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**Case Identifier:** 67b65a42-1930-514f-a41f-74238145c9d6
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-09-08
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour civile 08.09.2020 CC 2019 110
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_002_CC-2019-110_2020-09-08.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

COUR CIVILE

CC 110 et 114 / 2019

Président :  Philippe Guélat
Juges :  Daniel Logos et Pascal Chappuis
Greffière :  Nathalie Brahier

ARRET DU 8 SEPTEMBRE 2020

en la cause civile liée entre

A.________,
- représenté par Me Jean-Marie Allimann, avocat à Delémont,

appelant et
intimé,

et

B.________,
 - représentée par Me Isabelle Nativo, avocate à La Chaux-de-Fonds,

intimée et
appelante-jointe,

relative au jugement de la juge civile du 25 juin 2019 dans la procédure de divorce.

______

CONSIDÉRANT

En fait :

A. A.________ (ci-après : l’appelant) et B.________ (ci-après : l’intimée) se sont mariés 
le … 1978. Trois enfants, nés en 1979, 1981 et 1984, sont issus de cette union.

B. Rencontrant des difficultés conjugales, les parties se sont séparées le 13 
janvier 2011. Les modalités de leur séparation ont fait l’objet de mesures protectrices 
de l’union conjugale, respectivement d’une convention homologuée par la juge civile 
le 19 janvier 2011. Aux termes de la convention précitée, l’appelant s’est notamment 

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engagé à verser une contribution d’entretien de CHF 2'500.00 en faveur de l’intimée 
à compter de son départ du domicile conjugal. 

C. L’appelant a saisi le 5 août 2013 la juge civile d’une requête unilatérale en divorce. 
Dans le cadre de l’instruction du dossier, une expertise portant sur la valeur du 
domaine agricole de l’appelant a notamment été ordonnée. Le rapport d’expertise a 
été déposé le 28 février 2015 et complété les 29 février 2016 et 8 avril 2016. Les 
parties ont en outre accepté de confier la liquidation de leur régime matrimonial à un 
notaire, Me C.________, qui a déposé son rapport le 25 octobre 2017, complété le 
14 septembre 2018.

D. Par jugement du 25 juin 2019, la juge civile a notamment prononcé le divorce des 
parties, constaté qu’il n’y avait pas de prestations de sortie de la prévoyance 
professionnelle à partager, condamné l’appelant à payer à l’intimée la somme de 
CHF 188'565.00 à titre de liquidation du régime matrimonial, soit CHF 93'619.00 à 
titre de créance compensatrice des propres de l’intimée et CHF 94'946.00 à titre de 
partage du bénéfice des acquêts, fixé à CHF 2'500.00 la contribution d’entretien due 
par l’appelant à l’intimée jusqu’au 31 décembre 2017 sous déduction des montants 
déjà versés à ce titre. 

E. L’appelant a interjeté appel contre ce jugement le 16 septembre 2019. Il conclut, sous 
suite des frais et dépens, en modification du jugement attaqué, à ce qu’il soit pris acte 
et constaté qu’il a, par donation du 19 mai 1989, obtenu de feu son père le cheptel vif 
et mort de l’entreprise agricole de son père, pour moitié, d’une valeur de 
CHF 610'000.00, partant, à ce qu’il soit dit et déclaré qu’il ne doit pas payer la somme 
de CHF 188'565.00 à titre de liquidation du régime matrimonial à l’intimée, 
respectivement CHF 93'619.00 au titre de créance compensatrice des propres de 
l’intimée et CHF 94'946.00 à titre de partage du bénéfice des acquêts, très 
subsidiairement à ce qu’il soit dit et déclaré qu’il doit verser au maximum un montant 
de CHF 93'619.00 à l’intimée, finalement, à l’annulation du jugement attaqué en tant 
qu’il le condamne au versement d’une contribution d’entretien jusqu’au 31 
décembre 2017 et à ce qu’il soit dit et déclaré qu’il n’a plus de contribution à verser 
en faveur de l’intimée à compter du 1er août 2015. 

F. L’intimée a conclu, dans son « mémoire de réponse et appel joint » du 20 
novembre 2019, au rejet de l’appel et, à titre préliminaire, à ce qu’il soit ordonné 
l’exécution du paiement de la contribution d’entretien fixée par le jugement du 25 
juin 2019 en sa faveur, soit CHF 70'000.00, à défaut, à ce qu’il soit ordonné à 
l’appelant de fournir des sûretés.

Sur appel joint, elle conclut en substance à ce qu’il soit dit et constaté que la somme 
de CHF 970'000.00 constitue la créance compensatrice des propres de l’intimée due 
par l’appelant dans le cadre de la liquidation du régime matrimonial, à ce qu’il soit dit 
et constaté que c’est la somme totale de CHF 1'064'946.00 que l’appelant lui doit à 
titre de liquidation du régime matrimonial et conclut finalement, en tout état de cause, 

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à la condamnation de l’appelant au paiement de tous les frais de la cause et à une 
équitable indemnité de dépens.

G. L’appelant a conclu au débouté de l’intimée dans son mémoire de réponse à l’appel 
joint du 14 janvier 2020. 

En droit :

1. La compétence de la Cour civile découle des art. 308ss CPC et 4 al. 1 LiCPC. Pour 
le surplus, interjeté dans les forme et délai légaux (art. 239 al. 2 et 311 CPC), l’appel 
est recevable et il convient d’entrer en matière. Il en va de même de l’appel joint 
(art. 313 CPC).

2.
2.1. L'appel et l’appel joint sont limités à la liquidation du régime matrimonial et la question 

du versement d’une contribution d’entretien. 

Il convient, par conséquent, de constater que le jugement de première instance est 
entré en force sur les points non contestés, en particulier en tant qu'il déclare 
irrecevable la conclusion relative à la liquidation du régime matrimonial s’agissant de 
la répartition du mobilier, prononce par le divorce la dissolution du mariage conclu le 
… 1978 à R.________ entre les parties et constate qu’il n’y avait pas de prestations 
de sortie de la prévoyance professionnelle à partager.

2.2. Au vu de l’objet du litige, les maximes de disposition (art. 58 al. 1 CPC) et des débats 
(art. 55 al. 1 CPC) sont applicables.

3.
3.1. Aux termes de l'art. 58 al. 1 CPC - applicable aux questions relatives à la liquidation 

du régime matrimonial -, le tribunal ne peut accorder à une partie ni plus, ni autre 
chose que ce qui est demandé, ni moins que ce qui est reconnu par la partie adverse 
(ne eat iudex ultra petita partium). Les conclusions des parties doivent ainsi être 
suffisamment déterminées. Lorsqu'elles portent sur la liquidation du régime 
matrimonial, elles doivent indiquer à quel résultat le demandeur prétend. Par ailleurs, 
l'action tendant au paiement d'une somme d'argent doit être chiffrée (art. 84 al. 2 
CPC), sous réserve de l'application de l'art. 85 al. 1 CPC. Le chiffrement des actions 
en paiement d'une somme d'argent (art. 84 al. 2 CPC) compte parmi les conditions 
de recevabilité (art. 59 CPC ; ATF 142 III 102 consid. 3). Selon cette disposition, le 
demandeur peut intenter une action non chiffrée s'il est dans l'impossibilité d'articuler 
d'entrée de cause le montant de sa prétention ou si cette indication ne peut être 
exigée d'emblée. Une fois les preuves administrées ou les informations requises 
fournies par le défendeur, le demandeur doit toutefois chiffrer sa demande dès qu'il 
est en état de le faire (art. 85 al. 2, 1ère phr., CPC), autrement dit, dès que possible. 
L'art. 85 CPC n'a ainsi pas pour effet de limiter la portée de la maxime de disposition, 
le demandeur n'étant pas libéré de son obligation de chiffrer ses prétentions, mais 

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pouvant seulement différer le moment auquel il doit y procéder (TF 5A_368/2018, 
5A_394/2018 du 25 avril 2019 consid. 4.3.3 et les réf.).

3.2. Le chiffrement des actions en paiement d'une somme d'argent (art. 84 al. 2 CPC) 
compte parmi les conditions de recevabilité (art. 59 CPC) (ATF 142 III 102 consid. 3), 
que le tribunal doit examiner d’office (art. 60 CPC) (TF 4A_235/2016 du 7 mars 2017 
consid. 2.1). Le fait que l'action ne soit pas chiffrée ne constitue pas un vice au sens 
de l'art. 132 al. 2 CPC, pour lequel le tribunal devrait fixer un délai de réparation 
(ATF 140 III 409 consid. 4.3.2 ; TF 4A_618/2017 du 11 janvier 2018 consid. 4.4).

Une partie qui a pris des conclusions insuffisantes en première instance ne peut 
corriger cette négligence procédurale en appel (TF 5A_368/2018 précité). 

3.3. Lorsque le tribunal n'alloue pas strictement les conclusions du demandeur, il convient 
de déterminer s'il reste néanmoins dans le cadre des conclusions prises, sans allouer 
plus que ce qui est demandé ni étendre l'objet de la contestation à des points qui ne 
lui ont pas été soumis. Le principe de disposition n'interdit cependant pas au tribunal 
de déterminer le sens véritable des conclusions et de statuer sur cette base, plutôt 
que selon leur libellé inexact ou imprécis. Les conclusions doivent en effet être 
interprétées selon le principe de la confiance, à la lumière de la motivation de l'acte ; 
l'interdiction du formalisme excessif (sur cette notion, cf. ATF 142 I 10 consid. 2.4.2 
et les références ; 142 IV 299 consid. 1.3.2) commande, pour sa part, de ne pas se 
montrer trop strict dans la formulation des conclusions si, à la lecture du mémoire, on 
comprend clairement ce que veut le recourant (TF 5A_368/2018 précité). 

3.4. En l’espèce, l’appelant se prévaut, au stade de sa réponse à l’appel-joint seulement, 
de l’irrecevabilité des conclusions de l’intimée faute d’avoir été valablement chiffrées, 
moyen dont il aurait pu se prévaloir dans son mémoire d’appel. Toutefois, comme 
examiné ci-dessus, le chiffrement des conclusions constitue une condition de 
recevabilité qui s’examine d’office, même au stade de l’appel. 

L’intimée a notamment conclu, dans son mémoire de réponse et de demande 
reconventionnelle du 8 août 2014, à ce qu’il soit procédé à la liquidation du régime 
matrimonial des parties et par conséquent, à ce que la moitié des acquêts, dont la 
valeur est à établir, lui soit attribuée et à ce que la ferme familiale « Les D.________ » 
lui soit attribuée à titre de compensation des biens propres lui ayant été dévolus par 
succession et qu’elle a utilisés pour permettre sa construction. De telles conclusions, 
non chiffrées, sont manifestement insuffisantes, mais admissibles à ce stade de la 
procédure, sous réserve du fait que l’intimée n’a ni allégué qu’il ne lui était pas 
possible d’indiquer le montant de sa prétention, ni indiqué une valeur minimale tel 
qu’exigé par l’art. 85 al. 1 CPC. Des actes d’instruction ont été ordonnés par la suite, 
dont une expertise du domaine agricole, et les parties ont accepté, sur proposition de 
la juge civile, de désigner Me C.________, notaire, pour « procéder à la liquidation 
du régime matrimonial ». Cette dernière a déposé le 25 octobre 2017 un projet de 
liquidation, qu’elle a complété le 14 septembre 2018 suite aux observations des 
parties. En dépit des preuves administrées et du « projet de liquidation du régime 

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matrimonial », l’intimée s’est limitée à confirmer les conclusions de son mémoire de 
réponse et de demande reconventionnelle du 8 août 2014 lors de l’audience des 
débats du 29 avril 2019. L’intimée, représentée par une avocate, ne pouvait toutefois 
ignorer qu’elle était tenue de chiffrer sa prétention. 

Bien que la juge civile ait fait état des exigences procédurales précitées et de 
l’absence de conclusions chiffrées, elle a uniquement déclaré irrecevable la 
conclusion de l’intimée relative au partage des biens mobiliers. Elle est en revanche 
entrée en matière sur la liquidation du régime matrimonial des parties et a traité les 
allégués soulevés par l’intimée dans son mémoire de réponse et de demande 
reconventionnelle du 8 août 2014. Il est vrai, que dans le corps de son mémoire, 
l’intimée élève diverses prétentions chiffrées dont elle réclame la restitution à 
l’appelant « à titre de liquidation du régime matrimonial » (art. 32) en sus du partage 
des acquêts de l’appelant (art. 34). L’intimée n’a toutefois pas actualisé ses 
prétentions à l’issue de l’administration de la preuve, parvenue à son terme près de 
cinq ans plus tard. De plus, les créances dont l’appelant serait le débiteur ne sauraient 
s’examiner individuellement pour elles-mêmes et doivent faire l’objet d’une 
appréciation globale, ces créances devant être rattachées à une masse, 
respectivement aux actifs d’une masse de l’intimée et aux passifs d’une masse de 
l’appelant. Ce faisant, l’intimée a complètement délégué au premier juge le calcul de 
ses prétentions, alors que la liquidation du régime matrimonial portait sur de 
nombreux biens, dont le domaine agricole, et posait diverses questions, en lien 
notamment avec le calcul de créances envers son époux (art. 206 al. 1 CC et 209 
CC), ce qui n’est pas admissible. Peu importe que la juge de première instance ait, 
au final, été en mesure de calculer la part revenant à l’intimée à titre de liquidation du 
régime matrimonial (cf. TF 5A_368/2018 précité consid. 4.3.4).

Au vu de ces éléments, les conclusions de l’intimée relatives à la liquidation du régime 
matrimonial doivent être déclarées irrecevables et il ne peut lui être alloué aucun 
montant à ce titre. Le jugement attaqué doit être réformé dans ce sens. 

4. L’appelant conteste également le jugement de première instance en tant qu’il le 
condamne au versement d’une contribution d’entretien en faveur de l’intimée jusqu’au 
31 décembre 2017. Selon lui, il ne saurait être redevable d’une contribution d’entretien 
en faveur de son ex-épouse au-delà du 31 juillet 2015, compte tenu du concubinage 
qualifié de son ex-épouse, et du fait que les revenus de cette dernière couvrent ses 
charges. Ces faits avaient déjà motivé la requête de mesures provisionnelles qu’il 
avait déposée le 9 septembre 2015, traitée près de quatre ans plus tard par la juge 
civile. Il conteste subsidiairement le montant de ses revenus pris en compte par la 
juge. Dans son mémoire de réponse à l’appel, l’intimée allègue uniquement que si 
l’appelant avait une situation aussi obérée qu’il le prétend, il ne ferait pas durer la 
procédure et plaiderait au bénéfice de l’assistance judiciaire gratuite.

4.1. Aux termes de l'art. 125 al. 1 CC, si l'on ne peut raisonnablement attendre d'un époux 
qu'il pourvoie lui-même à son entretien convenable, y compris à la constitution d'une 
prévoyance vieillesse appropriée, son conjoint lui doit une contribution équitable. 

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Dans son principe, comme dans son montant et sa durée, l'obligation d'entretien doit 
être fixée en tenant compte des éléments énumérés de façon non exhaustive à 
l'art. 125 al. 2 CC (ATF 137 III 102 consid. 4.1 et les arrêts cités ; TF  5A_361/2018 
du 26 juin 2018 consid. 3.1). 

Les conditions d’application de cette disposition ont été correctement développées 
dans l’arrêt attaqué ; il y est renvoyé. Il n’est de plus pas contesté que le mariage a 
durablement marqué de son empreinte la situation de l'intimée et qu’elle peut, de ce 
fait, prétendre, à une contribution d’entretien. 

4.2. Est en revanche essentiellement litigieuse la question de la suppression de la 
contribution à compter du 31 juillet 2015, en raison du concubinage de l’intimée. 
L’appelant se prévaut d’une modification de la situation au sens de l’art. 129 CC.

4.2.1. Aux termes de l’art. 129 al. 1 CC, si la situation du débiteur ou du créancier change 
notablement et durablement, la rente peut être diminuée, supprimée ou suspendue 
pour une durée déterminée ; une amélioration de la situation du créancier n’est prise 
en compte que si une rente permettant d’assurer son entretien convenable a pu être 
fixée dans le jugement de divorce.

Le Tribunal fédéral admet notamment que l’art. 129 al. 1 CC peut trouver application 
lorsque le créancier vit dans un concubinage stable (cf. not. TF 5A_964/2018 du 26 
juin 2019 consid. 3.2.2). Cette disposition vise toutefois la modification du jugement 
de divorce et n'est donc pas applicable lors de la fixation de la rente par le juge du 
divorce. Il est cependant admis que l'art. 126 al. 3 CC, aux termes duquel le juge du 
divorce peut subordonner l'obligation de contribuer à l'entretien à certaines 
conditions, permet de prévoir - par analogie avec l'art. 129 al. 1 CC - une suspension 
conditionnelle de la rente déjà au moment du prononcé du divorce (TF 5C.265/2002 
du 1er avril 2003 consid. 2.4, non publié aux ATF 129 III 2557, 5C.296/2001 du 12 
mars 2002 consid. 3b/aa ; Pascal PICHONNAZ, in Commentaire romand, CC I, 2010, 
n° 11 ad art. 129 CC). La contribution est alors suspendue avec effet immédiat et son 
versement subordonné à la condition que le concubinage prenne fin dans un certain 
délai (Pascal PICHONNAZ, op. cit., n° 46 ad art. 126 CC).

4.2.2. Selon la jurisprudence, il faut entendre par concubinage qualifié (ou concubinage 
stable) une communauté de vie d'une certaine durée, voire durable, entre deux 
personnes, à caractère en principe exclusif, qui présente une composante tant 
spirituelle que corporelle et économique, et qui est parfois désignée comme 
communauté de toit, de table et de lit (ATF 138 III 157 consid. 2.3.3) ; le juge doit 
dans tous les cas procéder à une appréciation de tous les facteurs déterminants, 
étant précisé que la qualité d'une communauté de vie s'évalue au regard de 
l'ensemble des circonstances de la vie commune (ATF 118 II 235 consid. 3b ; 
TF 5A_760/2012 précité consid. 5.1.2.1 et les références). Il incombe au débiteur 
d'entretien de prouver que le créancier vit dans un concubinage qualifié avec un 
nouveau partenaire (ATF 138 III 97 consid. 3.4.2 ; 118 II 235 consid. 3c) ; le Tribunal 
fédéral a toutefois posé la présomption - réfragable - qu'un concubinage est qualifié 

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lorsqu'il dure depuis cinq ans au moment de l'ouverture de l'action en modification du 
jugement de divorce (ATF 138 III 97 consid. 3.4.2 ; 118 II 235 consid. 3a). L'existence 
ou non d'un concubinage qualifié ne dépend pas des moyens financiers des 
concubins, mais de leurs sentiments mutuels et de l'existence d'une communauté de 
destins (ATF 124 III 52 consid. 2 a/aa ; TF 5A_760/2012 précité consid. 5.1.2.1). La 
contribution d'entretien peut ainsi être modifiée indépendamment de toute 
amélioration de la situation financière du créancier (TF 5A_760/2012 précité consid. 
5.4 ; 5A_81/2008 précité consid. 5.1.2). En effet, en s'engageant volontairement dans 
une nouvelle communauté de destins, le crédirentier renonce ce faisant aux 
prétentions qu'il a envers son ex-conjoint indépendamment de sa nouvelle situation 
économique. La renonciation aux prétentions d'entretien peut être plus ou moins 
définitive, selon que la nouvelle relation du crédirentier entraîne la suppression ou la 
simple suspension du droit à la rente (TF  5A_964/2018 du 26 juin 2019 consid. 3.2.2, 
5A_373/2015 du 2 juin 2016 consid. 4.3.2, 5A_81/2008 précité consid. 5.4.2).

La suspension ou la suppression de la contribution en cas de concubinage qualifié 
est possible même si la communauté de vie n'a pas encore atteint une durée de cinq 
ans mais présente en raison d'autres facteurs une stabilité suffisante. Le choix entre 
la suspension ou la suppression de la rente, doit procéder dans chaque cas d'une 
pesée des intérêts, entre celui du créancier à pouvoir en bénéficier en cas de 
dissolution du concubinage et celui du débiteur à être définitivement libéré de son 
obligation d'entretien. La suppression sera généralement prononcée lorsque la durée 
du concubinage est supérieure au délai de cinq ans (TF 5A_760/2012 du 27 février 
2013 consid. 5.1.2.2 ; cf. eg. Pascal PICHONNAZ, op. cit., n° 53s ad art. 129 CC).

4.2.3. Selon l'art. 126 CC, le juge du divorce fixe le moment à partir duquel la contribution 
d'entretien en faveur du conjoint est due. Celle-ci prend en principe effet à l'entrée en 
force du jugement de divorce, sauf si le juge en fixe, selon son appréciation, le dies a 
quo à un autre moment, antérieur ou postérieur à l’entrée en force du jugement de 
divorce (Manon SIMEONI, in Commentaire pratique, Droit matrimonial, 2016., n° 31 ad 
art. 126 CC). Dans les cas où des mesures provisionnelles ont été ordonnées pour la 
durée de la procédure de divorce, il ne saurait fixer le dies a quo à une date antérieure 
à l'entrée en force partielle du jugement de divorce. En effet, les mesures 
provisionnelles ordonnées pendant la procédure de divorce jouissent d'une autorité 
de la chose jugée relative, en ce sens qu'elles déploient leurs effets pour la durée du 
procès, aussi longtemps qu'elles n'ont pas été modifiées, de sorte que le jugement 
de divorce ne peut pas revenir rétroactivement sur ces mesures (ATF 142 III 193 
consid. 5.3).

De jurisprudence constante, la décision de modification des mesures protectrices ou 
provisoires ne déploie en principe ses effets que pour le futur, l'ancienne 
réglementation restant valable jusqu'à l'entrée en force formelle du nouveau 
prononcé. En matière de contributions d'entretien, la modification peut aussi prendre 
effet - au plus tôt - au moment du dépôt de la requête (ou à une date ultérieure), 
l'octroi d'un tel effet rétroactif relevant toutefois de l'appréciation du juge. Lorsque le 
motif pour lequel la modification d'une contribution d'entretien est demandée se 

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trouve déjà réalisé au moment du dépôt de la requête, il ne se justifie normalement 
pas, du point de vue de l'équité, de faire remonter l'effet de la modification à un autre 
moment (ultérieur), le créancier de la contribution d'entretien devant tenir compte d'un 
risque de réduction ou de suppression de la rente dès l'ouverture de la procédure. 
Selon les circonstances, le juge peut toutefois retenir, même dans ce cas, une date 
postérieure au dépôt de la requête, notamment lorsque la restitution des contributions 
accordées et utilisées pendant la durée de la procédure ne peut équitablement être 
exigée. Cette dernière situation suppose que le crédirentier, sur la base d'indices 
objectivement sérieux, ait pu compter pendant la durée de la procédure avec le 
maintien du jugement d'origine ; il s'agit ainsi d'un régime d'exception 
(TF 5A_539/2019 du 14 novembre 2019 consid. 3.3 et les réf. citées). 

4.3. En l’espèce, les relations pécuniaires entre les parties durant la procédure de divorce 
étaient régies par la convention homologuée par la juge civile le 19 janvier 2011, fixant 
le montant de la contribution d’entretien mensuelle due par l’appelant à l’intimée à 
CHF 2'500.00. L’appelant a introduit une procédure unilatérale en divorce le 5 
août 2013 et, dans ce cadre, a saisi la juge civile, le 9 septembre 2015, d’une requête 
de mesures provisionnelles tendant à la suppression avec effet immédiat de la 
contribution d’entretien en faveur de l’intimée. La juge civile, qui n’a pas traité cette 
requête avant le jugement de divorce du 25 juin 2019, a constaté que cette dernière 
était devenue sans objet. Quant à la contribution d’entretien, elle a confirmé le 
montant de CHF 2'500.00 fixé en mesures protectrices, en précisant que dite 
contribution était due jusqu’au 31 décembre 2017. Ce faisant, force est toutefois 
d’admettre que la juge civile a partiellement admis la requête de mesures 
provisionnelles en supprimant toute obligation de l’appelant envers l’intimée à 
compter du 1er janvier 2018. Elle motive cette suppression en raison de la situation 
financière de l’appelant qui s’est détériorée en 2018. Quant au concubinage de 
l’intimée, la juge civile en a tenu compte en réduisant certaines charges de l’intimée 
de moitié.

Il ressort toutefois du jugement attaqué que l’intimée vit avec son compagnon depuis 
le 1er novembre 2011 et que la juge civile a considéré que la communauté de vie 
qu’elle formait avec son compagnon constituait un concubinage qualifié (consid. 4.3 
let. a du jugement attaqué). Au moment du dépôt de la requête de mesures 
provisionnelles de l’appelant, en septembre 2015, cela faisait environ quatre ans que 
l’intimée vivait avec son compagnon, soit un an de moins que le seuil de cinq ans fixé 
par la jurisprudence selon lequel le concubinage est présumé qualifié. L’intimée, à qui 
sa relation de concubinage était opposée, n’a toutefois jamais contesté la stabilité de 
cette relation, à tout le moins de manière suffisamment précise (cf. art. 150 CPC). Il 
en va ainsi en particulier en procédure d’appel (art. 2 à 6 du mémoire de réponse et 
appel joint), mais également en procédure de première instance. L’intimée s’est en 
effet limitée, en particulier dans son mémoire de réponse du 9 novembre 2015, à 
arguer que la situation financière de l’appelant lui permettait de s’acquitter de ses 
obligations. Elle ne conteste toutefois pas, ni clairement, ni implicitement, les allégués 
de l’appelant selon lesquels elle vit avec son ami depuis le 19 janvier 2011, ce dernier 
contribue à son entretien, leur relation est durable et est, en tous points, semblable 

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au mariage (art. 3 du mémoire de requêtes de mesures provisionnelles du 9 
septembre 2015).

Dans ces circonstances et bien que la durée de cinq ans n’était pas encore atteinte 
au moment du dépôt de la requête, force est de retenir que la relation de concubinage 
était déjà qualifiée et justifiait à ce moment, la suspension, voire la suppression de 
l’obligation d’entretien de l’appelant. En effet, il est rappelé que la modification de la 
contribution d’entretien, en cas de concubinage qualifié, ne dépend pas de 
l’amélioration de la situation financière du créancier, mais du fait qu’en s’engageant 
dans une nouvelle communauté de vie, il renonce, ipso facto, aux prétentions qu’il a 
envers son ex-conjoint. 

L’appel doit ainsi également être admis sur ce point et la contribution d’entretien due 
par l’appelant envers l’intimée doit être supprimée depuis le 1er septembre 2015, 
moment du dépôt de la requête de mesures provisionnelles, étant admis qu’à partir 
de ce moment, l’intimée pouvait escompter que l’appelant serait libéré de son 
obligation d’entretien à son égard.

5. L’appel est ainsi admis dans toutes ses conclusions et l’appel-joint entièrement rejeté.

6. La Cour civile ayant statué au fond, la requête de l’intimée en exécution anticipée de 
la décision du 25 juin 2019 est devenue sans objet 

7. (…). 

PAR CES MOTIFS 

LA COUR CIVILE

constate

que le jugement de première instance est entré en force en tant qu'il :
- déclare irrecevable la conclusion relative à la liquidation du régime matrimonial s’agissant 

de la répartition du mobilier faute de conclusion précise à cet effet ;
- prononce par le divorce la dissolution du mariage conclu le … 1978 à R.________ entre les 

parties ;
- constate qu’il n’y a pas de prestations de sortie de la prévoyance professionnelle à 

partager ;
- rejette pour le surplus les conclusions des parties ;
- invite les parties à adresser à l’une des caisses de compensation AVS où elles sont, 

respectivement ont été affiliées, une « demande de partage de revenus en cas de 
divorce » ;

- partage les frais judiciaires de première instance par moitié entre les parties et compense 
leurs dépens entre elles ;

10

constate

que la requête de l’intimée en exécution anticipée de la décision du 25 juin 2019 est devenue 
sans objet ;

pour le surplus, en modification du jugement de première instance,

déclare

irrecevables les conclusions de l’intimée relatives à la liquidation du régime matrimonial ; 
partant,

dit

qu’il n’est alloué aucun montant à l’intimée au titre de la liquidation du régime matrimonial ;

dit

que l’appelant est libéré de son obligation d’entretien envers l’intimée à compter du 1er 
septembre 2015, la contribution d’entretien fixée à CHF 2'500.00 par la juge des mesures 
protectrices de l’union conjugale le 19 janvier 2011 étant ainsi supprimée à compter du 
1er septembre 2015 ; 

met

les frais judiciaires de seconde instance, fixés au total à CHF 6’000.00 et prélevés sur les 
avances effectuées, à la charge de l’intimée qui succombe et restitue à l’appelant le solde de 
son avance par CHF 3'300.00, l’intimée étant condamnée à rembourser à l’appelant la somme 
de CHF 1'350.00 à ce titre ;

alloue

à l’appelant une indemnité de dépens de CHF 4'000.00 (débours et TVA compris), à verser 
par l’intimée ;

11

ordonne

la notification du présent arrêt aux parties ainsi qu’à la juge civile.

Porrentruy, le 8 septembre 2020 

AU NOM DE LA COUR CIVILE
Le président : La greffière :

Philippe Guélat Nathalie Brahier

Communication concernant les moyens de recours :

Un recours en matière civile peut être déposé contre le présent jugement auprès du Tribunal fédéral, 
conformément aux dispositions de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), en particulier aux art. 42, 72 ss. 
et 90 ss. LTF, dans un délai de 30 jours à partir de la date où ce jugement vous a été notifié (art. 100 LTF). Ce 
délai ne peut pas être prolongé (art. 47 al. 1 LTF). 

Le mémoire de recours sera adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Il doit indiquer les conclusions, les 
motifs et les moyens de preuve, et être signé. Le recourant doit exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole 
le droit (art. 42 al. 2 LTF). Le recourant ne peut critiquer les constatations de fait que si les faits ont été établis de 
façon manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l’art. 95, et si la correction du vice est susceptible 
d’influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).

Le présent jugement et les pièces invoquées comme moyens de preuve en possession du recourant doivent être 
joints au mémoire (art. 42 al. 3 LTF).

Valeur litigieuse
La Cour civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à CHF 30'000.00