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**Case Identifier:** 277902c4-60a6-5659-869e-d3dc8b2f988c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2009-07-08
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 08.07.2009 A/3256/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3256-2008_2009-07-08.pdf

## Full Text

Siégeant : Juliana BALDE, Présidente; Nicole BOURQUIN et Olivier LEVY, Juges 

assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/3256/2008 ATAS/893/2009 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 4 

du 8 juillet 2009 

 

En la cause 

Madame G__________, domiciliée à GENEVE, représentée par 

son curateur, Me Philippe JUVET 

 

recourante 

 

contre 

SERVICE DES PRESTATIONS COMPLEMENTAIRES, sis route 

de Chêne 54, GENEVE 

intimé 

 

 

 

 

 

A/3256/2008 

- 2/10 - 

EN FAIT 

1. Madame G__________ (ci-après : l’assurée), née en 1923, et son époux Monsieur 

G__________ ont reçu des prestations complémentaires à leurs rentes vieillesse dès 

1996.  

2. Le 24 juin 2007, l’époux de l’assurée est décédé.  

3. En date du 6 août 2007, Maître Philippe JUVET, curateur de l’assurée, a déposé au 

nom de sa pupille une demande de prestations auprès de l’OCPA. 

4. Par décision du 17 août 2007, l’OCPA a octroyé des prestations complémentaires à 

l’assurée, s’élevant à 4'558 fr. dès le 1
er

 juillet 2007. 

5. Par opposition du 21 août 2007, Maître JUVET a, pour le compte de sa pupille, 

contesté le montant des rentes pris en compte ainsi que celui de la fortune. A cet 

égard, il a fait valoir notamment que sa pupille n’était pas propriétaire d’un bien 

immobilier, contrairement à ce qu’avait retenu l’OCPA.  

6. Par courrier du 10 septembre 2007, l’OCPA a informé le curateur qu’une suite 

favorable était donnée à son opposition. Une nouvelle décision était par conséquent 

rendue, datée du 10 septembre 2007, qui annulait et remplaçait celle contestée. Il en 

résultait que, suite à la correction du montant des rentes, l’assurée avait droit à des 

prestations complémentaires s’élevant à 5'236 fr. par mois dès le 1
er

 octobre 2007, 

ainsi qu’à un solde rétroactif en sa faveur de 2'034 fr.  

Dans ce courrier, l’OCPA attirait en outre l’attention du curateur sur le fait qu’il 

avait connaissance de l’existence d’un bien immobilier dont le mari de l’assurée 

était propriétaire, selon un justificatif annexé datant de 1994. Ce bien avait été pris 

en compte par moitié dans le calcul des prestations accordées à chacun des 

conjoints jusqu’au décès de l’époux de l’assurée. N’ayant pas été informé de la 

vente ou de la cession de ce bien, l’OCPA maintenait par conséquent sa prise en 

compte. Cela étant, une fois en possession des éléments relatifs à la succession du 

défunt, l’OCPA reprendrait les calculs et corrigerait, au besoin, l’épargne prise en 

compte.  

7. A la suite de cette décision, Maître JUVET a, par courrier du 12 septembre 2007 

adressé à l’OCPA, indiqué ce qui suit:  « vous me remettez des pièces relativement 

anciennes en ce qui concerne un prétendu bien immobilier qui aurait été propriété 

de l’époux décédé de ma pupille, sur le territoire espagnol. Les recherches vont être 

complexes. Aux dires de Madame H__________, fille de ma pupille, ce bien 

n’existerait plus depuis très longtemps. Je pense donc raisonnable de revenir vers 

vous lorsque j’aurai des éléments plus complets et plus récents à vous soumettre, et 

 

 

 

 

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- 3/10 - 

réserve naturellement la révision de votre décision avec effet rétroactif, s’il s’avère 

- comme je le crois - que cette prétendue propriété immobilière n’existe plus. » 

8. Par pli du 2 novembre 2007 adressé à l’OCPA, Maître JUVET a complété son 

courrier précité. Il avait découvert que le défunt avait été titulaire d’un compte 

auprès du Crédit Suisse, sur lequel se trouvaient 210'916 euros le 21 juin 2007 et 

qui avaient été prélevés par Mme I__________. Le curateur a expliqué avoir 

introduit une procédure contre cette personne pour tenter de récupérer cet avoir qui 

devait revenir, pour une grande partie, à sa pupille. En l’état, le curateur requérait 

de l’OCPA qu’il ne modifie pas sa décision concernant sa pupille. 

9. Dès le 1
er

 mai 2008, l’assurée a été mise au bénéfice d’une allocation pour 

impotent. 

10. Par décision du 4 juin 2008, le Service des prestations complémentaires (ci-après 

SPC, ex-OCPA) a recalculé le droit aux prestations complémentaires de l’assurée, 

compte tenu de l’allocation précitée. Il en résultait une diminution du montant des 

prestations mensuelles, lesquelles s’élevaient dès le 1
er

 mai 2008 à 4'683 fr. Le SPC 

réclamait en outre la restitution d’un montant de 1'106 fr. représentant le trop-perçu  

des prestations versées du 1
er

 mai au 30 juin 2008. 

11. Le 10 juin 2008, Maître JUVET a indiqué au SPC que la décision précitée lui était 

totalement incompréhensible, puisqu’elle ne se prononçait pas sur son opposition 

du 12 septembre 2007. Il a rappelé à cet égard avoir contesté l’existence d’un bien 

immobilier et il réitérait son opposition à ce propos. Il sollicitait une décision 

expurgeant du décompte de sa pupille le montant relatif à ce prétendu bien 

immobilier qui n’existait pas, ni en fortune, ni en revenu. Il a rappelé que la fortune 

non déclarée du défunt avait été prélevée sans droit, en liquide, sur le compte 

bancaire du défunt par une personne contre laquelle il avait déposé plainte pénale et 

engagé une procédure civile. Toute la documentation relative à ce compte avait été 

fournie. 

12. Par courrier du 16 juillet 2008, le SPC a rappelé avoir rendu, suite à l’opposition du 

21 août 2007, une décision datée du 10 septembre 2007. Par ailleurs, au vu de la 

teneur du courrier daté du 12 septembre 2007, le SPC n’avait pas enregistré celui-ci 

en tant qu’opposition et était resté dans l’attente des documents relatifs au bien 

immobilier auxquels le curateur avait fait allusion. Le SPC a également précisé que 

la décision du 4 juin 2008 ne contenait aucun élément nouveau autre que la prise en 

compte de l’allocation pour impotent reçue par l’assurée depuis le 1
er

  mai 2008. 

13. Par courrier du 21 juillet 2008, le curateur a maintenu ses oppositions des 12 

septembre 2007 et 10 juin 2008. Il a expliqué qu’après avoir interrogé les membres 

de la famille de sa pupille, il apparaissait que le bien immobilier avait été vendu 

depuis bien longtemps. Cela étant, une recherche en Espagne impliquait un 

investissement financier important, que sa pupille ne pouvait financer.  

 

 

 

 

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- 4/10 - 

14. Par décision sur opposition du 14 août 2008, le SPC a confirmé sa décision du 10 

juin 2008. Il a expliqué qu’à défaut d’avoir été contestée, la décision du 10 

septembre 2007 était entrée en force et ne pouvait être contestée que par le biais 

d’une révision. 

15. Par courrier du 20 août 2008 adressé au SPC, Maître JUVET a expliqué que la 

situation juridique n’était pas celle mentionnée dans la décision sur opposition 

précitée, dès lors que la décision du 10 septembre 2007 ne mentionnait pas les voies 

de recours au Tribunal cantonal des assurances sociales. Il ne lui semblait 

cependant pas opportun de compliquer le dossier par une procédure judiciaire.  

Le curateur a ajouté que le consulat espagnol avait refusé de l’aider afin de 

déterminer si le bien immobilier en Espagne avait été vendu par le défunt de son 

vivant. Sa pupille étant en litige contre les membres de la famille du défunt, le 

curateur ne pouvait absolument rien obtenir comme renseignement de la part des 

parties adverses. Par ailleurs, la succession du défunt faisait l’objet d’un mandat 

d’administration d’office sous la responsabilité de Maître Geneviève CARRON. Le 

dernier inventaire adressé par celle-ci à la Justice de Paix le 17 décembre 2007 

démontrait qu’il n’existait aucun bien immobilier, propriété du défunt, au moment 

de son décès. Selon Maître JUVET, cet inventaire semblait suffisant pour permettre 

de présumer la vente du bien immobilier antérieurement au décès. Le compte du 

défunt auprès du Crédit Suisse avait en effet été crédité au mois de mai 2007 de 

210'916.46 euros, montant qui provenait manifestement de la vente du bien 

immobilier. Cette somme avait ensuite été prélevée par Mme I__________. Selon 

le curateur, la prise en compte du bien immobilier, qui n’existait plus, provoquait 

pour sa pupille, une situation déficitaire. Elle ne disposait pas de liquidités 

suffisante lui permettant de mandater un avocat en Espagne pour procéder aux 

recherches nécessaires.  

Le curateur proposait au SPC de présumer que le défunt avait vendu son bien 

immobilier pour le montant précité, transféré ensuite sur son compte bancaire à 

Genève. Cette somme avait été prélevée par Mme I__________. Sur cette base, le 

SPC expurgeait de ses décisions la prise en compte du bien immobilier. Si ce mode 

de faire ne convenait pas au SPC, le curateur sollicitait alors un crédit de 3’000 fr. 

afin de mandater un avocat espagnol pour procéder aux recherches nécessaires. 

16. Par courrier du 12 septembre 2008, le SPC a transmis le courrier précité au 

Tribunal de céans comme objet de sa compétence. 

17. Par préavis du 22 octobre 2008, le SPC conclut au rejet du recours. Il explique 

avoir déjà statué sur la question de la prise en compte du bien immobilier sis en 

Espagne par décision du 10 septembre 2007, laquelle était entrée en force. A défaut 

de faits ou de moyens de preuve nouveaux, force était de constater que les 

conditions d’une révision ne sont pas remplies. En outre, le SPC ne pouvait 

 

 

 

 

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expurger purement et simplement du calcul des prestations, une fortune 

immobilière dans l’attente de l’issue du litige opposant les membres de la famille 

du défunt. Enfin, selon les affirmations du curateur, il était supposé que le bien 

immobilier avait été vendu pour 210'216 euros. Or, le SPC n’avait pris en compte, 

au titre de fortune immobilière, que 24'067 fr., soit un montant très inférieur au 

produit de la vente. 

18. Une comparution personnelle des parties s’est tenue le 12 novembre 2008. L’intimé 

a confirmé que le défunt et son épouse étaient au bénéfice de prestations 

complémentaires à leurs rentes depuis 1996 et que le calcul des prestations tenait 

compte d’un bien immobilier situé en Espagne déclaré dès l’origine par le défunt. 

Maître JUVET a expliqué que sa pupille n’était pas en mesure de répondre aux 

questions et que selon la famille, le bien immobilier aurait été vendu il y a 

longtemps. 

Les parties ont sollicité la suspension de l’instruction de la cause. 

19. Par ordonnance du 12 novembre 2008, le Tribunal de céans a suspendu l’instruction 

de la cause. 

20. Par courrier du 13 novembre 2008, Maître JUVET a réitéré auprès de l’intimé sa 

proposition consistant à ce que la question du bien immobilier soit mise entre 

parenthèses jusqu’à ce que la procédure civile soit terminée. 

21. Par courrier du 1
er

 décembre 2008, Maître JUVET a requis la reprise de 

l’instruction de la cause vu l’absence de participation de l’intimé à une discussion 

constructive. 

22. Par ordonnance du 5 décembre 2008, le Tribunal de céans a repris l’instruction de 

la cause. 

23. A la demande du Tribunal de céans, l’intimé a produit le dossier complet de la 

recourante.  

Il en résulte notamment que dans sa demande déposée le 29 avril 1996, l’époux de 

la recourante avait alors déclaré être propriétaire d’un bien immobilier situé en 

Espagne et avait joint deux justificatifs portant sur la valeur cadastrale dudit bien.  

Par ailleurs, à la demande de l’intimé, Maître CARRON a expliqué, par courrier du 

25 août 2008, ne disposer d’aucun renseignement quant au bien immobilier déclaré 

en 1996. Ayant été nommée le 27 septembre 2007 seulement, elle ignorait quelle 

était la situation financière antérieure du défunt.  

24. Lors de l’audience de comparution personnelle des parties du 18 mars 2009, Maître 

JUVET a indiqué que la prise en compte du bien immobilier revenait à réduire de 

154 fr. par mois les prestations complémentaires de sa pupille. Cette propriété en 

 

 

 

 

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Espagne n’existait plus, mais il ne pouvait le prouver. Sur le plan procédural, le 

curateur s’en rapportait à justice. L’intimé a, quant à lui, expliqué ne pouvoir entrer 

en matière quant aux propositions faites par le curateur. Les époux avaient déclaré 

en 1996 le bien immobilier ainsi que sa valeur cadastrale. Depuis lors, ils n’avaient 

eu aucun autre élément à cet égard, pas plus qu’un acte de vente immobilier. 

25. Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch. 3 LOJ, le Tribunal cantonal des 

assurances sociales connaît en instance unique, des contestations prévues à l’art. 56 

de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 

2000 (LPGA ; RS 830.1) qui sont relatives à la loi fédérale sur les prestations 

complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité du 6 octobre 

2006, entrée en vigueur le 1
er

 janvier 2008 (ci-après LPC ; RS 831.30), et connaît 

également, en vertu de l’art. 56V al. 2 let. a LOJ, des contestations prévues à l’art. 

43 de la loi cantonale sur les prestations cantonales complémentaires à l’assurance-

vieillesse et survivants et à l’assurance-invalidité, du 25 octobre 1968 (LPCC ; RS 

J7.15 ).  

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. La LPGA est entrée en vigueur le 1
er

 janvier 2003, entraînant la modification de 

nombreuses dispositions légales dans le régime des prestations complémentaires de 

l'AVS/AI. Ses dispositions s'appliquent aux prestations versées par la 

Confédération et les cantons en vertu du chapitre 1a, à moins que la LPC n'y déroge 

expressément (cf. art. 1 al. l LPC). Sur le plan cantonal, l'art. 1A LPCC prévoit 

qu'en cas de silence de la loi, la LPC et ses dispositions d'exécution fédérales et 

cantonales, ainsi que la LPGA et ses dispositions d'exécution, sont applicables par 

analogie. 

3. La loi fédérale du 19 mars 1965 sur les prestations complémentaires à l'assurance-

vieillesse, survivants et invalidité a été remplacée - à la suite de l'adoption de la loi 

fédérale concernant l'adoption et la modification d'actes dans le cadre de la réforme 

de la péréquation financière et de la répartition des tâches entre la Confédération et 

les cantons (RPT) du 6 octobre 2006 (RO 2007 5779) - par la LPC, entrée en 

vigueur le 1er janvier 2008. Dès lors que du point de vue temporel, sont en principe 

applicables les règles de droit en vigueur au moment où les faits juridiquement 

déterminants se sont produits et que le juge se fonde en principe, pour apprécier une 

cause, sur l'état de fait réalisé à la date déterminante de la décision sur opposition 

litigieuse (ATF 132 V 215 consid. 3.1.1 p. 220 et les références), sont applicables 

en l'occurrence les dispositions en vigueur dès le 1
er

 janvier 2008. 

 

 

 

 

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- 7/10 - 

4. Interjeté dans les forme et délai prévus par la loi, le recours est recevable (art. 56 ss. 

LPGA). 

5. L’objet du litige porte sur la question de savoir si un bien immobilier doit être pris 

en compte à titre de revenu déterminant dans le calcul des prestations 

complémentaires de la recourante.  

6. Les personnes qui ont leur domicile et leur résidence habituelle en Suisse et qui 

remplissent les conditions (personnelles) prévues aux art. 4, 6 et 8 LPC ont droit à 

des prestations complémentaires.  

Le montant de la prestation complémentaire annuelle correspond à la différence 

entre les dépenses reconnues et les revenus déterminants (art. 9 al. 1 LPC). Font 

partie des revenus déterminants, notamment la fortune mobilière et immobilière 

ainsi que le produit de ladite fortune (art. 11 al. 1 let. b et c). 

Lorsque les dépenses reconnues, les revenus déterminants et la fortune subissent 

une diminution ou une augmentation pour une durée qui sera vraisemblablement 

longue, la prestation complémentaire doit être augmentée, réduite ou supprimée. 

Sont déterminants les nouveaux éléments de revenus et de dépenses durables, 

convertis en revenus et dépenses annuels, ainsi que la fortune existant à la date à 

laquelle le changement intervient (art. 25 al. 1 let. c OPC). 

Sur le plan cantonal, la LPCC renvoie à la réglementation fédérale pour le calcul du 

revenu déterminant et des dépenses (art. 5 et 6 LPCC, dans leur version en vigueur 

dès le 1
er

 janvier 2008). 

7. En ce qui concerne la preuve, le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf 

dispositions contraires de la loi, sur les faits qui, faute d'être établis de manière 

irréfutable, apparaissent comme les plus vraisemblables, c'est-à-dire qui présentent 

un degré de vraisemblance prépondérante; qu'il ne suffit donc pas qu'un fait puisse 

être considéré seulement comme une hypothèse possible, et que, parmi tous les 

éléments de fait allégués ou envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux 

qui lui paraissent les plus probables (ATF 126 V 360 consid. 5b, 125 V 195 consid. 

2 et les références; cf. ATF 130 III 324 consid. 3.2 et 3.3). Aussi n'existe-t-il pas, en 

droit des assurances sociales, un principe selon lequel l'administration ou le juge 

devrait statuer, dans le doute, en faveur de l'assuré (ATF 126 V 322 consid. 5a). 

Il y a également lieu de rappeler le devoir des parties de collaborer à l'instruction de 

l'affaire. Il comprend en particulier l'obligation d'apporter, dans la mesure où cela 

peut être raisonnablement exigé d'elles, les preuves commandées par la nature du 

litige et des faits invoqués, faute de quoi elles risquent de devoir supporter les 

conséquences de l'absence de preuves (ATF 125 V 195 consid. 2 et les références; 

cf. ATF 130 I 183 consid. 3.2). 

 

 

 

 

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- 8/10 - 

8. En l’occurrence, l’intimé a pris en compte, dans sa décision du 4 juin 2008, 

confirmée le 14 août 2008, un bien immobilier à titre de revenu déterminant de la 

recourante. Celle-ci fait valoir que ce bien immobilier aurait été vendu depuis 

longtemps par son mari. L’intimé relève quant à lui avoir déjà statué sur ce grief par 

décision définitive du 10 septembre 2007. 

Ce grief a certes déjà été soulevé par la recourante dans le cadre de son opposition 

du 21 août 2007 et rejeté par l’intimé par décision du 10 septembre 2007. Quand 

bien même cette décision est entrée en force - dès lors qu’elle mentionne dûment 

l’opposition en tant que voie de droit et que le courrier du curateur de la recourante 

du 12 septembre 2007 ne peut manifestement pas être considéré comme une 

opposition, au vu de sa teneur - il n’en demeure pas moins que la recourante peut, 

suite aux décisions de l’intimé des 4 juin et 14 août 2008, lesquelles tiennent 

compte du bien immobilier litigieux, invoquer à nouveau ce grief.  

Il n’est, en l’espèce, pas contesté que dans le cadre de sa demande de prestations 

complémentaires du 29 avril 1996, le mari de la recourante a déclaré posséder un 

bien immobilier en Espagne. 

Le Tribunal de céans constate cependant que les pièces versées à la procédure ne 

permettent pas de retenir que ce bien aurait été vendu par le mari de la recourante, 

avant son décès. Ainsi, contrairement à ce que prétend la recourante, le fait que 

l’inventaire de la succession établi par Maître Geneviève CARRON le 17 décembre 

2007 ne mentionne aucun bien immobilier ne saurait suffire à retenir que ledit bien 

a effectivement été vendu. Comme l’a expliqué à cet égard Maître Geneviève 

CARRON dans son courrier du 25 août 2008 adressé à l’intimé, elle ignore la 

situation financière du défunt antérieure au 27 septembre 2007 et n’a aucun 

renseignement à propos du bien immobilier litigieux. Par ailleurs, le fait que le 

compte bancaire, dont le défunt était titulaire auprès du Crédit Suisse, ait été crédité 

de 210'916.46 euros en mai 2007 ne saurait pas non plus suffire, comme le prétend 

la recourante, à retenir que ce montant provient de la vente du bien immobilier sis 

en Espagne. Il ne s’agit en effet que d’une hypothèse possible parmi d’autres. 

On relèvera au demeurant que le curateur de la recourante ne conteste pas l’absence 

d’éléments permettant de retenir que la propriété sise en Espagne a été vendue 

(procès-verbal de comparution personnelle du 18 mars 2009). Maître JUVET 

souhaiterait toutefois que l’intimé ne tienne plus compte du bien immobilier, et ce 

en présumant de sa réalisation. 

Le raisonnement du curateur de la recourante ne saurait cependant être suivi par le 

Tribunal de céans, car il revient à faire supporter une baisse hypothétique du revenu 

déterminant par le régime des prestations complémentaires, ce qui n’est pas 

admissible (ATF non publié du 9 octobre 2006, cause P 58/05 ; ATF 126 V 256).  

 

 

 

 

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- 9/10 - 

Il convient ainsi de constater qu’en l’état, la recourante n’a pas réussi à établir, au 

degré de la vraisemblance prépondérante requis, que sa fortune a effectivement 

diminué. Elle doit donc supporter les conséquences de cette absence de preuve. En 

effet, si le principe inquisitoire dispense les parties de l'obligation de prouver, il ne 

les libère pas du fardeau de la preuve. En cas d'absence de preuve, c'est à la partie 

qui voulait en déduire un droit d'en supporter les conséquences (ATF 117 V 264 

consid. 3). 

9. Partant, les décisions des 4 juin et 14 août 2008 ne prêtent pas le flanc à la critique 

et le recours doit être rejeté.  

 

 

 

 

 

 

 

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- 10/10 - 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Dit que pour ce qui a trait aux prestations complémentaires fédérales, les parties 

peuvent former recours contre le présent arrêt dans un délai de 30 jours dès sa 

notification auprès du Tribunal fédéral (Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par 

la voie du recours en matière de droit public, conformément aux art. 82 ss de la loi 

fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit 

indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du 

recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie 

postale ou par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et 

les pièces en possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent 

être joints à l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Isabelle CASTILLO 

 La présidente 

 

 

 

 

Juliana BALDE 

 

La secrétaire-juriste : 

 

Amélia PASTOR 
 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le