# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 094edb1c-2779-5dfb-a84d-091d96eb4247
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2012-02-02
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal pénal 02.02.2012 P/14102/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TP_001_P-14102-2010_2012-02-02.pdf

## Full Text

Siégeant : Madame Delphine GONSETH, Présidente; Madame Catherine TAPPONNIER, 
Monsieur Pierre BUNGENER, Juges; Madame Nelly HARTLIEB, Madame Nicole 
CASTIONI, Madame Geneviève BAUMGARTNER, Monsieur Alain GALLET, Juges 
assesseurs; Madame Sylvia-J. ROSSOZ-NIGL, Greffière. 

 P/14102/2010 

 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

JUGEMENT 

DU TRIBUNAL CRIMINEL 

 

Chambre 3 

Du 2 février 2012 

 
MINISTÈRE PUBLIC 

contre 

Monsieur V______, né le ______ 1983, actuellement détenu à la prison de Champ-
Dollon, assisté de Me A______, prévenu 

Madame W______, née le ______ 1989, actuellement détenue à la prison de Champ-
Dollon, assistée de Me B______, prévenue 

Madame X______, née le ______ 1975, actuellement détenue à la prison de Champ-
Dollon, assistée de Me C______, prévenue 

Monsieur Y______, né le ______ 1976, actuellement détenu à la prison de Champ-
Dollon, assisté de Me D______, prévenu 

Madame Z______, née le ______ 1950, domiciliée E______ Zürich, assistée de Me 
F______, prévenue 

 

 

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CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES 

 

Le Ministère public conclut à l'encontre de : 

- V______, à un verdict de culpabilité pleine et entière pour l'ensemble des infractions visées 
par l'acte d'accusation, sans circonstance atténuante, et à ce qu'il soit condamné à une peine 
privative de liberté de 8 ans;  

- W______, à un verdict de culpabilité pleine et entière pour l'ensemble des infractions visées 
par l'acte d'accusation, sans circonstance atténuante, et à ce qu'elle soit condamnée à une 
peine privative de liberté de 4 ans; 

- X______, à un verdict de culpabilité pleine et entière pour l'ensemble des infractions visées 
par l'acte d'accusation, sans circonstance atténuante, et à ce qu'elle soit condamnée à une 
peine privative de liberté de 8 ans; 

- Y______, à un verdict de culpabilité pleine et entière pour l'ensemble des infractions visées 
par l'acte d'accusation, sans circonstance atténuante, et à ce qu'il soit condamné à une peine 
privative de liberté de 6 ans; 

- Z______, à un verdict de culpabilité pleine et entière pour l'infraction visée dans l'acte 
d'accusation, et à ce qu'elle soit condamnée à une peine privative de liberté de 3 ans, assortie 
du sursis partiel, la partie ferme de la peine à exécuter devant être fixée à 18 mois, et le solde 
de la peine de 18 mois étant assorti d'un délai d'épreuve de 4 ans.  

 

V______ conclut principalement à son acquittement pour les infractions visées sous lettre A. 
chiffres I, 2 à 9, au prononcé d'une peine privative de liberté compatible avec le sursis 
complet, et à sa mise en liberté immédiate, subsidiairement à un verdict de culpabilité pour les 
infractions visées sous lettre A. chiffres I, 1, 2, 5, 7, sous réserve de la quantité, ainsi que sous 
lettre A. chiffres I, 8 et 9, à son acquittement pour les infractions visées sous lettre A, chiffres 
I, 3, 4 et 6, au prononcé d'une peine juste, tenant compte de la violation du principe de la 
célérité, ainsi que de sa bonne collaboration, et à ce que cette peine privative de liberté ne soit 
pas supérieure à quatre ans.  

 

W______ conclut au prononcé d'une peine privative de liberté assortie du sursis complet, 
subsidiairement du sursis partiel, la partie ferme de la peine à exécuter ne devant pas être 
supérieure à la durée de la détention avant jugement.  

 

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X______ conclut à un verdict de culpabilité s'agissant de la prise de mesures aux fins 
d'organiser l'importation d'une quantité de 300 grammes de cocaïne, telle que visée sous lettre 
B. chiffres I, 2 de l'acte d'accusation, au prononcé d'un verdict de culpabilité pour la prise de 
mesures aux fins de l'importation d'une quantité de 1,639 kilogramme de cocaïne par 
G______ et de 2,638 kilogrammes de cette drogue par H______, à ce qu'il soit retenu que le 
taux de pureté de la cocaïne était de 20 %, à ce que les faits soient dès lors qualifiés 
d'infraction à l'art. 19 al. 2 let. a de la loi fédérale sur les stupéfiants exclusivement, à ce que 
l'infraction visée sous lettre B chiffres I, 3 soit formellement écartée, et à être condamnée à 
une peine privative de liberté n'excédant pas quatre ans.   

Y______ conclut à son acquittement s'agissant des infractions visées sous lettre D. chiffres I, 
3 et 4 de l'acte d'accusation, à ce que les faits relatifs au conditionnement de l'argent ne soient 
pas retenus dans le cadre de l'infraction visée sous lettre D. chiffres I, 2 et à ce que les faits 
soient qualifiés juridiquement d'infraction à l'art. 19 al. 2 let. a de la loi fédérale sur les 
stupéfiants exclusivement. Il conclut pour le surplus au prononcé d'une peine compatible avec 
sa libération immédiate. 

 

Z______ conclut principalement à son acquittement et, subsidiairement, en cas de verdict de 
culpabilité, au prononcé d'une peine privative de liberté compatible avec l'octroi du sursis.  

 

EN FAIT 

A. a. Par acte d'accusation du 17 mars 2011, il est reproché à V______ plusieurs 
infractions à la loi fédérale sur les stupéfiants, avec les circonstances aggravantes de la 
quantité (plus de 30 kilogrammes de cocaïne), du métier et de la bande. Il lui est en 
particulier reproché d'avoir : 

- le 7 novembre 2009, été interpellé à l'aéroport de Genève en compagnie de W______, 
alors qu'il était porteur de 60 doigts de cocaïne, qu'il avait ingérés, d'un poids unitaire de 
8 à 10 grammes, d'un taux de pureté se situant entre 35 % et  
38 %, drogue fournie par le dénommé "I______" à Madrid et destinée à J______ (dit 
"K______") à Berne, étant précisé que le prévenu devait recevoir entre EUR 2'000.- et 
EUR 3'000.- pour ce transport (A. I. 1.), ainsi que d'avoir, à la même date, pris des 
mesures aux fins de favoriser un trafic international de cocaïne, devant se rendre chez 
J______ afin de prendre possession de EUR 20'000.- provenant de la vente de cocaïne 
et rapporter cette somme à "I______", en contrepartie d'une rémunération de EUR 500.- 
(A. I. 4.); 

- le 10 octobre 2009, en compagnie de W______, importé de Madrid à Bâle, 60 doigts 
de cocaïne, qu'il avait ingérés, d'un poids unitaire de 8 à 10 grammes, drogue fournie 
par "I______" à Madrid et destinée à J______ (dit "K______") à Berne, étant précisé 

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que le prévenu devait recevoir entre EUR 2'000.- et EUR 3'000.- pour ce transport (A. I. 
2.); 

- entre octobre et novembre 2009, importé de Madrid à Genève, 70 doigts de cocaïne, 
qu'il avait ingérés, soit au minimum 700 grammes, drogue fournie par "I______" à 
Madrid et destinée à J______ (dit "K______") à Berne, étant précisé que le prévenu 
devait recevoir entre EUR 2'000.- et EUR 3'000.- pour ce transport (A. I. 3); 

- en octobre 2009, à une date indéterminée, pris des mesures aux fins de favoriser un 
trafic international de cocaïne, en prenant possession, chez J______, de EUR 20'000.- 
provenant de la vente de cocaïne et en rapportant cette somme à "I______" à Madrid, en 
contrepartie d'une rémunération de EUR 500.- (A. I. 5); 

- en 2009, pris des mesures aux fins de faciliter l'importation de cocaïne en Suisse, pour 
le compte de K______, M______, N______, X______, Y______, Z______ et J______, 
ainsi que pour le compte de "I______" à Madrid, en recrutant plusieurs transporteurs 
lituaniens, chargés d'acheminer la drogue d'Amérique Latine en Espagne, puis 
d'Espagne en Suisse, en recrutant de la sorte O______, W______, P______, Q______, 
R______, S______, T______, U______, AA______ et AB______, ces derniers ayant, 
au total, transporté 6'858 grammes de cocaïne, étant précisé que V______ devait 
percevoir entre EUR 500.- et EUR 1'000.- pour chaque mule arrivée à destination (A. I. 
6.); 

- en été 2009, en compagnie de W______, effectué un transport de 20 kilogrammes de 
cocaïne de Santa Cruz en Bolivie à Madrid pour le compte de "I______" à Madrid, 
transport pour lequel il devait être rétribué EUR 20'000.- par X______, surnommée 
"AC______", étant précisé qu'il a finalement perçu EUR 4'000.- de la part d'une 
personne, venue de Suisse, s'étant présentée comme étant la sœur de X______ 
("AC______") (A. I. 7.); 

- entre juin et novembre 2009, en compagnie de W______, transporté de Madrid à 
Dublin, 70 doigts de cocaïne, qu'il avait ingérés, soit au minimum 700 grammes, drogue 
fournie par "I______" à Madrid et destinée à des ressortissants nigériens résidant à 
Dublin, étant précisé que le prévenu a perçu entre EUR 2'000.- et  
EUR 3'000.- pour ce transport, à raison d'EUR 30.- par doigt de cocaïne transporté (A. I. 
8.); 

- entre juin et novembre 2009, en compagnie de W______, transporté de Madrid à 
Tenerife, 70 doigts de cocaïne, qu'il avait ingérés, soit au minimum 700 grammes, 
drogue fournie par "I______" à Madrid et destinée à des ressortissants nigériens, étant 
précisé que le prévenu a reçu EUR 1'500.- pour ce transport (A. I. 9.). 

  b. Par ce même acte d'accusation, il est reproché à X______, surnommée "AC______" 
ou "AD______", d'avoir, d'une manière générale, pris des mesures aux fins d'importer 
en Suisse une grande quantité de cocaïne depuis la Bolivie et l'Equateur, par le biais de 
mules lituaniennes et d'avoir, dans ce cadre, financé ou servi d'intermédiaire au 

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financement du trafic de drogue entre l'Amérique Latine et la Suisse, en faisant 
transférer, par Y______ et Z______, à plusieurs reprises, d'importantes sommes 
d'argent de Suisse en Equateur, en agissant avec la circonstance aggravante qu'elle était 
affiliée à une bande formée pour se livrer au trafic de stupéfiants. Il lui est en particulier 
reproché d'avoir : 

 - entre les 12 et 15 décembre 2009, recruté et pris en charge H______ et G______ 
comme transporteurs de drogue, en organisant leur voyage en Equateur et en leur 
fournissant la logistique nécessaire à l'importation de cocaïne en Suisse depuis 
l'Equateur, contre la promesse d'une rémunération de EUR 4'000.-, et d'avoir, dans ce 
contexte, organisé avec Y______ et Z______, les 4 et 6 janvier 2010, le transfert rapide 
de plusieurs milliers de francs à M______, fournisseur de cocaïne en Equateur, en vue 
du paiement de la drogue et du billet d'avion de G______, étant précisé que ce dernier a 
été arrêté à l'aéroport de Guyaquil le 22 janvier 2010 en possession d'une valise 
contenant 4 [recte : 1,6] kilogrammes de cocaïne, tandis que H______ a été interpellé le 
25 décembre 2009, également à l'aéroport de Guayaquil, en possession d'une valise 
contenant 2,7, kilogrammes de cocaïne (B. I. 1.); 

 - le 6 décembre 2009, de concert avec Y______ et Z______, pris des mesures aux fins 
d'organiser l'importation et la réception en Suisse de 300 grammes de cocaïne, drogue 
fournie en Equateur par M______ et transportée par la mule AE______ (B. I. 2.); 

 - durant l'été 2009, servi d'intermédiaire pour le financement d'une partie de 
l'importation, en Espagne, de 20 kilogrammes de cocaïne en provenance de Bolivie, 
drogue destinée à "I______" à Madrid, étant précisé que V______ et W______, mules 
recrutées à cet effet, devaient toucher EUR 20'000.- pour ce transport, et qu'ils n'ont 
finalement perçu que EUR 4'000.- chacun, montant qui leur a été remis par une femme 
d'origine africaine prétendant être la sœur de X______ ("AC______") (B. I . 3.). 

c. Il est reproché à W______ d'avoir, en 2009, effectué d'importants transports de 
cocaïne, portant sur une quantité totale d'environ 21 kilogrammes de drogue, pour le 
compte de "I______" et de X______ ("AC______"). Il lui est en particulier reproché 
d'avoir : 

- en date du 10 [recte : 18] octobre 2009, en compagnie de V______, importé de Madrid 
à Bâle, 40 doigts de cocaïne, qu'elle avait ingérés, soit au minimum 400 grammes de 
drogue, étant précisé que la prévenue devait recevoir entre  
EUR 2'000.- et EUR 3'000.- pour ce transport, à raison de EUR 30.- par doigt de 
cocaïne ingéré (C. I. 1.); 

- en date du 7 novembre 2009, en compagnie de V______, importé de Madrid à 
Genève, 43 doigts de cocaïne, qu'elle avait ingérés, soit au minimum  
428 grammes de drogue, fournie par "I______" à Madrid et destinée à J______ dit 
"K______" à Berne, étant précisé que la prévenue devait recevoir entre EUR 2'000.- et 
EUR 3'000.- pour ce transport (C. I. 2.); 

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- en été 2009, en compagnie de V______, effectué un transport de 20 kilogrammes de 
cocaïne de Bolivie en Espagne, drogue destinée à "I______" à Madrid, étant précisé que 
la prévenue devait être rétribuée EUR 20'000.- par X______ ("AC______") et que c'est 
une femme africaine se présentant comme étant la sœur de "AC______" qui lui a 
finalement remis EUR 4'000.- (C. I. 3.); 

- entre juin et novembre 2009, en compagnie de V______, transporté de Madrid à 
Dublin, 40 doigts de cocaïne, qu'elle avait ingérés, soit au minimum 400 grammes de 
drogue, fournie par "I______" à Madrid et destinée à des ressortissants nigériens 
résidant à Dublin, étant précisé que la prévenue a touché entre EUR 2'000.- et EUR 
3'000.- pour ce transport (C. I. 4.); 

- entre juin et novembre 2009, en compagnie de V______, transporté de Madrid à 
Tenerife, 25 doigts de cocaïne, qu'elle avait ingérés, soit au minimum 250 grammes de 
drogue, fournie par "I______" à Madrid et destinée à des ressortissants nigérians, étant 
précisé que la prévenue a touché EUR 1'500.- pour ce transport (C. I. 5). 

 d. Il est reproché à Y______ diverses infractions à la loi fédérale sur les stupéfiants, 
pour avoir, de concert avec X______, K______, M______, N______, Z______, 
V______ et AE______, pris des mesures aux fins de l'importation de grandes quantités 
de drogue en provenant d'Amérique latine, pour une quantité totale d'environ 7 
kilogrammes, assumant la position de récipiendaire de la drogue acheminée par des 
mules lituaniennes, mais également en servant d'intermédiaire pour le financement du 
trafic de drogue en procédant au virement d'importantes sommes d'argent destinées à 
financer l'achat de cocaïne et à assurer l'organisation du voyage des mules. Il lui est en 
particulier reproché d'avoir : 

 - en date du 26 novembre 2009 [recte : 6 décembre 2009], en compagnie de X______, 
réceptionné AE______ à l'aéroport de Genève, ce dernier arrivant de Guayaquil 
(Equateur), en possession de 300 grammes de cocaïne, étant précisé que Y______ 
devait recevoir CHF 2'000.- de K______ pour ses services (D. I. 1.); 

 - le 11 décembre 2009, pris en charge à l'aéroport de Zurich H______ et G______, 
mules recrutées par AE______, puis conditionné l'argent que ces derniers devaient 
transporter en Equateur pour payer la drogue, de même que, le 15 décembre 2009, 
emmené G______ à l'aéroport de Zurich et, le 26 décembre 2009, accompagné 
X______ à l'aéroport de Genève afin de réceptionner H______, qui devait revenir 
d'Equateur porteur de cocaïne, étant précisé que ce dernier a été arrêté à l'aéroport de 
Guyaquil en possession de 2,7 kilogrammes de cocaïne, et que le prévenu devait être 
rémunéré pour ses services par K______ (D. I. 2.); 

 - en janvier 2010, accepté de réceptionner G______ à l'aéroport de Genève à la 
demande de K______, étant précisé que ce dernier a été arrêté à l'aéroport de Guayaquil 
le 22 janvier 2010, alors qu'il s'apprêtait à voyager pour la Suisse, en possession de 4 
[recte : 1,6] kilogrammes de cocaïne, et que le prévenu devait être rémunéré pour ses 
services par K______ (D. I. 3.); 

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  - les 4 et 6 janvier 2010, de concert avec X______, organisé l'envoi de plus de CHF 
10'000.- en Equateur à l'attention de K______, M______ et N______, argent pour partie 
destiné à l'achat d'un nouveau billet d'avion pour G______ et pour partie à l'achat des 4 
[recte : 1,6] kilogrammes de cocaïne que ce dernier devait transporter en Suisse (D. I. 
4.). 

 e. Il est enfin reproché à Z______ d'avoir, dès l'automne 2009, pris des mesures aux fins 
de favoriser l'importation, en Suisse, de grandes quantité de cocaïne, en servant 
d'intermédiaire pour le financement du trafic, soit en envoyant, en Equateur, à l'attention 
de M______ et N______, USD 1'000.- le 13 janvier 2010 et USD 925.- le 18 janvier 
2010, fonds devant servir à l'achat d'un billet d'avion pour G______, ce dernier ayant été 
arrêté à Guayaquil le 22 janvier 2010 alors qu'il s'apprêtait à importer en Suisse 4 [recte 
: 1,6] kilogrammes de cocaïne (E. I. 1.). 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

 a. Le 7 novembre 2009, la police a procédé à l'interpellation de V______ et W______, 
qui venaient d'atterrir à Genève en provenance de Madrid. Lors de son interpellation, 
V______ était en possession de trois téléphones portables (NOKIA, SAMSUNG et LG), 
correspondant aux numéros d'appel respectifs 1______, 2______ et 3______, d'un 
appareil photographique et d'un morceau de papier comportant l'inscription AF______. 
V______ et W______ ont été soumis à un examen radiologique à l'Hôpital de la Tour, 
afin de déterminer s'ils transportaient de la drogue ingérée. L'analyse des clichés 
radiologiques s'est, dans un premier temps, révélée négative, de sorte que W______ a 
été immédiatement relaxée par la police, à l'inverse de V______, qui, lors de son 
audition initiale, a d'emblée admis son implication dans un trafic de stupéfiants, tout en 
mettant hors de cause sa compagne. 

 Le 8 novembre 2009, les médecins de l'Hôpital de la Tour ont procédé à une seconde 
analyse des clichés radiologiques des intéressés, qui s'est révélée positive, diagnostic 
confirmé par le scanner abdominal pratiqué sur V______, de même que par les fouilles 
menées dans le siphon des toilettes de la cellule occupée par ce dernier aux violons de 
l'Hôtel de police, où 4 doigts de cocaïne ont été retrouvés. Conduit par la suite au 
quartier carcéral des HUG, V______ y a expulsé 9 autres doigts de cocaïne.  

 Le 9 novembre 2009, W______ a pu être localisée et arrêtée à Zurich. Elle était en 
possession de CHF 424.80, EUR 1'005.- et USD 3.-, d'un passeport lituanien émis le 29 
septembre 2009 et valable au 29 septembre 2019, ainsi que d'un sac plastique contenant 
43 doigts de cocaïne. Les analyses effectuées ultérieurement sur la drogue saisie, ont 
mis en évidence que les 13 doigts de cocaïne expulsés par V______, totalisant 127.84 
grammes, présentaient un taux de pureté se situant entre 35.5 % et 38.45 %, tandis que 
le taux de pureté des 43 doigts de cocaïne saisies sur W______, d'un poids total de 
427.94 grammes, était de 38.3 % (pièces 40320 et ss). 

b.a. Lors de sa première audition à la police, V______ a admis sa participation à un 
trafic international de stupéfiants, ce qu'il a confirmé devant l'Officier de police, bien 

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qu'il considérât avoir été trompé par les policiers, du fait que le formulaire relatif à ses 
droits, rédigé en russe, et qui figurait à son dépôt, mentionnait qu'il n'était pas obligé de 
déposer sur un sujet susceptible de lui porter préjudice. Malgré cela, il a dans un 
premier temps persisté dans ses explications lors de ses auditions subséquentes à la 
police et à l'instruction, dont il a toutefois refusé de signer les procès-verbaux. 

Il ressort ainsi des déclarations initiales de V______, qu'il avait été recruté par la 
dénommée "AG______", établie en Lituanie dans le courant de l'été 2009. Dans ce 
contexte, il avait œuvré pour le compte de nigérians basés en Europe, au nombre 
desquels figurait la dénommée "AC______", vivant à Zurich, dont il a fourni plusieurs 
numéros de téléphone (4______, 5______, 6______, 7______ et 8______). Cette 
dernière lui avait envoyé de l'argent à plusieurs reprises via Western Union, soit 
directement, soit par l'intermédiaire de tiers, dont Z______, AH______, AI______, 
AJ______ ou encore AK______. Il avait recruté trois mules pour le compte de 
"AC______", soit P______, O______ et un dénommé AL______, ces deux derniers 
ayant voyagé d'Equateur à Genève, tandis que P______ s'était rendu au Brésil. Dans le 
cadre du réseau de trafiquants zurichois, il avait également été en contact avec un 
certain "AM______", dont il a fourni les coordonnées téléphoniques (9______), qui lui 
transmettait notamment les numéros de téléphone des mules à leur arrivée à destination, 
ainsi que cela ressortait des SMS enregistrés dans son propre téléphone portable. Il avait 
aussi travaillé pour le compte du dénommé "I______", basé à Madrid (numéro de 
téléphone 10______), pour lequel il avait recruté six mules, soit R______, O______, 
T______, Q______, de même que deux autres mules dont il avait oublié les noms de 
famille, à savoir AN______ et AO______. Tous ces transporteurs étaient en attente à 
Madrid, à l'exception de R______ et AO______, arrêtés à mi-octobre 2009 à Madrid en 
possession de plusieurs kilogrammes de cocaïne importée depuis le Pérou. En 
contrepartie de ses services de recruteur, il percevait de EUR 500.- à EUR 1'000.- pour 
chaque mule arrivée à destination. V______ a fourni une liste manuscrite comportant 
les noms et prénoms des mules qu'il avait recrutées (pièce 50004). 

