# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 28884651-aa12-5f44-80d9-e18bf4d4b10d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-07-11
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 11.07.2023 P/1824/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-1824-2022_2023-07-11.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/1824/2022 ACPR/527/2023 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du mardi 11 juillet 2023 

 

Entre 

A______, domicilié ______ République de Maurice,  

B______ SA, ayant son siège ______, Luxembourg, 

C______, ayant son siège ______ c/o D______ LTD, ______, République de Maurice,  

tous comparant par Mes Sylvain SAVOLAINEN et Patrick MOUTTET, avocats, 

SAVOLAINEN Avocats, boulevard des Philosophes 18, 1205 Genève, 

recourants, 

contre l'ordonnance de non-entrée en matière rendue le 28 novembre 2022 par le Ministère 

public, 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy, case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé. 

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EN FAIT : 

A. a. Par acte expédié le 12 décembre 2022, A______, B______ SA et C______ 
recourent contre l'ordonnance du 28 novembre 2022, communiquée par pli simple, 
par laquelle le Ministère public a refusé d'entrer en matière sur leur plainte.  

Les recourants concluent, sous suite de frais et dépens, à l'annulation de cette 
ordonnance et à l'ouverture d'une instruction.  

b. Les recourants ont versé les sûretés en CHF 3'000.- qui lui étaient réclamées par 
la Direction de la procédure. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

 I. Contexte non litigieux 

a. A______, ressortissant belge domicilié en République de Maurice, a ouvert à 
titre personnel, au mois de juin 2017, une relation bancaire à Genève auprès de 
E______, enregistrée sous le numéro de compte 1______.  

b. Parmi les documents contractuels signés par A______ dans ce cadre figurent: 

-  un contrat de conseil en placement, avec ses conditions d'exercice, par lesquelles 
il donnait mandat à la banque de lui "octroyer un accès direct à un conseiller en 
placement" chargé de fournir des conseils "en placement compatibles avec les 
objectifs d'investissement et le profil de risque" et "en placement portant sur des 
investissements spécifiques que [A______] envisage[ait] d'effectuer". Les prestations 
faisant l'objet du mandat s'adressaient à "une clientèle expérimentée en matière 
d'investissements financiers". A______ était "conscient du fait que les décisions 
définitives relatives au choix des investissements et à la composition du portefeuille 
[relevaient] de sa compétence et de sa responsabilité exclusive. Il [restait] libre de 
suivre ou non les conseils de la Banque, laquelle exécutera[it] les décisions 
d'investissement qui lui [seraient] communiquées expressément pour exécution, pour 
le compte et aux seuls risques du Client"; 

-  un questionnaire "Profil client", où il signifiait ne pas être actif dans le secteur 
financier mais investir depuis des années dans plusieurs catégories d'actifs sur 
différents marchés. Il pensait investir entre 10% et 50% de ses actifs;  

-  un questionnaire lié aux risques, par lequel il déclarait une "appétence au risque 
moyenne", avec comme priorité: "Revenus/complément de revenus";  

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- des "Conditions régissant les ventes à découvert, ainsi que les opérations non 
couvertes sur options, contrat à terme et autres produits dérivés" (ci-après: 
"Conditions régissant les ventes à découvert"), tenant sur cinq pages, qui 
s'appliquaient aux opérations effectuées par la banque "mais sur ordre et aux seuls 
risques et périls du Client". Ce dernier y confirmait que les engagements sur les 
opérations visées par ces conditions n'excéderaient pas EUR 1'200'000.-, mais en tout 
cas pas plus de 30% des actifs détenus. En cas de dépassement de ces limites, "le 
Client s'engage[ait], à première demande de la Banque, à remettre en nantissement, 
en faveur de la Banque, de nouveaux actifs ou à dénouer tout ou partie des 

opérations en cours à due concurrence, dans le délai qui lui [était] imparti pour ce 
faire".  

c. F______ a été désigné comme chargé de relation pour [la banque] E______, tandis 
que G______ est intervenu comme conseiller en placement.  

