# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 70791e1f-5e96-5b2c-9f71-d4b7d03f3ed2
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-08-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 27.08.2019 A/1627/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1627-2019_2019-08-27.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/1627/2019-LAVI  ATA/1296/2019  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 27 août 2019 

2
ème

 section 

   dans la cause 

 

Monsieur A______ 
représenté par Me Karim Raho, avocat  

contre 

INSTANCE D'INDEMNISATION LAVI 
 

https://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/1296/2019

- 2/9 - 

A/1627/2019 

EN FAIT 

1)  Le 23 décembre 2012, Monsieur B______ a été agressé par Monsieur 
C______, qui lui a administré un coup de poing violent au visage, entraînant sa 
chute brutale. B______ a subi des séquelles durables : un traumatisme cranio-
cérébral sévère ayant nécessité une opération d’urgence sans laquelle il serait 
décédé sur place, une héminégligence droite (perte de la notion de la présence de 
la moitié du corps), une perte de la moitié droite du champ visuel, un manque de 
rapidité d’exécution et de précision, des troubles de l’équilibre, une démarche 
hésitante, des troubles sévères de la mémoire, des crises d’épilepsie, notamment. 
Il est incapable de travailler à 100 %, présente une importante dépendance pour 
les activités de la vie quotidienne, nécessite un encadrement infirmier et soignant 
à domicile (toilette, habillage, alimentation, boissons, sorties) ainsi qu’une perte 
totale des capacités civiques, civiles et administratives et une modification 
complète de son comportement, de son humeur, de ses émotions, des difficultés à 
s’exprimer et une capacité de compréhension limitée. Il était resté dans le coma un 
mois et hospitalisé six mois. 

  L’agression a eu lieu en présence de trois de ses enfants ; son fils A______, 
né le ______1995, n’était pas présent. Ce dernier habitait au Portugal au moment 
des faits et était venu à Genève pour y passer les fêtes de fin d’année avec son 
père et sa famille. 

  M. B______ est également le père de D______ et E______, qui habitaient 
au moment de faits avec son épouse et lui à Genève, ainsi que de F_____ et 
G_____, qui habitaient alors avec A______ au Portugal chez leur grand-mère.  

2)  L’auteur a été condamné pour lésions corporelles graves à une peine 
privative de liberté de trois, dont 18 mois fermes. Il a été condamné à verser 
plusieurs sommes, au titre de tort moral, à la victime et à certains de ses proches. 

  Statuant sur recours des enfants F_____, A______ et G_____ à qui 
l’allocation d’une indemnité pour tort moral avait été refusée en première 
instance, la Chambre pénale d’appel et de révision a confirmé ce point. Selon les 
juges pénaux, ces enfants ne formant pas ménage commun avec leur père 
n’avaient pas subi, eu égard à leur éloignement géographique, les conséquences 
des actes de l’auteur. Ils étaient évidemment affectés par le sort de leur père. Le 
fait d’avoir été choqués par la situation et d’avoir craint pour la vie de leur père ne 
constituaient toutefois pas des souffrances aussi importantes que celles de vivre 
aux côtés de la personne gravement atteinte dans sa santé. 

3)   Entendu le 18 octobre 2018 par l’instance d’indemnisation instituée par la 
loi fédérale sur l’aide aux victimes d’infractions du 23 mars 2007 

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LAVI - RS 312.5  (ci-après : instance LAVI), à qui il s’était adressé, A_____ a 
expliqué que lors de l’agression, il était âgé de 17 ans. Il habitait à l’époque au 
Portugal avec ses grands-parents. Après l’agression, il était resté quelques mois à 
Genève et allait plusieurs fois par jour à l’hôpital pour voir son père. Son père 
était venu en Suisse pour financer ses études. À son retour au Portugal, il avait dû 
quitter le lycée. Il n’avait plus les moyens financiers pour continuer sa formation 
et avait commencé à travailler. Il avait été révolté par ce qui était arrivé à son 
père. Aujourd’hui, c’était son père qui devait compter sur lui. À l’hôpital, il 
l’aidait dans ses tâches quotidiennes. Sans l’agression, sa vie aurait été meilleure. 
Son père allait de moins en moins bien. Il n’avait pas pu consulter un 
psychologue, car il n’en avait pas les moyens. Il avait l’impression que sa mère 
était « en train de sombrer », comme sa sœur. Celle-ci n’arrivait pas à avoir sa vie, 
car elle devait s’occuper de beaucoup de choses. Il ne pouvait plus avoir une 
discussion normale avec son père, qui commençait à pleurer et ne pouvait 
poursuivre pas une conversation. Il avait trouvé un travail à Genève et habitait 
avec ses parents. 

4)  Par décision du 25 mars 2019, l’instance LAVI a déclaré recevable la 
requête en tort moral de A______ et l’a rejetée. 

  Les proches ne pouvaient se voir allouer une réparation morale que si la 
victime était décédée ou avait subi une atteinte à son intégrité d’une gravité telle 
que ses proches en pâtissaient au moins aussi lourdement que si la victime était 
décédée. A______ ne faisant pas ménage commun avec son père au moment des 
faits. Il n‘avait, du fait de l’éloignement géographique, pas eu à subir 
personnellement les conséquences des actes pénaux. 

5)  Par acte déposé le 26 avril 2019 à la chambre administrative de la Cour de 
justice (ci-après : la chambre administrative), A_____ a recouru contre cette 
décision, dont il a demandé l’annulation. Reprenant ses précédentes conclusions, 
il a demandé l’octroi d’une indemnité pour tort moral de CHF 20'000.-, 
subsidiairement de CHF 8'000.-. 

  Il était très jeune au moment des faits. Il entretenait des liens très étroits 
avec son père. Il avait été très choqué et angoissé de savoir son père entre la vie et 
la mort. Il avait été révolté, désorienté, réalisant qu’il ne pouvait désormais plus 
compter sur son père. Il était resté deux mois après l’agression à Genève. Le fait 
de passer le réveillon en sachant que l’agresseur n’avait pas été interpellé lui avait 
été très pénible. À son retour au Portugal, il avait dû interrompre sa formation 
pour aller travailler. L’état de son père avait profondément altéré le 
fonctionnement familial. Depuis l’agression de celui-ci, il se trouvait totalement 
privé de père, ce dernier n’étant que l’ombre de lui-même. 

  Le recourant a produit les décisions de l’instance LAVI allouant une 
indemnité pour tort moral de CHF 8'000.- à sa sœur E______, de CHF 10'000.- à 

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sa sœur D______ et de CHF 20'000.- à sa mère. Selon l’instance LAVI, la 
différence entre les deux montants alloués à E______ et D______ se justifiait par 
le fait que la seconde avait réintégré le domicile familial après le drame pour aider 
ses parents et avait été nommée curatrice de son père.  

6)  L’instance LAVI a indiqué que le recours n’appelait pas d’observations de 
sa part. 

7)  Sur ce, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger.  

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Selon l'art. 61 LPA, le recours peut être formé pour violation du droit, y 
compris l'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation (al. 1 let. a) et pour 
constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents (al. 1 let. b) ; les 
juridictions administratives n'ont pas compétence pour apprécier l'opportunité de 
la décision attaquée, sauf exception prévue par la loi (al. 2). 

3)  Il n’est pas contesté que le recourant a la qualité de victime (art. 1 
al. 1 LAVI) et que le délai de péremption de cinq ans de l'art. 25 al. 1 LAVI a été 
respecté. Seul est litigieux le montant de l'indemnité en réparation morale au sens 
des art. 22 ss LAVI. 

 a.  Selon l'art. 22 al. 1 LAVI, la victime et ses proches ont droit à une 
réparation morale lorsque la gravité de l'atteinte le justifie ; les art. 47 et 49 de la 
loi fédérale complétant le Code civil suisse du 30 mars 1911 (Livre cinquième : 
Droit des obligations - CO - RS 220) s'appliquent par analogie.  

  Le système d'indemnisation du tort moral prévu par la LAVI répond à l'idée 
d'une prestation d'assistance et non pas à celle d'une responsabilité de l'État. 
L'utilisation des critères du droit privé est en principe justifiée, mais l'instance 
LAVI peut au besoin s'en écarter (arrêt du Tribunal fédéral 1C_244/2015 du 
7 août 2015 consid. 4.1). Une réduction du montant de l’indemnité LAVI par 
rapport à celle octroyée selon le droit privé peut en particulier résulter du fait que 
la première ne peut pas tenir compte des circonstances propres à l’auteur de 
l’infraction (ATF 132 II 117 consid. 2.2.4 et 2.4.3). L'indemnité due par la LAVI 
et celle du CO se distinguant tant quant au débiteur qu’à sa nature juridique, il 
peut en résulter des différences sur le principe et l'ampleur de l'indemnité (arrêt du 
Tribunal fédéral 1A.299/2000 du 30 mai 2011 consid. 2b et 3b.).  

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/RS%20220
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/1C_244/2015
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/132%20II%20117
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/1A.299/2000

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  Par ailleurs, l'autorité LAVI est en principe liée par les faits établis au pénal, 
mais non par les considérations de droit ayant conduit au prononcé civil. 
L'instance LAVI peut donc, en se fondant sur l'état de fait arrêté au pénal, 
déterminer le montant de l'indemnité allouée à la victime sur la base de 
considérations juridiques propres. Elle peut, au besoin, s'écarter du prononcé civil 
s'il apparaît que celui-ci repose sur une application erronée du droit. L’autorité 
LAVI doit se livrer à un examen autonome de la cause (ATF 129 II 312 consid. 
2.8 ; arrêts du Tribunal fédéral 1C_34/2014 du 16 mai 2014 consid. 2.3 ; 
1C_182/2007 du 28 novembre 2007 consid. 6). 

 b. En vertu de l'art. 23 LAVI, le montant de la réparation morale est fixé en 
fonction de la gravité de l'atteinte. Il ne peut excéder CHF 35'000.-, lorsque l'ayant 
droit est un proche (art. 23 al. 2 let. b LAVI). La LAVI laisse une large liberté 
d'appréciation au juge pour déterminer une somme équitable dans les limites de ce 
cadre (ATF 117 II 60 ; 116 II 299 consid. 5.a). 

   En raison de sa nature, l'indemnisation pour tort moral échappe à toute 
fixation selon des critères mathématiques (ATF 129 IV 22 consid. 7.2). 
L’indemnité est destinée à réparer un dommage qui, par sa nature même, peut 
difficilement être réduit à une somme d’argent. C’est pourquoi son montant ne 
saurait excéder certaines limites. Néanmoins, l’indemnité allouée doit être 
équitable. Le juge en fixera le montant proportionnellement à la gravité de 
l’atteinte et évitera que la somme accordée n’apparaisse dérisoire compte tenu de 
la possibilité d’adoucir la douleur morale de manière sensible par le versement 
d’une somme d’argent (ATF 137 III 303 consid. 2.2.2 ; 130 III 699 consid. 5.1). 

  L'ampleur de la réparation dépend avant tout de la gravité de l'atteinte – ou 
plus exactement de la gravité de la souffrance ayant résulté de cette atteinte, car 
celle-ci, quoique grave, peut n'avoir que des répercussions psychiques modestes, 
suivant les circonstances – et de la possibilité d'adoucir la douleur morale de 
manière sensible, par le versement d'une somme d'argent. Sa détermination relève 
du large pouvoir d'appréciation du juge (ATF 137 III 303 consid.2.2.2).  

  Les proches d’une personne gravement invalide ont droit, en règle générale, 
à une réparation morale plus élevée que celle allouée aux proches d’une victime 
décédée des suites de l’infraction ; la gravité de la souffrance des premiers est 
considérée comme plus grande (FF 2005 6683 p. 6745 s. ; ATF 117 II 50). Outre 
la gravité de la souffrance éprouvée par les proches, le Tribunal fédéral prend en 
considération notamment les circonstances de l’infraction (arrêt du Tribunal 
fédéral 1A_169/2001 du 7 février 2002 consid. 5.2). 

 c.  En matière de réparation du tort moral, une comparaison avec d'autres 
causes ne doit intervenir qu'avec circonspection, puisque le tort moral ressenti 
dépend de l'ensemble des circonstances du cas d'espèce. Cela étant, une 

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http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/117%20II%2060
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/116%20II%20299
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/129%20IV%2022
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/137%20III%20303
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/137%20III%20303
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/1A_169/2001

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comparaison peut se révéler, suivant les occurrences, un élément utile 
d'orientation (ATF 138 III 337 consid. 6.3.3 ; 130 III 699 consid. 5.1). 

  Selon le Conseil fédéral, les montants alloués sont calculés selon une 
échelle dégressive indépendante des montants accordés habituellement en droit 
civil, même si ceux-ci peuvent servir à déterminer quels types d’atteintes donnent 
lieu à l’octroi des montants les plus élevés. La fourchette des montants à 
disposition est plus étroite qu'en droit civil, les montants les plus élevés devant 
être réservés aux cas les plus graves, sans quoi il ne serait pas possible de traiter 
différemment des situations différentes, ce qui serait contraire au principe de 
l'égalité de traitement. Pour les proches, les montants les plus élevés sont à 
attribuer aux proches d'une victime gravement invalide. La fourchette est étroite et 
la latitude à prendre en compte les particularités de chaque cas est dès lors réduite 
(FF 2005 6683 pp. 6745, 6746).  

  Le Conseil fédéral a proposé un ordre de grandeur qui, pour les proches 
d'une victime, prévoit les montants suivants : CHF 25'000.- à CHF 35'000.- pour 
un proche qui a très considérablement réaménagé sa vie pour s'occuper de la 
victime ou qui subit d’autres répercussions très importantes ; CHF 20'000.- à 
CHF 30'000.- pour la perte du conjoint ou partenaire ; CHF 10'000.- à 
CHF 20'000.- pour la perte d'un enfant ; CHF 8'000.- à CHF 18'000.- pour la perte 
du père ou de la mère, en tenant compte de critères tels que l'existence d'un 
ménage commun, l'intensité des liens, l'âge de la victime et de l'enfant. 

  Selon le « Guide relatif à la fixation du montant de la réparation morale à 
titre d’aide aux victimes d’infractions à l'intention des autorités cantonales en 
charge de l’octroi de la réparation morale au titre de la LAVI » (ci-après : le 
guide), publié par l’office fédéral de la justice (ci-après : OFJ) en octobre 2008, 
l'intensité des liens se présume généralement en fonction des liens de parenté. On 
tiendra également compte, surtout pour les degrés de parenté, de critères tels que 
l’existence d’un ménage commun, l’âge de la victime et du proche. Lorsque la 
victime reste gravement atteinte et qu’il en résulte des souffrances exceptionnelles 
pour le proche (art. 49 CO), on réserve les montants les plus proches du plafond 
au proche qui subit en plus des répercussions importantes sur sa vie quotidienne.  

   Pour qu’un proche de la victime puisse prétendre à une indemnité pour tort 
moral, il faut que celle-ci soit gravement blessée, que le proche en subisse une 
atteinte illicite et directe dans ses relations personnelles et que ses souffrances 
aient un caractère exceptionnel, la personne réclamant une indemnité devant être 
touchée de la même manière ou plus fortement qu'en cas de décès d'un proche 
(ATF 125 III 412 consid. 2a ; 117 II 50 cons. 3). Constituent des critères de 
fixation de l’indemité en faveur de proches le type et la gravité des blessures ainsi 
que l’intensité et la durée de leurs effets sur la personnalité du lésé 
(ATF 132 II 117 consid. 2.2.2 ; 125 III 412 consid. 2a). 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/138%20III%20337
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/130%20III%20699
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 d.  En l’espèce, à teneur de l’arrêt rendu par la chambre pénale d’appel et de 
révision, le recourant n’était pas présent lorsque son père a été agressé. Il était 
cependant à Genève, y étant venu pour passer les fêtes de fin d’année avec sa 
famille.  

  Son père a subi des séquelles sévères et durables. Outre la perte de la moitié 
droite du champ visuel, des troubles de l’équilibre, une démarche hésitante, des 
troubles sévères de la mémoire, des crises d’épilepsie, il, présente une importante 
dépendance pour toutes activités de la vie quotidienne (toilette, habillage, 
alimentation, boissons, sorties) ainsi qu’une perte totale des capacités civiques, 
civiles et administrative. Par ailleurs, sa personnalité a changé ; son 
comportement, son humeur, ses émotions ont changé. Il présente enfin des 
difficultés à s’exprimer et une capacité de compréhensions limitée. Ces éléments 
ont, à l’évidence, un impact sur la relation qu’il peut entretenir avec son fils. Les 
enfants et l’épouse de la victime ont tous indiqué, dans la procédure pénale, que la 
vie familiale avait été profondément bouleversée par les séquelles sévères subies 
par la victime. Le mari et père est durablement dépendant de l’aide de ses proches, 
même pour les tâches les plus simples de la vie quotidienne, et sa personnalité a 
subi un profond changement. 

  Certes, le recourant ne vivait, au moment des faits, pas avec son père. Cela 
étant, il entretenait avec celui-ci une relation vivante et régulière, comme en 
témoigne le fait qu’il était venu lui rendre visite pour les fêtes de fin d’année. En 
outre, étant alors mineur, il n’avait pas encore constitué une vie de famille 
indépendante ; le lien avec son père prenait ainsi d’autant plus d’importance. 

  Par ailleurs, le jeune homme a également perdu son soutien financier, 
devant non seulement abandonner ses études, mais étant devenu un soutien 
financier à son père, avec qui il cohabite désormais. Il a également exprimé de 
vives inquiétudes pour l’état de santé psychique de sa mère, très affectée par l’état 
de son mari, et la situation de sa sœur, qui s’occupait de son père et n’arrivait pas 
à « faire sa vie ». 

  Au vu de l’ensemble de ces éléments, l’instance LAVI a violé la loi et abusé 
de son pouvoir d’appréciation en considérant que le recourant ne remplissait pas 
les conditions lui donnant droit à une indemnité pour tort moral. Les souffrances 
psychiques vécues par le jeune homme depuis l’agression de son père présentent, 
en effet, une intensité particulière justifiant l’octroi d’une indemnité pour tort 
moral.  

  Compte tenu de l’ensemble des circonstances susmentionnées, il se justifie 
de fixer l’indemnité pour tort moral en faveur du recourant à CHF 6'000.-. Ce 
montant légèrement inférieur à celui alloué à ses sœurs D______ et E______ se 
justifie par le fait qu’il ne faisait pas ménage commun avec son père au moment 
du drame et qu’il n’a pas eu à assumer la charge de curateur de celui-ci. La 

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différence avec l’indemnité de CHF 7'000.- allouée par arrêt de ce jour à sa sœur 
F_____ se justifie par le fait que contrairement à lui, celle-ci a été témoin de 
l’agression. 

  Le recours sera ainsi admis dans cette mesure. 

4)  La procédure étant gratuite, aucun émolument ne sera prélevé 
(art. 30 al. 1 LAVI et 87 al. 1 LPA). Une indemnité de procédure de CHF 500.- 
sera allouée au recourant dès lors qu'il obtient partiellement gain de cause, y a 
conclu et a recouru aux services d'un avocat (art. 87 al. 2 LPA).  

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 26 avril 2019 par Monsieur A______ contre la 
décision de l’instance d’indemnisation LAVI du 25 mars 2019 ; 

au fond : 

l’admet partiellement ; 

annule la décision précitée ; 

alloue à Monsieur A______  une indemnité de CHF 6'000.- pour tort moral ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ; 

alloue une indemnité de procédure de CHF 500.- à Monsieur A______, à la charge de 
l'État de Genève ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours 
qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en 
matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être 
adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession 
du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/RS%20173.110

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communique le présent arrêt à Me Karim Raho, avocat du recourant, à l'instance 
d'indemnisation LAVI ainsi qu’à l’office fédéral de la justice. 

Siégeant : Mme Krauskopf, présidente, M. Verniory, Mme Cuendet, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

J. Poinsot 

 la présidente siégeant : 
 
 

F. Krauskopf 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :