# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 695f2526-7edf-5c3e-896a-fe905d701850
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2021 / 463
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2021---463_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JJ20.033676-210642

152 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
20 mai 2021

__________________

Composition
:               M.             
Pellet,
président

             
              MM.             
Sauterel et Winzap, juges

Greffière
:              Mme             
Spitz

 

 

*****

 

 

Art.
32 ss CO

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par
R.A.________,
à [...], défenderesse, contre la décision finale rendue le 25 novembre 2020 par le
Juge de paix du district de Nyon dans la cause divisant la recourante d’avec
F.________,
à [...], demanderesse, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :

             
En fait :

 

 

A.             
Par décision finale du 25 novembre 2020, dont la motivation a été adressée pour notification
aux parties le 2 mars 2021, le Juge de paix du district de Nyon (ci-après : le juge de paix)
a dit que la partie défenderesse R.A.________ devait verser à la partie demanderesse F.________
la somme de 3’535 fr. 40, plus intérêts à 5% l’an dès le 31 juillet 2019,
plus 73 fr. 30 pour les frais du commandement de payer (I), a définitivement levé l’opposition
formée au commandement de payer n° [...] de l’Office des poursuites du district de Nyon
dans la mesure indiquée sous chiffre I ci-dessus (II), a arrêté les frais judiciaires
à 750 fr., les a compensés avec l’avance de frais de la partie demanderesse (III) et
les a mis à la charge de la partie défenderesse (IV), a dit que la partie défenderesse
rembourserait à la partie demanderesse son avance de frais à concurrence de 750 fr., sans
allocation de dépens pour le surplus (V), a dit qu’elle lui rembourserait en outre ses frais
liés à la procédure de conciliation, arrêtés à 210 fr. (VI), et a rejeté
toutes autres ou plus amples conclusions (VII). 

 

             
En droit, le premier juge a considéré qu’il existait une apparence qualifiée de
représentation de R.A.________ par B.W.________ et que R.A.________ devait en assumer le risque
ainsi créé. Cette apparence de représentation et la bonne foi de F.________ avaient pour
conséquence que la commande de produits de boulangerie par B.W.________ et la livraison de ceux-ci
par F.________ pour un montant total de 3'535 fr. 40 liait contractuellement R.A.________ à F.________.
La première était dès lors la débitrice de la seconde à hauteur du montant précité.
La facture litigieuse étant échue depuis le 31 juillet 2019, l’intérêt moratoire
de 5% l’an a commencé à courir depuis cette dernière date. Enfin, l’opposition
au commandement de payer dans la poursuite intentée par F.________ devait être définitivement
levée à concurrence de 3'535 fr. 40 plus intérêts à 5% l’an dès le
31 juillet 2019 et 73 fr. 30 au titre de frais de commandement de payer, dont la charge incombait
également à la débitrice.

 

 

B.             
Par acte du 19 avril 2021, R.A.________ a fait
recours contre la décision précitée en concluant en substance à sa réforme en
ce sens que F.________ soit déboutée de toutes ses conclusions, qu’il soit constaté
qu’elle n’est pas la débitrice de F.________ et qu’il soit dit que la poursuite
n° [...] de l’Office des poursuites de Nyon n’ira pas sa voie. Subsidiairement, elle
a conclu à son annulation et au renvoi de la cause au premier juge pour nouvelle décision dans
le sens des considérants. 

 

             
Par courrier du 20 avril 2021, R.A.________ a produit les pièces qu’elle avait annoncées
dans son recours. 

 

             
L’intimée n’a pas été invitée à se déterminer sur le recours.

 

 

C.             
La Chambre des recours civile fait sien dans son entier l'état de fait du jugement, complété
par les pièces du dossier, dont il ressort notamment ce qui suit :

 

1.             
a)
F.________ (ci-après : la demanderesse) dont le siège se situe à [...], est une société
ayant pour but l’exploitation d’une boulangerie-pâtisserie et d’une épicerie.
D.________ dispose de la signature individuelle pour cette société.

 

             
b)
R.A.________ (ci-après : la défenderesse) a son siège à V.________ et a pour
but l’exploitation de restaurants et de tout point de vente de restauration rapide ainsi que toute
autre activité s’y rapportant. A.W.________ en est l’associée gérante avec
signature individuelle.

 

             
c)
R.B.________ était une société dont le siège se trouvait à J.________, et qui
avait pour but l’exploitation de restaurants et de tout point de vente de restauration rapide,
ainsi que toute autre activité qui s’y rapportait. B.W.________ en était l’associé
gérant avec signature individuelle.

 

             
Par décision du 15 octobre 2019, le Tribunal d’arrondissement de 
La
Côte a déclaré R.B.________ en faillite.

 

             
d) R.C.________,
dont le siège se trouvait à J.________, avait pour but la restauration rapide en des lieux
éphémères, ainsi que la livraison de nourriture cuisinée ou non. B.W.________ en
était l’associé gérant, avec signature individuelle.

 

             
Par décision du tribunal d’arrondissement de La Côte du 9 décembre 2019, R.C.________
a été déclarée en faillite.

 

2.             
Le 3 janvier 2018, R.C.________, représentée
par B.W.________, a conclu un contrat avec N.________ [...], représenté par K.________ et G.________.

 

             
Par ce contrat, R.C.________ s’est engagée à gérer l’ensemble de la restauration
pendant le tournoi de football prévu durant les 22, 23, 28 et 29 juin 2019 à [...], et à
verser le montant de 100 000 fr. à N.________ pour le droit exclusif d’exploiter l’ensemble
de la restauration pendant cette manifestation. 

 

             
Ledit contrat stipule également que R.C.________ s’est engagée à se fournir auprès
des acteurs locaux, soit à [...], pour les produits de base tels que les produits de boulangerie,
la viande et la charcuterie, les fruits et légumes, les produits d’épicerie, etc., dans
la mesure où les artisans locaux expriment de l’intérêt et respectent les prix en
vigueur sur le marché. 

 

             
B.W.________ a contacté la demanderesse pour fournir le pain. Il s’est présenté
comme agissant pour la défenderesse et a donné sa carte de visite sur laquelle figurait ses
prénom et nom, sa qualité de directeur et fondateur, le logogramme « R.A.________
! », un pictogramme représentant [...], l’adresse J.________, ainsi que l’adresse
électronique « www. R.________.ch ».

 

             
Le 14 mai 2019, au moyen de son adresse B.W.________@ R.________.ch », B.W.________ a convié
les représentants de N.________ à une séance sur place à [...] avant la fin du mois
de mai 2020 afin de procéder à une première estimation de toutes les commandes de viande
chez [...] et de pain auprès de la demanderesse. La demanderesse a reçu ce courriel. 

 

             
B.W.________ a commandé des produits de boulangerie à la demanderesse, qui lui a fourni, pour
les 22, 23, 28 et 29 juin 2019, 
trente kilogrammes
de pain mi-blanc prédécoupé, trois mille vingt petits pains pour hamburgers, trente et
un kilogrammes de pain mi-blanc prédécoupé, 
vingt
croissants, vingt croissants au chocolat, trois kilogrammes de pain mi-blanc prédécoupé
et trente-cinq kilogrammes de pain mi-blanc prédécoupé.

 

             
Pendant le tournoi de football, B.W.________ a personnellement tenu un stand de type « food
truck » sur lequel figurait les inscriptions suivantes : « R.A.________! Le
Bar à [...]» et « www. R.________.ch », ainsi qu’un pictogramme représentant
une [...]. 

 

             
Le 30 juin 2019, la demanderesse a adressé à « R.________ », 
à
l’attention de B.W.________, J.________, sa facture de 
3’535
fr. 40, TVA à 2,5 % incluse, pour les produits de boulangerie livrés. La facture mentionne
pour chaque produit la quantité, le prix à l’unité et le prix total de chaque produit.
Le délai de paiement était de trente jours net. 

 

             
Par courrier du 4 octobre 2019, la demanderesse a adressé un rappel de paiement à la défenderesse,
à l’attention de B.W.________, à l’adresse J.________.

 

             
La facture de 3’535 fr. 40 n’a pas été payée.

 

3.             
Ensuite d’une réquisition de poursuite
de la demanderesse, 
un commandement de payer
a été adressé à la défenderesse, par sa gérante A.W.________, à V.________,
par l’Office des poursuites du district de Nyon, indiquant comme titre et date des créances
ou cause des obligations :

 

             
« Facture du 30.06.2019 » s’agissant du montant de 3’535 fr. 40 plus
intérêt à 5 % l’an dès le 31 juillet 2019, 

 

             
« Frais de créancier aux art. 103/106 CO » pour ce qui concerne le montant de
288 fr. sans intérêt.

 

             
La défenderesse a formé opposition totale.

 

4.             
Le 26 août 2020, la demanderesse a ouvert
une action en paiement contre la défenderesse. Elle a conclu, avec suite de frais à ce
que la défenderesse soit condamnée à lui verser les montants de 3’353 fr. 40 plus
intérêt à 5 % l’an dès le 31 juillet 2019 et de 73 fr. 30 sans intérêt
pour les frais du commandement de payer et à ce que l’opposition totale formée au
commandement de payer dans la poursuite n° [...] soit définitivement levée.

 

             
La défenderesse s’est déterminée en invoquant qu’elle n’était pas
la débitrice de la demanderesse. Elle a affirmé n’avoir conclu aucun contrat avec la
demanderesse et n’avoir reçu aucune prestation de sa part. A.W.________ a expliqué qu’elle
était la gérante de R.A.________ sise à V.________, que cette dernière était
inscrite au Registre du commerce et que R.B.________ et R.C.________ se trouvaient à J.________,
avant leur mise en liquidation à la fin 2019. Selon la défenderesse, la demanderesse confondait
l’enseigne et la raison sociale et n’était pas en mesure de prouver la prétendue
relation commerciale avec R.A.________ car cette relation n’existait pas. La défenderesse
a déposé l’extrait du Registre du commerce la concernant, celui concernant R.B.________
en liquidation ainsi que deux courriers qu’elle avait adressés les 14 mai et 14 juillet 2020
à l’autorité de céans.

 

             
La demanderesse s’est alors déterminée, précisant que B.W.________ ne pouvait pas
ignorer que les clients et partenaires commerciaux se fieraient de bonne foi à la raison sociale
« R.A.________ » compte tenu de cette inscription sur le « food truck »
et sur sa carte de visite qu’il avait remise à la demanderesse. Pour F.________, la défenderesse
confondait la notion de raison sociale, qui était destinée à assurer la sécurité
des affaires, avec celle d’enseigne, qui n’était pas présente comme telle en droit
suisse. La demanderesse a relevé qu’à la date de livraison de ses produits de boulangerie,
R.B.________ en liquidation faisait l’objet d’une procédure de faillite devant le Tribunal
d’arrondissement de La Côte, ce qui rendait impossible son intervention sous cette raison
sociale pendant le tournoi de football. 

 

             
Lors de l’audience du 19 novembre 2020, A.W.________ a expliqué qu’il y avait trois
sociétés différentes, soit R.A.________, R.B.________ et R.C.________, avant la faillite
des deux dernières, et que toutes trois utilisaient le même logogramme, soit l’enseigne
R.A.________, mais sous des formes juridiques différentes. A.W.________ a déclaré qu’en
juin 2019 et depuis toujours, R.A.________ n’avait jamais utilisé de « food truck ».
Elle a produit une copie du contrat entre N.________ et R.C.________, précisant que B.W.________
le lui avait transmis. Les deux extraits suivants du contrat ont été lus à A.W.________
: « En ouvrant le premier bar à [...],R.________ a opté pour une philosophie claire
de proposer des produits de qualité avec des prix accessibles à tous. », « Aujourd’hui
R.________ sert plus de 150'000 repas annuels ». A.W.________ a affirmé qu’il s’agissait
de son bar à [...], soit R.A.________ et que le nombre de cent cinquante mille repas était
une estimation comprenant les repas vendus dans son bar à [...]. Elle a ajouté qu’à
l’époque des faits litigieux, les trois sociétés raisonnaient en groupe, que la
marque et la publicité étaient identiques pour les trois sociétés. La défenderesse
a contesté cependant être débitrice de la demanderesse.

 

             
Durant l’audience, la demanderesse a indiqué que lorsque B.W.________ avait pris contact avec
elle et lui avait donné sa carte de visite, il n’avait pas attiré son attention sur les
différentes sociétés utilisant l’enseigne R.A.________. La demanderesse a affirmé
que B.W.________ ne lui avait pas dit agir au nom de R.B.________. La demanderesse a indiqué qu’elle
n’avait pas connaissance du contrat conclu entre N.________ et R.C.________. Elle a ajouté
que c’était la société de recouvrement de ses créances qui l’avait rendu
attentive à la liquidation de R.B.________ après le tournoi de football de juin 2019. 

 

 

             
En droit
:

 

 

1.
                           

1.1
                           
Le recours est recevable contre les décisions finales de première instance qui ne peuvent faire
l’objet d’un appel (art. 319 let. a CPC), notamment lorsque, dans une cause patrimoniale,
la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est inférieure à 10’000 fr.
(art. 308 al. 2 CPC). Le délai de recours est en principe de trente jours à
compter de la notification de la décision ou de la notification postérieure de la motivation
(art. 321 al. 1 CPC).

 

1.2             
En l’espèce, interjeté en temps utile par une partie qui a un intérêt digne
de protection (art. 59 al. 2 let. a CPC), le recours, portant sur une cause patrimoniale dont la valeur
litigieuse est inférieure à 10'000 fr., est recevable sous cet angle. 

 

 

2.             

2.1             
Le recours est recevable pour violation du droit
(art. 320 let. a CPC) et constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 let. b CPC). L’autorité
de recours dispose d'un plein pouvoir d'examen s’agissant de la violation du droit (Spühler,
Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2e
éd., 2013,
n. 26 ad art. 319 CPC). Elle
revoit librement les questions de droit soulevées par le recourant et peut substituer ses propres
motifs à ceux de l'autorité précédente ou du recourant (Hohl, Procédure civile,
tome II, 2e
éd., 2010, n. 2508, p. 452). S’agissant des faits, toutefois, le pouvoir d’examen dont
dispose l’autorité saisie d’un recours est plus restreint qu’en appel. En effet,
comme pour l’art. 97 al. 1 LTF (loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 ; RS 173.110),
le grief de la constatation manifestement inexacte des faits ne permet que de corriger une erreur évidente,
la notion se recoupant en définitive avec l’appréciation arbitraire des preuves (Corboz
et al., Commentaire de la LTF, 2e
éd., 2014, n. 27 ad art. 97 LTF).

 

2.2             
En l’espèce, la recourante n’entreprend
pas de démontrer pour quels motifs les faits retenus par les premiers juges seraient manifestement
erronés ou incomplets. Elle se contente de soutenir qu’elle n’a jamais créé
une apparence de représentation et que l’intimée serait de mauvaise foi car il lui suffisait
de vérifier auprès du registre du commerce que B.W.________ n’avait pas les pouvoirs
de la représenter. Cette argumentation est irrecevable, du moins lorsque la recourante affirme,
sans le démontrer, qu’elle n’a pas créé une apparence de représentation.

 

             
En outre, toute pièce ou allégation nouvelle étant irrecevable à ce stade (art. 326
al. 2 CPC), il n’y a pas lieu de tenir compte des pièces produites par la recourante en deuxième
instance. 

 

 

3.

3.1             
La recourante conteste l’existence d’une apparence de représentation de R.A.________
par B.W.________ et se prévaut de la mauvaise foi de l’intimée qui aurait pu et dû
se rendre compte de l’absence de pouvoirs de représentation de B.W.________.

 

3.2             
Sont parties au contrat les sujets de droit pour lesquels prendront naissance les effets du contrat.
Il s’agit en principe de ceux qui négocient et concluent le contrat par l’échange
de manifestations de volonté réciproques et concordantes (art. 1 al. 1 CO). La loi admet toutefois,
à certaines conditions, que l’acte juridique d’une personne puisse lier autrui par l’effet
d’une représentation directe (Chappuis, Commentaire romand CO I, 2e
éd., 2012, n. 1 ad art. 32 CO). 

 

             
Le représenté est normalement
lié lorsque le représentant a manifesté agir au nom de celui-ci et qu'il s'était
vu octroyer des pouvoirs de représentation internes par celui-ci (art. 32 al. 1 CO). Toutefois,
en l'absence de pouvoirs internes du représentant, le tiers cocontractant est protégé
exceptionnellement lorsque le représenté a porté (expressément ou tacitement) à
sa connaissance une procuration (externe) qui va au-delà des pouvoirs qu'il a effectivement conférés
au représentant (procuration interne) et que, se fiant à cette communication, le tiers a cru
de bonne foi à l'existence des pouvoirs de celui-ci (art. 33 al. 3 CO ; ATF 146 III 121
consid. 3.2.2 ; ATF 124 III 418 consid. 1c ; ATF 120 II 197 consid. 2b/cc ;
TF 4C.389/2002 du 21 mars 2003 consid. 4.2.2).

 

             
La protection de l’apparence qualifiée
consiste en un cas, indépendant de la ratification, dans lequel la loi reconnaît l’effet
de représentation à un acte passé par une personne qui n’avait pas les pouvoirs
nécessaires. Sans égard à la volonté du représenté, l’art. 33 al.
3 CO protège le tiers lorsque celui-ci s’est fié de bonne foi à une apparence créée
par le représenté (Tercier/Pichonnaz, Le droit des obligations, 6e
éd., Genève, Zurich, Bâle 2019, n. 474 et les arrêts cités). Cette protection
fait assumer au pseudo-représenté le risque qui découle d’une apparence qu’il
a créée dans le cas notamment où il a porté à la connaissance du tiers une procuration
qu’il n’a jamais conférée (art. 33 al. 3 CO a
fortiori ; idem,
n. 475). Deux conditions cumulatives sont requises : – le représenté a fait connaître
au tiers des pouvoirs qui n’existent pas ou plus ; – le tiers se fie de bonne foi à
la communication apparente (idem,
n. 476 ss p. 116 et les arrêts cités). 

 

             
La communication des pouvoirs – soit l’acte
par lequel le représenté porte les pouvoirs qu’il a conférés à la connaissance
du tiers – peut intervenir de manière expresse ou par actes concluants (CCIV 7 mai 2014/39
consid. IIIc/ca ; CCIV 2 novembre 2012/129 consid. VIb/bb ; Chappuis, op. cit., nn. 20
et 21 ad art. 33 CO). Pour admettre l’existence d’une procuration externe, il faut que
la communication des pouvoirs au tiers puisse être objectivement imputable au pseudo-représenté ;
le comportement de ce dernier doit être interprété selon le principe de la confiance,
et il faut pouvoir conclure que celui-ci a lui-même communiqué des pouvoirs au tiers, qu’il
ait ou non eu conscience de le faire. Ainsi, lorsque le pseudo-représenté laisse se créer
l’apparence d’un pouvoir de représentation, par simple inaction, alors qu’il aurait
pu ou dû réagir, il est juste de protéger le tiers de bonne foi, ou celui dont la bonne
foi est légitime ; on parle alors de procuration par tolérance (Duldungsvollmacht ;
ATF 120 II 197 consid. 2b/bb ; Tercier/Pichonnaz, Le droit des obligations, 6e
éd., Genève 2019, n. 479 s. ; Chappuis, op. cit., n. 22 ad art. 33 CO). La communication
peut ainsi consister en un comportement passif du représenté, pour autant que le tiers puisse
se fonder sur des circonstances objectives suffisantes lui permettant d’admettre l’existence
des pouvoirs (TF 4A_313/2010 du 3 septembre 2010 consid. 3.4.2.3 ; TF 4A_58/2010 du 22 avril 2010
consid. 4.2 ; CCIV 7 mai 2014/39 consid. IIIc/ca ; CCIV 2 novembre 2012/129 consid. VIb/bb).
L’idée est que celui qui laisse créer l’apparence d’un pouvoir de représentation
se trouve lié par les actes accomplis en son nom (ATF 131 III 511 consid. 3.2.1 ; TF 4A_313/2010
du 3 septembre 2010 consid. 3.4.2.3 ; TF 4A_58/2010 du 22 avril 2010 consid. 4.2 ; CCIV
7 mai 2014/39 consid. IIIc/ca ; CCIV 2 novembre 2012/129 consid. VIb/bb). 

 

             
La bonne foi du tiers est présumée,
conformément à l’art. 3 al. 1 CC, ce qui signifie que ce n’est pas la bonne, mais
la mauvaise foi qui doit être prouvée (ATF 131 III 511 consid. 3.2.2). Est de bonne foi le
tiers qui croit à l’existence de pouvoirs suffisants ; il ne peut cependant pas se prévaloir
de sa bonne foi lorsqu’il croit à l’existence des pouvoirs parce qu’il n’a
pas fait preuve de l’attention que les circonstances permettaient d’exiger de lui (Chappuis,
op. cit., n. 26 ad art. 33 CO). Si les pseudo-pouvoirs de représentation sont communiqués par
le pseudo-représentant, le tiers de bonne foi n’est en principe pas protégé (idem,
n. 483 et les arrêts cités). Il est déterminant de savoir si cette communication justifie
d’admettre une apparence qualifiée imposant de retenir les effets de représentation (idem,
n. 484). Le cas le plus fréquent est
celui d’un pseudo-représentant qui apparaît comme messager du pseudo-représenté.
Il s’agit alors de savoir si le tiers peut admettre de bonne foi que la communication de (pseudo-)pouvoirs
faite par le pseudo-représentant est issue du pseudo-représenté (idem,
n. 485). Lorsque le pseudo-représentant présente
un titre de procuration au tiers qui n’a en fait jamais été établi par le pseudo-représenté,
on ne doit admettre une apparence efficace que si le pseudo-représenté avait connaissance de
ces actes et qu’il n’a pas réagi ou qu’il aurait dû s’en rendre compte
en usant de l’attention que l’on pouvait attendre de lui (ibid.).

 

3.3             
En l’espèce, il est tout à fait évident que la recourante a elle-même créé
cette représentation trompeuse la concernant en décidant, que deux autres sociétés,
à savoir R.B.________ et R.C.________, utiliseraient la même enseigne, le même « logo »
et la même publicité. Il ne pouvait échapper à la recourante qu’elle ferait
ainsi naître une apparence qualifiée de représentation, ce d’autant plus qu’il
est établi qu’elle n’a pris aucune mesure pour clarifier cette situation dans ses rapports
externes. Ainsi, la confusion délibérément voulue par la recourante entre ces trois entités
lui est imputable et la bonne foi de l’intimée est présumée. 

 

             
Par ailleurs, il faut tenir pour constant que le représentant, B.W.________, le pseudo-représentant,
a remis à l’intimée lors de la conclusion du contrat, sa carte de visite sur laquelle
figurait ses nom et prénom, la raison de commerce de la recourante, deux numéros de téléphones,
une adresse et une adresse électronique « B.W.________@ R.________.ch » conformément
à l’organisation interne décidée par la recourante. Cette carte de visite mentionne
également au-dessus de l’inscription « R.A.________ ! » les qualités
de B.W.________ en tant que fondateur et directeur. L’instruction a également démontré
que B.W.________ a une nouvelle fois communiqué ses pseudo-pouvoirs de représentation de la
recourante à des tiers en utilisant l’adresse électronique susmentionnée, courriel
dont l’intimée a aussi eu connaissance. Enfin, lors de la manifestation sportive proprement
dite, B.W.________ a utilisé un « food truck » sur lequel étaient inscrites,
en grand format, l’enseigne de la recourante, son pictogramme, ainsi que son adresse électronique
« www. R.________.ch » que la carte de visite mentionne également. 

 

             
Sur la base de ces faits, il faut retenir comme l’a fait le premier juge, que B.W.________ a communiqué
à plusieurs reprises à l’intimée et sous diverses formes, qu’il représentait
la recourante et que telle était son intention. 

 

             
Dans ces conditions, on ne voit manifestement pas quel grief l’on pourrait formuler à l’encontre
de l’intimée. La recourante ne manque pas d’audace en reprochant à l’intimée
qu’elle aurait dû consulter le Registre du commerce alors que c’est elle qui a créé
une apparence qualifiée de représentation. 

 

5.             
Il s'ensuit que le recours est manifestement infondé et doit être rejeté conformément
à l'art. 322 al. 1 CPC. 

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 200 fr. (art. 69 al. 1 TFJC),
seront mis à la charge de la recourante, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC).

 

             
Il n’y a pas lieu à l’allocation de dépens de deuxième instance.

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
La décision est confirmée.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 200 fr. (deux cents francs),
sont mis à la charge de la recourante R.A.________. 

 

             
IV.             
L’arrêt est exécutoire. 

 

Le
président :               La greffière
:

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Me Bertrand Pariat (pour R.A.________),

‑             
F.________, personnellement.

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est inférieure à 30’000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Juge de paix du district de Nyon.

 

             
La greffière :