# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 54d084e3-9e3a-50f2-b041-374862f02d02
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-06-12
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 12.06.2019 P/8954/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-8954-2019_2019-06-12.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/8954/2019 ACPR/439/2019 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du mercredi 12 juin 2019 

 

Entre 

A______, actuellement détenu à la prison B______, comparant par Me C______, avocat, 

recourant, 

 

contre l'ordonnance rendue le 22 mai 2019 par le Tribunal des mesures de contrainte, 

 

et 

LE TRIBUNAL DES MESURES DE CONTRAINTE, rue des Chaudronniers 9,  

1204 Genève - case postale 3715, 1211 Genève 3, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés. 

 

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P/8954/2019 

EN FAIT : 

A. Par acte expédié le 31 mai 2019, A______ recourt contre l'ordonnance du 22 mai 
2019, notifiée sur-le-champ, par laquelle le Tribunal des mesures de contrainte (ci-
après : TMC) a refusé de le mettre en liberté. 

Le recourant conclut à l'annulation de cette décision et à sa mise en liberté 
immédiate, le cas échéant sous mesures de substitution. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

a. A______, ressortissant colombien né en 1994, est prévenu de deux vols à 
l'étalage, commis à Genève aux mois de mars et d'avril 2019 (lunettes de soleil, 
vêtements et sac de grandes marques, d'une valeur totale de quelque CHF 3'800.-) et 
de séjour illégal depuis avril 2018. Il admet les faits. Il est détenu depuis le 28 avril 
2019, et l'échéance de sa détention a été fixée au 28 juin 2019. 

b. Le 5 juin 2019, le Ministère public a émis l'avis de prochaine clôture de 
l'instruction, annonçant vouloir engager l'accusation. 

c. A______ affirme séjourner en Suisse depuis avril 2018, à la rue 1______. Il 
vivrait de travaux clandestins. La jeune femme avec laquelle il a commis les vols (et 
qui a été condamnée par ordonnance pénale) a accouché au mois de mai 2019, et 
A______ a accompli les formalités pour reconnaître la paternité de l'enfant. Son 
casier comporte une condamnation prononcée dans le canton de Vaud pour vol le  
31 août 2018 (40 jours-amende, sursis 2 ans).  

d. Le 13 mai 2019 (quelques jours avant l'accouchement), il a demandé 
personnellement sa mise en liberté, en raison de sa paternité (y compris sur le 
premier enfant de sa compagne, qu'il souhaite également reconnaître) et des 
souffrances endurées en détention. Une tante attestait par écrit qu'il résidait chez elle 
(à l'avenue 2______). 

e. À l'audience du TMC, il a expliqué séjourner en Suisse depuis novembre 2017, 
étant resté en Suisse à l'expiration de son "autorisation de trois mois"; il habitait 
alternativement à l'avenue 2______ ou à la rue 1______. Il regrettait ses actes, car il 
avait dû laisser "sa femme" pour "une erreur". Il n'avait jamais été détenu 
auparavant. Sa tante pourrait réunir une caution, que son avocat estimait jusqu'à 
CHF 1'500.-. 

C. Dans l'ordonnance querellée, le TMC retient que A______ reconnaissait les faits – la 
soustraction d'articles de marque et le séjour illégal –; qu'il présentait un risque de 
fuite élevé, notamment en raison de ses déclarations confuses sur son lieu 
d'habitation et de la perspective d'une expulsion; et que le risque de réitération était 
concret, puisqu'il avait déjà été condamné pour des faits analogues et que ses devoirs 
de père, qu'il mettait en avant, ne l'avaient pas dissuadé d'agir. Aucune mesure de 

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substitution ne pallierait ces risques, et notamment pas des sûretés dont on ne savait 
rien.  

D. a. À l'appui de son recours, A______ reprend, en substance, les moyens de sa 
requête vainement soumise au Ministère public et au premier juge. Le TMC avait 
mal apprécié la situation. La souffrance induite par la détention avait été "décuplée" 
par la naissance de son deuxième enfant et aurait un effet de prévention spéciale sans 
comparaison avec sa condamnation inscrite au casier judiciaire. En ayant accompli 
les démarches pour reconnaître les deux enfants de sa compagne, il démontrait qu'il 
voulait sortir de la clandestinité. La caution – qu'il fixe désormais à CHF 1'000.- – 
proviendrait du salaire de sa tante.  

b. Le TMC a déclaré persister dans sa décision. 

c. Le Ministère public propose le rejet du recours.  

d. Le recourant persiste dans les termes et moyens de son recours.  

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours 
auprès de la Chambre de céans (art. 222 et 393 al. 1 let. c CPP) et émaner du prévenu 
qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un 
intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision 
querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

2. Le recourant ne s'exprime pas sur les charges, qu'il avait admises par-devant le 
Ministère public et n'a pas discutées devant le premier juge. Il n'y a donc pas à s'y 
attarder.  

3. Le recourant conteste tout risque de réitération. 

3.1. Aux termes de l'art. 221 al. 1 let. c CPP, la détention provisoire peut être 
ordonnée lorsqu'il y a sérieusement lieu de craindre que le prévenu "compromette 
sérieusement la sécurité d'autrui par des crimes ou des délits graves après avoir déjà 
commis des infractions du même genre". Selon la jurisprudence, il convient de faire 
preuve de retenue dans l'appréciation du risque de récidive : le maintien en détention 
ne peut se justifier pour ce motif que si le pronostic est très défavorable et si les délits 
dont l'autorité redoute la réitération sont graves (ATF 137 IV 13 consid. 4.5 p. 21; 
135 I 71 consid. 2.3 p. 73; 133 I 270 consid. 2.2 p. 276 et les arrêts cités). Bien 
qu'une application littérale de l'art. 221 al. 1 let. c CPP suppose l'existence 
d'antécédents, le risque de réitération peut être également admis dans des cas 
particuliers alors qu'il n'existe qu'un antécédent, voire aucun dans les cas les plus 
graves. La prévention du risque de récidive doit en effet permettre de faire prévaloir 
l'intérêt à la sécurité publique sur la liberté personnelle du prévenu (ATF 137 IV 13 

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consid. 3/4 p. 18 ss; cf. arrêt du Tribunal fédéral 1B_133/2011 du 12 avril 2011 
consid. 4.7).  

3.2. En l'espèce, le risque de réitération est concret. Dans l'intervalle d'un mois, le 
recourant s'est livré à deux vols à l'étalage pour des montants qui ne sont pas 
insignifiants et dont les butins, comme l'a relevé le premier juge, ne sont pas 
précisément des biens de première nécessité. Ces faits sont, en outre, ceux d'une 
récidive spéciale, c'est-à-dire d'infractions de même genre, réprimées il y a moins 
d'une année. On ne voit pas en quoi la paternité du recourant le dissuaderait, 
aujourd'hui plus qu'hier, de la commission de nouvelles infractions, puisque, comme 
l'a aussi relevé le premier juge, ni le premier enfant ni la grossesse de sa compagne 
ne l'ont retenu d'agir. Le pronostic est donc très défavorable. 

Quant à l'effet de la détention, il ne paraît pas aller au-delà du poids psychique 
inhérent à toute privation de liberté. Savoir si cet effet dissuadera le recourant de 
commettre à nouveau des vols à l'étalage n'est pas l'affaire du juge de la détention, 
mais du juge du fond.  

4. Le risque de réitération suffisant à faire échec au recours, il n'est pas nécessaire 
d'examiner ce qu'il en serait du risque de fuite. 

5. Pour le surplus, le recourant ne se plaint pas, à juste titre, que son maintien en 
détention violerait le principe de la proportionnalité. S'il devait être reconnu coupable 
des préventions retenues contre lui, la peine susceptible d'entrer concrètement en 
considération ne paraît pas devoir être inférieure à la durée de sa privation actuelle de 
liberté (art. 212 al. 3 CPP). Par ailleurs, la clôture de l'instruction est imminente, 
rapprochant d'autant la date de l'audience de jugement. 

6. Le recours s'avère ainsi infondé et doit être rejeté. 

7. Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un 
émolument de CHF 900.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif 
des frais en matière pénale, RTFMP; E 4 10.03).  

 

* * * * * 

  

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P/8954/2019 

PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

Rejette le recours. 

Condamne A______ aux frais de la procédure de recours, qui comprennent un émolument 
de CHF 900.-. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, au recourant (soit, pour lui, son défenseur), au 
Ministère public et au Tribunal des mesures de contrainte. 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Daniela CHIABUDINI, juges; Monsieur Julien CASEYS, greffier. 

 

 

Le greffier : 

Julien CASEYS 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 

déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente 

jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires 

doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à 

l'attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou 

consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). 
  

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P/8954/2019 ÉTAT DE FRAIS  

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 30.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF       

- délivrance de copies (let. b) CHF       

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 900.00 

-  CHF       

Total  CHF 1'005.00