# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f1d8c410-9949-5c23-908e-2d13c271c1e1
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2005-12-12
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 12.12.2005 BB.2005.51
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BB-2005-51_2005-12-12.pdf

## Full Text

Arrêt du 12 décembre 2005 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Emanuel Hochstrasser, 
président, Andreas J. Keller et Tito Ponti, 
La greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni  

   
 
Parties 

  
1. A.,  
2. B.,  
3. C.,  
4. D.,  
5. E.,  
6. F.,  
7. G.,  
8. H.,  
9. I.,  
10. J.,  
11. K.,  
12. L.,  
13. M.,  
14. N.,  
15. O.,  
16. P. 
 
tous représentés par Me Vincent Spira, avocat, 
 

plaignants 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéros de dossiers : BB.2005.51 à BB.2005.53 et  
BB.2005.56 à BB.2005.68 
 
 

 

 

- 2 - 

 

 

 contre 
   

1. MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉ-
RATION,   

 
2. Q. ,  
 

représenté par Mes Marc Bonnant, Carlo 
Lombardini et Maurice Turrettini, avocats,  

 
parties adverses 

 
 

Juridiction inférieure  OFFICE DES JUGES D'INSTRUCTION FE-
DERAUX 
 

Objet  Constitution de parties civiles (art. 105bis al. 2 PPF) 

 

- 3 - 

 

 

 
Faits: 
 

A. Suite aux événements du 11 septembre 2001 (attentats à New York et 
Washington), le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a ou-
vert une enquête de police judiciaire contre inconnu(s) le 15 septembre 
2001. Le 25 octobre 2001, l’enquête a été étendue à Q., ressortissant 
saoudien résidant à Jeddah (Arabie Saoudite); celui-ci est soupçonné 
d'avoir financé, en tant que président de la Fondation R., l’organisation ter-
roriste Al-Qaïda dirigée par Oussama Ben Laden. Les accusations formu-
lées contre Q. concernent en particulier des transferts de fonds d’un mon-
tant de 1,25 million de US$ effectués en Suisse en 1998 en faveur d’un 
certain S., soupçonné d’être un des principaux financiers du groupe terro-
riste susmentionné. 

 

B. Le 13 juin 2005, le MPC a rendu une ordonnance refusant à A., B., C., D., 
E., F., G., H., I., J., K., L., M., N., O., P., - au demeurant tous demandeurs 
dans le cadre des plaintes, pendantes aux Etats-Unis, des familles des 
victimes du 11 septembre 2001 - la qualité de parties civiles dans le cadre 
de la procédure dirigée contre Q..  

 

C. Par acte du 20 juin 2005, les personnes précitées déposent plainte contre 
ce refus. Elles concluent à l'annulation de l'ordonnance et à l'admission de 
leur qualité de parties civiles, sous suite de frais et dépens. 

 

D. Dans sa réponse du 16 septembre 2005, le MPC, relevant que le dossier 
est en mains du Juge d'instruction fédéral (ci-après: JIF), conclut au rejet 
de la plainte sous suite de frais. 

 

E. Le 26 septembre 2005, les plaignants ont fait parvenir à l'autorité de céans 
une décision rendue le 21 septembre 2005 par un juge fédéral de New 
York dans le cadre de la plainte des familles de victimes du 11 septembre 
2001 en demandant à ce qu'elle soit produite comme pièce à la procédure. 

 

- 4 - 

 

 

F. Dans ses écritures du 30 septembre 2005, Q., quant à la forme, s'en rap-
porte à justice notamment pour la recevabilité de la plainte et, sur le fond, 
conclut au rejet de cette dernière, sous suite de frais et dépens. 
 
Dans sa réponse du 18 novembre 2005, le JIF s'en remet à justice. 
 
 
Les arguments invoqués de part et d'autre seront repris dans les considé-
rants en droit si nécessaire.  
 
 
 
 
La Cour considère en droit: 
 

1. 
1.1 La Cour des plaintes examine d'office et en toute cognition la recevabilité 

des plaintes qui lui sont adressées (ATF 122 IV 188, 190 consid. 1 et arrêts 
cités). 

1.2 Les plaintes formulées par A., B., C., D., E., F., G., H., I., J., K., L., M., N., 
O., P. sont toutes dirigées contre la même décision. Dans la mesure où 
l'état de fait concerné est le même pour tous, pour des raisons d'économie 
de procédure, il se justifie de joindre les plaintes et de statuer à leur propos 
par une seule décision.  

1.3 L’ordonnance contestée est datée du 13 juin 2005. Elle a été notifiée par 
lettre signature au conseil des plaignants, auquel elle est parvenue le len-
demain. Expédiées le 20 juin 2005, les plaintes l'ont été dans le délai utile 
de cinq jours prescrit par l'art. 217 PPF, applicable par renvoi de l'art. 
105bis al. 2 PPF, considérant que le 19 juin 2005 était un dimanche (art. 32 
al. 2 OJ).  

 

2. En l'espèce, il y a lieu de relever d'abord que dans leur plainte, les plai-
gnants indiquent très généralement être des victimes des attentats du 
11 septembre 2001. Devant la Cour de céans, ils ne précisent cependant 
nullement quel est le préjudice dont ils ont effectivement souffert de ce fait. 
Or, on devrait pouvoir s'attendre des intervenants qu'ils fournissent sponta-
nément des éléments de faits propres à établir leur intérêt civil à participer 
à la procédure, avec les moyens de preuve dont ils disposent (arrêt du Tri-
bunal fédéral 1P.620/2001 consid. 2.1 et références citées). On peut dès 

- 5 - 

 

 

lors se demander si l'intérêt des plaignants à agir est en l'espèce suffisam-
ment fondé. La plainte devant de toute façon être rejetée, cette question 
peut rester ouverte.  

 

3. Les plaignants invoquent que Q. entretient des relations privilégiées avec 
de hauts dignitaires d'Al-Qaïda et avec le groupe terroriste et que par 
conséquent, il est hautement vraisemblable que les versements qu'il a ef-
fectués entre février et août 1998 au profit de S. ont été faits dans le but de 
financer les activités de cette organisation. Le MPC relève quant à lui que 
le supposé soutien du prévenu à l'Organisation U. du seul fait que certains 
dirigeants de cette dernière étaient ses partenaires en affaires, ne permet 
pas d'affirmer avec certitude que l'inculpé personnellement était en position 
de connaître des détails de la planification des attentats du 11 septembre 
2001. Q. retient pour sa part que les versements concernés datent de 1998 
et que rien au dossier ne permet de constater ou de rendre vraisemblable 
que, de manière directe ou indirecte, il aurait effectivement apporté son 
soutien financier à Al-Qaïda dans le cadre des évènements du 11 septem-
bre 2001. 

 
3.1 Selon l'art. 34 PPF, sont considérées comme parties l'inculpé, le procureur 

général et tout lésé qui se constitue partie civile. La partie civile est en règle 
générale définie comme la personne qui est lésée de façon immédiate 
dans son bien juridique par un acte punissable et qui requiert la condamna-
tion de l'auteur à des dommages et intérêts en réparation du préjudice que 
lui a causé l'infraction (PIQUEREZ, Procédure pénale suisse, Zurich 2000, 
p. 295 no 1327). De jurisprudence et de doctrine constantes, seule la vic-
time qui est atteinte de manière directe dans ses intérêts juridiquement pro-
tégés par la commission d'une infraction peut se constituer partie civile et 
demander réparation du préjudice. La lésion n'est immédiate que si le lésé 
ou ses ayants cause, ont subi l'atteinte directement et personnellement, ce 
qui interdit aux tiers qui ne sont qu'indirectement touchés (par contrecoup 
ou ricochet; dommage réfléchi) par un acte punissable à se constituer par-
ties civiles. Les atteintes indirectes ne suffisent pas (arrêt du Tribunal fédé-
ral 1P.620/2001 du 21 décembre 2001 consid. 2; ATF 117 Ia 135; 137 
consid. 2a; PIQUEREZ, op. cit., p. 291 no 1306 et p. 293 no 1315; SCHMID, 
Strafprozessrecht, 4è. éd., Zurich - Bâle - Genève 2004, p. 165 no 502). 
L'intervenant doit ainsi rendre vraisemblable notamment un lien de causali-
té directe entre l'acte punissable et le préjudice subi (arrêt du Tribunal fédé-
ral précité 1P.620/2001 ibidem). Par ailleurs, le lésé doit être une personne 
physique ou morale et ses intérêts doivent être protégés pénalement. Ces 

- 6 - 

 

 

conditions sont cumulatives (PIQUEREZ, op. cit., p. 292 no 1312 et 1315 
ainsi que p. 294 no 1318). 

Il existe un rapport de causalité naturelle entre un évènement et un com-
portement coupable, si ce dernier en constitue la "conditio sine qua non" 
(ATF 128 III 180, 184 consid. 2d et les arrêts cités; ATF 121 IV 207, 212 
consid. 2a); il n'est en revanche pas nécessaire qu'il apparaisse comme la 
seule cause de l'évènement (ATF 115 IV 199, 206 consid. 5b et références 
citées). Le rapport de causalité délimité de la sorte ne peut être prouvé 
avec certitude; une grande vraisemblance est suffisante (arrêt du Tribunal 
fédéral 6S.426/2002 du 18 février 2003 consid. 4.2 et références citées). 
Lorsque la causalité naturelle est retenue, il faut encore se demander si le 
rapport de causalité peut être qualifié d'adéquat, c'est-à-dire si le compor-
tement était propre, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience 
de la vie, à entraîner un résultat du genre de celui qui s'est produit (ATF 
121 IV 10, 15 consid. 3; 121 IV 207, 213 consid. 2a; 120 IV 300, 312 con-
sid. 3e; 118 IV 130, 134 consid. 3c; 115 IV 199, 207 consid. 5c et les arrêts 
cités). La causalité adéquate peut cependant être exclue, l'enchaînement 
des faits perdant sa portée juridique, si une autre cause concomitante, par 
exemple une force naturelle, le comportement de la victime ou d'un tiers, 
constitue une circonstance tout à fait exceptionnelle ou apparaît si extraor-
dinaire, que l'on ne pouvait pas s'y attendre; l'imprévisibilité d'un acte 
concurrent ne suffit pas en soi à interrompre le rapport de causalité adé-
quate; il faut encore que cet acte ait une importance telle qu'il s'impose 
comme la cause la plus probable et la plus immédiate de l'événement 
considéré, reléguant à l'arrière-plan tous les autres facteurs qui ont contri-
bué à l'amener et notamment le comportement de l'auteur (ATF 122 IV 17, 
23 consid. 2c/aa; 121 IV 10, 14 ss consid. 3; 121 IV 207, 213 consid. 2a; 
120 IV 300, 312 consid. 3e et les arrêts cités). 

3.2 En l'espèce, rien au dossier ne permet de conclure avec une vraisem-
blance suffisante que Q. savait ou pouvait savoir que les versements qu'il a 
effectués et pour lesquels il est impliqué dans la procédure suisse, allaient 
servir à financer spécifiquement les attentats du 11 septembre 2001.  

Les transferts litigieux sont au nombre de cinq et sont intervenus entre le 
24 février et le 3 août 1998 (interrogatoire de Q. du 1er juillet 2003 p. 3 ss, 
pièces MPC 13 01 0003 à 13 01 0005), soit trois ans avant les attentats du 
11 septembre 2001. Ainsi, du point de vue temporel, il est déjà difficile 
d'admettre que cet argent serait la "conditio sine qua non" sans laquelle les 
attaques terroristes du 11 septembre 2001 n'auraient pu avoir lieu. D'ail-
leurs, aucune pièce au dossier ne permet d'établir avec suffisamment de 
vraisemblance que le prévenu était informé des objectifs et des plans d'Al-
Qaïda pour les évènements du 11 septembre 2001. Au contraire, en l'état 

- 7 - 

 

 

actuel des choses, il apparaît plutôt que seul un petit groupe de personnes 
était informé en détail de ce qui allait se passer (act 1.20 p. 19). Du reste, si 
des rumeurs persistantes ont bien vu le jour quant à une attaque visant des 
intérêts américains, cela n'a eu lieu que durant l'été 2001 et sans pour au-
tant que les cibles choisies aient été alors précisées (act. 1.20 p. 19). Dès 
lors, invoquer, comme le font les plaignants, qu'Oussama Ben Laden aurait 
conçu ce plan 20 ans plus tôt ne signifie de loin pas que le prévenu était au 
courant des détails des attentats précités. Au surplus, il semble qu'Oussa-
ma Ben Laden ait approuvé le plan d'attentats suicide au moyen d'avions 
début 1999 (act. 1.20 p. 2). De ce fait, il paraît invraisemblable que les 
paiements incriminés aient servi principalement pour ces attentats. Le fait 
que certains des partenaires en affaires de Q. seraient des proches d'Ous-
sama Ben Laden ne suffit pas non plus à établir d'une façon suffisamment 
probante que le prévenu aurait eu une connaissance privilégiée de l'exécu-
tion de ces crimes et a fortiori de leurs préparatifs. Du reste, il n'est pas 
contesté par les plaignants que les versements litigieux ont été faits en fa-
veur de S. et affectés au projet de développement d'une université T. à Z. 
(interrogatoire de Q. du 1er juillet 2003 p. 9 à 11, pièces MPC 13 01 0009 à 
13 01 0011; act. 1 p. 18 et act. 16 p. 4 ad points 47 - 79), de sorte que l'on 
ne voit pas quel pourrait alors être le lien direct entre les virements incrimi-
nés et les attentats concernés. Même si l'inculpé a des liens avec des per-
sonnes, tel S., ou des organisations soupçonnées d'être proches d'Al-
Qaïda - comme l'U. - aucun des éléments amenés par les plaignants ne 
permettent de considérer comme vraisemblable que l'inculpé a donné de 
l'argent aux personnes et organisations précitées dans le but exprès de 
former les terroristes qui devaient détourner les avions sur des cibles civi-
les ou militaires en septembre 2001.  

Dans la mesure où le lien de causalité directe entre l'acte punissable et le 
préjudice subi n'est en l'occurrence pas établi, il ne se justifie pas de véri-
fier si les autres conditions pour admettre la qualité de lésé sont remplies. 

 

4.  
4.1 Avec l'adoption de la LAVI, le législateur a créé une nouvelle catégorie de 

lésé, la victime. Est considérée comme telle, au sens de l’art. 2 al. 1 LAVI 
toute personne qui a subi, du fait d’une infraction, une atteinte directe à son 
intégrité corporelle, sexuelle ou psychique. Constitue une atteinte à 
l’intégrité psychique, mentale ou morale, le fait de mettre en danger 
l’équilibre psychique ou la santé mentale d’autrui (PIQUEREZ, op. cit, p. 300 
no 1353). Il ne suffit pas que la personne ait subi des désagréments, ou 
qu’elle ait perdu du temps ou de l’argent, elle doit être affectée dans sa 
santé physique ou psychique. De plus, dans ce contexte également, 

- 8 - 

 

 

l’atteinte doit résulter directement de l’infraction. Il faut donc un rapport de 
causalité naturelle entre l’atteinte et l’infraction, la première devant être une 
conséquence directe de la seconde (CORBOZ, Les droits procéduraux dé-
coulant de la LAVI, SJ 1996 53, 57). Cependant, celui qui n’est atteint que 
dans ses intérêts financiers ne bénéficie pas de la protection spéciale ac-
cordée par la LAVI (KOLLY, Le pourvoi en nullité à la Cour de cassation pé-
nale du Tribunal fédéral, Berne 2004, p. 29 et référence citée).  

Ainsi que développé ci-dessus, le lien direct entre l'infraction commise et 
l'atteinte subie par les plaignants n'a pas été démontré. Pour cette raison 
déjà les plaignants ne peuvent être considérés comme des victimes au 
sens de la LAVI, ce qu'ils ne contestent d'ailleurs pas (act. 1 p. 28). 

4.2 Au surplus, s'il n'existe pas de liste exhaustive des infractions qui font par-
tie du champ d'application de la LAVI, selon le législateur (FF 1990 II 925), 
l'art. 2 al. 1 LAVI concerne de façon générale notamment, les infractions 
contre la vie et l'intégrité corporelle, le brigandage, les infractions contre la 
liberté, les crimes et délits contre les moeurs ainsi que l'inceste s'il y a eu 
atteinte à l'intégrité psychique, de même que quelques autres infractions, 
dont l'émeute. En revanche, les infractions de mise en danger sont exclues 
du champ d'application de la loi puisque, par définition, elles ne comportent 
pas une atteinte à un bien juridique (ATF 122 IV 71, 77 consid. 3a; arrêt du 
Tribunal fédéral 6S.549/2000 du 4 octobre 2000 consid. 2a). Les délits 
contre l'honneur ne seront pas non plus pris en considération (FF 1990 II 
925; ATF 123 IV 184, 187 consid. 1b; ATF 123 IV 190, 191 consid. 1; arrêt 
du Tribunal fédéral 6P.22/2004 6S.67/2004 du 31 mars 2004 consid. 1.1). Il 
en va de même des infractions contre le patrimoine, en particulier le vol et 
l'escroquerie, le préjudice que la personne peut en subir n'en constituant 
qu'une conséquence indirecte (arrêt du Tribunal fédéral 8G.38/2001 du 24 
octobre 2001 consid. 1c et références citées). 

Q. est mis en cause dans la procédure pénale suisse principalement pour 
soupçons de soutien à une organisation criminelle au sens de l'art. 260 ter 
CP. Or, ce dernier article doit être tenu pour une norme de mise en danger 
abstraite (FF 1993 III 269, 296; CASSANI, Le train de mesures contre le fi-
nancement du terrorisme: une loi nécessaire? in SZW 2003 293, 304; 
BAUMGARTNER, Basler Kommentar, Bâle 2003, no 3 ad 260ter CP). Il ne 
saurait donc s'appliquer en l'espèce (CÉDRIC MIZEL, La qualité de victime 
LAVI et la mesure actuelle des droits qui en découlent in JdT 2003 IV 38, 
45). En conséquence, sous cet angle également, on ne pourrait reconnaître 
aux plaignants le statut de victime au sens de la LAVI. 

 

- 9 - 

 

 

5. Au vu de ce qui précède, les plaignants ne peuvent être admis en qualité 
de parties civiles dans la procédure pénale suisse ouverte contre Q.. La 
décision attaquée n'est donc pas arbitraire (arrêt du Tribunal pénal fédéral 
BB.2005.4 du 27 avril 2005 consid. 2) et les plaintes doivent ainsi être reje-
tées. Vu l'issue de ces dernières, il n'y a pas lieu de statuer sur le sort de la 
pièce fournie le 26 septembre 2005 par les plaignants (act. 17) et sur la-
quelle la Cour ne s'est de toute façon pas appuyée pour trancher. 

 

6. Selon l'art. 156 OJ (applicable par renvoi de l'art. 245 PPF), la partie qui 
succombe est tenue au paiement des frais. En application de l’art. 3 du 
Règlement fixant les émoluments judiciaires perçus par le Tribunal pénal 
fédéral du 11 février 2004 (RS 173.711.32), un émolument de Fr. 4'000.-- 
est mis à la charge solidaire des plaignants, la différence avec le total de 
l'avance de frais effectuée leur étant restituée. 

 

7. A teneur de l'art. 159 OJ, le tribunal décide, en statuant sur la contestation 
elle-même, si et dans quelle mesure les frais de la partie qui obtient gain 
de cause seront supportés par celle qui succombe. Q. a droit à une indem-
nité équitable pour les frais indispensables qui lui ont été occasionnés par 
le litige. Ses mandataires n'ont pas déposé de mémoire d'honoraires. Lors-
que l’avocat ne fait pas parvenir le décompte de ses prestations avant la 
clôture des débats ou dans le délai fixé par le tribunal, celui-ci fixe les ho-
noraires selon sa propre appréciation (art. 3 al. 3 du règlement sur les dé-
pens et indemnités alloués devant le Tribunal pénal fédéral; RS 
173.711.31). En l'espèce, une indemnité de Fr. 2'000.-- (TVA comprise), 
mise à la charge solidaire des plaignants, paraît justifiée. 

- 10 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour prononce: 
 
1. Les plaintes sont rejetées dans la mesure où elles sont recevables. 
 
2. Un émolument de Fr. 4'000.-- est mis à la charge solidaire des plaignants; la 

différence avec le total de l'avance de frais effectuée leur est restituée. 
 

3. Q. se voit allouer une indemnité à titre de dépens de Fr. 2'000.-- (TVA com-
prise), mise à la charge solidaire des plaignants. 

 
 

Bellinzone, le 13 décembre 2005 
 
Au nom de la Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président:   la greffière:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Vincent Spira, avocat, 
- Ministère public de la Confédération  
- Office des juges d'instruction fédéraux 
- Mes Marc Bonnant, Carlo Lombardini et Maurice Turrettini, avocats 
 
 

 

Indication des voies de recours 

Aucune voie de droit ordinaire n'est ouverte contre cet arrêt.