# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cabb195d-55e7-526a-8ff5-a3f570690751
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2015 / 640
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2015---640_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

PT10.010721-150470

247 

 

 

cour
d’appel CIVILE

_____________________________

Arrêt du
19 mai 2015

__________________

Composition
:               M.             
Colombini,
président

             
              Mme             
Crittin Dayen et M. Perrot, juges

Greffière
:              Mme             
Meier

 

 

*****

 

 

Art.
 69c, 77 CC

 

 

             
Statuant à huis clos sur l’appel interjeté par
A.________,
à St-Prex, contre le jugement rendu le 10 juin 2014 par le Tribunal civil de l’arrondissement
de La Côte dans la cause divisant l’appelante d’avec D.________
et consorts, la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal considère:

 

             
En fait :

 

 

A.             
Par jugement du 10 juin 2014, dont les considérants ont été adressés aux parties
le 18 février 2015, le Tribunal civil de l’arrondissement de La Côte a admis partiellement
la demande du 29 mars 2010 formée par D.________ et consorts (I), rejeté la conclusion reconventionnelle
prise par la défenderesse A.________ (ci-après également : l’association A.________)
dans sa réponse du
13 juillet 2010 (II),
constaté la nullité des décisions notifiées à chacun des demandeurs le 9 mars
2010 relevant la perte de leur qualité de membre de la défenderesse (III), constaté la
nullité des décisions prises par l’Assemblée générale de la défenderesse
le 16 mars 2010 (IV), constaté la dissolution de plein droit de la défenderesse, ordonné
la liquidation de celle-ci, nommé à cet effet [...], agent d’affaires breveté, en
qualité de liquidateur, et dit que les frais et honoraires de ce dernier seraient prélevés
sur les actifs de la défenderesse (VI), fixé les frais et émoluments du tribunal à
4'850 fr. pour les demandeurs, solidairement entre eux, et à 4'850 fr. pour la défenderesse
(VII), condamné la défenderesse à payer aux demandeurs, solidairement entre eux, la somme
de 14'850 fr. à titre de dépens (VIII) et rejeté toutes autres ou plus amples conclusions
(IX).

 

             
En droit, les premiers juges ont considéré que les décisions qui avaient été
prises lors de l’assemblée extraordinaire de la défenderesse qui s'était tenue les
9 et 30 octobre 2008 étaient nulles, dès lors que cette assemblée n’avait pas été
convoquée valablement selon l'art. 11 des statuts de l'association. S'agissant de l'assemblée
générale du 20 novembre 2008, celle-ci avait été valablement convoquée par le
président de l’assemblée puisqu'il s'agissait d'une assemblée ordinaire. Toutefois,
aucun ordre du jour n'avait pu être adopté avant les délibérations, de sorte que
les décisions adoptées lors de cette assemblée générale étaient également
nulles et de nul effet. Lors de la deuxième partie de l'assemblée générale qui s’était
tenue le 23 avril 2009, aucun des candidats proposés pour le conseil d'église n'avait été
élu, la majorité de 66,6% des voix ressortant des art. 5a et 4b des dispositions internes n'ayant
pas été atteinte. Le second point de l'ordre du jour, soit la « recherche de solutions
pour l'avenir de A.________, et, le cas échéant, dissolution de l'A.________ » n'avait
pour sa part pas été soumis au vote de l'assemblée, de sorte qu'il y avait lieu d'admettre
qu'aucune décision n'avait été prise à cet égard. 

 

             
S'agissant des pouvoirs des organes sociaux de la défenderesse, les premiers juges ont tout d’abord
relevé que le mandat du président de l'assemblée, Z.________, élu le 6 mars 2008
pour une durée de deux ans, avait pris fin le 5 mars 2010. Quant au conseil d'église,
les parties s'étaient entendues pour dire qu'au 24 avril 2008, il était composé de H.________,
T.________, B.G.________, A.G.________ et A.W.________, nouveaux membres élus lors de l'assemblée
du même jour, ainsi que N.________, élue en 2006, et A.Y.________, en qualité de pasteur.
Selon le procès-verbal de l'assemblée générale extraordinaire du 24 avril 2008, les
membres du conseil d'église précités, à l’exception du pasteur, avaient été
élus pour une durée d'une année seulement, contrairement à l'art. 5b des dispositions
internes. Toutefois, cette décision n'ayant pas été contestée dans un délai
d'un mois, il y avait lieu d'admettre que le mandat donné à H.________, T.________ et A.W.________
s'était achevé le 23 avril 2009, B.G.________, A.G.________ et N.________ ayant d'ores et déjà
démissionné en août 2008. Seul restait ainsi dans le conseil d'église le pasteur
A.Y.________. Il y avait lieu de constater que le conseil d'église n'était plus valablement
constitué depuis le 24 avril 2009, A.Y.________ ne pouvant, à lui seul, assurer la direction
de l'association, comme cela ressortait de l'art. 5a des dispositions internes. Par conséquent,
les lettres du 9 mars 2010 étaient nulles et de nul effet, dès lors qu'elles émanaient
de personnes n'ayant aucun pouvoir de décision au sein de la défenderesse. Il en allait de
même des décisions prises lors de l'assemblée générale du 16 mars 2010, qui
n'avait pas été convoquée valablement. 

 

             
Par surabondance, même si l'on admettait que le conseil d'église avait été constitué
valablement, tant les lettres du 9 mars 2010 que les décisions prises lors de l'assemblée précitée
auraient tout de même été nulles. En effet, d’après les courriers litigieux,
les demandeurs avaient été biffés de la liste des membres au motif qu'ils ne fréquentaient
plus la communauté dans l'esprit voulu par l'association. Cela ne signifiait donc pas que ces membres
n'avaient plus fréquenté l'église pendant une période de douze mois, comme l'exigeait
l'art. 5b des statuts pour entraîner la perte du statut de membre. Par ailleurs, les lettres du
9 mars 2010 avaient été envoyées aux demandeurs moins d'une année après les
assemblées générales des 23 avril 2009 et 19 mai 2009, auxquelles ils avaient assistés,
de sorte que l’absence des intéressés durant douze mois n’était pas établie.
De surcroît, il y avait lieu de constater que ces courriers avaient pour seul but que les demandeurs
ne puissent pas assister à l'assemblée générale du 16 mars 2010, convoquée le
8 mars 2010. Les convocations ayant été envoyées aux membres de l’association, à
l'exclusion des demandeurs, alors que ces derniers n'étaient pas encore considérés comme
membres démissionnaires puisque le conseil d'église ne leur avait écrit que le lendemain,
soit le 9 mars 2010, les décisions prises lors de l'assemblée générale du 16 mars
2010 étaient nulles et non avenues. S’agissant en particulier du mode de convocation de l’assemblée
générale du 16 mars 2010, les premiers juges ont relevé qu’il ressortait des témoignages
que l’usage de la défenderesse était d’envoyer les convocations par courriel ou
courrier, avant que le conseil d’église ne décide de procéder par affichage et rappel
lors du culte. Toutefois, la défenderesse ayant elle-même allégué qu’elle avait
adressé les convocations litigieuses aux membres, il y avait bien lieu de retenir que les convocations
avaient été envoyées (par courriel ou par courrier) aux seuls membres que le conseil souhaitait
aviser.

 

             
Dans la mesure où la direction de la défenderesse n'était plus valablement constituée
depuis le 24 avril 2009, il y avait lieu de constater que cette dernière était dissoute de
plein droit, en application de l'art. 77 CC (Code civil du 10 décembre 1907, RS 210), étant
précisé qu'aucune des parties n'avait saisi l'autorité judiciaire d'une requête basée
sur l'art. 69c CC (fixation d'un délai par le juge pour constituer une direction). Même si
tel avait été le cas, l'application de l'art. 69c CC n'aurait pas permis de parvenir à
une solution différente au vu du nombre quasiment identique entre les groupes constitués au
sein de la défenderesse, soit les demandeurs et les autres membres de l'association, rendant de
fait impossible d'élire une direction en conformité des statuts, soit en obtenant 66,6% des
voix, comme le démontrait le vote du 23 avril 2009.

 

             
Enfin, la défenderesse ayant été dissoute de plein droit, la conclusion des demandeurs
visant à être réinscrits en qualité de membres de l'association n'avait plus d'objet.

 

 

B.             
Par acte du 23 mars 2015, l’association
A.________ a fait appel contre le jugement précité, en concluant, avec suite de frais et dépens,
à sa réforme en ce sens que l’ensemble des conclusions prises par les intimés D.________
et consorts dans leur demande du 29 mars 2010 soient rejetées. Subsidiairement, l’appelante
a conclu au renvoi de la cause à l’instance précédente pour nouvelle décision
dans le sens des considérants.

 

             
Les intimés n'ont pas été invités à se déterminer.

 

 

C.             
La Cour d'appel civile retient les faits suivants, sur la base du jugement  complété par
les pièces du dossier :

 

 

1.
              L’A.________
est une association au sens des art. 60 ss CC, qui regroupe une communauté chrétienne. Elle
est membre de la Fédération romande des Eglises évangéliques (ci-après :
V.________). 

 

             
Le 11 avril 1995, les statuts de l'association A.________ ont été adoptés par l'assemblée
constitutive. Des statuts modifiés ont été adoptés le 28 octobre 1999, dont la teneur
est la suivante :

 

« Art.
1 Nom,
définition

L'A.________
fondée le [...] 1995 (ci-après nommée A.________) est une communauté chrétienne.
Elle est rattachée à l'Union des Assemblée Evangéliques en Suisse Romande (U.________)
et adhère à leur Confession de foi.

Art.
2             
Siège

L'A.________
a son siège à [...].

Art.
3             
Buts, objectifs

Dans
le but de servir Dieu, ses objectifs principaux sont les suivants :

a)             
l'affermissement spirituel de ses membres lors des cultes et autres              
rencontres (prédication, relation d'aide, baptêmes, mariages,              
ensevelissements…)

b)             
l'évangélisation

c)             
la participation à l'œuvre missionnaire et son soutien en général aux              
activités communes des U.________ en particulier

d)             
la formation et l'encadrement spirituel de l'enfance et de la jeunesse

e)             
le développement de la vie communautaire

Art.
4             
Statut juridique

L'A.________
est une association régie par les articles 60 et suivants du Code Civil Suisse, ainsi que par les
présents statuts. Elle ne poursuit pas de but lucratif.

Art.
5             
Membres

a)             
Admission 

Toute
personne qui croit en Jésus-Christ et témoigne de sa foi dans sa vie, adhère à la
confession de foi des U.________, se joint aux rencontres de la communauté, s'intéresse aux
activités de l'Eglise et accepte ses statuts et ses dispositions internes, peut devenir membre de
l'A.________ Sa demande d'admission orale ou écrite est à présenter au Conseil d'église.
Ce dernier communique l'admission du nouveau membre à la communauté lors de l'Assemblée
d'église ordinaire suivante.

b)             
Démission

Le
membre qui souhaite quitter la communauté peut le faire en tout temps en communiquant sa décision
au Conseil d'église.

c)             
Exclusion

L'exclusion
d'un membre ne peut être prononcée que par le Conseil d'église, après avoir consulté
l'Assemblée d'église. 

d)             
Les membres ne peuvent en aucun cas prétendre à une part quelconque de l'actif de l'association ;
il en est de même en cas de démission, de décès ou d'exclusion.

d)             
Par ailleurs, les membres n'assument aucune responsabilité personnelle pour les engagements de l'A.________,
lesquels sont garantis par les biens de celles-ci.

Art.
6             
Non-membres

Les
cultes et rencontres de l'église sont ouverts à toute personne désirant y prendre part
dans un esprit de recherche et d'enrichissement spirituel.

Art.
7             
Organes et ministères 

-             
L'Assemblée d'église est composée de l'ensemble des membres de l'A.________ Elle prend
les décisions qui concernent les activités de l'église.

-             
Le Conseil d'église, composé si possible de 4 à 7 conseillers (pasteur compris) reconnus
par la communauté, veille à la bonne marche de l'A.________ Il fait office de référence
en matière spirituelle. Il choisit en son sein un président.

-             
Un pasteur peut être engagé à temps partiel ou à temps complet. Il fait partie du
Conseil d'église. Un cahier des charges définit son statut et ses activités qu'il exerce
en accord et en collaboration avec les autres conseillers. Il fait partie de la pastorale des U.________.

-             
Des ministères particuliers peuvent être reconnus pour des tâches spécifiques.

