# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 853392b9-ab2b-529d-a53e-daf77e42b65b
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-08-29
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 29.08.2011 D-7076/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-7076-2010_2011-08-29.pdf

## Full Text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t

T r i buna l   adm in i s t r a t i f   f édé ra l

T r i buna l e   ammin i s t r a t i vo   f ede ra l e

T r i buna l   adm in i s t r a t i v   f ede ra l

Cour IV
D­7076/2010

A r r ê t   d u   2 9   a oû t   2 0 1 1

Composition Gérald Bovier (président du collège), 
François Badoud, Daniele Cattaneo, juges,
Mathieu Ourny, greffier.

Parties A._______, née le (…),
B._______, née le (…),
Kosovo,   
représentées par (…),
recourantes, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM), 
Quellenweg 6, 3003 Berne,  
autorité inférieure. 

Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 31 août 2010 / 
N (…).

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Faits :

A. 
En date du (…), A._______, accompagnée de ses parents, C._______ et 
D._______,  de  ses  frères  E._______  et  F._______  et  de  sa  sœur 
G._______,  a  déposé  une  demande  d'asile  au Centre  d'enregistrement 
des  requérants d'asile  (CERA),  actuellement Centre d'enregistrement  et 
de procédure (CEP) de H._______.

Entendu  une  première  fois  le  16  novembre  2004  (audition  sommaire), 
C._______ a déclaré être originaire du village de I._______ au Kosovo et 
appartenir à la communauté rom. En (…), il aurait quitté son pays avec sa 
famille  pour  rejoindre  l'Allemagne,  où  la  famille,  au  bénéfice  d'une 
autorisation  de  séjour  provisoire  ("Duldung"),  serait  demeurée  pendant 
plusieurs  années.  En  (…),  la  famille  serait  retournée  vivre  au  Kosovo. 
L'ancienne  maison  qu'elle  avait  occupée  ayant  été  incendiée,  elle  se 
serait établie dans celle appartenant aux parents de D._______. Dès son 
arrivée,  C._______  aurait  été  pris  pour  cible  par  des  Albanais,  qui 
l'auraient  insulté et battu à plusieurs  reprises. Ceux­ci auraient en outre 
exigé qu'il  leur donnât une partie de  l'argent gagné en Allemagne. Dans 
le but de protéger sa famille, ce dernier aurait décidé de fuir une nouvelle 
fois la région. En date du (…), la famille (…) aurait quitté le Kosovo pour 
gagner la Suisse deux jours plus tard, dans un fourgon conduit par deux 
passeurs. 

C._______  a  déposé  un  certificat  de  naissance  établi  par  la  MINUK 
(Mission d'Administration Intérimaire des Nations Unies au Kosovo).

Entendue le même jour, D._______ a fait valoir en substance les mêmes 
motifs que son ex­mari. Elle a précisé qu'au Kosovo,  les membres de la 
famille n'avaient pas été acceptés par  les Albanais et qu'ils auraient été 
entravés  dans  leur  liberté  de  mouvement,  elle­même  étant  restée 
continuellement enfermée dans  la maison durant  le séjour dans  le pays 
en  (…). Par  ailleurs,  son oncle et  son  cousin auraient  été  tués par  des 
Albanais, alors que la famille (…) séjournait en Allemagne. 

Selon  leurs  propos,  D._______  et  C._______  auraient  divorcé  en  (…), 
mais ils auraient repris la vie commune depuis.

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Egalement  entendue,  comme  son  frère E.______, A._______  a  précisé 
que  sur  les  conseils  de  son  oncle,  elle­même  et  les  membres  de  sa 
famille étaient restés enfermés dans la maison pendant les mois passés 
au Kosovo en (…), par peur des Albanais.

B. 

B.a. 
Le  (…), au cours d'une patrouille,  des agents de sécurité du CERA ont 
surpris  C._______  dans  un  véhicule  immatriculé  en  Allemagne.  Une 
fouille du véhicule a mis au  jour  certains documents, parmi  lesquels un 
ticket de caisse allemand daté du (…).

B.b. 
Le  22  novembre  2004,  la  requérante  a  fait  l'objet  d'une  audition 
complémentaire, au cours de laquelle elle a confirmé que la famille était 
bien rentrée au Kosovo en (…) et en était repartie le (…) pour rejoindre la 
Suisse. Concernant la voiture dans laquelle son père a été intercepté, elle 
a  affirmé  qu'elle  appartenait  au  frère  de  celui­ci,  qui  l'avait  lui­même 
amenée depuis l'Allemagne.

Egalement  auditionnés  le  même  jour,  C._______,  D._______  et 
E._______ ont tenu un discours identique.

C. 
Sollicitées  par  l'ancien  Office  fédéral  des  réfugiés  (ODR,  actuellement 
ODM),  les autorités allemandes compétentes  l'ont  informé par  télécopie 
du 26 novembre 2004 que  la demande d'asile déposée par  l'intéressée 
en Allemagne avait été rejetée le (…), les demandes des autres membres 
de  la  famille ayant  connu  le même sort,  et  que  la  famille  avait  quitté  le 
domicile qu'elle occupait à J._______ pour un lieu inconnu à fin (…).

D. 

D.a. 
Par  déclaration  signée  du  26  novembre  2004,  C._______  a  retiré  les 
demandes d'asile déposées par  lui et sa famille. Le même jour,  l'ODR a 
rayé du rôle les demandes d'asile.

D.b. 
Par  courrier  du  29  novembre  2004,  la  famille  (…)  a  demandé  à  l'ODR 

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d'annuler  la  décision  du  26  novembre  2004,  expliquant  que C._______ 
s'était emporté et qu'il regrettait d'avoir signé la déclaration de retrait.

E. 
La requête du 29 novembre 2004 ayant été accueillie favorablement par 
l'ODR,  D._______,  C._______,  ainsi  que  les  enfants  A._______  et 
E._______,  ont  été  entendus  sur  leurs  motifs  en  date  du  9  décembre 
2004.

Concernant  le  séjour  au  Kosovo  en  (…),  C._______  a  précisé  que  la 
famille avait habité dans une maison construite par ses ex­beaux­parents, 
qui  vivraient  en  Allemagne  depuis  (…)  ans.  La  famille  y  aurait  logé  en 
compagnie  du  frère  de D._______, K._______,  et  de  sa  propre  famille, 
composée de cinq personnes au total. Interrogé sur les raisons du départ 
d'Allemagne en (…),  il a expliqué que son fils aîné, E._______, y  faisait 
l'objet  d'une  plainte  pénale  et  que  pour  lui  éviter  tout  problème avec  la 
justice,  il  aurait  été  décidé  de  partir  du  pays. Par  ailleurs,  une  décision 
des autorités allemandes aurait contraint la famille à quitter le pays. En ce 
qui concerne ses motifs d'asile, en plus du comportement agressif à son 
encontre  des  Albanais,  qu'il  n'aurait  pas  osé  dénoncer  aux  autorités 
locales compétentes, sa vie serait en danger au Kosovo en raison d'une 
faida  (vengeance)  lancée  contre  sa  famille,  suite  à  un  triple  meurtre 
commis par son oncle (…) ans plus tôt.

D._______ a confirmé pour l'essentiel les propos tenus par C._______.

Brièvement  entendus,  la  requérante  et  son  frère  E._______  n'ont  pas 
allégué  de  motif  supplémentaire  à  ceux  invoqués  par  leurs  parents. 
L'intéressée  a  précisé  qu'elle  n'avait  pas  la  possibilité  de  fréquenter 
l'école  au Kosovo,  raison  pour  laquelle  elle  serait  venue  se  réfugier  en 
Suisse.

F. 
Le 15 décembre 2004,  la  radiation du  rôle du 26 novembre 2004 a été 
formellement annulée par l'ODR, la procédure d'asile étant reprise.

G. 
Par  décision  du même  jour,  l'ODR  a  rejeté  les  demandes  d'asile  de  la 
requérante et des autres membres de sa famille, prononcé leur renvoi de 
Suisse  et  ordonné  l'exécution  de  cette  mesure.  L'office  a  relevé  en 
substance  que  les  motifs  présentés  étaient  invraisemblables  et  non 

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pertinents  en matière  d'asile,  et  que  l'exécution  du  renvoi  en Serbie­et­
Monténégro (Kosovo) était licite, raisonnablement exigible et possible.

H. 
En date du 13 janvier 2005, les intéressés ont interjeté recours contre la 
décision précitée auprès de l'ancienne Commission suisse de recours en 
matière d'asile  (CRA),  concluant à  la  reconnaissance de  leur qualité de 
réfugiés et à l'octroi de l'asile, subsidiairement au prononcé d'admissions 
provisoires.

I. 
Par  arrêt  du  14  novembre  2008,  le  Tribunal  administratif  fédéral  (le 
Tribunal) a admis le recours du 13 janvier 2005, annulé la décision du 15 
décembre 2004 et renvoyé la cause à l'ODM pour instruction et nouvelle 
décision.

J. 

J.a. 
En  réponse  à  une  demande  de  renseignements  de  l'ODM  du  23 mars 
2010,  l'Ambassade de Suisse au Kosovo a transmis à l'office un rapport 
sur  la  requérante  et  sa  famille  en  date  du  4  mai  2010.  Il  en  ressort 
essentiellement les éléments suivants : 

Le village de I._______, situé dans la municipalité de L._______, est un 
petit  village  rural,  où  vivent  quelques  familles  appartenant  aux 
communautés  rom,  ashkalie  et  égyptienne.  Plusieurs  maisons  ont  été 
détruites,  parmi  lesquelles  celle  de  la  famille  (…).  Selon  un  habitant 
consulté  sur place,  le  terrain  sur  lequel  se  trouvait  la maison appartient 
toujours à la famille. Le village de M._______, où se situe la maison dans 
laquelle l'intéressée et sa famille auraient vécu quelque temps en (…), se 
trouve  pour  sa  part  dans  la  municipalité  de  N._______.  La  maison  en 
question est habitée par les deux oncles de la requérante, K._______ et 
O._______,  et  leur  famille  respective.  Jugée  en  bon  état,  elle  est  bien 
entretenue et d'une superficie de 120 m²,  répartis sur deux étages. Une 
petite  maisonnette  de  50  m²  se  dresse  à  l'extrémité   du  jardin.  Selon 
K._______,  qui  travaille  à  N._______  comme  poseur  d'antennes  de 
télévision,  sa  sœur  aurait  quitté  le  Kosovo  avec  sa  famille  dans  les 
années (…) pour l'Allemagne, ne revenant plus jamais au Kosovo depuis 
lors. K._______ n'aurait  jamais  revu  sa  sœur, mais  il  serait  toujours  en 
contact  téléphonique  avec  elle.  Par  ailleurs,  la  famille  se  serait 

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directement  rendue  en  Suisse  après  avoir  quitté  l'Allemagne.  Dans  la 
maison  vivent  12  personnes,  à  savoir  K._______,  sa  femme  et  leurs 
quatre  filles, ainsi que O._______, son épouse,  leurs deux filles et  leurs 
deux fils. Toujours selon K._______, il y aurait comme eux une douzaine 
de familles roms dans le quartier, les relations avec la majorité albanaise 
étant  jugées  bonnes. En  cas  de  retour  de  la  famille  (…), K._______  et 
son frère n'auraient pas les moyens de les prendre en charge.

J.b. 
Le  11  mai  2010,  l'ODM  a  transmis  à  la  famille  (…)  l'essentiel  des 
informations contenues dans  le  rapport de  l'Ambassade du 4 mai 2010, 
lui octroyant un délai au 25 mai 2010 pour se prononcer à ce sujet.

J.c. 
Par courrier du 21 mai 2010, C._______ a répondu à l'ODM. Il a souligné 
en substance qu'il était séparé de son ex­épouse et qu'il ne pouvait ainsi 
être  exigé  de  lui  qu'il  vive  avec  elle  dans  une maison  appartenant  à  la 
famille de celle­ci. Il a en outre nié le fait que sa propre famille possédait 
encore un terrain au Kosovo, ses parents résidant en Allemagne.

J.d. 
Le  8  juin  2010,  l'ODM  a  fait  parvenir  au mandataire  de  l'époque  de  la 
famille (…) (…) un courrier identique à celui du 11 mai 2010, qui avait été 
précédemment adressé directement aux requérants, avec un délai au 23 
juin 2010 pour se déterminer.

J.e. 
En date du 21 juin 2010, (…) a répondu à l'office, soulignant notamment 
que  C._______  n'avait  plus  de  famille  au  Kosovo  et  qu'il  craignait  d'y 
retourner  en  raison  des  représailles  qu'il  pourrait  y  subir  de  la  part  des 
Albanais  pour  n'avoir  pas  combattu  à  leurs  côtés  pendant  la  guerre. 
Quant à D._______, ses  frères  installés à M._______ ne pourraient pas 
la prendre en charge,  leurs parents vivant en Allemagne ne  leur venant 
en aide que ponctuellement. Au vu des discriminations à  l'encontre des 
Roms  au  Kosovo,  un  retour  dans  ce  pays  ne  serait  en  outre  pas 
envisageable pour l'ensemble de la famille.

K. 
Par  décision  du  31  août  2010,  l'ODM  a  rejeté  la  demande  d'asile  de 
l'intéressée,  prononcé  son  renvoi  de  Suisse  et  ordonné  l'exécution  de 
cette  mesure.  L'office  a  notamment  estimé  que  les  motifs  invoqués 

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n'étaient pas pertinents en matière d'asile, et qu'aucun élément ne faisait 
obstacle  à  l'exécution  du  renvoi,  au  vu  notamment  des  mesures 
d'instruction  ordonnées  sur  place  et  effectuées  par  l'Ambassade  de 
Suisse au Kosovo.

L. 
Le 15 septembre 2010,  le Service de  la population du canton de  (…) a 
informé  l'ODM  de  la  naissance  de  B._______,  fille  de  l'intéressée,  en 
date du (…).

M. 
Le  29  septembre  2010,  la  requérante  a  interjeté  recours  contre  la 
décision  précitée,  concluant  à  la  reconnaissance  de  sa  qualité  de 
réfugiée  et  à  l'octroi  de  l'asile,  subsidiairement  au  prononcé  d'une 
admission provisoire. Elle a également demandé à pouvoir bénéficier de 
l'assistance  judiciaire  partielle.  Dans  son  recours,  elle  a  notamment 
estimé  que  ses  motifs  étaient  vraisemblables  et  pertinents  en  matière 
d'asile, et que  la situation des Roms au Kosovo, ainsi que  le  fait qu'elle 
venait  de donner naissance à une petite  fille,  s'opposaient à  l'exécution 
de son renvoi.

La  recourante  a  produit  divers  moyens  de  preuve  à  l'appui  de  son 
recours, à savoir :

­ une fiche de naissance des P._______, confirmant  la naissance de sa 
fille B._______ le (…) ;

­  une  lettre  rédigée  par  Q._______,  pasteur,  dans  laquelle  celui­ci 
recommande de ne pas  renvoyer au Kosovo  la  famille  (…), au vu de  la 
situation personnelle de ses membres ;

­  un  document  établi  par  R._______,  sage­femme  et  infirmière,  dans 
lequel cette dernière déclare accompagner et soutenir  l'intéressée et sa 
fille  depuis  la  sortie  de maternité,  explique  que  la  recourante  est  suivie 
par  de  nombreux  professionnels  dans  l'éducation  de  son  enfant,  et 
suggère qu'un  renvoi au Kosovo bouleverserait  l'équilibre de  la mère et 
de sa fille ;

­ une lettre notariée du père de D._______, par laquelle celui­ci explique 
notamment  que  deux  de  ses  fils,  ainsi  que  leurs  familles  respectives, 
vivent  dans  sa  maison  au  Kosovo,  qu'il  leur  envoie  chaque  mois  de 

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l'argent, et qu'il n'est par contre pas en mesure de subvenir aux besoins 
de sa fille D._______ et de ses enfants.

Quant  aux  autres  pièces,  elles  sont  constituées  d'articles  relatifs  à  la 
situation générale des Roms au Kosovo.

N. 
Par  décision  incidente  du  18  novembre  2010,  le  juge  chargé  de 
l'instruction a rejeté la demande d'assistance judiciaire partielle, au vu du 
caractère d'emblée voué à l'échec des conclusions de la recourante. Un 
délai  au  3  décembre  2010  lui  a  été  imparti  pour  verser  un montant  de 
Fr. 600.­ au titre d'une avance de frais.

O. 
Par  courrier  du  2  décembre  2010,  A._______  a  complété  son  recours, 
soulignant  en  particulier  que  les  Roms  du  Kosovo  vivaient  dans  de 
mauvaises  conditions  sanitaires,  ce  qui  poserait  problème  pour  le 
développement et l'éducation de sa fille en cas de renvoi.

P. 
En date du 3 décembre 2010, l'avance de frais requise a été versée.

Q. 
Le  14  janvier  2011,  la  recourante  a  une  nouvelle  fois  complété  son 
recours,  faisant  parvenir  au Tribunal  des articles  relatifs  au  retour  forcé 
des Roms au Kosovo, notamment d'enfants.

R. 
Dans  sa détermination  du 21  février  2011,  l'ODM a proposé  le  rejet  du 
recours.

S. 
En  date  du  8  mars  2011,  l'intéressée  a  fait  usage  de  son  droit  de 
réponse.

T. 
Les  autres  faits  de  la  cause  seront  examinés,  si  nécessaire,  dans  les 
considérants en droit qui suivent.

Droit :

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1. 

1.1. Le Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le 
Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  connaît des  recours 
contre  les  décisions  au  sens  de  l'art. 5  de  la  loi  fédérale  du  20 
décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021) 
prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF.

En particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant l'asile peuvent 
être contestées, par renvoi de l'art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l'asile 
(LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement, 
sauf demande d'extradition déposée par  l'Etat dont  le requérant cherche 
à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
fédéral [LTF, RS 173.110]).

1.2. La recourante a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans 
la forme (art. 52 PA) et dans les délais (art. 50 PA) prescrits par la loi, le 
recours est recevable.

2. 

2.1.  Le  Tribunal  examine  librement  en  la  matière  l'application  du  droit 
public  fédéral,  la constatation des  faits et  l'opportunité,  sans être  lié par 
les  arguments  invoqués  à  l'appui  du  recours  (art. 106  al. 1 LAsi  et  62 
al. 4 PA  par  renvoi  des  art. 6 LAsi  et  37 LTAF)  ni  par  la  motivation 
retenue par  l'ODM (ATAF 2009/57 consid. 1.2 p. 798 ; cf. dans  le même 
sens Jurisprudence et  informations de  la Commission suisse de recours 
en matière d'asile  [JICRA] 2002 n° 1 consid. 1a p. 5,  JICRA 1994 n° 29 
consid. 3 p. 206s.).  Il peut ainsi admettre un recours pour un autre motif 
que  ceux  invoqués  devant  lui  ou  rejeter  un  recours  en  adoptant  une 
argumentation  différente  de  celle  de  l'autorité  intimée  (ATAF 2007/41 
consid. 2 p. 529s.).

2.2. A l'instar de  l'ODM,  il s'appuie sur  la situation prévalant au moment 
de  l'arrêt  s'agissant  de  la  crainte  de  persécution  future  ou  de  motifs 
d'empêchement  à  l'exécution  du  renvoi,  que  ceux­ci  soient  d'ordre 
juridique  ou  pratique  (ATAF 2009/29  consid. 5.1  p. 376,  ATAF 2008/12 
consid. 5.2 p. 154s., ATAF 2008/4 consid. 5.4 p. 38s. ; arrêts du Tribunal 
administratif  fédéral  D­7561/2008  consid. 1.4  [p. 8]  du  15 avril 2010, 
D­7558/2008 consid. 1.4 [p. 7] du 15 avril 2010, D­3753/2006 consid. 1.5 
du  2 novembre 2009,  D­7040/2006  consid. 1.5  du  28 juillet 2009  et 
D­6607/2006  consid. 1.5  [et  réf. JICRA cit.]  du  27 avril 2009).  Il  prend 

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ainsi  en  considération  l'évolution  de  la  situation  intervenue  depuis  le 
dépôt de la demande d'asile.

3. 

3.1. Sont  des  réfugiés  les  personnes  qui,  dans  leur  Etat  d'origine  ou 
dans  le pays de  leur dernière  résidence,  sont  exposées à de  sérieux 
préjudices ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de 
leur  religion,  de  leur  nationalité,  de  leur  appartenance  à  un  groupe 
social  déterminé  ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment 
considérées comme de sérieux préjudices la mise en danger de la vie, 
de l'intégrité corporelle ou de la liberté, de même que les mesures qui 
entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir 
compte  des motifs  de  fuite  spécifiques  aux  femmes  (art. 3  al. 1  et  2 
LAsi).

3.1.1. La crainte face à des persécutions à venir, telle que comprise à 
l'art.  3  LAsi,  contient  un  élément  objectif,  au  regard  d'une  situation 
ancrée  dans  les  faits,  et  intègre  également  dans  sa  définition  un 
élément subjectif. Sera reconnu comme réfugié celui qui a de bonnes 
raisons,  c'est­à­dire  des  raisons  objectivement  reconnaissables  pour 
un  tiers  (élément  objectif),  de  craindre  (élément  subjectif)  d'avoir  à 
subir  selon  toute  vraisemblance  et  dans  un  avenir  prochain  une 
persécution (cf. JICRA 2000 n° 9 consid. 5a p. 78 et JICRA 1997 n° 10 
consid.  6  p.  73).  Sur  le  plan  subjectif,  il  doit  être  tenu  compte  des 
antécédents de  l'intéressé, notamment de  l'existence de persécutions 
antérieures,  ainsi  que  de  son  appartenance  à  un  groupe  ethnique, 
religieux,  social  ou  politique  l'exposant  plus  particulièrement  à  des 
mesures de persécution ; en particulier, celui qui a déjà été victime de 
telles mesures a des raisons objectives d'avoir une crainte (subjective) 
plus  prononcée  que  celui  qui  en  est  l'objet  pour  la  première  fois 
(cf. JICRA  2004  n°  1  consid.  6a  p.  9,  JICRA  1994  n°  24  p.  171ss  et 
JICRA 1993 n° 11 p. 67ss). Sur  le plan objectif, cette crainte doit être 
fondée  sur  des  indices  concrets  qui  peuvent  laisser  présager 
l'avènement,  dans  un  avenir  prochain  et  selon  une  haute  probabilité, 
de  mesures  déterminantes  selon  l'art.  3  LAsi.  Il  ne  suffit  pas,  dans 
cette  optique,  de  se  référer  à  des  menaces  hypothétiques,  qui 
pourraient se produire dans un avenir plus ou moins lointain (cf. JICRA 
2005 n° 21 consid. 7 p. 193, JICRA 2004 n° 1 consid. 6a p. 9, JICRA 
1993 n° 21 p. 134ss et JICRA 1993 n° 11 p. 67ss ; MINH SON NGUYEN, 
Droit  public  des  étrangers  :  présence,  activité  économique  et  statut 

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politique, Berne 2003, p. 447ss ; MARIO GATTIKER, La procédure d'asile 
et  de  renvoi,  Berne  1999,  p.  69 s.  ;  ALBERTO ACHERMANN  / CHRISTINA 
HAUSAMMANN,  Les  notions  d'asile  et  de  réfugié  en  droit  suisse,  in  : 
Walter Kälin [éd.], Droit des réfugiés, enseignement de 3ème cycle de 
droit  1990,  Fribourg  1991,  p. 23ss,  spéc.  44  ;  ALBERTO ACHERMANN  / 
CHRISTINA  HAUSAMMANN,  Handbuch  des  Asylrechts,  2ème  éd., 
Berne/Stuttgart  1991,  p.  108ss  ;  WALTER  KÄLIN,  Grundriss  des 
Asylverfahrens,  Bâle/Francfort­sur­le­Main  1990,  p.  126  et  143ss  ; 
SAMUEL WERENFELS,  Der  Begriff  des  Flüchtlings  im  schweizerischen 
Asylrecht, Berne 1987, p. 287ss).

3.1.2.  Les  préjudices  infligés  par  des  tierces  personnes  ne  revêtent  un 
caractère déterminant pour la reconnaissance de la qualité de réfugié que 
si l'Etat n'accorde pas la protection nécessaire, comme il en a la capacité 
et l'obligation. Il  incombe au requérant de s'adresser en premier lieu aux 
autorités  en  place  dans  son  pays  d'origine,  dans  la  mesure  où  la 
protection  internationale ne revêt qu'un caractère subsidiaire par rapport 
à la protection nationale, lorsque celle­ci existe, qu'elle s'avère efficace et 
qu'elle  peut  être  requise  (cf. JICRA 2006 n°  18 p. 181  ss,  en particulier 
consid. 10.3.2).

3.2.  Quiconque  demande  l'asile  (requérant)  doit  prouver  ou  du  moins 
rendre  vraisemblable  qu'il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est 
vraisemblable  lorsque  l'autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement 
probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 
des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont 
contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de 
manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 
LAsi).

3.2.1. Conformément à la jurisprudence du Tribunal, le caractère tardif 
d'éléments tus lors de l'audition sommaire au centre d'enregistrement, 
mais  invoqués  plus  tard  lors  de  l'audition  sur  les motifs  d'asile,  peut 
être  retenu  pour mettre  en  doute  la  vraisemblance  des motifs  d'asile 
allégués (cf. arrêt du Tribunal administratif  fédéral D­2518/2007 du 14 
avril  2010  consid. 4.2).  Ce  principe  vaut  a  fortiori  pour  des  allégués 
présentés  uniquement  au  stade  du  recours.  Dans  certaines 
circonstances  particulières,  les  allégués  tardifs  peuvent  certes  être 
excusables. Tel est  le cas, par exemple, des déclarations de victimes 
de  graves  traumatismes,  qui  ont  de  la  réticence  à  s'exprimer  sur  les 
événements  vécus,  ou  encore  de  personnes  provenant  de  milieux 

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dans lesquels  la  loi du silence est une règle d'or (cf. ibidem ; cf. aussi 
à  ce  sujet  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  D­2322/2009  du  7 
juillet 2009 consid. 5.4).

4. 

4.1. En l'espèce,  l'intéressée invoque des motifs en lien avec son séjour 
au Kosovo en (…). Or  force est de constater que  la recourante, comme 
les autres membres de sa famille, n'a pas établi être retournée au Kosovo 
en (...).

4.1.1.  En  premier  lieu,  selon  les  propos  de  K._______,  chez  qui 
A._______  et  sa  famille  se  seraient  réfugiés  en  (…),  ceux­ci  n'auraient 
jamais vécu chez lui, lui­même ne les ayant pas revus depuis leur départ 
du pays en (…) (cf. rapport de  l'Ambassade suisse au Kosovo du 4 mai 
2010).  En  revanche,  K._______,  au  moment  de  ses  déclarations  au 
représentant  de  l'Ambassade  le  29  avril  2010,  aurait  toujours  été  en 
contact téléphonique avec sa sœur, D._______, et il aurait appris que la 
famille (…) se serait rendue directement en Suisse depuis l'Allemagne en 
(…).

Au vu de ces informations, délivrées par l'oncle de l'intéressée, la réalité 
du retour de  la famillle (…) au Kosovo en (…) est douteuse, ce d'autant 
plus  qu'aucun  élément  du  dossier  ne  pourrait  laisser  penser  que 
K._______ aurait menti à ce propos.

4.1.2. Ce constat est  renforcé par  le  fait que  le père de  la  recourante a 
été  surpris  à  H._______  au  volant  d'une  voiture  immatriculée  en 
Allemagne  le  (…),  soit  quelques  jours  après  l'entrée  en  Suisse  de  la 
famille le (…), un ticket de caisse allemand du (…) ayant notamment été 
retrouvé dans  le  véhicule. Cet élément ne concorde manifestement pas 
avec les circonstances de l'arrivée en Suisse avancées par Ies membres 
de  la  famille  (…),  selon  lesquelles  ils  auraient  voyagé  dans  le  véhicule 
des passeurs qui les accompagnaient. En outre, les explications données 
par les membres de la famille interrogés à ce sujet ne convainquent pas. 
Il  apparaît  en  effet  invraisemblable  qu'une  fois  la  famille  arrivée  en 
Suisse, le frère de C._______ ait pris l'initiative d'apporter à ce dernier sa 
propre voiture depuis l'Allemagne, afin de lui permettre de se déplacer en 
Suisse,  le  frère  en  question  venant  de  surcroît  du  nord  de  l'Allemagne 
(S._______,  à  proximité  de  J._______),  selon  les  documents  retrouvés 
dans la voiture (permis de circulation du véhicule). En tenant compte des 

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affirmations de K._______,  il  semble plus probable que  la  famille  (…) a 
emprunté le véhicule du frère de C._______ pour se rendre en Suisse.

4.1.3. En outre,  les déclarations des membres de la famille entendus au 
sujet  du  voyage  qu'ils  auraient  effectué  depuis  le  Kosovo  confortent 
l'impression selon laquelle ils ne l'ont pas fait dans les conditions décrites. 
Les différents récits présentés sont en effet pauvres et dénués de détails. 
Ainsi,   la  description  des  conducteurs  du  fourgon  ou  celle  du  parcours 
emprunté est indigente (cf. procès­verbal de l'audition de A._______ du 9 
décembre 2004, p. 4 et 8 ; procès­verbal de l'audition de D._______ du 9 
décembre 2004, p. 6 et 7 ; procès­verbal de l'audition de E._______ du 9 
décembre 2004, p. 3 et 4 ; procès­verbal de l'audition de C.______ du 9 
décembre 2004, p. 7). Par ailleurs, les récits divergent les uns par rapport 
aux  autres,  bien  qu'ils  semblent  entendus  sur  certains  points. Ainsi,  les 
conducteurs du fourgon parlaient tantôt uniquement  le serbe (cf. procès­
verbal  de  l'audition  de C._______  du  9  décembre  2004,  p. 8),  tantôt  le 
gabel,  l'allemand  et  l'albanais  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de 
D._______  du  9  décembre  2004,  p. 6).  L'arrière  du  véhicule,  où  les 
requérants  auraient  pris  place,  ne  disposait  pas  de  sièges  selon 
C._______ (cf. procès­verbal de  l'audition de C._______ du 9 décembre 
2004,  p. 7),  alors  que  selon  d'autres membres  de  la  famille,  ils  étaient 
bien assis sur des sièges (cf. procès­verbal de l'audition de E._______ du 
9  décembre  2004,  p. 4 ;  procès­verbal  de  l'audition  de C._______  du  9 
décembre 2004, p. 4). C._______ aurait effectué selon lui  l'intégralité du 
trajet à l'arrière, en compagnie du reste de la famille (cf. procès­verbal de 
l'audition  de C._______  du  9  décembre  2004,  p. 8),  tandis  que  d'après 
son ex­femme,  il se serait parfois  installé à  l'avant avec  les conducteurs 
(cf. procès­verbal de l'audition de D._______ du 9 décembre 2004, p. 6). 
C._______  s'est  pour  sa  part  contredit  de  manière  flagrante,  affirmant 
dans un premier temps avoir parlé avec les conducteurs pendant le trajet 
pour les tenir en forme (cf. procès­verbal de l'audition de C._______ du 9 
décembre  2004,  p. 7,  réponse  ad  question  n° 58),  avant  d'expliquer  ne 
pas avoir parlé avec eux en raison du fait qu'ils ne parlaient que le serbe 
(cf. ibidem, p. 8, réponse ad question n° 61).

L'indigence des propos et les divergences constatées permettent ainsi de 
tenir pour invraisemblables les circonstances de l'arrivée en Suisse de la 
recourante et de sa famille, telles qu'elles ont été rapportées.

4.2.  En  outre,  les  explications  relatives  aux  conditions  dans  lesquelles 
l'intéressée  et  sa  famille  auraient  vécu  au  Kosovo  entre  (…)  et  (…) 

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s'avèrent  extrêmement  vagues  et  indigentes  (cf. procès­verbal  de 
l'audition de A._______ du 9 décembre 2004, p. 3 à 5), comme celles des 
autres  membres  de  la  famille  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de 
D._______ du 9 décembre 2004, p. 5 ; procès­verbal de l'audition sur les 
motifs  de  F._______  du  22  juillet  2010,  p. 3).  Il  n'est  par  ailleurs  pas 
crédible  que  A._______  et  les  membres  de  sa  famille  soient  restés 
enfermés  pendant  (…)  mois  sans  jamais  quitter  la  maison  qu'ils 
occupaient, par unique crainte des Albanais. Le Tribunal en conclut que 
la famille (…) n'a pas séjourné auprès de ses proches au Kosovo en (…).

4.3. Au vu de ce qui précède, les motifs d'asile présentés par l'intéressée 
doivent  être  jugés  invraisemblables.  Quant  au  motifs  plus  spécifiques 
allégués par ses parents (actes de persécution et de discrimination de la 
communauté albanaise à leur encontre, faida lancée contre C._______ et 
meurtres de familiers de D._______), qui seraient à l'origine du départ de 
la  famille  du  Kosovo,  ils  ont  également  été  considérés  comme  non 
crédibles, par arrêts séparés de ce jour (D­7082/2010 et D­7206/2010).

4.4.  Au  demeurant,  indépendamment  de  la  question  de  leur 
vraisemblance,  les  motifs  avancés  ne  sont  pas  pertinents  en  matière 
d'asile. 

4.4.1. Les problèmes invoqués par l'intéressée et les autres membres de 
sa  famille sont  le  fait de  tiers. Or personne ne se serait  jamais adressé 
aux  autorités  compétentes  pour  dénoncer  les  actes  commis  à  leur 
encontre ou les menaces qui auraient pesé sur eux (cf. procès­verbal de 
l'audition  de  C._______  du  9  décembre  2004,  p. 7 ;  procès­verbal  de 
l'audition de D._______ du 9 décembre 2004, p. 6), de telle manière que 
le  recourant  ne  saurait  se  prévaloir  de  l'inefficacité  des  autorités 
kosovares  pour  requérir  la  protection  de  la  Suisse,  qui  est  subsidiaire. 
D'ailleurs, ses parents n'ont jamais prétendu que les instances kosovares 
étaient inaptes à leur porter assistance, reconnaissant au contraire n'avoir 
jamais connu de problèmes avec elles (cf. procès­verbal de l'audition de 
C._______  du  16  novembre  2004,  p. 6 ;  procès­verbal  de  l'audition  de 
D._______ du 16 novembre 2004, p. 7).

Par ailleurs, selon  la  jurisprudence du Tribunal, qui a repris sur ce point 
celle de la Commission,  la MINUK et  la Force de maintien de la paix au 
Kosovo  (KFOR)  ont  la  volonté  et  la  capacité  de  protéger  les  minorités 
ethniques  au Kosovo  et  il  n'existe  aucune  persécution  systématique  de 
celles­ci (cf. notamment  arrêts  du  Tribunal  administratif  fédéral  D­

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4618/2007 du 13 juillet 2007 consid. 5.3 et D­3844/2006 du 27 août 2007 
consid. 5.2,  qui  renvoient  à  la  JICRA 2002 n°  22  consid.  4d/aa p. 180). 
Cette  jurisprudence  est  toujours  d'actualité,  même  après  la  déclaration 
unilatérale  d'indépendance  du  Kosovo  du  17 février 2008  (cf. arrêts  du 
Tribunal  administratif  fédéral  D­4220/2008  du  24  octobre  2008  p. 5,  D­
3694/2006 du 18 novembre 2008 consid. 3.2 et D­3685/2009 du 20 août 
2009 p. 5 et 6), les autorités de la nouvelle République ne renonçant pas 
à  poursuivre  les  auteurs  d'actes  pénalement  répréhensibles  et  offrent 
donc,  en  principe,  une  protection  appropriée  pour  empêcher  la 
perpétration d'actes  illicites, quelle que soit  l'appartenance ethnique des 
auteurs et des victimes de ces atteintes (cf. notamment UK Home Office, 
Operational Guidance Note : Kosovo, 22 juillet 2008, spéc. par. 3.11.10 à 
3.11.12 et sources citées).

4.5. Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il porte sur la reconnaissance de 
la qualité de réfugié et l'octroi de l'asile, doit être rejeté.

5. 

5.1.  Lorsqu'il  rejette  la  demande  d'asile  ou  qu'il  refuse  d'entrer  en 
matière  à  ce  sujet,  l'ODM  prononce,  en  règle  générale,  le  renvoi  de 
Suisse et en ordonne  l'exécution;  il  tient compte du principe de  l'unité 
de  la  famille  (art. 44  al. 1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé, 
selon l'art. 32 de  l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur  l'asile  relative à 
la procédure (OA 1, RS 142.311), lorsque le requérant d'asile dispose 
d'une  autorisation  de  séjour  ou  d'établissement,  ou  qu'il  fait 
l'objet d'une  décision  d'extradition  ou  d'une  décision  de  renvoi 
conformément à  l'art. 121 al. 2  de  la Constitution  fédérale du 18 avril 
1999 (Cst., RS 101).

5.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n'étant  en 
l'occurrence  réalisée,  le  Tribunal  est  tenu,  de  par  la  loi,  de  confirmer 
cette mesure.

6. 
L'exécution  du  renvoi  est  ordonnée  si  elle  est  licite,  raisonnablement 
exigible et possible (art. 44 al. 2 LAsi). En cas contraire,  l'ODM règle  les 
conditions de résidence conformément aux dispositions de la loi fédérale 
sur  les  étrangers  du  16  décembre  2005  (LEtr,  RS  142.20)  concernant 
l'admission provisoire (art. 44 al. 2 LAsi).

7. 

D­7076/2010

Page 16

7.1.  L'exécution  du  renvoi  est  illicite,  lorsque  la  Suisse,  pour  des 
raisons de droit international public, ne peut contraindre un étranger à 
se  rendre  dans  un  pays  donné  ou  qu'aucun  autre Etat,  respectant  le 
principe du non­refoulement, ne se déclare prêt à  l'accueillir  ;  il  s'agit 
d'abord  de  l'étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause 
d'exclusion de  l'asile, et ensuite de  l'étranger pouvant démontrer qu'il 
serait  exposé  à  un  traitement  prohibé  par  l'art.  3  CEDH  ou  encore 
l'art. 3  de  la  Convention  du  10  décembre  1984  contre  la  torture  et 
autres peines ou  traitements  cruels,  inhumains ou dégradants  (Conv. 
torture,  RS  0.105)  (Message  du  Conseil  fédéral  à  l'appui  d'un  arrêté 
fédéral  sur  la  procédure  d'asile  [APA],  du  25  avril  1990,  in : 
FF 1990 II 624).

7.2.  In  casu,  l'exécution  du  renvoi  ne  contrevient  pas  au  principe  de 
non­refoulement de  l'art. 5 LAsi,  les  intéressées n'ayant pas  la qualité 
de réfugié.

7.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant 
du  droit  international,  il  sied  d'examiner  particulièrement  si  l'art. 3 
CEDH,  qui  interdit  la  torture,  les  peines  et  traitements  inhumains  ou 
dégrandants,  trouve  application  dans  le  cas  d'espèce.  Si  cette 
disposition  s'applique  indépendamment  de  la  reconnaissance  de  la 
qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu'un  renvoi  ou  une 
extradition serait  prohibée par  le  seul  fait  que dans  le pays concerné 
des violations de l'art. 3 CEDH devraient être constatées ; une simple 
possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au 
contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à 
satisfaction qu'il existe pour elle un véritable risque concret et sérieux, 
au­delà  de  tout  doute  raisonnable,  d'être  victime  de  tortures,  ou  de 
traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi dans son pays. 
Il  en  ressort  qu'une  situation  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  troubles 
intérieurs  graves  ou  de  tension  grave  accompagnée  de  violations 
des droits  de  l'homme  ne  suffit  pas  à  justifier  la  mise  en  oeuvre 
de la protection  issue  de  l'art. 3  CEDH,  tant  que  la  personne 
concernée  ne peut  rendre  hautement  probable  qu'elle  serait  visée 
personnellement  ­  et  non  pas  simplement  du  fait  d'un  hasard 
malheureux  ­  par  des  mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en 
question (cf. JICRA 1996 n° 18 consid. 14b let. ee p. 186 s.).

7.4.  En  l'occurrence,  la  recourante  n'a  pas  rendu  hautement  probable 
qu'elle  serait  personnellement  visée,  en  cas  de  retour  dans  son  pays 

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d'origine, par des mesures  incompatibles avec  l'art. 3 CEDH ou d'autres 
dispositions contraignantes de droit international (cf. supra consid. 4).

7.5.  Dès  lors,  l'exécution  du  renvoi  des  intéressées  sous  forme  de 
refoulement  ne  transgresse aucun engagement  de  la Suisse  relevant 
du droit international, de sorte qu'elle s'avère licite (art. 44 al. 2 LAsi et 
83 al. 3 LEtr).

8. 

8.1. Selon  l'art.  83  al.  4  LEtr,  l'exécution  de  la  décision  peut  ne  pas 
être  raisonnablement  exigée  si  le  renvoi  ou  l'expulsion  de  l'étranger 
dans  son  pays  d'origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en 
danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence 
généralisée ou de nécessité médicale.

8.2. Cette  disposition  s'applique  en  premier  lieu  aux  "réfugiés  de  la 
violence", soit aux étrangers qui ne  remplissent pas  les conditions de 
la  qualité  de  réfugié  parce  qu'ils  ne  sont  pas  personnellement 
persécutés, mais  qui  fuient  des  situations  de  guerre,  de  guerre  civile 
ou  de  violence  généralisée.  Elle  vaut  aussi  pour  les  personnes  pour 
qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger, 
notamment  parce  qu'elles  ne  pourraient  plus  recevoir  les  soins  dont 
elles  ont  besoin  ou  qu'elles  seraient,  selon  toute  probabilité, 
condamnées à devoir vivre durablement et  irrémédiablement dans un 
dénuement complet, et ainsi exposées à la famine, à une dégradation 
grave de leur état de santé, à l'invalidité, voire à la mort. En revanche, 
les  difficultés  socio­économiques  qui  sont  le  lot  habituel  de  la 
population  locale,  en  particulier  des  pénuries  de  soins,  de  logement, 
d'emplois,  et  de  moyens  de  formation,  ne  suffisent  pas  en  soi  à 
réaliser une telle mise en danger. L'autorité à qui  incombe la décision 
doit donc dans chaque cas confronter  les aspects humanitaires  liés à 
la  situation  dans  laquelle  se  trouverait  l'étranger  concerné  dans  son 
pays après l'exécution du renvoi à l'intérêt public militant en faveur de 
son  éloignement  de  Suisse  (voir  notamment  à  ce  propos  ATAF 
2007/10 consid. 5.1 p. 111;  JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1 p. 215 et 
jurisp. cit., JICRA 2003 n° 24 consid. 5 p. 157 s.).

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Ceci étant,  il  convient, dans  le cadre de  l'analyse des cas d'espèce, de 
faire appel à des critères aussi divers que les attaches avec la région de 
réinstallation,  notamment  les  relations  familiales  et  sociales,  les  séjours 
antérieurs,  respectivement  les  emplois  qu'on  y  a  exercés,  les 
connaissances  linguistiques et professionnelles acquises,  le sexe,  l'âge, 
l'état de santé, l'état civil, les charges de famille. L'autorité à qui incombe 
la  décision  doit  donc  dans  chaque  cas  confronter  les  aspects 
humanitaires  liés  à  la  situation  dans  laquelle  se  trouverait  l'étranger 
concerné  dans  son  pays  après  l'exécution  du  renvoi  à  l'intérêt  public 
militant  en  faveur  de  son  éloignement  de  Suisse  (cf.  la  jurisprudence 
rendue à propos de  l'ancien art.  14a al.  4 LSEE, qu'il  n'y a pas  lieu de 
remettre en question  :  JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1. p. 215 et  jurisp. 
citée, JICRA 2003 n° 24 consid. 5 p. 157 ss)

8.3. En l'espèce, s'agissant de la situation générale régnant actuellement 
au  Kosovo,  il  est  notoire  que  ce  pays,  dont  l'indépendance  a  été 
reconnue par la Suisse le 27 février 2008, ne connaît pas une situation de 
guerre, de guerre civile ou de violence généralisée sur l'ensemble de son 
territoire,  laquelle  permettrait  d’emblée  ­  et  indépendamment  des 
circonstances  du  cas  d’espèce  ­  de  présumer,  à  propos  de  tous  les 
ressortissants  du  pays,  l’existence  d’une  mise  en  danger  concrète  au 
sens de l’art. 83 al. 4 LEtr.

8.4.  Il  sied  donc  d'examiner  si,  en  raison  de  la  situation  personnelle 
des recourantes, l'exécution du renvoi impliquerait une mise en danger 
concrète de celles­ci.

8.4.1.  A._______  appartient  à  la  minorité  rom  du  Kosovo.  Dans  sa 
jurisprudence publiée dans ATAF 2007/10 (consid. 5.3, p. 111s.), qui est 
toujours  d'actualité,  compte  tenu  du  climat  régnant  entre  les  différentes 
communautés ethniques au Kosovo (cf. p. ex. : COMITÉ CONSULTATIF DE LA 
CONVENTION­CADRE  POUR  LA  PROTECTION  DES  MINORITÉS  NATIONALES, 
Deuxième  Avis  sur  le  Kosovo,  31  mai  2010, 
doc n° ACFC/OP/II(2009)004, ad art. 4, spéc. par. 73 ss), le Tribunal a eu 
l'occasion  de  préciser  que  l'exécution  du  renvoi  des  Roms,  Ashkalis  et 
Egyptiens  albanophones  au  Kosovo  est,  en  règle  générale, 
raisonnablement  exigible,  pour autant  qu'un  examen  individualisé, 
prenant  en  considération  un  certain  nombre  de  critères  (état  de  santé, 
âge, formation professionnelle, possibilité concrète de réinstallation dans 
des  conditions économiques décentes,  réseau social  et  familial),  ait  été 
effectué sur place, au Kosovo. 

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8.4.2.  L'intéressée  n'a  jamais  vécu  au  Kosovo.  Ses  parents  sont 
originaires  des  villages  de  I._______  pour  son  père,  et  de  M._______ 
pour sa mère, deux localités situées dans le district de N._______. Selon 
les  informations  à  disposition  du  Tribunal  (cf. notamment  Community 
Profile  Kosovo  Roma,  Organization  for  Security  and  Co­operation  in 
Europe, Mission  in Kosovo,  février 2011),  la sécurité des Roms au sein 
de  la  collectivité  est  garantie  dans  cette  région,  une  seule  agression  à 
caractère gratuit contre un membre de la communauté en question ayant 
été répertoriée pour toute l'année 2010. Par ailleurs, les Roms bénéficient 
d'une  totale  liberté  de  mouvement  et  ont  sans  difficulté  accès  aux 
transports  publics.  Certains  de  leurs  représentants  siègent  au  conseil 
municipal de la commune de N._______, et d'autres font partie des forces 
de police. Malgré  certaines entraves persistantes,  notamment en  raison 
parfois  de  l'absence  de  documents  d'identité,  les Roms  ont  en  principe 
accès aux services publics, à l'aide sociale, à l'éducation, à la propriété, à 
la  justice et aux soins médicaux. La pratique de  leur  religion et de  leurs 
traditions est en outre garanti.

En ce qui concerne le retour des Kosovars émigrés, qu'ils soient Roms ou 
qu'ils  appartiennent  à  d'autres  communautés,  les  conditions  d'accueil 
dans  leur  pays  d'origine  sont  en  constante  amélioration  (cf. notamment 
Municipal responses to displacement and returns in Kosovo, Organization 
for  Security  and  Cooperation  in  Europe,  Mission  in  Kosovo,  novembre 
2010). La loi kosovare garantit ainsi à toute personne déplacée le droit de 
se réinstaller dans son pays et de récupérer ses biens. Afin de rendre cet 
objectif  possible,  des  groupes  de  travail  locaux  ont  été  constitués, 
soutenus par un ministère spécialement affecté à cette tâche (Ministry of 
Communities  and  Returns).  Des  directives  ont  également  été  édictées, 
afin notamment de définir  les rôles et  les responsabilités des différentes 
entités  amenées à œuvrer  pour  faciliter  le  retour  des anciens migrants. 
L'une  d'entre  elles  concerne  spécifiquement  les  Roms,  ainsi  que  les 
Ashkalis  et  les Egyptiens  (Strategy  for  the  Integration  of Roma, Ashkali 
and  Egyptian  Communities  in  the  Republic  of  Kosovo  [2009­2015], 
décembre  2008).  Il  va  de  soi  que  la  mise  en œuvre  des  programmes 
adoptés prend du temps et s'avère difficile, chaque district  / municipalité 
avançant à son  rythme et avec plus ou moins de moyens et de volonté 
politique.  De  fait,  malgré  ces  avancées,  les  conditions  de  retour  des 
Kosovars émigrés dans leur pays sont encore loin d'être optimales. Dans 
le  district  de N._______,  trois municipalités  sur  six  avaient  déjà mis  en 
place  un  programme  d'aide  au  retour  en  2009  (à  savoir  N.______, 
T._______  et  L._______),  à  travers  par  exemple  l'organisation  de 

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séances  d'information  et  de  visites  des  lieux  appelés  à  accueillir  les 
arrivants,  le  soutien  plus  concret  de  cas  particuliers,  la  promotion  du 
dialogue  interethnique,  ou  encore  la  mise  en  place  d'une  base  de 
données  des  personnes  concernées.  Les  municipalités  en  question 
coopèrent  par  ailleurs  directement  avec  des  organisations  non 
gouvernementales actives sur place.

8.4.3. In casu, conformément à la jurisprudence précitée (ATAF 2007/10), 
l'ODM a effectué une enquête sur place, en date du 4 mai 2010, dont les 
résultats  ont  déjà  été  évoqués  (cf. J.a.).  La  famille  de  l'intéressée  ne 
dispose  plus  sur  place  de  maison  ou  de  locaux  d'habitation  lui 
appartenant,  la maison  familiale  ayant  brûlé. Néanmoins,  la  recourante, 
ainsi  que  sa  fille,  devraient  pouvoir  être  accueillies,  au  moins 
temporairement,  dans  la  maison  de  ses  grands­parents,  déjà  occupée 
par  ses  deux  oncles  et  leurs  familles  respectives.  Même  si  déjà  12 
personnes y vivent, force est de constater que la maison est relativement 
grande (120 m², deux étages) et bien entretenue, et qu'une dépendance 
est  à  disposition  (50 m²). Ainsi,  l'intéressée  et  sa  fille  devraient  être  en 
mesure  de  s'y  faire  une  place,  comme  sa mère,  son  frère  et  sa  sœur, 
dont  les  recours en matière d'asile et d'exécution du  renvoi sont  rejetés 
par arrêts séparés de ce jour (D­7074/2010 et D­7082/2010). L'opposition 
exprimée  par  K._______  à  l'encontre  d'une  telle  perspective  peut  être 
relativisée. En effet, ce dernier a admis être en contact  régulier avec sa 
sœur.  Le  sort  de  celle­ci  et  du  reste  de  sa  famille  ne  lui  est  donc  pas 
indifférent.  Dans  ces  conditions,  on  peut  partir  du  principe  que  la 
recourante pourra compter, en cas de retour au Kosovo, sur le soutien de 
ses oncles, en particulier pour se  loger. Certes, A._______ ne bénéficie 
pas  de  véritable  formation  professionnelle,  et  les  difficultés  socio­
économiques prévalant au Kosovo, en particulier pour les Roms, n'offrent 
pas  les  meilleures  garanties  en  terme  de  perspective  professionnelle. 
Cela  étant,  elle  est  encore  très  jeune  et  a  suivi  une  formation  scolaire 
complète.  Elle  parle  albanais,  sa  langue  maternelle,  et  a  de  bonnes 
connaissances de langues étrangères (allemand et français), suite à ses 
divers séjours en Europe. En outre, elle ne souffre pas de problèmes de 
santé  particuliers.  Dans  ces  conditions,  au  vu  également  des 
programmes  d'accueil  existant  dans  le  district  de  N._______,  mis 
spécifiquement en place dans le but d'encourager et de faciliter le retour 
des émigrés,  l'intéressée devrait être en mesure, à  terme, de trouver sa 
voie ainsi qu'un emploi, de manière à pouvoir subvenir à ses besoins. En 
attendant d'atteindre une certaine stabilité,  la  recourante devrait pouvoir 
compter  sur  le  soutien  financier  de  son  père,  dont  le  recours  est 

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également  rejeté  par  arrêt  de  ce  jour  (D­7206/2010),  sur  celui  de  ses 
oncles,  ainsi  que  sur  celui  des  membres  de  sa  famille  installés  à 
l'étranger  (ses grands­parents et un oncle en Allemagne notamment). A 
cet  égard,  la  portée  de  la  déclaration  du  grand­père  de  la  requérante, 
selon  laquelle  il ne serait pas en mesure de venir en aide à sa  fille et à 
ses  petits­enfants,  doit  être  tempérée.  Il  ressort  en  effet  des  pièces  du 
dossier  que  les  grands­parents  (…)  ont  financé  depuis  l'étranger  la 
construction de plusieurs maisons pour leurs enfants, et qu'ils continuent 
à  verser  de  l'argent  aux  oncles  de  l'intéressée.  Concernant  l'enfant 
B._______, elle ne souffre pas non plus de problèmes de santé. Si elle et 
sa  mère  ne  pourront  plus  bénéficier  du  soutien  des  professionnels  de 
l'éducation qui  les entourent en Suisse, elle pourront par contre compter 
au Kosovo sur les membres de leur famille. Au demeurant, leur situation 
personnelle  ne  semble  pas  nécessiter  un  encadrement  professionnel 
spécifique  pour  le  bon  développement  de  leur  rapport  mère­fille, 
A._______  apparaissant  au  contraire  prendre  son  rôle  de mère  très  au 
sérieux  ("[…]  A._______  fait  preuve  d'une  très  bonne  intelligence 
maternelle,  d'une  patience  infinie  […]" ;  cf. lettre  de  R._______  du  25 
septembre  2010).  En  terme  d'intégration,  il  sied  encore  de  noter  que 
A._______ a pu récemment se procurer un certificat de naissance serbe 
(daté  du  19  octobre  2010).  L'intéressée  paraît  ainsi  en  mesure  de 
bénéficier  des  avantages  qui  en  découlent,  notamment  concernant 
l'accès  aux  services  publics,  parmi  lesquels  l'aide  sociale,  et  aux 
programmes  d'accueil  en  vigueur  dans  le  district  de  N._______,  mis 
spécifiquement en place dans le but d'encourager et de faciliter le retour 
des émigrés. Concernant les autres facteurs d'intégration, la communauté 
rom  est  présente  dans  la  région,  notamment  dans  le  village  de 
M._______, et ne subit pas de discriminations particulières, de telle sorte 
que la réinsertion de la recourante devrait en être facilitée. Par ailleurs, si 
cette dernière n'a pratiquement jamais vécu au Kosovo, elle a néanmoins 
était  élevée  au  sein  d'une  famille  kosovare,  de  sorte  qu'elle  a  été 
imprégnée par le mode de vie lié à cette culture. Finalement, elle pourra 
bénéficier  sur  place  de  la  présence  et  du  soutien  de  ses  parents,  ainsi 
que de son  frère et de sa sœur. Au demeurant, elle ne peut se  targuer 
d'une  intégration  particulièrement  réussie  en Suisse. A  la  connaissance 
du  Tribunal,  elle  ne  suit  actuellement  aucune  formation  et  n'a  pas  de 
projet particulier en Suisse, mise à part l'éducation de sa fille.

Dans ce contexte, il y a lieu de rappeler que l'intérêt supérieur de l'enfant, 
tel que consacré à l'art. 3 de la Convention du 20 novembre 1989 relative 
aux droits de l'enfant (CDE, RS 0.107) ne fonde pas en soi un droit à une 

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autorisation  de  séjour,  respectivement  à  une  admission  provisoire 
déductible  en  justice,  mais  représente  un  des  éléments  à  prendre  en 
compte dans la pesée des intérêts à effectuer en matière d'exigibilité du 
renvoi  (cf.  arrêt  du  Tribunal  administratif  D­3105/2008  du  30 mai  2011 
consid. 6.1).  In  casu,  au  vu  du  jeune  âge  de  B._______,  un  départ  de 
Suisse  ne  saurait  constituer  un  déracinement  susceptible  de  porter 
atteinte  à  son  développement  personnel,  son  éducation  pouvant 
également être menée à bien au Kosovo.

Le Tribunal a conscience des difficultés engendrées par un  retour de  la 
recourante dans son pays d'origine. Sans vouloir minimiser ces difficultés, 
le Tribunal estime cependant que les chances de réinsertion sont réelles 
et qu'en tout état de cause, A._______ ne sera nullement exposée à une 
mise en danger concrète au sens de la jurisprudence précitée, en cas de 
renvoi  dans  son  pays,  pas  plus  que  sa  fille.  Dans  ce  contexte,  il  sied 
encore  de  relever  que  les motifs  résultant  de  difficultés  consécutives  à 
une crise  socio­économique  (pauvreté,  conditions d'existence précaires, 
difficultés  à  trouver  un  emploi  et  un  logement,  revenus  insuffisants, 
absence  de  toute  perspective  d'avenir)  ou  à  la  désorganisation,  à  la 
destruction des  infrastructures ou à des problèmes analogues auxquels, 
dans  le pays concerné, chacun peut être confronté, ne suffisent pas, en 
soi,  à  réaliser  une mise  en  danger  concrète  (cf.  dans  ce  sens  arrêt  du 
Tribunal  administratif  fédéral  D­5182/2008  du  1er  décembre  2008  p. 7, 
JICRA 2005  n° 24  consid. 10.1.  p. 215,  JICRA 2003  n° 24  consid. 5e 
p. 159). 

A  ce  propos,  les  autorités  d'asile  peuvent  exiger  un  certain  effort  de  la 
part de personnes dont l'âge et l'état de santé doivent leur permettre, en 
cas  de  retour,  de  surmonter  les  difficultés  initiales  pour  se  trouver  un 
logement et un travail qui leur assure un minimum vital (cf. ATAF 2010/41 
consid. 8.3.5 p. 590).

8.5. Ainsi, l'exécution du renvoi des recourantes dans leur pays d'origine 
est raisonnablement exigible.

8.6. L'exécution n'est pas possible  lorsque  l'étranger ne peut pas quitter 
la Suisse pour son Etat d'origine, son Etat de provenance ou un Etat tiers, 
ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr).

8.7.  En  l'occurrence,  les  intéressées  sont  tenues  d'entreprendre,  en 
collaboration  avec  les  autorités  cantonales  d'exécution  du  renvoi,  toute 

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démarche nécessaire auprès de  la  représentation de son pays d'origine 
en vue de l'obtention de documents de voyage leur permettant de quitter 
la Suisse (art. 8 al. 4 LAsi).

8.8.  Ainsi,  l'exécution  du  renvoi  ne  se  heurte  pas  à  des  obstacles 
insurmontables d'ordre technique et s'avère également possible au sens 
de l'art. 83 al. 2 LEtr.

9. 
Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il conteste la décision d'exécution du 
renvoi, doit être également rejeté.

10. 
Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure, 
s'élevant à Fr. 600.­, à la charge des recourantes, conformément aux art. 
63 al. 1 PA et 2 e 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les 
frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral 
(FITAF, RS 173.320.2).

(dispositif page suivante)

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1. 
Le recours est rejeté.

2. 
Les  frais de procédure, d’un montant de Fr. 600.­,  sont mis à  la charge 
des  recourantes.  Ils  sont  compensés  avec  l'avance  de  frais  de  même 
montant versée le 3 décembre 2010.

3. 
Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourantes,  à  l’ODM  et  à  l’autorité 
cantonale compétente.

Le président du collège : Le greffier :

Gérald Bovier Mathieu Ourny

Expédition :