# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1b6f729c-c5aa-5232-bf3a-af1684ff631a
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-03-22
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 22.03.2013 A1 12 182
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_A1-12-182_2013-03-22.pdf

## Full Text

60 RVJ / ZWR 2014 

Santé publique 
Gesundheitswesen 

ATC (Cour de droit public) du 22 mars 2013 – A1 12 182 

Etiquette de bouteille de vin 
- Rapport entre les législations en matière de marque et de denrées alimentaires 

(consid. 2.1). 
- Interdiction de tromperie : notion d’indications et de présentations trompeuses 

(art. 18 al. 3 LDAI ; consid. 3.1). 
- Dénominations trompeuses et de fantaisie (consid. 3.3). 
- Risque de tromperie d’autant plus grand que le droit valaisan réglemente précisément 

les dénominations (art. 59 ss OVV ; consid. 4) 

Weinetikette 
- Verhältnis zwischen der Gesetzgebung im Bereich des Markenrechts und jenem der 

Lebensmittelgesetzgebung (E. 2.1).  
- Täuschungsverbot : Begriff täuschender Angaben und Aufmachungen(Art. 18 Abs. 3 

LMG; E. 3.1). 
- Täuschende Sachbezeichnungen und Fantasiebezeichnungen (E. 3.3) 
 - Die Täuschungsgefahr ist umso grösser, als die Walliser Gesetzgebung die 

Bezeichnungen genauestens regelt (Art. 59 ff. der Verordnung über den Rebbau und 
den Wein; E. 4). 

 

Faits (résumé) 
 

Le 18 mars 2011, le Service de la consommation et affaires vétéri-
naires (SCAV) contesta l’échantillon n° 37693, « Assemblage Dôle 
‘Sang Barbare’ et Humagne rouge, A.O.C. Valais 2009, CERVINO », 
prélevé le 18 février 2011 auprès de la cave X_______. L’étiquette, 
qui comportait une représentation du Matterhorn surmontée du nom 
« CERVINO », laissait à tort penser que le vin provenait de la région 
du Cervin. Ce service spécialisé exigea de la cave qu’elle lève cette 
« non-conformité » en modifiant l’étiquetage et le graphisme en 
conséquence, décision confirmée en Conseil d’Etat et déférée céans 
par X_______. 

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Considérants (extraits) 
 

1.  Le recours est recevable (art. 14 de la loi concernant l’application 
de la loi fédérale sur les denrées alimentaires et les objets usuels du 
21 mai 1996 – LALDAI ; RS/VS 817.1 et art. 80 al. 1 let. a et c, 44 
al. 1 let. a et 48 de la loi du 6 octobre 1976 sur la procédure et la juri-
diction administratives – LPJA ; RS/VS 172.6 ; cf. cependant, s’agis-
sant du délai, ATF 127 II 91 consid. 1 et la référence ainsi que RB 
2003 Nr. 7 p. 49 ss). 

2.1  La  loi fédérale du 9 octobre 1992 sur les denrées alimentaires et 
les objets usuels (LDAI ; RS 817.0) a notamment pour but de protéger 
les consommateurs contre les tromperies relatives aux denrées ali-
mentaires (art. 1 let. c), telles les indications et les présentations 
propres à susciter chez le consommateur de fausses idées sur la pro-
venance de ces denrées (art. 18 al. 2 et 3). Or, c’est précisément au 
vu d’un tel risque que le SCAV a prononcé une contestation au sens 
de l’article 27 LDAI. L’affaire s’inscrit donc bien dans le cadre de cette 
législation dont le Tribunal fédéral a confirmé l’applicabilité aux pro-
duits viticoles (ATF 135 II 243 consid. 5.3). Les doutes non étayés de 
la cave, pour qui le litige ressortirait au droit des marques, sont à cet 
égard infondés. Loi de police visant la défense d’intérêts publics, la 
LDAI poursuit des buts différents de la loi fédérale du 28 août 1992 
sur la protection des marques et des indications de provenance 
(LPM ; RS 232.11). Il s’ensuit que ces législations peuvent s’appliquer 
cumulativement et indépendamment l’une de l’autre (S. Holzer, 
Geschützte Ursprungsbezeichnungen [GUB] und geschützte geogra-
phische Angaben [GGA] landwirtschaftlicher Erzeugnisse, p. 220 ; 
L. Hirt, Der Schutz schweizerischer Herkunftsangaben, p. 108 s.). 

(…) 

3.  Au fond, le procès porte sur le point de savoir si, comme l’ont 
retenu les autorités précédentes, l’étiquette de la recourante viole 
l’interdiction de tromperie ancrée à l’article 18 LDAI. 

3.1  Sont réputées trompeuses les indications et les présentations 
propres à susciter chez le consommateur de fausses idées sur la 
provenance de la denrée alimentaire (art. 18 al. 3 LDAI ; cf. ég. art. 10 
al. 1 de l’ordonnance du 23 novembre 2005 sur les denrées alimen-

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taires et les objets usuels – ODAIOUs ; RS 817.02). C’est notamment 
le cas lorsqu’une désignation laisse penser à tort que le produit ou 
ses composants pourraient provenir d’une certaine région (ATF 104 IV 
140 consid. 3b). L’appréciation doit être portée au regard du besoin 
légitime d’information du consommateur moyen qui, en règle géné-
rale, ne connaît pas les prescriptions détaillées applicables (ATF 130 
II 83 consid. 3.2). Savoir si la présentation d’une denrée alimentaire 
est trompeuse ne dépend pas seulement de sa désignation, mais de 
son identité visuelle globale (arrêt du Tribunal fédéral 2C_559/2011 
du 20 janvier 2012 consid. 6.2). Point n’est besoin de prouver qu’un 
certain nombre de consommateurs pourraient être induits en erreur ; il 
suffit que l’indication soit objectivement propre à tromper (ATF 124 II 
398 consid. 3b). Cependant, la seule possibilité que le consommateur 
appréhende faussement le produit ou sa désignation n’est pas 
suffisante (arrêt 2C_559/2011 précité consid. 6.2 ; cf. ég. message du 
Conseil fédéral in : FF 1989 I p. 889). 

3.2  Le nom « Cervino » comporte, en soi, une référence géogra-
phique. Avec raison, la recourante ne conteste pas cette évidence 
que le SCAV s’est appliquée à étayer en se référant aux images asso-
ciées à ce terme sur internet ainsi qu’au contenu du site 
www.cervino.it. Le sommet italo-suisse appelé « Matterhorn » en 
allemand, « Cervin » en français, se nomme « monte Cervino » en 
italien. La composante géographique de la dénomination litigieuse est 
d’autant plus manifeste que l’étiquette épinglée par le SCAV reproduit 
la montagne en question, mondialement connue. 

3.3  La cave réfute le caractère trompeur de la dénomination 
« Cervino », arguant qu’elle serait de fantaisie. 

3.3.1  La protection qu’offre l’article 18 LDAI en matière d’indication de 
provenance se recoupe avec celle résultant de l’interdiction de trom-
perie statuée en la matière par l’article 47 LPM (L. Hirt, op. cit., 
p. 106). Dans le cadre de cette dernière disposition, il y a risque de 
tromperie dès qu’une marque évoque, chez le consommateur, un 
endroit qui ne correspond pas au lieu d’origine ou de fabrication du 
produit ou des composants déterminant ses qualités (K. Troller, Précis 
du droit suisse des biens immatériels, 2e éd., p. 124). Ce risque peut 
être d’emblée écarté si la dénomination en cause est de fantaisie 
(ATF 128 III 454 consid. 2.2 ; L. Hirt, op. cit., p. 35). Sont considérés 
de fantaisie les noms géographiques qui n’évoquent pas chez le 

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consommateur l’idée que la marchandise vient de l’endroit dont elle 
porte le nom, cette idée étant aberrante (K. Troller, op. cit., p. 125 ; 
E. Marbach, SIWR III/1, n° 400). Tel est le cas de bananes ou de café 
« Matterhorn » (L. Hirt, op. cit., p. 34 s.) ou de plumes à réservoir 
« Mont Cervin » (K. Troller, Manuel du droit suisse des biens imma-
tériels, T. I, 2e éd., p. 235). Associée à du vin, cette dénomination fait 
par contre référence au Valais (L. Hirt, op. cit., p. 34 s.) ; elle a donc 
une signification géographique. En matière de boissons, la prove-
nance géographique du produit revêt en effet une importance particu-
lière. S’agissant d’une bière de marque « Alaska », il a été jugé que le 
public aura majoritairement tendance à considérer qu’il s’agit là d’une 
indication de provenance (cf. E. Marbach, op. cit., note de bas de 
page 534 ad n° 403 citant l’arrêt du Tribunal fédéral 4A.5/1994 du 
2 août 1994 consid. 3 in : FDBM 1994 I p. 76 ; cf. ég. ATF 135 III 416 
consid. 2.6.2 reprenant cet exemple). 

3.3.2  Sur cet arrière-plan, la dénomination « Cervino » ne peut être 
qualifiée comme étant de fantaisie. C’est un fait d'expérience que la 
désignation géographique éveille chez le consommateur l'idée que le 
produit concerné provient de l’endroit désigné (cf. ATF 97 I 79 
consid. 1 ; F. Gloor, Die Beurteilung der Gefahr der Irreführung über 
die geografische Herkunft auf der Grundlage eines Erfahrungssatzes - 
Bemerkungen einer Mitarbeiterin des IGE zur Rechtsprechung des 
Bundesgerichts in : sic! 2011 p. 4 ss). Comme l’a justement relevé 
l’autorité précédente, si le consommateur moyen peut savoir 
qu’aucune vigne n’est plantée sur le Cervin même, il risque néan-
moins de s’imaginer trouver du vignoble au pied de ce sommet ou 
dans ses alentours. Ainsi pourrait-il croire, à tort, que l’assemblage 
produit par la recourante provient de vignes plantées dans la région 
du Matterhorn. A cet égard, on ne saurait considérer que, dans l’esprit 
du public, « Cervino » ne ferait qu’évoquer le sommet comme tel, à 
l’exclusion de sa région (cf. pour le signe Gotthard : arrêt du Tribunal 
fédéral 4A.324/2009 du 8 octobre 2009 consid. 4 et 5.1). Preuve en 
est le site internet www.cervino.it signalé par les instances précé-
dentes. L’étiquette litigieuse, qui combine une représentation du 
Cervin et porte la dénomination « Cervino », renforce le consomma-
teur dans l’idée que le vin « Cervino » est un produit issu de domaines 
situés dans cette célèbre région du Valais. Dans les circonstances 
propres au cas d’espèce, ce nom n’a donc aucune valeur de fantaisie 
ou de symbole qui exclurait, d'emblée, une indication de provenance. 
La cave s’en défend vainement en soutenant que tout un chacun sait 

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que la vigne est, en Valais, cultivée à une altitude variant entre 450 et 
800 mètres. A supposer que le consommateur moyen ait cette con-
naissance-là, ce qui est douteux, il faudrait encore, pour écarter tout 
risque de tromperie, que la localisation des vignobles valaisans lui soit 
connue tout autant que la topographie de ce canton et de ses vallées, 
ce dont on ne peut raisonnablement présumer. Il s’ensuit que le 
Conseil d’Etat a confirmé à bon droit un risque de tromperie, dont il n’y 
a pas lieu de nier l’existence du fait qu’à la marque Valais est associé 
l’emblème du Cervin. 

(…) 

4.  Le risque de tromperie dénoncé par le SCAV se justifie d’autant 
plus que le droit valaisan réglemente précisément les dénominations 
(art. 59 ss de l’ordonnance cantonale sur la vigne et le vin du 17 mars 
2004 – OVV ; RS/VS 916.142). L’article 60 alinéa 3 prescrit ainsi que 
les vins d’assemblage doivent être commercialisés sous une appella-
tion de fantaisie avec la dénomination géographique, tandis que les 
articles 63 ss OVV énoncent les conditions auxquelles les vins 
peuvent revêtir une dénomination de commune, de région, celle de 
« clos », de « Château », de « Domaine », une dénomination cadas-
trale ou encore d’un lieu-dit. Or, comme l’ont relevé les autorités pré-
cédentes, l’article 10 alinéa 2 lettre f ODAIOUs interdit les indications 
ou les présentations de toute nature pouvant prêter à confusion avec 
des désignations protégées par une législation cantonale analogue à 
celle de l’ordonnance du 28 mai 1997 sur les AOP et les IGP 
(RS 910.12), telle l’OVV. Comme le soulignait à juste titre le SCAV 
dans ses observations du 26 juillet 2011, cette réglementation canto-
nale pourrait ainsi amener le consommateur à penser qu’il existerait 
une zone au pied de la région du Cervin méritant l’appellation 
« Cervino », ce qui n’est pas le cas.