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**Case Identifier:** 33bb0312-635c-5d2f-90f2-1a7d60b56aa1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2005-09-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 13.09.2005 C/16970/2003
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-16970-2003_2005-09-13.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE  Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/16970/2003-4 
 

POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 
 

CAPH/181/2005 

 

 

 
 
Monsieur T______________ 
Dom. élu : Me Jean-Cédric MICHEL 
Rue Bellot 6 
1206 Genève 
 
 
 
 
 
 
Partie appelante 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
D’une part 

 
 
E______________________ 
Dom. élu : Me Maurice TURRETTINI 
Rue de Hesse 8-10 
Case postale 5715 
1211 Genève  11 
 
 
 
 
 
Partie intimée 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
D’autre part 

 
 
 

 
 

ARRET 
 

du 13 septembre 2005 
 

 
  M. Blaise GROSJEAN, président 
 
 
  Mme Christiane RICHARD et M. Charles PAGE, juges employeurs 
 
  Mme Pierrette FISHER et M. Claude CALAME, juges salariés 
 
 
  Mme Dalia PACHECO, greffière d’audience 
 
 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/16970/2003-4 

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 * COUR D’APPEL * 

 

 

 
EN FAIT 

 
 
A. Par acte déposé au greffe de la Juridiction des prud’hommes le 23 décembre 

2004, T______________ appelle d’un jugement du Tribunal des 
prud’hommes rendu le 15 novembre 2004, dans la cause n° C/16970/2003-4, 
expédié pour notification aux parties par pli recommandé le 23 novembre 
2004, dont le dispositif est le suivant : 

 
- Rectifie les qualités de la partie demanderesse en 

E______________________ International ; 
 

- Déboute T______________ des fins de sa demande ; 
 
- Déboute les parties de toute autre conclusion. 
 
 
En substance, le Tribunal des prud’hommes a retenu que T______________ 
avait accepté que le droit d’option à exercer sur les actions de 
Z__________________ était acquis à la condition qu’il soit encore 
activement employé de la société à l’échéance, ce qui n’était pas le cas. En 
outre, il a considéré que l’appelant n’avait pas droit au bonus pour l’année 
2003 dans la mesure où il n’avait pas travaillé au cours de cette année et que 
ce bonus était totalement discrétionnaire. En ce qui concerne les bonus 
afférents aux années 2001 et 2002, le Tribunal des prud’hommes a considéré 
que l’appelant avait déjà reçu effectivement frs. 55'000.- et frs. 65'414.-. La 
preuve n’a pas été apportée par T______________ que ses propres 
performances et celles du groupe auraient justifié l’octroi de bonus 
supérieurs à ceux déjà reçus. Le Tribunal a également considéré que les 
montants réclamés à titre de paiement de la part de bonus 2001-2002, 
octroyés sous forme d’options, qu’il n’a pu exercer en raison de son 
licenciement, ne sont pas dus. Selon lui, les documents octroyant ces titres 
stipulaient clairement et sans équivoque que le droit d’exercer des options ne 
pouvait avoir lieu qu’à la condition que le bénéficiaire soit encore employé 
par la société à chacune des échéances et encore sous la volonté de 
l’employeur. Pour ce qui concerne le droit d’option arrivé à échéance les 2 
juillet 2002 et 30 septembre 2003, le Tribunal a constaté que la valeur 
boursière des titres était largement inférieure ou égale au prix d’octroi des 
titres. Aux autres dates d’échéances, T______________ n’était plus employé 
de la société. Peu importe que le congé ait été donné par l’employeur parce 
que cela avait été accepté. 
 
 
L’appelant prend les conclusions suivantes : 
 

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- Annuler le jugement du 15 novembre 2004 dans la cause n° 
C/16970/2003-4 ; 

- Condamner E______________________ International à lui verser la 
somme de 304'855.00 fr. avec l’intérêt à 5 % l’an à compter du 31 
décembre 2002 ; 

- Débouter l’intimée de toutes autres ou contraires conclusions. 
 