Art.
8             
Ressources

Les
ressources de l'A.________ sont constituées par :

-             
les offrandes recueillies lors des cultes ou autres rencontres

-             
tout autre don, legs ou versement régulier.

Art.
9             
Administration des ressources

Un
trésorier, membre de l'A.________, tient les comptes de l'église contrôlés annuellement
par deux vérificateurs membres de l'A.________ Le montant à disposition est utilisé pour
les frais de fonctionnement de l'église (salaires, location, charges…) ainsi que pour le soutien :

-             
des activités communes aux U.________

-             
d'œuvres sociales, évangéliques ou missionnaires

-             
d'actions d'évangélisation.

-             
Etc…

Art.
10             
 Vérification des comptes

Les
vérificateurs des comptes, deux plus un supplnt, vérifient tous les comptes de l'église.
Ils sont désignés par l'Assemblée d'église qui réexamine chaque année leur
mandat

Art.
11             
 Réunions de l'Assemblée
d'église

L'Assemblée
d'église est convoquée en réunion ordinaire au moins une fois par année dans le cours
du premier trimestre.

En
fonction des nécessités, une réunion extraordinaire peut être convoquée par
une décision du Conseil d'église, de même que par une demande écrite adressée
au Conseil d'église, signée par 20 % au moins des membres.

Art.
12             
 Présidence 

Un
président de l'Assemblée d'église convoque les membres et veille au bon déroulement
des réunions. Un procès-verbal des réunions est établi ; il est à disposition
des membres. Après adoption lors de la réunion suivante, il est joint aux actes de l'Assemblée
d'église. 

Art.
13             
 Dispositions internes

Des
dispositions internes précisent le fonctionnement de l'A.________

Art
14             
Dissolution de l'A.________

En
cas de dissolution de l'A.________ décidée par l'Assemblée d'église, tous ses biens
et le solde en caisse vont à la Fondation "K.________" [ci-après également :
K.________] à [...]. 

Art.
15             
 Modification des statuts

Les
présents statuts ne peuvent être modifiés qu'en Assemblée d'église.

Art.
16             
 Collaboration

L'A.________:

-
Fait partie de la [...] ([...])

-
Est membre ami de la [...] ([...])

Statuts
adoptés en Assemblée d'église, le 28 octobre 1999.

Signatures : »

 

             
Ces statuts ont été complétés le 3 juin 2004 par l'adjonction d'une lettre b' à
l'art. 5, dont la teneur est la suivante : 

 

« b')             
Démission 

Le
membre qui ne communique pas son désir de quitter la communauté au conseil d'église, mais
qui cesse de participer aux rencontres et de s'intéresser aux activités d'église durant
une période d'une année (12 mois), perd son statut de membre de l'Eglise. Il peut en tout temps
faire la demande d'être réinscrit selon les conditions de l'article 5 Alinéa a). »

 

             
Le point 8 du procès-verbal de l'assemblée générale du 3 juin 2004 relatif à
l' « Ajout d'un article aux statuts concernant la démission des membres »
a la teneur suivante, étant précisé que les abréviations [...], [...], [...], [...]
et [...] signifient [...], [...], [...], [...] et [...]: 

« Suite
au sondage effectué en début d'année par [...] concernant les personnes n'étant plus
venues depuis plus d'un an. Il a été discuté de rajouter un article aux statuts :

Le
texte est mis au rétroprojecteur et lu à AG :

« Art.
B') Démission

Le
membre qui ne communique pas son désir de quitter la communauté au Conseil d'Eglise, mais qui
cesse de participer aux rencontres et de s'intéresser aux activités d'Eglise durant une période
d'une année (12 mois) perd son statut de membre de l'Eglise. Il peut en tout temps faire la demande
d'être réinscrit selon les conditions de l'art. 5 alinéa a)

[...] :
Avez-vous des remarques ?

[...]:
est-ce que l'on contacte la personne qui ne vient pas pendant une année avant de la rayer de la
liste des membres ?

[...] :
oui on prend contact avec elle. Ce nouvel article a pour but de se protéger en situation difficile.

[...]:
je propose de rajouter le fait qu'on prenne contact avec la personne dans l'article.

[...] :
ça complique dans le fait que parfois on ne peut pas joindre chacun.

[...]:
est-ce qu'on s'est renseigné comment ça se passe dans d'autres associations ? il y a un esprit
très Eglise qui me gène, mais je comprends.

[...] :
Dans d'autres associations, le fait d'être membre est généralement lié au fait qu'on
paie une cotisation. Dès qu'on ne paie plus on n'est plus membre.

[...]:
Je précise qu'à A.________, on a un accueil très rapide des membres. Il n'y a pas beaucoup
de conditions. De même il faut avoir la même souplesse pour ceux qui quittent. Il ne faut pas
s'achopper au délai de une année, parce que les personnes qui ne viennent que 1 ou 2 fois par
mois ne sont pas concernées par ce point. Ceux qui ne viennent plus ou qui ne donnent pas de nouvelles
sont voués à être membres à vie… Ce point permet de mettre un terme et de toute
façon il peut se ré-inscrire à tout moment comme membre. C'est un article qui assouplit
plutôt que d'être restrictif.

[...]:
Merci pour la précision intéressante par rapport aux cotisations. Y a-t-il une possibilité
de modifier le texte. Je propose que le texte soit plus travaillé dans le détail. En fait,
rajouter les points qui ont été débattus ce soir afin d'être plus clair.

[...] :
je propose qu'on passe au vote du texte tel que présenté :

Adoption:
majorité  Avis contraire :
2  Abstention :
3

[...] :
Nous le mettrons donc dans les statuts tel que présenté. »

 

             
Conformément à l'art. 13 des statuts, des dispositions internes ont été adoptées
le 28 octobre 1999. Elles ont notamment la teneur suivante : 

 

« 1.             
Autorité

a)             
L'autorité suprême de l'A.________ (A.________) est Jésus-Christ ressuscité, chef
de l'Eglise, Corps de Christ, dont la volonté est révélée dans la Bible, seule référence
en matière de foi et de vie (Cf. Confession de foi annexe).

b)             
Le Conseil d'église se soumet à cette autorité et a pour responsabilité de la faire
aimer, connaître et respecter dans la communauté.

2.             
Assemblée d'Eglise (A.E.) 

L'A.E.
comprend l'ensemble des membres inscrits au registre de l'A.________ Les réunions de l'A.E. sont
publiques, le droit de vote étant réservé aux membres inscrits. Tout participant s'exprime
librement sur les sujets portés à l'ordre du jour. L'A.E. se réunit en principe une ou
deux semaines avant chaque Rencontre Générale (R.G.) des [...] ([...]), soit au moins 3 fois
par année. Elle veille à ce que l'A.________ soit toujours représentée par ses délégués
à la R.G. des U.________ ainsi qu'au Conseil de la [...] par son membre permanent.

-             
Le président de l'AE est élu pour 2 ans rééligible une foix (sic). 

3.             
Gestion des finances

Les
ressources et les dépenses de l'A.________ sont gérées par une commission des finances
composée du caissier (trésorier), élu pour 4 ans et rééligible 2 fois, et (2)
membres élus pour 4 ans rééligibles 2 fois. La dite commission a pour tâche :

-             
de préparer et présenter le budget ainsi que les comptes annuels

-             
d'appliquer les décisions prises par l'AE dans le cadre du budget.

-             
d'informer et motiver le Conseil d'église et la communauté au sujet du [...] par ex. et
de la libéralité.

4.             
Décisions

a)             
Les décisions de l'A.E. portant sur les questions matérielles ou administratives sont prises
à la majorité des voix des membres présents.

b)             
Pour les sujets importants qui peuvent avoir une incidence profonde sur la vie de l'A.________ (engagement
d'un pasteur, reconnaissance de dons ou ministères, problèmes théologiques, éthiques
ou financiers importants…), on procèdera comme suit : la question est étudiée
au préalable par le conseil d'église qui adopte une proposition à soumettre à l'A.E.
Si cette proposition n'obtient pas le 66 % des bulletins rentrés, la décision est renvoyée
à une date ultérieure pour permettre au conseil d'église et à l'église de chercher,
dans la réflexion et la prière, une indication de la volonté de Dieu. Les nominations
ont lieu au bulletin secret. Le bulletin secret peur être demandé pour toute décision
avec l'accord du 20 % des membres présents.

5.             
Conseil d'église 

a)             
Il est composé de 4 à 7 conseillers, dont le pasteur, élus à bulletin secret par
l'assemblée d'église (AE), si possible choisis et reconnus selon le processus indiqué
au chiffre 4 b.

b)             
La durée du mandat d'un membre du Conseil d'église est de 4 ans ; il est rééligible
deux fois d'affilée. Après trois mandats consécutifs, il sera libéré de sa charge
pendant 2 ans, sauf crise ou carence dans la relève, avant d'être rééligible. 

c)             
Le Conseil d'église travaille au bien spirituel de tous, se souvenant que Dieu l'appelle à
être le modèle du troupeau qui est sous sa garde (Phil 5.1.4). Il à (sic) en particulier
la responsabilité : 

-             
d'assurer la prédication et un enseignement biblique (Tite 1.9, Actes 20 28-31)

-             
de garder vivant le zèle pour l'évangélisation

-             
d'examiner les demandes de baptême, de mariage et d'admission ou éventuellement le cas de discipline

-             
de discerner les dons que Dieu a dispensé dans l'église afin que ceux-             
ci soient exercés pour l'édification commune

-             
de maintenir une bonne harmonie entre les membres de l'église

-             
de les visiter régulièrement et d'exercer, selon leur possibilité, un              
ministère de relation d'aide

-             
de cultiver une communion étroite avec les églises sœurs des U.________              
en participant notamment aux rencontres régionales d'anciens

-             
d'entretenir des relations de bonne entente avec les autres églises.

-             
de mettre à jour la liste des membres

-             
de réunir le groupe de responsables de secteurs.

-             
Etc.

6.             
Pasteur

En
complément de l'article 7 des statuts de l'A.________ et du chiffre 4 b) des présentes dispositions
internes, la durée du mandat du pasteur est de 4 ans, après une année probatoire. Cet
engagement de 4 ans peut être reconduit par une seule réélection (sauf cas particulier).
Le début de la réflexion ayant lieu 1 année avant l'échéance de son mandat.

7.             
Responsables

Un
groupe de responsables, composé d'un nombre indéterminé de frères et sœurs de
l'A.________, a pour mission de décharger les conseillers d'église, des tâches administratives,
pratiques et spirituelles dans le but de faciliter l'exercice de leur ministère.

8.             
Enfance et adolescence

(…)

9.             
Baptême

(…)

10.             
Sainte Cène (1 Cor.11)

(…)

11.             
Accueil des nouveaux venus

(…)

12.             
Modifications des dispositions internes

Les
présentes dispositions internes ne peuvent être modifiées que par l'A.E., sur préavis
du Conseil d'église.

13.             
Conclusion

(…) »

 

             
Les art. 3, 4b et 6 des dispositions internes ont été modifiés en date des 28 octobre
2002 et 6 mars 2003 dans le sens suivant :

 

« 3.             
Gestion des finances

Les
ressources et les dépenses de l'A.________ sont gérées par une commission des finances
composée du caissier (trésorier), élu pour 4 ans et rééligible 2 fois, et de
2 à 5 membres élus pour 4 ans rééligibles 2 fois. La dite commission a pour tâche :

-             
de préparer et présenter le budget ainsi que les comptes annuels

-             
d'appliquer les décisions prises par l'AE dans le cadre du budget.

-             
d'informer et motiver le Conseil d'église et la communauté au sujet du [...] par ex. et
de la libéralité.

4.             
Décisions 

(…)

b)             
Pour les sujets importants qui peuvent avoir une incidence profonde sur la vie de l'A.________ (engagement
d'un pasteur, reconnaissance de dons ou ministères, problèmes théologiques, éthiques
ou financiers importants…), on procèdera comme suit : la question est étudiée
au préalable par le conseil d'église qui adopte une proposition à soumettre à l'A.E.
Si cette proposition n'obtient pas le 66,6 % des bulletins rentrés (les bulletins blancs et les
bulletins nuls ne sont pas valables. Leur nombre est indiqué séparément), la décision
est renvoyée à une date ultérieure pour permettre au conseil d'église et à l'église
de chercher, dans la réflexion et la prière, une indication de la volonté de Dieu. Les
nominations ont lieu au bulletin secret. Le bulletin secret peur être demandé pour toute décision
avec l'accord du 20 % des membres présents.

6.             
Pasteur

En
complément de l'article 7 des statuts de l'A.________ et du chiffre 4 b) des présentes dispositions
internes, la durée du mandat du pasteur est de 4 ans, après une année probatoire. Cet
engagement de 4 ans peut être renouvelé. Le début de la réflexion ayant lieu 1 année
avant l'échéance de son mandat. »

 

 

2.             
Comme cela ressort de différents procès-verbaux
de séances du conseil d’église et du procès-verbal de l’assemblée générale
du 22 novembre 2007, depuis plusieurs années, deux cultes s’exerçaient en parallèle
au sein de l’église A.________, l’un occupant le rez-de-chaussée et l’autre
le premier étage.

 

             
Lors de l'assemblée générale du 22 novembre 2007, l’association a décidé,
à 94 voix contre 12 et 18 abstentions, de revenir à un culte en
commun tous les dimanches au sein de l’église.

 

             
Selon le procès-verbal de l'assemblée générale du 6 mars 2008, vingt-quatre membres
de l’association ont démissionné à la suite de cette décision, tandis que « d'autres
personnes [étaient] encore sur la liste de membres et ne [venaient] plus au culte depuis plus d'une
année », rendant nécessaire une épuration de celle-ci.

 

 

3.             
Il ressort du procès-verbal de l'assemblée générale extraordinaire de A.________
du 24 avril 2008 en particulier ce qui suit : 

 

« 6.             
Fonctions et qualifications des membres du Conseil

Cela
fait déjà longtemps que nous cherchons de nouveaux conseillers (…). Dès octobre
dernier, nous avons eu deux invités au sein du conseil, A.G.________ et B.G.________, puis ensuite
T.________. Après la démission subite de [...], nous nous sommes approchés de certaines
personnes à qui on a pensé pour étoffer le conseil. (…)

L'élection
des 5 candidats présentés ce soir est pour une durée
d'une année pour ne pas scléroser le
conseil et ainsi permettre d'être plus souple pour chacun. (…) 

8.             
Elections de nouveaux membres du Conseil (…)

10.             
Proclamation des résultats de vote (…)

68
bulletins qui sont rentrés. H.________ 62 voix, T.________ 66 voix, B.G.________ 66 voix, A.G.________
66 voix et A.W.________ 67 voix. Bravo à chacun! (…) »

 

             
A partir du 24 avril 2008, le conseil d'église était ainsi composé de H.________, T.________,
B.G.________, A.G.________, A.W.________, N.________ – laquelle avait été élue en
2006 –, et A.Y.________ en tant que pasteur. 

 

 

4.             
Le procès-verbal du conseil d'église du 13 août 2008 contient notamment les passages suivants,
étant précisé que les abréviations A.G.________ et A.Y.________ signifient A.G.________
et A.Y.________ : 

 

« A.G.________
(…)

Je
n'ai pas de crainte de A.Y.________ et chaque personne est différente.

Je
me suis trompé d'endroit et je ne veux plus faire parti (sic) du conseil. Je ne suis pas prêt
à continuer. (…)

J'ai
un caractère peut-être qui s'oppose à A.Y.________.

Je
suis d'accord, A.________ est prêt à exploser. »

(…)

N.________

Je
suis au conseil depuis 2006. (…)

(…)
Maintenant j’ai perdu confiance en A.Y.________ en avril, je ne veux plus revivre ceci. A.Y.________
m’a demandé pardon. Mais je trouve dommage cette situation avec A.Y.________.

(…)
je ne veux pas ou plus continuer au conseil. Je suis prête à quitter A.________. Il y a un
décalage entre A.________ ([...]) et ce que nous vivons parfois le dimanche (s’humilier, à
genoux, etc…).

 

             
Il ressort du procès-verbal du conseil d'église du 20 août 2008 en particulier ce qui
suit, étant précisé que les abréviations N.________, B.G.________ et A.G.________
signifient N.________, B.G.________ et A.G.________ : 

 

« B.G.________
a été trouver A.G.________ qui confirme sa démission avec effet au 13.08.08. (…)

N.________
décide de quitter le conseil et remet sa lettre de démission avec effet immédiat. (…)

B.G.________
fait part de sa décision de se retirer du conseil pour la fin septembre. »

 

             
Le procès-verbal du conseil d'église du 27 août 2008 contient notamment le passage suivant,
étant précisé que les abréviations N.________, B.G.________, A.G.________ et Z.________
signifient N.________, B.G.________, A.G.________ et Z.________ : 

 

« A.G.________
et N.________ ont remis leurs démissions par écrit. B.G.________ ne l'a pas encore fait. Z.________
rappelle sèchement que les conseillers sont nommés par l'AG et que la démission est à
remettre au président de l'AG.

A.G.________
a envoyé une lettre de démission aux propos très durs, voire diffamatoires. (…)

Z.________
nous partage des propos très durs : 

·     
Les messages de A.Y.________ ne lui ont jamais
rien apporté.

·     
Le conseil qui partait comme une équipe gagnante
n'a rien réalisé depuis qu'il en est en place.

·     
Les conseillers sont immatures et se comportent
comme une équipe d'adolescents.

·     
Les conseillers démissionnaires apportaient
un équilibre dans le conseil. Avec les conseillers restant, A.Y.________ n'aura plus de garde-fou.

·     
A.Y.________ semble être le nœud du
problème. Il victimise.

·     
Les conseillers restants ne sont pas représentatifs
de la ligne d'A.________.

·     
Le conseil est sur une autre planète.

·     
Le travail de mise en place des organigrammes
est un travail inutile et inadapté à notre église. A.Y.________ perd son temps à
y travailler. (…)

B.G.________
décide de se retirer du conseil immédiatement. »

 

 

5.             
Par courriel du 16 septembre 2008, Z.________ a écrit notamment ce qui suit à A.W.________,
T.________, H.________ et A.Y.________, avec copie à d’autres membres de l’association
: 

« Vous
trouverez ci-joint mon projet de convocation pour l'assemblée extraordinaire que j'ai souhaité
réunir et pour laquelle j'ai obtenu un nombre suffisant de signatures. Merci de me confirmer rapidement
que la date du 9 octobre, choisie en accord avec la Commission des Ministères de la V.________,
vous convient. »

 

             
Par lettre recommandée du 1er
octobre 2008, le conseil d'église a en particulier écrit ce qui suit à Z.________, avec
copie à tous les membres de l’association et [...] pour la Commission des Ministères
de la V.________ : 

 

« Après
réexamen des faits dans la sérénité et la prière, le Conseil constate, à
propos de l'assemblée générale extraordinaire demandée pour le 9 octobre, les points
suivants :

1.             
La gravité extrême de la situation alléguée par les demandeurs n'a pas été
pleinement démontrée(…);

2.             
Selon l'article 11 des statuts et l'article 4b des dispositions internes la procédure pour les cas
d'importance grave n'a pas été respectée(…)

3.             
Violant donc gravement les statuts et les dispositions internes rédigés par les fondateurs
de l'église (…), l'assemblée générale prévue pour le 9 octobre avec l'ordre
du jour qui lui a été imposé ne peut pas avoir lieu sous cette forme. Elle peut néanmoins
conserver l'objectif d'informer l'assemblée en toute transparence.

En
conséquence, le Conseil exige des demandeurs qu'ils lui fassent parvenir un dossier complet et une
demande écrite respectant les procédures, et ceci dans un délai raisonnable, ou que, à
défaut, il renonce à son entreprise.(…) »

 

 

6.             
Le 3 octobre 2008, Z.________ a adressé à N.________ et A.G.________, à « Famille
B.G.________ » et à lui-même, un courriel dont la teneur est notamment la suivante :

 

« (…)
la Commission des Ministères (et la V.________ dans son ensemble) n'a pas de pouvoir sur A.________.
Ou, pour être plus exact, elles ont le pouvoir spirituel qu'A.________ veut bien leur donner. Nous
sommes évidemment dans une situation pathologique, qui fait que tout est bloqué. C'est pourquoi
le vote de l'AG est si crucial : si le pasteur et le conseil n'obtiennent pas la confiance, alors
il y a un problème d'ordre spirituel, et ils auront plus de peine à refuser l'autorité
(disons diplomatiquement l'aide) de la [...].

Il
y a actuellement une tentative en cours de la part du conseil pour empêcher la tenue de l'AG, en
argumentant sur un vice de forme (…) »

 

 

7.             
Le 12 octobre 2008, Z.________ a rédigé le courrier suivant : 

 

« Convocation
à l'assemblée générale extraordinaire du jeudi 30 octobre 2008 à 20h15 à
[...]

Cher(ère)
membre et ami(e) d'A.________,

Conformément
à la décision de l'assemblée générale du 9 octobre, j'ai le plaisir de vous
convoquer à la suite de l'assemblée générale de l'Eglise du 9 octobre. »

 

             
Il ressort du procès-verbal de l'assemblée générale du 30 octobre 2008 en particulier
ce qui suit : 

 

« 1.
Introduction et prière.

[...]
(V.________) 

(…)

Il
informe qu'il a reçus (sic) quelques messages lui demandant d'intervenir dans un sens ou dans l'autre.
De plus il a reçu des copies d'emails en groupe (…). N'ayant pas reçu de mandat de la
part du conseil, il n'a donc pas donné de réponse précise (…)

5.
et 7. Discussion sur la confiance en le Pasteur A.Y.________ et le Conseil.
(…)

8.
Votes de confiance [sur le pasteur A.Y.________ et le conseil d’église] (…)

Z.________
donne lecture des résultats 

 

	
 

	
Total des votants

	
Bulletins nuls

	
Bulletins valables

	
Oui

	
Oui (en %)

	
Non

	
Non (en %)

	
A.Y.________

	
88

	
7

	
81

	
45

	
55.56%

	
36

	
44.44%

	
A.W.________

	
88

	
5

	
83

	
45

	
57.83%

	
35

	
42.17%

	
H.________

	
89

	
7

	
82

	
45

	
54.88%

	
37

	
45.12%

	
T.________

	
88

	
7

	
81

	
58

	
71.60%

	
23

	
28.40%

 

8.             
Le 12 novembre 2008, Z.________ a rédigé la convocation suivante : 

« Convocation
à l'assemblée générale du 20 novembre 2008 à 20h15 à [...].

Cher(ère)
membre et ami(e) d'A.________,

Nous
avons le plaisir de vous convoquer à l'assemblée générale de l'Eglise. (…)

Ordre
du jour

0.             
Liste de présente. 1.B.________
(sic)

1.             
Introduction et prière. A.Y.________

2.             
Adoption de l'ordre du jour. Z.________

3.             
Désignation de 4 scrutateurs. Z.________

4.             
Adoption des procès-verbaux des assemblées générales précédentes. Z.________

             
a) AG ordinaire du 5 juin 2008

             
b) AG extraordinaires des 9 et 30 octobre 2008

5.             
Réponse et position du Conseil et du Pasteur suite au résultat des votes de confiance. Conseil

6.             
Proposition et vote d'un mandat pour le suivi d'A.________. Conseil

7.             
Nouvelles des membres et présentation des nouveaux membres.              
A.Y.________

8.             
Informations du Conseil. A.W.________

9.             
Informations Enfance-Jeunesse. [...]

10.             
Informations de la Logistique. T.________

11.             
Information de la [...]. Présentation et vote du budget 2009. [...]

12.             
Présentation de l'ordre du jour de la rencontre générale de la V.________, le 22 novembre
2008 à l'église [...], Bienne. Désignation des délégués A.________. Conseil

13.             
Divers et propositions individuelles (…) »

 

 

9.             
Le 13 novembre 2008, Z.________ a adressé à 1.B.________ un courriel en lui indiquant notamment
ce qui suit :

« Je
vais voir si on peut avoir l'ordre du jour avant 17:00. Cela me semble nécessaire, en fait. Je vais
même faire mieux : ci-joint le PDF de la convocation que j'ai soumise hier matin au Conseil.
Si tu ne reçois pas d'avis contraire de ma part (vérifie aussi tes SMS avant de procéder
à l'envoi), tu peux l'imprimer et faire l'envoi dans le délai qui te convient. (…) »

 

 

10.             
Le 15 novembre 2008, T.________, H.________ et A.W.________ ont décidé de mettre en place,
au nom du conseil d’église, une commission d’enquête ad hoc chargée d’établir
le degré d’implication et la responsabilité de Z.________ dans les « troubles
destinés à déstabiliser le Conseil d’administration de A.________ ».

 

             
Par courrier recommandé du même jour, ces trois personnes ont informé Z.________ qu’une
décision de suspension avec effet immédiat de son mandat de président de l’assemblée
de l’église avait été prise à son encontre, étant précisé qu’une
commission d’enquête venait d’être désignée.

 

             
Toujours le 15 novembre 2008, T.________, H.________ et A.W.________ ont informé la V.________ qu’ils
souhaitaient qu’elle s’abstienne de « tout interventionnisme » dans le
conflit qui opposait « le Conseil de l’Eglise à Monsieur Z.________ »,
lequel avait été suspendu.

 

 

11.             
Il ressort du procès-verbal de l'assemblée générale du 20 novembre 2008 en particulier
ce qui suit : 

 

« 0.
Liste de présence (…)

Présents :
69 membres, 6 amis, 4 membres de la V.________

Procurations :
31

Excusés :
13

Z.________

Lit
le texte suivant. Il est et reste le président de l'AG qui l'a élu et elle seule peut lui retirer
cette fonction. Le conseil lui a envoyé un courrier pour l'informer de la suspension de ses fonctions.
Les statuts ne prévoient pas un tel cas de figure et ne donnent pas au conseil une autorité
supérieure au président. (…)

1.
Introduction et prière (…)

T.________
(président du conseil ad interim)

Il
est président du conseil et il a l'autorité d'annuler cette assemblée. Le conseil a le
droit et l'autorité d'annuler une assemblée en cas de résistance. Selon l'article 69 du
code civil et article 5c des statuts. Il annule donc l'assemblée. 

Z.________

L'AG
est souveraine, elle est souveraine sur le conseil aussi. Cette assemblée est valablement convoquée
et n'est pas correctement dissoute.

Une
partie de l'assemblée part. (…) 

Z.________
propose une interruption de séance pour remanier l'ordre du jour suite au départ du conseil.
(…)

Reprise
de l'AG. 

Après
les divers départs, restent présents 36 membres, représentant 56 voix, ainsi que les 4
membres de la V.________. (…)

4.
Adoption des procès-verbaux des assemblées générales précédentes (…)

PV
du 05 juin 2008 :

(…)
Ce PV est adopté à l'unanimité moins 3 voix

PV
du 9 octobre 2008  : (…)

Suite
à l'arrivée d'un visiteur non membre, le président demande une motion d'ordre pour déclarer
le huis-clos. Votée à l'unanimité moins un avis contraire. La V.________ quitte aussi
les locaux pour respecter le huis-clos.

PV
du 30 octobre : pas de remarques

Les
PVs des 9 et 30 octobre 2008 qui se rapportent à la même assemblée sont adoptés à
l'unanimité moins deux abstentions. 

6.
Proposition et vote d'un mandat pour le suivi d'A.________ 

La
situation est bloquée, il faut prendre des mesures sérieuses pour la débloquer. Proposition
du texte suivant : 

L'A.________
demande à la V.________ d'intervenir immédiatement en tant que régent de l'A.________.
Cela signifie que les fonctions du Conseil et de la Présidence de l'Assemblée Générale
sont suspendues. Les représentants désignés par la V.________ prendront la responsabilité
de la direction de l'A.________ dans toutes les tâches qui incombent au Conseil et au Président
de l'Assemblée. Les décisions importantes restent soumises à l'approbation de l'Assemblée
Générale d'A.________.

(…)
La motion est mise au vote. Résultats du vote (majorité des 2/3)

 

	
Bulletins
rentrés

	
Blancs
et nuls

	
Oui

	
Oui
(%)

	
Non

	
Non
(%)

	
56

	
1

	
54

	
98.18%

	
1

	
1.82%

 

La
motion est acceptée. (…) »

 

 

12.             
Par courrier du 21 novembre 2008 adressé au conseil d'église, soit pour lui son « président
ad interim » T.________, et au pasteur A.Y.________, Z.________ a notamment indiqué ce
qui suit : 

 

« L'A.________
(A.________), réunie en assemblée générale ce jeudi 20 novembre 2008 à
[...] a décidé ce qui suit, dont nous vous prions de prendre note et d'agir en conséquence
sans délai :

L'A.________
demande à la V.________ d'intervenir immédiatement en tant que régent de l'A.________.
Cela signifie que les fonctions du Conseil et de la Présidence de l'Assemblée Générale
sont suspendues. Les représentants désignés par la V.________ prendront la responsabilité
de la direction de l'A.________ dans toutes les tâches qui incombent au Conseil et au Président
de l'Assemblée. Les décisions importantes restent soumises à l'approbation de l'Assemblée
Générale d'A.________.

Le
résultat du vote était le suivant : 56 bulletins rentrés, 1 bulletin blanc ou nul,
55 bulletins valables, 54 oui, 1 non, accepté par 98.2%.

Personne
de contact pour la coordination de l'action de la V.________ (…)

Cette
lettre sera mise à disposition de tous les membres. »

 

             
Le 23 novembre 2008, le conseil d'église
a notamment répondu en ces termes :

 

« L'Eglise
A.________ est confrontée à une opposition destinée à la déstabiliser. (…)

·     
Par volonté d'ouverture envers tous ses membres,
le Conseil de l'Eglise a privilégié l'écoute et le dialogue face à quelques personnes
qui au final ne reconnaissent plus aucune autorité dans l'Eglise si ce n'est la leur. Le fait d'avoir
tardé à faire preuve de fermeté a permis à ces quelques membres de l'Assemblée
de jeter le trouble au sein de l'Eglise. À présent, l'heure n'est plus au dialogue mais aux
mesures d'urgence (…), pour faire face à un groupe qui semble déterminé et peu soucieux
des intérêts de l'Eglise A.________. (…) 

·     
M. Z.________ refuse de se soumettre au Conseil
de l'Assemblée, alors qu'il n'a jamais été désigné comme responsable spirituel
dans notre Eglise. Nous soulignons le fait que M. Z.________ nie l'autorité statutaire du Conseil.
Par la suspension que nous lui avons produite, il lui est demandé de s'abstenir désormais de
prendre toute responsabilité au sein de l'Assemblée, dans l'attente de l'avis de l'église
pour le prononcé d'une éventuelle exclusion en raison des troubles graves qui résultent
de son fait. »

 

 

13.             
Le 29 novembre 2008, J.________ a écrit en particulier ce qui suit à Z.________ :

 

« Dans
le mail que tu as envoyé aux membres concernant la suite de l'Assemblée Générale
du 20 novembre 2008, nous constatons qu'il y a une erreur de comptabilisation en défaveur des membres
partis après l'annulation de ladite Assemblée par le président du Conseil ad interim,
T.________.

Les
membres qui sont partis étaient majoritaires.

Pour
preuve, voici leur signature : »

 

             
Ce texte est suivi d'un tableau à trois colonnes correspondant au nom, au prénom et à
la signature. Ce tableau comporte trente-sept noms et prénoms et vingt et une signatures.

 

 

14.             
Le 19 mars 2009, T.________ a adressé un courrier à A.G.________, Z.________, [...] et N.________
au nom du conseil d’église, en les avertissant que leur comportement – consistant notamment
en une rébellion contre l’autorité légitime de l’église – justifiait
une exclusion de l’association, à moins qu’ils n’acceptent de se repentir et soumettent
une proposition de réparation pour les torts causés à l’église.

 

 

15.             
Le 26 mars 2009, le Professeur [...] a rendu un avis de droit, duquel il ressort notamment ce qui suit :

 

« II.
Validité des décisions prises par l'Assemblée Générale d'A.________ (par la
suite AG) lors d'une séance qui s'est tenue le 20 novembre 2008

Il
s'agit, sans doute possible, de la question centrale qui se pose en l'état. Les mandats des organes
de direction sont en cause puisque les membres qui se sont réunis et qui assistaient encore à
la fin de cette séance ont finalement décidé, à une très importante majorité,
de suspendre les pouvoirs des organes de direction ainsi que le Président de l'AG, ces fonctions
étant provisoirement transférées à la V.________. Il convient donc d'examiner la
question de savoir si les personnes qui ont pris ces décisions ont agi en exerçant les pouvoirs
qui sont ceux de l'AG de l'association A.________. La chronologie des événements qui se sont
produits en amont de ce vote doit être reprise pour vérifier la validité des décisions
adoptées.

A.
Chronologie des événements qui ont trait à l'établissement des ordres du jour de
cette AG 

a)             
Le 3 novembre 2008 le Président de l'AG envoie au Président du Conseil un projet d'ordre du
jour daté du 5 novembre 2008.

b)             
Par mail du 5 novembre 2008 le Président de l'AG s'adresse à la Secrétaire qui envoie
les convocations. Il indique qu'il espère que le Conseil acceptera sa proposition d'ordre du jour
lors d'une séance prévue pour ce même 5 novembre 2008, au soir.

c)             
Le 9 novembre 2008 le Président en titre du Conseil revoie au Président de l'AG « l'ordre
du jour pour la prochaine AG du 20 novembre 2008 avec nos corrections ».

d)             
Par lettre du 11 novembre 2008, adressée à la fois au Conseil et au Président de l'AG,
la V.________, qui poursuit l'exercice de son mandat de bons offices, souligne l'existence d'une importante
différence entre les deux ordres du jour proposés, d'une part par le Président de l'AG
et d'autre part par le Conseil.

e)             
Par lettre du 12 novembre 2008 le Président de l'AG poursuit la négociation avec le Président
du Conseil, au sujet de l'ordre du jour de l'AG du 20 novembre prochain. Le Président de l'AG est
très clair au sujet de l'enjeu du différend qui existe au sujet de la rédaction de certains
points de cet ordre du jour. Il indique : « Il est nécessaire que le Conseil s'exprime
sur le résultat majoritairement négatif des votes de confiance, et que des mesures soient prises ».

f)             
En fin d'après-midi et début de soirée, le 13 novembre 2008, un entretien téléphonique
a lieu entre le Président du Conseil a. i. et le Président de l'AG. Il est en tout cas clair
que les interlocuteurs ne se mettent pas d'accord au téléphone au sujet d'un projet d'ordre
du jour qui rencontrerait l'assentiment des deux intéressés.

g)             
Le 13 novembre à 18 h 11 la Secrétaire envoie, sur instruction du Président de l'AG, une
convocation pour l'AG du 20 novembre 2008, qui correspond au projet mis au point par le seul Président
de l'AG. Cette convocation, accompagnée d'un ordre du jour daté du 12 novembre 2008, est adressée
à tous les membres qui disposent d'un contact par e-mail. Les membres qui ne disposent pas d'une
telle facilité se voient adresser le même courrier postal (mis à la poste le lendemain).

h)             
Le 13 novembre 2008 à 20h16, le Président a. i. du Conseil adresse à tous les membres,
selon les mêmes modalités que celles décrites ci-dessus, une convocation accompagnée
d'un ordre du jour qui convient an (sic) Conseil.

i)             
Par mail du 15 novembre 2008 le Président de l'AG fait état de la poursuite de discussions
concernant le libellé de l'ordre du jour, après les deux envois du 13 novembre 2008. Des
entretiens téléphoniques ont eu lieu dans le but d'aboutir à un ordre du jour acceptable
pour les deux parties. Dans ce mail le Président de l'AG fait état de l'échec de toutes
les discussions.

j)             
Par lettre recommandée du 15 novembre 2008 le Conseil, sous la signature du Président
a. i. et de deux membres du Conseil, notifie au Président de l'AG le fait que le Conseil a prononcé
la suspension,
avec effet immédiat,
de son mandat de présidence des AG d'A.________. Le Conseil annonce la prochaine désignation
d'une commission d'enquête et émet des réserves concernant les responsabilités. La
lettre précise encore que le Conseil ne cautionnera aucun acte qui pourrait être fait en violation
de la suspension prononcée.

k)             
Le dimanche 16 novembre 2008, trente-cinq personnes signent une affiche qui sera placardée à
la porte de l'Eglise. Cette affiche reproduit l'ordre du jour qui est préconisé par le Conseil,
signé par le Président a. i. et par un autre membre du Conseil. Le document comporte la mention
suivante : « En tant que membre d'A.________, nous demandons que la communauté adopte
l'ordre du jour ci-dessus proposé par le Conseil, seul valable juridiquement » (suit la
signature des trente-cinq personnes mentionnées).

l)             
Il découle d'un procès-verbal de l'AG ordinaire du 20 novembre 2008, établi par le Président
a. i. le 23 novembre 2008, que ce dernier a prononcé, à environ 20h40, l'annulation
de la séance. Il a décidé de quitter la salle. Le procès-verbal précise qu'il
est suivi par environ quarante membres de l'Eglise A.________.

m)             
La Secrétaire diffuse, le 26 novembre 2008 à 19h54, un autre procès-verbal de l'AG du
20 novembre 2008, signé par le Président de l'AG. Ce document fait état d'une interruption
de séance pour « remanier l'ordre du jour » comme suite au départ des membres
qui ont suivi le Président a. i. Ce procès-verbal précise que trente-six membres demeurent
dans l'assemblée, représentant 56 voix. Ce document fait encore état d'une modification
de l'ordre du jour, par référence à celui qui a été envoyé par le Président
de l'AG. Ce nouvel ordre du jour modifié est adopté à l'unanimité moins une abstention.

n)             
Par document du 29 novembre 2008 une liste contenant les noms de trente-sept personnes, sorties avec
le Président a. i., est communiquée au Président de l'AG. Cette communication fait état
d'une comptabilisation différence de celle qui est indiquée ci-dessus. Il est affirmé
que les membres qui sont partis étaient majoritaires.

B.
Conséquences de ces faits au sujet de la validité des décisions que pouvaient prendre
les personnes qui ont voté les mesures adoptées par l'AG du 20 novembre 2008

a/
Cette chronologie des événements révèle sans doute possible qu'aucun accord clair
et définitif n'est jamais intervenu entre le Président de l'AG et le Conseil au sujet d'un
ordre du jour déterminé et précis qui devait être soumis à l'AG pour qu'elle
en décide. C'est tout le contraire. Tous les membres d'A.________ se sont vus adresser deux
projets d'ordre du jour. Les deux organes étaient
bien conscients du fait qu'ils devaient collaborer pour se mettre d'accord à ce sujet. Ils ont tenté
cette collaboration mais ne sont jamais parvenus à leur fin. Ce désaccord n'est pas que formel.
Il traduit une divergence concernant les intentions de chacun des deux groupes, au sujet des suites qu'il
y a lieu de donner au vote qui est intervenu lors de l'AG du 30 octobre 2008. L'un des projets d'ordre
du jour veut saisir l'AG au sujet des conséquences du vote qui est intervenu sur la question de
la « confiance » ; l'autre ordre du jour veut limiter le débat à une «
information » du Conseil à ce sujet. Dans un tel contexte l'AG, organe suprême de l'association
devait être mise en mesure de trancher entre ces deux projets. On pourrait, à première
vue, considérer que la cause première de la difficulté réside dans le fait que la
présidence de cette AG n'a pas pu être exercée dans des conditions normales. Le dédoublement
de la présidence n'est cependant pas la question décisive. L'un ou l'autre président aurait
pu mettre l'AG en mesure de décider sur l'ordre
du jour dont elle voulait se saisir, avant le
début des délibérations. Il se serait agi, à mon avis, d'une « question administrative
», qui aurait dû être prise à la majorité des voix des membres présents,
aux termes de l'art. 4 a/ des Dispositions internes. Or tel n'a pas été le cas. L'AG n'a pas
été mise en mesure de décider - à titre liminaire - de son ordre du jour. 

b/
Justification d'une conclusion juridique à ce sujet (…) 

En
l'espèce deux ordres du jour contradictoires
ont été adressés aux membres. Aucun
ordre du jour n'est valable dans ce cas, avant une décision de l'AG qui choisit souverainement.
Il est acquis que ce choix n'a pas été effectué d'entrée de cause par l'AG, pourtant
convoquée par l'organe compétent pour procéder à la convocation. Une AG valablement
convoquée, saisie de deux ordres du jour contradictoires, devait être mise en mesure de choisir,
au début de ses délibérations et dans des conditions sereines. Il est acquis qu'une telle
décision n'est pas intervenue au début des délibérations et il est acquis encore
qu'au moment où un vote est intervenu sur la question de l'ordre du jour, un nombre important (voire
majoritaire) de membres avait pris la décision de quitter les lieux en faisant connaître leur
refus de considérer que l'AG délibérait valablement. C'était bien le cas puisqu'aucun
ordre du jour n'avait été adopté. Dans de telles circonstances on ne peut pas considérer
que la décision prise par les membres restants « remaniait» valablement l'ordre du
jour. Ce vote n'a en tout cas pas formellement choisi
entre les deux ordres du jour communiqués avec la convocation. L'AG était donc menée jusque-là
sans ordre du jour
puisqu'elle n'avait pas tranché entre les deux projets. Sa décision est intervenue à un
moment où elle ne délibérait pas valablement et, de plus, ne portait pas sur le choix
entre les deux ordres du jour dont elle était saisie. La première décision de l'AG devait
être de choisir entre les deux ordres du jour dont elle était valablement saisie. Ce
choix n'est pas intervenu. La conséquence nécessaire est que toutes les décisions adoptées
dans de telles circonstances sont nulles et de nul effet.

III.
Conséquences de la réponse à la question précédente sur l'existence

actuelle des pouvoirs sociaux des organes d'A.________

A.
Pouvoirs du Conseil

a/
La décision prise par les personnes qui continuaient à siéger à la fin de l'AG du
20 novembre 2008 n'a pas suspendu valablement les pouvoirs du Conseil puisqu'elle est affectée
de nullité. Cette décision n'ayant pas mis fin à ses pouvoirs, le Conseil est actuellement
en charge. Il peut et doit continuer à exercer sa mission, en conformité de la loi, des statuts
et des dispositions réglementaires d'A.________. Il doit et il peut dès lors mettre en œuvre
la procédure qui tend à la nomination des organes de l'association, lesquels viennent prochainement
à échéance, selon les statuts et les décisions sociales en force.

b/
Du point de vue de l'existence de ces pouvoirs, le vote qui est intervenu lors de l'AG du 30 octobre
2008 n'a pas la portée d'une révocation
au sens de la loi ou des statuts. (…) Le vote intervenu le 30 octobre 2008 ne peut pas avoir la
portée d'une « révocation » des organes sociaux en poste. Ce vote n'est
pas sans conséquence pour autant. Il devait résonner comme un coup de semonce et être
pris en compte sur le terrain des relations sociales. On ne peut donc, en conclusion, pas considérer
que le vote intervenu le 30 octobre 2008 viendrait infirmer la conclusion exprimée sous lettre a/,
ci-dessus. 

B.
Pouvoirs actuels du Président de l'AG 

a/
Pour les raisons développées ci-dessus, l'AG du 20 novembre 2008 n'a pas non plus mis fin aux
pouvoirs du Président de l'AG puisque toutes les décisions prises lors de cette séance
sont nulles et de nul effet.

b/
On doit encore poser la question de savoir quelle est la conséquence de la lettre recommandée
du 15 novembre 2008, adressée au Président de l'AG, par laquelle sa « suspension »
avec effet immédiat lui est notifiée. Les statuts d'A.________ prévoient en leur art.
12 l'existence d'un organe qui est particulier à cette association. Il existe, pour A.________,
un Président de l'AG qui « convoque les membres et veille au bon déroulement des réunions
». Il s'agit, à vrai dire, d'une particularité assez curieuse. Selon les usages les présidents
des « comités » (direction, selon la terminologie légale), en l'occurrence du Conseil,
président aussi l'AG. Tel n'est pas le cas pour A.________. Cette singularité me paraît
pourtant licite,
même si elle est source de difficultés. Le principe de l'autonomie
organisationnelle existe en droit de l'association.
Les statuts peuvent définir librement les organes de la personne morale. Il n'empêche que la
présidence de l'AG appartient, selon
le système général du doit de l'association,
au domaine de l'exécutif. Cette fonction devrait donc être exercée d'une manière
coordonnée, c'est-à-dire qu'elle devrait faire l'objet d'un exercice concerté avec la
politique de la direction, en l'occurrence du Conseil. (…) C'est dire que les pouvoirs d'un tel
président de l'AG doivent être exercés d'une manière qui est compatible avec les
exigences formulées par la direction. Les intéressés ont bien senti cette nécessité
et ils ont fait l'impossible pour coordonner leur action en vue de l'organisation de l'AG du 20 novembre
2008. Le fait est qu'ils n'y sont pas parvenus.

c/
La question se pose ensuite de savoir si la direction a la possibilité, dans de telles circonstances,
de « suspendre » les pouvoirs du Président de l'AG. (…) Le Conseil avait la possibilité
de proposer
la suspension du Président de l'AG mais non pas de la prononcer
lui-même. La lettre recommandée adressée au Président de l'AG ne pouvait donc pas
avoir l'effet escompté. 

La
conclusion est donc que le Président de l'AG, tant qu'il n'est pas suspendu ou révoqué
par l'AG, exerce valablement son mandat en convoquant et en présidant les AG.

IV.
Majorité requise lors du renouvellement ou du remplacement des organes pour la prochaine législature

A.
Majorité pour les mandats du Conseil et les votes à ce sujet

a/
Ce sont les « Dispositions internes » qui sont censées régir les élections
qui doivent intervenir pour repourvoir le Conseil, c'est-à-dire la direction de l'association. Ce
règlement a été adopté par l'AG en date des 28 novembre 2002 et 6 mars 2003. Les
membres du Conseil sont élus selon un processus prévu à l'art. 5 a. Ce texte renvoie expressément
à une procédure qui est décrite à l'art. 4 b. C'est cet art. 4 b qui prévoit
un majorité qualifiée
(66,6% des bulletins rentrés), applicable pour ces élections. Ce texte règlementaire n'instaure
cependant pas sans exception possible cette majorité qualifiée. Si la proposition, donc le
résultat du vote, n'atteint pas le 66,6 % des bulletins rentrés, la
décision n'est pas rejetée mais renvoyée à une date ultérieure,
pour permettre au Conseil d'agir de telle sorte que la difficulté consécutive à cette
absence de résultat soit palliée. Le texte ne dit pas ce qui se passe si le Conseil ne parvient
pas à résoudre le problème. Il apparaît cependant, selon des informations dûment
contrôlées, que les pratiques antérieures furent régulièrement plus simples
et que les majorités qualifiées furent normalement appliquées et trouvées. Ces pratiques
antérieures, plus simples que ce qui est prévu par la prescription de l'art. 4 b,
peuvent dès lors constituer la règle. Elles s'imposent à l'encontre d'un texte compliqué.
Il y a donc lieu de souhaiter une élection future régie par le principe de la majorité
qualifiée à 66,6 % des bulletins rentrés (bulletins blancs et bulletins nuls décomptés,
dont le nombre sera indiqué séparément). Il faut préciser que ces Dispositions internes
visent la majorité des voix des
membres présents, les élections ayant
lieu au bulletin secret. »

 

             
Il ressort du procès-verbal de l’assemblée générale du 23 avril 2009 (cf. ch.
21 ci-dessous) que Z.________ et l’association A.________ ont accepté le rapport du 26 mars
2009 établi par le professeur R.________ dans son intégralité, sous réserve du point
IIB/a relatif aux pouvoirs du président de l’assemblée générale.

 

 

16.             
Le 28 mars 2009, le conseil d'église a envoyé
à tous les membres de la défenderesse une lettre type dont la teneur était notamment la
suivante : 

 

« Dans
le but de clarifier la situation, nous vous prions de vous positionner jusqu'au
6 avril 2009, le timbre postal faisant foi,
en cochant l'une ou l'autre des deux propositions ci-dessous :

□
Je me suis remis(e) devant Dieu et suis convaincu(e) de rester membre de l'église A.________, participant
à la vie spirituelle de la communauté

□
Je me suis remis(e) devant Dieu et suis convaincu(e) de démissionner de l'église A.________,
puisque je ne participe plus à la vie spirituelle de la communauté »

 

 

17.             
Par lettre du 30 mars 2009, trente-quatre membres de l’association ont écrit ce qui suit au
conseil d'église : 

 

« Demande
de points à l'ordre du jour de l'AG du 23 avril prochain
(…)

Les
soussignés ont pris connaissance de l'intention du Conseil de convoquer une Assemblée Générale
de notre association, et ils la soutiennent. (…)

les
soussignés (34 personnes qui représentent plus de 20% des membres d'A.________) demandent que
les points suivants figurent précisément à l'ordre du jour de cette assemblée.

-             
Election de membres au Conseil d'église

-             
Recherche de solutions pour l'avenir d'A.________ et, le cas échéant, dissolution de l'A.________.
Votes. »

 

 

18.             
Par lettre du 2 avril 2009, le conseil d'église a indiqué à A.G.________ Z.________, [...]
et N.________ sa décision d'engager une procédure d'exclusion à leur encontre. 

 

 

19.             
Le 16 avril 2009, le conseil d'église a rédigé la convocation suivante : 

 

« Convocation
à l'Assemblée Générale extraordinaire du jeudi 23 avril 2009
(…)

             
Ordre du Jour de l'Assemblée
extraordinaire du 23 avril 2009 (…)

             
6.
Votation : « Acceptez-vous
M. [...] comme président ad hoc des AG traitant de la prochaine élection du Conseil ?  »

 

 

20.             
Le 19 avril 2009, le président de l'assemblée, Z.________, a adressé la convocation suivante
aux membres de l’association : 

 

« Convocation
à l'assemblée générale du 23 avril 2009
(…)

Ordre
du jour (…)

4.
Election de membres au Conseil d'église.
Z.________

5.
Recherche de solutions pour l'avenir d'A.________ et, le cas échéant, dissolution de l'A.________.
Votes. Z.________ »

 

 

21.             
Il ressort du « procès verbal de l'assemblée générale extraordinaire du
23 avril 2009 » notamment ce qui suit, étant précisé que les abréviations
Z.________, T.________, A.G.________, [...] et J.________ signifient Z.________, T.________, A.G.________,
[...] et J.________: 

 

« Avant
le début de la séance, Z.________ entre intempestivement dans la salle en prétendant qu'il
est le président normalement élu de cette assemblée. T.________ le prie de se soumettre
au conseil. 

1.             
Liste de présences

107
membres présents et 5 membres excusés

2.             
Bienvenue

T.________
(…) nous lit l'ordre du jour. (…) Z.________ veut nous imposer son OJ qui n'est pas jugé
recevable (…)

5.             
Adoption de l'ordre du jour

Une
violente discussion s'élève : A.G.________ propose de refuser l'OJ du Conseil pour cette
AGE parce que plus de 20% des membres ont demandé qu'on vote la dissolution de l'assemblée.
Certains membres ont fait remarquer que Z.________ n'avait pas envoyé son OJ à la totalité
des membres de l'Eglise, et que Monsieur Z.________ reconnait (sic) ne pas l'avoir envoyé aux nouveaux
membres. [...] fait remarquer qu'on est ici pour élire Me [...] et que le point soulevé sera
voté sous sa direction. T.________ précise que, dans le cas ou (sic) la présidence de
M. [...] serait rejetée, la prochaine AG prévue le 7 mai et la suivante auraient nécessairement
lieu sous la présidence du Conseil d'Eglise. S'ensuit un vif débat pour savoir si Z.________
et le Conseil acceptent le rapport du professeur [...] dans son intégralité. Z.________ dit
accepter l'intégralité du rapport du professeur [...]. Le Conseil ne peut accepter le point
B/a/ de ce rapport (« Pour
les raisons développées ci-dessus l'AG du 20 novembre 2008 n'a pas non plus mis fin aux
pouvoirs du Président de l'AG »
p. 9). Me [...] dit que Z.________ ne pourrait être quelqu'un d'impartial et il cite :
« C'est dire que
les pouvoirs d'un tel président de l'AG doivent être exercés d'une manière compatible
avec les exigences formulées par la direction (le Conseil) »
p. 9. Me [...] est du même avis. Certains se demandent pourquoi le professeur [...] n'est pas
ici. [...] précise qu'elle a eu deux téléphones avec le professeur et qu'il ne souhaitait
pas être là pour nous permettre de mieux discuter entre nous. Beaucoup d'autres personnes prennent
encore la parole. Le résultat du vote est de 51 voix pour, et 54 voix contre. T.________ déclare
alors l'assemblée générale extraordinaire clôturée. (…)

Z.________
veut ouvrir une réunion et nous imposer son OJ qu'il place sur le rétroprojecteur (…)

le
Conseil donne son accord pour une réunion sous la direction de Z.________ (…) 

Z.________
fait voter son OJ qui est accepté par 54 voix qui y adhèrent contre 50 voix qui le refusent. »

 

             
Il ressort du « procès-verbal de l'assemblée générale du 23 avril 2009
(…) Seconde partie de l'Assemblée Générale » notamment ce qui suit :

 

L'ordre
du jour proposé par le Conseil ayant été refusé par l'Assemblée par 54 voix
contre et 51 pour (…), le Conseil se retire pour une suspension de séance (…) A son
retour, il accepte de mettre au vote le 2ème ordre
du jour qui avait été envoyé préalablement par Z.________ à toute l'assemblée,
et qui comprend deux points demandés par 20% de membres. 

Cet
ordre du jour est accepté par 54 voix pour et 51 contre.

Sur
sa demande, la présidence de l'Assemblée est reprise par Z.________, Président de l'AG.

Les
points 0 à 3 de l'ordre du jour sont sautés, car ils avaient déjà été traités
sous la présidence de T.________.

4.             
Election de membres au Conseil d'église (…)

Les
candidats avaient été présentés lors de la séance de préparation de l'AG.
Après un temps de questions et réponses, en partie en l'absence des candidats, l'élection
est mise au vote. Les résultats sont les suivants : 

 

T.________             
55 voix pour, 53 voix contre, 51%

H.________             
54 voix pour, 54 voix contre, 50%

A.W.________
54 voix pour,              54 voix contre,
50%

J.________
54 voix pour, 54 voix contre, 50%

[...]
54 voix pour, 54 voix contre, 50%

 

Aucun
des candidats n'est élu au Conseil, la majorité requise étant de 67% selon les statuts.

5.             
Recherche de solutions pour l'avenir d’A.________ et, le cas échéant, dissolution de
l'A.________. Votes. (…) 

Suite
au résultat du vote, une discussion a eu lieu sur les solutions possibles. A.W.________ a fait le
constat suivant : Actuellement force est de constater qu'il y a 2 églises au sein d'A.________.
Les résultats montrent l'impasse de la situation. Qu'aucun Conseil ne pourra être élu
dans cette situation. Donc il faut se séparer. Reconnaissant l'attachement du groupe « B »,
qui a eu la majorité ce soir et qui est fortement attaché aux locaux, A.W.________ propose
que son groupe se retire, moyennant un accompagnement et une assistance. Une période de discussion
s'ensuit.

M.
[...] secrétaire général de la V.________ intervient. Il s'exprime en soulignant que la
séparation doit se faire dans le respect de chacune des parties et notamment le respect des engagements
contractuels d'A.________, afin de pouvoir par la suite se regarder dans les yeux.

Sur
proposition de [...], la séance est ajournée à 23:35, les 2 groupes ayant convenu de revenir
devant l'Assemblée avec une proposition de séparation que l'AG pourra accepter. »

 

 

22.             
Par courriel du 29 avril 2009, Z.________ a indiqué qu’il souhaitait que des négociations
soient menées à terme quant à l’avenir de A.________, entre « l’ancien
conseil d’église (qui fonctionne de manière transitoire jusqu’à conclusion
des négociations) des représentants du « groupe B » [et] des représentants
de la V.________ et de la K.________ », étant précisé qu’il était
« important que ces négociations démarrent rapidement et aboutissent rapidement également ».

 

             
T.________ a répondu le même jour que le conseil était « ouvert à s'engager
dans un processus de discussion avec le groupe B et la V.________ dans la mesure où le conseil [était]
établi et rest[ait] en fonction jusqu'à la finalisation d'une solution acceptable. »

 

 

23.             
Le 4 mai 2009, A.G.________, Z.________, X.________ et N.________ ont déposé, à l'encontre
de A.________, une demande en contestation d'une décision de l'association dont les conclusions
tendaient à prononcer que la décision prise le 2 avril 2009 à l'encontre de chacun d'eux
était nulle et de nul effet. 

 

             
Par jugement rendu le 10 juin 2014, le Tribunal civil d'arrondissement de La Côte a en particulier
rejeté cette demande, ainsi que la conclusion reconventionnelle prise par A.________ visant au paiement
d’un montant de 13'222 fr. avec intérêt à 5% l’an dès le 11 juin 2010.

 

 

24.             
Le 14 mai 2009, le conseil d'église a convoqué les membres de l’église à une
assemblée générale extraordinaire fixée le 19 mai 2009, ayant pour objet un vote
sur les questions suivantes : « Etes-vous favorable à la dissolution de l'Eglise
du Seigneur « A.________ » de [...] ? et « Etes-vous favorable à une séparation
de l'Eglise du Seigneur « A.________ » de [...] ? », étant précisé
que la seconde question résultait du fait que plusieurs voix s’étaient élevées
pour réclamer un vote sur la séparation de manière à former deux assemblées
distinctes.

 

             
Il ressort du procès-verbal de l'assemblée générale extraordinaire du 19 mai
2009 en particulier ce qui suit : 

 

« Monsieur
Z.________ préside à titre exceptionnel suite à la suspension de sa procédure d'exclusion.
(…)

1.             
Liste des présences

65
votants (…) 

7.             
Discussion sur l'avenir d'A.________ selon la pétition
(…)

A.Y.________
demande à ce que chacun s'exprime selon son cœur. En ce qui le concerne, en tant que pasteur
il ne peut pas prendre position en faveur d'une séparation car il est le pasteur de toute l'Eglise
et que de plus son contrat de travail lui impose une obligation de fidélité envers l'association
A.________ qui est son employeur (…) 

8.             
Vote consultatif sur la dissolution d'A.________

La
première question posée à 22h.10 est la suivante : 1. « Etes-vous
favorable à la dissolution
de l’Eglise du Seigneur 'A.________ de [...] ?
»

9.             
Vote consultatif sur la séparation d'A.________

La
seconde question posée est la suivante : « Etes-vous
favorable à la séparation
de l'Eglise du Seigneur A.________ de [...] ?
»

10.             
Proclamation des résultats et clôture

A
la première question relative à la dissolution, les membres ont fait connaître leur avis :

-       
52 voix contre la dissolution

-       
13 voix pour la dissolution

A
la seconde question relative à la séparation (bulletin n° 4), les membres ont fait connaître
leur avis :

-       
39 voix pour la séparation

-       
25 voix contre la séparation

-       
1 voix bulletin blanc. »

 

 

25.             
Par lettre du 22 janvier 2010, Z.________ a écrit en particulier ce qui suit à T.________:

 

« Cher
T.________,

Cela
fait très longtemps que rien ne s'est en apparence passé du côté d'A.________, bien
que l'AG du 19 mai 2009 ait donné une confirmation claire (60% des votes) que le chemin à suivre
était celui d'une séparation. Ce vote faisait suite à l'intervention de A.W.________,
ex-membre du Conseil, lors de l'AG du 23 avril 2009, qui avait débouché sur l'impossibilité
d'une réélection du Conseil d'A.________. Je regrette que les responsables d'A.________ à
titre transitoire (que tu présides) n'aient pas progressé et n'aient pas recherché le
contact avec les membres du groupe B en vue de répondre à la volonté de l'Assemblée
Générale. 

Cela
est d'autant plus préoccuppant (sic) que la situation actuelle est hautement irrégulière,
et fait qu'A.________ est en situation périlleuse du point de vue financier, juridique et spirituel :

-       
Les comptes 2008 n'ont pas été présentés
et approuvés par l'Assemblée Générale.

-       
Le budget 2009 n'a pas été présenté
et approuvé par l'Assemblée Générale.

-       
Les comptes 2009 n'ont pas été présentés
et approuvés par l'Assemblée Générale.

-       
L'association ne dispose plus d'une direction
élue (Conseil) depuis bientôt une année (fin de mandat des Conseillers T.________, H.________
et A.W.________ en mars 2009, suivie par une non-réélection en avril).

-       
L'association ne dispose plus d'un trésorier
élu par l'Assemblée Générale (démission de [...]. [...] en juin 2009).

-       
L'association ne dispose plus de vérificateurs
de comptes depuis les démissions de [...] et [...].

-       
Contrairement aux dispositions statutaires, aucune
Assemblée Générale n'a été réunie depuis le mois de mai 2009, malgré
le rappel que je t'ai adressé à ce sujet (mon e-mail du 15 octobre 2009).

-       
Depuis l'Assemblée Générale du
9 octobre 2008, le climat des Assemblées Générales n'a permis aucune adoption des Procès-verbaux
de nos assemblées. Une assemblée comporte même deux procès-verbaux parallèles.

-       
ll y a eu des admissions et des démissions
qui ont été enregistrées par le Conseil, mais jamais communiquées aux membres ou
au Président de l'AG, de sorte qu'on ne connaît plus le visage réel de l'association.

-       
En ce qui concerne le statut d'A.________ comme
membre de la V.________, il y a aussi des problèmes :

-       
Le Bureau de la Pastorale de la V.________ a mis
une parenthèse à la participation du pasteur d'A.________ à ses rencontres, jusqu'à
ce que les relations du Conseil d'A.________ et son pasteur soient normalisées avec les instances
de la V.________ et que la crise à A.________ trouve un chemin d'apaisement.

-       
La [...] a pris les mêmes dispositions.

-       
La [...] a fait de même.

De
plus, l'année 2010 qui commence a devant elle un certain nombre de points de passage importants :

-       
Janvier : début des travaux en vue de
l'évaluation du ministère pastoral de A.Y.________ (Disp. Internes A.________, art. 6).

-       
Mars : échéance de mon mandat comme
président de l'Assemblée Générale. Je continuerai à servir au-delà, mais
c'est irrégulier. 

-       
Février-mars : AG (comptes, approbation,
budget, élection Conseil et Président de l'AG, élection trésorier, élection
des vérificateurs des comptes, désignation des représentants aux RG de la V.________)

-       
Juin : AG

-       
Septembre (au plus tard) : vote de l'Assemblée
en vue de la reconduction du ministère pastoral de A.Y.________. Une décision négative
doit impérativement lui être communiquée avant la fin septembre pour respecter le délai
de 3 mois avant la fin de son contrat le 31.12.2010.

-       
Pour être correct, sachant que ses chances
de réélection sont faibles, le mieux serait d'avancer ce vote au tout début de l'été
(juin), pour lui permettre ainsi qu'à sa famille de se réorienter avant le début de l'année
scolaire.

-       
Novembre : AG

-       
31 décembre 2010 : fin du contrat de
travail de A.Y.________.

A
mon avis, la seule solution pour éviter une prochaine dissolution (pour cause financière ou
suite à la demande d'un ou plusieurs membres devant la justice) est de procéder au plus vite
à la séparation en deux groupes comme mentionné auparavant. Cela permettrait de résoudre
presque l'intégralité des points ci-dessus tout en permettant à ceux qui souhaitent poursuivre
avec A.Y.________ comme pasteur de le faire.

Je
te demande de prendre contact avec moi par téléphone le plus rapidement possible pour que nous
puissions fixer une prochaine rencontre (à l'[...] ou à [...] de préférence) pour
discuter de ces divers points et mettre en place les étapes nécessaires. Il est temps que nous
assumions toi et moi nos responsabilités et que nous préparions ensemble une solution que nous
défendrons ensuite devant nos groupes respectifs, puis devant l'Assemblée Générale. »

 

 

26.             
Le 8 mars 2010, le conseil d'église a adressé la convocation suivante à certains membres
de l’association (à l’exclusion des membres du « groupe B ») :

 

« Aux
membres d’A.________

Convocation
à l'Assemblée Générale ordinaire

du
mardi 16 mars 2010, 20h00 à (…)

Bien
chers frères et sœurs,

Le
Conseil d'Eglise est heureux de vous convoquer à cette Assemblée Générale ordinaire.
Comme vous le constaterez, quelques mesures ont dû être prises dans le but prioritaire de garantir
à notre communauté une soirée paisible et sans aucune mauvaise surprise.
C'est la raison pour laquelle nous vous demandons d'ores et déjà de bien vouloir prendre note
du lieu de cette rencontre ([...]),
ainsi que l'heure précise à laquelle nous débuterons (20h00).

Pour
la raison évoquée plus haut, nous avons choisi de nous réunir chez des particuliers, membres
de notre association : la famille [...]. (…) De plus, si le besoin se fait sentir, nous voterons
directement le huis-clos (sic). »

 

 

27.             
Chacun des membres du « groupe B » a reçu un courrier daté du 9 mars
2010 et portant les signatures de H.________, conseillère, A.Y.________, pasteur, [...], membre,
et [...], membre, dont la teneur est la suivante : 

« Cher
[…]

La
personnalité d'A.________ est marquée par la volonté de ses membres à vivre et expérimenter
l'unité du corps de Christ pour le bien de tous. C'est sans doute la raison pour laquelle la demande
de dissolution formée par quelques uns a été rejetée par 80% des voix lors d'une
assemblée générale du 19 mai 2009 et que la séparation n'a pas obtenu le 2/3 des
voix requises, lors d'un vote consultatif.

Notre
Eglise réaffirme son attachement à une vie communautaire harmonieuse que nous cherchons à
développer. Elle constitue l'essence même de notre association : le partage, la prière,
la communion fraternelle, la présence aux cultes et l'apport d'un soutien financier en sont les
signes visibles. Sans elle, A.________ perd sa raison d'être. Dès lors, la participation effective
de ses membres à cette vie communautaire est essentielle.

Votre
absence à nos rencontres nous prive de ces moments de partage. Mais nous respectons votre choix
de ne plus fréquenter notre communauté, partant de l'idée que vous avez trouvé un
autre foyer spirituel auprès de frères et sœurs vous entourant aussi de leur amour en
Christ.

Sur
le plan administratif, les Dispositions Internes de notre Eglise requièrent une mise à jour
de la liste des membres. Par ailleurs, l'article 5b' de nos statuts du 3 juin 2004 indique :

«
Le membre qui ne communique pas son désir de quitter la communauté au conseil d'église,
mais qui cesse de participer aux rencontres et de s'intéresser aux activités d'église
durant une période d'une année (12 mois), perd son statut de membre de l'église. Il peut
en tout temps faire la demande d'être réinscrit selon les conditions de l'article 5 Alinéa
a) ».

Pour
être en conformité avec la réalité des faits et en accord avec nos statuts et dispositions
internes, nous avons mis à jour la liste des membres actifs, et nous regrettons d'avoir eu à
supprimer les noms de certaines personnes, dont le vôtre, après avoir fait le constat que vous
ne fréquentez plus notre communauté dans l'esprit voulu par notre association. Si vous désirez
poser une question ou obtenir une information supplémentaire, merci de le faire par email à
A.________eglise@gmail.com.

Nous
vous rappelons l'article ci-dessus stipulant : « Il
peut en tout temps faire la demande d'être réinscrit selon les conditions de l'article 5 Alinéa
a) ».

Nous
vous souhaitons une vie riche en Christ et vous présentons nos cordiales salutations.

Pour
le Conseil d'A.________ ainsi que son assemblée, »

 

 

28.             
Le 14 mars 2010, X.________, a adressé à Z.________ et A.G.________ le courriel suivant :

 

« Chers
amis,

Suite
aux dernières informations reçues, nous devrions pour aider les instances V.________ &
K.________ et accélérer la dissolution d’A.________ entreprendre la démarche suivante
(en résumé) :

1.               
Envoyer un courrier au juge pour abus de pouvoir
concernant la lettre d'exclusion des membres (signée par l'ensemble du groupe B)

2.             
Envoyer un 2ème
courrier pour dénoncer (L'irrégularité du fonctionnement d'A.________ à (sic) plus
d'organe dirigeant selon les règles régissant les associations) en nous référant
à l'article 69c du CO.

Bon
dimanche et à bientôt,

Amitiés,

P.S :
je suis volontairement peu précis dans la formulation utilisée ci-dessus! »

 

 

29.             
Des assemblées générales de A.________ se sont tenues notamment les 16 mars, 8 juin
et 11 novembre 2010, 8 mars et 11 octobre 2011 et 8 mars 2012. 

 

             
Le procès-verbal de l'assemblée générale ordinaire du 16 mars 2010 mentionne notamment
ce qui suit :

 

             
« Conseillers :(…)

             
45 bulletins de vote              Oui             
Non              Blanc

             
H.________ :              40             
4              1

             
[...] :              45             
0              0

             
[...] :              39             
3              3

             
Assistants au Conseil :
(…)

             
45 bulletins de vote              Oui             
Non              Blanc

             
[...]              41             
3              1

             
[...]              40             
2              3

             
[...]              44             
0              1

             
[...]              43             
0              2 »

 

             
Le 16 mars 2010, de nouveaux statuts, ainsi que de nouvelles dispositions internes ont été
adoptés. 

 

 

30.             
Le 17 mars 2010, sous la signature de H.________, [...], [...] et A.Y.________, l’association A.________
a écrit ce qui suit au Président de la V.________, ainsi qu'au président de la K.________ :

 

« L'Eglise
évangélique A.________ a le privilège de porter à votre connaissance que son Assemblée
Générale ordinaire du 16 mars 2010 a désigné son nouveau Conseil qui est désormais
composé de :

-       
Madame H.________

-       
Monsieur [...]

-       
Monsieur [...]

-       
Monsieur A.Y.________

Cette Assemblée
a aussi élu des Assistants permanents au Conseil :

-       
Madame [...]

-       
Madame [...]

-       
Monsieur [...]

-       
Monsieur [...]

Nous vous remercions
de prendre bonne note de cette communication. Meilleures salutations. »

 

 

31.             
Le 17 mars 2010, la K.________ a ouvert action contre A.________ auprès du Tribunal d'arrondissement
de La Côte, en concluant principalement à la nomination d’un commissaire pour cette dernière,
ayant pour mission de gérer à titre conservatoire les actifs sociaux et d’établir
dans un délai à dire de justice un rapport en vue de la proposition de la nomination d'un Président
de l'Assemblée d'église, de la constitution d'un Conseil d'église et de la nomination
d'un trésorier, agréés par les membres de l'association et habilités à représenter
A.________ dans ses rapports avec les tiers. Subsidiairement, la K.________ a conclu à ce que la
dissolution de A.________ soit constatée.

 

 

32.             
Par demande du 29 mars 2010 déposée auprès du Tribunal civil de l’arrondissement
de La Côte, D.________ et consorts (soit 57 membres du « groupe B »), ont
pris, avec suite de frais et dépens, les conclusions suivantes :

 

« I

Les
décisions notifiées à chacun des demandeurs le 9 mars 2010 et qui constatent la perte
de leur qualité de membre de l'association A.________ sont nulles et de nul effet.

II

En
conséquence, ordre et donné à la défenderesse de réinscrire chacun des demandeurs
en qualité de membre de l'association A.________, ce dans les dix jours suivant jugement définitif
et exécutoire.

III

Les
décisions prises par l'Assemblée générale de l'association défenderesse le 16 mars
2010 sont nulles et non avenues.

IV

Il
est constaté que l'Association A.________, à [...], est dissoute de plein droit conformément
à l'article 77 CC.

V

En
conséquence, un liquidateur est désigné, aux fins de procéder à la liquidation
de l'Association A.________. »

 

             
Dans sa réponse du 13 juillet 2010, la défenderesse
A.________ a conclu au rejet de toutes les conclusions prises par les demandeurs au pied de leur demande
du 29 mars 2010, et, reconventionnellement, à ce que ces derniers soient condamnés, solidairement
entre eux, à lui verser la somme de 18'890 fr. avec intérêt à 5% l'an dès le
11 juin 2010. 

 

             
Par déterminations du 29 octobre 2010, les demandeurs ont conclu, avec suite de frais et dépens,
au rejet des conclusions reconventionnelles.

 

             
Par jugement incident rendu le 6 mai 2011, le Président du Tribunal civil de l’arrondissement
de La Côte a rejeté les requêtes incidentes en jonction de cause formées le 2 février
2011 par les demandeurs à la présente cause, ainsi que par A.G.________, N.________, X.________
et Z.________, demandeurs dans le cadre de la procédure ouverte le 4 mai 2009 à l'encontre
de la défenderesse (cf. ch. 23 supra).

 

             
Une audience d’audition de témoins s'est tenue le 2 juin 2014. 

 

             
Lors de celle-ci, ont notamment été entendus R.________, non membre de la défenderesse
et intervenu en tant que spécialiste du droit de l’association, F.________, non membre de
la défenderesse et ayant participé au « mandat de bons offices » ordonné
par la V.________, M.________, membre de la défenderesse depuis 2009, P.________, membre depuis
2000/2001, J.________, membre entre 2005 et 2010, B.W.________, membre entre 1995 et 2010, B.Y.________,
épouse du pasteur et membre de la défenderesse depuis 2006 ainsi que A.Y.________, pasteur
depuis août 2006.

 

             
R.________ a intégralement confirmé son avis de droit, en y apportant les précisions suivantes :

« Vous
me demandez si le conseil dispose d’un pouvoir disciplinaire. Cela dépend des statuts. Globalement
une décision de suspension devrait être prise par l’AG. On pourrait aussi évoquer
les précédents propres à l’association. Il s’érige dans la pratique des
habitues et dans certaines circonstances ces habitudes peuvent rendre légitime des décisions
qui sont curieuses du point de vue juridique. Mon sentiment était que tout ce qui s’est passé
depuis est affecté d’irrégularités juridiques.

Les
statuts de cette association de même que les dispositions internes étaient atteintes de lourdeurs
ou même de contradictions. C’était la source essentielle des difficultés.

Vous
me demandez quelle est la conséquence de ces décisions de 2008 dans la mesure où l’association
a continué à vivre. Je n’ai plus été consulté régulièrement
ensuite de mon rapport. Mon sentiment de juriste c’est que tout ce qui a pu se passer ultérieurement
est affecté d’irrégularité juridique, On ne peut pas par le fait améliorer
une situation qui était troublée au point de vue juridique à ce point. Avant de rendre
mon avis de droit, j’ai rencontré les membres de cette association. Mes conclusions exprimées
lors de la dernière séance étaient que face à une telle situation, il n’y a
qu’un remède possible c’était la nomination d’un commissaire qui aurait eu
pour fonction de prendre en mains les aspects administratifs de la survie de cette association pour rétablir
un certain ordre. L’association fonctionne sous le couvert du pouvoir souverain de l’AG.
Si cette association n’est plus en état d’avoir des organes nommés dans des conditions
régulières d’un point de vue juridique, c’est ce commissaire qui doit intervenir.
Et c’est dans ce cadre-là qu’on serait en mesure de restaurer des organes compétents.
Je crois savoir que ces remèdes juridiques n’ont pas été apportés. Si tel est
le cas, je trouve que la situation est d’une extrême gravité d’un point de vue
juridique. 

Vous
me demandez s’il suffit qu’une AG se soit valablement tenue pour que l’association
renaisse de ses cendres. Je pense que oui, pour autant qu’une convocation conforme aux statuts
ait été faite selon un ordre du jour qu’elle a elle-même accepté; ce serait
envisageable.

Vous
me demandez si en l’absence de la nomination d’un commissaire et dans la mesure où l’on
n'arrivait pas à s’entendre, l’association était paralysée et que la seule
solution était une dissolution. Je vous réponds que l’association cesse d’exister
de plein droit si elle n’a plus les organes exigés par la loi. En l’absence d’un
comité légalement et juridiquement nommé selon les statuts, il n’y a plus de possibilités
de continuer. J’ai envie toutefois de dire que l’AG peut tout, si bien qu’on peut aussi
imaginer qu’elle renaisse de ses cendres suite à de telles carences. Vous m’évoquez
l’article 69c CC. Un membre aurait pu saisir la justice pour faire constater la nullité de
plein droit. Il n’empêche que le texte de la loi évoque la nullité de plein droit.
Si personne ne saisit la justice, dans les faits il ne se passe rien sauf si une assemblée valablement
constituée permet une renaissance. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs j’avais
préconisé la nomination d’un commissaire. Si un tel commissaire nommé n’arrive
pas à une solution, il y a dès lors lieu de constater la dissolution de l’association.
Je pense même qu’il serait compétent pour organiser une dissolution dans de bonnes conditions. »

 

             
Les témoins M.________, P.________, J.________, B.W.________ et les époux B.Y.________ et A.Y.________,
tous membres ou anciens membres de la défenderesse, ont confirmé pour l'essentiel qu'il y avait
des dissensions au sein de celle-ci, que l'assemblée générale du 22 novembre 2007 avait
décidé de la réunification des deux groupes et que certains membres qui n'étaient
pas d'accord avaient alors décidé de quitter l’association.

 

             
Les témoins M.________, P.________, J.________,
B.W.________ et les époux Y.________ ont déclaré que les demandeurs avaient abandonné
la communauté depuis le mois de novembre 2008, n'avaient plus participé aux activités
organisées par la défenderesse, ni assisté à aucune réunion, sous réserve,
en particulier selon le témoin A.Y.________, des demandeurs N.________, [...], [...] et [...] qui
s’étaient montrés encore début 2009. Les témoins P.________, J.________ et
les époux Y.________, ont confirmé que, depuis novembre 2008, les demandeurs n’avaient
plus apporté aucun soutien financier à la défenderesse, étant précisé,
selon le témoin M.________, que « les comptes [faisaient] foi ». Le témoin
A.Y.________ a déclaré que les demandeurs n'avaient participé aux activités de la
défenderesse que pour « venir demander la dissolution ou de séparer l'église ».
Les témoins ont également affirmé que cet abandon avait persisté depuis le mois de
décembre 2008 à tout le moins jusqu'au 18 août 2011 et persistait encore à ce jour,
sous réserve des témoins J.________ et B.W.________, qui avaient démissionné depuis
lors. A.Y.________ a précisé que les démarches effectuées par certains demandeurs
résultaient d'une stratégie mise en place de longue date, « notamment au niveau du
chaos qui régnait dans l’église ». Il a ajouté qu'il « y avait
ceux qui disaient qu’il fallait réunir les cultes et d’autres non » et qu'il
avait « rapidement compris qu’il y avait un problème d’autorité sur l’église
et aussi financier ». Il a également affirmé que la présente procédure
suivait les instructions données par la V.________ et la K.________ et visait uniquement, dans l'intérêt
de ces personnes morales, à obtenir la dissolution de la défenderesse. Les demandeurs n'avaient
d’ailleurs aucune volonté de réintégrer les rangs de la défenderesse, étant
précisé que pour sa part, il s'était déclaré toujours ouvert à une réinscription.
Les témoins P.________, A.W.________ et les époux Y.________ ont indiqué que les demandeurs
avaient cherché « par tous les moyens à obtenir la dissolution » de la
défenderesse.

 

             
S’agissant de l’assemblée extraordinaire
du 9 octobre 2008, les témoins M.________, P.________, J.________, A.W.________ et les époux
Y.________ ont indiqué qu’elle avait été convoquée par le demandeur Z.________
de son propre chef et que durant celle-ci, le président de l'assemblée avait refusé toutes
les demandes qui lui étaient faites en relation avec l'ordre du jour. Ils ont également confirmé
que cette assemblée avait été houleuse et qu'elle s'était soldée par une suspension.

 

             
Les témoins J.________, A.W.________ et les époux Y.________ ont confirmé qu'une nouvelle
séance avait eu lieu le 20 novembre 2008 à [...], à laquelle le conseil d'église
et la majorité des membres s'étaient opposés. Ces témoins ont également déclaré
que le demandeur Z.________ avait refusé d'admettre la validité de sa suspension et avait décidé
de présider la séance. Ces témoins, ainsi que le témoin P.________, ont de plus indiqué
que T.________ avait déclaré annuler la tenue de l'assemblée générale, ainsi
que le fait que de nombreux membres avaient quitté la salle, eux y compris. 

 

             
Les témoins J.________, A.W.________ et les époux Y.________ ont confirmé pour l'essentiel
que le demandeur Z.________ avait persisté dans ses démarches visant à l’intervention
de la V.________ (novembre 2008) lesquelles avaient été entreprises de concert avec les autres
demandeurs. 

 

             
Entendus au sujet du courrier du 28 mars 2009
(indication du choix de démissionner ou non), les témoins P.________, J.________, A.W.________
et les époux Y.________ ont déclaré que des membres n'avaient pas confirmé leurs
statuts de leur participation à la vie spirituelle de la communauté, que certains avaient indiqué
prendre un temps sabbatique et que d'autres avaient confirmé leur volonté de participer à
la vie spirituelle de la communauté alors qu'ils étaient absents depuis des mois et étaient
encore restés à l'écart. Les témoins n'ont cependant pas été en mesure
de confirmer le nombre de membres concernés.

 

             
Quant aux tentatives de conciliation entre les deux « clans », les témoins F.________
et R.________ ont indiqué que des démarches avaient été entreprises fin avril 2009,
notamment dans le groupe de bons offices, afin de trouver une conciliation. Le témoin R.________
a ajouté avoir lui-même œuvré comme « médiateur » en participant
en particulier à plusieurs séances pour tenter d’amener les deux groupes à soumettre
à une assemblée générale valide leurs différends. Il a indiqué que le problème
résidait en particulier dans le fait que le sociétariat était défini dans des termes
qui ne permettaient pas de compter clairement les votes légitimes et les majorités, qu'il y
avait une pratique, mais qu'il y avait des difficultés pour établir des décomptes. Le
témoin a encore déclaré qu'une modification aurait été possible s'il y avait
eu une volonté claire et unanime de s’en sortir et de mettre en oeuvre une refonte fondamentale
du mode de vote dans le cadre de l’association. Il suffisait, selon le témoin, de définir
un mode de vote et de le proposer à l’assemblée générale et que la décision
de cette assemblée générale aurait eu force d’une modification statutaire valide.

 

             
Les témoins M.________, J.________, B.W.________ et les époux Y.________ ont confirmé
le fait que la défenderesse avait adressé le courrier du 9 mars 2010 à l'ensemble des
membres, dont les demandeurs, pour les informer que, faisant partie des membres qui ne participaient
plus aux rencontres et aux activités de l'église, ils perdaient leur statut de membre. 

 

             
S'agissant enfin des modalités de convocation
des assemblées générales, le témoin M.________ a confirmé qu'elles faisaient
l'objet d'un affichage sur la porte de l'église, selon l'usage. Le témoin J.________ a précisé
que les convocations se faisaient par courriel ou par lettre et, ensuite, par affichage à la porte
de l'église. Les témoins B.W.________ et B.Y.________ ont également précisé
que les convocations se faisaient par courrier personnel adressé à chacun. Le témoin A.Y.________
a indiqué qu'auparavant, la secrétaire envoyait des convocations aux membres, notamment sous
les ordres des demandeurs X.________ et Z.________. Il a déclaré que le conseil d'église
avait ensuite décidé de simplement afficher les convocations, tout en les rappelant lors des
cultes. 

 

             
L’audience de jugement s’est tenue le 3 juin 2014.

 

 

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
L’appel est recevable contre les décisions
finales de première instance (art. 308 al. 1 let. a CPC [Code de procédure civile suisse du
19 décembre 2008, RS 272]), dans les causes non patrimoniales ou patrimoniales, pour autant que
la valeur litigieuse soit de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 1 et 2 CPC).

 

             
L’appel, écrit et motivé, est introduit auprès de l’instance d’appel,
soit la Cour d’appel civile (art. 84 al. 1 LOJV [loi vaudoise du 12 septembre 1979 d'organisation
judiciaire, RSV 173.01]), dans les trente jours à compter de la notification de la décision
ou de la notification postérieure de la motivation (art. 311 al. 1 CPC). 

 

             
En l’espèce, interjeté en temps utile par une partie qui y a un intérêt (art.
59 al. 2 let. a CPC), dans une cause où seules sont litigieuses en appel les conclusions (principales)
non patrimoniales (cf. art. 60 al. 1 CC), l’appel est recevable.

 

             
Le jugement attaqué ayant été communiqué aux parties le 18 février 2015, les
voies de droit sont régies par le CPC, entré en vigueur le 1er
janvier 2011 (art. 405 al. 1 CPC). En revanche, la procédure étant déjà en cours
avant le 1er janvier
2011, l’ancien droit de procédure civile est applicable et la Cour de céans devra, le
cas échéant, contrôler l’application de celui-ci (Tappy, CPC commenté, Bâle
2011, n. 24 ad art. 405 CPC).

 

 

2.

2.1.             
L’appel est une voie de droit offrant à
l’autorité de deuxième instance un plein pouvoir d’examen. Celle-ci examine librement
tous les griefs de l’appelant, qu’ils concernent les faits ou le droit. Ainsi, l’instance
d’appel revoit les faits avec une cognition pleine et entière; elle contrôle librement
l’appréciation des preuves et les constatations de fait de la décision de première
instance (Hohl, Procédure civile, tome lI, 2e
éd., Berne 2010, n. 2399). L’autorité d’appel applique le droit d’office
: elle n’est pas liée par les motifs invoqués par les parties ou par le tribunal de première
instance (HohI, op. cit., n. 2396; Spühler, Schweizerische Zivilprozessordnung, Bâle 2010,
n. 1 ad art. 311 CPC, qui parle de « vollkommenes Rechtsmittel »).

 

             
Selon l’art. 311 al. 1 CPC, l’appel doit être motivé. L’appelant doit expliquer
en quoi son argumentation peut influer sur la solution retenue par les premiers juges (TF 4A_659/2011
du 7 décembre 2011 c. 3 et 4, in RSPC 2012 p. 128, SJ 2012 I 231; TF 5A_438/2012 du 27 août
2012 c. 2.2, in RSPC 2013 p. 29; TF 4A_474/2013 du 10 mars 2014 c. 3.1). La motivation doit être
suffisamment explicite pour que l’instance d’appel puisse la comprendre aisément, ce
qui suppose une désignation précise des passages de la décision que le recourant attaque
et des pièces du dos