# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** dc23d0ad-5410-5dfa-a0e0-40f5a7244912
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-12-06
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Kindes- und Erwachsenenschutzhof 06.12.2023 106 2023 119
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_004_106-2023-119_2023-12-06.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

106 2023 119

Arrêt du 6 décembre 2023

Cour de protection de l’enfant et de l’adulte

Composition Présidente : Sandra Wohlhauser
Juges : Jérôme Delabays, Michel Favre
Greffier : Florian Mauron

Partie A.________, recourant

Objet Placement à des fins d'assistance

Recours non daté et reçu le 4 décembre 2023 contre la décision de la 
Justice de paix de l'arrondissement de la Sarine du 29 novembre 2023

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attendu

que A.________ est né en 1994 ;

qu’en date du 5 juillet 2023, A.________ a fait irruption dans le bureau de B.________, directeur de 
C.________, où il l’aurait menacé verbalement et injurié à la suite d’un différend d’ordre privé. 
B.________ a sollicité l’intervention de la police cantonale. A.________ a quitté les lieux avant de 
se présenter lui-même au Centre d’Intervention de la Gendarmerie de Granges-Paccot où 
l’interpellation s’est déroulée dans le calme et d’où il a été amené au Centre de soins hospitaliers 
de Villars-sur-Glâne (ci-après : RFSM Villars-sur-Glâne) pour une consultation ;

que par décision du 5 juillet 2023 (DO/2), le Dr D.________, médecin assistant auprès du RFSM 
Villars-sur-Glâne, a placé A.________ au Centre de soins hospitaliers du Réseau fribourgeois de 
santé mentale, à Marsens (ci-après : CSH Marsens) à des fins d’assistance en cas d’urgence en 
raison de la rupture de son traitement, de son anosognosie et des multiples passages à l’acte 
agressif avec risque persistant de récidive, relevant que le patient était connu pour ses différents 
passages aux urgences psychiatriques pour les mêmes motifs, au cours des deux mois précédents, 
étant précisé qu’il s’agissait de la quatrième hospitalisation de l’intéressé depuis mars 2022 ;

que par décision du 12 juillet 2023 (DO/21 ss), la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine 
(ci-après : la Justice de paix) a maintenu le placement de A.________ au CSH Marsens pour une 
durée indéterminée et aussi longtemps que l’exigerait son état de santé ;

que la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte (ci-après : la Cour) a, par arrêt du 2 août 2023 
(DO/54 ss ; 106 2023 64), rejeté le recours interjeté par la mère de A.________ à l’encontre de la 
décision précitée et a, partant, confirmé cette dernière ;

que par décision du 29 août 2023 (DO/78 ss), la Justice de paix a ordonné la levée du placement à 
des fins d’assistance de A.________ et, partant, sa libération avec effet immédiat du CSH Marsens, 
ce dernier étant astreint à un suivi post-institutionnel et des mesures ambulatoires, à savoir 
notamment un suivi médical et infirmier régulier au sein de la consultation ambulatoire du RFSM 
Villars-sur-Glâne et la prise régulière de sa médication ;

qu’à partir du 10 octobre 2023, plusieurs intervenants ont informé la Justice de paix de ce que 
A.________ ne s’était pas présenté à différents rendez-vous médicaux et n’avait pas pris sa 
médication, manquant ainsi à ses obligations contenues dans la décision du 29 août 2023. Selon un 
médecin, le risque de décompensation de A.________ restait présent au vu de ses antécédents et 
de son refus de prendre la médication prescrite ;

que par courrier du 17 novembre 2023, A.________ a été cité à comparaître à une séance par-
devant la Justice de paix ayant pour objet le respect des mesures ambulatoires ;

que A.________ ne s’est pas présenté à cette séance ;

que par décision du 29 novembre 2023 (DO/128 ss), la Justice de paix a ordonné le placement 
immédiat à des fins d’assistance de A.________ auprès du CSH Marsens, pour une durée 
indéterminée et aussi longtemps que l’exigerait son état de santé ;

