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**Case Identifier:** 420d2f30-6f66-5686-90d4-29e739d42422
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-12-09
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 09.12.2008 A/3874/2007
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3874-2007_2008-12-09.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/3874/2007-VG ATA/613/2008  

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 9 décembre 2008 

 

dans la cause 

 

 

 

PLAKANDA AWI S.A. et PLAKANDA OFEX S.A. 
représentées par Me Nicolas Wisard, avocat  

contre 

COMMISSION CANTONALE DE RECOURS EN MATIÈRE DE 
CONSTRUCTIONS 

et 

VILLE DE GENÈVE 
 

 

 

 

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A/3874/2007 

  EN FAIT 

1.  Plakanda Ofex S.A. et Plakanda Awi S.A. (ci-après : les sociétés) sont 
spécialisées dans l'affichage publicitaire pour compte de tiers. Elles exercent leur 
activité sur des parcelles privées. 

2.  A l'époque des faits, la Société générale d'affichage (ci-après : SGA) était au 
bénéfice d'une concession sur l'affichage public en Ville de Genève (ci-après : la 
Ville) jusqu'au 31 décembre 2007 (ATA/232/2008 du 20 mai 2008). 

3.  Suite à l'arrêt rendu par le Tribunal administratif le 10 novembre 1998 
(ATA/722/1998), et jusqu'à l'entrée en vigueur, le 20 octobre 2000, de la loi sur 
les procédés de réclame du 9 juin 2000 (LPR - F 3 20), l'implantation de procédés 
de réclame sur le domaine privé n'était assujettie à aucune autorisation. 

  A l'expiration des délais transitoires prévus à l'article 42 LPR, le service des 
agents de ville et du domaine public de la Ville a requis la mise en conformité des 
panneaux d'affichage situés sur le domaine privé, mais perceptibles depuis le 
domaine public. 

4.  Le 9 janvier 2006, les sociétés ont introduit des demandes d'autorisation 
pour huit panneaux d'affichage implantés aux adresses suivantes : avenue de 
Champel, 4 ; rue des Charmilles, 11 ; rue du Grand-Pré, 72 ; rue de l'Ancien Port, 
9 ; rue Simon Durand, 9 ; rue de Moillebeau, 36 ; rue de Lyon, 19 et rue Saint-
Jean, 54. 

5.  Par décisions du 14 décembre 2006, la Ville a rejeté ces demandes et 
ordonné la dépose au 17 janvier 2007 des objets précités. Les décisions étaient 
fondées sur les préavis défavorables de la commission des monuments, de la 
nature et des sites (ci-après : CMNS), laquelle avait considéré d'une part, que les 
bâtiments concernés appartenaient à des ensembles protégés du XIXe siècle et du 
début du XXe siècle au sens de l'article 89 de la loi sur les constructions et les 
installations diverses du 14 avril 1988 (LCI - L 5 05) et d'autre part, que les 
panneaux contrevenaient à l'article 20 du projet de concept directeur de l'affichage 
en Ville de Genève. Cette disposition prohibait l'installation de support contre les 
façades ou aux abords directs de bâtiments soit classés, soit inscrits à l'inventaire 
selon les articles 4, 7 et 10 de la loi sur la protection des monuments, de la nature 
et des sites du 4 juin 1976 (LPMNS - L 4 05) ou encore des bâtiments appartenant 
à un ensemble maintenu du XIXe début du XXe siècles selon les articles 89 à 93 
LCI.  

  S'agissant des panneaux pris individuellement, la Ville a considéré que : 

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 - à l'avenue de Champel, 4, les qualités architecturales du bâtiment et de ses 
aménagements extérieurs s'opposaient à la pose d'un panneau qui masquait la 
barrière en fer forgé, élément caractéristique et digne de protection ; 

 - à la rue des Charmilles, 11 et à la rue de l'Ancien-Port, 9, la pose d'un panneau 
d'affichage portait atteinte à l'ordonnance architecturale et formelle des bâtiments ; 

 - à la rue du Grand-Pré, 72, vu la qualité du bâtiment, la pose d'un panneau 
d'affichage sur le décor en modénature, formant le socle de ce bâtiment, portait 
atteinte à son architecture ; 

 - à la rue Simon-Durand, 9, vu la qualité architecturale du traitement de la façade 
du rez-de-chaussée de ce bâtiment, la CMNS était défavorable à la pose d'un 
panneau jouxtant la chaîne d'angle en bossages ; 

 - à la rue de Moillebeau, 36, au regard de la qualité architecturale du traitement de 
la façade du rez-de-chaussée et vu la grande dimension du panneau, posé trop près 
de l'angle du bâtiment, celui-là portait atteinte à l'aspect de cet immeuble protégé ; 

 - à la rue de Lyon, 19, la pose d'un panneau d'affichage contre les éléments 
décoratifs caractéristiques de l'architecture du bâtiment lui portait une grave 
atteinte ; 

 - à la rue de Saint-Jean, 54, vu la qualité du bâtiment, le panneau d'affichage 
altérait la lecture de ses éléments décoratifs, de même que les caissons lumineux 
et autres dispositifs posés sur l'autre façade du bâtiment. 

6.  Par acte du 12 janvier 2007, les sociétés ont recouru contre les décisions 
précitées auprès de la commission cantonale de recours en matière de 
constructions (ci-après : la commission de recours). Elles ont conclu à leur 
annulation, à l'octroi des autorisations sollicitées et, subsidiairement, à la 
prolongation du délai imparti pour la dépose des panneaux. Elles ont dénoncé une 
application trop restrictive de la clause d'esthétique. Ni la loi d’application de la 
loi fédérale sur l’aménagement du territoire du 4 juin 1987 (LaLAT - L 1 30), ni la 
LCI, ni la LPR ne prévoyaient une interdiction absolue d'implanter des procédés 
de réclame à proximité de ces immeubles, compte tenu, en particulier, de 
l'absence de caractéristiques particulièrement remarquables de ces bâtiments, de 
leur environnement largement dégradé ou du fait que leur apparence initiale était 
déjà largement modifiée. Ces décisions constituaient des restrictions à la liberté 
économique et à la garantie de la propriété. Elles se sont également prévalues 
d'inégalité de traitement avec la SGA dont les panneaux n'étaient pas remis en 
question quand bien même ils se trouvaient dans des situations identiques aux 
leurs. Elles citaient les exemples suivants, extraits du site Web http:/sitv.ville-
ge.ch/data/adp/affichage : 

 - rue des Bains, 25 (contre le musée d'ethnographie) : six panneaux de format R4 ; 

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 - rue des Maraîchers, 44 (contre le musée d'ethnographie) : deux séries de trois 
panneaux R4 ; 

 - rue de Montchoisy, 15 : deux panneaux de format F200 ; 

 - angle avenue Favre/rue des Eaux-Vives, 87 : deux panneaux de format R4 en 
colonne ; 

 - angle rue des Garages/rue du Valais : trois panneaux format R4 ; 

 - rue Henri-Cristiné, 3 : six panneaux de format R4 contre des façades borgnes. 

7.  Dans sa réponse du 22 février 2007 adressée à la commission de recours, la 
Ville a conclu au rejet du recours. Tous les préavis rendus par la CMNS 
concernant les panneaux litigieux étaient défavorables et ceux-ci étaient tous 
proches, ou apposés sur des bâtiments faisant partie d'ensembles protégés au sens 
de l'article 89 LCI. 

  De plus, s'agissant des panneaux sis rue de Moillebeau et rue de Lyon, outre 
le préavis défavorable de la CMNS, ils étaient installés sur une façade borgne et, 
pour le second, sur une modénature en pierre taillée. Dans ce dernier cas, il ne 
s'agissait pas d'un affichage «papier» mais d'un système dit «à volets tournants» et 
lumineux. Vu sa situation, ce procédé de réclame risquait de faire l'objet d'un 
préavis négatif du département des institutions en application des articles 6 et 
suivants de la loi fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 1958 (LCR - 
RS 741.01).  

  L'intimée n'avait pas violé le principe de l'égalité de traitement, les 
panneaux de la SGA ne se trouvant pas dans des situations comparables à ceux 
des recourantes. 

  La gêne esthétique des panneaux d'affichage des recourantes était manifeste, 
alors que tel n'était pas le cas des supports publicitaires de la SGA soumis à 
comparaison. Concernant les immeubles cités en exemple par les recourantes : 
ceux de la rue de Bains, de la rue des Maraîchers, de la rue de Montchoisy et de 
l'avenue William-Favre, à l'angle de la rue des Eaux-Vives, ne faisaient pas partie 
du répertoire des ensembles du XIXe siècle et du début du XXe siècle (ci-après : 
le répertoire) publié par le service des monuments et des sites (ci-après : SMS), il 
ne s'agissait pas d'ensembles maintenus au sens de la loi, ils n'étaient ni classés ni 
inscrits à l'inventaire et ne comprenaient pas de façade borgne. Au sujet de 
l'immeuble de la rue des Garages (angle rue du Valais), il s'agissait d'un ensemble, 
mais il ne faisait pas partie du répertoire précité, n'était pas classé ou à l'inventaire 
et n'était pas borgne. Quant au bâtiment sis à la rue Henri-Christiné, s'il 
comportait une façade borgne sur laquelle des panneaux étaient apposés, il était de 
construction récente et n'offrait aucun intérêt architectural. Enfin, les panneaux 
étaient d'un format inférieur à celui prohibé par l'article 21 du concept directeur. 

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8.  Les parties ont été entendues le 16 mars 2007 par la commission de recours. 
Un délai leur a été imparti pour déposer leurs observations concernant les 
inégalités de traitement alléguées. 

9.  Les recourantes ont répliqué le 19 avril 2007. Plusieurs panneaux de la SGA 
que la Ville entendait tolérer, étaient implantés à proximité immédiate 
d'immeubles ou d'ensembles protégés. Le support publicitaire situé à l'angle des 
rues des Eaux-Vives et William Favre se trouvait même inclus dans le périmètre 
du plan de site de la Rade. 

  Seuls deux des panneaux des recourantes étaient apposés sur une façade 
borgne (rues de Moillebeau et de Lyon) tandis que huit panneaux avaient été fixés 
côte à côte par la SGA à la rue Henri-Christiné. Enfin, sur les immeubles longeant 
la rue de Lausanne ou donnant sur les voies de chemin de fer, il y avait des 
"mégaposters" déroulés sur toute la longueur et hauteur de plusieurs façades 
borgnes qui s'offraient à l'œil des usagers du domaine public. 

10.  Dans sa duplique, la Ville a réaffirmé que les situations des recourantes et 
de la SGA n'étaient pas comparables. Tous les panneaux d'affichage proscrits par 
la CMNS, seule compétente en matière d'esthétique, étaient apposés à même le 
mur. En revanche, ceux de la SGA, cités en exemple bénéficiaient de supports 
propres ou étaient disposés de manière harmonieuse et symétrique. 

  Le seul panneau des recourantes reposant sur un support propre était celui 
de l'avenue de Champel, 4. Or, il brisait l'harmonie d'une barrière en fer forgé. 

11.  Par courrier du 1er mai 2007, les recourantes ont sollicité l'audition d'un 
membre de la CMNS afin qu'il puisse renseigner la commission de recours sur la 
compatibilité des panneaux de la SGA avec les exigences de protection du 
paysage, comme sur les éléments susceptibles de les distinguer des siens. 

12.  En date du 7 septembre 2007, la commission de recours a rejeté le recours 
considérant que la Ville n'avait ni abusé de son pouvoir d'appréciation ni ne l'avait 
excédé. Quant au grief d'inégalité de traitement, il devait être écarté les panneaux 
des deux sociétés concurrentes n'étant pas dans des situations semblables. Il ne 
ressortait également pas de la procédure que l'intimée aurait négligé de requérir 
les préavis de la CMNS pour les panneaux de la SGA et rien ne permettait de 
considérer que la Ville entendait appliquer un régime différencié à ces deux 
sociétés. Enfin, la requête visant le prolongement du délai de dépose relevait de la 
pure convenance. 

13. a. Le 15 octobre 2007, Plakanda Awi S.A. et Plakanda Ofex S.A. ont recouru 
contre la décision précitée auprès du Tribunal administratif. Elles concluent 
préalablement, à l'audition de l'auteur des préavis de la CMNS, et principalement 

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à l’annulation de la décision de la commission de recours et à l’octroi des 
autorisations sollicitées.  

  La commission de recours avait violé leur droit d'être entendues en refusant 
de procéder à l'audition d'un représentant de la CMNS alors que l'offre de preuve 
présentée était pertinente pour l'issue du litige. La CMNS était seule à même de 
renseigner utilement la commission de recours sur la compatibilité des panneaux 
de la SGA avec les exigences de protection des sites, comme sur les éléments 
esthétiques susceptibles de les distinguer des leurs. Pour le surplus, elles ont repris 
leurs griefs formulés devant la commission de recours. 

  Les recourantes ont également invoqué un arrêt bernois du 28 août 2003 
(JAB 2004 p.489 et ss, confirmé par un Arrêt du Tribunal fédéral 1P.582/2003 du 
25 mars 2004), selon lequel du fait de la relation de concurrence existant entre les 
entreprises d'affichage publicitaire actives sur des terrains privés et les entreprises 
d'affichage actives sur le domaine public en vertu de concessions, les autorités 
communales devaient veiller de manière particulièrement attentive au respect du 
principe d'égalité de traitement. Il importait ainsi que les autorités de recours 
vérifient attentivement que le motif de l'intérêt public lié à la protection des sites 
n'était pas appliqué de manière plus rigoureuse à l'encontre des sociétés opérant 
sur le domaine privé qu'à l'égard de celle bénéficiaire de la concession d'usage du 
domaine public. 

 b. Le SMS leur avait confirmé que trois des six panneaux de la SGA étaient, 
implantés à proximité immédiate d'ensembles du XIXe ou du début du XXe 
siècle. Il s'agissait de ceux situés au 25, rue des Bains, 15 rue de Montchoisy et 
rue des Garages/angle rue du Valais. Quant à celui de la rue des Eaux-Vives 87, il 
était inclus dans le périmètre du plan de site de la Rade. Ce même service avait 
attesté que la Ville n'avait pas demandé à la CMNS de rendre un préavis au sujet 
de ces supports publicitaires. Ainsi, la Ville réservait bien aux affiches de la SGA 
un traitement différent. 

14.  Le 30 novembre 2007, la Ville a déposé ses observations. Elle conclut à la 
confirmation de la décision de la commission de recours du 7 septembre 2007 et à 
celle de ses propres décisions du 14 décembre 2006. Elle a repris en substance son 
argumentation antérieure. 

15.  Le 29 avril 2008, le juge délégué a prié la Ville de produire les dossiers 
d'autorisation relatifs aux panneaux publicitaires de la SGA cités en exemples par 
les recourantes afin de vérifier s'ils contenaient un préavis de la CMNS. 

16.  Le 14 mai 2008, la Ville a répondu qu'elle n'était pas à même de fournir le 
dossier pour le cas de la rue de Montchoisy dès lors que le contrat relatif aux 
supports muraux avait été conclu par la Gérance immobilière municipale (ci-

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après : GIM) à une date antérieure au 1er janvier 1998 et que cette dernière n'avait 
pas donné suite à sa requête.  

  Concernant la rue des Bains, les panneaux n'étaient pas implantés devant un 
bâtiment protégé, si bien que le préavis de la CMNS n'était pas nécessaire.  

  Il en allait de même pour la rue des Eaux-Vives, le bâtiment concerné 
n'étant ni classé ni à l'inventaire pas plus qu'il n'était inscrit dans un ensemble 
protégé.  

  Enfin, le préavis de la CMNS n'avait pas été sollicité pour le panneau de la 
rue des Garages, le bâtiment en question ne figurant pas dans le répertoire. 

  Par ailleurs, l'illustration du concept directeur avait été soumise à 
consultation publique en octobre 2005. Ni le SMS, ni la CMNS n'avaient alors 
formulé de remarques quand bien même tous les panneaux cités y figuraient. 
Enfin, elle n'avait jamais manqué de soumettre à la CMNS tous les cas qui 
requéraient le préavis de cette dernière.  

17.  Le 20 mai 2008, les recourantes ont persisté dans leurs conclusions. 
S'agissant des panneaux de la SGA situés dans les rues des Bains, de Montchoisy, 
des Eaux-Vives et des Garages, elles avaient prouvé qu'ils étaient implantés sur ou 
à proximité immédiate d'ensembles protégés et avaient bénéficié d'un traitement 
différencié puisque la Ville n'avait pas procédé à la consultation de la CMNS 
avant de les autoriser. Le simple fait d'avoir soumis son concept directeur 
d'affichage à consultation publique ne valait pas saisine de la CMNS au sens de 
l'article 7 LPR. Enfin, l'intention de l'intimée de poursuivre ce traitement 
différencié était établie, celle-ci persistant à soutenir qu'elle n'avait pas à 
soumettre lesdits panneaux au préavis de la CMNS. Ce faisant, l'intimée avait 
appliqué de manière restrictive la clause d'esthétique ancrée à l'article 8 alinéa 1 
LPR en violation de leur liberté économique et du principe d'égalité de traitement 
entre concurrents. 

18.  Le 30 mai 2008, la Ville a persisté dans son argumentation. 

19.  Le 23 juin 2008, le tribunal de céans a procédé, en plénum, à un transport 
sur place en présence des parties ainsi que de Monsieur Dominique Cerutti, 
architecte délégué par la CMNS. 

  Le tribunal s'est ainsi rendu sur les quatorze emplacements sis sur le 
territoire de la Ville, afin de visionner les panneaux des recourantes dont la dépose 
était exigée, de même que ceux, apposés par la SGA, et cités à titre d'exemples par 
les recourantes. Il a fait les constations suivantes : 

 

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 a. Avenue de Champel, 4 : panneau des recourantes 

  Selon Monsieur Antonio Pizzoferrato, représentant de la Ville, ce panneau 
se trouvait sur un bâtiment faisant partie d'un ensemble protégé des XIXe et XXe 
siècles. La Ville acceptait toutefois que la dépose intervienne après la dernière 
pré-réservation de l'emplacement, certaines se faisant plusieurs années à l'avance. 

  M. Cerutti a confirmé le préavis négatif de la CMNS. Quand bien même il 
se trouvait sur un support propre, ledit panneau masquait une barrière en fer forgé.  

 b. Rue Simon-Durand, 9 : panneau des recourantes 

  La Ville a confirmé que ce bâtiment était protégé. 

  Le conseil des recourantes a fait remarquer que ce panneau était 
littéralement enfoncé dans l'immeuble pour demeurer entièrement sur le domaine 
privé conformément à la jurisprudence du tribunal de céans. 

 c. Rue du Grand Pré, 72 : panneau des recourantes 

  Ce support publicitaire avait été préavisé négativement par la CMNS. 

 d. Rue de Moillebeau, 36 : panneau des recourantes 

  Ce panneau implanté sur une façade borgne avait fait l'objet d'un préavis 
négatif. Il était en effet trop grand et trop proche de l'angle du bâtiment. La Ville a 
rappelé qu'elle intervenait sur les panneaux de grandes dimensions mais ne 
pouvait pas dire, en l'état, si tel était le cas de ce panneau-ci.  

  Selon M. Cerutti, même si le panneau était déplacé le long de la façade, cela 
ne changerait rien. Cet immeuble était également protégé comme faisant partie 
d'un ensemble. Le support publicitaire situé en face de celui considéré, fixé sur le 
bâtiment n° 42, rue de Moillebeau se trouvait sur un bâtiment des années 1930. Il 
n'existait pas de répertoire de ces bâtiments mais il y avait une tendance actuelle 
en faveur de la protection de ce type d'immeubles, comme celui de la route des 
Franchises. 

 e. Rue de Lyon, 19 : panneau des recourantes 

  M. Cerutti a indiqué que le préavis de la CMNS était défavorable, 
l'immeuble concerné faisant partie d'un ensemble protégé des XIXe et XXe 
siècles. Le panneau se trouvait à l'angle du bâtiment et portait atteinte à 
l'ordonnance architecturale et formelle de celui-ci. De plus, ledit panneau n'était 
pas admissible au regard de l'article 20 du concept directeur de l'affichage. 

 

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 f. Rue de Saint-Jean, 54 : panneau des recourantes 

  M. Cerutti a confirmé le préavis négatif de la CMNS puisque ce support 
publicitaire se trouvait sur un bâtiment protégé. 

 g. Rue de l'Ancien Port, 9 : panneau des recourantes 

  Ce panneau avait fait l'objet d'un préavis négatif, le bâtiment appartenant à 
un ensemble protégé.  

  M. Cerutti a estimé que bien que l'immeuble datait des années 1930, la 
CMNS ne modifierait pas son préavis négatif cela même si ce bâtiment était de 
facture plus récente que ceux faisant parties des ensembles protégés du XIXe et 
début du XXe siècles. 

 h. Rue de Montchoisy, 15 : deux panneaux de la SGA  

  M. Pizzoferrato a expliqué que l'immeuble, propriété de la Ville, était géré 
par la GIM. Avant l'entrée en vigueur de la nouvelle LPR, les autorisations 
relatives aux immeubles appartenant à la Ville, et gérés par la GIM, étaient 
délivrées par cette dernière sans intervention du service. Le dossier concernant cet 
immeuble avait été demandé à la GIM qui ne l'avait pas retrouvé. Dorénavant, le 
service instruirait les dossiers pour éviter toute inégalité de traitement.  

  Le conseil des recourantes a fait remarquer que selon le SMS, cet immeuble 
faisait partie d'un ensemble protégé des XIXe et XXe siècles. 

  M. Cerutti a confirmé que ce bâtiment, qui datait du début du XXe siècle, 
était protégé à ce titre. Il n'était, en revanche, pas inclus dans le plan de site de la 
Rade. Si la CMNS avait été consultée, elle aurait délivré un préavis défavorable 
car ces deux panneaux nuisaient au socle de l'immeuble, même si l'ensemble ne 
figurait pas sur la liste exemplative contenue dans le répertoire du SMS. 
M. Cerutti a insisté sur le fait que les immeubles sis aux nos 9, 11, et 13 formaient 
un ensemble avec le n° 15, même si la rue du XXXI-Décembre coupait ensuite la 
rue de Montchoisy. 

 i. Rue des Eaux-Vives, 85 : panneau de la SGA  

  Le préavis de la CMNS n'avait pas été requis pour ce panneau. Celui-ci se 
trouvait dans le plan de site de la Rade. Selon M. Cerutti, ce bâtiment avait dû être 
édifié peu avant la seconde guerre mondiale. A son avis, ce panneau était un peu 
moins intrusif que d'autres, car situé sur un petit bâtiment suivant le corps bas 
d'une construction plus importante donnant sur le quai, d'où il n'était pas visible. Il 
réservait toutefois son avis si la CMNS devait être saisie de cette question. 

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 j. Rue des Bains, 25: six panneaux de la SGA 

  Ces six panneaux n'avaient pas été soumis au préavis de la CMNS, la Ville 
ayant considéré que l'immeuble abritant le musée d'ethnographie n'était pas 
protégé. 

  M. Cerutti a relevé qu'un préavis aurait dû être requis. Selon le SMS, ce 
bâtiment faisait partie d'un ensemble des XIXe et XXe siècles à l'instar de ceux 
situés dans la rue des Maraîchers, quand bien même ils ne figuraient pas dans le 
répertoire. 

 k. Rue des Maraîchers, 44 : trois panneaux de la SGA 

  La Ville n'avait pas requis le préavis de la CMNS pour les mêmes raisons. 

  Selon M. Pizzoferrato, ces panneaux seront soumis à la CMNS, si celle-ci 
estimait que tel devait être le cas. Il existait mille sept cents objets en Ville de 
Genève et un contrôle systématique allait être opéré. Il ne sera toutefois pas 
procédé d'office à la notification d'ordres d'enlèvement pour les panneaux qui ne 
seraient pas conformes. Il en serait fait de même concernant la mise en conformité 
des panneaux des recourantes. 

 l. Rue Henri-Christiné, 3 : huit panneaux de la SGA 

  Selon la Ville, ce bâtiment n'était pas protégé.  

  M. Cerutti a exposé que les bâtiments opposés aux nos 2, 4 et 6 de la rue 
Henri-Christiné ainsi que celui du musée du Vieux Plainpalais ne suffisaient pas à 
admettre la présence d'un ensemble des XIXe et XXe siècles. Les panneaux 
apposés sur le n° 3 de la même rue ne nuisaient pas à la valeur d'ensemble. 
M. Cerutti admettait que cette dernière notion était toutefois difficile à définir. 

  Le juge délégué a constaté que ce bâtiment avait l'air d'un dépôt et qu'il était 
accolé à l'arrière du Petit Casino. Ce dernier bâtiment jouxtait également un petit 
chalet en bois. 

  Selon la Ville, les panneaux figuraient sur une façade borgne. Or, le 
règlement, ne prohibait que les enseignes sur murs borgnes et d'un grand format. 

 m. Rue des Garages/rue du Valais : trois panneaux de la SGA 

  Pour M. Cerutti, l'immeuble sur lequel les trois panneaux étaient apposés, 
devait être considéré comme protégé, car faisant partie d'un ensemble des XIXe et 
XXe siècles.  

  Selon le représentant de la Ville, le préavis de la CMNS n'avait pas été 
requis, au motif que le bâtiment n'était pas répertorié. 

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  Le conseil des recourantes a souligné que la Ville avait interjeté un recours 
contre une autorisation de construire délivrée à la rue des Garages, en invoquant 
précisément le fait que les bâtiments sis à l'angle de la rue des Garages et de la rue 
du Valais, face auxdites affiches, constituaient un ensemble protégé. 

20.  Le 8 juillet 2008, le juge délégué a invité le SMS à lui adresser le répertoire 
des ensembles protégés, à préciser si ce document avait été adapté et enfin à 
indiquer qui décidait que tel objet était ou non protégé. 

21.  Le 14 juillet 2008, la directrice générale ad intérim du SMS (devenu depuis 
lors : l'office du patrimoine et des sites) a répondu que le département avait dressé 
une liste indicative des ensembles, publiée dans le répertoire. C'était sur la base de 
ce document, selon la définition légale et par analogie aux ensembles figurant 
dans la liste indicative, qu'il était possible de savoir si un immeuble appartenait ou 
non à un ensemble tel que défini à l'article 89 LCI. Aucun recensement exhaustif 
des ensembles n'avait été effectué à ce jour. En cas de doute, un propriétaire ou un 
architecte pouvait, en tout temps, s'adresser au SMS pour obtenir des précisions 
sur les bâtiments. 

22.  Le 14 août 2008, les recourantes ont déposé leurs conclusions après 
enquêtes. 

 a. La seule protection dont bénéficiaient les immeubles sur lesquels étaient 
apposés leurs panneaux était celle prévue par les articles 89 et suivants LCI, 
concernant les ensembles des XIXe et début du XXe siècles. 

  L'immeuble situé à l'angle des rues Jean-Jacquet et de l'Ancien Port (ch. 19 
let. g) datait des années 1930. Il était d'une facture plus récente que ceux faisant 
partie des ensembles protégés. La Ville avait soumis à tort le dossier à la CMNS. 
En effet, la compétence de la CMNS, décrite de manière limitative à l'article 7 
alinéa 1 LPR, ne s'étendait pas aux immeubles des années 30 qui ne faisaient 
l'objet d'aucune mesure de protection au sens rappelé ci-dessus. Le fait que, selon 
le représentant de la CMNS, celle-ci ne modifierait pas son préavis négatif était 
sans pertinence. Force était de conclure que l'ordre d'enlèvement relatif à ce 
panneau devait être annulé. 

  S'agissant du procédé de réclame implanté contre la façade borgne de 
l'immeuble sis 36, rue de Moillebeau (ch. 19 let. d), la Ville avait indiqué que 
celle-ci n'intervenait que sur les panneaux de grandes dimensions et ne pouvait 
pas affirmer que tel était le cas en l'espèce. L'ordre d'enlèvement ne se justifiait 
donc pas. 

 b. Aucun des panneaux de la SGA cités à titre d'exemples n'avait donné lieu à 
une procédure d'autorisation incluant un préavis de la CMNS alors qu'ils se 
trouvaient à proximité ou sur des ensembles protégés et que plusieurs de ces 

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installations auraient fait l'objet d'un préavis négatif si elles lui avaient été 
soumises [panneaux des rues de Montchoisy (ch. 19 let. h), des Bains (ch. 19 let. 
j), des Maraîchers (ch. 19 let. k), des Garages (ch. 19 let. m)]. 

 c. La Ville n'avait pas examiné avec la même attention critique les panneaux 
de la SGA que ceux des recourantes. Si l'intimée, reconnaissant l'illégalité de sa 
pratique suivie jusqu'ici, avait annoncé vouloir procéder à un contrôle 
systématique des mille sept cents installations existantes, cette intention était 
contredite par sa volonté de ne pas agir d'office en notifiant des ordres 
d'enlèvement pour les panneaux non conformes et en attendant d'être saisie par la 
CMNS. La Ville ne démontrait ainsi pas qu'elle entendait adopter une pratique 
conforme à la loi à l'égard des panneaux de la SGA. En effet, la CMNS était une 
instance de préavis ne se prononçant que sur requête. Les indications la Ville ne 
permettaient pas de conclure que les panneaux de la SGA allaient être soumis à un 
réexamen systématique équivalent à celui appliqué aux panneaux des recourantes. 
En outre, aucune indication n'avait été donnée quant aux délais dans lesquels les 
panneaux de la SGA seraient contrôlés et, cas échéant, seraient objets d'ordres de 
démontage. Partant, tant et aussi longtemps que la Ville ne démontrait pas qu'elle 
allait modifier sa pratique, les recourantes ne pourraient être contraintes de 
déposer les installations d'affichage litigieuses.  

  Le principe de l'égalité de traitement entre concurrents commandait de 
considérer que les conditions prévues par la jurisprudence étaient remplies pour 
qu'elles puissent se prévaloir du droit à l'égalité dans l'illégalité, dès lors que la 
Ville n'avait pas prouvé qu'elle entendait corriger immédiatement sa pratique 
illégale au profit de la SGA. 

 d. Si les ordres d'enlèvement notifiés aux recourantes devaient être confirmés 
dans leur principe, ils devraient être subordonnés à un délai de mise en œuvre qui 
leur garantisse qu'elles ne devraient pas supprimer leurs installations avant que la 
SGA ne dépose ses propres panneaux. 

 e. Le représentant de la Ville avait indiqué que la pratique de son service 
consistait à accepter que la dépose soit effectuée après la dernière pré-réservation 
de l'emplacement. Ces réservations seraient prises en considération même si elles 
intervenaient plusieurs années à l'avance. Cette pratique impliquait que 
l'exploitant des panneaux soit interpellé pour qu'il communique à l'autorité les 
réservations en cause. Or, tel n'avait pas été le cas en l'espèce.  

  Les recourantes estimaient avoir droit, au titre de l'égalité de traitement, à ce 
que le délai dans lequel les enlèvements devraient intervenir, si ceux-ci étaient 
confirmés, tienne compte des relations contractuelles existantes. A cet effet, elles 
versaient des listes attestant des baux en cours relatifs à leurs panneaux 
d'affichage et sollicitaient que les dates ressortant de ces listes soient prises en 
considération pour la fixation du délai d'exécution des éventuels ordres de dépôt. 

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23.  Le 8 août 2008, la Ville a fait remarquer au juge délégué que le procès-
verbal du transport sur place ne mentionnait pas les constatations faites à la rue 
des Charmilles, 11. 

24.  Le 31 août 2008, la Ville a déposé ses observations. Les procédés de 
réclame sur le domaine public étaient implantés sur des supports propres. A 
l'inverse, les panneaux d'affichage sur le domaine privé étaient, à de rares 
exceptions près, apposés sur des murs d'immeubles, voire incrustés dans ceux-ci 
afin d'éviter toute saillie sur le domaine public. Ce mode d'implantation n'était pas 
sans conséquence sur les comparaisons que l'autorité était amenée à faire selon 
que les panneaux étaient disposés sur l'un ou l'autre des domaines précités.  

  Le transport sur place avait permis d'illustrer que sur les huit cas faisant 
l'objet du recours, tous devaient être soumis à la CMNS. Tout au plus, s'agissant 
du cas de l'immeuble situé à l'angle de la rue de l'Ancien-Port (ch. 19 let. g), le 
représentant de la CMNS avait hésité en précisant qu'il s'agissait davantage d'un 
immeuble des années 1930, et en expliquant qu'il serait opportun de soumettre ce 
cas à la CMNS.  

  Elle ne s'était pas montrée plus sévère avec les recourantes qu'avec la SGA. 
Elle produisait un dossier à titre d'exemple, dans lequel elle avait sollicité le 
préavis de la CMNS suite à une demande d'autorisation de la SGA alors que cela 
n'aurait pas été nécessaire. 

 a. Concernant les édifices sis 25, rue des Bains (ch. 19 let. j) et 44, rue des 
Maraîchers (ch. 19 let. k), le représentant de la CMNS avait estimé que ceux-ci 
faisaient partie d'un ensemble et que les supports publicitaires auraient du faire 
l'objet d'un préavis. Toutefois pour la Ville, la question était discutable, le musée 
d'ethnographie ne formant pas à proprement parler un ensemble avec des 
immeubles voisins, dès lors qu'il n'y était pas accolé. 

 b. S'agissant du panneau fixé au n°15, rue de Montchoisy (ch. 19 let. h), les 
circonstances dans lesquelles l'autorisation avait été délivrée avaient été rappelées 
lors du transport sur place. La GIM n'avait pas retrouvé le dossier, ce dont la Ville 
n'était pas responsable. 

 c. Le panneau situé sur l'immeuble du 85, rue des Eaux-Vives (ch. 19 let. i), 
avait été jugé peu intrusif par M. Cerutti. Compte tenu de l'absence de liste 
exhaustive des bâtiments faisant partie d'ensembles protégés, il était 
compréhensible qu'un préavis de la CMNS n'ait pas été requis, étant également 
rappelé que cet édifice se situait à l'extrême limite du plan de site de la Rade et 
qu'il n'était point visible depuis celle-ci. 

 d. Selon M. Cerutti, l'immeuble de la rue Henri-Christiné (ch. 19 let. l) ne 
faisait pas partie d'un ensemble protégé. En outre, les supports publicitaires, de 

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petit format, étaient admissibles sur les façades borgnes, promouvant 
généralement des activités culturelles, ils étaient soustraits de l'application de la 
loi. 

 e. Les panneaux installés à l'angle de la rue des Garages et de la rue du Valais 
(ch. 19 let. m) auraient dû être soumis à l'appréciation de la CMNS. Toutefois, 
M. Cerutti lui-même avait dû s'enquérir auprès d'un autre membre de la CMNS 
pour s'assurer qu'il s'agissait bien là d'un ensemble protégé. Ainsi, même pour des 
spécialistes, il n'était pas facile de trancher la question de savoir si un immeuble 
devait ou non être considéré comme faisant partie d'un ensemble protégé au sens 
de l'article 89 LCI. 

  Enfin, la Ville a contesté avoir pour pratique de favoriser la SGA au 
détriment des recourantes. Elle a produit copie de cinq dossiers comprenant des 
préavis défavorables de la CMNS suite à des demandes d'autorisation de la SGA, 
ainsi que plusieurs exemples de refus signifiés à cette dernière. 

25.  Le 30 septembre 2008, les recourantes se sont déterminées sur les écritures 
de la Ville du 31 août 2008 ainsi que sur les nouvelles pièces produites par celle-
ci. Les critères d'esthétique ne pouvaient pas être appliqués de manière plus 
rigoureuse à l'égard des panneaux situés sur le domaine privé qu'à l'égard de ceux 
implantés sur le domaine public (Arrêt du Tribunal fédéral 2P.247/2006 du 21 
mars 2007). 

  La pratique de la Ville violait la loi. Dans le cas des panneaux implantés à la 
rue des Bains et à la rue des Maraîchers (ch. 19 let. j et k), la Ville mettait en 
doute l'avis du représentant de la CMNS au lieu de réexaminer la question. 
Concernant la rue des Garages (ch. 19 let. m), elle ne s'engageait pas à 
reconsidérer l'autorisation délivrée après consultation formelle de la CMNS, alors 
même qu'elle plaidait devant le tribunal de céans que les immeubles bordant la rue 
des Voisins (recte : rue de Lausanne) constituaient un ensemble protégé du début 
du XXe siècle.  

  Même si la Ville avait versé une demi-douzaine de dossiers de demandes 
d'autorisation pour des panneaux de la SGA comprenant le préavis de la CMNS, 
elle n'avait pas rapporté la preuve qu'elle modifierait à l'avenir sa pratique, 
contraire à la loi. 

 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 
septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

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2.  Les recourantes reprochent à la commission de recours d'avoir violé leur 
droit d'être entendues en refusant de procéder à l'audition d'un représentant de la 
CMNS. 

 a. Tel qu’il est garanti par l’article 29 alinéa 2 de la Constitution fédérale de la 
Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), le droit d’être entendu 
comprend notamment le droit pour l’intéressé d’offrir des preuves pertinentes, de 
prendre connaissance du dossier, d’obtenir qu’il soit donné suite à ses offres de 
preuves pertinentes, de participer à l’administration des preuves essentielles ou à 
tout le moins de s’exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à influer sur 
la décision à rendre. Le droit de faire administrer des preuves n’empêche 
cependant pas le juge de renoncer à l’administration de certaines preuves offertes 
et de procéder à une appréciation anticipée de ces dernières, en particulier s’il 
acquiert la certitude que celles-ci ne pourraient l’amener à modifier son opinion 
ou si le fait à établir résulte déjà des constatations ressortant du dossier (Arrêts du 
Tribunal fédéral 2P.200/2003 du 7 octobre 2003, consid. 3.1 ; 2P.77/2003 du 9 
juillet 2003 consid. 2.1 et les arrêts cités ; ATA/172/2004 du 2 mars 2004 ; 
ATA/39/2004 du 13 janvier 2004).  

 b. Une décision entreprise pour violation du droit d’être entendu n’est pas 
nulle, mais annulable (Arrêt du Tribunal fédéral 2P.207/2001 du 12 novembre 
2001 consid. 5a et les arrêts cités). Toutefois, la violation du droit d’être entendu 
est réparable devant l’instance de recours si celle-ci jouit du même pouvoir 
d’examen des questions litigieuses que l’autorité inférieure et si l’examen de ces 
questions ne relève pas de l’opportunité, car l’autorité de recours ne peut alors 
substituer son pouvoir d’examen à celui de l’autorité de première instance, sauf 
exception prévue par la loi (art. 61 al. 2 LPA ; Arrêt du Tribunal fédéral 
2P.30/2003 du 2 juin 2003 consid. 2.4 et les arrêts cités ; ATA/73/2005 du 15 
février 2005 ; ATA/703/2002 du 19 novembre 2002 ; ATA/609/2001 du 2 octobre 
2001 ; P. MOOR, Droit administratif : les actes administratifs et leur contrôle, vol. 
II, Berne 1991, ch. 2.2.7.4 p. 190). 

 c. Selon une jurisprudence bien établie, chaque fois que l'autorité 
administrative suit les préavis des commissions consultatives, l'autorité de recours 
observe une certaine retenue, fonction de son aptitude à trancher le litige 
(ATA/648/2006 du 5 décembre 2006 et les références citées ; T. TANQUEREL, 
La pesée des intérêts vue par le juge administratif in C. A. MORAND, La pesée 
globale des intérêts, Droit de l’environnement et aménagement du territoire, Bâle 
et Francfort-sur-le-Main, 1996, p. 201). Toutefois, le Tribunal administratif 
abandonne sa retenue en présence de circonstances particulières 
(T. TANQUEREL, op. cit.) notamment, lorsqu'il effectue un transport sur place 
pour pallier l'éventuelle violation du droit d'être entendu. 

  Dans le cas présent, la question de savoir si le droit d’être entendues des 
recourantes a été violé par la commission de recours peut souffrir de rester 

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ouverte. En effet, le Tribunal administratif, ayant procédé à un transport sur place, 
entendu un représentant de la CMNS à cette occasion et les parties ayant pu 
s'exprimer par écrit sur tous les points déterminants pour l'examen du litige, 
l’éventuelle violation du droit d’être entendu des recourantes a été réparée.  

3.  Les recourantes invoquent une application trop restrictive de la clause 
d'esthétique prévue par la LPR. 

4.  Sous réserve des exceptions prévues par la loi, tous les procédés de réclame, 
perceptibles depuis le domaine public, sont soumis à la LPR, qu'ils soient situés 
sur le domaine public ou privé (art. 3 LPR). 

5. a. La CMNS doit, dans les limites de ses compétences, être consultée 
préalablement par l’autorité de décision pour les procédés de réclame apposés 
notamment sur ou à proximité des immeubles situés dans les zones protégées et à 
protéger mentionnées aux articles 28 et 29 de la LaLAT (art. 7 al. 1 let. b LPR).  

 b. Selon l'article 29 alinéa 1 lettre d LaLAT, sont désignées comme zones à 
protéger au sens de l'article 17 de la loi fédérale les ensembles du XIXe siècle et 
du début du XXe siècle, selon les articles 89 à 93 LCI. 

 c. L'article 89 LCI, prévoit que "l'unité architecturale et urbanistique des 
ensembles du XIXe siècle et du début du XXe siècle situés en dehors des 
périmètres de protection : de la Vieille-Ville a) et du secteur sud des anciennes 
fortifications ; b) du vieux Carouge, doit être préservée. Sont considérés comme 
ensemble les groupes de deux immeubles ou plus en ordre contigu, d'architecture 
identique ou analogue, ainsi que les immeubles séparés dont l'emplacement, le 
gabarit et le style ont été conçus dans le cadre d'une composition d'ensemble dans 
le quartier ou dans la rue. 

  S'il est constant que cette disposition ne vise pas à protéger des immeubles 
isolés (MGC 1983/II 2207), il reste que sa lettre exprime clairement que des 
immeubles non contigus peuvent former un ensemble. Les immeubles non 
contigus, insérés dans un ensemble, peuvent être protégés en raison de cette 
insertion, quand bien même ils se distingueraient d'autres immeubles dudit 
ensemble. En effet, un ensemble peut apparaître digne de protection même s'il ne 
présente pas une unité architecturale absolue (MGC 1983 II 2207 ; ATA/360/1994 
du 9 août 1994). 

  Par ailleurs, "en parlant de XIXe siècle et de début du XXe siècle, le 
législateur a donné une définition suffisamment précise mais permettant de tenir 
compte des cas réellement intéressants qui peuvent être postérieurs à 1920" (MGC 
1983/II 2207). 

 d. Le département doit établir et publier sans tarder une liste indicative des 
ensembles maintenus (art. 90 al. 3 LCI). 

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 e. Sont interdits tous les procédés de réclame qui, par leur emplacement, leur 
dimension, leur forme, leur couleur, leur éclairage, leur luminosité ou leur 
diffusion, nuisent à l’esthétique ou à la tranquillité d’un site, d’un point de vue, 
d’un bâtiment, d’un quartier, d’une voie publique, d’une localité, d’un lac, d’un 
élément de végétation ou d’un cours d’eau, ou qui peuvent porter atteinte à la 
sécurité routière ou à l’ordre public. Les procédés de réclame sur les façades 
borgnes des bâtiments sont en principe interdits (art. 8 al. 1 et 2 LPR). 

 f. Cette disposition légale renferme une clause d’esthétique, qui constitue une 
notion juridique indéterminée que le Tribunal administratif revoit sans retenue 
lorsque, comme il l'a été rappelé plus haut, il a procédé lui-même à un transport 
sur place. 

  A l’occasion de cette mesure d’instruction, le Tribunal administratif a 
constaté que l'ensemble des panneaux litigieux des recourantes se trouve sur ou à 
proximité d'immeubles appartenant à des ensembles protégés par les articles 89 à 
93 LCI et qu'ils nuisent à leur esthétique, que ce soit, en masquant des éléments 
caractéristiques, telle qu'une barrière en fer forgé (ch. 19 let. a) en altérant des 
éléments décoratifs (ch. 19 let. b, e, f) ou en portant atteinte à l'architecture des 
bâtiments ou encore à leur ordonnance architecturale (ch. 19 let. c, d, g). 

  Les arguments avancés par les recourantes n'y changent rien. Ainsi, même si 
certains de ces édifices comportent des arcades munies d'enseignes colorées ou 
font l'objet de graffitis, cela ne leur enlève en rien leur statut d'immeubles 
protégés.  

  Concernant le panneau situé à la rue de Moillebeau, 36 (cf. ch. 19 let. d), 
apposé sur une façade borgne, il se trouve sur un immeuble faisant partie d'un 
ensemble protégé, même s'il date des années 1930 ; il est donc irrelevant de 
déterminer s'il est de grande dimension.  

  Quant au panneau de la rue de l'Ancien-Port (cf. ch. 19 let. g), le 
représentant de la CMNS a précisé que cette dernière ne modifierait pas le préavis 
qu'elle avait délivré, même si le bâtiment, datant des années 1930, était de facture 
plus récente que ceux faisant partie des ensembles protégés des XIXe et XXe 
siècles. Les recourantes tentent de tirer de ce constat la conclusion que le bâtiment 
sur lequel est apposé leur panneau n'est pas protégé. 

  Il a été rappelé supra qu'en visant les immeubles des XIXe et début du XXe 
siècles, le législateur entendait tenir compte des cas réellement intéressants qui 
pouvaient être postérieurs à 1920. Le préambule du répertoire précise quant à lui 
que les ensembles retenus sont particulièrement représentatifs des constructions 
édifiées à Genève entre le milieu du XIXe siècle et le premier tiers du XXe siècle. 

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  De plus, il apparaît au vu des déclarations du représentant de la CMNS, que 
cette dernière a tendance à procéder à une interprétation extensive tant de la 
notion d'ensemble que de la période de construction à considérer. Partant, un 
immeuble construit dans les années 1930 peut être compris comme ayant été érigé 
au début du XXe siècle et être protégé de ce fait.  

  En conséquence, le recours doit être rejeté sur ce point. 

6.  Les recourantes se plaignent d'une inégalité de traitement entre concurrents 
économiques en alléguant que la SGA, concurrente directe, a installé des procédés 
de réclame comparables aux siens sans que ceux-là soient menacés d'être 
supprimés. 

 a. Selon le principe de l'égalité de traitement entre personnes appartenant à la 
même branche économique découlant de l'article 27 Cst., sont interdites les 
mesures qui causent une distorsion de la compétition entre concurrents directs, 
c'est-à-dire celles qui ne sont pas neutres sur le plan de la concurrence (cf. ATF 
130 I 26 consid. 6.3.3.1 p. 53). On entend par concurrents directs les membres de 
la même branche qui s'adressent avec les mêmes offres au même public pour 
satisfaire les mêmes besoins. A cet égard, l'article 27 Cst. offre une protection plus 
étendue que celle de l'article 8 Cst. (Arrêt du Tribunal fédéral 2A.704/2005 du 4 
avril 2006 consid. 5). 

 b. La jurisprudence fédérale a précisé que le principe de l'égalité de traitement 
entre concurrents ne s'appliquait pas dans le cas où deux professions différentes, 
ou deux catégories d'entreprises, se trouvent dans une situation de concurrence 
pour une partie de leur activité seulement (ATF 120 Ia 236 consid. 2b p. 239 ; 119 
Ia 433 consid. 2b p. 436 ; arrêt du Tribunal administratif vaudois GE.2000.0097 
du 22 avril 2004). 

  En l'espèce, les recourantes exercent leur activité économique dans le 
domaine de l'affichage, comme la SGA ; toutefois, elles ne se trouvent pas dans 
une position de concurrence. La SGA bénéficie en effet d'une concession 
d'affichage sur le domaine public, qui lui donne le droit exclusif d'exploiter les 
panneaux aux emplacements autorisés par la Ville. Ce droit comporte également 
des charges et des conditions pour l'entreprise concessionnaire.  

  En définitive, les recourantes et la SGA sont soumises à des conditions de 
concurrence différentes pour exercer l'affichage sur le territoire de la Ville de 
sorte que leur situation respective dans le domaine d'activité concernée n'est pas 
comparable.  

7.  Reste encore à examiner si le principe général de l'égalité de traitement 
déduit de l'article 8 Cst. a été respecté. 

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 a. Le principe de l’égalité de traitement déduit de l’article 8 Cst. n’est violé 
que si des situations essentiellement semblables sont traitées différemment ou si 
des situations présentant des différences essentielles sont traitées de manière 
identique (ATF 108 Ia 114). 

 b. Selon la jurisprudence, un justiciable ne saurait en principe se prétendre 
victime d’une inégalité de traitement au sens de la disposition précitée lorsque la 
loi est correctement appliquée à son cas, alors même que dans d’autres cas, elle 
aurait reçu une fausse application ou n’aurait pas été appliquée du tout (ATF 115 
Ia 93 ; 113 Ib 313 ; ATA/700/2005 du 25 octobre 2005 ; ATA/832/2004 du 26 
octobre 2004). 

  Cependant, cela présuppose de la part de l’autorité dont la décision est 
attaquée la volonté d’appliquer correctement à l’avenir les dispositions légales en 
question et de les faire appliquer par les services qui lui sont subordonnés 
(A. AUER, L’égalité dans l’illégalité, ZBl 1978 pp. 281ss, 290 ss). 

  En revanche, si l’autorité persiste à maintenir une pratique reconnue illégale 
ou s’il y a de sérieuses raisons de penser qu’elle va persister dans celle-ci, le 
citoyen peut demander que la faveur accordée illégalement à des tiers le soit aussi 
à lui-même, cette faveur prenant fin lorsque l’autorité modifie sa pratique illégale 
(ATF 123 II 248 consid. 3c p. 253-254 ; 105 V 192 ; 104 Ib 373 ; 99 Ib 383 ; 
ATA/700/2005 et ATA/832/2004 précités). 

  Encore faut-il qu’il n’existe pas un intérêt public prépondérant au respect de 
la légalité qui conduise à donner la préférence à celle-ci au détriment de l’égalité 
de traitement (ATF 99 Ib 377 consid. 5 p. 383), ni d’ailleurs qu’aucun intérêt 
privé de tiers prépondérant ne s’y oppose (ATF 108 Ia 212 consid. 4 p. 213 ; 
A. AUER, G. MALINVERNI, M. HOTTELIER, op. cit., p. 503 n. 1026). 

  Pour le surplus, le Tribunal fédéral a précisé qu'il est nécessaire que 
l'autorité n'ait pas respecté la loi, non pas dans un cas isolé, ni même dans 
plusieurs cas, mais selon une pratique constante et que celle-ci fasse savoir qu'à 
l'avenir également, elle ne respectera pas la loi. Si l'autorité cantonale ne précise 
pas ses intentions, il y a lieu d'admettre qu'elle suivra une pratique conforme à la 
loi (ATF 115 Ia 81; ATA/59/2004 du 20 janvier 2004, consid. 5 ; ATA/789/2001 
du 27 novembre 2001, consid. 9c). 

  Toutefois, si l'illégalité d'une pratique est constatée à l'occasion d'un recours 
contre le refus d'un traitement illégal, le Tribunal fédéral n'admettra pas le recours, 
s'"il ne peut pas être exclu que l'administration changera sa politique" (ATF 112 
Ib 387). Il présumera, dans le silence de l'autorité, que celle-ci se conformera au 
jugement qu'il aura rendu quant à l'interprétation correcte de la règle en cause 
(ATF 115 Ia 81 ; ATA/594/2006 du 14 novembre 2006 ; ATA/832/2004 précité). 

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8.  En l'espèce, le transport sur place a établi que les immeubles situés rues des 
Bains (cf. ch. 19 let. j), des Maraîchers (cf. ch. 19 let. k), de Montchoisy (cf. ch. 
19 let. h), des Garages (cf. ch. 19 let. m) et des Eaux-Vives (cf. ch. 19 let. i) sur ou 
à proximité desquels des panneaux de la SGA sont apposés, sont protégés comme 
appartenant à des ensembles des XIXe et début du XXe siècles. 

  La Ville, s'étant fondée sur le répertoire, a considéré qu'ils n'étaient pas 
protégés et que partant, les procédés de réclame ne nécessitaient pas le préavis de 
la CMNS. Elle a également soutenu que les panneaux de la SGA étaient fixés sur 
des supports propres et que ceux-ci, figurant sur l'illustration du concept directeur 
soumis à consultation publique en octobre 2005, n'avaient fait l'objet d'aucune 
remarque de la part de la CMNS ou encore du SMS. Quant au cas de la rue de 
Montchoisy (ch. 19 let. k), le dossier avait été géré par la GIM, ce qui 
l'exonérerait, elle-même, de tout reproche. Ces arguments ne résistent pas à 
l'examen. 

9.  Conformément à l'article 7 lettre b LPR déjà cité, la CMNS doit être 
consultée préalablement par l’autorité de décision pour les procédés de réclame 
apposés notamment sur ou à proximité des immeubles situés dans les zones 
protégées et à protéger, mentionnées aux articles 28 et 29 LaLAT.  

  Ainsi que le postule l'article 90 alinéa 3 LCI précité, le répertoire comporte 
la liste indicative des ensembles maintenus au sens des articles 89 à 93 LCI.  

10. a. En sa qualité d'autorité compétente pour délivrer des autorisations d'installer 
des procédés de réclame, la Ville, ne pouvant ignorer que cette liste n'était 
qu'indicative, devait solliciter le SMS pour s'assurer que d'autres ensembles 
n'avaient pas été assimilés à des ensembles maintenus depuis la publication du 
répertoire. Ceci est d'autant plus vrai que, comme la Ville elle-même l’a relevé, il 
est particulièrement difficile de déterminer si un édifice fait partie ou non d'un 
ensemble protégé sans posséder les connaissances techniques des spécialistes qui 
composent le SMS et la CMNS. 

  En outre, le fait que les panneaux de la SGA soient fixés sur des supports 
propres ne dispensait pas la Ville de saisir la CMNS pour requérir son préavis. 

  Il résulte de ce qui précède que la Ville a adopté une pratique contraire à la 
loi dans le cas des panneaux précités de la SGA. 

 b. Cela étant et conformément à la jurisprudence rappelée ci-dessus, le droit 
d'invoquer le principe d'égalité dans l'illégalité prend fin si l'administration ne 
compte pas persister dans sa pratique illégale. En cas de silence de sa part, elle 
sera présumée vouloir suivre une pratique conforme à la loi. 

  En l'espèce, la Ville n'a pas déclaré qu'elle ne respectera pas la loi à l'avenir. 
De plus, elle a élaboré un concept directeur d'affichage permettant de considérer 

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qu'elle entend mener une politique rigoureuse en matière d'affichage public. En 
outre, son représentant a annoncé lors du transport sur place, qu'il sera procédé au 
contrôle systématique des mille sept cents procédés de réclame sis sur son 
territoire. 

  Partant, il y a lieu de présumer que la Ville se conformera au présent arrêt en 
soumettant d'une part, les panneaux de la SGA précités à la procédure 
d'autorisation prévue par la LPR, qui comporte la consultation de la CMNS et 
d'autre part, en adoptant systématiquement une pratique conforme à la loi pour 
l'ensemble des procédés de réclame soumis à son autorité, ce qui implique que 
même pour des bâtiments qui ne figurent pas dans le répertoire, elle devra 
s'assurer qu'ils ne sont pas protégés, et s'ils le sont, solliciter le préavis de la 
CMNS.  

11.  Les recourantes invoquent encore de la garantie de la propriété et de la 
liberté économique (art. 26 et 27 Cst.), toute restriction à ces droits devant être 
fondée sur une base légale, être justifiée par un intérêt public et respecter le 
principe de la proportionnalité en application de l’article 36 alinéas 1 et 3 Cst. 

 a. La question de savoir si elles peuvent se prévaloir de la garantie de la 
propriété, comme semble l'indiquer la jurisprudence du Tribunal fédéral (Arrêt du 
Tribunal fédéral 1 P.500/2002 du 9 janvier 2003) selon laquelle, le locataire peut 
contester une atteinte au droit de propriété s'il est touché dans ses propres droits, 
peut rester indécise. En effet, la garantie de la propriété n'accorde pas aux 
recourantes une protection plus large de leurs droits que la liberté économique 
dans le cadre du présent litige (ATA/76/2003 du 11 février 2003). 

 b. Le droit cantonal, soit la LPR, constitue une base légale suffisante au sens 
de l'article 36 alinéa premier Cst. Quant à l'intérêt public, soit celui de la 
protection du patrimoine architectural de la Ville, il doit l'emporter sur l'intérêt 
privé, purement économique, des recourantes. Enfin, seule la suppression de ces 
panneaux est apte à atteindre le but de la loi et l'on ne voit pas quelle autre 
mesure, moins incisive, s'imposerait qui respecterait mieux les intérêts privés des 
recourantes. 

12.  Il résulte de ce qui précède que le recours ne peut être que rejeté. 

  Un émolument de CHF 3'000.- sera mis conjointement et solidairement à la 
charge des recourantes qui succombent, de même que les frais de transport sur 
place en CHF 468.- (art. 87 LPA). Il ne sera pas alloué d'indemnité à la Ville 
conformément à la jurisprudence du tribunal de céans (ATA/587/2008 du 18 
novembre 2008). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 15 octobre 2007 par Plakanda Awi S.A. et 
Plakanda Ofex S.A. contre la décision de la commission cantonale de recours en matière 
de constructions du 7 septembre 2007 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met à la charge des recourantes, conjointement et solidairement un émolument de 
CHF 3'000.- ainsi que les frais de transport sur place en CHF 428.- ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux articles 82 et suivants de la loi fédérale sur le Tribunal 
fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les 
trente jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du 
recours en matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, 
motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il 
doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’article 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Nicolas Wisard, avocat des recourantes, à la 
commission cantonale de recours en matière de constructions ainsi qu’à la Ville de 
Genève. 

Siégeants : Mme Bovy, présidente, M. Thélin, Mmes Hurni et Junod, M. Dumartheray, 
juges. 

Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste : 
 
 

C. Del Gaudio Siegrist 

 la présidente : 
 
 

L. Bovy 

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Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :