# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 84025e3e-56b8-57b3-909d-a4b095c037da
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-11-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 21.11.2023 P/5494/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-5494-2019_2023-11-21.pdf

## Full Text

Siégeant : Monsieur Fabrice ROCH, président ; Madame Gaëlle VAN HOVE et 
Madame Delphine GONSETH, juges ; Madame Cécile JOLIMAY, 
greffière-juriste. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/5494/2019 AARP/412/2023 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 21 novembre 2023 

 

Entre 

A______, partie plaignante, comparant par Me B______, avocat,  

appelant, 

 

contre le jugement JTDP/1320/2022 rendu le 1er novembre 2022 par le Tribunal de police, 

 

et 

 

C______, domicilié ______, FRANCE comparant par Me D______, avocat,  

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés.

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EN FAIT : 

A. a. En temps utile, A______ appelle du jugement du 1er novembre 2022, par lequel le 
Tribunal de police (TP) a acquitté C______ des chefs de calomnie (art. 174 du code 
pénal [CP]) et de diffamation (art. 173 CP), a débouté A______ de ses conclusions 
civiles, a mis à sa charge la totalité des frais de procédure et l'a condamné à 
indemniser C______ à hauteur de CHF 21'498.85 pour les dépenses occasionnées par 
l'exercice raisonnable de ses droits de procédure.   

 A______ entreprend intégralement ce jugement, concluant à ce que C______ soit 
reconnu coupable de calomnie, subsidiairement de diffamation, et à ce qu'il soit 
condamné à lui verser un montant de CHF 36'980.- avec intérêts à 5% dès le 
19 octobre 2022 pour les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses 
droits de procédure de première instance, une indemnité équitable pour les dépenses 
occasionnées par la procédure d'appel, ainsi que CHF 1.- pour son tort moral, frais de 
procédure à la charge de C______. 

 b. Selon l'acte d'accusation du 21 juin 2022, il est reproché ce qui suit à C______ : 

 Le 26 novembre 2018, il a publié sur le site internet du journal E______ un article 
portant atteinte à l'honneur de A______ de par les fausses assertions suivantes, les 
passages cités entre guillemets étant présentés comme des citations exactes du 
rapport commandé par le Conseil d'État genevois relatif au mandat d'enquête et 
d'analyse sur le fonctionnement du Département de l'instruction publique, de la 
culture et du sport, alors que tel n'était pas le cas : 

 "Le gouvernement genevois confirme les accusations portées contre 
A______" (titre) ; 

 "Selon un rapport commandé par le Conseil d'Etat, A______ a bien eu des 
relations sexuelles avec certaines de ses élèves, âgées de 15 à 18 ans" 
(sous-titre) ; 

 "On peut lire que A______ « serait parvenu à entretenir des relations 
sexuelles avec les trois autres élèves âgées de 15 à 18 ans »" (deuxième 
paragraphe) ; 

 "«L'emprise psychologique et les menaces de l'homme charismatique 
reviennent également dans les différentes auditions », constate le rapport" 
(troisième paragraphe) ; 

 "Quant à F______, ministre de l'Instruction publique à l'époque, elle 
reconnaît avoir menti à la presse en évoquant de « simples rumeurs ». En 

fait, elle aurait bien été informée que A______ entretenait des relations 

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intimes avec certaines de ses élèves. Notamment par une enseignante à la 

retraite et « féministe »" (cinquième paragraphe).  

 "On peut lire que A______ « aurait tenté de séduire sans succès l'une de ses 
élèves âgée de 14 ans »" (deuxième paragraphe). 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 a. A______, originaire de G______, a enseigné ______ et ______ dans divers 
établissements scolaires genevois entre 1984 et 2004.  

b. C______ est un journaliste français. Correspondant du journal E______ en Suisse 
depuis 1997, il assure la couverture de l'actualité locale pour ce [journal] français, 
édité à H______ [France] et notamment diffusé en Suisse. 

c. Depuis 2017, A______ fait l'objet d'une procédure pénale en France pour des 
accusations de viol et de violences, qu'il conteste. L’instruction de cette cause n’est 
pas terminée. 

d. Dans son édition du ______ novembre 2017, [le journal] I______, soit pour lui 
J______, a publié, sous titre "Le professeur A______ séduisait ses élèves mineures" 
et sous-titre "D'anciennes élèves du G______, qui a enseigné des années au cycle et 
au collège, révèlent avoir été harcelées et même avoir eu des relations sexuelles avec 

lui, sous son emprise" ce qui suit : "C'est arrivé bien avant les deux accusations de 
viol en France. Et bien avant qu'il devienne le célèbre islamologue controversé. 

A______, 55 ans, a enseigné plusieurs années [à] Genève, où il n'a pas laissé que 
des bons souvenirs. I______ a découvert qu'il a tenté de séduire sans succès une de 

ses élèves de 14 ans. Il est même arrivé à ses fins avec trois autres, âgées entre 15 et 

18 ans. Les faits remontent aux années 80 et 90, lorsque le professeur de ______ et 

de ______ œuvrait au Cycle de K______ puis au Collège de L______. Quatre 
Suissesses, que nous avons pu retrouver au fil de notre enquête, acceptent de 

témoigner. Une manière de soutenir celles qui osent dénoncer aujourd'hui les abus 

de cet homme. Ces Genevoises, non musulmanes, toutes actives dans la fonction 

publique, qui ont fondé une famille, craignent de parler à visage découvert. Elles 

décrivent l'emprise psychologique qu'exerçait sur elles leur brillant professeur. Des 

agissements dénoncés également par M______, un ancien de la garde rapprochée de 

A______. N______* [identité connue de la rédaction] avait 15 ans lorsque le jeune et 
séduisant A______ s'est rapproché d'elle. Comme d'autres, elle se souvient encore 

des mots du professeur, qu'elle trouvait bizarres: "Je me sens proche de toi. Tu es 

mature. Tu es spéciale. Je suis entouré de beaucoup de monde mais je me sens seul". 

Comme d'autres, elle a été invitée à rester dans la classe après les cours. Puis elle a 

accepté de boire des cafés avec lui en dehors de l'école. "J'étais à l'aise et mal à 

l'aise. La confusion s'était installée dans ma tête. A deux ou trois reprises, nous 

avons eu des relations intimes. A l'arrière de sa voiture. Il disait que c'était notre 

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secret", confie celle qui n'avait alors pas la majorité […] O______* [identité connue 
de la rédaction] s'en souvient encore. Elle avait 14 ans lorsqu'il lui a fait des avances 
durant un trajet. "Il a mis sa main sur ma cuisse en me disant qu'il savait que je 

pensais à lui le soir avant de m'endormir. Ce qui était faux. C'était de la 

manipulation. Il disait qu'il pensait à moi mais qu'il était marié. J'étais mal, mais je 

ne pouvais rien dire. C'était mon prof". Dans son cas, il n'y a pas eu de passage à 

l'acte […] Cette emprise, P______* [identité connue de la rédaction] la ressent 
encore dans sa chair. "J'ai été abusée et violentée. Je me suis beaucoup efforcée 

d'oublier, mais tout ressort maintenant avec ces affaires…". La voix déraille. La 
mère de famille se confie pour la deuxième fois en plus de vingt ans. "Quand j'avais 

18 ans, j'étais, comme d'autres élèves, captivée par le discours de ce professeur 

charismatique. Il m'a proposé des cafés en dehors des cours. Et puis j'ai eu des 

relations sexuelles avec lui. Il était marié et père de famille. Cela s'est passé trois 

fois, notamment dans sa voiture. C'était consenti mais très violent. J'ai eu des bleus 

sur tout le corps. Il m'a toujours faire croire que je l'avais cherché. L'histoire s'est 

sue et il m'a menacée, en exigeant le silence de ma part. Moi je n'avais rien compris! 

Mais c'était de l'abus de pouvoir pur et simple!" A l'époque, A______ avait même 

une double responsabilité en tant que doyen. La trame de l'histoire se répète 

quelques années plus tard avec Q______* [identité connue de la rédaction]. "J'avais 
17 ans quand on a commencé à s'embrasser et 18 ans quand on a eu des rapports 

sexuels. C'était très régulier. Je pensais que cela s'arrêterait après ma matu, mais les 

liens ont perduré. J'étais fascinée, sous son contrôle. Il me prenait, me jetait, 

instaurait une relation de dépendance. Il a créé les bases d'une relation malsaine". 

La jeune femme n'a jamais été menacée, ni subi de violences physiques […] Toutes 
nos interlocutrices ont laissé échapper des confidences à l'époque et peinent à croire 

que le personnel encadrant n'en ait rien su. Plusieurs anciens fonctionnaires 

contactés se souviennent de rumeurs, sans avoir eu connaissance de dénonciations 

visant A______ […]". 

e. En réaction à ce qui précède, C______ a publié un article sur le site internet de son 
employeur intitulé ""I______" accuse A______ d'avoir couché avec des mineures 
[titre] Professeur de ______ dans un collège à Genève en 1980-1990, l'islamologue 
aurait eu des relations sexuelles avec au moins trois adolescentes [sous-titre] (publié 
le ______/11/2017 - modifié le ______/11/2017 [source : site internet E______]. 

 f. Dans son édition du ______ novembre 2017, [le journal] R______ a publié, sous 
titre "Comment A______ envoûtait ses élèves" : "Un nouveau témoignage dénonce 
l'ascendant psychologique exercé par l'enseignant sur ses élèves au Collège de 

L______. Cette femme est ressortie brisée de quatre ans de relation. Si les faits 

décrits ne sont pas pénaux, ils complètent le portrait d'un homme qui abusait de son 

charme […] Si S______ [prénom] est majeure à l'époque des faits et qu'elle ne 
dénonce aucune violence physique, elle raconte comment le charme d'un professeur 

s'est mué en un ascendant psychologique […]". 

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 g. D'autres articles sont parus dans la presse écrite ou sur internet entre les ______ et 
______ novembre 2017. T______ [journal], U______ [chaîne de télévision 
française] et I______ [journal] titraient, à ces occasions, respectivement: "A______ 
couchait avec mon amie. Je l'avais dénoncé à la direction de l'école" ; "A______ 
accusé d'avoir eu des relations sexuelles avec des élèves mineures" ; "La direction 
du Collège avait été alertée" ; "Un comité est lancé pour soutenir les anciennes 
élèves abusées" ; "Le directeur du Collège avait averti A______". 

h.a. Dans un point presse du 21 mars 2018, le Conseil d'État genevois, à la demande 
du Département de l'instruction publique, de la culture et du sport [DIP], a désigné 
deux experts indépendants pour conduire une analyse de la gestion, au sein dudit 
département, de situations impliquant des collaborateurs ou des collaboratrices et 
portant sur l'intégrité sexuelle des élèves et/ou le harcèlement qu'ils auraient pu subir. 
L'analyse devait porter, en particulier, sur la période durant laquelle A______ avait 
enseigné et sur les situations que le DIP aurait eu à connaître au cours des 
30 dernières années.  

La désignation des experts faisait suite aux questions soulevées tant par les médias 
genevois que par certains membres du Grand Conseil genevois sur la thématique 
d'élèves victimes d'abus sexuels dans le cadre de l'enseignement scolaire, dont [les 
journaux] I______ du ______ novembre 2017 et R______ du ______ novembre 
2017, notamment, s'étaient fait l'écho. 

h.b. Le mandat confié aux experts décrivait ainsi l'"Objectif 1" :  

" - Conduire une recherche documentée et recueillir d'éventuels témoignages 
destinés à établir si des affaires impliquant Monsieur A______ et portant sur des 

allégations d'atteintes à l'intégrité sexuelle d'élèves ont été portées à la connaissance 

du DIP. 

- Si tel est le cas, déterminer les suites qui ont été données ou non par le DIP. 

- Etablir les dysfonctionnements éventuels dans la gestion des faits signalés. 

Cet examen doit porter sur la période du 1
er

 février 1984 (date d'engagement de 

Monsieur A______) au 31 août 2004 (date de sa démission)". 

i. Le rapport des experts, rendu à la fin octobre 2018, comprenant 32 pages, contient 
expressis verbis les passages suivants : 

- "A. Préambule Suite aux révélations de plusieurs médias sur les plaintes pour viol 
déposées en France par des ressortissantes françaises contre A______, [le journal] 
I______ a, à son tour, publié dans son édition du ______ novembre 2017 des 
témoignages anonymes de quatre anciennes élèves du cycle d'orientation de 

K______ et du collège de L______, à Genève, selon lesquels « dans les années 90 » - 

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soit environ 27 années auparavant - A______, alors qu'il était doyen et enseignant 

de ______ et de ______ au collège précité, de 1984 à 2004, aurait tenté de séduire 

sans succès l'une d'elle, âgée alors de 14 ans et serait parvenu à entretenir des 

relations sexuelles avec les trois autres élèves, âgées de 15 à 18 ans" ; 

- "D'anciennes élèves ayant témoigné dans les médias ont, par l'intermédiaire de leur 
avocat respectif, pris contact avec les soussignés" ; 

- "De l’audition d’une ancienne élève du CO de K______ - désignée dans le procès-
verbal sous la lettre V______, assistée de son avocate et d’un avocat-stagiaire, et 
accompagnée de son compagnon -, il ressort que A______ a eu des attouchements et 

des propositions à connotation sexuelle avec au moins trois de ses élèves mineures 

du CO, dans les années 86, 87 et 88. Selon elle, A______ avait instauré la pratique 

d’inviter individuellement, en tant que maître de classe, tous ses élèves, garçons et 
filles, à prendre le repas de midi dans un restaurant sis en dehors du CO. A cet effet, 

il dressait une liste avec des dates que les élèves remplissaient à leur choix. Lorsque 

ce fut le tour de V______, il l’a prise en charge dans sa voiture, insista pour qu’elle 
s’installe sur le siège avant du passager et presque aussitôt posa sa main droite sur 
sa cuisse gauche, tout en lui tenant des avances inappropriées et intrusives. V______ 

a souligné n’avoir jamais entretenu de relations sexuelles avec A______" (p. 7, 
let. a) ; 

- "Entendue le 29 octobre 2018, une autre ancienne élève du CO de K______, 
désignée sous la lettre W______, a indiqué avoir suivi en 1988-1989 sa dernière 

année avec A______ comme enseignant de ______ et maître de classe. Elle avait à 

cette époque-là 14-15 ans. Elle a expliqué que A______ invitait ses élèves - 

individuellement - à prendre le repas de midi dans un café hors établissement. 

Lorsque ce fut son tour, peu avant Noël 1988, A______ l’a perturbée par ses propos 
d’ordre intime, suggérant qu’elle avait des sentiments pour lui. Lors d’un voyage 
d’étude en mai 1989, à H______ [France], A______ a récidivé en lui tenant les 
mêmes propos. W______ a indiqué être de nouveau perturbée par ces propos tout en 

étant flattée, compte tenu de la personnalité de l’enseignant. Au retour de ce voyage, 
ils se sont rencontrés un soir dans un restaurant. A______ lui a proposé de la 

raccompagner en voiture mais, en chemin, il s’est arrêté sur un parking isolé, l’a 
embrassée et a eu des attouchements sexuels à son égard. Le même scénario s’est 
répété un soir avant les vacances d’été. Sous l’emprise de A______, leurs rencontres 
se sont poursuivies durant une année et demie. Toutefois, ils n’ont jamais entretenu 
de relations sexuelles. Elle a mis fin à leur relation après avoir appris que A______ 

se comportait de la même manière avec d’autres élèves du collège" (p. 7, let. b) ; 

- "L'ancien directeur du Collègue de L______ […] a fait état de « bruits », selon 
lesquels A______ raccompagnait certains élèves en voiture […] Un ancien 
enseignant du Collège […] a encore indiqué que les rumeurs, selon lesquelles 
A______ entretenait des relations sexuelles avec des élèves féminines dans son 

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véhicule, sur le parking du collège, et rapportées en 2008 par un de ses collèges, lui 

paraissaient « invraisemblables ». Ces mêmes rumeurs ont été également avancées 

par un autre de ses collègues, qui les situait plutôt en 2012. Qui croire? selon lui. 
f. Une ancienne enseignante [de l'établissement de formation] AC______ a exposé 
avoir entendu d'une de ses collègues, vers 1996, que A______ entretenait des 

relations sexuelles avec certaines élèves. Elle ignorait si sa collègue avait 

personnellement vu A______ agir de la sorte. Elle-même ne disposait d'aucun 

élément concret à ce sujet. Lorsque ces faits ont été relayés par la presse, à la fin 

2017, elle a interpellé, par courriel, l’ancienne Conseillère d’Etat en charge du DIP 
pour lui rappeler qu'à l’époque (1996), elle l’avait avertie de ces rumeurs. Selon ses 
souvenirs, celle-ci lui avait indiqué qu’elle allait mener une enquête. Toutefois, 
étonnamment, elle n’avait jamais eu de retour, jusqu’à ce qu’elle apprenne par la 
presse, de nouveau, que l'ancienne Conseillère d'Etat aurait à l’époque téléphoné à 
l'ancien directeur du collège […] Vu le témoignage précité, il est apparu utile 
d'entendre l'ancienne Conseillère d'Etat, qui au surplus s'est exprimée à plusieurs 

reprises dans les médias, notamment sur le comportement de "séducteur" de 

A______ […] Lors de son audition, l’ancienne Conseillère d’Etat a indiqué n'avoir - 
jusqu'en 2002 - jamais eu vent de comportements déplacés de la part de A______ 

envers ses élèves. Jusqu’à cette date, le directeur du collège ne lui avait jamais 
rapporté de faits critiquables concernant A______ […] S’agissant des propos de 
l’ancienne enseignante à la presse, relayés notamment par [le journal] X______ du 
______ novembre 2017, l’ancienne Conseillère d’Etat a précisé que : « Lorsque j'ai 
reçu son courriel, j'y ai répondu contrairement à mes règles habituelles. J'y ai 

répondu en affirmant - de façon erronée mais pour avoir la paix - que je me 

souvenais parfaitement du téléphone qu'elle évoquait. Dans les faits, je ne me 

souviens d'aucun téléphone avec Mme (Y______) et la probabilité que j'y ai répondu 

était quasi nulle, puisque les appels parvenaient à la centrale et non sur ma ligne 

privée. Je ne me souviens pas non plus de l'avoir appelée […] Lorsque j'ai indiqué 
que je me souvenais de ce qu'elle évoquait c'était pour éviter toute polémique. C'est 

une sottise de ma part d'avoir répondu de la sorte à cette dame. Quand la journaliste 

[du journal] X______ m'a téléphoné, - en possession du courriel que j'avais envoyé 
en réponse à Mme (Y______), je lui ai demandé à quelle période ce téléphone était 

censé avoir eu lieu. Cette dernière m'a répondu qu'elle ne pouvait pas le dire, pas 

plus que Mme (Y______) apparemment. Nous parlons donc ici d'un téléphone dont 

personne n'est capable de dire quand il a eu lieu »" (p. 9, 10 et 11, let. d, e, f et b.) ; 

- "Le 10 octobre 2018, Z______, assistée de son avocat, a expliqué avoir suivi, de 
1993 à 1995, les 3

ème
 et 4

ème
 années de l'enseignement secondaire au collège de 

L______, en section ______. Durant ces deux années, A______ était son maître de 

classe et enseignant de ______. Dès le premier jour de classe, celui-ci a expliqué à 

ses élèves être un enseignant pas comme les autres, en ce sens qu'il aimait les 

connaître et se rapprocher d’eux, ce qui a surpris dans un premier temps Z______. 
Toutefois, petit à petit, A______ a su la mettre en confiance en louant ses capacités 

artistiques, en l'encourageant dans cette voie et en l’invitant à prendre des repas. Ce 

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faisant, une relation privilégiée s’est installée entre l’enseignant et l’élève. Par 
contre, Z______ s’est coupée progressivement de son entourage, du fait que 
A______ lui expliquait que ses fréquentations ne lui permettaient pas de s'épanouir. 

En 1995, alors inscrite à l'Université, en automne, elle s’est sentie « un peu perdue » 
et isolée. Elle a ressenti le besoin de reprendre contact avec A______. Ainsi, un soir 

alors qu’elle l’attendait chez elle, ils ont entretenu leur première relation sexuelle. 
Elle n’a parlé à personne de cette relation, malgré sa souffrance, si ce n’est à un 
thérapeute qui la suivait, ce qui a déplu à A______, qui a mis un terme à leur 

relation. Celle-ci a toutefois repris dès la fin de sa thérapie et jusqu’à 1997, date à 
laquelle Z______ a cessé définitivement d’entretenir des relations sexuelles avec 
A______ qu’elle n’a plus revu jusqu’à l’année 2000" (p. 12, let. a) ; 

- "Entendue le même jour, AA______, assistée de son avocat, a expliqué avoir suivi 
l'enseignement secondaire au collège de L______, de 1988 à 1992. A______ était 

son enseignant de ______ et son maître de classe lorsqu'elle se trouvait en 3
ème 

et 

4
ème

 années. Il avait la réputation d'être un enseignant hors normes. Il menait des 

projets ______, comme par exemple ______. Ses projets enthousiasmaient ses 

élèves. Il partageait les repas ou buvait des cafés avec ses élèves, garçons ou filles, 

individuellement ou parfois en groupe, à l'extérieur de l'établissement. Elle-même 

était l’élue de A______ et s’en sentait flattée. Petit à petit, leurs rendez-vous à 
l’extérieur du collège se multipliaient. Ainsi, au début de la 4ème année, alors qu’elle 
était devenue majeure, leurs relations sont devenues « plus intimes ». A______ lui 

avait dit textuellement avoir attendu sa majorité pour entretenir avec elle des 

relations sexuelles, « contrairement à un de ses collègues ». Toutefois, pour elle qui 

était sous l’emprise psychologique de son enseignant, il ne s’agissait pas d’une 
relation amoureuse normale. Ces relations intimes ont pris fin rapidement suite à 

l’intervention de son petit ami, ancien élève [du Collège] de L______, qui s’est 
adressé directement à A______, puis à la doyenne du collège. Elle-même n’en a 
parlé à personne, si ce n’est à son petit ami, par crainte de subir les représailles de 
son enseignant et maître de classe […] A l'issue de son audition, AA______ a 
sollicité que son ancien ami […] soit entendu" (p. 13, let. b) ; 

- Entendu le 12 octobre 2018, AB______ a déclaré ceci : "[…] Sa « petite amie » 
[…] a expliqué que A______ l'avait embrassée alors qu'il l'avait ramenée en voiture. 
Après Pâques, elle lui a avoué avoir entretenu des relations sexuelles avec lui, la 

première fois dans une salle des maîtres d'un cycle d'orientation et une autre fois 

dans sa voiture. Vexé, AB______ a pris contact avec A______ et ils se sont donné 

rendez-vous dans un café, en ville. A______, qui a nié avoir eu des relations 

sexuelles avec sa « petite amie », lui a fait comprendre qu'il aurait des problèmes s'il 

en parlait à quiconque. Malgré la menace, AB______ a contacté la doyenne [du 
Collège] de L______, qui l'a reçu dans son bureau et lui a indiqué qu'elle allait 
rapporter ses propos au directeur du collège, tout en ajoutant que ses dires 

pourraient être considérés comme mensonge ou délation, à moins que sa « petite 

amie » ne dénonce les faits elle-même. Lorsqu'il a indiqué que cette dernière avait 

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peur et qu'elle devait encore passer ses examens de maturité avec A______, la 

doyenne lui a fait comprendre que les éventuelles mesures de protection à prendre 

pour sa « petite amie » ne dépendaient pas d'elle" (p. 14, let. c) ; 

- "Le dossier administratif concernant A______ ne contient aucun document, note ou 
élément de quelque ordre que ce soit permettant de retenir à son encontre la moindre 

suspicion d'atteintes à l'intégrité sexuelle d'élèves" ; 

- Sur l'"Objectif 1", les experts ont conclu : "En conclusion, il résulte des 
déclarations de toutes les personnes entendues qu'il existe incontestablement une 

règle tacite dans le milieu de l'enseignement public, selon laquelle les relations 

sexuelles, entre un enseignant et un ou une élève, même majeur-e, ne sont pas 

acceptées dans le cadre scolaire, ni par la direction ni par les enseignants eux-

mêmes. Alors que A______ enseignait à Genève, aucune des élèves supposées 

victimes ni aucun-e enseignant-e du collège n'a formulé de critiques ou de plaintes 

sur son comportement dans ses activités scolaires et parascolaires. Au surplus, les 

prétendues rumeurs sur un comportement d'abus sexuel de la part de A______ sur 

des élèves, notamment celles fournies par l’ancienne enseignante [de l'établissement 
de formation] AC______ et relayées par la presse en novembre 2017, ne reposent 
sur aucun fondement sérieux tant elles ont été colportées de manière confuse aussi 

bien sur la période concernée que sur leur contenu. De même, si une suite, certes 

insatisfaisante, a été donnée à la dénonciation du jeune homme sur les éventuelles 

relations sexuelles de A______ avec sa « petite amie », notamment par l’audition de 
celui-ci par le directeur, force est de relever que ce dernier a manqué d’à-propos, 
mais n’a pas failli à la règle selon laquelle la personne concernée devait dénoncer 
elle-même les actes subis. Enfin, très récemment, début juin 2018, lors du 

quarantième anniversaire du collège de L______, une ancienne élève, avocate et 

politicienne connue à Genève, a confirmé à un des enseignants en poste depuis la 

création du collège qu'elle avait elle-même été élève de A______ et n'avait jamais 

remarqué de comportement inadéquat de sa part au niveau sexuel, si ce n'est qu'il 

imposait son autorité en tant qu'enseignant de façon excessive. L'audition 

d’anciennes élèves ayant témoigné dans [le journal] I______ a également permis de 
constater que les comportements reprochés à A______ n'ont pas été rapportés aux 

membres des directions des collèges ou des RH du DIP. Aucun des témoignages 

recueillis n’a permis d'établir que le DIP aurait eu connaissance d'allégations un 
tant soit peu fondées d'atteintes à l'intégrité sexuelle de ses élèves de la part de 

A______ à l'époque où il enseignait au CO de K______ et [au Collège de] L______. 
Seules ses activités liées à son idéologie religieuse, à l'extérieur des établissements 

du DIP, et à son aura dû à des compétences reconnues généraient agacements et 

méfiance chez ses pairs et ses supérieurs hiérarchiques" (p. 16 et 17, let. e) ; 

- "F. Conclusions Les soussignés rappellent que les affaires d'abus sexuel supposés 
et impliquant A______ ont fait l'objet de divers articles dans les médias genevois, au 

moment où le mouvement pour la libération de la parole sur le harcèlement et les 

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violences sexuelles prenait de l'ampleur. Les cas mentionnés par la presse genevoise 

à la fin de l'année 2017 se rapportaient à des faits anciens de plus de 25 ans, dont les 

personnes qui s'en disaient victimes souhaitent demeurer anonymes. Il convient dès 

lors de rester prudent face aux investigations menées par des journalistes selon des 

critères qui pèsent aujourd'hui sur le dossier à un double titre :  

- certaines personnes impliquées à des degrés divers dans la présente enquête se 

sentent accusées et adoptent une position défensive voire parfois agressive ;  

- dans un tel contexte, peu neutre, les souvenirs des personnes susceptibles 

d'apporter des renseignements objectifs sont sujets à être d'autant plus 

dénaturés qu'ils sont très anciens. 

Les conclusions suivantes peuvent être tirées des auditions effectuées du 26 avril au 

29 octobre 2018 et de l'analyse des dossiers archivés au DIP durant le mois de juillet 

2018 (cf. ch. E 2.1, 2.2. et 2.3 supra) : 1. Les enseignants et les anciens élèves de 

L______ auditionnés s'accordent à admettre que, durant son parcours d'enseignant à 

Genève, A______ a su utiliser son charisme intellectuel dominant pour susciter, en 

particulier auprès de ses élèves féminines, admiration, voire fascination. Il a laissé 

l'image d'un enseignant brillant, admiré tant par ses collègues que par ses élèves tout 

en dégageant une impression de « séducteur » autoritaire. 2. L'approche de la 

problématique liée aux relations sexuelles entre enseignants et élèves paraît 

aujourd'hui différemment prise en compte qu'elle ne l'était dans les années 80-90, où 

discrétion et pudeur prévalaient. Les problèmes se réglaient sans publicité, ce qui 

confinait pour certaines personnes à une forme d'« omerta » […] 11. Aucun élément 
dégagé lors de leur enquête ne permet aux soussignés de conclure à un véritable 

dysfonctionnement du DIP dans le traitement des atteintes à l'intégrité sexuelle des 

élèves par des enseignants […] Il est recommandé au Conseil d'Etat de rendre public 
ce bilan dans le but, d'une part de redonner confiance aux élèves et à l'institution et 

d'autre part, de réaffirmer clairement l'absence de toute tolérance quant aux relations 

sexuelles entre enseignants et élèves" (p. 25, 26, 29 et 32). 

j. Dans son édition du 22 novembre 2018, AD______ [station de radio privée], soit 
pour elle AE______, a publié, sous titre "Des manquements pointés du doigt dans 
l'affaire A______ à Genève" : "Pas de dysfonctionnements mais des manquements. 
C'est en substance le message qui ressort de l'enquête très attendue menée sur les 

abus à l'école dans le canton de Genève. AD______ s'est procuré le rapport 

confidentiel remis au Conseil d'Etat le 31 octobre dernier. L'analyse porte 

essentiellement sur la situation du collège de L______ où A______ a enseigné entre 

les années 90 et 2000. C'est la première fois que la parole des témoins figure dans un 

document officiel. Les auteurs du rapport, les anciens juges AF______ et AG______, 

ont enquêté sur trente ans et ont entendu une cinquantaine de personnes dont quatre 

anciennes élèves de A______ en poste entre 1984 et 2004 au cycle d'orientation de 

K______ puis au collège de L______. Toutes ont évoqué le comportement 

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inapproprié, voire plus, de [A______], poursuivi aujourd'hui par la justice française 

pour des viols présumés. Alors qu'il était doyen et enseignant de ______, ce dernier 

aurait tenté de séduire sans succès l'une de ses élèves âgées de 14 ans et serait 

parvenu à entretenir des relations sexuelles avec les trois autres élèves âgées de 15 à 

18 ans. Mais malgré plusieurs alertes aux doyens et directeurs de l'époque, le 

Département de l'instruction publique (DIP) n'a pas failli, selon les juges. Les experts 

rappellent qu'il faut rester prudent pour plusieurs raisons. Premièrement, certaines 

personnes impliquées se sentent « accusées » par l'enquête et adoptent une position 

défensive. D'autre part, après la vague du mouvement #metoo – la libéralisation de la 
parole des femmes –, certaines d'entre elles peuvent apporter des témoignages qui 
risquent d'être dénaturés car les faits remontent à plusieurs dizaines d'années […] Par 
ailleurs, F______ a admis avoir menti à la presse. Elle avait été informée que 

A______ aurait entretenu des relations intimes avec certaines de ses élèves. Une 

enseignante à la retraite et féministe a indiqué, à une journaliste, l'avoir avertie 

personnellement par téléphone dans les années 1990. Ce n'étaient que « des 

rumeurs », s'est défendue publiquement l'ancienne magistrate […] L'emprise 
psychologique et les menaces de l'homme charismatique reviennent également dans 

les différentes auditions […]". 

k. Le ______ 2018, soit deux jours avant la publication du rapport des experts le 
______ 2018, C______ a fait état dudit rapport sur le site internet de son employeur, 
dans un écrit de moins de sept cent mots, comportant quatre titre et sous-titres ainsi 
que six paragraphes (publié le ______/2018 à 15h47 - modifié le ______/2018 à 
17h58 [source : site internet E______]. 

L'article de C______ a la teneur suivante : "Le gouvernement genevois confirme les 
accusations portées contre A______ [titre] Selon un rapport commandé par le 
Conseil d'Etat, A______ a bien eu des relations sexuelles avec certaines de ses 

élèves, âgées de 15 à 18 ans [sous-titre] A peine sorti de prison en France, A______ 
est rattrapé par son passé d'enseignant en Suisse. L'enquête, commandée par le 

gouvernement du canton de Genève sur les abus à l'école, porte principalement sur le 

Cycle d'orientation de K______ et sur le collège de L______, où A______ a enseigné 

______ entre 1984 et 2004. Ce rapport confidentiel, remis au Conseil d'Etat 

(gouvernement) le 31 octobre dernier, vient d'être révélé par AD______. Les 

enquêteurs, deux anciens juges, ont entendu une cinquantaine de personnes, dont 

quatre anciennes élèves du prédicateur. On peut lire que A______ « aurait tenté de 

séduire sans succès l'une de ses élèves, âgée de 14 ans, et serait parvenu à entretenir 

des relations sexuelles avec les trois autres élèves âgées de 15 à 18 ans ». Le rapport 

rapporte que ce professeur de ______ invitait individuellement tous ses élèves, 

garçons et filles, à prendre les repas de midi dans un restaurant en dehors de l'école. 

« Lorsque ce fut le tour d'une des victimes présumées, il l'a prise de charge sur le 

siège avant du passager et posa sa main droite sur la cuisse gauche, en lui tenant des 

avances inappropriés et intrusives ». « Des bleus sur tout le corps » [sous-titre] Une 
autre élève fait état d'attouchements sexuels dans la voiture de A______. « L'emprise 

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psychologique et les menaces de l'homme charismatique reviennent également dans 

les différentes auditions », constate le rapport. Ces informations ne font que confirmer 

les reportages parus dans la presse suisse dès novembre 2017. « Le professeur 

A______ séduisait ses élèves mineures » titrait le ______ novembre 2017 [le journal] 
I______. Une ancienne élève confiait avoir été « abusée et violentée ». « J'ai eu des 

relations sexuelles avec lui. Il était marié et père de famille. Cela s'est passé trois fois, 

notamment dans sa voiture. C'était consenti mais très violent. J'ai eu des bleus sur tout 

le corps. Il m'a toujours fait croire que je l'avais cherché », déclarait-elle. A______ 

avait alors aussitôt annoncé qu'il déposerait une plainte pénale contre X pour 

diffamation, voire calomnie. Un an plus tard, il ne l'a toujours pas fait. Sous l'angle 

pénal, en Suisse, un professeur qui a des rapports sexuels avec un élève de moins de 

16 ans risque une peine de prison de cinq ans, et sur un mineur de 16 à 18 ans, trois 

années de détention. Mais dans l'affaire A______, il y a prescription. Pour le 

prédicateur, le préjudice ne peut être que moral. Mais ces révélations risquent d'avoir 

une influence sur la justice, en France, comme en Suisse où A______ est également 

mis en examen pour viol. La ministre était informée [sous-titre] […] Quant à 
F______, ministre de l'Instruction publique à l'époque, elle reconnaît avoir menti à la 

presse en évoquant de « simples rumeurs ». En fait, elle aurait bien été informée que 

A______ entretenait des relations intimes avec certaines de ses élèves. Notamment par 

une enseignante à la retraite et « féministe » […]". 

l. Le 30 janvier 2019, A______ a déposé plainte pénale contre C______, estimant que 
l'article paru le ______ 2018 sur le site internet du journal E______ était attentatoire à 
son honneur, dès lors qu'il y était accusé d'avoir entretenu des relations sexuelles avec 
certaines de ses élèves, âgées de 15 à 18 ans, c'est-à-dire d'avoir commis des actes 
pénalement répréhensibles. Les allégations de C______ étaient en totale contradiction 
avec le contenu du rapport du Conseil d'État, en particulier avec les propos des élèves 
auditionnées qui étaient mineures à l'époque des faits. Les citations de C______, 
rapportées en guillemets, ne constituaient pas une conclusion du rapport, en particulier 
l'une d'elle qui n'était qu'une citation indirecte d'un article de I______ du ______ 
novembre 2017, exposée dans le préambule du rapport du Conseil d'État dans le but de 
contextualiser les événements. L'une des citations rapportées entre guillemets ne 
figurait même pas dans le rapport. Les propos de C______ portaient gravement 
atteinte à sa réputation. La bonne foi de C______ devait d'emblée être exclue, compte 
tenu du fait qu'il feignait, à dessein, de citer le rapport du Conseil d'État pour tenter de 
justifier, auprès de ses lecteurs, la véracité de ses propos attentatoires à l'honneur. La 
publication de C______ était constitutive de diffamation (art. 173 CP), voire de 
calomnie (art. 174 CP). 

A______ dénonçait, en particulier, les passages suivants :  

- Le titre de l'article : "Le gouvernement genevois confirme les accusations portées 
contre A______" et son sous-titre : "Selon un rapport commandé par le Conseil d'Etat, 

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A______ a bien eu des relations sexuelles avec certaines de ses élèves, âgées de 15 à 

18 ans" ; 

- Dans le deuxième paragraphe : "On peut lire que A______ « aurait tenté de séduire 
sans succès l'une de ses élèves, âgée de 14 ans, et serait parvenu à entretenir des 

relations sexuelles avec les trois autres élèves âgées de 15 à 18 ans »" ; 

- Dans le troisième paragraphe : "« L'emprise psychologique et les menaces de 
l'homme charismatique reviennent également dans les différentes auditions », constate 

le rapport" ; 

- Dans le cinquième paragraphe : "Quant à F______, ministre de l'Instruction 
publique à l'époque, elle reconnaît avoir menti à la presse en évoquant de « simples 

rumeurs ». En fait, elle aurait bien été informée que A______ entretenait des relations 

intimes avec certaines de ses élèves. Notamment par une enseignante à la retraite et 

« féministe »". 

m. Entendu par le Ministère public (MP), C______ a confirmé être l'auteur de l'article 
en cause, précisant que celui-ci n'avait pas été repris dans la version papier du journal. 
Il avait lu le rapport avant d'écrire son article – il ne s'était donc pas fondé 
exclusivement sur le compte-rendu que AD______ en avait fait. Son but était de 
montrer que les allégations parues dans la presse avaient été confirmées par le rapport. 
Il ne considérait pas que la phrase "les prétendues rumeurs sur un comportement 
d'abus sexuel de la part de A______ sur des élèves [sont infondées]" soit la conclusion 
du rapport. Celui-ci, pris dans son ensemble, confirmait l'existence de soupçons de 
relations sexuelles entre A______ et ses élèves, en particulier les témoignages qui y 
étaient cités. Il se référait au témoignage de l'élève V______, qui évoquait des 
attouchements et des propositions à connotation sexuelle avec au moins trois élèves 
mineures entre 1986 et 1988. Le président du Conseil d'État genevois avait lui-même 
commenté le rapport en disant qu'il faisait froid dans le dos et que A______ était un 
"prédateur". Il n'avait pas personnellement rédigé le sous-titre de son article ("Selon 
un rapport commandé par le Conseil d'Etat, A______ a bien eu des relations sexuelles 

avec certaines de ses élèves, âgées de 15 à 18 ans") : comme dans toutes les 
rédactions, les titres n'étaient pas le fait du journaliste lui-même, mais d'un secrétaire 
de rédaction. Ce sous-titre ne lui avait pas été soumis avant publication et il n'était pas 
intervenu à son sujet. Il était vrai que la phrase « L'emprise psychologique et les 
menaces de l'homme charismatique reviennent également dans les différentes 

auditions » ne figurait pas dans le rapport, mais les expressions "emprise 
psychologique " et "homme charismatique" y figuraient, à de réitérées reprises. Ce 
n'était donc pas une invention. Il aurait très bien pu écrire cette phrase sous sa plume. 
En ce sens, il la maintenait. Il regrettait toutefois les guillemets. 

n.a. Au Tribunal, A______ a confirmé sa plainte pénale. Bien qu'il fût une 
personnalité publique depuis plus de 30 ans, il n'avait porté plainte pour diffamation 
qu'une seule fois, car il respectait la liberté d'expression. Là, il déposait plainte car cela 

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dépassait les limites : un journaliste écrivait dans un journal de référence, en 
s'appuyant sur le rapport d'une autorité, tout en en trafiquant le contenu par l'usage 
impropre de guillemets notamment. C______, qui avait publié plus de 100 articles et 
deux ouvrages le concernant, était fasciné par sa personne et lui vouait de la haine. 
Celui-ci sortait un article avant même la publication du rapport, article qui disait le 
contraire de ce qu'il y avait dans le rapport. Ce rapport avait été exigé pour déterminer 
si les rumeurs et accusations portées contre lui étaient réelles ou non. Et le rapport 
constatait que non. Or selon l'article, le rapport confirmait un crime dont il aurait été 
l'auteur. La malveillance découlait du fait que l'article avait ensuite été repris par une 
soixantaine d'autres articles, lequel était donc à l'origine de la déferlante médiatique à 
son encontre car il était question, dans un journal de référence, E______, d'un rapport 
produit par une autorité étatique. C'était de la manipulation. Il était insulté, tout comme 
sa famille. Il rappelait qu'il était père, qu'il avait une profession et que, sur la base de 
cet article, des mensonges étaient colportés dans le monde entier. Il n'avait pas eu de 
relation sexuelle avec ses élèves. Il n'avait pas commis d'acte d'ordre sexuel avec elles. 
Ces questions étaient déplacées et le rapport confirmait ses réponses. Il contestait les 
déclarations de l'élève W______ en particulier, qui parlait d'attouchements sexuels. Le 
rapport ne parvenait pas à la conclusion qu'il y avait eu emprise de sa part sur ses 
élèves. Cela faisait 40 ans qu'il enseignait et il ne fallait pas confondre l'emprise avec 
le fait que ses élèves l'appréciaient. Il n'avait menacé personne, le "petit-ami" en 
particulier – tout cela n'était que des propos rapportés par des personnes qui devaient 
justifier de leur silence à l'époque des faits. Et C______ mentait sur le contenu des 
propos de la Conseillère d'État. Si celui-ci avait cité précisément une témoin le mettant 
en cause, il ne l'aurait pas poursuivi ; là, C______ écrivait que c'était le Conseil d'État 
qui le mettait en cause. 

n.b. C______ a admis que, même si c'était un secrétaire de rédaction qui avait fait le 
choix du sous-titre – et du titre –, il s'agissait d'une phrase reprise de son article. À 
l'époque, il écrivait un livre sur A______ pour les éditions AH______ et, dans ce 
cadre, enquêtait et entendait des personnes. Il avait appelé un journaliste qu'il 
connaissait, à [la radio] AD______, au sujet du rapport. Il avait repris une phrase citée 
par AD______ ([il] « aurait tenté de séduire sans succès l'une de ses élèves, âgée de 
14 ans, et serait parvenu à entretenir des relations sexuelles avec les trois autres 

élèves âgées de 15 à 18 ans », « L'emprise psychologique et les menaces de l'homme 
charismatique reviennent également dans les différentes auditions »). Il reconnaissait 
son erreur : il aurait dû dire que c'était AD______ qui avait utilisé ces termes et qu'ils 
provenaient d'une personne connaissant bien le rapport ; il aurait dû dire que, selon 
AD______, cette phrase se trouvait dans le rapport. Il ne l'avait pas précisé car il avait 
eu confiance en la personne, chez AD______, qui lui avait donné l'information. Pour 
lui, le contenu de son article reflétait la réalité du rapport. Suite à celui-ci, une 
soixantaine d'autres articles avaient été écrits sur le même thème, parfois avec des 
titres ou des sous-titres plus explicites, à savoir que A______ couchait avec ses élèves. 
Le président du Conseil d'État, AI______, s'était lui aussi exprimé postérieurement à 
son article, le ______ novembre 2017 – pour sa part il ne se serait pas permis d'utiliser 

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le terme de "prédateur" –, et tout le monde s'accordait à dire que le rapport était 
accablant pour A______. Quant à la phrase relative à F______ ("elle reconnaît avoir 
menti à la presse en évoquant de « simples rumeurs »"), il admettait avoir peut-être 
exagéré. Là aussi, il s'était basé sur ce que les personnes connaissant le rapport lui 
avaient dit. Il n'avait pas lu la totalité du rapport mais les 32 pages versées au dossier. 
Il avait parlé aux personnes, dont des journalistes, qui avaient rencontré les quatre 
anciennes élèves de A______ ainsi que le petit-ami qui avait dénoncé les faits à la 
doyenne ; il n'avait pas eu de lien direct avec ces témoins. Ces personnes lui avaient 
dit que le rapport était édulcoré ; elles avaient plus insisté sur la gravité de ce qu'avait 
pu faire A______ que sur le rapport. Il avait vu le journaliste de AD______ un soir 
vers 19h00 et avait rédigé l'article le lendemain vers 09h00 – c'était une question de 
rapidité car l'information avait déjà été donnée par AD______ et il fallait y aller plus 
rapidement que les autres journaux. 

C______ a expliqué qu'en 2017, il y avait eu des "révélations". Des comités de soutien 
d'anciennes élèves s'étaient formés et il y avait eu une enquête portant sur les 
dysfonctionnements du DIP, enquête dont l'issue figurait dans le rapport. L'objet de 
son article était le rapport destiné au Conseil d'État. Il s'agissait de confirmer ou non 
les soupçons de J______ s'agissant d'éventuels abus commis par A______. Pour lui, 
c'était là le but du rapport. Ce qui intéressait la presse, en France, c'était ce qui 
concernait A______, ce qu'il avait fait ou non lorsqu'il était enseignant en Suisse. Or le 
rapport confirmait les accusations portées contre A______ : la synthèse des 32 pages 
permettait d'arriver à cette conclusion. Après son propre article, de nombreux 
journalistes en avaient écrit d'autres allant dans le même sens, ce qui confirmait ce 
qu'il pensait.  

C______ a précisé que pour écrire son article, il s'était basé sur l'article de AD______. 
Il avait également lu un article [des journaux] I______, R______ et T______, ainsi 
que du site de [la chaîne de télévision] AJ______, évoquant le témoignage d'anciennes 
élèves. 

C. a.a.a. Dans le cadre de la procédure d'appel, les conseils de A______ ont produit, le 
5 octobre 2023, six articles de presse et allégué : "[…] La presse internationale a 
récemment rendu public le travail d'investigation [du réseau d'investigation 
journalistique] AK______ relatif aux « AL______ Secrets ». Il apparait que 
Monsieur AM______ et la société AN______ SA travaillaient pour le compte d'un 

Etat étranger, à savoir les Emirats Arabes Unis : ils surveillaient et propageaient 

des mensonges et des rumeurs sur des ressortissants suisses, dont Monsieur 

A______, de façon totalement illégale, en violation possible des articles 271 et 272 

CP. Monsieur AM______, directeur de la société AN______ SA, a cherché à 

désinformer le public, à propager de fausses rumeurs concernant Monsieur A______ 

et a payé des journalistes, dont Monsieur C______ (selon les documents découverts 

par [le réseau] AK______), pour ce faire et ainsi anéantir la réputation de notre 

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mandant. Il ressort de l'enquête de AK______ que ces « services » ont été proposés 

aux responsables émiratis lors d'une réunion qui s'est tenue en août 2017 à 

AL______ […] Les agissements illicites décrits supra démontrent à l'envie que 
Monsieur C______, sous couvert de journalisme, agissait illicitement pour les 

intérêts d'un Etat étranger, en étant indirectement financé pour ce dernier, dans le 

seul but de dire du mal de notre mandant, voire de détruire sa réputation […]". 

 Le 19 juillet 2023, A______ a dénoncé pénalement AM______, AN______ SA et 
C______ au Ministère public de la Confédération [MPC] pour soupçons d'infractions 
aux art. 271 et 272 CP – la procédure est en cours (SV.23.1______). 

a.a.b. Aux débats d'appel, A______ a persisté dans sa plainte pénale. Le rapport 
rendu à la demande du Conseil d'État genevois disait des choses extrêmement claires, 
rapportant les propos de témoins. Or C______, journaliste rémunéré pour attenter à 
sa réputation, avait transformé les termes du rapport. Les deux mineures disaient 
clairement qu'il n'avait pas entretenu de relations sexuelles avec elles. C______ 
mentait donc dans son article, sur le témoignage de ces deux élèves en particulier. Il 
mentait encore lorsqu'il rapportait les propos de F______, en soutenant qu'elle avait 
menti. Lorsque l'on rapportait des propos en utilisant des guillemets alors que ces 
propos n'avaient pas été tenus, il s'agissait d'un mensonge. Pour sa part, il s'en tenait 
aux faits. Il avait travaillé dans plusieurs établissements scolaires, des cycles, des 
collèges, des institutions académiques et il n'y avait jamais eu la moindre plainte 
contre lui. Il pensait que C______ avait de la haine envers lui et qu'il le ciblait ; mais 
en apprenant l'existence d'une réunion à AL______, en août 2017, lors de laquelle 
AN______ SA, société genevoise, avait proposé au gouvernement émirati qu'il lui 
verse quelque 8,8 millions de dollars pour cibler des musulmans honnêtes et porter 
atteinte à leur réputation, et que C______ était rémunéré pour cela, tout était dit. Le 
mensonge, caractérisé, avait pour but d'induire le public en erreur et de salir sa 
personne. C______ transformait le rapport en utilisant des guillemets de façon 
impropre, de sorte qu'il ne pouvait justifier de sa bonne foi. L'article n'était pas 
maladroit : il était diffamatoire – quand on reprochait à un homme d'avoir commis un 
crime en couchant avec des élèves mineures, on n'était pas maladroit. 

A______ a réclamé CHF 1.- à titre de réparation du tort moral. On l'accusait d'avoir 
eu des relations sexuelles avec des mineures, ce qui constituait un crime. Il était donc 
atteint dans sa dignité, dans son honneur en tant que personne, et dans sa déontologie 
de professeur. 

a.b. C______ a persisté dans ses déclarations. Madame AE______, de AD______, 
lui avait remis le rapport des experts, de main à la main, la veille de la rédaction de 
son article. Il avait lu le rapport dans son intégralité avant de rédiger l'article. C'était 
donc sur le rapport qu'il s'était fondé et non sur l'article de AD______. Il avait 
connaissance, en rédigeant l'article, du rapport dans son entier, de la conclusion 

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intermédiaire en pages 16 et 17 en particulier. Le contenu de la phrase "L'emprise 
psychologique et les menaces de l'homme charismatique reviennent également dans 

les différentes auditions" lui semblait, à l'époque comme aujourd'hui, correct. En 
parlant des "menaces de l'homme charismatique", il pensait aux menaces de 
A______ envers ses élèves pour qu'elles cèdent à ses avances. Le titre de l'article "Le 
gouvernement genevois confirme les accusations portées contre A______" n'était pas 
totalement exact, il aurait fallu préciser que c'était un rapport commandé par le 
Conseil d'État. Le président du gouvernement genevois avait été très clair en disant : 
"ce rapport fait froid dans le dos, on a affaire à un prédateur qui s'est servi de son 
poste d'enseignant pour assouvir ses besoins" ; ces propos avaient été rapportés dans 
la presse le 29 novembre 2018. Il s'était, quant à lui, excusé auprès du Procureur 
général, tout comme en première instance : il aurait dû préciser que les propos cités 
entre guillemets ne ressortaient pas du rapport mais lui avaient été rapportés par des 
tiers. Il maintenait toutefois que ces propos étaient exacts, ce qui expliquait que le 
Procureur général ne l'avait pas poursuivi. 

C______ a rappelé que c'était un secrétaire de rédaction qui avait rédigé le titre de 
l'article. La rédaction, à H______ [France], savait qu'il y avait eu un article de 
Madame J______ précédemment. Il était dans l'incapacité de donner le nom du 
secrétaire de rédaction, plus de quatre ans après les faits. Il s'associait au sous-titre de 
l'article ; il y avait eu 65 articles de synthèse du rapport des experts qui allaient tous 
dans le même sens. Le fait que A______ avait eu des relations sexuelles avec des 
mineures lui avait été rapporté par des personnes connaissant bien le dossier et c'était 
ce qu'avaient déclaré les jeunes filles en question, ce qui ressortait de leurs 
témoignages. Ces indications lui avaient été données par des tiers, dont une 
journaliste et une élue, et il avait fait l'erreur de ne pas mentionner qu'elles lui avaient 
été rapportées par elles. On lui avait dit que le rapport était édulcoré. Il s'était excusé 
auprès du Procureur général s'agissant des principes de rédaction mais il maintenait 
que les informations qu'il avait données étaient exactes. Il n'avait pas rédigé l'article 
conformément à ce qui devait être acté quand on était journaliste. Il connaissait 
AN______ SA ; ils avaient eu des échanges d'informations, dans les deux sens. Cette 
société l'avait défrayé pour des déplacements, repas et nuits d'hôtel, mais ne l'avait 
pas rémunéré. Jamais il n'avait reçu le moindre centime pour l'article en question. 

C______ n'a pas acquiescé à l'action civile. 

b.a. Par la voix de ses conseils, A______ persiste dans ses conclusions. L'enjeu était 
de déterminer si C______ avait retranscrit fidèlement le rapport. Tel n'était pas le 
cas. C______ avait dissimulé le vrai, trompé le public et porté atteinte à sa personne 
en lui prêtant un comportement criminel. Aucune des deux élèves mineures n'avait 
dit ce que l'article disait. On ne l'avait, quant à lui, jamais entendu ; jamais il n'avait 
pu s'expliquer. Il fallait douter que C______ n'ait écrit ni le titre ni le sous-titre. Peu 
importait : celui-ci ne les infirmait pas et s'y associait. Les journalistes ne jouissaient 

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d'aucun privilège et devaient faire preuve d'une prudence particulière en cas de large 
diffusion d'un article. Les éléments constitutifs de l'art. 174 CP étaient ainsi réunis. 
Sous l'angle de l'art. 173 CP, le droit à la preuve libératoire devait être écarté et, en 
tout état, la bonne foi niée. 

A______ dépose un état de frais pour la procédure préliminaire et de première 
instance qui comptabilise au total, estimation de la durée de l'audience à hauteur de 
quatre heures comprise, 31 heures et 48 minutes d'activité de chefs d'Etudes à 
CHF 450.-/heure, 37 heures et 18 minutes d'activité de collaborateur à CHF 350.-
/heure et 64 heures et six minutes d'activité d'avocat-stagiaire à CHF 150.-/heure. Il 
produit également un état de frais complémentaire en lien avec la procédure d'appel, 
qui comptabilise au total 22 heures et six minutes d'activité de chefs d'études au tarif 
horaire de CHF 450.-, 8 heures et 54 minutes d'activité de collaborateur au tarif 
horaire de CHF 350.- et quatre heures d'activité de stagiaire à CHF 150.-/heure.  

  b.b. Par la voix de son conseil, C______ conclut à l'acquittement. Pour les titre et 
sous-titre, sa responsabilité n'était pas engagée (art. 28 CP). Il admettait que son 
article n'était pas conforme aux canons journalistiques (guillemets). C'était toutefois 
une brève, visant une actualité brûlante et devant être rédigée au plus vite. Il fallait 
avoir une conception large de la notion de "relations sexuelles", qui englobait les 
actes d'ordre sexuel avec des enfants. L'article s'adressait à un large public et disait 
que ce n'était pas là le comportement qu'un enseignant devait avoir, que de partager 
un acte d'ordre sexuel avec des collégiennes. Les termes "emprise" et 
"charismatique" figuraient bien dans le rapport et la "menace" ressortait du 
témoignage de AB______. Il n'avait donc pas trompé le public sur le rapport. La 
preuve libératoire, à laquelle il devait être admis, était ainsi rapportée. La Chambre 
pénale d'appel et de révision (CPAR) n'avait pas à se saisir du volet F______ pour le 
surplus, qui ne concernait pas le plaignant. 

C______ produit trois notes d'honoraires complémentaires relatives à l'activité 
déployée par son défenseur de choix dans le cadre de la procédure d'appel, qui 
s'élèvent respectivement à CHF 4'173.75, CHF 8'505.- et CHF 4'838.75, hors durée 
effective de l'audience d'appel, soit quatre heures et 10 minutes. 

D. a. C______ est âgé de 73 ans, de nationalité française, célibataire, sans enfant à 
charge. Correspondant permanent pour le journal E______ à Genève, il perçoit un 
salaire de EUR 2'000.- par mois.  

 b. C______ n'a pas d'antécédent inscrit au casier judiciaire suisse. 
  

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EN DROIT : 

1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 du Code de procédure pénale [CPP]). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1.1. Selon l'art. 3 al. 1 CP, le Code pénal est applicable à quiconque commet un 
crime ou un délit en Suisse. Un crime ou un délit est réputé commis tant au lieu où 
l'auteur a agi ou aurait dû agir qu'au lieu où le résultat s'est produit (art. 8 al. 1 CP). 

Les délits contre l'honneur ne sont pas des infractions de lésions ou de résultat mais 
sont considérés comme de simples délits formels (SJ 2005 I 461 consid. 3.6 ; 
B. CORBOZ, Les infractions en droit suisse, Vol. II, 3ème éd., n. 46 ad art. 173). Il 
convient toutefois de relativiser la portée de la classification typologique des 
infractions et d'admettre un rattachement territorial fondé sur le lieu de survenance 
du résultat également en matière de délits formels et de délits de mise en danger 
abstraite. Il suffit que, selon l'idée de l'auteur, le résultat dût se réaliser en Suisse 
(ATF 141 IV 336 consid. 1.2). En cas de propos attentatoires à l'honneur tenus à 
l'étranger par voie d'internet, l'auteur des propos ne sera punissable en Suisse que 
dans la mesure où il a agi en sachant qu'il serait lu par le public suisse ou par une 
catégorie de personnes en faisant partie, tout en le voulant ; à cet égard, le caractère 
ciblé du public auquel s'adresse l'écrit diffamant est déterminant (SJ 2005 I 461 
consid. 3.8). 

2.1.2. La procédure ne permet pas de déterminer où C______ a rédigé l'article 
incriminé. S'il l'a rédigé en Suisse, le Code pénal est assurément applicable. À 
supposer qu'il l'ait rédigé en France, l'intimé savait qu'il serait lu en Suisse, vu la 
nature du sujet abordé : commandé par le Conseil d'État, le rapport visait le DIP, son 
fonctionnement, l'un de ses anciens enseignants en particulier, soit l'appelant, citoyen 
suisse alors domicilié à Genève, de sorte que l'article était davantage susceptible 
d'intéresser le lecteur genevois que le lecteur français. Il faudrait donc admettre que 
le complexe de faits à juger doive être rattaché à la Suisse. Les parties, la défense en 
particulier, ne contestent au demeurant pas la compétence de la Cour de céans. 

2.2.1. Pour les délits contre l’honneur, l’action pénale se prescrit par quatre ans 
(art. 178 al. 1 CP). La prescription ne court plus si, avant son échéance, un jugement 
de première instance a été rendu (art. 97 al. 3 CP). Sont des jugements de première 
instance, au-delà desquels la prescription ne court plus, non seulement les prononcés 
de condamnation, mais également ceux d'acquittement – il n'y a pas de raison 
objective de s'écarter du texte clair de la loi (ATF 139 IV 62 consid. 1.5.9). 

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2.2.2. Les faits poursuivis datent du 26 novembre 2018. Le jugement du TP a été 
rendu le 1er novembre 2022. La prescription ne court donc plus depuis cette date. Il 
n'existe, partant, pas d'empêchement de procéder. Ce point n'est pas davantage 
discuté par les parties. 

2.3.1.1. La présomption d'innocence, garantie par les art. 10 CPP, 32 al. 1 Cst., 
14 par. 2 Pacte ONU II et 6 par. 2 CEDH, ainsi que son corollaire, le principe 
"in dubio pro reo", concernent tant le fardeau de la preuve que l'appréciation des 
preuves au sens large. En tant que règle sur le fardeau de la preuve, elle signifie, au 
stade du jugement, que le fardeau de la preuve incombe à l'accusation et que le doute 
doit profiter au prévenu. Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption 
d'innocence signifie que le juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un 
fait défavorable à l'accusé si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à 
l'existence de ce fait (ATF 148 IV 409 consid. 2.2). 

2.3.1.2. À teneur de l'art. 173 CP, quiconque, en s’adressant à un tiers, accuse une 
personne ou jette sur elle le soupçon de tenir une conduite contraire à l’honneur, ou 
de tout autre fait propre à porter atteinte à sa considération, quiconque propage une 
telle accusation ou un tel soupçon, est, sur plainte, puni d’une peine pécuniaire 
(ch. 1). L’auteur n’encourt aucune peine s’il prouve que les allégations qu’il a 
articulées ou propagées sont conformes à la vérité ou qu’il a des raisons sérieuses de 
les tenir de bonne foi pour vraies (ch. 2). L’auteur n’est pas admis à faire ces preuves 
et il est punissable si ses allégations ont été articulées ou propagées sans égard à 
l’intérêt public ou sans autre motif suffisant, principalement dans le dessein de dire 
du mal d’autrui, notamment lorsqu’elles ont trait à la vie privée ou à la vie de famille 
(ch. 3). Si l’auteur reconnaît la fausseté de ses allégations et les rétracte, le juge peut 
atténuer la peine ou renoncer à prononcer une peine (ch. 4). Si l’auteur ne fait pas la 
preuve de la vérité de ses allégations ou si elles sont contraires à la vérité ou si 
l’auteur les rétracte, le juge le constate dans le jugement ou dans un autre acte écrit 
(ch. 5). 

2.3.1.3. L'art. 173 ch. 1 CP protège la réputation d'être une personne honorable, c'est-
à-dire de se comporter comme une personne digne a coutume de le faire selon les 
conceptions généralement reçues. L'honneur protégé par le droit pénal est conçu de 
façon générale comme un droit au respect qui est lésé par toute assertion propre à 
exposer la personne visée au mépris en sa qualité d'homme (ATF 132 IV 112 
consid. 2.1). Pour apprécier si une déclaration est attentatoire à l'honneur, il faut se 
fonder non pas sur le sens que lui donne la personne visée, mais sur une 
interprétation objective selon la signification qu'un destinataire non prévenu doit, 
dans les circonstances d'espèce, lui attribuer (ATF 148 IV 409 consid. 2.3.2 ;  
133 IV 308 consid. 8.5.1). Selon la jurisprudence, un texte doit être analysé non 
seulement en fonction des expressions utilisées, prises séparément, mais aussi selon 
le sens général qui se dégage du texte dans son ensemble. Ce qui précède ne signifie 
cependant pas qu'il faille faire abstraction de l'impact particulier d'un titre ou d'un 

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intertitre. Rédigés en plus gros caractères et en gras, ceux-ci frappent spécialement 
l'attention du lecteur. Très généralement, ils sont en outre censés résumer très 
brièvement l'essentiel du contenu de l'article. De plus, il n'est pas rare que des 
lecteurs, parce qu'ils n'en prennent pas la peine ou parce qu'ils n'en ont pas le temps, 
ne lisent que les titre et intertitre, par lesquels ils peuvent être induits en erreur si leur 
contenu ne correspond pas à celui de l'article (arrêt du Tribunal fédéral 6S_862/2000 
du 20 mars 2001 consid. 1a). Aussi la jurisprudence a-t-elle admis le caractère 
diffamatoire d'un intertitre faisant état d'une escroquerie à l'assurance, quand bien 
même il ressortait de l'article qu'aucune condamnation de ce chef n'avait encore été 
prononcée (ATF 137 IV 313 consid. 2.1.3 ; 116 IV 31 consid. 5b). 

Du point de vue subjectif, l'art. 173 ch. 1 CP exige que l'auteur ait eu conscience du 
caractère attentatoire à l'honneur de ses propos et qu'il les a néanmoins proférés 
(ATF 137 IV 313 consid. 2.1.6). 

2.3.1.4. La jurisprudence et la doctrine interprètent de manière restrictive les 
conditions énoncées à l'art. 173 ch. 3 CP. En principe, l'accusé doit être admis à faire 
les preuves libératoires et ce n'est qu'exceptionnellement que cette possibilité doit lui 
être refusée. Pour que les preuves libératoires soient exclues, il faut, d'une part, que 
l'accusé ait tenu les propos attentatoires à l'honneur sans motif suffisant (d'intérêt 
public ou privé) et, d'autre part, qu'il ait agi principalement dans le dessein de dire du 
mal d'autrui. Ces deux conditions doivent être réalisées cumulativement pour refuser 
les preuves libératoires. Ainsi, l'accusé sera admis aux preuves libératoires s'il a agi 
pour un motif suffisant (et ce, même s'il a agi principalement pour dire du mal 
d'autrui) (ATF 132 IV 112 consid. 3.1 ; 116 IV 31 consid. 3). 

2.3.1.5. Selon la jurisprudence relative à l'art. 173 ch. 2 CP, l'accusé qui a allégué la 
commission d'une infraction doit en principe apporter la preuve de la vérité par la 
condamnation pénale de la personne visée. Une exception est admise dans un cas où 
la poursuite pénale n'est plus possible en raison de la prescription ; dans ce cas, 
l'accusé doit être autorisé à apporter la preuve de la vérité ou celle de sa bonne foi par 
d'autres moyens (ATF 132 IV 112 consid. 4.3). Un accusé apporte la preuve de la 
vérité s'il établit que ce qu'il a dit est vrai ; il peut apporter même des éléments de 
preuve qui lui étaient inconnus au moment où il s'est exprimé, car la seule question 
pertinente est celle de la véracité du propos (ATF 124 IV 149 consid. 3a ; 122 IV 311 
consid. 2c). 

Il résulte de l'art. 173 ch. 2 CP que la bonne foi ne suffit pas, il faut encore que 
l'accusé établisse qu'il avait des raisons sérieuses de croire à ce qu'il disait. Un devoir 
de prudence incombe à celui qui porte atteinte à l'honneur d'autrui. Il ne saurait 
s'avancer à la légère. Pour échapper à la sanction pénale, l'accusé de bonne foi doit 
démontrer qu'il a accompli les actes que l'on pouvait exiger de lui, selon les 
circonstances et sa situation personnelle, pour contrôler la véracité de ses allégations 

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et la considérer comme établie. L'accusé doit prouver qu'il a cru à la véracité de ses 
allégations après avoir fait consciencieusement tout ce que l'on pouvait attendre de 
lui pour s'assurer de leur exactitude. Une prudence particulière doit être exigée de 
celui qui donne une large diffusion à ses allégations par la voie d'un média (ATF 
116 IV 205 consid. 3 et 3b). L'accusé ne saurait se fier aveuglément aux déclarations 
d'un tiers. Pour dire si l'accusé avait des raisons sérieuses de tenir de bonne foi pour 
vrai ce qu'il a dit, il faut se fonder exclusivement sur les éléments dont il avait 
connaissance à l'époque de sa déclaration ; il n'est pas question de prendre en compte 
des moyens de preuve découverts ou des faits survenus postérieurement. Il faut donc 
que l'accusé établisse les éléments dont il disposait à l'époque (ATF 128 IV 53 
consid. 2a ; 124 IV 149 consid. 3b ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_479/2022 du 
9 février 2023 consid. 5.2 ; 6B_1296/2021 du 30 juin 2022 consid. 5.1.2). 

Comme pour la preuve de la vérité, l'auteur supporte, s'agissant de la preuve de la 
bonne foi, le fardeau de la preuve, la charge de la preuve et le risque de la preuve 
(A. MACALUSO / L. MOREILLON / N. QUELOZ, Commentaire romand, Code 
pénal II, Bâle 2017, n. 40 ad art. 173). 

2.3.1.6. Lorsqu’une infraction a été commise et consommée sous forme de 
publication par un média, l’auteur est seul punissable (art. 28 al. 1 CP).  

Exception faite du régime particulier découlant de l'art. 28a CP (protection des 
sources), le journaliste ne bénéficie d'aucun privilège en cas d'atteinte à l'honneur par 
voie de presse (ATF 137 IV 313 consid. 2.1.5). 

La publication est de nature à accroître le préjudice et implique en principe un devoir 
étendu de vérification. Si la communication de presse répond à un intérêt public et 
s'il y a urgence, on peut se montrer moins sévère en tenant compte des conditions 
dans lesquelles la presse d'information doit travailler, mais on doit aussi, d'un autre 
côté, apprécier la gravité de l'atteinte, notamment en raison de sa large diffusion. S'il 
n'est pas possible d'appuyer un soupçon ou une affirmation sur des bases suffisantes, 
il faut s'abstenir (B. CORBOZ, op. cit., n. 80 et 86 ad art. 173). 

L'auteur d'un écrit est notamment celui qui le conçoit et le rédige lui-même ou le fait 
rédiger par un tiers ou encore le transmet à la presse pour publication comme étant 
l'expression de sa pensée. Si l'écrit est le fruit d'une collaboration entre plusieurs 
auteurs, ils seront tous poursuivis (ATF 128 IV 53 consid. 5e). Les règles de droit 
commun de la participation s’appliquent, ce qui est notamment le cas si plusieurs 
auteurs signent un article délictueux ; lorsque des intervenants spécifiques aux 
médias excèdent les bornes de leur fonction habituelle, ils seront considérés comme 
auteurs principaux, coauteurs, complices ou instigateurs (L. MOREILLON / 
A. MACALUSO / N. QUELOZ / N. DONGOIS, Commentaire romand, Code pénal 
I, art. 1-110 CP, 2ème éd., Bâle 2021, n. 25 ad art. 28). 

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Est un coauteur celui qui collabore, intentionnellement et de manière déterminante, 
avec d'autres personnes à la décision de commettre une infraction, à son organisation 
ou à son exécution, au point d'apparaître comme l'un des participants principaux ; il 
faut que, d'après les circonstances du cas concret, la contribution du coauteur 
apparaisse essentielle à l'exécution de l'infraction. La seule volonté quant à l'acte ne 
suffit pas ; il n'est toutefois pas nécessaire que le coauteur ait effectivement participé 
à l'exécution de l'acte ou qu'il ait pu l'influencer. La coactivité suppose une décision 
commune, qui ne doit cependant pas obligatoirement être expresse, mais peut aussi 
résulter d'actes concluants, le dol éventuel quant au résultat étant suffisant. Il n'est 
pas nécessaire que le coauteur participe à la conception du projet ; il peut y adhérer 
ultérieurement. Il n'est pas non plus nécessaire que l'acte soit prémédité ; le coauteur 
peut s'y associer en cours d'exécution. Ce qui est déterminant c'est que le coauteur se 
soit associé à la décision dont est issue l'infraction ou à la réalisation de cette 
dernière, dans des conditions ou dans une mesure qui le font apparaître comme un 
participant non pas secondaire, mais principal (ATF 135 IV 152 consid. 2.3.1). 

2.3.1.7. L'art. 174 ch. 1 CP dispose : quiconque, connaissant la fausseté de ses 
allégations et en s’adressant à un tiers, accuse une personne ou jette sur elle le 
soupçon de tenir une conduite contraire à l’honneur, ou de tout autre fait propre à 
porter atteinte à sa considération, quiconque propage de telles accusations ou de tels 
soupçons, alors qu’il en connaît l’inanité, est, sur plainte, puni d’une peine privative 
de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire. Le calomniateur est puni 
d’une peine privative de liberté d’un mois à trois ans ou d’une peine pécuniaire de 
30 jours-amende au moins s’il cherche de propos délibéré à ruiner la réputation de sa 
victime (ch. 2). 

La calomnie est une forme qualifiée de diffamation, dont elle se distingue en cela que 
les allégations attentatoires à l'honneur sont fausses, que l'auteur doit avoir eu 
connaissance de la fausseté de ses allégations et qu'il n'y a dès lors pas de place pour 
les preuves libératoires prévues dans le cas de la diffamation. Sur le plan objectif, la 
calomnie implique donc la formulation ou la propagation d'allégations de fait 
fausses, qui soient attentatoires à l'honneur de la personne visée. Sur le plan subjectif, 
la calomnie implique que l'auteur ait agi avec l'intention de tenir des propos 
attentatoires à l'honneur d'autrui et de les communiquer à des tiers, le dol éventuel 
étant à cet égard suffisant, et qu'il ait en outre su que ses allégations étaient fausses, 
ce qui implique une connaissance stricte, de sorte que, sur ce point, le dol éventuel ne 
suffit pas (ATF 136 IV 170 consid. 2.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_ 676/2017 du 
15 décembre 2017 consid. 3.1). Il ne suffit dès lors pas que l'auteur ait cru que ses 
allégations étaient peut-être fausses (A. MACALUSO / L. MOREILLON / 
N. QUELOZ, Commentaire romand, Code pénal II, Bâle 2017, n. 11 ad art. 174). 

Le fait que l'auteur sait être faux est le fait attentatoire à l'honneur, c'est-à-dire la 
conduite contraire à l'honneur (B. CORBOZ, op. cit., n. 12 et 12 ad art. 174). 

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Alors qu'en cas de diffamation, il appartient à l'auteur de prouver que les allégations 
propagées sont conformes à la vérité ou qu'il avait des raisons sérieuses de les tenir 
de bonne foi pour vraies, les autorités pénales doivent prouver en cas de calomnie 
que le fait allégué est faux. La preuve de l'élément subjectif spécifique 
(la connaissance de la fausseté de l'allégation) incombe à l'accusation (arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_506/2010 du 21 octobre 2010, consid. 3.1.2 et 3.1.3). 

Si la connaissance de la fausseté ne peut pas être prouvée, il faut examiner s'il y a 
lieu de retenir la diffamation (B. CORBOZ, op. cit., n. 14 ad art. 174). 

2.3.1.8. L'art. 176 CP précise qu'à la diffamation et à la calomnie verbales sont 
assimilées la diffamation et la calomnie par l’écriture, l’image, le geste, ou par tout 
autre moyen. 

2.3.2.1. Les passages incriminés figurant dans l'acte d'accusation seront repris ici 
dans l'ordre. 

La procédure tend à établir que le titre "Le gouvernement genevois confirme les 
accusations portées contre A______" n'est pas le fait de l'intimé. Celui-ci s'est 
montré constant dans ses déclarations, en alléguant que tant le titre que le sous-titre 
de son article avaient été rédigés par un secrétaire de rédaction. Certes l'intimé est 
dans l'incapacité de nommer celui-ci, ce qui affaiblit quelque peu son propos. Mais 
son assertion ne peut être écartée pour autant ; un doute insurmontable subsiste quant 
à cet élément factuel (art. 10 al. 3 CPP). Seul le secrétaire de rédaction en question, 
auteur au sens de l'art. 28 al. 1 CP, est donc susceptible d'être punissable. Et à suivre 
l'intimé, on ne l'aurait pas consulté à ce sujet. Aussi, faute de concertation, de 
décision commune, la coactivité ne saurait-elle être retenue – elle n'est d'ailleurs pas 
plaidée. Ce d'autant moins que l'intimé ne s'est pas associé à cette phrase, semble-t-il, 
contrairement à ce que soutient la partie plaignante, C______ ayant expliqué, en 
effet, que le contenu du titre n'était pas totalement exact puisqu'il aurait fallu préciser 
que c'était le rapport commandé par le Conseil d'État, et non le gouvernement lui-
même, qui confirmait les accusations litigieuses. Par conséquent, l'intimé sera 
acquitté de ce chef. 

Le sous-titre est, lui aussi, l'œuvre du secrétaire de rédaction, si l'on en croit l'intimé. 
À la différence du titre, l'intimé le fait sien ; il s'y associe, précisant qu'il s'agit d'une 
phrase tirée de son article, ce qui est le cas, en effet, à peu de choses près. Le même 
raisonnement doit prévaloir toutefois : seul le secrétaire de rédaction, auteur au sens 
de l'art. 28 al. 1 CP, est punissable. Or faute de preuve de concertation ou de décision 
commune, la coactivité ne peut être retenue. Par conséquent, l'intimé sera acquitté de 
ce chef également. 

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L'intimé est bien l'auteur des propos figurant sous tirets trois, quatre et cinq de l'acte 
d'accusation pour le surplus. Il l'admet. 

En écrivant, dans [le journal] E______, le ______ 2018, "On peut lire que A______ 
« aurait tenté de séduire sans succès l'une de ses élèves âgées de 14 ans et serait 
parvenu à entretenir des relations sexuelles avec certaines de ses élèves, âgées de 15 
à 18 ans »", "« L'emprise psychologique et les menaces de l'homme charismatique 
reviennent également dans les différentes auditions », constate le rapport", "Quant à 
F______, ministre de l'Instruction publique à l'époque, elle reconnaît avoir menti à 

la presse en évoquant de « simples rumeurs ». En fait, elle aurait bien été informée 

que A______ entretenait des relations intimes avec certaines de ses élèves. 

Notamment par une enseignante à la retraite et « féministe »", l'intimé s'est adressé, 
par l'écriture, à des tiers, en l'occurrence à ses lecteurs, qui en ont pris connaissance. 
En leur communiquant, au sujet de l'appelant, reconnaissable pour avoir été désigné 
nommément, que celui-ci aurait cherché à séduire une élève de 14 ans, qu'il 
entretenait des relations sexuelles avec des élèves de 15 à 18 ans et qu'il recourait à 
l'emprise et à la menace, ce dont la ministre de tutelle de l'époque avait connaissance 
pour en avoir été informée et avait donc menti, l'intimé a exposé A______ au mépris 
en sa qualité d'enseignant et d'être humain. De tels propos sont propres à porter 
atteinte à la considération. Ils reviennent à reprocher à l'appelant d'avoir commis des 
actes pénalement répréhensibles (art. 187 CP (actes d'ordre sexuel avec des enfants), 
188 CP (actes d'ordre sexuel avec des personnes dépendantes (rapports d'éducation)), 
voire, sous l'angle de l'emprise et de la menace, 189 CP (contrainte sexuelle) et 190 
CP (viol). L'intimé ne conteste au demeurant pas le caractère attentatoire à l'honneur 
de ses propos. 

Il convient de déterminer si les faits sur lesquels portent l'atteinte à l'honneur sont 
faux – l'intimé est poursuivi principalement pour calomnie. 

Il n'est pas établi que l'appelant ait entretenu des relations sexuelles avec trois 
(autres) élèves de 15 à 18 ans. Etant relevé que, par "relations sexuelles", il faut 
entendre l'acte sexuel et que, par "âgées de 15 à 18 ans", il faut entendre pour 
certaines mineures – la majorité est fixée à 18 ans révolus (art. 14 CC). Lorsqu'il 
prête à ces termes une autre signification, l'intimé, soit en réalité son conseil, joue sur 
les mots. À cet égard, la délation de l'élève V______, à laquelle se réfère l'intimé 
("A______ a eu des attouchements et des propositions à connotation sexuelle avec 
au moins trois de ses élèves mineures du CO"), est sujette à caution car cette élève, 
hormis une main sur sa propre cuisse, ne fait que répéter, vraisemblablement, des 
événements qu'on lui a rapportés ; surtout, l'élève V______ ne fait pas état de 
relations sexuelles avec les trois élèves en question. Par ailleurs, tant l'élève V______ 
que l'élève W______, mineures au moment des faits, ont assuré n'avoir jamais 
entretenu de relations sexuelles avec l'appelant. Il faut donc retenir que l'allégation de 
l'intimé, attentatoire à l'honneur, est fausse. 

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De même, si une "emprise psychologique" peut être prêtée à "l'homme 
charismatique", d'après les personnes entendues par J______, puis par les experts 
mandatés par l'État, de sorte que les propos de l'intimé n'apparaissent pas faux sur ce 
point, le fait que A______ se serait livré à des "menaces" n'est pas établi. En mettant 
en avant, par la voix de son conseil il est vrai, que l'appelant aurait fait comprendre 
au "petit-ami" (Z) qu'il aurait des problèmes s'il parlait et l'aurait donc menacé, 
l'intimé joue sur les mots une fois de plus. On sait ce que l'intimé entendait par 
"menaces" : il insinuait que A______ y recourait pour amener ses élèves à céder à 
ses avances. Or ces menaces-là ne sont absolument pas étayées par le dossier, ce qui 
tend à démontrer, partant, qu'elles sont fausses. 

Enfin, l'allégation selon laquelle F______, bien qu'informée que A______ entretenait 
des relations intimes avec ses élèves, aurait menti à ce sujet, ce qu'elle aurait admis, 
est fausse également, ce fait ne ressortant nullement du dossier, des conclusions du 
rapport en particulier. À cet égard, contrairement à ce que soutient l'intimé, si une 
telle allégation écorne sans doute F______, c'est A______ qu'elle accable, lequel se 
voit reprocher, par ce biais, une conduite contraire à l'honneur, soit celle d'avoir 
entretenu des relations intimes avec ses élèves. 

Les éléments constitutifs objectifs de l'art. 174 CP sont par conséquent réunis. 

Subjectivement, l'intimé a, sinon voulu, accepté à tout le moins de tenir à l'attention 
de ses lecteurs des propos de nature à susciter le mépris à l'endroit de A______. Il a 
donc agi intentionnellement, le dol éventuel suffit (art. 12 al. 2 CP). Il reste 
cependant à déterminer s'il savait que ses allégations étaient fausses. 

En 2017, dans le cadre de l'enquête journalistique de J______, des "révélations" ont 
eu lieu dans la presse. Des jeunes femmes, mineures et majeures, interviewées, s'y 
sont exprimées en expliquant, pour les deux anciennes mineures, avoir eu des 
"relations intimes", respectivement, pour les deux anciennes majeures, des "relations 
sexuelles", avec A______. Elles ont fourni des détails. À la même époque, d'autres 
médias s'en sont fait l'écho, en des termes plus ou moins similaires : "Un nouveau 
témoignage dénonce l'ascendant psychologique exercé par l'enseignant sur ses 

élèves au Collège de L______. Cette femme est ressortie brisée de quatre ans de 

relation" ; "A______ couchait avec mon amie. Je l'avais dénoncé à la direction de 
l'école" ; "A______ accusé d'avoir eu des relations sexuelles avec des élèves 
mineures". [Le journal] I______ titrait encore, toujours en novembre 2017, dans des 
articles postérieurs à celui de J______ : "La direction du Collège avait été alertée" ; 
"Un comité est lancé pour soutenir les anciennes élèves abusées". Sans doute l'intimé 
a-t-il eu connaissance de ces articles – il les a produits. Le rapport commandé par le 
Conseil d'État transcrit, quant à lui, le témoignage de quatre anciennes élèves, les 
mêmes élèves, vraisemblablement, que celles rencontrées par J______, lesquelles 
tiennent le même discours et lancent en substance les mêmes accusations que celles 

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lancées précédemment contre A______. S'en est suivi l'article de AD______, qui 
contient les mêmes phrases que celles, incriminées, que reprendra C______ dans son 
propre article. 

Il semble délicat, dans ces conditions, de retenir que l'intimé aurait connu la fausseté 
des propos poursuivis. Certes, dans la mise en forme de son article, il a fait mine de 
se référer au rapport, non seulement par l'ajout des mots "on peut lire" et "constate le 
rapport", mais encore par l'usage impropre des guillemets. Il savait donc qu'il 
reportait dans son article des phrases fausses d'un point de vue formel. Mais c'est le 
fait attentatoire à l'honneur que l'auteur doit savoir être faux. Or il n'est pas (encore) 
établi que l'intimé ait su que les propos étaient faux quant à leur contenu, c'est-à-dire 
au fond. Il s'en défend. Certains avaient rédigé des textes au contenu similaire avant 
lui – il en avait pris connaissance. D'autres le feront après lui. Il a certes admis avoir 
"peut-être exagéré" s'agissant du volet F______. Mais il ne suffirait pas qu'il ait cru 
que ses allégations puissent peut-être être fausses. Quoi qu'il en soit, le fait que le 
prévenu aurait eu une connaissance stricte de la fausseté des faits attentatoires à 
l'honneur qu'il énonce n'est pas rapportée. Il subsiste un doute, l'accusation échouant 
ainsi dans la preuve qui lui incombe. 

On ne saurait retenir que l'intimé aurait été indirectement financé par un État étranger 
dans le but délibéré de ruiner la réputation de l'appelant. Il le conteste. Cette 
accusation, en mains du MPC, doit au demeurant être instruite par cette autorité. La 
CPAR ne peut donc en inférer quoi que ce soit en l'état. 

L'un des éléments subjectifs de l'art. 174 ch. 1 CP n'étant pas réalisé, le prévenu ne 
peut être reconnu coupable de ce chef. 

2.3.2.2. Il faut examiner s'il y a lieu de retenir la diffamation. 

Comme relevé supra, les propos litigieux sont attentatoires à l'honneur. Les 
conditions d'application de l'art. 173 ch. 1 CP sont donc réunies. 

L'intimé doit être admis à la preuve libératoire. Le rapport commandé par le Conseil 
d'État genevois était d'importance. Il s'agissait de déterminer si le DIP avait, face à 
des allégations d'atteinte à l'intégrité sexuelle de la part d'élèves, réagi correctement 
ou dysfonctionné. Des députés du Grand Conseil genevois s'en étaient inquiétés. Le 
rapport était donc attendu, par la presse en particulier ; ce d'autant plus que des 
affaires impliquant l'appelant, personnage public et médiatisé, étaient susceptibles 
d'apparaître au grand jour. Les experts invitaient en outre le Conseil d'État à rendre 
leur rapport public. Il existait donc un motif suffisant, relevant de l'intérêt public, 
pour l'intimé, de rédiger un article à ce sujet, sur la personne de A______ en 
particulier. 

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Il n'y a pas lieu, partant, à l'aune de l'art. 173 ch. 3 CP, de déterminer si C______ a 
agi principalement dans le but de dire du mal de l'appelant. Cette question peut rester 
ouverte. 

Sous l'angle de l'art. 173 ch. 2 CP, C______ est dans l'impossibilité d'apporter la 
preuve, qui lui incombe, de la vérité. D'abord, ses allégations attentatoires à l'honneur 
sont pour l'essentiel fausses, comme relevé ci-dessus (cf. 2.3.2.1). Le rapport ne 
conclut pas que l'appelant aurait séduit sans succès une jeune fille de 14 ans, 
entretenu des relations sexuelles avec des élèves âgées de 15 à 18 ans, non sans les 
avoir menacées, et que F______, dans la confidence, aurait admis avoir menti à ce 
sujet. Ce n'est pas là la conclusion des experts. L'intimé lui-même concède que le 
rapport est "édulcoré". Il admet que ce sont des "soupçons" de relations sexuelles que 
l'enquête vient confirmer. À juste titre puisque le rapport n'établit nullement une 
quelconque vérité quant à ces faits. Les experts incitent d'ailleurs à la prudence, 
compte tenu du temps écoulé. Ensuite, l'intimé ne fait pas la preuve de ce qu'il 
avance par la condamnation pénale de A______. Et pour cause : non seulement 
aucune procédure judiciaire n'a été introduite contre celui-ci des chefs d'infractions 
aux art. 187 ss CP, mais encore aucune procédure judiciaire ne le sera jamais, 
puisque les conditions à l'ouverture d'une action publique ne sont plus données, pour 
cause de prescription. À cet égard, les auditions des anciennes élèves ne sont pas 
conformes au CPP (cf. art. 181 CPP) ; et l'appelant, qui conteste les accusations 
portées contre lui, n'a pas pu être entendu et faire valoir ses droits dans le cadre d'une 
procédure formelle (cf. art. 157 ss CPP). 

Dans ces conditions, il faut retenir que l'intimé échoue dans la preuve de la vérité. 

Sous l'angle de la preuve de la bonne foi, il faut relever ce qui suit. Compte tenu de 
l'enquête journalistique de J______, cristallisée par l'article du ______ novembre 
2017, auquel ont immédiatement fait suite d'autres articles du même acabit, puis, 
plus tard, celui de AD______, on ne saurait retenir que les propos attentatoires à 
l'honneur tenus par C______ n'auraient pas eu de point d'ancrage. Ses allégations ne 
sortent pas de nulle part. La presse abordait le sujet depuis de nombreux mois. Il 
parait juste, dans ces circonstances, de concéder à l'intimé une certaine bonne foi. 
Certes, une soixantaine d'articles de même contenu viendront s'ajouter à celui de 
l'intimé, tout comme les propos du président du Conseil d'État semble-t-il, mais ces 
derniers ne sont d'aucun secours à l'intimé car il n'en avait pas connaissance en 
rédigeant son sujet, le ______ 2018. 

Encore faut-il que l'intimé établisse qu'il avait des raisons sérieuses de croire à ce 
qu'il affirmait, la (seule) bonne foi ne suffisant pas. 

On ignore si le prévenu est véritablement entré en possession du rapport des experts 
et, partant, s'il en a pris connaissance avant qu'il ne rédige son article. Certes, il le 

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prétend, aux débats d'appel encore. Mais ses propos sont ambigus. L'intimé laisse 
entendre, répète qu'il se serait fié, pour le rédiger, à des personnes "connaissant 
mieux" le rapport que lui, ce qui suggère que son contenu lui aurait été rapporté. Il 
souligne qu'il aurait dû préciser que les phrases incriminées, mises entre guillemets, 
étaient tirées de l'article de AD______, ce qui donne à penser que c'est de cet article 
dont il s'est inspiré pour rédiger le sien, non du rapport. La phrase "L'emprise 
psychologique et les menaces de l'homme charismatique reviennent également dans 

les différentes auditions" figure d'ailleurs, au mot près, dans l'article de AD______ 
mais n'apparait pas dans le rapport ; tout comme celle concernant F______. Enfin, le 
fait que l'intimé fasse état d'un rapport de plus de trente-deux pages, alors qu'il n'en 
compte que trente-deux, laisse songeur. Autant d'éléments qui tendent à démontrer 
que C______ n'est sans doute pas entré en possession du rapport, ainsi qu'il le 
prétend, et qu'il n'y a, partant, pas fondé son article. 

De deux choses l'une : 

Dans l'hypothèse où C______ ne serait pas entré en possession du rapport et n'en 
aurait donc pas pris connaissance, il ne saurait exciper de raisons sérieuses de tenir 
de bonne foi pour vrai ce qu'il a écrit. En effet, son article se veut être un compte-
rendu du rapport en question. 

Dans l'hypothèse où C______ serait entré en possession du rapport et en aurait donc 
pris connaissance, hypothèse que l'on ne peut exclure il est vrai – il aurait rencontré 
un(e) journaliste la veille qui le lui aurait remis en mains propres (art. 10 al. 3 CPP) – 
il faudrait distinguer : 

À teneur du rapport, les deux élèves alors mineures font état, respectivement, d'une 
main posée sur la cuisse (V______) et d'embrassement avec attouchements sexuels 
(V), en précisant toutefois n'avoir jamais entretenu de relations sexuelles avec 
l'appelant. Seules les deux étudiantes alors majeures allèguent avoir entretenu des 
relations sexuelles avec celui-ci. Les experts relèvent, quant à eux, en conclusion, 
dans le respect de l'"Objectif 1" qui leur a été fixé, qu'aucune élève supposée victime 
n'a formulé de critique ou de plainte, à l'époque, sur le comportement de A______, 
que les rumeurs à ce sujet – il faut entendre par-là celles au sein du corps enseignant 
– ne reposent sur aucun fondement sérieux et qu'il convient de rester prudent car les 
souvenirs de personnes susceptibles d'apporter des renseignements sont sujets à être 
d'autant plus dénaturés qu'ils sont très anciens. Ainsi, si, fort du rapport, l'intimé en a 
déduit, pour l'avoir écrit, que A______ "aurait tenté de séduire sans succès l'une de 
ses élèves âgée de 14 ans" (V______), il faut retenir qu'il avait sans doute des raisons 
suffisantes de tenir cette allégation pour établie, puisque la jeune femme, qui l'avait 
allégué à l'attention de J______ une première fois, le confirmait à présent à l'attention 
des experts. De même, si, fort du rapport, l'intimé en a déduit que A______ avait 
entretenu des relations sexuelles avec une élève âgée de 18 ans, il faut retenir, là 

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aussi, qu'il pouvait sans doute avoir des raisons suffisantes de croire à ce qu'il 
écrivait, vu le témoignage de AA______. Le prévenu doit donc être libéré de ces 
chefs. Par contre, en prétendant, référence faite au rapport, que l'appelant "serait 
parvenu à entretenir des relations sexuelles avec [des] élèves âgées de 15 à 18 ans", 
c'est-à-dire notamment mineures, l'intimé s'est éloigné du rapport, les élèves 
V______ et W______ soutenant précisément le contraire. Cette phrase ne figurait 
que dans le préambule du rapport pour contextualiser la mission des experts, ce qui 
n'avait pu échapper à l'intimé. 

Mais C______ n'en est pas resté là. Il a fait précéder cette affirmation des mots "On 
peut lire que" et a usé de guillemets. Ce faisant, il a feint de citer le rapport. Il a 
laissé entendre que c'était là sa conclusion, ce qu'il fallait retenir s'agissant de 
A______. Un lecteur non prévenu devait induire des termes utilisés, non seulement 
que l'appelant avait eu des relations sexuelles avec des élèves mineures – et non qu'il 
se limitait à commettre sur elles des actes d'ordre sexuel – mais encore, et surtout, 
que c'était là la position étatique, la version officielle désormais. 

Les guillemets légitiment, authentifient les mots qu'ils contiennent. Or l'intimé les 
prête faussement aux experts. Comme relevé par la Chambre pénale de recours 
(CPR) dans son arrêt du 2 novembre 2021, l'intimé devait prendre en considération 
les interrogations qui perduraient plutôt que de créer le sentiment que ces faits 
correspondaient à la réalité. 

Il en résulte l'impossibilité de retenir l'existence de raisons sérieuses, pour l'intimé, de 
croire à ce qu'il affirmait. 

La même conclusion s'impose pour la phrase "L'emprise psychologique et les 
menaces de l'homme charismatique reviennent également dans les différentes 

auditions". Cette phrase se veut tirée du rapport, à en croire le recours aux 
guillemets. Or il n'en est rien. Pire, elle suggère que l'appelant se livrait à la menace 
pour parvenir aux relations sexuelles dénoncées, ce dont ni le rapport ni même le 
témoignage de l'une ou l'autre jeune femme ne fait état. 

Idem pour le volet F______. La citation, les guillemets sonnent comme l'aveu de 
celle-ci de n'avoir évoqué jusque-là que des rumeurs, alors que la vérité lui était 
connue : A______ entretenait des relations intimes avec ses élèves. Là non plus, le 
rapport de dit rien de cela. 

Il s'ensuit que si, comme il le prétend, C______ a fondé son article sur le rapport 
commandé par le Conseil d'État, il ne pouvait avoir de raisons sérieuses de croire à 
ce qu'il écrivait. À supposer que son article ne fût qu'une "brève", il ne pouvait 
s'affranchir du devoir de prudence, un travail consciencieux consistant, en effet, à lire 
attentivement le rapport et à le retranscrire fidèlement, sans le déformer. Ce d'autant 

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plus que l'intimé relayait des faits constitutifs d'un crime et que ses graves 
allégations, par la voie d'un média, allaient faire l'objet d'une large diffusion. 

C______ est allé trop loin. Dans l'impossibilité d'appuyer ses affirmations sur une 
base suffisante, il devait s'abstenir. À supposer qu'il ait d'abord eu des motifs pour 
communiquer ainsi, il ne disposait plus, une fois le rapport officiel en main, 
d'éléments suffisants pour écrire ce qu'il a écrit, de raison sérieuse de tenir ses propos 
pour vrais. Il échoue dans la preuve qui lui incombe.  

C______ sera par conséquent déclaré coupable de diffamation. 

2.3.2.3. C______ n'a pas fait la preuve de la vérité de ses allégations. La CPAR doit 
le constater formellement. C'est chose faite ici. Il n'y a pas lieu de le constater dans le 
dispositif : d'abord, l'appelant n'indique pas qu'il entend obtenir un constat selon l'art. 
173 ch. 5 CP, dans le dispositif en particulier ; ensuite, la constatation dans les motifs 
de l'arrêt suffit (ATF 80 IV 250). 

3. 3.1. La peine sera fixée d'après la culpabilité de l'auteur. La culpabilité est 
déterminée par la gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique 
concerné, par le caractère répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de 
l'auteur et par la mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la 
lésion, compte tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures. Il 
sera tenu compte des antécédents de l'auteur, de sa situation personnelle ainsi que de 
l'effet de la peine sur son avenir (art. 47 CP). 

 3.2. La faute de C______ n'est pas négligeable. Il s'en est pris à l'honneur de 
l'appelant, en lui prêtant un comportement pénalement répréhensible. Il a fait mine 
d'asseoir son propos sur un rapport officiel, commandé par l'État, tout en en 
tronquant le contenu. Ce faisant, il a trompé le lecteur, ce qui relève, au-delà de 
l'aspect pénal, de la faute professionnelle. Sa situation personnelle n'explique pas ses 
agissements. Au contraire. Il devait se conformer aux devoirs du journaliste, 
rapporter la vérité, dire ce qu'il en était vraiment du rapport en question, et ne pas 
dénaturer, ne pas travestir. Il s'obstine à contester toute responsabilité, toute faute. La 
prise de conscience de la gravité de ses actes fait donc défaut. Il n'exprime pas de 
regrets, ne présente