# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c1916b26-540d-5095-b07a-e2065541bc1c
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites Faillite / 2014 / 11
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_Faillite---2014---11_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

FF13.034033-140006

 

 97

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
13 mars 2014

__________________

Présidence
de               M.             
Sauterel,
président

Juges             
:              MM.             
Hack et Maillard 

Greffier
              :             
Mme              Joye

 

 

*****

 

 

Art.
174 al. 2 LP  et  322 al. 1 CPC

 

 

             
Vu la requête de faillite déposée auprès du Président du Tribunal d'arrondissement
de Lausanne, le 6 août 2013, par B.________,
à Estavayer-le-Lac, à l’encontre d’U.________SA,
à Lausanne, fondée sur une commination de faillite n° 6'449'361 de l’Office des
poursuites du district de Lausanne, portant sur un montant de 26’332 fr. 86 sans intérêt,

 

             
vu l’audience tenue le 5 septembre 2013 lors de laquelle un délai au 
12
septembre 2013 a été accordé à U.________SA pour s’acquitter de la poursuite
en cause,

 

             
vu le jugement rendu le 17 septembre 2013 prononçant la faillite d’U.________SA, avec effet
au 13 septembre 2013 à 14 heures, et mettant les frais du jugement, par 200 fr., à la
charge de la faillie,

 

             
vu la requête déposée le 25 septembre 2013 auprès du Président du Tribunal d'arrondissement
de Lausanne par U.________SA, demandant « une restitution des délais, avec effets suspensifs »
pour s’acquitter du montant de la poursuite introduite par B.________,

 

             
vu l’effet suspensif accordé le 26 septembre 2013,

 

             
vu l’audience tenue le 17 octobre 2013 lors de laquelle un délai non prolongeable au 18 octobre
2013 a été accordé à U.________SA pour s’acquitter de la poursuite en cause,

 

             
vu le prononcé rendu le 28 octobre 2013 par lequel le Président du Tribunal d’arrondissement
de Lausanne a admis la requête en restitution de délai déposée le 25 septembre 2013
par U.________SA, constaté que les conditions d’annulation du jugement de faillite n’étaient
pas remplies, révoqué l’effet suspensif accordé le 26 septembre 2013, dit que le
jugement de faillite rendu le 
17 septembre
2013 contre U.________SA prenait effet le 17 octobre 2013 à 11 heures, mis les frais de l’audience
de faillite, par 200 fr., et ceux de l’audience en restitution de délai, par 200 fr., à
la charge de la requérante et déclaré sa décision définitive sur la question
de la restitution de délai,

 

             
vu la requête déposée le 4 novembre 2013 par U.________SA, demandant à nouveau « une
restitution de délai » et l’octroi d’un effet suspensif pour « réunir
les fonds nécessaire pour indemniser la partie lésée »,

 

             
vu l’effet suspensif accordé le 6 novembre 2013, 

 

             
vu le courrier du même jour par lequel, à titre très exceptionnel, une ultime restitution
de délai, au 25 novembre 2013, a été accordé à U.________SA, 

 

             
vu le prononcé rendu le 9 décembre 2013 par lequel le Président du Tribunal d’arrondissement
de Lausanne a admis la requête en restitution de délai déposée le 4 novembre 2013
par U.________SA, constaté que les conditions d’annulation du jugement de faillite n’étaient
pas remplies, révoqué l’effet suspensif accordé le 6 novembre 2013, dit que le prononcé
de faillite rendu le 28 octobre 2013 contre U.________SA prenait effet le 3 décembre 2013 à
10 heures, mis les frais de la cause, par 600 fr., à la charge de la requérante et déclaré
sa décision définitive sur la question de la restitution de délai,

 

             
vu le recours déposé par U.________SA le 27 décembre 2013 auprès du Président
du Tribunal d'arrondissement de Lausanne, contre le prononcé du 9 décembre 2013, notifié
à la recourante le 18 décembre 2013, tendant à l’octroi d’un délai supplémentaire,
ainsi qu’à l’annulation de la faillite une fois le règlement de la poursuite en
cause intervenue,

 

             
vu les pièces produites par la recourante le 30 décembre 2013,

 

             
vu l’effet suspensif accordé par le Président de la cour de céans le 
9
janvier 2014,

 

             
vu les pièces au dossier ;

 

 

             
considérant qu'en vertu de l'art. 174 al. 1 LP (loi sur la poursuite pour dettes et la faillite
du 11 avril 1889; RS 281.1), la décision du juge de la faillite peut, dans les dix jours, faire
l'objet d'un recours au sens du CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008; RS 272),

 

                          
 que selon l'art. 321 al. 1 CPC, le recours est introduit auprès de l'instance de recours,

 

                          
que toutefois, le principe selon lequel est réputé observé un délai si le mémoire
a été adressé à l'autorité précédente doit être également
appliqué dans la procédure de recours régie par le CPC (Tappy, Les voies de droit du nouveau
Code de procédure civile, in JT 2010 III 115, spéc. p. 131),

              
              qu'en conséquence,
l’acte de recours déposé par U.________SA le 27 décembre 2013, dirigé contre
la décision du 9 décembre 2013, adressé au Président du Tribunal d'arrondissement
de Lausanne, a été déposé en temps utile (art. 321 al. 2 CPC),

 

             
que le recours respecte par ailleurs les formes requises, de sorte qu'il est recevable formellement,

 

             
que les pièces produites par la recourante le 30 décembre 2013 sont également recevables,
compte tenu compte tenu des féries de Noël (art. 56 al. 1 ch. 2 LP) ;

 

 

             
considérant qu'en vertu de l'art. 174 al. 2 LP, la décision du juge de la faillite peut être
déférée à une autorité judiciaire supérieure, qui peut annuler le jugement
lorsque le débiteur, en déposant le recours, rend vraisemblable sa solvabilité et établit
par titre que depuis lors, la dette, intérêts et frais compris, a été payée
ou que la totalité de la somme à rembourser a été déposée à l'intention
du créancier, ou encore que celui-ci a retiré sa réquisition de faillite,

 

             
que ces deux conditions, soit le remboursement de la dette à l'origine de la faillite ou le retrait
de la requête de faillite et la vraisemblance de solvabilité sont cumulatives,

 

             
qu'en l'espèce, il ressort des pièces produites par la recourante le 
30
décembre 2013 que ledit jour, elle s’est acquittée, frais compris, de la poursuite 
n°
6'449'361 à l’origine de la faillite, soit d’un montant de 26'699 fr. 70, ainsi que
d’une autre poursuite, par 33'847 fr. 30,

 

             
qu’ainsi, la première des conditions pour annuler la faillite, soit le remboursement de la
dette à l'origine de celle-ci, est réalisée, 

 

             
qu’il reste à examiner si la recourante rend également vraisemblable sa solvabilité,

 

             
que la solvabilité au sens de l'art. 174 al. 2 LP se définit par opposition à l'insolvabilité
au sens de l'art. 191 LP (Giroud, Basler Kommentar, n. 25 ad art. 174 LP; TF 5P.399/1999 du 14 janvier
2000 c. 2b),

 

             
que cette dernière n'équivaut pas au surendettement mais consiste en l'incapacité du débiteur,
en raison d'un manque de liquidités qui n'apparaît pas seulement temporaire, de payer ses dettes
échues,

 

             
que s'il ne doit pas prouver sa solvabilité de manière stricte, le débiteur ne peut toutefois
se contenter de simples allégations mais doit fournir des indices tels que des récépissés
de paiements, des justificatifs de moyens financiers à sa disposition (avoirs en banque, crédits
bancaires), des listes de ses débiteurs, un extrait du registre des poursuites, des comptes annuels
récents avec bilan intermédiaire, cette liste n'étant pas exhaustive,

 

             
que l'extrait du registre des poursuites concernant le failli est en règle générale décisif
(Cometta, in Commentaire romand de la LP, n. 10 ad art. 174 LP),

 

             
qu'en l'espèce, s’il est vrai que la recourante a payé un montant de 60'547 fr. le 30
décembre 2013 (26'699 fr. 70 à la requérante et 33'847 fr. 30 à un autre créancier),
force est de constater que l'extrait du 6 janvier 2014 du registre des poursuites la concernant fait
état, à cette date, de vingt-six poursuites introduites entre le 8 novembre 2012 et le 28 novembre
2013, pour une somme totale de 145'123 fr. 30, dont cinq au stade de la commination de faillite,

 

             
que la recourante, qui annonçait dans son acte de recours du 
27
décembre 2013 une augmentation de capital de 400'000 fr. « afin de régler la totalité
des poursuites restantes, soit la somme de CHF 145'154.40 », n'a produit aucune pièce
démontrant qu'elle aurait payé ne serait-ce qu’une partie de ce montant,  

 

             
qu’elle n'a pas non plus produit de pièces démontrant une éventuelle amélioration
de sa situation financière à court ou moyen terme, étant précisé qu’elle
a mis près de cinq mois pour payer les 26'699 fr. 70 réclamés par B.________ dans le cadre
de la présente procédure,

 

             
que sa solvabilité n'est ainsi pas rendue vraisemblable, si bien que la deuxième condition
pour annuler la faillite n'est pas remplie ;

 

 

             
considérant que, dans ces conditions, le recours, manifestement infondé au sens de l'art. 322
al. 1 CPC, doit être rejeté et le jugement de première instance confirmé,

 

             
que compte tenu de l’effet suspensif accordé, la faillite prend effet au 
13
mars 2014, à 16 heures 15

 

             
que les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 300 fr. et compensés
avec l'avance de frais de la recourante, sont mis à la charge de celle-ci.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites et de faillite,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le jugement est confirmé, la faillite d’U.________SA prenant effet le 13 mars 2014, à
16 heures 15.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 300 fr. (trois cents francs),
sont mis à la charge de la recourante U.________SA.

 

             

Le
président :               La greffière
:

 

 

Du
13 mars 2014

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
U.________SA,

‑             
Mme B.________,

-             
M. le Préposé à l'Office des poursuites du district de Lausanne,

-             
M. le Préposé à l'Office des faillites de l'arrondissement de Lausanne.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

-             
Mme la Conservatrice du Registre foncier, Office de Lausanne,

-             
M. le Préposé au Registre du Commerce du canton de Vaud,

 

             
                           
et communiqué à : 

 

‑             
Mme le Président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne.

 

             
La greffière :