# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c1c9c73f-9c1c-51f0-9ad1-86c0cd3548aa
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-08-29
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 29.08.2011 D-7074/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-7074-2010_2011-08-29.pdf

## Full Text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t

T r i buna l   adm in i s t r a t i f   f édé ra l

T r i buna l e   ammin i s t r a t i vo   f ede ra l e

T r i buna l   adm in i s t r a t i v   f ede ra l

Cour IV
D­7074/2010

A r r ê t   d u   2 9   a oû t   2 0 1 1

Composition Gérald Bovier (président du collège), 
François Badoud, Daniele Cattaneo, juges,
Mathieu Ourny, greffier.

Parties A._______, né le (…),
Kosovo,   
représenté par (…),
recourant, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM), 
Quellenweg 6, 3003 Berne,  
autorité inférieure. 

Objet Asile et renvoi ; décision du 31 août 2010 / 
N (…).

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Faits :

A. 
En date du (…), A._______, accompagné de ses parents, B._______ et 
C._______,  de  son  frère  D._______  et  de  ses  sœurs  E._______  et 
F._______,  a  déposé  une  demande  d'asile  au  Centre  d'enregistrement 
des  requérants d'asile  (CERA),  actuellement Centre d'enregistrement  et 
de procédure (CEP) de G._______.

Entendu  une  première  fois  le  16  novembre  2004  (audition  sommaire), 
B._______ a déclaré être originaire du village de H._______ au Kosovo 
et appartenir à la communauté rom. En (…), il aurait quitté son pays avec 
sa  famille pour  rejoindre  l'Allemagne, où, au bénéfice d'une autorisation 
de séjour provisoire  ("Duldung"), elle serait demeurée pendant plusieurs 
années. En  (…),  la  famille serait  retournée vivre au Kosovo. L'ancienne 
maison  qu'elle  avait  occupée  ayant  été  incendiée,  elle  se  serait  établie 
dans  celle  appartenant  aux  parents  de  C:_______.  Dès  son  arrivée, 
B._______  aurait  été  pris  pour  cible  par  des  Albanais,  qui  l'auraient 
insulté et battu à plusieurs reprises. Ceux­ci auraient en outre exigé qu'il 
leur  donnât  une partie  de  l'argent  gagné en Allemagne. Dans  le but  de 
protéger  sa  famille,  ce dernier  aurait  décidé de  fuir  une nouvelle  fois  la 
région. En date du (…), la famille (…) aurait quitté le Kosovo pour gagner 
la  Suisse  deux  jours  plus  tard,  dans  un  fourgon  conduit  par  deux 
passeurs. 

B._______  a  déposé  un  certificat  de  naissance  établi  par  la  MINUK 
(Mission d'Administration Intérimaire des Nations Unies au Kosovo).

Egalement entendue le même jour, C._______ a fait valoir en substance 
les  mêmes  motifs  que  son  ex­mari.  Elle  a  précisé  qu'au  Kosovo,  les 
membres  de  la  famille  n'avaient  pas  été  acceptés  par  les  Albanais  et 
qu'ils  auraient  été  entravés  dans  leur  liberté  de mouvement,  elle­même 
étant  restée  continuellement  enfermée  dans  la maison  durant  le  séjour 
dans  le pays en  (…). Par ailleurs,  son oncle et  son cousin auraient été 
tués par des Albanais, alors que la famille (…) séjournait en Allemagne.

Selon  leurs propos, C._______ et B._______ auraient  divorcés en  (…), 
mais ils auraient repris la vie commune depuis.

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Les  enfants  E._______  et  D._______  ont  pour  leur  part  également  été 
entendus le même jour.

B. 

B.a. 
Le  (…), au cours d'une patrouille,  des agents de sécurité du CERA ont 
surpris  B._______  dans  un  véhicule  immatriculé  en  Allemagne.  Une 
fouille du véhicule a mis au  jour  certains documents, parmi  lesquels un 
ticket de caisse allemand daté du (…).

B.b. 
Le  22  novembre  2004,  B._______,  C._______,  ainsi  que  les  enfants 
D._______ et E._______, ont  fait  l'objet  d'une audition complémentaire, 
au cours de laquelle ils ont tous confirmé être bien rentrés au Kosovo en 
(…)  et  en  être  repartis  le  (…)  en  direction  de  la  Suisse. Concernant  la 
voiture  dans  laquelle  B._______  a  été  intercepté,  ils  ont  tous  affirmé 
qu'elle appartenait à son frère, et que celui­ci  la lui avait amenée depuis 
l'Allemagne, ce qui expliquait la présence du ticket de caisse.

C. 
Sollicitées  par  l'ancien  Office  fédéral  des  réfugiés  (ODR,  actuellement 
ODM),  les autorités allemandes compétentes  l'ont  informé par  télécopie 
du 26 novembre 2004 que la demande d'asile déposée par l'intéressé en 
Allemagne avait été rejetée le (…), les demandes des autres membres de 
la famille ayant connu le même sort, et que celui­ci avait quitté le domicile 
qu'il occupait à Hanovre pour un lieu inconnu à fin (…).

D. 

D.a. 
Par  déclaration  signée  du  26  novembre  2004,  B._______  a  retiré  les 
demandes d'asile déposées par  lui et sa famille. Le même jour,  l'ODR a 
rayé du rôle les demandes d'asile.

D.b. 
Par  courrier  du  29  novembre  2004,  la  famille  (…)  a  demandé  à  l'ODR 
d'annuler  la  décision  du  26  novembre  2004,  expliquant  que  B._______ 
s'était emporté et qu'il regrettait d'avoir signé la déclaration de retrait.

E. 
La requête du 29 novembre 2004 ayant été accueillie favorablement par 

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l'ODR,  B._______,  C._______,  ainsi  que  les  enfants  E._______  et 
D._______,  ont  été  entendus  sur  leurs motifs,  en  date  du  9  décembre 
2004. 

Concernant  le  séjour  au  Kosovo  en  (…),  B._______  a  précisé  que  la 
famille avait habité dans une maison construite par ses ex­beaux­parents, 
qui  vivraient  en  Allemagne  depuis  (…)  ans.  La  famille  y  aurait  logé  en 
compagnie  du  frère  de  C._______,  I._______,  et  de  sa  propre  famille, 
composée de cinq personnes au total. Interrogé sur les raisons du départ 
d'Allemagne en (…),  il a expliqué que son fils aîné, D._______, y  faisait 
l'objet  d'une  plainte  pénale  et  que  pour  lui  éviter  tout  problème avec  la 
justice,  il  aurait  été  décidé  de  partir  du  pays. Par  ailleurs,  une  décision 
des autorités allemandes aurait contraint la famille à quitter le pays. En ce 
qui concerne ses motifs d'asile, en plus du comportement agressif à son 
encontre  des  Albanais,  qu'il  n'aurait  pas  osé  dénoncer  aux  autorités 
locales compétentes, sa vie serait en danger au Kosovo en raison d'une 
faida  (vengeance)  lancée  contre  sa  famille,  suite  à  un  triple  meurtre 
commis par son oncle (…) ans plus tôt.

C._______ a confirmé pour l'essentiel les propos tenus par B._______. 

Brièvement  entendus,  E._______  et  D._______  n'ont  pas  allégué  de 
motifs supplémentaires à ceux invoqués par leurs parents.

F. 
Le 15 décembre 2004,  la  radiation du  rôle du 26 novembre 2004 a été 
formellement annulée par l'ODR, la procédure d'asile étant reprise.

G. 
Par  décision  du  même  jour,  l'ODR  a  rejeté  les  demandes  d'asile  de 
A._______ et des autres membres de sa famille, prononcé leur renvoi de 
Suisse  et  ordonné  l'exécution  de  cette  mesure.  L'office  a  relevé  en 
substance  que  les  motifs  présentés  étaient  invraisemblables  et  non 
pertinents  en matière  d'asile,  et  que  l'exécution  du  renvoi  en Serbie­et­
Monténégro (Kosovo) était licite, raisonnablement exigible et possible.

H. 
En date du 13 janvier 2005, les intéressés ont interjeté recours contre la 
décision précitée auprès de l'ancienne Commission suisse de recours en 
matière d'asile  (CRA),  concluant à  la  reconnaissance de  leur qualité de 
réfugiés et à l'octroi de l'asile, subsidiairement au prononcé d'admissions 
provisoires.

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I. 
Par  arrêt  du  14  novembre  2008,  le  Tribunal  administratif  fédéral  (le 
Tribunal) a admis le recours du 13 janvier 2005, a annulé la décision du 
15  décembre  2004  et  renvoyé  la  cause  à  l'ODM  pour  instruction  et 
nouvelle décision.

J. 

J.a. 
En  réponse  à  une  demande  de  renseignements  de  l'ODM  du  23 mars 
2010,  l'Ambassade de Suisse au Kosovo a transmis à l'office un rapport 
sur  le  requérant  et  sa  famille  en  date  du  4  mai  2010.  Il  en  ressort 
essentiellement les éléments suivants : 

Le village de H._______, situé dans la municipalité de J._______, est un 
petit  village  rural,  où  vivent  quelques  familles  appartenant  aux 
communautés  rom,  ashkalie  et  égyptienne.  Plusieurs  maisons  ont  été 
détruites,  parmi  lesquelles  celle  de  la  famille  (…).  Selon  un  habitant 
consulté  sur place,  le  terrain  sur  lequel  se  trouvait  la maison appartient 
toujours à la famille. Le village de K._______, où se situe la maison dans 
laquelle l'intéressé et sa famille auraient vécu quelque temps en (…), se 
trouve  pour  sa  part  dans  la  municipalité  de  L._______.  La  maison  en 
question  est  habitée  par  les  deux  oncles  de  A._______,  I._______  et 
M._______,  et  leur  famille  respective.  Jugée  en  bon  état,  elle  est  bien 
entretenue et d'une superficie de 120 m²,  répartis sur deux étages. Une 
petite  maisonnette  de  50  m²  se  dresse  à  l'extrémité   du  jardin.  Selon 
I._______,  qui  travaille  à  L._______  comme  poseur  d'antennes  de 
télévision,  sa  sœur  aurait  quitté  le  Kosovo  avec  sa  famille  dans  les 
années (…) pour l'Allemagne, ne revenant plus jamais au Kosovo depuis 
lors.  I._______  n'aurait  jamais  revu  sa  sœur,  mais  il  serait  toujours  en 
contact  téléphonique  avec  elle.  Par  ailleurs,  la  famille  se  serait 
directement  rendue  en  Suisse  après  avoir  quitté  l'Allemagne.  Dans  la 
maison  vivent  12  personnes,  à  savoir  I._______,  sa  femme  et  leurs 
quatre filles, ainsi que M._______, son épouse,  leurs deux filles et  leurs 
deux fils. Toujours selon I._______,  il y aurait comme eux une douzaine 
de familles roms dans le quartier, les relations avec la majorité albanaise 
étant jugées bonnes. En cas de retour de la famille (…), I._______ et son 
frère n'auraient pas les moyens de les prendre en charge.

J.b. 
Le  11  mai  2010,  l'ODM  a  transmis  à  la  famille  (…)  l'essentiel  des 

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informations contenues dans  le  rapport de  l'Ambassade du 4 mai 2010, 
lui octroyant un délai au 25 mai 2010 pour se prononcer à ce sujet.

J.c. 
Par courrier du 21 mai 2010, B._______ a répondu à l'ODM. Il a souligné 
en substance qu'il était séparé de son ex­épouse et qu'il ne pouvait ainsi 
être  exigé  de  lui  qu'il  vive  avec  elle  dans  une maison  appartenant  à  la 
famille de celle­ci. Il a en outre nié le fait que sa propre famille possédait 
encore un terrain au Kosovo, ses parents résidant en Allemagne.

J.d. 
Le  8  juin  2010,  l'ODM  a  fait  parvenir  au mandataire  de  l'époque  de  la 
famille (…) (…) un courrier identique à celui du 11 mai 2010, qui avait été 
précédemment adressé directement aux requérants, avec un délai au 23 
juin 2010 pour se déterminer.

J.e. 
En date du 21 juin 2010, (…) a répondu à l'office, soulignant notamment 
que  B._______  n'avait  plus  de  famille  au  Kosovo  et  qu'il  craignait  d'y 
retourner  en  raison  des  représailles  qu'il  pourrait  y  subir  de  la  part  des 
Albanais  pour  n'avoir  pas  combattu  à  leurs  côtés  pendant  la  guerre. 
Quant à C._______, ses frères installés à K._______ ne pourraient pas la 
prendre en charge,  leurs parents vivant en Allemagne ne leur venant en 
aide  que  ponctuellement.  Au  vu  des  discriminations  à  l'encontre  des 
Roms  au  Kosovo,  un  retour  dans  ce  pays  ne  serait  en  outre  pas 
envisageable pour l'ensemble de la famille.

K. 
Devenu majeur,  A._______  a  été  entendu  par  l'ODM  le  22  juillet  2010 
(audition  sommaire  et  audition  sur  les  motifs).  Concernant  ses  motifs 
d'asile, il a dit ignorer pour quelle raison lui et sa famille auraient quitté la 
Serbie en (…), puis le Kosovo en (…). Pendant cette période passée au 
Kosovo,  les membres de  la  famille ne seraient pas sortis de  la maison, 
par crainte des Albanais. Il n'aurait pour sa part toutefois jamais rencontré 
personnellement de difficultés avec ces derniers.

Il  a  par  ailleurs  déposé  un  certificat  de  naissance  serbe,  établi  le  19 
octobre 2009.

L. 
Par  décision  du  31  août  2010,  l'ODM  a  rejeté  la  demande  d'asile  de 
A._______,  prononcé  son  renvoi  de  Suisse  et  ordonné  l'exécution  de 

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cette  mesure.  L'office  a  notamment  estimé  que  les  motifs  invoqués 
n'étaient pas pertinents en matière d'asile et qu'aucun élément ne faisait 
obstacle  à  l'exécution  du  renvoi,  au  vu  notamment  des  mesures 
d'instructions  ordonnées  sur  place  et  effectuées  par  l'Ambassade  de 
Suisse au Kosovo.

M. 
En  date  du  29  septembre  2010,  le  requérant  a  interjeté  un  premier 
recours contre la décision précitée, par l'entremise du (…), concluant à la 
reconnaissance  de  sa  qualité  de  réfugié  et  à  l'octroi  de  l'asile, 
subsidiairement au prononcé d'une admission provisoire.  Il a également 
demandé  à  pouvoir  bénéficier  de  l'assistance  judiciaire  partielle.  Dans 
son recours, il a notamment estimé que sa condition de Rom s'opposait à 
l'exécution  de  son  renvoi  au  Kosovo.  Il  a  par  ailleurs  produit  certains 
documents à titre de moyens de preuve, dont une lettre notariée de son 
grand­père maternel, par  laquelle celui­ci explique notamment que deux 
de  ses  fils,  ainsi  que  leur  famille  respective,  vivent  dans  sa maison  au 
Kosovo  et  qu'il  leur  envoie  chaque  mois  de  l'argent.  Son  grand­père 
précise qu'il n'est par contre pas en mesure de subvenir aux besoins de 
sa  fille C._______  et  de  ses  enfants,  parmi  lesquels A._______. Quant 
aux  autre  pièces  déposées,  il  s'agit  d'articles  relatifs  à  la  situation 
générale au Kosovo, en particulier celle touchant les Roms.

N. 
Le 30 septembre 2010, l'intéressé a déposé un second recours contre la 
décision de l'ODM du 31 août 2010, par l'intermédiaire de (…).

O. 
Par ordonnance du 7 octobre 2010, le Tribunal a demandé au recourant 
de  lui  indiquer  par  quel mandataire  il  souhaitait  être  représenté dans  le 
cadre de la procédure de recours.

Par  courrier  du 14 octobre 2010,  (…) a  communiqué qu'il  était  toujours 
mandataire de l'intéressé.

Par  lettre  du  20  octobre  2010,  (…)  a  fait  parvenir  au  Tribunal  une 
procuration  signée  par  le  recourant  le  9  octobre  2010,  par  laquelle  il 
déclare  que  son  mandataire  dans  la  présente  procédure  est 
exclusivement (…).

P. 
Par  décision  incidente  du  18  novembre  2010,  le  juge  chargé  de 

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l'instruction a rejeté la demande d'assistance judiciaire partielle, au vu du 
caractère d'emblée voué à l'échec des conclusions du recourant. Un délai 
au 3 décembre 2010 lui a été imparti pour verser un montant de Fr. 600.­ 
au titre d'une avance de frais.

Q. 
En date du 3 décembre 2010, l'avance de frais requise a été versée.

R. 
Par courriers des 2 et 14 janvier 2011, l'intéressé, par l'entremise du (…), 
a  complété  ses mémoires  de  recours  déposés  les  29  et  30  septembre 
2010, produisant un article relatif au retour au Kosovo des enfants et des 
jeunes  Roms  en  provenance  d'Allemagne  et  aux  difficultés  qui  en 
découlent.

S. 
Dans  sa détermination  du 21  février  2011,  l'ODM a proposé  le  rejet  du 
recours.

T. 
Le 14 mars 2011, le recourant a fait usage de son droit de réponse.

U. 
Depuis son arrivée en Suisse, l'intéressé a eu affaire à plusieurs reprises 
à la police. Il a notamment été interrogé par la police dans le cadre d'une 
affaire de vol et de recel (rapport de police du 2 décembre 2009). Selon 
les  dernières  informations  à  disposition  du Tribunal,  il  aurait  interrompu 
un  apprentissage  et  serait  désormais  au  chômage  (cf. procès­verbal  de 
l'audition  sommaire  du  22  juillet  2010,  p.  3 ;  procès­verbal  de  l'audition 
sur les motifs du 22 juillet 2010, p. 4).

V. 
Les  autres  faits  de  la  cause  seront  examinés,  si  nécessaire,  dans  les 
considérants en droit qui suivent.

Droit :

1. 

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1.1. Le Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le 
Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  connaît des  recours 
contre  les  décisions  au  sens  de  l'art. 5  de  la  loi  fédérale  du  20 
décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021) 
prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF.

En particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant l'asile peuvent 
être contestées, par renvoi de l'art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l'asile 
(LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement, 
sauf demande d'extradition déposée par  l'Etat dont  le requérant cherche 
à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
fédéral [LTF, RS 173.110]).

1.2. Le recourant a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans 
la forme (art. 52 PA) et dans les délais (art. 50 PA) prescrits par la loi, le 
recours est recevable.

2. 

2.1.  Le  Tribunal  examine  librement  en  la  matière  l'application  du  droit 
public  fédéral,  la constatation des  faits et  l'opportunité,  sans être  lié par 
les  arguments  invoqués  à  l'appui  du  recours  (art. 106  al. 1 LAsi  et  62 
al. 4 PA  par  renvoi  des  art. 6 LAsi  et  37 LTAF)  ni  par  la  motivation 
retenue par  l'ODM (ATAF 2009/57 consid. 1.2 p. 798 ; cf. dans  le même 
sens Jurisprudence et  informations de  la Commission suisse de recours 
en matière d'asile  [JICRA] 2002 n° 1 consid. 1a p. 5,  JICRA 1994 n° 29 
consid. 3 p. 206s.).  Il peut ainsi admettre un recours pour un autre motif 
que  ceux  invoqués  devant  lui  ou  rejeter  un  recours  en  adoptant  une 
argumentation  différente  de  celle  de  l'autorité  intimée  (ATAF 2007/41 
consid. 2 p. 529s.).

2.2. A l'instar de  l'ODM,  il s'appuie sur  la situation prévalant au moment 
de  l'arrêt  s'agissant  de  la  crainte  de  persécution  future  ou  de  motifs 
d'empêchement  à  l'exécution  du  renvoi,  que  ceux­ci  soient  d'ordre 
juridique  ou  pratique  (ATAF 2009/29  consid. 5.1  p. 376,  ATAF 2008/12 
consid. 5.2 p. 154s., ATAF 2008/4 consid. 5.4 p. 38s. ; arrêts du Tribunal 
administratif  fédéral  D­7561/2008  consid. 1.4  [p. 8]  du  15 avril 2010, 
D­7558/2008 consid. 1.4 [p. 7] du 15 avril 2010, D­3753/2006 consid. 1.5 
du  2 novembre 2009,  D­7040/2006  consid. 1.5  du  28 juillet 2009  et 
D­6607/2006  consid. 1.5  [et  réf. JICRA cit.]  du  27 avril 2009).  Il  prend 

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ainsi  en  considération  l'évolution  de  la  situation  intervenue  depuis  le 
dépôt de la demande d'asile.

3. 

3.1. Sont  des  réfugiés  les  personnes  qui,  dans  leur  Etat  d'origine  ou 
dans  le pays de  leur dernière  résidence,  sont  exposées à de  sérieux 
préjudices ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de 
leur  religion,  de  leur  nationalité,  de  leur  appartenance  à  un  groupe 
social  déterminé  ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment 
considérées comme de sérieux préjudices la mise en danger de la vie, 
de l'intégrité corporelle ou de la liberté, de même que les mesures qui 
entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir 
compte  des motifs  de  fuite  spécifiques  aux  femmes  (art. 3  al. 1  et  2 
LAsi).

3.1.1. La crainte face à des persécutions à venir, telle que comprise à 
l'art.  3  LAsi,  contient  un  élément  objectif,  au  regard  d'une  situation 
ancrée  dans  les  faits,  et  intègre  également  dans  sa  définition  un 
élément subjectif. Sera reconnu comme réfugié celui qui a de bonnes 
raisons,  c'est­à­dire  des  raisons  objectivement  reconnaissables  pour 
un  tiers  (élément  objectif),  de  craindre  (élément  subjectif)  d'avoir  à 
subir  selon  toute  vraisemblance  et  dans  un  avenir  prochain  une 
persécution (cf. JICRA 2000 n° 9 consid. 5a p. 78 et JICRA 1997 n° 10 
consid.  6  p.  73).  Sur  le  plan  subjectif,  il  doit  être  tenu  compte  des 
antécédents de  l'intéressé, notamment de  l'existence de persécutions 
antérieures,  ainsi  que  de  son  appartenance  à  un  groupe  ethnique, 
religieux,  social  ou  politique  l'exposant  plus  particulièrement  à  des 
mesures de persécution ; en particulier, celui qui a déjà été victime de 
telles mesures a des raisons objectives d'avoir une crainte (subjective) 
plus  prononcée  que  celui  qui  en  est  l'objet  pour  la  première  fois 
(cf. JICRA  2004  n°  1  consid.  6a  p.  9,  JICRA  1994  n°  24  p.  171ss  et 
JICRA 1993 n° 11 p. 67ss). Sur  le plan objectif, cette crainte doit être 
fondée  sur  des  indices  concrets  qui  peuvent  laisser  présager 
l'avènement,  dans  un  avenir  prochain  et  selon  une  haute  probabilité, 
de  mesures  déterminantes  selon  l'art.  3  LAsi.  Il  ne  suffit  pas,  dans 
cette  optique,  de  se  référer  à  des  menaces  hypothétiques,  qui 
pourraient se produire dans un avenir plus ou moins lointain (cf. JICRA 
2005 n° 21 consid. 7 p. 193, JICRA 2004 n° 1 consid. 6a p. 9, JICRA 
1993 n° 21 p. 134ss et JICRA 1993 n° 11 p. 67ss ; MINH SON NGUYEN, 
Droit  public  des  étrangers  :  présence,  activité  économique  et  statut 

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Page 11

politique, Berne 2003, p. 447ss ; MARIO GATTIKER, La procédure d'asile 
et  de  renvoi,  Berne  1999,  p.  69 s.  ;  ALBERTO ACHERMANN  / CHRISTINA 
HAUSAMMANN,  Les  notions  d'asile  et  de  réfugié  en  droit  suisse,  in  : 
Walter Kälin [éd.], Droit des réfugiés, enseignement de 3ème cycle de 
droit  1990,  Fribourg  1991,  p. 23ss,  spéc.  44  ;  ALBERTO ACHERMANN  / 
CHRISTINA  HAUSAMMANN,  Handbuch  des  Asylrechts,  2ème  éd., 
Berne/Stuttgart  1991,  p.  108ss  ;  WALTER  KÄLIN,  Grundriss  des 
Asylverfahrens,  Bâle/Francfort­sur­le­Main  1990,  p.  126  et  143ss  ; 
SAMUEL WERENFELS,  Der  Begriff  des  Flüchtlings  im  schweizerischen 
Asylrecht, Berne 1987, p. 287ss).

3.1.2.  Les  préjudices  infligés  par  des  tierces  personnes  ne  revêtent  un 
caractère déterminant pour la reconnaissance de la qualité de réfugié que 
si l'Etat n'accorde pas la protection nécessaire, comme il en a la capacité 
et l'obligation. Il  incombe au requérant de s'adresser en premier lieu aux 
autorités  en  place  dans  son  pays  d'origine,  dans  la  mesure  où  la 
protection  internationale ne revêt qu'un caractère subsidiaire par rapport 
à la protection nationale, lorsque celle­ci existe, qu'elle s'avère efficace et 
qu'elle  peut  être  requise  (cf. JICRA 2006 n°  18 p. 181  ss,  en particulier 
consid. 10.3.2).

3.2.  Quiconque  demande  l'asile  (requérant)  doit  prouver  ou  du  moins 
rendre  vraisemblable  qu'il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est 
vraisemblable  lorsque  l'autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement 
probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 
des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont 
contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de 
manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 
LAsi).

Conformément  à  la  jurisprudence  du  Tribunal,  le  caractère  tardif 
d'éléments tus lors de l'audition sommaire au centre d'enregistrement, 
mais  invoqués  plus  tard  lors  de  l'audition  sur  les motifs  d'asile,  peut 
être  retenu  pour mettre  en  doute  la  vraisemblance  des motifs  d'asile 
allégués (cf. arrêt du Tribunal administratif  fédéral D­2518/2007 du 14 
avril  2010  consid. 4.2).  Ce  principe  vaut  a  fortiori  pour  des  allégués 
présentés  uniquement  au  stade  du  recours.  Dans  certaines 
circonstances  particulières,  les  allégués  tardifs  peuvent  certes  être 
excusables. Tel est  le cas, par exemple, des déclarations de victimes 
de  graves  traumatismes,  qui  ont  de  la  réticence  à  s'exprimer  sur  les 
événements  vécus,  ou  encore  de  personnes  provenant  de  milieux 

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dans lesquels  la  loi du silence est une règle d'or (cf. ibidem ; cf. aussi 
à  ce  sujet  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  D­2322/2009  du  7 
juillet 2009 consid. 5.4).

4. 

4.1. En l'espèce, l'intéressé dit ignorer pourquoi sa famille aurait quitté la 
Serbie en (…), puis le Kosovo en (…), précisant néanmoins que pendant 
leur  séjour  au  Kosovo,  lui­même  et  les  membres  de  sa  famille  ne 
sortaient  pas  de  la  maison,  par  crainte  des  Albanais.  Or  force  est  de 
constater que le recourant, comme les autres membres de sa famille, n'a 
pas établi être retourné au Kosovo en (…).

4.1.1. En effet, selon les propos de I._______, chez qui A._______ et sa 
famille se seraient  réfugiés en  (…), ceux­ci n'auraient  jamais vécu chez 
lui,  lui­même ne  les ayant pas revus depuis  leur départ du pays en (…) 
(cf. rapport  de  l'Ambassade  suisse  au  Kosovo  du  4  mai  2010).  En 
revanche, I._______, au moment de ses déclarations au représentant de 
l'Ambassade le 29 avril 2010, aurait toujours été en contact téléphonique 
avec sa sœur, C._______, et  il aurait appris que la famille (…) se serait 
rendue directement en Suisse depuis l'Allemagne en (…).

Au vu de ces  informations, délivrées par  l'oncle de  l'intéressé,  la  réalité 
du retour de  la famillle (…) au Kosovo en (…) est douteuse, ce d'autant 
plus  qu'aucun  élément  du  dossier  ne  pourrait  laisser  penser  que 
I._______ aurait menti à ce propos.

4.1.2. Ce constat est  renforcé par  le  fait que  le père du  recourant a été 
surpris à G._______ au volant d'une voiture  immatriculée en Allemagne 
le (…), soit quelques  jours après  l'entrée en Suisse de  la  famille  le (…), 
un ticket de caisse allemand du (…) ayant par ailleurs été retrouvé dans 
le  véhicule.  Cet  élément  ne  concorde  manifestement  pas  avec  les 
circonstances  de  l'arrivée  en  Suisse  avancées  par  Ies  membres  de  la 
famille  (…),  selon  lesquelles  ils  auraient  voyagé  dans  le  véhicule  des 
passeurs qui les accompagnaient. En outre, les explications données par 
les membres de  la  famille  interrogés à ce sujet ne convainquent pas.  Il 
apparaît  en  effet  très  invraisemblable  qu'une  fois  la  famille  arrivée  en 
Suisse, le frère de B._______ ait pris l'initiative d'apporter à ce dernier sa 
propre voiture depuis l'Allemagne, afin de lui permettre de se déplacer en 
Suisse,  le  frère  en  question  venant  de  surcroît  du  nord  de  l'Allemagne 
(N._______, à proximité de O._______),  selon  les documents  retrouvés 

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dans la voiture (permis de circulation du véhicule). En tenant compte des 
affirmations  de  I._______,  il  semble  plus  probable  que  la  famille  (…)  a 
emprunté le véhicule du frère de B._______ pour se rendre en Suisse. 

4.1.3. En outre,  les déclarations des membres de la famille entendus au 
sujet  du  voyage  qu'ils  auraient  effectué  depuis  le  Kosovo  confortent 
l'impression  selon  laquelle  ils  ne  l'ont  pas  fait.  Le  récit  présenté  par  le 
recourant  est  particulièrement  pauvre  et  dénué  de  détails  (cf. procès­
verbal  de  l'audition  sommaire  de A._______  du  22  juillet  2010,  p.  7),  à 
l'image des propos rapportés par les autres membres de sa famille. Ainsi, 
la description des conducteurs du fourgon ou celle du parcours emprunté 
est indigente (cf. procès­verbal de l'audition de B._______ du 9 décembre 
2004, p. 7 et 8 ; procès­verbal de l'audition de C._______ du 9 décembre 
2004, p. 6 et 7 ; procès­verbal de l'audition de D._______ du 9 décembre 
2004, p. 3 et 4 ; procès­verbal de l'audition de E._______ du 9 décembre 
2004,  p. 4).  Par  ailleurs,  les  récits  divergent  les  uns  par  rapport  aux 
autres,  bien  qu'ils  semblent  entendus  sur  certains  points.  Ainsi,  les 
conducteurs du fourgon parlaient tantôt uniquement  le serbe (cf. procès­
verbal  de  l'audition  de  B._______  du  9  décembre  2004,  p. 8),  tantôt  le 
gabel,  l'allemand  et  l'albanais  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de 
C._______  du  9  décembre  2004,  p. 6).  L'arrière  du  véhicule,  où  les 
requérants  auraient  pris  place,  ne  disposait  pas  de  sièges  selon 
B._______ (cf. procès­verbal de  l'audition de B._______ du 9 décembre 
2004,  p. 7),  alors  que  selon  d'autres membres  de  la  famille,  ils  étaient 
bien assis sur des sièges (cf. procès­verbal de l'audition de D._______ du 
9  décembre  2004,  p. 4 ;  procès­verbal  de  l'audition  de E._______  du  9 
décembre 2004, p. 4). B._______ aurait effectué selon  lui  l'intégralité du 
trajet à l'arrière, en compagnie du reste de la famille (cf. procès­verbal de 
l'audition  de  B._______  du  9  décembre  2004,  p. 8),  tandis  que  d'après 
son ex­femme,  il se serait parfois  installé à  l'avant avec  les conducteurs 
(cf. procès­verbal de l'audition de C._______ du 9 décembre 2004, p. 6). 
B._______  s'est  pour  sa  part  contredit  de  manière  flagrante,  affirmant 
dans un premier temps avoir parlé avec les conducteurs pendant le trajet 
pour les tenir en forme (cf. procès­verbal de l'audition de B._______ du 9 
décembre 2004, p. 7,  réponse ad question n° 58), avant de dire ne pas 
avoir  parlé  avec  eux  en  raison  du  fait  qu'ils  ne  parlaient  que  le  serbe 
(cf. ibidem, p. 8, réponse ad question n° 61).

L'indigence des propos et les divergences constatées permettent ainsi de 
tenir  pour  invraisemblables  les  circonstances  de  l'arrivée  en  Suisse  du 
recourant et de sa famille, telles qu'elles ont été rapportées. 

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4.2.  En  outre,  les  explications  relatives  aux  conditions  dans  lesquelles 
l'intéressé  et  sa  famille  auraient  vécu  au  Kosovo  entre  (…)  et  (…) 
s'avèrent  extrêmement  vagues  et  indigentes  (cf. procès­verbal  de 
l'audition  sur  les motifs  de  A._______  du  22  juillet  2010,  p. 3),  comme 
celles des autres membres de la famille (cf. procès­verbal de l'audition de 
C._______  du  9  décembre  2004,  p. 5 ;  procès­verbal  de  l'audition  de 
E._______ du 9 décembre 2004, p. 3 à 5). Ainsi, mis à part le fait que la 
famille aurait vécu chez son oncle et que personne ne serait jamais sorti 
de la maison, le recourant a été incapable de fournir plus d'information à 
ce sujet, ne pouvant par exemple donner le nom du village dans lequel il 
vivait  ou  dire  si  la maison  disposait  d'un  jardin.  Il  n'est  d'autre  part  pas 
crédible  que  A._______  et  les  membres  de  sa  famille  soient  restés 
enfermés  pendant  (…)  mois  sans  jamais  quitter  la  maison  qu'ils 
occupaient, par unique crainte des Albanais. Le Tribunal en conclut que 
la famille (…) n'a pas séjourné auprès de ses proches au Kosovo en (…).

4.3. Au vu de ce qui précède, les motifs d'asile présentés par l'intéressé 
doivent  être  jugés  invraisemblables.  Quant  aux  motifs  plus  spécifiques 
allégués par ses parents (actes de persécution et de discrimination de la 
communauté albanaise à leur encontre, faida lancée contre B._______ et 
meurtres de membres de la famille de C._______), qui seraient à l'origine 
du  départ  de  la  famille  du  Kosovo,  ils  ont  également  été  considérés 
comme  non  crédibles  dans  le  cadre  d'autres  arrêts  séparés  rendus  ce 
jour (D­7082/2010 et D­7206/2010).

4.4.  Au  demeurant,  indépendamment  de  la  question  de  leur 
vraisemblance,  les  motifs  avancés  ne  sont  pas  pertinents  en  matière 
d'asile. 

4.4.1. Les problèmes  invoqués par  l'intéressé et  les autres membres de 
sa  famille sont  le  fait de  tiers. Or personne ne se serait  jamais adressé 
aux  autorités  compétentes  pour  dénoncer  les  actes  commis  à  leur 
encontre ou les menaces qui auraient pesé sur eux (cf. procès­verbal de 
l'audition  de  B._______  du  9  décembre  2004,  p. 7 ;  procès­verbal  de 
l'audition de C._______ du 9 décembre 2004, p. 6), de telle manière que 
le  recourant  ne  saurait  se  prévaloir  de  l'inefficacité  des  autorités 
kosovares  pour  requérir  la  protection  de  la  Suisse,  qui  est  subsidiaire. 
D'ailleurs,  A._______  n'a  jamais  prétendu  que  les  instances  kosovares 
étaient inaptes à lui porter assistance, reconnaissant au contraire n'avoir 
jamais connu de problèmes avec elles (cf. procès­verbal de l'audition sur 
les motifs  de A._______  du  22  juillet  2010,  p. 3),  comme  l'ont  concédé 

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ses  parents  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  B._______  du  16 
novembre  2004,  p. 6 ;  procès­verbal  de  l'audition  de  C._______  du  16 
novembre 2004, p. 7).

Par ailleurs, selon  la  jurisprudence du Tribunal, qui a repris sur ce point 
celle de la Commission,  la MINUK et  la Force de maintien de la paix au 
Kosovo  (KFOR)  ont  la  volonté  et  la  capacité  de  protéger  les  minorités 
ethniques  au Kosovo  et  il  n'existe  aucune  persécution  systématique  de 
celles­ci (cf. notamment  arrêts  du  Tribunal  administratif  fédéral  D­
6827/2010  du  2  mai  2011  consid. 4.7,  D­4618/2007  du  13  juillet  2007 
consid. 5.3 et D­3844/2006 du 27 août 2007 consid. 5.2, qui renvoient à 
la  JICRA  2002  n°  22  consid.  4d/aa  p. 180).  Cette  jurisprudence  est 
toujours  d'actualité,  même  après  la  déclaration  unilatérale 
d'indépendance  du  Kosovo  du  17 février 2008  (cf. arrêts  du  Tribunal 
administratif  fédéral D­4220/2008 du 24 octobre 2008 p. 5, D­3694/2006 
du 18 novembre 2008 consid. 3.2 et D­3685/2009 du 20 août 2009 p. 5 et 
6), les autorités de la nouvelle République ne renonçant pas à poursuivre 
les  auteurs  d'actes  pénalement  répréhensibles  et  offrent  donc,  en 
principe, une protection appropriée pour empêcher la perpétration d'actes 
illicites,  quelle  que  soit  l'appartenance  ethnique  des  auteurs  et  des 
victimes  de  ces  atteintes  (cf.  notamment  UK  Home  Office,  Operational 
Guidance Note : Kosovo, 22 juillet 2008, spéc. par. 3.11.10 à 3.11.12 et 
sources citées).

