# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 6e2bdd21-d6f2-59d5-8869-0d67997be8e1
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-10-04
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 04.10.2023 F-5764/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-5764-2022_2023-10-04.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-5764/2022 

 

 
 

  A r r ê t  d u  4  o c t o b r e  2 0 2 3  

Composition 
 Yannick Antoniazza-Hafner (président du collège),  

Claudia Cotting-Schalch, Susanne Genner, juges, 

Claudine Schenk, greffière. 
 

 
 

Parties 
 A._______,  

Domicilié en France,   

recourant,  

 

  
 

 
contre 

 
  

Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

  
 

 
 

Objet 
 Interdiction d'entrée ; décision du SEM du  

14 décembre 2015. 

 

 

 

F-5764/2022 

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Faits : 

A.  

A.a Par décision (non notifiée) du 14 décembre 2015, le Secrétariat d'Etat 

aux migrations (ci-après : le SEM ou l’autorité inférieure) a prononcé à  

l’endroit de A._______ (ressortissant français, né en 1996) une interdiction 

d’entrée en Suisse et au Liechtenstein d’une durée de dix ans (valable jus-

qu’au 13 décembre 2025). Par la même décision, il a retiré l’effet suspensif 

à un éventuel recours. 

Il a retenu que l’intéressé, au regard des faits qui lui avaient été reprochés 

par ordonnance pénale du Ministère public valaisan du 7 mai 2015 et des 

condamnations pénales dont il avait fait l’objet en France, représentait une 

menace grave, réelle et actuelle pour la sécurité et l’ordre publics de nature 

à justifier le prononcé d’une mesure d’éloignement d’une durée de dix ans, 

et qu’aucun intérêt privé susceptible de l'emporter sur l'intérêt public à ce 

que ses entrées en Suisse soient dorénavant contrôlées ne ressortait du 

dossier. 

A.b Ainsi qu’il ressort de la décision susmentionnée (en relation avec les 

pièces des dossiers de la cause), le prénommé a été condamné à plusieurs 

reprises par le Tribunal pour enfants de la Rochelle (F) :  

- par jugement du 4 janvier 2012, à un avertissement solennel pour vol 

(commis fin août 2010) ;  

- par jugement séparé du même jour, à une mise sous protection judi-

ciaire en milieu ouvert pendant trois ans, pour dégradation ou détério-

ration de bien d’autrui (commise en réunion le 13 février 2011), pour vol 

(commis le 14 février 2011) et vol aggravé (par effraction et/ou avec 

destruction ou dégradation) notamment de deux véhicules automobiles 

et d’une arme à feu (commis les 7, 12, 14 et 27 mai 2011), pour recel 

de bien provenant d’un vol (commis le 20 mai 2011), pour conduite d’un 

véhicule sans permis (entre le 27 et le 28 mai 2011), pour usage illicite 

de stupéfiants (du 1er janvier 2008 au 28 mai 2011), pour détention non 

autorisée de stupéfiants et pour cession ou offre de stupéfiants à une 

personne en vue de sa consommation personnelle (du 1er décembre 

2010 au 28 mai 2011) ;  

- par jugement séparé du même jour, à une peine d’emprisonnement de 

huit mois avec sursis, pour recel de bien provenant d’un vol, ainsi que 

pour violence avec usage d’une arme (infractions commises le 20 août 

2011) ;  

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- par jugement du 6 février 2012, à une admonestation, pour dégradation 

ou détérioration d’un établissement public par l’effet d’un incendie vo-

lontaire (infraction commise le 3 décembre 2011) ;   

- par jugement du 20 août 2012, à une admonestation, pour vol (commis 

le 22 octobre 2010) ;  

- par jugement du 24 octobre 2012, à une peine d’emprisonnement de 

huit mois, dont cinq mois avec sursis, pour violence avec usage ou me-

nace d’une arme (commise le 24 septembre 2012), pour détention non 

autorisée de stupéfiants (en date du 25 septembre 2012), pour usage 

illicite de stupéfiants et pour cession ou offre de stupéfiants à une per-

sonne en vue de sa consommation personnelle (entre le 1er janvier et 

le 25 septembre 2012) ;  

- par jugement séparé du même jour, notamment à un travail d’intérêt 

général de 40 heures, pour conduite d’un véhicule sans permis (en 

date du 19 février 2012) ; 

- par jugement du 2 octobre 2013, à une peine d’emprisonnement de 

deux mois, avec sursis assorti de l’obligation d’accomplir un travail d’in-

térêt général de 70 heures, pour vol et pour vol avec destruction ou 

dégradation (infractions commises le 29 décembre 2012), ainsi que 

pour conduite d’un véhicule sans permis (les 29 et 30 décembre 2012) ;   

- par jugements séparés du même jour, à un travail d’intérêt général de 

70 heures, pour dégradation ou détérioration de bien d’autrui (com-

mises les 4 et 24 août 2012), ainsi qu’à l’obligation de suivre un stage 

de formation civique en raison d’une tentative de vol (commise les 2 et 

3 mai 2012) ;    

- par jugement du 13 juin 2014, à une admonestation, pour dégradation 

ou détérioration de bien d’autrui (commise le 14 novembre 2013) ; 

- par jugement du 17 juin 2014, à une mesure de réparation pénale, pour 

tentative de vol par effraction (commise en réunion le 21 février 2013) ;  

- par jugement du 22 avril 2015, à une peine d’emprisonnement de dix 

mois avec sursis, pour vol par effraction (vol aggravé commis en réu-

nion le 23 janvier 2013). 

L’intéressé a par ailleurs été condamné, par jugement du Tribunal correc-

tionnel de Saintes (F) du 16 décembre 2014, notamment à une peine d’em-

prisonnement d’un an, dont six mois avec sursis, et à une amende de  

200 Euros, pour violence dans un (ou aux abords d’un) établissement sco-

laire ou d’éducation à l’occasion de l’entrée ou de la sortie des élèves suivie 

d’une incapacité n’excédant pas huit jours (infraction commise le 14 mai et 

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les 2 et 5 juin 2014 en état de récidive) et pour violence dans un (ou aux 

abords d’un) établissement scolaire ou d’éducation à l’occasion de l’entrée 

ou de la sortie des élèves suivie d’une incapacité supérieure à huit jours 

(infraction commise le 2 juin 2014 en état de récidive).  

Enfin, par ordonnance pénale du 7 mai 2015, le Ministère public valaisan 

l’a condamné à une peine pécuniaire de 50 jours-amende avec sursis, pour 

conduite d’un véhicule automobile (un véhicule volé qu’il aurait acquis en 

France en octobre 2014 selon ses dires) sans permis de conduire, sans 

permis de circulation ni plaques de contrôle et sans assurance-RC, et pour 

usage abusif de plaques de contrôle (respectivement pour utilisation de 

plaques falsifiées), infractions commises le 4 mars 2015, ainsi que pour 

avoir auparavant circulé en Suisse sans permis de conduire à une cinquan-

taine de reprises afin de venir chercher du travail. Par la même ordon-

nance, il a classé la procédure pénale ayant été ouverte contre l’intéressé 

pour recel d’un véhicule volé, au motif que le for de l’action pénale était 

situé en France, lieu d’acquisition du véhicule volé.     

A.c La décision d’interdiction d’entrée susmentionnée a été notifiée à l’in-

téressé en date du 5 décembre 2022 (à 22h55), alors que celui-ci était 

contrôlé au passage frontière de St-Gingolph. 

B.  

B.a Par acte du 6 décembre 2022, parvenu le 14 décembre suivant au  

Tribunal administratif fédéral (ci-après : le TAF ou Tribunal de céans), 

A._______ a recouru contre cette décision, en concluant à la levée de cette 

mesure d’éloignement au regard du temps qui s’était écoulé depuis sa con-

damnation pénale du 7 mai 2015. 

Le recourant a invoqué que sa situation avait beaucoup évolué dans l’in-

tervalle, en ce sens qu’il était devenu plus responsable et avait entamé une 

« carrière dans l’hôtellerie », compétences professionnelles qu’il souhaitait 

désormais mettre à profit en Suisse, où il envisageait par ailleurs d’acquérir 

une résidence secondaire et de suivre une formation à distance en matière 

de gestion. Il a expliqué avoir eu l’opportunité de décrocher un emploi dans 

le canton du Valais en qualité de veilleur de nuit (« night auditor ») dans un 

établissement hôtelier, et ne sachant pas qu’une interdiction d’entrée en 

Suisse avait été prononcée à son endroit, avoir déposé une demande de 

permis UE/AELE en date du 31 octobre 2022 auprès du Service de la po-

pulation et des migrations (SPM) du canton du Valais. En annexe, il a no-

tamment produit le contrat de travail qu’il avait conclu en Suisse le  

30 août 2022 (avec une prise d’emploi prévue le 14 novembre 2022).  

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B.b Dans le mémoire complémentaire (non daté) qu’il a adressé le 15 mars 

2023 au Tribunal de céans (après avoir sollicité de l’autorité inférieure la 

consultation de son dossier), le recourant a fait valoir que, si la mesure 

d’éloignement prise à son endroit le 14 décembre 2015 était « objective-

ment adéquate » au moment de son prononcé, au vu de la gravité des 

infractions qu’il avait commises en Suisse romande et en France et du profil 

qu’il présentait à cette époque, elle n’était plus justifiée à l’heure actuelle, 

du fait qu’il n’avait commis « aucun fait de nature délictuelle ces six der-

nières années ». Il a attribué son comportement répréhensible aux mau-

vaises fréquentations qu’il entretenait durant son adolescence et au début 

de sa vie d’adulte, à la personnalité anticonformiste (parfois rebelle) qu’il 

avait développée dans le milieu « populaire voire défavorisé » dans lequel 

il avait été élevé et à une pathologie psychiatrique latente dont les premiers 

signes s’étaient manifestés au cours de son adolescence. Il a expliqué que 

ce n’était qu’à la suite de « plusieurs mois de détention (dont les deux tiers 

en tant que mineur) », de « plusieurs placements en centre éducatif ren-

forcé » et « en centre fermé » et de « plus de 30 mois d'hospitalisation en 

psychiatrie » qu’iI avait finalement « appris à se comporter en société ».  

C.  

Dans sa réponse du 18 avril 2023, l'autorité inférieure a proposé le rejet du 

recours, tel qu’il avait été complété le 15 mars 2023. 

D.   

Par ordonnance du 12 mai 2023, le Tribunal de céans a invité le recourant 

à présenter sa réplique et à fournir divers justificatifs (notamment des ex-

traits actuels des casiers judiciaires suisse et français le concernant, toutes 

les sentences pénales [y compris d’acquittement ou de classement pour 

cause d’irresponsabilité pénale] rendues à son endroit par les autorités pé-

nales françaises et suisses, une copie de son dossier psychiatrique, ainsi 

que des pièces attestant de son intégration professionnelle). Il a par ailleurs 

requis l’édition du dossier cantonal valaisan de l’intéressé.  

Le recourant s’est déterminé, pièces à l’appui, sur la demande de rensei-

gnements du Tribunal de céans, dans sa réplique du 15 juin 2023, laquelle 

a été transmise le 23 juillet 2023 à l’autorité inférieure à titre d’information. 

E.  

Les autres faits et moyens contenus dans les écritures susmentionnées 

seront évoqués, si nécessaire, dans les considérants qui suivent. 

  

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Droit : 

1.  

1.1 Les décisions d’interdiction d’entrée rendues par le SEM en application 

de l’art. 67 LEI (RS 142.2) peuvent être déférées au Tribunal de céans 

(cf. art. 112 al. 1 LEI, en relation avec les art. 31 ss LTAF [RS 173.32], no-

tamment l’art. 33 let. d LTAF), qui statue comme autorité précédent le Tri-

bunal fédéral (TF) lorsque – comme en l’espèce – la partie recourante peut 

se prévaloir des garanties découlant de l’ALCP (cf. art. 1 al. 2 LTAF, en re-

lation avec l'art. 11 par. 1 et 3 ALCP [RS 0.142.112.681] ; cf. ATF 139 II 121 

consid. 1.1 [non publié], 131 II 352 consid. 1 ; arrêts du TF 2C_172/2023 

du 5 avril 2023 consid. 3.1 et 2C_1052/2022 du 16 janvier 2023 con-

sid. 2.1). 

1.2 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le 

Tribunal de céans est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 

1.3 A._______ a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Présenté dans 

la forme et dans les délais prescrits par la loi, son recours est recevable 

(cf. art. 50 al. 1 et art. 52 al. 1 PA).  

2.  

2.1 Ainsi qu’il appert du dossier (cf. let. A et B.a supra), le recourant, qui 

avait décroché un emploi en Suisse à la fin du mois d’août 2022 (avec une 

prise d’emploi prévue le 14 novembre 2022), a déposé une demande 

d’autorisation de séjour UE/AELLE auprès du Service de la population et 

des migrations (SPM) du canton du Valais en date du 31 octobre 2022, 

alors qu’il se trouvait sous le coup d’une interdiction d’entrée en Suisse 

(non notifiée) d’une durée de dix ans, valable depuis le 14 décembre 2015. 

Cette mesure d’éloignement, qui est l’objet de la présente procédure de 

recours, lui a été notifiée le 5 décembre 2022. 

Compte tenu de la procédure d’autorisation de séjour pendante devant 

l’autorité cantonale de migration, la question se pose de savoir s’il est judi-

cieux que le Tribunal de céans statue, à ce stade, sur le recours formé par 

l’intéressé contre la décision d’interdiction d’entrée prononcée à son en-

droit ou s’il convient plutôt de suspendre la présente procédure de recours 

dans l’attente de l’issue de la procédure cantonale d’autorisation de séjour.  

2.2 Conformément aux art. 40 al. 1 et 99 LEI (RS 142.2) et à l’art. 85 OASA 

(RS 142.201), dispositions applicables à la demande d’autorisation de sé-

jour UE/AELE du recourant par renvoi de l'art. 28 OLCP (RS 142.203), 

l’autorité cantonale de migration statue sur les demandes d’autorisation de 

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séjour (y compris sur celles émanant de ressortissants étrangers pouvant 

se prévaloir des garanties découlant de l’ALCP) sous réserve des compé-

tences de la Confédération (respectivement du SEM) en matière d’appro-

bation. Or, ainsi qu’il ressort des art. 3 let. b et 4 let. c de l’ordonnance du 

Département fédéral de justice et police (DFJP) relative aux autorisations 

soumises à la procédure d’approbation et aux décisions préalables dans le 

domaine du droit des étrangers (RS 142.201.1), ordonnance qui a été édic-

tée sur la base de l’art. 85 al. 2 OASA, les décisions cantonales d’octroi ou 

de prolongation d’autorisations de séjour doivent être soumises à l’appro-

bation du SEM lorsque celles-ci concernent des étrangers ayant attenté de 

manière grave ou répétée à la sécurité et l’ordre publics ou les ayant mis 

en danger (cf. arrêt du TAF F-1445/2019 du 5 juillet 2021 consid. 3.3), ce 

qui est incontestablement le cas du recourant (cf. let. A.b supra).  

2.3 Dans la mesure où le SEM s’est déjà prononcé, dans sa réponse, en 

faveur du maintien de l’interdiction d’entrée querellée nonobstant la de-

mande d’autorisation de séjour UE/AELE du recourant pendante par-de-

vant l’autorité cantonale de migration, une suspension de la présente pro-

cédure d’interdiction d’entrée afin de permettre aux autorités cantonales (à 

l’autorité cantonale de migration et, éventuellement, à l’autorité cantonale 

de recours) de statuer préalablement sur cette demande d’autorisation – 

sous réserve de l’approbation du SEM – n’aurait aucun sens, d’autant 

moins que l’interdiction d’entrée querellée arrive à échéance le  

13 décembre 2025.  

Au contraire, il apparaissait conforme à l’intérêt du recourant de lui donner 

rapidement l’opportunité de démontrer – ainsi que l’a fait le Tribunal de 

céans (cf. let. D supra) – qu’aucune menace justifiant le maintien de cette 

mesure d’éloignement n’émanait de sa personne, afin de lui permettre, le 

cas échéant, d’entrer librement en Suisse dans le cadre de courts séjours 

non soumis à autorisation (sur cette notion, cf. ATF 143 IV 97 consid. 1) 

dans l’attente de la délivrance d’un titre de séjour durable (dans le même 

sens, cf. arrêts du TF 2C_409/2017 du 2 août 2018 consid. 4.6, 

2C_299/2017 du 11 janvier 2018 consid. 4.4 et 2C_36/2009 du 20 octobre 

2009 consid. 3.4). 

3.  

Le Tribunal de céans examine les décisions qui lui sont soumises avec un 

plein pouvoir d'examen en fait et en droit. La partie recourante peut ainsi 

invoquer devant le Tribunal de céans la violation du droit fédéral, y compris 

l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constatation inexacte ou in-

complète des faits pertinents et, à moins qu'une autorité cantonale n'ait 

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statué comme autorité de recours, l'inopportunité de la décision entreprise 

(cf. art. 49 PA). Le Tribunal de céans applique le droit d'office, sans être lié 

par les motifs invoqués par les parties (cf. art. 62 al. 4 PA), ni par les con-

sidérants juridiques de la décision attaquée ; dans son arrêt, il prend en 

considération l'état de fait existant au moment où il statue (cf. ATAF 2014/1 

consid. 2). 

4.  

4.1 A titre préliminaire, le Tribunal de céans constate que le droit d’être en-

tendu avait été accordé au recourant, lors de son interpellation du 4 mars 

2015 par la police cantonale valaisanne, sur le prononcé éventuel d’une 

interdiction d’entrée à son encontre pour les infractions qu’il avait com-

mises en Suisse. En outre, l’autorité inférieure, après avoir eu connais-

sance des condamnations pénales dont le recourant avait fait l’objet en 

Suisse et en France, a donné à l’intéressé l’opportunité de s’exprimer sur 

la mesure d’éloignement envisagée, dans un courrier recommandé qu’elle 

lui a adressé le 7 décembre 2015 à sa dernière adresse connue (celle qu’il 

avait indiquée lors de son interpellation du 4 mars 2015 et qui figurait dans 

l’ordonnance pénale du 7 mai 2015). Or, ce courrier recommandé lui a été 

retourné avec la mention « le destinataire est introuvable à l’adresse indi-

quée ».  

Dans ces conditions, on ne saurait faire grief à l’autorité inférieure d’avoir 

violé le droit d’être entendu du recourant. D’ailleurs, l’intéressé, qui a eu la 

possibilité de s'exprimer librement sur cette décision (dans son recours, 

dans son mémoire complémentaire et dans sa réplique) par-devant une 

autorité de recours jouissant d’un plein pouvoir d’examen (cf. consid. 3 su-

pra), ne s’en plaint pas.   

4.2 Il convient en conséquence d’examiner, à la lumière du droit national 

et du droit international applicables en la matière (cf. consid. 5 et 6 infra), 

si les actes punissables commis par le recourant étaient de nature à justi-

fier le prononcé d’une interdiction d’entrée de durée prolongée (telle la dé-

cision querellée) et, le cas échéant, si cette mesure d’éloignement peut 

être maintenue à l’heure actuelle à la lumière du changement de circons-

tances invoqué par l’intéressé (cf. consid. 7 à 9 infra).  

5.  

5.1 L'interdiction d'entrée, qui permet d'empêcher l'entrée ou le retour d'un 

étranger en Suisse dont le séjour est indésirable, est régie par l'art. 67 LEI.  

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5.1.1 En vertu de l’art. 67 al. 2 let. a LEI dans sa teneur en vigueur au mo-

ment où l’autorité inférieure a statué (RO 2010 5925), disposition sur la-

quelle se fonde la décision attaquée, le SEM « peut interdire » l'entrée en 

Suisse « à un étranger » lorsque celui-ci a attenté à la sécurité et à l'ordre 

publics en Suisse ou à l'étranger ou les a mis en danger.  

Depuis l’entrée en vigueur, en date du 22 novembre 2022 (RO 2022 636), 

des dernières dispositions de la modification partielle du 18 décembre 2020 

de la LEI, notamment de l'art. 67 al. 1 et al. 2 LEI (RO 2021 365), ce motif 

d'interdiction d'entrée figure désormais à l'art. 67 al. 1 let. c LEI, disposition 

qui prévoit, selon sa teneur, que le SEM « interdit » l'entrée en Suisse « à 

un étranger frappé d'une décision de renvoi » lorsque celui-ci a attenté à 

la sécurité et à l'ordre publics en Suisse ou à l'étranger ou les a mis en 

danger. 

Dans ce contexte, on notera que, contrairement à l’interdiction d’entrée 

fondée sur cette dernière disposition ou sur l’ancien art. 67 al. 1 LEI (dis-

positions qui, selon leur teneur, visent l’étranger « frappé d'une décision de 

renvoi »), celle fondée sur l’ancien art. 67 al. 2 let. a LEI peut être pronon-

cée même si l’étranger concerné – comme c’est le cas du recourant – n’a 

pas fait l’objet d’une décision de renvoi rendue par l’autorité cantonale de 

migration (cf. Message du 18 novembre 2009 sur l'approbation et la mise 

en œuvre de l'échange de notes entre la Suisse et la CE concernant la 

reprise de la directive CE sur le retour [directive 2008/115/CE] [développe-

ment de l'acquis de Schengen] et sur une modification de la loi fédérale sur 

les étrangers [contrôle automatisé aux frontières, conseillers en matière de 

documents, système d'information MIDES], FF 2009 8043, spéc. p. 

8057 ad art. 67 al. 2 ; cf. arrêt du TAF F-2698/2022 du 15 août 2023 con-

sid. 4.1.1, et la jurisprudence citée ; cf. arrêt du TAF F-4022/2022 du 2 fé-

vrier 2023 consid. 3.3, où la question de savoir si, par ce changement légi-

slatif, le législateur entendait – en l’absence d’une décision de renvoi – ex-

clure le prononcé d’une interdiction d’entrée dans toutes les constellations 

visées à l’actuel art. 67 al. 1 LEI, a été laissée indécise). 

5.1.2 De jurisprudence constante, il convient, en l’absence de dispositions 

transitoires réglementant un changement législatif (comme c’est le cas en 

l’espèce), d'appliquer le droit (matériel) en vigueur au moment où les faits 

juridiquement déterminants (in casu les infractions sur lesquelles se fonde 

l’interdiction d’entrée querellée) se sont produits (cf. ATF 148 II 444 con-

sid. 3.2, 146 V 364 consid. 7.1, 144 V 210 consid. 4.3.1) et, au plus tard, 

au jour où l'autorité de première instance a statué (cf. ATF 141 II 393 con-

sid. 2.4, 139 II 470 consid. 4.2, 125 II 591 consid. 5e/aa), à moins que 

http://links.weblaw.ch/AS-2010/5925

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l’application immédiate du nouveau droit (matériel) réponde à un intérêt 

public prépondérant dont la mise en œuvre ne souffre aucun délai  

(cf. ATF 141 II 393 consid. 2.4, 139 II 470 consid. 4.2, 125 II 591 consid. 

5e/aa). Or, même si l’actuel art. 67 al. 1 let. c LEI est tendanciellement plus 

restrictif en raison de son caractère impératif, il n’apparaît pas que des mo-

tifs d’intérêt public importants ("zwingende Gründe" ; cf. ATF 139 II 470 

consid. 4.2, 125 II 591 consid. 5e/aa) imposeraient l’application immédiate 

de cette nouvelle disposition. 

Dans ces conditions, en conformité avec les principes généraux de droit 

intertemporel, il convient d’examiner la présente cause à la lumière de 

l’art. 67 al. 2 let. a LEI, dans sa teneur en vigueur au moment où l’autorité 

inférieure a statué, étant précisé que cette disposition (entrée en vigueur 

le 1er janvier 2011) était aussi applicable au moment où quasiment toutes 

les infractions reprochées au recourant ont été commises (dans le même 

sens, cf. arrêts du TAF F-2698/2022 précité consid. 4.1.2 et F-5706/2022 

du 28 juillet 2023 consid. 5.1.1, et la jurisprudence citée). 

En conséquence, l’art. 67 al. 1 et 2 LEI sera cité, dans les considérants qui 

suivent, dans sa version antérieure au 22 novembre 2022. 

5.1.3 Les notions de sécurité et d'ordre publics auxquelles se réfère 

l’art. 67 al. 2 let. a LEI – de même que, précédemment, l’art. 67 al. 2 let. a 

LEtr (RO 2007 5437) et, actuellement, l’art. 67 al. 1 let. c LEI (cf. con-

sid. 5.1.1 supra) − constituent le terme générique des biens juridiquement 

protégés. L'ordre public comprend l'ensemble des représentations non 

écrites de l'ordre, dont le respect doit être considéré comme une condition 

inéluctable d'une cohabitation humaine ordonnée. La sécurité publique, 

quant à elle, signifie l'inviolabilité de l'ordre juridique objectif, des biens ju-

ridiques des individus (notamment la vie, la santé, la liberté et la propriété), 

ainsi que des institutions de l'Etat (cf. Message du Conseil fédéral du 

8 mars 2002 concernant la loi sur les étrangers [ci-après: Message LEtr], 

FF 2002 3469, spéc. p. 3564 ad art. 61 du projet ; ATAF 2017 VII/2 consid. 

4.3). 

Selon l'art. 77a al. 1 OASA, il y a notamment non-respect de la sécurité et 

de l’ordre publics lorsque la personne concernée viole des prescriptions 

légales ou des décisions d’une autorité (let. a). Tel est le cas, en particulier, 

lorsqu'il y a eu violation importante ou répétée de prescriptions légales (y 

compris de prescriptions du droit en matière d'étrangers) ou de décisions 

d'autorités (cf. Message LEtr, p. 3564 ad art. 61 du projet, et p. 3568 ad 

art. 66 du projet ; ATAF 2017 VII/2 consid. 4.3). 

F-5764/2022 

Page 11 

5.1.4 En vertu de l'art. 67 al. 3 LEI (qui est demeuré inchangé), l'interdiction 

d'entrée est prononcée pour une durée maximale de cinq ans (phrase 1), 

mais elle peut être prononcée pour une plus longue durée lorsque la per-

sonne concernée constitue une menace grave pour la sécurité et l'ordre 

publics (phrase 2). 

L’art. 67 al. 5 LEI (qui est demeuré inchangé) précise, à la 1ère phrase, que, 

pour des raisons humanitaires ou pour d’autres motifs importants, l’autorité 

appelée à statuer peut exceptionnellement s’abstenir de prononcer une in-

terdiction d’entrée ou suspendre provisoirement ou définitivement une in-

terdiction d’entrée. 

5.2 L’interdiction d'entrée au sens du droit des étrangers ne constitue pas 

une peine sanctionnant un comportement déterminé. Il s'agit d'une mesure 

(administrative) de contrôle visant à prévenir une atteinte à la sécurité et/ou 

à l'ordre publics, en empêchant − durant un certain laps de temps − un 

étranger dont le séjour en Suisse est indésirable d'y pénétrer ou d’y retour-

ner à l'insu des autorités et d’y commettre à nouveau des infractions (cf. 

Message LEtr, p. 3568 ad art. 66 du projet ; ATAF 2017 VII/2 consid. 4.4 et 

6.4, et la jurisprudence citée). 

Le prononcé d'une interdiction d'entrée implique que l'autorité procède à 

un pronostic quant au comportement futur de l'étranger, en se fondant sur 

l'ensemble des circonstances du cas concret et, en particulier, sur le com-

portement que l'intéressé a adopté par le passé. La commission antérieure 

d'infractions constitue en effet un indice de poids permettant de penser 

qu'une nouvelle atteinte à la sécurité et à l'ordre publics sera commise à 

l'avenir (cf. ATAF 2017 VII/2 consid. 4.4, et la jurisprudence citée). 

5.3 L’autorité compétente examine selon sa libre appréciation si une inter-

diction d'entrée doit être prononcée. Elle doit toutefois respecter les prin-

cipes généraux du droit public, dont font notamment partie les principes de 

proportionnalité et d’égalité de traitement (cf. ATF 145 II 303 consid. 6.5.1, 

143 I 37 consid. 7.1 et 140 I 201 consid. 6.4.1 ; ATAF 2017 VII/2 consid. 4.4, 

et 2016/33 consid. 9.1 à 9.3). 

6.  

6.1 Dans la mesure où le recourant, de nationalité française, est citoyen 

d’un Etat membre de la Communauté européenne (CE), actuellement 

l’Union européenne (UE), la mesure d'éloignement prononcée à son en-

droit doit également être examinée à la lumière de l'ALCP (cf. art. 2 al. 2 

LEI). 

F-5764/2022 

Page 12 

6.2 L'ALCP ne réglemente pas l'interdiction d'entrée en tant que telle, si 

bien que le droit national demeure applicable (cf. art. 2 al. 1 LEI), en parti-

culier l'art. 67 LEI (cf. art. 24 OLCP). Toutefois, afin de ne pas priver les 

étrangers pouvant se réclamer de l’ALCP des droits que leur confère cet 

accord, le droit national doit être interprété en tenant compte des exigences 

spécifiques de cet accord (cf. ATF 139 II 121 consid. 5.1). 

Ainsi, dans la mesure où elle restreint la libre circulation des personnes, 

une mesure d'éloignement (telle une interdiction d'entrée ou une décision 

de renvoi) signifiée à un ressortissant communautaire – ou à un membre 

de sa famille qui peut se prévaloir des garanties découlant de l’ALCP – doit 

se conformer à l'exigence de l'art. 5 par. 1 annexe I ALCP, disposition qui 

prévoit que les droits octroyés par l'ALCP ne peuvent être limités que par 

des mesures justifiées par des raisons d’ordre public, de sécurité publique 

et de santé publique (cf. ATF 145 IV 364 consid. 3.4.1 et 3.5, 139 II 121 

consid. 5.1 et 5.3, 137 II 297 consid. 3.3, 130 II 176 consid. 4.4.2).  

Le cadre et les modalités de l'art. 5 par. 1 annexe I ALCP sont déterminés 

par trois directives européennes (en vigueur au moment de la signature de 

cet accord) − dont la plus importante est la directive 64/221/CEE (JO 56 du 

4 avril 1964, p. 850) – et par la jurisprudence y relative rendue par la Cour 

de Justice des Communautés européennes (CJCE) – devenue entretemps 

la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE) – avant la signature de 

cet accord, en date du 21 juin 1999 (cf. art. 5 par. 2 annexe I ALCP, en 

relation avec l'art. 16 par. 2 ALCP ; cf. ATF 139 II 121 consid. 5.3, 136 II 5 

consid. 3.4). De jurisprudence constante, le Tribunal fédéral s’inspire tou-

tefois des arrêts rendus par la Cour de justice après la date de signature 

de l'ALCP, pour autant que des motifs sérieux (« triftige Gründe ») ne s'y 

opposent pas (cf. ATF 143 II 57 consid. 3.6, 142 II 35 consid. 3.1, et la 

jurisprudence citée). Il est à noter que la directive 64/221/CEE n’est actuel-

lement plus en vigueur au sein de l’UE (sur cette dernière question, cf. arrêt 

du TAF F-117/2020 du 21 mars 2022 consid. 7.2). 

6.3 Conformément à la jurisprudence ayant été développée en relation 

avec l'art. 5 annexe I ALCP, les limites posées au principe de la libre circu-

lation des personnes doivent s'interpréter de manière restrictive. Ainsi, le 

recours par une autorité nationale à la notion d'ordre public pour restreindre 

cette liberté suppose, en dehors du trouble pour l'ordre social que constitue 

toute infraction à la loi, l'existence d'une « menace réelle et d’une certaine 

gravité » affectant un intérêt fondamental de la société (cf. ATF 139 II 121 

consid. 5.3, 136 II 5 consid. 4.2, 130 II 493 consid. 3.2, et la jurisprudence 

citée). 

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F-5764/2022 

Page 13 

Les mesures d'ordre ou de sécurité publics doivent être fondées exclusi-

vement sur le comportement personnel de l'individu qui en fait l'objet (cf. 

art. 3 par. 1 de la directive 64/221/CEE). Des motifs de prévention générale 

détachés du cas individuel ne sauraient donc suffire à les justifier (cf. ATF 

145 IV 364 consid. 3.5.2, 136 II 5 consid. 4.2, 130 II 493 consid. 3.2, et la 

jurisprudence citée ; ATAF 2021 VII/2 consid. 4.3 in fine). La seule existen-

ce de condamnations pénales antérieures (respectivement d’antécédents 

pénaux) ne peut automatiquement motiver de telles mesures (cf. art. 3 par. 

1 de la directive 64/221/CEE). Les autorités nationales sont tenues de pro-

céder à une appréciation spécifique du cas, portée sous l'angle des intérêts 

inhérents à la sauvegarde de l'ordre public, qui ne coïncide pas obligatoi-

rement avec les appréciations à l'origine des condamnations pénales. Pour 

que ces dernières puissent être prises en considération, il faut que les cir-

constances les entourant laissent apparaître l'existence d’une « menace 

actuelle et réelle et d’une certaine gravité » pour l'ordre public (cf. ATF 139 

II 121 consid. 5.3, 136 II 5 consid. 4.2, 130 II 493 consid. 3.2, et la jurispru-

dence citée). Selon les circonstances, le seul fait du comportement passé 

de la personne concernée peut toutefois réunir les conditions d'une pareille 

menace actuelle (cf. ATF 145 IV 364 consid. 3.5.2, 130 II 176 consid. 3.4.1 ; 

ATAF 2016/33 consid. 4.3, et la jurisprudence citée).  

C'est donc le risque concret de récidive (respectivement de commettre de 

nouvelles infractions) qui est déterminant (cf. ATF 136 II 5 consid. 4.2, et la 

jurisprudence citée). Il n'est pas nécessaire d'établir avec certitude que 

l'étranger commettra d'autres infractions à l'avenir pour prendre une me-

sure d'éloignement à son encontre ; inversement, ce serait aller trop loin 

que d'exiger que le risque de récidive soit nul pour que l'on renonce à une 

telle mesure. En réalité, compte tenu de la portée que revêt le principe de 

la libre circulation des personnes, ce risque ne doit pas être admis trop 

facilement. Il faut bien plutôt l'apprécier en fonction de l'ensemble des cir-

constances du cas, en particulier au regard de la nature et de l'importance 

du bien juridique menacé, ainsi que de la gravité de l'atteinte qui pourrait y 

être portée. L'évaluation de ce risque sera d'autant plus sévère que le bien 

juridique menacé est important (cf. ATF 145 IV 364 consid. 3.5.2, 139 II 

121 consid. 5.3, 136 II 5 consid. 4.2, 130 II 176 consid. 4.3.1).  

6.4 Ainsi, le Tribunal fédéral se montre particulièrement rigoureux – suivant 

en cela la pratique de la Cour européenne des droits de l'homme – en pré-

sence d'infractions contre l'intégrité physique, psychique ou sexuelle ou la 

santé (cf. ATF 145 IV 364 consid. 3.5.2, 137 II 297 consid. 3.3 ; cf. ATAF 

2016/33 consid. 4.3). Tel est notamment le cas des infractions à la législa-

tion sur les stupéfiants, étant précisé que la commission d'infractions qui 

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F-5764/2022 

Page 14 

sont en étroite relation avec la toxicomanie du délinquant peuvent, selon 

les circonstances, atténuer cette position de principe (cf. ATF 139 II 121 

consid. 5.3, et la jurisprudence citée ; cf. ATAF 2016/33 consid. 4.3). En 

présence d’infractions particulièrement graves, tels des actes de violence 

portant atteinte à l’intégrité corporelle, un risque de récidive (ou de réitéra-

tion d'actes de même nature), même relativement faible, ne saurait en prin-

cipe être toléré (cf. ATF 145 IV 364 consid. 3.5.2, 139 I 31 consid. 2.3.2, et 

la jurisprudence citée). La gravité de la menace qu'un étranger représente 

pour la sécurité et l'ordre publics peut toutefois aussi résulter de la com-

mission d'actes qui présentent un degré de gravité comparativement moins 

élevé, mais qui, par leur répétition, démontrent une incapacité à se confor-

mer à l'ordre établi (cf. ATF 137 II 297 consid. 3.3, 130 II 493 consid. 3.2 et 

la jurisprudence citée). Un risque de récidive (ou de réitération d'actes de 

même nature) peut être admis, en particulier, pour les délinquants multiré-

cidivistes qui n'ont pas tiré de leçon de leurs condamnations pénales anté-

rieures (cf. ATAF 2016/33 consid. 4.3, et la jurisprudence citée). 

6.5 On relèvera, dans ce contexte, que le Tribunal fédéral a apporté une 

distinction, dans l'application de l'art. 67 al. 3 LEI, selon que la personne 

concernée est ou non au bénéfice de l'ALCP. Selon la Haute Cour, il dé-

coule de l'art. 67 al. 3 1ère phrase LEI, en relation avec l'art. 67 al. 2 let. a 

LEI, que pour interdire l'entrée en Suisse pour une durée maximale de cinq 

ans à un ressortissant d'un pays tiers (qui est soumis au régime ordinaire 

de droit interne), il suffit que celui-ci ait attenté à la sécurité et/ou à l'ordre 

publics en Suisse ou à l'étranger ou qu'il les ait mis en danger (palier I). Il 

résulte en revanche de l'interaction entre les dispositions précitées et 

l'art. 5 annexe I ALCP que pour interdire l'entrée en Suisse pour une durée 

maximale de cinq ans à une personne au bénéfice de l'ALCP (qui est sou-

mise à un régime plus favorable), l'autorité doit au préalable vérifier que 

cette personne représente une « menace d'une certaine gravité » pour 

l'ordre et la sécurité publics, soit une menace qui dépasse la simple atteinte 

ou mise en danger de la sécurité et de l'ordre publics (palier I bis ; ATF 139 

II 121 consid. 6.1). 

7.  

7.1 Ainsi qu’il appert de la décision querellée (cf. let. A.a et A.b supra) et 

des pièces des dossiers de la cause (en particulier des extraits de casier 

judiciaire suisse et français établis à l’automne 2015 et des jugements pé-

naux produits à l’appui de la réplique), les faits qui ont valu au recourant le 

prononcé, en date du 14 décembre 2015, d’une interdiction d’entrée d’une 

durée de dix ans sont les suivants :  

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Page 15 

A maintes reprises, le recourant a été condamné par le Tribunal pour en-

fants de la Rochelle (F) pour des infractions qu’il avait commises en France 

entre la fin du mois d’août 2010 et le 14 novembre 2013, alors qu’il était 

encore mineur. Ledit tribunal l’a notamment reconnu coupable de dégrada-

tion ou détérioration de bien d’autrui (commise les 13 février et 3 décembre 

2011, les 4 et 24 août 2012, et le 14 novembre 2013), de vol simple ou 

aggravé (commis fin août et le 22 octobre 2010, le 14 février 2011, les 7, 

12, 14 et 27 mai 2011, le 29 décembre 2012 et le 23 janvier 2013), de 

tentative de vol (commise les 2 et 3 mai 2012 et le 21 février 2013), de 

recel de bien provenant d’un vol (commis le 20 mai et le 20 août 2011) et 

de violence avec usage et/ou menace d’une arme (commise le 20 août 

2011 et le 24 septembre 2012), et l’a notamment condamné à une mise 

sous protection judiciaire pendant trois ans et à des peines d’emprisonne-

ment d’une durée totale de 28 mois, dont 25 mois avec sursis, sursis qui 

sera – à tout le moins partiellement – révoqué. En effet, à raison de ses 

faits, l’intéressé, alors qu’il était encore mineur, a non seulement été placé 

plusieurs mois en centre d’éducation renforcé (CER) et en centre d’éduca-

tion fermé (CEF), mais a également été incarcéré à plusieurs reprises 

(cf. les éléments biographiques retenus dans l’expertise psychiatrique éta-

blie par le Dr B. sur mandat de la Juge des libertés et de la détention du 

9 octobre 2019, ainsi que le compte-rendu de consultation du Dr P. du 5 oc-

tobre 2015 et le compte-rendu de l’évaluation neuropsychologique du 16 

septembre 2020, pièces figurant sous act. TAF 24, let. A et C du bordereau 

de pièces ; cf. également let. B.b supra). 

En outre, alors qu’il était déjà majeur, l’intéressé s’est rendu coupable, à 

plusieurs reprises (le 14 mai et les 2 et 5 juin 2014), d’actes de violence 

envers autrui ayant entraîné une incapacité de travail, infractions com-

mises en France en état de récidive qui lui ont valu d’être condamné le 

16 décembre 2014 par le Tribunal correctionnel de Saintes (F) notamment 

à une peine d’emprisonnement d’un an, dont six mois ferme.  

Enfin, par ordonnance pénale du 7 mai 2015, l’intéressé a été condamné 

par le Ministère public valaisan à une peine pécuniaire de 50 jours-amende 

avec sursis pour avoir, en date du 4 mars 2015, conduit un véhicule auto-

mobile – un véhicule volé qu’il aurait acquis en France en octobre 2014 

(selon ses dires) et qui était muni de plaques de contrôle falsifiées – sans 

permis de conduire et sans assurance-RC (notamment), et pour avoir au-

paravant circulé en Suisse sans permis de conduire une cinquantaine de 

fois. Le comportement du recourant était alors d’autant plus répréhensible 

que celui-ci avait déjà été condamné pénalement en France à plusieurs 

reprises (les 4 janvier et 24 octobre 2012, ainsi que le 2 octobre 2013) pour 

F-5764/2022 

Page 16 

conduite d’un véhicule sans permis (cf. let. A.b supra), ce que le Ministère 

public valaisan ignorait. 

Par le comportement répréhensible que le recourant a adopté en Suisse, 

celui-ci a notamment violé l’art. 95 al. 1 let. a, l’art. 96 al. 2 1ère phrase et 

l’art. 97 al. 1 let. f de la Loi fédérale sur la circulation routière (LCR, RS 

741.01). S’agissant des infractions contre le patrimoine que l’intéressé a 

commises en France, elles sont réprimées, en droit suisse, par l’art. 139 

ou l’art. 140 du Code pénal suisse (CP, RS 311.0), ainsi que par les art. 144 

ch. 1 et 160 ch. 1 CP. Les actes de violence commis en France tombe-

raient, quant à eux, à tout le moins sous le coup de l’art. 123 CP.  

Or, force est de constater que de telles infractions présentent toutes un 

degré de gravité intrinsèque certain, puisqu’elles sont constitutives, selon 

le droit suisse, de délits au sens de l’art. 10 al. 3 CP, voire – en ce qui 

concerne les infractions susmentionnées contre le patrimoine – de crimes 

au sens de l’art. 10 al. 2 CP.  

On relèvera, dans ce contexte, que c’est à juste titre que l’autorité infé-

rieure, ainsi que le lui permet le droit suisse (cf. consid. 5.1.1 supra), a 

fondé sa décision sur les infractions que le recourant avait perpétrées tant 

en Suisse qu’à l’étranger (cf. arrêts du TAF F-5706/2022 précité con-

sid. 6.1.3 et F-2922/2015 du 11 août 2017 consid. 5.1 ; ADANK/ANTO-

NIAZZA, Interdiction d’entrée prononcée à l’encontre d’un étranger délin-

quant, in AJP/PJA 7/2018, p. 887).  

7.2 Sur le vu de ce qui précède, il est patent qu’une « menace d’une cer-

taine gravité » pour l’ordre et la sécurité publics peut résulter de la com-

mission des infractions susmentionnées (notamment des actes de violence 

commis par l’intéressé) et, partant, que de telles infractions présentent, à 

elles seules, un degré de gravité suffisant pour justifier le prononcé d’une 

mesure fondée sur l'art. 5 annexe I ALCP. 

7.3 Lors de son prononcé, la décision d’interdiction d’entrée du 14 sep-

tembre 2015 était donc parfaitement fondée dans son principe, ce que le 

recourant admet explicitement dans son mémoire complémentaire. 

8.  

8.1 A ce stade, il sied encore de vérifier si le prononcé, en date du 14 sep-

tembre 2015, d’une interdiction d'entrée d'une durée supérieure à cinq ans 

était justifié à la lumière de l'art. 67 al. 3 2ème phrase LEI et des principes 

dégagés par la jurisprudence. 

F-5764/2022 

Page 17 

8.2 Ainsi que le Tribunal fédéral l'a retenu dans son arrêt précité publié in : 

ATF 139 II 121 (consid. 6.3), la « menace grave » pour la sécurité et l’ordre 

publics au sens de l'art. 67 al. 3 2ème phrase LEI (susceptible de justifier le 

prononcé d'une interdiction d'entrée pour une durée supérieure à cinq ans) 

doit nécessairement atteindre un degré de gravité supérieur à la simple 

« mise en danger » ou « atteinte » au sens de l'art. 67 al. 2 let. a LEI  

(palier I) ou à la « menace d'une certaine gravité », telle que définie par la 

jurisprudence relative à l'art. 5 annexe I ALCP (palier I bis ; sur ces ques-

tions, cf. consid. 6.5 supra), constituant ainsi un palier supplémentaire dans 

la gradation (palier II). Etant donné que l'art. 67 al. 3 2ème phrase LEI ne fait 

pas la distinction entre les ressortissants d'un Etat partie à l'ALCP et les 

ressortissants de pays tiers et que l'ALCP reste muet sur les mesures 

d'interdiction d'entrée (et, a fortiori, sur leur durée possible), il convient 

d'admettre que le législateur fédéral, lorsqu'il a édicté la disposition préci-

tée, entendait appréhender de la même manière les deux catégories de 

ressortissants étrangers pour ce qui est du prononcé d'une interdiction 

d'entrée supérieure à cinq ans (cf. ATF 139 II 121 consid. 6.2 in fine). 

L'art. 67 al. 3 2ème phrase LEI présuppose donc l'existence d'une « menace 

caractérisée » pour la sécurité et l'ordre publics. Le degré de gravité parti-

culier de la menace peut résulter de la nature (respectivement de l'impor-

tance) du bien juridique menacé (telles la vie, l'intégrité corporelle ou sexu-

elle et la santé), de l'appartenance d'une infraction à un domaine de crimi-

nalité particulièrement grave revêtant une dimension transfrontière (ce qui 

est notamment le cas des actes de terrorisme, de la traite d'êtres humains, 

du trafic de drogues et de la criminalité organisée), de la multiplication 

d'infractions (récidives) – en tenant compte de l'éventuel accroissement de 

leur gravité – ou encore de l'absence de pronostic favorable (cf. ATF 139 II 

121 consid.  6.3, et les références citées). Les infractions commises doi-

vent donc avoir le potentiel – isolément ou en raison de leur répétition – de 

générer une « menace actuelle et grave » pour la sécurité et l'ordre publics 

(cf. ATAF 2014/20 consid. 5.2, 2013/4 consid. 7.2.4, et la jurisprudence ci-

tée). 

8.3 Ainsi qu’il a été constaté précédemment (cf. consid. 7.1 supra), le re-

courant a commencé à déployer une activité délictuelle intense à partir du 

mois d’août 2010, ce qui lui a valu d’être condamné les 4 janvier, 6 février 

et 20 août 2012 par le Tribunal pour enfants de la Rochelle (F) notamment 

pour vol simple et aggravé (par effraction et/ou avec destruction ou dégra-

dation) de biens d’autrui (de deux véhicules automobiles, d’une arme à feu 

de calibre 22 LR [long rifle] avec deux chargeurs et un silencieux, de bijoux, 

de devises étrangères, d’un téléviseur, d’un ordinateur portable, etc.), pour 

F-5764/2022 

Page 18 

recel de bien provenant d’un vol, pour violence (alors commise avec usage 

d’une arme) et pour conduite d’un véhicule sans permis. Or, malgré ces 

condamnations pénales, l’intéressé a persisté dans ses agissements 

jusqu’au 4 mars 2015, soit même après son accession à la majorité. 

Ni ses nombreuses condamnations pénales subséquentes (cf. let. A.b su-

pra), ni ses placements en centre éducatif renforcé ou fermé, pas plus que 

les peines d’emprisonnement qu’il a purgées (cf. consid. 7.1 supra) ne l’ont 

dissuadé de commettre de nouveaux actes punissables de même nature, 

ce qui démontre qu'il ne se laissait nullement impressionner par des me-

sures de droit pénal et n'en tirait aucune leçon.   

Dans ce contexte, il est significatif de constater que le recourant, après son 

accession à la majorité, s’est rendu coupable, à plusieurs reprises (le 14 

mai et les 2 et 5 juin 2014), d’actes de violence envers autrui ayant entraîné 

une incapacité de travail, dont une incapacité de travail d’une durée supé-

rieure à huit jours. Il appert en outre de l’ordonnance pénale du Ministère 

public valaisan du 7 mai 2015 que l’intéressé a circulé en Suisse une cin-

quantaine de fois au volant d’un véhicule automobile sans être titulaire du 

permis de conduire et que le véhicule qu’il conduisait – sans permis de 

conduire, sans permis de circulation et sans assurance-RC – le jour de son 

interpellation du 4 mars 2015 était un véhicule volé qu’il disait avoir acquis 

en France en octobre 2014 et qui était muni de plaques de contrôle falsi-

fiées. Les infractions que le recourant a commises en Suisse, qui témoi-

gnent d’un parfait mépris des règles de la circulation routière et d’une réelle 

persistance à enfreindre l’ordre établi (y compris l’ordre juridique suisse), 

ne sauraient être minimisées, d’autant moins que tout porte à penser – au 

regard des faits retenus par le Ministère public valaisan – que l’intéressé, 

à supposer que l’enquête pénale ait abouti au constat que celui-ci n’avait 

pas lui-même volé le véhicule qu’il conduisait, aurait probablement été con-

damné pénalement pour recel d’un véhicule volé, si le for de l’action pénale 

concernant cette infraction s’était situé en Suisse. 

De telles circonstances excluaient assurément un pronostic favorable lors 

du prononcé de l’interdiction d’entrée querellée, en date du 14 décembre 

2015.  

8.4 Dans ces conditions, en particulier au regard de la nature, de la gravité 

et du caractère répétitif des infractions que le recourant avait commises 

entre le mois d’août 2010 et le 4 mars 2015 et de son incapacité à saisir 

les nombreuses possibilités d'amendement qui lui avaient été offertes dans 

l’intervalle par la justice française, il convient d’admettre que le recourant 

F-5764/2022 

Page 19 

représentait une « menace caractérisée » pour la sécurité et l'ordre publics 

(au sens de la jurisprudence susmentionnée) au moment où l'autorité infé-

rieure a statué. 

8.5 Le prononcé à son endroit, en date du 14 décembre 2015, d'une me-

sure d'éloignement d'une durée supérieure à cinq ans était dès lors parfai-

tement justifié. 

9.  

9.1 Il convient encore d’examiner si l’interdiction d’entrée querellée, pro-

noncée pour une durée de dix ans, satisfait aux principes de proportionna-

lité et d’égalité de traitement (cf. consid. 5.3 supra, et la jurisprudence ci-

tée). 

9.2 Pour satisfaire au principe de la proportionnalité, il faut que la mesure 

prise soit apte à produire les résultats d'intérêt public escomptés (règle de 

l’aptitude), que ceux-ci ne puissent être atteints par une mesure moins in-

cisive (règle de la nécessité) et qu’il existe un rapport raisonnable entre le 

but d’intérêt public recherché par cette mesure et les intérêts privés com-

promis (principe de la proportionnalité au sens étroit, impliquant une pesée 

des intérêts ; cf. ATF 147 IV 145 consid. 2.4.1, 146 I 70 consid. 6.4, 141 I 

20 consid. 6.2.1, 140 I 168 consid. 4.2.1 ; ATAF 2016/33 consid. 9.2). 

Le respect du principe de la proportionnalité au sens étroit impose une pe-

sée de l'ensemble des intérêts (privés et publics) en présence (cf. ATAF 

2017 VII/2 consid. 4.4), notamment de l'intérêt privé de l'étranger à pouvoir 

entrer librement en Suisse sans avoir à requérir préalablement de l'autorité 

compétente la suspension provisoire de cette mesure d’éloignement au 

sens de l’art. 67 al. 5 LEI (autrement dit l'octroi d'un sauf-conduit), d’une 

part, et l'intérêt public à tenir l'intéressé éloigné de la Suisse afin de proté-

ger la sécurité et l'ordre publics, d’autre part (cf. ATAF 2014/20 consid. 8 ; 

sur l'ensemble de ces questions, cf. notamment l'arrêt du TAF F-1984/2019 

du 15 juin 2021 consid. 7.2, et la jurisprudence citée). 

9.3 Dans le cas particulier, il existait assurément, lors du prononcé de la 

décision attaquée en date du 14 décembre 2015, un intérêt public impor-

tant à prononcer une interdiction d'entrée de durée prolongée (telle la me-

sure d’éloignement querellée) à l’endroit du recourant, au regard du com-

portement répréhensible que celui-ci avait adopté entre le mois d’août 2010 

et le 4 mai 2015 (cf. consid. 7.1 et 8.3 supra). En effet, dans la mesure où 

l’intéressé avait régulièrement commis des actes punissables – dont des 

actes hétéro-agressifs et des vols avec violence – durant près de cinq ans 

F-5764/2022 

Page 20 

et avait persisté dans ses agissements après son accession à la majorité 

malgré les nombreuses possibilités d’amendement qui lui avaient été of-

fertes par la justice française, rien ne laissait augurer un changement d’at-

titude significatif et durable de sa part. La décision querellée était dès lors 

conforme aux principes de proportionnalité et d’égalité de traitement au 

moment de son prononcé. 

Dans le cadre de la présente procédure, le recourant a fait valoir que, si la 

mesure d’éloignement prise à son endroit le 14 décembre 2015 était « ob-

jectivement adéquate » au moment de son prononcé, elle n’était plus jus-

tifiée à l’heure actuelle, car sa situation personnelle et professionnelle avait 

évolué favorablement dans l’intervalle. Il a allégué qu’il n’avait commis 

« aucun fait de nature délictuelle ces six dernières années » (autrement dit 

depuis 2017), qu’il était devenu plus responsable et qu’il avait entamé 

« une carrière dans l’hôtellerie » (en qualité de veilleur de nuit) dans l’inter-

valle, carrière qu’il souhaitait désormais poursuivre en Suisse.  

9.4 Selon la jurisprudence, tous les actes de l'administration peuvent être 

reconsidérés en présence d’un changement notable de circonstances, res-

pectivement en présence d'éléments nouveaux, pertinents et suffisamment 

importants pour conduire à une nouvelle appréciation de la situation, favo-

rable à la personne concernée (cf. ATF 136 II 177 consid. 2.1). 

L'art. 67 al. 5 LEI, qui permet exceptionnellement à l’autorité de s’abstenir 

de prononcer une interdiction d’entrée ou de suspendre (provisoirement ou 

définitivement) une interdiction d’entrée pour des raisons humanitaires ou 

pour d’autres motifs importants, constitue une base légale spéciale pour la 

reconsidération d'une décision d’interdiction d'entrée (cf. arrêt du TF 

2C_487/2012 du 2 avril 2013 consid. 4.2 ; arrêt du TAF F-4634/2020 du 

10 mai 2021 consid. 5.1), que cette reconsidération soit demandée dans le 

cadre d’une procédure extraordinaire (soit après l’entrée en force de cette 

décision) ou – comme c’est le cas en l’espèce – dans le cadre d’une pro-

cédure de recours ordinaire (soit avant l’entrée en force de cette décision), 

du fait que l’interdiction d’entrée a été notifiée plusieurs années après son 

prononcé.  

Selon la jurisprudence, l'écoulement de plusieurs années conjugué à un 

comportement correct constitue un motif susceptible d'ouvrir la voie du ré-

examen d'une décision d’interdiction d’entrée de durée déterminée (entrée 

en force) lorsque celle-ci a été prononcée à l'encontre d'un ressortissant 

d'un Etat de l'UE ou de l'AELE, notamment du fait que celui-ci peut se pré-

valoir d'un droit à la libre circulation des personnes, à savoir d'un droit 

F-5764/2022 

Page 21 

d'entrer et de séjourner en Suisse fondé sur l'ALCP (cf. ATAF 2021 VII/2 

consid. 4.3, arrêt dans lequel il a été jugé, aux consid. 4.3 à 4.7, que ce 

motif n’ouvrait pas la voie du réexamen lorsque cette décision visait une 

personne ne pouvant se réclamer de l’ALCP). Cette jurisprudence est éga-

lement applicable, par analogie, lorsque le motif de reconsidération sus-

mentionné est invoqué dans le cadre d’une procédure ordinaire. 

Par analogie à la jurisprudence ayant été développée en cas de dépôt 

d'une nouvelle demande d'autorisation de séjour (cf. ATF 136 II 177 con-

sid. 2.2.1, 130 II 493 consid. 5 ; cf. arrêts du TF 2C_394/2022 du 31 mai 

2023 consid. 3.2, 2C_337/2022 du 3 août 2022 consid. 5.3, 2C_203/2020 

du 8 mai 2020 consid. 4.3, 2C_99/2019 du 28 mai 2019 consid. 6.4.3, et la 

jurisprudence citée), il est admis que l'autorité compétente doit entrer en 

matière sur une demande tendant à la reconsidération d’une telle décision 

(respectivement doit examiner le motif de reconsidération susmentionné) 

si l’intéressé a fait ses preuves à l'étranger durant cinq ans (autrement dit 

si son comportement n'a plus donné lieu à des plaintes durant ce laps de 

temps), voire plus tôt lorsque l'interdiction d'entrée prononcée à son endroit 

est d'une durée inférieure à cinq ans (ce qui n’est pas le cas en l’espèce) 

ou lorsque les circonstances se sont à ce point modifiées qu'un nouvel 

examen s'impose de lui-même (cf. arrêt du TAF F-634/2020 du 26 mai 

2021 consid. 4.4.1, confirmé par l’arrêt du TF 2C_529/2021 du 23 no-

vembre 2021 consid. 4.2). 

9.5 Il convient en conséquence d’examiner si, depuis le prononcé de la 

décision d’interdiction d’entrée querellée en date du 14 décembre 2015, le 

recourant a fait ses preuves à l'étranger durant un laps de temps suffisant, 

respectivement si les circonstances se sont à ce point modifiées dans l’in-

tervalle qu’une levée de cette mesure d’éloignement s'impose.  

9.5.1 Sur le vu du dossier de droit des étrangers, rien ne permet de penser 

que le recourant aurait commis de nouveaux actes punissables en Suisse 

depuis sa condamnation pénale du 7 mai 2015 par le Ministère public va-

laisan. Quant à l’extrait du casier judiciaire français du 19 mai 2023 ayant 

été produit à la demande du Tribunal de céans (cf. act. TAF 24, let. D du 

bordereau de pièces), il est vierge.   

Il ressort cependant du dossier psychiatrique du recourant ayant été versé 

en cause au stade de la réplique (cf. act. TAF 24, let. A, B et C du bordereau 

de pièces) que l’intéressé a commis de nouveaux actes hétéro-agressifs 

en France postérieurement au 7 mai 2015, actes pour lesquels il n’a pas 

été condamné pénalement par les autorités françaises du fait qu’il 

F-5764/2022 

Page 22 

présentait au moment des faits une pathologie psychiatrique aiguë, la-

quelle abolissait son discernement et le rendait en conséquence inacces-

sible à une sanction pénale (cf. les demandes d’admission en UMD [Unité 

pour malades difficiles] des 24 septembre, 5 juin et 17 février 2020).  

9.5.1.1 Il s’avère en effet que, les 21 et 23 juin 2016, le recourant a commis 

en France des actes de violence volontaires sur une tierce personne avec 

usage et/ou menace d’une arme, et qu’il a de surcroît endommagé deux 

véhicules automobiles appartenant à cette personne en date du 21 juin 

2016. L’acte hétéro-agressif perpétré par l’intéressé le 21 juin 2016, à l’oc-

casion duquel celui-ci a fait usage d’un marteau, a entraîné chez la per-

sonne concernée une incapacité totale de travail de six jours. Ces faits ont 

été retenus par la Cour d’appel de Poitiers dans une ordonnance rendue 

le 12 avril 2019, ordonnance par laquelle ladite Cour, se fondant sur l’avis 

des experts ayant procédé à l’examen de l’intéressé, a déclaré ce dernier 

irresponsable pénalement des faits qui lui étaient reprochés et a ordonné 

son « hospitalisation complète en soins psychiatriques » dans un établis-

sement approprié (cf. ladite ordonnance d’irresponsabilité pénale figurant 

sous act. TAF 24, let. A du bordereau de pièces). 

On relèvera à ce propos que les documents médicaux contenus dans le 

dossier psychiatrique du recourant, qui se fondent sur les faits relatés par 

celui-ci lors de ses entretiens avec ses thérapeutes, rapportent de manière 

concordante qu’au mois de juin 2016, l’intéressé, après s’en être pris à une 

tierce personne avec un marteau (cf. le constat du 25 juin 2016 figurant 

dans le document médical intitulé « Evolution hospitalisation »), a menacé 

trois individus (dont la personne concernée) et tiré sur leur voiture avec un 

fusil, individus à qui il reprochait une « arnaque » lors de la réparation d’une 

automobile (cf. le constat médical susmentionné, ainsi que la lettre de sor-

tie du Dr P. du 10 octobre 2016 ; cf. également, parmi d’autres, le compte-

rendu de l’hospitalisation en UMD du 6 mai 2021, p. 2 et 3, où il est notam-

ment fait état d’une « accusation de tentative d’homicide requalifiée en vio-

lence volontaire et dégradation de biens », ainsi que les demande d’admis-

sion en UMD susmentionnées, où il est question de poursuites pénales 

pour une « tentative de meurtre sur un garagiste » commise le 23 juin 

2016).  

Suite aux actes hétéro-agressifs qu’il avait commis en juin 2016, le recou-

rant a été hospitalisé en France du 24 juin au 29 septembre 2016 en mode 

SDRE (soins psychiatriques sans consentement sur décision du représen-

tant de l’Etat) dans un établissement psychiatrique (cf. l’expertise psychia-

trique du Dr B. susmentionnée, sous la rubrique « Examen psychiatri-

F-5764/2022 

Page 23 

que »). Le 29 septembre 2016, les autorités françaises l’ont placé sous 

contrôle judiciaire dans l’attente de son procès pénal. Elles l’ont également 

autorisé à quitter l’établissement psychiatrique dans lequel il était hospita-

lisé, moyennant le port d’un bracelet électronique (cf. le constat du 19 sep-

tembre 2016 figurant dans le document médical intitulé « Evolution hospi-

talisation », ainsi que les constats des 22 janvier et 5 mars 2018 figurant 

dans le document médical intitulé « Observation médicale psychiatrie ») et 

une obligation de soins, en particulier celle de se soumettre à un suivi psy-

chiatrique ambulatoire comprenant notamment un traitement antipsycho-

tique à action prolongée administré régulièrement sous forme d’injections 

(cf. la lettre de sortie du Dr P. du 10 octobre 2016). 

9.5.1.2 Le 7 octobre 2018, le recourant a été incarcéré en France, suite à 

la révocation de la mesure de placement sous contrôle judiciaire dont il 

faisait l’objet depuis le 29 septembre 2016 (cf. l’ordonnance d’irresponsa-

bilité pénale susmentionnée) pour non-respect des consignes qui lui 

avaient été imposées. Durant sa détention, il a vécu une grave décompen-

sation psychotique, lors de laquelle il s’en est pris à un autre détenu auquel 

il reprochait de l’avoir agressé, ce qui lui a valu d’être hospitalisé dans une 

Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) pendant trois mois 

(cf. l’expertise psychiatrique établie par le Dr S. sur mandat de la Juge des 

libertés et de la détention du 9 octobre 2019, sous la rubrique « Examen »). 

Le 19 avril 2019, dans la mesure où il avait été déclaré irresponsable pé-

nalement (cf. consid. 9.5.1.1 supra), l’intéressé a été libéré et immédiate-

ment hospitalisé en milieu psychiatrique.  

Or, il s’avère que, lors de son hospitalisation du 19 avril 2019 au 25 no-

vembre 2020, le recourant a adopté à de multiples reprises des comporte-

ments inquiétants. Ainsi que l’ont constaté ses thérapeutes, l’intéressé a 

fait part de manière obsessionnelle de velléités de vengeance à l’égard du 

codétenu dont il avait fait la connaissance durant son incarcération, pen-

sées envahissantes qui ont quasiment tourné en boucle durant les pre-

miers mois de son hospitalisation. Par tous les moyens, il a cherché à con-

naître l’adresse de son ancien codétenu, avec l’objectif avoué de « le faire 

saigner ». Alors qu’il n’avait pas rendu une lame de rasoir qu’il avait em-

pruntée le 1er juillet 2019, l’intéressé, en dépit des traitements médicamen-

teux qui lui étaient administrés et de la thérapie cognitivo-comportementale 

qu’il suivait avec une infirmière spécialisée, s’est introduit à maintes re-

prises dans les chambres d’autres patients et est passé à l’acte sur certains 

d’entre eux avec une lame de rasoir, en grattant les « croûtes » de cicatri-

sation qu’ils présentaient ou en les blessant dans le but de provoquer des 

saignements, expliquant son comportement par des préoccupations 

F-5764/2022 

Page 24 

d’ordre hygiénique et exprimant régulièrement des pensées obsédantes en 

lien avec le sang. Son comportement s’est accentué jusqu’à un passage à 

l’acte sur une infirmière survenu le 4 février 2020, lors duquel il a piqué 

celle-ci dans le cou avec une aiguille qu’il avait subtilisée dans la salle de 

soins. Par la suite, il a adopté un comportement « très harcelant » envers 

cette infirmière, exprimant à son égard un « discours de vengeance non 

dissimulée ». Enfin, le 8 octobre 2020, l’intéressé est une nouvelle fois 

passé à l’acte sur un autre patient, en lui scarifiant la peau du cou avec 

une lame de rasoir ou une lancette, sous prétexte d’enlever un insecte. La 

persistance de son comportement hétéro-agressif a nécessité la fouille 

systématique de sa chambre, de ses vêtements et de ses affaires à la re-

cherche d’objets dangereux, ainsi que sa mise en chambre d’isolement. La 

situation d’impasse thérapeutique dans laquelle se trouvaient alors ses 

médecins a motivé ceux-ci à présenter plusieurs demandes tendant à son 

transfert dans une Unité pour malades difficiles (UMD), un service hospita-

lier psychiatrique spécialisé dans la prise en charge des malades mentaux 

présentant un danger pour eux-mêmes ou pour autrui (cf. le compte-rendu 

de l’hospitalisation en UMD du 6 mai 2021, p. 2 et 3, ainsi que les de-

mandes d’admission en UMD susmentionnées ; cf. également le document 

médical intitulé « Observation médicale psychiatrie », notamment les cons-

tats des 1er et 5 juillet 2019, le bilan à six mois du 30 octobre 2019, ainsi 

que les constats des 4, 7, 8 et 12 février, du 21 septembre et du 8 octobre 

2020). 

Du 10 novembre 2020 au 14 mai 2021, le recourant a été admis dans une 

Unité pour malades difficiles (UMD). Dans la mesure où ses idées de ven-

geance et ses autres ruminations n’avaient pas entraîné de nouveaux pas-

sages à l’acte hétéro-agressifs grâce au réajustement du traitement médi-

camenteux qui avait été opéré et à la prise en charge psychothérapeutique 

dont il avait pu bénéficier, l’intéressé a pu réintégrer de façon transitoire 

l’établissement psychiatrique dans lequel il était précédemment hospita-

lisé, avant de pouvoir retourner vivre au domicile de sa mère le 23 juin 2021 

(cf. le compte-rendu de l’évaluation neuropsychologique du 10 décembre 

2021, p. 1, de même que le certificat médical de sortie d’hospitalisation 

complète [SDRE] avec programme de soins ambulatoires du 23 juin 2021). 

9.5.1.3 Ainsi que l’ont constaté ses médecins, le recourant, qui présente 

des antécédents de schizophrénie paranoïde, est atteint d’une « psychose 

chronique de type schizophrénique », caractérisée par des idées obses-

sionnelles infiltrées de violence, en particulier des idées de vengeance par 

le sang suite à une agression perçue (cf. le compte-rendu de 

F-5764/2022 

Page 25 

l’hospitalisation en UMD du 6 mai 2021, p. 1, ainsi que le certificat médical 

de transfert [SDRE] du Dr P. du 14 octobre 2022).  

Il appert des considérations qui précèdent (cf. consid. 9.5.1.1 et 9.5.1.2 

supra) que l’intéressé, en raison de la pathologie psychiatrique chronique 

dont il est affecté, a commis de nombreux actes hétéro-agressifs entre le 

21 juin 2016 et le 8 octobre 2020 (à savoir sur une période de plus de 

quatre ans). Son comportement lui a valu une première hospitalisation en 

milieu psychiatrique du 24 juin au 29 septembre 2016, puis une incarcéra-

tion du 7 octobre 2018 au 19 avril 2019, suivie d’une nouvelle hospitalisa-

tion en milieu psychiatrique du 19 avril 2019 à mi-2021, dont près de six 

mois dans une Unité pour malades difficiles (soit du 10 novembre 2020 au 

14 mai 2021) en raison de la dangerosité de son comportement à l’égard 

du personnel soignant et des autres patients. Malgré la prise en charge 

psychothérapeutique et médicamenteuse dont il a pu bénéficier durant ses 

hospitalisations, ses pulsions hétéro-agressives n’ont pu être contenues 

qu’à partir de l’année 2021, après de nombreux échecs thérapeutiques. A 

ce propos, il est significatif de constater que, les 9 et 10 juin 2021 (soit deux 

semaines seulement avant son retour à domicile), ses thérapeutes rele-

vaient qu’il avait éprouvé une idée envahissante après avoir trébuché sur 

une patiente qui était allongée dans le couloir, qu’il lui avait alors fallu une 

vingtaines de minutes pour se raisonner et maîtriser ses émotions, que la 

problématique de la vengeance par le sang était alors toujours d’actualité 

et qu’une diminution de ses traitements n’était envisageable que « plu-

sieurs mois voire surtout années » après la fin de son hospitalisation, du 

fait que la gestion des émotions, de l’impulsivité et des idées envahissantes 

était « plus complexe [à] l’extérieur » d’un hôpital psychiatrique (cf. le do-

cument médical intitulé « Observation médicale psychiatrie » relatif à sa 

dernière hospitalisation, en particulier les constats des 9 et 10 juin 2021). 

Durant toutes ces années, les médecins et experts consultés ont souligné 

l’importance du risque de réitération d’actes hétéro-agressifs en cas de 

rupture thérapeutique et, partant, la nécessité pour l’Etat français de sou-

mettre le recourant à une obligation de soins psychiatriques sans consen-

tement (cf. notamment les conclusions de l’expertise psychiatrique du  

Dr B. susmentionnée).  

Or, il ressort des pièces médicales les plus récentes ayant été versées en 

cause qu’au mois d’octobre 2022, le recourant était toujours astreint – en 

France – à une obligation de soins psychiatriques sans consentement sur 

décision du représentant de l’Etat (SDRE) et qu’en novembre 2022, sa 

(nouvelle) psychiatre préconisait la poursuite de cette mesure de soins 

sous contrainte, en soulignant la nécessité de maintenir le programme de 

F-5764/2022 

Page 26 

soins qui avait été instauré, lequel consistait en la prise journalière de deux 

antidépresseurs et en l’injection, toutes les quatre semaines, d’un antipsy-

chotique à action prolongée dans le centre médical auquel l’intéressé avait 

été assigné (cf. les certificats médicaux de transfert et de situation [SDRE] 

du Dr P. des 14 et 27 octobre 2022 ; cf. également le courrier du  

Dr P. du 13 octobre 2022 et le certificat médical de programme de soins de 

la nouvelle psychiatre du recourant du 4 novembre 2022, figurant sous act. 

TAF 17, pièces C et D). Il appert en outre de ces pièces médicales qu’à la 

fin de l’année 2022, l’intéressé avait toujours une conscience imparfaite 

(respectivement partielle) de ses troubles psychiques et que celle-ci était à 

l’origine de demandes régulières de sa part tendant à la diminution de ses 

traitements. 

Force est dès lors de conclure qu’à la fin de l’année 2022, le recourant 

présentait toujours, aux yeux de ses médecins et des autorités françaises, 

une sérieuse menace pour l’ordre public et la sécurité d’autrui, en raison 

de la pathologie psychiatrique chronique dont il est affecté. En outre, dans 

la mesure où l’intéressé n’avait qu’une conscience partielle de ses troubles 

psychiques, il était fortement à risque de diminuer ou d’interrompre les trai-

tements médicamenteux qui lui étaient administrés dans le but de contenir 

ses pulsions hétéro-agressives et sa propension à se faire justice par le 

sang lorsqu’il était confronté à des situations qu’il percevait (en raison de 

sa maladie) comme une agression. 

9.5.2 Plaide en revanche en faveur du recourant le fait que celui-ci, quand 

bien même la qualité de « Travailleur handicapé » lui avait été reconnue 

par les autorités françaises à partir du 1er novembre 2016 (la dernière fois 

par décision du 26 septembre 2022 pour une durée indéterminée) en rai-

son de la pathologie psychiatrique chronique dont il est affecté (cf. act. TAF 

10, pièces 1 à 3), a consenti des efforts non négligeables pour réintégrer 

le monde professionnel après la fin – en date du 23 juin 2021 – de sa der-

nière hospitalisation en milieu psychiatrique, ainsi qu’il appert des pièces 

qu’il a produites à la demande du Tribunal de céans (cf. act. TAF 24, let. I 

et H du bordereau de pièces, en relation avec act. TAF 10, pièce 5). 

En effet, entre le 13 juillet et le 16 novembre 2021, l’intéressé a effectué 

plusieurs missions ad interim (au service d’agences de placement) en qua-

lité de chargé d’accueil ou d’auxiliaire commercial dans des banques fran-

çaises. A partir de l’année 2022, il a décroché plusieurs emplois en France 

dans l’hôtellerie en qualité de veilleur de nuit (« night auditor ») ou de ré-

ceptionniste, en particulier du 18 février au 29 mars 2022 (pour un salaire 

net de l’ordre de 2'150 Euros), du 18 avril au 3 octobre 2022 (pour un 

F-5764/2022 

Page 27 

salaire net de l’ordre de 1'050 Euros), du 19 décembre 2022 au 8 janvier 

2023 (pour un salaire net de l’ordre de 1020 Euros), du 16 au 31 janvier 

2023 (pour un salaire net de l’ordre de 960 Euros), ainsi que du 3 au 31 

mars 2023 (pour un salaire net de l’ordre de 2’130 Euros). Le 30 août 2022, 

il a également décroché un emploi en Suisse en qualité de veilleur de nuit 

dans un hôtel, avec une prise d’emploi prévue le 14 novembre 2022 (cf. 

act. TAF 1, pièce 1). Selon le certificat de salaire qui lui a été délivré par 

son employeur (qui fait état d’un salaire net de l’ordre de 3'600 CHF), il 

aurait occupé cet emploi du 14 novembre au 31 décembre 2022. En l’état, 

il n’est toutefois pas établi de manière irréfutable que l’intéressé (qui a dé-

buté une nouvelle activité professionnelle en France le 19 décembre 2022) 

a travaillé en Suisse postérieurement au 5 décembre 2022, date à laquelle 

il a eu connaissance de l’interdiction qui lui était faite de pénétrer sur le 

territoire helvétique (cf. act. TAF 10, pièce 9, dans laquelle son employeur 

fait état d’une résiliation des rapports de travail donnée le 1er décembre 

2022 pour la fin de la période d’essai prévue le 7 décembre 2022 ; cf. éga-

lement act. SPM-VS, p. 7). 

9.5.3 Cela dit, les efforts louables consentis par le recourant après la fin de 

son hospitalisation en milieu psychiatrique (en date du 23 juin 2021) pour 

réintégrer le monde professionnel ne constituent pas un changement de 

circonstances suffisamment important et durable pour justifier la levée de 

l’interdiction d’entrée en Suisse dont il fait l’objet, mesure d’éloignement qui 

est valable jusqu’au 13 décembre 2025.  

En effet, ainsi qu’il a été relevé précédemment (cf. consid. 9.4 supra), les 

autorités fédérales de migration ne sauraient entrer en matière sur un motif 

tendant à la reconsidération d’une décision d’interdiction d’entrée (tel le 

changement de circonstances susmentionné) – que ce motif soit invoqué 

dans le cadre d’une procédure extraordinaire ou d’une procédure ordi-

naire – qu’à la condition que l’étranger concerné ait fait ses preuves à 

l’étranger durant plusieurs années (en principe pendant cinq ans) après la 

fin de son incarcération ou – en cas d’irresponsabilité pénale excluant une 

détention en milieu carcéral – à compter de la fin de l’hospitalisation en 

milieu psychiatrique qui lui a été imposée en raison de sa dangerosité pour 

autrui.  

Sachant que le recourant a été hospitalisé en milieu psychiatrique jusqu’au 

23 juin 2021 et qu’il présentait toujours – à la fin de l’année 2022 − une 

sérieuse menace pour l’ordre et la sécurité publics (au point que les auto-

rités françaises jugeaient nécessaire de lui imposer une obligation de soins 

psychiatriques soumise à une surveillance étatique étroite en vue de 

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Page 28 

contenir ses pulsions hétéro-agressives et sa propension à se faire justice 

par le sang suite à une agression perçue), on ne saurait considérer que 

l’intéressé ait fait ses preuves à l’étranger (in casu en France) durant un 

laps de temps suffisant pour pouvoir se rendre librement en Suisse, un 

pays dans lequel il n’est pas astreint à une obligation de soins psychia-

triques contrôlée par l’Etat. A l’heure actuelle, la levée de l’interdiction d’en-

trée querellée apparaît assurément prématurée, à la lumière de la jurispru-

dence en la matière. 

On relèvera au demeurant que, selon la jurisprudence, on ne saurait tirer 

des conclusions déterminantes, du point de vue du droit des étrangers, de 

la bonne conduite affichée par un condamné (ou par un délinquant affecté 

d’une pathologie psychiatrique le rendant inaccessible à une sanction pé-

nale et excluant une détention en milieu carcéral) durant l'exécution d'une 

peine ou d’une mesure institutionnelle en vue d’évaluer sa dangerosité une 

fois remis en liberté et laissé entièrement à lui-même, car la vie à l'intérieur 

d'un établissement pénitentiaire ou d'une institution spécialisée (tel un éta-

blissement psychiatrique) ne saurait être assimilée à la vie à l'extérieur 

pour ce qui est des possibilités de retomber dans la délinquance, notam-

ment en raison du contrôle relativement étroit que les autorités d'applica-

tion des peines et mesures exercent sur l'intéressé durant cette période (cf. 

ATF 139 II 121 consid. 5.5.2, 137 II 233 consid. 5.2.2, 130 II 493 consid. 

4.2 et 130 II 176 consid. 4.3.3 ; arrêt du TAF F-2698/2022 précité con-

sid. 6.4.2, et la jurisprudence citée). Le fait que le recourant n’ait plus com-

mis d’actes hétéro-agressifs durant son hospitalisation en milieu psychia-

trique du 10 novembre 2020 au 23 juin 2021 (cf. consid. 9.5.1.2 et 9.5.1.3 

supra) – hospitalisation qui s’est déroulée jusqu’au 14 mai 2021 dans un 

service psychiatrique spécialisé dans la prise en charge de malades men-

taux présentant un danger pour eux-mêmes ou pour autrui – ne constitue 

donc pas un motif (de reconsidération) susceptible de remettre en cause 

l’interdiction d’entrée querellée. 

9.6 S’agissant des intérêts privés en cause, le recourant n’a pas fait état 

de liens significatifs avec la Suisse, telles par exemple des relations fami-

liales de nature à justifier la mise en œuvre du droit au respect de la vie 

familiale garanti par l'art. 8 par. 1 CEDH (RS 0.101). Quant au désir de 

l’intéressé de travailler en Suisse plutôt qu’en France, il passe assurément 

à l’arrière-plan, au regard de la menace pour l’ordre public et la sécurité 

d’autrui qui émane encore actuellement de sa personne (cf. consid. 9.5.1 

et 9.5.3 supra). 

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Page 29 

9.7 Enfin, le dossier ne fait pas apparaître l’existence de raisons humani-

taires ou d’autres motifs importants au sens de l'art. 67 al. 5 LEI de nature 

à justifier − nonobstant les infractions commises par le recourant − qu’il soit 

exceptionnellement renoncé au prononcé d’une mesure d’éloignement. 

9.8 Dans ces conditions, au regard de l'ensemble des circonstances affé-

rentes à la présente cause, compte tenu en particulier du fait que le recou-

rant n’a pas fait ses preuves à l'étranger durant un laps de temps suffisant 

depuis sa dernière hospitalisation en milieu psychiatrique et de l’absence 

d’intérêts privés significatifs à se rendre librement en Suisse, l’interdiction 

d'entrée en Suisse et au Liechtenstein prononcée le 14 décembre 2015 

pour une durée de dix ans à son encontre apparaît encore actuellement 

justifiée. 

10.  

10.1 En conséquence, le Tribunal de céans est amené à conclure que la 

décision querellée est conforme au droit (cf. art. 49 PA).  

10.2 Partant, le recours doit être rejeté. 

10.3 Vu l'issue de la cause, les frais de la procédure doivent être mis à la 

charge du recourant (cf. art. 63 al. 1 1ère phrase PA, en relation avec les 

art. 1 ss FITAF [RS 173.320.2]).  

(dispositif page suivante) 

 

  

F-5764/2022 

Page 30 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 1'200.-, sont mis à la charge du 

recourant. Ils sont prélevés sur l'avance de frais du même montant ayant 

été versée par l’intéressé. 

3.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, à l’autorité inférieure et à l’auto-

rité cantonale de migration. 

 

Le président du collège : La greffière : 

  

Yannick Antoniazza-Hafner Claudine Schenk 

 

Indication des voies de droit : 

Le présent arrêt peut être attaqué devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausan-

ne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans les trente 

jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Ce délai est 

réputé observé si les mémoires sont remis au plus tard le dernier jour du 

délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La Poste 

Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 

al. 1 LTF). Le mémoire doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer 

les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. L’arrêt 

attaqué et les moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour 

autant qu'ils soient en mains de la partie recourante (art. 42 LTF).   

Expédition : 

 

F-5764/2022 

Page 31 

Le présent arrêt est adressé : 

– au recourant (Recommandé avec avis de réception) ;  

– à l'autorité inférieure (SYMIC …) ;  

– au Service de la population et des migrations du canton du Valais 

(cf. les développements figurant aux consid. 2.1 à 2.3 et aux con-

sid. 9.4 et 9.5 supra).