# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 12c38638-d3a6-59b3-aac6-3aaea6b61d4e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-03-01
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 01.03.2022 P/11851/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-11851-2020_2022-03-01.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/11851/2020 ACPR/138/2022 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du mardi 1er mars 2022 

 

Entre 

A______, domiciliée ______ [GE], comparant par Me B______, avocate,  

recourante, 

contre l'ordonnance de non-entrée en matière rendue le 22 juin 2021 par le Ministère public,  

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé. 

- 2/7 - 

P/11851/2020 

Vu : 

- l'ordonnance de non-entrée en matière rendue le 22 juin 2021 par le Ministère 
public; 

- le recours formé contre cette décision par A______ le 9 juillet 2021, lequel 
comportait des conclusions mais n'était pas motivé; 

- le courrier du 9 août 2021 de la Direction de la procédure de la Chambre de 
céans adressé par recommandé à la précitée, l'invitant à faire connaître les points 
de la décision qu'elle critiquait, dans un délai de 10 jours; 

- le retour du pli à son expéditeur par la Poste avec la mention "non réclamé"; 

- l'arrêt du 26 août 2021 rayant la cause du rôle, faute de mise en conformité dans 
le délai imparti (ACPR/570/2021); 

- la lettre de A______ du 21 décembre 2021, agissant par l'intermédiaire d'une 
avocate, s'enquérant de la suite donnée à son recours, étant sans nouvelles de 
celui-ci; 

- le pli du 10 janvier 2022, reçu le lendemain, par lequel la Direction de la 
procédure lui a communiqué pour information une copie de l'arrêt du 26 août 
2021, en précisant que cet envoi ne valait pas nouvelle notification; 

- le courrier du conseil de A______ du 10 février 2022 adressé à la Chambre de 
céans, intitulé "complément de recours et demande de restitution de délai"; 

- son pli subséquent du 14 février 2022 à teneur duquel sa cliente était bénéficiaire 
des prestations de l'Hospice général. 

Attendu que : 

- dans son courrier, l'avocate de A______ expose avoir pu rencontrer sa cliente le 9 
février 2022 pour examiner les suites à donner à la communication de la Chambre 
de céans du 10 janvier 2022. À cette occasion, elle avait appris que le Tribunal de 
protection de l'adulte et de l'enfant (TPAE) avait, par ordonnance du 16 août 2018, 
institué une curatelle de représentation et de gestion en faveur de sa cliente et 
désigné à cette fin deux curateurs, lesquels avaient notamment pour tâche de 
représenter l'intéressée dans ses rapports avec les tiers, en particulier en matière 
d'affaires administratives et juridiques, et étaient autorisés à prendre connaissance 
de sa correspondance. Ladite ordonnance précisait en effet que A______ présentait 
un état dépressif, dont découlaient "une désorganisation et une incapacité 
d'assumer au quotidien l'administration de ses affaires courantes et la gestion de 

son patrimoine et de son espace de vie". Sa cliente, eu égard à son trouble 

- 3/7 - 

P/11851/2020 

psychique, avait ainsi été empêchée de façon non fautive d'observer le délai qui lui 
avait été imparti le 9 août 2021. Certes, elle avait pu charger un tiers de rédiger un 
recours sommaire mais n'avait pas eu les moyens de mandater un avocat ni d'élire 
domicile en son étude. Ses troubles psychiques n'étaient en outre 
"vraisemblablement pas homogènes ni constants, des périodes d'amélioration 

pouvant alterner avec des phases de dégradation". Elle produit encore un constat 
médical du Dr C______, psychiatre, du 10 février 2022, à teneur duquel "l'humeur" 
de A______ s'était "péjorée depuis l'agression d'avril 2020 et l'engagement des 
procédures judiciaires, l'empêchant d'effectuer les démarches administratives 

nécessaires dans ce contexte dans les délais impartis"; 

- elle conclut, sous suite de dépens, en substance à la restitution du délai imparti à 
A______ pour compléter son recours, à l'annulation de l'ordonnance de non-entrée 
en matière du 22 juin 2021 et au renvoi de la cause au Ministère public pour 
ouverture d'une instruction. 

Considérant que : 

- selon l'art. 85 CPP, les autorités pénales notifient leurs prononcés par lettre 
signature ou par tout autre mode de communication impliquant un accusé de 
réception (al. 2); le prononcé est réputé notifié lorsque, expédié par lettre signature, 
il n'a pas été retiré dans les 7 jours à compter de la tentative infructueuse de remise 
du pli, si la personne concernée devait s'attendre à une telle remise (al. 4 let. a); 

- une personne ne doit s'attendre à la remise d'un prononcé, au sens de l'art. 85 al. 4 
let. a CPP, que lorsqu'il y a une procédure en cours, la concernant, qui impose aux 
parties de se comporter conformément aux règles de la bonne foi, à savoir de faire 
en sorte, entre autres, que les décisions relatives à la procédure puissent leur être 
notifiées. Le devoir procédural d'avoir à s'attendre avec une certaine vraisemblance 
à recevoir la notification d'un acte officiel naît avec l'ouverture d'un procès et vaut 
pendant toute la durée de la procédure (ATF 134 V 49 consid. 4 p. 51, 130 III 396 
consid. 1.2.3 p. 399; arrêt du Tribunal fédéral 6B_314/2012 du 18 février 2013 
consid. 1.3.1); 

- à teneur de la jurisprudence, la sécurité du droit et le principe d'économie de 
procédure imposent à la personne qui se sait partie à une procédure de prendre les 
mesures pour être atteignable et d'en supporter, le cas échéant, les conséquences 
(ATF 138 III 225 consid. 3.1 p. 227; 130 III 396 consid. 1.2.3 p. 399; arrêt du 
Tribunal fédéral 2C_1015/2011 du 12 octobre 2012 consid. 3.3.1); 

- une restitution du délai peut être demandée si la partie qui le requiert a été 
empêchée sans sa faute de procéder et qu'elle est ainsi exposée à un préjudice 
irréparable. Elle doit toutefois rendre vraisemblable que le défaut n'est imputable à 

https://intrapj/perl/decis/134%20V%2049
https://intrapj/perl/decis/130%20III%20396
https://intrapj/perl/decis/6B_314/2012
https://intrapj/perl/decis/138%20III%20225
https://intrapj/perl/decis/130%20III%20396
https://intrapj/perl/decis/2C_1015/2011

- 4/7 - 

P/11851/2020 

aucune faute de sa part (art. 94 al. 1 CPP), s'adresser, par une demande écrite 
dûment motivée, dans les 30 jours à compter de celui où l'empêchement a cessé, à 
l'autorité auprès de laquelle l'acte de procédure aurait dû être accompli (art. 94 al. 2, 
1ère phrase, CPP) et accomplir dans le même délai l'acte de procédure omis (art. 94 
al. 2, 2e phrase, CPP); 

- la restitution ne peut intervenir que lorsqu'un événement, par exemple une maladie 
ou un accident, met la partie objectivement ou subjectivement dans l'impossibilité 
d'agir par elle-même ou de charger une tierce personne d'agir en son nom dans le 
délai (arrêts du Tribunal fédéral 6B_360/2013 du 3 octobre 2013 consid. 3.1; 
6B_158/2012 du 27 juillet 2012 consid. 3.2 et les références citées). En d'autres 
termes, il faut comprendre, par empêchement non fautif, toute circonstance qui 
aurait empêché une partie consciencieuse d'agir dans le délai fixé (ACPR/196/2014 
du 8 avril 2014); 

- en l'espèce, le courrier du 9 août 2021 impartissant à la recourante un délai de 
10 jours pour lui faire connaître les points de la décision qu'elle critiquait, lui a été 
communiqué par pli recommandé, lequel n'a pas été retiré à l'échéance du délai de 
garde postal, alors qu'elle devait s'attendre, pour avoir formé recours, à recevoir une 
communication de l'autorité pénale; 

- partant, il y a lieu d'admettre qu'il lui a été valablement notifié; 

- la recourante allègue aujourd'hui n'avoir pas pu sauvegarder ses intérêts sans sa 
faute, étant incapable, vu ses troubles psychiques, de gérer ses affaires 
administratives; 

- si l'ordonnance du TPAE du 16 août 2018 a certes institué, pour ce motif, une 
curatelle de représentation et de gestion en faveur de l'intéressée, elle mentionne 
aussi que A______ est néanmoins apte à désigner un mandataire et à en surveiller 
l'activité; 

- preuve en est que la recourante admet avoir su charger un tiers de rédiger son 
recours du 8 juillet 2021 contre l'ordonnance de non-entrée en matière et, plus tard, 
en décembre 2021, a su mandater une avocate pour s'enquérir de la suite donnée à 
son recours; 

- la recourante prétend toutefois que ses troubles psychiques n'étaient 
"vraisemblablement pas homogènes ni constants", ce qui pouvait expliquer sa 
capacité de mener de façon sporadique ses affaires. Or, elle ne produit à l'appui de 
cette affirmation aucune pièce attestant de telles fluctuations, le constat médical du 
10 février 2022 n'en faisant aucunement état; 

- 5/7 - 

P/11851/2020 

- quand bien même tel serait le cas, son recours du 9 juillet 2021, rédigé à sa 
demande par un tiers, ne prend aucunement soin – dès lors qu'elle dit n'avoir pas eu 
les moyens d'élire domicile chez un avocat – de désigner à tout le moins une 
adresse de notification chez un représentant de son choix, voire chez l'un des 
curateurs désignés par le TPAE; 

- la recourante ne faisant ainsi valoir aucun motif qui l'aurait empêchée de donner 
suite à la demande de mise en conformité de son recours, force est de constater que 
les conditions de l'art. 94 CPP ne sont pas réalisées; 

- en tant qu'elle succombe, elle assumera les frais de la présente procédure devant 
l'autorité de recours, qui comprendront un émolument de CHF 200.-, afin de tenir 
compte de sa situation financière (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant 
le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ; E 4 10.03). 

* * * * * 

  

- 6/7 - 

P/11851/2020 

 
PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 
Rejette la demande de restitution de délai. 

Condamne A______ aux frais de la présente procédure, qui comprennent un émolument de 
CHF 200.-. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, à la recourante, soit pour elle son conseil, et au 
Ministère public. 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Daniela CHIABUDINI, juges; Madame Arbenita VESELI, greffière. 

 

La greffière : 

Arbenita VESELI 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF). 

  

- 7/7 - 

P/11851/2020 

P/11851/2020 ÉTAT DE FRAIS   

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 10.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF      

- délivrance de copies (let. b) CHF      

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 200.00 

-  CHF      

Total  CHF   285.00