# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 29d5125c-5c08-569b-81b2-f4b321bbf892
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-06-13
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 13.06.2018 102 2018 65
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_102-2018-65_2018-06-13.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

102 2018 65+67+69

Arrêt du 13 juin 2018

IIe Cour d’appel civil

Composition Président: Adrian Urwyler
Juges: Catherine Overney, Dina Beti
Greffier: Rémy Terrapon

Parties A.________ SÀRL, demanderesse et recourante, représentée par 
Me Emmanuelle Martinez-Favre, avocate

contre

B.________ SA, défenderesse et intimée, représentée par 
Me Dominique Morard, avocat

Objet Frais de justice (art. 110, 103 CPC; 15 RJ)

Recours du 15 février 2018 contre les décisions d'avances de frais 
du Président du Tribunal des baux des arrondissements de la 
Gruyère, de la Glâne, de la Broye et de la Veveyse du 5 février 2018

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considérant en fait

A. Le 30 janvier 2018, après l'échec de la tentative préalable de conciliation, A.________ Sàrl a 
déposé, devant le Tribunal des baux des arrondissements de la Gruyère, de la Glâne, de la Broye 
et de la Veveyse (ci-après: le Tribunal des baux), trois actions portant sur l'exploitation de 
l'établissement public "C.________" à D.________. Il s'agit d'une action en validation de la 
consignation du loyer, une action en constatation de l'inefficacité de la résiliation pour demeure du 
locataire et une action en constatation de l'inefficacité de la résiliation du bail pour justes motifs. La 
recourante indiquait des valeurs litigieuses de respectivement CHF 500'000.-, CHF 504'000.- et 
CHF 444'000.-. Par courrier séparé daté du 30 janvier 2018 également, elle a requis la jonction 
des causes.

Par courrier du 5 février 2018, le Président du Tribunal des baux a, pour chacune des affaires, 
imparti à la demanderesse un délai expirant le 6 mars 2018 pour effectuer une avance de frais de 
justice présumés de CHF 20'000.-.

B. Le 15 février 2018, la demanderesse a déposé trois recours contre les trois décisions 
d'avance de frais du 5 février 2018, concluant à chaque fois à la réduction des décisions d'avances 
de frais respectivement à CHF 5'000, CHF 1'000.- et CHF 3'000.-. Par courrier séparé daté du 
15 février 2018 également, elle a requis la jonction des causes.

Elle a également requis l'effet suspensif, que la Juge déléguée a octroyé par arrêt du 2 mars 2018 
(arrêt 102 2018 66/68/70).

Le 26 mars 2018, la recourante dépose un mémoire complémentaire pour compléter l'allégué 24 
qui est commun aux trois mémoires de recours.

C. Le 5 avril 2018, l'intimée a déposé une réponse; elle conclut au rejet des recours et à la 
confirmation des décisions du 5 février 2018 du Président du Tribunal des baux.

en droit

1.

1.1. Pour simplifier le procès, le tribunal peut notamment ordonner la jonction de causes (art. 125 
let. c CPC). La jonction de causes, comme la division de causes, n'est pas conditionnée par des 
critères précis, tels que la connexité pour la jonction ou l'absence de connexité pour la division. Le 
seul critère est celui de la simplification du procès, selon l'appréciation du tribunal (arrêt TC FR 
102 2017 263 du 9 octobre 2017 consid. 1.1). 

En l’espèce, la demanderesse a sollicité la jonction des causes. Ces causes présentent une 
connexité étroite puisqu'elles opposent les mêmes parties et portent sur le même complexe de 
faits et de droit. Il se justifie dès lors de joindre les procédures de recours 102 2018 65, 102 2018 
67 et 102 2018 69.

1.2. Les décisions relatives aux avances de frais peuvent faire l'objet d'un recours (art. 103 CPC) 
auprès de la Cour compétente pour statuer sur le litige au fond (art. 20 a al. 1 du Règlement du 
Tribunal cantonal précisant son organisation et son fonctionnement [RTC; RSF 131.11]), soit la 

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IIe Cour d’appel civil dans le cas d’espèce, dès lors que la cause au fond relève du domaine du bail 
(art. 17 al. 1 let. c RTC).

1.3. Les décisions attaquées étant datées du 5 février 2018, les recours du 15 février 2018 ont 
dans tous les cas été interjetés dans le délai légal de dix jours (art. 321 al. 2 CPC), la décision 
d'avance de frais relevant de la conduite du procès et étant à ce titre une ordonnance d'instruction 
(arrêt TC FR 102 2017 146 du 2 juin 2017 consid. 1b). 

1.4. La cognition de la Cour est pleine et entière en droit; s'agissant des faits, elle est en 
revanche limitée à leur constatation manifestement inexacte (art. 320 CPC). Les faits et moyens 
de preuve nouveaux sont irrecevables (art. 326 al. 1 CPC).

1.5. La Cour peut statuer sur pièces (art. 327 al. 2 CPC).

2.

2.1. Le Tribunal peut exiger du demandeur une avance à concurrence de la totalité des frais 
judiciaires présumés (art. 98 CPC). Les cantons fixent le tarif des frais (art. 96 CPC), mais ils 
doivent néanmoins respecter les principes posés par le droit fédéral (arrêt TC FR 102 2016 254 du 
15 mai 2017 consid. 2a). Aux termes de l'art. 11 al. 2 du Règlement du 30 novembre 2010 sur la 
justice (RJ; RSF 130.11), le montant des émoluments de justice – et par voie de conséquence de 
l'avance de frais – est arrêté eu égard notamment à la valeur litigieuse, à la complexité de la 
procédure et à la situation économique de la partie amenée à payer les frais. La valeur litigieuse 
est ainsi, à juste titre, un critère parmi d'autres pour fixer les frais judiciaires (cf. Message du 
28 juin 2006 relatif au CPC, FF 2006 6841, 6903). Le juge statuant sur l'avance de frais dispose 
d'un large pouvoir d'appréciation. Le prélèvement de l'avance de frais ne doit cependant pas avoir 
pour conséquence que l'accès à la justice soit empêché, de sorte que sont interdites les avances 
de frais prohibitives, manifestement infondées ou arbitraires (ATF 139 III 334 consid. 3.2.4).

2.2. Les émoluments judiciaires sont des contributions causales qui trouvent leur fondement dans 
la sollicitation d’une prestation étatique; ils dépendent des frais occasionnés par le service rendu et 
doivent respecter tant le principe de la couverture des frais que celui de l’équivalence (ATF 
124 I 241 consid. 4a; arrêt TC FR 102 2016 254 du 15 mai 2017 consid. 2b).

D’après le principe de la couverture des frais, l’ensemble des ressources provenant d’un 
émolument ne doit pas être supérieur à l’ensemble des dépenses de la collectivité pour l’activité 
administrative en cause (ATF 139 III 334 consid. 3.2.3). Ce principe est cependant de peu de 
pertinence en ce qui concerne les frais judiciaires dès lors que l’expérience enseigne que les 
émoluments encaissés par les tribunaux n’arrivent pas, et de loin, à couvrir leurs coûts (ATF 120 Ia 
171 consid. 3; arrêt TC FR 104 2014 17 du 18 août 2014 consid. 2b).

Selon le principe de l’équivalence, le montant de chaque émolument doit être en rapport avec la 
valeur objective de la prestation fournie et rester dans des limites raisonnables. La valeur de la 
prestation se mesure soit à son utilité pour le contribuable, soit à son coût par rapport à l’ensemble 
des dépenses de l’activité administrative en cause. Pour que le principe de l’équivalence soit 
respecté, il faut que l’émolument soit raisonnablement proportionné à la prestation de 
l’administration, ce qui n’exclut cependant pas une certaine schématisation. Il n’est pas nécessaire 
que, dans chaque cas, l’émolument corresponde exactement au coût de l’opération administrative. 
L’autorité peut également tenir compte de l’intérêt du débiteur à l’acte officiel et, dans une certaine 
mesure, de sa situation économique pour fixer les émoluments. Ceux-ci doivent en tout état de 
cause être établis selon des critères objectifs et s’abstenir de créer des différences que ne 
justifieraient pas des motifs pertinents. Le taux de l’émolument ne doit pas, en particulier, 

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empêcher ou rendre difficile à l’excès l’utilisation de certaines institutions (ATF 139 III 334 consid. 
3.2.4).

Au vu de ce qui précède, la valeur litigieuse peut jouer un rôle décisif lors de la fixation des 
émoluments judiciaires. Ce critère tient compte de l’intérêt du justiciable à l’action de l’Etat et 
permet une compensation des émoluments dus pour des affaires importantes et ceux dus dans 
des affaires moins importantes. Il s’ensuit que pour fixer les frais de justice, les tribunaux sont en 
droit de se baser essentiellement sur la valeur litigieuse. Dans les cas où celle-ci est élevée et où 
le tarif peu étendu ne permet pas de tenir compte des coûts, il se peut cependant que la charge 
soit disproportionnée, surtout si l’émolument est fixé en pour cent ou pour mille et qu’aucune limite 
supérieure n’est prévue (arrêt TF 5A_385/2011 du 25 octobre 2011 consid. 3.4). Quant à 
l’augmentation ou à la réduction ponctuelle des émoluments définis selon un tarif échelonné, elle 
est effectuée, le cas échéant, en fonction du travail que nécessite la procédure, celui-ci dépendant 
en particulier du nombre d’audiences, du volume des écritures et de pièces produites ainsi que de 
la complexité factuelle ou juridique du cas (arrêt TF 5A_385/2011 consid. 3.5).

2.3. Grâce aux critères prévus à l’art. 11 al. 2 RJ, le juge fribourgeois peut prendre en 
considération de manière adéquate non seulement la valeur litigieuse, mais également la 
complexité du cas et la situation économique de la partie astreinte au paiement. Les émoluments 
restent ainsi dans des limites raisonnables, sans créer de déséquilibre manifeste avec la valeur de 
la prestation reçue. Les dispositions réglementaires respectent donc, de manière générale, le 
principe d’équivalence.

Selon l’art. 20 RJ le tribunal civil perçoit un émolument de CHF 100.- à CHF 500'000.-. En cas de 
difficultés spéciales, ou si la valeur litigieuse est très élevée, cet émolument peut être augmenté 
jusqu’au double du maximum prévu (art. 20 al. 2 RJ). Selon l’art. 21 RJ, pour des contestations 
portant sur des affaires pécuniaires, le Tribunal cantonal établit l’échelle des émoluments en 
fonction de la valeur litigieuse.

Depuis le 1er février 2016 - date de l’entrée en vigueur du Tarif du Tribunal cantonal relatif aux 
émoluments pour les contestations portant sur les affaires pécuniaires (RSF 130.16) -, le Tribunal 
cantonal a édicté une telle échelle des émoluments qui prévoit, à son article 2 al. 1 let. g et h, que 
pour les contestations portant sur des affaires pécuniaires, le Tribunal civil perçoit un émolument 
selon le barème suivant, en fonction de la valeur litigieuse:

g) de CHF 200'000.- à 500'000.- CHF 10'000.- à 40'000.-

h) de CHF 500'000.- à 1'000'000.- CHF 20'000.- à 50'000.-

3.

La recourante reproche au Président du Tribunal des baux de contrevenir aux principes 
d'équivalence et de couverture des frais en fixant l'avance de frais de justice avant d'avoir statué 
sur la question de la jonction des causes. Cela équivaut selon elle à une avance de frais totale de 
CHF 60'000.-. Elle affirme que le principe du calcul de la valeur litigieuse en matière de résiliation 
de bail conduit forcément à des sommes très élevées. Elle allègue que l'action en constatation de 
la validation de la consignation du loyer et l'action en constatation de l'inefficacité de la résiliation 
pour demeure du locataire relèvent du même complexe de faits ainsi que d'une démarche 
intellectuelle et factuelle identique. Dès lors, selon elle, si la validation de la consignation du loyer 
est confirmée, l'action en constatation de l'inefficacité de la résiliation pour demeure du locataire 
sera admise dans le même temps et sans raisonnement juridique supplémentaire. Enfin, elle 
invoque l'équité, estimant qu'elle ne fait que se défendre face à des résiliations de bail infondées et 

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que les valeurs litigieuses très élevées ne doivent pas retomber sur le locataire qui ne fait que 
défendre ses droits. 