 
Dans ses écritures, l’appelant ne demande pas la réouverture d’enquête. 

 
 Dans son mémoire de réponse du 24 février 2005, l’intimée conclut à la 

confirmation du jugement, partant au déboutement de toutes les conclusions 
de T______________, sous suite de frais et dépens. 

 
 
 
B. Les faits pertinents suivants résultent de la procédure : 
 
 

a) Selon contrat de travail signé le 16 mars 1998, prenant effet le 1er juillet 
1998, T______________ a été engagé par E______________________ 
en qualité de Senior Investment Manager, moyennant un salaire annuel 
brut de frs. 350'000.- payable en 13 mensualités. Un bonus de frs. 
100'000.- pour l’année 1998 a été garanti. Pour l’année 1999 et les 
années suivantes, l’employeur a fait allusion à un Target bonus, que l’on 
peut historiquement considérer à 25 % du salaire brut déterminant, mais 
toutefois variable en fonction d’une part de l’obtention des objectifs 
individuels définis d’entente avec T______________ par le Directeur 
Général en fin d’année précédente et d’autre part, des résultats réalisés 
par le groupe E__. Ce contrat pouvait être résilié moyennant un préavis 
de 6 mois pour la fin d’un mois. 

 
 

b) Par courrier du 13 mars 1998, A________, Managing Director, a 
confirmé à T______________ qu’il serait soumis au Fiduciary Trust 
Company International Director's Compensation Committee afin d’être 
inclus dans le plan d’octroi de titres bloqués de la société, pour une 
gratification qui serait attribuée en juillet 1998. Soumise à l’approbation 
du comité, cette gratification devait représenter 50 % du salaire de base. 
Les actions acquises au moyen du bonus devaient ensuite être acquises 
par le trustee de la banque et conservées pour T______________ afin 
d’être délivrées physiquement en cinq tranches égales à compter du mois 
de juillet 1999. En cas de bonnes performances, T______________ 
pouvait s’attendre, de manière réaliste, à recevoir des gratifications 

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supplémentaires tous les trois ans environ. Il était ainsi possible d’avoir 
plus d’une gratification en cours. 

 
 

c)  Le 25 octobre 2000, E______________________ a informé ses 
employés de son acquisition par le groupe américain Y______________, 
ayant son siège à _________, Californie. Il s’agissait d’une société 
d’investissements avec une spécialisation dans les fonds mutuels, active 
dans 25 pays. 

 
 

d) À la conclusion du contrat, les employés de 
E______________________ devaient être intégrés dans le plan 
d’indemnisation actuel de Y______________. 

 
 

e) Par courrier du 11 avril 2001, Y______________, tout en souhaitant la 
bienvenue, a informé les employés du fait qu’il avait élaboré un 
programme de rémunération destiné à retenir et motiver les employés de 
E______________________. Le 20 % de la rémunération prévue par ce 
programme devait être versé sous forme de stock options Z_______ 
octroyées le jour même. A ce courrier étaient joint des documents, dont 
le prospectus du plan d'indemnisation et deux copies de la notification 
d’octroi de stock options. 

 
 

f) Par cette notification, acceptée et signée par T______________, 
Z__________________ lui a octroyé des options d’actions de la société. 
Il s’agissait d'un droit d’option portant sur 5'136 actions au prix de 
USD 41.0900 par action. Il pouvait être exercé, en tout ou partie, le 10 
avril 2004 sur 2'568 actions, et pour le solde le 10 avril 2005. Il était 
clairement précisé que l’option pouvait être exercée dans les 90 jours 
après la fin du contrat de travail. En signant, le bénéficiaire reconnaissait 
et acceptait que la capacité d’exercer les actions liées en option ne soit 
acquise qu’à la condition d’être encore activement employé, selon la 
décision de la société.  

 
 
g) Le 2 juillet 2001, Z__________________ a informé T______________ 

qu'un bonus spécial et unique lui était octroyé, soit des titres du fond 
commun Z__________________ sous la forme de 460 actions bloquées 
« Restricted Stock Award » arrivant à échéance le 2 juillet 2002 pour 153 
actions, le 2 juillet 2003 pour 153 actions et le 2 juillet 2004 pour le 
solde. Le document de notification d’octroi desdites actions a été signé 
pour accord par T______________, qui reconnaissait et acceptait "que 
la capacité de recevoir les actions échues ne serait acquise qu’en 

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continuant à être employé selon la volonté de la société 

Z___________________ (et non par le fait d’être engagé, de recevoir 

cette gratification et d'acquérir des actions en vertu du présent accord)". 
 
 

h) Par courrier du 20 novembre 2002, E______________________ 
informait T______________ qu’il avait droit à une part du bonus 
discrétionnaire valable pour toute la société, en reconnaissance de ses 
performances et de sa contribution pour la période échéant au 30 
septembre 2002. Le bonus octroyé s’élevait à frs. 65'414.-. Le 65 % était 
payable immédiatement en liquide, le solde étant octroyé sous forme 
d’options sur titres bloqués, dont le premier tiers était libérable en 
septembre 2003, le second tiers en septembre 2004 et le solde en 
septembre 2005. 

 
 

i) Le 12 décembre 2002, E______________________ a résilié le contrat 
de travail de T______________, pour le 31 décembre 2002. La 
résiliation a été confirmée par courrier du 20 décembre 2002 avec 
engagement de payer en janvier 2003 : 

 
 

− Part en espèces du plan de rétention  frs. 422'034.00 
 

− Compensation pour résiliation 
comprenant 8 mois de salaire,  
8 mois de frais de représentation et 
13ème salaire sur 8 mois :  frs.  229'800.00 
 

− Solde dû sur les new business incentives à calculer en janvier 2003. 
 
 
T______________ était libéré de son obligation de travailler après 
bonne transmission des dossiers. 

 
 
j) Ce courrier a été contresigné par l'employé, trois jours plus tard, avec la 

mention « lu et approuvé ». Le certificat de travail, délivré le 31 décembre 
2002, louait les qualités de T______________, « par sa rigueur et ses 
connaissances bancaires et organisationnelles, a atteint brillamment les 

objectifs qui lui ont été confiés » (SIC !)  
 
 

k) L’indemnité de licenciement allouée ne comprenait ni les options liées au 
plan de rétention adopté lors de l’acquisition de E__ par 

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Y______________, Inc., ni les parts du bonus 2001 et 2002 octroyées 
sous forme d’actions et d’espèces, ni le bonus 2003, prorata temporis sur 
les critères de performance remplis. 

 
 

l) Par demande déposée au greffe de la juridiction des prud’hommes le 5 
août 2003, T______________ a réclamé à son ancien employeur la 
somme de frs. 379'000.-, avec intérêts à 5 % l’an à compter du 31 
décembre 2002. Ladite somme se décompose comme suit :  

 
 

− Contre-valeur des options liées au plan de rétention lors de 
l’acquisition de la banque par Y______________, selon le propre 
calcul de la banque, soit frs. 111'000.-. 

− Bonus 2003 au prorata temporis, selon les critères de performance 
remplis, soit frs. 60'000.-. 

− Part du bonus 2002 sous forme d’actions bloquées, soit frs. 23'000.-. 
− Part du bonus 2001 sous forme d’actions bloquées, soit frs. 15'000.-. 
− Gratification inférieure à la somme due pour 2001, soit frs. 100'000.-. 
− Gratification inférieure à la somme due pour 2002, soit frs. 70'000.-. 
 
 

m) T______________ estime que le plan de rétention de 
Y______________, Inc. a été mis en place dans le but express de retenir 
les anciens employés de E___________ lors de l’acquisition. Le plan n’a 
pas été versé dans son intégralité, violant le principe de l’égalité de 
traitement. En effet, selon lui, l’employeur pouvait de sa seule volonté, 
en résiliant le contrat, ne pas verser sa prestation. De plus, un autre cadre 
licencié a reçu l’intégralité de la partie en espèces sur la base du plan de 
rétention bien que licencié le 10 avril 2003. Pour le demandeur, il a été 
convaincu de demeurer à la banque, sur la base du plan de rétention 
comportant une part en options, qui lui est refusée par la suite en raison 
du licenciement. Le montant de frs. 111'000.- réclamé, correspond à la 
valeur des options lors de leur distribution, soit 20 % de 1,5 x le salaire 
annuel de frs. 370'000.- = frs. 111'000.-. 

 
 

n) Quant au bonus prorata temporis 2003, T______________ estime y avoir 
droit puisqu’il est resté avec la banque jusqu’au 30 juin 2003 et que c’est 
cette dernière qui l’a contraint de quitter immédiatement son poste en le 
libérant de son obligation de travailler. Ce montant représente frs. 
60'000.-. Quant à la part du bonus 2001 (frs. 23'000.-), 
T______________ estime y avoir droit car ce bonus était une 
compensation du fait que le plan E__ avait été interrompu par son achat 

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par Y______________. Il considère aussi avoir droit à la part de bonus 
2002 (frs. 15'000.-), car octroyé alors que la banque savait très bien que 
l’employé n’en aurait pas droit vu son licenciement 2 semaines plus tard. 

 
 

o) L’appelant estime que les gratifications 2001 par frs. 100'000.- et 2002 
par frs. 70'000.-, il estime qu’elles sont dues dans la mesure où leur 
versement a été retardé en raison de l’acquisition par Z_______ en 2001, 
puis suite aux événements du 11 septembre 2001, le siège de 
E__________ étant situé dans ______.  

 
 

p) Dans sa réponse du 16 octobre 2003, E______________________ 
conclut au rejet de la demande. Elle estime que T______________ avait 
perdu tout droit de lever les options sur les 5'136 titres puisqu’il n’était 
plus employé de la défenderesse aux dates d’échéance et qu’il avait 
clairement accepté qu’il en soit ainsi.  

 
 

q) L’intimée estime que le bonus 2003, prorata temporis, est une 
gratification à bien plaire et facultative dépendant du bon vouloir de 
l’employeur. Le contrat, d’ailleurs, ne prévoyait nullement le paiement 
d’un bonus au prorata temporis. Dans tous les cas, l’employé n’a pas 
travaillé et n’a donc pas contribué à la bonne marche des affaires de 
l’entreprise. En outre, les résultats du groupe n’ont pas été excellents au 
cours de cet exercice là.  

 
 

r) Quant aux parts des bonus en actions 2001 par frs. 23'000.- et 2002 par 
frs. 15'000.-, l’employeur allègue que T______________ a reçu, avant la 
fusion avec Y______________, une somme USD 114'500.-, dans le 
cadre du Deferred Compensation Plan, répartie sur cinq ans et distribuée 
sous forme d’actions de E______________________. Le demandeur 
avait reçu effectivement 518 actions en juillet 1999, pour USD 24'993.50 
et 518 actions en juillet 2000 pour une somme de USD 23'633.75. Lors 
de l’acquisition de la banque par le groupe Y______________, ce plan 
n’a pu être poursuivi mais T______________ a reçu le solde de 1'550 
actions E__ après transformation en actions Y______________, selon la 
clé de 2,7744 actions de Y______________ pour chaque action E__. 
Cela représentait USD 172'318.-, soit un montant bien supérieur à la 
valeur initiale de USD 114'500.-. De plus, il a été mis en place un plan 
intermédiaire supplémentaire en faveur des employés de E__, de sorte 
que T______________ a reçu 460 titres bloqués le 2 juillet 2001, 501 
titres bloqués le 20 novembre 2002, soit 35 % d’un bonus de frs. 65'414.-
, dont le 65 % restant lui aurait été versé en espèces. Dans la mesure où 
T______________ a accepté que le droit au paiement de ces titres, soit 

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effectué à la condition qu’il soit encore employé aux dates d’échéance, il 
a perdu ce droit, sauf à recevoir la première tranche venant à échéance le 
2 juillet 2002. 

 
 

s) Quant aux gratifications 2001 et 2002, elles sont contestées, l’employeur 
estimant avoir déjà versé ce qui était dû, soit frs. 55'000.- pour 2001, en 
mars 2002 et frs. 65'414.- pour 2002 en novembre 2003. 

 
 

t) A l’audience du 8 janvier 2004, T______________ a indiqué avoir reçu 
frs. 55'000.- fr. et 65'414.- fr. correspondant, selon lui, à une partie 
seulement de ses bonus 2001 et 2002.  

 
 

u) Entendue à l’audience du 25 mars 2004, B__________, responsable des 
ressources humaines de Y______________, a déclaré avoir eu deux 
réunions avec T______________ au sujet des conséquences financières 
suite à son licenciement. Elle lui a expliqué qu’il ne toucherait pas les 20 
% prévus dans le plan de rétention puisqu’il ne serait plus employé aux 
échéances d’avril 2004 et 2005. De même il ne participerait pas au plan 
de stock options différé. Elle a déclaré que T______________ avait bien 
compris ces indications. 

 
 

v) Le président de la banque, A________, a déclaré que la décision de 
licencier T______________ a été prise en décembre 2002, suite à un 
entretien téléphonique entre lui-même et le président du conseil 
d’administration. 

 
 

w) Entendu à l’audience de ce jour, T______________ a indiqué maîtriser 
l’anglais et avoir parfaitement compris la signification de la proposition 
qu’il a signée lors de la reprise de E__ par le groupe Y______________. 
Selon lui il n’avait pas le choix : soit il signait soit il risquait d’être 
renvoyé. En ce qui concerne les 460 actions bloquées, remises en juillet 
2001, l’appelant a admis que la capacité de recevoir ces titres en juillet 
2002-2003-2004 dépendait de son appartenance à la société. Il n’a pas 
fait dépendre cette capacité selon qu’il aurait lui-même donné son congé, 
car ce plan de rétention le confortait dans l’idée que l’employeur 
souhaitait son maintien dans la société. L’employeur, quant à lui, a 
affirmé qu’il ne savait pas en novembre 2002 qu’il allait procéder à des 
licenciements et notamment à celui de T______________. Il a allégué 
que les résultats en 2001, 2002 et 2003 étaient mauvais tant pour la 
banque en Suisse que pour le groupe E__________, ce qui a conduit le 

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conseil d’administration à fermer la banque et à renoncer à la licence 
bancaire.  

 
 

x) Pour le surplus, l'argumentation des parties sera examinée ci-dessous, 
dans la mesure utile à la solution du litige. 
 

 
– EN DROIT – 

 
 
1. Déposé dans le délai et la forme prévus à l’article 59 LJP, l’appel formé 

par T______________ est recevable. 
 
 
2. Le Tribunal des prud’hommes a statué en premier ressort. La Cour 

d’appel revoit librement le fait et le droit (G. Aubert, Quatre cents arrêts 
sur le contrat de travail, n° 449). 

 
 
3. En conformité avec la jurisprudence, la Cour d’appel considère que 

l’octroi d’options dans le contexte d’un plan d’intéressement constitue une 
forme de rémunération du travailleur et que la Juridiction des 
Prud’hommes est compétente ratione materiae pour en juger (CAPH du 5 
août 1998, cause C/109911998-9 ; CAPH du 17 avril 2002, consid. 5b/bc 
p. 25 et 26). Le contrat de travail signé par les parties contient une clause 
compromissoire prévoyant que tout litige soit soumis à un arbitre unique 
de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Genève. Les parties ayant 
procédé devant la Juridiction des Prud'hommes, il y a lieu d'admettre sa 
compétence. 

 
 
4. L'appelant peut-il réclamer l'équivalent du solde de 20 % du bonus de 

rétention octroyé sous forme de stock options ?  
 
 
a) Le plan d'intéressement est un instrument de motivation des employés qui 

permet la réalisation de plusieurs buts, soit le recrutement de nouveaux 
talents et leur fidélisation à l'entreprise, soit la motivation des cadres en 
leur donnant une position de propriétaire de leur entreprise, soit la 
fidélisation des cadres jusqu'à la réalisation du gain. Dans ces plans 
d'intéressement, il est offert aux salariés la possibilité d'acquérir des 
actions ou des options sur des actions de l'entreprise qui les emploie. La 
variété de ces plans est immense car chaque entreprise ayant adopté cette 
formule définit son propre modèle. Les plans sont souvent structurés de 
façon à accorder une simple expectative au collaborateur qui, au fur et à 

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mesure de la durée des rapports de travail, se convertit en droit. Le plan 
fixe le nombre d'actions et les échéances auxquelles les expectatives se 
muent en droits pour le bénéficiaire (R. Wyler, Droit du travail, p. 615-
616; A. von Planta, Les plans d'intéressement – Stock options plans, 
Journée d'étude en l'honneur du Prof. Georges Muller, CEDIDAC n° 45, 
Lausanne 2001, p. 43-44 et 47). 

 
 

En principe, l'employeur ne maintient pas ces droits d'option au-delà de la 
fin des rapports de travail. Toutefois, l'exercice de la partie de l'option qui 
est déjà acquise doit être permis même après le départ du collaborateur (A. 
von Planta, op. cit. p. 49). 

 
 

En l'espèce, il ressort du memorandum du 25 octobre 2000 qu'un bonus 
(payé 80 % en cash et 20 % en stock options) était accordé à tous les 
employés qui avaient accepté un poste. L'employeur fait expressément 
mention de retention bonuses (bonus de rétention). Ce bonus avait donc 
clairement pour but de retenir les collaborateurs de E__ au sein de 
l'entreprise, ce qui était important pour E__ afin de mener à bien 
l'opération de rachat par le groupe Y______________.  

 
 
 L'acte de notification des stock options (ayant comme échéance le 10 avril 

2004 et le 10 avril 2005) mentionnait qu'en signant, le collaborateur 
acceptait que la capacité d'exercer les actions liées à l'option était acquise 
uniquement à la condition d'être encore activement employé selon la 
décision de la société. Il sera relevé que l’appelant a reçu le 80% de la 
prime de rétention en espèces, au moment de son départ, soit 422'034.- fr. 
Cette part visait à récompenser le collaborateur ayant accepté de rester 
dans l’entreprise lors du rachat de la banque. Les stock options, échéant à 
des dates postérieures à la fin des relations contractuelles ne peuvent plus 
être converties en droits, ils sont périmés et l’appelant ne peut rien 
prétendre à ce titre (A. von Planta, op. cit. p.47 et 49). L’appelant avait 
bien compris et accepté les modalités d’octroi des stock options de sorte 
qu’il ne saurait prétendre à un vice de consentement. 

 
 
b) La Cour considère également qu’il n’y a pas abus de droit au sens de 

l’article 2 ch. 2 CCS. En effet, au moment de l’octroi des stock options, 
l’employeur a clairement conditionné la concrétisation des expectatives au 
fait que le bénéficiaire soit employé aux dates d’échéances, peu importe 
qui mettait fin au contrat. Aucun élément du dossier ne permet de penser 
qu’à ce moment là, l’employeur savait déjà qu’il devrait renoncer à 
l’exploitation de la banque à Genève et qu’elle n’entendait pas maintenir 
ses promesses. 

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 Le jugement querellé sera confirmé sur ce point. 
 
 
5. T______________ a-t-il droit au bonus 2003 au prorata temporis ? 
 
 
a) La gratification est une rétribution spéciale qui constitue une prestation de  

l'employeur s'ajoutant au salaire. Elle est en général versée à des 
occasions particulières dans l'année. Il faut distinguer entre la gratification 
à bien plaire et la gratification obligatoire. La première est exceptionnelle 
et volontaire, elle ne fait pas partie du salaire. L'employeur décide 
librement du versement, de l'occasion et du montant de la gratification La 
seconde est due lorsque son versement est convenu entre les parties, elle 
fait alors partie du salaire. (Brunner/Bühler/Waeber, Commentaire du 
contrat de travail, ad art. 322 d CO; Duc/Subilia, Commentaire du contrat 
individuel de travail, ad art. 322 d CO).  
 
 
C'est le propre de la gratification de dépendre de l'employeur, si ce n'est 
dans son principe, à tout le moins dans son montant. N'est dès lors pas une 
gratification au sens de l'article 322 d CO la rétribution dont le montant et 
l'échéance inconditionnelle sont fixés d'avance dans le contrat 
(Duc/Subilia, op.cit. p. 169) 
 
 
Le droit à la gratification peut être subordonné à des conditions, par 
exemple que, lors de son versement, le salarié soit encore occupé par 
l'entreprise, ou n'ait ni donné ni reçu son congé. En principe de telles 
conditions sont valables. Cependant elles ne doivent pas porter une 
atteinte excessive à la liberté du salarié; tel peut être le cas si la privation 
de la gratification pour cause de résiliation du contrat entraîne des 
conséquences si lourdes qu'elle représente une pénalité contraire au 
principe de l'égalité des parties devant le délai de congé 
(Thévenoz/Werro, op.cit. ad art. 322 d, n° 8) 
 
 
Il est admis que la gratification versée de manière ininterrompue et sans 
réserve pendant trois ans donne naissance à un droit de l'employé au 
paiement de gratifications futures (Rehbinder, Commentaire bernois, ad 
art. 322 d CO n° 6; Staehlin, Commentaire zurichois, ad art. 322 d CO n° 
9; Duc/Subillia, op.cit. ad art. 322 d CO n° 13; R. Wyler, op.cit. p. 120).  
 
 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/16970/2003-4 

12 
 * COUR D’APPEL * 

 

 

Si le travailleur quitte son emploi avant la date habituelle de versement de 
la gratification, cette dernière n'est pas versée prorata temporis (art. 322 d 
al. 2 CO), sauf accord contraire ou s'il est d'usage, dans l'entreprise, de 
verser la part proportionnelle de la gratification dans un tel cas 
(Thevenoz/Werro, op.cit. ad art. 322 d n° 9 ) 

 
 
b) En l'espèce, le contrat de travail prévoyait pour 1998 un bonus garanti. 

Pour 1999 et les années suivantes, il prévoyait un target bonus, qui n'était 
pas qualifié de "garanti". Le principe général d'un bonus était prévu dans 
le contrat, mais l'employeur en décidait librement, en fonction de certains 
critères. Le montant de ce bonus dépendant de l'employeur, il s'agit bien 
d'une gratification au sens de l'article 322 d al. 1 CO. 

 
 

Le versement de cette rétribution devait logiquement s'opérer à la fin de 
l'exercice comptable de l'entreprise, qui se clôturait au mois de septembre 
(selon les allégués de l'appelant). Le contrat de travail a été résilié pour la 
fin juin 2003, soit avant l'occasion qui donne lieu à la rétribution. Le 
contrat ne stipulait pas un versement au prorata temporis en cas de départ 
du collaborateur avant l'échéance. De plus, il ne ressort pas du dossier 
qu'il y avait un usage dans l'entreprise de verser cette rétribution au 
prorata temporis en cas de départ anticipé du collaborateur. Dès lors, 
l'appelant ne peut rien prétendre au titre de bonus 2003. 
 
 
Le jugement sera confirmé sur ce point. 
 

 
6. T______________ a-t-il droit à un complément à titre de bonus pour 2001 

et 2002 ? 
 
 
a) L'appelant considère qu'il avait droit à un target bonus plus élevé que 

celui versé par son employeur pour les années 2001 et 2002. Il réclame ici 
le versement d'un complément pour chacune de ces années, au motif qu'il 
aurait atteint ses objectifs et que les résultats du groupe étaient bons. 
 
 

b) Lorsque la gratification est due en vertu d'un accord, ce dernier peut 
prévoir que l'employeur fixe le montant librement ou en fonction de 
critères prédéterminés, qui seront le plus souvent la qualité des prestations 
du collaborateur et la situation économique de l'entreprise. En principe, le 
juge ne revoit pas l'appréciation de l'employeur (Thévenoz/Werro, Code 
des obligations, I, ad art. 322 d, n° 6).  

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/16970/2003-4 

13 
 * COUR D’APPEL * 

 

 

 
c) En l'espèce, l'employeur a déterminé les bonus pour 2001 et 2002 et les a 

versés à l'appelant qui les a acceptés, sans réserve. Le juge ne revoit pas 
l'appréciation de l'employeur quant au montant décidé. De plus, il ne 
ressort pas du dossier que ces montants n'étaient que des acomptes et que 
des promesses lui auraient été faites pour le versement d'un solde 
ultérieurement.  

 
 

Il y a donc lieu de retenir que les montants versés représentaient 
intégralement les bonus accordés. L'appelant ne peut rien prétendre au 
titre de target bonus 2001 et 2002. Le jugement sera confirmé sur ce 
point. 
 
 

7. T______________ peut-il réclamer l'équivalent des stock options 
octroyés en 2001 et 2002 et venus à échéance après son licenciement ?  

 
a) L'appelant a reçu 460 actions bloquées le 2 juillet 2001, et 501 actions 

bloquées le 20 novembre 2002. Ces stock options pouvaient être exercés 
respectivement les 2 juillet 2002, 2003, 2004 et les 30 septembre 2002, 
2003, 2004. 

 
 

Les actes d'octroi, contresignés par l'appelant pour accord, mentionnaient 
que les options ne pouvaient être exercées que si le collaborateur était 
encore employé par la société aux échéances et selon sa volonté.  

 
 

L'appelant a été licencié le 20 décembre 2002 pour le 30 juin 2003. Il n'a 
pu exercer son droit d'options que pour les échéances des 2 juillet 2002, 
2003 et du 30 septembre 2003, ce qu'il a apparemment fait. N'étant plus 
employé aux autres dates d'échéance, ses expectatives n'ont pu se 
transformer en droits. Dès lors, l'appelant ne peut rien prétendre au titre 
des actions bloquées. 

 
 
b) En outre, les actes d'octroi stipulaient que cette prime n'affectait en rien le 

droit de la société de résilier ou modifier le contrat de travail en tout 
temps, avec ou sans cause. Le plan d'intéressement accordé par 
l'employeur ne le limitait donc pas dans son droit de licencier le 
collaborateur et ne créait aucun devoir d'indemniser ce dernier du fait qu'il 
ne pouvait exercer l'intégralité des options accordées. 

 
 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/16970/2003-4 

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 * COUR D’APPEL * 

 

 

L'appelant ne peut élever aucune prétention à ce titre. Le jugement sera 
confirmé sur ce point. 

 
 
8. Selon l'article 76 LJP, la procédure est gratuite pour les parties. L’article 

78 LJP prévoit que l’émolument d’appel est mis à la charge de la partie 
qui succombe. T______________ a fait l’avance de 4’000.— fr. Cet 
émolument restera acquis à l’Etat. 

 
 
 
 

PAR CES MOTIFS 
 

La Cour d’appel des prud’hommes, groupe 4 
 
 
 
A la forme : 
 
Reçoit l'appel formé par T______________ contre le jugement des Prud'hommes 
du 15 novembre 2004 rendu dans la cause n° C/16970/2003-4. 
 
 
Au fond : 
 
Confirme le jugement. 
 
Met à la charge de l’appelant l’émolument d’appel par 4’000.-- fr. et dit qu’ils 
reste acquis à l’Etat. 
 
Déboute les parties de toute autre conclusion. 
 
 
 
 
La Greffière de juridiction Le Président