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**Case Identifier:** b9b670f8-201f-5e77-ab09-7a0723065150
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2021-07-07
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 07.07.2021 BV.2021.12
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BV-2021-12_2021-07-07.pdf

## Full Text

Décision du 7 juillet 2021 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 
Cornelia Cova, vice-présidente, 
Giorgio Bomio-Giovanascini et  
Patrick Robert-Nicoud,  
la greffière Joëlle Fontana  
 

   
Parties  BANQUE A., représentée par Maîtres Carlo 

Lombardini et Alain Macaluso, avocats,  

plaignante 
 

 contre 
   
  DÉPARTEMENT FÉDÉRAL DES FINANCES,  

partie adverse 
 

   
Objet  Actes (art. 27 al. 1 et 3 DPA) 

Mesures provisionnelles (art. 28 al. 5 DPA) 
  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: BV.2021.12 
Procédure secondaire: BP.2021.28 
 
 
 

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Faits: 
 

A. Dans la procédure de droit pénal administratif ouverte le 4 février 2021 contre 
inconnu dans l’affaire banque A. pour soupçons de violation de l’obligation 
de communiquer (art. 37 de la loi fédérale concernant la lutte contre le 
blanchiment d’argent et le financement du terrorisme du 10 octobre 1997; 
LBA; RS 955.0), le Département fédéral des finances (ci-après: DFF) a, par 
ordonnance de production et de renseignement du même jour, assortie de 
la mention de la sanction de l’art. 292 CP en cas de refus injustifié, enjoint à 
dite banque de fournir diverses informations et documents, dans un délai fixé 
au 8 mars 2021 (act. 1.2).   
 
 

B. Le 8 février 2021, la banque A. a déposé plainte contre dite ordonnance 
auprès du DFF, concluant à ce qu’elle « soit réformée en supprimant [la] 
menace de l’art. 292 CP » (act. 1.3). 
 
 

C. Par décision du 15 février 2021, notifiée le lendemain, le chef du Service 
juridique du DFF a rejeté la plainte (act. 1.1). 
 
 

D. Le 19 février 2021, la banque A. (ci-après: la plaignante) a déposé plainte 
contre la décision précitée auprès de la Cour des plaintes du Tribunal pénal 
fédéral (ci-après: la Cour de céans), demandant l’octroi de l’effet suspensif 
aux deux plaintes et concluant, préalablement, au constat de l’illégalité de la 
décision attaquée et, cela fait, à celui de la nullité, subsidiairement à 
l’annulation, subsidiairement à la réforme de dite décision, ainsi qu’à la 
réforme de l’ordonnance du 4 février 2021 et au retrait de la menace de 
l’art. 292 CP y figurant, sous suite de frais et dépens (act. 1).  
 
 

E. Le 24 février 2021, la Cour de céans a informé la plaignante que l’effet 
suspensif à la plainte n’était, en l’état, pas accordé (act. 2). 
 
 

F. Invité à ce faire, le DFF a transmis le dossier de la cause et s’est déterminé 
en date du 22 mars 2021, concluant au rejet de la plainte, sous suite de frais 
(act. 8).  
 
 

G. La réplique du 6 avril 2021, par laquelle la plaignante persiste dans les 
conclusions de sa plainte, a été transmise, pour information, au DFF en date 

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du 9 avril 2021 (act. 10 et 11). 
 
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 
si nécessaire, dans les considérants en droit. 
 
 
 
La Cour considère en droit: 
 

1. Conformément à l’art. 39 al. 2 let. a de la loi fédérale sur l'organisation des 
autorités pénales de la Confédération (LOAP; RS 173.71), la présente 
procédure est régie par la loi fédérale sur le droit pénal administratif du 
22 mars 1974 (DPA; RS 313.0). Dans la mesure où la DPA ne règle pas 
exhaustivement certaines questions, les dispositions du Code de procédure 
pénale suisse (CPP; RS 312.0) sont applicables en principe par analogie 
(ATF 139 IV 246 consid. 1.2; arrêt du Tribunal fédéral 1B_91/2019 du 
11 juin 2019 consid. 2.1). 
 

 
2. La Cour de céans examine d'office et en pleine cognition la recevabilité des 

plaintes qui lui sont adressées (décision du Tribunal pénal fédéral 
BB.2018.194 du 22 février 2019 consid. 1.1). Elle connaît des plaintes selon 
l’art. 26 ou 27 DPA formées contre les « actes d’enquête », soit en principe 
tous les actes de l'administration intervenant en application des art. 32 à 
72 DPA, avant que l'enquête ne soit formellement close (ATF 128 IV 219 
consid. 1.2 et références citées).  

2.1 Les mesures de contrainte au sens des art. 45 ss DPA ainsi que les actes et 
les omissions qui s’y rapportent peuvent faire l’objet d’une plainte devant la 
Cour des plaintes (art. 26 al. 1 DPA en lien avec l’art. 37 al. 2 let. b LOAP). 
Si la décision contestée émane du directeur de l'administration, la plainte est 
directement adressée à la Cour de céans. Dans les autres cas, elle est 
adressée à ce directeur qui la transmet à la Cour de céans, avec ses 
observations, s'il n'entend pas y donner suite, au plus tard le troisième jour 
ouvrable suivant celui où dite plainte a été déposée (art. 26 al. 2 et 3 DPA).  

2.2 Lorsqu’il ne s’agit pas de mesures de contrainte, les actes ou les omissions 
du fonctionnaire enquêteur peuvent être l’objet d’une plainte adressée au 
directeur ou chef de l’administration (art. 27 al. 1 DPA). La décision rendue 
sur plainte est notifiée par écrit au plaignant (art. 27 al. 2 DPA) et elle peut 
être déférée à la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (art. 27 
al. 3 DPA).  

 

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3.  
3.1 A qualité pour déposer plainte quiconque est atteint par l’acte d’enquête qu’il 

attaque, l’omission qu’il dénonce ou la décision sur plainte et a un intérêt 
digne de protection à ce qu’il y ait annulation ou modification (art. 28 al. 1, 
1re phrase DPA). L’intérêt digne de protection au sens de la disposition 
précitée doit être actuel et pratique (ATF 118 IV 67 consid. 1; v. décision du 
Tribunal pénal fédéral BV.2015.26 du 3 février 2016 consid. 2.2 et les 
références citées), comme c’est le cas de celui de l’art. 382 CPP, pour lequel 
la jurisprudence retient que, de cette manière, les tribunaux sont assurés de 
trancher uniquement des questions concrètes et non de prendre des 
décisions à caractère théorique. Ainsi, l'existence d'un intérêt de pur fait ou 
la simple perspective d'un intérêt juridique futur ne suffit pas. Une partie qui 
n'est pas concrètement lésée par la décision ne possède donc pas la qualité 
pour recourir et son recours est irrecevable (ATF 144 IV 81 consid. 2.3.1, 
p. 84 et s. et références citées). Il n'est renoncé exceptionnellement à cette 
condition que si la contestation peut se reproduire en tout temps dans des 
circonstances identiques ou analogues, si sa nature ne permet pas de la 
soumettre à une autorité judiciaire avant qu'elle ne perde son actualité et s'il 
existe un intérêt public suffisamment important à la solution des questions 
litigieuses en raison de leur portée de principe (ATF 142 I 135 consid. 1.3.1 
p. 143; arrêt du Tribunal fédéral 1B_157/2019 du 9 juillet 2019 consid. 2 et 
les arrêts cités). 

3.2 En l’espèce, la plaignante allègue l’illicéité de la décision sur plainte 
attaquée, au motif que la plainte qu’elle a déposée le 8 février 2021 était 
dirigée contre une mesure de contrainte et que le DFF aurait dû la 
transmettre à la Cour de céans, en application de l’art. 26 DPA (v. supra 
consid. 2.1) et non en connaître comme elle l’a fait, selon l’art. 27 DPA. 
Quand bien même la plaignante ne le fait pas valoir, l'utilité actuelle et 
pratique que l'admission de la plainte lui apporterait consiste à lui éviter un 
préjudice de nature économique, dû aux frais de procédure de la décision 
sur plainte attaquée. La qualité pour recourir doit lui être reconnue. 

 
3.3 La plainte a été déposée en temps utile et selon les formes prescrites par 

l’art. 28 al. 2 et 3 DPA, de sorte qu’il y a lieu d’entrer en matière. 
 

 
4. La plaignante se prévaut de l’illicéité de la décision entreprise, au motif que 

la plainte qu’elle a déposée le 8 février 2021 était dirigée contre une mesure 
de contrainte et que le DFF aurait dû transmettre dite plainte à la Cour de 
céans, en application de l’art. 26 DPA et non en connaître comme elle l’a fait, 
selon l’art. 27 DPA.  
 

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4.1 Les ordonnances de renseignements et d’édition (art. 40 DPA) sont définies 
non comme des mesures de contrainte mais comme des mesures précédant 
les mesures de contrainte (notamment préalables à un séquestre [art. 46 
DPA]; décisions du Tribunal pénal fédéral BV.2021.10 du 15 avril 2021 
consid. 2.4.1; BV.2019.4 du 25 septembre 2019 consid. 3.2.1; v. ég. ATF 
120 IV 260 consid. 3c), contre lesquelles la voie de la plainte – selon l’art. 26 
ou 27 DPA – n’est en principe pas ouverte. Dans ces cas, comme pour 
s’opposer à la perquisition de documents, leur détenteur pourra en requérir 
la mise sous scellés et disposera d’une protection judiciaire complète dans 
la procédure de levée de scellés ultérieure devant la Cour de céans (décision 
du Tribunal pénal fédéral BV.2014.51-52 du 18 novembre 2014 consid. 2.4 
et les références citées; v. ég. JULEN BERTHOD, Commentaire romand, 2018, 
n. 14 ad art. 265 CPP; arrêt du Tribunal fédéral 1B_360/2013 du 24 mars 
2014 consid. 2.2 et arrêts cités). 

4.2 En l’espèce, la plainte du 8 février 2021 ne portait pas sur la production de 
documents, mais – comme le rappelle la plaignante dans sa réplique 
(act. 10, n. 6) – uniquement sur la mention de la menace de l’art. 292 CP, en 
cas de refus injustifié de fournir les documents et renseignements requis.  

4.3 Le fait, pour le DFF, de décider de faire mention de cette disposition au ch. 4 
du dispositif de son ordonnance du 4 février 2021, est un acte de l’autorité, 
qui, en tant que tel, ne constitue pas un acte d’enquête (ATF 128 IV 219 
consid. 1.2), de sorte qu’il ne peut faire l’objet d’une plainte. L’examen du 
bien-fondé de la mesure, qui, en l’état, ne crée pas de préjudice à la 
plaignante, ressortira, le cas échéant, au juge du fond appelé à connaître 
d’une infraction selon l’art. 292 CP, en cas d’insoumission injustifiée à fournir 
les documents et renseignements requis. La garantie de la voie de droit est 
ainsi assurée. 

4.4 Partant, c’est à tort que le DFF est entré en matière dans sa décision 
attaquée, laquelle doit être annulée. En conséquence, la plainte doit être 
admise, sans qu’il y ait lieu d’examiner les autres arguments soulevés par la 
plaignante. 

 
5. Quant à la requête d’effet suspensif, elle n’a, dans un premier temps, pas 

été admise (v. supra Faits, let. E), dans la mesure où le litige ne portait pas 
sur un refus de fournir les informations et documents requis le 4 février 2021. 
Vu l’issue de la procédure, cette requête est devenue sans objet. 
 
 

6. Conformément à l’art. 25 al. 4 DPA, les frais de la procédure de recours 
devant la Cour des plaintes se déterminent d'après l'art. 73 LOAP, laquelle 

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ne règle cependant pas le sort de ceux-ci. Il y a ainsi lieu d’appliquer, par 
analogie, les art. 62 à 68 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral 
(LTF; RS 173.110; v. TPF 2011 25 consid. 3; décision du Tribunal pénal 
fédéral BV.2016.1 du 20 mai 2016 consid. 5). 
 

6.1 Selon l’art. 66 al. 1, 1ère phrase, LTF, en règle générale, les frais judiciaires 
sont mis à la charge de la partie qui succombe. Si les circonstances le 
justifient, le Tribunal fédéral peut les répartir autrement ou renoncer à les 
mettre à la charge des parties. Toutefois, en règle générale, la 
Confédération, les cantons, les communes et les organisations chargées de 
tâches de droit public ne peuvent se voir imposer de frais judiciaires s'ils 
s'adressent au tribunal dans l'exercice de leurs attributions officielles sans 
que leur intérêt patrimonial soit en cause ou si leurs décisions font l'objet d'un 
recours (art. 66 al. 4 LTF). Dès lors, in casu, il n'est pas perçu de frais. 
L'avance de frais de CHF 2'000.-- acquittée par la plaignante (act. 5) lui sera 
intégralement remboursée. 

6.2 À teneur de l'art. 68 al. 1 LTF, le tribunal décide, en statuant sur la 
contestation elle-même, si et dans quelle mesure les frais de la partie qui 
obtient gain de cause seront supportés par celle qui succombe. La 
plaignante, pourvue d'un avocat, a droit à une indemnité équitable pour les 
frais indispensables occasionnés par le litige. Son mandataire n'a pas 
déposé de note d'honoraires. Dans ce cas, le tribunal fixe ceux-ci selon sa 
propre appréciation (art. 12 al. 2 du règlement du Tribunal pénal fédéral du 
31 août 2010 sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la 
procédure pénale fédérale [RFPPF; RS 173.713.162]). Compte tenu de la 
difficulté de la cause, une indemnité de CHF 500.--, à charge du DFF, paraît 
justifiée. 

 

 

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Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 
 
1. La plainte est admise et la décision entreprise annulée. 

 
2. La requête d’effet suspensif est sans objet. 

 
3. Il n'est pas perçu de frais. L'avance de frais de CHF 2'000.-- acquittée par la 

plaignante lui est intégralement remboursée. 
 

4. Une indemnité de CHF 500.-- est allouée à la plaignante, à la charge du DFF. 
 

 
Bellinzone, le 8 juillet 2021 
 
Au nom de la Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
La vice-présidente: La greffière:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Mes Carlo Lombardini et Alain Macaluso 
- Département fédéral des finances 

 
 

Indication des voies de recours 

Il n’existe pas de voie de droit ordinaire contre la présente décision.