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**Case Identifier:** f2c8b665-17ae-5b32-95f9-c6d1f4ca4b42
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-07-21
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 21.07.2023 BB.2023.27
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BB-2023-27_2023-07-21.pdf

## Full Text

Décision du 21 juillet 2023 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 

Roy Garré, président, 

Giorgio Bomio-Giovanascini et  

Patrick Robert-Nicoud,  

la greffière Yasmine Dellagana-Sabry  

   

Parties  A., représenté par Me Kristina Croce, 

recourant 

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

intimé 

 

   

Objet  Ordonnance de non-entrée en matière (art. 310 en 

lien avec l'art. 322 al. 2 CPP) 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: BB.2023.27 

  

 

 

 

- 2 - 

 

 

Faits: 

 

A. Faisant suite à la plainte pénale déposée le 6 mars 2020 par B. en son nom 

et au nom de son époux, C., le Ministère public de la Confédération (ci-après: 

MPC) a ouvert, en date du 5 juin 2020, une instruction, référencée 

SV.20.0349, contre le fils de la plaignante, A., pour soupçons d’escroquerie 

(art. 146 CP), subsidiairement de gestion déloyale (art. 158 CP) et d’abus de 

confiance (art. 138 CP; act. 1.1, p. 1). 

 

 

B. En date du 28 avril 2021, A. a adressé au MPC une plainte pénale à 

l’encontre de sa mère, B., et de son frère D. pour faux dans les titres (art. 251 

CP), faux témoignage (art. 307 CP), dénonciation calomnieuse (art. 303 CP), 

usure (art. 157 CP), gestion déloyale (art. 158 CP), abus de confiance 

(art. 138 CP) et escroquerie (dossier MPC, pièce 05-01-0001 ss).  

 

Sur requête de clarification du MPC, ladite plainte pénale a été précisée et 

complétée en date du 23 novembre 2021 (dossier MPC, pièce 05-01-0048 

ss). 

 

 

C. Après examen des faits et des infractions dénoncées dans le cadre de la 

plainte susmentionnée du 28 avril 2021, le MPC a, en date du 19 janvier 

2023, rendu une ordonnance de non-entrée en matière, sous la référence 

SV.21.0639 (act. 1.1). 

 

 

D. Le 3 février 2023, A. a, sous la plume de son conseil, interjeté recours contre 

l’ordonnance précitée auprès de la Cour des plaintes du Tribunal pénal 

fédéral (ci-après: la Cour), concluant, préalablement, à ce que le MPC 

produise les pièces issues de la procédure SV.20.0349 auxquels il fait 

référence dans la décision de non-entrée en matière querellée, voire qu’il 

produise l’intégralité du dossier SV.20.0349. Il requiert en outre la 

consultation de celui-ci et à ce qu’un délai lui soit octroyé pour compléter son 

recours. A titre principal, A. conclut, sous suite de frais et dépens, à 

l’annulation de ladite ordonnance et à ce qu’il soit ordonné au MPC d’ouvrir 

une instruction concernant la plainte pénale du 28 avril 2021 et son 

complément du 23 novembre 2023 et de joindre les causes SV.20.0349 et 

SV.21.0639. Subsidiairement, il requiert, en substance, le renvoi du dossier 

au MPC pour complément d’enquête (act. 1, p. 4 s.). 

 

 

E. Invité à répondre, le MPC s’est déterminé sur le recours précité en date du 

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10 mars 2023, concluant à son irrecevabilité, subsidiairement, à son rejet 

dans la mesure de sa recevabilité et à la confirmation de la décision 

entreprise (act. 6). 

 

 

F. Faisant suite à la requête du 15 mars 2023 de A. tendant à la consultation 

du dossier de la procédure pénale, la Cour de céans a, par courrier du 

20 mars suivant, rappelé à ce dernier que de telles demandes doivent être 

formulées auprès de l’autorité qui dirige la procédure (act. 9 et 10). 

 

 

G. Tout en rendant le conseil de A. attentif au fait que son mandant a un accès 

complet au dossier de procédure SV.20.0349, le MPC a, en date du 29 mars 

2023, transmis à l’intéressé une copie de la clé USB adressée à la présente 

Cour (act. 12.1). 

 

 

H. Par réplique du 13 avril 2023, A. a persisté dans les conclusions prises dans 

son recours et répétées en tête de son écriture (act. 13).  

 

 

I. Invité à dupliquer, le MPC a, en date du 27 avril 2023, formulé des 

observations en suite de la réplique précitée (act. 15). 

 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 Les décisions de non-entrée en matière rendues par le MPC peuvent faire 

l'objet d'un recours devant la Cour de céans (art. 322 al. 2 du Code de 

procédure pénale suisse, du 5 octobre 2007 [CPP; RS 312.0] applicable par 

renvoi des art. 310 al. 2, 393 al. 1 let. a CPP et art. 37 al. 1 de la loi fédérale 

sur l'organisation des autorités pénales de la Confédération du 19 mars 2010 

[LOAP; RS 173.71]; v. ATF 144 IV 81 consid. 2.3.1). 

Aux termes de l'art. 393 al. 2 CPP, le recours peut être formé pour violation 

du droit, y compris l'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation, le déni de 

justice et le retard injustifié (let. a), la constatation incomplète ou erronée des 

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faits (let. b) ou l'inopportunité (let. c). 

1.2 En tant qu'autorité de recours, la Cour de céans examine avec plein pouvoir 

de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis (v. TPF 2021 

97 consid. 1.1; MOREILLON/DUPUIS/MAZOU, La pratique judiciaire du Tribunal 

pénal fédéral en 2011, in JdT 2012 IV 5, p. 52 n. 199 et les réf. citées; 

Message relatif à l'unification du droit de la procédure pénale du 

21 décembre 2005 [ci-après: Message CPP], FF 2006 1057, 1296 in fine; 

STRÄULI, Commentaire romand, 2e éd. 2019, n. 10 ad Introduction aux 

articles 393-397 CPP; GUIDON, Basler Kommentar, 2e éd. 2014, n. 15 ad 

art. 393 CPP; KELLER, Zürcher Kommentar, 3e éd. 2020, n. 39 ad art. 393 

CPP). 

1.3  

1.3.1 Le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement est motivé et 

adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l'autorité de recours (art. 396 

al. 1 CPP).  

1.3.2 Déposé le 3 février 2023 contre une ordonnance notifiée le 24 janvier 2023, 

le recours a été interjeté en temps utile. 

 

2. Contrairement au MPC (act. 6, p. 2-7), le recourant considère qu’il dispose 

de la qualité pour recourir contre l’ordonnance de non-entrée en matière 

querellée, en lien avec les infractions pour lesquelles il a déposé plainte 

pénale, à savoir les infractions de faux dans les titres (art. 251 CP), faux 

témoignage (art. 307 CP), dénonciation calomnieuse (art. 303 CP), usure 

(art. 157 CP), gestion déloyale (art. 158 CP), abus de confiance (art. 138 

CP) et escroquerie (art. 146 CP; act. 1, p. 23-32). 

 

2.1 Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la 

modification d'une décision dispose de la qualité pour recourir contre celle-

ci (art. 382 al. 1 CPP). Cet intérêt doit être actuel (ATF 144 IV 81 

consid. 2.3.1 et les réf. citées; décision du Tribunal pénal fédéral BB.2013.88 

du 13 septembre 2013 consid. 1.4 et les réf. citées).  

La notion de partie visée par cette disposition doit être comprise au sens des 

art. 104 et 105 CPP (ATF 139 IV 78 consid. 3.1; arrêt du Tribunal fédéral 

6B_307/2019 du 13 novembre 2019 consid. 2.2.2). L'art. 104 al. 1 let. b CPP 

reconnaît notamment cette qualité à la partie plaignante soit, selon l'art. 118 

al. 1 CPP, au « lésé qui déclare expressément vouloir participer à la 

procédure pénale comme demandeur au pénal ou au civil ». Conformément 

à l'art. 115 al. 1 CPP, est considérée comme lésée, « toute personne dont 

les droits ont été touchés directement par une infraction ». L'art. 105 CPP 

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reconnaît également la qualité de partie aux autres participants à la 

procédure, tels que le lésé (al. 1 let. a) ou la personne qui dénonce les 

infractions (al. 1 let. b), lorsqu'ils sont directement touchés dans leurs droits 

et dans la mesure nécessaire à la sauvegarde de leurs intérêts (al. 2). 

L'art. 115 al. 2 CPP ajoute que sont toujours considérées comme des lésés 

les personnes qui ont qualité pour déposer plainte pénale. Selon le Message 

CPP, ce dernier alinéa apporte une précision en statuant que les personnes 

qui ont qualité pour déposer plainte pénale selon l'art. 30 al. 1 CP, en d'autres 

termes les titulaires des biens juridiques auxquels on a porté atteinte, doivent 

toujours être considérés comme des lésés (Message CPP, p. 1148). 

La qualité pour recourir de la partie plaignante, du lésé ou du dénonciateur 

contre une ordonnance de non-entrée en matière (ou de classement) est 

subordonnée à la condition qu'ils soient directement touchés par l'infraction 

et qu'ils puissent faire valoir un intérêt juridiquement protégé à l'annulation 

de la décision. En règle générale, seul peut se prévaloir d'une atteinte directe 

le titulaire du bien juridique protégé ou co-protégé par la disposition pénale 

qui a été enfreinte (ATF 147 IV 269 consid. 3.1; 143 IV 77 consid. 2.2 et les 

réf. citées; arrêts du Tribunal fédéral 6B_92/2018 du 17 mai 2018 consid. 2.1 

et les réf. citées). Les droits touchés sont les biens juridiques individuels tels 

que la vie et l'intégrité corporelle, la propriété, l'honneur, etc. (Message CPP, 

ibidem). En revanche, lorsque l'infraction protège en première ligne l'intérêt 

collectif, les particuliers ne sont considérés comme lésés que si leurs intérêts 

privés ont été effectivement touchés par les actes en cause, de sorte que 

leur dommage apparaît comme la conséquence directe de l'acte dénoncé 

(ATF 147 IV 269 consid. 3.1; 138 IV 258 consid. 2.3 et les réf. citée; arrêts 

du Tribunal fédéral 6B_92/2018, précité ibidem; 1B_723/2012 du 15 mars 

2013 consid. 4.1 et les réf. citées; décisions du Tribunal pénal fédéral 

BB.2017.227 du 17 septembre 2019 consid. 1.3.1 et 1.3.2; BB.2012.67 du 

22 janvier 2013 consid. 1.3; v. PERRIER DEPEURSINGE, Commentaire 

romand, op. cit., n. 11 ad art. 115 CPP). Le lésé doit, pour être directement 

touché, subir une atteinte en rapport de causalité directe avec l'infraction 

poursuivie, ce qui exclut les dommages par ricochet (ATF 147 IV 269 consid. 

3.1 et les réf. citées; arrêts du Tribunal fédéral 6B_191/2021 du 11 août 2021 

consid. 3.1; 6B_694/2019 du 11 juillet 2019 consid. 2.1). L'atteinte doit par 

ailleurs revêtir une certaine gravité. À cet égard, la qualification de l'infraction 

n'est pas déterminante; sont décisifs les effets de celle-ci sur le lésé (ATF 

129 IV 216 consid. 1.2.1), lesquels doivent être appréciés de manière 

objective et non en fonction de la sensibilité personnelle et subjective de ce 

dernier (arrêt du Tribunal fédéral 6B_266/2009 du 30 juin 2009 consid. 

1.2.1). Enfin, lorsque l'infraction protège (seulement) des biens juridiques 

collectifs, le titulaire du bien juridique individuel qui serait le cas échéant 

atteint par la commission de l'infraction n'est pas touché directement dans 

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ses droits. Il ne peut ainsi se prévaloir que d'une atteinte indirecte et ne 

dispose pas de la qualité de lésé au sens de l'art. 115 CPP (v. ATF 141 IV 

454 consid. 2.3.1; 138 IV 258 consid. 2.3 et 3.2; 129 IV 95 consid. 3.5; 

décision du Tribunal pénal fédéral BB.2013.72+73 du 13 septembre 2013 

consid. 1.2 non publié in TPF 2013 164). 

2.2 A la lecture du dossier de la cause, la Cour de céans relève à titre liminaire, 

s’agissant du contexte dans lequel la procédure pénale en question a été 

initiée, que le MPC a ouvert, le 5 juin 2020, une procédure pénale, 

référencée SV.20.0349, contre le recourant pour soupçons d’escroquerie 

(art. 146 CP), subsidiairement de gestion déloyale (art. 158 CP) et d’abus de 

confiance (art. 138 CP), ensuite d’une dénonciation pénale formulée le 

6 mars 2020 par la mère de ce dernier, en son nom ainsi qu’au nom de son 

époux, père de l’intéressé (v. supra, let. A.). Ladite procédure, qui suit 

actuellement son cours, fait suite à un conflit intervenu au sein de la famille 

du recourant concernant l’utilisation et le transfert par ce dernier d’avoirs 

appartenant à ladite famille au Liechtenstein, au Royaume-Uni ainsi qu’en 

Suisse. Des procédures civiles sont également en cours dans ces deux 

premiers pays. Un an après la dénonciation précitée, le recourant a, le 

28 avril 2021, déposé auprès du MPC une plainte pénale à l’encontre de sa 

mère et de son frère pour les infractions mentionnées en tête de considérant 

(v. supra, consid. 2). La procédure y relative est référencée SV.21.0639 et 

s’est clôturée par l’ordonnance de non-entrée en matière querellée (v. supra, 

let. B. et C.).   

2.3 S’agissant de l’infraction de faux dans les titres, l’art. 251 CP protège, avant 

tout, des intérêts collectifs, à savoir, d’une part, la confiance particulière 

placée dans la valeur probante des titres dans les rapports juridiques et, 

d’autre part, la loyauté dans les relations commerciales (ATF 142 IV 119 

consid. 2.2; 129 IV 53 consid. 3.2, JdT 2006 IV 7). Le faux dans les titres 

peut également porter atteinte à des intérêts individuels, en particulier 

lorsqu’il vise à nuire à un particulier (ATF 142 IV 119 consid. 2.2; 129 IV 53 

consid. 3.2, JdT 2006 IV 7). Il est ainsi admis que lorsque le faux est l'un des 

éléments d'une infraction contre le patrimoine, la personne dont le patrimoine 

est menacé ou atteint a alors la qualité de lésé (arrêt du Tribunal fédéral 

6B_1051/2018 du 19 décembre 2018 consid. 1.2.1 et les réf. citées). 

2.3.1 En l’espèce, concernant les faux allégés en lien avec les sociétés 

britanniques E. Ltd, F. Ltd, G. Ltd, H. Ltd, I. Ltd, J. Ltd, K. Ltd et L. Ltd, le 

recourant reproche à son frère, D., d’avoir à réitérées reprises, entre 2015 et 

2018, imité sa signature principalement dans le cadre de l’approbation de 

comptes desdites sociétés figurant dans le registre public britannique 

« Companies House » (dossier MPC, pièce 05-01-0001 ss, p. 23-26; v. ég. 

act. 1, p. 26; act. 1.1, p. 2-4). A l’instar de l’autorité intimée (v. act. 6, p. 3), la 

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Cour de céans constate à la lecture de la plainte pénale du 28 avril 2021 

ainsi que du mémoire de recours du 3 février 2023 que les faux invoqués 

n’ont pas concrètement eu pour dessein de nuire au recourant (v. dossier 

MPC, ibidem; act. 1, ibidem). L’argumentation de ce dernier selon laquelle 

« les fausses signatures [auraient] notamment été réalisées afin de donner 

l’illusion que les comptes des sociétés ont été examinés et approuvés par 

Monsieur A. En droit anglais, le non-respect de ses fonctions par un directeur 

est sanctionné par la loi de 1986 sur la disqualification des administrateurs 

de sociétés "Company Directors Disqualification Act 1986" », formulée par 

le recourant dans sa réplique du 13 avril 2023 (act. 13, p. 5), ne permet pas 

de renverser ce constat. Dans ses différentes écritures, le recourant ne se 

prévaut en effet d’aucun dommage personnel, direct et concret en relation 

de causalité avec les infractions dénoncées de faux dans les titres (v. dossier 

MPC, ibidem; act. 1, ibidem; act. 13, ibidem).  

