# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cff6ef24-dc2f-5404-9159-486b915a2480
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2003-12-16
**Language:** fr
**Title:** Verwaltungspraxis der Bundesbehörden (1987-2017) Eidgenössische Rekurskommission für medizinische Aus- und Weiterbildung 16.12.2003 JAAC 68.61
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_VB/CH_VB_026_JAAC-68-61--_2003-12-16.pdf

## Full Text

JAAC 68.61

Décision de la Commission fédérale de recours pour
la formation de base et la formation postgrade des

profession médicales du 16 décembre 2003 dans la
cause A. [MAW 03.023]

Reconnaissance des diplômes étrangers de médecin.

Art. 191 Cst. Art. 2b al. 1 et art. 24 al. 3 LEPM. Art. 2 al. 1, art. 4 al. 1 et 3
LMI.

- La reconnaissance d’un diplôme étranger de médecin suppose que
la Suisse ait conclu avec l’Etat qui a délivré ce diplôme un traité sur
la reconnaissance mutuelle des diplômes de médecin. En outre, le
titulaire du diplôme doit être suisse ou citoyen d’un Etat partie au
traité. L’examen de l’équivalence d’un diplôme étranger a lieu dans le
cadre des négociations des accords entre Etats et non lors du traitement
des demandes de reconnaissance d’un diplôme (consid. 3).

- Les autorités compétentes ne jouissent d’aucun pouvoir d’appréciation
s’agissant de la reconnaissance d’un diplôme étranger. Elles doivent
uniquement examiner si les conditions légales sont remplies. Pour les
autorités, cette réglementation légale formelle est du droit applicable
au sens de l’art. 191 Cst. (consid. 4).

- Aucun droit à la reconnaissance d’un diplôme étranger de médecin ne
peut se déduire des dispositions de la LMI (consid. 5).

- Les dispositions transitoires de la LEPM relatives aux médecins
exerçant à titre indépendant ne peuvent être appliquées par analogie
aux titulaires de diplômes étrangers et non reconnus de médecin
(consid. 6).

1

Anerkennung ausländischer Medizinaldiplome.

Art. 191 BV. Art. 2b Abs. 1 und Art. 24 Abs. 3 FMPG. Art. 2 Abs. 1. Art. 4
Abs. 1 und 3 BGBM.

- Die Anerkennung eines ausländischen Medizinaldiploms setzt
voraus, dass die Schweiz mit dem Staat, welcher das Diplom
ausgestellt hat, ein Abkommen über die gegenseitige Anerkennung
von Medizinaldiplomen abgeschlossen hat. Zudemmuss der Inhaber
des Diploms Schweizerbürger oder Bürger eines Vertragsstaates sein.
Die Beurteilung der Gleichwertigkeit ausländischer Diplome erfolgt
im Rahmen der staatlichen Vertragsverhandlungen und nicht bei der
Behandlung von Anerkennungsgesuchen (E. 3).

- Den zuständigen Behörden kommt bei der Anerkennung ausländischer
Diplome kein Ermessen zu. Sie haben einzig zu prüfen, ob die
gesetzlichen Voraussetzungen erfüllt sind. Diese formell-gesetzliche
Regelung ist im Sinne von Art. 191 BV für die rechtsanwendenden
Behörden massgeblich (E. 4).

- Aus den Bestimmungen des BGBM lässt sich kein Anspruch auf
Anerkennung ausländischer Medizinaldiplome ableiten (E. 5).

- Die Übergangsbestimmungen des FMPG betreffend selbständig
tätige Ärzte können nicht analog auf die Inhaber nicht anerkannter,
ausländischer Medizinaldiplome angewandt werden (E. 6).

Riconoscimento dei diplomi esteri dei medici.

Art. 191 Cost. Art. 2b cpv. 1 e art. 24 cpv. 3 LCPM. Art. 2 cpv. 1, art. 4
cpv. 1 e 3 LMI.

- Il riconoscimeno di un diploma estero di un medico presuppone che la
Svizzera abbia concluso un accordo di riconoscimento reciproco dei
diplomi dei medici con lo Stato che ha rilasciato tale diploma. Inoltre,
il titolare del diploma deve essere svizzero o cittadino di uno Stato
firmatario dell’accordo. La valutazione dell’equivalenza di un diploma
estero avviene nel quadro dei negoziati degli accordi fra Stati e non in
occasione dell’esame delle domande di riconoscimento di un diploma
(consid. 3).

- Le autorità competenti non dispongono di alcun potere
d’apprezzamento in relazione al riconoscimento di un diploma estero.
Esse devono unicamente esaminare se sono soddisfatte le condizioni
legali. Per le autorità, questa regola legale formale costituisce un
diritto applicabile ai sensi dell’art. 191 Cost. (consid. 4).

- Non è possibile dedurre un diritto al riconoscimento di un diploma
estero di un medico sulla base delle disposizioni della LMI (consid. 5).

- Le disposizioni transitorie della LCPM relative ai medici indipendenti
non possono essere applicate per analogia ai titolari di diplomi medici
esteri e non riconosciuti (consid. 6).

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Résumé des faits:

La recourante, d’origine macédonienne, travaille depuis plusieurs années
en qualité de médecin auprès de différents hôpitaux macédoniens et suisses.
Elle est au bénéfice d’un diplôme yougoslave de l’Université «Kiril et Metodij»,
Skopje, décerné le 7 mai 1986, qui atteste qu’elle a achevé avec succès ses
études de médecine et est autorisée à porter le titre de «Docteur en médecine».

Par courrier non daté mais reçu le 5 juillet 2002, la recourante a requis du
Comité directeur des examens fédéraux pour les professions médicales
(ci-après: Comité directeur), au moyen d’un formulaire pour la reconnaissance
des diplômes médicaux obtenus dans les pays de l’Union européenne (UE)
ou de l’Association européenne de Libre-Echange (AELE), qu’il reconnaisse
son diplôme yougoslave. Par courrier du 9 juillet 2002, le Comité directeur lui
indiqua que pour que l’accord du 21 juin 1999 entre la Confédération suisse
d’une part, et la Communauté européenne et ses Etats membres, d’autre part,
sur la libre circulation des personnes (ci-après: accord sur la libre circulation,
RS 0.142.112.681) puisse lui être appliqué, les conditions cumulatives suivantes
auraient dû être remplies: elle devait être suisse ou citoyenne d’un pays de
l’UE et son diplôme devait être mentionné dans les directives européennes
relevantes et avoir été délivré par l’un des organismes figurant dans dites
directives. Aucune de ces conditions n’était remplie en l’espèce. En outre, la
reconnaissance de diplômes non obtenus dans un pays de l’UE était exclue.

Le 22 mai 2003, la recourante s’adressa à nouveau au Comité directeur, en
demandant qu’une décision détaillée et susceptible d’être attaquée soit rendue.
Par décision du 4 août 2003, le Comité directeur rejeta, avec suite de dépens, la
requête de la recourante. Le 3 septembre 2003, cette dernière a recouru contre
cette décision auprès de la Commission fédérale de recours pour la formation
de base et la formation postgrade des professions médicales (CRFPM). Elle
conclut à l’admission de son recours, à la reconnaissance de son diplôme
yougoslave de médecin du 7 mai 1986. La CRFPM a rejeté le recours.

Extrait des considérants:

1. et 2. (…)

3. Dans la présente procédure, est en premier lieu litigieuse la question de
savoir si le Comité directeur pouvait à bon droit, sur la base de l’art. 2b al. 1 de
la loi fédérale du 19 décembre 1877 concernant l’exercice des professions de
médecin, de pharmacien et de vétérinaire dans la Confédération suisse (LEPM,
RS 811.11), refuser de reconnaître le diplôme yougoslave de médecin obtenu
par la recourante.

3.1. A teneur de l’art. 2b al. 1 LEPM, le Comité directeur reconnaît les diplômes
étrangers dont l’équivalence est prévue dans un traité avec l’Etat concerné
réglant la reconnaissance mutuelle des diplômes.

Cette disposition fut adoptée en relation avec la conclusion de l’accord
sur la libre circulation, dont le Conseil fédéral fixa l’entrée en vigueur au
1er juin 2002 (RO 2002 701). Elle sert à traduire dans les faits le contenu
de l’accord et doit assurer la reconnaissance mutuelle des diplômes des
professions médicales. Les personnes en possession d’un diplôme étranger

3

et qui sont des ressortissants d’un Etat partie à l’accord peuvent ainsi
prétendre à ce que la Confédération suisse reconnaisse leur diplôme, pour
autant que les prescriptions du traité soient respectées, à savoir que le
diplôme figure dans l’annexe III du traité et ait été délivré par une autorité
étrangère mentionnée également dans cette annexe (cf. pour l’ensemble
Message du 23 juin 1999 relatif à l’approbation des accords sectoriels entre
la Suisse et les Communautées européennes (CE), Projet de révision de la loi
fédérale concernant l’exercice des professions de médecin, de pharmacien
et de vétérinaire, FF 1999 5671 ss [Message LEPM], p. 5677). L’art. 2b al. 1
LEMP prévoit en outre que peuvent également être reconnus des diplômes
d’autres Etats, pour autant que la Suisse ait convenu avec l’Etat concerné
la reconnaissance mutuelle de diplômes équivalents - ainsi, par exemple,
de l’élargissement du traité sur la libre circulation aux Etats membres de
l’AELE (cf. accord du 21 juin 2001 amendant la Convention du 4 janvier 1960
instituant l’Association européenne de Libre-Echange, annexe K, appendice
3, section A let. C. [accord de Libre-Echange], RS 0.632.31; cf. également
art. 3 de l’ordonnance du 17 octobre 2001 sur la formation postgrade et
la reconnaissance des diplômes et des titres postgrades des professions
médicales, RS 811.113). Si cette condition n’est pas remplie, il n’existe aucun
droit à la reconnaissance d’un diplôme étranger de médecin basé sur l’art. 2b
al. 1 LEPM. Contrairement à ce qui prévalait avant l’entrée en vigueur de
la LEPM révisée du 8 octobre 1999 (cf. art. 1 let. c LEPM dans la version du
19 septembre 1877; également art. 36 de la loi fédérale du 18 mars 1994
sur l’assurance-maladie [LAMal], RS 832.10), l’examen de l’équivalence de
diplômes étrangers a désormais donc lieu dans le cadre des négociations des
accords entre Etats, non lors du traitement des demandes de reconnaissance
individuelles (cf. Ariane Ayer, Reconnaissance de l’équivalence des diplômes
étrangers de médecins, médecins-dentistes et pharmaciens, Deuxième partie,
Institut de droit de la santé, Université de Neuchâtel, Neuchâtel 2000, p. 17).

La loi part ainsi du principe qu’un diplôme étranger ne peut être reconnu que
si la réciprocité a été convenue avec l’Etat qui l’a délivré. Contrairement à
ce que soutient la recourante, la règle de l’art. 2b al. 1 LEPM ne vise ainsi pas
uniquement à ce que ne pratiquent en Suisse que des médecins possédant les
capacités et les connaissances suffisantes pour ce faire, celles-ci étant dûment
attestées et confirmées. Les titulaires d’un diplôme fédéral suisse doivent
plutôt être protégés par ce biais de la concurrence de médecins étrangers
ressortissants d’Etats qui ne permettent pas aux médecins suisses l’accès
à leur marché intérieur; l’on cherche également ainsi à éviter une charge
supplémentaire pour les assurances sociales suisses (cf. entre autres FF 1992 I
164 s.).

3.2. La recourante est pour l’heure toujours ressortissante macédonienne
et au bénéfice d’un diplôme d’une université yougoslave. La Macédoine et
la Yougoslavie ne sont membres ni de l’UE, ni de l’AELE. Partant, le diplôme
produit par la recourante ne figure ni dans l’annexe III de l’accord sur la libre
circulation, ni dans l’annexe K de l’accord de Libre-Echange. La Suisse n’ayant
de surcroît conclu aucun traité bilatéral sur la reconnaissance mutuelle

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des diplômes avec la Macédoine et la Yougoslavie, les conditions pour une
reconnaissance du diplôme de la recourante sur la base de l’art. 2b al. 1 LEPM
ne sont pas remplies.

4. La recourante fait toutefois valoir que les principes constitutionnels de
proportionnalité et d’égalité imposent que soient également reconnus d’autres
diplômes étrangers que ceux couverts par l’art. 2b al. 1 LEPM, pour autant que
d’autres motifs, en particulier sa longue pratique, démontrent qu’un candidat
est apte à exercer de façon indépendante la profession de médecin.

4.1. Cette opinion ne peut être suivie. La règle légale de l’art. 2b LEPM ne
se limite en effet pas à donner un droit à la reconnaissance de diplômes
remplissant les conditions de l’al. 1, mais exclut de plus que des diplômes qui
ne remplissent pas dites conditions puissent être reconnus sur une autre base.
Cela ressort du texte clair de l’art. 2b al. 1 LEPM, à teneur duquel le Comité
directeur ne peut reconnaître que les diplômes étrangers jugés équivalents sur
la base d’un accord étatique (cf. Erika Schmidt, Revision des Bundesgesetzes
betreffend die Freizügigkeit des Medizinalpersonals, in: D. Thürer/R.H. Weber/
R. Zäch, Bilaterale Verträge Schweiz-EG, Zurich 2002, p. 227; Ayer, op. cit.,
p. 17). Le Comité directeur ne jouit ainsi d’aucun pouvoir d’appréciation lors
de la reconnaissance de diplômes étrangers, mais doit uniquement vérifier si
la condition légale (traité étatique sur la reconnaissance mutuelle) est remplie.
S’il ne peut reconnaître un diplôme étranger sur la base de cette vérification,
il lui appartient alors cependant de fixer, en fonction du cas particulier, les
conditions pour l’obtention du diplôme fédéral suisse correspondant (art. 2b
al. 3 LEPM; cf. Message LEPM, p. 5681).

4.2. On ne peut méconnaître le fait que la réglementation légale est basée
sur le seul critère de l’existence d’un traité étatique et que dans un cas
d’application, cela peut conduire à discriminer une personne qui n’est pas
ressortissante de la Suisse ou d’un autre Etat partie au traité, respectivement
qui dispose d’un diplôme qui a été délivré par un Etat tiers. La CRFPM ne
peut cependant examiner la constitutionnalité de cette réglementation légale
(art. 191 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril
1999 [Cst.], RS 101). L’art. 2b al. 1 LEPM doit être appliqué dans la présente
procédure sans que soit vérifié s’il est conforme aux principes constitutionnels
de proportionnalité et d’égalité. Les qualifications de la recourante pour
la profession de médecin, en particulier sa formation et son expérience
professionnelle ne peuvent dès lors être prises en compte pour décider si
son diplôme yougoslave peut être reconnu. Seul est décisif le fait que la Suisse
n’a pas conclu avec les Etats concernés ici (Macédoine et Yougoslavie) de traité
sur la reconnaissance mutuelle de diplômes des professions médicales.

4.3. Dans la motivation de sa décision, le Comité directeur a retenu, en se
basant sur l’art. 2b al. 3 LEPM, que la recourante ne peut obtenir un diplôme
fédéral suisse dès lors qu’elle n’est ni une Suissesse, ni une ressortissante d’un
Etat de l’UE ou de l’AELE. Dans sa détermination du 18 septembre 2003, il
ajoute que la recourante aura la possibilité, après l’acquisition de la nationalité
suisse, d’obtenir son diplôme fédéral aux conditions des dispositions de
l’ordonnance du 18 novembre 1975 concernant les examens professionnels
particuliers pour Suisses de l’étranger et Suisses naturalisés (RS 811.112.13).

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Dans la présente procédure, la question de savoir si l’acquisition du diplôme
fédéral suisse à la place de la reconnaissance de son diplôme yougoslave peut
effectivement être refusée à la recourante du fait de sa nationalité - elle n’est
pour l’heure pas devenue suisse - peut demeurer ouverte: que ce soit dans sa
requête reçue le 5 juillet 2002, dans celle reçue le 1er mai 2003, dans celle du
22 mai 2003 ou dans son recours du 3 septembre 2003, la recourante n’a en
effet demandé expressément que la reconnaissance de son diplôme étranger
et n’a en aucune manière indiqué attendre que figure dans la décision les
conditions pour qu’elle puisse au besoin acquérir un diplôme fédéral. La
question de la détermination des conditions pour l’obtention de ce dernier
n’est donc pas objet de la présente procédure.

Il convient toutefois de relever que s’il est vrai qu’à teneur de l’art. 15 de
l’ordonnance générale du 19 novembre 1980 concernant les examens fédéraux
des professions médicales (OPMéd, RS 811.112.1), seuls les Suisses peuvent
être admis aux examens fédéraux de médecine, et que l’obtention du diplôme
suite à un examen est ainsi dans la règle exclue pour les étrangers, il ressort
toutefois de l’art. 16 OPMéd que l’admission d’étrangers, même s’ils ne
viennent pas d’un Etat partie au traité, n’est pas exclue de façon générale
(cf. en particulier l’art. 16 al. 4 OPMéd). De plus, le texte de l’art. 2b al. 3 LEPM
ne fait aucunement dépendre impérativement l’obtention du diplôme fédéral
de la réussite d’un examen de médecine fédéral, bien que cela soit la règle (cf.
Message LEPM, p. 5681).

5. La recourante estime en outre que la reconnaissance de son diplôme se
justifie également de par l’art. 4 al. 3 de la loi fédérale du 6 octobre 1995
sur le marché intérieur (LMI, RS 943.02), qui doit lui être appliqué par
analogie. Cette disposition prévoit que si lors de l’examen d’un certificat
de capacité on s’aperçoit que celui-ci ne répond pas aux exigences légales,
l’intéressé pourra néanmoins le faire reconnaître s’il prouve disposer des
connaissances suffisantes du fait de sa formation et de son expérience
pratique. La recourante est d’avis qu’il peut être procédé à une reconnaissance
sur le même modèle dans la présente procédure.

5.1. La LMI vise à garantir la libre circulation des biens et services en Suisse.
Dans ce but, il est entre autres prévu que les certificats de capacité soient
reconnus dans toute la Suisse, ce qui veut dire que toutes les communes, tous
les cantons et la Confédération doivent les reconnaître s’ils sont la condition
d’accès à une activité professionnelle, autant cependant que «l’exercice
de l’activité lucrative en question soit licite dans le canton ou la commune
où [le titulaire du certificat] a son siège ou son établissement» (art. 2 al. 1
LMI). L’art. 4 al. 1 LMI dispose à cet effet expressément que «les certificats de
capacité cantonaux ou reconnus au niveau cantonal et permettant d’exercer
une activité lucrative sont valables sur tout le territoire suisse». La condition
pour que la LMI soit appliquée à des certificats de capacité étrangers est
ainsi qu’ils aient été reconnus par un canton - ou en tous les cas par la
Confédération (cf. Ayer, op. cit., p. 5). Ce n’est que si un certificat reconnu
ne répond que partiellement aux exigences en vigueur au lieu de destination,

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que l’intéressé peut - conformément à l’art. 4 al. 3 LMI - apporter la preuve
qu’il a acquis les connaissances requises d’une autre manière dans le cadre
d’une formation ou d’une activité pratique.

5.2. Le diplôme yougoslave de la recourante n’ayant été reconnu ni par la
Confédération, ni par un canton, elle ne peut prétendre avoir le droit, sur la
base de l’art. 4 LMI, d’apporter la preuve qu’elle dispose d’une formation ou
d’une expérience professionnelle suffisantes. La recourante n’est pas autorisée
à exercer une activité de médecin à titre indépendant dans toute la Suisse, de
sorte qu’il ne se justifie pas d’appliquer par analogie l’art. 4 al. 3 LMI.

6. Pour la recourante, l’art. 24 al. 3 LEPM permet aussi la reconnaissance
de son diplôme yougoslave. Cette disposition transitoire prévoit que les
médecins diplômés qui exerçaient déjà à titre indépendant avant l’entrée
en vigueur de la loi peuvent, en raison de leur expérience professionnelle,
poursuivre leur activité même sans obtenir un titre de formation postgrade.
Une telle disposition transitoire fait en revanche défaut pour ce qui concerne
les médecins exerçant à titre dépendant; selon la recourante, il se justifie
néanmoins d’appliquer par analogie l’art. 24 al. 3 LEPM dans la présente
procédure.

6.1. La recourante ne conteste pas, à raison, que la LEPM ne contient aucune
règle transitoire sur la question de la reconnaissance des diplômes étrangers.
Se pose dès lors la question d’une lacune de la loi sur ce point, qui pourrait
justifier l’application par analogie de l’art. 24 al. 3 LEPM.

Les dispositions transitoires de la LEPM doivent maintenir les droits acquis
des personnes qui ont obtenu des diplômes et titres selon l’ancien droit
(Message LEPM, p. 5694). Le législateur a cherché par ce biais à garantir que
les personnes concernées puissent poursuivre leurs activités dans le domaine
des professions médicales sur la base de leurs certificats de capacité obtenus
conformément à l’ancien droit. Un besoin de protection semblable ne peut
être retenu en faveur des personnes qui ne diposaient pas (encore) lors de
l’entrée en vigueur des modifications de la loi d’un diplôme fédéral ou d’un
titre étranger reconnu, leur position professionnelle n’étant pas protégée par
un droit acquis subjectif faute de toute assurance légale ou individuelle quant
à l’exclusion de toute modification de la loi (cf. Jörg P. Müller, Grundrechte in
der Schweiz, 3ème éd., Berne 1999, p. 602, avec les références de la doctrine et
la jurisprudence).

6.2. Dans ces circonstances, il faut admettre que le défaut d’une disposition
transitoire relative à la reconnaissance de diplômes étrangers ne procède
nullement d’une omission du législateur et que la loi ne contient pas de lacune.
Dès lors, on ne saurait appliquer par analogie l’art. 24 al. 3 LEPM dans la
présente procédure.

(…)

Informations générales sur la Commission fédérale de recours pour la
formation de base et la formation postgrade des profession médicales

7

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JAAC 68.61 - Décision de la Commission fédérale de recours pour la formation de base et

la formation postgrade des profession médicales du 16 décembre 2003 dans la cause A.

[MAW 03.023]

In Verwaltungspraxis der Bundesbehörden
Dans Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération
In Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione

Jahr 2004
Année

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Band 68
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	Décision de la Commission fédérale de recours pour la formation de base et la formation postgrade des profession médicales du 16 décembre 2003 dans la cause A. [MAW 03.023]