Il convient tout d'abord de constater que chacune des avances de frais retenues par le Président 
du Tribunal des baux se situe dans le bas de la fourchette prévue pour la valeur litigieuse indiquée 
par la demanderesse. On ne saurait donc parler d'une avance de frais manifestement 
disproportionnée par rapport à la valeur litigieuse.  Par ailleurs, dans la mesure où, à ce stade, le 
Président du Tribunal des baux n'a pas jugé opportun d'ordonner la jonction des causes, la 
recourante ne saurait tirer argument d'une éventuelle future jonction. En revanche, le Président du 
Tribunal des baux a uniquement tenu compte de la valeur litigieuse pour fixer les avances de frais 
de justice des trois actions. Or, l'art. 11 al. 2 RJ donne une liste exemplative d'éléments que le juge 
peut prendre en considération pour fixer les frais de justice. Dans cette liste figure la complexité du 
cas et la situation économique de la partie astreinte au paiement. Dans le cas d'espèce, la santé 
économique de la recourante n'est pas bonne, l'exercice 2016 s'étant soldé par une perte et celui 
de 2017 semblant en prendre la même direction (cf. pièce 1 bordereau de recours no 2).  Par 
ailleurs, prises séparément, les trois actions sont d'une complexité courante pour ce genre de 
litige. Elles relèvent par ailleurs toutes trois de la procédure simplifiée (cf. art. 243 al. 2 let. c CPC). 
De plus, il convient de relever que l'action en validation de la consignation du loyer et l'action en 
constatation de l'inefficacité de la résiliation pour demeure du locataire sont liées à un tel point que 
les efforts requis, une fois la première action tranchée, pour juger la seconde, seront peu 
importants. Bien que l'avance de frais ne soit pas disproportionnée par rapport à la valeur 
litigieuse, force est de constater qu'une avance de frais totale de CHF 60'000.-, ordonnée à une 
petite société dont les exercices comptables ne sont pas bons et dont deux des trois actions 
peuvent être tranchées simultanément, apparaît excessive. Partant, il y a lieu de fixer l'avance de 
frais pour ces trois actions à respectivement CHF 18'000.- (25 2018 1), CHF 2'000.- (25 2018 3) et 
CHF 20'000.- (25 2018 2), ce qui permet de tenir compte de la situation concrète du cas d'espèce.

4.

Vu le sort du recours, la recourante obtenant en partie gain de cause sur ses conclusions, en 
particulier sur le principe d’une réduction de l’avance de frais demandée par le premier juge, il se 
justifie que chaque partie supporte ses propres dépens et la moitié des frais judiciaires. Les frais 
judiciaires sont fixés à CHF 3'000.-. Ils seront prélevés sur l'avance effectuée par la recourante qui 
a droit au remboursement de la moitié par l'intimée.

(dispositif en page suivante)

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la Cour arrête:

I. Les recours sont partiellement admis.

Partant, les décisions d'avances de frais du 5 février 2018 sont réformées, en ce sens que 
les avances de frais requises de A.________ Sàrl sont fixées à respectivement CHF 18'000.- 
(25 2018 1), CHF 2'000.- (25 2018 3) et CHF 20'000.- (25 2018 2). Elles devront être 
versées dans un délai de trente jours dès l'entrée en force du présent arrêt.

II. Chaque partie supporte ses propres dépens et la moitié des frais judiciaires de la procédure 
de recours.

Les frais judiciaires dus à l’Etat pour la procédure de recours sont fixés à CHF 3'000.-. Ils 
seront prélevés sur l’avance de frais effectuée par A.________ Sàrl qui pourra obtenir le 
remboursement de la moitié de la part de B.________ SA.

III. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 13 juin 2018/rte

Le Président:  Le Greffier: