# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 46452bdd-1e4c-52f9-9626-ba29d9ec66d7
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-06-08
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 08.06.2010 A/999/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-999-2010_2010-06-08.pdf

## Full Text

Siégeant : Doris WANGELER, Présidente; Evelyne BOUCHAARA et Norbert HECK, 

Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/999/2010 ATAS/649/2010 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 1 

du 8 juin 2010 

 

En la cause 

Madame M__________, domiciliée à Conches, comparant avec 

élection de domicile en l'étude de Maître FAIVRE Jean-Marie 

recourante 

 

contre 

 

CAISSE CANTONALE GENEVOISE DE COMPENSATION, 

Direction, sise route de Chêne 54, 1211 GENEVE 6 

 

intimée 

 

 

 

 

 

A/999/2010 

- 2/7 - 

EN FAIT 

1. Madame M__________ est affiliée auprès de la CAISSE CANTONALE 

GENEVOISE DE COMPENSATION (ci-après la Caisse) en qualité de personne 

sans activité lucrative. 

2. Par décision du 9 décembre 2009, la Caisse a fixé le montant des cotisations 

personnelles AVS/AI dues par l'intéressée à 10'382 fr. 60 pour l'année 2005. Elle 

s'est fondée sur les chiffres à elle communiqués par l'administration fiscale 

cantonale, le 3 décembre 2009, suite à la taxation d'office de l'intéressée et de son 

époux, Monsieur M__________, décédé le 13 août 2006, soit une fortune de 

250'000 fr. et un revenu acquis sous forme de rente de 3'602'600 fr., étant précisé 

que seule la moitié de la fortune et du revenu a été attribuée à l'intéressée. 

3. Celle-ci, représentée par la Société X_________ SA, a contesté le 23 décembre 

2009 les montants retenus par la Caisse. Elle a expliqué qu'en 2005 son époux 

n'exerçait plus d'activité lucrative et que ses revenus étaient largement compensés 

par les intérêts des dettes contractées à la suite de problèmes intervenus dans la 

gestion de ses affaires. Sa succession a été du reste répudiée. Aussi considère-t-elle 

que prétendre que la fortune du couple était supérieure à 72'000 fr. est purement 

imaginaire. Elle-même n'avait pas d'activité cette année-là. Elle précise que dans la 

mesure où son époux était décédé et que la succession allait être répudiée, les 

héritiers n'ont pas jugé utile de déposer réclamation contre la taxation d'office 2005, 

quand bien même les éléments imposables retenus ne correspondaient pas à la 

réalité. 

4. Par décision du 17 février 2010, la Caisse a rejeté l'opposition, rappelant la force 

contraignante des communications fiscales. 

5. L'intéressée, représentée par Me Jean-Marie FAIVRE, a interjeté recours le 22 mars 

2010 contre ladite décision. Elle persiste à déclarer que les chiffres sur lesquels s'est 

fondée la Caisse ne sont que pure fiction. Elle en veut pour preuve d'une part, le fait 

que la succession de son époux a été répudiée, et d'autre part que le montant de ses 

cotisations pour 2003/2004, s'élevait, respectivement, à 425 fr., et 0 fr., et pour 

2006/2007, à 889 fr. 20, et 1'818 fr. Elle rappelle que les directives de l'OFAS n'ont 

pas force légale, que les caisses, et a fortiori le juge, ne sont pas nécessairement 

liées par les communications fiscales, et que les revenus des conjoints sont traités 

chacun pour soi quant à l'obligation de cotiser. Elle invoque enfin l'art. 9 de la 

Constitution prohibant l'interdiction de l'arbitraire et imposant la protection de la 

bonne foi. Elle conclut dès lors à ce que le montant de ses cotisations personnelles 

AVS/AI ne soit pas calculé sur la base de la taxation d'office IFD concernant son 

époux pour l'année concernée. 

 

 

 

 

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- 3/7 - 

6. Dans sa réponse du 14 avril 2010, la Caisse rappelle qu'elle n'est pas habilitée à 

s'écarter de la communication fiscale, qu'il ressort de celle-ci que les époux ont 

perçu des rentes pour un montant de 3'602'600 fr. en 2005 et qu'ils disposaient à 

cette même date d'une fortune de 250'000 fr. Elle précise également que les revenus 

des personnes mariées ne peuvent être traités chacun pour soi et que les cotisations 

ne sont pas perçues sur chacun des revenus des époux, mais sur la moitié de la 

fortune et du revenu sous forme de rente du couple. Elle ajoute enfin que le fait que 

la succession ait été répudiée en 2006 n'est pas déterminant, puisque seul l'état de la 

fortune au 31 décembre 2005 est à prendre en considération. Elle rend enfin 

l'intéressée attentive au fait qu'il lui est loisible de déposer une demande de 

réduction de ses cotisations. Cela étant, elle conclut au rejet du recours. 

7. Ce courrier a été transmis à l'intéressée et la cause gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch.1 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 

22 novembre 1941 (LOJ ; RS E 2 05), le Tribunal cantonal des assurances sociales 

connaît en instance unique des contestations prévues à l’article 56 de la loi fédérale 

sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 

(LPGA ; RS 830.1), relatives à la loi fédérale sur l'assurance-vieillesse et 

survivants, du 20 décembre 1946 (LAVS ; RS 831.10). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Déposé dans les forme et délai prévus par la loi, le présent recours est recevable 

(art. 60 LPGA). 

3. Le litige porte sur le montant des cotisations personnelles AVS/AI 2005 dû par 

l'intéressée en sa qualité de personne non active.  

4. Sont assurées et partant tenues de cotiser à l'AVS, les personnes physiques 

domiciliées en Suisse (art. 1a let. a LAVS). L'intéressée étant domiciliée à Genève 

et n'exerçant pas d'activité lucrative, elle est tenue de s'acquitter de cotisations 

personnelles AVS/AI en tant que non active. 

5. Les assurés n'exerçant aucune activité lucrative paient selon leur condition sociale 

(art. 10 al. 1 LAVS). 

Les cotisations des personnes sans activité lucrative sont ainsi déterminées sur la 

base de leur fortune et du revenu qu'elles tirent de rentes. Si une personne 

n'exerçant aucune activité lucrative dispose à la fois d'une fortune et d'un revenu 

sous forme de rente, le montant de la rente annuelle multiplié par 20 est ajouté à la 

fortune (art. 28 al. 1 et 2 du règlement sur l'assurance-vieillesse et survivants, du 31 

octobre 1947, RAVS, RS 831.101). 

 

 

 

 

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- 4/7 - 

Les cotisations dues durant l'année de cotisation sont fixées sur la base de la 

condition sociale de la personne assurée pendant l'année de cotisation. La fortune 

déterminante correspond à la fortune au 31 décembre de l'année de cotisation (art. 

29 al. 2, 1
ère

 phrase, RAVS). Le revenu sous forme de rente déterminant correspond 

au revenu sous forme de rente effectivement acquis pendant l'année de cotisation 

(art. 29 al. 2 RAVS ; Directives sur les cotisations des travailleurs indépendants et 

des personnes sans activité lucrative - DIN - chiffres 2102, 2104 et 2105). 

Si une personne mariée doit payer des cotisations comme personne sans activité 

lucrative, ses cotisations sont déterminées - indépendamment du régime patrimonial 

des époux - sur la base de la moitié de la fortune et du revenu sous forme de rente 

du couple (art. 10 al. 4 LAVS ; VSI 1999 p. 118). Cette règle est également valable 

lorsqu'un seul conjoint est assuré à l'AVS et est soumis à l'obligation de cotiser 

(DIN, ch. 2078). Dans un arrêt publié aux ATF 127 V 67 (consid. 3a), le Tribunal 

fédéral a confirmé la conformité à la Constitution et à la loi de l'art. 28 al. 4 RAVS, 

à teneur duquel le revenu acquis sous forme de rente d'époux doit être pris en 

compte pour moitié dans le calcul des cotisations du conjoint sans activité lucrative. 

La fortune déterminante d'une personne sans activité lucrative représente l'ensemble 

de sa fortune nette, détenue en Suisse ou à l'étranger. Les dettes doivent être 

déduites de la fortune brute. Celles-ci comprennent également les charges durables 

grevant cette fortune qui dérivent d'obligations contractuelles ou de dispositions 

pour cause de mort (rentes viagères, usufruit, etc.), pour autant que leur montant 

soit connu. Ne peuvent en revanche pas être déduites les prestations d'entretien ou 

d'assistance du droit de la famille.  

Le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion de juger que seule la fortune brute doit être 

prise en considération pour le calcul du montant des cotisations AVS/AI. Les 

déductions forfaitaires prévues par le droit fiscal cantonal en particulier, ne peuvent 

être prises en considération (ATF du 7 juillet 2005, H 204/04). Selon le chiffre 

2082 DIN, les dettes doivent certes être déduites de la fortune brute, l'abattement 

forfaitaire ne constitue cependant pas une dette et ne saurait être déductible de la 

fortune brute. 

6. Les autorités fiscales cantonales établissent la fortune sur la base de la taxation 

fiscale cantonale correspondante passée en force et la communiquent aux caisses de 

compensation (chiffres 2080 et ss DIN). 

Selon le ch. 2122 DIN, "il incombe aux caisses de compensation d'établir le revenu 

sous forme de rente. Celles-ci travaillent autant que possible en liaison avec 

l'autorité fiscale du canton de domicile de l'assuré. Toutefois, en raison de 

différences entre la notion fiscale et AVS du revenu sous forme de rente, les 

communications de cette autorité ne lient pas les caisses de compensation. 

 

 

 

 

A/999/2010 

- 5/7 - 

Les caisses de compensation sont liées par les données des autorités fiscales (art. 23 

al. 4 RAVS). D'après la jurisprudence, toute taxation fiscale est présumée conforme 

à la réalité; cette présomption ne peut être infirmée que par des faits. Dès lors que 

les caisses de compensation sont liées par les données fiscales, et que le juge des 

assurances sociales examine, en principe, uniquement la décision de la caisse quant 

à sa légalité, le juge ne saurait s'écarter des décisions de taxation entrées en force 

que si celles-ci contiennent des erreurs manifestes et dûment prouvées, qu'il est 

possible de rectifier d'emblée, ou s'il s'impose de tenir compte d'éléments de fait 

sans pertinence en matière fiscale mais déterminants sur le plan des assurances 

sociales.  

A cet égard, de simples doutes sur l'exactitude d'une taxation fiscale ne suffisent 

pas. La détermination du revenu est, en effet, une tâche qui incombe aux autorités 

fiscales, et il n'appartient pas au juge des assurances sociales de procéder lui-même 

à une taxation. L'assuré exerçant une activité lucrative indépendante doit donc faire 

valoir ses droits en matière de taxation - avec les effets que celle-ci peut avoir sur le 

calcul des cotisations AVS - en premier lieu dans la procédure judiciaire fiscale 

(ATF du 21 mars 2007, H 87/06, ATF 110 V 86 consid. 4 et 370 s., 106 V 130 

consid. 1, 102 V 30 consid. 3a; VSI 1997 p. 26 consid. 2b et la référence). Par 

ailleurs, les principes concernant la force contraignante des communications 

fiscales s'appliquent également en cas de taxation d'office. Aussi les caisses de 

compensation et le juge des assurances sociales sont-ils liés par la communication 

fiscale fondée sur une taxation d'office passée en force, bien que celle-ci soit moins 

précise qu'une taxation établie selon la procédure ordinaire, c'est-à-dire par rapport 

à des données concrètes (RCC 1988 p. 321 et les références ; ATF 120 V 272 

consid. 2). 

7. L'intéressée allègue que les chiffres sur la base desquels la Caisse a calculé le 

montant de ses cotisations personnelles du pour 2005 sont erronés en tant qu'ils ne 

tiennent pas comptes des intérêts des dettes contractées par son époux. Elle 

considère que le fait que la succession ait été répudiée, de même que le faible 

montant des cotisations dues pour les deux années antérieures et pour les deux 

années postérieures à 2005, démontre que la fortune n'atteignait de loin pas le 

chiffre retenu par la Caisse. Elle souligne du reste que la taxation fiscale était une 

taxation d'office. Rappelant enfin que les directives de l'Office fédéral des 

assurances sociales n'ont pas force légale, elle conclut à ce qu'elle soit taxée sur son 

propre revenu. 

8. Il y a lieu de rappeler que les caisses sont liées par le montant de la fortune et du 

revenu à elle communiqué par l'administration fiscale cantonale, même lorsqu'il y a 

eu taxation d'office. Le Tribunal de céans constate enfin que la taxation fiscale est 

en l'occurrence entrée en force. C'est dès lors à juste titre que la Caisse s'est fondée 

sur la communication IFD et il n'appartient pas au juge des assurances sociales de 

procéder à une autre taxation. Aucun élément chiffré ne permet de s'en écarter. 

 

 

 

 

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- 6/7 - 

Il ressort de la communication relative à l'année 2005 que la fortune nette du couple 

est de 250'000 fr. et son revenu acquis sous forme de rente de 3'602'600 fr. La 

Caisse a, conformément à l'art. 28 al. 4 RAVS, calculé le montant des cotisations 

AVS/AI dues par l'intéressée sur la base de la moitié de ces chiffres. 

Il est vrai que les directives de l’administration, si elles visent à assurer 

l’application uniforme de certaines dispositions légales, n’ont pas force de loi et ne 

lient ni les administrés ni les tribunaux. Elles ne peuvent sortir du cadre fixé par la 

norme supérieure qu’elles sont censées concrétiser. En d’autres termes, elles ne 

peuvent prévoir autre chose que ce qui découle de la législation ou de la 

jurisprudence (cf. ATF 131 V 42 consid. 2.3, 128 I 171 consid. 4.3 ; MOOR, Droit 

administratif, vol. I, 2
e
 édition, Berne 1994, p. 264 ss ; SPIRA, Le contrôle 

juridictionnel des ordonnances administratives en droit fédéral des assurances 

sociales, in Mélanges GRISEL, Neuchâtel 1983, p. 803 ss). 

Il y a toutefois lieu de rappeler que la Caisse a plus particulièrement fait application 

des art. 10 LAVS, 23 al. 4 et 28 al. 4 RAVS, lesquels prévoient précisément sur 

quelles bases doivent être déterminées les cotisations personnelles dues par les 

assurés non actifs, mariés. 

Aussi le recours est-il rejeté. 

 

 

 

 

 

 

 

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- 7/7 - 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 17 

juin 2005 (LTF ; RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, 

motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son 

mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 

électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 

possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 

l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Nathalie LOCHER 

 La présidente 

 

 

 

 

Doris WANGELER 

 

 

 

 
 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le