# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 5e9d4d2d-9bae-5fa7-b868-acae3363624a
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2024-04-10
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 10.04.2024 E-1682/2024
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-1682-2024_2024-04-10.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-1682/2024 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  1 0  a v r i l  2 0 2 4  

Composition 
 William Waeber (président du collège),  

Yanick Felley, Esther Marti, juges, 

Marc Toriel, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

(…),   

recourant,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile et renvoi (procédure accélérée) ;  

décision du SEM du 13 mars 2024 / N (…). 

 

 

 

E-1682/2024 

Page 2 

Faits : 

A.  

Le 18 janvier 2024, A._______ (ci-après : le requérant, l’intéressé ou le re-

courant) a déposé une demande d’asile en Suisse. 

B.  

Le 24 janvier 2024, l’intéressé a signé un mandat de représentation en 

faveur de B._______. 

C.  

Entendu sur ses motifs d’asile en date du 7 mars 2024, il a déclaré être 

d’ethnie kurde et originaire de C._______ dans la province du même nom, 

où il aurait toujours vécu. Après le lycée, il aurait fréquenté une haute école 

durant deux ans, mais aurait interrompu ses études en 2017 en raison des 

pressions qu’il subissait du fait de son ethnie kurde, et également pour 

subvenir aux besoins des membres de sa famille. Il aurait notamment fait 

l’objet de plusieurs gardes-à-vues de quelques heures en raison de son 

ethnie et aurait été questionné au sujet de son oncle, « dans la guérilla », 

ainsi que sur ses cousins politisés, ce avant leur mise en détention (l’un 

d’eux aurait écopé de sept ans et six mois de prison et un autre de six ans 

et sept mois). Il aurait travaillé au noir dans un restaurant, mais aurait été 

licencié suite à des pressions exercées sur son employeur du fait de son 

origine. Il aurait ensuite exercé le métier de chauffeur de taxi. Cet emploi 

se serait avéré compliqué pour lui, dès lors qu’il subissait des insultes et 

injures lors des contrôles de police, et ce devant ses clients. Il aurait peu à 

peu perdu ces derniers et aurait mis un terme à cette activité. Par la suite, 

il aurait eu l’idée de se lancer avec des amis dans le commerce de voitures.  

Le (…) 2022, en compagnie de son frère D._______ et de son ami 

E._______, il se serait rendu dans une zone industrielle, où il avait rendez-

vous avec un homme afin de procéder à la vente de son véhicule. Sur le 

chemin, la police aurait effectué un contrôle d’identité. Son ami aurait re-

proché à l’un des agents d’être désagréable. Les policiers auraient alors 

commencé à les insulter et les violenter. Après les avoir menottés, ils au-

raient appelé du renfort (plusieurs dizaines d’agents). Malmenés et ame-

nés au poste de police, l’intéressé et ses compagnons seraient restés en 

cellule la nuit. Le lendemain, ils auraient été déférés devant le procureur, 

puis devant le juge, et auraient été libérés sous contrôle judiciaire, avec 

une obligation de signer deux fois par mois et une interdiction de quitter le 

pays. Ils auraient recouru contre ces mesures, celles concernant le requé-

rant étant finalement levées le (…) 2023. 

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De retour à son domicile, celui-ci aurait aperçu un véhicule garé à proxi-

mité. Afin d’éviter des problèmes à ses parents, il aurait pris la décision de 

quitter le logement familial. Ce logement aurait été fouillé une semaine plus 

tard. Par la suite, son frère D._______, ayant par le passé été confronté à 

l’unité antiterroriste des forces spéciales, aurait été emprisonné, les motifs 

à l’origine de cette mesure demeurant inconnus en raison de la présence 

d’une clause de confidentialité dans son dossier. L’intéressé aurait conti-

nué à vivre chez des connaissances sans rencontrer d’ennuis avec les 

autorités. Jusqu’à son départ du pays, il aurait mené des activités (soutien 

dans le processus électoral, réunions ou marches) pour le (…), auquel il 

avait adhéré au mois de mai 2022. Il aurait pris la décision de partir du fait 

de ses difficultés à trouver un emploi, des pressions à son encontre en 

raison de son ethnie et par crainte d’être emprisonné du fait des antécé-

dents politiques des membres de sa famille élargie.  

Il aurait ainsi quitté légalement la Turquie le 10 janvier 2024 par avion, muni 

de son passeport (obtenu le […] 2022), à destination de la Bosnie, avant 

de rejoindre la Suisse. 

Il a encore exposé que l’enquête ouverte à son encontre suivait actuelle-

ment son cours et était, selon ses déclarations et les documents déposés, 

toujours au stade préliminaire. Son ami E._______, inclus dans le même 

dossier, vivait toujours en Turquie et avait ouvert le commerce de véhicules 

qu’ils avaient projeté de gérer ensemble. Une semaine après le départ du 

pays de l’intéressé, les autorités se seraient présentées à son domicile 

pour demander sa localisation. 

C.a A l’appui de sa demande d’asile, il a déposé sa carte d’identité et son 

passeport, une attestation du (…), ainsi que les documents concernant 

l’enquête ouverte le (…) 2022 pour insultes, menaces et résistance aux 

forces de l’ordre.  

D.  

Le 11 mars 2024, le SEM a communiqué son projet de décision au man-

dataire du recourant, lequel lui a fait parvenir sa prise de position le même 

jour, se limitant à contester l’intégralité des conclusions prises par l’autorité 

précitée dans ce cadre.  

E.  

Par décision du 13 mars 2024 (ci-après aussi : la décision querellée), noti-

fiée le même jour, le SEM a dénié la qualité de réfugié à l’intéressé, rejeté 

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sa demande d’asile, prononcé son renvoi et ordonné l’exécution de cette 

mesure. 

F.  

Le 14 mars 2024, B._______ a résilié le mandat de représentation. 

G.  

Dans le recours interjeté, le 15 mars 2024, contre la décision querellée au-

près du Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), l’intéressé 

conclut principalement à la reconnaissance de la qualité de réfugié et à 

l’octroi de l’asile, subsidiairement au renvoi de la cause au SEM, requérant 

par ailleurs l’exemption du versement de l’avance des frais de procédure, 

l’assistance judicaire « totale » et la renonciation à la traduction de la mo-

tivation « pour le cas où elle ne serait pas rédigée dans une langue offi-

cielle ». 

H.  

Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, pour autant 

que besoin, dans les considérants en droit. 

 

Droit : 

1.  

1.1 Le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF. 

En particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile peuvent 

être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi 

de l'art. 105 LAsi, RS 142.31), lequel statue alors définitivement, sauf de-

mande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se pro-

téger (art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l’espèce. 

Le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent litige. 

1.2 L'intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans la 

forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 al. 1 LAsi) prescrits par la loi, le 

recours est recevable. 

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1.3 Le mémoire de recours ayant été rédigé en français, la requête visant 

à la renonciation à sa traduction est sans objet. 

1.4 Il est renoncé à un échange d'écritures (art. 111a al. 1 LAsi). 

2.  

Il ne ressort pas du dossier que des mesures d’instruction complémen-

taires sont nécessaires, l'intéressé ne le prétendant du reste pas dans son 

recours et l'état de fait ayant été établi avec suffisamment de précision pour 

se prononcer en connaissance de cause sur le sort de la procédure. En 

outre, l’étude du dossier ne révèle aucun vice de procédure qui rendrait 

nécessaire la cassation de la décision attaquée. Au vu de ce qui précède, 

cette dernière repose sur un état de fait établi de manière exacte et com-

plète (art. 106 al. 1 let. b LAsi), si bien que la conclusion subsidiaire tendant 

au renvoi de la cause au SEM doit être rejetée. 

3.  

3.1 Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques. Sont notamment considérées comme de sérieux 

préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la 

liberté, de même que les mesures qui entraînent une pression psychique 

insupportable (art. 3 al. 1 et 2 LAsi ; cf. ATAF 2007/31 consid. 5.2–5.6). 

3.2 La crainte face à de sérieux préjudices à venir, telle que comprise à 

l'art. 3 LAsi, contient un élément objectif, au regard d'une situation ancrée 

dans les faits, et intègre également dans sa définition un élément subjectif. 

Sera reconnu comme réfugié, celui qui a de bonnes raisons, c'est-à-dire 

des raisons objectivement reconnaissables pour un tiers (élément objectif), 

de craindre (élément subjectif) d'avoir à subir selon toute vraisemblance et 

dans un avenir prochain une persécution. 

Ainsi, la crainte d'une persécution future n'est objectivement fondée que si, 

placée dans les mêmes conditions, une personne douée d'une sensibilité 

normale aurait des raisons objectivement reconnaissables de craindre, se-

lon toute vraisemblance, d'être victime d'une persécution, à tel point que 

l'on ne saurait exiger d'elle qu'elle rentre dans son pays (cf. ATAF 2010/57 

consid. 2.5 ; 2010/44 consid. 3.3 et 3.4). 

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4.  

4.1 Dans la décision querellée, le SEM a estimé que les motifs invoqués 

par le recourant n’étaient pas pertinents en matière d’asile. Il a estimé que 

la situation générale à laquelle était confronté l’ensemble de la minorité 

kurde en Turquie n’était pas, à elle seule, suffisante pour la reconnaissance 

de la qualité de réfugié, cela même en prenant compte la situation en ma-

tière de droits de l’Homme dans le pays ultérieurement à la tentative de 

coup d’Etat de 2016. Les difficultés et pressions (avant octobre 2022) 

qu’avait personnellement subies l’intéressé de la part des autorités turques 

n’avaient pas entraîné l’ouverture d’une procédure judiciaire à son en-

contre. Ces désavantages étaient circonscrits sur le plan régional, de sorte 

que rien n’aurait empêché le recourant de s’y soustraire en déplaçant son 

lieu de séjour. 

Celui-ci n’avait en outre pas eu de position importante au sein du (…) et 

n’avait jamais rencontré de problèmes avec les autorités en raison des ac-

tivités déployées pour ce parti. Les gardes-à-vues évoquées lors de son 

audition remontaient à une période antérieure à ses activités politiques. 

Malgré son interpellation du 26 octobre 2022 pour un délit de droit com-

mun, il avait pu continuer à agir pour le (…) en Turquie et ce jusqu’à son 

départ, sans rencontrer de problèmes avec les autorités. En l’absence d’un 

profil politique marqué aux yeux des autorités turques, il n’y avait pas de 

raison de craindre la survenance d’un malus politique en l’espèce. 

La procédure judiciaire ouverte contre lui pour insultes, menaces et résis-

tance aux forces de l’ordre demeurait à un stade relativement peu avancé 

(phase d’instruction), la légitimité des mesures prononcées dans ce cadre 

apparaissant comme donnée au vu des circonstances décrites et des in-

fractions retenues. Le contrôle judiciaire initié avait du reste été annulé en 

date du (…) 2023. L’intéressé avait pu quitter le territoire légalement par 

avion, avec son passeport, obtenu en toute légalité. Ces éléments renfor-

çaient la position du SEM selon laquelle le recourant n’avait aucune crainte 

actuelle à avoir vis-à-vis des autorités turques. 

Le fait que ces dernières s’étaient prétendument rendues à son domicile à 

sa recherche, une semaine après son départ, n’étaient, dans ces circons-

tances, pas crédible. Quant à son frère, il avait été placé en détention pour 

des motifs inconnus à ce jour, sans lien avéré avec l’interpellation du 26 oc-

tobre 2022, faute de quoi l’intéressé et son ami E._______ auraient subi le 

même sort. Le SEM a souligné que ce dernier avait pu continuer sa vie en 

Turquie et concrétiser leur projet commun dans le commerce de voitures. 

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Au regard de ces éléments, il n’y avait pas de raison de penser que le 

recourant était dans le viseur des autorités et allait être appréhendé à court 

terme en cas de retour en Turquie. Sans remettre en cause les moyens de 

preuve produits, ceux-ci ne permettaient pas d’aboutir à une conclusion 

différente.  

4.2 Dans son recours, l’intéressé conteste l’appréciation du SEM et in-

voque une violation de l’art. 3 et de l’art. 7 LAsi. Il reprend les faits tels 

qu’allégués lors de son audition, relevant les difficultés à se défendre dans 

le cadre de la procédure en cours en Turquie et exposant avoir été « cons-

tamment surveillé par les forces de l’ordre » et placé en garde-à-vue à plu-

sieurs reprises suite à son interpellation du (…) 2022. 

5.  

5.1 En l’occurrence, c’est à bon droit que le SEM a retenu dans sa motiva-

tion, à laquelle il peut être ici renvoyé, que les motifs d’asile invoqués par 

l’intéressé n’étaient pas pertinents sous l’angle de la LAsi.  

En effet, les discriminations et les pressions que peuvent subir les 

membres de la minorité kurde n'atteignent en général pas – comme en 

l'occurrence – l'intensité requise par l'art. 3 LAsi, le Tribunal n'ayant à ce 

jour pas retenu de persécution collective contre les Kurdes en Turquie 

(cf. arrêt du Tribunal E-3620/2019 du 28 décembre 2022 consid. 3.3 et 

réf. cit. ; cf. également arrêts D-1972/2023 du 10 mai 2023 et D-1778/2023 

du 14 avril 2023, p. 6 s.). 

A tenir les faits allégués pour vraisemblables, l’intéressé n’a pas été pour-

suivi en raison d’activités qu’il aurait déployées pour le (…), ne présentant 

à l’évidence aucun profil politique susceptible d’attirer l’attention des auto-

rités à cet égard. Bien qu’il prétende avoir été « constamment surveillé par 

les forces de l’ordre » (cf. mémoire de recours) suite à son interpellation du 

(…) 2022, force est de constater que les mesures judiciaires prononcées à 

son encontre ont été levées le (…) 2023, qu’il a été en mesure d’obtenir 

son passeport le (…) 2022 sans réelle difficulté malgré le contrôle judiciaire 

pesant sur lui (cf. audition sur les motifs d’asile, R 51) et qu’il a pu pour-

suivre ses activités politiques jusqu’au moment de quitter son pays par 

avion, en toute légalité. Sa crainte de subir le même sort que son frère 

D._______, actuellement emprisonné et revêtant un profil personnel diffé-

rent (il aurait déjà eu affaire à l’unité antiterroriste des forces spéciales étant 

mineur), ne repose ainsi sur aucun élément concret, ce d’autant plus que 

le recourant ignore tout des motifs à l’origine de cette mise en détention. 

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Même à admettre que ces motifs seraient en lien avec l’événement du (…) 

2022, l’intéressé et son ami E._______ ont, pour leur part, été remis en 

liberté, ce dernier semblant d’ailleurs mener une existence des plus nor-

males au pays. L’allégation du recourant selon laquelle il aurait été recher-

ché – pour des raisons relevant du droit des réfugiés – à son domicile en 

Turquie, une semaine après son départ, n’apparaît donc pas vraisem-

blable, a fortiori au vu de son départ légal. Ainsi, le dossier ne révèle pas, 

en l’état, d’indice sérieux qu’un retour au pays l’entraverait dans sa manière 

de vivre ou l’exposerait à un danger sérieux et imminent.  

Le mémoire de recours, dans lequel l’intéressé réaffirme en quelques 

lignes ses motifs d’asile et ses craintes, ne contient aucune argumentation 

sur ces points de nature à amener le Tribunal à une autre conclusion. 

5.2 Dès lors que le SEM a retenu que les motifs invoqués par le recourant 

n’étaient pas pertinents en matière d’asile, c’est à bon droit qu’il n’a pas 

procédé à l’examen de leur vraisemblance. Par conséquent, le grief de l’in-

téressé relatif à une violation de l’art. 7 LAsi est également mal fondé. 

5.3 Il s'ensuit que le recours doit être rejeté, en tant qu'il porte sur la non-

reconnaissance de la qualité de réfugié et le refus d'asile. 

6.  

Lorsqu'il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière à ce 

sujet, le SEM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en or-

donne l'exécution (art. 44 LAsi). 

Aucune exception à la règle générale du renvoi, énoncée à l'art. 32 al. 1 de 

l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l'asile relative à la procédure (OA 1, 

RS 142.311), n'étant en l'occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par 

la loi, de confirmer cette mesure. 

7.  

L'exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement exi-

gible et possible. Si ces conditions ne sont pas réunies, l'admission provi-

soire doit être prononcée. Celle-ci est réglée par l'art. 83 LEI (RS 142.20). 

8.  

8.1 L'exécution n'est pas licite lorsque le renvoi de l'étranger dans son Etat 

d'origine ou de provenance ou dans un Etat tiers est contraire aux enga-

gements de la Suisse relevant du droit international (art. 83 al. 3 LEI). Au-

cune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que ce soit, à 

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se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté 

serait menacée pour l'un des motifs mentionnés à l'art. 3 al. 1 LAsi, ou en-

core d'où elle risquerait d'être astreinte à se rendre dans un tel pays (art. 5 

al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traite-

ments inhumains ou dégradants (art. 3 CEDH). 

8.2 Dans le présent cas, l’exécution du renvoi ne contrevient pas au prin-

cipe de non-refoulement de l’art. 5 LAsi. Comme exposé ci-dessus, le re-

courant n’a pas rendu crédible qu’en cas de retour dans son pays d’origine, 

il serait exposé à de sérieux préjudices au sens de l’art. 3 LAsi. 

8.3 Pour les mêmes raisons, l'intéressé n'a pas non plus rendu vraisem-

blable qu’il existerait pour lui un véritable risque concret et sérieux d'être 

victime, en cas de retour dans son pays d'origine, de traitements inhumains 

ou dégradants (cf. art. 3 CEDH et art. 3 de la Convention du 10 décembre 

1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou 

dégradants [RS 0.105]). 

Dès lors, l'exécution du renvoi du recourant sous forme de refoulement ne 

transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du droit international, 

de sorte qu'elle s'avère licite (art. 44 LAsi et art. 83 al. 3 LEI). 

9.  

9.1 Selon l'art. 83 al. 4 LEI, l'exécution de la décision peut ne pas être rai-

sonnablement exigée si le renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son pays 

d'origine ou de provenance le met concrètement en danger, par exemple 

en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou de nécessité 

médicale. Cette disposition s'applique en premier lieu aux « réfugiés de la 

violence », soit aux étrangers qui ne remplissent pas les conditions de la 

qualité de réfugié parce qu'ils ne sont pas personnellement persécutés, 

mais qui fuient des situations de guerre, de guerre civile ou de violence 

généralisée, et ensuite aux personnes pour qui un retour reviendrait à les 

mettre concrètement en danger, notamment parce qu'elles ne pourraient 

plus recevoir les soins dont elles ont besoin (cf. ATAF 2014/26 consid. 7.3–

7.10 ; 2011/50 consid. 8.1–8.3). 

9.1.1 En dépit de la résurgence, depuis le mois de juillet 2015, du conflit 

turco-kurde suite à la reprise d’affrontements directs entre les membres du 

PKK et les forces de sécurité étatique dans plusieurs provinces du sud-est, 

la Turquie ne connaît pas de situation de guerre, de guerre civile ou de 

violence généralisée sur l'ensemble de son territoire qui permettrait 

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d'emblée – et indépendamment des circonstances du cas d'espèce – de 

présumer, à propos de tous les requérants provenant de cet Etat, l'exis-

tence d'une mise en danger concrète au sens de l'art. 83 al. 4 LEI (cf. arrêts 

du Tribunal E-4279/2023 du 22 septembre 2023 consid. 5.3 et réf. cit. ; 

E-4482/2023 du 28 août 2023 consid. 5.3.2 et réf. cit.). 

9.1.2 Par ailleurs, il ne ressort du dossier aucun élément dont on pourrait 

inférer que l’exécution du renvoi impliquerait une mise en danger concrète 

du recourant. A cet égard, il convient de relever, à l’instar du SEM, que 

A._______ est jeune et en bonne santé ; il dispose d’une expérience pro-

fessionnelle variée et d’un large réseau social et familial (ses parents et sa 

fratrie) dans sa ville d’origine. 

En outre, l’intéressé provient de la ville de C._______ dans la province du 

même nom, laquelle n’a pas été directement touchée par les tremblements 

de terre de février 2023. 

9.1.3 Le dossier de la cause ne contient pas non plus d’obstacles d’ordre 

médical susceptibles de s’opposer au renvoi. 

9.2 Partant, l'exécution du renvoi doit être considérée comme raisonnable-

ment exigible. 

10.  

Enfin, l’exécution du renvoi est possible (art. 83 al. 2 LEI, cf. ATAF 2008/34 

consid. 12 et jurisp. cit.), le recourant étant en possession d’un passeport 

en cours de validité (déposé au dossier) et étant tenu, le cas échéant, de 

collaborer à l’obtention de documents de voyage lui permettant de quitter 

la Suisse (art. 8 al. 4 LAsi). 

11.  

En définitive, c'est à juste titre que le SEM a ordonné l'exécution du renvoi 

de l’intéressé, de sorte que sur cette question également, la décision que-

rellée doit être confirmée et le recours rejeté. 

12.  

Dès lors que le Tribunal a statué directement sur le fond, la requête préa-

lable tendant à l’exemption du versement d’une avance de frais est deve-

nue sans objet. 

  

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Page 11 

13.  

13.1 Compte tenu de l'issue de la cause, il y aurait lieu de mettre les frais 

de procédure à la charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA 

et art. 2 et 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, 

dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, 

RS 173.320.2). 

13.2 Les conclusions du recours ne paraissaient toutefois pas vouées à 

l’échec et le recourant peut être tenu pour indigent, de sorte que la 

demande d’assistance judiciaire est admise (art. 65 al. 1 PA). Il est dès lors 

statué sans frais. 

Il est relevé que la demande de l’intéressé, formulée dans le cadre d’un 

recours-type (modèle), doit être considérée comme une demande 

d’assistance judiciaire partielle, dès lors qu’il n’a motivé celle-ci que par 

son incapacité à assumer les frais de procédure, qu’il n’a pas sollicité la 

désignation d’un mandataire d’office et que le recours apparaît complet. 

 

 

(dispositif page suivante) 

  

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté, dans la mesure où il est recevable. 

2.  

La demande d’assistance judiciaire partielle est admise. 

3.  

Il n'est pas perçu de frais. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

William Waeber Marc Toriel 

 

 

Expédition :