# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 181d30b5-3d8c-5d03-9c34-a32f7e0b99ad
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-08-22
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 22.08.2025 101 2024 395
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_101-2024-395_2025-08-22.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

101 2024 395

Arrêt du 22 août 2025

Ie Cour d’appel civil

Composition Président : Jérôme Delabays
Juges : Dina Beti, Laurent Schneuwly
Greffier-rapporteur : Ludovic Farine

Parties A.________, intimé et appelant, représenté par Me Mathieu Azizi, 
avocat

contre

B.________, requérante et intimée, représentée par Me Ingo 
Schafer, avocat

Objet Mesures protectrices de l'union conjugale – garde et droit de visite, 
attribution du logement familial, contributions d'entretien en faveur 
des enfants

Appel du 11 novembre 2024 contre la décision de la Présidente du 
Tribunal civil de la Sarine du 29 octobre 2024

Tribunal cantonal TC
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considérant en fait

A. A.________ et B.________, nés respectivement en 1980 et 1985, se sont mariés en 2010. 
Quatre enfants sont issus de leur union : C.________, né en 2012, D.________, née en 2014, 
E.________, née en 2017, et F.________, née en 2020. 

La famille est suivie par les autorités de protection de l'enfant depuis plusieurs années. En 
particulier, le 18 mars 2022, l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte G.________ a retiré 
aux parents le droit de déterminer le lieu de résidence des deux aînés et les a placés ; elle a aussi 
institué en faveur des quatre enfants une curatelle éducative et de compétences spécifiques 
(écoles et autres droits), au sens de l'art. 308 al. 1 et 2 CC. Par décision du 14 juin 2022, cette 
autorité a levé le placement de D.________ et confié la garde de fait à la mère. Le 30 juin 2023, 
suite au transfert du for à Fribourg, la Justice de paix de la Sarine (la Justice de paix) a levé le 
placement de C.________ et restitué aux parents le droit de déterminer son lieu de résidence, la 
curatelle instituée en faveur des enfants étant maintenue. Le mandat est actuellement confié à une 
intervenante en protection de l'enfant auprès du Service de l'enfance et de la jeunesse (SEJ). Par 
ailleurs, sur injonction de la Justice de paix, les époux ont entamé en fin d'année 2023 une 
médiation familiale auprès d'une médiatrice indépendante. Une action éducative en milieu ouvert 
(AEMO) a aussi été entreprise et se poursuit à l'heure actuelle.

B. Parallèlement, le 4 septembre 2023, B.________ a introduit une procédure de mesures 
protectrices de l'union conjugale à l'encontre de son conjoint. Elle a notamment conclu à ce qu'il 
soit constaté que les époux vivent séparés depuis le 16 février 2022, que la garde des enfants lui 
soit confiée, sous réserve d'un droit de visite du père, que le domicile familial lui soit attribué et que 
les contributions d'entretien dues en faveur des enfants et d'elle-même soient fixées. Dans ce 
cadre, les enfants C.________ et D.________ ont été entendus le 27 septembre 2023. Le 
13 novembre 2023, A.________ a déposé sa réponse ; il a admis la date de la séparation mais a 
conclu au rejet des autres conclusions de son épouse et sollicité que la garde des enfants lui soit 
confiée, sous réserve d'un droit de visite de la mère, que le logement familial lui soit attribué et que 
la mère verse des contributions d'entretien pour ses enfants. La Présidente du Tribunal civil de la 
Sarine a entendu les époux en audience du 19 décembre 2023, puis elle s'est fait produire le 
rapport d'enquête sociale déposé, le 19 avril 2024, par le SEJ sur mandat de la Justice de paix, 
rapport sur lequel les parties ont eu l'occasion de se déterminer les 3 et 21 mai 2024. 

Le 29 octobre 2024, la Présidente du tribunal a rendu sa décision de mesures protectrices de 
l'union conjugale. Elle a notamment confié la garde des enfants à leur mère, réservé le droit de 
visite du père à hauteur d'un week-end sur deux, du jeudi soir au lundi matin, d'un mercredi sur 
deux de 16.00 à 20.00 heures, repas compris, d'un jeudi sur deux (lorsqu'il n'y a pas de visite le 
week-end suivant) dès 16.00 heures jusqu'au vendredi matin, et de la moitié des vacances 
scolaires, et institué en faveur des enfants une curatelle de surveillance des relations personnelles, 
au sens de l'art. 308 al. 2 CC, les autres mesures de protection des enfants étant maintenues. Elle 
a aussi attribué le logement familial à l'épouse, qui en assumera les charges, et fixé à charge du 
mari les contributions d'entretien suivantes, allocations en sus :

du 1er octobre 2023 au 31 août 2025 :
CHF 400.- pour C.________
CHF 600.- pour D.________
CHF 400.- pour E.________

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CHF 3'300.- pour F.________

dès le 1er septembre 2025 :
CHF 600.- pour C.________
CHF 800.- pour D.________
CHF 600.- pour E.________
CHF 600.- pour F.________

Une pension mensuelle de CHF 500.- a par ailleurs été allouée à l’épouse à compter du 
1er septembre 2025 (ch. XI du dispositif).

C. Par acte du 11 novembre 2024, A.________ a interjeté appel contre la décision du 
29 octobre 2024 et sollicité l'assistance judiciaire. Au fond, après mise en œuvre préalable d'une 
expertise psychiatrique des deux parents afin d'évaluer leurs capacités éducatives, il conclut, sous 
suite de frais, principalement à ce que la garde des enfants lui soit confiée, sous réserve d'un droit 
de visite usuel de la mère, que le mandat de la curatrice de surveillance des relations personnelles 
soit adapté en conséquence, que le domicile familial lui soit attribué et que l'intimée verse pour ses 
enfants des contributions d'entretien mensuelles respectives de CHF 400.-, CHF 600.-, CHF 400.- 
et CHF 820.- du 1er octobre 2023 au 31 août 2025, puis de CHF 600.- par enfant – sauf pour 
D.________, pour qui la pension sera de CHF 800.- – dès le 1er septembre 2025. Subsidiairement, 
il requiert l'annulation de la décision attaquée et le renvoi de la cause à la première juge pour 
nouvelle décision. Plus subsidiairement, il conclut à ce que la contribution d'entretien qu'il doit pour 
F.________ jusqu'en août 2025 soit réduite à CHF 820.- par mois, d'une part, et à ce qu'un 
montant global de CHF 71'287.15 déjà acquitté par ses soins soit déduit des pensions en faveur 
des enfants, d'autre part.

La contribution d'entretien en faveur de l’épouse n’a pas été remise en cause.

Le 18 novembre 2024, le bénéfice de l'assistance judiciaire a été octroyé à l'appelant.

Le 26 novembre 2024, la première juge a transmis à la Cour des lettres déposées dans la boîte 
aux lettres du tribunal la veille. Dans ces lettres, C.________ et D.________ font part de leurs 
souhaits quant au droit de visite chez leur père.

Dans sa réponse du 29 novembre 2024, B.________ a conclu au rejet de l'appel, sous suite de 
frais. Par ailleurs, elle a également sollicité l'assistance judiciaire, qui lui a été octroyée le 
3 décembre 2024.

Le 13 janvier 2025, le mandataire de l'appelant a produit un courriel adressé le même jour à la 
curatrice des enfants. Le 10 février 2025, il a fait parvenir à la Cour le dispositif de la décision 
prononcée le 22 novembre 2024 par la Justice de paix, qui a ordonné une thérapie familiale ainsi 
qu'un suivi pédopsychiatrique individuel en faveur de C.________. Il a précisé demander la tenue 
de débats en appel, ainsi que l'audition de la curatrice.

Par courrier du 11 février 2025, le Président de la Cour a informé les parties que les pièces 
principales du dossier de la Justice de paix ont été versées au dossier. Le même jour, il a 
demandé à la curatrice un rapport concernant la situation actuelle des enfants et ses propositions 
quant à l'attribution de leur garde et aux relations personnelles avec les deux parents. Ce rapport a 
été déposé le 5 mars 2025 et les parties se sont déterminées le 7 avril 2025, l'appelant réitérant sa 
requête que des débats d'appel soient agendés et que la curatrice des enfants, ainsi que la 
responsable de secteur du SEJ, soient entendues. Le 9 avril 2025, A.________ a répliqué sur le 

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courrier de son épouse du 7 avril 2025 et, le 8 mai 2025, il a produit une copie de la requête 
unilatérale de divorce qu'il a déposée le même jour en première instance.

Les enfants C.________, D.________ et E.________ ont été entendus par la Juge déléguée de la 
Cour en dates des 3 et 23 juin 2025. Le compte-rendu de leur audition – sauf pour D.________, 
qui n'a pas souhaité que le résumé de ses déclarations soit transmis à ses parents – a été 
communiqué le 24 juin 2025 aux parties, qui se sont déterminées le 26 juin et le 10 juillet 2025. A 
cette occasion, l'appelant a réitéré ses requêtes tendant à la tenue de débats d'appel, afin 
notamment de trouver un accord quant aux modalités de garde des enfants, laquelle pourrait être 
exercée de manière alternée, et à la mise en œuvre d'une expertise psychiatrique des deux 
parents, et a sollicité la prise de renseignements écrits auprès du psychothérapeute de 
C.________.

en droit

1.

1.1. L'appel est recevable notamment contre les décisions finales de première instance, pour 
autant que, dans les affaires patrimoniales, la valeur litigieuse au dernier état des conclusions soit 
supérieure à CHF 10'000.- (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC). Jusqu'au 31 décembre 2024, le délai 
d'appel en procédure sommaire – qui régit notamment les mesures protectrices de l'union 
conjugale (art. 271 CPC) – était de 10 jours (art. 314 al. 1 aCPC).

En l’espèce, la décision attaquée a été notifiée au mandataire de l'appelant le 30 octobre 2024 
(DO/178). Déposé le lundi 11 novembre 2024, dernier jour reporté (art. 142 al. 3 CPC) du délai 
arrivé à échéance la veille, l'appel a dès lors été interjeté en temps utile. Il est dûment motivé et 
doté de conclusions. En outre, l’appel concerne principalement l’attribution de la garde sur des 
enfants mineurs, soit une question qui n'a pas de valeur patrimoniale appréciable en argent (arrêt 
TF 5A_218/2014 du 25 juin 2014 consid. 1.1), quand bien même elle a néanmoins un aspect 
financier. Il s'ensuit la recevabilité de l'appel.

1.2. La procédure sommaire (art. 252 ss CPC) s'applique aux causes de mesures protectrices 
de l'union conjugale (art. 271 CPC), le tribunal examinant toutefois les faits d'office (maxime 
inquisitoire, art. 272 et 296 al. 1 CPC) et, s'agissant d'une question relative à des enfants mineurs, 
n'étant pas lié par les conclusions des parties (maxime d'office, art. 296 al. 3 CPC). Par ailleurs, si 
la Cour applique le droit d'office (art. 57 CPC), elle doit en principe, hormis pour les cas de vices 
manifestes, se limiter à statuer sur les critiques formulées dans la motivation écrite de l'appel (ATF 
142 III 413 consid. 2.2.4).

1.3. La cognition de la Cour d'appel est pleine et entière, en fait comme en droit (art. 310 CPC).

1.4. En vertu de l'art. 317 al. 1bis CPC entré en vigueur le 1er janvier 2025 et directement 
applicable aux procédures en cours (art. 407f CPC), lorsque l'instance d'appel doit examiner les 
faits d'office, elle admet les faits et moyens de preuve nouveaux jusqu'aux délibérations.

Il en résulte que l'ensemble des faits et moyens de preuve nouveaux invoqués en appel sont 
recevables.

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1.5.

1.5.1. L'appelant requiert la mise en œuvre d'une expertise psychiatrique des deux parents, afin 
d'évaluer leurs capacités éducatives. Il fait valoir que l'intimée souffre d'une pathologie 
psychiatrique, soit d'un trouble bipolaire, et que cette affection a des conséquences importantes 
pour les enfants, dont les aînés ont dû être placés à une période, notamment par les importantes 
difficultés relationnelles qu'elle engendre entre les parents et les accès de colère dont son épouse 
peut faire preuve. Il soutient que la première juge ne pouvait pas se fonder exclusivement sur 
l'enquête sociale réalisée, mais devait investiguer plus précisément l'état de santé mental de 
l'intimée (appel, p. 8-9).

Selon la jurisprudence (ATF 142 III 617 consid. 3.2.3), il revient au juge du fait, dans le cadre de 
son large pouvoir d'appréciation, de déterminer dans quelle mesure l'intervention d'un spécialiste, 
voire l'établissement d'un rapport d'évaluation sociale ou d'une expertise, est nécessaire. En 
l'espèce, il apparaît qu'une enquête sociale a déjà été réalisée en début d'année 2024 et qu'elle 
analyse les capacités éducatives des parents en tenant compte du trouble psychiatrique dont 
souffre la mère, en particulier après avoir pris des renseignements auprès de son 
psychothérapeute. L'on ne voit donc pas quel élément supplémentaire pourrait apporter une 
expertise psychiatrique, dont la mise en œuvre risquerait du reste de retarder la procédure d'appel, 
ce d'autant que la famille est suivie régulièrement par la Justice de paix et par une curatrice, 
laquelle a déposé, en mars 2025, un rapport sur la situation actuelle des enfants et a formulé des 
propositions quant à leur prise en charge dans le futur. Il s'ensuit que la Cour est suffisamment 
informée pour statuer sur l'appel en l'état du dossier et que cette réquisition de preuve doit être 
rejetée.

1.5.2. Le père demande aussi que des renseignements écrits soient sollicités auprès du 
psychothérapeute chargé du suivi en faveur de C.________ selon la décision de la Justice de paix 
du 22 novembre 2024. Il fait valoir que cet intervenant pourra éclairer la Cour au sujet de 
l'important conflit de loyauté dans lequel son fils est pris. 

A nouveau, compte tenu des différentes mesures de protection mises en place par la Justice de 
paix et du dernier rapport déposé par la curatrice, il ne semble pas nécessaire de requérir encore 
d'autres informations auprès du thérapeute du fils aîné. Au demeurant, celui-ci a été entendu en 
juin 2025 par la Juge déléguée de la Cour, qui a pu se faire une idée de son état d'esprit et 
constater qu'il semble aller relativement bien, malgré la situation familiale compliquée et tendue. 
Par conséquent, cette réquisition sera rejetée.

1.6. Selon l'art. 316 al. 1 CPC, la Cour d'appel peut ordonner des débats ou statuer sur pièces. 

En l'espèce, l'appelant demande que des débats d'appel soient agendés, afin d'entendre les 
parents et la curatrice des enfants et de tenter de trouver un accord quant aux modalités de garde 
des enfants, laquelle pourrait être exercée de manière alternée. Il apparaît cependant que les 
conjoints ont pu amplement s'exprimer par écrit devant la Cour, en particulier sur les 
renseignements supplémentaires récoltés en appel, dont un rapport de la curatrice. De plus, alors 
que le rapport d'enquête sociale préconisait la mise en place d'une garde alternée, la première 
juge a écarté cette option, ce que le père n'a d'abord pas remis en cause en appel puisqu'il a 
conclu à l'attribution de la garde à lui-même ; ce n'est que dans sa détermination du 10 juillet 2025 
sur les comptes-rendus d'audition des enfants qu'il a évoqué l'éventualité de mettre en œuvre une 
garde alternée, ce qui interpelle.

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Quoi qu'il en soit, le dossier paraît complet et il n'est pas nécessaire pour la Cour d'assigner les 
conjoints et la curatrice des enfants à une séance d'appel. Par conséquent, le présent arrêt sera 
rendu sur la base du dossier.

2.

L'appelant critique le fait que la garde des enfants ait été confiée à leur mère. Il conclut à ce qu'elle 
lui soit attribuée.

2.1. En présence d'un litige relatif à la garde d'un enfant, la règle fondamentale est l'intérêt de 
ce dernier, les intérêts des parents devant être relégués au second plan. Au nombre des critères 
essentiels, outre l'intérêt de l'enfant, entrent en ligne de compte les relations personnelles entre 
parents et enfant, les capacités éducatives respectives des parents, leur aptitude à prendre soin 
de l'enfant personnellement et à s'en occuper, ainsi qu'à favoriser les contacts avec l'autre parent ; 
il faut choisir la solution qui, au regard des données de l'espèce, est la plus apte à assurer à 
l'enfant la stabilité des relations nécessaires à un développement harmonieux des points de vue 
affectif, psychique, moral et intellectuel. Si le juge ne peut se contenter d'attribuer l'enfant au 
parent qui en a eu la garde pendant la procédure, ce critère jouit d'un poids particulier, lorsque les 
capacités d'éducation et de soin des parents sont pour le reste similaires. En outre, les critères de 
la stabilité et de la possibilité pour le parent de s'occuper personnellement de l'enfant auront un 
rôle prépondérant chez les nourrissons et les enfants en bas âge, alors que l'appartenance à un 
cercle social sera particulièrement importante pour un adolescent (ATF 142 III 617 consid. 3.2.3). 
L'attribution de la garde doit uniquement viser à servir le bien de l'enfant, et non à sanctionner un 
des parents pour son attitude. Plus particulièrement, en relation avec le critère de la stabilité, il est 
important de préserver le cadre de vie de l'enfant, peu importent les circonstances qui y ont 
conduit, tant que celles-ci ne révèlent pas une capacité éducative lacunaire du parent gardien et 
ne portent pas, par la suite, préjudice aux intérêts de cet enfant (arrêt TF 5A_146/2011 du 7 juin 
2011 consid. 4.3). 

Le juge doit ainsi, en premier lieu, examiner si chacun des parents dispose de capacités 
éducatives. Si les parents disposent tous deux de telles capacités, le juge doit dans un deuxième 
temps évaluer les autres critères d'appréciation pertinents pour l'attribution de la garde à l'un des 
parents, énumérés ci-avant (arrêt TF 5A_425/2016 du 15 décembre 2016 consid. 3.4.2). Il 
convient de tenir compte aussi de la stabilité que peut apporter à l'enfant le maintien de la situation 
antérieure, de l'âge de ce dernier et de son appartenance à une fratrie ou à un cercle social, ainsi 
que, lorsque son âge le permet, du souhait de l'enfant s'agissant de sa propre prise en charge, 
quand bien même il ne disposerait pas de la capacité de discernement à cet égard – ce qui 
intervient en règle générale à partir de l'âge de 12 ans environ (arrêt TF 5A_63/2011 du 1er juin 
2011 consid. 2.4.1). Les critères d'appréciation précités sont interdépendants et leur importance 
varie en fonction du cas d'espèce (ATF 142 III 617 consid. 3.2.3). L'existence d'une maladie 
psychique ne s'oppose pas en soi à l'attribution de la garde au parent concerné, si tant est que le 
trouble n'a pas d'influence sur les capacités éducatives ou qu'une thérapie conséquente permet de 
(re)créer celles-ci dans une mesure suffisante, ce qui présuppose une prise de conscience de la 
maladie et du traitement (arrêt TF 5A_474/2023 du 22 mai 2024 consid. 3.4.1).

Pour apprécier ces critères, le juge du fait, qui connaît le mieux les parties et le milieu dans lequel 
vit l'enfant, dispose d'un large pouvoir d'appréciation (ATF 115 II 317 consid. 2 et 3 ; arrêt TF 
5A_450/2016 du 4 octobre 2016 consid. 4.3.2). Comme déjà évoqué, il lui appartient, dans le 
cadre de son devoir d'établir les faits d'office, de déterminer dans quelle mesure l'intervention d'un 
spécialiste, voire l'établissement d'un rapport d'évaluation sociale ou d'une expertise, est 
nécessaire (ATF 142 III 617 consid. 3.2.3).

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2.2. En l'espèce, la Présidente du tribunal a longuement examiné (décision attaquée, p. 7-11) 
les déclarations des époux, les souhaits des enfants et les propositions formulées dans le rapport 
d'enquête sociale, à savoir selon elle – malgré le terme utilisé de "garde alternée" – une garde 
principale à la mère avec un large droit de visite en faveur du père. Elle a relevé que, selon ce 
rapport, les deux parents présentent de bonnes capacités éducatives et le trouble bipolaire dont 
souffre la mère est stabilisé et lui permet de prendre soin de ses enfants, comme l'a attesté son 
psychiatre traitant, lequel la suit régulièrement et lui a prescrit un stabilisateur d'humeur qu'elle 
prend de manière compliante. Dans cette mesure, compte tenu encore des différents soutiens mis 
en place par la Justice de paix, la première juge a considéré qu'il n'apparaît pas que la maladie 
psychique de l'épouse mettrait en danger le bien des enfants. De plus, elle a pris en compte le fait 
que celle-ci n'exerçait alors aucune activité et était disponible pour s'occuper des enfants, ce qui a 
été le cas depuis la séparation, tandis que le père travaille à plein temps. Elle a aussi tenu compte 
des souhaits exprimés par les deux enfants aînés lors de leur audition, à savoir de continuer à 
vivre principalement auprès de leur mère, relevant que cette solution permet de garantir une 
certaine stabilité pour des enfants encore relativement jeunes. Pour ces motifs convergents, elle a 
décidé de confier la garde des enfants à leur mère.

2.3.

2.3.1. L'appelant s'en prend à l'existence de capacités éducatives suffisantes chez son épouse, 
ainsi qu'à sa prétendue disponibilité plus large pour prendre soin des enfants (appel, p. 7-10 ; 
déterminations des 7 avril et 10 juillet 2025).

Sur le premier point, il fait valoir qu'elle souffre d'une pathologie psychiatrique qui a engendré 
plusieurs hospitalisations et est à mettre en lien direct avec le placement de C.________ et 
D.________ en 2022/2023, ce que la Présidente du tribunal a passé sous silence. Selon lui, cette 
situation a gravement perturbé les enfants et la première juge ne pouvait pas retenir, en se fondant 
exclusivement sur des informations fournies par le psychiatre traitant de l'intimée, que son trouble 
bipolaire est sans incidence sur sa capacité à s'occuper des enfants, ce d'autant que cette maladie 
occasionne régulièrement des accès de colère et de violence de la mère envers le père, dont sont 
témoins les enfants. Il ajoute que la curatrice et la médiatrice sont préoccupées par la situation, qui 
s'est envenimée au point que C.________ a frappé son père sur injonction de sa mère, et qu'au vu 
de la situation délétère, la Justice de paix a ordonné une thérapie familiale et un suivi 
pédopsychiatrique en faveur de l'enfant aîné, alors que la Présidente du tribunal avait estimé 
quelque temps auparavant que ces mesures n'étaient pas nécessaires. Enfin, il relève que, selon 
le rapport de la curatrice du 5 mars 2025, l'intimée néglige la surveillance de la cadette, âgée de 
4 ½ ans seulement, qu'elle laisse seule à la maison lorsqu'elle va faire des courses, et que les 
résultat scolaires de C.________ sont médiocres, qu'il va commencer l'école secondaire en 
section "exigences de base", qu'il se montre violent avec son père et lui dérobe occasionnellement 
de l'argent, ce qui laisse craindre qu'il développe les mêmes troubles psychiatriques que sa mère. 
Dans ces conditions, il estime irresponsable de suggérer, comme l'a fait la curatrice, que la garde 
des enfants reste confiée à leur mère.

Concernant la disponibilité de l'intimée, l'appelant expose qu'elle s'est inscrite auprès de la Haute 
école de santé, à Fribourg, pour y suivre une formation à plein temps et qu'elle a demandé à 
placer F.________ toute la semaine à la crèche. Il en déduit qu'il est inexact de retenir qu'elle est 
disponible pour s'occuper personnellement des enfants, alors qu'en réalité c'est lui qui, avec trois 
jours de télétravail, présente une disponibilité plus large.

2.3.2. De son côté, l'intimée soutient la décision attaquée, prononcée après une instruction 
complète et sur la base d'une enquête sociale réalisée durant près de sept mois. Elle relève que le 

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prétendu lien entre son trouble bipolaire et l'ensemble des problèmes rencontrés par le couple et 
les enfants n'est nullement avéré, que le placement des aînés a été décidé afin de les mettre à 
l'abri du conflit vif et persistant entre leurs parents, et que la Justice leur a ensuite permis de 
retourner vivre auprès de leur mère, ce qui démontre qu'elle s'occupe bien d'eux. Elle fait valoir 
que la mise en œuvre d'une thérapie familiale ne dit rien sur ses capacités parentales, mais 
découle de la nécessité d'apaiser le conflit qui divise la famille, et conteste les accusations de 
violence de son mari, lequel a du reste été condamné par ordonnance pénale pour l'avoir frappée. 
Elle mentionne aussi que les enfants se plaignent souvent des allers-retours qu'ils doivent 
effectuer entre les domiciles de leurs père et mère, comme cela ressort des lettres qu'ils ont eux-
mêmes adressées au tribunal, et qu'ils souhaitent continuer à vivre auprès d'elle. En ce qui 
concerne sa disponibilité, elle expose qu'elle ne suit pas de formation et qu'elle est dès lors apte à 
prendre soin personnellement des enfants, au contraire du père qui travaille à plein temps et doit 
parfois voyager à l'étranger dans le cadre professionnel (réponse à l'appel, p. 5-8).

Dans ses déterminations des 7 avril et 26 juin 2025, l'intimée ajoute que le système de garde 
actuel convient aux enfants et doit être maintenu, comme proposé par la curatrice, afin que la 
thérapie familiale se déroule au mieux et que les enfants ne se retrouvent pas confrontés 
régulièrement aux tensions parentales. Elle s'oppose aussi fermement à l'éventualité d'un 
placement des enfants, relevant que C.________ est beaucoup plus stable depuis son retour à la 
maison, que ses résultats scolaires sont bons et que les enseignants ne se plaignent pas de son 
comportement.

2.4. Le rapport d'enquête sociale du 19 avril 2024 indique que les parents ont globalement de 
bonnes compétences parentales, mais que leur manque de clarté au niveau de la conjugalité, leur 
conflit, le manque de confiance mutuel dans la prise en charge des enfants, les difficultés 
relationnelles entre la mère et les grands-parents paternels et le positionnement tranché de ces 
derniers impactent négativement les enfants. Il y est préconisé de mettre en place une garde 
alternée, afin de permettre au conflit parental de s'atténuer et de diminuer l'exposition des enfants 
à ce conflit, mais les deux conjoints se sont opposés à cette solution (DO/112 et 118). Le SEJ 
mentionne notamment que, selon la puéricultrice qui suit la famille depuis la naissance de 
C.________ et était présente lors des deux dernières décompensations de la mère, celle-ci est en 
état de s'occuper de ses enfants et va psychiquement bien. Par ailleurs, selon le psychiatre traitant 
de l'intimée qui la suit depuis février 2022, elle est stable, ne montre aucun signe d'une manie ou 
d'une dépression sévère, ne représente aucun danger pour autrui et a les capacités de s'occuper 
de ses enfants ; elle reçoit une médication pour stabiliser son humeur et une autre pour les 
troubles du sommeil. Sur cette base, quoi qu'en dise l'appelant, la première juge pouvait retenir 
que l'état psychique de la mère est stable et ne s'oppose pas, sur le principe, à la prise en charge 
de ses enfants. Il est évident qu'un trouble tel que la bipolarité a des répercussions sur les proches 
de la personne malade et qu'en l'espèce, cette affection psychique a pu contribuer par le passé à 
la nécessité de prononcer des mesures de protection des enfants, comme leur placement 
temporaire. Une telle situation n'est pas anodine et a certainement perturbé les enfants, mais il ne 
semble pas que l'intimée serait pour ce motif, actuellement sur le long terme, globalement 
incapable de prendre soin d'eux.

Cela étant, il résulte certes du dossier d'appel que la situation familiale paraît compliquée et 
tendue et que l'entente entre les parents fluctue, ce qui a entraîné le prononcé d'une médiation et 
d'une thérapie familiale, en sus de la mesure de curatelle et de l'AEMO déjà mises en place. Ces 
processus sont cependant toujours en cours et la situation est suivie de près par la Justice de paix 
et les différents intervenants. Par ailleurs, s'il peut parfois se produire des débordements lors des 
contacts entre les conjoints, comme l’appelant le fait valoir, et si le rapport de la curatrice du 

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5 mars 2025 fait état d'une dynamique de violence conjugale et intrafamiliale – C.________ ayant 
rapporté que son père lui aurait fait une clé de bras et celui-ci, de son côté, ayant relaté avoir été 
menacé avec un couteau à la porte du logement de son épouse – et de certains manquements de 
l'intimée par rapport à sa fille cadette (absence de surveillance à la maison lorsque la mère part 
faire des courses, tirer les oreilles), il ne semble pas que ces événements atteignent un degré de 
gravité suffisant pour considérer que les capacités éducatives de la mère s'en trouveraient 
sensiblement impactées. Du reste, en cas de persistance de ces violences, la curatrice évoque 
l'éventualité d'un placement – et non une attribution de la garde au père – et elle termine son 
rapport en ces termes : "L'objectif serait une garde partagée mais au vu de la situation familiale, ce 
n'est pour l'heure pas possible, les parents étant en désaccords constants. Vu les soutiens en 
cours et la thérapie familiale qui débutera, nous proposons de laisser le temps à une éventuelle 
évolution et de laisser la garde des enfants en l'état". Si le SEJ paraît certes préoccupé par la 
situation familiale, ce souci semble ainsi concerner les deux parents et n'empêche pas la curatrice 
de proposer néanmoins que la garde reste confiée à la mère. Quant au fait que les résultats 
scolaires de l'aîné ont pour conséquence qu'il va débuter le cycle d'orientation en section 
"exigences de base" (pièce 1 du bordereau du 9 avril 2025), l'on ne voit pas en quoi il serait 
imputable au comportement de la mère exclusivement et non plutôt à la mauvaise entente 
familiale. Quoi qu'il en soit, cet enfant n'est pas en échec scolaire et il pourra encore, au besoin, 
changer de section après avoir commencé l'école secondaire.

Par ailleurs, concernant la disponibilité de l'intimée, il résulte du rapport précité de la curatrice 
qu'elle a interrompu les études dont l'appelant parle dans son mémoire du 11 novembre 2024, et 
l'épouse le confirme, expliquant qu'elle n'a pas pu trouver le stage de quatre mois qui est la 
condition préalable pour pouvoir intégrer la Haute école de santé (réponse à l'appel, p. 7-8). En 
l'état, l'épouse ne travaille donc pas et la décision attaquée retient une activité à 50 % dès 
septembre 2025, qui n'est pas contestée. Il apparaît donc que la mère est largement plus 
disponible pour prendre soin des enfants personnellement que le père, qui travaille à plein temps, 
et ce malgré le fait qu'il bénéficie de plusieurs jours de télétravail par semaine.

Aux éléments qui précédent, qui plaident en faveur d'une attribution de la garde des enfants à la 
mère, s'ajoute le fait que, depuis la séparation intervenue en 2022 et suite à la fin du placement 
des enfants aînés, c'est elle qui s'occupe des enfants de manière prépondérante. Vu leur âge 
encore relativement jeune, le critère de la stabilité a un poids particulier et il importe, dans la 
mesure du possible, de maintenir la prise en charge qu'ils ont connue dans le passé, quelle que 
soit sa genèse. Comme la curatrice le relève, cela permettra aux différentes mesures de protection 
ordonnées de déployer leurs effets, la situation pouvant au besoin être réévaluée dans la 
procédure de divorce déjà pendante. Enfin, le maintien de la situation actuelle correspond aux 
souhaits exprimés par les enfants, tant lors de l'audition de C.________ et D.________ par la 
première juge (DO/40-42) qu'au cours de l'audition de C.________ et E.________ par la Juge 
déléguée de la Cour. Vu l'âge des aînés (12 ½ ans et bientôt 11 ans), leur souhait ne peut être 
ignoré. 

Dans ces circonstances, la Présidente du tribunal a correctement apprécié la situation en retenant 
que la solution la plus conforme aux intérêts des enfants, encore jeunes et habitués à vivre avec 
leur mère, consiste à être confiés à la garde de cette dernière, tout en allant régulièrement en 
visite chez leur père. L’appel doit être rejeté sur cette question.

2.5 En ce qui concerne le droit de visite de l'appelant, la première juge l'a fixé, à défaut 
d'entente, à raison d'un week-end sur deux, du jeudi soir au lundi matin, d'un mercredi sur deux de 
16.00 à 20.00 heures, repas compris, d'un jeudi sur deux (lorsqu'il n'y a pas de visite le week-end 
suivant) dès 16.00 heures jusqu'au vendredi matin, et de la moitié des vacances scolaires.

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Ce point n'est pas remis en cause en appel. Cependant, il résulte des lettres adressées au tribunal 
le 25 novembre 2024 par C.________ et D.________ que ces enfants, compte tenu de leurs 
activités, ne souhaitent pas se rendre chez leur père le mercredi pour quelques heures, et même 
le jeudi soir s'agissant de l'aîné. Lorsqu'il a été entendu par la Juge déléguée de la Cour, 
C.________ a notamment déclaré qu'il n'aime pas trop aller chez son père, même le week-end 
notamment car il a des activités, comme les scouts, qu'il s'y ennuie et qu'il y a des disputes, et qu'il 
ne s'y est pas trop rendu durant la dernière année scolaire, précisant ne pas vouloir "changer 
d'endroit tout le temps". Quant à E.________, elle a déclaré lors de son audition qu'elle apprécie 
d'aller chez son père le jeudi soir jusqu'au vendredi matin, ainsi qu'un week-end sur deux, mais 
qu'elle aimerait ne plus être obligée de s'y rendre le mercredi, car c'est "stressant". 

Il apparaît dès lors que les enfants sont unanimes à dire que le droit de visite du mercredi une 
semaine sur deux, qui sert à partager le repas du soir avec leur père, est source de stress, au vu 
de leurs horaires et activités. Il semble judicieux de tenir compte de leur réticence à cet égard, tout 
en relevant que l'aîné ne saurait être entendu lorsqu'il demande à ne plus aller du tout chez son 
père, le maintien d'un lien avec celui-ci étant important. 

Au vu de ce qui précède, conformément à la maxime d'office, le droit de visite doit être revu, en ce 
sens qu'à défaut d'entente contraire, il s'exercera un week-end sur deux, du jeudi soir au lundi 
matin, un jeudi sur deux (lorsqu'il n'y a pas de visite le week-end suivant) dès 16.00 heures 
jusqu'au vendredi matin, et durant la moitié des vacances scolaires. Les parents sont cependant 
invités à tenir compte des souhaits de leurs enfants, dont les deux aînés arrivent à l'adolescence, 
et à adapter ponctuellement le rythme des visites lorsqu'une activité entre en collision avec celles-
ci.

2.6. Vu la confirmation de l'attribution de la garde à la mère et du droit de visite octroyé au père, 
il n'y a pas matière à adapter le mandat de la curatrice de surveillance des relations personnelles.

3.

La Présidente du tribunal a attribué le logement familial à l'intimée. Elle a relevé que les conjoints 
en sont co-propriétaires, que l'épouse y habite avec les enfants, dont la garde lui est confiée, et 
que le père a déménagé dans un autre logement dès octobre 2022 (décision attaquée, p. 5).

Dans son appel (p. 10), le mari ne critique pas ce raisonnement, mais se borne à faire valoir que 
l'appartement doit lui être attribué dans le prolongement du transfert de la garde des enfants à lui-
même. Vu le rejet de l'appel sur la question de la garde, il doit en aller de même en tant qu'il 
concerne le domicile de la famille. 

Quant à l'autre argument soulevé par l'appelant, à savoir le fait que son épouse n'aura pas, dans 
la procédure de divorce, les moyens de reprendre la dette hypothécaire et de le désintéresser pour 
sa part de copropriété, il n'est pas pertinent à ce stade, le critère de l'utilité – qui est prioritaire 
(arrêt TF 5A_934/2023 du 5 juin 2024 consid. 3.1) – ayant donné un résultat clair en faveur de 
l'intimée. 

4.

Dans l'hypothèse où la garde des enfants serait confiée à la mère, l'appelant conclut, à titre plus 
subsidiaire, à ce que la contribution d'entretien qu'il doit pour F.________ jusqu'en août 2025 soit 
réduite à CHF 820.- par mois, d'une part, et à ce qu'un montant global de CHF 71'287.15 déjà 
acquitté par ses soins soit déduit des pensions en faveur des enfants, d'autre part.

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4.1. L'art. 285 al. 1 CC dispose que la contribution d'entretien doit correspondre aux besoins de 
l'enfant ainsi qu'à la situation et aux ressources de ses père et mère. L'entretien convenable est 
ainsi une valeur dynamique qui dépend des moyens concrets des parents, dont l'enfant doit 
profiter.

L'entretien de l'enfant comprend d'abord ses coûts directs qui, en tout état de cause, doivent être 
couverts en premier. Les lignes directrices pour le calcul du minimum vital du droit des poursuites 
selon l'art. 93 LP constituent le point de départ ; s'y ajoutent la part au loyer de l'enfant, 
l'assurance-maladie obligatoire et les frais de garde. Un éventuel manco ne peut se rapporter qu'à 
ces valeurs (art. 287a let. c CC et 301a let c. CPC). Si les moyens financiers le permettent, 
l'entretien convenable de l'enfant doit être étendu au minimum vital du droit de la famille. Sont 
alors prises en considération les primes d'assurance complémentaire et une part d'impôt. Le fait de 
multiplier le montant de base ou de prendre en compte des postes supplémentaires comme les 
voyages ou les loisirs n'est pas admissible. Ces besoins doivent être financés au moyen de la 
répartition de l'excédent, qui intervient ultérieurement, après que le minimum vital du droit de la 
famille de l'ensemble de ses membres, y compris les enfants majeurs, est couvert (ATF 147 III 265 
consid. 5.5 et 7.2).

Conformément à l'art. 285 al. 2 CC, la contribution d'entretien sert aussi à garantir la prise en 
charge de l'enfant par les parents et les tiers. Cela signifie qu'aux coûts directs générés par 
l'enfant viennent s'ajouter les coûts indirects de sa prise en charge, ce qui implique de garantir, 
économiquement parlant, que le parent qui assure personnellement la prise en charge puisse 
subvenir à ses propres besoins tout en s'occupant de l'enfant (ATF 144 III 377 consid. 7.1.2.2 ; 
arrêt TC FR 101 2016 317 du 27 mars 2017 consid. 3a in RFJ 2017 41). Selon la jurisprudence, en 
cas de garde exclusive, l'on est en droit d'attendre du parent se consacrant à la prise en charge de 
l'enfant qu'il recommence à travailler, en principe, à 50 % dès l'entrée du plus jeune enfant à 
l'école obligatoire, à 80 % à partir du moment où celui-ci débute le degré secondaire et à 100 % 
dès qu'il atteint l'âge de 16 ans révolus (ATF 144 III 481 consid. 4.7.6). 

4.2. En l'espèce, dans ses conclusions plus subsidiaires, l'appelant ne critique pas les 
contributions d'entretien en faveur de ses trois enfants aînés, ni celle destinée à la cadette à 
compter de septembre 2025. La Cour n'a donc pas à revoir ces calculs.

En revanche, pour la période courant jusqu'en août 2025, le père reproche à la Présidente du 
tribunal d'avoir évalué l'entretien convenable de sa fille F.________ en ajoutant à ses coûts directs 
une contribution de prise en charge de CHF 2'499.-, correspondant au déficit de l'intimée. Il expose 
que cette dernière ne s'occupe pas des enfants, puisqu'elle a entrepris des études à plein temps, 
de sorte qu'elle ne saurait prétendre à une contribution de prise en charge. Partant, il souhaite que 
la pension pour sa fille cadette soit réduite à CHF 820.- par mois (appel, p. 10). Il a cependant été 
établi (supra, consid. 2.4) que l'épouse n'a, dans les faits, jamais pu débuter sa formation, faute 
d'avoir trouvé un stage préalable, et qu'elle est disponible pour s'occuper des enfants et le fait 
effectivement. En conséquence, et compte tenu aussi de l'âge de F.________, il ne se justifie pas 
de faire abstraction des frais de subsistance retenus jusqu'en août 2025.

Dans ces conditions, les contributions d'entretien dues par le père en faveur des enfants doivent 
être confirmées.

4.3. Concernant le montant total de CHF 71'287.15 qu'il souhaite voir déduit des contributions 
en faveur des enfants, l'appelant expose qu'il supporte déjà seul les charges de la famille (appel, 
p. 11-13) et produit une liasse d'extraits bancaires relatifs à la période d'octobre 2023 à octobre 
2024, ainsi qu'un décompte établi par ses soins (pièces 6 et 7 du bordereau d'appel).

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De son côté, l'intimée fait valoir que les montants allégués par son époux ne sont pas prouvés, 
étant excessivement difficiles à retrouver dans les extraits bancaires produits, et qu'il ne pourrait, 
quoi qu'il en soit, être tenu compte que des charges comprises dans le calcul des contributions 
d'entretien selon la décision attaquée, ce qui exclurait par exemple le remboursement de fonds 
propres, la contribution immobilière, les frais de télécommunication et de garde de F.________ 
dépassant les forfaits pris en compte, les frais de repas de C.________ à l'école H.________ (non 
retenus), les impôts et les "dépenses courantes" non spécifiées (réponse à l'appel, p. 9-10).

4.3.1. Compte tenu de la maxime d'office, les conclusions tendant à déduire des contributions 
d'entretien les montants déjà pris en charge directement par l'appelant sont recevables, quand 
bien même elles sont prises pour la première fois en appel.

4.3.2. Selon la jurisprudence (ATF 138 III 583 consid. 6.1.1), lorsque le dispositif du jugement 
condamne le débiteur au paiement de contributions d'entretien d'un montant déterminé, tout en 
réservant néanmoins les prestations d'entretien déjà versées, et que le montant qui reste dû à titre 
d'arriéré ne peut pas être déduit des motifs, ce jugement ne vaut pas titre de mainlevée, faute 
d'une obligation de payer claire. Il en découle que, si le débirentier prétend avoir déjà versé des 
prestations d'entretien au crédirentier depuis la séparation des époux, il est nécessaire que le juge 
du fond statue sur les montants qui doivent être déduits de l'arriéré, sur la base des allégués et 
des preuves offertes en procédure.

En l'espèce, il convient dès lors d'examiner les sommes que l'appelant allègue avoir déjà réglées 
jusqu'en octobre 2024 et de déterminer si les pièces produites prouvent ses paiements. Il est 
relevé que, dans la mesure où l'intimée n'exerçait aucune activité lucrative pour la période 
considérée, il est effectivement vraisemblable que toutes les charges de la famille ont été payées 
par le mari. Dans ce cadre, comme l'intimée le souligne, il ne pourra cependant être tenu compte 
que des charges que la première juge a bien incluses dans ses calculs, que ce soit dans les coûts 
directs des enfants ou dans la contribution de prise en charge intégrée à la pension en faveur de la 
cadette.

4.3.3. Concernant le logement, l'appelant invoque avoir payé CHF 24'392.-, soit CHF 7'195.- (5 x 
1'439) pour l'intérêt hypothécaire, CHF 5'122.- pour l'amortissement, CHF 4'500.- à titre de 
remboursement de fonds propres, CHF 7'239.- pour les charges PPE, CHF 980.- pour la 
contribution immobilière, CHF 185.- pour l'électricité et CHF 610.- pour l'assurance RC et ménage.

D'emblée, il apparaît que la Présidente du tribunal n'a pas pris en compte, dans les frais de 
logement, la contribution immobilière, ce dont nul ne se plaint. Les éventuels paiements effectués 
par l'appelant à ce titre ne sont donc pas pertinents, pas plus que le montant allégué en lien avec 
un remboursement de fonds propres.

Pour ce qui est de l'intérêt hypothécaire, l'extrait du compte produit sous pièce 6 – lequel est au 
nom des deux époux – ne fait état de crédits provenant du mari qu'à hauteur de CHF 4'000.- (2 x 
1'500 + 1'000). C'est dès lors cette somme qui sera prise en compte. Il s'y ajoute CHF 5'122.- pour 
l'amortissement indirect (13 x 394), la somme alléguée de CHF 7'239.- pour les charges PPE, qui 
sont débitées d'un compte au nom de l'appelant, CHF 185.- pour deux factures d'électricité au nom 
de l'intimée et le montant invoqué de CHF 610.- pour une prime d'assurance versées à la 
Vaudoise, auprès de qui est conclue l'assurance bâtiment, ménage et RC privée pour 
l'appartement en copropriété des conjoints (pièce 9 du bordereau de première instance de 
l'épouse), charges effectivement retenues par la première juge.

Pour les frais de logement, c'est donc un montant total de CHF 17'156.- qui doit être porté en 
déduction des contributions d'entretien.

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4.3.4. S'agissant du montant allégué de CHF 1'667.- pour les frais de télécommunication et de 
redevance radio/TV, l'extrait bancaire produit ne mentionne que des paiements à Sunrise et à 
Serafe, sans aucune précision, de sorte que l'on ignore s'il s'agit bien de factures de l'intimée. Au 
demeurant, la redevance n'a pas été comptée dans les charges par la première juge.

Dans ces conditions, ce montant ne peut pas être retenu.

4.3.5. En lien avec les primes de caisse-maladie, l'appelant invoque avoir payé pour son épouse 
et ses enfants un montant total de CHF 6'917.-, ce qui semble résulter des extraits bancaires, et 
l'intimée ne conteste pas en soi cette somme. Elle sera dès lors prise en compte.

4.3.6. Pour les frais de crèche, l'appelant allègue avoir réglé une somme totale de CHF 3'090.-, 
qui paraît attestée par la pièce 6. Toutefois, la décision attaquée retient à ce titre uniquement un 
montant de CHF 200.- par mois pour la cadette, soit CHF 2'600.- (13 x 200) pour la période 
considérée. C'est donc cette somme qui doit être déduite des contributions d'entretien.

4.3.7. L'appelant fait encore valoir qu'il a payé un montant de CHF 698.- pour les frais de repas 
de midi de son fils, ainsi qu'une somme de CHF 7'648.- pour les impôts. Ces charges n'ont 
cependant pas été retenues par la première juge, qui a fait abstraction de la charge fiscale 
jusqu'en août 2025 (décision attaquée, p. 17-18). Il ne peut en être tenu compte ici.

4.3.8. Enfin, le mari invoque des versements à son épouse, pour l'entretien courant de la famille, 
de CHF 26'875.- au total. Cette somme est attestée par les extraits bancaires et semble avoir été 
versée, par acomptes mensuels, entre le 2 octobre 2023 et le 28 octobre 2024. Elle peut donc être 
prise en compte.

4.3.9. En définitive, c'est donc un montant total de CHF 53'548.- que l'appelant a prouvé avoir 
déjà versé, entre octobre 2023 et octobre 2024, pour l'entretien de ses enfants et de son épouse. Il 
doit être porté en déduction des contributions d'entretien, comme demandé.

4.4. L'appel est ainsi partiellement admis en lien avec l'entretien des enfants.

5.

5.1. Aux termes de l'art. 106 al. 1 et 2 CPC, les frais sont en principe mis à la charge de la 
partie succombante ; lorsqu'aucune d'elles n'obtient entièrement gain de cause, les frais sont 
répartis selon le sort de la cause. Cette disposition est aussi applicable aux affaires de droit de la 
famille, quand bien même le tribunal a la faculté, en application de l'art. 107 al. 1 let. c CPC, de 
s'écarter des règles générales et de répartir les frais selon sa libre appréciation (ATF 139 III 358 
consid. 3).

En l'espèce, l'appel est rejeté sur la question – largement principale – de l'attribution de la garde. Il 
est certes partiellement admis, en lien avec les montants déjà acquittés par le père pour l'entretien 
de ses enfants, mais d'une part il s'agit là d'un point accessoire, et d'autre part cette question n'a 
jamais été thématisée en première instance. Il en découle que l'appelant a certes en partie gain de 
cause, mais dans une proportion bien moindre que celle à laquelle il concluait. Dans ces 
conditions, il se justifie de retenir qu'il succombe beaucoup plus largement que l'intimée et, ainsi, 
de mettre à sa charge l'ensemble des frais d'appel, sous réserve de l'assistance judiciaire qui lui a 
été octroyée.

5.2. Les frais judiciaires d'appel sont fixés à CHF 1'500.-, vu l'ampleur du dossier.

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5.3. Selon l'art. 105 al. 2 CPC, le tribunal fixe les dépens selon le tarif, soit le Règlement 
fribourgeois du 30 novembre 2010 sur la justice (RJ ; RSF 130.11). En cas de fixation globale, 
comme en l'espèce, l’autorité tient compte notamment de la nature, de la difficulté et de l’ampleur 
de la procédure et du travail nécessaire de l’avocat, ainsi que de l’intérêt et de la situation 
économiques des parties (art. 63 al. 2 RJ). L'indemnité maximale en cas de recours contre une 
décision du juge unique est de CHF 3'000.-, montant pouvant être doublé si des circonstances 
particulières le justifient (art. 64 al. 1 let. e et al. 2 RJ).

Compte tenu de ces critères, en particulier de l'ampleur inhabituelle de la procédure d'appel, les 
dépens de l'intimée peuvent être arrêtés à la somme de CHF 2'500.-, débours compris, mais TVA 
en sus par CHF 202.50 (8.1 % x 2'500). Cette somme est due directement à Me Ingo Schafer, 
défenseur d'office de l'épouse (arrêt TF 4A_106/2021 du 8 août 2022 consid. 3.4).

5.4. En vertu de l'art. 318 al. 3 CPC, si l'instance d'appel statue à nouveau, elle se prononce sur 
les frais de la première instance.

En l'occurrence, vu l'issue de la procédure, il n'y a pas matière à réformer d'office la décision de la 
Présidente du tribunal sur ce point, qui a réparti les frais entre les époux en application de l'art. 107 
al. 1 let. c CPC.

la Cour arrête :

I. L'appel est partiellement admis.

Partant, les chiffres V et IX du dispositif de la décision prononcée le 29 octobre 2024 par la 
Présidente du Tribunal civil de la Sarine sont réformés et prennent désormais la teneur 
suivante :

V. Le droit de visite de A.________ s’exerce d’entente entre les parties. A défaut 
d’entente, il s’exerce selon les modalités suivantes :

- chaque jeudi, dès la sortie de l’école ou, à défaut, dès 16.00 heures, jusqu’au 
vendredi matin au début de l’école, ou à défaut à 08.00 heures ;

- un week-end sur deux, les enfants demeurant pris en charge par leur père depuis le 
jeudi soir, jusqu’au lundi matin au début de l’école, ou à défaut à 08.00 heures ;

- durant la moitié des vacances scolaires, les fêtes de Noël et Nouvel-An étant 
passées alternativement auprès de chaque parent.

IX. A.________ contribue à l’entretien de ses enfants par le versement, en mains de 
B.________, des pensions mensuelles suivantes, allocations familiales et employeur 
en sus :

du 1er octobre 2023 au 31 août 2025 :

- CHF 400.- pour C.________ ;
- CHF 600.- pour D.________ ;
- CHF 400.- pour E.________ ;
- CHF 3'300.- pour F.________.

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dès le 1er septembre 2025 :

- CHF 600.- pour C.________ ;
- CHF 800.- pour D.________ ;
- CHF 600.- pour E.________ ;
- CHF 600.- pour F.________.

Ces pensions sont payables d'avance, le 1er de chaque mois. Elles sont dues sous 
déduction d'un montant total de CHF 53'548.- déjà payé par A.________ entre octobre 
2023 et octobre 2024.

Elles seront en outre indexées le 1er janvier de chaque année sur la base de l’indice 
suisse des prix à la consommation arrêté au 30 novembre de l’année précédente et 
arrondies au franc supérieur, l’indice de base étant celui en vigueur au moment de 
l’entrée en force du jugement. L’indexation n’aura lieu que dans la mesure où les 
revenus du débirentier seront indexés, à charge pour lui d’établir que tel n’est pas le 
cas.

Au surplus, les chiffres II (domicile familial), IV (garde des enfants) et VI (curatelle de 
surveillance des relations personnel) de ce dispositif sont confirmés.

II. Les frais d'appel, dont notamment les frais judiciaires dus à l'Etat, fixés à CHF 1'500.-, sont 
mis à la charge de A.________, sous réserve de l'assistance judiciaire.

III. Les dépens de B.________ pour l'instance d'appel, dus à Me Ingo Schafer, sont fixés 
globalement à CHF 2'500.-, débours compris mais TVA en sus par CHF 202.50.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 22 août 2025/lfa

Le Président Le Greffier-rapporteur