# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0e0c7203-f66b-57f9-a76e-f33c331c32e6
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-03-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 13.03.2013 A/3735/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3735-2012_2013-03-13.pdf

## Full Text

Siégeant : Maya CRAMER, Présidente; Christine BULLIARD MANGILI et  Monique 

STOLLER FULLEMANN, Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/3735/2012 ATAS/259/2013 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 13 mars 2013 

5ème Chambre 

 

En la cause 

Madame K__________, domiciliée à MEYRIN 

 

 

recourante 

 

contre 

SERVICE DES PRESTATIONS COMPLEMENTAIRES, sis route 

de Chêne 54, GENEVE 

intimé 

 

 

 

 

 

A/3735/2012 

- 2/10 - 

EN FAIT 

1. Madame K__________ (ci-après l’intéressée), née en 1952 au Chili et naturalisée 

suisse depuis 2009, perçoit des prestations complémentaires fédérales et cantonales 

versées par le SERVICE DES PRESTATIONS COMPLEMENTAIRES (ci-après 

le SPC).  

2. Selon un plan de calcul établi le 20 décembre 2010 par le SPC, l’intéressée avait 

droit, à compter du 1
er

 janvier 2011, à des prestations complémentaires fédérales 

mensuelles par 1'396 fr. et cantonales par 842 fr. (soit 2'238 fr. par mois), ainsi qu’à 

un subside pour l’assurance-maladie. 

3. Par pli du 20 décembre 2011, le SPC a maintenu l’octroi de ces montants pour la 

période à compter du 1
er

 janvier 2012. 

4. Le 8 juin 2012, le SPC a entamé la révision du dossier de l’intéressée. 

5. Par courriers des 10 et 12 juillet 2012, l’intéressée a informé le SPC qu’elle 

percevait depuis octobre 2011 une indemnité mensuelle versée par le gouvernement 

chilien qui s’élevait à 148'838 pesos chiliens pour tort moral en tant que victime 

d’actes de torture. 

6. Par décision du 4 septembre 2012 adressé en courrier B à l’intéressée, le SPC a 

procédé à un nouveau calcul des prestations pour la période d’octobre 2011 à 

septembre 2012 en tenant compte de cette indemnité pour tort moral (269 fr. par 

mois, correspondant à 3'228 fr. par an). Il en résultait, pour cette période, un trop 

perçu s’élevant à 3'228 fr. dont le SPC demandait la restitution. A compter du 1
er

 

octobre 2012, l’intéressée avait droit à des prestations complémentaires fédérales 

mensuelles par 1'127 fr. et cantonales par 842 fr. (soit 1’969 fr. par mois). 

7. Le 13 septembre 2012, l’intéressée a expliqué au SPC être dans l’impossibilité de 

rembourser le montant de 3'228 fr. dans le délai fixé par la décision précitée, de 

sorte qu’elle sollicitait un arrangement de paiement. 

8. Par pli du 2 octobre 2012, le SPC a répondu que suite à l’examen de son dossier, les 

conditions de l’irrécouvrable étaient remplies, de sorte qu’il ne lui réclamait pas le 

montant de 3'228 fr. Cependant, le remboursement de cette somme pouvait être 

exigé en cas de retour à meilleure fortune. 

9. Par pli du 12 octobre 2012, l’intéressée a formé opposition à la décision du 4 

septembre 2012, faisant valoir que le SPC avait à tort qualifié l’indemnité de rente 

étrangère. Les actes de torture dont elle avait souffert durant la dictature du Général 

Pinochet avaient été reconnus par l’Etat chilien, lequel lui octroyait désormais une 

indemnité mensuelle à titre de réparation. 

 

 

 

 

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- 3/10 - 

10. Par décision sur opposition du 8 novembre 2012, le SPC a confirmé sa décision. 

Cette indemnité était une rente qui devait être prise en compte dans le calcul des 

prestations complémentaires à titre de revenu. 

11. Par acte du 10 décembre 2012, l’intéressée interjette recours contre cette décision, 

concluant, préalablement, à l’octroi d’un délai pour compléter les motifs de son 

recours et produire les travaux parlementaires relatifs à deux lois chiliennes et, 

principalement, à l’annulation de la décision. La recourante explique que l’Etat 

chilien avait reconnu son statut de victime de torture et lui octroyait cette indemnité 

mensuelle à titre de réparation. Il ne s’agissait pas d’une prestation d’assurance, 

mais l’exécution en argent du droit à la réparation reconnu aux victimes de torture 

déduit notamment de l’art. 3 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme 

et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH ; RS 0.101). Par ailleurs, 

la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou 

dégradants (RS 0.105) était entrée en vigueur en Suisse le 26 juin 1987, de sorte 

que la Suisse se devait de reconnaître le droit de la recourante à être indemnisée 

équitablement, de manière adéquate et effective. Or, la prise en compte de cette 

indemnité dans le calcul des prestations complémentaires avait pour effet de la 

priver du bénéfice effectif de cette indemnité visant à réparer les actes de torture 

subis. Par ailleurs, la recourante est d’avis que les indemnités visant à la réparation 

pour actes de torture auraient dû être mentionnées à l’art. 11 al. 3 de la loi fédérale 

sur les prestations complémentaires à l’AVS et à l’AI du 6 octobre 2006 (loi sur les 

prestations complémentaires, LPC ; RS 831.30) et qu’il s’agit d’une lacune 

résultant du fait que la Suisse n’octroie pas de telles indemnités. Elle explique 

également que lors d’un entretien téléphonique en septembre 2012, un collaborateur 

du SPC avait indiqué à son assistante sociale, que cette indemnité ne serait pas prise 

en compte dans le calcul du droit aux prestations. A l’appui de son recours, elle 

produit une attestation non datée établie par son assistante sociale. Elle conteste que 

l’indemnité reçue à titre de réparation une victime de torture soit qualifiée de 

revenu et de rente étrangère et estime que c’est à tort que le SPC lui demande le 

remboursement de 3'228 fr. correspondant à la totalité des indemnités reçues au 31 

décembre 2011 pour les actes de torture subis.  

12. Par réponse du 4 janvier 2013, l’intimé conclut au rejet du recours. 

13. Après avoir octroyé un délai à la recourante pour d’éventuelles observations et 

produire toutes pièces utiles, la Cour de céans a gardé la cause à juger. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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- 4/10 - 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 3 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 

26 septembre 2010 (LOJ; RS E 2 05) en vigueur dès le 1
er

 janvier 2011, la Chambre 

des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des 

contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 

assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1) relatives à la LPC. Elle 

statue aussi, en application de l'art. 134 al. 3 let. a LOJ, sur les contestations 

prévues à l'art. 43 de la loi cantonale sur les prestations cantonales complémentaires 

à l'assurance-vieillesse et survivants et à l'assurance-invalidité du 25 octobre 1968 

(LPCC; RS J 7 15). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Interjeté dans les forme et délai légaux, le recours est recevable (art. 56 al. 1 et 60 

al. 1 LPGA; art. 9 de la loi cantonale du 14 octobre 1965 sur les prestations 

fédérales complémentaires à l’assurance-vieillesse et survivants et à l’assurance-

invalidité [LPFC; RSG J 7 10]; art. 43 LPCC). 

3. Le litige porte sur le bien-fondé de la décision de restitution du montant de 3’228 fr. 

et, en particulier, sur la prise en compte, dans le cadre du revenu déterminant, de 

l’indemnité versée à la recourante par l’Etat chilien depuis le 1
er

 octobre 2011. 

