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**Case Identifier:** 7902b923-8613-50e9-abd3-5133725f4f1d
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2013 / 499
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2013---499_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

PD11.050028-131389

391 

 

 

JUGE
DELEGUE DE LA cour d’appel CIVILE

__________________________________________________________

Arrêt du
7 août 2013

____________________

Présidence
de               M.             
Giroud,
juge délégué

Greffière             
:              Mme             
Gabaz

 

 

*****

 

 

Art.
176 al. 1 ch. 1 et 134 CC; 284 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur l'appel interjeté par R.M.________,
à La Tour-de-Peilz, intimée, contre l'ordonnance rendue le 20 juin 2013 par le Président
du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois dans la cause divisant l'appelante d’avec
L.C.________,
à Gryon, requérant, le Juge délégué de la Cour d’appel civile du Tribunal
cantonal voit :

             
En fait :

 

 

A.             
Par ordonnance du 20 juin 2013, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois
a admis la requête de mesures provisionnelles déposée le 21 février 2013 par L.C.________
(I), astreint L.C.________ à contribuer à l'entretien de son fils U.________, né le 1er
octobre 1997, par le régulier versement, le premier de chaque mois, en mains de R.M.________ d'une
pension mensuelle de 430 fr., dès et y compris le 1er
février 2013, allocations familiales en sus (II), dit que les frais et dépens de la décision
suivent le sort de la cause au fond (III) et rejeté toutes autres ou plus amples conclusions (IV).

 

             
En droit, le premier juge a considéré que la situation personnelle et financière de L.C.________
s'était modifiée de manière essentielle et durable depuis le jugement de divorce du 10 mai
2004, puisqu'il s'était remarié et avait eu un nouvel enfant, ce qui justifiait d'entrer en
matière sur sa requête. Il fallait tenir compte de ce que, par prononcé de mesures protectrices
de l'union conjugale du 3 juillet 2012, il était astreint à contribuer à l'entretien
de cette nouvelle famille par le versement d'un pension de 500 fr. par mois. Une fois déduites ses
charges incompressibles, dont son loyer par 1'600 fr. et ses frais de transport par 500 fr., d'un
montant total de 4'707 fr. par mois, le solde disponible de son revenu mensuel de 5'000 fr. ne lui
permettait plus de contribuer à l'entretien de son fils U.________ à hauteur de 900 fr. par
mois. Le premier juge a ainsi fait droit à ses conclusions en réduction à 430 fr. de la
pension due pour l'entretien d'U.________.

 

 

B.             
Par acte du 1er
juillet 2013, R.M.________ a interjeté appel contre cette ordonnance concluant à la réforme
du chiffre I de son dispositif en ce sens que la requête de mesures provisionnelles de L.C.________
est rejetée et à la suppression du chiffre II de ce dispositif. Elle a requis l'octroi de l'effet
suspensif et l'assistance judiciaire.

 

             
Le 3 juillet 2013, le Juge délégué de céans l'a dispensée du versement de l'avance
de frais, la décision définitive sur l'assistance judiciaire étant réservée,
et a rejeté la requête d'effet suspensif.

 

             
Par réponse du 19 juillet 2013, L.C.________ a conclu au rejet de l'appel et requis l'assistance
judiciaire, qui lui a été octroyée avec effet au 1er juillet 2013.
Il a produit deux pièces.

 

 

C.             
Le Juge délégué retient les faits suivants, sur la base de l'ordonnance complétée
par les pièces du dossier :

 

1.             
Par jugement de divorce du 10 mai 2004, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est
vaudois a notamment prononcé le divorce des époux L.C.________ et B.C.________, née M.________
(I) et ratifié la convention sur les effets accessoires de leur divorce signée le 29 octobre
2003.

 

             
Cette convention prévoit singulièrement que l'autorité parentale et la garde sur l'enfant,
U.________, né le 1er
octobre 1997, sont confiées à la mère et que le père bénéficiera sur son
fils d'un droit de visite usuel. Il en ressort également que L.C.________ s'est engagé à
verser, à titre de contribution d'entretien pour son fils, les montants de 700 fr. jusqu'à
l'âge de 10 ans révolus, 800 fr. dès lors et jusqu'à l'âge de 15 ans révolus
et 900 fr. dès lors et jusqu'à la majorité ou la fin de la formation professionnelle,
allocations familiales en sus.

