# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 8841e48d-c3a1-5483-bbff-c1fc976c345d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-08-29
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 29.08.2011 A/1836/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1836-2010_2011-08-29.pdf

## Full Text

Siégeant : Maya CRAMER, Présidente. 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1836/2010 ATAS/783/2011 

ORDONNANCE D’EXPERTISE 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

du 29 août 2011 

 5
ème

 Chambre 

 

En la cause 

Monsieur J___________, domicilié à Genève, comparant avec 

élection de domicile en l'étude de Maître FIVIAN DEBONNEVILLE 

Sandra 

 

Recourant 

 

contre 

SUVA, CAISSE NATIONALE SUISSE D'ASSURANCE EN CAS 

D'ACCIDENTS, Rechtsabteilung, Fluhmattstrasse 1, case postale 

4358, 6002 LUCERNE 

Intimée 

 

 

 

- 2/21- 

 

 

 

A/1836/2010 

 

- 3/21- 

 

 

 

A/1836/2010 

EN FAIT 

1. Monsieur J___________ (ci-après l’assuré), né en 1955, travaillait en qualité de 

termineur à l’assemblage terminaison bijouterie auprès de X___________ SA 

depuis le 1
er

 novembre 2006. A ce titre, il était assuré contre les accidents 

professionnels et non professionnels auprès de la CAISSE NATIONALE SUISSE 

D’ASSURANCE EN CAS D’ACCIDENTS (Schweizerische 

Unfallversicherungsanstalt ; ci-après: SUVA). 

2. En date du 9 novembre 2006, il a été victime d’un accident. Alors qu’il circulait à 

faible vitesse en scooter, il a glissé sur la route mouillée et a chuté.  

3. En raison de douleurs intenses du genou droit, l’assuré s’est rendu aux Urgences 

des Hôpitaux Universitaires de Genève (ci-après HUG), où une IRM a été 

effectuée, laquelle a révélé une fracture multifragmentaire de l’épine tibiale du 

genou droit. Cette fracture a été opérée en date du 13 novembre 2006 par fixation 

trans-osseuse. Les suites opératoires étaient simples et l’assuré a pu rentrer chez lui 

le 24 novembre 2006.  

4. Lors d’examens radiologiques effectués durant les mois d’avril et mai 2007, les 

médecins ont évoqué l’apparition d’une algodystrophie débutante.  

5. Par courriel du 14 juin 2007, X___________ SA a informé la SUVA que l’assuré 

occupait un poste de polissage, que son activité se déroulait principalement en 

position assise devant sa machine, ponctuellement debout. Toutefois, l’activité 

debout pouvait être partiellement déléguée. Les efforts devaient être fournis au 

niveau des membres supérieurs, mais une stabilité des pieds favorisait l’aisance du 

travail. L’assuré devait se déplacer environ 10 fois par jour. 

6. Lors d’un entretien du même jour dans les locaux de la SUVA, l’assuré a déclaré 

que son activité professionnelle se déroulait principalement en position assise, 

statique, devant un établi. Il ne devait pas faire d’effort physique particulier, mais 

ses tâches étaient fines et nécessitaient de la précision.  

7. Le 20 juillet 2007, l’assuré a été opéré d’un nodule de la vésicule biliaire.  

8. En août 2007, l’assuré a requis des prestations de l’assurance-invalidité.  

9. Par courriel du 17 septembre 2007, X___________ SA a précisé que le travail de 

l’assuré consistait à faire du polissage dans un poste manuel demandant des efforts 

avec le haut du corps, avec de faibles sollicitations d’appui sur les jambes pour 

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garder l’équilibre. Il exerçait en position assise à 90% et son poste de travail ne lui 

permettait pas d’allonger ses jambes ni de changer de position. Ses activités 

précédentes lui demandaient des déplacements réguliers dans la journée de travail, 

mais il pouvait être affecté à une autre cellule qui nécessiterait moins de mobilité.  

10. Par rapport du 26 octobre 2007, le Dr L___________, spécialiste FMH en 

médecine interne, a informé le médecin conseil de la SUVA que le traitement 

postopératoire avait impliqué le port d’une attelle pendant trois mois et une 

physiothérapie intensive avec rééducation partielle du genou. Il a constaté un 

déplacement de la rotule qui compliquait l’évolution de la rééducation et une 

algodystrophie.  

11. Le 5 novembre 2007, l’assuré a été examiné par le Dr M___________, spécialiste 

FMH en chirurgie orthopédique et médecin d’arrondissement de la SUVA, lequel a 

retenu que le genou droit de l’assuré était toujours caractérisé par un manque de 

mobilité, une atrophie musculaire et des douleurs.  

12. Dans un rapport du 24 janvier 2008, le Dr N___________, chef de clinique de la 

Policlinique des services de chirurgie des HUG, a retenu que la radiographie du 

genou montrait la guérison des épines tibiales dans une position correcte, mais qu’il 

y avait une contraction du tendon rotulien se traduisant par une rotule basse. Après 

discussion avec le Prof O___________, il a estimé que l’état actuel du genou de 

l’assuré ne pouvait pas être amélioré par une opération chirurgicale quelconque, de 

sorte qu’il proposait de poursuivre un traitement conservateur avec physiothérapie 

intensive de mobilisation et mesure antalgique locale.  

13. Par courrier du 11 février 2008, X___________ SA a informé la SUVA que le 

contrat de travail de l’assuré avait été résilié pour le 30 avril 2008.  

14. Sur demande de la SUVA du 4 juillet 2008, le Dr R___________, spécialiste en 

médecine interne, a constaté l’existence de gonalgies très importantes, d’une 

limitation fonctionnelle du genou et d’une algodystrophie du genou. Les traitements 

étaient les suivants : AINS, miacalcic, antalgiques et physiothérapie. L’incapacité 

de travail était totale pour l’instant.  

15. Dans son rapport du 15 octobre 2008, ce même médecin a posé le diagnostic de 

status post-fracture multifragmentaire du plateau tibial droit avec lésion 

ligamentaire interne associée. Selon lui, les gonalgies étaient invalidantes et il 

existait peut-être une algodystrophie. La reprise du travail n’était pas envisageable. 

Il a transmis à la SUVA un rapport du 6 octobre 2008 du Centre multidisciplinaire 

d’étude et de traitement de la douleur des HUG, duquel il ressort que l’assuré 

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présentait des douleurs mixtes du genou droit, nociceptives et neurogènes, un status 

post-fracture multifragmentaire de l’épine tibiale et une rupture complète du 

ligament, un status post-ostéosynthèse par fixation trans-osseuse de l’épine tibiale 

et un status post-cholécystectomie par laparoscopie pour cholécystite chronique le 

20 juillet 2007. A l’examen clinique, le genou droit était calme, il n’existait pas 

trouble trophique cutané, mais une amyotrophie nette du quadriceps et un 

abaissement de la rotule par rapport au genou contro-latéral. Les médecins ont 

relevé que le syndrome douloureux régional complexe (algoneurodystrophie) avait 

été évoqué et semblait compatible avec l’évolution clinique, bien que les examens 

en leur possession ne parlaient pas en faveur d’un tel diagnostic.  

16. Dans un rapport du 5 novembre 2008, le Dr P___________, chef de clinique auprès 

de la Policlinique des services de chirurgie des HUG, a déclaré que l’assuré avait 

été vu, en date du 28 octobre 2008, à la consultation multidisciplinaire de Cressy 

Santé et que l’évolution de l’état de santé était actuellement stationnaire. Dans la 

mesure où un nouveau bilan radiologique et une scintigraphie osseuse avaient été 

sollicités, il a conclu que « l’on pouvait se donner encore quelques mois avant de 

stabiliser l’état de santé ».  

17. Le 13 novembre 2008, l’examen scintigraphique osseux a mis en exergue des 

éléments en faveur d’une algodystrophie du genou et de la jambe droite.  

18. Par appréciation du 24 novembre 2008, le Dr M___________ a indiqué que suite au 

traitement chirurgical, l’évolution avait été défavorable et qu’elle était caractérisée 

par la persistance d’une symptomatologie douloureuse ayant fait suspecter une 

algodystrophie. Toutefois, ce diagnostic ne faisait pas l’unanimité des intervenants. 

En outre, il a pris note qu’une évaluation allait être faite au Centre de réadaptation, 

en l’occurrence à Cressy Santé, et a conclu qu’aucun examen final ne devait 

intervenir en l’absence d’une telle évaluation.  

19. Le 24 avril 2009 a été effectuée une nouvelle scintigraphie osseuse, de laquelle il a 

résulté que la situation n’avait pas évolué depuis le 13 novembre 2008, date de la 

dernière scintigraphie. Il existait une hyperactivité en phase tissulaire et osseuse de 

l’articulation fémoro-tibiale droite, prédominant sur son versant externe, évoquant 

une arthrose active précoce post-fracturaire ainsi qu’une hyperactivité de l’os 

cortical antérieur du tibia droit inchangée. Ces éléments pouvaient être compatibles 

avec une algoneurodystrophie atypique surajoutée à l’arthrose.  

20. Le 16 juillet 2009, les médecins du Centre multidisciplinaire d’étude et de 

traitement de la douleur des HUG ont expliqué que la douleur présentée par 

l’assurée semblait multifactorielle avec une composante nociceptive liée à 

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l’arthrose précoce, mais également avec une composante neurogène dans le cadre 

d’une algoneurodystrophie probable et un phénomène d’allodynie persistante sur la 

face interne du genou. Il y avait lieu de reprendre un programme de physiothérapie, 

afin de tonifier le quadriceps et de travailler sur la réduction du flexum. Enfin, ils 

ont indiqué à l’assuré qu’un soutien psychologique pourrait être initié, compte tenu 

de la difficulté de sa situation et de l’important sentiment d’injustice qu’elle 

générait. Toutefois, l’assuré refusait d’entrer en matière sur un tel soutien.  

21. Le 7 août 2009, l’assuré a été reçu par le Dr Q___________, spécialiste FMH en 

chirurgie orthopédique et médecin d’arrondissement de la SUVA, pour un examen 

médical final. Selon ce médecin, les radiographies mettaient tout d’abord en 

exergue que la déminéralisation observée en janvier 2008 était relativement 

modeste par rapport à 2007, ce qui traduisait une amélioration du processus 

algodystrophique, et qu’il existait effectivement une rotule en position basse. Les 

radiographies témoignaient également d’une enthésopathie rotulienne bilatérale 

préexistante à l’accident et d’un status après fracture du plateau tibial au niveau des 

épineuses, ayant évolué vers une patella baja, les derniers clichés ne montrant pas 

de manifestation arthrosique importante, hormis au niveau de la fémoro-patellaire. 

Quant à l’examen clinique, il était fortement perturbé par des hyper-réactions et des 

manifestations d’appréhension de l’assuré. Les amplitudes articulaires observées 

étaient variables à différents moments de l’examen et la déambulation se faisait de 

façon prudente avec une boiterie variable. Le médecin s’est dit frappé par la 

variation des limitations affichées en cours d’examen et par la relative modestie de 

l’hypotrophie musculaire de la cuisse (-1 cm à droite). En résumé, le médecin de la 

SUVA a conclu que l’assuré présentait une gonarthrose débutante à prédominance 

fémoro-patellaire sur patella baja, consécutive à une fracture du plateau tibial droit 

en novembre 2006. Les phénomènes d’amplification constatés à l’examen clinique 

et l’évolution atypique actuelle permettaient raisonnablement de retenir l’influence 

de facteurs non organiques sur l’évolution défavorable du cas. Il était également 

possible que le diabète de l’assuré puisse jouer un rôle dans les névralgies qui 

seraient survenues récemment. Le Dr Q___________ ne préconisait pas une 

approche chirurgicale de la patella baja et de l’arthrose fémoro-patellaire. Ainsi, la 

situation devait être considérée comme stabilisée, mais l’assuré devait pouvoir 

bénéficier, d’après le médecin, d’un suivi médical espacé de l’évolution radio-

clinique du genou à long terme et de la prescription d’une médication anti-

inflammatoire. Il a conclu que, sur la base des suites objectives ostéo-articulaires de 

l’accident, la capacité de travail l’assuré était entière dans toute activité sédentaire 

ou semi-sédentaire n’exigeant pas de marches en terrain irrégulier ou de marches 

prolongées, étant précisé qu’il ne pouvait se prononcer sur l’influence du facteur 

psychogène. Par ailleurs, le médecin a estimé l’atteinte à l’intégrité à 20%, en 

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tenant compte d’une part, d’une patella baja entraînant des altérations dégénératives 

fémoro-patellaires du genou droit et d’autre part, de l’évolution prévisible, à moyen 

ou long terme, de cette affection vers une pan-gonarthrose du genou.  

22. Sur demande de la SUVA, le dernier employeur de l’assuré a attesté, en date du 21 

août 2009, que le revenu mensuel brut de celui-ci aurait été de 5'973 fr. en 2009, 

complété par une indemnité mensuelle de 130 fr. et par un treizième salaire. 

23. Le Dr Q___________ a précisé, en date du 21 août 2009, que, d’un point de vue 

somatique, l’ancienne activité lucrative, telle que décrite par l’assuré en date du 14 

juin 2007, pouvait être exercée à plein temps.  

24. Par décision du 24 août 2009, la SUVA a indiqué à l’assuré que conformément à 

l’examen médical du 7 août 2009, il présentait actuellement une entière capacité de 

travail dans une activité sédentaire ou semi-sédentaire, n’exigeant pas de marches 

en terrain irrégulier ou de marches prolongées, de sorte qu’il pouvait exercer à plein 

temps sa dernière activité lucrative, soit celle de termineur à l’assemblage 

terminaison bijouterie à partir du 14 septembre 2009. Ainsi, en l’absence de 

diminution de la capacité de gain, il n’avait pas de droit à une rente de l’assurance-

accidents. Quant aux troubles psychiques, ils n’étaient pas en rapport de causalité 

adéquate avec l’accident. De plus, il n’y avait pas lieu d’attendre de la continuation 

du traitement une amélioration notable des suites de l’accident, de sorte que la 

SUVA mettait fin au paiement des soins médicaux, hormis à une à deux 

consultations annuelles avec, si nécessaire, contrôles radiologiques et prescription 

d’une médication anti-inflammatoire au moyen d’ordonnances renouvelables. Par 

ailleurs, il résultait de l’appréciation médicale une atteinte à l’intégrité de 20%, de 

sorte que l’indemnité pour atteinte à l’intégrité s’élevait à 20%, soit à 21'360 francs. 

L’effet suspensif de l’opposition était retiré, dans la mesure où la décision réduisait 

ou supprimait des prestations en cours.  

25. Le 17 septembre 2009, l’assuré, représenté par son conseil, a formé opposition à la 

décision de la SUVA, requérant principalement, la poursuite du versement des 

indemnités journalières sur la base d’une totale incapacité de travail, la prise en 

charge de ses frais médicaux encore nécessaires et la restitution de l’effet suspensif, 

ainsi que, subsidiairement, l’octroi d’une rente entière d’invalidité. Il a fait valoir 

que son état de santé n’était pas stabilisé et que sa capacité de travail était nulle. De 

surcroît, une nouvelle opération allait être encore nécessaire. Toutefois, elle ne 

pouvait pas encore être réalisée, en raison de la présence d’une algoneurodystrophie 

et d’une arthrose précoce. En ce qui concernait l’indemnité pour atteinte à 

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l’intégrité, il ne contestait pas le calcul effectué. Il a notamment transmis à la 

SUVA : 

- un rapport du 20 août 2009 de Madame K___________, physiothérapeute, 

laquelle a notamment retenu que le traitement était essentiellement antalgique 

et consistait à diminuer l’infiltration par des techniques de pompage 

articulaire et de drainage manuel ; 

- un certificat du 26 août 2009 du Dr P___________, chef de clinique du 

Service de chirurgie orthopédique et traumotologie de l'appareil moteur des 

HUG, lequel a attesté que l’assuré était en traitement dans son service pour 

accident depuis 2006 et que son incapacité de travail était totale de 2006 au 

31 octobre 2009 ; 

- un certificat du 27 août 2009 du Dr   qui a déclaré que l’évolution clinique 

était défavorable, marquée par une algodystrophie du genou droit et une 

gonarthrose droite précoce; le problème orthopédique n’était actuellement pas 

résolu et il persistait des gonalgies droites chroniques invalidantes, 

nociceptives et neurogènes et un handicap fonctionnel important; l'état de 

santé nécessitait un suivi médical régulier et la poursuite d’un traitement 

médicamenteux et physiothérapeutique ; 

- un rapport du 7 septembre 2009 du Dr P___________ qui a posé les 

diagnostics de gonalgies droites chroniques d’origine mixte, de status post-

fracture multi-fragmentaire de l’épine tibiale droite et rupture complète du 

ligament le 10 novembre 2006, ainsi que de status post-ostéosynthèse par 

fixation trans-osseuse de l’épine tibiale le 13 novembre 2006; l’évolution à ce 

jour était stationnaire, tant au niveau des douleurs que de la mobilité du 

genou; une composante d’arthrose précoce avait été mise en évidence sur les 

clichés radiologiques, à laquelle s’était ajoutée une algoneurodystrophie, qui 

était présente depuis 2 ans et 10 mois; le patient souffrait également d’une 

amyotrophie importante de son quadriceps, nécessitant un traitement intensif 

de physiothérapie; le Dr P___________ a conclu que la situation médicale de 

l’assuré n’était pas réglée ; 

- un certificat du 14 septembre 2009 du Dr R___________, indiquant que la 

capacité de travail était nulle du 1
er

 au 30 octobre 2009. 

26. Par courrier du 5 octobre 2009, l’assuré a complété son opposition et a persisté dans 

ses conclusions. Il a soutenu qu’au vu des documents médicaux au dossier, 

l’examen pratiqué par le Dr Q___________ était partial. De plus, la reprise 

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chirurgicale prévue depuis 2007 n’avait pas encore été effectuée. Enfin, son état de 

santé, nécessitant encore des traitements et un séjour auprès de la CRR notamment, 

ne pouvait pas être considéré comme stabilisé, ce d’autant plus que le Dr 

Q___________ avait fixé l’atteinte à l’intégrité en tenant compte du fait que la 

situation allait encore se détériorer.  

27. Dans une appréciation complémentaire du 11 février 2010, le Dr Q___________ a 

tout d’abord expliqué que l’évolution naturelle d’une algodystrophie du genou était 

généralement favorable et que, dans le cas de l’assuré, les radiographies du mois de 

janvier 2008 démontraient déjà une amélioration significative de la 

déminéralisation dystrophique observée en 2007, ces éléments étant confirmés par 

la scintigraphie effectuée en 2009. Quant au séjour à la CRR sollicité par l’assuré, il 

permettrait essentiellement d’apporter un complément d’évaluation 

psychosomatique, afin d’établir l’influence des éléments psychologiques sur le 

pronostic du cas. Toutefois, l’indication à une réadaptation stationnaire, laquelle 

pouvait être posée en 2007 ou en 2008, n’était plus d’actualité, attendu d’une part, 

que l’amyotrophie musculaire constatée était modeste et d’autre part, que 

l’évolution vers une patella baja apportait une relative contre-indication à des 

mesures intensives de kinésithérapie du genou. Par ailleurs, le médecin n’a pas 

contesté l’existence d’une atteinte dégénérative post-fracturaire débutante du genou 

susceptible d’évoluer avec le temps, ce qui justifiait un suivi médical espacé à long 

terme et des mesures symptomatiques ponctuelles, comme indiqué dans son 

examen final. En revanche, une intervention chirurgicale n’était pas indiquée 

actuellement, laquelle ne permettrait pas d’améliorer les troubles de l’assuré. Une 

telle intervention avait déjà été écartée par le Prof. O___________. Il a réservé une 

éventuelle indication opératoire nécessitée par une aggravation ultérieure de 

l’atteinte dégénérative, laquelle avait justifié l’évaluation de l’atteinte à l’intégrité à 

20%. Toutefois, l’état arthrosique objectif actuel ne permettait que de retenir une 

atteinte à l’intégrité ne dépassant pas 10%, de sorte qu’il a proposé de revoir son 

appréciation de l’indemnité pour atteinte à l’intégrité à la baisse, tout en laissant 

ouverte la possibilité d’une réévaluation future de l’atteinte à l’intégrité. En 

conclusion, il a confirmé qu’en l’absence de mesures thérapeutiques susceptibles 

d’améliorer de manière notable l’état somatique de l’assuré, la situation devait être 

considérée comme suffisamment stabilisée pour permettre le bouclement 

assécurologique du cas.  

28. Par courrier du 23 mars 2010, la SUVA a informé l’assuré que le rapport du Dr 

Q___________ du 11 février 2010 était susceptible de conduire à une reformatio in 

pejus, concernant le taux de l’indemnité pour atteinte à l’intégrité, et lui a fixé un 

délai pour se déterminer sur cette question.  

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29. Le 13 avril 2010, l’assuré, sous la plume de son conseil, a rappelé les termes de son 

opposition, soit notamment le fait qu’il était prêt à accepter le versement de 

l’indemnité, et a indiqué que son opposition portait principalement sur la 

problématique des indemnités journalières et de la prise en charge des frais de 

traitement. Il a enfin estimé qu’une expertise médicale était indispensable, ce qui 

était également requis par les médecins conseils de la SUVA.  

30. Par décision sur opposition du 22 avril 2010, la SUVA a rejeté l’opposition de 

l’assuré et a entièrement confirmé sa décision du 24 août 2009, tout en précisant 

qu’un éventuel recours n’aurait pas d’effet suspensif. Sa décision du 24 août 2009 

était entrée en force sur la question de l’indemnité pour atteinte à l’intégrité. La 

SUVA a tout d’abord conclu qu’il n’existait pas de lien de causalité adéquate entre 

les troubles psychiques de l’assuré et l’accident, lequel devait être classé parmi les 

accidents de gravité moyenne à la limite des accidents de peu de gravité. En effet, 

elle a estimé que l’accident n’était pas survenu dans le cadre de circonstances 

particulièrement dramatiques ou revêtant un caractère particulièrement 

impressionnant, que les lésions physiques n’étaient pas graves ou propres, selon 

l’expérience, à entraîner des troubles psychiques et que les traitements médicaux, 

essentiellement conservateurs, hormis l’intervention chirurgicale du 13 novembre 

2006, ne pouvaient pas être considérés comme anormalement longs ou d’une 

ampleur inhabituelle, eu égard aux séquelles somatiques en cause. En outre, il n’y 

avait pas d’erreur dans le traitement médical ayant entraîné une aggravation notable 

des séquelles accidentelles. En ce qui concernait les difficultés apparues lors de la 

guérison, l’assuré avait développé une algodystrophie du genou droit, mais avait 

immédiatement bénéficié d’un traitement idoine permettant la régression de cette 

affection. Quant à l’incapacité de travail, elle ne pouvait pas être qualifiée 

d’anormalement longue, eu égard au type de traumatisme subi, et a été influencée 

par des facteurs psychogènes. Enfin, le facteur des douleurs physiques persistantes, 

dont l’intensité restait toutefois difficile à évaluer, ne revêtait pas, à lui seul, une 

intensité suffisante propre à faire admettre l’existence d’un rapport de causalité 

adéquate entre les troubles psychiques et l’accident. En outre, elle a considéré que 

les rapports du Dr Q___________ présentaient pleine valeur probante et qu’il y 

avait dès lors lieu de suivre ses conclusions. En particulier, il devait être considéré 

que l’état de santé somatique de l’assuré était stabilisé et que, dans la mesure où 

aucun traitement n’était susceptible d’améliorer notablement son état de santé et 

qu’il n’apparaissait pas que des mesures de réadaptation de l’assurance-invalidité 

avaient été mises en œuvre, c’était à juste titre qu’elle avait mis fin aux prestations 

légales au 13 septembre 2009 et qu’elle avait examiné le droit potentiel de l’assuré 

à une rente d’invalidité. Par ailleurs, au vu des renseignements délivrés par l’ancien 

employeur et l’assuré, le Dr Q___________ avait estimé que celui-ci présentait une 

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entière capacité de travail dans sa dernière activité lucrative, de sorte que la SUVA 

a confirmé, d’une part, la cessation des prestations d’assurance au 13 septembre 

2009, hormis la prise en charge de deux consultations annuelles avec contrôles 

radiologiques et la prescription d’une médication anti-inflammatoire au moyen 

d’ordonnances renouvelables et d’autre part, le refus d’octroi d’une rente 

d’invalidité.  

31. Par acte du 25 mai 2010, l’assuré, représenté par un conseil, a interjeté recours 

contre cette décision, requérant principalement, son annulation, la prise en charge 

des traitements médicaux au-delà du 13 septembre 2009 et la prise en charge de sa 

perte de gain, en raison d’une incapacité de travail de 100% au-delà du 13 

septembre 2009, sous suite de dépens, et subsidiairement, la mise en œuvre d’une 

expertise. Il a en substance invoqué que son état de santé somatique n’était pas 

stabilisé, dans la mesure où de nombreux traitements, et notamment de la 

physiothérapie pour muscler sa jambe, étaient encore en cours et qu’il présentait 

toujours une totale incapacité de travail. De plus, il a estimé que les rapports 

d’examen des Dr M___________ et Q___________ ne présentaient pas valeur 

probante, alléguant que ces médecins avaient un parti pris, qu’ils n’avaient pas tenu 

compte des rapports présents au dossier et qu’une évaluation au Centre romand de 

réadaptation aurait dû être effectuée. Par ailleurs, il a contesté que les troubles non 

organiques ne soient pas en rapport de causalité naturelle et adéquate avec 

l’accident, et notamment que l’accident soit à classer dans les accidents de gravité 

moyenne, à la limite des accidents de peu de gravité. Il a notamment produit  

- un rapport du 5 mai 2010 du Dr P___________, lequel a expliqué avoir 

sollicité un bilan radiologique au vu des douleurs persistantes du recourant, 

afin de discuter d’une éventuelle intervention; actuellement, le périmètre de 

marche était de 15 minutes à plat, lors des bons jours; à l’examen clinique, le 

recourant marchait avec une boiterie à droite, avec un flexum d’environ 10° 

de son genou droit et il persistait une amyotrophie au niveau de la 

musculature du membre inférieur droit ; 

- un certificat du 1
er

 juin 2010 de ce même médecin, lequel a attesté d’une 

totale incapacité de travail depuis 2006. 

32. Le 22 juin 2010, le recourant a réaffirmé que son état de santé n’était pas stabilisé 

et a notamment produit un rapport du 8 juin 2010 du Dr P___________, lequel a 

noté que son périmètre de marche était de 30 minutes les bons jours et a établi que 

le bilan radiologique du mois de mai 2010 mettait en exergue une consolidation 

incomplète au niveau du massif des épines, des troubles dégénératifs apparaissant 

- 12/21- 

 

 

 

A/1836/2010 

au niveau de l’articulation fémoro-tibial interne, externe et fémoro-patellaire et un 

status post-entorse du LLI (ligament latéral interne) avec un ligament augmenté en 

taille, ainsi qu’une rotule basse et des signes dégénératifs au niveau des interlignes 

articulaires. Les examens objectivaient des douleurs irradiant dans la jambe droite, 

des douleurs nocturnes avec sensation d'engourdissement de tout le genou et de la 

jambe, ainsi que la présence de contractions très invalidantes. L'assuré présentait 

donc plusieurs problèmes au genou qui évoluait peu favorablement depuis quatre 

ans. Une prothèse totale du genou n’était pas indiquée à l’heure actuelle, toutefois, 

une chirurgie pour traiter la rotule basse de l’assuré pourrait être envisagée. Il a 

ainsi adressé l’assuré au Dr S___________, pour qu’il détermine si une intervention 

était nécessaire.  

33. Lors d’un entretien téléphonique du 5 juillet 2010, le recourant a informé l’intimée 

qu’un médecin des HUG lui avait proposé, en date du 1
er

 juillet 2010, une greffe du 

tendon du genou pour voir si la rotule resterait en place et, par la suite, la mise en 

place d’une prothèse du genou. La SUVA a émis des réserves. 

34. Par courrier du 20 juillet 2010, le recourant a fait part au Tribunal cantonal des 

assurances sociales, compétent jusqu'au 31 décembre 2010, qu’une intervention 

chirurgicale avait été fixée au 11 octobre 2010.  

35. Dans son appréciation du 29 juillet 2010, le Dr Q___________ a indiqué qu’il ne 

partageait pas l’opinion du médecin des HUG quant à l’indication chirurgicale, 

laquelle ne permettrait pas d’améliorer les troubles du recourant, compte tenu des 

antécédents d’algodystrophie et de son contexte psychologique. Cependant, il était 

prêt à revoir sa position, si un second avis universitaire devait confirmer cette 

indication. La problématique orthopédique pouvait certes limiter le recourant dans 

son périmètre de marche, toutefois, sur le plan médico-théorique, le médecin a 

estimé que le recourant pouvait mettre en valeur une capacité de travail proche de 

100% dans une activité principalement sédentaire.  

36. Dans une appréciation du 4 août 2010, le Dr T___________, spécialiste FMH en 

chirurgie orthopédique, a entièrement confirmé l’appréciation du médecin 

d’arrondissement de la SUVA. Les dernières imageries ne montraient en effet que 

des modifications arthrosiques débutantes avec des ménisques et des ligaments 

intacts, sans signe d’algodystrophie. Par ailleurs, il a considéré qu’une opération 

chez le recourant pour légère patella baja était sans utilité concernant l’arthrose 

débutante et comportait un risque important d’une nouvelle algodystrophie, de sorte 

qu’elle était contre-indiquée. Il n’y avait pas de raison orthopédique ou 

rhumatologique pour laquelle une activité principalement assise, comportant 

- 13/21- 

 

 

 

A/1836/2010 

diverses sollicitations, ne serait pas entièrement exigible du recourant sur le marché 

général du travail.  

37. Sur requête de l’intimée, le Dr ___________, chef de clinique du Service de 

chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil locomoteur des HUG, a posé 

en août 2010 les diagnostics de gonarthrose débutante, de pseudarthrose du massif 

des épines tibiales et de patella baja. Les traitements consistaient en physiothérapie 

et en une intervention chirurgicale prévue pour les mois d’octobre ou novembre 

2010. Le médecin a retenu que l’incapacité de travail prévue était indéterminée, 

mais que le recourant n’avait que peu de gêne pour effectuer sa précédente activité 

lucrative, laquelle se déroulait essentiellement en position assise, statique, devant 

un établi. Toutefois, il devait pouvoir étendre la jambe et/ou obtenir un siège haut.  

38. Par réponse du 24 septembre 2010, l’intimée a conclu au rejet du recours. Elle a fait 

valoir qu’aucun document médical ne permettait de s’écarter des rapports du Dr 

Q___________ ni d’ailleurs de l’appréciation du Dr T___________, lesquels 

avaient notamment retenu que l’état de santé somatique du recourant était bel et 

bien stabilisé depuis le mois d’avril 2009, qu’aucun traitement ne permettait 

d’améliorer son état de santé, qu’il présentait dès lors une entière capacité de travail 

et qu’une opération pour légère patella baja était contre-indiquée, étant précisé que 

les récents examens radiologiques n’avaient rien permis de déceler de nouveau. En 

outre, elle a confirmé qu’il n’existait pas de rapport de causalité adéquate entre des 

troubles non organiques dont souffrait le recourant et l’accident. Par ailleurs, eu 

égard aux rapports des Drs Q___________, T___________ et S___________, elle 

a maintenu que le recourant présentait une entière capacité de travail dans son 

ancienne activité lucrative. Enfin, l’intimée a estimé qu’il n’y avait pas lieu de 

mettre en œuvre une expertise médicale, dans la mesure où les rapports présentaient 

pleine force probante.  

39. Par courrier du 21 octobre 2010, le recourant a fait savoir avoir subi une nouvelle 

intervention, laquelle s’était déroulée en date du 11 octobre 2010.  

40. Le 17 novembre 2010, le recourant a fait valoir que cette opération était en lien 

avec l’accident survenu en novembre 2006 et a requis qu’une expertise judiciaire 

pluridisciplinaire soit ordonnée. Il a notamment produit 

- un certificat du 13 octobre 2010 du Dr S___________, lequel a déclaré que, 

suite à l’accident du mois de novembre 2006, le recourant avait présenté des 

raideurs et des gonalgies lors de la mise en charge, problèmes que les 

médecins avaient convenu de traiter chirurgicalement; selon ce certificat, 

- 14/21- 

 

 

 

A/1836/2010 

 « l’intervention a donc consisté en la réalisation d’une arthroscopie 

diagnostique. Celle-ci a mis en évidence une arthro-fibrose sévère 

qui a été traitée par arthrolyse arthroscopique. Celle-ci a permis de 

récupérer des mobilités articulaires tout à fait satisfaisantes ne 

justifiant donc pas la réalisation d’une ostéotomie de la tubérosité 

tibiale antérieure. Par ailleurs, différents corps étrangers intra-

articulaires ont pu être retirés lors de l’intervention. Ces derniers 

expliquent probablement, au moins en partie, les douleurs alléguées 

par le patient lors de la mise en charge » ; 

- un compte-rendu opératoire du 14 octobre 2010, attestant de l’arthrolyse 

arthroscopique subie par le recourant en date du 11 octobre 2010, en raison de 

raideurs et de douleurs du genou droit; 

- un certificat médical du même jour d’un médecin interne des HUG, 

certifiant de l’hospitalisation du recourant entre le 11 et le 14 octobre 2010 au 

Service de chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil locomoteur ; 

- un rapport du 5 novembre 2010 des médecins de l’Unité de médecine 

physique et réadaptation orthopédique des HUG, lesquels ont attesté que le 

recourant y avait séjourné du 14 octobre au 5 novembre 2010, pour suivre un 

programme de rééducation intensive pour lutter contre l’enraidissement, 

améliorer l’amplitude du genou droit et procéder à une rééducation à la 

marche, ainsi qu'à un renforcement musculaire du membre inférieur droit; ils 

ont retenu les diagnostics d’arthroscopie et d’arthrolyse du genou droit le 11 

octobre 2010 pour arthro-fibrose sévère, post-traumatique, de douleurs mixtes 

chroniques du genou droit, nociceptives et neurogènes, et de gonarthrose 

droite tricompartimentale; le recourant présentait une symptomatologie 

douloureuse complexe, dont l’intensité ne pouvait pas être entièrement 

expliquée par une composante mécanique; dans la mesure où la situation 

n’était pas médicalement stabilisée, ils ont conclu à une totale incapacité de 

travail jusqu’au prochain rendez-vous médical, lequel devait avoir lieu le 30 

novembre 2010. 

41. Dans son appréciation médicale du 6 décembre 2010, le Dr T___________ a 

constaté que le rapport opératoire fournissait des éléments nouveaux permettant de 

considérer que l'intervention d'octobre 2010, laquelle avait en particulier nettement 

amélioré la mobilité du genou, constituait une rechute brève de l'accident. 

Toutefois, l'incapacité de travail faisant suite à cette intervention ne devrait pas 

excéder six semaines, en l'absence de complications.  

- 15/21- 

 

 

 

A/1836/2010 

42. Le 14 décembre 2010, l’intimée a expliqué qu’elle avait refusé, par décision du 27 

novembre 2010, de prendre en charge l’intervention chirurgicale du 11 octobre 

2010, ainsi que l’incapacité de travail de 100% attestée dès le 1
er

 juin 2010. Le 

recourant ayant formé opposition, cette question faisait actuellement l’objet d’un 

examen. En ce qui concernait le cas initial, elle a persisté dans ses conclusions. 

43. Selon le certificat médical du 11 janvier 2011 du Dr U___________, les lésions 

encore actuelles du genou droit étaient "sans l'ombre d'un doute" consécutives à 

l'accident de 2006. Le recourant était toujours en incapacité de travail complet pour 

une durée indéterminée. 

44. Invitée à se déterminer sur les nouvelles pièces produites, l'intimée a persisté dans 

ses conclusions, par écriture du 22 février 2011. 

45. Le 27 avril 2011, le Dr U___________ a précisé, à la demande de la Cour de céans, 

compétente depuis le 1
er

 janvier 2011, que l'état de santé du recourant était sans 

doute provisoirement stabilisé entre août 2009 et octobre 2010, sans nouvelle 

intervention chirurgicale, puisqu'aucune mesure médicale non orthopédique n'était 

susceptible de modifier la situation. L'intervention d'octobre 2010 avait 

fonctionnellement aidé le patient, mais n'avait pas apporté de changement au niveau 

de la douleur résiduelle qui nécessitait toujours un traitement régulier de petites 

doses de morphine à longue durée d'action, ainsi que des anti-inflammatoires et 

antidouleurs. Vraisemblablement, la composante douloureuse ne s'améliorera que 

très discrètement dans les mois à venir. De surcroît, il existait une gonarthrose 

droite tri-compartimentale dont l'évolution était incertaine. Selon ce médecin, le 

recourant avait certainement une capacité de travail résiduelle entre août 2009 et 

octobre 2010, sans que ce praticien soit en mesure d'en préciser le taux. 

L'intervention d'octobre 2010 n'était par ailleurs pas prévisible en août 2009, dès 

lors qu'il fallait observer l'évolution spontanée qui était manifestement lentement 

défavorable avec une aggravation de la rotule basse et une diminution des 

amplitudes articulaires. Enfin, à cinq mois de l'intervention, la situation paraissait 

relativement stabilisée et sous contrôle, avec néanmoins quelques troubles 

trophiques cutanés, une douleur diffuse du genou, principalement neurogène, et un 

traitement médicamenteux et physiothérapeutique encore relativement conséquent. 

46. Lors de l’audience de comparution personnelle des parties en date du 25 mai 2011, 

le recourant a déclaré ce qui suit : 

« En 2009, je n’aurais pas pu reprendre mon travail, car je souffrais 

d’énormément de douleurs, surtout la nuit, où j’avais des crises de 

douleurs qui me rendaient insomniaque. A cause des douleurs, je devais 

- 16/21- 

 

 

 

A/1836/2010 

constamment changer de position, à savoir m’asseoir, marcher et  

beaucoup m’allonger. 

Le Dr N___________, qui m’a opéré en 2006 et suivi, pourrait vous 

donner des renseignements sur ma capacité de travail entre septembre 

2009 et août 2010. Il était parti des HUG, mais il est revenu 

aujourd’hui. Il travaille au service de chirurgie. 

J’étais aussi diminué psychiquement par la longueur du traitement.  

Aujourd’hui, je n’ai plus l’impression de marcher sur du gravier, mais 

je dois toujours prendre de la morphine contre les douleurs, ainsi que 

des anti-inflammatoires. Je suis également encore en rééducation et suis 

une physiothérapie. » 

Le mandataire du recourant a précisé que le certificat médical du Dr P___________ 

atteste une incapacité de travail encore en août 2009 jusqu’au 31 octobre 2009. Par 

ailleurs, l’intimée a déclaré qu’elle était finalement d’accord de considérer que le 

recourant avait subi une rechute en juin 2010 et de lui verser les indemnités 

journalières.  

47. Par courrier du 31 mai 2011, la Cour de céans a informé les parties que le Dr 

P___________ était en novembre 2008 déjà chef de clinique auprès de la 

policlinique des services de chirurgie des HUG, de sorte que le Dr N___________ 

ne pourrait pas se prononcer sur la capacité résiduelle de travail du recourant entre 

septembre 2009 et août 2010. En ce qui concernait le Dr P___________, il ne 

travaillait plus aux HUG, de sorte qu’il n’a plus accès aux dossiers de ceux-ci. Cela 

étant, la Cour a informé les parties qu’elle gardera la cause à juger et statuera en 

l’état, sauf avis contraire des parties d’ici au 21 juin 2011. 

48. Dans son appréciation du 31 mai 2011, le Dr T___________ a maintenu son 

appréciation précédente en ce qui concerne l'incapacité de travail et la stabilisation 

de l'état consécutives à l'opération, en se fondant sur son expérience chirurgicale et 

des critères objectifs. Il a relevé que, "abstraction faite de l'amplification 

psychogène des symptômes", le recourant présentait une capacité de travail totale 

dans son ancien métier ou toute autre activité adaptée. 

49. Par courrier du 31 mai 2011, le recourant a sollicité l’audition des Drs 

P___________ et N___________.  

- 17/21- 

 

 

 

A/1836/2010 

50. Par écritures du 31 mai 2011, l’intimée a relevé que le Dr U___________ partageait 

l’avis du Dr Q___________, selon lequel l’état de santé du recourant était stabilisé 

au mois d’août 2009. Le Dr U___________ avait également considéré que 

l’intervention d’octobre 2010 n’était pas prévisible en août 2009. L’intimée a ainsi 

persisté à conclure au rejet du recours.  

51. Par écritures du 21 juin 2011, le recourant a demandé la mise en œuvre d’une 

expertise orthopédique, rhumatologique et psychologique pour évaluer sa capacité 

de travail entre août 2009 et juin 2010. 

52. Le 28 juin 2011, la Cour de céans a informé les parties qu’elle avait l’intention de 

mettre en œuvre une expertise et de la confier au Dr V___________, spécialiste en 

chirurgie orthopédique à Genève. Elle leur a également communiqué la liste des 

questions à poser à l’expert. 

53. Le 4 juillet 2011, l’intimée a transmis à la Cour de céans copie de sa décision du 4 

juillet 2011. Par cette décision, elle a reconnu au recourant le droit aux indemnités 

journalières du 1
er

 juin 2010 au 11 mars 2011 et à la prise en charge de 

l’intervention du 11 octobre 2010, ainsi que les frais médicaux jusqu’au 11 mars 

2011, hormis un suivi médical espacé de l’évolution radio-clinique du genou à long 

terme, ainsi que la prescription d’une médication anti-inflammatoire. 

54. Le 4 août 2011, le recourant a fait savoir qu’il n’avait aucun motif de récusation 

envers l’expert et a suggéré de compléter la mission d’expertise. Il a en outre 

produit notamment les pièces suivantes : 

- des quittances de la location de cannes anglaises du 12 octobre 2010 

jusqu’au 11 mai 2011 ; 

- des certificats médicaux du Dr U___________ attestant une incapacité de 

travail totale de juin à août 2011 ; 

- un certificat médical du 27 mai 2011 du même médecin attestant que l’état 

de santé du recourant évoluait à long terme vers la mise en place d’une 

prothèse totale ; 

- un rapport non daté de Madame K___________, physiothérapeute 

attestant une amélioration des amplitudes articulaires, la présence de 

dysesthésies, mais moins importante qu’auparavant, un œdème 

périarticulaire du genou droit, amélioré dans un premier temps, puis 

aggravé avec plus de douleurs. 

- 18/21- 

 

 

 

A/1836/2010 

- les réponses du 18 juillet 2011 du Dr P___________ aux questions posées 

par la mandataire du recourant, attestant que l’état de santé de celui-ci était 

en septembre 2009 plus ou moins stationnaire du point de vue des douleurs 

et des plaintes, tout en précisant qu’il était difficile d’affirmer que l’état 

était provisoirement stabilisé; ce médecin a précisé que, pendant la période 

entre septembre 2009 et octobre 2010, le patient présentait des douleurs 

autant à la marche qu’au repos, associées à des douleurs nocturnes et des 

insomnies l’obligeant à se coucher ; il devait alterner les positions assise et 

la marche, pour rendre la vie supportable ; néanmoins, il était difficile de 

répondre à la question de la capacité de travail résiduelle pendant cette 

période; il fallait également tenir compte de ce que le patient était sous 

traitement important d’antalgiques avec de la morphine à l’époque; enfin, 

les médecins ont voulu éviter une opération en août 2009, par peur de 

réactiver l’algoneurodystrophie, et cette opération a finalement été 

proposée en octobre 2010 ; 

- un certificat médical du 27 juillet 2011 du Dr U___________ attestant que 

le recourant était hospitalisé durant près de trois semaines à la suite de 

l’opération et a été incapable de travailler pendant trois semaines après sa 

sortie ; en raison d’importantes douleurs résiduelles, il devait marcher avec 

deux cannes anglaises jusqu’au début de l’année 2011 ; aujourd’hui, il 

marchait sans cannes et on constatait une amélioration fonctionnelle 

indéniable, même si les douleurs étaient toujours très présentes avec une 

composante inflammatoire autour du genou très nette ; huit mois après la 

dernière arthrolyse, le Dr U___________ estime que la situation n’est pas 

encore stabilisée et l’évolution très lentement favorable. 

55. Le 12 août 2011, l’intimée a adhéré au choix de l’expert et à la mission de celui-ci, 

tout en précisant qu’il n’appartenait pas à l’expert de répondre à la question de 

savoir si le traitement était anormalement long. 

 

EN DROIT 

1. Conformément au principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine des 

assurances sociales (cf. art. 43 LPGA), l'administration est tenue d'ordonner une 

instruction complémentaire lorsque les allégations des parties et les éléments 

ressortant du dossier requièrent une telle mesure. En particulier, elle doit mettre en 

oeuvre une expertise lorsqu'il apparaît nécessaire de clarifier les aspects médicaux 

- 19/21- 

 

 

 

A/1836/2010 

du cas (ATF 117 V 283 consid. 4a; ATFA non publié du 19 mars 2004, I 751/03 

consid. 3.3, RAMA 1985 K 646 p. 240 consid. 4). 

2. En l’occurrence se pose la question de la capacité de travail du recourant entre 

septembre 2009, mois au cours duquel l'intimée a cessé ses prestations, et mai 

2010.  

Même en admettant que l’état de santé du recourant était le cas échéant 

provisoirement stabilisé pendant cette période, il y a des doutes quant au 

recouvrement d'une capacité de travail à 100 %, compte tenu des constatations 

faites lors de l’arthroscopie du 11 octobre 2010, de l'importance des douleurs 

alléguée et du lourd traitement antalgique. Par ailleurs, les médecins traitant, les Dr 

U___________ et P___________, n’ont pas répondu à cette question. 

Cela étant, il s’avère nécessaire de mettre en œuvre une expertise judiciaire, 

laquelle sera confiée au Dr V___________. 

Enfin, dès lors qu'un nouveau litige est né concernant la durée de l'incapacité de 

travail et la stabilisation de l'état de santé du recourant suite à l'intervention du 11 

octobre 2010, l'expertise portera également sur ces questions, par économie de 

procédure, même si cela ne fait pas l'objet de la présente procédure. 

3. Quant à la mission de l’expert, la Cour tiendra compte des remarques du recourant. 

En ce qui concerne celles de l’intimée, la question incriminée sera maintenue, dès 

lors qu’il peut être intéressant d’avoir l’avis d’un expert concernant la durée d’un 

traitement médical, même si, en fin de compte, il s’agit d’une question juridique. 

 

*** 

- 20/21- 

 

 

 

A/1836/2010 

PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant préparatoirement 

 

A. Ordonne une expertise judiciaire médicale. 

B. La confie au Dr V___________. 

C. Dit que la mission de ce médecin sera la suivante : 

- Prendre connaissance du dossier médical de Monsieur J___________. 

- Examiner personnellement l'expertisé. 

- Prendre tous renseignements utiles, notamment auprès des médecins 

ayant eu connaissance du cas de l'expertisé, en particulier des médecins 

traitants. 

- S'adjoindre tout spécialiste requis au titre de consultant. 

- Etablir un rapport écrit et répondre notamment aux questions suivantes : 

1. Sur la base du dossier, quels diagnostics, en rapport avec l’accident, 

doivent être retenus en septembre 2009 ? 

2. Les plaintes de Monsieur J___________ en 2009, notamment les 

douleurs alléguées, sont-elles, au degré de la vraisemblance 

prépondérante, compatibles avec les atteintes constatées ou estimez-

vous qu'elles sont dues à des facteurs non organiques, 

respectivement psychiques? 

3. Quelles limitations et douleurs ont engendrées les atteintes post-

traumatiques que vous avez retenues en septembre 2009, au degré de 

la vraisemblance prépondérante ? 

4. L’état de santé de Monsieur J___________ était-il provisoirement 

stabilisé en septembre 2009 ? 

5. L'expertisé présentait-il, entre septembre 2009 et mai 2010, une 

capacité de travail complète dans une activité adaptée, au degré de la 

- 21/21- 

 

 

 

A/1836/2010 

vraisemblance prépondérante, sur la base du dossier médical et des 

renseignements pris auprès des médecins traitants ? Dans la 

négative, quel était selon toute vraisemblance le taux de capacité de 

travail? 

6. Peut-on considérer que, déjà en septembre 2009, la durée du 

traitement des lésions post-traumatiques était particulièrement 

longue? 

7. Partagez-vous les conclusions de l’examen final du Dr 

Q___________ du 7 août 2009, notamment en ce qui concerne la 

stabilisation de l’état et la capacité résiduelle de travail ? 

8. Quelles limitations fonctionnelles présente Monsieur J___________ 

après l’intervention d’octobre 2010 ? 

9. Son état est-il aujourd’hui stabilisé et, si oui, depuis quand ? Dans la 

négative, quand son état sera-t-il stabilisé vraisemblablement ? 

10. Quelle est la durée de l’incapacité de travail totale suite à 

l’intervention d’octobre 2010 et comment la capacité de travail 

résiduelle de l’expertisé a-t-elle évolué depuis lors ? 

11. Quel est votre pronostic ? 

D. Invite le Dr V___________ à déposer le plus rapidement possible un rapport en 

trois exemplaires à la Chambre de céans. 

E. Réserve le fond. 

 

La greffière 

 

 

 

Diana ZIERI 

 La Présidente 

 

 

 

Maya CRAMER 

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties le