# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 470c5417-177b-59c5-b0c7-8f63a9f84ff6
**Source:** Neuchâtel (NE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 1995-04-28
**Language:** fr
**Title:** Neuchâtel Tribunal Cantonal Tribunal administratif 28.04.1995 TA.1995.17 (INT.1995.54)
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/NE_Omni/NE_TC_013_TA-1995-17_1995-04-28.html

## Full Text

A.     
Durant une période située entre avril 1988 et octobre 1989, P.

 en tant que représentant du maître de
l'ouvrage a fait construire

un
atelier sur l'article X. du cadastre de Cornaux, dont il était copro-

priétaire
avec G. Sàrl. Une facture de la commune de Cornaux du 30 mai 1990, relative à
des taxes de raccordement de l'immeuble aux réseaux d'eau et d'électricité et
aux canaux égouts, s'élevant

à
18'685 francs, est restée impayée. Par décision du 12 juillet 1993, le

Conseil
communal de Cornaux, constatant qu'il avait facturé à tort ce mon-

tant à
"C.", a réclamé à P. par une nouvelle

facture
la somme de 18'685 francs relative aux taxes susmentionnées.

 

B.      P.
a recouru contre cette décision devant le Départe-

ment de
la gestion du territoire, en faisant valoir qu'il n'est pas débi-

teur de
ces taxes, dont le paiement incombe à l'une ou à l'autre des

sociétés
(G. Sàrl, C., F. Sàrl, notamment) dont il était l'administrateur ou dans
lesquelles il possédait des intérêts.

 

       
Par décision du 29 décembre 1994, le département a rejeté le

recours,
motif pris en résumé qu'en vertu des règlements communaux fixant

les
taxes de raccordement aux réseaux des services industriels et aux

égouts,
et fixant les taxes de desserte, ces contributions sont dues par

le
propriétaire de l'immeuble concerné; qu'en tant que copropriétaire

durant
la période en cause, l'intéressé était solidairement responsable du

montant
réclamé et qu'il pouvait donc être tenu pour le tout.

 

C.      P.
interjette recours devant le Tribunal administratif

contre
cette décision, dont il demande l'annulation, en concluant à ce que

seule
la moitié du montant réclamé, savoir 9'342.50 francs, soit mise à sa

charge.
Il fait valoir qu'il ne saurait y avoir en l'espèce solidarité

entre les
copropriétaires de l'immeuble.

 

       
Dans leurs observations sur le recours, le Département de la

gestion
du territoire et le Conseil communal de Cornaux concluent au rejet

de
celui-ci.

 

                          C O N S I D E R A N
T

                                 en droit

 

1.     
Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-

vable.

 

2.      a)
L'autorité de recours de première instance a exposé de maniè-

re
pertinente les faits déterminants de la cause, qui ne sont d'ailleurs

pas
contestés. Aussi suffit-il de renvoyer à cet égard aux considérants de

la
décision entreprise. Le litige porte uniquement sur le point de savoir

s'il y
a solidarité ou non, entre le recourant et la société G. Sàrl, pour le montant
faisant l'objet de la facture en cause, qui n'est en soi pas contestée non
plus.

 

       
b) Il a déjà été jugé par la Cour de céans (arrêt du 3.5.1994

dans la
cause P./Commune de Cornaux), qu'en application des

règlements
communaux sur la fourniture de l'eau potable et sur la fourni-

ture de
l'énergie électrique, le propriétaire de l'immeuble est responsa-

ble à
l'égard de la commune du paiement de la fourniture d'eau et d'élec-

tricité,
et que les copropriétaires d'un immeuble sont solidairement res-

ponsables
envers les tiers pour les charges afférentes à celui-ci, quels

que
soient leurs rapports internes au sens des articles 646 al.3 et 649 CC

(ATF
117 II 63 cons.5b), la solidarité des débiteurs impliquant par ail-

leurs
que chacun d'eux peut être tenu pour le tout.

 

       
Comme l'a exposé à bon droit le Département de la gestion du

territoire,
il n'en va pas différemment en l'espèce en ce qui concerne les

taxes
de raccordements aux réseaux d'eau et d'électricité et aux égouts,

ainsi
que de la taxe de desserte, et on peut se référer sur ce point aussi

aux
développements du département à ce sujet.

 

       
Le recourant fait valoir seulement que "la copropriété n'entraî-

ne pas
à elle seule solidarité entre les copropriétaires, chacun répondant

des
dettes proportionnellement à sa part (Steinauer, Les droits réels,

Berne,
1990, I, no 1295)", et qu'il n'y a solidarité entre plusieurs débi-

teurs
"que si ceux-ci déclarent s'obliger de manière qu'à l'égard du cré-

ancier
chacun d'eux soit tenu pour le tout ou dans les cas prévus par la

loi
(art.143 CO)", objections réfutées par la jurisprudence précitée. Le

recourant
fait valoir encore, implicitement tout au moins, que la solida-

rité
admise par la jurisprudence du Tribunal fédéral (ATF 117 II 63) ne

vise
que la responsabilité fondée sur les articles 41 et 58 CO. Ce point

de vue,
également en contradiction avec l'arrêt du 3 mai 1994, est dénué

de
pertinence lui aussi. Ainsi que le relève Reitter (Les contributions

d'équipements
plus particulièrement en droit neuchâtelois, Neuchâtel,

1986,
p.75), c'est au droit public de déterminer dans quelle proportion

les
copropriétaires doivent supporter les contributions d'équipement, et

il peut
introduire une responsabilité solidaire des copropriétaires pour

des
dettes de ce genre. D'ailleurs, en droit privé non plus, il n'est pas

exigé
que la loi qualifie expressément une obligation de solidaire, et la

solidarité
peut se justifier lorsqu'il s'agit d'améliorer la situation du

créancier
et de privilégier ses droits par rapport à ceux des coproprié-

taires,
partant de ne pas obliger le créancier à ouvrir action contre cha-

que
copropriétaire en fonction de sa part et à devoir supporter, le cas

échéant,
une perte à cause de l'insolvabilité de l'un ou l'autre des débi-

teurs
recherchés (ATF 117 II 63 cons.5b).

 

3.     
Conforme à la jurisprudence du Tribunal administratif, la déci-

sion
entreprise n'est ainsi pas critiquable et doit être confirmée, ce qui

conduit
au rejet du recours. Les frais de la cause doivent être mis à la

charge
du recourant qui succombe (art.47 al.1 LPJA).

 

                             Par ces motifs,

                        LE TRIBUNAL
ADMINISTRATIF

 

1.
Rejette le recours.

 

2. Met
à la charge du recourant un émolument de décision de 500 francs et

   les débours par 50 francs, montants
compensés par son avance de frais.

 

Neuchâtel,
le 28 avril 1995

 

                            AU NOM DU TRIBUNAL
ADMINISTRATIF

                         Le greffier                Le président