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**Case Identifier:** 5f656d31-0d67-56b3-9bb5-4aada91d8400
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-12-23
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 23.12.2014 BH.2014.15
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BH-2014-15_2014-12-23.pdf

## Full Text

Décision du 23 décembre 2014 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, 

président, Tito Ponti et Nathalie Zufferey Franciolli, 

la greffière Julienne Borel  

   

Parties  A., représenté par Me Fabien Mingard, avocat,  

 

recourant 

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

 

intimé 

 

TRIBUNAL DES MESURES DE CONTRAINTE,  

 

autorité qui a rendu la décision attaquée 

 

   

Objet  Rejet de la demande de libération de la détention 

provisoire (art. 228 en lien avec l'art. 222 CPP); 

assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro de dossier: BH.2014.15 

Procédure secondaire: BP.2014.57  

 

 

- 2 - 

 

 

La Cour des plaintes, vu: 

 

- l'enquête ouverte le 25 août 2010 par le Ministère public de la 

Confédération (ci-après: MPC) pour organisation criminelle (art. 260ter CP) 

visant à déterminer toute restructuration du crime organisé géorgien tant en 

Suisse qu'en Europe (dossier du Tribunal des mesures de contrainte du 

canton de Vaud [ci-après: TMC], rapport d'arrestation n° 2014R003275 de 

la police judiciaire fédérale [ci-après: PJF] du 13 mai 2014, p. 2), 

 

- l'extension le 23 janvier 2013, dans le cadre de ladite enquête, de 

l'instruction pénale à l'encontre de A. pour organisation criminelle 

(art. 260ter CP) et vol en bande et par métier (art. 139 ch. 2 et 3 CP) et le 

5 mai 2014 pour dommages à la propriété (art. 144 CP) et violation de 

domicile (art. 260ter CP; dossier du TMC, in ordonnance pénale du 

14 septembre 2014, p. 2), 

 

- la détention provisoire de trois mois de A. – ordonnée le 15 mai 2014 par le 

TMC sur requête du MPC du 14 mai 2014, soit jusqu'au 13 août 2014 – 

pour risque concret de fuite et de collusion, 

 

- la requête du MPC du 22 juillet 2014, pour les mêmes motifs, afin d'obtenir 

la prolongation de la détention provisoire pour une durée de trois, 

 

- l'ordonnance du TMC du 29 juillet 2014 accordant la prolongation requise 

jusqu'au 13 novembre 2014 (dossier du TMC, ordonnances du TMC du 

15 mai 2014 et 13 novembre 2014), 

 

- l'ordonnance pénale du MPC du 16 septembre 2014, par laquelle il estime 

que les faits sont suffisamment établis et condamne A., des chefs de vol en 

bande (art. 139 ch. 3 CP), dommages à la propriété répétés (art. 144 CP) 

et violation de domicile répétée (art. 186 CP), à une peine de 6 mois et aux 

frais de la procédure tout en précisant que ladite peine est partiellement 

complémentaire à la peine prononcée le 20 septembre 2013 par le 

Ministère public « Strada » du canton de Vaud pour vol (art. 139 CP) et 

dommages à la propriété commis le 19 septembre 2013 (dossier du TMC, 

ordonnance pénale du 16 septembre 2014, p. 5), 

 

- l'opposition formée par A. contre l'ordonnance pénale précitée le 

19 septembre 2014 (in act. 1.1, p. 1 i.f.). 

 

- la demande en libération de la détention provisoire de A. du 19 septembre 

2014, 

- 3 - 

 

 

- la transmission par le MPC de ladite demande le 22 septembre 2014 au 

TMC, accompagnée de sa prise de position concluant au refus de la mise 

en liberté du détenu (dossier du TMC, demande de libération du 

19 septembre 2014 et demande du MPC de refus de mise en liberté du 

22 septembre 2014), 

 

- l'ordonnance du TMC du 1er octobre 2014 par laquelle il rejette la demande 

de libération de la détention provisoire de A. (act. 1.1), 

 

- le recours du 8 octobre 2014 formé par A. auprès de la Cour de céans à 

l'encontre dudit prononcé, concluant à sa mise en liberté immédiate (act. 1, 

p. 6), 

 

- la requête d'assistance judiciaire déposée à cette occasion (act. 1, p. 5), 

 

- la réponse du TMC du 10 octobre 2014 par laquelle il renonce à se 

prononcer et déclare se référer entièrement à son ordonnance (act. 3), 

 

- la réponse du MPC du 13 octobre 2014 où il indique ne pas avoir 

d'observations à formuler et conclut au rejet du recours dans la mesure de 

sa recevabilité (act. 5), 

 

- le renoncement écrit du recourant le 16 octobre 2014 à produire une 

réplique (act. 6), 

 

- le courrier du MPC du 23 octobre 2014 adressé à la Cour de céans et 

l'informant que A. a retiré son opposition à l'ordonnance pénale rendue le 

16 septembre 2014 à son encontre et le condamnant à six mois de peine 

privative de liberté (act. 8), 

 

- l'interpellation des parties le 27 octobre 2014 par l'autorité de céans 

concernant le sort des frais (act. 9), 

 

- la prise de position du recourant par laquelle il allègue que ses chances de 

succès étaient importantes et que les frais doivent dès lors être laissés à la 

charge de l'Etat (act. 10), 

 

- l'absence de réponse du MPC et du TMC s'agissant du sort des frais de la 

cause, 

 

 

 

- 4 - 

 

 

et considérant: 

 

- qu'en tant qu’autorité de recours, la Cour des plaintes examine avec plein 

pouvoir de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis 

(Message relatif à l’unification du droit de la procédure pénale du 

21 décembre 2005, FF 2006 1057, 1296 i.f.; STEPHENSON/THIRIET, 

Commentaire bâlois, Schweizerische Strafprozessordnung, Bâle 2011, 

no 15 ad art. 393 CPP; KELLER, Kommentar zur Schweizerischen 

Strafprozessordnung [StPO], Donatsch/Hansjakob/Lieber [édit.]; Zurich/ 

Bâle/Genève 2014, 2e éd., no 39 ad art. 393 CPP; SCHMID, Handbuch des 

schweizerischen Strafprozessrechts, 2e éd., Zurich/Saint-Gall 2013, 

no 1512); 

 

- que le détenu peut attaquer devant l’autorité de recours les décisions du 

TMC ordonnant une mise en détention provisoire ou une mise en détention 

pour des motifs de sûreté ou encore la prolongation ou le terme de cette 

détention (art. 222 et 393 al. 1 let. c CPP); 

 

- qu'il en va de même de la décision par laquelle le TMC rejette une 

demande de libération (SCHMOCKER, Commentaire romand, Code de 

procédure pénale suisse [ci-après: Commentaire romand], Bâle 2011, n° 7 

ad art. 222 CPP); 

 

- que la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour 

statuer sur les recours contre les décisions des tribunaux des mesures de 

contrainte cantonaux dans les affaires relevant de la juridiction fédérale 

(art. 37 al. 1 et 65 al. 1 et 3 de la loi fédérale sur l'organisation des autorités 

pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71] en lien avec l’art. 19 al. 1 

du règlement du 31 août 2010 sur l’organisation du Tribunal pénal fédéral 

[ROTPF; RS 173.713.161]); 

 

- que le recours est recevable à la condition que le détenu dispose d’un 

intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification de la 

décision entreprise (art. 382 al. 1 CPP); 

 

- que le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement doit par 

ailleurs être motivé et adressé par écrit, dans le délai de dix jours à 

l’autorité de céans (art. 396 al. 1 CPP); 

 

- qu'en l'espèce, interjeté dans le délai de dix jours dès la notification du 

prononcé entrepris, le recours l'a été en temps utile et l’intérêt 

- 5 - 

 

 

juridiquement protégé du détenu à entreprendre une telle décision ne 

faisant aucun doute, le recours est recevable; 

 

- qu'à teneur de l'art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont 

mis à la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de 

cause ou succombé (1re phrase), étant précisé que la partie dont le recours 

est irrecevable ou qui retire le recours est également considérée avoir 

succombé (2e phrase); 

 

- que le législateur n'a pas envisagé expressément la situation dans laquelle 

une procédure de recours devient sans objet; 

 

- que la Cour de céans a eu l'occasion de poser le principe selon lequel la 

partie à l'origine du fait qui a mis fin au litige doit être considérée comme 

étant la partie qui succombe (TPF 2011 31, p. 32; décisions du Tribunal 

pénal fédéral BB.2013.28/BB.2013.30/BB.2013.32-34 du 29 octobre 2013; 

BB.2012.17 du 17 avril 2012 et BB.2011.80 du 8 septembre 2011); 

 

- qu'en retirant son opposition à l'ordonnance pénale du 16 septembre 2014 

le condamnant à six mois de peine privative de liberté, ladite ordonnance a 

acquis autorité de chose jugée; 

 

- que dès lors le fait que la demande de libération de la détention provisoire 

du recourant est devenue sans objet peut lui être imputé; 

 

- qu'en conséquence le recourant doit être considéré comme partie qui 

succombe; 

 

- que les frais doivent donc être supportés par celui-là, en tenant néanmoins 

compte du fait que la cause n'a pas dû être tranchée au fond; 

 

- que le recourant a toutefois requis l'assistance judiciaire, faisant valoir en 

substance son indigence totale (act. 1, p. 5; BP.2014.57, act. 1, p. 5 et 

act. 3.1) 

 

- qu'à teneur de l'art. 29 al. 3 Cst., toute personne qui ne dispose pas de 

ressources suffisantes a droit, à moins que sa cause paraisse dépourvue 

de toute chance de succès, à l'assistance judiciaire gratuite; 

 

- que de jurisprudence constante, est considéré comme indigent celui qui ne 

peut assumer les frais liés à la défense de ses intérêts sans porter atteinte 

au minimum nécessaire à son entretien et à celui de sa famille (ATF 125 IV 

- 6 - 

 

 

161 consid. 4a; 124 I 1 consid. 2a; décision du Tribunal pénal fédéral 

BH.2014.14 du 31 octobre 2014, consid. 6.1); 

 

- que le recourant allègue dans sa requête d'assistance judiciaire être 

incarcéré, et donc sans revenu, depuis le 13 mai 2014 et ne pas disposer 

de fortune (act. 1, p. 5); 

 

- qu'ainsi le formulaire de la requête d'assistance judiciaire du recourant est 

vide de toutes données, outre, comme déjà mentionné, qu'il est incarcéré 

depuis le 13 mai 2014 (BP.2014.57, act 3.1), qu'il est ressortissant 

géorgien et célibataire; 

 

- qu'il ressort néanmoins du dossier du TMC que le recourant émarge aux 

services sociaux, qu'il est donc sans profession ni revenu régulier 

(ordonnance de détention provisoire du TMC du 15 mai 2014, p. 1 et 2), et 

qu'il a de nombreuses dettes de jeu (requête de mise en détention du 

14 mai 2014, p. 3; PV d'audition de A. du 13 mai 2014, p. 4; transcription 

de l'écoute téléphonique du 31 janvier 2013, session ID: 25700896005); 

 

- que son indigence peut ainsi être admise; 

 

- que néanmoins l'assistance judiciaire ne peut être octroyée que si la cause 

ne paraît pas dépourvue de toute chance de succès (art. 29 al. 3 Cst.) et 

ce, lors d'une appréciation sommaire et anticipée au moment du dépôt de 

la requête (décisions du Tribunal pénal fédéral BH.2014.14 du 31 octobre 

2014, consid. 6.et BH.2011.3 du 13 juillet 2011, consid. 5); 

 

- qu'en l'occurrence, le recours ne présentait pas de grandes chances de 

succès, notamment du fait qu'il reprenait des arguments déjà examinés et 

écartés à plusieurs reprises par différentes autorités judiciaires; 

 

- qu'il ne peut dès lors être fait droit à la demande d'assistance judiciaire, 

laquelle sera donc rejetée (art. 136 CPP; HARARI/ALIBERTI, Commentaire 

romand, no 33 ad art. 136 CPP); 

 

- que le recourant requiert en outre que Me Fabien Mingard soit désigné en 

qualité de défenseur d'office (BP.2014.57, act. 1, p. 5); 

 

- qu'en principe et dans le cadre de la procédure de recours, la question de 

la nomination d'un défenseur d'office est à examiner à la lumière des 

conditions posées par l'art. 132 al. 1 lit. b CPP (par renvoi de l'art. 379 

CPP); 

- 7 - 

 

 

- que selon l'art. 132 al. 1 lit. b CPP, la défense d'office est ordonnée si le 

prévenu ne dispose pas des moyens nécessaires et que l'assistance d'un 

défenseur est justifiée pour sauvegarder ses intérêts; 

 

- qu'en d'autres termes, un défenseur d'office n'est désigné que si le recours 

n'est pas dépourvu de chances de succès (décision du Tribunal pénal 

fédéral BH.2014.16 du 6 novembre 2014, consid. 7.2 et 7.3 et références 

citées); 

 

- que comme précité, le recours était voué à l'échec et qu'en conséquence la 

requête de défense gratuite doit être rejetée; 

 

- qu'en tant que partie qui succombe, le recourant se voit mettre à charge les 

frais (art. 428 al. 1 CPP), lesquels seront fixés, compte tenu de la situation 

financière du recourant exposée ci-dessus et en application des art. 5 et 8 

al. 1 du règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 2010 sur les frais, 

émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale 

(RFPPF; RS 173.713.162) au minimum légal de CHF 200.--. 

 

 

 

 

- 8 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Devenue sans objet, la procédure est rayée du rôle. 

 

2. La demande d'assistance judiciaire est rejetée. 

 

3. La demande de désignation de Me Fabien Mingard en qualité de défenseur 

d'office est rejetée. 

 

4. Un émolument de CHF 200.-- est mis à la charge du recourant. 

 

 

Bellinzone, le 23 décembre 2014 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Fabien Mingard 

- Tribunal des mesures de contrainte 

- Ministère public de la Confédération 

 

 

 

Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les décisions de la Cour des plaintes relatives aux 
mesures de contrainte sont sujettes à recours devant le Tribunal fédéral (art. 79 et 100 al. 1 de la 
loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; LTF). La procédure est réglée par les art. 90 ss 
LTF. 

Le recours ne suspend l’exécution de la décision attaquée que si le juge instructeur l’ordonne 
(art. 103 LTF).