4.5. Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il porte sur la reconnaissance de 
la qualité de réfugié et l'octroi de l'asile, doit être rejeté.

5. 

5.1.  Lorsqu'il  rejette  la  demande  d'asile  ou  qu'il  refuse  d'entrer  en 
matière  à  ce  sujet,  l'ODM  prononce,  en  règle  générale,  le  renvoi  de 
Suisse et en ordonne  l'exécution;  il  tient compte du principe de  l'unité 
de  la  famille  (art. 44  al. 1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé, 
selon l'art. 32 de  l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur  l'asile  relative à 
la procédure (OA 1, RS 142.311), lorsque le requérant d'asile dispose 
d'une  autorisation  de  séjour  ou  d'établissement,  ou  qu'il  fait 
l'objet d'une  décision  d'extradition  ou  d'une  décision  de  renvoi 
conformément à  l'art. 121 al. 2  de  la Constitution  fédérale du 18 avril 
1999 (Cst., RS 101).

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5.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n'étant  en 
l'occurrence  réalisée,  le  Tribunal  est  tenu,  de  par  la  loi,  de  confirmer 
cette mesure.

6. 
L'exécution  du  renvoi  est  ordonnée  si  elle  est  licite,  raisonnablement 
exigible et possible (art. 44 al. 2 LAsi). En cas contraire,  l'ODM règle  les 
conditions de résidence conformément aux dispositions de la loi fédérale 
sur  les  étrangers  du  16  décembre  2005  (LEtr,  RS  142.20)  concernant 
l'admission provisoire (art. 44 al. 2 LAsi).

7. 

7.1.  L'exécution  du  renvoi  est  illicite,  lorsque  la  Suisse,  pour  des 
raisons de droit international public, ne peut contraindre un étranger à 
se  rendre  dans  un  pays  donné  ou  qu'aucun  autre Etat,  respectant  le 
principe du non­refoulement, ne se déclare prêt à  l'accueillir  ;  il  s'agit 
d'abord  de  l'étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause 
d'exclusion de  l'asile, et ensuite de  l'étranger pouvant démontrer qu'il 
serait  exposé  à  un  traitement  prohibé  par  l'art.  3  CEDH  ou  encore 
l'art. 3  de  la  Convention  du  10  décembre  1984  contre  la  torture  et 
autres peines ou  traitements  cruels,  inhumains ou dégradants  (Conv. 
torture,  RS  0.105)  (Message  du  Conseil  fédéral  à  l'appui  d'un  arrêté 
fédéral  sur  la  procédure  d'asile  [APA],  du  25  avril  1990,  in : 
FF 1990 II 624).

7.2.  In  casu,  l'exécution  du  renvoi  ne  contrevient  pas  au  principe  de 
non­refoulement  de  l'art. 5  LAsi,  l'intéressé  n'ayant  pas  la  qualité  de 
réfugié.

7.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant 
du  droit  international,  il  sied  d'examiner  particulièrement  si  l'art. 3 
CEDH,  qui  interdit  la  torture,  les  peines  et  traitements  inhumains  ou 
dégrandants,  trouve  application  dans  le  cas  d'espèce.  Si  cette 
disposition  s'applique  indépendamment  de  la  reconnaissance  de  la 
qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu'un  renvoi  ou  une 
extradition serait  prohibée par  le  seul  fait  que dans  le pays concerné 
des violations de l'art. 3 CEDH devraient être constatées ; une simple 
possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au 
contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à 

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satisfaction qu'il existe pour elle un véritable risque concret et sérieux, 
au­delà  de  tout  doute  raisonnable,  d'être  victime  de  tortures,  ou  de 
traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi dans son pays. 
Il  en  ressort  qu'une  situation  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  troubles 
intérieurs  graves  ou  de  tension  grave  accompagnée  de  violations 
des droits  de  l'homme  ne  suffit  pas  à  justifier  la  mise  en  oeuvre 
de la protection  issue  de  l'art. 3  CEDH,  tant  que  la  personne 
concernée  ne peut  rendre  hautement  probable  qu'elle  serait  visée 
personnellement  ­  et  non  pas  simplement  du  fait  d'un  hasard 
malheureux  ­  par  des  mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en 
question (cf. JICRA 1996 n° 18 consid. 14b let. ee p. 186 s.).

7.4. En l'occurrence, le recourant n'a pas rendu hautement probable qu'il 
serait personnellement visé, en cas de retour dans son pays d'origine, par 
des mesures  incompatibles  avec  l'art.  3  CEDH  ou  d'autres  dispositions 
contraignantes de droit international (cf. supra consid. 4).

7.5.  Dès  lors,  l'exécution  du  renvoi  sous  forme  de  refoulement  ne 
transgresse  aucun  engagement  de  la  Suisse  relevant  du  droit 
international, de sorte qu'elle s'avère licite (art. 44 al. 2 LAsi et 83 al. 3 
LEtr).

8. 

8.1. Selon  l'art.  83  al.  4  LEtr,  l'exécution  de  la  décision  peut  ne  pas 
être  raisonnablement  exigée  si  le  renvoi  ou  l'expulsion  de  l'étranger 
dans  son  pays  d'origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en 
danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence 
généralisée ou de nécessité médicale.

8.2. Cette  disposition  s'applique  en  premier  lieu  aux  "réfugiés  de  la 
violence", soit aux étrangers qui ne  remplissent pas  les conditions de 
la  qualité  de  réfugié  parce  qu'ils  ne  sont  pas  personnellement 
persécutés, mais  qui  fuient  des  situations  de  guerre,  de  guerre  civile 
ou  de  violence  généralisée.  Elle  vaut  aussi  pour  les  personnes  pour 
qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger, 
notamment  parce  qu'elles  ne  pourraient  plus  recevoir  les  soins  dont 
elles  ont  besoin  ou  qu'elles  seraient,  selon  toute  probabilité, 
condamnées à devoir vivre durablement et  irrémédiablement dans un 
dénuement complet, et ainsi exposées à la famine, à une dégradation 
grave de leur état de santé, à l'invalidité, voire à la mort. En revanche, 

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les  difficultés  socio­économiques  qui  sont  le  lot  habituel  de  la 
population  locale,  en  particulier  des  pénuries  de  soins,  de  logement, 
d'emplois,  et  de  moyens  de  formation,  ne  suffisent  pas  en  soi  à 
réaliser une telle mise en danger. L'autorité à qui  incombe la décision 
doit donc dans chaque cas confronter  les aspects humanitaires  liés à 
la  situation  dans  laquelle  se  trouverait  l'étranger  concerné  dans  son 
pays après l'exécution du renvoi à l'intérêt public militant en faveur de 
son  éloignement  de  Suisse  (voir  notamment  à  ce  propos  ATAF 
2007/10 consid. 5.1 p. 111;  JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1 p. 215 et 
jurisp. cit., JICRA 2003 n° 24 consid. 5 p. 157 s.).

Ceci étant,  il  convient, dans  le cadre de  l'analyse des cas d'espèce, de 
faire appel à des critères aussi divers que les attaches avec la région de 
réinstallation,  notamment  les  relations  familiales  et  sociales,  les  séjours 
antérieurs,  respectivement  les  emplois  qu'on  y  a  exercés,  les 
connaissances  linguistiques et professionnelles acquises,  le sexe,  l'âge, 
l'état de santé, l'état civil, les charges de famille. L'autorité à qui incombe 
la  décision  doit  donc  dans  chaque  cas  confronter  les  aspects 
humanitaires  liés  à  la  situation  dans  laquelle  se  trouverait  l'étranger 
concerné  dans  son  pays  après  l'exécution  du  renvoi  à  l'intérêt  public 
militant  en  faveur  de  son  éloignement  de  Suisse  (cf.  la  jurisprudence 
rendue à propos de  l'ancien art.  14a al.  4 LSEE, qu'il  n'y a pas  lieu de 
remettre en question  :  JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1. p. 215 et  jurisp. 
citée, JICRA 2003 n° 24 consid. 5 p. 157 ss).

8.3. En l'espèce, s'agissant de la situation générale régnant actuellement 
au  Kosovo,  il  est  notoire  que  ce  pays,  dont  l'indépendance  a  été 
reconnue par la Suisse le 27 février 2008, ne connaît pas une situation de 
guerre, de guerre civile ou de violence généralisée sur l'ensemble de son 
territoire,  laquelle  permettrait  d’emblée  ­  et  indépendamment  des 
circonstances  du  cas  d’espèce  ­  de  présumer,  à  propos  de  tous  les 
ressortissants  du  pays,  l’existence  d’une  mise  en  danger  concrète  au 
sens de l’art. 83 al. 4 LEtr.

8.4. Il sied donc d'examiner si, en raison de la situation personnelle du 
recourant,  l'exécution  du  renvoi  impliquerait  une  mise  en  danger 
concrète de celui­ci.

8.4.1.  A._______  appartient  à  la  minorité  rom  du  Kosovo.  Dans  sa 
jurisprudence publiée dans ATAF 2007/10 (consid. 5.3, p. 111s.), qui est 
toujours  d'actualité,  compte  tenu  du  climat  régnant  entre  les  différentes 

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communautés ethniques au Kosovo (cf. p. ex. : COMITÉ CONSULTATIF DE LA 
CONVENTION­CADRE  POUR  LA  PROTECTION  DES  MINORITÉS  NATIONALES, 
Deuxième  Avis  sur  le  Kosovo,  31  mai  2010, 
doc n° ACFC/OP/II(2009)004, ad art. 4, spéc. par. 73 ss), le Tribunal a eu 
l'occasion  de  préciser  que  l'exécution  du  renvoi  des  Roms,  Ashkalis  et 
Egyptiens  albanophones  au  Kosovo  est,  en  règle  générale, 
raisonnablement  exigible,  pour autant  qu'un  examen  individualisé, 
prenant  en  considération  un  certain  nombre  de  critères  (état  de  santé, 
âge, formation professionnelle, possibilité concrète de réinstallation dans 
des  conditions économiques décentes,  réseau social  et  familial),  ait  été 
effectué sur place, au Kosovo. 

8.4.2. L'intéressé n'a jamais vécu au Kosovo. Ses parents sont originaires 
des  villages  de  H._______  pour  son  père,  et  de  M._______  pour  sa 
mère,  deux  localités  situées  dans  le  district  de  L._______.  Selon  les 
informations à disposition du Tribunal  (cf. notamment Community Profile 
Kosovo  Roma,  Organization  for  Security  and  Cooperation  in  Europe, 
Mission  in  Kosovo,  février  2011),  la  sécurité  des  Roms  au  sein  de  la 
collectivité  est  garantie  dans  cette  région,  une  seule  agression  à 
caractère gratuit contre un membre de la communauté en question ayant 
été répertoriée pour toute l'année 2010. Par ailleurs, les Roms bénéficient 
d'une  totale  liberté  de  mouvement  et  ont  sans  difficulté  accès  aux 
transports  publics.  Certains  de  leurs  représentants  siègent  au  conseil 
municipal de la commune de L._______, et d'autres font partie des forces 
de police. Malgré  certaines entraves persistantes,  notamment en  raison 
parfois  de  l'absence  de  documents  d'identité,  les Roms  ont  en  principe 
accès aux services publics, à l'aide sociale, à l'éducation, à la propriété, à 
la  justice et aux soins médicaux. La pratique de  leur  religion et de  leurs 
traditions est en outre garanti.

En ce qui concerne le retour des Kosovars émigrés, qu'ils soient Roms ou 
qu'ils  appartiennent  à  d'autres  communautés,  les  conditions  d'accueil 
dans  leur  pays  d'origine  sont  en  constante  amélioration  (cf. notamment 
Municipal responses to displacement and returns in Kosovo, Organization 
for  Security  and  Cooperation  in  Europe,  Mission  in  Kosovo,  novembre 
2010). La loi kosovare garantit ainsi à toute personne déplacée le droit de 
se réinstaller dans son pays et de récupérer ses biens. Afin de rendre cet 
objectif  possible,  des  groupes  de  travail  locaux  ont  été  constitués, 
soutenus par un ministère spécialement affecté à cette tâche (Ministry of 
Communities  and  Returns).  Des  directives  ont  également  été  édictées, 
afin notamment de définir  les rôles et  les responsabilités des différentes 

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entités  amenées à œuvrer  pour  faciliter  le  retour  des anciens migrants. 
L'une  d'entre  elles  concerne  spécifiquement  les  Roms,  ainsi  que  les 
Ashkalis  et  les Egyptiens  (Strategy  for  the  Integration  of Roma, Ashkali 
and  Egyptian  Communities  in  the  Republic  of  Kosovo  [2009­2015], 
décembre  2008).  Il  va  de  soi  que  la  mise  en œuvre  des  programmes 
adoptés prend du temps et s'avère difficile, chaque district  / municipalité 
avançant à son  rythme et avec plus ou moins de moyens et de volonté 
politique.  De  fait,  malgré  ces  avancées,  les  conditions  de  retour  des 
Kosovars émigrés dans leur pays sont encore loin d'être optimales. Dans 
le  district  de  L._______,  trois municipalités  sur  six  avaient  déjà mis  en 
place  un  programme  d'aide  au  retour  en  2009  (à  savoir  L._______, 
P._______  et  J._______),  à  travers  par  exemple  l'organisation  de 
séances  d'information  et  de  visites  des  lieux  appelés  à  accueillir  les 
arrivants,  le  soutien  plus  concret  de  cas  particuliers,  la  promotion  du 
dialogue  interethnique,  ou  encore  la  mise  en  place  d'une  base  de 
données  des  personnes  concernées.  Les  municipalités  en  question 
coopèrent  par  ailleurs  directement  avec  des  organisations  non 
gouvernementales actives sur place.

8.4.3. In casu, conformément à la jurisprudence précitée (ATAF 2007/10), 
l'ODM a effectué une enquête sur place, en date du 4 mai 2010, dont les 
résultats  ont  déjà  été  évoqués  (cf. J.a.).  La  famille  de  l'intéressé  ne 
dispose  plus  sur  place  de  maison  ou  de  locaux  d'habitation  lui 
appartenant,  la  maison  familiale  ayant  brûlé.  Néanmoins,  le  recourant 
devrait  pouvoir être accueilli,  au moins  temporairement,  dans  la maison 
de ses grands­parents, déjà occupée par ses deux oncles et leur famille 
respective. Même si  déjà 12 personnes  y  vivent,  force est  de  constater 
que  la  maison  est  relativement  grande  (120  m²,  deux  étages)  et  bien 
entretenue,  et  qu'une  dépendance  est  à  disposition  (50  m²).  Ainsi, 
l'intéressé devrait être en mesure de s'y faire une place, comme sa mère 
et ses sœurs, dont les recours en matière d'asile et d'exécution du renvoi 
sont rejetés par arrêts séparés de ce jour (D­7076/2010 et D­7082/2010). 
L'opposition exprimée par  I._______ à  l'encontre d'une  telle perspective 
peut être relativisée. En effet, ce dernier a admis être en contact régulier 
avec sa sœur. Le sort de celle­ci et du reste de sa famille ne lui est donc 
pas  indifférent.  Dans  ces  conditions,  on  peut  partir  du  principe  que  le 
recourant pourra compter, en cas de retour au Kosovo, sur le soutien de 
ses oncles, en particulier pour se loger. Certes, A._______, malgré deux 
années  d'apprentissage  en  qualité  de  monteur  de  pneus,  ne  possède 
aucun  diplôme  professionnel,  et  les  difficultés  socio­économiques 
prévalant  au  Kosovo,  en  particulier  pour  les  Roms,  n'offrent  pas  les 

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meilleures garanties en terme de perspective professionnelle. Cela étant, 
il est encore très jeune et a suivi une formation scolaire complète. Il parle 
albanais,  sa  langue  maternelle,  et  a  de  bonnes  connaissances  de 
langues  étrangères  (allemande  et  français),  suite  à  son  parcours  en 
Europe  en  tant  que  requérant  d'asile.  D'autre  part,  il  ne  souffre  pas  de 
problèmes  de  santé  particuliers.  Dans  ces  conditions,  au  vu  également 
des  programmes  d'accueil  existant  dans  le  district  de  L._______,  mis 
spécifiquement en place dans le but d'encourager et de faciliter le retour 
des  émigrés,  l'intéressé  devrait  être  en mesure,  à  terme,  de  trouver  sa 
voie ainsi qu'un emploi, de manière à pouvoir subvenir à ses besoins. En 
attendant  d'atteindre  une  certaine  stabilité,  le  recourant,  outre  l'aide  de 
ses oncles, devrait pouvoir compter sur le soutien financier de son père, 
dont  le recours est également rejeté par arrêt de ce  jour (D­7206/2010), 
ainsi  que des membres de  sa  famille  installés  à  l'étranger  (ses grands­
parents et un oncle en Allemagne notamment). A cet égard, la portée de 
la déclaration du grand­père du requérant, selon laquelle il ne serait pas 
en mesure  de  venir  en  aide  à  sa  fille  et  à  ses  petits­enfants,  doit  être 
tempérée. Il ressort en effet des pièces du dossier que les grands­parents 
(…)  ont  financé  depuis  l'étranger  la  construction  de  plusieurs  maisons 
pour leurs enfants, et qu'ils continuent à verser de l'argent aux oncles de 
l'intéressé.  Concernant  l'intégration  de  celui­ci,  il  sied  de  préciser  qu'il 
dispose  d'un  certificat  de  naissance.  Ainsi,  il  devrait  pouvoir  bénéficier 
des  avantages  qui  en  découlent,  notamment  concernant  l'accès  aux 
services  publics,  parmi  lesquelles  l'aide  sociale,  et  aux  programmes 
d'accueil en vigueur dans le district de L._______. En ce qui concerne les 
autres  facteurs  d'intégration,  la  communauté  rom  est  présente  dans  la 
région, notamment dans  les villages de K._______ et de H._______, et 
ne  subit  pas  de  discriminations  particulières,  de  telle  sorte  que 
l'assimilation  du  recourant  devrait  en  être  facilitée.  D'autre  part,  si  ce 
dernier  n'a  jamais  vécu  au  Kosovo,  il  a  néanmoins  était  élevé  au  sein 
d'une famille kosovare, de sorte qu'il est imprégné par le mode de vie de 
cette  communauté.  Finalement,  il  pourra  bénéficier  sur  place  de  la 
présence et  du  soutien de  sa  famille. Par  ailleurs,  il  ne peut  se  targuer 
d'une  intégration  particulièrement  réussie  en Suisse. A  la  connaissance 
du Tribunal,  il ne suit actuellement aucune  formation et  il a en outre eu 
affaire à plusieurs reprises à la police. 

Le  Tribunal  a  conscience  des  difficultés  engendrées  par  un  retour  du 
recourant dans son pays d'origine. Sans vouloir minimiser ces difficultés, 
le Tribunal estime cependant que les chances de réinsertion sont réelles 
et qu'en tout état de cause, A._______ ne sera nullement exposé à une 

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mise en danger concrète au sens de la jurisprudence précitée, en cas de 
renvoi dans son pays. Dans ce contexte, il sied encore de relever que les 
motifs résultant de difficultés consécutives à une crise socio­économique 
(pauvreté, conditions d'existence précaires, difficultés à trouver un emploi 
et  un  logement,  revenus  insuffisants,  absence  de  toute  perspective 
d'avenir) ou à la désorganisation, à la destruction des infrastructures ou à 
des problèmes analogues auxquels, dans le pays concerné, chacun peut 
être  confronté,  ne  suffisent  pas,  en  soi,  à  réaliser  une mise  en  danger 
concrète  (cf.  dans  ce  sens  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  D­
5182/2008  du  1er  décembre  2008  p. 7,  JICRA 2005  n° 24  consid. 10.1. 
p. 215, JICRA 2003 n° 24 consid. 5e p. 159). 

A  ce  propos,  les  autorités  d'asile  peuvent  exiger  un  certain  effort  de  la 
part de personnes dont l'âge et l'état de santé doivent leur permettre, en 
cas  de  retour,  de  surmonter  les  difficultés  initiales  pour  se  trouver  un 
logement  et  un  travail  qui  leur  assure  un minimum  vital  (cf. notamment 
ATAF 2010/41 consid. 8.3.5 p. 590).

8.5. Ainsi, l'exécution du renvoi du recourant dans son pays d'origine est 
raisonnablement exigible.

9. 

9.1. L'exécution n'est pas possible  lorsque  l'étranger ne peut pas quitter 
la Suisse pour son Etat d'origine, son Etat de provenance ou un Etat tiers, 
ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr).

9.2. En l'occurrence,  l'intéressé est tenu d'entreprendre, en collaboration 
avec  les  autorités  cantonales  d'exécution  du  renvoi,  toute  démarche 
nécessaire auprès de  la représentation de son pays d'origine en vue de 
l'obtention  de  documents  de  voyage  lui  permettant  de  quitter  la  Suisse 
(art. 8 al. 4 LAsi).

9.3.  Ainsi,  l'exécution  du  renvoi  ne  se  heurte  pas  à  des  obstacles 
insurmontables d'ordre technique et s'avère également possible au sens 
de l'art. 83 al. 2 LEtr.

10. 
Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il conteste la décision d'exécution du 
renvoi, doit être également rejeté.

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Page 23

11. 
Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure, 
s'élevant à Fr. 600.­, à la charge du recourant, conformément aux art. 63 
al. 1 PA, 2 et 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, 
dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF, 
RS 173.320.2).

(dispositif page suivante)

 

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Page 24

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1. 
Le recours est rejeté.

2. 
Les frais de procédure, d’un montant de Fr. 600.­, sont mis à la charge du 
recourant. Ils sont compensés par son avance de même montant versée 
le 3 décembre 2010.

3. 
Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l’ODM  et  à  l’autorité 
cantonale compétente.

Le président du collège : Le greffier :

Gérald Bovier Mathieu Ourny

Expédition :