# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a9c5aae8-9d41-5ad3-9a95-9cbc66e77282
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-05-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 17.05.2016 P/2512/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-2512-2015_2016-05-17.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/2512/2015 ACPR/289/2016

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du mardi 17 mai 2016 

 

Entre 

A______, domicilié ______, (VD), comparant par Me Raphaël TREUILLAUD, avocat, 
cours de Rive 2, case postale 3477, 1211 Genève 3, 

recourant, 

 

contre la décision rendue le 3 novembre 2015 par le Ministère public, 

 

et 

B______, EN LIQUIDATION, comparant par Me Vincent JEANNERET, avocat, Étude 

Schellenberg & Wittmer, rue des Alpes 15bis, case postale 2088, 1211 Genève 1, 

C______, domicilié ______, (Belgique), comparant par Me François MICHELI, avocat, 

Étude Python Peter, rue François-Bellot 6, 1206 Genève, 

D______, domicilié ______, (Luxembourg), comparant par Me E______, Étude Bonnant 

Warluzel & Associés, chemin Kermély 5, case postale 473, 1211 Genève 12, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés. 

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P/2512/2015 

EN FAIT : 

A. a. Par acte déposé au greffe de la Chambre de céans le 11 novembre 2015,  
Me A______ recourt contre la décision du 3 novembre 2015, notifiée le 6 novembre 
2015, dans la cause P/2512/2015, par laquelle le Ministère public lui a fait 
interdiction, avec effet immédiat, de représenter D______ à la procédure. 

 Il conclut, sous suite de frais et dépens, à l'annulation de cette décision. 

 b. La requête d'effet suspensif du recourant a été rejetée par ordonnance du 12 
novembre 2015 (OCPR/132/2015). 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 a. Dès la fin de l'année 2008, D______ a été, en qualité de représentant de 
l'actionnaire unique, président du conseil d'administration de la compagnie 
d'assurance-vie B______, dont la direction générale était assurée par C______. 

 b. B______ a été déclarée en faillite à dater du ______ 2014. 

 c. A la suite d'une dénonciation de la FINMA et d'une plainte de B______ en 
liquidation, le Ministère public a, le 5 mars 2015, ouvert une procédure pénale contre 
D______ et C______, qui ont été mis en prévention pour gestion déloyale avec 
dessein d'enrichissement illégitime. 

 Les actes incriminés ont trait à des versements opérés, durant la présidence de 
D______ et la direction de C______, en faveur de sociétés contrôlées par ce dernier, 
et à des opérations réalisées, à l'aide de fonds de B______, au profit de sociétés dont 
il était actionnaire et dont D______ était administrateur, étant précisé que ce dernier 
a, à son tour, déposé plainte contre C______, dont il affirme qu'il a falsifié sa 
signature pour procéder à certaines des opérations précitées.  

Il est également reproché aux prévenus des infractions pénales dans le cadre de 
l'acquisition par B______, en 2011, d'un immeuble à Genève à un prix qui aurait été 
surfait. 

 d. Le 1er octobre 2015, D______ a mandaté Me A______ pour la défense de ses 
intérêts, aux côtés de Me E______, constitué le 29 avril 2015. 

 e. Me A______ et Me E______ ont assisté D______ lors des audiences qui se sont 
déroulées devant le Ministère public les 7, 14 et 28 octobre 2015. 

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 Lors de l'audience du 7 octobre 2015, le représentant de B______ en liquidation a 
relevé que Me A______ avait été l'avocat de la société par le passé et a estimé qu'il 
en résultait un potentiel conflit d'intérêts. 

 Me A______ a répondu qu'il s'était ouvert de cette problématique au Bâtonnier de 
l'Ordre des avocats vaudois, qui avait jugé qu'il n'y avait pas de conflit d'intérêts. 

 Il a été convenu que le Procureur soumettrait cette question à la Commission du 
barreau genevoise, engagement réitéré lors de l'audience du 28 octobre 2015. 

 f. Entretemps, par courrier du 9 octobre 2015, B______ en liquidation a confirmé 
qu'à ses yeux, la constitution de Me A______ était génératrice d'un conflit d'intérêts, 
ce d'autant plus que l'avocat avait été en contact à plusieurs reprises avec C______, 
lequel lui avait donné des instructions dans le cadre des mandats qui lui avaient été 
confiés par B______, qu'il avait produit dans la faillite une créance d'honoraires de 
près de CHF 20'000.- et qu'il était intervenu dans les démarches relatives à la 
domiciliation de la société, dont le siège avait été transféré, en février 2014, à 
Lausanne, à l'adresse de son Étude, où était réceptionné le courrier qui lui était 
envoyé. 

 g. Par courrier du 14 octobre 2015, le Ministère public a informé les parties qu'il 
rendrait une décision à ce sujet, sans consulter la Commission du barreau. 

C. Le Ministère public a justifié la décision querellée par le fait que Me A______ avait 
été l'avocat de B______ jusqu'en 2014 et que les décisions qu'il pourrait être amené à 
prendre en tant que représentant du prévenu étaient susceptibles d'entrer en conflit 
avec les intérêts de son ancienne cliente. 

D. a. Dans son recours, Me A______ soutient que le Ministère public n'était pas 
compétent pour statuer sur un éventuel conflit d'intérêts. L'existence d'un tel conflit 
devait au demeurant être niée, dès lors qu'elle n'était que théorique, au vu du type 
d'activité déployée ponctuellement entre 2008 et 2014 en faveur de B______ (bail, 
droit du travail, recouvrement de créances), du fait qu'aucun mandat ne l'avait jamais 
lié à la masse en faillite ou à la liquidatrice et qu'il ne représentait aucune autre partie 
à la procédure pénale. 

 b. Dans ses observations, le Ministère public a souligné qu'un autre avocat avait été 
constitué dès le début de la procédure par D______ et que Me A______ n'avait été 
admis qu'à titre exceptionnel à participer aux audiences du mois d'octobre, compte 
tenu du fait qu'il proposait de prendre l'avis de la Commission du barreau de Genève 
et que des éléments factuels sur ce problème de conflit d'intérêts devaient encore être 
apportés par les parties. Il n'en demeurait pas moins qu'il avait représenté 
successivement deux parties opposées dans la présente procédure et que, même si les 

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faits établis à ce jour ne portaient pas directement sur l'activité d'avocat du recourant 
à l'époque, cette position rendait impossible l'exécution correcte de son mandat 
envers son actuel client, alors que son obligation de fidélité envers son ancienne 
mandante subsistait. 

 c. D______ a déclaré souscrire à toutes les conclusions formées par Me A______ et 
faire siens ses arguments. 

d. Après avoir relevé que l'enjeu du litige revêtait une importance limitée pour les 
créanciers de B______ en liquidation et s'en être rapportée à justice quant à la 
recevabilité du recours, la partie plaignante a repris l'argumentation développée dans 
son courrier du 9 octobre 2015, ajoutant que le fait que Me A______ ait cédé, le 
1er octobre 2015, sa créance d'honoraires à la société actionnaire de B______ en 
liquidation, dont D______ et sa famille détenaient la totalité, voire la quasi-totalité 
des parts, n'était pas de nature à modifier leur position et que l'on pouvait encore 
présumer que le mandat en faveur du prévenu l'amènerait à prendre des décisions 
susceptibles d'entrer en conflit avec les intérêts de la partie plaignante. 

 e. A la suite de la révocation de son mandat par Me E______, le 7 mars 2016, 
Me A______ a, dans sa réplique, précisé que cette résiliation était sans lien avec la 
présente procédure, qui conservait toute son actualité, lui-même demeurant le seul 
avocat constitué pour D______. Il a pour le surplus souligné que ni le Ministère 
public, ni les liquidateurs, n'avaient fourni le moindre indice de conflit d'intérêts 
concret et que lui-même n'avait aucun devoir de fidélité envers la masse en faillite de 
B______, qui n'avait jamais été sa cliente. Il a également indiqué que la décision 
entreprise n'était pas de nature à l'empêcher de continuer d'assister son client, hors 
audiences, seule la Commission du barreau pouvant étendre l'interdit prononcé par le 
Ministère public à la totalité des relations d'affaires entre l'avocat et son client. 

 f. C______ n'a pas déposé d'observations. 

EN DROIT : 

1. Le recours a été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 
al. 1 CPP). 

Il concerne une ordonnance sujette à recours (art. 393 al. 1 let. a CPP), sur une 
question relevant de la compétence du Ministère public, en sa qualité d'autorité en 
charge de la procédure, ce que la Chambre de céans a confirmé dans un arrêt de 
principe du 2 novembre 2015, en rappelant que l'autorité en charge de la procédure 
statuait d'office et en tout temps sur la capacité de postuler d'un mandataire 
professionnel (art. 62 al. 1 CPP; ACPR/586/2015 et les références citées, en 
particulier les ATF 141 IV 257 consid. 2.2 p. 261 et 138 II 162 consid. 2.5.1 p. 167). 

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Le recourant a par ailleurs qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à 
la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP), le 
Tribunal fédéral ayant précisé à cet égard que les dispositions en cause, en particulier 
l'art. 12 de la loi fédérale sur la libre circulation des avocats (ci-après LLCA) visaient 
à assurer l'exercice correct de la profession d'avocat, le mandataire étant, à ce titre, 
directement concerné par l'objet de la contestation (ATF 138 II 162 consid. 2.2 p. 
165; 135 II 145 consid. 6.2 p. 152; arrêts du Tribunal fédéral 4D_58/2014 du 17 
octobre 2014 consid. 1.3 et 1B_358/2014 du 12 décembre 2014 consid. 2). 

Le recours est donc recevable. 

2. Le recourant conteste être dans une situation de conflit d'intérêts. 

2.1. La défense des prévenus est réservée aux avocats (art. 127 al. 5 CPP), qui sont 
tenus de respecter, dans l'exercice de leur profession, les règles qui ressortent de la 
LLCA. 

L'art. 12 let. c LLCA commande en particulier à l'avocat d'éviter tout conflit entre les 
intérêts de son client et ceux des personnes avec lesquelles il est en relation sur le 
plan professionnel ou privé. Cette règle est en lien avec la clause générale de l'art. 
12 let. a LLCA, selon laquelle l'avocat exerce sa profession avec soin et diligence, de 
même qu'avec l'obligation d'indépendance rappelée à l'art. 12 let. b LLCA (ATF 
134 II 108 consid. 3 p. 109 s.). 

Ainsi que l'a rappelé à plusieurs reprises le Tribunal fédéral, l'indépendance est un 
principe essentiel de la profession d'avocat. Celui qui s'adresse à un avocat doit 
escompter que celui-ci est libre de tout lien, de quelque nature que ce soit et à l'égard 
de qui que soit, qui pourrait restreindre sa capacité de défendre les intérêts de son 
client, dans l'accomplissement du mandat que ce dernier lui a confié. L'interdiction 
de plaider en cas de conflit d'intérêts est une règle tout aussi cardinale, qui découle de 
cette obligation d'indépendance, ainsi que de l'obligation de fidélité et du devoir de 
diligence de l'avocat (arrêt du Tribunal fédéral 2A.293/2003 du 9 mars 2004 
consid. 2). 

Les règles susmentionnées visent avant tout à protéger les intérêts des clients de 
l'avocat, en leur garantissant une défense exempte de conflit d'intérêts (arrêt du 
Tribunal fédéral 1B_420/2011 du 21 novembre 2011 consid. 1.2.2). Elles tendent 
également à garantir la bonne marche du procès, notamment en s'assurant qu'aucun 
avocat ne soit restreint dans sa capacité de défendre l'un de ses clients – notamment 
en cas de défense multiple –, respectivement en évitant qu'un mandataire puisse 
utiliser les connaissances d'une partie adverse acquises lors d'un mandat antérieur au 
détriment de celle-ci (arrêt du Tribunal fédéral 1B_376/2013 du 18 novembre 2013 
consid. 3). 

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2.2. Le Code suisse de déontologie édicté par la Fédération suisse des avocats 
(ci-après CSD, disponible sur le site www.sav-fsa.ch/fr/anwaltsrecht/berufsregeln-
national.html) interdit à l'avocat d'accepter un nouveau mandat si le secret des 
informations données par un ancien client risque d'être violé ou lorsque la 
connaissance des affaires d'un précédent client pourrait porter préjudice à ce dernier 
(art. 13 CSD). 

Il n'y a donc pas d'interdiction absolue d'agir contre un ancien client. Cependant, 
l'interdiction d'utiliser les informations obtenues dans le cadre du précédent mandat 
peut impliquer le devoir de renoncer à un dossier contre un ancien mandant. Il faut 
alors déterminer si les connaissances acquises dans l'exécution de l'ancien mandat 
sont nécessaires ou utiles dans l'exercice du nouveau. En clair, l'avocat ne peut 
accepter le nouveau mandat que s'il peut exclure de devoir faire état de circonstances 
dont il a eu connaissance dans le cadre du précédent et qui sont couvertes par le 
secret professionnel. Pour qu'il y ait conflit d'intérêts, la seule possibilité d'utiliser 
dans un nouveau mandat, consciemment ou non, les connaissances acquises dans le 
cadre du premier sous couvert du secret professionnel suffit. Au nombre des critères 
utiles pour déterminer l'existence ou non de mandats opposés dans un cas concret 
figurent l'écoulement du temps entre les deux mandats, la connexité (factuelle et/ou 
juridique) entre eux et la portée du mandat assuré pour le premier client. Plus celui-ci 
était large, plus le risque d'une atteinte au secret professionnel est grand, une 
attention particulière devant être portée lorsque l'avocat occupait une position 
d'avocat de confiance (S. GRODECKI / N. JEANDIN, Approche critique de 
l'interdiction de postuler chez l'avocat aux prises avec un conflit d'intérêts, in 

SJ 2015 II 107 ss p. 114; F. BOHNET / V. MARTENET, Droit de la profession 
d'avocat, Berne 2009, n. 1439 ss).  

S'agissant de l'écoulement du temps entre les deux mandats, plus le nouveau mandat 
se situe dans un laps de temps relativement proche du précédent et s'inscrit dans un 
complexe de faits identique, et plus le client pourra considérer que la constitution de 
son ancien avocat à son encontre revêt un caractère choquant et qu'il en résulte une 
situation de conflit d'intérêts. Le Conseil de l'Ordre des avocats vaudois a instauré à 
cet égard une présomption réfragable qu'à l'échéance d'un délai de cinq ans dès la fin 
d'un mandat, le risque pour l'avocat de violer le secret et de porter préjudice à son 
ancien client n'existe plus, tout en précisant que cette présomption de délai ne 
s'applique pas aux grandes entreprises, un avocat pouvant accepter en tout temps des 
mandats de ce genre en respectant strictement les conditions de l'art. 13 CSD, en 
évitant en particulier le risque de violation du secret des informations données et le 
risque de préjudice en raison de celle-ci. La doctrine est néanmoins d'avis que même 
si, dans ce cas, la personnalisation plus relative des liens entre l'avocat et l'entreprise 
et l'absence de toute information susceptible d'être utilisée à son encontre dans le 
second pourrait théoriquement autoriser l'avocat à agir parallèlement ou 
successivement contre son mandant, le facteur de l'écoulement du temps et surtout le 
devoir de fidélité devraient limiter cette situation à des cas exceptionnels, devant de 

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surcroît recueillir l'accord du client concerné (M. VALTICOS / C. REISER / 
B. CHAPPUIS, Commentaire romand de la loi fédérale sur la libre circulation des 
avocats, Bâle 2010, n. 175 et 178 ad art. 12). 

À titre d'exemples, la Commission du barreau genevoise a estimé qu'un avocat qui se 
constituait pour la défense des intérêts d'un employé licencié dans le litige l'opposant 
à l'employeur, auquel il facturait des honoraires quelques semaines auparavant, 
violait son devoir de fidélité envers ce dernier; elle a en revanche nié l'existence d'un 
conflit dans un cas où le litige actuel n'avait aucun lien avec les mandats exercés à 
l'époque par l'avocat, l'écoulement du temps – près de quinze ans – et l'absence 
d'éléments permettant de percevoir que l'avocat dénoncé puisse utilement bénéficier 
de ses connaissances acquises à l'époque, jouant également un rôle dans cette 
appréciation (M. VALTICOS / L. JACQUEMOUD-ROSSARI, La jurisprudence de 
la Commission du barreau 2002-2006, in SJ 2007 II 255 ss p. 281-282). Une 
situation de conflit d'intérêts a également été niée dans un cas où un plaignant 
requérait que l'avocat du prévenu – dans une procédure où ce dernier était accusé 
d'abus de confiance, gestion déloyale et escroquerie – cesse d'occuper, car il avait 
consulté cet avocat à deux reprises par le passé; en effet, les interventions de l'avocat 
n'avaient pas été très importantes et les connaissances qu'il avait pu acquérir dans ce 
cadre étaient également connues du prévenu, qui avait assisté aux entretiens  
(E. BOILLAT / P. DE PREUX, La jurisprudence de la Commission du barreau 
2010-2014, in SJ 2015 II 209 ss p. 237). De même, en présence de grandes entités 
(en l'occurrence la Ville de Genève), la Commission du barreau a jugé que pour 
qu'une situation de véritable conflit d'intérêts puisse être retenue, il fallait que le 
risque d'utilisation d'informations acquises à l'occasion d'un précédent mandat soit 
concret et patent, ces connaissances spécifiques devant en outre être susceptibles 
d'être utilement exploitées au profit d'un nouveau mandant dans un litige ayant une 
certaine connexité (C. REISER / C. LOMBARD, La jurisprudence de la Commission 
du barreau 2006-2010, in SJ 2011 II 153 ss p. 190). 

L'autorité de surveillance neuchâteloise est pour sa part arrivée à la conclusion que 
l'avocat qui avait collaboré de manière sporadique avec une association, en défendant 
des personnes qui étaient soutenues par cette dernière (sans qu'il y ait de rapport 
contractuel entre l'avocat et l'association), ne violait pas l'interdiction des mandats 
opposés en défendant, quelques années plus tard, une employée de l'association 
contre son employeur, cela même s'il avait pu se rendre compte, dans le cadre de sa 
collaboration, de la manière dont fonctionnait l'association. En revanche, le 
Commission de discipline du canton du Tessin a jugé que violait l'interdiction des 
conflits d'intérêts l'avocat, conseil d'une société anonyme, qui acceptait ensuite de 
représenter contre elle son ancien président avec signature individuelle (exemples 
cités par F. BOHNET / V. MARTENET, op. cit., n. 1443-1444). 

2.3. En l'occurrence, les informations fournies relatives à l'activité déployée par le 
passé par le recourant en faveur de B______ ne permettent pas de déterminer s'il 

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existe un lien avec les faits à l'origine de la présente procédure pénale. Si 
l'interdiction faite au recourant de représenter D______ n'est pas justifiée par la 
nécessité de préserver des informations dont il aurait pu avoir connaissance à 
l'occasion de ses précédents mandats et que son client ne serait pas à même de lui 
communiquer, il n'en demeure pas moins que le recourant a bénéficié, durant près de 
six ans, de mandats variés et réguliers de la part de B______, à qui il a fourni des 
services de domiciliation durant près d'une année, relations qui étaient de nature à 
mettre à sa portée des informations sur le fonctionnement interne de la faillie 
auxquelles un mandataire "neutre" n'aurait pas eu accès. Force est par ailleurs de 
constater qu'il s'est écoulé moins d'une année entre la fin de ce dernier mandat et la 
constitution du recourant pour la défense des intérêts de l'administrateur de B______. 
Ses intérêts personnels à l'issue du litige étaient également, le jour même de sa 
constitution, encore étroitement mêlés à ceux de la masse en faillite de B______, dès 
lors qu'il figurait au nombre des créanciers de la faillie. Or, lors de l'examen du 
respect du devoir de fidélité dû au mandant, une importance toute particulière est 
accordée au temps écoulé entre les mandats en cause; c'est donc à bon droit que la 
plaignante considère comme choquant le délai de seulement dix mois qui, en 
l'occurrence, sépare les deux mandats, alors que le Conseil de l'Ordre des avocats 
vaudois – dont la prise de position sur le cas d'espèce n'est pas produite – fixe lui-
même sur ce point un délai de principe de cinq ans. Le recourant ne fait pas valoir à 
ce propos des circonstances exceptionnelles justifiant de passer outre l'opposition de 
son ancienne mandante. En particulier, la distinction qu'il opère entre cette dernière 
et B______ en liquidation est de nature purement formelle et ne saurait être utilisée 
pour admettre que l'avocat n'a, en cas de faillite, plus d'obligations envers sa 
précédente mandante. Le recourant ne peut pas non plus se prévaloir de la taille de 
B______, qui ne saurait être considérée comme une grande entité – elle comptait 
moins d'une quinzaine d'employés, selon l'un des témoignages recueillis lors de 
l'audience du 28 octobre 2015 – vis-à-vis de laquelle les liens personnels perdraient 
de leur importance. 

Il s'ensuit que c'est à bon droit que, face à l'opposition de la plaignante, le Ministère 
public a fait interdiction à Me A______ de procéder dans la procédure P/2512/2015. 

3. Justifiée, la décision querellée sera donc confirmée. 

4. Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un 
émolument de CHF 1'500.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif 
des frais en matière pénale, RTFMP; E 4 10.03). 

Il ne sera pas alloué de dépens, B______ en liquidation, partie plaignante, qui obtient 
gain de cause, n'en ayant pas demandé (art. 433 al. 1 et 2 CPP). 

* * * * *  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 
Reçoit le recours formé par A______ contre la décision rendue le 3 novembre 2015 par le 
Ministère public dans la procédure P/2512/2015. 

Le rejette. 

Condamne A______ aux frais de la procédure de recours, qui comprennent un émolument 
de CHF 1'500.-. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, à A______, B______, EN LIQUIDATION, 
C______ et D______, soit pour eux leurs conseils ainsi qu'au Ministère public. 

Siégeant : 

Monsieur Christian COQUOZ, président; Mesdames Corinne CHAPPUIS BUGNON et 
Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Madame Sandrine JOURNET EL MANTIH, greffière. 

 

La greffière : 

Sandrine JOURNET EL MANTIH 

 Le président : 

Christian COQUOZ 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 
Indication des voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière pénale au sens 

de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); la qualité et les autres 

conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être 

formé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

  

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P/2512/2015 ÉTAT DE FRAIS ACPR/289/2016

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale  
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 50.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF 0.00 

- délivrance de copies (let. b) CHF 0.00 

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 1'500.00 

-  CHF  

Total CHF 1'625.00