# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7508f703-1a71-5aa5-b17c-36cb28204fad
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-09-04
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 04.09.2014 FI.2013.0077
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_FI-2013-0077_2014-09-04.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 4
  septembre 2014 

  
	
  Composition

  	
  M. Eric Kaltenrieder, président;  M. Roger Saul et M. Cédric Stucker , assesseurs ;
  M. Patrick Gigante, greffier. 

  

 

	
  Recourants

  	
  1.

  	
  X.________ SA, à 1********,  

  

 

	
   

  	
  2.

  	
  A. Y.________, à 2********,   

  

 

	
   

  	
  3.

  	
  B. Y.________, à 2********, 

  représentés par Me
  Olivier Righetti, avocat à Lausanne.  

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Administration
  cantonale des impôts, à Lausanne. 

  

   

	
  Autorité concernée

  	
   

  	
  Administration
  fédérale des contributions, Division
  principale DAT, à
  Berne. 

  

   

 

	
  Objet

  	
  Impôt cantonal et communal
  (soustraction), Impôt fédéral direct (soustraction)      

  
	
   

  	
  Recours X.________ SA c/ décision sur
  réclamation de l'Administration cantonale des impôts du 14 août 2013 (impôt
  fédéral direct, impôt cantonal et communal) et Recours A. et B. Y.________ c/
  décision sur réclamation de l'Administration cantonale des impôts du 14 août
  2013 (impôt fédéral direct, impôt cantonal et communal) - dossier joint
  FI.2013.0078

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
X.________ SA est inscrite au Registre du
commerce du canton de Vaud depuis le 3 mars 1955; elle a son siège à l’avenue 3********,
à 1******** et a pour but: "opérations immobilières et de courtage;
gérance de biens et de fortunes; création, exploitation et gérance de cafés,
restaurants, hôtels, bars à café et autres établissements similaires; conseils
dans le domaine de la technique, de l'engineering ou du management". Son
conseil d’administration est formé de A. Y.________, président, et B. Y.________,
secrétaire. Actionnaire unique de X.________ SA, A. Y.________ a en outre été
inscrit au registre du commerce, du 30 août 1988 au 26 mai 2009, pour une
entreprise individuelle à l’adresse avenue 3********, à 1********, avec pour
but: "opérations immobilières et financières". Cette entreprise
individuelle a été radiée par suite de cessation d’activité.

B.                              
Le 31 octobre 2002, X.________ SA a déposé sa
déclaration d’impôt pour l’année 2001; elle a annoncé un bénéfice imposable nul
après report de pertes et un capital imposable de 50'000 francs. Le 27 novembre
2007, l’Office d’impôt des personnes morales (ci-après: l’office d’impôt ou
l’autorité de taxation) a arrêté le bénéfice imposable de X.________ SA à zéro
franc et son capital imposable, à 50'000 francs. Le 31 octobre 2003, X.________
SA a déposé sa déclaration d’impôt pour l’année 2002; elle a annoncé un
bénéfice imposable nul après report de pertes et un capital imposable de 50'000
francs. Le 27 novembre 2007, l’office d’impôt a arrêté le bénéfice imposable de
X.________ SA à zéro franc et son capital imposable, à 50'000 francs. Le 28
octobre 2005 et le 31 octobre 2006, X.________ SA a déposé ses déclarations
pour les années 2004 et 2005; elle a annoncé pour chacune de ces deux années un
bénéfice imposable nul après report de pertes et un capital imposable de 50'000
francs. Le 22 septembre 2008, X.________ SA a déposé sa déclaration pour
l’année 2006; elle a annoncé un bénéfice imposable nul après report de pertes
et un capital imposable de 63'900 francs.

Le 18 avril 2008, l’Administration
cantonale des impôts (ci-après: ACI) a notifié à X.________ SA un avis de
contrôle fiscal portant sur ses déclarations d’impôt des périodes 2001 à 2006.
Les 17, 18 et 19 juin 2008, les comptes ont été contrôlés dans les bureaux de
la société. Le 22 juillet 2008, l’ACI a notifié à X.________ SA un avis
d’ouverture d’une procédure pour soustraction d’impôt portant sur les périodes
2001 à 2006. Le 28 mai 2009, l’ACI a notifié à X.________ SA un avis de
prochaine clôture de l’enquête, aux termes duquel elle se proposait d’adresser
à la contribuable, pour les années 2001 à 2006, des compléments d’impôt
cantonal et communal (ICC) pour un montant total de 110'776 fr.80 et des
compléments d’impôt fédéral direct (IFD) pour un montant total de 41'947 fr.50.
Les représentants de X.________ SA ont été entendus par les collaborateurs de
l’ACI chargés de l’enquête, dans les bureaux de celle-ci. Ils se sont en outre
déterminés par écrit sur les reprises auxquelles l’ACI envisageait de procéder.

Le 2 février 2011, l’ACI a notifié
à X.________ SA une décision de rappel d’impôt (2001), taxation définitive
(2002 à 2006) et prononcé d’amendes (2001 à 2006). Des reprises pour un montant
total de 562'266 fr. ont été opérées sur le bénéfice déclaré, générant des
compléments d’ICC de 110'843 fr.50 et d’IFD, de 41'973 francs. Ont en outre été
prononcées à l’encontre de X.________ SA des amendes pour un montant total de
38'000 fr. pour l’ICC, 14'200 fr. pour l’IFD.

X.________ SA a formé une
réclamation à l’encontre de cette décision. Ses représentants ont été entendus
le 7 novembre 2011 par les collaborateurs de l’ACI; ceux-ci ont formulé une
proposition de règlement que X.________ SA a refusée. Le 14 août 2013, l’ACI a
partiellement admis la réclamation en ce sens que les reprises suivantes ont
été opérées dans les comptes de la société:

	
   

  	
  Libellé

  	
  Années de calcul et de taxation

  
	
   

  	
   

  	
  2001

  	
  2002

  	
  2003

  	
  2004

  	
  2005

  	
  2006

  	
  Totaux

  
	
   

  	
  Reprises sur le bénéfice

  
	
  1.

  	
  Eléments soustraits à reprendre

  
	
   

  	
  Prestations appréciables en argent en
  faveur de A. Y.________ et ses proches

  
	
  1.01

  	
  Chiffre d’affaires de la raison individuelle
  réintégré dans X.________ SA

  	
   

  10’500

  	
   

  10’500

  	
   

  10’500

  	
   

  3’500

  	
   

  3’500

  	
   

  3’500

  	
   

  42’000

  
	
  1.02

  	
  Honoraires en nature (VW Touareg)

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  
	
  1.03

  	
  Charges sociales (compte 5700)

  	
  398

  	
  398

  	
  432

  	
  432

  	
  432

  	
  432

  	
  2’524

  
	
  1.04

  	
  Frais de véhicule (compte 6'200)

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  
	
  1.05

  	
  Assurances (compte 6300)

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  1’206

  
	
  1.06

  	
  Frais de bureau (compte 6500)

  	
  0

  	
  1’188

  	
  3’620

  	
  3’300

  	
  2’863

  	
  4’765

  	
  15’736

  
	
  1.07

  	
  Avocats, notaires, fiduciaire, OP (compte 6530)

  	
  0

  	
  6’196

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  6’196

  
	
  1.08

  	
  Frais de représentation

  	
  12’240

  	
  14’716

  	
  15’948

  	
  14’863

  	
  4’764

  	
  6’299

  	
  68’830

  
	
   

  	
  Autres

  
	
  1.11

  	
  Amendes impôts (compte 8900)

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  300

  	
  300

  
	
   

  	
  Total des éléments soustraits

  	
  23’339

  	
  33’199

  	
  30’701

  	
  22’296

  	
  11’760

  	
  15’497

  	
  136’792

  
	
  2.

  	
  Eléments non soustraits à reprendre

  
	
   

  	
  Provisions à caractère de réserve

  
	
  2.01

  	
  Provision informatique, charges futures (compte 2760)

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  30’000

  	
  30’000

  	
  60’000

  
	
  2.02

  	
  Provision matériel de bureau, charges futures (compte
  2765)

  	
  0 

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  20’000

  	
  20’000

  	
  40’000

  
	
   

  	
  Prestations appréciables en argent en
  faveur de A. Y.________ et ses proches

  
	
  2.03

  	
  Débiteur actionnaire (compte 1460), intérêts
  comptabilisés sur prêt simulé

  	
  0

  	
  -1’259

  	
  -2’169

  	
  -3’541

  	
  -5’042

  	
  -7’724

  	
  -19’735

  
	
   

  	
  Autres

  
	
  2.04

  	
  Amortissement sur terrain de 4******** non justifié

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  
	
   

  	
  Total des éléments non soustraits

  	
  0

  	
  -1’259

  	
  -2’169

  	
  -3’541

  	
  44’958

  	
  42’276

  	
  80’265

  
	
   

  	
  Total des reprises sur le bénéfice

  	
  23’339

  	
  31’940

  	
  28’532

  	
  18’755

  	
  56’718

  	
  57’773

  	
  217’057

  
	
   

  
	
   

  	
  Reprises sur le capital

  
	
  2.

  	
  Elements non soustraits à reprendre

  
	
   

  	
  Provisions à caractère de réserve

  
	
  2.01

  	
  Provision informatique, charges futures (compte 2760)

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  30’000

  	
  60’000

  	
  90’000

  
	
  2.02

  	
  Provision matériel de bureau, charges futures (compte
  2765)

  	
  0 

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  20’000

  	
  40’000

  	
  60’000

  
	
   

  	
  Autres

  
	
  2.03

  	
  Débiteur actionnaire (compte 1460), intérêts
  comptabilisés sur prêt simulé

  	
  0

  	
  -49’690

  	
  -105’273

  	
  -164’980

  	
  -238’251

  	
  -281’170

  	
  -839’364

  
	
  2.04

  	
  Amortissement sur terrain de 4******** non justifié

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  
	
   

  	
  Total des éléments non soustraits

  	
  0

  	
  -49’690

  	
  -105’273

  	
  -164’980

  	
  -188’251

  	
  -181’170

  	
  -689’364

  
	
   

  	
  Total des reprises sur le capital

  	
  0

  	
  -49’690

  	
  -105’273

  	
  -164’980

  	
  -188’251

  	
  -181’170

  	
  -689’364

  

 

L’ACI a
procédé aux rappels d’impôt (année 2001) et aux taxations définitives (2002 à
2006) suivants :

	
  Période de taxation

  	
  Bénéfice imposé/déclaré

  ICC

  	
  Bénéfice imposable ICC

  	
  Capital imposé/déclaré

  ICC

  	
  Capital imposable ICC

  	
  Bénéfice imposé/déclaré

  IFD

  	
  Bénéfice iimposable IFD

  
	
  2001

  	
  0

  	
  0

  	
  50’000

  	
  50’000

  	
  0

  	
  0

  
	
  2002

  	
  0

  	
  0

  	
  50’000

  	
  50’000

  	
  0

  	
  0

  
	
  2003

  	
  41’800

  	
  57’200

  	
  50’000

  	
  50’000

  	
  41’800

  	
  57’200

  
	
  2004

  	
  12’700

  	
  31’400

  	
  50’000

  	
  50’000

  	
  12’700

  	
  31’400

  
	
  2005

  	
  21’900

  	
  78’600

  	
  74’000

  	
  50’000

  	
  21’900

  	
  78’600

  
	
  2006

  	
  14’500

  	
  72’200

  	
  88’000

  	
  50’000

  	
  14’500

  	
  72’200

  

Sur cette
base, des compléments d’impôt ont été notifiés à X.________ SA dans la
mesure suivante:

	
  Période de taxation

  	
  Bénéfice

  Canton

  	
  Bénéfice

  Communes

  	
  Bénéfice total ICC

  	
  Capital Canton

  	
  Capital Communes

  	
  Capital total ICC

  	
  Bénéfice IFD

  
	
  2001

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  
	
  2002

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  -0,30

  	
  -0,30

  	
  0

  
	
  2003

  	
  1'887,30

  	
  1'933,25

  	
  3'820,55

  	
  0

  	
  5.70

  	
  5.70

  	
  1'309,00

  
	
  2004

  	
  2'691,40

  	
  1'607,20

  	
  4'298,60

  	
  0

  	
  6,30

  	
  6,30

  	
  1'589,50

  
	
  2005

  	
  8'160,55

  	
  4'699,65

  	
  12'860,20

  	
  -43,60

  	
  -24,40

  	
  -58,00

  	
  4'819,50

  
	
  2006

  	
  8'304,45

  	
  4'701,15

  	
  13'005,60

  	
  -69,05

  	
  -26,50

  	
  -98,55

  	
  4'904,50

  
	
  Totaux

  	
  21'043,70

  	
  12'941,25

  	
  33'984,95

  	
  -112,65

  	
  -29,20

  	
  -141,85

  	
  12'622,50

  

En outre,
les amendes suivantes ont été prononcées à l’encontre de X.________ SA, pour tentative
de soustraction à l’impôt cantonal et communal, respectivement à l’impôt
fédéral direct:

	
  Période de taxation

  	
  Canton 

  	
  Communes

  	
  Total ICC

  	
  IFD

  
	
  2003

  	
  800

  	
  900

  	
  1’700

  	
  600

  
	
  2004

  	
  1’200

  	
  700

  	
  1’900

  	
  700

  
	
  2005

  	
  700

  	
  400

  	
  1’100

  	
  400

  
	
  2006

  	
  1’000

  	
  500

  	
  1’500

  	
  600

  
	
  Totaux

  	
  3’700

  	
  2’500

  	
  6’200

  	
  2’300

  

La
décision du 2 février 2011 a été confirmée pour le surplus.

C.                              
Le 20 janvier 2002, A. et B. Y.________ ont
déposé leur déclaration 2001-2002 (années de calcul 1999-2000); ils ont annoncé
un revenu imposable nul et une fortune imposable de 130'000 francs. Le 17
décembre 2004, l’Office d’impôt du district de 2******** a fixé leur revenu
imposable à 10'900 fr. et leur fortune imposable à 229'000 francs. Une
réclamation a été formée contre cette décision de taxation. Le 18 septembre
2003, les époux Y.________ ont déposé leur déclaration 2001-2002bis
(années de calcul 2001-2002); ils ont annoncé un revenu imposable nul. Entre-temps,
leurs déclarations ont été soumises à l’Inspectorat fiscal, lequel a requis
divers renseignements auprès des contribuables. Le 28 novembre 2007, l’ACI a
fixé les revenus extraordinaires des époux Y.________ durant la période 2002 à
89'600 francs. Cette décision de taxation a été frappée d’une réclamation. Le
28 décembre 2004, le 15 novembre 2005 et le 12 janvier 2007, les époux Y.________
ont déposé leurs déclarations pour les années 2003, 2004, respectivement 2005, en
annonçant un revenu et une fortune imposable nuls. Le 30 octobre 2007, ils ont
déposé leur déclaration pour l’année 2006 en annonçant un revenu imposable de
1'200 fr. et une fortune imposable de 26'400 francs. 

Le 22 juillet 2008, l’ACI a notifié
aux époux Y.________, suite au contrôle effectué auprès de X.________ SA, un
avis d’ouverture d’une procédure pour soustraction d’impôt portant sur les
périodes 1997-1998 et suivantes. Le 28 mai 2009, l’ACI a notifié aux époux Y.________
un avis de prochaine clôture de l’enquête, aux termes duquel elle se proposait
d’adresser aux contribuables, pour les périodes de taxation 1997-1998 à 2006,
des compléments d’impôt cantonal et communal (ICC) pour un montant total de
159'201 fr.15 et des compléments d’impôt fédéral direct (IFD) pour un montant
total de 43'262 francs. Les époux Y.________ ont été entendus par les
collaborateurs de l’ACI chargés de l’enquête, dans les bureaux de celle-ci. Ils
se sont en outre déterminés par écrit sur les reprises auxquelles l’ACI
envisageait de procéder. 

Le 2 février 2011, l’ACI a notifié
aux époux Y.________ une décision de taxation définitive des périodes 1999-2000
à 2006 et prononcé d’amendes. Des reprises pour un montant total de 997’131 fr.
ont été opérées sur le bénéfice déclaré, générant des compléments d’ICC de
152'396 fr.85 et d’IFD, de 43’300 francs. Ont en outre été prononcées à
l’encontre de chacun des époux Y.________ des amendes pour un montant total de
15’500 fr. pour l’ICC, 4’600 fr. pour l’IFD.

Les époux Y.________ ont formé une
réclamation à l’encontre de cette décision. Ils ont été entendus le 7 novembre
2011 par les collaborateurs de l’ACI; ceux-ci ont formulé une proposition de
règlement que les contribuables ont refusée. Le 14 août 2013, l’ACI a partiellement
admis la réclamation en ce sens que les reprises suivantes ont été opérées dans
les déclarations des époux Y.________:

 

	
   

  	
  Libellé

  	
  Années de calcul

  
	
   

  	
   

  	
  1999

  	
  2000

  	
  2001

  	
  2002

  	
  2003

  	
  2004

  	
  2005

  	
  2006

  	
  Totaux

  
	
   

  	
  Reprises sur le revenu

  
	
  1.

  	
  Eléments soustraits à reprendre

  
	
  1.01

  	
  Prestations appréciables en argent en
  faveur de X.________ SA

  
	
   

  	
  Honoraires en nature (VW Touareg)

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  0

  	
   

  	
  0

  
	
   

  	
  Charges sociales 

  	
   

  	
   

  	
  398

  	
  398

  	
  432

  	
  432

  	
  432

  	
  432

  	
  2’524

  
	
   

  	
  Frais de véhicule 

  	
   

  	
   

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  
	
   

  	
  Assurances

  	
   

  	
   

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  1’206

  
	
   

  	
  Frais de bureau

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  1’188

  	
  3’620

  	
  3’300

  	
  2’863

  	
  4’765

  	
  15’736

  
	
   

  	
  Avocats, notaires, fiduciaire, OP (compte 6530)

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  6’196

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  6’196

  
	
   

  	
  Frais de représentation

  	
  0

  	
   

  	
  12’240

  	
  14’716

  	
  15’948

  	
  14’863

  	
  4’764

  	
  6’299

  	
  68’830

  
	
  1.02

  	
  Honoraires d’administration non déclarés

  
	
   

  	
  Z.________ SA

  	
  0

  	
  0

  	
  12’500

  	
  0

  	
  2’500

  	
  2’500

  	
  2’500

  	
  2’500

  	
  22’500

  
	
   

  	
  Total des éléments soustraits

  	
  0

  	
  0

  	
  25’339

  	
  22’699

  	
  22’701

  	
  21’296

  	
  10’760

  	
  14’197

  	
  116’992

  
	
  2.

  	
  Eléments non soustraits à reprendre

  
	
  2.01

  	
  Prestations appréciables en argent en
  faveur de X.________ SA

  
	
   

  	
  Débiteur actionnaire (prêt simulé)

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  49’690

  	
  55’583

  	
  59’707

  	
  73’721

  	
  42’919

  	
  281’170

  
	
   

  	
  Chiffre d’affaires de la raison individuelle réintégré
  dans X.________

  	
  8’167

  	
  10’500

  	
  10’500

  	
  10’500

  	
  10’500

  	
  3’500

  	
  3’500

  	
  3’500

  	
  60’667

  
	
   

  	
  Autres

  
	
  2.02

  	
  Train de vie insuffisant selon évolution de fortune

  	
  20’000

  	
  20’000

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  40’000

  
	
  2.03

  	
  Revenu provenant d’une activité lucrative
  indépendante non admis

  	
  4’154

  	
  2’228

  	
   

  	
   

  	
  1’853

  	
  8’887

  	
  6’387

  	
  6’387

  	
  29’896

  
	
  2.04

  	
  Gains accessoires annoncés

  	
  -448

  	
  -1’101

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  -10’710

  	
  -12’259

  
	
   

  	
  Gains accessoires imposés

  	
  373

  	
  983

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  1’710

  	
  3’066

  
	
  2.05

  	
  Frais pour activité salariée accessoire annoncée

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  2’142

  	
  2’142

  
	
   

  	
  Frais pour activité salariée accessoire déclarés

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  -700

  	
  -700

  
	
  2.06

  	
  Revenu des titres annoncé

  	
  -411

  	
  -135

  	
   

  	
   

  	
  -122

  	
  -19’753

  	
  -280

  	
  -167

  	
  -20’868

  
	
   

  	
  Revenu des titres imposé

  	
  472

  	
  186

  	
   

  	
   

  	
  172

  	
  19’806

  	
  110

  	
  151

  	
  20’897

  
	
  2.07

  	
  Revenu brut de la fortune immobilière annoncé

  	
  -60’341

  	
  -60’901

  	
   

  	
   

  	
  -38’526

  	
  -14’002

  	
  -63’436

  	
  -62’151

  	
  -299’357

  
	
   

  	
  Revenu brut de la fortune immobilière imposé

  	
  61’239

  	
  61’799

  	
   

  	
   

  	
  70’562

  	
  67’886

  	
  69’237

  	
  67’950

  	
  398’673

  
	
  2.08

  	
  Frais d’entretien d’immeubles annoncés

  	
  28’973

  	
  21’150

  	
   

  	
   

  	
  8’988

  	
  4’734

  	
  21’648

  	
  22’139

  	
  107’632

  
	
   

  	
  Frais d’entretien d’immeubles admis

  	
  -27’953

  	
  -20’130

  	
   

  	
   

  	
  -21’433

  	
  -20’905

  	
  -20’608

  	
  -21’099

  	
  -132’128

  
	
  2.09

  	
  Déduction des intérêts de capitaux d’épargne annoncée

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  122

  	
  2’800

  	
   

  	
   

  	
  2’922

  
	
   

  	
  Déduction des intérêts de capitaux d’épargne admise

  	
  -61

  	
  -123

  	
   

  	
   

  	
  -172

  	
  -3’000

  	
   

  	
   

  	
  -3’356

  
	
   

  	
  Total des éléments non soustraits

  	
  34’164

  	
  34’456

  	
  10’500

  	
  60’190

  	
  87’527

  	
  109’660

  	
  89’829

  	
  52’071

  	
  478’397

  
	
   

  	
  Total reprises sur revenu

  	
  34’164

  	
  34’456

  	
  35’839

  	
  82’889

  	
  110’228

  	
  130’956

  	
  100’589

  	
  66’268

  	
  595’389

  
	
   

  
	
   

  	
   

  	
  01.01.2001

  	
  31.12.2003

  	
  31.12.2004

  	
  31.12.2005

  	
  31.12.2006

  	
  Totaux

  
	
   

  	
  Reprises sur la fortune

  
	
  2.

  	
  Elements non soustraits à reprendre

  
	
  2.01

  	
  Etat des titres annoncé

  	
  -47’881

  	
  -21’736

  	
  -36’633

  	
  -39’621

  	
  -78’340

  	
  -224’301

  
	
   

  	
  Etat des titres imposé

  	
  47’250

  	
  22’923

  	
  38’153

  	
  39’690

  	
  78’779

  	
  227’065

  
	
  2.02

  	
  Déduction pour actions vaudoises annoncée

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  0

  
	
   

  	
  Déduction pour actions vaudoises admises

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  0

  
	
  2.03

  	
  Immeubles privés annoncés

  	
  -1'009’273

  	
  -926’273

  	
  -926’273

  	
  -926’273

  	
  -1'106’273

  	
  -4'894’365

  
	
   

  	
  Immeubles privés imposés

  	
  1'148’546

  	
  1'306’921

  	
  1'306’921

  	
  1'306’921

  	
  1'228’808

  	
  6'298’117

  
	
  2.04

  	
  Dette X.________ SA annoncée (débiteur actionnaire)

  	
   

  	
  403’653

  	
  463’360

  	
  536’632

  	
  579’550

  	
  1'983’195

  
	
   

  	
  Dette X.________ SA admise (débiteur actionnaire)

  	
   

  	
  -298’380

  	
  -298’380

  	
  -298’380

  	
  -298’380

  	
  -1'193’520

  
	
  2.05

  	
  C.________, compte n°5********

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  -1’737

  	
  -1’737

  
	
   

  	
  Total des éléments non soustraits

  	
  138’912

  	
  487’108

  	
  547’148

  	
  618’969

  	
  402’317

  	
  2’194’454

  
	
   

  	
  Total reprises sur fortune

  	
  138’912

  	
  487’108

  	
  547’148

  	
  618’969

  	
  402’317

  	
  2’194’454

  
																

 

L’ACI a
procédé aux taxations définitives (2002 à 2006) suivantes :

	
  Années

  	
  Revenu déclaré

  ICC

  	
  Revenu imposé ICC

  	
  Fortune déclaréeICC

  	
  Fortune imposée ICC

  	
  Revenu déclaré

  IFD

  	
  Revenu imposé IFD

  
	
  2001

  	
  0

  	
  16’600

  	
  130’000

  	
  229’000

  	
  0

  	
  37’600

  
	
  2002

  	
  0

  	
  16’600

  	
  130’000

  	
  229’000

  	
  0

  	
  37’600

  
	
  2003

  	
  0

  	
  100’500

  	
  0

  	
  298’000

  	
  0

  	
  103’200

  
	
  2004

  	
  0

  	
  110’000

  	
  0

  	
  312’000

  	
  0

  	
  115’600

  
	
  2005

  	
  0

  	
  98’900

  	
  0

  	
  333’000

  	
  0

  	
  102’100

  
	
  2006

  	
  1’200

  	
  88’300

  	
  0

  	
  244’000

  	
  26’400

  	
  92’600

  

Sur cette
base, des compléments d’impôt ont été notifiés aux époux Y.________ dans
la mesure suivante:

	
  Années

  	
  Revenu

  Canton

  	
  Revenu

  Communes

  	
  Revenu

   total ICC

  	
  Fortune Canton

  	
  Fortune Communes

  	
  Fortune totale ICC

  	
  Revenu

   IFD

  
	
  2001

  	
  718,25

  	
  571,50

  	
  1'289,75

  	
  325,80

  	
  254,65

  	
  580,45

  	
  150,00

  
	
  2002

  	
  718.25

  	
  571,50

  	
  1'289,75

  	
  325,80

  	
  254,65

  	
  580,45

  	
  150,00

  
	
  2003

  	
  9'589,05

  	
  7'884,00

  	
  17'473,05

  	
  766,65

  	
  622,60

  	
  1'389,25

  	
  2'639,00

  
	
  2004

  	
  12'668,65

  	
  6'153,15

  	
  18'821,80

  	
  964,25

  	
  467,50

  	
  1'431,75

  	
  3'570,00

  
	
  2005

  	
  10'993,15

  	
  5'340,05

  	
  16'333,20

  	
  1'059,90

  	
  513,90

  	
  1'573,80

  	
  2'562,00

  
	
  2006

  	
  9'417,85

  	
  4'604,20

  	
  14'022,05

  	
  632,55

  	
  306,80

  	
  939,35

  	
  1'775,00

  
	
  Totaux

  	
  44'105,20

  	
  25'124,40

  	
  69'229,60

  	
  4'074,95

  	
  2'420,10

  	
  6'495,05

  	
  10'846.00

  

En outre,
les amendes suivantes ont été prononcées à l’encontre de chacun des époux Y.________,
pour tentative de soustraction à l’impôt cantonal et communal, respectivement à
l’impôt fédéral direct:

	
  Période de taxation

  	
  Canton 

  	
  Communes

  	
  Total ICC

  	
  IFD

  
	
  2001-2002bis

  	
  400

  	
  350

  	
  750

  	
  100

  
	
  2003

  	
  450

  	
  350

  	
  800

  	
  100

  
	
  2004

  	
  450

  	
  225

  	
  675

  	
  150

  
	
  2005

  	
  250

  	
  100

  	
  350

  	
  50

  
	
  2006

  	
  450

  	
  200

  	
  650

  	
  100

  
	
  Totaux

  	
  2’000

  	
  1’225

  	
  3’225

  	
  550

  

La
décision du 2 février 2011 a été confirmée pour le surplus.

D.                              
X.________ SA, d’une part (cause n°
FI.2013.0077), les époux Y.________, d’autre part (cause n° FI.2013.0078), ont
recouru contre les décisions sur réclamation rendues par l’ACI, dont ils
demandent l’annulation.

L’ACI propose le rejet du recours
de X.________ SA et la confirmation de la décision attaquée. Elle propose
l’admission très partielle du recours des époux Y.________, en ce sens que les
amendes pour soustraction à l’IFD et à l’ICC soient prononcées à l’encontre de A.
Y.________ uniquement; elle conclut à la confirmation de la décision attaquée
pour le surplus.

Le juge instructeur a ordonné un
second échange d’écritures à l’issue duquel chaque partie a confirmé ses
conclusions.

Les parties ont été informées que
les causes avaient été reprises par un nouveau juge instructeur, au vu du
départ à la retraite du précédent magistrat.

Interpellés, tant X.________ SA que
les époux Y.________ ont opté pour une procédure unifiée en matière de taxation
et de prononcé d’amendes.

Les deux causes ont été jointes
sous n° FI.2013.0077. X.________ SA a expressément renoncé à se prévaloir du
secret fiscal à l’égard des époux Y.________ et réciproquement.

E.                              
Le Tribunal a tenu audience au Palais de justice
de l’Hermitage le 24 juin 2014. Il a recueilli les explications des parties,
soit A. Y.________, assisté de l’avocat Olivier Righetti, pour la partie
recourante, D.________, inspectrice, et E.________, juriste fiscaliste, pour
l’autorité intimée. 

Le Tribunal a en outre recueilli la
déposition du témoin F.________.

Postérieurement à l’audience, l’ACI s’est déterminée
par écrit sur le calcul des reprises portant sur la valeur des biens
immobiliers détenus par A. Y.________. Elle a maintenu ses conclusions.

X.________ SA et les époux Y.________
se sont déterminés à leur tour; ils ont déclaré maintenir leurs conclusions.

F.                               
La Cour a statué à huis clos, par voie de
circulation.

Considérant en droit

1.                               
A teneur de l’art. 140 al. 1 de la loi fédérale
du 14 décembre 1990 sur l'impôt fédéral direct (LIFD; RS 642.11), le
contribuable peut s'opposer à la décision sur réclamation de l'autorité de
taxation en s'adressant, dans les 30 jours à compter de la notification de la
décision attaquée, à une commission de recours indépendante des autorités
fiscales. Aux termes de l’art. 199 de la loi vaudoise du 4 juillet 2000 sur les
impôts directs cantonaux (LI; RSV 642.11), le recours au Tribunal cantonal
s'exerce conformément à la loi sur la procédure administrative. Le recours
ayant été interjeté dans la forme prescrite (art. 140 al. 2 LIFD et 79 de la
loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; RSV 173.36]) et le délai de trente jours (art. 140 al. 1 LIFD et 77 LPA-VD), il
y a lieu d’entrer en matière.

2.                               
Le litige a trait en l’espèce aux reprises
opérées par l’autorité intimée aussi bien dans les comptes de X.________ SA,
afin de déterminer le bénéfice imposable de cette dernière durant les périodes
de taxation 2001 à 2006, que dans les déclarations des époux Y.________, afin
de déterminer leur revenu et leur fortune imposables durant les périodes de
taxation 2001-2002 à 2006. Il a trait aussi bien à l’impôt cantonal et communal
sur le revenu et la fortune qu’à l’impôt fédéral direct. S’agissant de l’impôt
cantonal et communal, la LI a abrogé la loi homonyme, du 26 novembre 1956
(aLI), dès son entrée en vigueur le 1er janvier 2001 (art. 278 et
279 LI). Elle est donc applicable aux périodes ici en cause. S’agissant de
l’impôt fédéral direct, la LIFD a abrogé l’arrêté du Conseil fédéral concernant
la perception d’un impôt fédéral direct, du 9 décembre 1940 – AIFD (art. 201
LIFD), dès son entrée en vigueur le 1er janvier 1995. Elle est donc
également applicable. A l’image de l’autorité intimée et comme la jurisprudence
lui permet de le faire, le Tribunal tranchera les recours aussi bien pour ce
qui concerne l’impôt cantonal et communal, d’une part, et l’impôt fédéral
direct, d’autre part (ATF 2C_60/2013 et 2C_61/2013 du 14 août 2013 consid. 1; ATF 135 II 260 consid. 1.3.1 p. 262 s.; 131 II 553 consid. 4.2 p.
559; 130 II 509 consid. 8.3 p. 511). 

3.                               
En tant qu’il protège le droit de l’accusé de ne
pas s’incriminer lui-même (selon l’adage « nemo tenetur se ipsum
accusare vel procedere »), l’art. 6 CEDH s’applique à la procédure
fiscale de caractère pénal; en revanche, le contentieux qui se rapporte à la
taxation fiscale n’entre pas dans le champ d’application de cette
disposition ; partant la maxime précitée ne vaut pas dans ce domaine
(arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme Ferrazzini c/Italie du 12
juillet 2001, Recueil 2001-VII p. 327,  et J.B. c/Suisse du 3 mai 2001,
Recueil 2001-III p. 455ss, RDAF 2001 II p. 1ss ; ATF 121 II 257 consid. 4b
p. 264 ; cf. en dernier lieu ATF 2P.34 et 2A.67/2004 du 17 février 2005,
consid. 4.2). Afin d’éviter que les renseignements obtenus du contribuable dans
la procédure de taxation, à laquelle il a le devoir de collaborer, puissent
être utilisés pour les besoins de la procédure pénale dans laquelle l’accusé a
le droit de se taire, le Tribunal statue en deux étapes: il rend un arrêt
partiel sur la taxation, avant de statuer dans une procédure séparée, sur les
amendes (cf. arrêt FI.2005.0003 du 21 juin 2005). Avec l’accord des
contribuables toutefois, il peut adopter une procédure unifiée et rendre un arrêt
unique statuant aussi bien sur la taxation que sur les amendes (v. arrêt
FI.2003.0022 et 2006.0001 du 14 juin 2007). Avertis de cette possibilité, les
recourants ont expressément consentis à ce que la procédure soit conduite de
manière unifiée, raison pour laquelle le Tribunal rendra un seul arrêt sur les
taxations définitives, d’une part, et les prononcés d’amende, d’autre part.  

4.                               
a) Le contribuable, personne physique ou morale,
a l'obligation de déposer une déclaration complète et exacte au début de chaque
période fiscale ou au début de l'assujettissement (art. 124 al. 2 LIFD et 173
al. 1 LI). Cette obligation présente à la fois un côté formel et un côté
matériel. D'un point de vue formel, la déclaration, faite sur un formulaire
officiel, doit être complète et signée par le contribuable et déposée dans le
délai imparti par la loi; en outre, elle doit être accompagnée des annexes.
D'un point de vue matériel, le contribuable est tenu d'indiquer tous les
éléments constitutifs de l'obligation fiscale (v. Denis Berdoz/Marc Bugnon, in:
Les procédures en droit fiscal, OREF [éd.], 2ème
éd., Berne/Stuttgart/Vienne 2005, pp. 628-629). Selon la jurisprudence
constante, la procédure de taxation est régie par la maxime inquisitoriale (ATF
92 I 253 consid. 2 p. 255), laquelle est également applicable dans le cadre de
la procédure de recours (art. 142 al. 4 LIFD; 172 al. 1 LI). L’invocation de
l'art. 6 CEDH, disposition dont la jurisprudence a, notamment, tiré le droit de
tout prévenu de se taire durant son procès, est dénué de pertinence, car cette
disposition ne s'applique qu'aux procédures de droit pénal fiscal et non aux
procédures purement fiscales, telles la procédure de taxation et le rappel
d’impôt (ATF 132 I 140 consid. 2.1 pp.145/146; 121 II 257 consid. 4b p. 264, et
les références citées). De façon générale, le contribuable a une obligation de
collaboration; il doit renseigner l'autorité fiscale sur tous les faits
pertinents; il doit faire tout ce qui est nécessaire pour assurer une taxation
complète et exacte. Conformément aux articles 126 al. 2 LIFD et 176 LI, il doit
en particulier produire, à la demande de l'autorité de taxation, les livres
comptables, les documents et pièces justificatives en sa possession (ATF 133 II
114 consid. 3.2 et 3.3 p. 116/117; arrêt FI.2004.0038 du 18 avril 2006, consid.
4a). 

b) L'autorité de taxation vérifie
d'office le contenu de la déclaration; elle est tenue à cet égard par la maxime
inquisitoire; il lui appartient d'établir tous les faits pertinents pour
trancher la question qui lui est soumise pour aboutir à une taxation complète
et exacte (ATF 2C_76/2009 du 23 juillet 2009, in: Revue fiscale 2009 p.
834; cf. en outre Martin Zweifel, in: Kommentar zum Schweizerischen
Steuerrecht, I/2b, Martin
Zweifel/Peter Athanas [éds], 2ème édition, Bâle 2008, n° 2
ad 130 LIFD; Isabelle Althaus-Houriet, in: Commentaire romand, Impôt fédéral
direct, Danielle Yersin/Yves Noël [éds], Bâle 2008, nos 2 et 3 ad 130 LIFD, réf. citées). Lorsque la
déclaration remise est dûment remplie et accompagnée des annexes requises, les
éléments imposables peuvent en théorie être déterminés, sans qu'il soit
nécessaire de procéder à d'autres recherches. L'autorité de taxation peut ainsi
se fier aux indications figurant dans la déclaration ou aux renseignements fournis
par le contribuable s'ils sont crédibles et complets et ne sont pas affectés de
contradictions (Walter Ryser/Bernard Rolli, Précis de droit fiscal suisse, 4ème
éd., Berne 2002, p. 397). Celui-ci est en effet censé connaître sa propre
situation et la présenter de manière correcte; sa déclaration bénéficie en
conséquence à cet égard d'une présomption naturelle d'exactitude (Berdin/Bugnon,
ibid.). Lorsqu'en revanche, l'autorité a des doutes quant à l'exactitude de la
déclaration d'impôt, elle doit entreprendre des investigations; en vertu des
articles 130 al. 1 LIFD et 172 al. 2 LI, elle peut élucider les faits et
recueillir les preuves nécessaires (Heinz Masshardt, Kommentar zur direkte
Bundessteuer, 2ème éd., Zurich 1985, ad art. 88 AIFD n° 1;
références citées). Il reste que la taxation doit reposer sur une appréciation
consciencieuse et s’approcher le plus possible de la réalité (Berdoz/Bugnon,
op. cit., p. 659). 

c) L'autorité apprécie les preuves
librement sur la base des éléments recueillis dans la procédure et selon son
intime conviction. L'obligation faite au contribuable de collaborer à
l'établissement de la taxation trouve cependant sa contrepartie dans le droit
de participer à la procédure; l'occasion doit lui être procurée d'offrir des
preuves et de participer à l'administration de celles qui seront ordonnées
(Berdoz/Bugnon, pp. 624-625). Quant au fardeau de la preuve, on retire de
l'art. 8 CC, applicable par analogie en matière fiscale, qu'il appartient à
l'autorité fiscale d'établir les faits qui fondent la créance d'impôt ou qui
l'augmentent. Le contribuable doit, quant à lui, démontrer de façon générale
que les indications figurant dans sa déclaration sont exactes; de même, il a la
charge d'alléguer et prouver les faits qui suppriment ou réduisent la créance
fiscale (ATF 121 II 257 consid. 4c/aa p. 266; 92 I 253; arrêts FI.2005.0206 du
12 juin 2006, consid. 8b; FI.2004.0038, précité, consid. 4d et e; FI.2002.0045
du 10 mars 2003, consid. 3a/bb). Ainsi, la
justification commerciale des dépenses revendiquées en déduction d’une recette
doit être établie par le contribuable; ce principe est issu de l'art. 8 CC,
selon lequel chaque partie doit alléguer et prouver les faits dont elle entend
déduire son droit, disposition applicable par analogie en matière fiscale (v.
Xavier Oberson, in: Les procédures en droit fiscal, op. cit., p. 723).

L'autorité doit déterminer d'office
tous les éléments pertinents en vue de la taxation et ceci, même en cas de
violation de son obligation de coopérer par le contribuable (Ryser/Rolli, op. cit., p. 461-462; arrêt FI.2004.0038, précité,
consid. 4b). Dès lors, si des indices précis rendent
vraisemblable l'existence des conditions fondant l'obligation fiscale,
l'autorité peut sans arbitraire exiger du contribuable qu'il apporte la preuve
du contraire (cf. ATF 121 II 257 consid. 4c/aa p. 266; 92 I 253; Archives 64
493 consid. 3c; v. en outre Xavier Oberson, Droit fiscal suisse, 4ème
éd., 2012, § 22/n° 11ss, pp. 513-514).  

d) Le fisc et le contribuable sont
donc tenus de collaborer dans l'administration des preuves, soit en précisant
les allégations qu'il appartient à la partie chargée de la preuve de détruire,
soit en apportant des preuves ou indices positifs contraires ; l'omission
ou l'échec de ces preuves contraires peut être considéré comme un indice
suffisant de la véracité des allégations de la partie adverse si celles-ci sont
vraisemblables. Le Tribunal cantonal a sur ce point les mêmes compétences que
l'autorité de taxation (articles 142 al. 4 LIFD et 201 LI). Il peut demander un
complément d'instruction et apprécie librement les preuves apportées par les
parties (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40 et les arrêts cités). Confronté à des
actes émanant du contribuable, le juge peut s'en tenir à la formulation
utilisée par l'intéressé, celui-ci ayant toutefois la faculté de rapporter la
preuve du contraire; par exemple, les rapports de droit et les actes juridiques
doivent être attribués (sous réserve de preuve contraire) à celui au nom duquel
ils sont établis, tels des versements effectués sur le compte d'une société,
qui sont présumés constituer des recettes de celle-ci (cf. Archives de droit
fiscal 58, 516; 47, 536; cf. en outre arrêts FI.2005.0003 du 21 juin 2005;
FI.1991.0036, du 6 octobre 1993).

Il incombe cependant à celui qui
fait valoir l'existence d'un fait de nature à éteindre ou à diminuer sa dette
fiscale d'en apporter la preuve (ATF 2C_416/2013 du 5 novembre 2013 consid.
8.2; 2C_549/2012 du 16 mai 2013 consid. 3.1, RF 2013 p. 722). En revanche, il
appartient en principe au fisc de prouver l'existence de prestations
appréciables en argent faites par la société, sans contre-prestation, à ses
actionnaires. Le contribuable n'a donc pas à supporter les conséquences d'un
manque de preuves, à moins qu'on ne puisse lui reprocher une violation de ses
devoirs de collaboration (ATF 2C_60/2013 du 14 août 2013 consid. 6.1;
2C_567/2012 du 15 mars 2013 consid. 6.3).

5.                               
a) L’impôt sur le bénéfice frappe l’augmentation
des fonds propres constatée durant la période fiscale (Robert Danon, in:
Commentaire romand, op. cit., ad art. 57-58 LIFD n° 1, réf. citées). Le
bénéfice net imposable comprend le solde du compte de résultats, compte tenu du
solde reporté de l’exercice précédent (art. 58 al. 1 let. a LIFD; 94 al. 1 let.
a LI), de même que tous les prélèvements opérés avant le calcul du solde du
compte de pertes et profits, qui ne servent pas à couvrir des frais généraux
autorisés par l’usage commercial, tels que les amortissements et les provisions
qui ne sont pas justifiés par l’usage commercial et les distributions ouvertes
ou dissimulées de bénéfice et les avantages procurés à des tiers qui ne sont
pas justifiés par l’usage commercial (art. 58 al. 1 let. b, 2ème et
5ème tirets, LIFD; 94 al. 2 let. b, 2ème et 5ème
tirets, LI). Une dépense dûment comptabilisée est justifiée par l’usage
commercial lorsqu’il existe entre celle-ci et l’activité commerciale exercée
par l’entreprise une connexité objective (Danon, ibid., n° 65). Cette connexité existe lorsque la dépense aurait été consentie par
un gestionnaire ordinaire faisant preuve de la diligence objective requise par
le droit commercial (ATF 136 II 88 consid. 3.1 p. 92). Tel n'est pas le cas en
revanche des dépenses encourues pour l'entretien et l'amortissement de biens
acquis par la société qui ne servent qu'à l'entretien de l'actionnaire ou à son
propre plaisir. Dans ce cas, la société grève indûment son compte de résultats
en prenant à sa charge des dépenses privées sous couvert de frais commerciaux (ATF
2P.195/2005 du 16 février 2006 consid. 3.2; 2P.153/2002 du 29 novembre 2002
consid. 3.2, StE 2003 B 72.14.2 n° 31; voir aussi, pour des exemples, ATF
2C_273/2013 du 16 juillet 2013 consid. 3.2; 2A.573/2004 du 13 juin 2005 consid.
3.1). La connexité n'est dans
ce cas pas reconnue par le droit fiscal et les dépenses consenties, dépourvues
de justification commerciale, seront réintégrées au bénéfice net imposable
conformément à l'art. 58 al. 1 let. b LIFD (cf. Markus
Zweifel/Silvia Hunziker, Steuerverfahrensrecht, Beweislast, Drittvergleich,
"dealing at arm's length", Art. 29 Abs, 2 BV, Art. 58 DBG, in:
Archives 77 p. 657 ss, not. 659 s.). Cela vaut tant
pour le choix des formes juridiques que revêtent ces actes que pour la fixation
des montants objets des transactions (ATF 2C_724/2010 du 27 juillet 2011,
consid. 7.1 in RDAF 2012 II 37; ATF 119 Ib 116 consid.
2 p. 119; 2A.346/1992, Archives 65 p. 51/57, StE 1995 B 72.11 no 3 consid. 3b).

De jurisprudence constante, il y a
distribution dissimulée de bénéfice lorsque les quatre conditions cumulatives
suivantes sont remplies: 1) la société fait une prestation sans obtenir de
contre-prestation correspondante; 2) cette prestation est accordée à un
actionnaire ou à une personne le ou la touchant de près; 3) elle n'aurait pas
été accordée dans de telles conditions à un tiers; 4) la disproportion entre la
prestation et la contre-prestation est manifeste de telle sorte que les organes
de la société auraient pu se rendre compte de l'avantage qu'ils accordaient (ATF 140 II 88, consid. 4.1; 2C_394/2013 du 24 octobre 2013 consid.
5.1; ATF 138 II 57 consid. 2.2 p. 59 s.; 131 II 593 consid. 5.1 p. 607; 119 Ib
116 consid. 2 p. 119). Il convient ainsi d'examiner si la prestation aurait été
accordée dans la même mesure à un tiers étranger à la société, soit si la
transaction a respecté le principe de pleine concurrence (ATF 2C_644/2013 du 21
octobre 2013 consid. 3.1; ATF 138 II 545 consid. 3.2 p. 549; 57 consid. 2.2 p.
60 et les références citées).  On
retiendra une répartition de bénéfice dissimulée en particulier lorsque la
société grève indûment son compte de profits et pertes en octroyant à ses
actionnaires des salaires excessifs ou en leur remboursant des frais
injustifiés (v. Masshardt, op. cit. p. 289 et ss., not. 291; Ernst Känzig, Die
direkte Bundessteuer, Bâle 1992, 2ème éd., tome II, ad art. 49 al. 1
lit. b AIFD, notes 73 à 75, 82 et 83; Jean-Marc Rivier, La fiscalité de
l'entreprise, société anonyme, Lausanne 1994, p. 265 et ss). De
même, lorsqu'une société accorde des avances sans intérêt ou contre un intérêt
insuffisant à ses porteurs de parts ou à des tiers qui leur sont proches, elle
leur concède une prestation appréciable en argent au sens de l'art. 58 al. 1
let. b LIFD (ATF 140 II 88, consid. 3).

b) En
outre, les comptes annuels de la société anonyme sont
dressés conformément aux principes généralement admis dans le commerce; ils
doivent être complets, clairs et faciles à consulter (cf. art. 958c al. 1 et
959 CO). Si ces principes ne sont pas respectés et que le compte de résultats
ne reflète pas le bénéfice réel de la société anonyme, le résultat doit être
corrigé en faveur comme au détriment du contribuable (Francis Cagianut,
Bedeutung der kaufmännischen Buchhaltung und Bilanz im Steuerrecht, in:
Archives de droit fiscal 37 p. 137 ss, not. 142).

En
l’absence de lacune matérielle ou d’irrégularité formelle propre à mettre en
doute la force probante d’une comptabilité, celle-ci bénéficie, en principe,
d’une présomption d’exactitude à l’égard du fisc (ATF 137 II 353 consid. 6.2
pp. 359/360; 136 II 88 consid. 3.2/3.4 pp. 92-94; 134 II 207 consid. 3.3 p.
211; 106 Ib 311 consid. 3c et d p. 315ss). Cette exigence de conformité aux
règles comptables présuppose toutefois que la loi fiscale y renvoie
expressément, comme c’est en principe le cas pour l’estimation du bénéfice
comptable des personnes morales (ATF 134 II 207 consid. 3.3 p. 211/212, et les
arrêts cités). 

c) Les
dépenses fictives, comptabilisées comme telles, doivent être reprises aussi
bien dans la société que chez l'actionnaire bénéficiaire, car celui-ci est
présumé avoir perçu ces montants, à titre de dividende dissimulé (arrêts FI.2008.0130
du 31 mai 2010; FI.2006.0010 du 24 novembre 2006; FI.2004.0038
du 18 avril 2006; FI 1994.0106 du 5 octobre 1995; v. aussi Archives 30, p. 101
et ss notamment 104). Il s'agit là d'une conséquence de la distinction, sur le
plan fiscal comme sur le plan civil, entre la société et son actionnaire
unique, qui conduit à une double imposition économique (cf. ATF 2A.248/1994,
2P.228/1994 du 4 avril 1995, publié in RDAF 1996, p. 172).  

6.                               
Il importe tout d’abord de se pencher sur les
reprises communes à X.________ SA et aux époux Y.________.

a)  En premier lieu sous ch. 1.01,
l’autorité intimée a repris dans les comptes de X.________ SA, les honoraires
perçus par A. Y.________ de 2001 à 2006 dans le cadre de son activité
indépendante d’opérations immobilières et financières, à hauteur de 42'000 fr. En
substance, elle considère qu’en exerçant une activité concurrente à celle de X.________
SA, A. Y.________ aurait violé le devoir de fidélité auquel il est tenu en sa
qualité d’administrateur et que ces honoraires auraient, selon le cours
ordinaire des affaires, dus être encaissés par la société. En effet, c’est
seulement après avoir repris la gestion de X.________ SA que A. Y.________ a inscrit
sa raison individuelle au registre du commerce. Dès lors, l’autorité intimée
voit une distribution dissimulée de bénéfice en faveur de l’actionnaire à
concurrence des montants d’honoraires que celui-ci n’a pas eu à rétrocéder à la
société. Elle a en outre effectué la même reprise chez les époux Y.________, à
hauteur de 60'667 fr. puisque viennent s’ajouter aux 42'000 fr. repris dans la
société les honoraires perçus durant la période 2001-2002 (année de calcul
1999-2000). Les recourants contestent ces reprises, en estimant que le
raisonnement de l’autorité intimée porte atteinte à leur liberté économique,
garantie par l’art. 27 Cst. Au surplus, ils font valoir que les conditions
d’une distribution dissimulée de bénéfice ne seraient de toute façon pas réalisées,
du simple fait que les mandats confiés à A. Y.________ personnellement ne
l’auraient pas été à X.________ SA.

aa) Les personnes physiques agissant
au nom et pour le compte d’une personne morale, que ce soit en vertu d'un
contrat de travail ou en tant que représentants autorisés, mandataires
commerciaux, administrateurs ou membres du conseil d'administration, ont une
obligation de fidélité à l'égard de celle-ci; il en résulte pour eux l¿bligation
légale de s'abstenir d'exercer des activités susceptibles d’entrer en
concurrence avec celles de la personne morale. Ces contraintes sont imposées
par l'art. 321a et 321b CO pour les travailleurs, par l'art. 464 al. 1 CO pour
les mandataires et l'art. 717 al. 1 CO pour les administrateurs (ATF
2C_222/2009 du 24 juillet 2009 consid. 2.2; 2A.247/1996 du 27 octobre 1997
consid. 2b/aa, in: Archives 67 p. 216). On rappelle qu’aux termes de
cette dernière disposition, les membres du conseil d'administration, de même
que les tiers qui s'occupent de la gestion, exercent leurs attributions avec
toute la diligence nécessaire et veillent fidèlement aux intérêts de la
société. Bien que la loi ne le mentionne pas de manière explicite, le devoir de
fidélité interdit en effet aux administrateurs de se livrer à une concurrence
avec la société (cf. Marc Bauen/Robert Bernet/Nicolas Rouiller, La société
anonyme suisse, Genève/Zurich/Bâle 2007, n° 482 p. 189; v. en outre, Peter
Forstmoser/Arthur Meier-Hayoz/Peter Nobel, Schweizerisches Aktienrecht, Berne
1996, §28 nos 35 et ss, not. 72). 

En règle générale, une société
anonyme, qui poursuit un but économique (art. 620 al. 3 CO), ne permet pas à
ses employés, mandataires, administrateurs ou membres du conseil
d'administration d'exercer une activité entrant en concurrence avec les siennes.
Si en revanche, elle permet l’exercice d’une telle activité, respectivement si
elle renonce à exiger le remboursement des gains réalisés en raison d'affaires
qui, de par leur nature entreraient dans sa sphère d’activités, la société
offre une prestation appréciable en argent lorsque cette renonciation se fonde
sur des relations de participation au capital-actions. Cette situation se
produit en particulier dans le cas d'un actionnaire unique ou majoritaire, qui,
dans le cadre d’une entreprise individuelle, réalise un gain pour son propre
compte et que ce gain tomberait de lui-même dans le domaine d'activité de
l'entreprise (ATF 2A.247/1996 consid. 2b/bb). Une prestation appréciable en
argent, qui se traduit ici par la notion de retrait du bénéfice par
anticipation («Gewinnvorwegnahme»), doit être retenue lorsque la société
ne revendique aucun droit auprès de son actionnaire sur le produit d’un gain relevant de sa sphère d’activités et que celui-ci ne fournit aucune contrepartie comme la société l’exigerait
de la part d’un tiers (renonciation à un revenu [«Ertragverzicht»], cf. ATF 2C­_265/2009 du 1er septembre 2009 consid.
3.1, in: StE 2010 B 72.13.22 n° 52; 2A.204/2006 du 22 juin 2007 consid.
6, rés. in: RDAF 2010 II 554/555 n° 15.1; 2A.263/2003
du 19 novembre 2003 consid. 2.2, in: Archives 74
p 660; 2A.602/2002 du 23 juillet 2003 consid. 2; v. en outre Pierre-Marie
Glauser, Apports et impôts sur le bénéfice, Genève/Zurich/Bâle 2005, p. 121,
références citées). Sans doute, la possibilité pour l’actionnaire de la société
de réaliser des affaires pour son propre compte ne doit pas être exclue de
manière catégorique. Il importe à cet égard que celui-ci ait une activité
distincte de celle effectuée par la société dont il est actionnaire, que ce
soit sous la forme d'une entreprise individuelle ou dans le cadre d'une autre
société. Il convient sur ce point d'évaluer en particulier le type de clientèle
et le type de transactions effectuées par les différentes entités juridiques (ATF
2C_222/2009 du 24 juillet 2009 consid. 2.3 et les réf. citées).

bb) En l’occurrence, A. Y.________
est président du conseil d’administration de X.________ SA. Le devoir de
fidélité prescrit à l’art. 717 al. 1 CO et ses conséquences, parmi lesquelles
l’interdiction de concurrencer les activités de cette dernière, s’imposaient
donc à lui. L’argument des recourants qui y voient une atteinte à leur liberté
économique est donc hors de propos. Dans le cadre de ses activités dans
l’immobilier, X.________ SA détient plusieurs gérances dans le canton
(immeubles, villas, appartement, commerces). Cette activité constitue même une
partie importante du chiffre d’affaires que cette société a généré entre 2001 à
2006, si l’on s’en tient aux montants comptabilisés:

	
  Exercice

  	
  Total
  produits

  	
  Commissions
  de gérance

  	
  Pourcentage

  
	
  2001

  	
  270'131,97

  	
  170'965,00

  	
  65,0%

  
	
  2002

  	
  435'170,89

  	
  187'616,15

  	
  43,0%

  
	
  2003

  	
  344'971,64

  	
  198'306,75

  	
  57,5%

  
	
  2004

  	
  301'424,45

  	
  197'311,00

  	
  67,5%

  
	
  2005

  	
  338'255,20

  	
  220'590,50

  	
  65,0%

  
	
  2006

  	
  354'399,64

  	
  208'830,80

  	
  59,0%

  

Or, il se
trouve que, parallèlement à X.________ SA, A. Y.________ a lui-même exploité
une entreprise en raison individuelle, inscrite au registre du commerce du 30
août 1988 au 26 mai 2009. Sa comptabilité présente la structure suivante:

	
   

  	
  1999

  	
  2000

  	
  2001

  	
  2002

  	
  2003

  	
  2004

  	
  2005

  	
  2006

  
	
  Honoraires

  	
  8'167,00

  	
  10'500,00

  	
  10'500,00

  	
  10'500,00

  	
  10'500,00

  	
  3'500,00

  	
  6'000,00

  	
  6'000,00

  
	
  ./. frais d’administration

  	
  -6'600,00

  	
  -6'600,00

  	
  -6'600,00

  	
  -6'600,00

  	
  -6'600,00

  	
  -6'600,00

  	
  -6'600,00

  	
  -6'600,00

  
	
  ./. charges sociales

  	
  -366,00

  	
  -772,50

  	
  -397,80

  	
  -397,80

  	
  -397,80

  	
  -432,00

  	
  -432,00

  	
  -432,00

  
	
  ./. assurances

  	
  -1'015,20

  	
  -1'015,20

  	
  -1'015,20

  	
  -1'015,20

  	
  -1'015,20

  	
  -1'015,20

  	
  -1'015,20

  	
  -1'015,20

  
	
  ./. loyer

  	
  -4'340,00

  	
  -4'340,00

  	
  -4'340,00

  	
  -4'340,00

  	
  -4'340,00

  	
  -4'340,00

  	
  -4'340,00

  	
  -4'340,00

  
	
  Perte de l’exercice

  	
  -4'154,20

  	
  -2'227,70

  	
  -1'853,00

  	
  -1’853,00

  	
  -1'853,00

  	
  -8'887,00

  	
  -6'387,00

  	
  -6'387,00

  

En qualité d’administrateur de
plusieurs propriétés par étage (PPE), à 2********, à 6******** et à 7********,
notamment, A. Y.________ a régulièrement perçu des honoraires. Contrairement à
ce que les recourants tentent d’expliquer, l’exercice de tels mandats entre
sans nul doute dans la sphère d’activité d’une agence immobilière comme l’est X.________
SA. On pourrait tout au plus réserver le mandat ayant trait à la PPE G.________,
à 2********, dans la mesure où les époux Y.________ y possèdent un appartement.
Il est possible que, s’agissant de ce seul mandat, la personne de A. Y.________
ait davantage compté pour les copropriétaires que X.________ SA. On retire des
explications fournies par A. Y.________ en audience que l’administrateur
de la PPE G.________, avec lequel il était en relation
personnelle étroite, lui avait confié ce mandat à titre personnel. Cela représente 1'000 fr. par semestre, soit 2'000 fr. par an, à
hauteur desquels la reprise n’est pas justifiée. Pour le reste, l’essentiel est
de retenir que l’activité indépendante de A. Y.________ ne se distingue pas
fondamentalement de celle de la société dont il est administrateur, au point
d’admettre que l’on est en présence de deux activités concurrentes. Il est dès
lors plus que douteux que X.________ SA eût renoncé à exiger le remboursement
des honoraires encaissés si ces mandats avaient été exécutés par un tiers, sans
participation aucune au capital-actions. On doit dès lors admettre que cette
absence de remboursement constitue bien une prestation appréciable en argent en
faveur de l’actionnaire. Aussi, l’entier des honoraires comptabilisés par A. Y.________,
à l’exception d’un montant de 2'000 fr. par an perçu dans le cadre de la
gérance de la PPE G.________, à 2********, doivent être réintégrés, aussi bien
dans les produits de X.________ SA que dans les revenus des époux Y.________,
au titre du rendement de participation. Sous réserve de ce qui précède, cela
conduit à la confirmation de la reprise.

Au surplus, il n’y a pas lieu de
déduire du chiffre d’affaires les charges comptabilisées par A. Y.________,
celles-ci n’étant pas documentées et leur pertience est de toute façon
discutable.

Il est à relever que, chez les
époux Y.________, cette reprise conduit également à corriger leur revenu
imposable, en ce sens que les pertes, revendiquées au titre de l’exercice par A.
Y.________ d’une activité lucrative indépendante, doivent être supprimées et
réintégrées dans leur revenu. L’autorité intimée a effectué le calcul suivant:

	
   

  	
  Libellé

  	
  Années de calcul

  
	
   

  	
   

  	
  1999

  	
  2000

  	
  2001

  	
  2002

  	
  2003

  	
  2004

  	
  2005

  	
  2006

  	
  Totaux

  
	
  2.03

  	
  Revenu provenant d’une activité lucrative
  indépendante non admis

  	
  4’154

  	
  2’228

  	
   

  	
   

  	
  1’853

  	
  8’887

  	
  6’387

  	
  6’387

  	
  29’896

  

b) Sous
chiffre 1.03, l’autorité intimée a repris dans les comptes de X.________
SA des cotisations sociales comptabilisées au débit de la société en relation
avec le salaire de A. Y.________; cela représente, sur les six ans, un montant
de 2'524
francs. Or, il se trouve qu’aucune rémunération n’a été servie à l’intéressé
durant cette période, ce que les recourants eux-mêmes admettent. Quoi qu’il en
soit de leurs explications, l’écriture a été passée sans aucun fondement; ceci
d’autant moins que les cotisations de la Caisse AVS de la Fédération patronale
vaudoise ont été adressées à A. Y.________ et non à X.________ SA, de sorte que
la reprise s’avère justifiée.

c) Il en va de même de la reprise
opérée sous chiffre 1.05, d’un montant total de 1'206 fr., qui porte sur
les primes que X.________ SA a versées à la compagnie d’assurances Winterthur
Intertour. Il s’agit d’une assurance couvrant les frais d’annulation de voyage,
couvrant notamment les frais de dépannage, dont les primes périodiques ont été
adressées non pas à X.________ SA, mais à A. Y.________. Ces montants n’ont
aucune justification commerciale et ont trait uniquement aux dépenses privées
de l’actionnaire. La reprise est par conséquent confirmée.

d) Un montant total de 15'736 fr. a
été repris sous chiffre 1.06 pour des frais de bureau comptabilisés à la
charge de X.________ SA. Il s’agit de factures pour l’utilisation de la ligne fixe
téléphonique privée des époux Y.________ (8********), à leur domicile de 2********,
mises à la charge de X.________ SA. L’autorité intimée considère cette
utilisation comme exclusivement privée. Elle fait valoir l’importance des frais
téléphoniques facturés chaque année à X.________ SA, variant de 40'000 à 51'000
francs, desquels une part privée de 1'800 fr. est déduite en comptabilité. Or,
les montants mis à la charge de X.________ SA comprennent toutes les lignes
téléphoniques ouvertes au nom des époux Y.________, y compris pour des
appareils portables. L’autorité intimée admet au demeurant cette prise en
charge, mais refuse en revanche celle de la ligne fixe du domicile du couple. Les
recourants contestent cette reprise; ils expliquent que A. Y.________ aurait
l’habitude de s’entretenir avec la clientèle du Proche-Orient les samedis et
dimanches, soit durant des jours non fériés dans cette partie du globe. Sa
présence au bureau n’étant pas nécessaire, il effectuerait ces appels la
plupart du temps depuis le domicile du couple, à 2********. S’agissant des
explications des recourants, l’autorité intimée relève que les factures du n°
privé des époux Y.________ au domicile de 2******** ne font aucune mention de
communications avec le Proche-Orient, mais quelquefois des appels en France et
en Italie, en semaine par surcroît. 

Les recourants font sans doute valoir
que la prise en charge de la totalité des frais téléphoniques, sous déduction
d’une part privée, avait été admise lors des périodes de taxation précédentes.
Ils perdent à cet égard de vue le principe de l’étanchéité des périodes
fiscales, qui a pour conséquence que des décisions de taxation ne peuvent en
principe pas constituer une assurance pour les taxations futures, parce
qu'elles se rapportent exclusivement à la période de taxation concernée
(Archives 69, p. 793). Dès lors, il appert que des frais privés de
l’actionnaire ont été mis, sans justification aucune, à la charge de la
société, ce qui conduit à confirmer la reprise, y compris chez l’actionnaire
qui a bénéficié de cette prestation.

e) La reprise opérée sous chiffre 1.07,
portant sur la prise en charge par X.________ SA de factures de fiduciaire, est
admise; il n’y a donc pas lieu d’y revenir, sous réserve de la réalisation des
conditions de la tentative de soustraction d’impôt, ce que contestent les
recourants (cf. infra).

f) Au chiffre 1.08,
l’autorité intimée a repris pour 68'830 fr. de frais de représentation
comptabilisés au débit des comptes de X.________ SA. Cette reprise est
entièrement contestée par les recourants.

 aa) En règle générale, les
frais de représentation versés à un dirigeant d'une entreprise sont liés à
l'acquisition par cette dernière d'un certain revenu. Pour apprécier ces
versements, il y a lieu d'examiner si les prestations effectuées trouvent
effectivement leur origine dans la fonction de représentation externe de la
société vis-à-vis des tiers et de la clientèle, exercée de façon permanente par
le récipiendaire (arrêts FI.2006.0036 du 16 août 2006; FI.1999.0063 du 28
novembre 2000; FI.1995.0016 du 15 janvier 1996; FI.1993.0154 du 9 janvier
1995). On considère qu'il y a devoir permanent de représentation lorsque le
bénéficiaire exerce, de manière régulière, une activité dont une part
importante se déroule à l'extérieur, en contact direct avec la clientèle de
l'entreprise, et que le lien entre la représentation et la promotion, d'une
part, et la conclusion d'affaires, d'autre part, est essentiel, ou encore
lorsque le bénéficiaire exerce, de manière régulière, une fonction impliquant
un rôle d'animation, de coordination et de motivation vitale pour l'entreprise
et qu'il assume de ce fait, et indépendamment de son appréciation personnelle,
des obligations de représentation essentielles pour l'image générale de
l'entreprise (RF 1986, p. 588). Ces indemnités ne sauraient en revanche être
allouées en vue de rembourser des dépenses professionnelles qui, selon l'usage
commercial, donnent lieu au versement d'indemnités pour frais forfaitaires ou
non forfaitaires (ibid.).

bb) L’autorité intimée a mis en évidence dans le
compte n° 6640 trois catégories de frais annuels de A. Y.________ pris en
charge par la société au titre de sa représentation: (I) des montants divers,
englobant des frais de voyage, (II) un montant global, variant entre 11'312
fr.90 et 16'803 fr.20, enregistré sous la rubrique «frais de représentation»,
(III) des frais forfaitaires de repas, comptabilisés à hauteur de 9'240 fr.
jusqu’en 2004, selon la structure suivante:

	
   

  	
  2001

  	
  2002

  	
  2003

  	
  2004

  	
  2005

  	
  2006

  
	
  I. Frais divers

  	
  13'357,35

  	
  9'233,55

  	
  12'864,15

  	
  10'484,30

  	
  9'434,55

  	
  12'422,70

  
	
  II. Frais de représentation

  	
  12'890,70

  	
  11'495,70

  	
  11'312,90

  	
  15'026,20

  	
  12'657,60

  	
  16'803,20

  
	
  III. Frais forfaitaires

  	
  9'240,00

  	
  9'240,00

  	
  9'240,00

  	
  9'240,00

  	
  0

  	
  0

  
	
  Total compte n°6640

  	
  35'488,05

  	
  29'969,25

  	
  33'417,05

  	
  34'750,50

  	
  22'092,15

  	
  29'225,90

  

S’agissant
des frais répertoriés dans la catégorie II, l’autorité intimée a repris la
déduction d’un montant de 3'000 fr. par an; cette somme correspond à la
déduction forfaitaire des frais privés de repas de A. Y.________ qui,
effectivement, ne peuvent être admis au titre des dépenses commercialement
justifiées. Elle a repris en outre tous les montants figurant dans la catégorie
III, estimant à juste titre que les frais de repas, estimés comme on le voit de
manière forfaitaire, ne constituaient pas des charges justifiées
commercialement. Pour ces deux catégories de frais, la reprise opérée s’avère
ainsi justifiée.

Quant aux frais figurant dans la
catégorie I, l’autorité intimée a repris les montants suivants:

	
   

  	
  2001

  	
  2002

  	
  2003

  	
  2004

  	
  2005

  	
  2006

  
	
  Asloca

  	
   

  	
  48,00

  	
  48,00

  	
  48,00

  	
  51,00

  	
   

  
	
  Voyage (groupement régisseurs)

  	
   

  	
  2'000,00

  	
  1'500,00

  	
  1'500,00

  	
  1'500,00

  	
  2'000,00

  
	
  Voyage (groupement régisseurs)

  	
   

  	
  50,00

  	
  600,00

  	
  500,00

  	
   

  	
  1'100,00

  
	
  Hôtel Beaulac, Neuchâtel

  	
   

  	
  230,00

  	
   

  	
  212,00

  	
   

  	
  199,00

  
	
  Hôtel Sistar

  	
   

  	
  148,00

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  
	
  Don Association PL MOB

  	
   

  	
   

  	
  100,00

  	
   

  	
   

  	
   

  
	
  Facture FIABCI Suisse

  	
   

  	
   

  	
  200,00

  	
   

  	
   

  	
   

  
	
  Auberge de la Charrue, Romanel

  	
   

  	
   

  	
  1'260,00

  	
   

  	
   

  	
   

  
	
  Hôtel du Parc, Baden

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  183,00

  	
   

  	
   

  
	
  Hôtel de la Cigogne, Miécourt

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  180,00

  	
   

  	
   

  
	
  Hôtel Centre du Parc, Martigny

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  213,60

  	
   

  
	
  Total reprises

  	
  0

  	
  2'476,00

  	
  3'708,00

  	
  2'623,00

  	
  1'764,60

  	
  3'299,00

  

Les
recourants contestent ces reprises. Ils estiment en substance, s’agissant des
frais de la première catégorie, que ces montants ont été dépensés afin
d’acquérir de nouveaux mandats. Ils n’apportent toutefois aucune démonstration
à l’appui de leurs allégations. Sans doute, les dépenses effectuées en faveur
de la FIABCI ou du Groupement des régisseurs lausannois revêtent un caractère
professionnel; tel n’est en revanche pas le cas des voyages d’agrément, même
organisés sous l’égide de ces associations. Les recourants font en outre valoir
que la facture de l’Auberge de la Charrue, à Romanel s/Lausanne, de 1'260 fr.,
aurait trait au repas de fin d’année du personnel de X.________ SA auquel dix
convives ont été invités. Leurs explications sur ce dernier point ont du reste
été corroborées par F.________, secrétaire-comptable, lors de son audition en
qualité de témoin. On en retire que chaque fin d’année, X.________ SA
avait l’habitude d’organiser un repas de fin d’année, auquel participaient, outre
les époux Y.________, leur fils, qui s’occupait de l’informatique, et son
épouse, de même que les employés de l’entreprise et leurs conjoints. Les
représentants de l’ACI s’en sont du reste remis à l’appréciation du Tribunal
sur ce point.

En ce qui
concerne les frais de la deuxième catégorie, qui portent indiscutablement sur
des frais privés, les recourants n’ont fourni aucune explication à l’appui de
leur contestation, même après consultation des pièces. Ils ont du reste
expliqué durant le contrôle que tous les frais de repas de A. Y.________
avaient été comptabilisés, sans distinction entre ceux pris avec un client et
ceux à titre privé. La reprise de 3'000 fr. par année paraît donc justifiée. S’agissant
enfin des frais de la troisième catégorie, la déductibilité d’un forfait se
justifie d’autant moins en l’espèce que les frais effectifs ont été admis
lorsqu’ils étaient conformes aux usages commerciaux. Les recourants paraissent en
convenir, puisqu’ils contestent le fait que cette reprise soit constitutive de
soustraction d’impôt. 

Dès lors, à l’exception du montant
de 1'260 fr. durant l’année 2003, ces montants devront être repris aussi bien dans
la société que chez l’actionnaire, puisqu’ils sont constitutifs d’une
distribution dissimulée de bénéfice en faveur de celui-ci.

g) La reprise opérée sous ch.
1.11, qui a trait à la prise en charge d’une amende de 300 fr. durant
l’année 2006 pour contravention de procédure, n’est pas contestée; les
recourants nient cependant toute volonté de soustraire l’impôt.

h) Sous chiffres 2.01 et 2.02,
l’autorité intimée a repris, durant les années 2005 et 2006, des montants de
30'000, respectivement 20'000 fr. pour des provisions, estimant que les
recourants n’avaient pas démontré la justification de ces écritures qui,
partant, revêtaient le caractère de réserves. Le premier poste a trait à une provision
comptabilisée pour des charges futures d’informatique (compte 2760), l’autre, à
des charges futures de matériel de bureau (compte 2765). Là également, les
recourants contestent ces reprises, sans fournir la moindre explication. Ils se
contentent de faire état de difficultés rencontrées avec un nouveau programme
informatique, installé au demeurant sur leurs appareils, sans en dire davantage
cependant. Ces reprises doivent par conséquent être confirmées.

i) L’autorité intimée a estimé,
sous ch. 2.03, que le compte-courant débiteur actionnaire n° 1460 avait
augmenté de façon régulière et dans des proportions telles qu’il faut en
réalité y voir l’octroi d’un prêt simulé de la société à son actionnaire. Compte
tenu de l’évolution de ce compte, elle a effectué plusieurs reprises, selon le
tableau suivant:

	
   

  	
  2002

  	
  2003

  	
  2004

  	
  2005

  	
  2006

  
	
  Situation compte au 01.01

  	
  298'380,95

  	
  348'070,42

  	
  403'653,22

  	
  463'360,32

  	
  536'631,67

  
	
  Situation compte au 31.12

  	
  348'070,42

  	
  403'653,22

  	
  463'360,32

  	
  536'631,67

  	
  579'550,40

  
	
  Différence = Prêt simulé

  	
  49'689,47

  	
  55'582,80

  	
  59'707,10

  	
  73'721,35

  	
  42'918,73

  
	
  Correction sur capital

  	
  - 49'690,00

  	
  - 105'273,00

  	
  - 164'980,00

  	
  - 238'251,00

  	
  - 281'170,00

  

A. Y.________
n’a perçu, durant toutes ces années, aucun revenu régulier de son activité pour
X.________ SA; il a cependant régulièrement prélevé des montants auprès de
cette dernière. Du contrôle, il est ressorti que le compte-courant actionnaire
ouvert sous son nom dans les livres de la société n’a fait que d’augmenter,
passant, comme on le voit, de 298'380 fr.95 début 2002 à 579'550 fr.40 fin
2006. A. Y.________ n’a pas amorti sa dette; en outre, quoi qu’un intérêt eût initialement
été convenu, il n’a rien versé à ce titre à la société. Comme le fait à juste
titre observer l’autorité intimée, cette situation ne se serait assurément pas
présentée si un tiers avait emprunté des fonds à X.________ SA. Le rapport de
participation au capital ne peut donc être exclu. A cela s’ajoute que la
solvabilité de A. Y.________ qui, à cette époque, ne percevait aucun autre
revenu, pouvait apparaître comme douteuse; or, ce point est en règle générale
décisif pour apprécier si un prêt de la société à son actionnaire constitue ou
non une prestation appréciable en argent à hauteur du capital prêté (cf. sur ce
point, arrêt FI.1997.0114 du 24 décembre 1998). En audience, A. Y.________
a admis que le solde de ce compte était toujours ouvert et n’avait pas été
remboursé; selon lui, la valeur des biens immobiliers qu’il détient couvrirait
largement la créance de X.________ SA à cet égard. En dépit
des explications des recourants, qui contestent les conclusions de l’autorité
intimée, l’on doit considérer que l’on est en présence d’une prestation
appréciable en argent en faveur de l’actionnaire. 

Les conséquences de cette
prestation diffèrent cependant selon qu’il s’agit d’apprécier le résultat
comptable de la société ou le revenu de son actionnaire. On considérera tout
d’abord que ce dernier a bénéficié du rendement de sa participation au
capital-actions de la société dont il est actionnaire, ce qui conduira à une
reprise à opérer dans le revenu imposable. La reprise effectuée chez les époux Y.________
sous chiffre 2.01, à hauteur de 281'170 fr.,
devra dès lors être confirmée. En outre, toujours chez les époux Y.________, le
montant de la dette contractée envers X.________ SA devra être ramené, en
déduction de leur fortune imposable, à -298'380 fr. de 2002 à 2006, soit l’état
du compte actionnaire au 31 décembre 2001 (ch. 2.04). Dans la société, la
requalification de la prestation conduira à déduire du bénéfice imposable les
intérêts du prêt à A. Y.________, comptabilisés mais non versés, ce qui
représente une somme de -19'735 fr. (ch. 2.03). Du capital imposable, il
y aura lieu enfin de déduire l’augmentation cumulée du compte-courant débiteur
de A. Y.________ à compter du 1er janvier 2002, soit une somme de -839'364
fr. (ch. 2.03).  

7.                               
En sus des reprises effectuées dans les comptes
de X.________ SA, l’autorité intimée a procédé à d’autres corrections au revenu
et à la fortune déclarés par les époux Y.________.

a) L’autorité intimée a tout
d’abord estimé que, selon les calculs d’évolution de leur fortune, les revenus
déclarés par les époux Y.________ ne leur permettaient pas d’assurer leur train
de vie durant la période de taxation 2001-2002 (années de calculs 1999-2000).
Sous chiffre 2.02, elle a donc ajouté un manco de 20'000 fr. au revenu
déclaré par ces derniers. Cette reprise est contestée.

aa) L'autorité de taxation apprécie
les preuves librement sur la base des éléments recueillis dans la procédure et
selon son intime conviction (Jean-Marc Rivier, Droit fiscal suisse,
L'imposition du revenu et de la fortune, 2ème éd., Lausanne 1998, p.
139). Lorsqu'elle n'est pas convaincue de l'exactitude de la déclaration
d'impôts au terme de l'appréciation des preuves, elle peut établir les éléments
relevants du cas concret, sur la base de données et de facteurs objectivement
comparables. Elle pourra ainsi s'écarter du contenu de la déclaration et
procéder à une taxation sur la base d'indices concluants, lorsque, par exemple,
le train de vie du contribuable s'écarte manifestement du contenu de sa
déclaration (v. Xavier Oberson, op. cit., § 22, n° 43). L'emploi
effectif de moyens économiques par le contribuable au cours d'une période
déterminée peut revêtir une certaine importance lorsqu'il atteint un niveau qui
ne correspond pas au revenu déclaré. C'est la raison pour laquelle l'autorité
de taxation étudie en règle générale l'évolution de fortune du contribuable;
elle compare alors la fortune imposable de la période fiscale précédente avec
celle de la période courante en tenant compte des différentes dépenses (ATF 2A.561/2005 du 22 février 2006; v. en outre Isabelle Althaus-Houriet,
op. cit., ad art. 130 LIFD, n° 14). Après avoir effectué une comparaison
avec le revenu déclaré, elle peut, lorsqu'elle constate une disparité à l'issue
de cette opération, procéder à une reprise (arrêt FI.2000.0111 du 5 avril 2001,
consid. 2, références citées). Dans deux autres arrêts, le Tribunal
administratif a confirmé que la prise en considération par l'autorité fiscale
de l'évolution de la fortune et du train de vie d'un contribuable durant une
période donnée était un moyen d'aboutir à la taxation correcte de cette période
(FI.1997.0016 du 25 septembre 1997, consid. 3; FI.1995.0126 du 27 septembre
1996, consid. 4). Cette constatation a pour conséquence principale de renverser
la présomption d'exactitude dont bénéficie initialement la déclaration et de
modifier, en quelque sorte, le fardeau de la preuve. Le résultat obtenu par
l'autorité de taxation en comparant l'évolution de fortune bénéficie alors de
la présomption selon laquelle il existe un revenu imposable à reprendre dans
les éléments déclarés par le contribuable (v. plus particulièrement sur cette
question, Roman Truog, Die natürliche Vermutung im Steuerrecht, in:
Archives 49, p. 97 et ss, not. 100-101, 106 et ss). Il appartient donc au
contribuable d'apporter la preuve du contraire, à savoir l'inexistence des
éléments repris par l'autorité de taxation ou leur neutralité sur le plan de
l'impôt sur le revenu; à défaut, la présomption naturelle selon laquelle les
dépenses justifiées par le train de vie du contribuable correspondent à un
revenu imposable ne sera pas renversée (Truog, p. 109). Ce résultat, bien que
découlant d'une appréciation, sera le fruit d'une taxation ordinaire.

bb) La reprise contestée a
uniquement trait à la période de taxation 2001-2002. L’autorité intimée a pris
en considération l’évolution de la fortune nette des époux Y.________ qui est
passée de 93'687 au 1er janvier 1999 à 269'578 au 1er
janvier 2001. Elle a alors estimé qu’il manquait 20'000 fr. dans le revenu
déclaré par ces derniers pour assurer leur train de vie (estimé à 79'685 fr.
pour deux ans, soit 3'320 fr. par mois). On rappelle qu’en pareil cas, s’appliquent les articles 130 al. 2 LIFD
et 180 al. 2 LI, première phrase, à teneur desquels l’autorité de taxation « effectue
la taxation d’office sur la base d’une appréciation consciencieuse si, malgré
sommation, le contribuable n’a pas satisfait à ses obligations de procédure ou
que les éléments imposables ne peuvent être déterminés avec toute la précision
voulue en l’absence de données suffisantes ». Cette sommation n‘est
pas une exigence de pure forme; elle a pour objectif d’octroyer au contribuable
défaillant un ultime sursis pour respecter ses obligations de procédure. Du
reste, le contribuable a en quelque sorte un droit à l’envoi préalable d’une
sommation avant que la taxation d’office lui soit notifiée (cf. Zweifel, op. cit., ad
130 LIFD n° 34). Or, à aucun moment, les recourants
n’ont été, préalablement, sommés par l’autorité intimée de fournir toute
explication utile sur l’évolution de leur fortune et leur train de vie pendant
la période concernée. Cette condition devait pourtant être réunie pour que
l’autorité de taxation puisse d’office ajouter une somme de 20’000 fr. au
revenu imposable des époux Y.________ durant la période de taxation 2001-2002. Sans
doute, l’autorité de taxation n’est pas privée, en présence d’un contribuable
refusant de collaborer, de la faculté, après avoir recueilli des indices
susceptibles de donner à penser que la taxation définitive est incomplète, de
notifier également une taxation par appréciation (arrêt FI.2005.0003 du 21 juin
2005, consid. 4a, réf. citées). En l’espèce toutefois, aucun élément ne permet
de retenir que les époux Y.________ auraient refusé de collaborer à la taxation;
la décision attaquée retient même le contraire. Ce seul motif d’ordre formel doit
conduire à l’annulation de la reprise, celle-ci résultant d’une appréciation (dans
le même sens, arrêt FI.2008.0044 du 17 septembre 2009, consid. 5b/aa).

b) Les époux Y.________ critiquent
en outre les corrections effectuées par l’autorité intimée aux chiffres 2.07
et 2.08, dans la mesure suivante:

	
   

  	
  Libellé

  	
  Années de calcul

  
	
   

  	
   

  	
  1999

  	
  2000

  	
  2003

  	
  2004

  	
  2005

  	
  2006

  	
  Totaux

  
	
  2.07

  	
  Revenu brut de la fortune immobilière annoncé

  	
  -60’341

  	
  -60’901

  	
  -38’526

  	
  -14’002

  	
  -63’436

  	
  -62’151

  	
  -299’357

  
	
   

  	
  Revenu brut de la fortune immobilière imposé

  	
  61’239

  	
  61’799

  	
  70’562

  	
  67’886

  	
  69’237

  	
  67’950

  	
  398’673

  
	
  2.08

  	
  Frais d’entretien d’immeubles annoncés

  	
  28’973

  	
  21’150

  	
  8’988

  	
  4’734

  	
  21’648

  	
  22’139

  	
  107’632

  
	
   

  	
  Frais d’entretien d’immeubles admis

  	
  -27’953

  	
  -20’130

  	
  -21’433

  	
  -20’905

  	
  -20’608

  	
  -21’099

  	
  -132’128

  

aa) La
première reprise a trait à la valeur locative des immeubles dont les époux Y.________
sont propriétaires à 2********, à 9******** (10********), à 11******** et à 12********.
L’autorité intimée s’est écartée des montants déclarés par les contribuables
pour retenir les valeurs admises par le fisc pour ces deux objets, ce qui l’a
conduit à corriger le revenu brut de leur fortune immoblilière au chiffre 2.07.
Les époux Y.________ n’étayent nullement leurs critiques; ils se bornent à
revendiquer la prise en compte des rendements effectifs des immeubles dont ils
sont propriétaires, sans en dire davantage. Il est vrai cependant que
l’autorité intimée n’explique pas l’importance des différences constatées en
2003 et 2004 entre le revenu déclaré et le revenu finalement imposé. Or, en
consultant les déclarations 2003 à 2006 des contribuables (la déclaration
2001-2002 n’a pas été produite), il s’avère que les montants suivants doivent
être retenus:

	
   

  	
  2003

  	
  2004

  	
  2005

  	
  2006

  
	
  Valeur locative de l’habitation de 2********

  	
  9’981

  	
  9’752

  	
  9’845

  	
  9’938

  
	
  Valeur locative du chalet de 9********

  	
  6’000

  	
  6’000

  	
  6’000

  	
  6’000

  
	
  Rendement appartement en PPE 2********

  	
  25’680

  	
  25’635

  	
  25’680

  	
  25’680(**)

  
	
  Rendement appartement en PPE 12********

  	
  9’700

  	
  7’299

  	
  8’180

  	
  10’332(**)

  
	
  Rendement chalet 11********

  	
  19’200

  	
  19’200(*)

  	
  19’532

  	
  16’000

  
	
  Total revenu brut fortune immobilière

  	
  70’561

  	
  67’886

  	
  69’237

  	
  67’950

  

(*) pas annoncé
par les époux Y.________; reprise du revenu déclaré en 2003

(**) les contribuables ont inversé au demeurant ces deux chiffres dans leur
déclaration 2006

Cela tend à accréditer le calcul de
l’autorité intimée, qui s’est fondée du reste sur les indications fournies par
les contribuables eux-mêmes, en annexe à leurs déclarations. Dès lors, cette
constatation conduit à la confirmation de la reprise sous 2.07. 

bb) Des constatations similaires
peuvent être faites s’agissant de la reprise 2.08, qui porte sur la
revendication des frais d’entretien d’immeubles, toujours en consultant les
déclarations 2003 à 2006:

	
   

  	
  2003

  	
  2004

  	
  2005

  	
  2006

  
	
  Frais forfaitaires de l’habitation de 2********

  	
  1’996

  	
  1’950

  	
  1’969

  	
  1’988

  
	
  Frais forfaitaires du chalet de 9********

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  
	
  Frais appartement en PPE 2********

  	
  11’113

  	
  10’234

  	
  8’708

  	
  8’357(**)

  
	
  Frais appartement en PPE 12********

  	
  4’162

  	
  4’881

  	
  4’421

  	
  4’261(**)

  
	
  Frais chalet 11********

  	
  4’162

  	
  3’840(*)

  	
  5’510

  	
  6’493

  
	
  Total frais d’entretien immeubles

  	
  21’433

  	
  20’905

  	
  20’608

  	
  21’099

  

(*) pas annoncé
par les époux Y.________; 1/5 du revenu locatif (19'200 fr.)

(**) les contribuables ont inversé au demeurant ces deux chiffres dans leur
déclaration 2006

Sur ce point également, le calcul
de l’autorité intimée, qui s’est fondée sur les indications fournies par les
contribuables eux-mêmes, en annexe à leurs déclarations, paraît correct. Dès
lors, cette constatation conduit à la confirmation de la reprise sous 2.08.

cc) Les recourants critiquent en
outre, toujours sans s’en expliquer, la reprise effectuée dans leur fortune,
sous chiffre 2.03:

	
  Libellé

  	
  Années de calcul

  
	
   

  	
  01.01.2001

  	
  31.12.2003

  	
  31.12.2004

  	
  31.12.2005

  	
  31.12.2006

  	
  Totaux

  
	
  Immeubles privés annoncés

  	
  -1'009’273

  	
  -926’273

  	
  -926’273

  	
  -926’273

  	
  -1'106’273

  	
  -4'894’365

  
	
  Immeubles privés imposés

  	
  1'148’546

  	
  1'306’921

  	
  1'306’921

  	
  1'306’921

  	
  1'228’808

  	
  6'298’117

  

Comme
l’autorité intimée l’explique, la différence provient ici essentiellement de
l’estimation fiscale du chalet de 9********, situé dans le canton du Valais,
mais faisant partie de la fortune globale des recourants, imposable dans le
canton de Vaud. Aux termes de l’art. 53 al. 1 LI, les immeubles, les
constructions et installations techniques et industrielles qui comportent des
réseaux de transmission, de distribution à des tiers, de circulation ou de
transport (réseaux d'eau, de gaz, d'électricité, de chemin de fer, etc.) sont
estimés conformément à la loi du 18 novembre 1935 sur l'estimation fiscale des
immeubles (LEFI; RSV 642.21). Les immeubles sis hors du canton, qui entrent en ligne
de compte pour déterminer le taux applicable, sont évalués selon les règles
valables pour l'estimation fiscale des immeubles vaudois (al. 2). Or, jusqu’à
la période de taxation 2005, le coefficient de conversion du canton du
Valais de l’estimation fiscale d’un immeuble non agricole était de 215%; ce
coefficient est passé à 145% dès et y compris la période 2006. En comparaison
le coefficient pour le canton de Vaud est demeuré à 80% (cf. sur ce point,
Circulaire n° 22, du 21 novembre 2006, de la Conférence suisse des impôts, adresse suivante: http://www.steuerkonferenz.ch/downloads/kreisschreiben/ks022_f.pdf).
L’imposition de la fortune des époux Y.________ dans le canton implique par
conséquent de corriger l’estimation fiscale valaisanne de ce chalet, 89'273 fr., au moyen de ces coefficients. A cela s’ajoute la prise
en compte de l’estimation de l’appartement en PPE de 2******** (365'000 fr. et
non 315’000 fr. comme déclaré) et du Chalet de 11******** (180'000 fr.). Le
total auquel l’on aboutit est celui retenu par l’autorité intimée dans sa
décision:

	
   

  	
  31.12.2003

  	
  31.12.2004

  	
  31.12.2005

  	
  31.12.2006

  
	
  EF Habitation 2********

  	
  425’000

  	
  425’000

  	
  425’000

  	
  425’000

  
	
  EF Chalet 9********

  	
  191’937

  	
  191’937

  	
  191’937

  	
  161’808

  
	
  EF appartement PPE 2********

  	
  365’000

  	
  365’000

  	
  365’000

  	
  365’000

  
	
  EF appartement PPE 12********

  	
  97’000

  	
  97’000

  	
  97’000

  	
  97’000

  
	
  EF chalet 11********

  	
  180’000

  	
  180’000

  	
  180’000

  	
  180’000

  
	
  Total immeubles privés

  	
  1'258’937

  	
  1'258’937

  	
  1'258’937

  	
  1'228’808 

  

La reprise
opérée dans la fortune des époux Y.________ sera par conséquent confirmée.

c) Les époux Y.________ s’en
prennent enfin aux reprises opérées durant la période de taxation 2001-2002bis,
à savoir: 35'839 fr. (année de calcul 2001) et 82'889 fr. (année de calcul
2002). Ils contestent l’explication de l’autorité intimée dont il ressort que
les prestations appréciables en argent provenant de X.________ SA devraient
être considérées comme des revenus extraordinaires, partant ne tomberaient pas
dans la brèche de calcul et seraient imposables.

aa) La LI a introduit le système de
taxation postnumerando annuelle, en remplacement du système de taxation prænumerando bisannuelle, pour les personnes
physiques, dès la période fiscale 2003 (art. 271 et 272 LI). Il s'ensuit que
les deux années précédant le changement, soit 2001 et 2002, tombent dans une
brèche de calcul pour l'imposition du revenu (ATF 2C_468/2009 du 18 janvier
2010, consid. 2.1; 2C_387/2009 du 17 décembre 2009, consid. 3.1; 2C_900/2008 du
28 avril 2008, consid. 4.1). Dans la mesure où la déclaration d'impôt 2001-2002,
la dernière avant le passage au nouveau système de taxation, était basée sur
les revenus des années 1999 et 2000 et la suivante sur les revenus de l'année
2003, les revenus des années 2001 et 2002 n'ont pas été pris en compte à des
fins de taxation. Le passage d'un système à l'autre a ainsi entraîné une brèche
de calcul dont il a fallu corriger les effets pour éviter que des contribuables
touchant des revenus exceptionnellement élevés en 2001 et 2002 uniquement ne
soient favorisés en ce sens que ces revenus ne seraient jamais taxés (arrêt
FI.2009.0097 du 13 janvier 2010). Les art. 218 LIFD (abrogé par le ch. I/1 de
la loi fédérale du 22 mars 2013 sur la mise à jour formelle du calcul dans le
temps de l'impôt direct dû par les personnes physiques, avec effet au 1er
janvier 2014; RO 2013 2397) et 271ss LI régissent les conséquences du passage
de la taxation prænumerando à
postnumerando.

 Selon l'art. 218 al. 1 LIFD, pour
la première période fiscale suivant la modification mentionnée à l'art. 41
LIFD, la taxation relative à l'impôt sur le revenu des personnes physiques est
régie par le nouveau droit. L’art. 271 LI dispose, pour sa part, que les
dispositions relatives à la taxation annuelle des personnes physiques sont
applicables pour la première fois à la période fiscale 2003; les créances
fiscales relatives aux périodes fiscales antérieures et jusqu'à l'année 2002 y
compris demeurent régies par l'ancien droit. Les art. 218 al. 2 LIFD et 273 al.
1 LI prévoient que les revenus extraordinaires réalisés durant les deux années
précédentes ou lors d'un exercice clos au cours de ces années et qui tombent
ainsi dans la brèche de calcul sont soumis à un impôt annuel entier pour
l'année fiscale où ils ont été acquis, au taux correspondant  ces seuls
revenus. Sont en particulier considérés comme des revenus extraordinaires les
prestations en capital, les revenus de fortune non périodiques, les gains de
loterie et, par analogie avec l'art. 206 al. 3 LIFD, les revenus
extraordinaires provenant d'une activité lucrative indépendante (art. 218 al. 3
LIFD), les revenus non périodiques de fortune tels les revenus provenant de
l'aliénation ou du remboursement d'obligations à intérêt unique prédominant et
les dividendes de substance, les prestations en capital, les gains de loterie
(art. 27 let. e LI) et les revenus extraordinaires provenant de l'activité
lucrative indépendante tels que les bénéfices en capital réalisés, les
réévaluations comptables d'éléments de la fortune commerciale, les dissolutions
de provisions et de réserves, ainsi que les amortissements et provisions
justifiés par l'usage commercial qui ont été omis; il en va de même des revenus
inhabituellement élevés par rapport aux années antérieures en raison d'une
modification de la politique salariale de l'entreprise (cf. art. 273 al. 2 LI).
Dans la mesure où cette énumération n’est pas exhaustive, le législateur
vaudois, à l'instar d'autres législateurs cantonaux, en a déduit qu'une
certaine marge d'appréciation était laissée à l'autorité cantonale chargée
d'appliquer la loi. A cet égard, le Tribunal fédéral a confirmé que la notion
de revenu extraordinaire, reprise à l'art. 69 al. 3 LHID, était la même que
celle de l'art. 218 al. 3 LIFD (ATF 2A.439/2002 du 16 septembre 2003, consid.
1.2.1). Il est donc possible de se référer à l'art. 218 LIFD pour interpréter
la notion de revenu extraordinaire, la réglementation et le but poursuivi étant
identiques dans les deux lois (arrêt FI.2009.0029 du 13 mai 2009).  

bb) En l’espèce, l’autorité
intimée, se fondant sur l’arrêt FI.2009.0097 précité, a estimé que les
prestations appréciables en argent revêtaient toujours, par définition en
quelque sorte, un caractère extraordinaire. Elle a donc repris dans le revenu
des époux Y.________ toutes les prestations reçues de X.________ SA, y compris
durant la période de taxation 2001-2002bis. Les recourants le
contestent et il n’est pas certain que cette explication doive être suivie;
l’autorité intimée paraît donner à l’arrêt précité une portée dont il est
dépourvu. Le Tribunal cantonal a simplement constaté, dans le cas d’espèce qui
lui était alors soumis, que des revenus pour plus de 170'000 fr., devant être
considérés comme des prestations appréciables en argent puisqu’ils étaient liés
à la qualité d’associé du contribuable d’une S.àr.l., avaient été réalisés en
2002; il a donc estimé que ceux-ci présentaient un caractère non périodique. En
l’occurrence, les prestations reçues de X.________ SA par A. Y.________
présentent à l’inverse un caractère récurrent, puisqu’elles lui ont périodiquement
été servies et ceci, sans discontinuer jusqu’en 2006. Elles ne paraissent pas
inhabituellement élevées en 2001 et en 2002 par rapport aux années suivantes, ce
qu’illustre le tableau suivant, par comparaison:

	
  Libellé

  	
  Années de calcul

  
	
   

  	
  1999

  	
  2000

  	
  2001

  	
  2002

  	
  2003

  	
  2004

  	
  2005

  	
  2006

  
	
  Total des éléments soustraits

  	
  0

  	
  0

  	
  25’339

  	
  22’699

  	
  22’701

  	
  21’296

  	
  10’760

  	
  14’197

  
	
  Débiteur actionnaire (prêt simulé)

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  49’690

  	
  55’583

  	
  59’707

  	
  73’721

  	
  42’919

  
	
  Chiffre d’affaires de la raison individuelle réintégré
  dans X.________ 

  	
  8’167

  	
  10’500

  	
  10’500

  	
  10’500

  	
  10’500

  	
  3’500

  	
  3’500

  	
  3’500

  
	
  Total

  	
  8’167

  	
  10’500

  	
  35’839

  	
  82’889

  	
  88’784

  	
  84’503

  	
  87’981

  	
  60’616

  

La seule
différence entre les deux années ici en cause et les périodes subséquentes provient
du fait qu’à compter de l’année 2002, l’autorité intimée n’a plus accepté que
le compte-courant actionnaire augmente au-delà de 298'380 fr.95, ce qui
explique la reprise de 49'690 fr. en 2002 (cf. consid. 6i, supra). Quoi qu’il
en soit, même s’il est vrai que A. Y.________, de par sa position
d’administrateur et actionnaire unique de X.________ SA, était indiscutablement
à même d'influer sur les modalités de l'attribution des
versements de cette société, il n’apparaît pas qu’il ait, de ce fait, mis
volontairement à profit cette position pour exploiter la brèche de calcul, ceci
dans le but de diminuer sa propre imposition (v. sur ce point, Dieter Weber, in
Kommentar zum Schweizerischen Steuerrecht, op. cit., n° 33c ad art. 218 LIFD;
v. en outre par comparaison arrêt FI.2009.0029, déjà
cité, confirmé par ATF 2C_387/2009, déjà cité également).
Or, il s’agit là d’un critère permettant de retenir le caractère extraordinaire
d’un revenu (ATF 2C_387/2009 du 17 décembre 2009,
consid. 3.4). Dès lors, l’on retiendra que les prestations reçues de X.________
SA par A. Y.________ ne revêtaient pas un caractère extraordinaire et qu’elles sont
tombées dans la brèche de calcul. Le raisonnement adopté par l’autorité intimée
ne sera pas suivi et la reprise opérée au revenu déclaré par les époux Y.________
ne se justifie donc pas durant les années 2001-2002.

8.                               
a) Des considérants qui précèdent, il résulte
que les reprises à effectuer dans les comptes de X.________ SA s’établissent de
la manière suivante:

	
   

  	
  Libellé

  	
  Années de calcul et de taxation

  
	
   

  	
   

  	
  2001

  	
  2002

  	
  2003

  	
  2004

  	
  2005

  	
  2006

  	
  Totaux

  
	
   

  	
  Reprises sur le bénéfice

  
	
  1.

  	
  Eléments soustraits à reprendre

  
	
   

  	
  Prestations appréciables en argent en
  faveur de A. Y.________ et ses proches

  
	
  1.01

  	
  Chiffre d’affaires de la raison individuelle
  réintégré dans X.________ SA

  	
   

  8’500

  	
   

  8’500

  	
   

  8’500

  	
   

  1’500

  	
   

  1’500

  	
   

  1’500

  	
   

  30’000

  
	
  1.02

  	
  Honoraires en nature (VW Touareg)

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  
	
  1.03

  	
  Charges sociales (compte 5700)

  	
  398

  	
  398

  	
  432

  	
  432

  	
  432

  	
  432

  	
  2’524

  
	
  1.04

  	
  Frais de véhicule (compte 6'200)

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  
	
  1.05

  	
  Assurances (compte 6300)

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  1’206

  
	
  1.06

  	
  Frais de bureau (compte 6500)

  	
  0

  	
  1’188

  	
  3’620

  	
  3’300

  	
  2’863

  	
  4’765

  	
  15’736

  
	
  1.07

  	
  Avocats, notaires, fiduciaire, OP (compte 6530)

  	
  0

  	
  6’196

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  6’196

  
	
  1.08

  	
  Frais de représentation

  	
  12’240

  	
  14’716

  	
  14’688

  	
  14’863

  	
  4’764

  	
  6’299

  	
  67’570

  
	
   

  	
  Autres

  
	
  1.11

  	
  Amendes impôts (compte 8900)

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  300

  	
  300

  
	
   

  	
  Total des éléments soustraits

  	
  21’339

  	
  31’199

  	
  27’441

  	
  20’296

  	
  9’760

  	
  13’497

  	
  123’532

  
	
  2.

  	
  Elements non soustraits à reprendre

  
	
   

  	
  Provisions à caractère de réserve

  
	
  2.01

  	
  Provision informatique, charges futures (compte 2760)

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  30’000

  	
  30’000

  	
  60’000

  
	
  2.02

  	
  Provision matériel de bureau, charges futures (compte
  2765)

  	
  0 

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  20’000

  	
  20’000

  	
  40’000

  
	
   

  	
  Prestations appréciables en argent en
  faveur de A. Y.________ et ses proches

  
	
  2.03

  	
  Débiteur actionnaire (compte 1460), intérêts
  comptabilisés sur prêt simulé

  	
  0

  	
  -1’259

  	
  -2’169

  	
  -3’541

  	
  -5’042

  	
  -7’724

  	
  -19’735

  
	
   

  	
  Autres

  
	
  2.04

  	
  Amortissement sur terrain de 4******** non justifié

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  
	
   

  	
  Total des éléments non soustraits

  	
  0

  	
  -1’259

  	
  -2’169

  	
  -3’541

  	
  44’958

  	
  42’276

  	
  80’265

  
	
   

  	
  Total des reprises sur le bénéfice

  	
  21’339

  	
  29’940

  	
  25’272

  	
  16’755

  	
  54’718

  	
  55’773

  	
  203’802

  
	
   

  
	
   

  	
  Reprises sur le capital

  
	
  2.

  	
  Eléments non soustraits à reprendre

  
	
   

  	
  Provisions à caractère de réserve

  
	
  2.01

  	
  Provision informatique, charges futures (compte 2760)

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  30’000

  	
  60’000

  	
  90’000

  
	
  2.02

  	
  Provision matériel de bureau, charges futures (compte
  2765)

  	
  0 

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  20’000

  	
  40’000

  	
  60’000

  
	
   

  	
  Autres

  
	
  2.03

  	
  Débiteur actionnaire (compte 1460), intérêts
  comptabilisés sur prêt simulé

  	
  0

  	
  -49’690

  	
  -105’273

  	
  -164’980

  	
  -238’251

  	
  -281’170

  	
  -839’364

  
	
  2.04

  	
  Amortissement sur terrain de 4******** non justifié

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  
	
   

  	
  Total des éléments non soustraits

  	
  0

  	
  -49’690

  	
  -105’273

  	
  -164’980

  	
  -188’251

  	
  -181’170

  	
  -689’364

  
	
   

  	
  Total des reprises sur le capital

  	
  0

  	
  -49’690

  	
  -105’273

  	
  -164’980

  	
  -188’251

  	
  -181’170

  	
  -689’364

  

Bien qu’une petite partie
seulement des griefs soulevés par X.________ SA soit en définitive admise (le
montant des reprises au bénéfice maintenues s’élève à 203'802
fr., alors que la décision initiale retenait un montant total de 217'057 fr.),
ces constatations conduiront toutefois à l’annulation de la décision sur
réclamation attaquée par X.________ SA. Il appartiendra dès lors à l’autorité
intimée, au vu de ce qui précède, de recalculer les montants d’impôts dus par
la recourante et de lui notifier une nouvelle décision en ce sens.

b) De même, s’agissant des époux Y.________, les
reprises à opérer à leur revenu et leur fortune imposables sont les suivantes:

	
   

  	
  Libellé

  	
  Années de calcul

  
	
   

  	
   

  	
  1999

  	
  2000

  	
  2001

  	
  2002

  	
  2003

  	
  2004

  	
  2005

  	
  2006

  	
  Totaux

  
	
   

  	
  Reprises sur le revenu

  
	
  1.

  	
  Eléments soustraits à reprendre

  
	
  1.01

  	
  Prestations appréciables en argent en
  faveur de X.________ SA

  
	
   

  	
  Honoraires en nature (VW Touareg)

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  0

  	
   

  	
  0

  
	
   

  	
  Charges sociales 

  	
   

  	
   

  	
  398

  	
  398

  	
  432

  	
  432

  	
  432

  	
  432

  	
  2’524

  
	
   

  	
  Frais de véhicule 

  	
   

  	
   

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  
	
   

  	
  Assurances

  	
   

  	
   

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  201

  	
  1’206

  
	
   

  	
  Frais de bureau

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  1’188

  	
  3’620

  	
  3’300

  	
  2’863

  	
  4’765

  	
  15’736

  
	
   

  	
  Avocats, notaires, fiduciaire, OP (compte 6530)

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  6’196

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  6’196

  
	
   

  	
  Frais de représentation

  	
  0

  	
   

  	
  12’240

  	
  14’716

  	
  14’688

  	
  14’863

  	
  4’764

  	
  6’299

  	
  67’570

  
	
  1.02

  	
  Honoraires d’administration non déclarés

  
	
   

  	
  Z.________ SA

  	
  0

  	
  0

  	
  12’500

  	
  0

  	
  2’500

  	
  2’500

  	
  2’500

  	
  2’500

  	
  22’500

  
	
   

  	
  Total des éléments soustraits

  	
  0

  	
  0

  	
  25’339

  	
  22’699

  	
  21’441

  	
  21’296

  	
  10’760

  	
  14’197

  	
  115’732

  
	
   2.

  	
  Eléments non soustraits à reprendre

  
	
  2.01

  	
  Prestations appréciables en argent en
  faveur de X.________ SA

  
	
   

  	
  Débiteur actionnaire (prêt simulé)

  	
  0

  	
  0

  	
  0

  	
  49’690

  	
  55’583

  	
  59’707

  	
  73’721

  	
  42’919

  	
  281’170

  
	
   

  	
  Chiffre d’affaires de la raison individuelle réintégré
  dans X.________

  	
  6’167

  	
  8’500

  	
  8’500

  	
  8’500

  	
  8’500

  	
  1’500

  	
  1’500

  	
  1’500

  	
  44’667

  
	
   

  	
  Autres

  
	
  2.02

  	
  Train de vie insuffisant selon évolution de fortune

  	
  0

  	
  0

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  0

  
	
  2.03

  	
  Revenu provenant d’une activité lucrative
  indépendante non admis

  	
  4’154

  	
  2’228

  	
   

  	
   

  	
  1’853

  	
  8’887

  	
  6’387

  	
  6’387

  	
  29’896

  
	
  2.04

  	
  Gains accessoires annoncés

  	
  -448

  	
  -1’101

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  -10’710

  	
  -12’259

  
	
   

  	
  Gains accessoires imposés

  	
  373

  	
  983

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
   

  	
  1’710