# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fdf2871d-922c-5c1b-a092-b2eece50d3ea
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2021-10-12
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 12.10.2021 E-2351/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-2351-2019_2021-10-12.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-2351/2019 

 

  
 

 
 A r r ê t  d u  1 2  o c t o b r e  2 0 2 1  

Composition 
 Déborah D'Aveni (présidente du collège),  

Walter Lang, William Waeber, juges, 

Anne-Laure Sautaux, greffière. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Sri Lanka,   

représenté par Michael Pfeiffer, Caritas Suisse, 

(…), 

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile et renvoi ; 

décision du SEM du 11 avril 2019 / N (…). 

 

 

 

E-2351/2019 

Page 2 

Faits : 

A.  

Le 17 janvier 2016, le recourant a déposé une demande d’asile en Suisse. 

B.  

Lors de son audition sur ses données personnelles du 27 janvier 2016 et 

de son audition sur ses motifs d’asile du 20 juin 2017, le recourant a dé-

claré qu’il était d’ethnie tamoule et de religion hindoue. L’année suivant 

celle de sa naissance dans la ville de B._______, son père aurait été tué 

par des militaires indiens. A la suite de cet événement, la mère du recourant 

serait retournée dans sa famille à C._______, avec celui-ci et sa fille.

  

Le (…) 2004, alors que les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (ci-après : 

LTTE) recrutaient de force une personne par ménage, le recourant, encore 

mineur, se serait porté volontaire pour éviter le recrutement à sa sœur aî-

née. Il aurait suivi l’entraînement à D._______. Il aurait ensuite été affecté 

à la sécurité de E._______, (…) et, dès le décès de F._______, (…). Il 

aurait notamment accompagné cette personne dans ses déplacements et 

le fils de celle-ci à l’école. Vers la fin de la guerre, à compter de 2008, il 

aurait également dû se rendre sporadiquement au front et prendre part aux 

actions de combat. En janvier 2009, il y aurait été blessé par balle. Inca-

pable de marcher, il aurait été soigné par les LTTE notamment dans un 

centre de soins à G._______.   

 

Le (…) 2009, il aurait été arrêté par l’artillerie de l’armée sri-lankaise et 

placé en détention. Selon une première version qu’il a réfutée lors de sa 

seconde audition, il aurait initialement été retenu pendant trois mois dans 

une école désaffectée à H._______. Selon la rectification apportée, il aurait 

été détenu pendant quelques mois dans le camp de réhabilitation de 

I._______, où il aurait reçu la visite de la délégation sri-lankaise à Colombo 

du Comité international de la Croix-Rouge (ci-après : CICR) ; il aurait reçu 

des soins à l’hôpital de J._______. Il aurait ensuite été transféré dans un 

autre camp à K._______, puis à L._______. Pendant sa détention, il aurait 

été interrogé sous la torture et aurait avoué qu’il avait été affecté à la sé-

curité de E._______, mais n’aurait jamais parlé des documents secrets en-

terrés sur ordre de ce dernier. Avant sa libération, (…).   

 

Le (…) 2011, il aurait été libéré en raison de son mauvais état de santé, 

grâce à la pression exercée par le CICR qui menait des enquêtes sur la 

santé des personnes en cours de réhabilitation suite à une dénonciation 

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de leurs conditions de détention. Le recourant aurait rejoint sa mère à 

M._______ dans le district de C._______. Il aurait eu l’obligation de se pré-

senter au bureau du CID (Criminal Investigation Department) à C._______ 

pour signer un registre deux fois par mois, puis, dès janvier ou juin 2013 

(selon les versions), une fois par mois. A partir de janvier 2014, il n’aurait 

plus eu besoin de s’y présenter. En revanche, il lui aurait été demandé de 

dénoncer les anciens membres des LTTE qui auraient échappé aux camps 

de réhabilitation. Il n’aurait toutefois pas collaboré.  

  

En octobre 2014, las du climat de délation qui régnait à C._______, il aurait 

rejoint sa tante maternelle à N._______, une banlieue de J._______. 

  

En mars 2015, l’ancien membre des LTTE du nom de code O._______ 

aurait été arrêté par le CID lors d’un contrôle à son arrivée à l’aéroport. Il 

aurait informé les autorités de l’existence de documents secrets enterrés à 

G._______ par lui-même, le recourant et un tiers entretemps décédé, igno-

rant que ces documents avaient entretemps été déterrés. Dans le courant 

du même mois, le recourant aurait été arrêté chez sa tante et amené au 

camp Joseph à Vavuniya. Il y aurait été interrogé sous la torture par le CID, 

le Service des enquêtes sur le terrorisme (Terrorist Investigation De-

partment, ci-après : TID) et la marine sri-lankaise, en particulier, selon une 

première version, sur les armes enterrées sur ordre de E._______ ou, se-

lon une seconde version, sur des documents enterrés sur ordre de 

E._______; il aurait promis sa collaboration. Le recourant aurait compris le 

lendemain de son arrestation qu’il avait été dénoncé par O._______, par 

déduction, parce qu’on lui avait montré une photographie de celui-ci. Après 

huit ou dix jours de détention (selon les versions), il aurait été libéré. 

  

En juin 2015, il aurait à nouveau été amené au camp Joseph. Il aurait été 

interrogé sous les coups, dès lors que les agents du CID auraient été con-

vaincus qu’il connaissait d’autres caches. Il aurait dû les accompagner 

jusqu’à G._______ pour leur montrer l’endroit où il avait enterré les docu-

ments alors même qu’il les avait prévenus qu’après avoir été blessé au 

combat, il avait aidé des tiers à les déterrer, ce qu’aurait ignoré O._______. 

