# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7239a3cb-3ef7-590b-bc60-d1555f1de4c3
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-07-27
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 27.07.2023 F-4020/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-4020-2023_2023-07-27.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 

 

 

  

 

 Cour VI 

F-4020/2023 

 

 
 

  A r r ê t  d u  2 7  j u i l l e t  2 0 2 3  

Composition 
 Claudia Cotting-Schalch, juge unique,  

avec l'approbation de Basil Cupa, juge ; 

Laura Hottelier, greffière. 

   

Parties 

 
A._______, né le (…), 

Soudan du Sud,  

(…),   

recourant,  

  

  
contre 

  
Secrétariat d’Etat aux migrations SEM, 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 

 
Asile (non-entrée en matière) et renvoi (procédure Dublin - 

art. 31a al. 1 let. b LAsi); décision du SEM du 12 juillet 2023 / 

N (…). 

 

 

 

F-4020/2023 

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Faits : 

A.  

En date du 13 juin 2023, A._______, ressortissant du Soudan du Sud, né 

le (…), a déposé une demande d’asile en Suisse.  

B.  

Les investigations entreprises par le Secrétariat d'Etat aux migrations  

(ci-après : le SEM), sur la base d'une comparaison dactyloscopique avec 

l'unité centrale du système européen « Eurodac », ont révélé que le 

prénommé avait déjà déposé une demande de protection internationale en 

Croatie le 9 juin 2023.  

C.  

L’intéressé a signé un mandat de représentation en faveur de Caritas 

Suisse à une date non donnée (cf. art. 102f et 102h al. 1 LAsi). 

D.  

En date du 26 juin 2023, le SEM a mené un entretien individuel « Dublin » 

avec l’intéressé et lui a accordé le droit d’être entendu sur la possible 

responsabilité de la Croatie pour le traitement de sa demande d’asile, ainsi 

que sur l’établissement de faits médicaux. 

E.  

En date du 26 juin 2023, l’autorité inférieure a soumis aux autorités croates 

compétentes une requête aux fins de reprise en charge de l’intéressé, 

fondée sur l’art. 18 par. 1 let. b du règlement Dublin III (référence complète : 

règlement [UE] no 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 

26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de 

l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant 

de pays tiers ou un apatride [refonte] [JO L 180 du 29 juin 2013 p. 31 ss]). 

Les autorités croates compétentes n’ont pas répondu à la requête de 

reprise en charge du SEM dans le délai de l’art. 25 par. 1 du règlement 

Dublin III.  

F.  

Par décision du 12 juillet 2023, notifiée le surlendemain, le SEM, se fondant 

sur l’art. 31a al. 1 let. b LAsi, n’est pas entré en matière sur la demande 

d’asile de l’intéressé, a prononcé son renvoi [recte : transfert] vers la 

Croatie et a ordonné l’exécution de cette mesure, constatant l’absence 

d’effet suspensif à un éventuel recours. 

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G.  

Il ressort du certificat médical daté du 13 juillet 2023 et adressé à l’autorité 

inférieure le jour même que le requérant souffre d’un trouble du sommeil.  

H.  

Le 19 juillet 2023, Caritas Suisse a résilié son mandat.  

I.  

Le même jour, l’intéressé − agissant à titre personnel − a interjeté recours 

contre la décision du SEM précitée auprès du Tribunal administratif fédéral 

(ci-après : le Tribunal ou TAF). Il a demandé, à titre préalable, le prononcé 

de mesures superprovisionnelles (art. 56 PA [RS 172.021]), l’octroi de 

l’effet suspensif (art. 107a al. 2 LAsi) et l’assistance judiciaire totale (art. 65 

al. 1 et 2 PA) ainsi que la dispense du versement d’une avance de frais 

(art. 63 al. 4 PA). Sur le fond, il a conclu à l’annulation de la décision 

attaquée et à l’entrée en matière de la Suisse sur sa demande d’asile ou, 

subsidiairement, au renvoi de la cause à l’autorité inférieure.  

J.  

Par décision du 20 juillet 2023, le Tribunal a suspendu l’exécution du 

transfert de l’intéressé à titre de mesures superprovisionnelles. 

K.  

Les autres éléments contenus dans les écritures précitées seront 

examinés, si nécessaire, dans les considérants en droit ci-dessous. 

Droit : 

1.  

1.1 Les décisions rendues par le SEM en matière d'asile peuvent être 

contestées devant le Tribunal, lequel statue de manière définitive, sauf 

exception non réalisée en l'espèce (art. 1 al. 2 et art. 33 let. d LTAF 

[RS 173.32], applicables par renvoi de l'art. 105 LAsi, en relation avec 

l'art. 83 let. d ch. 1 LTF [RS 173.110]). 

1.2 L’intéressé a la qualité pour recourir ; son recours, qui a été interjeté 

dans la forme et le délai prescrits, est recevable (art. 48 al. 1 et 52 al. 1 PA, 

applicables par renvoi de l'art. 37 LTAF, et art. 108 al. 3 LAsi). 

2.  

Le recours peut être interjeté pour violation du droit fédéral, notamment 

pour abus ou excès dans l’exercice du pouvoir d’appréciation, ou pour 

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établissement inexact ou incomplet de l’état de fait pertinent (art. 106 al. 1 

let. a et b LAsi).  

Saisi d’un recours contre une décision de non-entrée en matière sur une 

demande d’asile, le Tribunal se limite à examiner le bien-fondé d’une telle 

décision (cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 3.1 et la jurisprudence citée). 

3.  

3.1 Dans le cas d’espèce, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à 

faire application de l’art. 31a al. 1 let. b LAsi, disposition en vertu de laquelle 

il n’entre pas en matière sur une demande d’asile lorsque le requérant peut 

se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d’un accord international, 

pour mener la procédure d’asile et de renvoi. 

3.2 Avant de faire application de la disposition précitée, le SEM examine la 

compétence relative au traitement d’une demande d’asile selon les critères 

fixés dans le règlement Dublin III. S’il ressort de cet examen qu’un autre 

Etat est responsable du traitement de la demande d’asile, il rend une 

décision de non-entrée en matière après que l’Etat requis a accepté la prise 

ou la reprise en charge du requérant (cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 6.2). 

3.3 Aux termes de l’art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de 

protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui-ci 

étant déterminé selon les critères fixés à son chapitre III. La procédure de 

détermination de l’Etat responsable est engagée, aussitôt qu’une demande 

d’asile a été déposée pour la première fois dans un Etat membre (art. 20 

par. 1 du règlement Dublin III).  

3.4 Dans une procédure de reprise en charge (take back), comme en 

l'espèce (cf. infra, consid. 5), il n'y a en principe aucun nouvel examen de 

la compétence selon le chapitre III du règlement Dublin III 

(cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 6.2 et 8.2.1 et réf. cit.). L'Etat responsable en 

vertu du règlement est tenu de reprendre en charge – dans les conditions 

prévues aux art. 23, 24, 25 et 29 – le demandeur dont la requête est en 

cours d'examen et qui a présenté une demande auprès d'un autre Etat 

membre ou qui se trouve, sans en avoir reçu la permission, sur le territoire 

d'un autre Etat membre (art. 18 par. 1 let. b du règlement Dublin III). 

4.  

En l’occurrence, les investigations entreprises par le SEM ont permis 

d’établir, après consultation de l’unité centrale du système européen 

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« Eurodac », que le recourant a déposé une demande d’asile en Croatie le 

9 juin 2023.  

L’autorité inférieure a, le 26 juin 2023, soumis aux autorités croates 

compétentes, dans les délais fixés à l’art. 23 par. 2 du règlement Dublin III, 

une requête aux fins de reprise en charge, fondée sur l’art. 18 par. 1 let. b 

de ce même règlement. 

N'ayant pas répondu à la demande de reprise en charge dans le délai 

prévu par l'art. 25 par. 1 du règlement Dublin III, la Croatie est réputée 

l'avoir acceptée et, partant, avoir reconnu sa compétence pour traiter la 

demande d'asile du recourant (art. 25 par. 2 règlement Dublin III), laquelle 

n'est du reste pas contestée. 

5.  

5.1 Cela étant, il y a lieu d'examiner, en vertu de l'art. 3 par. 2 al. 2 

règlement Dublin III, s'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe en 

Croatie des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les 

conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de 

traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 4 de la Charte des droits 

fondamentaux de l'Union européenne (JO C 364/1 du 18 décembre 2000, 

Charte UE). 

5.2 Il convient de rappeler que ce pays est lié à cette Charte et partie à la 

Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés 

(CR, RS 0.142.30) ainsi qu'au Protocole additionnel du 31 janvier 1967 

(PA/CR, RS 0.142.301), à la CEDH (RS 0.101) et à la Convention du 

10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, 

inhumains ou dégradants (CCT, RS 0.105) et, à ce titre, en applique les 

dispositions.  

5.3 Dans ces conditions, cet Etat est présumé respecter la sécurité des 

demandeurs d'asile, en particulier leur droit à l'examen, selon une 

procédure juste et équitable, de leur demande, et leur garantir une 

protection conforme au droit international et au droit européen 

(cf. directive n° 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 

26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait 

de la protection internationale [ci-après : directive Procédure] ; directive 

n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 

établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la 

protection internationale [ci-après : directive Accueil] ; voir en ce sens arrêts 

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du TAF F-3061/2021 du 9 juillet 2021 consid. 5.2 et E-711/2021 du 

11 mars 2021 consid. 4.2.1 [transferts Dublin vers la Croatie]). 

5.4 Cette présomption de sécurité n'est cependant pas irréfragable et doit 

être écartée d'office en présence, dans l'Etat de destination du transfert, 

d'une pratique avérée de violations systématiques des normes minimales 

de l'Union européenne, constitutives de défaillances systémiques dans la 

procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile au 

sens de l'art. 3 par. 2 al. 2 du règlement Dublin III. Dans un tel cas, l'Etat 

requérant doit renoncer au transfert. 

5.5 Dans un récent arrêt de référence en lien à la Croatie rendu à 

cinq juges et coordonné au sein des Cours IV, V et VI (E-1488/2020 du 

22 mars 2023), le Tribunal a rappelé que lors d'un transfert vers l’Etat 

responsable fondé sur le règlement Dublin III, le point principal à 

déterminer était celui de savoir si le requérant d’asile y avait effectivement 

accès à une procédure d’asile, respectivement avait eu accès à une telle 

procédure. La question de savoir s'il a été auparavant extrêmement difficile 

pour la personne concernée d'atteindre le territoire croate n'est alors plus 

déterminante (cf. arrêt de référence E-1488/2020 du 22 mars 2023 

consid. 9.4.1). En outre, le Tribunal a constaté que, nonobstant les prises 

de position critiques de nombreux organismes (notamment le Conseil de 

l’Europe) s’agissant d’actes de violence et d’abus de la part de la police 

croate, il n’y avait à ce jour aucun rapport, ni aucun cas documenté 

indiquant que des personnes transférées vers la Croatie dans le cadre 

d’une procédure Dublin y auraient été expulsées de manière illégale 

(cf. arrêt de référence précité consid. 9.4.4). En conséquence, il n'existe 

pas à l'heure actuelle d'indices suffisants permettant d’admettre que ces 

personnes risquent d’y être expulsées de manière illégale sans qu'une 

procédure d'asile ne soit ouverte et menée à terme. Il est encore moins 

probable que cela se produise de manière systématique (cf. arrêt de 

référence précité consid. 9.4.4).  

5.6 Au vu de ce qui précède, il faut partir du principe que les requérants 

transférés en Croatie sur la base du règlement Dublin III ont accès à la 

procédure d'asile dans ce pays, et ce, indépendamment du fait qu’il 

s’agisse d’un cas de prise ou de reprise en charge. Par conséquent, il n'y 

a pas de probabilité notable que les personnes transférées soient 

exposées à un risque de violation de leurs droits découlant du principe de 

non-refoulement (cf. arrêt de référence précité consid. 9.5).  

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En l'absence d'une pratique actuelle avérée en Croatie de violations 

systématiques de normes communautaires et conventionnelles en matière 

d’asile, la présomption de respect par cet Etat de ses obligations 

internationales à l’égard des requérants d'asile n'est pas renversée. Par 

voie de conséquence, l'application de l'art. 3 par. 2 al. 2 règlement Dublin III 

ne se justifie pas. 

6.  

6.1 Pour s’opposer à son transfert, l’intéressé a, en substance, fait valoir 

qu’il avait été maltraité par les policiers croates qui l’auraient frappé et 

menotté avant de l’emmener dans un centre « avec beaucoup de gens ». 

Il aurait par la suite été forcé de donner ses empreintes digitales et on lui 

aurait remis un document de couleur jaune (temporary card) en lui 

expliquant, à tort, que cela n’impliquait pas le dépôt d’une demande d’asile. 

Le recourant a également spécifié ne pas vouloir retourner en Croatie, pays 

dans lequel il aurait subi un traitement inhumain de la part de la police. 

Cela étant, il a sollicité de manière implicite l’application de la clause 

discrétionnaire prévue à l’art. 17 par. 1 règlement Dublin III (clause de 

souveraineté).  

6.2 Sur la base de la disposition précitée, chaque Etat membre peut 

décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est 

présentée par le ressortissant d'un pays tiers ou un apatride, même si cet 

examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement. 

Comme l’a retenu la jurisprudence, le SEM doit admettre la responsabilité 

de la Suisse pour examiner une demande de protection internationale qui 

lui est présentée, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des 

critères fixés dans le règlement Dublin III, lorsque le transfert envisagé vers 

l'Etat membre désigné responsable par lesdits critères viole des obligations 

de la Suisse relevant du droit international public. Il peut également 

admettre cette responsabilité pour des raisons humanitaires au sens de 

l'art. 29a al. 3 de l’ordonnance 1 sur l’asile du 11 août 1999 (OA 1, 

RS 142.311 ; cf. ATAF 2015/9 consid. 8). 

6.3 Le retour forcé d'une personne touchée dans sa santé n'est, selon la 

jurisprudence de la Cour EDH (cf. arrêt Paposhvili c. Belgique du 

13 décembre 2016, requête no 41738/10), susceptible de constituer une 

violation de l'art. 3 CEDH que lorsqu'il y a des motifs sérieux de croire que 

cette personne, bien que ne courant pas de risque imminent de mourir, 

ferait face, en raison de l'absence de traitements adéquats dans le pays de 

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destination ou du défaut d'accès à ceux-ci, à un risque réel d'être exposée 

à un déclin grave, rapide et irréversible de son état de santé entraînant des 

souffrances intenses ou à une réduction significative de son espérance de 

vie. Il ne s'agit dès lors pas de déterminer si l'étranger bénéficiera, dans le 

pays de renvoi ou de transfert, de soins équivalents à ceux dispensés dans 

le pays d'accueil, mais d'examiner si le degré de gravité qu'implique le 

renvoi, respectivement le transfert, atteint le seuil consacré à l'art. 3 CEDH, 

soit un engagement du pronostic vital ou un déclin grave, rapide et 

irréversible de la santé tant psychique que physique (cf. arrêt de la 

Cour EDH précité ; ATAF 2017 VI/7 consid. 6.2 et jurisp. cit.). 

6.4 En l’espèce, l’intéressé n’a ni allégué, ni a fortiori démontré l’existence 

d’un risque concret et avéré que les autorités croates refuseraient de le 

reprendre en charge et de poursuivre l’examen de sa demande de 

protection, en violation de la directive Procédure. Par ailleurs, le recourant 

n’a fourni aucun élément concret susceptible de démontrer que la Croatie 

ne respecterait pas le principe du non-refoulement et faillirait donc à ses 

obligations internationales en le renvoyant dans un pays où sa vie, son 

intégrité corporelle ou sa liberté seraient sérieusement menacées, ou 

encore d’où il risquerait d’être astreint à se rendre dans un tel pays. 

6.5 Par ailleurs, s’il a certes exposé que ses conditions d’accueil en Croatie 

avaient été difficiles et que la police l’avait maltraité, l’intéressé n’a pas 

démontré que les lesdites conditions d’accueil revêtiraient un degré de 

pénibilité et de gravité tel qu’elles seraient constitutives d’un traitement 

contraire à l’art. 3 CEDH, respectivement à l’art. 3 CCT. Il n’a pas non plus 

apporté d’indices objectifs, concrets et sérieux qu’il serait lui-même privé 

durablement de tout accès à des conditions matérielles minimales d’accueil 

prévues par la directive Accueil et qu’il ne pourrait pas bénéficier de l’aide 

dont il pourrait avoir besoin pour faire valoir ses droits. 

Au demeurant, si – après son transfert en Croatie – l’intéressé devait être 

contraint par les circonstances à mener une existence non conforme à la 

dignité humaine, ou s’il devait estimer que ce pays viole ses obligations 

d’assistance à son encontre, ainsi que la directive précitée, ou de toute 

autre manière porte atteinte à ses droits fondamentaux, il lui appartiendrait 

de faire valoir ses droits directement auprès des autorités croates, en usant 

des voies de droit adéquates (art. 26 directive Accueil). 

6.6 S’agissant de l’état de santé du recourant, il ressort du document 

médical versé au dossier que ce dernier souffre de troubles du sommeil 

ainsi que de démangeaisons dorsales (cf. dossier SEM, 22/1). A cet égard, 

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un médicament phytothérapeutique à vertu sédative (Valverde) lui a été 

prescrit, ainsi qu’un lait hydratant pour le corps (Excipial).  

6.6.1 Au vu de la nature des problèmes de santé susmentionnés, lesquels 

ne reflètent pas une gravité particulière, et compte tenu de la jurisprudence 

restrictive en la matière, rien de permet d’inférer que l’intéressé ne serait 

pas apte à voyager ou que son transfert vers la Croatie représenterait un 

danger concret pour sa santé (cf., à ce sujet, Cour EDH précité Paposhvili 

c. Belgique, par. 183). En effet, force est de constater que les diagnostics 

posés et les traitements prescrits ne sont pas révélateurs de maladies 

d’une gravité ou d’une spécificité telle qu’elles ne pourraient pas être 

traitées en Croatie (sur les possibilités de prise en charge médicale dans 

le domaine de l’asile en Croatie, cf. arrêts du TAF E-1101/2023 du 

5 mai 2023 consid. 7.5.1, D-1418/2022 du 4 avril 2022 consid. 5.3.6 et  

D-1241/2022 du 25 mars 2022 p. 7). 

6.6.2 En outre, la Croatie, qui est liée par la directive Accueil et qui dispose 

de structures médicales adéquates (cf. arrêts du TAF précités E-2755/2022 

consid. 6.4 ; E-1854/2022 consid. 7.4.2 et réf. cit.), doit faire en sorte que 

les demandeurs d'asile reçoivent les soins médicaux nécessaires qui 

comportent, au minimum, les soins urgents et le traitement essentiel des 

maladies et des troubles mentaux graves, et fournir l'assistance médicale 

ou autre nécessaire aux demandeurs ayant des besoins particuliers en 

matière d'accueil, y compris, s'il y a lieu, des soins de santé mentale 

appropriés (art. 19 par. 1 et 2 de ladite directive). 

6.7 Par conséquent, le transfert du recourant vers la Croatie n'est pas 

contraire aux obligations découlant de dispositions conventionnelles 

auxquelles la Suisse est liée. 

6.8 Par ailleurs, il y a lieu de constater que le SEM a établi de manière 

complète et exacte l'état de fait pertinent et n'a commis ni excès ni abus de 

son large pouvoir d'appréciation en refusant d'admettre l'existence de 

raisons humanitaires au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1, en combinaison avec 

l'art. 17 par. 1 règlement Dublin III (cf. ATAF 2015/9 consid. 8). 

6.9 En conclusion, c'est à bon droit que l’autorité intimée a considéré qu'il 

n'y avait pas lieu de faire application de la clause de souveraineté ancrée 

à l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, que ce soit pour des raisons tirées 

du respect, par la Suisse, de ses obligations internationales ou pour des 

raisons humanitaires. 

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Page 10 

7.  

Au vu de ce qui précède, c’est à juste titre que le SEM n'est pas entré en 

matière sur la demande d'asile de l’intéressé, en application de l'art. 31a 

al. 1 let. b LAsi, et a prononcé son transfert de la Suisse vers la Pologne, 

en application de l'art. 44 LAsi, aucune exception à la règle générale du 

renvoi n'étant réalisée (art. 32 OA 1).  

Par conséquent, le recours doit être rejeté. 

8.  

S'avérant manifestement infondé, il l'est dans une procédure à juge unique, 

avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi). Il est dès lors 

renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant motivé que 

sommairement (art. 111a al. 1 et 2 LAsi). 

9.  

En outre, dans la mesure où il a été immédiatement statué sur le fond, les 

requêtes formulées dans le mémoire de recours tendant à l’octroi de l’effet 

suspensif et à la dispense du versement d’une avance de frais sont 

devenues sans objet. 

10.  

Par ailleurs, les conclusions du recours étant d'emblée vouées à l'échec, 

la requête d'assistance judiciaire totale est rejetée. 

11.  

Vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la charge 

du recourant conformément à l'art. 63 al. 1 PA et aux art. 2 et 3 let. a du 

règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2). 

(dispositif page suivante) 

  

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Page 11 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

La requête d’assistance judiciaire totale est rejetée. 

3.  

Les frais de procédure, d’un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

du recourant.  

Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les 30 jours dès 

l’expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l’autorité cantonale. 

 

La juge unique : La greffière : 

  

Claudia Cotting-Schalch Laura Hottelier 

 

 

Expédition : 

  

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Page 12 

Le présent arrêt est adressé : 

– au recourant (Recommandé ; annexe : un bulletin de versement), 

– au SEM, division Dublin (ad dossier n° de réf. N […]), 

– au Service de la population et des migrants du canton de Fribourg, en 

copie.