# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fb4a72e4-5721-50d9-87ce-c8ef174d66d1
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-06-17
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 17.06.2008 PS.2007.0178
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_PS-2007-0178_2008-06-17.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 17 juin 2008 

  
	
  Composition

  	
  M. François Kart,
  président; Mme Isabelle Perrin et M. Guy Dutoit, assesseurs; Mme Sophie
  Yenni Guignard, greffière

  

 

	
  Recourante

  	
   

  	
  X.________, à ********, 

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Caisse cantonale de
  chômage, Division technique et juridique

  

   

	
  Autorité concernée

  	
   

  	
  Office régional de
  placement de Cossonay-Orbe-La Vallée.

  

   

 

	
  Objet

  	
  Indemnité de chômage

  
	
   

  	
  Recours X.________ c/ décision de la Caisse
  cantonale de chômage du 12 septembre 2007 (suspension du droit à l'indemnité
  d'une durée de 31 jours)

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
X.________ travaille depuis le 1er
juillet 2003 comme assistante sociale à 40% pour le compte de l'Association Y.________
(Y.________) Région Nyon-Rolle. A compter du 1er avril 2004, elle a
complété son activité par un poste d'assistante sociale à 30% auprès de Z.________
de Lausanne et du canton de Vaud (Z.________). Par courrier du 24 octobre 2006,
elle a démissionné de son emploi à 30% avec effet au 31 janvier 2007, en
expliquant qu'elle désirait consacrer davantage de temps à sa famille.

B.                              
Le 29 janvier 2007, X.________ s'est
annoncée comme demandeuse d'emploi à 70% auprès de l'Office régional de
placement d'Yverdon - agence d'Orbe (ci-après l'ORP). Elle a sollicité le
versement de l'indemnité de chômage à partir du 1er février 2007
auprès de la caisse cantonale de chômage (ci-après la caisse). Celle-ci lui a
ouvert un délai-cadre d'indemnisation de deux ans à compter de cette date, en
fixant le gain assuré à 5'443 francs et le taux d'indemnisation à 80%.

C.                              
Par décision du 5 avril 2007, la
caisse a infligé à X.________ une suspension de 31 jours indemnisables pour
chômage fautif en retenant qu'elle avait provoqué l'intervention de
l'assurance-chômage en résiliant son contrat de travail sans s'être assurée au
préalable de trouver un autre emploi. Selon les décomptes de chômage de février
et mars 2007, notifiés le 5 avril 2007, X.________ a subi 2,4 jours de
suspensions en février 2007, puis 9,4 jours de suspension en mars 2007, le
solde des 31 jours de suspension étant reporté sur les mois suivants.

D.                              
X.________ a fait opposition à la
décision de suspension et aux décomptes de février et mars 2007 par acte du 23
avril 2007. Sans contester la suspension dans son principe, elle s'opposait à
la prise en compte de son activité à 40% comme gain intermédiaire, en faisant
valoir que le mode de calcul de la caisse avait pour effet que la suspension de
31 jours, ainsi que le délai d'attente général de 5 jours, étaient amortis sur
environ quatre mois, et non sur un mois et demi. Elle demandait que la durée de
la suspension soit calculée au prorata de l'activité à 30% pour laquelle elle
demandait l'indemnité de chômage. 

E.                              
La caisse a rejeté l'opposition par décision
sur opposition du 12 septembre 2007. En substance, elle retenait que seule
était litigieuse l'exécution de la suspension, non son principe en tant que
tel. Après avoir rappelé que l'activité exercée à temps partiel durant une
période de contrôle est prise en compte à titre de gain intermédiaire, elle
expliquait son calcul comme suit:

"Conformément à la directive du SECO
susmentionnée, c'est à juste titre que la suspension de 31 jours est infligée
sous forme d'indemnités journalières pleines et non proportionnelles. Le même
raisonnement est appliqué au délai d'attente. Il s'agit maintenant d'examiner
l'exécution de la suspension durant chaque mois litigieux: pendant le mois de
février 2007, comprenant 20 jours de chômage contrôlés, elle a réalisé un gain
intermédiaire, de sorte que 7,4 indemnités journalières seulement devaient lui
être versées. Le délai d'attente de cinq jours devant être subi avant le début
de l'indemnisation, il ne reste donc que 2,4 jours déduits de la suspension
totale. Le mois de mars 2007 comporte 22 jours contrôlés et après la prise en
compte de son gain intermédiaire, seules 9,4 indemnités journalières devraient
lui être versées, qui sont déduites du solde de la suspension. Elle ne peut
donc amortir que 9,4 jours de suspension en utilisant les indemnités auxquelles
elle a droit pour cette période de  contrôle. Le même raisonnement se poursuit
jusqu'à l'épuisement de la suspension, en juin 2007."

