# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a9e757ba-055d-58b1-8863-b6b5268f6e92
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-10-22
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 22.10.2018 502 2018 239
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2018-239_2018-10-22.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2018 239
502 2018 240
502 2018 241

Arrêt du 22 octobre 2018

Chambre pénale

Composition Président: Hubert Bugnon
Juges: Sandra Wohlhauser, Catherine Overney
Greffière-rapporteure: Aleksandra Bjedov   

Parties A.________, prévenu et recourant, représenté par Me Olivier 
Carrel, avocat

contre

MINISTÈRE PUBLIC, intimé

Objet Détention provisoire – délai pour statuer sur une requête de 
prolongation de cette détention (art. 227 al. 5 CPP) 

Recours du 11 octobre 2018 contre "l'ordonnance du Tribunal des 
mesures de contrainte du 9 octobre 2018"

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considérant en fait

A. Le 3 mai 2018 à 23h45, B.________ s'est présenté à la police, en compagnie d'une autre 
personne, pour annoncer que son ancien patron A.________ lui avait demandé de faire 
"disparaître" son épouse, C.________, dont il vivait séparé. Dans le plan mis au point entre février 
2018 et le moment de la dénonciation, il aurait ainsi été prévu que l'ex-employé la séquestre dans 
son véhicule un lundi soir lorsqu'elle rentre chez elle après séance de comité ou répétition, entre 
22h30 et 23h00, puis l'emmène à D.________ et la jette au bas de celui-ci afin de faire croire à un 
suicide. A.________ a ainsi dessiné pour lui un croquis du domicile de sa femme, s'est rendu avec 
lui devant le domicile et le lieu de travail. En échange de ce "service", il aurait promis un montant 
de CHF 10'000.- et une voiture E.________. Durant les auditions, le dénoncé a partiellement 
admis les faits. 

Une instruction pénale a été ouverte dès le lendemain de la dénonciation. A.________ a été arrêté 
le jour même. Le Tmc a prononcé sa mise en détention provisoire par ordonnance du 7 mai 2018. 
Celle-ci a été prolongée par ordonnance du 6 juillet 2018 jusqu'au 3 octobre 2018. 

Par ordonnance du 9 octobre 2018, rendue après une ordonnance de mesure provisoire 
temporaire du 27 septembre 2018 avec effet jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête de 
prolongation, le Tmc a admis la requête de prolongation déposée par le Ministère public le 
27 septembre 2018 et ordonné la prolongation de cette détention jusqu'au 3 janvier 2019, retenant 
un risque de collusion et un risque de passage à l'acte. Cette ordonnance a été communiquée en 
dispositif avec avis de motifs à suivre. 

Au stade actuel, A.________ est mis en prévention pour tentative d'instigation à assassinat, 
subsidiairement actes préparatoires délictueux (à l'assassinat), vol, dommages à la propriété, 
séquestration, enlèvement et contrainte sexuelle. 

B. Par acte de son défenseur d'office du 11 octobre 2018, le prévenu a interjeté un recours 
muni d'une requête de mesures provisionnelles urgentes avec conclusions, pour celle-ci, en 
libération immédiate et pour celui-là à son admission, à ce qu'il soit constaté que le Tmc n'a rendu 
aucune décision prolongeant la détention provisoire dans le délai imparti à cet effet, à la remise en 
liberté avec effet immédiat et à ce qu'une indemnité de CHF 900.- TTC soit allouée au défenseur 
pour la procédure de recours. 

Par arrêt du 12 octobre 2018, la direction de la procédure a rejeté la requête de mesures 
provisionnelles urgentes. 

Par acte daté du 12 octobre 2018, déposé au Greffe le 15, le Tmc a transmis ses dossiers et a 
conclu au rejet du recours, dans la mesure de sa recevabilité, en se référant à son ordonnance, 
dont la teneur motivée a été communiquée aux parties par voie électronique le 12 octobre 2018. 

Lui aussi invité à se déterminer sur le recours, le Ministère public l'a fait par courrier du 16 octobre 
2018, tout en transmettant son dossier. Il conclut au rejet du recours dans la mesure de sa 
recevabilité. 

Ces déterminations et l'avis de possibilité d'observations, adressé le 16 octobre 2018, ont été 
notifiés au conseil du recourant, lequel y a répliqué par acte du 18 octobre 2018 dans lequel il 
maintient les conclusions du recours.

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en droit

1.

1.1. La décision ordonnant une détention provisoire ou sa prolongation est sujette à recours 
auprès de la Chambre pénale (art. 20 al. 1 let. c, 222 et 393 al. 1 CPP, art. 64 let. c et 85 LJ). 

En principe, un recours n'est ouvert que contre une décision notifiée avec ses motifs, et non pas 
contre la communication du dispositif. Dans cette mesure, le recours n'est en l'occurrence pas 
recevable. En l'espèce, le recourant se plaint toutefois précisément de ne pas avoir reçu de 
décision motivée et entend en tirer un droit à sa libération. A cet égard, le système juridique 
reconnaît la possibilité de recourir sans décision attaquée – c'est en définitive ce que soutient le 
recourant bien qu'il indique déposer un recours "à l'encontre de la décision rendue le 9 octobre 
2018 par le Tribunal des mesures de contrainte, admettant la requête de prolongation déposée par 
le Ministère public le 27 septembre 2018 et prolongeant pour une durée de 3 mois la détention 
provisoire de A.________" –, puisqu'il est ouvert pour retard injustifié (cf. art. 393 al. 2 let. a CPP). 

1.2. Le prévenu a un intérêt juridiquement protégé manifeste à un recours contre une décision 
prolongeant sa détention comme aussi à un recours contre une absence de décision à ce sujet 
dans un délai convenable. 

1.3. Doté de conclusions et d’une motivation suffisante, le recours répond aux exigences de 
forme (art. 385 CPP) et le délai de dix jours pour recourir (art. 322 al. 2 CPP) a manifestement été 
respecté, le recours pour retard injustifié n'étant quant à lui, par nature, soumis à aucun délai (art. 
396 al. 2 CPP). 

1.4. Le recours fait l'objet d'une procédure écrite.  

2.

2.1. Bien qu'il indique déposer un recours "à l'encontre de la décision rendue le 9 octobre 2018 
par le Tribunal des mesures de contrainte (…) prolongeant pour une durée de 3 mois la détention 
provisoire", le recourant conclut à ce qu'il soit "constaté que le Tribunal des mesures de contrainte 
n'a rendu aucune décision prolongeant la détention provisoire dans le délai imparti à cet effet" et à 
sa remise en liberté avec effet immédiat. Il soutient dans sa motivation qu'en se bornant à rendre 
un dispositif le 9 octobre 2018, le Tmc n'a pas respecté le délai de 5 jours de l'article 227 al. 5 
CPP, un dispositif ne valant pas décision, qui plus est sans notification régulière, et que la 
détention étant devenue illégale, il doit être remis en liberté. 

2.2. Selon l'art. 227 CPP consacré à la demande de prolongation de la détention provisoire, le 
Tmc, qui peut ordonner une prolongation de la détention provisoire jusqu’à ce qu’il ait statué, 
accorde au détenu et à son défenseur le droit de consulter le dossier en sa possession et leur 
impartit un délai de trois jours pour s’exprimer par écrit sur la demande de prolongation du 
Ministère public et, selon l'alinéa 5, il "statue au plus tard dans les cinq jours" ("entscheidet 
spätestens innert 5 Tagen"; "decide al più tardi entro cinque giorni") qui suivent  la réception de la 
réplique ou l’expiration du délai y relatif de trois jours. 

Les avis sont peu nombreux sur la portée de cette dernière règle. Seul un auteur relève 
expressément que le code n'impose pas de motiver la décision dans le délai de cinq jours et 

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qu'uniquement le dispositif doit être rendu à l'échéance de ce délai (LOGOS, in Commentaire 
romand, Code de procédure pénale suisse, 2011, art. 227 n. 34). Cet avis doit être suivi pour 
plusieurs raisons. Tout d'abord, il est conforme au texte de la loi, compte tenu des termes choisis 
("statue", "entscheidet", "decide"). Ensuite, la situation n'est pas parmi celles qui exigeraient un 
besoin d'information à un degré particulièrement élevé puisqu'en matière de prolongation de 
détention, la motivation à l'origine de la détention elle-même est par nature déjà connue. Enfin, il 
est en harmonie avec la jurisprudence relative aux décisions de maintien en détention pour des 
motifs de sûreté prises par les tribunaux de première instance, laquelle retient qu'il ne faut pas 
confondre le délai dont dispose l'autorité compétente pour statuer sur le maintien en détention et 
celui pour motiver par écrit sa décision (ATF 139 IV 179 consid. 2.6). S'agissant de la 
communication de la motivation, la protection du justiciable découle du principe de célérité, aux 
fins que, dans tous les cas, la personne mise en détention puisse prendre connaissance de cette 
motivation pour pouvoir exercer ses droits de recours à bon escient et en temps utile (Id.). 

2.3. En l'espèce, le recourant ne conteste pas que le Tmc a bel et bien statué sur la demande de 
prolongation, et ce dans le délai de cinq jours. La "réplique" de la défense sur la demande de 
prolongation de la détention est en effet parvenue au Tmc le 4 octobre 2018 et la décision a été 
rendue le 9 du même mois, avec communication immédiate. Ce mode de communication n'était 
certes pas celui de l'envoi recommandé et n'est pas prévu dans le code de procédure pénale, mais 
d'une part il a présenté l'avantage d'orienter le prévenu et son défenseur bien plus rapidement sur 
la décision prise, d'autre part il n'a pas prétérité ce dernier puisque le recours n'est de toute 
manière pas ouvert contre un dispositif seul, ce qui dispense de se prononcer en l'occurrence sur 
la validité du mode de communication, pour lequel est du reste avant tout déterminant la faculté 
probatoire. 

Le grief du recourant n'est dès lors pas fondé. 

3. 

3.1. Reste à examiner si la critique serait fondée en tant que le recourant se plaint de ne pas 
avoir reçu de décision motivée au moment de son recours, le 11 octobre 2018. 

3.2. En l'absence de règle spécifique quant au délai dans lequel la motivation doit intervenir, il y a 
lieu de retenir qu'elle doit être notifiée dans les plus brefs délais, conformément au principe de 
célérité (art. 5 CPP), tout comme cela est retenu dans la jurisprudence précitée dans la situation 
comparable des décisions de maintien en détention pour des motifs de sûreté prises par les 
tribunaux de première instance. 

3.3. En l'espèce, il apparaît d'emblée que la cause ne présentait pas de très grosses difficultés 
mais avec des éléments délicats. On peut ainsi considérer que 48 heures supplémentaires 
devaient suffire à la motivation et à l'expédition de l'ordonnance. Après le plein usage du délai de 
cinq jours pour statuer, cela doit constituer le maximum de temps qui peut être ajouté pour rester 
compatible avec la célérité attendue en ce type de décision. Il en découlait en l'occurrence pour le 
prévenu un "droit" à une réception de l'ordonnance motivée au plus tard le 12 octobre 2018. 
Conséquemment, le recourant n'était pas légitimé à se plaindre d'un manque de célérité au 
moment où il a interjeté son recours. 

Il ressort enfin du dossier que la décision motivée a été reçue le 12 octobre 2018 par le prévenu et 
par son conseil, certes non pas sous forme originale mais par voie électronique. Il n'y a dès lors 
pas matière à y voir une violation du principe de célérité. 

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Dans la mesure où il est recevable, le recours n'est donc pas fondé. 

4.

Il résulte de ce qui précède que la requête de mesures provisionnelles tendant à la libération 
immédiate est devenue sans objet.

5.

Le recourant requiert le bénéfice de l'assistance judiciaire pour son recours. Cette requête est 
sans objet elle aussi dans la mesure où il bénéficie d'une défense d'office avec reconnaissance 
d'indigence selon ordonnance du 8 mai 2018 (DO 7000). 

6.

6.1. Vu l’issue de la procédure, les frais doivent être mis à la charge du recourant (art. 428 CPP, 
35 et 43 du Règlement sur la justice [RJ]) et celui-ci n'a pas droit à une indemnité, qui n'est au 
demeurant pas formellement requise, seule l'étant l'indemnisation pour la défense d'office.

6.2. La Chambre pénale arrête elle-même l’indemnité du défenseur d’office pour la procédure de 
recours selon l’art. 57 al. 1 et 2 RJ (RFJ 2015 73). En l’espèce, le recours est intégralement rejeté 
dans la mesure où il est recevable. Se pose dès lors la question de savoir s'il constituait un acte 
nécessaire à la défense des droits du prévenu. Il peut y être répondu positivement étant donné 
qu'aucune réponse claire n'était donnée en jurisprudence et en doctrine sur les questions 
litigieuses. Pour la rédaction du recours et de la réplique, ainsi que pour l’examen des 
déterminations et de l'arrêt, avec quelques autres petites opérations, le temps y relatif peut être 
estimé, au vu de la délimitation étroite de l'objet du recours, à environ 4 heures de travail. 
L’indemnité sera dès lors fixée à CHF 750.-, TVA (7.7 %) par CHF 57.75 en sus (cf. art. 56 ss RJ).

(dispositif en page suivante)

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la Chambre arrête:

I. Le recours du 11 octobre 2018 est rejeté.

II. La requête de mesures provisionnelles et la requête d'assistance judiciaire sont sans objet. 

III. L’indemnité due pour la procédure de recours à Me Olivier Carrel, défenseur d’office, est 
fixée à CHF 807.75, TVA incluse. 

IV. Les frais judiciaires sont fixés à CHF 1'407.75 (émolument: CHF 500.-; débours: CHF 100.-; 
frais de défense d'office: CHF 807.75) et sont mis à la charge de A.________. 

Le remboursement à l'Etat de l'indemnité allouée au chiffre III. ci-dessus sera exigible dès 
que la situation économique de A.________ le permettra.

V. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 22 octobre 2018

Le Président: La Greffière-rapporteure: