# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c168f6b6-6ca0-5895-aca7-3b84cb819d69
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-04-27
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 27.04.2023 RR.2023.11
**Docket/Reference:** RR.2023.11
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2023-11_2023-04-27

## Full Text

Entraide judiciaire internationale en matière pénale au Portugal; saisie de valeurs (art. 80e al. 2 let. a EIMP);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale au Portugal; saisie de valeurs (art. 80e al. 2 let. a EIMP);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale au Portugal; saisie de valeurs (art. 80e al. 2 let. a EIMP);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale au Portugal; saisie de valeurs (art. 80e al. 2 let. a EIMP)

Arrêt du 27 avril 2023 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 

Roy Garré, président, 

Miriam Forni et Giorgio Bomio-Giovanascini  

la greffière Marine Neukomm  

   

Parties  A., représentée par Me Ilir Cenko, avocat,  

recourante 

  

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

partie adverse 

 

   

 

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale 

au Portugal 

 

Saisie de valeurs (art. 80e al. 2 let. a EIMP) 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: RR.2023.11 

 

 

 

 

- 2 - 

 

 

Faits: 

 

A. Par commission rogatoire du 7 avril 2022, le Ministère public du Portugal, 

Departamento Central de Investigação e Acção Penal, Lisbonne, a sollicité 

l’entraide des autorités suisses dans le cadre de l’enquête menée au 

Portugal sur le complexe de faits lié à la débâcle du groupe B. Dans ce 

contexte, les autorités portugaises diligentent une instruction ouverte 

notamment contre C. pour des faits qualifiés selon le droit portugais d’abus 

de confiance aggravé et de blanchiment d’argent. La commission rogatoire 

du 7 avril 2022 fait suite à une précédente demande d’entraide judiciaire aux 

autorités helvétiques datée du 23 mai 2017 (avec complément du 

7 septembre 2017) et ayant fait l’objet d’une décision de clôture le 

3 novembre 2017 (act. 1.4 et 1.8).  

 

 

B. Le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC), qui s’est vu 

déléguer la demande d’entraide du 7 avril 2022, est entré en matière sur 

celle-ci par décision du 6 septembre 2022 (act. 1.8).  

 

 

C. Le 9 septembre 2022, le MPC a ordonné le séquestre pénal conservatoire 

de la relation bancaire n° 1 dont A., épouse de C., est titulaire auprès de la 

banque D. (act. 2). Le 13 septembre 2022, il a confirmé cette mesure et a 

ordonné à la banque de lui remettre les relevés de compte de la relation en 

question pour la période du 1er janvier 2014 au 13 septembre 2022 (act. 1.3). 

 

 

D. Le 16 janvier 2023, A. a interjeté un recours contre les ordonnances 

précitées, concluant à leur annulation en tant qu’elles ordonnent le blocage 

des valeurs patrimoniales figurant sous la relation n° 1 auprès de la banque 

D. et à la levée immédiate du séquestre portant sur dite relation, 

subsidiairement au renvoi de la cause au MPC pour nouvelle décision dans 

le sens des considérants (act. 1). 

 

 

E. Le 6 février 2023, invité à répondre au recours, l’Office fédéral de la justice 

a renoncé à formuler des observations et a indiqué qu’il se ralliait au contenu 

des décisions attaquées (act. 6).  

 

 

F. Le 10 janvier 2023, également invité à se déterminer sur le recours, le MPC 

a conclu à son irrecevabilité (act. 8).  

 

- 3 - 

 

 

 

G. Le 23 février 2023, A. a répliqué spontanément et persisté dans les 

conclusions prises dans son mémoire de recours (act. 10). Copie de son 

écriture a été adressée aux autres parties pour information (act. 11).  

 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 L'entraide judiciaire entre la République du Portugal et la Confédération 

suisse est prioritairement régie par la Convention européenne d'entraide 

judiciaire en matière pénale (CEEJ; RS 0.351.1), entrée en vigueur pour la 

Suisse le 20 mars 1967 et pour le Portugal le 26 décembre 1994 ainsi que 

par le Deuxième protocole additionnel à ladite convention, entré en vigueur 

pour la Suisse le 1er février 2005 et pour l'Etat requérant le 1er mai 2007 

(RS 0.351.12). S'agissant d'une demande d'entraide présentée notamment 

pour la répression du blanchiment d'argent, entre également en 

considération la Convention relative au blanchiment, au dépistage, à la 

saisie et à la confiscation des produits du crime (CBl; RS 0.311.53), entrée 

en vigueur le 1er septembre 1993 pour la Suisse et le 1er février 1999 pour le 

Portugal. Les art. 43 ss de la Convention des Nations Unies contre la 

corruption (UNCAC; RS 0.311.56) en lien avec les art. 14 et 23 UNCAC 

relatifs au blanchiment d'argent en général trouvent également application. 

Les art. 48 ss de la Convention d'application de l'Accord de Schengen du 

14 juin 1985 (CAAS; n° CELEX 42000A0922[02]; Journal officiel de l'Union 

européenne L 239 du 22 septembre 2000, p. 19-62) s'appliquent également 

à l'entraide pénale entre la Suisse et le Portugal (v. arrêt du Tribunal pénal 

fédéral RR.2011.232-234 du 11 octobre 2011 consid. 1). Pour le surplus, la 

loi fédérale sur l'entraide internationale en matière pénale (EIMP; RS 351.1) 

et son ordonnance d'exécution (OEIMP; RS 351.11) règlent les questions 

qui ne sont pas régies, explicitement ou implicitement, par les traités 

(ATF 130 II 337 consid. 1; 128 II 355 consid. 1 et la jurisprudence citée). 

Le droit interne s'applique en outre lorsqu'il est plus favorable à l'octroi de 

l'entraide que les traités (ATF 142 IV 250 consid. 3; 140 IV 123 consid. 2; 

137 IV 33 consid. 2.2.2; 136 IV 82 consid. 3.1; 129 II 462 consid. 1.1; 122 II 

140 consid. 2). L'application de la norme la plus favorable (principe dit «de 

faveur») doit avoir lieu dans le respect des droits fondamentaux (ATF 135 IV 

212 consid. 2.3). 

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1.2  

1.2.1 La Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour 

connaître des recours dirigés contre les décisions de clôture de la procédure 

d'entraide rendues par l'autorité cantonale ou fédérale d'exécution et, 

conjointement, contre les décisions incidentes (art. 25 al. 1 et 80e al. 1 EIMP, 

mis en relation avec l'art. 37 al. 2 let. a ch. 1 de la loi fédérale sur 

l'organisation des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71]). 

En vertu de l'art. 80e al. 2 EIMP, les décisions incidentes antérieures à la 

décision de clôture peuvent faire l'objet d'un recours séparé uniquement si 

elles causent un préjudice immédiat et irréparable en raison de la saisie 

d'objets ou de valeurs (let. a) ou de la présence de personnes qui participent 

à la procédure à l'étranger (let. b). 

 

1.2.2 La saisie de valeurs patrimoniales – objet du présent litige – poursuit le but 

de permettre une éventuelle confiscation ou restitution à l'Etat requérant 

selon les critères établis à l'art. 74a EIMP. D'après cette disposition, les 

objets ou valeurs saisis à titre conservatoire peuvent être remis à l'autorité 

étrangère compétente au terme de la procédure d'entraide, en vue de 

confiscation ou de restitution à l'ayant droit (al. 1). Tel sera le cas, entre 

autres, lorsqu'ils sont le produit ou le résultat de l'infraction, la valeur de 

remplacement et l'avantage illicite (al. 2 let. b) ou quand ils constituent des 

dons et autres avantages ayant servi ou qui devaient servir à décider ou à 

récompenser l'auteur de l'infraction, ainsi que leur valeur de remplacement 

(al. 2 let. c). La remise intervient en règle générale sur décision définitive et 

exécutoire de l'Etat requérant (al. 3). Dans la pratique, la confiscation ou la 

restitution de valeurs ou d'objets saisis n'est souvent possible qu'après la 

clôture de la procédure pénale et de saisie à l'étranger, en règle générale en 

présence d'une décision de confiscation exécutoire (ATF 126 II 462 

consid. 5c; 123 II 595 consid. 4 et 5). Pour faire face à une éventuelle 

demande de restitution, l'art. 33a OEIMP prévoit que les objets ou valeurs 

demeurent saisis jusqu'à réception de la décision définitive et exécutoire de 

l'Etat étranger ou jusqu'à la communication de la part de ce dernier qu'une 

telle décision ne peut plus être rendue selon son propre droit. Il est inhérent 

à ce type de procédure que plusieurs années s'écoulent entre la saisie et la 

remise des valeurs patrimoniales (v. arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2020.329 du 11 mai 2021 consid. 1.2.3). 

 

1.2.3 Lorsque le recours est interjeté contre la décision de clôture visant la remise 

de documents bancaires et, simultanément, contre la saisie en tant que 

décision incidente antérieure à la clôture (v. art. 80e al. 1 EIMP), le recourant 

ne doit pas faire valoir de préjudice immédiat et irréparable (v. art. 80e al. 1  

EIMP). En revanche, les décisions incidentes de saisie de valeurs 

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patrimoniales antérieures à la décision de clôture ne peuvent être attaquées 

qu'en présence d'un tel préjudice immédiat et irréparable. Par là même, le 

délai de recours se raccourcit de 30 à 10 jours (art. 80 al. 2 et art. 80k EIMP).  

 

1.2.4 Cela étant, lorsque la saisie de valeurs patrimoniales est requise, sans saisie 

et remise de moyens de preuve, seule une décision – incidente – de saisie 

survient immédiatement. Dans ce cas, plusieurs années s'écoulent 

généralement jusqu'à ce que soit rendue la décision de clôture par laquelle 

il est statué sur la remise des valeurs patrimoniales à l'Etat étranger. Ce n'est 

ainsi que dans le cadre de la décision de clôture afférente à la remise des 

valeurs, soit bien des années plus tard, que la personne touchée par la 

mesure provisoire pourrait obtenir le contrôle judiciaire du respect des 

conditions d'octroi de l'entraide et de la saisie sans avoir à démontrer de 

préjudice immédiat et irréparable. L'autorité de céans a alors jugé que, dans 

un tel cas, les autorités d'entraide doivent se demander si, dans l'hypothèse 

où une demande de remise de moyens de preuve aurait été formulée 

conjointement, la décision de remise y relative serait déjà intervenue. Si tel 

était le cas, il se justifierait alors de traiter au plan procédural la décision de 

saisie des valeurs patrimoniales dans le cadre de l'entraide comme une 

décision de clôture (v. arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2012.173 du 

8 février 2013 consid. 1.3.3 et les références citées). 

 

1.2.5 En l’espèce, le recours est dirigé contre les ordonnances des 9 et 

13 septembre 2022. Formellement, l’acte qui est attaqué dans le cadre du 

présent recours est celui daté du 13 septembre 2022, en tant que décision 

confirmant la mesure de blocage urgente ordonnée le 9 septembre 2022. 

Dans la décision du 13 septembre 2022, le MPC a ordonné, outre le blocage 

des valeurs patrimoniales figurant sur la relation n° 1 dont la recourante est 

titulaire auprès de la banque D., la remise d’informations bancaires 

concernant dite relation. La remise de ces moyens de preuve n’a pas encore 

fait l’objet d’une décision de clôture. Une telle décision doit être rendue 

prochainement selon les observations du MPC (act. 7, p. 3). Il sera alors 

possible à la recourante de recourir contre celle-ci et, simultanément, contre 

la saisie en tant que décision incidente antérieure à la clôture (art. 80e al. 1 

EIMP). Il n’y a ainsi pas lieu d’examiner si, au vu des principes mentionnés 

au considérant 1.2.4 ci-dessus, la décision entreprise peut être qualifiée de 

décision de clôture. L’ordonnance entreprise étant incidente, le délai pour 

recourir contre elle est de 10 jours (art. 80k 2e phr. EIMP) et le recours séparé 

est conditionné à la preuve d’un préjudice immédiat et irréparable (art. 80e 

al. 2 EIMP).  

 

1.2.6 S’agissant du respect du délai pour recourir, il est relevé que le recours, qui 

a été déposé le 16 janvier 2023 contre l’ordonnance du 13 septembre 2022 

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– reçue par la recourante le 6 janvier 2023, comme cela a été confirmé par 

le MPC (cf. act. 7 p. 3) –, est intervenu en temps utile.  

 

1.3 Il reste à examiner si la recourante a valablement fait valoir un préjudice 

immédiat et irréparable. 

 

1.3.1 Le prononcé d'une saisie ne crée pas ipso facto un dommage immédiat et 

irréparable ouvrant la voie d'un recours. Pour que la condition de l'art. 80e 

al. 2 let. a EIMP soit remplie, il faut que la personne touchée rende 

vraisemblable que la mesure qu'elle critique lui cause un tel dommage et en 

quoi celui-ci pourrait être évité par l'annulation du prononcé attaqué 

(ATF 130 II 329 consid. 2; 128 II 211 consid. 2.1). L'existence d'un préjudice 

immédiat et irréparable ne peut être admise que dans l'un ou l'autre cas visé 

par l'art. 80e al. 2 EIMP, dont l'énumération est en principe exhaustive 

(ATF 127 II 198 consid. 2b et référence citée). Quant à la notion de préjudice 

immédiat et irréparable au sens de la disposition précitée, elle doit être 

interprétée de manière restrictive (arrêt du Tribunal fédéral 1C_489/2021 du 

27 septembre 2022 consid. 2.2 et les références citées; arrêt du Tribunal 

pénal fédéral RR.2021.219-221+230-232 du 3 novembre 2021 et les 

références citées). 

 

1.3.2 Il incombe au recourant, en particulier, d'indiquer dans l'acte de recours en 

quoi consiste le préjudice prétendument subi et pourquoi ce préjudice ne 

serait pas totalement prévenu par un arrêt annulant, le cas échéant, la 

décision de clôture qui interviendra ultérieurement (ATF 130 II 329 consid. 2; 

128 II 353 consid. 3 et références citées); un tel préjudice doit être immédiat, 

c'est-à-dire imparable (ZIMMERMANN, La coopération judiciaire internationale 

en matière pénale, 5e éd. 2019, n° 512 p. 544), et consiste par exemple dans 

l'impossibilité de satisfaire à des obligations échues (paiement de salaires, 

intérêts, impôts, prétentions exigibles, etc.), dans le fait d'être exposé à des 

actes de poursuite ou de faillite ou à la révocation d'une autorisation 

administrative, ou dans l'impossibilité de conclure des affaires sur le point 

d'aboutir (ATF 128 II 353 consid. 3). 

 

De surcroît, l'éventuel préjudice ne doit pas simplement être allégué par le 

recourant, mais rendu vraisemblable sur la base d'éléments spécifiques et 

concrets; la seule nécessité de faire face à des dépenses administratives 

courantes ne suffit pas, en règle générale, à rendre vraisemblable un 

préjudice immédiat et irréparable (ATF 130 II 329 consid. 2; arrêts du 

Tribunal fédéral 1A.206/2001 du 9 janvier 2002 consid. 2.2; 1A.39/2002 du 

2 avril 2002 consid. 3; arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2015.319 du 

7 janvier 2016; RR.2007.126 du 26 septembre 2007 consid. 2.3). De même, 

le recourant doit rendre vraisemblable qu'il ne dispose pas d'autres 

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ressources financières en suffisance pour faire face à ses obligations 

(v. arrêt du Tribunal fédéral 1A.130/2006 du 28 juillet 2006 consid. 1.3; arrêts 

du Tribunal pénal fédéral RR.2021.219-221+230-232 précités; RR.2009.155 

du 7 mai 2009 consid. 2.5.1). Le préjudice au sens de l'art. 80e let. b EIMP 

ne doit pas nécessairement être réalisé pour être immédiat; si de simples 

conjectures ou hypothèses ne démontrent pas ce caractère, une perspective 

sérieuse et rapprochée peut suffire (arrêt du Tribunal fédéral 1A.86/2004 du 

8 juin 2004 consid. 2; arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2021.128 du 

1er juillet 2021). 

 

1.3.3 En l’espèce, la recourante indique qu’elle subit un préjudice immédiat et 

irréparable car ses avoirs sont bloqués depuis le 9 septembre 2022, 

alors qu’ils l’avaient déjà été entre 2014 et 2021. Comme l’essentiel de sa 

fortune se trouverait déposé sur le compte visé par l’ordonnance 

entreprise, elle soutient qu’elle serait entièrement paralysée dans ses projets 

d’investissements au Portugal depuis 2014 et qu’elle ne pourrait pas faire 

face à ses obligations fiscales. Aussi, elle se verrait contrainte de payer 

d’importants frais et commissions bancaires, ainsi que des intérêts négatifs, 

en lien avec le compte frappé de la mesure de séquestre, raison pour 

laquelle elle en avait demandé la clôture (act. 1, p. 6 s.).  

 

1.3.4 La recourante ne fournit aucune preuve à l’appui de sa déclaration selon 

laquelle l’essentiel de ses avoirs se trouverait sur le compte objet de la 

mesure de blocage. On ignore ainsi l’état de sa fortune globale. L’argument 

à teneur duquel il lui serait impossible de démontrer ce fait dans la mesure 

où il s’agirait d’un fait négatif (cf. act. 10) tombe à faux. En effet, elle aurait 

notamment pu produire ses déclarations d’impôts suisses et portugaises, sur 

lesquelles devrait figurer la fortune qu’elle détient, ainsi que des extraits de 

comptes actualisés. Aussi, la Cour constate que l’état des avoirs de la 

recourante figurant sur le compte visé par l’ordonnance attaquée s’élève à 

quelque EUR 25'000.-, soit un montant qui ne lui permet pas, à lui seul, de 

subvenir à ses besoins sur le moyen et long terme puisqu’il n’est pas même 

suffisant pour couvrir l’intégralité de ses dettes fiscales. Force est ainsi d’en 

déduire que la recourante dispose d’autres ressources dont elle ne fait pas 

mention dans son recours. On relèvera encore à cet égard que s’agissant de 

ses obligations fiscales, elle ne démontre nullement que la somme figurant 

sur le compte litigieux serait indispensable au règlement de celles-ci, ni 

surtout que leur non-paiement l’exposerait à une poursuite imminente, 

comme le relève à juste titre le MPC. Enfin, pour ce qui est des frais 

bancaires et intérêts négatifs liés à la tenue du compte séquestré, la 

recourante a la possibilité de s’adresser au MPC afin que les avoirs déposés 

sur ledit compte soient transférés sur une nouvelle relation bancaire qui 

pourra alors également faire l’objet d’une mesure de blocage. 

- 8 - 

 

 

 

1.3.5 Au vu des considérations qui précèdent, la recourante échoue à démontrer 

un préjudice immédiat et irréparable.  

 

 

2. Le recours est par conséquent irrecevable.  

 

 

3.  

3.1 En règle générale, les frais de procédure comprenant l'émolument d'arrêté, 

les émoluments de chancellerie et les débours sont mis à la charge de la 

partie qui succombe (art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de l'art. 39 al. 2 

let. b LOAP). Le montant de l'émolument est calculé en fonction de l'ampleur 

et de la difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, de leur 

situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP, art. 8 al. 3 

du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et 

indemnités de la procédure pénale fédérale du 31 août 2010 [RFPPF; 

RS 173.713.162] et art. 63 al. 5 PA).  

 

3.2 En l'espèce, dans la mesure où la recourante succombe, elle supportera les 

frais du présent arrêt, lesquels sont fixés à CHF 2'000.--, intégralement 

couverts par l'avance de frais déjà versée.  

 

- 9 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est irrecevable.  

 

2. Un émolument de CHF 2'000.--, couvert par l’avance de frais acquittée, est 

mis à la charge de la recourante.  

 

 

 

Bellinzone, le 27 avril 2023 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Ilir Cenko, avocat  

- Ministère public de la Confédération 

- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire 

  

 

Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 1 
et 2 let. b LTF). Les mémoires doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal 
fédéral soit, à l’attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou 
consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). En cas de transmission électronique, le moment déterminant 
pour l’observation d’un délai est celui où est établi l’accusé de réception qui confirme que la partie a 
accompli toutes les étapes nécessaires à la transmission (art. 48 al. 2 LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la transmission 
de renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas particulièrement important 
(art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de 
supposer que la procédure à l’étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d’autres vices 
graves (art. 84 al. 2 LTF).