2.3.2 Pour ce qui concerne le faux allégué en lien avec la procuration du 

18 septembre 2019 au nom de sa mère, B., le recourant reproche à son frère 

d’avoir imité la signature de cette dernière sur ladite procuration établie en 

faveur d’une étude d’avocats au Liechtenstein, ce qui aurait eu pour 

conséquence l’ouverture de procédures judiciaires dirigées à son encontre 

dans ce pays, lesquelles l’auraient, s’agissant du dommage subi, contraint 

de « déployer de nombreux frais pour sa défense » (act. 1, p. 26; act. 1.1, 

p. 4). 

Force est en l’espèce de constater que le recourant ne se prévaut que d’un 

dommage par ricochet et non d’une atteinte directe, laquelle aurait pour 

seule potentielle lésée B., dès lors que la procuration en question est établie 

au nom de cette dernière. 

2.3.3 Enfin, pour ce qui concerne les faux allégués en lien avec les documents 

destinés à la banque M., le recourant reproche, d’une part, à son frère d’avoir 

imité la signature de leur père, C. sur trois documents en lien avec la relation 

bancaire n°1 ouverte au nom de la société E. Ltd (act. 1, p. 26 s.; act. 1.1, 

p. 4 s.). Comme indiqué par le recourant lui-même, lesdits documents ont 

été signés au nom de son père et concernent le compte bancaire d’une 

société fondée en 2012 par son frère pour le compte de leur père. Aussi, seul 

ce dernier pourrait prétendre à un dommage direct. A supposer que les faits 

invoqués par le recourant relatifs aux fonds qu’il aurait été en mesure de 

sortir d’Iran soient établis et constitutifs de faux dans les titres, celui-ci ne se 

verrait touché que de manière indirecte.  

D’autre part, il reproche à sa mère d’avoir faussement indiqué sur deux 

documents de la banque M. concernant la société précitée, soit les 

documents intitulés « Declaration of Status of Beneficial Owner as Non-US 

- 8 - 

 

 

Person or a US Person » et « Basic declaration relating to the banking 

relationship », qu’elle ne détenait pas de carte verte pour les Etats-Unis 

(v. act. 1.1, p. 6). Or, à l’instar de l’autorité intimée, la Cour de céans ne 

distingue pas en quoi ces indications auraient pu nuire directement au 

recourant. 

2.3.4 Au vu des considérations qui précèdent, la qualité pour recourir de l’intéressé 

en lien avec l’infraction de faux dans les titres doit être niée dans son 

ensemble.    

2.4  

2.4.1 Pour ce qui concerne l’infraction dénoncée de faux témoignage au sens de 

l’art. 307 CP, celle-ci protège, elle aussi, en première ligne des intérêts 

collectifs, soit l'administration de la justice et la recherche de la vérité 

matérielle contre les fausses preuves (ATF 144 IV 444 consid. 3.2). 

Cependant, elle protège également, dans une certaine mesure, les intérêts 

privés des parties (ibidem). La jurisprudence admet ainsi que cette 

disposition protège secondairement et non seulement de manière indirecte, 

les droits d'une partie à la procédure, de telle manière que cette dernière 

peut être considérée comme lésée. Cette lésion touche, toutefois, 

essentiellement les droits de procédure de cette partie (arrêt du Tribunal 

fédéral 6B_419/2017 du 28 novembre 2018 consid. 2.1 et les réf. citées). En 

outre, conformément aux principes rappelés supra au considérant 2.1 in fine, 

les particuliers ne sont considérés comme lésés que si leurs intérêts privés 

ont été effectivement touchés par les actes en cause, de sorte que l'atteinte 

qu'ils subissent dans leurs droits apparaît comme la conséquence directe de 

l'acte dénoncé (ATF 123 IV 184 consid. 1c; arrêt du Tribunal fédéral 

6B_1346/2016 du 20 septembre 2017 consid. 3). 

2.4.2 En l’espèce, le recourant reproche à son frère d’avoir déclaré, le 8 juin 2020, 

devant la Justice de Paix du district de Nyon qu’il n’aurait jamais reçu de prêt 

de ses parents et n’aurait aucune dette à leur égard. Aux titres du dommage 

qu’il aurait subi, le recourant allègue que les fausses déclarations de son 

frère auraient engendré un retard de plusieurs années dans la procédure 

civile, permettant ainsi à sa mère et à son frère de « détourner le patrimoine 

familial, respectivement [le sien], durant de long mois, et lui engendrant pour 

le surplus des frais judiciaires » (act. 1, p. 27).  

L’intervention de la Justice de Paix du district de Nyon aurait été requise par 

le recourant sur la base de l’art. 376 al. 2 du Code civil suisse, du 

10 décembre 1907 (CC; RS 210), « car sa mère – bien que nommée en 

qualité de curatrice – n’[aurait] pas la capacité d’assurer la gestion ordinaire 

et extraordinaire du patrimoine de son mari, [patrimoine] qui serait également 

[celui du recourant] » (ibidem).  

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La question litigieuse n'est cependant pas de savoir si l'infraction de faux 

témoignage doit ou non être réprimée et si l'influence des déclarations 

présumées fausses conditionne l’issue du litige civil, mais bien de déterminer 

si le recourant est ou non atteint directement dans ses droits par les 

déclarations de son frère et si cette situation le légitime à contester le refus 

d'entrer en matière sur sa plainte pour faux témoignage. Or, on recherche en 

vain dans les développements du recourant la démonstration d'une telle 

atteinte directe. Il n’existe en effet aucun lien de causalité direct entre le 

préjudice allégué par le recourant, soit le prétendu détournement de la 

fortune familiale, dont il n’apparaît au demeurant, et selon ses proposes 

dires, pas être le propriétaire (v. dossier MPC, pièce 05-01-0001, p. 10, 20 

et 33), et les frais judiciaires supplémentaires, qui ne sont ni chiffrés ni 

documentés, et les déclarations de son frère, D., devant la Justice de Paix 

du district de Nyon.  

2.4.3 Il s’ensuit que le recourant ne dispose pas de la qualité pour recourir 

s’agissant de l’infraction de faux témoignage. 

2.5 Les infractions d’abus de confiance (art. 138 CP), d’escroquerie (art. 146 

CP), d’usure (art. 157 CP) et de gestion déloyale (art. 158 CP) protègent, en 

premier lieu, des intérêts personnels, soit le patrimoine. À ce titre, ces 

dispositions visent à protéger, en tant que bien juridique, le patrimoine 

d'autrui, soit les intérêts pécuniaires du lésé. S’agissant d’infractions contre 

le patrimoine, la jurisprudence précise que seul le propriétaire ou l’ayant droit 

des valeurs patrimoniales lésées peut être considéré comme la personne 

lésée (arrêt du Tribunal fédéral 1B_18/2018 du 19 avril 2018 consid. 2.1). 

 

2.5.1 En l’espèce, aux titres des infractions d’usure et de gestion déloyale, le 

recourant reproche, d’une part, à son frère d’avoir profité de la situation de 

faiblesse de leurs parents pour obtenir de nombreux prêts qu’il n’aurait 

jamais remboursé et qu’il aurait fait « annuler » en date du 4 mars 2019 et, 

d’autre part, à sa mère d’avoir permis l’annulation desdits prêts alors que leur 

père ne l’aurait jamais consenti, diminuant ainsi le patrimoine familial dont 

une partie lui reviendrait (dossier MPC, pièce 05-01-0001, p. 31 s., v. ég. 

p. 27 s.; act. 1, p. 29 s.; act. 1.88). 

Il ressort du dossier de la cause et, en particulier des pièces produites par le 

recourant à l’appui de sa plainte pénale du 28 avril 2021, que les différents 

prêts ont été effectués, d’une part, au nom de son père, respectivement aux 

noms de ses deux parents, C. et B., notamment pour les contrats de prêt du 

20 juin 2007 et 1er juillet 2011 ainsi que pour celui du mois d’octobre 2011 

(act. 1.30, 1.31 et 1.32), et, d’autre part, depuis le compte bancaire n°2 

détenu par ces derniers auprès de la banque M. (act. 1.35). Aussi, force est 

de constater que le patrimoine lésé – de manière directe – est uniquement 

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celui des parents du recourant, lequel, dans l’hypothèse où ses allégations 

s’agissant de l’origine du patrimoine familial seraient avérées, ne serait, tout 

au plus, touché que de manière indirecte.  

2.5.2 S’agissant de l’infraction dénoncée d’abus de confiance, le recourant 

reproche, d’une part, à son frère de s’être approprié le prix de vente de 

l’appartement sis à Z., appartement qui, selon ses propres dires, était 

propriété de leur père, C. (dossier MPC, pièce 05-01-0001, p. 32 s., v. ég. 

act. 1, p. 30). Il reproche, d’autre part, tant à son frère qu’à sa mère, d’avoir 

« vidé » le compte bancaire précité n°2 (act. 1, p. 30 s.). 

Il apparaît à la lecture du dossier de la cause et, en particulier, des 

déclarations du recourant, que son père était le propriétaire de l’appartement 

en question et que partant, seul ce dernier dispose de la qualité de lésé. Il 

en va, encore une fois, de même du compte bancaire susmentionné, dont 

les ayants droits se trouvent être C. et B., alors seuls potentiels lésés en 

l’espèce.    

2.5.3 Concernant l’infraction d’escroquerie, le recourant reproche à son frère, D., 

ainsi qu’à sa mère, B., d’avoir induit C. en erreur en lui faisant croire qu’il 

serait « toujours l’actionnaire de E. Ltd [et ce,] afin qu’il consente à effectuer 

des prêts à cette société » (act. 1, p. 31; dossier MPC, pièce 05-01-0001, 

p. 45 s.). Le recourant précise à ce propos que ladite société a été fondée 

en octobre 2012 par son frère pour le compte de leur père (ibidem). Il ajoute 

en outre que les actionnaires de la société étaient ses parents, C. et B. mais 

« qu’elle se trouve dorénavant entre les mains de [son frère,] D., au détriment 

de [leur] père, qui [ne serait] à l’évidence pas au courant de la situation » 

(ibidem; v. ég. act. 1.87 et 1.94). 

Le MPC a, à juste titre, constaté que le recourant « n’apparaît être ni le 

propriétaire des avoirs prêtés à E. Ltd, ni l’ayant droit de la[dite] société ou 

des avoirs qu’elle détient », de sorte qu’il n’est pas directement (v. supra, 

consid. 2.5.1 in fine) lésé par les prêts qui auraient été octroyés à E. Ltd par 

C. (act. 6, p. 7).        

2.5.4 Au vu de ce qui précède, force est de conclure que le recourant n’a aucun 

intérêt juridiquement protégé à recourir contre le refus de poursuivre 

d'éventuelles infractions contre le patrimoine de ses parents, de sorte que 

sa qualité pour recourir doit également être niée pour les infractions d’abus 

de confiance (art. 138 CP), d’escroquerie (art. 146 CP), d’usure (art. 157 CP) 

et de gestion déloyale (art. 158 CP). 

2.6 Enfin, l’infraction de dénonciation calomnieuse (art. 303 CP) dénoncée par 

le recourant dans sa plainte pénale du 28 avril 2021 ne protège pas 

exclusivement l'intérêt public à une saine administration de la justice, mais 

- 11 - 

 

 

offre également une certaine protection d'intérêts privés de la personne 

faussement accusée, tels que l’honneur, le patrimoine, la liberté, la sphère 

privée ou l'intégrité psychique (arrêt du Tribunal fédéral 6B_854/2020 du 

19 janvier 2021 consid. 1.1 et les réf. citées).  

2.6.1 En l’espèce, le recourant reproche en substance à son frère ainsi qu’à sa 

mère d’avoir dénoncé des faits par devant le MPC ayant conduit à l’ouverture 

de la procédure pénale SV.20.0349 ainsi qu’au séquestre de ses biens, en 

particulier de valeurs patrimoniales (v. act. 1.112), de sorte qu’il s’en trouve 

lésé, ajoutant au surplus que ladite procédure dirigée à son encontre a 

également engendré de nombreux frais (act. 1, p. 28). 

2.6.2 Il s’ensuit que le recourant se trouve effectivement lésé dans ses intérêts 

privés, de sorte qu’il dispose de la qualité pour recourir contre l’ordonnance 

de non-entrée en matière querellée pour ce qui concerne l’infraction de 

dénonciation calomnieuse. 

 

3. Au vu des considérations qui précèdent, le recours est irrecevable en raison 

du défaut de qualité pour recourir de l’intéressé s’agissant des infractions 

d’abus de confiance (art. 138 CP), d’escroquerie (art. 146 CP), d’usure 

(art. 157 CP), de gestion déloyale (art. 158 CP), de faux dans les titres 

(art. 251 CP) et de faux témoignage (art. 307 CP; v. supra, consid. 2.3-2.5).  

 

En revanche, pour ce qui concerne l’infraction de dénonciation calomnieuse 

(art. 303 CP), force est d’admettre la qualité pour recourir de l’intéressé 

(v. supra, consid. 2.6) et il y a partant lieu d’entrer en matière sur ce point. 

 

 

4.  

4.1 A titre préalable, le recourant requiert la production et la consultation des 

pièces issues de la procédure SV.20.0349 auxquelles il est fait référence 

dans l’ordonnance querellée, voire de l’intégralité du dossier de ladite 

procédure (act. 1, p. 4; v. ég. act. 9 et 11).   

 

4.2 En l’espèce, il apparaît à teneur du courrier du MPC du 29 mars 2023 que le 

recourant dispose d’ores et déjà d’un accès complet au dossier de la 

procédure SV.20.0349 et qu’une copie de la clé USB, contenant les pièces 

du dossier de la procédure SV.21.0639 ainsi que celles de la procédure 

SV.20.0349 qui ont été citées et référencées dans l’ordonnance entreprise 

(v. act. 6.1), lui a également été transmise (act. 12.1), de sorte que la 

présente requête est sans objet. 

 

 

- 12 - 

 

 

5. S’agissant de l’infraction de dénonciation calomnieuse reprochée tant à son 

frère qu’à sa mère, le recourant invoque une violation de l’art. 310 al. 1 let. a 

cum art. 309 al. 1 let. a CPP, au motif que le MPC, se basant sur des 

éléments de la procédure SV.20.0349 aux fins de clarifier la situation en fait 

et en droit dans la procédure SV.21.0639, aurait dû ouvrir une instruction et 

la suspendre jusqu’à droit jugé de la procédure SV.20.0349. Il ajoute en outre 

que « selon la doctrine et la jurisprudence », qu’il ne référence au demeurant 

pas, « face à des versions contradictoires des parties, une non-entrée en 

matière ne peut être prononcée que lorsque lorsqu’il n’est pas possible 

d’apprécier l’une ou l’autre version comme étant la plus ou moins plausible 

et qu’aucun résultat n’est à escompter [par] d’autres moyens de preuve. En 

cas de doute, une instruction (CPP 309 I) doit être ouverte et une non-entrée 

en matière est exclue » (act. 1, p. 40 s.). 

 

5.1  

5.1.1 A teneur de l'art. 309 al. 1 let. a CPP, le MPC ouvre une enquête pénale, 

notamment, lorsqu'il ressort du rapport de police, des dénonciations ou de 

ses propres constatations des soupçons suffisants laissant présumer qu'une 

infraction a été commise. 

 

Aux termes de l'art. 310 al. 1 CPP, le ministère public rend immédiatement 

une ordonnance de non-entrée en matière s'il ressort de la dénonciation ou 

du rapport de police, notamment, que les éléments constitutifs de l'infraction 

ou les conditions à l'ouverture de l'action pénale ne sont manifestement pas 

réunies (let. a) ou qu'il existe des empêchements de procéder (let. b). Une 

ordonnance de non-entrée en matière peut également être rendue à 

réception d'une plainte (GRODECKI/CORNU, Commentaire romand, op. cit., 

n. 1 ad art. 310 CPP). 

 

5.1.2 Une ordonnance de non-entrée en matière ne peut être rendue que dans 

des cas clairs du point de vue des faits et du droit (ATF 137 IV 285 

consid. 2.3). Parmi les motifs factuels, lorsque la preuve d'une infraction – 

soit la réalisation en fait de ses éléments constitutifs – n'est pas apportée par 

les pièces à disposition du ministère public et qu'aucun acte d'enquête ne 

paraît propre à amener des éléments utiles, l'insuffisance de charges est 

ainsi manifeste (arrêts du Tribunal fédéral 6B_544/2016 du 17 novembre 

2016 consid. 3.1; 6B_122/2013 du 11 juillet 2013 consid. 3.1). Quant aux 

motifs de droit, ceux-ci sont, par exemple, donnés lorsqu'il apparaît d'emblée 

que le comportement dénoncé n'est pas punissable (GRODECKI/CORNU, op. 

cit., n. 9 s. ad art. 310 CPP; MOREILLON/PAREIN-REYMOND, Petit 

Commentaire, Code de procédure pénale, 2e  éd. 2016, n. 6 s. ad art. 310 

CPP). 

- 13 - 

 

 

L'art. 310 CPP doit être appliqué conformément au principe in dubio pro 

duriore. Ce dernier découle du principe de la légalité (art. 5 al. 1 de la 

Constitution fédérale de la Confédération suisse, du 18 avril 1999 [Cst.; 

RS 101] et art. 2 al. 2 CPP en relation avec les art. 319 al. 1 et 324 CPP et 

signifie qu'en principe, une non-entrée en matière ne peut être prononcée 

par le ministère public que lorsqu'il apparaît clairement que les faits ne sont 

pas punissables ou que les conditions de la poursuite pénale ne sont pas 

remplies (ATF 138 IV 186 consid. 4.1; 138 IV 86 consid. 4.2; arrêt du Tribunal 

fédéral 6B_1153/2016 du 23 janvier 2018 consid. 3.1 et les réf. citées). Tant 

le ministère public que l'autorité de recours disposent à cet égard d'un 

important pouvoir d'appréciation (arrêt du Tribunal fédéral 6B_212/2020 du 

21 avril 2021 consid. 2.2). A contrario, en cas de doute, il convient d'ouvrir 

une instruction. Il en va de même lorsqu'une condamnation apparaît plus 

vraisemblable qu'un acquittement ou lorsque les probabilités d'acquittement 

et de condamnation apparaissent équivalentes, en particulier en présence 

d'une infraction grave (ATF 143 IV 241 consid. 2.2.1; 138 IV 186 consid. 4.1; 

138 IV 86 consid. 4.1.2; 137 IV 285 consid. 2.5; arrêts du Tribunal fédéral 

6B_794/2021 du 21 mars 2022 consid. 5.1; 6B_1153/2016 précité ibidem; 

Message CPP, p. 1248). Enfin, lorsque les faits sont peu clairs et que des 

éléments de fait ou de droit doivent être approfondis, la non-entrée en 

matière est exclue. Le ministère public doit être certain que l'état de fait n'est 

constitutif d'aucune infraction avant de rendre une ordonnance de non-

entrée en matière (v. ATF 137 IV 285 consid. 2.3; GRODECKI/CORNU, op. cit., 

n. 10b ad art. 310 CPP; MOREILLON/ PAREIN-REYMOND, op. cit., n. 9 ad 

art. 390 CPP). Les indices quant à la commission d'une infraction, 

nécessaires à l'ouverture d'une enquête pénale, doivent ainsi être sérieux et 

de nature concrète, de simples rumeurs ou présomptions n'étant pas 

suffisantes. Une enquête ne doit pas davantage être engagée pour pouvoir 

acquérir un tel soupçon (arrêts du Tribunal fédéral 6B_212/2020 précité 

ibidem; 6B_830/2013 du 10 décembre 2013 consid. 1.4). 

 

5.2 Pour mémoire, il ressort de la plainte pénale déposée par le recourant par 

devant le MPC le 28 avril 2019 que son frère et, en particulier, sa mère aurait 

dénoncé des faits prétendument commis par le recourant en lien avec la 

fortune familiale, en particulier avec l’utilisation et le transfert par ce dernier 

d’avoirs appartenant à sa famille au Liechtenstein, au Royaume-Uni ainsi 

qu’en Suisse (v. supra, consid. 2.2). La dénonciation pénale formulée le 

6 mars 2020 par la mère du recourant, en son nom ainsi qu’au nom de son 

époux, père de l’intéressé, a conduit à l’ouverture, le 5 juin 2020, d’une 

procédure pénale, référencée SV.20.0349, à l’encontre du recourant pour 

soupçons d’escroquerie (art. 146 CP), subsidiairement de gestion déloyale 

(art. 158 CP) et d’abus de confiance (art. 138 CP) et serait, selon l’intéressé, 

constitutive de dénonciation calomnieuse au sens de l’art. 303 CP (v. dossier 

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- 14 - 

 

 

MPC, pièce 05-01-0001, p. 33-44; v. ég. act. 1, p. 28 et 40 s.).  

 

5.2.1 A teneur de l’art. 303 ch. 1 al. 1 CP, se rend coupable de dénonciation 

calomnieuse, celui qui aura dénoncé à l'autorité, comme auteur d'un crime 

ou d'un délit, une personne qu'il savait innocente, en vue de faire ouvrir 

contre elle une poursuite pénale. 

 

La dénonciation calomnieuse suppose que la personne visée soit innocente. 

En d'autres termes, celle-ci n'est pas coupable de l'infraction dénoncée, soit 

parce qu’elle n'a jamais été commise, soit parce qu'elle a été commise par 

un tiers (CORBOZ, Les infractions en droit suisse, vol. I, 3e éd. 2010, n. 13 ad 

art. 303 CP). La fausseté de l'accusation doit en principe être établie par une 

décision qui la constate, rendue dans la procédure se rapportant à cette 

accusation, qu'il s'agisse d'un acquittement, d'un non-lieu ou d'un 

classement (idem, n. 15 ad art. 303 CP). Le juge de la dénonciation 

calomnieuse est lié par cette décision, sauf si celle-ci est nulle (ATF 136 IV 

70 consid. 2.1). 

