# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ce32f9e4-9705-5ac5-b625-d0e352347145
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-08-22
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Verwaltungsgerichtshöfe 22.08.2017 603 2017 97
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_007_603-2017-97_2017-08-22.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

603 2017 97

Arrêt du 22 août 2017

IIIe Cour administrative

Composition Présidente: Anne-Sophie Peyraud 
Juges: Marianne Jungo, Johannes Frölicher
Greffier-stagiaire: Ricardo Fraga Ramos

Parties A.________, recourant,

contre

COMMISSION DES MESURES ADMINISTRATIVES EN MATIÈRE 
DE CIRCULATION ROUTIÈRE, autorité intimée

Objet Circulation routière et transports

Recours du 10 juin 2017 contre la décision du 11 mai 2017

Tribunal cantonal TC
Page 2 de 4

attendu

qu’il ressort d’un rapport de la police cantonale fribourgeoise que, le 23 avril 2017 à 15h55, 
A.________ circulait en moto, avec son fils comme passager, à une vitesse de 182 km/h, marge 
de sécurité déduite, sur la route de B.________ à C.________, où la vitesse est limitée à 80 km/h, 
ce qui correspond à un excès de vitesse de 102 km/h;

que, par courrier du 26 avril 2017, la Commission des mesures administratives en matière de 
circulation routière (ci-après: la CMA) a avisé A.________ de l’ouverture d’une procédure, en lui 
signalant que l’infraction commise pourrait donner lieu au prononcé d’une mesure administrative;

que, dans sa détermination du 30 avril 2017, l'intéressé a reconnu la faute commise, tout en 
évoquant la nécessité de disposer de son permis de conduire pour des raisons professionnelles;

que, par décision du 11 mai 2017, la CMA a retenu qu'en commettant un excès de vitesse de 
102 km/h hors localité (80 km/h), l’intéressé avait commis une infraction constitutive d’un délit de 
chauffard au sens de l’art. 90 al. 3 de la loi du 19 décembre 1958 sur la circulation routière (LCR; 
RS 741.01), et a prononcé le retrait de son permis de conduire pour la durée de 24 mois;

que, le 10 juin 2017, A.________ a recouru contre cette décision auprès du Tribunal cantonal. Il 
demande à ce que la mesure de retrait de permis de conduire soit exécutée de manière à lui 
permettre de conduire à des fins professionnelles, dans un rayon délimité et uniquement durant les 
heures d’ouverture de son garage;

que, dans ses observations du 28 juin 2017, la CMA conclut au rejet du recours et se réfère à sa 
décision du 11 mai 2017 ainsi qu’aux autres pièces du dossier;

qu'aucun autre échange d'écritures n'a eu lieu entre parties;

qu'il sera fait état des arguments, développés par ces dernières à l'appui de leurs conclusions, 
dans les considérants de droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du 
litige;

considérant

qu’interjeté dans le délai et les formes prescrits - l’avance des frais de procédure ayant par ailleurs 
été versée en temps utile - le présent recours est recevable en vertu des art. 79 ss du code 
fribourgeois du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction administrative (CPJA; RSF 150.1);

que l'autorité de céans peut dès lors en examiner les mérites;

que, selon l’art. 77 CPJA, le recours devant le Tribunal cantonal peut être formé pour violation du 
droit, y compris l’excès ou l’abus du pouvoir d’appréciation (let. a) et pour constatation inexacte ou 
incomplète des faits pertinents (let. b); qu’en revanche, à défaut d’habilitation légale expresse, la 
Cour ne peut pas examiner en l’espèce le grief d’opportunité (art. 78 al. 2 CPJA);

qu'en l'espèce, le recourant ne conteste pas avoir commis un excès de vitesse de 102 km/h sur 
une route hors localité sur laquelle la vitesse était limitée à 80 km/h;

que, selon l'art. 16c al. 1 let. a LCR, commet une infraction grave celui qui, en violant gravement 
les règles de la circulation, met sérieusement en danger la sécurité d'autrui ou en prend le risque;

Tribunal cantonal TC
Page 3 de 4

que, d'après le prescrit de l'art. 16c al. 2 let. abis LCR, après une telle infraction, le permis d'élève 
conducteur ou le permis de conduire est retiré pour deux ans au moins si, par une violation 
intentionnelle des règles fondamentales de la circulation, la personne accepte de courir un grand 
risque d'accident pouvant entraîner de graves blessures ou la mort, que ce soit en commettant des 
excès de vitesse particulièrement importants, en effectuant des dépassements téméraires ou en 
participant à des courses de vitesse illicites avec des véhicules automobiles; l'art. 90 al. 4 
s'applique;

que cet alinéa précise dans quelles circonstances on doit admettre qu'une infraction est 
particulièrement grave. Il en va ainsi lorsque la vitesse maximale autorisée a été dépassée d'au 
moins 60 km/h, là où la limite était fixée à 80 km/h (let. c);

que l'art. 16 al. 3 LCR prévoit encore que les circonstances doivent être prises en considération 
pour fixer la durée du retrait du permis d’élève conducteur ou du permis de conduire, notamment 
l’atteinte à la sécurité routière, la gravité de la faute, les antécédents en tant que conducteur ainsi 
que la nécessité professionnelle de conduire un véhicule automobile. La durée minimale du retrait 
ne peut toutefois être réduite; 

qu’en effet, la règle de l’art. 16 al. 3, dernière phrase, LCR, introduite dans la loi par souci 
d’uniformité, rend incompressible les durées minimales de retrait des permis de conduire. Le 
législateur a ainsi entendu exclure expressément la possibilité ouverte par la jurisprudence sous 
l’ancien droit, de réduire la durée minimale du retrait en présence de circonstances particulières 
(Message du Conseil fédéral concernant la modification de la loi fédérale sur la circulation routière 
du 31 mars 1999, FF 1999 IV 4131; ATF 132 II 234 consid. 2.3);

qu’en l’occurrence, de par son excès de vitesse, le recourant a incontestablement commis une 
faute grave, qualifiée de délit de chauffard;

qu'un retrait de la durée de 24 mois au moins devait dès lors être prononcé à son encontre; 

que la CMA s'en est tenue à cette durée minimale et que, dans ces conditions, l'éventuel besoin 
professionnel du recourant de disposer de son permis de conduire ne permet pas une réduction de 
la durée du retrait;

que, par ailleurs, la sanction apparaît même clémente au vu des faits reprochés,

que, cela étant, la seule question véritablement litigieuse est celle de savoir si le recourant peut 
prétendre à un aménagement particulier de son retrait de permis de conduire de manière à lui 
permettre de conduire à des fins professionnelles; 

que, selon la jurisprudence, un retrait de permis de conduire avec effet limité aux loisirs n'est pas 
compatible avec le but éducatif de cette mesure et avec la sécurité du trafic (arrêt TF 1C_288/2008 
du 22 décembre 2008 consid. 4; ATF 128 II 173 consid. 3b); 

que, selon la conception du législateur, le conducteur fautif doit au contraire avoir l'interdiction 
absolue de conduire un véhicule automobile pendant une certaine durée. L'effet éducatif visé par 
le retrait d'admonestation serait remis en question si le conducteur fautif pouvait continuer à 
conduire des véhicules automobiles, même si c'est uniquement en dehors de son temps libre. La 
sécurité routière serait également compromise si un conducteur, bien qu'ayant commis une 
infraction grave, n'avait pas l'interdiction absolue de conduire des véhicules automobiles pendant 
une certaine période. C'est aussi pour ces motifs que la jurisprudence du TF a appliqué 
restrictivement le retrait du permis "différencié" de l'art. 34 al. 2 OAC. Elle a ainsi retenu qu'il serait 
choquant qu'un conducteur, ayant mis gravement en danger la circulation routière avec un 

Tribunal cantonal TC
Page 4 de 4

véhicule d'une certaine catégorie, puisse conserver son permis de conduire pour d'autres 
catégories de véhicules présentant un danger potentiel encore plus grand (ATF 109 Ib 139 
consid. 1 / JdT 1983 I 403). De plus, le TF exige que le retrait déploie ses effets en même temps 
pour les différentes catégories de permis, sans quoi il se pourrait que le conducteur fautif n'ait 
jamais à renoncer totalement à la conduite de véhicules automobiles (arrêt du TF 1C_288/2008 
précité consid. 4; ATF 128 II 173 consid. 3b);

que, dans ces conditions, c'est en vain que le recourant sollicite la possibilité de pouvoir conduire à 
des fins professionnelles uniquement;

que cela étant, les inconvénients que le recourant aura à subir en raison du retrait de son permis 
de conduire sont inévitablement liés à la mesure admonitoire et participent à la fonction éducative 
de celle-ci. Au demeurant, en roulant à une vitesse aussi élevée sur une route cantonale, il a fait 
preuve d'une totale inconscience et a pris le risque non seulement de mettre sa propre sécurité, 
celle de son fils et celle des autres usagers de la voie publique gravement en danger, mais 
également de se voir retirer son permis de conduire pour une longue durée. Il ne peut dès lors s'en 
prendre qu'à lui-même s’il doit maintenant en subir les conséquences; 

que, pour les motifs qui précèdent, force est de constater qu'en fixant à 24 mois la durée du retrait 
de permis, soit la durée minimale prévue par la loi, la CMA n’a pas violé la loi, ni commis un 
quelconque excès ou abus de son pouvoir d’appréciation. Sa décision doit dès lors être confirmée 
et le recours rejeté;

que vu l'issue du recours, les frais de procédure doivent être mis à la charge du recourant qui 
succombe (art. 131 CPJA); 

la Cour arrête:

I. Le recours est rejeté.

II. Les frais de procédure, par CHF 600.-, sont mis à la charge du recourant. Ils sont 
compensés par l'avance de frais qu'il a versée.

III. Communication.

Cette décision peut faire l'objet d'un recours auprès du Tribunal fédéral, à Lausanne, dans les 
30 jours dès sa notification.

La fixation du montant des frais de procédure peut, dans le même délai, faire l'objet d'une 
réclamation auprès de l'autorité qui a statué, lorsque seule cette partie de la décision est 
contestée (art. 148 CPJA).

Fribourg, le 22 août 2017/ape/mhe

Présidente Greffier-stagiaire