d. Les 15 août 2017 et 19 juin 2018, A______ a ouvert auprès de E______ trois 
comptes distincts, au nom de sociétés dont il était l'ayant droit économique, à savoir 
B______ SA, société luxembourgeoise (compte n° 2______), C______ (compte 
n° 3______) et H______ LTD (compte n° 4______), sociétés mauriciennes.  

e. Pour ces relations, A______ a signé, entre le 15 août 2017 et le 28 août 2018, 
divers documents bancaires, parmi lesquels figurent:  

-  des actes de nantissement individuels, conférant à la banque un droit de gage sur 
les avoirs déposés sur les comptes respectifs;   

-  un mandat de conseil en placement pour C______, prévoyant notamment que le 
"Client" était "conscient que les décisions finales d'achat ou de vente partielle ou 
totale, le niveau de risque et la performance des placements effectués, ainsi que 

l'allocation des actifs au sein du Compte [relevaient] de sa responsabilité exclusive";  

-  des questionnaires "Profil client". Dans ceux relatifs à C______ et 
H______ LTD, les cases cochées signifiaient une volonté d'investir "plus de 50%" 
des actifs, avec une "appétence au risque élevée" et une priorité dans la 
"valorisation/accroissement du capital", pour B______ SA, le montant total des 
actifs à investir auprès de la banque était "entre 10% et 50%", avec une "appétence 
au risque élevée" et une priorité dans la "valorisation/accroissement du capital";  

- des "Conditions régissant les ventes à découvert". Les limites d'engagement ne 
devaient pas excéder EUR 3'000'000.- mais en tout cas pas plus de 30% / 33% des 
actifs détenus pour B______ SA et CHF 2'500'000.-, mais en tout cas pas plus de 
30% des actifs détenus pour C______.  

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II. Plainte et instruction 

a. Le 18 janvier 2022, A______, en son nom propre et en qualité de représentant de 
B______ SA et C______, a déposé plainte contre F______ pour faux dans les titres 
(art. 251 CP), en distinguant trois types de documents "fabriqués à son insu", dont il 
avait découvert l'existence dans le cadre d'une demande de reddition de compte.  

Dans le contexte de l'ouverture du compte de H______ LTD, le précité lui avait fait 
parvenir par courriel, le 4 octobre 2018, un contrat de nantissement, en lui 
demandant de ne signer que la seconde page du document, ce qu'il avait fait en 
pensant qu'il s'agissait d'une confirmation d'un des nantissements similaires signés 
précédemment. En répliquant par la suite cette seconde page – avec la signature – 
F______ avait fabriqué trois actes de nantissement "croisés" entre son compte 
personnel et ceux de B______ SA et C______.  

Le 14 février 2019, F______ lui avait adressé un courriel contenant une pièce jointe à 
signer, laquelle ne consistait qu'en une dernière page d'un formulaire dont il ignorait 
le contenu. En raison de la confiance qu'il accordait au précité, il s'était exécuté. 
Cette unique page avait alors été utilisée pour fabriquer de nouvelles "Conditions 
régissant les ventes à découvert", afférentes à sa relation personnelle, pour prévoir 
une limite d'engagement de EUR 10'000'000.- et, au maximum, de 100% des actifs 
détenus. Ce processus avait été réitéré à deux autres reprises, en l'espace d'un mois et 
demi, avec, à chaque fois, des limites d'engagement différentes. Toujours grâce à la 
même page signée, F______ avait également fabriqué plusieurs "Conditions 
régissant les ventes à découvert" afférentes à la relation de B______ SA, en 
augmentant à chaque fois les limites d'engagement par rapport à celles initialement 
stipulées.  

Le 13 mai 2019, F______ lui avait, derechef, envoyé un courriel en lui demandant de 
signer les pièces jointes, soit les dernières pages de deux formulaires, lui expliquant 
qu'en raison de l'entrée en vigueur de la LSFin, il devait passer dans la catégorie des 
"clients professionnels" pour pouvoir continuer à bénéficier d'un accès direct au 
"Trading Floor". Les signatures apposées sur ces documents avaient servi à F______ 
pour fabriquer un nouveau profil client le concernant, par le biais d'un questionnaire 
éponyme, composé de quatre pages en tout et comprenant de nombreuses questions 
pour lesquelles il n'avait coché aucune des cases valant réponses. F______ en avait 
fait de même pour créer un nouveau profil client en lien avec C______.  

b. Les pièces suivantes accompagnaient notamment cette plainte:  

  

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Actes de nantissement  

-  un courriel de F______ du 4 octobre 2018 avec comme objet: "Nantissements" et 
comme teneur: "Je vous prie de bien vouloir trouver, ci-joint, l'acte de nantissement 
pour signature. Merci de bien vouloir uniquement signer la page 2 et renvoyer le 

document par scan [à] votre plus proche convenance". Le document n'est pas joint à 
la plainte;  

- la réponse de A______ du même jour, ainsi que la seconde page d'un document, 
où la date du 11 octobre 2018 était dactylographiée et sa signature était apposée;  

- trois actes de nantissement de deux pages, dont les secondes correspondaient à 
celle transmise par A______, avec la date du 11 octobre 2018 et sa signature, 
stipulant que le "Constituant", soit le précité, respectivement C______ et 
B______ SA, constituaient un droit de gage sur leurs avoirs en faveur de la banque 
pour les éventuelles créances que celle-ci pouvait faire valoir à l'encontre des deux 
autres (nantissements croisés). Les documents comportaient chacun la note 
manuscrite "(suspens voir mail de I______)";  

Conditions régissant les ventes à découvert 

- un courriel de F______ du 14 février 2019, avec comme teneur: "A la suite de 
notre conversation téléphonique et je vous prie de bien vouloir trouver, ci-joint, le 

formulaire pour signature". En annexe, est produite la cinquième page d'un 
formulaire, dont les champs afférents à la date et à la signature sont vides. La mise en 
page et le contenu visible étaient identiques à ceux de la cinquième page des 
"Conditions régissant les ventes à découvert" signées auparavant par A______;  

- la réponse de A______ du lendemain, comprenant la page en question, 
complétée avec sa signature mais non datée;  

-  trois formulaires de "Conditions régissant les ventes à découvert" en lien avec 
le compte n° 1______ (A______), portant les dates manuscrites des 14, 27 février et 
3 avril 2019 et la signature de A______, prévoyant des limites d'engagement 
successives de EUR 10'000'000.- (maximum 100% des actifs), EUR 10'000'000.- 
(maximum 44% des actifs) et EUR 5'000'000 (maximum 50% des actifs);  

- trois formulaires de "Conditions régissant les ventes à découvert" en lien avec le 
compte n° 2______ (B______ SA), portant les dates manuscrites des 14, 27 février et 
3 avril 2019 et la signature de A______, prévoyant des limites d'engagement 
successives de EUR 5'000'000.- (maximum 100% des actifs), EUR 5'000'000.- 
(maximum 23% des actifs) et EUR 11'000'000 (maximum 50% des actifs); 

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Profil client 

-  un courriel de F______ du 13 mai 2019, avec la teneur suivante: "En prévision 
de l'entrée en vigueur en janvier 2020 de la loi fédérale sur les instruments 

financiers (LSFin), nous avons l'obligation légale de classer les clients dans l'une 
des catégories suivantes: Clients privés, Clients professionnels, Clients 

institutionnels. Par défaut, les dossiers sont actuellement classifiés dans la catégorie 

« clients privés », ce qui aura comme conséquence que, dès le 1
er

 juillet 2019, vous 

n'aurez plus accès à notre « Trading Floor » comme cela est actuellement le cas, 

alors qu'il faut être dans la catégorie « clients professionnels ». En bref et afin de 

pouvoir continuer de bénéficier d'un accès direct à G______, je vous remercie de 

bien vouloir signer les deux documents joints et me les renvoyer (par scan 

uniquement) à votre plus proche convenance".  

- La seconde page d'un formulaire, avec une ligne pour y inscrire la date et une 
autre pour apposer la signature; ainsi que la dernière page d'un formulaire en 
comprenant quatre, avec un espace pour signer et inscrire la date. Au-dessus de ces 
champs se trouvait la fin d'un questionnaire avec, notamment, des cases à cocher 
relatives à la "catégorisation LSFIN retenue en accord avec le client". Les options 
étaient "Privé", "Professionnel « sur demande » (joindre le document Demande 
d'être traité comme un client professionnel)", "Professionnel" et "Institutionnel";  

- la réponse de A______, avec sa signature et la date du 13 mai 2019 inscrites 
dans les espaces prévus à cet effet sur les deux pages susmentionnées. Les cases 
visibles à la fin du formulaire de quatre pages n'étaient pas cochées;  

- un document de deux pages "Demande d'être traité comme client professionnel" 
pour la relation n° 1______, dont la seconde correspondait à celle complétée et 
renvoyée par A______; 

- un questionnaire "Profil client" pour cette même relation, comprenant quatre 
pages et dont la dernière correspondait à celle retournée, signée, par A______. 
L'ensemble des cases valant réponses aux différentes questions étaient cochées, y 
compris celle, pour la "Catégorisation LSFIN", avec le statut "Professionnel « sur 
demande »"; 

- ce même questionnaire et une "Demande d'être traité comme client professionnel", 
complétés pour la relation de C______, comprenant également la date du 13 mai 
2019 et la signature de A______; 

- la retranscription d'un passage d'une conversation téléphonique survenue le 
18 décembre 2019 entre A______ et son conseiller en investissement au sein de la 
banque;  

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c. Le 7 février 2022, le Ministère public a sollicité des plaignants l'envoi de toute la 
documentation obtenue par le biais de la demande de reddition de compte 
mentionnée dans leur plainte.  

d.a. Le 9 mars 2022, les plaignants ont transmis une clé USB avec les informations 
demandées et fourni des explications générales sur les litiges civils les opposant à [la 
banque] E______, tout en rappelant que leur plainte ne visait que F______.  

d.b. Ladite clé USB contenait, entre autres, une demande en paiement déposée par 
E______ contre A______ le 26 novembre 2020, par-devant le Tribunal de première 
instance.  

À teneur des allégués de cette demande, A______ était titulaire du brevet d'avocat et 
exerçait depuis de nombreuses années dans le domaine fiscal. Il était habitué à signer 
de la documentation bancaire et pouvait prétendre au statut "d'investisseur qualifié". 
En ouvrant les différentes relations, en son nom et pour le compte de C______ et 
B______ SA, l'intéressé cherchait à accéder à la table de trading de la banque. 
Compte tenu de la nature des instruments financiers dans lesquels A______ 
investissait depuis l'ouverture desdites relations, une mise à jour documentaire avait 
été effectuée, par le biais notamment de la signature d'actes de nantissements croisés, 
de "Conditions régissant les ventes à découvert", d'un formulaire "client 
professionnel" et d'un questionnaire "Profil client". Les actes de nantissement croisés 
avaient d'abord été signés par A______ et retournés par courriel. En l'absence 
d'originaux, la banque lui avait demandé de venir signer, une seconde fois, ces 
documents en original, lors d'une visite le 7 janvier 2019. Les modifications 
apportées aux "Conditions régissant les ventes à découvert" avaient préalablement 
été discutées par téléphone avec A______. Le nouveau profil client de ce dernier 
était conforme avec la nature de sa stratégie, portant sur des instruments financiers 
hautement spéculatifs, et conforme à sa volonté. Les investissements effectués par 
A______, par le biais des comptes dont il était l'unique ayant droit économique, 
avaient finalement conduit la relation n° 1______ à nécessiter un appel de marge de 
la banque, auquel l'intéressé n'avait pas donné suite. Conformément aux conditions 
contractuelles, les instruments financiers de A______ avaient alors été liquidés par la 
banque, engendrant des pertes importantes. Malgré les compensations effectuées sur 
la base des actes de nantissement croisés, A______ restait débiteur d'un montant de 
EUR 20'595'643.-.  

d.c. La clé USB contenait également:  

- un courriel envoyé par F______ à A______, lui fixant un rendez-vous pour le 
7 janvier 2019; 

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- trois actes de nantissement croisés, liés respectivement aux relations 
nos 1______, 3______ et 2______, datés du 7 janvier 2019 et portant la signature de 
A______, sans note manuscrite "en suspens".  

e. Le 5 septembre 2022, le Ministère public a adressé un ordre de dépôt à E______, 
afin d'obtenir, notamment, toute la correspondance ou enregistrement téléphonique 
portant sur les modifications successives de limites d'engagement et sur les 
modifications du profil client des relations de A______, B______ SA et C______.  

f. Dans la lettre du 26 septembre 2022 accompagnant les documents sollicités par 
l'ordre de dépôt, E______ a expliqué qu'au moment des faits, les lignes téléphoniques 
de la banque n'étaient pas enregistrées, les limites des 14 et 27 février 2019 pour les 
relations de A______ et B______ SA n'avaient jamais été enregistrées, ni appliquées. 
Celles reflétées dans les états financiers au 31 mai 2019 pouvaient être générées 
directement par le client, en tout temps, sur le système e-banking.  

Parmi les pièces ainsi versées au dossier figurait un document "Confirmation relative 
au statut d'investisseur qualifié pour les particuliers fortunés", relatif au compte 
personnel de A______ et selon lequel celui-ci confirmait "avoir été rendu attentif 
aux conséquences pratiques et aux risques liés au statut d'investisseur qualifié, et 

notamment au fait que la Banque pourra lui proposer des fonds et des produits 

structurés destinés uniquement aux investisseurs qualifiés, lesquels présent[ai]ent en 
général un niveau de protection moindre et des risques plus élevés que les 

fonds/produits structurés ouverts au public".  

g. Le 10 novembre 2022, les plaignants ont versé à la procédure des documents 
venant "étoffer et étayer les faits rapportés" dans leur plainte. Il s'agissait de comptes 
rendus internes de E______, selon lesquels la mise à jour d'un nouveau profil client 
devait être documentée, ainsi qu'un exemple caviardé de courriel envoyé à un client 
pour la signature d'un document bancaire, où l'intégralité de celui-ci était envoyée. 
Cela démontrait que F______ n'avait pas respecté les usages de la banque, ceci afin 
d'usurper la signature de A______.  

C. Dans l'ordonnance querellée, le Ministère public retient que A______ avait signé, et 
par-là ratifié, les trois actes de nantissement croisés lors d'une visite à la banque le 
7 janvier 2019. Ces actes reflétaient ainsi sa volonté.  

 Les modifications des "Conditions régissant les ventes à découvert" avaient été 
discutées préalablement par téléphone. En outre, A______ étant seul responsable de 
la gestion de son portefeuille, E______, et plus particulièrement F______, n'avaient 
aucun intérêt à les modifier unilatéralement. Au vu encore de la nature hautement 
spéculative des instruments financiers utilisés par A______, il lui appartenait de 
surveiller sa propre limite de risque, disponible en tout temps via son e-banking. En 

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tout état, les déclarations du précité et de la banque étaient contradictoires, sans 
qu'une preuve objective ne pût permettre de privilégier l'une ou l'autre version ni 
d'établir les faits avec certitude, étant rappelé que les conversations téléphoniques de 
la banque n'étaient pas enregistrées au moment des faits.  

