# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 42489a2b-4a5f-50e7-abc5-83dce9648bd9
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-07-25
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 25.07.2023 P/4800/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-4800-2011_2023-07-25.pdf

## Full Text

Siégeant : Madame Gaëlle VAN HOVE, présidente ; Monsieur Pierre BUNGENER, 
Madame Catherine GAVIN, juges ; Madame Sandra BACQUET-
FERUGLIO, greffière-juriste. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/4800/2011 AARP/302/2023 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 25 juillet 2023 

 

Entre 

A______, domicilié ______ [GE], comparant par Me B______, avocat,  

C______, domicilié ______ [FR], comparant par Me D______, avocat,  

appelants, 

 

contre le jugement JTDP/1099/2022 rendu le 9 septembre 2022 par le Tribunal de police, 

 

et 

E______, partie plaignante, comparant par Me Marc LIRONI, avocat, LIRONI AVOCATS 

SA, boulevard Georges-Favon 19, case postale 423, 1211 Genève 4, 

F______ et G______, parties plaignantes, comparant par Me Cyril TROYANOV, avocat, 

EVERSHEDS SUTHERLAND SA, rue du Marché 20, Case postale 3465, 1211 Genève 3, 

H______, partie plaignante,  

I______ SARL, EN LIQUIDATION, partie plaignante,  

 
 
 

P/4800/2011 

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J______, partie plaignante, 

K______, partie plaignante, 

L______, partie plaignante, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés.

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EN FAIT : 

A. a. En temps utile, A______ et C______ appellent du jugement JTDP/1099/2022 du 
9 septembre 2022, par lequel le Tribunal de police (TP) a reconnu le premier 
coupable d'escroquerie (art. 146 al. 1 du code pénal [CP]), d'escroquerie par métier 
(art. 146 al. 1 et 2 CP), de lésions corporelles simples de peu de gravité (art. 123 
ch. 1 al. 1 et 2 CP) et de faux dans les titres (art. 251 ch. 1 CP), le second coupable 
de complicité d’escroquerie (art. 146 al. 1 CP et 25 CP). 

 Le TP a également classé une partie des faits et acquitté A______ de plusieurs 
infractions. Il l’a condamné à une peine privative de liberté de 18 mois, assortie du 
sursis et d’un délai d’épreuve de quatre ans, ainsi qu’à une amende de CHF 200.-. 
C______ a quant à lui été condamné à une peine pécuniaire de 90 jours-amende à 
CHF 40.- l’unité, également assortie du sursis et d’un délai d’épreuve de quatre ans. 

 b. A______ (ci-après également l’appelant ou le premier appelant) entreprend 
partiellement ce jugement, concluant à son acquittement pour certaines infractions 
dont le détail sera repris ci-après, et au prononcé d’une peine pécuniaire clémente, 
avec suite de frais et indemnités, notamment en raison de la détention subie. 

C______ (ci-après également le second appelant) entreprend intégralement ce 
jugement en tant qu’il le concerne, concluant à son acquittement, avec suite de frais 
et indemnités. 

 c. Selon l'acte d'accusation du 17 mai 2021, il est encore reproché ce qui suit au 
premier appelant : 

Ch. 1.1.1. Le 8 juillet 2016, vers 19h00, au chemin 1______ no. ______, à 
M______ [GE], A______ a violemment poussé le bras de G______, puis il l’a saisi 
au niveau du cou, en serrant fortement, avant de le pousser sur une douzaine de 
mètres, jusqu'à l'entrée de sa propriété, tout en hurlant. G______ présentait plusieurs 
lésions, attestées par certificat médical du 12 juillet 2016, à savoir une discrète 
tuméfaction au niveau angulo-mandibulaire gauche, une légère tuméfaction à 
l’articulation acromio-claviculaire gauche, des minimes dermabrasions au niveau du 
coude gauche, deux légères ecchymoses au niveau du coude et du poignet gauche, 
faits qualifiés de lésions corporelles simples de peu de gravité par le premier juge 
(art. 123 ch. 1 al. 1 et 2 CP). 

 Ch. 1.1.2.1. En mai 2008, à Genève, A______ a trompé de manière astucieuse 
E______, en exploitant un rapport de confiance qu’il a créé avec ce dernier, 
notamment en s’adjoignant les services de N______, elle-même dupée par A______, 
en leur faisant croire qu'il accomplissait des démarches en vue de lui obtenir un 

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passeport estonien ainsi qu'un permis de séjour en Suisse, en contrepartie du 
paiement de EUR 100'000.-. 

En recourant à un édifice de mensonges, notamment sur ses compétences et donnant 
une apparence de sérieux, A______ est parvenu à éteindre toute suspicion de la part 
de E______. 

E______ a ainsi, par acomptes des 16 et 28 mai 2008, versé par l'intermédiaire de la 
société O______ Ltd en faveur de P______ Ltd, société appartenant, dans les faits, à 
A______, la somme de EUR 100'000.-. 

A______ n’a, en réalité, jamais entrepris de démarche afin d’obtenir de tels 
documents, ni n’a eu l’intention d’en accomplir, agissant ainsi dans le dessein de 
s’enrichir illégitimement de EUR 100'000.-, respectivement que la société qu’il 
dirigeait de fait, s’enrichisse d’un tel montant. 

Ch. 1.1.2.2. Dès le mois de juin 2011, A______ a astucieusement trompé H______, 
en l'amenant à investir dans la société Q______ Ltd, ayant son siège à Genève et 
prétendument active dans la commercialisation de cartes de crédit, lui fournissant à 
l'appui de la documentation, enchainant de multiples rendez-vous, exploitant la 
société de son fils, R______, laquelle était active dans ce domaine d’activité, créant 
également un lien de confiance avec H______, de sorte que par acomptes des 15 juin 
et 13 juillet 2011, ce dernier a versé à A______, soit sur le compte de Q______ Ltd, 
société en réalité active dans le commerce de fleurs, la somme de EUR 680'000.- en 
contrepartie d'actions et de parts de la société Q______/S______ Sàrl, société créée 
en juillet 2011, dont le capital-social s'élevait à CHF 20'000.-, et qui n'a jamais 
déployé d'activité. 

A______ a agi dans le dessein de s’enrichir illégitimement de EUR 680'000.-, 
respectivement que la société qu’il dirigeait de fait, s’enrichisse d’un tel montant, en 
tant que les fonds versés n’ont jamais été destinés à la création d’une société, mais 
uniquement à financer le train de vie de A______. 

Ch. 1.1.2.8. Dès le mois de mai 2016, A______ a induit astucieusement en erreur 
G______ et F______, en les amenant à lui mettre à disposition une villa sise chemin 
1______ no. ______, à M______ [GE], en leur faisant faussement croire que, 
personnellement ou par le biais de sa société T______ SA, il avait l’intention et 
disposait des ressources financières pour acquérir cette propriété moyennant le 
versement de CHF 5 millions, et payer dans l’intervalle des indemnités mensuelles 
de CHF 8'000.- pour y loger, ce qu’il a fait jusqu’au 12 octobre 2016. 

A______ a fait usage d’un édifice de mensonges, à des mises en scène et des 
entretiens pour accréditer ses dires. Il a produit des documents falsifiés ainsi que des 

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documents sans valeur, cela pour attester de ses intentions et de ses ressources 
financières. Il a également appuyé ses déclarations en faisant intervenir des tiers, 
dont C______, administrateur de T______ SA, dissuadant ainsi les époux 
F______/G______ de procéder à toute vérification complémentaire sur la solvabilité 
de la société et de A______. Il n’a toutefois jamais eu l'intention d'acquérir ladite 
villa, ni de s'acquitter de l'indemnité de CHF 8'000.-, respectivement il savait ne pas 
en avoir les moyens, en tant qu’il n’avait aucune source de revenus. 

A______ a agi intentionnellement, dans le dessein d’obtenir indument des 
prestations, causant de la sorte un préjudice à G______ et F______, correspondant 
aux indemnités d’occupation impayées, aux charges y relatives, ainsi qu’aux frais 
occasionnés car ils n’ont pas pu chercher d’autres acquéreurs et/ou locataires pour 
ladite villa. 

Ch. 1.1.2.10. Dès le mois d'août 2017, A______ a astucieusement induit en erreur 
K______ par un édifice de mensonges, en exploitant sa situation de faiblesse et leur 
relation de confiance, en lui faisant croire qu’il allait acheter le fonds de commerce 
de la société U______ Sàrl, en l’amenant à lui verser, le 15 septembre 2017, la 
somme de CHF 10'687.-, sur le compte de V______, et CHF 12'000.- le 
15 septembre 2017 sur le compte bancaire appartenant au prévenu, étant relevé que 
ces versements n’ont jamais été destinés à l’acquisition d’un fonds de commerce, 
A______ les destinant exclusivement au paiement de ses dettes et au financement de 
son train de vie. 

A______ a agi dans le seul dessein de s’enrichir illégitimement au préjudice de 
K______. 

Ch. 1.1.2.11. Dès le mois d’avril 2017, A______ a tenté d’induire astucieusement en 
erreur W______ et X______ en prétendant que l’établissement « Y______ » exploité 
par la société U______ Sàrl, était à vendre et sollicitant pour ce faire la remise d’un 
montant de CHF 20'000.- pour acquérir le fonds de commerce, remettant à l’appui, 
un contrat de location gérance de l'établissement exploité par U______ Sàrl, lequel 
était falsifié. 

A______ a agi intentionnellement, dans le dessein de s’enrichir illégitimement d’un 
montant de CHF 20'000.-, étant précisé que W______ et X______ ont découvert la 
supercherie en se renseignant auprès de l’exploitant. 

Le TP a retenu la circonstance aggravante de l’escroquerie par métier pour les faits 
décrits sous chiffres 1.1.2.5, 1.1.2.7 (infractions non contestées en appel), 1.1.2.8, 
1.1.2.10 et 1.1.2.11, mais pas pour ceux décrits sous chiffres 1.1.2.1 et 1.1.2.2, 
qualifiés d’escroquerie simple. 

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Ch. 1.1.3.1. À une date indéterminée, entre le 7 mai 2008 et le 13 décembre 2010, 
A______ a établi une fausse convention de prêt portant sur un montant de 
EUR 100'000.- entre la société P______, société dissoute le ______ 2008 (selon le 
Registrar of Companies for England and Wales sous le numéro 2______) et la 
société O______ Ltd, prétendument représentée par la société Z______ Sàrl, alors 
même que cette société ne disposait d'aucun pouvoir de représentation et que la 
signature figurant sur ce document a été contrefaite. 

Ledit document a été établi par A______ dans le dessein de se soustraire à tout 
remboursement de la somme de EUR 100'000.-, somme due à E______, plus 
particulièrement à O______ Ltd. 

A______ conteste sa condamnation pour faux dans les titres en lien avec ce point de 
l’acte d’accusation mais ne conteste pas, en appel, sa culpabilité en lien avec les 
autres faux dans les titres décrits sous chiffres 1.1.3.5 (pour avoir imité le 1er avril 
2015 la signature de son fils, R______ et de C______, sur un contrat de travail), 
1.1.3.7 (pour avoir imité le 23 juin 2015 la signature de son fils, R______, sur un 
contrat de bail à loyer) et 1.1.3.8 (pour avoir imité, en avril 2017, la signature de 
AA______, ainsi que celle de C______ sur un contrat de location gérance d'un 
établissement exploité par la société U______ Sàrl). 

d. A______ ne conteste pas le verdict de culpabilité en lien avec le ch. 1.1.2.5 de 
l’acte d’accusation, soit d’avoir, à tout le moins de juillet 2015 à juin 2016, amené 
J______ à lui louer une villa sise route 3______ no. ______, à M______, moyennant 
le paiement d'un loyer mensuel de CHF 7'000.- et le versement d'une caution, en 
l’induisant astucieusement en erreur, sur la base de déclarations fallacieuses et de 
documents falsifiés établis au nom de son fils, R______, afin de faire croire qu’il 
avait les ressources financières suffisantes pour s’acquitter du loyer, ce qu’il 
n’entendait pas faire, respectivement en sachant qu’il ne disposait pas des ressources 
financières pour ce faire. Il conteste en revanche l’octroi par le premier juge des 
conclusions civiles de J______, à hauteur de CHF 77'500.-, à titre de réparation du 
dommage matériel (art. 41 du code des obligations [CO]). 

e. Il ne conteste pas non plus le verdict de culpabilité en lien avec le ch. 1.1.2.7 de cet 
acte d’accusation, soit d’avoir escroqué L______ en sollicitant de sa part un 
investissement de EUR 11'500.- qu’elle lui a versé le 30 mars 2016 et qu’il a gardé 
pour assurer ses dépenses courantes. 

f. Ce même acte d’accusation reproche à C______ d’avoir dès le 11 mai 2016, en sa 
qualité d’administrateur de T______ SA, prêté assistance à A______ dans la 
commission d’une escroquerie au détriment de F______ et G______. Il lui reproche 
d’avoir confirmé les intentions de A______ d’acquérir la villa et signé des 
documents en vue de conforter les plaignants dans leur erreur, alors qu’il ne pouvait 

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ignorer que ni A______, ni T______ SA, n'ont jamais eu l'intention ni d'acquérir 
ladite villa, ni de s'acquitter de l'indemnité d’occupation de CHF 8'000.-, ni n'avaient 
les moyens de s'acquitter de tels montants. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 a. Faits en lien avec la plainte de E______ 

 a.a. Selon sa plainte du 11 mars 2011, dirigée contre P______, N______ et 
A______, E______ avait acheté un bien immobilier dans la région de Montreux par 
l'intermédiaire de N______ en mars 2008. Sur la base du rapport de confiance établi, 
celle-ci, en collaboration avec P______ et A______, lui avait expliqué qu'elle 
pouvait lui obtenir une autorisation de séjour, moyennant l’obtention tout d'abord un 
passeport estonien. Avant d'entreprendre une quelconque démarche, elle avait requis 
le versement de EUR 100'000.-. Deux contrats, ne correspondant pas à ce qui avait 
été convenu, avaient été préparés, mais il ne les avait jamais signés. Les 16 et 28 mai 
2008, il avait versé deux montants de EUR 50'000.- chacun, par l'intermédiaire de la 
société O______ Ltd, en faveur de P______. N______ lui avait ensuite fait parvenir 
des documents à signer et l'avait rassuré sur l'avancement des démarches. Il avait 
relancé N______ et A______ à plusieurs reprises. Dans le courant de l'année 2009, 
N______ lui avait rétrocédé la somme de CHF 10'000.-.  

Par courrier du 13 décembre 2010, P______ a nié connaitre E______ et accusé 
N______ de comportements pénalement répréhensibles. Une convention de prêt 
entre O______ Ltd et P______ était jointe en annexe, mais Z______ Sàrl, société de 
N______, qui était mentionnée comme représentant de O______ Ltd, n'avait jamais 
eu aucun pouvoir en ce sens. 

a.b. E______ a expliqué tant à la police qu’au Ministère public (MP) qu'il avait 
voulu obtenir un droit d'établissement en Suisse plus étendu que celui obtenu après 
son achat immobilier. N______ lui avait dit que cela était possible, après avoir 
obtenu un passeport auprès d'un pays de la Communauté Européenne, comme 
l'Estonie par exemple. Pour lui, P______ équivalait à N______. A______ lui avait 
proposé un achat immobilier en Valais pour la première fois dans un courriel du 
6 avril 2009, mais cela ne l'avait pas intéressé. 

Selon E______, A______ lui avait exposé un projet de thermographie aérienne lors 
de leur première rencontre. La seconde rencontre avait eu lieu en novembre 2010, 
dans l’étude d’un avocat (AB______, en réalité juriste), sans N______. Entre ces 
deux dates, il y avait eu des échanges de courriels, dans lesquels il avait réclamé le 
remboursement de ses versements. A______ lui avait expliqué que N______ avait 
volé l'argent, mais qu'il ne devait pas s'inquiéter. Celui-ci était au courant de la 
question des documents et avait fait venir AB______ lors de leur entretien, celui-ci 

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pouvant lui obtenir un passeport estonien. N______ lui avait dit qu'elle avait elle-
même rencontré des avocats, pour lui obtenir les permis, et c'était elle qui lui avait 
demandé le versement de EUR 100'000.-. Il n'avait pas fait de recherches sur 
P______. Il avait fait confiance à N______. 

 a.c. En annexe à sa plainte, E______ a produit divers documents et échanges de 
courriel, parmi lesquels : 

a.c.a. Une convention de prêt portant sur un montant de EUR 100'000.- et une 
convention fiduciaire sous seing privé (1/10'073 ss), pré-imprimés et ne comportant 
que le nom de P______ comme cocontractant, qui ne sont pas remplis ni signés. La 
convention mentionne une durée de prêt de 60 mois avec une date d’échéance au 
31.12.2013. 

a.c.b. Le 1er février 2008, A______ a écrit, à l'adresse ______@online.ru, un courriel 
avec le titre "thermographie aérienne : analyses multi spectrales", dans lequel il se dit 
content de leur rencontre de la veille (1/10'086).  

a.c.c. Dans un échange de courriels des 13 et 14 mai 2008 (1/10'087 sv.), E______ 
demande des explications, notamment sur les bases légales lui permettant de 
prétendre à un passeport estonien et à un permis B suisse de même que sur le 
paiement. A______ lui répond qu'il ne peut pas obtenir de permis B avec son 
passeport estonien et qu'il doit obtenir un permis français et ensuite un permis B. Il le 
dirige vers N______ pour les autres questions. E______ lui demande ensuite 
pourquoi l'Estonie lui donnerait une nationalité et A______ répond qu'il ne comprend 
pas sa question, lui demandant pourquoi il lui parle de citoyenneté alors que lui-
même parle d'investissements. 

a.c.d. Par courriel du 15 mai 2008, écrit en russe et dont une traduction libre figure à 
la procédure (2/20'026 et 20'029), N______ transmet à E______ des documents à 
remplir et à signer. Elle lui explique qu’elle a commencé à les traduire mais qu'il est 
difficile d'en transmettre le sens car il s'agit de formalités. « La signification 
principale : vous et la compagnie suisse P______ (A______) développe une activité 

de la première compagnie en Europe et en Suisse (ce n'est pas indiqué qu'il s'agisse 

d'une formalité), pour cela vous et P______ avez le devoir de faire tous les actes 

nécessaires (cela signifie l'obtention par vous de tous les documents européens) etc. 

Ensuite, il est mentionné des sommes et la description pourquoi (alors, au total 

EUR 100'000). » Elle demande l'envoi de la copie du passeport, une photographie, 
une biographie manuscrite. Elle indique ensuite les coordonnées pour le paiement de 
la première étape de EUR 50'000.- (soit le numéro IBAN du compte rubrique EUR 
de P______ auprès de [la banque] AC______, qui figure dans le courriel en russe 
mais pas dans sa traduction). 

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a.c.e. Dans un échange de courriels du 7 novembre 2008 (1/10'089), E______ écrit à 
A______ que N______ n'arrive pas à le joindre et lui demande directement de lui 
expliquer quelle est la situation avec "my passeport and the permition" et quand il 
espère les obtenir. A______ lui répond que c'est très difficile de traiter en même 
temps avec les avocats estoniens et le manager de la police ("police office manager"). 
Ils voulaient toujours augmenter le prix de la transaction, ce qu'il a refusé. Il avait 
perdu trois mois, mais deux transactions avaient abouti depuis octobre. Il était 
confiant d'y parvenir aussi pour lui et d'autres amis de N______. 

a.c.f. Dans un échange de janvier 2009 (1/10'090), E______ écrit à A______ qu'il 
n'est pas content de n'avoir aucune information et lui demande quand il lui fera ses 
documents. Sans nouvelles, il lui demanderait la restitution de son argent. En février 
2009, A______ lui dit qu'il est désolé du retard. Cela étant, il pouvait obtenir un 
permis B en trois semaines pour un achat de CHF 500'000.- dans [la commune] 
DB______ [VS]. E______ lui répond que cela ne l'intéresse pas et qu'il veut être 
remboursé. Dans un courriel du 6 avril 2009 (1/10'095), E______ rappelle à 
A______ qu'il a versé EUR 50'000.- en mai et que le second versement devait être 
fait après la réception du passeport. À sa demande, il avait toutefois fait le second 
versement plus tôt, pour que tout soit fait en octobre. E______ relance A______ à 
plusieurs reprises sans succès jusqu'au 14 juin 2009, date à laquelle celui-ci rassure 
E______ en lui disant qu'il se trouve au Maroc mais qu'il le contactera dès son retour. 

a.c.g. Entre le 28 octobre et le 18 novembre 2010, A______ et E______ échangent 
des courriels au sujet du remboursement. A______ propose notamment au plaignant 
de venir pour ses papiers (you can come for your papers 2/20'032) et l’assure que son 
argent n’est pas perdu. Ils conviennent de se voir chez AB______. 

a.c.h. Par courrier du 13 décembre 2010 (1/10'097), P______ répond à l’avocat de 
E______ qu’elle ne connaît pas ce dernier, n'a aucun rapport avec des documents, 
tels que des passeports estoniens ou des autorisations de séjour en Suisse, ni avec les 
exactions commises par N______. Un contrat de prêt avait été signé avec E______ le 
7 mai 2008 et le terme prévu pour la restitution du montant de EUR 100'000.- était le 
31 décembre 2013. 

P______ joint à ce courrier copie d’une convention (1/10'099 – l’original ne figure 
pas à la procédure) datée du 7 mai 2008 (date qui figure à côté d’une signature et non 
dans la rubrique idoine), par laquelle O______ Ltd, représentée par Z______ Sàrl, 
prise en la personne de N______, associée gérante, prête EUR 100'000.- à P______ 
représentée par AD______, pour financer une recherche d'investissement. Le prêt est 
consenti pour une durée de 60 mois et le remboursement en capital interviendrait au 
plus tard le 31 décembre 2013. Elle porte deux signatures sur la seconde page, mais 
une seule sur la première. 

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a.d. Les fonds virés par O______ Ltd pour le compte de E______ l’ont été sur le 
compte de la société P______ Ltd, AE______ [Royaume-Uni], succursale de 
Genève. Cette succursale a été inscrite au registre du commerce de Genève, le 
______ 2006 ; son directeur est AD______ et l’administrateur AF______. 
AD______ est également seul signataire sur le compte de P______ auprès de 
AC______. 

Les deux virements de EUR 50'000.- ont été effectués les 16 et 28 mai 2008, avec la 
mention « Pmt suite convention de prêt 13/05/2008 Financer une recherche 
d'investissement ». Après ces crédits, les débits suivants sont enregistrés sur la 
rubrique EUR du compte de P______ : 

- EUR 28'000.-, le 30 mai 2008, en faveur de AG______, AH______ [France], avec 
la référence « A______ ». Un premier virement de EUR 10'000.-, avec la même 
référence, avait été effectué le 10 janvier 2008 ; 

- EUR 13'000.-, le 18 juin 2008, en faveur de AI______ (12/33'074) ; 

- EUR 29'700.-, le 14 juillet 2008, en faveur de AJ______ Ltd, avec comme motif de 
paiement mentionné : "Prêt" (12/33'076), étant précisé que le solde de la rubrique 
après cette opération est de EUR 6.03. 

Sur les autres rubriques du compte, des montants sont crédités par d'autres entités. 
Les virements suivants apparaissent notamment au débit des rubriques : 

- EUR 18'000.- (soit CHF 29'561.- débités le 15 mai 2008 de la rubrique CHF), en 
faveur de AI______, avec comme motif mentionné : "Retour de prêt" (12/33'049) ; 

- CHF 11'823.55, le 13 mai 2008, en faveur de A______ (12/33'043) ; 

- CHF 20'000.-, le 14 mai 2008, en faveur de AK______ SA (12/33'047) ; 

- CHF 24'042.-, le 9 juin 2008 avec la mention « AL______ [marque de voiture] », et 
CHF 126'500.-, le 6 mai 2010, en faveur de AJ______ Ltd (12/33'055 et 12/33'060) ; 

- USD 20'000.-, le 2 juillet 2008, en faveur de AM______, AN______ [France], avec 
comme motif de paiement mentionné : "Réservation villa DC______, M A______" 
(12/33'082). 

On peut encore noter un paiement qui pourrait être en lien avec un projet immobilier, 
soit un versement de CHF 22'500.-, le 29 avril 2008, à un AO______. 

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 a.e. Auditionnée à plusieurs reprises en qualité de prévenue, N______ a confirmé 
avoir présenté E______ à A______, lequel avait obtenu le versement de 
EUR 100'000.-, destiné à lui procurer un passeport estonien et à un investissement 
dans un projet. Elle n’avait pas signé la convention du 7 mai 2008. Tout n'avait pas 
été clair pour elle (5/50'099). A______ avait également proposé à une connaissance 
russophone de lui fournir des documents d’identité contre paiement, ce qu’a 
confirmé le témoin AP______ (5/50'041). 

N______ a été mise au bénéfice d’une ordonnance de classement du MP, laquelle 
retient pour l’essentiel qu’elle n'a pas perçu d'argent à la suite des versements 
effectués par la société de la partie plaignante et que A______, dirigeant de fait de 
P______, a été le seul et unique bénéficiaire de l'argent (classeur 1). 

 a.f. A______ a nié les faits qui lui étaient reprochés ; ses explications ont varié. Il a 
initialement indiqué à la police que E______ avait été séduit par un projet immobilier 
qu’il développait à DA______ (VD) et lui avait prêté des fonds pour pouvoir déposer 
le permis d’urbanisme. Il n’avait jamais vu la convention du 7 mai 2008 avant son 
audition (2/20’010). Il a ensuite nié devant le MP tout lien avec P______ avant 
d’admettre (5/50'047) avoir pu être désigné comme directeur de cette société par 
AD______ (lequel est décédé le ______ 2012 : 6/60'049). Il a également nié avoir 
signé le contrat du 7 mai 2008 et affirmé n’avoir entendu parler des EUR 100'000.- 
de E______ qu’en octobre 2008 (5/50'097) ; il n’avait pas touché l’argent mais 
AD______ lui avait payé quelques loyers de retard avec ces fonds (5/50'097 ; 
5/50'467). Il a nié être l’auteur des courriels produits par le plaignant relatifs aux 
déplacements en Estonie, expliquant que N______ ou AD______ pouvaient avoir 
utilisé son adresse mail, la première se rendant tous les samedis dans les locaux où 
les ordinateurs n’étaient pas protégés par un code (supra B.a.c.e ; 5/50'096). La 
rencontre chez AB______ avait eu pour objet d’expliquer à E______ qu’il avait été 
escroqué par N______ et AD______ (5/50'173).  

Devant le premier juge, il a persisté dans cette dernière version. Il a expliqué les 
transactions de P______ en faveur de ses proches ou de ses sociétés par le fait que 
AD______ lui devait de l’argent en lien avec les loyers en retard. 

 a.g. AB______ n’avait aucun souvenir de la rencontre de novembre 2010 (5/50'169). 
A______ lui avait présenté de nombreuses personnes. 

a.h. E______ est décédé à une date indéterminée avant les débats d’appel. Son 
conseil a informé la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR) de ce que ses 
héritiers ne souhaitaient pas encourir plus de frais et s’en rapportaient dès lors à 
justice. 

   

- 12/64 - 

P/4800/2011 

b. Faits en lien avec la plainte de H______ 

 b.a. Selon sa plainte du 23 décembre 2013 (1/10'132) et ses déclarations au MP, 
H______ avait été contacté par A______ en 2011 en vue d'un investissement dans sa 

société suisse Q______, ayant soi-disant pour but la distribution de cartes de débit 

prépayées. Le 15 juin 2011, il avait versé EUR 340'000.- et une convention de 

cession de parts avait été signée le 9 juillet 2011, en vertu de laquelle A______, en 

qualité de directeur de Q______ Ltd, Genève, lui cédait quarante parts, entièrement 

libérées, pour le prix de EUR 680'000.-, la première moitié ayant déjà été versée. Le 

13 juillet 2011, il avait versé le deuxième montant de EUR 340'000.-. Il avait reçu un 

certificat d'action de Q______ Ltd, établi le 14 mars 2011. 

H______ avait fait confiance à A______, d'une part, parce qu'il s'agissait d'un projet 

en Suisse et, d'autre part, en raison de la personnalité de A______, qui lui avait parlé 

de ses autres investissements et de ses réseaux, notamment en lien avec des clubs 

sportifs (5/50'104ss). Celui-ci lui avait montré les cartes "prepaid" et lui avait remis 

un business plan, qu'il avait fait examiner par ses employés. A______ lui avait dit 

qu'il y avait d'autres investisseurs intéressés et qu'il ne fallait pas rater l'opportunité. 

Au départ, il était question de commercialiser les cartes en Suisse, au Portugal et en 

Espagne, par le biais de Q______. Il a d'abord indiqué que l'idée avait été de créer 

une société anonyme, dont il devait détenir 40% des actions, avant de préciser que 

A______ lui avait présenté une société qui était déjà opérationnelle, dans laquelle il 

lui vendait une participation. Au fil du temps, le projet avait pris une tournure 

obscure, tout en se diluant. Il avait alors commencé à s'inquiéter. Il n'avait pas été 

informé du fait que plusieurs sociétés portaient le nom "Q______". Comme il gérait 

plusieurs projets commerciaux et gouvernementaux, il avait délégué la gestion de 

cette affaire à AQ______, qui était venu en Suisse et y avait rencontré A______, en 

compagnie de AR______, mais restait disponible. Le montant qu'il avait versé ne 

devait pas servir à payer une quelconque commission à l'un ou à l'autre. Il avait suivi 

les instructions de paiement fournies et ne savait pas si AQ______ et AR______ lui 

avaient remis le certificat d'action Q______ Ltd avant ou après le paiement. Il avait 

demandé à A______ de la documentation sur la commercialisation du projet et les 

extraits bancaires pour tracer les flux, mais n'avait rien obtenu. A un moment donné, 

A______ lui avait parlé de la possibilité de vendre Q______ et lui avait demandé 

d'être patient, au motif que la révolution en Tunisie avait eu un impact sur la situation 

financière en Espagne. Ce projet avait duré quatre ans. Il voulait juste obtenir le 

remboursement de son investissement, qui n'était pas un prêt sans intérêts. 

  

- 13/64 - 

P/4800/2011 

b.b. En annexe à sa plainte, H______ a produit divers documents et échanges de 
courriels avec A______, dont notamment : 

- une plaquette de présentation de AS______ SA, société domiciliée en France et 
dans laquelle le fils de A______ est actif, présentant son activité dans le domaine des 
solutions de paiement virtuelles et mobiles et des cartes prépayées (1/10'139ss) ; 

- un exemplaire de carte prépayée rechargeable espagnole (1/10'175), qui, selon le 
rapport de la Brigade financière, est authentique (4/40'007) ; 

- la confirmation des transferts du 25 mai 2011 et du 13 juillet 2011 de 
EUR 340'000.- chacun en faveur de Q______ Ltd, avec la mention "purchase of 
share" (1/10'176 et 1/10'179) ; 

- une convention de cession de parts du 9 juillet 2011 entre A______, directeur de 
Q______ Ltd à Genève, et H______, portant sur la cession de 40 parts de 
Q______ Ltd, entièrement libérées, mentionnant que le second confirme "son 
engagement du Memorial of understanding signé le 24 mai 2011" et confirme le 
versement de EUR 680'000.-, en contrepartie de 40% des actions de Q______, pour 
la distribution de cartes de débit en Espagne et au Portugal (1/10'177 sv.) ; 

- un certificat d'actions portant sur 40 actions de Q______ Ltd n° 4______, propriété 
de H______ d’une valeur nominale de GBP 1.- chacune (1/10'180) ; 

- des échanges de courriels entre le 3 mai 2012 et le 26 mars 2013 (1/10'181 ss), dans 
lesquels A______ annonce notamment à H______ un remboursement de 
EUR 340'000.-. Comme celui-ci ne vient pas, H______ lui demande des comptes et 
des documents. A______ évoque ses problèmes de santé et la crise en Espagne 
notamment pour expliquer les retards et la vente de la société, qu'il négocie au 
meilleur prix. Le courriel de A______ du 6 novembre 2012 (1/10'188-10'196) 
contient ce qui semble être une promesse de vente de Q______ Ltd à 
CE______/AT______, représentée par AB______, pour EUR 1'000'000.-, datée du 
19 juin 2012 ; 

- un courriel du 23 septembre 2013, de R______ à H______, indiquant que son père 
est malade et que celui-ci l'a chargé de rembourser ses investissements en Espagne 
(1/10'197). 

b.c. Q______ Ltd a été créée en Angleterre et à Wales le ______ 2010. Son directeur 
est AF______. À sa fondation, elle comportait deux actions d’une valeur nominale 
de GBP 1.- chacune (17/35'639) ; le capital social a été augmenté à GBP 1'000.- et 
les actionnaires étaient alors AU______ et H______ (1/10'198). Une succursale a été 
inscrite au registre du commerce de Genève en ______ 2010. 

- 14/64 - 

P/4800/2011 

A______ et son épouse (aujourd’hui ex-épouse) AU______ détiennent un droit de 
signature individuel sur le compte de Q______ Ltd, succursale de Genève, auprès de 
AV______ [banque] (13/33'198 ss). Outre les deux virements de H______ de 
EUR 340'000.- en juin et juillet 2011, les crédits suivants apparaissent notamment 
sur ce compte : 

- le 26 mai 2011 : EUR 10'000.- versés par H______ ; 

- le 12 septembre 2011 : EUR 10'935.- versés par un tiers ; 

- le 2 mai 2012 : EUR 51'000.- versés par AW______. 

Les mouvements suivants figurent au débit sur les extraits du compte en question 
(13/33'252 ss), en lien avec les virements du plaignant : 

b.c.a. Huit retraits en cash ont été réalisés entre le 17 juin et le 9 novembre 2011 
pour un montant total de EUR 117'943.-, à noter que le retrait de EUR 33'330.- du 
17 juin 2011 comporte la mention « AX______ Genève-Cornavin » (13/33'253). Un 
montant de EUR 25'000.- a encore été retiré le 2 mai 2012 (13/33'313). 

b.c.b. Sept virements ont été réalisés entre le 17 juin et le 24 août 2011 en faveur du 
compte de AJ______ Ltd auprès de [la banque] AC______, pour un montant total de 
EUR 272'946.-. Ces virements sont accompagnés de mentions diverses (EUR 37'945 
du 16.6.2011 « paiement partiel SET UP » 12/33'282 ; EUR 60'000 du 22.06.2011 « 
second paiement SET UP » 12/33'280 ; EUR 45'000.- du 27.7.2011 : « Achat 
AY______ [carte de crédit ou débit] » 12/33'294 ; EUR 35'000.- du 27.7.2011 : 
« garantie remboursable » 12/33'296 ; etc.). 

AU______ et A______ disposaient d’un droit de signature individuel sur le compte 
de AJ______ Ltd auprès de AC______ (12/32'883). Les débits notables suivants 
apparaissent sur ce compte (12/32'898 ss ; 12/32'966 ss) : 

- entre le 16 juin et le 24 août 2011, CHF 33'000.- et plus de EUR 68'000.- ont 
été transférés sur des comptes détenus par A______ ou en lien avec ses fils 
(CHF 10'000.- et EUR 10'000.- à ses fils AZ______ et AI______ le 16 juin 
2011, 12/32'968 et 12/33'017 ; EUR 9'288.- pour l’écolage des deux plus jeunes 
fils 12/33'013 ; deux fois EUR 20'000.- sur un compte de A______ auprès de 
BA______, 12/33'033 sv ; plusieurs versements totalisant CHF 23'000.- et 
EUR 9'000.- à son nom chez BB______ [banque], 12/33'015, 33'028 ss) ; 

- les 22 juin et 27 juillet 2011, EUR 30'000.- et EUR 29'500.- ont été virés en 
faveur de BC______ Ltd ; 

- 15/64 - 

P/4800/2011 

- les 13 et 21 juin 2011, EUR 11'000.- et EUR 30'000.- ont été virés en faveur de 
BD______, à BE______ [Espagne], avec la mention « Loyer 
DD______ [prénom] » ou « caution » ; 

- le 27 juillet 2011, EUR 35'000.- ont été virés en faveur de AR______ avec la 
mention « garantie achat matière » (12/33'025) ; 

- entre le 17 juin et le 15 août 2011, CHF 6'318.- et EUR 15'000.- ont été virés en 
faveur de AU______ (12/32'970, 32'977, 33'012, 33'024, 33'031) ; 

- plus de CHF 6'000.- ont été affectés à des dépenses manifestement personnelles 
(BF______ [compagnie d’assurance], une régie, Service des automobiles, 
Services industriels, médecin, BG______ [laboratoire], etc. 12/32'982, 32'976). 

b.c.c. Le 27 juin 2011, EUR 50'000.- ont été virés sur le compte AC______ [banque] 
de AJ______/BH______, anciennement BI______ Sàrl avec la mention « AY______ 
[carte de crédit ou débit] SET UP » (12/33'286). Ce compte a également été crédité 
de CHF 10'000.- et CHF 7'500.- les 17 et 23 juin 2011, soit environ EUR 14'767.-. 

A______ est seul signataire du compte AC______ de AJ______/BH______ 
(12/33'111 ss et 12/33'150), et a succédé le 10 mai 2011 à AD______ en qualité de 
gérant de cette Sàrl. Les fonds reçus de Q______ Ltd ont été notamment été virés en 
faveur de BJ______, fils de A______, à hauteur de CHF 64'000.- entre le 20 juin et 
le 4 juillet 2011 et de AU______ à hauteur de CHF 5'000.- (le 20 juin 2011). 
CHF 7'344.- ont aussi été virés en faveur d’une Fondation BK______ le 23 juin 
2011. 

b.c.d. Le 25 août et le 13 septembre 2011, EUR 22'000.- et EUR 21'000.- ont été 
virés sur le compte ouvert au nom de Q______/S______ Sàrl auprès de AC______. 
Cette société (initialement nommée BL______ Sàrl) avait été acquise le 20 juin 2021 
pour le prix de CHF 1'000.- par A______ (16/35'275 ss) ; le 28 juin 2011 son siège a 
été transféré à Genève et sa raison sociale modifiée (16/35'279 ss). En septembre 
2011, 80 des 200 parts d’une valeur nominale de CHF 100.- ont été cédées à 
H______, devenu associé sans signature. 

A______ était seul signataire sur ce compte (12/32'848) ; les opérations suivantes 
peuvent être relevées (12/32'857 ss) : 

- entre le 30 novembre et le 29 décembre 2011, EUR 12'100.- sont virés sur le 
compte de Q______ SPAIN, à BE______ [Espagne] ; 

- les 12 et 14 décembre 2011, EUR 1'000.- et EUR 6'000.- sont versés sur le 
compte de A______, à BE______; 

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P/4800/2011 

- les 14 et 22 décembre 2011, EUR 10'000.- et EUR 1'000.- sont virés en faveur 
de BM______, à BE______; 

- le 29 décembre 2011, EUR 2'900.- sont virés en faveur de BN______, à 
BE______; 

- le 24 janvier 2012, EUR 1'500.- sont virés en faveur de AZ______, fils de 
A______, à BO______ [Canada] ; 

- le 12 décembre 2011, EUR 1'000.- sont virés en faveur de AU______, à 
BE______, et EUR 1'000.- en faveur de BP______, à BQ______ [France]. 

b.c.e. Le 30 septembre 2011, EUR 26'000.- sont virés du compte Q______ Ltd sur le 
compte ouvert au nom de BJ______, fils de A______, auprès d'une banque à 
BE______. 

b.c.f. Le 29 août 2011, EUR 14'018.- sont virés en faveur de BM______, à 
BE______ (soit le même compte qui recevra ultérieurement des fonds de 
Q______/S______ Sàrl). 

b.d. A______ a produit un certain nombre de pièces (2/30'124), dont notamment : 

- un "Memorandum of Understanding" entre BR______ Ltd et Q______ Ltd de juin 
2011, au sujet de programmes d'argent électronique (2/30'125). Ce document fixe des 
coûts pour certains pays et des taxes et comprend de nombreux détails, mais n'est ni 
daté, ni signé ; 

- un "Assignment agreement" entre BR______ Ltd et Q______ Ltd, domiciliées à la 
même adresse, qui précise que, le 17 juin 2011, BR______ a signé un accord avec 
BC______ Ltd pour mettre en place un système de cartes prépayées et convient que 
BR______ cède ce programme en faveur de Q______ Ltd (2/30'165). Les deux 
premières pages de ce document, qui mentionnent l'accord, ne sont pas signées. Les 
pages suivantes, dont la numérotation commence à 6, au lieu de 3, contiennent de 
nombreux détails et sont paraphées puis signées, le 11 juillet 2011, par BS______, au 
nom de BR______ et AF______, au nom de BT______ (soit BC______ Ltd et non 
Q______ Ltd : 2/30'167, 30'202), étant précisé en outre qu'à tout le moins les titres et 
les dates, figurant en dessous des deux signatures, semblent avoir été remplis par la 
même personne ; 

- un "Memorandum of Understanding" entre BC______ Ltd, partenaire de 
BU______ Ltd (ci-après : BU______) et BR______ Ltd (2/30'203). Ce document 
porte également les signatures de BS______ pour BR______ et de AF______, au 
nom de BC______ Ltd et sont aussi datés du 11 juillet 2011; 

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- un contrat de distribution de cartes AY______ rechargeables, entre 
Q______ SPAIN SL et BV______ SRL, du 7 juin 2012, non signé (2/30'245) ; 

- des photographies de cartes AY______, au nom de "BW______" et "BX______"; 

- deux factures à l'entête de BC______ Ltd, no. ______, rue 5______, 
AE______ [Royaume-Uni], du 24 avril 2015, mais mentionnant la date du 10 mars 
2012 comme date d'échéance (2/30'279), adressées à Q______ Ltd, domiciliée à la 
même adresse que BC______, la première de EUR 10'000.- pour les frais de mise en 
place de BX______ et la seconde de EUR 35'190.- pour 5'000 packs de BX______ 
avec puce, 1'000 cartes personnalisables et 1'000 personnalisations. 

b.e. Dans un document non daté ni signé, retrouvé à son domicile, rédigé en anglais 
et intitulé " rapport septembre 2011 ", A______ indique à son " partenaire " (non 
identifié) que Q______ Londres et Genève sont la même société, détentrice de la 
licence pour l’Espagne et le Portugal, tandis que Q______/S______ est une 
compagnie suisse pour le marché de ce pays, pour laquelle il affirme avoir déjà versé 
CHF 160'000.- pour l’acquisition d’une licence en Suisse, ajoutant "vous n’avez 
aucun engagement à moins de le dire d’ici le 20 décembre 2011". Il ajoute que la 
société espagnole a été constituée et que la vente des cartes débutera le 17 octobre de 
la même année (16/35'292). 

Dans un courriel adressé le 13 novembre 2011 à "AR______" (5/50'110), A______ 
fait un "rapport octobre/novembre 2011", en français. Il est notamment mentionné 
que les ventes en Espagne se déroulent conformément au business plan présenté en 
juin et que le site www.BW______.es est ouvert. Il y annonce toutefois des 
problèmes de liquidités à venir en raison de la crise de l'Euro et propose soit une 
augmentation du capital, à hauteur de EUR 150'000.- chacun, soit un apport en 
compte courant, à hauteur de EUR 50'000.- chacun. Une version du texte en anglais a 
également été produite. 

b.f. Plusieurs factures de BU______ figurent au dossier et sont datées entre le 
30 novembre 2010 et le 31 décembre 2011, pour un montant total d’un peu plus de 
EUR 105'000.-. Onze sont adressées à BC______ (5/50'131ss), et trois à AS______, 
avec mention manuscrite « pour BC______ » (5/50'134 s.; 50'137). Toutes sont liées 
à des cartes prépayées. A noter que la facture BU______6______ du 30 septembre 
2011 est adressée une fois à BC______ Ltd et une fois à AS______ SA, mais que 
toutes deux sont mentionnées comme payées. 

b.g. A______ a nié toute infraction et fourni des explications confuses au fil de ses 
auditions.  

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Il avait un projet lié aux cartes de débit en Europe et il s'était rendu deux fois au 
Qatar pour le présenter à H______, qui avait investi EUR 680'000.- dans sa société. 
Celui-ci savait que les cartes ne seraient pas développées en Suisse. Il avait versé 
EUR 100'000.- au titre de commission à BZ______ et AR______, les conseillers du 
plaignant, mais n’a jamais produit la quittance qu’il a affirmé détenir. 

Son fils était actionnaire minoritaire de AS______, qui avait une licence AY______ 
[carte de crédit ou débit] pour la France.  

Q______ Ltd avait acheté une licence pour l'Espagne auprès de AY______, en 
Angleterre. En 2011, il y avait eu la crise économique en Espagne et BU______, la 
société qui émettait les cartes de débit en Espagne, n'avait plus été en mesure de 
garantir les retraits d'argent des clients auprès de AY______.  

Trois magasins distribuant des cartes avaient été ouverts en 2012 et 2013 en 
Espagne. Il a affirmé avoir été propriétaire avec H______ du service "eWallet" pour 
l'Espagne, qu’il avait acheté à des informaticiens, ou plutôt d'avoir payé des 
informaticiens. Le programme était en train d'être monté en Espagne mais n'avait 
jamais été mis en service. Son fils, R______ était à la tête ou à l'initiative des 
programmes "eWallet". 

Lorsqu'il avait quitté la Suisse pour l’Espagne, il disposait d’un million d’euros, 
gagnés grâce à la vente de ses parts de AS______, ou plutôt de la société anglaise 
BR______. 

Il envoyait régulièrement des rapports à AR______, y compris lors de la dégradation 
de la situation en Espagne. AQ______ l'y avait d’ailleurs accompagné pour organiser 
l'installation des boutiques. Il avait cru en son projet et n'avait jamais essayé de 
tromper H______. Dès 2012, vu la péjoration de la situation, il avait cherché à 
vendre la société. H______ avait demandé à être remboursé. En 2014, ils avaient eu 
une offre de rachat, pour la licence, à hauteur de EUR 400'000.-. Il avait été prêt à 
tout laisser à H______, mais celui-ci en voulait un million d’euros. Il avait vraiment 
pensé pouvoir vendre son projet à CE______/AT______, représentée par AB______, 
pour ce prix, sans que cela n’aboutisse. 

En 2013, il avait obtenu de AY______ que la licence de distribution soit étendue au 
Qatar, en vue de la Coupe du monde. Il avait négocié pour que ces cartes puissent 
être rechargées par téléphone. Son système était déjà fonctionnel. 

BR______ Ltd, dont il pensait être actionnaire, était la société qui, en Angleterre, 
détenait les droits d'exploiter les cartes de débit, en Espagne notamment, vis-à-vis de 
AY______. Il a ensuite fourni des explications difficiles à comprendre, dont il ressort 
que H______ aurait versé l'argent sur le compte de Q______ Ltd, qui n'était plus 

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active, que BR______ aurait proposé à BC______, avec qui il n'avait aucun lien, 
d'acquérir l'option espagnole pour EUR 400'000.- et que AJ______ avait versé une 
partie de cette somme, car celle-ci avait des fonds, issus d'honoraires que lui-même y 
avait encaissé. "Q______" en avait également payé une partie. AF______ était un 
ami, expert-comptable et gérant de société, et son adresse servait de domicile à 
BR______ et à BC______. BU______ était chargée par AY______ d'endosser les 
cartes pour toute l'Europe. La faillite de cette société avait provoqué celle de la leur. 

A______ a expliqué en cours d’instruction que son fils R______ avait investi à 
hauteur de EUR 400'000.- dans le projet. Lui-même avait investi son temps pendant 
un peu plus de trois ans. L'argent de H______ avait été versé à AV______ [banque] 
puis 70% de la somme était partie en Espagne, où ils avaient payé, au fur et à 
mesure, BC______ Ltd pour la licence et une autre société, dont il ne se souvenait 
plus du nom, pour le logiciel. Sur la somme versée par H______, EUR 450'000.- 
avaient servi à payer la licence et le logiciel, EUR 60'000.- à 70'000 avaient été 
versés aux intermédiaires. Le solde avait été investi dans la location et 
l'aménagement de bureaux, sis rue 7______ no. ______, à BE______ [Espagne]. 
Confronté au fait qu'il y avait eu de nombreux retraits en cash après réception de 
l'argent sur le compte AV______ de Q______ Ltd et qu'une autre partie avait été 
versée sur le compte de AJ______ Ltd, il a indiqué que dite société avait commencé 
à payer les logiciels et la licence et qu'il avait "pris de l'argent là où il y en avait". Il 
en allait de même pour AU______ et pour AJ______/BH______. EUR 14'000.- 
avaient été versés à BM______, société qu'ils avaient achetée avec sa femme pour 
s'installer en Espagne, pour acheter une voiture et louer des bureaux. L'argent versé 
sur son compte espagnol avait servi à payer les commerciaux. De l'argent avait été 
versé à son fils AZ______, car celui-ci avait fait des logos. L'argent investi par 
R______ – qui avait perçu des honoraires de EUR 100'000.- ou 200'000.- à plusieurs 
reprises pour la vente de logiciels et qui était associé de Q______ SPAIN – avait 
servi à compléter le paiement des logiciels, qui coutaient plus de EUR 300'000.-, 
ainsi que des traductions et la fabrication des cartes. En même temps, celui-ci avait 
vendu les logiciels pour les cartes de débit à Q______ SPAIN et était aussi associé à 
BC______ Ltd, en Angleterre. Celui-ci n'apparaissait pas au registre du commerce de 
ces sociétés car les choses s'étaient faites ainsi.  

Il n’a jamais produit la preuve du versement des EUR 450'000.- à BC______ pour la 
licence, alors qu’il s’y était engagé. 

S'agissant de son train de vie, en 2010, il avait vendu ses actions dans AS______ et 
avait encaissé EUR 200'000.-. Il a indiqué plus tard avoir acquis les actions en 
question deux ou trois mois plus tôt, pour EUR 2'500.-. Il percevait régulièrement 
des honoraires compris entre CHF 5'000.- et 50'000.-, pour des mandats. Sa femme 
avait vendu un appartement à AH______ [France] pour EUR 200'000.-. Lui et son 
épouse avaient dépensé tout leur capital et R______ les avait toujours aidés. 

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b.h. Le 20 octobre 2016 (5/50'157), R______ a confirmé que son père avait été client 
de BC______, dont lui-même avait été actionnaire, et avait commandé un 
programme en marque blanche pour l'Espagne, pour EUR 120'000.- à 150'000.-. À 
aucun moment il n'avait investi dans le projet de distribution de cartes de son père. 
Un problème technique s'était posé et BC______ s'était retourné contre BU______, 
qui avait finalement fait faillite, entraînant l’échec du projet. L'affaire avait été 
étouffée par la banque CA______ à CB______ [Royaume-Uni].  

Son père avait rédigé le courriel du 23 septembre 2013 à H______, mais lui-même 
l'avait bien envoyé. BR______ était peut-être le nom de la société qui avait signé 
avec BC______ pour commercialiser les cartes en Europe. AJ______ lui disait 
également quelque chose, mais lui-même n'avait travaillé ni pour, ni avec cette 
société. Son père n'avait jamais été mandaté par AS______ à quelque titre que ce soit 
et celui-ci n'avait pas touché d'argent en lien avec cette société.  

Suites aux déclarations de son père, R______ a indiqué qu'il était possible que des 
factures émises par BC______ n'avaient pas été payées, mais elles n'avaient pas pu 
porter sur des montants de l'ordre de EUR 400'000.-. Aucune de ses sociétés n'avait 
investi d'argent dans ce projet, ni de près, ni de loin, ni dans des boutiques. Il n'était 
pas associé de Q______ SPAIN. Il tombait des nues après avoir entendu les 
déclarations de son père. 

A______ a réagi aux déclarations de son fils en prétendant n'avoir jamais dit que 
celui-ci avait investi de l'argent, mais du temps, puis que son fils avait émis des 
factures, mais qu'il n'avait pas été payé. Après que son fils R______ lui avait 
demandé pourquoi "il avait fait cela" et notamment imité sa signature, il a indiqué 
avoir agi pour ses deux fils CC______ et CD______, avec qui il s'était retrouvé seul. 

b.i. Selon AB______, il connaissait A______ depuis une dizaine d'années et ils 
avaient tenté de faire des affaires. Il y avait notamment eu des cartes de débit. Il avait 
présenté à A______ le projet CE______, qui consistait à faire des cartes de débit, en 
collaboration avec des marques. Il ne se souvenait pas de la société Q______, mais a 
confirmé que sa signature se trouvait sur la promesse d'achat de Q______ Ltd par 
CE______/AT______ pour EUR 1'000'000.- (1/10'188 sv.et 10'196). Il avait voulu 
acheter CF______, soit l'émetteur des cartes de débit, et Q______ faisait partie du 
lot. Les intermédiaires étaient devenus trop gourmands et il avait laissé tomber. Pour 
lui, A______ et son fils étaient propriétaires de cette société et AS______ était 
propriétaire de CF______.  

c. Faits en lien avec les plaintes de G______ et F______ 

c.a. Selon sa plainte du 15 juillet 2016 (1/10'225), G______ avait été victime le 
8 juillet 2016 d’une agression de A______. Son épouse et lui avaient voulu vendre 

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leur maison, sise chemin 1______ no. ______, à M______ [GE], à la fin de l'année 
2015, au prix de CHF 5'225'000.-. En mai 2016, ils avaient été mis en relation avec 
A______. Comme celui-ci voulait pouvoir disposer de la maison dès le début du 
mois de juin 2016, pour y entreposer ses affaires et y loger une partie de sa famille 
venant du Canada, ils avaient convenu d'une indemnité d'occupation de CHF 8'000.- 
par mois, jusqu'à la réalisation de la vente. Le 1er juin 2016, A______ était venu 
s'installer dans la maison et une clé lui avait été donnée. A______ n'avait jamais 
versé la moindre indemnité contrairement à ce qui avait été convenu. Il l'avait relancé 
à plusieurs reprises, mais A______ n'y donnait pas suite, avec des prétextes divers. 
De guerre lasse, le 8 juillet 2016, il s'était présenté à la villa. A______ lui avait 
assuré que la vente serait réalisée dans les deux à trois jours. Il avait demandé à 
celui-ci de quitter la maison dans l'intervalle, en vain. Alors qu'il avait voulu 
enclencher l'alarme de la maison, A______ lui avait sauté dessus, lui écartant 
violemment le bras et le saisissant par le cou avec son propre bras. Alors que lui avait 
gardé son calme, A______ hurlait. Celui-ci l'avait ainsi trainé en arrière, en lui 
serrant le cou et la gorge, jusqu'au portail, à l'extérieur de la maison. Il avait alors 
constaté que, durant sa "contrainte", A______ s'était blessé lui-même à la main. Il a 
produit un certificat médical attestant des lésions mentionnées dans l’acte 
d’accusation (1/10'232).  

c.b. G______ et F______ ont déposé plainte contre A______ en lien avec 
l’occupation de leur villa. Le 11 mai 2016, celui-ci leur avait été présenté comme 
acquéreur potentiel par leur courtière et voulait visiter la maison le jour-même. Il 
s'était présenté comme un retraité souhaitant profiter de sa fortune et d'une 
exonération de droit de succession en Suisse. Il s'était montré enthousiaste et avait 
proposé de signer une promesse de vente en son nom et d'opérer le moment venu une 
substitution en faveur de son fils, qui devait arriver du Canada. Ils avaient accepté 
qu’il dépose des meubles dans la maison et y réside à titre précaire, certaines pièces 
de la maison étant vides et l’acquéreur ayant expliqué devoir rapidement quitter son 
précédent logement sur la même commune. Le 17 mai 2016, devant le notaire, 
A______ avait indiqué que, finalement, la promesse de vente serait signée par 
T______ SA, société sise à Fribourg dont il se disait actionnaire unique. La signature 
devait intervenir le 30 mai 2016. Le 27 mai 2016, A______ avait entreposé des 
cartons et des meubles dans la maison, dont un piano à queue, et repoussé la date de 
la signature par SMS, en évoquant des difficultés de santé de son fils en Côte 
d'Ivoire. Le 30 mai 2016, T______ SA s’était engagée, en sus du versement de 
l'acompte, à les indemniser de toute somme due au courtier, en cas d'échec des 
négociations. Début juin, les parties avaient abandonné le projet de promesse de 
vente et privilégié une vente à terme, T______ SA intervenant en qualité d'acquéreur.  

Début juin 2016, A______ avait demandé à pouvoir faire une visite de la villa, et 
était arrivé avec deux femmes de ménage qui avaient commencé à nettoyer les 
placards. Au terme de la visite, il avait pris « un air de chien battu », en expliquant 
que les deux femmes de ménage avaient pris leur après-midi, et avait finalement 

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obtenu de G______ la remise d’une clé pour que ces dernières puissent terminer leur 
travail. Il avait immédiatement accepté de signer une convention aux termes de 
laquelle il pouvait entreposer ses affaires personnelles dans les locaux disponibles, 
moyennant le versement de CHF 8'000.-, payable d'avance (5/50'207 ; 1/10'282). Le 
lendemain (3 juin 2016 selon les SMS au dossier 1/10'251), G______ avait constaté 
en se rendant sur place que A______ avait emménagé avec ses enfants et a eu 
l'impression d'avoir fait l'objet d'un tour de passe-passe ; il avait renoncé à protester 
au vu de la promesse de vente en cours.  

A______ s'était engagé à quitter la villa dans le mois suivant un éventuel échec de la 
vente. Ils l’avaient ensuite régulièrement relancé pour parfaire la vente et obtenir le 
versement de l'indemnité d'occupation, mais celui-ci avait toujours évoqué des 
excuses pour reporter la vente. Le 7 juillet 2016, après plusieurs mises en demeure, 
A______ avait remis deux billets à ordre tirés sur une société, dont il s'était prétendu 
propriétaire, CG______ SARL, le premier sur CHF 24'000.-, représentant trois mois 
d'indemnité, et le second sur CHF 262'500.-, représentant l'acompte initialement 
prévu de 5% du prix de vente. L'encaissement de ces billets à ordre s’était révélé 
impossible (1/10'303). Le 13 juillet 2016, par courrier recommandé adressé à 
T______ SA et à A______, les époux avaient constaté l'impossibilité de concrétiser 
le projet de vente et demandé la libération immédiate de la villa. Malgré toutes leurs 
demandes, A______ avait continué à occuper illicitement la villa et avait changé les 
cylindres des serrures. 

Selon G______, le 4 juillet 2016, A______ avait appelé C______ et le lui avait 
passé. Celui-ci avait un fort accent belge et lui avait confirmé la vente, mais en 
précisant que c'était compliqué. Il était question d'un actionnaire minoritaire de 
T______ SA qu'il fallait désintéresser. C______ a affirmé n’avoir aucun souvenir de 
cette discussion, tandis que A______ ne s’est pas exprimé à ce sujet. Il ressort 
néanmoins d’un SMS du 4 juillet 2016 qu’il a indiqué à G______ qu’ils appelleraient 
C______ ensemble le soir même. 

Les époux F______/G______ ont récupéré leur villa à la mi-octobre 2016. Ils ont fait 
valoir des conclusions civiles liées à l'occupation de leur villa par A______ ; le TP a 
fait droit à ces conclusions à hauteur de CHF 41'471.15, correspondant à l'indemnité 
d'occupation illicite, aux charges et aux frais de nettoyage et de remplacement des 
cylindres de serrures changées par A______. 

c.c. Les éléments suivants ressortent des pièces produites par les parties. 

c.c.a. Les courriers électroniques et SMS adressés par A______ à G______ 
confirment pour l’essentiel la version du plaignant et notamment les prétextes divers 
utilisés par A______ pour expliquer le retard pris pour la signature de la promesse de 
vente (fils gravement malade à l’étranger avec rechute quelques jours plus tard, 

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problèmes pour la monétisation d’un portefeuille ou impossibilité de la banque de 
fournir un crédit CH______, problème entre associés de T______, etc.). Dans un 
courriel du 11 mai 2016, A______ confirme son « vif intérêt pour la location avec 
option ferme d’achat … ». Il mentionne sa société T______ dont il se dit actionnaire 
unique.  

Le 13 mai 2016, A______ a transmis à G______ une évaluation de IGAS du 
25 janvier 2016, adressée à T______ SA, portant sur deux lots de fils nickel de 
20,382 kg. L'analyse démontrait une pureté de plus de 99% et précisait qu'il devrait 
pouvoir être vendu à un prix compris entre EUR 239.- et EUR 261.- par mètre, soit 
EUR 1'156'623'566.- pour la totalité (1/10'313 s.). Le 19 mai 2016, il dit envoyer 
« un texte de garantie bancaire » dont G______ l’invite à discuter directement avec 
le notaire (5/50'244). 

c.c.b. Le 30 mai 2016, A______ écrit à C______ que celui-ci va recevoir un appel 
d'un notaire car il va "prêter la SA [T______] à R______ [prénom], pour qu'il achète 
une maison où il va me loger" (5/50'283). 

Dans un écrit du même jour, sous la signature de C______, T______ SA s'engage à 
dédommager les promettant-vendeurs du montant de la commission de courtage en 
sus du versement de l'acompte exigible du notaire. Ce document fait référence à la 
promesse de vente, respectivement d'achat entre les époux F______/G______ et 
T______ SA, signée le 30 mai 2016 (1/10'260). Ce document lui avait été envoyé 
pour signature par courriel de A______ du 1er juin 2016 (5/50'258, 50'284). 

c.c.c. Un projet d’acte notarié de "vente à terme – droit d'emption" par les époux 
F______/G______ en faveur de T______ SA, portant sur leur propriété de M______, 
a été préparé mais n'a pas été signé, pour un prix de CHF 5'225'000.-, avec un 
acompte de CHF 522'500 versé à la signature, destiné à servir de peine 
conventionnelle en cas de retard de paiement de l'acheteur (1/10'261 ss). 

c.c.d. Par convention sous seing privé du 3 juin 2016 et dans l'attente de la réalisation 
de la vente à terme de leur propriété immobilière (1/10'282), les époux 
F______/G______ et A______ ont convenu que les premiers autorisaient le second à 
entreposer ses affaires personnelles dans les locaux disponibles et à occuper ceux-ci 
à bien plaire, en contrepartie du versement d'une somme de CHF 8'000.- par mois 
d'occupation, payable d'avance à compter du 1er juin 2016. En cas d'échec de la 
vente, A______ s'engageait à libérer les locaux dans le mois suivant. 

c.c.e. Une procuration du 5 juillet 2016, signée par C______, donnait pouvoir à 
A______ de signer tout acte authentique en lien avec l'achat du bien immobilier sis à 
M______ [GE] au nom de T______ SA (1/10'316). Le 8 juillet 2016, le notaire a 

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informé G______ l’avoir reçue, précisant qu’il manquait toujours le montant de 
l’acompte (5/50'200). 

c.c.f. Le 8 juillet 2016, les époux F______/G______ ont demandé la restitution des 
clés de leur maison à A______. Le 13 juillet 2016, ils ont signifié à T______ SA et 
A______ la caducité du projet de vente (1/10'292 ss). 

c.c.g. Selon le procès-verbal d'une rencontre du 12 juillet 2016 entre G______, 
A______ et AB______, A______ a affirmé qu'il y avait des complications, mais qu'il 
n'était pas question de ne pas payer. Il s'est engagé à partir mais ne voulait pas se voir 
fixer un délai. À cette occasion, il a dit à G______ que celui-ci l'avait "forcé à 
[l']agresser" (6/60'228). 

c.c.h. Selon des retranscriptions de courriels non datés, mais vraisemblablement 
envoyés en 2015 par C______ à A______, le premier demande au second de trouver 
des solutions pour éviter la faillite de T______ SA, celle-ci étant débitrice de 
CHF 1'200'000.- envers CI______ et de CHF 3'000'000.- envers CJ______ (5/50'255 
et 50'262).  

c.d.a. A______ a varié dans ses explications. Il a ainsi expliqué alternativement qu’il 
n’avait jamais été question qu’il achète la villa (5/50'148), que T______ (société avec 
laquelle il a initialement déclaré n’avoir aucun lien [5/50'152] avant d’être confronté 
par la suite au fait qu’il en était l’unique actionnaire [5/50'176 ss]) devait l’acheter 
pour des clients et la lui prêter en attendant de la revendre à un ou des acquéreurs 
qu’il devait lui-même trouver, que son fils [AZ______] devait revenir du Canada 
(5/50'470) mais qu’il n’était pas question qu’il acquière la villa (5/50'081), etc. 

c.d.b. A______ a été plus constant au sujet de l’altercation du 8 juillet 2016, 
expliquant que G______ était venu à la villa pour le "mettre dehors", s’était emporté 
et l'avait bousculé pour mettre l'alarme et que lui-même l’avait repoussé au niveau de 
la poitrine, en tentant de le calmer et de le repousser hors de la maison. G______ lui 
avait saisi la main droite, tordu le poignet et luxé le pouce. Il a produit à la police une 
attestation de L______ soutenant sa version des faits ; lorsque celle-ci a été entendue, 
elle a toutefois précisé ne pas avoir assisté directement à l’altercation, ayant entendu 
des éclats de voix avant de voir les deux hommes accrochés l’un à l’autre, sans 
connaître le rôle de chacun (5/50'313). 

c.e. Selon C______, A______ avait acheté T______ SA pour CHF 6'000.- et lui avait 
demandé d'en rester administrateur, à titre fiduciaire (5/50'183). Il avait donné une 
procuration à A______ lui permettant d’agir au nom de la société (5/50'187).  

Le nom de G______ et la vente d'une villa lui disait quelque chose, mais il ne se 
souvenait pas des détails. Il a tout d'abord indiqué ne rien avoir signé avant de 

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préciser avoir été au courant d'une histoire de bail et de vente et que A______ lui 
avait dit que cela dépendait de l'argent que devait percevoir R______, à la suite d'une 
vente d'une société en France. T______ SA devait acquérir cette villa, que A______ 
entendait occuper à titre privé. Dans un premier temps, il a indiqué que A______ 
avait l'intention de l'acheter, et qu'il verrait avec sa famille et son fils pour trouver 
l'argent, pour affirmer ensuite dans un second temps que celui-ci aurait payé un loyer 
à dite société. Il avait bien signé la procuration du 5 juillet 2016 en faveur de 
A______. Lorsqu'il avait reçu une lettre des époux F______/G______ du 13 juillet 
2016, il avait commencé à s'inquiéter, mais A______ l'avait rassuré. En août, celui-ci 
lui avait dit qu'il partirait de la villa au 30 septembre 2016 et qu'il allait payer les 
indemnités jusque-là. 

Il a contesté avoir menti, même par omission, pour l'acquisition de la villa de 
G______ par T______ SA. Sur la base des informations que lui avait transmises 
A______, il avait pensé que la vente était faisable. 

c.f. La seule activité de T______ SA a été la négociation de l'achat et de la vente de 
fils de nickel, acquis en 2014 au moyen de prêts de tiers (6/60'243), conservés aux 
Ports-Francs et dont l’évaluation a grandement varié mais que la société n’a jamais 
réussi à revendre. Ces actifs sont comptabilisés pour une valeur de CHF 3'836'427.- 
au bilan 2015 de la société (6/60'256), auquel figurent des dettes – notamment en lien 
avec cette acquisition – pour plus de CHF 4'000'000.-. Dans ce contexte, il semble 
avoir été question d’une cession d’une partie du capital social de T______ SA à l’un 
de ses créanciers, voire d’une remise des actions en garantie, opérations qui n’ont 
toutefois pas été concrétisées (6/60'242 ; 6/60'246). 

Le MP a ordonné en décembre 2016 la mise sous séquestre des 17 kg de nickel 
appartenant à T______ SA, en mains des Ports-Francs, d’où ils ont été transférés au 
Greffe des pièces à conviction un an plus tard (9/90'005). 

d. Faits en lien avec U______ Sàrl (W______, X______, K______) 

d.a. Le 24 mai 2017, W______ et X______ ont déposé plainte contre A______, qui 
leur avait proposé en avril 2017 de reprendre la gérance d'un bar, nommé Y______, 
moyennant le versement de CHF 20'000.- chacun. Comme ils ne disposaient pas de 
cette somme, il leur avait proposé un prêt du même montant. A______ leur avait 
notamment soumis un projet de contrat par lequel la société U______ Sàrl remettait 
la gérance du bar à T______ SA. W______ s'était rendue au Y______ où la gérante, 
CK______, n’était pas au courant de la vente de son établissement. Quelques jours 
plus tard, W______ avait rencontré par hasard AA______, animateur de 
U______ Sàrl et locataire du Y______, qui avait confirmé ne pas avoir signé de 
contrat de location gérance.  

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d.b. CK______ a constaté que A______ venait dans son établissement et se faisait 
passer pour le patron (2/10'363 ss). Il avait faussement affirmé à AA______ lui avoir 
remboursé le montant de la caution de CHF 30'000.-. Elle-même et son époux 
avaient décidé finalement de quitter l’établissement en raison de son comportement. 

d.c. K______ a déposé plainte le 9 octobre 2017 (2/10'375). Une partie des faits qu’il 
a dénoncés, en lien avec un emploi dans un établissement public géré par A______, a 
été écartée par le premier juge au vu du caractère essentiellement civil du litige. 
Seuls demeurent litigieux deux paiements intervenus en septembre 2017. 

A______ (que K______ avait rencontré en prison) lui avait proposé de racheter le 
contrat de location gérance du tea-room Y______ pour un peu plus de CHF 30'000.-, 
et lui avait demandé de procéder à deux versements.  

d.d. Le 12 septembre 2017, K______ avait ainsi instruit [la banque] CL______ de 
procéder à deux transferts. Le premier, de CHF 10'687.-, était en faveur de V______, 
pour le compte de T______-CM______, en règlement des loyers de gérance de la 
CM______, dans le cadre de ses accords avec A______ pour la reprise du tea-room 
Y______, à CN______ [GE] (2/10'396). Le second, de CHF 12'000.-, était en faveur 
de A______, "titulaire du contrat de gérance", correspondant au règlement partiel de 
la location gérance dudit tea-room (2/10'399). Il ressort toutefois de la procédure que 
ces sommes ont été versées, non par CL______, mais au débit du compte CO______ 
d’un nommé CP______. A______ admet toutefois que ces virements ont été 
effectués par des tiers pour le compte du plaignant (5/50'300). 

K______ a produit divers documents attestant des propositions formulées par 
A______, notamment une copie (photo) du contrat de location-gérance du 18 avril 
2017, le contrat de bail conclu entre CQ______, U______ Sàrl et AA______, portant 
sur un établissement situé dans le centre commercial de CN______ (2/10'380), une 
copie d'un extrait du compte de A______ auprès de CR______ [banque], faisant état 
de deux versements en faveur de "AA______ U______", (2/10'393 sv.) et l’extrait du 
RC de U______ Sàrl. 

d.e. A______ ne conteste pas le verdict de culpabilité pour faux dans les titres en lien 
avec l’imitation des signatures de AA______ et C______ sur le contrat daté du 
18 avril 2017 et supposément conclu entre U______ Sàrl, représentée par son gérant, 
AA______ et T______ SA, soit pour elle C______ (2/10'321 et 10'321). 

Il avait versé CHF 30'000.- à AA______ pour la reprise du tea-room, argent que lui 
avaient prêté son fils et son frère. Il avait bien eu l’intention de reprendre 
l’établissement avec W______ et X______, projet finalement abandonné au vu de 
l’opposition de CK______.  

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L'argent versé par des tiers pour le compte de K______ ne l'avait pas été en lien avec 
U______ Sàrl, car il avait voulu s'associer dans un autre tea-room (5/50'300) ; il a 
toutefois aussi déclaré que le plaignant voulait acheter l’établissement (5/50’472), 
voire s’associer dans les deux établissements (5/50'319). Il avait remboursé 
CHF 10'687.- au tiers qui avait versé cette somme (il n’y a aucune preuve de ce 
remboursement), mais conservé les CHF 12'000.- sur son compte en rétorsion pour 
des manquements de K______ aux règles d’hygiène dans le tea-room. Il a déclaré 
successivement disposer encore de cette somme et l’avoir au contraire utilisée pour 
effectuer des paiements (5/50'300 et 5/50'320). 

d.f. Selon AA______, qui connaissait A______ depuis une dizaine d'années et avait 
travaillé avec lui par le passé, il voulait effectivement vendre le tea-room, au prix à 
discuter de CHF 160'000.-. Après le problème des signatures, A______ lui avait 
proposé ce prix, sous réserve d'un prêt par la banque.  

Trois ou quatre ans auparavant, il avait prêté CHF 30'000.- à A______, qui n'avait 
pas remboursé sa dette. Celui-ci lui avait versé CHF 30'000.- pour reprendre le tea-
room, qu'il devait financer avec son fils. Après coup, A______ lui avait dit que, 
finalement, ce versement constituait le remboursement de sa dette, avant de lui en 
demander le remboursement puis d’y renoncer en demandant de lui faire un prix pour 
le tea-room.  

e. A______ a répondu à la convocation de la police en 2011, suite à la plainte de 
E______. Il a toutefois fait défaut aux premières audiences du MP, en 2013 et 2014. 
Placé sous mandat d’arrêt international, il a été arrêté en Espagne, avant d'être 
extradé en Suisse, où il a été détenu du 4 février au 28 avril 2015. Il a à nouveau été 
arrêté et détenu du 25 août 2016 au 9 février 2017, date à laquelle il a été libéré avec 
des mesures de substitution, selon lesquelles il était notamment obligé de résider à 
son adresse et se voyait interdire toute activité indépendante. Au vu des nouvelles 
plaintes dirigées contre lui, il a encore une fois été arrêté puis détenu du 30 novembre 
au 26 février 2018, date à laquelle il a été libéré avec des mesures de substitution qui 
l'ont notamment obligé à intégrer l'Hôpital [psychiatrique] de CS______, d'y suivre 
les soins prescrits et interdit d'exercer une activité lucrative en lien avec la gestion 
d'une société. L'obligation de résider à CS______ a été levée le 9 mai 2018. 

f. Le MP a émis un avis de prochaine clôture le 10 octobre 2019, lequel a été 
prolongé à plusieurs reprises à la demande de la défense (4/31'110, 31'140). 

C. a. Aux débats d’appel, A______ a sollicité à titre préjudiciel l’audition de CT______ 
en qualité de témoin. Cette demande a été rejetée, la motivation complète de ce refus 
étant réservée au présent arrêt motivé.  

Les prévenus ont confirmé leurs déclarations antérieures.  

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 b. Par la voix de son conseil, A______ persiste dans ses conclusions. 

 Sa prise de conscience avait évolué puisqu’il avait acquiescé à certaines accusations.  

Il n’avait jamais proposé d’autorisation de séjour ou de passeport estonien à 
E______ ; N______, d’ailleurs été visée dans la plainte formée en 2011, l’avait fait 
de sa propre initiative et s’était soustraite à des convocations. Elle vivait 
confortablement et avait remboursé CHF 10’000.- au plaignant, n’ayant pas été 
qu’une traductrice puisque les parties communiquaient directement entre elles en 
anglais. Le paiement du plaignant avait été effectué en référence à une convention de 
prêt du 13 mai 2008 pour financer une recherche d’investissement, sans mention 
d’un titre de séjour. Les réponses de l’appelant ne laissaient pas de doute : quand le 
plaignant l’interpellait à ce sujet il contestait tout lien avec un permis de séjour. 
N______ avait envoyé un projet de convention au plaignant dont la teneur ne 
correspondait pas au courriel d’accompagnement, en russe, langue que l’appelant ne 
comprenait pas. L’argent avait été versé pour une recherche d’investissements qui 
avait eu lieu, sans succès ; il n’y avait pas eu de tromperie. Rien ne permettait 
d’affirmer que l’appelant serait l’auteur de la convention entre P______ et O______ ; 
il devait donc être acquitté de l’accusation de faux dans les titres en lien avec ce 
document. 

H______ n’avait pas procédé à des vérifications suffisantes avant de procéder à un 
investissement important ; il avait versé la première tranche de sa participation avant 
même d’avoir conclu un quelconque accord puisque la convention d’achat d’actions 
n’avait été signée que le 9 juillet 2011. Cet accord avait été honoré puisque 40% des 
actions de Q______ lui avait été remis. Le plaignant n’avait pas respecté ses 
obligations de due diligence en lien avec une telle convention de ventes d’actions. 

Q______ avait acquis une licence pour le marché espagnol des cartes de crédit 
prépayées et donc les buts convenus avaient été poursuivis et l’accord respecté. Le 
plaignant avait certes mandaté AQ______ voire AR______ mais ceux-ci avaient 
perçu des commissions importantes qui avaient émoussé leur esprit critique. Le 
plaignant avait ainsi soit manqué de diligence dans le contrôle de ses représentants, 
soit été escroqué par eux. En tout état de cause, il n’y avait pas d’astuce et donc pas 
d’escroquerie. De surcroît, l’investissement avait été consenti dans une affaire réelle 
qui n’avait pas abouti. L’argent investi avait été utilisé pour faire avancer le projet, à 
tout le moins en partie. Il y avait eu un début de business en Espagne, puis des 
problèmes techniques étaient survenus et le projet avait échoué. L’investissement 
risqué consenti par le plaignant avait abouti à un échec commercial et l’appelant 
devait être acquitté, faute d’escroquerie. 

Les époux F______/G______ avaient agi avec légèreté, ils avaient consenti un prêt 
de leur maison sans aucune vérification, sans même demander un extrait de poursuite 

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de l’appelant qui les aurait renseignés sur sa situation obérée. Ils n’avaient procédé à 
aucune vérification pour une affaire d’une telle ampleur. 

G______ avait voulu se faire justice lui-même en enclenchant l’alarme pour faire 
intervenir l’entreprise de sécurité qui aurait alors expulsé l’appelant de la villa. 
L’appelant avait repoussé le plaignant dans un acte de légitime défense proportionné, 
voire dans une empoignade mutuelle et devait être acquitté. 

Le propriétaire de l’établissement Y______ avait admis que celui-ci était en vente. 
L’appelant avait l’intention de reprendre ce fonds de commerce avec les plaignants, 
qui n’avaient pas les fonds nécessaires pour l’acquérir et l’appelant leur avait 
proposé de les leur prêter. Ceux-ci n’avaient commis aucun acte préjudiciable à leurs 
intérêts et il n’y avait donc pas d’escroquerie.  

K______ n’avait versé aucun argent puisque les fonds provenaient de tiers, qui 
n’avaient pas déposé plainte et n’étaient pas mentionnés dans l’acte d’accusation. Or, 
en l’absence de toute mention de ces intermédiaires, les faits n’étaient pas 
suffisamment décrits. En tout état de cause, en présence d’une relation triangulaire, il 
n’y avait pas d’escroquerie car la dupe (le plaignant) n’avait en réalité aucun pouvoir 
de disposition sur les fonds versés par une société tierce, qui avait payé à titre amical. 
Les valeurs transférées n’appartenant pas au plaignant, un élément constitutif de 
l’escroquerie faisait défaut. 

Il fallait tenir compte de la violation caractérisée du principe de célérité. Même s’il 
admettait avoir contribué à l’allongement de la procédure, il y avait eu des temps 
morts en violation de l’art. 5 du Code de procédure pénale (CPP), notamment entre 
l’audience finale et la rédaction de l’acte d’accusation (25 mois) puis entre celui-ci et 
le jugement du TP (15 mois). 

Il fallait le condamner à une peine pécuniaire complémentaire clémente n’excédant 
pas 90 jours amende et l’indemniser pour la détention subie, y compris la détention 
extraditionnelle et les mesures de substitution, soit 324 jours à CHF 200.-/ jour. 

 c. Par la voix de son conseil, C______ persiste dans ses conclusions.  

C______ avait été entraîné dans la procédure pénale dans le sillage des nombreux 
agissements reprochés à A______, mais il n’avait commis aucune infraction. En sa 
qualité d’administrateur, il n’avait aucune obligation d’informer les plaignants 
F______/G______, qui n’avaient pris aucune précaution. C______ n’avait pas 
contribué à l’occupation de leur villa par A______. Son intervention était limitée à 
un projet de vente immobilière qui avait échoué : il s’agissait d’un litige civil. En sa 
qualité d’administrateur de T______ et conformément à son mandat fiduciaire, il 
devait suivre les instructions de l’actionnaire dans la mesure de leur légalité. Il 

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n’avait aucune obligation d’informer un tiers de la situation financière de T______ et 
de A______ ; les dispositions sur l’obligation de fidélité visaient à protéger la société 
et non les tiers, notamment pas ses créanciers. Les plaignants n’avaient jamais 
demandé de garantie de solvabilité. Il n’y avait pas de complicité d’escroquerie par 
omission, faute de position de garant. 

Au surplus, il était de bonne foi. A______ avait prétendu que son fils R______, qui 
l’avait déjà aidé par le passé et se trouvait dans une situation financière très 
confortable, allait financer l’achat de la villa. De surcroît, T______ avait des 
perspectives de vente des bobines de nickel ; il croyait que cette transaction était 
possible. Il n’était pas le complice de A______ et avait d’ailleurs immédiatement 
déposé plainte quand celui-ci avait fait un faux pour U______ Sàrl. 

Il avait pu être paresseux et négligent mais de bonne foi et ne pouvait donc se voir 
reprocher de dol éventuel ; il s’agissait, au pire, de négligence consciente, 
impunissable. 

Il n’y avait pas d’astuce puisqu’un extrait de poursuite aurait permis aux plaignants 
d’éviter tout engagement. Son intervention n’avait de surcroît pas été causale dans la 
survenance de l’infraction. A______ avait déjà gagné la confiance des plaignants 
lorsqu’il était intervenu le 30 mai 2016, en signant un document qui n’avait été remis 
aux plaignants que le 3 juin suivant, alors que A______ était déjà installé dans la 
villa. Les plaignants lui reprochaient de ne pas être joignable, de ne pas répondre : il 
s’agissait au mieux d’une omission et non d’une action pénalement répréhensible. Il 
ne les avait ni induits, ni confortés dans l’erreur. 

Il forme des conclusions en indemnisation à hauteur de CHF 19'436.26 pour la 
procédure préliminaire et de première instance et de CHF 6'522.74 pour la procédure 
d’appel. 

d. G______ a conclu à la confirmation du jugement entrepris. 

e. Le MP conclut à la confirmation du jugement entrepris. Il y avait effectivement eu 
violation du principe de célérité ; A______ était toutefois en partie responsable de la 
longue durée de la procédure puisqu’il avait dû être extradé en 2015 et avait commis 
plusieurs nouvelles infractions en cours de procédure. La peine fixée par le premier 
juge en tenait déjà largement compte. 

A______ avait créé la confusion avec tous les plaignants. Alors qu’il avait lui-même 
quitté la Suisse et dû faire l’objet d’un mandat international, il cherchait à rejeter la 
responsabilité sur N______, qui avait simplement changé de domicile en cours de 
procédure mais était légalement domiciliée en Suisse. Il était bien l’auteur des 
courriels échangés avec E______, qui s’inscrivaient dans une conversation nourrie. 

- 31/64 - 

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H______ avait été induit en erreur par de nombreux documents, notamment en lien 
avec l’entreprise du propre fils de A______, qui était prospère et florissante. Les 
époux F______/G______ devaient vendre rapidement leur bien ; il avait profité de 
cette faiblesse et avait su emménager en leur forçant la main et en les baratinant. 
A______ avait bien cherché à soutirer de l’argent à W______ et X______, en se 
faisant passer pour quelqu’un qu’il n’était pas, et n’avait proposé un prêt que lorsque 
cette tentative avait échoué.  

C______ avait conforté les époux F______/G______ dans leur erreur. S’il devait être 
acquitté, une indemnisation devait lui être refusée car il avait manqué à tout le moins 
à son devoir de diligence envers T______. 

Les peines prononcées par le TP devaient être confirmées. A______ n’avait fait 
preuve d’aucune prise de conscience.  

D. a. A______ est né le ______ 1945 à CU______, en Algérie. Il est de nationalité 
française et au bénéfice d'un permis C. Il est divorcé de AU______ et père de cinq 
enfants R______, né en 1973, AZ______, né en 1981, AI______, né en 1983, 
CC______, né en 2006 et CD______, né en 2008, ce dernier vivant partiellement 
chez lui, sans qu'il ne soit à sa charge. Après avoir obtenu son bac et un diplôme 
d'attaché de presse à AH______ [France], il a indiqué avoir été actif dans divers 
domaines de la publicité et de l'édition, à AH______, jusqu'en 1997. En 1998, il s'est 
installé à Fribourg puis à CV______ [VS], avant d'arriver à Genève dès 2002. Il a 
indiqué avoir exercé une activité de consultant indépendant dans l'édition, réalisant 
des revenus entre CHF 3'000.- et CHF 4'000.- par mois jusqu'en 2009. Début 2011, il 
a déménagé à BE______ [Espagne], avant de revenir selon ses dires à Genève en 
2013. Il a été entrepreneur et a tenté de faire des affaires dans à peu près tous les 
domaines possibles, notamment l'immobilier, les cartes de débit, les diamants, le 
nickel, les énergies, les tableaux, les produits anti-moustiques ou la restauration. 
Entre 2010 et 2014, son fils R______ lui versait des aides, à hauteur de 2'000.- à 
CHF 3'000.- par mois ; en 2016, sa sœur ou son frère lui versaient environ 
CHF 2'000.- par mois. Actuellement il perçoit un revenu mensuel net de CHF 3'450.-
, provenant de ses rentes du Service des prestations complémentaires et de rentes des 
caisses françaises. Son loyer représente CHF 1'275.-, ses primes d'assurance-maladie 
CHF 59.-, après déductions des subsides. Il indique payer CHF 200.- de 
contributions d'entretien pour ses deux enfants mineurs, auxquels s'ajoute sa 
participation à leurs frais quotidiens, qu'il estime entre CHF 800.- et 1'000.-. 

Il annonce des dettes à hauteur d'environ CHF 80'000.-, composées notamment des 
montants payés par le SCARPA pendant sa détention et de dettes envers divers tiers. 

b. Selon l’extrait de son casier judiciaire suisse, il a été condamné le 27 avril 2023 
par le MP pour escroquerie à une peine pécuniaire de 120 jours-amende à CHF 30.-, 

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peine assortie du sursis et d’un délai d’épreuve de trois ans ainsi que d’une amende 
de CHF 720.- à titre de sanction immédiate. Le MP a versé au dossier cette 
condamnation dont il ressort qu’il s’est fait passer pour le propriétaire d’un 
appartement qu’il a remis en location à un couple dont il a perçu, pendant trois mois 
(de juillet à septembre 2020), le loyer de CHF 1'450.-. Il a expliqué aux débats 
d’appel qu’il s’agissait d’une « stupidité fondamentale » mais qu’il n'avait pas les 
moyens pour payer un avocat et faire opposition. 

E. Me B______, défenseur d'office de A______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, facturant, sous des libellés divers, 18h55 d'activité de chef d'étude 
hors débats d'appel, lesquels ont duré 3h25. En première instance il a été rémunéré 
pour plus de 200 heures d’activité. 

EN DROIT : 

1. Les appels sont recevables pour avoir été interjetés et motivés selon la forme et dans 
les délais prescrits (art. 398 et 399 CPP). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1. Aux termes de l'art. 389 al. 1 CPP, la procédure de recours se fonde sur les 
preuves administrées pendant la procédure préliminaire et la procédure de première 
instance. L'art. 389 al. 3 CPP règle les preuves complémentaires. Ainsi, la juridiction 
de recours administre, d'office ou à la demande d'une partie, les preuves 
complémentaires nécessaires au traitement du recours. Conformément à l'art. 139 
al. 2 CPP, il n'y a pas lieu d'administrer des preuves sur des faits non pertinents, 
notoires, connus de l'autorité ou déjà suffisamment prouvés. Cette disposition 
codifie, pour la procédure pénale, la règle jurisprudentielle déduite de l'art. 29 al. 2 
de la Constitution fédérale de la Confédération suisse (Cst.) en matière d'appréciation 
anticipée des preuves (arrêts du Tribunal fédéral 6B_1173/2016 du 7 août 2017 
consid. 2.1 ; 6B_71/2016 du 5 avril 2017 consid. 2.1.3). Le magistrat peut ainsi 
refuser des preuves nouvelles, lorsqu'une appréciation anticipée de ces preuves 
démontre qu'elles ne seront pas de nature à modifier le résultat de celles déjà 
administrées (ATF 136 I 229 consid. 5.3).  

 La juridiction d’appel, si elle entre en matière, doit rendre un nouveau jugement qui 
remplace le jugement de première instance (art. 408 CPP). 

 2.2. L’appelant sollicite l’audition du témoin CT______ au motif que celui-ci serait 
en mesure d’attester de la réalité du projet immobilier à DA______ [VD] dont le 
premier juge aurait mis en doute l’existence.  

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 La Cour de céans est entrée en matière sur l’appel et rendra donc un nouveau 
jugement ; l’appréciation portée par le premier juge sur les faits de la cause soumis à 
son examen est ainsi sans pertinence pour la procédure d’appel. 

Il ressort de la procédure et notamment de certains témoignages (5/50'010 ; 
5/50’041) ainsi que des pièces bancaires (cf. classeur 12) que l’appelant a bien 
évoqué, en tout cas à partir de l’année 2008, un projet immobilier et développé une 
activité à DA______, notamment dans un contexte hôtelier (cf. garantie pour un 
contrat de bail pièce 32'887), qui semble avoir perduré pendant deux ou trois ans. 
L’existence d’une certaine activité ainsi que celle d’un projet (dont l’avancement 
souffre de demeurer indécis) sont ainsi établies et l’audition du témoin, pour autant 
qu’il puisse, plus de dix ans plus tard, avoir un quelconque souvenir, est superflue. 

 Pour ces motifs, la réquisition de preuve de l’appelant a été rejetée lors des débats.  

3. 3.1. Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, 
garantie par l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme 
(CEDH) et, sur le plan interne, par les art. 32 al. 1 de la Constitution fédérale (Cst.) 
et 10 al. 3 CPP, concerne tant le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves 
au sens large (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.1 ; 127 I 28 consid. 2a). 

En tant que règle sur le fardeau de la preuve, la présomption d'innocence signifie, au 
stade du jugement, que ce fardeau incombe à l'accusation et que le doute doit profiter 
au prévenu. La présomption d'innocence est violée lorsque le juge rend un verdict de 
culpabilité au seul motif que le prévenu n'a pas prouvé son innocence (ATF 127 I 38 
consid. 2a p. 40) ou encore lorsque le juge condamne le prévenu au seul motif que sa 
culpabilité est plus vraisemblable que son innocence. En revanche, l'absence de doute 
à l'issue de l'appréciation des preuves exclut la violation de la présomption 
d'innocence en tant que règle sur le fardeau de la preuve (ATF 144 IV 345 
consid. 2.2.3.3). 

Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence signifie que le 
juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à l'accusé 
si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. Il 
importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui sont 
toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de 
doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en 
fonction de la situation objective (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.3). 

 3.2. Selon l'art. 12 al. 2 CP, agit intentionnellement quiconque commet un crime ou 
un délit avec conscience et volonté. L'auteur agit déjà intentionnellement lorsqu'il 
tient pour possible la réalisation de l'infraction et l'accepte au cas où celle-ci se 
produirait. 

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 Le dol éventuel est une forme d'intention, qui se distingue de la négligence 
consciente sur le plan volitif, non pas cognitif. En d'autres termes, la différence entre 
le dol éventuel et la négligence consciente réside dans la volonté de l'auteur et non 
dans la conscience. Dans les deux cas, l'auteur est conscient que le résultat illicite 
pourrait se produire, mais, alors que celui qui agit par négligence consciente 
escompte qu'il ne se produira pas, celui qui agit par dol éventuel l'accepte pour le cas 
où il se produirait (ATF 133 IV 9 consid. 4 ; 125 IV 242 consid. 3c ; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_268/2020 du 6 mai 2020 consid. 1.3). 

La distinction entre le dol éventuel et la négligence consciente peut parfois s'avérer 
délicate, notamment parce que, dans les deux cas, l'auteur est conscient du risque de 
survenance du résultat. En l'absence d'aveux de la part de l'auteur, la question doit 
être tranchée en se fondant sur les circonstances extérieures, parmi lesquelles 
figurent la probabilité, connue de l'auteur, de la réalisation du risque et l'importance 
de la violation du devoir de prudence. Plus celles-ci sont élevées, plus l'on sera fondé 
à conclure que l'auteur a accepté l'éventualité de la réalisation du résultat 
dommageable. Peuvent aussi constituer des éléments extérieurs révélateurs, les 
mobiles de l'auteur et la manière dont il a agi (ATF 133 IV 9 consid. 4.1 p. 16 ; arrêt 
du Tribunal fédéral 6B_268/2020 du 6 mai 2020 consid. 1.3). 

 3.3. Selon l’art. 146 CP, quiconque, dans le dessein de se procurer ou de procurer à 
un tiers un enrichissement illégitime, induit astucieusement en erreur une personne 
par des affirmations fallacieuses ou par la dissimulation de faits vrais ou la conforte 
astucieusement dans son erreur et détermine de la sorte la victime à des actes 
préjudiciables à ses intérêts pécuniaires ou à ceux d'un tiers sera puni d'une peine 
privative de liberté de cinq ans au plus ou d'une peine pécuniaire. 

Si l'auteur fait métier de l'escroquerie, la peine sera une peine privative de liberté de 
dix ans au plus ou une peine pécuniaire de 90 jours-amende au moins.  

3.3.1. L'escroquerie suppose, sur le plan objectif, que l'auteur ait usé de tromperie, 
que celle-ci ait été astucieuse, que l'auteur ait ainsi induit la victime en erreur ou l'ait 
confortée dans une erreur préexistante, que cette erreur ait déterminé la personne 
trompée à des actes préjudiciables à ses intérêts pécuniaires ou à ceux d'un tiers et 
que la victime ait subi un préjudice patrimonial (ATF 119 IV 210 consid. 3). 

La tromperie peut consister soit à induire la victime en erreur, par des affirmations 
fallacieuses ou par la dissimulation de faits vrais, soit à conforter la victime dans son 
erreur. Pour qu'il y ait tromperie par affirmations fallacieuses, il faut que l'auteur ait 
affirmé un fait dont il connaissait la fausseté. L'affirmation peut résulter de n'importe 
quel acte concluant. Il n'est donc pas nécessaire que l'auteur ait fait une déclaration et 
il suffit qu'il ait adopté un comportement dont on déduit qu'il affirme un fait. En ce 
sens, quiconque conclut un contrat manifeste en règle générale sa volonté interne 

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d'exécuter sa prestation (ATF 147 IV 73 consid. 3.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_1463/2020 du 5 janvier 2022 consid. 2.2.2). La tromperie par dissimulation de 
faits vrais est réalisée lorsque l'auteur s'emploie, par ses propos ou par ses actes, à 
cacher la réalité. S'il se borne à se taire, à ne pas révéler un fait, une tromperie ne 
peut lui être reprochée que s'il se trouvait dans une position de garant avec une 
obligation qualifiée de renseigner le lésé. Un tel devoir peut découler de la loi, d'un 
contrat ou d'un rapport de confiance spécial. Un simple devoir légal ou contractuel ne 
suffit toutefois pas à fonder une position de garant, pas plus qu'un devoir découlant 
du principe général de la bonne foi. Il faut au contraire que l'auteur se soit trouvé 
dans une situation qui l'obligeait à ce point à protéger les intérêts du lésé que son 
omission puisse être assimilée à une tromperie résultant d'un comportement actif. 
Une configuration de ce type suppose en principe que le devoir de protéger les 
intérêts du lésé et de le renseigner constitue une obligation principale ou du moins 
spécifique de l'auteur. Elle se conçoit notamment lorsque ce dernier est censé 
bénéficier d'une confiance accrue en raison de ses qualités particulières. De même, 
afin de conforter la victime dans son erreur, troisième comportement prévu par la loi, 
il ne suffit pas que l'auteur reste purement passif et bénéficie ainsi de l'erreur d'autrui. 
Il doit, par un comportement actif, c'est-à-dire par ses paroles ou par ses actes, avoir 
conforté la dupe dans son erreur. Cette hypothèse se distingue des deux précédentes 
en ce sens que l'erreur est préexistante (ATF 140 IV 206 consid. 6.3.1.2 ; 140 IV 11 
consid. 2.3.2 et 2.4.2 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_718/2018 du 15 mars 2019 
consid. 4.3.1 ; 6B_817/2018 du 23 octobre 2018 consid. 2.3.1 ; 6B_530/2008 du 
8 janvier 2009 consid. 3.2 [devoir du notaire de renseigner sur les aspects formels et 
matériels importants d'un acte juridique]). 

L'escroquerie consiste à tromper la dupe. Pour qu'il y ait escroquerie, une simple 
tromperie ne suffit cependant pas ; il faut qu'elle soit astucieuse. Il y a tromperie 
astucieuse, au sens de l'art. 146 CP, lorsque l'auteur recourt à un édifice de 
mensonges, à des manœuvres frauduleuses ou à une mise en scène, mais aussi 
lorsqu'il donne simplement de fausses informations, si leur vérification n'est pas 
possible, ne l'est que difficilement ou ne peut raisonnablement être exigée, de même 
que si l'auteur dissuade la dupe de vérifier ou prévoit, en fonction des circonstances, 
qu'elle renoncera à le faire en raison d'un rapport de confiance particulier 
(ATF 143 IV 302 consid. 1.3 ; 142 IV 153 consid. 2.2.2 ; 135 IV 76 consid. 5.2). Tel 
est notamment le cas si l'auteur conclut un contrat en ayant d'emblée l'intention de ne 
pas fournir sa prestation alors que son intention n'était pas décelable 
(ATF 118 IV 359 consid. 2), s'il exploite un rapport de confiance préexistant qui 
dissuade la dupe de vérifier (ATF 122 IV 246 consid. 3a) ou encore si la dupe, en 
raison de sa situation personnelle (faiblesse d'esprit, inexpérience, grand âge ou 
maladie), n'est pas en mesure de procéder à une vérification et que l'auteur exploite 
cette situation (ATF 120 IV 186 consid. 1a ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1180/2020 
du 10 juin 2021 consid. 2.2). 

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Il y a notamment astuce lorsque l'auteur recourt à une mise en scène comportant des 
documents ou des actes ou à un échafaudage de mensonges qui se recoupent de façon 
si raffinée que même une victime critique se laisserait tromper. Il y a manœuvre 
frauduleuse, par exemple, si l'auteur emploie un document faux ou fait intervenir, à 
l'appui de sa tromperie, un tiers participant ou manipulé (ATF 135 IV 76 consid. 5.2 
p. 79 ; 122 IV 197 consid. 3d p. 205). 

Celui qui promet une prestation sans avoir l'intention de l'exécuter agit 
astucieusement parce qu'en promettant, il donne le change sur ses véritables 
intentions, ce que sa victime est dans l'impossibilité de vérifier (ATF 118 IV 359 
consid. 2 p. 360 s. ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1141/2017 du 7 juin 2018 
consid. 1.2.1). Une tromperie sur la volonté affichée n'est cependant pas astucieuse 
dans tous les cas, mais seulement lorsque l'examen de la solvabilité n'est pas exigible 
ou est impossible et qu'il ne peut par conséquent être tiré aucune conclusion quant à 
la volonté de l'auteur de s'exécuter (ATF 125 IV 124 consid. 3a). Il est trop 
schématique d'affirmer que la volonté affichée est un phénomène intérieur 
invérifiable et qu'une tromperie relative à cette volonté est toujours astucieuse 
(ATF 118 IV 359 consid. 2 p. 361 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_584/2018 du 
30 août 2018 consid. 2.1). L'auteur qui conclut un contrat ayant d'emblée la volonté 
de ne pas fournir sa prestation agira de façon astucieuse dans le cas d'opérations 
courantes, de faible valeur, pour lesquelles une vérification entraînerait des frais ou 
une perte de temps disproportionnés ou ne peut être exigée pour des raisons 
commerciales. En revanche, dans une vente conclue sur internet, il a été admis que la 
dupe avait agi avec légèreté en livrant contre facture un produit d'une importante 
valeur marchande à un inconnu sans examiner, au moins de manière sommaire, sa 
solvabilité ; l'escroquerie a donc été niée (ATF 142 IV 153 ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_584/2018 du 30 août 2018 consid. 2.1). L'emprunteur qui a l'intention de 
rembourser son bailleur de fonds n'agit pas astucieusement lorsqu'il ne l'informe pas 
spontanément de son insolvabilité (ATF 86 IV 205). Il en va en revanche 
différemment lorsque l'auteur présente une fausse vision de la réalité de manière à 
dissuader le prêteur de se renseigner sur sa situation financière ou lorsque des 
circonstances particulières font admettre à l'auteur que le prêteur ne posera pas de 
questions sur ce point (ATF 86 IV 206 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_817/2018 du 
23 octobre 2018 consid. 2.4.1 et les références ; 6P.113/2006 du 27 septembre 2006 
consid. 6.1). 

Le juge pénal n'a pas à accorder sa protection à celui qui est tombé dans un piège 
qu'un peu d'attention et de réflexion lui aurait permis d'éviter. L'astuce n'est ainsi pas 
réalisée si la dupe pouvait se protéger avec un minimum d'attention ou éviter l'erreur 
avec le minimum de prudence que l'on pouvait attendre d'elle. Il n'est pas nécessaire, 
pour qu'il y ait escroquerie, que la dupe ait fait preuve de la plus grande diligence et 
qu'elle ait recouru à toutes les mesures de prudence possibles. En effet, le devoir de 
vérification de la dupe n'est pas illimité, même lorsque celle-ci est une entité 
supposée disposer de connaissances professionnelles accrues et faire preuve d'une 

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attention plus élevée dans le traitement de ses affaires. Une coresponsabilité de la 
dupe n'exclut l'astuce quand dans des cas exceptionnels, à savoir si cette dernière n'a 
pas procédé aux vérifications élémentaires, exigibles de sa part au vu des 
circonstances. Même un degré de naïveté important de la part de la dupe ne conduit 
pas en tous les cas à l'acquittement du prévenu. Pour apprécier si l'auteur a usé 
d'astuce et si la dupe a omis de prendre des mesures de prudence élémentaires, il ne 
suffit pas de se demander comment une personne raisonnable et expérimentée aurait 
réagi à la tromperie. Il faut, au contraire, prendre en considération les circonstances 
et la situation particulière de la dupe, telle que l'auteur la connaît et l'exploite, par 
exemple une faiblesse d'esprit, l'inexpérience, le grand âge ou la maladie, mais aussi 
un état de dépendance, d'infériorité ou de détresse faisant que la dupe n'est guère en 
mesure de se méfier de l'auteur. L'exploitation de semblables situations constitue 
précisément l'une des caractéristiques de l'astuce. L'hypothèse dans laquelle aucune 
vérification ne peut être attendue de la dupe vise également les opérations courantes, 
de