# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e7eaf90a-0b8b-59a9-83b3-b82aaa06c245
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2005-08-23
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 23.08.2005 BH.2005.25
**Docket/Reference:** BH.2005.25
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BH-2005-25_2005-08-23

## Full Text

Refus de mise en liberté (art. 47ss EIMP);;Refus de mise en liberté (art. 47ss EIMP);;Refus de mise en liberté (art. 47ss EIMP);;Refus de mise en liberté (art. 47ss EIMP)

Arrêt du 23 août 2005  
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Barbara Ott (présidence), 
Emanuel Hochstrasser et Andreas J. Keller, 
La greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni 

 
Parties 

  
A.,  
 
représenté par Me Robert Assaël, avocat,  

recourant
 

 contre 
   

OFFICE FEDERAL DE LA JUSTICE,  
 

partie adverse
 

 
Objet  Refus de mise en liberté (art. 47ss EIMP)  

 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier: BH.2005.25 
 
 
 

 

 

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Faits: 
 

A. A. est détenu depuis le 6 juillet 2005 sur la base d'un mandat d'arrêt émis 
le 30 juin 2005 par l'Office fédéral de la justice (ci-après: OFJ) suite à une 
demande d'extradition transmise le 20 juin 2005 par l'ambassade de 
France à Berne. Condamné le 5 avril 2002 à une peine d'emprisonnement 
de trois ans, dont dix-huit mois avec sursis, pour agression sexuelle, A. est 
réclamé par les autorités françaises pour exécution de peine, le jugement 
rendu par la Cour d'appel de Caen ayant été confirmé par la Cour de cas-
sation de Paris le 18 décembre 2002. Il s'est opposé à une extradition sim-
plifiée. 

 

B. Le 15 juillet 2005, A. a sollicité sa mise en liberté. Il a proposé à titre subsi-
diaire à l'OFJ de substituer à sa détention le dépôt d'une caution et de ses 
papiers d'identité. L'OFJ a rejeté sa demande par une décision du 28 juillet 
2005. 

 

C. Par acte du 8 août 2005, A. recourt contre cette décision. Invoquant son in-
nocence des faits pour lesquels il a été condamné et l'absence de toute 
velléité de fuite, il conclut à sa mise en liberté et à l'octroi d'une indemnité 
de dépens, subsidiairement à sa mise en liberté moyennant le dépôt d'une 
caution de Fr. 80'000.--, voire 100'000.--, et le dépôt de ses pièces d'identi-
té. 

 

D. Dans sa réponse du 18 août 2005, l'OFJ conclut au rejet du recours. Il in-
voque en substance que l'extradition a été accordée à la France le 9 août 
2005 et que l'autorisation d'exercer la médecine va probablement être reti-
rée à A., éléments qui tendent à concrétiser le risque de fuite. 

 

E. Entendu en audience le 23 août 2005 à Bellinzone, A. confirme les conclu-
sions de son recours. L'OFJ a renoncé à être représenté. 

 
 

Les arguments invoqués par les parties seront repris si nécessaire dans les 
considérants en droit. 
 

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La Cour considère en droit: 
 

1. La Convention européenne d’extradition du 13 décembre 1957 (ci-après: la 
Convention; RS 0.353.1) et ses deux protocoles additionnels des 15 octo-
bre 1975 et 17 mars 1978 (PA I CEExtr.; RS 0.353.11 et PA II CEExtr.; 
RS 0.353.12) régissent les procédures d'extradition entre la Suisse et la 
France. Sauf disposition contraire de la Convention, la loi de la Partie re-
quise est la seule applicable à ces procédures (art. 22 de la Convention), à 
savoir en l'espèce la loi fédérale du 20 mars 1981 sur l’entraide internatio-
nale en matière pénale (loi sur l’entraide pénale internationale [EIMP]; 
RS 351.1) et son ordonnance d'application (OEIMP; RS 351.11). 

 

2. Aussi longtemps que la procédure d'extradition n'est pas terminée, la per-
sonne détenue en vue de l'exécution de cette mesure peut solliciter sa 
mise en liberté. La requête est adressée à l'OFJ et, en cas de refus, un re-
cours auprès de la Cour des plaintes est ouvert dans les dix jours (art. 48 
al. 2 et 50 al. 3 EIMP; art. 28 al. 1 let. e LTPF; ZIMMERMANN, La coopéra-
tion judiciaire internationale en matière pénale, 2ème éd., Berne 2004, 
p. 210 no 197). Formé dans le délai utile, le présent recours est recevable 
en la forme.  

 

3.  
3.1 Saisie d’un recours fondé sur l’art. 48 ch. 2 EIMP, la Cour des plaintes n’a 

pas à se prononcer sur le bien-fondé de la demande d’extradition (ATF 130 
II 306, 310 consid. 2.3), qui reste du seul domaine de compétence de l'OFJ 
et, sur recours, du Tribunal fédéral. Elle se borne à examiner la légalité de 
l’arrestation et si la détention aux fins d’extradition se justifie (ATF 111 IV 
108, 110 consid. 3.; MOREILLON, Entraide internationale en matière pénale, 
Bâle 2004, p. 284 n° 19). Selon une jurisprudence constante, la détention 
est la règle, tandis que la mise en liberté demeure l’exception (ATF 130 II 
306, 309 consid. 2.2), la mise en liberté provisoire étant au demeurant 
soumise à des exigences plus strictes en matière de détention extradition-
nelle que de détention préventive (ATF 130 II 306, 310 consid. 2.2, 111 IV 
108, 110 consid. 2; 109 Ib 223, 228 consid. 2c; arrêt 1A.148/2004 du 21 
juin 2004 consid. 2.2). Aux termes des art. 47ss EIMP, il peut notamment 
être renoncé à la détention s’il apparaît que la personne poursuivie ne se 
soustraira pas à l’extradition et n’entravera pas l’instruction (art. 47 al. 1 let. 
a), si elle a un alibi (art. 47 al. 1 let. b), si elle ne peut pas subir 
l’incarcération, si la demande d’extradition et ses annexes ne sont pas 

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fournies à temps ou si l’extradition est manifestement inadmissible 
(ATF 117 IV 359, 361 consid. 2). 

3.2 Le recourant ne conteste pas être la personne qui a fait l'objet du jugement 
dont l'exécution est requise (act. OFJ 18). Il estime toutefois que les liens 
qui le rattachent à la Suisse sont de nature à pallier tout risque de fuite. 
L'exploitation de sa clinique et du cabinet médical sont pour lui prioritaires 
et il vit depuis 2003 une relation stable avec son amie qui est suissesse.  

Le recourant réside certes depuis deux ans et demi à Z. où il est au béné-
fice d'un permis B. Ses diplômes de médecin ont été reconnus par l'Office 
fédéral de la santé publique et lui ont permis d'ouvrir à Z. un cabinet médi-
cal et une clinique qui emploient douze personnes et dont il est à la fois 
l'administrateur et le directeur. Son frère vit également à Z. où il est titulaire 
d'un permis B. Il est toutefois permis de douter que ces liens avec notre 
pays suffisent à éliminer raisonnablement le risque que le recourant tente 
de se soustraire à son extradition, qui a été accordée à la France par une 
décision rendue le 9 août par l'OFJ. Le fait que le recourant soit venu s'ins-
taller en Suisse en janvier 2003, soit immédiatement après que le jugement 
du 5 avril 2002 de la Cour d'Appel de Caen ait été confirmé par la Cour de 
cassation de Paris le 18 décembre 2002, tend à démontrer qu'il a effecti-
vement quitté la France afin de se soustraire volontairement à l'exécution 
de la peine qu'il savait alors définitive. Ses arguments selon lesquels il 
croyait que le fait d'avoir été blanchi le 24 octobre 2002 par le conseil na-
tional de l'ordre des médecins français qui a annulé la décision de radiation 
prononcée le 23 mars 2002 par le conseil régional de Basse-Normandie 
mettait fin à toutes les procédures, y compris pénale, ne résiste pas à 
l'examen. Selon ses propres déclarations, le recourant était actif en France 
au niveau politique, il était l'adjoint du maire de Y., en Normandie. Il a de 
plus été assisté par plusieurs avocats tout au long des procédures pénale 
et administrative dont il a fait l'objet en France, de sorte que les décisions 
prises par les diverses instances lui ont sans nul doute été notifiées. Il a no-
tamment reçu l'arrêt de la Cour de cassation de Paris le 22 janvier 2003 
(annexe act. 10 annexe "pièce 30" - télécopie du Cabinet B. du 
18.08.2005). Le recourant ne saurait dès lors invoquer son ignorance de sa 
véritable situation. Il apparaît de plus qu'il a obtenu l'autorisation d'exercer 
la médecine des autorités de Z. en produisant, entre autres pièces, un ex-
trait du casier judiciaire français sur lequel ladite condamnation n'était pas 
encore mentionnée. Avisé par l'OFJ, le Conseil d'Etat de Z. reverra pro-
chainement la situation, ce qui pourrait mettre un terme, tout au moins pro-
visoire, aux activités développées par le recourant sur territoire suisse. Si 
l'on ajoute à cela que ce dernier dispose non seulement de la nationalité 
française, mais également de la nationalité libanaise, il y a fort à craindre 

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que la constellation actuelle ne l'incite à fuir au Liban, pays dont il ne pour-
rait plus être extradé.  

3.3 En ce qui concerne la demande de révision invoquée par le recourant, il 
s'avère, selon les recherches effectuées par son défenseur, qu'aucune 
démarche n'a été faite dans ce sens. Le jugement de la Cour d'appel de 
Caen est donc bel et bien définitif et exécutoire. Le recourant invoque, cer-
tes, l'écoulement du temps qui a selon lui permis à la peine qu'il lui reste à 
accomplir de s'amenuiser. Selon ses dires, confirmés en cela par un avis 
transmis le jour même de son audition par un avocat parisien mandaté par 
son défenseur, une grâce présidentielle de deux mois intervient chaque 
année au mois de juillet, ce qui, pour les années 2003 à 2005 représente 
six mois. Une loi "Perben II" accorderait par ailleurs au condamné un "cré-
dit pénal" de trois mois à déduire de sa peine. La libération conditionnelle 
peut enfin être sollicitée dès que la moitié de la peine a été exécutée, ce 
qui serait d'ores et déjà le cas si l'on tient compte des déductions ci-dessus 
et de la détention à titre extraditionnel effectuée en Suisse. Il reste que, se-
lon l'avis de l'avocat français, une telle demande ne peut être faite que dès 
l'incarcération du condamné en France, et pour autant que ce dernier 
puisse justifier d'une activité professionnelle et d'un domicile en France 
(act. 10 annexe "pièce 32" – message électronique du Cabinet B. du 
23.08.2005). Aucune de ces conditions, qui ont de toute évidence pour but 
de pallier le risque de fuite, ne sont en l'espèce réunies. De plus, le dossier 
ne comporte que la confirmation de deux grâces présidentielles, le reste 
n'étant pour l'heure que suppositions. En l'état, il appert dès lors qu'une 
peine d'emprisonnement d'au moins douze mois reste à accomplir. En sa 
qualité d'Etat requis, la Suisse a le devoir de tout mettre en œuvre pour 
s'assurer que l'intéressé sera effectivement remis à l'Etat requérant (ZIM-
MERMANN, op. cit., p. 330 n° 289). Le Tribunal fédéral a de plus déjà eu 
l'occasion de préciser que lorsque l'extradition est requise en vue d'une 
exécution de peine, une éventuelle libération est d'autant plus exception-
nelle (ATF 130 II 306, 312 consid. 2.6).  

3.4 Le montant de la caution proposée, à savoir Fr. 80'000.-- à 100'000.--, ainsi 
que le dépôt des papiers d'identité ne sauraient être considérés non plus 
comme suffisamment dissuasifs. Le recourant a crée en Suisse une clini-
que dont le capital est entièrement libéré et qui emploie 12 personnes, ainsi 
qu'un cabinet médical. Dans le dossier, il allègue un revenu annuel de 
Fr. 200'000.--. En audience, il a cependant précisé que ce chiffre corres-
pondait à son revenu alors qu'il était salarié et que depuis ce dernier a 
augmenté, sans pouvoir spécifier de combien. Répondant avec réticence 
aux questions qui lui sont posées quant à sa situation financière, il admet 
posséder un château classé et deux immeubles locatifs en France, sans 

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toutefois vouloir en dire plus sur les revenus que ces biens lui procurent. 
L'ensemble de ces éléments laisse néanmoins augurer d'une assise finan-
cière d'une certaine importance en regard de laquelle les montants offerts 
pour la caution paraissent bien modestes. Faute de pièces attestant de 
l'ensemble de ses revenus et de sa fortune, en Suisse et à l'étranger, la 
Cour des plaintes estime ne pas être en mesure de se prononcer sur le 
montant d'une caution qui, au vu de la situation concrète du recourant, se-
rait suffisamment dissuasif pour pallier le risque de fuite. Elle relève par ail-
leurs une certaine contradiction entre les propos du recourant qui, d'une 
part, assure ne pas chercher à fuir la justice de son pays, et, d'autre part, 
déclare ne pas vouloir retourner en France. Le recourant déclare être venu 
en Suisse car son frère était déjà installé à Z. et avoir voulu tirer un trait sur 
la situation qui était la sienne en Normandie. Bien qu'il affirme sa volonté 
de ne pas fuir ses responsabilités, il semble néanmoins plutôt avoir choisi 
de quitter la France, où vit encore notamment sa femme dont il est séparé, 
et où il a sept enfants. Rien dans le dossier ne vient par ailleurs étayer l'as-
surance du recourant selon laquelle il serait prêt à se rendre en France si 
son extradition est confirmée. Au contraire, il s'est opposé deux fois à une 
extradition simplifiée et a d'ores et déjà manifesté son intention de recourir 
au Tribunal fédéral contre la décision rendue le 9 août 2005 par l'OFJ (act. 
OFJ 43). 

3.5 Les autres exceptions indiquées aux art. 47ss EIMP ne sont à l’évidence 
pas réalisées. Le recourant n'a fait état d'aucun élément qui auraient pour 
conséquence qu'il ne pourrait subir son incarcération. Il a été arrêté le 
6 juillet 2005 et l’extradition accordée le 9 août 2005. La procédure 
d’extradition a été menée avec célérité. Au vu de la durée de la peine que 
le recourant devra purger, la durée de la détention à titre extraditionnel 
n'est en rien disproportionnée. La gestion de la clinique et du cabinet médi-
cal créés par le recourant pâtissent sans doute de son incarcération. Il 
reste que les huit médecins et les quatre autres personnes qui collaborent 
avec lui peuvent certainement pallier les inconvénients liés à son absence. 
Les attestations adressées par son frère et son amie à son défenseur ten-
dent certes à démontrer le contraire, mais celles-ci sont à prendre avec 
prudence, compte tenu des liens affectifs qui lient leurs auteurs au recou-
rant (act. 8 annexes 1 et 17). Rien n'empêche d'ailleurs ce dernier de don-
ner, depuis son lieu de détention, des directives destinées à assurer la 
transmission des dossiers dont il s'occupait personnellement à un autre 
praticien. La mise en liberté, même sollicitée essentiellement à cet effet, ne 
saurait donc, dans les circonstances actuelles, être considérée comme dis-
proportionnée.   

 

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4. Selon l’art. 156 al. 1 OJ, applicable par renvoi de l’art. 245 PPF, la partie 
qui succombe est tenue au paiement des frais. Ceux-ci se limitent en 
l’espèce à un émolument qui, en application de l’art. 3 du règlement du  
11 février 2004, entré en vigueur le 1er avril 2004 (RO 2004 1585), fixant les 
émoluments judiciaires perçus par le Tribunal pénal fédéral  
(RS 173.711.32), sera fixé à Fr. 1'500.--. 

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Par ces motifs, la Cour prononce: 
 
1. Le recours est rejeté. 

2. Un émolument de Fr. 1'500.-- est mis à la charge du recourant. 

 
 

Bellinzone, le 24 août 2005 
 
Au nom de la Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président:    la greffière:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Robert Assaël, avocat 
- Office fédéral de la justice  
 
 
 

 

Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les arrêts de la Cour des plaintes relatifs aux mesu-
res de contrainte sont sujet à recours devant le Tribunal fédéral pour violation du droit fédéral ; la 
procédure est réglée par les art. 214 à 216, 218 et 219 de la loi fédérale du 15 juin 1934 sur la pro-
cédure pénale, qui sont applicables par analogie (art. 33 al. 3 let. a LTPF). 

Le recours ne suspend l’exécution de l’arrêt attaqué que si l’autorité de recours ou son président 
l’ordonne.