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**Case Identifier:** 44709961-3b3f-5774-9370-049f675231d1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-07-01
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 01.07.2021 C/25496/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-25496-2020_2021-07-01.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 8 juillet 2021 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/25496/2020 ACJC/880/2021 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU JEUDI 1ER JUILLET 2021 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______ [GE], appelant d'une ordonnance rendue par la 
20e Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 4 mars 2021, comparant 
par Me Elizaveta ROCHAT, avocate, Place de la Taconnerie 5, 1204 Genève, en l'Étude 
de laquelle il fait élection de domicile,  

et 

Monsieur B______, domicilié c/o C______, ______ [GE], intimé, comparant par Me 
Gustavo DA SILVA, avocat, gdsavocats, Rue de la Fontaine 13, Case postale 3186, 
1211 Genève 3, en l'Étude duquel il fait élection de domicile. 

 

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C/25496/2020 

EN FAIT 

A. Par ordonnance OTPI/211/2021 du 4 mars 2021, notifiée à A______ le 8 mars 
2021, le Tribunal de première instance a, statuant par voie de procédure 
sommaire, débouté A______ de ses conclusions sur mesures provisionnelles (ch.1 
du dispositif), arrêté les frais judiciaires à 800 fr., mis à charge de A______ et 
compensé ces frais avec l'avance fournie (ch. 2), condamné A______ à des dépens 
en faveur de B______ à hauteur de 800 fr. (ch. 3) et débouté les parties de toutes 
autres conclusions (ch. 4). 

En substance, le Tribunal a retenu une identité économique entre A______ et la 
société D______ LTD conduisant à ne pas reconnaître que les chances de succès 
de l'action intentée par le premier seraient nettement meilleures que celles de la 
partie adverse, de sorte que la suspension sollicitée de la poursuite ne devait pas 
être prononcée. 

B.     a. Par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 18 mars 2021, A______ 
appelle de cette ordonnance. 

Principalement, il conclut à l'annulation de l'ordonnance, au prononcé de la 
suspension de la poursuite n°1______ diligentée par B______ à son encontre et au 
déboutement de sa partie adverse de toutes ses conclusions, sous suite de frais 
judiciaires et dépens. 

Subsidiairement, il conclut à l'annulation de l'ordonnance et au renvoi de la cause 
au Tribunal pour nouvelle décision, sous suite de frais judiciaires et dépens. 

En substance, il soutient que le Tribunal a violé la loi, voire commis l'arbitraire, 
en considérant qu'il était débiteur du poursuivant et en ayant fait application 
spontanément du principe du Durchgriff, n'ayant par ailleurs pas rendu les parties 
attentives au fait qu'il pourrait appliquer ce principe. Il devait être reconnu qu'il 
n'était pas le débiteur du poursuivant mais qu'une société tierce l'était, de sorte que 
la poursuite devait être suspendue. 

b. Dans sa réponse du 26 avril 2021, B______ conclut au déboutement de 
A______ de toutes ses conclusions et à la confirmation de l'ordonnance entreprise, 
sous suite de frais judiciaires et dépens. 

En substance, il soutient que le Tribunal n'a commis aucune violation de la loi en 
rendant l'ordonnance querellée. 

c. Les parties ont répliqué et dupliqué, persistant dans leurs conclusions. 

d. Elles ont été informées de ce que la cause était gardée à juger par pli du greffe 
de la Cour du 20 mai 2021. 

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C/25496/2020 

C. Les faits pertinents suivants ressortent pour le surplus du dossier soumis à la Cour. 

a. A______ est directeur de D______ Ltd, société dont on ignore le but social 
précis avec siège aux British Virgin Islands (BVI), dont il est l'ayant-droit 
économique. 

b. En date du 15 juin 2018 A______ et B______ ont signé une reconnaissance de 
dette par laquelle A______ reconnaissait devoir à B______ la somme de 150'000 
fr. s'engageant à la rembourser d'ici au 30 juin 2018.  

Le même jour B______ a conclu avec D______ LTD, soit pour elle A______, 
directeur, deux contrats de prêt, le premier portant sur un montant de 100'000 fr. 
et le second portant sur un montant de 50'000 fr.. 

c. L'argent prêté a été versé sur le compte de D______ LTD auprès de la "Banque 
E______" (E______) à Luxembourg les 20 et 21 juin 2018 et débité le 21 juin 
2018 en faveur d'une société F______ SA, dont on ignore tout. 

d. Les prêts n'ont pas été remboursés à la date du 30 juin 2018. 