F.                               
Le 4 octobre 2007, X.________ a
recouru auprès du Tribunal Administratif (depuis le 1er janvier 2007
la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal) . En substance, elle
fait valoir que la méthode de calcul retenue par la caisse la prive
d'indemnités durant plus de 4 mois, ce qui lui paraît totalement
disproportionné par rapport à la perte d'une activité à 30% pour laquelle elle
demande l'indemnité de chômage. Elle conclut à une réduction de la suspension
en proportion de sa perte de gain.

G.                              
La caisse a répondu le 14 novembre
2007 en concluant au rejet du recours.

H.                              
L'ORP a transmis son dossier le 16
octobre 2007 sans prendre de conclusions.

Considérant en droit

1.                               
Déposé dans le délai de 30 jours fixé
par l¿art. 60 al.1 de la loi fédérale sur la partie générale du doit des
assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1), le recours est intervenu
en temps utile. Il est au surplus recevable en la forme. Il convient dès lors d¿entrer
en matière sur le fond.

2.                               
a) Selon l'art. 8 al. 1er
de la loi fédérale du 25 juin 1982 sur l'assurance-chômage obligatoire et
l'indemnité en cas d'insolvabilité (LACI, RS 837.0), l'assuré a droit à
l'indemnité de chômage notamment s'il est partiellement sans emploi, s'il a
subi une perte de travail à prendre en considération et s'il est apte au
placement. Est réputé partiellement sans emploi aux termes de l'art. 10 al. 2
LACI (a) celui qui n'est pas partie à un rapport de travail et cherche à
n'exercer qu'une activité à temps partiel ou (b) celui qui occupe un emploi à
temps partiel et cherche à le remplacer par une activité à plein temps ou à le
compléter par une autre activité à temps partiel. Dans ce cas, l'activité
résiduelle conservée par l'assuré inscrit en tant que demandeur d'emploi et
faisant contrôler son chômage doit être traitée sous l'angle du gain
intermédiaire conformément à l'art. 24 al. 1er LACI (cf. pour un cas
d'application Tribunal administratif PS.2006.0183 du 12 décembre 2006).

b) Dans le cas d'espèce, la recourante
a manifesté son intention de continuer à travailler à 70% en conservant un
emploi à 40% et en demandant le versement de l'indemnité de chômage en
compensation de l'abandon de son travail à 30%. Elle se trouve ainsi dans le
cas de figure visé à l'art. 10 al. 2 let. b LACI et l'activité résiduelle
qu'elle a conservé à 40% doit être prise en compte comme gain intermédiaire
dans le calcul de ses indemnités de chômage.

3.                               
Aux termes de l¿art. 30 al. 1 let. a LACI,
le droit de l¿assuré à l¿indemnité est suspendu lorsqu¿il est établi que
celui-ci est sans travail par sa propre faute. Selon l¿art. 44 al. 1 let. b de
l¿ordonnance du 31 août 1983 sur l¿assurance-chômage obligatoire et l¿indemnité
en cas d¿insolvabilité (OACI; RS 837.02), est notamment réputé sans travail par
sa propre faute l¿assuré qui a résilié lui-même un contrat de travail, sans
avoir été préalablement assuré d¿obtenir un autre emploi, sauf s¿il ne pouvait
être exigé de lui qu¿il conservât son ancien emploi. La durée de la suspension
est proportionnelle à la gravité de la faute (art. 30 al. 3 LACI). Selon l'art.
45 al. 2 OACI, elle est de 1 à 15 jours en cas de faute légère (let. a), de 16
à 30 jours en cas de faute de gravité moyenne (let. b) et de 31 à 60 jours en
cas de faute grave (let. c). Aux termes de l'art. 45 al. 3 OACI, il y a faute
grave lorsque l¿assuré abandonne un emploi réputé convenable sans être assuré
d¿obtenir un nouvel emploi ou lorsqu¿il refuse un emploi réputé convenable sans
motif valable. 

En cas de non-prise ou d'abandon d'un
emploi en gain intermédiaire, la durée de la suspension est fixée selon le
barème applicable pour refus ou abandon d'un emploi réputé convenable. La suspension
porte toutefois uniquement sur la différence entre le montant de l'indemnité
journalière à laquelle l'assuré a droit et celui de l'indemnité compensatoire qu'il
touche. Il ne peut en effet, au regard des principes de causalité et de proportionnalité,
être tenu pour responsable de la prolongation de son chômage qu'à hauteur de
cette différence (ATF 122 V 34, SECO, Circulaire IC 2007, D66-68; v. notamment
PS.2007.0097 du 27 septembre 2007).

Une faute au sens de la législation
sur l¿assurance-chômage ne suppose pas nécessairement, comme en droit pénal ou
civil, qu¿on puisse imputer à l¿assuré un comportement répréhensible ;
elle est réalisée sitôt que la survenance du chômage ne relève pas de facteurs
objectifs, mais réside dans un comportement que l¿assuré pouvait éviter au vu
des circonstances et des relations personnelles en cause (DTA 1982 n° 4).
Conformément au principe de l'obligation de diminuer le dommage, l'assuré doit
s'efforcer de faire tout ce qui est en son pouvoir pour réduire le dommage ou
éviter la réalisation du risque assuré (DTA 1981 n° 29).

4.                               
a) En l'occurrence, il n'est pas
contesté que la recourante a quitté son emploi à 30% sans s'être assurée au
préalable de trouver un autre emploi. Il convient par conséquent de retenir qu'étant
partiellement sans travail par sa faute au sens de l'art. 30 al. 1 let. a LACI,
c'est à juste titre que la caisse a prononcé une suspension pour chômage
fautif, conformément à l'art. 44 al. 1 let. b OACI. De même, la recourante ne
conteste pas la suspension de 31 jours correspondant à une faute grave. Elle
conteste en revanche la manière dont les jours de suspension sont pris en
considération en relevant que le fait qu'elle ait conservé son autre activité à
40% a eu une incidence sur le nombre de jours amortis chaque mois et par
conséquent sur la durée de la période durant laquelle elle a été privée de ses
indemnités de chômage.

                   b) De fait, on
constate que l'autorité intimée s'en est tenue strictement aux directives du
Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) relatives à l'imputation des jours de
suspension sur le nombre maximum d'indemnités journalières (Circulaire IC 2007
D 65), qui prévoient que les jours de suspension sont imputés sur le nombre
maximum d'indemnités journalières d'après leur valeur effective, c'est-à-dire
sous la forme d'indemnités journalières pleines. On relèvera que si, en
présence d'un gain intermédiaire, cette manière de calculer a effectivement une
incidence sur la période durant laquelle l'assuré ne touche pas d'indemnités (4
mois dans le cas de la recourante), elle n'a en revanche pas de conséquences
sur le montant total des indemnités qui sont versées, ce versement s'étalant
simplement dans le temps. La recourante ne saurait par conséquent être suivie
lorsqu'elle soutient qu'elle subit un préjudice financier en raison de la
manière dont les jours de suspension sont imputés. La recourante n'ayant pas
cessé l'activité prise en compte à titre de gain intermédiaire, c'est également
en vain qu'elle invoque les principes applicables au calcul de la suspension en
cas de non-prise ou d'abandon d'un emploi en gain intermédiaire (Directive IC
2007 D 66 à 68 mentionnée ci-dessus).

5.                               
Les considérants qui précèdent
conduisent au rejet du recours et à la confirmation de la décision attaquée. Le
présent arrêt sera rendu sans frais; il n'y a pas lieu d'allouer des dépens. 

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.                                  
Le recours est rejeté.

II.                                
La décision de la Caisse cantonale de
chômage du 12 septembre 2007 est confirmée.

III.                               
Le présent arrêt est rendu sans frais
ni dépens. 

Lausanne, le 17 juin 2008 

 

Le président:                                                                                             La
greffière:

                                                                                                                  

 

 

 

 

 

 

Le présent
arrêt est communiqué aux destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.

 

Il peut faire l'objet, dans les trente
jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Cours de droit
social, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne). Le recours en matière de droit
public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur
le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire
à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours
doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les conclusions, les
motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer
succinctement en quoi l¿acte attaqué viole le droit. Les pièces invoquées comme
moyens de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant qu¿elles soient
en mains de la partie; il en va de même de la décision attaquée.