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**Case Identifier:** 34653bb0-0008-5710-a228-3a7cb783cd45
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2020-10-22
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 22.10.2020 BB.2020.27
**Docket/Reference:** BB.2020.27
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BB-2020-27_2020-10-22

## Full Text

Disjonction de procédures (art. 30 CPP). Effet suspensif (art. 387 CPP).
;;Disjonction de procédures (art. 30 CPP). Effet suspensif (art. 387 CPP).
;;Disjonction de procédures (art. 30 CPP). Effet suspensif (art. 387 CPP).
;;Disjonction de procédures (art. 30 CPP). Effet suspensif (art. 387 CPP).

Décision du 22 octobre 2020 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 
Roy Garré, président, 
Giorgio Bomio-Giovanascini et  
Patrick Robert-Nicoud,  
le greffier Federico Illanez  

   
Parties  1. A. S.A., 

2. B. LDA, 
3. C. S.A.,  
4. D. S.A., 
5. E., 
6. F., 
représentés par Me Eric Alves de Souza, avocat,  
 
7. G., 
8. H. LIMITED, 
9. I. LTD, 
10. J. LTD, 
11. K. AS, 
12. L. INC.,  
13. M., 
représentés par Me François Chaudet, avocat,  

 
recourants 

 
  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: BB.2020.27-39 
Procédure secondaire: BP.2020.9-21 
 
 
 

- 2 - 
 
 

 contre 
   
  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

 
intimé  

 
   
Objet  Disjonction de procédures (art. 30 CPP) 

Effet suspensif (art. 387 CPP) 
  

- 3 - 
 
 

Faits: 
 

A. Le 4 août 2014, le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a, 
sur la base d’une information du Bureau de communication en matière de 
blanchiment d’argent (MROS), ouvert une procédure – référencée 
SV.14.0935 – à l’encontre de N. pour suspicion de blanchiment d’argent 
(art. 305bis du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 [CP; RS 311.0]). Par 
ordonnances du 20 août 2014 et 1er octobre 2018, l’enquête à l’encontre du 
prénommé a été étendue à, respectivement, du blanchiment d’argent 
aggravé (art. 305bis ch. 1 et 2 CP) et de l’escroquerie (art. 146 CP [act. 6.3, 
onglet n° 1, p. 1, 2, 6 et 7]). Par ordonnance du 30 septembre 2014, la 
procédure a été étendue contre O. pour blanchiment d’argent aggravé 
(art. 305bis ch. 1 et 2 CP) et faux dans les titres (art. 251 al. 1 CP [act. 6.3, 
onglet n° 1, p. 3]). Le 10 novembre 2015, l’instruction a aussi été étendue 
contre P. pour faux dans les titres (art. 251 al. 1 CP [act. 6.3, onglet n° 1, 
p. 5]). Diverses plaintes pénales ont également été déposées auprès de 
l’autorité d’enquête.  
 
En substance, N. est soupçonné d’avoir commis, sur sol helvétique, des 
actes de blanchiment d’argent qui pourraient être en lien avec les pertes de 
plusieurs milliards d’euros subies par la société mère du groupe Q., la 
holding luxembourgeoise R. SA et sa filiale S. SA, également sise au 
Luxembourg. Au cours des années 2008 à 2014, le groupe Q. aurait 
accumulé des pertes régulièrement compensées par l’émission constante et 
toujours croissante de dettes à travers ses sociétés, en premier lieu R. SA 
et S. SA, qui auraient été placées auprès des clients de la banque T., 
actuellement en liquidation. Pendant la même période, N. aurait mis en place 
des mécanismes permettant d’induire en erreur des tiers, dont les clients de 
la banque T., en usant d’affirmations fallacieuses dont la dissimulation de 
faits en lien avec la situation catastrophique du groupe Q. afin que ces 
derniers souscrivent dans des titres R. SA et S. SA qui se sont révélés sans 
valeur. Quant à O., il est soupçonné d'avoir commis, sur sol helvétique, des 
actes propres à entraver l'identification de l'origine, la découverte ou la 
confiscation de valeurs patrimoniales pouvant être issues d'infractions 
(fraude, abus de confiance, falsification et blanchiment de capitaux) 
commises notamment au Portugal et en lien avec les pertes de R. SA et sa 
filiale S. SA. Pour ce faire, il aurait, en sa qualité de commissaire aux 
comptes de R. SA, confectionné de faux états financiers et aurait, pour 
tromper autrui, fait usage de tels titres. Enfin, P. est soupçonné, en sa qualité 
d’ancien directeur helvétique de AA. SA, Luxembourg – succursale de 
Lausanne – d’avoir confectionné, sur sol helvétique, de faux états financiers 
de la société R. SA, par des manipulations comptables surévaluant les actifs 
et les profits d’une part, sous-évaluant les dettes et les pertes d’autre part. Il 

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aurait ainsi enregistré personnellement, au sein de la comptabilité de la 
société de nombreuses écritures sans support documentaire ni justification. 
 
 

B. Dans le cadre de l’enquête précitée, diverses personnes physiques et 
morales dont A. S.A., BB. Lda (actuellement B. Lda), C. S.A., D. S.A., E., F., 
G., H. Limited, I. Ltd, J. Ltd, K. AS, L. Inc., et M. (ci-après: les parties ou les 
recourants), se sont constituées parties plaignantes. 
 
 

C. Par missive du 22 décembre 2017, adressée aux conseils des parties, le 
MPC a estimé que des raisons objectives justifient d’ordonner la disjonction 
de la procédure contre P. du dossier principal et que ce dernier adhérait à la 
proposition des autorités de poursuite pénale. Un délai pour qu’elles puissent 
se déterminer à ce sujet a été fixé au 30 janvier 2018 et les pièces destinées 
à la disjonction ont été mises à leur disposition (v. par ex. act. 6.3, onglet 
n° 15, p. 15-61-0113; p. 15-62-0111; p. 15-63-0113; p. 15-64-0110). 
 
 

D. Diverses parties se sont déterminées dans le délai fixé par le MPC. Elles ont 
fait part de leur opposition à la disjonction de procédures tout en soulignant, 
en substance, n’avoir pas eu accès au dossier de la cause et n’avoir pas pu 
participer aux auditions de P. (v. par ex. act. 6.3, onglet n° 15, p. 15-61-0116 
ss; p. 15-62-0114 ss; p. 15-63-0116 ss; p. 15-64-0113 ss; act. 1.27). 
 
 

E. Par courrier du 30 mai 2018, le MPC a informé les parties, d’une part, qu’à 
l’issue des auditions, « il est prévu d’accorder un accès au dossier à toutes 
les parties à la procédure, selon leurs qualités et dans la mesure nécessaire 
à la sauvegarde de leurs intérêts » et, d’autre part, que pour faciliter la 
consultation, le dossier de la cause était en cours de digitalisation (v. par 
ex. act. 6.3, onglet n° 15, p. 15-61-0127; p. 15-62-0125; p. 15-63-0127; 
p. 15-64-0124). 
 
 

F. Suite à divers courriers des parties, en lien avec la question de la 
consultation du dossier, le MPC a relevé, par missive du 6 septembre 2018, 
que compte tenu du nombre de parties, du volume du dossier et des mesures 
mises en place pour protéger les intérêts légitimes au maintien du secret, du 
temps s’avérait nécessaire afin de préparer les supports électroniques du 
dossier et que ce dernier serait communiqué dans les meilleurs délais (v. par 
ex. act. 6.3, onglet n° 15, p. 15-61-0134 s.; p. 15-62-0132 s.; p. 15-63-0134 
s.; p. 15-64-0131 s.). 
 

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G. Par missive du 3 juillet 2019, le MPC, tout en constatant que les diverses 

parties à la procédure avaient eu, selon leur qualité respective, le droit de 
consulter le dossier, les a invitées à déposer leurs déterminations 
éventuelles quant à la disjonction de la procédure et cela jusqu’au 15 juillet 
suivant (v. par ex. act. 6.3, onglet n° 15, p. 15-61-0169 s.; p. 15-62-0165 s.; 
p. 15-63-0167 s.; p. 15-64-0164 s.). Dites déterminations ont été déposées 
dans le délai fixé (v. par ex. act. 6.3, onglet n° 15, p. 15-61-0171 ss; p. 15-
62-0162 ss; p. 15-63-0169 ss; p. 15-64-0166 ss). 
 
 

H. Par courrier du 18 octobre 2019, P. a confirmé au MPC, par l’intermédiaire 
de son conseil juridique, ses requêtes tendant à la disjonction de la 
procédure. Il a en outre fait état de son intérêt à la mise en œuvre d’une 
procédure simplifiée au sens des art. 358 ss du Code de procédure pénale 
suisse du 5 octobre 2007 (CP; RS 312.0 [act. 6.3, onglet n° 16, p. 16-02-
0273]). 
 
 

I. Le 13 février 2020, le MPC a ordonné, notamment, la disjonction de 
l’instruction menée à l’encontre de P. pour soupçons de faux dans les titres 
(art. 251 CP) de la procédure SV.14.0935 et le versement des pièces 
topiques de dite procédure dans celle disjointe et référencée SV.20.0210 
(act. 1.1). 
 
 

J. Par mémoire du 24 février 2020, les parties ont déféré le prononcé précité 
auprès de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral. Elles concluent: 

« A la forme: 
1.  Dire que le présent recours est recevable; 

2.  Octroyer l’effet suspensif au présent recours contre l’ordonnance de disjonction du 

Ministère public de la Confédération du 13 février 2020; 

Au fond: 
3.  Annuler l’ordonnance de disjonction du Ministère public de la Confédération du 13 février 

2020; 

4.  Autoriser les parties plaignantes à consulter sans restriction le dossier de la procédure; 

5.  Débouter toute partie de toutes autres conclusions; 

6.  Rembourser aux Recourants l’avance de frais versée sur les frais de la procédure de 

recours; 

7.  Allouer aux Recourants des dépens, lesquels comprendront une indemnité pour le 

défraiement des Recourants à leurs frais d’avocats, qui sera fixée en fin de procédure.» 
(act. 1, p. 3). 

 

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K. Par acte du 25 février 2020, la Cour des plaintes a octroyé l’effet suspensif 

à titre superprovisoire. À cette même occasion, le MPC a été invité à se 
déterminer tant sur la question de l’effet suspensif que sur le fond (act. 2). 
 
 

L. Par missive du 3 mars 2020, le MPC conclut au rejet de la requête d’effet 
suspensif (BP.2020.9-21, act. 3). Invités à répliquer, les recourants 
persistent, le 9 mars 2020, dans leur demande d’octroi dudit effet 
(BP.2020.9-21, act. 5). 
 
 

M. Dans sa réponse du 9 mars 2020, le MPC conclut, en substance et sous 
suite de frais, à l’irrecevabilité partielle du recours et, pour le surplus, au rejet 
de celui-ci ainsi qu’à la confirmation de l’ordonnance entreprise (act. 6). 
 
 

N. Les recourants persistent, dans leur réplique circonstanciée du 30 avril 2020, 
dans les conclusions de leur mémoire de recours (act. 15). 
 
 

O. Invité à dupliquer, le MPC persiste, par courrier du 15 mai 2020, dans ses 
conclusions tout en renvoyant à ses précédentes observations ainsi qu’à 
l’ordonnance de disjonction querellée (act. 17). Une copie de cette écriture 
a été transmise pour information aux recourants (act. 18). 
 
 
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 
si nécessaire, dans les considérants en droit. 
 
 
 
La Cour considère en droit: 
 

1.  
1.1 Les décisions du MPC peuvent faire l'objet d'un recours devant la Cour des 

plaintes du Tribunal pénal fédéral (art. 393 al. 1 let. a CPP et art. 37 al. 1 de 
la loi fédérale sur l'organisation des autorités pénales de la Confédération du 
19 mars 2010 [LOAP; RS 173.71]). 
 
Aux termes de l'art. 393 al. 2 CPP, le recours peut être formé pour violation 
du droit, y compris l'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation, le déni de 
justice et le retard injustifié (let. a), la constatation incomplète ou erronée des 
faits (let. b) ou l'inopportunité (let. c).  

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1.2 En tant qu’autorité de recours, la Cour de céans examine avec plein pouvoir 

de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis (v. MOREILLON/ 
DUPUIS/MAZOU, La pratique judiciaire du Tribunal pénal fédéral en 2011, in: 
JdT 2012 IV 5, p. 52 n° 199 et les références citées; Message relatif à 
l'unification du droit de la procédure pénale du 21 décembre 2005 [ci-après: 
Message CPP], FF 2006 1057, 1296 in fine; STRÄULI, Introduction aux 
articles 393-397 CPP in: Commentaire romand, 2e éd. 2019, n° 10; GUIDON, 
Basler Kommentar, 2e éd. 2014, n° 15 ad art. 393 CPP; KELLER, in: 
Donatsch/Lieber/Summers/Wohlers [édit.], Kommentar zur Schweizerischen 
Strafprozessordnung [ci-après: Kommentar StPO], 3e éd. 2020, n° 39 ad 
art. 393 CPP). 
 

1.3 Le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement est motivé et 
adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l'autorité de recours (art. 396 
al. 1 CPP). Déposé le 24 février 2020 contre une décision du 13 février 
précédent, le recours a été interjeté en temps utile. 
 

 
2.  
2.1 Les ordonnances de jonction ou disjonction sont des décisions incidentes 

qui ne mettent pas un terme à la procédure pénale en cours. Un recours 
contre celles-ci est certes recevable (STRÄULI, op. cit. n° 15 ad art. 393 CPP), 
mais le destinataire de la décision querellée doit être directement atteint par 
l’acte attaqué et doit faire valoir un intérêt juridiquement protégé. Toute partie 
qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification 
d’une décision dispose ainsi de la qualité pour recourir (v. art. 382 al. 1 CPP). 
L'intérêt juridiquement protégé se distingue de l'intérêt digne de protection, 
qui n'est pas nécessairement un intérêt juridique, mais peut être un intérêt 
de fait, ce dernier n’étant pas suffisant pour conférer la qualité pour recourir 
(ATF 136 I 274 consid. 1.3 p. 276; 133 IV 121 consid. 1.2 p. 124; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_601/2017 du 26 février 2018 consid. 2). Le recourant 
doit donc établir que la décision attaquée viole une règle de droit qui a pour 
but de protéger ses intérêts et qu'il peut, en conséquence, en déduire un 
droit subjectif. La violation d'un intérêt relevant d'un autre sujet de droit est 
insuffisante pour créer la qualité pour recourir (ATF 145 IV 161 consid. 3.1; 
131 IV 191 consid. 1.2.1 p. 193 et les références citées; arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_1239/2017 du 24 mai 2018 consid. 2.1; CALAME, Commentaire 
romand, op. cit., nos 1 et 2 ad art. 382 CPP). 
 
L’intérêt juridiquement protégé doit en outre être actuel et pratique (ATF 144 
IV 81 consid. 2.3.1 et références citées; décisions du Tribunal pénal fédéral 
BB.2020.13-15 du 12 mai 2020 consid. 3.1; BB.2014.83+BB.2014.86 du 
12 février 2015 consid. 1.1 et références citées; LIEBER, Kommentar StPO, 

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n° 7 ad art. 382 CPP). La notion de partie selon l’art. 382 CPP doit être 
comprise au sens des art. 104 et 105 CPP (ATF 139 IV 78 consid. 3.1; arrêt 
du Tribunal fédéral 6B_307/2019 du 13 novembre 2019 consid. 2.2.2). 
L'art. 104 al. 1 let. b CPP reconnaît cette qualité à notamment la partie 
plaignante soit, selon l'art. 118 al. 1 CPP, au « lésé qui déclare 
expressément vouloir participer à la procédure pénale comme demandeur 
au pénal ou au civil ». La notion de lésé est définie à l’art. 115 CPP. Il s’agit 
de toute personne dont les droits ont été touchés directement par l’infraction. 
 

2.2  
2.2.1 La jurisprudence en lien avec la qualité pour recourir retient l’existence d’un 

intérêt juridiquement protégé lorsque le recourant est touché directement et 
immédiatement dans ses droits propres, ce qui n'est pas le cas lorsqu'il est 
touché par un simple effet réflexe (ATF 145 IV 161 consid. 3.1 et références 
citées; 137 IV 280 consid. 2.2.1; arrêt du Tribunal fédéral 6B_942/2016 du 
7 septembre 2017 consid. 2.3 [non publié in ATF 143 IV 313]). Le recourant 
doit donc avoir subi une lésion (Beschwer), c'est-à-dire un préjudice causé 
par l'acte qu'il attaque et doit avoir un intérêt juridique à l'élimination de ce 
préjudice (arrêt du Tribunal pénal fédéral BB.2017.149 du 7 mars 2018 
consid. 3.1). L’atteinte est directe, par exemple, lorsqu’elle entraîne une 
violation des droits fondamentaux ou des libertés fondamentales, en 
particulier lorsque des mesures de contrainte sont ordonnées (ATF 145 IV 
161 consid. 3.1 et références citées; arrêt du Tribunal fédéral 1B_370/2019 
du 4 octobre 2019 consid. 2.1.1).  
 

2.2.2 En règle générale, seul peut se prévaloir d'une atteinte directe le titulaire du 
bien juridique protégé par la disposition pénale qui a été enfreinte (ATF 141 
IV 1 consid. 3.1 et références citées; décision du Tribunal pénal fédéral 
BB.2020.13-15 précité consid. 3.2). Les droits touchés sont les biens 
juridiques individuels tels que la vie et l'intégrité corporelle, la propriété, 
l'honneur, etc. (Message CPP, FF 2006 1057, 1148). 
 
En revanche, lorsque l'infraction protège en première ligne l'intérêt collectif, 
les particuliers ne sont considérés comme lésés que si leurs intérêts privés 
ont été effectivement touchés par les actes en cause, de sorte que leur 
dommage apparaît comme la conséquence directe de l'acte dénoncé (ATF 
138 IV 258 consid. 2.3 et référence citée; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_92/2018 du 17 mai 2018 consid. 2.1 et références citées). Le lésé doit 
donc, pour être directement touché, subir une atteinte en rapport de causalité 
directe avec l'infraction poursuivie, ce qui exclut les dommages par ricochet 
(arrêt du Tribunal fédéral 6B_694/2019 du 11 juillet 2019 consid. 2.1; 
v. décision du Tribunal pénal fédéral BB.2020.13-15 précité consid. 3.2 et 
références citées).  

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2.3 Il découle, des éléments cités ci-haut, que la recevabilité d’un recours est 

conditionnée à la preuve, par celui qui l’interjette, d’une lésion, c’est-à-dire 
un préjudice causé par l’acte qu'il attaque et donc de l’existence d’un intérêt 
juridiquement protégé à ce que ce préjudice soit éliminé. Il incombe, dans ce 
cadre, à la partie recourante de démontrer, sous peine de se voir dénier la 
qualité pour recourir, en quoi la décision attaquée viole une règle de droit 
ayant pour finalité de protéger ses intérêts – personnels – et en quoi elle en 
déduit un droit subjectif (v. CALAME, op. cit., nos 1 à 4 ad art. 382 CPP; 
PERRIER DEPEURSINGE, Code de procédure pénale suisse [CPP] annoté, 
2e éd. 2020, p. 382; PIQUEREZ/MACALUSO, Procédure pénale suisse, 
3e éd. 2011, n° 1911). 
 
In casu, les recourants, se sont constitués parties plaignantes à la procédure 
SV.14.0935 dirigée contre trois prévenus, à savoir, N., O. et P. (v. supra 
let. A). Quant à l’ordonnance de disjonction attaquée, elle ne concerne que 
le volet de la procédure en lien avec P., prévenu de faux dans les titres au 
sens de l’art. 251 CP. Les biens juridiques protégés par la disposition légale 
précitée sont, en général, collectifs puisque tant la confiance particulière 
placée dans un titre ayant valeur probante dans les rapports juridiques que 
la loyauté dans les relations commerciales (ATF 142 IV 119 consid. 2.2 et 
références citées) sont visées. Une atteinte à des intérêts individuels peut 
cependant également avoir lieu, en particulier, lorsque le faux dans les titres 
vise à nuire à un particulier (ATF 140 IV 155 consid. 3.3.3; 119 Ia 342 
consid. 2b et références citées). Tel est le cas lorsque le faux est l'un des 
éléments d'une infraction contre le patrimoine, la personne dont le patrimoine 
est menacé ou atteint ayant alors la qualité de lésée (ATF 119 Ia 342 
consid. 2b; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1274/2018 du 22 janvier 2019 
consid. 2.3.1 et références citées).  
 
La Cour de céans considère, en l’espèce, que la question de savoir si 
l’ordonnance de disjonction querellée porte atteinte aux droits des 
recourants – qui demeurent parties plaignantes aux procédures SV.14.0935 
et SV.20.0210 – puisqu’elle leur cause une lésion et qu’ils disposent donc 
d’un intérêt juridiquement protégé actuel et pratique à s’y opposer peut 
demeurer indécise compte tenu des considérants qui suivent. 
 
 

3. La Cour des plaintes relève, d’entrée de cause, que la conclusion des 
recourants tendant à ce que la consultation du dossier de la procédure leur 
soit autorisée sans restriction (act. 1, p. 3) est irrecevable, l’ordonnance 
querellée ne portant pas sur cette question. Il n’appartient pas à la Cour de 
céans, dont le pouvoir de cognition est circonscrit – en l’espèce – à la 
question de savoir si c’est à bon droit que le MPC a ordonné la disjonction 

- 10 - 
 
 

des procédures, de rendre des décisions allant au-delà de l’objet attaqué 
(décision du Tribunal pénal fédéral BB.2019.103+BP.2019.41 du 15 mai 
2020 consid. 6 et référence citée). 
 
 

4. Dans un grief qu’il convient de traiter en premier lieu compte tenu de sa 
nature formelle (ATF 137 I 195 consid. 2.2; arrêt du Tribunal fédéral 
2C_382/2017 du 13 décembre 2018 consid. 4), les recourants allèguent 
diverses violations de leur droit d’être entendus (act. 1, p. 13, 16 ss, 21 s.). 
 

4.1 L’art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 
18 avril 1999 (Cst.; RS 101) consacre le droit d’être entendu, lequel découle 
également du droit à un procès équitable (art. 6 par. 1 de la Convention de 
sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales – en 
vigueur pour la Suisse depuis le 18 novembre 1974 – [CEDH; RS 0.101]). 
Le droit d’être entendu garantit notamment au justiciable le droit de 
s’expliquer avant qu’une décision ne soit prise à son détriment, de fournir 
des preuves quant aux faits de nature à influer sur la décision, d’avoir accès 
au dossier, de participer à l’administration des preuves, d’en prendre 
connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 145 I 73 consid. 7.2.2.1 
et références citées; 142 III 48 consid. 4.1.1; 141 V 557 consid. 3.1; arrêts 
du Tribunal fédéral 6B_1368/2016 et 6B_1396/2016 du 15 novembre 2017 
consid. 2.1, [non publié in ATF 143 IV 469]; 6B_33/2017 du 29 mai 2017 
consid. 2.1). En procédure pénale, le droit d'être entendu est concrétisé à 
l’art. 107 CPP et il comprend le droit de consulter le dossier (let. a), de 
participer à des actes de procédure (let. b), de se faire assister par un conseil 
juridique (let. c), de se prononcer au sujet de la cause et de la procédure 
(let. d), et de déposer des propositions relatives aux moyens de preuves 
(let. e). La possibilité pour les parties de faire valoir leurs arguments suppose 
donc la connaissance préalable des divers éléments à disposition des 
autorités (ATF 132 II 485 consid. 3.2; BENDANI, Commentaire romand, 
op. cit., n° 10 ss ad art. 107 CPP). 
 
Lorsqu'une violation du droit d'être entendu est commise par une autorité de 
poursuite pénale, la procédure auprès de la Cour des plaintes – autorité de 
recours jouissant d'un plein pouvoir de cognition en fait et en droit – permet, 
en principe, la réparation. Toutefois, une telle réparation doit rester 
l'exception et n'est admissible, en principe, que dans l'hypothèse d'une 
atteinte aux droits procéduraux de la partie lésée qui n'est pas 
particulièrement grave (ATF 142 II 218 consid. 2.8.1; arrêts du Tribunal 
fédéral 6B_510/2018 du 31 juillet 2018 consid. 2.2.1; 6B_323/2017 du 
26 février 2018 consid. 2.1). La réparation d'une violation du droit d'être 
entendu peut néanmoins se justifier, même en présence d'un vice grave, 

- 11 - 
 
 

lorsque le renvoi constituerait une vaine formalité et aboutirait à un 
allongement inutile de la procédure, ce qui serait incompatible avec l'intérêt 
de la partie concernée à ce que sa cause soit tranchée dans un délai 
raisonnable (ATF 142 II 218 consid. 2.8.1; arrêts du Tribunal fédéral 
6B_510/2018 précité ibidem; 6B_323/2017 précité ibidem). 
 
Il convient d’examiner les divers griefs soulevés sous ce chapitre par les 
recourants. 
 

4.2 Ces derniers reprochent au MPC de leur avoir refusé l’accès à l’ensemble 
du dossier de la procédure à multiples reprises et ce jusqu’en décembre 
2017 où ledit accès (qui s’est concrétisé fin 2018), limité aux pièces relatives 
à P. – dont ils ne connaissaient pas l’inculpation – leur a été accordé compte 
tenu de l’annonce de prochaine disjonction. Le MPC aurait ainsi choisi de 
garder secrets des pans entiers de la procédure, notamment concernant N. 
et O., ce qui ne leur permettrait pas de défendre convenablement leurs droits 
et de prendre position quant à la disjonction envisagée. Le MPC aurait ainsi 
fait preuve de retard s’agissant de l’audition des deux prévenus précités, la 
responsabilité de ce manquement lui étant imputable (act. 1, p. 17 s.; act. 15, 
p. 3 à 5). Quant au MPC, il considère, en substance, que dans la mesure où 
les principaux protagonistes n’ont pas encore été entendus, l’accès au 
dossier peut être limité conformément à l’art. 101 al. 1 CPP. S’agissant du 
volet de la procédure concernant P., le MPC considère leur avoir octroyé un 
accès large au dossier de la procédure dans la mesure nécessaire à la 
sauvegarde de leurs intérêts (act. 6, p. 5 s.). 
 

4.2.1 Le droit de consulter le dossier et donc celui de s’exprimer sur les éléments 
pertinents avant qu'une décision ne soit prise (ATF 135 II 286 consid. 5.1 et 
références; 129 Il 497 consid. 2.2; 129 I 85 consid. 4.1) est un des corollaires 
du droit d'être entendu (ATF 126 I 7 consid. 2b et références citées; 
PIQUEREZ/MACALUSO, op. cit., n° 469) puisque la possibilité de faire valoir 
ses arguments dans une procédure suppose la connaissance préalable des 
éléments dont l'autorité dispose.  
 
La garantie de l'accès au dossier comprend le droit de consulter les pièces 
qui le composent, de prendre des notes ou de faire des photocopies, pour 
autant qu'il n'en résulte pas un surcroît de travail excessif pour l'autorité 
(ATF 126 I 7 consid. 2b; LUDWICZAK, A la croisée des chemins du CPP et de 
l'EIMP - la problématique de l'accès au dossier, in: RPS 133/2015, p. 302). 
L'accès à ce dernier est garanti aux parties, de manière générale, par 
l’art. 107 al. 1 let. a CPP. Il est en principe total (MOREILLON/PAREIN-
REYMOND, Petit commentaire, 2e éd. 2016, n° 3 ad art. 101 CPP; BENDANI, 
op. cit., n° 11 ad art. 107 CPP), l’art. 108 CPP étant réservé. En ce qui 
concerne plus particulièrement la partie plaignante, son droit à consulter le 

- 12 - 
 
 

dossier de la cause se limite aux aspects qui sont en lien avec l’acte 
dommageable qui la concerne (SCHMUTZ, Basler Kommentar, n° 8 ad 
art. 101 CPP; MOREILLON/PAREIN-REYMOND, op. cit., n° 14 ad art. 108 CPP).  
 
Quant aux restrictions au droit d’être entendu, que le ministère public peut 
ordonner d'office ou sur requête d'une des parties (art. 109 CPP), elles sont 
soumises à des conditions particulières et doivent être nécessaires 
(BENDANI, op. cit., n° 11 ad art. 108 CPP), ordonnées avec retenue et dans 
le respect du principe de proportionnalité (arrêt du Tribunal fédéral 
1B_474/2019 du 6 mai 2020 consid. 3.1.2 et références citées) et limitées 
dans le temps (LIEBER, op.cit., n° 12 ad art. 108 CPP). Elles sont admissibles, 
par exemple, lorsqu’il s’agit d’éviter de mettre en péril la recherche de la 
vérité matérielle ou d’exposer les éléments de preuve principaux avant 
terme, ou encore pour parer au risque de collusion (décision du Tribunal 
pénal fédéral BB.2012.27 du 24 mai 2012 consid. 2.2 et les références 
citées; MOREILLON/DUPUIS/MAZOU, La pratique judiciaire du Tribunal pénal 
fédéral en 2012, in: JdT 2013 IV 110, p. 126). Des restrictions à la 
consultation du dossier peuvent donc avoir lieu lorsqu’il s’agit de protéger 
des intérêts privés comme les secrets bancaire, de fabrication, militaire 
(VEST/HORBER, Basler Kommentar, op. cit., n° 6 ad art. 108 CPP) ou médical; 
lorsque la sphère privée ou intime doit être protégée (BENDANI, op. cit., n° 6 
ad art. 108 CPP;) ou encore lorsqu’il s’agit de veiller au respect des règles 
de l’entraide (arrêt du Tribunal fédéral 1B_364/2013 consid. 2.1; décision du 
Tribunal pénal fédéral BB.2017.121-122 du 18 juillet 2018 consid. 4). C'est 
à la direction de la procédure qu'il appartient de statuer sur la consultation 
des dossiers. Elle prend les mesures nécessaires pour prévenir les abus et 
les retards et pour protéger les intérêts légitimes au maintien du secret (arrêt 
du Tribunal fédéral 1B_474/2019 précité ibidem). L’autorité ne saurait 
toutefois différer indéfiniment la consultation du dossier puisqu’elle se doit 
d’établir que l’accès à celui-ci est susceptible de compromettre l’instruction 
et d’exposer les preuves importantes qui doivent être administrées 
auparavant (arrêt du Tribunal fédéral 1B_597/2011 du 7 février 2012 
consid. 2.2; v. décisions du Tribunal pénal fédéral BB.2019.86 du 7 février 
2020 consid. 2.3; BB.2015.126+BB.2015.129+BB.2015.130 du 21 avril 2016 
consid. 3.1). 
 

4.2.2  
4.2.2.1 En ce qui concerne le moment à partir duquel les parties peuvent consulter 

le dossier d’une procédure pendante, l’art. 101 al. 1 CPP précise qu’il aura 
lieu, au plus tard, après la première audition du prévenu et l'administration 
des preuves principales par le ministère public (« spätestens nach der ersten 
Einvernahme der beschuldigten Person und der Erhebung der übrigen 
wichtigsten Beweise », « al più tardi dopo il primo interrogatorio dell’imputato 

- 13 - 
 
 

e dopo l’assunzione delle altre prove principali »; [v. FONTANA, Commentaire 
romand, op. cit., n° 4 ss ad art. 101 CPP; Message CPP, FF 2006 1057, 
1140]). La formulation ouverte de l'art. 101 al. 1 CPP confère à la direction 
de la procédure un certain pouvoir d'appréciation qu'il convient de respecter 
(ATF 137 IV 280 consid. 2.3; décisions du Tribunal pénal fédéral 
BB.2017.121-122 précité ibidem; BB.2017.115-116 du 8 mai 2018 
consid. 2.1 et référence citée). Cela correspond à la volonté du législateur 
fédéral, lequel a clairement refusé, au profit des intérêts publics 
prépondérants à la manifestation de la vérité et au bon déroulement de 
l’enquête, de reconnaître de manière générale aux parties un droit de 
consulter le dossier dès le début de la procédure (ATF 137 IV 172 consid. 2.3 
[concernant le prévenu]; décision du Tribunal pénal fédéral BB.2019.86 
précité ibidem et références citées). Toutes les parties doivent toutefois 
avoir, en principe, le droit de consulter le dossier au plus tard lors de la phase 
de clôture de l'instruction (art. 318 CPP; CORNU, Commentaire romand, 
op. cit., n° 11 ad art. 318 CPP). 
 

4.2.2.2 S’agissant de la notion de « première audition », les contours dessinés à son 
propos par la jurisprudence et la doctrine se révèlent plutôt larges mais, une 
fois celle-ci effectuée, le MPC ne peut refuser l'accès au dossier au prévenu 
sur la base du seul art. 101 al. 1 CPP que si la seconde condition cumulative, 
soit « l'administration des preuves principales » – préalable à la naissance 
du droit à la consultation du dossier – n'est pas remplie (TPF 2016 124 
consid. 2.2.1; BB.2016.346 du 3 février 2017 consid. 2.3.1 et référence 
citée). La première audition peut, dans des affaires complexes, se dérouler 
sur plusieurs audiences si (et seulement si) le prévenu ne peut pas être 
interrogé sur l’ensemble des faits qui lui sont reprochés dans le cadre d’une 
seule audience (décision du Tribunal pénal fédéral BB.2016.346 du 3 février 
2017 consid. 2.3.1 et référence citée; SCHMUTZ, op. cit., n° 14 ad art. 101 
CPP; GRETER/GISLER, Le moment de la consultation du dossier pénal et les 
restrictions temporaires à son accès, in : forumpoenale 5/2013, p. 302). Le 
fait qu’un prévenu fasse usage, lors de la première audition, de son droit de 
se taire, respectivement de son refus de collaborer – ainsi que le lui autorise 
l’art. 113 CPP –, ne permet pas à la direction de la procédure de considérer 
que la première audition du prévenu n’a pas eu lieu (v. ATF 137 IV 172 
consid. 2.4 in fine; décisions du Tribunal pénal fédéral BB.2016.346 précité 
ibidem; BB.2016.13 du 19 mai 2016 consid. 2.2.1 et références citées). La 
consultation du dossier par une partie avant la première audition du prévenu 
n’est ainsi pas garantie par le CPP, même si rien n’empêche la direction de 
la procédure de l’autoriser, en tout ou partie, avant cette première audition 
(v. ATF 139 IV 25 consid. 5.5.2; décision du Tribunal pénal fédéral 
BB.2019.86 précité ibidem; v. FONTANA, op. cit., n° 4 et 4a ad art. 101 CPP; 
GRETER/GISLER, op. cit., p. 303). 

- 14 - 
 
 

 
In casu, P. a été entendu à six reprises, à savoir, les 27 et 28 juin 2016, le 
20 juillet 2016, le 15 septembre 2016, le 8 septembre 2017 et le 27 novembre 
2017 [v. act. 6.3, onglet n° 13]). Compte tenu de la complexité des faits sous 
enquête, des ramifications internationales de l’enquête, du laps de temps 
durant lequel P. aurait commis les actes qui lui sont reprochés, de la quantité 
d’informations que le MPC a dû compiler et analyser avant de pouvoir 
questionner le prénommé ainsi que de la durée des auditions – des journées 
entières – et de leur contenu, ses auditions doivent être considérées comme 
la « première audition » du prévenu au sens de l’art. 101 al. 1 CPP. 
 

4.2.3 En ce qui concerne les divers griefs soulevés par les recourants, ils sont 
rejetés pour les raisons qui suivent: 
 
a) En l’état, il ne peut être reproché au MPC d’avoir porté atteinte au droit 
d’être entendu des recourants en leur refusant l’accès aux pièces du dossier 
concernant N. et O. Conformément à l’art. 101 al. 1 CPP, les parties peuvent 
consulter le dossier d’une procédure pénale pendante au plus tard après la 
première audition du prévenu et l’administration des preuves principales. 
Dans la mesure où la première des deux conditions cumulatives prévues par 
le CPP – in casu la première audition des deux prévenus susmentionnés – 
n’est pas remplie, c’est à bon droit que le MPC a refusé d’accorder aux 
recourants l’accès aux pièces les concernant (v. supra consid. 4.2.2). Par 
ailleurs, et de façon générale, les recourants ne peuvent pas utiliser la 
présente procédure – dirigée contre l’ordonnance de disjonction du MPC – 
pour critiquer la manière dont le ministère public dirige l'enquête. En effet, 
outre que les recourants ont eu accès aux pièces de la procédure concernant 
P. et qu’ils ont pu se déterminer quant à leur contenu, ils n'établissent pas 
qu'ils ne seraient pas en mesure de faire valoir, ultérieurement, leurs griefs 
en lien avec la procédure menée contre N. et O. Cela scelle le sort de ce 
grief. 
 
b) Il n’est guère possible de suivre les recourants lorsqu’ils allèguent qu’ils 
n’ont pas pu se déterminer convenablement au sujet de la disjonction des 
procédures puisque leur accès au dossier de la cause n’a été limité qu’à 
certaines pièces (act. 1, p. 18, act. 15, p. 4). En dépit de la faculté de l’autorité 
de poursuite pénale de refuser l’accès au dossier de la cause – ou de le 
limiter qu’à certaines pièces – tant que la première audition des prévenus n’a 
pas encore eu lieu, cette dernière a accordé aux parties plaignantes l’accès 
aux pièces concernant P. – prévenu dont la disjonction de la procédure est 
envisagée – et cela dès la fin de ses auditions. Il ressort ainsi du dossier de 
la cause, que la dernière audition du prévenu a eu lieu le 27 novembre 2017 
(act. 6.3, onglet n° 13, p. 13-01-0282 ss.) et que moins d’un mois après, soit 
le 22 décembre 2017, le MPC a invité les parties à se déterminer au sujet de 

- 15 - 
 
 

la disjonction (v. par. ex. act. 6.3, onglet n° 15, p. 15-61-0113 s., 15-64-0110 
s., 15-77-0058 s.). Parmi la documentation rendue accessible figurent, outre 
les propres dénonciations pénales des recourants, la documentation 
bancaire obtenue lors de l’exécution des diverses mesures – exceptée celle 
concernant d’autres parties plaignantes –, les données concernant les 
informations saisies lors des diverses perquisitions, les rapports de CC. SA 
pour les années 2007 à 2013, les rapports de la Police judiciaire fédérale, 
les rapports de la Division analyse financière du MPC (ci-après: rapports 
FFA), les procès-verbaux des auditions des témoins, des personnes 
appelées à donner des renseignements (ci-après: PADR) – exceptés ceux 
des autres parties plaignantes – ainsi que ceux de P. et la documentation en 
lien avec les procédures d’entraide judiciaire et administrative (notamment 
les rapports de la FINMA et de la documentation en lien avec les demandes 
d’entraide adressées au Portugal, au Luxembourg et à la France). Certes, 
les diverses parties plaignantes n’ont pas reçu le dossier de la cause en 
même temps, mais, comme l’a mentionné le MPC en dates du 20 mai et 
6 septembre 2018, cela s’explique par le fait que du temps était nécessaire 
afin de digitaliser le dossier (v. par. ex. act. 6.3, onglet n° 15, p. 15-61-0127, 
15-64-0124, 15-77-0072) et pour, compte tenu du nombre de parties, 
préparer les supports informatiques à l’intention de chacune d’entre elles tout 
en protégeant leurs intérêts légitimes au maintien du secret (v. par. ex. 
act. 6.3, onglet n° 15, p. 15-61-0134, 15-64-0131, 15-77-0079). Les pièces 
transmises aux diverses parties plaignantes – assistées par des conseils 
juridiques – leur ont ainsi permis de se déterminer de manière circonstanciée 
quant à la question précise de la disjonction de procédures concernant P. 
Elles ont ainsi pu faire valoir leurs griefs tant auprès du MPC avant le 
prononcé de l’ordonnance querellée qu’auprès de la Cour de céans lors de 
la procédure de recours. Cela scelle le sort du grief sur ce point. 
 
c) Aucun « manquement » en lien avec le fait que les auditions de N. et O. 
n’ont pas encore eu lieu malgré le temps écoulé depuis l’ouverture de 
l’enquête (le 4 août 2014) ne peut être mis à la charge du MPC. Dès 
l’ouverture de la procédure, ce dernier, confronté à une enquête 
particulièrement complexe, de grande envergure et avec des ramifications 
internationales, a procédé à des investigations. Ainsi, dès le mois d’août 
2014, des mesures ont été prises afin d’obtenir, auprès de diverses 
institutions financières, des renseignements bancaires. Des perquisitions, 
des séquestres ou le blocage de comptes ont, dans ce contexte, été 
ordonnés (act. 6.3, onglets n° 7 et 8). Parallèlement à cela, et dès 2015, des 
auditions – environ une soixantaine – des parties plaignantes, des témoins, 
des PADR ou encore de P. (en tant que PADR et par la suite prévenu) ont 
été menées (act. 6.3, onglets n° 12 et 13). Des requêtes d’entraide judiciaire 
ou administrative ainsi que des séances de coordination avec des autorités 

- 16 - 
 
 

étrangères ont également eu lieu (act. 6.3, onglet n° 18). L’importance et le 
nombre d’actes d’enquête ordonnés par le MPC expliquent déjà, à eux seuls, 
le fait que l’enquête s’étende sur une durée relativement longue. Les parties 
ont néanmoins été informées, à plusieurs reprises, sur l’état d’avancement 
de l’enquête (v. par ex. act. 6.3, onglet n° 15, p. 15-61-0049 s., 0081s., 
0090 s., 0095 s., 0101 s., 0105 s., 0127 s., 0136 s.). Certes, deux des 
prévenus, N. et O. n’ont pas encore été entendus malgré l’écoulement de 
bon nombre d’années, mais c’est à l’autorité d’enquête que revient le choix 
de la stratégie à adopter afin de mener son enquête. Il ne peut donc lui être 
reproché s’agissant – comme en l’espèce – d’enquêtes financières 
complexes, de procéder, dans un premier temps, à l’obtention et à l’analyse 
des informations en lien avec l’affaire en cause pour, par la suite, procéder 
aux auditions. Au vu de ce qui précède, l’approche retenue par le MPC ne 
prête pas le flanc à la critique et il ne peut lui être fait grief d’avoir manqué à 
ses devoirs en n’auditionnant pas – encore – N. et O., l’organisation de ces 
auditions ne dépendant pas uniquement des autorités helvétiques, mais 
nécessitant des mesures de coordination avec des autorités étrangères. 
 
Il découle de ce qui précède, que les divers griefs des recourants doivent 
être rejetés. 
 

4.3 Les recourants reprochent ensuite au MPC d’avoir violé leur droit d’être 
entendus – sous l’angle du droit des parties à participer à l’administration 
des preuves – en ne les conviant pas aux auditions de P. nonobstant le fait 
que ce dernier a été entendu par les autorités helvétiques à six reprises. 
Puisque le MPC entend procéder par la voie de la procédure simplifiée, leur 
seule option serait, sous peine de ne pas avoir la possibilité d’entendre le 
prénommé en contradictoire, de rejeter l’acte d’accusation dressé dans le 
cadre de dite procédure, ce qui irait à l’encontre du principe de célérité. 
Quant à une quelconque audition du prévenu, en qualité de témoin, elle ne 
saurait réparer la violation du droit d’être entendu, ses deux statuts étant 
inconciliables (act. 1, p. 18 s.; act. 15, p. 6 et 7). En ce qui concerne le MPC, 
il considère que, sous réserve de la question de l’autorisation à consulter 
l’ensemble du dossier sans restriction (v. supra consid. 4.2.3), l’ouverture 
d’une procédure simplifiée à l’encontre de P. ne l’empêchera pas de donner 
suite à un mandat de comparution, la direction de la procédure gardant ainsi 
la faculté d’entendre le prénommé à titre de témoin et en contradictoire 
(act. 6, p. 8). 
 

4.3.1 L'art. 147 al. 1, 1re phrase CPP consacre le principe général de 
l'administration des preuves en présence des parties durant la procédure 
d'instruction et les débats. Il en ressort que les parties ont le droit d'assister 
à l'administration de celles-ci par le ministère public et les tribunaux et de 

- 17 - 
 
 

poser des questions aux comparants. Ce droit spécifique de participer et de 
collaborer découle du droit d'être entendu (v. art. 107 al. 1 let. b et e CPP). Il 
ne peut être restreint qu'aux conditions prévues par la loi (v. art. 108, 146 
al. 4 et 149 al. 2 let. b CPP; v. aussi art. 101 al. 1 CPP; Message CPP, FF 
2006 1057, 1166 s. ch. 2.4.1.3; ATF 140 IV 172 consid. 1.2.1; 139 IV 25 
consid. 4.2; BENDANI, op. cit. n° 28 ad art. 107 CPP; PERRIER DEPEURSINGE, 
op. cit., p. 168). Le droit de participer à l’administration des preuves, qui 
appartient à toutes les parties au sens de l’art. 104 CPP, n’est pas limité aux 
seuls interrogatoires et auditions et il peut être exercé lors de toutes les 
administrations des prévues (Message CPP, FF 2006 1057, 1166). Quant 
aux preuves administrées en violation de l'art. 147 al. 1 CPP, elles ne sont 
pas exploitables à la charge de la partie qui n'était pas présente (art. 147 
al. 4 CPP; v. ATF 143 IV 457 consid. 1.6.1; 140 IV 172 consid. 1.2.1 p. 175; 
arrêt du Tribunal fédéral 6B_952/2019 du 11 décembre 2019 consid. 1.1). 
 

4.3.2 L’interprétation de l’art. 147 CPP durant la phase initiale de l’instruction, 
c’est-à-dire jusqu’à la première audition des prévenus, doit être faite en 
tenant compte de l’art. 101 al. 1 CPP relatif à la consultation du dossier qui 
constitue, du point de vue objectif, une disposition étroitement liée (« Im 
Anfangsstadium der Untersuchung, nämlich bis zur ersten Einvernahme von 
beschuldigten Personen, ist bei der Auslegung von Art. 147 StPO auch der 
sachlich eng damit zusammenhängenden Bestimmung von Art. 101 Abs. 1 
StPO betreffend Akteneinsicht Rechnung zu tragen » [v. ATF 139 IV 25 
consid. 5.5.2]). Lors de l’application de ces dispositions du CPP, une 
cohérence entre les dispositions concernant la consultation du dossier et 
celles en lien avec la participation à l’administration des preuves doit être 
recherchée, leur contenu présentant un lien de connexité. Le Ministère public 
peut examiner au cas par cas – à l’image de la consultation du dossier selon 
l’art. 101 al. 1 CPP – s’il existe de motifs objectifs permettant de restreindre 
momentanément la présence des parties à l’administration des preuves 
(v. ATF 139 IV 25 consid. 5.5.4.1 et références citées). Les restrictions au 
droit de participer à l'obtention de preuves exigent – comme c'est également 
le cas s’agissant du droit de consulter le dossier – leur réexamen régulier, ce 
qui est contraire à la fois à l'économie de la procédure et à la protection des 
victimes, notamment en cas d'interrogatoire. La détermination de la vérité 
matérielle n'est possible qu'avec des preuves légalement admissibles, c'est-
à-dire dûment recueillies au cours de la procédure (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_256/2017 du 13 septembre 2018 consid. 2.2.2 et références citées). Des 
restrictions du droit à participer à l’administration des preuves peuvent certes 
avoir lieu, par exemple, lorsqu’il existe un risque de collusion concret. 
L’accusé (qui n’a pas encore été interrogé) peut, par exemple, être exclu de 
l’audition d’un coaccusé si celle-ci se rapporte à des faits objets de l’enquête 
qui le concernent personnellement et pour lesquels aucune injonction n’a 

- 18 - 
 
 

encore pu lui être signifiée. En revanche, la simple éventualité que des 
intérêts de la procédure soient abstraitement mis en péril par un 
comportement relevant de la tactique procédurale ne suffit pas à justifier une 
exclusion des auditions (v. ATF 139 IV 25 consid. 5.5.4.1 et références 
citées; arrêt du Tribunal fédéral 6B_256/2017 précité consid. 2.2.1).  
 

4.3.3 La Cour des plaintes constate, à titre liminaire, qu’il ne lui incombe pas de 
rendre des décisions qui vont au-delà de l’objet attaqué (décision du Tribunal 
pénal fédéral BB.2019.103+BP.2019.41 du 15 mai 2020 consid. 6 et 
référence citée; v. supra consid. 3), in casu, la disjonction de procédures 
ordonnée par le MPC. Compte tenu de ce qui précède, les allégations des 
recourants quant à une prétendue violation de leur droit à participer à 
l’administration des preuves sont prématurées.  
 
En ce qui concerne plus particulièrement le prononcé du MPC attaqué, 
l’autorité de céans relève que l’ensemble des pièces transmises aux parties 
plaignantes par l’autorité de poursuite pénale – dont les procès-verbaux 
d’audition du prévenu –, ont permis à celles-ci de se déterminer, de manière 
circonstanciée, quant à la question spécifique de la disjonction de la 
procédure concernant P. Le fait que les recourants n’ont pas été conviés à 
la « première audition » du prénommé (v. supra consid. 4.2.2.2) ne suffit pas 
pour retenir, à ce stade, que leur non-participation leur a causé une lésion 
actuelle et pratique et qu’ils disposent d’un intérêt juridiquement protégé à 
ce que cette question soit tranchée par la Cour de céans (v. supra 
consid. 2.1), une nouvelle audition du prévenu pouvant être réalisée par la 
suite. C’est d’ailleurs dans ce sens que le MPC s’est déterminé puisqu’il a 
considéré que la disjonction de la procédure et l’ouverture d’une procédure 
simplifiée à l’encontre de P. « ne l’empêchera pas de donner suite à un 
mandat de comparution » puisque la « direction de la procédure garde la 
faculté de l’entendre à titre de témoin et en contradictoire dans le cadre de 
la présente procédure » (act. 6, p. 8). Conformément à la jurisprudence, le 
prévenu pourra, en outre, être entendu dans le cadre de la procédure menée 
à l’encontre d’autres personnes impliquées comme coauteurs ou participants 
(v. ATF 140 IV 172 consid. 1.3 in fine) et cela même à la suite d’un jugement 
entré en force le concernant (v. ATF 144 IV 97). Partant de ce qui précède, 
les recourants, qui demeurent parties aux deux procédures, ne perdent pas 
leurs droits de parties dans les deux causes – et notamment sous l’angle de 
l’administration des preuves – et pourront donc entendre le prévenu et faire 
valoir leur droit à la confrontation. Enfin, s’agissant de la prétendue 
« dissymétrie des qualités » si P. est entendu en tant que témoin, la Cour de 
céans souligne que le statut procédural d’une personne convoquée à une 
audition est déterminé par l’autorité qui mène l’audition, la décision quant au 
rôle de la personne à auditionner étant prise au regard de l’état de fait et de 

- 19 - 
 
 

la situation juridique au moment de l’interrogatoire (ATF 144 IV 97 
consid. 2.1.3; PERRIER DEPEURSINGE, Commentaire romand, op. cit., n° 29 
ad art. 178 CPP; JEANNERET/KUHN, Précis de procédure pénale, 2e éd. 2018, 
nos 12004 et 12005). Cela scelle le sort du grief sur ce point. 
 
Tel est également de cas s’agissant du grief des recourants d’après lequel 
ils ne pourront entendre le prévenu qu’en s’opposant à la procédure 
simplifiée envisagée par le MPC (v. art. 360 al. 5 CPP), l’éventuelle poursuite 
par cette voie (art. 358 ss CPP) – qui constitue un fait futur – ne suffisant pas 
à retenir que l’intérêt juridiquement protégé est actuel et pratique. Il n’est 
ainsi pas d’emblée évident que la disjonction ordonnée puisse causer, en 
l’état, une lésion qu’aucune décision ultérieure ne serait à même de réparer. 
Enfin, il n’incombe pas à la Cour des plaintes de se prononcer quant à la 
stratégie procédurale à adopter par les recourants en lien avec la question 
de leur éventuelle opposition à la mise sur pied d’une procédure simplifiée 
(v. art. 360 al. 5 CPP).  
 

4.4 Les recourants font également grief au MPC de s’être rendu responsable de 
déni de justice et de retard injustifié en ne leur accordant pas le libre accès 
au dossier de la cause depuis 2015 – et un accès partiel dès 2018 – et en 
tardant à répondre à leurs diverses requêtes (act. 1, p. 21 et 22). Quant à 
l’autorité de poursuite pénale, elle retient qu’elle a accordé un large accès 
au dossier de la cause et que les recourants n’ont jamais attaqué ses 
prononcés leur refusant l’accès au dossier (act. 6, p. 5). 
 

4.4.1 Toute personne a droit, dans une procédure judiciaire ou administrative, à 
ce que sa cause soit traitée équitablement et dans un délai raisonnable 
(art. 29 al. 1 Cst.). L’art. 6 par. 1 CEDH n’apporte pas, à ce propos, de 
protection plus étendue que la disposition constitutionnelle (ATF 143 IV 373 
consid. 1.3.1 et références citées). Dans la mesure où le déni de justice et le 
retard injustifié sont prohibés par le droit, l’art. 393 al. 2 let. a CPP ne fait que 
préciser qu’un comportement passif de l’autorité précédente est susceptible 
de recours (STRÄULI, op. cit. n° ad art. 393 CPP) et que ce dernier n’est 
soumis à aucun délai (art. 396 al. 2 CPP). 
 

4.4.2  
4.4.2.1 Il y a déni de justice formel lorsqu’une autorité refuse indûment de se 

prononcer sur une requête ou sur un moyen de droit qui lui est soumis et 
dont l’examen relève de sa compétence (ATF 117 Ia 116 consid. 3a). En 
revanche, dès le moment où l’autorité entre en matière et statue 
formellement sur le moyen de droit qui lui est soumis, il ne peut y avoir de 
déni de justice formel, mais seulement une violation du droit d’être entendu 
dans l’hypothèse où la motivation de la décision ne satisfait pas aux 

- 20 - 
 
 

exigences minimales déduites de l’art. 29 al. 2 Cst. 
 

4.4.2.2 Le déni de justice matériel (ou retard à statuer) a lieu lorsque l’autorité 
compétente ne se prononce pas dans le délai prescrit par la loi ou dans un 
délai qui, d’après la nature de l’affaire et de l’ensemble des circonstances, 
paraît raisonnable (v. art. 5 CPP). La détermination du caractère raisonnable 
de la durée de la procédure échappe à des règles rigides et la question de 
savoir si celle-ci apparaît raisonnable s’examine dans chaque cas concret, 
en considération de l’ensemble des circonstances particulières (ATF 143 IV 
373 consid. 1.3.1; 130 I 312 consid. 5 et références citées). Le prévenu a 
droit en priorité au respect du principe de la célérité et, dans une mesure 
légèrement moindre, les autres participants à la procédure, tels que la partie 
plaignante (arrêts du Tribunal fédéral 6B_1014/2016 du 24 mars 2017 
consid. 1.3.1; 1B_549/2012 du 12 novembre 2012 consid. 2.3 et références 
citées; décision du Tribunal pénal fédéral BB.2020.45 du 4 mai 2020 
consid. 3.1). La durée du délai raisonnable n'est pas influencée par des 
circonstances étrangères au problème à résoudre (arrêt du Tribunal fédéral 
1P.107/2006 du 20 mars 2006 consid. 2 et références citées; arrêt du 
Tribunal pénal fédéral BB.2010.88 du 27 janvier 2011 consid. 3.3). Il est 
nécessaire de se fonder sur des éléments objectifs comme le degré de 
difficulté de l’affaire, la complexité des questions factuelles et juridiques 
soulevées, l’enjeu que revêt le litige pour l’intéressé ainsi que le 
comportement de ce dernier et celui des autorités compétentes (ATF 135 I 
265 consid. 4.4). Le comportement de l'intéressé s'apprécie avec moins de 
rigueur en procédure pénale et administrative qu'en procédure civile; celui-
ci doit néanmoins entreprendre ce qui est en son pouvoir pour que l'autorité 
fasse diligence notamment en l'invitant à accélérer la procédure ou en 
recourant, le cas échéant, pour retard injustifié (ATF 130 I 312 consid. 5.2; 
arrêts du Tribunal fédéral 1P.442/2006 du 14 novembre 2006 consid. 3.1; 
1P.459/2006 du 13 octobre 2006 consid. 4). Quant à l'autorité, il ne saurait 
lui être reproché quelques « temps morts », ceux-ci étant inévitables dans 
une procédure (ATF 124 I 139 consid. 2c). Lorsqu’aucun d’eux n’est d'une 
durée vraiment choquante, c’est l’appréciation d'ensemble qui prévaut; des 
périodes d’activité intense peuvent donc compenser le fait que le dossier a 
été laissé momentanément de côté en raison d’autres affaires (ATF 130 IV 
54 consid. 3.3; arrêts du Tribunal fédéral 6B_1385/2019 du 27 février 2020 
consid. 5, 6B_1000/2019 du 19 février 2020 consid. 4.1; 6B_640/2012 du 
10 mai 2013 consid. 4.1; décision du Tribunal pénal fédéral BB.2020.45 
précité ibidem; PERRIER DEPEURSINGE, op. cit., p. 23; MOREILLON/PAREIN-
REYMOND, op. cit., nos 4 et 5 ad art. 5 CPP). Selon la jurisprudence 
européenne, apparaissent comme des carences choquantes une inactivité 
de treize ou quatorze mois au stade de l'instruction, un délai de quatre ans 
pour qu'il soit statué sur un recours contre l'acte d'accusation, un délai de dix 

- 21 - 
 
 

ou onze mois pour que le dossier soit transmis à l'autorité de recours. Le 
principe de la célérité peut être violé, même si les autorités pénales n'ont 
commis aucune faute; elles ne sauraient ainsi exciper des insuffisances de 
l'organisation judiciaire (ATF 130 IV 54 consid. 3.3 et références citées; arrêt 
du Tribunal fédéral 6B_203/2019 du 10 avril 2019 consid. 3.1; v., pour 
d’autres exemples jurisprudentiels, HOTTELIER, Commentaire romand, 
op. cit., n° 13 ad art. 5 CPP; MOREILLON/PAREIN-REYMOND, op. cit., n° 11 et 
12 ad art. 5 CPP). Enfin, la jurisprudence a précisé que, pour pouvoir se 
plaindre d’un retard injustifié, la partie recourante doit être vainement 
intervenue auprès de l'autorité pour que celle-ci statue dans les plus brefs 
délais (ATF 126 V 244 consid. 2d; arrêts du Tribunal fédéral 1B_232/2018 
du 4 juin 2918 consid. 3; 1B_24/2013 du 12 février 2013 consid. 4 et 
références citées). 
 

4.4.3 En l’espèce, les recourants ne peuvent pas être suivis lorsqu’ils reprochent 
à l’autorité de poursuite pénale d’avoir commis un déni de justice et/ou un 
retard injustifié. S’agissant du premier, force est de constater que le MPC a 
donné suite aux diverses requêtes des recourants en lien avec l’accès au 
dossier ou à des parties de celui-ci. Ainsi, les requêtes du 20 avril 2015, 
11 mai 2015, 8 septembre 2015, 2 septembre 2016, 18 octobre 2016 ou 
encore 6 janvier 2017 (act. 6.3, onglet n° 15, p. 15-61-0004 s., 40 s., 55 s., 
86 s., 92 s., 97), ont reçu une réponse – négative – en date du 1er mai 2015, 
29 mai 2015, 24 septembre 2015, 13 octobre 2015, 25 novembre 2016 ou 
3 mars 2017 (act. 6.3, onglet n° 15, p. 15-61-0009 s., 49 s., 61, 90 s., 95 s., 
101 s.). Même lorsque certaines parties plaignantes ont requis du MPC une 
ordonnance motivant un éventuel refus, la réponse circonstanciée de ce 
dernier n’a pas fait l’objet d’un recours (v. par exemple missive du 6 janvier 
2017 et réponse du MPC du 3 mars suivant [act. 6.3, onglet n° 15, p. 15-61-
0097, 0101 s.]). En ce qui concerne le second, certes le MPC a parfois donné 
suite aux requêtes des parties après plusieurs semaines, mais la conception 
des recourants quant au temps nécessaire à répondre se heurte aux 
spécificités de la cause. Force est de constater que les faits objet de 
l’enquête menée par le MPC se révèlent pour le moins complexes. Outre 
l’aspect international des investigations, l’instruction en cours se caractérise 
par le nombre très important de parties impliquées, le nombre d’auditions qui 
ont dû être menées (une soixantaine d’après l’inventaire des pièces fourni 
par le MPC) ainsi que par la quantité d’informations qui ont dû être compilées 
et traitées. Dès lors, un laps de temps pouvant atteindre quelques semaines 
ne peut être considéré comme constitutif d’un retard injustifié. N’en déplaise 
aux recourants, ils ne peuvent pas être suivis lorsqu’ils soutiennent que leur 
requête du 2 septembre 2019 (v. par ex. act. 6.3, onglet n° 15, p. 15-61-
0178), par laquelle ils requièrent des informations quant aux actes 
d’instruction prévus, est caractéristique du retard dont a fait preuve le MPC, 

- 22 - 
 
 

ce dernier les ayant maintenus dans l’ignorance pendant plus de cinq mois 
(act. 1, p. 22). Contrairement à ce qu’allèguent les recourants, une réponse 
faisant état, d’une part, de la constitution de nouvelles parties plaignantes et 
du fait que des actes d’instruction étaient en cours d’exécution et, d’autre 
part, du fait qu’une décision de disjonction des procédures serait rendue 
dans les plus brefs délais, leur a été adressée le 21 octobre 2019 par le MPC 
(v. par ex. act. 6.3, onglet n° 15, p. 15-61-0180). Partant, les griefs des 
recourants sont infondés et doivent être rejetés. 
 
La Cour de céans relève, par surabondance, d’une part, qu’il ne saurait être 
reproché à l’autorité d’enquête quelques « temps morts », ceux-ci étant 
inévitables dans une procédure (v. supra consid. 4.4.2.2) et, d’autre part, que 
le MPC n’est pas resté inactif entre le 2 septembre 2019 et le 13 février 2020 
– date de l’ordonnance de disjonction – puisqu’il ressort de l’inventaire des 
pièces à disposition de la Cour de céans que le MPC a adressé diverses 
missives entre septembre et octobre à la banque T. et à la FINMA (act. 6.2, 
p. 63, 64, 268) étant précisé que l’inventaire des pièces à disposition de la 
Cour de céans est partiellement caviardé et correspond à celui qui a été 
transmis, en dernier lieu, à Me Eric Alves de Souza le 9 décembre 2019.   
 
 

5. Les recourants allèguent, en outre, une violation du principe de l’unité de la 
procédure et du principe de célérité. 
 

5.1 L'art. 29 al. 1 CPP consacre le principe de l'unité de la procédure, qui 
constitue un principe fondamental de la procédure pénale suisse. Ce 
principe permet de garantir non seulement le principe d’égalité de traitement 
et d’équité (art. 8 Cst.; art. 3 al. 2 let. c CPP), mais tend aussi à éviter des 
jugements contradictoires et sert l'économie de la procédure (ATF 138 IV 29 
consid. 3.2; 138 IV 214 consid. 3.2; v. art. 5 al. 1 CPP). Conformément à 
celui-ci, les infractions sont poursuivies et jugées conjointement lorsqu’un 
prévenu a commis plusieurs infractions (art. 29 al. 1 let. a CPP) ou s’il y a 
plusieurs coauteurs ou participants – complices et instigateurs – (art. 29 al. 1 
let. a CPP; v. BOUVERAT, Commentaire romand, op. cit., n° 1 ad art. 29 CPP; 
JEANNERET/KUHN, op. cit., n° 3034; BARTETZKO, Basler Kommentar, op. cit., 
n° 6 ad art. 29 CPP). 
 

5.2  
5.2.1 Selon l'art. 30 CPP, si des raisons objectives le justifient, le ministère public 

et les tribunaux peuvent ordonner la disjonction – ou la jonction – de 
procédures pénales. Elle doit toutefois rester l'exception. Les raisons 
factuelles doivent être objectives (arrêt du Tribunal fédéral 1B_92/2020 du 
4 septembre 2020 consid. 4.2). Le principe de célérité de la procédure 
pénale (art. 5 CPP) est un des motifs permettant de disjoindre des 

- 23 - 
 
 

procédures. La disjonction doit avant tout servir à garantir la rapidité de la 
procédure et à éviter des retards injustifiés (ATF 138 IV 214 consid. 3.2; arrêt 
du Tribunal fédéral 1B_150/2017 du 4 octobre 2017 consid. 3.3; décision du 
Tribunal pénal fédéral BB.2017.51 du 29 août 2017 consid. 3; PERRIER 
DEPEURSINGE, op. cit., art. 30 CPP, p. 54; MOREILLON/PAREIN-REYMOND, 
op. cit., n° 3 ad art. 30 CPP et référence citée). Figurent parmi les autres 
motifs permettant de disjoindre des procédures: lorsque plusieurs faits sont 
reprochés à un auteur et que seule une partie de ceux-ci sont en état d'être 
jugés, la prescription s'approchant; lorsqu’un coauteur est arrêté alors que 
les autres participants sont en voie d’être jugés; lorsque l'enquête pénale 
contre un accusé emprisonné est terminée et que l'audience à son encontre 
a été reportée parce qu'un co-accusé a entre-temps été arrêté; lorsque des 
difficultés existent compte tenu du grand nombre de coauteurs dont certains 
seraient introuvables ou durablement absents; en cas de mise en œuvre 
d’une longue procédure d’extradition; ou, lorsqu’il y a le risque que certaines 
infractions puissent prescrire (ATF 138 IV 214 consid. 3.2; 138 IV 29 
consid. 3.2; arrêts du Tribunal fédéral 1B_92/2020 précité ibidem; 
1B_553/2018 du 20 février 2019 consid. 2.1 et références citées; 
1B_124/2016 du 12 août 2016 consid. 4.4; décision du Tribunal pénal fédéral 
BB.2017.86 du 15 septembre 2017 consid. 2.1; BOUVERAT, op. cit., n° 4 ad 
art. 29 CPP; MOREILLON/PAREIN-REYMOND, op. cit., n° 3 ad art. 30 CPP; 
BARTETZKO, op. cit., n° 3 ad art. 30 CPP).  
 

5.2.2 La mise en œuvre d'une procédure simplifiée (art. 358 ss CPP) à l'égard d'un 
ou plusieurs co-prévenus alors que la procédure ordinaire doit être suivie 
pour d'autres peut, selon les circonstances, également constituer une raison 
objective justifiant une disjonction (arrêt du Tribunal fédéral 1B_187/2015 du 
6 octobre 2015 consid. 2.8; PERRIER DEPEURSINGE, op. cit., art. 30 CPP, 
p. 55). La poursuite par la voie précitée ne constitue toutefois pas, en soi, un 
motif de disjonction en cas de pluralité d’auteurs (arrêt du Tribunal fédéral 
1B_92/2020 précité ibidem) et l’autorité de poursuite doit, en pareille 
hypothèse, examiner – et le cas échéant justifier dans son ordonnance – si 
est dans quelle mesure une disjonction peut avoir lieu compte tenu de 
l’ensemble des circonstances (arrêts du Tribunal fédéral 1B_92/2020 précité 
ibidem; 1B_553/2018 précité ibidem). Le principe de l’unité de la procédure 
prévaudra, en particulier, en présence de coauteurs ou de participants, dès 
le moment où les faits ne sont pas clairs ou qui sont contestés de plusieurs 
côtés, qu’il y a un risque que l'un des participants veuille mettre la faute sur 
les autres ou que les divers participants s’incriminent mutuellement de sorte 
qu’il existe un risque de décisions contradictoires (arrêts du Tribunal fédéral 
6B_135/2018 du 22 mars 2019 consid. 1.2 et références citées; 
1B_187/2015 précité ibidem et les références citées, notamment l’ATF 116 
Ia 305 consid. 4a; décision du Tribunal pénal fédéral BB.2019.141 du 

- 24 - 
 
 

25 novembre 2019 consid. 2.1 in fine). Enfin, une exception au principe de 
l’unité de la procédure ne saurait se fonder sur de simples motifs de 
commodité (BOUVERAT, op. cit., n° 2 ad art. 30 CPP; MOREILLON/PAREIN-
REYMOND, op. cit., n° 3 ad art. 30 CPP). 
 

5.3  
5.3.1 Les recourants considèrent que P. a joué un rôle central dans la disparition 

des avoirs des clients de la banque T., qu’il a agi en co-activité avec N. et 
O., que ses agissements sont au cœur de la procédure principale et ont été 
essentiels à l’exécution des infractions commises par les deux autres 
prévenus et que par conséquent, l’ordonnance de disjonction conduirait à 
retirer de la procédure principale l’exécuteur des falsifications dont ils ont été 
victimes et qui ont été voulues et conçues par N. et O. (act. 1, p. 15 s.; act. 15 
p. 5 s.). La disjonction consacrerait, en outre, une violation du principe de 
célérité puisqu’il est primordial que le MPC maintienne la procédure contre 
les trois prévenus car, dans le cas contraire, la disjonction aboutirait à 
abandonner l’action pénale menée contre N. et O. (act. 1, p. 19 s.; act. 15, 
p. 7).  
 

5.3.2 Quant au MPC, il estime, en substance, que le rôle de P. « est très circonscrit 
et apparaît être clairement accessoire à la disparition des avoirs de la 
banque, dite disparition étant le dommage direct des agissements criminels 
apparemment perpétrés en amont par N. et O. » (act. 6, p. 6); que son rôle 
est accessoire puisqu’il ne fait pas partie des personnes ayant la 
connaissance des tenants et aboutissants du système de fraude, 
respectivement d’escroquerie mis en place; que P. est poursuivi pour faux 
dans les titres dans le cadre de l’établissement de la comptabilité de R. SA 
et qu’il a entièrement admis les faits; et, que compte tenu des faits retenus à 
l’encontre du prévenu – qui sont clairement établis – il n’y a pas de risque 
que celui-ci rejette la faute sur les autres prévenus (act. 6, p. 6 s.; act. 17, 
p. 3). Enfin, le MPC considère que les investigations contre N. et O. se 
poursuivent et sont susceptibles de durer compte tenu de la vaste procédure 
ouverte au Portugal contre une trentaine de co-accusés – dont ne fait pas 
partie P. – pour des actes de gestion déloyale, blanchiment d’argent et 
falsification de documents en lien avec l’obligation de tenir des comptes 
consolidés; qu’une coordination internationale entre les diverses autorités 
est encore nécessaire compte tenu de l’ampleur des investigations, de ces 
ramifications internationales et du domicile des prévenus; et, qu’au regard 
du principe de célérité, il serait difficilement admissible que P. – qui a requis 
la mise en œuvre d’une procédure simplifiée – doive atteindre le résultat des 
investigations nationales, respectivement portugaises, avant d’être jugé 
(act. 6, p. 6 s.; act. 17, p. 3). 
 

- 25 - 
 
 

5.3.3 Il ressort du dossier de la cause, que: 
 
a) Le MPC diligente une enquête pénale contre N. pour blanchiment d’argent 
aggravé et escroquerie, contre O. pour blanchiment d’argent aggravé et faux 
dans les titres et contre P. pour faux dans les titres (v. supra let. A). Quant 
aux autorités portugaises, elles mènent une enquête contre N. et O. pour 
des faits pouvant être constitutifs de, notamment, escroquerie aggravée, 
gestion déloyale et abus de confiance (art. 205, 217, 218, 224 du Code pénal 
portugais [in act. 1.1, p. 1]) 
 
b) Le MPC estime, être proche du terme s’agissant des investigations en lien 
avec l’activité déployée par P. et que, sous réserve de quelques actes 
d’instruction complémentaires, le dossier devrait être en état d’être jugé. Tel 
n'est en revanche pas le cas des investigations dirigées contre les deux 
autres prévenus puisqu’ils sont poursuivis pour des faits – notamment 
d’escroquerie et de blanchiment d’argent – commis pour une part 
prépondérante au Portugal, le résultat des investigations menées à 
l’étranger étant nécessaire, conjointement avec celui des investigations 
helvétiques, à la détermination du crime préalable (act. 1.1, p. 3). 
 
c) Les conclusions des rapports FFA du MPC du 11 octobre et 30 novembre 
2017 relèvent, entre autres, que P., en tant que directeur de AA. SA a 
perpétré une kyrielle d’actes incriminables; qu’il savait contrevenir aux règles 
en vigueur lorsque AA. SA exécutait des transactions aussi importantes que 
suspectes sans le moindre support documentaire; qu’il ne pouvait pas 
ignorer la portée des nombreuses manipulations comptables qu’il a 
exécutées sous la houlette de O. et qui ont permis de dissimuler l’état de 
surendettement chronique de R. SA sur plusieurs années; que même si P. 
prétend avoir subi des pressions de O. il a tout de même accepté d’accomplir 
ces actes en gardant le silence sur d’innombrables irrégularités tout en 
empochant des rétributions confortables octroyées par son employeur; que 
sur les instructions de O. – qui s’occupait également du contrôle légal des 
comptes de R. SA – il a établi dès 2008 les journaux d'écritures 
complémentaires de R. SA; que la situation financière présentée dans ces 
journaux n’était pas confirmée par des pièces justificatives; que 
contrairement à l’état globalement favorable présenté dans les comptes, 
R. SA était largement déficitaire et surendettée; que le surendettement était 
caché par de multiples et répétées manipulations comptables surévaluant 
les actifs et les profits d'une part, et sous-évaluant les dettes et les pertes 
d'autre part; que P. a confirmé qu’à partir de 2008 il y avait des différences 
entre les dettes indiquées dans l’inventaire « Situation des engagements » 
transmis à, notamment, O. et celles enregistrées dans les comptes annuels 
statutaires individuels de R. SA; qu’il a également témoigné qu’à partir de 
2008 des passifs, de montants élevés avec un impact important sur les 

- 26 - 
 
 

comptes de R. SA, ont été dissimulés sur la base des instructions de O.; que 
R. SA était largement surendettée au moins à partir de 2007; que P. a établi, 
sur instruction de O., non seulement des fausses pièces comptables sans 
documents justificatifs à l’appui, mais les a également enregistrées ou fait 
enregistrer dans les journaux complémentaires devant refléter les résultats 
comptables et la situation financière; et, que l’unique but était clairement de 
cacher les pertes considérables ainsi que le surendettement manifeste de 
R. SA (v. act. 6.3, onglet n° 11, spéc. p. 11-01-0045, 0231, 0234, 0405, 
0406). 
 
d) P., citoyen helvétique domicilié en Suisse, est le seul protagoniste sur sol 
suisse à avoir été entendu et a, lors des auditions menées par le MPC, admis 
les faits qui lui sont reprochés et requis la poursuite de la procédure à son 
encontre par la voie simplifiée (v. act. 6.3, onglet n° 13 p. 13-01-0004 ss et 
n° 16, p. 16-02-0273). Quant à N. et O., ils n’ont pas encore été auditionnés 
par les autorités de poursuite helvétique, et cela, pour des raisons 
indépendantes de leur seule volonté (v. supra consid. 5.3.2). 
 

5.3.4 In casu, n’en déplaise aux recourants, les faits de la cause, tels qu’ils 
ressortent du dossier soumis à l’autorité de céans, sont de nature à justifier 
la disjonction des procédures ici entreprise. Force est de constater que les 
faits dans lesquels s'inscrit l’instruction menée par le MPC se révèlent pour 
le moins complexes. Outre l'aspect international des investigations, l’enquête 
en cours se caractérise par l'existence d’une soixantaine de parties et par le 
fait que deux des trois prévenus ne se trouvent pas sur sol helvétique et n’ont 
pas encore pu être entendus par les autorités suisses. L’autorité de poursuite 
est donc confrontée à une affaire de grande ampleur, constat qui explique 
déjà à lui seul le fait que l’enquête s’étende sur une durée de plus de six ans. 
Contrairement aux deux autres prévenus, P. a été entendu et a avoué les 
faits que lui sont reprochés. La disjonction ici envisagée tend dès lors à éviter 
des retards injustifiés et à garantir le respect du principe de célérité puisque 
ce dernier s’applique tout autant à l’égard des autorités chargées de la 
poursuite pénale qu’à celui du prévenu, aucun d’eux n’ayant la priorité. 
Indépendamment de la question de la mise en œuvre d’une procédure 
simplifiée qui ne constitue pas, en soi, un motif suffisant pour disjoindre les 
procédures, l’autorité de poursuite pénale a justifié (dans son ordonnance du 
9 mars 2020), après analyse des circonstances particulières du cas 
d’espèce, les raisons pour lesquelles la disjonction se justifie. Elle a fait état, 
entre autres, du fait que contrairement à l’instruction à l’encontre de N. et O., 
qui risque de durer compte tenu de l’ampleur des investigations en cours, de 
ses ramifications internationales et du fait que l’issue des enquêtes au 
Portugal est, conjointement avec les investigations menées en Suisse, 
nécessaire à la détermination du crime préalable aux actes de blanchiment 

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et escroquerie suspectés commis sur territoire helvétique, celle en lien avec 
les actes reprochés à P., qui a reconnu les faits, est proche d’être achevée, 
le dossier étant en état d’être jugé, sous réserve de certains actes 
d’instruction complémentaires. Les actes reprochés à P. sont donc clairs 
(faux dans les titres) et ne sont, a priori, pas contestés. Compte tenu de ce 
qui précède, l’autorité de céans considère que la disjonction des procédures 
s’avère, compte tenu des particularités du cas d’espèce, justifiée sous l’angle 
du respect du principe de célérité, motif au demeurant admis par la 
jurisprudence (v. supra consid. 5.2.1). L’ordonnance n’est ainsi point 
critiquable et les griefs des recourants en lien avec une prétendue violation 
des principes de l’unité de la procédure et de célérité sont rejetés. 
 
La Cour des plaintes relève, par surabondance, que les actes reprochés à 
P. auraient débuté en 2008 et que la prescription pour les premiers d’entre 
eux risque d’être atteinte courant 2023. Or, même à supposer que la 
prescription n'était pas à proche échéance, il appert, vu la complexité de la 
cause et le temps déjà écoulé depuis l’ouverture de la procédure, que 
certains des faits reprochés à P. risqueraient de se prescrire si les autorités 
helvétiques devaient attendre l’issue des procédures menées à l’étranger 
avant de pouvoir continuer la poursuite du prénommé en Suisse.  
 
 

6. Au vu de l’ensemble des éléments qui précèdent, le recours est rejeté dans 
la mesure de sa recevabilité.  
 
 

7. Partant, la requête d’effet suspensif est sans objet (BP.2020.9-21). 
 
 

8. Selon l’art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont mis à la 
charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou 
succombé. Les recourants, qui succombent, supporteront ainsi 
solidairement les frais de la présente décision, qui s’élèvent à un émolument 
de CHF 4’000.-- fixé en application des art. 5 et 8 du règlement du Tribunal 
pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la 
procédure pénale fédérale du 31 août 2010 (RFPPF; RS 173.713.162). Ce 
montant est entièrement couvert par l’avance de frais de CHF 13'000.-- déjà 
versée. Le solde, par CHF 9’000.--, sera restitué au conseil des recourants 
par la Caisse du Tribunal pénal fédéral. 

 

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Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 
 
1. Le recours est rejeté dans la mesure de sa recevabilité. 
 
2. La requête d’effet suspensif est devenue sans objet (BP.2020.9-21). 

 
3. Un émolument fixé à CHF 4’000.--, entièrement couvert par l’avance de frais 

déjà versée, est mis à la charge solidaire des recourants. La Caisse du 
Tribunal pénal fédéral restituera au conseil des recourants le solde par 
CHF 9’000.--. 

 
 

Bellinzone, le 22 octobre 2020 
 
Au nom de la Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président: Le greffier:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Mes Eric Alves de Souza et François Chaudet 
- Ministère public de la Confédération 
 
 
Indication des voies de recours 

Il n'existe pas de voie de recours ordinaire contre la présente décision.