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**Case Identifier:** 083450f2-3b28-5242-848e-fe6ae46d5d3a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-06-12
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 12.06.2017 C/21372/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-21372-2016_2017-06-12.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 14.06.2017. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/21372/2016 ACJC/697/2017 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU LUNDI 12 JUIN 2017 

 

Entre 

1) Madame A______, domiciliée ______, représentée par le Service de protection de 
l'adulte, bd Georges-Favon 28, case postale 5011, 1211 Genève 11, 

2) Madame B______, domiciliée ______, recourantes contre un jugement rendu par le 
Tribunal des baux et loyers le 20 décembre 2016, comparant en personne, 

et 

C______, intimée, représentée par D______, ______, en les bureaux de laquelle elle fait 
élection de domicile. 

 

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C/21372/2016 

EN FAIT 

A. a. C______ a loué à A______ et B______ un appartement de quatre pièces au 
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ème
 étage de l'immeuble sis ______, à Genève. 

b. Par courrier notifié le 24 mai 2016, D______ a résilié le contrat de bail 
susmentionné, pour défaut de paiement, avec effet au 30 juin 2016.  

c. A______ et B______ ont déposé une requête en contestation de ce congé 
auprès de la Commission de conciliation en matière de baux et loyers le 14 juin 

2016. 

d. Selon le procès-verbal du 16 septembre 2016 devant la Commission de 
conciliation en matière de baux et loyers, D______, d'une part, A______ et 

B______ d'autre part, sont convenues que le congé notifié le 24 mai 2016 était 

accepté et qu'un délai de départ au 31 octobre 2016 était accordé aux locataires, 

le procès-verbal valant jugement d'évacuation dès le 1
er

 novembre 2016. 

e. Cette décision étant définitive et exécutoire, et les locaux n'ayant pas été 
restitués par les locataires, la bailleresse a déposé une requête en exécution du 

procès-verbal suscité au Tribunal des baux et loyers (ci-après : le Tribunal) le 

1
er

 novembre 2016. 

 f. Par ordonnance DTAE/______ rendue le 5 décembre 2016, le Tribunal de 
protection de l'adulte et de l'enfant a instauré une curatelle de représentation et 

de gestion au profit de A______ couvrant "ses rapports juridiques avec les tiers, 

notamment en matière juridique, administrative et financière et dans le but 

également de lui assurer une situation de logement".  

 g. Lors de l'audience de débats du 20 décembre 2016 devant le Tribunal des 
baux et loyers, B______ a déclaré qu'elle résidait à la rue ______ depuis vingt-

trois ans. Représentant sa sœur A______, elle a ajouté que cette dernière vivait 

avec son compagnon à Saint-Tropez, dans leur maison. Elle a sollicité l'octroi 

d'un sursis de trois mois et fait état de la situation de sa sœur. Elle n'a produit 

aucune pièce. 

h. Par jugement JTBL/1230/2016 du 20 décembre 2016, le Tribunal a autorisé 
C______ à faire exécuter par la force publique le procès-verbal de conciliation 

du 16 septembre 2016 dès l'entrée en force du jugement (ch. 1 du dispositif). 

B.  a. A______ et B______ ont déposé un recours contre ce jugement le 12 janvier 
2017, requérant la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution 

ordonnées par le Tribunal, l'annulation du jugement du Tribunal, et l'octroi d'un 

délai de grâce au 31 mars 2017 pour évacuer l'appartement concerné. 

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C/21372/2016 

Les recourantes ont fait grief au Tribunal d'avoir violé leur droit d'être 

entendues, le principe de proportionnalité, et le droit au logement protégé par la 

Constitution cantonale.  

Selon les recourantes, la décision d'exécution immédiate n'était pas motivée et ne 

tenait compte ni de leur état de santé, ni de leur situation financière. 

b. Interpelée par la Cour, la curatrice de A______ a fait connaître, le 13 janvier 
2017, qu'elle ne ratifiait pas le recours formé par celle-ci.  

c. Par arrêt du 3 mars 2017 (ACJC/239/2017), la Cour a rejeté la requête de 
suspension du caractère exécutoire du chiffre 1 du dispositif du jugement 

JTBL/1230/2016. 

d. Par courrier du 6 mars 2017, la bailleresse a contesté les allégués de la 
recourante et a conclu à l'irrecevabilité du recours, selon elle tardif, et à la 

confirmation du jugement entrepris. 

