# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 8bafbf0e-55ef-5df2-8b1b-d0ee327a0616
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-03-28
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 28.03.2014 P3 13 166
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_P3-13-166_2014-03-28.pdf

## Full Text

Par arrêt du 17 septembre 2014 (6B_485/2014), le Tribunal fédéral a déclaré 

irrecevable le recours en matière pénale interjeté par X_________ contre ce jugement. 

P3 13 166 

 

 

ORDONNANCE DU 28 MARS 2014 

 

Tribunal cantonal du Valais 

La Chambre pénale 

 

Jacques Berthouzoz, juge ; Frédéric Carron, greffier 

 

en la cause 

 

X_________, recourant, représenté par Maître A_________ 

et 

 

Y_________, intimée, représentée par Maître B_________ 

 

et 

 

MINISTÈRE PUBLIC, autorité attaquée 

 

 

(non-entrée en matière ; art. 310 al. 1 CPP) 

recours contre l'ordonnance du 21 mai 2013 du ministère public du 29 août 2013 

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Vu 

 

la dénonciation pénale déposée le 24 mai 2012 par X_________ contre Y_________ 

pour faux dans les titres, à la suite de la notification d’un commandement de payer le 

27 septembre 2010, document sur lequel cette agente de la police communale de 

C_________ a apposé la mention « notification à lui-même », alors que X_________ 

était absent à l’étranger ; 

le rapport de dénonciation de la police cantonale du 29 octobre 2012 ; 

l’ordonnance du 29 août 2013 par laquelle le procureur du ministère public a refusé 

d’entrer en matière sur cette dénonciation et mis les frais de procédure à la charge de 

l’Etat ; 

le recours de X_________ du 9 septembre 2013, concluant à titre principal à 

l’annulation de l’ordonnance attaquée ainsi qu’au renvoi de la cause au ministère 

public pour qu’il rende une ordonnance de mise en accusation de Y_________ sur la 

base de l’art. 317 CP, subsidiairement de l’art. 251 CP, et, à titre subsidiaire, au renvoi 

de la cause au ministère public pour qu’il complète le dossier par l’administration de 

nouvelles preuves, dont la confrontation de Y_________ avec D_________ ; 

la lettre du ministère public du 3 octobre 2013, accompagnée d’une copie du dossier 

P3 12 366, dont l’original a pu être transmis le 10 février 2014 ; 

la détermination écrite du 17 octobre 2013 par laquelle Y_________ a conclu au rejet 

du recours, sous suite de frais et dépens ; 

 

Considérant 

 

qu’un recours peut être formé devant un juge unique de la chambre pénale contre 

l’ordonnance de non-entrée en matière du ministère public (art. 310 al. 2, 322 al. 2 et 

393 al. 1 let. a CPP, 20 al. 3 LOJ et 13 al. 1 LACPP) ; que sont notamment 

susceptibles d’être invoquées la violation du droit, y compris l’excès et l’abus du 

pouvoir d’appréciation (art. 393 al. 2 let. a CPP), ainsi que la constatation incomplète 

ou erronée des faits (let. b) ; que, lorsqu’elle rend sa décision, l’autorité de recours 

n’est liée ni par les motifs invoqués par les parties (art. 391 al. 1 let. a CPP), ni par 

leurs conclusions (let. b), ce qui lui permet de statuer par substitution de motifs (Lieber, 

in Donatsch/Hansjakob/Lieber, Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung 

StPO, 2010, n. 1 ad art. 391 CPP) ; que, ne devant connaître que de ce qui lui est 

soumis (Calame, Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, 2011, n. 5, 

6 et 20 ad art. 385 CPP), l’autorité de recours examine seulement les griefs qui sont 

soulevés, dès lors que le recours doit être motivé (art. 396 al. 1 CP ; cf. ATF 133 III 345 

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consid. 1.5 ; arrêt 5A_441/2011 du 16 décembre 2011 consid. 2.1 ; RVJ 2012 p. 221 

consid. 1.2) ; 

qu’en l’espèce, X_________ a qualité pour recourir, dès lors qu’il a un intérêt 

juridiquement protégé à l’annulation de l’ordonnance du 4 septembre 2013 (art. 382 al. 

1 CPP) ; que son recours, qui a été adressé dans le délai de dix jours dès la 

notification écrite de ce prononcé (art. 90 al. 1, 91 al. 1 et 2, 384 let. b et 396 al. 1 CPP) 

et répond aux exigences de motivation et de forme posées par l’art. 385 CPP, est donc 

recevable ; 

qu’en vertu de l’art. 310 al. 1 let. a CPP, le ministère public rend une ordonnance de 

non-entrée en matière s’il ressort de la dénonciation ou du rapport de police que les 

éléments constitutifs de l’infraction ou les conditions à l’ouverture de l’action pénale ne 

sont manifestement pas réunis ; qu’en effet, il faut que l’insuffisance de charges soit 

claire (ATF 137 IV 285 consid. 2.3 ; arrêt 6B_454/2011 du 6 décembre 2011 consid. 

3.2) ou, au moins, qu’il n’apparaisse guère possible d’établir la réalisation des 

éléments constitutifs de l’infraction (cf. arrêt 1B_280/2011 du 21 septembre 2011 

consid. 2.2) ; que, d’un point de vue pratique, en application de l'adage « in dubio pro 

duriore », la procédure doit se poursuivre lorsqu'une condamnation apparaît plus 

vraisemblable qu'un acquittement ou lorsque les probabilités d'acquittement et de 

condamnation apparaissent équivalentes, en particulier en présence d'une infraction 

grave (cf. ATF 138 IV 86 consid. 4.1.2 ; 137 IV 219 consid. 2.5 ; arrêt 1B_710/2012 du 

20 août 2013 consid. 5.1 ) ; 

que, par ailleurs, d’après l’art. 310 al. 1 let. b CPP, le ministère public prononce une 

ordonnance de non-entrée en matière s’il ressort de la dénonciation ou du rapport de 

police qu’il existe des empêchements de procéder ; que constitue un tel empêchement 

la survenance de la prescription de l’action publique (arrêt 1B_296/2012 du 

26 novembre 2012 consid. 4 ; ATC P3 12 113 du 30 août 2012 ; Cornu, Commentaire 

romand, Code de procédure pénale suisse, 2011, n. 12 ad art. 310 CPP) ; 

que l’infraction intentionnelle de faux dans les titres commis dans l’exercice de 

fonctions publiques au sens de l’art. 317 CP, si elle ne requiert aucun dessein spécial, 

contrairement à l’art. 251 CP, suppose toutefois que l’auteur doit avoir le dessein de 

tromper (Corboz, Les infractions en droit suisse, vol. II, 2010, n. 10 ad art. 317 CP) ; 

qu’agit sous l'emprise d'une erreur sur les faits, celui qui n'a pas connaissance ou qui 

se base sur une appréciation erronée d'un élément constitutif d'une infraction pénale, 

de sorte que l'intention de réaliser l’infraction pénale en question fait défaut (cf. ATF 

129 IV 238 consid. 3.1 ; RVJ 2012 p. 232 consid. 6a/cc) ; que l'auteur doit être jugé 

selon son appréciation erronée, si celle-ci lui est favorable (art. 13 al. 1 CP ; ATF 116 

IV 143 consid. 2c et 155 consid. 3 ; ATC P3 13 134 du 20 décembre 2013) ; que la 

punissabilité de la négligence n’entre en considération que lorsque l'erreur aurait pu 

être évitée en usant des précautions voulues et que la négligence est réprimée par la 

loi (art. 13 al. 2 CP ; arrêts 6B_136/2010 du 2 juillet 2010 consid. 3.1 et 6B_8/2010 du 

29 mars 2010 consid. 1.4) ; 

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que la notification du commandement de payer doit se faire en première ligne au 

poursuivi personnellement, à son domicile, for de la poursuite (art. 46 et 64 LP) ; 

qu’une notification à d’autres personnes, à charge de remise au poursuivi, ne peut 

avoir lieu que dans les cas limitativement énumérés à l’art. 64 LP qui dispose que 

seule une personne adulte du ménage du poursuivi ou l’un de ses employés peut se 

voir notifier un acte de poursuite en l’absence du concerné ; que, s’agissant de la 

notification à un employé, les éléments déterminants sont le rapport de subordination 

et les rapports directs et suivis qu’il entretient avec le destinataire (Gilliéron, 

Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, 1999, n. 28 ad 

art. 64 LP) ; 

qu’en l’espèce, il ressort du dossier qu’à la suite de la demande de l'office des 

poursuites du district de E_________ du 24 septembre 2010 (ci-après : l’office), qui 

avait envoyé à la police communale de C_________, en vue de notification, un 

commandement de payer dans la poursuite n° xxx introduite par F_________ contre 

X_________, propriétaire de l’Hôtel G_________ à C_________, pour un montant de 

300'000 fr. avec intérêts à 12% dès le 18 octobre 2005, Y_________, responsable de 

la police municipale du lieu, s’est chargée d’exécuter cette formalité ; que, le 

27 septembre 2010, un exemplaire du commandement de payer a été retourné par ses 

soins à l’office avec la mention « notification à lui-même » ; 

qu’avisée de la réaction manifestée par X_________ selon télécopie du 14 octobre 

2010 contestant notamment cette « notification à lui-même » à la date susmentionnée, 

Y_________ a indiqué à l’office que la notification n’avait pas été faite en main de 

X_________, mais en celle d’une employée de cet établissement ; que, par la suite, 

cette agente a précisé qu’elle avait eu un contact téléphonique avec D_________ de 

l’Hôtel G_________, laquelle avait accepté de recevoir le commandement de payer et 

de le transmettre à X_________, de sorte qu’elle avait pu s’acquitter de sa tâche en 

transmettant ce document par voie postale ; 

que, le 6 mai 2011, D_________ a informé l’avocat de X_________ qu’elle n’avait ni 

reçu ou signé un commandement de payer au nom de l’intéressé ; qu’entendue par la 

police le 31 juillet 2012 en qualité de personne appelée à donner des renseignements, 

dame D_________ a concédé que, durant l’été 2010, soit durant son absence à 

l’étranger, X_________ lui avait demandé de relever le courrier qui arrivait dans sa 

boîte aux lettres et de regarder si tout était en ordre à l’hôtel ; que, sans se souvenir de 

la date exacte de l’événement, elle a pu se rappeler que, lors d’un de ses passages, 

elle avait trouvé un commandement de payer coincé dans le trou de la boîte aux 

lettres, découverte dont elle avait avisé X_________ par téléphone quelques jours plus 

tard ; qu’en revanche, elle a nié avoir eu un quelconque contact avec l’agente 

Y_________ au sujet de ce document ; 

que, pour sa part, Y_________ a expliqué en mai 2011 au conseiller municipal 

I_________ que, dans le cas X_________, elle avait appelé en octobre 2010 l’Hôtel 

G_________, était « tombée sur D_________ » qui l’avait informée que X_________ 

était absent à l’étranger puis avait déclaré être d’accord qu’elle lui envoie par poste le 

commandement de payer, ne pouvant se déplacer dans les bureaux de la municipalité, 

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et de le transmettre à X_________ ; qu’entendue par la police en qualité de prévenue, 

dame Y_________ a relevé avoir eu au téléphone D_________ après plusieurs 

tentatives infructueuses, ne pas avoir pu obtenir le n° du téléphone portable de 

X_________, avoir ensuite signifié à son interlocutrice l’objet de son appel et avoir 

accepté sa proposition de lui envoyer le document par pli postal, l’intéressée s’étant en 

outre engagée à faire le nécessaire pour dire à X_________ qu’il avait dix jours pour y 

faire opposition ; que l’agente de police a encore tenu à préciser avoir porté l’indication 

« notification à lui-même » sur le commandement de payer tout en sous-entendant via 

D_________ comme convenu ; 

que les versions de D_________ et de Y_________ sont contradictoires et que, vu le 

temps écoulé jusqu’au dépôt de la dénonciation pénale, il a été matériellement 

impossible d’établir l’existence de l’appel téléphonique litigieux ; qu’à cet égard, on 

peut d’emblée exclure qu’une confrontation des intéressées, plus de trois ans et demi 

après les faits, soit susceptible d’éclaircir ce point ; que, si les procédés adoptés par 

l’agente de police paraissent expéditifs, on ne saurait faire abstraction des relations de 

proximité qui sont usuellement entretenues au sein d’une collectivité villageoise et ne 

sont guère inspirées par le respect d’un strict formalisme ; que, par ailleurs, l’on 

imagine difficilement qu’une responsable de la police locale ait pris le risque d’attester 

d’une notification en main du destinataire ou d’un représentant en usant de la voie 

postale sans concertation ou demande préalable, alors qu’un montant important était 

en jeu et qu’une méthode aussi hasardeuse ne pouvait qu’être très périlleuse, comme 

la suite des événements l’a démontré, d’autant qu’il était bien plus commode de suivre 

le processus administratif usuel consistant à constater l’impossibilité d’entrer en 

contact avec le destinataire et à retourner le commandement de payer à l’office en lui 

laissant le soin de décerner, à l’intention de la gendarmerie, un mandat d’amener 

concernant l’intéressé ; 

que la question des pouvoirs de représentation de D_________ au regard des 

exigences de l’art. 64 LP n’est aucunement décisive pour l’issue de la procédure, dès 

lors qu’au vu de ce qui précède, l’on ne pourrait qu’admettre que l’agente de police a 

agi à cet égard sous l'emprise d'une erreur sur les faits au sens de l’art. 13 CP, la 

question de la négligence ne se posant pas puisque l’action pénale afférente à une 

éventuelle contravention, telle que celle sanctionnée par l’art. 317 ch. 2 CP, est 

clairement prescrite à la suite de l’écoulement du délai de trois ans (art. 109 CP), non 

sans rapport avec le décalage temporel important entre les faits litigieux et le dépôt de 

la dénonciation pénale ; 

que, dans ces conditions, on peut exclure qu’en procédant à une notification destinée à 

un débiteur absent de la région depuis l’été, Y_________ ait eu l’intention de signifier 

par l’indication inadéquate « notification à lui-même » qu’elle l’avait atteint en personne 

et surtout qu’elle ait eu le dessein de tromper, que ce soit lui-même ou l’office ; qu’à 

tout le moins, une condamnation n’apparaît aucunement plus voire aussi vraisemblable 

qu'un acquittement, que l’on se réfère à l’art. 317 CP et, a fortiori, à l’art. 251 CP ; 

qu’au terme de cet examen, le recours doit donc être rejeté ; 

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que, comme X_________ est débouté, les frais de la procédure de recours seront mis 

à sa charge (art. 428 al. 1 CPP) ; 

que l’émolument, qui doit respecter les principes de la couverture des frais et de 

l’équivalence des prestations, est fixé en fonction notamment de l’ampleur et de la 

difficulté de la cause (art. 13 al. 1 et 2 LTar) ; qu’il varie entre 90 fr. et 2’000 fr. (art. 22 

let. g LTar) ; qu’en l’occurrence, eu égard notamment à la complexité relative de 

l’affaire, il est arrêté à 600 fr. ; 

que les honoraires de l’avocat de l’intimée, variant entre 300 fr. et 2’200 fr., sont fixés 

notamment d’après la nature et l’importance de la cause, ses difficultés, l’ampleur du 

travail et le temps utilement consacré par le conseil juridique (art. 27 al. 1 et 36 LTar ; 

arrêt 6B_767/2010 du 24 février 2011 consid. 3.3 et 3.4) ; qu’en l’occurrence, compte 

tenu du degré de difficulté de la cause et des prestations utiles de Me B_________, 

auteur d’une brève détermination et d’une lettre, les dépenses occasionnées à 

Y_________ par la procédure de recours sont arrêtées à 350 fr., débours compris 

(art. 29 al. 2 LTar) ; 

 

Prononce 

 

1. Le recours est rejeté. 

2. Les frais de la procédure de recours, par 600 francs, sont mis à la charge de 

 X_________. 

3. X_________ versera 350 francs à Y_________ à titre d’indemnité pour les 

 dépenses occasionnées par la procédure de recours. 

 

Sion, le 28 mars 2014