# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2623a026-2048-50bd-b61d-ac363c5d2b5a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-09-29
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 29.09.2016 A/344/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-344-2015_2016-09-29.pdf

## Full Text

Siégeant : Valérie MONTANI, Présidente. 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/344/2015 ATAS/775/2016 

 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Ordonnance d’expertise du 29 septembre 2016 

6
ème

 Chambre 

 

En la cause 

Monsieur A______, domicilié au PETIT-LANCY, comparant avec 
élection de domicile en l'étude de Maître MAUGUE Eric 

 

 

Recourant 

 

contre 

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITE DU CANTON DE 
GENEVE, rue des Gares 12, GENÈVE 

 

 

Intimé 

 

 

 

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A/344/2015 

 

EN FAIT 

1. Monsieur A______ (ci-après : l’assuré ou le recourant), né C______ en 1968, a 
travaillé en tant qu’animateur-programmateur auprès de la Société D______ 
(D______) jusqu’au 31 août 2003, avant de percevoir des indemnités de chômage 
et de bénéficier de mesures cantonales jusqu’au 15 janvier 2006. 

2. Le 3 mars 2006, l’assuré a déposé une demande de prestations auprès de l’Office de 
l'assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après : l’OAI ou l’intimé).  

3. Dans un rapport du 1er mai 2006, le docteur E______, spécialiste FMH en 
psychiatrie, a diagnostiqué chez l’assuré une personnalité émotionnellement labile 
type borderline (F 60.31) existant depuis l’âge de quinze ou seize ans, ainsi qu’un 
épisode dépressif moyen (F 32.1). L’incapacité de travail était totale.  

L’assuré souffrait de périodes de décompensation plus ou moins durables de sa 
personnalité borderline avec divers symptômes. Il avait notamment développé un 
délire sensitif de relation (F 22.0) pendant presque deux ans lors de son 
licenciement de la D______, nécessitant un traitement aux neuroleptiques. Lors de 
la séparation d’avec son amie, il avait ressenti des douleurs somatoformes (F 45.4), 
lesquelles avaient disparu. Des épisodes dépressifs légers, voire moyens (F 32.0 ou 
32.1), pouvaient également survenir en raison d’autres évènements traumatisants. 
La symptomatologie la plus permanente, qui représentait son mode de 
fonctionnement actuel, était le trouble anxieux et dépressif mixte (F 41.2) avec des 
crises de panique et une anxiété généralisée (F 41.1). Le médecin a décrit le 
parcours de l’assuré, ce dernier s’étant très tôt passionné pour la musique et ayant 
vécu à l’écart des autres. Son emploi à la D______ était survenu durant une des 
périodes les plus stables de sa vie. Le Dr E______ a conclu que la fragilité de sa 
structure psychologique lui permettait de vivre des moments d’excitation et de 
déception d’une intensité extrême. L’idée de suicide était permanente. La 
perspective de réadaptation au travail n’était pas envisageable.  

4. La doctoresse F______, spécialiste FMH en psychiatrie et médecin auprès du 
service médical régional de l'AI (SMR), a procédé à l’examen de l’assuré le 5 
décembre 2007. Dans son rapport du 14 janvier 2008, elle a établi son anamnèse. 
Au plan professionnel, l’assuré n’avait plus d’activité lucrative depuis novembre 
2002 mais faisait de la musique et produisait quelques disques de rock. Elle a relaté 
que l’assuré décrivait des difficultés relationnelles, des sentiments de persécution, 
de stigmatisation, d’abandon et de rejet par son entourage. Il disait avoir subi du 
mobbing. Il se plaignait de douleurs du dos, de troubles de la concentration et de 
l’attention, et de troubles du sommeil. Il meublait ses journées en écrivant des 
chansons et en s’occupant de les promouvoir sur Internet entre une et quatre heures 

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par jour. Il était replié sur lui-même et n’avait que peu de contacts avec son 
entourage, il n’avait que deux amis. Lors du status, la psychiatre n’a pas objectivé 
de troubles de la mémoire ni de ralentissement psychomoteur. L’assuré présentait 
un léger trouble de la concentration et de l’attention. La thymie était labile. 
L’assuré ne présentait pas d’adynamie, d’anhédonie, de perte de l’élan vital ou de 
ruminations et il ne verbalisait pas d’idées suicidaires. Il n’existait pas de signes 
florides de la lignée dépressive en faveur d’un diagnostic de dépression majeure. 
L’assuré décrivait une angoisse persistante avec des attaques de panique. Il était 
tendu et très angoissé durant l’examen. Son discours était accéléré, plaintif et 
superficiel, sans signe floride de la lignée psychotique. Il était immature, labile, 
abandonnique, sur la défensive, persécuté, narcissique, avec des capacités 
d’anticipation réduites. Il présentait un vide affectif, une instabilité émotionnelle et 
un effondrement des ressources d’adaptation aux changements. Il avait également 
des troubles du sommeil avec des cauchemars. La Dresse F______ a fait état d’une 
nette amplification des plaintes somatiques, avec la conviction d’être atteint de 
maladies somatiques graves dans le cadre d’un trouble hypocondriaque, 
accompagnée d’un important sentiment de détresse qui touchait l’examinateur, dans 
le cadre d’un syndrome douloureux somatoforme persistant d’intensité sévère. 
L’assuré présentait une importante fragilité psychologique liée au trouble grave de 
la personnalité émotionnellement labile type borderline.  

Le médecin a posé les diagnostics avec répercussions sur la capacité de travail de 
trouble grave de la personnalité émotionnellement labile type borderline (F 60.31); 
de syndrome douloureux somatoforme persistant d’intensité sévère (F 45.4); de 
trouble hypocondriaque (F 45.2); et d’anxiété généralisée d’intensité sévère 
(F 41.1). L’assuré souffrait également d’un épisode dépressif moyen en rémission 
(F 32.1) et de bruxisme, sans incidence sur sa capacité de travail. La 
Dresse F______ a exposé dans son appréciation sur quels critères elle s’était 
fondée. Elle partageait l’avis du Dr E______ s’agissant de l’impossibilité de la 
réadaptation sociale au travail. Le pronostic était défavorable. L’assuré souffrait 
d’une pathologie chronique qui évoluait en s’aggravant. Elle justifiait une 
incapacité de travail totale en tout cas depuis le 24 novembre 2002 dans toute 
activité.  

5. Par décision du 4 avril 2008, l’OAI a reconnu le droit de l’assuré à une rente 
d’invalidité entière eu égard à son incapacité de travail totale dès le 1er novembre 
2002. Compte tenu de la demande tardive, le droit à la rente ne naissait que le 
6 mars 2005. 

6. Dans le cadre de la révision du dossier, l’OAI a invité l’assuré à lui adresser ses 
avis de taxation pour 2008 à 2010 par courrier du 6 février 2012.  

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7. Dans le formulaire rempli le 13 février 2012, l’assuré a indiqué qu’il percevait une 
rente de la caisse de pension D______ suisse. Il a ajouté que rien n’avait changé 
depuis sa demande de prestations de mars 2006. Il a joint ses avis de taxation pour 
les années 2008, 2009 et 2010, retenant à titre de revenus la rente d’invalidité, la 
rente de la prévoyance professionnelle ainsi qu’un revenu mobilier de CHF 40.- en 
2008, CHF 52.- en 2009 et CHF 2.- en 2010.  

8. Dans son rapport du 1er mars 2012, le Dr E______ a indiqué à l'OAI que l'état de 
santé de l'assuré était stationnaire et l'incapacité de travail totale. 

9. Selon un extrait du compte individuel AVS de l'assuré du 8 mars 2012, ce dernier a 
réalisé un revenu de CHF 32'017.- en 2005, dont CHF 3'000.- pour V______ SA, et 
de CHF 14'950.- en 2006 pour W______ Sàrl. En 2007 et 2008, il avait été son 
propre employeur et avait déclaré des revenus de respectivement CHF 4'406.- et 
CHF 49'000.-. 

10. Le 16 avril 2012, le Dr E______ a indiqué que le diagnostic était inchangé. Les 
périodes dépressives étaient moins évidentes mais elles s’accompagnaient de 
préoccupations hypochondriaques très importantes ayant un caractère délirant 
lorsque la décompensation était à son paroxysme. 

11. Dans un nouveau formulaire reçu le 9 juillet 2012 par l’OAI, l'assuré a indiqué qu'il 
était sans activité lucrative et qu’il n’avait pas réalisé de revenu en tant 
qu’indépendant. 

12. Le 18 septembre 2012, deux collaborateurs de l’OAI ont eu un entretien avec 
l’assuré. Ils lui ont posé plusieurs questions sur son état de santé, auxquelles 
l’assuré a répondu en signalant notamment que son état de santé était difficile à 
gérer au quotidien. Il essayait de se réinsérer car il restait souvent chez lui. Il faisait 
de la musique pour oublier ses maux. Ses journées étaient décalées, il vivait la nuit. 
Il s’occupait en créant de la musique et essayait d’en vivre. Ses journées étaient 
assez répétitives. Questionné sur ses voyages, l’assuré a indiqué qu’hormis un 
séjour aux Etats-Unis nécessaire pour régler les affaires de feue sa grand-mère, il 
lui était parfois arrivé de se rendre à Paris pour y voir sa petite amie. Ses dépenses 
étaient supérieures à ses rentrées. Interrogé sur d’autres sources de revenus ou 
prestations financières, il a signalé quelques rentrées de l’ordre de CHF 300.- à 
400.- en 2007 ou 2008 pour des cours de musique. Il n’avait pour l’heure pas 
d’autre rentrée que ses rentes. Sa situation financière était dramatique. Il a précisé 
qu’il faisait l’objet d’un redressement fiscal en raison d’un rétroactif pour des droits 
d’auteur pour environ CHF 43'000.-. Il payait environ CHF 400.- par mois à 
l’Administration fiscale. Il n’exerçait actuellement aucune activité salariée ou 
indépendante. Il n’avait plus eu d’activité rémunérée depuis 2008. Dans l’attente de 
la décision de l’OAI, il avait donné quelques cours de musique, fait quelques 

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concerts et prêté sa voix pour des publicités. Il avait alors une activité sociale et il 
s’agissait d’une nécessité artistique. En 2005, il avait tenté de reprendre une activité 
de relations publiques avec un ami dans une société d’informatique. Cette société 
n’existait plus désormais. L’assuré ne recherchait pas d’emploi et estimait ne pas 
avoir de capacité de travail. Il n’avait pas d’attente, de projet ou d’intérêts 
personnels ou professionnels. A la demande de l’OAI, l’assuré a confirmé ne pas 
avoir d’activité lucrative et accessoire. Interpellé sur son activité d’auteur-
compositeur-interprète, l’assuré a indiqué qu’il avait dû mettre en scène son art.  

L’OAI a déclaré que selon ses recherches, l’assuré était CEO de deux sociétés, soit 
G _____, société d’audio et de média fondée en 2005, ainsi que H _____ I_____, 
label indépendant et base de données contenant plus d’un millier de chansons. 
L’assuré a exposé que G _____ n’existait plus depuis 2005. D’ailleurs, aucune 
société n’existait, il ne s’agissait que d’une mise en scène dans le monde virtuel 
d’Internet. Cela ne rapportait rien mais l’assuré existait ainsi de manière virtuelle. 
Quant à J_____, il s’agissait d’une vitrine gérée par une amie, utile à la mise en 
scène de la musique de l’assuré sur Internet. Si une présence sur Internet était 
nécessaire, elle ne lui procurait aucun revenu. Il ne gérait pas ses sociétés 
puisqu’elles étaient inexistantes. L’OAI a également interrogé l’assuré sur le 
curriculum vitae posté sur un réseau social, mentionnant notamment une activité de 
professeur de musique de 2008 à 2012, une activité de recording artist de 2007 à 
2008, de chanteur de 1996 à 1998 et de producteur auprès d’une radio de 1989 à 
1994. L’OAI a également relevé qu’un deuxième album aurait été produit à Paris 
durant l’été, et des concerts donnés dans différentes salles et festivals, dont le Paléo 
en 2009 et le Caribana en 2009. L’assuré a juré qu’il n’avait réalisé aucun revenu 
avec ces activités. Il avait financé son album, qui avait coûté CHF 5'000.- Hormis 
ses apparitions au Paléo et au Caribana, ses concerts étaient antérieurs à sa demande 
d’invalidité. Il a nié avoir un patrimoine à gérer. Un ami lui avait proposé quelque 
temps auparavant de mettre en valeur son talent par ses services de manager, mais 
cela n’avait pas fonctionné. Sur question de l’OAI, il a dit considérer que ces 
activités étaient compatibles avec une rente d’invalidité entière. L’OAI lui ayant 
rappelé son obligation de le renseigner sur toute modification, l’assuré a affirmé 
qu’il n’y avait eu aucun changement de son statut professionnel depuis l’octroi de 
la rente. S’il n’avait jamais déclaré ces activités, c’est parce qu’il ne réalisait aucun 
revenu. Il a relevé que l’entretien avec l’OAI s’était déroulé de manière ambiguë et 
pas toujours sereine. 

13. Dans une note du 27 septembre 2012, l’OAI a constaté que l’assuré s’était produit 
dans un bar à Paris le 6 septembre 2012, selon une publicité trouvée sur Internet.  

14. Par courrier reçu le 5 octobre 2012 par l’OAI, l’assuré lui a fait parvenir plusieurs 
remarques sur l’entretien du 18 septembre précédent. Il a affirmé que certaines 

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rectifications requises à la lecture du procès-verbal lui avaient été refusées. Il a 
notamment précisé les points suivants : les concerts qu’il avait donnés en 2008 
correspondaient à une nécessité artistique encouragée par son psychiatre. G _____ 
avait été créée en société simple et n’avait généré aucun bénéfice. La promotion 
virtuelle de ses chansons était également encouragée par son médecin. Il a enfin 
précisé qu’il n’était pas complètement dans son état normal le jour de l’entretien. 
L’assuré est également longuement revenu sur la manière dont l’entretien s’était 
déroulé, en ajoutant qu’il en était sorti exténué, tremblant et choqué et qu’il avait 
subi à la suite une dépression.  

15. L’OAI, dans sa note de travail du 1er octobre 2012, a indiqué que l’entretien, qui 
avait pour but d’approfondir certaines questions d’ordre médical et professionnel, 
avait duré quatre heures trente. Plusieurs thèmes avaient été abordés, l’assuré ne 
répondant cependant jamais directement aux questions et s’égarant sans cesse dans 
ses propos. Les deux collaborateurs ne s’étaient jamais emportés et avaient gardé 
leur calme. 

16. Dans un rapport d’enquête du 11 octobre 2012, l’OAI a retenu que l’assuré exerçait 
une activité d’auteur-compositeur-interprète. Il avait également été auteur-
compositeur de plusieurs personnalités du monde de la musique, dont la chanteuse 
K_____. L’OAI a reproduit les documents suivants : une page publiée sur 
wikipedia concernant l’assuré – sous le nom de B______ L____, dont il ressort que 
celui-ci a sorti plusieurs disques et eu une activité de producteur et auteur jusqu’en 
2008; ainsi que la page publiée sous www.musicianspage.com, énumérant plusieurs 
activités dont les plus récentes sont datées de 2005; un portfolio de photographies 
réalisées par l’assuré publiées sur la page http://H ____.daportfolio.com/about; un 
extrait du site www.simplebooker.fr/theme/photographer relatif au profil de 
photographe de l’assuré, indiquant sous « Types de prestations » : CHF 300 à 500.- 
par prestation; une page d’un site de vente de livres en ligne concernant un ouvrage 
ayant pour sujet l’assuré (sous le nom de B______ L____), dont l’auteur n’est pas 
précisé; un extrait du site www.J_____.com, où on peut lire que l’assuré a réalisé 
sous le pseudonyme de J_____ un album en 2008 et signalant un retour à la 
chanson en novembre 2011 sous forme de single et de deuxième album enregistré 
en juin 2012 à Paris. L’OAI a de plus résumé une entrevue télévisée disponible sur 
Internet. L’assuré avait déclaré à deux présentatrices cumuler cinq métiers en même 
temps lors de l’interview du 17 février 2008, visible sur 
http://www.youtube.com/watch?v=5______. L’OAI a énuméré les concerts donnés 
par l’assuré, donnant à titre d’exemples une date en 2007, deux dates en 2008, une 
date en 2009 et celle déjà citée dans un bar parisien en septembre 2012. L’OAI a 
enfin relevé que l’assuré avait été en 2012 le directeur artistique et arrangeur du 
deuxième album de l’artiste M____, selon le site Internet de ce dernier. L’OAI a 

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conclu que, compte tenu des innombrables activités répertoriées sur Internet, 
l’assuré avait exercé et continuait d’exercer une multitude de métiers, et il était 
difficile d’imaginer qu’il n’en avait pas retiré d’avantages pécuniaires. L’OAI a 
encore affirmé que l’énumération des activités de l’assuré n’était pas exhaustive.   

17. Par courrier du 12 octobre 2012, l’OAI a requis de la caisse de compensation la 
suspension du versement de la rente de l’assuré. Il n’a pas adressé copie de cette 
correspondance à l’assuré. 

18. Dans son courrier du 12 novembre 2012 à l’assuré, l’OAI a soutenu que ce dernier 
avait repris une activité lucrative sans l’en avertir. Il était dès lors possible que la 
prestation dont il bénéficiait ne soit plus totalement ou partiellement justifiée. 
L’OAI avait dès lors suspendu le versement de la rente. L’assuré pouvait requérir 
une décision sujette à recours.  

19. Le 21 novembre 2012, l’assuré a invité l’OAI à annuler immédiatement « la 
décision de suspension de rente » et à ordonner la reprise des versements. La 
pratique de l’OAI était en parfaite violation des règles fondamentales de procédure  
dès lors que l’assuré n’avait même pas été entendu. Il a souligné que n’ayant pas 
reçu sa rente, il avait tenté à plusieurs reprises d’obtenir des renseignements par 
téléphone de l’OAI. Il a soutenu que l’OAI aurait d’office dû rendre une décision 
puisque la mesure de suspension affectait ses droits. L’assuré considérait au 
demeurant le courrier de l’OAI du 12 novembre 2012 comme une décision, qui 
devait être annulée en raison des vices qui l’entachaient. 

20. Le 4 décembre 2012, l’OAI a contesté que son courrier du 12 novembre 2012 soit 
une décision. Il s’est cependant engagé à rendre une décision formelle. Il a affirmé 
pour le surplus qu’il pouvait suspendre ses prestations à titre provisionnel sans 
préavis. 

21. Par recours du 7 décembre 2012, l’assuré a interjeté recours contre la « décision » 
du 12 novembre 2012. La chambre de céans a inscrit ce recours sous le numéro de 
procédure A/3728/2012.  

22. A la demande de l’OAI, l’administration fiscale lui a fait parvenir le 10 décembre 
2012 des documents concernant l’assuré, soit deux bordereaux rectificatifs pour les 
années 2009 et 2010. Les bordereaux mentionnaient désormais, à titre d’autres 
revenus, un montant de CHF 4'558.- pour 2009 et un montant de CHF 1'735.- pour 
2010, correspondant aux droits d’auteur perçus conformément à un document de la 
SUISA (Société suisse pour les droits des auteurs d’œuvres musicales).  

Etait joint un document en allemand, intitulé « [Chiffre d’affaires] » dont il ressort 
que l’assuré a réalisé des revenus de CHF 45.10 en 2002, CHF 28'514.40 en 2003, 
CHF 9'794.- en 2004, CHF 379.85 en 2005, CHF 239.75 en 2006, CHF 6'817.25 en 
2007, CHF 1'723.60 en 2008, CHF 4'588.70 en 2009 et CHF 1'735.75 en 2010. 

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23. Le 11 décembre 2012, l’OAI a requis de l’assuré la production des documents 
suivants : 

- bilans de la société G _____; 

- bilans de la société H _____; 

- bilans de la société I_____; 

- fiches de salaires ou factures relatives aux heures consacrées à l’activité de 
professeur de musique; 

- cachets perçus pour tous les concerts en tant que musicien ou interprète en 
Suisse et à l’étranger; 

- décomptes de tous les droits d’auteur perçus en Suisse et à l’étranger; 

- déclarations fiscales faites aux Etats-Unis. 

24. Par décision incidente du 21 décembre 2012, l’intimé a suspendu le versement de la 
rente et retiré l’effet suspensif à un éventuel recours. 

25. L’assuré a interjeté recours contre la décision du 21 décembre 2012 par écriture du 
1er février 2013, enregistré sous le numéro de procédure A/378/2013. Il a en 
substance contesté avoir une activité musicale lucrative et a souligné que ses 
activités artistiques avaient toujours été encouragées par son psychiatre afin de 
garder un lien avec le monde extérieur. 

26. La chambre de céans a admis le recours du 10 décembre 2012 par arrêt du 4 février 
2013 (ATAS/104/2013).  

Elle a en substance relevé que l’intimé, en exigeant de l’assuré qu'il requière une 
décision formelle, paraissait appliquer la procédure simplifiée prévue par la loi. Or, 
cette procédure ne s’appliquait pas en cas de suspension immédiate d'une rente 
d'invalidité, car il s’agissait manifestement là d'une décision portant sur une 
prestation importante et l'intimé ne pouvait partir du principe que l’assuré était 
d'accord avec une telle mesure. En l’espèce, le courrier du 12 novembre 2012 valait 
décision formelle et le recours était dès lors recevable.  

Après avoir rappelé qu’une décision de suspension de rente ne pouvait être prise 
avec effet rétroactif au 12 octobre 2012 qu’en cas de violation du devoir de 
renseigner l’intimé sur tout changement important ayant des répercussions sur le 
droit aux prestations, la chambre de céans a relevé qu’il existait de sérieux doutes 
quant à une violation par l’assuré de son obligation d'annoncer un changement dans 
sa situation professionnelle. D'une part, au vu des pièces du dossier, il n'apparaissait 
pas qu’il aurait tiré un revenu de ses diverses activités artistiques. D’autre part, 
l’assuré avait toujours déclaré s’investir dans la musique, ce qu’avait également 
relevé la Dresse F______. L’intimé ne prétendait pas que l’assuré aurait exercé une 

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nouvelle activité rémunérée fixe, que ce soit à son compte ou pour un employeur, ni 
qu’il aurait réalisé un revenu d'une ampleur telle que son degré d'invalidité serait 
désormais inférieur à 70 %. Partant, l’activité de musicien et de producteur de 
disques était déjà connue de l’intimé. Si le dossier de l’assuré méritait une 
instruction plus poussée, la pesée des intérêts en présence commandait le maintien 
du versement de la rente. 

27. Le 11 janvier 2013, le docteur N____, médecin au SMR, a estimé qu'une expertise 
psychiatrique était nécessaire, compte tenu de la possibilité de reprise d'une activité 
professionnelle depuis plusieurs mois par l’assuré.  

28. Le 24 janvier 2013, l’assuré, se référant à une communication qui lui avait été 
notifiée le 16 janvier précédent, a sollicité une prolongation du délai de dix jours 
pour se déterminer sur la désignation du docteur O____, spécialiste FMH en 
psychiatrie, pour procéder à une expertise. 

29. Le 4 février 2013, l'assuré a demandé la modification d'une question posée au  
Dr O____ dans le cadre de la mission d'expertise. Il rappelait qu’il n’avait jamais 
été professeur de musique et que la question sur ses activités professionnelles, 
énumérant cette fonction, était trompeuse.  

30. Le 5 février 2013, l'OAI a refusé de prendre en compte la remarque de l'assuré du 
4 février 2013, en considérant qu'elle était formulée hors délai. 

31. Le 11 février 2013, l'assuré a contesté le caractère tardif de son courrier du 4 février 
à l'OAI et l’a invité à en tenir compte. 

32. Le 20 février 2013, l'assuré a transmis à l'OAI ses avis de taxation fiscale 2008, 
2009 et 2010, une attestation de l'administration fiscale cantonale (AFC) selon 
laquelle l'avis de taxation 2011 et 2012 était en cours de traitement, les relevés du 
compte BCGE "H _____ " et les droits d'auteur pour les œuvres produites avant la 
décision de l'OAI. 

 Il a relevé que la société G _____ n'avait jamais généré aucun revenu, que le label 
"H _____ " était fictif et n'avait jamais non plus généré aucun revenu, qu'il n'y avait 
jamais eu de société I_____ en tant que telle, qu'il n'avait pas prodigué de cours de 
musique de façon régulière et rémunérée, mais uniquement fourni des conseils des 
fans de sa musique, qu'il n'avait jamais été rémunéré comme photographe, 
arrangeur, producteur, auteur compositeur et qu'entre 2008 et 2012, il avait 
bénéficié de droits d'auteur de seulement CHF 145.- par mois. 

33. Le 11 mars 2013, l'OAI a requis de l'assuré des renseignements complémentaires, 
notamment concernant les cachets perçus pour des concerts. 

34. Le 8 avril 2013, l'assuré a rappelé à l'OAI son courrier du 11 février 2013 et 
exprimé sa stupéfaction à la suite de deux entretiens avec le Dr O____, lequel avait 

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évoqué une escroquerie de l'assuré aux dépens de l'OAI et fait des remarques 
désobligeantes, de sorte que son impartialité était remise en cause, tout comme la 
valeur probante de l'expertise. En conséquence, il invitait l'OAI à rendre une 
décision s'agissant de la poursuite de la procédure. 

35. Le 30 avril 2013, le Dr O____ a rendu son rapport d'expertise. Il a indiqué se 
fonder notamment sur trois entretiens avec l'assuré en mars et avril 2013 et sur un 
entretien téléphonique avec le Dr E______ du 5 avril 2013. Il a brièvement résumé 
le dossier de l’assuré et tracé son anamnèse. Dans ce cadre, l’assuré a notamment 
expliqué qu’il n’avait pas de contacts avec son frère cadet et n’avait plus vu ses 
demi-sœurs depuis plus d’une année. Il ne communiquait avec sa mère que par 
courriels, cette dernière lui reprochant d’être menteur et manipulateur. Sa scolarité 
avait été difficile, avec des difficultés d’adaptation. Il avait quitté l’école à seize ans 
de manière violente. La professeure de la classe aurait annoncé son départ devant 
tous les autres élèves et l’assuré serait parti sur le champ. A dix-sept ans, il avait 
quitté le domicile familial pour vivre avec une amie. Après avoir quitté son emploi 
dans une radio, il avait connu une période difficile avec rupture sentimentale et sans 
logement. Dans l’anamnèse, l’expert a également relevé que selon le rapport du 
Dr E______, l’assuré avait souffert vers seize ans d’une première période de 
dépression. Cet épisode n’était cependant pas documenté. De même, l’assuré disait 
avoir souffert de crises d’angoisse vers l’âge de vingt ans, sans que cela ait donné 
lieu à un constat médical. Différents éléments du dossier faisaient apparaître que 
l’assuré avait présenté, à partir de 1993-1994, des troubles anxio-dépressifs avec 
des sensations de vertiges, dans le contexte d’un conflit professionnel. C’est à cette 
époque qu’il avait débuté sa prise en charge auprès de son psychiatre traitant. Il n’y 
avait pas d’éléments précis concernant l’anamnèse des troubles psychiques de 
l’assuré entre 1994 à 2006. Le Dr O____ a résumé les rapports du Dr E______ et 
de la Dresse F______ avant de souligner qu’il n’existait pas de rapport décrivant 
l’état de l’assuré entre cet examen et le courrier du Dr E______ du 16 avril 2012. 
L’assuré affirmait cependant avoir souffert de dysphagie, trouble qui se serait 
progressivement amélioré et aurait à nouveau permis une alimentation à peu près 
normale à partir de fin 2010. Dans l’anamnèse, le Dr O____ a également noté que 
l’assuré avait été engagé en 2005 pendant trois mois par un ami qui avait une 
société informatique. Cet engagement visait à lui permettre de toucher à nouveau 
les indemnités de chômage en cas de licenciement. Sa fonction était de vendre des 
prestations par téléphone.  

 Le chapitre suivant était intitulé « Position de l’expertisé par rapport à ses activités 
depuis 2002 ». L’expert a relaté longuement les déclarations de l’assuré, dans des 
formulations qui sont notamment les suivantes : « [L’assuré] affirme que son 
psychiatre lui a conseillé de continuer à avoir des activités artistiques pour 

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« s’épanouir » » ; « De même, il reconnaît réaliser des photos qu’il met sur des sites 
Internet. Il réaliserait également cette activité tout seul » ; « Interrogé sur les 
voyages qu’il aurait faits à l’étranger, l’expertisé affirme s’être rendu à partir de 
2008 aux USA une ou deux fois par an pour des raisons purement familiales » ; 
« l’expertisé reconnaît également avoir fait des voyages à Paris » ; « Interrogé sur la 
participation à des concerts, l’expertisé dit avoir uniquement participé à des 
« petites représentations anodines » et « non rémunérées », jusqu’en 2009 ou 
2010 » ; « Interrogé sur sa participation à un concert à Paris le 27 septembre 2012, 
l’expertisé affirme dans un premier temps qu’il s’agit d’un mensonge de l’AI. Dans 
un second temps, il donne l’explication suivante : il se trouvait à Paris en 
compagnie d’une amie qui pratiquait également de la musique. Alors qu’ils se sont 
rendus ensemble pour déjeuner dans un restaurant, les tenanciers de l’établissement 
leur auraient demandé de venir le lendemain pour faire quelques chansons ». 

 Le Dr O____ a ensuite relaté les plaintes de l’assuré, qu’il a qualifiées de 
nombreuses dans le domaine psychique et dans le domaine somatique. Il a cité la 
dysphagie, les acouphènes, des sensations vertigineuses et des attaques de panique. 
L’expert a ensuite relaté le status clinique de l’assuré en quatorze lignes. Il a 
indiqué ne pas avoir constaté de troubles du cours de la pensée, l’assuré maintenant 
le focus d’attention sans difficulté. Il n’apparaissait pas particulièrement anxieux, 
avec une attitude décontractée malgré une certaine tension lorsqu’étaient évoqués 
les problèmes relatifs à ses activités. Il ne présentait aucun signe neurovégétatif 
d’angoisse ni de labilité émotionnelle. L’humeur ne semblait pas abaissée. L’assuré 
était dynamique et combattif. Il n’évoquait aucune idée de mort ni de suicide et ne 
semblait pas souffrir d’une tristesse pathologique. Le Dr O____ n’avait pas constaté 
de signe de la lignée psychotique. L’expertisé ne manifestait pas de culpabilité 
pathologique. Il ne souffrait pas de troubles de la perception et n’évoquait à aucun 
moment d’idées à caractère délirant. 

 A l’issue de son examen, le Dr O____ n’a retenu aucune atteinte ayant des 
répercussions sur la capacité de travail. L’assuré souffrait en revanche d’un trouble 
anxieux phobique (F 40), sans incidence sur sa capacité de travail. Le trouble de la 
personnalité émotionnellement labile de type borderline diagnostiqué par le 
Dr E______ et la Dresse F______, était caractérisé selon les critères de la CIM-10 
par une tendance à agir avec impulsivité et sans considération pour les 
conséquences possibles, associée à une instabilité de l’humeur. L’assuré semblait 
effectivement présenter une humeur fluctuante selon ses propres déclarations et les 
constatations de son médecin. Cependant, il n’y avait aucune trace dans son 
anamnèse d’une tendance à agir avec impulsivité. La personnalité 
émotionnellement labile était également caractérisée par des capacités 
d’anticipation souvent très réduites et des éclats de colère pouvant conduire à de la 

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violence, qui ne ressortaient pas non plus de l’anamnèse. Dans la variante 
borderline évoquée par les Drs E______ et F______, le sujet présentait une 
perturbation de « l’image de soi, les objectifs et les préférences personnelles (y 
compris sexuelles) ». Il apparaissait au contraire  que l’identité de l’assuré était bien 
organisée. Il maintenait une ligne d’objectifs dans le domaine artistique très stable 
et que ses préférences, y compris sexuelles, ne variaient pas. Les sujets borderline 
pouvaient présenter une tendance à s’engager dans des relations intenses et 
instables, ce qui n’était pas le cas de l’assuré qui affirmait avoir des relations plutôt 
distantes sur le plan affectif et amical. Il n’avait jamais présenté d’épisode de 
menaces de suicide, ni commis de gestes auto-agressifs. Le seul trait borderline que 
l’on puisse lui trouver consistait en un sentiment fréquent de vide intérieur. En 
conclusion, l’assuré présentait uniquement comme traits de personnalité 
émotionnellement labile une tendance à l’instabilité de l’humeur et des sentiments 
passagers de vide intérieur. La présence de ces deux traits ne suffisait pas à poser 
un diagnostic de personnalité émotionnellement labile de type borderline. Quant au 
diagnostic de douleurs somatoformes, l’assuré se plaignait depuis de nombreuses 
années de douleurs lombaires et abdominales. Les douleurs lombaires étaient 
expliquées par la présence d’une hernie discale modérée et les douleurs 
abdominales par une prostatite chronique de longue date. Les douleurs dont se 
plaignait l’assuré n’étaient donc pas somatoformes mais somatiques. Le diagnostic 
de douleurs somatoformes devait partant être écarté. Quant aux épisodes dépressifs 
légers et moyens, la Dresse F______ avait déjà constaté que ces troubles étaient en 
rémission lors de son examen de 2007. Le Dr E______ avait confirmé que ces 
troubles n’étaient plus très présents actuellement. On pouvait donc considérer que 
les troubles de l’humeur étaient en rémission depuis de nombreuses années et ne 
constituaient donc plus un diagnostic. S’agissant du trouble hypochondriaque 
relevé lors de l’examen de décembre 2007, l’assuré ne se plaignait pas de maladies 
imaginaires pour lesquelles il demanderait de nombreux examens ou traitements 
injustifiés. Le diagnostic de trouble hypochondriaque devait donc également être 
écarté. Quant à l’anxiété généralisée diagnostiquée par le psychiatre traitant et 
l’experte précédente, l’assuré évoquait effectivement des tendances anxieuses et 
décrivait des crises anxieuses et des périodes d’anxiété phobique. Ces plaintes 
devaient être relativisées puisque l’assuré n’avait pas manifesté de tels symptômes 
durant les trois entretiens avec le Dr O____. Cependant, vu le réalisme de la 
description de ses troubles et l’avis de son psychiatre, le diagnostic de trouble 
anxieux phobique pouvait être maintenu. Le diagnostic de bruxisme, évoqué par la 
Dresse F______, était difficile à objectiver mais pouvait être conservé au regard de 
ses liens avec le diagnostic d’anxiété. Il s’agissait toutefois d’une manifestation de 
l’anxiété. La dysphagie chronique pouvait également être mise en rapport avec le 
trouble anxieux. S’agissant de la capacité de travail, l’expert a noté que le trouble 

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anxieux phobique, décrit comme ancien et datant du début de l’âge adulte, n’avait 
pas empêché l’assuré de travailler durant de nombreuses années à la D______ et ne 
l’avait jamais empêché de voyager, d’entretenir des relations amicales, 
professionnelles et affectives. Il ne l’avait pas empêché de se confronter à des 
événements stressants comme des spectacles musicaux. Il ne nécessitait 
actuellement quasiment d’aucun traitement médicamenteux et la prise en charge 
psychothérapeutique était extrêmement légère. Le trouble anxieux phobique n’avait 
donc pas de conséquences sur la capacité de travail de l’assuré dans son activité 
habituelle. Finalement, aucun trouble psychique n’était de nature à altérer la 
capacité de travail de l’assuré dans ses activités habituelles d’animateur radio, 
d’auteur-compositeur ou d’interprète. Ce dernier avait été en arrêt de travail à 
100 % depuis le 24 novembre 2002. Il se trouvait alors dans une situation de conflit 
professionnel et souffrait d’une recrudescence de troubles anxieux et probablement 
de symptômes dépressifs. Il avait été licencié en 2003. Après sa période de 
chômage, il avait travaillé comme vendeur de service informatique en 2005. Il avait 
arrêté de travailler dans ce poste, non pour des raisons de santé, mais parce que cet 
emploi n’était pas pérenne. Le Dr O____ considérait ainsi que l’incapacité de 
travail était nulle au moins à partir de janvier 2005, date approximative de son 
inscription auprès de l’assurance-chômage à l’issue de son arrêt de travail. 
L’incapacité de travail dans l’activité habituelle était justifiée du 24 novembre 2002 
jusqu’à la reprise d’activité en janvier 2005. Par la suite, l’incapacité de travail était 
nulle. Une psychothérapie cognitivo-comportementale serait susceptible de réduire 
les troubles anxieux-phobiques. Les différentes activités exercées par l’assuré 
(professeur de musique, producteur musical, chanteur, batteur) étaient compatibles 
avec son état de santé psychique.  

36. Le 2 mai 2013, l'assuré a indiqué à l'OAI que tous ses décomptes bancaires avaient 
été produits, qu'il avait retrouvé les cachets pour le festival Caribana 2009 
(CHF 1'000.-) et le Paléo 2008 (CHF 1'300.-), et qu'il n'avait pas perçu de revenus 
pour les autres concerts. 

37. Le 13 mai 2013, le Dr N____ a estimé que l'état psychique de l'assuré s'était 
notablement amélioré depuis l'examen par la Dresse F______ en 2007, de sorte 
qu'il n'existait plus d'incapacité de travail. 

38. Saisi d’un recours de l’OAI contre l’arrêt de la chambre de céans du 4 février 2013, 
le Tribunal fédéral l’a admis le 20 août 2013 (9C_181/2013). Il a considéré que la 
chambre de céans, en n’invitant pas l’OAI à se prononcer sur le fond, avait violé 
son droit d’être entendu. De plus, le courrier de l’OAI du 12 novembre 2012 ne 
constituait manifestement pas une décision formelle, dont la chambre de céans 
aurait dû constater l’absence avant de renvoyer la cause à l’OAI. Partant, le 
Tribunal fédéral a renvoyé la cause à la chambre de céans afin qu’elle statue sur le 

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recours contre la décision du 21 décembre 2012, en respectant le droit d’être 
entendu de l’OAI et en analysant la recevabilité de ce recours.  

39. Le 9 septembre 2013, le Dr E______ s’est déterminé sur les différences importantes 
entre ses diagnostics et ceux du Dr O_____.  

 Il a notamment souligné que pour fonctionner dans une activité professionnelle, un 
individu devait affronter avec un certain succès au moins deux problématiques 
psychologiques de base : la relation avec l’autre et la relation avec la réalité. 
L’assuré présentait un trouble spécifique de personnalité avec deux formes de la 
décompensation (dépression et somatisation). Il s’agissait selon la CIM-10 de 
perturbations sévères de la constitution caractérologique et de tendances 
comportementales de l’individu concernant plusieurs secteurs de la personnalité et 
s’accompagnant en général de difficultés personnelles et sociales considérables. Les 
critères de la CIM-10 pour le trouble de la personnalité étaient les suivants : 
attitudes et comportement nettement disharmonieux dans plusieurs secteurs du 
fonctionnement, par exemple l’affectivité, la sensibilité, le contrôle des impulsions, 
la manière de percevoir ou de penser, et le mode de relation à autrui ; le caractère 
durable de ce comportement, le fait qu’il était profondément enraciné et clairement 
inadapté à des situations personnelles et sociales très variées ; et l’association dans 
certains cas du trouble à une dégradation du fonctionnement professionnel et social. 
L’expert réfutait le diagnostic de trouble de la personnalité sans s’interroger sur la 
présence de ces critères. De manière très subjective, il estimait que l’identité de 
l’assuré était bien organisée. Le Dr E______ contestait cette appréciation. L’assuré 
s’était créé un personnage de jeune chanteur, musicien à succès, quelqu’un de 
connu, qui voyageait, qui donnait des concerts et devenait célèbre, populaire, 
admiré. Cette image idéalisée était le résultat d’un isolement social, affectif, 
familial et amical. Il envisageait la réussite comme le remède à tous ses problèmes, 
et cela devenait ainsi un objectif. Une image, un personnage. Un self. Son désir de 
devenir un grand chanteur avait fait de lui un véritable esclave de la musique. 
Malgré son travail, les frustrations et les déceptions étaient nombreuses. L’assuré 
échouait car ses relations à autrui étaient pathologiques, tout comme sa relation à la 
réalité. Sa longue prise en charge avait permis au Dr E______ d’observer 
fréquemment le mécanisme relationnel général et répétitif, applicable également 
dans sa vie amicale, familiale et sexuelle. Ce mode de fonctionnement avait des 
conséquences psychopathologiques, notamment la dépression, cliniquement 
indiscutable, et la somatisation. Ces conséquences pouvaient être considérées 
comme le résultat d’échecs. Elles n’étaient pas permanentes et avaient pu échapper 
à l’expert, qui n’avait vu l’assuré que trois fois. Les difficultés de l’expertise étaient 
d’autant plus grandes que l’assuré avait une tendance à se présenter sous son 
meilleur jour. Il avait besoin de plaire, de séduire. De plus, au moment de l’examen, 

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l’assuré était effectivement dans une phase relativement silencieuse du point de vu 
psychopathologique. Le Dr E______ estimait que l’expert avait négligé le problème 
relationnel de l’assuré, ce qui ne correspondait pas à la réalité clinique. L’assuré 
n’était pas un « anxieux négligeable » cherchant à profiter de la société pour ne pas  
travailler. Il était un forcené de travail avec un grave problème relationnel de fond 
qui rendait ses rapports avec autrui pathologiques et le condamnait à une 
douloureuse solitude. 

40. Dans ses observations du 21 octobre 2013, l’OAI s’est déterminé sur la recevabilité 
du recours à la suite de l’arrêt de renvoi du Tribunal fédéral. Pour le surplus, il a 
répété qu’il était douteux que les multiples activités de l’assuré ne lui procurent 
aucun revenu. Se référant au rapport du SMR du 5 décembre 2007 qui faisait état 
d’une à quatre heures par jour dédiées par l’assuré à sa musique, l’OAI a allégué 
qu’il était vraisemblable que celui-ci y consacrât désormais beaucoup plus de 
temps. Non seulement il continuait à écrire de la musique et à la promouvoir sur 
Internet, mais il donnait également des concerts, participait à la production 
d’albums, écrivait et collaborait avec des artistes reconnus internationalement, était 
actif dans le domaine de la photographie, de la vente, etc. L’assuré avait 
délibérément omis d’indiquer lors de son audition qu’il se rendait également en 
France pour se produire sur scène. Or, selon toute vraisemblance, il recevait des 
cachets lorsqu’il se produisait sur scène. Il était ainsi peu crédible qu’il puisse se 
produire gratuitement. L’OAI a en outre souligné que l’assuré : 

- avait indiqué lors d’une interview du 17 février 2008 par le journal télévisé de 
la TSR pour la sortie de son premier album qu’il cumulait à peu près cinq 
métiers en même temps; 

- avait admis avoir perçu des droits d’auteur pour un CD enregistré en 
2007 (« ______ »); 

- avait donné un concert au Paléo Festival de Nyon le ______ 2008 et perçu un 
cachet de CHF 1'000.- dans ce cadre; 

- avait participé au concert de l’Undertown de Meyrin à Genève le ______ 2008; 

- avait donné un concert au Caribana Festival à Crans-près-Céligny le ______ 
2009 et perçu un cachet de CHF 2'500.- pour ce concert; 

- avait participé à un concert au « Rocking Chair Club » de Vevey le ______ 
2010; 

- avait joué et chanté au bar-restaurant « Closing Time » à Paris le ______ 2012; 

- apparaissait sur le site youtube en lien avec la bande-annonce de la trilogie « Le 
X______ » dont il avait composé la musique. 

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Ainsi, si en 2007 les activités liées à la musique étaient une nécessité encouragée 
par son psychiatre, elles étaient selon toute vraisemblance devenues une activité 
lucrative depuis. En effet, il était notoire que tout artiste qui se produit sur scène 
reçoit des cachets. Il était donc peu crédible au vu des activités déployées par 
l’assuré que celui-ci ne reçût aucune indemnité pour ses prestations. 

Par ailleurs, la demande de prestations datait de 2006. Bien que la décision 
octroyant une rente à ce dernier ait été rendue en 2008, il convenait d’admettre qu’il 
s’agissait d’activités postérieures au dépôt de la demande de l’assuré, qui n’en avait 
pas fait totalement part à l’OAI ou à l’expert, et que bien que certaines activités 
fussent antérieures à la date de la première décision, leurs produits – les droits 
d’auteur – perduraient dans le temps. L’assuré aurait donc dû informer l’OAI de 
telles activités, qui ne correspondaient pas à la simple écriture de chansons et leur 
promotion sur Internet. Les déclarations de l’assuré, contradictoires et peu 
crédibles, n’étaient pas suffisantes pour écarter tout soupçon de l’existence d’une, 
voire plusieurs activités lucratives. Enfin, l’OAI n’était pas tenu d’entendre l’assuré 
notamment avant de rendre une décision incidente non susceptible de recours, une 
décision susceptible d’être frappée d’opposition, une mesure d’exécution ou une 
autre décision lorsqu’il y avait péril en la demeure, que le recours était ouvert aux 
parties et qu’aucune disposition d’une loi fédérale ne leur accordait le droit d’être 
entendues préalablement. L’intérêt de l’OAI à supprimer, même à titre provisoire, 
le versement des prestations l’emportait sur celui de l’assuré à percevoir une rente 
entière d’invalidité durant la durée de la procédure. 

41. Le 7 novembre 2013, le Dr N____ a rendu un avis selon lequel le  
Dr E______ ne faisait pas la même évaluation de la situation psychique que 
l'expert, de sorte qu'il était nécessaire de demander à ce dernier les raisons de la 
différence d'appréciation de la situation. 

42. Le 12 décembre 2013, l'assuré a écrit à l'OAI que la validité de l'expertise était 
contestée, déjà au motif que l'OAI avait, à tort, refusé de prendre en compte les 
modifications des questions à poser à l'expert. Par ailleurs, le Dr O____ avait un 
parti pris à son égard et avait manqué d'impartialité, ce qui avait modifié son 
comportement lors de l'expertise. L’expert n'avait pas analysé si un trouble de la 
personnalité était présent, et il avait omis de prendre en compte la problématique 
relationnelle. Si le complément d'expertise était maintenu, le Dr O____ devrait se 
prononcer sur l'analyse de la personnalité et du mode de relation pathologique.  

43. Par réplique du 20 décembre 2013, l’assuré a conclu à la recevabilité de son recours 
et à ce qu’il soit fait droit à ses conclusions. 

Il a notamment réitéré ses arguments sur le droit d’être entendu et sur l’absence 
d’activité lucrative et a produit les pièces suivantes : 

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- deux attestations de deux personnes ayant passé la soirée du ______ 2012 au 
restaurant-bar « Le Closing Time » avec l’assuré, indiquant que ce dernier avait 
été invité de manière impromptue par les tenanciers à jouer quelques chansons 
contre un repas et quelques boissons;  

- attestation de l’auteur de la trilogie « Les Y______ », aux termes de  laquelle 
l’assuré l’a autorisé à utiliser sa musique déjà existante gratuitement, et 
indiquant que la diffusion de cette œuvre ne générait aucun revenu car il n’y 
avait pas de contrat publicitaire. 

44. Le 16 janvier 2014, le Dr N_____ a estimé qu'il n'y avait pas de raison médicale de 
demander au Dr O_____ de se prononcer sur les questions posées par l'assuré, 
l'expert ayant déjà expliqué les raisons précises des différentes atteintes 
psychologiques non retenues. 

45. Par décision incidente du 6 mars 2014, l'OAI a rejeté les questions de l'assuré 
posées au Dr O_____ et refusé d'écarter l'expertise de celui-ci. 

46. Par ordonnance du 18 mars 2014, la chambre de céans a joint les causes 
A/378/2013 et A/3728/2012 sous le numéro de cause A/3728/2012. 

47. Par courrier du 20 mars 2014, la chambre de céans a invité l’assuré à s’exprimer sur 
le préjudice qu’entraînait la suspension du versement de la rente et les mesures 
qu’il avait dû prendre pour pourvoir à son entretien. 

48. A la même date, la chambre de céans a prié l’OAI de lui communiquer les mesures 
d’instruction auxquelles il avait procédé depuis la suspension de la rente et la date à 
laquelle une décision sur le fond serait rendue. 

49. Par écriture du 10 avril 2014, l’assuré a exposé qu’il disposait de sa rente de la 
prévoyance professionnelle de l’ordre de CHF 2'200.- par mois pour seul revenu. 
En 2013, il avait également perçu des droits d’auteur à hauteur de CHF 1'635.39. 
Son loyer était de CHF 1'656.-, ce qui ne lui laissait que CHF 680.- pour se nourrir, 
se vêtir et tous ses autres besoins courants. Il pouvait compter ponctuellement sur 
l’aide d’amis qui lui procuraient quelques victuailles ou des vêtements. La 
suspension de la rente avait accru sa pathologie, et il subissait depuis de fortes 
crises d’angoisse. Il avait également perdu son assurance maladie complémentaire, 
faute de pouvoir en assumer les primes. Compte tenu de son âge et de son état de 
santé, il s’agissait d’un dommage vraisemblablement irréversible. Il faisait 
également l’objet de nombreuses poursuites. Il a décrit les difficultés quotidiennes 
induites par la suspension de la rente, et notamment les carences alimentaires dont 
pourrait témoigner son médecin traitant.  

L’assuré a notamment joint les pièces suivantes : 

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- neuf relevés de compte de la SUISA établis en 2013, attestant de versements 
d’un montant total de CHF 2'227,39 correspondant aux droits d’auteur de 2012 
et 2013; 

- avis de majoration de loyer à CHF 1'656.- par mois, charges incluses, dès le 
1er janvier 2013; 

- courrier de l’assurance-maladie complémentaire annonçant la résiliation au 
30 septembre 2013 en raison du défaut de paiement malgré plusieurs 
sommations; 

- plusieurs commandements de payer, actes de défaut de bien et avis de saisie 
notifiés à l’assuré;  

- avis de coupure des Services industriels de Genève du 14 mars 2014. 

50. L’OAI s’est déterminé le 4 avril 2014. Il a relevé que s’agissant de statuer sur la 
légalité d’une suspension de rente, les prévisions sur l’issue du litige au fond ne 
pouvaient être prises en compte que si elles ne faisaient aucun doute. Partant, les 
informations requises par la chambre de céans n’étaient pas de nature à influencer 
le jugement portant sur la suspension de rente. L’OAI a néanmoins précisé qu’il 
avait depuis la suspension de la rente requis des documents afin d’éclaircir la 
situation financière de l’assuré et qu’il allait procéder à un complément d’expertise 
psychiatrique. Il n’était pas en mesure d’indiquer quand une décision pourrait être 
rendue sur le fond. 

51. Par écriture du 9 mai 2014, l’assuré a contesté la position de l’OAI s’agissant de la 
pertinence des informations requises le 4 avril 2014 par la chambre de céans.  

52. Le 21 mai 2014, l'OAI a procédé à une nouvelle enquête sur Internet. Il a 
notamment relevé environ dix-huit publications de la page Facebook de J_____, 
dont l’annonce d’un nouveau clip vidéo, l’annonce du vernissage de l’album de 
l’assuré le 25 septembre 2013, une publicité pour un concert le 2 octobre 2013, 
l’annonce d’un clip de P____ et l’annonce d’un concert le 2 mai 2014. L’OAI en a 
conclu qu'il pouvait constater une nouvelle fois que l'assuré avait exercé et exerçait 
encore aujourd'hui divers métiers qui nécessitaient beaucoup de communication et 
de collaboration avec autrui. Des contradictions étaient à relever avec le courrier de 
l'assuré du 10 avril 2014, qui indiquait qu'il n'avait plus aucun moyen lui permettant 
d'avoir la vie qu'il entretenait encore précédemment, notamment en fréquentant les 
cafés ou autres établissements de spectacles. 

53. A la demande de l'OAI, le Dr O____ a rendu le 22 mai 2014 un « complément 
d'expertise ». Il n'avait pas retenu le diagnostic de personnalité émotionnellement 
labile de type borderline, car il avait uniquement constaté une tendance à 
l'instabilité de l'humeur et des sentiments passagers de vide intérieur. Le 

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Dr E______ n'expliquait pas directement ce diagnostic. Le psychiatre traitant 
énumérait quatre caractéristiques pour poser un diagnostic de trouble de la 
personnalité, qui constituaient toutefois les bases communes pour l’ensemble des 
troubles de la personnalité. Les troubles dépressifs entraînés par le trouble de la 
personnalité selon le Dr E______ étaient insuffisants pour le diagnostic. Le 
Dr O____ a conclu qu’il avait bien étudié la possibilité de cette atteinte dans son 
rapport du 30 avril 2013 mais l’avait écartée. Même si ce trouble devait être retenu, 
il n'entraînerait pas d'incapacité de travail, dès lors que l'assuré avait pu travailler au 
début de l'âge adulte. 

54. Par arrêt du 2 juin 2014, la chambre de céans a admis le recours de l'assuré et 
annulé la décision incidente de l'OAI du 21 décembre 2012 suspendant avec effet 
immédiat la rente de l’assuré (ATAS/672/2014). Elle a en substance retenu que les 
activités relevées par l’OAI, notamment ses concerts, étaient si épisodiques qu’elles 
ne constituaient pas un indice en faveur de la reprise d’une activité professionnelle. 
Quant aux autres activités sur Internet de l’assuré, rien ne démontrait qu’il les 
pratiquait régulièrement et qu’il en tirait des bénéfices. Enfin, la perception de 
droits d’auteur ne signifiait pas que l’activité récente de l’assuré s’était accrue. Ce 
dernier avait de plus déclaré à la Dresse F______ qu’il poursuivait ses activités 
musicales, qui étaient ainsi connues de l’OAI au moment de l’octroi de la rente.  

55. Une note de travail de l'OAI du 23 juin 2014 a relevé qu'une publication Facebook 
de l'assuré annonçait qu'il se produirait le ______ 2014 au Montreux Jazz Festival 
au « Rock Cave ». 

56. Dans son rapport du 26 juin 2014, le docteur Q____, spécialiste FMH en médecine 
interne, a indiqué qu’il suivait l'assuré depuis 2000. Ce dernier présentait un état 
anxio-dépressif et une agoraphobie, ainsi que de nombreuses somatisations 
(dysphagie, prostatite chronique, lombalgies chroniques). La dysphagie l’avait 
souvent empêché de manger en 2012 et 2013, entraînant une importante perte 
pondérale. Le pronostic était inquiétant, car l'assuré vivait reclus chez lui avec très 
peu de contacts socio-professionnels, le privant peu à peu de toute source de gain 
possible et induisant une dépendance de l'Hospice général. Malgré cela, l'assuré 
avait toujours essayé d'entrevoir une sortie grâce à sa musique, mais toutes ses 
démarches étaient restées vaines. L'assuré présentait également de nombreuses poly 
allergies médicamenteuses, qui se manifestaient immédiatement par des effets 
secondaires dès la prise de médicaments, sans qu'un traitement spécifique ne puisse 
être envisagé. Il présentait une inadaptation socio-professionnelle qui le rendait 
incapable de travailler dans des endroits en compagnie de beaucoup de monde. 
L'assuré était un créatif qui avait besoin de se réaliser dans un milieu intimiste avec 
des collaborateurs en qui il pouvait avoir confiance. Son souhait actuel était de 
tenter un reclassement professionnel et de voir dans quelle mesure il pouvait être 

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A/344/2015 

réadapté socialement. Les mesures de réadaptation professionnelles seraient une 
orientation dans l'enseignement de la musique, car il serait apte à enseigner le piano 
ou d'autres instruments à des élèves, ceci avec un encadrement, un suivi 
psychiatrique et un travail ciblé sur l'enseignement de la musique. Le Dr E______ 
était le plus apte à renseigner sur les capacités et le devenir de l'assuré. Le Dr 
Q____ recommandait en outre une thérapie cognitive comportementale. Les 
capacités de concentration, d’adaptation et de résistance étaient limitées en raison 
de l’angoisse et de l’agoraphobie de l’assuré.  

57. Une note de travail de l'OAI du 11 juillet 2014 a indiqué que sa collaboratrice avait 
assisté à un concert de l'assuré du 9 juillet 2014, lequel avait duré 1h10. L’assuré se 
produirait en outre au festival « Bimbadaboum »  à quatre reprises du ______ au  
______ 2014. 

58. Dans son avis du 18 juillet 2014, le Dr N_____ a estimé que l'expert avait expliqué 
très clairement son appréciation de la situation médicale et les raisons des 
divergences avec le Dr E______. 

59. Dans son projet de décision du 31 juillet 2014, l'OAI a annoncé vouloir supprimer 
le droit de l'assuré à sa rente d'invalidité, au motif que son état de santé s'était 
amélioré depuis la décision initiale. Le SMR retenait une capacité de travail de 
100 % dans toute activité depuis le 30 avril 2013. Le degré d’invalidité de l’assuré 
se confondait ainsi avec sa capacité de travail. Compte tenu du degré d’invalidité 
nul, l’assuré n’avait plus droit à une rente. L’amélioration notable était retenue dès 
le 1er août 2013.  

60. Une note de travail du 1er septembre 2014 de l'OAI a relevé que l'assuré avait 
présenté à la même date sur les ondes de Yes.fm le duo P_____, formé avec une 
musicienne, et annoncé que leur album était en cours de finition et se trouvait sur 
une plateforme de financement participatif.  

61. Le 4 septembre 2014, l'assuré a transmis à l'OAI ses observations à la suite du 
projet de décision du 31 juillet 2014. Il a rappelé qu’il avait contesté la valeur 
probante de l’expertise du Dr O_____. Il a reproché à l'OAI de ne pas avoir tenu 
compte de l'avis de ses médecins traitants. L'OAI avait rendu sa décision alors que 
l'avis complémentaire du Dr O_____ n'avait pas été rendu ou, à tout le moins, ne lui 
avait pas été communiqué, ce qui violait son droit d'être entendu. Par ailleurs, 
l'expertise du Dr O_____ n'avait pas de valeur probante et les motifs de récusation 
contre cet expert étaient survenus en cours d’expertise. En effet, l’expert avait émis 
des remarques suspectes qui évoquaient un parti pris à l’encontre de l’assuré. 

 Il a produit un rapport du Dr Q_____ du 14 août 2014, selon lequel l'assuré 
présentait le diagnostic d'état anxieux dépressif, d'agoraphobie, de dysphagie haute 
d'étiologie indéterminée, de lombalgies chroniques et de prostatite chronique. Les 

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troubles somatiques avaient une influence majeure sur sa vie. Il présentait déjà 
depuis 2000 un état dépressif majeur entraînant des difficultés sociales avec la perte 
de son emploi en 2002, ce qui avait accentué ses traits anxio-dépressifs. Il avait 
présenté de nombreux problèmes somatiques. L'assuré vivait reclus chez lui. Il avait 
essayé d'entrevoir une sortie grâce à sa musique, mais toutes ses démarches étaient 
restées vaines. Il avait créé une starification de lui-même par la musique, ce qui 
l'avait complètement dépassé et aggravait ses troubles anxio-dépressifs et 
somatoformes. La procédure de l’OAI, qui croyait tenir un tricheur, ne faisait que 
confronter l’assuré à cette image parfaite qu’il ne pourrait jamais rejoindre. Le 
Dr Q_____ a encore précisé que des mesures de réadaptation professionnelle 
n’étaient plus envisageables, l’assuré ne disposant pas du bagage pédagogique ou 
psychologique nécessaire pour l’enseignement. Il était primordial de le laisser au 
bénéfice d’une rente, qui était le seul lien social qui lui permettrait de se stabiliser.  

62. Par décision du 10 septembre 2014, l'OAI a versé à titre rétroactif à l'assuré un 
montant de CHF 40'338.-, correspondant à la rente d'invalidité due du 1er novembre 
2012 au 31 août 2014, en application de l'arrêt de la chambre de céans du 2 juin 
2014. 

63. Dans son avis du 5 décembre 2014, le Dr N_____ a estimé que le rapport du 
14 août 2014 du Dr Q_____ ne faisait que confirmer que l'assuré ne présentait 
aucune atteinte somatique pouvant entraîner une incapacité durable, mais seulement 
des atteintes psychosomatiques sans gravité.  

64. Par décision du 18 décembre 2014, l'OAI a supprimé la rente d'invalidité de l'assuré 
en reprenant les termes de son projet du 31 juillet 2014. Il a ajouté que l'assuré avait 
reçu le 9 septembre 2014 une copie du dossier comprenant l'avis complémentaire 
du Dr O_____. De plus, l'avis du Dr Q_____ du 14 août 2014 ne permettait pas de 
modifier l'avis du SMR. 

65. Le 2 février 2015, l'assuré, par son mandataire, a interjeté recours contre la décision 
de l’OAI. Il a conclu, sous suite de dépens, préalablement, à l’audition des 
Drs E______ et Q_____ et à la mise en œuvre d’une expertise judiciaire, et au fond 
à l’annulation de la décision querellée.  

Le recourant a allégué qu’il avait immédiatement fait valoir des motifs de 
prévention à l'encontre du Dr O_____, de sorte que l'expertise devait être écartée 
pour cette raison déjà. Le Dr E______ avait par ailleurs relevé les lacunes de 
l'expertise, dont les diagnostics étaient incomplets. L’expert avait entièrement 
ignoré les problèmes somatiques. Sa réponse aux critiques du Dr E______ ne 
résistait pas à l'examen. En particulier, le fait que le caractère durable de l'atteinte 
soit pris en compte dans le diagnostic d’autres troubles psychiques n’excluait pas 
qu’il fût pris en considération pour poser le diagnostic de personnalité borderline. 

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A/344/2015 

De plus, l'incidence de ce trouble pouvait varier dans le temps, ce qui expliquait la 
pleine capacité de travail du recourant à certaines dates. Le Dr O_____ l'admettait 
lui-même en posant une incapacité de travail de novembre 2002 à janvier 2005. 
Enfin, l’expert contestait le diagnostic de dépression sans fondement sérieux. 

66. Dans sa réponse du 16 mars 2015, l’intimé a conclu au rejet du recours. Il n'était 
pas rendu vraisemblable que le Dr O_____ ait fait montre d'un comportement 
inadéquat pendant l'expertise. Son rapport ne contenait aucune remarque inadéquate 
et se fondait sur les déclarations de l'assuré, le dossier médical et les constatations 
objectives. Le Dr O_____ contenait tous les éléments nécessaires pour se voir 
reconnaître une pleine valeur probante. La comparaison de son rapport avec 
l’expertise de la Dresse F______ prouvait une amélioration de l’état de santé du 
recourant. Par ailleurs, les circonstances avaient également changé puisqu’au vu des 
éléments figurant au dossier, il semblait avéré que le recourant consacrait désormais 
beaucoup plus de temps à sa musique que les quatre heures par jour annoncées en 
2008. 

67. Dans sa réplique du 29 avril 2015, le recourant a persisté dans ses conclusions. Se 
référant notamment au rapport du Dr E______ du 9 septembre 2013, il a affirmé 
que les éléments caractéristiques de la dépression étaient bien présents. S’agissant 
de ses activités, la chambre de céans avait déjà considéré qu’elles n’étaient pas 
constitutives d’un changement de circonstances. Il n’y avait ainsi pas 
d’amélioration de l’état de santé. Le Dr O_____ ne faisait d’ailleurs pas état d’une 
amélioration de son état de santé. Il ne s'agissait donc pas d'un contexte de révision. 
L'enquête de l'intimé avait influencé l'expert, lequel avait longuement interrogé le 
recourant au sujet de ses activités artistiques. Les Drs E______, F______ et Q____ 
avaient tous conclu à une incapacité de travail totale, le recourant présentant 
principalement un problème relationnel. La personnalité chimérique que le 
recourant avait créée n’avait pas été interprétée correctement par le Dr O_____, qui 
l’avait considérée comme le reflet d’une identité bien construite. 

68. La chambre de céans a entendu les parties en date du 8 juin 2015.  

Le recourant a exposé que l’expertise s’était déroulée bizarrement et 
ressemblait à un interrogatoire. L’expert lui avait dit qu’il avait une vie « cool » car 
il pouvait faire de la musique aux frais de l’assurance-invalidité. Selon son 
psychiatre, son état de santé était stationnaire. Il passait beaucoup de temps sur 
internet et à regarder la télévision. Il faisait beaucoup le ménage car il était très 
maniaque. Il faisait aussi de la musique. Il était insomniaque et vivait 
principalement de l’après-midi jusqu’à l’aube, dormant quelques heures en matinée. 
En juillet dernier, il avait participé au festival off de Montreux, sans rémunération. 
Le recourant avait parfois rendu visite à des amis en France, ou en 2009 à de la 
famille aux Etats-Unis. C’était déjà le cas en 2007-2008. Il est vrai qu’il n’aimait 

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pas prendre l’avion. Son dernier concert datait de plus d’une année. Il n’avait 
jamais gagné d’argent au travers d’une activité musicale et en avait même plutôt 
perdu. Le duo P____ était une collaboration avec une collègue. Il s’agissait d’une 
activité de loisir, mais ils n’avaient plus rien produit ensemble depuis une année. Le 
recourant a précisé que son psychiatre l’encourageait à effectuer des activités 
musicales et artistiques afin d’éviter qu’il ne reste cloîtré chez lui et de lui donner 
un but. Il voyait son psychiatre traitant depuis une vingtaine d’années, une fois par 
semaine. Il lui prescrivait un traitement d’anxiolytiques. Parfois, c’était le 
généraliste qui le faisait. Il prenait également d’autres médicaments en 
automédication pour des problèmes de sommeil et d’angoisse, voire de paranoïa. Il 
lui était arrivé parfois de penser qu’il était suivi. 

 Il a produit une autorisation de l’Office cantonal de la population du 8 janvier 2015, 
l’autorisant à changer de prénom et à se prénommer à l’avenir Soren Pascal-
Emmanuel. 

 La représentante de l’intimé a déclaré exclure la reconsidération. Elle a confirmé le 
bien-fondé du rapport de la Dresse F______ du 14 janvier 2008. L’examen clinique 
effectué par le Dr O____ montrait une amélioration de l’état de santé. L’intimé 
estimait qu’il y avait eu une amélioration de l’état de santé du recourant depuis le 
30 avril 2013. Les notes de travail du 11 juillet et du 1er septembre 2014 étaient des 
indices supplémentaires en faveur d’une amélioration de l’état de santé du 
recourant. Elle a notamment affirmé que lors de l’examen de la Dresse F______, il 
était indiqué que le recourant ne pouvait pas voyager du tout, alors qu’il avait pu le 
faire par la suite. 

Le mandataire du recourant a maintenu sa demande d’expertise judiciaire 
psychiatrique. Contestant la valeur probante de cette expertise, il s’en est rapporté à 
justice sur cette question. 

69. Par courrier du même jour, le recourant s’est déterminé sur le procès-verbal de 
l’audience en précisant ne pas s’en rapporter à justice sur la valeur probante de 
l’expertise du Dr O_____. Il s’en remettait en revanche à l’appréciation de la 
chambre de céans si elle devait considérer que les éléments du dossier, et 
notamment l’expertise du Dr O_____, ne permettaient pas de procéder à une 
révision à défaut de modification notable, ou à une reconsidération. 

70. Par arrêt du 29 juin 2015 (ATAS/493/2015), la chambre de céans a admis le recours 
et annulé la décision de l’OAI du 18 décembre 2014. 

 Elle a considéré que les conditions de la révision du droit à la rente d’invalidité du 
recourant n’étaient pas remplies car l’expertise du Dr O_____ retenait une capacité 
de travail totale du recourant déjà au moment de la décision initiale d’octroi de la 
rente et ne permettait donc pas d’établir une amélioration de l’état de santé du 

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recourant depuis la décision initiale ; par ailleurs les activités du recourant dont 
faisait état l’intimé ne constituaient pas des indices démontrant la reprise d’une 
activité professionnelle ; une reconsidération de la décision initiale était exclue, 
celle-ci n’étant manifestement pas erronée ; enfin le rapport du Dr O_____ n’était 
pas probant. 

71. Par arrêt du 12 mai 2016 (9C 612/2015), le Tribunal fédéral a partiellement admis 
le recours de l’OAI et renvoyé la cause à la chambre de céans pour instruction 
complémentaire et nouvelle décision. 

 L’expertise du Dr O_____ ne mettait pas en évidence une modification de l’état de 
santé de l’assuré au sens de l’art. 17 al. 1 LPGA ; en revanche, il existait des 
éléments médicaux et activités menées par l’assuré qui constituaient des indices 
d’une probable amélioration de l’état de santé de celui-ci, justifiant la mise en 
œuvre de mesure d’instruction sur le plan médical afin d’évaluer l’évolution de 
l’état de santé de l’assuré et de ses effets sur sa capacité de travail. 

72. Le 26 mai 2016, la chambre de céans a rouvert la procédure. 

73. Le 14 juin 2016, la Chambre de céans a informé les parties qu’elle entendait confier 
une expertise au docteur R_____, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie 
et leur a envoyé une copie de la mission d’expertise. 

74. Le 23 juin 2016, le SMR a indiqué qu’il n’avait pas de questions particulières à 
poser à l’expert. 

75. Le 24 juin 2016, l’OAI a souligné que l’expert R_____ présentait souvent des 
retards non négligeables dans l’exécution de ses mandats et a proposé de mandater 
les experts , S_____ ou T_____. 

76. Le 28 juin 2016, l’assuré a indiqué qu’il n’avait pas d’observations particulières. 

77. Le 30 juin 2016, la Chambre de céans a demandé au Dr R_____ dans quel délai il 
pourrait rendre son rapport d’expertise. 

78. Le 4 juillet 2016, le recourant s’est opposé catégoriquement à la désignation des 
experts suggéré par l’OAI. 

79. Le 6 juillet 2016, le recourant a transmis un arrêté du Service d’état civil et 
légalisations l’autorisant à changer de nom et à porter à l’avenir celui de A______, 
à supprimer son deuxième prénom et à se prénommer désormais B______. 

80. Le 5 septembre 2016, la Chambre de céans a informé les parties qu’en l’absence de 
réponse du Dr R_____, elle entendait confier l’expertise au docteur U_____. 

81. Les 12 et 19 septembre 2016, les parties ont indiqué qu’elles n’avaient pas de motif 
de récusation à l’encontre de l’expert. 

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EN DROIT 

  

1. Par arrêt du 12 mai 2016 (9C 612/2015), le Tribunal fédéral a renvoyé la cause à la 
chambre de céans pour instruction complémentaire et nouvelle décision. 

2. Le litige porte sur le point de savoir si c’est à bon droit que l’intimé a supprimé la 
rente d’invalidité du recourant, singulièrement sur la question de savoir si l’état de 
santé du recourant s’est amélioré depuis la décision initiale de rente du 4 avril 2008. 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

3. On peut envisager quatre cas dans lesquels un conflit peut surgir entre une situation 
juridique actuelle et une décision de prestations, assortie d'effets durables, entrée en 
force formelle: une constatation inexacte des faits (inexactitude initiale sur les faits) 
peut, à certaines conditions, être corrigée par une révision procédurale 
conformément à l'art. 53 al. 1 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 
assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA). Lorsqu'une modification de l'état de 
fait déterminante sous l'angle du droit à la prestation (inexactitude ultérieure sur les 
faits) survient après le prononcé d'une décision initiale exempte d'erreur, une 
adaptation peut, le cas échéant, être effectuée dans le cadre d'une révision de la 
rente au sens de l'art. 17 al. 1 LPGA. Si la décision est fondée sur une application 
erronée du droit (application initiale erronée), il y a lieu d'envisager une révocation 
sous l'angle de la reconsidération (art. 53 al. 2 LPGA). Enfin, il est des cas où une 
modification des fondements juridiques déterminants intervient après le prononcé 
de la décision (ATF 135 V 215 consid. 4.1 ; ATF 127 V 10 consid. 4b).  

L’art. 17 al. 1 LPGA dispose que si le taux d’invalidité du bénéficiaire de la rente 
subit une modification notable, la rente est, d’office ou sur demande, révisée pour 
l’avenir, à savoir augmentée ou réduite en conséquence, ou encore supprimée. Il 
convient ici de relever que l’entrée en vigueur de l’art. 17 LPGA, le 1er janvier 
2003, n’a pas apporté de modification aux principes jurisprudentiels développés 
sous le régime de l’ancien art. 41 de la loi fédérale du sur l’assurance-invalidité19 
juin 1959 (LAI), de sorte que ceux-ci demeurent applicables par analogie (ATF 130 
V 343 consid. 3.5). 

Tout changement important des circonstances propre à influencer le degré 
d’invalidité, et donc le droit à la rente, peut motiver une révision selon 
l’art. 17 LPGA. La rente peut être révisée non seulement en cas de modification 
sensible de l’état de santé, mais aussi lorsque celui-ci est resté en soi le même, mais 
que ses conséquences sur la capacité de gain ont subi un changement important 
(ATF 141 V 9 consid. 2.3 p. 10). Tel est le cas lorsque la capacité de travail 

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s'améliore grâce à une accoutumance ou à une adaptation au handicap (ATF 141 V 
9 consid. 2.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 9C_622/2015 consid. 4.1). Il n'y a pas 
matière à révision lorsque les circonstances sont demeurées inchangées et que le 
motif de la suppression ou de la diminution de la rente réside uniquement dans une 
nouvelle appréciation du cas (ATF 141 V 9 consid. 2.3 ; ATF 112 V 371 
consid. 2b ; ATF 112 V 387 consid. 1b). Un motif de révision au sens de l'art. 17 
LPGA doit clairement ressortir du dossier (arrêt du Tribunal fédéral des assurances 
I 559/02 du 31 janvier 2003 consid. 3.2 et les références). La réglementation sur la 
révision ne saurait en effet constituer un fondement juridique à un réexamen sans 
condition du droit à la rente (arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 406/05 du 
13 juillet 2006 consid. 4.1). Un changement de jurisprudence n'est pas un motif de 
révision (ATF 129 V 200 consid. 1.2). 

Le point de savoir si un changement notable des circonstances s’est produit doit 
être tranché en comparant les faits tels qu’ils se présentaient au moment de la 
dernière révision de la rente entrée en force et les circonstances qui régnaient à 
l’époque de la décision litigieuse. C’est en effet la dernière décision qui repose sur 
un examen matériel du droit à la rente avec une constatation des faits pertinents, 
une appréciation des preuves et une comparaison des revenus conformes au droit 
qui constitue le point de départ temporel pour l’examen d’une modification du 
degré d’invalidité lors d’une nouvelle révision de la rente (ATF 133 V 108 
consid. 5.4 ; ATF 130 V 343 consid. 3.5.2). 

4. Est réputée invalidité, l'incapacité de gain totale ou partielle présumée permanente 
ou de longue durée, résultant d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un 
accident (art. 8 al. 1 LPGA et 4 al. 1 LAI). Selon l’art. 7 LPGA, est réputée 
incapacité de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des possibilités de 
gain de l'assuré sur le marché du travail équilibré qui entre en considération, si cette 
diminution résulte d'une atteinte à la santé physique ou mentale et qu'elle persiste 
après les traitements et les mesures de réadaptation exigibles (al 1). Seules les 
conséquences de l’atteinte à la santé sont prises en compte pour juger de la présence 
d’une incapacité de gain. De plus, il n’y a incapacité de gain que si celle-ci n’est 
pas objectivement surmontable (al. 2 en vigueur dès le 1er janvier 2008). 

En vertu de l’art. 28 al. 1 LAI (dans sa version antérieure au 1er janvier 2004), 
l’assuré a droit à une rente entière s’il est invalide à 66 2/3 % au moins, à une demi-
rente s’il est invalide à 50 % au moins, ou à un quart de rente s’il est invalide à 
40 % au moins ; dans les cas pénibles, l’assuré peut, d’après l’art. 28 al. 1bis LAI, 
prétendre à une demi-rente s’il est invalide à 40 % au moins. Dès le 1er janvier 
2004, l’assuré a droit à une rente entière s’il est invalide à 70 % au moins, à un 
trois-quarts de rente s'il est invalide à 60 % au moins, à une demi-rente s’il est 

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invalide à 50 % au moins, ou à un quart de rente s’il est invalide à 40 % au moins 
(art. 28 al. 2 LAI). 

Pour évaluer le taux d'invalidité, le revenu que l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était 
pas invalide est comparé avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activité qui 
peut raisonnablement être exigée de lui après les traitements et les mesures de 
réadaptation, sur un marché du travail équilibré (art. 16 LPGA et art. 28 al. 2 LAI). 

Il y a lieu de préciser que selon la jurisprudence, la notion d'invalidité, au sens du 
droit des assurances sociales, est une notion économique et non médicale; ce sont 
les conséquences économiques objectives de l'incapacité fonctionnelle qu'il importe 
d'évaluer (ATF 110 V 273 consid. 4a). L’atteinte à la santé n’est donc pas à elle 
seule déterminante et ne sera prise en considération que dans la mesure où elle 
entraîne une incapacité de travail ayant des effets sur la capacité de gain de l’assuré 
(Ulrich MEYER-BLASER, Bundesgesetz über die Invalidenversicherung, 1997, 
p. 8).  

5. Pour pouvoir calculer le degré d'invalidité, l'administration (ou le juge, s'il y a eu un 
recours) a besoin de documents que le médecin, éventuellement aussi d'autres 
spécialistes, doivent lui fournir (ATF 125 V 261 consid. 4). La tâche du médecin 
dans le cadre d'une révision de la rente selon l'art. 17 LPGA consiste avant tout à 
établir l'existence ou non d'une amélioration de l'état de santé de l'assuré en 
comparant les faits tels qu'ils se présentaient au moment de la décision initiale avec 
la situation au moment de son examen (ATF 125 V 369 consid. 2).  

Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en 
procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales (cf. art. 61 
let. c LPGA), le juge n'est pas lié par des règles formelles, mais doit examiner de 
manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis 
décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur 
le droit litigieux. En cas de rapports médicaux contradictoires, le juge ne peut 
trancher l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons 
pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. 
L'élément déterminant pour la valeur probante d'un rapport médical n'est ni son 
origine, ni sa désignation, mais son contenu. A cet égard, il importe que les points 
litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur 
des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes 
exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la 
description des interférences médicales soit claire et enfin que les conclusions de 
l'expert soient bien motivées (ATF 125 V 351 consid. 3). 

6. Si les conditions de la révision sont données, les prestations sont, conformément à 
l’art. 17 al. 1 LPGA, modifiées pour l’avenir dans le sens exigé par le nouveau 

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degré d’invalidité. Chaque loi spéciale peut fixer le point de départ de la 
modification ou encore exclure une révision en s’écartant de la LPGA (arrêt du 
Tribunal fédéral des assurances I 806/04 du 15 mars 2005 consid. 2.2.). 

7. Dans le domaine de l’assurance-invalidité, le point de départ d’une modification du 
droit aux prestations est fixé avec précision. En cas de modification de la capacité 
de gain, la rente doit être supprimée ou réduite avec effet immédiat si la 
modification paraît durable et par conséquent stable (première phrase de l'art. 88a 
al. 1 Règlement du 17 janvier 1961 sur l’assurance-invalidité (RAI)); on attendra en 
revanche trois mois au cas où le caractère évolutif de l'atteinte à la santé, 
notamment la possibilité d'une aggravation, ne permettrait pas un jugement 
immédiat (deuxième phrase de la disposition ; arrêt du Tribunal fédéral des 
assurances I 666/81 du 30 mars 1983 consid. 3, in RCC 1984 p. 137 s.). En règle 
générale, pour examiner s'il y a lieu de réduire ou de supprimer la rente 
immédiatement ou après trois mois, il faut examiner pour le futur si l'amélioration 
de la capacité de gain peut être considérée comme durable (arrêt du Tribunal 
fédéral 9C_32/2015 du 10 septembre 2015 consid. 4.1). 

En vertu de l’art. 88bis al. 1 RAI, l’augmentation de la rente prend effet, si la 
révision est demandée par l’assuré, au plus tôt dès le mois où cette demande est 
présentée (let. a), si la révision a lieu d’office, dès le mois pour lequel celle-ci avait 
été prévue (let. b). 

En vertu de l’art. 88bis al. 2 RAI, la diminution ou la suppression de la rente prend 
effet, au plus tôt le premier jour du deuxième mois qui suit la notification de la 
décision (let. a), ou rétroactivement à la date où elle a cessé de correspondre aux 
droits de l’assuré, s’il se l’est fait attribuer irrégulièrement ou s’il a manqué, à un 
moment donné, à l’obligation de renseigner qui lui incombe raisonnablement selon 
l’art. 77. 

8. Les atteintes à la santé psychique peuvent, comme les atteintes physiques, entraîner 
une invalidité au sens de l'art. 4 al. 1 LAI en liaison avec l'art. 8 LPGA. On ne 
considère pas comme des conséquences d'un état psychique maladif, donc pas 
comme des affections à prendre en charge par l'assurance-invalidité, les 
diminutions de la capacité de gain que l'assuré pourrait empêcher en faisant preuve 
de bonne volonté ; la mesure de ce qui est exigible doit être déterminée aussi 
objectivement que possible (ATF 102 V 165 ; arrêt du Tribunal fédéral des 
assurances I 786/04 du 19 janvier 2006 consid. 3.1).  

Dans l'éventualité où des troubles psychiques ayant valeur de maladie sont admis, il 
y a alors lieu d'évaluer le caractère exigible de la reprise d'une activité lucrative par 
l'assuré, au besoin moyennant un traitement thérapeutique. A cet effet, il faut 
examiner quelle est l'activité que l'on peut raisonnablement exiger de lui. Pour 

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admettre l'existence d'une incapacité de gain causée par une atteinte à la santé 
mentale, il n'est donc pas décisif que l'assuré exerce une activité lucrative 
insuffisante ; il faut bien plutôt se demander s'il y a lieu d'admettre que la mise à 
profit de sa capacité de travail ne peut, pratiquement, plus être raisonnablement 
exigée de lui, ou qu'elle serait même insupportable pour la société (ATF 127 V 294 
consid. 4c, ATF 102 V 165 ; VSI 2001 p. 224 consid. 2b et les références). Ces 
principes sont valables, selon la jurisprudence, pour les psychopathies, les 
altérations du développement psychique (psychische Fehlentwicklungen), 
l'alcoolisme, la pharmacomanie, la toxicomanie et pour les névroses 
(RCC 1992 p. 182 consid. 2a et les références ; arrêt du Tribunal fédéral des 
assurances I 237/04 du 30 novembre 2004 consid. 4.2). 

9. La reconnaissance de l'existence de troubles somatoformes douloureux persistants 
suppose d'abord la présence d'un diagnostic émanant d'un expert (psychiatre) et 
s'appuyant lege artis sur les critères d'un système de classification reconnu 
(ATF 130 V 396 consid. 5.3). 

Le diagnostic d'un trouble douloureux somatoforme doit être justifié médicalement 
de telle manière que les personnes chargés d’appliquer le droit puissent vérifier que 
les critères de classification ont été effectivement respectés. En particulier, 
l’exigence d’une douleur persistante, intense et s’accompagnant d’un sentiment de 
détresse doit être remplie. Un tel diagnostic suppose l’existence de limitations 
fonctionnelles dans tous les domaines de la vie (tant professionnelle que privée). 
Les médecins doivent en outre prendre en considération les critères d’exclusion de 
ce diagnostic retenus par la jurisprudence (ATF 141 V 281 consid. 2.1.1. et 2.2). 
Ainsi, si les limitations liées à l'exercice d'une activité résultent d'une exagération 
des symptômes ou d'une constellation semblable, on conclura, en règle ordinaire, à 
l'absence d'une atteinte à la santé ouvrant le droit à des prestations d'assurance. Au 
nombre des situations envisagées figurent la discordance entre les douleurs décrites 
et le comportement observé, l'allégation d'intenses douleurs dont les 
caractéristiques demeurent vagues, l'absence de demande de soins, les grandes 
divergences entre les informations fournies par le patient et celles ressortant de 
l'anamnèse, le fait que des plaintes très démonstratives laissent insensible l'expert, 
ainsi que l'allégation de lourds handicaps malgré un environnement psychosocial 
intact (ATF 131 V 49 consid. 1.2). 

Une expertise psychiatrique est, en principe, nécessaire quand il s'agit de se 
prononcer sur l'incapacité de travail que les troubles somatoformes douloureux sont 
susceptibles d'entraîner (ATF 130 V 352 consid. 2.2.2 et 5.3.2). Une telle 
appréciation psychiatrique n'est toutefois pas indispensable lorsque le dossier 
médical comprend suffisamment de renseignements pour exclure l'existence d'une 

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composante psychique aux douleurs qui revêtirait une importance déterminante au 
regard de la limitation de la capacité de travail. 

Les principes jurisprudentiels développés en matière de troubles somatoformes 
douloureux sont également applicables à la fibromyalgie (ATF 132 V 65 
consid. 4.1), au syndrome de fatigue chronique ou de neurasthénie (ATF 139 V 
346 ; arrêt du Tribunal fédéral 9C_662/2009 du 17 août 2010 consid. 2.3 in SVR 
2011 IV n° 26 p. 73), à l'anesthésie dissociative et aux atteintes sensorielles (arrêt 
du Tribunal fédéral des assurances I 9/07 du 9 février 2007 consid. 4 in SVR 2007 
IV n° 45 p. 149), à l’hypersomnie (ATF 137 V 64 consid. 4) ainsi qu'en matière de 
troubles moteurs dissociatifs (arrêt du Tribunal fédéral 9C_903/2007 du 30 avril 
2008 consid. 3.4) et de traumatisme du type « coup du lapin » (ATF 136 V 279 
consid. 3.2.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 8C_10/2015 du 5 septembre 2015 destiné à 
la publication consid. 5.2). En revanche, ils ne sont pas applicables par analogie à la 
fatigue liée au cancer (cancer-related Fatigue) (ATF 139 V 346 consid. 3 ; arrêt du 
Tribunal fédéral 9C_73/2013 du 2 septembre 2013 consid. 5). 

10. L'évaluation des syndromes sans pathogenèse ni étiologie claires et sans constat de 
déficit organique ne fait pas l'objet d'un consensus médical (arrêt du Tribunal 
fédéral 9C_619/2012 du 9 juillet 2013 consid. 4.1). Pour ces motifs, la 
jurisprudence a dégagé un certain nombre de principes et de critères normatifs pour 
permettre d'apprécier - sur les plans médical et juridique - le caractère invalidant de 
ce genre de syndromes. Selon la jurisprudence ayant cours jusqu’à récemment, 
ceux-ci n'entraînaient pas, en règle générale, une limitation de longue durée de la 
capacité de travail pouvant conduire à une invalidité (ATF 130 V 352 consid. 
2.2.3). Il existait une présomption que de tels syndromes ou leurs effets pouvaient 
être surmontés par un effort de volonté raisonnablement exigible (ATF 131 V 49 
consid. 1.2). Le Tribunal fédéral a toutefois reconnu qu'il existait des facteurs 
déterminés qui, par leur intensité et leur constance, rendaient la personne incapable 
de fournir cet effort de volonté, et a établi des critères permettant d'apprécier le 
caractère invalidant de ces syndromes (cf. ATF 130 V 352 consid. 2.2. et ATF 131 
V 49 consid. 1.2). Au premier plan figurait la présence d'une comorbidité 
psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée. D'autres critères 
pouvaient être déterminants, tels que des affections corporelles chroniques, un 
processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable 
(symptomatologie inchangée ou progressive), une perte d'intégration sociale dans 
toutes les manifestations de la vie, un état psychique cristallisé, sans évolution 
possible au plan thérapeutique, résultant d'un processus défectueux de résolution du 
conflit, mais apportant un soulagement du point de vue psychique (profit primaire 
tiré de la maladie, fuite dans la maladie), l'échec de traitements ambulatoires ou 
stationnaires conformes aux règles de l'art (même avec différents types de 

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traitement), cela en dépit de l'attitude coopérative de la personne assurée (ATF 132 
V 65 consid. 4.2). En présence de tels syndromes, la mission d'expertise consistait 
surtout à porter une appréciation sur la vraisemblance de l'état douloureux et, le cas 
échéant, à déterminer si la personne expertisée disposait des ressources psychiques 
lui permettant de surmonter cet état. Eu égard à la mission confiée, les experts 
failliraient à celle-ci s'ils ne tenaient pas compte des différents critères mis en 
évidence par le Tribunal fédéral dans le cadre de leur appréciation médicale 
(ATF 132 V 65 consid. 4.2 et 4.3). 

11. Dans un arrêt récent (ATF 141 V 281), le Tribunal fédéral a abandonné la 
présomption qui prévalait jusqu’à ce jour, selon laquelle les syndromes du type 
troubles somatoformes douloureux et affections psychosomatiques assimilées 
peuvent être surmontés en règle générale par un effort de volonté raisonnablement 
exigible (ATF 132 V 65 ; ATF 131 V 49 ; ATF 130 V 352). Désormais, la capacité 
de travail réellement exigible doit être évaluée dans le cadre d'une procédure 
d'établissement des faits structurée et sans résultat prédéfini, permettant de mettre 
en regard les facteurs extérieurs incapacitants d’une part et les ressources de 
compensation de la personne d’autre part (ATF 141 V 281 consid. 3.6 et 4). Il n'y a 
plus lieu de se fonder sur les critères de l'ATF 130 V 352, mais sur une grille 
d’analyse comportant divers indicateurs qui rassemblent les éléments essentiels 
propres aux troubles de nature psychosomatique (ATF 141 V 281 consid. 4). Ces 
indicateurs concernent deux catégories, à savoir celle du degré de gravité 
fonctionnelle et celle de la cohérence. 

Ces indicateurs sont classés comme suit : 

I. Catégorie «  degré de gravité fonctionnelle » : 

Les indicateurs relevant de cette catégorie représentent l’instrument de base de 
l’analyse. Les déductions qui en sont tirées devront, dans un second temps, résister 
à un examen de la cohérence (ATF 141 V 281 consid. 4.3). 

A. Axe « atteinte à la santé » : 

1. Expression des éléments pertinents pour le diagnostic et des symptômes : 

Les constatations relatives aux manifestations concrètes de l’atteinte à la santé 
diagnostiquée permettent de distinguer les limitations fonctionnelles causées par 
cette atteinte de celles dues à des facteurs non assurés. Le point de départ est le 
degré de gravité minimal inhérent au diagnostic. Il doit être rendu vraisemblable 
compte tenu de l’étiologie et de la pathogenèse de la pathologie déterminante pour 
le diagnostic. Par exemple, sur le plan étiologique, la caractéristique du syndrome 
somatoforme douloureux persistant est, selon la CIM-10 F45.5, qu’il survient dans 
un contexte de conflits émotionnels ou de problèmes psycho-sociaux. En revanche, 

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la notion de bénéfice primaire de la maladie ne doit plus être utilisée 
(consid.  4.3.1.1). 

2. Succès du traitement et de la réadaptation ou résistance à ces derniers : 

Ce critère est un indicateur important pour apprécier le degré de gravité. L’échec 
définitif d’un traitement indiqué, réalisé lege artis sur un assuré qui coopère de 
manière optimale, permet de conclure à un pronostic négatif. Si le traitement ne 
correspond pas ou plus aux connaissances médicales actuelles ou paraît inapproprié 
dans le cas d’espèce, on ne peut rien en déduire s’agissant du degré de gravité de la 
pathologie. Les troubles psychiques sont invalidants lorsqu'ils sont graves et ne 
peuvent pas ou plus être traités médicalement. Des déductions sur le degré de 
gravité d’une atteinte à la santé peuvent être tirées non seulement du traitement 
médical mais aussi de la réadaptation. Si des mesures de réadaptation entrent en 
considération après une évaluation médicale, l’attitude de l’assuré est déterminante 
pour juger du caractère invalidant ou non de l’atteinte à la santé. Le refus de 
l'assuré d'y participer est un indice sérieux d'une atteinte non invalidante. A 
l’inverse, une réadaptation qui se conclut par un échec en dépit d’une coopération 
optimale de la personne assurée peut être significative dans le cadre d’un examen 
global tenant compte des circonstances du cas particulier (consid. 4.3.1.2). 

3. Comorbidités : 

La comorbidité psychique ne joue plus un rôle prépondérant de manière générale, 
mais ne doit être prise en considération qu’en fonction de son importance concrète 
dans le cas d’espèce, par exemple pour juger si elle prive l’assuré de ressources. Il 
est nécessaire de procéder à une approche globale de l’influence du trouble 
somatoforme douloureux avec l’ensemble des pathologies concomitantes. Un 
trouble qui, selon la jurisprudence, ne peut pas être invalidant en tant que tel (cf. 
consid. 4.3.1.2; arrêt du Tribunal fédéral 9C_98/2010 du 28 avril 2010, consid. 
2.2.2, in : RSAS 2011 IV n° 17, p. 44) n’est pas une comorbidité (arrêt du Tribunal 
fédéral 9C_1040/2010 du 6 juin 2011, consid. 3.4.2.1, in : RSAS 2012 IV n° 1, 
p. 1) mais doit à la rigueur être pris en considération dans le cadre du diagnostic de 
la personnalité (ATF 141 V 281 consid. 4.3.2). Ainsi, un trouble dépressif 
réactionnel au trouble somatoforme ne perd pas toute signification en tant que 
facteur d’affaiblissement potentiel des ressources, mais doit être pris en 
considération dans l’approche globale (ATF 141 V 281 consid. 4.3.1.3). 

B. Axe « personnalité » (diagnostic de la personnalité, ressources personnelles) : 

Il s’agit d’accorder une importance accrue au complexe de personnalité de l’assuré 
(développement et structure de la personnalité, fonctions psychiques 
fondamentales). Le concept de ce qu’on appelle les « fonctions complexes du Moi » 
(conscience de soi et de l’autre, appréhension de la réalité et formation du 

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jugement, contrôle des affects et des impulsions, intentionnalité et motivation) entre 
aussi en considération. Comme les diagnostics relevant des troubles de la 
personnalité sont, plus que d’autres indicateurs, dépendants du médecin 
examinateur, les exigences de motivation sont particulièrement élevées (consid. 
4.3.2). 

C. Axe « contexte social » : 

Si des difficultés sociales ont directement des conséquences fonctionnelles 
négatives, elles continuent à ne pas être prises en considération. En revanche, le 
contexte de vie de l’assuré peut lui procurer des ressources mobilisables, par 
exemple par le biais de son réseau social. Il faut toujours s’assurer qu’une 
incapacité de travail pour des raisons de santé ne se confond pas avec le chômage 
non assuré ou avec d’autres difficultés de vie (consid. 4.3.3). 

II. Catégorie « cohérence » : 

Cette seconde catégorie comprend les indicateurs liés au comportement de l’assuré. 
(consid. 4.4). 

A. Limitation uniforme du niveau des activités dans tous les domaines comparables 
de la vie : 

Il s’agit ici de se demander si l’atteinte à la santé limite l’assuré de manière 
semblable dans son activité professionnelle ou dans l’exécution de ses travaux 
habituels et dans les autres activités (par exemple, les loisirs). Le critère du retrait 
social utilisé jusqu’ici doit désormais être interprété de telle sorte qu’il se réfère non 
seulement aux limitations mais également aux ressources de l’assuré et à sa 
capacité à les mobiliser. Dans la mesure du possible, il convient de comparer le 
niveau d’activité sociale de l’assuré avant et après la survenance de l’atteinte à la 
santé (consid. 4.4.1). 

B. Poids de la souffrance révélé par l’anamnèse établie en vue du traitement et de la 
réadaptation : 

La prise en compte d’options thérapeutiques, autrement dit la mesure dans laquelle 
les traitements sont mis à profit ou alors négligés, permet d’évaluer le poids effectif 
des souffrances. Tel n’est toutefois pas le cas lorsque le comportement est influencé 
par la procédure assécurologique en cours. Il ne faut pas conclure à l’absence de 
lourdes souffrances lorsque le refus ou la mauvaise acceptation du traitement 
recommandé est la conséquence d’une incapacité (inévitable) de l’assuré à 
reconnaître sa maladie (anosognosie). Les mêmes principes s’appliquent pour les 
mesures de réadaptation. Un comportement incohérent de l'assuré est là aussi un 
indice que la limitation fonctionnelle est due à d’autres raisons que l'atteinte à la 
santé assurée (consid. 4.4.2). 

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Le juge vérifie librement si l’expert médical a exclusivement tenu compte des 
déficits fonctionnels résultant de l’atteinte à la santé et si son évaluation de 
l’exigibilité repose sur une base objective (consid. 5.2.2 ; ATF 137 V 64 consid. 1.2 
in fine).  

12. La plupart des éventualités assurées (par exemple la maladie, l'accident, l'incapacité 
de travail, l'invalidité, l'atteinte à l'intégrité physique ou mentale) supposent 
l'instruction de faits d'ordre médical (ATF 122 V 157 consid. 1b). Pour apprécier le 
droit aux prestations d’assurances sociales, il y a lieu de se baser sur des éléments 
médicaux fiables (ATF 134 V 231 consid 5.1). La tâche du médecin consiste à 
porter un jugement sur l’état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour 
quelles activités l’assuré est, à ce motif, incapable de travailler. En outre, les 
données médicales constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on 
peut encore, raisonnablement, exiger de l’assuré (ATF 125 V 256 consid. 4 et les 
références). 

Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en 
procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales (cf. art. 61 
let. c LPGA), le juge n'est pas lié par des règles formelles, mais doit examiner de 
manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis 
décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur 
le droit litigieux. En cas de rapports médicaux contradictoires, le juge ne peut 
trancher l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons 
pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. 
L'élément déterminant pour la valeur probante d'un rapport médical n'est ni son 
origine, ni sa désignation, mais son contenu. A cet égard, il importe que les points 
litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur 
des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes 
exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la 
description des interférences médicales soit claire et enfin que les conclusions de 
l'expert soient bien motivées (ATF 134 V 231 consid. 5.1 ; ATF 133 V 450 
consid. 11.1.3 ; ATF 125 V 351 consid. 3). 

Sans remettre en cause le principe de la libre appréciation des preuves, le Tribunal 
fédéral des assurances a posé des lignes directrices en ce qui concerne la manière 
d'apprécier certains types d'expertises ou de rapports médicaux. 

Ainsi, en principe, lorsqu’au stade de la procédure administrative, une expertise 
confiée à un médecin indépendant est établie par un spécialiste reconnu, sur la base 
d'observations approfondies et d'investigations complètes, ainsi qu'en pleine 
connaissance du dossier, et que l'expert aboutit à des résultats convaincants, le juge 
ne saurait les écarter aussi longtemps qu'aucun indice concret ne permet de douter 
de leur bien-fondé (ATF 125 V 351 consid. 3b/bb). 

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Dès lors qu'en l'absence de résultats sur le plan somatique, le seul diagnostic de 
troubles somatoformes douloureux ne suffit pas pour justifier un droit à des 
prestations d'assurance sociale, il incombe à l'expert psychiatre, dans le cadre large 
de son examen, d'indiquer à l'administration (et au juge) si et dans quelle mesure un 
assuré dispose de ressources psychiques qui - eu égard également aux critères 
pertinents - lui permettent de surmonter ses douleurs. Les prises de position 
médicales sur la santé psychique et sur les ressources dont dispose l'assuré 
constituent une base indispensable pour trancher la question (juridique) de savoir si 
et dans quelle mesure on peut exiger de celui-ci qu'il mette en œuvre toute sa 
volonté pour surmonter ses douleurs et réintégrer le monde du travail. Dans le cadre 
de la libre appréciation dont ils disposent, l'administration et le juge ne sauraient ni 
ignorer les constatations de fait des médecins, ni faire les estimations et conclusions 
médicales relatives à la capacité (résiduelle) de travail, sans procéder à un examen 
préalable de leur pertinence du point de vue du droit des assurances sociales. Cela 
s'impose en particulier lorsque l'expert att