# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1cad98e8-d2e1-541d-acbe-1865c574f829
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2012-01-26
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 26.01.2012 D-2270/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-2270-2009_2012-01-26.pdf

## Full Text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t

T r i buna l   adm in i s t r a t i f   f édé ra l

T r i buna l e   ammin i s t r a t i vo   f ede ra l e

T r i buna l   adm in i s t r a t i v   f ede ra l

   

Cour IV
D­2270/2009

A r r ê t   d u   2 6   j a n v i e r   2 0 1 2

Composition Gérald Bovier (président du collège), 
Jean­Pierre Monnet, Fulvio Haefeli, juges,
Mathieu Ourny, greffier.

Parties A._______,
B._______,
C._______,
D._______, 
E._______,
F._______, 
Syrie,  
représentés par (…),
recourants, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM), 
Quellenweg 6, 3003 Berne,   
autorité inférieure. 

Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 6 mars 2009 / 
N (…).

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Faits :

A. 
Le 3 avril 2004, A._______ a déposé une première demande d'asile en 
Suisse, sous le nom de G._______.

D'ethnie  kurde,  l'intéressé  a  été  entendu  les  6  avril  2004  (audition 
sommaire)  et  25  mai  2004  (audition  sur  les  motifs).  Il  a  affirmé  en 
substance  avoir  été  impliqué,  en  mars  2004,  dans  des  heurts  entre 
supporters  et  forces  de  l'ordre  en  marge  d'un  match  de  football  à 
H._______.  Suite  à  ces  débordements,  accompagné  d'amis,  il  aurait 
renversé  une  statue  érigée  en  l'honneur  de  l'ancien  président  du  pays. 
L'un de ses amis ayant été arrêté par  la police,  il  aurait  fui  et  gagné  la 
Suisse par crainte d'être dénoncé.

Interrogé à  ce propos,  il  a  en outre déclaré ne  jamais avoir  possédé  le 
moindre document d'identité.

B. 
Par courrier du 27 juillet 2004, les autorités allemandes compétentes ont 
informé  l'Office  fédéral  des  réfugiés  (ODR,  aujourd'hui  ODM)  que 
l'intéressé avait déposé une demande d'asile dans leur pays en date du 5 
août  2002,  sous  le  nom  de  I._______.  Selon  les  autorités  allemandes, 
dite demande a été rejetée par décision du 11 octobre 2002.

Lors  de  l'audition  du  2  septembre  2002  par­devant  les  autorités 
allemandes,  dont  l'ODR  s'est  procuré  copie  du  procès­verbal,  le 
requérant  a  soutenu  pour  l'essentiel  avoir  été  arrêté  en  Syrie  par  des 
membres des services secrets, alors qu'il  transportait  un sac confié par 
son cousin et contenant des documents à caractère politique. Il aurait été 
enfermé  pendant  quatre  jours,  durant  lesquels  il  aurait  été  frappé  et 
maltraité. Après avoir à nouveau fait  l'objet de recherches de la part des 
services secrets, il aurait quitté le pays et rejoint l'Allemagne.

C. 
Le 1er septembre 2004, l'intéressé a été auditionné une nouvelle fois pour 
assurer son droit d'être entendu.

Confronté aux nouvelles informations dont disposait l'ODR, il a déclaré se 
nommer  en  réalité  J._______  et  avoir  menti  aux  autorités  suisses  par 
crainte d'être renvoyé en Allemagne.

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D. 
Par décision incidente du 13 septembre 2004, l'ODR a ordonné le renvoi 
préventif du requérant en Allemagne.

Le renvoi ayant été exécuté le 27 septembre 2004, la demande d'asile a 
été rayée du rôle par l'ODR le 26 octobre 2004.

E. 
Le  14  mars  2007,  B._______,  accompagnée  de  ses  trois  enfants,  a 
déposé une demande d'asile en Suisse.

Entendue sur ses motifs les 20 mars, 25 septembre et 22 octobre 2007, 
elle a expliqué être  l'épouse de A._______. Suite au départ du pays de 
son mari en été 2002, intervenu en raison des persécutions dont celui­ci 
faisait l'objet de la part des autorités, elle aurait comme son époux adhéré 
au  parti  K._______,  engagé  dans  la  défense  de  la  minorité  kurde, 
participant notamment à des réunions clandestines avec d'autres femmes 
militantes. En date du 12 mars 2004, après avoir assisté à l'enterrement 
de deux jeunes Kurdes assassinés, elle aurait été arrêtée en compagnie 
d'autres  femmes  et  emmenée  en  prison.  Interrogée,  insultée  et  battue, 
elle  aurait  finalement  été  libérée  après  deux  nuits  d'incarcération.  En 
mars  2005,  elle  aurait  à  nouveau  été  emprisonnée.  Accusée  d'avoir 
participé à une manifestation, elle aurait encore été insultée et maltraitée. 
Au bout de quatre jours, elle aurait été remise en liberté, après avoir été 
menacée  de  viol  en  cas  de  récidive.  Craignant  pour  sa  vie  et  désirant 
retrouver son mari, elle aurait quitté  la Syrie en voiture  le 1er mars 2007 
en  direction  de  la  Turquie,  à  l'aide  d'un  passeur  et  munie  d'un  faux 
passeport, et accompagnée de ses enfants. Après une dizaine de  jours, 
les intéressés auraient gagné l'Europe occidentale par avion, atterrissant 
dans  un  endroit  inconnu,  et  auraient  finalement  rejoint  la  Suisse  par  le 
rail, puis la route.

