# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 4e2fdf95-368f-532b-a826-bc8003997506
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-06-15
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 15.06.2020 P/21690/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-21690-2014_2020-06-15.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/21690/2014 ACPR/395/2020 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du lundi 15 juin 2020 

 

Entre 

A______, actuellement détenu à la prison B______, comparant par Me C______, avocat,  

recourant, 

 

contre le mandat d'expertise psychiatrique ordonné le 17 février 2020 par le Ministère 

public, 

 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B,  

1213 Petit-Lancy, case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé. 

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P/21690/2014 

EN FAIT : 

A. Par lettre datée du 26 février 2020 – expédiée à une date que l’enveloppe ne permet 
pas de déterminer –, A______ – en personne – déclare vouloir faire recours contre le 
mandat d'expertise du 17 février 2020, notifié le lendemain à son conseil, par lequel 
le Ministère public a ordonné son expertise psychiatrique. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. A______ est prévenu, dans la présente procédure, de dénonciation calomnieuse 
(art. 303 CP) – notamment à l'égard de D______, son ancien bailleur –, faux dans les 
certificats (art. 252 CP), faux dans les titres (art. 251 CP), appropriation 
illégitime/vol et suppression de titres (art. 137/139 et 254 CP), tentative de contrainte 
(art. 22 et 181 CP), obtention frauduleuse d'une constatation fausse (art. 253 CP), 
tentative d'escroquerie (art. 22 et 146 CP) et escroquerie (art. 146 CP). 

Il nie les faits et explique, notamment, que les documents soupçonnés d’être des faux 
auraient été placés chez lui par D______ et le Procureur général (cf. procès-verbaux 
d'audiences des 19 décembre 2019 et 3 mars 2020). 

b. Au bénéfice d'une défense obligatoire, A______ a été défendu, sans interruption, 
par Me E______ jusqu'au 28 novembre 2019, puis par Me F______ jusqu'au 10 mars 
2020, et, depuis cette date, par son conseil actuel. 

c.a. A______ fait l'objet d'une autre procédure pénale, P/1______/2009, dans le 
cadre de laquelle il a fait l'objet d'une expertise psychiatrique, dont le rapport a été 
rendu le 25 février 2010. Menée par les Dresses G______ et H______, l'expertise a 
été signée par le Dr I______ avec la mention "visé". 

L'expertise conclut que A______ présentait un trouble mixte de la personnalité avec 
des traits narcissiques et antisociaux, d'intensité modérée. Ce trouble n'était pas 
assimilable à un grave trouble mental. La personnalité de l'expertisé était marquée 
par une tendance à la manipulation et au mensonge, qui pourrait aller jusqu'à la 
mythomanie. Il s'inventait une histoire invraisemblable pour se donner une image 
grandiose et importante, et effectuait "de notables falsifications de la réalité" sans 
que ses néo-constructions puissent être qualifiées de délirantes. Il avait fait preuve 
d'un manque de coopération pour l'évaluation diagnostique – il n'avait pas délié ses 
médecins traitants du secret médical – et donné plusieurs renseignements 
contradictoires au sujet de sa santé mentale.  

L'expertisé présentait un risque de commettre à nouveau des infractions du même 
genre, "en raison de la présence d'une personnalité génératrice de délit, de l'absence 
de réponse à l'effet dissuasif de la démarche pénale et du status psychiatrique 

observé (anosognosie, déni important et fixité du raisonnement)". Aucun traitement 
médical ni soins spéciaux n'étaient susceptibles de diminuer le risque de récidive. 

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c.b.  Après avoir été condamné par défaut par le Tribunal de police, dans le cadre de 
la procédure P/1______/2009 précitée, A______ n'a pas comparu aux audiences des 
6 juin et 6 octobre 2016 devant la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour 
de justice (ci-après, CPAR). Il a présenté un certificat médical du Dr J______ à 
teneur duquel il était dans l'incapacité de participer à l'audience et de transmettre à 
son conseil les instructions utiles à sa défense. Par ordonnance du 22 décembre 2016, 
la CPAR a ajourné les débats et transmis le dossier au Ministère public, pour 
ordonner l'expertise psychiatrique du prévenu.  

La Chambre de céans n'a pas connaissance de l'éventuelle expertise qui aurait été 
rendue par suite de l'ordonnance de la CPAR. 

d.  En octobre 2019, le Procureur chargé des deux procédures – celle-ci et la 
P/1______/2009 – a procédé au signalement de A______ au Tribunal de protection 
de l'adulte et de l'enfant (ci-après, TPAE). 

e. Dans la présente procédure, après avoir décidé d'ordonner une expertise 
psychiatrique de A______, le Ministère public a transmis aux parties, le 22 octobre 
2019, le nom des experts – soit le Dr I______, psychiatre, et Madame K______, 
psychologue – et le projet de mandat d’expertise, leur impartissant un délai pour faire 
connaître leurs éventuelles observations.  

f. Par lettre de son conseil, du 4 novembre 2019, A______ a fait savoir au 
Ministère public qu'il refusait de se soumettre à "une telle" expertise, tant que 
perdurait sa détention.  

Il convenait, par ailleurs, s'agissant du projet d'expertise proprement dit, "de 
déterminer, sous l'angle de l'art. 144 al. 3 CPP, [s'il était] en état psychique de 

prendre part aux audiences et aux actes de procédure ; autrement dit, de se défendre 

seul ou moyennant des instructions cohérentes données à son représentant. Il 

s'agi[ssait] en effet de savoir [s'il] dispos[ait] de la capacité de discernement 

nécessaire lui permettant d'appréhender le contexte juridique dans lequel il se 

trouv[ait] pour être à même de défendre ses intérêts dans le cadre de la procédure 

pénale initiée à son encontre et d'instruire rationnellement son représentant dans 

cette perspective." Ce n'était qu'après l'élucidation de ce point, qu'une extension de 
l'expertise psychiatrique pourrait être envisagée aux questions relevant de sa 
responsabilité pénale sous l'angle de l'art. 19 CP et des mesures au sens de l'art. 56ss 
CP. 

 A______ s'est, par ailleurs, déterminé comme suit sur les questions posées aux 
experts : 

 - I.1. :  Il estimait que les experts seraient dans l'impossibilité de répondre à la 
question "Au moment des faits, le prévenu possédait-il […]", car ils ne 
pouvaient pas donner une réponse valable sur l'état de santé mental d'un 
individu plusieurs années auparavant sur la base d'un examen médical 

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effectué maintenant. Il était dès lors nécessaire de poser les questions 
relatives à la responsabilité pénale du prévenu "dans l'expectative d'avoir 
des réponses sur son état de santé mental actuel". 

 - II.1 :  À la question "L'examen du prévenu met-il en évidence un grave trouble 
mental au moment des faits ?", il convenait de supprimer l'adjectif 
"grave", car il orientait la question, ce d'autant plus que la question 
finissait par la demande d'évaluation du degré de sévérité du trouble, et 
donc de sa gravité. 

 - II.2 :  Il convenait ici aussi de supprimer la mention "au moment des faits". 

 - II.3 : Il fallait supprimer la question "L'acte punissable reproché au prévenu 
est-il en relation avec son état mental ou son addiction ?", car les experts 
ne pouvaient établir une corrélation pour des faits remontant à plusieurs 
années. 

 - II.4 : Dans la question "Le prévenu présente-t-il un risque de commettre à 
nouveau des infractions ?", il fallait remplacer "à nouveau" par "dans le 
futur", faute de quoi le Ministère public préjugerait. 

 - II.5 :  Il y avait lieu de supprimer la question "En cas de réponse affirmative à 
la question II.3 et de réponse affirmative aux questions II.1 et II.2, est-ce 

qu'une peine seule suffirait à écarter le danger que le prévenu commette 

d'autres infractions après sa libération?", car il n'appartenait pas aux 
experts d'y répondre mais à la justice. 

 - II.6.1 :  Dans la question "Existe-t-il un traitement médical ou des soins spéciaux 
susceptibles de diminuer le risque de récidive ? si oui, lequel ?", il fallait 
remplacer les termes "diminuer le risque de récidive" par "amélioration 
[de] l'état de santé mental du prévenu afin d'éviter le risque de 

commission d'infraction dans le futur", faute de quoi le Ministère public 
préjugerait. 

 - II.6.4 : Même suggestion que ci-dessus (ad II.6.1) pour la question "En 
particulier, à quelle durée de traitement faut-il s'attendre pour obtenir 

une diminution du risque de récidive ?". 

 - II.6.5 : Même suggestion que ci-dessus (ad II.6.1) pour la question "Quelles sont 
les perspectives de diminution du risque de récidive dans les cinq ans ?". 

 g. À teneur du dossier, le Ministère public n'a pas répondu au courrier précité. 

C. Dans sa décision querellée, le Ministère public considère, sur la base de l’état actuel 
des investigations, qu’il est indispensable d’établir l’expertise psychiatrique de 

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A______. Le mandat d'expertise n'intègre aucune des modifications demandées par 
A______. 

D. a.  Dans son recours, A______ s’oppose à l’expertise psychiatrique, qu’il estime 
"abusive et inutile", car il "conteste toutes les fausses accusations contre [lui]".  

 Il demande, par ailleurs, la récusation des experts, laquelle fait l'objet de l'arrêt séparé 
ACPR/393/2020 rendu ce jour. 

 b.  Dans ses observations du 5 mai 2020, le Ministère public conclut au rejet du 
recours. A______ devait être soumis à une expertise psychiatrique, afin de permettre 
d'établir l'éventuel trouble qui semblait l'affecter, ainsi que l'existence ou non d'un 
risque de réitération et les éventuelles mesures à préconiser. Il se prononce, au 
surplus, sur la demande de récusation. 

 c.  Dans sa réplique du 18 mai 2020, A______, par son avocat, rappelle avoir 
relevé, le 4 novembre 2019, "l'incohérence apparente du fait que le Ministère public 
considérait d'une part que le prévenu était capable de prendre part aux débats, étant 

physiquement et mentalement apte à les suivre, et de se défendre seul ou moyennant 

des instructions cohérentes données à son représentant, et d'autre part procédait au 

signalement du prévenu au TPAE en vue du prononcé d'une curatelle, et ordonnait 

une expertise psychiatrique". 

 d. Le Ministère public n'a pas dupliqué. 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP) – faute d'avoir pu déterminer la date d'envoi 
du recours –, concerner une décision sujette à recours auprès de la Chambre de céans 
(art. 393 al. 1 let. a CPP; arrêt du Tribunal fédéral 1B_242/2018 du 6 septembre 2018 
consid. 2.4), et émaner du prévenu qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a 
CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou 
à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

2. Le recourant conteste le principe de l'expertise. 

2.1. En vertu de l'art. 20 CP, l'autorité doit ordonner une expertise non seulement 
lorsqu'elle éprouve effectivement des doutes quant à la responsabilité de l'auteur, 
mais aussi lorsque, d'après les circonstances du cas particulier, elle aurait dû en 
éprouver, c'est-à-dire lorsqu'elle se trouve en présence d'indices sérieux propres à 
faire douter de la responsabilité pleine et entière de l'auteur au moment des faits 
(arrêt du Tribunal fédéral 6B_352/2014 consid. 5.1 non publié in ATF 141 IV 271 ; 
ATF 133 IV 145 consid. 3.3). La ratio legis veut que le juge, qui ne dispose pas de 
connaissances spécifiques dans le domaine de la psychiatrie, ne cherche pas à écarter 
ses doutes lui-même, fût-ce en se référant à la littérature spécialisée, mais que 

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confronté à de telles circonstances, il recourt au spécialiste (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_987/2017 du 12 février 2018 consid. 1.1). 

2.2. Constituent de tels indices, une contradiction manifeste entre l'acte et la 
personnalité de l'auteur, le comportement aberrant du prévenu, un séjour antérieur 
dans un hôpital psychiatrique, une interdiction prononcée en vertu du code civil, une 
attestation médicale, l'alcoolisme chronique, la dépendance aux stupéfiants, la 
possibilité que la culpabilité ait été influencée par un état affectif particulier ou 
l'existence de signes d'une faiblesse d'esprit ou d'un retard mental (ATF 116 IV 273 
consid. 4a; arrêt du Tribunal fédéral 6B_341/2010 du 20 juillet 2010 consid. 3.3.1).  

 2.3. En l’espèce l’expertise psychiatrique du recourant rendue en 2010 n’avait pas 
constaté l’existence d’un grave trouble mental. Il présentait un trouble mixte de la 
personnalité avec des traits narcissiques et antisociaux, d'intensité modérée. Depuis 
lors, le recourant a déposé plainte pénale à plusieurs reprises contre son ancien 
bailleur, qu’il soupçonnait de commettre des infractions. Par ailleurs, interrogé dans 
le cadre de la présente procédure sur les nombreux documents soupçonnés de 
constituer des faux dans les titres, il a systématiquement déclaré que ces documents 
avaient été établis et placés chez lui par son ancien bailleur et/ou par le Procureur 
général. 

 Le comportement et les propos du recourant sont ainsi de nature à faire douter, 
désormais, de l'existence d'un grave trouble mental et, donc, de sa responsabilité au 
moment de la commission des faits qui lui sont reprochés. 

 C’est dès lors à bon droit que l’expertise psychiatrique a été ordonnée, à cette fin. 

3. Le recourant estime que sa capacité à prendre part aux débats doit être examinée en 
premier lieu. 

3.1. À teneur de l'art. 114 CPP, le prévenu est capable de prendre part aux débats s'il 
est physiquement et mentalement apte à les suivre (al. 1). Si le prévenu est 
temporairement incapable de prendre part aux débats, les actes de procédure qui ne 
souffrent pas de report sont exécutés en présence de son défenseur (al. 2). Si le 
prévenu est durablement incapable de prendre part aux débats, la procédure est 
suspendue ou classée. Les dispositions spéciales régissant la procédure contre les 
prévenus irresponsables sont réservées (al. 3). 

Lorsque le prévenu est incapable de prendre part aux débats, ou que l'on établit qu'il 
était irresponsable au sens de l'art. 19 CP au moment des faits, la poursuite pénale ne 
sera pas engagée ou, à tout le moins, ne sera pas poursuivie (L. MOREILLON / A. 
PAREIN-REYMOND, Petit commentaire CPP, Code de procédure pénale, 2ème 
éd., Bâle 2016, n. 13 ad art. 114 CPP). Elle devra être classée selon l'art. 319 al. 1 let. 
d CPP (Y. JEANNERET / A. KUHN / C. PERRIER DEPEURSINGE (éds), 
Commentaire romand : Code de procédure pénale suisse, 2ème éd., Bâle 2019, n. 16 
ad art. 114 CP). 

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3.2. En l'espèce, le recourant a déjà mis en cause, dans la procédure parallèle, sa 
capacité à participer à l'audience de jugement, en 2016. Il questionne désormais son 
aptitude à prendre part à l'instruction de la présente cause, estimant en outre que le 
signalement opéré par le Ministère public, en octobre 2019, auprès du TPAE 
corroborerait cette incapacité.  

Le Ministère public, à qui cette question a été soumise par le recourant en novembre 
2019, n'y a pas répondu, et ne l'a pas abordée non plus dans le cadre du présent 
recours, ce qu'on peut regretter car on ignore dès lors pour quelle raison le Procureur 
a refusé d'intégrer à l'expertise la question relative à la capacité du prévenu de 
prendre part à la procédure pénale, au sens de l'art. 114 CPP. 

Cette question ne doit toutefois pas être éludée plus longtemps, puisqu'elle s'est 
également posée dans la procédure parallèle, dont les éventuelles conclusions n'ont 
pas été versées à la présente procédure. Elle sera donc posée aux experts, étant relevé 
que, contrairement à l'avis du recourant, elle n'est pas incompatible avec le mandat 
d'expertise querellé, qui a pour but de déterminer l'état psychique du recourant et sa 
responsabilité au moment des faits. 

Le recourant n'a pas formulé expressément – ni dans sa lettre du 4 novembre 2019 ni 
dans son recours – la question à soumettre aux experts s'agissant de sa capacité à 
prendre part aux débats, et le Ministère public ne n'est pas prononcé sur ce point. 
Toutefois, le contenu de cette question ressort implicitement de l'argumentation du 
recourant, qui repose sur l'art. 114 al. 3 CPP. Il paraît ainsi superflu et contraire à 
l'intérêt du recourant, qui est détenu, de retourner la cause à l'autorité précédente 
pour qu'elle formule la question et la soumette au précité. Elle sera dès lors, afin de 
ne pas retarder davantage l'expertise, soumise aux experts par la Chambre de céans. 

Le mandat d'expertise du 17 février 2020 sera ainsi complété par les questions 
suivantes : 

III. Capacité de prendre part aux débats (art. 114 CPP) : 

1. Le prévenu est-il actuellement capable de prendre part à l'instruction ? 

2. Dans la négative, le prévenu est-il empêché de donner des instructions à son 
défenseur ?  

3. L'éventuel empêchement constaté (sous III.1 et/ou III.2) est-il de nature 
temporaire ou durable ? 

Le Ministère public sera invité à compléter le dossier en y versant l'éventuel rapport 
d'expertise – portant sur cette même problématique – rendu dans la procédure 
parallèle P/1______/2009 par suite de l'ordonnance de la CPAR, et à en transmettre 
une copie aux experts. 

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4. Le recourant demande la modification de plusieurs questions du mandat d'expertise 
querellé. 

C'est à tort que le recourant estime que les experts ne seraient pas en mesure de 
déterminer sa responsabilité au moment des faits (ad I.1). Les experts psychiatres 
détiennent précisément les connaissances, expérience et expertise pour répondre à 
cette question, ainsi qu'à celles en lien avec une éventuelle 
toxicodépendance/addiction au moment des faits (ad II.2, II.3). 

La notion de grave trouble mental (ad II.1) est issue de l'art. 59 al. 1 CP. Son degré 
de sévérité est variable. La formulation de cette question est correcte. 

On ne voit pas en quoi la mention "à nouveau" (ad II.4), plutôt que "dans le futur", 
rendrait les experts suspects de prévention. Le Tribunal fédéral a récemment rappelé 
que pour procéder à sa mission, l'expert psychiatre ne peut pas ignorer les faits à 
l'origine de la procédure et dont la réalité doit être établie par les autorités judiciaires, 
même si ceux-ci sont contestés en tout ou en partie par le prévenu. L'expert doit 
prendre en compte comme hypothèse de travail la réalité des actes délictueux 
dénoncés. Une apparence de prévention de la part d'un expert ne saurait donc 
découler du seul fait que celui-ci a pris en compte, à titre d'hypothèse de travail, une 
éventuelle commission par le prévenu des infractions qui font l'objet de la procédure 
(arrêt 1B_516/2019 du 4 février 2020 consid. 2.1). Partant, si l'expert peut, pour 
procéder à sa mission, partir de l'hypothèse que les faits sont avérés, il peut ensuite 
répondre à la question de savoir s'il existe un risque que le prévenu commette "à 
nouveau" des infractions. De même, on ne saurait voir dans l'expression "risque de 
récidive" une quelconque prévention (ad II.6.1, 6.4 et 6.5). La formulation de ces 
questions est dès lors correcte. 

S'il appartient bien sûr au juge de déterminer la peine éventuelle, et de fixer celle-ci, 
il peut être demandé aux experts de se prononcer sur la question de savoir, en 
présence d'un grave trouble mental ou d'une addiction, si le risque de réitération 
serait suffisamment écarté par une peine seule, ou si une mesure (art. 56 al. 1 CP) 
serait plus efficace (ad II.5). 

Les questions posées aux experts n'ont donc pas à être modifiées. 

5. Le recours sera partiellement admis et le mandat d'expertise complété dans la mesure 
retenue ci-dessus. 

6. Le recourant, qui succombe dans une grande mesure, supportera la moitié des frais 
envers l'État, qui seront fixés en totalité à CHF 800.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du 
Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ; E 4 10.03). 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 
Admet partiellement le recours. 

Dit que le mandat d'expertise psychiatrique est complété par les questions suivantes : 

III. Capacité de prendre part aux débats (art. 114 CPP) : 

1. Le prévenu est-il actuellement capable de prendre part à l'instruction ? 

2. Dans la négative, le prévenu est-il empêché de donner des instructions à son 
défenseur ?  

3. L'éventuel empêchement constaté (sou ch. III.1 et/ou III.2) est-il de nature 
temporaire ou durable ? 

Invite le Ministère public à verser à la présente procédure, et à transmettre aux experts, 
copie de l'éventuel rapport d'expertise rendu dans la procédure parallèle P/1______/2009 
par suite de l'ordonnance de la Chambre pénale d'appel et de révision du 22 décembre 
2016. 

Rejette le recours pour le surplus. 

Condamne A______ à la moitié des frais de la procédure de recours, arrêtés à CHF 800.-, 
soit CHF 400.-, le solde étant laissé à la charge de l'État. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, au recourant (soit pour lui son défenseur) et au 
Ministère public. 

Le communique, pour information, au Dr I______ et à Madame K______. 

 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Daniela CHIABUDINI, juges; Monsieur Julien CASEYS, greffier. 

 

Le greffier : 

Julien CASEYS 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

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Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF). 

  

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P/21690/2014 ÉTAT DE FRAIS  

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 10.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF       

- délivrance de copies (let. b) CHF       

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 715.00 

-  CHF       

Total  CHF  800.00