# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2368849e-3b3f-5000-ad28-d499ecb4c902
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-03-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 27.03.2024 P/13532/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-13532-2021_2024-03-27.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/13532/2021 ACPR/224/2024 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du mercredi 27 mars 2024 

 

Entre 

A______, c/o B______, ______, Irak, représentée par Me C______, avocat, 

recourante, 

contre l'ordonnance de non-entrée en matière rendue le 23 novembre 2023 par le Ministère 

public, 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé. 

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EN FAIT : 

A. a. Par acte déposé le 6 décembre 2023, A______ recourt contre l'ordonnance du 
23 novembre 2023, notifiée le 27 suivant, par laquelle le Ministère public a décidé de 
ne pas entrer en matière sur les faits visés par la procédure en tant qu'elle concernait 
D______ (chiffre 1 du dispositif), dit que la procédure se poursuivait s'agissant de 
E______ (chiffre 2) et laissé les frais de la procédure à la charge de l'État (chiffre 3). 

La recourante conclut, sous suite de frais et dépens, principalement à l'annulation des 
chiffres 1 et 3 du dispositif précité et à la condamnation, par le Ministère public, de 
D______ pour abus de confiance, voire gestion déloyale; subsidiairement à ce que la 
cause soit renvoyée au Ministère public pour ouverture d'une instruction à l'encontre 
du précité et sa condamnation pour l'une ou l'autre des infractions susmentionnées; 
voire pour son renvoi en jugement.   

b. La recourante a versé les sûretés en CHF 1'500.- qui lui étaient réclamées par la 
Direction de la procédure.  

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. Par pli du 2 juillet 2021, A______, représentée par B______, a déposé plainte 
contre E______ et inconnu(s), pour abus de confiance, subsidiairement appropriation 
illégitime, et faux dans les titres.  

Au cours de l'année 2017, des représentants de la société avaient fait la connaissance 
de E______ et lui avaient expliqué avoir acquis plusieurs véhicules de grande valeur, 
dans le but, notamment, de les louer. Il s'agissait des véhicules suivants: 

- Une F______/1______;  
- Une G______/2______;  
- Une H______/3______;  
- Une I______/4______;  
- Une G______/5______;  
- Une J______/6______;  
- Une K______/7______; 
- Une J______/8______; et  
- Une F______/9______. 

 

Au début de l'automne 2018, E______ leur avait proposé de créer une société, en 
Suisse, dans le but de s'occuper de ces véhicules. La société L______ Sàrl avait été 
inscrite auprès du Registre du commerce du Valais central le ______ 2018; E______, 
en qualité d'associé et président, disposait de la signature individuelle et détenait 

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9/10ème des parts sociales; D______ revêtait la qualité d'associé gérant, avec 
signature individuelle et détenait 1/10ème des parts sociales.  

 Avec l'accord de A______, les cartes grises des véhicules avaient été modifiées pour 
y faire figurer le nom de L______ Sàrl.  

 Au cours de l'année 2019, A______ était devenue propriétaire d'un véhicule de 
marque F______/10_____ commandé par L______ Sàrl. 

 Le 28 décembre 2020, en raison de la détérioration des relations avec E______, 
A______ avait mandaté M______, afin qu'il reprenne la gestion et le gardiennage des 
véhicules.  

 En mai 2021, elle avait appris que L______ Sàrl, respectivement E______, tentait de 
s'approprier sans droit plusieurs de ses véhicules, en se prévalant notamment d'un 
faux contrat intitulé "Share Purchase Agreement" aux termes duquel la propriété de 
certains d'entre eux lui aurait été cédée. En outre, la carte grise de la 
I______/4______ avait été annulée, puis émise avec la mention du code 178 
interdisant tout changement de détenteur, au nom de la société N______ Sàrl, 
laquelle appartenait aux parents de D______.  

b. Entendu par la police le 28 juillet 2021, E______ a expliqué être "décisionnaire" 
au sein de L______ Sàrl et y exercer le rôle de directeur et apporteur d'affaires. 
D______ était un ami de longue date qui s'occupait de la gestion de la société en son 
absence.  

Les permis de circulation des véhicules dont L______ Sàrl avait la charge se 
trouvaient tous en possession de la précitée, à l'exception de celui de la 
I______/4______ qui se trouvait aux mains de N______ Sàrl, et de ceux des 
F______/10_____ et F______/9______ qui avaient été vendues. Il était 
personnellement propriétaire de la J______/8______, de la J______/6______ et de la 
G______/5______, lesquelles lui avaient été cédées par B______ le 22 juillet 2020 
contre trois sociétés qu'il détenait au Kurdistan irakien. Il avait également été 
propriétaire de la I______/4______, selon le même accord, et de la 
F______/10_____ avant qu'elles ne soient vendues. La F______/9______ avait, 
quant à elle, été vendue pour le compte de son propriétaire dont il souhaitait taire le 
nom. 

c. Par ordonnance du 8 novembre 2021, le Ministère public a ouvert une instruction 
contre E______ pour abus de confiance et faux dans les titres, par la suite étendue à 
l'infraction d'appropriation illégitime.  

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d.  Par courrier du 18 janvier 2022, A______ a complété sa plainte et l'a étendue à 
D______ en ce qui concernait la vente de la I______/4______. Ledit véhicule avait 
été vendu, par L______ Sàrl, le 22 septembre 2020, à O______ SA. Or, 
L______ Sàrl n'en avait jamais été propriétaire et n'était, dès lors, pas en droit de le 
vendre. La I______/4______ avait, par la suite, été vendue, par O______ SA, à la 
société P______, Q______ SA, et un leasing avait été contracté au nom de 
N______ Sàrl.  

e.a. Entendue par la police le 25 mars 2022, R______ a expliqué travailler pour 
N______ Sàrl aux côtés de son fils, D______, lequel y était salarié.  

Un leasing avait été contracté sur la I______/4______ au nom de N______ Sàrl, 
uniquement dans le but de dégager rapidement des liquidités pour E______. Il ne 
s'agissait dès lors pas d'une acquisition de la société. E______ s'était d'ailleurs 
engagé à payer l'intégralité des mensualités dues aux termes du contrat de leasing.  

e.b. Entendu le 18 octobre 2022 par le Ministère public, E______ a confirmé les 
explications de R______ relatives au leasing. D______ était au courant de cette 
opération, mais ne travaillait déjà plus dans la société. 

S'agissant de la F______/9______, il l'avait vendue à un garage à S______ [VD], aux 
environs du mois de mai 2020. Le règlement du prix de vente avait été effectué pour 
une partie par virement bancaire et pour l'autre en espèces.  

Avec D______, ils avaient acheté cinq F______/10_____. En raison du fait qu'ils 
n'avaient pas été payés par A______, ils n'avaient pas pu honorer sa commande. 

f. Selon le rapport de renseignements du 29 septembre 2022, la F______/9______ 
était immatriculée dans le canton du Valais au nom de T______ depuis le 
17 novembre 2020, le détenteur précédent étant L______ Sàrl. Quant à la 
F______/10_____, elle était immatriculée au Liechtenstein au nom de la société 
U______ GmbH depuis le 15 avril 2021, le détenteur précédent étant également 
L______ Sàrl.  

g. Entendu par le Ministère public, le représentant de A______ a expliqué qu'il avait 
eu des échanges avec D______ au sujet de la F______/10_____ en l'absence de 
E______. Si D______ avait tout d'abord indiqué que la voiture se trouvait au chalet 
de ses parents, il avait ensuite trouvé des excuses pour éviter qu'ils ne la récupèrent, 
avant de lui dire que la voiture avait "disparu".  

h. Selon le rapport de renseignements du 28 mars 2023, il ressortait notamment de 
l'analyse du compte entreprise de L______ Sàrl auprès [de la banque] V______ les 
mouvements suivants: CHF 52'546.- avaient été débités entre le 4 décembre 2019 et 

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le 31 décembre 2020 au bénéfice de D______, CHF 75'000.- avaient été débités entre 
le 7 et le 10 août 2020 en faveur de N______ Sàrl, et CHF 27'000.- avaient été 
débités entre le 7 août et le 29 septembre 2020 en faveur de W______. 

i.a. Entendu par le Ministère public le 15 août 2023, D______ a expliqué qu'à la fin 
de l'année 2018, et sur impulsion de E______, ils avaient créé la société 
L______ Sàrl, laquelle avait pour but le gardiennage des voitures de A______. 
E______ étant domicilié en Irak, il avait été convenu que la société serait domiciliée 
en Valais, à son domicile à lui. Il s'occupait pour sa part essentiellement des aspects 
administratifs de la société, soit plus particulièrement des assurances et des factures. 
Cette activité lui prenait peu de temps. Il travaillait d'ailleurs à temps plein pour la 
société de sa mère, N______ Sàrl, et ne touchait pas de salaire de L______ Sàrl.  

Avec E______, ils avaient tous deux accès aux comptes bancaires de l'entreprise. En 
pratique, c'était toutefois lui qui s'occupait des paiements. Ils prenaient les décisions 
de la société à deux, mais il se référait pour sa part toujours à E______.  

C'était lui qui avait établi et signé la facture relative à la précommande de la 
F______/10_____ par A______. E______ lui avait dit qu'il y a avait eu un accord 
aux termes duquel les voitures lui avaient été cédées. Il se souvenait avoir dit à 
M______ que le véhicule précité se trouvait dans le garage de ses parents en Valais, 
mais il ne savait pas ce qu'il en était advenu. Ils disposaient tous deux des clés du 
garage avec E______, mais il n'avait, pour sa part, pas sorti la voiture dudit garage.  

La F______/9______ avait été vendue au garage X______ Sàrl ("X______") pour 
payer des factures de L______ Sàrl. Il avait lui-même cherché l'acheteur. Dans la 
mesure où il n'avait pas de contact avec A______, il ne pouvait pas savoir si cette 
dernière était d'accord ou non avec la vente. Quoi qu'il en soit, E______ lui avait dit 
qu'il avait trouvé un accord avec elle. Il aurait pu appeler B______ ou M______, 
mais il faisait confiance à son ami et se référait à lui. Il s'était rendu, avec E______, 
au garage pour vendre ce véhicule. Ils avaient reçu un virement de CHF 35'000.- et 
CHF 15'000.- en espèces, avec lesquels E______ était reparti. Il n'avait pas le 
souvenir que cette somme ait été reversée sur le compte de L______ Sàrl.  

Il pensait avoir établi la facture de vente de la I______/4______ adressée à 
O______ SA (Garage I______) et l'avait signée.  

Les montants qui lui avaient été versés par L______ Sàrl compensaient des avances 
qu'il avait faites à la société. Quant au montant versé à son père, W______, il 
s'agissait également d'un remboursement de L______ Sàrl.   

i.b. Au cours de cette audition, A______ a demandé à ce que D______ soit mis en 
prévention pour abus de confiance, subsidiairement gestion déloyale.  

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i.c. Par courrier du 11 septembre 2023, A______ a complété sa plainte à l'égard du 
précité.  

C. Dans son ordonnance querellée, le Ministère public conclut à l'absence de prévention 
pénale suffisante à l'égard de D______.  

Tout d'abord, le véhicule F______/9______ avait été confié à la société 
L______ Sàrl et/ou à E______. C'était E______ qui avait un contact privilégié avec 
A______ et/ou son représentant, D______ n'en ayant pas au moment de la vente du 
véhicule précité.  

Ensuite, D______ n'avait pas de raison, au moment de la vente en 2020, de mettre en 
doute les informations qui lui avaient été communiquées par E______ au sujet de la 
cession de certains véhicules par le client, d'un accord trouvé en Irak et de l'achat 
d'un véhicule plus récent pour ledit client, de sorte qu'il n'avait pas, avec conscience 
et volonté, commis un acte d'appropriation, même par dol éventuel. Au surplus, il 
n'apparaissait pas qu'il se soit enrichi illégitimement avec cette vente.  

Pour les mêmes motifs, et dans la mesure où le montant de la vente avait été versé 
sur le compte de la société en partie, et remis à l'associé gérant pour l'autre, il 
n'apparaissait pas que cet acte relevait de la gestion déloyale.  

D. a. Dans son recours, A______ reproche au Ministère public de ne pas être entré en 
matière sur les faits visés par la présente procédure en tant qu'elle concernait 
D______.   

 En vendant le véhicule F______/9______, qui lui avait été confié dans un but précis, 
soit le gardiennage, sans obtenir son accord et sans même avoir pris les mesures 
nécessaires pour s'assurer que cette vente était autorisée, D______ avait violé ses 
devoirs et porté atteinte à ses intérêts. Il s'était ainsi rendu coupable d'abus de 
confiance, subsidiairement de gestion déloyale.  

 Au terme de ses écritures, elle sollicitait une juste indemnité pour les dépenses 
obligatoires occasionnées par la procédure de recours. Au total, elle chiffrait son 
indemnisation à CHF 2'920.61, TVA incluse, pour 6h35 d'activité d'un chef d'étude 
au tarif horaire de CHF 450.-.   

b. Le Ministère public conclut au rejet du recours, sous suite de frais.  

Aucun élément au dossier ne venait corroborer l'allégation de la plaignante selon 
laquelle D______ serait lié aux faits pénaux qu'elle reproche à E______. Le fait 
même que la plaignante dépose plainte contre lui au mois d'août 2023, démontrait 
qu'elle n'était pas liée par un rapport de confiance avec ce dernier et ne lui avait pas 

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confié le véhicule dont il était question puisque, dans le cas contraire, elle aurait 
dirigé sa plainte contre lui dès le début de la procédure.  

Or, non seulement le véhicule n'avait pas été confié à D______, mais ce dernier 
n'avait aucune indépendance ni aucun pouvoir de disposition autonome sur les 
véhicules de A______. En outre, aucun élément ne devait lui permettre, au moment 
de la vente, de mettre en doute les instructions de E______. Aussi, il ne pouvait lui 
être reproché d'avoir agi contrairement aux instructions reçues, puisqu'il n'en avait 
jamais reçu, sauf de E______ qu'il savait avoir la confiance du client. Aucun élément 
au dossier ne permettait de constater un acte d'appropriation intentionnel de la part de 
D______ ni un dessein d'enrichissement illégitime.   

Quoi qu'il en soit, même s'il devait être considéré que D______ avait un devoir de 
gestion ou de sauvegarde, aucun élément ne permettrait de considérer qu'il avait 
intentionnellement violé ledit devoir. 

c. Dans sa réplique, la recourante persiste dans les conclusions de son recours.  

EN DROIT : 

1. 1.1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours 
auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner de la plaignante 
qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. b CPP), a qualité pour agir, ayant un 
intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision 
querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

1.2. La recourante n'a cependant pas d'intérêt juridique à contester que les frais de la 
procédure de première instance soient laissés à la charge de l'État. 

Le recours est donc irrecevable sur ce point.  

2. 2.1. Le ministère public rend immédiatement une ordonnance de non-entrée en 
matière s'il ressort de la dénonciation ou du rapport de police que les éléments 
constitutifs de l'infraction ou les conditions à l'ouverture de l'action pénale ne sont 
manifestement pas réunis (art. 310 al. 1 let. a CPP).  

Conformément à cette disposition, la non-entrée en matière est justifiée lorsque la 
situation est claire sur le plan factuel et juridique. Tel est le cas lorsque les faits visés 
ne sont manifestement pas punissables, faute, de manière certaine, de réaliser les 
éléments constitutifs d'une infraction, ou encore lorsque les conditions à l'ouverture 
de l'action pénale font clairement défaut. Au stade de la non-entrée en matière, on ne 
peut admettre que les éléments constitutifs d'une infraction ne sont manifestement 

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pas réalisés que lorsqu'il n'existe pas de soupçon suffisant conduisant à considérer un 
comportement punissable ou lorsqu'un éventuel soupçon initial s'est entièrement 
dissipé. En revanche, si le rapport de police, la dénonciation ou les propres 
constatations du ministère public amènent à retenir l'existence d'un soupçon 
suffisant, il incombe en principe à ce dernier d'ouvrir une instruction (art. 309 al. 1 
let. a CPP). Cela implique que les indices de la commission d'une infraction soient 
importants et de nature concrète, ce qui n'est pas le cas de rumeurs ou de 
suppositions. Le soupçon initial doit reposer sur une base factuelle plausible, laissant 
apparaître la possibilité concrète qu'une infraction ait été commise (ATF 141 IV 87 
consid. 1.3.1; arrêt du Tribunal fédéral 6B_196/2020 du 14 octobre 2020  
consid. 3.1). Dans le doute, lorsque les conditions d'une non-entrée en matière ne 
sont pas réalisées avec une certitude absolue, l'instruction doit être ouverte  
(ATF 143 IV 241 consid. 2.2.1; 138 IV 86 consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_196/2020 précité). 

2.2. Se rend coupable d'abus de confiance au sens de l'art. 138 ch. 1 al. 1 CP, 
quiconque, pour se procurer ou procurer à un tiers un enrichissement illégitime, 
s’approprie une chose mobilière appartenant à autrui et qui lui a été confiée. 

Sur le plan objectif, l'infraction réprimée à l'art. 138 ch. 1 al. 1 CP suppose 
l'existence d'une chose mobilière appartenant à autrui. Une autre personne que 
l'auteur doit avoir un droit de propriété sur la chose, même si ce droit n'est pas 
exclusif. Il faut encore que la chose ait été confiée à l'auteur, ce qui signifie qu'elle 
doit lui avoir été remise ou laissée pour qu'il l'utilise de manière déterminée dans 
l'intérêt d'autrui, en particulier pour la conserver, l'administrer ou la livrer selon des 
instructions qui peuvent être expresses ou tacites (ATF 120 IV 276 consid. 2 p. 278). 
L'acte d'appropriation signifie tout d'abord que l'auteur incorpore économiquement la 
chose ou la valeur de la chose à son propre patrimoine, pour la conserver, la 
consommer ou pour l'aliéner; il dispose alors d'une chose comme propriétaire, sans 
pour autant en avoir la qualité. L'auteur doit avoir la volonté, d'une part, de priver 
durablement le propriétaire de sa chose, et, d'autre part, de se l'approprier, pour une 
certaine durée au moins. Il ne suffit pas que l'auteur ait la volonté d'appropriation, 
celle-ci devant se manifester par un comportement extérieurement constatable  
(ATF 129 IV 223 consid. 6.2.1 p. 227; 121 IV 25 consid. 1c p. 25; 118 IV 148 
consid. 2a p. 151 s.; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1268/2018 du 15 février 2019 
consid. 2.2). À titre d'exemple, il y a déjà appropriation dès lors que l'auteur offre à la 
vente la chose confiée et non seulement lorsque la chose est effectivement vendue. 

Selon la jurisprudence, l'organe d'une personne morale se voit confier les choses qui 
lui sont remises au nom de la société au sens de cette disposition (ATF 106 IV 20 
consid. 2b; arrêts du Tribunal fédéral 6B_292/2019 du 25 juin 2019 consid. 2.2.2; 
6B_1360/2019 du 20 novembre 2020 consid. 2.4; A. DONATSCH, StGB/JStG 
Kommentar, 21ème éd. 2022, n. 4 ad art. 138 CP). 

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2.3. Selon l'art. 137 ch. 1 CP, commet un acte d'appropriation illégitime, quiconque, 
pour se procurer ou procurer à un tiers un enrichissement illégitime, s'approprie une 
chose mobilière appartenant à autrui. Cette disposition est subsidiaire à l'abus de 
confiance. 

2.4. Se rend coupable de gestion déloyale quiconque, en vertu de la loi, d’un 
mandat officiel ou d’un acte juridique, est tenu de gérer les intérêts pécuniaires 
d’autrui ou de veiller sur leur gestion et qui, en violation de ses devoirs, porte atteinte 
à ces intérêts ou permet qu’ils soient lésés (art. 158 ch. 1 al. 1 CP). 

Ce n'est pas la violation de n'importe quelle obligation de diligence relative à tout ou 
partie du patrimoine d'autrui qui est sanctionnée, mais seulement celle qui est 
attachée à une gestion; il ne suffit ainsi pas que l'auteur ait eu l'obligation 
contractuelle de veiller sur le patrimoine d'autrui, il faut encore qu'il ait eu la position 
de gérant; seul peut avoir la position de gérant celui qui dispose d'une indépendance 
suffisante et qui jouit d'un pouvoir de disposition autonome sur les biens qui lui sont 
soumis (ATF 123 IV 17 consid. 3b; 120 IV 190 consid. 2b; 118 IV 244). 

2.5. Selon l'art. 29 CP, un devoir particulier dont la violation fonde ou aggrave la 
punissabilité et qui incombe uniquement à la personne morale, à la société ou à 
l'entreprise en raison individuelle est imputé à une personne physique lorsque celle-ci 
agit notamment en qualité d'organe d'une personne morale ou de membre d'un tel 
organe (let. a) ou en qualité d'associé (let. b).  

2.6. En l'occurrence, si la propriété des véhicules revendiqués par la recourante est 
disputée, les parties s'accordent néanmoins sur l'existence d'un accord aux termes 
duquel la société L______ Sàrl, fondée par E______ et D______, devait notamment 
en assurer le gardiennage. 

S'il ressort du dossier, soit en particulier des déclarations de E______ et D______, 
que le premier était "décisionnaire" au sein de la société et entretenait une relation de 
confiance privilégiée avec les représentants de la recourante, il ne peut toutefois être 
exclu, à ce stade, que le comportement adopté par D______, plus particulièrement 
dans le cadre de la vente des véhicules F______/9______, F______/10_____ et 
I______/4______, soit pénalement relevant.  

En effet, D______, en sa qualité d'associé gérant de L______ Sàrl, avait accès aux 
comptes bancaires de la société et était chargé notamment de la facturation et des 
paiements. S'il a certes indiqué se référer à E______ pour la prise de décisions, il a 
néanmoins précisé que celles-ci se prenaient à deux. 

De surcroît, D______ a admis avoir pris une part active dans la vente du véhicule 
F______/9______, dès lors qu'il a expliqué avoir lui-même cherché un acheteur et 

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s'être rendu, avec E______, au garage X______ Sàrl pour le vendre. En outre, la 
F______/10_____, dont la propriété est revendiquée par la recourante, se trouvait 
dans le garage des parents de D______ avant de "disparaître", lui-même ayant été en 
contact avec M______ à ce sujet. D______ a finalement reconnu avoir établi et signé 
la facture relative à la vente de la I______/4______ à O______ SA, un leasing ayant 
par la suite été contracté sur ce même véhicule au nom de la société de ses parents.  

Finalement, il a perçu la somme de CHF 52'546.- entre le 4 décembre 2019 et le 
31 décembre 2020 de la part de L______ Sàrl dont la justification reste à déterminer, 
puisqu'il déclare ne pas avoir perçu de rémunération de ladite société. Il en va de 
même pour les montants versés à N______ Sàrl et W______.  

Compte tenu de ce qui précède, et de la position qu'il occupait dans L______ Sàrl 
depuis sa constitution jusqu'au 18 juin 2021, il existe des soupçons suffisants 
justifiant l'ouverture d'une instruction à l'égard de D______, s'agissant notamment 
des infractions d'abus de confiance, subsidiairement appropriation illégitime, et/ou 
gestion déloyale, ce d'autant plus que la procédure se poursuit à l'encontre de 
E______.  

Dans ces circonstances, il appartient au Ministère public d'ouvrir une instruction et 
de procéder aux actes d'enquête pertinents.  

3. Fondé, le recours doit être admis et le chiffre 1 du dispositif de l'ordonnance 
querellée annulé. 

4. L'admission du recours ne donne pas lieu à la perception de frais (art. 428 al. 4 CPP), 
de sorte que le montant de CHF 1'500.- versé par la recourante à titre de sûretés lui 
sera restitué.  

5. 5.1. La recourante, partie plaignante qui obtient gain de cause, a droit à une juste 
indemnité pour les dépenses obligatoires occasionnées par la procédure  
(art. 433 al. 1 let. a cum 436 al. 1 CPP).  

5.2. En l'espèce, la recourante conclut à l'octroi d'une indemnité qu'elle chiffre à 
CHF 2'692.50 pour 6h35 d'activité au tarif horaire de CHF 450.- pour un chef 
d'étude. 

Dans la mesure où l'activité apparaît justifiée dans sa globalité, une indemnité de 
CHF 2'692.50 (hors TVA, vu le domicile à l'étranger de la recourante), lui sera 
allouée, laquelle sera mise à la charge de l'État. 

* * * * *  

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 
 

Admet le recours, dans la mesure de sa recevabilité. 

Annule le chiffre 1 du dispositif de la décision attaquée et renvoie la cause au Ministère 
public pour qu'il procède dans le sens des considérants. 

Laisse les frais de la procédure de recours à la charge de l'État. 

Invite les Services financiers du Pouvoir judiciaire à restituer à A______ les sûretés 
versées en CHF 1'500.-.  

Alloue à A______, à la charge de l'État, une indemnité de CHF 2'692.50 (TVA exclue). 

Notifie le présent arrêt, en copie, à A______, soit pour elle son conseil, et au Ministère 
public. 

Siégeant : 

Monsieur Christian COQUOZ, président; Mesdames Corinne CHAPPUIS BUGNON et 
Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Monsieur Selim AMMANN, greffier. 

 

Le greffier : 

Selim AMMANN 

 Le président : 

Christian COQUOZ 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière pénale au sens 

de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); la qualité et les autres 

conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être 

formé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent être remis au plus 

tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à 

une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF).