# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7e6d5731-7828-5bff-88ec-de41b5b67d25
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-05-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 13.05.2013 A/3042/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3042-2012_2013-05-13.pdf

## Full Text

Siégeant : Valérie MONTANI, Présidente; Christine BULLIARD MANGILI et Jean-

Pierre WAVRE, Juges assesseurs 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/3042/2012 ATAS/446/2013 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 13 mai 2013 

6
ème

 Chambre 

 

En la cause 

Madame D__________ E__________, domiciliée à Thônex, 
représentée par  DA__________  

recourante 

 

contre 

CAISSE CANTONALE GENEVOISE DE COMPENSATION - 
SERVICE CANTONAL D'ALLOCATIONS FAMILIALES, sis 
rue des Gares 12, 1211 Genève 2 

intimé 

 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 2/17 -

EN FAIT 

1. Mme D__________ E__________ (ci-après : l'assurée), née en 1964, de nationalité 

suisse, mariée depuis le 15 septembre 2007 à M. E__________, actuellement en 

procédure de divorce, est mère de deux enfants, nés à Ambilly (Haute-Savoie), 

F__________, né en 1990 de père inconnu et G__________ née en 2000, fille de 

M. H__________, tous deux de nationalité suisse. L'assurée est au bénéfice d'une 

rente entière d'invalidité depuis le 1er janvier 2004, conséquence d'un accident 

survenu en 1996. La mère de l'assurée, Mme DA__________ est domiciliée en 

France, 412 route des J__________, 74380 Cranves-Sales. 

2. L'attestation d'établissement de l'assurée du 21 octobre 1986 mentionne une arrivée 

à Genève venant d'Annemasse le 8 octobre 1986. 

3. L'attestation d'établissement de F__________ du 25 janvier 1991 mentionne une 

arrivée à Genève le 25 novembre 1990. 

4. Le 23 mai 1997, l'administration des caisses d'allocations familiales et de 

prévoyance sociale de la fédération des syndicats patronaux à Genève a informé 

l'assurée qu'elle était tenue de lui restituer 680 fr. dès lors qu'elle avait quitté au 

31 décembre 1996 son emploi pour The Forum Finance Groupe SA. 

5. Le "5 juin 1997", l'assurée a rempli le questionnaire servant de demande 

d'allocation pour enfant pour les personnes sans activité lucrative en sollicitant des 

prestations auprès de la Caisse d'allocations familiales pour personnes sans activité 

lucrative (ci-après : la caisse). Elle a indiqué être domiciliée au 34 avenue 

I__________, 1226 Thônex. 

6. Le 13 octobre 2000, la mère de l'assurée a informé la caisse de la naissance de 

G__________ le 21 septembre 2000. L'acte de naissance de la Mairie d'Ambilly du 

22 septembre 2000 atteste de cette naissance à Ambilly, 17 rue du Jura. 

7. Une note de la caisse du 19 octobre 2000 a relevé que l'assurée n'était plus 

domiciliée 34 avenue I__________ mais chez M. N__________ à Bellevue. 

Contactée par téléphone la grand-mère avait indiqué que sa fille vivait 

principalement chez elle à Cranves-Sales. Il était demandé à l'assurée de présenter 

une attestation de non bénéficiaire de la caisse française, une attestation 

d'assurance-maladie en Suisse et une attestation scolaire de l'enfant. 

8. Selon un extrait du fichier de l'Office cantonal de la population (OCP) du 30 

octobre 2000, F__________ était domicilié 34 avenue I__________, 1226 Thônex. 

9. Le 2 décembre 2000, la caisse d'allocations familiales de Haute-Savoie, à Annecy, a 

attesté que l'assurée et M. H__________, domiciliés précédemment 412 route des 

J__________, 74380 Cranves-Sales et actuellement 34 avenue I__________, 1226 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 3/17 -

Thônex, ne bénéficiaient d'aucune prestation familiale pour l'enfant G__________ 

née en 2000. 

10. Le 5 décembre 2000, le directeur de l'école primaire publique de Cranves-Sales a 

attesté que F__________ fréquentait son école en cours de CM2. 

11. Par décision du 1er mars 2001, la caisse a alloué à l'assurée une allocation familiale 

de 200 fr. pour chacun de ses enfants. 

12. Le 27 février 2004, l'assurée a écrit à la caisse qu'elle était toujours en invalidité à 

100 %. 

13. Le 15 septembre 2007, l'assurée a épousé M. E__________, né en 1964, de 

nationalité française, domicilié 1 place K__________ à Annemasse, lequel s'est 

domicilié 34, avenue I__________ du 1er octobre 2007 au 10 octobre 2008. 

14. Par décision du 1er décembre 2008, la caisse a alloué une allocation familiale de 

200 fr. à l'assurée en faveur de sa fille G__________. 

15. Le 3 février 2009, l'assurée a transmis à la caisse l'attestation de scolarité de son fils 

F__________ auprès de l'école d'enseignement technique genevoise pour l'année 

scolaire 2008-2009. 

16. Par décision du 13 mars 2009, la caisse a alloué à l'assurée une allocation de 

formation professionnelle de 250 fr. pour son fils F__________ depuis le 1er janvier 

2009. 

17. Le 16 mars 2009, la caisse a requis de l'assurée des informations concernant 

l'activité de M. H__________. 

18. Le 30 avril 2009, l'assurée a indiqué à la caisse que M. H__________ était au 

chômage en France depuis mi-février. 

19. Par communication du 8 juillet 2009, l'OAI a constaté que l'assurée avait toujours 

droit à sa rente entière d'invalidité. 

20. Le 12 août 2009, la Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture (HEPIA) 

a attesté que F__________ était inscrit dans l'établissement pour l'année 2009-2010. 

21. Par décision du 28 septembre 2009, la caisse a alloué des allocations familiales à 

l'assurée pour F__________ (250 fr. par mois) et G__________ (200 fr. par mois) 

depuis le 1er septembre 2009. 

22. Le 20 août 2009, la caisse a requis des renseignements concernant les études ou la 

formation professionnelle de F__________. 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 4/17 -

23. La HEPIA a attesté les 20 septembre 2010, 19 septembre 2011 et 20 février 2012 de 

son inscription depuis le 14 septembre 2009 en filière microtechnique pour une 

durée de trois ans minimale. 

24. Le 22 février 2011, l'assurée a transmis à la caisse un courrier du service de 

l'assurance-maladie du 23 janvier 2011 lui octroyant une dispense de l'obligation 

d'assurance dès le 1er janvier 2011 au motif qu'elle était assurée auprès de la 

Mutuelle des frontaliers. 

25. Par décision du 3 janvier 2012, la caisse a alloué à l'assurée une allocation de 

formation professionnelle mensuelle de 400 fr. pour F__________ et une allocation 

familiale de 300 fr. pour G__________. 

26. A la demande de la caisse, l'assurée a indiqué le 3 mars 2012 qu'elle était séparée de 

M. E__________ depuis août 2008 et en instance de divorce. L'assurée a transmis 

le 27 avril 2012 à la caisse une ordonnance de non conciliation avec procès-verbal 

d'acceptation du Tribunal de Grande Instance de Thonon-les-Bains selon laquelle 

l'assurée, domiciliée à Cranves-Sales et M. E__________, domicilié à Annemasse 

avaient tous deux accepté le principe de la rupture du mariage. 

27. Par décision du 16 mai 2012, la caisse a suspendu le versement des allocations 

familiales, dans l'attente de renseignements. 

28. Le 18 mai 2012, la caisse a requis des documents de la part de l'assurée et informé 

celle-ci que les allocations familiales seraient suspendues au 30 avril 2012. 

29. Le 31 mai 2012, l'assurée a transmis les pièces suivantes : 

- Un certificat de scolarité du collège de Cranves-Sales X__________ du 29 mai 

2012 pour l'année 2011-2012 concernant sa fille G__________, laquelle était 

indiquée comme résidant 412 chemin des J__________ à 74380 Cranves-Sales. 

- Un certificat de scolarité du 31 mai 2012 de la directrice de l'école primaire de 

Y__________ (Cranves-Sales) attestant d'une inscription de G__________ 

jusqu'au 2 juillet 2011. 

- Un document "scolarité au collège et au lycée" mentionnant pour F__________ 

une année scolaire 2006-2007 et 2007-2008 au Lycée Z__________ à 

Annemasse. 

- Une cession de bail appartement du 19 décembre 2000 concernant le studio 2ème 

étage au 34 avenue I__________, 1226 Thônex, propriété de la caisse 

interprofessionnelle genevoise de prévoyance et d'assurances sociales 

complémentaires (CIPAS), entre M. D__________ et l'assurée, pour le 1er 

janvier 2001. 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 5/17 -

30. Par décision du 21 juin 2012, la caisse, constatant que l'assurée n'était pas 

domiciliée à Genève, a supprimé le droit de celle-ci aux allocations familiales et 

requis la restitution des prestations versées du 1er mai 2007 au 30 avril 2012 pour 

un montant de 27'180 fr. 

31. Le 21 juillet 2012, l'assurée a fait opposition à cette décision en relevant qu'elle 

avait toujours habité à Genève. Depuis son accident en 1996, elle avait dû recourir à 

l'aide de sa mère qui habitait en France pour s'occuper de ses enfants. Pour cette 

raison, sa fille allait à l'école en France. Elle vivait cependant la plus grande partie 

de l'année, soit à Thônex, soit chez son ami au Grand-Lancy, soit en France. Elle 

assumait seule la charge de ses deux enfants. 

32. Le 2 août 2012, la Mairie de Cranves-Sales a indiqué que l'assurée était inconnue 

dans ses services. 

33. Par décision du 13 septembre 2012, la caisse a rejeté l'opposition de l'assurée en 

considérant que l'assurée était domiciliée en France, ce qui ressortait du jugement 

de divorce, que le logement français qui lui avait été attribué était le lieu de 

l'habitation conjugale, que sa fille étudiait à Cranves-Sales, que l'école d'ingénieur 

de Genève où étudiait F__________ était située seulement à 34 minutes de 

Cranves-Sales, qu'en tous les cas jusqu'en août 2008, l'assurée vivait avec son 

époux au domicile conjugal de Cranves-Sales, que F__________ était d'ailleurs 

scolarisé de 2006 à 2008 au Lycée à Annemasse, à 10 minutes de Cranves-Sales, 

que l'habitation de Thônex était un studio, trop petit pour vivre avec deux enfants, 

que l'assurée admettait vivre une partie du temps en France et que la bonne foi de 

l'assurée ne pouvait être admise. 

34. Le 7 octobre 2012, l'assurée, représentée par sa mère, a interjeté recours auprès de 

la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice à l'encontre de la décision 

sur opposition de la caisse. 

La mère de l'assurée a relevé qu'elle avait travaillé 30 ans à Genève et qu'elle avait 

dû prendre une retraite anticipée fin 2002 pour s'occuper de sa fille et de ses petits-

enfants car l'état de santé de sa fille s'était aggravé. Après l'accident de sa fille, en 

1996, elle s'était occupée, avec son époux, de F__________. En 2011, sa fille avait 

été hospitalisée trois fois aux HUG et avait fait deux séjours en psychiatrie. Elle 

était victime d'une addiction aux médicaments. Elle avait des périodes où elle 

pouvait conduire, se déplacer, avoir temporairement un ami puis d'autres où elle 

était alitée. Concernant son divorce, sa fille avait d'abord saisi le Tribunal de 

première instance de Genève mais son époux avait souhaité divorcer en France afin 

d'obtenir une pension alimentaire. Elle gérait les affaires administratives de sa fille. 

Habitant officiellement en Suisse, sa fille pensait avoir droit aux allocations 

familiales. F__________ habitait le studio afin de pouvoir travailler tard et au 

calme. Sa mère y allait la journée pour y faire le ménage ou cuisiner, quand tout 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 6/17 -

allait bien. Elle requérait la continuation des prestations, au moins pour l'année 

2012-2013. Elle a transmis une convention de divorce déposée au greffe du 

Tribunal de première instance le 29 septembre 2009 selon laquelle les époux 

vivaient séparés depuis le 1er septembre 2008, l'assurée avait conservé le domicile 

conjugal dont le loyer était de 385 fr., et  M. E__________ s'était installé dans un 

logement séparé en France. 

35. Le 8 novembre 2012, la caisse a conclu au rejet du recours. L'assurée était capable 

de discernement dès lors qu'elle avait effectué des démarches auprès de l'assurance-

chômage et de l'assurance-invalidité et également auprès de la caisse, notamment 

lorsqu'elle n'avait plus reçu d'allocations familiales en faveur de son fils. Elle était 

donc capable de se poser la question de son droit aux allocations familiales. La 

recourante n'avait pas amené d'éléments prouvant son domicile en Suisse. Depuis 

au moins le 15 septembre 2007 son domicile conjugal était en France. Le domicile 

qu'elle avait conservé au loyer de 385 fr. était en France puisque l'appartement de 

Thônex avait un loyer de 335 fr. par mois.  

36. Le 28 novembre 2012, la recourante, représentée par sa mère, a répliqué. Elle avait 

pris connaissance avec sidération de la réponse de la caisse. Elle relève que sa fille 

avait toujours habité à Genève et touché les allocations familiales alors qu'elle 

travaillait encore. Sa vie était à Genève au moins huit mois sur douze. Elle était très 

malade environ une semaine par mois. La caisse déformait la réalité. Elle n'avait 

jamais perçu d'allocations de chômage mais avait seulement pris contact avec 

l'assurance-chômage lorsque ses indemnités LAA avaient pris fin. L'assurance-

invalidité avait pris le relais. Elle ne pouvait assurer avec sérieux la garde seule de 

ses enfants de sorte qu'elle-même s'en occupait. Elle avait entretenu une relation 

avec un ami durant trois ans, lequel vivait au Grand-Lancy jusqu'à fin 2011 et 

qu'elle voyait temporairement. Elle n'avait pas voulu dire, comme le prétendait la 

caisse, que sa fille avait temporairement un ami en ne restant pas longtemps avec le 

même. Le loyer actuel du logement de Thônex était de 355 fr. par mois comme le 

prouvait le BVR joint pour le paiement du loyer de décembre 2012. Le Tribunal de 

première instance mentionnait bien le loyer de Thônex et non pas celui d'un 

logement en France, lequel aurait été mentionné en euros si tel avait été le cas. Par 

ailleurs, il n'était pas possible de trouver en France voisine un joli studio spacieux 

comme celui de Thônex pour 320 euros. Son petit-fils devait terminer ses études en 

juin 2013, et avait déjà été approché par deux grandes entreprises horlogères 

suisses. Les allocations familiales versées pour ses études avaient ainsi été bien 

utilisées, aussi pour la Suisse. Sa petite-fille n'avait droit à aucune allocation 

familiale en France. 

37. Le 7 janvier 2013, la caisse a dupliqué en relevant que l'assurée avait admis ne plus 

voir son ami depuis fin 2011 de sorte qu'elle ne séjournait plus au Grand-Lancy 

depuis cette date, qu'elle avait reconnu ne pas dormir à Thônex puisqu'elle y passait 

seulement la journée. Le bail de 385 fr. n'était clairement pas celui de Thônex qui 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 7/17 -

s'élevait à 335 fr. selon la cession de bail du 19 décembre 2000. Le loyer actuel de 

355 fr. par mois était augmenté en raison de l'augmentation des charges mais non 

pas de celle du loyer. On concevait mal une famille de quatre personnes vivre avec 

deux enfants dans un studio. Le fait que l'assurée payait à Genève ses impôts, son 

assurance-maladie et y détenait un permis de circulation n'était pas déterminant. A 

cet égard, l'établissement de la famille jouait un grand rôle et en l'occurrence le 

domicile familial était à Cranves-Sales. 

38. Le 25 février 2013, la Cour de céans a entendu les parties en audience de 

comparution personnelle : 

La recourante a déclaré : 

"Je suis arrivée en Suisse en 1986 et j'ai logé au 34, avenue I__________ dès 1988. 

Cet appartement est un studio d'environ 35 m2, avec une petite cuisine. Après la 

naissance de mon fils, j'ai vécu avec celui-ci dans le studio. Après, j'ai vécu chez un 

ami qui était domicilié 50, route de L__________ et qui avait un grand 

appartement, depuis environ 1992 et pendant environ cinq ans. Il s'agissait de M: 

M__________. J'ai également eu un ami, M. N__________, chez qui j'ai également 

vécu quelques années à Versoix, avant mon domicile chez M. M__________. J'ai 

ensuite repris une relation avec ce monsieur, de sorte que j'ai été domiciliée chez lui 

de 1998 à 2000, à la route de O__________. Je n'ai jamais sous-loué l'appartement 

de l'avenue I__________, je l'ai toujours gardé pour moi. En raison de mon 

accident, j'ai besoin de me reposer dans le noir régulièrement, de sorte que j'utilisais 

ce studio pour y dormir de temps en temps seule. J'ai ensuite fréquenté M. 

H__________, lequel venait vivre avec moi dans le studio, mais uniquement les 

week-ends. Il habitait en France. Mon fils était gardé par mes parents le week-end, 

en France. Je n'ai jamais habité avec M. H__________ en France, j'ai toujours 

continué de loger dans mon studio. M. H__________ habitait chez ses parents à 

Villars. A un moment donné, M. H__________ a travaillé à Cologny et il s'est 

domicilié au 412, chemin des J__________, chez ma mère. Celle-ci l'avait logé un 

certain temps car il s'était disputé avec ses parents. Il s'agissait de la période 2000-

2002 environ. Nous nous sommes ensuite séparés en 2002. Ma fille vit en partie 

chez sa grand-mère en France, en partie chez son père, également en France, et en 

partie avec moi dans le studio à Thônex. J'ai continué à dormir régulièrement dans 

le studio. J'ai ensuite rencontré M. E__________ en 2007. Il est venu vivre avec 

moi à Thônex dans le studio. Nous avons cherché un appartement plus grand, mais 

nous nous sommes rapidement séparés et il est retourné vivre sur France. Mon fils 

vit, depuis qu'il a 18 ans, en colocation chez une dame, avec son cousin. Avant ses 

18 ans, il a vécu avec moi, et chez sa grand-mère également. Mon fils a fait toutes 

ses écoles en France jusqu'au bac, puis il a débuté ses études à l'école d'ingénieurs à 

Genève. Ma fille est encore scolarisée en France, mais j'envisage de la mettre à 

l'école à Thônex car elle ne travaille pas très bien actuellement. Depuis Noël, je ne 

suis pas retournée dormir chez ma mère, je vis exclusivement dans mon studio. 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 8/17 -

Avant Noël, j'alternais entre le domicile de ma mère et le studio. Ma mère vit avec 

son ami et lorsque je réside chez elle deux jours de suite, j'estime que ça suffit et j'ai 

besoin de m'isoler dans mon studio. Durant toutes ces années, je n'ai jamais sous-

loué ce studio, je l'ai toujours gardé pour mon propre usage. Je n'ai jamais eu 

d'autre bail pour un appartement à mon nom, notamment en France, sous réserve de 

l'appartement que j'avais jusqu'à l'âge de 18 ans et que j'ai rendu lorsque je suis 

venue m'installer en Suisse. Depuis 2008, mon fils a débuté ses études à Genève, où 

il est domicilié. J'ai été affiliée à la Mutuelle des Frontaliers, puis je me suis assurée 

en Suisse, avant l'année 2000, dès lors que lorsque j'ai accouché de ma fille en 

2000, j'étais déjà assurée en Suisse, soit d'abord auprès de Mutuel, puis auprès de la 

CSS. J'ai accouché en France de mes deux enfants. A mon souvenir, j'étais assurée 

en Suisse depuis environ l'année 2000. Je précise que mes deux enfants sont suivis 

par un pédiatre à Genève. Je n'ai jamais eu de pédiatre en France. M. E__________ 

ayant refusé le divorce en Suisse, il a déposé une demande auprès de la justice 

française. Pour des raisons de simplification, j'ai indiqué une adresse en France 

chez ma mère. Je précise toutefois que les factures, notamment celles de mon 

avocate, m'ont été adressées à mon domicile suisse. M. E__________ a un fils 

d'environ 25-26 ans, qui vit chez sa mère à Grenoble. Mon mari a commencé à me 

frapper juste après le mariage, de sorte qu'en mars 2008, nous étions déjà séparés". 

La représentante de l'intimée a déclaré : 

"Nous admettons que la recourante a été effectivement domiciliée en Suisse de 

1986 à 2000. En effet, le 19 octobre 2000, figure une note au dossier relativement à 

l'entretien avec la maman de la recourante, qui expose que sa fille vit chez elle". 

39. Le 25 mars 2013, l'intimée a observé que la recourante était domiciliée en France 

depuis au moins septembre 2007; depuis 2000 ses deux enfants vivaient chez leur 

grand-mère en France où ils avaient été scolarisés; selon l'ordonnance du 24 mars 

2011 du Tribunal de Grande instance de Thonon-les-Bains la recourante était 

domiciliée en France où elle vivait avec son époux, le juge lui ayant expressément 

attribué la jouissance du logement conjugal en France; depuis son mariage en 2007 

le centre des attaches les plus étroites de la recourante était fixé en France où 

résidaient ses enfants, son époux et sa mère; elle n'avait curieusement jamais 

sollicité de prestations complémentaires; selon la régie de l'immeuble 34, avenue 

I__________ le concierge du lieu estimait que la recourante n'occupait son studio 

que deux fois par semaine une heure et demie à deux heures dans la journée. Enfin, 

il se pourrait que son fils occupe depuis peu le studio. 

40. Le 12 avril 2013, la mère de la recourante a observé que la maison en France n'était 

depuis longtemps plus un foyer familial; F__________, âgé de 23 ans, était 

domicilié à Thônex et étudiait à l'HEPIA de Genève depuis cinq ans. G__________ 

passait son temps libre avec ses amies. Sa fille ne passait pas tous les dimanches 

avec elle-même. Les rapports avec sa fille avaient toujours été difficiles mais elle 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 9/17 -

s'occupait d'elle lorsqu'elle allait très mal. Son état moral s'était amélioré depuis 

trois mois. Sa fille avait d'abord déposé une demande en divorce à Genève avec son 

adresse à Thônex mais son mari, espérant obtenir une pension en France, avait 

exigé que le divorce soit prononcé en France. Sa fille louait le studio de Thônex 

depuis plus de vingt ans pour un loyer et des frais de logement de 700 fr. par mois, 

ce qu'elle ne ferait pas si elle n'y habitait pas. Les dires du concierge étaient 

contestés. D'ailleurs celui-ci ne répondait qu'une heure par jour le matin et n'était 

plus visible le reste du temps. Il n'était pas possible qu'il puisse donner l'emploi du 

temps d'un locataire. Si sa fille avait droit à des prestations complémentaires les 

faits de ne pas les avoir demandées montraient qu'elle n'avait pas voulu profiter des 

prestations d'allocations familiales. L'audience du 25 février 2013 avait éprouvé sa 

fille, laquelle ne voulait plus entendre parler de l'intimée. 

41. Selon le fichier de l'OCP : 

- Mme D__________ a été domiciliée du 8 octobre 1986 au 1er septembre 1988 au 

86C route de P__________, du 1er septembre 1988 au 1er novembre 1998 au 34, 

avenue I__________, du 1er novembre 1998 au 1er mars 2000 au 324, route de 

O__________ et dès le 1er mars 2000 au 34, avenue I__________. 

- F__________ a été domicilié du 25 novembre 1990 au 1er novembre 1998 au 34, 

avenue I__________, du 1er novembre 1998 au 1er mars 2006 au 324, route de 

Q__________ et dès le 1er mars 2000 au 34, avenue I__________. 

- G__________ est domiciliée depuis le 1er octobre 2000 au 34, avenue 

I__________. 

- M. N__________ a été domicilié au 324, route de O__________ à 

Q__________ du 1er décembre 1998 au 20 décembre 2005. 

- M. E__________ a été domicilié (venant de Lucinges France) au 34, avenue 

I__________ du 1er octobre 2007 au 10 octobre 2008. 

42. Sur quoi, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. La Chambre des assurances sociales de la Cour de justice statue en instance unique 

conformément à l'art. 22 de la loi fédérale sur les allocations familiales du 24 mars 

2006 (LAFam; RS 836.2) en matière d'allocations familiales fédérales et 

conformément à l'art. 134 al. 3 let. e de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 

septembre 2010 (LOJ; RS E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, en matière 

d'allocations familiales cantonales.  

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 10/17 -

2. Interjeté en temps utile, le recours est recevable (art. 38A de la loi sur les 

allocations familiales du 1er mars 1996 (LAF ; RS J 5 10)). 

3. Le litige porte sur le bien-fondé de la demande de restitution des allocations 

familiales du 1er mai 2007 au 30 avril 2012 et de la suppression de celle-ci dès le 1er 

mai 2012. 

4. a) Selon l'art. 2 LAFam, les allocations familiales sont des prestations en espèces, 

uniques ou périodiques, destinées à compenser partiellement la charge financière 

représentée par un ou plusieurs enfants. 

Selon l'art. 3 al. 1 et 2 LAFam, les allocations familiales comprennent: a. 

l’allocation pour enfant; elle est octroyée dès et y compris le mois de la naissance 

de celui-ci, jusqu’à la fin du mois au cours duquel il atteint l’âge de 16 ans; si 

l’enfant est incapable d’exercer une activité lucrative (art. 7 LPGA), l’allocation est 

versée jusqu’à l’âge de 20 ans; b. l’allocation de formation professionnelle; elle est 

octroyée à partir du mois qui suit celui au cours duquel l’enfant atteint l’âge de 16 

ans jusqu’à la fin de sa formation, mais au plus tard jusqu’à la fin du mois au cours 

duquel il atteint l’âge de 25 ans (al. 1). Les cantons peuvent prévoir dans leur 

régime d’allocations familiales des taux minimaux plus élevés pour l’allocation 

pour enfant et l’allocation de formation professionnelle que ceux prévus à l’art. 5, 

ainsi qu’une allocation de naissance et une allocation d’adoption. Les dispositions 

de la présente loi sont également applicables à ces allocations. Toute autre 

prestation est réglée et financée en dehors du régime des allocations familiales. Les 

autres prestations prévues dans un contrat individuel de travail, une convention 

collective de travail ou d’autres réglementations ne sont pas des allocations 

familiales au sens de la présente loi (al. 2).  

Selon l'art. 4 al. 3 LAFam, pour les enfants vivant à l’étranger, le Conseil fédéral 

détermine les conditions d’octroi des allocations. Le montant des allocations est 

établi en fonction du pouvoir d’achat du pays de résidence. 

L'art. 7 al. 1 de l'ordonnance sur les allocations familiales du 31 octobre 2007 

(OAFam) dans sa teneur en vigueur dès le 1er janvier 2012 prévoit que pour les 

enfants ayant leur domicile à l’étranger, les allocations familiales ne sont versées 

que si une convention internationale le prévoit. 

Selon l'art. 7 al. 1 OAFam, dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2011, 

pour les enfants ayant leur domicile à l’étranger, les allocations familiales ne sont 

versées que si une convention internationale le prévoit et à condition: a. qu’aucun 

droit aux allocations familiales n’existe à l’étranger; b. que le droit aux allocations 

en Suisse se fonde sur l’exercice d’une activité lucrative; c. que l’allocation 

familiale soit due pour un enfant avec lequel l’ayant droit a un lien de filiation en 

vertu du code civil (art. 4, al. 1, let. a, LAFam), et d. que l’enfant n’ait pas atteint 

l’âge de 16 ans. Cette ancienne teneur doit cependant s'interpréter dans le même 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 11/17 -

sens que la nouvelle teneur, les conventions internationales existantes excluant les 

restrictions mentionnées aux lettres a à d (ATF 138 V 392; 136 I 297). 

On droit aux allocations familiales les salariés et depuis le 1er janvier 2013 les 

personnes exerçant une activité lucrative indépendante aux conditions de l'art. 

13 LAFam. 

Selon les art. 19 LAFam et 20 al. 1 LAFam en vigueur jusqu'au 31 décembre 2012, 

les personnes obligatoirement assurées dans l’AVS en tant que personnes sans 

activité lucrative sont considérées comme sans activité lucrative. Elles ont droit aux 

allocations familiales prévues aux art. 3 et 5. L’art. 7, al. 2, n’est pas applicable. 

Elles relèvent du canton dans lequel elles sont domiciliées (art. 19 al. 1). Le droit 

aux allocations familiales n’est accordé que si le revenu imposable est égal ou 

inférieur à une fois et demie le montant d’une rente de vieillesse complète 

maximale de l’AVS et qu’aucune prestation complémentaire de l’AVS/AI n’est 

perçue (art. 19 al. 2). Les allocations familiales versées aux personnes sans activité 

lucrative sont financées par les cantons (art. 20 al. 1). 

Selon l'art. 1a de la loi sur l'assurance-vieillesse et survivants du 20 décembre 1946 

(LAVS; RS 831.10), les personnes assurées sans activité lucrative (et qui ne sont 

pas étudiantes) doivent être domiciliées en Suisse. 

b) Selon l'art. 2 let. e LAF, sont soumis à la présente loi les personnes sans activité 

lucrative, domiciliées dans le canton et assujetties à la LAVS. 

Selon l'art. 2A al. 2 LAF, est considérée comme personne sans activité lucrative au 

sens de la présente loi : a) la personne qui n'exerce pas d'activité lucrative à titre de 

salarié ou d'indépendant; b) la personne qui exerce une activité lucrative à titre de 

salarié ou d'indépendant et qui réalise à ce titre un revenu annuel soumis à 

cotisation selon la LAVS, inférieur à la moitié du montant annuel de la rente de 

vieillesse complète minimale de l'AVS.  

Selon l'art. 3 al. 4 LAF, les personnes sans activité lucrative peuvent bénéficier des 

prestations aux conditions énumérées aux alinéas précités, pour autant que l'enfant 

soit domicilié en Suisse. 

Selon l'art. 4 LAF, les allocations familiales sont des prestations sociales en 

espèces, uniques ou périodiques, indépendantes du salaire, du revenu ou du degré 

d’activité, destinées à participer partiellement à la charge financière représentée par 

un ou plusieurs enfants (al. 1). Elles doivent être affectées exclusivement à 

l’entretien du ou des enfants (al. 2). Elles sont incessibles, insaisissables et 

soustraites à toute exécution forcée, sous réserve des articles 11 et 47 (al. 3). Les 

allocations familiales comprennent : a) l’allocation de naissance; b) l’allocation 

d’accueil; c) l’allocation pour enfant; d) l'allocation de formation professionnelle 

(al. 4). 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 12/17 -

5. La notion de «domicile» développé en droit civil est applicable par renvoi de l'art. 

13 al. 1 LPGA, lui-même applicable en matière d'allocations familiales 

(art. 1 LAFAm et 2B LAF). 

Le domicile de toute personne est au lieu où elle réside avec l'intention de s'y établir 

(art. 23 al. 1 CC). La notion de domicile comporte donc deux éléments: l'un 

objectif, la résidence, soit un séjour d'une certaine durée dans un endroit donné et la 

création en ce lieu de rapports assez étroits; l'autre, l'intention d'y résider, soit de se 

fixer pour une certaine durée au lieu de sa résidence qui doit être reconnaissable 

pour les tiers et donc ressortir de circonstances extérieures et objectives. Cette 

intention implique la volonté manifestée de faire d'un lieu le centre de ses relations 

personnelles et professionnelles. Le domicile d'une personne se trouve ainsi au lieu 

avec lequel elle a les relations les plus étroites, compte tenu de l'ensemble des 

circonstances (ATF 136 II 405 consid. 4.3 p. 409 sv. et les arrêts cités). Le lieu où 

les papiers d'identité ont été déposés ou celui figurant dans des documents 

administratifs, comme des attestations de la police des étrangers, des autorités 

fiscales ou des assurances sociales constituent des indices qui ne sauraient toutefois 

l'emporter sur le lieu où se focalise un maximum d'éléments concernant la vie 

personnelle, sociale et professionnelle de l'intéressé (ATF 125 III 100 consid. 3 p. 

101 ss.). Lorsqu'une personne séjourne en deux endroits différents, il faut tenir 

compte de l'ensemble de ses conditions de vie, le centre de son existence se 

trouvant à l'endroit, lieu ou pays, où se focalise un maximum d'éléments concernant 

sa vie personnelle, sociale et professionnelle, de sorte que l'intensité des liens avec 

ce centre l'emporte sur les liens existant avec d'autres endroits ou pays (ATF 125 III 

100 consid. 3 p. 101). En ce qui concerne les prestations complémentaires, la règle 

de l'art. 24 al. 1 CC, selon laquelle toute personne conserve son domicile aussi 

longtemps qu'elle ne s'en est pas créé un nouveau, s'applique (ATF 127 V 237 

consid. 1 p. 239). Le domicile est maintenu lorsque la personne concernée quitte 

momentanément (p. ex. en raison d'une maladie) le lieu dont elle a fait le centre de 

ses intérêts; le domicile reste en ce lieu jusqu'à ce qu'un nouveau domicile est, le 

cas échéant, créé à un autre endroit (ATF 99 V 106 consid. 2 p. 108) (ATF du 16 

février 2011 9C 345/2010). 

Selon la jurisprudence rendue en application de l'art. 127 al. 3 Cst. (respectivement 

à l'art. 46 al. 2 aCst.), l'imposition du revenu et de la fortune mobilière d'une 

personne revient au canton où cette personne a son domicile fiscal. Par domicile 

fiscal, on entend en principe le domicile civil, c'est-à-dire le lieu où l'intéressé 

réside avec l'intention de s'y établir durablement ou le lieu où se situe le centre de 

ses intérêts (cf. art. 3 al. 2 de la loi fédérale du 4 décembre 1990 sur l'harmonisation 

des impôts directs des cantons et des communes [LHID; RS 642.14]). 

Pour le contribuable marié, les liens créés par les rapports personnels et familiaux 

sont tenus pour plus forts que ceux tissés au lieu du travail; pour cette raison, ces 

personnes sont imposables au lieu de résidence de la famille (ATF 125 I 54 consid. 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 13/17 -

2b/aa p. 56/57; 125 I 458 consid. 2d p. 467 s.; 121 I 14 consid. 4 a p. 16). Lorsque 

le contribuable marié exerce une activité dépendante, sans assumer de fonction 

dirigeante, et revient chaque jour dans sa famille, son domicile fiscal est au lieu de 

résidence de la famille. Il en va de même lorsque le contribuable ne rentre dans sa 

famille que pour les fins de semaine et son temps libre (ATF 132 I 29 consid. 4.2 et 

4.3 p. 36 ss et les références citées). Les liens rattachant les couples mariés sans 

enfants au lieu où ils habitent et travaillent pendant la semaine l'emportent 

généralement sur ceux qu'ils entretiennent en fin de semaine avec une résidence 

secondaire, même s'ils y possèdent un logement, s'y rendent régulièrement et y ont 

un cercle d'amis et de connaissances (ERNST HÖHN/PETER MÄUSLI, 

Interkantonales Steuerrecht, 4ème éd. Berne/Stuttgart/Vienne 2000 N. 80 et 81 p. 

109 ss). Dans certaines circonstances exceptionnelles, le domicile fiscal principal 

pourra toutefois se trouver au lieu de séjour régulièrement fréquenté pendant les 

fins de semaine et le temps libre (Archives 71 p. 662). 

Exceptionnellement, la jurisprudence a admis l'existence d'un domicile alternant, 

c'est-à-dire de deux domiciles fiscaux d'importance égale, lorsqu'un contribuable a 

des liens d'égale intensité avec les deux lieux où il séjourne. Tel est le cas lorsque le 

contribuable transfère à intervalles réguliers son domicile d'un lieu à un autre puis à 

nouveau au premier endroit, de telle manière qu'en additionnant ces périodes, la 

durée de la résidence à chacun des deux endroits soit à peu près équivalente sur une 

année. L'existence d'un domicile alternant entraîne en principe le partage de la 

souveraineté fiscale entre les deux cantons concernés, les facteurs fiscaux étant 

répartis par moitié (ATF 131 I 145 consid. 4.2 p. 150). L'existence de liens d'égale 

intensité avec les deux lieux où séjourne le contribuable résulte de l'examen de 

l'ensemble des circonstances (cf. ZWEIFEL/HUNZIKER, Interkantonales 

Steuerrecht, Zweifel/Beusch/ Mäusli-Allenspach Ed., Bâle 2011, n° 59 ad § 6 p. 71) 

(ATF du 3 août 2011 2C 969/2010). 

6. En l'espèce, l'intimée admet que la recourante était domiciliée en Suisse depuis 

1986 mais que dès septembre 2007 en tous cas, elle était domiciliée en France, 

auprès de sa mère Mme DA__________ où se situait le centre de ses intérêts 

familiaux, de sorte qu'elle n'avait plus droit, au sens des art. 2 let. e et 3 al. 4 LAF 

aux allocations familiales. 

Il est à constater que la recourante a emménagé en 1988 dans le studio au 34, 

avenue I__________ et qu'elle a toujours gardé le bail de cet appartement pour son 

propre usage, sans le sous-louer, ce qui est admis par l'intimée. En 1992 elle avait 

vécu quelques années chez un ami M. M__________ puis entre 1998 et 2000 la 

recourante a déclaré avoir vécu avec M. N__________ à Q__________, au 

324 route de O__________, ce qui correspond effectivement au domicile de celui-

ci et à celui de la recourante selon le fichier de l'OCP. 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 14/17 -

En 2000, la recourante a fréquenté M. H__________, lequel ne vivait pas avec elle 

dans le studio mais y séjournait uniquement les week-ends, logeant par ailleurs en 

France chez ses propres parents, puis, suite à une dispute avec ceux-ci, un moment 

chez la mère de la recourante, Mme DA__________. La recourante s'est séparée en 

2002 de M. H__________. 

Elle a ensuite rencontré M. E__________ en 2007, lequel, selon les déclarations de 

la recourante, est venu vivre avec elle dans le studio de Thônex. Rapidement 

séparés l'année suivante, M. E__________ est retourné vivre en France. Ces faits 

concordent avec le fichier de l'OCP lequel indique une adresse de M. E__________ 

au 34, avenue I__________ du 1er octobre 2007 au 10 octobre 2008. En outre, la 

convention de divorce déposée au Tribunal de première instance le 29 septembre 

2009 mentionne que la recourante a conservé le domicile conjugal dont le loyer est 

de 385 fr. et que ce domicile est à Genève (convention de divorce p. 2 et 6). A cet 

égard, le fait que le loyer du studio soit de 355 fr. (ou 335 fr. sans les charges) au 

lieu de 385 fr. comme mentionné dans la convention n'est pas déterminant, ces deux 

montants étant proches et l'erreur pouvant résulter d'une faute de frappe. Le loyer, 

mentionné en francs suisses et non pas en euros et se référant à un logement dans le 

canton de Genève ne peut se rapporter qu'au studio de Thônex, aucun autre bail 

genevois dont serait titulaire la recourante ne ressortant du dossier, ce que l'intimé 

n'allègue pas non plus. Par ailleurs, l'ordonnance du Tribunal de grande instance de 

Thonon-les-Bains du 24 mars 2011 attribuant la jouissance du domicile conjugal à 

la recourante n'est pas déterminante dès lors qu'elle ne précise pas quel domicile est 

attribué et qu'il ne peut s'agir de celui correspondant à l'adresse mentionnée par la 

recourante en France au 412, chemin des J__________ à Cranves-Sales dès lors 

que celle-ci correspond au logement de sa mère et que cette dernière y vit avec un 

ami. Enfin, l'intimé n'explique pas quel logement en France aurait occupé la 

recourante pour un loyer de 385 fr. Il apparait ainsi que dès le 1er octobre 2007, le 

mari de la recourante s'est domicilié avec elle dans le studio de Thônex. En 

particulier, il ne ressort pas du dossier, au degré de la vraisemblance prépondérante, 

qu'il y aurait eu un domicile commun des époux et des enfants de la recourante 

auprès de la mère de celle-ci à Cranves-Sales ce d'autant que celle-ci vit avec un 

ami. En revanche, les enfants de la recourante, scolarisés en 2007 pour 

F__________ au lycée à Annemasse et pour G__________ à l'école primaire de 

Cranves-Sales séjournaient principalement auprès de leur grand-mère, ce qui 

explique aussi que la recourante n'a pas vécu avec son mari et ses deux enfants dans 

le studio de Thônex, ce qui aurait été peu vraisemblable, comme l'a relevé l'intimé. 

De 2009 à 2011 la recourante a fréquenté un ami habitant le Grand-Lancy en 

séjournant en partie à Thônex et en partie chez ce dernier. La recourante a 

finalement déclaré vivre exclusivement dans son studio depuis Noël 2012. 

Dans ces conditions on ne saurait admettre, comme l'a fait l'intimée, que dès 

septembre 2007 la recourante a vécu en famille au domicile de sa mère en France; 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 15/17 -

ce d'autant que dès 2008 son fils F__________ a résidé à Genève, dans un 

appartement en colocation au moment où il a débuté ses études à l'HEPIA, ce qui 

n'est pas contesté par l'intimée. Antérieurement, il résidait chez sa grand-mère 

puisqu'il avait suivi sa scolarité à l'école primaire publique de Cranves-Sales et au 

Lycée Jean Monnet à Annemasse, tout comme sa sœur G__________ à l'école 

primaire de Y__________ puis au collège X__________ de Cranves-Sales. Ces 

derniers n'ont toutefois bénéficié d'aucune prestation sociale en France. 

Le fait que son fils F__________ jusqu'en 2007 et sa fille G__________ ont été 

partiellement pris en charge par leur grand-mère, et ont résidé durant leur scolarité 

auprès de celle-ci en France ne permet pas, vu la situation particulière de la 

recourante, invalide à la suite de son accident de moto de 1996 et ayant dû solliciter 

l'aide de sa mère pour l'éducation de ses deux enfants ainsi que pour elle-même, de 

déduire que le centre de ses intérêts est au lieu de scolarité de ses enfants. La 

recourante a d'ailleurs déclaré que le pédiatre des enfants qu'elle consultait exerçait 

dans le canton de Genève. Par ailleurs, Mme DA__________ a indiqué que les 

relations avec sa fille étaient tendues, fait confirmé par la recourante lors de 

l'audience du 25 février 2013 en particulier lorsqu'elle relève qu'elle avait besoin, 

après deux jours chez sa mère, de retrouver son studio. 

Il apparait plutôt que la recourante a continué de séjourner au-delà de 2007 dans 

son studio de Thônex, toute en logeant de temps à autre chez sa mère, sa fille 

G__________, résidant principalement auprès de celle-ci mais également chez son 

père M. H__________ en France. Quant à son fils F__________, il a résidé 

principalement chez sa grand-mère toutefois jusqu'en 2007 et dès 2008 à nouveau à 

Genève. La recourante, qui a toujours gradé la jouissance de son studio à Thônex, 

nonobstant les séjours à Bellevue (1998-2000) et ceux chez sa mère commandés par 

son état de santé et la prise en charge de ses enfants par sa mère, ne saurait être 

considérée comme s'étant constitué un nouveau domicile en France, en particulier 

dès son mariage en septembre 2007. Même si la recourante a séjourné également 

chez sa mère elle a continué à loger régulièrement dans son appartement même si, à 

certaines périodes, elle n'y passait que durant la journée. A cet égard, les 

déclarations du concierge telles que relatées par le biais de la régie à l'intimé ne 

sont pas pertinentes. Il n'y a en particulier pas lieu d'entendre celui-ci car il n'est pas 

exigible d'un concierge qu'il détermine les heures de présence d'un locataire dans 

son appartement, étant constaté qu'il est admis que le studio était utilisé par la 

recourante et n'était pas sous-loué, faits qui, s'ils étaient douteux, auraient en 

revanche pu faire l'objet d'une enquête, notamment par le biais de l'audition du 

concierge. Tel n'est toutefois pas le cas. 

Au vu de ce qui précède, on ne saurait admettre que dès septembre 2007, la 

recourante s'est constitué un nouveau domicile en France, au sens de l'art. 24 al. 1 

CC. 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 16/17 -

Le cas d'espèce diffère ainsi sensiblement de celui de l'assuré qui détenait la garde 

et l'autorité parentale sur ses trois enfants lesquels résidaient et étaient scolarisés en 

France et n'avait conservé un petit appartement à Genève que pour bénéficier de la 

qualité de résident sur territoire helvétique, le centre de ses intérêts personnels se 

trouvant, dans ces circonstances, en France (ATF du 20 juin 2011 8C 777/2010). 

Selon l'art. 25 al. 1 CC, l’enfant sous autorité parentale partage le domicile de ses 

père et mère ou, en l’absence de domicile commun des père et mère, le domicile de 

celui de ses parents qui a le droit de garde; subsidiairement, son domicile est 

déterminé par le lieu de sa résidence. En particulier, lorsque l'enfant est sous 

autorité parentale d'un seul de ses parents, son domicile se situe au domicile du 

parent détenteur de l'autorité parentale, sans qu'il importe que ce dernier dispose ou 

non du droit de garde (ATF 133 III 305). 

En l'espèce, l'enfant F__________ était sous l'autorité parentale de sa mère jusqu'en 

2008 et l'enfant G__________ l'est toujours, ce qui n'est pas contesté par l'intimé. 

S'agissant de F__________, il réside en Suisse depuis 2008, soit dès la fin de ses 

études au lycée à Annemasse. Quant à la période 2007-2008 correspondant à la 

dernière année scolaire effectuée en France, il y a lieu, tout comme pour sa sœur 

G__________, également scolarisée en France, de constater qu'ils ont séjourné en 

partie chez leur grand-mère en France en partie chez leur mère à Genève et pour 

G__________ en partie chez son père en France que leur domicile est à Genève, 

auprès de leur mère dès lors qu'il est admis que celle-ci détient l'autorité parentale 

et la garde sur ses deux enfants. 

Enfin, la question de savoir si la recourante pourrait, dans le cas où ses enfants 

seraient domiciliés en France, avoir droit aux allocations familiales au sens des art. 

19 LAFam et 7 OAFam peut rester ouverte. 

7. Au vu de ce qui précède, la recourante et ses deux enfants étant toujours domiciliés 

à Genève au-delà de septembre 2007, la recourante a droit aux allocations 

familiales prévues pour les personnes sans activité lucrative. 

8. En conséquence, le recours sera admis et la décision litigieuse comprenant la 

demande de restitution de 27'180 fr. sera annulée. 

Il sera dit que la recourante, domiciliée dans le canton de Genève avec ses deux 

enfants, a droit aux allocations familiales pour ceux-ci au-delà du 30 avril 2012, 

aux conditions posées par la LAFam et la LAF. 

 

 
 
 

 

A/3042/2012 

- 17/17 -

PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. L'admet. 

3. Annule la décision litigieuse. 

4. Dit que la recourante a droit aux allocations familiales pour ses deux enfants au-delà 

du 30 avril 2012, dans le sens des considérants. 

5. Dit que pour ce qui a trait aux allocations familiales fédérales, les parties peuvent 

former recours contre le présent arrêt dans un délai de 30 jours dès sa notification 

auprès du Tribunal fédéral (Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du 

recours en matière de droit public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur 

le Tribunal fédéral, du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); le mémoire de recours doit 

indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du 

recourant ou de son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie 

postale ou par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et 

les pièces en possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent 

être joints à l'envoi. 

 

 
La greffière 

 
 
 
 

Nancy BISIN 

 La présidente 
 
 
 
 

Valérie MONTANI 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le