# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 52475ef7-9dde-5054-bac8-701a89f3ee3d
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-07-07
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 07.07.2023 BH.2023.10
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BH-2023-10_2023-07-07.pdf

## Full Text

Décision du 7 juillet 2023 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 

Roy Garré, président, 

Giorgio Bomio-Giovanascini et Nathalie Zufferey,  

la greffière Yasmine Dellagana-Sabry  

   

Parties  A., actuellement en détention, représenté par 

Me Julien Gafner,  

recourant 

 

 contre 

   

  1. MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 

intimé 

 

2. TRIBUNAL CANTONAL DES MESURES DE 

CONTRAINTE,  

autorité qui a rendu la décision attaquée 

 

   

 

 

Objet  Prolongation de la détention provisoire (art. 227 en 

lien avec l'art. 222 CPP) 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t  

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: BH.2023.10 

  

 

 

 

- 2 - 

 

 

Faits: 

 

A. Le 20 juillet 2021, le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a 

ouvert une instruction contre A. pour soupçons de participation et/ou soutien 

à une organisation criminelle (art. 260ter CP) et violation de l'art. 2 de la loi 

fédérale du 12 décembre 2014 interdisant les groupes « AI-Qaïda » et « Etat 

islamique » et les organisations apparentées (RS 122; dossier MPC, pièce 

01-01-0001; act. 1.1, p. 4). 

 

 

B. A. a été arrêté le 1er septembre 2022 (dossier MPC, pièce 06-01-0001 s.; 

v. ég. act. 1.1, p. 1). 

 

 

C. Sur proposition du MPC du 2 septembre 2022 et par ordonnance du 

3 septembre 2022, le Tribunal des mesures de contrainte du canton de 

Berne (ci-après: TMC-BE) a placé A. en détention provisoire pour une durée 

de trois mois, soit jusqu'au 30 novembre 2022 (dossier MPC, pièces 06-01-

0008 ss et 06-01-0027 ss). 

 

 

D. Faisant suite aux requêtes du MPC des 25 novembre 2022 et 23 février 

2023, la détention provisoire ordonnée à l'encontre de A. a été prolongée par 

décisions – entrées en force – des 1er décembre 2022 et 6 mars 2023 

rendues par le TMC-BE et ce, pour une durée totale de six mois, soit jusqu'au 

28 mai 2023 (dossier MPC, pièces 06-01-0034 ss, 06-01-0130 ss, 06-01-

0143 ss et 06-01-0255 ss; v. ég. act. 1.1, p. 2 s.). 

 

 

E. Le 15 décembre 2022, le MPC a étendu l’instruction menée à l’encontre de 

A. du chef de représentation de la violence (art. 135 CP; dossier MPC, pièce 

13-01-0467). 

 

 

F. Faisant suite à la troisième requête formulée par le MPC le 24 mai 2023, le 

TMC-BE a, par ordonnance du 5 juin 2023, prolongé la mesure de détention 

provisoire pour une durée de trois mois, soit jusqu'au 28 août 2023 (act. 1.1; 

dossier MPC, pièces 06-01-0272 ss et 06-01-0427 ss). 

 

 

G. Par mémoire du 15 juin 2023, A. a, sous la plume de son conseil, interjeté 

recours auprès de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (ci-après: 

la Cour) contre le prononcé susmentionné rendu par le TMC-BE, concluant, 

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principalement et sous suite de frais et dépens, à la réformation de 

l’ordonnance entreprise, en ce sens que la demande de prolongation 

précitée du MPC soit refusée, et que sa libération immédiate soit prononcée 

(act. 1, p. 13). Subsidiairement, il requiert le prononcé des mesures de 

substitution suivantes en lieu et place de la détention provisoire ordonnée à 

son encontre le 3 septembre 2022 (idem, p. 13 s.): 

 

« 1. A. est soumis à l’interdiction de prise de contact avec toute 

personne pouvant être concernée par l’enquête en cours, instruite par 

le [MPC]. 

 

2. A. est soumis à l’interdiction de quitter le territoire suisse. 

 

3. Dans le sens de l’interdiction qui précède, tous documents d’identité, 

suisse ou étranger, tant de A. que de sa famille, soit B. et leurs trois 

enfants, sont remis ou demeurent en mains du [MPC]. 

 

4. Toujours dans le sens de ce qui précède, A. devra se présenter au 

poste de police de son domicile, à une fréquence que Justice dira. 

 

5. Plus subsidiairement à la mesure décrite sous chiffre 4 ci-dessus, A. 

est assigné à résidence à son domicile. 

 

6. Une caution de CHF 7'000.-, ou subsidiairement d’un montant fixé à 

dire de Justice, est déposée en mains du [MPC]. 

 

7. A. est soumis à toute autre interdiction ou/et obligation que l’autorité 

de céans jugerait opportun de prononcer ». 

 

Enfin, subsidiairement à la proposition quant aux mesures qui précèdent, A. 

conclut à l’annulation de l’ordonnance querellée et au renvoi de la cause au 

TMC-BE pour nouvelle décision dans le sens des considérants de son 

recours (idem, p. 14). 

 

 

H. Invités à répondre, le TMC-BE a, par courrier du 20 juin 2023, renoncé à 

formuler des observations (act. 3).  

 

Quant au MPC, celui-ci a, en date du 26 juin 2023, transmis ses observations 

à la Cour de céans, concluant au rejet intégral des conclusions du recours 

du 15 juin 2023 (act. 4). 

 

 

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I. A. a répliqué en date du 27 juin 2023 et persisté dans les conclusions prises 

en pied de son recours (act. 6). Ladite réplique a été transmise, le 28 juin 

2023, au TMC-BE ainsi qu’au MPC (act. 7). 

 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 Le détenu peut attaquer devant l'autorité de recours les décisions du tribunal 

des mesures de contrainte ordonnant une mise en détention provisoire ou 

une mise en détention pour des motifs de sûreté ou encore la prolongation 

ou le terme de cette détention (art. 222 et 393 al. 1 let. c du Code de 

procédure pénale suisse, du 5 octobre 2007 [CPP; RS 312.0]). 

 La Cour de céans est compétente pour statuer sur les recours contre les 

décisions des tribunaux des mesures de contrainte cantonaux dans les 

affaires relevant de la juridiction fédérale (art. 37 al. 1 et 65 al. 1 et 3 de la loi 

fédérale du 19 mars 2010 sur l'organisation des autorités pénales de la 

Confédération [LOAP; RS 173.71]). Elle examine avec plein pouvoir de 

cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis (art. 391 al. 1 CPP). 

1.2 Le recours est recevable à la condition que le prévenu dispose d'un intérêt 

juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification de la décision 

entreprise (v. art. 382 al. 1 CPP). 

1.3 Le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement doit par 

ailleurs être motivé et adressé par écrit, dans le délai de dix jours à l'autorité 

de céans (art. 396 al. 1 CPP). 

1.4 Dans le cas d'espèce, le recours a été formé selon les formes et dans les 

termes requis par la loi. L'intérêt juridiquement protégé du détenu à 

entreprendre une décision refusant la libération de sa détention provisoire 

ne fait aucun doute, si bien que ce dernier est légitimé à recourir contre 

l'ordonnance rendue par le TMC-BE le 5 juin 2023. 

1.5 Le recours est par conséquent recevable et il y a lieu d'entrer en matière. 

 

2. La détention provisoire ne peut être ordonnée, respectivement prolongée, 

que lorsque le prévenu est fortement soupçonné d'avoir commis un crime ou 

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un délit et qu'il y a sérieusement lieu de craindre qu'il se soustraie à la 

procédure pénale ou à la sanction prévisible en prenant la fuite, ou qu'il 

compromette la recherche de la vérité en exerçant une influence sur des 

personnes ou en altérant des moyens de preuves, ou encore qu'il 

compromette sérieusement la sécurité d'autrui par des crimes ou des délits 

graves après avoir déjà commis des infractions du même genre (art. 221 

al. 1 CPP). La détention peut également être ordonnée s'il y a sérieusement 

lieu de craindre qu'une personne passe à l'acte après avoir menacé de 

commettre un crime grave (art. 221 al. 2 CPP). 

A l'instar de toutes les autres mesures de contrainte, la détention provisoire 

ne peut être ordonnée que si les buts poursuivis ne peuvent pas être atteints 

par des mesures moins sévères, et qu'elle apparaît justifiée au regard de la 

gravité de l'infraction (art. 197 al. 1 let. c et d CPP). 

