# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c2d667d6-fdc3-5a6b-ad04-d19940dc680a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-07-19
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 19.07.2010 C/28738/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-28738-2008_2010-07-19.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/28738/2008 - 5  
 
POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 
 
 (CAPH/128/2010) 
 
 

 

E_____ 
Dom. élu: 
Me John Frederick EARDLEY 
Rue De-Candolle 16 
1205 GENEVE 
     
      
 
 
Partie appelante 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
D’une part 

T_____ 
Dom. élu: 
Me Bernard REYMANN 
Rue de la Croix-d'Or 10 
1204 GENEVE 
 
 
 
 
Partie intimée 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
D’autre part 

 
 
 
 
 
 

ARRÊT 
 

du 19 juillet 2010 
 
 
  Mme Marguerite JACOT-DES-COMBES, présidente 
 
 
  MM. Michel FAVRE et Jean-Marc GUINCHARD, juges employeurs 
 
  Mme Isabelle MAZZEI et M. Jérôme BEGUIN, juges salariés 
 
 
  M. Endri GEGA, greffier d’audience  
 
 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/28738/2008 - 5  

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 * COUR D’APPEL * 
 
 

 

 

 

EN FAIT 

 

A.  Par acte du 4 septembre 2009, la E_____ (ci-après E_____, l'employeur ou l'appe-
lante) appelle d'un jugement TRPH/528/2009, rendu le 31 juillet 2009 et notifié 
aux parties par plis recommandés du 5 août 2009.  

 A teneur de ce jugement, le Tribunal des Prud'hommes, groupe 5, l'a, sur demande 
principale, condamnée à verser à T_____ (ci-après l'employée ou l'intimée) fr. 
9'267.85 brut avec intérêts moratoires à 5% l’an dès le 20 octobre 2008 (après dé-
duction, par ses soins, des déductions sociales, légales et usuelles) et, sur demande 
reconventionnelle, a condamné l'employée à lui payer  fr. 4'369.45 net avec inté-
rêts moratoires à 5% l’an dès le 14 août 2008.  

 L'appelante ne conteste que sa condamnation à verser à l'employée fr. 9'267.85 
brut avec intérêts moratoires à 5% dès le 20 octobre 2008, offrant de verser fr. 
2'700.05 brut à ce titre (chiffre 4 du dispositif) et conclut à la confirmation du ju-
gement attaqué pour le surplus.  

 L'intimée conclut à la confirmation du jugement attaqué.  

 

B.  Le jugement attaqué statue sur une demande en paiement, déposée le 10 décembre 
2008 par l'employée tendant, à teneur des dernières conclusions de première ins-
tance, à la condamnation de l'employeur à lui verser fr. 9'267.85 à titre de rémuné-
ration des jours fériés officiels non travaillés pour la période de mars 2003 à avril 
2008, calculée sur la base de sa masse salariale correspondant à cette période (soit 
fr. 239'479.30 x 3,87% = fr. 9'267.85), et sur laquelle l'employeur reconnaissait lui 
devoir fr. 2'000.05 brut. L'employée reconnaissait par ailleurs devoir à l'em-
ployeur fr. 4'369.45 à titre de salaire de mai 2008 versé en trop, montant réclamé 
par celui-ci à titre reconventionnel.   

 

C.  Les faits suivants résultent du dossier, s'agissant de la question encore litigieuse 
en appel:  

a.  L'E_____ est une association de droit privé avec siège à Genève, dont le but social 
est notamment d'enseigner les matières nécessaires ou utiles à l'exercice d'une pro-

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fession dans les divers secteurs de l'activité économique.  Cette association est née 
de la fusion intervenue avec effet au 20 décembre 2000 entre deux autres orga-
nismes existant antérieurement, soit les Cours commerciaux de Genève et les 
Cours industriels de Genève. 

b.  A dater du 1er juillet 1992, l'employée a travaillé comme formatrice pour le fran-
çais pour l'une des entités dont l'E_____ est issue, puis pour cette dernière. Les 
rapports de travail ont pris fin le 31 mai 2008, à la suite d'une résiliation par l'em-
ployée. 

 Plus spécifiquement, les parties ont été liées par un contrat de durée déterminée 
d'un an du 17 août 2005, puis par un contrat de durée indéterminée du 20 septem-
bre 2006, soumis à des conditions générales annexées au premier d'entre eux. 

 De manière contradictoire, ces contrats prévoient un salaire annuel brut de fr. 
44'000.- payable en douze mensualités, tout en prévoyant que le salaire effectif est 
calculé sur le nombre de périodes enseignées et que le contrat "ne donne pas droit 
à un salaire mensuel". La question de la quotité du salaire dû n'est toutefois pas li-
tigieuse dans la présente procédure. 

 Les conditions générales susvisées prévoient en particulier:  

 - que l'année scolaire court du 1er septembre au 31 août de l'année suivante;  
 - que le formateur s'engage à dispenser son enseignement (à la carte ou dans le 

cadre de formation) à toute heure de la journée, y compris entre 12h et 14h, le soir 
ou le samedi matin" (art 7 al. 3);  

 - que s'il est prévisible qu'il n'atteindra pas le quota de cours fixé sur l'année sco-
laire, "devra se mettre à disposition" de l'employeur durant la période d'été, "no-
tamment juillet et août" (art. 6 al. 1); 

 - qu'en lieu et place de période d'enseignements, il peut se voir confier des "tra-
vaux d'utilité pédagogiques" (art. 6 al. 2). 

  
 Pour le surplus, ces documents ne contiennent aucune disposition relative au 

paiement des jours fériés non travaillés et, pour toute question non réglée par la 
feuille d'engagement, le contrat de travail ou les conditions générales, il est ren-
voyé aux dispositions du Code des obligations (dispositions finales des conditions 
générales).  

  

c.  L'intimée dispensait au minimum 20 périodes d'enseignement par semaine, répar-
ties du lundi au vendredi (tém. A_____). A cela s'ajoutaient les activités  (rémuné-
rées, cf. fiches de paie) d'orientation et d'examens, les heures (non rémunérées) 

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nécessaires à la préparation des cours et la correction des travaux d'élèves, ceci y 
compris durant l'été à raison de deux cours de trois semaines.  

 Ses plannings de travail exacts pour les années 2003 à 2008 n'ont pas été produits. 
La seule pièce sur le sujet (pce 13 int.) a trait à l'année scolaire 2007/2008, durant 
laquelle il est fait état des  périodes de cours dispensées suivantes: 0 en septembre 
2007; 72 en octobre 2007, 64 en novembre 2007, 40 en décembre 2007, 76 en 
janvier 2008, 64 février 2008, 44 en mars 2008, 88 en avril 2008 et 80 en mai 
2008, soit 528 en totalité. 

 Les salaires perçus ont été les suivants: fr. 30'662.55 de mai à décembre 2003; fr. 
47'603.- en 2004; fr. 49'747.- en 2005; fr. 47'071.- en 2006;  fr. 49'413 en 2007 et 
fr. 42'417.65 de janvier à avril 2008, soit pour la période litigieuse, fr. 236'306.65 
en totalité.  

 Les jours fériés non travaillés alors qu'ils auraient dû l'être n'ont donné lieu à au-
cune rémunération avant mai 2008. C'est le lieu de préciser qu'il n'est pas contesté 
qu'en principe, les cours devant être dispensés un jour tombant sur un jour férié 
étaient en principe remplacés, à savoir dispensés à un autre moment.   

d.  Dans son journal interne "Flash'info" (no 54 distribué en juillet 2008), l'appelante 
a informé les formateurs/trices que, depuis le mois de mai 2008, elle leur versait 
une indemnité forfaitaire pour jours fériés de 4%, calculée sur le taux horaire de 
base. En outre, "au motif de l'indemnisation rétroactive des jours fériés", le 
Conseil de Fondation avait décidé de verser spontanément un montant unique cor-
respondant aux heures qui n'avaient pu être travaillées; ainsi, même si ces heures 
avaient été compensées ultérieurement, elles seraient rémunérées sur la base d'un 
"relevé individuel" pour la période de mai 2003 à avril 2008 et l'indemnité corres-
pondante, majorée d'un intérêt de 5% à compter du 1er janvier 2008, serait versée 
début septembre 2008.  

Dans ce même journal interne (no 55, distribué en septembre 2008), l'appelante a 
publié que l'indemnité pour jours fériés, calculée sur la base d'un relevé individuel 
des heures réellement perdues les cinq dernières années, avait été versée à chacun 
les 28 et 29 août 2008.  

 

e.      S'agissant plus spécifiquement de l'intimée, l'appelante a établi un décompte indi-
viduel des jours fériés qu'elle entendait indemniser et, le 31 août 2008, a reconnu 
devoir à l'intimée de ce chef fr. 2'700.05 brut pour la période courant de mai 2003 
à avril 2008, soit fr. 527.38 pour 2003, fr. 614.08 pour 2004, fr. 641.74 pour 2005, 

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fr. 404.81 pour 2006 et fr. 424.95 pour 2007, montants auxquels s'ajoutait fr. 
87.10 à titre d'intérêt à 5% du 1er janvier au 31 août 2008.  

 Donnaient ainsi lieu à indemnisation les jours fériés suivants:  

 en 2003: jeudi 29 mai 2003 (Ascension), lundi 9 juin (lundi de Pentecôte); jeudi 25 décembre 
(Noël); mercredi 31 décembre (Restauration);  

 en 2004: jeudi 1er janvier (Jour de l'An); jeudi 20 mai (Ascension); lundi 31 mai (lundi de Pente-

côte);  

 en 2005: jeudi 5 mai (Ascension); lundi 16 mai (lundi de Pentecôte); lundi 1er août (Fête natio-

nale);   

 en 2006: jeudi 25 mai (Ascension); lundi 5 juin (lundi de Pentecôte);  

 en 2007: jeudi 17 mai (Ascension); 28 mai (lundi de Pentecôte); de janvier à avril 2008: aucun. 

 

 L'appelante a retenu les jours fériés tombant du lundi au vendredi, pendant les-
quels l'employée aurait normalement travaillé, ceci à la condition qu'elle ait tra-
vaillé le même jour tant la semaine précédente que la semaine suivante; elle a fixé 
la quotité de la rémunération, sur la base du salaire brut payé durant la période 
concernée, à 1,72% pour 4 jours fériés indemnisables dans l'année , à 1,29% pour 
trois jours fériés et à 0,86% pour 2 jours fériés.  

 
 Les montants reconnus n'ont pas été versés.  
 

f. Le 20 octobre 2008, l'employée a réclamé à l'appelante paiement de fr. 6'137.35 
brut, selon le décompte suivant: fr. 9'966.80 brut (3,87% d'un salaire brut total de 
fr. 275'540.75) à titre de rémunération des jours fériés non travaillés de janvier 
2003 à avril 2008, auquel s'ajoutait un solde de salaire restant dû de fr. 540.-, se-
lon un décompte du 3 septembre 2008, dont à déduire un excédent de salaire de fr. 
4'369.35 net versé par erreur en mai 2008. ces calculs se fondent sur l'ensemble 
des jours fériés officiels à Genève, auxquels s'ajoute le 1er août, jour de la Fête na-
tionale. 

 Le 30 octobre 2008, l'appelante a renoncé à l'égard de l'intimée à invoquer la pres-
cription à compter du mois de mai 2003, précisant que seuls les montants anté-
rieurs à mai 2003 qui seraient éventuellement dus étaient prescrits. 

 Aucun versement n'étant intervenu, s'en est suivie l'introduction de la présente 
action en paiement.  

 

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E.   Le jugement attaqué retient ce qui suit sur le plan du droit: 

 - les travailleurs payés à l'heure peuvent prétendre à une rémunération pour les 
jours fériés non travaillés. Pour le 1er août, cette rémunération résulte directement 
du droit fédéral (art. 110 al. 3 Cst. Féd., art. 20a al. 1 LTr). La rémunération des 
autres jours fériés trouve sa source dans l'article 7 let.d du Pacte international rela-
tif aux droits économiques, sociaux et culturels (Pacte ONU-I, RS 0.103.1), lequel 
prévoit que les États parties reconnaissent le droit qu'a toute personne de jouir de 
conditions de travail justes et favorables qui assurent notamment la rémunération 
des jours fériés et que la Cour d'appel de céans a déjà jugé être self-executing sur 
ce point (CAPH/55/2002, consid. publié in JAR 2003, p. 281 ss, consid. B. c) p. 
288/289).  

 - en l'occurrence, l'employée, rétribuée à l'heure et qui travaillait régulièrement 
chaque jour de la semaine, peut donc prétendre au paiement des jours fériés et, 
contrairement à l'opinion de l'employeur, il n'est pas justifié de faire dépendre cet-
te rémunération de conditions supplémentaires à celles posées par la jurisprudence 
et la doctrine. 

 - conformément au calcul proposé par BYRNE-SUTTON (Le contrat de travail à 
temps partiel, p. 149), la rémunération due s'élève à 3,87 %, [9 jours fériés / (365 
jours calendaires - 52 dimanches - 52 samedis - 9 jours fériés - 20 jours de vacan-
ces) du salaire brut encaissé pour la période non prescrite (fr.239'479.30), soit à fr. 
9'267.85 brut, somme portant intérêts à 5% l'an dès le 20 octobre 2008.  

 Les arguments des parties devant la Cour seront repris ci-après dans la mesure 
utile.  

 

EN DROIT 

 

1. L'appel a été déposé dans le délai et suivant la forme prescrite. Il est, partant, re-
cevable.    

 La cognition de la Cour est complète.  

 

 

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2.  Le Tribunal des Prud'hommes a admis la demande, considérant qu'elle se fondait 
sur l'art. 7 let. d du Pacte ONU-I, disposition qui devait être considérée comme  
"self-executing" en raison de sa clarté, ce que la Cour de Céans avait déjà précé-
demment retenu, notamment dans son arrêt CAPH/55/2002 précité, publié in JAR 
2003, p. 185. 

 Dans cet arrêt, ainsi que dans d'autres (dont les arrêts CAPH/56/2008; CAPH/170 
et 171/2009), la Cour de Céans s'était fondée sur les avis de BYRNE-SUTTON; 
op.cit. p.145, BRUNNER/BÜHLER/WAEBER/BRUCHEZ, (Comm. du contrat de tra-
vail, 3ème éd., n. 2 ad art. 329 CO) et KÄLIN/MALINVERNI/NOWAK (Die Schweiz 
und die UNO-Menschenrechtspakte, 2ème éd., p.119-120), et ce alors que d'autres 
auteurs maintenaient majoritairement l'avis que le droit positif suisse n'impose pas 
à l'employeur de rémunérer les jours fériés non travaillés, en cas de travail partiel, 
payé à l'heure ou à la tâche, à l'exception du 1er août (cf. notamment WYLER, Droit 
du travail, 1ème éd., 2008, chap. i, § 5 let. b, p. 50; AUBERT, Commentaire ro-
mand, 2003, no 8 ad art 329a CO; REHBINDER/PORTMANN, Comm. bâlois, 3ème 
éd., no 20 ad art. 322 CO).  

 L'appelante fait valoir que le droit positif suisse ne prescrit pas la rémunération 
obligatoire des jours fériés officiels non travaillés, à l'exception du 1er août et que, 
contrairement à l'opinion des premiers juges, le Pacte ONU- I, entré en vigueur le 
18 décembre 1992, n'a pas de caractère self-executing. A l'appui de sa position, el-
le invoque l'avis de WYLER (Droit du travail, Berne 2008, p. 338), les travaux pré-
paratoires de la nouvelle Constitution fédérale entrée en vigueur le 1er janvier 
2000 et un arrêt récent du Tribunal fédéral (4_A.478/2009 du 16 décembre 2009, 
consid. 5).  

 2.1 La question de la rémunération des jours fériés non travaillés pour les travail-
leurs payés au mois ne pose pas problème, dans la mesure où la rémunération per-
çue inclut celle des jours fériés non travaillés. La question se pose en revanche, 
s'agissant des employés rémunérés à l'heure ou à la tâche, ou encore travaillant sur 
appel.     

 Ni le Code des Obligations, ni la Loi sur le travail ne contiennent de disposition 
imposant à l'employeur le versement d'une rémunération pour les jours fériés non 
travaillés, ceci à l'exception du 1er août, qui constitue un jour férié rémunéré (art. 
110 al. 3 Cst. Féd.). Il en résulte qu'en principe, une telle obligation à la charge de 
l'employeur doit résulter d'un accord express ou tacite entre les parties, d'une  
convention collective ou encore d'un contrat collectif de travail applicable au rap-
port de travail. 

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 2.2 Pour avoir un effet "self-executing" , une norme conventionnelle doit avoir un 
contenu suffisamment clair et déterminé, de telle sorte qu'elle puisse servir de base 
à une décision, ce qui se détermine par la voie de l'interprétation (ATF 119 V 
consid. 4b; SJ 1992 p. 147, consid. 3a).  

 Il faut en particulier que cette norme se distingue de pures dispositions program-
matiques. Une règle n'est pas non plus suffisamment précise, lorsqu'elle ne traite 
une matière que dans ses grandes lignes, en laissant à l'Etat partie une grande 
marge d'appréciation pour son application, ou lorsqu'elle prévoit des lignes direc-
trices destinées non pas aux autorités administratives ou judiciaires, mais au légi-
slateur national (ATF 121 V 246, consid. 2a; ATF 119 V 178 consid. 4b et réf. ci-
tées; ATF 118 Ia 112, JdT 1994 I 445; ATF 106 Ib 182 consid. c).  

 Dans son Message relatif à l'adhésion de la Suisse aux Pactes ONU-I (relatif aux 
droits économiques, sociaux et culturels) et ONU-II (relatifs aux droits civils et 
politiques) du 30 janvier 1991, le Conseil fédéral a exposé que le Pacte ONU-I 
contenait un catalogue de droits économiques, sociaux et culturels que chaque 
Etat s'engageait à instituer progressivement et par tous les moyens appropriés, soit 
en particulier par des mesures législatives (art. 2 al. 1 du Pacte) ou d'assistance et 
de coopération (art 23 du Pacte), ce qui démontrait le caractère de programme de 
l'ensemble de ces droits (FF 1991 I no 22 p. 1133). Il découlait du texte clair du 
Pacte ONU-I que celui-ci avait été conçu comme un instrument fixant des objec-
tifs de politique des droits de l'homme dans le domaine social, qui imposait aux 
Etats des obligations de droit international à caractère programmatoire, que ceux-
ci s'engageaient à réaliser progressivement, en particulier par l'adoption de mesu-
res législatives, ce dont il résultait sans équivoque que les dispositions du Pacte 
ONU-I ne s'adressaient en principe pas aux particuliers, mais aux législateurs des 
parties contractantes, lesquelles devaient les considérer comme des lignes directri-
ces. En conséquence, elles ne créaient pas de droits subjectifs pour les justiciables 
(sauf d'éventuelles exceptions, tel l'art. 8 par. 1, let a, relatif au droit de former un 
syndicat) et ne pouvaient dès lors pas être invoquées directement par les particu-
liers devant les autorités administratives ou judiciaires suisses; tout au plus le juge 
suisse pourrait-il s'inspirer, le cas échéant, de l'une ou de l'autre de ces disposi-
tions pour interpréter une loi (Message cité, no 431 p. 1141). 

Dans son arrêt ATF 120 Ia 1 consid. 5b et réf. citées (trad. JdT 1996 I 627), le 
Tribunal fédéral a déjà retenu qu'à la différence des garanties découlant du Pacte 
ONU-II, dont l'applicabilité directe est généralement reconnue, les art. 6 à 15 du 
Pacte ONU-I se bornent à prescrire aux Etats, sous la forme d'idées directrices, 
des objectifs à atteindre dans les divers domaines considérés, en leur laissant la 

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plus grande latitude quant aux moyens à mettre en œuvre pour réaliser ceux-ci. 
Ces directives ne revêtent dès lors pas, sous réserve peut-être de quelques excep-
tions, le caractère de normes directement applicables. Cette différence fondamen-
tale de nature entre les deux Pactes se traduit d'ailleurs sur le plan des mécanismes 
de contrôle instaurés, le Pacte ONU-I ne prévoyant à la charge des Etats parties 
qu'une obligation de présenter des rapports sur les mesures adoptées et sur les 
progrès accomplis en vue d'assurer le respect des droits reconnus, alors que le 
Pacte ONU-II institue une procédure permettant au Comité des droits de l'homme 
de recevoir et d'examiner des communications émanant d'Etats au sujet de la vio-
lation du Pacte par un autre Etat et le Protocole facultatif (instrument adopté sous 
forme de traité séparé, non ratifié par la Suisse) prévoyant même la possibilité 
d'une saisine directe du Comité par les particuliers. Cette différence s'exprime 
aussi à propos de la mise en oeuvre des droits reconnus, les Etats signataires du 
Pacte ONU-II s'engageant à respecter sans délai les droits reconnus par cet ins-
trument, ce qui n'est pas le cas pour les droits proclamés dans le Pacte ONU-II, 
lequel prévoyant seulement une mise en oeuvre progressive.  

Cette jurisprudence a été confirmée dans plusieurs arrêts subséquents (ATF 120 Ia 
1 consid. 5c; 121 V 246 consid. 2a, 2c et 2e et réf. citées; 122 I 101 consid. 2a, ré-
sumé sur un autre point in SJ 1996 p. 562; 123 II 472 consid. 4d; 125 III 277 
consid. 2 e; 126 I 240 consid. 2c; 130 I 113 consid. 3.3; 135 I 161 consid. 2.2).  

Plus particulièrement, dans lesdits arrêts, il a été retenu que, s'il n'était pas exclu 
que l'art. 8 al. 1 let. a et d du PACTE ONU-I (relatif au droit de former des syndi-
cats et de s'affilier au syndicat de son choix et de faire grève) puisse avoir un ca-
ractère self-executing, tel n'était le cas ni des art. 9, 11 al. 1,  13 al. 1 let. c et al. 2, 
ni des art. 2 et 3, ces derniers n'ayant pas de portée propre.  

Sur le sujet spécifique de la rémunération des jours fériés non travaillés, le Tribu-
nal fédéral a, dans un arrêt récent et sans examiner la question sous l'angle de l'art. 
7 let. d du Pacte ONU-I., dit que devait être rejetée l'action en paiement d'une ré-
munération pour jours fériés non travaillés, aux motifs que les parties n'avaient 
rien convenu à ce sujet et que le droit suisse ne prévoyait aucune prestation de ce 
genre en faveur du travailleur payé à l'heure, aux pièces ou à la tâche, à l'excep-
tion du 1er août, (arrêt 4A_478/2009 16 décembre 2009, in Revue de droit du tra-
vail et d'assurance-chômage, DTA, 1/2010 p. 2). 

2.3 Plus récemment encore, statuant sur les recours formés contre les arrêts de la 
Cour de céans CAPH/170/2009 et 171/2009 cités supra, qui concernaient le même 
employeur et le même complexe de faits que celui de la présente espèce (arrêts 
4A_54/2010 du 4 mai 2010, destiné à la publication et 4A-56/2010), le Tribunal 

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fédéral a clairement retenu que l'art. 7 let. d du Pacte ONU-I n'avait, contrairement 
à l'avis de la Cour de céans, aucun caractère self-executing et que l'opinion émise 
dans l'arrêt 4A_478/2009 16 décembre 2009, au sujet de l'absence dans l'ordre ju-
ridique suisse d'une obligation légale de rémunérer les jours fériés, devait être 
maintenue.   

Dans lesdits arrêts, le Tribunal fédéral a rappelé (cons. 2.1 et 2.2) qu'à l'exception 
du 1er août (jour de la fête nationale assimilé au dimanche et rémunéré, pour au-
tant qu'il tombe sur un jour normalement travaillé, art. 110 Cst. Féd.;  art. 19 et 27 
LTr., art. 2 al. 2 de l'Ordonnance du 30 mai 1994 sur la fête nationale, RS 116) la 
législation fédérale (soit les art. 20 LTr. et 329 al. 3 CO) ne disait mot d'une ré-
munération pour les 8 autres jours au plus, assimilables au dimanche par les can-
tons, et qu'il n'y avait pas place, sur le sujet, à une législation cantonale, compte 
tenu de la force dérogatoire du droit fédéral. Ainsi, en définitive, la question était 
le cas échéant réglée par les conventions collectives ou les contrats-cadres de tra-
vail, voire contractuellement dans chaque cas particulier, ou encore par un usage 
en la matière (art. 322d al. 1 CO). 

En conséquence, en considérant in casu que la travailleuse avait droit à la rémuné-
ration de tous les jours fériés, la Cour de céans avait violé le droit fédéral et il n'y 
avait pas lieu d'allouer à la travailleuse davantage que ce que l'employeur avait 
spontanément accepté de lui verser à bien plaire pour les jours fériés,  incluant la 
fête nationale lorsque celle-ci était un jour de semaine. Le recours devait ainsi être 
admis, l'arrêt entrepris annulé et la demande rejetée. 

2.4 Compte tenu de la jurisprudence du Tribunal fédéral rappelée ci-dessus, l'opi-
nion de la Cour de céans, exprimée dans les arrêts CAPH/55/200,; 
CAPH/56/2008, CAPH/170 et 171/2009 au sujet du caractère self-executing de 
l'art. 7 du Pacte ONU-I ne peut être maintenue.    

 
 
3.  3.1 En l'espèce, il est constant que ni le contrat liant les parties, ni les conditions 

générales auxquelles il se réfère, ne prévoient l'obligation pour l'appelante de ré-
munérer les jours fériés officiels non travaillés, alors qu'ils auraient dus l'être. Il 
est également constant qu'aucun contrat collectif ou convention collective pré-
voyant une telle obligation n'est applicable aux rapports entre les parties et l'exis-
tence d'aucun usage en la matière n'a été ni évoquée, ni établie.  

 
 En revanche, l'appelante a informé ses formateurs/trices, par le biais de son jour-

nal interne, qu'elle leur verserait à dater du mois de mai 2008 une indemnité for-
faitaire de 4%, calculée sur le taux horaire de base. Cet engagement, pris pour 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/28738/2008 - 5  

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 * COUR D’APPEL * 
 
 

 

 

l'avenir (à dater du mois de mai 2008 inclus) et qui lie l'appelante à l'égard de ses 
formateurs et formatrices, n'est pas l'objet du présent litige.  

 
 Pour la période antérieure, l'appelante s'est engagée "au motif de l'indemnisation 

rétroactive des jours fériés", de verser spontanément un montant unique, majoré  
d'un intérêt de 5% à compter du 1er janvier 2008, correspondant aux heures 
n'ayant pu être travaillées, même si elles avaient été compensées ultérieurement, 
ceci sur la base du relevé individuel de mai 2003 à avril 2008.  

 L'appelante ne conteste pas être liée par l'engagement qui précède également à 
l'égard de l'intimée, qui exerçait chez elle la tâche de formatrice, nonobstant le fait 
que la relation de travail a pris fin antérieurement à la publication du communiqué 
ci-dessus. Ceci est d'ailleurs confirmé par l'attitude ultérieure de l'appelante, qui a 
établi, à l'attention de l'intimée, un relevé des jours qu'elle estimait indemnisables 
et reconnu lui devoir fr. 2'700.05 de ce chef.  

 L'appelante ne conteste enfin pas que son engagement, conformément au texte de 
la communication ci-dessus, porte sur la période courant de mai 2003 à avril 2008 
inclus. C'est d'ailleurs sur cette période qu'elle a établi le relevé des jours qu'elle 
estime devoir indemniser.  

 3.2 S'agissant du 1er août, jour de la Fête Nationale, qui doit être rémunéré en ver-
tu du droit fédéral pour autant qu'il tombe sur un jour où l'intimée devait norma-
lement travailler, l'appelante n'en a tenu compte que de l'année 2005.  

 L'intimée n'a pas établi avoir été chargée de cours ou d'autres activités en été 2003, 
pendant une période englobant le 1er août, lequel tombait un vendredi. En 2004, le 
1er août tombait un dimanche, jour où l'appelante n'a jamais allégué dispenser des 
cours ou être chargée d'autres activités. Ces deux jours ne donnent ainsi pas lieu à 
rémunération.  

 En 2006 et 2007, le 1er août tombait un mardi, respectivement un mercredi, les-
quels jours se situaient, à teneur du relevé établi par l'appelante, dans une période 
de cours dispensée par l'intimée. Il doit dès lors être retenu que l'intimée aurait 
normalement dû travailler ce jour-là et qu'une rémunération (dont l'appelante n'a 
pas tenu compte dans ses décomptes) lui est due de ce chef. Compte tenu des ex-
plications fournies au sujet du calcul de ladite l'indemnité, celle-ci doit être portée 
à 1,29%  de fr. 47'070.85 ou fr. 607.20 pour 2006 et à 1,29% de fr. 49'413.25 ou 
fr. 637.43 pour 2007.  

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/28738/2008 - 5  

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 * COUR D’APPEL * 
 
 

 

 

 3.3 Les jours fériés cantonaux ne donnent en revanche pas lieu à rémunération et 
l'intimée ne peut prétendre à plus que ce que l'appelante s'est sua sponte engagée à 
lui verser.  

 3.4 La somme totale à laquelle l'intimée peut prétendre pour la période courant de 
mai 2003 au 30 mai 2008 (date de la fin des rapports de travail) représente dès lors 
fr. 3'027.83 brut (soit 2003: fr. 527.38 + 2004: fr. 614.08 + 2005: fr. 614.74 + 
2006: fr. 607.20 + 2007: 637.43).  

 Les premiers juges ont assorti ce montant de 5% d'intérêts à dater du 20 octobre 
2008, dies a quo qui ne fait pas l'objet de contestation devant la Cour.    

 Ce qui précède conduit à modifier le chiffre 4 du dispositif attaqué en ce sens que 
la demande principale est admise à hauteur de fr. 3'027.83 brut avec intérêts à 5% 
l'an dès le 20 octobre 2008.    

 Le jugement attaqué est confirmé dans ses autres dispositions.  

  

4.  Compte tenu de la valeur litigieuse, la procédure demeure gratuite.  

 Il ne sera pas alloué de dépens, aucune des parties n'ayant plaidé de manière témé-
raire.  

 

 

PAR CES MOTIFS 

 
La Cour d'appel des prud'hommes, Groupe 5 

 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par E_____ contre le jugement TRPH/528/2008-5 
rendu le 31 juillet 2009 par le Tribunal des Prud'hommes, groupe 5 dans la cause 
C/28738/2008-5. 

 

Au fond : 

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 Cause n° C/28738/2008 - 5  

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 * COUR D’APPEL * 
 
 

 

 

Annule le chiffre 4 du dispositif de ce jugement et, statuant à nouveau:  

(4) Condamne E_____ à payer à T_____ fr. 3'027.83 brut avec intérêts à 5% dès le 
20 ctobre 2008.  

Confirme les chiffres 1 à 3 et 5 à 7 dudit dispositif. 

Dit que la procédure reste gratuite.  
 
Déboute les parties de toutes autres conclusions.  
 
 
 
 
 
Le greffier de juridiction     La présidente