# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 98e57944-682b-53fe-92f6-45c5092f7382
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-02-15
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 15.02.2024 S2 21 111
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_S2-21-111_2024-02-15.pdf

## Full Text

S2 21 111 

 

 

ARRET DU 15 FÉVRIER 2024 

 

Tribunal cantonal du Valais 

Cour des assurances sociales 

 

Composition : Candido Prada, président ; Frédéric Fellay et Christophe Joris, juges ; 

Anaïs Mottiez, greffière 

 

en la cause 

 

X _________, recourant, représenté par Maître Michel De Palma, avocat, Sion 

 

contre 

 

CAISSE NATIONALE SUISSE D'ASSURANCE EN CAS D'ACCIDENTS (CNA), 

intimée, représentée par Maître Didier Elsig, avocat, Lausanne 

 

(art. 6 et 36 LAA ; diagnostic et causalité naturelle et adéquate d’un syndrome 

douloureux régional complexe) 

  

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Faits 

 

A.  X _________, ressortissant polonais né le xx.xx1 1979, marié et père de trois enfants, 

dont deux mineurs, a effectué sa scolarité obligatoire en Pologne, où il a également suivi 

une formation de maçon/coffreur. Arrivé en Suisse en 2010, il y a obtenu les permis de 

ponts roulants, de cariste et de grutier. Dès le 10 juin 2019, il a travaillé en tant qu’ouvrier 

de la construction (grutier) à un taux de 100% auprès de l’entreprise A _________ SA, 

à B _________ (pièces CNA 1 et 73). A ce titre, il était assuré contre le risque d’accidents 

professionnels et non professionnels auprès de la Caisse nationale suisse d’assurance 

en cas d’accidents (ci-après : CNA).  

B.  Le 15 juin 2020, l’assuré a glissé sur une marche en descendant un échafaudage et 

a chuté vers l’arrière avec réception sur la main gauche en extension, avant qu’une barre 

à mine de 15 kg lui tombe sur la face dorsale de la main (pièces CNA 1, 7 et 10). En 

raison de fortes douleurs, il a été pris en charge le jour même aux urgences de  

C _________, où une probable fracture du scaphoïde gauche a été diagnostiquée. Une 

IRM du poignet gauche réalisée le 30 juin suivant a toutefois permis d’exclure une 

fracture des os du carpe (pièces CNA 7 et 16). 

Le 2 juillet 2020, la CNA a garanti à l’intéressé le versement des prestations d’assurance 

pour les suites de l’accident professionnel du 15 juin précédent et lui a reconnu un droit 

à une indemnité journalière de 228 fr. 10, au plus tôt dès le 18 juin 2020 (pièce CNA 8).  

Une radiographie du poignet gauche effectuée le 1er septembre 2020 a confirmé 

l’absence de lésion traumatique osseuse ou articulaire (pièce CNA 22). 

Dans un rapport du 8 septembre 2020, la Dresse D _________, cheffe de clinique 

adjointe à C _________, a relevé que l’assuré allait mieux malgré la persistance de 

douleurs en regard du scaphoïde en face palmaire, surtout à la flexion du poignet et à la 

palpation (pièce CNA 20).  

Le 29 octobre 2020, la Dresse E _________, spécialiste FMH en chirurgie de la main et 

orthopédie, a posé les diagnostics de contusion des faces palmaires et dorsales de la 

main gauche ainsi que de suspicion de souffrance du nerf médian au tunnel carpien 

post-traumatique gauche. Elle a relevé que l’évolution était globalement favorable avec 

une nette diminution des douleurs de la main, une mobilisation digitale complète et une 

absence d’œdème, mais qu’il subsistait un manque de force et une acroparesthésie. Elle 

a en outre précisé qu’une ENMG (électro-neuro-myographie) était prévue le  

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1er décembre suivant auprès du Dr F _________, spécialiste FMH en neurologie (pièce 

CNA 28). 

Le 1er décembre 2020, le Dr F _________ a indiqué que l’examen électrophysiologique 

avait démontré l’existence d’une neuropathie d’enclavement du médian gauche au 

tunnel carpien post-traumatique, associée à un degré de contusion nerveuse, en raison 

de laquelle il a préconisé une exploration en vue d’une neurolyse (pièce CNA 39).  

Le 9 décembre 2020, la Dresse E _________ a réalisé une neurolyse du nerf médian au 

tunnel carpien à gauche. Dans un rapport du 24 mars suivant, elle a relevé que 

l’évolution postopératoire était défavorable et que l’état de santé de son patient s’était 

aggravé, celui-ci ressentant des douleurs jusqu’à la nuque et présentant des 

dysesthésies de toute la main ainsi qu’un manque de force. Cette spécialiste a ajouté 

qu’une IRM de la main gauche réalisée le 10 mars 2021 avait mis en évidence une 

contusion osseuse au niveau du 1er métacarpien, sans lésion osseuse ou inflammatoire, 

et a requis que le cas soit soumis au médecin d’arrondissement (pièces CNA 48 et 61).  

Le 23 avril 2021, à l’issue d’un nouvel examen électro-clinique, le Dr F _________ a 

observé que celui-ci était similaire à l’examen effectué en préopératoire, avec des signes 

d’atteinte sensitivo-motrice myélinique du médian gauche au poignet. Il a estimé qu’il 

pouvait s’agir d’une récidive précoce d’enclavement ou d’une lésion post-traumatique 

contusionnelle associée à une sidération en partie d’origine douloureuse et à une non-

utilisation de la main gauche. Ce spécialiste a préconisé la réalisation d’une imagerie 

afin d’écarter une algoneurodystrophie (pièce CNA 68).  

Dans une évaluation interdisciplinaire du 1er juin 2021, réalisée à la demande de la 

Dresse G _________, médecin d’arrondissement et spécialiste en médecine interne 

générale et médecine intensive, les Drs H _________, spécialiste FMH en neurologie, 

et I _________, spécialiste FMH en médecine interne générale et rhumatologie, exerçant 

auprès de la J _________, ont relevé d’une part l’existence de discrètes séquelles 

sensitives dans le territoire du nerf médian à la main gauche, celles-ci étant compatibles 

avec les anomalies du médian enregistrées à l’ENMG du mois d’avril précédent, et 

d’autre part l’absence d’explication à l’atteinte diffuse sensitivomotrice avec impotence 

fonctionnelle motrice ou de substrat neurologique périphérique. Ils ont ajouté qu’au 

terme du bilan psychiatrique effectué par leur confrère spécialiste en psychiatrie et 

psychothérapie, le Dr K_________, aucun trouble psychiatrique n’avait été retenu, mais 

que deux éléments pouvaient constituer un facteur de surcharge donnant une forte 

tonalité symbolique à l’impotence ressentie par l’intéressé, à savoir l’hémiparésie, sur 

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AVC, de son père et la maladie chromosomique de sa fille cadette, compliquée d’une 

malformation cardiaque et d’une lésion cérébrale ayant entraîné une hémiparésie à 

droite. Dans ce contexte, ces spécialistes ont indiqué qu’il n’y avait pas pour l’assuré de 

solution proprement médicale susceptible d’inverser la courbe évolutive et ont préconisé 

une orientation vers des mesures actives de réadaptation afin d’envisager la reprise 

d’une activité professionnelle à court terme (pièces CNA 76 et 85).  

Le 7 juin 2021, la Dresse G_________ a retenu qu’il ne subsistait plus que des séquelles 

discrètes, purement sensitives, d’une atteinte traumatique du nerf médian gauche, de 

sorte que dès l’assessment réalisé auprès des médecins de la J _________ la capacité 

de travail de l’assuré était entière, sans limitation fonctionnelle, dans n’importe quelle 

activité (pièce CNA 77).  

Par décision du 8 juin 2021, la CNA a mis fin aux prestations d’assurance (frais de 

traitement et indemnités journalières) au 24 juin suivant, faute de lien de causalité 

adéquate entre l’accident du 15 juin 2020 et les troubles persistants, qui n’étaient 

explicables par aucune cause organique. De plus, en l’absence de séquelles ayant un 

lien de causalité adéquate avec ledit accident, la CNA a dénié à l’intéressé tout droit à 

des prestations en espèces supplémentaires, sous la forme d’une rente d’invalidité et/ou 

d’une indemnité pour atteinte à l’intégrité (pièce CNA 82).  

Le 22 juin 2021, le Dr L_________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et 

chirurgie de la main, a posé les diagnostics de syndrome douloureux invalidant du 

poignet et de l’hémimain radiale gauche (Sudeck ?), de status après décompression du 

tunnel carpien gauche le 9 décembre 2020 avec persistance de troubles neurologiques 

et de status après contusion palmaire et dorsale de la radio-carpienne gauche le 15 juin 

2020. Ce spécialiste a précisé que le syndrome douloureux était devenu invalidant avec 

des crampes et une forte diminution de la force. Afin d’exclure une algoneurodystrophie, 

il a préconisé la réalisation d’une scintigraphie-SPECT-CT du poignet et de la main 

gauches, laquelle était prévue le 1er juillet suivant (pièce CNA 93).  

Le 30 juin 2021, l’assuré, représenté par les Syndicats Chrétiens de M _________, s’est 

opposé à la décision du 8 juin précédent, soutenant en substance qu’il était erroné de 

prétendre qu’il n’y avait plus de lien de causalité entre l’accident du 15 juin 2020 et ses 

problèmes de santé et que selon l’évaluation réalisée à la J _________, il présentait une 

capacité fonctionnelle de la main lésée de 23% par rapport à la main saine. Le 1er juillet 

suivant, l’intéressé a confirmé son mécontentement vis-à-vis de la décision rendue par 

la CNA (pièces CNA 95 et 100).  

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Dans un rapport du 1er juillet 2021, le Dr N_________, spécialiste en radiologie et 

médecine nucléaire, a indiqué que la scintigraphie osseuse trois phases et SPECT-CT 

avait mis en évidence une maladie de Sudeck (syndrome douloureux régional complexe 

= SDRC) du poignet et de la main gauches, positive aux trois temps, en particulier en 

phase osseuse (pièce CNA 111).  

Le 12 juillet 2021, le Dr F _________ a relevé que le tableau clinique comprenait, suite 

à un nouvel examen électro-clinique réalisé le 9 juillet précédent, des troubles sensitifs 

dans le territoire du médian gauche, mais surtout une impotence fonctionnelle 

douloureuse diffuse de la main gauche. Il a ajouté que la scintigraphie osseuse avait 

confirmé une algoneurodystrophie de Sudeck (SDRC) et a suggéré une prise en charge 

d’ergothérapie intensive (pièce CNA 107).  

Le 13 juillet 2021, la Dresse E _________ a indiqué que l’évolution post-traumatique et 

post-opératoire était difficile et atypique et que son patient présentait des douleurs 

handicapantes de la main et du poignet gauches avec une quasi exclusion d’utilisation 

du membre supérieur gauche. Elle a posé le diagnostic de SDRC (maladie de Sudeck), 

confirmé par scintigraphie osseuse (pièce CNA 120). 

Le 14 juillet 2021, le Dr L_________ a indiqué que la scintigraphie-SPECT-CT avait 

confirmé le diagnostic d’algoneurodystrophie de Sudeck et que le dernier examen du  

Dr F _________ n’avait montré aucune autre explication neurologique aux plaintes de 

l’assuré, de sorte que ce diagnostic était le plus probable (pièce CNA 108).  

Le 20 juillet 2021, la Dresse G_________ a expliqué que la scintigraphie osseuse ne 

permettait pas de poser le diagnostic de SDRC, mais uniquement d’exclure d’autres 

pathologies, et que ce diagnostic se basait uniquement sur les critères dits de Budapest. 

Au vu du dossier, notamment de l’examen clinique du Dr L_________ du 22 juin 2021, 

la Dresse G_________ a estimé que ces critères n’étaient pas remplis (pas d’asymétrie 

de température et/ou de changement de couleur ou asymétrie de couleur, pas de 

composante sudo-moteur/œdème, pas d’hyperpathie ou d’allodynie, pas de 

changement trophique et une différence de force clairement présente, mais qui pourrait 

trouver une autre explication). Au vu de l’absence de tout signe de SRDC et d’une 

explication alternative des troubles compatible compte tenu du contexte familial de 

l’intéressé, cette spécialiste a confirmé son avis du 7 juin précédent, lequel était fondé 

sur l’assessment réalisé par les médecins de la J _________ (pièce CNA 116).  

Par décision sur opposition du 15 septembre 2021, la CNA a rejeté les griefs de 

l’intéressé et a confirmé sa décision du 8 juin précédent. Elle a notamment argué qu’au 

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vu des pièces médicales au dossier, les données objectives n’expliquaient pas les 

troubles persistants, que le diagnostic de SDRC n’était pas établi, les critères de 

Budapest faisant défaut, que l’assuré n’avait pas souffert, même partiellement, des 

symptômes typiques du SDRC dans les six à huit semaines après l’accident et que ce 

dernier adoptait un comportement d’auto-limitation et de sous-utilisation de son membre 

supérieur gauche. Faute d’élément médical permettant de mettre en doute l’avis de la 

Dresse G_________, la CNA a conclu qu’elle avait à bon droit mis fin au versement de 

ses prestations d’assurance (pièce CNA 141). 

C.  X _________, représenté par Me Michel De Palma, a recouru céans le 18 octobre 

2021, concluant, sous suite de frais et dépens, à l’annulation de la décision sur 

opposition du 15 septembre précédent, à la poursuite du versement des prestations 

d’assurance-accidents au-delà du 24 juin 2021 et, subsidiairement, au renvoi de la cause 

à la CNA pour instruction complémentaire. Il a en substance soutenu que les rapports 

de ses médecins traitant, notamment ceux des Drs F _________, L_________ et 

N_________, lesquels retenaient le diagnostic de SDRC, devaient prévaloir sur ceux de 

la Dresse G_________, que ce diagnostic ne saurait non plus pas être écarté sur la base 

de l’avis des Drs H_________ et I_________, ces derniers n’étant pas spécialistes en 

psychiatrie, que les critères jurisprudentiels pour retenir un lien de causalité entre 

l’accident du 15 juin 2020 et un SDRC étaient remplis et que son cas n’était toujours pas 

stabilisé, de sorte que la CNA devait procéder à une instruction complémentaire afin de 

déterminer son droit à une rente d’invalidité et/ou à une indemnité pour atteinte à 

l’intégrité. Il a notamment joint à son écriture d’une part un rapport du 11 octobre 2021 

de O_________, physiothérapeute, qui a relevé que l’état de l’intéressé s’était aggravé 

au niveau de la sensibilité douloureuse, ce qui allait de pair avec une évolution vers un 

syndrome de Sudeck, et d’autre part un rapport du 14 octobre 2021 du Dr F _________, 

qui confirmait que le diagnostic de SDRC ne faisait pas de doute à ses yeux, au vu de 

la scintigraphie osseuse du 1er juillet précédent.  

Dans sa réponse du 18 novembre 2021, l’intimée a argué que l’avis de la Dresse 

G_________ présentait une pleine valeur probante, de même que celui des  

Drs H_________ et I_________ sur lesquels elle s’était fondée, ces derniers ayant établi 

un avis interdisciplinaire à la suite, notamment, d’un examen auprès du Dr K_________, 

spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, et que ni les critères jurisprudentiels ni ceux 

de Budapest n’étaient remplis, étant précisé que ces derniers devaient prévaloir, de sorte 

qu’il n’était pas possible de retenir le diagnostic de SDRC. La CNA a ajouté qu’en 

l’absence de séquelles ayant un lien de causalité avec l’accident, c’était à juste titre 

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qu’elle n’avait alloué ni rente d’invalidité ni indemnité pour atteinte à l’intégrité au 

recourant. L’intimée a ainsi conclu au rejet du recours.  

Le 13 décembre 2021, le recourant a produit un rapport du 5 novembre précédent du  

Dr P_________, spécialiste FMH en rhumatologie, qui, au terme d’un examen clinique, 

a estimé que l’intéressé présentait de manière très probable un SDRC. Il a précisé que 

les trois premiers critères de Budapest étaient remplis (douleur continue et 

disproportionnée, symptômes et signes cliniques) et que toute la discussion se situait 

autour du quatrième critère, à savoir le diagnostic différentiel. Si ce spécialiste a admis 

que ce n’était pas l’irritation persistante du nerf médian au tunnel carpien qui pouvait 

expliquer un tel tableau clinique, il a cependant indiqué avoir déjà eu l’occasion de voir 

un tel tableau en présence d’un authentique SDRC, ce d’autant plus que la scintigraphie 

réalisée était en faveur de ce diagnostic. Fondé sur cet avis, le recourant a intégralement 

maintenu ses conclusions et a requis qu’une expertise soit mise en œuvre pour 

déterminer le lien de causalité entre l’accident du 15 juin 2020 et l’apparition du SDRC.  

Le 4 février 2022, l’intimée a indiqué avoir transmis le rapport du Dr P_________ au 

Dr Q_________, spécialiste FMH en neurologie et médecin-conseil auprès du centre de  

compétence de médecine des assurances. Dans un rapport du 26 janvier 2022, le 

Dr Q_________ a relevé que pour pouvoir retenir un lien de causalité pour le moins 

probable entre un SDRC et un accident, il devait y avoir un lien temporel plausible, que 

sur la base du dossier de l’assuré, un SDRC ne pouvait pas être admis avant l’opération 

de la main effectuée en décembre 2020 et qu’au vu de l’évolution post-opératoire, il fallait 

conclure à l’absence d’éléments pouvant étayer un SDRC jusqu’à fin mai 2021, de sorte 

que même si l’avis du Dr P_________ devait être considéré comme correct, ce dont il 

doutait, il n’y avait pas de causalité au degré de la vraisemblance prépondérante entre 

le SDRC supposé et l’opération, faute de lien temporel plausible entre les deux. Sur la 

base de cet avis, la CNA a maintenu les conclusions prises dans son mémoire réponse.  

Le 17 mars 2022, le recourant a déposé un rapport du 22 février 2022 des 

Drs P_________ et R_________, médecin-assistant, lesquels confirmaient le diagnostic 

secondaire de SDRC de la main et du poignet gauches avec attitude irréductible en 

flexion des doigts, les critères de Budapest étant à leur sens remplis. Ils ont conclu que 

la situation de l’assuré n’était pas stabilisée et qu’il présentait les limitations 

fonctionnelles provisoires suivantes : port de charges d’au maximum 5 kg, pas d’activités 

avec mouvements répétitifs et/ou prolongés et pas d’utilisation de la force avec le poignet 

et la main gauches. Fondé sur ce rapport, le recourant a maintenu sa demande 

d’expertise ainsi que ses conclusions.  

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L’échange d’écritures a été clos le 18 mars 2022. 

 

Considérant en droit 

 

1.   

1.1  Selon l'article 1 alinéa 1 de la loi fédérale sur l'assurance-accidents (LAA), les 

dispositions de la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des 

assurances sociales (LPGA) s'appliquent à l'assurance-accidents, à moins que la LAA 

n'y déroge expressément. 

Remis à la poste le 18 octobre 2021, le présent recours à l'encontre de la décision sur 

opposition du 15 septembre précédent a été interjeté dans le délai légal de trente jours 

compte tenu du report du délai échéant le samedi 16 octobre 2021 au lundi 18 octobre 

suivant (art. 38 al. 3 et 60 LPGA), et devant l’autorité compétente à raison du lieu et de 

la matière (art. 56, 57 et 58 LPGA ; art. 81a al. 1 LPJA). Il répond par ailleurs aux autres 

conditions formelles de recevabilité (art. 61 let. b LPGA), de sorte qu’il convient d’entrer 

en matière. 

2.   

2.1  Le litige porte sur le droit du recourant à des prestations de l’assurance-accidents 

au-delà du 24 juin 2021. Sont plus particulièrement litigieuses les questions de 

l’existence d’un SDRC à la main et au poignet gauches de l’intéressé, et, cas échéant, 

de l’admission d’un lien de causalité entre cette atteinte et l’événement accidentel. 

2.2  Le droit à des prestations découlant d'un accident assuré suppose entre l'évènement 

dommageable de caractère accidentel et l'atteinte à la santé un lien de causalité 

naturelle et adéquate. 

L'exigence d'un lien de causalité naturelle est remplie lorsqu'il y a lieu d'admettre que, 

sans cet évènement accidentel, le dommage ne se serait pas produit du tout, ou qu'il ne 

serait pas survenu de la même manière. Il n'est pas nécessaire, en revanche, que 

l'accident soit la cause unique ou immédiate de l'atteinte à la santé; il faut et il suffit que 

l'événement dommageable, associé éventuellement à d'autres facteurs, ait provoqué 

l'atteinte à la santé physique ou psychique de l'assuré, c'est-à-dire qu'il se présente 

comme la conditio sine qua non de celle-ci. Savoir si l'évènement assuré et l'atteinte à 

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la santé sont liés par un rapport de causalité naturelle est une question de fait, que 

l'administration ou, le cas échéant, le juge examine en se fondant essentiellement sur 

des renseignements d'ordre médical, et qui doit être tranchée en se conformant à la 

règle du degré de vraisemblance prépondérante, appliquée généralement à 

l'appréciation des preuves dans le domaine des assurances sociales. Ainsi, lorsque 

l'existence d'un rapport de cause à effet entre l'accident et le dommage paraît possible, 

mais qu'elle ne peut pas être qualifiée de probable dans le cas particulier, le droit à des 

prestations fondées sur l'accident assuré doit être nié (ATF 142 V 435 consid. 1 ; 129 V 

177 consid. 3.1 ; 129 V 402 consid. 4.3.1 et les références). Dans le domaine de 

l'assurance-accidents obligatoire, en cas d'atteinte à la santé physique, la causalité 

adéquate se recoupe largement avec la causalité naturelle, de sorte qu'elle ne joue 

pratiquement pas de rôle (ATF 123 V 102 ; 122 V 417 ; 118 V 286 consid. 3a ; 117 V 

359 consid. 5d/bb). 

2.3  Les termes syndrome douloureux régional complexe (SDRC), algodystrophie ou 

maladie de Sudeck décrivent en médecine un tableau clinique post-traumatique qui se 

développe après un traumatisme et évolue rapidement vers des douleurs violentes à 

caractère brûlant et invalidant, auxquelles s'ajoutent des limitations fonctionnelles 

motrices et sensitives superficielles ou profondes. Il s’agit d’une entité syndromique dont 

le diagnostic repose sur des critères précis, dits de Budapest, excluant toute atteinte 

expliquant mieux les symptômes (Drs LUTHI/BUCHARD/CARDENAS/FAVRE/ 

FÉDOU/FOLI/SAVOY/TURLAN/KONZELMANN, Syndrome douloureux régional complexe in : 

Revue Médicale Suisse, 2019, pp. 496-502). Dans un arrêt 8C_416/2019 du 15 juillet 

2020, le Tribunal fédéral a précisé que l’International Association for the Study of Pain 

(IASP) avait réalisé un consensus diagnostique aussi complet que possible avec la 

validation, en 2010, desdits critères, à savoir :  

1. Douleur qui persiste et apparaît disproportionnée avec l'événement initial.  

  

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2. Au moins un symptôme dans trois (critères cliniques) ou quatre (critères 

recherche) des quatre catégories suivantes :  

a. Sensoriel: le patient décrit une douleur qui évoque une hyperpathie et/ou 

une allodynie.  

b. Vasomoteur: le patient décrit une asymétrie de température et/ou un 

changement de couleur et/ou une asymétrie de couleur. 

c. Sudomoteur/oedème: le patient décrit un oedème et/ou une asymétrie de 

sudation. 

d. Moteur/trophique: le patient décrit une raideur et/ou une dysfonction 

motrice (faiblesse, trémor, dystonie) et/ou un changement trophique 

(pilosité, ongles, peau).  

3. Au moins un signe dans deux des catégories suivantes (critères cliniques et 

recherche) :  

a. Sensoriel: confirmation d'une hyperpathie et/ou allodynie.  

b. Vasomoteur: confirmation d'une asymétrie de température et/ou 

changement de couleur et/ou asymétrie de couleur.  

c. Sudomoteur/oedème: confirmation d'un oedème et/ou asymétrie de 

sudation.  

d. Moteur/trophique: confirmation d'une raideur et/ou dysfonction motrice 

(faiblesse, trémor, dystonie) et/ou changement trophique (pilosité, ongles, 

peau).  

4. Il n'existe pas d'autre diagnostic qui explique de manière plus convaincante les 

symptômes et les signes cliniques. 

Les critères ci-dessus sont exclusivement cliniques et ne laissent que peu de place aux 

examens radiologiques (radiographie, scintigraphie, IRM). L'utilisation de l'imagerie fait 

l'objet d'une controverse dans le milieu médical, mais garde un rôle notamment dans la 

recherche de diagnostics différentiels, ou lorsque les signes cliniques sont discrets ou 

incomplets ainsi que dans certaines formes atypiques (Drs DISERENS/VUADENS/GHIKAIN, 

Syndrome douloureux régional complexe: rôle du système nerveux central et 

implications pour la prise en charge, in Revue médicale suisse 2020, p. 886; 

LUTHI/KONZELMANN, Le syndrome douloureux régional complexe [algodystrophie] sous 

toutes ses formes, in Revue médicale suisse 2014, p. 271). En pratique, si les critères 1 

à 3 sont remplis et que le critère 4 est respecté, on doit considérer que le patient souffre 

d'un SDRC ; toutefois la valeur prédictive positive n'est que de 76 %. Si les critères sont 

partiellement remplis, il faut poursuivre le diagnostic différentiel et réévaluer le patient. 

- 11 - 

Si les critères ne sont pas remplis, le patient a une probabilité quasi nulle d'avoir un 

SDRC (Drs LUTHI/BUCHARD/CARDENAS/FAVRE/ 

FÉDOU/FOLI/SAVOY/TURLAN/KONZELMANN, op. cit., p. 498). Le SDRC est quatre fois plus 

fréquent chez la femme, le plus souvent au membre supérieur, avec une prédominance 

entre 50 et 70 ans. L'introduction des critères de Budapest a réduit de 50 % les 

diagnostics de SDRC (Drs DISERENS/VUADENS/GHIKAIN, op. cit., p. 885 s.). 

2.4  S'agissant de l'admission d'un lien de causalité entre un accident et une 

algodystrophie, le Tribunal fédéral a considéré, dans un arrêt 8C_384/2009 du 5 janvier 

2010 (cf. également arrêt du Tribunal fédéral 8C_416/2019 du 15 juillet 2020 consid. 5), 

que trois conditions cumulatives devaient être remplies: 1° la preuve d'une lésion 

physique après un accident (p. ex. un hématome ou une enflure) ou l'apparition d'une 

algodystrophie à la suite d'une opération nécessitée par l'accident ; 2° l'absence d'un 

autre facteur causal de nature non traumatique (p. ex. état après un infarctus du 

myocarde, après une apoplexie, etc.) ; 3° une courte période de latence entre l'accident 

et l'apparition de l'algodystrophie (au maximum six à huit semaines). Dans l'arrêt en 

question, le Tribunal fédéral a nié l'existence d'un rapport de causalité naturelle avec une 

probabilité prépondérante entre un accident et un SDRC, dès lors que le délai de latence 

entre l'accident et l'apparition du SDRC était supérieur à une année. Pour arriver à cette 

conclusion, le Tribunal fédéral s'est fondé sur un article médical (KIENER/KISSLING, 

Expertise et algodystrophie) paru en 1998 dans une brochure sur le SDRC 

(Algodystrophie, éditeurs BÄR/FELDER/KIENER) publiée par la Caisse nationale suisse 

d'assurance en cas d'accidents (CNA) et Novartis. 

Cette brochure a bénéficié d’un remaniement complet en 2013 afin de s’adapter aux 

nouvelles découvertes scientifiques et de tenir compte des nouvelles et importantes 

connaissances acquises sur la physiopathologie du SDRC (JÄNIG/SCHAUMANN/VOGT 

[éditeurs]). Dans un article paru dans ladite brochure, ses auteurs expliquent que la 

question de la causalité doit être résolue en étudiant en particulier l'évolution en fonction 

du temps et en prenant en compte les critères de Budapest ainsi que d'autres facteurs 

ayant marqué significativement le décours. Selon ces auteurs, ce n'est qu'une fois que 

l'expert a posé un diagnostic de SDRC qu'il faut, s'agissant de la causalité accidentelle, 

démontrer qu'une lésion corporelle de l'extrémité concernée s'est bien produite ; si tel 

est le cas, se pose alors la question de savoir si le SDRC est apparu durant la période 

de latence correspondante de six à huit semaines (SCHAUMANN/VOGT/BRUNNER, 

Expertise, in: SDRC Syndrome douloureux régional complexe, 2013, p. 130 s.). Cette 

période de latence de six à huit semaines ne constitue qu'une valeur empirique et ne fait 

- 12 - 

nullement l'objet d'un consensus médical. Au demeurant, elle a été proposée en 1998, 

soit avant que les critères diagnostiques du SDRC aient été établis. On ne saurait dès 

lors établir, sur le plan juridique, une règle absolue quant au délai dans lequel les 

symptômes du SDRC devraient se manifester (arrêt du Tribunal fédéral 8C_416/2019 

précité consid. 5). 

La jurisprudence plus récente a ainsi précisé, s'agissant du temps de latence entre 

l'événement accidentel et l'apparition du SDRC, qu'il n'est pas nécessaire qu'un SDRC 

ait été diagnostiqué dans les six à huit semaines après l'accident pour admettre son 

caractère causal avec l'événement accidentel ; il est en revanche déterminant qu'on 

puisse conclure, en se fondant sur les constats médicaux effectués en temps réel, que 

la personne concernée a présenté, au moins partiellement, des symptômes typiques du 

SDRC durant la période de latence de six à huit semaines après l'accident (arrêt du 

Tribunal fédéral 8C_177/2016 du 22 juin 2016 ; voir aussi arrêts du Tribunal fédéral 

8C_27/2019 du 20 août 2019 consid. 6.4.2, 8C_123/2018 du 18 septembre 2018 consid. 

4.1.2 et 8C_673/2017 du 27 mars 2018 consid. 5 et les références citées). 

2.5  Dans le domaine des assurances sociales, l'autorité fonde généralement sa décision 

sur les faits qui, faute d'être établis de manière irréfutable, apparaissent comme les plus 

vraisemblables, c'est-à-dire qui présentent un degré de vraisemblance prépondérante 

(ATF 135 V 39 consid. 6.1). Il ne suffit donc pas qu'un fait puisse être considéré 

seulement comme une hypothèse possible ; la vraisemblance prépondérante suppose 

que, d'un point de vue objectif, des motifs importants plaident pour l'exactitude d'une 

allégation, sans que d'autres possibilités ne revêtent une importance significative ou 

n'entrent raisonnablement en considération (ATF 135 V 39 consid. 6.1 et 126 V 353 

consid. 5b ; voir également ATF 133 III 81 consid. 4.2.2). En droit des assurances 

sociales, il n'existe par conséquent pas de principe selon lequel l'administration ou le 

juge devrait statuer, dans le doute, en faveur de l'assuré ; le défaut de preuve va au 

détriment de la partie qui entendait tirer un droit du fait non prouvé (ATF 126 V 319 

consid. 5a). 

L'autorité compétente doit examiner objectivement tous les documents à disposition, 

quelle que soit leur provenance, puis décider s'ils permettent de porter un jugement 

valable sur le droit litigieux (arrêt du Tribunal fédéral 8C_155/2012 du 9 janvier 2013 

consid. 3.2 ; arrêts du Tribunal administratif fédéral C-1472/2012 du 24 mars 2014 

consid. 7.1.1 et C-6844/2011 du 5 juin 2013 consid. 7.1). Elle peut considérer qu'un fait 

est prouvé et renoncer à de plus amples mesures d'instruction lorsqu'au terme d'un 

examen objectif, elle ne conçoit plus de doutes sérieux sur l'existence de ce fait (ATF 

- 13 - 

130 III 321 consid. 3.2 et 125 V 351 consid. 3a ; SVR 2007 IV n° 31 p 111 [I 455/06] 

consid. 4.1). Si de tels doutes subsistent, il lui appartient de compléter l'instruction de la 

cause, pour autant que l'on puisse attendre un résultat probant des mesures d'instruction 

entrant raisonnablement en considération (arrêt du Tribunal fédéral 9C_106/2011 du 14 

octobre 2011 consid. 3.3). En particulier, une expertise sera mise en œuvre lorsqu'il 

apparaît nécessaire de clarifier les aspects médicaux du cas (ATF 117 V 282 ; arrêt du 

Tribunal administratif fédéral C-5618/2012 précité consid. 7). Le cas échéant, l'autorité 

peut par ailleurs renoncer à l'administration d'une preuve, si elle acquiert la conviction, 

au terme d'une appréciation anticipée des preuves, qu'une telle mesure ne pourrait 

l'amener à modifier son opinion (ATF 144 II 427 consid. 3.1.3 ; 141 I 60 consid. 3.3. ; 

130 II 425 consid. 2.1 et 125 I 127 consid. 6c/cc). 

Il ne se justifie pas d'écarter un rapport médical au seul motif qu'il est établi par le 

médecin interne d'un assureur social, respectivement par le médecin traitant (ou l'expert 

privé) de la personne assurée, sans examiner autrement sa valeur probante (arrêt du 

Tribunal fédéral 4A_172/2013 du 1er octobre 2013 consid. 3.5 ; arrêts du Tribunal 

administratif fédéral C-4232/2011 du 17 juillet 2012 consid. 5 et C-3456/2010 du  

23 janvier 2012 consid. 8). En ce qui concerne en particulier les documents produits par 

le service médical de l'assureur, le Tribunal fédéral n'exclut pas que ce dernier ou le juge 

des assurances sociales statuent en grande partie, voire exclusivement sur la base de 

ceux-ci (ATF 122 V 157 consid. 1d). En revanche, lorsqu’un cas d'assurance est réglé 

sans avoir recours à une expertise dans une procédure au sens de l'article 44 LPGA, 

l'appréciation des preuves est soumise à des exigences sévères : s'il existe un doute 

même minime sur la fiabilité et la validité des constatations d'un médecin de l'assurance, 

il y a lieu de procéder à des investigations complémentaires (ATF 145 V 97 consid. 8.5 

; 142 V 58 consid. 5.1 ; 139 V 225 consid. 5.2 ; 135 V 465 consid. 4.4). En effet, si la 

jurisprudence a reconnu la valeur probante des rapports médicaux des médecins-

conseils, elle a souligné qu'ils n'avaient pas la même force probante qu'une expertise 

judiciaire ou une expertise mise en œuvre par un assureur social dans une procédure 

selon l'article 44 LPGA (ATF 135 V 465 consid. 4.4 et les références citées). 

Le juge des assurances sociales doit examiner tous les moyens de preuve objectivement 

et indépendamment de leur origine décider si les pièces à disposition permettent de 

procéder à une appréciation fiable des prétentions litigieuses. En présence de rapports 

médicaux contradictoires, il ne peut notamment pas trancher le litige sans apprécier 

toutes les pièces médicales et exposer les motifs pour lesquels il se fonde sur un avis 

médical plutôt que sur un autre. En ce qui concerne la valeur probante d’un rapport 

- 14 - 

médical, il est déterminant de savoir si cet acte est complet compte tenu des droits 

contestés, s'il est fondé sur des examens approfondis en tous points, s'il tient compte 

des affections dont se plaint l'intéressé, s'il a été établi en connaissance de l'anamnèse, 

si l'exposé du contexte médical est cohérent, voire si l'appréciation de la situation 

médicale est claire, et si les conclusions de l'expert sont dûment motivées. N’est donc 

en soi déterminante pour la valeur probante d’un moyen de preuve ni la provenance 

d’une prise de position reçue ou demandée par le biais d’un mandat ni sa désignation 

en tant que rapport ou expertise. Lorsqu'une appréciation repose sur une évaluation 

médicale complète et approfondie, elle ne saurait être remise en cause au seul motif 

qu'un ou plusieurs médecins ont une opinion divergente. Il ne peut en aller différemment 

que si lesdits médecins font état d'éléments objectivement vérifiables ayant été ignorés 

dans le cadre de l'expertise et suffisamment pertinents pour en remettre en cause les 

conclusions (ATF 125 V 351 ; arrêt du Tribunal fédéral 9C_543/2011 du 19 janvier 2012 

consid. 2.3.1). De plus, on rappellera que la jurisprudence n'exige pas obligatoirement 

la réalisation d'un examen personnel de l'assuré pour admettre la valeur probante d'un 

document médical dès lors que le dossier sur lequel se fonde un tel document contient 

suffisamment d'appréciations médicales établies sur la base d'un examen concret (arrêt 

du Tribunal fédéral des assurances U 492/00 du 31 juillet 2001, in RAMA 2001 n° U 438 

p. 345).  

3.   

3.1  En l’occurrence, le recourant soutient, sur la base des avis des Drs E _________, 

spécialiste FMH en chirurgie de la main et orthopédie, F _________, spécialiste FMH en 

neurologie, N_________, spécialiste en radiologie et médecine nucléaire, L_________, 

spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et chirurgie de la main, P_________, 

spécialiste FMH en rhumatologie, et R_________, médecin-assistant, qu’il présente un 

syndrome douloureux régional complexe (SDRC) de la main et du poignet gauches, qui 

serait en lien de causalité naturelle et adéquate avec son accident du 15 juin 2020. 

L’intimée nie quant à elle tant l’existence de ce diagnostic que son lien de causalité avec 

l’événement accidentel, en se fondant sur les avis des Drs H_________ et I_________, 

spécialistes FMH en neurologie, respectivement en médecine interne générale et 

rhumatologie auprès de la J _________, G_________, médecin d’arrondissement et 

spécialiste en médecine interne générale et médecine intensive, et Q_________, 

spécialiste FMH en neurologie et médecin-conseil auprès du centre de compétence de 

médecine des assurances. 

- 15 - 

3.2  S’agissant de l’existence d’un SDRC, la jurisprudence rappelée ci-dessus (cf. supra 

consid. 2.3) est claire quant au fait qu’il s’agit d’une entité syndromique dont le diagnostic 

repose sur des critères précis, dits de Budapest, excluant toute atteinte expliquant mieux 

les symptômes.  

3.2.1  A la lecture du dossier, force est de constater que seuls la Dresse G_________ 

et les Drs P_________ et R_________ ont réellement procédé à l’analyse de ces 

critères. En effet, la Cour relève que tant la Dresse E _________ (cf rapport du 13 juillet 

2021), que les Drs F _________ (cf. rapport du 12 juillet 2021), N_________ (cf. rapport 

du 1er juillet 2021) et L_________ (cf. rapport du 14 juillet 2021), se fondent uniquement 

sur la scintigraphie osseuse du 1er juillet 2021 pour retenir le diagnostic de SDRC, ce qui 

est insuffisant selon la jurisprudence topique (cf. supra consid. 2.3). Quant au  

Dr Q_________, il se contente, dans son rapport du 26 janvier 2021, de mettre en doute 

le diagnostic posé par le Dr P_________, sans toutefois développer son propos, et de 

nier un lien de causalité temporelle entre un éventuel SDRC et l’événement accidentel, 

sans analyser en détail les critères de Budapest. 

3.2.2  Concernant la Dresse G_________, il ressort de son rapport du 20 juillet 2021 

qu’elle a repris l’ensemble des différents avis médicaux au dossier, avant de procéder à 

une appréciation détaillée de ces informations. Cela étant, sur la base du status clinique 

arrêté par le Dr L_________ le 22 juin 2021 (« La main gauche est très légèrement plus 

pâle et cyanosée qu’à droite, notamment la face palmaire des 4 premiers rayons. Pas 

de nette tuméfaction ni de moiteur. Plis cutanés préservés. »), cette spécialiste a retenu 

que les critères de Budapest n’étaient pas remplis. A cet égard, elle a précisé qu’en 

l’absence de prise de température systématique des deux mains, le critère d’asymétrie 

de température et/ou de changement de couleur ou asymétrie de couleur ne pouvait pas 

être retenu, une main gauche légèrement plus pâle ne pouvant pas être retenue comme 

un critère valable, que la composante sudo/moteur était exclue en l’absence de moiteur, 

que s’agissant de la partie sensorielle, le tableau clinique retenait une douleur évoquant 

une hyperpathie ou une allodynie alors que l’assuré présentait au contraire une 

hypoesthésie globale de tout son membre supérieur gauche et que l’élément 

moteur/trophique n’était pas non plus présent, la différence de force pouvant trouver une 

autre explication. La Dresse G_________ a ajouté que la scintigraphie osseuse ne 

permettait pas non plus de poser le diagnostic de SDRC selon la littérature topique. 

S’agissant enfin du quatrième critère (pas d'autre diagnostic qui explique de manière 

plus convaincante les symptômes et les signes cliniques), cette spécialiste a retenu 

qu’une explication alternative existait au vu du contexte socio-familial de l’intéressé. En 

- 16 - 

effet, l’évaluation interdisciplinaire du 1er juin 2021 des Drs H_________ et I_________, 

lesquels se sont notamment fondés sur le bilan psychiatrique effectué par leur confrère 

spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, le Dr K_________, met en évidence que si 

aucun trouble psychiatrique n’a été reconnu, deux éléments pouvaient en revanche 

constituer un facteur de surcharge donnant une forte tonalité symbolique à l’impotence 

ressentie par l’intéressé, à savoir l’hémiparésie, sur AVC, de son père et la maladie 

chromosomique de sa fille cadette, compliquée d’une malformation cardiaque et d’une 

lésion cérébrale ayant entraîné une hémiparésie à droite. La Dresse G_________ a ainsi 

conclu qu’il n’était pas possible de retenir le diagnostic de SDRC.  

3.2.3  S’agissant du Dr P_________, il ressort de son rapport du 5 novembre 2021, 

confirmé dans un rapport du 22 février suivant rédigé avec le Dr R_________, qu’il a 

repris la majorité des avis médicaux figurant au dossier, avant de décrire les plaintes de 

l’assuré et de procéder à un examen clinique complet. Ce spécialiste a ensuite analysé 

de manière détaillée les critères de Budapest. A cet égard, il a relevé que le critère n°1, 

soit la douleur continue et disproportionnée par rapport à l’événement initial était 

manifestement rempli, chez un assuré avec une région atteinte plus importante que le 

traumatisme initial et une aggravation des troubles par l’exercice physique. S’agissant 

du critère n°2, soit les symptômes, il a indiqué que l’intéressé présentait 12 symptômes 

dans les quatre catégories (une allodynie à la pression appuyée, une allodynie lors des 

mouvements articulaires, une main plus froide, des changements de couleur, un 

œdème, une augmentation de la sudation, une diminution des mobilités articulaires, un 

tremblement, une attitude dystonique, une faiblesse, moins de poils et une 

hyperkératose), de sorte qu’il était rempli. Concernant les signes cliniques, le 

Dr P_________ en a trouvé 10 dans les trois catégories (une allodynie à la pression 

appuyée, une allodynie lors des mouvements articulaires, un œdème de 2,5 cm de plus, 

une augmentation de la sudation nette au niveau de la paume de la main mais aussi sur 

les doigts, une diminution des mobilités articulaires, un tremblement essentiellement du 

pouce et des premiers doigts, une attitude dystonique, une faiblesse, moins de poils et 

une hyperkératose tout à fait inhabituelle sur le dos de la main). Enfin, s’agissant du 

dernier critère, il a relevé que l’irritation persistante du nerf médian au tunnel carpien 

n’expliquait pas ce tableau clinique et que même si ce dernier était atypique, il n’en 

demeurait pas moins compatible avec un SDRC. Au demeurant, le Dr P_________ a 

ajouté que la scintigraphie osseuse était vraiment en faveur d’un SDRC, même si elle 

ne faisait pas partie du diagnostic positif. Il a ainsi conclu que l’intéressé présentait de 

manière très probable un SDRC.  

- 17 - 

3.3  Ainsi, en l’état du dossier et au vu des rapports motivés de manière détaillée, mais 

dont les conclusions sont diamétralement opposées, rendus par la Dresse G_________ 

et les Drs P_________ et R_________ à seulement quelques mois d’intervalle, la Cour 

de céans considère que l’instruction médicale est insuffisante et qu’un doute subsiste 

quant à l’existence ou non d’un SDRC à la main et au poignet gauches. A cela s’ajoute 

que la question du délai de latence entre l’accident et l’apparition d’un éventuel SDRC 

n’a pas été instruite à satisfaction de droit, seul le Dr Q_________ en ayant discuté dans 

son rapport du 26 janvier 2022. La CNA aurait dès lors dû remédier à son instruction 

lacunaire et ne pouvait pas attendre du Tribunal qu’il la complète à sa place. Partant, il 

convient de renvoyer le dossier à l’autorité intimée pour instruction complémentaire 

conformément à ce qui précède, puis nouvelle décision sur ce point. Si un SDRC devait 

être établi à l’issue de ce complément d’instruction, il appartiendra en outre à l’intimée 

d’examiner l’existence d’un lien de causalité naturelle et adéquate entre ce diagnostic et 

l’accident du 15 juin 2020 selon les critères rappelés ci-dessus (cf. supra consid. 2.4) et, 

cas échéant, d’examiner à nouveau le droit du recourant à des prestations d’assurance. 

4.   

4.1  Il n’est pas perçu de frais (art. 61 let. fbis LPGA), la loi spéciale, en l’occurrence la 

LAA, ne prévoyant pas le prélèvement de frais. 

4.2  La partie recourante est réputée avoir obtenu gain de cause (art. 61 let. g LPGA) 

lorsque, dans la procédure judiciaire cantonale portant sur des prestations d’assurance 

sociale, la décision administrative est annulée et la cause renvoyée à l’administration 

pour instruction complémentaire puis nouvelle décision (ATF 137 V 57 consid. 2.1 et 132 

V 215 consid. 6). 

Selon les articles 61 lettre g LPGA et 91 alinéa 1 LPJA, le recourant qui obtient gain de 

cause a droit au remboursement de ses frais et dépens dans la mesure fixée par le 

tribunal ; leur montant est déterminé sans égard à la valeur litigieuse d’après l’importance 

et la complexité du litige. L’autorité cantonale chargée de fixer l’indemnité de dépens 

jouit d’un large pouvoir d’appréciation (ATF 111 V 49 consid. 4a ; 110 V 365 consid. 3c 

; SVR 2001 AHV n° 4 p. 12 consid. 3b). 

Aux termes de l’article 27 alinéa 1 de la loi fixant le tarif des frais et dépens devant les 

autorités judiciaires ou administratives (LTar ; RS/VS 173.8), les honoraires sont fixés 

d’après la nature et l’importance de la cause, ses difficultés, l’ampleur du travail, le temps 

utilement consacré par le conseil juridique, et la situation financière des parties. D’une 

façon générale, le juge est en mesure de se rendre compte de la nature et de l'ampleur 

- 18 - 

des opérations que le procès a nécessitées (ATF 139 V 496 consid. 5.1). Il ne prend en 

compte que le temps utilisé par l’avocat qui s’inscrit raisonnablement dans le cadre de 

l’accomplissement de sa tâche (ATF 109 Ia 107 consid. 3b ; arrêt du Tribunal fédéral 

5D_54/2014 du 1er juillet 2014 consid. 2.2 ; RVJ 2009 160 consid. 5a). La durée de 

l’activité utilement déployée par un avocat diligent est appréciée en procédant par 

estimation, en fonction du cours ordinaire des choses et de l’expérience de la vie (RVJ 

1994 153 consid. 3c). Devant la Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal, les 

honoraires sont fixés entre 550 fr. et 11 000 fr. (art. 40 al. 1 LTar) selon l’importance et 

la complexité du litige et non pas en fonction de la liste des opérations de l’avocat de 

choix, d’une association ou d’une protection juridique. La LTar consacre le principe de 

l'évaluation globale des dépens (art. 4 al. 1 et art. 27 al. 4 LTar), laissant dans ce cadre 

à l’autorité ou au juge un large pouvoir d'appréciation qui doit néanmoins être exercé 

dans les limites fixées par la loi. 

Dans le cas d’espèce, le mandataire du recourant a produit un recours de 20 pages, une 

réplique de 7 pages et une détermination supplémentaire de 4 pages, le tout 

accompagné d’une cinquantaine de copies. Au vu de l’activité utile déployée par le 

mandataire du recourant, notamment de la teneur des pièces de procédure déposées 

(soit les rapports du Dr P_________), de la complexité moyenne de l’affaire et de 

l’ampleur du dossier, la Cour fixe les honoraires du mandataire à un montant arrondi de 

2000 francs, débours et TVA compris.  

 

Prononce 

 

1. Le recours est admis, la décision sur opposition du 15 septembre 2021 annulée et 

le dossier renvoyé à l’intimée pour complément d’instruction au sens du considérant 

3.3. 

2. Il n'est pas perçu de frais. 

3. La Caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents (CNA) versera à  

X _________ une indemnité de 2000 francs pour ses dépens. 

Sion, le 15 février 2024