# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 69535ee4-a301-536d-a427-f2209289b0d7
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2007-02-27
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 27.02.2007 PE.2006.0089
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_PE-2006-0089_2007-02-27.html

## Full Text

CANTON DE VAUD

  TRIBUNAL
  ADMINISTRATIF

  
	
   

  	
  Arrêt du 27 février 2007

  
	
  Composition

  	
  M. Eric Brandt, président; MM. Pierre Allenbach et
  Jean-Daniel Henchoz, assesseurs; Mme Séverine Rossellat, greffière.

  

 

	
  Recourante

  	
   

  	
  A.________, à 1********,
  représentée par Minh Son NGUYEN, Avocat, à Vevey 1,  

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Service de la population (SPOP),
  à Lausanne

  

   

 

	
  Objet

  	
  Refus de prolonger une autorisation de séjour pour études

  
	
   

  	
  Recours A.________ c/ décision du Service de la population
  (SPOP) du 16 janvier 2006 refusant de prolonger son autorisation de séjour
  pour études.

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
a) A.________ est née le 2******** à Ho Chi Minh Ville, au
Viêt-nam. Elle a déposé le 23 juin 2003 une demande de visa pour la Suisse afin
d'entreprendre des études auprès de l'Hotel Institute Montreux (ci-après : HIM);
au terme de ses études, elle entendait retourner au Viêt-nam pour développer
l'entreprise familiale. L'autorisation d'entrée a été délivrée le 21 juillet
2003. 

b) En cours d'études, A.________ a interrompu sa
formation en gestion hôtelière à l'HIM pour entreprendre des cours intensifs de
français auprès de l'école "Language Links" à Lausanne (ci-après :
l'école de langues) pour l'année scolaire débutant le 3 octobre 2005 et se
terminant en septembre 2007. La recourante a indiqué notamment que
l'apprentissage du français était très important pour sa carrière dans
l'hôtellerie et lui permettrait d'entrer dans un nouvel environnement qui
pourrait l'amener à envisager une voie d'études différente pour l'avenir. Elle
indiquait qu'un nouveau niveau de compétence linguistique lui permettrait de
poursuivre des études universitaires en Suisse. La recourante a encore précisé
le 27 novembre 2005 qu'elle souhaitait faire un "break" dans son
programme d'études hôtelières et qu'après avoir obtenu le diplôme de langue
française, approximativement à la fin de l'année 2007, elle reprendrait les
cours auprès de l'HIM. 

B.                              
a) Le Service de la population (ci-après : le SPOP) a
refusé le 16 janvier 2006 la prolongation de
l'autorisation de séjour pour études. 

b) A.________ a recouru contre cette décision auprès
du Tribunal administratif le 13 février 2006 en concluant à l'admission du
recours et au renouvellement de l'autorisation de séjour pour terminer ses études.
Le SPOP s'est déterminé sur le recours le 16 mars 2006 et il a conclu à son
rejet. La possibilité a été donnée à la recourante de déposer un mémoire
complémentaire; elle a confirmé à cette occasion que son plan d'études
comprenait un apprentissage du français jusqu'au mois de septembre 2007 auprès
de l'école de langues et l'achèvement de sa formation hôtelière à l'HIM (troisième
année) avant de retourner au Viêt-nam.

Considérant en droit

1.                               
a) La loi fédérale sur le séjour et l'établissement des
étrangers du 26 mars 1931 (ci-après : LSEE) prévoit à l'art. 1a que tout
étranger a le droit de résider sur le territoire suisse s'il est au bénéfice
d'une autorisation de séjour ou d'établissement. L'autorité statue librement
sur l'octroi de l'autorisation de séjour ou d'établissement dans le cadre des
prescriptions légales et des traités avec l'étranger (art. 4 LSEE). Elle doit
notamment tenir compte des intérêts moraux et économiques du pays ainsi que du
degré de surpopulation étrangère (art. 16 al. 1 LSEE). L'autorisation de séjour
est toujours limitée; en règle générale, elle ne dépassera pas une année, la
première fois (art. 5 al. 1 LSEE), et elle n'est valable que pour le canton qui
l'a délivrée (art. 8 al. 1 LSEE). 

b) L'art. 25 LSEE délègue au Conseil fédéral la
compétence d'édicter les dispositions nécessaires à l'exécution de la loi,
notamment pour fixer les conditions auxquelles les autorisations de séjour et
d'établissement peuvent être accordées. L'ordonnance limitant le nombre des
étrangers du 6 octobre 1986 (ci-après : OLE) fixe à cet effet les
conditions requises pour l'octroi d'autorisations de séjour à des étudiants.
L'art. 32 OLE précise que les autorisations de séjour peuvent être accordées à
des étudiants qui désirent faire des études en Suisse lorsque les six conditions
suivantes sont remplies :

"a.     Le requérant vient seul en Suisse;

b.      il veut fréquenter une université ou un autre institut
d'enseignement supérieur;

c.      le programme des études est fixé;

d.      la direction de l'établissement atteste par écrit que le requérant
est apte à fréquenter l'école et qu'il dispose de connaissances linguistiques
suffisantes pour suivre l'enseignement;

e.      le requérant prouve qu'il dispose de moyens financiers
nécessaires et

f.       la sortie de Suisse à la fin du séjour d'études paraît
assurée".

