# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f1c19cba-9852-55d9-a0b6-3e073ff96780
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2014 / 135
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2014---135_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

AJ14.000049-140241

57 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
13 février 2014

____________________

Présidence
de               M.             
Winzap,
président

Juges             
:              M.             
Colelough et Mme Charif Feller 

Greffière             
:              Mme             
Tille

 

 

*****

 

 

Art.
117 let. b CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par T.________,
à Manchester (Royaume-Uni), contre le prononcé en matière d’assistance judiciaire
rendu le 6 janvier 2014 par le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de La Côte,
la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal voit :

             
En fait :

 

 

A.             
Par prononcé du 6 janvier 2014, le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de
La Côte a refusé le bénéfice de l’assistance judiciaire à T.________ dans
la cause en modification de jugement de divorce qui l’oppose à N.________.

 

             
En droit, le premier juge a considéré que l’assistance judiciaire ne devait pas être
accordée si la cause était dénuée de chances de succès, et qu’en l’occurrence,
la demande en modification de jugement de divorce déposée par T.________ était vouée
à l’échec dès lors qu’il ne faisait manifestement valoir aucun fait nouveau
et qu’il entendait fonder sa demande sur les mêmes arguments que ceux d’ores et déjà
avancés et tranchés dans le cadre de la procédure en divorce. 

 

 

B.             
Par acte du 22 janvier 2014, T.________ a formé
recours contre cette décision, concluant à son annulation et à la désignation d’un
avocat d’office.

 

             
Le recourant a en outre requis le bénéfice de l’assistance judiciaire dans la procédure
de recours. 

 

 

C.             
La Chambre des recours civile fait sien dans son entier l'état de fait du prononcé attaqué,
complété par les pièces du dossier, dont il ressort notamment ce qui suit :

 

1.             
Par jugement du 30 mai 2011, le Tribunal civil de l’arrondissement de La Côte a notamment
prononcé le divorce des époux T.________ et N.________, attribué l’autorité
parentale et la garde sur l’enfant [...], né le [...] 2006, à sa mère N.________
réglé le droit de visite à exercer par T.________ et dit que T.________ contribuera à
l’entretien de l’enfant [...] par le régulier versement d’une pension, payable
d’avance le premier de chaque mois en mains de N.________, éventuelles allocations familiales
non comprises et dues en sus, dès jugement définitif et exécutoire, de : 900 fr.
jusqu’à ce que l’enfant ait atteint l’âge de six ans révolus, 1'000 fr.
depuis lors et jusqu’à ce que l’enfant ait atteint l’âge de douze ans révolus,
1'100 fr. depuis lors et jusqu’à ce que l’enfant ait atteint l’âge de
quinze ans révolus et 1'200 fr. depuis lors et jusqu’à la majorité de l’enfant
ou jusqu’à ce que ce dernier ait achevé une formation appropriée, dans les limites
de l’art. 277 al. 2 CC (Code civil suisse du 10 décembre 1907; RS 210). 

 

             
De nombreuses décisions avaient été rendues préalablement au dépôt de la
demande en divorce, notamment en ce qui concerne la garde et le droit de visite sur l'enfant.

 

             
Le 27 novembre 2012, la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal a rejeté l’appel formé
par T.________ contre le jugement du 30 mai 2011 (CACI 27 novembre 2012/556). Par arrêt du 25 septembre
2013, le Tribunal fédéral a rejeté le recours de T.________ contre l’arrêt
de la Cour d’appel civile (TF 5A_196/2013).

 

2.             
Par acte du 10 novembre 2013 adressé à la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement
de La Côte, T.________ a formé une demande de modification du jugement de divorce, exposant
en substance ce qui suit : 

 

« J’accuse
réception d’une décision du Tribunal Fédéral Suisse confirmant la fixation
d’un entretien familial calculé sur la base de salaires hypothétiques que je ne gagne
pas et ne gagnerai pas. 

 

La
présente a valeur de requête de modification de la décision de divorce dans le sens et
avec les arguments des requêtes pendantes devant le Tribunal d’Arrondissement de la Côte
depuis 2010. (…) »

 

             
Le demandeur a requis l’octroi de l’effet suspensif et de l’assistance judiciaire,
soit la dispense de l’avance de frais et la désignation d’un avocat d’office,
précisant que sa situation financière actuelle était décrite dans ses derniers courriers
et attestée par les pièces qui y étaient jointes.

 

 

             
En droit
:

 

1.             
L'art. 319 let. b ch. 1 CPC (Code de procédure
civile du 19 décembre 2008; RS 272) ouvre la voie du recours contre les décisions et ordonnances
d'instruction de première instance pour lesquelles un recours est expressément prévu par
la loi. Tel est le cas en l'espèce, l'art. 121 CPC prévoyant que les décisions refusant
ou retirant totalement ou partiellement l'assistance judiciaire peuvent faire l'objet d'un recours. Dès
lors que le tribunal, en l'espèce le président (art. 42 al. 2 let. c CDPJ [Code de
droit privé judiciaire vaudois du 12 janvier 2010; RSV 211.02]), statue en procédure sommaire
sur les requêtes d'assistance judiciaire (art. 119 al. 3 CPC), le délai pour l'introduction
du recours est de dix jours (art. 321 al. 2 CPC).

 

             
Motivé et déposé en temps utile par un justiciable qui y a intérêt (art. 59
al. 2 let. a CPC), le recours est recevable à la forme.

 

 

2.             
Le recours peut être formé pour violation du droit et constatation manifestement inexacte des
faits (art. 320 CPC).

 

             
L'autorité de recours dispose d'un plein pouvoir d'examen s'agissant de la violation du droit (Spühler,
in Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozess-ordnung, 2e
éd., Bâle 2013, n. 26 ad art. 319 CPC). Elle revoit librement les questions de droit soulevées
par le recourant et peut substituer ses propres motifs à ceux de l'autorité précédente
ou du recourant (HohI, Procédure civile, tome lI, 2e éd.,
Berne 2010, n. 2508).

 

             
S'agissant de la constatation manifestement inexacte des faits, comme pour l'art. 97 al. 1 LTF (loi du
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; RS 173.110), ce grief ne permet que de corriger une erreur
évidente, la notion se recoupant en définitive avec l'appréciation arbitraire des preuves
(Corboz et al., Commentaire de la LTF, Berne 2009, n. 19 ad art. 97 LTF). Les constatations de fait et
l'appréciation des preuves sont arbitraires lorsqu'elles sont évidemment fausses, contredisent
d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité, reposent sur une inadvertance
manifeste ou un abus du pouvoir d'appréciation, par exemple si l'autorité s'est laissée
guider par des considérations aberrantes ou a refusé de tenir compte de faits ou de preuves
manifestement décisifs. Une constatation de fait n'est donc pas arbitraire pour la seule raison
que la version retenue par le juge ne coïncide pas avec celle du recourant (ATF 129 I 8 c. 2.1).

 

 

3.             
a) Le recourant soutient que des « événements
nouveaux et notables » ont eu lieu depuis la dernière décision où les faits
ont été établis, soit l’arrêt de la Cour civile du Tribunal cantonal du 27
novembre 2012. Il expose être condamné à payer un entretien familial calculé sur
un salaire hypothétique qu’il n’est pas en mesure de percevoir « dans un avenir
proche ».

 

             
b/aa)
Aux termes de l’art. 117 CPC, une personne a droit à l’assistance judiciaire si elle
ne dispose pas de ressources suffisantes (let. a) et si sa cause ne paraît pas dépourvue de
toute chance de succès (let. b).

 

             
Selon la jurisprudence, une procédure doit être tenue pour dépourvue de chances de succès
si les chances de la gagner sont sensiblement inférieures aux risques de la perdre et ne peuvent
guère être qualifiées de sérieuses, au point qu’une personne raisonnable et
disposant des ressources nécessaires ne l’entreprendrait pas (ATF 138 III 217 c. 2.2.4 ;
ATF 129 I 129 c. 2.3.1, JT 2005 IV 300). Selon Tappy, cette appréciation doit se faire sur la base
des éléments pouvant être connus au moment d’examiner la requête d’assistance
judiciaire (Tappy, CPC commenté, n. 31 ad art. 117 CPC, p. 474).

 

             
bb)
En matière de contribution due pour l’entretien d’un enfant, l’art. 286 al.
2 CC (Code civil suisse du 10 décembre 1907; RS 210), applicable par renvoi de l'art. 134 al. 2
CC, prévoit que si la situation change notablement, le juge modifie ou supprime la contribution
d'entretien à la demande du père, de la mère ou de l'enfant. Cette modification ou suppression
suppose que des faits nouveaux importants et durables surviennent, qui commandent une réglementation
différente. La procédure de modification n'a pas pour but de corriger le premier jugement,
mais de l'adapter aux circonstances nouvelles (ATF 137 III 604 c. 4.1.1; 131 III 189 c. 2.7.4).

 

             
Ce sont donc les constatations de fait et le pronostic effectués dans le jugement de divorce, d'une
part, et les circonstances actuelles et futures prévisibles, d'autre part, qui servent de fondement
pour décider si on est en présence d'une situation qui s'est modifiée de manière
durable et importante. Un état de fait futur incertain et hypothétique ne constitue pas une
cause de modification. Des éléments concrets relatifs à une modification prochaine des
circonstances peuvent par contre être pris en considération, afin d'éviter autant que
possible une nouvelle procédure ultérieure en modification (ATF 120 II 285 c. 4b; TF 5C.78/2001
du 24 août 2001 c. 2a, non publié dans l'ATF 127 III 503). Le moment déterminant
pour apprécier si des circonstances nouvelles se sont produites est ainsi la date du dépôt
de la demande de modification du jugement de divorce. C'est donc à ce moment-là qu'il y a lieu
de se placer pour déterminer le revenu et son évolution prévisible (ATF 137 III 604
c. 4.1).

 

             
c)
En l’espèce, à l’appui de sa demande de modification de jugement de divorce du
10 novembre 2013, le recourant a invoqué ne pas être en mesure de réaliser le revenu hypothétique
que lui a imputé le juge du divorce. A titre de moyens de preuve, il s’est contenté de
renvoyer aux arguments développés dans les « requêtes pendantes devant le Tribunal
d’arrondissement de La Côte depuis 2010 ». Ce faisant, il n’a fait état
d’aucun élément nouveau important et durable qui justifierait la modification de la contribution
d’entretien fixée dans le jugement de divorce du 30 mai 2011, confirmé par la Cour d’appel
civile du Tribunal cantonal le 27 novembre 2012 puis par le Tribunal fédéral le 25 septembre
2013. Dès lors, sa demande était manifestement vouée à l’échec, de sorte
que c’est à juste titre que le premier juge a rejeté sa requête d’assistance
judiciaire.

 

4.             
Au vu de ce qui précède, le recours
doit être rejeté, dans la procédure de l'art. 322 al. 1 CPC, et le prononcé entrepris
confirmé.

 

             
L’arrêt peut être rendu sans frais judiciaires de deuxième instance. La demande
d'assistance judiciaire est dès lors sans objet.

  

             
Il n'y a pas matière à l'allocation de dépens de deuxième instance, aucune réponse
n’ayant été requise.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
La requête d’assistance judiciaire est sans objet.

 

             
IV.             
L’arrêt, rendu sans frais judiciaires, est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. T.________.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

‑             
M. le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de La Côte.

 

             
La greffière :