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**Case Identifier:** 6995f795-1b91-5a32-8146-d627484e096f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-11-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 26.11.2008 A/2436/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-2436-2008_2008-11-26.pdf

## Full Text

Siégeant : Maya CRAMER, Présidente; Christine BULLIARD MANGILI et Monique 
STOLLER FÜLLEMANN, Juges assesseurs 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/2436/2008 ATAS/1421/2008 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 
ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 5 

du 26 novembre 2008 

En la cause 

Monsieur M__________, domicilié à CHATELAINE, comparant 
avec élection de domicile en l'étude de Maître GABUS Pierre 

recourant 

 

contre  

OFFICE CANTONAL DE L'ASSURANCE-INVALIDITE, sis rue 
de Lyon 97, GENEVE 

intimé 

 

 
 
 

 

A/2436/2008 

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EN FAIT 

1. Monsieur M__________, né en 1960, a travaillé en dernier lieu en qualité de 
monteur en chauffage pour le compte de la société X__________ SA. 

2. Souffrant de douleurs lombaires et cervicales depuis plusieurs années, il a arrêté 
définitivement de travailler en mai 1995 et, le 23 juin 1995, il a présenté une 
demande de prestations auprès de l’Office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-
après : l’OCAI). 

3. Après avoir recueilli différents avis médicaux et mis en œuvre un stage 
d’observation professionnelle, l’OCAI a octroyé à l’assuré, le 18 janvier 1999, une 
demi-rente d’invalidité pour cas pénible fondée sur un degré d’invalidité de 43%, 
avec effet au 1er mai 1996. 

4. Saisie d’un recours de l’assuré, la Commission cantonale de recours en matière 
d’AVS/AI (devenue ensuite Tribunal cantonal des assurances sociales) a annulé, 
par jugement du 10 août 1999, la décision du 18 janvier 1999 et renvoyé l’affaire à 
l’OCAI pour expertise et nouvelle décision. 

5. Après avoir mis en œuvre une expertise pluridisciplinaire, psychiatrique et 
rhumatologique, qui a conclu à l’existence d’un syndrome somatoforme douloureux 
persistant sous forme de dorsalgies et cervicalgies, d'épisode dépressif d'intensité 
moyenne, de troubles de la personnalité non spécifiés (traits de personnalité 
impulsive) et a fixé la capacité résiduelle de travail entre « 50 et 60 % au moins », 
l’OCAI a fait parvenir à l'assuré un projet d'acceptation de rente daté du 12 
septembre 2001. Retenant une capacité de travail de l'ordre de 80% à 90% dans une 
activité adaptée et un degré d'invalidité en résultant de 46 %, l’OCAI proposait le 
maintien de la demi-rente pour cas pénible. 

6. L’assuré ayant contesté ce projet de décision, l’OCAI a notifié une nouvelle 
décision en date du 19 février 2003, qui confirmait que le degré d’invalidité n’avait 
pas changé au point d’influencer le droit à la rente, raison pour laquelle la rente 
allouée précédemment était maintenue. L’assuré a formé opposition à cette 
décision. 

7. Par décision du 3 février 2004, l’OCAI a remplacé la demi-rente pour cas pénible 
par un quart de rente d’invalidité à partir du 1er mars 2004, compte tenu des 
modifications législatives introduites lors de la 4ème révision de la LAI. L’assuré a 
également formé opposition à cette décision. 

8. Le 30 novembre 2004, l’OCAI a informé l’assuré qu’il entendait réformer les 
décisions querellées à son détriment (reformatio in pejus) au motif que le trouble 
somatoforme persistant qu’il présentait ne se manifestait pas avec un degré de 

 
 
 

 

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sévérité suffisant, au regard des principes développés par la jurisprudence pour que 
le caractère invalidant de l’affection puisse être reconnu.  

9. En date du 17 janvier 2005, l’assuré a maintenu son opposition et confirmé que son 
état de santé ne lui permettait plus d’exercer une quelconque activité lucrative, une 
rente entière devant par conséquent lui être octroyée. 

10. Par décision du 25 janvier 2005, l’OCAI a rejeté les oppositions et constaté que 
l’assuré ne présentait aucune atteinte à la santé invalidante au sens des art. 8 al. 1 
LPGA et 4 al. 1 LAI. Partant le versement du quart de rente d’invalidité était 
supprimé.  

