# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 234c6290-82c7-5c1b-bfb3-023bb1b94554
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-06-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 27.06.2024 P/16406/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-16406-2019_2024-06-27.pdf

## Full Text

Siégeant :  Monsieur Christian ALBRECHT, président ; Monsieur Fabrice ROCH, 
juge et Monsieur Pierre BUNGENER, juge suppléant ; Madame  
Sophie SCHNEITER, greffière-juriste délibérante.  

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/16406/2019 AARP/222/2024 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 27 juin 2024 

 

Entre 

A______, domicilié ______, FRANCE, comparant par Me B______, avocate, 

C______, domicilié ______, FRANCE, comparant par Me D______, avocat,  

appelants, 

 

contre le jugement JTDP/1221/2023 rendu le 22 septembre 2023 par le Tribunal de police, 

et 

E______, domicilié c/o M. F______, ______ [GE], comparant par Me G______, avocat,  

H______, partie plaignante, comparant par Me Guglielmo PALUMBO, avocat, HABEAS 
Avocats Sàrl, rue du Général-Dufour 20, case postale 556, 1211 Genève 4, 

I______, domicilié ______, FRANCE, comparant par Me Raphaël JAKOB, avocat, 
SANTAMARIA & JAKOB, rue François-Versonnex 7, 1207 Genève, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 
case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés.

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EN FAIT : 

A. a.a En temps utile, A______ et C______ appellent du jugement JTDP/1221/2023 
rendu le 22 septembre 2023, par lequel le Tribunal de police (TP) a : 

 - reconnu A______ coupable de lésions corporelles graves par négligence (art. 125 
al. 1 et 2 du Code pénal suisse [CP]), l'a condamné à une peine privative de liberté de 
huit mois, peine assortie du sursis et d'un délai d'épreuve de trois ans, ainsi qu'au 
versement à E______, conjointement et solidairement avec C______, de 
CHF 50'000.-, avec intérêts à 5% dès le 31 août (sic!) 2018, et de CHF 18'035.70 à 
titre de réparation du tort moral, respectivement de juste indemnité pour les dépenses 
obligatoires occasionnées par la procédure (art. 433 du Code de procédure pénale 
[CPP]). Le TP l'a encore condamné au paiement de ¼ des frais de la procédure 
(CHF 2'747.80 au total), étant considéré notamment les acquittements de H______ et 
de I______, tout en rejetant ses conclusions en indemnisation (art. 429 CPP) ;  

- reconnu C______ coupable de lésions corporelles graves par négligence (art. 125 
al. 1 et 2 CP), l'a condamné à une peine pécuniaire de 180 jours-amende à CHF 50.- 
l'unité, peine assortie du sursis et d'un délai d'épreuve de trois ans, ainsi qu'au 
versement à E______, conjointement et solidairement avec A______, de 
CHF 50'000.-, avec intérêts à 5% dès le 31 août (sic!) 2018, et de CHF 18'035.70 à 
titre de réparation du tort moral, respectivement de juste indemnité pour les dépenses 
obligatoires occasionnées par la procédure (art. 433 CPP). Le TP l'a encore 
condamné au paiement de ¼ des frais de la procédure (CHF 2'747.80 au total), étant 
considéré notamment les acquittements de H______ et de I______, tout en rejetant 
ses conclusions en indemnisation (art. 429 CPP). 

a.b. A______ entreprend intégralement ce jugement, concluant à son acquittement, 
au rejet des conclusions en indemnisation de E______, à ce que les frais de la 
procédure soient laissés à la charge de l'État et à l'octroi d'indemnités pour les 
dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de procédure, de 
CHF 25'200.- pour la procédure de première instance et de CHF 21'681.36 pour la 
procédure d'appel, hors durée de l'audience d'appel.  

a.c. C______ entreprend intégralement ce jugement, concluant à son acquittement, 
au rejet des conclusions civiles de E______, à l'octroi d'une indemnité de 
CHF 22'462.- pour les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits 
en première instance ainsi qu'à l'allocation d'une indemnité de même nature pour ses 
frais d'avocat en appel, au rejet de la requête en indemnisation déposée par E______ 
au titre des dépenses obligatoires occasionnées par la procédure et à ce que les frais 
de la procédure soient laissés à la charge de l'État. 

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a.d. Le Ministère public (MP) conclut au rejet des appels et à la confirmation du 
jugement attaqué. 

a.e. E______ conclut au rejet des appels, à la confirmation du jugement, ainsi qu'à 
l'octroi d'une indemnité pour ses frais de défense. 

b.a. Selon l'acte d'accusation du 7 mars 2023, il est reproché à A______ d'avoir, le 
30 octobre 2018, sur le chantier sis chemin 1______ à J______ [GE], en sa qualité de 
conducteur de travaux, représentant K______ SA, et d'employeur des ouvriers 
impliqués, confié, en l'absence du contremaître de l'îlot A dudit chantier, la tâche de 
démonter une grue à chenilles à flèche à treillis L______ (recte : M______) à 
H______, machiniste intérimaire, C______, machiniste, et E______, alors qu'aucun 
d'entre eux n'était formé au démontage d'une telle grue, d'avoir ainsi violé les 
dispositions pertinentes en la matière et de n'avoir pris aucune mesure pour 
remplacer le manuel d'utilisation de la grue, lequel était en allemand, étant précisé 
que lors du démontage de ladite grue, la structure métallique, non retenue par un 
chasse-axe et les câbles, est tombée sur la jambe gauche de E______, causant à ce 
dernier les lésions listées dans l'acte d'accusation et documentées par certificat 
médical, lesquelles ont nécessité son amputation à hauteur de la cuisse. 

b.b. Selon ce même acte d'accusation, il est reproché à C______, machiniste au sein 
de K______ SA, d'avoir le 30 octobre 2018, sur le chantier sis chemin 1______, aux 
côtés de H______ et de E______, alors qu'il savait ne pas être formé pour cette tâche, 
malgré tout entrepris le démontage de la grue précitée, sans s'assurer le concours 
d'une personne compétente, sans consulter préalablement le manuel d'instruction de 
ladite grue, sans s'assurer qu'il disposait des outils nécessaires pour procéder au 
démontage de la grue, notamment le chasse-axe et sans s'assurer que les câbles 
maintenant la flèche de la grue étaient correctement fixés et tendus, alors que tant le 
chasse-axe que les câbles permettaient d'éviter une chute brutale de la structure 
métallique lors de la sortie des axes de ladite structure, étant précisé que la structure 
métallique de la grue, non retenue par un chasse-axe, est tombée sur la jambe gauche 
de E______, causant à ce dernier les lésions listées dans l'acte d'accusation et 
documentées par certificat médical, lesquelles ont nécessité son amputation à hauteur 
de la cuisse.  

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 Rapport de police et rapports divers versés au dossier 

a. Selon le rapport de renseignements du 22 juillet 2019, la police a été informée le 
31 octobre 2018 de la survenance, le même jour, d'un accident de chantier impliquant 
une grue à chenilles à flèche treillis de marque L______ (recte : M______), 
appartenant à l'entreprise K______ SA, au chemin 1______ à J______. Sur place, les 

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agents ont été mis en présence de A______, conducteur de travaux, H______, 
machiniste temporaire, et C______, machiniste "fixe". La victime, soit E______, 
avait déjà été acheminée aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). 

Il ressort des constatations et auditions menées par la police que E______ et 
C______ s'étaient occupés de démonter la flèche de la grue tandis que H______ se 
trouvait dans la cabine de la machine, à la manœuvre. L'extrémité de la flèche avait 
préalablement été posée au sol afin d'enlever la tension sur les charnières. Celles-ci, 
tenues par quatre goupilles, étaient enlevées en utilisant une barre en métal et en 
tapant dessus. Lorsque la dernière goupille des charnières du bas était enlevée, la 
flèche, maintenue par des câbles qui avaient une légère élasticité, effectuait un "à-
coup" vers le bas. D'après les machinistes, ce mouvement était connu. E______ 
s'était trouvé agenouillé sous la flèche au moment de ce dernier et avait été 
grièvement blessé à la jambe gauche par une partie de celle-ci. Une autre grue avait 
dû être utilisée afin de la soulever et le libérer. À la suite de cet évènement, E______ 
avait dû subir l'amputation de sa jambe gauche juste en-dessous de la hanche. 

Le 21 juin 2019, la police a rencontré N______, inspecteur des chantiers à l'État de 
Genève. Il ressort de cet entretien que l'accident n'était pas survenu en raison d'un 
défaut de la machine mais d'une ou plusieurs erreurs humaines. Un rapport serait 
transmis, sur demande, aux autorités compétentes. 

La police s'est également adressée à I______, chargé de sécurité pour le département 
des travaux spéciaux au sein de K______ SA, en vue de se faire remettre le rapport 
interne établi par cette société à la suite de l'accident. Selon le "Compte rendu 
d'évènement pour enquête interne à l'entreprise", établi par K______ SA, soit pour 
elle I______, l'accident était survenu dans le contexte du rangement et de 
l'évacuation du chantier, alors que le démontage de la pelle à câble, de modèle 
M______/2______, était en cours. H______ s'était trouvé aux commandes de la 
machine, tandis que C______ et E______ se chargeaient de retirer les axes qui 
assemblent la structure de la flèche en treillis, après que celle-ci avait été posée au 
sol, son extrémité accrochée à un porteur, avec un câble tendu dans la poutre 
rigidifiant la structure. Après que l'axe bas gauche avait été retiré, E______ s'était 
accroupi pour tirer à la main sur l'axe bas droit, sans se rendre compte que sa jambe 
se trouvait sous la structure du treillis. Soudainement, l'axe était sorti de son 
logement et le treillis, libéré, s'était affaissé, selon une estimation, d'environ 30 cm, 
heurtant violemment la jambe de E______, lequel était ensuite resté coincé sous la 
structure, jusqu'au soulèvement de cette dernière au moyen d'une autre grue. À teneur 
de ce document, l'accident s'était produit car la flèche de la machine était positionnée 
sur une légère rampe – l'opération était toujours réalisée sur une surface plane –, car 
la position de E______ était dangereuse et parce que la procédure prévue dans le 
mode d'emploi de la machine était différente de celle qui avait été mise en œuvre. En 
effet, ledit mode d'emploi préconisait l'utilisation d'un chasse-axe qu'il fallait placer 
directement dans l'œillet de l'axe déjà retiré pour éviter la chute de la structure. La 

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société se posait la question de savoir si un calage sous le treillis aurait permis de 
réduire la distance de chute. K______ SA a notamment remis à la police des extraits 
du mode d'emploi de la pelle à câble, lequel était en allemand. 

b. Selon le rapport établi par l'Office des autorisations de construire - Inspection des 
chantiers le 9 novembre 2018, sollicité par le MP, l'accident s'était produit alors que 
E______, foreur de formation, effectuait le démontage de la flèche de la pelle à câble 
avec C______, machiniste sur pelle, et H______, conducteur de la machine précitée. 
E______ s'était mis à genoux sous la flèche de la pelle à câble dans le but de retirer 
une goupille qui maintenait la flèche assemblée. Une fois celle-ci enlevée, la flèche 
avait chuté d'environ 50 cm, écrasant les membres inférieurs de E______. Selon les 
observations de l'inspectorat des chantiers, il ressortait des informations recueillies 
sur place que le précité n'était pas formé pour ce type de travaux et que les témoins 
avaient dû lui dire plusieurs fois de ne pas se mettre dans des situations dangereuses. 
Au moment de l'accident, le chantier était propre, la zone des faits non encombrée. 
Des protections collectives étaient présentes, les facteurs environnementaux bons et 
la météo favorable. Des photographies et schémas des lieux étaient annexés à ce 
rapport.  

c. Le MP a ordonné à K______ SA le dépôt de tout document interne en lien avec les 
mesures appliquées en matière de sécurité des employés sur les chantiers gérés par 
ses soins, respectivement de formation de ses ouvriers, en particulier s'agissant du 
montage et du démontage de grue sur les chantiers. À la suite de cette demande, 
K______ SA a transmis au MP les documents intitulés "Livret d'accueil – 
Collecteurs quartier 1______ infra 1", "Plan Hygiène Sécurité & Environnement 
(PHSE)", "Directive HSEQ", "Plan de formation général ST-PS en Suisse (unités 
opérationnelles)", ainsi que les justificatifs de permis/formations et les feuilles de 
signature "¼ heure sécurité" mis en place par K______ SA relatifs à C______, 
H______ et E______.  

c.a. Il ressort du document intitulé "Plan Hygiène Sécurité & Environnement 
(PHSE)", relatif au chantier du chemin 1______ à J______, que le chef de projet était 
O______, le conducteur de travaux P______, le contremaître Q______ et le chef 
d'équipe R______. Le "Chargé de sécurité Romandie" était S______ et le "Chargé 
de sécurité IIN-FS" I______. Aucun nom ne figurait dans la catégorie "Responsable 
sécurité sur le chantier (selon OT Const)". S'agissant de l'"analyse des risques 
sécurité, santé, environnementaux du chantier", le contrôle des mesures était dévolu, 
pour toutes les étapes de la construction, au contremaître. Ce dernier exerçait parfois 
ledit contrôle conjointement avec le conducteur des travaux ou avec le chef d'équipe.  

c.b. À teneur de la "Directive HSEQ" ("HSEQ" étant l'abréviation de "Hygiène, 
Sécurité, Environnement, Qualité"), applicable à l'ensemble du GROUPE K______, 
des audits internes et externes permettaient de vérifier régulièrement la mise en 

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œuvre et l'application des mesures de sécurité, notamment. Cet "instantané" des 
conditions existantes permettait d'examiner dans quelle mesure l'entreprise respectait 
les directives et normes légales "à un moment donné". La formation et l'instruction 
des employés étaient d'une grande importance. À cet égard, si l'employeur confiait à 
ses employés certaines tâches et compétences, il devait les former en conséquence 
dans les domaines du "HSEQ". Les connaissances nécessaires des employés 
devaient, si elles n'étaient pas connues, être vérifiées avant l'opération. Les 
documents et preuves pertinents devaient être déposés dans une base de données des 
employés. La vérification et la documentation relatives à la qualification des 
personnes s'appliquaient également aux travailleurs intérimaires. Tous les employés 
recevaient une formation appropriée, adaptée au type et aux conditions de leur 
emploi. La formation nécessaire était indiquée dans un plan. Toutes les formations 
devaient être documentées dans la base de données des employés.  

c.c. Il ressort encore de la documentation produite par K______ SA que C______ et 
H______ disposaient, outre d'un permis de conduire de machiniste, d'un permis de 
grutier – Catégorie A. E______ disposait uniquement d'un permis de conduire de 
machiniste. Ce dernier avait pris part, le 19 juin 2008, à un cours sur les matières 
dangereuses et suivi, le 23 mars 2012, une formation relative aux éléments de 
protection individuelle, électricité et produits toxiques, échafaudages, scies 
circulaires, moyens de levage, banches et accès et chute.  

d.a. Selon les différents rapports médicaux produits par E______, ce dernier a 
présenté, à la suite de l'accident, une fracture du fémur distal diaphyso‑métaphyso-
épiphysaire articulaire multi-fragmentaire Gustilo 3A gauche, avec une fracture non 
déplacée du coin antérieur du plateau tibial externe gauche, une fracture 
plurifragmentaire de la fibula proximale et une dissection et sub-occlusion de l'artère 
fémorale superficielle gauche. En raison d'une évolution défavorable sur le plan 
infectieux et osseux, une amputation de la jambe gauche, à mi-cuisse, avait été 
effectuée le 16 janvier 2019, avec fermeture du moignon le 18 janvier 2019. 

d.b. À teneur du rapport d'expertise toxicologique établi par le Centre Universitaire 
Romand de Médecine Légale (CURML), les résultats des analyses des échantillons 
biologiques prélevés sur E______ le 31 octobre 2018 à 10h59 étaient indicateurs 
d'une consommation récente de cannabis. 

Plainte et auditions menées lors de l'instruction préparatoire et de la procédure de 

première instance 

e.a. Par courrier du 14 mars 2019, E______ a déposé plainte pénale contre inconnu 
en raison des évènements du 31 octobre 2018 et s'est constitué partie plaignante au 
pénal et au civil. 

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e.b. Entendu par la police, le MP et le TP, E______ a déclaré être employé par 
K______ SA depuis 2007 comme manœuvre spécialisé dans le béton projeté et par 
injection, respectivement le forage. Il avait auparavant travaillé pendant cinq ans 
pour cette même société en tant qu'intérimaire. Quand bien même son travail habituel 
n'était pas celui d'un machiniste, il disposait d'un permis de machiniste limité aux 
engins de moins de cinq tonnes, depuis 2015. Dans le cadre de cette formation, il 
avait suivi des cours sur la sécurité des machines, en particulier celles qu'il serait 
amené à conduire. La société organisait des séances mensuelles ou bimestrielles sur 
la sécurité en général, sur les chantiers. Chez K______ SA, il était polyvalent.  

A______, conducteur des travaux arrivé en cours de chantier, lui avait demandé de 
participer au démontage de la pelle à câble, la veille de ce dernier, étant précisé qu'en 
raison de la fin des travaux, cette machine devait être rangée au dépôt. A______, qui 
donnait les ordres sur ce secteur du chantier, lui avait ainsi dit d'aller donner un coup 
de main à H______ et C______. Le jour suivant, à son arrivée, H______ se trouvait 
aux commandes de l'engin tandis que C______ avait déjà enlevé les deux goupilles 
du bas sur la flèche. Il avait voulu aider à enlever celles du haut, mais elles étaient 
coincées. Ils avaient alors utilisé un piquet, remis par C______. Alors qu'il ne restait 
qu'une goupille, lui-même s'était agenouillé en tenant le piquet contre cette dernière, 
tandis que C______ frappait avec une masse sur la barre de métal. La goupille avait 
finalement été sortie et il avait voulu se relever. Au même moment, la structure 
métallique était tombée sur son genou gauche, qui se trouvait encore sous la flèche. 

Avant les faits du 31 octobre 2018, E______ n'avait jamais procédé au démontage 
d'une grue à chenilles à flèche treillis. Il ignorait qui était habilité à démonter une 
telle machine – soit un "gros diamètre" – mais pensait qu'une formation spécifique 
était nécessaire. Lui-même n'avait reçu ni formation, ni instructions. H______ et 
C______ ne lui avaient donné aucune consigne particulière s'agissant du démontage 
de la grue. Ils n'avaient pas non plus attiré son attention sur la dangerosité de ce 
dernier. C______ lui avait seulement dit, à un moment antérieur à l'accident, de sortir 
de la flèche de la grue. Il ignorait à l'époque si le matériel à disposition était 
approprié pour procéder au démontage. Selon lui, la façon dont la pelle avait été 
démontée n'était pas normale. À cet égard, il avait discuté avec plusieurs personnes 
expérimentées qui lui avaient dit que la flèche n'aurait pas dû tomber, précisant que 
le câble n'était pas tendu et qu'il n'y avait pas de calle.  

S'agissant des résultats de l'analyse toxicologique, il a expliqué que la veille de 
l'accident, vers 20h00, il avait fumé un joint de cannabis avec des amis. Il ne fumait 
jamais au travail. 

À cause des évènements, sa vie avait complètement changé. Il ne pouvait plus 
travailler. Il devait prendre des médicaments à vie et avait des difficultés pour 

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marcher. Il avait également perdu sa famille. Il avait la haine contre K______ SA et 
parce que personne ne voulait prendre ses responsabilités. 

e.c. Lors des débats de première instance, E______ a produit divers documents, soit 
notamment une décision de la SUVA du 7 février 2022. À teneur de celle-ci, une 
indemnité pour atteinte à l'intégrité de CHF 74'100.- était octroyée à E______ en 
application des articles 24 et 25 de la loi sur l'assurance-accidents. 

f. A______ a déclaré qu'au moment des faits, il travaillait chez K______ SA depuis 
six ans comme conducteur des travaux. En cette qualité, il avait géré le chantier du 
chemin 1______, étant précisé qu'il était arrivé en cours d'activité, trois ou quatre 
semaines avant la survenance de l'accident. Il donnait des ordres aux ouvriers 
s'agissant des activités à accomplir. En principe, le conducteur de travaux discutait 
des activités à effectuer avec le contremaître puis ce dernier attribuait concrètement 
les tâches aux chefs d'équipe et/ou aux ouvriers. Cependant, à l'époque des faits, le 
chantier ne comptait plus de contremaître, lequel avait définitivement été affecté 
ailleurs. Selon lui, un cahier des charges devait exister au sein de l'entreprise en lien 
avec sa fonction, mais il ne se référait pas à un tel document dans son activité au 
quotidien.  

Il avait fallu démonter la grue en vue de son transport. En l'absence de contremaître, 
il avait lui-même organisé cette activité et demandé à H______, C______ et 
E______ de s'occuper de cette tâche. Après l'accident, il avait entendu parler d'un 
problème de câbles.  

Après avoir brièvement soutenu que les machinistes de K______ SA étaient formés 
au démontage de machines par des mécaniciens, A______ a affirmé que chez 
K______ SA, les machinistes étaient formés sur le tas par d'autres machinistes plus 
expérimentés. Il ignorait toutefois si cette pratique de formation entre machinistes 
faisait l'objet de comptes rendus écrits. Selon lui, de par leurs qualifications, les 
machinistes étaient compétents pour procéder à un démontage de grue. En 
l'occurrence, H______ et C______ étaient détenteurs du permis de grutier A, de sorte 
qu'ils avaient les aptitudes nécessaires au démontage. Il savait, à l'époque des faits, 
que E______ ne disposait pas de ce même permis et qu'il n'était pas formé au 
démontage de grue. Il n'avait toutefois pas pris de mesures particulières pour que le 
précité soit informé des mesures de sécurité nécessaires et des risques auxquels il 
s'exposait en se livrant à une telle activité, étant précisé qu'il était exact que de telles 
instructions devaient lui être transmises. Cela ne posait pas de problème car deux 
machinistes expérimentés étaient avec lui. Il n'avait pas demandé à ces derniers, 
respectivement à quelqu'un d'autre, d'attirer l'attention de E______ sur les risques 
que comportait le démontage. 

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Lorsqu'il avait demandé, la veille des faits, à H______ de s'occuper du démontage de 
la grue, ce dernier lui avait effectivement répondu qu'il en était incapable, que les 
machinistes n'étaient pas formés au démontage de grue et que cette tâche était 
dévolue aux mécaniciens en charge de la maintenance, les machinistes exécutant les 
instructions des mécaniciens. H______ avait sollicité d'être guidé, aux commandes 
de la machine, par un mécanicien. C'était la raison pour laquelle il s'était adressé à 
C______, machiniste de K______ SA qu'il connaissait et avec lequel il avait déjà 
collaboré en 2017 – il l'avait vu travailler sur la même machine que celle visée par la 
procédure. Il avait dès lors sollicité du contremaître du chantier voisin la mise à 
disposition du précité, étant rappelé que H______ était un travailleur intérimaire. Il 
ne voyait pas ce qu'il aurait pu faire d'autre. Il avait néanmoins encore demandé à 
E______ d'aider à ce démontage. Il n'avait pas pensé à appeler un mécanicien, étant 
rappelé que chez K______ SA, c'étaient les machinistes, et non les mécaniciens, qui 
se chargeaient du montage et du démontage des engins de chantier. Il n'avait jamais 
eu vent de problème à ce sujet. A______ n'a pas contredit les déclarations de 
C______ selon lesquelles avant le 31 octobre 2018, ce dernier avait 
systématiquement démonté des grues en présence d'un contremaître. Il avait 
néanmoins un doute à ce sujet – il devrait se renseigner. Il a contesté avoir forcé 
C______ à procéder à ce démontage. Ce dernier savait démonter des grues et ne lui 
avait jamais dit le contraire. 

Informé de la législation applicable s'agissant des qualifications requises pour le 
démontage de grues, ainsi que des déclarations de N______ sur la formation requise, 
A______ a déclaré qu'il n'était pas un spécialiste – il ne connaissait pas les 
dispositions légales – ajoutant que, selon lui, les machinistes disposaient d'un permis 
de grutier A qui impliquait une formation pour le montage et le démontage de grues. 
Il n'avait toutefois jamais vérifié ce point. Il ignorait l'existence d'un certificat de 
formation. Il a répété que chez K______ SA, cela se passait entre machinistes.  

Il était effectivement obligatoire de s'assurer que le manuel d'utilisation des machines 
de chantier se trouvait dans ces dernières. S'agissant de la grue démontée le 
31 octobre 2018, il lui semblait qu'un manuel se trouvait dans la cabine. Aucune 
règle ne spécifiait qui devait s'en assurer, étant précisé que c'était peut-être le 
machiniste puisqu'il s'agissait de son engin. Lui-même ne vérifiait pas ce point. Si le 
manuel de la grue avait été en allemand, c'était parce qu'il n'avait pas pensé à vérifier 
qu'un manuel en français était disponible, étant rappelé qu'il n'était arrivé sur le 
chantier que peu de temps avant les faits. 

À la question de savoir qui était responsable de la sécurité sur un chantier en général, 
il a indiqué qu'il s'agissait d'abord du chef d'équipe (contremaître) puis du conducteur 
des travaux. Chez K______ SA, il avait lui-même suivi une formation d'assistant en 
sécurité auprès de la SUVA, laquelle s'était déroulée sur deux périodes de trois jours, 
en 2015 ou 2016. Il s'agissait d'une formation générale sur la sécurité sur les 
chantiers. Des séances sur ce même sujet, menées par le contremaître ou le 

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conducteur de travaux, se déroulaient mensuellement avec les ouvriers. Des rappels 
étaient effectués lorsqu'il constatait que quelque chose n'allait pas. Il y avait 
également des chargés de sécurité sur les chantiers. Tout le monde devait rechercher 
la sécurité, étant précisé qu'il y avait des règles en la matière sur tous les chantiers. 
Au début du chantier du chemin 1______, soit avant son arrivée, le contremaître 
avait dû transmettre de la documentation sur la sécurité aux ouvriers. Il ignorait 
toutefois si cela avait effectivement été le cas. Il ne s'était pas inquiété à ce sujet car 
les travaux entrepris sur ledit chantier étaient habituels pour K______ SA. 

Avec le recul, A______ ne pensait pas qu'il aurait pu faire quelque chose pour éviter 
cet accident. Compte tenu de la présence des machinistes, tout aurait bien dû se 
passer.  

g. C______ a indiqué être machiniste chez K______ SA, étant précisé qu'il travaillait 
sur des machines de "gros diamètre". Il avait obtenu un diplôme relatif à cette 
profession en 2003 ou 2004. Dans le cadre de cette formation, il avait suivi des cours 
sur la sécurité des machines. 

Le matin-même de l'accident, A______, son "technicien", lui avait demandé d'aider à 
démonter la machine de H______. À son arrivée sur les lieux, seul ce dernier était 
présent. H______, aux commandes de la grue, avait d'abord posé la flèche au sol. 
E______ était arrivé alors que lui-même avait commencé à retirer les axes de la 
flèche. Au moment où tous deux avaient ôté l'axe du bas au moyen d'une barre de fer 
et d'une masse, la flèche était immédiatement tombée sur la jambe de E______. Dans 
un premier temps, C______ a soutenu qu'avant de retirer les goupilles qui retenaient 
les axes de la flèche, H______ et lui-même avaient attaché les câbles de la grue sur la 
flèche. Il a, dans un second temps, admis avoir omis d'attacher les câbles en question, 
ce qu'il avait fait après l'accident, avant l'arrivée de la police, dans un moment de 
panique – il avait "couru dans tous les sens" –, par peur d'être licencié. H______ et 
lui-même avaient convenu de ne pas en parler. 

C______ n'avait pas de diplôme en lien avec le démontage de grue et aucun 
mécanicien, ni machiniste, ne l'avaient formé à une telle tâche. À l'époque des faits, il 
ignorait qu'une formation était nécessaire dans ce cadre. Informé des déclarations de 
H______ selon lesquelles les machinistes n'étaient pas formés au démontage de grue, 
tâche dévolue aux mécaniciens, C______ a indiqué que cela lui paraissait correct car 
dans le cadre de l'obtention de son permis A de grutier, il n'y avait pas eu de phase 
relative au montage ou au démontage – il n'avait été question que de conduite et 
d'utilisation. Avant l'accident, il avait toutefois déjà démonté ce type de machine – 
mais pas ce modèle –, étant précisé qu'il s'était alors trouvé aux commandes de celle-
ci. Il n'était pas possible de procéder seul à un tel démontage, il fallait souvent trois 
personnes. Pour ce faire, il fallait suivre les étapes qui figuraient dans le manuel 
d'utilisation de la machine, lequel se trouvait normalement dans cette dernière. 

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S'agissant de la grue en question, il ne "savait pas", car il ne s'agissait pas de "sa" 
machine. Il n'avait pas cherché le manuel en question et ne parlait pas allemand. Lors 
des précédents démontages de ce type d'engin, il avait toujours été supervisé par un 
contremaître qui lui donnait des ordres. Le 31 octobre 2018, c'était la première fois 
qu'il opérait en l'absence d'un contremaître. À la question de savoir comment il avait 
réagi en constatant cette absence, il a répondu avoir d'abord refusé de s'exécuter. 
A______ avait néanmoins insisté, de sorte qu'il avait finalement suivi les ordres. À 
l'époque des faits, il ignorait qu'il existait du matériel spécifique pour procéder au 
démontage. À posteriori, en particulier compte tenu de l'absence de matériel adapté 
présent sur place, ses collègues et lui-même auraient dû arrêter leur tâche, demander 
les outils nécessaires ainsi que la présence d'un chef pour les superviser. 

À la question de savoir si, dans le cas d'espèce, la flèche serait tombée moins bas si 
les câbles avaient été correctement attachés, C______ a répondu que "plusieurs 
facteurs" devaient être pris en considération. Il aurait fallu utiliser un chasse-axe, 
comme spécifié dans le manuel. Les câbles devaient non seulement être attachés 
mais également tendus correctement, étant précisé que le réglage de la tension se 
faisait "à l'œil". Il était vrai que si cette tension était trop faible, le mouvement de 
chute de la flèche était plus important au moment où les axes du bas étaient retirés. Si 
les câbles avaient été attachés, H______ aurait, selon lui, conservé la maîtrise de la 
flèche au moment où les axes avaient été chassés. Néanmoins, il ne pensait pas, avec 
le recul, que l'accident était prévisible et, à la question, posée par le TP, de savoir s'il 
aurait pu être évité si les câbles avaient été attachés, il a répondu "Je pense que cela 
n'aurait pas été suffisant". C______ a précisé qu'il ignorait, au moment où le 
démontage de la grue avait commencé, que les câbles devaient être attachés à la 
flèche. Tel n'était d'ailleurs pas le cas des autres machines sur lesquelles il travaillait. 
Il a précisé avoir déjà vu un système similaire à celui de la grue en question. Il n'avait 
cependant pas eu l'idée d'accrocher les câbles de la grue à démonter. Il a 
alternativement soutenu avoir réalisé que les câbles n'étaient pas attachés au moment 
même où la flèche était tombée, respectivement après ladite chute, en discutant de 
l'anormalité de la situation avec H______. 

Selon C______, les machinistes étaient responsables de la sécurité sur les chantiers 
lors de manipulations telles que celle qui s'était produite le 31 octobre 2018. 
E______, dont il savait qu'il n'était pas formé au démontage de grue, n'avait pas 
connaissance du fait que, lors du retrait de l'axe du bas de la flèche, cette dernière 
effectuait un mouvement d'"à-coup vers le bas", étant précisé que le précité 
n'effectuait jamais cette tâche. Il n'avait pas informé E______ des dangers liés à une 
telle manœuvre et ne lui avait pas non plus donné de consigne sur la façon de 
procéder. Il lui avait néanmoins dit, avant le démontage, de sortir de la structure de la 
flèche "car on sait que ce sont des structures très lourdes". Avant le jour des faits, il 
ne connaissait pas H______ et n'avait pas abordé avec lui la question de savoir s'il 
était formé pour le démontage de grue. 

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h. H______ a indiqué travailler comme machiniste pour K______ SA en qualité 
d'intérimaire, via l'agence T______ SA. Il était titulaire d'un permis de machiniste, 
qui lui permettait de conduire toutes les petites machines de moins de cinq tonnes, 
ainsi que d'un permis de grutier SUVA A lui permettant de conduire tous types de 
grues mobiles, dont la grue à chenilles à flèche à treillis.  

Il n'y avait pas de formation continue dans le cadre des entreprises intérimaires qui le 
plaçaient. Il n'était pas au bénéfice d'une formation spécifique de démontage de grues 
et ne bénéficiait pas non plus du certificat de formation pour la grue impliquée dans 
l'accident. 

La veille de l'accident, A______, qui était le conducteur des travaux et son 
responsable, lui avait dit qu'il fallait démonter la grue. Il avait répondu que, dépourvu 
de l'habilitation nécessaire, il ne savait pas comment procéder, qu'il ne voulait pas 
prendre la responsabilité de ce démontage et qu'il fallait mobiliser quelqu'un "qui 
savait le faire". A______ avait déclaré qu'il ne devait pas s'inquiéter et qu'il allait 
s'en occuper, qu'une personne expérimentée l'aiderait. Il lui avait fait confiance. Dans 
ce contexte, C______ était arrivé, le lendemain, sur le chantier. Lorsqu'il lui avait 
demandé s'il avait déjà procédé au démontage de la machine en question, C______ 
avait répondu qu'il ne l'avait jamais vraiment fait, mais que chez K______ SA "ils" 
démontaient eux-mêmes leurs machines avec les personnes présentes sur le chantier 
et que la grue en question devait se démonter de la même manière. Il avait pris place 
aux commandes de la grue pendant que C______, depuis l'extérieur, l'aidait à 
manœuvrer pour placer la flèche de la grue au sol. E______ était arrivé sur le 
chantier. Il ignorait qui avait demandé à ce dernier d'aider au démontage. C______ et 
E______ avaient commencé à travailler, étant précisé que depuis sa position, il 
voyait le premier frapper avec une masse sur une barre pour sortir l'axe de la flèche. 
Il ne voyait que le casque du second. Il avait ensuite entendu hurler. Les personnes 
présentes lui avaient crié de lever la flèche. Il avait finalement sollicité une autre grue 
pour déplacer cette dernière et libérer E______. Dans un premier temps, H______ a 
désigné, sur une photographie de la flèche prise après l'accident, les câbles qui étaient 
sous tension lors du démontage. Ultérieurement, il a déclaré qu'à la suite de 
l'accident, C______ et lui-même avaient constaté que les câbles de la flèche n'étaient 
pas attachés et pensé que le "problème" aurait pu venir de là. C______ l'avait 
informé avoir accroché, après coup, les câbles qui auraient dû l'être. Tous deux 
avaient convenu de ne pas parler de ce problème pour éviter à C______ d'être mis en 
cause. Il avait eu peur d'en parler plus tôt. 

Selon H______, pour procéder au démontage de grues, il fallait être titulaire d'une 
formation spécifique, ce qui n'était pas le cas des machinistes. Dans le cadre de 
l'obtention du permis grutier A, il n'y avait pas de formation relative au montage et 
au démontage de grues. Normalement, c'étaient les mécaniciens en charge de la 
maintenance de la grue qui s'occupaient du démontage. Tel avait toujours été le cas 
dans les autres entreprises où il avait travaillé, le machiniste n'étant présent que pour 

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actionner la grue en fonction des instructions données par les mécaniciens. Il a 
toutefois précisé qu'en Suisse, il n'avait travaillé que sur un autre chantier, celui du 
U______. Par ailleurs, avant les évènements du 31 octobre 2018, il n'avait participé 
qu'à un unique démontage de grue – de marque différente –, étant précisé qu'il était 
resté dans la cabine. S'agissant du chantier du chemin 1______, il s'était dit que chez 
K______ SA, les grutiers machinistes étaient peut-être en charge du montage et du 
démontage de leur machine. En général, selon son expérience, il fallait un grutier et 
deux ou trois mécaniciens pour procéder au démontage. Pour lui, E______ n'avait 
jamais démonté ce type de machine et n'était pas formé à cette tâche. À son sens, le 
précité s'était lui-même mis en danger en se positionnant à l'intérieur de la flèche. 

S'agissant des câbles, H______ a déclaré que lorsque la machine était utilisée sur les 
chantiers, ils devaient être attachés, sans quoi celle-ci ne fonctionnait pas. Lors du 
démontage, si les câbles étaient trop tendus, il était impossible de sortir les axes de la 
flèche. À l'inverse, s'ils ne l'étaient pas assez, cela pouvait également "poser 
problème". En effet, lorsque l'on sortait les axes du bas de la flèche, la structure 
tombait – mouvement qui était connu –, étant précisé que la partie de cette dernière 
reliée au chevalet était maintenue par les câbles. À la question de savoir si, le jour 
des faits, la flèche ne serait pas tombée aussi bas si les câbles avaient été 
correctement attachés, il a répondu qu'il pensait que dans une telle hypothèse, il y 
aurait eu un effet de retenue, étant précisé que les câbles étaient élastiques et qu'il y 
aurait quand même eu un mouvement, raison pour laquelle il ne fallait pas se 
positionner sous la flèche. Il ignorait cependant, à l'époque des faits, que les câbles 
devaient être attachés à cette dernière. 

Il n'avait pas pu prendre connaissance du mode d'emploi de la grue en question qui 
était illisible, car très usé, et en allemand, langue qu'il ne parlait pas. Il ne savait pas 
que, selon ce document, il fallait utiliser un chasse-axe et placer celui-ci directement 
dans l'œillet de l'axe retiré pour éviter une chute de la structure. Il n'y avait pas de 
chasse-axe à disposition sur le chantier et C______ et E______ avaient utilisé une 
barre de fer pour procéder au démontage. C______ s'était débrouillé avec ce qu'il 
avait. Il ignorait quels étaient les outils nécessaires au démontage de la grue. 

i. Entendu par le MP et le TP, I______ a expliqué avoir débuté son activité chez 
K______ SA en 2007, en tant que conducteur des travaux. Depuis décembre 2016, 
après une formation de chargé de sécurité auprès de la SUVA, il exerçait en qualité 
de chargé de sécurité pour une vingtaine de chantiers situés en Suisse romande. Cette 
activité impliquait, en premier lieu, d'appliquer les mesures de protection pour les 
employés et les ouvriers. Dans ce cadre, il effectuait des visites de chantier et 
établissait des rapports, dans lesquels il relevait les points conformes et non 
conformes, destinés au contremaître. Lorsqu'un accident ou une situation dangereuse 
survenait, il enquêtait et déterminait si des mesures nécessaires avaient été omises 
ainsi que les améliorations possibles. Il s'occupait de l'aspect organisationnel de 
certaines formations relatives à la sécurité, à la demande des chefs de projet et 

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conducteurs de travaux. S'agissant du chantier du chemin 1______, il pensait être 
intervenu environ une fois par mois pour effectuer des audits de sécurité. À la 
question de savoir qui était responsable de la sécurité des ouvriers sur le chantier, 
I______ a répondu qu'il s'agissait de ces derniers ainsi que l'employeur, soit pour lui 
le contremaître, le chef d'équipe ou le technicien en charge de la sécurité des 
ouvriers. 

Selon lui, les machinistes titulaires du permis de grutier A avaient suivi une 
formation sur le montage et le démontage de grues, en vue d'obtenir ledit permis. 
Chez K______ SA, il était prévu que le premier machiniste qui utilisait une nouvelle 
machine suive une formation dispensée par le fournisseur de cette dernière. Il 
transmettait ensuite, à ses collègues, les informations en sa possession. Il s'agissait 
d'une pratique tacite, étant précisé qu'il y avait souvent de nouveaux arrivés sur les 
chantiers. Il n'avait pas connaissance de certificats de formation délivrés par les 
fournisseurs. Cette formation était différente de celle reçue dans le cadre de 
l'obtention du permis de grutier A. Pour lui, C______ et H______ étaient formés 
pour démonter la grue en question, dès lors qu'ils étaient titulaires d'un permis de 
grutier A. E______, quant à lui, disposait d'un permis de machiniste. Il était difficile 
de répondre à la question de savoir si la pratique de K______ SA respectait la 
législation selon laquelle le montage et le démontage de grues ne pouvaient être 
exécutés que par des personnes formées à cet effet. Selon lui, les machinistes étaient 
capables de monter et de démonter une grue. S'ils ne connaissaient pas les 
spécificités d'une machine, il leur incombait de demander de l'aide à un collègue, 
respectivement de consulter le mode d'emploi de l'engin. Il avait toujours entendu 
que chez K______ SA, c'étaient les machinistes qui démontaient les grues. Lui-
même ne connaissait pas la procédure de démontage d'une grue ni les outils 
nécessaires à cette dernière. Cela étant, si le conducteur de travaux l'avait informé de 
l'absence d'outils, il aurait fait le nécessaire pour les obtenir et aurait suspendu le 
démontage dans l'intervalle.  

E______ n'était pas qualifié pour procéder au démontage d'une grue. Il ne s'agissait 
pas d'une tâche que l'on confiait à n'importe qui dans la mesure où elle recelait des 
dangers nécessitant des compétences particulières. Il ignorait les raisons pour 
lesquelles A______ avait demandé au précité de participer à cette tâche, alors qu'il 
effectuait d'autres travaux. Cela étant, E______ avait été entouré de deux machinistes 
qualifiés, lesquels devaient le coacher et l'informer sur les risques et les mesures de 
sécurité à prendre. Aucune mesure n'avait été prise par K______ SA pour informer 
E______ des risques et des mesures de sécurité à prendre en lien avec le démontage 
de cette grue, étant précisé qu'il n'était pas prévu qu'il participe à cette tâche.  

S'agissant du manuel d'utilisation, I______ a exposé qu'il appartenait au machiniste 
de s'assurer qu'il se trouvait bien à l'intérieur de la cabine. En l'occurrence, il avait 
lui-même constaté, à la suite de l'accident, que ledit manuel se trouvait bien dans la 
machine. Il était toutefois rédigé en allemand, ce qui n'était pas normal. Il était de la 

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responsabilité du machiniste de s'assurer que le manuel était dans la bonne langue. Il 
s'était également entretenu avec plusieurs machinistes qui lui avaient indiqué qu'il y 
avait eu un problème avec les câbles. Selon les renseignements qu'il avait obtenus 
d'"experts" – soit de machinistes de K______ SA –, l'accident ne se serait pas produit 
si les câbles avaient été accrochés et tendus correctement. 

À la question de savoir s'il était normal que dans le "Plan Hygiène Sécurité & 
Environnement (PHSE)" relatif au chantier du chemin 1______, aucun nom ne soit 
associé à la catégorie "Responsable sécurité sur le chantier (selon OT Const)", 
I______ a répondu par la négative. C'était le nom du contremaître en fonction le jour 
de l'accident qui aurait dû être mentionné. Informé qu'à cette date, le chantier ne 
comptait plus de contremaître, il a indiqué c'était le nom du supérieur hiérarchique de 
ce dernier, soit le conducteur des travaux, qui aurait dû être inscrit. 

j.a. N______, inspecteur de chantiers cantonal, a été entendu en qualité de témoin 
par le MP avant que C______ et H______ n'admettent avoir omis d'attacher les 
câbles sur la flèche de la pelle à câble. Cette dernière était une machine à laquelle 
l'on pouvait appliquer l'ordonnance sur les grues. Une formation spécifique était 
nécessaire pour monter et démonter un tel engin. Ladite formation était en principe 
dispensée par le fabricant ou le représentant du fabricant de la machine en question. 
Un certificat était remis. Il arrivait également, au sein de certaines entreprises, que la 
formation soit dispensée par un mécanicien ayant préalablement suivi la formation 
adéquate. La titularité d'un permis de grutier n'impliquait pas de formation spécifique 
au montage et au démontage de grues. Le conducteur de travaux, notion équivalente 
celle de chef de chantier, avait notamment pour rôle de s'assurer du respect 
permanent des exigences en matière de sécurité. Tant le conducteur des travaux que 
le contremaître devaient s'assurer que les personnes qui étaient désignées au 
démontage d'une grue disposaient des compétences et des connaissances nécessaires, 
respectivement qu'elles avaient été formées par un mécanicien compétent. 

N______ ne pensait pas que les machinistes employés par K______ SA étaient 
formés pour le démontage de la grue impliquée dans l'accident. À la lecture du 
dossier, il ne ressortait pas que H______, C______ et E______ avaient été formés au 
démontage d'une telle machine. D'un point de vue juridique, un employeur ne 
pouvait demander à ses employés d'effectuer une tâche en lien avec laquelle ils ne 
connaissaient rien. Les déclarations de A______, selon lesquelles C______ était 
formé au démontage de la grue, raison pour laquelle il lui avait demandé d'assister 
H______, étaient problématiques et allaient à l'encontre des principes applicables en 
la matière, dès lors qu'aucun des deux hommes ne semblait avoir eu une formation 
adéquate. 

S'agissant du mode d'emploi de la grue, il devait être mis à disposition des 
utilisateurs de la machine et être rédigé dans une langue compréhensible par ces 

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derniers. En ce qui concernait le fait que la flèche de la grue avait été posée sur une 
légère rampe, il a expliqué qu'il aurait fallu procéder à des calages de la flèche pour 
éviter la chute d'éléments lors du démontage.  

j.b. Par courriel adressé au MP quelques jours après son audition, N______ a ajouté 
qu'après s'être entretenu avec un collègue de la SUVA, il pouvait préciser qu'une 
pelle à câble et une grue sur chenilles étaient la même machine à la base, ladite 
machine constituant une grue sur chenilles si elle était équipée d'un crochet. 
L'utilisation d'une grue sur chenilles nécessitait un permis de grutier pour la catégorie 
A et l'engin était soumis à l'ordonnance sur les grues. 

k. Entendu en qualité de témoin, V______, contremaître employé par K______ SA 
depuis 2009, a déclaré qu'à l'époque des faits, il œuvrait sur l'îlot voisin de celui où 
étaient survenus ces derniers, étant précisé que le chantier du chemin 1______ 
regroupait plusieurs sous-chantiers. I______ était alors "son" responsable de sécurité. 
Le précité effectuait des visites et transmettait des rapports avec des instructions pour 
améliorer les choses. A______ était le conducteur de travaux et le responsable sur le 
chantier. Lui-même était également responsable, mais A______ était son supérieur. 
Ce dernier regardait comment avançait le chantier et, après des séances avec des 
ingénieurs et des architectes, décidait de ce qu'il fallait faire. A______ lui parlait du 
planning et des tâches à accomplir. Au quotidien, le contremaître et le chef d'équipe 
étaient responsables de la sécurité. C______ et H______ étaient des machinistes 
tandis que E______ était employé comme manœuvre.  

V______ a exposé qu'il n'était pas du tout intervenu dans la planification du 
démontage de la grue. Cette tâche était toujours du ressort de son supérieur 
hiérarchique. Lui-même ne faisait qu'exécuter les ordres de ce dernier. Il ignorait si 
une formation spécifique était nécessaire pour procéder au démontage. 
Concrètement, il demandait aux machinistes d'effectuer cette tâche, lesquels étaient 
aidés par d'autres ouvriers. A______ lui avait dit, en présence de C______, devoir 
démonter une machine sur son îlot et lui avait demandé s'il avait un employé 
disponible pour cette tâche. Il avait répondu que C______ pouvait aider. Ce dernier 
avait réagi normalement – il n'avait pas refusé – et s'était rendu sur place. Selon lui, 
C______ était formé pour démonter une grue. Il était normal que E______ ait 
participé à cette activité dans la mesure où, il arrivait que des personnes donnent un 
coup de main sur un chantier lorsqu'un collègue qualifié était sur place. À la question 
de savoir si un contremaître était systématiquement présent, en 2018, lorsque des 
grues étaient démontées, il a répondu : "De manière générale et dans ma pratique, 
oui. Un contremaître ou un chef d'équipe étaient présents". Il a ensuite précisé que si 
ces derniers connaissaient bien le machiniste qui procédait au démontage, ils 
n'étaient "pas obligés de rester tout le long du démontage". 

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l. Entendu en qualité de témoin, O______ a expliqué qu'à l'époque des faits, il était 
employé par K______ SA comme responsable de l'acquisition pour les fondations 
spéciales, pour la région de Genève. Il s'occupait essentiellement des devis financiers 
et des questions commerciales. Il avait toutefois été chef de projet sur le chantier 
1______, position supérieure à celle de conducteur de travaux, étant précisé qu'il 
avait eu peu d'implication sur ledit chantier, se limitant à un rôle de conseils 
techniques auprès du conducteur de travaux et au suivi financier. Il n'avait aucun 
rapport hiérarchique avec I______, lequel était le responsable de la sécurité pour le 
département fondations spéciales. Ce dernier n'était pas présent tous les jours sur le 
chantier mais y effectuait des visites ponctuelles. Au quotidien, la sécurité sur le 
chantier était de la compétence du contremaître ou du chef d'équipe. 

Il n'était pas intervenu dans la planification du démontage de la grue en lien avec 
laquelle l'accident était survenu. Selon lui, des connaissances spécifiques étaient 
nécessaires pour procéder correctement au montage ou au démontage d'une telle 
machine. Il ignorait si H______ et E______ disposaient de telles connaissances. 
S'agissant de C______, il avait appris "sur le tas". Le démontage de la grue par les 
précités correspondait à une configuration normale. La présence d'un contremaître 
n'était pas systématique lors du démontage d'une grue. 

Après l'accident, quelque chose lui avait paru "louche" en lien avec les câbles, étant 
précisé qu'il n'arrivait pas à comprendre comment l'accident avait pu se produire. Il 
avait sollicité un entretien avec C______, lequel avait avoué que le démontage 
n'avait pas été réalisé de manière conforme et que la configuration de la machine 
avait été modifiée avant l'arrivée des enquêteurs. Il a précisé ne pas avoir eu ces 
informations à l'époque où le rapport d'accident avait été établi par K______ SA. 

Des débats d'appel 

C. a. A______ a déclaré ignorer les différences de formation entre un mécanicien et un 
machiniste. Il ignorait si, de manière générale, un mécanicien était davantage 
qualifié. Il ignorait si à l'époque des faits, C______ avait été formé "sur le tas" au 
démontage de grues par d'autres machinistes plus expérimentés. Il a répété qu'à sa 
connaissance, c'étaient les machinistes qui démontaient les machines chez 
K______ SA.  

 À l'occasion d'une séance hebdomadaire avec les chefs de projet, les conducteurs des 
travaux et les responsables de production, il avait demandé un machiniste et des 
aides pour procéder au démontage de la grue. Il lui avait été répondu de regarder 
dans le chantier d'à côté. Il avait demandé au contremaître du chantier voisin, soit 
V______, d'organiser le démontage de la grue et de lui "prêter" C______ dans ce 
cadre. À l'époque, le contremaître avait définitivement quitté son chantier, étant 
précisé que lui-même n'avait "récupéré" celui-ci que trois semaines avant les faits et 

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qu'il arrivait à son terme. Il n'était toutefois pas urgent de procéder au démontage de 
cette machine – il aurait été possible d'attendre. Le rôle du contremaître en lien avec 
le démontage des machines se limitait à demander aux machinistes de s'exécuter. Il 
n'avait jamais vu un mécanicien démonter une grue avant l'accident. La Cour lui 
ayant rappelé les déclarations de H______ et de C______ selon lesquelles un 
mécanicien, respectivement un contremaître, avait toujours été présent lors des 
précédents démontages de grue, il a indiqué que, d'après son expérience au sein de 
K______ SA, cela n'était pas obligatoire. S'il avait dit, devant le MP, qu'il devait 
procéder à des vérifications sur ce point, c'était parce qu'il avait eu peur de dire une 
bêtise. Selon ce qu'il avait appris chez K______ SA, des grutiers étaient formés au 
démontage d'une grue.  

 À son arrivée sur le chantier, il n'avait pas pris connaissance du "Livret d'accueil" ni 
du "Plan Hygiène Sécurité & Environnement (PHSE)". Il n'avait pas connaissance 
d'un registre des obligations légales, respectivement de documents d'instructions 
relatives au démontage des grues, tenus par K______ SA. 

 Interrogé sur le manuel d'utilisation de la grue, A______ a déclaré que le conducteur 
de travaux ne vérifiait pas si le mode d'emploi était présent. Ce n'était pas sa tâche 
mais celle du machiniste qui utilisait la grue, étant précisé que celle-ci était présente 
sur le chantier depuis plusieurs mois. 

Il pensait ne pas avoir conscience, en 2018, que des risques existaient pour les 
personnes qui procédaient au démontage d'une grue. Tel était désormais le cas. 

Il avait été très touché par cet accident. Il avait consulté un psychologue et travaillait 
désormais dans un bureau comme chef de projet, dans la partie acquisition – et non 
production – de la même société. 

b. C______ a déclaré qu'il ignorait combien de grues il avait démonté avant les faits. 
Peut-être en avait-il démonté une dizaine, principalement aux commandes de l'engin, 
étant précisé qu'il avait pu lui arriver d'aider au sol. Il était possible que l'une de ces 
machines ait été du même modèle que celui impliqué dans l'accident – il ne savait 
plus, il y avait beaucoup de modèles différents. 

Si, le jour des faits, il avait démonté la grue hors la présence d'un contremaître, c'était 
parce qu'en se rendant sur les lieux, il ignorait ladite absence. Après son arrivée, il 
n'avait pas tenté de contacter A______ à ce sujet – il ignorait pourquoi. À l'époque, il 
ne savait pas quels étaient les outils nécessaires pour procéder au démontage. Il avait 
trouvé du matériel sur place et pensé que celui-ci était suffisant. Il confirmait avoir 
dit à E______, à un certain moment, de sortir de la structure de la flèche, en disant 
que cela était dangereux, quand bien même il ne se rappelait pas des termes 

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employés. Le démontage d'une grue était une activité qui comportait des risques pour 
les personnes qui s'en chargeaient, soit des risques de chutes et d'écrasements. 

C'était la chute de la flèche qui lui avait fait réaliser que les câbles n'avaient pas été 
attachés. Il avait dit, précédemment, qu'il ne pensait pas que l'accident aurait pu être 
évité, même si les câbles avaient été attachés, car il fallait non seulement les attacher 
mais également les tendre. Il s'agissait de deux actions différentes. Même si celles-ci 
avaient été entreprises, il aurait fallu "utiliser du matériel supplémentaire pour 
sécuriser la flèche". Il y avait plusieurs mesures de sécurité à prendre mais il n'était 
pas capable de dire lesquelles. 

À la question de savoir s'il avait commis une erreur en ne consultant pas le manuel 
d'utilisation de la grue alors qu'il avait lui-même soutenu que les étapes de 
démontage figurant dans le manuel d'utilisation de la machine devaient être suivies, il 
a répondu qu'il aurait dû être assisté d'un chef pour suivre les instructions de 
démontage prévues dans le manuel. 

c. E______ a déclaré que C______ ne lui avait pas dit que sa position était 
dangereuse. Il avait discuté avec plusieurs personnes du fait que les câbles n'avaient 
pas été attachés. Elles lui avaient dit que si tel avait été le cas, l'accident aurait été 
évité – cela le rendait malade. Il vivait une situation très difficile depuis 2018. Il 
faisait avec. À l'époque de l'audience, il n'était pas suivi sur le plan psychologique 
mais pensait consulter prochainement. Il prenait des antidépresseurs depuis un 
certain temps. 

 d. Les parties ont plaidé : 

 d.a.a. Par la voix de son Conseil, A______ persiste dans ses conclusions. 
Subsidiairement, il conclut au prononcé d'une peine pécuniaire et au rejet des 
conclusions en indemnisation du tort moral dans la mesure où E______ a d'ores et 
déjà touché une indemnité de son assurance-accidents, laquelle est subrogée dans ses 
droits. 

 Il était faux de soutenir qu'il avait confié la tâche de démonter la grue à C______, 
H______ et E______. Il leur avait uniquement demandé d'aider dans le cadre du 
démontage. Il ignorait au demeurant que les précités n'étaient pas qualifiés. Au 
contraire, il pouvait raisonnablement penser que tel était le cas, notamment au vu de 
la pratique implantée chez K______ SA. La réglementation en vigueur ne permettait 
pas d'exclure qu'un employé, en l'occurrence un machiniste, ayant bénéficié d'une 
formation interne ne soit pas qualifié pour procéder au démontage de grue. Dans ce 
même contexte, l'intervention auxiliaire d'un tiers expérimenté, telle celle de 
E______, n'était pas non plus proscrite. Quant à la question de savoir s'il aurait dû 
informer davantage ce dernier sur les dangers liés au démontage, aucun reproche ne 

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figurait à ce titre dans l'acte d'accusation, de sorte qu'elle n'avait pas à être résolue. 
Pour le surplus, A______ n'avait assumé, au sein de l'entreprise, que des tâches 
opérationnelles, à l'exclusion de la formation et de la qualification des ouvriers, 
respectivement de la stratégie en matière de sécurité. En tout état de cause, si des 
pratiques, non conformes, avaient été mises en œuvre par K______ SA, aucune 
violation fautive des règles de la prudence ne pouvait lui être reprochée à titre 
personnel. Par ailleurs, l'on ignorait, en définitive, les raisons pour lesquelles 
E______ avait été blessé par la flèche de la grue, en particulier en l'absence d'une 
expertise judiciaire. Cela étant, les éléments du dossier portaient à croire que 
l'accident s'était produit car les câbles n'avaient pas été attachés sur la flèche, 
comportement de C______ qui était exclusivement à l'origine des faits et dont 
A______ n'était pas responsable. 

 S'agissant du non-replacement du manuel d'utilisation de la machine, il ne s'agissait 
pas non plus d'une responsabilité incombant au conducteur de travaux. Il avait pris 
ses fonctions en fin de chantier, de sorte qu'il ne pouvait raisonnablement soupçonner 
l'existence d'un problème en lien avec une machine utilisée de longue date. En tout 
état, le remplacement du manuel n'aurait rien changé puisque les machinistes 
n'avaient pas consulté ce dernier. Aucun manquement n'était ainsi imputable à 
A______ et il n'existait pas de lien de causalité entre son comportement et la 
survenance de l'accident. 

 d.a.b. A______ conclut, par ailleurs, à l'octroi d'indemnités pour ses frais de défense 
d'un montant total de CHF 46'881.36, soit CHF 25'200.- pour la procédure de 
première instance (prestations facturées par le premier conseil mandaté) et 
CHF 21'681.36 pour celle d'appel (CHF 2'620.70 TTC + CHF 13'115.16 TTC 
+ CHF 5'945.50 TTC ; prestations facturées par le second conseil mandaté).  

 À l'appui de l'indemnité sollicitée en appel, il a en particulier produit les trois états de 
frais suivants :  

- le premier, d'un montant de CHF 2'620.72 TTC (6h05 au tarif horaire de 
CHF 400.-), se rapporte à la période du 8 et le 23 octobre 2023 et fait état de 
4h20 de prestations de la cheffe d'étude, dont 3h00 d'étude du dossier, ainsi que 
de 1h45 d'activité de la collaboratrice ;  

- le second, d'un montant de CHF 13'115.16 TTC (30h20 au tarif horaire de 
CHF 400.-), se rapporte à la période du 2 novembre 2023 au 18 avril 2024 et fait 
état de 15 minutes de prestations de la cheffe d'étude le 30 janvier 2024, ainsi que 
de 35 minutes d'activité de la collaboratrice en 2023 et de 29h30 en 2024, dont 
12h30 d'étude du dossier et 12h30 de préparation aux débats d'appel et à la 
plaidoirie ;  

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- le troisième, d'un montant de CHF 5'945.50 TTC (13h45 au tarif horaire de 
CHF 400.-), se rapporte à la période du 19 au 24 avril 2024 et fait état de 13h45 
d'activité de la collaboratrice, dont 11h30 de préparation de la plaidoirie.  

 Un courrier du second conseil mandaté précisait, par ailleurs, que l'activité déployée 
en appel tenait compte de l'étude du dossier nécessaire pour représenter les intérêts 
de l'appelant A______ et que les prestations de la collaboratrice étaient facturées au 
tarif horaire de CHF 400.-, afin de tenir compte de ses titres professionnels de 
docteure en droit et chargée de cours.  

 d.b.a. Par la voix de son Conseil, C______ persiste dans ses conclusions. 
Subsidiairement, il conclut au rejet des conclusions en indemnisation du tort moral 
dans la mesure où E______ a d'ores et déjà touché une indemnité de son assurance-
accidents, laquelle est subrogée dans ses droits. 

 En ce qui concerne le reproche d'avoir entrepris le démontage malgré l'absence de 
formation et sans le concours de personnes compétentes, après avoir vainement tenté 
de s'opposer aux ordres de son supérieur hiérarchique A______, il n'avait eu d'autre 
choix que de s'exécuter, sur l'insistance de ce dernier. S'agissant de l'absence de 
consultation du manuel, il n'existait aucun lien de causalité entre celle-ci et la 
survenance de l'accident, puisque ledit document, au demeurant illisible, était rédigé 
en allemand, langue que personne ne maîtrisait sur les lieux des faits. Par ailleurs, il 
ne connaissait pas la machine à démonter, laquelle avait été utilisée par H______. Il 
était parti du principe que le matériel nécessaire avait été préparé, étant rappelé que 
l'ordre de démontage avait été donné la veille. S'agissant des câbles, il n'avait jamais 
contesté l'existence d'un problème en lien avec ces derniers. Toutefois, il n'était pas 
établi par la procédure qu'il lui aurait été possible de se rendre compte qu'ils n'étaient 
pas attachés lors de son arrivée sur place. La tâche de tendre ces câbles incombait au 
grutier, en l'occurrence H______. C______ pouvait dès lors penser que les câbles 
avaient été fixés et tendus et on ne pouvait attendre un autre comportement de sa 
part. 

 En tout état, en se plaçant sous la structure de la flèche alors qu'il lui avait 
précédemment dit d'en sortir, E______ avait violé une règle basique de prudence et 
adopté un comportement imprévisible, interruptif du lien de causalité. 

 d.b.b. C______ dépose par ailleurs des conclusions en indemnisation, sollicitant une 
indemnité totale de CHF 29'014.- pour ses frais d'avocat entre le 4 mai 2022 et le 
25 avril 2024, en produisant six états de frais à l'appui, tous au tarif horaire de 
CHF 400.- (soit CHF 4'784.- TTC du 3 novembre 2023 au 30 avril 2024 ; 
CHF 1'768.- TTC du 25 septembre 2023 au 13 octobre 2023 ; CHF 9'713.60 TTC du 
8 mars au 6 octobre 2023 ; CHF 2'184 TTC du 20 décembre 2022 au 14 février 

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2023 ; CHF 5'198.- TTC du 29 juin au 23 août 2022 ; CHF 5'366.40 du 4 mai au 
17 mai 2022).  

 En particulier, l'état de frais de CHF 9'713.60 TTC, se rapportant aux prestations 
effectuées du 8 mars au 6 octobre 2023, fait état de 2h36 d'activité postérieurement 
au jugement entrepris, soit entre le 26 septembre et le 6 octobre 2023. La note 
d'honoraires de CHF 1'768.- TTC fait état de 4h15 d'activité du 25 septembre 2023 
au 13 octobre 2023. La note de frais de CHF 4'784.- TTC, concernant l'activité 
déployée du 3 novembre 2023 au 30 avril 2024, fait état de 11h30 d'activité, dont une 
estimation de la durée des débats d'appel de 4h00.  

 d.c.a. Par la voix de son Conseil, E______ persiste dans ses conclusions. 

 Les personnes auxquelles A______ avait ordonné de procéder au démontage étaient 
incompétentes en plus d'être démunies du permis requis. Ses connaissances générales 
et personnelles ne s'étendaient pas aux dangers et aux risques liés au démontage 
d'une grue et, plus spécifiquement, au risque de chute de la flèche. Si C______, qui 
pilotait le démontage, lui avait dit de sortir de la structure, il ne lui avait toutefois pas 
dit que la flèche allait tomber ni ne l'avait informé du risque d'à-coup. Le précité 
tentait de faire oublier qu'il s'agissait d'un engin spécial dont le démontage requérait 
un permis et des connaissances spécifiques. L'emplacement de sa jambe au moment 
de l'accident n'avait rien d'extraordinaire et constituait la résultante du comportement 
négligeant des appelants. 

 d.c.b. E______ conclut, en outre, à ce que les prévenus soient condamnés, 
conjointement et solidairement, à lui verser un montant de CHF 5'033.62 à titre de 
juste indemnité pour les dépenses occasionnées par la procédure d'appel. 

 À l'appui, il produit une note de frais, faisant état de 11h39 d'activité de 
collaboratrice, soit de 2h24 entre le 13 octobre 2023 et le 14 novembre 2023 et de 
9h15 entre le 30 janvier 2024 et le 24 avril 2024, dont une durée estimée à 4h00 pour 
les débats d'appel, au tarif horaire de CHF 400.-.   

 De la situation personnelle des appelants 

D. a.a. A______ est de nationalité française, né le ______ 1988 à W______ [France]. Il 
est célibataire et père d'un enfant à charge. Il est au bénéfice d'une formation 
d'ingénieur géotechnicien et travaille en qualité de chef de projets auprès de 
K______ SA. Il réalise un salaire mensuel net d'environ CHF 7'500.-. Il vit en Suisse 
où il est titulaire d'un permis B. Son loyer s'élève à CHF 2'600.-, qu'il paie avec sa 
compagne. Ses primes d'assurance-maladie s'élèvent à CHF 530.- ou CHF 535.-. Il 
est propriétaire d'un bien immobilier en France, d'une valeur d'EUR 280'000.-, avec 
une hypothèque d'EUR 140'000.-.  

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 a.b. Il n'a pas d'antécédents. 

 b.a. C______, de nationalité française, est né le ______ 1988. Il est marié, père de 
deux enfants à charge. Conducteur d'engins de formation, il travaille en qualité de 
machiniste chez K______ SA pour un salaire mensuel net d'environ CHF 6'300.-. Il 
est propriétaire de son logement, lequel est grevé d'une hypothèque, pour laquelle il 
rembourse CHF 2'200.- par mois. Ses primes d'assurance-maladie (CMU) sont de 
EUR 400.- pour toute la famille. Sa fortune est composée exclusivement de sa 
maison, qu'il estime à CHF 330'000.-. 

 b.b. C______ a été condamné le 26 juillet 2013 pour violation grave des règles sur la 
circulation routière à une peine pécuniaire de 120 jours-amende à CHF 80.- avec 
sursis pendant trois ans, ainsi qu'à une amende de CHF 1'000.-.  

EN DROIT : 

1. Les appels sont recevables pour avoir été interjetés et motivés selon la forme et dans 
les délais prescrits (art. 398 et 399 CPP).  

 La Chambre n'examine que les points attaqués du jugement de première instance 
(art. 404 al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 
CPP), sans être liée par les motifs invoqués par les parties ni par leurs conclusions, à 
moins qu'elle ne statue sur une action civile (art. 391 al. 1 CPP). 

2. 2.1. La présomption d'innocence, garantie par les art. 10 CPP, 32 al. 1 de la 
Constitution fédérale (Cst.), 14 par. 2 Pacte ONU II et 6 par. 2 de la convention de 
sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH), ainsi que 
son corollaire, le principe in dubio pro reo, concernent tant le fardeau de la preuve 
que l'appréciation des preuves au sens large.  

2.2. En tant que règle sur le fardeau de la preuve, elle signifie, au stade du jugement, 
que le fardeau de la preuve incombe à l'accusation et que le doute doit profiter au 
prévenu. Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence 
signifie que le juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait 
défavorable à l'accusé si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à 
l'existence de ce fait. Il importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et 
théoriques, qui sont toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. 
Il doit s'agir de doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à 
l'esprit en fonction de la situation objective (ATF 148 IV 409 consid. 2.2). 

3. L'art. 125 al. 1 et 2 CP réprime le comportement de celui qui, par négligence, aura 
fait subir à une personne une atteinte à l'intégrité corporelle ou à la santé. Elle 

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suppose la réalisation de trois conditions : une négligence, une atteinte à l'intégrité 
physique et un lien de causalité naturelle et adéquate entre ces deux éléments. 

3.1. Une lésion corporelle est grave notamment lorsqu'aura été mutilé le corps d'une 
personne, un de ses membres ou un de ses organes importants ou aura été causé une 
incapacité de travail, une infirmité permanente, ou que la victime aura été défigurée 
d'une façon grave et permanente (art. 122 CP). 

Sont considérés comme des membres importants au sens de l'art. 122 al. 2 CP avant 
tout les extrémités, soit les bras et les jambes, ainsi que les mains et les pieds 
(M. NIGGLI / H. WIPRÄCHTIGER, Basler Kommentar Strafrecht II : Art. 111-392 
StGB, 2e édition, Bâle 2007, n. 11 ad art. 122 ; A. DONATSCH, Strafrecht III : 
Delikte gegen den Einzelnen, 9e édition, Zurich/Bâle/Genève 2008, p. 39). Un organe 
ou un membre important est inutilisable lorsque ses fonctions de base sont atteintes 
de manière significative. Une atteinte légère ne suffit en revanche pas, même 
lorsqu'elle est durable et qu'il ne peut y être remédié (ATF 129 IV 1 consid. 3.2 ; 
arrêts du Tribunal fédéral 6B_405/2012 du 7 janvier 2013 consid. 3.2.1 et 
6B_26/2011 du 20 juin 2011 consid. 2.4.1). 

3.2. Pour qu'il y ait négligence, deux conditions doivent être remplies. 

3.2.1.1. La négligence suppose en premier lieu la violation d'un devoir de prudence. 
Un comportement viole le devoir de prudence lorsque l'auteur, au moment des faits, 
aurait pu et dû, au vu des circonstances, de ses connaissances et de ses capacités, se 
rendre compte qu'il mettait en danger des biens juridiquement protégés de la victime 
et qu'il excédait les limites du risque admissible (ATF 148 IV 39 consid. 2.3.3 ; 
143 IV 138 consid. 2.1).   

Pour déterminer le contenu du devoir de prudence, il faut se demander si une 
personne raisonnable, dans la même situation et avec les mêmes aptitudes que 
l'auteur, aurait pu prévoir, dans les grandes lignes, le déroulement des événements et, 
le cas échéant, quelles mesures elle pouvait prendre pour éviter la survenance du 
résultat dommageable. L'étendue du devoir de diligence doit s'apprécier en fonction 
de la situation personnelle de l'auteur, c'est-à-dire de ses connaissances et de ses 
capacités. L'attention et la diligence requises sont d'autant plus élevées que le degré 
de spécialisation de l'auteur est important. S'il existe des normes de sécurité 
spécifiques qui imposent un comportement déterminé pour assurer la sécurité et 
prévenir les accidents, le devoir de prudence se définit en premier lieu à l'aune de ces 
normes. Une violation du devoir de prudence peut aussi être retenue au regard des 
principes généraux. Lorsque des prescriptions légales ou administratives ont été 
édictées dans un but de prévention des accidents, ou lorsque des règles analogues 
émanant d'associations spécialisées sont généralement reconnues, leur violation fait 
présumer la violation du devoir général de prudence (ATF 145 IV 154 consid. 2.1 ; 

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143 IV 138 consid. 2.1 ; 135 IV 56 consid. 2.1 ; 134 IV 255 consid. 4.2.3 ; arrêt 
6B_1386/2021 du 16 mars 2023 consid. 2.1.1). 

L'art. 82 de la loi fédérale du 20 mars 1981 sur l'assurance accident (RS 832.20) 
fonde les devoirs pour l'employeur en matière de prévention des accidents et des 
maladies professionnelles. L'ordonnance sur la prévention des accidents (OPA) du 
19 décembre 1983 (RS 8332.30) concrétise un certain nombre de devoirs de 
l'employeur en la matière. 

Selon l'art. 3 al. 1 et 2 OPA, l'employeur est tenu de prendre, pour assurer la sécurité 
au travail, toutes les dispositions et mesures de protection qui répondent aux 
prescriptions de l'OPA, aux autres dispositions sur la sécurité au travail applicables à 
son entreprise et aux règles reconnues en matière de technique de sécurité et de 
médecine du travail. Il doit veiller à ce que l'efficacité des mesures et des 
installations de protection ne soit pas entravée. 

Selon l'art. 4 OPA, si la sécurité des travailleurs ne peut plus être assurée d'une autre 
manière, l'employeur fera interrompre le travail dans les bâtiments ou les locaux 
concernés, aux emplacements de travail ou aux installations touchés jusqu'à ce que le 
dommage ait été réparé ou le défaut supprimé, à moins que l'interruption du travail 
n'accroisse le danger. 

Selon l'art. 6 al. 1 OPA, l'employeur veille à ce que tous les travailleurs occupés dans 
son entreprise, y compris ceux provenant d'une entreprise tierce, soient informés de 
manière suffisante et appropriée des risques auxquels ils sont exposés dans l'exercice 
de leur activité et instruits des mesures de sécurité au travail. L'art. 6 al. 3 OPA 
prévoit que l'employeur veille à ce que les travailleurs observent les mesures 
relatives à la sécurité au travail. 

Selon l'art. 7 OPA, lorsque l'employeur confie à un travailleur certaines tâches 
relatives à la sécurité au travail, il doit le former de manière appropriée, parfaire sa 
formation et lui donner des compétences précises et des instructions claires. Le temps 
nécessaire à la formation et au perfectionnement est en principe considéré comme 
temps de travail. 

Selon l'art. 8 OPA, l'employeur ne peut confier des travaux comportant des dangers 
particuliers qu'à des travailleurs ayant été formés spécialement à cet effet. 
L'employeur fera surveiller tout travailleur qui exécute seul un travail dangereux. 

Selon l'art. 2 al. 2 de l'ordonnance sur les conditions de sécurité régissant l'utilisation 
des grues du 27 septembre 1999 (ordonnance sur les grues ; RS 832.312.15), les 
grues sont classées dans les catégories suivantes : les camions-grue comme les grues 
automobiles, les grues mobiles, les grues sur chenilles, les grues sur remorque, les 

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grues de chargement des camions dont le moment de charge dépasse 400 000 Nm ou 
dont la longueur de flèche est supérieure à 22 mètres, les élévateurs télescopiques et 
les grues sur rails équipés d'un treuil (let. a) ; les grues à tour pivotantes comme les 
grues à tour fixe, les grues à base tournante et les grues à volée variable (let. b) ; les 
autres grues comme les grues à portique, les ponts roulants, les grues à flèche, les 
grues pivotantes, les grues de chargement des camions dont le moment de charge est 
de 400 000 Nm au plus et dont la longueur de flèche est de 22 mètres au plus, les 
élévateurs télescopiques et les grues sur rails non équipés de treuils (let. c). 

Selon l'art. 4 al. 2 de l'ordonnance sur les grues, le montage et le démontage de grues 
ainsi que les travaux de maintenance ne peuvent être exécutés que par des personnes 
formées à cet effet. 

L'art. 8 let. a de l'ordonnance sur les grues prévoit que le permis de grutier pour la 
catégorie A correspond aux camions-grue. Selon l'art. 13 al. 1 de cette ordonnance, 
les cours de base portent notamment sur le montage sur le lieu de travail et l'emploi 
des camions-grue pour les grues de la catégorie A. 

Selon le chiffre 1.4.6 de la directive n° 6511 de la Commission fédérale de 
coordination pour la sécurité au travail (CFST) intitulée "Vérification et contrôle des 
camions-grue et grues à tour pivotante", sont considérés comme grutiers les 
personnes qui exécutent des travaux de levage au moyen de la grue.  

Selon le chiffre 1.4.7 de cette même directive, sont considérés comme spécialistes en 
grues les personnes qui connaissent bien la technique des grues et disposent de la 
formation requise au sens des art. 6 à 8 OPA. Selon l'usage linguistique actuel, les 
spécialistes en grue sont souvent des "monteurs en grue" qui montent, réparent et 
entretiennent les grues. Mais il peut également s'agir d'autres spécialistes, par 
exemple des électriciens qui connaissent bien la technique de commande des grues et 
exécutent des travaux de leur spécialité sur la grue. Les spécialistes en grue disposent 
de la formation requise lorsqu'ils ont suivi par exemple des cours de base et de 
formation complémentaire auprès des fabricants de grues, connaissent les 
prescriptions de sécurité relatives à l'utilisation de grues (prescriptions 
SUVA/CFST/fabricants) et savent appliquer celles-ci correctement dans la pratique. 

Selon les informations disponibles sur le site de la SUVA (https://www.suva.ch/fr-
ch/prevention/par-danger/machines-et-outils/monter-et-conduire-des-grues-en-toute-
securite/montage-demontage-entretien-et-mise-en-service-de-camions-grue-et-des-
grues-a-tour), pour le montage et le démontage des camions-grue et des grues à tour, 
l'employeur doit faire appel à des personnes formées à cet effet. Les grutières et 
grutiers et leurs auxiliaires éventuels n'y sont pas autorisés. Les spécialistes en grue, 
les chefs de chantiers et les monteurs en grue trouveront des informations concrètes 

https://www.suva.ch/fr-ch/prevention/par-danger/machines-et-outils/monter-et-conduire-des-grues-en-toute-securite/montage-demontage-entretien-et-mise-en-service-de-camions-grue-et-des-grues-a-tour
https://www.suva.ch/fr-ch/prevention/par-danger/machines-et-outils/monter-et-conduire-des-grues-en-toute-securite/montage-demontage-entretien-et-mise-en-service-de-camions-grue-et-des-grues-a-tour
https://www.suva.ch/fr-ch/prevention/par-danger/machines-et-outils/monter-et-conduire-des-grues-en-toute-securite/montage-demontage-entretien-et-mise-en-service-de-camions-grue-et-des-grues-a-tour
https://www.suva.ch/fr-ch/prevention/par-danger/machines-et-outils/monter-et-conduire-des-grues-en-toute-securite/montage-demontage-entretien-et-mise-en-service-de-camions-grue-et-des-grues-a-tour

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concernant l'installation des grues à tour sur le chantier dans le feuillet d'information 
intitulé "Installation, montage et démontage des grues à tour". 

Selon l'art. 8 de l'ordonnance sur la sécurité des produits du 19 mai 2010 (OSPro ; 
RS 930.111), les notices d’instruction, d'utilisation et d'entretien ainsi que les 
brochures d'information doivent être rédigées dans la langue officielle de la Suisse de 
la partie du pays où il est prévu que le produit soit utilisé. 

3.2.1.2. Un comportement constitutif d'une négligence consiste en général en un 
comportement actif, mais peut aussi avoir trait à un comportement passif contraire à 
une obligation d'agir (cf. art. 11 al. 1 CP). Reste passif en violation d'une obligation 
d'agir celui qui n'empêche pas la mise en danger ou la lésion d'un bien juridique 
protégé par la loi pénale bien qu'il y soit tenu à raison de sa situation juridique, 
notamment en vertu de la loi, d'un contrat, d'une communauté de risque librement 
consentie ou de la création d'un risque (art. 11 al. 2 let. a-d CP). N'importe quelle 
obligation juridique ne suffit pas. Il faut qu'elle ait découlé d'une position de garant, 
c'est-à-dire que l'auteur se soit trouvé dans une situation qui l'obligeait à ce point à 
protéger un bien déterminé contre des dangers indéterminés (devoir de protection), 
ou à empêcher la réalisation de risques connus auxquels des biens indéterminés 
étaient exposés (devoir de surveillance), que son omission peut être assimilée au fait 
de provoquer le résultat par un comportement actif (cf. art. 11 al. 2 et 3 CP ; 
ATF 148 IV 39 consid. 2.3.2 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1177/2022 du 21 février 
2023 consid. 2.3.2).   

La distinction entre une infraction de commission et une infraction d'omission 
improprement dite (commission par omission) n'est pas toujours aisée et l'on peut 
souvent se demander s'il faut reprocher à l'auteur d'avoir agi comme il ne devait pas 
le faire ou d'avoir omis d'agir comme il le devait. Dans les cas limites, il faut 
s'inspirer du principe de la subsidiarité et retenir un délit de commission dès que l'on 
peut imputer à l'auteur un comportement actif. Le manque de diligence est un 
élément constitutif de la négligence et non une omission au sens d'un délit d'omission 
improprement dit. Si une activité dangereuse est entreprise sans prendre les mesures 
de sécurité suffisantes, il y a lieu, en principe, de considérer un comportement actif. 
En pareille hypothèse, l'élément déterminant ne réside pas dans l'omission des 
mesures de sécurité en tant que telle, mais dans le fait d'accomplir l'activité en cause 
sans les observer. Lorsqu'un comportement actif est imputé à l'auteur, la culpabilité 
de ce dernier doit être envisagée au regard de ses actes, indépendamment du fait qu'il 
ait eu ou non une position de garant (ATF 122 IV 145 consid. 2 ; 122 IV 17 
consid. 2b/aa ; 121 IV 10 consid. 2b ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1295/2021 du 
16 juin 2022 consid. 2.1.2). 

3.2.1.3. Celui qui collabore à la direction ou à l'exécution d'une construction est 
responsable du respect, dans son domaine, des règles de l'art de construire 

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(ATF 109 IV 15 consid. 2a ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_315/2020 du 18 mai 2022 
consid. 6.3). La responsabilité pénale d'un participant à la construction se détermine 
sur la base des prescriptions légales, des accords contractuels ou des fonctions 
exercées, ainsi que des circonstances concrètes (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_120/2019 du 17 septembre 2019 consid. 7.2). Chacun est tenu, dans son domaine 
de compétence, de déployer la diligence que l'on peut attendre de lui pour veiller au 
respect des règles de sécurité (arrêt du Tribunal fédéral 6B_1309/2018 du 28 mars 
2019 consid. 2.4.2). Certes, la règle doit, de manière générale, être respectée par 
celui qui accomplit l'activité qu'elle régit ; toutefois, il existe aussi, pour ceux qui 
dirigent les travaux, le devoir de donner les instructions nécessaires et de surveiller 
l'exécution. Il est donc fréquent que plusieurs personnes, compte tenu de leur 
domaine de compétence respectif, soient responsables d'une seule et même violation 
des règles de l'art (arrêt du Tribunal fédéral 6B_145/2015 du 29 janvier 2016 
consid. 2.1.1). Il n'existe en revanche pas d'obligation de surveillance permanente des 
collaborateurs expérimentés (arrêt du Tribunal fédéral 6B_342/2012 du 8 janvier 
2013 consid. 2.3).   

Ces principes, développés sous l'angle de l'art. 229 CP, s'appliquent à l'infraction de 
lésions corporelles par négligence au sens de l'art. 125 al. 1 et 2 CP, en particulier 
quant à la position de garant qui se fonde sur ces mêmes considérations (arrêts du 
Tribunal fédéral 6B_315/2020 du 18 mai 2022 consid. 6.3 ; 6B_543/2012 du 11 avril 
2013 consid. 1.3.3).  

3.2.1.4. Dirige les travaux la personne qui choisit les exécutants, donne les 
instructions et les recommandations nécessaires, surveille l'exécution des travaux et 
coordonne l'activité des entrepreneurs (arrêt du Tribunal fédéral 6B_145/2015 du 
29 janvier 2016 consid. 2.1.2).   

3.2.2. En second lieu, la violation du devoir de prudence doit être fautive, c'est-à-dire 
qu'il faut pouvoir reprocher à l'auteur une inattention ou un manque d'effort blâmable 
(ATF 145 IV 154 consid. 2.1). 

3.3. Enfin, il doit exister un rapport de causalité naturelle et adéquate.   

3.3.1. Un fait est la cause naturelle d'un résultat s'il en constitue l'une des conditions 
sine qua non. Autrement dit, il existe un lien de causalité naturelle entre deux 
événements lorsque, sans le premier, le second ne se serait pas produit, ou pas de la 
même façon. Il n'est pas nécessaire que l'événement considéré soit la cause unique ou 
immédiate du résultat (ATF 143 III 242 consid. 3.7 ; 139 V 176 consid. 8.4.1). 

3.3.2.1. Le rapport de causalité est qualifié d'adéquat lorsque, d'après le cours 
ordinaire des choses et l'expérience de la vie, le comportement était propre à 
entraîner un résultat du genre de celui qui s'est produit. La causalité adéquate sera 

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admise même si le comportement de l'auteur n'est pas la cause directe ou unique du 
résultat. Peu importe que le résultat soit dû à d'autres causes, notamment à l'état de la 
victime, à son comportement ou à celui de tiers (ATF 131 IV 145 consid. 5.2).  

3.3.2.2. En cas de violation du devoir de prudence par omission, la question de la 
causalité se présente sous un angle différent. Il faut, dans ce type de configuration, 
procéder par hypothèse et se demander si l'accomplissement de l'acte omis aurait, 
selon le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, évité la survenance du 
résultat qui s'est produit, pour des raisons en rapport avec le but protecteur de la règle 
de prudence violée. Pour l'analyse des conséquences de l'acte supposé, il faut 
appliquer les concepts généraux de la causalité naturelle et de la causalité adéquate. 
L'existence de cette causalité dite hypothétique suppose une très grande 
vraisemblance ; autrement dit, elle n'est réalisée que lorsque l'acte attendu ne peut 
pas être inséré intellectuellement dans le raisonnement sans en exclure, très 
vraisemblablement, le résultat (ATF 116 IV 182 consid. 4a). La causalité adéquate 
est ainsi exclue lorsque l'acte attendu n'aurait vraisemblablement pas empêché la 
survenance du résultat ou lorsqu'il serait simplement possible qu'il l'eût empêché 
(arrêt du Tribunal fédéral 6B_388/2020 du 30 septembre 2021 consid. 4.1.4).  

3.3.2.3. Il y a rupture du lien de causalité adéquate, l'enchaînement des faits perdant 
sa portée juridique, si une autre cause concomitante ‒ par exemple une force 
naturelle, le comportement de la victime ou celui d'un tiers ‒ propre au cas d'espèce 
constitue une circonstance tout à fait exceptionnelle ou apparaît si extraordinaire que 
l'on ne pouvait pas s'y attendre. Cependant, cette imprévisibilité de l'acte concurrent 
ne suffit pas en soi à interrompre le lien de causalité adéquate. Il faut encore que cet 
acte ait une importance telle qu'il s'impose comme la cause la plus probable et la plus 
immédiate de l'événement considéré, reléguant à l'arrière-plan tous les autres facteurs 
qui ont contribué à amener celui-ci, notamment le comportement de l'auteur 
(ATF 134 IV 255 consid. 4.4.2 ; ATF 133 IV 158 consid. 6.1 ; ATF 143 III 242 
consid. 3.7).  

3.4. En l'espèce, s'agissant du déroulement des faits, il est établi et non contesté par 
les parties qu'à l'époque de ces derniers, A______ était employé par K______ SA 
comme conducteur de travaux depuis environ six ans, fonction qu'il exerçait 
précisément sur le chantier 1______ depuis trois à quatre semaines, ayant succédé à 
un autre conducteur de travaux en cours de chantier. C______ travaillait de longue 
date comme machiniste pour cette même société, au bénéfice d'un permis de grutier 
pour la catégorie A. H______, titulaire de ce même permis, était machiniste 
intérimaire mis à disposition de K______ SA. Enfin, E______ travaillait comme 
manœuvre depuis plus de 10 ans pour cette même entreprise.  

Il ressort du dossier, en particulier des déclarations de A______ durant l'instruction 
préparatoire corroborées par celles de V______, que dans la mesure où le 

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contremaître du chantier avait définitivement quitté ce dernier, l'appelant A______ a 
lui-même organisé le démontage de la pelle à câble en vue de son transport. Les 
explications fournies par l'appelant pour la première fois lors des débats d'appel, 
selon lesquelles il aurait confié l'organisation dudit démontage au contremaître du 
chantier voisin, apparaissent de circonstance et n'emportent nullement la conviction 
de la Cour.  

La pelle à câble en question doit être qualifiée de camion-grue au sens de l'art. 2 al. 2 
let. a de l'ordonnance sur les grues, compte tenu des photographies versées au dossier 
et des explications fournies par l'inspecteur cantonal des chantiers lequel, après s'être 
entretenu avec un collègue spécialisé de la SUVA, a indiqué qu'une pelle à câble 
constituait une grue sur chenilles dès l'instant où elle était équipée d'un crochet, dont 
le pilotage nécessitait un permis de grutier A et qui était soumise à l'ordonnance sur 
les grues.  

Toutes les parties s'accordent à dire que le 30 octobre 2018, l'appelant A______ a 
ordonné à l'intimé H______ de procéder, le jour suivant, au démontage de la grue. 
Alors que H______ l'avait informé de ce qu'il était incapable de démonter une telle 
machine et avait attiré son attention sur le fait qu'il s'agissait, de son expérience, 
d'une tâche devant être exécutée, respectivement supervisée, par des mécaniciens, 
l'appelant A______ a persisté dans sa demande en ordonnant à E______ le jour-
même puis à C______ le matin suivant, d'aller procéder au démontage de cette grue 
avec H______, étant relevé que ni l'un ni l'autre n'étaient mécaniciens. Il sera précisé 
que contrairement à ce que soutient l'appelant C______, les déclarations 
concordantes de l'appelant A______ et de V______ démontrent qu'il n'a pas protesté 
contre cette demande et qu'il s'est immédiatement exécuté en prenant la direction du 
chantier sur lequel le démontage allait avoir lieu. 

Toujours selon les déclarations des parties, sur place, alors que H______, aux 
commandes de la machine, avait posé l'extrémité de la flèche au sol et qu'une partie 
importante de la structure se trouvait surélevée par rapport à ce dernier, C______ et 
E______ ont entrepris de démonter la flèche, en utilisant du matériel, non spécifique, 
trouvé à proximité, soit en particulier une barre de fer et une masse, étant précisé que 
les câbles de la grue n'avaient pas été préalablement attachés à la partie supérieure de 
la flèche. À cet égard, il ressort tant des déclarations de l'appelant C______ que de 
celles de l'intimé H______ que les câbles devaient être attachés et correctement 
tendus pour réduire le mouvement de chute de la flèche grâce à un "effet de retenue", 
au moment où les axes du bas étaient retirés de la structure. À un certain moment, 
l'appelant C______ a demandé à l'intimé E______ de sortir de la flèche, sans fournir 
davantage de précisions. Plus tard, après que tous deux ont retiré les axes de la 
flèche, cette dernière s'est affaissée et a écrasé, dans sa chute, la jambe gauche de 
E______ qui se trouvait alors sous la flèche. L'intervention d'une autre grue a été 
nécessaire pour soulever la structure et libérer la jambe du précité. Avant l'arrivée 
des enquêteurs, l'appelant C______ a accroché les câbles sur la structure de la flèche 

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et convenu avec l'intimé H______ de ne pas parler de ce "problème" pour éviter à 
C______ d'être mis en cause. 

Selon les certificats médicaux produits, E______ a présenté, à la suite de cet 
accident, une fracture du fémur distal diaphyso‑métaphyso-épiphysaire articulaire 
multi-fragmentaire Gustilo 3A gauche, avec une fracture non déplacée du coin 
antérieur du plateau tibial externe gauche, une fracture plurifragmentaire de la fibula 
proximale et une dissection et sub-occlusion de l'artère fémorale superficielle gauche. 
En raison d'une évolution médicale défavorable, une amputation de la jambe gauche, 
à mi-cuisse, a été effectuée le 16 janvier 2019. 

3.5.1. Les importantes blessures subies par E______, qui ont mené à l'amputation de 
sa jambe gauche et, par la même, à une infirmité permanente, constituent 
indiscutablement des lésions corporelles graves au sens de l'art. 122 CP. 

3.5.2.1. S'agissant du comportement adopté par l'appelant A______ dans le cadre de 
cet accident, il est relevé ce qui suit: 

En qualité de conducteur de travaux, A______ gérait le chantier dont il était 
responsable et assurait, sur ce dernier, une position de supériorité hiérarchique vis-à-
vis des contremaîtres et des différentes catégories d'ouvriers, y compris l'appelant 
C______ et l'intimé E______, respectivement machiniste et manœuvre, auxquels il 
donnait des instructions quant aux tâches à accomplir, en particulier en l'absence du 
contremaître. Il ressort du dossier, notamment de ses propres déclarations, qu'il était 
également responsable, après le contremaître, de la sécurité sur le chantier. À cet 
égard, dans le cadre de son emploi, il avait en particulier suivi une formation 
d'assistant sécurité, laquelle s'était déroulée sur une période totale de six jours, et 
participait, avec les employés, à des séances mensuelles dédiées à la sécurité, dont il 
assurait la présentation, en alternance avec le contremaître. Selon les déclarations de 
l'inspecteur cantonal des chantiers, sa fonction était équivalente à celle d'un chef de 
chantier, dont le rôle est, entre autres, de s'assurer du respect permanent des 
exigences en matière de sécurité. 

En cette qualité, il se devait en premier lieu de respecter les normes de sécurité 
spécifiques qui imposent d'adopter un comportement déterminé pour assurer la 
sécurité et prévenir les accidents, soit précisément d'assurer la sécurité sur le chantier 
lors de l'exécution des travaux de construction, soit tout d'abord les règles prévues 
dans la loi et les directives de la CFST et de la SUVA. 

Dans la mesure où, à teneur de l'acte d'accusation, l'appelant aurait confié la tâche de 
démonter la grue à des ouvriers qui n'étaient pas compétents, sans s'être par ailleurs 
assuré de ce que ces derniers disposaient du manuel d'instruction relatif à la grue en 
français, son comportement s'apparente au fait d'entreprendre une activité dangereuse 

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sans prendre les mesures de sécurité suffisantes, de sorte qu'il constituerait un 
comportement actif selon la jurisprudence. En tout état, quand bien même son 
comportement devrait, en tout en partie, être qualifié d'omission, l'appelant A______ 
devrait néanmoins en répondre, compte tenu du fait qu'en sa qualité de conducteur 
des travaux telle que rappelée supra, il revêtait une position de garant (ATF  
109 IV 15 consid. 2a p. 17 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_1016/2009 du 11 février 
2010 consid. 5.2.1 et 6B_468/2012 du 24 octobre 2012, consid. 2.3). 

Comme énoncé supra sous point 3.4, il est établi que l'appelant A______ a organisé 
lui-même le démontage de la grue et qu'il a, dans ce cadre, confié cette tâche à 
H______ – qui lui a répondu ne pas être compétent en la matière – et, en parallèle, à 
E______ puis à C______.  

À cet égard, l'appelant A______ a admis qu'il savait que E______ ne possédait ni 
formation, ni expérience, dans le démontage de grue. S'agissant de C______, 
machiniste qui disposait certes du permis de grutier A mais d'aucune formation 
spécifique en la matière, l'appelant A______ n'a procédé à aucune vérification 
relative à ses compétences. Tout au plus l'avait-il vu utiliser des grues, selon ses 
propres déclarations. Outre le fait d'avoir ordonné à trois ouvriers qu'il savait ne pas 
être qualifiés pour deux d'entre eux, respectivement dont il ignorait s'il l'était 
réellement s'agissant du troisième, de démonter une grue, l'appelant A______ n'a pas 
non plus attiré l'attention de E______, qu'il savait ne pas être qualifié, sur les dangers 
inhérents au démontage de grue – dangers qu'il ne pouvait raisonnablement ignorer 
au regard de sa fonction et de ses années d'expérience, ses déclarations à ce sujet 
durant les débats d'appel apparaissant, ici également, de circonstance. Il ne s'est pas 
davantage assuré, par exemple en donnant des consignes en ce sens à C______ voire 
à H______, que ces derniers se chargeraient d'exposer lesdits dangers à E______. Il 
sera précisé, sous l'angle du principe de l'accusation, que de l'avis de la Cour, le 
reproche d'avoir ordonné à des ouvriers non formés de procéder au démontage d'une 
grue englobe celui de ne pas avoir attiré leur attention sur les risques que comportait 
cette entreprise, l'existence de connaissances en matière sécuritaire faisant 
indéniablement partie des compétences d'un ouvrier formé, ainsi que cela ressort 
d'ailleurs des directives de la SUVA. 

Dans ce même contexte, l'appelant A______ ne s'est pas assuré que les ouvriers 
disposaient du manuel, lisible et compréhensible, pour respecter les étapes de 
démontage de la machine. De son propre aveu, il ne s'est pas inquiété de savoir si les 
consignes en matière de sécurité avaient été données par le contremaître qui avait 
définitivement quitté le chantier plusieurs semaines avant les faits. 

En agissant comme il l'a fait, l'appelant A______ a violé les règles de prudence. 

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3.5.2.2. Quant à la question de savoir si, compte tenu de ses circonstances 
personnelles, l'appelant A______ a fait preuve d'une inattention ou d'un manque 
d'effort blâmable, la Cour retient que tel est le cas. 

En effet, l'intéressé pouvait et devait se rendre compte que de donner l'ordre de 
démonter une grue à trois ouvriers non qualifiés, respectivement dont il ignorait s'il 
l'était vraiment s'agissant de C______, sans attirer leur attention sur les dangers 
associés à cette tâche et sans s'assurer du fait qu'ils disposaient de la documentation 
nécessaire, constituait une violation des obligations légales en matière de sécurité, à 
laquelle il aurait pu remédier. 

A______ soutient s'être conformé à une pratique mise en place de longue date au 
sein de K______ SA, selon laquelle c'étaient les machinistes et non les mécaniciens 
qui se chargeaient du démontage des grues, après avoir été formés "sur le tas" par 
d'autres machinistes plus expérimentés. Il allègue avoir pensé que la titularité, pour 
un machiniste, d'un permis pour l'utilisation des grues de type A, impliquait de fait la 
compétence de démonter ces mêmes machines.  

S'il apparait établi par les déclarations des différents employés de K______ SA que 
les machinistes procédaient effectivement au montage et au démontage des grues, 
cette pratique n'était, pour autant, pas conforme à la législation en vigueur, complétée 
par les directives émises par la CFST et la SUVA. À cet égard et en premier lieu, de 
par sa formation et sa fonction au sein de l'entreprise, notamment en lien avec les 
questions de sécurité, l'appelant A______ aurait pu et dû savoir qu'un machiniste au 
bénéfice d'un permis de grutier A n'était pas compétent pour démonter cette même 
machine. Un simple contact avec l'inspectorat cantonal des chantiers, respectivement 
la SUVA, lui aurait permis de dissiper tout doute éventuel à ce sujet. En second lieu, 
la veille de l'accident, H______, qu'il savait posséder un permis de grutier A, avait 
expressément attiré son attention sur le fait qu'il était incapable de démonter une grue 
et qu'il nécessitait l'assistance d'un mécanicien, information qui devait amener 
l'appelant à se questionner sur cette problématique. Il n'a toutefois procédé à aucune 
vérification, ni pris aucune précaution.   

Dans ces conditions l'appelant A______ ne pouvait raisonnablement penser que 
C______, machiniste au bénéfice d'un seul permis de grutier A, était formé au 
démontage de cette machine. De son propr