# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d5e5e954-ef91-50c8-9e58-40b650231248
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-12-06
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 06.12.2022 502 2022 279
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2022-279_2022-12-06.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2022 279

Arrêt du 6 décembre 2022

Chambre pénale

Composition Président : Laurent Schneuwly
Juges : Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser
Greffier : Florian Mauron

Parties A.________, demandeur,

B.________, demanderesse,

C.________, demanderesse,

contre

Patrick GENOUD, Procureur, défendeur

Objet Récusation (art. 56 ss CPP)

Demande du 28 octobre 2022

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attendu

que le Procureur Patrick Genoud (ci-après : le Procureur) instruit actuellement une procédure pénale 
à l’encontre de D.________, suite à une plainte pénale déposée par A.________, B.________ et 
C.________ le 28 octobre 2022 (cf. dossier F 22 11228);

qu’il a précédemment déjà instruit une procédure pénale contre le même prévenu, suite à 
des plaintes pénales déposées par A.________ et son père E.________ (cf. dossier F 18 6604); 
l’instruction a été close par le prononcé de deux ordonnances de classement, le 19 mars 2019; dans 
le cadre de cette procédure, le Procureur a personnellement entendu D.________, A.________ et 
E.________ le 14 décembre 2018;

que dans leur plainte pénale du 28 octobre 2022, A.________, B.________ et C.________ ont 
demandé que le nouveau dossier soit traité par un autre procureur, lequel ne connaît pas 
D.________, dans la mesure où il y a « déjà eu des antécédents avec D.________, entre moi et 
mon Père décédé il y a peu, tenu par M. le Procureur M. Patrick Genoud » (sic); 

que le Procureur a répondu le 16 novembre 2022 à A.________ qu’il n’y a pas de raison qu’un autre 
procureur soit chargé du dossier, le motif invoqué, soit d’avoir déjà traité des dossiers entre 
les mêmes parties, ne constituant pas un cas de récusation au sens de l’art. 56 CPP;

que le 18 novembre 2022, A.________ et B.________ se sont adressés au Procureur général pour 
demander la récusation du Procureur et lui faire part d’un constat « ahurissant », reprochant à ce 
dernier d’avoir « conversé haut et fort » avec D.________ dans le cadre de la précédente procédure, 
en se tutoyant, et soutenant que « ce ne sont pas que des amis, mais bien des copains »;

que le Procureur général leur a répondu le 22 novembre 2022, relevant que cette décision ne lui 
appartient pas et qu’ils doivent cas échéant s’adresser au Tribunal cantonal;

que par courriel du 23 novembre 2022, A.________ et B.________ ont maintenu leur position et 
demandé que le dossier soit transmis au Tribunal cantonal pour examen de la demande de récu-
sation, requérant que la greffière présente lors de l’audition soit entendue sur les « invraisemblables 
tutoiements » et les « allées et venues en total[e] liberté dans le Tribunal, comme si D.________ 
était chez lui », le Procureur n’étant même pas intervenu pour le remettre à l’ordre;

que le Procureur y a procédé le 28 novembre 2022, tout en confirmant ne pas vouloir se récuser et 
en produisant les dossiers de la cause; il a qualifié de totalement fausses les allégations des 
demandeurs et soutenu ne pas connaître du tout D.________, qu’il n’a vu qu’une seule fois, lors de 
l’audition du 14 décembre 2018, et ne pas l’avoir tutoyé, ni n’avoir manqué d’impartialité;

que B.________ et A.________ ont pris position spontanément le 5 décembre 2022, maintenant 
leur point de vue; ils ont en outre fait grief au Procureur divers manquements en lien avec l’instruction 
précédente et ont produit à cet égard des courriels datant de 2018 et 2020;

que lorsqu’un motif de récusation au sens de l’art. 56 let. a ou f CPP est invoqué ou qu’une personne 
exerçant une fonction au sein d’une autorité pénale s’oppose à la demande de récusation 
d’une partie qui se fonde sur l’un des motifs énumérés à l’art. 56 let. b à e CPP, le litige est tranché 
sans administration supplémentaire de preuves et définitivement, lorsque le ministère public, les 
autorités pénales compétentes en matière de contraventions et les tribunaux de première instance 

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sont concernés, par l’autorité de recours (art. 59 al. 1 let. b CPP), soit dans le canton de Fribourg 
par la Chambre pénale (art. 64 let. c de la loi du 31 mai 2010 sur la justice [LJ; RSF 130.1]);

que la personne concernée prend position sur la demande (art. 58 al. 2 CPP), ce qui est le cas en 
l'espèce puisque le magistrat dont la récusation est requise s’est déterminée par courrier du 
28 novembre 2022, refusant de se récuser;

