# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9c658dff-8f65-5415-bbdc-639625835d30
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-07-23
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 23.07.2018 502 2018 143
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2018-143_2018-07-23.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2018 143

Arrêt du 23 juillet 2018

Chambre pénale

Composition Président: Hubert Bugnon
Juges: Sandra Wohlhauser, Marc Sugnaux 
Greffière-rapporteure: Aleksandra Bjedov

Parties A.________, prévenu et recourant, représenté par Me Laurent 
Bosson, avocat 

contre

MINISTÈRE PUBLIC, intimé

Objet Détention provisoire – risque de collusion 

Recours du 10 juillet 2018 contre l'ordonnance du Tribunal des 
mesures de contrainte (Tmc) du 4 juillet 2018

Tribunal cantonal TC 
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considérant en fait

A. A.________ a été arrêté le 2 avril 2018 en compagnie de deux autres personnes dans un 
véhicule. Il a été mis en prévention de délit selon l'art. 19 al. 1 de la loi fédérale sur les stupéfiants 
et est soupçonné d'avoir mené depuis plusieurs mois un important trafic de cocaïne, en particulier 
d'avoir fait venir en Suisse des "mules" avec importation de plusieurs centaines de grammes et 
d'avoir œuvré comme fournisseur de plus de 430 grammes. Ce prévenu, qui dans un premier 
temps a nié toute implication, a par la suite admis être consommateur depuis mai 2017, et dans ce 
cadre d'avoir acquis une cinquantaine de grammes et vendu une douzaine de grammes.

Par ordonnance du Tmc du 3 avril 2018, ce prévenu a été placé en détention provisoire pour une 
durée de trois mois, soit jusqu’au 1er juillet 2018, en raison d'un risque de collusion. La question de 
la présence d'un risque supplémentaire de fuite, également invoqué par le Ministère public, a été 
laissée ouverte. 

Par ordonnance du 4 juillet 2018, rendue après une ordonnance de mesure provisoire du 26 juin 
2018, le Tmc a prolongé cette détention jusqu'au 1er octobre 2018, pour le même risque. 

B. Par acte de son défenseur d'office du 10 juillet 2018, le prévenu a interjeté recours. Il 
conclut principalement à ce que la demande de prolongation de la détention provisoire soit rejetée 
et à ce qu'il soit remis en liberté séance tenante, subsidiairement à ce que la demande de 
prolongation de la détention provisoire soit rejetée et à ce qu'à titre de mesures de substitution, 
interdiction lui soit faite d'entrer en contact avec toutes les personnes ayant été auditionnées dans 
le cadre de la procédure pénale dont il fait l'objet, plus particulièrement B.________ ainsi que 
C.________, frais à la charge de l'Etat. 

Par acte du 12 juillet 2018, le Tmc a transmis ses dossiers et a conclu au rejet du recours en se 
référant à son ordonnance. 

Lui aussi invité à se déterminer sur le recours, le Ministère public l'a fait par courrier du 13 juillet 
2018, tout en transmettant son dossier. Il conclut au rejet du recours. 

Ces déterminations et l'avis de possibilité d'observations, adressés le 16 juillet 2018, n'ont pas pu 
être notifiés au conseil du recourant pour cause d'absence de celui-ci.

en droit

1.

1.1. La décision ordonnant une détention provisoire ou sa prolongation est sujette à recours 
auprès de la Chambre pénale (art. 20 al. 1 let. c, 222 et 393 al. 1 CPP, art. 64 let. c et 85 LJ).

1.2. Le prévenu a un intérêt juridiquement protégé manifeste à un recours contre une décision 
ordonnant sa détention. 

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1.3. Doté de conclusions et d’une motivation suffisante, le recours répond apparemment aux 
exigences de forme (art. 385 CPP) et le délai de dix jours pour recourir (art. 322 al. 2 CPP) a 
manifestement été respecté. 

