# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 4cc1eb26-b687-51ae-a59f-3a30e8ee48f2
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2007-03-09
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 09.03.2007 CR.2006.0367
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_CR-2006-0367_2007-03-09.html

## Full Text

CANTON DE VAUD

  TRIBUNAL
  ADMINISTRATIF

  
	
   

  	
  Arrêt du 9 mars 2007 

  
	
  Composition

  	
  Pierre Journot, président;  Jean-Claude
  Favre et Jean-Daniel Henchoz, assesseurs. Greffier: Christophe Baeriswyl.

  

 

	
  recourant

  	
   

  	
  X.________, à ********, 

  

   

	
  autorité intimée

  	
   

  	
  Service des automobiles et de la
  navigation, à
  Lausanne,

  

   

 

	
  Objet

  	
  retrait de permis de conduire (admonestation)

  
	
   

  	
  Recours X.________ c/ décision du Service des automobiles
  et de la navigation du 7 août 2006 (retrait de six mois)

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
X.________, né le ********, est titulaire d’un permis de
conduire pour voitures depuis 1986. Il ressort du fichier des mesures
administratives qu’il a fait l’objet d’un retrait d’une durée d’un mois pour
excès de vitesse commis le 29 août 2005 (infraction qualifiée de moyennement
grave selon décision du 5 décembre 2005 du Service des automobiles), exécuté du
29 mai au 28 juin 2006.

B.                              
Pendant l'exécution de cette mesure, le 5 juin 2006, le
garde-frontière de la douane de Bardonnex a avisé la gendarmerie genevoise qu’il
avait contrôlé, lors de son entrée en Suisse, X.________, conducteur et
détenteur du véhicule VD 1********, et qu’il a constaté, après les
vérifications d’usage, que ce dernier faisait l’objet d’une mesure de retrait
du permis de conduire. 

Dans sa déposition faite à la gendarmerie, X.________
a admis avoir circulé au volant d’un véhicule automobile, alors qu’il était
sous le coup d’une mesure de retrait du permis de conduire.

C.                              
Par préavis du 24 juillet 2006, le Service des automobiles
a informé X.________ qu’il envisageait de prononcer une mesure de retrait du
permis de conduire à son encontre et l’a invité à lui faire part de ses
éventuelles observations.

Par lettre du 26 juillet 2006, l’intéressé a
expliqué qu’il avait pris la décision de conduire exceptionnellement malgré le
retrait de son permis, afin de rapatrier une personne, accidentée et
hospitalisée à Nîmes le jour précédant, à l’hôpital du CHUV, à Lausanne, pour
qu’elle puisse y passer un scanner. 

D.                              
Par décision du 7 août 2006, le Service des automobiles a
ordonné le retrait du permis de conduire de X.________ pour une durée de six
mois, dès le 3 février 2007 jusqu’au 9 juillet 2007 y compris. Il a indiqué
qu’au vu de l’art. 16c al. 3 LCR, il avait tenu compte de la période exécutée
depuis la date de l’infraction (le 5 juin 2006) jusqu’à la date de restitution
du permis de conduire (le 28 juin 2006).

E.                              
X.________ a recouru contre cette décision en date du 17
août 2006. Il se réfère aux explications figurant dans sa lettre du 26 juillet
2006 et soutient qu’il devrait bénéficier de circonstances atténuantes. Il estime
qu’un retrait de trois mois pour la faute commise serait adéquat au vu de ses
antécédents et de son activité professionnelle.

Le recourant s’est acquitté de l’avance de frais
requise dans le délai imparti.

Par décision incidente du 29 août 2006, le juge
instructeur a octroyé un effet suspensif au recours.

L’autorité intimée s’est déterminée sur le recours
en date du 24 octobre 2006 et a conclu à son rejet et au maintien de la
décision attaquée. Elle relève qu’elle aurait dû toutefois déduire de la mesure
prononcée un nombre de jours correspondant à la période comprise entre la date
de l’infraction et dernier jour d’exécution de la précédente mesure.

Le tribunal a imparti un délai au Service des
automobiles pour rendre une nouvelle décision formelle modifiant la décision
attaquée en ce sens que le nombre de jours correspondant à la période indiquée
dans sa réponse est déduit de la mesure prononcée à l’encontre du recourant.

Par lettre du 31 octobre 2006, l’autorité intimée a
indiqué qu’elle avait en réalité déjà tenu compte de la période en question dans
sa décision du 7 août 2006 et qu’une nouvelle décision ne se justifiait dès
lors pas.

Aucune des parties n’ayant requis un complément
d’instruction ou la tenue d’une audience, le tribunal a délibéré par voie de
circulation et décidé de rendre le présent arrêt.

Considérant en droit

1.                               
Les faits litigieux se sont déroulés le 5 juin 2006, de
sorte que les nouvelles dispositions de la LCR régissant le retrait
d’admonestation du permis de conduire, entrées en vigueur le 1er janvier
2005, sont applicables en l’espèce. Il en allait d'ailleurs de même lors de
l'infraction précédente qui avait motivé le retrait en cours d'exécution lors
de la nouvelle infraction.

2.                               
Aux termes de l’art. 16c al. 1 lit. f LCR, commet une
infraction grave la personne qui conduit un véhicule automobile alors que le
permis de conduire lui a été retiré. L’art. 16c al. 2 LCR dispose qu’après une
infraction grave, le permis de conduire est retiré pour trois au minimum (lit.
a); pour six mois au minimum si, au cours des cinq années précédentes, le
permis a été retiré une fois en raison d’une infraction moyennement grave (lit.
b); pour douze mois au minimum si, au cours des cinq années précédentes, le
permis a été retiré une fois en raison d’une infraction grave ou à deux
reprises en raison d’infractions moyennement graves (lit. c). L’art. 16c al. 3
LCR indique encore que la durée du retrait du permis en cas de conduite sous
retrait se substitue à la durée restante du retrait en cours.

Cette réglementation diffère de l'ancien droit qui
prévoyait un retrait supplémentaire indépendant pour une durée minimale de six
mois en cas de conduite malgré le retrait du permis (art. 17 al. 1 lit. c aLCR).
Le nouveau droit signifie concrètement qu’en cas de conduite malgré le retrait,
la durée restante du retrait en cours est remplacée par un nouveau retrait qui
tient compte de l’antécédent, le retrait en cours étant réputé subi et
constituant un antécédent immédiatement aggravant dans le système des "cascades"
(Cédric Mizel, Les nouvelles dispositions légales sur le retrait du permis de
conduire, in RDAF 2004 p. 397 n. 62; Message du Conseil fédéral, FF 1999 p.
4134 ss). Lorsque le retrait en cours d'exécution au moment de l'infraction est
le seul antécédent qui entre en considération, il en résulte, comme l'indique
le Service des automobiles dans sa réponse du 24 octobre 2006, que le retrait à
prononcer selon l'art. 16c al. 2 LCR pour l'infraction de conduite malgré le
retrait durera:

-    trois mois au minimum si l'infraction précédente
était légère (lit. a)

-    six mois au minimum si l'infraction précédente était
moyennement grave (lit. b)

-    douze mois au minimum si l'infraction précédente
était grave (lit. c; cette dernière hypothèse est expressément envisagée par le
Message du Conseil fédéral, FF 1999 p. 4136).

3.                               
En l’espèce, le recourant ne conteste pas avoir conduit un
véhicule automobile alors qu'il était sous le coup d'un retrait de son permis
de conduire. Il estime toutefois qu’il devrait bénéficier de circonstances
atténuantes. Il explique à cet égard qu’il a décidé de conduire exceptionnellement
malgré le retrait de son permis, pour rapatrier une personne, accidentée et
hospitalisée le jour précédent, à l’hôpital du CHUV, à Lausanne, afin qu’elle
puisse y passer un scanner. Il se prévaut en quelque sorte d’un état de
nécessité au sens de l’art. 17 CP (qui a remplacé le 1er janvier
2007 l’art. 34 ch. 2 aCP), applicable par analogie aux mesures administratives.
Aux termes de cette disposition, quiconque commet un acte punissable pour
préserver d’un danger imminent et impossible à détourner autrement un bien
juridique lui appartenant ou appartenant à un tiers agit de manière licite s’il
sauvegarde ainsi des intérêts prépondérants. Les conditions posées par cette
disposition ne sont clairement pas réalisées dans le cas d’espèce. Le recourant
ne s’est en effet pas trouvé en présence d’un danger imminent et impossible à
détourner autrement que par l’infraction commise. Le tribunal ne retiendra dès
lors pas en faveur du recourant le fait justificatif de l’état de nécessité.

4.                               
Le recourant ayant conduit sous le coup d’un retrait
prononcé à raison d’une infraction moyennement grave, il doit faire l’objet
d’un nouveau retrait pour une durée de six mois au minimum en application des art.
16c al. 1 lit. f et 16c al. 2 lit. b LCR précités. Ce nouveau retrait doit se
substituer à la durée restante du retrait en cours (art. 16c al. 3 LCR). Le
Service des automobiles n’a toutefois eu connaissance de la conduite sous
retrait qu’après l’exécution de la mesure. Il convient dans un tel cas de déduire
du nouveau retrait le nombre de jours compris entre la date de l’infraction (5
juin 2006) et la fin de la mesure précédente (28 juin 2006), en l’occurrence 24
jours, comme l’a à juste titre fait l’autorité intimée (dans ce sens, Cédric
Mizel, op. cit., p. 398).

La décision attaquée n’est ainsi pas critiquable sur
ce point. Par ailleurs, elle s’en tient à un retrait d’une durée correspondant
au minimum légal. Elle ne peut dès lors qu’être confirmée et le recours rejeté
aux frais du recourant.

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.                                  
Le recours est  rejeté.

II.                                
La décision du Service des automobiles du 7 août 2006 est
confirmée.

III.                               
Un émolument de 600 francs est mis à la charge du
recourant.

Lausanne, le 9 mars 2007

Le président:                                                                                             Le
greffier:

 

                                                                                                                  

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint

Le présent arrêt peut faire
l'objet, dans les trente jours suivant sa notification, d'un recours au
Tribunal fédéral. Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions
des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS
173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss
LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée