# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 92709984-01e9-588f-9072-e68bef616592
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-04-16
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 16.04.2013 AC.2013.0155
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_AC-2013-0155_2013-04-16.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 16 avril 2013

  
	
  Composition

  	
  Mme Mihaela Amoos Piguet, présidente; MM. Robert Zimmermann et Pierre
  Journot, juges.

  

 

	
  Recourante

  	
   

  	
  HELVETIA NOSTRA, à Montreux 1, représentée par Pierre CHIFFELLE, Avocat, à Vevey 2,
   

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Municipalité de
  Gryon,  

  

   

	
  Constructeur

  	
   

  	
  Henry RYTER, à Blonay, 

  

   

 

	
  Objet

  	
  permis de construire           

  
	
   

  	
  Recours HELVETIA NOSTRA c/ décision de la
  Municipalité de Gryon du 15 janvier 2013 - construction de l'habitation n°25
  et d'un garage enterré (Camac n°134190)

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
Henry Ryter est propriétaire des parcelles n°
633  et 1401 de la Commune de Gryon. Ces biens-fonds de respectivement 1720 et
882 m2 sont classés
dans la zone de chalets A selon le plan de zones du 6 mai 1983. 

B.                              
Le 3 août 2012, le propriétaire a adressé à la
Municipalité de Gryon (la municipalité) une demande de permis de construire
l’habitation n° 25 et un garage enterré. Le projet a été mis à l'enquête
publique du 10 août au 10 septembre 2012. 

Le projet a suscité plusieurs
oppositions dont celle du 10 septembre 2012 de l'association Helvetia Nostra
qui a notamment fait valoir que dit projet serait contraire à l'art. 75b de la
Constitution fédérale (Cst.; RS 101). Par décisions prises dans sa séance du 1er
octobre 2012, la municipalité a levé les oppositions au projet et délivré le
permis de construire requis. Ces décisions ont été notifiées aux opposants et
autres intéressés le 15 janvier 2013.

C.                              
Par acte du 12 février 2013, Helvetia Nostra a
recouru contre la décision de la municipalité du 1er octobre 2012 en
concluant à son annulation. 

D.                              
La municipalité a produit son dossier le 22
février 2013.

E.                              
La cour a statué par voie de circulation en
application de l’art. 82 de la loi vaudoise du 28 novembre 2008 sur la
procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36). 

Considérant en droit :

1.                               
Le recours est formé par une organisation qui
fait partie de la liste, établie par le Conseil fédéral, des organisations
ayant qualité pour recourir au sens de l'art. 12 de la loi fédérale sur la
protection de la nature et du paysage (LPN; RS 451 – cf. ch. 9 de la liste
figurant dans l'ordonnance du 27 juin 1990 relative à la désignation des
organisations habilitées à recourir dans les domaines de la protection de
l’environnement ainsi que de la protection de la nature et du paysage [ODO; RS
814.076]). La jurisprudence fédérale prévoit que l'exercice de ce droit de
recours suppose que la décision attaquée relève de l'application d'une tâche de
la Confédération au sens de l'art. 2 LPN (cf. notamment ATF 131 II 58 consid.
1.1; 125 II 29 consid. 1b; 121 II 190 consid. 3c/aa). 

En l'espèce, dès lors que les
griefs de la recourante sont de toute manière mal fondés, comme cela sera
exposé au considérant suivant, il n'est pas nécessaire d'examiner si, en
accordant une autorisation de construire pour un chalet dans la zone à bâtir,
la municipalité accomplit une tâche de la Confédération, ou si au contraire
elle accomplit une tâche que la législation fédérale sur l'aménagement du
territoire attribue aux cantons, dans le cadre fixé par les principes du droit
fédéral. La question de la recevabilité du recours peut demeurer indécise (cf.
arrêt AC.2012.0127, consid. 1). 

2.                               
L'association recourante se plaint d'une
violation de l'art. 75b Cst., qui interdirait la construction de résidences
secondaires dès son entrée en vigueur. Elle fait par ailleurs valoir qu'aucune
des exceptions prévues dans l'ordonnance du 22 août 2012 sur les résidences
secondaires (RS 702) n'est réalisée dans le cas particulier. Elle ne présente
aucun grief à l'encontre de l'autorisation litigieuse, ne critiquant pas
l'application d'autres prescriptions, de droit fédéral, cantonal ou communal,
sur les constructions. 

a) Aux termes de l'art. 75b al. 1
Cst., "les résidences secondaires constituent au maximum 20% du parc
des logements et de la surface brute au sol habitable de chaque commune".
Cet article constitutionnel a été adopté en votation populaire le 11 mars
2012 et il est donc en vigueur depuis cette date (RO 2012 p. 3628). Le peuple
et les cantons ont toutefois adopté simultanément la disposition transitoire
suivante, à l'art. 197 ch. 9 Cst.: 

"9. Dispositions transitoires ad art. 75b (Résidences secondaires)

1 Le Conseil fédéral édicte par voie
d’ordonnance les dispositions d’exécution nécessaires sur la construction, la
vente et l’enregistrement au registre foncier si la législation correspondante
n’est pas entrée en vigueur deux ans après l’acceptation de l’art. 75b par le
peuple et les cantons.

2 Les permis de construire des résidences
secondaires qui auront été délivrés entre le 1er janvier de l’année qui suivra l’acceptation
de l’art. 75b par le peuple et les cantons et la date d’entrée en vigueur de
ses dispositions d’exécution seront nuls."

b) La Commune de Gryon fait partie,
d'après le Conseil fédéral, des communes dans lesquelles le parc des logements
comporte plus de 20% de résidences secondaires (cf. annexe de l'ordonnance sur
les résidences secondaires). Il n'y a cependant pas lieu d'examiner si le
chalet projeté est une résidence secondaire (ce que la recourante qualifie de
très vraisemblable, mais le constructeur n'a pas eu l'occasion de répondre au
recours). 

En effet, dans un premier arrêt de
principe AC.2012.0127 du 22 novembre 2012, la Cour de droit administratif et
public du Tribunal cantonal a jugé que l'art. 75b Cst. interprété en relation
avec l'art. 197 ch. 9 Cst. ne pouvait pas faire obstacle à l'octroi d'un permis
de construire une résidence secondaire lorsque la décision de la municipalité a
été prise en 2012. Durant la période qui court de la date de l'adoption des
normes constitutionnelles objet de l'initiative sur les résidences secondaires
(11 mars 2012) jusqu'à la veille du 1er janvier qui suivra cette
adoption (soit le 31 décembre 2012 – cf. art. 197 ch. 9 al. 2 Cst.), l'entrée
en vigueur de l'art. 75b Cst. n'entraîne pas encore la nullité ni
l'annulabilité des autorisations de construire des résidences secondaires
délivrées pendant ce laps de temps (AC.2012.0127 consid. 2b-c). 

Puis, dans un deuxième arrêt de
principe AC.2012.0234 du 28 février 2013, la Cour de droit administratif et
public du Tribunal cantonal a considéré qu'il résultait clairement de la
disposition transitoire de l'art. 197 ch. 9 ch. 2 Cst. que la date déterminante
pour juger si un permis de construire une résidence secondaire est encore
valable, ou si au contraire il est nul, est celle de la délivrance du permis
par l'autorité administrative, et non pas celle de la décision de l'autorité
cantonale de recours (AC.2012.0234, consid. 2c). 

En l'occurrence, la municipalité a
décidé d'octroyer le permis de construire le 1er octobre 2012, soit
avant la date limite fixée par la disposition transitoire. La Cour de céans,
quand bien même elle statue après le 1er janvier 2013, doit donc
considérer que l'art. 75b Cst., appliqué avec la disposition transitoire de
l'art. 197 ch. 9 ch. 2 Cst., ne fait pas obstacle à l'octroi de l'autorisation
litigieuse. 

L'ordonnance sur les résidences
secondaires, entrée en vigueur le 1er janvier 2013 (art. 9 al. 1 de
dite ordonnance), n'avait pas à être appliquée par la municipalité à la date de
la décision attaquée. S'agissant des permis de construire délivrés avant son
entrée en vigueur, cette ordonnance du Conseil fédéral n'a à l'évidence pas
pour effet de modifier le régime juridique résultant des art. 75b et 197 ch. 9
Cst. En l'espèce, il n'y a donc pas lieu de se prononcer sur la portée de cette
ordonnance, ni sur les exceptions qu'elle prévoit. 

Il s'ensuite que les griefs de la
recourante, mal fondés, doivent être rejetés.

3.                               
Le rejet du recours, dans la mesure où il est
recevable, entraîne la confirmation de la décision attaquée dans la mesure où
elle lève l’opposition d’Helvetia Nostra. Demeure réservé l’effet suspensif
légal en vertu d’autres éventuels recours pendants à l’encontre de la même
décision (art. 80 al. 1 LPA-VD). La recourante, qui succombe, supporte les
frais de justice (art. 49 LPA-VD). La municipalité et le constructeur, qui
n'ont pas procédé, n'ont pas droit à des dépens (art. 55 LPA-VD). 

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

 

 

I.                                  
Le recours est rejeté dans la mesure où il est
recevable.

II.                                
La décision rendue le 1er octobre
2012 par la Municipalité de Gryon est confirmée en tant qu’elle lève
l’opposition d’Helvetia Nostra.

III.                               
Un émolument judiciaire de 1'000 (mille) francs
est mis à la charge de la recourante.

IV.                             
Il n'est pas alloué de dépens. 

 

Lausanne, le 16 avril 2013 

 

                                                         La
présidente:                                      

 

 

 

 

 

Le présent arrêt est communiqué aux
destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente
jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en
matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours
constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.