# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 85431c43-d2ea-5dfa-b56c-5cebb574abf2
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-01-11
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 11.01.2011 A/4416/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-4416-2008_2011-01-11.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/4416/2008-LCI ATA/14/2011  

ARRÊT  

DE LA COUR DE JUSTICE 

CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

du 11 janvier 2011 

2ème section 

 

dans la cause 

 

Monsieur S______ 
représenté par Me Jean-Charles Sommer, avocat  

contre 

DÉPARTEMENT DES CONSTRUCTIONS ET DES TECHNOLOGIES DE 
L'INFORMATION 

_________ 

Recours contre la décision de la commission cantonale de recours en matière 
administrative du 30 mars 2009 (DCCR/253/2009) 

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A/4416/2008 

EN FAIT 

1.  Monsieur S______ est propriétaire d'un immeuble de logements sis au 
X______ à Genève. L'immeuble de six étages date du début des années 90. Le 
rez-de-chaussée est affecté à des activités artisanales et chaque niveau est 
constitué d'un appartement de quatre pièces et de deux logements de trois pièces. 

2.  Le 8 mars 2007, sept locataires de l'immeuble ont écrit à M. S______ pour 
se plaindre, notamment de l'absence de sécurisation de l'immeuble et de 
l'apparition d'importantes moisissures sur les murs de plusieurs appartements. Il 
n'y avait que peu ou pas de chauffage, la buanderie était inutilisable, des plafonds 
s'écaillaient et il y avait des infiltrations d'eau.  

  Les locataires exigeaient que des mesures soient prises pour rendre les 
appartements viables d'ici au 30 avril 2007, faute de quoi ils procéderaient à la 
consignation des loyers et des charges, ainsi qu'au dépôt, auprès de la commission 
de conciliation en matière de baux et loyers, devenue depuis le 1er janvier 2011 la 
commission de conciliation des baux et loyers du Tribunal civil, d'une demande 
en exécution de travaux, validation de consignation et réduction de loyers pour 
diminution d'usage. 

  Une copie de ce courrier a été transmise au service des habitations destinées 
aux ménages à revenus modestes (HLM).  

3.  Le 13 avril 2007, le service de la sécurité civile du département des 
constructions et des technologies de l'information (ci-après : DCTI) a invité 
M. S______ à faire connaître, dans les quinze jours, les mesures qu'il entendait 
prendre pour remédier à l'état d'insalubrité de son immeuble, constaté par un 
inspecteur lors d'une visite sur place le 15 mars 2007, effectuée hors la présence 
de M. S______. L'inspecteur avait relevé d'importantes moisissures dans quatre 
appartements. Toutes mesures et/ou sanctions liées à l'infraction au sens de 
l'art. 121 de la loi sur les constructions et les installations diverses du 14 avril 
1988 (LCI - L 5 05) étaient réservées. 

4.  Le 18 mai 2007, le DCTI a constaté qu'aucune suite n'avait été donnée à son 
courrier du 13 avril 2007 et a donné l'ordre, en application de l'art. 129 LCI, de 
procéder aux travaux d'assainissement qui s'imposaient, dans un délai échéant le 
15 juin 2007. Le courrier comportait l'indication des voies et délai de recours. 

5.  Le 13 juillet 2007, le service cantonal de toxicologie industrielle et de 
protection contre les pollutions intérieures (ci-après : STIPI) a établi un rapport 
suite à une nouvelle visite de l'immeuble le 5 juin 2007, effectuée en présence du 
propriétaire, du service technique de la direction du logement, de Monsieur 

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B______, architecte de Generali assurances, d'un représentant de celle-ci, de 
Monsieur F______ de l'entreprise Y______ S.à.r.l., de Madame M______, 
inspectrice du STIPI, et de Monsieur Z______, inspecteur à la police du feu.  

  La visite avait porté sur cinq appartements :  

  Un appartement de quatre pièces au 4ème étage occupé par la famille 
L______ dans lequel des moisissures étaient visibles dans le salon, sur le plafond, 
le long du balcon, ainsi que sur le mur extérieur de part et d'autre du vitrage 
donnant sur le balcon ; à la cuisine sur le contrecœur ; dans une chambre à 
coucher sur le mur extérieur et le long du plafond au-dessus de la fenêtre ainsi que 
dans une autre chambre sur le mur extérieur. Une machine à laver le linge et un 
séchoir se trouvaient dans la cuisine. Deux étendages avec des linges à sécher 
étaient posés dans le salon et d'autres linges séchaient sur le balcon.  

  Un appartement de quatre pièces au 5ème étage occupé par la famille 
Marques ne présentait pas de moisissures. 

  Un appartement de trois pièces au 3ème étage, occupé par Madame 
W______, présentait des moisissures sur le contrecœur de la chambre à coucher et 
à la cuisine. La peinture du plafond s'écaillait et était détachée. L'humidité avait 
provoqué des moisissures sur les joints des fenêtres. La locataire avait précisé 
qu'elle avait repeint les murs du salon, rendant les moisissures invisibles. 

  Un appartement de trois pièces au 2ème étage, occupé par 
Monsieur P______, présentait des moisissures sur le contrecœur de la chambre à 
coucher et du salon. A la cuisine, la peinture du plafond était écaillée et détachée. 
L'humidité avait provoqué des moisissures sur les joints des fenêtres. 

  Un appartement de trois pièces au 2ème étage, occupé par Monsieur 
Q______, présentait les mêmes défauts que celui de M. P______. Le locataire se 
plaignait également d'infiltrations d'eau au plafond du salon lors de fortes 
intempéries. 

  Selon le rapport, il existait vraisemblablement une mauvaise isolation des 
façades ainsi que de nombreux ponts de froid. Le chauffage au sol empêchait la 
réduction de la condensation au niveau de contrecœurs par les radiateurs. 
L'absence de grilles de ventilation dans les cadres des fenêtres, empêchait une 
aération correcte. Le système de ventilation des salles de bains ne fonctionnait pas 
en permanence, mais seulement lorsque la lumière était allumée, ce qui ne 
permettait pas d'assurer un renouvellement d'air minimum. L'absence de 
ventilation mécanique dans les cuisines favorisait la condensation des vapeurs 
d'eau. Le comportement de certains locataires qui faisaient la lessive et séchaient 
celle-ci au salon accentuait ces inconvénients et favorisait les moisissures mais 
cela ne suffisait pas à les provoquer. 

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  Il s'agissait vraisemblablement de vices de construction auxquels il fallait 
remédier en prenant, par exemple, les mesures suivantes : pose d'une isolation 
intérieure avec barrière pare-vapeur côté chaud, installation d'un système 
d'aération mécanique dans les pièces humides, création indispensable de grilles de 
ventilation dans les cadres de fenêtres, nettoyage et entretien des bouches de 
ventilation des salles de bains par les locataires. Finalement, une buanderie 
commune devrait être mise en fonction et être accessible à tous les locataires. Ces 
derniers devaient éviter l'utilisation de lave-linge et sèche-linge dans les 
appartements, notamment dans les pièces sèches. 

6.  Le 13 octobre 2007, le DCTI a demandé au propriétaire de faire appel à un 
mandataire professionnellement qualifié pour qu'il procède à une expertise 
approfondie et recherche des solutions judicieuses pour remédier aux défauts 
constatés. Des entreprises qualifiées devaient être mandatées pour résoudre 
durablement les problèmes de moisissures. La remise en état des logements était 
également nécessaire une fois les gros travaux réalisés. Les moquettes devaient 
être changées dans deux appartements. Un délai de trente jours lui était fixé pour 
se conformer à ces exigences. Toutes mesures et/ou sanctions restaient 
expressément réservées. 

7.  Le 12 novembre 2007, M. S______ a informé le DCTI qu'il avait demandé à 
M. B______ de procéder à une expertise et de se prononcer sur les possibilités de 
remédier aux problèmes constatés. 

8.  Le 16 janvier 2008, le DCTI a informé M. S______ que les mesures prises 
ne correspondaient pas à celles exigées par la situation. Il ne suffisait pas 
mandater l'architecte de sa compagnie d'assurances, mais il fallait rechercher des 
solutions immédiatement. Un mandataire professionnellement qualifié devait 
procéder à une évaluation urgente des problèmes de fond liés à la construction et 
ensuite les différents corps de métiers devaient remédier à l'insalubrité et remettre 
les logements en état. Un délai de quinze jours lui était fixé pour déposer un 
planning détaillé de tous les travaux à réaliser avec leur échéance. Passé ce délai, 
une amende lui serait infligée. 

9.  Le 28 janvier 2008, l'Association genevoise de défense des locataires (ci-
après : ASLOCA) a informé le DCTI qu'elle était mandatée par M. Q______. A ce 
titre, elle demandait que les travaux soient exécutés d'office. Copie de son courrier 
a été envoyée au propriétaire. 

10.  Le 1er février 2008, M. S______ a informé le DCTI qu'un rendez-vous avait 
été fixé le 12 février 2008 avec M. B______. Ce dernier était un spécialiste et les 
réticences du DCTI à son égard étaient étonnantes. 

11.  Le 22 février 2008, le DCTI a accordé un ultime délai à M. S______ pour 
remettre le planning exigé. Un amende dont le montant pouvait aller jusqu'à 

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CHF 60'000.- lui serait infligée passé ce délai. Ce courrier constituait une mesure 
d'exécution non sujette à recours. 

12.  Le 5 mars 2008, M. S______ a informé le DCTI que sur les sept 
réclamations initiales, deux provenaient de locataires dont les appartements ne 
présentaient pas de moisissures ; deux appartements avaient été rénovés 
entièrement au cours des huit mois et un appartement était à refaire durant l'été. 
Concernant les deux appartements restants, il était dans l'attente d'une réponse des 
locataires pour résoudre le problème par désinfection. Il avait honoré les 
exigences du DCTI ainsi que celles des locataires. 

13.  Le 16 juin 2008, Madame L______ a fait part au propriétaire de son 
inquiétude concernant sa santé et celle de ses filles, en raison des problèmes 
d'humidité dans l'appartement. Elle n'était pas d'accord de payer la moitié des 
travaux envisagés, comme cela lui était demandé par le propriétaire. De plus, ces 
derniers seraient inutiles tant que des mesures visant à traiter les défauts de 
construction et l'isolation des fenêtres n'étaient pas prises. Elle repeignait 
l'appartement à ses frais chaque année mais le problème récurrent des moisissures 
devait être réglé à la source.  

14.  Le 19 juin 2008, l'ASLOCA a informé le DCTI qu'aucun assainissement 
n'avait été effectué dans les appartements de M. Q______ et de Madame 
K______. M. S______ se proposait d'intervenir prochainement, mais il entendait 
entreprendre de simples travaux de peinture. 

15.  Le 29 juillet 2008, le DCTI a réitéré son ordre d'exécution de travaux 
d'assainissement à M. S______ et lui a infligé une amende de CHF 2'000.- pour 
avoir contrevenu aux art. 121, 133, 129 et 132 LCI. 

  Un contrôle de l'immeuble fait le 22 juillet 2008 avait révélé que les 
mesures d'assainissement demandées n'avaient pas été exécutées et qu’aucun 
planning n'avait été remis. 

  Vu l'urgence de la situation, la décision était déclarée exécutoire nonobstant 
recours. 

16.  Le 30 juillet 2008, le STIPI, devenu le service de toxicologie de 
l'environnement bâti (ci-après : STEB), a établit un rapport complémentaire 
portant sur des mesures de température et d'humidité dans trois des appartements 
concernés par le premier rapport. Le résultat indiquait une température se situant 
entre 21 et 24 °C et une humidité relative de 3 5 % à 55 %.  

  Ces valeurs étaient dans les limites normales, ce qui ne constituait pas une 
preuve de la qualité de l'isolation thermique, les mesures ayant été faites au milieu 
des pièces alors que la condensation se produisait localement sur les surfaces 
extérieures, à cause du manque d'isolation. 

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17.  Le 29 août 2008, M. S______ a recouru auprès de la commission cantonale 
de recours en matière administrative (ci-après : CCRA), devenue depuis le 1er 
janvier 2011 le Tribunal administratif de première instance, contre la décision du 
DCTI du 29 juillet 2008, en concluant à son annulation et à la restitution de l'effet 
suspensif au recours. 

  Les moisissures constatées ne provenaient pas de vices de construction mais 
du fait que les locataires suspendaient leur linge à sécher dans leur logement. 
Plusieurs aérations étaient obturées en raison du manque d'entretien par les 
locataires. 

  Il avait fait inspecter l'immeuble le 20 août 2008 par Monsieur V______, 
chef de chantier. Ce dernier avait contrôlé le système d'aération situé sur le toit et 
constaté que tout fonctionnait parfaitement. Il avait visité trois appartements 
entretenus avec soin et dans lesquels aucune moisissure n'avait été constatée. Il 
existait une ventilation mécanique dans les cuisines visitées. 

  Le 27 août 2008, les locataires avaient finalement laissé l'accès à leur 
logement afin que les moisissures puissent être éradiquées par l'entreprise 
Y______ S.à.r.l. 

  L'effet suspensif devait être restitué en ce qui concernait l'amende et les 
travaux, ces derniers n'ayant jamais été requis, et il n'était pas en mesure de se 
soumettre à l'injonction. 

  La motivation de la décision faisait défaut. Seules des moisissures, l'absence 
de ventilation mécanique dans les cuisines et les moquettes à remplacer y étaient 
évoquées. Il lui était enjoint de remédier à des malfaçons, dont il contestait 
l'existence, et aucun travail ne lui était ordonné dans les courriers préalables. En 
conséquence, l'injonction d'entreprendre des travaux n'était pas compréhensible et 
ne respE______it pas les exigences de motivation élémentaires. 

  Il avait à réitérées reprises fixé des rendez-vous aux locataires afin de 
remédier aux moisissures existantes dans leur logement, mais l'accès aux 
appartements lui avait été refusé. 

  Il avait dû patienter huit mois pour que le STEB lui fournisse les appareils 
de mesure de température et d'humidité et il n'avait toujours pas pu obtenir les 
données relevées. 

  L'immeuble n'était pas insalubre et aucune violation de l'art. 121 LCI ne 
pouvait lui être reprochée. 

  La décision était arbitraire car elle était fondée sur des constatations de non-
conformité de la construction qui n'existaient pas. Une expertise devait être 
ordonnée si la commission n'était pas convaincue par ses allégués. 

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  L'amende était injustifiée et aucun « ordre d'exécution de travaux 
d'assainissement » ne lui avait été donné. 

18.  Par décision du 3 mars 2009, la CCRA a restitué l'effet suspensif au recours. 

19.  Le 9 mars 2009, le DCTI a répondu au recours. 

  Le 4 février 2009, M. Z______ avait à nouveau visité deux appartements. 
Dans celui de M. Q______, il avait constaté que des travaux de peinture avaient 
été effectués. Dans celui de Mme L______, les moisissures étaient toujours 
présentes. Il avait également constaté que des grilles de ventilation avaient été 
posées sur les cadres de fenêtres des deux appartements, comme cela était proposé 
dans le rapport du STEB du 13 juillet 2007. 

  Le rapport de M. V______ proposait quelques mesures destinées à 
améliorer la ventilation et le transit de l'air dans les locaux. 

  L'insalubrité des locaux avait été constatée le 15 mars 2007, puis les 5 juin 
2007, 22 juillet 2008 et 4 février 2009, des moisissures étant apparentes sur les 
murs de plusieurs appartements. 

  La réalisation de travaux de peintures n'était pas susceptible de remédier au 
problème sans que soit déterminée de manière claire l'origine des moisissures. Le 
rapport concernant les relevés de température et d'humidité mentionnait que le 
comportement des locataires n'était pas la cause de l'insalubrité. Si l'immeuble 
présentait des problèmes d'isolation et des ponts de froid, il était normal que les 
mesures prises au milieu des pièces ne démontrent rien de particulier. 

  Tout contrevenant aux ordres donnés par le DCTI dans les limites de la loi 
était passible d'une amende administrative. Le DCTI avait prononcé une décision 
visant le rétablissement de la salubrité des locaux touchés par des moisissures. 
Suite au rapport du STEB, il avait enjoint M. S______ de faire procéder à une 
expertise par un mandataire professionnellement qualifié qui puisse déterminer 
avec précision l'origine des moisissures. Il était également indiqué que le 
comportement des locataires pouvait favoriser les moisissures mais ne saurait à lui 
seul les provoquer, ce qui semblait échapper au propriétaire. 

  Alors que la situation n'évoluait pas, le DCTI avait demandé la production 
d'un planning des travaux envisagés. Jusqu'au 29 juillet 2008, M. S______ n'avait 
pas donné de nouvelles. Par sa persistance à refuser les injonctions répétées, M. 
S______ avait persisté à ignorer les décisions rendues. L'amende était justifiée. 
Suite à son prononcé, des grilles de ventilation avaient été posées aux fenêtres. 

20.  Le 30 mars 2009, la CCRA a rejeté le recours de M. S______. 

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  La décision était suffisamment motivée, elle faisait référence à plusieurs 
courriers et à un contrôle sur place et exposait sans équivoque ce qui était attendu 
de la part du propriétaire, à savoir la réalisation de travaux dans divers 
appartements afin de remédier aux problèmes d'humidité et de moisissures de 
façon à rendre les logements salubres. 

  La présence de moisissures était de nature à compromettre la santé des 
occupants et, de ce fait, le propriétaire avait l'obligation d'entreprendre les travaux 
nécessaires. Par son comportement, M. S______ avait systématiquement tenté de 
gagner du temps et n'avait jamais respecté les nombreux délais qui lui avaient été 
impartis pour se mettre en conformité avec la loi. Il s'était ainsi écoulé près de 
quinze mois entre la première intervention du DCTI et la décision attaquée, 
période pendant laquelle le recourant n'avait pas rempli ses obligations légales en 
matière de sécurité et de salubrité des bâtiments, malgré de nombreux rappels. 
L'amende était justifiée et représentait une sanction très faible mais adéquate. 

21.  Le 7 mai 2009, M. S______ a recouru auprès du Tribunal administratif, 
devenu depuis le 1er janvier 2011 la chambre administrative de la section 
administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre 
la décision de la CCRA, en concluant à son annulation et à celle de la décision du 
DCTI ainsi qu'au versement d'une indemnité de procédure. Préalablement, il 
concluait à la confirmation de la restitution de l'effet suspensif et à la comparution 
personnelle des parties. Une expertise de l'immeuble devait être ordonnée. 

  Il logeait lui-même avec son épouse dans l'immeuble et n'avait jamais 
constaté la moindre moisissure dans ses locaux. Il ne niait pas l'existence de 
celles-ci dans certains appartements mais contestait leur origine. Dans tous les 
appartements dans lesquels apparaissaient des moisissures, sauf celui de 
M. Q______, se trouvaient des étendages de linge en train de sécher. Il n'était pas 
étonnant d'y constater un taux d'humidité supérieur à la normale. 

  Le courrier du DCTI du 29 juillet 2008 indiquait de manière contraire aux 
faits que son immeuble était entaché de vices de construction. Cette assertion ne 
reposait sur aucune donnée objective et raisonnable. Une expertise devait être 
ordonnée afin de constater que tous les reproches qui avaient été formulés à 
l'encontre de l'immeuble étaient infondés. L'amende était injustifiée. 

  L'ordre d'exécution des travaux devait également être annulé car aucun 
travail d'assainissement n'avait été ordonné par la lettre du 13 octobre 2007. 

 M. S______ reprenait pour le surplus les arguments qu'il avait déjà 
développés devant la CCRA. 

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22.  Le 9 juillet 2009, le DCTI s'est référé aux observations communiquées 
précédemment à la CCRA et a renoncé à en présenter de nouvelles. Il a conclu au 
rejet du recours. 

23. a. Lors de l'audience de comparution personnelle des parties du 21 septembre 
2009, M. Z______ a exposé que, depuis 2007, il s'était rendu à plusieurs reprises 
sur place et avait demandé au propriétaire d'effectuer des travaux. Les travaux 
n'étant pas exécutés, une amende avait été infligée. C'était la première fois que le 
DCTI devait intervenir pour cet immeuble et concernant M. S______. 

 b. M. S______ a indiqué que certains locataires plaignants, Mesdames 
U______ et W______, avaient quitté l'immeuble et qu'il avait fait faire des 
travaux de peinture, de nettoyage et de carrelage. Depuis lors, dans ces 
appartements, la situation s'était améliorée car les nouveaux locataires ventilaient 
les locaux. Deux autres locataires, Madame F______ et Monsieur Ma______, 
avaient quitté l'immeuble mais aucune moisissure n'avait été constatée dans leurs 
appartements. M. Q______ avait également déménagé et un peu de moisissure 
avait été trouvé dans son appartement. Il avait fait poser des ventilations chez 
Mme L______ et chez Messieurs R______ et Q______. Mme L______ refusait 
qu'il accède à son appartement pour faire des travaux de peinture. 

  L'état locatif brut de l'immeuble s'élevait à CHF 400'000.- et le bénéfice de 
CHF 70'000.-.  

  Le juge délégué à l'instruction de la cause a prié M. S______ d'établir quels 
travaux avaient déjà été entrepris avant le 29 juillet 2008 dans les appartements 
litigieux et quels travaux avaient été effectués après cette date. Il devait indiquer 
quelles avaient été les suites données au courrier du DCTI du 13 octobre 2007 et 
établir par pièces ses revenus. 

24.  Le 17 février 2010, M. S______ a produit un rapport établi le 30 juillet 2009 
par l'entreprise H______ S.A., mandatée le 22 juin 2009 pour effectuer une 
expertise. Il était constaté, dans l'appartement de Mme L______, que la portion de 
mur extérieur du séjour était complètement recouverte de moisissures. Le papier 
peint était totalement décollé. Au plafond, une vingtaine de centimètres de la 
périphérie du plafond était moisie. Les menuiseries étaient moins touchées mais 
des traces de gouttes témoignaient des condensations qui apparaissaient en hiver, 
selon les informations données par la locataire. 

  Les murs extérieurs de la cuisine étaient complètement recouverts de 
moisissures. Au plafond, elles se développaient au raccord mur-plafond. 

  Dans la chambre des enfants, les moisissures se répartissaient sur l'ensemble 
de la surface du mur extérieur et sur quelques centimètres en bordure du plafond.  

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  Dans la chambre des parents, les murs extérieurs étaient totalement 
recouverts de moisissures, ainsi qu'une bande d'une vingtaine de centimètres à la 
périphérie du plafond. Une salle de bains desservait directement cette pièce. 

  Le système de ventilation comportait des bouches d'entrée d'air neuf 
disposées en haut de chaque menuiserie de fenêtre dans les coffres des volets 
roulants. La cuisine était équipée d'une bouche d'entrée d'air neuf. Ce détail n'était 
pas conforme au chapitre 6.1.1 du cahier technique SIA 2003 concernant le 
cheminement de l'air dans le logement. L'air neuf devait entrer dans le logement 
par les pièces sèches, transiter par le corridor puis être extrait dans les pièces 
humides afin de créer une circulation d'air. La bouche d'entrée d'air neuf de la 
chambre des parents était bouchée par une serviette lors de la visite. 

  La cuisine n'était pas équipée de ventilation mécanique contrôlée. Une hotte 
aspirante était commandée par l'utilisateur. Les débits d'extraction mesurés, 
lumière éteinte, dans les salles de bains étaient inférieurs aux recommandations de 
la norme SIA : 27 m3/h pour l'une et 36 m3/h pour l'autre au lieu de 40 m3/h. 

  Compte tenu de l'ampleur du développement des moisissures, les points 
décrits n'expliquaient pas à eux seuls le problème. Une thermographie intérieure 
devait être réalisée afin d'évaluer la performance thermique des façades 
extérieures et de détecter d'éventuels ponts de froid. Il convenait au préalable de 
faire rééquilibrer les débits d'extraction des salles de bains et de condamner la 
grille d'aération de la cuisine. Quant aux locataires, ils devaient faire fonctionner 
systématiquement la hotte de la cuisine pendant la cuisson et attendre une 
vingtaine de minutes avant de l'éteindre. Ils devaient également toujours allumer 
la lumière dans les salles de bains et les WC et ne jamais boucher les grilles 
d'entrée d'air neuf. 

  M. S______ a remis un rapport du 12 octobre 2009 de l'entreprise E______ 
S.A. concernant le contrôle des ventilations dans l'appartement du 4ème étage à 
gauche en sortant de l'ascenseur. Le débit minimum de l'aération de la salle de 
bains après nettoyage était de 42 m3/h, celle de la douche de 38 m3/h après 
nettoyage et 46 m3/h après réglage et celle des WC, 22 m3/h après nettoyage. La 
cuisine était ventilée par une hotte dont le filtre à graisse était encrassé et il fallait 
le nettoyer. Le filtre synthétique obstrué par la graisse devait être remplacé. 

  M. S______ a encore produits les bordereaux d'impôts 2006 ainsi que les 
comptes de gestion de l'immeuble indiquant un bénéfice après subventions de 
CHF 174'124'75. 

25.  Une nouvelle audience de comparution personnelle des parties a eu lieu le 
19 février 2010, les représentants du DCTI ont exposé que si la situation tendait à 
se régulariser c'était postérieurement au prononcé de l'amende du 29 juillet 2008 
qui restait entièrement justifiée. 

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  Deux appartements n'avaient pas encore fait l'objet de travaux au moment de 
la décision. Pour les autres, si certains travaux avaient été faits, notamment de 
peinture, ils n'étaient pas suffisants pour régler le problème de cet immeuble, qui 
consistait en une humidité excessive récurrente. Les moisissures réapparaîtraient 
par la suite. Il avait été constaté le 21 juillet 2009 que la peinture cloquait dans 
certains appartements. Il fallait contrôler avec des caméras thermiques l'isolation 
du bâtiment et détecter les ponts de froid. D'autre part, il fallait installer une 
ventilation permanente dans les cuisines, conformément aux exigences de la LCI. 

  M. S______ a contesté l'existence de ponts de froid. Le problème était la 
mauvaise aération par les locataires. Il était prêt à effectuer une thermographie de 
l'appartement de Mme L______, seulement. 

  Pour M. Z______, ce n'était pas au DCTI de dire au propriétaire le détail des 
travaux à effectuer. Il constatait la non-conformité à la LCI ou à d'autres lois et en 
informait le propriétaire qui devait prendre les mesures utiles. C'était la raison 
pour laquelle il avait ainsi été demandé à M. S______ de prendre un mandataire 
professionnellement qualifié pour traiter ces questions.  

26.  Le 28 avril 2010, M. S______ a déposé des observations. 

  L'administration n'avait jamais défini les travaux à exécuter et il avait 
régulièrement tenu au courant le DCTI des travaux entrepris, aussi bien 
concernant les recherches d'un éventuel problème que les réfections 
d'appartements. Il n'avait pas trouvé de défaut de construction, les problèmes 
provenaient du comportement des locataires. 

  Il a également remis un rapport de thermographie de l'appartement de la 
famille L______ réalisé le 24 mars 2010, dans lequel l'entreprise Bect constatait 
que, sur les diverses façades du bâtiment, l'isolation n'était pas complètement 
homogène. Les différences de température restaient dans des niveaux acceptables 
et il n'était pas recommandé de refaire l'isolation des façades extérieures, 
l'investissement n'étant pas justifié. Les fenêtres avaient un vitrage bien isolant. 
Quelques pertes d'énergie, respectivement des entrées d'air froid, étaient mesurées 
au niveau des joints ou de leur cadre. L'humidité ambiante de l'appartement 
dépassait 50 % alors qu'elle devait être normalement de 35 %, ce qui expliquait la 
présence d'humidité condensée sur les murs donnant sur les façades. Le léger froid 
convoyé à l'intérieur suffisait à faire condenser l'humidité ambiante. En tenant 
compte du nombre de personnes habitant ce petit appartement, de l'utilisation des 
douches et de l'humidité provenant de la cuisson, il n'était pas étonnant de trouver 
de l'humidité condensée sur les murs. Il était recommandé d'aérer régulièrement 
cet appartement, voire d'y installer une ventilation pulsée. 

  Tant l'expertise de M. V______ que celle de H______ S.A. et celle 
d'E______ S.A. indiquaient que l'immeuble était salubre. En conséquence, 

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l'amende et l'ordre donné n'étaient pas fondés. Les travaux réclamés par le DCTI 
incombaient aux locataires et le DCTI faisait preuve d'acharnement. 

  Il sollicitait l'audition de cinq témoins. 

27.  Le 7 mai 2010, le DCTI a indiqué qu'il persistait pleinement dans les termes 
de sa décision du 29 juillet 2008. 

28.  La CCRA a déposé son dossier puis la cause a été gardée à juger, ce dont les 
parties ont été informées le 17 mai 2010. 

EN DROIT 

1.  Depuis le 1er janvier 2011, suite à l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur 
l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05), l'ensemble des 
compétences jusqu'alors dévolues au Tribunal administratif ont échu à la chambre 
administrative de la Cour de justice, qui devient autorité supérieure ordinaire de 
recours en matière administrative (art. 131 et 132 LOJ). 

  Les procédures pendantes devant le Tribunal administratif au 1er janvier 
2011 sont reprises par la chambre administrative (art. 143 al. 5 LOJ). Cette 
dernière est ainsi compétente pour statuer.  

   Interjeté en temps utile devant la juridiction alors compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de l'ancienne loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 
1941 ; art. 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 
1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Le litige porte sur une amende de CHF 2'000.-, infligée le 29 juillet 2008 
par le DCTI au recourant, dont ce dernier conteste le bien-fondé. Le recours porte 
également sur l'ordre d'assainissement et les mesures ordonnées, dont le recourant 
conteste le bien-fondé. 

3.  Le dossier est en état d'être jugé. En particulier, il est inutile de procéder à 
d'autres mesures d'instruction telles que requises par le recourant. Les parties ont 
été entendues en audience et se sont exprimées dans leurs écritures. A cet égard, le 
droit de faire administrer des preuves n'empêche pas cependant le juge de 
procéder à une appréciation anticipée de celles offertes, s'il a la certitude qu'elles 
ne pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF 120 Ib 224 consid. 2b p. 229 
et les arrêts cités). Le droit d'être entendu ne contient pas non plus d'obligation de 
discuter tous les griefs et moyens de preuve du recourant ; il suffit que le juge 
discute ceux qui lui paraissent pertinents (Arrêts du Tribunal fédéral 1P.32/2004 
du 12 février 2004 consid. 6 ; 1P.24/2001 du 30 janvier 2001 consid. 3a et les 
arrêts cités ; ATA/292/2004 du 6 avril 2004). 

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4. a. Une construction doit remplir en tout temps les conditions de sécurité et de 
salubrité exigées par la LCI, son règlement d'application ou les autorisations 
délivrées en application de ces dispositions légales et réglementaires 
(art. 121 LCI). 

 b. Lorsque l’état d’une construction, d’une installation ou d’une autre chose 
n’est pas conforme aux prescriptions de la LCI, des règlements qu’elle prévoit ou 
des autorisations délivrées, le DCTI peut ordonner des mesures, dont notamment 
la remise en état, la réparation, la modification, la suppression ou la démolition 
(art. 129 let. e et 130 LCI). Le DCTI notifie aux intéressés, par lettre 
recommandée, les mesures qu’il ordonne. Il fixe un délai pour leur exécution, à 
moins qu’il n’invoque l’urgence. Ces mesures sont dispensées de la procédure 
d’autorisation (art. 132 LCI). 

 c. Les propriétaires ou leurs mandataires, les entrepreneurs et les usagers sont 
tenus de se conformer aux mesures ordonnées par le DCTI (art. 131 LCI). 

 5. a. Est passible d'une amende administrative de CHF 100.- à CHF 60'000.- tout 
contrevenant aux ordres donnés par le DCTI, dans les limites de la LCI et des 
règlements et arrêtés édictés en vertu de celle-ci (art. 137 LCI). 

 b. Les amendes administratives sont de nature pénale. Aucun critère ne permet 
en effet de les distinguer clairement des amendes ordinaires pour lesquelles la 
compétence administrative de première instance peut, au demeurant, aussi exister 
(ATA/86/2006 du 14 février 2006 ; ATA/362/2005 du 24 mai 2005 ; P. MOOR, 
Droit administratif : Les actes administratifs et leur contrôle, vol. 2, 2ème éd., 
Berne 2002, ch. 1.4.5.5, p. 139-141 ; P. NOLL / S. TRECHSEL, Schweizerisches 
Strafrecht : Allgemeine Voraussetzungen der Strafbarkeit, AT I, 6ème éd., Zürich 
2004, p. 37). C’est dire que la quotité de la peine administrative doit être fixée en 
tenant compte des principes généraux régissant le droit pénal. En vertu de l’art. 1 
al. 2 de la loi pénale genevoise du 20 septembre 1941 (LPG – E 4 05), il y a lieu 
de faire application des dispositions générales contenues dans le Code pénal suisse 
du 21 décembre 1937 (CP - RS 311.0), sous réserve des exceptions prévues par le 
législateur cantonal à l’art. 24 LPG. 

 c. Il est ainsi nécessaire que le contrevenant ait commis une faute, fût-ce sous 
la forme d’une simple négligence. Selon des principes qui n’ont pas été remis en 
cause, l’administration doit faire preuve de sévérité afin d’assurer le respect de la 
loi (A. GRISEL, Traité de droit administratif, vol. 2, Neuchâtel, 1984, p. 646-
648). Elle bénéficie en particulier d’un large pouvoir d’appréciation pour infliger 
une amende et la juridiction de céans ne la censure qu’en cas d’excès. Enfin, 
l’amende doit respecter le principe de la proportionnalité (ATA/86/2006 du 
14 février 2006 ; ATA/567/2005 du 16 août 2005). Il est ainsi tenu compte, dans 
la fixation du montant de l’amende, du degré de gravité de l’infraction et de la 
situation du recourant, par application analogique de l’art. 63 CP. 

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6.  Les moisissures ont des effets néfastes sur la santé et provoquent notamment 
des irritations de la peau, des yeux et des voies respiratoires. Ces dernières 
peuvent, avec le temps, devenir chroniques. Les moisissures créent également des 
nuisances olfactives et sont causes de refroidissements fréquents.  

  L'office fédéral de la santé publique (ci-après : OFSP) considère que la 
situation est inacceptable, au sens de la prévention sanitaire, lorsqu'un logement 
contient des proliférations de moisissures denses, étendues sur une surface 
supérieure à 10 x 10 centimètres, ou à plusieurs endroits dans une même pièce ou 
encore dans différentes pièces. Dans ces cas, l'OFSP recommande que les pièces 
touchées restent fermées à titre préventif et ne soient pas utilisées. Une attention 
particulière est recommandée pour les chambres à coucher ou les chambres 
d'enfant.  

  Selon les directives de l'OFSP, une expertise de l'étendue des dégâts et de 
leurs causes doit être commandée immédiatement par le bailleur à un spécialiste 
en physique du bâtiment ou par l'entreprise qui sera chargée de procéder à 
l'assainissement. Celle-ci ne doit en aucun cas être faite par le locataire ou le 
propriétaire, mais uniquement par des professionnels qui devront respecter les 
prescriptions légales en vigueur et les principes de la Suva sur les mesures de 
protection. En effet, lors d'un assainissement, l'exposition aux composantes des 
champignons peut être 1'000 à 10'000 fois plus importante (Moisissures dans les 
habitations publié par l'OFSP, 26 août 2010 ; Attention moisissures, OFSP, 
10 novembre 2009 ; Elimination des moisissures au sein de bâtiments, Suvapro). 

  Pour que l'assainissement soit satisfaisant du point de vue sanitaire, il faut 
que les causes de l'apparition des moisissures soient identifiées et supprimées. 
Selon l'OFSP, les causes principales sont celles relevées dans le rapport du STEB, 
soit l'existence de ponts de froid, l'humidité excessive dans les logements, 
l'aération insuffisante pouvant s'expliquer par des installations d'évacuation d'air 
défectueuses ou non-conformes, ou encore des hottes de ventilation sales ou des 
infiltrations d'eau. 

  En l'espèce, de nombreuses moisissures sur des surfaces étendues ont été 
constatées par le représentant du DCTI puis par le STEB, dans plusieurs pièces de 
quatre appartements.  

  Le 13 avril 2007, le DCTI a ordonné au recourant de prendre des mesures 
pour remédier à l'insalubrité constatée. En l'absence de réaction, le DCTI a 
ordonné formellement au recourant de procéder à des travaux d'assainissement, le 
18 mai 2007. Le recourant n'a pas recouru contre cette décision. 

  Après la visite du STEB le 13 juillet 2007, le DCTI est à nouveau intervenu 
le 13 octobre 2007 pour réitérer sa décision, en fixant un délai de trente jours pour 
que le recourant se conforme aux exigences mais ce n'est que le 12 novembre 

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2007 que M. S______ a indiqué que le représentant de son assurance allait 
procéder à une expertise. 

  Le 22 février 2008, le DCTI a encore accordé un ultime délai au recourant 
pour remettre un planning des travaux d'assainissement. En réponse, le 
propriétaire constatait qu'il n'y avait plus que deux appartements qui posaient 
problèmes et qu'il allait refaire l'un d'eux en été et attendait une réponse des 
locataires pour résoudre les problèmes de l'autre.  

  Lorsque finalement le DCTI, réitérant son ordre, a infligé l'amende pour 
non-respect des ordres d'exécution de travaux d'assainissement le 29 juillet 2008, 
il a, auparavant, constaté sur place que les travaux n'avaient pas été exécutés et 
qu'aucun planning n'avait été remis. 

  En conséquence, tant la décision ordonnant au propriétaire de faire 
expertiser les logements afin de découvrir les causes de l'état d'insalubrité, puis de 
procéder à l'assainissement de ceux-ci, que la décision constatant l'inexécution de 
l'ordre d'assainissement donné plus de quinze mois après, sont parfaitement 
motivées et fondées. Elles sont entièrement justifiées, même si, entre-temps, 
certains logements ont été repeints ou désinfectés suite au départ des locataires. 
Quant aux autres travaux d'assainissement réalisés après que la décision ait été 
rendue, telle que la pose de ventilations supplémentaires, ils ne peuvent être pris 
en compte dans l'examen de la décision objet du recours. 

  Contrairement à ce que soutient le recourant, l'ordre d'assainissement donné 
et l'obligation faite de faire expertiser l'immeuble, ainsi que celle de transmettre 
un planning des différents travaux envisagés, étaient parfaitement clairs. Il 
n'appartenait pas au DCTI de réaliser lui-même les expertises nécessaires afin de 
déterminer les travaux à entreprendre pour remédier à l'état d'insalubrité des 
logements.  

  En outre, ces mesures étaient justifiées au vu de l'état des logements et cela 
même si le comportement des locataires pouvait à la rigueur constituer l'une des 
causes du problème. Le recourant n'est pas spécialiste en la matière, il n'est pas 
qualifié pour se prononcer de façon définitive sur les causes des moisissures et il 
se justifiait de lui ordonner de faire procéder à une expertise professionnelle. Le 
problème était suffisamment grave du point de vue sanitaire et, se répétant dans 
plusieurs appartements, il était également tout à fait justifié d'ordonner un 
assainissement des logements.  

  En conséquence, en ne se conformant pas aux mesures ordonnées, le 
recourant a violé ses obligations, au sens de l'art. 131 LCI.  

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7.  La faute du recourant est avérée, puisqu'il n'a pas exécuté les ordres donnés 
par le DCTI dans les délais fixés, et le principe du prononcé d'une amende ne peut 
qu'être confirmé.  

  En arrêtant l'amende à CHF 2'000.- le DCTI a fait preuve de retenue à 
l'égard du recourant, compte tenu notamment du danger sanitaire que représente 
l'insalubrité des logements pour leurs locataires. Enfin, le recourant ne fait pas état 
de difficultés patrimoniales qui l'empêcheraient de s’acquitter de l’amende 
querellée. 

  En conséquence, le montant de l'amende sera confirmé. 

8.  Mal fondé, le recours sera rejeté. Un émolument de CHF 1'500.- sera mis à 
la charge du recourant, qui succombe (art. 87 LPA). 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 7 mai 2009 par Monsieur S______ contre la 
décision du 30 mars 2009 de la commission cantonale de recours en matière 
administrative ; 

au fond : 

le rejette ; 

met à la charge du recourant un émolument de CHF 1'500.- ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Maître Jean-Charles Sommer, avocat du recourant, au 
département des constructions et des technologies de l'information, ainsi qu’au Tribunal 
administratif de première instance. 

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Siégeants : Mme Bovy, présidente, Mme Hurni, M. Dumartheray, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière de juridiction : 
 
 

M. Tonossi 

 la présidente siégeant : 
 
 

L. Bovy 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :