# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e40c6a48-bf0e-5df5-963c-02161ca3ab98
**Source:** Neuchâtel (NE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 1997-10-16
**Language:** fr
**Title:** Neuchâtel Tribunal Cantonal Cour de cassation pénale 16.10.1997 CCP.1997.6540 (INT.1997.729)
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/NE_Omni/NE_TC_003_CCP-1997-6540_1997-10-16.html

## Full Text

A.      Par jugement du 19 décembre 1996, le
Tribunal correctionnel du

district de La Chaux-de-Fonds a condamné
G.  pour infrac-

tions graves à la loi sur les
stupéfiants à 18 mois d'emprisonnement.

Cette peine n'était pas assortie du
sursis, compte tenu de plusieurs anté-

cédents. Le tribunal a toutefois ordonné
l'hospitalisation de G.  dans un
établissement spécialisé et a suspendu l'exécution de la

peine. Il a par ailleurs mis fin à un
traitement ambulatoire qu'il avait

prononcé le 12 août 1993 tout en maintenant
la suspension de l'exécution

de la peine de 10 mois d'emprisonnement
infligée alors (D.II/207 ss).

 

        G.  a
été placé à la Maison de santé de

Préfargier (D.II/225). Par lettre du 6
mars 1997, cet établissement a

signalé au président du Tribunal correctionnel
qu'un maintien en milieu

psychiatrique ne se justifiait plus et
que l'état psychique de  G. ,
relativement stabilisé, était compatible avec un retour en

prison, même si une nouvelle
décompensation pendant la détention ne

pouvait être exclue. La lettre précisait
que G.  consommait

du haschisch dans l'établissement et
qu'il en distribuait à l'occasion aux

patients (D.II/317). Le 17 mars 1997, le
médecin cantonal, après avoir

rencontré G. , s'est rallié à l'avis des
médecins de

Préfargier : l'état de G.  ne nécessitait plus d'hospitali-

sation et un suivi ambulatoire était
tout à fait possible durant son

incarcération (D.II/325).

 

B.      Le président du Tribunal correctionnel du
district de La Chaux-

de-Fonds a entendu G.  le 9 avril 1997 (D.II/333). A

l'issue de cette audience, il a prononcé
la mainlevée de l'hospitalisation

et ordonné la mise à exécution des
peines infligées en 1996 et 1993.

G. 
a été réincarcéré le même jour (D.II/337). Les peines

actuellement subies prendront fin le 28
octobre 1998; les deux-tiers

seront atteints le 17 janvier 1998
(D.II/385).

 

C.      Sur recours de G. , la Cour de cassation
pénale a

annulé le 23 juin 1997 la décision du 9
avril 1997 et a renvoyé la cause

au premier juge pour nouvelle décision
(D.II/347). Le 8 juillet 1997,

G. 
a adressé au président du Tribunal correctionnel une

requête tendant à ce qu'un traitement
ambulatoire soit ordonné, avec

suspension des peines encore à subir
(D.II/357). Le 8 juillet 1997,

l'assistance judiciaire totale lui a été
octroyée (D.II/383). Par décision

du 15 août 1997, le président du
Tribunal correctionnel a rejeté la

requête de traitement ambulatoire,
prononcé la mainlevée de

l'hospitalisation et a ordonné la mise à
exécution du solde des peines à

subir (D.II/387).

 

D.      Le 29 août 1997, G.  recourt à la Cour de cas-

sation pénale contre la décision du 15
août 1997, concluant à son annula-

tion et au maintien de l'hospitalisation
ordonnée le 19 décembre 1996. Il

avance en substance que le premier juge
a retenu à tort l'article 44 CP

plutôt que l'article 43 CP et que sa
décision n'est pas suffisamment moti-

vée sur divers points. Il allègue qu'il
n'y avait pas lieu de mettre fin à

son hospitalisation, car il n'est pas
guéri, et qu'il ne convenait pas non

plus de mettre fin au traitement faute
de résultat.

 

E.      Le président du Tribunal correctionnel et le
ministère public ne

formulent pas d'observations.

 

                          C O N S I D E R A N T

                              e n 
d r o i t

 

1.      Le recours a été interjeté dans les formes
et délai légaux

(art.244 CPP). On peut toutefois se
demander s'il est recevable. En effet,

le recourant conclut au maintien de
l'hospitalisation (recours, p.8). Or,

dans sa requête du 8 juillet 1997, il
demandait que soit ordonné un

traitement ambulatoire (D.II/357) - donc
implicitement que soit levé la

mesure d'hospitalisation. En d'autres
termes, le recourant demande à la

Cour de céans l'inverse de ce qu'il
voulait en première instance. Il

semble en fait que le recours a surtout
pour but d'éviter une

incarcération, indépendamment de toute
considération médicale. La question

de la recevabilité peut toutefois rester
indécise, le recours devant être

rejeté sur le fond.

 

2.      Dans son arrêt du 23 juin 1997, la Cour de
céans en est arrivée

à la conclusion que le Tribunal
correctionnel avait fait application de

l'article 43 CP pour ordonner, le 19
décembre 1996, l'hospitalisation du

recourant (D.II/351, cons.3).

 

        Selon l'article 43 ch.4 CP, l'autorité
compétente mettra fin à

la mesure lorsque la cause en aura
disparu. Dans son expertise de 1993, le

Dr. V. 
avait posé le diagnostic de trouble bipolaire de l'humeur, des

phases dépressives alternant avec des
phases d'exhaltation maniforme

(D.I/145). Selon lui, le recourant,
malade, avait besoin d'un traitement,

comme un traitement stabilisateur de
l'humeur ou un traitement neurolepti-

que (D.I/147). C'est précisément cette
voie que le Tribunal correctionnel

a suivi le 19 décembre 1996, à la
demande d'ailleurs de G. 

(D.II/219).

 

        Or, les médecins de la Maison de santé de
Préfargier (dont il

n'y a pas lieu de mettre en doute
l'appréciation) sont d'avis que l'état

psychique du recourant s'est
relativement stabilisé, de sorte que son

maintien en milieu psychiatrique ne se
justifie plus (D.II/317). Le

médecin cantonal pense de même
(D.II/325). Le docteur W. , du Centre

psycho-social neuchâtelois, relève
également que G.  se

trouve actuellement dans une période
assez stable (D.II/375). Ainsi, la

mesure que constituait l'hospitalisation
a atteint son but, à savoir une

stabilisation de l'humeur. Il ne saurait
être question de la prolonger

jusqu'à guérison complète, car celle-ci
semble peu probable au vu de

l'anamnèse chargée relevée par
l'expert-psychiatre (D.I/139 ss). Maintenir

l'hospitalisation signifierait admettre
que le recourant ne sera sans

doute plus jamais apte à évoluer en
dehors d'un milieu hospitalier, car un

risque de rechute demeurera toujours. La
stabilisation actuelle paraît le

meilleur résultat auquel on puisse
parvenir. C'est dès lors à juste titre

qu'il a été mis fin à la mesure.

 

3.      Selon l'article 43 ch.5 CP, le juge
décidera, après avoir enten-

du le médecin, si et dans quelle mesure
des peines suspendues seront exé-

cutées au moment de la libération de
l'établissement ou à la fin du trai-

tement. Il pourra y renoncer totalement
s'il y a lieu de craindre que

l'effet de la mesure n'en soit
sérieusement compromis. Le juge doit ainsi

examiner, au terme de la mesure, si les
conditions de l'octroi du sursis

sont réalisées, le pronostic étant fondé
sur la situation actuelle du con-

damné (Favre/Pellet/Stoudmann, Code
pénal annoté, 1997, ad Art.43,

ch.5.2 et la référence).

 

        En l'espèce, c'est avec raison que le
premier juge a ordonné

l'exécution du solde des peines : le
recourant a à nouveau été renvoyé

devant le Tribunal correctionnel pour
infractions à la LStup. en rapport

notamment avec des faits commis après le
jugement du 19 décembre 1996

(D.II/391-392). Il a également, durant
son séjour à Préfargier, distribué

à l'occasion du haschisch à d'autres
patients (D.II/317). En outre,

l'incarcération, qui a recommencé le 9
avril 1997 (D.II/337), ne semble

pas à ce jour avoir compromis la
stabilisation d'humeur obtenue à

Préfargier (D.II/375). Le recourant
n'entreprend d'ailleurs pas la

décision du 15 août 1997 sur la question
de l'exécution du solde des

peines.

 

4.      Mal fondé, le recours doit être rejeté et
les frais mis à la

charge du recourant. Son mandataire
d'office a droit à une indemnité te-

nant compte de l'importance et de la
difficulté de la cause, de la respon-

sabilité assumée et du temps apparemment
consacré à la préparation du

pourvoi.

 

                             Par ces motifs,

                       LA COUR DE CASSATION PENALE

 

1. Rejette le recours.

 

2. Met à la charge du recourant les
frais arrêtés à 220 francs.

 

3. Fixe à 400 francs, TVA comprise,
l'indemnité due à Me X. ,

  
avocat d'office de G. .

 

 

Neuchâtel, le 16 octobre 1997