# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 85cdf89a-f1a8-54a2-bd0b-d4bb2cc3c23f
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2017-07-27
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 27.07.2017 E-4027/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-4027-2017_2017-07-27.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-4027/2017 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 7  j u i l l e t  2 0 1 7  

Composition 
 Jean-Pierre Monnet (président du collège), 

Thomas Wespi, Sylvie Cossy, juges, 

Anne-Laure Sautaux, greffière. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Pakistan,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Demande de restitution de délai de recours (asile et renvoi) ;  

décision du SEM du 26 mai 2017 / N (…). 

 

 

 

E-4027/2017 

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Vu 

la décision du 26 mai 2017, par laquelle le SEM a refusé de reconnaître la 

qualité de réfugié au recourant, a rejeté sa demande d'asile, a prononcé 

son renvoi de Suisse et a ordonné l'exécution de cette mesure, 

l’écrit du 13 juillet 2017, adressé par le recourant au SEM et intitulé « re-

cours concernant la décision négative à ma demande d’asile », 

le courrier du 17 juillet 2017, par lequel le SEM a transmis cet écrit au Tri-

bunal administratif fédéral (ci-après : Tribunal), en application de l’art. 8 

al. 1 PA, 

 

et considérant 

qu'en vertu de l’art. 31 LTAF (RS 173.32), le Tribunal connaît des recours 

contre les décisions au sens de l’art. 5 PA, 

qu’en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile - les-

quelles n'entrent pas dans le champ d'application de l'art. 32 LTAF - peu-

vent être contestées devant le Tribunal, conformément à l'art. 33 let. d 

LTAF, 

que le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent litige, 

qu'il statue de manière définitive (cf. art. 83 let. d ch. 1 LTF [RS 173.110]), 

que le recourant a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA), 

que, conformément à l’art. 108 al. 1 LAsi, le recours contre une décision 

de refus d’asile et de renvoi doit être déposé dans les trente jours dès la 

notification de la décision, 

que ce délai légal ne peut pas être prolongé (art. 22 al. 1 PA), 

que le délai compté par jours commence à courir le lendemain de la notifi-

cation (cf. art. 20 al. 1 PA),  

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que les écrits doivent parvenir à l’autorité compétente ou avoir été remis, à 

son adresse, à un bureau de poste suisse ou à une représentation diplo-

matique ou consulaire suisse, le dernier jour du délai au plus tard (art. 21 

al. 1 PA), 

qu’aux termes de l'art. 110 al. 3 LAsi, un délai supplémentaire peut être 

accordé si le recourant ou son mandataire ont été empêchés d'agir dans le 

délai imparti, notamment pour cause de maladie ou d'accident, 

que cette disposition légale a repris l’art. 46c al. 3 de l’ancienne loi sur 

l’asile du 5 octobre 1979, dans sa version modifiée par l’arrêté fédéral du 

22 juin 1990 sur la procédure d’asile, disposition qui était fondée sur la 

pratique relative à l’art. 24 PA (cf. message du 25 avril 1990 à l’appui d'un 

arrêté fédéral sur la procédure d'asile [APA] et d'une loi fédérale instituant 

un Office fédéral pour les réfugiés, FF 1990 II 537, spéc. 620), 

qu’ainsi l’art. 110 al. 3 LAsi, lex specialis par rapport à l’art. 24 PA (lex 

generalis), peut être interprété à la lueur de la jurisprudence subséquente 

relative à l’art. 24 PA, dont le contenu n’a pas changé dans l’intervalle (voir 

aussi JICRA 2003 no 15), ainsi que de celle relative à l’art. 50 al. 1 LTF 

dont le contenu est analogue, 

qu’en vertu de l’art. 24 al. 1 PA, si le requérant ou son mandataire a été 

empêché, sans sa faute, d'agir dans le délai fixé, celui-ci est restitué pour 

autant que, dans les trente jours à compter de celui où l'empêchement a 

cessé, le requérant ou son mandataire ait déposé une demande motivée 

et ait accompli l'acte omis, 

que le dépôt de la demande de restitution de délai et l'accomplissement de 

l'acte omis dans les trente jours dès la cessation de l'empêchement sont 

des conditions de recevabilité, 

que la jurisprudence en matière de restitution de délai est très restrictive 

(cf. PATRICIA EGLI, commentaire ad art. 24 PA, in : Praxiskommentar Verwal-

tungsverfahrensgesetz [VwVG], Waldmann/Weissenberger [éd.], 2e éd., 

2016, no 4 ; YVES DONZALLAZ, Loi sur le Tribunal fédéral : Commentaire, 

2008, ad art. 50 LTF, no 1332 ss, p. 564 ss ; MOOR / POLTIER, Droit adminis-

tratif, vol. II, 3ème éd. 2011, p. 304, ch. 2.2.6.7), 

qu’il n’y a empêchement à agir qu’en cas d’obstacle objectif qui rend prati-

quement impossible l’observation d’un délai, tel un événement naturel im-

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prévisible ou une interruption des communications postales ou télépho-

niques, ou alors d’un obstacle subjectif mettant le requérant ou son manda-

taire hors d’état de s’occuper de ses affaires et de charger un tiers de s’en 

occuper pour lui, comme la survenance d’un accident nécessitant une hos-

pitalisation d’urgence ou une maladie grave (cf. notamment arrêt du Tribunal 

fédéral 2C_1096/2013 du 19 juillet 2014 et ATF 119 II 86 et 114 II 181), 

qu'autrement dit, il ne faut pas que l’on puisse reprocher au requérant ou 

à son mandataire une quelconque négligence (cf. YVES DONZALLAZ, 

op. cit., ad art. 50 LTF, no 1331, p. 563 ; voir aussi JICRA 2006 no 12 con-

sid. 3 et réf. cit.), 

que, pour résoudre cette question, le comportement des auxiliaires doit 

être imputé au requérant lui-même, 

qu’agit en qualité d'auxiliaire non seulement celui qui est soumis à l'autorité 

de la partie ou de son mandataire, mais plus largement toute personne qui, 

même sans entretenir régulièrement de rapports juridiques avec la partie 

ou son mandataire, lui prête son concours (cf. notamment arrêts du Tribunal 

fédéral 1C_520/2015 du 13 janvier 2016, 2C_734/2012 du 25 mars 2013 et 

ATF 107 Ia 168 consid. 2a et c), 

qu’une demande de restitution du délai de recours doit être appréciée au 

regard de l'argumentation présentée par le requérant (cf. ATF 119 II 86 

consid. 2b et réf. cit.), 

qu'en l'espèce, la décision du SEM du 26 mai 2017 a été notifiée le 29 mai 

2017, comme en atteste l'accusé de réception signé par le recourant, 

que le dernier jour du délai de recours, qui a commencé à courir le 

30 mai 2017, était donc le 28 juin 2017, 

que, par conséquent, le recours remis le 13 juillet 2017 à un bureau de 

poste est manifestement tardif, 

que, dans son écrit, le recourant expose que le caractère tardif de son acte 

est dû au fait que l’avocate d’une œuvre d’entraide qu’il a chargée de la 

défense de ses intérêts a omis de déposer le recours, comme convenu, le 

28 juin 2017 au plus tard,  

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qu’il indique avoir pris connaissance de l’absence de dépôt d’un recours à 

l’occasion d’un entretien, la veille, le 12 juillet 2017, auprès de l’autorité 

cantonale en charge de l’exécution de son renvoi, 

qu’il annonce l’envoi du « dossier complet » au retour de vacances de sa 

mandataire, le mercredi 19 juillet 2017, dont des documents nouveaux con-

cernant sa situation au Pakistan que son frère a accepté de lui envoyer, 

qu’il indique que les documents annexés à son écrit sont ceux qu’il a remis 

à sa mandataire, le 26 juin 2017, à la demande de celle-ci, en vue du dépôt 

d’un recours, 

que son écrit du 13 juillet 2017 ne satisfait pas aux conditions formelles de 

la restitution de délai,  

qu’en effet, le recourant se prévaut de ce que l’empêchement, qui a débuté 

par l’omission de la prétendue mandataire à recourir à temps, perdure au 

moment du dépôt, le 13 juillet 2017, de la demande de restitution de délai 

en raison des vacances de celle-ci et annonce l’envoi d’un prochain com-

plément (« le dossier complet »),  

que, de surcroît, son écrit, qui n’indique ni conclusion, ni motivation à l’en-

contre des arguments de la décision du SEM, ne satisfait pas aux exi-

gences formelles d’un recours prévues à l’art. 52 al. 1 PA, 

que, certes, le recourant soutient que l’empêchement n’a pas encore cessé 

en raison du fait que sa mandataire n’est pas encore de retour de va-

cances, 

que cet empêchement expliquerait que le recourant n’ait pas encore ac-

compli l’acte omis de manière concomitante au dépôt de la demande de 

restitution de délai, acte qui devrait intervenir dans les trente jours dès la 

cessation de l’empêchement allégué, comme l’impose l’art. 24 al. 1 PA, 

complétant l’art. 110 al. 3 LAsi, 

qu’en tout état de cause, même s’il fallait attendre la fin de l’empêchement 

allégué (à savoir les vacances de la prétendue mandataire) et l’échéance 

du délai subséquent de trente jours, la demande de restitution de délai de-

vrait être rejetée, dans la mesure où elle serait recevable, 

que le fait d'avoir donné procuration à une tierce personne qui n'a, au motif 

d’un départ en vacances (ou/et d’une surcharge de travail), pas déposé le 

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recours en temps utile ne saurait manifestement pas constituer un empê-

chement non fautif à agir au sens de l'art. 24 al. 1 PA, 

qu’en effet, qu’il importe peu que ce tiers ait ou non accepté d’agir pour le 

compte du recourant,  

que l’omission du dépôt du recours dans le délai légal pour le motif avancé 

est, en tout état de cause, inexcusable et imputable au recourant lui-même, 

qu’au vu de ce qui précède, la demande de restitution de délai est rejetée, 

dans la mesure où elle est recevable, 

qu’en conséquence, le recours, tardif, doit être rejeté, dans la mesure où il 

est recevable, 

qu'au vu de l'issue du litige, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge du recourant, 

que toutefois, au vu des circonstances particulières du cas, ils seront ré-

duits à un tarif correspondant à celui d’une décision d’irrecevabilité non 

seulement du recours, mais aussi de la présente demande de restitution 

de délai, à savoir à la somme de 400 francs (cf. art. 63 al. 1 PA et art. 2 et 

art. 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 

173.320.2]), 

 

(dispositif : page suivante) 

  

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le Tribunal administratif fédéral prononce: 

1.  

La demande de restitution de délai est rejetée, dans la mesure où elle est 

recevable. 

2.  

Le recours est irrecevable. 

3.  

Les frais de procédure, d'un montant de 400 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale 

compétente. 

 

Le président du collège : La greffière : 

 

  

Jean-Pierre Monnet Anne-Laure Sautaux