# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ee328a2c-36f4-593e-be60-3dc6bfa37dd7
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2016 / 694
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2016---694_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

PT13.020135-160584

231 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
21 juin 2016

__________________

Composition
:               M.             
Winzap,
président

             
              Mmes             
Courbat et Giroud Walther, juges

Greffier             
:              M.             
Fragnière

 

 

*****

 

 

Art.
99 al. 1 let. d et 152 al. 1 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par R.________,
à La Conversion, contre le prononcé rendu le 26 novembre 2015 par le Juge délégué
de la Chambre patrimoniale cantonale dans la cause divisant le recourant d’avec O.________,
à Pully, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :

 

 

 

             
En fait :

 

 

A.             
Par prononcé rendu le 26 novembre 2016 dont la motivation a été envoyée aux parties
le 29 mars 2016, le Juge délégué de la Chambre patrimoniale cantonale a rejeté les
requêtes en fourniture de sûretés pour les dépens déposées par R.________
et O.________ (I et II), arrêté les frais judiciaires à 4'000 fr. à la charge de
chaque partie par moitié (III) et dit que les dépens étaient compensés (IV). 

 

             
En droit, le premier juge a relevé que R.________ n’avait ni établi ni allégué
que la société O.________ aurait fait l’objet d’une déclaration de faillite,
voire d’une procédure concordataire, ou qu’il aurait existé des actes de défaut
de biens à son encontre. En outre, il a retenu que cette société semblait solvable, dès
lors qu’elle avait versé un montant de 64'250 fr. à titre d’avance de frais et
que nonobstant des pertes subies durant les exercices 2010 à 2013, elle avait poursuivi son activité
jusqu’à ce jour, sans paraître rencontrer de difficultés financières particulières.
Par conséquent, en application de l’art. 99 al. 1 CPC, le premier juge a considéré
que R.________ échouait à rendre vraisemblable qu’O.________ présentait des difficultés
financières telles qu’elle risquait de ne pas être en mesure de lui payer d’éventuels
dépens. 

 

 

B.             
Par acte déposé le 8 avril 2016, R.________
a recouru contre ce prononcé, en concluant principalement à son annulation et au renvoi de
la cause au premier juge pour nouveau jugement après avoir mis en œuvre les mesures d’instruction
complémentaires requises. Subsidiairement, il a conclu à sa réforme en ce sens qu’O.________
soit condamnée à constituer des sûretés à hauteur de 140'000 francs. 

 

             
Par réponse du 30 mai 2016, O.________ a conclu au rejet du recours. 

 

             
Le 10 juin 2016, R.________ a déposé une réplique spontanée.

 

 

C.             
La Chambre des recours civile fait sien dans son entier l'état de fait du jugement, complété
par les pièces du dossier, dont il ressort notamment ce qui suit :

 

1.               
La société O.________ a subi des pertes
nettes de 128'148 fr. 56 en 2010, de 539'423 fr. 02 en 2011, de 270'960 fr. 37 en 2012 et de 334'701
fr. 12 en 2013. Son chiffre d’affaires est passé de 1'840'467 fr. 73 en 2010 à 1'637'681
fr. 86 en 2011, puis de 1'144'048 fr. 87 en 2012 à 257'363 fr. 13 en 2013. La masse salariale, qui
représentait une charge de 1'876'096 fr. 05 en 2010 et de 1'844'706 fr. 10 en 2011, s’est
élevée à 1'136'230 fr. 55 en 2012 et à 436'403 fr. 85 en 2013. En 2010, le bilan
a présenté un bénéfice de 245'025 fr. 25, tandis qu’il a laissé apparaître
une perte se montant à 294'397 fr. 77 en 2011, à 542'358 fr. 14 en 2012 et à 877'059 fr.
26 en 2013. 

 

2.               
Les pertes subies par O.________ ne l’ont
pas empêchée pas de poursuivre son activité. 

 

3.               
Par demande déposée le 6 mai 2013 auprès
de la Chambre patrimoniale cantonale, O.________ a conclu en substance à la condamnation de R.________
au paiement d’une somme de 3'750'000 francs.

 

             
Le 19 juin 2013, O.________ a versé un montant de 64'250 fr. à titre d’avance de frais.

 

             
Par réponse du 8 octobre 2013, R.________ a conclu au rejet de la demande. Reconventionnellement,
il a notamment conclu à ce qu’O.________ soit condamnée à lui payer une somme totale
d’environ 365'000 francs. 

 

             
Le 11 mars 2014, O.________ a déposé une réplique, en confirmant les conclusions prises
dans sa demande et en concluant au rejet des conclusions reconventionnelles formulées par R.________
dans sa réponse. 

 

4.               
Dans le délai au 14 juillet 2014 lui ayant
été imparti pour dupliquer, R.________ a déposé une requête en fourniture de
sûretés en garantie des dépens, en concluant à ce qu’ordre soit donné
à O.________ de constituer de telles sûretés à concurrence d’un montant de
140'000 francs. Il a requis la production de nombreuses pièces en mains de la société
O.________ (pièces requises nos
50 à 63), soit des documents relatifs à divers contrats de travail et à leur résiliation
ou leur transfert à une autre entité, tout document démontrant l’emploi par la société
d’un gestionnaire de fortune, tout document établissant que la société était
toujours liée à certains apporteurs d’affaires, tout document démontrant qu’elle
disposait d’une clientèle sous gestion – non transférée à d’autres
entités –, les pièces comptables des années 2012 à 2014, les extraits de ses
comptes bancaires pour les années 2012 à 2014 et ses déclarations d’impôt,
ainsi que les taxations fiscales, pour les années 2012 et 2013. 

 

             
Par déterminations du 22 octobre 2014, O.________ a conclu au rejet de la requête de sûretés
et, reconventionnellement, à ce qu’ordre soit donné à R.________ de constituer des
sûretés à concurrence d’un montant entre 9'000 fr. et 40'000 francs. Elle a produit
les pièces requises nos 101
et 102, soit ses bilans et ses comptes de pertes et profits de 2010 à 2013, et a indiqué refuser
de produire les autres pièces requises par R.________, dans la mesure où elle contestait leur
pertinence.  

 

             
Par pli du 9 décembre 2014, R.________ a réitéré ses requêtes de preuves (pièces
requises nos
50 à 63), en soutenant que les pièces nos
101 et 102 produites par O.________ ne suffisaient pas à l’instruction de la procédure
incidente. Subsidiairement, il a requis que les pièces et les informations demandées soient
obtenues des personnes concernées – dont O.________ devrait fournir les coordonnées précises
–, le cas échéant en procédant à l’audition des gestionnaires de fortune
et des apporteurs d’affaires concernés. 

 

             
Par déterminations du 30 janvier 2015, R.________ a conclu au rejet de la requête de sûretés
formulée reconventionnellement par O.________. 

 

             
Par courrier du 6 février 2015, O.________ a déclaré s’opposer aux réquisitions
de preuves de R.________, en indiquant que les pièces nos
101 et 102 attestaient suffisamment de sa situation financière. 

 

             
Le 31 mars 2015, O.________ a notamment produit les procès-verbaux des assemblées générales
et les rapports de gestion du conseil d’administration des années 2005 à 2011 (pièces
nos
64-1 à 64-15).

 

             
Par déterminations des 23 et 24 avril 2015, O.________ a confirmé s’opposer à la
production des pièces nos
50 à 63, tandis que R.________ a maintenu ses requête de preuves. 

 

             
Par courrier du 30 avril 2015, le Juge délégué de la Chambre patrimoniale cantonale a
informé les parties de ce qu’il n’entendait pas ordonner la production d’autres
pièces, que ce soit par les parties ou par les tiers.

 

 

 

 

             
En droit
:

 

 

1.               
Selon l'art. 319 let. b CPC, le recours est ouvert
contre les ordonnances d'instruction et les décisions autres que finales, incidentes ou provisionnelles
de première instance, dans les cas prévus par la loi ou lorsqu'elles peuvent causer un préjudice
difficilement réparable. Tel est le cas en l'espèce, l'art. 103 CPC ouvrant expressément
le recours contre les décisions relatives aux sûretés. Ces décisions comptant parmi
les ordonnances d'instruction, rendues
ensuite d’un examen sommaire (Jeandin, CPC
commenté, Bâle 2011, n. 14 ad art. 319 CPC ; Sutter-Somm/Hasenböhler/Leuenberger,
Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, Zurich 2016, n. 14 ad art. 99 CPC et les réf.
citées), le délai de recours est de dix jours (art. 321 al. 2 CPC). Le recours, écrit
et motivé, doit être introduit auprès de l'instance de recours (art. 321 al. 1 CPC),
soit la Chambre des recours civile (art. 73 al. 1 LOJV [loi vaudoise d'organisation judiciaire du 12 décembre
1979 ; RSV 173.01]).

 

             
Déposé en temps utile par une partie qui y a un intérêt digne de protection (art.
59 al. 2 let. a CPC), le recours est recevable.

 

 

2.               
Le recours est recevable pour violation du droit
(art. 320 let. a CPC) et constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 let. b CPC).

 

             
L'autorité de recours dispose d'un plein pouvoir d'examen s'agissant de la violation du droit (Spühler,
Basler Kommentar, Bâle 2010, n. 12 ad art. 319 CPC). Elle revoit librement les questions de droit
soulevées par le recourant et peut substituer ses propres motifs à ceux de l'autorité
précédente ou du recourant (Hohl, Procédure civile, tome II, 2e
éd., Berne 2010, n. 2508, p. 452).

 

             
S'agissant de la constatation manifestement inexacte des faits, comme pour l'art. 97 al. 1 LTF (loi du
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral ; RS 173.110), ce grief ne permet que de corriger
une erreur évidente, la notion se recoupant en définitive avec l'appréciation arbitraire
des preuves (Corboz, Commentaire de la LTF, Berne 2009, n. 19 ad art. 97 LTF, p. 941). Les constatations
de fait et l'appréciation des preuves sont arbitraires lorsqu'elles sont évidemment fausses,
contredisent d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité, reposent
sur une inadvertance manifeste ou un abus du pouvoir d'appréciation, par exemple si l'autorité
s'est laissée guider par des considérations aberrantes ou a refusé de tenir compte de
faits ou de preuves manifestement décisifs. Une constatation de fait n'est donc pas arbitraire pour
la seule raison que la version retenue par le juge ne coïncide pas avec celle du recourant. Encore
faut-il que l'appréciation des preuves soit manifestement insoutenable, en contradiction flagrante
avec la situation effective, qu'elle repose sur une inadvertance manifeste, ou encore qu'elle heurte
de façon grossière le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 129 I 8 consid.
2.1).

 

             
Selon l’art. 326 al. 1 CPC, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables.

 

 

3.               
Le recourant fait valoir que le premier juge a
erré en considérant qu'il n'avait pas été rendu vraisemblable que l'intimée
présenterait des difficultés financières justifiant la fourniture de sûretés
selon l’art. 99 al. 1 let. d CPC.

 

3.1           
Aux termes de l'art. 99 al. 1 CPC, le demandeur
doit, sur requête du défendeur, fournir dans les cas suivants des sûretés en garantie
du paiement des dépens : il n'a pas de domicile ou de siège en Suisse (let. a) ;
il parait insolvable, notamment en raison d'une mise en faillite, d'une procédure concordataire
en cours ou de la délivrance d'actes de défaut de biens (let. b) ; il est débiteur
de frais d'une procédure antérieure (let. c) ; d'autres raisons font apparaître un
risque considérable que les dépens ne soient pas versés (let. d).

 

             
L'art. 99 al. 1 let. d CPC constitue une clause générale qui permet de prendre en considération
toute circonstance propre à accroître sensiblement le risque que les dépens restent sinon
impayés (Tappy, CPC commenté, Bâle 2011, n. 38 ad art. 99 CPC). Des indices de difficultés
financières insuffisants pour que le demandeur paraisse insolvable au sens de l'art. 99 al. 1 let.
b CPC pourront parfois remplir les conditions de la lettre d de cette disposition, par exemple si une
partie fait l'objet de multiples commandements de payer pour des causes diverses, si elle a eu besoin
d'un sursis ou d'une remise concernant les frais d'une autre procédure, si elle fait l'objet de
saisies de salaire en cours (Tappy, op. cit., n. 39 ad art. 99 CPC) ou si, s'agissant des poursuites,
celles-ci sont fréquentes ou importantes en comparaison avec les ressources dont dispose le débiteur
(Sterchi, Berner Kommentar, 2012, n. 23 ad art. 99 CPC ; CREC 27 novembre 2015/416 consid.
4.2). Un exemple de risque considérable, cité dans le message du Conseil fédéral,
serait celui d'une entreprise qui, à la veille de la faillite, braderait ses actifs (FF 2006 6841,
6906). Lorsqu'au vu des pièces comptables, une entreprise a réduit considérablement son
chiffre d'affaires, subit des pertes et ne verse plus de salaires, il n’est pas arbitraire
d'admettre qu’elle n’exerce plus une activité commerciale et que son insolvabilité
est programmée, ce qui justifie de l'astreindre à fournir des sûretés (CREC 11 janvier
2013/5 consid. 3c).

 

3.2           
En l'espèce, le premier juge – qui
s’est basé sur les bilans et les comptes de pertes et profits produits par l’intimée
– a retenu que le recourant n'avait pas établi que celle-ci paraissait insolvable. Selon lui,
les pertes subies sur les exercices 2010 à 2013 n’avaient pas empêché l’intimée
de poursuivre son activité jusqu'à ce jour et elle n'apparaissait pas rencontrer de difficultés
particulières.

 

             
Le recourant expose, en se fondant uniquement sur l'art. 99 let. d CPC, que le premier juge n'a pas retenu,
à tort, que les résultats du bilan se sont fortement péjorés, passant d’un
bénéfice de 245'025 fr. en 2010 à une perte de 877'059 fr. en 2013, que le chiffre d'affaires
a drastiquement diminué, passant de 1'840'467 fr. en 2010 à 257'363 fr. en 2013, et enfin que
la masse salariale a diminué, passant de 1'876'096 fr. en 2010 à 436'403 fr. en 2013. Du reste,
il fait valoir que le contrat de travail du seul gestionnaire de fortune a pris fin, selon le témoignage
de ce dernier.

 

             
Le raisonnement du recourant ne peut être suivi. Certes, l’intimée a subi des pertes
et son chiffre d’affaires a
diminué. Toutefois, on doit constater à l’instar du premier juge que l’intimée
continue à exercer une activité commerciale, ce qui est corroboré en particulier par le
chiffre d’affaires et la masse salariale comptabilisés selon les bilans et les comptes de
pertes et profits produits (pièces nos 101
et 102). En outre, le recourant n’a ni allégué ni démontré que l’intimée
semblait faire l’objet d’une déclaration de faillite, d’une procédure concordataire,
d’actes de défaut de biens ou même de poursuites. Elle a d’ailleurs été
en mesure d’effectuer l’avance de frais. 

 

             
Partant, c’est à bon droit que le premier juge a considéré que l’intimée
ne présentait pas de difficultés financières particulières, au point d’établir
un risque considérable que les dépens ne soient pas versés (art. 99 al. 1 let. d CPC).
Infondé, le moyen doit être rejeté.

 

 

4.               
Le recourant invoque une violation de son droit
d'être entendu, dès lors que le premier juge a refusé de donner suite à ses réquisitions
de production de pièces, considérant qu'elles n'étaient pas indispensables et que les
documents produits étaient suffisants pour statuer sur la procédure incidente.

 

4.1           
S’agissant du droit à la preuve, l’art.
152 al. 1 CPC dispose que toute partie a droit à ce que le tribunal administre les moyens de preuve
adéquats proposés régulièrement et en temps utile. Cette disposition découle
du droit d’être entendu et du fardeau de la preuve (art. 8 CC [Code civil suisse du 10 décembre
1907 ; RS 210]).

 

             
Le droit d’être entendu est une garantie constitutionnelle de nature formelle, dont la violation
entraîne l’annulation de la décision attaquée, sans égard à la question
de savoir si son respect aurait conduit à une autre décision, sauf si le vice peut être
réparé lorsque l'autorité de recours dispose du même pouvoir d'examen que l'autorité
de première instance ou si l'informalité n'est pas de nature à influer sur le jugement
(Haldy, CPC commenté, nn. 19 et 20 ad art. 53 CPC ; CREC 4 octobre 2011/179 ; CREC 2 septembre
2014/308 consid. 3.2).

 

             
Le droit d’être entendu comprend notamment le droit pour l’intéressé de produire
des preuves pertinentes, d’obtenir qu’il soit donné suite à ses offres de preuve
pertinentes, de participer à l’administration des preuves essentielles ou à tout le moins
de s’exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à influer sur la décision
à rendre. L’autorité peut cependant renoncer à procéder à des mesures
d’instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de former sa conviction et que,
procédant d’une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des
preuves qui lui sont encore proposées, elle a la certitude que ces dernières ne pourraient
encore l’amener à modifier son opinion (ATF 136 I 229 consid. 5.3 ; ATF 124 I 208
consid. 4a ; TF 5A_304/2014 du 13 octobre 2014 consid. 3.3 ; TF 1C_6/2009 du 24 août
2009).

 

4.2           
En l'espèce, le recourant soutient que s'il
avait été donné une suite favorable à ses réquisitions de production de pièces,
il aurait pu démontrer que l'intimée n’exerçait plus d'activité et ne disposait
plus de personnel susceptibles de générer des revenus, ce qui était pertinent dans l'appréciation
de la situation financière de l'intimée.

 

             
Par ses réquisitions de preuves tendant à la production de tout document démontrant des
relations de travail, des liens avec des rapporteurs d’affaires ou l’existence d’une
clientèle sous gestion, on peut relever que le recourant semble vouloir se livrer à une « fishing
expedition », qui n'est pas l'objectif de la requête en production de pièces, de
sorte que les moyens de preuve qu’il propose n’apparaissent pas adéquat au sens de l’art.
152 al. 1 CPC (cf. TF 5A_295/2009 du 23 décembre 2009 consid. 2). 

 

             
Cela étant, les pièces comptables déjà produites – soit les bilans et les comptes
de pertes et profits des années 2010 à 2013 – étaient propres à établir
l’absence de risque considérable que les dépens ne soient pas versés. Elles démontraient
à elles seules que l’intimée continuait à exercer une activité commerciale,
si bien que le premier juge pouvait rejeter les réquisitions de preuves formulées par le recourant.
Dans l’examen sommaire en vue de statuer sur la requête en fourniture de sûretés
(cf. supra, consid. 1), le premier juge pouvait procéder ainsi, sans violer le droit d’être
entendu du recourant. 

 

 

5.               
En définitive, le recours doit être
rejeté et la décision entreprise confirmée.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 1’700 fr. (art. 69 al. 1
TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010, RSV 270.11.5]), sont mis à la charge
du recourant, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC).

 

             
Le recourant R.________ doit verser à l’intimée O.________ la somme de 1'500 fr. à
titre de dépens de deuxième instance (art. 8 TDC [Tarif des dépens en matière civile
du 23 novembre 2010 ; RSV 270.11.6]). Le dispositif n’en faisant pas mention, il y a
lieu de le rectifier d’office (art. 334 al. 1 CPC). 

 

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
La décision est confirmée.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 1'700 fr. (mille sept cents
francs), sont mis à la charge du recourant R.________.

 

             
IV.             
Le recourant R.________ doit verser à l’intimée O.________ la somme de 1'500 fr. (mille
cinq cents francs) à titre de dépens de deuxième instance. 

 

             
V.             
L’arrêt motivé est exécutoire.

 

Le
président :               Le greffier
:

 

 

 

 

 

Du
23 juin 2016

 

             
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

 

             
Le greffier :

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Eric Cerottini (pour R.________),

‑             
Me Jean-Christophe Diserens (pour O.________).

 

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à 30’000 francs.

 

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Juge délégué de la Chambre patrimoniale cantonale.

 

             
Le greffier :