# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 233026e1-b20d-58cd-ae1a-4bafda35ed91
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-02-27
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 27.02.2023 RR.2022.51
**Docket/Reference:** RR.2022.51
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2022-51_2023-02-27

## Full Text

Entraide judiciaire internationale en matière pénale 
au Portugal; remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP)
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale 
au Portugal; remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP)
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale 
au Portugal; remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP)
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale 
au Portugal; remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP)

Arrêt du 27 février 2023 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 

Roy Garré, président, 

Giorgio Bomio-Giovanascini et 

Patrick Robert-Nicoud, 

la greffière Julienne Borel 

   

Parties  A., représenté par Me Elie Elkaim, avocat, 

recourant 

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 

partie adverse 

 

   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale  

au Portugal 

 

Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP) 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: RR.2022.51 

 

 

 

 

- 2 - 

 

 

Faits: 

 

A. Les autorités portugaises ont adressé à la Suisse une demande d’entraide 

du 3 janvier 2019. Cette dernière, renvoie également à l’exposé des faits 

décrits dans les requêtes antérieures du 28 mai 2015 et du 20 avril 2016 

également versées au dossier. Lesdites requêtes se réfèrent à l’enquête 

pénale ouverte notamment des chefs de faux documents, infraction 

informatique, escroquerie aggravée, gestion déloyale, abus de confiance, 

corruption privée, blanchiment de capitaux. Plus concrètement, les requêtes 

portugaises s’inscrivent dans le contexte d’une vaste procédure pénale 

ouverte notamment contre B. à la suite de la débâcle du groupe C. Dans le 

contexte de la déconfiture du groupe C. et plus précisément contre B., les 

autorités suisses ont, à plusieurs reprises, accordé l’entraide aux autorités 

portugaises (v. notamment arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2012.273-

274 du 9 juillet 2013, RR.2017.234 du 1er mars 2018, RR.2019.293 du 16 juin 

2020 et RR.2021.132 du 14 juillet 2022). 

 

 

B. Il ressort en substance des requêtes précitées que le groupe C., groupe 

économique portugais à structure familiale, actif notamment au Luxembourg, 

en Suisse et au Portugal, a accumulé des pertes régulièrement comblées 

par l’émission de dettes à travers ses propres sociétés. L’absence de 

comptabilité a permis de masquer le surendettement de ces dernières. Les 

anciennes créances étaient remboursées par de nouvelles émissions de 

dettes, si bien que plusieurs millions d’euros ont été soustraits. Ces activités 

ont finalement conduit à la débâcle du groupe et à un dommage global d’une 

valeur de 1'635 millions d’euros. Les enquêtes portugaises tendraient à 

montrer que les fonds détournés ont été utilisés pour les besoins personnels 

des membres de la famille D. ou d’individus proches de celle-ci en raison de 

liens personnels et/ou de relations d’affaires fictives. Ces comportements 

auraient été commis par un groupe restreint de personnes dont la figure 

marquante serait B. qui avait concentré ses pouvoirs sur la Holding grâce 

aux positions multiples et variées qu’il occupait en son sein. B., se serait 

notamment servi de la société E. Holding SA (ci-après: E. SA) en la faisant 

apparaître comme une entité séparée du groupe C. afin de détourner à son 

propre bénéfice des sommes d’argent destinées à l’activité de la banque F. 

E. SA tire son origine de la société suisse G. SA. Elle était l’entité de gestion 

de la fortune du groupe C. En 2004, H. et I. faisaient partie de la structure 

actionnariale de E. SA. Quant à A., il ressort des requêtes qu’il était 

administrateur et gestionnaire de E. SA. Dans l’opération qui aurait été mise 

sur pied par B., plusieurs entités financières au sein de E. SA, telles la 

société J., K. Corporation, L. Management, auraient été utilisées afin de 

détourner des fonds. Ces sociétés et leurs investissements étaient gérés par 

- 3 - 

 

 

B. lui-même ou par ses proches. La société J. aurait, par exemple, entre 

2009 et 2014, perçu des valeurs détournées au moyen de transactions 

d’obligations de la banque F. Pendant la même période, la société J. aurait 

transféré 300'000'000.-- d’euros par le biais de contrats d’options frauduleux 

vers une entreprise contrôlée par B. 

 

Dans ce cadre, les autorités requérantes indiquent avoir ouvert une enquête 

des chefs d’escroquerie et d’association de malfaiteurs contre plusieurs 

employés de la banque F. parmi lesquels H. et A. Ceux-ci auraient participé 

aux détournements des fonds du groupe C., notamment par l’intermédiaire 

de la société J. dont H. aurait été le bénéficiaire mais, indirectement, aux 

ordres de B. L’enquête aurait en outre montré que la plateforme M. avait été 

mise en place chez E. SA à la demande du département financier de la 

banque F. pour une consultation directe des données comptables et aux 

comptes des sociétés suivies par E. SA. Il ressort également de la requête 

du 3 janvier 2019 que le véritable propriétaire de la société J. était le 

groupe C. Ce dernier contrôlait également les liquidités de celle-là. 

 

 

C. Dans la requête du 3 janvier 2019, les autorités portugaises ont demandé la 

transmission des informations saisies lors de la perquisition au domicile 

suisse de A. 

 

 

D. Eu égard au contexte international des enquêtes portugaises, du nombre 

des personnes concernées, tant en Suisse qu’à l’étranger, ainsi qu’à 

l’ouverture d’une enquête pénale en Suisse référencée SV.14.1062, la 

Suisse et le Portugal ont constitué une équipe commune d’enquête (ci-après: 

ECE). La mise en œuvre de celle-ci a été réglée dans la décision ordonnant 

la mise en œuvre de l’Accord de constitution d’une équipe commune 

d’enquête du 7 mai 2015 (v. dossier du Ministère public de la Confédération 

[ci-après: MPC]). Il convient également de relever que dans l’affaire groupe 

C., les autorités suisses ont ouvert plusieurs procédures notamment afin 

d’élucider les rôles et les interactions entre la société E. SA, société dans 

laquelle était actif le recourant, et le groupe C. Quant aux autorités suisses, 

elles ont présenté de nombreuses requêtes d’entraide actives dans plusieurs 

autres procédures nationales et ont également reçu des demandes passives 

portugaises (act. 9). 

 

E. Moyennant décision du 2 septembre 2019, le MPC, à qui l’Office fédéral de 

la justice (ci-après: OFJ) a délégué l’exécution des demandes portugaises, 

est entré en matière en octroyant l’entraide (v. dossier du MPC). 

 

- 4 - 

 

 

F. Par décision de clôture du 3 février 2022, le MPC a ordonné la transmission 

des informations requises par les autorités étrangères (act. 1.1). 

 

 

G. Le 7 mars 2022 (act. 1), le conseil du recourant a interjeté recours contre la 

décision de clôture susmentionnée par devant la Cour des plaintes du 

Tribunal pénal fédéral (ci-après: la Cour ou la Cour de céans). Il conclut: 

« Principalement: 
I. Le recours est admis; 
II. La décision de clôture en matière d’entraide judiciaire rendue par le Ministère public de la 
République de la Confédération en date du 3 février 2022 et la décision d’entrée en matière du 
2 février 2019 sont annulées et l’entraide requise par le Ministère public du Portugal Departamento 
Central de Investigação e Acção Penal est réfusée. 

Subsidiairement à I et II: 
III. Le recours est admis; 
IV. La décision de clôture en matière d’entraide judiciaire rendue par le Ministère public de la 
République de la Confédération en date du 3 février 2022 est annulée et renvoyée au Ministère public 
de la Confédération pour nouvelle décision au sens des considérants. 

Plus subsidiairement à I et II ainsi qu’aux conclusions III et IV: 
V. Le recours est admis; 
VI. La décision de clôture en matière d’entraide judiciaire rendue par le Ministère public de la 
République de la Confédération en date du 3 février 2022 est annulée et renvoyée au Ministère public 
de la Confédération pour qu’il liste précisément chaque pièce transmise au Ministère public du 
Portugal. » 

 

 

H. L’avance des frais a été acquittée (act. 4). 

 

 

I. La procédure de recours de E. SA en liquidation s’est conclue par un arrêt 

d’irrecevabilité (arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2022.59 du 20 avril 2022, 

confirmé par arrêt du Tribunal fédéral 1C_247/2022,1C_346/2022 du 16 juin 

2022). 

 

 

J. Dans le délai imparti (act. 6), l’OFJ s’est déterminé sur le recours en 

proposant son rejet. Dans un délai prolongé au 25 avril 2022, le MPC a 

également présenté ses observations, concluant à la confirmation de la 

décision attaquée (act. 9). 

 

 

K. Dans un délai prolongé au 8 juin 2022 (act. 11), le recourant a répliqué en 

proposant en tant que conclusion nouvelle, la jonction avec les procédures 

de recours de H. (référencée RR.2022.62) et de E. SA en liquidation 

(référencée RR.2022.59), et a réitéré sa requête formulée dans le recours 

d’enjoindre le MPC à établir la traçabilité des toutes les pièces transmises à 

l’autorité requérante dans le cadre de l’ECE. Pour le surplus, il persiste dans 

ses conclusions (act. 16). 

 

 

- 5 - 

 

 

L. Les 16 et 23 juin 2022, l’OFJ et le MPC ont présenté leurs dupliques 

respectives confirmant, en substance, leurs précédentes observations 

(act. 18 et 19). Les dupliques ont été transmises au recourant le 28 juin 2022 

(act. 21). 

 

 

M. Par ordonnance du 30 juin 2022, la demande de mesures provisionnelles 

introduite par A. visant à interdire toute utilisation de la part des autorités 

portugaises des pièces saisies notamment chez E. SA, a été déclarée 

irrecevable à défaut de qualité pour recourir de A. à cet égard (act. 22). 

 

 

N. Hors échange d’écritures, le recourant a transmis plusieurs écrits à la Cour 

qui ont été transmis à l’OFJ et au MPC le 14 septembre 2022, à savoir: l’écrit 

du 12 juillet 2022 avec des annexes par lequel le recourant se plaint de 

l’utilisation abusive, de la part du Portugal, de pièces reçues des autorités 

suisses saisies chez E. SA et figurant dans un rapport de 1275 pages afin 

de charger H. et A.; la lettre du 9 septembre 2022 (act. 24), munie notamment 

de la copie d’une missive de l’OFJ du 22 juillet 2022 (act. 24.2), dans laquelle 

ce dernier demande au recourant d’expliciter sa position concernant une 

éventuelle dénonciation pour violation de la règle de la spécialité; copie  

d’un écrit du 7 septembre 2022 à l’OFJ (act. 24.3), signé par le conseil  

du recourant et par le conseil de H., où il est formellement  

dénoncé – notamment par la production d’articles de presse et copies 

d’actes du dossier du Ministère public portugais – une violation du principe 

de la spécialité. 

 

 

O. Par un écrit spontané du 5 octobre 2022, Mes Elie Elkaïm (pour A.) et O. 

(pour H.), communiquent avoir dénoncé à l’OFJ une violation de la spécialité 

concernant l’utilisation non seulement de la documentation saisie auprès de 

E. SA en Suisse, mais également auprès des domiciles privés de A. et H. et 

avoir demandé la suspension de l’instruction des recours (act. 26). Ledit écrit 

a été transmis pour information à l’OFJ et au MPC (act. 27). 

 

 

P. Le 30 décembre 2022, la Cour de céans a reçu de nouvelles déterminations 

spontanées où le conseil du recourant transmettait un avis de droit de 

61 pages rédigé par le professeur P. sur la base duquel il concluait à la 

suspension de la procédure (act. 28). Ces documents ont été transmis pour 

information au MPC et à l’OFJ (act. 29). 

 

 

- 6 - 

 

 

Q. Par missive spontanée du 16 janvier 2023, l’OFJ informait la Cour de céans 

avoir ouvert une procédure suite à la dénonciation de violation de la 

spécialité et, bien que s’agissant d’une procédure distincte de la présente, 

l’OFJ a transmis, pour information, un document du 26 décembre 2022 

émanant du Ministère public portugais (act. 30, 30.1). Cette lettre ainsi que 

l’annexe ont été transmis pour information au recourant le 17 janvier 2023 

(act. 31). 

 

 

R. Le 6 février 2023 (act. 32), l’OFJ a transmis à la Cour de céans et au 

recourant copie de ses conclusions (act. 32.1), selon lesquelles il a constaté 

que la violation de la règle de la spécialité alléguée n’était pas avérée. 

 

 

S. Le 9 février 2023, le recourant a, de nouveau, produit la copie d’un écrit avec 

ses annexes qu’il a transmis à l’OFJ (act. 33) et, par lettre du 13 février 2023 

(act. 34), a critiqué l’envoi spontané de l’OFJ du 16 janvier 2023 précité à la 

Cour de céans contenant les déterminations des autorités portugaises au 

sujet de la violation de la réserve de la spécialité. 

 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 La Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour 

connaître des recours dirigés contre les décisions de clôture de la procédure 

d'entraide rendues par les autorités cantonales ou fédérales d'exécution et, 

conjointement, contre les décisions incidentes (art. 25 al. 1 et 80e al. 1 de la 

loi fédérale sur l'entraide internationale en matière pénale (EIMP; RS 351.1), 

mis en relation avec l'art. 37 al. 2 let. a ch. 1 de la loi fédérale sur 

l'organisation des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71]). 

 

1.2 L'entraide judiciaire entre la République du Portugal et la Confédération 

suisse est prioritairement régie par la Convention européenne d'entraide 

judiciaire en matière pénale (CEEJ; RS 0.351.1), entrée en vigueur pour la 

Suisse le 20 mars 1967 et pour le Portugal le 26 décembre 1994 ainsi que 

par le Deuxième protocole additionnel à ladite convention (PA II CEEJ; 

RS 0.351.12), entré en vigueur pour la Suisse le 1er février 2005 et pour l'Etat 

- 7 - 

 

 

requérant le 1er mai 2007 (RS 0.351.12). S'agissant d'une demande 

d'entraide présentée notamment pour la répression du blanchiment d'argent, 

entre également en considération la Convention relative au blanchiment, au 

dépistage, à la saisie et à la confiscation des produits du crime (CBl; 

RS 0.311.53), entrée en vigueur le 1er septembre 1993 pour la Suisse et le 

1er février 1999 pour le Portugal. Les art. 43 ss de la Convention des Nations 

Unies contre la corruption (UNCAC; RS 0.311.56) en lien avec les art. 14 et 

23 UNCAC relatifs au blanchiment d'argent en général trouvent également 

application. Les art. 48 ss de la Convention d'application de l'Accord de 

Schengen du 14 juin 1985 (CAAS; n° CELEX 42000A0922[02]; Journal 

officiel de l'Union européenne L 239 du 22 septembre 2000, p. 19-62 [texte 

disponible sur le site de la Confédération suisse sous la rubrique « Recueil 

de textes juridiques sur les accords sectoriels avec l'UE »,  

onglet « 8.1. Annexe A » in https://www.fedlex.admin.ch/fr/sector-specific-

agreements/EU-acts-register/8/8.1]) s'appliquent également à l'entraide 

pénale entre la Suisse et le Portugal (v. arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2011.232-234 du 11 octobre 2011 consid. 1). Pour le surplus, l’EIMP et 

son ordonnance d'exécution (OEIMP; RS 351.11) règlent les questions qui 

ne sont pas régies, explicitement ou implicitement, par les traités 

(ATF 130 II 337 consid. 1; 128 II 355 consid. 1 et la jurisprudence citée). Le 

droit interne s'applique en outre lorsqu'il est plus favorable à l'octroi de 

l'entraide que les traités (ATF 142 IV 250 consid. 3; 140 IV 123 consid. 2; 

137 IV 33 consid. 2.2.2; 136 IV 82 consid. 3.1; 129 II 462 consid. 1.1; 122 II 

140 consid. 2). L'application de la norme la plus favorable (principe dit « de 

faveur ») doit avoir lieu dans le respect des droits fondamentaux (ATF 135 

IV 212 consid. 2.3). 

 

1.3 Selon l'art. 80h let. b EIMP, la qualité pour agir contre une mesure d'entraide 

judiciaire est reconnue à celui qui est personnellement et directement touché 

par la mesure d'entraide et a un intérêt digne de protection à ce qu’elle  

soit annulée ou modifiée. En vertu de l'art. 9a let. b OEIMP, la  

personne – physique ou morale – qui doit se soumettre personnellement à 

une perquisition ou à un séquestre d'objets ou de valeurs a la qualité pour 

recourir. Cette disposition se rattache ainsi à la possession immédiate 

(pouvoir de disposition de fait), respectivement lorsque l’intéressé est 

directement touché par les mesures de contrainte. Il peut notamment s'agir 

du propriétaire ou du locataire des locaux perquisitionnés (v. notamment 

arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2021.162 du 8 septembre 2021 

consid. 2.1.1; RR.2021.31 du 27 octobre 2021 consid. 3.2). En l'occurrence, 

les informations et documents dont la transmission est envisagée ont été 

saisis lors d’une perquisition au domicile du recourant. Il dispose par 

conséquent de la qualité pour recourir. 

 

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1.4 Formé dans les 30 jours à compter de la notification de la décision de clôture, 

le recours a été déposé en temps utile (art. 80k EIMP). Dès lors, il y a lieu 

d’entrer en matière. 

 

 

2.  

2.1 L’économie de procédure peut commander à l’autorité saisie de plusieurs 

requêtes individuelles de les joindre ou, inversement, à l’autorité saisie d’une 

requête commune pas plusieurs administrés (consorts), ou saisie de 

prétentions étrangères entre elles par un même administré, de les diviser; 

c’est le droit de procédure qui régit les conditions d’admission de la jonction 

et de la disjonction de procédures (BOVAY, Procédure administrative, 

2e éd. 2015, p. 218 s.). La décision de joindre ou non des causes procède 

du pouvoir d’appréciation de juge, qui est large en la matière (arrêt du 

Tribunal fédéral 2C_850/2014, 2C_854/2014 du 10 juin 2016 consid. 11.1, 

non publié in ATF 142 II 388). 

 

2.2 En l’espèce, bien que les procédures de recours trouvent leur origine dans 

la même procédure d’entraide, elles ont parfois soulevé des questions 

différentes. C’est notamment le cas de la procédure RR.2022.59 qui a déjà 

trouvé son aboutissement (supra let. I), ce qui rend sans objet toute 

demande de jonction. En ce qui concerne les procédures RR.2022.62 et la 

présente, les recourants ont présenté deux mémoires de recours distincts et 

ils ont été représentés par deux conseils différents. Dans ces conditions, il 

ne se justifie pas de joindre les causes. 

 

 

3. Dans un premier grief, le recourant se plaint de la violation du droit d’être 

entendu. Il n’aurait pas eu accès à plusieurs éléments décisifs du dossier, 

éléments indispensables à sa défense. Plus précisément, il se plaint de 

n’avoir pas eu un exemplaire de la requête 122/2016 ainsi que d’un 

exemplaire non caviardé de la demande 99/2016 et de ses compléments. Il 

se plaint également de n’avoir pas reçu notification de la décision et les 

documents concernant la mise en œuvre de l’ECE. 

 

3.1 L’art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse (Cst.; 

RS 101) consacre le droit d’être entendu, lequel découle également du droit 

à un procès équitable (art. 6 par. 1 de la Convention de sauvegarde des 

droits de l’homme et des libertés fondamentales en vigueur pour la Suisse 

depuis le 28 novembre 1974 et pour le Portugal dès le 9 novembre 1978 

[CEDH; RS 0.101]). Le droit d’être entendu garantit notamment au justiciable 

le droit de s’expliquer avant qu’une décision ne soit prise à son détriment 

(ATF 146 IV 218 consid. 3.1.1; 142 II 218 consid. 2.3; 140 I 285 consid 6.3.1; 

- 9 - 

 

 

137 II 266 consid. 3.2), de fournir des preuves quant aux faits de nature à 

influer sur la décision, d’avoir accès au dossier, de participer à 

l’administration des preuves, d’en prendre connaissance et de se déterminer 

à leur propos (ATF 142 III 48 consid. 4.1.1; 141 V 557 consid. 3.1; arrêts du 

Tribunal fédéral 6B_1368/2016 et 6B_1396/2016 du 15 novembre 2017 

consid. 2.1, non publié in ATF 143 IV 469; 6B_33/2017 du 29 mai 2017 

consid. 2.1).  

 

3.2 Lorsqu’une violation du droit d’être entendu est commise par l’autorité 

d’exécution, la procédure de recours auprès de la Cour de céans permet, en 

principe, la réparation (arrêts du Tribunal fédéral 1C_703/2017 du 8 janvier 

2018 consid. 3; 1C_168/2016 du 22 avril 2016 consid. 1.3.1 et 1.3.2; arrêts 

du Tribunal pénal fédéral RR.2019.172+173 du 28 janvier 2020 

consid. 2.1.1.2 et 2.1.1.3; RR.2017.239 du 10 novembre 2017 consid. 3). 

L’irrégularité ne doit cependant pas être particulièrement grave et la partie 

concernée doit pouvoir s’exprimer et recevoir une décision motivée de la part 

de l’autorité de recours disposant d’un plein pouvoir de cognition en fait et 

en droit. La réparation d’un vice procédural est également envisageable, 

même en présence d’un vice grave, lorsque le renvoi à l’autorité inférieure 

constitue une vaine formalité, qui provoque un allongement inutile de la 

procédure, et qui est incompatible avec l’intérêt de la partie concernée à ce 

que sa cause soit tranchée dans un délai raisonnable (v. art. 17a EIMP; 

ATF 142 II 218 consid. 2.8.1 et références citées; arrêt du Tribunal fédéral 

6B_510/2018 du 31 juillet 2018 consid. 2.2.1; décision du Tribunal pénal 

fédéral BB.2012.192 du 25 avril 2013 consid. 2.5). Des limites au-delà 

desquelles la violation du droit d’être entendu ne peut plus être réparée ont 

toutefois été fixées par la jurisprudence. Tel est le cas, lorsque l’autorité 

méconnaît systématiquement la portée du droit d’être entendu, se 

défaussant par la même occasion sur l’autorité de recours (arrêts du Tribunal 

pénal fédéral RR.2015.278 du 16 décembre 2015 consid. 2.1.3; 

RR.2015.139 du 16 octobre 2015 consid. 2.4 et références citées; 

ZIMMERMANN, La coopération judiciaire internationale en matière pénale, 

5e éd. 2019, n° 472, p. 509-510). 

 

3.3 Le droit de consulter le dossier s’étend uniquement aux pièces décisives 

pour le sort de la cause, soit toutes celles que l’autorité prend en 

considération pour fonder sa décision; dès lors, il lui est interdit de se référer 

à des pièces dont les parties n’ont eu aucune connaissance (art. 26 al. 1 

let. a, b et c PA; ATF 132 II 485 consid. 3.2; 121 I 225 consid. 2a; 119 Ia 139 

consid. 2d, 118 Ib 438 consid. 3; arrêts du Tribunal fédéral 1A.149/2006 et 

1A.175/2006 du 27 novembre 2006 consid. 2.1; 1A.247/2000 du 

27 novembre 2000 consid. 3a; ZIMMERMANN, op. cit., n° 477, p. 515). D’après 

la jurisprudence, le droit de consulter le dossier n’est accordé aux ayants 

- 10 - 

 

 

droit, selon l’art. 80b al. 1 EIMP, que si la sauvegarde de leurs intérêts l’exige 

(arrêt du Tribunal fédéral 1C_18/2021 du 19 janvier 2021 consid. 1.5). Dans 

le domaine de l’entraide, il s’agit en premier lieu de la demande  

elle-même – dont la transmission peut être limitée aux passages concernant 

l’intéressé – et des pièces annexées, puisque c’est sur la base de ces 

documents que se déterminent l’admissibilité et la mesure de l’entraide 

requise (arrêt du Tribunal fédéral 1C_785/2021 du 4 janvier 2022 consid. 2). 

Quant à la consultation de pièces superflues, ou qui ne concernent pas le 

titulaire du droit, elle peut être refusée (TPF 2010 142 consid. 2.1 et les 

références citées). En principe, l’administré ne peut pas exiger la 

consultation des documents internes à l’administration, à moins que la loi ne 

le prévoie (ATF 132 II 485 consid. 3.4; 125 II 473 consid. 4a; 122 I 153 

consid. 6a; 117 Ia 90 consid. 5). Cela concerne, entre autres, les notes 

contenues dans le dossier de l’autorité d’exécution (copies de courriels ou 

notices relatant des conversations téléphoniques, etc. [TPF 2010 142 

consid. 2.1; arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2008.144 du 19 août 2008 

consid. 3]). Dès lors que le droit de consulter le dossier ne s’étend qu’aux 

pièces décisives ayant conduit à la décision attaquée, la consultation des 

pièces non pertinentes peut, a contrario, être refusée. 

 

3.4 Il ressort du dossier que le recourant a eu accès à la décision d’entrée en 

matière du 2 septembre 2019 (v. dossier du MPC), à la décision attaquée du 

2 février 2022 (act. 1.1), à la demande d’entraide du 3 janvier 2019, objet de 

la présente procédure, et aux demandes d’entraide précédentes n°57/2015 

du 28 mai 2015, n°99/2016 du 20 avril 2016 et du 17 mai 2017 (act. 9; 

v. également dossier du MPC). Une copie de la décision ordonnant la mise 

en œuvre de l’Accord de constitution d’une équipe commune d’enquête du 

7 juillet 2015 lui a également été communiquée (act. 9 et dossier du MPC). 

Même si caviardés, ces documents sont suffisants pour permettre au 

recourant de comprendre les faits et de défendre ses intérêts. Ce qu’il a pu 

faire en présentant un mémoire de recours et nombreuses prises de 

positions articulés. S’agissant d’informations ne concernant pas directement 

l’intéressé (notamment l’audition de H.), elles ne sont manifestement pas à 

notifier au recourant. De même, les informations internes à l’administration 

(notamment les détails de la mise en œuvre de l’ECE), ne sont pas des 

pièces décisives; il s’ensuit que leur communication au recourant peut être 

omise sans violer la loi. Concernant le fonctionnement de l’ECE, il convient 

toutefois de noter que l’autorité d’exécution a pris le soin de communiquer 

copie de la décision du 7 juillet 2015 au recourant. Document qui lui a permis 

de soulever ses griefs à propos de cette modalité procédurale. 

 

En conclusion, force est de constater que le recourant a eu accès aux pièces 

décisives pour le sort de la cause conformément à la jurisprudence précitée 

- 11 - 

 

 

(supra consid. 3.3). 

 

3.5 Au vu de ce qui précède, le grief doit être écarté. 

 

 

4. Dans un deuxième grief, le recourant se prévaut en substance de l’art. 2 

EIMP pour dénoncer de graves défauts de la procédure portugaise commis 

contre lui. Selon ce dernier, le contexte général dans lequel s’insère l’affaire 

de la débâcle du groupe C. suffirait pour avoir des raisons objectives de 

douter de l’indépendance et de l’impartialité des autorités pénales 

portugaises. Il prétend également qu’en qualité de prévenu dans la 

procédure étrangère il n’aurait pas eu accès à l’intégralité de l’acte 

d’accusation, il n’aurait reçu qu’une partie traduite de ce document. De 

nombreux témoins clefs n’auraient pas été interrogés et ses démarches 

entreprises dans ce sens auprès des autorités de recours portugaises 

seraient restées infructueuses. 

 

4.1 À teneur de l'art. 2 EIMP, la demande d'entraide est irrecevable si la 

procédure à l'étranger n'est pas conforme aux principes de procédure fixés 

par la CEDH ou par le Pacte ONU II (let. a) ou tend à poursuivre une 

personne en raison de ses opinions politiques (let. b). La demande de 

coopération est également irrecevable lorsque la procédure dans l'Etat 

requérant présente d'autres défauts graves (let. d). L'art. 2 EIMP a pour but 

d'éviter que la Suisse ne prête son concours à des procédures qui ne 

garantiraient pas à la personne poursuivie un standard de protection minimal 

correspondant à celui offert par le droit des Etats démocratiques ou qui 

heurteraient l'ordre public international (ATF 130 II 217 consid. 8.1; 

129 II 268 consid. 6.1; 126 II 324 consid. 4a et les arrêts cités). Comme cela 

résulte du libellé de l'art. 2 EIMP, cette règle s'applique à toutes les formes 

de coopération internationale, y compris l'entraide (ATF 129 II 268 

consid. 6.1; 125 II 356 consid. 8a; 123 II 595 consid. 5c; TPF 2010 56 

consid. 6.3.2). Pour invoquer l'art. 2 EIMP, il faut démontrer être menacé 

dans les droits que cette disposition protège. 

 

4.2 Lorsque l'Etat requérant est lié à la Suisse par un traité d'entraide ou 

d'extradition, et qu'il est aussi partie au Pacte ONU II, comme c'est le cas du 

Portugal, le contrôle du respect des droits fondamentaux est présumé: l'Etat 

requérant est censé respecter l'un comme l'autre traité. En décidant de 

l'octroi de la coopération, la Suisse tient compte de la faculté de la personne 

poursuivie de faire valoir, devant les autorités de l'Etat requérant, puis, le cas 

échéant, devant les instances supranationales, les garanties procédurales 

et matérielles offertes par le Pacte ONU II et la CEDH (v. arrêts du Tribunal 

pénal fédéral RR.2010.194-195 du 7 mars 2011 consid. 3.3 et RR.2007.161 

- 12 - 

 

 

du 14 février 2008 consid. 5.5), sans que cela ne dispense pour autant 

l'autorité suisse d'examiner concrètement si la personne concernée jouit 

effectivement de ces garanties dans l'Etat requérant (ZIMMERMANN, op. cit., 

5e éd. 2019, n° 224). 

 

4.3 En s’appuyant essentiellement sur des articles de presse, notamment sur 

des déclarations du gouvernement, selon lesquels ce dernier attacherait un 

« caractère prioritaire à la condamnation des responsables » (act. 1, p. 26), 

le recourant, résidant en Suisse et prévenu au Portugal, croit faire la preuve 

d’une violation de l’indépendance de la justice et plus généralement des 

principes de la CEDH. En d’autres termes, il semble prétendre que 

l’importance financière de la débâcle du groupe C. créerait un contexte 

général dans lequel les autorités étrangères seraient propices à obtenir des 

résultats procéduraux même en dépit des principes de la CEDH. 

L’argumentation du recourant se fonde sur sa propre interprétation de 

l’affaire et des commentaires de la presse concernant celle-ci. Cette 

approche ne se fonde sur aucun élément objectif qui démontrerait ou 

permettrait valablement de douter de l’impartialité et du manque 

d’indépendance des autorités portugaises. 

 

Dans un autre volet du grief, le recourant allègue qu’en tant que prévenu 

dans la procédure étrangère, il n’aurait pas eu accès à l’intégralité de l’acte 

d’accusation, n’aurait reçu qu’une partie traduite de celui-ci et que nombreux 

témoignages clefs n’auraient pas été traduits ou requis. Il ajoute également 

que ses démarches entreprises au Portugal seraient demeurées 

infructueuses. Le recourant n’amène pas le moindre indice concret 

démontrant ces allégations. Toujours est-il qu’il ressort du dossier que 

l’instruction est actuellement encore pendante (act. 27), ce qui permet 

encore au recourant d’introduire ses requêtes procédurales devant le juge 

du fond. 

 

En définitive, il s’ensuit que conformément à la jurisprudence citée supra 

(consid. 4.1 et 4.2), le respect des droits fondamentaux doit être présumé en 

l’espèce, si bien que le recourant a la possibilité d'invoquer ses droits devant 

les autorités portugaises puis devant les autorités supranationales, en 

l'occurrence la Cour Européenne des Droits de l'Homme. 

 

4.4 Le grief est dès lors globalement inopérant. 

 

 

5. Dans un grief successif, le recourant dénonce une violation des règles 

régissant la transmission spontanée d’informations ainsi que des principes 

régissant la mise en œuvre de l’ECE. Cette deuxième critique a été reprise 

- 13 - 

 

 

et étayée dans sa réplique (act. 16). 

 

5.1 Selon l'art. 67a EIMP, l'autorité de poursuite pénale peut transmettre 

spontanément à une autorité étrangère des moyens de preuve qu'elle a 

recueillis au cours de sa propre enquête (al. 1), lorsqu'elle estime que cette 

transmission est de nature à permettre d'ouvrir une poursuite pénale (let. a) 

ou peut faciliter le déroulement d'une enquête en cours (let. b). Cette 

transmission n'a aucun effet sur la procédure pénale en cours en Suisse 

(al. 2). La transmission d'un moyen de preuve à un Etat avec lequel la Suisse 

n'est pas liée par un accord international requiert l'autorisation de l'office 

fédéral (al. 3). Les al. 1 et 2 ne s'appliquent pas aux moyens de preuve qui 

touchent au domaine secret (al. 4). Des informations touchant au domaine 

secret peuvent être fournies si elles sont de nature à permettre de présenter 

une demande d'entraide à la Suisse (al. 5). Toute transmission spontanée 

doit figurer dans un procès-verbal (al. 6). Selon la jurisprudence, la 

transmission spontanée selon l'art. 67a EIMP ne peut pas directement faire 

l’objet d’un recours (ATF 125 II 238 consid. 5d; arrêt du Tribunal pénal 

fédéral RR.2010.252 du 27 janvier 2011 consid. 4.1.2). Elle expose toutefois 

que cela n’a pas pour conséquence de priver de toute protection judiciaire 

les personnes touchées par les informations transmises spontanément aux 

autorités étrangères. Si la transmission spontanée d'informations a pour effet 

d'amener les autorités de l'Etat destinataire à présenter une demande 

d’entraide ou à compléter une demande d'entraide préexistante, la personne 

touchée dispose en effet de la faculté de soulever le grief de la violation de 

l'art. 67a EIMP dans le cadre d'un éventuel recours formé contre la décision 

de clôture de l'entraide, pour autant qu'elle ait qualité pour le faire et puisse 

se prévaloir à cette fin d'un intérêt digne de protection. En cas de constat de 

violation de l'art. 67a EIMP, en raison d'un défaut d'autorisation de l'OFJ, ou 

de la transmission de moyens de preuve touchant au domaine secret, ou 

encore de l'absence de procès-verbal (art. 67a al. 3, 4 et 6 EIMP), l'autorité 

d'exécution pourrait être invitée à tenter d'obtenir la restitution des pièces 

communiquées à tort ou, à tout le moins, l'engagement de l'Etat destinataire 

de ne pas les utiliser dans sa procédure pénale. Une telle démarche serait 

toutefois superflue s'il apparaissait, après coup, que les conditions de 

l'entraide étaient de toute manière remplies ou lorsqu'on peut s'attendre, 

dans un proche avenir, à une décision positive quant à l'octroi de l'entraide 

(ATF 125 II 238 consid. 6a; arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2010.252 du 

27 janvier 2011 consid. 4.1.2; RR.2009.190 du 26 août 2009 consid. 2.1 à 

2.3.3). 

 

5.2 Selon l’art. 20 PA II CEEJ, les parties à la convention peuvent créer une 

équipe commune d’enquête. Cette disposition prévoit pour l’essentiel que:  

 

- 14 - 

 

 
« 1. Les autorités compétentes de deux Parties au moins peuvent, d’un commun accord, 

créer une équipe commune d’enquête, avec un objectif précis et pour une durée limitée 
pouvant être prolongée avec l’accord de toutes les Parties, pour effectuer des enquêtes 
pénales dans une ou plusieurs des Parties qui créent l’équipe. La composition de 
l’équipe est arrêtée dans l’accord. 
[…] 
9. Un membre détaché auprès de l’équipe commune d’enquête peut, conformément à 
son droit national et dans les limites de ses compétences, fournir à l’équipe des 
informations qui sont disponibles dans la Partie qui l’a détaché aux fins des enquêtes 
pénales menées par l’équipe. 
 
10. Les informations obtenues de manière régulière par un membre ou un membre 
détaché dans le cadre de sa participation à une équipe commune d’enquête, et qui ne 
peuvent pas être obtenues d’une autre manière par les autorités compétentes des 
Parties concernées, peuvent être utilisées aux fins suivantes:  
(a) aux fins pour lesquelles l’équipe a été créée;  
(b) pour détecter, enquêter sur et poursuivre d’autres infractions pénales sous réserve 
du consentement préalable de la Partie où l’information a été obtenue. Le consentement 
ne peut être refusé que dans les cas où une telle utilisation représenterait un danger 
pour les enquêtes pénales menées dans la Partie concernée, ou pour lesquels cette 
Partie pourrait refuser l’entraide;  
(c) pour prévenir un danger immédiat et sérieux pour la sécurité publique et sans 
préjudice des dispositions du point (b) si, par la suite, une enquête pénale est ouverte;  
(d) à d’autres fins, pour autant que cela ait été convenu par les Parties qui ont créé 
l’équipe. 
[…] ». 

 

5.3 Dans la présente affaire, le MPC et le Ministère public portugais ont créé le 

7 mai 2015, conformément à l’art. 20 PA II CEEJ, une ECE afin d’enquêter 

dans le cadre de l’affaire dite « Banque F. ». L’ECE a été créée à la suite 

d’une demande d’entraide. Le MPC a appliqué la disposition précitée en 

fixant le cadre de l’ECE dans sa décision de contour du 7 juillet 2015 

(v. dossier du MPC). Il ressort notamment de cette décision quelles sont les 

autorités qui composent l’ECE, le but et les limites de l’utilisation des 

informations transmises prématurément, c’est-à-dire, le cas échéant, avant 

l’entrée en force d’une décision de clôture. Le MPC a en substance pris le 

soin d’interdire l’utilisation à titre probatoire des données transmises par les 

autorités suisses jusqu’à autorisation. Quant à l’utilisation probatoire de ces 

informations, il ressort de la décision qu’il s’agit de l’utilisation pour obtenir, 

motiver ou fonder une décision finale sur la cause ou un de ses aspects 

(prononcé de peines ou de mesures, confiscation, etc.). Dans l’hypothèse de 

transmission prématurée d’informations et en cas de décision négative quant 

à l’octroi de l’entraide, la décision prévoit l’obligation pour les autorités 

portugaises de retirer les informations de leur dossier et de les détruire. En 

dehors de ces limitations, la décision de contour autorise l’utilisation pour 

obtenir, fonder ou motiver des mesures d’enquête (saisie de moyens de 

preuve ou de valeurs, arrestations provisoires). Les limitations posées par la 

décision de constitution de l’ECE sont ainsi conformes à l’art. 20 n° 10 let. a, 

b et c PA II CEEJ et à la jurisprudence (TPF 2010 73 consid. 2). On peut par 

ailleurs raisonnablement se poser la question de savoir à quoi servirait la 

constitution d’une ECE si ses membres seraient empêchés d’utiliser les 

informations qui pourraient leur permettre d’avancer l’instruction pour 

laquelle l’équipe est créée ou même de prévenir la réalisation de nouvelles 

- 15 - 

 

 

infractions. Si tel était le cas, ainsi que le recourant semble le soutenir, la 

norme précitée ne serait que flatus vocis. 

 

Il convient, au passage, de relever que les art. 80dbis et 80dter ss EIMP, bien 

que non applicables au cas d’espèce car entrés en vigueur le 1er juillet 2021, 

soit après la décision cadre de 2015 constituant l’ECE, ont, comme le relève 

l’OFJ, codifié la transmission anticipée d’informations en réglant également 

le cas de l’utilisation d’informations ou de moyens de preuve quand ils sont 

en relation avec la prévention ou la poursuite d’infractions donnant lieu à 

extradition (v. Message relatif à l’arrêté fédéral portant approbation et mise 

en œuvre de la Convention du Conseil de l’Europe pour la prévention du 

terrorisme et de son Protocole additionnel et concernant le renforcement des 

normes pénales contre le terrorisme et le crime organisé du 14 septembre 

2018, FF 2018 6469, p. 6529; DANGUBIC/CLERC, Art. 80dbis IRSG - ein 

Überblick, in Forumpoenale 4/2022, p. 288; LUDWICZAK GLASSEY, L’entraide 

pénale internationale « dynamique » en bref, PJA 2021, p. 71 ss). Comme 

l’a fait le MPC dans le cas d’espèce, les nouvelles dispositions autorisent 

l’utilisation prématurée seulement à des fins d’investigations et en aucun cas 

pour requérir, motiver ou prononcer une décision finale; les nouvelles 

dispositions subordonnent cette utilisation à l’entrée en force d’une décision 

de clôture et prévoient le retrait du dossier étranger des informations et 

moyens de preuve en cas de refus de l’entraide. 

 

5.4 Le grief du recourant concernant une violation de l’art. 67a EIMP doit 

manifestement être écarté. La disposition n’a pas été appliquée ainsi qu’il 

ressort des choix procéduraux mis en œuvre par le MPC (ECE). Cette 

approche ressort également de la prise de position du MPC du 25 avril 2022 

(act. 9) dans laquelle il est confirmé que les autorités portugaises ont eu 

accès aux pièces saisies lors de la perquisition du domicile suisse de A. 

(act. 10). 

 

5.5 Au sujet du deuxième volet du grief, à savoir des thèses du recourant visant 

à dénoncer une violation des règles régissant l’utilisation des informations 

obtenues au sein de l’ECE, notamment du paragraphe 9 de la décision 

ordonnant la mise en œuvre de l’Accord de constitution de l’ECE du 7 mai 

2015, même renforcées par l’avis de droit précité (supra let. P), celles-ci se 

révèlent inopérantes. 

 

5.6 Le recourant se méprend quand il invoque une violation des règles de l’ECE 

du fait que des informations saisies à son domicile et en Suisse seraient 

mentionnées dans la procédure portugaise – notamment dans les annexes 

de l’acte d’accusation, dans des décisions de saisies –, que des pièces 

provenant de Suisse auraient déjà été traduites et produites au dossier 

- 16 - 

 

 

portugais et que nombreux autres documents auraient déjà été utilisés par 

l’autorité requérante. 

 

Tout d’abord le recourant n’est pas habilité à se prévaloir d’une quelconque 

utilisation de pièces saisies auprès de tierces personnes (notamment de 

celles saisies au siège de E. SA). Ses critiques, même en voulant les 

considérer comme valables, ne pourraient se référer qu’aux informations 

saisies à son domicile qui, en l’occurrence, sont soigneusement listées dans 

la décision attaquée (act. 1.1) et ont également été produites dans le dossier 

électronique de la cause. Il en découle, que les reproches visant une 

éventuelle utilisation non conforme aux règles de l’ECE se rapportant à des 

informations de tiers sont manifestement irrecevables (supra consid. 1.3). 

 

En ce qui concerne les informations qui touchent personnellement et 

directement le recourant, les explications de ce dernier ne sont pas 

convaincantes. Les exemples de violations évoqués par le recourant, 

tombent tous dans le domaine de l’utilisation d’informations pour les besoins 

de l’instruction. Il ne fournit par exemple pas une copie d’un d’acte 

d’accusation ou d’une preuve concrète établissant que l’instruction est 

terminée, que ledit acte se fonde exclusivement sur les moyens de preuve 

objet de la saisie à son domicile et qu’il ne puisse plus être modifié. Le 

contraire ressort par contre de l’écrit du 21 décembre 2022 remis par les 

autorités portugaises à l’OFJ, transmission qui, n’en déplaise au recourant, 

est parfaitement licite, l’OFJ étant autorité de surveillance en matière 

d’entraide (art. 3 OEIMP). Dans cet écrit, les autorités étrangères précisent 

que la procédure est encore au stade de l’instruction devant le juge 

d’instruction. Les explications supplémentaires contenues dans l’écrit du 

recourant du 13 février 2023 (act. 34), ne sont pas non plus univoques et 

convaincantes. Il n’est pas démontré que l’on se trouve au stade final de la 

procédure pénale dans laquelle l’acte d’accusation est définitif. Si tel était le 

cas, il serait aisé au recourant de produire copie dudit acte en prenant 

également le soin de montrer qu’il se fonde exclusivement sur l’utilisation 

prématurée des pièces querellées. Cela étant, force est de constater que 

rien ne montre que les informations litigieuses soient utilisées comme moyen 

de preuve dans le jugement au fond. C’est justement le but de la décision de 

clôture d’autoriser l’autorité étrangère à utiliser les informations litigieuses 

également comme moyen de preuve. 

 

5.7 Encore convient-il de relever par surabondance que, quand bien même l’on 

se trouverait en présence d’utilisation prématurée de moyens de preuve 

dans la phase de jugement, ce qui dans le cas d’espèce n’est pas démontré, 

une telle situation serait de toute manière guérie étant donné que les 

conditions pour accorder l’entraide dans la présente affaire sont données. À 

- 17 - 

 

 

ce sujet, ainsi que déjà rappelé, il convient aussi de relever que dans l’affaire 

dite de la débâcle du « Groupe C. » l’entraide a déjà été octroyées par la 

Suisse au Portugal (v. let. A). Cela étant, il serait contraire au principe de 

célérité de suspendre la procédure d’entraide, celle-ci devant de toute façon 

être accordée. Bien que cela ne soit pas le cas en l’espèce, en cas 

d’irrégularités commises par l’autorité requérante, une intervention de l’OFJ 

auprès de l’autorité requérante demeurerait possible en tant qu’autorité de 

surveillance en matière d’entraide (art. 3 OEIMP). 

 

5.8 En sus de ce qui précède, ce grief doit être écarté dans la mesure de sa 

recevabilité. 

 

 

6. Dans un grief successif, le recourant critique le MPC à cause de la tenue du 

dossier. Selon lui, cette autorité n’aurait pas établi un inventaire général des 

pièces et informations auxquelles aurait eu accès les membres de l’ECE et, 

par conséquent, les autorités portugaises. La démarche procédurale de cette 

autorité ne permettrait pas d’établir la traçabilité des informations transmises. 

Il conclut, dès lors, qu’il soit ordonné à l’autorité d’exécution d’établir 

l’inventaire de toutes les informations auxquelles auraient eu accès les 

autorités étrangères dans le cadre de l’ECE. 

 

6.1 Le recourant semble oublier les principes régissant la qualité pour agir en 

matière d’entraide, principes déjà rappelés au consid. 1.3. Ceux-ci doivent 

également s’appliquer à ce grief. Le MPC a, comme il lui incombait de le 

faire, mentionné scrupuleusement les pièces saisies au domicile du 

recourant, pièces qui sont l’objet de la décision attaquée. Leur traçabilité est 

ainsi parfaitement documentée. Le grief du recourant est ainsi à rejeter en 

ce qui concerne les pièces qui le touchent personnellement et directement, 

ces pièces étant minutieusement référencées et listées. En revanche, 

s’agissant des informations ne le touchant pas personnellement et 

directement, le grief est manifestement irrecevable. 

 

6.2 Il découle de ce qui précède que le grief doit être rejeté dans la mesure de 

sa recevabilité, ce qui scelle également le sort de la conclusion du recourant. 

 

 

7. Dans un grief ultérieur, le recourant se plaint de la violation du principe de la 

spécialité. 

 

7.1 Selon l’art. 67 al. 1 EIMP et la réserve faite par la Suisse à l’art. 2 let. b CEEJ, 

les renseignements transmis ne peuvent, dans l’Etat requérant, ni être 

utilisés aux fins d’investigation, ni être produits comme moyens de preuve 

- 18 - 

 

 

dans une procédure pénale visant une infraction pour laquelle l’entraide est 

exclue, soit notamment pour la répression d’infractions politiques, militaires 

ou fiscales (art. 3 EIMP et 2 let. a CEEJ; ATF 126 II 316 consid. 2b; 125 II 

258 consid. 7a/aa; 124 II 184 consid. 4b et les arrêts cités). A contrario, les 

moyens de preuve et les renseignements obtenus par voie d’entraide 

peuvent dans l’Etat requérant être utilisés aux fins d’investigation ainsi que 

comme moyens de preuve dans la procédure pénale pour laquelle l’entraide 

a été demandée, ou dans toute autre procédure pénale, sous réserve des 

exceptions mentionnées. L’autorité d’exécution doit signaler à l’Etat 

requérant ce principe et lui rappeler les limites dans lesquelles les 

informations communiquées seront utilisées (v. art. 34 OEIMP). Il n’y a pas 

lieu de douter que celui-ci respectera le principe de la spécialité, en vertu de 

la présomption de fidélité au traité (ATF 110 Ib 392 consid. 5b; arrêts du 

Tribunal pénal fédéral RR.2020.314 du 3 mars 2021 consid. 2.2; 

RR.2009.230 du 16 février 2010 consid. 4.10; RR.2009.150 du 11 septembre 

2009 consid. 3.1). 

 

7.2 Pour le recourant, l’autorité étrangère aurait violé le principe de la spécialité 

à plusieurs reprises. Tout d’abord parce qu’elle aurait utilisé des informations 

obtenues lors de déplacements en Suisse pour former des requêtes 

d’entraide complémentaires, comme cela ressort de la requête du 24 juin 

2019. Cette critique doit être écartée. Dans le cas d’espèce, comme on l’a 

vu, les informations acquises dans le cadre de l’ECE pouvaient valablement 

être utilisées à des fins d’enquête (supra consid. 5.3, 5.6). Dès lors, 

l’utilisation de ces informations pour former une requête d’entraide n’est 

manifestement pas illégale. Cela d’autant moins que la réserve de la 

spécialité n’empêche pas l’utilisation d’informations pour la poursuite 

d’infraction pour lesquelles l’entraide serait accordée, ce qui est le cas en 

l’espèce. 

 

7.3 L’autorité requérante aurait ensuite violé la réserve de la spécialité puisque 

plusieurs pièces acquises en Suisse auraient été transmises aux autorités 

fiscales. Le recourant ne démontre pas exactement quelles pièces produites 

dans le cadre de l’ECE en Suisse auraient été transmises à l’autorité fiscale 

ou à toute autre entité ou partie non habilitée au Portugal. Il convient 

néanmoins de relever que la simple prise de connaissance d’informations de 

la part de l’autorité fiscale, ne signifie pas encore que celles-ci aient été 

utilisées de façon contraire au principe de la spécialité dans des procédures 

pour lesquelles l’entraide serait exclue (notamment la poursuite de 

soustraction fiscale, v. ATF 115 Ib 373 consid 8). 

 

La non violation de la réserve de la spécialité est, par ailleurs, également 

confirmé par la procédure de surveillance de l’OFJ (supra let. O et R). Dans 

- 19 - 

 

 

ce cadre, il sied de relever qu’après avoir interpellé les autorités étrangères 

(act. 27.1), l’OFJ a conclu qu’il n’y a pas eu de violation de la réserve de la 

spécialité (act. 29 et 29.1). 

 

Il s’ensuit que ce volet du grief de la violation de la spécialité doit également 

être rejeté. 

 

7.4 Il convient finalement de relever que l'autorité d'exécution a pris le soin, dans 

la décision attaquée, de réserver le principe de la spécialité de manière 

circonstanciée, notamment en précisant que « [l]es moyens de preuve et les 

renseignements obtenus par voie de l’entraide ne peuvent être utilisés ni 

directement ni indirectement dans une procédure pénale visant une 

infraction pour laquelle l’entraide est exclue. L’entraide est exclue lorsque la 

procédure pénale vise des actes qui, selon les conceptions suisses, revêtent 

un caractère politique ou militaire ou contreviennent à des mesures de 

politique monétaire, commerciale ou économique. L’entraide est également 

exclue lorsque la procédure pénale vise des actes qui, selon les conceptions 

suisses, revêtent un caractère fiscal. Un acte à caractère fiscal est celui qui 

paraît tendre à diminuer des recettes fiscales » (v. act. 1.2, p. 13). Ceci paraît 

propre à prévenir toute utilisation abusive des renseignements transmis et 

ne nécessite pas de rappel plus explicite. Telle qu'elle est formulée, la 

réserve de la spécialité empêche l'autorité requérante d'utiliser les moyens 

de preuve recueillis en Suisse pour la poursuite d'infractions pour lesquelles 

la Suisse n'accorde pas l'entraide, en particulier pour la répression de pures 

infractions fiscales. Comme de coutume, lors de la transmission de la 

documentation, les autorités suisses d'exécution ou l'OFJ attireront 

l'attention de l'autorité requérante sur la portée de la réserve de la spécialité. 

 

7.5 Au vu de ce qui précède, il s’ensuit que le grief est inopérant dans sa 

globalité. 

 

 

8. Dans un dernier grief, le recourant dénonce la violation du principe de la 

proportionnalité dans la mesure où, selon lui, les documents saisis ne 

présenteraient aucun lien avec l’enquête étrangère, lien que l’autorité 

intimée se serait également dispensée de décrire, ne fût-ce que 

sommairement. 

 

8.1 De manière générale, selon la jurisprudence relative au principe de la 

proportionnalité, lequel découle de l'art. 63 al. 1 EIMP, la question de savoir 

si les renseignements demandés sont nécessaires ou simplement utiles à la 

procédure pénale est en principe laissé à l'appréciation des autorités de 

poursuite de l'Etat requérant (ATF 136 IV 82 consid. 4.1; arrêt du Tribunal 

- 20 - 

 

 

fédéral 1C_582/2015 du 10 novembre 2015 consid. 1.4). Le principe de la 

proportionnalité interdit à l'autorité suisse d'aller au-delà des requêtes qui lui 

sont adressées et d'accorder à l'Etat requérant plus qu'il n'a demandé. Cela 

n'empêche pas d'interpréter la demande selon le sens que l'on peut 

raisonnablement lui donner; l'autorité d'exécution devant faire preuve 

d'activisme, comme si elle était elle-même en charge de la poursuite. Le cas 

échéant, une interprétation large est admissible s'il est établi que toutes les 

conditions à l'octroi de l'entraide sont remplies. Ce mode de procéder permet 

ainsi d'éviter d'éventuelles demandes complémentaires (ATF 136 IV 82 

consid. 4.1; 121 II 241 consid. 3a; arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2009.286-287 du 10 février 2010 consid. 4.1). Sur cette base, peuvent 

aussi être transmis des renseignements et des documents qui ne sont pas 

mentionnés dans la demande (TPF 2009 161 consid. 5.2; arrêts du Tribunal 

pénal fédéral RR.2018.32-37 du 23 août 2018 consid. 4.1; RR.2010.39 du 

28 avril 2010 consid. 5.1). 

 

8.2 L'examen de l'autorité d'entraide est régi par le principe de l'« utilité 

potentielle » qui joue un rôle crucial dans l'application du principe de la 

proportionnalité en matière d'entraide pénale internationale (ATF 122 II 367 

consid. 2c les références citées). Sous l'angle de l'utilité potentielle, il doit 

être possible pour l'autorité d'investiguer en amont et en aval du complexe 

de faits décrit dans la demande et de remettre des documents antérieurs ou 

postérieurs à l'époque des faits indiqués (arrêt du Tribunal fédéral 

1A.212/2001 du 21 mars 2002 consid. 9.2.2; arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2017.53-54 du 2 octobre 2017 consid. 8.2 in fine). Les autorités suisses 

sont tenues, au sens de la procédure d'entraide, d'assister les autorités 

étrangères dans la recherche de la vérité en exécutant toute mesure 

présentant un rapport suffisant avec l'enquête pénale à l'étranger, étant 

rappelé que l'entraide vise non seulement à recueillir des preuves à charge, 

mais également à décharge (ATF 118 lb 547 consid. 3a; arrêt du Tribunal 

fédéral 1A.88/2006 du 22 juin 2006 consid. 5.3; arrêts du Tribunal pénal 

fédéral RR.2013.231 du 23 octobre 2013 consid. 4.1 et références citées; 

RR.2008.287 du 9 avril 2009 consid. 2.2.4 et la jurisprudence citée). C'est 

donc, le propre de l'entraide, de favoriser la découverte de faits, 

d'informations et de moyens de preuve, y compris ceux dont l'autorité de 

poursuite étrangère ne soupçonne pas l'existence. Il ne s'agit pas seulement 

d'aider l'Etat requérant à prouver des faits déjà révélés par l'enquête qu'il 

conduit, mais aussi d'en dévoiler d'autres, s'ils existent. Il en découle, pour 

l'autorité d'exécution, un devoir d'exhaustivité qui justifie de communiquer 

tous les éléments qu'elle a réunis, qui sont propres à servir l'enquête 

étrangère ou qui peuvent permettre d'éclairer les rouages du mécanisme 

délictueux poursuivi dans l'Etat requérant (arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2019.172+173 du 28 janvier 2020 consid. 3.1 et références citées; 

- 21 - 

 

 

ZIMMERMANN, op. cit., n° 723, p. 798 ss). 

 

8.3 S'agissant de demandes relatives à des informations bancaires, il convient 

en principe de transmettre tous les documents qui peuvent faire référence 

au soupçon exposé dans la demande d'entraide. Il doit exister un lien de 

connexité suffisant entre l'état de fait faisant l'objet de l'enquête pénale 

menée par les autorités de l'Etat requérant et les documents visés par la 

remise (ATF 129 II 462 consid. 5.3; arrêts du Tribunal fédéral 1A.189/2006 

du 7 février 2007 consid. 3.1; 1A.72/2006 du 13 juillet 2006 consid. 3.1). 

Lorsque la demande tend à éclaircir le cheminement de fonds d'origine 

délictueuse, il convient en principe d'informer l'Etat requérant de toutes les 

transactions opérées au nom des personnes et des sociétés et par le biais 

des comptes impliqués dans l'affaire, même sur une période relativement 

étendue (ATF 121 II 241 consid. 3c). L'utilité de la documentation bancaire 

découle du fait que l'autorité requérante peut vouloir vérifier que les 

agissements qu'elle connaît déjà n'ont pas été précédés ou suivis d'autres 

actes du même genre (v. arrêts du Tribunal fédéral 1A.259/2006 du 

26 janvier 2007 consid. 2.2; 1A.75/2006 du 20 juin 2006 consid. 3.2; 

1A.79/2005 du 27 avril 2005 consid. 4.2; 1A.59/2005 du 26 avril 2005 

consid. 6.2). 

 

8.4 Dans le cas d’espèce, les pièces mentionnées dans la décision attaquée à 

laquelle il est renvoyé (act. 1.1), pièces saisies au domicile du recourant, 

contiennent notamment des informations contractuelles et financières qui 

concernent de près ou de loin les sociétés et les personnes objet de 

l’enquête, sociétés et personnes par ailleurs mentionnées dans les requêtes 

portugaises. Il est aussi compréhensible que l’autorité étrangère ait un intérêt 

plus que potentiel à obtenir la transmission de la documentation concernant 

les entités et les faits sous enquête, cela d’autant plus que cette 

documentation a été saisie au domicile du recourant, également prévenu 

dans l’enquête en cours au Portugal.  

 

8.5 Ce grief doit également être écarté. 

 

 

9. Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté dans la mesure de sa 

recevabilité. 

 

 

10. En règle générale, les frais de procédure comprenant l’émolument d’arrêté, 

les émoluments de chancellerie et les débours sont mis à la charge de la 

partie qui succombe (art. 63 al. 1 PA). Le montant de l’émolument est calculé 

en fonction de l’ampleur et de la difficulté de la cause, de la façon de 

- 22 - 

 

 

procéder des parties, de leur situation financière et des frais de chancellerie 

(art. 73 al. 2 LOAP). Les frais de procédure sont partant mis à la charge du 

recourant qui succombe. En l’espèce, l’émolument judiciaire, calculé 

conformément aux art. 5 et 8 al. 3 du règlement sur les frais, émoluments, 

dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale (RFPPF; 

RS 173.713.162; v. art. 63 al. 5 PA) est fixé à CHF 5’000.--, montant couvert 

par l’avance de frais déjà versée. 

 

 

- 23 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. La requête de jonction des causes RR.2022.62, RR.2022.51 et RR.2022.59 

est rejetée. 

 

2. Le recours est rejeté dans la mesure de sa recevabilité. 

 

3. Un émolument de CHF 5’000.--, couvert par l’avance de frais déjà versée, est 

mis à la charge du recourant. 

 

 

Bellinzone, le 28 février 2023 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière: 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Elie Elkaim, avocat 

- Ministère public de la Confédération 

- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire 

 

  

- 24 - 

 

 
Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 1 
et 2 let. b LTF). Les mémoires doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal 
fédéral soit, à l’attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou 
consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). En cas de transmission électronique, le moment déterminant 
pour l’observation d’un délai est celui où est établi l’accusé de réception qui confirme que la partie a 
accompli toutes les étapes nécessaires à la transmission (art. 48 al. 2 LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la transmission 
de renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas particulièrement important 
(art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de 
supposer que la procédure à l’étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d’autres vices 
graves (art. 84 al. 2 LTF).