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**Case Identifier:** e8b399ce-0bdc-5ada-a3be-0fe81bdb8ac5
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-03-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 26.03.2024 A/3758/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3758-2023_2024-03-26.pdf

## Full Text

Siégeant : Joanna JODRY, Présidente; Saskia BERENS TOGNI et Pierre-Bernard 
PETITAT, Juges assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 
. 1  C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/3758/2023 ATAS/193/2024 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 26 mars 2024 

Chambre 10 

 

En la cause 

A______ 

 

 

recourant 

 

contre  

SWICA ASSURANCES SA 

 

 

intimée 

 

 
 
 

 

A/3758/2023 

- 2/9 - 

EN FAIT 

 

 Monsieur A______, né le ______ 2004, a été engagé par B______ Sàrl en 
qualité d’apprenti spécialiste en restauration à partir du 29 août 2022. À ce titre, il 
est assuré contre les accidents professionnels et non professionnels auprès de 
Swica Assurances SA (ci-après : l’assureur). 

b. Par déclaration d’accident du 21 juin 2023, l’assuré a indiqué avoir subi une 
contusion au niveau de la main gauche le 3 juin 2023. Lors d’un « match de 
saison régulier », il avait ressenti une douleur à la main gauche au début de la 
seconde mi-temps. Il était depuis lors en incapacité de travail. 

c. Le 3 juin 2023, l’assuré a consulté la docteure C______, médecin à la Clinique 
et Permanence d’Onex, laquelle a signé un arrêt de travail et établi une 
prescription médicamenteuse. 

d. Suite à des radiographies du scaphoïde gauche réalisées le 3 juin 2023, la 
docteure D______, spécialiste FMH en radiologie, a conclu à une probable 
fracture du tiers moyen du scaphoïde gauche. 

e. Compte tenu de cette suspicion de fracture, un examen tomodensitométrique a 
été réalisé le 9 juin 2023, lequel s’est révélé dans les limites de la norme et n’a pas 
révélé de fracture objective. 

f. Le 15 juin 2023, une prescription de physiothérapie a été remise à l’assuré en 
raison d’une entorse scapho-lunaire, afin d’améliorer les fonctions articulaires et 
musculaires. 

g. Le 29 juin 2023, l’assuré a répondu à un questionnaire de l’assureur. Invité à 
décrire de façon détaillée l’événement, il a noté : « Douleur à la main ciblée vers 
la zone du pouce survenue pendant un match de football américain. Après avoir 
joué le match en étant convaincu que la douleur était passagère, je suis allé 
demander un diagnostic aux samaritains présents sur place, je me suis rendu à la 
permanence sous leurs conseils ». Il a précisé qu’aucun « événement particulier » 
(« glissade, chute, choc, etc. ») n’était survenu et qu’il s’agissait d’une répétition 
de chocs dans le cadre du match. Il avait pu reprendre le travail le 26 juin 2023 et 
le traitement était terminé. 

h. Par rapport du 4 juillet 2023, la Dre C______ a indiqué avoir été consultée le 
3 juin 2023. Elle avait constaté une tuméfaction diffuse à la base du pouce gauche, 
ainsi que des douleurs et une impotence fonctionnelle. Elle avait suspecté une 
fracture non déplacée de l’os scaphoïde, diagnostic qui n’avait toutefois pas été 
retrouvé lors des examens complémentaires. Elle a ainsi conclu à une contusion 
osseuse. S’agissant des indications du patient, elle a relaté que ce dernier avait 
reçu plusieurs chocs lors d’un match de football américain, et ressenti une douleur 
importante à la base du pouce gauche. 

 
 
 

 

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 Par décision du 28 juillet 2023, l’assureur a nié le droit de l’assuré à des 
prestations. Il a considéré que l’événement annoncé n’était pas consécutif à un 
accident au sens de la loi, car aucune atteinte n’avait été portée au corps humain 
par une cause extérieure extraordinaire. Il ne s’était pas produit d’action violente 
extérieure, inhabituelle et involontaire, qui aurait causé les troubles invoqués. En 
outre, l’atteinte survenue ne constituait pas une lésion corporelle donnant droit à 
des prestations. L’examen d’une obligation de prise en charge des frais de 
traitement incombait à l’assureur-maladie, auquel copie de la décision était 
adressée. 

b. Le 3 août 2023, l’assuré a formé opposition à l’encontre de la décision précitée. 
Il a indiqué avoir subi de violents coups, suivis d’une grave chute qui lui avait 
causé l’entorse de son pouce gauche lors du match du 3 juin 2023. Sur le moment, 
il ne s’était pas rendu chez les samaritains, pensant que la douleur était passagère. 
Sa main gauche ayant gonflé et continuant à lui faire très mal, il avait consulté les 
samaritains présents afin d’obtenir un diagnostic trente minutes après la fin du 
match. Sur leurs conseils, il s’était rendu aux urgences à Onex, où la Dre C______ 
avait soupçonné une fracture. Il s’était avéré qu’il avait subi une entorse. Il avait 
été plâtré et avait bénéficié d’une ordonnance de physiothérapie, pour neuf 
séances. Le 22 juin 2023, lors de l’établissement du formulaire de l’assureur, il 
avait répondu de manière simple en mettant l’accent sur la douleur en lieu et place 
de l’accident. En conclusion, les violents coups subis lors du match étaient des 
facteurs extérieurs extraordinaires, car ils excédaient clairement les événements et 
les situations quotidiennes ou habituelles. Les coups avaient entraîné des 
conséquences inattendues sur le corps, puisqu’il y avait eu une entorse qui avait 
entraîné un arrêt de travail et une nécessité de mise en plâtre. Il s’agissait 
clairement d’un accident, et non d’une usure ou d’une maladie. 

c. Par décision sur opposition du 19 octobre 2023, l’assureur a rejeté l’opposition, 
retenant que la déclaration d’accident et les réponses au questionnaire n’avaient 
pas fait état d’une chute, mais seulement de chocs inhérents à tout match de 
football américain. Les déclarations ultérieures ne pouvaient dès lors pas être 
retenues. L’événement du 3 juin 2023 ne répondait pas à la notion d’accident. Par 
ailleurs, une lésion assimilée n’était pas attestée médicalement. 

 Par acte du 13 novembre 2023, l’assuré a interjeté recours contre la décision du 
19 octobre 2023 par-devant la chambre des assurances sociales de la Cour de 
justice (ci-après : la chambre de céans). Il a conclu que l’événement annoncé 
constituait un accident, et non pas un cas de maladie. Il n’avait pas modifié ses 
premières déclarations, mais apporté des précisions sur les circonstances de son 
accident. Il n’avait pas signalé d’événement particulier dans le questionnaire, car 
tout le monde savait que le football américain était un sport de contact et qu’il 
était fréquent de recevoir des coups pouvant entraîner une blessure. La cause 
initiale de l’accident était un premier coup reçu avec une grosse douleur, suivi 
d’autres chocs durant la partie, raison pour laquelle il n’avait pas mentionné la 

 
 
 

 

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chute qui l’avait définitivement fait arrêter le match. Tout le monde pouvait se 
tromper, comme en attestaient les erreurs contenues dans la décision litigieuse, 
qui mentionnait qu’il avait été blessé au coude gauche, et non pas au pouce 
gauche, et que le sinistre était survenu le 3 juin 2020, et non pas le 3 juin 2023. 

À l’appui de son recours, l’intéressé a produit un certificat médical établi par le 
docteur E______, spécialiste FMH en pédiatrie, lequel a confirmé que le 
recourant n’avait jamais eu de problème médical à sa main gauche jusqu’à son 
accident sportif du 3 juin 2023. 

b. Dans sa réponse du 7 décembre 2023, l’intimée a conclu au rejet du recours. Le 
recourant avait fait valoir que sa blessure était survenue suite à un ou plusieurs 
chocs intervenus dans le cadre d’un match de football américain. S’agissant d’une 
blessure liée à des chocs inhérents à ce sport de contact, il n’y avait pas 
d’événement particulier qui pouvait être retenu. Faute d’événement extérieur 
extraordinaire particulier, la notion juridique d’accident n’était manifestement pas 
remplie. Par ailleurs, l’examen du 9 juin 2023 n’avait pas révélé de lésion 
corporelle assimilée. Elle avait donc refusé à bon droit d’allouer des prestations 
pour l’événement du 3 juin 2023. 

c. Dans sa réplique du 29 décembre 2023, le recourant a persisté dans ses 
conclusions. Il s’était présenté à la permanence d’Onex parce qu’il était accidenté, 
et non pas malade. Il soupçonnait une cassure, une fissure ou un déboîtement de 
son pouce gauche. Même s’il avait répondu négativement à la question portant sur 
l’existence d’un événement particulier, il avait, en face de la case « oui », apposé 
un commentaire très clair et signalé la répétition de chocs. Par ailleurs, la  
Dre C______, qui avait mentionné exactement les mêmes propos que lui 
s’agissant de l’événement, avait considéré qu’il s’agissait bien d’un accident. Tout 
comme le médecin qui avait effectué la prescription de physiothérapie ou encore 
l’auteur de l’ordonnance pour les médicaments. Il ne se contredisait donc pas.  

d. Le 12 janvier 2024, l’intimée a également persisté dans ses conclusions, 
rappelant que l’examen tomodensitométrique du 9 juin 2023 avait précisément 
exclu une fracture. Il résultait clairement de la déclaration d’accident et des 
réponses au questionnaire qu’il n’y avait manifestement pas eu d’événement 
particulier, étant souligné que des chocs étaient inhérents au football américain, 
lequel était issu du rugby et prévoyait notamment l’octroi de points en plaquant le 
porteur de l’équipe adverse. Quant à une chute, elle avait été expressément niée 
dans le questionnaire. 

e. Le 29 janvier 2024, le recourant a souligné que la probable fracture avait été 
relevée par la Dre D______ dans son rapport du 3 juin 2023. Il fallait donc 
prendre en compte la remarque concernant la structure osseuse. Il avait 
involontairement omis de signaler la chute. 

f. Copie de cette écriture a été adressée à l’intimée. 

 

 
 
 

 

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EN DROIT 

 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 5 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05), la chambre des assurances sociales de la Cour 
de justice connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi 
fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 
(LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale sur l'assurance-accidents, du  
20 mars 1981 (LAA - RS 832.20). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. À teneur de l'art. 1 al. 1 LAA, les dispositions de la LPGA s'appliquent à 
l'assurance-accidents, à moins que la loi n'y déroge expressément. 

3. Le 1er janvier 2021 est entrée en vigueur la modification du 21 juin 2019 de la 
LPGA. Le recours ayant été interjeté postérieurement au 1er janvier 2021, il est 
soumis au nouveau droit (cf. art. 82a LPGA a contrario). 

4. La modification du 25 septembre 2015 de la LAA est entrée en vigueur le 
1er janvier 2017. Dans la mesure où l’événement litigieux est survenu après cette 
date, le droit du recourant aux prestations d'assurance est soumis au nouveau droit 
(cf. dispositions transitoires relatives à la modification du 25 septembre 2015 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 8C_662/2016 du 23 mai 2017 consid. 2.2). Les 
dispositions légales seront citées ci-après dans leur teneur en vigueur depuis le 
1er janvier 2017. 

5. Le délai de recours est de trente jours (art. 56 LPGA ; art. 62 al. 1 de la loi sur la 
procédure administrative du 12 septembre 1985 [LPA - E 5 10]).  

Interjeté dans la forme et le délai prévus par la loi, le recours est recevable. 

6. Le litige porte sur la question de savoir si l'événement du 3 juin 2023 peut être 
qualifié d'accident ou être assimilé à un accident.  

7. Aux termes de l'art. 6 LAA, l'assureur-accidents verse des prestations à l'assuré en 
cas d'accident professionnel, d'accident non professionnel et de maladie 
professionnelle. Par accident, on entend toute atteinte dommageable, soudaine et 
involontaire, portée au corps humain par une cause extérieure extraordinaire qui 
compromet la santé physique, mentale ou psychique ou qui entraîne la mort 
(art. 4 LPGA). 

7.1 La notion d'accident se décompose ainsi en cinq éléments ou conditions, qui 
doivent être cumulativement réalisés : une atteinte dommageable ; le caractère 
soudain de l'atteinte ; le caractère involontaire de l'atteinte ; le facteur extérieur de 
l'atteinte ; enfin, le caractère extraordinaire du facteur extérieur. Il suffit que l'un 
d'entre eux fasse défaut pour que l'événement ne puisse pas être qualifié d'accident 
(ATF 142 V 219 consid. 4.31 ; ATF 129 V 402 consid. 2.1 et les références ; arrêt 
du Tribunal fédéral 8C_159/2023 du 9 novembre 2023 consid. 3.1).  

 
 
 

 

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7.2 Suivant la définition même de l'accident, le caractère extraordinaire de 
l'atteinte ne concerne pas les effets du facteur extérieur, mais seulement ce facteur 
lui-même. Dès lors, il importe peu que le facteur extérieur ait entraîné des 
conséquences graves ou inattendues. Pour admettre la présence d’un accident, il 
ne suffit pas que l’atteinte à la santé trouve sa cause dans un facteur extérieur. 
Encore faut-il que ce facteur puisse être qualifié d’extraordinaire. Cette condition 
est réalisée lorsque le facteur extérieur excède le cadre des événements et des 
situations que l'on peut objectivement qualifier de quotidiens ou d'habituels, 
autrement dit des incidents et péripéties de la vie courante (ATF 134 V 72  
consid. 4.1 ; ATF 129 V 402 consid. 2.1). Pour des lésions dues à l'effort 
(soulèvement, déplacement de charges notamment), il faut examiner de cas en cas 
si l'effort doit être considéré comme extraordinaire, en tenant compte de la 
constitution physique et des habitudes professionnelles ou autres de l'intéressé 
(arrêt du Tribunal fédéral 8C_827/2017 du 18 mai 2018 consid. 2.1). Il n'y a pas 
d'accident, au sens de ce qui précède, lorsque l'effort en question ne peut entraîner 
une lésion qu'en raison de facteurs maladifs préexistants, car c'est alors une cause 
interne qui agit, tandis que la cause extérieure – souvent anodine – ne fait que 
déclencher la manifestation du facteur pathologique (ATF 116 V 136 consid. 3b). 
Selon la jurisprudence, le critère du facteur extraordinaire extérieur peut résulter 
d'un « mouvement non coordonné ». Lors d'un mouvement corporel, l'exigence 
d'une incidence extérieure est en principe remplie lorsque le déroulement naturel 
d'un mouvement corporel est influencé par un empêchement « non programmé », 
lié à l'environnement extérieur. Dans le cas d'un tel mouvement non coordonné, 
l'existence du facteur extérieur doit être admise, parce que le facteur extérieur – la 
modification entre le corps et l'environnement extérieur – constitue en même 
temps le facteur extraordinaire en raison du déroulement non programmé du 
mouvement (ATF 130 V 117 consid. 2.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 8C_159/2023 
du 9 novembre 2023 consid. 3.2 et les références). On peut ainsi retenir à titre 
d'exemples de facteurs extérieurs extraordinaires le fait de trébucher, de glisser ou 
de se heurter à un objet (RAMA 2004 n° U 502 p. 184 consid. 4.1 ; RAMA 1999 
n° U 345 p. 422 consid. 2b).  

7.3 Pour les accidents survenus dans l'exercice du sport, l'existence d'un 
événement accidentel doit être niée lorsque et dans la mesure où le risque inhérent 
à l'exercice sportif en cause se réalise. Autrement dit, le caractère extraordinaire 
de la cause externe doit être nié lorsqu'une atteinte à la santé se produit alors que 
le sport est exercé sans que survienne un incident particulier (arrêt du Tribunal 
fédéral 8C_410/2017 du 22 mars 2018 consid. 3.2). 

À titre d'exemples, le critère du facteur extérieur extraordinaire a été admis dans le 
cas d'une charge contre la balustrade subie par un hockeyeur (ATF 130 V 117 
précité consid. 3), d'une réception au sol manquée par un gymnaste lors d'un  
« saut de carpe » (arrêt du Tribunal fédéral des assurances U 43/92 du  
14 septembre 1992 consid. 3b, in RAMA 1992 n° U 156 p. 258), ou encore dans 

 
 
 

 

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le cas d'un skieur dans un champ de bosses qui, après avoir perdu le contrôle de 
ses skis en raison d'une plaque de glace, aborde une nouvelle bosse qui le soulève 
et le fait retomber lourdement au sol (arrêt du Tribunal fédéral des assurances  
U 114/97 du 18 mars 1999, in RAMA 1999 n° U 345 p. 420).  

En revanche, il a été nié dans le cas d’un joueur de volley-ball se blessant lors 
d’un saut ou à la suite de la réception d’un smash (arrêt du Tribunal fédéral des 
assurances U 199/03 du 10 mai 2004) et dans celui d'un duel entre deux joueurs 
lors d'un match de basket-ball, lors duquel l'un est « touché » au bras tendu devant 
le panier par l'autre et se blesse à l'épaule en réagissant à cette action du joueur 
adverse (arrêt du Tribunal fédéral 8C_835/2013 du 28 janvier 2014 consid. 5, in 
SVR 2014 UV n° 21 p. 67). Celui qui pratique le jiu-jitsu et qui se blesse lors 
d’une roulade n’est pas victime d’un accident (arrêt du Tribunal fédéral 
8C_189/2010 du 9 juillet 2010), tout comme le gymnaste qui se blesse à la 
réception d’un saut périlleux arrière (arrêt du Tribunal fédéral des assurances  
U 134/00 du 21 septembre 2001). Le Tribunal fédéral a également considéré, dans 
le cas d’un cavalier qui s’était blessé lors de la chute d’un cheval, qui avait 
simplement trébuché, qu’il s’agissait d’un risque inhérent (arrêt du Tribunal 
fédéral des assurances U 296/05 du 14 février 2006). 

8. Le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf dispositions contraires de 
la loi, sur les faits qui, faute d’être établis de manière irréfutable, apparaissent 
comme les plus vraisemblables, c’est-à-dire qui présentent un degré de 
vraisemblance prépondérante. Il ne suffit donc pas qu’un fait puisse être considéré 
seulement comme une hypothèse possible. Parmi tous les éléments de fait allégués 
ou envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui paraissent les 
plus probables (ATF 126 V 353 consid. 5b et les références ; ATF 125 V 193 
consid. 2 et les références ; cf. ATF 130 III 321 consid. 3.2 et 3.3 et les 
références). Aussi n’existe-t-il pas, en droit des assurances sociales, un principe 
selon lequel l’administration ou le juge devrait statuer, dans le doute, en faveur de 
l’assuré (ATF 135 V 39 consid. 6.1 et la référence). 

Les explications d'un assuré sur le déroulement d'un fait allégué sont au bénéfice 
d'une présomption de vraisemblance. Il peut néanmoins arriver que les 
déclarations successives de l'intéressé soient contradictoires avec les premières. 
En pareilles circonstances, selon la jurisprudence, il convient de retenir la 
première affirmation, qui correspond généralement à celle que l'assuré a faite alors 
qu'il n'était pas encore conscient des conséquences juridiques qu'elle aurait, les 
nouvelles explications pouvant être, consciemment ou non, le produit de 
réflexions ultérieures (ATF 143 V 168 consid. 5.2.2 et les références ; arrêt du 
Tribunal fédéral 8C_662/2016, déjà cité, consid. 4.3). 

Le Tribunal fédéral a admis qu'un questionnaire dépourvu de tout commentaire 
explicatif, que doit remplir un assuré à la suite d'un accident, ne permet pas 
d'exclure la survenance d'un événement particulier, même si l'assuré n'en fait pas 

 
 
 

 

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expressément mention lorsqu'il remplit le questionnaire (arrêt du Tribunal fédéral 
8C_496/2007 du 29 avril 2008 consid. 4). 

9. En l’espèce, l’intimée nie l’existence d’un accident le 3 juin 2023, singulièrement 
la présence d’un facteur extérieur extraordinaire, ce que conteste le recourant.  

9.1 Dans ses premières déclarations, le recourant n’a signalé aucune circonstance 
particulière. Il a en effet mentionné, dans l’annonce de sinistre du 21 juin 2023, 
l’apparition d’une douleur à la main gauche au début de la seconde mi-temps, sans 
faire état du moindre événement inhabituel. Dans le questionnaire complémentaire 
signé le 29 juin 2023, il a indiqué la survenance d’une douleur « pendant » le 
match. Expressément interrogé sur l’existence d’un événement particulier, tels 
qu’une glissade, une chute ou un choc, il a répondu par la négative, précisant qu’il 
y avait eu une « répétition de chocs » dans le cadre du match. La Dre C______, 
première médecin consultée, a également rapporté que le patient avait reçu 
« plusieurs chocs » durant le match et avait ressenti une douleur importante.  

Ce n’est qu’après le prononcé de la décision du 28 juillet 2023 que le recourant a 
fait état de « violents coups suivis d’une grave chute ». Ces nouvelles indications 
ne sauraient être considérées comme de simples précisions ou des informations 
complémentaires. Elles sont clairement contraires à ses précédentes explications, 
de sorte que la préférence doit être accordée aux premières déclarations fournies 
par le recourant, alors qu’il en ignorait la portée. 

9.2 Comme retenu à juste titre par l’intimée, les chocs sont inhérents à la pratique 
du football américain, qui est un sport de contact dérivé du rugby.  

Dès lors que le match s’est déroulé dans des conditions familières pour le 
recourant, en l’absence de tout incident particulier, inhabituel ou imprévu, 
l’intimée était fondée à considérer que la répétition des chocs subis au niveau de 
la main ne peut pas être qualifiée d'exceptionnelle. Le risque inhérent à l'exercice 
sportif en cause s’est donc réalisé, dans le cadre ordinaire d’un match. 

Partant, il y a lieu de nier le caractère extraordinaire de la cause externe, et donc 
l'existence d'un événement accidentel. 

Enfin, la chambre de céans relèvera à toutes fins utiles que l’origine accidentelle 
de la lésion mentionnée dans certaines pièces médicales est sans pertinence. 

10. Au vu de ce qui précède, le recours est rejeté.  

Pour le surplus, la procédure est gratuite (art. 61 let. fbis LPGA a contrario).  

 

 

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110) ; le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Nathalie KOMAISKI 

 La présidente 
 
 
 
 

Joanna JODRY 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
de la santé publique par le greffe le