 Les documents signés par A______, notamment la "Confirmation relative au statut 
d'investisseur qualifié", attestaient de ses connaissances dans les opérations 
financières complexes, ce qui était encore renforcé par sa formation, son métier dans 
l'expertise fiscale et ses investissements hautement spéculatifs. La modification 
s'agissant de son statut de "client professionnel" apparaissait dès lors comme une 
simple "mise à jour administrative" d'un statut déjà avéré. En sa qualité d'ayant droit 
économique et de signataire de toutes les relations, les informations données à 
A______ valaient pour C______ et B______ SA. Quant aux profils clients, les 
documents n'avaient qu'une portée "marginale" dans la mesure où, A______ étant un 
investisseur qualifié et seul responsable des risques découlant de sa stratégie de 
placement, lesdits documents n'avaient pour fonction que de permettre à la banque de 
lui proposer des investissements en adéquation avec son profil et sa volonté.  

D. a. Dans leur recours, A______, C______ SA et B______ SA, qui affirment 
disposer de la qualité pour agir, soulignent que le courriel de F______ du 4 octobre 
2018 ne faisait mention que d'un unique acte de nantissement, sans autre information 
et sans les autres pages du document concerné. L'infraction de faux dans les titres, de 
mise en danger abstraite, apparaissait "consommée", sous "la forme de l'abus de 
blanc-seing". Par ailleurs, les documents contestés, portant la mention "en suspens", 
ne constituaient pas des originaux et il ne pouvait pas être établi que les autres 
avaient été ratifiés. En tout état, cela ne modifiait pas le caractère de faux dans les 
titres.  

 Pour les "Conditions régissant les ventes à découvert", seule la dernière page d'un 
PDF lui avait été envoyée, ce qui dénotait une volonté de ne pas transmettre 
l'intégralité du document. La page retournée, qu'il avait signée, avait été utilisée pour 
créer plusieurs nouvelles "Conditions", datées successivement des 14, 27 février et 
3 avril 2019, sans qu'aucune explication n'ait pu être obtenue pour justifier l'existence 
de tels documents.  

 Le même "modus operandi" avait été utilisé concernant les modifications apportées 
au statut de "professionnel" et au "Profil client". En outre, par "[l']abus de blanc-
seing", F______ ne les avait pas suffisamment informés des conséquences du 
changement de statut, ce qui allait à l'encontre des objectifs poursuivis par la LSFin. 
De plus, il était incohérent de retenir qu'ils étaient des investisseurs professionnels 
tout en considérant qu'ils étaient "incapables de remplir eux-mêmes les formulaires 
les concernant", nécessitant que F______ le fît à leur place. Le changement de profil 

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client n'était pas "marginal" puisque de telles démarches nécessitaient la signature du 
client.  

 Enfin, en retenant qu'aucun élément objectif ne permettait de privilégier une version 
plutôt qu'une autre et en refusant d'entrer en matière, le Ministère public avait violé 
son obligation de poursuivre et le principe "in dubio pro dubiore". L'autorité avait 
également retenu à tort que les conversations téléphoniques de la banque n'étaient 
pas enregistrées au moment des faits alors que l'inverse avait été démontré.  

b. Dans ses observations, le Ministère public maintient que les éléments au dossier 
permettaient d'établir que les actes de nantissement croisés avaient été ratifiés par 
A______. Les modifications des "Conditions régissant les ventes à découvert" 
succédaient à des discussions consensuelles et n'avaient, de toute manière, jamais été 
appliquées s'agissant des limites fixées selon les documents datés des 14 et 27 février 
2019. Les enregistrements téléphoniques présents au dossier couvraient une période 
postérieure aux faits dénoncés. Enfin, les développements des recourants concernant 
l'abus de blanc-seing faisaient abstraction du fait que, pour retenir un tel abus, 
l'auteur devait agir sans l'autorisation du titulaire de la signature. Or, les éléments au 
dossier tendaient à établir que F______ agissait avec le consentement de A______.  

c. Dans leur réplique, les recourants reprochent au Ministère public de se fonder 
sur des vraisemblances pour refuser d'entrer en matière sur les faits dénoncés, ce qui 
était contraire au principe "in dubio pro duriore" notamment. L'autorité négligeait 
également l'importance des originaux pour des documents comme ceux litigieux, 
importance reconnue par la banque elle-même comme cela était démontré par les 
courriels internes de E______, au sujet des actes de nantissement.  

