# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 78c1365b-6546-5b3b-bc12-5498bea3fc8e
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2012 / 506
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2012---506_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

TE09.040046-121255

361

 

 

JUGE
DELEGUEe DE LA cour d’appel CIVILE

____________________________________________________________

Arrêt du
8 août 2012

__________________

Présidence
de               Mme             
Kühnlein,
juge déléguée

Greffier
              :             
M.              Corpataux

 

 

*****

 

 

Art.
241 et 242 CPC

 

 

             
Vu l’ordonnance de mesures provisionnelles rendue le 21 juin 2012 par le Président du Tribunal
civil de l’arrondissement de Lausanne dans la cause divisant A.B.________,
à Lausanne, requérante, d’avec B.B.________,
à Genève, intimé, 

 

 
              vu l’appel interjeté
le 2 juillet 2012 par A.B.________ contre cette ordonnance,

 

             
vu la requête d’assistance judiciaire déposée le 3 juillet 2012 par l’appelante,

 

             
vu la convention conclue par les parties respectivement les 23 juillet 2012 et 7 août 2012, dont
la teneur est la suivante :

 

«              
[…]

 

             
I.              Madame A.B.________
consent expressément à ce que Monsieur B.B.________ soit accompagné de Madame [...] et/ou
son fils [...] lors de l’exercice de son droit de visite au Point Rencontre.

 

             
II.              Monsieur B.B.________
informera sa fille, par l’entremise de sa mère directement, de la présence de tiers,
en particulier de Madame [...] et/ou de son fils [...], lors de l’exercice de son droit de visite
au Point Rencontre. Dans la mesure où cette démarche a pour seul but de permettre à [...]
d’être informée, de s’adapter et de se réjouir du droit de visite, l’information
doit être transmise au plus tard le dimanche matin à 9h pour la rencontre de l’après-midi,
le père s’engageant pour le surplus à en informer sa fille le plus rapidement possible.

 

             
III.              Monsieur B.B.________
renonce aux dépens alloués par l’ordonnance de mesures provisionnelles du 21 juin 2012.

 

             
IV.              Chaque partie garde
ses frais et renonce aux dépens.

 

             
V.              La présente convention
est soumise à la ratification de la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal pour valoir jugement.

 

             
VI.              Au vu de l’accord
intervenu et de la ratification par la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal, l’appel
est considéré comme retiré pour le surplus. »

             
     

             
              vu les autres pièces
du dossier ;

 

attendu
que, selon l’art. 241 al. 2 CPC (Code de procédure civile suisse du 19 décembre 2008,
RS 272), la transaction a les effets d’une décision entrée en force,

 

             
              que le CPC ne règle
pas spécifiquement la question de la transaction en deuxième instance, mais que rien ne s’oppose
à ce qu’un accord soit trouvé par les parties à ce stade de la procédure,

 

             
              que les règles portant
sur les effets de la transaction s’appliquent dès lors mutatis
mutandis à la procédure d’appel
(Tappy, Les voies de droit du nouveau  Code de procédure civile, in JT 2010 III 115, pp. 140 s.) ;

 

             
              attendu que la convention
conclue par les parties règle les modalités du droit de visite du père ainsi que la répartition
des frais de première et deuxième instance,

 

             
que cette convention correspond à la volonté des parties et préserve les intérêts
de l’enfant [...],

 

             
que les chiffres I à IV de la convention peuvent ainsi être ratifiés pour valoir ordonnance
de mesures provisionnelles ;

 

attendu
que le chiffre VI de la convention indique que l’appel doit être considéré comme
retiré pour le surplus,

 

qu’il
convient dès lors d’en prendre acte et de rayer la cause du rôle (art. 241 al. 3 CPC) ;

 

             
              attendu que l’émolument
de l’appel formé contre une ordonnance de mesures provisionnelles rendue dans une cause matrimoniale
est fixé à 600 fr. (art. 65 al. 2 TFJC [Tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010,
RSV 270.11.5]),

 

             
              que l’émolument
est toutefois réduit d’un tiers en cas de transaction sur l’objet de l’appel lorsque
le dossier a circulé auprès des membres de la cour (art. 67 al. 2 TFJC),

 

             
              que cette réduction
doit également s’appliquer lorsque l’appel relève de la compétence du juge
délégué par la Cour en application de l’art. 43 al. 1 let. e CDPJ (Code de droit
privé judiciaire vaudois du 12 janvier 2010, RSV 211.02),

 

             
              qu’il y a dès
lors lieu d’arrêter les frais de deuxième instance à 400 fr. et de mettre ceux-ci
à la charge de l’appelante, conformément au chiffre IV de la convention conclue par les
parties, le bénéfice de l’assistance judiciaire ne pouvant être octroyé à
celle-ci pour les motifs énoncés ci-dessous ;

             
              attendu que les parties
sont en outre convenues, au chiffre IV de leur convention, qu’elles renonçaient à l’allocation
de dépens, de sorte qu’il n’en sera pas alloué ;

 

attendu
qu’en vertu de l’art. 117 CPC, une personne a droit à l’assistance judiciaire
lorsqu’elle ne dispose pas de ressources suffisantes (let. a) et que sa cause ne paraît pas
dépourvue de toute chance de succès (let. b),

 

que
l’octroi de l’assistance judiciaire obéit ainsi à deux conditions cumulatives :
l’absence de ressources suffisantes et les chances de succès de la procédure,

 

que
ces conditions coïncident avec celles découlant du droit à l’assistance judiciaire,
tel que garanti par l’art. 29 al. 3 Cst. (Constitution fédérale du 18 avril 1999, RS
101),

 

que,
d’après la jurisprudence relative à l’art. 29 al. 3 Cst., un procès est dépourvu
de chances de succès lorsque les perspectives de le gagner sont notablement plus faibles que les
risques de le perdre, et qu’elles ne peuvent donc être considérées comme sérieuses,
de sorte qu’une personne raisonnable et de condition aisée renoncerait à s’y engager
en raison des frais qu’elle s’exposerait à devoir supporter,

             

qu’une
partie ne doit pas pouvoir soutenir aux frais de l'Etat un procès qu'elle ne mènerait pas à
ses propres frais et risques (ATF 125 II 265 c. 4b ; ATF 124 I 304 c. 2c ; ATF 122 I 267 c.
2b ; ATF 119 Ia 251 c. 3b ; ATF 119 III 113 c. 3a ; ATF 109 Ia 5 c. 4),

 

que
la situation doit être appréciée à la date du dépôt de la requête,
sur la base d’un examen sommaire (ATF 133 III 614 c. 5 et les réf. citées),

 

qu’en
l’occurrence, l’appel porte sur l’obligation pour l’intimé d’annoncer
la présence d’un tiers lors de l’exercice des relations personnelles et d’installer
sa fille à l’arrière de la voiture,

 

que,
selon la jurisprudence, les mesures provisionnelles requises dans le cadre d’un procès en
modification de jugement de divorce ne sont toutefois admises qu’en cas d’urgence et en présence
de circonstances particulières (cf. CACI 3 mai 2012/193 c. 3b et les réf. citées),

 

qu’au
vu de l’objet du litige, les conditions d’urgence ou de circonstances particulières
ne sont en l’espèce pas remplies,

 

que
l’appel était ainsi d’emblée dénué de chances de succès,

 

que
la requête d’assistance judiciaire déposée le 3 juillet 2012 par l’appelante
doit par conséquent être rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner
si la condition d’indigence était quant à elle remplie ;

 

 

par
ces motifs,

la
juge déléguée de la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

 

             
I.             
ratifie pour valoir ordonnance de mesures provisionnelles les chiffres I à IV de la convention signée
par les parties A.B.________ et B.B.________ respectivement les 23 juillet 2012 et 7 août 2012,
dont la teneur est la suivante :

             

«              
I.              Madame A.B.________
consent expressément à ce que Monsieur B.B.________ soit accompagné de Madame [...] et/ou
son fils [...] lors de l’exercice de son droit de visite au Point Rencontre.

 

II.             
Monsieur B.B.________ informera sa fille, par l’entremise de sa mère directement, de la présence
de tiers, en particulier de Madame [...] et/ou de son fils [...], lors de l’exercice de son droit
de visite au Point Rencontre. Dans la mesure où cette démarche a pour seul but de permettre
à [...] d’être informée, de s’adapter et de se réjouir du droit de visite,
l’information doit être transmise au plus tard le dimanche matin à 9h pour la rencontre
de l’après-midi, le père s’engageant pour le surplus à en informer sa fille
le plus rapidement possible.

 

III.             
Monsieur B.B.________ renonce aux dépens alloués par l’ordonnance de mesures provisionnelles
du 21 juin 2012.

 

IV.             
Chaque partie garde ses frais et renonce aux dépens. »

 

             
II.             
prend acte du retrait de l’appel pour le surplus ;

 

             
III.             
refuse le bénéfice de l’assistance judiciaire à A.B.________ ;

 

             
IV.             
dit que les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 400 fr. (quatre cents
francs), sont mis à la charge de A.B.________ ;

 

             
V.             
dit qu’il n’est pas alloué de dépens de deuxième instance ;

 

             
VI.             
raye la cause du rôle ;

 

             
VII.             
déclare l’arrêt exécutoire.

 

La
juge déléguée :              
Le greffier :

 

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies à :

 

‑             
Me Isabelle Jaques (pour A.B.________)

‑             
Me Elisabeth Chappuis (pour B.B.________)

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de Lausanne

 

             
Le greffier :