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**Case Identifier:** ecf09daa-0bb9-5ce3-af2d-a2cb0e35c9d9
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-05-31
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 31.05.2013 A/1463/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1463-2013_2013-05-31.pdf

## Full Text

Siégeant : Doris GALEAZZI, Présidente 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/1463/2013 ATAS/551/2013 

 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt incident du 31 mai 2013 

1
ère

 Chambre 

 

En la cause 

Monsieur C____________, domicilié à VERNIER, comparant avec 
élection de domicile en l'étude de Maître MAUGUE Eric 

recourant 

 

contre  

 

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITE DU CANTON DE 
GENEVE, sis rue des Gares 12, GENEVE 

intimé 

 

 
 
 

 

A/1463/2013 

- 2/7 -

EN FAIT 

1. Monsieur C____________, né en 1948, exerçant le métier de maçon, a été victime 

d'un accident le 7 mars 1994 et mis au bénéfice d'une rente entière d'invalidité 

depuis le 1er mars 1995. 

2. Par courrier du 18 mars 2009, l'OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITE DU 

CANTON DE GENEVE (ci-après OAI) a informé l'assuré qu'ayant appris qu'il 

avait repris une activité lucrative dans le cadre de la procédure de révision de son 

droit à la rente, le versement de la rente était suspendu avec effet immédiat ; cette 

suspension a été confirmée par décision incidente du 25 mars 2009, puis par arrêt 

du Tribunal cantonal des assurances sociales (TCAS), alors compétent, du 2 juin 

2009. 

3. Par décision du 3 novembre 2010, l'OAI a supprimé la rente d'invalidité avec effet 

rétroactif au 7 novembre 2008, date à laquelle, en tous cas, il avait repris une 

activité professionnelle. 

4. Par arrêt du 31 janvier 2012, la Cour de céans, laquelle a repris la procédure 

pendante devant le TCAS, a considéré que les conditions de la révision n'étaient pas 

réunies, de sorte qu'elle a annulé la décision de l'OAI. 

5. Le 21 août 2012 cependant, le Tribunal fédéral a admis le recours formé  par l'OAI 

et renvoyé la cause à cet office pour instruction complémentaire et nouvelle 

décision. 

6. Le 9 octobre 2012, l'OAI a informé l'assuré qu'il estimait nécessaire de le soumettre 

à un examen ophtalmologique et neurologique et qu'il entendait mandater dans ce 

but un centre d'expertise désigné selon le principe du hasard, conformément à l'art. 

72bis RAI. L'OAI a joint la liste des questions qui seraient posées à l'expert, et 

accordé à l'assuré un délai de dix jours pour lui faire parvenir d'éventuelles 

questions complémentaires.  

7. Représenté par Me Eric MAUGUE, l'assuré a, le 16 octobre 2012, contesté que la 

désignation aléatoire d'un centre d'expertise selon l'art. 72bis RAI respecte les 

exigences fixées par l'arrêt du Tribunal fédéral 137 V 210, et plus généralement 

celles résultant de l'art. 6 CEDH. Il demande dès lors à l'OAI de lui faire parvenir 

des propositions d'experts, afin de se mettre d'accord sur leur désignation. 

8. Par décision incidente du 20 décembre 2012, l'OAI a maintenu le choix du centre 

d'expertise selon le principe aléatoire par la plateforme SuisseMED@P, étant 

précisé qu'un éventuel recours n'aurait pas d'effet suspensif. 

 
 
 

 

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9. Le 18 janvier 2013, l'OAI a informé l'assuré que l'expertise serait réalisée par le 

Docteur L____________ pour les volets médecine interne générale et neurologie, et 

par le Dr M____________ pour le volet ophtalmologique.  

10. Par courrier du 25 janvier 2013, l'assuré, relevant que le centre d'expertise désigné 

n'est pas mentionné, mais qu'une copie de la communication est adressée à la 

Clinique Corela SA, s'est opposé à ce que l'expertise soit confiée à celle-ci, au motif 

qu'elle ne présente pas les garanties d'impartialité suffisantes, et a des méthodes de 

travail non conformes aux exigences du droit fédéral. 

11. Par décision incidente du 26 mars 2013, l'OAI a maintenu l'expertise auprès des 

médecins experts désignés. 

12. L'assuré, par l'intermédiaire de son mandataire, a interjeté recours le 7 mai 2013 

contre ladite décision. Il conclut, préalablement, à la restitution de l'effet suspensif, 

à ce qu'il soit ordonné à l'OAI de produire les noms des centres d'expertise 

introduits dans le système SuisseMED@P, ainsi que l'ensemble des autres éléments 

relatifs à la désignation du centre, et principalement, à l'annulation de la décision du 

26 mars 2013, à ce qu'il soit dit et constaté que la désignation de l'expert 

ophtalmologue ne doit pas intervenir par le biais du système SuisseMED@P mis en 

place en application de l'art. 72bis RAI, et à ce que la cause soit renvoyée à l'OAI 

pour la désignation d'un nouvel expert ophtalmologue. 

13. L'OAI s'est déterminé le 21 mai 2013, s'agissant de la demande de restitution de 

l'effet suspensif. Il s'y oppose, considérant que l'intérêt prépondérant de l'Office (et 

de l'assuré) au respect du principe de célérité doit l'emporter, ce d'autant que 

l'assuré pourra contester la valeur probante, ainsi que les qualifications 

professionnelles des médecins choisis dans la procédure au fond. 

14. Ce courrier a été transmis à l'assuré et la cause gardée à juger sur la question de 

l'effet suspensif. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 

26 septembre 2010 (LOJ; RS E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la 

Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, 

des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit 

des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1) relatives à la loi sur 

l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI; RS 831.20). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Interjeté en temps utile, le présent recours est recevable (art. 39 al. 1 et 60 al. 2 

LPGA). 

 
 
 

 

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3. Le litige porte sur la désignation de l'expert ophtalmologue par le biais du système 

SuisseMED@P. 

4. L'assuré sollicite préalablement la restitution de l’effet suspensif. 

Sa demande correspond en réalité à une demande de mesures provisionnelles, ayant 

pour objectif de suspendre la réalisation de l'expertise ordonnée en tant qu'elle le 

serait par le Dr M____________ en particulier.  

5. Aux termes de l’art. 21 de la loi cantonale du 12 septembre 1985 sur la procédure 

administrative (LPA), l’autorité peut, d’office ou sur requête, ordonner des mesures 

provisionnelles en exigeant au besoin des sûretés. Ces mesures sont ordonnées par 

le Président s’il s’agit d’une autorité collégiale ou d’une juridiction administrative. 

La loi ne prévoit pas les conditions dans lesquelles des mesures provisionnelles 

peuvent être ordonnées. Il faut se référer pour cela à la doctrine et à la jurisprudence 

(cf. Pierre MOOR, droit administratif tomme 2, 2ème édition STAMPFLI p. 269 et 

ss et jurisprudence citée). Les mesures provisionnelles sont de deux catégories. 

D’une part, les mesures conservatoires qui visent à garantir que l’état de fait ou de 

droit qui est à la base de la décision prise ou à prendre ne se modifie pas pendant la 

litispendance; d’autre part les mesures formatrices qui régissent le contenu d’une 

relation juridique de manière temporaire, en attendant qu’elle reçoive un régime 

définitif dans la décision finale. 

6. Compte tenu de l’étroite connexité liant l’effet suspensif aux autres mesures 

provisionnelles au sens de l’art. 56 PA, les principes applicables au retrait de l’effet 

suspensif s’appliquent par analogie à ces mesures. 

7. a) La LPGA ne contient pas de dispositions propres sur l'effet suspensif. Selon l'art. 

55 al. 1 LPGA, les points de procédure qui ne sont pas réglés de manière exhaustive 

aux art. 27 à 54 LPGA ou par les dispositions des lois spéciales sont régis par la loi 

fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA; RS 172.021). 

L'art. 56 LPGA, qui concerne le droit de recours, ne règle pas l'effet suspensif 

éventuel du recours (Ueli KIESER, ATSG-Kommentar, p. 562 ch. m. 16 ad art. 56 

et la référence; ATF 129 V 376 consid. 4.3 in fine) ; que l'art. 61 LPGA pose des 

exigences auxquelles doit satisfaire la procédure devant le tribunal cantonal des 

assurances, laquelle est réglée par le droit cantonal, sous réserve de l'art. 1 al. 3 PA. 

Selon l'art. 1 al. 3 PA, l'art. 55 al. 2 et 4 PA, concernant le retrait de l'effet 

suspensif, s'applique à la procédure devant les autorités cantonales de dernière 

instance qui ne statuent pas définitivement en vertu du droit public fédéral. Est 

réservé l'art. 97 LAVS relatif au retrait de l'effet suspensif pour les recours formés 

contre les décisions des caisses de compensation ; qu'aux termes de l'art. 97 LAVS, 

applicable par analogie à l'assurance-invalidité en vertu de l'art. 66 LAI 

(dispositions applicables en l'espèce, dans leur nouvelle teneur en vigueur depuis le 

1er janvier 2003 [arrêt P.-S. du 24 février 2004 I 46/04]), la caisse de compensation 

 
 
 

 

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peut, dans sa décision, prévoir qu'un recours éventuel n'aura pas d'effet suspensif, 

même si la décision porte sur une prestation pécuniaire; qu'au surplus, l'art. 55 al. 2 

à 4 PA est applicable. 

Selon l'art. 11 al. 2 OPGA, l'assureur peut, sur requête ou d'office, retirer l'effet 

suspensif ou rétablir l'effet suspensif retiré dans la décision. Une telle requête doit 

être traitée sans délai. L'art. 55 al. 3 PA prévoit que l'autorité de recours ou son 

président peut restituer l'effet suspensif à un recours auquel l'autorité inférieure 

l'avait retiré. La demande de restitution de l'effet suspensif est traitée sans délai. 

S'agissant du retrait par l'administration de l'effet suspensif à une opposition ou à un 

recours ou de la restitution de l'effet suspensif, l'entrée en vigueur de la LPGA et de 

l'OPGA n'a rien changé à la jurisprudence en la matière (arrêt précité P.-S. du 24 

février 2004). D'après la jurisprudence, la possibilité de retirer l'effet suspensif au 

recours n'est pas subordonnée à la condition qu'il existe, dans le cas particulier, des 

circonstances tout à fait exceptionnelles qui justifient cette mesure. Il incombe bien 

plutôt à l'autorité appelée à statuer, en application de l'art. 55 PA, d'examiner si les 

motifs qui parlent en faveur de l'exécution immédiate de la décision l'emportent sur 

ceux qui peuvent être invoqués à l'appui de la solution contraire. L'autorité dispose 

sur ce point d'une certaine liberté d'appréciation; qu'en général, elle se fondera sur 

l'état de fait tel qu'il résulte du dossier, sans effectuer de longues investigations 

supplémentaires. En procédant à la pesée des intérêts en présence, les prévisions sur 

l'issue du litige au fond peuvent également être prises en considération; qu'il faut 

cependant qu'elles ne fassent aucun doute. Par ailleurs, l'autorité ne saurait retirer 

l'effet suspensif au recours lorsqu'elle n'a pas de raisons convaincantes pour le faire 

(ATF 124 V 88 s. consid. 6a, 117 V 191 consid. 2b et les références). Ces principes 

s'appliquaient également dans le cadre de l'art. 97 al. 2 LAVS (teneur en vigueur 

jusqu'au 31 décembre 2002 ; ATF 110 V 46), applicable par analogie à l'assurance-

invalidité en vertu de l'art. 81 LAI (abrogé par la LPGA). 

b) Les mesures provisionnelles ne sont ainsi légitimes, aux termes de la loi, que si 

elles s'avèrent nécessaires au maintien de l'état de fait ou à la sauvegarde des 

intérêts compromis. En revanche, elles ne sauraient, en principe tout au moins, 

anticiper sur le jugement définitif, ni équivaloir à une condamnation provisoire sur 

le fond, ni non plus aboutir abusivement à rendre d'emblée illusoire le procès au 

fond (ATF 119 V 505 consid. 3 et les références citées) ; si la protection du droit ne 

peut exceptionnellement être réalisée autrement, il est possible d'anticiper sur le 

jugement au fond par une mesure provisoire, pour autant qu'une protection efficace 

du droit ne puisse être atteinte par la procédure ordinaire et que celle-ci produirait 

des effets absolument inadmissibles pour le requérant (GYGI, L'effet suspensif et 

les mesures provisionnelles en procédure administrative, RDAF 1976 p. 228; cf. 

aussi KÖLZ/HÄNER, Verwasltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des 

Bundes, 2ème édition, ch. 334 ss.) ; 

 
 
 

 

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8. En l'espèce, le recours est dirigé contre la désignation de l'expert ophtalmologue par 

le biais du système SuisseMED@P. La requête visant à la restitution de l'effet 

suspensif revient à demander la suspension de la réalisation de l'expertise et relève 

indiscutablement du droit de fond de la présente procédure.  

9. Partant, elle ne peut qu'être rejetée. 

 

 

 

 

 
 
 

 

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- 7/7 -

PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant sur incident 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Sur effet suspensif : 

2. Rejette la requête en rétablissement de l’effet suspensif. 

3. Réserve la suite de la procédure. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 

17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 

conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 

son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 

électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 

possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 

l'envoi. 

 
La greffière 

 
 

Nathalie LOCHER 

 La présidente 
 
 

Doris GALEAZZI 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le