Ils produisent ainsi un échange de courriels du 18 octobre 2018, entre I______ 
(conseiller légal) et J______, avec F______ en copie, dont la teneur est la suivante:   

"Nous avons remis il y a quelques jours des actes de nantissement pour ces trois 
dossiers mais ce sont des copies scannées et non pas des originaux. Le problème 

étant que le client habite à l'Ile Maurice et qu'il est très compliqué pour lui de nous 

envoyer ces documents par [l'entreprise de transport] K______. Est-il possible de 

faire une exception et d'enregistrer les actes de nantissements sur la base des scan[s] 
que nous avons reçu?";  

"Oui, cela est possible à titre temporaire, le temps d'obtenir les originaux à brève 
échéance. En revanche, si le client n'entend pas ou ne peut pas nous envoyer les 

documents originaux, cela n'est pas possible".  

  

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EN DROIT : 

1. 1.1. Le recours a été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 
396 al. 1 CPP) – les formalités de notification (art. 85 al. 2 CPP) n'ayant pas été 
observées –, et concerne une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de 
céans (art. 393 al. 1 let. a CPP). 

1.2. Seule une partie à la procédure qui a un intérêt juridiquement protégé à la 
modification ou à l'annulation de la décision querellée peut toutefois se voir 
reconnaître la qualité pour agir (art. 382 al. 1 CPP). 

Tel est, en particulier, le cas du lésé qui déclare expressément vouloir participer à la 
procédure comme demandeur au pénal ou au civil (art. 118 al. 1 CPP). La notion de 
lésé est définie à l'art. 115 CPP. Il s'agit de toute personne dont les droits ont été 
touchés directement par une infraction. En règle générale, seul peut se prévaloir 
d'une atteinte directe le titulaire du bien juridique protégé par la disposition pénale 
qui a été enfreinte (ATF 143 IV 77 consid. 2.2 p. 78). 

Il incombe à la partie recourante d'alléguer les faits qu'elle considère comme propres 
à fonder sa qualité pour recourir lorsque celle-ci n'est pas d'emblée évidente (arrêts 
du Tribunal fédéral 1B_339/2016 du 17 novembre 2016 consid. 2.1; 1B_242/2015 du 
22 octobre 2015 consid. 4.2 et les références citées). 

1.3. L'art. 251 CP protège, en tant que bien juridique, d'une part, la confiance 
particulière placée dans un titre ayant valeur probante dans les rapports juridiques et, 
d'autre part, la loyauté dans les relations commerciales (ATF 142 IV 119 consid. 2.2 
p. 121 s. et les références citées). Le faux dans les titres peut également porter 
atteinte à des intérêts individuels, en particulier lorsqu'il vise précisément à nuire à 
un particulier (ATF 140 IV 155 consid. 3.3.3 p. 159; 119 Ia 342 consid. 2b p. 346 s. 
et les références citées). Tel est le cas lorsque le faux est l'un des éléments d'une 
infraction contre le patrimoine, la personne dont le patrimoine est menacé ou atteint 
ayant alors la qualité de lésée (ATF 119 Ia 342 consid. 2b p. 346 s.; arrêts 
6B_655/2019 du 12 juillet 2019 consid. 4.3.3; 6B_1274/2018 du 22 janvier 2019 
consid. 2.3.1). 

1.4. En l'espèce, les recourants reprochent au prévenu d'avoir abusé de blancs-seings, 
obtenu en demandant la signature de documents envoyés de manière incomplète. Ce 
mode opératoire aurait notamment été utilisé pour fabriquer trois actes de 
nantissement croisés, plusieurs "Conditions régissant les ventes à découvert", pour 
modifier leur "Profil client" et pour leur attribuer le statut de "professionnel" au sens 
de la LSFin. 

