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**Case Identifier:** b687e14c-8d7a-56c3-9324-624801e98513
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2020 / 31
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2020---31_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC19.040488-200110

28 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
2 mars 2020

_________________

Composition
:              M.             
Maillard,
président

             
              M.             
Colombini et Mme Byrde, juges

Greffier
              :             
M.              Elsig

 

 

*****

 

 

Art.
321 al. 1 CPC

 

 

             
Vu le prononcé non motivé rendu le 29 octobre 2019, à la suite de l’interpellation
du poursuivi, par le Juge de paix des districts du Jura-Nord vaudois et du Gros-de-Vaud, notifié
au poursuivi le lendemain, prononçant, à concurrence de 597 fr. 20 sans intérêt,
la mainlevée provisoire de l’opposition formée par
X.________,
à [...], à la poursuite n° 8'956'360 de l’Office des poursuites du district du Jura-Nord
vaudois exercée par G.________
SA, à [...], fixant les frais judiciaires
à 120 fr. (II), les mettant à la charge du poursuivi (III) et disant qu’en conséquence,
celui-ci rembourserait à la poursuivante son avance de frais, par 120 fr., sans allocation de dépens
pour le surplus (IV),

 

             
vu la demande de motivation de ce prononcé déposée le 4 novembre 2019 par le poursuivi,

 

             
vu les motifs du prononcé adressés aux parties le 9 janvier 2020 et notifiés au poursuivi
le lendemain,

 

             
vu le recours, daté du 16 janvier 2010, mais remis à la poste le lendemain, interjeté
par le poursuivi contre ce prononcé et la requête d’assistance judiciaire qu’il
contient,

 

             
vu les autres pièces du dossier ;

 

             
attendu que la demande de motivation et le recours ont été déposés dans les délais
de dix jours des art. 239 al. 2 et 321 al. 2 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ;
RS 272),

 

             
attendu que la partie qui entend user d'une voie de droit a la charge de se conformer à certaines
règles de forme, à défaut de quoi sa démarche sera frappée d'irrecevabilité
(Jeandin, in Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy (éd.), Commentaire romand, Code de procédure
civile, 2e
éd., 2019, n. 1 ad
art. 321 CPC), 

 

             
qu'en particulier, selon l'art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être motivé, 

 

             
que, si la motivation du recours fait défaut, l’instance de recours n’entre pas en matière,

 

             
que, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la motivation du recours doit à tout
le moins satisfaire aux exigences qui sont posées pour un acte d’appel (TF 5D_43/2019 du 24
mai 2019 consid. 3.2.2.1 ; TF 5A_387/2016 du 7 septembre 2016 consid. 3.1 ; TF 5A_488/2015
du 21 août 2015 consid. 3.2.1, publié in
RSPC 6/2015 pp. 512 s., et les arrêts cités),

 

             
que cela signifie que le recourant doit démontrer le caractère erroné de la motivation
de la décision attaquée et que son argumentation doit être suffisamment explicite pour
que l’instance de recours puisse la comprendre, ce qui suppose une désignation précise
des passages de la décision qu’il attaque et des pièces du dossier sur lesquelles il
fonde sa critique (ibid.),

 

             
que ni l’art. 132 al. 1 et 2 ni l’art. 56 CPC ne sont applicables en cas d’absence
de motivation d’un acte de recours (ibid.),

 

             
qu’en l’espèce, le recourant fait valoir qu’il tente depuis plusieurs années
de faire admettre qu’il n’est pas revenu à meilleure fortune, dès lors qu’à
l’âge de septante ans, il ne réalise aucun revenu, hormis une rente AVS assortie de prestations
complémentaires pour un montant total de 1'931 fr. par mois, et demande qu’on lui explique,
chiffres à l’appui, comment il serait revenu à meilleure fortune,

 

             
que ce faisant, il ne remet pas en cause la motivation du prononcé selon laquelle l’exception
de non-retour à meilleure fortune ne pouvait être invoquée à l’encontre d’un
acte de défaut de biens après saisie et que, de toute manière, cette exception de non-retour
à meilleure fortune avait été écartée par prononcé du 21 février
2019 selon l’art. 265a al. 1 LP, entré en force,

 

             
que le recours ne satisfait donc pas aux exigences de motivation posées par l’art. 321 al.
1 CPC et la jurisprudence susmentionnée,

 

             
qu’il est en conséquence irrecevable ;

 

             
qu’au demeurant, selon l’art. 265a al. 1 LP, si le débiteur fait opposition en contestant
son retour à meilleure fortune, l’office soumet l’opposition au juge du for de la poursuite,
celui-ci statuant après avoir entendu les parties et sa décision n’étant susceptible
d’aucun recours,

 

             
que l’art. 265a al. 4 LP précise que, dans les vingt jours à compter de la notification
de cette décision, le débiteur et le créancier peuvent intenter une action en constatation
du non-retour ou du retour à meilleure fortune devant le juge du for de la poursuite,

 

             
qu’en l’espèce, l’exception de non-retour à meilleure fortune soulevée
par le recourant a été écartée par prononcé de la Juge de paix des districts
du Jura-Nord vaudois et du Gros-de-Vaud du 21 février 2019, dont la motivation a été notifiée
au recourant le 3 mai 2019 et qui est devenu exécutoire à cette date en l’absence d’une
voie de recours,

 

             
que le recourant ne prétend pas ni n’établit avoir ouvert l’action prévue
par l’art. 265a al. 4 LP dans le délai de vingt jours prescrit par cette disposition,

 

             
qu’il ne saurait en conséquence faire examiner le bien-fondé de son exception de non-retour
à meilleure fortune dans le cadre de la présente procédure,

 

             
qu’à supposer recevable, le recours aurait donc dû être rejeté,

 

             
qu’au surplus, la situation financière du recourant sera prise en compte par l’office
des poursuites dans le cadre de la saisie que celui-ci effectuera si la mainlevée provisoire devient
définitive aux conditions de l’art. 83 LP et si la poursuivante demande la continuation de
la poursuite ;

 

             
attendu que le présent arrêt peut être rendu sans frais, ce qui rend sans objet la demande
d’assistance judiciaire.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
La demande d’assistance judiciaire est sans objet.

 

             
III.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

Le
président :               Le greffier
:

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. X.________,

‑             
A.________ AG (pour G.________ SA).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 597 fr. 20.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
M. le Juge de paix des districts du Jura-Nord vaudois et du Gros-de-Vaud.

 

             
Le greffier :