Selon une première version, ce seraient des caches d’armes qu’il aurait 

été invité à désigner. Trois à quatre jours plus tard, il aurait été libéré.

  

Le 12 septembre 2015, il aurait été une nouvelle fois amené au camp Jo-

seph. Durant sa détention dans ce camp de quatre à six jours, il aurait de 

nouveau été interrogé sur les documents et les armes enterrés. Selon la 

version livrée lors de sa première audition, lors d’un des interrogatoires, on 

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l’aurait brièvement mis en présence d’une personne portant une cagoule 

dont il lui aurait été dit qu’il s’agissait d’un de ses compagnons au sein des 

LTTE, de sorte qu’il n’avait pas intérêt à mentir. Selon la version livrée lors 

de sa seconde audition, avant d’être libéré, on l’aurait menacé de refermer 

un tiroir sur son sexe jusqu’à ce qu’il promette de collaborer en tant qu’in-

formateur.  

 

Le 22 septembre 2015, alors qu’il aurait été en visite chez sa mère à 

C._______, des agents du CID se seraient rendus chez lui et, compte tenu 

de son absence, auraient demandé à sa tante de lui dire qu’il devait se 

présenter à leur camp.  

 

Le 28 septembre 2015, il se serait rendu auprès de la Commission des 

droits de l’homme à Vavuniya pour porter plainte pour les sévices endurés 

dont il aurait encore porté les marques. Une dizaine de jours plus tard, le 

CID serait retourné le quérir chez sa tante, mais, alerté par des aboie-

ments, il leur aurait échappé en se cachant sur un faux plafond, tandis que 

sa tante aurait feint son absence.   

 

Le 21 octobre 2015, de crainte d’être à nouveau maltraité par le CID, il 

aurait gagné Colombo et s’y serait caché. A cette fin, il aurait pris contact 

avec son oncle maternel résidant en Australie, lequel aurait organisé son 

voyage avec un passeur.   

 

Le 26 octobre 2015, le recourant aurait quitté le Sri Lanka par voie aérienne 

pour le Qatar, muni d’un passeport d’emprunt que lui avait remis le passeur 

après qu’il lui ait cédé celui qui lui avait été délivré après sa libération en 

2012. Du Qatar, il aurait rejoint l’Iran, où il aurait dû restituer au passeur 

son passeport d’emprunt, puis la Turquie et la Grèce. Il serait entré en 

Suisse le jour même du dépôt de sa demande d’asile. Après son départ, 

des agents du CID ou du TID se seraient rendus à cinq ou six reprises, 

dont une en présence de O._______, le quérir chez sa mère, demandant 

à celle-ci où il était parti et de le leur amener s’il revenait. 

Par courrier du 10 mai 2017, le recourant a produit, par l’intermédiaire du 

service de la population de son canton d’attribution :  

 une attestation de détention de la délégation sri-lankaise à Co-

lombo du CICR du 14 décembre 2011, dont il ressort que le recou-

rant a été visité par des délégués du CICR le (…) 2009 au camp de 

réhabilitation de I._______ dans le district de J._______, puis le 

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(…) 2009 dans le camp de réhabilitation de K._______ dans le 

même district et que, selon les autorités sri-lankaises, il a été libéré 

le (…) 2011 du camp de L._______ dans le district de P._______; 

 une carte de détenu délivrée par la délégation sri-lankaise à Co-

lombo du CICR ; 

 une attestation du 28 septembre 2015 de la Commission des droits 

de l’homme du Sri Lanka concernant le dépôt d’une plainte, le 

même jour, par le recourant. 

A l’occasion de son audition précitée du 20 juin 2017, il a également produit 

sa carte d’identité, la copie de son permis de conduire, une copie certifiée 

conforme de son certificat de naissance et du certificat de décès de son 

père, le (…), des suites d’une blessure par balle (avec sa traduction) et une 

copie d’une carte d’enregistrement de la famille suite à la réinstallation de 

sa mère, le (…) 2010, à M._______ dans le district de C._______ (avec sa 

traduction). 

C.  

Par courrier du 12 juillet 2017, le recourant a produit un rapport médical du 

22 juin 2016 relatif à l’ablation chirurgicale effectuée la veille d’un corps 

étranger métallique (éclat d’obus) à sa cuisse droite. Il a également produit 

un rapport du 11 juillet 2017 relatif à ses consultations médicales, dont il 

ressort qu’il présente encore un projectile au niveau du bassin sans indica-

tion opératoire et que l’investigation par IRM de son poignet droit, en raison 

de douleurs suite à des maltraitances subies en 2011, a révélé une an-

cienne fracture. 

D.  

Par décision du 11 avril 2019 (notifiée le 15 avril suivant), le SEM a refusé 

de reconnaître la qualité de réfugié au recourant (ch. 1 du dispositif), a 

rejeté sa demande d’asile (ch. 2 du dispositif), a prononcé son renvoi de 

Suisse (ch. 3 du dispositif) et a ordonné l’exécution de cette mesure (ch. 4 

et 5 du dispositif).  

 

Il a admis la vraisemblance au sens de l’art. 7 LAsi (RS 142.31) du fait que 

le recourant avait fait l’objet d’un programme dit de réhabilitation, mais es-

timé ces faits trop anciens pour être déterminants pour l’issue de sa de-

mande d’asile.    