Le compte de B______ a été crédité de 50'000 fr. le 14 septembre 2018 avec 
mention "virement D______ LTD (...) remboursement de prêt". 

Le 27 septembre 2018 et le 11 octobre 2018 A______ a versé deux fois 5'000 fr. à 
B______ sans mention particulière. 

Un transfert a eu lieu de la part de D______ LTD en faveur de B______ en date 
du 28 décembre 2018 pour un montant de 50'000 fr. 

e. En date du 28 octobre 2019, B______ a fait notifier à A______ un 
commandement de payer, poursuite n°2______ portant sur la somme de 40'000 
fr., plus intérêts, dommage supplémentaire et frais. A______ y a fait opposition 
totale. 

f. Par requête du 23 décembre 2019, B______ a requis la mainlevée provisoire de 
l'opposition, mainlevée prononcée le 6 juillet 2020 par le Tribunal, dont le 
jugement a été confirmé par la Cour de céans le 12 octobre 2020 
(ACJC/1441/2020). 

g. En date du 11 décembre 2020, A______ a introduit une action en annulation de 
poursuite au sens de l'art 85a LP, concluant à la constatation qu'il n'est pas 
débiteur du montant réclamé, à l'annulation de la poursuite et, à titre 
superprovisionnel et provisionnel, à la suspension de la poursuite, soutenant ne 
pas avoir reçu la somme de 150'000 fr., laquelle avait été versée à la société 
D______ LTD. 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ACJC/1441/2020

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C/25496/2020 

Le Tribunal a rejeté la requête de mesures superprovisionnelles le 11 décembre 
2020. 

Les parties ont été entendues lors de l'audience du 2 mars 2021 du Tribunal à 
l'issue de laquelle l'ordonnance querellée a été rendue. 

 

EN DROIT 

1.      1.1 Dans les affaires patrimoniales, l'appel est recevable contre les décisions de 
première instance sur mesures provisionnelles si la valeur litigieuse est de 
10'000 fr. au moins (art. 308 al. 1 let. b et al. 2 CPC). 

1.2 En l'espèce, l'appelant conteste devoir payer la somme de 40'000 fr., plus 
intérêts, dommage supplémentaire et frais, de sorte que la valeur litigieuse est 
atteinte. 

Par ailleurs, l'exception prévue par l'art. 309 lit. b ch. 4 CPC concernant 
l'art. 85 LP est précise et ne s'étend volontairement pas à l'action prévue par 
l'art. 85a LP (Bodmer/Bangert, in Basler Kommentar, Bundesgesetz über 
Schuldbetreibung und Konkurs I, 2010, n. 6a ad art. 85a LP; Jeandin, CR-CC, 
Bâle 2019, n. 12 ad art. 309 CPC). 

Il s'ensuit que la voie de l'appel est en principe ouverte (art. 308 al. 1 lit. b CPC). 

Interjeté dans le délai utile de 10 jours (art. 314 al. 1 CPC), l'appel est de ce point 
de vue recevable. 

1.3 L'appel doit être motivé (art. 311 al.1 CPC). La motivation est une condition 
de recevabilité de l'appel, qui doit être examinée d'office (arrêts du Tribunal 
fédéral 5A_438/2012 du 27 août 2012 consid. 2.2 et 2.4; 4A_651/2012 du 7 
février 2013 consid. 4.2; 4A_659/2011 du 7 décembre 2011 consid. 3). 

2.    L'appelant reproche au Tribunal de ne pas avoir tenu pour vraisemblable qu'il 
n'était pas débiteur de la créance déduite en poursuite, d'avoir appliqué à tort le 
principe du Durchgriff et d'avoir violé ce faisant son droit d'être entendu, en ne 
faisant pas porter les débats sur ce point préalablement au prononcé de sa 
décision. 

 2.1.1 Aux termes de l'art. 85a al. 1 LP, le débiteur poursuivi peut agir en tout 
temps au for de la poursuite pour faire constater que la dette n'existe pas ou plus, 
ou qu'un sursis lui a été accordé. S'il admet la demande, le tribunal ordonne 
l'annulation ou la suspension de la poursuite (art. 85a al. 3 LP). 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/5A_438/2012
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_651/2012
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_659/2011

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C/25496/2020 

 L'action fondée sur l'art. 85a LP a une double nature. D'une part, en tant qu'action 
de droit matériel, elle tend à faire constater soit l'inexistence de la dette, soit 
l'octroi d'un sursis; d'autre part, elle produit des effets en droit des poursuites, 
étant donné qu'elle tend à faire annuler ou suspendre la poursuite, ce qui constitue 
son but principal, raison pour laquelle elle n'est ouverte que si la poursuite est 
pendante, à savoir jusqu'à la distribution des deniers ou l'ouverture de la faillite 
(ATF 132 III 89 consid. 1.1; 127 III 41 consid. 4a; 125 III 149 consid. 2c; arrêts 
du Tribunal fédéral 5A_270/2013 du 26 juillet 2013 consid. 1; 5P.337/2006 du 
27 novembre 2006 consid. 4, publié in Pra 2007 (59) p. 393).  

 Pour que la suspension provisoire puisse être ordonnée, il faut dès lors que le 
fondement de la demande apparaisse comme très vraisemblable (arrêt du Tribunal 
fédéral 5A_473/2012 c.1.1). Littéralement, cela signifie que le degré de preuve 
requis dépasse la simple vraisemblance, sans pour autant que la certitude ni la 
preuve stricte soit exigée (SCHMIDT, op. cit., n. 9 ad art. 85a LP, GILLIERON, 
Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et faillite, 1999, n. 71 
ad art. 85a LP).  

 Il convient d'être exigeant dans l'interprétation de la haute vraisemblance afin de 
prévenir des actions abusives et des requêtes dilatoires. Il faut que les chances du 
requérant apparaissent nettement meilleures que celles de sa partie adverse ou, du 
moins, très bonnes et que le juge, après un examen prima facie, incline à partager 
le point de vue du requérant (arrêts du Tribunal fédéral 4A_286/2020 c. 3.1; 
4A_580/2019 c. 3.1).  

3.  C'est à bon droit que le juge de première instance a rejeté la demande de mesures 
provisionnelles de l'appelant.  

 En effet, il ressort de la procédure que, sans même devoir à ce stade faire appel à 
la notion de Durchgriff entre lui et la société D______ LTD, l'appelant a signé une 
reconnaissance de dette en faveur de son poursuivant de laquelle il découle qu'en 
aucun cas il peut être considéré que la demande d'annulation, respectivement de 
suspension de la poursuite, introduite par lui est très vraisemblablement fondée, 
de sorte à prononcer une suspension provisoire de celle-ci. 

 On relève par ailleurs, que l'appelant, qui fait face à une poursuite dont 
l'opposition a fait l'objet d'un prononcé de mainlevée provisoire, n'a pas jugé utile 
d'intenter une action en libération de dette.   

 Par conséquent, l'appel doit être rejeté sous suite de frais et dépens. 

4.      Les frais judiciaires d'appel seront arrêtés à 800 fr. (art. 17 et 35 du Règlement 
fixant le tarif des frais en matière civile, RTFMC – RS Ge E 1 05.10) et mis à la 
charge de l'appelant, qui succombe (art. 95 al. 2 et 106 al. 1 CPC). Ils seront 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/132%20III%2089
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/127%20III%2041
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/125%20III%20149
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/5A_270/2013
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/5P.337/2006
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/5A_473/2012
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_286/2020
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_580/2019
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/E%201%2005.10

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compensés avec l'avance de frais de même montant fournie par l'appelant, qui 
demeure acquise à l'Etat (art. 111 al. 1 CPC). 

L'appelant sera également condamné à payer à l'intimé la somme de 1'000 fr. à 
titre de dépens d'appel (art. 105 al. 2 CPC; art. 85, 89 et 90 RTFMC). 

 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme 

Déclare recevable l'appel interjeté le 18 mars 2021 par A______ contre l'ordonnance 
rendue le 4 mars 2021 par le Tribunal de première instance dans la cause C/25496/2020.  

Au fond 

Confirme l'ordonnance attaquée. 

Sur les frais 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 800 fr., les met à la charge de A______ et les 
compense avec l'avance de frais fournie, laquelle reste acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne A______ à payer à B______ la somme de 1'000 fr. à titre de dépens d'appel. 

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Madame Pauline ERARD, Madame 
Paola CAMPOMAGNANI, juges; Madame Roxane DUCOMMUN, greffière. 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

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Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

30'000. 

 

 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110