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**Case Identifier:** 4398c74c-011c-5ff3-83bb-2d44fe2ad06a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-07-25
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 25.07.2017 C/17772/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-17772-2016_2017-07-25.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 26 juillet 2017. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/17772/2016 ACJC/910/2017 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 25 JUILLET 2017 

 

Entre 

A______, domiciliée ______ (GE), appelante d'un jugement rendu par la 8ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 29 juin 2017, comparant par 

Me Philippe Girod, avocat, boulevard Georges-Favon 24, 1204 Genève, en l'étude 

duquel elle fait élection de domicile, 

et 

B______, domicilié ______ (GE), intimé, comparant par Me Saskia von Fliedner, 
avocate, rue de la Fontenette 23, 1227 Carouge (GE), en l'étude de laquelle il fait 

élection de domicile. 

 

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C/17772/2016 

Vu, EN FAIT, le jugement JTPI/8687/2017 rendu le 29 juin 2017, expédié pour 
notification aux parties le 3 juillet suivant, par lequel le Tribunal de première instance, 

statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a attribué à B______ la 

jouissance exclusive du domicile conjugal sis ______ à ______ (GE) (ch. 6 du 

dispositif) et a ordonné à A______ de libérer le domicile conjugal susmentionné, de sa 

personne et de ses biens au plus tard le 30 octobre 2017, et autorisé, en cas 

d'inexécution, B______ à faire appel à la force publique (ch. 7); 

Que le Tribunal a également autorisé les époux à vivre séparés (ch. 1), a attribué à 

A______ la garde sur l'enfant C______, née le ______ 2011 (ch. 2), réservé un droit de 

visite au père (ch. 3) et donné acte à B______ de son engagement à verser en mains de 

A______, par mois et d'avance, une somme de 770 fr. à titre de contribution à l'entretien 

de l'enfant, dès l'entrée en force du jugement et l'y a condamné en tant que de besoin 

(ch. 4), a condamné B______ à verser en mains de A______, par mois de d'avance, une 

somme de 1'650 fr. à titre de contribution à son entretien, dès l'entrée en force du 

jugement (ch. 5) et a débouté A______ des fins de ses conclusions en fixation d'une 

provisio ad litem (ch. 10); 

Que le Tribunal a enfin prononcé la séparation de biens des parties (ch. 8), prononcé les 

mesures pour une durée indéterminée (ch. 9) et statué sur les frais (ch. 11 et 12), les 

parties étant déboutées de toutes autres conclusions (ch. 14); 

Qu'en substance, le premier juge a retenu, s'agissant du logement de la famille, que les 

parties s'étaient accordées pour que la jouissance exclusive du domicile conjugal soit 

attribuée à B______. Un délai au 30 octobre 2017 était fixé à A______ pour le libérer; 

Vu l'appel interjeté le 13 juillet 2017 par A______ contre les chiffres 4, 5, 7 et 10 du 

dispositif de ce jugement; 

Qu'elle a conclu à ce que son époux soit condamné à verser en ses mains, par mois et 

d'avance, 3'900 fr. à titre de contribution à son propre entretien et 1'400 fr. à titre de 

contribution à l'entretien de l'enfant, dès le 15 juillet 2017, et que les allocations 

familiales perçues pour l'enfant, dès la même date, ainsi que le montant de 3'000 fr. à 

titre de provisio ad litem, pour la première instance et 3'000 fr. pour la seconde instance; 

Qu'elle a également conclu à ce qu'un délai de départ du domicile conjugal lui soit 

accordé, jusqu'à ce qu'elle trouve une solution de relogement, mais au plus tard au  

30 juin 2018;  

Que A______ a requis la suspension du caractère exécutoire du ch. 7 du dispositif du 

jugement, soutenant subir un préjudice difficilement réparable pour elle-même et 

l'enfant, dès lors qu'elle était dans l'impossibilité de trouver un logement, non seulement 

en raison de la pénurie sévissant à Genève, mais également du faible montant fixé par le 

premier juge à titre de contribution à son entretien; 

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C/17772/2016 

Qu'invité à se déterminer, B______ a conclu, par écriture expédié el 21 juillet et reçue 

par la Cour le 24 juillet 2017, au rejet de la requête d'effet suspensif; 

Que les parties ont été avisées par plis du greffe du 24 juillet 2017 de ce que la cause 

était gardée à juger sur effet suspensif; 

Considérant, EN DROIT, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC; 

Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet 

suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);  

Que les mesures protectrices de l'union conjugale constituent des mesures 

provisionnelles au sens de l'art. 315 al. 4 let. b et al. 5 CPC (ATF 137 III 478 consid. 4.1 

et les nombreuses références); 

Que la présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, 

vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet 

effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant 

en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour; 

Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut 

exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice 

difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de 

fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure 

ordinaire, qui en serait compromise (ATF 138 III 378 consid. 6.3; arrêt du Tribunal 

fédéral 4P.5/2002 du 8 avril 2002 consid. 3a); 

Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité 

cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux 

préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas 

exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette 

mesure (ATF 138 III 378 consid. 6.3 et les références citées; 137 III 475 consid. 4.1; 

arrêt du Tribunal fédéral 5A_514/2012 du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2); 

Que le dommage difficilement réparable est principalement de nature factuelle; il 

concerne tout préjudice, patrimonial ou immatériel, et peut même résulter du seul 

écoulement du temps pendant le procès (HOHL, Procédure civile, tome II, 2e éd. 2010, 

n. 1763); qu'il en va de même pour le dommage difficilement réparable de l'art. 315 al. 5 

CPCK; qu'il s'agit pour l'un comme pour l'autre d'une condition matérielle, 

respectivement de la protection juridique provisoire dans la première disposition et de la 

suspension de l'exécution de la mesure ordonnée dans la seconde; que le dommage est 

constitué, pour celui qui requiert les mesures provisionnelles, par le fait que, sans celles-

ci, il serait lésé dans sa position juridique de fond et, pour celui qui recourt contre le 

prononcé de telles mesures, par les conséquences matérielles qu'elles engendrent  

(ATF 138 III 378 consid. 6.3; REETZ/HILBER, in Kommentar zur Schweizerischen 

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C/17772/2016 

Zivilprozessordnung, Sutter-Somm/Hasenböhler/Leuenberger [éd.], 2010, n. 69 ad  

art. 315 CPC; DONZALLAZ, La notion de "préjudice difficilement réparable" dans le 

CPC, in Il Codice di diritto processuale civile svizzero, Bernasconi et al. [éd.],2011,  

p. 191); 

Que, lorsque la décision de mesures provisionnelles, dont la suspension de l'exécution 

est requise, constitue une mesure d'exécution anticipée provisoire susceptible d'avoir un 

effet définitif - à savoir lorsque le litige n'a plus d'intérêt au-delà du prononcé de la 

mesure requise -, il y a lieu de tenir compte du fait que de telles mesures portent une 

atteinte particulièrement grave à la situation juridique de la partie citée (ATF 131 III 

473 consid. 2.3); que celles-ci ne sont en effet admises que de façon restrictive et sont 

soumises à des exigences beaucoup plus élevées; que ces exigences portent aussi bien 

sur l'existence des faits pertinents que sur l'ensemble des conditions d'octroi des mesures 

en cause, en particulier sur l'appréciation de l'issue du litige sur le fond et des 

inconvénients respectifs pour le requérant et pour le requis, selon que la mesure soit 

ordonnée ou refusée; que, dans de tels cas, la protection juridique provisoire ne doit 

ainsi être accordée que lorsque la demande apparaît fondée de manière relativement 

claire, au vu de l'état de fait rendu vraisemblable (ATF cité, consid. 3.2; HOHL, op. cit, 

nos 1844 ss; BOHNET, in CPC, Code de procédure civile commenté, 2011, n. 18 ad  

art. 261 CPC); 

Que, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, si l'on entend offrir une véritable voie 

de droit à la partie, contre qui une mesure d'exécution anticipée provisoire susceptible 

d'avoir un effet définitif a été prononcée, il convient alors de ne pas se montrer trop 

exigeant quant aux conditions d'octroi de la suspension de l'exécution de la mesure 

ordonnée durant la procédure d'appel; que c'est à cette condition seulement que 

l'instance cantonale de recours pourra vérifier la mise en balance des intérêts 

contradictoires des parties effectuée par le premier juge et examiner, à son tour, si les 

conditions matérielles du prononcé de la mesure provisionnelle requise sont réunies; 

Qu'à défaut de suspension, la partie court en effet le risque d'être définitivement privé 

du contrôle de la décision sur mesures provisionnelles et, par suite, de tout intérêt à la 

procédure sur le fond;  que, dès lors, la requête ne devrait être refusée que lorsque 

l'appel paraît d'emblée manifestement infondé ou irrecevable (ATF 138 III 378  

consid. 6.4); 

Qu'en l'espèce, la mesure ordonnée est une mesure d'exécution anticipée provisoire 

susceptible d'avoir un effet définitif puisque, une fois le domicile conjugal quitté, le 

litige sur le fond ne conserve que peu, voire plus du tout d'intérêt pour les parties; 

Que la garde de l'enfant a été accordée à la mère, laquelle n'est pas remise en cause dans 

la présente procédure d'appel; 

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C/17772/2016 

Que si la suspension du caractère exécutoire du jugement entrepris était refusée, 

l'appelante devrait quitter l'appartement qu'elle occupe, ce qui aurait un impact sur 

l'enfant dont elle a la garde; 

Que, par ailleurs, l'appelante n'a en l'état pas de source de revenu; 

Que les chances de succès de l'appel ne peuvent pas manifestement être niées; 

Qu'en conséquence, il se justifie de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 7 du 

dispositif du jugement entrepris;  

Qu'il sera statué sur les frais et dépens de la présente décision avec la décision au fond 

(art. 104 al. 3 CPC). 

* * * * * 

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C/17772/2016 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

Statuant sur demande de suspension de l'effet exécutoire : 

Suspend le caractère exécutoire attaché au chiffre 7 du dispositif du jugement 

JTPI/8687/2017 rendu le 29 juin 2017 par le Tribunal de première instance dans la 

cause C/17772/2016-8. 

Dit qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le fond. 

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, présidente; Madame Audrey MARASCO, 

greffière. 

La présidente : 

Nathalie LANDRY-BARTHE 

 
La greffière : 

Audrey MARASCO 

 

 

 

Indications des voies de recours : 

La présente décision, incidente et de nature provisionnelle (ATF 137 III 475 consid. 1 et 

2), est susceptible d'un recours en matière civile (art. 72 ss de la loi fédérale sur le 

Tribunal fédéral du 17 juin 2005; LTF – RS 173.110), les griefs pouvant être invoqués 

étant toutefois limités (art. 93/98 LTF), respectivement d'un recours constitutionnel 

subsidiaire (art. 113 ss LTF). Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans 

les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la décision 

attaquée. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.