1.4. Le recours fait l'objet d'une procédure écrite.  

1.5. Comme déjà relevé, les déterminations du Tmc et du Ministère public ainsi que l'avis de 
possibilité d'observations, adressés le 16 juillet 2018, n'ont pas pu être notifiés au conseil du 
recourant pour cause d'absence de celui-ci sans dérivation de courrier à un confrère pour cas de 
nécessité. Vu la nature de la procédure et l'impératif de célérité qui la gouverne, il n'est pas 
possible d'attendre le retour du défenseur, dont l'absence est annoncée jusqu'au 31 juillet 2018, 
pour statuer sur le recours.

Par ailleurs, étant donné que les déterminations précitées ne contiennent aucun élément ou 
argument nouveau et que la fin de l'absence annoncée n'est pas trop éloignée, il ne paraît pas 
nécessaire – à tout le moins en l'état – de désigner un nouveau défenseur d'office, à qui il faudrait 
au demeurant laisser un temps suffisant pour prendre connaissance du dossier de la cause. 

2. 

2.1. Comme indiqué dans la décision attaquée, une mesure de détention préventive n'est 
compatible avec la liberté personnelle garantie aux art. 10 al. 2 Cst. et 5 CEDH que si elle repose 
sur une base légale (art. 31 al. 1 et art. 36 al. 1 Cst), soit en l'espèce l'art. 221 CPP. Elle doit en 
outre correspondre à un intérêt public et respecter le principe de la proportionnalité (art. 36 al. 2 et 
3 Cst.). Pour que tel soit le cas, la privation de liberté doit être justifiée par les besoins de 
l'instruction, par un risque de fuite ou par un danger de collusion ou de réitération (art. 221 al. 1 
let. a, b et c CPP). 

2.2. Préalablement à l'examen de ces hypothèses, il doit exister à l'égard de l'intéressé des 
charges suffisantes ou des indices sérieux de culpabilité, c'est-à-dire des raisons plausibles de le 
soupçonner d'avoir commis une infraction. Il n'appartient cependant pas au juge de la détention de 
procéder à une pesée complète des éléments à charge et à décharge et d'apprécier la crédibilité 
des personnes qui mettent en cause le prévenu. Il doit uniquement examiner s'il existe des indices 
sérieux de culpabilité justifiant une telle mesure. L'intensité des charges propres à motiver un 
maintien en détention préventive n'est pas la même aux divers stades de l'instruction pénale; si 
des soupçons, même encore peu précis, peuvent être suffisants dans les premiers temps de 
l'enquête, la perspective d'une condamnation doit apparaître vraisemblable après 
l'accomplissement des actes d'instruction envisageables (ATF 137 IV 122 consid. 3.2 p. 126 / JdT 
2012 IV 79; arrêt 1B_22/2016 du 2 février 2016 consid. 2.1). 

En l'espèce, le recourant ne conteste pas formellement dans son recours l'existence de charges 
suffisantes, propres à entraîner une détention provisoire, bien qu'il conteste par ailleurs toute 
importation et soutienne que le dossier ne contient rien de neuf depuis la première décision. Quoi 
qu'il en soit, à ce stade de la procédure, les soupçons sont effectivement d'un degré suffisant et ils 
portent sur des faits suffisamment graves. 

2.3. 

2.3.1. L'ordonnance attaquée retient qu'en l'espèce les versions divergent, le prévenu n'admettant 
qu'une vingtaine de grammes, alors que B.________ et D.________ ont fait à sa charge des 
déclarations qu'il conteste, et qu'il lui est également reproché d'avoir trafiqué en étroite 

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collaboration avec E.________. L'enquête doit donc se poursuivre afin d'établir l'ampleur des 
agissements, avec des mesures d'investigations pour lesquelles existe un risque de collusion en 
particulier vis-à-vis de E.________, B.________, D.________ et C.________. 

Le recourant conteste ce risque en soutenant qu'il ne s'est rien passé de significatif depuis la 
première décision, aucune nouvelle déclaration à charge n'ayant été faite, et que les éventuelles 
confrontations "ne permettront très vraisemblablement pas de modifier les déclarations des parties 
et un statu quo sur les éléments à charge interviendra". 

2.3.2. S'agissant du risque de collusion, la détention provisoire peut être justifiée par l'intérêt 
public lié aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé 
ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou qu'il prenne contact 
avec des témoins ou d'autres prévenus pour tenter d'influencer leurs déclarations. On ne saurait 
toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure 
pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter 
une certaine vraisemblance. L'autorité doit ainsi démontrer que les circonstances particulières de 
l'espèce font apparaître un danger concret et sérieux de telles manœuvres, propres à entraver la 
manifestation de la vérité, en indiquant, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des 
opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer et en quoi la 
libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement. Dans cet examen, entrent en ligne de 
compte les caractéristiques personnelles du détenu, son rôle dans l'infraction ainsi que ses liens 
avec les autres prévenus (ATF 137 IV 122 / JdT 2012 IV 79 consid. 4.2; TF arrêts 1B_190/2018 du 
7 mai 2018 consid. 2.1; 1B_404/2017 du 18 octobre 2017 consid. 4.1). 

2.3.3. En l'espèce, la recevabilité du recours est à cet égard douteuse. Il est en effet constitué 
pour une bonne partie d'une simple reprise de ce qui figurait déjà dans sa détermination du 28 juin 
2018 sur la requête de prolongation de la détention et il ne discute pas vraiment l'argumentation de 
l'ordonnance.

Quoi qu'il en soit, il est manifestement infondé. Contrairement à ce qui y est indiqué, le Tmc n'a 
pas retenu, sans justification particulière, que le recourant aurait importé plusieurs centaines de 
grammes de cocaïne (p. 7 in initio). Le Tmc a en revanche indiqué que cela ressortirait du dossier 
et a mentionné l'appui qui s'y trouve. Ainsi lit-on dans l'ordonnance que les surveillances 
téléphoniques initiales ont été poursuivies avec l'audition d'un grand nombre de personnes, qu'il en 
est ressorti que ce prévenu est directement mis en cause par B.________ et C.________ pour la 
vente de 30 grammes, mais aussi d'une part qu'il aurait fait venir en Suisse des "mules", 
notamment F.________, avec importation de plusieurs centaines de grammes, et d'autre part 
d'avoir œuvré comme fournisseur de E.________ pour plus de 400 grammes, et encore que dès la 
réception du rapport de police, des auditions complémentaires devront être menées, ainsi que des 
confrontations avec les personnes qui le mettent en cause et avec ses complices F.________ et 
E.________ (ordonnance p. 3 et 4). Les déclarations en question figurent bel et bien au dossier 
(doss. Police 2093 ss; doss. MP 3004 ss). 

Il est ainsi manifeste que l'enquête doit se poursuivre afin d'établir l'ampleur des agissements et 
que bon nombre de mesures d'investigation doivent avoir lieu, au premier rang desquelles des 
confrontations avec E.________, B.________, C.________, D.________ et F.________, dont 
aucune n'a encore pu être effectuée, les contacts pour la mise sur pied de la première 
confrontation étant en cours selon détermination du Ministère public du 13 juillet 2018. Ces 
éléments d'instruction sont de première importance dans les causes relatives au trafic de 

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stupéfiants et il importe qu'ils puissent être menés sans que les personnes à entendre aient pu 
être influencées par le prévenu, d'autant que la probité de celui-ci a déjà été mise à mal au vu des 
variations dans ses propres déclarations, entre celles faites à la police les 2 avril et 8 mai 2018, au 
Procureur le 2 avril 2018 et au Juge du Tmc le 3 avril 2018. Se contenter d'affirmer, comme le fait 
maintenant le recourant, que ces confrontations "ne permettront très vraisemblablement pas de 
modifier les déclarations des parties" (recours p. 7) ne constitue en aucun cas une critique 
sérieuse de l'existence d'un risque de collusion. 

Par ailleurs, comme indiqué dans l'ordonnance sans critique dans le recours, le Tribunal fédéral 
considère qu'un chef de prévention en matière de stupéfiants induit généralement l'implication d'un 
grand nombre de personnes – et c'est bien le cas en l'espèce vu le nombre de personnes déjà 
entendues par la police – avec des rôles plus ou moins importants, et l'organisation des auditions 
et/ou des confrontations en découlant a donc nécessairement un impact sur la durée de 
l'instruction, ainsi que sur l'existence d'un risque de collusion (arrêt TF 1B_20/2016 du 4 février 
2016 consid. 3.2).

Dans ces circonstances, le Tmc a retenu à juste titre que le risque que le prévenu ne mette à profit 
une liberté recouvrée pour contacter les autres personnes, voire les influencer ou les intimider 
existe, que ce risque doit être écarté.

2.3.4. Le recourant soutient enfin qu'existe en l'espèce une violation du principe de 
proportionnalité car des mesures de substitution telle que par l'interdiction d'entrer en contact avec 
toutes les personnes ayant été auditionnées seraient suffisantes (cf. recours p. 8).

La Chambre de céans n'a jamais eu la naïveté de croire qu'une telle interdiction de contacter les 
personnes entendues, à entendre ou à réentendre suffirait pour éviter la possibilité de tenter 
d'influencer leurs déclarations, d'autant plus en l'espèce où le prévenu a déjà lui aussi varié dans 
ses déclarations, comme déjà relevé ci-avant. Il en va au surplus de même avec les autres 
habituelles mesures de substitution, telles qu'ordonnées parfois pour pallier d'autres risques. 

Quant à l'incidence sur sa situation personnelle et professionnelle, le Tmc a déjà exposé dans son 
ordonnance du 3 avril 2018 que, bien que soient regrettables les risques de retard dans une 
formation ou de perte d'emploi, les répercussions de la détention sur la vie privée et 
professionnelle doivent malheureusement céder le pas devant les besoins de l'instruction, les 
nécessités d'ordre professionnel ne pouvant faire échec à une mesure de détention provisoire (cf. 
arrêt TF 1B_10/2017 du 26 janvier 2017 consid 5.2).  

3. 

3.1 Vu l’issue de la procédure, les frais doivent être mis à la charge du recourant (art. 428 CPP, 
35 et 43 du Règlement sur la justice [RJ]) et celui-ci n'a pas droit à une indemnité, qui n'est au 
demeurant pas formellement requise.

3.2 La Chambre pénale arrête elle-même l’indemnité du défenseur d’office pour la procédure 
de recours selon l’art. 57 al. 1 et 2 RJ (RFJ 2015 73). En l’espèce, pour la rédaction du recours et 
l’examen de l'arrêt, avec quelques autres petites opérations, le temps y relatif peut être estimé au 
vu du dossier, en l'état rapidement maitrisable, à environ 4 heures de travail. L’indemnité sera dès 
lors fixée à CHF 800.-, TVA (7.7 %) par CHF 61.60 en sus (cf. art. 56 ss RJ). 

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la Chambre arrête:

I. Le recours du 10 juillet 2018 est rejeté.

Partant, l’ordonnance du 4 juillet 2018 ordonnant la prolongation de la détention provisoire 
de A.________ jusqu’au 1er octobre 2018 est confirmée.

II. L’indemnité due pour la procédure de recours à Me Laurent Bosson, défenseur d’office, est 
fixée à CHF 861.60, TVA incluse. 

III. Les frais judiciaires sont fixés à CHF 1'461.60 (émolument: CHF 500.-; débours: CHF 100.-; 
frais de défense d'office: CHF 861.60) et sont mis à la charge de A.________. 

Le remboursement à l'Etat de l'indemnité allouée au chiffre II ci-dessus sera exigible dès que 
la situation économique de A.________ le permettra.  

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Fribourg, le 23 juillet 2018

Le Président: La Greffière-rapporteure: