# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a0e700fa-b4cc-572e-ace7-f5e2fe7e15ef
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-12
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 12.01.2021 CR.2020.0048
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_CR-2020-0048_2021-01-12.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 12 janvier 2021

  
	
  Composition

  	
  M. Stéphane Parrone, président; M. Christian Michel et
  M. Marcel-David Yersin, assesseurs. 

  

 

	
  Recourante

  	
   

  	
   A.________ à
  ******** 

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Service des automobiles et de la
  navigation, à Lausanne   

  

   

 

	
  Objet

  	
      retrait de permis de
  conduire (admonestation)       

  
	
   

  	
  Recours A.________ c/ décision du Service des automobiles
  et de la navigation (retrait du permis de conduire)

  

 

Vu les faits suivants:

A.                    
Née en 1978, A.________ est titulaire depuis le 24 septembre 1998 d’un
permis de conduire pour les catégories A1, B, B1, BE, D1, D1E, F, G et M. Le 27
juin 2018, elle a fait l'objet d'une mesure d'avertissement.

B.                    
Alors qu'elle circulait au volant de sa voiture le 3 novembre 2019 vers 18h05
à Lausanne, chemin du Levant, A.________ a obliqué à gauche et heurté une borne
métallique rétro-réfléchissante (abeille), surmontée d'un signal routier. Le
rapport de la police du 3 novembre 2019 retient ceci à propos de cet évènement:

"Venant
de Chailly, au volant de sa voiture, Madame A.________ circulait dans la voie
gauche de présélection de l'avenue de Béthusy, soit celle canalisant les
usagers en direction du chemin du Levant. A l'intersection Béthusy + Levant, elle
obliqua à gauche. Lors de son déplacement à gauche, inattentive, elle ne
remarqua pas la présence de l'îlot séparateur de voie. C'est ainsi qu'elle
percuta avec l'avant de sa voiture, la borne métallique surmontée d'un signal
"contourner l'obstacle par la droite" (fig. 2.34 de l'OSR). Suite au
choc, elle s'immobilisa sur l'îlot."

Le rapport précise aussi notamment
que la visibilité était étendue et que la route était mouillée. Il mentionne la
présence d'un éclairage public et que la borne métallique a été endommagée. Il
retient une inattention et, à titre de qualification juridique, l'art. 3 al. 1
de l'ordonnance du 13 novembre 1962 sur les règles de la circulation routière
(OCR; RS 741.11).

C.                    
Par courrier du 16 janvier 2020, le Service des automobiles et de la
navigation (SAN) a indiqué à A.________ qu’il envisageait de prononcer une
mesure de retrait de permis de conduire pour l’infraction commise le 3 novembre
2019 à Lausanne qu'il qualifiait comme suit: "obliquer à gauche en
percutant une borne métallique en raison d'inattention avec accident".

A.________ s’est déterminée le 5 février 2020. S'agissant
des faits, elle précisait que, sous un temps de pluie, dans la soirée et à
l'arrêt, elle avait démarré de la sélection de gauche pour se rendre au chemin du
Levant et qu'elle avait alors heurté la borne métallique installée deux
semaines auparavant. Elle expliquait ne pas avoir vu cet ouvrage qui n'était
pas éclairé, que de nombreux accidents avaient eu lieu à cet endroit et qu'elle
estimait ne pas être responsable de cet accident car la visibilité de la borne
était inexistante.

Par courrier du 14 février 2020, le SAN a informé la
Préfecture de Lausanne de la suspension de la procédure administrative jusqu’à
droit connu sur la procédure pénale.

D.                    
Par ordonnance pénale du 11 juin 2020, le Préfet de Lausanne a condamné A.________
pour infraction simple à la loi fédérale du 19 décembre 1958 sur la circulation
routière (LCR; RS 741.01 [art. 3 al. 1 OCR, inattention]), à une amende de 150
fr., pour avoir eu un accident au volant de son véhicule avec inattention.

Il ressort de cette ordonnance pénale qu'A.________
avait été condamnée dans un premier temps par ordonnance pénale du 28 janvier
2020 et y a fait opposition. Après avoir entendu l'intéressée en audience, l'amende
a été réduite à 150 fr. au vu des circonstances: en effet, le Préfet mentionne
qu'outre la pluie et l'obscurité, la borne avait été récemment déplacée en
raison d'un réaménagement des lieux. L'ordonnance pénale du 11 juin 2020 annule
et remplace donc celle rendue le 28 janvier 2020.

E.                    
Le 8 juillet 2020, le SAN a informé A.________ de la reprise de la
procédure administrative à la suite de l'ordonnance pénale du 11 juin 2020. Le
SAN confirmait qu'il envisageait de prononcer une mesure de retrait du permis
de conduire en raison de l'inattention à la route et à la circulation avec
accident pour laquelle l'intéressée avait été condamnée pénalement. Un délai
lui était imparti pour la consultation du dossier et communiquer d'éventuelles
observations.

Par courrier du 28 juillet 2020, A.________
s'est déterminée. Elle a indiqué ne pas contester l'accident mais a relevé les
circonstances atténuantes (pluie et déplacement de la borne) retenues par le
Préfet. Elle a répété qu'elle ne s'estimait pas responsable de l'accident en
relevant la dangerosité de la borne et que le terme d'inattention était
inapproprié. Elle a également produit une série de photographies destinées à
prouver les accidents ayant eu lieu à cet endroit. Elle concluait en estimant
qu'un retrait de permis ne se justifiait pas.

F.                    
Par décision du 31 juillet 2020, le SAN a retiré le permis de conduire d'A.________
pour une durée d’un mois. Il a retenu un "accident au volant d'un véhicule
automobile en raison d'une inattention" et a qualifié l’infraction de légère
au sens de l’art. 16a LCR. Pour justifier de sa position, le SAN a considéré que
les observations présentées par l'intéressée n'excusaient ni n'atténuaient la
faute commise qui devait être sanctionnée par une mesure administrative. Le
conducteur doit rester constamment maître de son véhicule de façon à se
conformer aux devoirs de la prudence (art. 31 LCR) L'autorité administrative
tenait pour établis les faits retenus dans le cadre de la procédure pénale. Le
SAN a précisé qu'il tenait compte de l'ensemble des circonstances et prononçait
une mesure dont la durée correspondait au minimum légal compte tenu de la
mesure administrative prononcée le 26 juin 2018.

Le 27 août 2020, A.________ a déposé une réclamation
contre la décision du 31 juillet 2020. La réclamation reprend dans ses grandes
lignes les déterminations déposées le 28 juillet 2020.

G.                   
Par décision sur réclamation du 12 octobre 2020, le SAN a rejeté la
réclamation et confirmé en tout point la décision rendue le 31 juillet 2020. Il
a précisé qu’il était tenu, en vertu de la jurisprudence constante du Tribunal
fédéral, de reprendre les faits établis par l’autorité pénale. Après avoir
rappelé les dispositions des art. 16a al.1 et al. 3 LCR et 3 al. 1 OCR, le SAN
a précisé que la réalisation d’une infraction légère, moyenne ou grave
dépendait toujours de la mise en danger du trafic et de la faute. Il a relevé
que la faute de l'intéressée consistait à n'avoir nullement prêté attention à
la route, dès lors qu'elle n'avait pas été en mesure d'éviter un îlot
séparateur de voie, soit un élément fixe, placé visiblement sur la chaussée.
Quand bien même d'autres accidents se seraient produits au même endroit, elle
ne pouvait en tirer parti pour atténuer la faute qui lui est imputable: elle ne
vouait pas l'attention requise de tout conducteur qui circule en ville, de
surcroît en fin de journée et par temps de pluie. La faute devait être qualifiée
pour le moins de légère et l'inattention de l'intéressée s'était manifestée
concrètement de manière significative, puisque son véhicule avait dévié de sa
trajectoire et était venu percuter avec force une borne, nécessitant le
dépannage dudit véhicule; la mise en danger créée ne saurait être qualifiée de
particulièrement légère.

H.                    
Par acte du 9 novembre 2020, A.________ (ci-après: la recourante) a
déposé un recours auprès de la Cour de droit administratif et public du
Tribunal cantonal en concluant à ce qu’aucune mesure administrative ne soit
prononcée à son encontre en application de l’art. 16a al. 4 LCR.

Le SAN (ci-après: l’autorité intimée) a, le 7
décembre 2020, conclu au rejet du recours, en se référant aux considérant de la
décision attaquée et précisant n’avoir pas d'autres déterminations à présenter.
L’autorité intimée a déposé son dossier.

La Cour a statué par voie de circulation.

 

Considérant en droit:

1.                     
Déposé dans le délai de trente jours fixé par l’art. 95 de
la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV
173.36), le recours est intervenu en temps utile. Il respecte au surplus les conditions
formelles énoncées à l’art. 79 LPA-VD.

2.                     
a) En principe, l'autorité administrative statuant sur un
retrait du permis de conduire ne peut pas s'écarter des constatations de fait
d'un jugement pénal entré en force. La sécurité du droit commande en effet
d'éviter que l'indépendance du juge pénal et du juge administratif ne conduise
à des jugements opposés, rendus sur la base des mêmes faits (ATF 137 I 363
consid. 2.3.2 p. 368 et les réf. cit.; TF 1C_657/2015 du 12 février 2016
consid. 2.1). L'autorité administrative ne peut s'écarter du jugement pénal que
si elle est en mesure de fonder sa décision sur des constatations de fait
inconnues du juge pénal ou qui n'ont pas été prises en considération par
celui-ci, s'il existe des preuves nouvelles dont l'appréciation conduit à un
autre résultat, si l'appréciation à laquelle s'est livré le juge pénal se
heurte clairement aux faits constatés, ou si le juge pénal n'a pas élucidé
toutes les questions de droit, en particulier celles qui touchent à la
violation des règles de la circulation (ATF 139 II 95 consid. 3.2 p. 101;
TF 1C_657/2015 précité consid. 2.1). 

Ce qui précède vaut non seulement lorsque le
jugement pénal a été rendu au terme d'une procédure publique ordinaire au cours
de laquelle les parties ont été entendues et des témoins interrogés, mais
également, à certaines conditions, lorsque la décision a été rendue à l'issue
d'une procédure sommaire, même si la décision pénale se fonde uniquement sur le
rapport de police (ATF 123 II 97 consid. 3c/aa; TF 1C_274/2010 du 7 octobre
2010 consid. 2.1; arrêt CR.2016.0038 du 7 octobre 2016 consid. 3b/aa). Il en va
notamment ainsi lorsque la personne impliquée savait ou aurait dû prévoir, en
raison de la gravité des faits qui lui sont reprochés, qu'une procédure de retrait
de permis serait ouverte à son encontre, et qu'elle a néanmoins omis de faire
valoir ses droits ou y a renoncé. Dans de telles circonstances, la personne
concernée ne peut pas attendre la procédure administrative pour présenter ses
éventuels requêtes et moyens de défense; au contraire, elle est tenue, selon
les règles de la bonne foi, de les faire valoir lors de la procédure pénale
(sommaire) et d'épuiser les moyens de recours mis à sa disposition. Elle ne
peut pas attendre la procédure administrative pour exposer ses arguments (ATF
123 II 97 consid. 3c/aa p. 104; 121 II 214 consid. 3a p. 217; arrêt
CR.2016.0038 précité consid. 3b/aa).

Enfin si les faits retenus au pénal lient en
principe l'autorité et le juge administratif, il en va différemment des questions
de droit, en particulier de l'appréciation de la faute et de la mise en danger
(TF 1C_512/2017 du 28 février 2018 consid. 3.4 et les références). On ne
saurait dès lors exclure le prononcé d'une mesure administrative pour
infraction grave – ou a fortiori moyennement grave – du seul fait de
l'existence d'une condamnation pénale pour infraction simple selon l'art. 90
al. 1 LCR (TF 1C_146/2015 du 7 septembre 2015 consid. 2.2).

b) Au plan des faits, il convient par conséquent de
retenir que, en raison d'une inattention, la recourante a provoqué un accident
ayant entraîné des dommages matériels. Cet accident est intervenu par temps de
pluie et alors que la nuit était tombée. La borne endommagée avait été
récemment déplacée en raison d'un réaménagement des lieux.

3.                     
a) Aux termes de l’art. 31 al. 1 LCR, le conducteur devra
rester constamment maître de son véhicule de façon à pouvoir se conformer aux
devoirs de prudence. L’art. 3 al. 1 OCR précise que le conducteur vouera son
attention à la route et à la circulation, qu’il évitera toute occupation qui
rendrait plus difficile la conduite du véhicule et qu’il veillera en outre à ce
que son attention ne soit distraite, notamment, ni par un appareil reproducteur
de son ni par un quelconque système d’information ou de communication.

b) La LCR distingue entre les
infractions légères, moyennement graves et graves (art. 16a à 16c LCR). Commet
une infraction légère notamment la personne qui, en violant les règles de la
circulation routière, met légèrement en danger la sécurité d'autrui alors que
seule une faute bénigne peut être imputée (art. 16a al. 1 let. a LCR). Après
une infraction légère, le permis de conduire est retiré pour un mois au moins
au conducteur qui a fait l'objet d'un retrait de permis ou d'une autre mesure
administrative au cours des deux années précédentes (art. 16a al. 2 LCR). L'auteur
d'une infraction légère fait l'objet d'un avertissement si, au cours des deux
années précédentes, le permis de conduire ne lui a pas été retiré et qu'aucune
autre mesure administrative n'a été prononcée (art. 16a al. 3 LCR). En cas
d'infraction particulièrement légère, il est renoncé à toute mesure
administrative (art. 16a al. 4 LCR). 

Commet une infraction moyennement
grave notamment la personne qui, en violant les règles de la circulation, crée
un danger pour la sécurité d'autrui ou en prend le risque (art. 16b al. 1 let.
a LCR). Après une infraction moyennement grave, le permis de conduire est
retiré pour un mois au minimum (art. 16b al. 2 let. a LCR).  Après une infraction
moyennement grave, le permis de conduire est retiré pour un mois au minimum.

Commet une infraction grave selon
l'art. 16c al. 1 let. a LCR la personne qui, en violant gravement les règles de
la circulation, met sérieusement en danger la sécurité d'autrui ou en prend le
risque. Le permis de conduire est retiré pour trois mois au minimum après une
infraction grave (art. 16c al. 2 let. a LCR). 

Le législateur conçoit l'art. 16b al.
1 let. a LCR comme l'élément dit de regroupement. Cette disposition n'est ainsi
pas applicable aux infractions qui tombent sous le coup des art. 16a al. 1 let.
a ou 16c al. 1 let. a LCR. Dès lors, l'infraction est toujours considérée comme
moyennement grave lorsque tous les éléments constitutifs qui permettent de la
privilégier comme légère ou au contraire de la qualifier de grave ne sont pas
réunis. Tel est par exemple le cas lorsque la faute est grave et la mise en
danger bénigne ou, inversement, si la faute est légère et la mise en danger
grave (ATF 136 II 447 consid. 3.2; 135 II 138 consid. 2.2.2; arrêts TF
1C_766/2013 du 1er mai 2014 consid. 3.1; 6A.16/2006 du 6 avril
2006 consid. 2.1.1, in JT 2006 I 442; cf. aussi arrêts CDAP CR.2016.0059
du 29 mars 2017 consid. 3b; CR.2016.0023 du 21 novembre 2016
consid. 2a).

Pour statuer sur la gravité du cas, il
faut tenir compte de la faute commise et examiner l’importance de la mise en
danger de la sécurité du trafic.

c) De manière générale, une faute
particulièrement légère, au sens de l'art. 16a al. 4 LCR, est donnée lorsqu'un
incident routier paraît être plus la conséquence d'un coup du sort que d'une
véritable faute du conducteur. Elle correspond en principe à l'élément
subjectif qui caractérise le cas de très peu de gravité de l'art. 100 ch. 1
deuxième phrase LCR, soit une bagatelle pour laquelle même une amende très
modérée apparaîtrait non appropriée et trop dure. Dans un tel cas de figure,
c'est généralement au regard de l'ensemble des circonstances extérieures que la
faute de l'auteur doit apparaître particulièrement légère, une telle faute
n'étant normalement pas donnée en cas de violation d'une règle fondamentale. A
ainsi été qualifié de faute très légère notamment le fait de dépasser un
véhicule mal stationné en franchissant une ligne de sécurité après s'être
assuré qu'aucun véhicule ni piéton ne se trouvaient aux alentours (Mizel, Droit
et pratique illustrée du retrait du permis de conduire, Berne 2015, pp. 337-339
et les références citées).

La faute légère correspond à une
négligence légère. Un tel cas de figure est par exemple donné lorsque les
conditions de circulation sont bonnes, n'inclinant pas un conducteur moyen -
c'est à dire normalement prudent - à une vigilance particulière, et qu'une
infraction survient malgré tout à la suite d'une inattention. La faute peut
ainsi être légère si l'infraction n'est que l'enchaînement de circonstances
malheureuses, ou lorsque seule une légère inattention, ne pesant pas lourd du
point de vue de la culpabilité, peut être reprochée au conducteur, lequel a
fondamentalement adopté un comportement routier juste. Plus généralement, une
faute légère est donnée lorsque le conducteur a pris conscience du danger
spécifique et a adapté sa vitesse et sa vigilance en conséquence, mais non pas
suffisamment du fait d'une mauvaise appréciation compréhensible du point de vue
d'un conducteur moyen. En dernière analyse, la faute légère représente souvent
un comportement qui, sans être totalement excusable, bénéficie des
circonstances atténuantes, voire relève carrément d'une certaine malchance
(Mizel, op. cit., pp. 340-342 et les références citées).

4.                     
En l’espèce, le tribunal n'a pas de raison de
remettre en cause la version de la recourante qui indique qu'elle démarrait à
faible vitesse et qu'aucun piéton n'a été concrètement mis en danger le soir en
question. On peut également retenir comme évoqué ci-dessus que la borne métallique
venait d'être déplacée et que le temps était sombre et pluvieux. 

Il n'en demeure pas moins que la
recourante n'a pas prêté une attention suffisante à la route, dès lors qu'elle
n'a pas vu et qu'elle n'a pas été en mesure d'éviter un îlot séparateur de
voie, soit un élément fixe, placé visiblement sur la chaussée. Comme déjà évoqué, selon l'art. 31 al. 1 LCR et l'art. 3 al. 1 OCR, le
conducteur doit rester constamment maître de son véhicule de façon à pouvoir se
conformer aux devoirs de la prudence. Le conducteur doit ainsi porter à la
route et au trafic toute l'attention possible. Cette attention implique que
l'intéressé soit en mesure de parer rapidement aux dangers qui menacent la vie,
l'intégrité corporelle ou les biens matériels d'autrui (André Bussy et al.,
Code suisse de la circulation routière commenté, Bâle 2015, 4ème éd., ch. 2 ss
ad art. 31 LCR). Le degré de l'attention requise par
l'art. 3 al. 1 OCR s'apprécie au regard des circonstances d'espèce, telles que
la densité du trafic, la configuration des lieux, l'heure, la visibilité et les
sources de danger prévisibles (ATF 137 IV 290 consid. 3.6 et les références
citées; cf. aussi arrêts TF 6B_894/2016 du 14 mars 2017 consid. 3.1;
6B_108/2015 du 27 novembre 2015 consid. 3; 6B_909/2014 du 21 mai 2015 consid.
2.1).

En l'occurrence, la borne métallique endommagée
se trouvait surélevée sur un îlot en béton à proximité immédiate de passages
piétons et de feux de signalisation, comme les démontrent les photographies
figurant au dossier. Dans la mesure où la recourante indique ne pas avoir vu
cet ouvrage, il faut retenir qu'elle n'a pas voué l'attention requise pour un
conducteur circulant dans un carrefour fréquenté du centre-ville et dans une
zone de trafic, en fin de journée, par temps de pluie et alors que la
visibilité n'était pas optimale. Ces conditions de circulation, devaient
incliner le conducteur moyen à faire preuve d'une prudence et d'une vigilance
particulières. On rappellera que la mise en danger prise en considération par
les art. 16a ss LCR concerne la sécurité "d'autrui ", à savoir les
piétons, les passagers et les conducteurs des autres véhicules. A cet égard,
l'accident est survenu alors que le secteur était selon les déclarations de la
recourante vide. Il n'est toutefois pas exclu qu'un piéton ou qu'un cycliste
ait pu se trouver à proximité, même si la distraction dont
elle a fait preuve ne s'est pas manifestée concrètement, en ce sens qu'elle n'a
apparemment pas mis en danger d'autres usagers de la route. Le fait que d'autres accidents se seraient produits au même endroit ne
modifie pas la faute de l'intéressée, qu'on ne peut considérer comme une
bagatelle. Une légère mise en danger
abstraite doit être retenue. La recourante relève que la borne n'était pas
éclairée. Le rapport de police du 3 novembre 2019 mentionne pourtant la
présence d'un éclairage public, ce que les photographies figurant au dossier tendent
à attester.

5.                     
S'agissant de l'appréciation de la faute commise par
la recourante, c'est donc à juste titre que l'autorité intimée a retenu que, si
l'intéressée avait agi par négligence, sa faute ne pouvait cependant pas être
qualifiée de particulièrement légère, dès lors qu'il lui appartenait, compte
tenu justement de la situation singulière, de faire preuve d'une attention
accrue à la circulation et à la signalisation.

Au demeurant, l'autorité pénale n'a
pas non plus considéré qu'il s'agissait d'un cas de très peu de gravité, dès
lors qu'elle n'a pas exempté la recourante de toute peine comme le prévoit
l'art. 100 ch. 1 deuxième phrase LCR, mais qu'elle l'a condamnée pour violation
simple des règles de la circulation routière (art. 90 ch. 1 LCR).

Dans ces circonstances, on ne saurait
considérer le cas comme étant de très peu de gravité au sens de l’art. 16a al.
4 LCR et renoncer au prononcé d’une mesure administrative. Il convient ainsi de
confirmer l’appréciation de l’autorité intimée qualifiant l’infraction commise
par la recourante de légère au sens de l’art. 16a al. 1 let. a LCR.

6.                     
En ayant commis une infraction légère moins de deux
ans après avoir fait l'objet d’une mesure d'avertissement, la recourante tombe
sous le coup de l’art. 16a al. 2 LCR qui prévoit un retrait du permis de
conduire d’un mois au moins. 

Comme le relève à juste titre
l'autorité intimée il n'y a pas lieu de discuter dans la présente procédure de
la mesure d'avertissement rendue à son encontre le 27 juin 2018 qui
ne peut plus faire l'objet de contestations. La décision attaquée s’en tenant à
la durée minimale, elle échappe à la critique.

7.                     
Il résulte des considérants qui précèdent que le
recours doit être rejeté et la décision attaquée confirmée. La date limite
fixée par la décision attaquée pour l’exécution du retrait de permis étant
aujourd’hui échue, il appartiendra au SAN de fixer un nouveau délai à la
recourante pour le dépôt de son permis de conduire.

La recourante, qui succombe, supporte
les frais de justice (art. 49 al. 1 et 91 LPA-VD). Il n’est pas alloué de
dépens (art. 55 et 56 al. 3 LPA-VD).

 

 

 

Par ces motifs

 la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

 

I.                      
Le recours est rejeté.

II.                     
La décision sur réclamation rendue le 12 octobre 2020 par le Service des
automobiles et de la navigation est confirmée.

III.                   
Un émolument de justice de 600 (six cents) francs est mis à la charge de
la recourante.

IV.                   
Il n’est pas alloué de dépens

 

Lausanne,
le 12 janvier 2021

 

 

                                                          Le
président:

 

 

                                                                                                                  

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint ainsi qu'à l'Office fédéral des routes (OFROU). 

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000
Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des
articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS
173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss
LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la décision
attaquée.