F. 
En date  du 4  août  2007, A._______ a déposé une deuxième demande 
d'asile en Suisse, sous ce nom.

Interrogé sur ses motifs d'asile les 8 août 2007 (audition sommaire) et 22 
octobre  2007  (audition  sur  les  motifs),  l'intéressé  a  expliqué  avoir  été 
membre du parti K._______ en Syrie, et avoir  illégalement distribué des 
tracts. En raison de son activisme politique et suite à une dénonciation, il 
aurait été arrêté une première fois à son domicile, et emmené de force à 
la prison de H._______, où il aurait été questionné sur son engagement 

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politique et torturé. Invité à mettre un terme à ses activités subversives, il 
aurait  été  libéré  après  une  période  de  détention  d'une  semaine  à  dix 
jours. Environ un mois et demi plus tard, il aurait encore été enlevé dans 
les mêmes circonstances et incarcéré au même endroit. Après avoir subi 
de nouveaux interrogatoires et de nouveaux actes de torture, il aurait été 
libéré une deuxième fois au bout du même laps de temps. En date du 15 
mars  2004,  à  savoir  environ  un mois  après  sa  libération,  il  aurait  fui  la 
Syrie.  Il  aurait  passé  la  frontière  avec  la  Turquie  à  pied  depuis 
H._______,  puis  aurait  rejoint  L._______  en  taxi.  Avec  l'aide  d'un 
passeur, il aurait alors gagné l'Europe occidentale en camion.

Le  requérant  a  également  précisé  être  revenu  d'Allemagne  en  Suisse 
pour rejoindre sa femme et ses enfants, afin notamment de les protéger 
contre  les  agissements  d'un  Kurde  d'Irak  vivant  en  Suisse,  qui  aurait 
voulu forcer sa femme à divorcer et à l'épouser.

L'intéressé n'a déposé aucun document d'identité à l'appui de sa seconde 
demande d'asile.

G. 
En  réponse  à  une  demande  de  renseignements  du  14  octobre  2008, 
l'Ambassade  de Suisse  à Damas  (ci­après :  l'Ambassade)  a  transmis  à 
l'ODM un rapport d'enquête sur  les  intéressés, en date du 14 décembre 
2008.  Il  ressort  du  rapport  en  question  que  B._______  et  A._______ 
possèdent tous deux un passeport syrien et qu'ils ne sont pas recherchés 
par les autorités syriennes. D'autre part, B._______ aurait quitté son pays 
pour l'Italie le 9 mars 2007. Quant à A._______, il serait parti le 18 juillet 
1992 pour la Russie.

H. 
Invité  par  l'ODM  à  se  déterminer  sur  les  résultats  de  l'enquête  de 
l'Ambassade,  A._______  s'est  exprimé  à  ce  propos  par  courrier  du  12 
janvier 2009.  Il a  indiqué avoir quitté son pays en 2002, après avoir été 
arrêté,  emprisonné  et  torturé,  alors  qu'il  transportait  des  lettres  de  son 
parti. Les poursuites à son encontre n'étant pas officielles, il ne serait pas 
officiellement  recherché  par  les  autorités.  Il  a  en  outre  expliqué  avoir 
participé à deux manifestations pro­kurdes d'opposition au régime syrien 
en  2008,  l'une  devant  le  bâtiment  de  M._______  (…)  à  N._______  et 
l'autre devant O._______ à P._______, et a indiqué être membre du parti 
kurde  K._______.  A  l'appui  de  ses  déclarations,  il  a  produit  des 
photographies le présentant lors des manifestations en question.

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I. 
Le 27 février 2009, B._______ a également pris position sur le rapport de 
l'Ambassade. Elle en a contesté  le contenu et a confirmé  intégralement 
les déclarations faites au cours de ses auditions.

J. 
Par décision du 6 mars 2009,  l'ODM a  rejeté  les demandes d'asile  des 
intéressés,  prononcé  leur  renvoi  de  Suisse  et  ordonné  l'exécution  de 
cette mesure. L'ODM a retenu en substance que les récits des requérants 
n'étaient pas vraisemblables, que  la simple participation de  l'intéressé à 
deux manifestations de protestation n'était pas suffisante pour conclure à 
l'existence d'une crainte fondée de persécution en cas de retour en Syrie, 
et qu'aucun élément ne faisait obstacle à l'exécution du renvoi.