11. Par jugement du 15 novembre 2005, le Tribunal cantonal des assurances sociales a 
rejeté le recours de l’assuré et confirmé la décision sur opposition du 25 janvier 
2005. 

12. Saisi d’un recours de l’assuré, le Tribunal fédéral a jugé, dans un arrêt du 11 mai 
2007, que le rejet par l’OCAI de la demande de prestations et la suppression de la 
rente - allouée à tort - qui en découlait n’étaient pas critiquables. Toutefois, l’OCAI 
avait violé le principe de la célérité de la procédure en mettant plus de neuf années 
pour statuer sur la demande de prestations de l’assuré. Le temps qui avait été 
nécessaire à l’OCAI était qualifié d’inadmissible, même eu égard à l’exigence 
d’une instruction complète, dès lors que l’affaire ne présentait pas une complexité 
particulière au niveau des faits à instruire et que les mesures d’instruction avaient 
été peu nombreuses. S’agissant de la sanction en relation avec le dépassement du 
délai raisonnable ou adéquat, elle consistait d’abord dans la constatation de la 
violation du principe de célérité, qui constituait une forme de réparation pour celui 
qui en était la victime. Cette constatation pouvait également jouer un rôle sur la 
répartition des frais et dépens, dans l’optique d’une réparation morale. En revanche, 
le point de savoir si ce retard était de nature à entraîner le paiement de dommages et 
intérêts n’avait pas à être examiné. 

13. Par courrier du 20 septembre 2007, l’assuré, représenté par Me Pierre GABUS qui 
l’avait assisté tout au long de la procédure, a présenté à l’OCAI une demande en 
réparation du préjudice subi par lui du fait de la violation du principe de la célérité 
de la procédure. En effet, aux termes de l’art. 78 LPGA, les assureurs répondent des 
dommages causés illicitement par leurs organes d’exécution ou par leur personnel. 
S’agissant du montant du préjudice subi, dès lors que la longue et fastidieuse 
procédure l’avait contraint à s’adjoindre les services d’un avocat, le dommage 
correspondait à tout le moins aux frais et honoraires consentis qui s'élevaient, selon 
la note établie par son conseil et afférente à l’activité déployée par celui-ci entre 
1995 et 2007, à 56'550 fr., TVA non comprise (note de frais et honoraires de  
Me GABUS du 20 septembre 2007 jointe à la demande).  

 
 
 

 

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14. Le 15 octobre 2007, le conseil de l’assuré a relancé l’OCAI, en l’invitant à prendre 
position dans les meilleurs délais sur sa demande en réparation du 20 septembre 
2007. 

15. Par acte déposé le 14 décembre 2007, l’assuré a formé recours pour déni de justice 
devant le Tribunal cantonal des assurances sociales. En date du 7 mai 2008, le 
Tribunal de céans a admis le recours et invité l’OCAI à statuer, par voie de 
décision, sur la demande en réparation présentée par l’assurée. 

16. Par décision du 12 juin 2008, l’OCAI a rejeté la demande en paiement de 
dommages-intérêts et en réparation du tort moral présentée par l’assuré. Les frais 
d’avocat encourus ne correspondaient pas à la définition du dommage, en tant que 
diminution involontaire de la fortune, dès lors qu’il s’agissait de dépenses 
consenties volontairement par l’assuré, qui n’était pas obligé de recourir à un 
avocat pour défendre ses intérêts. De plus, il n’existait aucun lien de causalité entre 
les frais d’avocat supportés par l’assuré et le retard de l’office. Enfin, l’assuré 
n’avait subi aucun tort moral, le Tribunal fédéral ayant sur le fond confirmé le refus 
de toute rente d’invalidité. 

17. Par acte mis à la poste le 4 juillet 2008, le recourant, représenté par son conseil, a 
interjeté recours contre cette décision en concluant à son annulation et au versement 
d’un montant de 10'000 fr., plus intérêts, à titre de réparation morale, et de  
58'347 fr. 50 plus intérêts, à titre de dommages-intérêts, les conditions de l’art. 78 
LPGA étant en l’occurrence réunies, essentiellement pour les raisons exposées dans 
la demande en réparation formée le 20 septembre 2007. 

18. Dans sa détermination du 1er septembre 2008, l’OCAI a conclu au rejet du recours, 
en se référant pour le surplus aux motifs exposés dans la décision attaquée. 

19. Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch. 2 de la loi genevoise sur l'organisation 
judiciaire (LOJ), le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance 
unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale 
du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) qui sont relatives à la 
loi fédérale sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. a) Aux termes de l’art. 78 al. 2 LPGA, les demandes en réparation doivent être 
présentées à l’autorité compétente, qui se prononce par une décision (art. 78 al. 2 

 
 
 

 

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LPGA). En matière d’assurance-invalidité, l’art. 59a LAI prévoit que les demandes 
en réparation selon l’art. 78 LPGA doivent être présentées à l’office AI, qui statue 
par décision ; la voie de l’opposition n’étant pas ouverte, les décisions peuvent être 
directement querellées devant le Tribunal cantonal des assurances sociales 
compétent (art. 78 al. 4 et 56 al. 1 LPGA).  

b) Le recours formé le 4 juillet 2008 directement contre la décision de l’OCAI du 
12 juin 2008 a été interjeté dans les forme et délai prévus par la loi et est partant 
recevable (art. 56 ss LPGA). 

3. Le litige porte sur la question de savoir si le recourant est fondé à obtenir une 
indemnité pour tort moral ainsi que le remboursement des frais d’avocat consentis 
durant la procédure d’instruction de sa demande de prestations de l’assurance-
invalidité au titre de réparation du préjudice subi du fait de la violation par l’OCAI 
du principe de célérité de la procédure.  

4. Les corporations de droit public, les organisations fondatrices privées et les 
assureurs répondent des dommages causés illicitement à un assuré ou à un tiers par 
leurs organes d’exécution ou par leur personnel (art. 78 al. 1 LPGA).  

Les conditions de l’action en responsabilité sont l’existence d’un dommage, un acte 
illicite, soit la transgression d’une norme écrite ou non écrite par l’administration et 
une relation de causalité adéquate entre les deux (cf. François KOLLY, OFAS, 
Responsabilité et recours dans la LPGA, in Journée des tribunaux cantonaux des 
assurances sociales consacrée à la LPGA, du 6 novembre 2002). L'art. 78 al. 1 
LPGA institue une responsabilité causale et ne présuppose donc pas une faute d'un 
organe de l'institution d'assurance (KIESER, ATSG-Kommentar, Zurich 2003, note 
25 ad art. 78). En cela, il s'écarte de la position du Conseil des Etats qui souhaitait 
limiter la responsabilité aux cas d'actes tombant sous le coup du droit pénal et du 
non-respect intentionnel ou par négligence grave des dispositions légales (FF 1991 
II 204). La responsabilité instituée par l'art. 78 LPGA est subsidiaire en ce sens 
qu'elle ne peut intervenir que si la prétention invoquée ne peut pas être obtenue par 
les procédures administrative et judiciaire ordinaires en matière d'assurances 
sociales ou en l'absence d'une norme spéciale de responsabilité du droit des 
assurances sociales, comme par exemple les art. 11 LAI, 6 al. 3 LAA ou encore 18 
al. 6 LAM (KIESER, op. cit., notes 3 et 4 ad art. 78). Pour qu’une responsabilité 
selon l’art. 78 LPGA soit admise, il convient de déterminer si l'on est en présence 
d'un acte illicite et, dans l'affirmative, d’un dommage ainsi que d’un lien de 
causalité entre ces deux éléments. 

5. a. L'acte illicite se définit comme un acte ou une omission objectivement contraire 
à une règle du droit écrit ou non écrit, dont le but est de protéger le bien juridique 
lésé (ATF 124 III 297 consid. 5b; 123 III 306 consid. 4a; 119 II 127 consid. 3). La 
condition de l'illicéité au sens de l'art. 3 al. 1 de la loi fédérale sur la responsabilité 

 
 
 

 

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de la Confédération, des membres de ses autorités et de ses fonctionnaires du 14 
mars 1958 (LRCF;auquel renvoie l'art. 78 al. 4 LPGA), que traduit de manière peu 
heureuse l'expression "sans droit" (ATF 132 II 305 consid. 4.1), suppose que l'Etat, 
au travers de ses organes ou de ses agents, ait violé des prescriptions destinées à 
protéger un bien juridique. Selon les circonstances, un excès ou un abus du pouvoir 
d'appréciation conféré par la loi peut réaliser cette condition (cf. ATF 118 Ib 473 
consid. 2b p. 476; 116 Ib 193 consid. 2b p. 196). La jurisprudence a également 
considéré comme illicite la violation de principes généraux du droit (cf. ATF 118 Ib 
473 consid. 2b; 116 Ib 193 consid. 2a p. 195; 107 Ib 160 consid. 3a p. 163/164), 
telle l'obligation, pour celui qui crée une situation dangereuse, de prendre les 
mesures propres à prévenir un dommage (cf. ATF 89 I 483 consid. 6e p. 493). Une 
omission peut aussi constituer un acte illicite, mais il faut alors qu'il existât, au 
moment déterminant, une norme juridique qui sanctionnait explicitement l'omission 
commise ou qui imposait à l'Etat de prendre en faveur du lésé la mesure omise; un 
tel chef de responsabilité suppose donc que l'Etat ait une position de garant vis-à-
vis du lésé et que les prescriptions qui déterminent la nature et l'étendue de ce 
devoir aient été violées (cf. ATF 132 II 305 consid. 4.1123 II 583 consid. 4d/ff, 118 
Ib 476 consid. 2b, 116 Ib 374 consid. 4c).  

b. Si le fait dommageable consiste dans l'atteinte à un droit absolu (comme la vie 
ou la santé humaines, ou le droit de propriété), l'illicéité est d'emblée réalisée, sans 
qu'il soit nécessaire de rechercher si et de quelle manière l'auteur a violé une norme 
de comportement spécifique; on parle à ce propos d'illicéité par le résultat 
(Erfolgsunrecht). Si, en revanche, le fait dommageable constitue une atteinte à un 
autre intérêt (par exemple le patrimoine), l'illicéité suppose qu'il existe un "rapport 
d'illicéité", soit que l'auteur ait violé une norme de comportement ayant pour but de 
protéger le bien juridique en cause; c'est ce que l'on appelle l'illicéité par le 
comportement (Verhaltensunrecht; ATF 118 Ib 473 consid. 2b). La simple lésion 
du droit patrimonial d'un tiers n'emporte donc pas, en tant que telle, la réalisation 
d'un acte illicite; il faut encore qu'une règle de comportement de l'ordre juridique 
interdise une telle atteinte et que cette règle ait pour but la protection du bien lésé 
(ATF 132 II 305, consid. 4.1). Lorsque l'illicéité reprochée procède d'un acte 
juridique seule la violation d'une prescription importante des devoirs de fonction est 
susceptible d'engager la responsabilité de la Confédération (cf. ATF 123 II 577 
consid. 4d/dd p. 582; 118 Ib 163 consid. 2 p. 164). 

c. Le Tribunal fédéral a jugé, dans une affaire dans laquelle un assuré réclamait 
une indemnité de 50'000 fr. à titre de réparation morale en relation avec le retard 
avec lequel sa demande de reclassement professionnel avait été traitée, que le retard 
injustifié à statuer constitue un acte illicite pouvant entraîner la responsabilité de 
l’Etat (ATF non publié du 6 novembre 2000, 5A.8/2000, consid. 3 ; ATF 107 Ib 
155 consid. 2 et 3 ; EGLI, L’activité illicite du juge, cause et responsabilité 
pécuniaire à l’égard de tiers, in Hommage à Raymond JEANPRÊTRE, p. 18).  

 
 
 

 

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6. Dans le cas d’espèce, la violation par l’intimé du principe de la célérité de la 
procédure a d’ores et déjà été constatée par le Tribunal fédéral, de manière à lier le 
Tribunal de céans (ATF non publié du 11 mai 2007, I 946/05, consid. 5.4 dans la 
cause opposant le recourant à l’intimé). Selon le Tribunal fédéral, même si 
l'exigence de la célérité de la procédure ne l’emportait pas sur la nécessité d'une 
instruction complète, le temps qui avait été en l’occurrence nécessaire à l’OCAI 
pour statuer définitivement sur la demande de prestations du recourant devait être 
qualifié, purement et simplement, d'inadmissible.  

Partant, force est d’admettre que la violation par l’intimé du principe de la célérité 
constitue un acte illicite susceptible d’entraîner l’obligation de réparer.  

7. a. Le dommage juridiquement reconnu réside dans la diminution involontaire de la 
fortune nette. Il correspond à la différence entre le montant actuel du patrimoine du 
lésé et le montant qu'aurait ce même patrimoine si l'événement dommageable ne 
s'était pas produit (ATF 128 III 22 consid. 2e/aa; 127 III 73 consid. 4a, 403 consid. 
4a, 543 consid. 2b). Le dommage peut se présenter sous la forme d'une diminution 
de l'actif, d'une augmentation du passif, d'une non-augmentation de l'actif ou d'une 
non-diminution du passif (ATF 128 III 22 consid. 2e/aa; 127 III 543 consid. 2b). 

b. La notion de dommage en droit public de la responsabilité est en principe la 
même qu'en droit privé (ATF non publié du 10 décembre 2001, 2A.362/2000, 
consid. 3.3 et les références). En droit de la responsabilité civile, les frais engagés 
par la victime pour la consultation d'un avocat avant l'ouverture du procès civil, 
lorsque cette démarche était nécessaire et adéquate, peuvent constituer un élément 
du dommage, pour autant que ces frais n'aient pas été inclus dans les dépens. Il en 
va de même pour les frais engagés dans une autre procédure, comme une procédure 
pénale par exemple. Si cette procédure permet d'obtenir des dépens, même tarifés, il 
n'est alors plus possible de faire valoir une prétention en remboursement des frais 
de défense par une action ultérieure en responsabilité civile (arrêt 4C.51/2000 du 7 
août 2000 consid. 2 publié in SJ 2001 I 153; ATF 117 II 101 consid. 5 p. 106; 112 
Ib 353 consid. 3a p. 356). 

c. L’indemnisation des parties dans la procédure administrative est réglée par les 
règles de procédure spécifiques à chaque branche. Ces dispositions prévoient de 
quelle façon et dans quelle mesure les parties sont indemnisées pour les frais qui 
leur ont été causés. Elles règlent notamment le problème du remboursement des 
frais et débours indispensables occasionnés aux parties (cf. GRISEL, Traité de droit 
administratif, p. 847-849). Selon le Tribunal fédéral, elles sont ainsi seules 
applicables à la responsabilité de la Confédération du fait du dommage consécutif 
aux frais nécessaires engagés par les parties à une procédure administrative, à 
l'exclusion de l'art. 3 al. 1 LRCF (ATF 112 Ib 353, consid. 3). Comme en matière 
civile et pénale, le droit aux dépens en matière administrative relève de la procédure 
(ATF 112 Ib 353, consid. 3). La partie qui triomphe doit certes se contenter de 

 
 
 

 

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dépens tarifés, mais elle est dispensée d'établir la faute de son adversaire et 
l'étendue exacte de son dommage; en matière administrative, si l'adversaire est une 
autorité publique fédérale, la partie est dispensée de devoir démontrer l'illicéité de 
la décision attaquée; la réglementation des dépens repose sur des considérations 
pratiques et la recherche d'un équilibre entre des intérêts divergents; cet équilibre se 
trouverait compromis si la décision sur les dépens ne liquidait pas les prétentions 
des parties et laissait la porte ouverte à une action civile ou de droit administratif 
ultérieure (ATF 112 Ib 353, p. 357). 

d. Dans une affaire dans laquelle un assuré réclamait à la SUVA, notamment, le 
remboursement de ses frais d’avocat à titre de dédommagement pour le préjudice 
subi du fait d’avoir reçu tardivement l’indemnité journalière, le Tribunal fédéral a 
jugé que dans la procédure administrative et d’opposition devant la SUVA, les 
dispositions de la loi fédérale sur l’assurance-accidents ainsi que celles de la loi 
fédérale sur la procédure administrative trouvaient application, en particulier l’art. 
130 al. 2 ancien de l'ordonnance sur l'assurance-accidents du 20 décembre 1982 
(OLAA) qui précisait que dans la procédure d’opposition, il n’y avait pas lieu à des 
dépens (ATF non publié du 18 février 2000, 5A.27/1999, consid. 3b et les 
références). Ces règles sur l’indemnisation des parties étaient complètes et 
exhaustives et répondaient à la question de savoir dans quelle mesure les démarches 
avant le procès devaient être indemnisées (ATF non publié du 18 février 2000, 
5A.27/1999, consid. 3b et les références). Il n’était dans ces conditions pas possible 
de réclamer, sur la base des règles sur la responsabilité de l’Etat, un 
dédommagement supplémentaire aux dépens octroyés dans la procédure. Dans le 
même sens, le Tribunal administratif genevois a considéré que même si la loi 
genevoise de procédure administrative ne contenait aucune disposition concernant 
les frais que les parties pourraient avoir à exposer au cours de la procédure non 
contentieuse, il s’agissait d’un silence qualifié qui ne pourrait être comblé par le 
juge et qui ne laissait pas de place pour un dédommagement selon les règles sur la 
responsabilité de l’Etat (ATA/7/2008, du 8 janvier 2008).  

