# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 30f9fee7-3281-5de1-9f08-e5085ce109c0
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-07-05
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 05.07.2023 502 2022 229
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2022-229_2023-07-05.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2022 229

Arrêt du 5 juillet 2023

Chambre pénale

Composition Président : Laurent Schneuwly
Juges : Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser
Greffière-rapporteure : Francine Pittet

Parties A.________, prévenu et recourant, représenté par Me Laïla Batou, 
avocate

contre

MINISTÈRE PUBLIC DE L’ETAT DE FRIBOURG, intimé

Objet Ordonnance de classement – indemnité (art. 429 CPP)

Recours du 19 septembre 2022 contre l'ordonnance de classement 
du Juge de police de l'arrondissement de la Sarine du 23 mai 2022

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considérant en fait

A.

A.1. Dans la nuit du 13 au 14 juin 2020, plusieurs agents de sécurité, dont B.________, ont réveillé 
le résident A.________ alors qu’il dormait dans la pièce commune du Foyer de C.________. L’un 
des agents a braqué sa lampe de poche dans les yeux du résident précité.

Le 15 juin 2020, vers 22h50, une altercation a opposé au Foyer de C.________ le résident 
A.________ à l’agent de sécurité B.________. Il est reproché à ce dernier d’avoir frappé le résident 
et de l’avoir fait chuter à terre; il est par ailleurs reproché à A.________ de s’en être pris verbalement 
à l’agent de sécurité par des injures et des menaces.

A.________ a déposé plainte pénale le 17 juillet 2020 alors que B.________ l’a fait le 9 octobre 
2020.

A.2. Le 16 juin 2020, vers 12h08, une altercation a opposé au Foyer de C.________ le résident 
A.________ aux agents de sécurité D.________ et E.________. Il est opposé aux agents précités 
d’avoir emmené de force A.________ dans la cuisine et, dans ce lieu, de lui avoir donné des coups 
ainsi que de l’avoir mordu. Il est par ailleurs fait grief à A.________ de s’en être pris verbalement 
aux deux agents et de les avoir menacés, ainsi que d’avoir voulu frapper E.________ et d’avoir 
mordu D.________.

A.________ a déposé des plaintes pénales les 24 juin et 17 juillet 2020 contre les deux agents. Ces 
derniers ont pour leur part déposé plainte pénale contre A.________ le 19 juin 2020.

B. Par ordonnance du 29 juillet 2020 du Ministère public, l’assistance judiciaire a été accordée à 
A.________, en sa qualité de partie plaignante, et Me Laïla Batou lui a été désignée mandataire 
gratuite.

Par décision du 19 mai 2022, le Juge de police de l’arrondissement de la Sarine (ci-après : le Juge 
de police), faisant suite à la requête de A.________ du 18 mai 2022, lui a octroyé l’assistance 
judiciaire et lui a désigné Me Laïla Batou en qualité de défenseure d’office pour défendre ses intérêts 
en qualité de prévenu, ce dès le 18 mai 2022. Par arrêt du 23 mai 2023, la Chambre pénale du 
Tribunal cantonal (ci-après : la Chambre) a déclaré irrecevable le recours déposé par A.________ 
contre dite décision (502 2023 65). Dans son pourvoi, le recourant contestait le refus de l’effet 
rétroactif à sa demande d’assistance judiciaire. La Chambre l’a déclaré irrecevable dès lors que 
l’ordonnance attaquée n’est pas susceptible de causer un préjudice irréparable au recourant puisque 
cette question peut être attaquée avec la décision finale.

C. Par acte d’accusation du 10 août 2021, le Ministère public a renvoyé en jugement D.________ 
pour lésions corporelles simples, dommages à la propriété, menaces et abus d’autorité, E.________ 
pour lésions corporelles simples et abus d’autorité, B.________ pour voies de fait et abus d’autorité 
et A.________ pour lésions corporelles simples, injure, violence ou menace contre les autorités et 
les fonctionnaires. Le Ministère public a alors précisé que B.________ a déposé sa plainte au-delà 
du délai de trois mois prévu à l’art. 31 CP, de sorte que l’infraction d’injure reprochée à A.________ 
ne devrait pas être retenue.

