# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 985aa8dd-98b0-5a56-beed-396108f7742c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-03-07
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 07.03.2022 PM/1009/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_PM-1009-2021_2022-03-07.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

PM/1009/2021 ACPR/166/2022 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du lundi 7 mars 2022 

 

Entre 

 

A______, domicilié ______ [GE], comparant par Me B______, avocat, 

recourant, 

 

contre le jugement rendu le 4 novembre 2021 par le Tribunal d'application des peines et des 

mesures, 

 

et 

 

LE TRIBUNAL D'APPLICATION DES PEINES ET DES MESURES, rue des 

Chaudronniers 9, 1204 Genève - case postale 37 15, 1211 Genève 3, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés. 

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EN FAIT : 

A. Par acte déposé le 10 novembre 2021, A______ recourt contre le jugement du 4 
précédent – notifié le lendemain –, par lequel le Tribunal d'application des peines 
et des mesures (ci-après, TAPEM) a ordonné la prolongation du traitement 
ambulatoire (art. 63 al. 4 CP) prononcé à son encontre, pour une durée de 5 ans, 
soit jusqu'au 19 novembre 2026, sans préjudice des contrôles annuels prévus par 
l'art. 63a CP. 

Le recourant conclut, sous suite de frais et dépens chiffrés, à l'annulation du 
jugement entrepris et qu'il soit dit que la mesure ambulatoire ordonnée le 
19 novembre 2013 prendrait fin le 19 novembre 2021 au plus tard. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. Par jugement du 19 novembre 2013, le Tribunal correctionnel a constaté 
l'irresponsabilité de A______, ressortissant suisse né en 1983, pour des faits 
constitutifs d'induction de la justice en erreur et de violence ou menace contre les 
autorités et les fonctionnaires, et ordonné qu'il soit soumis à un traitement 
ambulatoire, sous la forme d'un traitement psychiatrique-psychothérapeutique 
intégré, avec un suivi infirmier hebdomadaire et un suivi médical régulier, et 
l'administration d'un traitement neuroleptique dépôt (art. 63 al. 1 CP). 

Il ressort du rapport psychiatrique du 1er juillet 2013 que, durant une nuit de 
janvier 2013, la police était intervenue chez A______, qui était seul, consommait 
de l'alcool et faisait trop de bruit en écoutant de la musique. Après le départ des 
policiers, l'expertisé avait appelé le 117 prétendant avoir violé et tué une vingtaine 
de personnes au cours des dernières années. Lors de la seconde intervention des 
policiers, il avait demandé à l'un d'eux "s'il avait confiance en lui" et, sans lui 
laisser le temps de répondre, avait sorti un couteau tout en s'approchant de lui. Il 
avait été maîtrisé et, vu les propos incohérents qu'il tenait, emmené aux Urgences 
des HUG (l'éthylomètre présentant un taux de 1.91‰) et, ensuite, hospitalisé à 
D______ et placé sous Risperdal; son état psychique s'étant rapidement amélioré, 
il était sorti après 4 jours. Cependant, les jours suivants, il avait à nouveau appelé 
la police, s'accusant de crimes divers et souhaitant être enfermé à la prison; il avait 
ensuite déclaré avoir menti. 

b. Selon ce rapport, A______ souffre de schizophrénie paranoïde et de 
troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'alcool (utilisation 
épisodique). La survenue d'une nouvelle décompensation psychotique et la 
consommation d'alcool constituaient les principaux facteurs de risque de récidive 
et de dangerosité. Lors des périodes de décompensation psychotique aiguë, 
l'expertisé perdait, parfois complètement, le contact avec la réalité et son 
comportement pouvait être alors imprévisible; dans le cadre du délire de 

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persécution, la probabilité d'un passage à l'acte hétéro-agressif était augmentée, 
pouvant être considérée par l'intéressé comme le seul moyen d'assurer une défense 
légitime. L'état d'ébriété provoquait, chez lui, des troubles du comportement et sa 
consommation d'alcool aggravait, ou même déclenchait, des symptômes 
psychotiques, augmentant donc l'improbabilité de son comportement et par 
conséquent le risque de récidive.  

Les mesures thérapeutiques susceptibles de diminuer ce risque sont l'abstinence 
complète aux toxiques et un traitement psychiatrique-psychothérapeutique intégré. 

L'expert a précisé que la forme orale de la prise du Risperdal ne garantissait pas la 
prise régulière du traitement et que l'arrêt de neuroleptique augmenterait 
considérablement le risque de récidive et de passage à l'acte. Un traitement 
injectable (dépôt) était recommandé afin d'assurer une bonne compliance 
médicamenteuse et diminuer le risque de récidive. 

c. L'extrait du casier judiciaire suisse de A______, dans sa teneur au 
21 septembre 2021, ne fait état d'aucune autre condamnation ni d'enquête pénale 
en cours. 

d. Par jugement 15 octobre 2020, le TAPEM a rappelé avoir ordonné, le 
4 septembre 2018, la prolongation du traitement ambulatoire au sens de l'article 
63 CP pour une durée de 3 ans, jusqu'au 19 novembre 2021, après avoir relevé 
que le traitement, qui avait porté ses fruits et permis à A______ de se stabiliser, 
restait nécessaire au vu de la reprise de consommation d'alcool par l'intéressé, 
après une période d'abstinence d'une année, et des comportements inadéquats que 
sa consommation avait entraînés par le passé. 

Il a, ensuite, ordonné la poursuite du traitement ambulatoire. Celui mis en place 
était adéquat, utile et nécessaire, l'intéressé se montrant compliant. Toutefois, 
selon les rapports médicaux, il avait du mal à investir l'espace thérapeutique, 
consommait de l'alcool et du cannabis. La mesure restait nécessaire afin de 
maintenir la stabilité psychique de l'intéressé et de contenir tout éventuel risque de 
récidive. 

e. Il ressort des rapports de la Consultation ambulatoire d'addictologie 
psychiatrique C______ (ci-après, C______) des 13 novembre 2020, 28 avril et 
20 août 2021 que A______ se présentait ponctuellement aux entretiens médicaux 
mensuels et infirmiers bihebdomadaires et y recevait une injection de Risperdal 
Consta 25mg. Concernant la problématique addictive, A______ déclarait un arrêt 
de la consommation de cannabis et une consommation occasionnelle et contrôlée 
d'alcool, n'ayant plus de bénéfice à celle-ci. S'agissant de la problématique 
psychiatrique, il évoquait la persistance d'hallucinations auditives persécutantes et, 
dans une moindre mesure, d'hallucinations visuelles; il refusait cependant 

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l'augmentation de la dose de neuroleptique; il restait anosognosique concernant 
son trouble schizophrène paranoïde.  

À plusieurs reprises, il avait mis en question la nécessité de la poursuite d'un 
traitement médicamenteux dont il ne percevait pas l'intérêt, le rôle et l'obligation 
de prendre à vie le Risperdal lui étant, cependant, expliqués. Il était néanmoins 
compliant aux injections de ce médicament. Il avait du mal à investir l'espace 
thérapeutique souhaitant espacer les entretiens médicaux.  

La poursuite d'une mesure semblait essentielle, afin de s'assurer de celle du 
traitement anti psychotique. Le médecin précise qu'un suivi addictologique n'était 
plus indiqué et pourrait être "supplémenté" par un suivi psychiatrique répondant 
aux besoins spécifiques de la prise en charge des troubles psychotiques de 
l'intéressé. 

f.   Dans son rapport du 31 août 2022 [recte, 2021], le Centre E______, où 
A______ vit depuis 2014, précise qu'il n'y avait pas de changement majeur depuis 
son rapport de juin 2020. Le sujet principal de l'accompagnement restait le projet 
de changement de lieu de vie; l'intéressé ressentait le besoin de quitter Genève; il 
s'y sentait oppressé et souhaitait habiter à la campagne le plus vite possible.  

Concernant sa consommation d'alcool, il effectuait des contrôles de sang deux fois 
par an; il lui arrivait de déplacer le rendez-vous car il avait bu et ne souhaitait pas 
que cela se révèle dans le résultat de ses analyses. Sans que cela soit 
complètement représentatif de la réalité, il y avait eu moins d'alcoolisations 
objectivées. Cependant, l'intéressé avait tendance à boire exagérément; la plupart 
du temps, il ne s'en souvenait pas et niait avoir bu; trois épisodes de forte 
alcoolisation étaient évoqués entre octobre 2020 et mars 2021. Il n'y avait pas eu 
d'avertissement ou de sanction durant l'année.  

g. A______ ne s'étant pas présenté au rendez-vous fixé, le Service des 
mesures institutionnelles (SMI) n'a pas pu procéder à son évaluation. 

h. Dans son préavis du 21 septembre 2021, le SAPEM relève que A______ 
restait compliant à son traitement mais avait "du mal à investir l'espace 
thérapeutique". Le C______ estimait essentielle la poursuite d'une mesure, afin de 
s'assurer de la poursuite du traitement anti psychotique et le Centre E_____ 
relevait que l'intéressé présentait toujours une consommation d'alcool 
problématique. En l'état, la mesure restait utile et nécessaire afin de maintenir la 
stabilité psychique de A______ et de prévenir une consommation d'alcool abusive 
en vue de diminuer le risque de récidive.  

Le SAPEM était ainsi favorable au maintien de la mesure jusqu'à son échéance 
voire même préconisait sa prolongation pour une durée de 5 ans. 

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i.   Par requête du 27 septembre 2021, le Ministère public, se référant au 
préavis du SAPEM, a conclu au maintien du traitement ambulatoire et sollicité 
également la prolongation de la mesure pour une durée de 5 ans. 

j.   Dans ses observations au TAPEM, A______ a déclaré vouloir arrêter son 
traitement par injection au profit d'un traitement par voie orale selon lui plus 
efficace, mieux ajustable et moins douloureux.  

k. Dans sa détermination, le conseil de A______ s'est opposé à la 
prolongation de la mesure ambulatoire faute de risque de récidive actuel et compte 
tenu du principe de proportionnalité, déclarant que son mandant voulait continuer 
à se soigner par voie orale, sous le contrôle du foyer. 

C. Dans la décision querellée, le TAPEM relève les préavis des Ministère public et 
SAPEM en faveur de la poursuite du traitement ambulatoire et la prolongation de 
la mesure pour une durée de 5 ans. 

Il retient du dossier que le traitement ambulatoire mis en place était adéquat, utile 
et nécessaire; il portait ses fruits et avait permis à A______ de se stabiliser et de 
cesser sa consommation de cannabis.  

L'intéressé restait toutefois anosognosique de son trouble schizophrène paranoïde 
et avait récemment remis en question la nécessité de la poursuite d'un traitement 
médicamenteux dont il ne percevait pas l'intérêt et refusé d'augmenter les doses de 
Risperdal en dépit de ses hallucinations auditives persécutantes et visuelles 
toujours présentes. En outre, il lui arrivait encore de présenter des alcoolisations 
excessives. Or, le risque de récidive était directement lié à la consommation 
d'alcool et à une potentielle décompensation psychotique et serait 
considérablement augmenté en cas d'arrêt de la médication. Au vu de la situation, 
un risque de passage à l'acte existait bel et bien et le traitement sous une forme 
imposée restait nécessaire pour le prévenir; la poursuite sur une base volontaire, 
l'intéressé étant ambivalent sur la question de sa médication, ne présentait pas de 
garantie suffisante.  

Par ailleurs, eu égard aux bénéfices que A______, respectivement la collectivité, 
pouvait encore tirer du traitement, compte tenu du risque de passage à l'acte 
toujours présent, la prolongation dudit traitement respectait encore le principe de 
proportionnalité. 

D. a. Dans son recours, A______ conteste le risque de récidive retenu par le 
TAPEM. Sa consommation d'alcool était anecdotique (trois consommations en 
près de dix-huit mois); aucune infraction n'avait été commise à l'occasion de ces 
épisodes démontrant qu'aucun risque de récidive n'était à mettre en lien avec ces 
consommations. Le C______ précisait qu'un suivi addictologique n'était plus 
indiqué. 

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 Il était compliant au traitement de ses troubles psychotiques et ne manquait aucun 
des rendez-vous fixés dans ce cadre. Si des persistances de symptômes 
hallucinatoires avaient été relevées, cela n'avait pas conduit à de nouvelles 
infractions depuis 2013. Rien n'indiquait qu'il y avait un risque de récidive et qu'il 
serait à mettre en relation, de manière actuelle, avec ses troubles psychotiques. Il 
ne remettait pas en cause le principe de sa médication mais la forme de celle-ci, 
souhaitant qu'elle lui soit administré, per os, et non sous forme injectable, et sous 
le contrôle du foyer où il résidait. 

La mesure ambulatoire durait depuis près de huit ans; le principe de 
proportionnalité devait mener à un examen particulièrement scrupuleux de la 
prolongation de la mesure. Le risque de récidive la justifiant devait être important. 
Or, les faits reprochés en 2013, induction de la justice en erreur (art. 304 CP) et 
violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires (art. 285 CP), 
n'étaient pas d'une extrême gravité comme le seraient des infractions contre la vie 
ou l'intégrité sexuelle. Le rapport du C______ ne faisait état d'aucune 
considération en lien avec la gravité du danger que la mesure cherchait à prévenir 
ou avec les éventuelles infractions qu'il pourrait commettre en cas de levée de 
cette mesure. Le raisonnement du TAPEM n'était ni suffisant ni justifié. 

 La prolongation de la mesure ambulatoire, qui ne se justifiait pas par un besoin de 
protection d'un danger pour un bien juridique quel qu'il soit, violait le principe de 
proportionnalité.  

 En outre, le TAPEM n'expliquait pas la raison pour laquelle il avait ordonné une 
prolongation de cinq ans.  

 La poursuite du traitement ambulatoire pouvait lui apporter un soutien. 
Cependant, la lui imposer au-delà des huit années courues était disproportionné 
face à un risque de récidive dont l'imminence n'apparaissait pas établie et qui ne 
visait plus le but de la loi qui était de réduire ce risque. 

b. Le TAPEM maintient les termes de son jugement sans autres observations. 

c. Le Ministère public conclut au rejet du recours et se réfère au jugement 
querellé. 

 d. Le SAPEM relève que la consommation d'alcool restait problématique. Le 
Centre E______ avait précisé que les trois épisodes d'alcoolisation étaient un 
aperçu de ce qui avait été constaté sans être représentatif de la réalité. Le 
recourant avait tendance à boire exagérément sans en prendre la mesure. La 
plupart du temps, il ne s'en souvenait pas et le niait; il lui arrivait de vouloir 
déplacer les rendez-vous pour effectuer sa prise de sang car il avait bu. A______, 

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domicilié au Centre E______, était libre dans ses déplacements et il n'était pas 
exclu qu'il consommât également à l'extérieur.  

 Si le C______ considérait qu'un suivi en addictologie n'était plus indiqué, il 
précisait que la poursuite de la mesure semblait essentielle, afin de s'assurer de la 
poursuite du traitement antipsychotique. 

 La mesure était efficace puisque que l'intéressé n'avaît pas récidivé depuis son 
instauration. De plus, le rapport du C______ du 20 août 2021 indiquait que: 
"Monsieur A______ remet en question, à plusieurs reprises, la nécessité de la 
poursuite d'un traitement médicamenteux dont il ne perçoit pas l'intérêt. 

Néanmoins, le patient se présente aux rendez-vous infirmiers et reste compliant 

aux injections de Risperdal, ce dernier percevant l'injonction de la mesure." De ce 
fait, il était douteux de croire que le recourant était prêt à poursuivre son suivi sur 
une base volontaire; le maintien de la mesure restait nécessaire. 

 Le risque de passage à l'acte étant toujours présent, la prolongation dudit 
traitement respectait encore le principe de la proportionnalité. 

e. A______ persiste dans les termes et conclusions de son recours. 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une décision judiciaire 
ultérieure indépendante au sens de l'art. 363 CPP, sujette à recours auprès de la 
Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. b CPP; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_293/2012 du 21 février 2013 consid. 2; ACPR/421/2013) et émaner du 
condamné visé par la mesure, qui a qualité pour agir, ayant un intérêt 
juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée 
(art. 382 al. 1 CPP). 

2. Le recourant reproche à l'autorité précédente d'avoir prolongé son traitement 
ambulatoire.  

2.1. En vertu de l'art. 63 CP, lorsque l’auteur souffre d’un grave trouble mental, 
est toxico-dépendant ou qu’il souffre d’une autre addiction, le juge peut ordonner 
un traitement ambulatoire au lieu d’un traitement institutionnel, lorsque l'auteur a 
commis un acte punissable en relation avec cet état (let. a) et qu'il est à prévoir 
que le traitement le détournera de nouvelles infractions en relation avec ledit état 
(let. b). 

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À teneur de l'al. 4 de cet article, le traitement ambulatoire ne peut en règle 
générale excéder cinq ans. Si, à l'expiration de la durée maximale, il paraît 
nécessaire de le poursuivre pour détourner l'auteur d'autres crimes ou délits en 
relation avec son trouble mental, le juge peut, à la requête de l'autorité 
d'exécution, le prolonger de un à cinq ans à chaque fois (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_39/2018 du 5 juillet 2018 consid. 1.1.).  

2.2. Dans certains cas, des auteurs souffrant de graves troubles mentaux, 
notamment des délinquants sexuels, peuvent avoir besoin d’une prise en charge 
plus longue (L. MOREILLON / A. MACALUSO / N. QUELOZ / N. DONGOIS 
(éds), Commentaire romand, Code pénal I, art. 1-110 CP, Bâle 2021, 2ème ed, n. 
31 ad art. 63) 

La mesure peut être reconduite aussi souvent et aussi longtemps que son maintien 
s'avère nécessaire, approprié et proportionnel (ATF 135 IV 139 consid. 2.1). Dans 
ce cadre, elle ne connaît pas de limite maximale. Cette possibilité existe parce que 
les mesures thérapeutiques appliquées à des malades mentaux chroniques 
n'agissent souvent que très lentement (ATF 134 IV 315 consid. 3.4.1; 
ACPR/192/2014 du 11 février 2014 consid. 3.1). 

Théoriquement, la prolongation du traitement ambulatoire des auteurs souffrant de 
troubles mentaux n’est pas limitée dans le temps et dépend du besoin de prise en 
charge de l’auteur tout comme des perspectives de réussite de la mesure. La 
mesure peut ainsi être prolongée tant qu’elle n’est pas levée parce qu’elle avait 
atteint son but ou parce que cet objectif apparaît exclu. Toutefois, la prolongation 
consiste en une exception et doit respecter le principe de proportionnalité de 
l'art. 56 al. 2 CP. En outre, plus le traitement dure, plus l’argumentation du juge 
devra être convaincante. De ce fait, la prolongation concerne, en pratique, surtout 
des auteurs présentant un risque non négligeable de porter atteinte à des biens 
juridiques importants (L. MOREILLON / A. MACALUSO / N. QUELOZ / 
N. DONGOIS (éds), Commentaire romand, Code pénal, op. cit., n. 33 ad art. 63). 

2.3. Lors de l'examen du risque de récidive, il convient, en vertu du principe de la 
proportionnalité, de tenir compte de l'imminence et de la gravité du danger, ainsi 
que de la nature et de l'importance du bien juridique menacé (ATF 137 IV 201 
consid. 1.2). 

2.4. L'art. 63a CP stipule que l'autorité compétente vérifie au moins une fois par 
an s’il y a lieu de poursuivre le traitement ambulatoire ou de l'arrêter. Au 
préalable, elle entend l'auteur et demande un rapport à la personne chargée du 
traitement (al. 1). 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/6B_39/2018
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/135%20IV%20139
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/134%20IV%20315
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ACPR/192/2014
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/137%20IV%20201

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Elle ordonne l’arrêt du traitement ambulatoire : lorsque celui-ci s’est achevé avec 
succès (al. 2 let. a); si sa poursuite paraît vouée à l’échec  (al. 2 let. b); à 
l’expiration de la durée légale maximale du traitement des personnes dépendantes 
de l’alcool, de stupéfiants ou de médicaments  (al. 2 let. c). 

 2.5. Toute sanction pénale qui restreint un droit fondamental doit respecter le 
principe de la proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.). En matière de mesure, ce 
principe a été concrétisé à l'art. 56 CP. Aux termes de cette disposition, une 
mesure doit être ordonnée si une peine seule ne peut écarter le danger que l'auteur 
commette d'autres infractions, si l'auteur a besoin d'un traitement ou que la 
sécurité publique l'exige et si les conditions prévues aux art. 59 à 61, 63 ou 64 CP 
sont remplies (al. 1). Le prononcé d'une mesure suppose que l'atteinte aux droits 
de la personnalité qui en résulte pour l'auteur ne soit pas disproportionnée au 
regard de la vraisemblance qu'il commette de nouvelles infractions et de leur 
gravité (al. 2).  

 Le principe de la proportionnalité de la mesure vaut tant pour son prononcé que 
pour son examen postérieur. Concrètement, il convient de procéder à une pesée 
des intérêts divergents en présence, c'est-à-dire entre la gravité du danger que la 
mesure cherche à prévenir et l'importance de l'atteinte aux droits de la personne 
concernée inhérente à la mesure. Cette atteinte dépend non seulement de la durée 
de la mesure, mais également des modalités de son exécution et des effets positifs 
de la mesure dans l'intérêt de l'auteur (arrêts du Tribunal fédéral 6B_1160/2013 du 
20 février 2014 consid. 3.1.5 et 6B_517/2013 du 19 juillet 2013 consid. 1.4.3). 
Plus grave est l'infraction que la personne soumise à la mesure pourrait commettre 
en liberté, moins il est besoin que le risque soit important pour justifier une 
mesure privative de liberté. Plus la durée de la mesure – et avec elle la privation 
de liberté de la personne concernée – est longue, plus strictes seront les exigences 
quant au respect du principe de proportionnalité (arrêts du Tribunal fédéral 
6B_1160/2013 du 20 février 2014 précité, 6B_826/2013 du 12 décembre 2013 
consid. 2.8.1 et 6B_1167/2014 du 26 août 2015 consid. 3.1). 

 2.6. En l'espèce, le recourant estime que la mesure de traitement thérapeutique 
n'est plus proportionnée, le risque de récidive n'étant ni établi ni même actuel. 

 À teneur du rapport d'expertise psychiatrique de 2013, le recourant, qui souffre de 
schizophrénie paranoïde et de troubles mentaux et du comportement liés à 
l'utilisation d'alcool, peut, lors des périodes de décompensation psychotique aiguë, 
perdre complètement le contact avec la réalité et avoir un comportement 
imprévisible; la probabilité d'un passage à l'acte hétéro-agressif étant augmentée. 
Pour diminuer ce risque, le recourant devait suivre un traitement psychiatrique-
psychothérapeutique intégré, outre une abstinence complète aux toxiques.  

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 Si, depuis la mise en place du traitement, aucune infraction ou comportement 
hétéro-agressif n'ont été rapportés, on pourrait supposer que ce résultat est dû au 
traitement Risperdal auquel le recourant se conforme. Néanmoins, au vu du 
dossier, on constate que le recourant n'est pas abstinent à l'alcool et est toujours 
sujet à des hallucinations auditives voire visuelles.  

 Les faits à l'origine de la mesure thérapeutique avaient notamment consisté en une 
menace d'un policier avec un couteau. L'expert avait précisé que dans le cadre de 
son délire de persécution, la probabilité d'un passage à l'acte hétéro-agressif était 
augmentée, le recourant pouvant le considérer comme étant le seul moyen 
d'assurer une défense légitime. On ne peut ainsi suivre ce dernier lorsqu'il 
considère que les faits ne sont pas d'une gravité comparable à une atteinte à 
l'intégrité physique; on ignore ce qui serait arrivé si une autre personne qu'un 
policier se serait trouvée face au recourant lors de cet événement. 

 Cela étant, le recourant ne s'est pas présenté au rendez-vous fixé par le SMI, de 
sorte que l'on ne dispose pas d'une évaluation actuelle de son état. Comme le 
relève le recourant lui-même le C______ ne s'exprime pas sur le risque de 
récidive retenu lors du jugement. 

 Si certes, le traitement au Risperdal a été jusqu'à maintenant utile et nécessaire, il 
paraît s'imposer à vie pour le recourant. La Chambre de céans n'est, cependant, 
pas en mesure de déterminer s'il doit encore être lui être imposé par une mesure ni 
pour combien de temps. Elle ne peut à l'évidence se contenter de l'affirmation de 
l'intéressé de vouloir suivre le traitement – qui plus est selon ses propres modalités 
–.  

 La cause sera dès lors renvoyée au TAPEM pour qu'il rende une nouvelle décision 
après avoir obtenu les rapports nécessaires sur l'état psychiatrique actuel du 
recourant et le risque de récidive qu'il présenterait, au besoin en ordonnant une 
nouvelle expertise psychiatrique. 

3.  Le recours s'avère ainsi fondé et le jugement du TAPEM sera annulé. La cause lui 
sera retournée pour nouvelle décision au sens des considérants. La mesure 
thérapeutique est maintenue entretemps. 

4. L'admission du recours ne donne pas lieu à la perception de frais (art. 428 al. 1 
CPP). 

5. Il n'y a pas lieu d'indemniser, à ce stade (cf. art, 135 al. 2 CPP), le défenseur 
d'office, la procédure n'étant pas terminée. 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 
Admet le recours. 

Annule le jugement et renvoie la cause au Tribunal d'application des peines et des mesures 
pour nouvelle décision, dans le sens des considérants.  

Maintient en l'état la mesure thérapeutique. 

Laisse les frais de la procédure de recours à la charge de l'État.  

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, au recourant, soit pour lui son conseil, au Tribunal 
d'application des peines et des mesures et au Ministère public.  

Le communique, pour information, au Service de l’application des peines et mesures. 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Monsieur Xavier VALDES, greffier. 

 

Le greffier : 

Xavier VALDES 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF).