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**Case Identifier:** 11844011-2cdc-5dd7-b9c3-3d15f059b739
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites Plainte / 2022 / 8
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_Plainte---2022---8_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

FA21.047797-220127

10 

 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
1er
juin 2022

__________________

Composition
:               M.             
Hack,
président

             
              Mme             
Byrde et M. Maillard, juges

Greffier
              :             
Mme              Joye

 

 

*****

 

 

Art.
17 LP

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal prend séance à huis clos, en sa qualité
d'autorité cantonale supérieure de surveillance, pour statuer sur le recours interjeté
par J.________,
à Payerne, contre la décision rendue le 25 janvier 2022, à la suite de l’audience
du 6 décembre 2021, par le Président du Tribunal d’arrondissement de la Broye et du Nord
vaudois, autorité inférieure de surveillance, rejetant la plainte déposée le 10 novembre
2021 par la recourante contre l’OFFICE
DES FAILLITES DE L’ARRONDISSEMENT DE LA BROYE ET DU NORD VAUDOIS,

 

             
Vu les pièces du dossier, la cour considère :

 

             
En fait :

 

 

1.             
a) J.________ et feu son époux [...] se sont
mariés le [...] 1990. Ils étaient copropriétaires, pour une demie chacun, de l'immeuble
n° [...] sis [...], à Payerne.

 

             
Par acte authentique du 15 mars 1992, J.________ a fait donation à feu [...] de sa quote-part de
copropriété d'une demie de l'immeuble susmentionné. Cet acte contient, en particulier,
un droit de retour en faveur de la prénommée, selon son chiffre 11, ainsi libellé :

 

«
La donatrice déclare que, si le donataire décède avant elle, la quote-part de copropriété
ici donnée fera retour à son chapitre, conformément aux dispositions de l'article deux
cent quarante-sept du code des obligations. Le donataire accepte expressément cette réserve.
Les comparants sont rendus attentifs au fait que le présent droit de retour est personnel et qu'il
ne passe pas aux héritiers de J.________. En conséquence, si J.________ décède
avant son époux [...], ce droit de retour sera purement et simplement caduc.

Donatrice
et donataire conviennent de faire annoter au Registre foncier ce droit de retour sur la quote-part de
copropriété ici donnée, conformément aux dispositions de l'article deux cent quarante-sept
alinéa deux du code des obligations. »

 

             
b)
[...] est décédé le [...] 2013. Par
décision du 15 février 2017, la Présidente du Tribunal d’arrondissement de la Broye
et du Nord vaudois a ordonné la liquidation, par l'Office des faillites du même arrondissement
(ci-après : l’Office des faillites), de la succession répudiée de [...].

 

             
Par courrier du 8 août 2017, adressé
à l'Office des faillites, J.________ a sollicité la suspension de la procédure de liquidation
de la succession afin de pouvoir requérir son inscription en qualité de propriétaire de
l'immeuble 
n° [...] de la commune de
Payerne. Par décision du 17 août 2018, le Conservateur du registre foncier de la Broye et du
Nord vaudois a rejeté la réquisition d'inscription de J.________, faute d'accord de l'Office
des faillites. Par
arrêt du 31 août 2018, le Juge délégué de la Cour d'appel civile du Tribunal
cantonal a interdit à l'Office des faillites de
procéder à la vente aux enchères de la parcelle n° [...] de la commune de Payerne
jusqu'à droit connu sur la requête de mesures provision-nelles dépo­sée auprès
du Juge délégué de la Chambre patrimoniale cantonale le 22 août 2018 par J.________,
tendant à ce qu'interdiction soit faite à l'Office des faillites, ainsi qu'à l'avocat
Antoine Eigenmann, respectivement Eigenmann Associés SA, de vendre cet immeuble.
Par courrier du 27 janvier
2020 adressé à la Chambre patri­moniale cantonale, l'Office des faillites a déclaré
consentir à l'exercice du droit de retour de J.________
et à son inscription
au registre foncier de sa part de copropriété sur l'immeuble n° [...] de la commune de
Payerne. Il en a fait de même auprès de l'Office du registre foncier par courrier du 14 février
2020. Actuellement, J.________ n'est
toujours pas inscrite en qualité de copropriétaire du bien-fonds n° [...] de la commune
de Payerne. Elle occupe
le bâtiment érigé sur cette parcelle. Elle ne paie aucun loyer à l'Office des faillites.

 

 

2.             
a) Le 1er
novembre 2020, l'architecte [...] a établi un
constat concernant l'état du bâtiment
sis sur la parcelle n° [...] de Payerne de la teneur suivante : 

 

«
              Madame, Monsieur,

Ce
courrier vous est transmis pour faire part de la situation alarmante du bâtiment situé au centre-ville
de Payerne, [...], Parcelle n° [...]. Propriétaire, Mme J.________.

Lors
d'une séance avec Mme J.________. Il a été constaté que le bâtiment était
soumis à de               gros
problèmes d'infiltration d'eau.

Il
a été observé lors de la visite : 

-
affaissement des dalles (pourriture de surface appa­rente)

-
effondrement du faux plafond dû à l'humidité excessive 

-
humidité présente dans les coffrets électriques

D'après
plusieurs rapports d'entreprises spécialisées dans le domaine de la construction, et les dires
de Mme J.________, les infiltrations d'eau seraient dues à la dégradation de l'étan­chéité
de la toiture et ce, particulièrement, autour de la cheminée. Des causes supplé­mentaires
seraient peut-être à prendre en compte lors d'un constat plus précis (examen approfondi
du réseau sanitaire), relatant de la situation actuelle des dégradations.

Selon
les informations disponibles, il semblerait que depuis 2014, les dalles en bois et la structure, subissent
les altérations dues à l'infiltration de cette eau.

In
situ, nous avons constaté une situation très alarmante. Un énorme bruit de craquement
venant des dalles, suivi d'un choc conséquent ressenti sous nos pieds. Ceci, semble annoncer un
problème d'affaissement relativement inquiétant, au niveau des dalles.

Au
vu des circonstances, il serait très certainement important et urgent, de mandater un ingénieur
civil pour, constater les dégâts et analyser au mieux la gravité de la situation.

Retrouvant
de l'eau jusqu'aux étages inférieurs, une observation de la totalité des dalles me semble
essentielle.

Pour
éviter tout incident, le bâtiment dans l'état devrait, pour plus de précautions,
être évacué. Selon les informations transmises par Mme J.________ et le témoignage
de plusieurs entreprises du domaine de la construction, ce phénomène de craquement et affaissement
de dalles, se seraient répétés à plusieurs reprises.

Actuellement
le bâtiment n'a plus de chauffage, induisant un taux d'humidité intérieur excessif. De
ce fait, la santé des occupants et du bâtiment, sont en danger. »

 

             
Le 14 mai 2021, le conseil de J.________, l’avocate Jessica Renevey, a écrit ce qui suit à
l’Office des faillites : 

 

« (…)

Ma
cliente m'informe que de graves problèmes persistent dans l'immeuble susmentionné où elle
vit, dont
le bon entretien et la gestion incombent légalement à l'Office des faillites.

La
Bâloise Assurance vous a également invité à prendre les mesures nécessaires
pour l'entretien du bâtiment, respectivement la remise en état des différentes causes
des sinistres, par correspondance du 25 février 2021, en votre qualité de masse en faillite
de la succession répudiée de [...].

Toutefois,
votre inaction a des conséquences dommageables pour l'immeuble.

Tout
d'abord, malgré les plaintes de Mme J.________ auxquelles on n'a donné suite, l'on peut constater
que les moisissures continuent d'envahir l'habitation, notamment les salles de bain et la cuisine.

Par
courrier du 9 janvier 2020, M. Savoy a conseillé à ma mandante de prendre contact avec la Bâloise
Assurance pour annoncer le sinistre et prendre les mesures utiles.

Toutefois,
pour rappel, seule
la masse en faillite est preneuse de l'assurance Bâtiment. Il vous incombe dès lors d'entreprendre
toutes les démarches nécessaires.

Les
problèmes liés à la robinetterie déjà constatés par la Bâloise Assurance
lors de sa visite sur place le 11 avril 2019 n'ont pas non plus été réglés.

Par
ailleurs, il ressort d'un rapport du contrôle de la société [...] du 9 février 2021
que « l'ensemble des installations sont dans un état inadmissible et intolérable. (...)

Les installations doivent être entièrement
remises en état selon les règles techniques reconnues ». Il conclut que le bâtiment
nécessite des travaux d'urgence et de rénovations complète.

Dite
société a alors requis, par courrier du 15 février 2021, qu'un installateur électricien
titulaire d'une autorisation générale d'installation supprime les défauts grevant l'immeuble
pour qu'ensuite, un contrôle de vérification puisse avoir lieu.

Malheureusement,
aucune suite n'a été donnée à cette injonction, sous prétexte que la faillite
est déjà à découvert. Instruction a même été donnée à M.
Savoy le 16 février 2021, d'informer la Banque Raiffeisen et Me Roulier que vous ne dépenserez
« plus
un franc pour l'entretien de cet (recte) immeuble à l'exception du règlement des assurances
».

Ce
qui devait arriver arriva... En effet, ma mandante m'a informé qu'une panne d'eau chaude et de chauffage
s'est produit dimanche dernier 2 mai.

Cette
dernière a alors interpelé la société [...] qui est déjà intervenue sur
ordre de l'Office des faillites pour certains travaux de chauffage et de sanitaire.

[...]
a alors rédigé un rapport d'intervention ci-joint. Il en ressort, sans surprise, que la panne
ne provient pas de la chaudière mais « d'une
surtension (recte) dans le tableau électrique ». Il
est ensuite avisé qu'« il
est nécessaire de faire intervenir un électricien en urgence car l'état actuel de l'installation
peut représenter un danger et il n'y a pas d'eau chaude ni de chauffage ».

Vous
l'aurez compris, cette situation résulte du fait qu'aucune intervention n'a été ordonnée
suite au rapport du 9 février dernier. D'ailleurs, le panneau électrique a même produit
des étincelles lorsqu'il a fallu le réenclencher.

Ma
cliente vous informe formellement qu'il y a de sévères risques d'incendie de l'immeuble. 

Partant,
au vu de ce qui précède, je vous prie de bien vouloir intervenir de toute urgence pour que
différents maîtres d'état interviennent afin de remédier dans les meilleurs délais
à la panne d'eau chaude, de chauffage et à l'installation électrique. Il est également
requis qu'une société soit mandatée afin de venir constater sur place les autres problèmes
grevant l'habitation et ayant des conséquences désastreuses sur le bâtiment, diminuant
ainsi drastiguement sa valeur. 

Je
vous prie de bien vouloir prendre contact avec Mme J.________ pour fixer un rendez-vous dans les plus
brefs délais.

Ce
courrier et son annexe sont également adressés ce jour à M. Christophe Savoy. (…)
».

 

             
Le 2 juin 2021, le mandataire de l’Office des faillites, l’agent d’affaires breveté
Christophe Savoy, a adressé le courrier suivant au conseil de J.________ :

 

«
              Chère Maître,

En
ma qualité de mandataire de la succession répudiée de feu [...], je fais suite à
votre envoi à l'Office des faillites de l'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois du 14 mai
2021.

Suite
à votre intervention, ma mandante a requis d'une entreprise d'électricité la réparation
du tableau électrique, selon rapport de la société [...], frais qu'elle a pris en charge.

En
revanche, et pour rappel la masse en faillite a engagé de nombreux frais dans cet immeuble alors
même que Mme J.________ n'a de cesse, par tous moyens, de retarder la réalisation dudit bien.

Mme
J.________ n'est au bénéfice ni d'un contrat de bail à loyer, ni n'est inscrite au Registre
foncier en qualité de copropriétaire.

Bien
plus, je rappelle que la requête de mesures provisionnelles déposée par celle-ci a été
rejetée tant il est vrai qu'il est apparu au Tribunal l'évidence des mesures dilatoires entreprises
par votre cliente.

En
l'état, Mme J.________ n'est ainsi pas fondée, d'une quelconque manière, à requérir
ou attendre quoi que ce soit de l'Office des faillites.

(…)
»

             
b)
Par décision du 15 septembre 2021, statuant en sa qualité d'auto­rité inférieure
de surveillance sur une plainte dépo­sée le 16 juin 2021 par J.________, le Président
du Tribunal d’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois a notamment annulé la décision
du 2 juin 2021 de l'Office des faillites de l'arron-dissement de la Broye et du Nord vaudois (I) et ordonné
audit office de mandater une personne ou une société afin qu'elle liste les défauts du
bâtiment situé sur la parcelle n° [...] de la commune de Payerne, soit les problèmes
auxquels il doit être remédié pour que, d'une part, ce bâtiment de­meure conforme
à l'utilisation qui peut en être attendue et, d'autre part, qu'il cesse de se dégrader
de façon prématurée (II).

 

             
Le 4 octobre 2021, l’Office des faillites,
par l’agent d’affaires breveté Christophe Savoy, a confirmé à la recourante
que l'entreprise [...] a bien été mandatée ensuite de la décision du tribunal. 

 

             
Le 6 octobre 2021, [...], par l'intermédiaire de [...], a adressé le courriel suivant à
l'Office des faillites :

 

«
              Bonjour M. [...],

Nous
avons été mandaté pour lister les défauts du bâtiment situé sur la parcelle
[...] de la Commune de Payerne, soit les problèmes auxquels il doit être remédié
pour que, d’une part, ce bâtiment demeure conforme à l'utilisation qui peut en être
attendue et, d’autre part, qu’il cesse de se dégrader de façon prématurée.

Après
une première vision locale, nous avons déjà constaté les éléments suivants
:

La
cheminée est fissurée et en très mauvais état. La stabilité de celle-ci est
très incertaine et des infiltrations d'eau sont constatées. 

Les
infiltrations sont constatées dans les murs de façade en moellons. De ce fait, les têtes
d'appuis des poutraisons en bois dans ceux-ci sont certainement humi­des et leur fonction altérée.

Les
infiltrations d'eau ont dégradées la construction en bois. La sécurité structurale
des poutraisons et planchers en bois n'est plus garantie. Des affaissements sont constatés et les
faux plafonds sont déjà tombés par endroit.

Le
fait qu'il n'y ait plus d'électricité ni de chauffage dans le bâtiment empêche les
éléments humides de sécher et contribue à une dégradation continue des élé­ments
porteurs.

Au
vu de ces premières constatations rapides, nous aurons besoin de réaliser des son­dages
importants afin de :

Vérifier
l'état de la cheminée et de la toiture.

Vérifier
si les appuis dans les murs porteurs sont encore sain.

Vérifier
la provenance des infiltrations d'eau.

Vérifier
l'état des poutraisons et plancher, ce que nous obligera à démonter en partie les faux
plafonds.

Afin
de nous permettre une vision globale et précise du bâtiment tout en garantissant la sécurité
de tous les acteurs, nous recommandons vivement de reloger provisoirement les habitants pour plus de
précautions.

Merci
de nous faire savoir votre décision pour que nous puissions réaliser notre mandat en toute
sécurité. 

(…) »

 

             
Le 7 octobre 2021, l'Office des faillites a adressé le courriel suivant au conseil de J.________
:

 

«
              Madame,

A
la suite du rapport de M. [...], nous pensons que vous devez intervenir auprès de la Commune de
Payerne afin de demander le relogement provisoire de Mme J.________ et de sa fille, en vue de procéder
aux divers travaux proposés par [...].

Le
cas échéant, Mme J.________ et sa famille pourraient être logés par un membre de
leur famille.

(…)
»

 

             
Par courrier du même jour, l’avocate de J.________ s'est adressée à la Municipalité
de Payerne afin de demander le relogement provisoire de sa mandante et de la fille de cette dernière
afin de garantir leur sécurité durant les travaux à effectuer, courrier auquel la Municipalité
a répondu, en date du 20 oc­tobre 2021, que la Commune ne souhaitait pas se substituer à
l'Office des faillites et qu'elle n'entendait donc pas entrer en matière sur dite demande de relogement.

 

             
Le 25 octobre 2021, l’avocate de J.________ a adressé à l'agent d'affaires breveté
Christophe Savoy le courrier suivant :

 

«
(…)

La
Municipalité de Payerne vient de me répondre, selon lettre ci-jointe. Ceux-ci n'enten­dent
pas entrer en matière sur ce sujet, ne souhaitant pas se substituer à l'Office des faillites.

Je
vous saurais dès lors gré de bien vouloir vous déterminer sur la lettre précitée.

J'ajoute
ici que ma mandante n'a toujours pas d'eau chaude ni d'électricité, ce qui, au vu des températures
actuelles, devient très problématique.

De
plus, le toit est sur le point de s'effondrer.

Aussi,
s'il devait arriver quoique ce soit, nous n'hésiterons pas à tenir votre cliente pour responsable.

Je
vous expose ici les critères requis par Mme J.________ quant à un logement, soit :

Un
appartement de 4.5 pièces, avec deux salles d'eau, avec ascenseur ou rez-de- chaussée,
à Payerne ;

Un
bail signé par l'Office des faillites ;

Douze
mois de loyer incluant les charges payées à l'avance (critère requis par certaines
gérances immobilières au vu de la situation complexe) ;

Il
y aurait également lieu de louer un local/box pour consigner ses affaires, dans la me­sure
où un appartement ne peut contenir toutes ses affaires.

Je
précise également, qu'au vu des poursuites dont ma mandante fait l'objet, il lui est impossible
de trouver un logement par elle-même.

Cela
étant, ma mandante serait déjà en mesure de proposer à l'Office des faillites un
logement sis [...], à Payerne, au rez-de-chaussée, lequel sera disponible vers le 10 novembre
prochain. Je vous joins sous ce pli la demande de location. Cet appartement conviendrait parfaitement
à Mme J.________ et à sa fille.

Il
y aurait aussi des appartements aux Rives de la Broye qui seraient susceptibles de l'intéresser,
actuellement destinés à la vente, mais qui pourraient être mis en location.

Finalement,
je vous joins également une annonce pour un appartement à [...], à Payerne, lequel serait
disponible au 1 er
novembre.

Dès
lors, et au vu de l'urgence, je vous saurais gré de bien vouloir recueillir les détermina-tions
de votre mandante, dans les plus brefs délais. 

(…)
».

 

             
Le 27 octobre 2021, l'Office des faillites a adressé le courriel suivant à [...], avec copie
notamment au conseil de la recourante :

 

«
Monsieur,

Les
mesures conservatoires suivantes doivent être exécutées sans tarder :

Stabilisation
de la cheminée afin d'éviter toutes chutes ou rupture, et colmatage provisoire des infiltrations
d'eau ;

Pose
d'étais au niveau des poutraisons, et affaissements pour éviter tout affaisse­ment supplémentaire
et effondrement ;

Rétablissement
de l'électricité et du chauffage, si ces points sont encore d'actua­lité.

Pour
le surplus j'autorise le bureau d'ingénieur à procéder aux autres sondages impor­tants
requis afin de vérifier l'état de la cheminée et de la toiture, les appuis des murs porteurs,
la provenance d'infiltrations d'eau et l'état des poutraisons et planchers.

Vous
pouvez donc mettre en œuvre les sondages. »

 

             
e)
Le 28 octobre 2021, l’Office des faillites, agissant par l'agent d'affaires breveté Chris­tophe
Savoy, a écrit ce qui suit au conseil J.________ en réponse à son courrier du 25 octobre
2021 :

 

«              
(…)

1)             
S'agissant en premier lieu des démarches investigatoires en cours sur l'état de l'im­             
meuble, ordonnées par le Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois              
à l'appui de sa décision du 15 septembre 2021, il a été mis en oeuvre la société
[...] selon devis établi le 6 septembre 2021, prévoyant l'engagement de              
nouveaux frais pour dites recherches à hauteur de CHF 12'800.00.

             
Conformément à la décision du Tribunal, ce n'est qu'après le rapport que de nou­velles
              mesures provisoires seront
discutées, tendant à la sécurisation de l'immeuble jusqu'à              
sa vente aux enchères.

2)
              Il n'existe aucune obligation
légale de reloger Mme J.________ aux frais de              
la masse en faillite ce d'autant que celle-ci se revendique copropriétaire de l'im­meuble              
no [...] à raison d'une demie, ce que la masse en faillite ne conteste pas.

             
Pour autant, Mme J.________ par l'intermédiaire de son mandataire fait              
tout pour
retarder sa réinscription en qualité de copropriétaire au Registre foncier.

3)
              Si la vente pouvait intervenir
rapidement, Mme J.________ serait apte à toucher le              
produit de sa quote-part déduction faite des droits de gage immobilier, autres charges              
éventuelles et créanciers saisissants, et le produit lui revenant lui permettrait de se              
reloger rapidement, ainsi que d'améliorer considérablement sa situation. Elle est la seule
              responsable de la situation
créée, notamment par le biais des démarches qu'elle a              
confiées à Me Roulier, la plupart à des fins dilatoires.

4)
              Restent par ailleurs réservées
les dispositions relatives à la faculté donnée par la loi à              
chaque copropriétaire de procéder aux actes d'administration courants, tels que répara-             
tions et d'entretiens, etc.

5)
              La masse en faillite décline
toute responsabilité, dès lors que Mme J.________ persiste              
à occuper un immeuble qui aurait dû faire l'objet d'une réalisation forcée depuis
de               nombreux mois.

             
(…) »

 

             
Le 11 novembre 2021, l'Office des faillites a requis de la société [...] l'estimation de la
valeur actualisée de l'immeuble n° [...] de la commune de Payerne, compte tenu de la dégradation
du bâtiment.

 

 

3.             
a) Le 10 novembre 2021,
J.________ a déposé auprès du Président du
Tribunal d’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois
une plainte au sens de l'art. 17 LP (loi fédérale sur la poursuite pour dette et la faillite
; RS 281.1) par laquelle elle a pris les conclusions suivantes, sous suite de frais et dépens :

I.
              Annuler la décision
du 28 octobre 2021 rendue par l'Office des faillites de la              
Broye et du Nord vaudois ;

Il.             
Ordonner à l'Office des faillites de reloger immédiatement Mme J.________ et              
sa fille durant toute la durée durant laquelle les défauts du bâtiment situé sur
la               parcelle [...] de la
Com­mune de Payerne devront être listés et durant toute la              
durée des travaux comprise.

III.
              Ordonner à l'Office
des faillites de mandater immédiatement les corps de              
métier compétents pour procéder à la réfection de l'immeuble sis [...] à
1530 Payerne.

 

             
Dans sa plainte, J.________ a soutenu que l'Office des faillites avait ordonné des mesures conservatoires
inappropriées et que la société [...] n'avait encore entrepris aucune démarche. Elle
a en outre fait valoir qu'elle vivait dans des conditions insalubres, sans eau, ni électricité
ni chauffage et par des températures glaciales, ce qui engendrait chez elle d'importants problèmes
de santé, que les travaux nécessaires à la conservation de l'immeuble ne pouvaient de
toute évidence pas être réalisés en sa présence et que son relogement était
même requis par des entreprises mandatées par l'Office des faillites.

 

             
b) Par déterminations du 2 décembre
2021, l'Office des faillites a conclu au rejet des conclusions prises par J.________ au pied de sa plainte
du 
10 no­vembre 2021 ainsi qu'à
l'allocation de dépens pour témérité. 

 

             
c) L'audience de plainte s'est tenue le 6 décembre
2021 en présence de J.________, assistée de son conseil, du substitut de l’Office des
faillites [...], assisté de l’agent d’affaires Christophe Savoy, et de [...] qui représentait
l'intervenante Banque Raiffeisen de la Broye. Lors de cette audience, l'Office des faillites a réitéré
sa conclusion tendant à ce que des dépens lui soient alloués pour témérité,
au motif que la plainte n'était fondée que sur le pouvoir d'appréciation du juge et des
règles constitutionnelles. La plaignante a conclu au rejet de cette conclusion ainsi qu'au rejet
des conclusions prises dans les déterminations de l’Office des faillites du 2 décembre
2021.

 

 

             
d) Par décision du 12 novembre 2021, l'autorité
inférieure de surveil­lance a accordé à la plaignante le bénéfice de l'assistance
judiciaire, avec effet au 
5 novembre 2021,
et désigné l'avocate Jessica Renevey en qualité de conseil d'office. 

 

 

4.             
a)
Par décision rendue le 25 janvier 2022, notifiée à J.________ le 26
janvier suivant, le Président du Tribunal d’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois,
statuant en qualité d’autorité inférieure de surveillance, a rejeté la plainte
déposée le 10 novembre 2021 par J.________ (I), a rendu sa décision sans frais judiciaires
ni dépens (II), a arrêté l’indemnité finale de l’avocate Jessica Renevey,
conseil d’office de la plaignante, à 2'551 fr. 55, TVA comprise et l’a relevé de
sa mission de conseil d’office (III et IV), a dit que la bénéficiaire de l’assistance
judiciaire est, dans la mesure de l’art. 123 CPC, tenue au rembourse-ment de l’indemnité
de son conseil d’office supportée par l’Etat (V) et a rejeté toutes autres ou plus
amples conclusions (VI). 

 

             
Le premier juge a considéré qu’il
ne ressortait ni de
la décision rendue
le 15
septembre 2021
ni d'aucune
disposition légale, en particulier des art. 17
et 18
ORFI, que l'Office des faillites,
auquel incombait
la gérance légale de l'immeuble 
n°
[...]
de la
commune de
Payerne, aurait
l'obligation de reloger
la plaignante et sa fille pendant
la durée nécessaire au constat des
défauts du
bâtiment situé
sur la parcelle
en question ni pendant
la durée des
travaux à intervenir ;
que la seule allégation de
la plaignante, selon laquelle elle vivait dans des
conditions difficiles lui causant
des pro­blèmes de santé et
que [...] a recommandé son
relogement pendant la
durée des travaux nécessaires
à la conservation de
l'immeuble, ne suffisait pas
non plus à mettre une telle
obligation à
la charge de
l'Office des faillites ; que
cela était d’autant plus vrai que la plaignante ne payait
aucun loyer à l'Office des
faillites ; qu’elle n'était
par ailleurs toujours pas formellement inscrite au Registre foncier en qualité de coproprié­taire
de l'immeuble litigieux, bien qu'elle se revendique comme telle, ce que la masse en faillite ne
contestait pas ; qu’il
y avait lieu de relever qu'en
tant que copropriétaire
de cet immeuble, la plaignante
était également
cores­ponsable
de son état ; qu’il lui appartenait, le cas échéant,
d'entreprendre elle-même les
démarches nécessaires en vue de trouver un nouveau logement ; que dans ces circonstances,
la conclusion II de sa plainte devait être rejetée ; que s'agissant de la conclusion III,
l'Office des faillites s'était
conformé au
chiffre Il
de la décision du 15 septembre
2021 en mandatant
la société [...] afin d’établir la liste les défauts du bâtiment en cause
et la société [...] afin d'estimer la valeur actualisée de l’immeuble ; qu’en
particulier, [...] avait informé l’Office des faillites par courriel du 6 octobre 2021 des
défauts qu'elle avait pu constater après une première vision locale sommaire ainsi que
des sondages qui devaient être réalisés ; que par courriel du 27 octobre 2021, l'Office
des faillites avait donné son accord à [...] pour que celle-ci exécute sans tarder différentes
mesures conservatoires et l’a autorisée à procéder aux autres sondages importants
requis afin de vérifier l'état de la cheminée et de la toiture, les appuis des murs porteurs,
la provenance des infiltrations d'eau et l'état des poutraisons et des planchers ; que les
mesures ordon­nées par décision du 15 septembre 2021 étaient ainsi en cours d'exécution,
l’Office des faillites étant maintenant dans l'attente des rapports définitifs de [...]
et de [...]; que ces rapports n'ayant pas encore été établis, il n'était pas possible,
en l'état, de déterminer les travaux nécessaires à la stabilisation de la situation
de l'immeuble ; que par conséquent, il n'était pas encore possible d'ordonner à l’Office
des faillites de mandater les corps de métier compétents pour procéder à la réfection
de l'immeuble ; que, comme déjà mentionné dans la déci­sion du 15 septembre
2021, ce n'est qu'après réception par l’Office des faillites des rap­ports susmentionnés
qu’il sera possible d’aviser sur les travaux devant être exécutés ; que
dans ces circonstances, la conclusion III de la plainte devait également être rejetée.

 

             
b) Par
acte du 3 février 2022, J.________ a recouru contre cette décision, concluant, avec suite de
frais et dépens :

-
              principalement à
ce que le chiffre I du dispositif de la décision du 25 janvier 2022              
est réformé en ce sens que la décision de l’Office des faillites du 28 octobre 2021
              est annulée et les
conclusions de la plainte du 10 novembre 2021 sont admises              
et que, partant, ordre soit donné à l’Office des faillites de mandater immédiate-             
ment les corps de métier compétents pour procéder à la réfection de l’immeuble
              sis [...] à Payerne,

-
              subsidiairement à
ce que le chiffre I du dispositif de la décision du 25 janvier              
2022               est réformé
en ce sens que la décision de l’Office des faillites du 28 octobre 2021              
est annulée et la conclusion III de la plainte du 10 novembre 2021 est admise et              
que, partant, ordre soit donné à l’Office des faillites de mandater immédiatement
              les corps de métier
compétents pour procéder à la réfection de l’immeuble sis [...] à Payerne,

-
              plus subsidiairement à
ce que le chiffre I du dispositif de la décision du 25 janvier              
2022 est annulé et la cause renvoyée à l’autorité précédente pour
nouvelle               décision
dans le sens des considérants.

 

             
A l’appui de son acte de recours, la recourante a produit un lot de pièces, dont un courrier
que [...] a adressé à son conseil le 2 février 2022, de la teneur suivante : 

 

« Maître,

Sur
demande de Madame [...], nous avons établi une offre en qualité d’ingénieur civil
afin de lister les défauts du bâtiment situé sur la parcelle [...] de la Commune de Payerne,
soit les problèmes auxquels il doit être remédié pour que, d’une part, ce bâtiment
demeure conforme à l'utilisation qui peut en être attendue et, d’autre part, qu’il
cesse de se dégrader de façon prématurée.

Cette
offre a ensuite été acceptée par l’office des faillites.

Suite
à une première vision locale, nous avons déjà constaté les éléments
suivants :

-
La cheminée est fissurée et en très mauvais état. La stabilité de celle-ci est
très incertaine et des infiltrations d'eau sont constatées. 

 -
Les infiltrations sont constatées dans les murs de façade en moellons. De ce fait, les             
têtes d'appuis des poutraisons en bois dans ceux-ci sont certainement humi­des et leur fonction
altérée.

-
Les infiltrations d'eau ont dégradées la construction en bois. La sécurité structurale
des poutraisons et planchers en bois n'est plus garantie. Des affaissements sont constatés et les
faux plafonds sont déjà tombés par endroit.

De
plus, d’autres spécialistes intervenus directement sur la demande de Mme J.________, ont également
relevé les défauts suivants :

-
Les installations électriques ne sont plus conformes.

-
Le chauffage n’est plus exploité, induisant un taux d’humidité intérieur excessif.
Cela empêche les éléments humides
de sécher et contribue à une dégradation continue des élé­ments porteurs.

-
Présence d’humidité dans les coffrets électriques.

-
Présence supposée d’amiante.

Au
vu de ces premières constatations rapides, nous aurons besoin de réaliser des son­dages
importants pour :

-
Vérifier l'état de la cheminée et de la toiture.

-
Vérifier si les appuis dans les murs porteurs sont encore sain.

-
Vérifier la provenance des infiltrations d'eau.

-
Vérifier l'état des poutraisons et plancher, ce que nous obligera à démonter en partie
              les faux plafonds.

D’autres
interventions devront impérativement être menées en parallèle par des spécialistes
qui ne sont, à notre connaissance, pas encore mandatés pour les travaux suivants :

-
Vérifier l’état des installations électriques.

-
Vérifier l’état de l’installation du chauffage.

-
Vérifier la présence d’amiante.

Afin
de nous permettre une vision globale et précise du bâtiment tout en garantissant la sécurité
de tous les acteurs, nous recommandons vivement de reloger provisoirement les habitants pour plus de
précautions.

En
l’état, nous souhaitons des éclaircissements sur les points suivants afin de poursuivre
notre mandat en toute sécurité :

-
Les installations électriques sont conformes ou coupées.

-
La présence d’amiante a été contrôlée et listée dans un rapport.

-
Les locataires sont logés en toute sécurité.

(…) »

 

             
Par courrier du 9 février 2022, le Président
de la cour de céans a informé la recourante qu’il serait statué sur la requête
d’assistance judiciaire qu’elle a formulée dans le cadre de son recours dans l’arrêt
à intervenir.

 

             
Le 21 février 2022, la Banque Raiffeisen de la Broye a déposé une réponse par son
avocat Serge Demierre, concluant, avec suite de frais et dépens, au rejet du recours. Elle a produit
quatre pièces sous bordereau.

 

             
Par réponse du 22 février 2022, l’Office des faillites, par son manda-taire, a conclu
au rejet du recours, avec suite de frais et dépens.

 

             
La recourante a déposé des déterminations le 1er
mars 2022, confir-mant ses conclusions du 3 février 2022. Elle a produit une pièce.

 

             
Le 2 mars 2022, la Banque Raiffeisen de la Broye a également déposé des déterminations.

 

             
Le 2 mars 2022, la recourante a encore produit une pièce.

 

             
Le 11 avril 2022, l’Office des faillites, se référant à l’écriture de
la recou-rante du 2 mars 2022, a produit une pièce.

 

             
Le même jour, la recourante a encore produit une pièce.

 

             
Le 14 avril 2022, la recourante a déposé encore une écriture et produit deux pièces.

             

 

             
En droit :

 

 

I.             
a)
Aux termes de l'art. 18 al. 1 LP (loi sur la poursuite pour dettes et la faillite du 11 avril 1889 ;
RS 281.1), toute décision de l'autorité inférieure peut être déférée
à l'autorité cantonale supérieure de surveillance dans les dix jours à compter de
la notification. Le recours s’exerce par acte écrit et motivé (art. 28
al. 1 et 3 LVLP [loi vaudoise d’application de la LP ; BLV 280.05] ; TF 5A_118/2018 du

7 février 2018 consid. 4.2).

 

             
Selon le Tribunal fédéral, il découle de l’art. 18 LP et de la jurispru-dence y
relative que le recours doit contenir un exposé, à tout le moins sommaire, des moyens invoqués
à son appui (TF 5A_118/2018 du 7 février 2018 consid. 4.1). L'art. 28 al. 3 LVLP, qui selon
une jurisprudence constante, impose aux parties de motiver leur recours, soit d'indiquer leurs moyens,
faute de quoi le recours est irrece-vable (CPF 24 juillet 2019/37 ; CPF 23 novembre 2011/43 ;
CPF 27 mai 2011/17 ; CPF 8 mai 2009/19 ; CPF 19 avril 2006/7), ne revêt ainsi aucune portée
propre (TF 5A_118/2018 précité). La jurisprudence du Tribunal fédéral en matière
de recours selon les art. 319 ss CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS
272) - applicable par analogie - exige que le recourant démontre le caractère erroné de
la motivation de la décision attaquée et que son argumentation soit suffisamment explicite
pour que l’instance de recours puisse la comprendre, ce qui suppose une désignation précise
des passages de la décision qu’il attaque et des pièces du dossier sur lesquelles il
fonde sa critique (TF 5A_488/2015 du 21 août 2015 consid. 3.2.1, Revue suisse de procédure
civile [RSPC] 2015, p. 512). Un vice dans la motivation n’est pas réparable (ATF 126 III 30,
JdT 2000 II 11).

 

             
 La procédure de plainte et de recours
en matière de poursuites et de faillite est régie notamment par l'art. 20a LP et, dans le canton
de Vaud, par la LVLP. Le droit cantonal détermine dans quelle mesure les faits et moyens de preuve
nouveaux peuvent être invoqués devant l'autorité de surveillance cantonale supérieure
(TF 5A_57/2016 du 20 avril 2016 consid. 3.2.1 et les références).

 

             
L’art. 28 al. 4 LVLP autorise l’allégation de faits nouveaux et la production de nouvelles
pièces par la partie recourante. Cela ne peut toutefois pas se produire à n’importe quel
moment de la procédure de deuxième instance. Les moyens de la partie recourante doivent être
invoqués dans le délai de recours. Sauf exercice du droit de réplique, une écriture
complémentaire produite après l’échéance de ce délai ne peut plus être
prise en considération même si elle a été annoncée dans une déclaration
de recours ou un recours formé en temps utile (ATF 126 III 30 consid. 1b, JdT 2000 II 11 ;
CPF 11 mars 2019/2). Il s’ensuit que les moyens nouveaux doivent être invoqués et
les pièces nouvelles produites dans le délai de recours (CPF 1er
juin 2021/15 ; CPF 30 mars 2016/15 ; CPF 18 septembre 2015/39). 

 

             
b)
En l’espèce, le recours a été déposé en temps utile.

 

             
              La recourante conclut
principalement à ce que « les conclusions de la plainte du 10 novembre 2021 sont admises
et que, partant, ordre soit donné à l’Office des faillites de mandater immédiatement
les corps de métier compétents pour procéder à la réfection de l’immeuble
sis [...] à Payerne » et, subsidiairement, à ce que « la conclusion III
de la plainte du 10 novembre 2021 est admise et que, partant, ordre soit donné à l’Office
des faillites de mandater immédiatement les corps de métier compétents pour procéder
à la réfection de l’immeuble (..) ». A la lecture de ces conclusions, la recourante
semble contester les deux objets de la décision attaquée – la réfection de l’immeuble
et la question de son relogement – dans la mesure où la conclusion II de sa plainte, englobée
dans la conclusion principale de son recours, concernait la seconde question. Si tel est le cas, son
recours sur ce point est irrecevable faute d’être motivé ; en effet, la recourante
ne formule aucun grief contre la décision entreprise en tant qu’elle statue sur la question
de son relogement aux frais de la masse en faillite. Ainsi, le recours n’est recevable que dans
la mesure où il vise la décision attaquée sur la question de la réfection de l’immeuble
litigieux, le recours étant suffisamment motivé sur ce point.

             
Les pièces produites à l’appui du recours sont recevables.

 

             
La réponse de la Banque Raiffeisen de la Broye du 21 février 2022 est également recevable,
ainsi que les pièces qui l’accompagnent (art. 31 al. 1 LVLP). 

 

             
Il en va de même de la réponse de l’Office des faillites du 22 février 2022
(art. 31 al. 1 LVLP). 

 

             
La détermination spontanée de la recourante du 1er
mars 2022 est recevable en vertu de son droit d’être entendue (ATF 142 III 48 consid. 4.1.1
et les références citées ; ATF 139 II 189 consid. 3.2 ; ATF 138 I 484 consid. 2). 

 

             
Il en va de même de la détermination spontanée de la Banque Raiffeisen de la Broye du
2 mars 2022. En revanche, les pièces produites à l’appui de ces écritures, après
l’échéance du délai de recours, respectivement du délai de détermination,
sont irrecevables. 

 

             
La détermination spontanée de l’Office des faillites du 11 avril 2022, déposée
plus de dix jours après réception de l’écriture de la recourante du 2 mars 2022,
est irrecevable, de même que la pièce produite à son appui. 

 

             
La pièce produite par la recourante le 11 avril 2022, bien après l’éché-ance
du délai de recours, est irrecevable (seules certaines données figurant dans un extrait du
Registre foncier étant notoires ; TF 1C_547/2020 du 25 septembre 2021 consid. 2.1).

 

             
Enfin, l’écriture et les pièces déposée par la recourante le 14 avril 2022,
largement tardives, sont irrecevables.

 

 

II.             
a)
Aux termes de l'art. 17 al. 1 LP, sauf dans les cas où la loi prescrit la voie judiciaire, il peut
être porté plainte à l’autorité de surveillance lorsqu’une mesure de
l’office est contraire à la loi ou ne paraît pas justifiée en fait. La plainte doit
être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la
mesure (art. 17 al. 2 LP). Par « mesure » de l'office, le Tribunal fédéral dit qu’il
faut entendre tout acte d'autorité accompli par l'office ou par un organe de la poursuite en exécution
d'une mission officielle dans une affaire concrète (ATF 129 III 400 consid. 1.1 ; ATF 128 III 156
consid. 1c et les références ; TF 5A_431/2021 du 13 juillet 2021 consid. 3.2.2.2). L'acte de
poursuite doit être de nature à créer, modifier ou supprimer une situation du droit de
l'exécution forcée dans l'affaire en question (ATF 129 III 400 consid. 1.1). En d'autres termes,
il doit s'agir d'un acte matériel qui a pour but la continuation ou l'achèvement de la procédure
d'exécution forcée et qui produit des effets externes (parmi l'abondante casuistique : ATF
116 III 91 consid. 1) ; tel n’est pas le cas d’une déclaration d’ordre général,
d’une communication de l’office sur ses intentions ou d’un simple avis (ATF 116 III
93, consid. 1, rés. in JT 1992 II 93). Ne
constituent pas des mesures susceptibles de plainte les simples avis ou conseils de l’autorité
de poursuite, les instructions ou directives générales ainsi que la confirmation d’une
décision déjà prise (Cometta/Möckli, in Basler Kommentar, SchKG
I, 3e
éd., 2022, n. 22 ad art. 17
LP et les références ; Erard, in Dallève/Foëx/ Jeandin (éd.), Commentaire romand,
Poursuite et faillite, nn. 10 et 15 ad art. 17 LP ; TF 5A_1035/ 2015 du 26 mai 2016 consid. 3.2).

 

             
La qualité pour porter plainte selon l'art. 17 LP est reconnue à toute personne lésée
ou exposée à l'être dans ses intérêts juridiquement protégés ou, à
tout le moins, atteinte dans ses intérêts de fait par une mesure ou une omission d'un organe
de la poursuite. Le plaignant doit dans tous les cas poursuivre un but concret ; il doit être
matériellement lésé par les effets de la décision attaquée et avoir un intérêt
digne de protection à sa modification ou à son annulation (ATF 139 III 384 consid. 2.1 et les
références ; TF 5A_324/2015 du 21 août 2015 consid. 3.4.1).

 

             
b)
En l’espèce, l’immeuble litigieux est géré par l’Office des faillites
dans le cadre de la liquidation, ordonnée le 15 février 2017, de la succession répudiée
du défunt époux de la recourante. Cette dernière a sollicité, le 8 août 2017,
la suspension de la procédure de liquidation afin de pouvoir requérir son inscription en qualité
de propriétaire de l'immeuble. La recourante admet elle-même que cette inscription n’est
à ce jour pas intervenue, malgré l’accord de l’Office des faillites. Elle n’indique
toutefois pas en quelle qualité, au vu de ces circonstances, elle porte plainte ni en quoi le fait
qu’elle occupe l’immeuble - sans être inscrite comme propriétaire et sans être
locataire - lui donnerait cette qualité. La question de la qualité de la recourante pour porter
plainte – douteuse – peut toutefois demeurer ouverte au vu des considérants qui suivent.

             
c)
La plainte du 10 novembre 2021 est dirigée contre le courrier de l’Office des faillites du
28 octobre 2021. Ce courrier faisait suite à la lettre de la recourante du 25 octobre précédent,
par laquelle celle-ci sollicitait de l’office qu’il la reloge au vu de l’état
de l’immeuble litigieux. 

 

             
Dans sa réponse du 28 octobre 2021, l’Office des faillites a indiqué
 aa)
que les investigations sur l’état de l’immeuble, ordonnées par le tribunal le 
15
septembre 2021, avaient été confiées à la société [...] selon devis du
6 septembre 2021 et que, conformément à la décision du tribunal, ce n’est qu’à
réception du rapport de celle-ci que de nouvelles mesures provisoires seraient discu-tées en
vue de la sécurisation de l’immeuble et bb)
que l’Office des faillites n’avait aucune obligation de reloger la plaignante aux frais de
la masse et ce d’autant moins que l’intéressée revendiquait la copropriété
de l’immeuble, ce que la masse en faillite ne contestait pas, relevant que chaque copropriétaire
avait la faculté de procéder aux actes d'administration courants, tels que réparations
et entretien. 

 

             
aa)
a)
S’agissant du premier objet du courrier du 28 octobre 2021, la recourante soutient que tant qu’elle
n’est pas formellement inscrite au Registre foncier en qualité de copropriétaire du bien-fonds
n° [...] de la commune de Payerne, l’Office des faillites est responsable du bon entretien
et de la gestion de l’immeuble en raison de la gérance légale, que celui-ci ne lui a
jamais réclamé le paiement d’un loyer et qu’en mandatant [...], l’Office
des faillites ne s’est pas conformé à la décision
du tribunal du 15 septembre 2021. Sur ce dernier point, elle plaide que [...], société d’ingénierie
civile, ne serait pas compétente pour réaliser les mesures conservatoires ordonnées par
l’Office des faillites dans son courriel du 27 octobre 2021, à savoir la stabilisation de
la cheminée, le colmatage des infiltrations d’eau, la pose d’étais et le rétablissement
de l’électricité et du chauffage, et n’aurait pas « les compétences
techniques pour lister les défauts relatifs à d’autres corps de métiers »
ni « les compétences professionnelles néces-saires pour se prononcer sur l’entier
des défauts du bâtiment » (recours, p. 6). A l’appui de son argumentation,
elle a produit, en particulier, un courrier que [...] a adressé à son conseil le 2 février
2022.

 

             
En fait, la recourante reproche à l’Office des faillites de ne pas ordonner l’exécution
des travaux de réfection qu’elle souhaite voir réaliser. Elle ne saurait être suivie.
En effet, comme l’a relevé le premier juge, il convient d’abord d’attendre le
rapport de [...] afin de définir, dans un deuxième temps, les éventuels travaux à
entreprendre pour la conservation de l’état de l’immeuble, conformément à
ce qui a été ordonné par le tribunal du 15 septembre 2021. Le courrier que ladite société
a adressé au conseil de la recourante le 2 février 2022 n’y change rien ; celle-ci
n’indique nullement qu’elle ne serait pas en mesure de mener à bien son mandat, mais
uniquement qu’il y a lieu de vérifier l’état des installations électriques
et du chauffage et de contrôler la présence d’amiante dans l’immeuble. Si [...]
a besoin de l’aide d’autres corps de métier pour rendre son rapport, il lui est loisible
de s’adresser à l’Office des faillites pour s’enquérir de la manière
de procéder. Rien n’indique par ailleurs que [...] ne serait pas qualifiée pour identifier
les défauts de l’immeuble et procéder aux mesures demandées par l’Office des
faillites le 27 octobre 2021, mesures contre lesquelles la recourante n’a du reste pas déposé
plainte, pas plus que contre la désignation de l’entreprise [...] dont elle a connaissance
depuis le 4 octobre 2021. 

 

             
Dans ces circonstances, le refus de l’Office des faillites d’ordonner - en l’état,
avant la reddition du rapport de [...] - les travaux de réfection demandées par la recourante
n’est pas critiquable.   

 

             
bb) S’agissant du second objet de l’avis
de l’office du 28 octobre 2021, à savoir son refus de reloger la plaignante aux frais de la
masse en faillite, il n’y a pas lieu de statuer, faute de motivation du recours sur ce point (cf.
consid. I a) supra).

 

 

III.             
a)
Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté dans la mesure où il est
recevable et la décision du 25 janvier 2022 confirmée.

 

             
Au vu du sort du recours, la requête d’assistance judiciaire de la recourante doit être
rejetée. Il était en effet clair d’emblée que les travaux de réfection réclamés
par la recourante ne pourraient pas être exécutés avant le constat des défauts par
[...] et que la recourante n’avait pas à juger des compétences de cette entreprise, dont
elle n’a du reste pas contesté le choix au moment où elle a été mandatée.

 

             
Le présent arrêt est rendu sans frais
judiciaires ni dépens (art. 20a al. 2 ch. 5 LP ; art. 61 al. 2 let. a et 62 al. 2 OELP [ordonnance
sur les émoluments perçus en application de la LP ; RS 281.35]).

             

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité cantonale

supérieure
de surveillance,

p
r o n o n c e :

 

             
I.             
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

 

             
II.             
La décision attaquée est confirmée. 

 

             
III.             
La requête d’assistance judiciaire est rejetée.

 

             
IV.             
L’arrêt, rendu sans frais judiciaires ni dépens, est exécutoire.

             
              

 

Le
président :              La greffière
:

 

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Jessica Renevey, avocate (pour J.________),

‑             
M. Christophe Savoy, agent d’affaires breveté (pour l’Office des faillites de l’arrondissement
de la Broye et du Nord vaudois),

-             
Me Serge Demierre, avocat (pour Banque Raiffeisen de la Broye).

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les
dix jours – cinq jours dans la poursuite pour effets de change – qui suivent la présente
notification (art. 100 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
M. le Président du Tribunal d’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois, autorité
inférieure de surveillance.

 

             
La greffière :