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**Case Identifier:** 3cffd464-4a6b-5a87-a1dc-8acf3ab37af1
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2018 / 195
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2018---195_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JJ16.021707-172133

31 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
31 janvier 2018

_______________________

Composition
:               M.             
Sauterel,
président

             
              Mme             
Merkli et M. Pellet, juges

Greffière
:              Mme             
Bourqui

 

 

*****

 

 

Art.
107 al. 2 LTF et 107 al. 2 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos, à la suite de l’arrêt du Tribunal fédéral rendu
le 7 décembre 2017, sur le recours interjeté par Q.________,
à [...], contre la décision rendue le 12 octobre 2016 par la Juge de paix du district de la
Riviera – Pays d’Enhaut dans la cause divisant la recourante d’avec l’Etat de
Vaud, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :

             
En fait :

 

 

A.             
Par décision du 12 octobre 2016, notifiée le 21 novembre 2016, la Juge de paix du district
de la Riviera – Pays d’Enhaut a rejeté l’action en libération de dette
ouverte par Q.________ à l’encontre de l’Etat de Vaud, Département des institutions
et de la sécurité, Service juridique et législatif, Secteur recouvrement – assistance
judiciaire, selon la demande du 10 mai 2016 (I), a arrêté les frais judiciaires à 900
fr. et les a laissés à la charge de l’Etat (II et III), a dit que l’indemnité
du conseil d’office de la demanderesse était arrêtée à 1'625 fr. 55 (IV), a
rappelé la teneur de l’art. 123 CPC (V) et a rejeté toutes autres ou plus amples conclusions
(VI).

 

             
En droit, le premier juge a considéré qu’en apposant sa signature le 23 juin 2012,
au pied du courrier qui lui avait été adressé le 19 juin 2012 par l’Etat de Vaud,
Q.________ avait attesté être la débitrice de l’Etat de Vaud à hauteur de 6'807 fr.
40 s’agissant de « l’assistance judiciaire AJ [...] – procédure en MPUC ».
Le premier juge a donc retenu que cette pièce était une reconnaissance de dette de Q.________
en faveur de l’Etat de Vaud. Il a en outre déclaré que cette reconnaissance de dette
était exigible dans la mesure où la clause de l’art. 123 CPC ne constituait qu’une
simple modalité de remboursement et non pas une obligation conditionnelle, Q.________ n’établissant
pas que l’art. 123 CPC s’appliquait dans le cadre du dossier AJ [...]. Le premier juge a
au surplus considéré que même s’il devait être retenu que l’obligation
sur laquelle se fonde la reconnaissance de dette du 23 juin 2012 était conditionnelle, il ne parviendrait
pas à une conclusion différente dans la mesure où les charges retenues en faveur de Q.________
avaient été surestimées et qu’après corrections, la demanderesse pourrait couvrir
ses charges et aurait un disponible de 212 fr. 85 par mois, afin de rembourser par acomptes la créance
d’assistance judiciaire.

 

 

B.             
a) Par acte du 21 décembre 2016, Q.________
a formé un recours contre cette décision, en concluant avec suite de frais et dépens,
à sa réforme en ce sens que l’action en libération de dette soit admise, les frais
étant mis à la charge de l’Etat de Vaud. Subsidiairement, elle a conclu à l’annulation
de la décision, la cause étant renvoyée à l’autorité de première
instance pour nouvelle décision dans le sens des considérants. Elle a également requis
d’être mise au bénéfice de l’assistance judiciaire.

 

             
b)
Par arrêt du 16 janvier 2017, dont les considérants écrits ont été adressés
aux parties le 27 février 2017, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal a rejeté
le recours, a confirmé la décision de la Juge de paix du district de la Riviera – Pays
d’Enhaut, a rejeté la requête d’assistance judiciaire, a mis les frais judiciaires
de deuxième instance, arrêtés à 100 fr., à la charge de la recourante et a déclaré
l’arrêt exécutoire.

 

             
En droit, la Chambre des recours civile a considéré que la reconnaissance de dette signée
par Q.________ n’était pas nulle du fait de la clause d’exigibilité en cas de retard
dans les versements, s’agissant d’une clause courante en matière de reconnaissance de
dette et qu’en outre, la recourante n’était exposée à aucun préjudice,
car l’art. 123 CPCP demeurait applicable. Au demeurant, la recourante était de toute manière
protégée par les règles sur le minimum vital du droit des poursuites. Enfin, l’art.
123 CPC n’empêchait pas la demeure du débiteur au sens de l’art. 102 CO. La reconnaissance
de dette était ainsi valable et constituait le titre de mainlevée.

 

 

C.             
a)
Contre cet arrêt, Q.________ a interjeté le 30 mars 2017 un recours en matière civile
et un recours constitutionnel subsidiaire auprès du Tribunal fédéral, en concluant, avec
suite de frais et dépens, à la réforme de l’arrêt de la Chambre des recours
civile du 16 janvier 2017 en ce sens que son action en libération de dette soit admise, que des
dépens de deuxième instance soient mis à la charge de l’Etat de Vaud, et subsidiairement,
qu’elle soit mise au bénéfice de l’assistance judiciaire. Elle a en outre conclu
à l’annulation de l’arrêt de la Chambre des recours civile du 16 janvier 2017
et au renvoi de la cause à cette juridiction pour statuer dans le sens des considérants, à
ce que l’entier des frais de la procédure devant le Tribunal fédéral soit mis à
la charge de l’Etat de Vaud et à ce qu’une indemnité équitable lui soit allouée
à titre de dépens. 

 

             
b)
Par arrêt du 7 décembre 2017, le Tribunal fédéral a partiellement admis le recours
en matière de droit public, a annulé l’arrêt du Tribunal cantonal du 16 janvier
2017 et a déclaré l’action en libération de dette du 10 mai 2016 irrecevable (I),
a dit que le recours constitutionnel subsidiaire était irrecevable (II), a dit que la demande d’assistance
judiciaire était sans objet (III), a dit que les frais judiciaires, arrêtés à 2'000
fr., étaient mis à la charge du canton de Vaud (IV), a dit qu’une indemnité de partie,
arrêtée à 2'000 fr., était allouée à la recourante, à charge du Canton
de Vaud (V) et a renvoyé la cause au Tribunal cantonal afin qu’il statue à nouveau sur
le sort des frais et dépens de la procédure devant lui (VI).

 

             
En droit, le Tribunal fédéral a rappelé que les dettes de droit public ne pouvaient en
principe pas faire l’objet d’une procédure de mainlevée provisoire et que ces prétentions
devaient d’abord faire l’objet d’une décision, cette décision constituant
un titre de mainlevée définitive. Il a considéré que la pratique vaudoise tendant
à faire signer des reconnaissances de dette aux bénéficiaires de l’assistance judiciaire
afin d’obtenir un titre de mainlevée provisoire pour procéder au recouvrement forcé
de la dette d’assistance judiciaire était contraire à l’art. 123 CPC. Le remboursement
de la créance d’assistance judiciaire, qui est une prétention de droit public même
si sur le fond elle se rapporte à une procédure de droit privé, que possède l’Etat
de Vaud envers la recourante est fondée sur l’art. 123 CPC. Cette prétention devait faire
l’objet d’une décision du Service juridique et législatif du Département des
institutions et de la sécurité du Canton de Vaud qui est compétent pour gérer le
paiement et le remboursement des indemnités perçues au titre de l’assistance judiciaire
en matière civile. Par conséquent, la décision de mainlevée provisoire du 23 février
2016 était entachée d’un vice et les autorités civiles, soit le Juge de paix, puis
la Chambre de céans, n’étaient pas compétentes pour juger matériellement de
l’existence et de l’exigibilité de la créance de droit public que l’Etat
de Vaud prétendait avoir contre la recourante. Il appartenait au Juge de paix, respectivement au
Tribunal cantonal, de vérifier que l’autorité compétente avait rendu une décision,
de sorte qu’à défaut, une action civile telle que l’action en libération de
dette était d’emblée exclue et devait être déclarée irrecevable.

 

 

D.             
Q.________ a été invitée le 21
décembre 2017 à se déterminer sur les frais et les dépens de deuxième instance.
Le 22 janvier 2018, elle a adressé la liste des opérations de son mandataire à la Chambre
de céans.

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
Lorsque le Tribunal fédéral admet un
recours, il statue lui-même sur le fond ou renvoie l’affaire à l’autorité
précédente pour qu’elle prenne une nouvelle décision. Il peut également renvoyer
l’affaire à l’autorité qui a statué en première instance (art. 107 al.
2 LTF [loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 ; RS 173.110]).
L’autorité à laquelle l’affaire est renvoyée doit fonder sa nouvelle décision
sur les considérants de droit contenus dans l’arrêt de renvoi. Elle ne peut en aucun
cas s’écarter de l’argumentation juridique du Tribunal fédéral, aussi bien
en ce qui concerne les points sur lesquels il a approuvé la motivation précédente que
ceux sur lesquels il l’a désapprouvée. Il n’est pas possible de remettre en cause
ce qui a été admis – même implicitement – par le Tribunal fédéral
(Corboz, in : Commentaire de la LTF, Berne 2009, n. 27 ad art. 107 LTF).

 

 

2.

2.1             
Selon le chiffre 6 du dispositif de l’arrêt
du Tribunal fédéral du 7 décembre 2017, seuls doivent être tranchés ici
les frais judiciaires et les dépens de deuxième instance.

 

2.2             
Les frais sont mis à la charge de la partie succombante. La partie succombante est le demandeur
lorsque le tribunal n’entre pas en matière (art. 106 al. 1 CPC). Les frais judiciaires qui
ne sont pas imputables aux parties ni aux tiers peuvent être mis à la charge du canton si l’équité
l’exige (art. 107 al. 2 CPC). 

 

2.3             
En l’espèce, le Tribunal fédéral a statué sur le fond en déclarant l’action
en libération de dettes de la recourante irrecevable, ce qu’aurait dû constater la Chambre
de céans. Dès lors, la recourante n’a droit ni à des dépens pour la procédure
de recours ni à l’octroi de l’assistance judiciaire, le fait de procéder devant
des instances qui n’étaient pas compétentes équivalant à ne pas entrer en matière
sur ses prétentions au sens de l’art. 106 al. 1 CPC.

 

             
Cependant, les frais judiciaires de deuxième instance relatifs à la procédure de recours,
arrêtés à 100 fr., seront laissés à la charge de l’Etat en application
du principe d’équité de l’art. 107 al. 2 CPC.

 

             
Selon l'art. 5 al. 1 TFJC
(tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010 ; RSV 270.11.5), pour le jugement d'une
cause renvoyée ensuite d'un arrêt du Tribunal fédéral, il n'est pas perçu de
nouvel émolument forfaitaire de décision.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

prononce
:

 

             
I.             
La requête d’assistance judiciaire est rejetée.

 

             
II.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (cent francs), sont
laissés à la charge de l’Etat.

 

             
III.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Me Cornelia Seeger Tappy (pour Q.________),

‑             
Etat de Vaud, Département des institutions et de la sécurité, Service juridique et législatif,
secteur recouvrement – assistance judiciaire.

 

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est inférieure à 30’000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district de la Riviera – Pays d’Enhaut.

 

             
La greffière :