# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2148e600-dac2-5c5b-b2bc-19cc6a084a13
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2021-05-10
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 10.05.2021 F-3175/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-3175-2019_2021-05-10.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-3175/2019 

 

 
 

  A r r ê t  d u  1 0  m a i  2 0 2 1  

Composition 
 Jenny de Coulon Scuntaro (présidente du collège),  

Daniele Cattaneo, Andreas Trommer, juges, 

Beata Jastrzebska, greffière. 
 

 
 

Parties 
 A.________,  

Adresse postale : c/o (…),   

recourante,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Interdiction d'entrée en Suisse / décision du SEM du 19 fé-

vrier 2019. 

 

 

 

F-3175/2019 

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Faits : 

A.  

En date du 16 février 2019, A.________, ressortissante brésilienne née le 

(…), a été contrôlée par les autorités compétentes, alors qu’elle s’apprêtait 

à quitter le territoire suisse. Il est apparu que l’intéressée séjournait dans 

l’espace Schengen bien après l’expiration de la durée du séjour non sou-

mis à autorisation (overstay de 560 jours).  

B.  

Au vu de ce qui précède, le Secrétariat d’Etat aux migrations (ci-après : le 

SEM) a prononcé, le 19 février 2019, une interdiction d’entrée en Suisse et 

au Liechtenstein d’une durée de trois ans à l’encontre de l’intéressée. Cette 

décision a en outre été publiée dans le Système d’information Schengen 

(ci-après : le SIS II), ayant pour conséquence d’étendre l’interdiction d’en-

trée à l’ensemble du territoire des Etats Schengen.  

Cette décision a été notifiée à sa destinataire le 15 mai 2019.  

C.  

Par courrier daté du 15 mai 2019, l’intéressée a contesté cette décision 

auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal ou TAF), con-

cluant à son annulation. 

D.  

Par ordonnance du 26 septembre 2019, le SEM a été invité à déposer sa 

réponse. Par réponse du 15 octobre 2019, l’autorité inférieure a proposé le 

rejet du recours.  

Le 23 octobre 2019, le Tribunal a porté une copie de la réponse du SEM 

du 15 octobre 2019 à la connaissance de la recourante, laquelle a été in-

vitée à faire part de ses éventuelles déterminations ainsi qu’à déposer tout 

document complémentaire. L’intéressée n’a pas fait usage de cette possi-

bilité. 

E.  

Les divers autres arguments invoqués de part et d'autre dans le cadre de 

la procédure de recours seront examinés, si besoin, dans les considérants 

en droit ci-après.  

  

F-3175/2019 

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Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF (RS 173.32), le 

Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions 

au sens de l'art. 5 PA (RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF. 

En particulier, les décisions en matière d'interdiction d'entrée prononcées 

par le SEM - lequel constitue une unité de l'administration fédérale telle 

que définie à l'art. 33 let. d LTAF - sont susceptibles de recours au Tribunal, 

qui statue définitivement en l’occurrence (art. 1 al. 2 LTAF en relation avec 

l'art. 83 let. c ch.1 LTF [RS 173.110]). 

1.2 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le 

Tribunal est régie par la PA (art. 37 LTAF). 

1.3 L’intéressée a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans la 

forme et dans les délais prescrits par la loi, le recours est recevable  

(art. 50 et 52 PA). 

2.  

Le Tribunal examine les décisions qui lui sont soumises avec un plein pou-

voir d'examen en fait et en droit. La partie recourante peut ainsi invoquer 

devant le Tribunal la violation du droit fédéral, y compris l'excès ou l'abus 

du pouvoir d'appréciation, la constatation inexacte ou incomplète des faits 

pertinents ainsi que l'inopportunité de la décision entreprise, sauf lors-

qu'une autorité cantonale a statué comme autorité de recours (art. 49 PA). 

L'autorité de recours applique le droit d’office, sans être liée par les motifs 

invoqués par les parties (art. 62 al. 4 PA), ni par les considérants juridiques 

de la décision attaquée. Aussi peut-elle admettre ou rejeter le pourvoi pour 

d'autres motifs que ceux invoqués. Dans son arrêt, elle prend en considé-

ration l'état de fait existant au moment où elle statue (cf. ATAF 2014/1 con-

sid. 2). 

3.  

3.1 L'interdiction d'entrée est régie par l'art. 67 LEI. Selon l'art. 67 al. 2 LEI, 

le SEM peut interdire l'entrée en Suisse à un étranger s'il a attenté à la 

sécurité et à l'ordre publics en Suisse ou à l'étranger ou les a mis en danger 

(let. a). L'interdiction d'entrée est prononcée pour une durée maximale de 

cinq ans. Elle peut toutefois être prononcée pour une plus longue durée 

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lorsque la personne concernée constitue une menace grave pour la sécu-

rité et l'ordre publics (art. 67 al. 3 LEI). Si des raisons humanitaires ou 

d'autres motifs importants le justifient, l'autorité appelée à statuer peut 

s'abstenir de prononcer une interdiction d'entrée ou suspendre provisoire-

ment ou définitivement une interdiction d'entrée (art. 67 al. 5 LEI).  

S’agissant des notions de sécurité et d'ordre publics auxquelles se réfère 

l'art. 67 al. 2 let. a LEI, elles constituent le terme générique des biens juri-

diquement protégés. L'ordre public comprend l'ensemble des représenta-

tions non écrites de l'ordre, dont le respect doit être considéré comme une 

condition inéluctable d'une cohabitation humaine ordonnée. La sécurité pu-

blique, quant à elle, signifie l'inviolabilité de l'ordre juridique objectif, des 

biens juridiques des individus (notamment la vie, la santé, la liberté et la 

propriété), ainsi que des institutions de l'Etat (Message du Conseil fédéral 

du 8 mars 2002 concernant la loi sur les étrangers, FF 2002 3469, 3564, 

[ci-après : Message LEtr]). 

En vertu de l'art. 77a al. 1 de l’ordonnance du 24 octobre 2007 relative à 

l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative (OASA, RS 

142.201), il y a notamment atteinte à la sécurité et à l'ordre publics en cas 

de violation de prescriptions légales ou de décisions d'autorités (let. a). Tel 

est le cas, en particulier, lorsqu'il y a eu violation importante ou répétée de 

prescriptions légales (y compris de prescriptions du droit en matière 

d’étrangers) ou de décisions d'autorités (Message LEtr, FF 2002 3469, 

3564 et 3568). A cette fin, il faut des éléments concrets (art. 77a al. 2 

OASA). 

3.2 L'interdiction d'entrée au sens du droit des étrangers vise à empêcher 

l'entrée ou le retour d'un étranger dont le séjour en Suisse (respectivement 

dans l’Espace Schengen) est indésirable (cf. arrêt du TF 6B_173/2013 du 

19 août 2013 consid. 2.3 ; ATAF 2017 VII/2 consid. 4.1). Elle n'est pas con-

sidérée comme une peine sanctionnant un comportement déterminé, mais 

comme une mesure ayant pour but de prévenir une atteinte à la sécurité et 

à l'ordre publics (cf. Message LEtr, FF 2002 3469, 3568 ; voir également 

ATAF 2017 VII/2 consid. 4.4 et 6.4). 

Le prononcé d'une interdiction d'entrée implique par conséquent que l'auto-

rité procède à un pronostic en se fondant sur l'ensemble des circonstances 

du cas concret et, en particulier, sur le comportement que l'administré a 

adopté par le passé. La commission antérieure d'infractions constitue en 

effet un indice de poids permettant de penser qu'une nouvelle atteinte à la 

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sécurité et à l'ordre publics sera commise à l'avenir (ATAF 2017 VII/2 con-

sid. 4.4, 2008/24 consid. 4.2 ; arrêt du TAF C-6383/2014 du 6 juin 2016 

consid. 5.2).  

3.3 Enfin, l'autorité compétente examine selon sa libre appréciation si une 

interdiction d'entrée doit être prononcée. Elle doit donc procéder, ainsi que 

le commande l'art. 96 al. 1 LEtr, à une pondération de l'ensemble des inté-

rêts (publics et privés) en présence et respecter le principe de proportion-

nalité (ATF 139 II 121 consid. 6.5.1; ATAF 2017 VII/2 consid. 4.5). Elle doit 

également respecter le principe de l'égalité de traitement et s'interdire tout 

arbitraire (voir notamment arrêts du TAF F-1519/2017 du 10 avril 2019 con-

sid. 9.1 et F-1061/2018 du 11 mars 2019 consid. 6.1). 

4.  

4.1 Dans un premier temps, il convient d’examiner si le prononcé d’une 

interdiction d’entrée à l’endroit de la recourante est justifié dans son prin-

cipe.  

4.2 En l'occurrence, l'autorité inférieure a prononcé une décision d'interdic-

tion d'entrée en Suisse d'une durée de trois ans à l'encontre de la recou-

rante fondée sur le fait que cette dernière avait dépassé de 560 jours la 

durée du séjour non soumis à autorisation dans l’espace Schengen. Elle a 

en outre constaté que l’intéressée était déjà connue des autorités suisses 

pour des faits similaires. Aussi, le SEM a considéré que, de par son com-

portement, l’intéressée avait porté atteinte à l’ordre et à la sécurité publics, 

de sorte que son éloignement de Suisse pour une certaine période se jus-

tifiait.  

Dans son mémoire de recours, l’intéressée a mis en avant le fait qu’elle 

avait quitté le Brésil à l’âge de (…) pour la Suisse où elle avait désormais 

le centre de ses intérêts. En effet, dès son arrivée, elle aurait rapidement 

trouvé une place de travail en qualité de garde d’enfant, aurait déclaré ses 

revenus et aurait été au bénéfice d’une assurance maladie. Elle a égale-

ment déclaré qu’elle avait informé un syndicat de cette situation, lequel au-

rait fait le nécessaire pour la faire bénéficier du programme « Papyrus ». 

4.3 Le Tribunal rappelle qu'il existe deux régimes juridiques différents con-

cernant le prononcé des interdictions d'entrée, selon que l'intéressé est 

ressortissant d'un Etat de l’Union européenne (UE) ou d'un Etat tiers. En 

l'occurrence, la recourante est une ressortissante du Brésil, soit originaire 

d’un Etat tiers, de sorte que le prononcé querellé s'examine à l'aune de la 

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LEI, les dispositions de l'ALCP relatives à la libre circulation des personnes 

n'étant pas applicables au cas d'espèce. Or, selon le Tribunal fédéral, un 

étranger ressortissant d’un pays tiers n’a pas besoin d’avoir atteint de ma-

nière grave l’ordre et la sécurité publics avant de pouvoir se voir interdire 

d’entrée en Suisse sur la base du seul art. 67 LEI (cf. ATF 139 II 121 consid. 

5). 

4.4 Dans le cas présent, le Tribunal retient que l’intéressée a séjourné du-

rant une longue période sur le territoire suisse sans s’annoncer auprès des 

autorités compétentes et qu’elle y a de surcroît travaillé illégalement. Il ob-

serve également que l’intéressée avait déjà fait l’objet de deux précédentes 

mesures d’éloignement, prononcées à son encontre en date du (…) 2005 

et valable jusqu’au (…) 2008 puis en date du (…) 2013, et valable jusqu’au 

(…) 2016. Il est ainsi indéniable que l’intéressée remplit les conditions d'ap-

plication de l'art. 67 al. 2 let. a LEI.  

4.5 Le fait que l’intéressée résiderait depuis longtemps en Suisse ne sau-

rait conduire à un résultat différent même si, selon les circonstances, une 

personne étrangère peut en effet se prévaloir du droit au respect de sa vie 

privée au sens de l’art. 8 § 1 CEDH dont la portée est identique à l’art. 13 

al. 1 Cst.. En effet, pour qu’elle puisse s’en prévaloir avec succès, l’intéres-

sée devrait pouvoir justifier d’un séjour légal de plus de dix ans en Suisse, 

soit la durée correspondant au délai pour obtenir une autorisation d’établis-

sement ou la naturalisation, en raison de l’existence de liens sociaux dé-

veloppés avec la Suisse qui sont suffisamment étroits pour que le refus de 

prolonger ou la révocation de l’autorisation de rester en Suisse ne doivent 

être prononcés que pour des motifs sérieux (ATF 144 I 266 consid. 3 et les 

références ; arrêt du TF 2C_194/2019 du 10 mars 2019 consid. 2.3). Or, 

tel n’est pas le cas en l’espèce, l’intéressée ayant séjourné illégalement sur 

le territoire suisse.  

Certes, la recourante a déclaré que des démarches auraient été entre-

prises en sa faveur afin d’obtenir une régularisation de ses conditions de 

séjour par le biais du programme « Papyrus ». Toutefois, outre que l’inté-

ressée n’a produit aucun document permettant de retenir la réalité de sem-

blables démarches, ainsi que l’a fait observer à juste titre le SEM dans son 

préavis du 15 octobre 2019, il n’apparaît pas que l’autorité cantonale com-

pétente entendrait octroyer prochainement un titre de séjour à l’intéressée. 

Aussi, cet argument est-il sans pertinence dans la présente procédure. 

4.6 Au vu de ce qui précède, il apparait que le SEM a retenu à juste titre 

que la recourante avait porté atteinte à l’ordre et à la sécurité publics. Le 

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prononcé d’une interdiction d’entrée en Suisse est ainsi pleinement justifié 

dans son principe. 

4.7 Par ailleurs, dans la mesure où l’autorité intimée a renoncé à prononcer 

une mesure d’éloignement d’une durée supérieure à cinq ans à l’endroit de 

l’intéressée, il ne s’avère pas nécessaire en l’occurrence d’examiner si 

cette dernière représente une menace qualifiée pour l’ordre et la sécurité 

publics en Suisse au sens de l’art. 67 al. 3 deuxième phrase LEI. 

5.  

Il convient encore d'examiner si la mesure d'éloignement prise par l'autorité 

intimée satisfait aux principes de la proportionnalité (art. 5 al. 2 et 36 al. 3 

Cst.) et de l'égalité de traitement (art. 8 al. 1 Cst.). 

5.1 Lorsque l'autorité administrative prononce une interdiction d'entrée, 

elle doit en effet respecter les principes susmentionnés et s'interdire tout 

arbitraire (cf. ATAF 2016/33 consid. 9.2). Pour satisfaire au principe de la 

proportionnalité, il faut que la mesure d'éloignement prononcée soit apte à 

produire les résultats escomptés (règle de l'aptitude), que ceux-ci ne puis-

sent être atteints par une mesure moins incisive (règle de la nécessité) et 

qu'il existe un rapport raisonnable entre le but d'intérêt public recherché 

par cette mesure et les intérêts privés en cause, en particulier la restriction 

à la liberté personnelle qui en résulte pour la personne concernée (principe 

de la proportionnalité au sens étroit ; cf. notamment ATF 142 I 76 consid. 

3.5.1 ; arrêt du TAF F-5267/2015 du 18 août 2016 consid. 6.1 et la jurispru-

dence citée). 

5.2 En l’occurrence, il y a lieu d’admettre, au vu du comportement adopté 

par la recourante en Suisse, que la mesure d’éloignement prononcée à son 

encontre serait bien apte et nécessaire à éviter qu’elle n’attente à nouveau 

à l’ordre et à la sécurité publics.  

5.3 S’agissant de la règle de la proportionnalité au sens étroit, il sied de 

procéder à une pesée des intérêts en présence, à savoir d’un côté, l’intérêt 

privé de la recourante à pouvoir entrer librement sur le territoire suisse, et 

d’un autre côté, l’intérêt public à la tenir éloignée afin de protéger l’ordre et 

la sécurité publics (ATAF 2014/20 consid. 8.2 et 8.3). 

5.3.1 Quant à l'intérêt public, le Tribunal observe que les motifs retenus à 

l'appui de la mesure d'éloignement prise à l'endroit de la recourante ne 

sauraient être contestés, ce d’autant plus que l’intéressée a déjà fait l’objet 

de deux précédentes mesures d’éloignement, prononcées à son encontre 

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en date du 5 juillet 2005, puis en date du 8 juillet 2013. Le fait de séjourner 

illégalement en Suisse, de surcroît durant une longue période, doit être 

qualifié de grave, considérant que pour interdire l'entrée en Suisse à une 

personne ressortissante d'un pays tiers, il suffit que cette dernière ait at-

tenté à la sécurité et à l'ordre publics en Suisse ou à l'étranger ou qu'elle 

les ait mis en danger (cf. ATF 139 II 121 consid. 5.4 et 6.1). Au demeurant, 

compte tenu du nombre élevé de contraventions commises dans ce do-

maine, les autorités sont contraintes d'intervenir avec sévérité afin d'assu-

rer la stricte application des prescriptions édictées en la matière. Il en va 

de l'intérêt de l'Etat à voir respecter l'ordre établi et la législation en vigueur 

(cf. arrêt du TAF F-7153/2018 du 7 octobre 2019 consid. 5.3.2).  

Au vu de ce qui précède, il y a bien un intérêt public à la tenir éloignée de 

Suisse. 

5.3.2 Quant aux intérêts privés de la recourante, à savoir que le centre de 

sa vie se trouverait désormais en Suisse, le Tribunal ne saurait leur accor-

der une importance prépondérante. En effet, même en cas de levée de la 

mesure d’interdiction d’entrée en Suisse, les prescriptions ordinaires en 

matière de droit des étrangers lui demeureraient opposable (cf., dans le 

même sens, arrêt du TAF F-1279/2017 du 6 juillet 2018 consid. 8.3).  

Par ailleurs, comme relevé ci-avant, l’intéressée ne saurait non plus pré-

tendre à la protection de sa vie privée au sens de l’art. 8 CEDH, la durée 

totale de ses séjours (pour l’essentiel illégaux) en Suisse devant être for-

tement relativisée et n’étant par conséquent pas déterminante (arrêt du  

TF 2C_436/2018 du 8 novembre 2018 consid. 2.3 ; arrêt du TAF  

F-7152/2018 du 31 janvier 2020 consid. 7.4.2.2). Dans ce contexte, le Tri-

bunal rappellera que l'impossibilité pour la recourante de résider en Suisse 

ne résulte pas directement de la décision querellée, mais découle primai-

rement de l’absence de toute autorisation de séjour.  

5.3.3 Partant, le Tribunal arrive à la conclusion que la mesure d’éloigne-

ment prise par l’autorité inférieure le 19 février 2019 est nécessaire et adé-

quate afin de prévenir toute nouvelle atteinte à la sécurité et à l’ordre pu-

blics en Suisse. En outre, la durée de la mesure respecte le principe de 

proportionnalité et correspond à celle prononcée dans des cas analogues. 

5.3.4 Enfin, le Tribunal constate qu’il n’existe pas de raisons humanitaires 

ou d’autres motifs importants justifiant l’abstention ou la suspension de la 

mesure d’interdiction d’entrée au sens de l’art. 67 al. 5 LEI. 

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6.  

Le SEM a également ordonné l’inscription de l’interdiction d’entrée dans le 

SIS II. En raison de ce signalement, il est interdit à la recourante de péné-

trer dans l’espace Schengen.  

6.1 Lorsqu'une décision d'interdiction d'entrée est prononcée – comme en 

l'espèce – à l'endroit d'une personne qui n'est ni un citoyen de l'UE, ni un 

ressortissant d'un pays tiers jouissant de droits de libre circulation équiva-

lents en vertu d'accords conclus par ce pays avec la Communauté euro-

péenne (CE) et ses États membres (cf. art. 3 let. d du règlement [CE] 

1987/2006 du Parlement européen et du Conseil du 20 décembre 2006 sur 

l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information 

Schengen de deuxième génération [SIS II, JO L 381/4 du 28 décembre 

2006], en vigueur depuis le 9 avril 2013 [JO L 87/10 du 27 mars 2013]), 

cette personne est inscrite aux fins de non-admission dans le SIS si le cas 

est suffisamment important pour justifier l'introduction du signalement dans 

ce système (cf. art. 21 et 24 SIS II, qui ont remplacé les anciens art. 94 par. 

1 et 96 de la Convention d'application de l'accord de Schengen [CAAS, JO 

L 239 du 22 septembre 2000], ainsi qu'il ressort de l'art. 52 par. 1 SIS II ; 

cf. également l'art. 16 al. 2 let. b et al. 4 let. g LSIP [RS 361], en relation 

avec l'art. 6 let. a de l'Ordonnance N-SIS [RS 362.0]).  

Le signalement dans le SIS II a pour conséquence que la personne con-

cernée se verra refuser l'entrée dans l'espace Schengen (cf. art. 14 par. 1, 

en relation avec l'art. 6 par. 1 let. d du code frontières Schengen). Demeure 

réservée la compétence des Etats membres d'autoriser cette personne à 

entrer sur leur territoire (respectivement à lui délivrer un titre de séjour) 

pour des motifs sérieux, d'ordre humanitaire, d'intérêt national ou résultant 

d'obligations internationales (cf. art. 25 par. 1 CAAS, qui demeure appli-

cable en vertu de l'art. 52 par. 1 SIS II a contrario ; cf. aussi l'art. 14 par. 1, 

en relation avec l'art. 6 par. 5 let. c du code frontières Schengen), voire de 

lui délivrer pour ces motifs un visa à validité territoriale limitée (cf. art. 25 

par. 1 let. a [ii] du règlement [CE] 810/2009 du Parlement européen et du 

Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas 

[code des visas, JO L 243/1 du 15 septembre 2009]). Seul l'Etat membre 

signalant est autorisé à modifier, compléter, rectifier, mettre à jour ou effa-

cer les données qu'il a introduites dans le SIS II (art. 34 al. 2 et 3 SIS II).  

6.2 En l’occurrence, le signalement au SIS est justifié par les faits retenus 

(cf. art. 21 en relation avec l’art. 24 al. 2 du règlement SIS II). 

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Page 10 

 

7.  

7.1 Il ressort de ce qui précède que, par sa décision du 19 février 2019, 

l’autorité inférieure n’a ni violé le droit fédéral ni constaté des faits perti-

nents de manière inexacte ou incomplète ; en outre, cette décision n’est 

pas inopportune (art. 49 PA). 

En conséquence le recours est rejeté. 

7.2 Vu l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge de la recourante (art. 63 al. 1 PA en relation avec les art. 1 à 3 du 

règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2) et de ne 

pas allouer de dépens. 

(dispositif page suivante) 

  

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Page 11 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, s’élevant à 900 francs, sont mis à la charge de la 

recourante. Ce montant est couvert par l'avance de frais versée le 12 sep-

tembre 2019. 

3.  

Il n’est pas alloué de dépens. 

4.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante, à l’autorité inférieure et à 

l’autorité cantonale compétente.  

 

 

La présidente du collège : La greffière : 

  

Jenny de Coulon Scuntaro Beata Jastrzebska 

 

  

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Page 12 

Destinataires: 

– recourante (recommandé, annexe : formulaire adresse de paiement à 

retourner au Tribunal dûment signé) 

– autorité inférieure (dossiers Symic (…) et N (…) en retour) 

– OCPM Genève, en copie pour information 

 

 

Expédition :