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**Case Identifier:** f1877391-4e93-5823-8ac1-415e39b10107
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-05-12
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 12.05.2016 A/158/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-158-2016_2016-05-12.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/158/2016-CS  DCSO/153/16

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 12 MAI 2016 

Plainte 17 LP (A/158/2016-CS) formée en date du 16 janvier 2016 par A______. 

* * * * * 

 

Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné 

et par plis recommandés du greffier du 13 mai 2016 à : 

- A______ 

 

- B______ 

c/o Me Marc ISSERLES, avocat 

Rue des Epinettes 17 

1227 Acacias. 

- Office des poursuites. 

 

 

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A/158/2016-CS 

EN FAIT 

A. a. A______ et B______ sont inscrits au Registre du commerce en qualité 

d'associés à parts égales de la société C______ SARL, dont le capital social 

s'élève à 20'000 fr.  

b. Par convention datée du 26 mars 2012, B______ s'est engagé à racheter à 

A______, pour un prix de 55'000 fr. payable – pour solde de compte – au plus tard 

le 15 août 2012, ses parts sociales dans C______ SARL. 

A______ allègue, sans que cela soit contesté, que ce montant n'a jamais été payé. 

c. Le 8 octobre 2012, A______ a introduit à l'encontre de B______ une poursuite 

ordinaire  n° 12 xxxx30 N en paiement d'un montant de 55'000 fr. plus intérêts à 

compter du 16 août 2012, allégué être dû en exécution de la convention du 26 

mars 2012. 

L'opposition formée par B______ au commandement de payer notifié le 19 

octobre 2012 dans le cadre de cette poursuite a été levée par jugement du Tribunal 

de première instance (ci-après : le Tribunal) du 31 mai 2013. Le 26 mars 2014, un 

procès-verbal de saisie valant acte de défaut de biens a été délivré au créancier 

poursuivant.  

Se fondant sur cet acte de défaut de biens, A______ a requis le 15 mai 2014 la 

continuation directe d'une nouvelle poursuite,  

n° 14 xxxx06 F. L'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a alors procédé à la 

saisie, en mains de B______, de la totalité des parts de la société C______ SARL. 

Cette saisie s'est toutefois périmée le 4 août 2015, faute pour A______ d'avoir 

déposé une réquisition de vente. 

d. Le 25 octobre 2012, soit 6 jours après la notification à B______ du 

commandement de payer, poursuite n° 12 xxxx30 N, C______ SARL, représentée 

par B______, a introduit à l'encontre d'A______ une poursuite ordinaire en 

paiement d'un montant de 55'000 fr. plus intérêts à compter du 25 octobre 2012, 

allégué être dû au titre d'indemnités pour préjudice causé à la société et de 

violation des devoirs de fidélité et de non-concurrence. 

A______ a formé opposition au commandement de payer qui lui a été notifié le 4 

décembre 2012 dans le cadre de cette poursuite. 

Le 2 décembre 2014, C______ SARL, représentée par B______, a retiré la 

poursuite, sans que l'on sache si elle avait entretemps entrepris des démarches en 

vue de faire lever l'opposition. 

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A/158/2016-CS 

e. Le 2 septembre 2015, A______ a introduit à l'encontre de B______ une 

nouvelle poursuite ordinaire, n° 15 xxxx94 V, en paiement d'un montant de 

80'000 fr. plus intérêts dès le 2 septembre 2015 allégué être dû au titre de 

"reconnaissance de dette du 26/03/12 et différents frais". B______ a formé 

opposition au commandement de payer qui lui a été notifié le 28 octobre 2015. 

f. Le 10 novembre 2015, soit treize jours après que le commandement de payer, 

poursuite n° 15 xxxx94 V, lui eut été notifié, B______ a introduit à l'encontre 

d'A______ une poursuite ordinaire en paiement des montants de 55'000 fr. plus 

intérêts dès le 25 octobre 2012, allégué être dû au titre d'"indemnités pour 

préjudice envers l'associé, violation du devoir de fidélité art. 15 et prohibition de 

concurrence art. 16", et de 5'000 fr., allégué être dû au titre de frais administratifs  

et de recherche d'adresse. 

Le commandement de payer, poursuite n° 15 xxxx96 L, établi par l'Office 

conformément aux indications figurant dans la réquisition de poursuite, a été 

notifié le 15 janvier 2016 à A______, qui a formé opposition. 

