# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a13efaba-a579-5c71-a155-39c3e927dbb3
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-07-03
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 03.07.2019 P/4098/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-4098-2018_2019-07-03.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/4098/2018 AARP/219/2019 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du mercredi 3 juillet  2019 

 

Entre 

A______, sans domicile connu, comparant par Me B______, avocate, Etude ______, rue 

______, Genève, 

appelant, 

 

contre le jugement JTDP/1219/2018 rendu le 26 septembre 2018 par le Tribunal de police, 

 

et 

 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé.

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P/4098/2018 

EN FAIT : 

A. a. Par courrier déposé le 8 octobre 2018, A______ a annoncé appeler du jugement du 
26 septembre précédent, dont les motifs lui ont été notifiés le 26 novembre 2018, par 
lequel le Tribunal de police l'a reconnu coupable d'empêchement d'accomplir un acte 
officiel (art. 286 al. 1 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 [CP - RS 311.0]), 
d'infraction à l'art. 19 al. 1 let. d de la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances 
psychotropes du 3 octobre 1951 (LStup - RS 812.121) et d'infraction à l'art. 115 al. 1 
let. a de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration (LEI, nouvelle appellation dès 
le 1er janvier 2019 ; anciennement : loi sur les étrangers, LEtr – RS 142.20), l'a 
condamné à une peine privative de liberté de 60 jours, sous déduction d'un jour de 
détention avant jugement ainsi qu'à une peine pécuniaire de 15 jours-amende à CHF 
10.- l'unité, et a révoqué les sursis octroyés les 25 mai 2016 et 20 mars 2017 par le 
Ministère public (MP) dans les deux cas à 30 jours-amende, sous déduction d'un jour 
de détention avant jugement. 

 b. Aux termes de sa déclaration d'appel du 17 décembre 2018, A______ conclut à 
son acquittement concernant les infractions aux art. 19 al. 1 LStup et 286 CP, sans 
s'opposer à ce qu'une amende lui soit infligée au sens de l'art. 115 al. 3 LEtr. 

 c. Selon l'ordonnance pénale du 1er mars 2018, il est reproché à A______, d'avoir, à 
Genève, le 28 février 2018, au ______ [adresse précise du lieu de l'infraction], pris la 
fuite à la vue de la police malgré les injonctions "stop police" et jeté au sol un sac 
contenant 10 grammes de marijuana, destinés à la vente, ainsi que pénétré sur le 
territoire genevois à une date indéterminée entre le 1er janvier 2018 et le 28 février 
2018, alors qu'il n'était pas au bénéfice d'un passeport permettant de vérifier son 
identité et sa nationalité. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 a. Le 28 février 2018, une patrouille motorisée de police est intervenue au ______ 
[adresse précise du lieu de l'infraction] à Genève. A son arrivée, plusieurs Africains 
ont pris la fuite malgré les injonctions faites, l'un d'entre eux étant vu en train de jeter 
un sachet. Selon le rapport d'arrestation, l'individu ayant jeté le sachet a été rattrapé 
peu de temps après à la promenade ______ (GE), identifié comme étant A______, 
mis à disposition du MP à 0h30 le lendemain matin. Le rapport d'arrestation indique 
également qu'il était très défavorablement connu des services de police pour 
plusieurs affaires de drogue entre 2016 et 2018. Le sachet contenant au total 
10 grammes de marijuana conditionnés pour la vente a été récupéré. 

 

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 b. A______ a varié dans ses déclarations s'agissant de son comportement à l'arrivée 
de la police. Il a indiqué à sa première audition être parti en courant car il avait vu ses 
amis africains prendre la fuite. Devant le MP et le Tribunal, il a affirmé n'avoir pas 
fui la police, contestant avoir couru, ne l'ayant ni vue ni entendue; il avait été 
interpellé seul, alors qu'ils étaient quatre, tandis qu'il se trouvait debout dans la rue. 
Devant le premier juge, il a précisé, parlant en réalité d'une autre affaire, qu'alors 
qu'ils étaient quatre, des personnes leur avaient demandé de la marijuana. L'un de ses 
comparses leur en avait donné et tous avaient alors été arrêtés. Il était venu au 
______ [adresse précise du lieu de l'infraction] pour regarder un match de foot, 
indiquant cependant au Tribunal être venu pour la fête de la musique.  

Il a toujours contesté être l'individu ayant jeté le sachet de drogue, ajoutant qu'il n'en 
vendait ni n'en consommait.  