 

L'infraction de dénonciation calomnieuse est intentionnelle. L'élément 

constitutif subjectif exige un acte intentionnel et une accusation délibérément 

fausse de la part de l'auteur. Le fait d'avoir conscience que l'allégation peut 

éventuellement s'avérer inexacte ne suffit pas. L'auteur doit au contraire 

savoir que la personne est innocente, ce qui exclut le dol éventuel (ATF 136 

IV 170 consid. 2.1). Le dol éventuel suffit en revanche quant à l'intention de 

faire ouvrir une poursuite pénale (ATF 80 IV 117 p. 120 s.; plus récemment 

arrêts du Tribunal fédéral 6B_854/2020 du 19 janvier 2021 consid. 2.1; 

6B_483/2020 du 13 octobre 2020 consid. 1.1.1; 6B_1289/2018 du 20 février 

2019 consid. 1.3.1). Déterminer ce qu'une personne a su, envisagé, voulu 

ou accepté relève de l'établissement des faits (ATF 138 V 74 consid. 8.4.1; 

137 IV 1 consid. 4.2.3).  

 

5.2.2 A l’appuis de sa décision de ne pas entrer en matière sur la dénonciation 

calomnieuse reprochée par le recourant dans sa plainte pénale, le MPC 

considère en substance que « bien que l’instruction ne soit pas terminée à 

ce jour, il ressort du dossier de la procédure SV.20.0349 certains soupçons 

permettant d’émettre de possibles doutes, à tout le moins expliquant ceux 

de D. et B. , quant aux circonstances dans lesquelles une partie de la fortune 

au nom de la famille a été transférée au seul A., étant rappelé (…) que, par 

jugement du 14 novembre 2022, le fürstlisches Landgericht de Vaduz au 

Liechtenstein a fait droit aux conclusions de C., initialement représenté par 

son épouse B., à l’encontre de A. et annulé le transfert à ce dernier de la 

fondation N. Establishment détenant la majeure partie du patrimoine 

immobilier familial » (act. 1.1, p. 12 s.; v. ég. dossier MPC, rubrique 18.101, 

- 15 - 

 

 

n. 9). Il ressort en outre des déclarations faites par D. et B. lors de leurs 

auditions que ces derniers sont convaincus de la véracité des reproches 

formulés à l’endroit du recourant dans la plainte pénale du 6 mars 2020 

(v. ibidem; ég. dossier MPC, rubrique 18.101, n. 3, p. 3 s. et n. 4, p. 3 et 6).  

 

5.2.3 Il découle par conséquent de ce qui précède qu’outre le fait qu’aucun 

jugement n’a à ce jour été rendu s’agissant des reproches formulés à 

l’encontre du recourant dans la procédure SV.20.0349, l’élément subjectif de 

l’infraction de dénonciation calomnieuse, soit la connaissance de la fausseté 

des allégations, fait en l’espèce défaut tant s’agissant des déclarations faites 

par D. que celles formulées par B. dans la plainte pénale précitée. 

 

S’agissant au surplus des déclarations faites le 11 novembre 2021 par D. 

devant la Justice de Paix du district de Nyon, relatives aux détournements 

de la fortune familiale reprochés au recourant, la Cour de céans relève que 

c’est à juste titre que le MPC a considéré que l’élément objectif quant à 

l’ouverture d’une procédure pénale faisait en l’espèce défaut, dès lors que la 

procédure SV.20.0349 avait déjà été ouverte lorsque lesdites déclarations 

ont été formulées (act. 1.1, p. 12; v. ég. supra, consid. 2.2).   

 

5.3 Force est, partant, de constater que le prononcé du MPC du 19 janvier 2023 

ne prête pas le flanc à la critique. La violation du principe in dubio pro duriore 

alléguée par le recourant, privée de substance, doit par conséquent être 

écartée.    

 

 

6. Mal fondé, le recours est rejeté dans la mesure de sa recevabilité. 

 

 

7.  

7.1 L'art. 428 al. 1, 1re phr. CPP prévoit que les frais de la procédure de recours 

sont mis à la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de 

cause ou succombé. La partie dont le recours est irrecevable est également 

considérée avoir succombé (2e phr.). 

 

7.2 Vu le sort de la cause, il incombe au recourant de supporter les frais de la 

présente procédure, qui se limitent en l'espèce à un émolument ascendant 

à CHF 2’000.-- (v. art. 73 al. 2 et 3 de la loi fédérale sur l'organisation des 

autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71]; art. 5 et 8 al. 1 du 

règlement du 31 août 2010 du Tribunal pénal fédéral sur les frais, 

émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale [RFPPF; 

RS 173.713.162]), lequel est entièrement couvert par l’avance de frais déjà 

versée. 

- 16 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté dans la mesure de sa recevabilité. 

 

2. La requête tendant à la consultation du dossier de la procédure SV.20.0349 

est sans objet. 

 

3. Un émolument de CHF 2'000.--, couvert par l’avance de frais déjà versée, est 

mis à la charge du recourant. 

 

 

Bellinzone, le 21 juillet 2023 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Kristina Croce 

- Ministère public de la Confédération 

- Me Cyrille Piguet 

- D. 

 

 

 

Indication des voies de recours 

Il n'existe pas de voie de recours ordinaire contre la présente décision.