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**Case Identifier:** 6f95ff19-5835-5309-8b0d-c09e11ea1aa3
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-05-22
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 22.05.2015 P3 14 215
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_P3-14-215_2015-05-22.pdf

## Full Text

P3 14 215 

 

 

ORDONNANCE DU 22 MAI 2015 

 

Tribunal cantonal du Valais 

Chambre pénale 

 

Jacques Berthouzoz, juge ; Frédéric Carron, greffier 

 

en la cause entre 

 

X_________, recourante, représentée par Maître M_________ 

 

et 

 

Y_________, intimé, représenté par Maître N_________  

 

et 

 

MINISTÈRE PUBLIC, autorité attaquée 

 

 

 

(Classement ; art. 319 al. 1 CPP) 

recours contre l'ordonnance du ministère public du 9 octobre 2014 

  

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Vu 

 

l’interrogatoire de Y_________ par le juge II du Tribunal de district de A_________, le 

3 mars 2009, dans le cadre de la procédure de mesures protectrices de l’union 

conjugale pendante entre lui et son épouse, X_________, au cours duquel 

Y_________ a notamment déclaré n’avoir alors aucun revenu et ne pas disposer de 

fortune, si ce n’est un montant maximum de 6000 fr. ; 

la dénonciation pénale, assortie d’une demande de réserve de ses droits, déposée par 

X_________ contre Y_________, le 10 novembre 2011, pour fausse déclaration d’une 

partie en justice (art. 306 CP) ; 

le jugement du 25 mai 2012 par lequel le juge des districts de A_________ a prononcé 

le divorce des époux X_________ et Y_________ ; 

l’ordonnance de classement du ministère public du Valais du 9 octobre 2014 ; 

le recours devant la chambre pénale formé par X_________ contre cette ordonnance, 

le 21 octobre 2014 ; 

la détermination du ministère public du 28 octobre 2014, accompagnée de son dossier 

P1 12 216 ainsi que d’un classeur de pièces ; 

l’écriture du 6 novembre 2014 par laquelle Y_________ a conclu au rejet du recours 

sous suite de frais et dépens ; 

 

Considérant 

 

que les ordonnances de non-entrée en matière et de classement peuvent faire l’objet 

d’un recours en vertu de l’art. 393 al. 1 let. a CPP de la part de « toute partie qui a un 

intérêt juridiquement protégé à (leur) annulation ou à (leur) modification » (art. 382 al. 1 

CPP) ; que la notion de partie visée à cette disposition doit être comprise au sens des 

art. 104 et 105 CPP ; que l’art. 104 al. 1 let. b CPP reconnaît notamment cette qualité à 

la partie plaignante soit, selon l’art. 118 al. 1 CPP, au « lésé qui déclare expressément 

vouloir participer à la procédure pénale comme demandeur au pénal ou au civil » ; que, 

conformément à l’art. 115 al. 1 CPP, est considéré comme lésé « toute personne dont 

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les droits ont été touchés directement par une infraction » ; que l’art. 115 al. 2 CPP 

ajoute que sont toujours considérées comme tels les personnes qui ont qualité pour 

déposer plainte pénale ; que l’art. 105 CPP reconnaît également la qualité de partie 

aux autres participants à la procédure, tels que le lésé (al. 1 let. a) ou la personne qui 

dénonce les infractions (al. 1 let. b), lorsqu’ils sont directement touchés dans leurs 

droits et dans la mesure nécessaire à la sauvegarde de leurs intérêts (al. 2) ; que la 

qualité pour recourir de la partie plaignante, du lésé ou du dénonciateur contre une 

ordonnance de classement ou de non-entrée en matière est ainsi subordonnée à la 

condition qu’ils soient directement touchés par l’infraction et puissent faire valoir un 

intérêt juridiquement protégé à l’annulation de la décision ; qu’en règle générale seul 

peut se prévaloir d’une atteinte directe le titulaire du bien juridique protégé par la 

disposition pénale qui a été enfreinte ; que les droits touchés sont les biens juridiques 

individuels tels que la vie et l’intégrité corporelle, la propriété, l’honneur, etc. ; qu’en 

revanche, lorsque l’infraction protège en première ligne l’intérêt collectif, les particuliers 

ne sont considérés comme lésés que si leurs intérêts privés ont été effectivement 

touchés par les actes en cause, de sorte que leur dommage apparaît comme la 

conséquence directe de l’acte dénoncé (arrêt 1B_489/2011 du 24 janvier 2012 consid. 

2.1 et les références) ; 

que, si l’art. 306 CP protège indirectement les intérêts privés des autres parties au 

litige, il tend en premier lieu à sauvegarder la justice dans la recherche de la vérité ; 

que, par conséquent, vu les dispositions et la jurisprudence précitées, la partie qui se 

prétend lésée doit exposer en quoi ses intérêts privés ont été effectivement touchés 

par les actes en cause, de sorte que son dommage apparaisse comme la 

conséquence directe des actes dénoncés ; qu’à cet égard, il s’agit de démontrer 

l’existence d’un préjudice résidant dans l’influence sur le procès civil des prétendues 

fausses déclarations du dénoncé ; qu’au surplus, la fausse déclaration doit porter sur 

un fait de la cause pertinent pour l'issue du litige (ATC P3 07 178 du 26 novembre 

2007 consid. 3a/bb ; Delnon/Rüdy, Commentaire bâlois, Strafgesetzbuch II, 2013, n. 

24 ad art. 306 CP) ; 

que, par ailleurs, s’agissant de classement au sens de l’art. 319 al. 1 CPP, en 

application de l'adage « in dubio pro duriore », une mise en accusation ne doit être 

opérée que lorsqu’une condamnation paraît plus vraisemblable qu’un acquittement ou 

lorsque les probabilités d’acquittement et de condamnation apparaissent équivalentes, 

en particulier en présence d’une infraction grave (ATF 138 IV 86 consid. 4.1.1 ; 137 IV 

219 consid. 7.1 ; RVJ 2014 p. 200 consid. 2.1 et p. 321 consid. 7.1) ; 

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qu’en l’occurrence, bien que le litige civil à l’origine de la dénonciation pénale se soit 

terminé par le jugement de divorce rendu le 25 mai 2012 par le juge de district de 

A_________, X_________ n’a fourni aucun élément précis mettant en lumière dans 

quelle mesure les prétendues fausses déclarations en justice ont eu ou non une 

quelconque influence sur ce jugement ; qu’en effet, si la dénonciation pénale du 

10 novembre 2011 était fondée sur le fait que l’absence de revenus et de fortune (à 

6000 fr. près) alléguée par Y_________ en séance du 3 mars 2009 avait pour but de le 

faire échapper au paiement de toute pension et de tout montant en capital à titre de 

liquidation du régime matrimonial (dénonciation p. 3 ch. II), il ressort d’abord du 

jugement de divorce du 25 mai 2012 que la conclusion en paiement d’une contribution 

d’entretien a été déclaré irrecevable pour cause formelle de tardiveté au regard de 

l’art. 145bis CPP/VS (consid. 3) ; qu’ensuite, s’agissant de liquidation de régime 

matrimonial, ce jugement fait aussi ressortir qu’en raison du régime de la séparation de 

biens adopté en 1996 par les parties, il ne pouvait être question d’une telle liquidation 

et que l’unique prétention en liquidation des rapports juridiques entre époux, portant 

sur la restitution d’un reliquat de 200’000 fr. lié à la vente en 2002 de leur villa de 

B_________, a dû être rejetée, faute de preuve que ce montant ait été confié au 

défendeur (consid. 1.8 et 5.2) ; qu’il n’y a donc pas de lien de causalité directe entre 

lesdites déclarations prétendument inexactes de l’intéressé et le préjudice allégué par 

la recourante en lien avec la procédure de divorce ; qu’il s’ensuit que l’éventuelle 

infraction en cause n’a pu la léser directement dans un intérêt personnel et 

juridiquement protégé et que, de surcroît, à défaut de fausse déclaration portant sur un 

fait pertinent pour l'issue du divorce, les conditions de l’art. 306 CP n’étaient clairement 

pas réalisées à cet égard, de sorte qu’une condamnation ne paraît pas plus ou aussi 

vraisemblable qu’un acquittement ; que le fait que la fausse déclaration d’une partie en 

justice soit une infraction de mise en danger abstraite n’y change rien (cf. arrêt 

1B_489/2011 du 24 janvier 2012 consid. 2.2 et les références ; ATC P3 12 17 du 

23 février 2012) ; que cela rend superflues de plus amples investigations en 

C_________ au sujet des opérations bancaires que Y_________ a pu exécuter, 

notamment en 2008, ou encore des recherches concernant son train de vie depuis son 

établissement à D_________ ; 

que le recours doit donc être rejeté pour autant qu’il soit recevable ; 

que, comme X_________ succombe entièrement dans ses conclusions, les frais de la 

procédure de recours seront mis à sa charge (art. 416, 421 al. 2 let. c et 428 al. 1 

CPP ; arrêt 6B_428/2013 du 18 juillet 2013 consid. 2.4) ; que l’émolument, qui doit 

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respecter les principes de la couverture des frais et de l’équivalence des prestations, 

est fixé en fonction notamment de l’ampleur et de la difficulté de la cause ainsi que de 

la situation financière des parties (art. 424 al. 1 CPP et 1 al. 1, 13 al. 1 et 2 LTar) ; qu’il 

varie entre 90 et 2400 fr. (art. 22 let. g LTar) ; qu’en l’espèce, eu égard à la complexité 

de l’affaire proche de la moyenne mais aussi de la situation économique peu favorable 

de la recourante, il est arrêté forfaitairement à 800 fr. (art. 424 al. 2 CPP et 11 LTar) ; 

que l’intimé obtenant gain de cause, X_________ lui doit une juste indemnité pour les 

dépenses occasionnées par la procédure de recours (art. 432 al. 1 et 436 al. 1 CPP ; 

ATF 139 IV 45 consid. 1.2) ; que les honoraires de son avocat, variant entre 300 et 

2200 fr., sont fixés notamment d’après la nature et l’importance de la cause, ses 

difficultés, l’ampleur du travail et le temps utilement consacré par le conseil juridique 

(art. 27 al. 1 et 3 et 36 LTar ; arrêt 6B_767/2010 du 24 février 2011 consid. 3.3 et 3.4 

s’agissant de la rémunération pour une détermination et non pour un recours) ; qu’en 

l’espèce, compte tenu du degré de complexité de l’affaire et des prestations utiles de 

Me N_________, auteur d’une brève détermination, ils sont arrêtés à 200 francs ; 

 

Prononce 

 

1. Le recours est rejeté, dans la mesure où il est recevable. 

2. Les frais de la procédure de recours, par 800 francs, sont mis à la charge de 

X_________. 

3. X_________ versera à Y_________ une indemnité de 200 francs pour ses 

dépenses occasionnées par la procédure de recours. 

4. La présente ordonnance est communiquée aux parties. 

 

Sion, le 22 mai 2015