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Si leur plainte dénonçait ainsi la forme, soit la manière de procéder, les recourants 
n'ont toutefois jamais allégué – ni, a fortiori, démontré – en quoi la fabrication de ces 
documents par le mis en cause était susceptible de porter atteinte à leur patrimoine.  

Dans leur recours, ils se bornent à affirmer avoir la qualité pour agir, sans développer 
cet aspect. Faute d'intérêt juridiquement protégé, les recours sont, partant, 
irrecevables.  

En toutes hypothèses, les trois actes de nantissement croisés dénoncés n'ont jamais 
été utilisés puisqu'ils sont restés "en suspens", le temps de faire signer des originaux, 
ce qui ressort du courriel interne à la banque du 18 octobre 2018 produit par les 
recourants avec leurs observations. D'ailleurs, selon la demande en paiement déposée 
par la banque, celle-ci fonde ses créances sur des actes datés du 7 janvier 2019 et 
portant la signature du recourant A______, lesquels ont remplacé les documents 
litigieux.  

Pour les autres, on ne perçoit pas le dommage qu'aurait subi les recourants. 

À teneur de la documentation contractuelle non litigieuse, le recourant A______ était 
seul responsable des opérations financières mises en œuvre depuis son propre compte 
et celui des autres sociétés recourantes, dont il était l'ayant droit économique et le 
signataire. La banque lui a, certes, désigné un conseiller en placement – qui n'est pas 
mis en cause – mais le précité gérait, à ses propres risques, ses investissements, la 
banque ne faisant qu'exécuter ses ordres. 

Dans ce contexte, les "Conditions régissant les ventes à découvert" limitaient les 
engagements pris par le recourant A______, de manière à garantir, à la banque, une 
couverture financière suffisante pour les opérations à risque que le précité pouvait 
entreprendre. Cela signifie que plus ces limites étaient élevées, plus la banque 
s'exposait. Pour les formulaires "Profil client" et celui attribuant le statut de 
"professionnel" au sens de la LSFin, leurs modifications ont eu pour conséquence 
d'assurer au recourant A______ un accès au "Trading floor" et à des instruments 
financiers plus complexes.  

Face à la teneur et la portée de ces documents, il faut constater, à l'instar du Ministère 
public, que le mis en cause – chargé de relation pour la banque – n'avait aucun intérêt 
à fabriquer les documents dans le sens de ceux dénoncés puisqu'il n'aurait pu en tirer 
aucun avantage, pour lui ou pour un tiers.  

En tout état, les recourants ont échoué à démontrer l'inverse et en particulier que les 
prétendus faux dans les titres s'inscrivaient dans une infraction contre leur 
patrimoine. Ils ne peuvent dès lors prétendre à la qualité de lésés.  

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2. Compte tenu de ce qui précède, le recours est irrecevable.  

3. Les recourants, qui succombent, supporteront les frais envers l'État, fixés en 
intégralité à CHF 3'000.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif 
des frais en matière pénale, RTFMP ; E 4 10.03). 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 

Déclare le recours irrecevable.   

Condamne A______, B______ SA et C______, conjointement et solidairement, aux frais 
de la procédure de recours, arrêtés à CHF 3'000.-. 

Dit que ce montant sera prélevé sur les sûretés versées. 

Notifie le présent arrêt, en copie, aux recourants, soit pour eux leurs conseils, et au 
Ministère public.  

Siégeant : 

Madame Daniela CHIABUDINI, présidente; Mesdames Alix FRANCOTTE CONUS et 
Françoise SAILLEN AGAD, juges; Madame Arbenita VESELI, greffière. 

 

La greffière : 

Arbenita VESELI 

 La présidente : 

Daniela CHIABUDINI 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF). 

  

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P/1824/2022 ÉTAT DE FRAIS   

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 10.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF      

- délivrance de copies (let. b) CHF      

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 2'915.00 

-  CHF      

Total  CHF 3'000.00