2.1 Dans un grief qu’il convient de traiter en premier lieu, le recourant estime que 

le TMC-BE a, à tort, retenu « que le stade actuel de la procédure présenterait 

un renforcement des soupçons initiaux » (act. 1, p. 9). Il relève à ce propos 

que les actes commis par les membres du groupe « C. », lesquels ont été 

condamnés par la justice kosovare, ne sauraient « être reportés sur [s]a tête 

[et celle de son co-prévenu], comme s’ils avaient été commis par eux » 

(ibidem). 

2.1.1 A l’instar de ce qui a été relevé supra, le prononcé – de même que la 

prolongation – de la détention provisoire repose sur l’existence de charges 

suffisantes à l’égard de l’intéressé, soit de sérieux soupçons de culpabilité 

(art. 221 al. 1 CPP; art. 5 par. 1 let. c de la Convention de sauvegarde des 

droits de l’homme et des libertés fondamentales, entrée en vigueur pour la 

Suisse le 28 novembre 1974 [CEDH; RS 0.101]; ATF 139 IV 186 consid. 2).  

Selon la jurisprudence, il n'appartient pas au juge de la détention de procéder 

à une pesée complète des éléments à charge et à décharge et d'apprécier 

la crédibilité des personnes qui mettent en cause le prévenu. Il doit 

uniquement examiner s'il existe des indices sérieux de culpabilité justifiant 

une telle mesure. L'intensité des charges propres à motiver un maintien en 

détention préventive n'est pas la même aux divers stades de l'instruction 

pénale; si des soupçons, même encore peu précis, peuvent être suffisants 

dans les premiers temps de l'enquête, la perspective d'une condamnation 

doit apparaître avec une certaine vraisemblance après l'accomplissement 

des actes d'instruction envisageables (ATF 143 IV 330 consid. 2.1; 143 IV 

316 consid. 3.1 et 3.2).  

2.1.2 A la lumière du dossier de la cause, la Cour de céans constate que le 

recourant est fortement soupçonné d’avoir commis des actes relevant des 

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infractions de participation et/ou soutien à une organisation criminelle au 

sens de l’art. 260ter CP, de crime contre la loi fédérale interdisant les groupes 

« Al-Quaïda » et « Etat islamique » et les organisations apparentées selon 

l’art. 2 de cette loi et de représentation de la violence au sens de l’art. 135 

CP.  

Le recourant est en particulier soupçonné d’avoir rejoint un groupe nommé 

« D. », groupe fréquentant la mosquée de Genève et qui soutiendrait l’Etat 

islamique. En ce lieu, il aurait participé à la radicalisation et au recrutement 

pour le djihad de jeunes personnes, dont E. (dossier MPC, not. pièces 10-

01-0001, p. 2; 06-01.0143, p. 3 s.; v. ég. act. 1.1, p. 5 s.). Il entretiendrait en 

outre des contacts notamment avec F., un combattant terroriste étranger, G., 

qui s’était enfui d’une prison de combattants en Syrie et la famille de H., un 

imam d’orientation salafo-djihadiste, et serait en relation avec les 

combattants djihadistes étrangers E. et I., liés à l’Etat islamique (ibidem). Le 

recourant serait également impliqué, au côté de son co-prévenu, dans des 

activités de cryptomonnaies (v. dossier MPC, pièce 10-01-1308 s.) et aurait, 

directement ou par l’intermédiaire de membres de leurs familles ou de tiers, 

transporté de l’argent cash au Kosovo destiné au financement d’un groupe 

ou des membres d’un groupe terroriste dans les Balkans, ne serait-ce que 

d'un groupe qui fait la propagande des buts et idéaux de l'organisation 

terroriste « Etat islamique » (v. not. dossier MPC, pièce 06-01-0143, p. 2 s.; 

act. 1.1, p. 6); le but des intéressés étant de participer à la création d'une 

cellule de l'organisation « Etat Islamique » dans les Balkans. Le recourant 

aurait enfin effectué deux transferts de fonds en faveur de deux membres ou 

proches du groupe « C. », l’un d’eux ayant été désigné comme faisant partie 

des personnes choisies pour commettre des attaques au Kosovo (v. not. 

dossier MPC, pièces 05-00-0002 et 10-01-0211; ég. pièce 06-01-0272, p. 3). 

Les soupçons précités ont été renforcés notamment par les déclarations des 

témoins ainsi que de son co-prévenu auditionnés par le MPC et mettant 

clairement en cause le recourant (v. dossier MPC, not. pièces 06-01-0272, 

p. 2 à 4, 18-10-0207 ss et 18-04-0482 ss), de même que par les actes 

d’enquête mis en œuvre tout au long de l’instruction, tels que les écoutes 

téléphoniques ou encore les perquisitions et séquestres, notamment de 

matériels électroniques. En définitive, il lui est également reproché d’avoir 

possédé des images, notamment une vidéo montrant un homme enterré 

vivant, représentant des scènes de violence (v. dossier MPC, pièce 13-01-

0466 s.).  

2.1.3 Au vu de ce qui précède, force est de constater tant l’existence que le 

renforcement des soupçons de la commission des infractions reprochées au 

recourant. Mal fondés, les griefs formulés par le recourant ne sont, en l'état 

du dossier, pas susceptibles de les remettre en question, de sorte que la 

première condition au maintien, et partant à la prolongation, de la détention 

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provisoire est réalisée.  

2.2 Dans un second grief, le recourant conteste l'existence du risque de fuite 

retenu par les autorités pénales (act. 1, p. 3 à 6). Il allègue en substance 

avoir la nationalité suisse, être né dans ce pays, y avoir effectué toute sa 

scolarité et fondé une famille. Il ajoute à l’appui de son argumentation qu’il 

travaille à Genève en tant que chauffeur de taxi et que sa famille et lui vivent 

dans le même appartement que ses parents et son frère dans le district de 

Nyon, de sorte que sa vie privée et professionnelle se concentre dans la 

région de Genève (idem, p. 4). Il souligne en outre que son caractère et sa 

personnalité ne présenteraient « aucun élément qui permettrait de retenir 

une propension à prendre la fuite » et qu’il entretient des liens forts avec les 

siens, lesquels dépendraient au demeurant de sa présence en Suisse tant 

sur le plan affectif que financier (idem, p. 5 s.). Il relève enfin qu’entre « sa 

première audition », en juin 2022, et son arrestation en septembre de la 

même année, il n’a pas pris la fuite et s’est présenté à sa première audition. 

Depuis le début de sa détention, il aurait en outre entièrement collaboré 

(idem, p. 5).  

2.2.1 Conformément à l'art. 221 al. 1 let. a CPP, la détention peut être prolongée 

s'il y a sérieusement lieu de craindre que le prévenu se soustraie à la 

procédure pénale ou à la sanction prévisible en prenant la fuite.  

 

Selon la jurisprudence, le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un 

ensemble de critères, tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses 

ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à 

l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais 

également probable. La gravité de l'infraction ne peut pas, à elle seule, 

justifier le placement ou le maintien en détention, même si elle permet 

souvent de présumer un danger de fuite en raison de l'importance de la peine 

dont le prévenu est menacé (ATF 145 IV 503 consid. 2.2).  

  

2.2.2 En l’espèce, les arguments invoqués par le recourant ne permettent pas de 

remettre en question le risque concret de fuite retenu par le TMC-BE 

(act. 1.1, p. 7). L’intéressé dispose de la double nationalité suisse et 

macédonienne et, contrairement à ce qu’il prétend, ses liens avec la 

Macédoine du Nord sont forts. Il dispose de deux résidences dans ce pays 

(dossier MPC, pièce 10-01-1009 ss; v. ég. act. 4, p. 2) et y a, selon ses 

propres dires, habité durant une année, en 2020, avec sa famille (dossier 

MPC, pièce 11-02-0133). Les mesures de surveillance mises en œuvre ont 

en outre permis de constater que le recourant se rend régulièrement à 

l’étranger, en particulier en Macédoine du Nord où il y a développé et installé 

son activité de cryptomonnaie (dossier MPC, pièce 13-01-0201 s.; v. ég. 

pièce 06-01-0276; act. 4, p. 2). Par ailleurs, contrairement à ce que soutient 

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le recourant, sa situation financière en Suisse est précaire. Il exerce en effet 

un travail occasionnel pour le compte de l’entreprise de taxi de son père et 

bénéficie des services sociaux pour le surplus. L’on peine ainsi à croire que 

sa famille dépende de lui financièrement et que sa détention ou son absence 

la mettrait dans le dénuement, dès lors qu’elle perçoit l’aide sociale. Quant à 

son père et son frère, ceux-ci ont un revenu régulier issu de l’entreprise de 

taxi, respectivement, de l’exploitation d’un barber shop. Par ailleurs, le fait 

qu'il n'ait pas fui face à la justice pénale, ne garantit pas qu'il ne le fera pas, 

s'il devait être libéré; étant précisé que le recourant a été auditionné en tant 

que prévenu le jour précédant son arrestation en septembre 2022 et que 

l’audition de juin 2022 à laquelle il avait été convoqué, en qualité de personne 

appelée à donner des renseignements, avant sa mise en détention 

concernait une procédure distincte menée contre d’autres prévenus (dossier 

MPC, pièce 13-01-0001 ss). Le risque que, pour se soustraire à la justice 

pénale, il disparaisse dans la clandestinité et/ou quitte la Suisse est sérieux. 

Ce d'autant qu'il conteste les charges pesant à son encontre (v. not. dossier 

MPC, pièce 11-02-0131), lesquelles se sont considérablement alourdies. 

 

2.2.3 Ces éléments apparaissent ainsi suffisants pour retenir un risque sérieux de 

fuite. Partant, mal fondé, le présent grief doit être rejeté. 

 

2.3 Enfin, le recourant requiert le prononcé des mesures de substitution 

suivantes en lieu et place de la détention provisoire ordonnée à son encontre 

le 3 septembre 2022 (act. 1, p. 13 s.): 

 

« 1. A. est soumis à l’interdiction de prise de contact avec toute 

personne pouvant être concernée par l’enquête en cours, instruite par 

le [MPC]. 

 

2. A. est soumis à l’interdiction de quitter le territoire suisse. 

 

3. Dans le sens de l’interdiction qui précède, tous documents d’identité, 

suisse ou étranger, tant de A. que de sa famille, soit B. et leurs trois 

enfants, sont remis ou demeurent en mains du [MPC]. 

 

4. Toujours dans le sens de ce qui précède, A. devra se présenter au 

poste de police de son domicile, à une fréquence que Justice dira. 

 

5. Plus subsidiairement à la mesure décrite sous chiffre 4 ci-dessus, A. 

est assigné à résidence à son domicile. 

 

6. Une caution de CHF 7'000.-, ou subsidiairement d’un montant fixé à 

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dire de Justice, est déposée en mains du [MPC]. 

 

7. A. est soumis à toute autre interdiction ou/et obligation que l’autorité 

de céans jugerait opportun de prononcer ». 

2.3.1 En vertu du principe de la proportionnalité, l'autorité doit tenter autant que 

possible de substituer à la détention toute autre mesure moins incisive 

propre à atteindre le même résultat (art. 36 al. 3 Cst.; ATF 142 IV 367 

consid. 2.1; 133 I 270 consid. 2.2). Cette exigence est concrétisée par 

l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou 

plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention provisoire 

ou de la détention pour des motifs de sûreté si ces mesures permettent 

d'atteindre le même but que la détention. Les mesures de substitution sont 

ordonnées aux mêmes conditions que celles posées à l'art. 221 CPP pour la 

détention provisoire; elles peuvent être combinées entre elles, pourvu 

qu'elles soient propres à parer les risques de fuite, collusion ou récidive visés 

par cette dernière disposition légale (SCHMID/JOSITSCH, Praxiskommentar 

StPO, 3e éd. 2018, n. 1 et 5 ad art. 237 CPP). Le juge de la détention n'est 

en particulier pas limité par la liste énoncée à l'art. 237 al. 2 CPP et peut 

également, le cas échéant assortir la/les mesures de substitution de toute 

condition propre à en garantir l'efficacité (ATF 142 IV 367 consid. 2.1; arrêt 

du Tribunal fédéral 1B_165/2012 du 12 avril 2012 consid. 2.3). 