 

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En référence à son rapport du 16 août 2016 intitulé « Focus Sri Lanka. 

Lagebild », il a indiqué que les personnes libérées à l’issue d’un pro-

gramme de réhabilitation étaient réputées avoir purgé leur peine pour leur 

soutien aux LTTE, que toutes les restrictions de voyage à leur encontre 

étaient levées, que ces personnes restaient toutefois sous la surveillance 

des autorités en charge de la sécurité et qu’à ce titre, elles pouvaient par 

exemple faire l’objet de contrôles de séjour, d’interrogatoires ou d’obliga-

tions de se présenter ou de signer un document ad hoc. Il a indiqué que 

ces mesures et la gêne occasionnée par celles-ci ne revêtaient toutefois 

en règle générale pas une intensité suffisante pour être pertinentes au re-

gard de l’art. 3 LAsi.   

 

Il a considéré que le recourant n’avait pas rendu vraisemblable au sens de 

l’art. 7 LAsi avoir été exposé à une persécution à l’issue de sa période de 

détention à des fins de réhabilitation, vu les contradictions importantes qui 

émaillaient son récit. Il a relevé qu’en effet, les allégations de celui-ci 

étaient divergentes d’une audition à l’autre : sur la date de son arrestation 

(selon les versions : le […] 2006 ou 2009) ; sur son premier lieu de déten-

tion (selon les versions : les trois premiers mois dans une école à 

H._______ ou les premiers mois dans le camp de réhabilitation de 

I._______) ; sur la question de savoir si, pendant sa détention dans les 

camps de réhabilitation, il avait ou non dû se rendre à Q._______ pour 

montrer des caches d’armes ; sur les raisons l’ayant amené à s’installer en 

octobre 2014 chez sa tante ; sur la durée de sa détention de mars 2015 

dans le camp Joseph (selon les versions : huit ou dix jours) ; sur la durée 

de sa détention de septembre 2015 dans ce même camp (selon les ver-

sions : quatre ou six jours) ; sur la méthode d’interrogatoire utilisée à cette 

occasion (selon les versions : mise en présence d’une personne portant 

une cagoule présentée comme un de ses compagnons des LTTE pour le 

forcer à dire la vérité ou menaces de coincer son sexe dans un tiroir) ; sur 

les évènements survenus le (…) septembre 2015 (selon les versions : vi-

site du CID à sa recherche chez sa tante alors qu’il se trouvait à C._______ 

ou dépôt de sa plainte auprès de la Commission des droits de l’homme du 

Sri Lanka à Vavuniya) ; et sur la date de son départ du Sri Lanka (selon les 

versions : le 26 octobre 2015 ou le surlendemain). Il a estimé que les ex-

plications du recourant lors de son audition sur ses motifs d’asile sur ses 

douleurs à l’origine de son erreur lors de son audition sur ses données 

personnelles au sujet de son premier lieu de détention et de la date de son 

départ du Sri Lanka n’étaient pas convaincantes, faute d’une remarque 

concernant ses douleurs au procès-verbal de sa première audition.   

 

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Comme le recourant n’était pas parvenu à rendre vraisemblable qu’il avait 

été exposé à une persécution entre sa réhabilitation en (…) 2011 et son 

départ du pays en (…) 2015, le SEM a déduit qu’il n’y avait pas de raison 

de tenir pour vraisemblable qu’il le serait en cas de retour au Sri Lanka sur 

la base d’éventuels facteurs de risque liés à ses liens passés avec les LTTE 

et antérieurs à son départ. Il a conclu que les allégations de celui-ci ne 

satisfaisaient pas aux conditions requises pour la reconnaissance de la 

qualité de réfugié au sens de l’art. 3 LAsi.  

 

Le SEM a considéré que l’exécution du renvoi du recourant à C._______ 

était licite, raisonnablement exigible et possible.  

E.  

Par acte du 15 mai 2019, l’intéressé a interjeté recours contre cette déci-

sion auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : Tribunal). Il a conclu 

à son annulation et, à titre principal, à la reconnaissance de la qualité de 

réfugié et à l’octroi de l’asile, à titre subsidiaire, au prononcé d’une admis-

sion provisoire et, à titre plus subsidiaire, au renvoi de l’affaire au SEM pour 

instruction complémentaire et nouvelle décision sous suite de frais et dé-

pens. Il a sollicité l’assistance judiciaire totale.  

 

Il conteste tous les éléments d’invraisemblance relevés par le SEM. Il met 

d’abord en évidence qu’il ressort du procès-verbal de sa première audition 

qu’il s’est alors déjà plaint d’intenses douleurs en raison d’un projectile au 

niveau de ses hanches. Il soutient qu’il n’y a pas d’erreur quant à l’année 

de son arrestation, puisqu’il ressort de la lecture du premier procès-verbal 

que l’inscription dans celui-ci de l’an 2006 en lieu et place de 2009 relève 

manifestement d’une erreur de plume. Il ajoute qu’il a spontanément cor-

rigé son erreur quant à son premier lieu de détention au cours de sa se-

conde audition et que cette erreur n’est aucunement propre à remettre en 

question la valeur probante des documents du CICR attestant de sa déten-

tion. Il reproche au SEM de confondre entre ses allégations sur sa partici-

pation à la recherche à Q._______ d’armes enterrées durant sa détention 

et celles sur le secret gardé durant ladite détention sur les documents en-

terrés. Il indique qu’il ne comprend pas en quoi ses allégations d’une audi-

tion à l’autre seraient contradictoires en ce qui concerne la période d’oc-

tobre 2014 à mars 2015. Il défend le point de vue que l’imprécision de ses 

allégations sur la durée de sa brève détention de mars 2015 s’explique par 

les tortures subies. Il reproche au SEM de n’avoir pris en considération que 

les éléments à charge d’une manière schématique, sans tenir compte ni 

des moyens de preuve versés au dossier, ni des éléments en faveur de la 

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vraisemblance du récit, comme les corrections spontanées, la description 

des tortures endurées et des circonstances de son départ, et d’avoir ainsi 

omis de procéder à une pondération globale des signes de vraisemblance 

et d’invraisemblance. Il souligne la cohérence interne de ses allégations 

d’une audition à l’autre sur les faits essentiels. Il indique que sa crainte 

d’être à nouveau persécuté en cas de retour est fondée au sens de l’art. 3 

LAsi, son passé de combattant et de garde du corps de E._______ l’expo-

sant d’autant plus à une nouvelle persécution qu’il avait quitté illégalement 

le pays.   

   

Pour des raisons similaires, il soutient que l’exécution de son renvoi viole 

l’art. 3 CEDH et, partant, qu’elle est illicite.  

F.  

Par courrier du 29 mai 2019, le recourant a annoncé la production pro-

chaine d'une traduction (semble-t-il effectuée à l'étranger, en anglais) de la 

pièce nouvellement produite, qu'il a décrite comme une copie de sa dépo-

sition du 28 septembre 2015 auprès de la Commission des droits de 

l’homme du Sri Lanka à Vavuniya. Il a expliqué que cette copie lui avait été 

envoyée par sa mère (enveloppe d’expédition à l’appui), qui l’avait obtenue 

de ladite commission. 

G.  

Par courrier du 3 juin 2019, le recourant a produit une attestation de son 

psychiatre du 31 mai 2019, faisant état de l’instauration d’un suivi psychia-

trique et d’un traitement antidépresseur en raison de symptômes typiques 

de la lignée post-traumatique. 

H.  

Par décision incidente du 5 juin 2019, le juge alors en charge de l’instruc-

tion a admis la demande d’assistance judiciaire totale, a désigné Michael 

Pfeiffer comme mandataire d’office dans la présente procédure et a imparti 

au recourant un délai au 21 juin 2019 pour produire la traduction en anglais 

annoncée dans son courrier du 29 mai précédent ou une traduction dans 

une langue officielle suisse de sa déposition du 28 septembre 2015, l’avi-

sant qu’à défaut de remise d’une traduction, la déposition en question pour-

rait être écartée de l’administration des preuves. 

I.  

Par courrier du 17 juin 2019, le recourant a produit la traduction en alle-

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mand de sa déposition du 28 septembre 2015 précitée. Il en ressort no-

tamment qu’il s’était vu attribuer O._______ comme nom de code, qu’il 

avait fait l’objet de détentions de quelques jours par le CID en mars, juin et 

septembre 2015 à l’occasion desquelles il avait subi des interrogatoires 

sous la torture et que, lors d’un de ceux-ci durant sa détention de cinq jours 

en mars 2015, il avait été confronté à une personne masquée qui lui avait 

été présentée comme étant celle qui avait localisé l’emplacement des do-

cuments enterrés et qu’il l’avait reconnue à sa voix comme étant un ancien 

compagnon d’armes.  

J.  

Dans sa réponse du 24 juin 2019, le SEM a conclu au rejet du recours. 

 

Il met en évidence que les allégations du recourant inscrites dans la dépo-

sition nouvellement produite sont divergentes par rapport à celles inscrites 

au procès-verbal de sa seconde audition non seulement sur la manière 

dont il avait découvert durant sa détention de mars 2015 l’identité de la 

personne qui l’avait dénoncé, mais aussi sur la durée de cette détention. Il 

ajoute que les certificats médicaux produits ne sont pas de nature à prou-

ver les mauvais traitements qu’il dit avoir subis en 2015. 

K.  

Dans sa réplique du 19 juillet 2019, le recourant fait part de ses difficultés 

à se remémorer les évènements traumatiques et à les relater dans un ordre 

chronologique. Il souligne l’absence de mention lors de ses auditions des 

brûlures de cigarettes infligées à l’occasion de sa détention de mars 2015, 

lesquelles sont mentionnées dans sa déposition et attestées par certificat 

médical joint. Il relève la dégradation de la situation sécuritaire au Sri Lanka 

depuis le prononcé de la décision attaquée en raison des attentats et de 

l’instauration de l’état d’urgence. Il sollicite qu’il soit procédé à une exper-

tise médicale fondée sur le protocole d’Istanbul si l’autorité entend mainte-

nir l’invraisemblance de ses allégations sur les mauvais traitements subis.

  

Il produit une attestation de son médecin traitant du 18 juin 2019. Il en res-

sort, en substance, qu’il porte 21 cicatrices typiques de brûlures au niveau 

des omoplates, très évocatrices de brûlures par cigarettes, ainsi que 

d’autres cicatrices moins flagrantes quant à leur origine. 

L.  

Par courrier du 23 juillet 2019, le recourant a produit une attestation du 

19 juillet 2019 de son psychiatre. 

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M.  

Par courrier du 22 juillet 2020, le recourant a produit un rapport du 3 juillet 

2020 de son psychiatre. Il en ressort qu’il bénéficie d’un traitement psy-

chiatrique et psychothérapeutique intégré à raison d’une consultation men-

suelle et d’un traitement antidépresseur depuis juin 2019 en raison d’un 

état de stress post-traumatique (CIM-10 F43.10). Il invoque une nouvelle 

dégradation de la situation sécuritaire au Sri Lanka depuis l’élection prési-

dentielle de novembre 2019. 

N.  

Par ordonnance du 11 mars 2021, la juge nouvellement en charge de l’ins-

truction a imparti au recourant un délai au 26 mars 2021 pour produire, 

avec les moyens de preuve correspondants, des renseignements sur la 

commune volonté de lui-même et de sa fiancée de se marier en Suisse, 

sur l’identité de celle-ci et sur la question de savoir si la date de la célébra-

tion du mariage a été arrêtée d'entente avec l'office de l'état civil compétent 

et, dans l’affirmative, sur cette date. Elle l’a avisé qu’à défaut de production, 

dans le délai imparti, des renseignements requis accompagnés des 

moyens de preuve correspondants, il serait statué en l’état du dossier. 

 

L’attention du recourant a en outre expressément été attirée sur la réattri-

bution de l’affaire suite au départ à la retraite du juge instructeur précédem-

ment en charge de la procédure. 

O.  

Par courrier du 26 mars 2021, le recourant a informé le Tribunal sur les 

démarches en cours auprès de l’état civil aux fins de son mariage, à une 

date encore indéterminée, avec R._______, de nationalité syrienne. 

P.  

Par courrier du 2 août 2021, le recourant a produit une copie de son acte 

de mariage le (…) 2021 avec R._______. 

Q.  

Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, si nécessaire, 

dans les considérants en droit qui suivent. 

 

Droit : 

1.  

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Page 11 

1.1 Selon l’art. 31 LTAF (RS 173.32), le Tribunal connaît des recours contre 

les décisions au sens de l’art. 5 PA (RS 172.021). En particulier, les déci-

sions rendues par le SEM concernant l'asile et le renvoi - lesquelles n'en-

trent pas dans le champ d'exclusion de l'art. 32 LTAF - peuvent être con-

testées devant le Tribunal conformément à l'art. 33 let. d LTAF (disposition 

applicable en vertu du renvoi de l’art. 105 LAsi). Le Tribunal est donc com-

pétent pour connaître du présent litige. Il statue de manière définitive 

(cf. art. 83 let. d ch. 1 LTF [RS 173.110]).  

1.2 Les dernières dispositions de la modification du 25 septembre 2015 de 

la loi du 26 juin 1998 sur l’asile ne s’appliquent pas à la présente procédure, 

régie par l’ancien droit (cf. al. 1 des dispositions transitoires de la modifica-

tion du 25 septembre 2015, RO 2016 3101).  

1.3 Le recourant a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Présenté dans 

la forme (cf. art. 52 al. 1 PA) et le délai (cf. ancien art. 108 al. 1 LAsi, dans 

sa teneur en vigueur du 1er janvier 2008 au 28 février 2019 [RO 2006 4745]) 

prescrits par la loi, le recours est recevable.  

2.  

Le Tribunal a un pouvoir d’examen limité (exclusion du contrôle de l'oppor-

tunité) en ce qui a trait à l'application de la loi sur l'asile conformément à 

l'art. 106 al. 1 LAsi et un plein pouvoir en ce qui a trait à l'application de la 

LEI (RS 142.20), conformément à l'art. 49 PA en lien avec l'art. 112 LEI 

(cf. ATAF 2014/26 consid. 5 et 7.8). 

3.  

3.1  

3.1.1 Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques (art. 3 al. 1 LAsi). Sont notamment considérées 

comme de sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité 

corporelle ou de la liberté, de même que les mesures qui entraînent une 

pression psychique insupportable (art. 3 al. 2 LAsi).  

3.1.2 Quiconque demande l'asile (requérant) doit prouver ou du moins 

rendre vraisemblable qu'il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi). La qualité de 

réfugié est vraisemblable, lorsque l’autorité estime que celle-ci est haute-

ment probable (art. 7 al. 2 LAsi). Ne sont pas vraisemblables notamment 

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Page 12 

les allégations qui, sur des points essentiels, ne sont pas suffisamment 

fondées, qui sont contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui 

reposent de manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou fal-

sifiés (art. 7 al. 3 LAsi).  

3.1.3 L’asile n’est pas accordé à la personne qui n’est devenue un réfugié 

au sens de l’art. 3 LAsi qu’en quittant son Etat d’origine ou de provenance 

ou en raison de son comportement ultérieur (art. 54 LAsi). 

3.2  

3.2.1 Conformément à la jurisprudence, il y a pression psychique insuppor-

table lorsque certains individus ou une partie de la population sont victimes 

de mesures systématiques constituant des atteintes graves ou répétées à 

des libertés et des droits fondamentaux et qu'au regard d'une appréciation 

objective, celles-ci atteignent une intensité et un degré tels qu'elles rendent 

impossible ou difficilement supportable la poursuite de la vie ou d'une exis-

tence conforme à la dignité humaine, de telle sorte que n'importe quelle 

personne confrontée à une situation analogue aurait été contrainte de fuir 

le pays (cf. ATAF 2014/29 consid. 4.4 ; 2010/28 consid. 3.3.1.1 et réf. cit.). 

3.2.2 Des allégations sont vraisemblables, lorsque, sur les points essen-

tiels, elles sont suffisamment fondées (ou : consistantes), concluantes (ou : 

constantes et cohérentes) et plausibles et que le requérant est personnel-

lement crédible. Les allégations sont fondées, lorsqu'elles reposent sur des 

descriptions détaillées, précises et concrètes, la vraisemblance de propos 

généraux, voire stéréotypés étant généralement écartée. Elles sont con-

cluantes, lorsqu'elles sont exemptes de contradictions entre elles, d'une 

audition à l'autre ou avec les déclarations d'un tiers (par ex. proche parent) 

sur les mêmes faits. Elles sont plausibles, lorsqu'elles correspondent à des 

faits démontrés (en particulier aux circonstances générales régnant dans 

le pays d'origine) et sont conformes à la réalité et à l'expérience générale 

de la vie. La crédibilité du requérant d'asile fait défaut non seulement lors-

que celui-ci s'appuie sur des moyens de preuve faux ou falsifiés, mais en-

core s'il dissimule des faits importants, en donne sciemment une descrip-

tion erronée, modifie ses allégations en cours de procédure ou en rajoute 

de façon tardive et sans raison apparente ou s'il enfreint son obligation de 

collaborer (cf. art. 8 LAsi). Quand bien même la vraisemblance autorise 

l'objection et le doute, ceux-ci doivent toutefois paraître d'un point de vue 

objectif moins importants que les éléments parlant en faveur de la proba-

bilité des allégations. Lors de l'examen de la vraisemblance des allégations 

de fait d'un requérant d'asile, il s'agit pour l'autorité de pondérer les signes 

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Page 13 

d'invraisemblance en dégageant une impression d'ensemble et en déter-

minant, parmi les éléments militant en faveur ou en défaveur de cette vrai-

semblance, ceux qui l'emportent (cf. ATAF 2012/5 consid. 2.2).  

3.2.3 Selon la jurisprudence, l’asile n’est pas accordé en guise de compen-

sation à des préjudices subis, mais sur la base d’un besoin avéré de pro-

tection. La reconnaissance de la qualité de réfugié au sens de l’art. 3 LAsi 

implique, par conséquent, l’existence d’un besoin de protection actuel, sur 

la base de la situation prévalant au moment de la décision (ou, sur recours, 

au moment du prononcé de l’arrêt).  

3.2.3.1 S’agissant des personnes ayant subi une persécution avant la fuite 

de leur pays, un risque sérieux et concret de répétition de la persécution 

subie est présumé en l’absence de possibilité de refuge interne. Cette pré-

somption est renversée en cas de rupture du lien de causalité temporel 

(départ du pays après un laps de temps de plus de six à douze mois ; 

cf. ATAF 2011/50 consid. 3.1.2.1) ou matériel (changement objectif de cir-

constances ; cf. ATAF 2011/50 consid. 3.1.2.2).  

3.2.3.2 La crainte face à de sérieux préjudices (autrement dit : face à une 

persécution) à venir, telle que comprise à l'art. 3 LAsi, contient un élément 

objectif, au regard d'une situation ancrée dans les faits, et intègre égale-

ment dans sa définition un élément subjectif. Sera reconnu comme réfugié, 

celui qui a de bonnes raisons, c'est-à-dire des raisons objectivement re-

connaissables pour un tiers (élément objectif), de craindre (élément sub-

jectif) d'avoir à subir selon toute vraisemblance et dans un avenir prochain 

une persécution.  

 

Sur le plan subjectif, il doit être tenu compte des antécédents de l'intéressé, 

notamment de l'existence de persécutions antérieures, et de son apparte-

nance à un groupe ethnique, religieux, social ou politique l'exposant plus 

particulièrement à de telles mesures ; en particulier, celui qui a déjà été 

victime de mesures de persécution a des raisons objectives d'avoir une 

crainte (subjective) plus prononcée que celui qui en est l'objet pour la pre-

mière fois.    

 

Sur le plan objectif, cette crainte doit être fondée sur des indices concrets 

qui peuvent laisser présager l'avènement, dans un avenir peu éloigné et 

selon une haute probabilité, de mesures déterminantes selon l'art. 3 LAsi. 

Il ne suffit pas, dans cette optique, de se référer à des menaces hypothé-

tiques, qui pourraient se produire dans un avenir plus ou moins lointain. En 

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Page 14 

ce sens, doivent être prises en considération les conditions existant dans 

le pays d'origine au moment de la décision sur la demande d'asile, respec-

tivement sur le recours interjeté contre un refus d'asile, mais non les dé-

ductions ou les intentions du candidat à l'asile.   

 

Ainsi, la crainte d'une persécution future n'est objectivement fondée que si, 

placée dans les mêmes conditions, une personne douée d'une sensibilité 

normale aurait des raisons objectivement reconnaissables de craindre, se-

lon toute vraisemblance, d'être victime d'une persécution à tel point que 

l'on ne saurait exiger d'elle qu'elle rentre dans son pays (cf. ATAF 2011/50 

consid. 3.1.1 ; 2010/57 consid. 2.5 ; 2010/44 consid. 3.3).  

4.  

4.1 En l’espèce, le Tribunal relève d’emblée la vraisemblance du récit auto-

biographique du recourant portant sur la période de son recrutement de 

force, le (…) 2004, par les LTTE, jusqu’à sa libération, Ie (…) 2011. Comme 

le recourant s’en est défendu à juste titre, il n’y a pas de divergence dans 

ses allégations sur l’année de son arrestation par les militaires sri-lankais, 

soit 2009. En effet, l’indication de l’an 2006 au procès-verbal de sa pre-

mière audition s’explique, vu la mention qui la précède des activités exer-

cées auparavant pour les LTTE de 2004 à 2009, soit par une erreur de 

plume soit par un lapsus (cf. p.-v. de l’audition du 27.1.2016 ch. 2.01 p. 4). 

