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**Case Identifier:** d326991e-d09d-5116-9916-0f879bb18773
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-04-10
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 10.04.2014 A/403/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-403-2014_2014-04-10.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/403/2014-CS DCSO/94/14

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 10 AVRIL 2014 

Plainte 17 LP (A/403/2014-CS) formée en date du 11 février 2014 par M. F______. 

* * * * * 

Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné 

et par plis recommandés du greffier du                            

à : 

- M. F______. 

- M. et Mme V______ 

c/o Me Nicolas WISARD, avocat 

BMG Avocats 

Avenue de Champel 8C 

Case postale 385 

1211 Genève 12. 

- M. et Mme B______ 

c/o Me Nicolas WISARD, avocat 

BMG Avocats 

Avenue de Champel 8C 

Case postale 385 

1211 Genève 12. 

- Office des poursuites. 

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A/403/2014-CS 

EN FAIT 

A.a.  M. F______ a transformé l'immeuble sis xx, rue Z______ à Genève en propriété 

par étages, dont il a vendu certains lots à Mme B______ et M. B______ (ci-après: 

les époux B______), d'une part, et à Mme V______ et M. V______ (ci-après: les 

époux V______), d'autre part. 

b. Selon les contrats de vente, certaines créances de droit public étaient garanties 

par une hypothèque légale. Le vendeur certifiait qu'il avait satisfait, au plus tard 

au jour de l'entrée en jouissance, à toutes les obligations susceptibles de donner 

naissance à de telles créances. 

c. Un litige est survenu entre M. F______ et les deux couples relatif à la prise en 

charge de la taxe d'écoulement d'eau, qui a donné lieu à un échange de 

correspondance entretenu depuis juillet 2013 à ce sujet. Les deux couples se sont 

acquittés de la taxe le 25 novembre 2013, de sorte que le Département de 

l'environnement, des transports et de l'agriculture a renoncé à requérir l'inscription 

de l'hypothèque légale. 

d. Le 3 février 2014, M. F______ s'est vu notifier un commandement de payer, 

poursuite n° 14 xxxx42 L, à la requête des époux B______. Il porte sur les 

sommes de 4'948 fr. 70 avec intérêts à 5% dès le 20 novembre 2013 et de 3'537 fr. 

30 avec intérêts dès le 13 janvier 2014 et mentionne différentes factures ainsi que 

le dommage résultant de la violation du contrat de vente et le non-paiement de la 

taxe d'écoulement. 

Les époux V______ ont également fait notifier un commandement de payer, 

poursuite n° 14 xxxx43 K, à M. F______ pour les montants de 2'323 fr. 70 avec 

intérêts à 5% dès le 20 novembre 2013 et de 3'537 fr. 30 avec intérêts à 5% dès le 

13 janvier 2014. Les titres invoqués des créances sont également différentes 

factures, ainsi que le dommage résultant de la violation du contrat de vente et du 

non-paiement de la taxe d'écoulement.  

e. Opposition a été formée aux deux commandements de payer. 

B.  Par acte déposé le 11 février 2014 au greffe de la Chambre de céans, M. F______ 

se plaint du caractère abusif et injustifié des deux poursuites. Celles-ci lui ont été 

adressées pour lui nuire et porter préjudice. Le contrat de vente mettait le 

paiement de la taxe litigieuse à la charge de l'entreprise G______ SA. Par ailleurs, 

lorsqu'il avait acquis l'immeuble, il avait été trompé et escroqué par l'ancien 

propriétaire, contre lequel il avait déposé plainte pénale. Les époux B______ 

étaient des connaissances du père du directeur de G______ SA et leur conseil 

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A/403/2014-CS 

savait pertinemment qu'il n'était pas responsable du paiement de la taxe. A défaut 

de radiation des deux poursuites dans les meilleurs délais, il saisirait également la 

Commission du barreau. Aucune hypothèque n'avait grevé les immeubles. Il était 

ainsi évident qu'il faisait l'objet d'une tentative d'extorsion de la part des deux 

couples; il allait déposer plainte pénale pour ces faits.  

 L'Office des poursuites (ci-après: l'Office) conclut au rejet de la plainte. Il relève 

qu'il n'a pas à sa prononcer sur le bien-fondé de la créance. Au vu des pièces 

produites, "il ne saute pas aux yeux" que les poursuites seraient abusives. 

 Les époux B______ et V______ soulignent qu'il s'agit d'obtenir réparation et en 

aucun cas de nuire au poursuivi. Ils exposent que selon l'art. 129 al. 1 de la Loi 

cantonale sur les eaux (LEaux; RS/GE L 2 05), le paiement de la taxe 

d'écoulement est garanti par une hypothèque légale; la créance est exigible dès la 

délivrance de l'autorisation de construire (art. 12 Règlement relatif aux taxes 

d'épuration et d'écoulement; RS/GE L 2 05.21). Selon l'art. 836 CC, dans sa teneur 

en vigueur jusqu'au 1er janvier 2012, les hypothèques égales crées par le droit 

cantonal étaient valables sans inscription. Ils estiment qu'au regard du contrat les 

liant au plaignant, le paiement de la taxe lui incombe.  

 Par courrier du 19 mars 2014, le plaignant a fait parvenir à la Chambre de céans 

copie de la dénonciation qu'il a dirigée contre le conseil des intimés auprès de la 

Commission du barreau. Au vu de cette dénonciation, il a sollicité "l'ouverture 

d'enquêtes avec confrontation ainsi que citation de témoins". Dans sa 

dénonciation, la plaignant indique que le conseil des intimés aurait fait savoir à 

Me Damien BLANC que "cette action" avait été entreprise dans le but de diviser 

le plaignant de l'administrateur de la PPE et que si ce dernier démissionnait, les 

commandements de payer seraient retirés. 

Par pli du 21 mars 2014, les parties ont été informées que la cause était gardée à 

juger. 

EN DROIT 

1. 1.1 La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes 

formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 

3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures de l'Office non attaquables par la voie 

judiciaire (art. 17 al. 1 LP), telle la notification de commandements de payer. 

La plainte a été déposée dans le délai de dix jours dès notification des deux 

commandements de payer (art. 17 al. 2 LP). La question de savoir si le plaignant 

aurait dû déposer deux plaintes dès lors qu'il conteste deux poursuites distinctes, 

peut demeurer indécise, compte tenu de l'issue du litige (art. 9 al. 1 LaLP et art. 65 

al. 1 et 2 LPA applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP). 

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Par ailleurs, les parties se sont exprimées dans le cadre de l'échange d'écritures 

ordonné par la Chambre de céans et le plaignant lui a encore fait parvenir une 

écriture spontanée le 19 mars 2014. La Chambre s'estime ainsi suffisamment 

renseignée sur les faits pertinents pour trancher le litige et ne donnera donc pas 

suite à la demande de procéder à d'autres actes d'instruction.  

2. Le plaignant reproche aux intimés une utilisation abusive du droit des poursuites. 

2.1 Saisi d'une réquisition de poursuite, l'Office est tenu d'y donner suite par la 

notification du commandement de payer (art. 71 al. 1 LP), sans avoir à se soucier 

de la réalité de la créance réclamée (Pierre-Robert GILLIERON, Commentaire de la 

loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, 2000, n° 16 ad art. 67 LP). 

2.2 Selon la jurisprudence, la nullité d'une poursuite pour abus de droit (art. 2 al. 2 

CC) ne peut être admise que dans des cas exceptionnels, notamment lorsqu'il est 

manifeste que le poursuivant agit dans un but n'ayant pas le moindre rapport avec 

la procédure de poursuite ou pour tourmenter délibérément le poursuivi. Une telle 

éventualité est réalisée, par exemple, lorsque le poursuivant fait notifier plusieurs 

commandements de payer fondés sur la même cause et pour des sommes 

importantes, sans jamais requérir la mainlevée de l'opposition, ni la 

reconnaissance judiciaire de sa prétention ou encore lorsqu'il reconnaît, devant 

l'office des poursuites ou le poursuivi lui-même, qu'il n'agit pas envers le véritable 

débiteur (ATF 115 III 18 consid. 3b; arrêt du Tribunal fédéral 5A_595/2012 du  

24 octobre 2012 consid. 4, reproduit in SJ 2013 I 188 ss). 

La procédure de plainte de l'art. 17 LP ne permet pas d'obtenir l'annulation de la 

poursuite en se prévalant de l'art. 2 al. 2 CC, dans la mesure où le grief pris de 

l'abus de droit est invoqué à l'encontre de la réclamation litigieuse; la décision à ce 

sujet est réservée au juge ordinaire. En effet, c'est une particularité du droit suisse 

que de permettre l'introduction d'une poursuite sans devoir prouver l'existence de 

la créance (ATF 113 III 2 consid. 2b; SJ 2013 I 190). L'exécution forcée s'opère 

sur la simple demande du créancier, sans jugement préalable des tribunaux (arrêt 

du Tribunal fédéral 5A_76/2013 du 15 mars 2013). Toute personne peut ainsi 

engager une poursuite même si elle n'est pas créancière et faire reconnaître son 

droit par la voie de la procédure ordinaire après que le poursuivi a fait opposition 

(art. 79 LP; arrêt du Tribunal fédéral 7B.36/2006 du 16 mai 2006 consid. 2.2).  

2.3 En l'espèce, il est établi que les parties sont liées par un contrat de vente 

régissant leurs rapports réciproques. Leur avis diverge quant à la question de 

savoir à qui incombe le paiement de la taxe d'écoulement. Il n'est pas contesté que 

les intimés se sont acquittés de cette taxe. La Chambre de céans n'est toutefois pas 

compétente pour examiner à qui il revenait, au regard de la convention des parties, 

de payer cette taxe; cette compétence appartient au juge ordinaire, qui seul peut se 

prononcer sur le bien-fondé de la créance.  

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A/403/2014-CS 

La Chambre peut uniquement examiner s'il existe des éléments permettant de 

conclure à une utilisation abusive du droit des poursuites. Or, de tels éléments font 

défaut en l'espèce. En effet, la notification du commandement de payer s'inscrit 

dans le différend qui oppose les parties et tend, notamment, au paiement du 

montant dont la prise en charge est précisément litigieuse. Ainsi, quand bien 

même, comme le soutient le plaignant, en cas de démission de l'administrateur, les 

commandements de payer seraient retirés, il n'en demeure pas moins que les 

intimés ont fait valoir qu'ils détenaient une créance envers le plaignant bien avant 

de requérir la poursuite. Il n'apparaît ainsi pas vraisemblable que la créance 

déduite en poursuite serait alléguée dans le seul but de nuire à la réputation du 

plaignant ou d'agir de manière chicanière à son encontre.  

Ainsi, faute d'indices convergents démontrant de façon patente que l'institution du 

droit de l'exécution forcée est détournée de sa finalité, les poursuites querellées ne 

procèdent pas d'un abus manifeste de droit. La plainte sera en conséquence 

rejetée. 

3.  La procédure de plainte est gratuite (art. 61 al. 2 let. a OELP). 

* * * * * 

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A/403/2014-CS 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

Au fond : 

Rejette, dans la mesure où elle est recevable, la plainte formée le 11 février 2014 par  

M. F______ contre les commandements de payer, poursuites n
os

 14 xxxx42 L et  

14 xxxx43 K. 

Siégeant : 

Madame Florence KRAUSKOPF, présidente; Madame Valérie CARERA et  

Monsieur Philippe VEILLARD, juges assesseur(e)s; Madame Véronique PISCETTA, 

greffière. 

 

La présidente : 

Florence KRAUSKOPF 

 La greffière : 

Véronique PISCETTA 

 

 

 

 

Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance en matière de poursuite pour 

dettes et faillite (art. 126 LOJ). Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 

dix jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2  

let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). 

L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, 

elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans une langue 

officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de preuve, et être 

signé (art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.