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**Case Identifier:** 732a15cb-901b-5636-83d2-784850a6dfc0
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-09-19
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 19.09.2017 C/23934/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-23934-2016_2017-09-19.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 02.10.2017. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/23934/2016 ACJC/1166/2017 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 19 SEPTEMBRE 2017 

 

Entre 

Madame A______, domiciliée ______ (VD), recourante contre un jugement rendu par 
la 26ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 6 avril 2017, 

comparant par Me Aba Neeman, avocat, place de l'Eglise 2, case postale 1224, 1870 

Monthey 2, en l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

et 

B______ SA, sise ______ (GE), intimée, comparant par Me Jean-Noël Jaton, avocat, 
avenue Général-Guisan 64, case postale 7399, 1002 Lausanne-Pully, en l'étude duquel 

elle fait élection de domicile. 

 

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C/23934/2016 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/4866/2017 du 6 avril 2017, expédié pour notification aux 
parties le 10 avril 2017, le Tribunal de première instance a débouté A______ des 

fins de sa requête en mainlevée provisoire (ch. 1 du dispositif), arrêté les frais 

judiciaires à 1'000 fr. et laissé ceux-ci à la charge d'A______ qui en avait fait 

l'avance (ch. 2), condamné A______ à payer à B______ SA le montant de 

2'000 fr. TTC au titre de dépens (ch. 3) et débouté les parties de toutes autres 

conclusions (ch. 4). 

 En substance, le Tribunal a retenu que B______ SA avait rendu immédiatement 

vraisemblable sa libération puisqu'il résultait du dossier que celle-ci avait commis 

une erreur essentielle en confirmant par courrier du 15 juin 2012 à A______ que 

l'ensemble de ses portefeuilles représentaient à ce jour un solde évalué en 

500'010 fr. 80, cette information ayant par la suite été invalidée par B______ SA 

dans le délai d'une année. 

B. a. Par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 20 avril 2017, A______ a 
formé recours contre ce jugement dont elle a sollicité l'annulation. Elle a conclu, 

avec suite de frais et dépens, à ce que l'opposition formée au commandement de 

payer, poursuite n° 1______, soit provisoirement levée à concurrence de 

500'010 fr. 80 avec intérêts à 5% l'an dès le 5 juin 2012. Subsidiairement, elle a 

sollicité l'annulation du jugement et le renvoi de la cause en première instance. 

 A l'appui de son recours, elle a invoqué une constatation manifestement inexacte 
des faits par le premier juge en tant que ce dernier avait retenu que B______ SA 

avait commis une erreur essentielle en reconnaissant la dette en se basant 

essentiellement sur le rapport du 7 avril 2014 établi par C______SA, organe de 

révision de la B______ SA. A______ a également reproché au Tribunal d'avoir 

violé les articles 17 CO et 82 LP ainsi que les principes dégagés par la doctrine et 

la jurisprudence au regard de ces dispositions en retenant que B______ SA avait 

rendu vraisemblable sa libération. 

 b. Dans sa réponse expédiée le 24 mai 2017, B______ SA a conclu au rejet du 
recours, avec suite de frais et dépens. 

 c. Par réplique du 12 juin 2017, A______ a persisté dans ses conclusions. 

 d. Par courrier du 20 juin 2017, B______ SA a informé la Cour renoncer à 
déposer une duplique. 

e. Par pli du greffe du 26 juin 2017, les parties ont été informées de ce que la 
cause était gardée à juger. 

 

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C/23934/2016 

C. Les faits pertinents suivants résultent de la procédure de première instance : 

 a. A______ est cliente de la B______ SA, établissement ayant absorbé par fusion, 
le 29 novembre 2013, la D______. 

b. Feu E______, époux d'A______, décédé le ______2011, était également client 
de la D______. 

c. Par courrier du 5 juin 2012, la D______ a fait part à A______ de ce qui suit: 
"Pour faire suite à votre entretien téléphonique de ce jour avec M. F______, nous 

avons le plaisir de vous confirmer que l'ensemble de vos portefeuilles représente à 

ce jour un solde évalué en CHF de 500'010. 80". 

d. Par courrier du 3 décembre 2012, la D______ a fait savoir à A______ qu'elle 
avait fait erreur sur la titularité d'un compte numérique intitulé "G______", 

n° 2______, dont ni A______, ni feu E______ n'avaient en réalité jamais été 

titulaires. 

e. En première instance, B______ SA a produit le "Rapport sur les constatations 
effectives" de la société C______SA, son organe de révision, daté du 7 avril 2014, 

à teneur duquel "[…] [n]i feu M. E______ ni Mme A______ ne sont ou n'ont été 

titulaires, ayants droit économiques ou fondés de procuration sur la relation 

2______ "G______". […] Un tiers sans aucun lien apparent avec les époux est et 

a toujours été le titulaire et ayant droit économique de la relation 2______ 

"G______"." 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. b et 309 let. b ch. 3 CPC). 

 Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 
introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 

notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 

sommaire. 

 1.2 Le recours ayant été interjeté dans le délai et selon la forme prévus par la loi, il 
est par conséquent recevable. 

2. Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la violation 
du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). 

L'autorité de recours a plein pouvoir d'examen en droit, mais un pouvoir limité à 

l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs formulés et motivés par 

la partie recourante (HOHL, Procédure civile, Tome II, 2
ème

 édition, Berne, 2010, 

n° 2307). 

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 Par ailleurs, le recours étant instruit en procédure sommaire (art. 251 let. a CPC), 
la maxime des débats s'applique et la preuve des faits allégués doit être apportée 

par titre (art. 55 al. 1 et 254 CPC). En outre, la maxime de disposition s'applique 

(art. 58 al. 1 CPC). 

3. La recourante reproche au premier juge de ne pas avoir retenu que le courrier du 
5 juin 2012 qu'elle avait produit valait reconnaissance de dette, au sens des 

articles 17 CO et 82 LP, et, partant, de ne pas avoir prononcé la mainlevée 

provisoire de l'opposition au commandement de payer. 

 3.1 Le créancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance de dette 
constatée par acte authentique ou sous seing privé peut requérir la mainlevée 

provisoire (art. 82 al. 1 LP).  

Le juge de la mainlevée provisoire doit vérifier d'office notamment l'existence 

matérielle d'une reconnaissance de dette (ATF 139 III 444 consid. 4.1.1, et les 

références; arrêt du Tribunal fédéral 5A_40/2013 du 29 octobre 2013 consid. 2.2). 

La procédure de mainlevée provisoire est une procédure sur pièces 

(Urkundenprozess), dont le but n'est pas de constater la réalité de la créance en 

poursuite, mais l'existence d'un titre exécutoire : le créancier peut ne motiver sa 

requête qu'en produisant le titre, et la production de cette pièce, considérée en 

vertu de son contenu, de son origine et des caractéristiques extérieures comme un 

tel titre, suffit pour que la mainlevée soit prononcée si le débiteur n'oppose pas et 

ne rend pas immédiatement vraisemblable des exceptions. Le juge de la mainlevée 

provisoire examine donc seulement la force probante du titre produit par le 

créancier, sa nature formelle - et non la validité de la créance - et lui attribue force 

exécutoire (ATF 139 III 444 précité; 136 III 583 consid. 2.3 et 132 III 140 

consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral 5D_195/2013 du 22 janvier 2014 

consid. 3.1). 

Par reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP, il faut entendre 

notamment l'acte sous seing privé, signé par le poursuivi, d'où ressort sa volonté 

de payer au poursuivant, sans réserve ni condition, une somme d'argent 

déterminée, ou aisément déterminable, et exigible (ATF 136 III 624 consid. 4.2.2; 

136 III 627 consid. 2). 

Lorsque le juge doit statuer selon la simple vraisemblance, il doit, en se basant sur 

des éléments objectifs, avoir l'impression que le fait invoqué s'est produit, sans 

pour autant devoir exclure la possibilité qu'il ait pu se dérouler autrement (ATF 

132 III 140 consid. 4.1.1; 130 III 321 consid. 3.3; 104 Ia 408 consid. 4; arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_413/2014 du 20 juin 2014 consid 4.1). 

Dans le cadre d'une procédure sommaire, le rôle du juge de la mainlevée n'est pas 

d'interpréter des contrats ou d'autres documents, mais d'accorder rapidement, 

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après examen sommaire des faits et du droit, une protection provisoire au 

requérant dont la situation juridique paraît claire (ACJC/658/2012 du 11 mai 

2012, consid 5.2; ACJC/1211/1999 du 25 novembre 1999, consid. 3; arrêt du 

Tribunal fédéral du 10 mai 1968, résumé in JdT 1969 II 32). 

3.2 Selon l'art. 82 al. 2 LP, le juge prononce la mainlevée si le débiteur ne rend 
pas immédiatement vraisemblable sa libération. 

Le débiteur n'a pas à apporter la preuve absolue ou stricte de ses moyens 

libératoires, mais seulement leur simple vraisemblance, en principe par titre (ATF 

132 III 140 consid. 4.1.2; arrêts du Tribunal fédéral 5A_741/2013 du 3 avril 2014 

consid. 3.1.3 et 5A_878/2011 du 5 mars 2012 consid. 2.2). 

Le débiteur peut se prévaloir de tous les moyens de droit civil - exceptions ou 

objections - qui infirment la reconnaissance de dette. Des moyens comme ceux 

tirés de la violation de règles impératives prescrites à peine de nullité, ou de l'objet 

illicite ou contraire aux mœurs d'un contrat, doivent même être soulevés d'office 

par le juge de la mainlevée (arrêts du Tribunal fédéral 5A_741/2013 du 3 avril 

2014 consid. 3.1.2, 5A_878/2011 du 5 mars 2012 consid. 2.2 et 5D_147/2011 du 

10 novembre 2011 consid. 3).  

A teneur de l'art. 23 CO, le contrat n'oblige pas celle des parties qui, au moment 

de conclure, se trouvait dans une erreur essentielle. 

Selon les articles 21 al. 1 et 31 al. 1 CO, la partie victime d'une lésion, d'une 

erreur essentielle, d'un dol ou d'une crainte fondée n'est pas obligée si elle déclare 

invalider le contrat dans le délai prévu par la loi. Par un tel droit formateur, la 

partie scelle définitivement le sort du contrat.  

Le contrat entaché d'erreur ou de dol ou conclu sous l'empire d'une crainte fondée, 

est tenu pour ratifié lorsque la partie qu'il n'oblige point a laissé s'écouler une 

année sans déclarer à l'autre sa résolution de ne pas le maintenir, ou sans répéter 

ce qu'elle a payé. Le délai court dès que l'erreur ou le dol a été découvert, ou dès 

que la crainte s'est dissipée (art. 31 al. 2 CO). 

3.3 En l'espèce, la recourante a produit le courrier du 5 juin 2012 au titre de 
reconnaissance de dette, à teneur duquel l'intimée lui confirmait que "l'ensemble 

de [ses] portefeuilles représente à ce jour un solde évalué en CHF de  

CHF 500'010 fr. 80". Toutefois, il ressort du dossier que l'intimée a, le 3 décembre 

2012, fait savoir à la recourante qu'elle avait commis une erreur essentielle lors de 

l'établissement du courrier du 5 juin 2012, informant ainsi la recourante que cette 

dernière n'était en réalité pas la titulaire, respectivement la bénéficiaire, du compte 

n° 2______ "G______", mais un tiers. 

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La vraisemblance de l'erreur essentielle commise par l'intimée est corroborée par 

le rapport daté du 14 avril 2014 de la société C______SA, produit par l'intimée et 

à teneur duquel ni la recourante ni feu son mari ne sont ou n'ont été titulaires, 

ayants droit économiques ou fondés de procuration du compte n° 2______ 

"G______".  

Il n'y a en effet aucun motif de douter de la valeur probante de ce rapport, 

C______SA étant un organe de révision indépendant. 

Enfin, l'intimée ayant, dans le délai d'une année, déclaré invalider le courrier du 

5 juin 2012 pour erreur essentielle, c'est à juste titre que le premier juge a refusé 

de prononcer la mainlevée provisoire de l'opposition formée par l'intimée au 

commandement de payer litigieux sur la base du courrier du 5 juin 2012, l'intimée 

ayant immédiatement rendu vraisemblable le moyen libératoire susmentionné. 

Contrairement à ce que soutient la recourante, la jurisprudence du Tribunal fédéral 

rendue dans le cadre de la falsification de signatures n'est pas applicable au cas 

d'espèce - même par analogie - cette question n'étant pas litigieuse dans la 

présente procédure. 

Les considérations qui précèdent suffisent à sceller le sort du recours, de sorte 

qu'il est superflu d'examiner les autres griefs de la recourante. 

Le recours sera dès lors rejeté. 

4. La recourante, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC), supportera les frais du recours 
arrêtés à 1'500 fr. (art. 48 et 61 OELP), couverts par l'avance déjà opérée par elle, 

qui reste acquise à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC).  

 La recourante sera en outre condamnée à verser à l'intimée la somme de 1'500 fr. à 
titre de dépens de recours, débours et TVA compris (art. 105 al. 2 CPC;  

art. 84, 85, 89 et 90 RTFMC; art. 23, 25 et 26 LaCC).  

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours formé le 20 avril 2017 par A______ contre le jugement 

JTPI/4866/2017 rendu le 6 avril 2017 par le Tribunal de première instance dans la cause 

C/23934/2016-26 SML. 

Au fond : 

Le rejette. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais du recours : 

Arrête les frais à 1'500 fr., compensés avec l'avance fournie par A______, qui reste 

acquise à l'Etat de Genève. 

Les met à la charge d'A______. 

Condamne A______ à payer à B______ SA la somme de 1'500 fr. à titre de dépens. 

Siégeant : 

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, présidente; Madame Pauline ERARD, 

Monsieur Laurent RIEBEN, juges; Madame Céline FERREIRA, greffière. 

 

La présidente : 

Nathalie LANDRY-BARTHE 

 La greffière : 

Céline FERREIRA 

 
Indication des voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière 

civile; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 72 

à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110). Il connaît 

également des recours constitutionnels subsidiaires; la qualité et les autres conditions pour 

interjeter recours sont déterminées par les art. 113 à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le 

recours motivé doit être formé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de l'arrêt attaqué. L'art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours 

ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les deux recours dans un seul 

mémoire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 30'000 fr.