# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b1a065f9-b0d7-5380-bffd-1d25cbc62d1b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-12-22
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 22.12.2011 A/3967/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3967-2011_2011-12-22.pdf

## Full Text

Siégeant : Karine STECK, Présidente 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/3967/2011 ATAS/1254/2011 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt incident sur effet suspensif du 22 décembre 2011 

3ème Chambre 

 

En la cause 

Monsieur M__________, domicilié à Bellevue, comparant avec 
élection de domicile en l'étude de Maître STOLLER 
FÜLLEMANN Monique recourant 

contre 

CAISSE NATIONALE SUISSE D'ASSURANCE EN CAS 
D'ACCIDENTS (SUVA), Rechtsabteilung;Fluhmattstrasse 1; case 
postale 4358, 6002 LUCERNE intimée 

 

 
 
 

 

A/3967/2011 

- 2/7 - 

EN FAIT 

1. Monsieur M__________, employé depuis le 24 mai 1988 en qualité de poseur de 

sols par la société X__________ SA, était affilié auprès de la CAISSE 

NATIONALE SUISSE D'ASSURANCE EN CAS D'ACCIDENTS (ci-après 

SUVA) contre le risque d'accidents. 

2. Le 17 mars 2008, l'assuré est tombé en arrière en descendant d'un trottoir en tirant 

un chariot. Dans sa chute, il s'est heurté la tête et est resté deux à trois minutes 

inconscient. Suite à cette chute, l’assuré s’est plaint de paresthésies, de douleurs 

occipitales, de lombalgies, de nausées sans vomissement et d'éblouissement à la 

lumière du jour. Les radiographies pratiquées aux Hôpitaux Universitaires de 

Genève (HUG) ont permis d’écarter toute lésion osseuse de la colonne lombaire et 

un CT cérébro-cervical n’a pas montré de lésion traumatique. Ont été constatés : 

une nucalgie,  une hypoesthésie de la première branche du trijumeau à gauche et 

une diplopie à gauche, ainsi qu'un traumatisme crânio-cérébral (TCC). Un 

traitement par antalgiques a été entrepris et l'assuré a pu quitter l’hôpital le 

lendemain des faits. Une totale incapacité de travail a été attestée et la SUVA a pris 

le cas en charge. 

3. Le 9 septembre 2011, la SUVA a rendu une décision au terme de laquelle elle a mis 

un terme à ses prestations avec effet au 15 septembre 2011 motif pris que les 

troubles toujours présents n'étaient pas suffisamment démontrables d'un point de 

vue organique et que le rapport de causalité adéquat devait être nié. L'effet 

suspensif d'une éventuelle opposition a été retiré. 

4. Dans le délai légal, l'assuré s'est opposé à cette décision en concluant préalablement 

à la mise en œuvre d'un complément d'instruction et, principalement, à l'annulation 

de la décision entreprise et à ce que des indemnités journalières continuent à lui être 

versées jusqu'à la stabilisation de son état de santé. 

5. Par décision du 24 octobre 2011, la SUVA a confirmé celle du 9 septembre 2011 et 

précisé qu'un éventuel recours n'aurait pas d'effet suspensif.  

La SUVA a relevé que l'imagerie n'avait pas permis de mettre en évidence de 

lésions traumatiques physiques structurelles et qu’aucune lésion importante n’avait 

pu être démontrée aux plans neurologique ou otoneurologique.  

La SUVA s’est également référée à l'avis du Dr A__________, spécialiste FMH en 

neurologie et en psychiatrie et psychothérapie qui, le 20 mai 2009, a confirmé 

l'absence de signes de lésion osseuse d'origine traumatique du rachis cervical ou de 

séquelles extra ou intracrâniennes . Seules de légères altérations ont été constatées à 

l’imagerie en date du 21 octobre 2008 ; le médecin a estimé que le lien de causalité 

avec le traumatisme crânien était improbable.  

 
 
 

 

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La SUVA s’est également rapportée à l’opinion du Dr B__________, spécialiste 

FMH en ophtalmologie et chirurgie ophtalmique, de sa division médecine des 

assurances, lequel avait indiqué en date du 18 décembre 2009 que l'accident assuré 

ne jouait plus de rôle sur l'hypermétropie antérieure, qui n’avait été tout au plus que 

passagèrement décompensée sans qu’une aggravation déterminante ait pu être mise 

en évidence.  

Quant au rapport interdisciplinaire du Centre d'expertises médicales de Genève 

réalisé le 30 avril 2010 à l'intention de l'assurance-invalidité, la SUVA a relevé 

qu’il était parvenu aux mêmes conclusions (absence de lésion traumatique ou de 

déficit neurologique notable, hypermétropie décompensée ayant pu être corrigée 

par de nouvelles lunettes, troubles de l'équilibre probablement d'origine 

fonctionnelle, céphalées, troubles visuels, troubles de l'équilibre entrant dans le 

cadre d'un syndrome post-commotionnel et ne pouvant être considérés comme 

maladie organique, trouble dépressif récurrent depuis 2008 avec rémission 

partielle). La SUVA a relevé que l’assuré, par le biais de son conseil, avait précisé 

le 23 mars 2011 que son médecin traitant était d'accord avec les conclusions des 

experts.  

En conclusion, la SUVA a considéré que l’existence de séquelles traumatiques 

organiques structurelles à l'accident n'avait pas été établie au degré de 

vraisemblance prépondérante exigé par la jurisprudence et a nié l'existence d'un lien 

de causalité adéquate avec l'accident - dont elle a estimé qu’il entrait tout au plus 

dans la catégorie des accidents de gravité moyenne, à la limite inférieure. Se 

référant à la jurisprudence spécifique applicable en matière de TCC, la SUVA a 

relevé que les circonstances de l'accident apparaissaient objectivement  dénuées de 

tout caractère impressionnant et/ou particulièrement dramatique, que les lésions 

subies n'étaient pas graves, qu'il n'y avait pas eu de traitement médical spécifique 

continu et pesant, qu'aucune erreur médicale ou complication n’était à déplorer et 

que si les maux de tête avaient certes persisté, leur intensité variait en fonction de la 

prise des antalgiques et n’était pas telle qu’ils empiètent en permanence sur toutes 

les activités quotidiennes de l'assuré. La SUVA en a tiré la conclusion que les deux 

seuls critères dont l'assuré pourrait éventuellement se prévaloir n'étaient pas remplis 

de manière frappante et ne suffisaient pas à conclure à l'existence d'un lien de 

causalité entre les troubles fonctionnels subsistants et l'accident concerné.  

Enfin, considérant que la question de la capacité de travail n'importait pas autant en 

matière d'assurance accidents qu’en matière d’assurance invalidité puisque le lien 

de causalité avait été nié, la SUVA a renoncé à mettre en œuvre de nouvelles 

mesures d’investigation. 

6. Par écriture du 24 novembre 2011, l'assuré a interjeté recours auprès de la Cour de 

céans en concluant préalablement à la restitution de l'effet suspensif et à la mise sur 

 
 
 

 

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pied de nouvelles mesures d’instruction et, quant au fond, à ce que des indemnités 

lui soient allouées jusqu'à la stabilisation de son état de santé.  

Le recourant allègue en substance que les lésions subies sont particulièrement 

graves puisqu'elles lui interdisent désormais d'exercer sa profession de carreleur, 

qu'il souffre aujourd'hui encore de céphalées et de vertiges qui le gênent dans sa vie 

quotidienne, que s'il lui arrive encore de conduire, c'est que son épouse ne possède 

pas le permis et qu'il a souvent de la peine à marcher, qu'il continue à être suivi 

pour état dépressif bien que ce dernier soit en rémission partielle, qu'il doit se 

soumettre à un traitement médical spécifique continu et pesant depuis trois ans et 

demi, qu'il y a eu complications puisqu'aucune amélioration de son état ne s'est 

manifestée et qu'en conséquence, l'ensemble des critères permettant d’admettre 

l'existence d'un lien de causalité adéquat sont remplis.  

7. Invitée à se déterminer sur la demande de restitution de l’effet suspensif, l'intimée, 

dans sa réponse du 16 décembre 2011, a conclu à son rejet en soulignant qu’une 

instruction approfondie a déjà été menée dont on ne saurait affirmer prima facie 

qu’elle serait lacunaire.  

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 5 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 

26 septembre 2010 (LOJ; RS E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la 

Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique 

des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit 

des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1) relatives à la loi 

fédérale sur l'assurance-accidents, du 20 mars 1981 (LAA; RS 832.20). 

La compétence de la Cour de céans pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Interjeté dans les forme et délai légaux (art. 56 à 60 LPGA), le recours est 

recevable. 

3. En vertu de l’art. 54 al. 1 let. c LPGA, les décisions et décisions sur opposition sont 

exécutoires lorsque l’effet suspensif attribué à une opposition ou un recours a été 

retiré, étant précisé qu'en vertu de l'art. 97 de la loi fédérale sur l'assurance-

vieillesse et survivants (LAVS ; RS 831.10) - applicable en vertu de l'art. 66 LAI -, 

les autorités administratives peuvent prévoir, dans leur décision, qu'un recours 

éventuel n'aura pas d'effet suspensif, même si la décision porte sur une prestation 

pécuniaire.  

Pour le reste, conformément à l’art. 55 al. 1 LPGA qui prévoit que les points de 

procédure qui ne sont pas réglés de manière exhaustive aux art. 27 à 54 LPGA ou 

par les dispositions des lois spéciales sont régis par la loi fédérale sur la procédure 

administrative (PA), il convient de se référer aux articles 55 et 56 de cette dernière.  

 
 
 

 

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Une requête visant à la poursuite du paiement des indemnités journalières revient 

en réalité à requérir des mesures provisionnelles tendant au paiement de prestations 

pécuniaires au sens de l’art. 56 PA.  

