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**Case Identifier:** 74d25c12-95f5-56b4-b6af-4967521b361b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-10-30
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 30.10.2018 C/19811/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-19811-2016_2018-10-30.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 30 octobre 2018 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/19811/2016 - 4 CAPH/147/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des prud'hommes 

DU 30 OCTOBRE 2018 

 

Entre 

Madame A______, domiciliée ______, partie appelante, comparant par Me Dominique 
RIGOT, avocat, Grand-Rue 92, case postale 1522, 1820 Montreux, en l'Étude duquel 
elle fait élection de domicile, 

 d'une part, 

et 

Monsieur B______, domicilié ______, partie intimée, comparant par Me Sandra 
FIVIAN, avocate, rue de l'Arquebuse 10, 1204 Genève, en l'Etude de laquelle il fait 
élection de domicile, 

 d'autre part. 

  

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EN FAIT 

A. a. Par jugement JTPH/9/2018 du 12 janvier 2018, reçu des parties le lundi  
15 janvier 2018, le Tribunal des Prud'hommes, groupe 4, a, à la forme, déclaré 
recevable la demande formée le 8 février 2017 par A______ contre B______ (ch. 
1 du dispositif) et, statuant au fond, a débouté A______ de toutes ses conclusions 
(ch. 2), a mis les frais judiciaires, arrêtés à 3'230 fr. à la charge de A______ et 
précisé qu'il les compense avec l'avance de frais fournie par celle-ci (ch. 3), dit 
qu'il n'est pas alloué de dépens (ch. 4) et débouté les parties de toute autre 
conclusion (ch. 5). 

b. Par acte expédié par pli recommandé le 14 février 2018 et adressé au greffe de 
la Cour de justice, A______ appelle de ce jugement, et ce par la plume de son 
conseil. Elle conclut, préalablement, à la réouverture des enquêtes et sollicite 
l'audition, en qualité de témoins de C______, D______, E______, F______, 
G______, H______, I______, J______, K______, L______ et M______, ainsi 
qu'à la production, par le Tribunal de première instance du canton de Genève, "du 
contrat de travail original du 30 octobre 2010 déposé dans le cadre d'une 
procédure en libération de dette (Réf. C/1______/2016)" ainsi qu'à une "analyse 
graphologique de la signature de B______ figurant sur celui-ci". Elle conclut, au 
fond, à titre principal, à ce que le jugement entrepris soit "réformé" et que 
l'intimée soit condamné, comme réclamé dans sa demande, à lui verser la somme 
de 323'050 fr. plus intérêts à 5% l'an dès le 1er novembre 2010, et que "lui soient 
allouées" "le règlement des cotisations obligatoires des assurances sociales 
comme l'AVS", et, à titre subsidiaire, que la cause soit renvoyée au Tribunal pour 
nouveau jugement dans le sens des considérants. 

c. L'appelante a joint, à son écriture-appel, un bordereau de cinq pièces non 
numérotées, produites pour la première fois. 

d. Par mémoire-réponse du 13 avril 2018, B______ a conclu à la confirmation du 
jugement entrepris. 

e. Les parties n'ont pas usage de leur droit de réplique et de duplique.  

f. Déférant à la décision de la Cour du 20 février 2018, l'appelante a versé, dans le 
délai imparti, une avance de frais pour la procédure d'appel de 2'500 fr. 

B. La Cour retient, sur le vu du dossier, les éléments de fait pertinents suivants: 

a. A______, née en 1960, divorcée, mère de deux enfants, N______, né en 1989, 
et O______, né en 1990, a fait la connaissance de B______ vers la fin des années 

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1990. A l'époque, elle était représentante de ______. Ultérieurement, de 2001 à 
2007, elle a travaillé dans [le domaine de] ______ à Genève. 

b. B______, né en 1950, divorcé, père d'un enfant, P______, né en 1996, 
travaillait à l'époque comme ______ [auprès de] ______, et y était responsable de 
______. Il était proche de la retraite (non-contesté). 

B______ était – et est toujours – propriétaire d'une grande villa à Q______ [GE], 
où il a son domicile et où il reçoit ses amis. Il souffre, depuis de nombreuses 
années, d'un problème d'alcool et a subi des cures de désintoxication (non-
contesté). 

c. En 2001, B______ a hérité d'une fortune substantielle – déposée, pour 
l'essentiel, auprès de R______ [établissement bancaire] – fortune qu'il fait 
administrer depuis lors et à ce jour, par M. S______, gérant de fortune de chez 
T______ SA. Ce dernier était déjà le gérant de fortune de son père, décédé en 
2001 (témoin S______). 

d. Avec le temps, A______ et B______ se sont liés d'amitié (non-contesté). 
Durant les années 2000, elle-même et ses deux garçons se rendaient souvent au 
domicile de B______, y prenaient des repas, et y dormaient parfois (non-
contesté). Les garçons y rencontraient le fils de B______, adolescent comme eux-
mêmes (Décl. P______, fils de l'intimé). 

Cette relation n'était pas sentimentale, mais purement amicale. A______ a épaulé 
psychologiquement B______ dans son problème d'alcool et lors de son divorce 
d'avec sa 3ème femme. Plus tard, cette relation a pris une tournure orientée 
"affaires". Cette tendance s'est accentuée à partir de 2007, année dans laquelle 
A______ a perdu son emploi chez U______ SA, sans retrouver de suite un emploi 
stable ailleurs. 

A partir d'un certain moment, A______ a suggéré à B______ de changer de gérant 
de fortune. A cet effet, elle a arrangé un déjeuner entre un ami à elle, G______, 
gérant de fortune, et B______. Ce déjeuner a eu lieu, mais il n'a débouché sur 
aucune relation d'affaires (témoin G______).  

Ultérieurement, en 2012, A______ lui a encore présenté  V______, employé de 
[l'établissement bancaire] W______, à Genève, sans que cette rencontre 
n'aboutisse à un changement de gérant de fortune (témoin V______). 

e. Fin 2009, et sortant d'une période de chômage, A______, qui disposait d'un bon 
carnet d'adresses, notamment dans le monde de ______ et de ______, a eu l'idée 
de fonder sa propre société, et elle comptait sur le soutien financier, en particulier 
de B______, censé devenir son associé (témoin [N______ ou O______]). 

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Cette association ne s'étant pas faite, A______ a fondé, à partir de ses propres 
ressources, le ______ 2011, la société X______, à ______ [VD], société ayant 
pour but social "l'importation, l'exportation, l'achat et la vente de tous produits 
manufacturés ou non, ainsi que toutes opérations commerciales et financières, 
plus particulièrement de montres, de bijoux ainsi que tous produits 
agroalimentaires". A ce jour, elle en est l'administrateur unique (non-contesté; 
[Statuts et extraits RegCom VD]). Jusqu'en 2013, elle y avait le statut 
d'administratrice salariée. 

Le 30 avril 2012, la société X______ a vendu à B______ des bijoux pour un 
montant total de 56'000 fr.; ce dernier a fait effectuer le paiement par les soins de 
son gérant de fortune, T______ SA, représentée par M. S______, respectivement 
de R______. 

f. Sachant A______ en proie à des difficultés financières, B______ lui a prêté, à 
réitérées fois, de l'argent, en francs, euros et dollars, dans la période du  
14 décembre 2009 au 30 mai 2012, ainsi que, dans une moindre mesure, à sa 
société X______, et ce contre signatures de reconnaissances de dettes. 

Le total des sommes prêtées à A______ personnellement, dans la période 
considérée, s'élève à 80'039 fr., à 5'470 euros, et à US $ 2'000. 

g. En 2010, B______ a fait la connaissance de Y______, à l'époque serveuse dans 
un tea-room à Q______. Par la suite, cette personne est entrée dans sa vie; elle 
s'est installée à son domicile et est devenue sa 4ème épouse. B______ lui a financé 
l'acquisition d'un bar-restaurant, par le biais d'une société spécialement créée à cet 
effet, Z______, inscrite au Registre du commerce de Genève le ______ 2011 
(témoin Y______). 

L'arrivée de cette personne dans la vie de B______ a distendu les rapports qu'il 
avait avec A______. A partir de ce moment-là, B______ lui était devenu "difficile 
d'accès". 

h. Courant 2013, B______ a demandé à A______, à l'occasion de différents 
entretiens téléphoniques, de lui rembourser les sommes prêtées. 

Par courrier du 12 décembre 2013, A______ a proposé à B______ "un moyen de 
régler [ma] dette envers [toi]", la proposition consistant à signer, par devant un 
notaire, une "reconnaissance de dette globale". 

Par courrier recommandé de son conseil du 24 septembre 2014, B______, a mis 
A______ en demeure de lui rembourser la totalité des prêts consentis dans la 
période du mois d'août (sic) 2009 au 30 mai 2012. Il s'est référé aux 
reconnaissances de dettes qu'elle lui avait signées. 

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Par courrier-réponse du 2 octobre 2014, A______ a adressé au conseil de 
B______ les lignes suivantes : 

" Au cours de l'année 2009, étant sans emploi, sans revenus ni pension à la suite 

du départ de mon mari et ayant 2 enfants en étude à charge, B______, ami de 

longue date, s'est alors proposé de m'aider financièrement à sortir de l'impasse à 

laquelle je me trouvais à l'époque. Pour ce faire, il m'a alors donné 

successivement les sommes indiquées dans les pièces No. 1 à No. 7. 

Concernant le prêt du 24 août 2010 de Fr. 5'000.--, il avait tout d'abord été 

convenu que je reprenne l'ancien véhicule de AB______, sa belle-mère récemment 

décédée, gracieusement. Par la suite, il m'a indiqué vouloir la somme de  
Fr. 5'000.— en contrepartie dudit véhicule. 

Désireuse de sortir de ma situation plus que précaire, j'ai décidé de me mettre à 

mon compte en créant une petite société familiale X______. B______, mon ami, 

m'a alors indiqué vouloir me soutenir dans ma nouvelle démarche. Pour ce faire, 

et après déblocage total de mon deuxième pilier, il m'a prêté respectivement les 

sommes indiquées aux No. 9 à No. 13 afin d'aménager un fonds de commerce 

pour le démarrage et l'exploitation de mon activité. 

Les sommes susmentionnées ont été initialement prêtées sans intérêts, sans 

modalités ni aucun délai contractuel de remboursement. Ne voulant pas abuser de 

la bonté de mon ami, je lui ai tout de même fait savoir qu'il serait préférable 

d'établir une reconnaissance de dette globale auprès d'un notaire (sous seing 

privé, comme précédemment réalisée avec sa demi-sœur pour une autre affaire 
me concernant). Ce à quoi Monsieur B______ s'est toujours refusé. 

Etant consciente du fait que les sommes accumulées tout au long de ces années 

devenaient importantes, il m'a tout de même semblé évident d'établir ces 

documents. 

Monsieur B______ a toujours rechigné à faire un document en bon et due forme 

me permettant de faciliter le remboursement de ces sommes à travers une entité 

financière et ce, car l'argent m'ayant été donné ou prêté provenait d'un compte 

non-déclaré (….) 

Au vu de ce qui précède, et à ce jour étant toujours dans une situation très 

précaire à titre personnel et professionnellement toujours dans une impasse, 

j'aimerais pouvoir convenir d'un rendez-vous avec Monsieur B______ et vous-

même afin de trouver  un consensus et de mettre un terme au litige nous 

opposant". 

i. Le 19 janvier 2015, B______ a déposé, auprès de l'Office des poursuites de 
Genève, une réquisition de poursuite à l'encontre de A______, portant sur 

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différents montants, dont le total, libellé en francs suisses, s'élève à 100'134 fr. 80 
ce montant comprenant également un montant de 30'000 fr. prêté à la société 
X______, et pour lequel la poursuivie était débitrice solidaire. L'Office des 
poursuites à notifié le commandement de payer, dans la poursuite 2______, à 
l'intéressée le 23 mars 2016. Il a été frappé d'opposition. 

Le 24 septembre 2015, B______ a saisi le Tribunal de première instance d'une 
requête en mainlevée provisoire de l'opposition formée à son commandement de 
payer, poursuite 2______. 

Par jugement JTPI/2571/2016 du 23 février 2016, le Tribunal de première 
instance, statuant en procédure sommaire, a prononcé la mainlevée provisoire de 
l'opposition formée au commandement de payer, poursuite No. 2______, et ce à 
concurrence d'un montant de 87'318 fr. 72, ce montant représentant la sommation, 
en francs suisses, des différents postes de créances. 

j. Par acte du 22 mars 2016, A______ a déposé, auprès du Tribunal de première 
instance de Genève une action en libération de dette, concluant à ce qu'il fût dit et 
constaté qu'elle ne doit pas à B______ la somme – totale – de 100'134 fr. 80 que 
ce dernier lui réclame dans la poursuite no. 2______, et que, par conséquent, 
l'opposition formée soit maintenue. 

Dans cette écriture, A______ a allégué, pour la première fois, l'existence, entre 
elle et B______, d'un contrat de travail – thèse qu'elle a jugée bon de corroborer 
par la production d'une pièce datée du 30 octobre 2010, intitulée "Contrat de 
travail" – et portant, sous rubrique "Employeur", une signature "B______". 

Dans le corps de son écriture, A______ a invoqué la compensation – sans la 
chiffrer – avec les montants lui revenant à titre de salaire. En effet, elle aurait 
travaillé pour le compte du défendeur et ce "dans le cadre d'un contrat de travail", 
"déployant une activité notamment dans le domaine de la gestion de sa fortune et 
de son portefeuille d'investissement et dans la création de sociétés". 

Par acte du 1er juillet 2016, B______ a déposé sa "réponse à l'action en libération 
de dette". Il y a conclu au déboutement de A______ de toutes ses conclusions, et  
à ce qu'il fût dit que "la poursuite No. 2______ ira sa voie sous réserve de la  
prise en compte d'un paiement partiel (i.e. effectué par la société X______) de 
30'000 fr., le tout avec intérêts à 5% l'an dès le 1er janvier 2014". 

B______ a derechef contesté l'existence de rapports de travail entre lui et 
A______; il a notamment ajouté n'avoir jamais vu le document intitulé "Contrat 
de travail" produit par la demanderesse, et contesté l'authenticité de sa signature. 

Statuant dans la procédure C/1______/2016 relative à l'action en libération de 
dette, le Tribunal de première instance, a, par décision du 3 octobre 2016 et ouïes 

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les parties, suspendu la procédure civile dans l'attente du résultat de la présente 
procédure prud'homale. 

k. Les 27 octobre 2016, B______ a déposé plainte pénale contre A______ pour 
faux dans les titres et diffamation. 

A______ a été entendue par la police le 6 janvier 2017. Elle y a confirmé ses 
allégués. 

Le 5 avril 2017, A______ a déposé à son tour plainte pénale, reprochant à 
B______ de l'avoir "harcelée sexuellement, et contrainte à un niveau moral et 
affectif", d'une part, et d'avoir tenu des propos diffamatoires. 

Par Ordonnances parallèles du 14 août 2017, le Ministère public a classé  
la plainte de B______ (P/3______/2016) et la contre-plainte de A______ 
(P/4______/2017), dans les deux cas pour absence d'éléments probatoires étayant 
les allégués respectifs ("parole contre parole") justifiant l'ouverture de l'action 
pénale. 

l. La rubrique "Employeur" du compte individuel AVS de A______ 5______, état 
au 31. 12. 2017, et couvrant la période du 1er janvier 2000 au 31 mars 2014, 
n'indique à aucune époque le nom de B______. 

C. a. Par requête de conciliation déposée à l'office postal le 3 octobre 2016, A______ 
a assigné B______, par devant la présente juridiction, en paiement de 323'050 fr., 
avec intérêt à 5% l'an à compter du 1er novembre 2010. 

Le 9 novembre 2016, l'Autorité de conciliation n'ayant pu concilier les parties, a 
délivré à A______ l'autorisation de procéder. 

b. Par mémoire déposé à l'office postal le 8 février 2017 et adressé au Tribunal 
des prud'hommes, A______ a actionné B______ en paiement de 323'050 fr., avec 
intérêts à 5% l'an à compter du 1er novembre 2010. 

A______ y a allégué avoir été liée avec B______ par contrat de travail pour un 
emploi d'assistante personnelle. A l'appui de ses allégations, elle a produit le 
document – un document qu'elle avait déjà produit dans le cadre de son action en 
libération de dette – intitulé "contrat de travail", et qui aurait été signé par les deux 
parties, et ce le 30 octobre 2010. A teneur de ce document, elle avait été engagée 
par B______ en qualité d'assistante personnelle, pour une durée indéterminée, un 
taux d'activité de 80% (32 H/sem), et ce contre un salaire de 4'200 fr. brut par 
mois x 13, et le droit à bénéficier 5 semaines de vacances. 

Elle a précisé, en outre, avoir déployé une activité dans le domaine de la gestion 
de la fortune et du portefeuille d'investissements de B______ ainsi que dans la 
"création de sociétés". 

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Elle a indiqué toutefois n'avoir jamais perçu de salaire de la part de B______. En 
revanche, ce dernier lui aurait fait signer des reconnaissances de dette, qui, selon 
elle, étaient établies à titre de paiement de son salaire. Elle aurait signé ces 
documents sous la pression de B______, lequel lui aurait indiqué que ceux-ci ne 
signifiaient rien pour elle et ne l'engageaient par conséquent pas. Face à 
l'insistance de B______, et trompée par ce dernier, elle aurait accepté de 
mentionner sur les reconnaissances de dette qu'il s'agissait de prêts. 

Selon elle, le contrat de travail les liant serait toujours en vigueur, dans la mesure 
où il n'avait pas été résilié. Le montant réclamé, soit la somme brute de  
323'050 fr., correspondrait aux salaires dues dans la période du 1er novembre 2010 
au 30 septembre 2016. 

A______ a joint à son écriture-demande un chargé de 12 pièces, comprenant 
notamment, outre ledit document intitulé "Contrat de travail" (en copie), la série 
des reconnaissances de dettes qu'elle avait signées. 

La liste de ses témoins était contenue dans le corps de son écriture-demande. 

c. Par Ordonnance du 27 février 2017, le Tribunal des prud'hommes a imparti à 
A______ un délai au 27 mars 2017 pour fournir une avance de frais de 3'230 fr.. 
Celle-ci y a déféré dans le délai imparti.  

d. Par mémoire-réponse déposé à l'office postal le 27 avril 2017, B______ a 
conclu au déboutement de A______, avec suite de frais et dépens. 

B______ a affirmé, en substance, n'avoir jamais été lié par des rapports de travail 
avec A______. Il contestait la validité du contrat de travail produit par cette 
dernière et alléguait ne jamais avoir vu ce document auparavant. Bien que la 
signature qui y figure ressemble à la sienne, il n'avait pas signé celui-ci. Pour le 
surplus, il a indiqué que la gestion de ses avoirs et de son patrimoine était confiée 
à des professionnels du domaine financier, à savoir [l'établissement bancaire] 
AC______ et à R______ ainsi qu'à T______ SA (représenté par M. S______). 

S'agissant de l'exécution de ses tâches administratives, il a exposé avoir eu 
recours, dès 2011 – 2012, à Y______ (ultérieurement: Y______). Enfin, il n'avait 
jamais eu d'entreprise ou de "family office" comme le prétendait A______, mais il 
était seulement fondateur d'une société anonyme exploitant un bar/restaurant à 
Q______, fin 2011, géré par sa nouvelle épouse. 

A______ avait été une amie à qui il avait régulièrement prêté de l'argent, 
moyennant signature de reconnaissances de dette. Cette dernière lui devait ainsi 
des sommes importantes qu'elle se refusait toutefois de lui rembourser. Il avait 
ainsi dû engager des procédures auprès des instances compétentes en vue du 
recouvrement desdits montants. Il a ajouté que A______ lui avait adressé 

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plusieurs lettres manuscrites ainsi qu'à son conseil, dans lesquelles elle décrivait 
sa situation personnelle, sa décision de créer une petite entreprise (X______) et, à 
teneur desquelles, elle reconnaissait ses dettes ainsi que les dettes de sa société 
envers lui, B______.  

A ce mémoire-réponse était joint un important chargé de 66 pièces, subdivisé en 
11 liasses. 

La liste de ses témoins était contenue dans son mémoire-réponse. 

e. A l'audience de débats d'instruction du 8 juin 2017, les parties ont confirmé 
leurs conclusions. 

A l'issue de l'audience, le Tribunal a rendu une ordonnance de preuves, chargeant 
A______ d'apporter la preuve de l'existence et de la teneur d'un contrat de travail 
allégué, ainsi que la preuve d'avoir offert ses services durant la période litigieuse. 

Déférant à une requête formulée par B______ formulée dans son  mémoire-
réponse et répétée à l'audience de débats d'instruction, le Tribunal a encore, par 
Ordonnance complémentaire du 15 juin 2017, ordonné à A______ de transmettre 
au Tribunal dans un délai de 30 jours le détail de ses affiliations AVS/AIO entre 
2010 et 2016. 

Aucun recours n'a été formé contre ces Ordonnances qui sont devenues 
exécutoires. 

f. A l'audience des débats principaux du 29 août 2017, le Tribunal a procédé à 
l'audition des parties. 

Interrogée, A______ a exposé que, dès 2002, elle avait préparé et soumis divers 
projets à B______ dans le but de placer la fortune de ce dernier et ce, notamment 
dans le domaine de ______. Ces projets impliquaient de nombreux déplacements 
et démarches auprès de clients potentiels. En 2007, elle avait cessé de travailler 
dans le domaine de ______ et s'était donc consacrée entièrement aux affaires de 
B______. Toutefois, ce n'était qu'à compter de 2010 qu'ils avaient décidé de 
conclure un contrat de travail et ce, au vu des nombreuses tâches qu'elle effectuait 
régulièrement pour son compte. Parmi ses tâches, elle devait lui présenter des 
gestionnaires, spécialistes bancaires et notaires, B______ ayant eu le désir de 
changer de gestionnaire de patrimoine suite au décès en 2001 de son père, puis du 
décès de sa mère quelques années plus tard. S'agissant de l'établissement du 
contrat de travail, elle a précisé qu'elle l'avait rédigé, puis soumis à B______ pour 
approbation. Elle avait ensuite établi une version finale, qu'il avait signée. C'est 
également à cette époque que B______ avait cherché, avec son aide, à monter une 
société active dans le domaine des métaux, notamment de l'or. 

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En 2011, ils avaient eu le projet de constituer une société nommée Z______, qui 
devait être active dans l'import-export de tous biens à la mode. Cela étant, au 
moment d'enregistrer ladite société au Registre du commerce, B______ avait 
changé d'avis et avait indiqué qu'il ne souhaitait plus y participer, ni investir dans 
la société. Elle avait tout de même décidé de créer la société, qu'elle avait nommée 
X______. Elle avait entièrement financé celle-ci avec ses propres fonds, 
notamment au moyen de son deuxième pilier. Elle en était la directrice et avait 
nommé son fils, N______, administrateur. 

Suite à la création de X______, elle avait continué à travailler pour B______; en 
particulier, elle lui soumettait les affaires de ladite société. Elle a ajouté qu'elle 
avait déployé des activités pour le compte de ce dernier jusqu'à la fin de l'année 
2014, soit jusqu'au moment où elle avait reçu un courrier de la part du conseil de 
B______ l'invitant à rembourser ses dettes. Cela étant, dès septembre ou octobre 
2013, elle avait cessé de travailler au domicile de B______, mais elle avait 
poursuivi son activité depuis chez elle, à ______ [VD]. 

Concernant les reconnaissances de dette, A______ a expliqué que celles-ci avaient 
été établies à sa demande suite aux sommes d'argent versées par B______. Etant 
donné que les questions d'argent étaient souvent susceptibles de devenir 
compliquées, elle avait souhaité clarifier la situation auprès d'un notaire, ce que 
B______ avait toutefois refusé. Elle considérait avoir reçu les sommes faisant 
l'objet des reconnaissances de dette et estimait dès lors qu'il ne s'agissait pas de 
prêts comme le prétendait B______. 

Interrogé, B______ a exposé que A______ et lui-même avaient été liés d'amitié 
depuis 1998. En revanche, il n'y avait jamais eu de relation de travail entre eux. 
S'agissant du contrat de travail, daté d'octobre 2010, il était possible que sa 
signature y figure, mais il a toutefois précisé ne jamais avoir vu ce document 
avant le litige l'opposant à A______. 

Il a ajouté qu'il n'avait nullement besoin des services de A______ pour la gestion 
de sa fortune, dans la mesure où il disposait d'ores et déjà d'un gestionnaire de 
famille en la personne de S______. Celui-ci avait géré les affaires de son défunt 
père, puis de sa défunte mère, avant de gérer sa fortune à lui. A une seule reprise, 
A______ lui avait présenté un gestionnaire de fortune en la personne de G______, 
qu'il avait vu à deux ou trois reprises, sans que cela ne débouche sur des relations 
professionnelles. 

Il avait prêté de l'argent à A______ parce qu'elle était une amie de longue date et 
parce qu'elle vivait seule avec deux fils à charge. A______ présentait en outre des 
garanties financières suffisantes pour le remboursement des prêts, dans la mesure 
où elle possédait une belle voiture ainsi qu'une maison à ______ [France] qu'elle 
louait environ € 4'500 euros par mois. 

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g. A l'audience de débats principaux du 30 août 2017, le Tribunal a auditionné 
quatre témoins, lesquels ont été exhortés à dire la vérité. 

G______, gérant de fortune de profession, a indiqué être un ami de A______, 
laquelle lui avait présenté B______ dans le but de leur permettre de faire 
connaissance et éventuellement d'entamer des relations d'affaires. Ils s'étaient 
ainsi vus à deux ou trois reprises, il y a environ quatre à huit ans, mais n'avaient 
finalement pas fait affaire. 

V______, employé de banque de profession, a précisé que son amie A______ 
l'avait introduit auprès de B______ en lui précisant que ce dernier pouvait avoir 
besoin de conseil dans le cadre de la gestion de ses biens. Il avait ainsi vu 
B______ à deux reprises au moins, mais cela n'avait pas abouti à la conclusion 
d'une affaire. S'agissant de la relation entre A______ et B______, il avait pu 
constater qu'ils étaient amis et il avait même supposé qu'il y eût peut-être une 
relation de travail entre les deux. 

AD______ a exposé avoir travaillé comme femme de ménage chez B______ 
depuis 2009 jusqu'en 2014 et ce à raison de quatre heures par semaine chaque 
mercredi matin. Elle n'avait rencontré A______ chez B______ qu'à une seule 
reprise et ce dernier la lui avait présentée comme étant une amie à lui. 

P______, fils de B______, a expliqué que A______ était une amie de son père et 
qu'elle venait fréquemment chez eux à une certaine époque, soit tous les deux 
jours environ, parfois pour manger avec eux et y dormir. Elle venait également 
avec ses fils, N______ et O______. Malgré son jeune âge à l'époque (11 – 12 
ans), il n'avait jamais eu l'impression que A______ travaillait pour son père. Par la 
suite, soit il y déjà plus de trois ans, les relations entre les deux s'étaient dégradées 
et A______ était venue moins fréquemment au domicile de son père. 

h. Lors de l'audience du 6 septembre 2017, le Tribunal a entendu six témoins, 
lesquels ont tous été exhortés à dire la vérité. 

N______, fils de A______, a indiqué que sa mère et B______ étaient de vieux 
amis, qui s'étaient rencontrés en 1997 ou 1998. Sa mère avait travaillé pour 
B______ à partir de 2007, notamment dans le domaine de placement de capitaux 
et de la gestion de fortune. Elle avait des contacts et essayait toujours de lui 
trouver de nouvelles affaires. Il s'était personnellement régulièrement rendu chez 
B______ jusqu'à fin 2013 lorsque la relation entre les parties s'était détériorée. En 
2011, sa mère et B______ avaient eu pour projet de créer une société dans 
laquelle ils seraient tous deux associés, mais ce dernier s'était désisté au dernier 
moment. Sa mère avait alors créé sa propre société et lui avait demandé d'en être 
l'administrateur. Même après la création de ladite société, elle avait continué à 
travailler pour B______, notamment à lui proposer des possibilités 
d'investissements dans l'immobilier ou les pierres précieuses. Sa mère et B______ 

- 12/26 - 
 

 

C/18141/2015-5 

s'étaient brouillés à partir du moment où sa mère avait reçu un courrier de la part 
du conseil de ce dernier lui réclamant le remboursement de sommes d'argent qu'il 
lui avait prêtées. Sa mère lui avait alors avoué qu'elle avait signé des 
reconnaissances de dette. A son avis, elle aurait mieux fait de signer des reçus en 
lieu et place de ces reconnaissances de dette, dans la mesure où cet argent lui avait 
été donné et non pas prêté. La relation entre sa mère et B______ s'était également 
détériorée après que ce dernier ait rencontré Y______, sa future épouse. Il était 
alors devenu plus difficile pour sa mère de travailler pour lui, de sorte qu'il n'était 
pas sûr si elle avait continué ou non. 

O______, fils de A______, a précisé, qu'étant enfant, sa mère, son frère et lui-
même se rendaient régulièrement chez B______ lequel était un ami de sa mère. Il 
savait que sa mère avait travaillé pour lui, notamment dans la création de sociétés 
et la gestion de sa fortune. Elle lui procurait entre autres des clients ou des 
contacts. Il ne connaissait toutefois pas le détail des activités de sa mère. Elle 
travaillait à la fois chez lui, mais également chez elle ou en déplacement. La 
relation entre sa mère et B______ s'était détériorée lorsque ce dernier l'avait 
appelée pour réclamer le remboursement de l'argent qu'il lui avait prêté. Sa mère 
avait alors cherché à comprendre la réaction de B______ et la raison pour laquelle 
ce dernier l'avait mise en poursuites. Elle avait été très affectée par cette situation. 
A la même époque, B______ s'était lié sentimentalement avec Y______ (sa future 
épouse). Suite à cette liaison, A______ n'avait plus eu accès au domicile de 
B______, mais ils étaient tout de même restés en contact. 

S______ a indiqué qu'il était le gestionnaire de fortune de B______. Il avait 
d'abord géré la fortune du père de ce dernier, puis celle de sa mère, puis enfin 
celle de B______. Il n'avait pas connaissance du fait que B______ aurait souhaité 
confier la gestion d'une partie de sa fortune à quelqu'un d'autre que lui. Il ne savait 
par ailleurs pas s'il gérait l'entier de la fortune de B______ ou seulement une 
partie. 

Y______, épouse de B______, a expliqué qu'elle avait connu son époux en 2010 
alors qu'elle exploitait un tea-room/restaurant situé à proximité du domicile de ce 
dernier. Il était alors un client régulier. Courant 2011, elle avait été amenée à faire 
un travail de secrétariat pour B______, consistant principalement à classer des 
dossiers. En 2012, leur relation était devenue sentimentale. Selon elle, A______ 
ne travaillait pas pour son époux, mais était uniquement une amie. Elle ne l'avait 
toutefois rencontrée qu'une fois, et ce au domicile de B______. Il avait été 
question que son époux investisse dans ______, ce qui ne s'était finalement pas 
concrétisé. Les contacts entre les parties avaient pris fin, sauf erreur, courant 
2012, à la suite de cette affaire de ______. 

AE______, demi-sœur de B______, vivant dans un appartement contiguë dans la 
même maison que son frère et sa sœur AF______, a confirmé que ce dernier lui 

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C/18141/2015-5 

avait présenté A______ comme étant une amie à lui. N'étant pas présente tout le 
temps chez B______, A______ ne devait pas travailler pour lui. 

AF______, demi-sœur de B______, a également indiqué que A______ lui avait 
été présentée par son frère comme étant une amie à lui. Elle venait souvent rendre 
visite à son frère et mangeait parfois chez lui. Il ne lui avait pas semblé que 
A______ travaillait pour son frère. 

i. Par plaidoiries écrites du 18 décembre 2017, les parties ont chacune persisté 
dans les termes de leurs conclusions respectives. 

B______ a encore saisi l'occasion pour soulever in extremis, dans son écriture 
après-enquêtes, et à toutes fins utiles, le moyen tiré de la prescription 
quinquennale, et il a considéré que toutes créances datant d'avant février 2012 
étaient prescrites. 

Le Tribunal a ensuite gardé la cause à juger. 

j. Examinant  d'entrée sa compétence matérielle, le Tribunal, appliquant la théorie 
des faits doublement pertinents, et se fondant donc, à ce premier stade de son 
raisonnement, sur les seuls allégués de la partie demanderesse, a retenu, 
provisoirement, que cette compétence était donnée. En effet, la demanderesse 
affirmait l'existence d'un contrat de travail. Abordant ensuite, dans un deuxième 
temps, le "fond" du litige, il a d'abord rappelé les quatre critères, retenus par la 
jurisprudence et la doctrine, caractéristiques du contrat de travail, puis, il a 
examiné si les faits de la cause permettaient de retenir l'existence d'un contrat de 
travail. Il n'a attaché aucune portée au document intitulé "Contrat de travail", 
rappelant que son authenticité avait été contestée. A l'issue de son examen, le 
Tribunal est parvenu à la conclusion que les éléments constitutifs du contrat de 
travail n'étaient pas réunis. En particulier, il a implicitement retenu, en fait, 
l'absence de tout lien de subordination entre la demanderesse et la défenderesse 
durant la période litigieuse. En conséquence, il a décidé de "débouter" la 
demanderesse "de ses prétentions en paiement de salaire". 

Enfin, le Tribunal a arrêté les frais judiciaires à 3'230 fr., et les a mis à la partie 
qui a succombé, soit la demanderesse, et les a compensés avec l'avance de frais 
fournie par cette dernière. 

k. Saisie de l'appel, la Cour de Justice (Chambre des prud'hommes) a, par décision 
du 20 février 2018, fixé, en application de l'art. 2 RTFMC, l'avance de frais à 
2'500 fr. à payer par l'appelante et lui a imparti, pour ce faire, un délai du 8 mars 
2018. Celle-ci y a déféré dans le délai fixé. 

l. La Cour a ordonné des débats. Lors de l'audience du 2 octobre 2018, les parties 
ont persisté dans leurs conclusions respectives. 

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La Cour a invité les conseils des parties à se déterminer, par une courte plaidoirie, 
par rapport au dispositif du jugement, notamment par rapport à la signification de 
l'expression "débouter de toutes ses conclusions" y contenue, et ce pour le cas où 
la Cour devrait confirmer la substance du jugement, mais ré-examiner la 
formulation de ce dispositif. Le conseil de l'intimé a plaidé qu'à son avis le sens de 
cette expression était claire: il signifiait que l'appelante, une fois déboutée au fond, 
ne pouvait plus réintroduire sa cause, que ce soit sur la base du contrat de travail 
ou sur la base d'un autre titre. Fondée sur le même complexe de faits; l'appelante, 
par la bouche de son conseil, a considéré de son côté qu'il fallait lire ce dispositif à 
la lumière des considérants du jugement, et notamment à la lumière du 
considérant 2 c à la page 13, à teneur duquel le Tribunal a annoncé qu'il 
"déboutera la demanderesse (= appelante) de ses prétentions en paiement du 
salaire, soit donc de ses prétentions découlant de rapports de travail et de nulle 
autre prétention qui pût se fonder sur un autre titre. 

m. Les arguments des parties en appel seront examinés ci-après dans la partie "En 
Droit", dans la mesure utile à la solution du litige. 

 

EN DROIT 

 

1. Interjeté contre une décision finale (art. 308 al. 1 let. a CPC) auprès de l'autorité 
compétente (art. 124 let. a LOJ) dans le délai utile de trente jours et selon la forme 
prescrite par la loi (art. 142 al. 1 et 3, art. 145 al. 1 let. c, arts. 331 et 313 al. 1 
CPC), l'appel est recevable. 

2. Le juge d'appel dispose d'un pouvoir d'examen complet et revoit librement les 
questions de fait comme les questions de droit (art. 310 CPC). En particulier, il 
contrôle librement l'appréciation des preuves effectuée par le Tribunal et vérifie si 
celui-ci pouvait admettre les faits qu'il a retenus (art. 157 CPC; ATF 138 III 374 
consid. 4.3.1; arrêt du Tribunal fédéral 4A_153/2014 du 28 août 2014 consid. 
2.2.3). 

3. Le juge applique le droit d'office (art. 57 CPC). 

4. 4.1. L'appelante a produit, en appel, en annexe à son mémoire-appel, un bordereau 
de pièces complémentaires, soit cinq "attestations sur l'honneur" émanant de 
personnes connaissant l'appelante et certifiant l'existence d'un contrat de travail 
entre elle et l'intimé. 

4.1.1. Or, l'allégation de faits et moyens de preuve nouveaux n'est admise en appel 
qu'aux conditions de l'art. 317 al. 1 CPC. Ils ne sont pris en compte que a) ils sont 
invoqués ou produits sans retard et b) ils ne pouvaient être invoqués ou produits 

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C/18141/2015-5 

devant la première instance bien que la partie qui s'en prévaut ait fait preuve de la 
diligence requise" (ATF 143 III 42 consid. 4. 1). Ces conditions sont cumulatives 
(arrêt du Tribunal fédéral 5A_456/2016 du 28 octobre 2016 consid. 4.1.1). 

4.1.2. Par ailleurs, la jurisprudence restrictive relative à l'admission d'attestations 
sollicitées en cours de route – en rapport avec l'art. 229 al. 1 CPC – s'applique 
mutatis mutandis également en appel, sous l'angle de l'art. 317 al. 1 CPC. 

4.1.3. En l'espèce, les moyens de preuve nouveaux ne remplissent pas ces 
exigences. Il s'agit d'attestations, en parties non-datées, de tiers manifestement 
sollicitées et obtenues après la notification du jugement entrepris, et afférentes à 
des faits antérieurs non seulement à la clôture des débats de premières instance, 
mais à la procédure prud'homale tout court. 

4.1.4. Par conséquent, ces nouvelles pièces sont irrecevables et ne seront pas 
prises en considération.  

4.2. Sollicitant la réouverture des enquêtes, l'appelante a encore produit, dans ses 
conclusions, une liste de onze témoins à entendre – dont l'un, G______ avait déjà 
été entendu par le Tribunal – et quatre autres sont auteurs des affidavits produits. 

4.2.1. A l'instar des titres (= pièces), le témoignage fait partie des moyens de 
preuve (cf. art. 168 al. 1 let. a CPC). En procédure prud'homale ordinaire régie par 
la maxime des débats – tel est le cas en l'espèce vu la valeur litigieuse supérieure à 
30'000 fr. (art. 55 al. 1 cum art. 243 al. 1 CPC) – tous les moyens de preuves dont 
dispose une partie doivent être invoqués en première instance déjà. Il en va de 
même des témoignages. Dès lors, il eût incombé à l'appelante de solliciter 
l'audition des personnes, listées dans ses conclusions d'appel, devant la première 
instance déjà. Sous réserve de découverte de novas, elle ne saurait vouloir faire 
compléter les enquêtes en appel.  

4.2.2. A ce propos, l'appelante n'allègue pas avoir proposé l'audition de ces 
témoins lors de la procédure devant le Tribunal et d'y avoir été éconduit à tort de 
son droit de les faire entendre. Elle n'allègue pas non plus avoir "découvert" ces 
témoins supplémentaires postérieurement au dernier échange d'écritures devant le 
Tribunal et que, bien que faisant preuve de la diligence requise, elle n'était pas en 
mesure d'en fournir à temps leur audition (cf. art. 229 al. 1 let. b CPC). 

4.2.3. Par conséquent, la Cour renonce à la réouverture des enquêtes sollicitées, et 
à l'administration des preuves testimoniales proposées. 

4.2.4. La Cour ne donnera pas davantage suite à la requête de l'appelante 
consistant à faire produire, par le Tribunal de première instance, du "contrat de 
travail original du 30 octobre 2010 déposé dans le cadre d'une procédure en 
libération de dette". En effet, cet acte d'instruction, l'appelante eût été à même de 

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solliciter lors de la procédure devant le Tribunal des prud'hommes – ce d'autant 
plus que ladite pièce, elle l'avait produite elle-même, dans ladite procédure en 
libération de dette, entamée le 22 mars 2016 – soit donc antérieurement à la 
présente procédure prud'homale. Ne l'ayant pas fait, l'appelante est malvenue de le 
solliciter pour la première fois en appel. 

4.4. Les faits notoires ou notoirement connus du juge et les règles d'expérience 
généralement reconnues ne doivent pas être prouvés (art. 151 CPC). 

4.4.1. Constituent des faits de notoriété publique, notamment, sur Internet, les 
informations bénéficiant d'une empreinte officielle (p. ex. extraits du Registre du 
commerce, statistiques OFS), accessibles sur des sites officiels (cf. ATF 143 IV 
380). 

5. 5.1. Il incombe à la partie appelante de motiver son appel (art. 311 al. 1 CPC). 
Elle doit indiquer pourquoi, et dans quelle mesure, le jugement entrepris doit être 
annulé ou modifié. Ceci implique qu'elle doit discuter la décision attaquée en 
indiquant, côté faits, les éventuelles constatations inexactes, suite, cas échéant, à 
une appréciation des preuves insoutenables du Tribunal, et côté droit, sans y être 
obligée (art. 157 CPC), l'application incorrecte ou arbitraire de règles topiques  
(cf. art. 310 CPC). En tout cas, elle ne saurait se contenter de répéter son exposé 
d'allégués de première instance (cf. SPUEHLER, in: Basler Kommentar ZPO, 3e éd, 
2017, N. 15 ad art. 311 CPC). 

5.2. En l'occurrence – et l'intimé le relève dans sa réponse à l'appel – l'appelante se 
borne, dans une large mesure, à exposer sa propre version des faits sans reprendre 
les faits retenus par le Tribunal pour indiquer en quoi l'état de faits devrait être 
modifié. 

5.3. Toutefois, force est d'admettre que le jugement pêche par l'absence d'un état 
de fait; pour l'essentiel, il relate les allégués des parties, les déclarations des 
témoins, sans qu'on sache ce que le Tribunal a bien retenu comme faits constants, 
établis et pertinents. Ce n'est qu'en lisant la partie "En droit" du jugement que le 
justiciable parvient à comprendre ce qui a été retenu comme faits. Vu sous cet 
angle, la rédaction d'un mémoire d'appel n'est pas des plus aisées. 

Dans ces conditions, et dès lors que la partie intimée et l'instance d'appel ont pu 
saisir les griefs de la partie appelante, point n'est besoin de se montrer trop 
exigeant, ni nécessaire de retenir une irrecevabilité de l'appel. 

5.4. En l'espèce, l'on comprend aisément que l'appelante – par la plume de son 
conseil – fait grief au Tribunal d'avoir rejeté l'existence d'un contrat de travail au 
sens de l'art. 319 CO. 

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6. 6.1. Le juge doit examiner sa compétence matérielle d'office (art. 59 al. 1 let. b 
CPC). Cet examen s'effectue sur la base des éléments fournis par les parties (arrêt 
du Tribunal fédéral 4A_229/2017 du 7 décembre 2017, consid. 3.1 = RSPC 2018,  
p. 86). La sanction de l'incompétence matérielle est en principe l'irrecevabilité, et 
non pas l'absence de fondement, de la demande (cf. art. 60 CPC; arrêt du Tribunal 
fédéral 4A_332/2015 du 10 février 2016, consid. 4.2 = RSPC 2016 p. 395; HOHL, 
Procédure civile, Tome II, Berne, 2e éd., 2010, p. 99). 

6.2. Considérant avoir à faire à des faits de double pertinence – c'est-à-dire à des 
faits pertinents tant pour l'entrée en matière que pour trancher le fond du litige – le 
Tribunal s'est fondé, pour conclure provisoirement à sa compétence matérielle, sur 
la nature de la prétention alléguée par la demanderesse (et ci-devant: appelante), 
quitte à examiner le bien-fondé de la prétention – dont notamment le noyau 
central, à savoir l'existence d'un contrat de travail au sens de l'art. 319 CO, dans 
un second temps. 

6.2.1. Cette façon de faire est correcte et n'a pas été critiquée en appel.  

6.2.2. En effet, l'existence d'un contrat de travail constitue un fait doublement 
pertinent puisqu'il est déterminant à la fois pour la compétence (locale et/ou 
matérielle) du juge saisi et pour le bien-fondé de l'action au fond (cf. ATF 142 III 
466, consid. 5.1.2; 137 III 32 consid. 2.3. in fine et 2.4.1; arrêts du Tribunal 
fédéral 4A_264/2018 du 7 juin 2018, consid. 2.2.; 4A_461/2010 du 22 novembre 
2010 consid. 2.4 = RSPC 2011 p. 10). 

6.2.3. La théorie des faits doublement pertinents ("doppelrelevante Tatsachen") 
semble trouver son origine chez GULDENER (Schweizerisches Zivilprozessrecht, 
Zurich, 1979, p. 107); elle a été reprise, dès 1999, par le Tribunal fédéral, y 
compris dans des litiges de travail (cf. arrêt du Tribunal fédéral du 5 janvier 1999 
= JAR 2000 p. 387; TF 22. 3. 1999 = JAR 2000 p. 389; arrêt du Tribunal fédéral 
4P.104/2006 du 25 septembre2006 = ARV 2007 p. 26; 137 III 32). 

6.2.4. Le juge saisi – quel qu'il soit –   bénéficie de la Kompetenz-Kompetenz. 

7. 7.1. L'appelante fait principalement grief au Tribunal d'avoir écarté, lors de son 
examen au fond, l'existence d'un contrat de travail. 

7.2. La qualification juridique d'un contrat est une question de droit (ATF 131 III 
217 consid. 3 p. 219; arrêt du Tribunal fédéral 4A_602/2013 du 27. mars 2014 
consid. 3. 1 = JAR 2015 p. 185). Le juge détermine librement la nature de la 
convention d'après l'aménagement objectif de la relation contractuelle, sans être 
lié par la qualification, même concordante, donnée par les parties (ATF 84 II 493 
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral 4A_194/2011 du 5 juillet 2011 consid. 5.3 = 
JdT 2012 II 198). La dénomination d'un contrat n'est pas déterminant pour évaluer 
sa nature juridique (art. 18 al. 1 CO; ATF 129 III 664 consid. 3.1). 

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7.3. Par le contrat de travail, le travailleur s'engage, pour une durée déterminée ou 
indéterminée, à travailler au service de l'employeur et celui-ci à payer un salaire 
fixé d'après le temps ou le travail fourni (salaire aux pièces ou à la tâche) (cf. art. 
319 al. 1 CO). 

7.3.1. Les quatre éléments constitutifs du contrat de travail sont donc les suivants: 
a) une prestation personnelle de travail, b) la mise à disposition par le travailleur 
de son temps pour une durée déterminée ou indéterminée, c) un rapport de 
subordination, et d) un salaire (cf. WYLER/HEINZER, Droit du travail, Berne, 3e éd, 
2014 p. 20 ss; AUBERT, Commentaire romand, Code des obligations I, 2e éd., N. 1 
ad art. 319 CO; REHBINDER/STÖCKLI, Berner Kommentar, 2010, N. 1 ss ad art. 
319 CO; STREIFF/VON KAENEL/RUDOLPH, Arbeitsvertrag, Zurich, 2012, N. 2 ad 
art. 319 CO p. 71; STAEHELIN, Zürcher Kommentar, 2006 No. 26 ad art. 319 CO). 

7.3.2. Le lien de subordination constitue le critère distinctif essentiel du contrat de 
travail (ATF 125 III 78 cons. 4 = SJ 1999 I p. 385; arrêt du Tribunal fédéral 
4A_602/2013 du 27 mars 2014 consid. 3.2 = JAR 2015 p. 185; WITZIG, Droit du 
travail, Zurich, 2018, p. 86 ss; WITZIG, "La subordination dans le contrat de 
travail" in: SJ 2015 II p. 39 ss). Il présuppose que le travailleur soit soumis à 
l'autorité de l'employeur pour l'exécution du contrat et cela au triple point de vue  
personnel, fonctionnel (organisation et contrôle) temporel (horaire de travail), et, 
dans une certaine mesure, économique (ATF 125 III 78 cons. 4; 121 I 259 consid. 
3a; arrêt du Tribunal fédéral 4A_553/2008 du 9 février 2009 consid. 4.1).  

7.3.3. La dépendance personnelle réside en ceci que le travailleur s'engage à 
développer une activité dont la nature, l'importance, les modalité et l'exécution ne 
sont souvent déterminées que de manière très générale dans le contrat de travail et 
doivent être précisées et concrétisées par le biais d'informations et d'instructions 
particulières, données au fil du temps par l'employeur. Le travailleur s'engage 
ainsi à respecter les instructions de l'employeur, et à se soumettre aux mesures de 
supervision que celui-ci ordonne. 

7.3.4. La notion de rapport hiérarchique ou fonctionnel implique que le 
travailleur est incorporé dans l'entreprise de l'employeur et se voit attribuer une 
position déterminée au sein de son organisation. 

7.3.5. Du point de vue temporel, le travailleur doit en principe respecter l'horaire 
de travail fixé par l'employeur.  

7.3.6. La dépendance économique réside, quant à elle, en ceci que le salaire 
permet au travailleur d'assurer sa subsistance (ATF SJ 1999 p. 185; arrêts du 
Tribunal fédéral 4C_276/2006 du 25 janvier 2007, consid. 4.3.1; 4C.462/2004 du 
20. avril 2005 consid. 4.3.3; STAEHELIN, Zürcher Kommentar, op. cit, no. 27 à 30 
ad art. 319 CO; AUBERT, Commentaire romand, CO I, op. cit. N. 6 à 13 ad art. 
319 CO pp. 1966 s; WITZIG, op. cit. p. 85). 

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7.4. La preuve de l'existence d'un contrat de travail incombe à la partie qui s'en 
prévaut pour en déduire un droit (art. 8 CC; arrêts du Tribunal fédéral du  
21 décembre 1998, consid. 3 b = SJ 1999 I p. 385; 4A_504/2015 du 28 janvier 
2016, consid. 2.1.2 = JAR  2017 p. 123). 

7.5. Il convient donc d'examiner, en l'espèce, la présence des quatre éléments 
constitutifs d'un contrat de travail. 

7.5.1. Le Tribunal a  écarté d'emblée, et à juste titre, le document produit par la 
demanderesse (et ci-devant appelante) intitulé "Contrat de travail", et, 
prétendument daté et signé par les parties le 30 octobre 2010. En effet, 
l'authenticité de ce document avait été contestée par le défendeur (= ci-devant: 
intimé). Saisi d'une plainte pénale pour faux dans les titres, le Ministère public a 
rendu le 14 août 2017 une ordonnance de non-entrée en matière et ne s'est ainsi 
pas prononcé sur l'authenticité de ce document et de la signature du plaignant y 
figurant. Cela étant, l'existence de ce document, fort curieusement, n'a jamais été 
alléguée avant le dépôt, par l'appelante, le 22 mars 2016, de son action en 
libération de dette contre l'intimé. En particulier, et comme le relève l'intimé, ce 
document n'a pas été évoqué dans la lettre de l'appelante au conseil de l'intimé du 
2 octobre 2014. Ces omissions et retards jettent le trouble et tendent à éroder la 
véracité de ce document. 

7.5.2. Quoi qu'il en soit, l'existence de rapports de travail ne saurait se fonder sur 
un seul document, et encore moins, lorsque, comme en l'espèce, son authenticité 
est contestée et douteuse. A vrai dire, le travailleur n'a pas à prouver la conclusion 
formelle d'un contrat de travail, il peut se fonder sur la présomption irréfragable 
de l'art. 320 al. 1 et 2 CO (arrêt du Tribunal fédéral du 16 décembre 1985 = SJ 
1986, p. 290). L'on rappellera qu'à teneur de cette norme, le contrat individuel de 
travail n'est soumis à aucune forme écrite. Il est réputé conclu lorsque l'employeur 
accepte pour un temps donné l'exécution d'un travail qui, d'après les circonstances, 
ne doit être fourni que contre un salaire (arrêts du Tribunal fédéral 4A_504/2015 
du 28 janvier 2016, consid. 2.1.2  = JAR 2017 p. 123; 16. 12. 1985 = SJ 1986 p. 
290; KG SG 21. 8. 2015 consid. 1 a = JAR 2016 p. 499). Ce qui est donc 
déterminant – et le Tribunal a vu juste – c'est la réalité de la présence des quatre 
critères constitutifs permettant de conclure à l'existence d'un contrat de travail. Et 
c'est cela que la personne qui s'affirme travailleur doit prouver. 

7.5.3. Il sied à présent, et tout d'abord, d'examiner si l'appelante a fourni une 
prestation personnelle de travail. 

Il n'est pas contesté que les parties aient été liées d'amitié depuis la fin des années 
nonante et que l'appelante rendait régulièrement visite à l'intimé. A une certaine 
époque, elle le faisait plusieurs fois par semaine. Elle se rendait notamment à son 
domicile, à Q______, parfois accompagnée de ses deux fils et quelquefois pour y 

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manger ou même y dormir. La question est de savoir si, en plus de la relation 
d'amitié, il y a eu une relation de travail, et ce, dans un rapport de subordination. 

Selon ses propres déclarations, il semblerait que l'appelante ait été très active dans 
la recherche de nouvelles affaires et de nouveaux investissements. Elle est 
toutefois restée très vague s'agissant des tâches et activités concrètes qu'elle aurait 
effectuées, et qui plus est, dans un rapport de subordination, pour le défendeur. 

7.5.3.1. Concrètement, il ressort des témoignages que l'appelante a présenté deux 
personnes à l'intimé, G______, gérant de fortune, et V______, employé de 
banque, dans le but de leur permettre de faire connaissance et éventuellement 
d'entrer en affaires. Dans les deux cas, il avait été question de conseils pour la 
gestion de la fortune de l'intimé. Malgré quelques rencontres, l'intimé n'a pas 
entamé de relations professionnelles avec ces deux personnes. Par ailleurs, aucun 
élément de fait n'indique que l'intimé aurait chargé l'appelante de lui présenter ces 
personnes. 

7.5.3.2. Il ressort également du dossier que l'appelante avait le projet de créer une 
société active dans le domaine de l'import-export de tous biens à la mode. Il n'est 
pas clair si l'intimé devait participer d'une manière ou d'une autre à ce projet. Par 
contre, il n'est pas contesté que la société X______ avait finalement été créée 
uniquement par la demanderesse avec ses propres fonds. La société a été inscrite 
au Registre du commerce du canton de Vaud le ______ 2011. L'appelante en était 
la directrice et son fils, N______, l'administrateur. 

7.5.3.3. L'appelante allègue avoir continué à travailler pour l'intimé même après la 
création de la société. Elle soutient qu'elle devait soumettre à l'intimé les affaires 
de X______. A ce propos, la Cour relève, tout comme le Tribunal, que l'intimé 
n'avait a priori aucun intérêt s'agissant de la gestion de ladite entreprise pour 
laquelle il n'avait pas investi d'argent et laquelle appartenait entièrement à 
l'appelante. L'on comprend dès lors mal en quoi le fait pour l'appelante de 
"soumettre les affaires X______" pourrait être considéré comme une prestation de 
travail en faveur du défendeur. 

7.5.3.4. Les témoignages divergent très fortement s'agissant de la prétendue 
relation de travail ayant lié les parties, puisque certaines des personnes entendues 
soutiennent que l'appelante travaillait pour l'intimé – au demeurant, sans préciser 
si ce travail avait été effectué dans un rapport de subordination – , alors que les 
autres témoins le contestent. 

7.5.3.5. Ces témoignages doivent toutefois être appréciés avec retenue, compte 
tenu des liens familiaux et intimes qui lient les témoins à l'appelante ou à l'intimé.  
La Cour constate, avec le Tribunal, qu'aucun des témoins n'a eu une connaissance 
claire de l'éventuelle relation de travail qui aurait pu unir les parties. Les enfants 
des deux parties ont tous fait part de leurs impressions à ce sujet, mais ont 

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également admis qu'ils étaient trop jeunes à l'époque pour savoir ce dont les 
adultes discutaient lorsqu'ils se voyaient. Quant à l'épouse et aux sœurs de 
l'intimé, elles connaissaient à peine l'appelante et n'étaient pas présentes lors des 
entretiens que les parties ont eus. Au vu des explications qui précèdent, les 
déclarations desdits témoins n'apparaissent pas déterminantes. 

7.5.4. L'appelante, qui supporte le fardeau de la preuve (art. 8 CC), n'a à aucun 
moment démontré qu'elle aurait effectué des tâches pour l'intimé, ni qu'elle aurait 
accompli une quelconque prestation personnelle de travail. 

Sous l'angle des autres critères, en particulier celui lié à l'existence d'un lien de 
subordination, la Cour relève avec le Tribunal, que l'appelante n'a pas démontré 
qu'elle recevait des instructions de l'intimé. Elle n'avait manifestement pas non 
plus un horaire de travail et ne subissait pas de contrôle de la part de l'intimé. 

Enfin, s'agissant d'un flux d'argent à titre de salaire, il convient de relever que les 
parties sont également en litige – actuellement dans le cadre d'une action en 
libération de dette – s'agissant du remboursement de sommes d'argent que 
l'intimé, pièces à l'appui, affirme avoir prêtées à l'appelante. Cette dernière 
prétend que ces montants lui auraient été donnés, alors que l'intimé n'a de cesse 
d'alléguer qu'il s'agissait uniquement de prêts. Dans le cadre de ce litige relatif au 
remboursement de ces montants, il convient de relever le courrier que l'appelante 
avait adressé, en date du 2 octobre 2014, au conseil de l'intimé. Elle y relate sa 
relation d'amitié avec l'intimé, sa situation personnelle ainsi que les montants 
prêtés [sic] par ce dernier. Or, à aucun moment elle ne faisait état d'un dû à titre 
de salaire, bien qu'elle prétende à présent avoir travaillé pendant plusieurs années 
pour lui. L'attitude de l'appelante conforte la Cour, tout comme elle a conforté le 
Tribunal, dans la conviction que les parties n'ont jamais été liées par des rapports 
de travail au sens de l'art. 319 CO. 

7.6. Il en découle que les éléments constitutifs d'un contrat de travail sont pas 
réunis. 

En conséquence, à l'instar du Tribunal, la Cour déboutera la demanderesse de ses 
prétentions en paiement de salaire. 

8. 8.1. A vrai dire, l'examen de la compétence matérielle de la juridiction des 
Prud'hommes s'effectue, dans le canton de Genève, à la lumière de l'art. 1  
al. 1 let. a de la loi sur le Tribunal des prud'hommes (LTPH, RS/GE E 3.10). Cette 
disposition attribue à la juridiction des prud'hommes la compétence de juger les 
contestations entre employeurs et salariés pour tout ce qui concerne leurs rapports 
découlant d'un contrat de travail. 

8.2. L'art. 1 al. 1 let. a LTPH (art. 1 al. 1 let. a ancienne LJP) est une norme de 
droit public cantonal, fondée sur l'art. 122 al. 2 Cst. féd. et l'art. 4 CPC, qui 

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laissent l'organisation judiciaire cantonale aux cantons, respectivement leur 
confèrent le droit d'instituer des tribunaux spécialisés, tels que des tribunaux des 
baux ou des tribunaux des prud'hommes. Le Tribunal fédéral n'en examine 
l'application correcte que sous l'angle de l'arbitraire (arrêt du Tribunal fédéral 
4A_310/2007 du 4 décembre 2007, consid. 3.2; ATF 122  III 57 consid. 2b; 133 
III 463 consid. 2.3; arrêt du Tribunal fédéral du 5 janvier 1988 consid. 2 b = JAR 
2000, p. 387 = SARB 2/2000 p. 833). 

8.3. Ayant constaté l'absence d'un contrat de travail au sens de l'art. 319 CO, le 
Tribunal eût pu se contenter d'un jugement retenant son incompétence matérielle, 
au sens de l'art. 1 al. 1 let. a LTPH, pour connaître du litige, et partant, d'un 
jugement prononçant l'irrecevabilité de la demande. 

8.4. Or, vu la théorie des faits de double pertinence – sus-évoquée –  le prononcé 
d'un jugement d'irrecevabilité – pour défaut de compétence matérielle – n'était pas 
possible. Il y a conflit entre cette théorie et l'art. 1 al. 1 let. a LTPH, c'est-à-dire, 
plus généralement, entre cette théorie et le droit des cantons d'instaurer des 
tribunaux spécialisés, à compétence matérielle limitée à leur domaine de 
spécialisation. 

8.4.1. Dans ses développements les plus récents, tels que présentés par la 
jurisprudence du Tribunal fédéral, la théorie des faits de double pertinence 
implique que le juge doit, une fois parvenu au stade de l'examen au fond du litige, 
et constatant à l'issue de l'administration des preuves sur les faits doublement 
pertinents, son incompétence locale ou matérielle, rejeter la demande par un 
jugement au fond, lequel est revêtu de l'autorité de chose jugée (ATF 142 III 466 
consid. 5.2.1; pour une critique: BUCHER, "Vers l'implosion de la théorie des faits 
doublements pertinents", in: SJ 2015 II 67 ss.). 

8.4.2. La question qui se pose est de savoir si un jugement d'une juridiction 
spécialisée, tel un jugement émanant du Tribunal des prud'hommes, qui déboute 
une partie demanderesse de son action pour défaut de compétence matérielle 
empêche cette partie à réintroduire sa prétention, basée sur le même complexe de 
faits, mais fondée sur un autre titre juridique, devant une autre juridiction 
(ordinaire ou spécialisée); autrement dit, il s'agit de répondre à la question de 
l'étendue l'autorité de chose jugée. 

8.4.3. A connaissance de la Cour, le Tribunal fédéral ne s'est jamais prononcé, à 
ce jour, sur cette question. La majorité des cas tranchés concernaient des litiges où 
la compétence ratione loci (i. e. for) du juge saisi était en jeu. La doctrine, dans 
les rares cas où elle s'est penchée sur la question, est partagée.  

8.4.3.1. Certains auteurs considèrent qu'un jugement rendu par une juridiction 
spécialisée déboutant la partie demanderesse pour incompétence matérielle 
l'empêche définitivement de revenir à charge, avec les mêmes prétentions fondées 

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sur le même complexe de devant, une autre juridiction; l'autorité de chose jugée a 
un effet erga omnes actiones, sub omnibus titulis, quae ex eodem complexu 
factorum iure praebentur (cf. DIETSCHY, Les conflits de travail en procédure 
civile suisse, Bâle, 2011, p. 19 No. 22). 

Mieux encore, pour parer à cet écueil, ce courant doctrinal prône que la juridiction 
spécialisée, fût-elle matériellement incompétente, examine néanmoins d'office si 
les conclusions prises par la partie demanderesse pourraient se révéler bien-
fondées sous un autre titre juridique, soit donc, par exemple, à la  lumière des 
règles éventuellement applicables (mandat, contrat d'entreprise, contrat de 
courtage, contrat d'agence, contrat de société simple, etc…) et qu'elle tranche le 
litige en fonction de ces règles-là (ZINGG, in: Berner Kommentar ZPO, Bd. I, 
2012, Nos 42 – 43 ad art. 60 CPC;  DIETSCHY, op. cit. p. 19 No. 25). 

Cette façon de voir semble être partagée par la Cour cantonale vaudoise (cf. TC 
VD, 16. 1. 2014 14. 1. 2004 cons. 3, M.W. c. Université populaire de Lausanne = 
JdT 2005 III 79). 

8.4.3.2. D'autres auteurs estiment qu'une juridiction spécialisée n'a pas à examiner 
si une prétention, ne relevant pas de son champ de compétence, puisse néanmoins 
être adjugée sur la base d'autres règles. Un jugement de déboutement ne bénéficie, 
dès lors, de l'autorité de chose jugée que par rapport à la thématique tranchée sous 
l'angle du droit du travail ou du droit du bail ("anderweitige Anspruchsgrundlagen 
bleiben rechtskraftfrei") (cf. GULDENER, op. cit., p. 106 Fn 103; FULD, "Les faits 
de double pertinence en général et en droit du travail", in: Panorama II en droit du 
travail, Berne, 2012, p. 854; SCHWANDER, "Arbeitsrechtliche Streitigkeiten in 
Zivilprozessverfahren" in: ZZZ 2007 p. 198). 

Cette façon de voir est partagée par le Tribunal cantonal de St. Gall (KG SG, 
16. 10. 2007 cons. IV/4 = JAR 2008 p. 464) ainsi que par l'Arbeitsgericht de 
Zürich (ArG ZH, 15.3. 2017, in: Entscheidungen des Arbeitsgerichts Zurich 2017, 
No. 25 p. 66). 

8.4.4. La Cour, ouïes les parties, fait sienne cette seconde opinion. En effet, il n'est 
tout simplement pas concevable que le Tribunal fédéral ait voulu, en consacrant la 
théorie des faits doublement pertinents, éroder dans sa substance, le droit des 
cantons d'entretenir des tribunaux (civils) spécialisés, respectivement affaiblir leur 
droit de les faire fonctionner dans un champ de compétence matérielle limité.  

Dans le canton de Genève, la juridiction des prud'hommes – au niveau du 
Tribunal des prud'hommes – fonctionne exclusivement avec des juges laïcs. Il ne 
saurait être attendu d'eux qu'ils tranchent une prétention au fond– qui s'avère ne 
pas relever du droit du travail – en fonction d'autres règles applicables. Les juges 
laïcs ne disposent pas de la formation requise pour, tel un magistrat titulaire d'un 

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Tribunal ordinaire, connaître tout le spectre du droit éventuellement applicable 
pour la solution d'un litige. 

Dès lors, doit être écartée l'idée de retourner le dossier au Tribunal pour qu'il 
examine – iure novit curia -  la présence d'un fondement juridique autre que l'art. 
319 CO susceptible d'étayer le bien-fondé de la prétention litigieuse. 

Il paraît, dans ces conditions, choquant et insoutenable qu'une partie 
demanderesse, en saisissant un tribunal spécialisé, mais qui se déclare 
matériellement incompétent tout en la déboutant au fond, ait tout simplement 
perdu sa prétention. Le droit du justiciable d'accéder à un juge (art. 29 a Cst.féd) 
compétent et à même de trancher le litige, serait entravé. Elle doit pouvoir, si elle 
s'y estime fondée, réintroduire sa cause devant le juge matériellement compétent, 
sans se heurter à l'autorité de chose jugée (res iudicata). 

8.4.5. L'on observera encore ceci: Si le jugement prud'homal déboutant la partie 
demanderesse de ses conclusions devait bénéficier de l'autorité de chose jugée 
généralisée, c'est-à-dire par rapport à tout autre fondement juridique possible, l'on 
ne comprendrait pas pourquoi le Tribunal de première instance, saisie de l'action 
en libération de dette ait suspendu la procédure dans l'attente de la décision 
prud'homale. En effet, les prétentions sous-jacentes aux reconnaissances de dette 
relèvent, à dire du créancier, du contrat de prêt, contre lesquelles la débitrice (soit 
ci-devant la demanderesse / appelante) avait objecté la compensation avec une 
créance prétendument de nature salariale. L'idée du Tribunal de première instance, 
en suspendant la cause, était très certainement celle consistant à faire trancher, par 
la juridiction matériellement compétente, l'existence d'un contrat de travail, le réel 
et sérieux d'une créance salariale, et partant, le bien-fondé de la compensation 
invoquée; son idée n'était manifestement pas de confier au Tribunal des 
prud'hommes le soin de trancher, avec effet res iudicata, le réel et sérieux des 
prêts, et de la créance en remboursement alléguée par le créancier poursuivant (ci-
devant: défendeur/ intimé). Certes, lorsqu'un prêt est un prêt d'employeur, accordé 
à l'emprunteur parce qu'il est l'employé du prêteur, et se fonde donc sur  
l'existence de rapports de travail, l'action en libération de dette – pour échapper à 
une obligation de restitution fondée sur l'art. 339 al. 1 CO – doit être introduite 
devant la juridiction des prud'hommes (cf. VS, Cour de cassation civile, 
5.10.1984, in: RVJ 1984 p. 185). Dans cette mesure-là, la juridiction des 
prud'hommes serait matériellement compétente pour connaître d'une contre-
créance, fût-elle basée sur un "contrat de prêt". En l'espèce, cette condition 
d'accessoriété des prêts et des reconnaissances de dettes au contrat de travail n'est 
pas remplie, faute d'existence d'un contrat de travail. 

8.4.6. Enfin, tout porte à penser que l'intention du Tribunal des prud'hommes 
n'était pas de rendre un prononcé d'un déboutement erga omnes, dès lors qu'il 

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avait annoncé, au point 2 c des considérants "En droit", qu'il déboutera la 
demanderesse de ses prétentions en paiement du salaire".  

8.5. Vu ce qui précède, la Cour est donc amenée à préciser, dans le sens des 
considérants, le chiffre 2 du dispositif du jugement entrepris, en le formulant 
comme suit: Déboute l'appelante de toutes ses conclusions découlant d'un contrat 
de travail. 

9. 9.1. Vu l'issue du litige, la Cour met les frais de justice en appel à la charge de 
l'appelante. Vu la complexité de la cause, elle fixe ces frais à 2'500 fr. et les 
compense avec l'avance fournie par l'appelante. 

 9.2. Dans le canton de Genève, il n'est pas alloué des dépens ni d'indemnité pour 
la représentation en justice dans les causes soumises à la juridiction des 
prud'hommes (cf. art. 22 al. 2 de la loi d'application du code civil et d'autres lois 
fédérales, [LaCC], du 11 octobre 2012 [RS/GE E 1.05]). 

 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 
La Chambre des prud'hommes, groupe 4 : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté le 14 février 2018 par A______ contre le jugement 
JTPH/9/2018 rendu le 12 janvier 2018 par le Tribunal des prud'hommes dans la cause 
C/19811/2016-4; 

Au fond : 

Annule le chiffre 2 du dispositif du jugement entrepris et, statuant à nouveau, 

Déboute A______ de toutes ses conclusions découlant d'un contrat de travail; 

Confirme le jugement entrepris pour le surplus; 

Sur les frais: 

Arrête les frais judiciaires à 2'500 fr.  

Les met à la charge de A______ et les compense avec l'avance de frais effectuée qui 
reste acquise à l'Etat de Genève. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens. 

Siégeant : 

Monsieur Werner GLOOR, président; Monsieur Olivier GROMETTO, juge employeur; 
Madame Ana ROUX, juge salariée; Madame Véronique BULUNDWE-LEVY, 
greffière. 

   

 

 

 

Indication des voies de recours et valeur litigieuse : 

 
Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 

173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours 

en matière civile. 

 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 
Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 15'000 fr.