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**Case Identifier:** 85993c54-0955-5cc5-8af5-175d84e04ce5
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-09-22
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 22.09.2016 A/928/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-928-2016_2016-09-22.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/928/2016-CS DCSO/267/16

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 22 SEPTEMBRE 2016 

Plainte 17 LP (A/928/2016-CS) formée en date du 22 mars 2016 par A______. 

* * * * * 

 

Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné et par 

pli recommandé du greffier du 23 septembre 2016 à : 

- A______ 
 

- Office des poursuites. 

 

 

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A/928/2016-CS 

EN FAIT 

A. a. A______ fait l'objet des poursuites ordinaires n° 16 xxxx94 K (introduite par 

B______ SA pour un montant en capital de 36'298 fr. 85), 15 xxxx86 V et 16 

xxxx39 J (introduites par l'Etat de Genève pour des montants en capital de 14'655 

fr. 90 et 19'869 fr. respectivement), réunies au sein de la série n° 16 xxxx94 J. 

Dans le cadre de cette série, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a procédé 

le 11 mars 2016 à la saisie des biens du débiteur. 

b. A la date de la saisie, la situation de A______ était la suivante. 

Marié et vivant en ménage commun avec son épouse et leurs deux enfants âgés de 

quatre ans, il avait perdu son emploi dans le domaine bancaire en 2014 et 

percevait depuis lors des indemnités de chômage, auxquelles il n'aurait toutefois 

plus droit à compter du 1er avril 2016. Il ne réalisait pour le surplus aucun revenu 

et ne disposait d'aucun élément de fortune, sous réserve d'un véhicule C______ 

mis en circulation en 2010 et ayant 78'000 km au compteur. 

Le procès-verbal des opérations de saisie mentionne par ailleurs que le débiteur 

entendait exercer dès le 1er avril 2016 une activité lucrative indépendante en 

qualité de courtier immobilier.  

Selon les explications de A______, la décision de se mettre à son compte avait été 

prise plusieurs mois auparavant, avec le soutien de son conseiller de l'Office 

cantonal de l'emploi et d'un assistant social du Centre social protestant, face au 

constat que les poursuites dont il faisait l'objet lui rendaient difficile l'obtention 

d'un emploi dans le secteur bancaire. Son activité devait porter sur des propriétés 

de haute valeur, en Suisse et dans les pays voisins, et était destinée à viser une 

clientèle internationale. Bien qu'à la date de la saisie il n'eût encore sollicité ni son 

inscription au Registre du commerce en qualité d'indépendant ni un numéro de 

TVA, il avait en réalité déjà débuté son activité de courtier. Il avait ainsi ouvert en 

septembre 2015 le site internet www.circle.international.ch, sur lequel il proposait 

à la vente les propriétés pour lesquelles il avait obtenu un mandat de commission 

non exclusif de la part des propriétaires. Au jour de la saisie, ces propriétés étaient 

au nombre de cinq ou six, dont deux en Suisse (à Hermance et sur la Riviera 

vaudoise) et le solde dans le val d'Aoste. Son activité impliquait de fréquents 

déplacements dans ces propriétés, que ce soit pour les inspecter ou pour les faire 

visiter par des clients potentiels. N'ayant – au jour de la saisie – encore réalisé 

aucune vente, il n'avait retiré aucun revenu de cette activité. 

c. Après avoir recueilli les déclarations du débiteur, l'huissier saisissant l'a informé 

le 11 mars 2016 également de la saisie du véhicule C______, dont il était toutefois 

autorisé à conserver la disposition. 

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A/928/2016-CS 

Le procès-verbal de saisie, dans lequel la valeur du véhicule saisi est estimée à 

20'000 fr., a été adressé à A______ plusieurs mois plus tard. 

B. a. Par acte déposé le 22 mars 2016 au greffe de la Chambre de surveillance, 

A______ a formé une plainte contre la saisie du véhicule C______, concluant 

implicitement à son annulation et faisant valoir en substance que ce dernier était 

indispensable à l'exercice de son activité de courtier immobilier, dès lors qu'il 

l'utilisait pour se rendre dans les propriétés dont il espérait négocier la vente, que 

ce soit pour les inspecter ou y emmener des acheteurs potentiels. 

 b. Dans ses observations datées du 7 avril 2016, l'Office a conclu au rejet de la 

plainte. 

 c. Une audience d'instruction s'est déroulée le 4 août 2016. 

 A cette occasion, A______ a indiqué que son activité s'était développée à 

plusieurs égards. 

 D'une part, le nombre d'objets pour la vente desquels il avait été mandaté s'élevait 

désormais à vingt-huit, dont plus de la moitié en Toscane et d'autres en Espagne et 

au Portugal. Le véhicule saisi lui était toujours nécessaire pour la poursuite de son 

activité, dès lors qu'il l'utilisait notamment pour emmener les acheteurs potentiels 

dans les propriétés situées en Suisse et en Italie. 

 D'autre part, et à la demande de l'un de ses clients, il proposait désormais à la 

vente sur son site www.circle.international.ch, outre des objets immobiliers, des 

collections d'objet d'art et des voitures de collection. Ce même client lui avait par 

ailleurs proposé de constituer avec lui une société qui reprendrait l'activité 

jusqu'alors exercée par A______ et lui permettrait de passer à un échelon 

supérieur. Ce projet pourrait se concrétiser dès le mois de septembre 2016. 

 Cela étant, l'activité du plaignant n'avait encore débouché sur aucune vente, de 

telle sorte qu'il n'en avait encore retiré aucun revenu. 

 d. Au terme de l'audience du 4 août 2016, A______ a plaidé, persistant pour 

l'essentiel dans l'argumentation déjà soutenue à l'appui de sa plainte.  

 La cause a ensuite été gardée à juger.        

EN DROIT 

1. 1.1 La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes 

formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 

3 et 7al. 1 LaLP) contre des mesures de l'Office non attaquables par la voie 

judiciaire (art. 17 al. 1 LP), telles la saisie. 

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 La plainte doit être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu 

connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP), soit, lorsque la saisie d'un bien 

patrimonial est contestée, dans les dix jours de la communication du procès-verbal 

de saisie prévu par l'art. 114 LP (ATF 127 III 572 consid. 3b; Nicolas 

JEANDIN/Yasmine SABETI, in Commentaire romand, 2005, n° 5 ad art. 114 LP; 

Jolanta KREN KOSTKIEWICZ, in KUKO SchKG, 2ème édition, 2014, n° 17 ad art. 

92 LP). 

 1.2 Déposée avant même la communication du procès-verbal de saisie, la plainte a 

en l'occurrence été formée en temps utile. Elle répond pour le surplus aux 

exigences de forme prévues par la loi (art. 9 al. 4 LaLP, art. 65 al. 1 et 2 LPA), de 

telle sorte qu'elle est recevable. 

2. La question porte sur la saisissabilité du véhicule C______ appartenant au 

plaignant et utilisé par ce dernier dans le cadre de l'activité lucrative qu'il exerce 

aujourd'hui à titre indépendant. 

 2.1 Selon l'art. 92 al. 1 ch. 3 LP, sont insaisissables les outils, appareils, 

instruments et livres nécessaires au débiteur pour l'exercice de sa profession. 

 Doit être qualifiée de profession, au sens de cette disposition, toute activité 

économique faisant appel de manière prépondérante au travail personnel et aux 

connaissances professionnelles de l'intéressé. On oppose à cette notion celle 

d'entreprise, dans laquelle l'élément prépondérant consiste dans l'exploitation d'un 

capital investi, que ce soit sous la forme de machines, de matériel, de main 

d'œuvre, etc. (ATF 91 III 52 consid. 2; Michel OCHSNER, in Commentaire 

romand, n° 90 ss. ad art. 92 LP). 

 Pour que l'insaisissabilité soit admise, l'objet considéré doit être indispensable – et 

non seulement utile ou adapté – à un exercice rationnel et concurrentiel de la 

profession envisagée (ATF 113 III 77 consid. 2b; 110 III 53 consid. 3b). La 

réalisation de cette condition doit être examinée au regard de l'ensemble des 

circonstances concrètes du cas d'espèce, notamment de l'état de la technique et de 

la situation personnelle du débiteur (ATF 110 III 53 consid. 3b et 3c). Selon les 

circonstances, un véhicule automobile peut ainsi constituer un outil indispensable 

à l'exercice d'une profession, ce qu'il appartient toutefois au débiteur de démontrer 

(ATF 84 III 20; décision de la Chambre de surveillance DCSO/730/2006 du  

20 décembre 2006 consid. 3a). 

 Enfin, le privilège de compétence prévu par l'art. 92 al. 1 ch. 3 LP ne peut être 

invoqué que dans le cadre d'une activité rentable. Cette condition vise aussi bien 

l'activité en tant que telle, qui doit couvrir les frais qu'elle entraîne et permettre, 

seule ou avec d'autres sources de revenu, d'assurer l'entretien du débiteur (ATF 86 

III 47 consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral 5A_799/2015 du 9 novembre 2015 

consid. 2.1), que l'utilisation de l'objet lui-même, qui doit répondre à des 

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justifications économiques et concurrentielles (ATF 87 III 62; Georges VONDER 

MÜHLL, in BK SchKG I, 2ème édition, 2010, n° 21 ad art. 92 LP). 

 L'ensemble des conditions d'application de l'art. 92 al. 1 ch. 3 LP doit être 

examiné au moment de la saisie (ATF 110 III consid. 3c). 

 2.2 Contrairement à ce qu'a retenu l'Office sur la base d'une connaissance partielle 

de la situation, il convient en premier lieu d'admettre en l'espèce, au vu des 

déclarations du débiteur et, notamment, de la création de son site internet en 

septembre 2015 déjà, qu'il exerçait au moment de la saisie, soit le 11 mars 2016, 

une activité indépendante de courtier immobilier dont il espérait obtenir des 

revenus lui permettant de subvenir à son entretien et à celui de sa famille. Cette 

activité revêt les caractéristiques d'une profession au sens de l'art. 92 al. 1 

ch. 3 LP : bien qu'elle nécessite un certain investissement, en particulier en vue de 

la création et de la maintenance du site internet sur lequel sont proposés à la vente 

les différents objets, elle repose en effet avant tout sur le travail personnel du 

plaignant, son expérience, ses contacts, et la qualité des relations qu'il crée avec 

ses mandants et les acheteurs potentiels. 

 Il doit de même être admis que le véhicule saisi est indispensable à l'exercice de la 

profession du plaignant : d'une part, celui-ci doit procéder à des inspections de 

propriétés dans des lieux divers et éloignés, notamment en Italie; d'autre part et 

surtout, il doit y emmener les acquéreurs potentiels afin de leur faire visiter les 

immeubles susceptibles de les intéresser, ce qui ne peut raisonnablement se faire 

par les transports publics et – au vu du caractère luxueux des propriétés offertes et 

donc de la vraisemblable aisance financière des acheteurs – suppose l'utilisation 

d'un véhicule d'un certain standing. 

 En revanche, l'activité exercée par le plaignant ne saurait être qualifiée de rentable 

au sens de la jurisprudence. Au moment de la saisie – déterminant pour apprécier 

les conditions d'application de l'art. 92 al. 1 ch. 3 – il n'en avait en effet retiré 

aucun revenu de telle sorte qu'il ne couvrait par définition pas ses frais 

d'exploitation (maintenance du site internet, frais de véhicule, etc.) et, a fortiori, 

ne pouvait subvenir à tout ou partie de son entretien par ce moyen. Certes, son 

activité en était encore à ses débuts et le nombre d'objets pour lesquels il s'était vu 

délivrer un mandat de courtage était encore faible. Certes également, il résulte de 

la spécialisation du plaignant dans les biens de haut de gamme qu'un nombre 

relativement retreint de ventes serait suffisant pour atteindre le seuil de rentabilité 

exigé par la jurisprudence. Il n'en demeure pas moins que, quatre mois après la 

saisie, et malgré une augmentation aussi bien quantitative que qualitative 

(extension à la vente de collections d'objets d'art et de voitures anciennes) des 

biens proposés à la vente par son intermédiaire, le plaignant n'avait toujours 

réalisé aucune vente donnant lieu au versement d'une commission en sa faveur ni, 

par voie de conséquence, aucun revenu. Quant à l'avenir, le plaignant, loin 

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d'invoquer des perspectives prochaines de réalisation d'opérations donnant lieu à 

commissions, a évoqué la possibilité de poursuivre son activité à plus grande 

échelle dans le cadre d'une société constituée avec un tiers. On peut déduire de ce 

qui précède que, sous sa forme et à son échelle actuelles, l'activité du plaignant 

n'atteint pas un seuil de rentabilité suffisant. 

 Les conditions d'application de l'art. 91 al. 1 ch. 3 LP n'étant pas réalisées, c'est à 

juste titre que l'Office a procédé à la saisie du véhicule C______ appartenant au 

plaignant. La plainte doit dès lors être rejetée. 

3. La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a 

OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 al. 2 

OELP). 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 22 mars 2016 par A______ contre la saisie 

effectuée le 11 mars 2016 par l'Office des poursuites dans la série n° 16 xxxx94 J.  

Au fond : 

La rejette. 

Siégeant : 

Monsieur Patrick CHENAUX, président; Monsieur Michel BERTSCHY et  

Monsieur Christian CHAVAZ, juges assesseurs; Madame Véronique PISCETTA, 

greffière. 

 

Le président : 

Patrick CHENAUX 

 La greffière : 

Véronique PISCETTA 

 

 

Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance en matière de poursuite pour 

dettes et faillite (art. 126 LOJ). Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 

dix jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2  

let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). 

L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, 

elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans une langue 

officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de preuve, et être 

signé (art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.