Il n’y a pas non plus lieu d’admettre de divergence d’une audition à l’autre 

s’agissant de ses allégations sur le premier camp de réhabilitation, vu qu’il 

a spontanément et d’emblée rectifié ses allégations à ce sujet lors de sa 

seconde audition (cf. p.-v. de l’audition du 20.6.2017 rép. 97). Pour le reste, 

ses allégations sur les blessures par armes à feu subies au front sont 

étayées par les rapports médicaux des 22 juin 2016 et 11 juillet 2017 dans 

lesquels est constatée la présence d’un éclat métallique au niveau de sa 

cuisse et d’un projectile au niveau de son bassin (cf. Faits, let. C). Celles 

sur sa détention dans trois camps de réhabilitation entre (…) 2009 et (…) 

2011 sont étayées par l’attestation et la carte de détenu émises par la dé-

légation sri-lankaise à Colombo du CICR (cf. Faits, let. B), étant précisé 

qu’il a expliqué avoir été définitivement libéré le (…) 2011 (mais non le […] 

2011 comme indiqué dans cette attestation) après (…). De même, les me-

sures de surveillance depuis sa libération jusqu’à janvier 2014 (obligation 

de se présenter au bureau du CID à C._______ pour signer un registre 

deux fois par mois, puis dès 2013, une fois par mois) sont plausibles s’agis-

sant d’une personne réhabilitée et, partant, vraisemblables.  

 

Le Tribunal partage l’appréciation du SEM quant à la rupture du rapport de 

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Page 15 

causalité temporel entre les préjudices subis par le recourant durant sa 

détention du (…) 2009 au (…) 2011 et son départ du Sri Lanka en (…) 

2015 (cf. ATAF 2011/50 consid. 3.1.2.1 et réf. cit.). Partant, les sérieux pré-

judices endurés dans les camps de détention ne justifient pas en eux-

mêmes de lui reconnaître la qualité de réfugié. L’atteinte à sa liberté due 

aux mesures de surveillance depuis sa libération jusqu’à janvier 2014 ne 

revêt pas en soi une intensité suffisante pour être qualifiée de sérieux pré-

judice et ne se trouve pas non plus en rapport de causalité temporel avec 

sa fuite.  

4.2 A ce stade, l’examen doit encore porter sur la vraisemblance au sens 

de l’art. 7 LAsi des allégations du recourant concernant les brèves déten-

tions au camp Joseph à Vavuniya en mars, juin et septembre 2015 et les 

mauvais traitements endurés à ces occasions.  

4.2.1 Le Tribunal observe en premier lieu que les allégations du recourant 

sont constantes quant à ses détentions de plusieurs jours en mars, juin et 

septembre 2015 et aux interrogatoires par le CID subis à ces occasions 

sous la torture. Ses déclarations sur les sévices endurés lors de ceux-ci 

sont suffisamment précises et détaillées (cf. p.-v. de l’audition du 20.6.2017 

spéc. rép. 123, 127 et 144).  

4.2.2 S’agissant des contradictions relevées par le SEM relativement à ces 

détentions, toutes contestées par le recourant, il convient de se déterminer 

comme suit.   

 

Il appert de la lecture du procès-verbal de la seconde audition que le 

nombre de jours de chacune de ces détentions n’a été donné par le recou-

rant qu’à titre approximatif (cf. p.-v. de l’audition du 20.6.2017 rép. 136 et 

145). Partant, on ne pourrait lui reprocher tout au plus que son imprécision 

à ce sujet, mais aucunement de s’être contredit. En outre, s’il a certes men-

tionné lors de son audition sommaire à une reprise le (…) 2015 comme 

date de son départ du pays, il a également mentionné par deux fois le (…) 

2015 (cf. p.-v. de l’audition du 27.1.2016 ch. 2.01 in fine ; vs ch. 5.01 et 

5.02), date qu’il a confirmée lors de sa seconde audition (cf. p.-v. de l’audi-

tion du 20.6.2017 rép. 175 s.). Partant, le SEM n’était pas non plus fondé 

à retenir une divergence dans ses déclarations d’une audition à l’autre con-

cernant cette date.  

 

Certes, les allégations du recourant sont inconstantes quant à la détention 

à l’occasion de laquelle il a été confronté à un homme masqué et ancien 

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Page 16 

compagnon d’armes (celle de septembre 2015 selon ses allégations lors 

de son audition sommaire ou celle de mars 2015 selon ses indications dans 

sa déposition). Lors de sa seconde audition, il n’a pas mentionné sponta-

nément ce fait, mais le SEM, qui avait la charge d’instruire la cause, n’a 

pas estimé utile de le confronter à ses allégations antérieures à ce sujet. 

Partant, une contradiction ne peut pas non plus être retenue sur cet élé-

ment de son récit (cf. Jurisprudence et informations de la Commission 

suisse de recours en matière d’asile [JICRA]1994 no 13 consid. 3b).  

 

L’absence de mention lors de sa première audition de la menace de coin-

cer son sexe dans un tiroir lors d’un interrogatoire en septembre 2015 n’est 

pas non plus décisive, puisqu’il s’agit d’un point de détail des mauvais trai-

tements endurés, mais non d’un motif d’asile essentiel tu lors de sa pre-

mière audition (cf. JICRA 1993 no 3).   

 

Pour le reste, lors de sa première audition, le recourant a certes insisté 

plutôt sur l’obligation qui lui avait été faite lors de ces détentions de 2015 

de désigner des caches d’armes. Lors de la seconde, il a mis l’accent sur 

l’obligation de désigner l’emplacement de documents secrets. Il a toutefois 

également mentionné lors de sa première audition la problématique en lien 

avec l’arrestation en 2015 d’un ancien compagnon des LTTE l’ayant autre-

fois aidé à enterrer des documents secrets, qui avaient été déterrés par la 

suite et dont l’emplacement actuel ne lui était pas connu, même s’il l’a fait 

de manière plutôt hypothétique pour expliquer les risques encourus en cas 

de retour. Ses déclarations à ce sujet ne sont donc pas diamétralement 

opposées d’une audition à l’autre. Aucun indice d’invraisemblance ne peut 

par conséquent en être tiré (cf. JICRA 1993 no 3). Il en va de même des 

raisons à l’origine de son installation à J._______ chez sa tante en octobre 

2014 et de la date du dépôt de sa plainte auprès de la Commission des 

droits de l’homme à Vavuniya. C’est le lieu de remarquer que, lors de sa 

première audition, il n’a pas précisé de date concernant cet évènement, 

mais uniquement sa postériorité par rapport à sa dernière détention en 

septembre 2015. Certes, il a alors indiqué s’être trouvé à C._______ le (…) 

2015, soit à la date du dépôt de sa plainte. Toutefois, une erreur de date, 

comme il s’en est en substance expliqué (cf. p.-v. de l’audition du 

20.6.2017 rép. 177), est excusable. En outre, il a établi le dépôt de sa 

plainte à cette date auprès de cette commission et son contenu, par la pro-

duction de l’attestation du (…) 2015 de cette commission et de la copie de 

sa déposition (cf. Faits, let. B in fine et let. F).  

 

En conclusion, contrairement à l’appréciation du SEM, le récit du recourant 

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Page 17 

n’est pas émaillé de contradictions sur des faits essentiels en rapport de 

causalité avec sa fuite. Au contraire, il est sur ces faits suffisamment cons-

tant et cohérent. 

4.3 Au vu de ce qui précède et tout bien pesé, le Tribunal estime que le 

recourant rend également vraisemblable : s’être installé chez sa tante à 

J._______ en octobre 2014 ; avoir été arrêté, par le CID, en mars, juin et 

septembre 2015, avoir été placé à chaque fois en détention dans le camp 

Joseph pour quelques jours et avoir été maltraité sévèrement lors d’inter-

rogatoires ; avoir porté plainte le (…) 2015 auprès de la Commission des 

droits de l’homme à Vavuniya ; et avoir fui le Sri Lanka le (…) 2015. Il y a 

donc lieu d’admettre qu’il a été exposé à de sérieux préjudices au sens de 

l’art. 3 LAsi en rapport de causalité temporel et matériel avec sa fuite. Un 

risque sérieux et concret de répétition de la persécution subie est présumé 

en cas de retour. La question de la crainte fondée de persécution en cas 

de retour en lien avec les facteurs de risque que présente le recourant ne 

se pose donc pas. 

5.  

Il ne ressort du dossier aucun indice quant à l’existence éventuelle d’un 

élément constitutif d'un motif d'exclusion de la qualité de réfugié au sens 

de l'art. 1 let. F de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des 

réfugiés (RS 0.142.30) ou de l’asile au sens des art. 53 à 55 LAsi. Partant, 

le recourant doit se voir reconnaître la qualité de réfugié et recevoir l’asile 

conformément aux art. 2, 3 et 49 LAsi (cf. ATAF 2015/1 consid. 5 et 

2013/34 consid. 7.2.). 

6.  

Par conséquent, la décision attaquée est annulée pour violation du droit 

fédéral (cf. art. 106 al. 1 let. a LAsi), le recourant est reconnu réfugié au 

sens de l’art. 3 LAsi et le SEM est invité à lui octroyer l’asile.  

7.  

7.1 Vu l’issue de la cause, il n’est pas perçu de frais de procédure 

(cf. art. 63 al. 1 et 2 PA). 

7.2 Le recourant ayant eu gain de cause, il y a lieu de lui accorder des 

dépens pour les frais nécessaires causés par le litige, à charge du SEM 

(cf. art. 7 à 11 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens 

et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 

173.320.2]). Ceux-ci sont fixés sur la base de la note d’honoraires du 

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Page 18 

15 mai 2019 et du dossier pour les actes ultérieurs, sur la base du tarif 

horaire demandé de 194 francs (cf. art. 14 FITAF). Ils sont ainsi arrêtés, ex 

aequo et bono, à 2'220 francs. Ils ne comprennent aucun supplément TVA 

au sens de l’art. 9 al. 1 let. c FITAF, le mandataire n’ayant pas fait valoir de 

prétention à l’allocation de ce supplément.  

 

 

(dispositif : page suivante)  

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Page 19 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis.  

2.  

La décision attaquée est annulée.  

3.  

La qualité de réfugié est reconnue au recourant.  

4.  

Le SEM est invité à octroyer l’asile au recourant.  

5.  

Il n’est pas perçu de frais de procédure.  

6.  

Le SEM versera au recourant un montant de 2’220 francs à titre de dépens.  

7.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale 

compétente. 

 

La présidente du collège : La greffière : 

  

Déborah D'Aveni Anne-Laure Sautaux 

 

 

Expédition :