# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a061d626-59fc-5986-99cc-70583fa41b20
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-06-12
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 12.06.2018 502 2017 325
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2017-325_2018-06-12.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2017 325
502 2017 327

Arrêt du 12 juin 2018

Chambre pénale

Composition Président: Hubert Bugnon
Juges: Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser
Greffière-rapporteure: Cornelia Thalmann El Bachary

Parties A.________ SA, recourante, représentée par Me Philippe Leuba, 
avocat

contre

MINISTERE PUBLIC, autorité intimée,

et

B.________, prévenu et intimé, représenté par Mes Nicolas Riedo 
et Nicolas Kolly, avocats

Objet Classement (art. 319 ss CPP); qualité pour recourir (art. 382 CPP); 
récusation (art. 56 ss CPP)

Recours du 28 décembre 2017 contre l'ordonnance de classement 
du Ministère public du 15 décembre 2017

Demande de récusation du 28 décembre 2017

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attendu

que par acte du 9 juin 2016, C.________ SA a déposé plainte pénale contre B.________, ancien 
« directeur de filiale », pour gestion déloyale;

qu’en septembre 2016, C.________ SA est devenue D.________ SA et que par inscription au 
journal du 14 juillet 2017, A.________ SA a repris, par voie de fusion, tous les actifs et passifs de 
cette dernière qui a été radiée du registre de commerce;

que le 15 décembre 2017, le Ministère public a classé la procédure pénale ouverte à l’endroit de 
B.________ pour gestion déloyale, renvoyé la partie plaignante à faire valoir ses droits devant le 
juge civil, dès l’entrée en force de l’ordonnance, mis les frais de procédure fixés à CHF 527.50 à la 
charge de la partie plaignante, soit C.________ SA, accordé une juste indemnité de CHF 5'344.90 
à B.________ et astreint C.________ SA à rembourser cette indemnité à l’Etat;

que par acte du 28 décembre 2017, A.________ SA a interjeté recours contre cette ordonnance et 
demandé la récusation de la Procureure en charge du dossier pour le cas où le recours devait être 
admis;

que la Procureure s’est déterminée les 23 et 29 janvier 2018, concluant au rejet du recours et de la 
demande de récusation;

que B.________ a pris position le 14 février 2018, relevant tout particulièrement l’irrecevabilité du 
recours en raison du défaut de qualité pour recourir de A.________ SA; 

que cette société a répliqué le 5 mars 2018, persistant dans les conclusions prises dans son 
mémoire de recours;

que B.________ a quant à lui maintenu son point de vue par acte du 7 mars 2018, requérant en 
outre que les débats soient limités à la question de la qualité pour recourir;

que selon l’art. 382 al. 1 CPC, toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou 
à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci;

que l’intérêt doit être juridique et direct, de sorte qu’un recours d’une partie qui n’est pas 
concrètement lésée par la décision est irrecevable (PC CPP, art. 382 n. 2 et 2a);

que le Tribunal fédéral a constaté que les successeurs d'une personne physique ou morale lésée 
doivent être considérés comme des lésés indirects qui en principe (sous réserve des exceptions 
de l'art. 121 al. 1 et 2 CPP) ne peuvent se constituer partie plaignante dans la procédure pénale et 
qu’en particulier dans le cadre d'une fusion, le transfert des actifs et passifs prévu par l'art. 22 
al. 1 LFus ne confère pas (per se) à la société reprenante la qualité de partie dans la procédure 
pénale (ATF 140 IV 162 consid. 4.4; arrêt TF 6B_671/2014 du 22 décembre 2017 consid. 1.3);

qu’il a encore retenu que l’art. 121 al. 1 CPP ne s’applique qu’aux personnes physiques et que 
l’al. 2 de cette disposition règle les effets de la subrogation, autrement dit du transfert de par la loi 
de droits déterminés à des personnes qui ne sont pas elles-mêmes des lésés; que la fusion est 
une transaction volontaire qui se fonde toujours sur un contrat de sorte que même si l'art. 22 LFus 
prévoit que l'ensemble des actifs et passifs de la société transférante sont transférés de par la loi à 
la société reprenante dès l'inscription de la fusion au Registre du commerce, la fusion n'implique 

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pas une subrogation légale au sens de l'art. 121 al. 2 CPP, lequel ne peut être appliqué à ce type 
de situation (ATF 140 IV 162 consid. 4.9.5; arrêt TF 6B_671/2014 du 22 décembre 2017 
consid. 1.4);

qu’au vu de ce qui précède, force est de constater que A.________ SA n’est lésée 
qu’indirectement par la décision attaquée;

que contrairement à ce qu’elle soutient dans son écriture du 5 mars 2018, ce n’est pas 
A.________ SA qui a été condamnée aux frais de la procédure et qui fait l’objet de l’action 
récursoire de l’Etat, mais bien la société C.________ SA, qui certes n’existe plus actuellement;

qu’il s’ensuit que A.________ SA n’a pas la qualité de partie, ni selon l’art. 104 al. 1 let. b CPP 
(partie plaignante), ni sur la base de l’art. 105 al. 1 et 2 CPP (participante à la procédure), de sorte 
que le recours tout comme la demande de récusation doivent être déclarés irrecevables;

que les frais de la procédure de recours, fixés à CHF 500.- (émolument: CHF 400.-; débours: 
CHF 100.-), sont mis à la charge de A.________ SA qui succombe (art. 428 al. 1 CPP); ils sont 
prélevés sur l’avance de sûretés prestée, A.________ SA ayant droit au remboursement du solde 
par CHF 500.-;

qu’aucune indemnité ne lui est accordée;

qu’une indemnité de CHF 1’300.-, 7,7 % de TVA par CHF 100.10 en sus, est allouée à 
B.________ pour ses frais de défense dans la procédure de recours (not. prise de connaissance 
du recours de 26 pages, rédaction de deux déterminations et analyse du présent arrêt), étant 
précisé qu’il n’y a pas lieu d’allouer d’indemnité pour la partie de la détermination du 14 février 
2018 qui dépasse la question de la qualité pour recourir puisque l’intimé pouvait se déterminer sur 
ce point et requérir, principalement, que les débats soient limités à l’examen de cette question et, 
subsidiairement, que le délai soit prolongé pour se déterminer sur celle du classement (429 al. 1 
let. a et 436 al. 1 CPP);

que cette indemnité est mise à la charge de l’Etat (ATF 141 IV 476 consid. 1);

(dispositif en page suivante) 

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la Chambre arrête:

I. Le recours est irrecevable.

II. La demande de récusation est irrecevable.

III. Les frais de la procédure de recours, fixés à CHF 500.- (émolument: CHF 400.-; débours: 
CHF 100.-), sont mis à la charge de A.________ SA. Ils sont prélevés sur l’avance de 
sûretés prestée, A.________ SA ayant droit au remboursement du solde par CHF 500.-.

IV. Aucune indemnité n’est allouée à A.________ SA. 

V. Une indemnité de CHF 1'400.10, TVA par 100.10 comprise, est allouée à B.________ pour 
ses frais de défense dans la procédure de recours, à la charge de l’Etat.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 12 juin 2018/cth

Le Président: La Greffière-rapporteure: