# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 599c7135-d29d-50f0-bd40-aff86278655f
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2010-03-25
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 25.03.2010 BVGE 2011/5
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_BVGE-2011-5_2010-03-25.pdf

## Full Text

2011/5 Assurances privées 

 

 

60 BVGE / ATAF / DTAF 

 

5 

Extrait de l'arrêt de la Cour II 

dans la cause X. S.A.  

contre Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers FINMA 

B-2808/2009 du 25 mars 2010 

Assujettissement à la surveillance en matière d'assurance. 

Art. 2 al. 1 let. a LSA.   

1. La notion d'assurance suppose la réunion de cinq éléments carac-
téristiques: l'existence d'un risque, la prestation de l'assuré 

consistant en le paiement d'une prime, la prestation d'assurance, 

le caractère autonome de l'opération (qui distingue le contrat 

d'assurance d'autres actes juridiques où l'obligation de prester 

en cas de réalisation d'un risque apparaît comme un accessoire 

ou une simple modalité de l'autre partie du contrat) et la com-

pensation des risques sur la base des données de la statistique 

(consid. 6). 

2. Examen des conditions pour une société proposant à un nombre 
indéterminé de locataires des contrats d'assurance-cautionne-

ment (consid. 7). 

Unterstellung unter die Versicherungsaufsicht. 

Art. 2 Abs. 1 Bst. a VAG. 

1. Der Begriff der Versicherung setzt kumulativ fünf charakteristi-
sche Elemente voraus: Das Vorhandensein eines Risikos, die Leis-

tung des Versicherten durch Zahlung einer Prämie, die Versiche-

rungsleistung, den eigenständigen Charakter des Geschäfts (der 

den Versicherungsvertrag von anderen Rechtsgeschäften unter-

scheidet, bei welchen die Leistungspflicht bei Realisierung des 

Risikos nur als Nebenpunkt oder einfache Modalität der anderen 

Vertragspartei erscheint) und den Risikoausgleich gestützt auf 

statistische Werte (E. 6). 

2. Prüfung der Voraussetzungen für eine Gesellschaft, welche einer 
unbestimmten Anzahl von Mietern den Abschluss von Kautions-

versicherungen vorschlägt (E. 7). 

Assurances privées 2011/5 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 61 

 

Assoggettamento alla sorveglianza in materia di assicurazione. 

Art. 2 cpv. 1 lett. a LSA. 

1. La nozione di assicurazione presuppone la riunione di cinque ele-
menti caratteristici: l'esistenza di un rischio, la prestazione 

dell'assicurato consistente nel pagamento di un premio, la pre-

stazione da parte dell'assicurazione, il carattere autonomo 

dell'operazione (che distingue il contratto di assicurazione da al-

tri atti giuridici dove l'obbligo di fornire la prestazione in caso di 

realizzazione di un rischio appare come accessorio o una sempli-

ce modalità dell'altra parte a contratto), e la compensazione dei 

rischi sulla base dei dati statistici (consid. 6). 

2. Esame delle condizioni per una società che propone ad un nume-
ro indeterminato di locatari dei contratti d'assicurazione-ga-

ranzia (consid. 7). 

 

X. S.A. est une société inscrite au registre du commerce du canton de A. 

ayant pour but de mettre en place et favoriser les cautionnements de 

loyers, à la demande du locataire, en faveur de leur bailleur. 

Par décision du 27 avril 2009, l'Autorité fédérale de surveillance des 

marchés financiers FINMA a constaté que X. S.A. exerçait une activité 

en matière d'assurance en violation de la loi sur la surveillance des assu-

rances du 17 décembre 2004 (LSA, RS 961.01) et a prononcé sa disso-

lution ainsi que sa liquidation. 

Par mémoire du 30 avril 2009, X. S.A. a formé recours contre dite 

décision et a conclu à son annulation. 

Dans sa réponse du 10 juillet 2009, l'autorité inférieure a conclu au rejet 

du recours avec suite de frais et dépens. Cela étant, elle indique que, dans 

l'hypothèse où la recourante passe un contrat satisfaisant aux exigences 

légales avec une entreprise d'assurance dûment agréée, elle se propose 

d'annuler les mesures tendant à la dissolution ainsi qu'à la liquidation de 

X. S.A. 

En date du 12 août 2009, la FINMA a rendu une nouvelle décision pre-

nant acte du contrat passé par la recourante (avec une entreprise dûment 

agréée) et annulant les chiffres du dispositif de sa décision du 27 avril 

2009 concernant la dissolution ainsi que la liquidation de X. S.A. 

2011/5 Assurances privées 

 

 

62 BVGE / ATAF / DTAF 

 

Par courrier du 18 septembre 2009, X. S.A. a requis du Tribunal adminis-

tratif fédéral qu'il statue sur son recours, dès lors que la constatation 

d'exercice d'une activité en matière d'assurance en violation de la loi sur 

la surveillance des assurances n'a pas été annulée.  

Invitée à se déterminer, l'autorité inférieure a confirmé la constatation 

contenue dans la décision entreprise et maintenu sa conclusion de rejet 

du recours par écritures du 22 octobre 2009. 

Le Tribunal administratif fédéral a rejeté le recours par arrêt du 25 mars 

2010, confirmé par le Tribunal fédéral le 21 janvier 2011 (2C_410/2010). 

Extrait des considérants: 

6. La LSA est entrée en vigueur le 1
er

 janvier 2006. Elle régle-

mente la surveillance des entreprises d'assurance et des intermédiaires 

d'assurance par la Confédération et a notamment pour but de protéger les 

assurés contre les risques d'insolvabilité des entreprises d'assurance et 

contre les abus (art. 1 al. 1 et 2 LSA). A teneur de l'art. 2 al. 1 let. a LSA, 

les entreprises d'assurance suisses qui exercent une activité en matière 

d'assurance directe ou de réassurance sont soumises à la surveillance au 

sens de la LSA et doivent avoir obtenu un agrément de la FINMA pour 

exercer leur activité d'assurance. Ni la LSA, ni la loi sur le contrat d'as-

surance du 2 avril 1908 (LCA, RS 221.229.1) ne donnent cependant une 

définition de l'assurance. Pour déterminer les opérations soumises à la 

surveillance de la Confédération, la jurisprudence constante du Tribunal 

fédéral a posé que la notion d'assurance supposait la réunion de cinq 

éléments caractéristiques: l'existence d'un risque, la prestation de l'assuré 

consistant en le paiement d'une prime, la prestation d'assurance, le carac-

tère autonome de l'opération (qui distingue le contrat d'assurance d'autres 

actes juridiques où l'obligation de prester en cas de réalisation d'un risque 

apparaît comme un accessoire ou une simple modalité de l'autre partie du 

contrat) et la compensation des risques sur la base des données de la sta-

tistique (ATF 114 Ib 244 consid. 4a, ATF 107 Ib 54 consid. 1b, ATF 76 I 

362 consid. 3, ATF 58 I 256 consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral 

2C_506/2007 du 13 février 2008 consid. 6.2, arrêt du Tribunal fédéral 

4P.52/2000 du 29 juin 2000 consid. 3a/bb). Ces caractéristiques que doit 

présenter un contrat d'assurance au sens où l'entend la LCA sont ap-

prouvées par la doctrine (cf. HANS ROELLI/MAX KELLER, Kommentar 

zum Bundesgesetz über den Versicherungsvertrag, vol. I, 2
e
 éd., Berne 

1968, p. 13 ss ; WILLY KOENIG, Der Versicherungsvertrag, Traité de droit 

Assurances privées 2011/5 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 63 

 

privé suisse, vol. VII/2, Bâle/Stuttgart 1979, p. 491 et la note 5; MORITZ 

KUHN/LUKA MÜLLER-STUDER/MARTIN ECKERT, Privatversicherungs-

recht, 2
e
 éd., Zurich 2002, p. 54; MORITZ KUHN/PASCAL MONTAVON, 

Droit des assurances privées, Lausanne 1994, p. 32; GERHARD STOESSEL 

in: Kommentar zum schweizerischen Privatrecht, Heinrich Honsell/Ne-

dim Peter Vogt/Anton K. Schnyder [éd.], Bundesgesetz über den Versi-

cherungsvertrag [VVG], Bâle/Genève/Munich 2001, Allgemeine Ein-

leitung, n. 2 ss et les réf. cit.; ROLF H. WEBER/PATRICK UMBACH, 

Versicherungsaufsichtsrecht, Berne 2006, p. 54; ANDREAS BURKI/PETER 

PFUND/JÜRG WALDMEIER in: Jürg Waldmeier [éd.], Versicherungs-

aufsicht, Zurich/Bâle/Genève 2007, p. 46 s.; VINCENT BRULHART, Droit 

des assurances privées, Berne 2008, p. 39; plus réservé sur le critère de la 

prestation de l'assuré, ALFRED MAURER, Schweizerisches Privatversiche-

rungsrecht, 3
e
 éd., Berne 1995, p. 94 et 185 s.). 

7. La recourante conteste que ses activités satisfassent à la défi-

nition jurisprudentielle de l'assurance faute de réunir les cinq éléments 

caractéristiques requis. 

7.1 S'agissant de l'existence d'un risque, la recourante signale qu'elle 

n'assure pas un risque dans la mesure où la garantie qu'elle peut être 

amenée à fournir ne dépend pas d'un événement incertain indépendant de 

la volonté du locataire, la libération de la garantie nécessitant soit l'ac-

cord de celui-ci, soit une décision judiciaire constatant une violation fau-

tive de ses obligations. 

Le risque est défini par la jurisprudence comme un événement dont la 

réalisation est à la fois possible et incertaine (incertus an ou incertus 

quando), l'élément aléatoire étant déterminant (ATF 92 I 126 consid. 4; 

cf. STOESSEL, op. cit., n
o
 6 et les réf. cit.; ROELLI/KELLER, op. cit., 

p. 13 s.; WEBER/UMBACH, op. cit., p. 54 s.). 

En l'espèce, la recourante s'engage à garantir toutes les prestations du lo-

cataire à l'encontre du bailleur résultant du contrat de bail à concurrence 

d'une limite maximale déterminée par la garantie de loyer. L'événement 

entraînant l'intervention de la recourante consiste ainsi en l'obligation du 

locataire de libérer les sûretés fournies en garantie lors de la conclusion 

du contrat de bail. Cette obligation naît de l'inexécution par le locataire 

des obligations découlant dudit contrat. Le paiement de la garantie n'in-

tervient cependant qu'en cas d'accord entre le bailleur et le locataire ou en 

vertu d'une décision judiciaire définitive et exécutoire (...). 

2011/5 Assurances privées 

 

 

64 BVGE / ATAF / DTAF 

 

Aussi, force est de constater que, lors de la conclusion du contrat, l'obli-

gation du locataire de libérer les sûretés constitue un événement incertain 

aussi bien quant à sa survenance qu'à son échéance. Il s'agit dès lors 

effectivement d'un risque au sens de la jurisprudence que le locataire 

entend transmettre à la recourante. Le fait que le locataire puisse influer 

sur la survenance de l'événement incertain ne permet pas de nier l'exis-

tence d'un risque. En effet, ce cas de figure s'avère bien connu du droit 

des assurances; ces conséquences sont notamment réglementées à 

l'art. 14 LCA. Par conséquent, il sied de reconnaître l'existence d'un ris-

que dans le cas relevant du présent litige. 

7.2 La prime consiste en la rémunération de la prestation d'as-

surance. En l'espèce, la recourante ne conteste pas que les versements 

auxquels sont astreints ses clients présentent les caractéristiques d'une 

prime au sens du droit de la surveillance des assurances privées. 

7.3 La recourante allègue cependant qu'elle ne fournit pas de pres-

tation puisque son service de garantie n'est pas subordonné à la surve-

nance d'un événement, l'attestation de garantie étant délivrée dès la 

conclusion du contrat. Elle ajoute que, si elle est amenée à s'acquitter de 

la somme garantie, elle exerce systématiquement son droit de recours 

contre le locataire. 

La prestation de l'assureur est subordonnée à la condition de la surve-

nance de l'événement assuré. Cette prestation est le plus souvent assurée 

en espèce mais peut l'être également en nature ou consister dans la pres-

tation de services (ATF 92 I 126 consid. 5; décision du Département fé-

déral de justice et de police du 9 février 1980, Jurisprudence des autorités 

administratives de la Confédération 44/97). Elle comprend en premier 

lieu la reprise du risque puis, en second lieu, l'apport de la prestation 

convenue lors de la survenance de l'événement assuré pour lequel l'as-

sureur s'oblige juridiquement (cf. STOESSEL, op. cit., n
o 
7 ss et les réf. 

cit.; ROELLI/KELLER, op. cit., p. 16 s.; WEBER/UMBACH, op. cit., p. 56). 

En l'espèce, la recourante s'engage à payer, dans le cadre du contrat de 

bail et dans la limite maximale de la garantie de loyer indiquée sur l'attes-

tation de cautionnement, toute dette contractée par le locataire envers le 

bailleur (…). Cela signifie que l'intervention de la recourante est sub-

ordonnée à la survenance d'un événement, à savoir l'inexécution par le 

locataire des obligations découlant du contrat de bail. La recourante 

reprend de la sorte le risque encouru par le locataire et s'engage, une fois 

le risque survenu et de manière illimitée, à apporter la prestation conve-

Assurances privées 2011/5 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 65 

 

nue, soit le versement du montant de toute dette du locataire à concur-

rence de la garantie de loyer. L'attestation de garantie délivrée dès la 

conclusion du contrat ne fait que confirmer la reprise de risque par la 

recourante ainsi que son engagement à verser la prestation le moment 

venu. 

La recourante fournit donc bien une prestation d'assurance. Au demeu-

rant, la qualification de prestation ne saurait être niée du fait que la re-

courante se retourne systématiquement contre le locataire pour lequel elle 

s'est acquittée de la somme garantie. En effet, elle n'est nullement assurée 

de récupérer la somme versée au bailleur ; c'est d'ailleurs pour cette rai-

son que bailleurs et locataires ont recours à ses services. Dans ces cir-

constances, il faut admettre que les services offerts par la recourante 

constituent des prestations d'assurance. 

7.4 X. S.A. argue également que le contrat proposé ne constitue pas 

une opération indépendante mais présente un caractère accessoire par 

rapport au contrat de bail dont il ne peut être dissocié. 

Le caractère autonome de l'opération délimite l'assurance par rapport à 

d'autres transactions juridiques pour lesquelles l'obligation d'offrir une 

prestation représente uniquement une convention accessoire ou consiste 

en une modalité d'une autre partie du contrat. Il peut également être re-

connu lorsque la prestation d'assurance est liée à un autre rapport juri-

dique; en effet, dans des rapports juridiques complexes, une opération 

d'assurance peut être qualifiée d'autonome quand elle revêt une impor-

tance telle qu'il convient de la considérer comme la prestation principale 

des relations contractuelles (ATF 114 Ib 244 consid. 4c, ATF 107 Ib 54 

consid. 4; arrêt du Tribunal fédéral 4P.52/2000 du 29 juin 2000 con-

sid. 3a/dd); cf. STOESSEL, op. cit., n
o
 9 ss et les réf. cit.; ROELLI/KELLER, 

op. cit., p. 20 s.; KUHN/MONTAVON, op. cit., p. 124 ss; MAURER, op. cit., 

p. 95; WEBER/UMBACH, op. cit., p. 56 s.).  

En l'espèce, la recourante offre à des locataires de conclure un contrat 

tendant à couvrir les éventuelles prétentions de leur bailleur résultant du 

contrat de bail à concurrence d'une somme maximale préalablement 

établie. Ces contrats n'ont pas d'autres buts ni d'autres objets. Ils ne sau-

raient dès lors représenter une convention accessoire ou une modalité 

d'un autre contrat. En effet, le contrat de bail ne constitue pas un contrat 

principal par rapport au contrat que passe la recourante avec un locataire 

puisqu'il est conclu entre ce dernier et le bailleur, la recourante n'étant 

pas partie prenante dans cette relation contractuelle. Le fait que le rapport 

2011/5 Assurances privées 

 

 

66 BVGE / ATAF / DTAF 

 

liant la recourante à ses clients soit subordonné à l'existence d'un contrat 

de bail liant ces derniers n'est pas déterminant in casu. En effet, il s'agit 

simplement d'une condition préalable à la relation contractuelle inhérente 

au genre de prestations fournies par la recourante, soit la garantie de 

loyer. 

Sur le vu de ce qui précède, le caractère autonome de l'opération d'as-

surance dans les contrats offerts par la recourante doit être reconnu. 

7.5 Enfin, la recourante invoque ne pas compenser les risques selon 

les lois du grand nombre, les cotisations des clients ne servant pas à 

couvrir les montants versés aux bailleurs – ceux-ci étant remboursés par 

les locataires – mais uniquement les frais de fonctionnement courants. 

La compensation des risques selon les lois de la statistique et du grand 

nombre doit déjà être admise lorsque les recettes totales s'avèrent adap-

tées aux dépenses totales de manière que celles-là couvrent celles-ci en 

laissant une marge suffisante. Il n'est pas nécessaire, pour satisfaire à 

cette condition, que l'exploitation soit régie par les principes des mathé-

matiques actuarielles; il conviendra de déterminer dans le cadre de la 

surveillance des assurances si les calculs ont été effectués correctement 

(ATF 92 I 126 consid. 3, ATF 107 Ib 54 consid. 5; cf. STOESSEL, op. cit., 

n
o
 12 s. et les réf. cit.; ROELLI/KELLER, op. cit., p. 19 s.; KUHN/MONTA-

VON, op. cit., p. 123 s.; WEBER/UMBACH, op. cit., p. 57; plus critique sur 

l'importance de ce critère, MAURER, op. cit., p. 95 s.). 

En l'occurrence, la recourante ne limite pas le nombre de ses clients mais 

propose ses services à un nombre illimité de locataires. De surcroît, elle 

ne propose ses services que contre rémunération. En conséquence, l'équi-

valence des prestations fournies par X. S.A. et de celles perçues par ses 

clients s'oriente indubitablement vers le risque qu'encourt la recourante 

de s'acquitter de prestations en faveur d'un bailleur sans pouvoir les re-

couvrer ensuite auprès de son client. On ne saurait suivre la recourante 

quand elle prétend toujours recouvrer l'entier des sommes qu'elle a été 

amenée à verser. En effet, comme elle l'admet elle-même, les contentieux 

se sont élevés à 0,29 % des sommes garanties sur un an; ces montants ont 

dès lors inévitablement été acquittés au moyen des recettes réalisées par 

la recourante lesquelles consistent précisément en primes versées par les 

locataires. A cela s'ajoute que la recourante s'est réservé- le droit d'adap-

ter ses primes (…) de sorte qu'elle entend bien arrêter leur montant en 

fonction des sommes acquittées qu'elle n'est pas en mesure de recouvrer. 

Aussi, est-il hautement invraisemblable que la recourante procède sans 

Assurances privées 2011/5 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 67 

 

aucune méthode et, en particulier, qu'elle ne tire pas profit, comme c'est 

la règle dans ce genre d'activité, des résultats accumulés d'année en année 

pour fixer le montant des primes; d'ailleurs, elle n'a nullement été en 

mesure de démontrer qu'elle utilisait d'autres critères à cet effet. 

Par conséquent, force est de constater que la recourante compense ses 

risques en fonction des lois de la statistique et du grand nombre. 

7.6 Il ressort de l'ensemble de ce qui précède que les activités de la 

recourante satisfont à l'ensemble des éléments caractéristiques de l'assu-

rance posés par la jurisprudence. 

7.7 La recourante fait encore valoir que les contrats proposés ne 

contiennent aucun élément significatif de la législation sur le contrat 

d'assurance puisqu'il n'est prévu ni réticence, ni durée maximale, ni sus-

pension des prestations, ni couverture provisoire. Elle estime ainsi qu'il 

convient de qualifier les contrats en cause de cautionnement par rapport 

au bailleur et de reprise cumulative de dette par rapport au vendeur. 

7.7.1 A titre liminaire, il sied d'admettre que les contrats conclus par 

la recourante et ses clients ne présentent pas toutes les caractéristiques 

propres à un contrat d'assurance au sens de la LCA. Cela étant, on ne 

saurait en déduire une quelconque conséquence spéciale s'agissant de 

l'assujettissement à la surveillance en matière d'assurance. En effet, si les 

activités exercées satisfont aux éléments distinctifs de l'assurance arrêtés 

par la jurisprudence, elles sont malgré tout soumises à surveillance faute 

sinon de ne pas atteindre les objectifs de la législation y afférente, à 

savoir protéger les assurés contre les risques d'insolvabilité des entre-

prises d'assurance et contre les abus (art. 1 al. 2 LSA). 

De plus, concernant des caractéristiques de la LCA non contenues dans 

les contrats passés par la recourante, elles ne constituent pas pour l'essen-

tiel des éléments absolument impératifs au sens de l'art. 97 LCA. En 

effet, il s'agit pour la plupart de dispositions relativement impératives 

auxquelles il ne peut être dérogé au détriment du preneur d'assurance 

(art. 98 LCA). Or, les contrats en cause ne prévoient ni réticence ni sus-

pension des prestations si bien qu'on ne saurait retenir qu'ils dérogent aux 

dispositions de la LCA au détriment du preneur d'assurance. S'agissant de 

l'art. 19 al. 2 LCA, rien n'empêche un client de la recourante de s'en 

prévaloir si celle-ci lui transmet une attestation de cautionnement avant 

le paiement de la cotisation forfaitaire (…). Quant à la durée du contrat, 

elle est déterminable puisque celle-ci s'avère fonction de la durée du bail 

lequel est limité dans le temps. 

2011/5 Assurances privées 

 

 

68 BVGE / ATAF / DTAF 

 

Dans ces circonstances, la recourante ne saurait se soustraire à la surveil-

lance des assurances du fait que ses contrats ne présentent pas de nom-

breux éléments distinctifs d'un contrat d'assurance au sens de la LCA. 

7.7.2 Le rapport juridique entre la recourante et le bailleur ne cons-

titue pas un cautionnement. En effet, c'est un contrat par lequel une per-

sonne s'engage envers le créancier d'un débiteur principal à répondre 

accessoirement à l'exécution de la dette (art. 492 du Code des obligations 

du 30 mars 2011 [CO, RS 220]; cf. PIERRE TERCIER, Les contrats 

spéciaux, 3
e
 éd., Zurich/Bâle/Genève 2003, p. 856). En cas de cautionne-

ment simple, la caution jouit du bénéfice de discussion personnelle et 

matérielle puisque le créancier ne peut réclamer la prestation que s'il ne 

l'a pas obtenue du débiteur (cf. art. 495 CO; cf. TERCIER, op. cit., 

p. 873 s.). En cas de cautionnement solidaire, celui-ci conserve égale-

ment un caractère subsidiaire dans la mesure où la caution n'est tenue à la 

prestation que si le débiteur en demeure a été dûment interpellé par le 

créancier à moins que son insolvabilité soit notoire (cf. art. 496 CO; cf. 

TERCIER, op. cit., p. 875). 

En l'espèce, la recourante s'engage à s'acquitter de la dette du locataire 

envers le bailleur dans les limites de la somme garantie en cas d'accord 

écrit du locataire et du bailleur ou sur présentation d'un jugement exé-

cutoire condamnant le locataire (…). Aussi, seule l'existence de la dette 

du locataire doit avoir été formellement établie, il n'est en revanche pas 

exigé du bailleur qu'il tente d'obtenir son paiement de la part du locataire 

ni même qu'il le sollicite à cet effet. En outre, en vertu du contrat passé 

avec la recourante, le locataire est en mesure d'exiger qu'elle s'acquitte de 

la dette. 

Par conséquent, les contrats passés par la recourante ne présentent pas un 

caractère subsidiaire suffisant pour être qualifié de contrat de caution-

nement au sens des art. 492 ss CO. 

7.7.3 Le rapport juridique entre la recourante et ses clients ne consiste 

pas en une reprise cumulative de dette. Une telle relation contractuelle 

est admise lorsqu'un tiers se constitue débiteur solidaire aux côtés du pre-

mier débiteur sans que ce dernier ne soit libéré de sa dette (cf. THOMAS 

PROBST, in: Code des obligations I, Luc Thévenoz/Franz Werro [éd.], 

Commentaire romand, Genève/Bâle/Munich 2003, n. 6 ad introduction 

aux art. 175-183 CO et les réf. cit.). 

En l'espèce, l'engagement de la recourante va au-delà de la reprise cumu-

lative de dette. En effet, une fois l'existence de la dette du locataire en-

Assurances privées 2011/5 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 69 

 

vers le bailleur établie, la recourante s'en acquitte sans autre formalité 

jusqu'à concurrence de la somme garantie (…) alors que, en cas de re-

prise cumulative de dette, c'est au créancier de choisir le débiteur auquel 

il entend réclamer le paiement de la dette. De plus, si le locataire est re-

cherché pour cette dette, il est en droit d'en exiger le paiement par la 

recourante. Aussi, les contrats conclus par la recourante ne constituent 

pas des reprises cumulatives de dette. 

7.8 Sur le vu de l'ensemble de ce qui précède, force est d'admettre 

que les activités de la recourante – satisfaisant à tous les éléments carac-

téristiques de l'assurance – sont assujetties à la surveillance en la matière. 

C'est donc à juste titre que l'autorité inférieure a constaté que, faute 

d'agrément, la recourante avait exercé jusqu'en juillet 2009 son activité 

en violation de la législation sur la surveillance des assurances.