Elle a exposé que le recours devait être "rejeté" car il avait été formé hors délai, 

et a souligné que le logement n'était occupé par aucune des locataires, mais 

servait de garde-meubles. L'arriéré de loyer s'élevait à 25'657 fr. 35, représentant 

douze mois de loyers.  

e. Par courrier du 15 mars 2017, la curatrice de A______ n'a pas contesté les 
conclusions de la partie intimée.  

f. Par courrier du 13 avril 2017, les parties ont été informées par plis du greffe de 
ce que la cause était gardée à juger, l'intimée n'ayant pas fait usage de son droit 

de dupliquer. 

EN DROIT 

1. La Chambre des baux et loyers connaît des appels et des recours dirigés contre 
les jugements du Tribunal des baux et loyers (art. 122 LOJ).  

 Selon l'art. 121 al. 2 LOJ, dans les causes fondées sur les art. 257d et 282 CO, 

comme en l'espèce, la Chambre des baux et loyers de la Cour de justice siège 

sans les assesseurs. 

2.  2.1 Le jugement entrepris a autorisé la bailleresse à faire appel à la force 
publique pour faire exécuter l'évacuation des locataires dès son entrée en force.  

Seule la voie du recours est ouverte contre l'exécution d'un jugement 

d'évacuation (art. 309 let. a CPC et 319 let. a CPC). 

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2.2 Le tribunal examine d'office si les conditions de recevabilité sont remplies 
(art. 60 CPC) et n'entre en matière que sur les demandes et les requêtes qui 

satisfont aux conditions de recevabilité de l'action (art. 59 al. 1 CPC). 

L'exercice des droits civils confère la capacité d'ester en justice (art. 12 CC et  

67 al. 2 CPC), et la capacité de revendiquer en justice ("Postulationsfähigkeit"; 

arrêt du Tribunal fédéral 4A_87/2012 du 10 avril 2012 consid. 3.2.3 in fine, in 

SJ 2011 I 443), attribue de la capacité d'ester en justice, constitue une condition 

de recevabilité de l'acte introduit (art. 59 al. 2 let. c CPC; ATF 132 I 1  

consid. 3.2; JEANDIN, Code de procédure civile commenté, 2011, n. 16 ad  

art. 67 CPC). 

La personne qui n'a pas l'exercice des droits civils agit par l'intermédiaire de son 

représentant légal (art. 67 al. 2 CPC); elle ne peut pas en conséquence procéder, 

que ce soit personnellement ou par l'entremise d'un mandataire conventionnel 

(JEANDIN, op. cit., n. 7 et ss ad art. 67 CPC).  

Toutefois une telle personne, pour autant qu'elle soit capable de discernement, 

peut accomplir provisoirement les actes nécessaires s'il y a péril en la demeure 

(art. 67 al. 3 let. d CPC), soit notamment, dans le cas particulier du respect des 

délais d'action ou de recours (STERCHI, in Berner Kommentar ZPO, 2012, n. 15 

ad art. 67 CPC). 

Dans cette hypothèse, le juge impartit au représentant légal un délai pour ratifier 

l'acte; à défaut, la requête, la demande ou le recours du représenté sera déclaré 

irrecevable, sous suite de frais (ATF 112 II 102 consid. 2; arrêt du Tribunal 

fédéral 5A_15/2009 du 2 juin 2009 consid. 4.1; TENCHIO, in Basler Kommentar 

ZPO, n. 29 ad art. 67 CPC). 

En l'occurrence, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant a institué une 

curatelle de représentation et de gestion au profit de A______, couvrant 

notamment ses rapports de logement. 

La curatrice de A______ n'a pas ratifié le recours formé par cette dernière, de 

sorte que celui-ci doit être déclaré irrecevable dans la mesure où il émane de la 

recourante précitée.  

2.3 Le recours, écrit et motivé, doit être déposé dans un délai de dix jours à 
compter de sa notification (art. 321 al. 1 et 2 CPC), le Tribunal de première 

instance ayant rendu sa décision en procédure sommaire (art. 257 al. 2 CPC). 

Les délais déclenchés par la communication ou la survenance d'un événement 

courent dès le lendemain de celles-ci (art. 142 al. 1 CPC). Les actes doivent être 

remis au plus tard le dernier jour du délai soit au tribunal soit à l'attention de ce 

dernier, à la poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire 

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suisse (art. 143 al. 1 CPC). La suspension des délais ne s'applique pas à la 

procédure sommaire (art. 145 al. 2 let. b CPC). 

En l'espèce, B______ a reçu le jugement du Tribunal le 3 janvier 2017. Le délai 

pour former recours a commencé à courir le 4 janvier 2017 pour arriver à 

échéance le 13 janvier 2017. 

Le recours a été déposé le 11 janvier 2017, de sorte qu'il est recevable sous cet 

angle.  

2.4 Le recours est recevable pour violation du droit et constatation 
manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). 

3.   La recourante reproche au Tribunal d'avoir violé son droit d'être entendue, dans 
la mesure où la décision entreprise ne motive pas l'exécution immédiate de 

l'évacuation. 

3.1 La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) le devoir 
pour le juge de motiver sa décision, afin que le justiciable puisse la comprendre, 

la contester utilement s'il y a lieu et exercer son droit de recours à bon escient. 

Pour répondre à ces exigences, le juge doit mentionner, au moins brièvement, les 

motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de manière à ce que 

l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en 

connaissance de cause (ATF 135 III 513 consid. 3.6.5; 134 I 83 consid. 4.1). 

Ainsi, les parties doivent pouvoir connaître les éléments de fait et de droit 

retenus par le juge pour arriver au dispositif (TAPPY, Code de procédure civile 

commenté, Bâle, 2011, n. 7 ad art. 238 CPC). 

En procédure sommaire, la motivation peut être plus succincte qu'en procédure 

ordinaire (MAZAN, Commentaire bâlois, 2013, n. 6 et 7 ad art. 256 CPC). 

3.2 En l'espèce, dans son jugement du 20 décembre 2016, le Tribunal s'est référé 
au procès-verbal de conciliation du 16 septembre 2016 signé par les parties et 

valant jugement d'évacuation dès le 1
er

 novembre 2016.  

Certes, la motivation du jugement est succincte et ne mentionne pas la demande 

de la recourante d'un sursis de trois mois supplémentaires pour évacuer 

l'appartement. L'exécution du procès-verbal n'appelle toutefois pas plus 

d'explications, dans la mesure où la recourante n'a fourni aucun élément 

justificatif permettant de différer l'exécution de son évacuation. 

La lecture de la décision entreprise permet dès lors de comprendre les motifs sur 

lesquels le juge a fondé sa décision, de sorte qu'elle est suffisamment motivée. 

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4.   La recourante reproche au Tribunal d'avoir violé le principe de proportionnalité 
et son droit au logement en refusant le délai de trois mois sollicité en raison de sa 

situation financière et de son état de santé.  

4.1 L'exécution forcée d'un jugement ordonnant l'expulsion d'un locataire est 
réglée par le droit fédéral (cf. art. 335 et ss CPC). 

En procédant à l'exécution forcée d'une décision judiciaire, l'autorité doit tenir 

compte du principe de la proportionnalité. Lorsque l'évacuation d'une habitation 

est en jeu, il s'agit d'éviter que des personnes concernées ne soient soudainement 

privées de tout abri. L'expulsion ne saurait être conduite sans ménagement, 

notamment si des motifs humanitaires exigent un sursis, ou lorsque des indices 

sérieux et concrets font prévoir que l'occupant se soumettra spontanément au 

jugement d'évacuation dans un délai raisonnable. En tout état de cause, 

l'ajournement ne peut être que relativement bref et ne doit pas équivaloir en fait 

à une nouvelle prolongation de bail (ATF 117 Ia 336 consid. 2b p. 339; arrêt du 

Tribunal fédéral 4A_207/2014 du 19 mai 2014 consid. 3.1). 

Selon l'art. 30 al. 4 LaCC, le Tribunal peut, pour des motifs humanitaires, 

surseoir à l'exécution du jugement d'évacuation dans la mesure nécessaire pour 

permettre le relogement du locataire ou du fermier lorsqu'il est appelé à statuer 

sur l'exécution d'un jugement d'évacuation d'un logement, après audition des 

représentants du département chargé du logement et des représentants des 

services sociaux ainsi que des parties. 

4.2 En l'espèce, aucune des locataires n'habite l'appartement objet de la 
procédure, ce qui n'est pas contesté par la recourante. Celle-ci indique se trouver 

dans une situation précaire en raison de sa santé délicate et de ses finances 

obérées, mais n'étaye ses affirmations par aucun élément susceptible de les 

rendre crédibles, et n'explique pas en quoi le fait de garder cet appartement, au 

demeurant vide, permettrait d'améliorer sa situation et celle de sa sœur.  

Par ailleurs, en signant le procès-verbal de conciliation valant jugement 

d'évacuation le 16 septembre 2016, la recourante a expressément accepté le 

congé notifié pour défaut de paiement par la bailleresse et s'est engagée à libérer 

l'appartement le 31 octobre 2016, une évacuation pouvant être requise dès le 

lendemain. La recourante n'a pas libéré le logement à l'échéance prévue, et a déjà 

bénéficié à ce jour, de fait, d'un sursis de plus de six mois.  

En outre, le loyer de l'appartement loué n'a pas été versé depuis plus de douze 

mois, l'arriéré dû est important et augmente chaque mois. Ainsi, le Tribunal a 

correctement tenu compte des circonstances du cas et des intérêts en présence en 

autorisant la bailleresse à faire exécuter par la force publique le procès-verbal de 

conciliation du 16 septembre 2016.  

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Enfin, la recourante n'explique d'aucune manière en quoi les dispositions 

constitutionnelles relatives au droit au logement permettraient de surseoir à son 

évacuation. Il est rappelé à cet égard que les rapports entre particuliers relèvent 

directement des seules lois civiles et pénales et que c'est donc par celles-ci que 

l'individu est protégé contre les atteintes que d'autres sujets de droit privé 

pourraient porter à ses droits constitutionnels (ATF 107 Ia 277 consid. 3a,  

p. 280 s.; arrêt du Tribunal fédéral 4A_265/2011 du 8 juillet 2011 consid. 3.2.1). 

Dès lors, c'est à raison que le Tribunal a prononcé l'exécution immédiate du 

jugement d'évacuation. 

En tout état de cause, le recours est sans objet dès lors que le délai sollicité, au 

31 mars 2017, est échu.  

Le recours sera ainsi rejeté. 

5.   A teneur de l'art. 22 al. 1 LaCC, il n'est pas prélevé de frais dans les causes 
soumises à la juridiction des baux et loyers, étant rappelé que l'art. 116 al. 1 CPC 

autorise les cantons à prévoir des dispenses de frais dans d'autres litiges que ceux 

visés à l'art. 114 CPC (ATF 139 III 182 consid. 2.6). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des baux et loyers : 

A la forme : 

Déclare irrecevable le recours interjeté le 12 janvier 2017 par A______ contre le 

jugement JTBL/1230/2016 rendu le 20 décembre 2016 par le Tribunal des baux et 

loyers dans la cause C/21372/2016-7-SD. 

Déclare recevable le recours interjeté le 12 janvier 2017 par B______ contre le 

jugement JTBL/1230/2016 rendu le 20 décembre 2016 par le Tribunal des baux et 

loyers dans la cause C/21372/2016-7-SD. 

Au fond : 

Rejette ce recours. 

Dit que la procédure est gratuite. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions.  

Siégeant : 

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, présidente; Madame Sylvie DROIN, 

Monsieur Laurent RIEBEN, juges; Madame Maïté VALENTE, greffière. 

 

La présidente : 

Nathalie LANDRY-BARTHE 

 La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.