Il a également varié dans ses déclarations s'agissant de son séjour en Suisse ou en 
France voisine, affirmant à la police qu'il était arrivé en Suisse environ deux mois 
auparavant, mais vivre avec ses parents et sa sœur à ______ en France, à une adresse 
qu'il ne connaissait pas. Il a ensuite précisé qu'il vivait avec sa "mère de cœur" qui 
n'était pas sa mère biologique, affirmant être venu à Genève deux heures avant d'être 
interpellé. Devant le Tribunal, il a enfin indiqué que sa belle-mère et sa tante 
habitaient en Suisse, vivre chez une autre tante à ______ (France) à une adresse qu'il 
ne connaissait pas, ajoutant ne pas se sentir bien en France car ses amis étaient en 
Suisse.  

Il n'a jamais contesté n'avoir pas été porteur de son passeport national. Il a toutefois 
affirmé dans un premier temps penser être légalement en Suisse dans la mesure où il 
vivait en France, puis expliqué au procureur qu'il savait avoir l'obligation d'en être 
porteur mais qu'il l'avait oublié dans le logement de sa mère en France, avant 
d'indiquer finalement au premier juge qu'il ignorait ne pas avoir le droit de venir en 
Suisse et avait perdu son passeport en Afrique. 

 c. L'auteur du rapport d'arrestation a été entendu par le procureur et a confirmé que 
A______ avait pris la fuite malgré les injonctions d'usage et l'avoir vu, à une distance 
de cinq ou sept mètres, se débarrasser d'un sachet contenant de la marijuana. S'il y 
avait effectivement plusieurs individus au moment de l'intervention, seul A______ 
avait été interpellé, parce qu'il portait des habits très reconnaissables et parce que les 
autres étaient parvenus à fuir. 

C. a. A______ n'a pas comparu devant la CPAR. 

Son conseil a rappelé qu'il contestait avoir pris la fuite, preuve en était qu'il avait été 
seul à avoir été arrêté, et contestait également avoir jeté de la marijuana, la police 
étant partie à son encontre d'un a priori, et lui-même étant victime d'une erreur sur la 

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personne. Il faisait en effet sombre et la drogue avait pu être jetée par n'importe qui. 
L'auteur du rapport d'arrestation entendu devant le MP n'avait d'ailleurs fait que 
confirmer son rapport sans être en mesure de fournir de plus amples informations, 
notamment sur l'heure de son intervention. L'infraction à la LEI ne pouvait être 
réprimée que sous l'angle de la négligence. Il apparaissait finalement extrêmement 
sévère de révoquer les deux sursis antérieurs. 

 b. le Ministère public avait conclu par écrit ne pas former appel joint. 

D. A teneur du dossier, A______, ressortissant sénégalais, est né le ______ 1995 ; il est 
célibataire et sans enfant. Il indique ne jamais être allé à l'école. Il a déposé une 
demande d'asile en Suisse en décembre 2015, rejetée en janvier 2016. Il dispose 
désormais d'un permis de séjour italien. Il a expliqué jouer en France voisine dans 
une Académie de ______, ce qui lui rapportait un peu d'argent de manière irrégulière, 
étant pour le surplus entretenu par sa mère.  

Selon l'extrait de son casier judiciaire suisse, A______ a été condamné à trois 
reprises par le MP : 

- le 25 mai 2016, à une peine pécuniaire de 30 jours-amende à CHF 30.-, assortie du 
sursis (non révoqué) pendant trois ans, pour infraction à l'art. 19 al. 1 LStup et à 
l'art. 115 al. 1 let. b LEtr, ainsi qu'à une amende de CHF 200.-, pour contravention 
selon l'art. 19a LStup ; 

- le 20 mars 2017, à une peine pécuniaire de 30 jours-amende à CHF 10.-, assortie du 
sursis (non révoqué) pendant trois ans, pour entrée illégale (art. 115 al. 1 let. a LEtr) ; 

- le 7 septembre 2018 à une peine privative de liberté ferme de 40 jours pour 
infraction à l'art. 19 al. 1 let. b et c LStup (commise le 6 septembre 2018) et entrée 
illégale (art. 115 al. 1 let. a LEtr). 

Il a par ailleurs fait l'objet d'une ordonnance pénale du 12 février 2019 (remplaçant 
une ordonnance du 26 novembre 2018) pour infraction aux art. 119 al. 1 et 115 al. 1 
let. b LEI, et pour contravention à l'art. 19a LStup (commise le 25 novembre 2018), 
le condamnant à une peine privative de liberté ferme de 90 jours et à une amende de 
CHF 200.-. Les deux sursis octroyés les 25 mai 2016 et 20 mars 2017 n'ont alors pas 
été révoqués. 