8. a. Le droit à des dépens dans une contestation en matière d'assurance sociale 
devant le tribunal cantonal des assurances est réglé par l'art. 61 let. g LPGA. Selon 
cette disposition, applicable dès l'entrée en vigueur de la LPGA le 1er janvier 2003 
(ATF 129 V 113 consid. 2.2 p. 115 et les arrêts cités), le recourant qui obtient gain 
de cause a droit au remboursement de ses frais et dépens dans la mesure fixée par le 
tribunal; leur montant est déterminé sans égard à la valeur litigieuse d'après 
l'importance et la complexité du litige. Le point de savoir si et à quelles conditions 
une partie a droit à des dépens en instance cantonale de recours lorsqu'elle obtient 
gain de cause relève du droit fédéral et dépend, d'une part, de l'issue du litige et, 
d'autre part, de la personne de l'ayant droit (cf. ATF 129 V 113 consid. 2.2 p. 115 et 
les arrêts cités). Il convient d’observer qu’avant l’entrée en vigueur de la LPGA, la 
question des dépens était réglée par l’art. 85 al. 2 let. f ancien de la loi fédérale sur 
l'assurance-vieillesse et survivants du 20 décembre 1946 (LAVS) - applicable en 

 
 
 

 

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matière d'assurance-invalidité en vertu de l'art. 69 aLAI ; cette disposition précisait 
que le recourant qui obtenait gain de cause avait droit au remboursement de ses 
frais et dépens, ainsi que de ceux de son mandataire, dans la mesure fixée par le 
juge.  

b. S’agissant de la procédure d’opposition, elle est gratuite et il ne peut pas, en 
règle générale, être alloué de dépens (art. 52 al. 3 LPGA). La gratuite de la 
procédure d’opposition, déjà connue notamment en matière d’assurance-accidents 
(art. 130 al. 2 aLAA), a été jugée constitutionnelle par le Tribunal fédéral (ATF 117 
V 401, consid. 1). De manière générale, il y a lieu de considérer les règles sur les 
dépens prévues par le droit fédéral en matière de contentieux des assurances 
sociales et de l’assurance-invalidité comme complètes et exhaustives (cf. ATF non 
publié du 18 février 2000, 5A.27/1999, consid. 3b et les références). 

9. a. Au vu de ce qui précède, il y a lieu de retenir que les frais d’avocat constituent 
un poste du dommage susceptible d’être réparé, pour autant que la consultation 
d’un avocat fût en l’occurrence nécessaire et adéquate, que les démarches 
accomplies fussent en relation de causalité avec la violation par l’intimé du principe 
de célérité et qu’elles n’aient au demeurant pas été dédommagées par le biais des 
règles en matière de dépens. 

b. S’agissant du premier point, l’intimé considère que les frais de représentation 
consentis en l’espèce par le recourant ne constituent pas une diminution 
involontaire de la fortune nette, dès lors qu’il s’est agi d’un choix délibéré du 
recourant de s’adjoindre les conseils d’un avocat. Cette position ne saurait être 
suivie. En effet, compte tenu de l’enjeu de la procédure et de la difficulté pour le 
recourant (ressortissant étranger n’ayant terminé que l’école élémentaire au 
Portugal) à s’orienter dans une procédure comportant des implications médico-
juridiques relativement complexes, l’assistance d’un conseil apparaît en l’espèce 
indiquée. La longueur de la procédure et des changements intervenus le justifient 
d'autant plus, étant rappelé que le recourant avait dans un premier temps été mis au 
bénéfice d’une demi-rente, et s’est ensuite vu notifier un avis de reformatio in pejus 
(cf. notamment la jurisprudence en matière d’assistance judiciaire gratuite : ATF 
non publié du 14 août 2006, I 319/05 ; ATF non publié du 29 novembre 2004, I 
557/04, consid. 2.2, et la référence; cf. aussi arrêt A.-G. du 12 janvier 2006, I 
501/05, consid. 4.1). 

