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**Case Identifier:** 92f0b275-3afd-500c-9dcd-c98b11d0a07b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-04-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 21.04.2016 A/343/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-343-2015_2016-04-21.pdf

## Full Text

Siégeant : Maya CRAMER, Présidente; Christine BULLIARD MANGILI et Monique 
STOLLER FÜLLEMANN, Juges assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/343/2015 ATAS/308/2016 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 21 avril 2016 

5ème Chambre 

 

En la cause 

Monsieur A______, domicilié à ONEX, représenté par ASSUAS 
Association suisse des assurés 

 

recourant 

 

contre  

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITÉ DU CANTON DE 
GENÈVE, sis rue des Gares 12, GENÈVE 

intimé 

 

  

 
 
 

 

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EN FAIT 

1. Monsieur A______, né le ______ 1976, a une formation de technicien mécanicien, 
spécialiste en chauffage. Depuis 1999, il a travaillé dans sa profession à l’Etat de 
Genève. Il a été licencié de cet emploi avec effet au 31 août 2014. 

2. L'intéressé est en incapacité de travail variable depuis le 31 octobre 2011 et 
continue dès le 12 juin 2012, hormis un essai de reprise à 20 % en novembre 2012 
qui a échoué. 

3. Selon le rapport du 27 novembre 2012 de la doctoresse B______, les plaintes et la 
symptomatologie rapportées du patient sont en majorité des douleurs et de la 
fatigue qui ne relèvent actuellement pas d’un trouble psychiatrique. Ces plaintes ne 
concordent pas avec les critères d’un état dépressif sévère. A cela s’ajoutent des 
troubles digestifs et un état anxieux important en lien avec son ressenti physique et 
le manque de reconnaissance de sa maladie. L’assuré a refusé un traitement 
antidépresseur, craignant souffrir davantage de troubles digestifs. Lors du dernier 
rendez-vous en date du 14 novembre 2012, il présentait un état presque 
confusionnel avec des difficultés à s’exprimer et une aggravation de son anxiété. La 
Dresse B______ a posé le diagnostic de trouble de la personnalité histrionique, 
lequel ne justifiait cependant pas un arrêt maladie depuis plus d’une année. Des 
investigations d’ordre digestif, neurologique et infectieux étaient encore nécessaires 
pour exclure un problème somatique. Un diagnostic psychiatrique ne pouvait être 
posé que par exclusion. Les autres diagnostics, à savoir un trouble anxieux 
généralisé et un état dépressif secondaire ne justifiaient pas non plus l’arrêt de 
travail de longue durée, l’origine des plaintes étant indéterminée. Au cas où aucun 
problème d’origine organique ne serait mis en évidence, le diagnostic de 
somatisation, versus un trouble hypocondriaque, pourrait être retenu.  

4. En décembre 2012, l’assuré a requis des prestations de l’assurance-invalidité.  

5. Le rapport d’examen neuropsychologique du 11 décembre 2012 de la doctoresse 
C______, neurologue FMH, et de Madame D______, psychologue FSP et 
neuropsychologue, a conclu à une très discrète atteinte attentionnelle, probablement 
en lien avec les symptômes de la lignée dépressive. Le reste de l’examen, en 
particulier les fonctions mnésiques, se situait dans les normes. La discrépance entre 
les nombreuses plaintes exprimées par l’assuré et la quasi normalité de ce bilan 
était probablement à mettre en lien avec l’état psychique.  

6. Dans son rapport du 21 janvier 2013, la doctoresse E______, spécialiste en 
médecine interne, a indiqué que l’assuré décrivait un problème d’épuisement, 
actuellement extrême, qui avait débuté il y a plusieurs années, était déjà très marqué 
début 2010 et l’avait conduit à refuser une promotion professionnelle. Il dormait 
douze heures, ne sortait plus, même pour faire ses courses, demandait à sa mère de 
cuisiner pour lui, n’avait aucune vie sociale et aucun loisir. Il décrivait également 
des troubles digestifs et des problèmes de perception thermique. Les investigations 
avaient mis en évidence une sérologie de borréliose positive traitée en 2012. Le 

 
 
 

 

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traitement n’avait pas infléchi les symptômes. Le bilan neuropsychologique était 
globalement normal. L’état d’asthénie, les troubles de concentration et 
d’intolérance à l’effort pourraient correspondre à un syndrome post-infectieux dans 
le contexte de la maladie de Lyme. Les diagnostics de cette praticienne étaient un 
état dépressif et un état d’épuisement, ainsi que des troubles digestifs. A cela 
s’ajoutait un status post-traitement maladie de Lyme. L’incapacité de travail était 
totale, mais on pouvait s’attendre à une reprise de l’activité professionnelle à une 
date qui n’était pas déterminable.  

7. Selon le rapport de la Dresse B______, psychiatre FMH du 14 février 2013, 
l’assuré présente les diagnostics, avec influence sur la capacité de travail, de 
somatisation, trouble de l’adaptation et anxio-dépressif, trouble du comportement 
alimentaire, personnalité histrionique et syndrome post-infectieux post maladie de 
Lyme qui était encore à déterminer. Il avait consulté plusieurs psychiatres, à chaque 
fois pour une courte durée. L’assuré était persuadé de souffrir d’un état de fatigue 
chronique, de troubles neurologiques  et digestifs depuis la déclaration d’une 
maladie de Lyme, soit d'une atteinte organique. Cette praticienne avait essayé 
d’entreprendre un suivi conjoint avec Madame F______, psychologue FSP et 
spécialiste en thérapie cognitive et comportementale. Cependant, l’assuré avait peu 
adhéré à la psychothérapie, invoquant sa fatigue et donnant la priorité aux 
investigations somatiques. Après l’introduction progressive d’un traitement 
antidépresseur, aucune modification n’avait pu être constatée d’un point de vue 
psychiatrique. A ce tableau clinique s’ajoutaient des difficultés relationnelles avec 
un retrait social sévère et des troubles du comportement alimentaire (bizarreries, 
tendance à l’anorexie). Le problème de somatisation était extrêmement difficile à 
aborder et ce genre de trouble ne répondait en général pas au traitement 
médicamenteux. Le patient devrait poursuivre un traitement psychiatrique intégré. 
Dans les restrictions, la Dresse B______ a mentionné asthénie, trouble de la 
concentration et de l’attention, trouble du comportement alimentaire, trouble de la 
mémoire non objectivé, difficultés relationnelles (démonstratif, multiples plaintes, 
troubles du comportement) probable somatisation (céphalées, vertiges, douleurs 
abdominales fréquentes), anxiété sévère, peur de perdre le contrôle, tristesse 
réactionnelle et idées suicidaires fluctuantes durant les dernières semaines. Il était 
incapable d’effectuer les tâches quotidiennes. La capacité de travail était nulle. Le 
suivi psychiatrique avait été interrompu le 12 février 2013. 

8. Selon le rapport du 18 mars 2013 du docteur  G______, psychiatre FMH, l’asthénie 
physique et psychique de l’assuré engendrait des difficultés à gérer le quotidien, dès 
lors qu’il présentait beaucoup de comportements ritualisés, sans les caractéristiques 
du trouble obsessionnel compulsif. La thymie était triste avec des idées noires, sans 
idée suicidaire. A cela s’ajoutaient un caractère pathologique de son comportement 
alimentaire et une anxiété anticipatoire importante. Les diagnostics de ce médecin 
étaient un épisode dépressif moyen d’évolution chronique et un trouble alimentaire 

 
 
 

 

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avec une alimentation restrictive dans un contexte asthénique. Le pronostic pour la 
reprise de travail était réservé. Actuellement, la capacité de travail était nulle. 

9. Selon le rapport d’évaluation pour une intégration professionnelle (IP) du 2 avril 
2013 de l’office de l’assurance-invalidité du canton de Genève (OAI), l'assuré 
aimait son activité professionnelle. Il souffre d’un état de faiblesse depuis environ 
une dizaine d’années avec certains symptômes qui remontaient à son enfance. Il ne 
sort plus que pour aller voir ses médecins et n’a pas de loisir. L’assuré a déclaré 
qu'il ne pourrait pas reprendre son travail. Il ne souhaitait pas non plus bénéficier de 
mesures d’intégration professionnelle.  

10. Selon le rapport du 22 avril 2013 de la Dresse E______, les capacités fonctionnelles 
de l’assuré ont encore diminué et il ne sort plus que pour se rendre aux visites 
médicales. Toute sa journée est méticuleusement organisée autour de sa protection 
(analyse de la température, contrôle de l’ouverture et de la fermeture des fenêtres, 
organisation et contrôle de son alimentation soumise à beaucoup de restrictions, 
préparation de notes en vue des consultations), de sorte qu'il n'y a aucune place 
pour une autre activité. La capacité de travail est nulle. 

11. Selon la note de travail IP du 7 juin 2013 relative à un entretien téléphonique avec 
Madame H______, psychologue au service de santé de l’Etat de Genève, aucune 
reprise de travail ne semble envisageable. Outre l'état de fatigue de l'assuré, les 
restrictions alimentaires compromettent tout projet de reprise et nécessite même une 
hospitalisation à la clinique de Montana. 

12. Selon le rapport de clôture IP du 10 juin 2013, aucune reprise d’activité ni mesure 
ne semblent envisageables, raison pour laquelle l’OAI a communiqué le 18 juin 
2013 à l’assuré que des mesures d’ordre professionnel n’étaient actuellement pas 
indiquées.  

13. Selon le rapport du 1er juillet 2013 de la Dresse S______ de la consultation 
psychiatrique des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) de la Servette, l’assuré 
souffre d’une neurasthénie et d’un trouble dépressif récurrent, épisode moyen. Les 
diagnostics de troubles de l’alimentation et de traits de personnalité anxieuse et 
évitante sont sans répercussion sur la capacité de travail. Sa première plainte est une 
grande fatigue et une baisse de l’élan vital. L'assuré s’inquiète beaucoup pour sa 
dégradation mentale et physique. Il parle abondamment, presque de manière 
obsessionnelle, de ses troubles de digestion et intolérances alimentaires. La capacité 
de travail est nulle et le pronostic réservé. 

14. En mars 2014, l’assuré a été soumis à une expertise par le docteur I______, 
psychiatre FMH. Dans son rapport du 15 mars 2014, celui-ci n'a posé aucun 
diagnostic sur le plan psychiatrique avec une répercussion sur la capacité de travail. 
Les diagnostics de neurasthénie, depuis environ 2002, et d’accentuation de traits de 
personnalité anxieuse et évitante, existant depuis l’adolescence, n’avaient pas 
d’influence sur la capacité de travail. Ainsi, la capacité de travail était complète au 
plan psychique. A l’examen, l’assuré était euthymique et niait un abaissement de 

 
 
 

 

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l’humeur. Il avait un intérêt pour certaines émissions de télévision et du plaisir de 
rencontrer sa mère ou de découvrir de nouvelles activités comme un cours de 
percussion japonaise, auquel il participait volontiers chaque semaine depuis 
septembre 2013. Malgré la fatigue alléguée, il avait participé activement à l'examen 
d’une durée de plus de trois heures sans signe d’une diminution importante de 
l’attention et de la concentration. Il était capable de conduire sa voiture pour se 
rendre régulièrement chez un naturopathe en France, à 50 km de Genève. Cela était 
en contradiction avec sa déclaration, selon laquelle il devait demander à sa mère de 
le conduire pour faire des courses à Annemasse, à seulement 10 km de Genève. Ses 
déclarations étaient également incohérentes en ce qu’il disait avoir des grosses 
difficultés pour écrire, lesquelles s’aggravaient le soir, alors qu’il avait été capable 
d'adresser à l'expert spontanément un courrier électronique de plus d’une page à 
18h18. Les observations cliniques ne permettaient pas non plus de confirmer une 
fatigue énorme après seulement dix minutes de conversation, telle qu'alléguée. 
L'assuré présentait une diminution d’estime de soi et de la confiance en soi depuis 
son enfance, selon ses déclarations. Sa plainte essentielle était une grande fatigue 
depuis 2002 environ et aggravée sévèrement depuis 2010. Cette fatigue survenait 
dans un contexte de stress psychosocial, comme la maladie cancéreuse de sa mère 
et la séparation de ses parents il y a environ dix ans, suivie par une restructuration 
professionnelle annoncée fin 2009, mettant l’assuré face à son manque de confiance 
en soi. Ses plaintes correspondaient à une neurasthénie. Les moments d’angoisse et 
de dépression mineure en réaction à la fatigue ne justifiaient pas le diagnostic 
autonome d’un trouble de l’adaptation. Les syndromes digestifs n’étaient pas 
associés à un sentiment de détresse, de sorte que le diagnostic de somatisation ne 
pouvait être retenu. La fixation de l’assuré sur son sentiment d’épuisement et la 
recherche d’une explication somatique de sa neurasthénie s’inscrivaient dans une 
structure de personnalité marquée par une perception de soi comme inférieure aux 
autres. Depuis son enfance, sa vie sociale témoignait ainsi d’un refus de nouer des 
relations, à moins d’être certain d’être accepté. Néanmoins, il avait été capable de 
suivre avec succès une formation professionnelle et de s’intégrer d’une manière 
stable dans la vie professionnelle. Il avait également effectué le service militaire 
sans difficulté manifeste et s’était engagé dans une relation sentimentale, décrite 
comme positive, pendant des années. Après des situations de stress psychosocial, 
comme la séparation de sa compagne en avril 2010, suivie par un incendie, avec 
perte de logement, il avait continué à mener une vie indépendante, faisant preuve de 
ressources personnelles, par exemple pour passer des vacances dans le sud de la 
France en avril 2012, où il s'était rendu seul en voiture. Il prenait aussi l’initiative 
de poursuivre des intérêts personnels, en participant à un cours de percussion 
japonaise dans un groupe d’au moins dix personnes chaque semaine depuis 
septembre 2013. Il niait toute anxiété lors de rendez-vous officiels et ne montrait 
pas d’évitement des activités sociales. Toutefois, sa tendance à l’hyper-expressivité 
des symptômes, avec surtout une description dramatique de sa fatigue, témoignait 
de l’adoption d’un rôle de malade dans le cadre d’une accentuation de traits de 

 
 
 

 

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personnalité anxieuse et évitante, n’ayant pas valeur de maladie. Le rôle de malade 
semblait être maintenu par le bénéfice secondaire du soulagement de l’obligation de 
poursuivre une activité professionnelle et d’affronter le défi d’une restructuration à 
sa place de travail. Il n’y avait pas non plus de perte d’intégration sociale dans 
toutes les manifestations de sa vie. L’assuré continuait à mener une vie autonome et 
d’affronter les exigences de la vie quotidienne. Il n’y avait ainsi pas une maladie 
psychiatrique incapacitante qui l’empêchait de surmonter son sentiment subjectif de 
fatigue dû à la neurasthénie pour reprendre son activité habituelle.  

15. Selon l’avis médical du 7 avril 2014 de la doctoresse J______ du service médical 
régional de l’assurance-invalidité pour la Suisse romande (SMR), la capacité de 
travail de l'assuré est totale. 

16. Par courrier du 11 avril 2014, la Dresse E______ a fait savoir à l’OAI qu’elle restait 
totalement convaincue que l’assuré ne disposait d’aucune capacité de travail sur le 
plan psychique et qu’elle contestait donc les conclusions de l’expertise du Dr 
I______. 

17. Le 14 avril 2014, l’assuré a exprimé à l’OAI son désaccord avec l’expertise 
psychiatrique. L’entretien de près de quatre heures avait été très difficile pour lui et 
il avait été choqué qu’aucune pause ne lui avait été proposée. L’expert ne l'avait 
laissé répondre que très brièvement à ses questions et, même à la fin de l’entretien, 
l’assuré n’avait pas eu le temps de compléter ses déclarations, mais avait été 
rapidement mis à la porte. Concernant le cours de percussion japonaise, il l'avait 
entrepris au départ avec une psychomotricienne et le cours était limité à quelques 
séances seulement. C’est ainsi qu’il avait trouvé lui-même un cours début 
septembre 2013. Ces cours étaient plus une thérapie qu’un loisir. Ils étaient très 
difficiles, car après seulement quelques minutes il ne voyait plus ce qu’il faisait et 
où il frappait. Le cours était souvent plus une souffrance qu'un plaisir, d’autant plus 
qu’il avait des problèmes de mémorisation et faisait beaucoup d’erreurs. Le jour qui 
précédait le cours d’une heure quarante-cinq, il devait se reposer chez lui. Le 
lendemain, il était complètement épuisé et passait la journée au lit, se levant 
uniquement pendant quatre ou cinq heures pour manger et digérer. Par ailleurs, si 
son suivi psychothérapique se limitait à une séance par mois, cela tenait au fait qu’il 
était trop fatigué et qu’un suivi plus intense l’empêcherait de faire autre chose. 
Concernant le ménage, il n’avait pas répondu correctement à la question du Dr 
I______. En effet, il avait honte de dire qu’il passait l’aspirateur seulement une ou 
deux fois par année. Il ne faisait la vaisselle que lorsqu’il n’y avait plus rien de 
propre, et n’arrivait pas à changer les draps du lit aussi souvent que nécessaire. De 
ce fait, il ne laissait même pas pénétrer sa mère à l’intérieur de sa maison. 
Concernant le fait qu’il avait envoyé un courrier électronique à l’expert le soir, il a 
expliqué qu’il ne s’était levé que vers 17h. Du reste, il avait simplement recopié des 
notes qu’il avait prises pour l’expertise, mais dont il n’avait pas eu la possibilité de 
parler. S'agissant de sa capacité de conduire, l’autoroute se trouvait à 1 km de son 
domicile et le menait à destination de son naturopathe. En ville, il ne pouvait 

 
 
 

 

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conduire que pendant quelques minutes et sur des trajets qu’il connaissait, ses 
réflexes étant vite fortement diminués. Il avait dès lors opté pour une voiture 
automatique. Quant à son voyage dans le sud de la France en 2012, il avait 
parcouru les 500 km en douze heures, en faisant de très nombreuses pauses. Il 
n’était en outre pas vrai qu’il menait une vie indépendante, ne pouvant cuisiner, 
faire ses courses, laver son linge, faire le ménage, aller à la pharmacie, faire ses 
paiements et ses courses. Sa mère devait l’aider au quotidien. Quant à sa sensibilité 
extrême aux changements de température, il s’adaptait par les habits, lorsqu’il se 
rendait au cours de percussion. Il souffrait également d’autres problèmes de santé 
qu’il n’avait pas pu évoquer lors du rendez-vous (reflux gastrique, problèmes de 
vision, éruptions cutanées fréquentes, problèmes articulaires aux chevilles et aux 
genoux, désorientation avec vertiges). Il était ainsi incapable de travailler. L’assuré 
a aussi contesté le bénéfice secondaire qu’il tirait de l’incapacité de travail, dès lors 
qu’il aurait pu profiter des offres très flexibles que lui offrait l’Etat de Genève pour 
reprendre le travail dans un poste provisoire adapté à ses capacités ou dans une 
nouvelle fonction. Enfin, il a ajouté qu’il lui avait fallu cinq jours et demi à plein 
temps pour lire le rapport d’expertise et pour écrire ce courrier, tout en manquant 
son cours de percussion. 

18. Le 4 août 2014, l’OAI a communiqué à l’assuré qu’il avait l’intention de lui refuser 
les mesures professionnelles et une rente d’invalidité. 

19. Le 12 septembre 2014, l’assuré s’est opposé à ce projet de décision, par 
l’intermédiaire de son conseil, se prévalant d’une neurasthénie invalidante 
extrêmement importante. A cela s’ajoutait la sensation de chaud-froid intermittente, 
un ralentissement psychomoteur important, l’impression d’être souvent perdu, de 
devoir fournir un effort extrême pour se mobiliser et d’avoir d’énormes problèmes 
de mémoire et d’attention. En outre, il souffrait de vertiges et d’inappétence avec 
l’impression que tout ce qu’il mangeait était toxique et l’empoisonnait. Il avait 
besoin de l’aide de sa mère pour toutes les activités de la vie quotidienne et il 
n’arrivait notamment pas à effectuer des démarches administratives. La fatigue 
chronique l’avait isolé. Le docteur K______ avait par ailleurs confirmé qu’il avait 
été infecté par la borréliose et que les examens de laboratoire du 16 avril 2014 
n’excluaient pas une neuro-borréliose chronique, ce qui pourrait expliquer les 
symptômes. L’assuré était toujours suivi par la doctoresse L______, psychiatre au 
centre ambulatoire de psychiatrie et psychothérapie intégrée des HUG (CAPPI), et 
une thérapie cognitivo-comportementale était en préparation. Enfin, il a rappelé les 
carences de l’expertise mises en exergue dans son courrier du 14 avril 2014 et 
reproché à l’expert d'avoir fait abstraction des atteintes d’ordre physique.  

20. L’assuré a joint au courrier précité le courrier que la Dresse E______ a adressé le 
28 août 2014 à son mandataire. Dans ce courrier, ce médecin a indiqué que le suivi 
sérologique ne donnait aucune information, les anticorps restant très positifs 
pendant des années. L’assuré n’avait en outre aucune manifestation articulaire ni 
neurologique. Il n’y avait ainsi aucun moyen de vérifier si l’asthénie correspondait 

 
 
 

 

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à un syndrome post-Lyme. Son incapacité de travail totale était attestée par 
différents psychiatres. Les limitations fonctionnelles étaient majeures, l’assuré ne 
faisant que partiellement ses courses, n’arrivant pas à gérer son ménage et ne 
sortant que pour les courses et les rendez-vous médicaux. Il avait réussi à participer 
assez régulièrement pendant quelques mois au groupe de psychomotricité de la 
consultation psychiatrique et à un cours de percussion japonaise une fois par 
semaine. Cependant, après quelques mois, il avait renoncé à ce cours en raison de 
sa fatigue. Son isolement social était complet. Cette praticienne était ainsi 
convaincue qu’il présentait une incapacité de travail totale, après l’avoir suivi de 
façon régulière depuis 2012. 

21. Au courrier de l’assuré à l’OAI était également joint le rapport du 16 juin 2014 du 
docteur M______, neurologue FMH, à la Dresse E______. Selon ce rapport, le 
bilan neuropsychologique est dans les normes. Le traitement de la neurasthénie 
passe plutôt par des thérapies cognitivo-comportementales, ainsi que la 
récupération progressive au moyen d’exercices physiques et mentaux de plus en 
plus soutenus. Le Dr M______ a ainsi conseillé de poursuivre la prise en charge 
avec le Dr N______ (recte K______) à Château-d’Oex qui traitait l'assuré par 
acupuncture, phytothérapie et homéopathie, de continuer les compléments 
vitaminiques et d'essayer d'astreindre l'assuré à un programme de récupération 
physique. Par ailleurs, un suivi psychiatrique paraissait indispensable.  

22. L’assuré a annexé également à son écriture précitée le rapport du 8 septembre 2014 
du Dr K______, lequel a admis que l’expertise était très bien faite et complète. Les 
résultats en laboratoire confirmaient que l’assuré avait été infecté par la borréliose 
et n’excluaient pas une neuro-borréliose chronique. Les symptômes 
correspondaient au profil biologique. Cependant, le Dr K______ ne pouvait pas 
certifier que l’incapacité de travail de l’assuré était spécifiquement due à une neuro-
borréliose chronique active, en relevant que certains de ses patients à sérologie 
positive pouvaient continuer à exercer leurs activités habituelles. Selon ce médecin, 
l’assuré avait envie de reprendre une vie active, mais ne s’en sentait pas capable. A 
l’heure actuelle il était en incapacité réelle de travailler, mais le Dr K______ se 
donnait encore six mois à partir de septembre pour aider l’assuré à retrouver les 
forces nécessaires pour une reprise de travail. Enfin, des signes biologiques 
mesurables reproductibles étaient présents dans le dossier médical pour témoigner 
d’une infection chronique froide (inflammation sans fièvre).  

23. Dans un courrier daté du 9 septembre 2014, annexé également à l’opposition au 
projet de décision, l’assuré a fait part dans les détails de ses symptômes et du 
déroulement de la vie quotidienne. 

24. Le 20 octobre 2014, l’assuré a transmis à l’OAI l’attestation du 9 octobre 2014 de 
la Dresse L______ du CAPPI, selon laquelle l’assuré présente une 
symptomatologie compatible avec le diagnostic de neurasthénie et un 
fonctionnement psychique organisé sur un mode obsessionnel, ce qui limite 
fortement sa capacité de travail et la gestion de ses activités de la vie quotidienne. 

 
 
 

 

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Le pronostic reste réservé en raison de la pauvre capacité d’introspection et de 
l’investissement déficitaire dans une relation thérapeutique, ainsi que le refus d’une 
thérapie pharmacologique. 

25. Dans son avis médical du 11 décembre 2014, la doctoresse O______ du SMR a 
relevé qu’une neuro-borréliose a été exclue par le Dr M______, dès lors qu’il avait 
confirmé que tous les examens effectués dans le contexte d’investigation d’une telle 
maladie se révélaient négatifs. La sérologie positive ne suffisait pas pour donner le 
diagnostic d’une neuro-borréliose. Par ailleurs, au niveau psychiatrique, toute 
pathologie avec valeur de maladie avait été exclue. 

26. Par décision du 15 décembre 2014, l’OAI a confirmé le projet de décision précité. 

27. Par acte du 2 février 2015, l’assuré a formé recours contre cette décision, par 
l’intermédiaire de son conseil, en concluant à son annulation et à l’octroi d’une 
rente d’invalidité entière sous suite de dépens. Il souffrait d’importants problèmes 
physiques, notamment d’une fatigue très importante et de troubles digestifs, 
engendrant une incapacité totale de travailler. L’expertise était contredite par ses 
médecins traitants. Par ailleurs, l’expert avait manqué d’objectivité, en ce qu’il 
avait estimé qu’il s’était installé dans un rôle de malade et en qualifiant ses plaintes 
d’incohérentes, au dépit de la bonne compliance soulignée par les Drs E______ et 
K______. 

28. Dans sa réponse du 3 mars 2015, l’intimé a conclu au rejet du recours, en se 
fondant essentiellement sur l’expertise du Dr I______, à laquelle il a attribué une 
pleine valeur probante. Quant à la Dresse E______, elle n’avait apporté aucun 
élément médical objectif pour étayer l’incapacité de travail totale du recourant. Une 
neuro-borréliose avait été exclue par le spécialiste en neurologie. Le Dr K______ 
n’était pas non plus en mesure de certifier que l’incapacité de travail du recourant 
était due spécifiquement à une neuro-borréliose chronique active. 

29. Auditionné le 25 mars 2015 par la chambre de céans, le recourant a déclaré ce qui 
suit : 

« Je ne suis pas opposé à suivre une psychothérapie. Cependant, il m’est impossible 
de me rendre deux fois par semaine chez un psychiatre ou un psychologue, à cause 
de ma fatigue extrême. Généralement, je ne sors qu’une fois par semaine. A cela 
s’ajoute que les psychiatres au CAPPI changent fréquemment.  

Néanmoins, j’ai consulté une psychiatre en privé en janvier 2015. Il s’agit de la 
Dresse P______. Je l’ai vue deux fois jusqu’à présent. En février, j’ai dû annuler le 
rendez-vous.  

Je n’exclus pas qu’une partie de mes problèmes soit d’ordre psychiatrique. Je pense 
par ailleurs qu’il me faudrait de l’aide pour me permettre de travailler, si mon état 
de fatigue devait s’améliorer. Actuellement, je n’arrive pas à gérer mon quotidien et 
je manque de concentration (mon cerveau ne suit pas). 

 
 
 

 

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Quant au test neuropsychologique, on m’avait dit au départ que j’avais tout mon 
temps et que je pouvais prendre une pause entre les exercices. Les exercices étaient 
toutefois chronométrés. Ils ne s’enchaînaient cependant pas et n’étaient pas 
suffisamment contraignants en termes de temps. Les seuls exercices où j’ai eu des 
difficultés n’ont pas été pris en compte au motif que les résultats ne pouvaient pas 
être interprétés, dès lors qu’ils étaient incohérents avec le reste.  

J’ai suivi durant trois mois un traitement antibiotique chez le Dr K______. D’autres 
traitements suivront et je ne sais pas quand une nouvelle évaluation pourra être 
faite. » 

30. Par ordonnance du 12 mai 2015, la chambre de céans a ordonné une expertise 
judiciaire et l’a confiée à la doctoresse Q______, psychiatre.  

31. Le 25 novembre 2015, l’experte a rendu son rapport, sur la base de quatre entretiens 
avec le recourant et d'un entretien avec ce dernier et sa mère, ainsi que des 
entretiens téléphoniques avec les Drs E______ et I______, dont la teneur n’est 
toutefois pas rapportée. L’experte a retenu les diagnostics de personnalité 
anankastique ou obsessionnelle-compulsive, de neurasthénie et de trouble 
hypocondriaque. La personnalité obsessionnelle-complusive et le trouble 
hypocondriaque engendraient un mode de vie orienté exclusivement sur la 
surveillance et l’adaptation aux différentes sensations, interprétées de façon 
délirante comme des troubles de son état de santé. La limitation fonctionnelle de 
ces troubles était majeure en ce qui concerne la capacité de travail. Le trouble de 
personnalité anankastique et le trouble hypocondriaque constituaient des 
comorbidités psychiques graves, par leur durée et leur acuité, à la neurasthénie. Le 
recourant présentait aussi un état psychique cristallisé, sans évolution possible au 
plan thérapeutique, résultant d’un processus défectueux des résolutions du conflit, 
mais apportant un soulagement d’un point de vue psychique. Néanmoins, il y avait 
des discordances entre les plaintes alléguées et le comportement observé, 
notamment lorsque le recourant décrivait ses angoisses et ses troubles mnésiques. 
Quant aux plaintes, certaines étaient crédibles, à savoir l’isolement social et affectif, 
l’impossibilité de travailler, la fatigue extrême, les plaintes somatiques et les 
vertiges. Ces plaintes étaient compatibles avec une détresse profonde et suscitaient 
l’empathie chez l’experte. Par contre, lorsque le recourant parlait de son anxiété et 
bougeait de façon caricaturale, tout en adoptant une attitude passive-agressive, ces 
plaintes n’étaient pas crédibles. On ne pouvait raisonnablement exiger du recourant 
un effort de volonté pour surmonter sa fatigue et exploiter sa force de travail 
résiduelle. Ainsi, sa capacité de travail était nulle sur le plan psychiatrique. Invité à 
se déterminer également sur l’expertise du Dr I______, l’experte s’est contentée 
d’indiquer qu’elle était d’accord avec le diagnostic de neurasthénie émis par cet 
expert, mais non pas son appréciation de la capacité de travail. Enfin, le pronostic 
de l’experte était très réservé. 

32. Le 27 janvier 2016, le recourant a persisté dans ses conclusions sur la base de 
l’expertise judiciaire. 

 
 
 

 

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33. Dans son avis du 11 janvier 2016, le docteur R______ du SMR a considéré que 
l’expertise judiciaire n’était pas convaincante, étant uniquement centrée sur les 
plaintes et les déclarations subjectives de l’assuré et non pas sur des éléments 
objectifs. L’expertise ne tirait non plus aucune conclusion de la démonstrativité 
excessive du recourant au cours des différents entretiens, considérant qu’il 
s’agissait soit d’une simulation maladroite, soit d’un réel trouble dissociatif. 
L'experte s’est également abstenue d’émettre un diagnostic précis pour cette 
symptomatologie bruyante, sans que l’on en comprît les raisons. Le Dr R______ 
n’était pas non plus convaincu par le diagnostic de personnalité anankastique et 
trouble hypocondriaque retenus, estimant en particulier que les critères de la CIM-
10 n’étaient pas remplis. À titre d’exemple, le médecin du SMR a exposé que les 
personnes souffrant d’un trouble de la personnalité anankastique avaient un naturel 
très précautionneux, supportant avec une grande difficulté tous les différents 
changements et imprévus. Or, l’experte n’a pas mentionné d’indécision ou de 
prudence excessive. La description très confuse des symptômes remise par le 
recourant à l’experte n’était que le reflet de la multiplicité des plaintes et ne 
montrait en rien une préoccupation envahissante des détails. Le Dr R______ a 
écarté le diagnostic de trouble hypocondriaque, au motif que les préoccupations 
envahissantes dont souffraient les patients atteints d’un tel trouble concernaient 
exclusivement une ou deux maladies précises et fixes, ce qui n’était pas le cas en 
l’occurrence où les craintes étaient en rapport avec des symptômes multiples et 
variables. L’experte n’avait pas non plus justifié les nombreuses incohérences de la 
situation médicale du recourant, par exemple le fait que le recourant souffrait de 
nombreuses intolérances alimentaires, mais que celles-ci n’avaient pas eu de 
répercussion somatique sur le poids ou le transit. Il y avait aussi une contradiction 
entre le fait que le recourant faisait preuve d’une grande mémoire, selon l’experte, 
mais évitait en même temps de répondre clairement à certaines questions par défaut 
de mémoire. Le Dr R______ voyait aussi une contradiction dans le fait que 
l’experte avait décrit le recourant comme un être soucieux de bien travailler et de 
respecter les règles, tout en constatant que son suivi thérapeutique était aléatoire. 
Enfin, le fait que le recourant fut capable d’autonomie pour la gestion de ses 
différentes thérapies et ses déplacements n’était pas non plus compatible avec sa 
grande dépendance de sa mère pour ce qui concerne les activités domestiques. Au 
vu de ces nombreuses incohérences, le médecin du SMR a considéré que le 
recourant était essentiellement dans une attitude de recherche de reconnaissance de 
son état d’invalide. Enfin, l’experte n’avait pas expliqué pourquoi elle s’écartait des 
conclusions du Dr I______.  

34. Dans ses écritures du 23 mars 2016, l’intimé a persisté dans ses conclusions, en se 
référant à l’avis médical du SMR, tout en faisant observer que l’experte n’avait pas 
examiné les indicateurs jurisprudentiels applicables en la matière pour 
l'appréciation du caractère invalidant de la neurasthénie.  

35. Sur ce, la cause a été gardée à juger.  

 
 
 

 

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EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la chambre 
des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des 
contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 
assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale 
sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI - RS 831.20). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Interjeté dans les délai et forme prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 56 
ss LPGA). 

3. Est litigieuse en l’occurrence la question de savoir si le recourant présente une 
invalidité ouvrant le droit aux prestations. 

4. Est réputée invalidité, l'incapacité de gain totale ou partielle présumée permanente 
ou de longue durée, résultant d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un 
accident (art. 8 al. 1 LPGA et 4 al. 1 LAI). Selon l’art. 7 LPGA, est réputée 
incapacité de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des possibilités de 
gain de l'assuré sur le marché du travail équilibré qui entre en considération, si cette 
diminution résulte d'une atteinte à la santé physique ou mentale et qu'elle persiste 
après les traitements et les mesures de réadaptation exigibles (al 1). Seules les 
conséquences de l’atteinte à la santé sont prises en compte pour juger de la présence 
d’une incapacité de gain. De plus, il n’y a incapacité de gain que si celle-ci n’est 
pas objectivement surmontable (al. 2 en vigueur dès le 1er janvier 2008). 

5. Dans son arrêt du 3 juin 2015 publié aux ATF 141 V 281, le Tribunal fédéral a 
abandonné la présomption prévalant à ce jour, selon laquelle les symptômes du type 
trouble somatoforme douloureux et affections psychosomatiques assimilées, telle 
que la neurasthénie (arrêt du Tribunal fédéral 9C-662/2009 du 17 août 2010 consid. 
2.3), peuvent être surmontés en règle générale par un effort de volonté 
raisonnablement exigible. Néanmoins, l’analyse doit tenir compte d’indicateurs 
excluant la valeur invalidante de ces diagnostics (arrêt op.cit. consid. 2.2, 2.2.1 et 
2.2.2).  

Dorénavant, la capacité de travail réellement exigible des personnes souffrant d’une 
symptomatologie douloureuse sans substrat organique doit être évaluée dans le 
cadre d’une procédure d’établissement des faits structurée et sur la base d’une 
vision d’ensemble, à la lumière des circonstances du cas particulier et sans résultat 
prédéfini. L’évaluation doit être effectuée sur la base d’un catalogue d’indicateurs 
de gravité et de cohérence. 

Notre Haute Cour a en revanche maintenu, voire renforcé la portée des motifs 
d'exclusion définis dans l'ATF 131 V 49, aux termes desquels il y a lieu de conclure 

 
 
 

 

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à l'absence d'une atteinte à la santé ouvrant le droit aux prestations d'assurance, si 
les limitations liées à l'exercice d'une activité résultent d'une exagération des 
symptômes ou d'une constellation semblable, et ce même si les caractéristiques d'un 
trouble somatoforme douloureux ou d'une maladie assimilée au sens de la 
classification sont réalisées. Des indices d'une telle exagération apparaissent 
notamment en cas de discordance entre les douleurs décrites et le comportement 
observé, l'allégation d'intenses douleurs dont les caractéristiques demeurent vagues, 
l'absence de demande de soins, de grandes divergences entre les informations 
fournies par le patient et celles ressortant de l'anamnèse, le fait que des plaintes très 
démonstratives laissent insensible l'expert, ainsi que l'allégation de lourds 
handicaps malgré un environnement psycho-social intact (cf. arrêts 9C_899/2014 et 
9C_173/2015). 

6. En vertu de l’art. 28 al. 2 LAI, l’assuré a droit à une rente entière s’il est invalide à 
70% au moins, à un trois-quarts de rente s'il est invalide à 60% au moins, à une 
demi-rente s’il est invalide à 50% au moins, ou à un quart de rente s’il est invalide à 
40% au moins. 

Pour évaluer le taux d'invalidité, le revenu que l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était 
pas invalide est comparé avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activité qui 
peut raisonnablement être exigée de lui après les traitements et les mesures de 
réadaptation, sur un marché du travail équilibré (art. 16 LPGA et art. 28a al. 1 LAI). 

Il y a lieu de préciser que selon la jurisprudence, la notion d'invalidité, au sens du 
droit des assurances sociales, est une notion économique et non médicale; ce sont 
les conséquences économiques objectives de l'incapacité fonctionnelle qu'il importe 
d'évaluer (ATF 110 V 273 consid. 4a). L’atteinte à la santé n’est donc pas à elle 
seule déterminante et ne sera prise en considération que dans la mesure où elle 
entraîne une incapacité de travail ayant des effets sur la capacité de gain de l’assuré 
(arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 654/00 du 9 avril 2001 consid. 1).  

7. a. Pour pouvoir calculer le degré d’invalidité, l’administration (ou le juge, s’il y a 
eu un recours) a besoin de documents qu’un médecin, éventuellement d’autres 
spécialistes, doivent lui fournir. La tâche du médecin consiste à porter un jugement 
sur l’état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l’assuré 
est, à ce motif, incapable de travailler. En outre, les données médicales constituent 
un élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, 
exiger de l’assuré (ATF 125 V 256 consid. 4 et les références). 

b. Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en 
procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales (cf. art. 61 
let. c LPGA), le juge n'est pas lié par des règles formelles, mais doit examiner de 
manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis 
décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur 
le droit litigieux. En cas de rapports médicaux contradictoires, le juge ne peut 
trancher l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons 

 
 
 

 

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pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. 
L'élément déterminant pour la valeur probante d'un rapport médical n'est ni son 
origine, ni sa désignation, mais son contenu. A cet égard, il importe que les points 
litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur 
des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes 
exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la 
description des interférences médicales soit claire et enfin que les conclusions de 
l'expert soient bien motivées (ATF 134 V 231 consid. 5.1; ATF 133 V 450 
consid. 11.1.3; ATF 125 V 351 consid. 3). 

8. Sans remettre en cause le principe de la libre appréciation des preuves, le Tribunal 
fédéral des assurances a posé des lignes directrices en ce qui concerne la manière 
d'apprécier certains types d'expertises ou de rapports médicaux. 

a. Lorsqu’au stade de la procédure administrative, une expertise confiée à un 
médecin indépendant est établie par un spécialiste reconnu, sur la base 
d'observations approfondies et d'investigations complètes, ainsi qu'en pleine 
connaissance du dossier, et que l'expert aboutit à des résultats convaincants, le juge 
ne saurait les écarter aussi longtemps qu'aucun indice concret ne permet de douter 
de leur bien-fondé (ATF 125 V 351 consid. 3b/bb). 

b. Le juge ne s'écarte pas sans motifs impératifs des conclusions d'une expertise 
médicale judiciaire, la tâche de l'expert étant précisément de mettre ses 
connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de l'éclairer sur les aspects 
médicaux d'un état de fait donné. Selon la jurisprudence, peut constituer une raison 
de s'écarter d'une expertise judiciaire le fait que celle-ci contient des contradictions, 
ou qu'une surexpertise ordonnée par le tribunal en infirme les conclusions de 
manière convaincante. En outre, lorsque d'autres spécialistes émettent des opinions 
contraires aptes à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions de 
l'expert, on ne peut exclure, selon les cas, une interprétation divergente des 
conclusions de ce dernier par le juge ou, au besoin, une instruction complémentaire 
sous la forme d'une nouvelle expertise médicale (ATF 125 V 351 consid. 3b/aa et 
les références). 

c. En ce qui concerne les rapports établis par les médecins traitants, le juge peut et 
doit tenir compte du fait que, selon l'expérience, le médecin traitant est 
généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de 
la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 351 consid. 3b/cc). 

9. a. En l’occurrence, il convient de constater que, selon les psychiatres traitants, le 
recourant présente une incapacité de travail totale. Il résulte par ailleurs de leurs 
rapports qu’ils ont de la difficulté à poser des diagnostics précis, le recourant se 
plaignant essentiellement d’un problème d’épuisement, ainsi que décrivant des 
troubles digestifs, des problèmes de perception thermique et des séquelles d’une 
maladie de Lyme. Selon le rapport du 21 janvier 2013 de la Dresse E______, 
l’incapacité de travail est totale, même si une reprise de l’activité professionnelle 

 
 
 

 

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n’est pas exclue. Dans ses rapports des 22 avril 2013, 11 avril et 28 août 2014, elle 
confirme une incapacité de travail totale. Cette appréciation est partagée par les Drs 
B______ (rapport du 14 février 2013), G______ (rapport du 18 mars 2013) et 
S______ (rapport du 1er juillet 2013). Leurs diagnostics étaient état dépressif et 
d’épuisement, somatisation, trouble de l’adaptation et anxio-dépressif, trouble du 
comportement alimentaire, personnalité histrionique et traits de personnalité 
anxieuse et évitante.  

b. Contrairement aux avis émis par les médecins traitants, le Dr I______ estime que 
la capacité de travail est totale sur le plan psychique, tout en émettant les 
diagnostics de neurasthénie depuis 2002 et d’accentuation de traits de personnalité 
anxieuse et évitante, existant depuis l’adolescence. Il explique à ce sujet que la 
fixation du recourant sur un sentiment d’épuisement et la recherche d’une 
explication somatique de sa neurasthénie s’inscrit dans une structure de 
personnalité marquée par une perception de soi comme inférieure aux autres. Sa vie 
sociale témoigne d’un refus de nouer des relations à moins d’être certain d’être 
accepté, à l’origine d’une restriction du style de vie. Malgré des situations de stress 
psychosocial, comme la séparation de sa compagne (âgée de 21 ans de plus) en 
avril 2010, suivie d’un incendie avec perte de son logement, il a continué à mener 
une vie indépendante et à faire preuve de ressources personnelles. À ce titre, 
l’expert rapporte que le recourant a passé les vacances dans le Sud de la France en 
avril 2010 et qu’il poursuit des intérêts personnels en participant à un cours de 
percussion japonaise dans un groupe d’au moins dix personnes chaque semaine 
depuis septembre 2013. Par ailleurs, il nie toute anxiété lors des rendez-vous 
officiels et ne démontre pas d’évitement des activités sociales impliquant des 
contacts importants avec autrui, ce qui fait écarter au Dr I______ un trouble de la 
personnalité anxieuse et évitante. En fait, sa tendance à l’hyper-expressivité en 
amont des symptômes avec une description dramatique de sa fatigue témoigne de 
l’adoption d’un rôle de malade dans le cadre d’une accentuation de traits de 
personnalité anxieuse et évitante, n’ayant pas valeur de maladie. Selon le Dr 
I______, "Ce rôle de malade semble être maintenu par le bénéfice secondaire du 
soulagement de l’obligation de poursuivre une activité professionnelle et 
d’affronter le défi d’une restructuration à sa place de travail". Il n’y a cependant pas 
une perte d’intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie et le 
recourant continue de mener une vie autonome et d’affronter les exigences de la vie 
quotidienne.  

c. Quant à l’experte judiciaire, elle a retenu les diagnostics de personnalité 
obsessionnelle-compulsive, de neurasthénie et de trouble hypocondriaque. Le 
trouble de la personnalité associé au trouble hypocondriaque engendre un mode de 
vie orienté exclusivement sur la surveillance et l’adaptation aux différentes 
sensations interprétées de façon délirante comme les troubles de son état de santé. 
Cela provoque une limitation fonctionnelle majeure pour la capacité de travailler. Il 
y a néanmoins des discordances entre les plaintes alléguées et le comportement 

 
 
 

 

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observé, lorsque le recourant parle de son anxiété et bouge de façon caricaturale à 
des moments clés des entretiens, tout en adoptant une attitude passive-agressive. La 
capacité de travail est nulle. 

De l’anamnèse, il ressort que le recourant a eu une amie, mère d’un ami et aînée de 
21 ans, de 1998 à 2010 et qu’ils ont vécu ensemble dans une maison appartenant à 
celle-ci. Ils se sont séparés, parce qu’elle en avait marre qu’il était fatigué. Il a 
continué à vivre chez son ex-amie jusqu’à fin 2010, puis s’est installé dans 
l’urgence chez sa mère, après qu’un incendie s’était déclaré dans la maison. Par 
ailleurs, le recourant n’a plus d’amis, ne voit que sa mère, environ une fois par 
semaine, et va à ses rendez-vous médicaux. Sa vie sociale est inexistante.  

Dans les plaintes subjectives figurent une grande fatigue, une baisse de l’élan vital, 
une perte de la mémoire, des préoccupations excessives orientées sur son état de 
santé et un sommeil perturbé. À l’examen clinique, l’experte ne constate pas de 
tristesse ni de joie. Le recourant ne reconnaît pas ou peu ses affects. Il y a une 
fatigue permanente avec baisse de l’élan vital, peu d’envie, une vision pessimiste de 
l’existence sans idées noires et idées de suicide. Le recourant décrit une anxiété qui 
n’est cependant pas objectivée. Il y a une irritabilité et perte de libido. L’appétit est 
variable avec une surveillance méticuleuse de tout ce qui entre et sort de son corps. 
Le rythme veille-sommeil est inversé avec heures de coucher et de réveil 
irrégulières. Il n’y a pas de troubles de la mémoire, mais une concentration 
diminuée, le recourant ne pouvant penser qu’à une seule chose à la fois et étant 
facilement perturbé par plusieurs stimuli différents. L’experte constate une 
psychorigidité, une projectivité, des victimisations, un déni et de l’insatisfaction. À 
certains moments de l’entretien, le recourant est très démonstratif. Enfin, il y a une 
dépersonnalisation. 

Dans la discussion, l’experte relève que malgré un terrain structurel caractérisé par 
une timidité et l’apparition d’allergies multiples à l’adolescence poussant le 
recourant à une surveillance globale, il a pu travailler et avoir une vie affective et 
sociale, mais que cela a fonctionné dans un contexte momentanément protégé, 
lorsque le recourant était employé à l’État et en couple avec une femme, substitut 
maternel bien plus âgé que lui. Une fragilité et une immaturité psychologiques 
étaient néanmoins présentes avant 2009. La fatigue et les premières plaintes 
somatiques étaient les signes avant-coureurs d’un effondrement ultérieur massif, le 
langage du corps exprimant les souffrances de l'âme dans le contexte de sa 
personnalité. 

L’experte a exclu un trouble de la personnalité histrionique, en l’absence d’une 
affectivité superficielle et labile, de désir permanent de sensations fortes, de 
comportements de séduction, de soucis de plaire, d’exagération de la mimique et 
d’extraversion marquée. Se pose toutefois la question de la démonstrativité lors des 
quatre entretiens, survenant lorsque l’experte aborde certains sujets et lorsque 
l’entretien se termine. L’experte estime difficile de qualifier ce comportement. 
S’agit-il d’une réelle manifestation de conversion hystérique masculine ou d’une 

 
 
 

 

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simulation maladroite pour influencer l’avis de l’experte ? Elle ne tranche pas cette 
question. 

Elle constate en outre que le recourant se perd dans ses propres obsessions du détail 
et n’arrive pas à extraire les priorités utiles dans le contexte d’un entretien 
d’expertise. Il a notamment transmis une liste de ses plaintes à l’experte mettant en 
évidence un souci extrême du détail. Ce souci du détail le dépasse littéralement et il 
doit passer des heures à effectuer une tâche qui pourrait être terminée bien plus 
rapidement. 

Les années 2009-2010 représentent un période charnière, avec la séparation de sa 
compagne, les remaniements sur le lieu de travail, un incendie puis un inventaire 
des objets détruits et la maladie grave de sa mère (cancers). Cette période très 
difficile semble avoir renforcé le trouble de la personnalité. Les diagnostics de 
neurasthénie et d’état dépressif sont par ailleurs très proches et signent une forme 
d’épuisement global et profond, ainsi qu’un dépassement des capacités de 
l’individu à faire face au stress de l’existence. En l’occurrence, c’est toutefois la 
fatigue qui prédomine, après des efforts physiques ou mentaux minimes, et il n’y a 
pas ou peu de symptômes émotionnels. L’existence même d’un trouble psychique 
ou de difficultés existentielles n’est pas forcément ressentie. 

Quant au trouble hypocondriaque, il constitue une forme de délire partiel où 
l’ennemi est situé dans le corps lui-même. Tout est focalisé autour de la protection 
et la mise en place de stratégies d’accommodation. La surveillance méticuleuse de 
tout ce que le recourant ingère rend la mise en place d’un traitement 
médicamenteux psychotrope très difficile. Le recourant a toutefois adhéré au 
traitement phytothérapeutique et a une alliance avec les Drs E______ et K______.  

10. a. L’expertise judiciaire remplit les critères jurisprudentiels pour lui reconnaître une 
pleine valeur probante, ayant été rendue en pleine connaissance du dossier médical 
prenant en considération les plaintes du recourant et reposant sur un examen 
clinique très approfondi avec cinq entretiens. Quant à ses conclusions, elles sont 
bien motivées et convaincantes.  

b. Néanmoins, l’intimé dénie une valeur probante à l'expertise judiciaire, dès lors 
que l’experte s’est abstenue de qualifier la démonstrativité excessive du recourant 
de simulation maladroite ou de réel trouble dissociatif. Par ailleurs, l’intimé n’est 
pas convaincu par les diagnostics retenus, considérant que les descriptions de l’état 
clinique et d’une journée type du recourant sont très succinctes. Le médecin du 
SMR estime aussi que les critères diagnostiques de la CIM-10 sont seulement 
remplis en nombre restreint pour ce qui concerne le diagnostic de personnalité 
obsessionnelle-compulsive. Il en va de même en ce qui concerne le trouble 
hypocondriaque. L’experte ne justifie pas non plus les nombreuses incohérences de 
la situation médicale du recourant, notamment l’allégation de nombreuses 
intolérances alimentaires sans répercussion somatique, en l’absence de modification 
du poids et de trouble du transit. Le recourant fait preuve aussi d’une grande 

 
 
 

 

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mémoire en ce qui concerne certaines questions, selon l’experte judiciaire, mais 
évite de répondre clairement à certaines questions par défaut de mémoire. Le Dr 
R______ voit aussi une contradiction dans le fait que l’experte a décrit le recourant 
comme un être soucieux de bien travailler et de respecter les règles, tout en 
constatant que son suivi thérapeutique est aléatoire. Il est aussi incohérent, selon le 
médecin du SMR, que le recourant soit capable d’autonomie pour la gestion de ses 
différentes thérapies et ses déplacements, tout en étant très dépendant de sa mère en 
ce qui concerne les activités domestiques. Enfin, l’experte judiciaire n’explique pas 
pourquoi elle s’écarte des conclusions des autres médecins, notamment du Dr 
I______. 

c. Quant à l'omission de donner un diagnostic précis pour la démonstrativité 
excessive du recourant, cela n’enlève pas la valeur probante à l’expertise, un 
diagnostic exact de ce comportement n’étant pas primordial. En effet, 
indépendamment de cette démonstrativité, d’autres plaintes ont été jugées 
totalement crédibles par l’experte judiciaire et les médecins traitants. Celle-ci relève 
à ce sujet l’isolement social et affectif, l’impossibilité de travailler, la fatigue 
extrême, les plaintes somatiques et les vertiges.  

En ce que le SMR critique les diagnostics retenus, considérant que ceux-ci ne sont 
pas conformes à la CIM-10, il substitue sa propre appréciation à celle de l’experte 
judiciaire. Au demeurant, on ignore si le Dr R______ est psychiatre. Concernant 
ses critiques se rapportant au trouble de la personnalité obsessionnelle-compulsive, 
il convient néanmoins de relever que l’experte a mis en évidence une psychorigidité 
à l’examen clinique, lorsqu’elle a demandé au recourant de préparer une liste des 
points de la précédente expertise avec lesquels il n’était pas d’accord. Le recourant 
lui a alors présenté une liste très exhaustive de ses plaintes, bien trop longue et trop 
détaillée, ce qui fait constater à l’experte que le recourant se perd dans ses propres 
obsessions du détail et est incapable de former des priorités utiles en entretien 
d’expertise. Il est dépassé par le souci des détails et passe exagérément de temps à 
effectuer une tâche. L’experte met aussi en exergue un certain entêtement, une 
agressivité à la fin des entretiens et une certaines rétivité au changement, 
caractéristiques pour le trouble de la personnalité obsessionnelle-compulsive.  

Quant au trouble hypocondriaque, il est clairement en rapport avec une ou deux 
maladies, contrairement à ce qu’affirme le médecin du SMR. En effet, ce trouble 
concerne globalement tout ce qui entre et sort dans le corps du recourant, soit la 
digestion, et la perception thermique. Le recourant fait aussi une fixation sur les 
séquelles de la maladie de Lyme, responsable selon ses dires de la fatigue extrême. 

La chambre de céans ne juge par ailleurs pas contradictoire que les intolérances 
alléguées soient sans répercussion sur le poids et le transit. D'une part, lorsque les 
aliments proscrits sont évités, il n'y a plus de manifestations gênantes liées à leur 
absorption. D'autre part, au vu du trouble hypocondriaque, la réalité de ces 
intolérances est sujette à caution. 

 
 
 

 

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Un suivi aléatoire sur le plan psychiatrique n'est pas non plus en contradiction avec 
un caractère soucieux de bien travailler et de respecter les règles, lorsque la 
personne est dans le déni, comme en l'espèce, et persuadée de souffrir d'une atteinte 
somatique. 

Enfin, dans la mesure où le recourant souffre, outre de la neurasthénie, de deux 
comorbidités majeures incapacitantes, il n’est pas nécessaire d’examiner le 
caractère invalidant de la neurasthénie sur la base des critères élaborés par la 
jurisprudence pour les pathologies sans pathogénèse ni étiologie claire et sans 
constat de déficit organique.  

Pour le surplus, il sied constater que le Dr I______ nie une décompensation à partir 
de 2009 entraînant une incapacité de travail totale, du fait que le recourant 
continuerait à mener une vie indépendante, a passé des vacances dans le Sud de la 
France et participe à des cours de percussion japonaise. Cependant, ces éléments ne 
correspondent en partie pas à la réalité. En premier lieu, le recourant ne mène pas 
une vie indépendante, étant assisté par sa mère pour le ménage et la cuisine, même 
s’il parvient encore à se rendre seul aux rendez-vous chez ses médecins. 
Concernant son voyage dans le Sud de la France en 2012, le recourant explique 
qu'il lui a fallu douze heures pour parcourir les 500 kilomètres, en raison de très 
nombreuses pauses. Il s'agit en outre d'un épisode isolé qui date de plus de trois ans. 
Quant au cours de percussion, ces cours étaient plus une thérapie qu’un loisir, selon 
le recourant. Le plus souvent, ils constituaient une souffrance, et le recourant devait 
se reposer avant et après le cours, étant complètement épuisé. Il appert ainsi que les 
éléments retenus par la Dr I______ pour nier des atteintes psychiatriques avec 
répercussion sur la capacité de travail sont sujets à caution et semblent trop maigres 
pour conclure à des ressources psychiques suffisantes pour la reprise du travail. 

À moins de qualifier le recourant de simulateur, pas que le Dr I______ ne franchit 
pas, celui-ci ne donne non plus aucune explication pour le comportement pour le 
moins étrange de cet assuré qui a commencé à partir de 2010 à se retirer totalement 
de la vie professionnelle et sociale pour se concentrer depuis lors quasiment 
exclusivement sur ses sensations physiques, notamment de son appareil digestif. 
Certes, le Dr I______ explique que le recourant tire un bénéfice secondaire du 
soulagement de l’obligation de poursuivre une activité professionnelle et 
d’affronter le défi d’une restructuration à sa place de travail. Toutefois, cela 
constitue précisément un comportement d'évitement lié à une problématique 
psychiatrique. Cet expert est enfin le seul médecin à admettre une capacité de 
travail totale. 

Cela étant, l’expertise judiciaire emporte la conviction de la chambre de céans. Par 
conséquent, il convient d’admettre que la capacité de travail du recourant est nulle, 
ce qui lui ouvre le droit à une rente d’invalidité entière. 

11. Dès lors que le recourant a déposé une demande de prestations en décembre 2012 et 
qu’il est en incapacité de travail d'au moins 50% en moyenne depuis le 31 octobre 

 
 
 

 

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2011, le droit à la rente est né six mois après le dépôt de la demande, à savoir en 
mai 2013.  

12. Par conséquent, le recours sera admis, la décision annulée et le recourant mis au 
bénéfice d’une rente entière d’invalidité à compter du 1er mai 2013.  

13. Dès lors que le recourant obtient gain de cause, l’intimé sera condamné à lui verser 
une indemnité de CHF 3'000.- à titre de dépens. 

14. L’intimé qui succombe sera par ailleurs condamné à un émolument de justice de 
CHF 200.-. 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. L’admet. 

3. Annule la décision du 15 décembre 2014. 

4. Octroie au recourant une rente d’invalidité entière à compter du 1er mai 2013.  

5. Condamne l’intimé à verser au recourant une indemnité de CHF 3'000.- à titre de 
dépens.  

6. Condamne l’intimé au versement d’un émolument justice de CHF 200.-.  

7. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Diana ZIERI 

 La présidente 
 
 
 
 

Maya CRAMER 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le