 

             
En mai 2004, le salaire mensuel net de L.C.________, éducateur à 80% au service de la Commune
de Lausanne, s'élevait à 4'005 francs. Ses charges comprenaient notamment un pension alimentaire
pour sa fille [...], vivant en Belgique, d'un montant de 500 fr. par mois. Cette enfant est décédée
en 2008. 

 

2.             
Le 29 juillet 2011, L.C.________ s'est remarié avec P.C______, née F.________. Une enfant,
Z.________, née le 3 février 2011, est issue de cette union.

 

             
Par convention du 25 juin 2012, ratifiée le 3 juillet 2012 par le Président du Tribunal pour
valoir prononcé de mesures protectrices de l'union conjugale, L.C.________ et B.C.________ sont
convenus de vivre séparés pour une durée indéterminée et la garde sur l'enfant
Z.________ a été attribuée à sa mère, L.C.________ bénéficiant d'un
droit de visite usuel et contribuant à l'entretien de sa famille par le versement d'une pension
mensuelle d'un montant de 500 fr., allocations familiales en sus.

 

             
Cette convention précise que L.C.________ travaille à 80% en qualité d'éducateur
auprès du Service Jeunesse et loisirs de la Ville de Lausanne et qu'il réalise un revenu mensuel
net, treizième salaire compris, de 5'298 fr., allocations familiales en sus.

 

3.             
Le 26 décembre 2011, L.C.________ a déposé une demande en modification de jugement de
divorce auprès du Président du Tribunal.

 

             
Par requête de mesures préprovisionnelles et provisionnelles du 21 février 2013,
L.C.________ a conclu à ce que la pension qu'il doit pour l'entretien de son fils U.________ soit
fixée à 430 fr., dès le 1er
février 2013, allocations familiales en sus.

 

             
Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 22 février 2013, le Président du Tribunal
a fait droit à la requête de L.C.________.

 

             
Les parties, assistées de leur conseil, ont été entendues le 4 avril 2013 par la Président
du Tribunal. R.M.________ a conclu au rejet de la requête de mesures provisionnelles.

 

             
Le 23 mai 2013, R.M.________ a déposé des déterminations sur les pièces produites
par L.C.________ à la suite de l'audience du 4 avril 2013.

 

4.             
En 2012, le revenu annuel net de L.C.________ pour son activité au sein de la Commune de Lausanne
s'est élevé à 69'240 fr., prestations salariales accessoires par 1'343 fr. comprises.
Ses fiches de salaires pour les mois de janvier à mars 2013 font état d'un montant de 400 fr.
versé à titre d'allocations familiales pour enfants, montant inclus dans le salaire mensuel
net. Il s'acquitte mensuellement d'une prime d'assurance-maladie d'un montant de 357 fr. en chiffres
arrondis. Il allègue supporter des frais de transport mensuels d'un montant de 500 fr. ainsi que
les frais de logement dont il est propriétaire de 1'000 fr. par mois selon sa demande du 26 décembre
2011, respectivement de 1'600 fr. par mois selon sa requête du 21 février 2013. 

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
               L'appel est recevable
contre les ordonnances de mesures provisionnelles (art. 308 al. 1 let. b CPC [Code de procédure
civile du 19 décembre 2008; RS 272]), dans les causes patrimoniales dont la valeur litigieuse
est supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC). Les ordonnances de mesures provisionnelles
étant régies par la procédure sommaire, selon l'art. 248 let. d CPC, le délai pour
l'introduction de l'appel est de dix jours (art. 314 al. 1 CPC).

 

             
              En l'espèce, formé
en temps utile par une partie qui y a intérêt et portant sur des conclusions qui, capitalisées
selon l'art. 92 al. 2 CPC, sont supérieures à 10'000 fr., l'appel est recevable. Un membre
de la Cour d'appel civile statue comme juge unique sur les appels formés contre les décisions
sur mesures provisionnelles et sur mesures protectrices de l'union conjugale (art. 84 al. 2 LOJV [loi
d'organisation judiciaire du 12 décembre 1979; RSV 173.01]).

 

 

2.             
              a)
L'appel peut être formé pour violation du droit ou pour constatation inexacte des faits (art.
310 CPC). L'autorité d'appel peut revoir l'ensemble du droit applicable, y compris les questions
d'opportunité ou d'appréciation laissées par la loi à la décision du juge, et
doit le cas échéant appliquer le droit d'office conformément au principe général
de l'art. 57 CPC. Elle peut revoir librement l'appréciation des faits sur la base des preuves administrées
en première instance. Le large pouvoir d'examen en fait et en droit ainsi défini s'applique
même si la décision attaquée est de nature provisionnelle (JT 2011 III 43 et les réf.).

 

             
              b)
Les faits et moyens de preuve nouveaux ne sont pris en compte que s’ils sont invoqués ou produits
sans retard et ne pouvaient être invoqués ou produits devant la première instance bien
que la partie qui s’en prévaut ait fait preuve de la diligence requise, ces deux conditions
étant cumulatives (art. 317 al. 1 CPC). Il appartient à l’appelant de démontrer
que ces conditions sont réalisées, de sorte que l’appel doit indiquer spécialement
les faits et preuves nouveaux et motiver spécialement les raisons qui les rendent admissibles selon
lui (JT 2011 III 43 et les réf.). La Cour de céans considère que des novas peuvent être
en principe librement introduits en appel dans les causes régies par la maxime d’office, par
exemple sur la situation des enfants mineurs en droit matrimonial, à tout le moins lorsque le juge
de première instance a violé la maxime inquisitoire illimitée (ibid.).

 

             
              Dès lors que la cause
porte sur la situation d'un enfant mineur, elle est soumise aux maximes inquisitoire illimitée et
d'office. Les pièces produites par l'intimé sont ainsi recevables, dans la mesure où elles
ne figuraient pas déjà au dossier de première instance.

 

 

3.             
              L'appelante
reproche tout d'abord au premier juge d'être entré en matière sur la requête de mesures
provisionnelles. 

 

             
              a)
Dans le cadre d’une action en modification de jugement de divorce se pose la question de la possibilité
de prononcer des mesures provisionnelles. Le Code de procédure civile ne prévoyant pas expressément
cette hypothèse, la Cour d’appel civile se réfère à la jurisprudence antérieure
au 1er
janvier 2011 (CACI 3 mai 2012/193; Juge délégué CACI 18 juin 2012/278). Selon
celle-ci, les mesures provisionnelles requises dans le cadre d'un procès en modification du jugement
de divorce ne sont admises qu'en cas d'urgence et en présence de circonstances particulières
(ATF 118 II 228 c. 3b et les arrêts cités; Tappy, CPC commenté, Bâle 2011, n. 8 ad
art. 276 CPC). 

 

             
Des mesures provisionnelles dans un procès en modification ne peuvent ainsi être ordonnées
que sur la base de circonstances de fait liquides, qui permettent d’évaluer de manière
suffisamment fiable l’issue prévisible du procès au fond (TF 5P_415/2004 du 5 janvier
2005 c. 3.1; TF 5P_349/2001 du 6 novembre 2001 c. 4 et TF 5P_269/2004 du 3 novembre 2004 c.
2, avec références à Bühler/Spühler, Berner Kommentar, 1980, n. 91 ad art. 153
aCC). Le pronostic se rapporte à la question de savoir si une modification notable et durable des
circonstances justifie de réduire ou de supprimer une contribution d’entretien fixée
par un jugement entré en force, ce qu’il incombe à la partie qui requiert des mesures
provisionnelles de rendre vraisemblable sur la base d’éléments objectifs (TF 5P_415/2004
du 5 janvier 2005 c. 3.1; ATF 118 II 378 c. 3b; ATF 120 II 393 c. 4c). En outre, le débiteur
d’entretien, demandeur au procès en modification, qui requiert la réduction ou la suppression
de la contribution d’entretien à titre provisionnel doit rendre vraisemblable que le maintien
de la contribution d’entretien pendant la durée du procès en modification risque de lui
causer un préjudice difficilement réparable, lequel doit être mis en balance avec le préjudice
que subirait le créancier d’entretien, défendeur au procès en modification, en cas
d’octroi des mesures provisionnelles sollicitées (Bohnet, CPC commenté, n. 14 et 17 ad
art. 261 CPC). Comme pour toutes les mesures provisionnelles, le juge doit pondérer le
droit présumé du requérant à la mesure conservatoire avec les conséquences irréparables
que celle-ci peut entraîner pour l’intimé (ATF 131 III 473 c. 2.3; Juge délégué
CACI 6 juillet 2012/316).

 

             
Lorsque des circonstances particulières le justifient, des mesures provisionnelles peuvent être
prononcées en appliquant par analogie les principes applicables dans le cadre des mesures protectrices
ou des mesures provisionnelles requises en cours de procédure de divorce.

 

             
              b)
En l'occurrence, l'appelante prétend que la situation de l'intimé ne s'est pas modifiée
puisque, s'il doit désormais s'acquitter d'une contribution d'entretien pour son épouse et
sa fille Z.________ d'un montant de 500 fr. par mois, il a été libéré de l'obligation
de payer le même montant pour l'entretien de sa fille [...], décédée en 2008. 

 

L'intimé
fait cependant valoir à juste titre qu'il doit désormais assumer une obligation d'entretien
non seulement à l'égard d'un enfant, mais aussi d'une épouse, et que le montant de 500
fr. n'a été fixé dans la convention de mesures protectrices de l'union conjugale du 25
juin 2012 qu'eu égard à l'existence de la contribution litigieuse afin de respecter l'égalité
entre les enfants. On doit dès lors admettre, à tout le moins prima facie au stade des mesures
provisionnelles et sans préjuger de la modification litigieuse au fond, que la situation du débirentier
s'est modifiée et justifie d'entrer en matière au sujet d'une modification de la contribution
à titre provisoire.

 

 

4.             
              L'appelante conteste ensuite
les chiffres retenus par le premier juge à titre de revenu et de charges de l'intimé.

 

a)
Selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC (Code civil suisse du 10 décembre 1907; RS 210) auquel
l'art. 276 CPC renvoie par analogie (Tappy, CPC commenté, n. 6 ad art. 276 CPC), le juge fixe la
contribution pécuniaire à verser par l'une des parties à l'autre. Il le fait en application
de l'art. 163 aI. 1 CC. Le montant de la contribution d'entretien se détermine en fonction des facultés
économiques et des besoins respectifs des époux. Tant que dure le mariage, chacun des conjoints
a le droit de participer de la même manière au train de vie antérieur. 

 

Le
législateur n'a pas arrêté de mode de calcul pour fixer les contributions d'entretien.
L'une des méthodes préconisées par la doctrine et considérée comme conforme
au droit fédéral est celle dite du minimum vital, avec répartition de l'excédent.
Selon cette méthode, lorsque le revenu total des conjoints dépasse leur minimum vital de base
du droit des poursuites (art. 93 LP [loi fédérale du 11 avril 1889 sur la poursuite pour dettes
et la faillite; RS 281.1]), auquel sont ajoutées les dépenses non strictement nécessaires,
l'excédent est en règle générale réparti par moitié entre eux (TF 5A_46/2009
du 22 mai 2009 c. 4; ATF 114 Il 26), à moins que des circonstances importantes ne justifient de
s'en écarter (ATF 119 lI 314 c. 4b/bb); un partage par moitié ne se justifie ainsi pas si l'un
des époux doit subvenir aux besoins d'enfants mineurs (ATF 126 III 8 c. 3c). 

 

Dans
les charges incompressibles des époux, il y a lieu de prendre en compte notamment le montant de
base mensuel fixé dans les lignes directrices pour le calcul du minimum d’existence en matière
de poursuite (minimum vital) selon l’art. 93 LP élaborées par la Conférence
des préposés aux poursuites et faillite de Suisse, les frais de logement, les coûts de
santé (avant tout les primes d’assurance-maladie obligatoire) et les frais de déplacement,
s’ils sont indispensables à l’exercice de la profession (François Chaix, Commentaire
romand, Code civil I, 2010, n. 9 ad art. 176 CC et les réf. citées).

 

Lorsque
le revenu du conjoint auquel une contribution d’entretien est réclamée ne suffit pas
pour couvrir ses dépenses incompressibles, aucune contribution d’entretien ne peut être
mise à sa charge. En effet, selon un principe général du droit de la famille, le minimum
vital du débiteur de l’entretien ne doit pas être entamé (ATF 135 III 66; ATF 133
III 57 c. 3, JT 2007 I 351).

 

             
              b/a)
L’appelante prétend que le salaire
de l’intimé s’élève à 5’370 fr. net par mois, les allocations familiales
étant dues en plus, et non pas à 5'000 fr., net allocations familiales comprises, comme retenu
par le premier juge. 

 

             
              Comme cela ressort des
décomptes de salaire de l'intimé afférents notamment aux mois de janvier et février
2013, les allocations familiales par 400 fr. par mois sont incluses dans le montant qui lui est versé
au titre de salaire. Selon son certificat de salaire concernant l’année 2012, son salaire
net s’est élevé à 69’240 francs. C’est en déduisant 4'800
fr. (400 fr. x 12) de ce salaire annuel que l’appelante a obtenu le montant mensuel de 5'370 francs.
Ce faisant, elle a toutefois omis de prendre en considération le fait que ledit certificat comprend
un montant de 1'343 fr. au titre de au titre de prestations salariales accessoires. En définitive,
il se justifie de retenir à titre de salaire de l'intimé le montant de 5'298 fr., allocations
familiales non comprises, que l’intimé a lui-même articulé au moment de passer la
convention de mesures protectrices de l'union conjugale du 15 juin 2012 puisqu'il correspond au montant
de 69'420 fr., déductions faites des allocations familiales par 4'800 fr. et des prestations salariales
accessoires par 1'343 fr., divisé par douze.

 

             
              b/b)
L’appelante conteste les frais de véhicule de l’intimé fixés par le premier
juge à 500 fr. par mois. L’intimé a cependant rendu vraisemblable qu’il effectuait
des trajets de 6 km plusieurs fois par jour entre son logement et son lieu de travail et qu’il
parcourt 130 km trois fois par mois pour se rendre à Lausanne. Si on multiplie 220 jours travaillés
par 20 km et que l'on y ajoute 12x3x130 km, on obtient 8'720 km. En tenant compte d’une indemnité
kilométrique de 0,7 fr., on peut ainsi admettre que l’intimé doit assumer des frais de
transport dans la mesure retenue par le premier juge et le moyen de l’appelante doit être
rejeté.

 

             
              b/c)
L’appelante s’en prend encore à juste titre au montant de 1'600 fr. retenu par le premier
juge au titre de loyer de l’intimé. Celui-ci a en effet allégué que les charges
du logement dont il est propriétaire s’élèvent à environ 1'000 fr. par mois
(cf. all. 14 de la demande en modification de jugement de divorce). Ce montant, même s’il
est quelque peu élevé eu égard aux obligations d’entretien de l’intimé
et à la région dans laquelle il travaille, peut être admis en mesures provisionnelles.
On ne saurait en tous les cas suivre l’appelante lorsqu’elle entend calculer les charges
de ce logement sur la base des seuls frais fixes qui y sont liés (cf. déterminations du
 23 mai 2013) sans égard aux frais d’entretien du bâtiment.

 

             
              b/d)
Compte tenu de ce qui précède, le minimum vital de l’intimé s’établit
comme il suit:

 

             
              Base mensuel adulte avec
droit de visite              1'350 fr.

             
              Frais de logement             
                           
                           
1'000 fr.

             
              Prime d'assurance-maladie             
                           
   357 fr.

             
              Frais de transport             
                           
                           
   500 fr.

             
              Total             
                           
                           
                           
3’207 fr.

 

             
              Une fois déduites
ces charges incompressibles du revenu de l'intimé arrêté à 5’298 fr., il dispose
d'un solde disponible de 2’091 fr. par mois. Il s’avère ainsi qu'il dispose d’un
montant suffisant pour s’acquitter à la fois de la contribution de 900 fr. en faveur de son
fils U.________ et du montant de 500 fr. convenu en mesures protectrices de l’union conjugale pour
l'entretien de son épouse et de fille Z.________. C'est donc à tort que le premier juge a réduit
à 430 fr. la pension due par l'intimé pour l'entretien d'U.________.

 

 

5.             
              Au vu de ce qui précède,
l'appel doit être admis et l'ordonnance entreprise réformée au chiffre I de son dispositif
en ce sens que la requête de L.C.________ est rejetée et que le chiffre II de ce dispositif
est supprimé.

 

L'appelante
ne disposant pas des ressources nécessaires pour assurer la défense de ses intérêts
et sa cause n'étant pas dépourvue de chance de succès, sa requête d'assistance judiciaire
est admise (art. 117 CPC), Me Vanessa Egli étant désignée conseil d’office
avec effet au 1er
juillet 2013 dans la procédure d’appel.

 

Les
frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 600 fr. (65 al. 2 TFJC
[tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010; RSV 270.11.5], pour l'intimé, qui succombe
(art. 106 al. 1 CPC), sont laissés à la charge de l'Etat.

 

Me
Vanessa Egli a produit une liste détaillée de ses opérations faisant état de 3h57
de travail, dont 5 min. par son stagiaire, et de 41 fr. 40 de débours. Ce décompte peut être
admis, de sorte qu'il y a lieu d'arrêter l'indemnité d'office à 831 fr. 60,
correspondant à 4h de travail à 180 fr. de l'heure, plus 50 fr. de débours et 61 fr. 60
de TVA.

 

Me
Tony Donnet-Monay a produit une liste détaillée de ses opérations faisant état de
8.5h de travail et de 30 fr. de débours. Compte tenu du fait que ce conseil a déjà fonctionné
en première instance et qu'il n'a eu qu'à déposer une réponse dans une affaire peu
complexe, il y a lieu de réduire le temps justifiant une rémunération. L'indemnité
d'office est ainsi arrêtée à 831 fr. 60, correspondant à 4h de travail
à 180 fr. de l'heure, plus 50 fr. de débours et 61 fr. 60 de TVA.

 

Les
bénéficiaires de l’assistance judiciaire sont, dans la mesure de l’art. 123
CPC, tenus au remboursement de l’indemnité au conseil d’office mis à la charge
de l’Etat.

 

L’intimé
doit verser à l’appelante la somme de 1'500 fr. à titre de dépens de deuxième
instance (art. 95 al. 1 et 106 al. 1 CPC; art. 3 al. 1 et 2 et 7 TDC [tarif des dépens
en matière civile; RSV 270.11.6]).

 

 

 

Par
ces motifs,

le
Juge délégué de la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

             
I.             
L’appel est admis.

 

             
II.             
L’ordonnance est réformée aux chiffres I et II de son dispositif comme il suit :

I.                  
rejette la requête de mesures provisionnelles
déposée le 21 février 2013 par L.C.________ ;

II.                
(supprimé)

 

             
              L’ordonnance est
confirmée pour le surplus.

 

             
III.             
La requête d’assistance judiciaire de l’appelante R.M.________ est admise, Me Vanessa
Egli étant désignée conseil d’office avec effet au 1er
juillet 2013 dans la procédure d’appel.

 

             
IV.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 600 fr. (six cents francs)
pour l’intimé, sont laissés à la charge de l’Etat.

 

             
V.             
L’indemnité d’office de Me Vanessa Egli, conseil de l’appelante, est arrêtée
à 831 fr. 60 (huit cent trente et un francs et soixante centimes), TVA et débours comprise,
et celle de Me Tony Donnet-Money, conseil de l’intimé, à 831 fr. 60 (huit cent trente
et un francs et soixante centimes), TVA et débours compris.

 

             
VI.             
Les bénéficiaires de l’assistance judiciaire sont, dans la mesure de l’art. 123
CPC, tenus au remboursement de l’indemnité au conseil d’office mis à la charge
de l’Etat.

 

             
VII.             
L’intimé L.C.________ doit verser à l’appelante R.M.________ la somme de 1'400
fr. (mille quatre cents francs) à titre de dépens de deuxième instance.

 

             
VIII.             
L’arrêt motivé est exécutoire.

 

Le
juge délégué :              
La greffière :

 

 

 

 

Du
7 août 2013

 

             
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

 

             
La greffière :

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies à :

 

‑             
Me Vanessa Egli (pour R.M.________),

‑             
Me Tony Donnet-Monay (pour L.C.________).

 

             
Le juge délégué de la Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse
est supérieure à 30'000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois.

 

             
La greffière :