Aux termes de l’art. 21 de la loi cantonale du 12 septembre 1985 sur la procédure 

administrative (LPA), l’autorité peut, d’office ou sur requête, ordonner des mesures 

provisionnelles en exigeant au besoin des sûretés. Ces mesures sont ordonnées par 

le Président s’il s’agit d’une autorité collégiale ou d’une juridiction administrative. 

La loi ne prévoit pas les conditions dans lesquelles des mesures provisionnelles 

peuvent être ordonnées. Il faut se référer pour cela à la doctrine et à la jurisprudence 

(cf. Pierre MOOR, droit administratif tomme 2, 2ème édition STAMPFLI p. 269 et 

ss et jurisprudence citée). Les mesures provisionnelles sont de deux catégories. 

D’une part, les mesures conservatoires qui visent à garantir que l’état de fait ou de 

droit qui est à la base de la décision prise ou à prendre ne se modifie pas pendant la 

litispendance; d’autre part les mesures formatrices qui régissent le contenu d’une 

relation juridique de manière temporaire, en attendant qu’elle reçoive un régime 

définitif dans la décision finale. 

Compte tenu de l’étroite connexité liant l’effet suspensif aux autres mesures 

provisionnelles au sens de l’art. 56 PA, les principes applicables au retrait de l’effet 

suspensif s’appliquent par analogie à ces mesures. 

4. Selon la jurisprudence, l’autorité de recours saisie d’une requête en restitution de 

l’effet suspensif doit procéder à une pesée des intérêts en présence. Dès lors, 

l’autorité qui se prononce sur l’ordonnance d’autres mesures (provisionnelles) 

d’après l’art. 56 PA doit également examiner si les motifs en faveur de l’exécution 

immédiate de la décision ont plus de poids que ceux qui peuvent être invoqués pour 

soutenir une solution contraire (RCC 1991 p. 520). Pour ce faire, le juge se fonde 

sur l’état de fait tel qu’il résulte du dossier, sans effectuer de longues investigations 

supplémentaires.  

D'après la jurisprudence relative à l'art. 55 al. 1 PA - à laquelle l'entrée en vigueur 

de la LPGA et de l'OPGA n'a rien changé (arrêt P. du 24 février 2004, I 46/04, 

consid, 1, in HAVE 2004 p. 127), la possibilité de retirer l'effet suspensif au recours 

n'est pas subordonnée à la condition qu'il existe, dans le cas particulier, des 

circonstances tout à fait exceptionnelles qui justifient cette mesure. Il incombe bien 

plutôt à l'autorité appelée à statuer d'examiner si les motifs qui parlent en faveur de 

l'exécution immédiate de la décision l'emportent sur ceux qui peuvent être invoqués 

à l'appui de la solution contraire. L'autorité dispose sur ce point d'une certaine 

liberté d'appréciation. A cet égard, le seul fait que la décision de fond poursuive un 

but d’intérêt public ne suffit pas à justifier son exécution immédiate.  

En procédant à la pesée des intérêts en présence, les prévisions sur l’issue du litige 

au fond peuvent être prises en considération. Il faut cependant qu’elles ne fassent 

 
 
 

 

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aucun doute. Par ailleurs, l'autorité ne saurait retirer l'effet suspensif au recours 

lorsqu'elle n'a pas de raisons convaincantes pour le faire (ATF 124 V 88 consid. 6a, 

117 V 191 consid. 2b et les références). 

En d'autres termes, les conditions à remplir pour l’octroi de mesures provisionnelles 

sont au nombre de trois : 

a. L’existence de motifs objectivement fondés justifiant l’intervention. Il faut voir 

ici l’importance de l’intérêt vraisemblablement compromis par le maintien pur et 

simple de la situation, la gravité possible des effets de l’absence d’intervention 

provisoire, l’urgence qu’il y a à agir. A noter que la pratique n’exige pas une 

atteinte irréversible.  

b. Le pronostic relatif à l’issue de la cause doit être favorable. Le recours ne doit 

pas apparaître de prime abord comme dépourvu de chance de succès. 

c. La mesure provisionnelle ne doit pas préjuger de la décision finale en créant par 

son propre effet une situation irréversible qui rende vaine l’issue du recours.  

5. En l'espèce, en l’état actuel de la procédure, les chances de succès du recourant 

n’apparaissent pas d'emblée incontestables dans la mesure où plusieurs médecins et 

experts se sont d’ores et déjà prononcés où le recourant n’amène aucun élément 

suffisant à lui seul à remettre en question leurs conclusions, se contentant de 

demander la mise sur pied d’une expertise supplémentaire. Dans ces conditions et 

eu égard aux règles rappelées supra, la demande de restitution de l'effet suspensif 

est rejetée.  

 

 

 
 
 

 

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- 7/7 - 

PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant sur incident 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable.  

Sur incident : 

2. Rejette la demande de rétablissement de l'effet suspensif.  

3. Réserve la suite de la procédure. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 

17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 

conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 

son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 

électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 

possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 

l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Marie-Catherine SECHAUD 

 La présidente 
 
 
 
 

Karine STECK 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

de la santé publique par le greffe le