# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a25b169c-e89d-557f-bbee-c8c0050b62b3
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-06-24
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 24.06.2019 GE.2019.0094
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_GE-2019-0094_2019-06-24.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 24 juin 2019 

  
	
  Composition

  	
  M. André Jomini, président; MM. François Kart et Alex Dépraz, juges; Mme Marlène Antonioli, greffière. 

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  A.________, à ********,

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Secrétariat général du Département
  des infrastructures et des ressources humaines, à Lausanne, 

  

   

 

	
  Objet

  	
  Loi sur l'information    

  
	
   

  	
  Recours A._______ c/ décision du Secrétaire général du Département
  des infrastructures et des ressources humaines du 27 mars 2019.

  

 

Vu les faits suivants:

A.                    
A._______ a adressé le 28 février 2019 au Secrétariat général du
Département des infrastructures et des ressources humaines (DIRH) le courrier
électronique (email) suivant: 

"Conformément à la Loi sur l'information (LInfo,
170.21), articles 8 et suivants, je vous demande de me faire parvenir
gratuitement (en retour à cet e-mail ou par courrier à l'adresse ci-dessous)
une copie de tous les documents officiels (notamment les rapports,
procès-verbaux, et présentations) établis après le 1er janvier 2015
qui concernent la sécurité (par exemple, les risques, vulnérabilités
identifiées, correctifs envisagés) ou la performance (notamment les erreurs
fonctionnelles, correctifs envisagés, seuils de performance choisis et
statistiques de conformité) de l'application ACTIS ou l'abonnement InfoCAMAC. 

Je vous demande la liste complète des documents officiels en
lien avec l'application ACTIS ou l'abonnement InfoCAMAC (ou toute autre liste
plus générale qui inclut les documents officiels précités) exigée par l'art. 13
de la [sic] RLInfo (règlement
d'application de la loi du 24 septembre 2002 sur l'information). 

A défaut, veuillez m'indiquer tout autre moyen par lequel je
pourrai consulter gratuitement lesdits documents. 

En cas de refus total ou partiel, veuillez m'adresser une
réponse écrite signée du chef de service compétent comprenant votre décision et
ses motifs."

B.                    
Le Secrétaire général du DIRH a adressé le 27 mars 2019 à A._______ une
décision qui retient en particulier ce qui suit: 

"Documents relatifs à la sécurité ou à la performance
de l'application ACTIS ou de l'abonnement InfoCAMAC […]

En l'espèce, votre demande se révèle trop générale pour que nous
puissions la satisfaire. Celle-ci ne nous permet en effet pas d'identifier les
documents officiels auxquels vous désirez avoir accès. Nous vous invitions [sic] dès lors à préciser votre requête
d'information, ce afin que nous puissions déterminer si nous sommes en mesure
d'y accéder ou non, en particulier analyser si le ou les documents réclamés
constituent des documents officiels au sens de l'art. 9 al. 1 LInfo et si aucun
intérêt public ou privé prépondérant s'oppose à une transmission (cf. art. 16
LInfo). 

Liste complète des documents officiels en lien avec
l'application ACTIS ou l'abonnement InfoCAMAC […]

[L'art. 13 RLInfo]
n'impose pas aux services de tenir à disposition du public une liste exhaustive
de tous les documents dont ils sont les auteurs ou les détenteurs. Au
contraire, seule la classification générale des types de documents reçus et
émis par les services doit figurer sur la liste de l'art. 13 RLInfo. 

Par conséquent, nous sommes dans l'impossibilité de vous
transmettre une "liste complète des documents officiels en lien avec
l'application ACTIS ou l'abonnement InfoCAMAC", dès lors qu'une telle
liste n'existe tout simplement pas. Vous trouverez en revanche en annexe la
liste des types de documents officiels établie par notre service suite à
l'entrée en vigueur du RLInfo."

C.                    
Agissant le 26 avril 2019 par la voie du recours de droit administratif,
A._______ demande à la Cour de droit administratif et public du Tribunal
cantonal de faire en sorte que le Secrétariat général du DIRH lui transmette
dans les meilleurs délais une copie des documents officiels demandés.
Subsidiairement, dans l'hypothèse où sa demande devrait être précisée, il
demande que le Secrétariat général soit astreint à lui transmettre la liste des
documents qu'il a jusqu'ici identifiés après sa demande du 28 février 2019 avec
une brève explication sur les éléments habituellement exigés pour qu'une
requête d'information soit jugée suffisamment précise. 

Dans sa réponse du 20 mai 2019, le Secrétaire
général du DIRH conclut au rejet du recours. 

D.                    
Un délai au 11 juin 2019 a été fixé au recourant pour répliquer. Il a
déposé sa réplique le 13 juin 2019, sans demander une restitution du délai. 

Considérant en droit:

1.                     
La décision attaquée a été rendue en application de la loi du 24
septembre 2002 sur l'information (LInfo; BLV 170.21). Elle peut faire l'objet,
directement, d'un recours au Tribunal cantonal (art. 21 al. 1 LInfo). Le
recours a été formé en temps utile (art. 95 de la loi du 28 octobre 2008 sur la
procédure administrative [LPA-VD; BLV 173.36]). Le recourant, destinataire de
la décision attaquée, a qualité pour recourir (art. 75 let. a LPA-VD, par
renvoi de l'art. 99 LPA-VD). Il y a donc lieu d'entrer en matière sur le fond. 

2.                     
La demande d'information du 28 février 2019 avait un double objet. Elle
portait d'une part sur les "documents relatifs à la sécurité ou à la
performance de l'application ACTIS ou de l'abonnement InfoCamac", et
d'autre part sur la "liste complète des documents officiels en lien avec
l'application ACTIS ou l'abonnement InfoCamac". Il ressort clairement de
l'acte de recours que la contestation porte uniquement sur le premier objet. Le
recourant ne conteste en effet pas la décision en tant qu'elle expose pourquoi
il est impossible de transmettre la "liste complète". 

3.                     
Le recourant estime que, nonobstant le caractère général de sa demande,
certains documents pouvaient être identifiés et auraient dû lui être transmis.
Il ne lui a cependant pas été opposé un refus définitif de toute transmission
d'information. Dans sa réponse, le Secrétaire général expose que la réponse
contenue dans la décision du 27 mars 2019 était une injonction à spécifier la
demande, trop vague. 

Le recourant n'a pas d'emblée donné suite à cette
injonction. Cela étant, dans sa réplique du 13 juin 2019, il écrit qu'il
précise sa demande d'information, portant désormais sur "tous les
rapports, procès-verbaux, présentations et autres documents écrits qui font
suite au rapport intitulé Audit-EDV ACTIS du 29/01/2015 établi par la société B._______
pour le compte de l'Etat de Vaud, et qui traitent des problématiques de
sécurité ou de performance identifiés par le rapport précité, ainsi que des
mesures prises pour y remédier". Il affirme que "cette
formulation, plus précise, se conforme aux exigences de précision offertes par
la jurisprudence". 

A propos de cette réplique, il convient de préciser
ce qui suit. Dans la procédure de recours de droit administratif (art. 92 ss
LPA-VD, avec à l'art. 99 LPA-VD un renvoi aux art. 73 ss LPA-VD), il n'y a en
principe qu'un échange d'écritures (art. 81 al. 1 et 2 LPA-VD). Après le dépôt
de la réponse de l'autorité intimée, le droit constitutionnel consacre, pour le
recourant, le droit de répliquer (art. 29 al. 2 Cst.). La partie peut renoncer,
même implicitement, au droit de répliquer et cela peut être constaté par le
tribunal quand elle ne prend pas position immédiatement sur la réponse qui lui
a été transmise (cf. ATF 138 I 154, 138 I 484). Dans le cas où le tribunal
fixe, comme en l'espèce, un délai de réplique – délai au 11 juin 2019, imparti
par ordonnance du juge instructeur du 21 mai 2019 –, il incombe au recourant
qui entend exercer son droit de répliquer d'agir dans le délai fixé. 

En l'occurrence, le recourant n'a pas agi dans le
délai fixé – sans invoquer un quelconque empêchement propre à justifier une
restitution du délai (cf. art. 22 LPA-VD) – ce dont on peut déduire qu'il a
renoncé à répliquer. Son acte du 13 juin 2019, tardif, est partant irrecevable.
On doit néanmoins constater qu'il adhère au raisonnement du Secrétaire général,
à propos du caractère insuffisamment précis ou spécifique de la demande
d'information du 28 février 2019. 

Cela étant, cette appréciation de l'autorité intimée
est manifestement correcte. L'art. 10 al. 1 LInfo dispose que la demande
d'information n'est soumise à aucune exigence de forme; elle n'a pas à être
motivée, mais elle doit contenir des indications suffisantes pour permettre
l'identification du document officiel recherché. L'autorité peut attendre du
requérant, s'il y a lieu, qu'il précise l'objet de sa demande, la décision
étant différée jusqu'à ce que soient fournies les indications suffisantes pour
permettre l'identification du document officiel recherché. La jurisprudence
retient que dans l'application de la LInfo, une certaine rigueur ou un certain
formalisme s'imposent. Une demande vague ou indifférenciée, tendant à obtenir
de l'administration non seulement des renseignements mais aussi des
explications sur la manière de traiter certains problèmes techniques ou
informatiques, n'implique pas l'obligation de mettre à disposition du requérant
tous les documents, textes, procès-verbaux, etc. relatifs aux problèmes visés
(arrêt GE.2018.0048 du 6 novembre 2018, consid. 2c – jurisprudence connue du
recourant, partie à cette procédure). En l'occurrence, sur la base de ces
principes, l'autorité intimée était à l'évidence fondée à ne pas entrer en
matière, vu la formulation irrégulière de la demande, et à inviter le recourant
à préciser sa requête. Elle n'a donc pas violé le droit cantonal en rendant la
décision attaquée. 

4.                     
Il s'ensuit que le recours, manifestement mal fondé, doit être rejeté,
ce qui entraîne la confirmation de la décision attaquée. 

Le recourant conserve la possibilité de préciser sa
demande d'information et de la soumettre à nouveau à l'administration. Vu le
rejet du recours, il n'appartient pas au Tribunal cantonal de se prononcer plus
avant sur cette question. Quoi qu'il soit, on ne saurait déduire du principe de
l'économie de la procédure que, puisque la demande d'information a été précisée
dans la réplique (déposée hors délai et donc en principe irrecevable) du 13
juin 2019, l'objet du litige a été modifié et que le Tribunal cantonal devrait
désormais se prononcer, en unique instance cantonale, sur la validité et le
sort de cette demande. Au contraire, il incombera au Secrétariat général de
statuer, pour autant que la demande précisée lui soit formellement adressée par
le recourant – la réplique irrecevable n'étant au demeurant pas communiquée
d'office à l'autorité intimée. 

5.                     
Il convient de rappeler au recourant que dans le système du droit
cantonal, le recours au Tribunal cantonal est certes directement ouvert contre
une décision de l'administration cantonale sur une demande d'information, mais
qu'il est aussi prévu, auparavant, un recours au Préposé à la protection des
données et à l'information (art. 21 al. 1 LInfo). Lorsque l'administré recourt
auprès du Préposé, il a l'avantage de pouvoir d'abord s'expliquer dans le cadre
d'une procédure de conciliation (art. 21 al. 3 LInfo). Cela peut permettre,
sous l'égide du Préposé, une discussion sur l'objet ou le contenu de la demande
d'information, lorsque l'administration estime qu'elle n'est pas suffisamment
précise, puis une meilleure appréciation de la situation par l'administré. Dans
le cas présent, il aurait été objectivement plus expédient, vu le système
institué par le législateur cantonal, que le recours fût formé auprès du
Préposé. 

6.                     
Conformément à l'art. 27 al. 1 LInfo, la procédure est gratuite. Il n'y
a pas lieu d'allouer des dépens (cf. art. 55 al. 1 LPA-VD). 

 

Par
ces motifs

 la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.                      
Le recours est rejeté.

II.                     
La décision du Secrétaire général du Département des infrastructures et
des ressources humaines du 27 mars 2019 est confirmée.

III.                   
Il n'est pas perçu d'émolument judiciaire. 

IV.                   
Il n'est pas alloué de dépens. 

Lausanne, le 24 juin 2019

 

Le
président:                                                                                             La
greffière:

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000
Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des
articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS
173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss
LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.