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**Case Identifier:** 92ab725e-5e4d-5d0a-9a3c-d99e24c17e42
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-11-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 02.11.2010 A/160/2007
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-160-2007_2010-11-02.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/160/2007-ICC ATA/744/2010  

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 2 novembre 2010 

1ère section 

dans la cause 

 

Monsieur G______ 
représenté par la société fiduciaire et de comptabilité, mandataire  

contre 

ADMINISTRATION FISCALE CANTONALE 
 

 

_________ 

Recours contre la décision de la commission cantonale de recours en matière 
administrative du 14 septembre 2009 (DCCR/874/2009) 

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A/160/2007 

EN FAIT 

1.  Monsieur G______, domicilié à Genève, exerce une activité indépendante 
de promoteur immobilier, pratiquée à Genève mais aussi dans le canton de Vaud.  

2.  Dans les années 1980, il a participé à raison de 50 %, dans le cadre d’une 
société simple constituée avec un tiers à cet effet, à l’acquisition de la parcelle 
n°_______ de la commune de Lausanne, sise ______ 18.  

3.  Le 21 janvier 2004, le contribuable et son associé ont signé un acte notarié 
de vente à terme - droit d’emption relatif à l’immeuble susmentionné. Il en 
résultait notamment que l’exécution de la vente était soumise à la condition que 
l’acheteur obtienne une autorisation définitive et exécutoire de transformer le 
bâtiment existant, la signature de l’acte définitif de vente intervenant sur requête 
de la partie la plus diligente dès la réalisation de cette condition, moyennant 
préavis de nonante jours adressé au notaire. Pour garantir les droits de l’acheteur, 
un droit d’emption échéant le 30 juin 2005 était accordé sur la parcelle en cause. 

4.  Dans sa déclaration fiscale pour les impôts cantonaux et communaux 2003 
(ci-après : ICC 2003), datée du 24 décembre 2004, il a fait valoir diverses 
déductions, dont une perte sur son activité indépendante de CHF 272'870.-. Le 
revenu imposable se montait à CHF 523'170 et la fortune imposable ascendait à 
CHF 7'197'991.-. 

  Il ressortait des documents détaillant le résultat de ses promotions 
immobilières au 31 décembre 2003, qu’une provision pour perte de 
CHF 600'000.- avait été constituée pour l’immeuble précité. 

5.  En date du 3 août 2006, l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC) a 
adressé au contribuable un bordereau ICC 2003 retenant un revenu imposable de 
CHF 588'641.- au taux de CHF 1'119'912.- et une fortune imposable de 
CHF 4'599'759.- imposable au taux de CHF 7'362'224.-.  

  Selon l’avis de taxation joint au bordereau, l’AFC avait repris la provision 
de CHF 600'000.-, en précisant que la perte serait déduite lors de l’aliénation du 
bien immobilier. 

6.  Le 23 août 2006, M. G______ a adressé une réclamation à l’AFC, 
contestant la reprise de la provision précitée. Constituée en 2003, cette dernière 
avait été dissoute au 31 décembre 2004. Sa taxation ICC 2003 devait être rectifiée. 

7.  Le 7 décembre 2006, l’AFC a écarté la réclamation et confirmé la taxation 
ICC 2003.  

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  La provision pour perte future n’était pas admise. La perte en question serait 
prise en considération dans sa totalité lors de la taxation 2004. 

8.  En date du 4 janvier 2007, le contribuable a recouru contre la décision 
susmentionnée auprès de la commission cantonale de recours en matière d’impôts, 
remplacée le 1er janvier 2009 par la commission cantonale de recours en matière 
administrative (ci-après : la commission), concluant implicitement à son 
annulation et à la rectification de la taxation ICC 2003. 

  La provision en cause ne concernait pas une perte future mais une moins-
value réelle au 31 décembre 2003. La parcelle pour laquelle elle avait été 
constituée, avait été acquise à un prix trop élevé, en période de "surchauffe". Le 
bâtiment commercial qu’elle supportait avait ensuite été occupé, d’abord 
illicitement, puis, après médiation des autorités, sur la base d’un contrat de prêt à 
usage, pendant dix ans. Un acquéreur avait finalement accepté de racheter la 
parcelle au pris du terrain nu, le bâtiment étant fortement dégradé. La perte en 
résultant était de CHF 3'866'068.- dont la moitié, soit CHF 1'933'034.- à charge de 
M. G______. Le fisc vaudois avait admis la provision litigieuse, le montant de 
revenu du contribuable correspondant à celui indiqué dans sa déclaration 
vaudoise. 

9.  Le 6 juillet 2007, l’AFC s’est opposée au recours.  

  En matière fiscale, conformément au principe de périodicité, une provision 
ne pouvait être admise que si elle était justifiée par l’usage commercial et si elle 
portait sur des faits dont l’origine se déroulait durant la période de calcul. Les 
provisions pour charges n’étaient en revanche pas admises. Une correction de 
valeur pouvait néanmoins être admise et traitée fiscalement comme une provision 
pour autant que la cause du risque de perte se soit produite au cours de l’exercice 
clos durant la période de calcul et que le risque soit certain ou quasi certain. Dans 
le cas particulier, le contribuable n’apportait pas la preuve que la diminution de 
valeur du bien immobilier considéré était intervenue durant l’année 2003. 

10.  Le 14 septembre 2009, la commission a rejeté le recours de M. G______. 

  Il ressortait des explications fournies par le contribuable que l’occupation de 
l’immeuble en cause, impliquant une diminution de sa valeur en raison de la 
dégradation du bâtiment, s’était produite bien avant l’année fiscale 2003, durant 
une dizaine d’années. La cause du risque de perte ne s’était donc pas produite au 
cours de l’exercice clos pendant la période de calcul.  

11.  Par acte du 16 octobre 2009, M. G______ a recouru auprès du Tribunal 
administratif contre la décision susmentionnée, concluant implicitement à son 
annulation et  reprenant en substance son argumentation antérieure. 

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12.  Le 20 novembre 2009, la commission a transmis son dossier, sans 
observations.  

13.  En date du 24 novembre 2009, l'AFC a conclu au rejet du recours, se 
référant à ses précédentes écritures. 

14.  Un délai au 23 décembre 2009 a été fixé à M. G______ pour formuler toute 
requête complémentaire. En temps utile, l'intéressé indiqué n'avoir pas d'autres 
observations et la cause a été gardée juger.   

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 
septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  En tant qu’il concerne l’ICC 2003, le litige est soumis aux dispositions des 
lois sur l’imposition des personnes physiques du 31 août 2000 (aLIPP-II), sur 
l’imposition des personnes physiques, Impôt sur le revenu (revenu imposable) du 
22 septembre 2000 (aLIPP IV), ainsi que sur l’imposition des personnes 
physiques - détermination du revenu net - calcul de l’impôt et rabais d’impôt - 
compensation des effets de la progression à froid du 22 septembre 2000 (aLIPP-
V), qui ont été remplacés le 1er janvier 2010 par la loi sur l’imposition des 
personnes physiques du 27 septembre 2009 (LIPP - D 3 08). 

3.  Selon l’art. 3 al. 3 let. e aLIPP-V, le contribuable qui exerce une activité 
lucrative indépendante peut déduire de son revenu les provisions constituées à la 
charge du compte de résultat pour les engagements de l’exercice, dont le montant 
est encore indéterminé; les risques de pertes sur des actifs, notamment sur les 
marchandises et les débiteurs ; les futurs mandats de recherche et de 
développement confiés à des tiers, jusqu’à 10 % au plus du bénéfice commercial 
imposable, mais au total jusqu’à CHF 1'000'000.- au maximum. 

 a. Les provisions sont des déductions portées à la charge du compte de résultat 
pour tenir compte de dépenses ou de pertes dont le montant exact ou l’ampleur 
n’est pas encore établie de façon certaine (X. OBERSON, Droit fiscal suisse, 
Genève - Bâle - Munich 2007, 3e édition, p. 145). La cause de la diminution de 
valeur ou de la perte doit être survenue pendant l’exercice commercial (RDAF 
1975 p. 355). La provision a un caractère provisoire et doit être justifiée par 
l’usage commercial. Elle doit porter, conformément au principe de périodicité, sur 
des faits dont l’origine se déroule durant la période de calcul (Arrêts du Tribunal 
fédéral 2P.184/2004 du 21 juin 2004 ; 4C.281/2002 du 25 février 2003 ; 
ATA/31/2004 du 13 janvier 2004 ; ATA/669/2003 du 2 septembre 2003 ; 

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X. OBERSON op. cit. p. 145). Les provisions ne constituent pas un élément du 
bénéfice et ne sont, partant, pas imposables. 

 b. Selon la jurisprudence constante du Tribunal administratif, deux conditions 
doivent être réunies pour que les provisions soient admises : les faits qui sont la 
cause du risque de perte doivent s’être produits au cours de l’exercice clos 
pendant la période de calcul ; le risque de perte doit être certain ou quasi certain, 
mais non nécessairement définitif. Par ailleurs, l’appréciation du risque doit être 
effectuée en tenant compte de tous les faits connus à la date du bouclement des 
comptes et non de faits ultérieurs qui viendraient confirmer ou infirmer le montant 
de la provision (ATA/535/2008 du 20 octobre 2008).  

  En l’espèce, le recourant a clairement exposé qu’il avait acquis le bien 
immobilier en période de surchauffe, à un prix surfait, et que cet immeuble avait 
été occupé illicitement pendant plusieurs années. Eu égard aux caractéristiques 
notoires du marché immobilier au moment de l’achat, en particulier une tendance 
hautement spéculative, un risque de perte existait dès l’acquisition, à quoi s’est 
ajouté celui découlant de l’occupation illicite. Ce n’est donc pas en 2003, à 
l’occasion des tractations en vue de la vente de la parcelle, que ce risque trouve sa 
source, à supposer que lesdites tractations ne se soient déroulées que durant cette 
année. On ne peut suivre à cet égard le recourant, qui se contente de reprendre son 
argumentation initiale sur le moment de la réalisation du risque et ne fournit 
aucune pièce nouvelle, renvoyant notamment à l’acte de vente à terme - droit 
d’emption du 21 janvier 2004. Or il ressort de ce document qu’il n’est pas l’acte 
définitif d’aliénation et que ni le versement du prix de vente, ni le transfert de 
propriété de l’immeuble en cause ne sont intervenus ni ne pouvaient intervenir en 
2003. Dès lors, force est de constater que cette pièce ne permet en aucune manière 
de retenir que le risque de perte était réalisé au 31 décembre 2003.  

4.   Au vu de ce qui précède, le recours sera rejeté. 

  Un émolument de CHF 1'000.- sera mis à la charge du recourant et aucune 
indemnité de procédure ne lui sera allouée (art. 87 LPA). 

 

* * * * * 

 

 

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PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 16 octobre 2009 par Monsieur G______ contre 
la décision de la commission cantonale de recours en matière administrative du 14 
septembre 2009 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met un émolument de CHF 1'000.- à la charge du recourant ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité ; 

dit que, conformément aux articles 82 et suivants de la loi fédérale sur le Tribunal 
fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les 
trente jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du 
recours en matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, 
motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il 
doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’article 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l’envoi ; 

communique le présent arrêt à la société fiduciaire et de comptabilité S.A., mandataire 
de Monsieur G______, à la commission cantonale de recours en matière administrative 
ainsi qu’à l’administration fiscale cantonale. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mmes Bovy et Junod, juges. 

Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste : 
 
 

M. Tonossi 

 le vice-président : 
 
 

Ph. Thélin 
 
 

 

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Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :