# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 8125fffd-e5f0-5bce-bbe0-dd51a7f592b2
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-04-05
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 05.04.2013 AC.2013.0112
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_AC-2013-0112_2013-04-05.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 5 avril
  2013 

  
	
  Composition

  	
  Mme Danièle Revey, présidente; MM. Pierre Journot et Robert
  Zimmermann, juges.

  

 

	
  Recourante

  	
   

  	
  HELVETIA NOSTRA, à Montreux, représentée par Me Pierre CHIFFELLE, avocat, à Vevey, 
  

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Municipalité de
  Château-d'Oex,  

  

   

	
  Constructeurs

  	
  1.

  	
  Joseph BOSSI, à Zurich, 

  

 

	
   

  	
  2.

  	
  Jeannine DUPERTUIS
  BOSSI, à Zurich,

  

   

 

	
  Objet

  	
  permis de construire           

  
	
   

  	
  Recours HELVETIA NOSTRA c/ décision de la
  Municipalité de Château-d'Oex du 21 décembre 2012 délivrant un permis de
  construire un chalet d'habitation avec garage de 2 places et 3 places de parc
  extérieures au lieu-dit "Les Grands Prés" sur la parcelle n° 572
  appartenant à Joseph et Jeannine Bossi Dupertuis

  

 

Vu les faits suivants: 

A.                               
Joseph Bossi et Jeannine Dupertuis Bossi sont
copropriétaires, à part égale entre eux, de la parcelle 572 de Château-d'Oex,
au lieu-dit "Les Grands Prés". Ce bien-fonds, d'une surface de 800 m2,
est colloqué en zone de chalets au sens de l'art. 14 du
règlement sur le plan d'extension et la police des constructions du 19
septembre 1980 de la Commune de Château-d'Oex (RPE). Il s'agit d'une zone
destinée aux habitations genre "chalets".

B.                              
Joseph Bossi et Jeannine Dupertuis Bossi ont
adressé à la Municipalité de Château-d'Oex (ci-après: la municipalité) une
demande de permis de construire un chalet d'habitation avec garage de 2 places
et 3 places de parc extérieures sur la parcelle 572 précitée. La demande
d'autorisation a été mise à l'enquête publique du 14 novembre au 13 décembre
2012 (CAMAC 136035).

L'association Helvetia Nostra a
formé opposition en temps utile, en invoquant l'art. 75b de la Constitution
fédérale (Cst.; RS 101) et en faisant valoir que la construction envisagée
était contraire aux nouvelles normes du droit fédéral sur les résidences
secondaires. 

C.                              
Par décision du 21 décembre 2012, la
municipalité a rejeté l'opposition et délivré le permis de construire requis
par Joseph Bossi et Jeannine Dupertuis Bossi.

D.                              
Par acte du 29 janvier 2013, Helvetia Nostra a
recouru devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal
(CDAP) contre la décision de la municipalité du 21 décembre 2012, concluant,
avec dépens, à l'annulation de cette décision. 

Par avis de la juge instructrice du
4 février 2013, l'application de l'art. 82 de la loi du
28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36) a été
réservée. Il n'a pas été demandé de réponse aux
constructeurs et à la municipalité. Celle-ci a toutefois produit son dossier.

Considérant en droit: 

1.                               
Le recours est formé par une organisation qui
fait partie de la liste, établie par le Conseil fédéral, des organisations
ayant qualité pour recourir au sens de l'art. 12 de la loi fédérale sur la
protection de la nature et du paysage (LPN; RS 451 – cf. ch. 9 de la liste
figurant dans l'ordonnance du 27 juin 1990 relative à la désignation des
organisations habilitées à recourir dans les domaines de la protection de
l’environnement ainsi que de la protection de la nature et du paysage [ODO; RS
814.076]). La jurisprudence fédérale prévoit que l'exercice de ce droit de
recours suppose que la décision attaquée relève de l'application d'une tâche de
la Confédération au sens de l'art. 2 LPN (cf. notamment ATF 131 II 58 consid.
1.1; 125 II 29 consid. 1b; 121 II 190 consid. 3c/aa). 

En l'espèce, dès lors que les
griefs de la recourante sont de toute manière mal fondés, comme cela sera
exposé au considérant suivant, il n'est pas nécessaire d'examiner si, en
accordant une autorisation de construire pour un chalet dans la zone à bâtir,
la municipalité accomplit une tâche de la Confédération, ou si au contraire
elle accomplit une tâche que la législation fédérale sur l'aménagement du
territoire attribue aux cantons, dans le cadre fixé par les principes du droit
fédéral. La question de la recevabilité du recours peut demeurer indécise (cf.
arrêt AC.2012.0127 du 22 novembre 2012 - premier arrêt de principe rendu par la
CDAP sur les procédures d'Helvetia Nostra fondées sur l'art. 75b Cst. - consid.
1). 

2.                               
L'association recourante se plaint d'une
violation de l'art. 75b Cst., qui interdirait la construction de résidences
secondaires dès son entrée en vigueur. Elle fait par ailleurs valoir qu'aucune
des exceptions prévues dans l'ordonnance du 22 août 2012 sur les résidences
secondaires (RS 702) n'est réalisée dans le cas particulier. Elle ne présente
aucun grief à l'encontre de l'autorisation litigieuse, ne critiquant pas l'application
d'autres prescriptions, de droit fédéral, cantonal ou communal, sur les
constructions. 

a) Aux termes de l'art. 75b al. 1
Cst., "les résidences secondaires constituent au maximum 20% du parc
des logements et de la surface brute au sol habitable de chaque commune".
Cet article constitutionnel a été adopté en votation populaire le 11 mars
2012 et il est donc en vigueur depuis cette date (RO 2012 p. 3628). Le peuple
et les cantons ont toutefois adopté simultanément la disposition transitoire
suivante, à l'art. 197 ch. 9 Cst.: 

"9. Dispositions transitoires ad art. 75b (Résidences secondaires)

1 Le Conseil fédéral édicte par voie
d’ordonnance les dispositions d’exécution nécessaires sur la construction, la
vente et l’enregistrement au registre foncier si la législation correspondante
n’est pas entrée en vigueur deux ans après l’acceptation de l’art. 75b par le
peuple et les cantons.

2 Les permis de construire des résidences
secondaires qui auront été délivrés entre le 1er janvier de l’année qui suivra l’acceptation
de l’art. 75b par le peuple et les cantons et la date d’entrée en vigueur de
ses dispositions d’exécution seront nuls."

b) La Commune de Château-d'Oex fait
partie, d'après le Conseil fédéral, des communes dans lesquelles le parc des
logements comporte plus de 20% de résidences secondaires (cf. annexe de
l'ordonnance sur les résidences secondaires). Il n'y a cependant pas lieu
d'examiner si le chalet projeté est une résidence secondaire (ce que la
recourante qualifie de très vraisemblable, mais les constructeurs n'ont pas eu
l'occasion de répondre au recours). 

En effet, dans son premier arrêt de
principe AC.2012.0127 du 22 novembre 2012, précité, la Cour de droit
administratif et public du Tribunal cantonal a jugé que l'art. 75b Cst.
interprété en relation avec l'art. 197 ch. 9 Cst. ne pouvait pas faire obstacle
à l'octroi d'un permis de construire une résidence secondaire lorsque la
décision de la municipalité a été prise en 2012. Durant la période qui court de
la date de l'adoption des normes constitutionnelles objet de l'initiative sur
les résidences secondaires (11 mars 2012) jusqu'à la veille du 1er
janvier qui suivra cette adoption (soit le 31 décembre 2012 – cf. art. 197 ch.
9 al. 2 Cst.), l'entrée en vigueur de l'art. 75b Cst. n'entraîne pas encore la
nullité ni l'annulabilité des autorisations de construire des résidences
secondaires délivrées pendant ce laps de temps (consid. 2b-c de l'arrêt
AC.2012.0127). 

Puis, dans un deuxième arrêt de
principe AC.2012.0234 du 28 février 2013, la Cour de droit administratif et
public du Tribunal cantonal a considéré qu'il résultait clairement de la
disposition transitoire de l'art. 197 ch. 9 ch. 2 Cst. que la date déterminante
pour juger si un permis de construire une résidence secondaire est encore valable,
ou si au contraire il est nul, est celle de la délivrance du permis par
l'autorité administrative, et non pas celle de la décision de l'autorité
cantonale de recours (consid. 2c de l'arrêt AC.2012.0234). En l'occurrence, la
municipalité a décidé d'octroyer le permis de construire le 21 décembre 2012,
soit avant la date limite fixée par la disposition transitoire. La Cour de
céans, quand bien même elle statue après le 1er janvier 2013, doit
donc considérer que l'art. 75b Cst., appliqué avec la disposition transitoire
de l'art. 197 ch. 9 ch. 2 Cst., ne fait pas obstacle à l'octroi de
l'autorisation litigieuse. 

L'ordonnance sur les résidences
secondaires, entrée en vigueur le 1er janvier 2013 (art. 9 al. 1 de
dite ordonnance), n'avait pas à être appliquée par la municipalité à la date de
la décision attaquée. S'agissant des permis de construire délivrés avant son
entrée en vigueur, cette ordonnance du Conseil fédéral n'a à l'évidence pas
pour effet de modifier le régime juridique résultant des art. 75b et 197 ch. 9
Cst. En l'espèce, il n'y a donc pas lieu de se prononcer sur la portée de cette
ordonnance, ni sur les exceptions qu'elle prévoit. 

Il s'ensuit que les griefs de la
recourante, mal fondés, doivent être rejetés.

3.                               
Le rejet du recours, dans la mesure où il est
recevable, entraîne la confirmation de la décision attaquée. La recourante, qui
succombe, supporte les frais de justice (art. 49 LPA-VD). La municipalité et les
constructeurs, qui n'ont pas procédé, n'ont pas droit à des dépens (art. 55 LPA-VD).

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

 

 

I.                                  
Le recours est rejeté dans la mesure où il est
recevable.

II.                                
La décision rendue le 21 décembre 2012 par la
Municipalité de Château-d'Oex est confirmée.

III.                               
Un émolument judiciaire de 1'000 (mille) francs
est mis à la charge de la recourante.

IV.                             
Il n'est pas alloué de dépens. 

 

Lausanne, le 5 avril 2013 

 

                                                         La
présidente:

 

 

 

                                                                                                                  

Le présent arrêt est communiqué aux
destinataires de l'avis d'envoi ci-joint, ainsi qu'à l'Office fédéral du
développement territorial.

Il peut faire l'objet, dans les trente
jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en
matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours
constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.