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**Case Identifier:** 4a607d75-2ff5-51dc-a30a-4de31327b07b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-07-01
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 01.07.2019 C/21125/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-21125-2018_2019-07-01.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 02.07.2019. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/21125/2018 ACJC/970/2019 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU LUNDI 1ER JUILLET 2019 

 

Entre 

Madame A______ et Monsieur B______, domiciliés ______, ______ (GE), recourants 
contre une ordonnance rendue par le Tribunal des baux et loyers le 26 novembre 2018, 

comparant par Me Henri-Philippe SAMBUC, avocat, avenue du Lac 6, 1814 La Tour-

de-Peilz (VD), en l'étude duquel ils font élection de domicile,  

et 

ETAT DE GENEVE - DEPARTEMENT DES INFRASTRUCTURES, Office 
cantonal des bâtiments, boulevard de Saint-Georges 8, case postale 32, 1211 Genève 8, 

intimée, comparant en personne. 

 

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C/21125/2018 

EN FAIT 

A. Par ordonnance JTBL/1028/2018 du 26 novembre 2018, expédiée pour 
notification aux parties le même jour, le Tribunal des baux et loyers a rejeté les 

mesures conservatoires sollicitées par A______ et B______ (ch. 1 du dispositif), a 

débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 2) et a dit que la procédure 

était gratuite (ch. 3). 

 En substance, les premiers juges ont retenu que la requête de mesures 
conservatoires était recevable mais devait être rejetée. Le nouveau règlement 

intérieur de l'aire d'accueil de C______ n'était qu'au stade de projet et il n'était pas 

établi que celui-ci serait adopté par le Conseil d'Etat. A______ et B______ 

n'avaient par ailleurs pas rendu vraisemblable que le projet s'opposait à l'exécution 

de la décision d'évacuation. Finalement, ces derniers n'avaient pas rendu 

vraisemblable une violation du principe de proportionnalité. 

B. a. Par acte expédié le 6 décembre 2018 au greffe de la Cour de justice, A______ 
et B______ (ci-après : les recourants) forment recours contre cette ordonnance, 

dont ils sollicitent l'annulation. Ils concluent à la suspension provisoire de 

l'exécution de leur évacuation, au renvoi de la cause au Tribunal et, 

alternativement, à l'interdiction voire à la suspension de l'exécution de 

l'évacuation jusqu'à droit connu sur le nouveau règlement, ainsi qu'à la fixation 

d'un délai pour initier une action en constatation négative de droit.  

 Ils reprochent au Tribunal d'avoir retenu que le jugement d'évacuation du 
13 janvier 2016 était entré en force. Le but de leur demande de suspension 

provisoire de l'exécution du jugement d'évacuation était de faire constater que le 

motif invoqué à l'appui du congé était "illicite". La résiliation était motivée par le 

fait que A______ et B______ avaient fait construire un chalet de deux étages sans 

autorisation. Or, ceux-ci n'étant pas propriétaires du terrain, ils ne pouvaient 

obtenir une autorisation de construire. L'objet du litige ayant conduit au jugement 

d'évacuation n'avait porté que sur la validité formelle du congé et non sur la 

validité matérielle. Le Tribunal aurait dû tenir compte de l'intérêt juridique dont 

disposaient A______ et B______ pour agir par la voie d'une action constatatoire 

négative dans le cadre de son appréciation de la proportionnalité de l'exécution du 

jugement d'évacuation. En outre, le jugement d'évacuation avait été rendu par un 

tribunal incompétent à raison de la matière, de telle sorte qu'il devait être 

considéré comme nul. Les parties n'étaient pas liées par un contrat de bail mais 

par une relation de droit public particulière, dont toute contestation devait 

impérativement être soumise au Tribunal administratif.  

 A______ et B______ font également grief au Tribunal d'avoir considéré qu'ils 

n'avaient pas rendu suffisamment vraisemblable que le nouveau règlement 

s'opposerait à l'exécution de leur évacuation. Le nouveau règlement autoriserait 

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les chalets à deux étages, soit en accord avec l'Etat, soit par décision de justice, en 

application de la loi, laquelle impose aux autorités cantonales de densifier.  

 A______ et B______ font finalement valoir une disproportion des intérêts en 

présence. La notion de proportionnalité en matière d'évacuation d'un locataire ne 

pouvait en l'occurrence servir de référence à l'appréciation du cas d'espèce. Les 

gens du voyage n'avaient pas d'autre solution que de vivre sur une place dédiée. 

En outre, le Tribunal aurait dû élargir sa réflexion et inclure, dans son appréciation 

de la proportionnalité, les arguments tirés de la nullité du jugement d'évacuation, 

de la spécificité du droit de résidence d'un usager de C______, des exigences de 

densification prévue par la loi, ainsi que du caractère "exemplaire" du litige 

puisque les places existantes étaient insuffisantes et surchargées. 

 b. Dans sa réponse du 20 décembre 2018, l'ETAT DE GENEVE (ci-après : 
l'intimé) conclut au rejet du recours. La nullité de la résiliation était invoquée par 

A______ et B______ au mépris d'un jugement rendu par le Tribunal des baux et 

loyers, confirmé par la Chambre des baux et loyers puis par le Tribunal fédéral. 

Or, l'autorité d'exécution n'avait pas la compétence pour examiner la décision à 

exécuter. La question de la qualification du contrat avait été définitivement 

tranchée. L'exception d'incompétence du Tribunal des baux et loyers ne pouvait 

donc être admise. Le projet de nouveau règlement ne pouvait être pris en compte 

pour suspendre le jugement d'exécution car le règlement n'avait pas été adopté : 

son adoption ne modifierait en outre pas la situation de A______ et B______, 

dont le bail avait été résilié, et le chalet avait été construit sans autorisation et 

faisait l'objet d'un ordre de démolition, rendu par l'Office des autorisations de 

construire. Finalement, le Tribunal avait correctement appliqué le principe de 

proportionnalité et les recourants n'avaient pas démontré qu'un délai 

supplémentaire aurait pour eux des conséquences moins dommageables. Le 

Tribunal avait en outre tenu compte des délais déjà accordés depuis le prononcé 

du jugement. 

 c. Par réplique du 3 janvier et duplique du 17 janvier 2019, les parties ont persisté 
dans leurs conclusions. 

 d. Elles ont été avisées le 17 janvier 2019 de ce que la cause était gardée à juger. 

C. Les éléments suivants résultent du dossier : 

 a. L'ETAT DE GENEVE, propriétaire des parcelles nos 1______ et 2______ de la 
commune de D______ (GE), a réalisé sur celles-ci une aire d'accueil pour le 

relogement des forains et des gens du voyage devant quitter le site du E______ à 

D______ (GE), mis en exploitation le 1
er

 septembre 2012. 

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C/21125/2018 

 Cette aire d'accueil, dite de C______, comporte 51 emplacements tracés au sol, 
numérotés et destinés aux forains et 46 emplacements destinés aux gens du 

voyage. 

 b. Par arrêté du 21 juin 2012, le Département des constructions et des 
technologies de l'information (actuellement : le Département de l'aménagement du 

logement et de l'environnement) a établi un règlement intérieur de l'aire d'accueil 

de C______, lequel prévoit notamment que seuls les usagers avec des véhicules 

en état de marche peuvent séjourner sur l'aire, celle-ci étant strictement réservée à 

des installations mobiles (caravanes et mobile-homes), que toute construction non 

autorisée ferait l'objet d'une dénonciation auprès des services compétents et que 

tout manquement au règlement, dégradations, troubles graves ou rixes feraient 

l'objet d'un procès-verbal et entraîneraient, en dernier lieu, la résiliation du contrat 

de séjour. 

 c. Le 31 octobre 2012, l'ETAT DE GENEVE, soit pour lui le Département de 
l'Urbanisme, a conclu un contrat de séjour avec A______ et B______ pour les 

emplacements 42, 50 et 51, d'une surface totale de 684 m
2
, sur l'aire d'accueil 

susmentionnée. Le règlement précité faisait partie intégrante du contrat. 

 Le contrat a été conclu pour une durée d'un an, débutant le 1
er

 janvier 2013, 

renouvelable ensuite tacitement d'année en année, sauf départ moyennant un 

préavis de trois mois pour la fin d'un semestre. 

