, de contrainte et de menace à son endroit 
par des individus non identifiés; 

Il est également prévenu de conduite d'un véhicule automobile sous retrait, refus ou 
interdiction d'utilisation du permis de conduire (art. 95 al.1 let. b LCR) pour avoir, 
alors qu'il faisait l'objet d'un retrait de son permis de conduire:  

- le 7 décembre 2022, vers 17h, circulé au volant du véhicule L______ 
[modèle] appartenant à D______;  

- à une date indéterminée, circulé sur le territoire suisse, avec son véhicule 
M______ [marque, modèle].  

Le prévenu a contesté les faits reprochés, être jamais allé à la rue 4______, malgré 
l'activité mise en évidence par son téléphone portable.  

À un moment donné, le Procureur a noté que le prévenu "baîlle et manifeste des 
signes de sommeil". 

Le prévenu a, ensuite, déclaré que son permis de conduire lui avait été retiré, en 
France, en septembre 2021, et avoir néanmoins conduit en Suisse.  

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L'audience s'est tenue de 15h26 à 16h10. 

g. A______, né en 2002, est ressortissant français et appartient à la 
communauté du voyage selon ses propres dires. Il a une fille de 6 ans qui vit avec lui 
et sa mère (à lui); il travaille comme tapissier-ébéniste et réalise un revenu moyen 
mensuel de CHF 300.- à CHF 400.-.  

h. Le 16 décembre 2022, le Procureur a informé le prévenu qu'il avait fait 
l'objet d'une mesure de surveillance rétroactive ainsi que des voies de recours. 

f.  A______ n'a pas d'antécédents judiciaires en Suisse.  

C. Dans son ordonnance querellée, le TMC relève que les charges sont suffisantes, eu 
égard aux constatations de police, aux données rétroactives issues de la téléphonie, 
aux déclarations de la prévenue, D______, nonobstant les dénégations partielles du 
prévenu.  

En début de procédure, des soupçons même encore peu précis peuvent être suffisants 
pour étayer des charges, ce qui était le cas en l'espèce; il pouvait prendre en 
considération l'information de la police sur l'analyse des données rétroactives du 
raccordement utilisé par le prévenu, tout comme les déclarations rapportées de 
D______.  

L'instruction se poursuivait afin de déterminer l'ampleur des agissements du prévenu; 
le Ministère public indiquait qu'il tiendrait une audience de confrontation et 
solliciterait le casier judiciaire français du prévenu. 

Le risque de fuite était concret, vu la nationalité et le domicile français, du prévenu 
dont le pays n'extradait pas ses ressortissants; ce dernier n'avait pour seule attache en 
Suisse que son travail indépendant de menuisier-ébéniste et vraisemblablement d'une 
intensité relative compte tenu des revenus mensuels et des trois ou quatre clients 
déclarés. Ce risque était renforcé par la peine-menace et concrètement encourue ainsi 
que par la perspective d'une expulsion de Suisse (art. 66a ss CP). 

Le risque de collusion devait être retenu vis-à-vis de D______ et des autres 
personnes impliquées dans les infractions, et il convenait d'éviter que le prévenu ne 
tente de les influencer de quelque façon que soit ou ne fasse disparaître des preuves. 

Le risque de réitération ne pouvait être exclu, vu les faits pour lesquels le prévenu 
était défavorablement connu de la police française. Ce risque existait également 
s'agissant des infractions à la LCR vu la facilité avec laquelle l'intéressé continuait de 

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conduire tant en France qu'en Suisse, nonobstant l'absence d'autorisation pour ce 
faire.  

Aucune mesure de substitution n'était susceptible d'atteindre les mêmes buts que la 
détention.  

D. a.  À l'appui de son recours, A______ conteste les charges pesant sur lui dès 
lors que les faits ne reposaient sur aucun élément probatoire valide, aucun moyen de 
preuve exploitable. S'agissant de la première audition du 7 décembre 2022, il met en 
doute l'absence d'un avocat, car il arrivait que le formulaire « droits et obligations du 
prévenu » qu'il avait signé, soit remis telles des conditions générales que personne ne 
lisait. Ses déclarations faites en état de fatigue – son audition, qui avait débuté à 
22h00 pour se terminer à 03h05 étaient, conformément à l'art. 140 CPP, absolument 
inexploitables. Le procès-verbal, qui faisait référence à un traçage rétroactif de 
données téléphoniques, ne figurait pas dans les documents transmis au TMC. Faute 
de la preuve primaire figurant au dossier (les données rétroactives), la preuve 
secondaire (le procès-verbal faisant état de ces preuves) ne pouvait pas être exploitée. 
Le rapport d'arrestation du 8 décembre 2022 était inexploitable en ce qu'il faisait 
mention de données rétroactives, de diverses déclarations qu'aurait faites D______ et 
de ce qu'il serait connu des services de police français, sans que les rapport, procès-
verbaux et extrait du casier judiciaire français ne figurent au dossier transmis au 
TMC. Le procès-verbal d'audience du 8 décembre 2022, en ce qu'il demandait de 
confirmer le procès-verbal d'audition de la police (preuve illicite), faisait mention du 
rapport (preuve illicite) et donc par cascade de preuves (art. 141 al. 4 CPP) relevait 
d'une preuve illicite. En outre, faisant référence aux données rétroactives, preuves qui 
ne figuraient pas au dossier transmis au TMC, le procès-verbal était inexploitable. Le 
procès-verbal d'audience du TMC du 9 décembre 2022 faisant référence aux diverses 
preuves inexploitables, l'était, en conséquence aussi, par cascade de preuves 
(art. 141 CPP). En conclusion, l'extrait de son casier judiciaire suisse était la seule 
preuve permettant de déterminer s'il existe de forts soupçons contre lui d'avoir 
commis un crime ou un délit. 

Le recourant allègue, également, l'illicéité du système de la détention provisoire 
suisse, car discriminatoire envers les étrangers, les minorités et les personnes issues 
de milieux sociaux défavorisés en raison des critères retenus pour ordonner la 
détention provisoire. En l'espèce, il était étranger, issu de la communauté minoritaire 
souvent discriminée, des gens du voyage. Ses moyens de défense étaient limités en 
raison de la détention provisoire; il était placé dans des conditions de détention plus 
dures que l'exécution de peine et les conditions de sursis, sursis partiel ou libération 
conditionnelle ne seraient pas examinés. Il y avait donc une discrimination concrète 
car son traitement n'était pas similaire au traitement d'une personne qui ne subirait 
pas de détention provisoire. 

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 b.  Dans ses observations, le Ministère relève que lors de son audition à la 
police le prévenu avait expressément renoncé à être assisté d'un avocat, l'état de 
fatigue allégué ne suffisant pas à rendre le procès-verbal de son audition 
inexploitable. 

c.  Le TMC maintient les termes de son ordonnance sans autre remarque. 

 d.  Le recourant renonce à répliquer et persiste dans son recours. 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours 
auprès de la Chambre de céans (art. 222 et 393 al. 1 let. c CPP) et émaner du prévenu 
qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un 
intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision 
querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

2. Le recourant, qui demande la tenue d'audience publique par la Chambre de céans 
sans en motiver les raisons, semble oublier que le recours fait l'objet d'une procédure 
écrite (art. 397 al. 1 CPP), les débats ayant une nature potestative (art. 390 al. 5 
CPP). Par ailleurs, l'art. 29 al. 2 Cst. ne confère pas le droit d'être entendu oralement 
(ATF 134 I 140 consid. 5.3 et les références citées). 

3. 3.1.1. Le recourant allègue l'inexploitabilité de certaines preuves et en demande leur 
retrait de la procédure, traitant indistinctement de documents qu'il prétend contraires 
à l'art. 140 CPP (pv d'audition à la police du 7 décembre 2022) et de rapport ou 
pièces qui n'auraient pas été soumis au TMC ainsi que de procès-verbaux d'audiences 
en ce qu'ils se réfèrent aux pièces inexploitables. On peine également à comprendre 
s'il veut leur retrait de la procédure ouverte par le Ministère public ou uniquement de 
la procédure de recours.  

3.1.2. Cela étant, faute de décision préalable du Procureur, la Chambre de céans – qui 
est saisie d'une problématique de détention provisoire – n'a pas à trancher la question 
de l'exploitabilité du procès-verbal d'audition à la police. 

3.2.1. D'autre part, le juge de la détention n'a pas à se préoccuper du caractère 
exploitable d'une preuve (ATF 143 IV 330 consid. 2.1; A. KUHN / Y. JEANNERET 
/ C. PERRIER DEPEURSINGE (éds), Commentaire romand : Code de procédure 
pénale suisse, 2eme ed, Bâle 2019, n. 7 ad art. 221 et les références). 

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Si le prévenu conteste la légalité de la mesure de surveillance, il peut agir aux 
conditions de l’art. 298 al. 2 CPP. Au stade de l’examen des charges suffisantes, soit 
d’indices laissant soupçonner que le prévenu est fortement soupçonné (« dringend 
verdächtigt ») d’avoir commis un crime ou un délit, au sens de l’art. 221 al. 1 CPP, il 
n’est pas question pour le juge de la détention de se substituer au juge du fond ni 
d’examiner, à titre préjudiciel, si une mesure d’investigation secrète a été 
correctement décidée sous tous ses aspects. Il faut, mais il suffit, qu’existent des 
raisons plausibles de soupçonner le prévenu d’avoir commis l’infraction reprochée et 
que l’utilisation des preuves recueillies à ce sujet n’apparaisse pas d’emblée exclue 
(cf., en matière de détention provisoire suite à une investigation secrète, les arrêts du 
Tribunal fédéral 1B_263/2010 du 31 août 2010 consid. 3.3. in fine, et 1B_123/2008, 
du 2 juin 2008, consid. 2.4). 

3.2.2. En l'espèce, le TMC a statué en se fondant sur les pièces essentielles qui lui ont 
été transmises (rapport de police, pv d'audition du prévenu par le police et le 
Ministère public). Les données rétroactives, objet des préoccupations du recourant, 
étant expliquées et analysées par la police dans le rapport à lui soumis, le TMC 
pouvait s'appuyer sur celui-ci pour examiner l'existence de soupçons contre le 
recourant pouvant justifier sa mise en détention provisoire. Il en va de même des 
renseignements de police dont il n'est pas prétendu qu'il s'agirait du casier judiciaire 
français. Pour le surplus, le recourant ne prétend pas que les preuves primaires (le 
rapport portant sur le surveillance rétroactive) seraient une preuve illicite ou 
inexploitable. 

Il n'appartient ainsi pas à la Chambre de céans de trancher le caractère exploitable ou 
non de ces dernières. 

Le grief est rejeté. 

4. Le recourant soutient que le système de détention provisoire suisse serait illicite 
parce que discriminatoire. Ainsi, il subissait, parce qu'étranger et appartenant à la 
communauté des gens du voyage, un traitement discriminatoire, parce que non 
similaire à celui d'une personne qui ne subirait pas de détention provisoire, en raison 
de moyen de défense limité, placé dans des conditions plus dures que l'exécution de 
peine et dont les conditions du sursis ou de la libération conditionnelle ne seront pas 
examinées. 

Outre qu'il n'appartient pas à la Chambre de céans d'examiner la politique de la 
détention en Suisse, ni de se saisir d'une question générale et abstraite, il convient de 
constater que le recourant fait un mélange complet, et conscient mais hors de propos, 
entre la situation d'une personne en détention provisoire et celle d'une personne en 
exécution de peine. 

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La détention provisoire est uniquement régie par les art. 221 CPP et suivants et c'est 
exclusivement à leur aune qu'il convient d'examiner la question. 

Le grief est rejeté. 

5. Le recourant conteste l'existence de "forts soupçons" selon lesquels il aurait commis 
un crime ou un délit. 

5.1. Pour qu'une personne soit placée en détention provisoire ou pour des motifs de 
sûreté, il doit exister à son égard des charges suffisantes ou des indices sérieux de 
culpabilité, susceptibles de fonder de forts soupçons d'avoir commis une infraction 
(art. 221 al. 1 CPP). L'intensité de ces charges n'est pas la même aux divers stades de 
l'instruction pénale; si des soupçons, même encore peu précis, peuvent être suffisants 
dans les premiers temps de l'enquête, la perspective d'une condamnation doit 
apparaître avec une certaine vraisemblance après l'accomplissement des actes 
d'instruction envisageables. Au contraire du juge du fond, le juge de la détention n'a 
pas à procéder à une pesée complète des éléments à charge et à décharge ni à 
apprécier la crédibilité des personnes qui mettent en cause le prévenu. Il doit 
uniquement examiner s'il existe des indices sérieux de culpabilité justifiant une telle 
mesure (ATF 143 IV 330 consid. 2.1; 143 IV 316 consid. 3.1 et 3.2). 

5.2. Le recourant considère que le seul élément exploitable du dossier était son casier 
judiciaire suisse, sans antécédents. Ayant contesté l'exploitabilité des autres éléments 
à charge, il ne se prend pas la peine de les critiquer. Or, l'analyse des données de son 
téléphone portable fait apparaître que cet appareil se trouvait dans la voiture 
identifiée comme étant celle utilisées par les auteurs du vol et à proximité de 
l'immeuble de la famille victime. Cet élément suffit, à ce stade de l'instruction, pour 
retenir l'existence de forts soupçons de la commission par le recourant des infractions 
reprochées. 

6. Le recourant ne se prononce pas sur les risques de fuite, collusion et réitération 
retenus par le TMC.   

Or, c'est à bon droit que le premier juge a retenu le risque de fuite.  

Le prévenu n'a aucune attache dans notre pays. Il est ressortissant français et 
domicilié en France. Le risque qu'il se soustraie à la justice apparaît ainsi élevé, vu 
les peines menaces encourues, étant rappelé que la France n'extrade pas ses 
ressortissants.  

Aucune mesure de substitution, que le recourant ne propose au demeurant pas, n'est 
apte à pallier ce risque, à ce stade précoce de l'instruction.  

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/143%20IV%20330
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/143%20IV%20316

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7. Le risque de fuite étant suffisant à faire échec au recours, il n'est pas nécessaire 
d'examiner ce qu'il en serait des risques de réitération et de collusion. De 
jurisprudence constante, en effet, si l'un des motifs prévus aux lettres a à c de 
l'art. 221 al. 1 CPP est réalisé, il n'y a pas lieu d'examiner si un autre risque entre 
également en considération (arrêts du Tribunal fédéral 1B_51/2021 du 31 mars 2021 
consid. 3.1. et les références). 

8. Le recours s'avère ainsi infondé et doit être rejeté. 

9. Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un 
émolument de CHF 900.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif 
des frais en matière pénale, RTFMP ; E 4 10.03). 

10. Le recourant sollicite l'extension du mandat de défense d'office pour l'instance de 
recours. 

 10.1. Selon la jurisprudence, le mandat de défense d'office conféré à l'avocat du 
prévenu pour la procédure principale ne s'étend pas aux procédures de recours contre 
les décisions prises par la direction de la procédure en matière de détention avant 
jugement, dans la mesure où l'exigence des chances de succès de telles démarches 
peut être opposée au détenu dans ce cadre, même si cette question ne peut être 
examinée qu'avec une certaine retenue. La désignation d'un conseil d'office pour la 
procédure pénale principale n'est pas un blanc-seing pour introduire des recours aux 
frais de l'État, notamment contre des décisions de détention provisoire (arrêt du 
Tribunal fédéral 1B_516/2020 du 3 novembre 2020 consid. 5.1). 

10.2. En l'occurrence, chaque grief du recourant ayant été rejeté et le recours n'ayant 
aucune chance de succès, vu les motivations présentées, il n'y a pas lieu à 
indemnisation. 

* * * * * 

  

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/1B_51/2021
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/1B_516/2020

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 
Rejette le recours. 

Rejette la demande de défense d'office pour la procédure de recours. 

Condamne A______ aux frais de la procédure de recours, qui comprennent un émolument 
de CHF 900.-. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, au recourant (soit, pour lui, son défenseur), au 
Ministère public et au Tribunal des mesures de contrainte. 

Siégeant : 

Monsieur Christian COQUOZ, président; Mesdames Alix FRANCOTTE CONUS et 
Françoise SAILLEN AGAD, juges; Monsieur Xavier VALDES, greffier. 

 

Le greffier :  

Xavier VALDES  

 Le président : 

Christian COQUOZ 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

  

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P/22736/2022 ÉTAT DE FRAIS  

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 30.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF       

- délivrance de copies (let. b) CHF       

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 900.00 

-  CHF       

Total  CHF   1'005.00