B. a. Par courrier adressé le 16 janvier 2016 à la Chambre de surveillance, A______ 

a déclaré former une plainte contre la poursuite n° 15 xxxx96 L, concluant à 

l'application "des lois qui s'imposent dans ce cas" et à ce qu'il soit mis un terme à 

"cet harcèlement psychologique". En résumé, il considère que la poursuite 

contestée est abusive en ce qu'elle n'aurait été introduite que dans le but de 

l'intimider. 

 b. Dans ses observations datées du 28 janvier 2016, l'Office conclut au rejet de la 

plainte. Aucun élément ne permettait selon lui de retenir que le créancier aurait 

agi dans le seul but de nuire au plaignant, de telle sorte que la poursuite n'était pas 

constitutive d'un abus de droit. 

 c. Par courrier du 29 janvier 2016, B______ a lui aussi conclu au rejet de la 

plainte. Selon lui, le poursuivi aurait, à l'époque des relations d'affaires entre les 

parties, eu "des agissements et engagements propres à générer des frais et 

dommages". 

 d. Les déterminations de l'Office et du poursuivant ont été communiquées par pli 

du 1
er

 février 2016 à A______, qui n'a pas réagi.           

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A/158/2016-CS 

EN DROIT 

1. 1.1 La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes 

formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 125 et 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 

al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures prises par l'office qui ne peuvent être 

attaquées par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP). 

 La plainte doit être déposée, sous forme écrite et motivée (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; 

art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), dans les dix 

jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP). 

Elle peut également être déposée en tout temps en cas de nullité de l'acte contesté 

(art. 22 al. 1 LP).  

 1.2 En l'occurrence, la plainte vise un acte de l'Office susceptible d'être contesté 

par la voie de la plainte et a été formée en temps utile. Dans la mesure où l'on peut 

comprendre de son texte que le plaignant soutient que l'intimé n'a agi que dans le 

but de l'intimider et souhaite qu'il soit mis un terme à la poursuite, qu'il considère 

abusive, elle est par ailleurs motivée et comporte des conclusions. Elle est donc 

recevable. 

 Au demeurant, une poursuite introduite en violation du principe de l'interdiction 

de l'abus de droit, au sens de l'art. 2 al. 2 CC, est nulle (ATF 140 III 481  

consid. 2.3.1). Une telle nullité devant être relevée en tout temps (art. 22 al. 1 LP), 

il y aurait lieu d'entrer en matière même en l'absence d'une plainte recevable. 

2. 2.1 Selon la jurisprudence, la nullité d'une poursuite pour abus de droit ne doit être 

admise par les autorités de surveillance que dans des cas exceptionnels, 

notamment lorsqu'il est manifeste que le poursuivant agit dans un but n'ayant pas 

le moindre rapport avec la procédure de poursuite ou pour tourmenter 

délibérément le poursuivi; cette éventualité est, par exemple, réalisée lorsqu'il fait 

notifier plusieurs commandements de payer reposant sur la même cause et pour 

des sommes importantes, mais sans jamais requérir la mainlevée, ni la 

reconnaissance judiciaire de sa créance, qu'il procède par voie de poursuite dans 

l'unique but de détruire la bonne réputation du poursuivi, ou encore qu'il 

reconnaît, devant l'Office, voire le poursuivi lui-même, ne pas s'en prendre au 

véritable débiteur (ATF 115 III 8 consid. 3b). En revanche, la voie de la plainte au 

sens des art. 17 ss LP ne permet pas d'obtenir l'annulation de la poursuite en se 

prévalant de l'art. 2 al. 2 CC, dans la mesure où le moyen pris de l'abus de droit est 

invoqué à l'encontre de la réclamation litigieuse (arrêt du Tribunal fédéral 

5A_317/2015 du 13 octobre 2015 consid. 2.4), car la décision à ce sujet est 

réservée au juge ordinaire; en effet, c'est une particularité du droit suisse de 

l'exécution forcée que de permettre l'introduction d'une poursuite sans avoir à 

prouver l'existence de la créance invoquée; le titre exécutoire n'est pas la créance 

elle-même, ni le titre qui l'incorpore éventuellement, mais seulement le 

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A/158/2016-CS 

commandement de payer passé en force (ATF 113 III 2 consid. 2b; arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_250_2015 du 10 septembre 2015 cons. 4.1 et références 

citées). 

 2.2 Dans le cas d'espèce, le plaignant considère que l'unique but poursuivi par 

l'intimé, créancier poursuivant, en introduisant à son encontre la poursuite 

litigieuse était de l'intimider, de manière à ce qu'il renonce à faire valoir les 

prétentions dont lui-même estime être titulaire. 

 Cette appréciation s'avère conforme aux éléments ressortant du dossier. 

 En octobre 2012, le plaignant a introduit une poursuite contre l'intimé afin 

d'obtenir le paiement d'un montant de 55'000 fr. qu'il estimait lui être dû en vertu 

d'une convention de cession d'actions écrite. Après divers rebondissements, parmi 

lesquels le prononcé de la mainlevée de l'opposition formée par l'intimé, cette 

poursuite est allée jusqu'à son terme mais n'a pas permis de désintéresser le 

créancier poursuivant. 

 Immédiatement après la notification à l'intimé du commandement de payer établi 

dans cette poursuite, ce dernier, en sa qualité d'organe de C______ SARL, a 

introduit une poursuite contre le plaignant au nom de cette société pour un 

montant identique de 55'000 fr., correspondant selon la réquisition de poursuite à 

des indemnités dues à la société en raison d'une violation par le poursuivi de ses 

obligations de fidélité et de non-concurrence. La créancière ne paraît pas avoir 

tenté d'obtenir la mainlevée de l'opposition formée par le plaignant au 

commandement de payer qui lui avait été notifié et a fini par retirer la poursuite en 

décembre 2014. 

 Très peu de temps après la notification à l'intimé du commandement de payer 

établi dans le cadre de la nouvelle poursuite requise à son encontre par le 

plaignant en septembre 2015, celui-là a, cette fois en son nom propre, introduit 

une nouvelle poursuite contre celui-ci pour un montant principal toujours 

identique de 55'000 fr., supposé correspondre à des indemnités dues à lui-même 

(et non plus à la société) en qualité d'associé de C______ SARL suite à la 

violation par le plaignant de ses obligations de fidélité et de non-concurrence. 

 Il résulte ainsi du dossier que l'intimé a immédiatement réagi à chacune des 

poursuites introduites par le plaignant en vue d'obtenir le paiement du montant 

qu'il estime lui être dû par le dépôt, une fois au nom de la société au sein de 

laquelle les parties avaient collaboré et une fois en son propre nom, d'une 

réquisition de poursuite d'un montant identique ou similaire à celui de la poursuite 

dont il faisait l'objet, invoquant des prétentions en indemnisation tantôt en faveur 

de la société et tantôt en sa faveur. 

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A/158/2016-CS 

 Dans la détermination déposée dans le cadre de la présente procédure de plainte, 

l'intimé, représenté par un mandataire professionnel, a expliqué que, dans le cadre 

de l'association ayant existé entre les parties, le plaignant avait eu "des 

agissements et engagements propres à générer des frais et dommages" à son 

détriment. Il n'a cependant donné aucune explication sur le type de comportement 

reproché au plaignant, sur la manière dont le préjudice avait été calculé ni sur la 

relation entre les prétentions en indemnisation invoquées par la société en 2012 et 

celles que lui-même fait valoir aujourd'hui. Il n'a pas non plus allégué ni rendu 

vraisemblable avoir fait valoir d'une quelconque manière, avant la réquisition de 

poursuite du 10 novembre 2015, la prétention qu'il y invoque, par exemple par le 

biais d'une mise en demeure. Il n'a de même ni allégué ni rendu vraisemblable que 

C______ SARL ait entrepris la moindre démarche pour obtenir la mainlevée de 

l'opposition formée par le plaignant au commandement de payer qu'elle lui a fait 

notifier en 2012. Enfin et surtout, il n'a pas expliqué pour quelle raison les 

réquisitions de poursuite déposées par lui, pour le compte de C______ SARL et 

sous son propre nom, l'ont été quelques jours à peine après la notification en ses 

mains des commandements de payer dans les poursuites introduites par l'intimé.  

 Au vu de l'ensemble de ces éléments, il faut retenir que la véritable et seule 

intention de l'intimé lors du dépôt de la réquisition de poursuite du 10 novembre 

2015 était de nuire au plaignant, à titre de représailles. Il importe peu à cet égard 

que les prétentions invoquées par l'intimé – au sujet desquelles le plaignant n'a 

donné aucune explication précise – soient ou non fondées, ce qu'il n'appartient en 

tout état pas à la Cour de céans de déterminer. Ce qui est déterminant, c'est que 

ces prétentions ont été invoquées en l'espèce dans un but – celui d'exercer des 

représailles – n'ayant aucun rapport avec la procédure de poursuite. 

 La plainte doit ainsi être admise et la nullité pour abus de droit de la poursuite  

n° 15 xxxx96 L constatée. 

3. La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a 

OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 al. 2 

OELP).     

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A/158/2016-CS 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 16 janvier 2016 par A______ contre le 

commandement de payer, poursuite n° 15 xxxx96 L, notifié le 15 janvier 2016. 

Au fond : 

L'admet. 

Constate la nullité de la poursuite n° 15 xxxx96 L. 

Siégeant : 

Monsieur Patrick CHENAUX, président; Monsieur Georges ZUFFEREY et Monsieur 

Mathieu HOWALD, juges assesseurs; Madame Véronique PISCETTA, greffière. 

 

Le président : 

Patrick CHENAUX 

 La greffière : 

Véronique PISCETTA 

 

 

Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance en matière de poursuite pour 

dettes et faillite (art. 126 LOJ). Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 

dix jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2  

let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). 

L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, 

elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans une langue 

officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de preuve, et être 

signé (art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.