# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 25eb2863-70c3-52e8-b3f2-074d212a1c7c
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2021 / 888
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2021---888_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JP21.009389-211546

282 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
20 octobre 2021

____________________

Composition
:               M.             
Pellet,
président

             
              Mmes             
Crittin Dayen et Cherpillod, juges

Greffière
:              Mme             
Schwab Eggs

 

 

*****

 

 

Art.
138 al. 3 let. a et 239 al. 3 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par E.________,
à [...], contre l’ordonnance de mesures provisionnelles rendue le 13 septembre 2021 par la
Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois dans la cause divisant
le recourant d’avec [...],
à [...], la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :

 

             
En fait et en droit :

 

1.                                   
Le 22 février 2021, E.________ a déposé
devant le Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois une requête de mesures
provisionnelles en protection de la personnalité contre [...] SA et a requis une indemnité
équitable de 30'500 fr. à titre de réparation pour tort moral.

 

2.                                   
Le 4 mars 2021, E.________ a présenté
une demande de récusation contre [...], magistrate en charge du dossier. Cette requête a été
rejetée par décision du 11 août 2021 du Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est
vaudois. 

 

             
Le 19 août 2021, E.________ a recouru contre cette décision devant la Cour administrative du
Tribunal cantonal (ci-après : la Cour administrative).

 

3.                                   
Le 13 septembre 2021, la Présidente du Tribunal
civil de l’arrondissement de l’Est vaudois [...] a rendu le dispositif d’une ordonnance
de mesures provisionnelles rejetant la requête du 22 février 2021, arrêtant les frais
et les mettant à la charge du requérant, aucun dépens n’étant alloué.

 

             
Au pied du dispositif, il est indiqué que les parties peuvent requérir la motivation de la
décision dans un délai de dix jours dès réception de la décision, à défaut
de quoi elle deviendrait définitive.

 

4.                                   
Par arrêt du 27 septembre 2021 (n° 33),
la Cour administrative a rejeté le recours interjeté par E.________ contre la décision
sur récusation du 11 août 2021 et a confirmé cette décision.

 

5.                                   
Par acte du 29 septembre 2021, E.________ a recouru
contre le dispositif du 13 septembre 2021,
concluant en substance à la nullité et à l’annulation de tous les actes de procédure,
en particulier du dispositif du 13 septembre 2021, vu la procédure de récusation, le dossier
étant confié à un autre magistrat ; il a également demandé une restitution
du délai pour demander la motivation du dispositif du 13 septembre 2021.

 

6.                                   
Par courrier du 11 octobre 2021, le greffe du
Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois a informé la Chambre de céans
du fait que la rédaction de la motivation était en cours, celle-ci ayant été déposée
dans les délais.

 

7.                                   
 

7.1             
Selon l’art. 319 let. a CPC, le recours
est ouvert contre les décisions finales de première instance qui ne peuvent pas faire l’objet
d’un appel.

 

             
Cette question peut demeurer indécise en l’espèce, le recours devant être déclaré
irrecevable pour les motifs qui suivent.

 

7.2

7.2.1             
Il convient de déterminer si un recours prématuré
dirigé contre le dispositif d’une décision non motivée est recevable.

 

             
Lorsque les parties reçoivent le dispositif d’une décision, elles peuvent soit en demander
la motivation, conformément à l’art. 239 al. 2 CPC, soit recourir immédiatement,
un recours prématuré étant recevable (CREC 31 janvier 2020/30 ; Colombini, Code de
procédure civile, Condensé de la jurisprudence fédérale et vaudoise, 2018 [ci-après
: Colombini, CPC, Condensé], n. 3.1.1 ad art. 239 CPC, citant : TF 5A_566/2009 du 29 septembre 2010
consid. 1.4 ad art. 100 al. 1 LTF dont la formulation diffère de l’art. 239 al. 2 CPC). La
jurisprudence vaudoise admet que le droit de recourir peut déjà s’exercer dans le délai
de demande de motivation, un acte de recours déposé dans ce délai étant alors par
ailleurs considéré comme une demande de motivation (CREC 31 janvier 2020/30 ; Colombini,
CPC, Condensé, ibidem, citant CREC 7 septembre 2012/320 ; CACI 30 novembre 2016/651 ; CPF 20 décembre
2016/387).

 

             
Selon l’art. 138 al. 3 let. a CPC, l’acte est réputé notifié, en cas d’envoi
recommandé, lorsque celui-ci n’a pas été retiré à l’expiration d’un
délai de sept jours à compter de l’échec de la remise, si le destinataire devait
s’attendre à recevoir la notification. Celui qui se sait partie à une procédure
judiciaire est dès lors tenu de relever son courrier ou, s’il s’absente de son domicile,
de prendre des dispositions pour que celui-ci lui parvienne néanmoins. A défaut, il est réputé
avoir eu, à l’échéance du délai de garde, connaissance du contenu des plis
recommandés que le juge lui adresse. Une telle obligation signifie que le destinataire doit, le
cas échéant, désigner un représentant, faire suivre son courrier, informer les autorités
de son absence ou leur indiquer une adresse de notification (ATF 141 II 429 consid. 3.1 ; ATF
139 IV 228 consid. 1.1 ; TF 6B_110/2016 du 27 juillet 2016 consid. 1.2, non publié à
l’ATF 142 IV 286), une demande de garde du courrier ne constituant pas une mesure suffisante (ATF
141 II 429 consid. 3.1 ; TF 5A_383/2017 du 3 novembre 2017 consid. 3.1.3), ni une demande de
prolongation du délai de garde dès lors que la prolongation accordée par la Poste suisse
ne jouit d’aucun effet légal (ATF 127 I 31 consid. 2b, JdT 2001 I 727 ; TF 5A_577/2019
du 19 juillet 2019 consid. 4 ; CREC 13 mars 2020/77 ; CREC 19 février 2020/48).

 

7.2.2             
En l’espèce, le dispositif de la décision
litigieuse a été envoyé pour notification au recourant le 13 septembre 2021. Selon l’extrait
« Track and Trace » de la Poste suisse relatif à cet envoi, l’avis de retrait a
été déposé dans la boîte aux lettres de l’intéressé le 14 septembre
2021. Le délai de garde de sept jours a commencé à courir le lendemain, soit le 15 septembre
2021, pour venir à échéance le 21 septembre 2021. A cette date, le courrier recommandé
est réputé avoir été notifié à son destinataire. Le délai de dix jours
a ainsi couru du 22 septembre au 1er octobre
2021.

 

             
Déposé le 29 septembre 2021, le recours l’a été en temps utile et doit être
considéré comme une demande de motivation. Si un tel recours prématuré n’est
en soi pas exclu dans son principe en vertu de la jurisprudence précitée, il est en revanche
irrecevable pour les motifs développés ci-après.

 

7.3             
Dans la mesure où les conclusions du recourant ont trait à la récusation de la présidente
en charge du dossier, force est de constater que cette procédure n’est pas de la compétence
de la Chambre de céans. Au demeurant, la cause en récusation a été portée par
le recourant devant les autorités cantonales compétentes qui se sont prononcées. Les conclusions
du recourant en lien avec la récusation de la présidente ne relevant pas de la compétence
de la Chambre de céans sont irrecevables, dans la mesure où elles auraient encore un objet
vu l’arrêt rendu dans l’intervalle par la Cour administrative.

 

             
En outre, le grief du recourant tendant à la restitution du délai pour demander la motivation
du dispositif du 13 septembre 2021 est dénué d’objet dans la mesure où l’autorité
de première instance a justement indiqué que la motivation était en cours car elle avait
été déposée dans les délais. Ce grief est donc également irrecevable.

 

8.                                   
 

8.1             
Pour ces motifs, le recours doit être déclaré irrecevable (art. 322 al. 1 in
fine CPC).

 

8.2             
La requête d’assistance judiciaire du recourant doit être rejetée, le recours étant
d'emblée dépourvu de chances de succès (art. 117 let. b CPC) (TF 5A_1051/2020 du 28 avril
2021 consid. 4). 

 

8.3             
Le présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires de deuxième instance (cf.
art. 10 et 11 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010 ; BLV 270.11.5]).

 

8.4             
L'intimée n'ayant pas été invitée à se déterminer, il n'y a pas lieu de
lui allouer de dépens (art. 322 al. 1 in fine CPC). Vu le sort du recours, la conclusion du recourant
tendant à l’allocation de dépens doit également être rejetée, celui-ci
n’étant au demeurant pas représenté.

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
La requête d’assistance judiciaire
est rejetée.

 

             
III.             
L’arrêt est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
M. E.________, personnellement,

‑             
[...] SA.

 

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral ;
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois.

 

             
La greffière :