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**Case Identifier:** 60c85dac-2cd3-5f6e-945d-4b16d702e79a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-08-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 21.08.2019 A/2446/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2446-2019_2019-08-21.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/2446/2019-FORMA ATA/1268/2019  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 21 août 2019 

1ère section 

   dans la cause 

 

 

A______, enfant mineur, agissant par sa mère Madame B______ 
représentés par Me Cyril Mizrahi, avocat  

contre 

DÉPARTEMENT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE, DE LA FORMATION ET 
DE LA JEUNESSE 
 

 

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A/2446/2019 

EN FAIT 

1)  A______, né le ______ 2003, a suivi sa scolarité obligatoire dans le canton 

de Genève auprès de la C______ de février 2014 à juillet 2017, puis a effectué sa 

11
ème

 année, jusqu’en juin 2018, auprès de l’établissement D______. 

  Selon le bulletin annuel du ministère de l’éducation nationale française, 
A______ a été scolarisé au Centre national d’enseignement à distance (ci-après : 
CNED) de Rennes, pour l’année scolaire 2018 – 2019. Il avait obtenu, en fin 
d’année scolaire de « très bons résultats mais quelques fragilités cependant ». 
L’avis du conseil de classe consistait en « passage en classe supérieure première 
générale ». 

2)  Par demande du 20 février 2019 adressée à la direction générale de 

l’enseignement secondaire II (ci-après : DGES II) du département de l’instruction 
publique de la formation et de la jeunesse (ci-après : le département ou le DIP), 

A______ a sollicité l’autorisation et la prise en charge de la formation, à plein 
temps, de sa 12

ème
 année de scolarité pour l’année 2019 - 2020, en maturité 

gymnasiale, en classe spéciale pour artistes et sportifs d’élite au E______ (ci-
après : collège E______) dans le canton de Berne, en filière musique. 

3)  Le 7 mars 2019, A______ a été admis en filière préprofessionnelle au 

F______ du canton de Genève (ci-après : F______). 

4)  Le 19 mars 2019, la G______ de Berne a confirmé la réussite de l’examen 
d’admission d’A______ au collège E______ au sein de la Talentförderungklasse 
dans la catégorie « violon ». 

5)  Par décision du 2 avril 2019, la DGES II a rejeté la demande d’autorisation 
et de prise en charge de la formation au collège E______ au motif que la même 

formation était disponible à Genève. 

6)  Différents compléments à la demande ont été adressés à la DGES II, 

notamment une lettre de recommandation de la G______ de Berne du 16 avril 

2019 précisant que la particularité de la Talentförderungklasse permettait une 

coopération entre la G______ de Berne et le collège E______ afin que les 

étudiants atteignent directement la 3
ème

 année de bachelor au terme de leur cursus 

gymnasial. 

7)  Le 17 mai 2019, la DGES II a annulé la décision. 

8)  Par décision du 24 mai 2019, la DGES II a refusé de participer 

financièrement à la formation d’A______ dans le canton de Berne. 

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A/2446/2019 

  Dans la mesure où la formation envisagée était dispensée à Genève par le 

F______, filière préprofessionnelle, puis à la Haute école de musique (ci-après : 

HEM), le canton de Genève pouvait refuser la prise en charge de la même 

formation dispensée dans un autre canton. Par ailleurs, les conventions 

intercantonales n’avaient pas pour but de contourner les conditions d’admission 
dans une école.  

  Pour le surplus, A______ n’avait pas accès à la filière gymnasiale. Non 
seulement, en provenance d’une école privée, il ne remplissait pas les conditions 
d’admission et ne pouvait demander à passer des examens, mais ayant 
exceptionnellement été autorisé à se présenter auxdits examens, il avait échoué. 

  Ainsi, compte tenu du fait, d’une part, qu’A______ n’était pas admissible au 
collège et, d’autre part, que le canton de Genève proposait la formation dans une 
de ses écoles et que règlementairement le département pouvait refuser 

l’autorisation de fréquenter une école hors-canton, la demande était rejetée. 

9)  Par acte expédié le 27 juin 2019 à la chambre administrative de la Cour de 

justice (ci-après : la chambre administrative), A______, enfant mineur, agissant 

par sa mère, a recouru contre cette décision. Il a conclu à la réformation de cette 

décision en ce sens que la prise en charge financière liée à la formation du 

recourant au collège de E______ soit prise en charge. 

  Il a exposé qu’il avait été victime de harcèlement scolaire à plusieurs 
reprises, allant jusqu’à des violences physiques. Un suivi psychothérapeutique 
avait été nécessaire durant de nombreuses années. 

  La convention intercantonale réglant la fréquentation d’une école située 
dans un canton autre que celui du domicile était violée. Il remplissait les 

conditions d’une admission en secondaire II, à l’école de culture générale  
(ci-après : ECG). Il venait de terminer avec succès sa seconde générale complète 

réglementée par le CNED. Le canton de Genève n’offrait pas de formation 
similaire. Le dispositif sport-arts-études (ci-après : SAE) consistait uniquement en 

aménagements individualisés des horaires et du plan d’études pour les musiciens. 
Il ne remplissait pas les conditions de « classe spéciale » au sens de la convention. 

Sa situation personnelle et particulière n’avait pas été prise en compte. 

10)  La DGES II a conclu au rejet du recours. Certes, la possession d’un titre de 
l’ECG permettait l’accès à la Haute école spécialisée. L’élève ne possédait 
toutefois pas un tel titre ni n’était en possession d’un autre titre délivré suite à la 
poursuite d’une formation au sein de l’enseignement secondaire II. 

11)  Sur réplique, la recourante a persisté dans ses conclusions. 

12)  Sur ce, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger.  

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EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 

recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 

LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 

12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Le litige porte sur le refus du département d’autoriser le fils de la recourante 
à fréquenter une école de type secondaire II hors canton et de prendre les frais de 

ladite scolarisation en charge. 

3)  Le degré secondaire II est composé notamment des établissements scolaires 

du collège de Genève et de l’école de culture générale (art. 84 al. 1 let. a de la loi 
sur l’instruction publique du 17 septembre 2015 - LIP - C 1 10). 

  Les conditions d’admission, de promotion et d’obtention des titres sont 
fixées par voie réglementaire (art. 85 LIP). 

  Afin de permettre aux élèves dont les performances intellectuelles, sportives 

ou artistiques sont attestées par des organismes officiels reconnus par l’État de 
bénéficier d’aménagements de leur parcours scolaire, le département prend les 
mesures d’organisation adaptées selon les degrés d’enseignement, telles que 
l’adaptation de la durée de sa scolarisation ou l’admission en classe SAE  
(art. 27 LIP). 

4) a. Le règlement de l'enseignement secondaire II et tertiaire B du 29 juin 2016 

(REST - C 1 10.31) est applicable notamment aux élèves inscrits en formation 

gymnasiale (let. c) ou en formation de l'école de culture générale (let. d). 

  Aux termes de l’art. 20 REST, les conditions de prise en charge par le 
département des frais d'une formation effectuée en dehors du canton de Genève 

sont réglées exclusivement par les conventions intercantonales (al. 1). Le 

département peut refuser de prendre en charge lesdits frais si la formation est 

dispensée dans le canton de Genève (al. 2). 

 b. Il ressort de la jurisprudence que l’al. 2 utilisant une formule potestative 
concernant la possibilité de prendre en charge ou de refuser de prendre en charge 

les frais de formation, une liberté d’appréciation est reconnue à l’autorité, que 
celle-ci doit exercer en effectuant une pesée des intérêts afin de respecter le 

principe de la proportionnalité. La décision doit tenir compte des circonstances 

pertinentes et ne pas être arbitraire (ATF  129  III  400 consid. 3.1 ; 128 II 97 

consid. 4a).  

  Comme la chambre de céans a déjà eu l’occasion de l’indiquer, l’autorité 
doit procéder à une pesée des intérêts en cause, en tenant compte tant des intérêts 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/128%20II%2097

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privés de l’étudiant que de ceux de la collectivité publique (ATA/1220/2017 du 
22 août 2017 consid. 2).   

5)  Les élèves issus de 11
e
 année HarmoS d'une école privée membre de 

l'Association genevoise des écoles privées sont admissibles en 12
e
 année s'ils 

remplissent les normes d'entrée mises à jour chaque année par l'école de 

provenance et la direction générale de l'enseignement secondaire II. Ils ne peuvent 

pas prétendre à une admission sur examens (art. 22C al. 1 REST). 

6)  Selon la convention intercantonale du 20 mai 2005 réglant la fréquentation 

d'une école située dans un canton autre que celui de domicile (ROF 2005_097 ; 

https://www.ge.ch/legislation/accords/doc/0087.pdf ; ci-après : la convention 

intercantonale), les élèves des classes enfantines, des établissements de la scolarité 

obligatoire, des écoles de maturité gymnasiale, des écoles de culture générale, des 

écoles de commerce à plein temps ainsi que ceux qui suivent une formation 

complémentaire permettant l’accès au niveau tertiaire (passerelles, par exemple) 
fréquentent en principe les écoles ou établissements de leur canton de domicile 

(art. 1 de la convention intercantonale). 

  Des exceptions de portée générale au principe de territorialité sont, sous 

réserve du nombre de places disponibles ou d’effectifs qui deviendraient 
insuffisants dans le canton de domicile, admises en faveur d’élèves qui, 
notamment, ont atteint un niveau dûment reconnu dans la pratique d’un sport ou 
d’un art, qui justifie une scolarisation dans des classes spéciales ou l’adoption 
d’autres mesures particulières et qui démontrent qu’une scolarisation dans un 
établissement d’un autre canton que leur canton de domicile est judicieuse (art. 2 
let. b de la convention intercantonale). 

  Dans tous les cas, une admission n’est possible dans un établissement d’un 
canton autre que le canton de domicile que si les élèves remplissent, au moment 

du changement demandé, les conditions de réussite en vigueur dans le canton de 

domicile (art. 2 al. 3 de la convention intercantonale). 

  Pour tous les élèves admis, en application de la convention intercantonale, à 

fréquenter un établissement sis dans un autre canton que leur canton de domicile, 

une participation financière annuelle est versée par le canton de domicile au 

canton d’accueil (art. 9 al. 2 ab initio) de la convention intercantonale. 

7) a. En l’espèce, la formation du collège E______ est une formation gymnasiale.  

  Conformément à l’art. 2 al. 3 de la convention intercantonale, l’élève doit 
remplir, au moment du changement demandé, les conditions de réussite en 

vigueur à Genève. 

  Les parties ne contestent pas que le recourant ne remplissait pas les 

conditions d’admission à l’issue de l’année scolaire 2017 – 2018 effectuée auprès 

https://decis.justice.ge.ch/ata/show/1890251

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de l’école D______, qu’il n’avait pas de droit à une admission sur examens en 
application de l’art. 22C REST, qu’il a pu bénéficier d’un passage de ses examens 
et que les résultats obtenus ne lui permettaient pas d’accéder à la filière 
gymnasiale. 

  À ce titre, c’est à bon droit que l’autorité intimée soutient que la condition 
préalable de l’art. 2 al. 3 de la convention intercantonale n’étant pas remplie, la 
requête d’autorisation d’effectuer une formation gymnasiale hors du canton de 
Genève doit être rejetée. 

 b. Le recourant se prévaut de l’art. 4 de la convention intercantonale faisant 
état de la situation particulière notamment des artistes de haut niveau. 

  À teneur de l’art. 2 al. 4 de la convention intercantonale, les art. 3 à 6 de la 
convention intercantonale – dont l’art. 4 relatif notamment à la situation des 
artistes de haut niveau – précisent les conditions auxquelles des exceptions au 
principe de territorialité sont en règle générale acceptées dans les situations 

décrites à l’art. 2 al. 1 de la convention intercantonale. Les art. 3 à 6 ne faisant que 
préciser l’art. 2,  l’al. 3 de l’art. 2 leur est applicable. 

  Dès lors que le recourant ne remplit pas les conditions d’admission pour une 
formation gymnasiale, il ne peut se prévaloir de l’art. 4 de la convention 
intercantonale. 

 c. Le recourant prétend qu’il pourrait avoir accès à l’ECG et que l’exception 
de l’art. 2 al. 3 de la convention intercantonale ne s’appliquerait pas. 

  L’art. 2 al. 3 de la convention intercantonale litigieux fait référence à un 
établissement, non au degré secondaire II comprenant différents niveaux de 

formation et des conditions d’admission différentes à teneur de l’art. 22C REST.  

  L’argument n’est pas fondé, dès lors que le recourant n’est pas admissible 
dans un établissement gymnasial. 

 d. Le recourant invoque qu’en raison de sa scolarité au secondaire I, achevée 
avec succès à l’école D______, il pourrait entrer au secondaire II, soit à l’ECG ce 
qui serait suffisant pour suivre une formation musicale tertiaire (Haute école). 

  En l’espèce toutefois, si la possession d’un tel titre offre effectivement 
l’accès à la haute école de musique, le recourant ne possède en l’état pas le titre 
concerné ni un autre titre obtenu en secondaire II. 

 e. Le recourant se prévaut de son titre obtenu par le CNED. Il ne fait toutefois 

qu’alléguer l’obtention de ce titre sans développer sur quelle base légale celui-ci 
lui permettrait de considérer qu’il remplirait les conditions de l’art. 2 al. 3 de la 
convention intercantonale. 

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  Non fondé, ce grief sera écarté. 

8)  Au surplus, le recourant ne remplissant pas les conditions d’admission 
conformément à l’art. 2 al. 3 de la convention intercantonale, l’autorité intimée 
n’a pas à effectuer de pesée des intérêts.  

  En conséquence, le recours sera rejeté.  

9)  Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 400.- sera mis à la charge de la 
mère du recourant qui succombe (art. 87 al. 1 LPA). Aucune indemnité de 

procédure ne sera allouée (art.  87 al. 2 LPA).  

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 27 juin 2019 par A______, enfant mineur, 

agissant par sa mère Madame B______ contre la décision du département de 

l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse du 24 mai 2019 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met à la charge de Madame B______ un émolument de CHF 400.- ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 

17  juin  2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours 

qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en 

matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 

moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être 

adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 

électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession 
du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Me Cyril Mizrahi, avocat des recourants ainsi qu'au 

département de l'instruction publique, de la formation et de la jeunesse. 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/RS%20173.110

- 8/8 - 

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Siégeant : Mme Payot Zen-Ruffinen, présidente, MM. Thélin et Verniory, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 

 

 

M. Rodriguez Ellwanger 

 

 la présidente siégeant : 

 

 

F. Payot Zen-Ruffinen 

 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  

 

 

 

 

 

 la greffière :