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**Case Identifier:** 819df0b7-a90c-5e3f-a94c-dbd91c6a998e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-07-27
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 27.07.2020 C/24381/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-24381-2018_2020-07-27.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 10 août 2020. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/24381/2018 ACJC/1072/2020 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 21 JUILLET 2020 

 

Entre 

A______ SA, sise ______, Genève, demanderesse comparant par Me Karin Grobet 
Thorens, avocate, rue Verdaine 13, case postale 3776,  

1211 Genève 3, en l'étude de laquelle elle fait élection de domicile, 

et 

B______ LTD, sise ______, Grande-Bretagne, défenderesse comparant par Me Camille 
Froidevaux, avocat, rue De- 

Candolle 17, case postale 166, 1211 Genève 12, en l'étude duquel elle fait élection de 

domicile. 

 

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EN FAIT 

A. a. A______ SA, sise à Genève, est active dans la création et la vente de bijoux, 
joaillerie et pierres précieuses.  

 b. B______ LTD (ci-après : B______ ) est une société de droit anglais spécialisée 
dans la création et la distribution de montres de luxe. 

 c. Les deux sociétés occupent des arcades voisines dans l'immeuble sis 1______  à 
Genève. 

A______ SA loue depuis 1993 l'arcade commerciale située au rez-de-chaussée et 

au sous-sol de l'immeuble.  

En été 2016, B______  a pris à bail les locaux du rez-de-chaussée directement 

attenants, ainsi que ceux surplombants l'arcade de A______ SA. 

 La porte d'accès de la boutique de B______  se trouve à côté de celle de l'arcade 

de A______ SA. Les locaux de B______  au premier étage disposent d'une 

surface vitrée située directement au-dessus des locaux de A______ SA. 

 d. A______ SA signale la présence de son commerce par une enseigne 
perpendiculaire fixée à la marquise surplombant son arcade.  

 Cette enseigne perpendiculaire est visible pour le piéton qui longe la rue 1______ 

en empruntant le trottoir. Elle n'est pas visible lorsque l'on se situe en face de 

l'immeuble. 

 e. Début 2016, B______  a contacté A______ SA afin d'obtenir son accord avant 
d'installer ses propres enseignes. 

Le 24 février 2016, l'architecte de B______  a rencontré C______ , administrateur 

de A______ SA,  pour lui présenter le projet des enseignes et les plans établis, 

permettant de déterminer la taille et l'emplacement des enseignes envisagées. 

 A______ SA s'est déclarée d'accord avec le projet. 

 Par courrier du même jour, B______ , par l'intermédiaire de son architecte, a 

confirmé à A______ SA avoir pris note de sa confirmation quant à l'éclairage de 

l'enseigne extérieure. A______ SA n'a pas réagi à ce courrier.  

 f. B______  a sollicité puis obtenu l'autorisation administrative d'installer quatre 
enseignes, soit trois enseignes appliquées sur la façade, l'une sur la vitrine du 

premier étage donnant sur la 1______ , la deuxième sur la vitrine du premier étage 

donnant sur la rue 2______, la troisième au-dessus de la porte d'accès à son 

arcade, ainsi qu'une enseigne perpendiculaire fixée à la marquise.  

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Elle a installé ces enseignes en juin 2016.  

 g. Par courrier adressé le 15 juillet 2016 au bailleur des locaux, A______ SA s'est 
plainte de l'installation des enseignes de B______  et du risque de confusion 

qu'elles engendraient entre les deux commerces, dont les entrées sont voisines. 

 Le bailleur des locaux et les parties se sont réunis à plusieurs reprises en vue de 

trouver une solution. Plusieurs variantes ont été discutées, dont notamment 

l'apposition d'une enseigne "A______" au-dessus de l'entrée de l'arcade de celle-

ci, le remplacement de l'enseigne B______  centrée sur la vitrine du premier étage 

par deux enseignes déplacées sur les côtés de ladite vitrine, ou encore l'apposition 

de deux nouvelles enseignes "A______" appliquées sur les façades 1______  et 

rue 2______ en conservant les enseignes "B______ " appliquées sur les vitrines 

du premier étage desdites façades. 

 A______ SA a refusé ces propositions, qu'elle considérait comme une 

"surenchère de mauvais goût d'enseignes juxtaposées les unes aux autres". 

B. a. Le 22 mars 2018, A______ SA a saisi le Tribunal de première instance d'une 
requête dirigée contre B______  tendant à la constatation du risque de confusion 

inhérent aux enseignes de B______  apposées sur la façade de l'immeuble et à la 

condamnation de cette dernière à déposer ces enseignes. 

 b. Par jugement du 3 septembre 2018, le Tribunal s'est déclaré incompétent à 
raison de la matière pour connaître de cette requête, considérant que la valeur 

litigieuse se déterminait non pas en fonction du coût de la dépose des enseignes 

mais au regard du préjudice que A______ SA affirmait subir en raison de la baisse 

de fréquentation de sa boutique et de ses ventes et qu'elle était supérieure  

à 30'000 fr.  

C. a. Par acte déposé à l'encontre de B______  le 22 octobre 2018, A______ SA a 
demandé à la Cour de justice, sous suite de frais, de constater le risque de 

confusion inhérent aux enseignes de B______  apposées sur la façade vitrée de 

l'immeuble sis 1______  à Genève, au-dessus des locaux loués par A______ SA, 

et d'ordonner à B______  de déposer ces enseignes, subsidiairement d'ordonner à 

cette dernière de supprimer le risque de confusion créé par elle par tout autre 

moyen. 

A l'appui de sa demande, A______ SA a allégué que son arcade se trouvait depuis 

l'été 2016 "noyée" sous les enseignes de B______ , que cette situation créait un 

grave risque de confusion dans la mesure où son arcade avait perdu presque toute 

visibilité, que l'impression d'ensemble de la façade donnait ainsi la sensation qu'il 

n'existait qu'une seule entité sur l'ensemble du rez-de-chaussée et du premier 

étage, et que cette sensation était renforcée par les imposantes enseignes B______  

appliquées sur la vitrine du premier étage. Depuis l'installation de ces enseignes, 

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un grand nombre de ses clients n'avaient pas réussi à trouver son arcade, certains 

ayant appelé la boutique pour savoir où elle avait déménagé. Par ailleurs, certains 

clients de B______  pénétraient dans l'arcade de A______ SA en croyant se 

trouver chez B______  et quittaient immédiatement sa boutique une fois qu'ils 

avaient réalisé leur erreur. Cette situation lui causait un tort considérable en raison 

de la baisse sensible de la fréquentation de son magasin et de la diminution des 

occasions de vente résultant de cette perte de visibilité. 

 b. B______  a conclu au déboutement de A______ SA, sous suite de frais. 

 Elle a contesté l'existence d'un risque de confusion entre les vitrines des deux 
sociétés, et a reproché à A______ SA d'avoir refusé les propositions qui lui 

avaient été faites, en particulier celle d'apposer une enseigne A______ SA au-

dessus de sa porte. Elle a par ailleurs relevé que les parties n'étaient pas actives sur 

le même marché, A______ SA évoluant dans le monde de la joaillerie, B______  

dans celui des montres d'exception, que leurs produits étaient bien distincts et le 

concept visuel de leurs vitrines différent. Les clients des deux sociétés ne 

pouvaient ainsi confondre leurs produits, de sorte qu'aucune d'entre elles ne 

pouvait profiter de la notoriété de l'autre pour en tirer un avantage déloyal.  

 c. La Cour a procédé à l'interrogatoire des parties et à l'audition de témoins. 

Elle a, par arrêt du 29 octobre 2019, renoncé à procéder à l'inspection locale 

requise par les parties, s'estimant suffisamment renseignée pour trancher le litige 

au vu des pièces produites, comprenant diverses photographies et prises de vue de 

la configuration des lieux, des déclarations des parties et des témoignages 

recueillis. 

 d. Les parties ont répliqué et dupliqué, persistant dans leurs conclusions 
respectives. 

 e. Par avis du 23 décembre 2019, les parties ont été informées que la cause a été 
gardée à juger.  

C. S'agissant en particulier du risque de confusion, les éléments suivants résultent du 
dossier : 

 a. A______ SA crée et vend des bijoux, de la joaillerie et des pierres précieuses. 
Elle commercialise également des montres. 

Ses produits sont essentiellement destinés à une clientèle du Moyen-Orient. Ils se 

situent de manière générale dans une gamme de prix entre 5'000 fr. et 300'000 fr., 

mais peuvent atteindre un prix de 4'000'000 fr.  

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 b. Reconnue pour son innovation dans le domaine horloger, B______  est 
spécialisée dans la confection de montres futuristes au design singulier, dont les 

prix varient entre 150'000 fr. et 2'500'000 fr.  

c. Il ressort des témoignages recueillis que les montres commercialisées par 
A______ SA et par B______  ne se ressemblent pas, et que leur style est très 

différent, celles de A______ SA étant pavées de pierres et relevant plus de la 

joaillerie, celles de B______  ayant un style "plus sport" (témoins D______  et 

E______ ).  

d. Selon deux courriels produits par A______ SA, des personnes s'étaient plaintes 
auprès de celle-ci de n'avoir pas trouvé la boutique à l'adresse indiquée en raison 

des enseignes de B______ . 

 e. Il ressort des images de surveillance et des témoignages recueillis qu'il arrive 
régulièrement, plusieurs fois par mois, que des personnes entrent dans la boutique 

de A______ SA, puis quittent immédiatement la boutique lorsqu'elles réalisent 

qu'elles ne sont pas dans l'arcade de B______ .  

 Il s'agit en règle générale de clients qui recherchent un modèle précis de montre de 

la marque B______ . 

 f. Le témoin F______ , employée de A______ SA, a déclaré avoir constaté une 
baisse de la fréquentation de la boutique, mais ne pas pouvoir affirmer qu'elle soit 

due à l'installation des enseignes de B______ . 

Le témoin D______ , également employée de A______ SA, a déclaré ne pas être 

en mesure d'indiquer si la fréquentation de la boutique avait changé depuis que les 

enseignes B______  avaient été posées. 

  

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EN DROIT 

1. La compétence de la Cour à raison du lieu et de la matière pour connaître du 
présent litige n'est, à juste titre, pas remise en cause par les parties (art. 5 al. 3 CL; 

5 al. 1 let. d CPC; art. 120 al. 1 let. a LOJ). 

2. A______ SA demande à la Cour de constater le risque de confusion inhérent aux 
enseignes de la défenderesse apposées sur la façade vitrée de l'immeuble 1______  

à Genève, d'ordonner à cette dernière de déposer ces enseignes ou, 

subsidiairement, de supprimer le risque de confusion. 

2.1.1 Celui qui, par un acte de concurrence déloyale, subit une atteinte dans sa 
clientèle, son crédit ou sa réputation professionnelle, ses affaires ou ses intérêts 

économiques en général ou celui qui en est menacé, peut demander au juge de 

l'interdire, si elle est imminente, de la faire cesser, si elle dure encore, d'en 

constater le caractère illicite, si le trouble qu'elle a créé subsiste (art. 9 al. 1 LCD).  

2.1.2 La loi fédérale sur la concurrence déloyale vise à garantir, dans l'intérêt de 
toutes les parties concernées, une concurrence loyale et qui ne soit pas faussée 

(art. 1 LCD). Cette loi ne concerne donc que le domaine de la concurrence, 

compris comme une compétition, une rivalité sur le plan économique entre des 

personnes qui offrent leurs prestations. Pour que les normes réprimant la 

concurrence déloyale s'appliquent, il ne suffit pas que le comportement incriminé 

apparaisse déloyal au regard de la liste d'exemples reproduits aux art. 3 à 8 LCD, 

mais il faut encore, comme le montre la clause générale de l'art. 2 LCD, qu'il 

influe sur les rapports entre concurrents ou entre fournisseurs et clients. 

Autrement dit, l'acte doit influencer le jeu de la concurrence, le fonctionnement du 

marché. S'il n'est pas nécessaire que l'auteur de l'acte soit lui-même un concurrent, 

ni qu'il ait la volonté d'influencer l'activité économique, l'acte doit cependant être 

objectivement propre à avantager ou désavantager une entreprise dans sa lutte 

pour acquérir de la clientèle, ou à accroître, respectivement diminuer, ses parts de 

marché. La LCD ne protège pas la bonne foi de manière générale, mais tend 

seulement à garantir une concurrence loyale (ATF 136 III 23, c.9.1; 133 III 431 

c.4.1, JdT 2007 I 194; 131 III 364 c.3, JdT 2005 I 434). 

 Est déloyal et illicite tout comportement ou pratique commerciale qui est 

trompeur ou qui contrevient de toute autre manière aux règles de la bonne foi et 

qui influe sur les rapports entre concurrents ou entre fournisseurs et clients  

(art. 2 LCD). La clause générale de l'art. 2 LCD est concrétisée par la liste 

d'exemples figurant aux art. 3 à 8 LCD. Il n'est pas nécessaire de faire appel à 

cette clause si le comportement reproché tombe sous le coup de l'une des 

dispositions spéciales (art. 3 à 8 LCD), raison pour laquelle il convient de 

commencer par examiner l'applicabilité de ces dernières (ATF 132 III 414 c.3).   

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Agit de façon déloyale celui qui prend des mesures qui sont de nature à faire 

naître une confusion avec les marchandises, les œuvres, les prestations ou les 
affaires d'autrui (art. 3 al. 1 let. d LCD). Le comportement visé par l'art. 3 al. 1  

let. d LCD suppose qu'un risque de confusion soit créé de la perspective du public 

entre deux prestations par l'emprunt à la prestation originale de l'un de ses signes 

distinctifs protégés (KUONEN, in CR-LCD 2017 n. 11 ad art. 3 al. 1 let. d). Le 

texte légal indique de manière exemplative que la confusion doit se rapporter aux 

"marchandise", "œuvres", "prestations" ou "affaires" d'autrui, ce que l'on peut 
désigner par les prestations au sens large. L'imitation, tout comme l'exigence 

qu'un risque de confusion soit créé, impliquent par définition qu'une comparaison 

doit être effectuée avec une autre prestation, laquelle est délivrée par un 

concurrent (KUONEN, op. cit., n. 12 ad art. 3 al. 1 let. d). Le signe distinctif doit 

permettre d'individualiser et de catégoriser la prestation. Le comportement déloyal 

va avoir l'effet qu'une autre prestation sera potentiellement erronément catégorisée 

de la même manière que la première (KUONEN, op. cit., n. 18 ad art. 3 al. 1 let. d).  

Est ainsi visé tout comportement au terme duquel le public est induit en erreur par 

la création d'un danger de confusion, en particulier lorsque celui-ci est mis en 

place pour exploiter, de façon parasitaire, la réputation d'un concurrent (arrêts du 

Tribunal fédéral 4A_168/2010 du 19 juillet 2010 consid. 5.1; 4A_253/2008 du  

14 octobre 2008, consid. 5.2; ATF 127 III 33 = JdT 2001 I 340 consid. 2b). Il a 

par ailleurs été jugé que faire croire faussement à un lien entre deux entreprises 

tombe sous le coup de la clause générale de l'art. 2 LCD (arrêt du Tribunal fédéral 

4A_689/2012 du 24 avril 2013 consid. 2.4 et références). 

 Chaque partie doit, si la loi ne prescrit le contraire, prouver les faits qu'elle allègue 

pour en déduire son droit (art. 8 CC). 

 2.2 En l'espèce, la demanderesse requiert la dépose des enseignes installées par la 
défenderesse en se prévalant de la confusion qu'elles induiraient sur sa clientèle. 

Elle se plaint d'avoir perdu en visibilité, d'avoir constaté une baisse sensible de la 

fréquentation de sa boutique, d'avoir ainsi perdu des occasions de vente et subi un 

préjudice.  

 Elle n'établit toutefois pas l'existence d'un acte de concurrence déloyale imputable 
à la défenderesse, ni avoir subi une atteinte en découlant.   

 La défenderesse occupe depuis l'été 2016 une arcade dans l'immeuble sis 1______ 
. Elle a apposé des enseignes sur la façade de l'immeuble après avoir, au préalable, 

consulté la demanderesse en lui présentant les plans des enseignes envisagées. 

Après l'installation des enseignes, la demanderesse s'est plainte auprès du bailleur 

des locaux du risque de confusion. Des réunions ont été tenues entre les parties et 

le bailleur des locaux pour discuter de diverses variantes, comprenant notamment 

celles d'apposer des enseignes "A______" au-dessus de la porte d'entrée de son 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_168/2010
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_253/2008
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/127%20III%2033
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/2001%20I%20340
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_689/2012

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arcade ou sur ses vitrines du rez-de-chaussée, ce que la demanderesse a refusé. 

Depuis lors, les boutiques des parties sont toutes deux signalées par des enseignes 

perpendiculaires à la façade, fixées sur la marquise, la défenderesse disposant en 

outre d'enseignes apposées sur les façades de l'immeuble donnant sur les rues 

1______ et 2______, sur ses vitrines situées au premier étage. 

 La demanderesse a certes démontré qu'il arrivait régulièrement que des personnes 

entrent dans sa boutique en croyant par erreur se rendre dans celle de la 

défenderesse. Il résulte en effet des nombreuses prises de vue du système de 

surveillance produites par la demanderesse et des témoignages recueillis que 

régulièrement, soit plusieurs fois par mois, des personnes entrent dans la boutique 

de la demanderesse et en ressortent immédiatement dès qu'elles réalisent qu'elles 

ne se trouvent pas dans l'arcade de la défenderesse. Ces éléments conduisent à 

retenir que les enseignes des parties telles qu'elles existent à l'heure actuelle ne 

signalent pas clairement l'accès à leurs arcades respectives et qu'il existe ainsi une 

confusion s'agissant des locaux qu'elles occupent. Il n'en découle toutefois pas 

pour autant une confusion de leurs produits ou de leurs prestations. L'instruction 

du dossier a au contraire fait ressortir que les personnes qui pénètrent par erreur 

dans la boutique de la demanderesse en ressortent aussitôt qu'elles réalisent ne pas 

être dans l'arcade de B______ . Il s'agit ainsi de clients qui recherchent 

spécifiquement une montre de cette marque. La confusion portant sur les locaux 

des arcades des parties dont se prévaut la demanderesse n'est pas de nature à 

inciter un client à privilégier les produits d'une partie au détriment de l'autre. La 

gamme de prix dans laquelle se situent les produits commercialisés par les parties, 

ainsi que la différence marquée du style de leurs montres - celles de la 

défenderesse arborant un style "sport" particulier, celles de la demanderesse étant 

pavées de pierres précieuses et relevant de la joaillerie - ne permet pas de retenir 

que des clients pourraient être amenés à acquérir des produits de l'une des parties 

au détriment de l'autre parce qu'elles se seraient trompées d'arcade. L'installation 

des enseignes par la défenderesse sur ses vitrines situées au premier étage de 

l'immeuble n'entrave donc pas de manière déloyale les rapports de concurrence 

puisqu'il n'existe aucune confusion quant aux produits commercialisés par les 

parties. Aucun acte de concurrence déloyale ne peut ainsi être reproché à la 

défenderesse en raison des enseignes qu'elle a installées sur les vitrines de son 

arcade au 1
er

 étage de l'immeuble 1______  à Genève. 

 La demanderesse n'établit en tout état aucune baisse de fréquentation de sa 
boutique depuis l'installation des enseignes "B______ , et elle n'allègue ni ne 

démontre aucune baisse de son chiffre d'affaires. Elle ne justifie partant d'aucune 

atteinte dans sa clientèle. 

 Dans ces circonstances, la demande en constatation et en suppression du risque de 

confusion sera rejetée, la demanderesse n'ayant pas démontré avoir subi une 

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atteinte dans sa clientèle en raison d'un acte de concurrence déloyale imputable à 

la défenderesse. 

3. Les frais judiciaires seront arrêtés à 3'000 fr., compensés avec l'avance fournie et 
mis à la charge de la demanderesse, qui succombe (art. 95, 96, 105 al. 1 et 106  

al. 1 CPC; art. 19 ss LaCC; art. 17 RTFMC).  

 Cette dernière sera condamnée à verser des dépens à hauteur de 4'500 fr., débours 

et TVA compris, à la défenderesse (art. 95, 105 al. 2 et 106 al. 1 CPC; 19ss LaCC; 

art. 84 et 85 RTFMC).  

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

Statuant en instance unique : 

Déboute A______ SA de toutes ses conclusions. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires à 3'000 fr., les met à la charge de A______ SA et les 

compense avec l'avance de frais versée, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne A______ SA à verser 4'500 fr. à B______ LTD à titre de dépens. 

Siégeant : 

Madame Ursula ZEHETBAUER GHAVAMI, présidente; Monsieur Ivo BUETTI, 

Madame Nathalie RAPP, juges; Madame Camille LESTEVEN, greffière. 

 

La présidente : 

Ursula ZEHETBAUER GHAVAMI 

 La greffière : 

Camille LESTEVEN 

 

 
 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF;  

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification 

avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du 

recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 30'000 fr. 

 
 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110
http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110