 Le loyer a été fixé à 855 fr. par mois. 

 d. Par circulaire destinée aux forains et gens du voyage du 24 janvier 2013, 
l'ETAT DE GENEVE a précisé que toute installation qui ne s'apparenterait pas 

directement à une structure de type mobile-home, caravane ou bloc-container 

devrait faire, le cas échéant, l'objet d'une autorisation délivrée par les services 

compétents, notamment pour les structures préfabriquées de type chalet, maison 

ou bungalows, même démontables ou en l'absence d'ancrages et/ou de fondations 

au sol.  

 e. Par courrier du 26 septembre 2013, l'ETAT DE GENEVE a résilié le contrat de 
séjour de A______ et B______, avec effet au 31 décembre 2013, au motif que 

ceux-ci avaient fait construire un chalet sans autorisation sur les emplacements 

occupés. 

 Cette résiliation a fait l'objet d'une contestation par-devant la Commission de 
conciliation en matière de baux et loyers. Non conciliée le 17 février 2014, 

l'affaire a été portée par-devant le Tribunal des baux et loyers qui, par jugement 

du 5 juin 2014, a rejeté la contestation de congé. Ce jugement a été confirmé par 

arrêt ACJC/22/2015 rendu le 12 janvier 2015 par la Chambre de céans. Le recours 

interjeté par A______ et B______ au Tribunal fédéral à l'encontre de cet arrêt a 

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été rejeté. En substance, le Tribunal fédéral a considéré que le contrat n'était pas 

un bail d'habitation, de telle sorte que les règles de protection y relatives 

n'entraient pas en ligne de compte, ni directement ni par analogie. Il apparaissait 

en tous les cas exclu de soumettre le congé à l'exigence de la formule officielle. 

Même s'ils ne pouvaient invoquer les dispositions du CO relatives aux baux 

d'habitations, les locataires parties à un contrat de séjour n'en étaient pas pour 

autant dépourvus de toute possibilité juridique de contester la validité du congé, 

contrairement à ce que les recourants prétendaient. Ils pouvaient en effet toujours 

soulever le moyen tiré d'un congé manifestement abusif au sens de l'art. 2 al. 2 

CC, un tel abus n'entrant cependant pas en considération dans les circonstances 

décrites, à savoir une résiliation donnée en raison d'une installation ne bénéficiant 

pas de l'autorisation nécessaire et signifiée après sommation et fixation d'un délai 

de trente jours. 

 f. Par procès-verbal d'audience du 13 janvier 2016 rendu dans la cause portant sur 
la requête d'évacuation avec mesures d'exécution introduite par l'ETAT DE 

GENEVE, le Tribunal des baux et loyers a homologué un accord intervenu entre 

les parties, selon lequel A______ et B______ s'engageaient à quitter leurs 

emplacements au plus tard le 30 septembre 2016. L'accord valait jugement 

d'évacuation dès le 1
er

 octobre 2016, l'ETAT DE GENEVE étant autorisé à 

requérir l'exécution de l'évacuation par la force publique dès cette date.  

 g. Par requête du 18 septembre 2018, A______ et B______ ont sollicité, sur 
mesures superconservatoires et conservatoires, que le Tribunal des baux et loyers 

suspende l'exécution du jugement d'évacuation du 13 janvier 2016 et, au fond, 

interdise voire suspende l'exécution dudit jugement jusqu'à droit connu sur le 

nouveau règlement et leur fixe un délai pour intenter une action en constatation 

négative de droit. 

 A l'appui de leur requête, ils ont invoqué un fait nouveau, à savoir qu'un nouveau 

règlement intérieur de l'aire d'accueil de C______ était en discussion. Ils ont 

également fait valoir l'application du principe de proportionnalité. Le nouveau 

projet indiquait que le site de C______ serait destiné à accueillir des installations 

mobiles de types caravanes ou mobile-homes, correspondant au mode de vie des 

forains et gens du voyage, précisant qu'il devrait s'agir de structures d'un seul 

niveau dont la surface ne dépasserait pas la taille d'un emplacement et facilement 

démontable et/ou transportable par route. 

 h. Par ordonnance du 19 septembre 2018, le Tribunal a rejeté la requête de 
mesures conservatoires urgentes et réservé la suite de la procédure.  

 i. Par écriture de réponse du 12 octobre 2018, l'ETAT DE GENEVE a, 
principalement, conclu à l'irrecevabilité de la requête de A______ et B______, et, 

subsidiairement, à son rejet. 

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 j. Lors de l'audience de débats du 8 novembre 2018, les parties ont répliqué et 
dupliqué et persisté dans leurs conclusions, à la suite de quoi la cause a été gardée 

à juger. 

EN DROIT 

1. 1.1 Seule la voie du recours est ouverte contre les décisions du tribunal de 
l'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC). 

Le recours, formé dans le délai de dix jours et suivant la forme prescrite par la loi, 

est recevable (art. 130, 131, 321 al. 2 et 248 let. b CPC). 

 1.2 En vertu de l'art. 320 CPC, le recours est recevable pour violation du droit 
(let. a) ou constatation manifestement inexacte des faits (let. b).  

2.  2.1 Selon l'art. 59 al. 2 let. c CPC, le Tribunal n'entre en matière sur les demandes 
des parties que pour autant notamment que le litige ne fasse pas l'objet d'une 

décision entrée en force. 

Selon la jurisprudence, il y a autorité de chose jugée lorsque la prétention 

litigieuse est identique à celle qui a déjà fait l'objet d'un jugement passé en force. 

Tel est le cas lorsque, dans l'un et l'autre procès, les mêmes parties ont soumis au 

juge la même prétention en se basant sur les mêmes faits. Il a été précisé que 

l'identité des prétentions déduites en justice était déterminée par les conclusions 

de la demande et les faits invoqués à l'appui de celle-ci (ATF 140 III 278 

consid. 3.3).  

Une décision est exécutoire lorsqu'elle est entrée en force et que le tribunal n'a pas 

suspendu l'exécution (art. 336 al. 1 let. a CPC). Si le tribunal qui a rendu la 

décision a ordonné les mesures d'exécution nécessaires, la décision peut être 

exécutée directement. La partie succombante peut demander la suspension de 

l'exécution auprès du tribunal de l'exécution (art. 337 al. 1 et 2 CPC). Le tribunal 

de l'exécution saisi d'une demande de suspension peut faire usage, d'office ou sur 

demande, de l'art. 340 CPC par analogie, en ordonnant des mesures conservatoires 

emportant la suspension totale ou partielle des opérations d'exécution (JEANDIN, 

Commentaire romand, Code de procédure civile, 2
ème

 éd. 2019, n. 14 ad  

art. 337 CPC). 

Au stade de la procédure d'exécution, qui ne peut servir à la remise en cause de la 

décision au fond, une partie ne peut revenir sur l'objet du litige puisque le 

jugement déploie autorité de chose jugée (art. 59 al. 2 let. e CPC). Ainsi, la partie 

succombante peut uniquement alléguer que des faits s'opposant à l'exécution de la 

décision se sont produits après la notification de celle-ci, par exemple l'extinction, 

le sursis, la prescription ou la péremption de la prestation due (art. 341 al. 3 CPC), 

http://ge.ch/justice/donnees/perl/decis/140%20III%20278

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dans la même mesure que devant le juge de la mainlevée définitive (JEANDIN, 

op. cit., n. 16 ad art. 341 CPC). 

Le tribunal rend sa décision en procédure sommaire (art. 339 al. 2 CPC). 

 2.2 En l'espèce, les recourants soutiennent que l'autorité de chose jugée du 
jugement d'évacuation du 13 janvier 2016 serait critiquable au motif que le 

jugement antérieur, traitant de la validité du congé, confirmé par la Cour de céans 

ainsi que par le Tribunal fédéral, n'aurait porté que sur la validité formelle de la 

résiliation, à l'exclusion de sa validité matérielle. Ce raisonnement ne saurait être 

suivi. La procédure ayant donné lieu à l'arrêt du Tribunal fédéral portait en effet 

non seulement sur la validité formelle du congé mais également sur sa validité 

matérielle. Ainsi, les juges fédéraux ont relevé que même s'ils ne pouvaient 

invoquer les dispositions du CO relatives aux baux d'habitations, les recourants 

n'en étaient pas pour autant dépourvus de toute possibilité juridique de contester la 

validité du congé. Ils pouvaient en effet toujours soulever le moyen tiré d'un 

congé manifestement abusif au sens de l'art. 2 al. 2 CC, lequel n'entrait en l'espèce 

pas en considération compte tenu des circonstances, à savoir une résiliation 

donnée en raison d'une installation ne bénéficiant pas de l'autorisation nécessaire 

et signifiée après sommation et fixation d'un délai de trente jours (arrêt du 

Tribunal fédéral 4A______/2015 du ______ 2015 consid. 4.2). 

 L'argument des recourants selon lequel le jugement d'évacuation aurait été rendu 

par un tribunal incompétent doit par ailleurs être écarté. En effet, compte tenu du 

fait que l'objet du contrat concerne exclusivement la location d'emplacements, soit 

d'un terrain nu, le Tribunal des baux et loyers était bien la juridiction compétente 

pour homologuer l'accord intervenu entre les parties, valant jugement d'évacuation 

dès le 1
er

 octobre 2016 (art. 89 let. a LOJ). La compétence ratione materiae du 

Tribunal des baux et loyers avait d'ailleurs d'ores et déjà été reconnue dans le 

cadre de la procédure portant sur le congé tant par la juridiction des baux et loyers 

que par la Chambre administrative, laquelle s'était déclarée incompétente. 

 En ce qui concerne le nouveau règlement intérieur de l'aire d'accueil de C______, 

les recourants ont allégué et rendu vraisemblable qu'il était au stade du projet. 

Cela étant, si tant est que le projet soit adopté par le Conseil d'Etat, les recourants 

n'ont pas rendu vraisemblable qu'il s'opposerait à l'exécution de l'évacuation. En 

effet, le nouveau projet indique que le site de C______ serait destiné à accueillir 

des installations mobiles de types caravanes ou mobile-homes, correspondant au 

mode de vie des forains et gens du voyage, précisant qu'il devrait s'agir de 

structures d'un seul niveau dont la surface ne dépasse pas la taille d'un 

emplacement et facilement démontable et/ou transportable par route, ce qui n'est 

vraisemblablement pas le cas en l'occurrence. 

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 Finalement, l'argument tiré d'une disproportion des intérêts en présence ne saurait 

être retenu, les recourants ayant accepté un délai de départ valant jugement 

d'évacuation au 1
er

 octobre 2016 et bénéficié depuis lors de fait d'un délai 

complémentaire de plus de deux ans. 

 Le recours doit ainsi être rejeté et la décision querellée confirmée.  

3. A teneur de l'art. 22 al. 1 LaCC, il n'est pas prélevé de frais dans les causes 
soumises à la juridiction des baux et loyers, étant rappelé que l'art. 116 al. 1 CPC 

autorise les cantons à prévoir des dispenses de frais dans d'autres litiges que ceux 

visés à l'art. 114 CPC (ATF 139 III 182 consid. 2.6). 

* * * * * 

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C/21125/2018 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des baux et loyers : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté le 6 décembre 2018 par A______ et B______ 

contre l'ordonnance JTBL/1028/2018 rendue le 26 novembre 2018 par le Tribunal des 

baux et loyers dans la cause C/21125/2018-4-SP. 

Au fond : 

Confirme l'ordonnance. 

Dit que la procédure est gratuite. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Monsieur Ivo BUETTI, président; Madame Pauline ERARD et Madame Fabienne 

GEISINGER-MARIETHOZ, juges; Monsieur Grégoire CHAMBAZ et 

Madame Laurence MIZRAHI, juges assesseurs; Madame Maïté VALENTE, greffière. 

 

Le président : 

Ivo BUETTI 

 La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît des recours constitutionnels subsidiaires; la qualité et les 

autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 113 à 119 et 

90 ss LTF. Le recours motivé doit être formé dans les trente jours qui suivent la 

notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. L'art. 119 al. 1 LTF prévoit que 

si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer 

les deux recours dans un seul mémoire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.