# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 838a4318-6dfe-56e4-b034-d18d3d3e31f2
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-10-18
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 18.10.2011 RR.2011.243
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_RR-2011-243_2011-10-18.pdf

## Full Text

Arrêt du 18 octobre 2011  
IIe Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Cornelia Cova, prési-
dente, Giorgio Bomio et Jean-Luc Bacher,  
le greffier Philippe V. Boss  

   

Parties  A.,  
 
B.,  
 
C.,  
 
tous trois représentés par Me Pierre Heinis, avocat,  
 

recourants 
 

 contre 
   
  MINISTÈRE PUBLIC, PARQUET RÉGIONAL DE 

NEUCHÂTEL,  
partie adverse 

 
   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale à 
l’Italie  
 
Saisie conservatoire (art. 33a OEIMP) 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  RR.2011.243-245 
 
 
 

 

 

- 2 - 

 

 

 
La IIe Cour des plaintes, vu: 

 
- la requête d’entraide du 3 décembre 2010 adressée à la Suisse par le Pro-

cureur de la République auprès du Tribunal de Padoue (Italie) et exécutée 
par le Ministère public du canton de Neuchâtel (ci-après: MP-NE) (act. 1.1 
et 1.2); 

 
- la saisie de documentation bancaire et le séquestre des avoirs détenus, no-

tamment, par A., B. et C., ordonnés à la banque D. à Lugano le 5 avril 2011 
par le MP-NE (act. 1.3); 

 
- les ordonnances de clôture des 12 et 16 mai 2011 (aujourd’hui définitives) 

par lesquelles le MP-NE a décidé de transmettre certains documents saisis 
aux autorités italiennes (act. 1.4 et 1.5); 

 
- les requêtes adressées le 1er juillet 2011 au MP-NE par A., B. et C. 

concluant à la levée des séquestres bancaires (act. 1.8); 
 

- que, le 15 septembre 2011, le MP-NE s’est déclaré incompétent pour traiter 
ces requêtes, renvoyant à agir devant le Procureur de la République au-
près du Tribunal de Padoue (act. 1.9); 

 
- le recours adressé le 26 septembre 2011 à la Cour de céans par A., B. et 

C. (ci-après: les recourants) par lequel ils demandent l’annulation de la dé-
cision du MP-NE du 15 septembre 2011, la levée des séquestres, subsi-
diairement le renvoi du dossier au MP-NE (act. 1); 

 
- les observations du 7 octobre 2011 de l’Office fédéral de la justice qui 

constate que les recourants ont droit à une décision formelle et conclut au 
rejet du recours dans le fond et au maintien des séquestres (act. 5); 

 
- les observations du 7 octobre 2011 du MP-NE qui considère le recours 

comme tardif en tant qu’il serait implicitement dirigé contre l’ordonnance de 
saisie et de séquestre du 5 avril 2011; il l’estime au surplus infondé en tant 
qu’il s’en prend à la décision d’irrecevabilité pour cause d’incompétence 
(act. 6); 

 
- le courrier du 13 octobre 2011 par lequel les recourants requièrent l’accès 

au dossier de la cause (act. 10); 
 

 
 

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considérant que: 
 

- la Cour de céans est compétente pour connaître des recours contre le re-
fus de lever un séquestre ordonné dans le cadre d’une procédure 
d’entraide (art. 80e al. 2 EIMP); 

 
- dans une procédure régie comme en l'espèce par le droit fédéral, l'auteur 

d'un recours ou d'une opposition déclarée irrecevable, pour défaut de quali-
té pour recourir ou pour d'autres raisons, a qualité pour contester ce pro-
noncé (v. ATF 119 Ib 56 consid. 1; 114 Ib 156 consid. 1c); 

 
- le titulaire du compte saisi dans le cadre d’une procédure d’entraide peut 

en tout temps solliciter la levée totale ou partielle de cette mesure auprès 
de l’autorité d’exécution qui l’a prononcée (ATF 129 II 449 consid. 2.5 i. f.; 
arrêt du Tribunal fédéral 1A.81/2004 du 1er juin 2004, consid. 3 i. f.); 

 
- seule l’autorité ayant ordonné des mesures provisoires (art. 18 al. 1 EIMP) 

peut en effet les lever; 
 

- cette autorité a l’obligation de statuer sur une telle requête dans un délai 
raisonnable au regard de la nature, de l'importance de l'affaire et de 
l’ensemble des circonstances de la cause, sous peine de commettre un 
déni de justice; l’autorité d’exécution n’a partant pas à renvoyer le titulaire 
saisi à présenter sa demande à l’autorité requérante, ni à transmettre cette 
demande à l’autorité requérante (TPF 2010 102 consid. 4); 

 
- saisi par les recourants en date du 1er juillet 2011, le MP-NE se devait ainsi 

d’entrer en matière et examiner les requêtes de levée des séquestres qu’il 
a lui-même ordonnés; 

 
- s’il peut se justifier pour l’autorité d’exécution d’apprécier au besoin la pro-

portionnalité de la mesure de concert avec l’autorité requérante, la jurispru-
dence ne lui permet toutefois pas de laisser à cette dernière la compétence 
de décider seule d’une mesure de contrainte ordonnée sur le territoire 
suisse; 

 
- la décision d’irrecevabilité doit ainsi être annulée; 

 
- l’ordonnance entreprise étant un arrêt d'irrecevabilité, les recourants ne 

peuvent conclure qu'à son annulation et au renvoi de la cause à l'autorité 
précédente pour qu'elle entre en matière et statue sur le fond; il s'ensuit 
que leurs conclusions subsidiaires tendant à ce que la Cour de céans se 

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prononce elle-même sur le fond sont irrecevables (v. arrêt du Tribunal fédé-
ral 2C_610/2010 du 21 janvier 2011, consid. 1.5); 

 
- le dossier est ainsi retourné à l’autorité d’exécution pour statuer sur les re-

quêtes de levée de séquestre adressées le 1er juillet 2011 par les recou-
rants;  

 
- les séquestres sont maintenus jusqu’à nouvelle décision du MP-NE; 

 
- vu l’issue du recours, la requête d’accès au dossier des recourants devient 

sans objet; 
 

- aucun frais de procédure n’est mis à la charge des autorités inférieures, ni 
des autorités fédérales recourantes et déboutées; si l’autorité recourante 
qui succombe n’est pas une autorité fédérale, les frais de procédure sont 
mis à sa charge dans la mesure où le litige porte sur des intérêts pécuniai-
res de collectivités ou d’établissements autonomes (art. 63 al. 2 PA); or tel 
n’est pas le cas en l’espèce; 

 
- l’arrêt est ainsi rendu sans frais; 

 
- l’autorité de recours peut allouer, d’office ou sur requête, à la partie ayant 

entièrement ou partiellement gain de cause une indemnité pour les frais in-
dispensables et relativement élevés qui lui ont été occasionnés (art. 64 
al. 1 PA); 

 
- vu l’ampleur et la difficulté relatives de la cause, et dans les limites admises 

par le règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, dé-
pens, et indemnités de la procédure pénale fédérale (RFPPF; RS 
173.713.162), l’indemnité est fixée ex aequo et bono à CHF 1'000.-- (TVA 
comprise), à la charge de la partie adverse. 

 
 

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Par ces motifs, la IIe Cour des plaintes prononce: 
 
1. Le recours est admis. L’ordonnance du 15 septembre 2011 du MP-NE est 

annulée. 
 
2. Le dossier est retourné à l’autorité d’exécution pour statuer sur les requêtes 

de levée de séquestre adressées le 1er juillet 2011 par A., B. et C. 
 
3. Le présent arrêt est rendu sans frais. 

 
4. Une indemnité de CHF 1'000.-- (TVA comprise) est allouée aux recourants, 

à la charge de la partie adverse. 
 
 
Bellinzone, le 18 octobre 2011 
 
Au nom de la IIe Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 

  La présidente:      Le greffier:  
 

 
Distribution 

 
- Me Pierre Heinis, avocat  
- Ministère public, Parquet régional de Neuchâtel 
- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire 
 
   Indication des voies de recours 
Les décisions préjudicielles et incidentes qui sont notifiées séparément et qui portent sur la 
compétence ou sur une demande de récusation peuvent faire l’objet d’un recours (art. 92 
al. 1 LTF). Ces décisions ne peuvent plus être attaquées ultérieurement (art. 92 al. 2 LTF). 
 
En matière d’entraide pénale internationale, les autres décisions préjudicielles et incidentes 
notifiées séparément ne peuvent faire l’objet d’un recours. C’est sous réserve des décisions 
relatives à la détention extraditionnelle ou à la saisie d’objets et de valeurs, si elles peuvent causer 
un préjudice irréparable ou si l’admission du recours peut conduire immédiatement à une décision 
finale qui permet d’éviter une procédure probatoire longue et coûteuse (cf. art. 93 al. 1 et 2 LTF). Si 
le recours contre les décisions préjudicielles et incidentes n’est pas ouvert au sens de l’art. 93 al. 1 
et 2 LTF ou qu’il n’est pas utilisé, ces décisions peuvent être attaquées par un recours contre la 
décision finale dans la mesure où elles influent sur le contenu de celle-ci (cf. art. 93 al. 3 LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il constitue un cas particulièrement important (cf. art. 84 al. 1 LTF).Un cas est 
particulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de supposer que la procédure à 
l’étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d’autres vices graves (art. 84 al. 2 LTF). 
 
Le recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification 
de l’expédition complète (cf. art. 100 al. 1 et 2 let. b LTF).