# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 61b1fb7e-0277-5ade-a5a7-c75db3059f86
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-10-16
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 16.10.2014 E-5628/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-5628-2014_2014-10-16.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour V 

E-5628/2014 

 

 

 

 A r r ê t  d u  1 6  o c t o b r e  2 0 1 4  

Composition 

 
Emilia Antonioni Luftensteiner (présidente du collège),  

Jean-Pierre Monnet, Walter Stöckli, juges, 

Thierry Leibzig, greffier. 

 

 
 

Parties 

 
A._______, né le (…), 

Sri Lanka,  

(…) 

recourant,  

 
 

 
contre 

 

 
Office fédéral des migrations (ODM),  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure. 

 

Objet 

 
Demande de restitution de délai /  

Asile (non-entrée en matière) et renvoi (Dublin) ;  

décision de l’ODM du 18 juin 2014 / N (…). 

 

 

E-5628/2014 

Page 2 

Vu 

la demande d’asile déposée en Suisse par A._______, le 9 avril 2014, 

la décision du 18 juin 2014, notifiée le 24 juin suivant, par laquelle l’ODM, 

en application de l’art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), n’est pas entré en 

matière sur la demande d’asile, a prononcé le renvoi de l’intéressé vers 

l’Italie et a ordonné l’exécution de cette mesure, 

le recours daté du 28 septembre 2014 et la demande implicite de 

restitution de délai formés simultanément par l’intéressé, le 

1
er

 octobre 2014 (date du sceau postal), 

 

et considérant 

que le Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), en vertu de 

l’art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de 

l’art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF, 

qu’en particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile 

peuvent être contestées, par renvoi de l’art. 105 LAsi, devant le Tribunal, 

lequel statue alors définitivement, sauf demande d’extradition déposée 

par l’Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 LTF), 

que le Tribunal est également compétent pour statuer sur les demandes 

de restitution de délai dans les domaines soumis à sa juridiction (STEFAN 

VOGEL, in : AUER/MÜLLER/SCHINDLER, Kommentar zum Bundesgesetz 

über das Verwaltungsverfahren, 2008, n° 19 p. 336),  

que le Tribunal est donc compétent pour statuer sur la présente requête,  

que, conformément à l’art. 108 al. 2 LAsi, le recours doit être déposé 

dans les cinq jours ouvrables dès la notification de la décision attaquée, 

que les écrits doivent parvenir à l’autorité compétente ou avoir été remis, 

à son adresse, à un bureau de poste suisse ou à une représentation 

diplomatique ou consulaire suisse, le dernier jour du délai au plus tard 

(art. 21 al. 1 PA), 

que les délais fixés par la loi ne peuvent être prolongés (art. 22 al. 1 PA), 

E-5628/2014 

Page 3 

que la décision attaquée ayant été notifiée au recourant le 24 juin 2014, 

le délai de recours courait jusqu’au 1
er
 juillet 2014, 

que le recours, interjeté le 1
er
 octobre 2014 (date du sceau postal), est 

donc manifestement tardif, 

qu’à l’appui de son recours, l’intéressé soutient avoir été dans l’incapacité 

d’utiliser les voies de droit ouvertes,  

qu’il sollicite du Tribunal qu’il entre tout de même en matière sur son 

recours, 

qu’il y a donc lieu de considérer l’écrit du 1
er
 octobre 2014 comme une 

demande de restitution du délai de recours (cf. art. 24 al. 1 PA, applicable 

par renvoi de l’art. 37 LTAF), 

que selon l’art. 24 al. 1 PA, le Tribunal peut accorder la restitution d’un 

délai légal ou judiciaire, si le demandeur ou son mandataire a été 

empêché, sans sa faute, d’agir dans le délai fixé, à la double condition 

qu’il présente une demande motivée de restitution dans les 30 jours à 

compter de celui où l’empêchement a cessé et qu’il accomplisse l’acte 

omis dans le même délai, 

que les trois conditions susmentionnées doivent être réalisées de façon 

cumulative, 

que le dépôt de la demande de restitution de délai et l’accomplissement 

de l’acte omis dans les 30 jours dès la cessation de l’empêchement sont 

des conditions de recevabilité (MAITRE/THALMANN [BOCHSLER], in : 

WALDMANN/WEISSENBERGER, Praxiskommentar zum Bundesgesetz über 

das Verwaltungsverfahren, 2009, ad art. 24, n. 17, p. 490 ; JEAN-MAURICE 

FRÉSARD, Commentaire de la LTF, 2009, ad. art. 50 LTF, p. 338, ch. 3), 

qu’en l’espèce, la demande de restitution, partie intégrante de l’acte de 

recours, est très sommairement motivée, 

qu’à l’appui de cette demande, le recourant invoque en substance qu’il 

aurait été empêché de déposer un recours dans le délai légal, car il 

n’aurait pas réussi à trouver un défenseur qui aurait accepté un mandat 

de représentation, compte tenu du délai de recours très court de l’art. 108 

al. 2 LAsi, 

E-5628/2014 

Page 4 

que, pour le reste, l’intéressé ne fournit pas d’autres précisions sur 

l’empêchement allégué ; qu’il n’indique en particulier pas la date à 

laquelle celui-ci aurait pris fin,  

que, partant, le Tribunal estime douteux que les conditions de recevabilité 

de la demande de restitution de délai soient remplies en l’espèce, 

que néanmoins, par souci de célérité de la procédure, cette question peut 

demeurer ouverte, la demande devant être rejetée sur le fond, 

que, sur le plan matériel, l’art. 24 al. 1 PA subordonne la restitution d’un 

délai à l’existence d’un empêchement intervenu sans faute 

(cf. STEFAN VOGEL, op. cit., n. 7 ad. art. 24 PA, p. 332 ss ; JEAN-MAURICE 

FRÉSARD, op. cit., ad. art. 50 LTF, p. 338 ss, ch. 4), 

qu’est non fautive toute circonstance qui aurait empêché un plaideur – ou 

un mandataire – consciencieux d’agir dans le délai fixé (cf. JEAN-MAURICE 

FRÉSARD, op. cit., ibid.), 

que la jurisprudence en matière de restitution de délai est très restrictive 

(cf. YVES DONZALLAZ, Loi sur le Tribunal fédéral : Commentaire, 2008, 

ad. art. 50 LTF, n. 1332 ss, p. 564 ss ; PIERRE MOOR, Droit administratif, 

vol. II 3
ème

 éd., 2011, p. 304, ch. 2.2.6.7) et ne voit un empêchement à 

agir que dans un obstacle objectif qui rend pratiquement impossible 

l’observation d’un délai, tel un événement naturel imprévisible ou une 

interruption des communications postales ou téléphoniques, ou alors 

dans un obstacle subjectif mettant le recourant ou son mandataire hors 

d’état de s’occuper de ses affaires et de charger un tiers de s’occuper 

pour lui, comme la survenance d’un accident nécessitant une 

hospitalisation d’urgence ou une maladie grave (cf. ATF 119 II 86 ; 

ATF 114 II 181 ; ATF 112 V 255 ; ATF 108 V 109 ; ATF 104 II 61), 

qu’autrement dit, il ne faut pas que l’on puisse reprocher au requérant ou 

à son mandataire une quelconque négligence (cf. YVES DONZALLAZ, 

op. cit., ad. art. 50 LTF, n. 1331, p. 563 ; cf. aussi arrêt du Tribunal 

administratif fédéral E-1909/2012 du 30 avril 2012 et la référence citée), 

qu’en l’occurrence, le recourant fait valoir que le délai légal de cinq jours 

ouvrables était trop court pour lui permettre de faire appel à un défenseur 

et d’interjeter recours à temps, 

qu’à la lumière de ce qui précède, le motif invoqué n’est toutefois pas 

pertinent,  

E-5628/2014 

Page 5 

qu’en effet, l’intéressé ne démontre aucunement, voire n’allègue même 

pas, avoir été confronté à un obstacle dirimant, objectif ou subjectif, au 

sens de la jurisprudence restrictive précitée,  

qu’en particulier, il n’explique pas en quoi il aurait été empêché, de 

manière insurmontable, de déposer lui-même un recours dans les délais 

ou de trouver, en temps utile, un tiers capable de l’aider à rédiger un 

recours,  

que son devoir de diligence lui imposait, en présence d’une décision dont 

il devait réaliser l’importance, de prendre toutes les dispositions 

nécessaires avant l’expiration du délai de recours,  

qu’il aurait aussi pu, dans son recours, conclure à la nomination d’un 

défenseur d’office ou du moins requérir l’octroi d’un délai pour compléter 

ce recours, 

que l’intéressé, qui a attendu trois mois avant de réagir à la décision de 

l’ODM, ne saurait donc valablement invoquer qu’il a été empêché, sans 

faute, d’agir dans le délai légal de recours, 

qu’en conclusion, l’empêchement allégué n’est pas constitutif d’une 

excuse valable et le manque de réaction de l’intéressé dans le délai de 

recours lui est imputable à faute, 

qu’au vu de ce qui précède, la demande de restitution de délai est 

rejetée,  

que, dès lors, le recours du 1
er
 octobre 2014, déposé tardivement, doit 

être déclaré irrecevable, 

que, vu l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 let. b du 

règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), 

 

(dispositif page suivante) 

  

E-5628/2014 

Page 6 

le Tribunal administratif fédéral prononce: 

1.  

La demande de restitution de délai de recours est rejetée, dans la mesure 

où elle est recevable. 

2.  

Le recours est irrecevable. 

3.  

Les frais de procédure, d’un montant de 300 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, à l’ODM et à l’autorité 

cantonale compétente. 

 

La présidente du collège : Le greffier : 

  

Emilia Antonioni Luftensteiner Thierry Leibzig