# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c096730a-5bec-5e15-9f18-6fb86afe53b2
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-08-10
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 10.08.2020 C/3397/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-3397-2019_2020-08-10.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 11 août 2020. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/3397/2019-4 CAPH/152/2020 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des prud'hommes 

DU 10 AOÛT 2020 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié route ______, ______ [GE], recourant à l'encontre d'un 
jugement rendu par le Tribunal des prud'hommes le 3 décembre 2019 (JTPH/440/2019), 
comparant par Me Louise BONADIO, avocate, KBB, place Longemalle 16, 1204 
Genève, en l'Étude de laquelle il fait élection de domicile, 

  

et 

B______, p.a B______, succursale de Genève, sise c/o C______, rue ______, ______ 
Genève, intimée, comparant par Me Guy STANISLAS, avocat, Jacquemoud Stanislas, 
rue François-Bellot 2, 1206 Genève, en l'Étude duquel elle fait élection de domicile. 

  

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EN FAIT 

A. Par jugement du 3 décembre 2019, expédié pour notification le même jour, le 
Tribunal des prud'hommes a débouté A______ des fins de sa demande dirigée 
contre B______ et dit que la procédure était gratuite. 

En substance, le Tribunal a retenu que A______ n'avait pas démontré la nécessité 
des dépenses qu'il avait engagées. 

Le jugement porte la mention qu'il est susceptible d'un appel au sens des art. 308ss 
CPC. 

B. Par acte du 20 janvier 2020, A______ a formé recours contre ce jugement. Il a 
conclu à l'annulation de celui-ci, cela fait à la condamnation de la banque à lui 
verser 9'787 fr. 20 avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 19 juillet 2018, à la 
mainlevée définitive de l'opposition formée au commandement de payer poursuite 
n° 1______, alternativement au renvoi de la cause au Tribunal pour nouvelle 
décision, avec suite de frais et dépens. 

La banque a conclu au rejet du recours. 

Par avis du 21 avril 2020, les parties ont été informées de ce que la cause était 
gardée à juger. 

C. Il résulte de la procédure de première instance les faits pertinents suivants: 

a. B______ (ci-après B______) est une entité sise à D______ (Grande-Bretagne). 
Elle détient une succursale à Genève, inscrite au Registre du commerce genevois, 
qui a pour but l'exploitation d'une banque. 

A______ a travaillé en qualité de responsable de clientèle au service de B______ 
jusqu'en 2003, année de sa retraite. 

b. Dans le cadre de son activité professionnelle, A______ s'est occupé des intérêts 
d'un client de la banque, E______, ressortissant iraquien. 

Après le décès de celui-ci, le ______ 1986, sa veuve a initié de nombreuses 
procédures contre B______. Elle a également déposé des plaintes pénales contre 
A______, lesquelles se sont terminées par des classements, confirmés par la 
Chambre d'accusation puis par le Tribunal fédéral; dans le cadre de ces procédures 
pénales, A______ a été défendu par Me G______, avocat, les frais de défense 
étant assumés par la banque. 

Par courrier du 30 janvier 2009, B______ s'est adressée à A______ en ces termes: 
"Je vous confirme par la présente que la Banque respectera les engagements pris à 

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votre égard dans le cadre de cette affaire en ce qui concerne le paiement des frais 
juridiques liés aux diverses procédures que Mme F______ et son fils pourraient 
intenter contre vous. Le paiement de CHF 19'512.- en votre faveur sera effectué 
dans les meilleurs délais. En ce qui concerne d'éventuelles futures procédures, 
nous vous saurions gré de bien vouloir instruire votre avocat de nous informer 
immédiatement de tout nouveau développement dans le cadre de cette affaire afin 
que nous puissions vérifier le bien-fondé de tout paiement qui nous serait 
réclamé". 

D. Par lettre du 7 novembre 2017, se référant à un courrier électronique du 
12 octobre précédent demeuré sans réponse, le fils de E______ a requis de 
A______ que celui-ci le contacte au plus tard la première semaine de décembre 
aux fins d'organiser une rencontre; il demandait, ayant désormais atteint l'âge de 
35 ans ("date importante dans la définition et la mise en œuvre des dispositions 
testamentaires de [s]on père"), que A______ lui fasse part "des informations, 
notes, instructions et autres pièces" en sa possession. 

Par courrier de son nouveau conseil du 14 décembre 2017, A______ a répondu 
qu'il transmettait cette demande à B______. Il a procédé ainsi le même jour, après 
avoir signalé à la précitée, par pli du 28 novembre 2017 (demeuré sans réponse), 
qu'il partait du principe que les honoraires de son avocat seraient couverts par la 
banque. 

E. Le 8 janvier 2018, le conseil de A______ a émis une note d'honoraires de 1'390 fr. 
50, représentant l'activité déployée du 20 novembre au 31 décembre 2017, et a 
adressé cette note à B______, qui, après avoir dans un premier temps refusé de la 
prendre en charge, l'a réglée. 

F. En juillet 2018, A______ a été approché par Me H______, avocat de la famille de 
E______, exprimant le souhait de le rencontrer. Il s'est alors à nouveau tourné 
vers Me G______, lequel s'est constitué à la défense de ses intérêts, lui signalant 
notamment par lettre du 5 juillet 2018: "Il est hors de question que vous les 
rencontriez sans ma présence".  

Le même jour, Me G______ a écrit à Me H______, en ces termes: "Vous auriez 
pour compte d'un membre de la famille F______, qui reprendrait l'initiative de 
quelques hostilités, malgré les transactions et échecs d'antan, pris contact avec M. 
A______ souhaitant le rencontrer. Cette rencontre peut avoir lieu, moi assistant 
M. A______. Fixons, vous et moi, une date qui vous convienne". 

A______ a allégué que l'intervention de Me G______ avait permis de tempérer les 
membres de la famille de E______.  

Il a déclaré au Tribunal, lors de l'audience du 11 septembre 2019, qu'il avait 
rencontré, en compagnie de Me G______, l'avocat des héritiers de E______, et 

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qu'à la suite de cette entrevue aucune procédure judiciaire n'avait été ouverte. Il 
n'a formulé aucun allégué supplémentaire sur ces points ni fait d'autre déclaration. 

Le 19 juillet 2018, Me G______ a établi une note d'honoraires en 9'787 fr. 20 
(portant sur la période du 1er au 18 juillet 2018), laquelle a été acquittée par 
A______, qui en a ultérieurement requis le remboursement de B______, en vain. 

Il résulte du relevé des diligences joint à la note d'honoraires susmentionnée, outre 
divers notes, courriels et courriers, que le 13 juillet 2018, A______, son fils et Me 
G______ ont eu un rendez-vous avec Me H______, puis que le 16 juillet 2018 Me 
G______ et Me H______ se sont entretenus. 

G. A la requête de A______, l'Office des poursuites a établi un commandement de 
payer, poursuite n°1______, dirigé contre B______ portant sur 9'787 fr. 20 avec 
intérêts moratoires à 5% l'an dès le 19 juillet 2018. La poursuivie a formé 
opposition.  

H. Le 7 février 2019, A______ a saisi l'Autorité de conciliation du Tribunal des 
prud'hommes d'une demande en paiement dirigée contre B______ en paiement de 
9'787 fr. 20 et en mainlevée définitive de l'opposition formée au commandement 
de payer précité. 

Au bénéfice d'une autorisation de procéder délivrée le 1er avril 2019, A______ a 
conclu à ce que B______ soit condamnée à lui verser 9'787 fr. 20 avec intérêts 
moratoires à 5% l'an dès le 19 juillet 2018, à ce que la mainlevée définitive de 
l'opposition formée au commandement de payer soit levée, avec suite de frais et 
dépens. 

B______ a conclu au déboutement de A______ des fins de sa demande. 

A l'issue de l'audience du Tribunal du 11 septembre 2018, les parties ont plaidé, 
persistant dans leurs conclusions respectives. Sur quoi, la cause a été gardée à 
juger. 

EN DROIT 

1. Au vu de la valeur litigieuse des dernières conclusions de première instance, le 
jugement attaqué est susceptible de recours (art. 308 al. 2, 319 CPC). 

Le présent recours, formé dans le délai et selon la forme prévus par la loi (art. 321 
al. 1 CPC) est recevable. 

2. Le recourant relève à raison que la voie de droit indiquée dans la décision déférée 
est erronée. Contrairement à ce qu'il en déduit, cette informalité ne porte pas à 
conséquence, puisque, comparaissant par avocat, il ne s'y est pas trompé et a 
dûment agi par la voie du recours de l'art. 319 CPC (cf. ATF 135 III 374). 

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3. Le recourant fait grief aux premiers juges d'avoir écarté ses prétentions, en 
procédant à une mauvaise application de l'art. 327a al. 1 CO.  

3.1 L'art. 327a al. 1 CO dispose que l'employeur rembourse au travailleur tous les 
frais imposés par l'exécution du travail et, lorsque le travailleur est occupé en 
dehors de son lieu de travail, les dépenses nécessaires pour son entretien. Les frais 
imposés par l'exécution du travail comprennent toutes les dépenses nécessaires 
encourues pour l'exécution du travail (arrêt du Tribunal fédéral 4A_610/2018 du 
20 août 2019 consid. 6.1).   

 D'aucuns admettent que le travailleur peut invoquer l'art. 327a al. 1 CO lorsqu'il 
doit recourir aux services d'un avocat pour se défendre contre des accusations 
portées contre lui en raison de l'activité conforme au contrat de travail déployée 
pour le compte de l'employeur. Dans cette hypothèse, l'employé se trouve 
contraint d'engager des frais pour se défendre dans un procès dont l'objet est lié à 
l'exécution du contrat de travail (arrêt du Tribunal fédéral susmentionné, consid. 
6.2, et les références doctrinales citées). 

3.2 En l'espèce, il est constant que les honoraires d'avocat dont le recourant 
requiert la prise en charge par l'intimée ne se rapportent pas à une défense dans un 
procès dont l'objet serait lié à l'exécution du contrat de travail qui a lié les parties 
jusqu'en 2003. 

 Lorsqu'il a mandaté Me G______ en 2018, le recourant n'était pas assigné en 
justice; il s'agissait de répondre à une demande d'entretien formulée par la veuve 
et le fils de l'ancien client de la banque. 

 Les conditions d'une prise en charge par l'ancien employeur des frais exposés par 
le recourant ne sont ainsi pas réalisées.  

 Le recourant se prévaut d'un lien de confiance particulier, découlant des rapports 
de travail, qui, à teneur de la jurisprudence citée (ATF 91 II 372), permet de 
nuancer le degré de preuve du montant des dépenses encourues par l'employé et 
d'estimer ainsi les frais effectifs. Cette argumentation, qui touche au quantum des 
prétentions élevées, ne porte pas puisqu'il s'agit en l'occurrence du principe de la 
prise en charge des frais. 

 Le recourant spécule ensuite sur les intentions de la famille de l'ancien client de la 
banque, à son endroit, sur la base des procédures que la veuve de l'ancien client 
avait intentées il y a plusieurs années. Si de telles procédures, terminées au 
demeurant à l'avantage du recourant, ont en effet été diligentées, il n'y a pas lieu 
de déduire de ce seul fait, en l'absence d'autre élément concret et actuel, que la 
rencontre proposée au recourant en juillet 2018 constituait l'amorce d'un nouveau 
procès. A lire le courrier de son avocat du 5 juillet 2018, adressé à son confrère, il 

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ne s'agissait là que de "quelques hostilités", ce qui ne laisse pas entendre 
l'imminence d'une action en justice.  

La déclaration du recourant au Tribunal le 11 septembre 2019, selon laquelle c'est 
suite à l'entrevue à laquelle participait son avocat qu'aucune procédure judiciaire 
n'avait été ouverte, n'est étayée par aucun élément du dossier; le recourant n'a 
d'ailleurs formé aucun allégué supplémentaire, pas plus qu'il n'a offert de preuve 
sur ce point. Le dommage que le recourant entrevoit, et dont il soutient qu'il lui 
revenait de le limiter en faisant intervenir d'emblée son conseil, n'était alors 
qu'hypothétique. Par conséquent, le recourant ne se trouvait pas contraint, à ce 
stade, d'engager des frais pour se défendre dans une procédure, seul cas dans 
lequel une prise en charge de ses frais d'avocat pourrait, cas échéant, incomber à 
l'intimée.  

 Enfin, s'il est exact que l'intimée s'était engagée à couvrir les frais de défense du 
recourant dans les procédures antérieures à 2009, ce qu'elle a fait, elle s'est aussi 
exprimée sur d'éventuelles nouvelles procédures dans son courrier de 2009, en 
requérant du recourant, par le truchement de son conseil, qu'il l'informe "de tout 
nouveau développement dans le cadre de cette affaire". Ce faisant, elle a 
clairement exprimé qu'elle n'interviendrait que dans l'hypothèse d'une procédure, 
ce qui est conforme aux principes rappelés ci-dessus. Comme le recourant ne 
soutient pas que cette hypothèse se serait réalisée, sa prétention est infondée. Le 
fait que l'intimée a pris en charge, sur recommandation de son conseil comme elle 
l'allègue, le montant des honoraires d'avocat du recourant selon sa note du 8 
janvier 2018, est dépourvu de portée à cet égard. 

 Au vu de ce qui précède, c'est à raison que le Tribunal a débouté le recourant des 
fins de ses conclusions.  

 Le recours, infondé, sera dès lors rejeté. 

4. Il n'est pas perçu de frais judiciaires (art. 114 let. c CPC). 

Il n'est pas alloué de dépens (art. 22 al. 2 LaCC). 

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PAR CES MOTIFS, 
La Chambre des prud'hommes, groupe 4 : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours formé par A______ contre le jugement rendu le 3 
décembre 2019 par le Tribunal des prud'hommes. 

Au fond : 

Rejette ce recours. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Madame Sylvie DROIN, présidente; Madame Nadia FAVRE, juge employeur; Madame 
Ana ROUX, juge salariée; Madame Chloé RAMAT, greffière. 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours et valeur litigieuse : 

 
Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière civile; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 

déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110). Il connaît également des recours constitutionnels subsidiaires; la 

qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 113 

à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans les trente 

jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. L'art. 119  

al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours 

constitutionnel, elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. 
 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 
Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 15'000  fr.