# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c2fa033d-4558-58d4-99e1-2c19b17d8f03
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2012-12-19
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 19.12.2012 BB.2012.75
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BB-2012-75_2012-12-19.pdf

## Full Text

Décision du 19 décembre 2012 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, prési-

dent, Tito Ponti et Patrick Robert-Nicoud,  

la greffière Clara Poglia  

   

Parties  A. AG, 

 

recourante 

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 

 

intimé 

 

   

Objet  Séquestre (art. 263 ss CPP) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro de dossier: BB.2012.75 

 

 

 

- 2 - 

 

 

 

Faits: 

 

A. Le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) diligente depuis 

juillet 2009 une instruction pénale à l'encontre de B., C. et consorts pour 

blanchiment d'argent (art. 305
bis

 CP), faux dans les titres (art. 251 CP) et 

faux dans les certificats (art. 252 en relation avec l'art. 255 CP). La préven-

tion de corruption d'agents publics étrangers (art. 322
septies

 CP), initialement 

reprochée à ces derniers, a été classée par ordonnance du 19 mai 2011. 

La procédure à leur encontre a été étendue également à l'infraction d'abus 

de confiance aggravé (art. 138 CP), subsidiairement, de gestion déloyale 

aggravée (art. 158 ch. 2 CP). Le 8 septembre 2009, la procédure a en ou-

tre été notamment étendue à D. (alias de E.) pour les infractions de blan-

chiment d'argent qualifié (art. 305
bis 

ch. 2 CP), faux dans les titres et faux 

dans les certificats. 

 

B. Dans ce contexte, le MPC a rendu, en date du 5 avril 2012, une ordonnan-

ce intitulée «Ordonnance de séquestre et obligation de dépôt» laquelle in-

diquait comme objets séquestrés trois coffres no. 1, 2 et 3 détenus par A. 

AG, société dont B. est actionnaire et administrateur, auprès de la banque 

F. à Küsnacht. Ladite autorité ordonnait en outre la production des docu-

ments y relatifs (act. 4.1). Le 25 avril 2012, A. AG a interjeté recours auprès 

de la Cour de céans à l'encontre de ce prononcé (procédure BB.2012.56, 

act. 1). Par décision du 11 mai 2012, ledit recours a été déclaré irrecevable 

(décision du Tribunal pénal fédéral BB.2012.56). Cette Cour avait considé-

ré que, d'une part, l'ordre de production des documents relatifs aux trois 

coffres ne pouvait pas faire l'objet d'un recours, en application de la juris-

prudence constante rendue en la matière, et que, d'autre part, contraire-

ment au libellé de l'ordonnance attaquée, le MPC n'avait pas procédé au 

séquestre des coffres litigieux mais n'avait ordonné qu'une mise en sûreté 

de leur contenu, phase préalable à la perquisition de ceux-ci. Etant donné 

que cette mise en sûreté pouvait être assimilée à la mise sous scellés de 

papiers suite à l'opposition manifestée par le détenteur à l'encontre de la 

perquisition (art. 248 CPP) et qu'il n'existe pas, dans ce domaine, de voies 

de recours entre le moment où les papiers sont mis sous scellés et placés 

en lieu sûr et celui où la perquisition devient effective, ce pan du recours 

devait également être déclaré irrecevable. 

 

C. Après avoir sollicité A. AG, à plusieurs reprises et sans succès, pour que 

celle-ci lui communique ses disponibilités de présence en vue de l'ouvertu-

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re des coffres, le MPC a procédé, le 22 mai 2012, à la perquisition de ceux-

ci (act. 4.2; 4.4; 4.5 et 4.6). Lors de cette perquisition, les objets et docu-

ments contenus dans le coffre ont été mis sous scellés et un montant de 

EUR 150'000.--, soit trois liasses de billets de EUR 500.-- pour un montant 

total de EUR 50'000.-- chacune, a été saisi par voie d'ordonnance de sé-

questre du 23 mai 2012 (act. 4, p. 2 et act. 1.1).  

 

D. Contre cette ordonnance, A. AG a interjeté un recours auprès de la Cour 

de céans en date du 4 juin 2012 (act. 1). Elle y a conclu, en substance et 

sous suite de frais et dépens, à la constatation du caractère illicite et abusif 

de l'ordonnance querellée ainsi qu'à l'annulation de celle-ci. 

 

E. Par réponse du 29 juin 2012, le MPC a conclu au rejet du recours dans la 

mesure de sa recevabilité et à la mise des frais à la charge de la recouran-

te (act. 4). Appelée à répliquer, cette dernière a persisté dans ses conclu-

sions par écriture du 16 juillet 2012 (act. 6). 

 

Les arguments et moyens de preuve des parties, seront repris, si nécessai-

re, dans les considérants en droit.  

 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1  En tant qu’autorité de recours, la Cour des plaintes examine avec plein 

pouvoir de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis (Mes-

sage relatif à l’unification du droit de la procédure pénale du 21 dé-

cembre 2005, FF 2006 1057, 1296 i.f.; STEPHENSON/THIRIET, Commentaire 

bâlois, Schweizerische Strafprozessordnung, ci-après: Commentaire bâ-

lois, n
o
 15 ad art. 393; KELLER, Kommentar zur Schweizerischen Strafpro-

zessordnung [StPO], [Donatsch/Hansjakob/Lieber, éd.], ci-après: Kommen-

tar StPO, n
o
 39 ad art. 393; SCHMID, Handbuch des schweizerischen Straf-

prozessrechts, Zurich, Saint-Gall 2009, n
o
 1512). 

1.2 Les décisions du MPC peuvent faire l'objet d'un recours devant la Cour de 

céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et 37 al. 1 LOAP en lien avec l'art. 19 al. 1 

du règlement sur l'organisation du Tribunal pénal fédéral [ROTPF; 

RS 173.713.161]. Le recours contre les décisions notifiées par écrit ou ora-

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lement est motivé et adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l'autorité 

de recours (art. 396 al. 1 CPP). Aux termes de l'art. 393 al. 2 CPP, le re-

cours peut être formé pour violation du droit, y compris l'excès et l'abus du 

pouvoir d'appréciation, le déni de justice et le retard injustifié (let. a), la 

constatation incomplète ou erronée des faits (let. b) ou l'inopportunité 

(let. c). Interjeté le 4 juin 2012 à l'encontre d'une décision notifiée le 24 mai 

2012, le recours a été formé en temps utile.  

1.3  

1.3.1 Le recours est recevable à la condition que le recourant dispose d'un inté-

rêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification de la décision 

entreprise (art. 382 al. 1 CPP). Le recourant doit avoir subi une lésion, soit 

un préjudice causé par l'acte qu'il attaque et doit avoir un intérêt à l'élimina-

tion de ce préjudice. Un intérêt juridiquement protégé doit être reconnu à 

celui qui jouit sur les valeurs confisquées d'un droit de propriété ou d'un 

droit réel limité (notamment un droit de gage; arrêt du Tribunal fédéral 

1B.94/2012 du 2 avril 2012, consid. 2.1). Tel n'est en revanche pas le cas 

du tiers ne bénéficiant sur l'objet confisqué que de droits personnels (bail, 

prêt, mandat, créance, etc.; arrêt du Tribunal fédéral 6S.667/2000 du 19 fé-

vrier 2001, consid. 2c, rendu en relation avec l'art. 270 let. h de l'ancienne 

loi fédérale sur la procédure pénale mais dont les principes restent applica-

bles, cf. arrêt 1B.94/2012 susmentionné, consid. 2.1).  

1.3.2 En l'occurrence, la recourante affirme dans ses écritures que les espèces 

dont elle conteste le séquestre ne lui appartiennent pas et qu'elles seraient 

la propriété de l'un de ses clients (act. 1, p. 4, 7 et 8). Pour sa part, le MPC 

ne soutient pas le contraire et indique que l'identité de l'ayant droit écono-

mique et l'origine des fonds n'ont pas pu en l'état être établies. Il annexe en 

outre à son écriture un rapport de la Division Enquêtes, Commissariat I 

Lausanne, de la Police judiciaire fédérale du 26 juin 2012 lequel aboutit à la 

conclusion qu'il est impossible de retracer le cheminement des billets de 

banque (act. 4.13). 

 Dans ces conditions, il y a dès lors lieu de considérer que la recourante, 

n'étant pas propriétaire des fonds et les détenant en vertu, vraisemblable-

ment, d'un contrat de fiducie ou de mandat, n'a pas d'intérêt juridique et ne 

dispose dès lors pas de la qualité pour recourir à l'encontre de l'ordonnan-

ce de séquestre du MPC. Sa qualité de détentrice des coffres litigieux ne 

saurait infirmer cette conclusion. 

1.3.3 Le recours est partant irrecevable.  

Au vu du sort de la cause, les griefs de la recourante relatifs à l'illicéité de 

la mesure de séquestre querellée ou à l'absence de bien-fondé de celle-ci 

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peuvent demeurer irrésolus. Il sied néanmoins de préciser que l'interpréta-

tion faite par celle-ci de la décision de la Cour de céans du 11 mai 2012 

dans la cause BB.2012.56 ne correspond en rien au texte de ce prononcé. 

En effet, contrairement à ce que soutient la recourante (act. 1, p. 2), cette 

Cour n'a nullement retenu que l'ordonnance de séquestre rendue par le 

MPC le 5 avril 2012 constituait une mise sous scellés mais elle s'est limitée 

à affirmer que la situation juridique relative à l'existence d'une voie de re-

cours à l'encontre d'une mise en sûreté du contenu des coffres, respecti-

vement, de la mise sous scellés de celui-ci était assimilable.  

 

2. Selon l'art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont mis à la 

charge des parties dans la mesure où elles obtiennent gain de cause ou 

succombent. Vu l'issue de la procédure, la recourante qui succombe se voit 

mettre à sa charge les frais qui se limiteront en l'espèce à un émolument de 

CHF 1'500.-- , conformément à l'art. 8 du Règlement du Tribunal pénal fé-

déral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure pé-

nale fédérale (RFPPF; RS 173.713.612). 

 

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Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est irrecevable. 

 

2. Un émolument de CHF 1'500.-- est mis à la charge de la recourante. 

 

 

Bellinzone, le 20 décembre 2012 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- A. AG 

- Ministère public de la Confédération 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les décisions de la Cour des plaintes relatives aux 
mesures de contrainte sont sujettes à recours devant le Tribunal fédéral (art. 79 et 100 al. 1 de la 
loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; LTF). La procédure est réglée par les art. 90 ss 
LTF. 

Le recours ne suspend l’exécution de la décision attaquée que si le juge instructeur l’ordonne 
(art. 103 LTF).