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**Case Identifier:** df7a8ed8-bd46-5d1d-8fa6-90a488b82a77
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-06-09
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 09.06.2020 A/988/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-988-2020_2020-06-09.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/988/2020-PROF ATA/572/2020  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 9 juin 2020 

1
ère

 section 

   dans la cause 

 

Madame A______ 

  

contre 

COMMISSION DU BARREAU 

 

 

- 2/6 - 

A/988/2020 

EN FAIT 

1)  Par décision du 17 février 2020, la commission du barreau (ci-après : la 

commission) a classé la dénonciation faite par Madame A______ contre Monsieur 

B______, avocat. 

 a. Il ressort en substance de cette décision que Mme A______ et son ancien 

compagnon, à l’époque inscrit au registre des avocats et membre de l’ordre de 
cette profession, sont opposés dans un lourd et douloureux litige ayant pour sujet 

leur fille, C______. 

  M. B______ avait été le conseil des parents de son ancien compagnon 

(ci-après : les parents). Selon la dénonciation, son ancien compagnon était 

désormais consultant auprès d’une étude dont M. B______ était associé. Ce 
dernier « essayait toujours en utilisant toute intimidation possible et imaginable, 

tout abus de pouvoir, pour innocenter » les parents. Depuis le 1
er

 septembre 2019, 

son ancien compagnon travaillait pour l’avocat de ses parents.  

 b. Après avoir donné l’occasion à M. B______ de se déterminer, la 
commission du barreau a retenu que les écritures et les pièces produites ne 

permettaient pas de déceler le moindre indice de manquement au devoir de sa 

profession par l’avocat dénoncé. 

 c. Cette décision a été communiquée à Mme A______. 

2)  Par acte mis à la poste le 19 mars 2020, Mme A______ a interjeté recours 

contre la décision précitée auprès de la chambre administrative de la Cour de 

justice (ci-après : la chambre administrative). 

  Dans la mesure où ce recours est compréhensible, elle reprochait à 

M. B______ de représenter les parents de son ancien compagnon, employé de 

l’étude de M. B______. Elle relevait l’absence d’indépendance. 

  Elle concluait, sur le fond et sur mesures provisionnelles, à ce que 

l’instruction soit reprise, soit par la chambre administrative soit par la commission 
ainsi qu’à l’audition de trois témoins. 

3)  La commission a conclu au rejet du recours, à l’instar de M. B______. 

4)  Sur ce, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. 

  

- 3/6 - 

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EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 

recevable de ces deux points de vue (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire 

du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure 

administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  La chambre de céans examine d’office et librement la recevabilité des 
recours qui lui sont soumis (ATA/1021/2016 du 6 décembre 2016 consid. 2). 

3) a. Selon l’art. 60 al. 1 LPA, ont qualité pour recourir non seulement les parties 
à la procédure qui a abouti à la décision attaquée (let. a), mais aussi toute personne 

qui est touchée directement par une décision et a un intérêt personnel digne de 

protection à ce qu’elle soit annulée ou modifiée (let. b). 

 b.  La jurisprudence a précisé que les let. a et b de la disposition précitée 

doivent se lire en parallèle : ainsi, le particulier qui ne peut faire valoir un intérêt 

digne de protection ne saurait être admis comme partie recourante, même s’il était 
partie à la procédure de première instance (ATA/253/2013 du 23 avril 2013 

consid. 2b et les références citées). L’exemple le plus évident concerne la partie à 
la procédure qui a obtenu le plein de ses conclusions au stade antérieur de la 

procédure, et n’est dès lors pas lésée par la décision ou le jugement de première 
instance (ATA/68/2012 du 31 janvier 2012 consid. 2). 

 c. L’intérêt à obtenir un jugement favorable doit être personnel, direct, 
immédiat et actuel (MGC 1984 I 1604 ss ; 1985 III 4373 ss ; ATA/1059/2015 du 

6 octobre 2015 consid. 3a). 

  L’intérêt digne de protection consiste en l’utilité pratique que l’admission 
du recours apporterait au recourant, en lui évitant de subir un préjudice de nature 

économique, idéale, matérielle ou autre que la décision attaquée lui occasionnerait 

(ATF 133 II 249 consid. 1.3.1). L’existence d’un intérêt digne de protection 
présuppose que la situation de fait ou de droit du recourant puisse être influencée 

par l’annulation ou la modification de la décision attaquée, ce qu’il lui appartient 
d’établir (ATF 120 Ib 431 consid. 1).  

4) a. La dénonciation est une procédure non contentieuse par laquelle n’importe 
quel administré peut attirer l’attention d’une autorité hiérarchiquement supérieure 
sur une situation de fait ou de droit qui justifierait à son avis une intervention de 

l’État dans l’intérêt public. La dénonciation est possible dans toute matière où 
l’autorité pourrait intervenir d’office. En principe, l’administré n’a aucun droit à 
ce que sa dénonciation soit suivie d’effets, car l’autorité saisie peut, après un 
examen sommaire, décider de la classer sans suite ; le dénonciateur n’a même pas 
de droit à ce que l’autorité prenne une décision au sujet de sa dénonciation 

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(ATF 133 II 468 consid. 2 ; André GRISEL, Traité de droit administratif, vol. II, 

1984, p. 950 ss). 

  Par conséquent, dans une procédure non contentieuse, la seule qualité de 

plaignant ou de dénonciateur ne donne pas le droit de recourir contre la décision 

prise ; le plaignant ou le dénonciateur doit encore pouvoir invoquer un intérêt 

digne de protection à ce que l’autorité de surveillance intervienne. La 
jurisprudence a ainsi dénié la qualité pour recourir au plaignant dans le cadre 

d’une procédure disciplinaire dirigée contre un avocat, considérant que celui-là 
n’avait pas un intérêt propre et digne de protection à demander une sanction 
disciplinaire à l’encontre de l’avocat pour une éventuelle violation de ses 
obligations professionnelles. En effet, la procédure de surveillance disciplinaire 

des avocats a pour but d’assurer l’exercice correct de la profession par les avocats 
et de préserver la confiance du public à leur égard, et non de défendre les intérêts 

privés des particuliers (ATF 138 II 162 consid. 2.1.2 ; 135 II 145 consid. 6.1 ; 133 

II 468 consid. 2 ; 132 II 250 consid. 4.4). 

  Dans les procédures disciplinaires engagées contre des personnes exerçant 

une profession réglementée, le dénonciateur ou le plaignant n’est donc pas partie à 
la procédure (ATA/841/2019 du 30 avril 2019 et les références citées). 

 b. Aux termes de l’art. 48 de la loi sur la profession d’avocat du 26 avril 2002 
(LPAv - E 6 10), si la procédure a été ouverte sur une dénonciation, l’auteur de 
cette dernière est avisé de la suite qui y a été donnée ; il n’a pas accès au dossier ; 
la commission lui communique la sanction infligée et décide dans chaque cas de 

la mesure dans laquelle il se justifie de lui donner connaissance des considérants. 

 c. Selon l’art. 12 let. a de la loi fédérale sur la libre circulation des avocats du 
23 juin 2000 (LLCA - RS 935.61), afférent aux règles professionnelles, l’avocat 
exerce sa profession avec soin et diligence. 

 d. En vertu de l’art. 12 let. c LLCA, l’avocat évite tout conflit entre les intérêts 
de son client et ceux des personnes avec lesquelles il est en relation sur le plan 

professionnel ou privé. 

  Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral modifiée ou précisée en février 

2012, l’interdiction de postuler dans un cas concret fondée sur cette disposition 
légale – à distinguer d’une sanction disciplinaire – ne relève en principe pas du 
droit disciplinaire, mais du contrôle du pouvoir de postuler de l’avocat 
(ATF 138 II 162 consid. 2.5.1). 

5)  En l’espèce, la cause n’a pas pour objet une décision de la commission du 
barreau portant sur l’existence ou non d’un conflit d’intérêts d’un avocat à l’égard 
de son mandant ou de sa partie adverse et sur une interdiction qui lui serait 

signifiée de représenter son client, soit sur une question ayant une incidence 

- 5/6 - 

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directe sur la conduite d’un mandat de représentation en cours conduit par 
l’avocat concerné. La dénonciation vise uniquement à remettre en question 
l’intervention de M. B______, en sa qualité d’avocat des parents de l’ancien 
compagnon de la recourante. 

  Dès lors, les droits ou obligations de la dénonciatrice, au sens de 

l’art. 7 LPA, ne pourraient en aucun cas être touchés par les décisions rendues par 
la commission du barreau à la suite de ladite dénonciation. 

  Il n’y a donc pas lieu d’entrer en matière sur les reproches formulés par la 
recourante contre M. B______. 

  Vu ce qui précède, le recours sera déclaré irrecevable pour défaut de la 

qualité pour recourir. 

6)  Malgré l’issue du litige, aucun émolument ne sera mis à la charge de la 
recourante, laquelle a annoncé avoir déposé une demande d'assistance juridique 

dont l'issue n'est pas encore connue (art. 87 al. 1 LPA). Il ne sera pas alloué 

d’indemnité de procédure (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

déclare irrecevable le recours interjeté le 19 mars 2020 par Madame A______ contre la 

décision de la commission du barreau du 17 février 2020 ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument, ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 

suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 

de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 

de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 

au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Madame A______, à la commission du barreau ainsi 

qu’à Monsieur B______. 
  

- 6/6 - 

A/988/2020 

Siégeant : Mme Payot Zen-Ruffinen, présidente, M. Verniory, Mme Lauber, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 

 

 

F. Scheffre 

 

 la présidente siégeant : 

 

 

F. Payot Zen-Ruffinen 

 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  

 

 

 

 

 

 la greffière :