# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b74eea27-7d1e-585b-b1a8-bf4e2c8c3be5
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-05-21
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal administratif de première instance en matière fiscale 21.05.2024 A/1639/2024
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TAPI_001_A-1639-2024_2024-05-21.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1639/2024 MC JTAPI/477/2024 

 

JUGEMENT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

DE PREMIÈRE INSTANCE 

du 21 mai 2024 

 

dans la cause 

 

Monsieur A______, représenté par Me Benoît MAURON, avocat 

 

contre 

OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION ET DES MIGRATIONS 

 

  

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A/1639/2024 

EN FAIT 

1. Monsieur A______, se présentant sous cette identité et se disant né le ______ 1982 
et originaire de Guinée-Bissau, mais dépourvu de tout document d'identité, a 
déposé, le 2 mars 2010, une demande d'asile en Suisse, laquelle a fait l'objet d'une 
décision de non-entrée en matière et de renvoi. La prise en charge et l'exécution du 
renvoi de l'intéressé ont été confiées au canton de Genève. En raison de la 
disparition de l'intéressé, son transfert en Espagne, Etat Dublin responsable, n'a pas 
pu être effectué.  

2. Après avoir été reprise en 2016, la procédure d'asile a été radiée en raison de 
l'absence de collaboration de l'intéressé. M. A______ a par ailleurs fait l'objet d'une 
interdiction d'entrée en Suisse, notifiée le 24 octobre 2015 et valable jusqu'au 
2 octobre 2019. En outre, le 22 juin 2017, l'intéressé s'est vu notifier par l'office 
cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM) une décision 
immédiatement exécutoire de renvoi de Suisse. 

3. Entre le 18 janvier 2014 et le 17 octobre 2022, M. A______ a été condamné à 
sept reprises pour, notamment, entrée illégale (violation de l'interdiction d'entrer en 
Suisse prononcée à son encontre), séjour illégal, opposition aux actes de l'autorité, 
empêchement d'accomplir un acte officiel, délit contre la loi sur les stupéfiants et 
rupture de ban – l'intéressé, sous le coup d'une mesure d'expulsion judiciaire 
prononcée le 13 septembre 2018 pour une durée de dix ans par le Tribunal de police 
de Genève, étant revenu en Suisse après s'être vu notifier, le 27 juin 2019, par 
l'autorité administrative compétente, une décision de non-report de la mesure 
d'expulsion judiciaire, décision qui lui avait imparti un délai de 48 heures pour 
quitter le territoire helvétique. 

4. La demande de soutien en vue de l'exécution du renvoi, initiée auprès du secrétariat 
d'Etat aux migrations (ci-après : SEM) en mai 2017, n'a à ce jour pas abouti en 
raison de l'absence de collaboration de M. A______.  

5. En 2017, l'intéressé a été présenté à une délégation de Guinée-Bissau devant 
laquelle il a prétendu être originaire de Gambie, et ce alors même qu'à son arrivée 
en Suisse, il avait déclaré être ressortissant de Guinée-Bissau. 

6. En 2018, dans le cadre d’un test LINGUA, il a prétendu ne pas pouvoir parler en 
langue mandingue. 

7. En 2019, présenté à une délégation de Gambie, il a indiqué devant celle-ci être 
originaire de Guinée-Conakry. 

8. Le 17 octobre 2022, M. A______ a été incarcéré à la Prison de Champ-Dollon, puis 
transféré à l'établissement de la Brenaz le 12 janvier 2023 dans le cadre de 
l'exécution des peines prononcées à son encontre les 6 mars 2021 et 17 octobre 2022 
par le Ministère public du canton de Genève. 

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9. Par jugement du 6 juin 2023, le Tribunal d'application des peines et des mesures 
(ci-après : TAPEM) a refusé la libération conditionnelle à M. A______. Il ressortait 
dudit jugement que : « S'agissant du pronostic, il se présente sous un jour très 
défavorable au vu des nombreux antécédents du précité. Les courtes peines 
privatives de liberté successives prononcées à son encontre ne l'ont pas dissuadé de 
récidiver. Il a par ailleurs récidivé après l'octroi d'une libération conditionnelle le 
9 mars 2016. Sa situation personnelle demeure inchangée et on ne perçoit aucun 
effort du précité pour modifier la situation, étant rappelé qu'il fait l'objet d'une 
expulsion de Suisse d'une durée de dix ans. Aucun projet concret et étayé n'est 
présenté, de sorte qu'il se retrouvera à sa sortie dans la même situation personnelle 
que celle ayant mené à ses dernières condamnations, à savoir en situation illégale 
en Suisse, sans travail, ni logement. Il n'a aucune garantie de pouvoir séjourner 
légalement en Espagne, où il dit vouloir se rendre à sa sortie. Enfin, le précité 
n'entreprend aucune démarche aux fins de se procurer des pièces de légitimation. 
En l'état, rien n'indique que le précité saurait mettre davantage à profit une nouvelle 
libération conditionnelle et le risque qu'il commette de nouvelles infractions 
apparaît très élevé, étant précisé qu'à teneur des dernières condamnations figurant 
à son casier judiciaire, ce risque ne se limite pas à des infractions à la loi sur les 
étrangers et l'intégration ». 

10. Il ressort par ailleurs du rapport d'arrestation du 17 octobre 2022 que M. A______ 
reconnaissait être venu en Suisse le 16 octobre 2022 depuis la France - où il 
déclarait vivre, sans toutefois connaître son adresse -, n'avoir aucun lieu de 
résidence fixe sur le territoire helvétique, avec lequel il n'avait au demeurant aucun 
lien particulier, ni aucune source légale de revenu. Il ressortait également de ses 
déclarations qu'il n'avait effectué aucune démarche en vue de son retour dans son 
pays d'origine, où il n'avait d'ailleurs aucune intention de rentrer. 

11. À sa sortie de prison, le 30 septembre 2023, M. A______ a été remis entre les mains 
des services de police en vue de son refoulement. 

12. Le 30 septembre 2023, à 14h25, le commissaire de police a émis un ordre de mise 
en détention administrative à l'encontre de M. A______ pour une durée de cinq 
mois. 

13. Cette décision indiquait qu'afin de poursuivre le processus d'identification et en vue 
d'obtenir la reconnaissance officielle de M. A______ en tant que ressortissant 
gambien, le SEM avait décidé de le présenter à nouveau à une délégation gambienne 
dans le cadre des auditions centralisées qui devaient avoir lieu à la fin du mois de 
novembre 2023, auditions à la suite desquelles l'intéressé - une fois officiellement 
identifié – pourrait, compte tenu de l'absence de collaboration dont il faisait preuve 
depuis de nombreuses années, être inscrit sur le prochain vol spécial prévu à 
destination de la Gambie. 

Au commissaire de police, M. A______ a déclaré qu'il s'opposait à son renvoi dans 
son pays d’origine mais souhaitait se rendre au plus vite en Espagne et quitter la 
Suisse. 

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14. Entendu le 2 octobre 2023 par le tribunal, M. A______ a déclaré qu’il était 
originaire de Guinée. Il n’avait aucun document d'identité à produire. Il était revenu 
en Suisse le 16 octobre 2022 en provenance d'Espagne et avait immédiatement été 
arrêté et mis en détention pénale. Il n’avait jamais habité en France. Il n’avait pas 
d'autorisation de séjour en Espagne : il avait travaillé dans la culture des fruits. Il 
n’était pas d'accord de retourner en Gambie ni en Afrique. S’il était remis en liberté, 
il se rendrait en Espagne. 

La représentante du commissaire de police a confirmé que M. A______ serait 
présenté fin novembre à une délégation gambienne afin d'identification. Une fois 
qu'il serait officiellement reconnu comme étant gambien, un laissez-passer serait 
délivré en vue de son renvoi, étant précisé qu'aucun vol avec escorte policière ne 
pouvait être organisé à destination de la Gambie. 

15. Par jugement JTAPI/1065/2023 du 3 octobre 2023, le tribunal a confirmé l’ordre 
de mise en détention administrative pour une durée de cinq mois, soit jusqu'au 28 
février 2024 inclus. 

16. Le 20 octobre 2023, la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la 
chambre administrative) a rejeté le recours interjeté le 13 octobre 2023 par 
M.  A______ contre le jugement précité du tribunal (ATA/1151/2023). 

17. Le 28 novembre 2023, l'intéressé a été présenté lors d'une audition centralisée 
menée par une délégation de la République de Gambie. 

18. Le 12 février 2024, le SEM a indiqué à l’OCPM que l'intéressé avait refusé de 
collaborer lors de l'audition centralisée du 28 novembre 2023, en se disant 
notamment d'origine guinéenne. À ce jour, des démarches de vérifications sur la 
base d'un passeport échu étaient toujours en cours du côté des autorités gambiennes. 
Dans l'intervalle et si cela s'avérait nécessaire, il poursuivrait les mesures 
d'identification et conduirait l'intéressé aux prochaines auditions guinéennes qui 
devraient avoir lieu au cours du deuxième semestre 2024. 

19. Par requête motivée du 16 février 2024 l’OCPM a sollicité la prolongation de la 
détention administrative de M. A______ pour une durée de trois mois. 

20. Devant le tribunal, lors de l'audience du 27 février 2024, M. A______ a déclaré 
qu’il n’était pas d’accord de retourner en Gambie. Il était originaire de Guinée 
Conakry. Il n’était toutefois pas d’accord non plus de retourner dans ce pays, car il 
y risquerait pour sa vie. Il souhaitait être remis en liberté et quitter la Suisse. Cas 
échéant, il le ferait immédiatement. 

La représentante de l’OCPM a indiqué que les démarches de vérification sur la base 
du passeport échu de M. A______ étaient toujours en cours. De même, les autorités 
envisageaient toujours de le présenter, si besoin, aux prochaines auditions 
guinéennes qui devraient avoir lieu au cours du deuxième semestre 2024. 
M.  A______ pouvait toujours contacter la délégation de son pays d’origine afin 
d’obtenir un laissez-passer qui permettrait de finaliser, dans les meilleurs délais, 
son refoulement et ainsi mettre fin rapidement à sa détention administrative. 

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21. Par jugement du 27 février 2024 (JTAPI/171/2024), le tribunal a prolongé la 
détention administrative de M. A______ pour une durée de trois mois, soit jusqu'au 
28 mai 2024 inclus.  

22. Le 7 mai 2024, le SEM a informé les autorités genevoises qu'une visite à Banjul 
dans le cadre d'une délégation était prévue fin mai 2024 et que le cas de M. A______ 
y serait discuté dans le but de l'identifier.  

23. Par requête motivée du 13 mai 2024, l'OCPM a sollicité la prolongation de la 
détention administrative de M. A______ pour une durée de deux mois, soit jusqu'au 
28 juillet 2024 en précisant qu’à ce jour les prochaines auditions guinéennes étaient 
toujours prévues au cours du deuxième semestre 2024 et que, le 7 mai 2024, le SEM 
avait informé le canton qu’une visite à Banjul dans le cadre d’une délégation était 
prévue fin mai 2024. Le cas de M. A______ y serait discuté dans le but de 
l’identifier.   

24. Devant le Tribunal administratif de première instance (ci-après : le tribunal), lors 
de l'audience de ce jour, M. A______ a répété être ressortissant de Guinée-Conakry. 

La représentante de l'OCPM a conclu à la confirmation de la demande de 
prolongation de la détention administrative de M. A______ pour une durée de deux 
mois. 

L'intéressé, par l'intermédiaire de son conseil, a conclu à conclus au rejet de la 
demande de prolongation de la détention et à sa libération immédiate. 

EN DROIT 

1. Le Tribunal administratif de première instance est compétent pour prolonger la 
détention administrative en vue de renvoi ou d'expulsion (art. 115 al. 1 et 116 al. 1 
de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 7 
al. 4 let. e de la loi d'application de la loi fédérale sur les étrangers du 16 juin 1988 
- LaLEtr - F 2 10). 

2. S'il entend demander la prolongation de la détention en vue du renvoi, l'OCPM doit 
saisir le tribunal d'une requête écrite et motivée dans ce sens au plus tard huit jours 
ouvrables avant l’expiration de la détention (art. 7 al. 1 let. d et 8 al. 4 LaLEtr). 

3. En l'occurrence, le 13 mai 2024, le tribunal a été valablement saisi, dans le délai 
légal précité, d'une requête de l'OCPM tendant à la prolongation de la détention 
administrative de M. A______ pour une durée de deux mois. 

4. Statuant ce jour, le tribunal respecte le délai fixé par l'art. 9 al. 4 LaLEtr, qui stipule 
qu'il lui incombe de statuer dans les huit jours ouvrables qui suivent sa saisine, étant 
précisé que, le cas échéant, il ordonne la mise en liberté de l’étranger. 

5. La détention administrative porte une atteinte grave à la liberté personnelle et ne 
peut être ordonnée que dans le respect de l'art. 5 par. 1 let. f de la Convention de 
sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 

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1950 (CEDH - RS 0.101) (cf. ATF 135 II 105 consid. 2.2.1) et de l'art. 31 de la 
Constitution fédérale suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), ce qui suppose en 
premier lieu qu'elle repose sur une base légale. Le respect de la légalité implique 
ainsi que la mise en détention administrative ne soit prononcée que si les motifs 
prévus dans la loi sont concrètement réalisés (ATF 140 II 1 consid. 5.1 ; arrêts du 
Tribunal fédéral 2C_105/2016 du 8 mars 2016 consid. 5.1 ; 2C_951/2015 du 17  
novembre 2015 consid. 2.1). 

6. À teneur de l'art. 76 al. 1 let. b ch. 1 LEI (cum art. 75 al. 1 LEI), après notification 
d'une décision de première instance de renvoi ou d'une décision de première 
instance d'expulsion au sens des art. 66a ou 66abis du Code pénal suisse du 21  
décembre 1937 (CP - RS 311.0), l'autorité compétente peut, afin d'en assurer 
l'exécution, mettre en détention la personne concernée notamment si elle a franchi 
la frontière malgré une interdiction d’entrer en Suisse et n'a pu être renvoyée 
immédiatement (let. c). 

Il découle de la jurisprudence qu'une décision d'expulsion pénale au sens des art.  
66a ou 66abis CP vaut comme interdiction d'entrée pour la durée prononcée par le 
juge pénal (ATA/179/2018 du 27 février 2018 consid. 4). 

7. Une mise en détention administrative est aussi envisageable si des éléments 
concrets font craindre que la personne entend se soustraire au renvoi ou à 
l'expulsion, en particulier parce qu'elle ne se soumet pas à son obligation de 
collaborer en vertu de l'art. 90 LEI (art. 76 al. 1 let. b ch. 3 LEI), ou encore si son 
comportement permet de conclure qu'elle se refuse à obtempérer aux instructions 
des autorités (art. 76 al. 1 let. b ch. 4 LEI). 

8. La détention administrative doit respecter le principe de la proportionnalité, garanti 
par l'art. 36 Cst., qui se compose des règles d'aptitude - exigeant que le moyen choisi 
soit propre à atteindre le but fixé -, de nécessité - qui impose qu'entre plusieurs 
moyens adaptés, on choisisse celui qui porte l'atteinte la moins grave aux intérêts 
privés - et de proportionnalité au sens étroit - qui met en balance les effets de la 
mesure choisie sur la situation de l'administré et le résultat escompté du point de 
vue de l'intérêt public (ATF 125 I 474 consid. 3 et les arrêts cités ; arrêt du Tribunal 
fédéral 1P.269/2001 du 7 juin 2001 consid. 2c ; ATA/189/2015 du 18 février 2015 
consid. 7a). 