c. S’agissant du second point, le Tribunal de céans observe que la grande majorité 
des démarches et des actes que le mandataire du recourant a accomplis pour 
défendre les intérêts de son client ne présentent aucun lien de causalité avec le 
retard pris par l’intimé à statuer. En effet, les observations, les oppositions et les 
recours, de même que les entretiens avec le client et les contacts avec les médecins, 
et qui portent sur le fond du dossier, à savoir sur l’existence ou non d’une atteinte à 
la santé invalidante susceptible de conduire au versement d’une rente d’invalidité, 

 
 
 

 

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constituent des démarches qui auraient de toute manière été accomplies même si la 
procédure avait duré moins longtemps, le recourant s’étant d’ailleurs adjoint les 
conseils d’un avocat dès le dépôt de sa demande de prestations en 1995 (cf. note 
d’honoraires de Me GABUS du 20 septembre 2007). Sur l’ensemble des prestations 
facturées entre 1995 et 2007 (représentant 160 heures de travail à 350 fr. de l’heure 
selon la note d’honoraire du 20 septembre 2007), seuls les cinq courriers de relance 
(datés des 2 août 2001, 14 mars et 11 décembre 2002, 3 février 2003 et 5 novembre 
2004) et le recours pour déni de justice - que le conseil du recourant allègue avoir 
déposé en 2002 devant la Commission cantonale de recours en matière AVS-AI 
mais dont il ne fournit aucune indication concernant l’issue de cette affaire (cf. 
pièce 10 du chargé du recourant) - sont des démarches qui se trouvent en relation de 
causalité avec la lenteur avec laquelle l’OCAI a traité la demande de prestations du 
recourant. 

d. Cela étant, il n’est pas non plus question de prévoir un dédommagement 
supplémentaire pour ces quelques démarches justifiées par la passivité de l’Office 
intimé à statuer, dans la mesure où les règles sur les frais et les dépens de la 
procédure administrative en matière d’assurances sociales ne laissent aucune place 
à un dédommagement des frais d’avocat selon les règles sur la responsabilité de 
l’art. 78 LPGA. En prévoyant la gratuité de la procédure d’opposition et l’octroi de 
dépens dans le cadre de la procédure de recours, le législateur fédéral a réglé de 
manière complète et exhaustive la question de la participation aux frais d’avocat, et 
ce y compris dans la phase non contentieuse précédent toute décision (cf. ATF non 
publié du 18 février 2000, 5A.27/1999, consid. 3). Partant, les prétentions du 
recourant à titre de dommages-intérêts s’avèrent infondées, étant précisé que les 
autorités judiciaires peuvent tenir compte du comportement de l’assureur lors de 
l’allocation des dépens. 

10. Quant à l’indemnité pour tort moral demandée, le Tribunal de céans observe qu’à 
supposer que l’atteinte à la personnalité puisse être qualifiée de grave, elle se trouve 
compensée par le constat des retards injustifiés opéré par le Tribunal fédéral dans 
son arrêt du 11 mai 2007 (cf. ATF non publié du 6 novembre 2000, consid. 3). De 
plus, le Tribunal fédéral avait aussi alloué au recourant des dépens à hauteur de 
2'500 fr. pour l’instance fédérale en dépit du fait que le recours avait été rejeté sur 
le fond. Une solution similaire se justifie en l’espèce, des dépens à hauteur de 2'000 
fr. étant alloués au conseil du recourant. La réparation morale ne saurait aller au-
delà de ces mesures. 

11. En tout point mal fondé, le recours doit être rejeté.  

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Condamne l’OCAI à verser au recourant une indemnité de 2000 fr. à titre de 
dépens. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 
juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 
être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 
recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 

Claire CHAVANNES 

 La présidente 
 
 
 

Maya CRAMER 
 

La secrétaire-juriste : 
 

Verena PEDRAZZINI 
RIZZI 

 
 

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le