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D. Par citation du 22 novembre 2021, A.________ a été cité à comparaître aux débats du Juge 
de police des 23, 24 et 25 mai 2022 comme prévenu selon l’acte d’accusation du 10 août 2021 et 
comme partie plaignante, demandeur au pénal et au civil, selon ses plaintes pénales des 24 juin 
2020 et 17 juillet 2020. En tant que prévenu, il s’est notamment vu impartir un délai de 10 jours pour 
déposer par écrit ses conclusions chiffrées et motivées pour le cas où il demanderait une indemnité 
au sens de l’art. 429 CPP; ledit délai a été prolongé d’office jusqu’au 25 février 2022, puis sur requête 
jusqu’au 4 avril 2022. Par courrier du 28 avril 2022 du Juge de police, Me Laïla Batou, comme les 
autres mandataires, a été informée que les débats du 23 mai 2022 auront lieu selon l’ordre de l’acte 
d’accusation, soit épisode par épisode, que les plaidoiries se feront selon cet ordre, qu’à la fin des 
plaidoiries les conclusions écrites pour chaque épisode devront être remises et, que, si une 
indemnité au sens de l’art. 429 CPP devait être réclamée, une liste par mandant doit être produite, 
sans toutefois qu’un délai ne soit fixé.

E. Lors de l’audience du 23 mai 2022, le Juge de police a informé les parties que, en relation 
avec l’infraction d’injure reprochée à A.________, il entendait prononcer un classement en raison 
de la tardiveté de la plainte de B.________. Ayant obtenu l’accord des mandataires des parties, ledit 
juge, statuant sur le siège, a prononcé le classement de la procédure ouverte à l’encontre de 
A.________ pour injure (épisode du 15 juin 2020) et a précisé que cette décision sera attaquable 
avec le jugement au fond. 

Par ordonnance du 23 mai 2022, le Juge de police a constaté que la plainte pénale pour injure 
déposée le 9 octobre 2020 par B.________ à l’encontre de A.________ était tardive, a prononcé le 
classement de la procédure dans cette mesure, a rejeté toute éventuelle requête d’indemnité au 
sens de l’art. 429 CPP et a renoncé à percevoir des frais.

F. Par mémoire du 19 septembre 2022, A.________ a interjeté recours contre l’ordonnance du 
23 mai 2022. Il a conclu à l’annulation partielle de l’ordonnance s’agissant du rejet de toute 
éventuelle requête d’indemnité au sens de l’art. 429 CPP, à l’allocation d’une indemnité au sens de 
l’art. 429 CPP de CHF 5'379.85, à la mise des frais à la charge de l’Etat et à l’octroi d’une indemnité 
de CHF 2'000.- à titre de participation à ses frais d’avocat pour la procédure de recours.

G. Invité à se déterminer, le Juge de police a, par courrier du 29 septembre 2022, conclu au rejet 
du recours, sous suite de frais. 

H. Invité à se déterminer, le Ministère public a, par courrier du 26 septembre 2022, conclu au 
rejet du recours, pour autant que recevable, avec suite de frais. 

en droit

1.

1.1. La voie du recours devant la Chambre est ouverte contre une ordonnance de classement 
(art. 322 al. 2 et 393 al. 1 let. b CPP; art. 64 let. c et 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice 
[LJ; RSF 130.1]). L’art. 395 let. b CPP prévoit cependant, lorsque l’autorité de recours est un tribunal 
collégial, que le recours porte sur les conséquences économiques accessoires d’une décision et 
que le montant litigieux n’excède pas CHF 5'000.-, que la direction de la procédure statue seule. En 
l’espèce, le recours porte sur les conséquences économiques accessoires d’une décision de 

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classement, dont la valeur litigieuse est supérieure à CHF 5'000.-, en l’occurrence CHF 5'379.85. 
Aussi, la compétence de la Chambre est donnée. 

Remis à un office postal le 19 septembre 2022, le recours a été interjeté dans le délai légal, 
l’ordonnance de classement du 23 mai 2022 ayant été notifiée le 7 septembre 2022.

1.2. A.________ a indéniablement la qualité pour recourir (art. 322 al. 2, 310 al. 2 et 104 al. 1 let. 
a CPP).

1.3. Doté de conclusions et d’une motivation suffisante, le recours répond aux exigences de forme 
(art. 396 al. 1 et 385 CPP).  

1.4. La Chambre jouit d’une pleine cognition, en fait, en droit et en opportunité (art. 393 al. 2 
CPP). Elle statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP).

2.

Dans son pourvoi, le recourant ne requiert la réformation de l’ordonnance attaquée qu’en ce qu’elle 
concerne le refus de lui allouer une indemnité de partie (art. 429 al. 1 let. a CPP). Aussi, seul cet 
élément sera abordé dans le présent arrêt.

2.1. Selon l’art. 429 CPP, si le prévenu est acquitté totalement ou en partie ou s’il bénéficie d’une 
ordonnance de classement, il a droit à une indemnité pour les dépenses occasionnées par l’exercice 
raisonnable de ses droits de procédure (let. a), à une indemnité pour le dommage économique subi 
au titre de sa participation obligatoire à la procédure pénale (let. b) et à une réparation du tort moral 
subi en raison d’une atteinte particulièrement grave à sa personnalité, notamment en cas de 
privation de liberté (let. c). Deux conditions doivent être réunies pour que le prévenu soit indemnisé; 
premièrement, seul le prévenu bénéficie de ce droit. En d’autres termes, la qualité de prévenu doit 
avoir été préalablement reconnue à la personne concernée (art. 111 CPP); deuxièmement, les 
poursuites contre lui doivent avoir été au moins partiellement abandonnées ou classées (PC CPP, 
2e éd. 2016, art. 429 n. 3). Les motifs qui ont motivé l’acquittement ou le classement ne sont pas 
pertinents concernant l’indemnisation, l’art. 430 CPP étant toutefois réservé. L’indemnité pour les 
frais de défense est en principe due quelle que soit la gravité des préventions qui étaient reprochées 
en procédure à la personne acquittée (PC CPP, art. 429 n. 4; ATF 138 IV 197 consid. 2.3 / JdT 2013 
IV 184). Ainsi, en principe, toutes les charges autres qu’une contravention justifient, sans autre 
examen, l’intervention d’un avocat. S’agissant de ces dernières, l’assistance d’un mandataire 
professionnel sera indemnisée si les circonstances du cas d’espèce la rendaient nécessaire, étant 
entendu qu’il ne faut pas trop se monter exigeant sur ce point (arrêt TF 6B_193/2017 du 31 mai 
2017 consid. 2.5). Dans de telles circonstances, le recours aux services d’un avocat peut être 
indemnisé, lorsque l’enjeu individuel et subjectif présente une certaine importance. Tel sera à 
l’évidence le cas, si une mesure est envisagée, si la condamnation envisagée eût été inscrite au 
casier judiciaire, si elle peut avoir de lourdes conséquences en matière d’assurances sociales ou de 
responsabilité civile ou encore si elle concerne des accusations de soustraction douanière portant 
sur plusieurs millions de francs (CR CPP-MIZEL/RÉTORNAZ, 2e éd. 2019, art. 429 n. 31 et les 
références). Autrement dit, dans le cadre de l’examen raisonnable du recours à un avocat, il doit 
être tenu compte, outre de la gravité de l’infraction et de la complexité de l’affaire en fait ou en droit, 
de la durée de la procédure et de son impact sur la vie personnelle et professionnelle du prévenu 
(ATF 142 IV 45 consid. 2.1). Concernant l’appréciation des honoraires d’un avocat, ceux-ci doivent 
paraître adéquats et adaptés aux enjeux particuliers du cas d’espèce, ce qui implique une forme de 
raisonnement fondé sur la proportionnalité (CR CPP-MIZEL/RÉTORNAZ, art. 429 n. 32 et les 

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références). Il n’appartient pas à l’Etat de contester chaque poste d’un mémoire en prétendant que 
l’avocat aurait dû organiser autrement la défense de son client, à moins qu’on ne se trouve en 
présence d’abus ne répondant à aucune stratégie de défense utile. Bien que cela puisse être parfois 
difficile, l’autorité doit essayer de se mettre à la place de l’avocat. Ce faisant, elle ne perdra pas de 
vue le fait que celui-ci doit respecter le secret professionnel au moment de rédiger sa note 
d’honoraires et ne peut ainsi trop la détailler. La juridiction amenée à se prononcer sur les prétentions 
en indemnisation ne saurait ainsi se borner à estimer sommairement le temps qu’elle juge 
nécessaire à la défense du prévenu sans indiquer les raisons qui l’ont poussée à considérer comme 
abusives les demandes d’indemnisation formées, au titre d’honoraires d’avocat. Cette obligation 
existe même en cas de présentation d’un décompte dépourvu de toute motivation (CR CPP-
MIZEL/RÉTORNAZ, art. 429 n. 33 et les références). Contrairement à ce qui vaut pour l’assistance 
judiciaire, le temps que l’avocat consacre à l’« accompagnement social » (recherche d’un travail, 
d’un logement, discussion avec une caisse d’assurance sociale …) de son client doit être indemnisé 
(CR CPP-MIZEL/RÉTORNAZ, art. 429 n. 34 et les références).

2.2. Dans l’ordonnance attaquée, le Juge de police a rejeté toute éventuelle requête d’indemnité 
au sens de l’art. 429 CPP au vu du caractère bagatelle du classement prononcé. Dans sa 
détermination du 29 septembre 2022, il a notamment relevé que, bien que rendu attentif à son droit 
de demander une indemnité selon l’art. 429 CPP, A.________ n’y a donné aucune suite, y compris, 
lors des débats du 23 mai 2022, au cours desquels, alors assisté de son conseil, il a accepté qu’un 
classement soit rendu sans requérir une éventuelle indemnité. Il a ajouté qu’il ressort de l’acte 
d’accusation du 10 août 2021 que le Ministère public avait déjà relevé la tardiveté de la plainte 
pénale déposée par B.________. Le Juge de police a terminé en soulignant que le travail relatif à 
l’infraction d’injure est insignifiant et est absorbé par les autres infractions reprochées au recourant.

2.3. Dans son recours, A.________ reproche au Juge de police de ne pas l’avoir interpellé sur 
une éventuelle indemnité lors de l’audience du 23 mai 2022. L’autorité avait d’ailleurs indiqué que la 
décision de classement des faits reprochés par B.________ en lien avec l’infraction d’injure serait 
attaquable avec la décision finale, sous-entendant que la décision formelle de classement serait 
rendue lors de l’audience de jugement, lors de laquelle il pourrait faire valoir des conclusions en 
indemnisation. Le recourant ajoute que le Juge de police savait qu’il était assisté d’une défenseure 
et que celle-ci n’était nommée d’office qu’à partir du 18 mai 2022; l’autorité pouvait ainsi s’attendre 
à ce qu’il formule des conclusions en indemnisation relatives à ses frais de défense antérieurs au 
18 mai 2022. Le recourant souligne encore que l’on ne saurait suivre l’autorité précédente lorsqu’elle 
soutient qu’il s’agit d’une affaire bagatelle. En effet, la plainte concernait un délit qui aurait figuré sur 
son casier judiciaire s’il avait été condamné. Le recourant estime que, vu le stress post-traumatique 
dont il souffre, lequel a été ravivé par la présente procédure, il avait besoin de l’assistance d’un 
avocat. De même, il relève que sa condamnation pour injure était susceptible d’affaiblir sa propre 
plainte pénale à l’encontre d’agents de sécurité et ses conclusions civiles y relatives. L’enjeu 
présentait ainsi une certaine importance pour lui. Le recourant conclut que, en rejetant d’office toute 
éventuelle requête, le Juge de police a violé l’art. 429 CPP et commis un déni de justice de sorte 
que l’ordonnance querellée doit être partiellement annulée. Il estime qu’il convient de lui allouer une 
indemnité ex aequo bono pour le quart de ses frais de défense non couverts par l’assistance 
judiciaire, soit CHF 5'379.85, dans la mesure où le classement ne concerne qu’un des deux 
complexes de faits reprochés et qu’il est également plaignant.

2.4. Dans sa détermination, le Ministère public relève d’abord que Me Laïla Batou a été désignée 
mandataire gratuite de A.________ à compter du 29 juillet 2020 et que la défense de celui-ci en 
qualité de prévenu se confond avec celle en qualité de plaignant de sorte qu’il n’y a pas de démarche 

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spécifique ne pouvant concerner que l’une de ses qualités, prévenu ou partie plaignante. Il a ensuite 
relevé que l’épisode 2.4 de l’acte d’accusation [soit celui du 13 au 14 et du 15 juin 2020] doit être 
analysé tant sous l’angle de l’art. 177 CP que de l’art. 285 CP. Or, le classement prononcé ne porte 
que sur la tardiveté de la plainte pénale au regard de l’injure de l’art. 177 CP, ce qui avait déjà été 
relevé dans l’acte d’accusation. Il ajoute que le Juge de police a rejeté toute éventuelle requête 
d’indemnité au sens de l’art. 429 CPP dès lors qu’il a considéré le grief comme un cas bagatelle. Le 
Ministère public a alors précisé que le recourant ne dit pas en quoi le classement partiel ne porterait 
pas sur un cas bagatelle. Enfin, le Ministère public termine en notant que venir réclamer 
CHF 5'379.85 comme indemnité, plus CHF 2'000.- pour les frais de recours, est totalement hors de 
propos pour une infraction d’injure. 

2.5. En l’espèce, il appert que l’infraction qui a amené à l’ordonnance de classement, soit une 
injure, était un délit et non pas une simple contravention de sorte que le principe à l’allocation d’une 
indemnité doit être admis; le simple recours à un avocat ne peut qu’exceptionnellement être 
considéré comme un exercice non raisonnable des droits de partie (ATF 138 IV 197 consid. 2.3.5).

Cela étant, il doit, d’abord, être constaté que, pour les événements de la nuit du 13 au 14 juin 2020 
et de la soirée du 15 juin 2020 retenus dans l’acte d’accusation (ch. 2.4/DO 10007 ss), le recourant 
était tant partie plaignante que prévenu. En effet, il ressort dudit acte d’accusation que, s’agissant 
de B.________, les faits paraissent être constitutifs de voies de fait et d’abus d’autorité, au sens des 
art. 126 al. 1 et 312 CP, et que, s’agissant de A.________, les faits paraissent être constitutifs 
d’injure ainsi que de violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires, au sens des art. 
177 al.1 et 285 ch. 1 CP; indication étant faite que B.________ ayant déposé sa plainte au-delà du 
délai de trois mois prévu à l’art. 31 CP, l’infraction d’injure ne devrait pas être retenue. Ensuite, par 
décision du 19 mai 2022, le Juge de police, faisant suite à la requête de A.________ du 18 mai 
2022, lui a octroyé l’assistance judiciaire et lui a désigné Me Laïla Batou comme défenseure d’office 
pour défendre ses intérêts en qualité de prévenu. A cet égard, il importe de souligner que dite 
décision a fait l’objet d’un recours qui, par arrêt du 23 mai 2023 de la Chambre, a été déclaré 
irrecevable dès lors que l’ordonnance attaquée n’est pas susceptible de causer au recourant un 
préjudice irréparable et que celle-ci pouvait être attaquée avec la décision finale. Ainsi, la question 
de l’effet rétroactif de l’assistance judiciaire octroyée au recourant en sa qualité de prévenu n’est 
pas définitivement résolue. En revanche, Me Laïla Batou lui a bien été désignée mandataire gratuite, 
pour sa qualité de partie plaignante, par ordonnance du 29 juillet 2020 du Ministère public. S’il est 
vrai que la défense du recourant en qualité de prévenu peut se confondre avec celle en qualité de 
plaignant, il n’en demeure pas moins que quelques démarches spécifiques ont dû être effectuées 
uniquement en lien avec la qualité de prévenu. A cet égard, il convient cependant de relever que, 
au plus tard au moment de la notification de l’acte d’accusation, le recourant, assisté par une 
mandataire professionnelle, devait savoir qu’un classement interviendrait s’agissant de la plainte 
pénale déposée par B.________, ce en raison de sa tardiveté. En outre, s’il est vrai que le recourant 
a bien été rendu attentif à son droit de demander une indemnité selon l’art. 429 CPP dans la citation 
à comparaître du 22 novembre 2021, en revanche tant le courrier du 28 avril 2022, qui répétait dite 
information, sans qu’un délai ne soit fixé, et indiquait l’ordre des plaidoiries que le déroulement de 
la séance du 23 mai 2022 lors de laquelle aucune plaidoirie n’a été prononcée - la cause étant 
renvoyée à une date ultérieure - et le classement de la procédure ouverte à l’encontre du recourant 
pour injure prononcé avec la précision que dite décision sera attaquable avec le jugement au fond 
(DO/13400) ne permettent pas, selon le respect du principe de la bonne foi, de retenir que Me Laïla 
Batou n’a pas donné suite à l’interpellation et que partant le recourant n’a droit à aucune indemnité.

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Sur le vu de ce qui précède, force est de constater que, dans l’ordonnance attaquée, le Juge de 
police a bien violé l’art. 429 CPP. Toutefois, dans la mesure où la question de l’effet rétroactif de 
l’assistance judiciaire octroyée au recourant en sa qualité de prévenu n’est pas définitivement 
résolue - puisqu’attaquable avec le jugement au fond - et que la réponse à cette question pourrait 
ne pas ouvrir la voie à une indemnisation selon l’art. 429 CPP (supra consid. 2.1), la Chambre ne 
peut qu’admettre partiellement le recours, annuler le ch. 3 de l’ordonnance de classement du Juge 
de police du 23 mai 2022 et lui renvoyer la cause pour fixation de l’indemnité au sens de l’art. 429 
CPP dans le jugement au fond.

3.

3.1. La Chambre arrête elle-même l’indemnité due au défenseur d’office pour la procédure de 
recours selon l’art. 57 al. 1 et 2 du règlement sur la justice (RJ : RSF 130.11 [RFJ 2015 73]). Si 
aucune liste d’honoraires n’a été produite, en revanche Me Laïla Batou a conclu à l’octroi d’une 
indemnité de CHF 2'000.- pour la procédure de recours. Pour la rédaction du recours et l’examen 
du présent arrêt, y compris son explication au client, le temps raisonnable y relatif peut être estimé 
à environ 4 heures de travail, au tarif horaire de CHF 180.-. Avec quelques autres petites opérations 
et les débours, l’indemnité sera dès lors fixées à CHF 800.-, débours compris, mais TVA (7.7%) par 
CHF 61.60 en sus (art. 56 ss RJ).

A noter que, compte tenu de l’assistance judiciaire, il ne sera pas alloué d’indemnité de partie, celle-
ci ne concernant qu’un défenseur choisi (ATF 138 IV 205 consid. 1).

3.2. Vu l'issue de la procédure de recours, les frais doivent être mis à la charge de l'Etat (art. 428 
al. 4 CPP, 35 et 43 RJ). Ils sont arrêtés à CHF 1'361.60 (émolument : CHF 400.-; débours : 
CHF 100.-; frais de défense : CHF 861.60). 

(dispositif en page suivante)

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la Chambre arrête :

I. Le recours est partiellement admis.

Partant, le ch. 3 de l’ordonnance de classement du Juge de police de l’arrondissement de la 
Sarine du 23 mai 2022 est annulé et la cause est renvoyée au Juge de police de 
l’arrondissement de la Sarine pour fixation de l’indemnité au sens de l’art. 429 CPP dans le 
jugement au fond.

II. L’indemnité due pour la procédure de recours à Me Laïla Batou en sa qualité d’avocate d’office 
est fixée à CHF 861.60, TVA par CHF 61.60 incluse. 

III. Les frais de la procédure de recours par CHF 1'361.60 (émolument : CHF 400.-; débours : 
CHF 100.-; frais de défense : CHF 861.60) sont mis à la charge de l’Etat.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours 
sont déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Toutefois, en tant qu'il concerne la fixation de son indemnité, cet arrêt peut faire l'objet, de la part du 
défenseur d’office, d'un recours au Tribunal pénal fédéral (art. 135 al. 3 let. b CPP) dans les dix jours 
qui suivent la notification de l’arrêt rédigé (art. 396 al. 1 CPP). La procédure est régie par les art. 379 
à 397 CPP (art. 39 de la loi du 19 mars 2010 sur l'organisation des autorités pénales de la 
Confédération, RS 173.71). L'acte de recours doit être adressé au Tribunal pénal fédéral, case 
postale 2720, 6501 Bellinzone.

Fribourg, le 5 juillet 2023/lsc

Le Président La Greffière-rapporteure