# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cd8894cc-693a-598a-a862-133996bbd540
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-10-12
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 12.10.2015 E-6347/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-6347-2015_2015-10-12.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour V 

E-6347/2015 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  1 2  o c t o b r e  2 0 1 5  

Composition 
 William Waeber, juge unique,  

avec l'approbation de Gérald Bovier, juge ; 

Thierry Leibzig, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Erythrée,  

(…),   

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi ; 

décision du SEM du 24 septembre 2015 / N (…). 

 

 

 

E-6347/2015 

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Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse par A._______ (ci-après : le 

recourant), le 27 mai 2015, 

le procès-verbal de l'audition du 10 juillet 2015, 

la décision du 24 septembre 2015 (notifiée le 30 septembre suivant), par 

laquelle le SEM, faisant application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), 

n'est pas entré en matière sur la demande d'asile de l'intéressé, a prononcé 

son transfert vers l'Italie et a ordonné l'exécution de cette mesure, constatant 

l'absence d'effet suspensif à un éventuel recours, 

le recours interjeté, le 6 octobre 2015, contre cette décision, ainsi que le 

mémoire complémentaire du 7 octobre 2015 (date du sceau postal), 

les demandes d'octroi de l'effet suspensif, de dispense de paiement de 

l'avance des frais de procédure, d'assistance judiciaire partielle et de 

nomination d'un mandataire d'office dont le recours et le mémoire 

complémentaire sont assortis,  

la réception du dossier de première instance par le Tribunal administratif 

fédéral (ci-après : le Tribunal), le 8 octobre 2015, 

 

et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors 

définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le 

requérant cherche à se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi 

de l'art. 105 LAsi, et art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en 

l'espèce, 

que l'intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA, applicable par renvoi 

de l'art. 37 LTAF), 

que le recours, interjeté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 

al. 2 LAsi) prescrits par la loi, est recevable, 

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que, saisi d'un recours contre une décision de non-entrée en matière sur 

une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien-fondé d'une 

telle décision (cf. ATAF 2012/4 consid. 2.2 ; 2009/54 consid. 1.3.3 ; 2007/8 

consid. 5), 

que, dans le cas d'espèce, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à 

faire application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, disposition en vertu de laquelle 

il n'entre pas en matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut 

se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, 

pour mener la procédure d'asile et de renvoi, 

qu'avant de faire application de la disposition précitée, le SEM examine la 

compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon les critères 

fixés dans le règlement (UE) no 604/2013 du Parlement européen et du 

Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de 

détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande 

de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un 

ressortissant de pays tiers ou un apatride (refonte) (JO L 180/31 du 

29.6.2013, ci-après : règlement Dublin III) (cf. art. 29a al. 1 de l'ordonnance 

1 du 11 août 1999 sur l'asile [OA 1, RS 142.311]), 

que, s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du 

traitement de la demande d'asile, le SEM rend une décision de non-entrée 

en matière après que l'Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge 

du requérant d'asile (art. 29a al. 2 OA 1), 

qu'aux termes de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de 

protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui-ci 

étant déterminé selon les critères fixés à son chapitre III, 

que la procédure de détermination de l'Etat responsable est engagée 

aussitôt qu'une demande d'asile a été déposée pour la première fois dans 

un Etat membre (art. 20 par. 1 du règlement Dublin III), 

que dans une procédure de prise en charge (anglais : take charge), comme 

c'est le cas en l'espèce, les critères énumérés au chapitre III du règlement 

(art. 8-15) doivent être appliqués successivement (principe de l'application 

hiérarchique des critères de compétence, art. 7 par. 1 du règlement 

Dublin III), 

que pour ce faire, il y a lieu de se baser sur la situation existant au moment 

du dépôt de la première demande dans un Etat membre (art. 7 par. 2 du 

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règlement Dublin III ; ATAF 2012/4 consid. 3.2 ; FILZWIESER/SPRUNG, 

Dublin III-Verordnung, Das Europäische Asylzuständigkeits-system, 

Vienne 2014, pt. 4 sur l'art. 7), 

que selon l'art. 13 par. 1, 1ère phrase du règlement Dublin III, lorsqu'il est 

établi, sur la base de preuves ou d'indices, que le demandeur a franchi 

irrégulièrement, par voie terrestre, maritime ou aérienne, la frontière de 

l'Etat membre dans lequel il est entré en venant d'un Etat tiers, cet Etat 

membre est responsable de l'examen de la demande de protection 

internationale, 

qu'en vertu de l'art. 3 par. 2 du règlement Dublin III, lorsqu'il est impossible 

de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné 

comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il 

existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la 

procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui 

entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de 

l'art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne 

(JO C 364/1 du 18.12.2000, ci-après : Charte UE), l'Etat procédant à la 

détermination de l'Etat responsable poursuit l'examen des critères fixés au 

chapitre III afin d'établir si un autre Etat peut être désigné comme 

responsable, 

que lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur vers un Etat 

désigné sur la base de ces critères ou vers le premier Etat auprès duquel 

la demande a été introduite, l'Etat membre procédant à la détermination 

devient l'Etat responsable, 

que l'Etat responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale en vertu du règlement est tenu de prendre en charge  

– dans les conditions prévues aux art. 21, 22 et 29 – le demandeur qui a 

introduit une demande dans un autre Etat membre (art. 18 par. 1 point a 

du règlement Dublin III),  

que, sur la base de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (clause de 

souveraineté), chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande 

de protection internationale qui lui est présentée par le ressortissant d'un 

pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu 

des critères fixés dans le règlement, 

qu'en l'occurrence, il ressort des investigations entreprises par le SEM, à 

travers notamment la consultation de l'unité centrale du système européen 

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"Eurodac" et des déclarations de l'intéressé, que celui-ci, avant de venir en 

Suisse, a franchi irrégulièrement la frontière italienne en (…) 2015,  

qu'en date du 15 juillet 2015, le SEM a dès lors soumis aux autorités 

italiennes une requête aux fins de prise en charge de l'intéressé, fondée 

sur l'art. 13 par. 1 du règlement Dublin III, 

que les autorités italiennes n'ont pas répondu à cette requête dans le délai 

de deux mois prévu par l'art. 22 par. 1 du règlement Dublin III, 

que l'Italie est dès lors réputée avoir accepté la demande et, partant, avoir 

reconnu sa responsabilité pour traiter la demande d'asile de l'intéressé 

(cf. art. 22 par. 7 du règlement Dublin III), 

que, dans son recours, l'intéressé ne conteste pas la responsabilité de 

l'Italie selon les critères fixés dans le règlement Dublin III, si ce n'est en 

invoquant les mesures urgentes consistant en la relocalisation depuis 

l'Italie et la Grèce de 160'000 requérants ayant manifestement besoin 

d'une protection internationale, 

qu'il fait de la sorte référence à la décision (UE) 2015/1523 du Conseil du 

14 septembre 2015 instituant des mesures provisoires en matière de 

protection internationale au profit de l'Italie et de la Grèce (JO L 239/146 

du 15.9.2015) complétée par la décision (UE) 2015/1601 du Conseil du 

22 septembre 2015 instituant des mesures provisoires en matière de 

protection internationale au profit de l'Italie et de la Grèce (JO L 248/80 du 

24.9.2015 ; ci-après : décision 2015/1601), lesquelles ont pour objet de 

faire face à une situation d'urgence et d'aider l'Italie et la Grèce à renforcer 

leurs régimes d'asile, 

qu'en vertu des dispositions de ces décisions, la relocalisation de 40'000 

demandeurs d'asile, respectivement de 120'000 demandeurs d'asile 

identifiés ne peut concerner que des demandeurs ayant introduit leurs 

demandes de protection internationale en Italie ou en Grèce, dont les 

empreintes digitales ont été relevées et transmises au système central 

d'Eurodac, et qui ont fait l'objet d'une décision, préalable à la relocalisation 

effective, de la part des autorités italiennes ou grecques, 

que, partant, le recourant, qui n'a pas déposé de demande de protection 

internationale ailleurs qu'en Suisse, ne peut pas valablement invoquer ces 

décisions pour requérir des autorités suisses une dérogation, en ce qui le 

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concerne, à l'art. 13 par. 1 du règlement Dublin III, ce d'autant moins que 

la Suisse n'est – pour le moment du moins –  pas liée par lesdites décisions, 

que l'art. 3 par. 2 al. 2 du règlement Dublin III n'est pas non plus applicable 

en l'espèce, dès lors qu'il n'y a pas lieu de retenir qu'il existe en Italie des 

défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions 

d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain 

ou dégradant au sens de l'art. 4 de la Charte UE (cf. également ci-après, 

p. 7 ss), 

que le SEM est dès lors arrivé à bon droit à la conclusion que l'Italie était 

l'Etat responsable pour traiter la demande d'asile du recourant, selon les 

critères du règlement Dublin III, 

que le recourant s'est toutefois opposé à son transfert vers ce pays,  

que, lors de son audition du 10 juillet 2015, il a notamment fait valoir qu'il 

ne voulait pas que l'Italie se charge de traiter sa demande d'asile, car son 

intention était de venir demander l'asile en Suisse (cf. procès-verbal 

d'audition, point 8.01 p. 9 s.), 

que, dans la décision attaquée, le SEM a, à bon droit, écarté cette 

objection, retenant que le règlement Dublin III ne confère pas aux 

demandeurs d'asile le droit de choisir l'Etat membre offrant, à leur avis, les 

meilleures conditions d'accueil comme Etat responsable de l'examen de 

leur demande d'asile (cf. ATAF 2010/45 consid. 8.3), 

qu'en écho à ses propos tenus lors de son audition, l'intéressé a également 

fait valoir, à l'appui de son pourvoi et du mémoire complémentaire du 

7 octobre 2015, que les autorités italiennes étaient dépassées par l'afflux 

actuel de requérants d'asile et que l'absence de perspective d'accès, en 

Italie, à des conditions de vie décentes, rendait illicite l'exécution de son 

renvoi vers ce pays, 

qu'il en veut pour preuve l'arrêt de la Cour européenne des droits de 

l'homme (CourEDH) Tarakhel contre Suisse du 4 novembre 2014, requête 

n° 29217/12, § 115, dans lequel la Cour constatait les importantes 

difficultés auxquelles les autorités italiennes étaient confrontées, en 2013 

déjà, dans l'accueil et l'hébergement des requérants d'asile,  

que, dans l'intervalle, la situation s'est encore dégradée avec l'arrivée 

massive de nouveaux migrants dans la péninsule, un afflux qui a 

récemment poussé la Commission et le Parlement européen à décider la 

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répartition de 160'000 requérants, dont ceux se trouvant en Italie, dans les 

pays de l'Union européenne, une initiative qui, selon le recourant, constitue 

une reconnaissance claire de la gravité de la situation des requérants 

d'asile dans ce pays, 

qu'il a ajouté qu'eu égard à la situation des requérants d'asile en Italie, il 

n'aurait pas accès en cas de transfert aux services de base, tels que 

l'hébergement, les soins médicaux et l'alimentation quotidienne, et allait s'y 

trouver sans moyen de subvenir à ses besoins les plus élémentaires, à la 

rue, dans l'obligation de mendier et de se livrer à d'autres activités indignes 

pour survivre, 

qu'il allègue en outre avoir été victime de violences policières lors de son 

séjour en Italie, dans le but de le contraindre à donner ses empreintes 

digitales, 

que le SEM est tenu d'admettre la responsabilité de la Suisse pour 

examiner une demande de protection internationale lorsque le transfert 

envisagé vers l'Etat membre désigné responsable par les critères 

applicables viole des obligations de la Suisse relevant du droit international 

public (cf. arrêt du Tribunal E-641/2014 du 13 mars 2015 consid. 8.2 [prévu 

à la publication] ; ATAF 2012/4 consid. 2.4 ; 2011/9 consid. 4.1 ; 2010/45 

consid. 5, 7.2, 8.2, 10.2), 

que l'Italie est liée à la Charte UE, et est partie à la Convention du 

28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés (Conv. réfugiés, RS 0.142.30), 

à la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme 

et des libertés fondamentales (CEDH, RS 0.101), et à la Convention du 

10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, 

inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105),  

qu'elle est également liée par la directive no 2013/32/UE du Parlement 

européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures 

communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale [refonte] 

(JO L 180/60 du 29.6.2013, ci-après : directive Procédure ; voir les 

art. 51 ss pour la transposition et les dispositions transitoires relatives à la 

directive précédente) et par la directive no 2013/33/UE du Parlement 

européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour 

l'accueil des personnes demandant la protection internationale [refonte] 

(JO L 180/96 du 29.6.2013, ci-après: directive Accueil ; cf. les art. 31 s. 

pour la transposition et l'abrogation de la directive précédente"), ainsi que 

par la directive no 2011/95/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 

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décembre 2011 concernant les normes relatives aux conditions que 

doivent remplir les ressortissants des pays tiers ou les apatrides pour 

pouvoir bénéficier d'une protection internationale, à un statut uniforme pour 

les réfugiés ou les personnes pouvant bénéficier de la protection 

subsidiaire, et au contenu de cette protection [refonte] (JO L 337/9 du 

20.12.2011),  

qu'il est certes notoire que les autorités italiennes ont de sérieux problèmes 

relatifs à leur capacité d'accueil de nouveaux requérants d'asile, 

que, cependant, même si le dispositif d'accueil et d'assistance sociale 

souffre de carences, on ne saurait en tirer la conclusion qu'il existerait 

manifestement en Italie des carences structurelles essentielles en matière 

d'accueil, analogues à celles que la CourEDH a constatées pour la Grèce 

(cf. CourEDH, arrêt Tarakhel précité, par. 114), 

que, dans son arrêt en l'affaire A. S. c. Suisse du 30 juin 2015, 

(no 39350/13, par. 36) et sa décision en l'affaire A.M.E. c. Pays-Bas du 

13 janvier 2015 (no 51428/10), la CourEDH rappelle que, comme elle en 

avait jugé dans l'affaire Tarakhel précitée (par. 115), la structure et la 

situation générale quant aux dispositions prises pour l'accueil des 

demandeurs d'asile en Italie ne peuvent en soi passer pour des obstacles 

empêchant le renvoi de tout demandeur d'asile vers ce pays,  

que des mesures supplémentaires ont été et seront prises, au niveau de 

l'Union européenne, pour venir en aide à l'Italie et à la Grèce en première 

ligne face à la récente situation de crise en Méditerranée et au caractère 

exceptionnel des flux migratoires dans cette région, dans le cadre de la 

politique de migration et d'asile (voir à ce sujet décision 2015/1601, 

notamment préambule consid. 11, 12, 15, 16), 

qu'en l'absence d'une pratique avérée en Italie de violation systématique 

des normes minimales de l'Union européenne concernant la procédure 

d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile, cet Etat est 

présumé respecter ses obligations tirées du droit international public, en 

particulier le principe de non-refoulement énoncé expressément à 

l'art. 33 Conv. réfugiés, ainsi que l'interdiction des mauvais traitements 

ancrée à l'art. 3 CEDH et à l'art. 3 Conv. torture (cf. CourEDH, arrêt M.S.S. 

c. Belgique et Grèce, no 30696/09, 21 janvier 2011, par. 352 s.), 

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que cette présomption peut être renversée par des indices sérieux que, 

dans le cas concret, les autorités de cet Etat ne respecteraient pas le droit 

international (cf. ATAF 2010/45 consid. 7.4 et 7.5), 

que, dans le cas particulier, le recourant n'a aucunement renversé, par un 

faisceau d'indices sérieux, concrets, et convergents, la présomption selon 

laquelle il aura accès en Italie à une procédure d'examen de sa demande 

de protection internationale – pour autant qu'il en dépose une – conforme 

aux standards minimaux de l'Union européenne et contraignants en droit 

international public, 

qu'il n'existe en outre pas de raisons sérieuses de croire que l'Italie ne 

respecterait pas le principe du non-refoulement et faillirait à ses obligations 

internationales en le renvoyant dans un pays où sa vie, son intégrité 

corporelle ou sa liberté seraient sérieusement menacées, ou encore d'où 

il risquerait d'être astreint à se rendre dans un tel pays,  

que, selon ses déclarations, le recourant a quitté l'Italie de son plein gré, 

après y être demeuré une vingtaine de jours seulement, sans y avoir 

déposé de demande de protection, 

qu'il n'a ainsi pas donné la possibilité aux autorités italiennes d'enregistrer 

sa demande, ni de se prononcer sur ses motifs d'asile, 

qu'il lui appartiendra donc, à son retour en Italie, de se conformer aux 

instructions qui lui seront données et de s'annoncer auprès des autorités 

italiennes compétentes immédiatement à son arrivée, pour y faire 

enregistrer sa demande d'asile, 

qu'après y avoir sollicité la protection des autorités de ce pays, il pourra, le 

cas échéant, comme le SEM l'a souligné à bon escient, invoquer les 

directives Procédure et Accueil précitées, 

que s'agissant des conditions d'accueil et de vie en Italie, rien n'indique 

que l'intéressé ne sera pas en mesure de bénéficier des ressources 

disponibles dans ce pays pour les demandeurs d'asile ou que, en cas de 

difficultés sérieuses, les autorités italiennes ne réagiraient pas de manière 

appropriée, 

que le recourant n'a fourni aucun élément objectif, concret et sérieux 

démontrant l'existence d'un risque réel que les autorités italiennes 

refuseraient de le prendre en charge, en violation de la directive Accueil, 

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ou qu'il serait lui-même privé durablement de tout accès aux conditions 

matérielles minimales d'accueil prévues par cette directive, 

que ses allégations, selon lesquelles des policiers italiens l'auraient 

frappé, menotté et enfermé dans un bâtiment pour prendre de force ses 

empreintes digitales, se limitent à de simples affirmations, nullement 

étayées, étant souligné qu'il a, dans un premier temps, tenté de dissimuler 

le fait qu'il avait même donné ses empreintes, 

qu'en tout état de cause, comme l'a relevé à juste titre le SEM, l'Italie est 

un Etat de droit, avec des institutions qui fonctionnent, 

que si le recourant devait estimer que ce pays viole ses obligations 

d'assistance à son encontre ou de toute autre manière porte atteinte à ses 

droits fondamentaux, il lui appartiendrait donc de porter son cas devant les 

autorités judiciaires nationales compétentes, en usant des voies de droit 

adéquates, 

que l'intéressé, un homme jeune et sans charge familiale, n'appartient par 

ailleurs pas à la catégorie des personnes particulièrement vulnérables, telle 

que définie par la CourEDH dans son arrêt Tarakhel précité (par. 118-122), 

pour lesquelles l'Etat requérant doit, avant de prononcer un transfert vers 

Italie, obtenir des autorités italiennes des garanties individuelles d'une 

prise en charge conforme aux exigences de l'art. 3 CEDH (cf. ATAF 2015/4 

consid. 4.3), 

que, lors de son audition du 10 juillet 2015, il a en outre affirmé être en 

bonne santé (cf. point 8.02 p. 10 du procès-verbal d'audition),  

qu'au vu de ce qui précède, le transfert du recourant vers l'Italie ne heurte 

aucune obligation de la Suisse fondée sur le droit international et s'avère 

licite, 

que, s'agissant de l'application de l'art. 29a al. 3 OA 1, le SEM s'en tient à 

une pratique restrictive, confirmée par la jurisprudence du Tribunal 

(cf. ATAF 2011/9 consid. 8.1 et 8.2, ATAF 2010/45 consid. 8.2.2), 

qu'en l'espèce, l'autorité inférieure a établi de manière complète et exacte 

l'état de fait pertinent et n'a commis ni excès ni abus de son large pouvoir 

d'appréciation en refusant d'admettre l'existence de raisons humanitaires 

au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1, en combinaison avec l'art. 17 par. 1 du 

règlement Dublin III (cf. arrêt du Tribunal E-641/2014 précité, consid. 8), 

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qu'à cet égard, dans son recours, l'intéressé soutient encore que le SEM 

n'a pas explicité les raisons pour lesquelles il n'a pas admis l'existence de 

motifs humanitaires,  

que le SEM a – certes brièvement, mais néanmoins clairement – exposé 

les motifs concrets qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision de 

ne pas appliquer l'art. 29a al. 3 OA, en réfutant les objections du recourant 

à son retour en Italie, 

que, partant, le grief du recourant doit être écarté (cf. également arrêt du 

Tribunal E-4620/2014 du 1er juillet 2015 consid. 5.3 [prévu à la publication] 

et arrêt du Tribunal E-641/2014 précité, consid. 8 et 9),  

que l'Italie demeure ainsi l'Etat responsable de l'examen de la demande 

d'asile du recourant, et est tenue – en vertu de l'art. 13 par. 1 du règlement 

Dublin III – de le prendre en charge, dans les conditions prévues aux 

art. 21, 22 et 29 dudit règlement, 

que, dans ces conditions, c'est à bon droit que le SEM n'est pas entré en 

matière sur la demande d'asile du recourant, en application de l'art. 31a 

al. 1 let. b LAsi, 

que, cela étant, les questions relatives à l'existence d'un empêchement à 

l'exécution du renvoi (ou transfert) pour des raisons tirées de l'art. 83 al. 2 à 

4 LEtr (RS 142.20) ne se posent plus séparément, dès lors qu'elles sont 

indissociables du prononcé de la non-entrée en matière (cf. ATAF 2010/45 

précité consid. 10), 

qu'au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté, 

que, s'avérant manifestement infondé, il est rejeté dans une procédure à 

juge unique, avec l'approbation d'un second juge (cf. art. 111 let. e LAsi), 

qu'il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant 

motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), 

qu'avec le présent prononcé, les demandes d'octroi de l'effet suspensif au 

recours et de dispense de paiement de l'avance des frais de procédure 

sont sans objet, 

qu'au vu du caractère d'emblée voué à l'échec des conclusions du recours, 

les demandes d'assistance judiciaire partielle et de nomination d'un 

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mandataire d'office doivent être rejetées (cf.  art. 110a al. 2 LAsi et 65 al. 1 

et 2 PA), 

que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et art. 2 et 3 let. a 

du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), 

 

(dispositif : page suivante) 

 

  

E-6347/2015 

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les requêtes d'assistance judiciaire partielle et de nomination d'un 

mandataire d'office sont rejetées.  

3.  

Les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale 

compétente. 

 

Le juge unique : Le greffier : 

  

William Waeber Thierry Leibzig