4. a) Conformément à l’art. 4 al. 1 LPC, les ressortissants suisses, qui ont leur 

domicile et leur résidence habituelle (art. 13 LPGA) en Suisse et bénéficient d’une 

rente de l’assurance-invalidité ont droit à des prestations complémentaires 

fédérales. Le montant de la prestation complémentaire annuelle correspond à la part 

des dépenses reconnues qui excède les revenus déterminants (art. 9 al. 1 LPC). Une 

réglementation similaire régit les prestations complémentaires cantonales ; le 

revenu déterminant est calculé conformément aux règles fixées dans la LPC et ses 

dispositions d’exécution (art. 4ss LPCC). 

b) Aux termes de l’art. 11 al. 1 let. d LPC, les revenus déterminants comprennent 

notamment les rentes, pensions et autres prestations périodiques, y compris les 

rentes de l’AVS et de l’AI.  

Par rentes et pensions, il faut entendre les prestations périodiques au sens large du 

terme (Message du Conseil fédéral relatif à un projet de loi sur les prestations 

complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité du 21 septembre 

1964, FF 1964 II 732). Elles comprennent les rentes versées par des institutions 

d’assurance de droit public ou privé, y compris tous les suppléments (rentes de 

l’AVS et de l’AI, de l’assurance-accidents, de la prévoyance professionnelle, de 

l’assurance militaire, rentes viagères, rentes d’assurances sociales cantonales ou 

provenant de l’étranger et autres (Directives de l'Office fédéral des assurances 

sociales concernant les prestations complémentaires [DPC], ch. 3451.02). 

 

 

 

 

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- 5/10 - 

c) Selon l’art. 11 al. 3 LPC, ne sont pas pris en compte à titre de revenus 

déterminants, les aliments fournis par les proches en vertu des art. 328 à 330 du 

Code civil suisse du 10 décembre 1907 (CC ; RS 210) (let. a), les prestations d’aide 

sociale (let. b), les prestations provenant de personnes et d’institutions publiques ou 

privées ayant un caractère d’assistance manifeste (let. c), les allocations pour 

impotents des assurances sociales (let. d), les bourses d’études et autres aides 

financières destinées à l’instruction (let. e), la contribution d’assistance versée par 

l’AVS ou par l’AI (let. f, en vigueur depuis le 1
er

 janvier 2012). 

L’alinéa 3 consacre le principe de la priorité des prestations complémentaires, en 

tant que prestations d’assurances, sur les prestations d’aide ou d’entretien. Du point 

de vue social, il importe que, lors de la détermination des prestations 

complémentaires, les secours des proches et de l’assistance publique ne soient pas 

pris en compte. Entrent dans cette dernière catégorie, les prestations qui ont un 

caractère marqué d’assistance, telles que les mesures de secours dans des cas 

spéciaux, les prestations des institutions d’utilité publique et les dons bénévoles de 

personnes privées. Les bourses d’études et autres aides financières à l’instruction en 

faveur d’orphelins ou d’enfants ne sont pas non plus prises en compte (Message du 

Conseil fédéral précité, FF 1964 II 732).  

Par prestations d’aide sociale, il faut entendre les secours uniques ou périodiques de 

tous genres, octroyés par les organes de l’aide sociale (assistance publique). Sont 

considérés plus particulièrement comme prestations ayant manifestement le 

caractère d’assistance, les secours et les contributions payés périodiquement ou en 

un versement unique, à titre strictement gratuit, qui ne reposent sur aucune 

obligation (OFAS, DPC, ch. 3412.04 et 3412.05). 

L’énumération légale des éléments de revenu à prendre en compte et des éléments 

de revenu à ne pas prendre en compte est exhaustive (ATFA non publié P 43/04 du 

3 décembre 2004, consid. 2). Toutes les rentes et pensions qui ne sont pas exclues 

par l’art. 11 al. 3 LPC doivent être prises intégralement en compte comme revenu 

(OFAS, DPC, ch. 3451.01). 

d) Les prestations complémentaires sont destinées à fournir aux personnes les plus 

mal loties socialement un revenu minimum (Message du Conseil fédéral précité, FF 

1964 II 706). L'esprit de cette assurance est que les personnes puisent d'abord dans 

leurs propres moyens avant que leurs besoins courants ne soient pris en charge par 

les prestations complémentaires (ATFA non publié P 43/04 du 3 décembre 2004, 

consid. 3).  

Conformément à la jurisprudence constante, il faut tenir compte des revenus 

effectivement touchés et des avoirs disponibles dont la personne qui demande les 

prestations peut disposer intégralement (ATF 127 V 248 consid. 4a ; 122 V 19 

consid. 5a et les références). Il en va ainsi de l’indemnité versée à la victime d’un 

 

 

 

 

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- 6/10 - 

accident de la circulation par une assurance responsabilité civile (RCC 1990 369 

consid. 2).  

5. La prestation complémentaire annuelle doit être augmentée, réduite ou supprimée 

lorsque les dépenses reconnues, les revenus déterminants et la fortune subissent une 

diminution ou une augmentation pour une durée qui sera vraisemblablement 

longue. Sont déterminants les dépenses nouvelles et les revenus nouveaux et 

durables, convertis sur une année, ainsi que la fortune existant à la date à laquelle le 

changement intervient ; on peut renoncer à adapter la prestation complémentaire 

annuelle, lorsque la modification est inférieure à 120 francs par an (art. 25 al. 1 let. 

c de l’ordonnance sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, 

survivants et invalidité du 15 janvier 1971 ; OPC-AVS/AI ; RS 831.301). D’après 

les directives de l’OFAS, si, au cours de l’année civile, les revenus déterminants 

ainsi que les dépenses reconnues subissent, pour une période vraisemblablement 

assez longue, une sensible diminution ou une augmentation notable, la prestation 

complémentaire est calculée en fonction des nouveaux éléments de revenus et de 

dépenses, convertis en revenus et dépenses annuels, et de la fortune existant à la 

date à laquelle la modification est intervenue (OFAS, DPC, ch. 7005). 

Aux termes de l’art. 23 al. 3 OPC-AVS/AI et de l’art. 9 al. 1 LPCC, la prestation 

complémentaire annuelle doit toujours être calculée compte tenu des rentes, 

pensions et autres prestations périodiques en cours (au sens de l’art. 11 al. 1 let. d 

LPC). 

Par ailleurs, pour la conversion en francs suisses des rentes et pensions des Etats 

qui ne sont pas parties à la Convention de libre passage CH-UE et à l’Accord de 

l’AELE, il convient d’appliquer le cours moyen au début du droit aux prestations 

complémentaires (OFAS, DPC, ch. 3451.02 et 3452.02). 

6. A teneur de l'art. 25 LPGA, les prestations indûment touchées doivent être 

restituées. La restitution ne peut être exigée lorsque l'intéressé était de bonne foi et 

qu'elle le mettrait dans une situation difficile (al. 1). Le droit de demander la 

restitution s'éteint un an après le moment où l'institution d'assurance a eu 

connaissance du fait, mais au plus tard cinq ans après le versement de la prestation. 

Si la créance naît d'un acte punissable pour lequel le droit pénal prévoit un délai de 

prescription plus long, celui-ci est déterminant (al. 2). 

L'art. 25 al. 1 et 2 LPGA correspond au régime légal antérieur, en particulier à 

l'ancien art. 47 LAVS (ATF 130 V 318 consid. 5.2). Dans cette mesure la 

jurisprudence rendue sous l'ancien droit conserve son actualité et des problèmes 

particuliers de droit transitoire ne se posent pas (Ueli KIESER, ATSG-Kommentar. 

2
ème

 éd. 2009, n. 9 ad art. 25 LPGA). 

Selon la jurisprudence, la modification de décisions d'octroi de prestations 

complémentaires peut avoir un effet ex tunc - et, partant, justifier la répétition de 

 

 

 

 

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prestations déjà perçues - lorsque sont réalisées les conditions qui président à la 

révocation, par son auteur, d'une décision administrative. Comme par le passé, soit 

avant l'entrée en vigueur de la LPGA au 1
er

 janvier 2003, l'obligation de restituer 

suppose aujourd'hui encore, conformément à la jurisprudence rendue à propos de 

l'ancien art. 47 al. 1 LAVS ou de l'ancien art. 95 LACI (p. ex. ATF 129 V 110 

consid. 1.1, 126 V 23 consid. 4b, 122 V 21 consid. 3a), que soient remplies les 

conditions d'une reconsidération ou d'une révision procédurale de la décision - 

formelle ou non - par laquelle les prestations en cause ont été allouées (ATF 130 V 

318 consid. 5.2).  