K. 
Le  8  avril  2009,  les  intéressés  ont  interjeté  recours  contre  la  décision 
susmentionnée,  concluant  principalement  à  la  reconnaissance  de  leur 
qualité de réfugiés et à l'octroi de l'asile, subsidiairement au prononcé de 
l'admission provisoire.  Ils ont en outre  requis  le bénéfice de  l'assistance 
judiciaire partielle.

Dans  leur  mémoire,  ils  ont  précisé  l'état  de  fait,  contesté  les  éléments 
d'invraisemblance relevés par  l'ODM et soutenu que les motifs  invoqués 
étaient  pertinents  en  matière  d'asile.  Depuis  son  retour  en  Suisse, 
A._______  aurait  par  ailleurs  adhéré  à  la  section  suisse  du  parti 
K._______.  Quant  à  B._______,  elle  aurait  également  participé  à  des 
manifestations et à des rencontres du parti en question.

A  l'appui  du  recours,  les  intéressés  ont  produit  les  moyens  de  preuve 
suivants :

­  une  attestation  d'affiliation  à  la  section  suisse  du  parti  K._______  au 
nom de l'intéressé ;

­ un CD­ROM contenant des photographies des  intéressés participant à 
des manifestations et des réunions pro­kurdes en Suisse ;

­  un  DVD  contenant  un  enregistrement  vidéo,  sur  lequel  on  voit  un 
téléviseur  filmé,  par  lequel  était  diffusé  un  reportage  sur  une 
manifestation pro­kurde.

L. 
Par décision  incidente du 29 avril 2009,  le  juge chargé de  l'instruction a 

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rejeté  la  demande  d'assistance  judiciaire  partielle,  au  vu  du  caractère 
d'emblée  voué à  l'échec des  conclusions  prises  par  les  recourants.  Il  a 
notamment  été  considéré  que  les  motifs  d'asile  présentés  n'étaient  a 
priori  ni  vraisemblables  ni  pertinents.  Un  délai  au  12  mai  2009  a  été 
imparti aux recourants pour verser un montant de Fr. 600.­ au titre d'une 
avance  de  frais,  en  garantie  des  frais  de  procédure  présumés  et  sous 
peine d'irrecevabilité du recours.

M. 
Le 9 mai 2009, l'avance de frais requise a été versée.

N. 
En  date  du  17  juillet  2011,  B._______  a  donné  naissance  à  une  fille, 
F._______.

O. 
Par  ordonnance  du  6  septembre  2011,  le  Tribunal  administratif  fédéral 
(ci­après : le Tribunal) a demandé à l'autorité intimée de se prononcer sur 
le  recours du 8 avril 2009, et de se déterminer plus particulièrement en 
tenant  compte  de  la  détérioration  de  la  situation  en  Syrie  depuis  la 
décision de l'ODM du 6 mars 2009.

P. 
Le  15  septembre  2011,  l'office  a  reconsidéré  partiellement  la  décision 
querellée et en a modifié le dispositif, en ordonnant l'admission provisoire 
des recourants pour cause d'inexigibilité de l'exécution du renvoi.

Q. 
Par courrier du 23 septembre 2011,  les  intéressés ont  indiqué maintenir 
leur  recours du 6 mars 2009, en ce qui concerne  l'asile et  la qualité de 
réfugié.

A._______  a  pour  sa  part  expliqué  participer  régulièrement  aux 
rencontres  et  manifestations  du  parti  K._______  en  Suisse,  de  sorte 
qu'un  retour  en  Syrie  dans  les  conditions  actuelles  l'exposerait  à  de 
graves mesures de rétorsion de la part du régime en place. 

Différents  moyens  de  preuve  ont  par  ailleurs  été  déposés  par  les 
recourants,  à  savoir,  pour  l'essentiel,  des  photographies  de 
manifestations  et  de  réunions  pro­kurdes,  ainsi  que  des  tracts,  qui 
auraient été diffusés sur Internet.

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R. 
Les  autres  faits  de  la  cause  seront  évoqués,  si  nécessaire,  dans  les 
considérants en droit qui suivent.

Droit :

1. 

1.1.  Le  Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le 
Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  connaît  des  recours 
contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 
1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les 
autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF.

En particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant l'asile peuvent 
être contestées, par renvoi de l'art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l'asile 
(LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement, 
sauf demande d'extradition déposée par  l'Etat dont  le requérant cherche 
à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
fédéral [LTF, RS 173.110]).

1.2. Les  recourants ont qualité pour  recourir  (art. 48 al. 1 PA). Présenté 
dans la forme (art. 52 PA) et dans le délai (art. 108 al. 1 LAsi) prescrit par 
la loi, le recours est recevable.

2. 
L'ODM a reconsidéré partiellement sa décision du 6 mars 2009 et admis 
provisoirement  les  recourants  en  Suisse,  pour  cause  d'inexigibilité  de 
l'exécution du  renvoi. Dès  lors,  seules  les  conclusions  tendant à  l'octroi 
de  l'asile  et  à  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  restent  en 
suspens,  les  intéressés  ayant  décidé  de maintenir  leur  recours  sur  ces 
points (cf. courrier du 23 septembre 2011).

3. 

3.1.  Le  Tribunal  examine  librement  en  la  matière  l'application  du  droit 
public  fédéral,  la constatation des  faits et  l'opportunité,  sans être  lié par 
les  arguments  invoqués  à  l'appui  du  recours  (art. 106  al. 1 LAsi  et  62 
al. 4 PA  par  renvoi  des  art. 6 LAsi  et  37 LTAF)  ni  par  la  motivation 
retenue par  l'ODM (ATAF 2009/57 consid. 1.2 p. 798 ; cf. dans  le même 
sens Jurisprudence et  informations de  la Commission suisse de recours 

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en matière d'asile  [JICRA] 2002 n° 1 consid. 1a p. 5,  JICRA 1994 n° 29 
consid. 3 p. 206s.).  Il peut ainsi admettre un recours pour un autre motif 
que  ceux  invoqués  devant  lui  ou  rejeter  un  recours  en  adoptant  une 
argumentation  différente  de  celle  de  l'autorité  intimée  (ATAF 2007/41 
consid. 2 p. 529s.).

3.2. A l'instar de  l'ODM,  il s'appuie sur  la situation prévalant au moment 
de  l'arrêt  s'agissant  de  la  crainte  de  persécution  future  (ATAF 2009/29 
consid. 5.1  p. 376,  ATAF 2008/12  consid. 5.2  p. 154s.,  ATAF  2008/4 
consid. 5.4 p. 38s. ;  arrêts du Tribunal administratif  fédéral D­7561/2008 
du 15 avril  2010  consid. 1.4, D­7558/2008 du 15 avril  2010  consid. 1.4, 
D­3753/2006 du 2 novembre 2009 consid. 1.5, D­7040/2006 du 28 juillet 
2009  consid. 1.5  et  D­6607/2006  du  27  avril  2009  consid. 1.5  [et 
réf. JICRA cit.]).  Il prend ainsi en considération  l'évolution de  la situation 
intervenue depuis le dépôt de la demande d'asile.

4. 

4.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 
le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 
ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, 
de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou 
de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de 
sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou 
de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression 
psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite 
spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi).

4.2.  Quiconque  demande  l'asile  (requérant)  doit  prouver  ou  du  moins 
rendre  vraisemblable  qu'il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est 
vraisemblable  lorsque  l'autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement 
probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 
des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont 
contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de 
manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 
LAsi).

5. 

5.1. S'agissant  des  motifs  d'asile  avancés  par  le  mari,  il  y  a  lieu  de 
constater ce qui suit.

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5.1.1. Indépendamment des motifs présentés à l'appui de sa deuxième 
demande  d'asile,  la  crédibilité  générale  de  A._______  est  d'emblée 
fortement entachée.

En effet, dans le cadre de la première procédure d'asile le concernant 
en  Suisse,  l'intéressé  s'était  présenté  sous  une  autre  identité 
(G._______) et avait livré un récit ne correspondant pas à celui exposé 
dans  la  présente  procédure.  Par  ailleurs,  l'autorité  compétente  avait, 
en  son  temps,  découvert  que  le  recourant  avait  déjà  demandé  l'asile 
en  Allemagne,  contrairement  à  ses  dires.  Or,  même  après  avoir  été 
rendu  attentif  au  fait  que  l'autorité  cantonale  compétente  était 
désormais  informée  du  dépôt  d'une  telle  demande  en  Allemagne, 
l'intéressé a  continué de  taire  l'identité  dont  il  se prévaut  aujourd'hui, 
indiquant  s'appeler  J._______.  Au  demeurant,  les  motifs  d'asile 
invoqués en Allemagne ne concordent ni avec les motifs allégués lors 
de  sa  première  demande  d'asile  en  Suisse,  ni  avec  ceux    qu'il  fait 
valoir  actuellement,  ce  qui  a  été  admis  par  le  recourant  (cf. procès­
verbal  de  l'audition  de  l'intéressé  du  22  octobre  2007,  p. 15). 
L'explication  fournie  à  ce  propos,  selon  laquelle  le  traducteur  en 
Allemagne aurait sciemment trahi ses propos, n'est à ce titre nullement 
convaincante (cf. ibidem). En outre, même à admettre qu'il ait donné à 
deux reprises une fausse  identité pour échapper à un éventuel  renvoi 
en  Allemagne  lors  de  sa  première  demande  de  protection  en  Suisse 
(cf. procès­verbal du droit d'être entendu du 1er septembre 2004, p. 2), 
on ne voit pas ce qui aurait pu le pousser à modifier par deux fois son 
récit.

En  définitive,  l'intéressé,  qui  n'est  jamais  retourné  en  Syrie  dans  les 
intervalles,  a  donc  présenté  trois  récits  différents  à  l'appui  de  ses 
diverses  demandes  d'asile,  livrant  en  outre  trois  identités  différentes, 
sans fournir la moindre pièce d'identité, de sorte que la vraisemblance 
de l'ensemble de ses allégations est d'emblée sujette à caution.

5.1.2.  Concernant  plus  particulièrement  les  motifs  allégués  dans  la 
présente procédure, ceux­ci sont émaillés de divergences multiples.

Ainsi,  la  date  du  départ  de  l'intéressé  de  son  pays  d'origine  n'est  pas 
clairement  établie.  Celui­ci  a  dans  un  premier  temps  situé  sa  fuite  du 
pays  au  15  mars  2004  précisément  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de 
l'intéressé  du  8  août  2007,  p. 1  et  7),  avant  de  déclarer  être  incapable 
d'avancer  une  date  quelques  semaines  plus  tard,  arguant  ne  pas  se 
souvenir  des  dates  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  l'intéressé  du  22 

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octobre  2007,  p. 4).  Par  la  suite,  dans  sa  lettre  à  l'ODM  du  12  janvier 
2009, il a dit avoir quitté la Syrie en 2002, et non plus en 2004. 

La  recourante  a,  quant  à  elle,  situé  le  départ  de  son mari  à  juillet­août 
2002  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  l'intéressée  du  25  septembre 
2007,  p. 11).  Or,  cette  période  de  l'année  ne  correspond  pas  à  celle 
mentionnée par l'intéressé, qui situe sa fuite du pays à l'automne et à une 
période froide (cf. procès­verbal de l'audition de l'intéressé du 22 octobre 
2007, p. 14).

5.1.3.  Les  circonstances  dans  lesquelles  la  recourante  aurait  appris  le 
départ  de  son  mari  sont  également  décrites  de  manière  divergente. 
L'intéressé  a  assuré  ne  pas  avoir  informé  lui­même  sa  femme  de  son 
intention de quitter le pays. Il serait parti sans la prévenir, chargeant ses 
parents de  la mettre au courant après son départ, pour éviter qu'elle ne 
prenne peur  (cf. procès­verbal  de  l'audition de  l'intéressé du 22 octobre 
2007, p. 13 et 14). Son épouse a de son côté soutenu dans un premier 
temps avoir été prévenue directement par son mari, par  téléphone, peu 
avant sa  fuite  (cf. procès­verbal de  l'audition de  l'intéressée du 20 mars 
2007, p. 5). Par la suite, elle a déclaré n'avoir appris l'exil de son mari que 
plus  tard, alors que ce dernier séjournait déjà en Allemagne (cf. procès­
verbal de l'audition de l'intéressée du 25 septembre 2007, p. 13).

L'intéressée a d'autre part affirmé que suite à la dernière libération de son 
époux  en  Syrie,  celui­ci  l'avait  appelée  pour  l'informer  qu'il  se  cachait 
chez  un  ami  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  l'intéressée  du  20 mars 
2007, p. 5). Plus tard, elle a pourtant dit ignorer complètement l'endroit où 
il  s'était  réfugié  à  cette  occasion  (cf.  procès­verbal  de  l'audition  de 
l'intéressée du 22 octobre 2007, p. 5 et 7).

5.1.4. Contrairement à l'avis des recourants, les divergences relevées ci­
dessus  ne  portent  pas  sur  des  éléments  de  détail, mais  sur  des  points 
importants, comme  les motifs d'asile ou  les circonstances de  la  fuite du 
pays,  de  sorte  que  la  crédibilité  des  allégués  sur  ces  événements  est 
mise à mal. En effet, dites divergences ne peuvent s'expliquer, comme le 
suggèrent  les  intéressés, simplement par  le bas niveau de  formation du 
recourant ou le caractère stressant des événements vécus.

5.1.5.  Le  recourant  a  en  outre  fourni  une  description  indigente  et 
stéréotypée de ses deux séjours en prison (cf. procès­verbal de l'audition 
de l'intéressé du 22 octobre 2007, p. 10 à 12), de sorte que la réalité de 
ces prétendues incarcérations est douteuse.

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5.1.6.  Par  ailleurs,  selon  le  rapport  de  l'Ambassade  du  14  décembre 
2008,  l'intéressé  aurait  quitté  légalement  son  pays  avec  son  propre 
passeport  pour  la Russie  le  18  juillet  1992  via Damas  et  ne  serait  pas 
recherché par les autorités de son pays. Dans le cadre de son droit d'être 
entendu  du  12  janvier  2009,  il  a  prétendu  avoir  quitté  son  pays 
illégalement en 2002 à une date non précisée et être toujours recherché 
pour  des  motifs  politiques  et  non  pénaux.  Cette  argumentation  n'est 
toutefois  pas  crédible,  dès  lors  qu'il  s'agit  d'une  version  de  plus  par 
rapport à celles déjà avancées  jusque­là. Au demeurant, dans  le même 
courrier du 12 janvier 2009, le recourant soutient que la date du 18 juillet 
2002  correspond  à  celle  de  la  délivrance  de  son  passeport,  alors  qu'à 
l'audition sommaire il indiquait encore ignorer même l'année au cours de 
laquelle son passeport  lui avait été  remis  (cf. procès­verbal de  l'audition 
de l'intéressé du 8 août 2007, p. 4).

5.2. S'agissant de la recourante, celle­ci s'est contredite au sujet de son 
engagement  politique  en Syrie.  Au  cours  de  l'audition  sommaire,  elle  a 
expliqué avoir rompu tout lien avec le parti K._______ après sa première 
arrestation  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  l'intéressée  du  20  mars 
2007,  p. 4),  alors  que  lors  de  l'audition  suivante,  elle  a  affirmé  avoir 
continué à participer  aux  réunions  clandestines,  comme auparavant  (cf. 
procès­verbal de l'audition de l'intéressée du 25 septembre 2007, p. 9).

5.2.1.  L'intéressée  a  par  ailleurs  expliqué  avoir  fui  la  Syrie  le  1er  mars 
2007  de  manière  illégale.  Or,  selon  le  rapport  d'Ambassade  du  14 
décembre  2008,  elle  a  quitté  son  pays  légalement  en  date  du  9  mars 
2007, ce qui laisse supposer qu'à ce moment­là, la recourante n'était pas 
recherchée par les autorités de son pays, faute de quoi l'intéressée aurait 
rencontré  des  difficultés  au  poste­frontière.  A  cela  s'ajoute  que  la 
description  du  voyage,  indigente,  relève  du  stéréotype.  Sachant  qu'elle 
aurait voyagé, selon ses dires, avec un passeport falsifié, qu'elle n'aurait 
par ailleurs jamais eu entre les mains, il est difficile d'imaginer qu'elle ait 
réussi à se soustraire aux contrôles particulièrement rigoureux en vigueur 
dans les aéroports, notamment en Europe. La recourante ignore en outre 
l'endroit où elle aurait atterri en Europe occidentale (cf. procès­verbal de 
l'audition  de  l'intéressée  du  20  mars  2007,  p. 6).  Enfin,  le  prix  qu'elle 
aurait déboursé pour  financer son voyage, soit 1'300'000  lires syriennes 
(quelque 25'000 à 30'000 francs en 2007 ; cf. procès­verbal de l'audition 
de l'intéressée du 25 septembre 2007, p. 12), apparaît disproportionné. 

5.2.2. En  outre,  l'intéressée  aurait  obtenu  un  passeport  syrien  en  2004 
(cf. rapport  d'Ambassade  du  14  décembre  2008),  ce  qui  laisse  penser 

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qu'elle avait déjà l'intention de quitter son pays d'origine à ce moment­là, 
soit  avant  sa  prétendue  deuxième  détention,  qui  serait  selon  elle  à 
l'origine  de  son  départ  du  pays.  D'ailleurs,  en  2004,  le  recourant  avait 
déjà  déclaré  que  son  épouse  et  ses  enfants  étaient  en  route  pour  le 
retrouver  en  Europe  (cf. procès­verbal  du  droit  d'être  entendu  du  1er 
septembre 2004, p. 4).

5.3.  Au  vu  de  ce  qui  précède,  les  motifs  d'asile  invoqués  par  les 
intéressés ne satisfont pas au critère de vraisemblance énoncé par l'art. 7 
LAsi.

5.4.  Au  demeurant,  concernant  l'intéressée,  même  à  admettre  la 
vraisemblance  de  son  récit,  les  persécutions  alléguées  ne  sont  pas 
pertinentes  au  sens  de  l'art. 3  LAsi.  En  effet,  aucun  lien  de  causalité 
temporelle n'existe entre sa dernière arrestation alléguée,  intervenue en 
2005,  et  son  départ  de  Syrie  deux  ans  plus  tard.  Elle  a  par  ailleurs 
prétendu avoir fui le pays également dans le but de rejoindre son mari et 
de vivre avec lui, ce qui ne constitue pas un motif d'asile.

5.5. Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il porte sur l'octroi de l'asile, doit 
être rejeté.

6. 

6.1. Reste à examiner si  les  intéressés peuvent se prévaloir d'un risque 
de persécution en raison de motifs survenus postérieurement à leur fuite 
du pays.

6.2.  Celui  qui  se  prévaut  d'un  risque  de  persécution  dans  son  pays 
d'origine ou de provenance, engendré uniquement par son départ de ce 
pays  ou  par  son  comportement  dans  son  pays  d'accueil,  fait  valoir  des 
motifs subjectifs survenus après la fuite, au sens de l'art. 54 LAsi.

6.2.1. En présence de  tels motifs,  la qualité de  réfugié est  reconnue si, 
après un examen approfondi des circonstances,  il doit être présumé, au 
sens  de  l'art.  7  LAsi,  que  les  activités  exercées  dans  le  pays  d'accueil 
sont arrivées à la connaissance des autorités du pays d'origine et que le 
comportement  de  l'étranger  concerné  entraînerait  une  condamnation 
illégitime de la part de ces autorités (cf. ATAF 2009/29 consid. 5.1 p. 376 
s., ATAF 2009/28 consid. 7.1 p. 352; JICRA 2000 n°16 consid. 5a p. 141 
s. et réf. cit., JICRA 1995 n° 9 consid. 8c p. 91 et référence citée; WALTER 
STÖCKLI, Asyl,  in: Peter Uebersax/Beat Rudin/Thomas Hugi Yar/Thomas 

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Geiser  [Hrsg.]  Ausländerrecht,  Handbücher  für  die  Anwaltspraxis,  Band 
VIII, 2ème éd., Bâle 2009, p. 542, ch. 11.55 ss; MINH SON NGUYEN, Droit 
public des étrangers, Berne 2003, p. 448 ss).

6.2.2. L'art. 54 LAsi doit être compris dans son sens strict, à savoir que 
les  motifs  subjectifs  postérieurs  à  la  fuite  peuvent,  certes,  justifier  la 
reconnaissance de la qualité de réfugié au sens de l’art. 3 LAsi, mais pas 
à l’octroi de l’asile, indépendamment de la question de savoir s'ils ont été 
allégués abusivement ou non. De plus, la conséquence que le législateur 
a voulu attribuer aux motifs subjectifs  intervenus après  la  fuite, à savoir 
l'exclusion de l'asile, interdit leur combinaison avec des motifs antérieurs 
à  la  fuite,  respectivement  des motifs  objectifs  postérieurs  à  celle­ci,  par 
exemple  dans  l'hypothèse  où  ceux­là  ne  seraient  pas  suffisants  pour 
fonder  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  (cf.  JICRA 1995  n°  7 
consid. 7 et 8 p. 66 ss).

6.3.  En  l'espèce,  A._______  a  expliqué  avoir  pris  part  à  plusieurs 
manifestations  d'opposition  au  régime  syrien  en  Suisse.  En  qualité  de 
membre de la section suisse du parti K._______, il a en outre participé à 
des  réunions du parti en question. Son épouse B._______ a également 
assisté  à  des  réunions  du  parti,  ainsi  qu'à  des  rassemblements  de 
protestation. Selon les recourants, certaines photographies prises lors de 
manifestations ou de réunions, sur lesquelles ils figurent, seraient visibles 
sur Internet.

6.4. Dans sa décision du 6 mars 2009,  l'ODM a estimé que les activités 
du recourant en Suisse n'étaient pas susceptibles d'entraîner pour lui de 
séreux préjudices en cas de retour en Syrie, précisant que rien n'indiquait 
que  les  photographies  produites  avaient  été  publiées,  et  que  les  noms 
des participants n'apparaissaient pas. 

Les  intéressés,  dans  leur  recours  du  8  avril  2009,  ont  pour  leur  part 
soutenu que leurs activités subversives étaient connues du régime syrien, 
et  qu'un  retour  dans  leur  pays  les  exposerait  à  des  mesures 
déterminantes en matière d'asile.

Invité  à  se  déterminer  sur  l'ensemble  de  la  cause  par  ordonnance  du 
Tribunal du 6 septembre 2011, en tenant compte de la détérioration de la 
situation  en  Syrie  depuis  la  date  à  laquelle  sa  décision  a  été  rendue, 
l'ODM, dans sa détermination du 15 septembre 2011, ne s'est pas du tout 
prononcé sur les motifs du recours en lien avec la reconnaissance de la 
qualité de réfugié.

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Dans leur courrier du 23 septembre 2011, les recourants ont réitéré leurs 
craintes de persécution en cas de retour en Syrie, au vu des nombreuses 
réunions  et  manifestations  du  parti  K._______  auxquelles  A._______ 
aurait pris part, et de la péjoration récente de la situation des opposants 
dans le pays.

6.5.  Force  est  de  constater  que  la  situation  qui  prévaut  aujourd'hui  en 
Syrie est plus tendue qu'elle ne l'était au moment où la décision de l'ODM 
a été rendue en 2009. Depuis mars 2011, une  insurrection est en cours 
dans  ce  pays  et  une  répression  a  lieu  qui  a  fait  plusieurs  milliers  de 
victimes, selon les sources internationales disponibles. Dans ce contexte, 
les services de sécurité syriens ne se contentent pas d'agir à l'intérieur du 
pays, mais ils surveillent également les activités d'opposition déployées à 
l'étranger.  Cela  ne  signifie  pas  pour  autant  que  tous  les  ressortissants 
syriens  qui  se  trouvent  à  l'étranger  risquent  des  préjudices  en  cas  de 
retour. L'intérêt des représentants des autorités syriennes à l'étranger se 
concentre pour l'essentiel sur les personnes possédant un profil politique 
particulier, qui agissent au­delà du cadre habituel d’opposition de masse 
et qui occupent des fonctions ou déploient des activités d’une nature telle 
(le  critère  de  dangerosité  se  révélant  déterminant)  qu’elles  seraient 
susceptibles  de  représenter  une  menace  sérieuse  et  concrète  pour  le 
gouvernement.

6.6. En l'espèce, les recourants ne remplissent pas personnellement ces 
conditions. Leur engagement en Suisse est mineur, dès lors qu'ils se sont 
contentés d'une participation passive à des manifestations sans qu'ils ne 
se distinguent de la masse des manifestants. Ils n'ont joué aucun rôle de 
premier plan au point que l'on pourrait admettre qu'ils puissent apparaître 
comme représentant un  risque sérieux et concret pour  le gouvernement 
syrien en cas de retour.  Il n'est pas  inutile de rappeler dans ce contexte 
que  le  recourant  a  été  jugé  personnellement  peu  crédible  en  lien  avec 
ses motifs d'asile, que son récit a été jugé invraisemblable et qu'il a quitté 
son  pays  légalement  avec  son  passeport.  Il  ne  fait  pas  non  plus  partie 
d'une  famille  engagée  politiquement  et  n'a  nullement  démontré  que  les 
membres de sa famille restés sur place après sa fuite auraient subi des 
préjudices  ou  auraient  été  interpellés  ou  interrogés  après  sa  fuite.  Sa 
qualité de kurde ajanib n'est pas non plus établie, puisque contrairement 
à  ce  qu'il  a  prétendu  dans  un  premier  temps,  il  aurait  bien  obtenu  un 
passeport de la part des autorités syriennes, ainsi qu'une carte d'identité. 
Quant à la recourante, son engagement politique au pays a été des plus 
discrets  et,  même  à  admettre  son  arrestation  en  2005,  force  serait  de 
constater  qu'elle  aurait  encore  attendu  quelque  deux  ans  avant  de 

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s'expatrier,  qui plus est  selon  toute  vraisemblance de manière  légale et 
avec  son  passeport.  Ainsi,  elle  n'a  pas  rendu  vraisemblable  un 
engagement politique au pays d'un niveau suffisant pour  rencontrer des 
difficultés  au  moment  de  quitter  légalement  son  pays.  Quant  à  son 
engagement  politique  en  Suisse,  il  a  été  mineur.  Au  demeurant,  il  ne 
ressort  pas  des  allégués  de  la  recourante  qu'un  de  ses  proches  aurait 
rencontré de problèmes en Syrie  suite à  son départ. Elle n'est  pas non 
plus  membre  d'une  famille  politiquement  engagée  en  Syrie.  Dans  ces 
conditions,  l'engagement  politique  déployé par  les  intéressés  en Suisse 
ne paraît pas d'une ampleur et d'une intensité suffisantes pour leur valoir 
un risque concret et sérieux de préjudice en cas de retour. La qualité de 
réfugié pour des motifs subjectifs postérieurs à la fuite ne peut donc leur 
être reconnue. 

6.7. Dès lors, le recours doit être également rejeté en ce qu'il porte sur le 
refus  de  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  et  la  décision  de 
l'ODM du 6 mars 2009 confirmée sur ce point.

7. 
Aucune des conditions de l'art. 32 de l'ordonnance 1 du 11 août 2009 sur 
l'asile relative à la procédure (OA 1, RS 142.311), n'étant réalisée, et en 
l'absence  notamment  d'un  droit  des  recourants  à  une  autorisation  de 
séjour  ou  d'établissement,  l'autorité  de  céans  est  tenue  de  confirmer  le 
renvoi (art. 44 al. 1 LAsi).

8. 
Pour  le  reste,  à  savoir  l'exécution  du  renvoi,  le  recours  est  sans  objet, 
l'ODM ayant reconsidéré sa décision du 6 mars 2009 sur cette question le 
15 septembre 2011.

9. 
S'agissant des frais de procédure, il sied de constater que les recourants 
ont  déclaré  maintenir  leur  recours  en  matière  d'asile  et  de  qualité  de 
réfugié suite à la reconsidération de la décision attaquée le 23 septembre 
2011. Puisqu'ils succombent sur l'entier des conclusions maintenues, il y 
a  lieu  de  mettre  les  frais  de  procédure,  s'élevant  à  Fr. 600.­,  à  leur 
charge, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 e 3 let. b du règlement du 
21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le 
Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2).

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1. 
Le  recours,  en  tant  qu'il  porte  sur  le  refus  de  l'asile  et  de  la 
reconnaissance de la qualité de réfugié, est rejeté.

2. 
Le recours est sans objet en tant qu'il concerne l'exécution du renvoi.

3. 
Les  frais de procédure, d'un montant de Fr. 600.­,  sont mis à  la charge 
des  recourants.  Ils  sont  compensés  avec  l'avance  de  frais  de  même 
montant versée le 9 mai 2009.

4. 
Le présent arrêt est adressé au mandataire des recourants, à l'ODM et à 
l'autorité cantonale compétente.

Le président du collège : Le greffier :

Gérald Bovier Mathieu Ourny

Expédition :