# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 53cb7665-b989-5b2d-9e0d-430148a45403
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2008-01-07
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 07.01.2008 BB.2007.64
**Docket/Reference:** BB.2007.64
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BB-2007-64_2008-01-07

## Full Text

Demande de constitution de partie civile (art 34, 105 bis PPF);;Demande de constitution de partie civile (art 34, 105 bis PPF);;Demande de constitution de partie civile (art 34, 105 bis PPF);;Demande de constitution de partie civile (art 34, 105 bis PPF)

Arrêt du 7 janvier 2008 
Ire Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Emanuel Hochstrasser, 
président, Barbara Ott et Tito Ponti,  
La greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni  

   

Parties  A. SA,  
B.,  
représentées toutes deux par Me Laurent Moreillon et 
Me Michel Dupuis, avocats,  

plaignantes 
 contre 
   
  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

intimé 
 

   

Objet  Demande de constitution de partie civile (art 34,  
105 bis PPF) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  BB.2007.65 et  BB.2007.64 
 
 
 

 

 

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Faits: 

 
A. Le 8 décembre 2005, C. a adressé au Ministère public de la Confédération 

(ci-après: MPC) une plainte pénale pour "abus de confiance, gestion dé-
loyale, escroquerie, faux dans les titres, blanchiment, participation à une 
organisation criminelle, obtention frauduleuse d’une constatation fausse, 
recel et toutes autres infractions que justice dira" contre son frère, D., et di-
verses personnes domiciliées en Suisse ou en Grèce. C. reproche en subs-
tance à son frère de s’être approprié la fortune du "Groupe A", constitué à 
l’époque par son père, E., et ses oncles, F. e G., décédés depuis, et de 
l’avoir spolié de la part qui lui revenait de droit après le décès des fonda-
teurs du groupe, et notamment de son père, en dépouillant de leurs biens 
les sociétés dont ce dernier lui cédait l’actionnariat. La plainte a par la suite 
été complétée à plusieurs reprises. 

 
Dans ce contexte, le MPC a procédé à divers actes d'enquête. A la sugges-
tion de C., il a notamment entendu, le 30 janvier 2006, H., ancien homme 
de confiance et comptable du groupe et, le 7 septembre 2006, I., gérant 
auprès de la banque J. des comptes de C. et des sociétés dont ce dernier 
est ayant droit économique depuis 1994. Constatant en substance que les 
actes d’enquête effectués ne permettaient pas de confirmer les faits dé-
noncés par C. et tendaient au contraire à accréditer le caractère civil du li-
tige opposant les deux frères, le MPC a, le 31 octobre 2006, ordonné la 
suspension de l’enquête et le classement de la plainte. Par arrêt du 
23 mars 2007, la Cour des plaintes a notamment rejeté, dans la mesure de 
sa recevabilité, la plainte formée par C. contre cette dernière décision (TPF 
BB.2006.118 et BB.2006.121).  
 
Le 8 février 2007, le MPC a déclaré irrecevable des demandes de constitu-
tion de partie civile déposées notamment par les sociétés B., et A. SA dont 
C. est l'ayant droit économique. Dans un arrêt du 15 mai 2007, la Cour de 
céans a déclaré irrecevables les plaintes de ces deux sociétés contre la 
décision précitée du MPC (BB.2007.14).  
 
 

B. Le 2 mai 2007, C. a déposé une plainte pénale pour faux témoignage 
contre H. et I., invoquant pour l'essentiel que leurs dépositions minimisaient 
de façon contraire à la réalité les montants dont il aurait été spolié ce qui a 
eu pour conséquence la suspension de la procédure contre son frère et de 
le faire passer pour avoir exagéré l'importance des droits et prétentions 
qu'il entendait exercer ou faire valoir dans ce cadre. 

 

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Dans un courrier du 23 octobre 2007, les sociétés B. et A. ont confirmé 
cette plainte pénale en déclarant s'y associer en qualité de tiers lésés et de 
victimes directes et ont déclaré vouloir se constituer partie civile dans la 
procédure. Le MPC a rejeté leurs requêtes respectives par deux décisions 
du 19 novembre 2007, arguant du fait qu'aucune des deux sociétés n'avait 
apporté d'élément pertinent et suffisant permettant de constater le préjudice 
qu'elles auraient subi en raison des déclarations incriminées et sans en 
préciser les incidences sur leurs intérêts pénalement protégés. Il a relevé 
par ailleurs que toute référence faite à la plainte pénale du 8 décembre 
2005 était vaine, cette dernière ayant été classée.  
 
 

C. Par actes distincts du 26 novembre 2007 (BB.2007.64 act. 1 et BB.2007.65 
act. 1) B. et A. se plaignent de ces décisions et concluent toutes deux à 
leur annulation, respectivement à leur réforme, en ce sens que leur consti-
tution de partie civile est admise. Elles invoquent avoir été directement lé-
sées par la suspension de la procédure contre D., laquelle a été décidée 
sur la base des dépositions contestées, en ce sens qu'elles n'y ont, en 
conséquence, pas pu faire valoir leurs droits et prétentions civiles.   

 
Dans sa réponse du 11 décembre 2007, le MPC conclut au rejet des plain-
tes avec suite de frais et dépens. 
 
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris 
si nécessaire dans les considérants en droit. 
 
 
 
 
La Cour considère en droit: 
 

1.  
1.1 La Cour des plaintes examine d’office et librement la recevabilité des plain-

tes qui lui sont soumises (ATF 132 I 140 consid. 1.1 p. 142; 131 I 153 
consid. 1 p. 156; 131 II 571 consid. 1 p. 573). 

1.2 Aux termes des art. 214 ss PPF (applicables par renvoi de l'art. 105bis al. 2 
PPF et en vertu de l'art. 28 al. 1 let. a LTPF), il peut être porté plainte 
contre les opérations ou les omissions du MPC. Lorsque la plainte 
concerne une opération du MPC, elle doit être déposée dans les cinq jours 
à compter de celui où le plaignant a eu connaissance de cette opération 
(art. 217 PPF). Les ordonnances attaquées, qui datent toutes deux du 
19 novembre 2007, ont été reçues le 21 novembre 2007, de sorte que les 

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plaintes déposées le 26 novembre 2007 l'ont été en temps utile. Les plai-
gnantes, auxquelles la qualité de partie civile est refusée, sont directement 
concernées par l'acte attaquée. Les deux plaintes sont donc recevables. 

1.3 Les plaintes déposées par les plaignantes portent sur un état de fait simi-
laire et sont dirigées contre deux décisions dont le contenu est identique. Il 
se justifie donc de joindre les causes et de statuer dans une seule et même 
décision. 

1.4 En présence de mesures non coercitives, la Cour des plaintes examine les 
opérations et les omissions du MPC avec un pouvoir de cognition restreint 
et se borne ainsi à examiner si l’autorité saisie de la cause a agi dans les 
limites de ses compétences ou si elle a excédé son pouvoir d’appréciation 
(TPF BB.2005.4 du 27 avril 2005 consid. 2). Dans le cas d'espèce, c'est 
donc avec un pouvoir de cognition limité que les griefs soulevés par les 
plaignantes seront analysés. 

 

2. Selon les plaignantes, c'est à tort que le MPC leur a dénié la qualité de par-
ties civiles. Elles soulignent qu'elles n'ont pu faire valoir leurs droits en tant 
que telles dans la procédure contre D. pour démontrer avoir subi un préju-
dice financier direct et important en raison de la fausseté des allégations 
des témoins, lesquelles auraient été déterminantes pour inciter le MPC à 
suspendre la procédure. Les dommages qu'elles invoquent avoir subi 
consistent, pour B., en la vente en 1995 de son seul actif, le navire "K." 
pour 18 millions USD, somme qui ne lui aurait jamais été rétrocédée 
(BB.2007.64 act. 1 p. 8) et, pour A., une perte de USD 28'000'000 subie en 
novembre de la même année dans des circonstances identiques, suite à la 
vente de son navire " L. ". Cette dernière soutient également qu'un montant 
de 12,374 millions USD a été débité de son compte le 15 décembre 1995 
pour être mis au crédit d'un titulaire inconnu au prétexte du remboursement 
d'un prêt (BB.2007.65 act. 1 p. 7, 8). Le MPC conteste pour sa part que les 
plaignantes aient suffisamment fait valoir quels dommages directs elles su-
bissaient en raison des témoignages contestés de H. et I. 

2.1 Aux termes de l'art. 34 PPF, sont considérées comme parties l'inculpé, le 
procureur général et tout lésé qui se constitue partie civile. La partie civile 
est en règle générale définie comme la personne qui est lésée de façon 
immédiate dans son bien juridique par un acte punissable et qui requiert la 
condamnation de l'auteur à des dommages et intérêts en réparation du pré-
judice que lui a causé l'infraction (PIQUEREZ, Traité de procédure pénale 
suisse, Genève - Zurich - Bâle 2006, p. 333 no 508). De jurisprudence et 
de doctrine constantes, seule la victime qui est atteinte de manière directe 

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dans ses intérêts juridiquement protégés par la commission d'une infraction 
peut se constituer partie civile et demander réparation du préjudice. La lé-
sion n'est immédiate que si le lésé ou ses ayants cause ont subi l'atteinte 
directement et personnellement, ce qui interdit aux tiers qui ne sont qu'indi-
rectement touchés (par contrecoup ou ricochet; dommage réfléchi) par un 
acte punissable de se constituer parties civiles (arrêt du Tribunal fédéral 
1P.620/2001 du 21 décembre 2001 consid. 2; PIQUEREZ, op. cit., p. 329 
no 507; SCHMID, Strafprozessrecht, Zurich - Bâle - Genève 2004, p. 165 
no 502). 

2.2 L'entrave à l'action pénale (art. 305 CP) est une infraction contre l'adminis-
tration de la justice. Tel est également le cas du faux témoignage (art. 307 
CP) qui tend à protéger l'administration de la justice dans sa recherche de 
la vérité. Indirectement, cette dernière disposition protège également les in-
térêts privés des personnes en cause, puisqu'il faut considérer comme lésé 
celui qui subit un désavantage causé par la commission de l'infraction 
(CORBOZ, Les infractions en droit suisse, volume II, Berne 2002, ad 307 
no 3 p. 556).  

Lorsque, comme c'est le cas ici, l’infraction en cause protège en première 
ligne l’intérêt collectif (par opposition aux droits individuels), les particuliers 
ne sont considérés comme des lésés que si leurs intérêts privés ont été ef-
fectivement touchés par les actes incriminés, pour autant que le dommage 
soit bien une conséquence directe de l'acte dénoncé (ATF 123 IV 184 
consid. 1c p. 188; ATF 120 Ia 220 consid. 3b p. 224; PIQUEREZ, op. cit., 
p. 329 no 507). L'intervenant doit rendre vraisemblable notamment un lien 
de causalité directe entre l'acte punissable et le préjudice subi (TPF 
BB.2005.51 du 12 décembre 2005 consid. 3.1). Pour qu’il existe un rapport 
de causalité naturelle entre un évènement et un comportement coupable, il 
faut que celui-ci en constitue la condition sine qua non (ATF 128 III 180 
consid. 2d p. 184 et les arrêts cités; ATF 121 IV 207 consid. 2a p. 212). Par 
ailleurs, le lésé doit être une personne physique ou morale et ses intérêts 
doivent être protégés pénalement. Ces conditions sont cumulatives (PI-
QUEREZ, op. cit., p. 328 no 507).  

2.3 Les plaignantes soutiennent qu'en raison des fausses dépositions de H. et 
I. et de l'ordonnance de suspension qui en est résulté, elles ont été privées 
de la possibilité de faire valoir leur droits et d'obtenir réparation dans le ca-
dre de la procédure contre D. Certes, et ainsi que l'a relevé la Cour dans 
ses précédents arrêts, les plaignantes pourraient avoir été lésées dans ce 
contexte. Elles oublient toutefois que, dans son arrêt du 23 mars 2007 
(BB.2006.118 et BB.2006.121), aujourd'hui définitif, la Cour a retenu que 
c'était avec raison que le MPC avait suspendu la procédure. Or, l'ordon-
nance de l'autorité de poursuite ne se basait pas, et de loin, seulement sur 

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les déclarations dont la fausseté est aujourd'hui alléguée par B. et A. Au 
contraire, pour décider de cette suspension, le MPC s'est notamment fondé 
sur l'analyse de la qualification des faits par les autorités grecques, l'ab-
sence d'organisation criminelle, l'existence d'un certificat d'hérédité et de 
pièces démontrant que certaines décisions ont été prises par les organes 
mêmes des sociétés ici directement concernées, ainsi que le poids de l'or 
retrouvé et les dépositions des témoins M. et N., lesquelles ont pesé de 
tout leur poids sans toutefois faire l'objet d'une plainte pénale. Tous ces 
aspects sont autant d’éléments qui ont contribué à la décision du MPC de 
ne pas poursuivre l'enquête. Au vu de ce qui précède, et contrairement à 
ce que prétendent les plaignantes, les témoignages dont elles contestent la 
véracité ne sont pas la raison sine qua non qui les ont empêchées de faire 
valoir leurs droits en tant que partie civile dans la procédure ouverte contre 
D.  

2.4 Il faut encore relever que, dans son arrêt BB.2007.14 rendu dans cette af-
faire (cf. consid. A), la Cour de céans a relevé que les plaintes de B. et A. 
contre le refus de constitution de parties civiles dans le cadre de la procé-
dure à l'encontre de D. auraient dû être rejetées dans la mesure où tant 
l'organisation criminelle que le blanchiment d'argent ne pouvaient être rete-
nus et que, dès lors, les infractions qui avaient pu être commises en 1995 
en relation avec les sociétés plaignantes devaient être prescrites (consid. 
2).   

2.5 La qualité de partie civile ne saurait dès lors être reconnue aux plaignantes 
dans la procédure pendante pour faux témoignage. Le MPC n’a donc pas 
fait preuve d’arbitraire en tranchant dans ce sens, de sorte que les plaintes 
doivent être rejetées. 

 

3. Les plaignantes, qui succombent, supporteront toutes deux les frais de la 
cause (art. 66 al. 1 LTPF applicable par renvoi de l'art. 245 al. 1 PPF), les-
quels seront fixés pour chacune d'elles à Fr. 1'500.-- (art. 3 du règlement 
du 11 février 2004 fixant les émoluments judiciaires perçus par le Tribunal 
pénal fédéral; RS 173.711.32), entièrement couverts par les avances de 
frais acquittées.  

 
 
 
 
 

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Par ces motifs, la Ire Cour des plaintes prononce: 
 
1. Les plaintes sont rejetées. 
 
2. Un émolument de Fr. 1'500.-- est mis à la charge de chacune des plaignan-

tes, le montant total de Fr. 3'000.-- étant réputé couvert par les avances de 
frais acquittées. 

 
 

Bellinzone, le 7 janvier 2008 
 
Au nom de la Ire Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président:   la greffière:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Laurent Moreillon et Me Michel Dupuis, avocats  
- Ministère public de la Confédération  
 
 
 
 
Indication des voies de recours 

Il n’existe pas de voie de recours ordinaire contre cet arrêt.