# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fb9ddaac-e54d-51bd-a919-80f5776d6508
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-12-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 17.12.2010 A/3716/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-3716-2010_2010-12-17.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENEVE 

 

POUVOIR JUDICIAIRE 
 

 

DCSO/550/10 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 

17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Commission de 

surveillance des Offices des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance 

en matière de poursuite pour dettes et faillite (art. 56R al. 3 LOJ). Il doit être déposé devant le 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les dix jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière 

de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). Le recours doit être rédigé dans 

une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens 

de preuve, et être signé (art. 42 LTF). 

 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU VENDREDI 17 DECEMBRE 2010 

Cause A/3716/2010, plainte 17 LP formée le 1
er

 novembre 2010 par N_______ SA, 
élisant domicile en l'étude de Me Blaise STUCKI, avocat, à Genève. 

 

Décision communiquée à : 

- N_______ SA 

domicile élu : Etude de Me Blaise STUCKI, avocat 
Schellenberg Wittmer 

 Rue des Alpes 15bis 
 Case postale 2088 
 1211 Genève 1 
 
 

- E_______ BV 

 
 

- Me M______, avocat 

 
 

- Office des poursuites 

 

 - 2 - 

E N   F A I T  

A.a. En date du 22 juillet 2010, N_______ SA, représentée par Me Blaise STUCKI, a 

obtenu le séquestre, à concurrence de 1'063'962 fr. 90 , de tous avoirs, espèces, 

valeurs, objets, titres, créances, comptes, dépôts fiduciaires, effets de change, 

métaux précieux, dépôts, coffres et autres biens de quelque nature et en quelque 

monnaie qu'ils soient, appartenant à E______ BV, société sise aux Pays-Bas, sous 

nom propre, désignation conventionnelle, numéro, prête-nom ou nom de tiers, en 

mains de BNP Paribas (Suisse) SA, 2, place de Hollande, 1211 Genève 11. 

 L'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a exécuté ce séquestre, enregistré sous 

n° 10 xxxx01 V, le 4 août 2010. 

 A cette même date, l'Office a rendu une décision, à teneur de laquelle il refuse de 

procéder à l'exécution de l'ordonnance de séquestre en tant qu'elle vise les avoirs 

inscrits "sous prête-nom ou nom de tiers".  

A.b. Par télécopie et pli simple du 5 août 2010, Me M______, conseil d'E______ BV, a 

prié l'Office de prendre note de son mandat et de lui transmettre copie de 

l'ordonnance et du procès-verbal de séquestre. Il joignait une procuration de cette 

dernière en sa faveur, laquelle contient une élection de domicile en son étude. 

 Le 30 août 2010, l'Office a communiqué aux parties, sous pli recommandé, le 

procès-verbal de séquestre. Selon les données de La Poste (Track & Trace), ce pli 

a été distribué dans la case postale de Me M______ le 31 août 2010. 

 Par courrier daté du 1
er

 septembre 2010 et reçu par l'Office le lendemain,           

Me M______ a écrit à l'Office en ces termes : "Par la présente, je vous informe 

que je ne suis plus consulté par la société E______ BV, Me Blaise Stucki, conseil 

de la société N_______ SA, me lit en copie". 

 Le 13 septembre 2010, N_______ SA a adressé à l'Office une réquisition de 

poursuite en validation du séquestre n° 10 xxxx01 V. 

 Par courriel du 8 octobre 2010, l'Office a demandé à Me M______ de lui 

confirmer qu'il avait "accepté l'élection de domicile en (son) étude concernant le 

procès-verbal de séquestre n°10 xxxx01 V". 

 Le précité a répondu, par courriel du 15 octobre 2010, comme suit : "Je vous 

confirme que nous ne sommes plus mandatés par cette société et que nous ne 

pouvons dès lors pas accepter l'élection de domicile en notre Etude concernant le 

procès-verbal de séquestre n°10 xxxx01 V". 

 Le 18 octobre 2010, l'Office a communiqué au conseil de N_______ SA, qui l'a 

reçu le 21 suivant, un nouveau procès-verbal de séquestre, sur lequel figurent, en 

page 3, sous "observations", les mentions suivantes : "2) Me M______, avocat, 

 

 - 3 - 

nous informe dans son courrier du 5 août 2010 que la société débitrice a élu 

domicile en son étude (…). 3) Cependant, en date du 1
er

 septembre 2010, celui 

(sic) nous informe ne plus être constitué ; partant, qu'il n'y a plus élection de 

domicile chez lui. 4) Prolongation du délai d'opposition à l'ordonnance de 

séquestre (articles 278 al. 1 et 33 al. 2 LP). Compte tenu du domicile du débiteur, 

le délai d'opposition à l'ordonnance de séquestre est prolongé à 20 jours". 

 Le 20 octobre 2010, l'Office a transmis aux autorités compétente des Pays-Bas 

une demande aux fins de notification à l'étranger du procès-verbal de séquestre   

n° 10 xxxx01 V et du commandement de payer, poursuite n° 10 xxxx38 Y. 

 Interpellé par l'Office le 28 octobre 2010, Me M______ a, par télécopie du         

1
er

 novembre 2010, répondu qu'il avait cessé de représenter les intérêts de la 

société débitrice dès le 26 août 2010. 

B. Par acte posté le 1
er

 novembre 2010, N_______ SA a formé plainte, assortie d'une 

demande d'effet suspensif, contre la décision de l'Office de procéder à la 

communication du procès-verbal de séquestre par l'entremise des autorités 

compétentes des Pays-Bas. Elle conclut à ce qu'il soit dit et constaté que la 

notification de cet acte est valablement intervenue le 1
er

 septembre 2010 en l'étude 

de Me M______ et que la procédure de notification aux Pays-Bas n'a plus lieu 

d'être. En substance, N_______ SA soutient que l'Office n'a été informé du retrait 

de Me M______ qu'en date du 3 septembre 2010, soit ultérieurement à la 

notification du procès-verbal de séquestre, laquelle est donc valablement 

intervenue le 1
er

 septembre 2010.  

 Par ordonnance du 4 novembre 2010, la Commission de céans a rejeté la demande 

d'effet suspensif et imparti à E______ BV, à Me M______ et à l'Office un délai au 

26 novembre 2010 pour se déterminer. 

 A réception de cette ordonnance, N_______ SA a adressé à la Commission de 

céans  un complément à sa plainte. Se référant aux art. 33 al. 3 et 34 al. 3 CO, elle 

fait valoir qu'E______ BV n'a fait connaître à l'Office la révocation des pouvoirs 

conférés à Me M______ que par courrier du 1
er

 septembre 2010, soit après que ce 

dernier a notifié le procès-verbal de séquestre ; partant, elle ne peut se prévaloir de 

cette prétendue révocation pour s'opposer à la notification de l'acte considéré à 

l'adresse de son conseil. 

 Dans son rapport, l'Office expose que, compte tenu de l'affirmation du mandataire 

du débiteur selon laquelle il avait cessé d'occuper dès le 26 août 2010 et ne 

pouvait dès lors accepter l'élection de domicile en son étude pour la 

communication du procès-verbal de séquestre, il y avait lieu d'avoir des doutes 

certains sur cette communication, qui fait courir le délai pour former opposition, 

et qu'il a donc procédé conformément à l'art. 66 al. 3 LP. L'Office conclut au rejet 

de la plainte. 

 

 - 4 - 

 Ni E______ BV, ni Me M______ n'ont répondu. 

 

E N   D R O I T  

1. La Commission de céans est compétente, en tant qu'autorité cantonale de 

surveillance (art. 13 LP ; art. 10 al. 1 et art. 11 al. 2 LaLP ; art. 56R al. 3 LOJ), 

pour connaître des plaintes dirigées contre des mesures des organes de l'exécution 

forcée ne pouvant être contestées par la voie judiciaire ou formées pour déni de 

justice ou retard injustifié (art. 17 al. 1 et 3 LP). La plainte doit être déposée dans 

les dix jours à compter de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure 

(art. 17 al. 2 LP). 

 La décision de l'Office de procéder à la communication du procès-verbal de 

séquestre par l'intermédiaire des autorités compétentes des Pays-Bas constitue une 

mesure sujette à plainte et la plaignante, poursuivante, a qualité pour agir par cette 

voie. 

 Formée dans le délai prescrit (le dernier jour du délai, soit le 31 octobre 2010, 

étant un dimanche, le délai expirait le lundi 1
er

 novembre 2010 ; art. 31 al. 3 LP), 

sa plainte sera déclarée recevable. 

2.a. A teneur de l'art. 276 al. 2 LP, l'office des poursuites notifie immédiatement une 

copie du procès-verbal de séquestre au créancier et au débiteur et informe les tiers 

dont les droits sont touchés par le séquestre. Cette notification est faite par lettre 

recommandée ou par remise directe contre reçu (art. 34 LP). 

2.b. L'art. 278 al. 1 LP dispose que celui dont les droits sont touchés par un séquestre 

peut former opposition auprès du juge du séquestre dans les dix jours dès celui où 

il en a eu connaissance. 

 Le jour duquel court ce délai est au plus tard celui où l'ordonnance de séquestre et 

le procès-verbal de séquestre, ou l'avis d'exécution du séquestre, sont 

communiqués, effectivement ou fictivement à l'intéressé. 

 Dans un arrêt publié aux ATF 135 III 232 (rés. in SJ 2009 I 279), le Tribunal 

fédéral a précisé que, contrairement à la doctrine et la jurisprudence genevoise - 

qui fait courir le délai  pour former opposition dès la connaissance du séquestre - 

seule la notification prescrite par la loi (art. 34 LP) procure la sécurité que 

l'intéressé a été informé du contenu de l'ordonnance de séquestre, de la portée 

exacte de la mesure et de la voie de droit existante (consid. 2). 

3. Les parties peuvent se faire représenter par un avocat (art. 27 al. 1 LP ; art. 3A  

let. c de la Loi réglementant la profession d'agent d'affaires - LPAA  - E 6 20). 

 

 - 5 - 

 Les rapports internes entre représentant et représenté sont régis par le droit privé 

(art. 33 ss CO). On l'applique également aux effets de la représentation avec les 

tiers. C'est ainsi que, dûment informée des pouvoirs du représentant, l'autorité ne 

saurait entrer en rapport à son insu directement avec le représenté. Ce principe a 

pour conséquence que sa violation ne peut avoir d'effets préjudiciables pour le 

représenté. Encore faut-il que l'administration en soit informée à temps. La preuve 

de la connaissance de l'acte communiqué par une autorité incombe à cette  

dernière (Pierre Moor, Droit administratif vol. II, 2
ème

 éd. 2002, p. 64 1.2.2.2 et   

p. 302 2.2.8.3). 

4. En l'espèce, il ressort de l'instruction de la cause qu'en date du 5 août 2010,       

Me M______, conseil de la débitrice, a transmis à l'Office une procuration de sa 

mandante, avec élection de domicile en son étude, et que le 31 du même mois 

copie du procès-verbal de séquestre a été distribué dans sa case postale. 

 Après avoir reçu, le 2 septembre 2010, un courrier, daté de la veille, de              

Me M______ l'informant qu'il n'était plus "consulté" par la société débitrice, 

l'Office a demandé au précité de lui confirmer "qu'il avait accepté l'élection de 

domicile en (son) étude concernant le procès-verbal de séquestre (…)".Me 

M______ a répondu par la négative et lui a fait savoir, ultérieurement, qu'il avait 

cessé de représenter les intérêts de la société débitrice dès le 26 août 2010. 

 Ainsi, il appert que l'Office a considéré qu'il y avait un doute quant à la validité de 

la notification du procès-verbal de séquestre en mains du mandataire et a 

formellement interpellé ce dernier à ce sujet. 

 L'avocat de la société débitrice ayant répondu qu'il n'acceptait pas l'élection de 

domicile en son étude en ce qui concerne cet acte de poursuite, force est en 

conséquence d'admettre, que, dans ces circonstances, l'Office, ne pouvait ni ne 

devait procéder autrement qu'en communiquant le procès-verbal de séquestre à la 

société débitrice domiciliée à l'étranger, conformément à l'art. 66 al. 3 LP, le délai 

pour former opposition à l'ordonnance de séquestre étant prolongé, en l'occurrence 

de vingt jours, en application de l'art. 33 al. l2 LP. Au demeurant, les intérêts de la  

plaignante ne sont pas compromis, l'opposition et le recours, ainsi que la 

procédure sur opposition et sur recours n'empêchant pas le séquestre, qui a été 

exécuté, de produire ses effets (art. 278 al. 4 LP). 

5. Des considérants qui précèdent, il s'ensuit que la plainte sera rejetée. 

 

 - 6 - 

 

P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 1
er

 novembre 2010 par N_______ SA contre la 

décision de l'Office des poursuites de procéder à la communication du procès-verbal de 

séquestre n° 10 xxxx01 V par l'intermédiaire des autorités compétentes des Pays-Bas.  

Au fond : 

1. La rejette. 

2. Déboute N_______ SA de toutes autres conclusions. 

 

 

Siégeant : Mme Ariane WEYENETH, présidente ; Mme Florence CASTELLA et                     
M. Didier BROSSET, juges assesseur(e)s.  

 

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 

Véronique PISCETTA      Ariane WEYENETH 

           Greffière :                         Présidente : 

 

 

 

 

 

La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par courrier 

recommandé aux autres parties par la greffière le