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**Case Identifier:** 95ab547a-1189-569c-a975-36d924c31277
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-07-14
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 14.07.2023 A3 21 35
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_A3-21-35_2023-07-14.pdf

## Full Text

A3 21 35 

 

ARRÊT DU 14 JUILLET 2023 

 

Tribunal cantonal du Valais 

Cour de droit public 

 

Le juge soussigné de la Cour de droit public du Tribunal cantonal statuant en appel sur 

la base de l’art. 34m de la loi du 6 octobre 1976 sur la procédure et la juridiction admi-

nistratives (LPJA ; RS/VS 172.6) en relation avec l’art. 1 al. 1 a contrario et avec les 

art. 398 ss du code de procédure pénale suisse (CPP ; RS 312.0) 

 

dans la cause 

 

X _________ SA, A _________, de siège à B _________, appelante, représentée par 

Maître Jean-Michel Duc, avocat, 1002 Lausanne 

 

contre 

 

CONSEIL COMMUNAL DE C _________, C _________, autorité attaquée 

 

(contravention au droit des constructions) 

appel contre la décision du 15 octobre 2021 

 

 

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Faits 

A. Le 10 novembre 2015, le Conseil communal de C _________ autorisa X _________ SA, 

propriétaire de la parcelle n° 1589 du cadastre municipal, à réaliser un projet de quatre 

bâtiments d’habitation (A à D) avec 52 logements et 120 places de stationnement sur ce 

bien-fonds de 9848 m2 en zone constructible. 

A la p. 7 de ladite autorisation, une clause accessoire astreignait la constructrice à s’adresser 

15 jours avant la fin des travaux au chargé communal de sécurité en vue de la délivrance 

du permis d’habiter. Quelques § plus bas, un autre passage rendait le formulaire de mesures 

de sécurité et de défense incendie partie intégrante de l’autorisation du 10 novembre 2015, 

passée en force le 16 novembre 2017, date du rejet du recours en matière de droit public 

d’un voisin (ATF 1C_565/2016). 

B. Le 4 mai 2021, la présidente de C _________ et le secrétaire communal écrivirent à  

X _________ SA que le chargé de sécurité avait constaté, le 30 avril 2021, l’arrivée de 

locataires dans des logements du bâtiment A, avant l’obtention d’un permis d’habiter 

provisoire ou définitif, dont l’octroi (à venir) avait été préparé, le 20 avril 2021, à une réunion 

où l’architecte de la prénommée avait assuré que les appartements seraient occupés au 

plus tôt à la mi-mai 2021. A cette occasion, le chargé de sécurité avait rappelé à l’architecte 

de X _________ SA la nécessité de rectifier plusieurs défauts et de déposer des documents 

évoqués dans un courriel du 3 mai 2021. X _________ SA devait se déterminer dans les 

dix jours sur ces faits, de nature à entraîner sa condamnation à une amende fondée sur l’art. 

61 al. 1 lit. a de la loi du 15 décembre 2016 sur les construction (LC ; RS/VS 705.1). 

Le 12 mai 2021, D _________ SA, mandataire de X _________ SA, répondit à cette lettre 

du 4 mai 2021 en énumérant des améliorations qui allaient être apportées au bâtiment A 

pour tenir compte des observations du chargé de sécurité, et en mentionnant plusieurs futurs 

documents de tiers dans ce contexte. D _________ SA nota que sa cliente amenait une 

soixantaine de contribuables à une commune qui envisageait de lui infliger une amende, 

procédé à qualifier de « triste », sans qu’il décourageât X _________ SA de mettre « comme 

toujours, tout en œuvre pour satisfaire la commune, et satisfaire le chargé de sécurité ».   

 

C. Le 6 juillet 2021, le Conseil communal infligea à X _________ SA une amende de  

22 000 fr.  Il retint que des contrôles opérés du début mai au 1er juin 2021 avaient montré 

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que les travaux destinés à remédier aux défectuosités mentionnées le 4 mai 2021 n’avaient 

guère avancé. Le 21 juin 2021, une inspection avait établi la persistance de certains de ces 

défauts et le fait que des documents réclamés à la constructrice manquaient toujours. 

D’autre part, le nombre de logements loués sans permis d’habiter avait augmenté; leurs 

preneurs étaient privés d’une série (« d’) éléments portant (atteinte) à la sécurité du bâtiment 

en question » et des locataires s’étaient plaints de ne pouvoir utiliser un container à ordures 

et un molok que le bailleur leur avait promis. X _________ SA était également coupable 

d’avoir omis d’annoncer le début et la fin des travaux (cf. art. 55 al. 3 lit. b LC). 

D. Le 15 octobre 2021, le Conseil communal maintint l’amende de 22 000 fr. en rejetant une 

réclamation du 20 juillet 2021 de X _________ SA. Il statua que les pièces jointes à ce 

mémoire et celles ajoutées au dossier pendant l’instruction de la réclamation ne suffisaient 

pas « à démontrer que l’opposante a(vait) fait preuve de toute la diligence requise de sa part 

avant la mise à disposition de l’ouvrage à ses habitants ». Les défauts compromettant la 

sécurité de ceux-ci étaient assez notables. D’aucuns, répertoriés dans une lettre du 4 août 

2021 à la contrevenante, n’avaient pas disparu ce jour-là, voire plus tard (absence d’un 

rapport de conformité incendie, d’une main courante dans les parties communes et de la 

totalité des barrières sur une dalle de parking accessible ; fenêtres de WC non sécurisées). 

L’annonce de fin des travaux et la demande de permis d’habiter avaient été formulées le  

27 juillet 2021, un peu moins de trois mois après le constat de l’arrivée des premiers 

locataires. X _________ SA arguait en vain de retards de ses fournisseurs pour justifier le 

temps qu’elle avait mis à fournir des documents et à faire exécuter les travaux correctifs 

exigés d’elle, ce qui avait reporté au 4 septembre 2021 la date où un permis d’habiter avait 

pu lui être accordé. L’amende avait, au surplus, été calculée à 2000 fr. par appartement 

occupé le jour où avait été prise la décision du 6 juillet 2021 que contestait la réclamation du 

20 juillet 2021. 

E.  X _________ SA appela le 17 novembre 2021 de ce prononcé, notifié le 18 octobre 

2021. Elle conclut à son acquittement, subsidiairement à une diminution de son amende, et 

à l’allocation de dépens. 

Le 7 décembre 2021, le Conseil communal conclut au rejet de l’appel. 

Le 29 décembre 2021, X _________ SA renonça aux débats. 

 

Considérant en droit 

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1.  L’appel est recevable (art. 34m lit. a LPJA en relation avec l’art. 399 CPP). 

2. X _________ SA argue de violations de règles de procédure concrétisant le droit du 

prévenu de participer à l’établissement des faits et d’être entendu avant qu’une décision 

soit prise. 

Les art. 34m lit. f et 409 al. 1 CPP partent de l’idée que l’appel peut remédier à de tels 

vices de forme (cf. p. ex. PC CPP, 2e éd., N 2 ad art. 409 citant FF 2006 p. 1302), à 

moins qu’ils reviennent p. ex. à déposséder le prévenu de tout droit de participation à une 

procédure où il risque d’être condamné et/ou à le priver d’un degré de juridiction voulu par 

la loi ; dans cette éventualité, l’appel perd son effet guérisseur et doit plutôt déboucher sur 

une annulation avec renvoi dans l’acception de l’art. 409 CPP (cf. p. ex. ATF 6B_933/2022  

du 8 mai 2023 cons. 1.1 citant ATF 148 IV 159 cons. 1.4.1). 

L’appelante s’abstient à bon droit de prétendre que la cause entre dans ces exceptions.   

3.  L’art. 61 al. 1 lit. a LC menace d’une amende de 1000 à 100'000 fr. celui qui en tant que 

responsable (notamment le propriétaire, le requérant, le responsable du projet, le maître 

d’ouvrage, l’architecte, l’entrepreneur) exécute ou fait exécuter des travaux sans 

autorisation, ne signale pas à l’autorité compétente le début et la fin des travaux, ne respecte 

pas les conditions et les charges de l’autorisation octroyée, requiert une autorisation sur la 

base d’indications inexactes, habite, met en location, utilise une construction ou une 

installation sans avoir obtenu le permis d’habiter ou d’utiliser, ne se soumet pas à des ordres 

de police des constructions qui lui ont été adressés ; l’amende peut être réduite dans les cas 

de peu de gravité. L’art. 61 al. 2 LC la plafonne à 200 000 fr. dans les cas graves, p. ex. si 

un projet de construction est réalisé malgré un refus d’autorisation, ou si des normes sont 

violées par cupidité ou s’il y a récidive. 

Aux termes de l’art. 63 al. 2 LC, « lorsqu’une infraction est commise dans la gestion 

d’une personne morale, d’une société en nom collectif ou en commandite, d’une 

entreprise individuelle ou d’une collectivité sans personnalité juridique ou de quelque 

autre manière dans l’exercice d’une activité pour un tiers, l’autorité peut la condamner 

au paiement de l’amende et lui confisquer le gain illicite ». Cette disposition introduit dans 

le droit pénal cantonal des constructions une capacité délictuelle des entreprises, afin 

de faciliter la tâche des autorités compétentes en leur évitant d’avoir à poursuivre 

uniquement les organes de ces entités, ce qui était le cas sous l’ancien droit 

(cf. Message du Conseil d’Etat à l’appui du projet de la LC, cf. BSGC, session de juin 

2016, p. 1429). 

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Le Conseil communal était compétent pour appliquer ces normes en première instance 

(art. 2 al. 1, 55 al. 1 lit. c, 61 al. 1 lit. a LC).  

4. Edicté sur délégation législative (cf. art. 69 lit. e LC), l’art. 40 de l’ordonnance du 

22 mars 2017 sur les constructions (OC ; RS/VS 705.100) dit que l’autorisation de bâtir 

permet la réalisation du projet pour lequel elle a été délivrée. L’art. 45 OC régit la 

modification d’un projet. Son al. 6 spécifie qu’elle peut être autorisée pendant l’exécution 

des travaux et par un permis complémentaire qui peut être accordé sans enquête publique 

préalable si les réquisits de cette norme sont respectés. 

Quand des travaux différents de ceux autorisés par un permis sont menés avant l’octroi 

d’une pareille autorisation complémentaire, ils tombent sous le coup de l’incrimination 

figurant au début de l’art. 61 al. 1 lit. a LC et visant les constructeurs qui exécutent des 

travaux en se dispensant illégalement des formalités d’obtention d’un permis ou de 

modification de celui-ci (cf. p. ex. ACDP A3 21 2 du 22 février 2022 cons. 2). 

Attendu que l’art. 40 al. 1 OC définit l’autorisation de construire comme étant la décision 

qui permet la réalisation du projet pour lequel elle a été délivrée, sans mentionner les 

multiples stades que comporte d’habitude cette réalisation, la contravention consistant 

à exécuter des travaux sans autorisation dans l’acception de l’art. 61 al. 1 lit. a LC est 

consommée à la fin de l’ensemble des travaux irréguliers du constructeur, sans que 

chacun d’eux, ou chacune des étapes du chantier soient des infractions successives (cf., 

dans le même sens p. ex. A. Zaugg/P. Ludwig, Kommentar zum Baugesetz des Kantons 

Bern, 5e éd., N 3 ad art. 51). On précisera que, loin de toujours dépendre du bon vouloir de 

l’administré, la cessation de ces travaux doit, le cas échéant, lui être imposée par l’autorité 

(cf. art. 56 LC). Dans cette hypothèse, une condamnation n’a évidemment pas à être 

reportée à la fin des travaux, si leur achèvement ne remédiera de toute façon pas à l’illégalité 

de la situation.  

En somme, l’art. 61 al. 1 lit. a LC renforce le régime d’autorisation préalable institué par les 

art. 34 ss LC dans le sillage de l’art. 22 de la loi fédérale du 22 juin 1979 sur l’aménagement 

du territoire (LAT ; RS 700).    

5. Il en va autrement des prévisions de l’art. 61 al. 1 lit. a LC qui ont trait au permis d’habiter 

ou d’utiliser. 

Selon l’art. 47 al. 1 OC, les constructions et installations reconnues conformes à l’autorisation 

de construire et aux conditions et charges liées à cette autorisation ne peuvent être occupées 

ou utilisées avant l’établissement de ce permis. L’al. 2 énonce que le propriétaire doit le 

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requérir avant d’habiter ou d’utiliser, et que cette demande est du ressort de l’autorité 

compétente en matière de police des constructions (cf. art. 46 OC), tâche incombant aux 

conseils communaux pour les ouvrages en zone à bâtir et sauf conflit d’intérêt irrelevant ici 

(art. 2 al. 3 et 55 al. 1 lit. c LC).  

Ce système implique que le constructeur qui a réalisé son bâtiment conformément aux plans 

validés par l’autorisation de construire qu’il a reçue devra être condamné au titre de l’art. 61 

al. 1 lit. a LC s’il ne se plie pas à son obligation de requérir un permis d’habiter avant d’y 

loger ou avant d’y installer un locataire. 

La distinction entre l’obligation d’avoir une autorisation de construire, puis de s’en tenir à 

celle-ci, et l’obligation d’avoir un permis d’habiter ou d’utiliser explique pourquoi l’art. 61 al. 1 

lit. a LC incrimine séparément leur inexécution. 

En outre, ce permis n’entrant pas en ligne de compte si l’ouvrage n’a pas été autorisé, ou 

s’il s’écarte de l’autorisation de construire y relative (cf. art. 47 al. 1 OC), l’auteur de ce type 

de  travaux ne contrevient qu’à la première de ces deux incriminations de l’art. 61 al. 1 lit. a 

LC, parce qu’on ne peut raisonnablement l’accuser d’avoir omis de se procurer un permis 

d’habiter auquel il n’a de toute façon pas droit (cf. p.ex. ACDP A3 21 6 du 16 septembre 

2022 cons. 5).    

6. Le Conseil communal a condamné X _________ SA à une amende de 22 000 fr. pour 

deux motifs tirés de l’art. 61 al. 1 lit. a LC. 

La prévenue aurait d’abord omis de munir le bâtiment A d’ouvrages de sécurité (main 

courante, barrières, fenêtres renforcées) et de soumettre au chargé de sécurité des 

documents, notamment un rapport de conformité incendie. Ces ouvrages de sécurité et ces 

documents étant exigés sur la base de l’autorisation de construire du 10 novembre 2015, la 

prévenue aurait, en raison de ces faits, exécuté des travaux sans autorisation au sens de la 

première incrimination figurant à l’art. 61 al. 1 lit. a LC (cf. cons. 4). 

 

L’accusation reproche ensuite à X _________ SA d’avoir donné à bail des appartements du 

bâtiment B avant d’avoir requis un permis d’habiter, et a fortiori avant que ce permis lui ait 

été délivré au sens de l’incrimination de l’art. 61 al. 1 lit. a LC réprimant cette contravention 

(cons. 5). 

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7.  La condamnation de l’appelante pour travaux non autorisés a été statuée initialement le 

6 juillet 2021 et maintenue le 15 octobre 2021, via le rejet de sa réclamation du 20 juillet 

2021. 

On a vu plus haut (cons. 4) que l’art. 61 al. 1 lit. a LC commande de se placer à la date de 

la fin des travaux pour déterminer si le constructeur s’est intentionnellement (art. 12 al. 1 et 

104 CP ; art. 71 al. 1 LACP ; art. 63 al. 4 LC) distancé du permis qui lui a été accordé, sauf 

si l’on doit exclure qu’une fois achevé l’ouvrage deviendra conforme à cette autorisation. 

Cette réserve est sans pertinence ici : le prononcé dont appel évoque un permis d’habiter 

délivré le 4 septembre 2021, de sorte qu’on doit partir de l’idée que les travaux irréguliers 

listés dans la procédure qui a débouché sur la décision initiale du 6 juillet 2021 n’avaient rien 

d’irrémédiable (cf. art. 47 al. 1 OC). En déboutant, le 15 octobre 2021, la prévenue de sa 

réclamation, le Conseil communal n’a pas mentionné de travaux illégaux postérieurs 

concernant le bâtiment A. 

X _________ SA n’a, en conséquence, pas à être condamnée en raison d’écarts entre ses 

travaux sur ce bâtiment et l’autorisation de construire du 10 novembre 2015. 

8. Le prononcé entrepris relève que la présence de locataire dans le bâtiment A a été 

constatée le 30 avril 2021, tandis que le permis d’habiter a été sollicité le 27 juillet 2021, puis 

« délivré le 9 septembre 2021, après transmission des documents encore nécessaires et 

réalisation des derniers éléments de construction manquants » (p. 3 et 4). 

L’appelante n’a pas contesté ces dates dont le rapprochement établit que la seconde des 

contraventions dont elle est accusée a été matériellement commise.  

Les organes d’une personne morale pratiquant, à l’instar de X _________ SA, l’entreprise 

générale de construction (cf. son but social à teneur de l’extrait de registre du commerce) 

savent que des appartements neufs ne peuvent être loués avant la délivrance d’un permis 

d’habiter, même s’ils n’ont rien d’une construction sauvage. 

 

Partant, sur ce volet de l’accusation, la condamnation de la prévenue au titre de l’art. 61 

al. 1 lit. a LC est légale, les agissements imputables à X _________ SA ayant été 

intentionnels (art. 63 al. 2 LC ; art. 12 al. 1 et 104 du code pénal suisse du 21 décembre 

1937 - CP ; RS 311.0 ; art. 71 al. 1 de sa loi d’application du 12 mai 2017 - LACP ; RS/VS 

311.1 ; cf. art. 63 al. 4 LC). 

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9. Le Conseil communal reproche à X _________ SA d’avoir laissé des locataires 

d’appartements dans le bâtiment A en prendre possession avant qu’aient été exécutés 

ou mis en place une série d’éléments de construction indispensables à la sécurité de 

ces gens (main courante, barrière, protection de fenêtre, etc.). 

On a vu au cons. 7 que, dans la mesure où l’octroi d’une autorisation de bâtir oblige son 

bénéficiaire à munir une construction ou une installation de dispositifs garantissant la 

sécurité de leurs occupants, de leurs utilisateurs ou de leurs visiteurs, l’absence et/ou la 

défectuosité de ces dispositifs ou de leur défectuosité ne tombent pas sous le coup de 

l’art. 61 al. 1 lit. a LC, si, comme en l’espèce, ces anomalies, détectées avant la fin du 

chantier, ont duré peu de temps et si leur prompte disparition a été constatée par l’obtention 

à assez court terme d’un permis d’habiter. 

D’où l’abandon de cette accusation.   

10. Le prononcé communal du 15 octobre 2021 avance d’autres charges liées aux 

travaux du bâtiment A : X _________ SA aurait indûment tardé à en annoncer la fin, 

formalité qu’elle n’a accomplie que le 27 juillet 2021, trois mois après l’emménagement 

des premiers locataires. Elle aurait aussi affiché peu d’empressement à compléter ce 

bâtiment par des barrières, des mains courantes etc. 

L’art. 55 al. 3 lit. b LC prévoit que le titulaire d’une autorisation doit informer l’autorité 

compétente du début et de la fin des travaux, mais il ne lui fixe pas de délais à ce propos. 

La lenteur de l’administré à se plier à ce devoir n’est donc pas punissable comme telle ; 

l’art. 61 al. 1 LC n’y fait aucune allusion (cf. son art. 63 al. 4 en relation avec l’art. 1 CP 

et l’art. 71 al. 1 LACP). 

La remarque vaut pour le rythme d’exécution d’un projet par le constructeur. L’art. 44 al. 

1 OC prescrit que les travaux doivent se poursuivre sans interruption jusqu’à leur 

achèvement. On lit, à l’al. 2, que « si les travaux sont suspendus sans justes motifs - 

pour un ensemble de constructions depuis plus de deux ans -  l’autorité compétente peut 

exiger soit leur achèvement, soit une adaptation acceptable ou, le cas échéant, la 

démolition des constructions et installations commencées avec remise en état des lieux 

dans un état conforme au droit ». Cette décision subséquente est un ordre de police des 

constructions dans l’acception de l’art. 61 al. 1 lit. a LC, en tant qu’il incrimine 

l’inexécution d’un ordre de ce genre. On doit logiquement en déduire que ce texte n’a 

pas à servir de base à la répression d’un simple retard dans le déroulement de la 

réalisation d’un projet. 

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11. Le Conseil communal souligne incidemment s’être aperçu le 27 juillet 2021 que les 

bâtiments B et C avaient « chacun quatre appartements supplémentaires non 

autorisés », circonstance que la décision attaquée rattache à une procédure de 

régularisation dont l’issue n’était pas encore connue le 15 octobre 2021, où l’appelante 

a été déboutée de sa réclamation. 

Ces assertions de l’autorité intimée conduisent à admettre que l’existence de ces huit 

logements additionnels est étrangère à l’objet du procès, les faits de la cause concernant 

uniquement le bâtiment A.   

12. Le Conseil communal a jugé X _________ SA coupable de contravention à plusieurs 

règles de la LC et de l’OC, ce qui a influencé à la hausse la fixation de l’amende de  

22 000 fr. litigieuse (art. 49 al. 1 et 104 CP ; art. 71 al. 1 LACP ; cf. p. ex. ATF 1C_604/2021 

du 17 novembre 2022 cons. 3.4). 

Cette opinion n’étant pas entièrement exacte (cf. cons. 7, 9 à 11), l’amende due de chef par 

X _________ SA (art. 63 al. 2 LC) s’individualise en fonction de la culpabilité que dénote la 

commission de la contravention discutée au cons. 9, du but de cette infraction, de la situation 

personnelle et patrimoniale de l’appelante au moment du jugement du procès, de ses 

antécédents, etc. (art. 47 al. 1, 104, 106 al. 3 CP ; art. 71 al. 1 LACP).  

Envisagés globalement, ces facteurs d’appréciation convainquent de ramener à 11 000 fr. 

l’amende de 22 000 fr. décidée le 15 octobre 2021 en Conseil communal. Elle était trop 

élevée dans une cause où il s’agissait, en définitive, d’un manquement, assez massif il est 

vrai, à une obligation à caractère procédural, sans violation d’une règle matérielle de droit 

des constructions. 

Une réduction plus forte reviendrait à encourager l’occupation de bâtiments ou d’installations 

sans au mépris des objectifs d’intérêt public que préserve l’art. 47 OC (cons. 4). 

 

13. L’appel est partiellement admis en ce sens (art. 34m lit. f ; art. 408 CPP).  

14. L’émolument de justice (500 fr., débours inclus) est réparti par moitié entre  

X _________ SA et la commune de C _________ qui versera à l’appelante 1300 fr. de 

dépens (art. 34m LPJA ; art. 424, 428 al. 1, CPP ; art. 91 LPJA par analogie ; art. 1 al. 2 

lit. c, 3, 4, 11, 13 et 22 lit. f, 27, 36 de la loi du 11 février 2009 fixant le tarif des frais et 

dépens devant les autorités judiciaires ou administratives - LTar ; RS/VS 173.8). 

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Prononce 

 

1. L’appel est partiellement admis ; le prononcé communal du 15 octobre 2021 est 

réformé ; X _________ SA est reconnue coupable de contravention à l’art. 61 al. 1 lit. a LC 

en relation avec l’art. 47 OC. Elle est condamnée à une amende de 11 000 francs. 

 

2. X _________ SA, et la commune de C _________ paieront chacune 250 fr. de justice. 

 
3. La commune de C _________ versera 1300 fr. de dépens à X _________ SA.   

 

4. Le présent arrêt est communiqué à Maître Jean-Michel Duc, avocat à Martigny, pour 

X _________ SA, et au Conseil communal de C _________, au même lieu. 

 

Sion, le 14 juillet 2023.