# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1d1151ec-b3e9-5383-b301-dc18252e13db
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2016 / 1027
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2016---1027_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

SU15.047353-161791

448 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
7 novembre 2016

__________________

Composition
:               M.             
winzap,
président

             
              Mmes             
Crittin Dayen et Courbat, juges

Greffier
:                           
M.              Valentino

 

 

*****

 

 

Art.
133 ss CDPJ

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par M.________,
à Genève, contre le certificat d’héritiers délivré le 10 octobre 2016
par le Juge de paix des districts du Jura-Nord vaudois et du Gros-de-Vaud dans le cadre de la succession
de F.C.________,
la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :

             
En fait :

 

 

A.             
Par décision du 10 octobre 2016, le Juge de paix des districts du Jura-Nord vaudois et du Gros-de-Vaud
(ci-après : le juge de paix) a délivré le certificat d’héritiers dans
le cadre de la succession de F.C.________, certifiant que le de
cujus avait laissé comme seules héritières
légales son épouse B.C.________, décédée le 17 juillet 2015, ainsi que sa sœur
D.________.

 

 

B.             
Par acte du 14 octobre 2016, la notaire F.________
a formé recours contre le certificat d’héritiers précité, en concluant à
sa modification en ce sens qu’il est spécifié que la part d’héritage (un quart)
revenant à la sœur du défunt, D.________, ne porte que sur le bien immobilier sis à
Genève, à savoir le feuillet [...] n° [...] de Meyrin, les trois quarts de cet immeuble
et la totalité des biens mobiliers – quelle que soit leur situation (Etats-Unis ou Suisse)
– revenant à l’épouse du défunt, B.C.________.

 

             
La notaire n’ayant pas indiqué dans son recours si elle agissait pour son compte ou pour le
compte d’un tiers, une procuration a été requise. Celle-ci a été produite dans
le délai imparti, indiquant que la notaire agissait pour le compte de M.________, soit l’héritier
de B.C.________.

 

 

C.             
La Chambre des recours civile fait sien dans son entier l'état de fait, complété par les
pièces du dossier, dont il ressort notamment ce qui suit :

 

1.             
F.C.________ et B.C.________, tous deux originaires
de Sainte-Croix (VD), se sont mariés le [...] 1956.

 

             
De leur union est né [...]. Celui-ci est décédé le [...] 2013 à Fairfax (Virginia,
Etats-Unis), où il était domicilié, comme cela résulte de l’acte de décès
(« Commonwealth of
Virginia – Certificate of death) établi
le [...] 2014 par le « Deputy
Registrar ».

 

             
F.C.________ est décédé le [...] 2014. Il était également domicilié aux
Etats-Unis (Fairfax, Virginia) au moment de son décès.

 

             
Son épouse B.C.________ est quant à elle décédée le [...] 2015. Elle était
domiciliée à Genève au moment de son décès.

 

2.             
Par courrier du 7 août 2015, la notaire F.________,
en faveur de qui B.C.________ avait signé, en date du 4 septembre 2014, une procuration aux fins
de recueillir les successions de son fils A.C.________ et de son mari F.C.________, a requis de la Justice
de paix des districts du Jura-Nord vaudois et du Gros-de-Vaud (ci-après : la justice de paix)
la délivrance d’un certificat d’héritiers dans le cadre de la succession de F.C.________
et a produit un extrait du Registre foncier indiquant qu’A.C.________ était propriétaire
d’un immeuble sis [...] à Genève (feuillet [...] n° [...] pour l’immeuble
et feuillet [...] n° [...] pour le garage).

 

3.             
Il résulte de l’acte de famille des
parents de F.C.________ – produit par Me F.________ sur requête de la justice de paix –
que F.C.________ avait deux soeurs, D.________ et [...], ainsi qu’un frère, [...], prédécédé.

 

             
Il a également été établi qu’ [...] était décédée le [...]
1926, soit le lendemain de sa naissance.

 

             
F.C.________ a ainsi laissé pour seuls héritiers
légaux son épouse B.C.________ (décédée le 17 juillet 2015 comme on l’a
vu) et sa sœur D.________, ce qui n’est pas contesté.

 

4.             
Par courriels des 18 mai et 4 juillet 2016, Me
F.________ a écrit à la justice de paix que le certificat d’héritiers à délivrer
dans le cadre de la succession de F.C.________ devait distinguer entre les biens meubles revenant intégralement
à B.C.________ selon le droit de l’Etat de domicile du défunt (en l’occurrence
le droit américain) et le bien immobilier sis à Genève, faute de quoi il ne lui serait
pas possible de liquider les avoirs bancaires encore au nom de F.C.________.

 

             
Par courriel du 7 juillet 2016, la justice de paix a répondu à Me F.________ que le certificat
d’héritiers de la succession de F.C.________ ne pouvait être établi que pour les
biens mobiliers et immobiliers en Suisse, les biens du défunt aux Etats-Unis étant de la compétence
des autorités américaines.

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
Les décisions relatives au certificat d'héritiers
et à sa délivrance sont des décisions gracieuses de droit fédéral. En matière
de dévolution successorale, le droit fédéral laisse aux cantons la latitude de choisir
entre une autorité administrative et un juge, ainsi que de fixer la procédure (Exposé
des motifs ad CDJP [Code de droit privé judiciaire vaudois du 12 janvier 2010 ; RSV 211.02],
mai 2009, n. 87 in fine
ad art. 108 du projet, p. 77). Dans le canton de Vaud, l'appel aux héritiers et le certificat d'héritiers
sont régis par les art. 126 et 133 ss CDPJ. Les art. 104 à 109 CDPJ s'appliquent par renvoi
de l'art. 111 CDPJ. Le CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272) est applicable
à titre supplétif (art. 104 et 108 CDPJ). La procédure sommaire s'applique à
la juridiction gracieuse (art. 248 let. e CPC), de sorte que seul le recours limité au
droit est recevable contre les décisions d'appel aux héritiers et relatives au certificat d'héritiers
(art. 109 al. 3 CDPJ ; CREC 1er
septembre 2014/302 ; CREC 9 mai 2014/203 ; CREC 17 avril 2014/143).

 

 

2.

2.1             
Le recours, écrit et motivé, doit s'exercer
dans les dix jours à compter de la notification de la décision motivée (art. 321 al. 1
et 2 CPC), auprès de la Chambre des recours civile (art. 73 al. 1 LOJV [loi vaudoise du 12 septembre
1979 d'organisation judiciaire ; RSV 173.01]).

 

             
L'existence d'un intérêt du recourant (art. 59 al. 2 let. a CPC) est une condition de recevabilité
de tout recours, cet intérêt devant être juridique et non uniquement de fait (ATF 127
III 429 consid. 1b ; ATF 120 II 5 consid. 2a ; ATF 118 II 108 consid. 2c ; JdT 2001 III
13 consid. 1d). Tel n’est pas le cas lorsque le recours porte uniquement sur l’indication
des parts héréditaires, cette indication, facultative, n’ayant aucune portée juridique
(ATF 118 II 108 consid. 2b et 2c ; Poudret/Wurzburger/Haldy, Procédure civile vaudoise, Lausanne
1996, n. 2.4 ad art. 489 CPC-VD, p. 716; CREC 4 avril 2011/20).

 

2.2             
En l'espèce, le recourant anticipe le partage
de la succession en sollicitant que le certificat d’héritiers indique que la part revenant
à la sœur de feu F.C.________, soit un quart de la succession, ne porte que sur le bien immobilier
sis à Genève, les trois quarts de cet immeuble et la totalité des biens mobiliers quelle
que soit leur situation (Etats-Unis ou Suisse) revenant à l’épouse du défunt.

 

             
Un certificat d'héritiers est cependant sans portée juridique sur les parts successorales (ATF
118 II 108 précité). Le recourant n’a dès lors aucun intérêt juridiquement
protégé à remettre en cause le certificat d’héritiers. Partant, son recours
doit être déclaré irrecevable.

 

             
Par ailleurs, le recourant n’est pas l’héritier de feu F.C.________, mais se prétend
héritier de feu B.C.________, décédée. Or, ce fait n’étant pas établi,
il n’a pas non plus intérêt juridiquement protégé dans la succession de feu
F.C.________, de sorte que son recours doit être déclaré irrecevable pour ce motif également.

 

 

3.             
Il s'ensuit que le recours doit être déclaré
irrecevable selon le mode procédural de l'art. 322 al. 1 CPC et la décision entreprise confirmée.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 800 fr. (art. 74 al. 1 TFJC),
seront mis à la charge du recourant, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC).

 

             
Il n'y a pas matière à l'allocation de dépens, l'intimée n'ayant pas été
invitée à se déterminer.

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 800 fr. (huit cents francs),
sont mis à la charge du recourant M.________.

 

             
III.             
L’arrêt est exécutoire.

 

Le
président :               Le greffier
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Me Valérie Marti (pour M.________),

‑             
Mme D.________.

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à 30'000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Juge de paix des districts du Jura-Nord vaudois et du Gros-de-Vaud.

 

             
Le greffier :