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**Case Identifier:** 583d6b76-93ef-54fc-9ec4-6b9542d98b03
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2010-05-25
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 25.05.2010 E-6362/2007
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-6362-2007_2010-05-25.pdf

## Full Text

Cour V
E-6362/2007
{T 0/2}

A r r ê t  d u  2 5  m a i  2 0 1 0

Maurice Brodard (président du collège), 
Thomas Wespi, Jenny de Coulon Scuntaro, juges, 
Christian Dubois, greffier.

A._______, né le (...), Côte d'Ivoire,
recourant,

contre

Office fédéral des migrations (ODM), 
Quellenweg 6, 3003 Berne,
autorité inférieure.

Asile et renvoi ; 
décision de l'ODM du 22 août 2007 / N (...).

B u n d e s v e r w a l t u n g s g e r i c h t

T r i b u n a l  a d m i n i s t r a t i f  f é d é r a l

T r i b u n a l e  a m m i n i s t r a t i v o  f e d e r a l e

T r i b u n a l  a d m i n i s t r a t i v  f e d e r a l

Composit ion

Parties

Objet

E-6362/2007

A.
Le 13 juillet  2007, A._______, ressortissant ivoirien d'ethnie sénoufo 
et  de  langue  maternelle  dioula,  a  déposé  une  demande  d'asile  au 
centre d'enregistrement et de procédure (CEP) de Vallorbe. Entendu 
sommairement  audit  centre  deux  jours  plus  tard,  ainsi  que  sur  ses 
motifs d'asile, en date du 7 août 2007, il a indiqué être né et avoir vécu  
à  B._______,  ville  peuplée  majoritairement  de  membres  de  l'ethnie 
abé,  sise dans le département de C._______ (région des Lagunes), 
et située à environ (...) kilomètres au nord-est d'Abidjan.

A  l'appui  de  sa  demande,  il  a  déclaré  en  substance  ce  qui  suit.  
Dès  son  adhésion  en  2004  au  RDR  (Rassemblement  Des 
Républicains), dirigé par Alassane Dramane Ouattara, il serait devenu 
responsable  de  la  sécurité  du  représentant  de  ce  mouvement  à 
B._______, dénommé D._______, lui-même placé sous les ordres du 
dénommé  E._______,  responsable  du  RDR  pour  la  ville  de 
C._______.  Opposés  à  l'investiture  de  D._______  à  la  tête  de 
l'antenne locale du RDR du fait de son ethnie dioula, les jeunes Abés 
de  B._______  auraient  attaqué  son  domicile,  le  1er  juillet  2007, 
vers  minuit.  Informé  à  l'avance  de  cette  opération  par  des  Abés 
membres du RDR, A._______ aurait donné l'alerte aux jeunes Dioulas 
du  quartier  qui  seraient  venus  barrer  la  route  aux  agresseurs. 
Les affrontements  entre  les  deux  groupes  rivaux,  d'une  durée 
d'environ 40 minutes, auraient provoqué de nombreux blessés et  un 
mort  dans  les  rangs  des  Abés.  Ceux-ci,  voyant  qu'ils  avaient  le 
dessous, auraient alors appelé à l'aide la police de la ville favorable à 
eux. Plusieurs des membres du RDR présents auraient été arrêtés ou 
la  totalité  d'entre  eux  aurait  réussi  à  s'enfuir,  selon  les  versions. 
Tous  les  attaquants  abés  appréhendés  par  la  police  auraient 
ultérieurement été relâchés. D._______ serait de son côté parvenu à 
échapper aux assaillants et à gagner Abidjan avec sa famille. 

Par crainte d'être rendu responsable de cette bagarre à cause de ses 
fonctions au sein de la sécurité locale du RDR, le requérant se serait  
caché dans la brousse. Le 2 juillet 2007, son domicile aurait été fouillé 
par  la  police,  puis  saccagé par  les Abés. Le lendemain,  il  se serait 
réfugié  chez sa cousine maternelle,  à  Abidjan. Le 11 juillet  suivant, 
il aurait  emprunté  un vol  d'Air  Maroc  en partance de l'aéroport  Port 
Boué  d'Abidjan  à  destination  de  Genève  (avec  escale  au  Maroc) 
en se servant d'un passeport d'emprunt ivoirien dépourvu de sa photo. 

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L'identité sous laquelle il aurait voyagé en Europe aurait été celle du 
dénommé F._______, dont il  a dit  avoir oublié la date de naissance. 
L'intéressé  a  versé  au  dossier  une  carte  de  membre  du  RDR, 
une photographie  d'Alassane  Dramane  Ouattara,  et  cinq  autres 
photographies concernant ses activités pour le RDR.

B. 
Par décision du 22 août 2007, notifiée le même jour, l'ODM a refusé la 
qualité  de  réfugié  et  l'asile  à  A._______,  au motif  que  son  récit  ne 
satisfaisait pas aux exigences de haute probabilité de l'art. 7 de la loi  
fédérale sur l'asile du 26 juin 1998 (LAsi, RS 142.31). Il a tout d'abord 
remarqué que l'intéressé n'avait pas été constant dans sa description 
des  arrestations  opérées  contre  les  membres  du  RDR  lors  des 
affrontements  de  la  nuit  du  1er  juillet  2007.  Selon  les  versions, 
certains  d'entre  eux  auraient  en  effet  été  capturés  (pv  d'audition 
fédérale, rép. à la question no 90), ou auraient tous réussi à prendre la 
fuite (pv audition sommaire et d'audition fédérale, rép. aux questions 
no 15, resp. no 106). L'ODM a par ailleurs noté que ces affrontements 
durant lesquels une personne aurait trouvé la mort n'avaient pas été 
relatés  par  les  médias  ivoiriens,  ni  n'avaient  été  signalés  dans  les 
comptes  rendus  du  RDR,  alors  que  ceux-ci  exposent  pourtant  de 
manière complète les problèmes rencontrés par ce mouvement avec 
les autorités tant nationales que locales de Côte d'Ivoire.

Dit office a ensuite observé que A._______ n'avait pas su nommer le 
ministre  du  gouvernement  qu'il  aurait  protégé  en  dernier,  ce  qui 
permettait  de  douter  de  la  réalité  des  charges  qui  lui  auraient  été 
confiées par le RDR. L'autorité inférieure a aussi rappelé qu'apprendre 
de tiers que l'on est  recherché ne suffisait  pas à établir  une crainte 
fondée de persécution. En conséquence, les recherches censées avoir 
été menées contre l'intéressé par l'Etat ivoirien et les membres de la 
communauté abé, ainsi que les menaces prétendument lancées contre 
son  père  en  juillet  2007,  ne  peuvent  être  considérées  comme 
vraisemblables,  dans la  mesure  où  ces  événements,  invoqués  pour 
justifier pareille crainte, ne se basent in casu que sur des déclarations 
de tiers. L'ODM a ajouté à cet égard que l'inscription alléguée du nom 
du  requérant  sur  la  liste  des  personnes  recherchées  par  la  police 
n'était qu'une pure supposition de sa part.

L'autorité inférieure a, enfin, ordonné le renvoi de l'intéressé ainsi que 
l'exécution  de  cette  mesure,  la  déclarant  licite,  possible  et 

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raisonnablement  exigible.  Sur  ce  dernier  point,  elle  a  notamment 
souligné que la Côte d'Ivoire n'était  pas en proie à une situation de 
violence généralisée mettant concrètement en danger l'ensemble de la 
population de ce pays. Elle  a  également  retenu à  ce propos que le 
requérant,  jeune  et  en  pleine  possession  de  ses  moyens,  avait  pu 
trouver un emploi dans une région périphérique et qu'il pourrait donc 
se réinsérer sans difficulté à Abidjan.

C.
Par  recours  formé  le  21  septembre  2007,  A._______  a  conclu, 
principalement à l'annulation de la décision de l'ODM du 22 août 2007 
ainsi  qu'à  l'octroi  de  l'asile,  et,  subsidiairement  à  l'obtention  de 
l'admission  provisoire.  Il  a  en  outre  requis  l'assistance  judiciaire 
partielle. Le recourant a précisé que les membres du RDR parvenus à 
échapper à l'arrestation étaient les Dioulas venus lui prêter main-forte 
lors  des  affrontements  du  1er  juillet  2007  et  non  les  10  autres 
personnes  "recrutées  expressément"  pour  assurer  la  sécurité  de 
D._______ (et dont trois d'entre elles auraient été arrêtées). Il a émis 
l'hypothèse que cette bagarre n'avait pas été signalée par le RDR en 
raison  du  processus  de  réconciliation  entre  les  différentes  factions 
ennemies  et  de  la  nomination  comme  ministre  du  dénommé 
G._______,  membre  du  RDR.  Il  a  ajouté  à  cet  égard  que  ces 
affrontements avaient été passés sous silence dans les médias parce 
que les agresseurs étaient proches du gouvernement ivoirien et que 
celui-ci  ne  souhaitait  évidemment  pas  se  voir  accusé  de  tels 
agissements. 

D.
Par décision  incidente  du  26  septembre  2007,  le  juge  instructeur  a 
dispensé l'intéressé du paiement de l'avance des frais de procédure 
tout  en  l'informant  qu'il  serait  statué  sur  ces  frais  dans  la  décision 
finale. Il a imparti au recourant un délai de 30 jours pour produire tout  
moyen de preuve utile.

E.
Par pli du 11 octobre 2007, reçu le 29 octobre suivant par le Tribunal  
administratif  fédéral  (ci-après,  le  Tribunal),  A._______  a  produit  un 
disque CD-ROM, une photographie, et un acte de naissance.

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F.
Dans sa prise de position du 29 novembre 2007, transmise avec droit  
de  réplique  à  l'intéressé,  l'ODM  a  préconisé  le  rejet  du  recours. 
A._______ n'a pas réagi. 

G.
Les autres faits de la cause seront évoqués, si nécessaire, dans les 
considérants en droit qui suivent.

Droit :

1.

1.1 Le Tribunal statue de manière définitive sur les recours contre les 
décisions  (art.  5  de  la  loi  fédérale  sur  la  procédure  administrative, 
[PA, RS 172.021])  de l'ODM (art. 105 LAsi  et  art. 31  à 33 de la  loi 
fédérale sur le Tribunal administratif fédéral, [LTAF, RS 173.32] ; art. 83 
let.  d  ch.  1  de  la  loi  sur  le  Tribunal  fédéral,  [LTF,  RS  173.110]). 
La procédure devant le Tribunal est régie par la PA, pour autant que la 
LTAF n'en dispose pas autrement (art. 37 LTAF).

1.2 A._______  a  qualité  pour  recourir  (art. 48  PA)  et  son  recours, 
présenté dans la forme (art. 52 PA) et le délai légal (art. 50 PA et 108 
al. 1 LAsi), est recevable.

1.3 Le Tribunal applique le droit  d'office, sans être lié  par les motifs 
invoqués à l'appui  du recours (art. 62 al. 4 PA par renvoi  des art. 6 
LAsi et 37 LTAF) ou par l'argumentation juridique développée dans la 
décision  entreprise  (cf.  BERNHARD WALDMANN/PHILIPPE WEISSENBERGER, 
Praxiskommentar  VwVG,  Zürich/Basel/Genf  2009,  ad art.  62  no 40, 
p. 1250). Il peut ainsi admettre un recours pour une autre raison que 
celles  invoquées  par  le  recourant  ou,  au  contraire,  le  rejeter  sur  la 
base  d'une  argumentation  différente  de  celle  retenue  par  l'autorité 
inférieure.

Le  Tribunal  tient  compte  uniquement  de  la  situation  prévalant  au 
moment  de  l'arrêt  pour  apprécier  l'existence  d'une  crainte  de 
persécutions  futures  ou  de  motifs  d'empêchement  à  l'exécution  du 
renvoi, que ceux-ci soient d'ordre juridique ou pratique (ATAF 2008/12 
consid. 5.2 p. 154s., ATAF 2008/4 consid. 5.4 p. 38s.).  

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2.

2.1 Sont des réfugiés les personnes qui,  dans leur État d'origine ou 
dans le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux 
préjudices ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de 
leur  religion,  de  leur  nationalité,  de  leur  appartenance  à  un groupe 
social  déterminé  ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment 
considérées comme de sérieux préjudices la mise en danger de la vie,  
de l'intégrité corporelle ou de la liberté, de même que les mesures qui  
entraînent  une  pression  psychique  insupportable  (art.  3  al.  1  et  2 
LAsi).

Quiconque  demande  l’asile  (requérant)  doit  prouver  ou  du  moins 
rendre  vraisemblable  qu'il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est 
vraisemblable  lorsque  l'autorité  estime  que  celle-ci  est  hautement 
probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, 
sur des points essentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont  
contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de 
manière  déterminante  sur  des  moyens  de  preuve  faux  ou  falsifiés 
(art. 7 LAsi).

2.2 En procédure de première instance, A._______ a affirmé que son 
domicile  avait  été fouillé  par les policiers,  en date du 2 juillet  2007. 
Pareil événement, probablement motivé par la volonté de ces derniers 
de l'interroger au sujet des affrontements intervenus entre les Dioulas 
et les Abés à B._______, durant la nuit  du 1er au 2 juillet  2007, ne 
permet  pas  de  conclure  que  l'intéressé  soit,  aujourd'hui  encore, 
recherché par les organes de l'Etat ivoirien à cause de cette bagarre 
intervenue  (prétendument)  près  de  trois  ans  auparavant,  pour  des 
raisons liées essentiellement au fonctionnement interne de l'antenne 
locale du RDR (cf. pv d'audition du 7 août 2007, p. 7, rép. à la quest.  
no  67  :  "Les  Abés  de  B._______  …  ne  voulaient  pas  que  cette  
personne  [D._______]  soit  investie  car  il  est  d'ethnie  dioula"). 
L'on relèvera ainsi qu'à ce jour, ni D._______, dont A._______ aurait 
assuré  la  sécurité,  ni  le  responsable  du  RDR  pour  la  ville  de 
C._______,  E._______  (cf.  let.  A  supra),  ne  paraissent  avoir  été 
arrêtés, questionnés, ou même inquiétés par les autorités ivoiriennes 
(du  moins,  le  recourant  n'a-t-il  apporté  aucun  élément  autorisant  à 
supposer  le  contraire).  Dans  le  même  sens,  aucune  mesure 
supplémentaire,  telle  qu'une  condamnation  ou  une  incarcération  de 
plus longue durée, ne semble avoir été prise contre les trois membres 

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du  RDR  arrêtés  par  la  police  après  la  bagarre  du  1er  juillet  2007 
(selon la version donnée au stade du recours).    

Plus  globalement,  A._______  n'a  pas  établi  ou  rendu  hautement 
probable  qu'une  procédure  judiciaire,  notamment  pénale,  aurait  été 
engagée contre lui après son départ. Compte tenu de la présence de 
plusieurs  ministres  du  RDR  au  sein  des  actuel  et  précédent 
gouvernements  de  Guillaume  Soro,  l'on  voit  au  demeurant  mal 
pourquoi  les  organes  de  l'Etat  ivoirien  voudraient  s'en  prendre  à 
l'intéressé pour ses seules activités de responsable de la sécurité d'un 
dirigeant local de ce parti. Un telle éventualité apparaît d'autant moins 
probable  en  l'espèce,  que  le  recourant,  illettré  (cf.  pv  d'audition 
sommaire, p. 2), ne paraît pas avoir joué un rôle de premier plan au 
sein  du  RDR,  comme  le  démontre  en  particulier  son  ignorance 
d'aspects essentiels de ce mouvement, à savoir son sigle, sa devise,  
ou  encore,  l'année  de  sa  création  (cf.  pv  précité,  p.  6,  resp. 
pv  d'audition  du 7 août  2007,  p. 7,  rép. à  la  quest. no  66 : "...vous 
savez  quand  ce  parti  a  été  fondé  ?  -  Je  savais,  mais  je  ne  m'en  
souviens plus.").

Vu ce qui précède, c'est à juste titre que l'ODM a refusé la qualité de 
réfugié  et  l'asile  à  l'intéressé.  Le  recours  doit  par  conséquent  être  
rejeté et le prononcé attaqué confirmé sur ces deux points sans qu'il y  
ait  lieu d'examiner plus avant  les autres éléments d'invraisemblance 
retenus par cet  office,  ainsi  que les moyens de preuve produits  par 
A._______  tendant  à  établir  ses  activités  alléguées  pour  le  RDR 
(cf. let. A et E supra), non contestées par le Tribunal. 

3.
Aucune exception à la règle générale du renvoi n'étant en l'occurrence 
réalisée (art. 32 de l'ordonnance 1 sur l'asile du 11 août 1999; OA 1, 
RS 142.31), l'autorité de recours est tenue, de par la loi, de confirmer  
cette mesure. 

4.

4.1 L'exécution  du  renvoi  est  ordonnée  si  elle  est  licite, 
raisonnablement  exigible  et  possible  (art. 44  al. 2  LAsi,  a  contrario). 
Elle est régie, depuis le 1er janvier 2008, par l'art. 83 de la loi fédérale  
sur  les  étrangers  du  16  décembre  2005  (LEtr,  RS  142.20), 
qui  a  remplacé  l'art.  14a  de  l'ancienne  loi  fédérale  sur  le  séjour  et  
l'établissement des étrangers (aLSEE, RO 1949 225). 

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4.2  L'exécution  du  renvoi  n'est  pas  licite  lorsque  le  renvoi  de 
l'étranger dans son Etat d'origine ou de provenance ou dans un Etat 
tiers  est  contraire  aux  engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit 
international (art. 83 al. 3 LEtr). 

Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que ce 
soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa 
liberté serait menacée pour l'un des motifs mentionnés à l'art. 3 al. 1 
LAsi, ou encore d'où elle risquerait d'être astreinte à se rendre dans 
un tel pays (voir l'art. 5 al. 1 LAsi, reprenant en droit interne le principe 
du non-refoulement explicité à l'art. 33 de la Convention du 28 juillet 
1951, relative au statut des réfugiés [Conv., RS 0.142.30]). Nul ne peut 
être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou 
dégradants  (cf.  art.  3  de  la  Convention  contre  la  torture  et  autres 
peines  ou  traitements  cruels,  inhumains  ou  dégradants  [RS 0.105; 
Conv.  torture],  resp.  de  la  convention  du  4 novembre  1950  de 
sauvegarde  des  droits  de  l’homme  et  des  libertés  fondamentales 
[CEDH, RS 0.101]).

4.3 L'exécution du renvoi ne peut pas être raisonnablement exigée si 
le  renvoi  ou l'expulsion de l'étranger  dans son pays d'origine ou de 
provenance le met concrètement en danger, par exemple en cas de 
guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité 
médicale (art. 83 al. 4 LEtr).

4.4 L'exécution du renvoi n'est pas possible lorsque l'étranger ne peut 
pas quitter la Suisse pour son Etat d'origine, son Etat de provenance 
ou un Etat  tiers, ni  être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 
LEtr).

5.

5.1 Pour  les  motifs  déjà  détaillés  au  considérant  2.2  ci-dessus, 
l'intéressé n'a pas établi qu'un retour en Côte d'Ivoire l'exposerait à un 
risque  de  traitements  contraires  à  l'art. 5  LAsi  et  aux  engagements 
internationaux  contractés  par  la  Suisse  (cf.  Jurisprudence  et 
informations de l'ancienne Commission de recours en matière d'asile 
[JICRA] 1996 n° 18 consid. 14b let. ee p. 186s. ; voir aussi l'arrêt de la 
Cour  européenne  des  droits  de  l'homme  en  l'affaire  Saadi  c. / Italie 
du 28 février 2008, req. n° 37201/06, p. 32 par. 129 ss). L'exécution du 
renvoi s'avère donc licite au sens de l'art. 83 al. 3 LEtr.

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5.2 S'agissant ensuite du caractère raisonnablement exigible ou non 
d'une telle mesure (art. 83 al. 4 LEtr  et  ATAF 2008/34 consid. 11.1 ; 
ATAF  2007/10  consid. 5 ;  voir  aussi  PETER BOLZLI,  in : 
Spescha/Thür/Zünd/Bolzli,  Kommentar  Migrationsrecht,  Zurich  2008, 
n.  14  ss  ad  art.  83 ;  WALTER STÖCKLI,  Asyl,  in : Peter  Uebersax/Beat 
Rudin/Thomas  Hugi  Yar/Thomas  Geiser  [éd.],  Ausländerrecht, 
Handbücher  für  die  Anwaltspraxis,  vol.  VIII,  2ème  éd.,  Bâle  2009, 
n° 11.68 s.), le Tribunal, dans son arrêt de principe publié sous ATAF 
2009/41 (cf. consid. 7.2,  p. 577),  a,  d'une part,  rappelé que la  Côte 
d'Ivoire n'était pas en proie à une situation de guerre, de guerre civile,  
ou de violence généralisée, permettant de présumer l'existence d'une 
mise  en  danger  concrète  selon  l'art.  83  al.  4  LEtr,  pour  tous  les 
ressortissants  de  cet  Etat,  indépendamment  des  circonstances 
propres à chaque cas d'espèce. Il a, d'autre part, jugé que l'exécution 
du  renvoi  de  ces  personnes,  et  plus  particulièrement  des  hommes 
jeunes  et  en  bonne  santé,  vers  le  sud,  ainsi  que  l'est  de  la  Côte 
d'Ivoire,  était  raisonnablement  exigible,  en  règle  générale  (cf.  ATAF 
2009/41 précité consid. 7.2 et 7.11, p. 577 et 587).

En l'espèce, A._______ est jeune et n'a pas invoqué de problèmes de 
santé. Il pourra de surcroît bénéficier de l'aide de ses proches restés 
sur  place  (cf.  p.  ex.  pv  d'audition  sommaire,  p.  3,  ch.  12), 
mais également du soutien de ses anciens camarades du RDR et des 
autres  membres  de  son  réseau  social  constitué  avant  son  départ.  
Aussi l'exécution du renvoi de l'intéressé en Côte d'Ivoire où il a vécu 
pendant les 23 premières années de sa vie s'avère-t-elle conforme à 
la loi. 

5.3 Enfin,  l'exécution  du  renvoi  est  possible  (art.  83  al.  2  LEtr)  et 
A._______ tenu de collaborer à l’obtention de documents de voyage 
lui permettant de quitter la Suisse (art. 8 al. 4 LAsi).

6.
Vu ce qui précède, c'est à bon droit que l'ODM a prononcé le renvoi de 
l'intéressé  et  qu'il  a  ordonné  l'exécution  de  cette  mesure.  Le  chef 
subsidiaire de conclusions du recours tendant à l'admission provisoire 
doit dès lors être écarté.

7.
En définitive,  le  recours  est  rejeté  et  la  décision  querellée 
intégralement confirmée.

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8.
Dans  la  mesure  où  A._______  a  été  débouté  de  toutes  ses 
conclusions,  les frais  judiciaires  devraient  être  mis  à  sa  charge, 
conformément à l'art. 63 al. 1 PA. Il y est toutefois renoncé, dès lors 
que  son  recours  n'apparaissait  pas  d'emblée  voué  à  l'échec 
(notamment  sous  l'angle  du  caractère  raisonnablement  exigible  de 
l'exécution  du  renvoi),  que  son  indigence  était  vraisemblable 
(cf.  décision  incidente  de  dispense  de  l'avance  des  frais  du  26 
septembre  2007  ;  let.  C  supra),  et qu'il  y  a  lieu,  pour  ces  motifs, 
d'admettre sa requête d'assistance judiciaire du 21 septembre 2007 
(art. 65 al. 1 PA).

(dispositif: page suivante)

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1.
Le recours est rejeté.

2.
La demande d'assistance judiciaire partielle est admise.

3.
Il est statué sans frais.

4.
Le  présent  arrêt  est  communiqué au recourant,  à l'ODM,  ainsi  qu'à 
l'autorité cantonale compétente.

Le président du collège : Le greffier :

Maurice Brodard Christian Dubois

Expédition : 

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