2.3.2 En l'occurrence, la détention provisoire ordonnée à l'encontre du recourant 

tend à pallier le risque de fuite, mais également le risque de récidive, lequel 

n’a fait l’objet d’aucun développement de la part du recourant, qui s’est 

contenté d’affirmer en une phrase qu’il est inexistent (v. act. 1, p. 3). Aussi, 

comme l'a retenu à juste titre le TMC-BE dans la décision entreprise, aucune 

des mesures de substitution proposées ne permet in casu de prévenir 

efficacement de tels dangers (v. act. 1.1, p. 8 s.). Bien que le recourant ait 

des attaches étroites avec la Suisse, force est de constater que ses liens 

avec la Macédoine du Nord sont également forts (v. supra, consid. 2.2.2). Au 

vu du comportement de ce dernier, tendant effectivement à rejeter le canon 

de valeurs et le cadre sociaux-politiques existants en Suisse, n’hésitant pas 

à faire preuve d’une certaine opacité dans sa manière de répondre aux 

questions posées lors de ses auditions, mais également de son 

positionnement plus général avec nos institutions (v. act. 4, p. 2 s.), il y a lieu 

de craindre que les mesures de substitution proposées ne permettraient que 

de constater la fuite de l’intéressé et non de la prévenir. Il ressort par ailleurs 

du rapport d’expertise psychiatrique du 4 janvier 2023 que « par son besoin 

d'appartenance et d'être apprécié, [le recourant] présente une sensibilité plus 

accrue que la moyenne de la population à être influencé par autrui ». En 

outre, « au vu de [la] connaissance moyenne [qu’il] parait avoir de la religion, 

de son souhait de répondre aux attentes de ses pairs et de son 

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influençabilité, il n'est pas exclu qu'il adhère, par méconnaissance ou 

mauvaise compréhension ou pression du groupe, à une justification 

religieuse de la violence » (dossier MPC, pièce 11-02-137). Par conséquent, 

aucune mesure de substitution ne saurait en l’espèce pallier le risque de 

récidive existant. 

2.3.3 Il s’ensuit que seule la prolongation de la détention provisoire permet 

d’assurer le bon déroulement de la procédure et éviter tout risque de 

récidive.  

Mal fondé, le présent grief doit, partant, être rejeté.   

 

3. Au vu des considérations qui précèdent, le recours est rejeté et l’ordonnance 

rendue par le TMC-BE le 5 juin 2023 tendant à la prolongation de la détention 

provisoire du recourant pour une durée de trois mois, soit jusqu’au 28 août 

2023, est confirmée. 

 

 

4.  

4.1 A teneur de l'art. 428 al. 1 CPP, les frais de procédure de recours sont mis à 

la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou 

succombé. 

Le montant de l'émolument est calculé en fonction de l'ampleur et de la 

difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, de leur situation 

financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP). 

4.2 En tant que partie qui succombe, le recourant supportera les frais de la 

présente procédure de recours, lesquels se limitent en l'espèce à un 

émolument ascendant à CHF 1'000.-- (v. art. 5 et 8 al. 1 du règlement du 

Tribunal pénal fédéral du 31 août 2010 sur les frais, émoluments, dépens et 

indemnités de la procédure pénale fédérale [RFPPF ; RS 173.713.162]). 

 

 

 

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Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté. 

 

2. L’ordonnance rendue le 5 juin 2023 par le TMC-BE tendant à la prolongation 

de la détention provisoire pour une durée de trois mois, soit jusqu’au 28 août 

2023, est confirmée. 

 

3. Un émolument de CHF 1'000.-- est mis à la charge du recourant. 

 

 

Bellinzone, le 7 juillet 2023 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Julien Gafner 

- Tribunal cantonal des mesures de contrainte 

- Ministère public de la Confédération 

 
 
 
Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les arrêts de la Cour des plaintes relatifs aux mesures 
de contrainte sont sujets à recours devant le Tribunal fédéral (art. 79 et 100 al. 1 de la loi fédérale du 
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; LTF). Les mémoires doivent être remis au plus tard le dernier 
jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l’attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une 
représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). En cas de transmission 
électronique, le moment déterminant pour l’observation d’un délai est celui où est établi l’accusé de 
réception qui confirme que la partie a accompli toutes les étapes nécessaires à la transmission 
(art. 48 al. 2 LTF). 

La procédure est réglée par les art. 90 ss LTF.  

Le recours ne suspend l’exécution de l’arrêt attaqué que si le juge instructeur l’ordonne (art. 103 
LTF).