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**Case Identifier:** edd07752-8b42-55b1-b4c7-d3a828d60054
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-12-22
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 22.12.2011 A/3875/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3875-2011_2011-12-22.pdf

## Full Text

Siégeant : Karine STECK, Présidente, Evelyne BOUCHAARA et Claudiane 

CORTHAY, Juges assesseurs  

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/3875/2011 ATAS/1265/2011 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 22 décembre 2011 

3ème Chambre 

En la cause 

Madame B__________, domiciliée à Genève, comparant avec 

élection de domicile en l'étude de Maître PETER Clarence recourante 

 

contre  

SERVICE DES PRESTATIONS COMPLEMENTAIRES, sis route 

de Chêne 54, Genève intimé 

 

 

 

 

 

A/3875/2011 

- 2/6 - 

EN FAIT 

1. Par décisions du 24 août 2011, le SERVICE DES PRESTATIONS 

COMPLEMENTAIRES (ci-après SPC) a réclamé à Madame B__________ le 

remboursement d'un montant total de 69'415 fr. 70 correspondant aux prestations 

indûment reçues pour la période du 1
er

 octobre 2006 au 31 août 2011 compte tenu 

de l'augmentation de la valeur vénale du bien immobilier de l'assurée (239'916 fr. et 

non plus 26'315 fr.). Le SPC a constaté que la nouvelle situation laissait apparaître 

que les dépenses de l'assurée étaient entièrement couvertes par ses revenus. 

2. Le 12 octobre 2011, le SPC a rendu une "décision sur demande de restitution de 

l'effet suspensif" rejetant la demande de l'assurée en tant qu'elle concluait à ce que 

les prestations complémentaires et le subside de l'assurance maladie continuent à lui 

être versées ; le SPC a en effet considéré que son intérêt en faveur de la cessation 

immédiate du versement des prestations était prépondérant.  

En revanche, le SPC a admis la demande en tant qu'elle concluait à ce que le 

remboursement soit différé jusqu'à l'entrée en force des décisions litigieuses. 

3. Par écriture du 14 novembre 2011, l'assurée a saisi la Cour de céans d'une demande 

en restitution de l'effet suspensif visant à rétablir durant la procédure le versement 

des prestations complémentaires. La recourante a en outre conclu à l'annulation des 

décisions de restitution et à l’octroi d’une remise de l’obligation de restituer.  

En substance, l'assurée explique que son époux a acheté en 1985 un bien 

immobilier d'une surface de 89 m2 en Espagne. Elle fait remarquer que l’intimé n’a 

plus demandé d’informations concernant ce bien depuis 2002, de sorte que la valeur 

prise en compte est demeurée inchangée (26'315 fr.).  Ce n'est qu'en mai 2011 que 

le SPC lui a demandé de fournir un certain nombre de documents dont une 

estimation officielle de la valeur vénale de ce bien, qui a alors été estimée à 178'350 

euros (représentant, en juin 2011, 216'285 fr. 05).  

La recourante reproche à l'intimé d'avoir considéré que cette valeur vénale au 21 

juin 2011 était déjà celle-ci au 1er octobre 2006.  

4. Invité à se déterminer, l'intimé, dans sa réponse du 13 décembre 2011, a relevé que 

la recourante ne contestait pas les montants retenus dans le calcul de ses prestations 

pour le futur et en a tiré la conclusion que "la demande de restitution de l'effet 

suspensif n'a ainsi aucun sens et doit être déclaré irrecevable" (sic). Pour le reste, il 

fait remarquer que les arguments de la recourante ne se référent qu'à sa bonne foi et 

à sa situation financière difficile, questions ne sauraient être examinées que dans le 

cadre de l'examen de la demande de remise déposée par l'assurée le 30 septembre 

2011, laquelle ne pourra elle-même être examinée que lorsque la  décision de 

restitution sera entrée en force. 

 

 

 

 

A/3875/2011 

- 3/6 - 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 3 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 

26 septembre 2010 (LOJ; RS E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la 

Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique 

des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit 

des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1) relatives à la loi 

fédérale sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et 

invalidité du 6 octobre 2006. Elle statue aussi, en application de l'art. 134 al. 3 let. a 

LOJ, sur les contestations prévues à l'art. 43 de la loi cantonale sur les prestations 

cantonales complémentaires à l'assurance-vieillesse et survivants et à l'assurance-

invalidité du 25 octobre 1968 (LPCC; RS J 7 15). La compétence de la Cour de 

céans pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Les dispositions de la LPGA, en vigueur depuis le 1er janvier 2003, s’appliquent 

aux prestations complémentaires fédérales, à moins que la LPC n’y déroge 

expressément (art. 1 al. 1 LPC).   

Il en va de même en matière de prestations complémentaires cantonales en vertu de 

l'art. 1A let. b de la loi sur les prestations cantonales complémentaires à l’AVS et à 

l’AI (LPCC; J 7 15). 

3. a) En matière de prestations complémentaires fédérales, les décisions sur opposition 

sont sujettes à recours dans un délai de 30 jours (art. 56 al. 1 et 60 al. 1er LPGA; 

cf. également art. 9 LPC) auprès du tribunal des assurances du canton de domicile 

de l’assuré (art. 58 al. 1 LPGA). Les délais fixés par la loi ne courent pas du 15 

juillet au 15 août inclusivement (art. 38 al. 4 LPGA).  

b) S’agissant des prestations complémentaires cantonales, l’art. 43 LPCC ouvre les 

mêmes voies de droit (cf. également, concernant l'art. 43B LPCC relatif à la 

suspension des délais). 

c) En l’espèce, le recours a été déposé dans les forme et délai imposés par la loi, de 

sorte qu’il est recevable. 

4. Il est utile de préciser qu’en l’occurrence, l’objet du litige se limite à la question de 

savoir si c’est à juste titre que l’intimé a rejeté la demande de la recourante de 

restituer l’effet suspensif à l’opposition formée contre la décision en restitution du  

24 août 2011. L’effet suspensif a d’ores et déjà été restitué s’agissant du 

remboursement, de sorte que seule la demande visant à obtenir que les prestations 

continuent à être versées durant la procédure reste litigieuse. Par ailleurs, le bien-

fondé de la demande de restitution, tout comme la question de la réalisation des 

conditions permettant d’obtenir la remise de l’obligation de restituer ne sont pas en 

état d’être jugées par la Cour de céans (le premier doit encore faire l’objet d’une 

 

 

 

 

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- 4/6 - 

décision sur opposition, la seconde ne pourra être examinée que lorsque la décision 

en restitution sera entrée en force).  

5. En vertu de l’art. 54 al. 1 let. c LPGA, les décisions et décisions sur opposition sont 

exécutoires lorsque l’effet suspensif attribué à une opposition ou un recours a été 

retiré, étant précisé qu'en vertu de l'art. 97 de la loi fédérale sur l'assurance-

vieillesse et survivants (LAVS; RS 831.10) - applicable par analogie en vertu de 

l'art. 27 LPC -, les autorités administratives peuvent prévoir, dans leur décision, 

qu'un recours éventuel n'aura pas d'effet suspensif, même si la décision porte sur 

une prestation pécuniaire.  

Pour le reste, conformément à l’art. 55 al. 1 LPGA - lequel prévoit que les points de 

procédure non réglés de manière exhaustive aux art. 27 à 54 LPGA ou par les 

dispositions des lois spéciales sont régis par la loi fédérale sur la procédure 

administrative (PA) - et au renvoi explicite contenu à l'art. 97 LAVS, il convient de 

se référer aux articles 55 et 56 PA.  

Selon la jurisprudence, l’autorité de recours saisie d’une requête en restitution de 

l’effet suspensif doit procéder à une pesée des intérêts en présence (RCC 1991 

p. 520). Pour ce faire, le juge se fonde sur l’état de fait tel qu’il résulte du dossier, 

sans effectuer de longues investigations supplémentaires.  

D'après la jurisprudence relative à l'art. 55 al. 1 PA - à laquelle l'entrée en vigueur 

de la LPGA et de l'OPGA n'a rien changé (arrêt P. du 24 février 2004, I 46/04, 

consid, 1, in HAVE 2004 p. 127), la possibilité de retirer l'effet suspensif au recours 

n'est pas subordonnée à la condition qu'il existe, dans le cas particulier, des 

circonstances tout à fait exceptionnelles qui justifient cette mesure. Il incombe bien 

plutôt à l'autorité appelée à statuer d'examiner si les motifs qui parlent en faveur de 

l'exécution immédiate de la décision l'emportent sur ceux qui peuvent être invoqués 

à l'appui de la solution contraire. L'autorité dispose sur ce point d'une certaine 

liberté d'appréciation. A cet égard, le seul fait que la décision de fond poursuive un 

but d’intérêt public ne suffit pas à justifier son exécution immédiate.  

En procédant à la pesée des intérêts en présence, les prévisions sur l’issue du litige 

au fond peuvent être prises en considération. Il faut cependant qu’elles ne fassent 

aucun doute. Par ailleurs, l'autorité ne saurait retirer l'effet suspensif au recours 

lorsqu'elle n'a pas de raisons convaincantes pour le faire (ATF 124 V 88 consid. 6a, 

117 V 191 consid. 2b et les références). 

6. En l'espèce, l'intimée soutient en substance que si la recourante n'obtient pas gain 

de cause, il est à craindre que la procédure en restitution des prestations versées à 

tort ne se révèle infructueuse de sorte qu'il faut considérer que son intérêt l'emporte 

sur celui de l'assurée.  

 

 

 

 

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- 5/6 - 

La Cour de céans ne peut que se ranger à cet argument, d’autant plus qu’en 

l’occurrence, cela reviendrait à continuer à verser à la recourante des prestations 

dont il s’avèrera sans grand doute qu'elles ne lui sont pas dues puisqu’elle ne 

conteste pas les montants retenus pour le calcul des prestations pour le futur.  

On ne voit dès lors pas sur quoi se fonde la recourante pour continuer à réclamer la 

poursuite de prestations dont elle ne conteste pas qu’elles lui seraient indument 

versées puisque la valeur vénale à reconnaître au bien immobilier à compter de juin 

2011 n’est pas litigieuse, contrairement à la question du bien-fondé de la demande 

de restitution, laquelle doit encore faire l’objet d’une décision sur opposition mais 

dont la réponse est sans incidence sur le sort du droit de la recourante aux 

prestations pour la période postérieure à la décision du 24 août 2011.  

Eu égard à ces considérations, la décision de l’intimé du 12 octobre 2011 « sur 

demande de restitution de l’effet suspensif » apparait bien fondée. Le recours est 

donc rejeté.  

 

 

 

 

 

 

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- 6/6 - 

PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant  

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable en tant qu’il porte sur la demande de mesures 

provisionnelles.  

 

2. Le déclare irrecevable pour le surplus car prématuré.  

Au fond : 

3. Le rejette.  

4. Réserve la suite de la procédure. 

5. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public (art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 17 juin 2005 - 

LTF; RS 173.110) aux conditions de l’art. 95 LTF pour ce qui a trait aux 

prestations complémentaires fédérales, par la voie du recours constitutionnel 

subsidiaire (articles 113 ss LTF) aux conditions de l’art. 116 LTF pour ce qui a trait 

aux prestations complémentaires cantonales. Le mémoire de recours doit indiquer 

les conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou 

de son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par 

voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 

possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 

l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Marie-Catherine SECHAUD 

 La présidente 

 

 

 

 

Karine STECK 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le