# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3985a838-c496-5c4c-adf7-ad8e6d2fad54
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-06-23
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 23.06.2023 502 2023 91
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2023-91_2023-06-23.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2023 91

Arrêt du 23 juin 2023

Chambre pénale

Composition Président : Laurent Schneuwly
Juges : Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser
Greffière-rapporteure : Catherine Faller

Parties A.________ SÀRL, recourante, représentée par Me Nicolas 
Mattenberger, avocat

dans la cause concernant

B.________ AG, intimée

Objet Séquestre, restitution de véhicules séquestrés (art. 267 al. 5 CPP)

Recours du 1er mai 2023 contre l'ordonnance du Ministère public du 
18 avril 2023

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considérant en fait

A. A.________ Sàrl est une entreprise de location de voitures.

Les 20 et 21 mars 2023, dans le cadre d’une instruction dirigée contre trois prévenus (F 23 2648 + 
2633 + 2649), le Ministère public a ordonné le séquestre de deux véhicules de marque Mercedes 
Benz loués par les prévenus auprès de A.________ Sàrl, l’un immatriculé ccc, numéro de châssis 
ddd, l’autre immatriculé eee, numéro de châssis fff.

Par décision du 18 avril 2023, le Ministère public a levé le séquestre des deux voitures en faveur de 
B.________ AG. Il a toutefois imparti à A.________ Sàrl un délai de dix jours pour intenter une 
éventuelle action civile en application de l’art. 267 al. 5 CPP.

B. A.________ Sàrl a recouru le 1er mai 2023 contre cette décision, concluant à ce qu’elle soit 
modifiée en ce sens que le délai pour intenter une action civile soit imparti à B.________ AG, faute 
de quoi les véhicules lui seront restitués.

Le Ministère public a conclu au rejet du recours le 9 mai 2023.

Invitée à se déterminer sur le recours, B.________ AG ne s’est pas manifestée.

en droit

1.

Le recours à la Chambre pénale est ouvert contre les décisions et les actes de procédure de la 
police et du ministère public (art. 393 al. 1 let. a CPP et 85 al. 1 LJ). Une décision de levée du 
séquestre (art. 267 CPP) est ainsi susceptible de recours.

Le recours du 1er mai 2023 a été déposé dans le délai légal de dix jours (art. 396 al. 1 CPP) par une 
partie directement lésée dans ses droits (art. 382 CPP), dans les formes prescrites (art. 385 CPP). 
Il est recevable.

La Chambre pénale statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP).

2.

2.1. Le séquestre des deux véhicules ordonné les 20 et 21 mars 2023 est un séquestre en vue 
de restitution (art. 263 al. 1 let. c CPP).

L'art. 267 CPP dispose que, lorsque le motif du séquestre disparaît, le ministère public ou le tribunal 
lève la mesure et restitue les objets et valeurs patrimoniales à l'ayant droit (al. 1). S’il est incontesté 
que des objets ou des valeurs patrimoniales ont été directement soustraits à une personne 
déterminée du fait de l’infraction, l’autorité pénale les restitue à l’ayant droit avant la clôture de la 
procédure (al. 2).

L'art. 267 al. 4 et 5 CPP règle la manière de procéder lorsque plusieurs personnes émettent des 
prétentions sur les objets ou les valeurs patrimoniales touchées par la levée du séquestre. L'art. 267 

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al. 4 CPP attribue au juge la faculté de décider à ce propos ; cette possibilité de statuer de manière 
définitive n'entre toutefois en considération que dans les cas où la situation juridique est claire. Dans 
le cas contraire, le juge doit procéder selon l'art. 267 al. 5 CPP, c'est-à-dire qu'il doit attribuer les 
objets ou les valeurs patrimoniales à une personne et impartir aux autres personnes ayant fait valoir 
des prétentions un délai pour agir au for civil. Ce n'est que dans le cas où ce délai n'est pas mis à 
profit qu'il est possible de remettre les objets ou les valeurs patrimoniales à la personne désignée 
dans la décision. La procédure est la même lorsque la situation juridique est claire, mais que le juge 
s'abstient de statuer, étant en effet précisé qu'il n'est pas tenu de se prononcer directement sur les 
prétentions de droit civil. Contrairement au juge, le ministère public ne peut que procéder 
directement selon l'art. 267 al. 5 CPP lorsque les objets ou valeurs sont revendiqués par plusieurs 
personnes. S'agissant de la décision à prendre sur l'attribution d'un objet, l'autorité pénale doit 
s'inspirer des règles du droit civil. C'est ainsi que l'attribution au possesseur doit être envisagée en 
premier lieu, celui-là étant présumé propriétaire en vertu de l'art. 930 CC. En présence d'indications 
claires sur l'inexistence de ce droit réel, l'attribution doit être ordonnée en faveur de la personne qui 
apparaît la mieux légitimée. Dans le cadre de la procédure prévue à l'art. 267 al. 5 CPP, il n'y a lieu 
d'effectuer qu'un examen prima facie des rapports de droit civil. L'attribution provisoire prévue par 
cette disposition n'a en effet pour seule conséquence que de déterminer les rôles des parties dans 
l'éventuel procès civil subséquent, sans préjuger de la décision du juge compétent. L'assignation de 
ce délai a pour but de protéger l'autorité pénale en cas d'attribution de l'objet à une personne qui 
n'en serait pas l'ayant droit (arrêt TF 1B_298/2014 du 21 novembre 2014 in SJ 2015 I 277 et les 
réf. citées).

2.2. En l’espèce, le Ministère public a retenu que A.________ Sàrl et B.________ AG sont liées 
par des contrats de leasing. Compte tenu de la nature de ce contrat, la propriété des véhicules reste 
acquise à B.________ AG, de sorte qu’ils doivent lui être restitués, un délai devant toutefois être 
imparti à A.________ Sàrl pour intenter une éventuelle action civile. Il a également relevé que, par 
courrier du 20 mars 2023, B.________ AG avait résilié les contrats de leasing relatifs aux véhicules 
séquestrés.

2.3. A.________ Sàrl objecte que le Ministère public a procédé à une constatation erronée des 
faits car, comme elle l’avait relevé déjà avant que la décision litigieuse ne soit rendue, elle n’a jamais 
reçu le courrier du 20 mars 2023, ayant en vain réclamé de l’intimée la preuve de son envoi. Elle a 
ajouté qu’elle a plusieurs raisons de douter que le document précité ait effectivement fondé la 
résiliation dont B.________ AG se prévaut désormais, car il s’agit vraisemblablement d’un document 
interne.

Elle précise enfin qu’elle est possesseur légitime des voitures et figure sur les deux permis de 
circulation. Faute de résiliation du contrat de leasing, elle est clairement identifiée comme leur 
détentrice légitime. Pour tout le moins, si le Ministère public estimait qu’il y avait un doute sur ce 
point, il devait lui attribuer les véhicules et impartir à B.________ AG un délai pour ouvrir action.

2.4. L’art. 267 al. 1 CPP prévoit que l’objet séquestré doit être restitué à « l’ayant droit ». 
Contrairement à ce que semble soutenir le Ministère public, ce terme n’inclut pas seulement le 
propriétaire d’un objet séquestré mais également le tiers qui, en vertu d’un droit personnel, a le droit 
d’en disposer. Ainsi, s’il est exact que, dans le cadre d’un contrat de leasing, le preneur du leasing 
ne devient pas le propriétaire de l’objet du contrat, il acquiert toutefois un pouvoir de disposition sur 
celui-ci, notamment quant à son utilisation, et il subit un préjudice irréparable s’il se trouve privé 
d’une telle possibilité à la suite d’un séquestre (arrêt TF 1B_556/2017 du 5 juin 2018 consid. 1.3). Il 
s’ensuit que A.________ Sàrl est, vraisemblablement, l’ayant droit au sens de l’art. 267 CPP.

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Certes, B.________ AG a transmis au Ministère public un courrier daté du 20 mars 2023 par lequel 
elle a résilié avec effet immédiat les contrats de leasing la liant à A.________ Sàrl. Mais il faut relever 
que la recourante a contesté la validité de cette résiliation, soutenant par le ministère de son 
mandataire ne l’avoir jamais reçue. Elle a persisté sur ce point dans son recours et il est remarquable 
de relever que B.________ AG ne s’est pas manifestée alors même que l’occasion lui a été donnée 
de contester les allégations de A.________ Sàrl.

Dans ces conditions, il ne peut être retenu, même sous l’angle de la vraisemblance, que A.________ 
Sàrl ne dispose plus de droits personnels sur les véhicules séquestrés. Il s’ensuit que le recours doit 
être admis et, comme le demande A.________ Sàrl, la décision du 18 avril 2023 modifiée en ce 
sens qu’un délai sera imparti à B.________ AG pour intenter une éventuelle action civile, faute de 
quoi les véhicules séquestrés seront restitués à A.________ Sàrl. Ce délai est fixé au 14 juillet 2023.

3.

3.1. Vu le sort du recours, les frais de la procédure de recours, arrêtés à CHF 600.- (émolument : 
CHF 500.-; débours : CHF 100.-), sont laissés à la charge de l’Etat (art. 428 al. 4 CPP). Les sûretés 
prestées sont restituées à A.________ Sàrl.

3.2. La recourante a droit à une indemnité de partie. Elle est fixée à CHF 500.-, débours compris 
mais TVA en sus. 

(dispositif en page suivante)

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la Chambre arrête :

I. Le recours est admis.

Partant, les chiffres 3 et 4 de l’ordonnance de levée de séquestre du 18 avril 2023 sont 
modifiés et prennent la teneur suivante :

3. Un délai au 14 juillet 2023 est imparti à B.________ AG pour intenter une éventuelle action 
civile (art. 267 al. 5 CPP).

4. A l'échéance du délai précité et pour autant qu'aucune action civile n'ait été intentée, les 
véhicules précités seront restitués à A.________ Sàrl.

II. Les frais de la procédure de recours, arrêtés à CHF 600.- (émolument : CHF 500.-; débours : 
CHF 100.-), sont laissés à la charge de l’Etat. Les sûretés de CHF 600.- prestées par 
A.________ Sàrl lui sont restituées.

III. L’indemnité de partie due à A.________ Sàrl est fixée à CHF 500.-, débours compris, mais 
TVA par CHF 38.50 en sus.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte 
de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 23 juin 2023/jde

Le Président La Greffière-rapporteure