Les démarches nécessaires à l'exécution du renvoi ou de l'expulsion doivent être 
entreprises sans tarder (art. 76 al. 4 LEI ; « principe de célérité ou de diligence »). 
Il s'agit d'une condition à laquelle la détention est subordonnée (cf. arrêt du Tribunal 
fédéral 2A.581/2006 du 18 octobre 2006 ; cf. aussi ATA/315/2010 du 6 mai 2010 ; 
ATA/88/2010 du 9 février 2010 ; ATA/644/2009 du 8 décembre 2009 et les 
références citées). 

Selon la jurisprudence, le devoir de célérité est en principe violé lorsque, pendant 
plus de deux mois, aucune démarche n'est accomplie en vue de l'exécution du 
refoulement par les autorités compétentes, sans que cette inaction soit en première 

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ligne causée par le comportement des autorités étrangères ou celui de l'intéressé lui-
même (ATF 139 I 206 consid. 2.1 et les arrêts cités ; arrêt du Tribunal fédéral 
2C_18/2016 du 2 février 2016 consid. 4.2 ; ATA/567/2016 du 1er juillet 2016 
consid. 7a). 

9. Selon l'art. 79 al. 1 LEI, la détention ne peut excéder six mois au total. Cette durée 
maximale peut néanmoins, avec l’accord de l’autorité judiciaire cantonale, être 
prolongée de douze mois au plus, lorsque la personne concernée ne coopère pas 
avec l’autorité compétente (art. 79 al. 2 let. a LEI) ou lorsque l’obtention des 
documents nécessaires au départ auprès d’un État qui ne fait pas partie des États 
Schengen prend du retard (art. 79 al. 2 let. b LEI). Concrètement, dans ces deux 
circonstances, la détention administrative peut donc atteindre dix-huit mois (cf. not. 
arrêt du Tribunal fédéral 2C_560/2021 du 3 août 2021 consid. 8.1). 

Selon l'art. 80 al. 4 LEI, l'autorité judiciaire qui examine la décision de détention de 
maintien ou de levée tient compte de la situation familiale de la personne détenue 
et des conditions d'exécution de la détention. La détention doit en particulier être 
levée, selon l'art. 80 al. 6 let. a LEI, si le motif de la détention n'existe plus ou si 
l'exécution du renvoi ou de l'expulsion s'avère impossible pour des raisons 
juridiques ou matérielles ou qu'elle ne peut être raisonnablement exigée, cette 
dernière disposition légale renvoyant à l'art. 83 al. 1 à 4 LEI (cf. ATA/92/2017 du 
3 février 2017 consid. 5a ; ATA/1173/2015 du 30 octobre 2015 consid. 5b). 

10. Selon la jurisprudence, le simple fait que les autorités chargées du refoulement des 
étrangers se heurtent à des difficultés et risquent de ne pouvoir le faire en temps 
utile n'est pas suffisant pour lever la détention. Sous l'angle du principe de la 
proportionnalité, la détention n'est inadmissible que si des raisons sérieuses laissent 
penser que la mesure d'éloignement ne pourra certainement pas intervenir avant la 
fin du délai légal de détention (ATF 122 II 148 consid. 3 ; arrêt du Tribunal fédéral 
2A.584/2003, 2A.606/2003 du 8 janvier 2004 consid. 6 ; 2A.549/2003 du 3  
décembre 2003 consid. 2.2 ; Grégor CHATTON/Laurent MERZ in Minh Son 
NGUYEN/Cesla AMARELLE [éd.], Code annoté de droit des migrations, vol. II : 
LEtr, 2017, n. 5 p. 780). 

11. En l'espèce, s'agissant du principe de la détention de M. A______, sa légalité a déjà 
été examinée et admise par le tribunal le 3 octobre 2023 et confirmée par la chambre 
administrative le 20 octobre 2023, puis à nouveau examinée et admise par le 
tribunal le 27 février 2024. En l'absence d'un changement déterminant des 
circonstances depuis lors, la légalité de sa détention doit à nouveau être admise. 

Contrairement à ce que soutient M. A______ la perspective de son renvoi n’a pas 
cessé d’être prévisible : on n’est en effet pas dans une situation où l’exécution du 
renvoi paraît pratiquement exclu, comme cela a par exemple été récemment admis 
par le Tribunal fédéral dans son arrêt 2C_468/2022 du 7 juillet 2022, lequel rappelle 
que le renvoi ne peut pas être considéré comme hautement improbable lorsque 
l’autorité ou le juge dispose d’indications suffisamment concrètes sur la possibilité 
d’exécuter ce renvoi dans un délai prévisible. En l’occurrence, quand bien même 

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les autorités suisses n’en connaissent pas la date, le fait même qu’une visite d’une 
délégation guinéenne puisse avoir lieu dans le courant du deuxième semestre 2024 
n’apparaît à ce stade pas sujet à caution. En outre, la demande de prolongation du 
13 mai 2024 mentionne un nouvel élément susceptible d’accélérer l’exécution du 
renvoi de M. A______, à savoir la visite d’une délégation du SEM en Gambie à la 
fin du mois de mai 2024. Dans ces circonstances, il n’y a pas lieu de retenir que 
l’on serait désormais dans une situation où la date d’exécution du renvoi cesserait 
d’être prévisible, quand bien même il est vraisemblable que les démarches 
préalables puissent encore durer quelques mois.  

12. L'assurance du départ effectif de M. A______ répond toujours à un intérêt public 
certain et s'inscrit dans le cadre des obligations internationales de la Suisse (cf. not. 
art. 3 ch. 3 de la directive 2008/115/CE du parlement européen et du Conseil du 16  
décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les 
États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, reprise 
par la Suisse dans le cadre du développement de l'acquis de Schengen - Directive 
sur le retour - RO 2010 5925), étant rappelé que les autorités suisses doivent 
s'assurer du fait qu'il quittera effectivement le territoire, désormais - et sans autre 
option possible en l'état - à destination de son pays d'origine (cf. not. art. 8 par. 6 de 
la Directive sur le retour et 15f de l'ordonnance sur l'exécution du renvoi et de 
l'expulsion d'étrangers du 11 août 1999 - OERE - RS 142.281). Ainsi, M.  A______ 
ne saurait être remis sans autre en liberté pour quitter la Suisse en choisissant lui-
même son lieu de destination. Dans son principe, la détention en cause n'est par 
conséquent toujours pas contraire au principe de la proportionnalité. 

13. Concernant le principe de diligence et célérité, il est en l'état respecté. En effet, le 
temps pris en vue de finaliser le renvoi de l'intéressé ne saurait être imputé aux 
autorités suisses, ces dernières étant tributaires de la reconnaissance de l’intéressé 
par les autorités de son pays d’origine, origine qui doit encore être établie et, 
ensuite, la délivrance d’un laissez-passer par ces dernières en sa faveur. Il faut 
souligner que les délais et difficultés auxquelles font face les autorités suisses sont 
également dues pour une part importante à l'attitude de M. A______, qui n'a eu de 
cesse, depuis son arrivée en Suisse, de brouiller les pistes au sujet de son origine, 
se déclarant tantôt, et au fil des circonstances, ressortissant de différents pays 
d'Afrique. Quant au fait que les démarches des autorités suisses ne se seraient 
poursuivies que par l’envoi de deux courriels ces derniers temps, c’est inexact dans 
la mesure où une visite du SEM aura lieu à Banjul à la fin du mois de mai 2024. 
Quant aux démarches vis-à-vis des autorités guinéennes, les autorités suisses ne 
peuvent constamment les relancer dans la mesure où une période a déjà été définie 
pour leur venue en Suisse.  

14. A cet égard, comme rappelé par la représentante de l’OCPM lors de l’audience, si 
M. A______ se décidait à collaborer et/ou entreprenait lui-même des démarches 
auprès des autorités guinéennes, dès lors qu’il prétend à nouveau être originaire de 
Guinée après avoir auparavant soutenu être gambien, un laissez-passer pourrait être 

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rapidement obtenu et son renvoi finalisé, ce qui mettrait immédiatement fin à sa 
détention administrative. 

15. S'agissant enfin de la durée requise par l'OCPM (deux mois), elle respecte le cadre 
légal. En effet, M. A______ est détenu administrativement depuis le 30 septembre 
2023, de sorte que la durée de la détention administrative admissible en vertu de 
l'art. 79 LEI n'est de loin pas atteinte. Elle ne le sera pas non plus à l'issue de la 
prolongation de deux mois sollicitée par l'OCPM, étant observé, qu'en l'absence de 
coopération de l’intéressé, sa détention pourrait se prolonger jusqu'à dix-huit mois 
en application de l'art. 79 al. 2 let. a LEI. Enfin, elle permettra aux autorités de 
poursuivre les démarches de vérifications sur la base d'un passeport du côté des 
autorités gambiennes et, si cela s'avérait nécessaire, de poursuivre les mesures 
d'identification en conduisant l'intéressé aux prochaines auditions guinéennes qui 
devraient avoir lieu au cours du deuxième semestre 2024. 

Quant au fait que le tribunal, dans son jugement du 3 octobre 2023 avait relevé que 
la durée initiale de la détention, prononcée pour cinq mois pouvait paraître longue, 
M. A______ sort de son contexte cette appréciation qui se rattachait au fait qu’une 
présentation aux autorités gambiennes devait avoir lieu en décembre 2023, de sorte 
qu’une détention de cinq mois méritait d’être examinée sous l’angle du principe de 
proportionnalité. En l’état actuel, le dossier a sensiblement évolué depuis lors, M. 
A______ ayant été présenté aux autorités gambiennes le 28 novembre 2023 et ayant 
alors affirmé être originaire de Guinée, ce qui oblige les autorités suisses à 
poursuivre leurs démarches auprès des autorités de ce pays.  

16. Au vu de ce qui précède, la demande de prolongation de la détention administrative 
de M. A______ sera admise pour une durée de deux mois, soit jusqu'au 28 juillet 
2024. 

17. Conformément à l'art. 9 al. 6 LaLEtr, le présent jugement sera communiqué à M. 
A______, à son avocat et à l’OCPM. En vertu des art. 89 al. 2 et 111 al. 2 de la loi 
sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), il sera en outre 
communiqué au secrétariat d'État aux migrations. 

  

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PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

DE PREMIÈRE INSTANCE 

1. déclare recevable la demande de prolongation de la détention administrative de 
Monsieur A______ formée le 13 mai 2024 par l’office cantonal de la population et 
des migrations ; 

2. prolonge la détention administrative de Monsieur A______ pour une durée de deux 
mois, soit jusqu'au 28 juillet 2024 inclus ; 

3. dit que, conformément aux art. 132 LOJ, 10 al. 1 LaLEtr et 65 LPA, le présent 
jugement est susceptible de faire l'objet d'un recours auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (10 rue de Saint-Léger, case postale 1956, 1211 
Genève 1) dans les dix jours à compter de sa notification. L'acte de recours doit être 
dûment motivé et contenir, sous peine d'irrecevabilité, la désignation du jugement 
attaqué et les conclusions du recourant. Il doit être accompagné du présent jugement 
et des autres pièces dont dispose le recourant. 

Au nom du Tribunal : 

Le président 

Olivier BINDSCHEDLER TORNARE 

 

Copie conforme de ce jugement est communiquée à Monsieur A______, à son avocat, à 
l’office cantonal de la population et des migrations et au secrétariat d'État aux migrations. 
Genève, le  La greffière