# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 201a062e-7b72-5d5d-bd2e-05bbcfd6e7bf
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-10-19
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 19.10.2010 A/1908/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1908-2010_2010-10-19.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1908/2010-TAXE ATA/727/2010 

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 19 octobre 2010 

1ère section 

dans la cause 

 

Monsieur O. O______ 

représenté par son père M. O______ 
  

contre 

SERVICE DE LA TAXE D'EXEMPTION DE L'OBLIGATION DE SERVIR 
 

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A/1908/2010 

EN FAIT 

1.  Le 4 août 2009, Monsieur O. O______, né en 1987, agissant par la plume de 
son père, a sollicité du service de la taxe d’exemption de l’obligation de servir (ci-
après : le service) la remise totale de la taxe d’exemption de l’obligation de servir 
pour l’année d’assujettissement 2008, fixée au montant minimum de CHF 200.-. 

  M. O______ était hospitalisé depuis plusieurs semaines à l’hôpital 
psychiatrique pour un traitement lié à une seconde crise dépressive. Il avait passé 
toute l’année 2008 au Maroc, pour effectuer des études, et il n’avait jamais 
travaillé. Il était totalement démuni. 

2.  Le 30 mars 2010, le service a rejeté cette demande de remise. Elle ne 
pouvait être accordée, en tout ou en partie, que si le recouvrement de la taxe 
provoquait des difficultés particulièrement graves pour le débiteur, notamment s’il 
était dans la gêne ou si le paiement risquait de l’y mettre.  

  Le citoyen apte au service qui refusait témérairement d’accomplir le service 
d’instruction auquel il était astreint se verrait puni en vertu des dispositions du 
code pénal militaire. Il était normal que le citoyen non astreint au service 
fournisse une prestation de compensation. Le Tribunal fédéral avait retenu le 
principe selon lequel celui qui, par sa faute, ne payait pas la taxe d’exemption de 
l’obligation de servir, agissait de façon tout à fait inadéquate, même s’il faisait 
valoir des motifs pacifiques ou des motifs propres à réserver la vie humaine. La 
taxe ne servait pas à la couverture de frais militaires, mais allait dans un fonds de 
solidarité en cas de catastrophe.  

3.  Le 6 avril 2010, M. O. O______ a formé réclamation contre cette décision. 

  Il était hospitalisé depuis le 30 mars 2010 au pavillon psychiatrique de 
Belle-Idée, à la suite d’une troisième crise de schizophrénie, dont la première 
s’était déclarée en octobre 2008. Il n’avait jamais travaillé. 

  A cette réclamation était joint un certificat médical attestant que l’intéressé 
était hospitalisé pour une durée indéterminée depuis le 20 mars 2010. 

4.  Le 7 mai 2010, le service a rejeté la « demande de reconsidération ». La 
situation difficile dans laquelle se trouvait l’intéressé ne le dispensait pas de ses 
obligations en matière militaire. Le service devait respecter l’égalité de traitement 
avec les personnes qui se trouvaient dans une situation semblable, tels les 
assujettis sans activité lucrative, les étudiants, etc. Une remise avait déjà été 
accordée pour la taxe 2007. 

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  Cette décision pouvait faire l’objet d’un recours auprès de la commission 
cantonale de recours en matière administrative (ci-après : la commission).  

5.  Le 20 mai 2010, M. O. O______, agissant toujours par la plume de son père, 
a recouru auprès de la commission, reprenant les éléments figurant dans la 
réclamation. 

  Au recours était annexé un certificat médical du 18 mai 2010, dont il 
ressortait que M. O. O______ faisait l’objet d’une prise en charge médicale au 
département de psychiatrie pour adultes des hôpitaux universitaires de Genève 
depuis le mois d’octobre 2008 et qu’il était incapable de travailler à 100% depuis 
lors.  

6.  Par décision du 31 mai 2010, la commission a déclaré irrecevable le recours, 
pour raison de compétence, et l’a transmis au Tribunal administratif. 

7.  Invité à se déterminer, le service a transmis, le 29 juin 2010, un préavis 
émanant du secteur « remise d’impôts» de l’administration fiscale cantonale (ci-
après : l’AFC). 

  Il en ressortait que la situation n’avait pas évolué depuis la décision rendue 
le 7 mai 2010. M. O. O______ n’avait pas de revenu et n’avait pas été taxé 
pendant les années 2006 à 2009. Il n’avait pas de fortune. Aucun acte de défaut de 
biens n’avait été émis concernant l’AFC. Il était célibataire, avait 22 ans, un statut 
d’étudiant et était actuellement hospitalisé.  

  La taxe minimale pouvait être assimilée à une taxe personnelle dont les 
assujettis sans activité lucrative, étudiants, etc., étaient normalement redevables. 
Pour l’année 2010, elle passerait de CHF 200.- à CHF 400.-. La décision du 7 mai 
2010 devait être confirmée. 

8.  Le 29 juin 2010, le juge délégué a informé les parties qu’elles disposaient 
d’un délai échéant au 14 juillet 2010 pour formuler d’éventuelles requêtes d’actes 
d’instruction complémentaires. Passé cette date, la cause serait gardée à juger en 
l’état. 

  Aucune requête n'a été formulée et la cause a été gardée à juger. 

9.  Le 16 août 2010, le Tribunal administratif a demandé au service des 
informations complémentaires. 

10.  Dans une écriture spontanée du 18 août 2010, le recourant, par la plume de 
son père, a maintenu sa position. Il était totalement incapable de travailler depuis 
octobre 2008 et insolvable. 

11.  Le service a précisé, le 30 août 2010, que : 

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 - le recourant avait été conscrit pour les années 2007, 2008 et 2009, puis 
déclaré inapte le 20 mai 2010 ; 

 - la taxe militaire 2008 était due en raison du report de ses obligations 
militaires ; 

 - le service relevait du département des finances et était rattaché à la direction 
de la taxation des personnes physiques de l’AFC. 

12.  Ce pli a été transmis au recourant le 3 septembre 2010, avec la précision que 
la procédure était gardée à juger. 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12septembre 1985 - LPA - E 5 10; art 2 de la loi d'application des dispositions 
fédérales sur la taxe d'exemption de l'obligation de servir du 14 janvier 1961 - 
LaTE - G 1 05 ). 

2.  Selon l'art. 37 al. 2 de la loi fédérale sur la taxe d’exemption de l’obligation 
de servir du 12 juin 1959 (LTEO - RS 661), les taxes et autres frais peuvent, sur 
demande écrite de l’intéressé, être remis en tout ou en partie, au cas où leur 
recouvrement provoquerait des difficultés particulièrement graves pour le 
débiteur, notamment s’il est dans la gêne ou que le paiement risque de l’y mettre. 

  L'art. 10 du règlement concernant l'application des prescriptions fédérales et 
cantonales sur la taxe d'exemption de l'obligation de servir du 18 décembre 1996 
(RaTE - G 1 05.03) précise que le directeur du service statue sur les demandes 
d'octroi de sursis ou de remises au sens de l'art. 37 LTEO. 

3. a. En l'espèce, la décision initiale du 30 mars 2010 a été signée par deux 
assistants de direction du secteur « remise d'impôts » de la direction de la 
perception. La décision sur réclamation a, quant à elle, été rendue par la directrice 
adjointe de la direction de la perception. 

  La décision refusant la remise sollicitée n’émane donc pas du directeur du 
service, ainsi que l'exige l'art. 10 RaTE. 

 b. Sur le fond, il y a lieu de relever que le recourant, durant l'année 2008, n'a 
pas eu de revenu. Il était incapable de travailler depuis le mois d'octobre de 
l'année en question, pour des motifs de santé, ce qu’atteste le certificat médical 
produit. Sa situation est fondamentalement différente de celle des personnes 
refusant volontairement de verser la taxe militaire, tel qu'évoquée dans la décision 

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initiale, ou de celle, mentionnée dans la décision du 7 mai 2010, des étudiants et 
des personnes sans activité lucrative mais aptes à réaliser un gain. 

  Dans l'hypothèse où une procédure de recouvrement était nécessaire, elle ne 
pourrait aboutir qu'à la délivrance d'un acte de défaut de biens, dans la mesure où 
le recourant n'a ni revenu, ni fortune, ni capacité de travail. 

  Ces éléments ont amené l’AFC à accorder la remise sollicitée pour la taxe 
minimale concernant l'année 2007. La situation du recourant n'a pas évolué depuis 
lors.  

  De plus, le fait que la taxe minimale puisse être assimilée à une taxe 
personnelle, mentionnée dans la « note interne » de l’AFC valant réponse au 
recours, n'est ni pertinent, ni étayé. 

  Dans ces circonstances, les conditions d'application de l'art. 37 LTEO sont 
remplies. En conséquence, le recours sera admis, la décision litigieuse annulée et 
la remise sollicitée accordée. 

4.  Au vu de cette issue, un émolument de procédure de CHF 500.- sera mis à la 
charge du service de la taxe d’exemption de l’obligation de servir, qui succombe 
(art. 87 LPA). 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 20 mai 2010 par Monsieur O. O______, 
représenté par son père, M. O______, contre la décision du 7 mai 2010 du service de la 
taxe d'exemption de l'obligation de servir ; 

au fond : 

l'admet ; 

annule la décision du service de la taxe d'exemptions de l'obligation de servir du 7 mai 
2010 ; 

accorde à Monsieur O. O______ la remise de la taxe militaire de CHF 200.- due pour 
l'année 2008 ; 

met à la charge du service de la taxe d'exemption de l'obligation de servir un émolument 
de CHF 500.- ; 

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dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Monsieur O. O______, représenté par son père 
M. O______, ainsi qu'au service de la taxe d'exemption de l'obligation de servir et à 
l’administration fédérale des contributions. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mmes Hurni et Junod, juges. 

Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste  adj. : 
 
 

F. Glauser 

 le vice-président : 
 
 

Ph. Thélin 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le   la greffière :