Selon l'art. 53 al. 1 LPGA, les décisions et les décisions sur opposition 

formellement passées en force sont soumises à révision si l'assuré ou l'assureur 

découvre subséquemment des faits nouveaux importants ou trouve des nouveaux 

moyens de preuve qui ne pouvaient être produits auparavant.  

En ce qui concerne plus particulièrement la révision, l'obligation de restituer des 

prestations complémentaires indûment touchées et son étendue dans le temps sont 

indépendantes de la bonne foi du bénéficiaire des prestations, car il s'agit de rétablir 

l'ordre légal, après la découverte du fait nouveau (ATF non publié P 61/ 2004 

consid. 5). Ce nonobstant, il y a lieu de réserver la possibilité pour l'assuré de 

former une demande de remise qui fera l'objet d'une décision séparée (art. 25 al. 1, 

2
ème

 phrase LPGA et art. 4 al. 4 et 4 al. 5 de l'ordonnance sur la partie générale du 

droit des assurances sociales du 11 septembre 2002 (RS 830.11 - OPGA). 

7. En l’occurrence, la recourante perçoit une indemnité mensuelle versée par l’Etat 

chilien s’élevant à 148’838 pesos chiliens.  

Cette indemnité mensuelle doit être qualifiée de prestation périodique à prendre en 

compte dans le revenu déterminant au sens de l’art. 11 al. 1 let. d LPC, pour autant 

que sa prise en considération ne soit pas exclue par l’art. 11 al. 3 LPC.  

Il n’est pas contesté par la recourante que l’indemnité versée par l’Etat chilien à 

titre de réparation pour tort moral, ne revêt pas le caractère d’assistance ou d’aide 

sociale au sens de l’art. 11 al. 3 let. b et c LPC. 

La recourante fait toutefois valoir que l’art. 11 al. 3 LPC serait lacunaire en tant 

qu’il ne mentionne pas les indemnités versées à titre de réparation pour tort moral 

pour les victimes de torture. Elle est d’avis que ce type d’indemnité n’a pas été 

mentionné à l’art. 11 al. 3 LPC car la Suisse n’en verse pas.  

Il résulte clairement du Message précité du Conseil fédéral, que l’alinéa 3 de l’art. 

11 LPC consacre la priorité des prestations complémentaires, en tant que 

prestations d’assurances, sur les prestations d’aide ou d’entretien. La volonté du 

législateur était d’exclure du revenu déterminant uniquement les secours fournis par 

les proches et les prestations ayant un caractère marqué d’assistance, à l’exclusion 

 

 

 

 

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de toute autre prestation (FF 1964 II 732). Qui plus est, il convient de relever que la 

situation de la recourante est assimilable à celle d’une personne qui reçoit des 

autorités suisses une indemnité versée à titre de réparation morale selon la loi 

fédérale sur l’aide aux victimes d’infractions du 23 mars 2007 (loi sur l’aide aux 

victimes, LAVI ; RS 312.5). Or, le Tribunal fédéral a estimé qu’une indemnité 

versée pour tort moral fondée sur la LAVI doit être prise en compte au chapitre des 

revenus déterminants pour le calcul des prestations complémentaire. Il a précisé à 

cet égard que le fait que l’intéressé doive utiliser ce type d’indemnité pour couvrir 

ses dépenses courantes n’y change rien et ne permet pas d’admettre que la loi 

contient une lacune. Il appartient au législateur - et non au juge - de régler ce point, 

s’il entend que l’assuré victime d’une infraction n’ait pas, par principe, à mettre 

cette indemnité à contribution pour la couverture de ses besoins courants (ATF non 

publié P 43/04 du 3 décembre 2004, consid. 3 ; ATF 129 II 145 consid. 3.5).  

Compte tenu de ce qui précède, il convient de retenir que l’indemnité mensuelle 

versée par l’Etat chilien, à titre de réparation pour le tort moral subi par la 

recourante pour les actes de torture, est une prestation périodique au sens de l’art. 

11 al. 1 let. d LPC à prendre en compte en tant que revenu déterminant. 

Le fait que la recourante doive utiliser l’indemnité reçue du gouvernement chilien 

pour couvrir en partie ses besoins courants et que partant, une réduction des 

prestations complémentaires s’ensuive, correspond bien à l’esprit de cette assurance 

sociale. 

Par ailleurs, contrairement à ce qu’allègue la recourante, il ne ressort nullement de 

l’attestation établie par son assistante sociale que le gestionnaire en charge de son 

dossier auprès de l’intimé aurait indiqué que l’indemnité ne serait pas prise en 

compte dans le calcul des prestations complémentaires (pièce 2 chargé recourante). 

C’est ainsi à juste titre que l’intimé a pris en compte l’indemnité versée par l’Etat 

chilien dès octobre 2011 dans le calcul des prestations complémentaires, dès lors 

qu’il s’agit indiscutablement d'un fait nouveau important constituant à l'évidence un 

motif de révision procédurale justifiant un nouveau calcul des prestations avec effet 

ex tunc. 

On relèvera encore que le montant annuel pris en considération par l’intimé dans le 

calcul des prestations, soit 3'228 fr. et correspondant à un montant mensuel de 269 

fr. (3228/12) est correct dans la mesure où le cours moyen de conversion en francs 

suisses des pesos chiliens en octobre 2011 était de 1000 CLP = 1 fr. 8119 

(http://www.estv.admin.ch/mwst/dienstleistungen/00304/00308/01137/01226/index

.html?lang=fr). Ce montant n’est au demeurant pas contesté. 

L'intimé était ainsi fondé à réclamer à la recourante, par sa décision du 4 septembre 

2012, la restitution des prestations complémentaires fédérales, étant rappelé que 

l'obligation de restituer les prestations complémentaires indûment touchées et son 

 

 

 

 

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étendue dans le temps n'est dans ces circonstances pas liés à une violation de 

l'obligation de renseigner. Il s'agit simplement de rétablir l'ordre légal, après la 

découverte du fait nouveau. 

Il convient de relever à l’attention de la recourante que le montant à restituer, soit 

3'228 fr., ne correspond pas aux indemnités versées par le gouvernement chilien 

jusqu’au 31 décembre 2011, comme elle le prétend, mais aux prestations 

complémentaires fédérales reçues indûment entre le 1
er

 octobre 2011 et le 30 

septembre 2012. 

Enfin, la bonne foi de la recourante et sa situation financière seront, le cas échéant, 

examinés dans un deuxième temps dans le cadre de la procédure de remise, laquelle 

pourra être entamée lorsque la décision de restitution sera entrée en force (ATF 132 

V 42 consid. 1.2; ATF non publié 8C_602/2007 du 13 décembre 2007). 

8. Partant, le recours ne peut ainsi qu’être rejeté. 

9. Pour le surplus, la procédure est gratuite (art. 61 LPGA ; art. 89H al. 1 de la loi sur 

la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA ; RSG E 5 10). 

 

 

 

 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public (art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 17 juin 2005 - 

LTF; RS 173.110) aux conditions de l’art. 95 LTF pour ce qui a trait aux 

prestations complémentaires fédérales, par la voie du recours constitutionnel 

subsidiaire (articles 113 ss LTF) aux conditions de l’art. 116 LTF pour ce qui a trait 

aux prestations complémentaires cantonales. Le mémoire de recours doit indiquer 

les conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou 

de son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par 

voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 

possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 

l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Laure GONDRAND 

 La Présidente 

 

 

 

 

Maya CRAMER 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le