# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d2c19ec6-a786-5ce6-b254-d4da58deb614
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-09-24
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 24.09.2018 P/16154/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-16154-2013_2018-09-24.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/16154/2013 AARP/300/2018 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 24 septembre 2018 

 

Entre 

A______, domicilié ______, comparant par Me BP______ et Me BO______, avocats, 

______ Genève, 

appelant principal, intimé sur appel joint, 

 

contre le jugement JTCO/118/2017 rendu le 29 septembre 2017 par le Tribunal 

correctionnel, 

 

et 

 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

appelant joint, intimé sur appel principal, 

et 

 

B______, C______, D______, E______ et F______, soit leurs représentants légaux pour 

les quatre premiers, G______, H______, I______, J______ et K______, comparant par Me 

BL______ , avocate, ______ Genève, 

 
 
 

P/16154/2013 

- 2 - 

L______, M______ et N______, comparant par Me Thomas BARTH, avocat, Étude Barth 

& Patek, 6 boulevard Helvétique, case postale, 1211 Genève 12, 

intimés sur appels principal et joint. 

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EN FAIT : 

A. a. Par courrier du 3 octobre 2017, A______ a appelé du jugement JTCO/118/2017 du 
29 septembre 2017, notifié directement motivé le 30 novembre suivant, par lequel le 
Tribunal correctionnel l'a déclaré coupable d'actes d'ordre sexuel avec des enfants 
(art. 187 ch. 1 al. 2 du code pénal suisse du 21 décembre 1937 [CP – RS 311.0]), de 
tentative d'actes d'ordre sexuel avec des enfants (art. 22 al. 1 cum 187 ch. 1 al. 2 CP), 
de pornographie (art. 197 al. 1 aCP), de tentative de pornographie (art. 22 al. 1 cum 
197 al. 1 aCP), de contrainte sexuelle (art. 189 al. 1 CP), de tentative de contrainte 
sexuelle (art. 22 al. 1 cum 189 al. 1 CP) et de contrainte (art. 181 CP), l'a acquitté des 
faits mentionnés aux points 7.2.4, 8.2.1, 9.1, 9.2 et 26.2 de l'acte d'accusation et a 
classé la procédure s'agissant de l'infraction de violation et d'instigation à violation 
du domaine secret ou privé au moyen d'un appareil de prise de vue (art. 179quater CP 
et 24 al. 1 cum 179quater CP). Le Tribunal l'a condamné, outre aux frais de la 
procédure, à une peine privative de liberté de quatre ans et six mois, sous déduction 
de 314 jours de détention avant jugement et de 120 jours correspondant à 
l'imputation des mesures de substitution, et l'a soumis à un traitement ambulatoire 
(art. 63 CP), les mesures de substitution ordonnées le 1er septembre 2014 par le 
Tribunal des mesures de contrainte étant levées dès l'entrée en force du jugement. 
Diverses confiscations, destructions et restitutions ont été prononcées. 

 Le Tribunal :  

- a constaté que A______ acquiesçait aux conclusions civiles de D______, 
E______, B______, soit pour lui G______ en qualité de représentante légale, 
C______, soit pour lui H______ en qualité de représentante légale, et F______ ; 
ainsi que de L______, M______ et N______ en réparation de leur tort moral. 

- a condamné A______ à verser, au titre de réparation de leur tort moral CHF 
18'000.-, avec intérêts à 5% dès le 1er août 2013, à B______, soit pour lui 
G______ ; CHF 10'000.-. avec intérêts à 5% dès le 1er août 2013 à C______, soit 
pour lui H______ ; CHF 25'000.-, avec intérêts à 5% dès le 1er juin 2012 à 
E______; CHF 10'000.-, avec intérêts à 5% dès le 1er juillet 2011 à D______ ; 
CHF 35'000.-, avec intérêts à 5% dès le 1er novembre 2012 à F______ ; CHF 
20'000.-, avec intérêts à 5% dès le 30 septembre 2013 à L______ ; et CHF 1.- 
chacun à M______ et N______. 

- a condamné A______ à verser, au titre de juste indemnité pour les dépenses 
obligatoires pour la procédure de première instance CHF 33'789.60 à B______, 
soit pour lui G______ ; CHF 28'772.65 à C______, soit pour lui H______ ; CHF 
28'613.60 à E______; CHF 26'577.80 à D______ ; CHF 27'963.- à F______ ; et 
CHF 31'711.50 à L______. 

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b. Par acte déposé au greffe de la Chambre pénale d'appel et de révision (ci-après: 
CPAR) le 20 décembre 2017, A______ forme la déclaration d'appel prévue à 
l'art. 399 al. 3 du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (CPP –
RS 312.0). Il conclut à son acquittement pour les actes référencés sous les chiffres 
1.3, 2.2, 4.1, 7.1, 8.1, 12.1, 13.1, 15, 16.1, 16.3, 20.1, 20.2, 21.2, 22.3, 22.4, 23.1, 
23.2, 24.1 et 26.4 de l'acte d'accusation. Il conclut au prononcé d'une peine privative 
de liberté compatible avec le sursis partiel et à ce que les mesures de substitution 
soient imputées à concurrence d'au moins la moitié de leur durée au jour de l'arrêt de 
la Cour.  

 c. Par courrier du 31 janvier 2018, le Ministère public forme un appel joint (art. 401 
CPP), concluant à ce que A______ soit également reconnu coupable pour les faits 
décrits aux points 7.2.4, 9.1, 9.2 et 26.2 de l'acte d'accusation et à ce qu'il soit 
condamné à une peine privative de liberté de six ans, ainsi qu'aux frais de la 
procédure de première instance et d'appel, le jugement devant être confirmé pour le 
surplus. 

 d. Selon l'acte d'accusation du 14 juillet 2017, il est ou était reproché à A______ 
d'avoir, notamment, commis diverses infractions à Genève, entre 2009 et 2013 
environ, sous la fausse identité de "O______" ou "P______" (ci-après : P______), 
qui peuvent être résumées ainsi s'agissant des points discutés en appel : 

 d.a. Des faits en lien avec B______  

Dès août 2013, A______, sous la fausse identité de P______, a pris contact par 
messages R______ [réseau de communication] avec B______, âgé de 13 ans, 
demandant s'il serait susceptible d'être intéressé par des échanges de photographies 
ou vidéos à connotation sexuelle. Sous son identité féminine, A______ a envoyé à 
B______ des images de P______ nue ou en sous-vêtements, dans des poses 
suggestives, lui demandant de lui faire parvenir en échange des photographies de lui 
en boxer, ce que B______ a fait. Il lui a ensuite demandé une image de lui 
complètement nu et à visage découvert. B______ a alors sollicité l'avis de A______, 
lequel lui a, sous sa vraie identité, indiqué qu'il pouvait faire confiance à P______. 
Rassuré, B______ s'est photographié entièrement nu et a envoyé le cliché à P______. 
A______ a agi intentionnellement, dans le but de se procurer une excitation sexuelle 
grâce aux images reçues (ch. 1.1). 

 Aux alentours de la rentrée scolaire de 2013, A______, sous l'identité de P______, a 
repris contact avec B______, exigeant l'envoi d'une nouvelle photographie de lui nu, 
ce que B______ a refusé, précisant qu'il voulait cesser tout contact. P______ s'y est 
opposée et lui a demandé d'envoyer d'autres images de lui dévêtu, le menaçant, s'il ne 
s'exécutait pas, de publier celles précédemment reçues sur S______ [réseau social]  
et les réseaux sociaux. B______ s'est exécuté et a envoyé d'autres tirages de lui 

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dénudé à P______ à un rythme presque quotidien. A______ a agi intentionnellement, 
dans le but de se procurer une excitation sexuelle (ch. 1.2). 

 À la suite de ces faits, P______ a demandé à B______, sous la menace de publier les 
photographies de lui nu sur les réseaux sociaux, de se masturber mutuellement avec 
A______ tout en filmant la scène, puis de lui envoyer la vidéo, ce que le jeune 
garçon a refusé. B______ s'est alors tourné vers A______ pour lui demander 
d'intervenir et de stopper P______. Celui-ci lui a dit refuser la masturbation mutuelle 
et écrit un message dans ce sens à P______, soit en réalité à lui-même, puis a 
répondu à ce message, dans le rôle de P______, en leur donnant un délai jusqu'à 
mercredi pour s'exécuter. Sous sa vraie identité, A______ a ensuite suggéré à 
B______ d'effectuer une telle masturbation avec un autre copain afin de contenter 
P______, alors qu'il filmerait, ce que B______ a refusé (ch. 1.3). 

En agissant ainsi que décrit sous ch. 1.1, A______ a intentionnellement envoyé et 
montré à B______ des photographies de femmes nues ou en sous-vêtements, dans 
des poses suggestives à connotation sexuelle (ch. 1.5). 

 d.b. Des faits en lien avec C______  

Entre fin 2012 et le 22 octobre 2013, A______ a enregistré dans le répertoire du 
téléphone de C______, âgé d'environ 13 ans, le numéro de téléphone qu'il utilisait 
pour se faire passer pour P______. Depuis le raccordement de C______, il a envoyé 
un message à ce numéro, initiant ainsi des échanges de messages R______ 
[RÉSEAU DE COMMUNICATION] entre C______ et P______, soit en réalité lui-
même. Sous cette fausse identité, A______ a demandé à C______ de lui faire 
parvenir des clichés de lui nu et des images de son sexe, en échange de celles de 
P______ nue. Dans le même temps, il a, sous sa vraie identité, rassuré C______ 
quant à la confiance qu'il pouvait porter à P______, l'entrainant à envoyer à celle-ci 
des photographies de son torse, puis de son sexe en érection, alors que A______ lui 
en envoyait de P______ nue dans des poses suggestives. Toujours sous la promesse 
d'obtenir d'autres images similaires, il a alors demandé à C______ de se filmer en 
train de se masturber puis de lui envoyer la vidéo réalisée, ce que C______ a fait. 
A______ a agi intentionnellement (ch. 2.1). 

 À la suite de ces actes, A______ a proposé un défi à C______, lui demandant de se 
photographier en train d'embrasser A______ sur la bouche ou en lui tenant le pénis 
alors qu'il urinait, lui promettant en récompense de lui envoyer une photographie de 
P______ nue portant l'inscription "C______" sur ses seins, ce qu'il a refusé. Après 
avoir feint, sous sa vraie identité, de décliner la proposition, A______ a relancé 
C______ quasiment quotidiennement pendant une semaine et demie en lui 
demandant "où en est ce défi?", sans que celui-ci ne réponde à ces sollicitations. 

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A______ a agi intentionnellement, dans le but de se procurer une excitation sexuelle, 
par les actes et les photographies envisagés (ch. 2.2). 

En agissant ainsi que décrit sous 2.1, A______ a envoyé et montré à C______ des 
photographies de femme nue dans des poses suggestives, à connotation sexuelle (ch. 
2.3).  

d.c. Des faits en lien avec Q______ 

 Aux alentours des années 2010 ou 2011, A______, sous l'identité de P______, a pris 
contact par S______ [réseau social]  avec Q______, âgé d'environ 15 ans. Sous sa 
fausse identité et après avoir éveillé son intérêt sexuel, A______ lui a demandé de se 
masturber en direct devant une webcam, lors d'un chat vidéo avec P______. 
Q______ s'est masturbé devant sa caméra, via le site T______ [réseau de 
communication], alors que A______ lui montrait une vidéo de P______ à 
connotation sexuelle. Il a agi intentionnellement (ch. 4.1). 

 En agissant ainsi que décrit sous ch. 4.1, A______ a montré à Q______ une vidéo 
représentant une femme se dénudant, se masturbant et utilisant un godemichet (ch. 
4.2).  

 d.d. Des faits en lien avec E______ 

 Durant l'été 2012, A______, sous l'identité de P______, a pris contact par S______ 
[réseau social]  avec E______, âgé de 15 ans, l'invitant à l'accepter comme amie. 
Afin d'éveiller son intérêt, P______ lui a immédiatement indiqué qu'elle voulait faire 
l'amour avec lui et lui prodiguer des fellations. Trois mois plus tard, P______ et 
E______ ont, outre les contacts par S______ [réseau social], entamé des 
conversations par messagerie R______. P______ lui a envoyé environ cinq 
photographies d'elle nue. E______ lui a envoyé des images de lui habillé, puis torse 
nu. P______ a ensuite amené E______ à effectuer un échange vidéo sur le site 
U______, lors duquel E______ a montré son pénis devant la caméra, alors que 
A______ lui passait un film de P______ en train d'effectuer un strip-tease, feignant 
qu'il s'agisse d'un échange en direct avec celle-ci. Toujours sous la fausse identité de 
P______, A______ a ensuite demandé à E______ de se masturber devant la webcam, 
sur le site U______ , ce qu'il a refusé. Il lui a alors demandé de lui envoyer un cliché 
de son sexe, ce qu'il a fait. Il a ensuite demandé à E______ d'effectuer d'autres "plans 
cam" via le site U______ , lors desquels il a montré à E______ des films d'une jeune 
femme, prétendument P______, se masturbant. Il a agi intentionnellement (ch. 7.1).  

 À la suite de ces actes, P______ a demandé à E______ de se filmer en train de se 
masturber ou d'effectuer une masturbation filmée avec A______ et de lui envoyer le 
film, en le menaçant de diffuser sur Internet les photographies et vidéos 

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précédemment échangées, révélant son pénis, s'il ne s'exécutait pas. E______ lui a 
demandé de cesser de le contacter et a tenté de supprimer les conversations 
entretenues, sans succès, P______ revenant à la charge. Vers l'été 2013, E______ 
s'est tourné vers A______ pour lui demander conseil, lequel lui a indiqué qu'il se 
trouvait dans la même situation. Après avoir feint de refuser, il a affirmé qu'il 
subissait le même chantage et qu'ils n'avaient pas d'autre choix que d'obéir aux 
demandes de P______. Sous cette pression, E______ s'est filmé en train de se 
masturber et a envoyé la vidéo à P______, prétextant son absence de Genève pour ne 
pas devoir en réaliser une autre avec A______ (ch. 7.2.1). L'envoi n'ayant pas 
fonctionné, A______, relayant prétendument les demandes de P______, lui a proposé 
de venir chez lui pour réaliser la vidéo. E______ s'est rendu dans la chambre de son 
appartement du ______, à Genève. Toujours sous la menace de la diffusion de 
photographies et vidéo, ils se sont installés sur le lit et se sont chacun masturbés, côte 
à côte, devant un film pornographique, A______ filmant la scène avec son téléphone 
portable déposé en face. A______ lui a dit se charger d'envoyer ce film à P______ 
(ch. 7.2.2). Au mois de septembre 2013, P______ a repris contact avec E______ en 
lui demandant d'effectuer un nouveau film de masturbation côte à côte avec 
A______, sous la même menace de diffusion de photographies et vidéo sur Internet. 
E______ s'est à nouveau rendu chez A______, où ils se sont masturbés en se filmant, 
selon le même procédé et sous la même menace (ch. 7.2.3). Quelques jours après 
cette vidéo, P______, par le truchement de A______, a repris contact avec E______ 
et lui a demandé d'effectuer un nouveau film de masturbation, dans lequel, à l'inverse 
des précédentes masturbations côte à côte, chacun devait masturber l'autre. E______ 
a refusé mais, en lieu et place, il a effectué un nouveau film de masturbation côte à 
côte avec A______, à son domicile, afin de contenter P______, faits pour lesquels 
A______ a été acquitté (ch. 7.2.4). A______ a agi intentionnellement à tout le moins 
à quatre reprises (ch. 7.2). 

 En agissant ainsi que décrit sous ch. 7.1, A______ a intentionnellement montré à 
E______ une vidéo à connotation sexuelle, représentant une femme nue effectuant 
un strip-tease, puis une femme nue se masturbant (ch. 7.3). 

 

d.e. Des faits en lien avec V______  

Dès février 2013, V______, âgé de 13 ans, est devenu ami sur S______ [réseau 
social] avec P______. Sur demande de cette dernière, V______ lui a envoyé 
plusieurs photographies de lui, d'abord habillé, puis à torse nu, alors que P______ lui 
envoyait des images d'elle-même, devant un miroir ou montrant ses seins. Sur 
demande de P______, V______ lui a également envoyé des photographies où l'on 
voit son pénis en érection, son visage étant flouté, une image de son pénis en érection 

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prise aux toilettes, ainsi qu'une image de ses jambes. Il a agi intentionnellement (ch. 
8.1). 

 Dès février et jusqu'à octobre 2013, P______ a également demandé à V______ à de 
nombreuses reprises d'effectuer des "plans cam", soit des vidéos dans lesquelles 
V______ aurait dû se masturber ou faire d'autres actes à connotation sexuelle, alors 
que A______ lui aurait montré une vidéo d'une femme en train d'effectuer un strip-
tease ou de se masturber. Le 25 août 2013, P______ a également proposé à V______ 
de lui envoyer une vidéo "chaude" de lui-même, dans laquelle il se masturberait. 
V______ a toujours refusé d'effectuer ces webcams, trouvant à chaque fois une 
excuse. A______ a agi intentionnellement (ch. 8.2.2). 

 En agissant ainsi que décrit sous ch. 8.2.2, A______ a intentionnellement tenté de 
montrer à V______ des vidéos à connotation sexuelle, représentant une femme nue 
effectuant un strip-tease, puis d'une femme nue se masturbant, sans y parvenir (ch. 
8.4). 

 d.f. Des faits en lien avec W______  

 Dès septembre 2013, W______, âgé de 13 ans, a eu des contacts sur S______ [réseau 
social]  avec P______, puis sur R______. Afin d'éveiller l'intérêt sexuel de 
W______, A______, sous cette fausse identité, lui a fait des compliments, parlé de 
son attirance sexuelle pour lui et lui a envoyé environ cinq photographies d'une 
femme nue, touchant notamment ses parties intimes. En échange, celui-là lui a 
envoyé des clichés de ses abdominaux. P______ lui a également demandé de lui 
envoyer une image de son sexe, ce qu'il a refusé. A______, sous le pseudonyme de 
P______, a intentionnellement proposé à W______ de faire avec elle des vidéos dans 
lesquelles il se masturberait et ou P______ jouerait avec son vagin, ce qu'il a refusé 
(ch. 9.1). En agissant ainsi, A______ a intentionnellement montré à W______ des 
photographies à connotation sexuelle (ch. 9.2). A______ a été acquitté pour ces faits 
(ch. 9). 

  

d.g. Des faits en lien avec X______  

 Aux alentours de la fin 2012, A______, sous la fausse identité de P______, a envoyé 
une invitation S______ [réseau social]  à X______, âgé d'environ 15 ans, qu'il a 
acceptée. Sur demande de P______, X______  a rapidement réalisé une première 
"cam" avec A______, soit un échange vidéo de type chat sur le site U______, lors 
duquel X______  s'est filmé en train de se masturber pendant une dizaine de minutes, 
alors que A______ lui montrait une vidéo d'une femme entièrement nue se 
masturbant et s'insérant les doigts dans le vagin, feignant qu'il s'agissait d'un échange 

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en direct, tout en lui envoyant des messages orientés sur le sexe (ch. 10.1.1). 
X______  a parlé de cette "cam" avec ses copains de la 9ème année du cycle 
d'orientation, ainsi qu'avec A______, lequel lui a indiqué faire également des "cam" 
avec P______. Environ trois semaines plus tard, P______ a recontacté X______  sur 
S______ [réseau social], lui demandant de recommmencer. X______  a accepté et a 
effectué un second chat vidéo identique en direct sur le site U______, lors duquel il 
se filmait se masturbant et A______ lui montrait une vidéo d'une femme se 
masturbant et s'insérant les doigts dans le vagin. Cette fois-ci, X______  s'est filmé 
totalement nu, à visage découvert et s'est masturbé jusqu'à l'éjaculation (ch. 10.1.2). 
A______ a agi intentionnellement à tout le moins à deux reprises (ch. 10.1). 

En agissant ainsi que décrit sous ch. 10.1, A______ a intentionnellement montré à 
X______  des vidéos d'une femme nue se masturbant (ch. 10.3). 

d.h. Des faits en lien avec Y______  

En 2011, A______ a parlé à Y______ , âgé de 14-15 ans, d'une fille prénommée 
P______ qu'il connaissait et avec qui il avait fait des "cam", lui montrant des images 
de son profil S______ [réseau social] . Quelques jours plus tard, le 7 mai 2011, 
Y______  a reçu une invitation de ladite P______. Sous cette fausse identité, 
A______ a immédiatement proposé à Y______ , qui a accepté, d'effectuer une "cam" 
sur le site T______ [réseau de communication] . Ainsi, Y______  s'est filmé en train 
de se masturber pendant une dizaine de minutes, alors qu'A______ lui montrait une 
vidéo d'une femme nue se touchant les parties intimes et se masturbant en s'insérant 
les doigts dans le vagin, feignant qu'il s'agissait d'un échange en direct avec P______. 
À la suite de cela, pendant environ deux ans, P______ a envoyé une trentaine de 
messages S______ [réseau social]  à Y______ , lequel ne les a ni lus, ni même 
ouverts. A______ a agi intentionnellement (ch. 11.1). 

En agissant ainsi que décrit sous ch. 11.1, A______ a intentionnellement montré à 
Y______  une vidéo d'une femme nue se touchant les parties intimes et se masturbant 
en s'insérant les doigts dans le vagin (ch. 11.3). 

d.i. Des faits en lien avec D______  

Aux alentours de 2011, D______, âgé d'environ 13 ans, est devenu ami sur S______ 
[réseau social]  avec P______. Le lendemain, A______, sous cette fausse identité, a 
contacté D______ et lui a demandé d'effectuer une "cam" sur le site U______. 
D______ a accepté et s'est filmé entièrement nu, sexe compris, se masturbant 
pendant une vingtaine de secondes alors que A______ lui montrait une vidéo d'une 
femme nue, se masturbant, feignant qu'il s'agissait d'un échange en direct avec 
P______. Cet échange a duré 1 minute à 1 minute et demie. A______ a agi 
intentionnellement (ch. 12.1). 

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En agissant ainsi que décrit sous ch. 12.1, A______ a intentionnellement montré à 
D______ une vidéo d'une femme nue se masturbant (ch. 12.4). 

d.j. Des faits en lien avec Z______  

 Aux alentours de 2012, P______, a contacté sur S______ [réseau social]  Z______, 
âgé de 15 ans. Celui-ci l'a alors ajouté dans ses contacts. A______, sous la fausse 
identité de P______, et Z______ ont commencé à converser sur U______, le premier 
nommé lui parlant de sexe, dans le but de l'exciter, et lui proposant de faire une 
"cam". Après avoir dans un premier temps refusé, Z______  a accepté. Il a ainsi 
effectué, à trois reprises, espacées de quelques semaines, des échanges vidéo de type 
chat, en direct sur le site U______, lors desquels, à la demande de P______, il s'est 
filmé nu, à visage découvert, et s'est masturbé alors que A______ lui montrait une 
vidéo d'une femme nue, se masturbant et insérant ses doigts dans son vagin, feignant 
qu'il s'agissait d'un échange en direct. Z______, réalisant qu'il voyait exactement les 
mêmes scènes, s'est douté de la supercherie et l'a dit à P______, qui a nié. Z______  
l'a ensuite supprimée de ses contacts. A______ a agi intentionnellement (ch. 13.1). 

 En agissant ainsi que décrit sous ch. 13.1, A______ a intentionnellement montré à 
Z______  une vidéo d'une femme nue se masturbant et insérant ses doigts dans son 
vagin (ch. 13.3). 

 d.k. Des faits en lien avec AA______  

 En 2010 environ, P______ a ajouté AA______, âgé d'environ 14-15 ans, comme ami 
S______ [réseau social] . Ils se sont ensuite échangés des photographies, AA______  
lui envoyant des photographies de lui-même en boxer, et P______ des photographies 
d'une jeune femme blonde dans son bain ou en tenue sexy, dénudée, montrant sa 
poitrine ou ses fesses. En octobre ou novembre 2010, à la demande de P______, 
AA______ s'est masturbé, nu, devant une webcam sur le site U______ pendant que 
A______ capturait la scène et lui montrait une vidéo d'une femme nue, se masturbant 
et insérant ses doigts dans son vagin, feignant qu'il s'agissait d'un échange en direct 
avec P______. Peu de temps après, A______, sous la fausse identité de P______, a 
demandé à AA______  d'effectuer des masturbations, fellations et même sodomies 
mutuelles avec A______, en le menaçant de publier sur Internet ou S______ [réseau 
social] les captures d'écran de lui-même se masturbant, tirées de leurs 
communications précédentes s'il ne s'exécutait pas. AA______  a refusé (ch. 15.1.1). 
En 2013, A______, sous sa fausse identité, a recontacté AA______  sur S______ 
[réseau social], puis sur R______. Sous la même menace de publication, il lui a 
demandé d'effectuer des masturbations devant une webcam, ainsi que des 
masturbations, fellations et sodomies mutuelles avec A______, accompagnant sa 
menace de l'envoi d'une capture d'écran de AA______  nu se masturbant. Celui-ci a à 

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nouveau refusé (ch. 15.1.2). A______ a agi intentionnellement à deux reprises à tout 
le moins (ch. 15.1). 

En agissant tel que décrit sous ch. 15.1.1 et 15.1.2, A______ a intentionnellement 
montré à AA______  une vidéo d'une femme nue, se masturbant et insérant ses 
doigts dans son vagin (ch. 15.2). 

d.l. Des faits en lien avec AB______  

 En 2009-2010, P______ a contacté AB______, âgé de 12-13 ans, par S______ 
[réseau social] . Il lui a proposé de se connecter sur le site U______  et d'effectuer 
une vidéo de lui-même se masturbant, ce qu'il a accepté. Dans les semaines qui ont 
suivi, AB______ a ainsi effectué trois à cinq échanges vidéo de type chat, en direct 
sur U______  ou T______ [réseau de communication]. À la demande de P______, il 
s'est filmé se masturbant alors que A______ lui montrait une vidéo d'une femme nue, 
se masturbant et insérant ses doigts dans son vagin, feignant qu'il s'agissait d'un 
échange en direct. A______ a agi intentionnellement à plusieurs reprises (ch. 16.1). 

En agissant ainsi que décrit sous ch. 16.1, A______ a intentionnellement montré à 
AB______ une vidéo à connotation sexuelle d'une femme nue, se masturbant et 
insérant ses doigts dans son vagin (ch. 16.3). 

d.m. Des faits en lien avec AC______  

 Aux alentours de 2012, AC______, âgé d'environ 17 ans, a rencontré A______ par 
des amis communs du milieu du football. A______ s'est vanté de connaître une fille 
avec qui il partageait des moments érotiques, par le biais de masturbations par 
webcam. Quelques mois plus tard, A______, sous l'identité de P______, a pris 
contact par S______ [réseau social]  avec AC______  et lui a indiqué qu'elle était 
"chaude", lui envoyant une photo de femme nue à connotation sexuelle, et lui a 
demandé de partager des photographies de lui. En parallèle, AC______  fréquentait 
A______ presque tous les weekends. Lors de leurs discussions au sujet de P______, 
A______ a levé les doutes qu'éprouvait AC______  quant à celle-ci en le convaincant 
de son existence. Ainsi rassuré, AC______  a envoyé des images de lui en sous-
vêtements à P______, alors qu'elle lui transmettait des clichés de femme nue à 
connotation sexuelle. P______ lui a ensuite demandé de lui envoyer des 
photographies de lui nu, ce qu'il a refusé. Lors d'une sortie, A______, sous sa vraie 
identité, a alors expliqué à AC______  que P______ lui avait révélé que si elle 
n'obtenait pas ce qu'elle demandait, elle publierait les photographies du jeune garçon 
sur Internet. Apeuré par cette menace, AC______  a envoyé à P______ des 
photographies de lui nu. A______ a agi intentionnellement (ch. 20.1). À la suite de 
ce qui précède, A______, en se faisant passer pour P______, a demandé à AC______ 
, toujours sous la menace de publier ses photographies sur Internet, de faire une 

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"cam", lors de laquelle il devrait se masturber alors qu'il lui montrerait une vidéo 
d'une femme nue se masturbant, prétendument P______. Ne possédant pas de 
webcam, AC______  a décliné la proposition. A______ a agi intentionnellement (ch. 
20.2). 

 d.n. Des faits en lien avec AD______   

 En septembre 2013, A______, sous la fausse identité de P______, a pris contact par 
S______ [réseau social]  avec AD______, âgé d'environ 14 ans. Environ deux jours 
plus tard, une conversation a débuté entre P______ et AD______  et des échanges de 
photographies ont eu lieu. À la demande de P______, celui-ci s'est photographié et 
lui a envoyé une dizaine de clichés, lesquels révélaient son visage, ses abdominaux, 
puis sa personne entièrement nue, parties intimes comprises. En échange, A______ 
lui a envoyé une dizaine de photographies à connotation sexuelle d'une jeune femme 
nue, de ses seins et de son vagin. P______ lui a ensuite demandé une vidéo de lui se 
masturbant, visage apparent, en échange d'autres images. À l'aide de son téléphone 
portable, AD______  s'est filmé en se masturbant à deux ou trois reprises, pendant 
environ 10 secondes, puis a envoyé les vidéos ainsi réalisées à P______ par R______ 
[RÉSEAU DE COMMUNICATION](ch. 21.1.1). P______ a ensuite exigé des films 
supplémentaires de masturbation, ce que AD______ a refusé, acceptant toutefois de 
lui envoyer une dizaine d'autres images de lui-même dénudé et de son pénis. Ces 
échanges ont eu lieu à une fréquence approximative de deux à trois fois par semaine 
sur une période d'environ un mois. Soupçonnant une supercherie, AD______  a 
ensuite supprimé P______ de ses contacts S______ [réseau social]  et stoppé les 
échanges avec elle (ch. 21.1.2). A______ a agi intentionnellement (ch. 21.1). 

En agissant ainsi que décrit sous ch. 21.1, A______ a intentionnellement montré à 
AD______  des photographies de femmes nues à connotation sexuelle, montrant sa 
poitrine et ses organes sexuels (ch. 21.2). 

d.o. Des faits en lien avec AE______  

En 2013, A______, sous la fausse identité de P______, a pris contact par S______ 
[réseau social]  avec AE______, âgé d'environ 14 ans. Un mois plus tard, ils ont 
débuté des conversations portées sur le sexe et P______ lui a proposé d'échanger des 
photographies. Ainsi, sur demande de son interlocutrice, AE______  a envoyé, par 
S______ [réseau social], deux photographies de lui, la première représentant ses 
abdominaux et la seconde son sexe en érection. La conversation a ensuite continué 
par R______ [RÉSEAU DE COMMUNICATION] et, à la demande de P______, 
AE______  lui a envoyé une dizaine de clichés de lui-même nu, laissant voir son 
pénis en érection. En échange, A______ lui a fait parvenir des images aguichantes 
d'une femme devant un miroir montrant ses seins, avec un appareil photo, prises par 
derrière, ainsi qu'entièrement dénudée, montrant ses seins et ses organes sexuels (ch. 

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22.1.1). P______ a également suggéré à AE______ de se mettre en contact avec 
A______, ce qu'il a fait. Sous sa vraie identité, A______ a certifié que P______ était 
réelle et qu'il avait eu des relations sexuelles avec elle. À la demande de A______, 
AE______  a ensuite fait une "cam", soit un échange vidéo de type chat en direct sur 
le site U______ , lors duquel il s'est filmé nu, uniquement vêtu de chaussettes 
blanches, en se masturbant, alors que A______ lui montrait une vidéo d'une femme 
dévêtue se masturbant, feignant qu'il s'agissait d'un échange en direct avec P______ 
(ch. 22.1.2). Il a agi intentionnellement (ch. 22.1). 

Au début de l'été 2013, A______, sous la fausse identité de P______, a repris contact 
avec AE______, prétextant avoir croisé ce dernier. Il lui a demandé de lui envoyer 
d'autres photographies de lui, sous la menace de diffuser sur S______ [réseau social]  
les images et films précédemment obtenus de lui-même s'il ne s'exécutait pas. 
AE______ lui a notamment envoyé deux clichés, dont un sur lequel on voyait 
entièrement son corps. A______ a agi intentionnellement (ch. 22.2). 

 À la suite de ce qui précède, A______, sous couvert de P______, a proposé à 
AE______ de faire l'amour avec lui, pour autant que, préalablement, il se 
photographie ou se filme en train de se masturber avec A______. S'il faisait cela, il 
lui promettait, en échange, que P______ viendrait "sur lui" avec huit de ses copines. 
AE______  a refusé et a cessé toutes conversations. A______ a agi avec intention 
(ch. 22.3). 

 En agissant ainsi que décrit sous ch. 22.1.1, A______ a intentionnellement montré à 
AE______  des photographies de femmes nues, à connotation sexuelle, montrant 
notamment sa poitrine et ses organes sexuels, ainsi qu'une vidéo d'une femme se 
masturbant (ch. 22.4). 

 d.p. Des faits en lien avec AF______  

 En septembre 2013, à la suite de dires d'amis, AF______, âgé d'environ 13 ans, a 
ajouté P______ comme amie sur S______ [réseau social] . Celle-ci a tenu avec lui 
des conversations portées sur le sexe, notamment en lui proposant de le voir à des 
fins sexuelles, et lui a proposé d'échanger des photographies. Sur demande de 
A______, agissant via P______, AF______  lui a envoyé, par S______ [réseau 
social] et R______, trois ou quatre images de lui-même en boxer, de ses 
abdominaux, ou dénudé. En échange, A______ lui faisait parvenir des clichés 
aguichants d'une femme en soutien-gorge, en string ou entièrement nue, 
prétendument P______. Sur demande de A______, sous l'identité de P______, 
AF______  a ensuite effectué, à deux ou trois reprises, des "cam", soit des échanges 
vidéo de type chat, en direct sur le site U______, lors desquels il se filmait nu en se 
masturbant, alors que A______ lui montrait une vidéo d'une femme nue, sur son lit, 

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se masturbant et utilisant un godemichet, feignant qu'il s'agissait d'un échange en 
direct avec elle. A______ a agi intentionnellement (ch. 23.1). 

En agissant tel que décrit sous ch. 23.1, A______ a intentionnellement montré à 
AF______  des photographies aguichantes d'une femme en soutien-gorge, en string 
ou nue, à connotation sexuelle, ainsi qu'une vidéo d'une femme effectuant un strip-
tease, se masturbant et utilisant un godemichet (ch. 23.2). 

d.q. Des faits en lien avec AG______  

 Aux alentours de 2012, AG______, âgé d'environ 18 ans, a effectué une "cam" en 
direct sur le site U______ avec P______, lors de laquelle il s'est filmé en se 
masturbant, alors que A______ lui montrait une vidéo d'une femme nue se 
masturbant, feignant qu'il s'agissait d'un échange en direct avec P______. À la suite 
de cela, A______, sous la fausse identité de P______, lui a demandé d'effectuer 
d'autres "cam" similaires, sous la menace de diffuser sur Internet la vidéo issue de 
leur précédent échange s'il ne s'exécutait pas. AG______  a refusé. A______ a agi 
intentionnellement (ch. 24.1). 

 d.r. Des faits en lien avec AH______  

 Aux alentours de la fin de l'été 2013, A______, sous la fausse identité de P______, a 
pris contact par S______ [réseau social]  avec AH______, âgé d'environ 13 ans. 
Après environ un mois, A______ a initié des conversations avec lui, lors desquelles 
il le complimentait, notamment afin d'éveiller son désir sexuel, puis lui proposait 
d'échanger des photographies. À la demande de P______, AH______  lui a envoyé 
par S______ [réseau social]  trois ou quatre clichés de lui, notamment nu aux WC. Il 
lui a également envoyé par R______ [RÉSEAU DE COMMUNICATION] une ou 
deux images de lui-même nu, couché sur son lit, avec son visage visible et où il 
tenait son sexe. A______ lui a envoyé plusieurs photographies ou films d'une jeune 
femme en maillot de bain ou nue, prétendument P______. Sur demande de P______, 
AH______  a ensuite effectué, à deux ou trois reprises, des "cam" en direct sur le site 
U______, lors desquels il se filmait nu en se masturbant, alors que A______ lui 
montrait une vidéo d'une femme nue, sur son lit, se masturbant, feignant qu'il 
s'agissait d'un échange en direct avec P______. A______ a agi intentionnellement 
(ch. 25.1). 

En agissant ainsi que décrit sous ch. 25.1, A______ a intentionnellement montré à 
AH______  une vidéo d'une femme se montrant nue, à la manière d'un strip-tease, et 
se masturbant (ch. 25.3). 

d.s. Des faits en lien avec AI______  

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Entre 2009 et 2011, AI______, âgé de 13 à 15 ans, a fait la connaissance de P______ 
par S______ [réseau social]. Afin d'éveiller son intérêt, A______, sous sa fausse 
identité féminine, lui a parlé sexualité et proposé de "baiser". Des échanges de 
photographies à caractère pornographique ont eu lieu, lors desquels A______ a 
envoyé des images d'une jeune femme nue et une vidéo où celle-ci se masturbait. 
AI______ lui a également fait parvenir une dizaine de photographies de lui, 
notamment avec le bas du corps nu et le haut vêtu du maillot de football de l'équipe 
d'Italie. A______ a agi intentionnellement (ch. 26.1). 

 À la suite de ces faits, AI______, lassé de ses échanges avec P______, l'a supprimée 
et bloquée sur S______ [réseau social] . A______ s'est alors adressé à lui sous sa 
vraie identité en lui demandant de reprendre P______ comme amie S______ [réseau 
social], faute de quoi elle allait publier sur ce réseau social ou Internet les 
photographies de lui nu précédemment obtenues. AI______  a alors débloqué le 
profil de P______. Il l'a ensuite à nouveau bloqué et le même processus s'est répété 
entre cinq et dix fois, lors desquels AI______  a, à chaque fois, débloqué P______, 
cédant à la même menace de voir ses photographies publiées sur la toile. A______ a 
agi intentionnellement. Il a été acquitté de ces faits (ch. 26.2). 

 Au début de l'année 2013, A______, sous la fausse identité de P______, a repris 
contact avec AI______  par R______. Il lui a envoyé des photographies de A______ 
nu en lui demandant de faire la même chose, soit de se photographier ou se filmer nu, 
sous la menace de publier sur Internet les clichés précédemment obtenus. AI______  
s'est exécuté (ch. 26.3.1). A______, sous la fausse identité de P______, a ensuite 
réitéré, à plusieurs reprises, des demandes similaires, utilisant la dernière image ou 
vidéo reçue de AI______ pour le menacer de la diffuser, à moins qu'il ne lui en 
envoie d'autres. AI______  cédait aux demandes de P______, craignant de voir son 
intimité révélée sur Internet. Afin de le convaincre, A______, sous sa vraie identité, 
lui disait en parallèle être lui aussi victime du chantage de P______ (ch. 26.3.2). À la 
suite de ces faits, A______ a créé un groupe de conversation R______ [RÉSEAU DE 
COMMUNICATION] réunissant AI______, P______ et lui-même. Il y a posté des 
messages émanant prétendument de P______ demandant à AI______ d'effectuer 
avec A______ des masturbations, fellations et même de "baiser", les menaçant de 
diffuser leurs photographies en cas de refus. A______ faisait mine d'intervenir en 
insultant P______, afin d'augmenter sa crédibilité vis-à-vis de AI______. En été 
2013, A______, sous la fausse identité de P______ a, à nouveau, menacé AI______  
de diffuser sur Internet des photographies de lui à moins que, soit il masturbe 
A______ pendant trois weekends, soit il lui prodigue à une reprise une fellation. 
Sous cette menace et après avoir vainement refusé, AI______ s'est rendu dans 
l'appartement de A______ au ______, à Genève. Dans la chambre de A______, ils se 
sont d'abord masturbés chacun de leur côté en regardant un film pornographique. 
A______ a ensuite saisi le pénis de AI______  et l'a masturbé. AI______  a ensuite 
fait de même à A______, qui a éjaculé. Cette scène était filmée par le téléphone 

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portable de celui-ci qui lui a dit se charger de l'envoi de cette vidéo à P______ (ch. 
26.3.3). Il a agi intentionnellement à plusieurs reprises (ch. 26.3). 

Le soir même, A______, agissant sous la fausse identité de P______ ou sous sa vraie 
identité, a recontacté AI______  pour dire que P______ n'était pas satisfaite et qu'il 
fallait refaire la scène, ce que AI______ a refusé, disant que c'était impossible. 
A______ a agi intentionnellement (ch. 26.4). 

B.  La CPAR entend se référer à l'état de faits retenu par le Tribunal correctionnel, celui-
ci n'étant pas contesté (art. 82 al. 4 CPP ; ATF 141 IV 244 consid. 1.2.3 p. 246 ; 
arrêts du Tribunal fédéral 6B_984/2016 du 13 septembre 2017 consid. 3.1.6 ; 
6B_1043/2016 du 19 juillet 2017 consid. 1.2). Elle expose au surplus ce qui suit :  

 a.a. A______, né le ______ 1993, était joueur amateur et entraîneur au sein du club 
de football FC AJ______. Dans ce contexte, il a fait la connaissance de plusieurs 
mineurs, dont les victimes, issus pour la plupart du club FC AJ______ ou d'autres 
clubs de football. Sous la fausse identité de P______, A______ est entré en contact 
avec ces derniers sur Internet par le biais des réseaux sociaux (R______, S______, 
AK______, U______  [plateformes d'échanges vidéos en direct] ou T______ [réseau 
de communication]).  

D'une manière générale, il ressort des déclarations des victimes qu'elles étaient non 
seulement connues de A______, mais entretenaient pour la plupart des rapports 
privilégiés avec lui, le qualifiant de "grand frère" ou de "confident". De même, leurs 
parents ont déclaré que A______ bénéficiait de leur sympathie et de leur confiance. 

a.b. A______ a été interpellé le 23 octobre 2013. Une perquisition de son domicile a 
permis la découverte de divers supports informatiques. Le 24 octobre 2013, le père 
de A______ a remis aux autorités le AL______ [téléphone portable] blanc utilisé par 
son fils sous le couvert de P______. L'analyse de ces différents appareils a permis la 
découverte de nombreuses photographies et vidéos à caractère sexuel, soit 
notamment des images de pénis en érection, de jeunes femmes nues ou se masturbant 
ainsi que de garçons, dont A______, se masturbant côte à côte ou mutuellement, ou 
se prodiguant des fellations, parfois mutuelles, dont certaines scènes étaient tournées 
dans une chambre à coucher ou dans une cave. Le téléphone portable de A______ 
contenait plus d'une quinzaine de conversations entre P______ et des jeunes hommes 
sur R______, lors desquelles des photographies dénudées sont envoyées de part et 
d'autre. L'appareil contenait également de nombreuses images, ainsi que des films sur 
lesquels figuraient des jeunes gens.   

b.a. B______, né le ______ 2000, a été entendu par la police le 29 janvier 2014 
(audition d’enfants victimes d’infractions graves [EVIG]). P______ était entrée en 
contact avec lui pendant les vacances d'été 2013 et lui avait envoyé des images d'elle. 

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En échange, elle lui avait demandé une photographie de lui en boxer, puis nu. Après 
avoir demandé conseil à A______, lequel lui avait assuré qu'il pouvait avoir 
confiance en P______, il avait accepté de les envoyer. Il avait ensuite tenté de 
rompre le contact avec P______, lui expliquant qu'il ne souhaitait plus continuer. 
Elle avait néanmoins insisté et réclamé d'autres clichés, tout en le menaçant de 
publier sur les réseaux sociaux ceux obtenus précédemment, de sorte qu'il avait cédé 
et en avait envoyé d'autres, étant "stressé" et n'ayant "pas trop le choix". Face à la 
demande de masturbation mutuelle avec A______, il s'était tourné vers celui-ci afin 
de lui demander de l'aide pour mettre un terme à ces échanges. A______ avait alors 
envoyé le message suivant à P______ : "Écoute P______ la je peu la faire le truc 
avec B______ psq la je suis pas bien mais bloque B______ psq il veut vrm arrêter 
psq il est pas bien avec sa famille y'a sa grand-mère qui va mourir et il pleure 
souvent donc stp arrête avec B______, fai le pour moi stp" (sic). P______ avait 
refusé en répondant : "Mdr nan jvous laisse juska mercredi. Sinon c mort." (sic). 
B______ a expliqué qu'elle lui avait ensuite proposé comme alternative de filmer ses 
co-équipiers nus dans les vestiaires. Sentant qu'il les trahirait, il s'était à nouveau 
tourné vers A______, lequel avait réitéré que P______ était digne de confiance, lui 
donnant même les noms des trois individus qu'il devait filmer. Il avait ainsi réalisé 
deux films dans les vestiaires et les lui avait envoyés. Il avait de l'admiration pour 
A______, en qui lui et ses parents avaient confiance. À présent, il se sentait un peu 
"gêné". 

Confronté au prévenu devant le Ministère public, B______ a confirmé ses 
déclarations. Il avait répondu à P______ lorsque celle-ci lui avait dit être une copine 
de A______, qu'il connaissait bien. Après un premier échange de photographies, la 
situation s'était calmée, avant que P______ ne reprenne contact avec lui quelques 
mois plus tard pour obtenir de lui, sous la menace, d'autres photographies de lui 
dévêtu. Ayant peur que les clichés précédents ne soient publiés sur les réseaux 
sociaux, il s'était exécuté. P______ "[revenait] à la charge" presque 
quotidiennement pour obtenir d'autres photographies et il obtempérait, faute d'avoir 
le choix. Il avait tenté de "négocier" avec P______ pour se soustraire à tourner un 
film dans les vestiaires, se sentant mal à l'aise vis-à-vis de ses camarades, en vain. 
P______ n'avait pas été satisfaite de la première séquence qu'il lui avait envoyée, qui 
ne permettait pas de voir des gens nus. Il avait donc dû en tourner une seconde, ce 
qui l'avait finalement satisfaite. À la réflexion, il était possible que le film dans les 
vestiaires ait précédé la proposition de masturbation mutuelle avec A______. À 
l'époque des faits, il était stressé, angoissé et son parcours scolaire en avait été 
affecté. Il n'en avait parlé à personne. Sa mère, remarquant un changement de 
comportement, lui avait pris son téléphone et avait découvert les vidéos qu'il avait 
envoyées à P______. Il avait été suivi par une psychologue à raison d'une fois par 
semaine pendant environ cinq ou six mois, thérapie qui l'avait aidé à ne plus avoir 
honte de lui-même. Les événements avaient eu des conséquences sur ses relations car 
il s'était senti trahi. Il s'était un peu retiré de son cercle d'amis et passait davantage de 
temps seul. 

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b.b. G______, mère de B______, a porté plainte pour ces faits. Son mari avait 
remarqué que leur fils était plus distant et qu'il avait perdu le sourire depuis quelques 
temps. Lorsqu'elle avait confronté son fils au contenu découvert sur son téléphone 
portable, il avait fondu en larmes. Il lui avait expliqué qu'il avait essayé de se défaire 
de P______ dès l'envoi des premières photographies. Son fils avait doublé une année 
scolaire. Pendant un an, il n'avait plus eu de vie sociale et restait tout le temps à la 
maison. Il n'abordait pas facilement cet aspect de sa vie privée et n'en parlait qu'avec 
sa psychologue. Elle avait toutefois noté une amélioration de son état suite à la 
thérapie qu'il avait suivie pendant environ huit mois. Elle-même avait été très 
affectée, avait entrepris un suivi et pris des antidépresseurs. B______ admirait 
A______ qu'il considérait comme son grand frère. Elle-même l'appréciait beaucoup. 
Pour les parents, il était quelqu'un de confiance. 

Le récit de la mère sur ce que son fils lui a raconté coïncide avec celui du mineur. 

b.c. Selon un rapport du Centre de consultation spécialisé dans le traitement des 
séquelles d'abus sexuels (CTAS) du 20 mars 2015, B______ a suivi un traitement 
psychothérapeutique du 6 novembre 2013 au 16 avril 2014. Il est notamment fait état 
de l'intense sentiment de honte ressenti par B______. Il souffrait en particulier du fait 
d'avoir dû filmer ses camarades dans les vestiaires et de les avoir ainsi trahis. La 
relation avec ses parents était conflictuelle et marquée par une perte de confiance. 
Ses résultats scolaires avaient en outre chuté. Il était enfermé dans une logique 
d'évitement dont il ne parvenait pas à sortir. Son estime de lui était fortement 
ébranlée et il faisait état d'une tristesse récurrente. Il avait été envahi sous la 
contrainte par des préoccupations sexuelles inadaptées à son niveau de maturité. Parti 
d'une curiosité – naturelle à son âge –, pour la sexualité, il était passé à la confusion, 
puis à la peur et à la honte. À l'heure où la thérapie s'achevait, B______ avait 
retrouvé une stabilité suffisante se traduisant par une meilleure estime de lui-même, 
la reprise en main de son travail scolaire et des rapports apaisés avec ses parents. 

c.a. C______, né le ______  2000, a été entendu par la police le 11 décembre 2013 
(audition EVIG). A______ lui avait "passé" le numéro d'une "chaudasse" 
prénommée P______, qu'il avait enregistré dans son répertoire. P______ lui avait 
envoyé une photographie d'elle nue et avait demandé à ce qu'il fasse de même. Il 
avait demandé conseil à A______, qui l'avait encouragé à donner suite aux demandes 
de P______, à qui il pouvait "faire confiance". Cela l'avait rassuré parce qu'il 
considérait A______ comme un frère, son meilleur ami et son confident. Il avait 
alors envoyé des photographies de lui à torse nu, en boxer, ainsi que de son pénis en 
érection. En échange il recevait de nouvelles photographies de P______ nue. Elle lui 
avait demandé de lui envoyer une vidéo dans laquelle il se masturbait, ce qu'il avait 
fait, en échange de nouvelles photographies d'elle. Il avait en vain essayé de 
"changer de sujet" mais elle le "harcelait un peu". Enfin, elle lui avait proposé un 
défi, soit d'embrasser A______ sur la bouche, soit de lui tenir le pénis pendant qu'il 
urinait en échange d'une photographie d'elle seins nus portant l'inscription 

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"C______", ce qu'il avait refusé de faire. Il s'était "senti mal" en apprenant par la 
suite que P______ était en réalité A______, mais se rassurait en se disant qu'il n'était 
certainement pas le seul, compte tenu du fait qu'il avait souvent entendu le nom de 
P______ au sein du club de football. 

Confronté au prévenu devant le Ministère public, C______ a confirmé ses 
déclarations. A______, sous sa vraie identité, lui avait plusieurs fois demandé où en 
étaient ses contacts avec P______. Si ce dernier ne lui avait pas dit qu'il pouvait faire 
confiance à P______, C______ n'aurait pas envoyé de photographies. Lorsque 
P______ lui avait demandé de réaliser le dernier défi, elle avait insisté tous les jours 
pendant environ une semaine et demie. Il éprouvait de l'embarras à parler de ces 
faits, regrettait ses agissements et se sentait triste. Il était déçu et énervé à l'égard de 
A______. Cette histoire n'avait pas eu d'impact sur ses relations avec les gens de son 
âge, mais il faisait à ce jour moins confiance aux adultes qu'auparavant. 

 c.b. H______, mère de C______, a déposé plainte. Tous les membres de leur famille 
étaient très proches de A______ qu'ils connaissaient depuis deux ans. Ils se voyaient 
plusieurs fois par semaine à la buvette du stade et il était venu manger chez eux. 

Le récit de la mère sur ce que son fils lui a raconté coïncide avec celui du mineur. 

 d. Q______, né le ______ 1996, a confirmé à la police avoir reçu une invitation 
S______ [réseau social]  de P______ en 2010 ou 2011. Rapidement, ils avaient eu 
des discussions à connotation sexuelle avec P______ : il s'était notamment mis à nu 
devant sa webcam et s'était masturbé. Il avait finalement eu peur ainsi que des doutes 
quant à l'existence réelle de P______ et avait cessé tout contact, précisant qu'il n'avait 
jamais été menacé par cette dernière. Entendu et confronté à A______ devant le 
Ministère public le 3 décembre 2013, il a précisé que P______ avait initié le contact 
entre eux et lui avait demandé de se mettre à nu et de se masturber devant sa 
webcam. 

e. E______, né le ______ 1997, a déposé plainte lors de son audition par la police le 
11 décembre 2013. P______ l'avait tout de suite "chauffé" en lui écrivant qu'elle était 
attirée par lui et qu'elle souhaitait faire l'amour avec lui. Trois mois plus tard, 
P______ lui avait donné son numéro de téléphone afin qu'ils communiquent sur 
R______. Elle lui avait envoyé des photographies d'elle nue et lui avait demandé de 
lui envoyer en échange une image de son sexe, ce qu'il avait fait. Elle avait ensuite 
exigé une vidéo dans laquelle il se masturbait, le menaçant de diffuser le cliché de 
son pénis. Il avait "immédiatement ressenti cela comme du chantage" et lui avait 
demandé de cesser tout contact, mais elle avait insisté. "Sous la pression", il avait 
finalement cédé, s'était filmé en train de se masturber et avait envoyé la vidéo à 
P______, espérant que cela mettrait fin à leurs échanges. Elle en réclamait cependant 
"toujours plus", soit notamment qu'il se masturbe avec A______ tout en se filmant. 

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Elle le menaçait de ruiner sa carrière de joueur en diffusant ses images et ses films à 
tout le milieu du football. Il se sentait "très mal" et avait honte. Ne sachant plus quoi 
faire, il avait parlé de ces menaces à A______, qui lui avait dit se trouver dans la 
même situation et qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de se plier à la volonté de 
P______. Sur proposition de A______, il s'était rendu chez lui, où ils s'étaient 
installés côte à côté sur le lit et s'étaient chacun masturbés jusqu'à éjaculation. 
A______ avait filmé la scène avec son téléphone portable et lui avait dit qu'il 
transmettrait la vidéo à P______. Puis, en septembre 2013, proférant les mêmes 
menaces, P______ lui avait demandé une seconde vidéo, identique à la première, ce 
qu'il avait été "obligé d'accepter". Il avait été choqué d'apprendre qu'il s'agissait en 
réalité de A______, mais c'était "quand même un soulagement".  

E______ a confirmé ses déclarations lors de l'audience de confrontation devant le 
Ministère public. P______ avait insisté à plusieurs reprises afin d'obtenir les 
photographies et les vidéos de lui nu, mais n'avait toutefois menacé de les diffuser 
que dans un second temps, lorsqu'elle avait voulu qu'il réalise des vidéos de 
masturbation avec A______. Face aux menaces, E______ avait eu "vraiment peur" 
pour sa famille, ses amis et sa carrière de joueur de football. Il avait eu honte et s'était 
senti gêné lors des épisodes de masturbation avec A______. Il lui avait dit que leurs 
vies étaient en jeu mais ce dernier paraissait le prendre à la légère. Trois jours après 
la seconde vidéo, P______ avait demandé à ce qu'ils se masturbent mutuellement 
cette fois-ci, ce qu'il avait refusé, et elle s'était contentée d'une masturbation côte à 
côte. Il y avait donc eu trois épisodes similaires, "dans la continuité des demandes de 
P______". À l'époque, il repensait souvent à ce "piège" interminable et faisait des 
cauchemars. Il avait ressenti de la honte et était dégoûté de lui-même, craignant que 
les gens ne découvrent ce qu'il avait fait avec A______. Il n'en avait jamais parlé à 
personne. À ce jour, ses craintes avaient disparu, mais il était encore incapable d'en 
parler à quelqu'un d'autre que ses parents.  

  K______ et J______, parents de E______, se sont constitués parties plaignantes au 
pénal et au civil. 

 f. V______, né le ______  2000, a été entendu par la police le 20 mars 2014 (audition 
EVIG). Il avait été en contact avec P______, qui lui avait parlé de sexualité. Elle 
parlait déjà "comme une grande", en utilisant "des expressions" qu'eux ne 
connaissaient pas. À sa demande, aux environs de l'été 2013, il lui avait envoyé des 
photographies de lui sur lesquelles l'on voyait ses jambes ou son pénis en érection, en 
échange desquelles P______ lui envoyait des images sur lesquelles apparaissaient ses 
seins. Elle lui avait proposé à réitérées reprises de réaliser des "cams" et une "vidéo 
chaude", dans lesquelles il se masturbait, allant jusqu'à le menacer de publier les 
photographies de son pénis s'il n'acceptait pas, mais cela ne l'intéressait pas et il 
n'avait jamais cédé. P______ lui avait également proposé de la rejoindre aux toilettes 
du Cycle d'orientation qu'il fréquentait pour entretenir des relations sexuelles, 
proposition à laquelle il n'avait pas donné suite. Il s'était senti mal mais soulagé 

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d'apprendre que A______ avait été arrêté. Il avait honte de la situation et "ça l'avait 
fait chier", par rapport à son futur notamment, mais il ne se sentait "pas plus mal 
qu'hier". Il s'était fait "piéger". 

Confronté au prévenu devant le Ministère public, V______ a confirmé ses 
déclarations et précisé que les menaces de publication proférées par P______ 
l'avaient angoissé et qu'il avait eu honte à l'idée que ses photographies puissent 
circuler sur Internet, raison pour laquelle il avait d'ailleurs effacé certains messages 
avant de se rendre à la police. Il avait fait un effort pour ne plus y penser et il n'avait 
pas été marqué outre mesure par cette histoire. À présent, il se portait bien. 

AM______, sa mère, a déposé plainte pénale pour ces faits le 20 mars 2014.  

g. W______, né le ______  2000, a été entendu par la police le 26 mars 2014 
(audition EVIG). Il a reconnu avoir été "un peu pris sous l'emprise" de P______ qui 
lui faisait des compliments sur son visage et le "chauffait". Il avait menti et indiqué 
qu'il avait 16 ans, alors qu'il en avait 14. Elle lui avait envoyé environ quatre ou cinq 
photographies d'elle nue, et lui avait demandé de lui envoyer des photographies de 
son sexe, ce qu'il avait refusé. Il s'était limité à lui envoyer celle de ses abdominaux. 
Elle lui avait ensuite proposé de lui envoyer une vidéo de lui dans laquelle il se 
masturbait, à visage découvert, ce qu'il avait également refusé. Lorsqu'il avait appris 
que P______ était un homme, à la suite d'un article de presse, il s'était senti choqué et 
dégouté de lui-même. 

Son père n'a pas souhaité déposer plainte. 

h. D______, né le ______ 1998, a été entendu par la police le 7 mai 2014 (audition 
EVIG). Il avait connu A______ en 2011. Il avait fait une "cam" lors de laquelle il se 
masturbait alors que P______ était dénudée. Il avait dans un premier temps hésité, 
mais elle avait insisté, ce qui l'avait conduit à accepter de se masturber. Une à deux 
semaines après, P______ lui avait demandé de réaliser un nouvel échange vidéo, ce 
qu'il avait refusé, malgré sa persistance. Environ un an plus tard, elle l'avait 
recontacté, à plusieurs reprises, pendant plusieurs semaines, et l'avait menacé de 
publier sur les réseaux sociaux la première vidéo. Elle lui avait demandé de se rendre 
chez A______ pour qu'ils se masturbent mutuellement. Il avait eu peur pour sa 
réputation, mais n'en avait parlé à personne. Il avait commencé à se douter que 
A______ pourrait se cacher derrière l'identité de P______ car il était 
systématiquement au courant des toutes les histoires. Il était très en colère contre 
A______ car il avait confiance en lui et ne le pensait pas capable de tels agissements. 
Il se sentait coupable d'avoir été ainsi piégé.  

Confronté au prévenu devant le Ministère public, D______ a confirmé ses 
déclarations. Pour mettre fin à ses contacts avec P______, il l'avait bloquée sur les 

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réseaux sociaux. Après une année, P______ l'avait recontacté sous un nouveau profil 
qu'il avait à nouveau bloqué, vu qu'elle le menaçait. Même si les messages de 
P______ n'étaient pas réguliers, ils revêtaient à chaque fois "une certaine intensité" 
("spammer"). Il n'avait dans un premier temps pas pris les menaces proférées au 
sérieux, jusqu'à ce qu'elles deviennent régulières. Lorsqu'il avait réalisé que A______ 
se cachait derrière P______, il était plus tranquille, dans la mesure où il ne pensait 
pas ce dernier capable de mettre ses menaces à exécution. En apprenant la vérité, il 
s'était senti déçu et énervé, car il faisait confiance à A______. 

I______, mère de D______, a déposé plainte pour ces faits le 7 mai 2014. 

i. Z______, né le ______ 1997, a été entendu par la police le 12 mai 2014. Il avait 
entendu parler de P______ par un copain environ deux ans auparavant et ils étaient 
entrés en contact sur les réseaux sociaux. P______ ne lui avait rapidement parlé "que 
de sexe" et lui avait proposé de faire une "cam", dans laquelle chacun d'eux serait nu 
à visage découvert et se masturberait. Refusant d'abord, il avait fini par accepter car 
elle le "chauffait vraiment". Il avait réalisé trois vidéos en l'espace de quelques 
semaines. Il avait ensuite éprouvé des doutes quant à l'existence de P______ et l'avait 
par conséquent supprimée de ses contacts. Lors d'une sortie en compagnie de 
A______, en décembre 2012, il lui avait fait part de ses suspicions. Ce dernier lui 
avait assuré qu'il l'avait déjà rencontrée. Une semaine plus tard, A______ l'avait 
encouragé à reprendre contact avec P______, ce qu'il avait accepté. Elle lui avait 
alors demandé de réaliser de nouvelles vidéos, sous menace de publier celles 
obtenues précédemment. Z______ s'était tourné une nouvelle fois vers A______, 
lequel lui avait confirmé que P______ était capable de mettre ses menaces à 
exécution et qu'elle l'avait déjà fait par le passé. Il avait eu très peur et s'était senti 
mal. Cela le poursuivait le soir avant de dormir et il avait eu des maux de ventre.  

j. AA______, né le ______ 1996, a déposé plainte lors de son audition par la police 
le 19 mai 2014. P______ était entrée en contact avec lui en 2010. Ils avaient échangé 
des photographies : lui en boxer et elle en tenue sexy, nue ou dans son bain. En 
octobre ou novembre 2010, et à une seule reprise, il avait accepté de réaliser une 
vidéo le montrant entièrement nu, en train de se masturber devant la webcam pendant 
que P______ "capturait" la scène. Peu de temps après, P______ lui avait demandé de 
se masturber avec A______, de se prodiguer des fellations et de se sodomiser, ce 
qu'il avait toujours refusé, malgré les menaces de publication proférées par P______. 
Elle avait fini par "laisser tomber" après quelques temps. En 2013, elle avait repris 
contact avec lui et l'avait une nouvelle fois menacé de rendre publics les clichés de 
lui nu. Il n'avait pas cédé. Il avait été choqué et dégoûté par les agissements de 
A______, dont il était proche et qu'il connaissait depuis l'âge de huit ans.  

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Confronté au prévenu devant le Ministère public, AA______ a confirmé ses 
déclarations. Les actes n'avaient pas eu de conséquences sur sa vie privée et il les 
avait presque oubliés. Il regrettait d'avoir perdu un ami. 

k. AB______, né le ______ 1997, a été entendu par la police le 22 mai 2014. 
Lorsqu'il était âgé de 12 ans environ, P______ l'avait contacté sur les réseaux sociaux 
et lui avait proposé de réaliser des vidéos dans lesquelles il se dévoilait nu et se 
masturbait, ce qu'il avait fait entre trois et cinq fois, P______ se montrant également 
nue à l'écran. Il avait eu l'impression qu'il s'agissait d'une "personne réelle qui 
bougeait toute nue dans sa chambre". En août 2013, elle l'avait relancé sur R______ 
[RÉSEAU DE COMMUNICATION] en lui proposant de réaliser de nouvelles vidéos. 
Face à son refus, elle l'avait menacé de publier les images précédemment obtenues. 
AB______ n'avait toutefois pas cédé. P______ avait réitéré sa demande et ses 
menaces en septembre 2013, mais il avait à nouveau refusé. Il avait entre-temps fait 
la connaissance de A______ et avait remarqué que ce dernier parlait beaucoup de 
P______ et à tout le monde, de façon à la mettre en valeur. Il avait par ailleurs noté 
la présence de logiciels de capture d'écran sur son ordinateur, ce qui lui avait paru 
louche. A______ lui avait alors dit que s'il n'accédait pas aux demandes de P______, 
elle l'"afficherait". Malgré cela, il n'avait pas cédé et avait commencé à douter de 
l'existence de P______, pensant qu'il pouvait s'agir de A______. 

l. AC______, né le ______ 1995, a été entendu par la police le 8 juillet 2014. 
A______ se vantait d'avoir une amie avec qui il échangeait des moments "chauds" 
par webcam. Environ une semaine après sa première rencontre avec A______, il 
avait été contacté sur les réseaux sociaux par P______, qui, quelques mois plus tard, 
lui avait envoyé des photographies d'elle nue et lui avait demandé de voir son corps 
en échange. Il s'était dans un premier temps méfié, mais A______ l'avait convaincu 
de son existence. Il avait donc envoyé des clichés de lui en sous-vêtements, mais 
avait refusé de se dénuder. A______ lui avait ensuite dit que s'il ne cédait pas aux 
demandes de P______, elle publierait les images de lui. Pris de peur, il lui avait 
envoyé des images de lui nu. Mais P______, qui en voulait toujours plus, lui avait 
demandé de se masturber chacun de son côté derrière une caméra simultanément, ce 
qu'il avait refusé, faute de posséder une webcam. Quand P______ lui avait demandé 
de masturber A______, il avait refusé. À la demande de P______, il s'était filmé en 
train de se masturber à d'autres reprises, jamais sous la contrainte. Quand il avait 
appris la vraie identité de P______, il avait été surpris et en avait voulu à A______, 
qu'il considérait comme un ami. Néanmoins, il ne se sentait pas victime dans cette 
histoire. 

m. AD______, né le _____  1999, a été entendu par la police le 17 juin 2014 
(audition EVIG). P______ l'avait "ajouté" à ses contacts S______ [réseau social]  en 
septembre 2013. Comme ils avaient plusieurs amis virtuels communs, cela l'avait 
conforté dans le fait qu'elle existait réellement. Elle avait initié une conversation et 
lui avait demandé des photographies de lui, le recontactant régulièrement à cet effet, 

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à raison de deux à trois fois par semaine pendant environ un mois. Il avait refusé puis 
était finalement "tombé dans le panneau". Il lui avait envoyé une vingtaine des 
photographies de son visage et de ses abdominaux, puis des photographies de lui 
entièrement nu, à visage découvert, dont une sur laquelle son pénis était en érection. 
En échange, P______ lui avait envoyé une dizaine de photographies d'elle nue, 
notamment de ses seins et son vagin. Après lui avoir demandé son numéro de 
téléphone, P______ avait réclamé qu'il lui envoie des vidéos de lui en train de se 
masturber, insistant pour que son visage soit également visible, ce qu'il avait fait à 
deux ou trois reprises. Elle lui avait envoyé en échange d'autres photographies d'elle 
nue. P______ lui avait demandé de filmer ses coéquipiers sous la douche, mais il 
avait refusé et elle n'avait pas insisté. Il n'avait pas fait l'objet de menaces ou de 
chantage de sa part. Il ne s'était confié à personne car il avait honte et craignait que 
les images ne soient publiées. Cette histoire l'avait "stressé" pendant plusieurs mois : 
il sortait beaucoup moins et jouait au football pour décompresser. Il avait été content 
et soulagé d'apprendre l'arrestation de la personne se faisant passer pour P______.  

AN______, mère de AD______ , a déposé plainte le 17 juin 2014. 

n. AE______, né le ______ 1999, a été entendu par la police le 24 juin 2014 
(audition EVIG). P______ avait essayé "de se rapprocher rapidement" de lui en 
proposant d'échanger des photographies. Il avait dans un premier temps refusé, puis 
avait envoyé une image de ses abdominaux, ainsi que cinq ou six sur lesquelles on 
voyait son pénis en érection. En échange, P______ lui avait envoyé une dizaine de 
clichés d'elle toute nue, de face et derrière. Il avait dit à A______ qu'il pensait que 
P______ était un fake, mais ce dernier lui avait assuré qu'il l'avait "vue l'autre fois" et 
qu'il "l'a[vait] fait et tout avec elle" (faire l'amour). Cela l'avait convaincu dans un 
premier temps. A______ "faisait un peu comme" s'ils étaient "complices" et lui 
parlait comme s'il était son "super pote". Il avait donc accepté de réaliser un échange 
vidéo U______  dans lequel il se masturbait pendant qu'elle se dénudait petit à petit. 
Un soir qu'il s'était rendu à la fête de la musique, elle lui avait écrit "Je t'ai vu arriver 
(…) Dommage que tu sois avec ta copine, autrement on serait allé dans un coin". 
Quand il avait ensuite voulu cesser tout contact avec P______, elle l'avait menacé de 
publier les premières photographies de lui s'il ne lui en envoyait pas une dernière, 
entièrement nu. Paniqué, il s'était exécuté et avait envoyé deux nouvelles images. 
P______ lui avait suggéré d'entrer en contact avec A______, afin de réaliser des 
photographies de leur pénis l'un à côté de l'autre et des vidéos dans lesquelles ils se 
masturbaient l'un à côté de l'autre. En échange, P______ lui avait promis qu'elle 
viendrait sur lui avec huit de ses amies. Il avait toutefois refusé et fini par couper tout 
contact.   

AO______, mère de AE______, a déposé plainte le 24 juin 2014. 

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o. AF______, né le ______  2000, a été entendu par la police le 27 août 2014 
(audition EVIG). Après quelques échanges où elle le "chauffait", P______ lui avait 
demandé des photographies de lui nu, ce qu'il n'avait pas fait, se limitant à lui 
envoyer trois ou quatre clichés de lui en boxer ou montrant ses abdominaux. En 
échange, elle lui avait envoyé des images d'elle nue. P______ lui avait proposé 
d'utiliser U______, ce qu'il avait d'abord refusé, même s'il n'en était plus certain. À 
deux ou trois reprises, ils avaient échangé des vidéos dans lesquelles chacun se 
masturbait sur U______, P______ utilisant parfois un sextoy.  

Il avait su qu'il s'était fait piéger en prenant connaissance d'un article paru dans la 
presse. Il s'en était voulu et s'était senti bête de s'être fait avoir. Il n'avait osé en parler 
à personne jusqu'à son audition par la police.  

AP______, père de AF______ , a déposé plainte pour les faits précités le 27 août 
2014. Depuis une année, il avait relevé que son fils était très nerveux et se blessait 
régulièrement, comportements qui ne lui ressemblaient pas.   

p. Il ressort de son rapport du 9 février 2015 que la police est entrée en contact le 
14 octobre 2014 avec AG______, né le ______ 1994. Il a confirmé avoir consenti à 
un échange vidéo avec P______, dans lequel il s'était masturbé. Elle lui avait ensuite 
demandé d'autres scènes du même genre, le menaçant de publier la première vidéo. Il 
avait refusé et n'avait plus eu de nouvelles de sa part. AG______ n'a pas été 
formellement entendu au cours de la procédure, le prévenu y ayant renoncé par-
devant le Ministère public lors de l'audience du 11 mars 2015. 

q. AI______, né le ______ 1996, a été entendu par la police le 17 janvier 2015. 
P______ lui avait envoyé des photographies et des vidéos à caractère pornographique 
où elle apparaissait nue et se masturbait, lui demandant de faire pareil. Il lui avait 
envoyé quelques photographies du bas de son corps nu, puis l'avait supprimée de ses 
contacts, mais elle continuait à le solliciter constamment. A______ l'avait également 
encouragé à l'accepter à nouveau parmi ses contacts, faute de quoi elle publierait les 
photographies obtenues précédemment. À chacune des cinq ou dix fois où cela s'était 
produit, il s'était senti contraint. Deux ans plus tard, début 2013, P______ avait repris 
contact et lui avait envoyé des images de A______ nu, lui demandant de faire pareil, 
toujours sous la menace de diffuser les anciens clichés. Il s'était senti obligé de céder 
à ce "cercle vicieux". A______ lui avait dit qu'il était victime du même chantage. 
AI______ avait eu peur pour son image et celle du club dans lequel il jouait. Cette 
histoire l'avait préoccupé, mais ne l'avait pas empêché de dormir. 

A______ avait créé un groupe R______ [RÉSEAU DE COMMUNICATION] entre 
P______ et eux-mêmes, sur lequel elle leur demandait de se "sucer", de se "branler" 
et de "baiser", menaçant sinon de publier leurs photographies. A______ avait alors 
fait mine de l'insulter et était passé pour un "sauveur". Durant l'été 2013, P______ 

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l'avait fait chanter en exigeant qu'il masturbe A______ ou lui prodigue une fellation, 
menaçant de diffuser les clichés qu'elle possédait de lui. Cette dernière alternative 
était impensable pour lui. Finalement, il s'était donc rendu dans la chambre de 
A______ où chacun s'était masturbé de son côté, puis mutuellement. Ce dernier avait 
rapidement eu une érection, contrairement à lui-même. A______ avait finalement 
éjaculé, souriant et content. Il avait filmé la scène. AI______  était quant à lui 
dégoûté. Le soir-même, il avait appris que P______ n'était pas satisfaite de la vidéo 
et en exigeait une autre. Il avait refusé. Il avait parfois eu des doutes quant à 
l'existence de P______, mais A______ avait toujours réussi à le convaincre du 
contraire. 

r.a. A______ a été entendu à réitérées reprises, d'abord par la police, puis confronté à 
ses victimes par-devant le Ministère public. Il a dans un premier temps déclaré qu'ils 
étaient plusieurs à utiliser le profil S______ [réseau social]  de P______, qu'il avait 
créé trois ou quatre ans auparavant dans le but d'obtenir des informations et des 
photographies de certaines personnes : ils parlaient de sexe et s'échangeaient des 
photographies d'eux-mêmes. Pensant qu'ils s'adressaient à P______, ses 
interlocuteurs parlaient plus librement et A______ leur envoyait des photographies 
prétendument de cette dernière. Il ne s'était "pas posé la question de [leur] l'âge", 
mais "[préférait] que la personne ait plutôt 17 ans que 14 ans". Il connaissait 
personnellement une vingtaine de ces jeunes gens par le milieu du football, précisant 
qu'il n'avait jamais interagi avec les membres de l'équipe qu'il entraînait, ces derniers 
étant trop jeunes. Certains lui racontaient, sous sa vraie identité, leurs échanges avec 
P______ et A______ en "rigolait". Personne ne savait qu'il se cachait derrière le 
personnage de P______, bien que "certains" eussent des doutes. Il avait demandé à 
certains jeunes de filmer des gens nus ou en caleçon dans les vestiaires, ainsi que de 
se masturber. Il avait usé de chantage avec "B______" ainsi qu'avec deux ou trois 
autres. Il s'était fait passer pour P______ "un peu" pour "se venger". Les actes 
commis avaient parfois amusé les parties plaignantes. Ainsi, lors des séances de 
masturbation avec E______, il avait vu ce dernier rire et il n'avait pas perçu son 
malaise.  

Sur Internet, A______ utilisait toujours la même dizaine d'images de P______, ainsi 
que deux vidéos dans lesquelles elle se doigtait. "En général", il montrait les clichés 
avant le film. 

Après l'avoir nié dans un premier temps, A______ a reconnu avoir une attirance pour 
les hommes. L'homosexualité étant taboue tant dans le milieu du football, qu'au sein 
de sa famille, le profil de P______ était le seul moyen qu'il avait trouvé pour "avoir 
accès" à des hommes. Il préférait être malheureux plutôt que d'avouer son attirance 
pour les personnes de même sexe à ses proches, particulièrement à son père. Dans sa 
jeunesse, il avait lui-même été "piégé" sur Internet par AQ______, qui, agissant sous 
le couvert d'un faux profil, avait exigé des photographies de lui nu. Il avait par la 
suite eu connaissance de sa véritable identité et parlé de l'attirance de AQ______ 

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pour les hommes et des relations qu'il avait entretenues. A______ lui avait en 
revanche toujours caché son homosexualité, malgré les avances de AQ______. Le 
fait d'avoir lui-même été piégé était un "exutoire" et pouvait expliquer ses 
agissements. Son idée était "d'avoir un dossier" sur ses victimes. Vu sa propre 
expérience, il avait réalisé qu'il était facile de piéger des jeunes et l'avait donc fait à 
son tour. Il se rendait compte aujourd'hui qu'il avait causé du mal autour de lui et 
qu'il avait eu un comportement inhumain. Il était "choqué" de l'insistance manifestée 
par P______.  

Il a finalement admis l'intégralité des faits qui lui étaient reprochés. D'une manière 
générale, il ne contestait pas les déclarations des victimes. Il avait cherché à 
découvrir des gens du même sexe que lui, non pas à leur faire du mal. Son intention 
avait été de "découvrir des potes à [lui]". "Chauffer" signifiait donner envie de 
continuer la discussion. Avec Z______  et X______, le but était une masturbation 
mutuelle. Il n'avait pas toujours eu l'intention d'avoir un contact physique avec les 
victimes, malgré des propositions faites en ce sens, telles que la demande de 
masturbation mutuelle à B______ et le défi lancé à C______. Il avait ainsi menacé 
B______ pour "maintenir le fil de la conversation" mais cela ne l'intéressait pas de 
donner suite. Dans certains cas, il avait formulé ses demandes dans le but de "faire 
vivre" P______, cela entrant "dans le jeu du personnage". Il avait notamment dit "un 
peu n'importe quoi" à AE______ car il cherchait à la rendre crédible. Il savait que 
C______ était âgé de 14 ans. AG______  était un "ami" duquel il avait "obtenu" une 
vidéo. 

Au cours des audiences, A______ a présenté ses excuses aux victimes. 

r.b.a. A______ a fait l'objet d'une expertise psychiatrique diligentée par le 
Dr AR______, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, et le Prof 
AS______, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, responsable de la 
supervision. À teneur du rapport du 18 juin 2014, l'examen a mis en évidence, au 
moment des faits, une personnalité immature et une bisexualité égodystonique, soit 
une attirance sexuelle qui n'était pas en accord avec l'image que la personne voudrait 
avoir d'elle-même, ces deux troubles étant qualifiés de sévérité moyenne. En 
revanche, le diagnostic de paraphilie, notamment de pédophilie, a été écarté. Les 
troubles présentés avaient légèrement diminué la faculté de A______ de se 
déterminer d'après son appréciation du caractère illicite de ses actes, laquelle était 
entière. Sa responsabilité pénale au moment des faits était faiblement restreinte. 
L'acte punissable était en rapport avec son état mental. Il existait un faible risque de 
récidive pour des infractions du même type, pour autant que le prévenu suive un 
traitement psychothérapeutique approprié, soit un traitement psychiatrique et 
psychothérapeutique ambulatoire. Une peine privative de liberté était compatible 
avec une telle mesure. 

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A______ semblait regretter sincèrement les actes commis et avoir compris qu'il avait 
mal géré ses désirs homosexuels. Il avait débuté un travail psychothérapeutique 
durant sa détention, traitement dont il était demandeur et dont l'alliance thérapeutique 
était bonne. 

r.b.b. Devant le Ministère public, le Dr AR______ [RÉSEAU DE 
COMMUNICATION]a confirmé son expertise. A______ cherchait à minimiser les 
conséquences de ses actes, en pensant que ceux-ci n'étaient pas si graves, qu'il 
s'agissait d'un jeu et que ses partenaires allaient également s'amuser. Il s'agissait ainsi 
pour lui de vivre ses besoins affectifs et sexuels qu'il n'arrivait pas à vivre autrement 
ou de façon normale. Ce besoin de banalisation l'empêchait de tenir compte de la 
réaction réelle de l'autre. Il avait ainsi pu transformer les petits signes de malaises 
exprimés par les victimes en un "délire entre potes" en demeurant dans sa "bulle 
virtuelle". L'hypothèse d'une personnalité antisociale était néanmoins exclue. 

r.c.a. A______ a été détenu du 23 octobre 2013 au 1er septembre 2014, date où sa 
libération a été accordée au bénéfice des mesures de substitution suivantes : 

- obligation de se soumettre immédiatement à un traitement psychothérapeutique et 
psychiatrique lié à la sexualité auprès d'un médecin spécialiste en sexologie, à un 
rythme hebdomadaire pour commencer puis aux conditions fixées par le 
thérapeute et obligation de transmettre au Service de probation et d'insertion 
(SPI) une attestation de suivi, la 1ère d'ici au 8 septembre 2014, les suivantes à un 
rythme mensuel ; 

- interdiction d'entrer en contact, d'une quelconque façon, de manière directe et 
indirecte, avec les parties plaignantes et les victimes de P______, et/ou de lui-
même, soit notamment B______, C______, AT______, Q______, L______, 
AU______ , E______, AV______, AW______, AX______, AQ______, 
V______, W______, X______, Y______, AY______, Z______, F______, 
AA______, AB______, AZ______, BA______, BB______, AI______, 
AC______, BC______, BD______, AD______, AE______, AG______, 
BE______, BF______, AH______ , BG______, AF______ , BH______ , 
BI______ , de même que toute personne à laquelle P______ a demandé d'envoyer 
des photographies, des vidéos à caractère sexuel, ou d'effectuer tout acte de nature 
sexuelle ; 

- interdiction de fréquenter le FC AJ______ et tout autre club sportif, incluant les 
piscines publiques et les stades publics, comprenant l'interdiction d'exercer toute 
activité d'entraîneur ;  

- interdiction d'exercer toute activité et de côtoyer des mineurs de moins de 16 ans, 
y compris dans son cercle de proches ; 

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- interdiction de posséder et de faire usage d'un ordinateur et d'un téléphone 
portable ; 

- interdiction d'utiliser les réseaux sociaux, soit notamment S______, BJ______, de 
même que R______, U______ et tout site d'échange de vidéo ou de 
photographies, et interdiction d'échanger avec quiconque des photographies ou 
vidéos à caractère sexuel par quelque moyen que ce soit ;  

- obligation de résider chez ses parents ; 

- obligation d'avoir une activité professionnelle et/ou de formation à plein temps 
d'ici au 1er octobre 2014 au plus tard ; 

- obligation de se présenter au SPI, le 5 septembre 2014 au plus tard ; 

- obligation de se présenter à toute convocation du Pouvoir judiciaire. 

r.c.b. Lesdites mesures ont été allégées ultérieurement. Ainsi : 

- Le 14 septembre 2015, A______ a été autorisé à participer aux entraînements du 
club de football BK______ et aux matchs de cette équipe, à l'exception de ceux 
qui se dérouleraient sur le terrain du FC AJ______, le temps nécessaire à ces 
événements (ACPR/496/2015). 

- Le 14 mars 2017, le Tribunal des mesures de contrainte (TMC) a autorisé 
A______ à fréquenter, dans le cercle familial, des mineurs de moins de 16 ans en 
présence d'un autre adulte, et ordonné la levée des mesures de substitution 
consistant en : 

- l'interdiction faite au prévenu d'utiliser un ordinateur et un téléphone 
portable possédant une connexion Internet et un appareil photo ; 

- l'interdiction d'utiliser des réseaux sociaux, celle d'échanger avec 
quiconque des photographies ou vidéos à caractère sexuel par quelque 
moyen que ce soit étant maintenue (OTMC/765/2017). 

s. À l'audience de jugement des 25 et 26 septembre 2017 : 

s.a.a. B______ considérait A______ comme un ami proche car ils se voyaient à 
chaque entraînement de football et passaient du temps ensemble au club. Il était pour 
lui une personne de confiance, un grand frère. Ce qui lui était arrivé avait détruit sa 
vie sociale, ne voulant plus faire de sport ou sortir, et il n'avait plus confiance en 

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personne. Les menaces de P______ lui avaient fait peur et l'avaient empêché de 
dormir. Il avait doublé une année scolaire durant les faits, ainsi qu'une autre après 
avoir croisé le prévenu dans le cadre de ses études secondaires. Il avait consulté une 
psychologue. Le suivi l'avait aidé, mais cela avait pris du temps et avait été 
compliqué. À ce jour, il allait mieux, mais pensait toujours aux évènements. 

s.a.b. G______ était peinée de savoir que, pour découvrir son homosexualité, 
A______ s'était tourné vers un enfant de 13 ans, lui imposant des actes d'ordre 
sexuel. Toute la famille avait souffert des agissements du prévenu et elle ne s'était 
elle-même pas encore remise. Le fait qu'elle trouvât le prévenu si gentil et qu'elle 
n'ait rien vu venir l'effrayait.  

s.b.a. C______ avait été très déçu et choqué par cette histoire. Cela l'avait "détruit 
intérieurement". Il avait eu peur d'aller sur Internet, avait de la peine à faire 
confiance aux adultes et "c'était comme [s'il avait] perdu un proche". Il n'avait parlé 
de P______ qu'avec A______, son "confident", lequel l'avait encouragé à lui 
répondre, prétendant être bienveillant. Il n'avait pas souhaité s'exprimer devant les 
autres victimes car il avait honte. Il estimait avoir appris de son erreur et était 
désormais plus méfiant. 

s.b.b. Pour H______, parler des faits perturbait toujours son fils, si bien qu'ils 
évitaient de le faire. Elle avait été frappée de constater qu'il n'en discutait pas avec 
les autres victimes, malgré le fait que certaines étaient proches de lui. Ils n'osaient 
pas aborder le sujet, comme s'ils en avaient honte. Elle avait elle-même mal vécu 
cette période et avait bénéficié d'un suivi thérapeutique pendant six mois. 

s.c. D______ avait réussi à se remettre assez rapidement des faits, non sans subir 
"pas mal de pression". Il avait gardé cette histoire pour lui, sa mère en ayant eu 
connaissance par un tiers. Il n'aimait pas en parler. À ce jour, il allait bien et était 
soulagé que la procédure touche à sa fin. 

s.d. Lorsque AN______ avait eu connaissance des faits, elle avait essayé d'en 
discuter avec son fils, mais il était "comme un mur" et n'avait jamais pu exprimer 
avec elle ce qu'il ressentait. Elle avait toutefois remarqué que ses résultats scolaires 
avaient baissé et qu'il se réfugiait dans les jeux vidéo. Une fois l'histoire révélée au 
grand jour, son fils s'était rapidement remis. 

s.e. Le Dr AR______ [RÉSEAU DE COMMUNICATION] a été entendu au sujet du 
suivi psychothérapeutique dont A______ bénéficiait à raison d'une fois par semaine 
depuis octobre 2014, à l'exclusion de l'expertise psychiatrique. Depuis une année, les 
séances avaient été espacées à un rythme mensuel. Le patient avait bien adhéré à la 
thérapie et était collaborant. Il avait compris les motivations derrière ses actes. Il 
avait aujourd'hui une empathie authentique pour ses victimes et il se rendait compte 

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du mal causé. Il avait depuis acquis une certaine maturité et avait trouvé le moyen de 
satisfaire ses désirs de manière appropriée. 

Le Dr AR______ [RÉSEAU DE COMMUNICATION] était confiant que A______ 
ne commettrait plus les mêmes actes et était prêt à mettre un terme à la thérapie, 
estimant que le travail nécessaire avait été accompli. En résumé, les objectifs de la 
thérapie avaient été la compréhension des motivations qui avaient poussé le prévenu 
à commettre ses actes, la compréhension de la psychopathologie qui y était associée, 
l'empathie vis-à-vis des victimes, la gestion du risque de récidive et la capacité 
d'assouvir ses besoins de manière adaptée à la société, lesquels étaient atteints. 

s.f. A______ a réitéré ses aveux, précisant qu'il ne se souvenait pas du nombre de 
photographies ou de vidéos qu'il avait reçues de la part de ses victimes. D'une 
manière générale, il admettait les faits retenus dans l'acte d'accusation. Il avait choisi 
comme victimes des personnes avec lesquelles il avait un contact facile sur Internet. 
Il lui était aussi plus aisé de ne pas se faire reconnaître. À l'époque, il ne s'était pas 
rendu compte du mal causé, ni de la violence de ses menaces. Il avait agi ainsi pour 
parvenir à ses fins, mais il n'aurait jamais publié une photographie de ses victimes. 
Auparavant, il "[s'en] foutait des victimes". En y repensant, il se dégoutait et avait 
honte de lui-même.  

Il avait une attirance pour les hommes, mais ne l'assumait pas à l'époque. Il avait agi 
par égoïsme, ne pensant qu'à assouvir son désir. Il y avait eu un effet "boule de 
neige", de plus en plus de jeunes garçons ayant souhaité interagir avec P______. Il 
avait lui-même plusieurs fois initié le contact, mais l'inverse s'était également 
produit.  

Il ne parvenait pas à expliquer pourquoi il avait tant insisté, alors même que certaines 
victimes souffraient et le suppliaient d'arrêter, si ce n'était qu'il ne ressentait pas leur 
mal-être et était "dans sa bulle". Lorsqu'il croisait certaines des victimes, cela lui 
donnait envie de les relancer. Il découvrait sa sexualité et P______ était son 
"occupation numéro un". P______ représentait le "mauvais" côté de lui et A______ 
était le "bon". Aujourd'hui, il avait abandonné son mauvais côté. Il était en accord 
avec lui-même, assumait son homosexualité et n'avait plus besoin de se cacher 
derrière une fausse identité pour assouvir ses désirs. Le regard des autres n'avait plus 
d'importance. Il avait appris à éprouver de l'empathie. 

Il y avait de la "rigolade" et une "ambiance décontractée" pendant les faits. Il n'avait 
jamais ressenti le stress des victimes, à l'exception de X______, avec lequel il avait 
rapidement mis fin à ses agissements. Les actes avaient néanmoins été commis sous 
la contrainte. Il savait aujourd'hui que F______ n'aimait pas les actes sexuels qu'il lui 
avait imposés, mais pensait à l'époque que cela ne le gênait pas. 

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Il ne pensait pas qu'il serait allé plus loin que des actes de fellations. Ses propositions 
de sodomie et les défis avaient pour but de rompre le contact avec les victimes. Il 
n'aurait notamment jamais réalisé le défi lancé à C______. S'il avait continué 
d'insister, c'était pour "pas que l'on abandonne P______". Il avait emmené certaines 
de ses victimes à la cave en raison de la présence de sa famille dans l'appartement. 

Il a présenté ses excuses aux parties plaignantes. 

C. a. Le 8 mars 2018, le président de la CPAR a fixé les débats d'appel au 7 mai 2018.  

 b. À la demande des parties plaignantes et avec l'accord des autres parties, le huis 
clos partiel a été ordonné à l'ouverture des débats (art. 70 al. 1 let. a et al. 3 CPP).  

c.a. A______ a confirmé les déclarations faites en première instance et la 
reconnaissance des faits tels que décrits dans l'acte d'accusation. Il regrettait "très 
sincèrement" tout ce qui s'était passé et souhaitait "le meilleur" pour l'avenir de ses 
victimes. À l'époque, il ne percevait pas le mal qu'il faisait.  

 c.b. Par la voix de ses conseils, il persiste dans ses conclusions. La question du 
traumatisme des victimes devait être relativisée, dans la mesure où la masturbation 
constituait un acte habituellement pratiqué à leur âge. Quelle différence y avait-il 
entre une masturbation solitaire ou à la demande d'un tiers? Les garçons n'avaient 
d'ailleurs pas "fui" à la première demande de P______. Bien que le prévenu ait 
interféré dans la sexualité des jeunes, il n'en demeurait pas moins que ces derniers 
avaient des pulsions fortes qu'ils assouvissaient avec les moyens de leur génération, 
le "sexting" (diffusion d'images érotiques/pornographiques par téléphone) étant entré 
dans les mœurs. Le terreau pour profiter d'eux était fertile. Il n'avait pas 
systématiquement eu la volonté d'un rapport sexuel. Il était piégé par lui-même, ce 
qui l'obligeait à se rendre crédible. La plupart des échanges avaient été seulement 
virtuels. 

Une peine avec sursis s'imposait. La publicité de la procédure avait eu un effet 
désastreux sur la vie privée du prévenu et la pauvreté affective de sa situation 
familiale devait être prise en compte. La longueur de la procédure était à déplorer, de 
même que la rareté des audiences et les nombreux retards injustifiés. Le cumul des 
mesures de substitution les avaient rendues stigmatisantes. 

 d. Les parties plaignantes concluent au rejet de l'appel principal et "soutiennent" 
l'appel joint du Ministère public. 

 L'art. 187 CP protégeait le développement des victimes, même si celui-ci n'était pas 
effectivement perturbé, peu important leur "niveau d'expérience". Un contact 
physique n'était pas nécessaire pour retenir une tentative. Dans la mesure où le 

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prévenu connaissait ses victimes, la jurisprudence sur le "grooming" (infra, consid. 
2.7.3) ne s'appliquait pas. Le prévenu exerçait une pression permanente sur ses 
victimes. Son mobile était purement sexuel. 

B______, C______, D______ et E______ déposent un note d'honoraires "commune" 
de CHF 18'189.75 correspondant à 36h30 d'activité à CHF 450.- soumis à la TVA 
(7,7 %), ainsi que CHF 500.- de débours (téléphones, fax, photocopies), y compris 
une estimation de 8h pour l'audience d'appel (qui a duré 6h) et 1h10 de téléphones. 

Au surplus, B______ dépose une note d'honoraires de CHF 525.60 correspondant 
1h05 d'activité à CHF 450.-/heure, TVA à 7,7% ou 8% en sus. Au même tarif, 
C______ dépose une note de frais de CHF 485.10 pour 1h d'activité, E______ de 
CHF 605.90 pour 1h15 d'activité et D______ de CHF 687.35 correspondant à 1h25 
d'activité à CHF 450.-/heure, TVA (taux différenciés) en sus. 

B______, C______, D______ et E______ concluent à ce qu'il soit constaté que 
A______ a acquiescé aux conclusions civiles des parties plaignantes en première 
instance, à ce qu'il soit condamné en sus, outre aux frais de la procédure, à 
rembourser aux parties plaignantes (ou à leurs représentants légaux) leurs honoraires 
d'avocat, en application de l'art. 433 CPP, soit les sommes de CHF 5'073.05 pour 
B______ (1/4 de 18'189.75 + 525.60), de CHF 5'032.55 pour C______ (1/4 de 
18'189.75 + 485.10), de CHF 5'153.35 pour E______(1/4 de 18'189.75 + 605.90), de 
CHF 5'234.80 pour D______ (1/4 de 18'189.75 + 687.35), TVA à 7,7% ou 8% 
comprise, le dommage matériel demeurant réservé en tant qu'il perdure. 

En cas de condamnation de A______ à une peine pécuniaire ferme ou à une amende, 
ils concluent à ce que les montants y relatifs soient alloués aux parties plaignantes en 
paiement de tout ou partie de leur tort moral (art. 73 CP) et à ce qu'il leur soit donné 
acte qu'elles cèderont une part correspondante de leurs créances à l'État. 

e. Le Ministère public persiste dans ses conclusions. Un traumatisme n'était pas 
nécessaire au risque sinon de restreindre le champ d'application de l'art. 187 CP. Le 
seuil de la tentative était atteint pour toutes les occurrences.  

f. Les autres arguments des parties seront examinés, dans la mesure utile, dans les 
considérants qui suivent. 

D. A______, né le ______ 1993, est de nationalités ______ et ______. Célibataire et 
sans enfant, il vit au domicile de sa mère à Genève (attestation du 5 février 2018), ses 
parents étant séparés. Ses rapports familiaux, notamment avec son père, se sont 
améliorés depuis qu'il se sent accepté tel qu'il est. À l'issue de sa scolarité obligatoire, 
il s'est inscrit à l'École _____ avant d'abandonner ce cursus pour un apprentissage de 
______, formation également avortée pour un apprentissage ______. Actuellement, il 

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est en 3ème année d'apprentissage et vise l'obtention d'un CFC ______ auprès de 
l'École professionnelle commerciale de ______ [VD], formation qui lui plaît. Selon 
ses résultats intermédiaires, sa moyenne est de 4,3 à 4,4 sur 6. Selon un courrier du 5 
avril 2018, son maître d'apprentissage, BM______ SÀRL, s'est déclaré prêt à 
l'engager en qualité de ______ à Genève, s'il passait avec succès les examens de fin 
d'apprentissage, au mois de juin 2018. En raison de la médiatisation du procès de 
première instance, il a dû arrêter de jouer dans une équipe de football. Il continue 
d'être suivi par le Dr AR______ une fois par mois, ce que le médecin a confirmé par 
pli du 29 mars 2018. 

 Le 27 avril 2018, BN______ a confirmé qu'il ne fréquentait pas le FC AJ______ et 
qu'il n'avait pas été vu au stade de ce club. À teneur du rapport du SPI du 2 mai 2018, 
A______ se présentait aux rendez-vous qui lui étaient fixés.  

Selon l'extrait de son casier judiciaire suisse, il n'a pas d'antécédent. 

E. Me BO______ , défenseur d'office de A______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel comptabilisant, sous des libellés divers, 34h d'activité de 
collaborateur consacrées à la préparation des débats d'appel, dont 45 minutes pour la 
déclaration d'appel, sans compter la durée de l'audience devant la CPAR, forfait à 
20% en sus. En première instance, l'activité indemnisée s'élevait à plus de 30h.  

EN DROIT : 

1. L'appel et l'appel joint sont recevables pour avoir été interjetés et motivés selon la 
forme et dans les délais prescrits (art. 398 et 399 CPP, art. 400 al. 3 let. b et 401 
CPP). 

 La partie qui attaque seulement certaines parties du jugement est tenue d'indiquer 
dans la déclaration d'appel, de manière définitive, sur quelles parties porte l'appel 
(art. 399 al. 4 CPP). La Chambre limite son examen aux violations décrites dans 
l'acte d'appel (art. 404 al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables 
(art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1.1. Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, 
garantie par l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et 
des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH – RS 0.101) et, sur le plan 
interne, par les art. 32 al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 
18 avril 1999 (Cst. – RS 101) et 10 al. 3 CPP, concerne tant le fardeau de la preuve 
que l'appréciation des preuves au sens large (ATF 127 I 28 consid. 2a p. 40 s. ; arrêt 
du Tribunal fédéral 6B_804/2017 du 23 mai 2018 consid. 2.2.3.1 destiné à la 
publication). 

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En tant que règle sur le fardeau de la preuve, la présomption d'innocence signifie, au 
stade du jugement, que ce fardeau incombe à l'accusation et que le doute doit profiter 
au prévenu (arrêts du Tribunal fédéral 6B_519/2018 du 29 août 2018 consid. 3.1 ; 
6B_377/2018 du 22 août 2018 consid. 1.1). Ainsi, il appartient à l'accusation d'établir 
la culpabilité du prévenu, et non à ce dernier de démontrer qu'il n'est pas coupable. 
Le doute doit profiter au prévenu (arrêt du Tribunal fédéral 6B_377/2018 du 22 août 
2018 consid. 1.1). Il est violé lorsque le juge rend un verdict de culpabilité au seul 
motif que l'accusé n'a pas prouvé son innocence ; lorsqu'il résulte du jugement que, 
pour être parti de la fausse prémisse qu'il incombait à l'accusé de prouver son 
innocence, le juge l'a condamné parce qu'il n'avait pas apporté cette preuve (ATF 127 
I 38 consid. 2a p. 40 et les références ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_404/2018 du 
19 juillet 2018 consid. 1.2) ou encore lorsque le juge condamne le prévenu au seul 
motif que sa culpabilité est plus vraisemblable que son innocence (arrêts du Tribunal 
fédéral 6B_1145/2014 du 26 novembre 2015 consid. 1.2 ; 6B_748/2009 du 
2 novembre 2009 consid. 2.1). 

Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence signifie que le 
juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à l'accusé 
si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. Il 
importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui sont 
toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de 
doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en 
fonction de la situation objective (ATF 138 V 74 consid. 7 p. 82 ; ATF 127 I 38 
consid. 2a p. 41 ; ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 87 s. ; arrêts du Tribunal fédéral 
6B_634/2018 du 22 août 2018 consid. 2.1 ; 6B_804/2017 du 23 mai 2018 consid. 
2.2.3.3 destiné à la publication ; 6B_1306/2017 du 17 mai 2018 consid. 2.1.1). 

2.1.2. Le juge du fait dispose d'un large pouvoir dans l'appréciation des preuves (cf. 
art. 10 al. 2 CPP ; ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40 ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_348/2012 du 24 octobre 2012 consid. 1.3). Confronté à des versions 
contradictoires, il forge sa conviction sur la base d'un ensemble d'éléments ou 
d'indices convergents. L'appréciation des preuves doit être examinée dans son 
ensemble et l'état de fait déduit du rapprochement de divers éléments ou indices. Un 
ou plusieurs arguments corroboratifs peuvent demeurer fragiles si la solution retenue 
peut être justifiée de façon soutenable par un ou plusieurs arguments de nature à 
emporter la conviction (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9 ; arrêts du Tribunal fédéral 
6B_324/2017 du 8 mars 2018 consid. 1.1 ; 6B_1183/2016 du 24 août 2017 consid. 
1.1 ; 6B_445/2016 du 5 juillet 2017 consid. 5.1). 

2.1.3. Les déclarations de la victime constituent un élément de preuve. Le juge doit, 
dans l'évaluation globale de l'ensemble des éléments probatoires rassemblés au 
dossier, les apprécier librement (arrêts du Tribunal fédéral 6B_942/2017 du 5 mars 
2018 consid. 2.1.2 ; 6B_614/2012 du 15 février 2013 consid. 3.2.5). Les déclarations 
successives d'un même témoin ne doivent pas nécessairement être écartées du seul 

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fait qu'elles sont contradictoires ; il appartient au juge de retenir, sans arbitraire, la 
version qui lui paraît la plus convaincante et de motiver les raisons de son choix 
(arrêts du Tribunal fédéral 6B_28/2013 du 13 juin 2013 consid. 1.2 ; 6B_429/2008 
du 7 novembre 2008 consid. 4.2.3). Rien ne s'oppose non plus à ne retenir qu'une 
partie des déclarations d'un témoin globalement crédible (ATF 120 Ia 31 consid. 3 
spéc. p. 39). 

2.1.4. L'art. 9 CPP consacre la maxime d'accusation. L'acte d'accusation définit 
l'objet du procès. Une infraction ne peut faire