E. Me B______, défenseure d'office de A______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, comptabilisant une heure d'entretien avec son mandant deux jours 
après l'audience de jugement ainsi qu'une heure d'audience en date du 27 septembre 
2018, au tarif de cheffe d'étude, et deux heures et 30 minutes d'activité de 
collaboratrice pour la préparation de l'audience d'appel, laquelle a duré 30 minutes. 

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EN DROIT : 

1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 du Code de procédure pénale, du 5 octobre 2007 
[CPP ; RS 312.0]). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1. Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, 
garantie par l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et 
des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH - RS 0.101) et, sur le plan 
interne, par les art. 32 al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 
18 avril 1999 (Cst. - RS 101) et 10 al. 3 CPP, concerne tant le fardeau de la preuve 
que l'appréciation des preuves au sens large (ATF 127 I 28 consid. 2a p. 40 s. ; arrêt 
du Tribunal fédéral 6B_804/2017 du 23 mai 2018 consid. 2.2.3.1 destiné à la 
publication). 

Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence signifie que le 
juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à l'accusé 
si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. Il 
importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui sont 
toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de 
doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en 
fonction de la situation objective (ATF 138 V 74 consid. 7 p. 82 ; ATF 127 I 38 
consid. 2a p. 41 ; ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 87 s. ; arrêts du Tribunal fédéral 
6B_634/2018 du 22 août 2018 consid. 2.1 ; 6B_804/2017 du 23 mai 2018 
consid. 2.2.3.3 destiné à la publication ; 6B_1306/2017 du 17 mai 2018 
consid. 2.1.1). 

 2.2.1. Se rend coupable d'empêchement d'accomplir un acte officiel au sens de l'art. 
286 CP celui qui aura empêché une autorité, un membre d'une autorité ou un 
fonctionnaire d'accomplir un acte entrant dans ses fonctions. 

 Pour qu'il y ait opposition aux actes de l'autorité au sens de l'art. 286 CP, il faut que 
l'auteur, par son comportement, entrave l'autorité ou le fonctionnaire dans 
l'accomplissement d'un acte officiel. Il n'est pas nécessaire que l'auteur parvienne à 
éviter effectivement l'accomplissement de l'acte officiel. Il suffit qu'il le rende plus 
difficile, l'entrave ou le diffère (ATF 133 IV 97 consid. 4.2 p. 100, ATF 127 IV 115 
consid. 2 p. 118, ATF 124 IV 127 consid. 3a p. 129 et les références citées). Le 
comportement incriminé à l'art. 286 CP suppose une résistance qui implique une 
certaine activité (ATF 133 IV 97 consid. 4.2 p. 100, ATF 127 IV 115 consid. 2 

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p. 117 et les références citées) qui est réalisée, par exemple, par le fait de prendre la 
fuite (ATF 120 IV 136 consid. 2a p. 140 et les références citées). 

2.2.2. En l'espèce, il est établi par le rapport de police et les déclarations de son 
auteur en audience de confrontation devant le MP que l'appelant a pris la fuite en 
courant alors que la police lui avait fait l'injonction de s'arrêter. L'appelant, qui avait 
au demeurant admis les faits lors de sa première audition, a d'ailleurs été interpellé au 
quai des Lavandières alors que la patrouille motorisée était intervenue initialement au 
quai de l'Ile, ce qui démontre qu'il s'est déplacé de plusieurs dizaines de mètres avant 
d'être interpellé. L'appelant, comme ses comparses, a évidemment entendu 
l'injonction de la police et il ne convainc pas en prétendant le contraire dans l'une de 
ses versions. Les éléments constitutifs de l'infraction d'empêchement d'accomplir un 
acte officiel sont donc réalisés et le jugement entrepris sera confirmé sur ce point. 

2.3.1. L'art. 19 al. 1 let. d LStup punit celui qui, sans droit, possède, détient ou 
acquiert des stupéfiants ou s'en procure de toute autre manière. 

 2.3.2. En l'espèce, l'auteur du rapport de police a confirmé devant le procureur avoir 
identifié l'appelant par ses habits très reconnaissables, et l'avoir vu jeter un sachet 
dont il est apparu qu'il contenait de la marijuana, alors qu'il se trouvait à une distance 
de cinq à sept mètres. Même à une heure tardive, à un endroit qui n'était donc pas 
éclairé comme en plein jour, une erreur sur la personne peut donc être écartée, les 
circonstances de faits ne laissant pas subsister de doute sérieux et irréductible. La 
CPAR relève d'ailleurs que l'appelant, qui a contesté consommer et vendre de la 
drogue, s'est à nouveau rendu coupable de détention et de vente de stupéfiants en 
septembre et de détention en novembre 2018, alors que la présente procédure était en 
cours. 

L'appel sera dès lors également rejeté sur ce point. 

 2.4.1. Se rend coupable d'entrée illégale au sens de l'art. 115 al. 1 let. a LEI 
quiconque contrevient aux dispositions sur l'entrée en Suisse, l'art. 5 LEI disposant à 
cet égard que tout étranger doit, pour entrer en Suisse, avoir une pièce de 
légitimation reconnue pour le passage de la frontière et être muni d'un visa si ce 
dernier est requis. Aux termes de l'art. 115 al. 3 LEI, la peine est l'amende si l'auteur 
agit par négligence. 

 2.4.2. L'appelant n'était pas porteur de son passeport national lors de son contrôle, ce 
qu'il ne conteste pas. Il ne pourra être mis au bénéfice de la négligence, tant ses 
déclarations ont varié en cours de procédure sur le sort de ce passeport, tantôt oublié 
chez sa mère, devenue en cours de procédure sa mère de cœur puis sa tante, tantôt 
perdu en Afrique à une date d'ailleurs non précisée. Il y a bien plutôt lieu de retenir 
que l'appelant ne dispose selon toute vraisemblance pas de papiers d'identité, ce que 

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révèle d'ailleurs ses condamnations successives pour violations de la LEI, et qu'il a 
dès lors pénétré sur le territoire suisse démuni de tels papiers avec conscience et 
volonté. 

L'appel sera dès lors intégralement rejeté s'agissant de la culpabilité. 

3. 3.1.1. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il 
prend en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi 
que l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la 
gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le 
caractère répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la 
mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte 
tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). 

La culpabilité de l'auteur doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs 
pertinents, qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, 
le caractère répréhensible de l'acte et son mode d'exécution (objektive 
Tatkomponente). Du point de vue subjectif, sont pris en compte l'intensité de la 
volonté délictuelle ainsi que les motivations et les buts de l'auteur (subjektive 
Tatkomponente). À ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter les facteurs liés 
à l'auteur lui-même (Täterkomponente), à savoir les antécédents (judiciaires et non 
judiciaires), la réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations 
familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la 
peine, de même que le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale 
(ATF 142 IV 137 consid. 9.1 p. 147 ; ATF 141 IV 61 consid. 6.1.1 p. 66 s. ; ATF 
136 IV 55 consid. 5 p. 57 ss ; ATF 134 IV 17 consid. 2.1 p. 19 ss ; ATF 129 IV 6 
consid. 6.1 p. 20).  

3.1.2. D'après l'art. 49 al. 1 CP, si, en raison d'un ou de plusieurs actes, l'auteur 
remplit les conditions de plusieurs peines de même genre, le juge le condamne à la 
peine de l'infraction la plus grave et l'augmente dans une juste proportion. En 
revanche, lorsque la loi pénale ne prévoit pas le même genre de peine pour toutes les 
infractions, l'art. 49 al. 1 CP ne s'applique pas et les peines doivent être prononcées 
cumulativement (ATF 137 IV 57 consid. 4.3 p. 58 ss). Il y a plusieurs peines 
identiques lorsque le tribunal prononce dans le cas d'espèce, pour chaque norme 
violée, des peines du même genre (méthode concrète) ; le fait que les dispositions 
pénales applicables prévoient, de manière abstraite, des peines d'un même genre ne 
suffit pas (ATF 138 IV 120 consid. 5.2 p. 122 ss). 

Pour satisfaire à cette règle, le juge, dans un premier temps, fixera la peine pour 
l'infraction la plus grave, en tenant compte de tous les éléments pertinents, parmi 
lesquels les circonstances aggravantes ou atténuantes. Dans un second temps, il doit 
augmenter la peine de base pour tenir compte des autres infractions en application du 

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principe de l'aggravation (Asperationsprinzip) (ATF 127 IV 101 consid. 2b p. 104 ; 
ATF 93 IV 7 ; ATF 116 IV 300 consid. 2c/dd p. 305 ; ATF 144 IV 217 consid. 3.5 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 6B_1216/2017 du 11 juin 2018 consid. 1.1.1), en tenant là 
aussi compte de toutes les circonstances y relatives (arrêts du Tribunal fédéral 
6B_1175/2017 du 11 avril 2018 consid. 2.1 in medio ; 6B_688/2014 du 22 décembre 
2017 consid. 27.2.1). 

3.1.3. Selon l'art. 46 al. 1 CP, si, durant le délai d'épreuve, le condamné commet un 
crime ou un délit et qu'il y a dès lors lieu de prévoir qu'il commettra de nouvelles 
infractions, le juge révoque le sursis ou le sursis partiel. Si la peine révoquée et la 
nouvelle peine sont du même genre, il fixe une peine d'ensemble en appliquant par 
analogie l'art. 49 CP.  

La commission d'un crime ou d'un délit durant le délai d'épreuve n'entraîne pas 
nécessairement une révocation du sursis. Celle-ci ne se justifie qu'en cas de pronostic 
défavorable, à savoir lorsque la nouvelle infraction laisse entrevoir une réduction 
sensible des perspectives de succès de la mise à l'épreuve. Par analogie avec l'art. 42 
al. 1 et 2 CP, le juge se fonde sur une appréciation globale des circonstances du cas 
d'espèce pour estimer le risque de récidive. En particulier, il doit prendre en 
considération l'effet dissuasif que la nouvelle peine peut exercer, si elle est exécutée 
(ATF 134 IV 140 consid. 4.4 et 4.5 p. 143 s. ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_879/2016 
du 22 juin 2017 consid. 3.1). 

3.2. La faute n'est pas de peu d'importance. L'appelant a agi par mépris de la 
législation en vigueur, contre trois biens juridiques distincts, soit l'autorité publique, 
en matière de stupéfiants et de droit des étrangers. 

Sa prise de conscience est inexistante, sa collaboration à la procédure médiocre. Il a 
contesté l'essentiel des faits qui lui étaient reprochés et a grandement varié dans ses 
déclarations, non seulement sur les faits reprochés mais aussi sur des éléments aussi 
peu incriminants que son lieu de vie ou ses relations familiales dans la région 
genevoise. 

Il avait déjà été condamné à deux reprises au moment des faits, pour des infractions 
spécifiques, et l'a été encore depuis à deux reprises, démontrant ainsi qu'il s'est 
amplement implanté dans la délinquence. 

Sa situation personnelle n'est certes pas particulièrement favorable. Il n'a selon ses 
dires jamais été scolarisé. Il dispose cependant d'un permis de séjour italien, ce qui 
lui permet de résider et de gagner sa vie légalement dans ce pays. 

Il y a concours entre deux infractions, soit celle à l'art. 19 al. 1 LStup, passible d'une 
peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire, et celle à 

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l'art. 115 LEI, passible d'une peine privative de liberté d'un an au plus ou d'une peine 
pécuniaire.  

L'art. 286 CP prévoit en revanche une peine pécuniaire de 30 jours-amende au plus. 

Compte tenu des précédentes peines pécuniaires qui n'ont manifestement pas eu 
l'effet dissuasif escompté, seule une peine privative de liberté est désormais 
envisageable pour les infractions à la LStup et à la LEI. L'infraction abstraitement la 
plus grave est celle en matière de stupéfiant, et la peine y relative doit être augmentée 
en juste proportion pour sanctionner l'infraction en matière de droit des étrangers.  

Eu égard aux critères rappelés ci-dessus, la peine privative de liberté de 60 jours 
prononcée par le premier juge paraît adéquate et conforme au droit, même clémente. 

C'est également à juste titre que le premier juge a ordonné la révocation des deux 
sursis initialement accordés à l'appelant, compte tenu de la récidive spécifique, les 
différentes condamnations prononcées à l'encontre de l'appelant démontrant qu'il y a 
malheureusement lieu de prévoir qu'il commettra de nouvelles infractions. En 
application de l'art. 46 al. 1 CP dernière phrase, une peine d'ensemble doit par contre 
être prononcée avec la peine pécuniaire sanctionnant l'infraction à l'art. 286 CP. Cette 
peine d'ensemble sera arrêtée à 60 jours-amende, à CHF 10.- l'unité compte tenu de 
la situation personnelle de l'appelant. 

Le jugement entrepris sera dès lors modifié sur cet unique point. 

4. L'appelant, qui succombe très largement, supportera les 9/10èmes des frais de la 
procédure envers l'Etat, comportant un émolument de CHF 1'800.- (art. 428 CPP). 

5. Considéré globalement, l’état de frais produit par le défenseure d'office de l'appelant 
paraît adéquat et conforme aux dispositions et principes régissant l'assistance 
judiciaire pénale, sous réserve de l'heure d'activité de cheffe d'étude mentionnée pour 
le 27 septembre 2018, laquelle fait sans doute référence à l'audience de première 
instance déjà indemnisée. 

 Sa rémunération sera ainsi arrêtée à CHF 756.05 pour une heure d'activité au tarif de 
CHF 200.-/heure et trois heures d'activité au tarif de CHF 110.- de l'heure, plus 
CHF 55.- de vacation pour l'audience d'appel, plus la majoration forfaitaire de 20% 
et l'équivalent de la TVA au taux de 7.7% en CHF 54.05. 

* * * * *  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

Reçoit l'appel formé par A______ contre le jugement rendu le 26 septembre 2018 par le 
Tribunal de police dans la procédure P/4098/2018. 

Annule ce jugement dans la mesure où il condamne A______ à une peine pécuniaire de 15 
jours-amende à CHF 10.- l'unité et révoque les sursis octroyés les 25 mai 2016 et 20 mars 
2017 par le Ministère public à respectivement 30 jours-amende, sous déduction d'un jour 
de détention avant jugement et 30 jours-amende, sous déduction d'un jour de détention 
avant jugement, mais ne prononce pas une peine d'ensemble. 

 

Et statuant à nouveau : 

Révoque les sursis octroyés les 25 mai 2016 et 20 mars 2017 par le Ministère public à 
respectivement 30 jours-amende, sous déduction d'un jour de détention avant jugement et 
30 jours-amende, sous déduction d'un jour de détention avant jugement. 

Condamne A______ à une peine pécuniaire d'ensemble de 60 jours-amende à CHF 10.- 
l'unité, sous déduction de deux jours amende correspondant à deux jours de détention 
avant jugement. 

Confirme pour le surplus le jugement entrepris. 

Condamne A______ aux 9/10èmes des frais de la procédure d'appel, qui s'élèvent à 
CHF 1'995.-. 

Laisse le solde des frais à la charge de l'Etat. 

Arrête à CHF 756.05, TVA comprise, le montant des frais et honoraires de Me B______, 
défenseure d'office de A______. 

 

 

 

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P/4098/2018 

Notifie le présent arrêt aux parties.  

Le communique, pour information, au Tribunal de police, au Service des contraventions et 
à l'Office cantonal de la population et des migrations.  

Siégeant : 

Madame Catherine GAVIN, présidente ; Madame Valérie LAUBER, juge ; Madame 
Danièle FALTER, juge suppléante ; Monsieur Julien RAMADOO, greffier-juriste 
délibérant. 

 

La greffière : 

Melina CHODYNIECKI  

 La présidente : 

Catherine GAVIN 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110), le 

présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition complète 

(art. 100 al. 1 LTF), par-devant le Tribunal fédéral (1000 Lausanne 14), par la voie du recours en matière 

pénale, sous la réserve qui suit. 

 

Dans la mesure où il a trait à l'indemnité de l'avocat désigné d'office ou du conseil juridique gratuit pour la 

procédure d'appel, et conformément aux art. 135 al. 3 let. b CPP et 37 al. 1 de la loi fédérale sur 

l'organisation des autorités pénales de la Confédération du 19 mars 2010 (LOAP; RS 173.71), le présent 

arrêt peut être porté dans les dix jours qui suivent sa notification avec expédition complète (art. 39 al. 1 

LOAP, art. 396 al. 1 CPP) par-devant la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (6501 Bellinzone). 

 

 

  

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P/4098/2018 

 

P/4098/2018 ÉTAT DE FRAIS AARP/219/2019 

 

 COUR DE JUSTICE  

 

Selon les art. 4 et 14 du règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais et dépens 
en matière pénale (E 4 10.03). 

 

 

Total des frais de procédure du Tribunal de police : CHF 714.00 

Bordereau de frais de la Chambre pénale d'appel et de révision   

Délivrance de copies et photocopies (let. a, b et c) CHF 00.00 

Mandats de comparution, avis d'audience et divers (let. i) CHF 100.00 

Procès-verbal (let. f) CHF 20.00 

État de frais CHF 75.00 

Émolument de décision CHF 1'800.00 

Total des frais de la procédure d'appel :  

Condamne A______ aux 9/10
èmes 

des frais de la procédure d'appel.  

CHF 

 

1'995.00 

 

Total général (première instance + appel) :  CHF 2'709.00