Ces conditions sont cumulatives (arrêt TA PE
2003/0185 du 3 décembre 2003); mais cette disposition ne donne aucun droit à
l'obtention d'une autorisation de séjour, même si toutes les conditions sont
remplies, à défaut de quoi elle ne serait pas compatible avec l'art. 4 LSEE qui
accorde à l'autorité cantonale un pouvoir de libre appréciation (ATF non publié
2A.269/1999 du 12 janvier 2000). La jurisprudence du tribunal privilégie en
premier lieu les étudiants jeunes qui ont un intérêt immédiat à obtenir une
formation; les autorisations de séjour pour études peuvent toutefois être
délivrées à des requérants plus âgés si la formation choisie en Suisse
correspond à un complément à celle déjà obtenue à l'étranger. Cependant, le
Tribunal administratif applique le critère de l'âge de manière retenue en
tenant compte de l'ensemble des circonstances (v. par exemple arrêt TA
2001/0497 du 29 mai 2002 et les réf. cit.).

c) Selon les directives LSEE de l'Office fédéral des
migrations (chiffre 513), les étrangers qui ont terminé avec succès leurs
études doivent quitter la Suisse. Entamer plusieurs formations à la suite ne
saurait correspondre au but fixé par la politique en matière d'immigration. Un
changement de l'orientation des études pendant la formation ne serait admis que
dans des cas exceptionnels et dûment justifiés. Le tribunal a ainsi admis les
compléments de formation d'étudiantes qui avaient obtenu le diplôme de l'Ecole
de Français Moderne en vue d'entreprendre des études auprès de l'Ecole d'Etudes
Sociales et Pédagogiques de Lausanne (voir arrêts PE 2000/0095 du 24 août 2000
et PE 2003/0387 du 6 mai 2004). 

2.                               
En l'espèce, il est vrai que la recourante n'a pas annoncé
dans sa demande de visa son intention d'entreprendre un apprentissage intensif
du français. Il est vrai que la recourante a mentionné dans un premier temps la
possibilité d'entreprendre des études universitaires après avoir acquis un
certain niveau de compétence linguistique à l'école de langues, mais elle a
ensuite précisé qu'elle entendait bien terminer la formation en gestion
hôtelière auprès de l'Hotel Institute Montreux (HIM), ce que son conseil a confirmé
à plusieurs reprises dans le cadre de la procédure de recours; il en ressort
que la recourante a bien l'intention de terminer les études entreprises dans l'hôtellerie
après avoir achevé une formation intensive en français auprès de l'école
"Language-Links-Lausanne". La prolongation de deux années du séjour
de la recourante en Suisse pour l'apprentissage du français n'apparaît pas en
contradiction avec son objectif de formation initial dès lors que la maîtrise du
français peut également être un atout précieux dans son pays. Toutefois, une
nouvelle interruption du programme d'études pourrait conduire à un refus de
l'autorisation.

3.                               
Il résulte des considérants qui précèdent que le recours
est admis et la décision attaquée annulée, le dossier étant retourné au Service
de la population pour statuer à nouveau dans le sens des considérants. La
recourante, qui agit par l'intermédiaire d'un avocat et qui obtient gain de
cause, a droit aux dépens qu'elle a requis, arrêtés à 500 francs.

 

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.                                  
Le recours est admis.

II.                                
La décision du Service de la population du 16 janvier 2006
est annulée, le dossier étant retourné à cette autorité pour statuer à nouveau
dans le sens des considérants.

III.                               
Les frais de justice sont laissés à la charge de l'Etat.

IV.                             
L'Etat de Vaud, par l'intermédiaire du budget du Service
de la population, est débiteur de la recourante d'une indemnité de 500 (cinq
cents) francs à titre de dépens.

Lausanne, le 27 février 2007

 

Le président:                                                                                             La
greffière :

 

 

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint ainsi qu'à l'ODM.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en matière de droit
public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur
le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire
à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans
une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de
preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte
attaqué viole le droit. Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent
être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il
en va de même de la décision attaquée.