# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b94e13b2-fb7b-506b-b1a5-76c1bed088b2
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-11-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 13.11.2008 A/1694/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1694-2008_2008-11-13.pdf

## Full Text

Siégeant : Karine STECK, Présidente; Violaine LANDRY-ORSAT et Christine 

LUZZATTO, Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/1694/2008 ATAS/1280/2008 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 3 

du 13 novembre 2008 

 

En la cause 

HELVETIA FONDATION COLLECTIVE DE PREVOYANCE EN 

FAVEUR DU PERSONNEL, sise St-Alban-Anlage 26, BASEL 

demanderesse 

 

contre 

X__________ SA, sise à GENEVE intimée 

 

 

 

 

 

A/1694/2008 

- 2/6 - 

EN FAIT 

1. La société X__________ SA s'est affiliée en matière de prévoyance professionnelle 

obligatoire à HELVETIA FONDATION COLLECTIVE DU PERSONNEL (ci-

après : HELVETIA). Le contrat d'affiliation correspondant (n°46374) a été signé en 

date du 19 septembre 2001 et a pris effet le 1
er

 octobre 2001. 

2. Par courrier du 14 mars 2005, la société a résilié le rapport d'affiliation avec effet 

au 31 décembre 2005. 

3. Le 14 avril 2005, Monsieur W__________, directeur de la société X__________ 

SA, a annoncé qu’il versait ce même jour un acompte de 749 fr. sur les primes 

2004, dont il a précisé qu’elles s’élevaient, selon l’extrait de compte du 31 

décembre 2004, à 4'249 fr. 85. Il s’est par ailleurs engagé à régler le montant des 

primes 2005 par fractions de deux ou trois versements.  

4. Le 26 septembre 2007, un commandement de payer a été notifié à la société à 

concurrence d'un montant de 9'032 fr. 30, plus intérêts à 5 % à compter du 7 

septembre 2007, plus 278 fr. 45 d’intérêts du 1
er

 janvier au 6 septembre 2007, plus 

500 fr. de frais de gestion. Monsieur W__________ y a formé opposition. 

5. En date du 13 mai 2008, HELVETIA (ci-après : la demanderesse) a saisi le 

Tribunal de céans d'une demande en mainlevée définitive de la poursuite à 

concurrence d'un montant de 9'032 fr. 30, plus intérêts sur la créance en capital à 

4,5 % du 1
er

 janvier au 31 août 2007 et à 5 % à compter du  1
er

 septembre 2007, 

plus frais du commandement de payer et indemnités de 500 fr. 

La demanderesse a expliqué avoir remis à la défenderesse, pour chaque personne 

annoncée, une attestation de prévoyance à l'intention de la personne assurée, ainsi 

qu'un document appelé "attestation collective" et un décompte des cotisations. Ce 

décompte peut être annuel ou au prorata. Après des sorties en cours d'année, une 

décharge correspondante des cotisations est donnée. La base de calcul pour les 

décomptes de cotisation est constituée d'une part par les prestations de prévoyance 

convenues dans le contrat d'affiliation et d'assurance, d'autre part par le tarif 

d'assurance collective approuvé par l'Office fédéral des assurances privées (OFAP). 

Une attestation collective indique pour l'essentiel les données personnelles, les 

prestations assurées, les frais annuels et les retenues mensuelles du salarié. 

La demanderesse fait valoir qu'elle a rempli entièrement les obligations qui lui 

incombaient en vertu du rapport contractuel et qu'elle a remis notamment à 

l'employeur, à l'attention des personnes assurées, les règlements sur la prévoyance 

professionnelle. L'employeur n'a contesté ni le rapport d'affiliation, ni les extraits de 

compte envoyés. 

 

 

 

 

A/1694/2008 

- 3/6 - 

6. Par courrier du 12 juin 2008, Monsieur W__________, pour la défenderesse, a 

allégué avoir été "mal orienté" par Monsieur A__________, conseiller à la clientèle 

chez la demanderesse et avoir, pour ces raisons, souscrit une assurance collective à 

son nom alors qu'il ne cotise pour ses employés que de manière occasionnelle. Il 

allègue par ailleurs avoir résilié le contrat en date du 14 mars 2005 et refuse de 

payer le solde. Il ajoute qu'il demandera le remboursement des primes dont il 

estime qu'elles ont été indûment payées auprès de HELVETIA FONDATION 

COLLECTIVE. 

7. Par écriture du 23 juillet 2008, la demanderesse a fait remarquer qu'il ressort du 

chiffre 4.2 de la convention d'affiliation que l'entreprise doit transmettre la liste des 

assurés mise à jour, ainsi que les salaires annuels soumis à cotisations AVS. Elle 

précise que la défenderesse ne lui a transmis que les salaires des années 2001, 2003 

et 2005. Au début du contrat, la société a annoncé un salaire annuel de 48'000 fr. 

pour Monsieur W__________. Par courrier du 30 janvier 2004, elle a annoncé que 

le salaire de ce dernier s'élevait désormais à 37'000 fr. et fin 2004, a confirmé un 

salaire de 37'000 fr. pour l'année 2005. La demanderesse explique qu'elle a assumé 

les salaires annoncés pour les années 2001, 2003 et 2005 et que pour les années 

2002 et 2004, elle a repris les salaires annoncés pour les années précédentes. Elle 

ajoute que ces montants ont été mis en évidence sur les attestations collectives 

qu’elle a remis à la société pour les années 2001 à 2005 et que ces attestations n'ont 

pas été contestées. La demanderesse confirme par ailleurs que le rapport 

d'affiliation a pris fin le 31 décembre 2005. 

8. Une audience s'est tenue en date du 13 novembre 2008, à laquelle la défenderesse a 

fait défaut, sans s’excuser.  

A cette occasion, Madame B__________, représentant la demanderesse, a fait 

remarquer que légalement, c'est l'employeur qui a l'obligation de communiquer les 

salaires sur lesquels des cotisations doivent être prélevées et qu’en l'occurrence, 

X__________ SA n'a jamais contesté les décomptes. La société s'est contentée de 

produire un document concernant l'année 2008 alors qu’elle n’est plus affiliée 

depuis la fin de l'année 2005. La demanderesse a dit ne pas comprendre dès lors en 

quoi consistait la contestation de la défenderesse. 

9. Le 14 novembre 2008, le procès-verbal de l’audience a été communiqué à la 

défenderesse, laquelle ne s’est pas manifestée.  

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 56V al. 1 let. b de la loi genevoise sur l'organisation 

judiciaire (LOJ), le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance 

unique des contestations relatives à la prévoyance professionnelle opposant 

institutions de prévoyance, employeurs et ayants droit, y compris en cas de divorce, 

 

 

 

 

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ainsi qu’aux prétentions en responsabilité (art. 331 à 331e du code des obligations ; 

art. 52, 56a al. 1 et art. 73 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle, 

vieillesse, survivants et invalidité du 25 juin 1982; art. 142 code civil). Sa 

compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. La loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité 

du 25 juin 1982 (LPP) institue un régime d'assurance obligatoire des salariés (art. 2 

al. 1 LPP). 

Selon l'art. 11 al. 1 LPP, tout employeur occupant des salariés soumis à l'assurance 

obligatoire doit être affilié à une institution de prévoyance inscrite dans le registre 

de la prévoyance professionnelle.  

3. Le litige comporte une demande en condamnation au paiement des cotisations 

échues ainsi qu'une demande en mainlevée de l'opposition faite au commandement 

de payer. 

4. Aux termes de l’art. 73 al. 1 LPP, chaque canton désigne un tribunal qui connaît, en 

dernière instance cantonale, des contestations opposant institutions de prévoyance, 

employeurs et ayants droit. 

La LPP n’a pas institué de procédure d’opposition préalable au recours au tribunal. 

La jurisprudence a précisé en outre que ni les institutions de prévoyance, ni 

l’institution supplétive ne pouvaient annuler l’opposition à une poursuite en 

recouvrement de cotisations dues par l’employeur par une décision assimilable à un 

jugement (ATF 115 III 95 ; JdT 1991 II 149). Le Tribunal de céans peut ainsi 

connaître directement de l’opposition faite par le débiteur au commandement de 

payer. 

5. Les décisions des autorités administratives fédérales portant condamnation à payer 

une somme d'argent sont exécutées par la voie de la poursuite pour dettes et sont, 

une fois passées en force, assimilées à des jugements exécutoires au sens de l'art. 80 

al. 2 ch. 2 de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite du 11 avril 1889 

(LP; P.-R. GILLIERON, Commentaire de la LP, 1999 p. 1226 ch. 45). 

Il en est de même des décisions passées en force des autorités administratives 

cantonales de dernière instance qui statuent, dans l'accomplissement de tâches de 

droit public à elles confiées par la Confédération, en application du droit fédéral, 

mais qui ne statuent pas définitivement en vertu du droit fédéral – autrement dit, 

dont les décisions sont susceptibles d'un recours administratif auprès d'une autorité 

fédérale ou d'un recours de droit administratif (op. cit. p. 1227; C. JEAGER, 

Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, 1999 p. 621). Par autorités 

administratives fédérales, et par extension autorités administratives cantonales de 

dernière instance, il faut entendre les tribunaux fédéraux et les autres autorités ou 

organisations indépendantes de l'administration fédérale en tant qu'elles statuent 

 

 

 

 

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dans l'accomplissement de tâches de droit public à elles confiées par la 

Confédération (art. 1 al. 2 Lit. b et e de la loi fédérale sur la procédure 

administrative du 20 décembre 1968 [PA]). 

Le Tribunal cantonal des assurances sociales statuant en dernière instance cantonale 

et dans l'accomplissement de tâches de droit public peut, selon ce qui précède, 

prononcer la mainlevée définitive d'une opposition à un commandement de payer 

puisque, statuant au fond, la condamnation au paiement est assimilée à un jugement 

exécutoire. Cette solution est d'ailleurs la conséquence du fait que, dans les 

matières qui sont de son ressort, le juge des assurances est effectivement le juge 

ordinaire selon l'art. 79 LP et qu'il a qualité pour lever une opposition à la poursuite 

en statuant sur le fond (ATF 109 V 51). 

6. En l'espèce, le Tribunal de céans tient pour établi qu'en sa qualité d'employeur 

occupant des salariés, la défenderesse devait obligatoirement être affiliée à une 

caisse de prévoyance professionnelle. L’argument selon lequel ce serait à tort que la 

demanderesse se serait affiliée puisque ses salariés étaient déjà annoncés à la caisse 

interprofessionnelle est dénué de pertinence dans la mesure où cette seconde 

affiliation concerne uniquement les cotisations AVS et non le 2
ème

 pilier. 

Il ressort de l'ensemble des pièces produites par la demanderesse que la 

défenderesse est demeurée débitrice d'un montant de 9'032 fr. 30 correspondant aux 

cotisations des employés dues pour les années 2004 et 2005.  

En ce qui concerne les frais de poursuite, ils sont d'office supportés par le débiteur 

lorsque la poursuite aboutit (JdT 1974 III 32). Les intérêts et frais dus par la 

défenderesse sont par ailleurs prévus à l'art. 5.4 de la convention d’affiliation 

remise à l'employeur. Il en va de même des frais de gestion, prévus par l’art. 2.1 du 

règlement pour frais de gestion. 

Pour tous ces motifs, il y a lieu d'admettre la demande et de prononcer la mainlevée 

définitive de l'opposition au commandement de payer. 

7. En ce qui concerne les frais et dépens de la cause, l'art. 73 al. 2 LPP précise que les 

cantons doivent prévoir une procédure simple, rapide et, en principe, gratuite. L'art. 

89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA) 

prévoit quant à lui que la procédure est gratuite pour les parties. 

 

 

 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare recevable la demande déposée le 13 mai 2008 par HELVETIA 

FONDATION COLLECTIVE DU PERSONNEL contre X__________ SA.  

Au fond : 

2. Condamne X__________ SA à payer à HELVETIA FONDATION COLLECTIVE 

DU PERSONNEL la somme de 9'032 fr. 30, plus intérêts à 4,5 % du 1
er

 janvier au 

31 août 2007 et à 5 % à compter du 1
er

 septembre 2007, ainsi que 500 fr. de frais de 

sommation et de contentieux et les frais de poursuite. 

3. Prononce la mainlevée définitive de l’opposition faite au commandement de payer 

à due concurrence. 

4. Dit qu’il n’est pas perçu d’émolument, ni alloué d’indemnité. 

5. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 

juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 

moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 

être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 

recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Yaël BENZ  

 La Présidente : 

 

 

 

 

Karine STECK 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le