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que l’autorité intimée a motivé sa décision comme suit : « En l’espèce, il ressort de l’instruction de la 
cause que A.________ souffre de schizophrénie, risquant de mettre sa vie ou son intégrité personnelle, ou 
celle d'autrui, en danger et n'a pas conscience de la maladie, de la nécessité du traitement et du suivi médical. 
L'intéressé se trouve actuellement dans une situation extrêmement préoccupante parce qu'il ne se rend pas 
aux entretiens médicaux et ne semble pas prendre sa médication, ce qui a pour conséquence une dégradation 
de son état de santé psychique. Il appert qu'il a également rompu le contact avec le Service officiel des 
curatelles de E.________ puisqu'il ne s'est pas rendu au dernier entretien prévu et ne répond plus aux 
sollicitations dudit service. A.________ est ainsi en train de se replier sur lui-même, ce qui constitue, dans sa 
situation, un facteur aggravant. Au vu des éléments qui précèdent, force est de constater que l'état de santé 
psychique de A.________, marqué par un repli sur lui-même, une absence de collaboration et un non-respect 
du suivi post-institutionnel et des mesures ambulatoires, nécessite urgemment un traitement et un suivi 
médical rapproché. Il ressort encore de l'instruction de la cause que l'intéressé présente une fragilité connue, 
qu'il existe une mise en danger actuelle et très sérieuse de lui-même et d'autrui dès lors qu'il ne respecte pas 
l’obligation de suivi post-institutionnel et les mesures ambulatoire auxquelles il a été astreint par décision de 
la Justice de paix du 29 août 2023 puisqu'il ne s'est plus rendu aux rendez-vous médicaux depuis le 
25 septembre 2023, ne semble pas prendre sa médication et que sa collaboration avec le Service officiel des 
curatelles de E.________ est inexistante depuis plusieurs semaines. En outre, bien que cité en séance du 
22 novembre 2023 à la Justice de paix, A.________ ne s'est pas présenté, ni excusé. Il n'a, de plus et à ce 
jour, pas pris contact avec l’infirmier, F.________, précité, tel que demandé par courrier du 22 novembre 2023 
de la Juge de paix. La situation de l'intéressé devient ainsi préoccupante et inquiétante. De plus, A.________ 
a été informé, par décision de la Justice de paix du 29 août 2023, des conséquences en cas de non-respect 
des mesures ambulatoires, à savoir l'éventuel prononcé d'un nouveau placement à des fins d'assistance. 
Ainsi, des mesures autres qu'un placement en institution ne sont pas envisageables à l'heure actuelle, 
l’intéressé refusant de suivre un traitement et un suivi thérapeutique de façon ambulatoire. Dans ces 
conditions, la Justice de paix n'a d'autre choix que de placer l’intéressé au Centre de soins hospitaliers du 
Réseau fribourgeois de santé mentale, à Marsens, pour sa protection et celle d'autrui et afin de s'assurer de 
son bien-être, de garantir une stabilité de son état de santé psychique et mettre en place un traitement 
adapté » ;

que par courrier non daté, transmis par courriel par le RFSM le 4 décembre 2023, A.________ a 
recouru contre la décision susmentionnée ;

qu’aux termes de l'art. 450 al. 1 du Code civil suisse du 10 décembre 1907 [CC ; RS 210], les 
décisions de l'autorité de protection peuvent faire l'objet d'un recours devant le Tribunal cantonal 
(art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA ; RSF 
212.5.1]), plus précisément la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (ci-après : la Cour ; art. 14 
al. 1 let. c et art. 20 al. 1 du règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son 
organisation et son fonctionnement [RTC; RSF 131.11]) ;

que A.________ a qualité pour recourir (art. 450 al. 2 ch. 1 CC). Le recours n'a pas à être motivé 
(art. 450e al. 1 CC). Le délai de recours, qui est de dix jours (art. 450b al. 2 CC), a été respecté ;

qu’il convient d’emblée d’examiner si, en l’espèce, la Justice de paix pouvait renoncer à entendre 
personnellement le recourant ;

qu’à teneur de l’art. 447 CC, la personne concernée doit être entendue personnellement, à moins 
que l’audition personnelle ne paraisse disproportionnée (al. 1). En cas de placement à des fins 
d’assistance, elle est en général entendue par l’autorité de protection de l’adulte réunie en collège 
(al. 2) ;

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que l’autorité de protection doit décider dans le cas concret et au vu de l’ensemble des 
circonstances, si une audition est contraire au principe de proportionnalité. Elle dispose d’un pouvoir 
d’appréciation à cet égard et doit mettre en balance les différents intérêts en présence. Par 
conséquent, plus la mesure envisagée porte atteinte à la personnalité de la personne concernée, 
plus il sera difficile pour l’autorité de justifier une renonciation à l’audition (CR CC-CHABLOZ/COPT, 
2e éd. 2023, art. 447 n. 16 et les références citées) ;

qu’il peut être renoncé à une audition personnelle en particulier si celle-ci ne permet pas d’atteindre 
les objectifs poursuivis, à savoir l’établissement des faits et la sauvegarde des droits de la 
personnalité de la personne concernée. Il en va ainsi par exemple lorsque seules des décisions 
complémentaires doivent être prises et qu’une opinion personnelle n’est plus de nature à les 
influencer (arrêt TF 5A_902/2018 du consid. 4.3 et les références citées) ;

que le fait que la santé physique ou psychique de la personne concernée rende l’audition 
personnelle plus difficile ne suffit en revanche pas, à lui seul, à justifier une renonciation (CR CC-
CHABLOZ/COPT, art. 447 n. 17 et les références citées) ;

que si l’autorité de protection fixe un rendez-vous à la personne concernée et que celle-ci ne vient 
pas, sans s’excuser (défaut), l’autorité de protection peut, si les faits sont suffisamment établis, se 
prononcer sur la base du dossier (art. 234 al. 1 CPC par analogie). Conformément à la maxime 
inquisitoire (art. 446 al. 1 CC), elle doit néanmoins se renseigner pour savoir pourquoi la personne 
n’est pas venue et si cela signifie qu’elle renonce à l’audition. En cas de doute, elle tentera d’audition-
ner la partie concernée d’une autre manière, par exemple en proposant de se rendre chez elle (CR 
CC-CHABLOZ/COPT, art. 447 n. 19 et les références citées) ;

que l’art. 445 al. 2 CC dispose qu’en cas d’urgence particulière, l’autorité de protection peut prendre 
des mesures provisionnelles sans entendre les personnes parties à la procédure. En même temps, 
elle leur donne la possibilité de prendre position ; elle prend ensuite une nouvelle décision ;

que dans une affaire récente (cf. arrêt TC FR 106 2023 70 du 5 septembre 2023), où un placement 
à des fins d’assistance avait été ordonné par la Justice de paix sans entendre au préalable la 
personne concernée, la Cour a considéré qu’il ne lui appartenait pas de pallier cette lacune, si bien 
qu’elle a renvoyé la cause à l’autorité intimée pour procéder à l’audition de la personne concernée 
et rendre une nouvelle décision. La Cour a en outre relevé que, bien qu’il y eût une certaine urgence 
à rendre une décision de placement, celle-ci ne justifiait pas de faire fi des droits procéduraux 
élémentaires de la personne concernée. Selon la Cour, la Justice de paix aurait ainsi dû rendre une 
décision de placement à titre de mesures superprovisionnelles – étant précisé que l’art. 445 al. 2 
CC s’appliquait également dans ce domaine –, puis entendre la personne concernée durant la 
procédure subséquente. Il a ainsi été considéré que la décision de la Justice de paix devait être 
comprise comme une décision de mesures superprovisonnelles, contre laquelle aucun recours (ni 
cantonal, ni fédéral) n’était ouvert, si bien que le recours était irrecevable ;

qu’en l’espèce, si le recourant ne s’est effectivement pas présenté à la séance de la Justice de paix 
du 22 novembre 2023, la Cour relève que rien n’indique que celui-ci a effectivement reçu la citation 
à comparaître du 17 novembre 2023 (cf. DO/121), ni qu’il a par son absence renoncé sciemment à 
son audition – pour autant encore que les considérations exposées ci-dessus relatives à la 
renonciation à l’audience de la personne concernée s’appliquent dans le domaine du placement à 
des fins d’assistance, au vu du caractère incisif d’une telle mesure – ce d’autant plus qu’il apparaît 
à la lecture du dossier que le recourant souffre de troubles psychiques, plus précisément de 

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schizophrénie, et qu’il existe un risque de décompensation, au vu de son comportement récent 
(abandon de la prise de médicaments, non-respect des rendez-vous fixés, etc.), de sorte qu’il est 
permis de douter de sa pleine capacité de discernement ;

qu’il ressort en outre des considérants ci-dessus que le fait que la santé physique ou psychique de 
la personne concernée rende l’audition personnelle plus difficile ne suffit pas, à lui seul, à justifier 
une renonciation ;

que la Cour ne voit pas d’autres raisons qui rendraient l’audition personnelle du recourant 
disproportionnée – ce que la Justice de paix n’invoque d’ailleurs pas –, de telle sorte qu’il ne pouvait 
être renoncé à une telle audition ;

qu’il se justifie ainsi d’appliquer la solution de l’arrêt 106 2023 70 et de considérer que la décision 
attaquée est une décision de mesures superprovisionnelles, l’urgence d’un placement n’étant 
aucunement remise en cause, au vu du possible risque de décompensation du recourant et de ses 
précédentes hospitalisations ; 

qu’étant donné l’absence de voies de recours à l’encontre d’une décision de mesures 
superprovisionnelles, le recours est irrecevable ;

que le dossier est renvoyé à la Justice de paix, à laquelle il appartiendra d’entendre personnellement 
et urgemment le recourant et de rendre ensuite une nouvelle décision ;

qu’il apparaît inéquitable de mettre les frais à la charge du recourant (cf. art. 107 al. 1 let. f CPC), au 
vu de sa situation personnelle. Ainsi, les frais de la procédure de recours, fixés à CHF 300.-, sont 
laissés à la charge de l’Etat ;

(dispositif en page suivante) 

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la Cour arrête :

I. Le recours est irrecevable.

II. La cause est renvoyée à la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine. Il lui appartiendra 
d’entendre personnellement et urgemment le recourant et de rendre ensuite une nouvelle 
décision.

III. Les frais judicaires de la procédure de recours, fixés à CHF 300.-, sont laissés à la charge de 
l’Etat.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les trente jours qui 
suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de recours 
motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 6 décembre 2023/fma

La Présidente Le Greffier