que les motifs soulevés pour la première fois dans la détermination spontanée du 5 décembre 2022 
sont manifestement tardifs, de sorte que la demande de récusation est irrecevable à cet égard; en 
effet, il incombe à celui qui se prévaut d'un motif de récusation de se manifester sans délai dès la 
connaissance du motif de récusation; en matière pénale, est irrecevable pour cause de tardiveté la 
demande de récusation déposée trois mois, deux mois, deux à trois semaines ou vingt jours après 
avoir pris connaissance du motif de récusation; en revanche, n'est pas tardive la requête formée 
après une période de six ou sept jours, soit dans les jours qui suivent la connaissance du motif de 
récusation (cf. not. arrêts TF 1B_65/2022 du 18 mars 2022 consid. 3.1; 1B_683/2021 du 22 dé-
cembre 2021 consid. 2.2; 1B_512/2017 du 30 janvier 2018 consid. 3, et les réf. citées); en l’espèce, 
les reproches formulés à l’égard du Procureur ne concernent pas des événements récents, bien au 
contraire puisque les demandeurs produisent à ce sujet des pièces datant de 2018 et 2020;

que les autres conditions de recevabilité, en particulier celle de savoir ce qu’il en est de la signature 
de la demande de récusation, peuvent demeurer ouvertes, au vu du sort donné à la demande;

que la décision sur récusation est rendue par écrit (art. 59 al. 2 CPP);

qu’en vertu de l'art. 56 let. a CPP, toute personne exerçant une fonction au sein d'une autorité pénale 
est tenue de se récuser lorsqu'elle a un intérêt personnel dans l'affaire. Cet intérêt peut être direct 
ou indirect et doit être propre à compromettre l'issue de la cause ou à mettre en doute son impartialité 
s'il devait la traiter (cf. ATF 140 III 221 consid. 4.2). La personne doit également se récuser, selon 
l'art. 56 let. f CPP, lorsque d'autres motifs, notamment un rapport d'amitié étroit ou d'inimitié avec 
une partie ou son conseil, sont de nature à la rendre suspecte de prévention. Cette disposition a la 
portée d'une clause générale recouvrant tous les motifs de récusation non expressément prévus 
aux lettres précédentes. Elle correspond à la garantie d'un tribunal indépendant et impartial instituée 
par les art. 30 al. 1 Cst. et 6 par. 1 CEDH. Elle n'impose pas la récusation seulement lorsqu'une 
prévention effective du magistrat est établie, car une disposition interne de sa part ne peut guère 
être prouvée. Il suffit que les circonstances donnent l'apparence de la prévention et fassent redouter 
une activité partiale du magistrat. Seules les circonstances constatées objectivement doivent être 
prises en considération. Les impressions purement individuelles d'une des parties au procès ne sont 
pas décisives (not. ATF 144 I 234 consid. 5.2; 143 IV 69 consid. 3.2; 141 IV 178 consid. 3.2.1; 138 
IV 142 consid. 2.1);

qu’en l’espèce, la Chambre pénale constate ce qui suit : si les demandeurs ont certes soutenu dans 
un deuxième temps que le Procureur aurait tutoyé le prévenu D.________ lors d’une audition, 
retenant ainsi que les deux hommes ne sont pas que des amis, mais bien des copains, 
respectivement dans un troisième temps que le Procureur aurait admis des allées et venues du 
prévenu, comme s’il était chez lui, sans intervenir, ou encore dans leur détermination spontanée du 
5 décembre 2022 que le Procureur serait à l’origine de divers manquement dans l’instruction 
précédente, force est de constater qu’ils n’ont pas soulevé ces arguments dans leur demande initiale 
du 28 octobre 2022; pire encore, il ressort du dossier que dans un courriel du 21 octobre 2022, ils 
se sont expressément adressés au Procureur, l’invitant à intervenir en lien avec les nouveaux 
événements les opposant à D.________ (dossier F 22 11228, pces 2010 et 2000); enfin, rien au 

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dossier ne permet de retenir que les demandeurs, en particulier A.________, auraient réagi lors ou 
suite à l’audition litigieuse, ce qu’ils n’auraient selon toute vraisemblance pas manqué de faire si les 
faits s’étaient bien déroulés comme ils le prétendent aujourd’hui; A.________ a, au contraire, 
remercié le Procureur dans un courriel du 15 décembre 2018 pour cette séance (dossier F 18 6604, 
pce 9000); dans ces conditions, il n’y a pas lieu d’entendre la greffière présente lors de l’audition, 
les demandeurs n’apportant pas même le début d’une démonstration des affirmations justifiant, 
selon eux, une récusation du Procureur;

qu’en définitive, la Chambre pénale ne distingue aucun motif de récusation du Procureur au sens 
de l’art. 56 let. a ou f CPP, les circonstances objectives constatées ne donnant pas l'apparence de 
la prévention et ne faisant pas redouter une activité partiale du magistrat; la demande de récusation 
doit ainsi être rejetée, dans la mesure de sa recevabilité;

qu’au vu du rejet de la demande, les frais de la procédure, fixés à CHF 500.- (émolument : CHF 400.-
; débours : CHF 100.-), sont mis à la charge des demandeurs solidairement, conformément à l’art. 
59 al. 4 CPP; pour la même raison, il n’est pas alloué d’indemnité de partie pour cette procédure; 

la Chambre arrête:

I. La demande de récusation concernant le Procureur Patrick Genoud est rejetée, dans la 
mesure de sa recevabilité. 

II. Les frais sont fixés à CHF 500.- (émolument : CHF 400.-; débours : CHF 100.-) et mis à la 
charge de A.________, B.________ et C.________ solidairement.

III. Il n’est pas alloué d’indemnité de partie. 

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte 
de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 6 décembre 2022/swo

Le Président : Le Greffier :