Après avoir dans un premier temps contesté avoir lui-même transporté de la cocaïne, il 
s'est rétracté et a avoué avoir effectué plusieurs transports de drogue pour le compte de 
"I______". Ainsi, dans le courant de l'été 2009, à la demande de "AG______", il s'était 
rendu en Bolivie avec deux autres mules, afin de prendre livraison de 20 kilogrammes 
de cocaïne auprès d'un trafiquant polonais. La drogue lui avait été remise dans la zone 
de transit de l'aéroport de Santa Cruz. Il l'avait transportée en cabine dans l'avion et 
remise à "I______" à son arrivée à Madrid. La rémunération convenue était de EUR 
20'000.-. Il n'avait toutefois perçu que EUR 8'000.-, montant qui lui avait été remis par 
"AC______" de Zurich. 

Il avait également effectué trois transports de cocaïne à Genève pour le compte de 
"I______", soit à deux reprises en octobre 2009, où il avait transporté à chaque fois 70 
doigts de cocaïne, qu'il avait ingérés, et le 7 novembre 2009, où il avait avalé 60 doigts 
de cocaïne, dont il avait expulsé la majeure partie dans les toilettes de sa cellule. La 
drogue était destinée au dénommé "K______", par la suite identifié comme étant 

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J______, qui demeurait à Berne. V______ a fourni le numéro de téléphone (11______) 
et l'adresse e-mail (AF______) de l'intéressé, de même que des indications quant à 
l'itinéraire à suivre pour se rendre au domicile de ce dernier. Il avait encore effectué 
deux autres transports de drogue pour le compte de "I______", à Tenerife et à Dublin, 
où il avait ingéré 70 doigts de cocaïne à chaque fois, la drogue étant destinée à des 
ressortissants nigérians. Sa rémunération, pour chaque transport, oscillait entre EUR 
2'000.- et EUR 3'000.-. 

Il avait en outre transporté l'argent issu du trafic de stupéfiants. A fin octobre 2009, 
J______ lui avait ainsi remis EUR 20'000.- à l'attention de "I______". Il était par 
ailleurs prévu que J______ lui remette une somme équivalente lors de son voyage du 7 
novembre 2009.  

V______ a reconnu être l'utilisateur de l'adresse e-mail AP______, dont il a fourni le 
code d'accès. Il a pour le surplus indiqué que son propre frère, qui était également 
impliqué dans un trafic de cocaïne, avait été arrêté à Londres, où il avait tenté d'importer 
10 kilogrammes de cocaïne depuis l'Afrique du Sud. 

b.b. Par la suite, V______ s'est rétracté et a contesté toute implication dans un trafic de 
stupéfiants, à l'exception du transport de drogue du 7 novembre 2009, dont il a affirmé 
qu'il s'agissait du premier, effectué à la demande de "I______", qu'il avait rencontré 
fortuitement dans un bar à Madrid. Il a persisté dans ses dénégations, y compris 
confronté aux déclarations initiales de W______ et aux éléments matériels recueillis par 
la police au fur et à mesure de l'enquête, notamment à l'occasion des commissions 
rogatoires menées en Espagne, en Equateur et en Lituanie. Confronté devant le Juge 
d'instruction bernois à J______, il a contesté le connaître, bien que ce dernier l'eût 
formellement reconnu. Il a admis s'être rendu en Bolivie, de même qu'à diverses 
reprises en Suisse, à des fins touristiques exclusivement. S'agissant des fonds qui lui 
avaient été transférés en Lituanie, il les avait réceptionnés à la demande d'un tiers, dont 
il n'entendait pas dévoiler l'identité, par peur de représailles. Il avait reçu EUR 50.- en 
contrepartie de ses services. Il ne connaissait pas AQ______, bien que ce dernier vécût 
dans le même immeuble que lui.    

Il a qualifié de fables et de mensonges ses déclarations initiales, que la police lui avait 
extorquées, et qu'il avait faites dans l'unique but de permettre la relaxe rapide de 
W______. Son comportement à l'égard du Juge d'instruction et du conseil d'une des 
parties lui a, pour le surplus valu, d'être expulsé à une reprise de la salle d'audience. 

c.a. Dans ses déclarations initiales à la police et à l'instruction, W______ a admis être 
impliquée depuis l'été 2009 dans un trafic international de cocaïne, ayant été recrutée 
par V______, son ami intime, qui lui en avait parlé pour la première fois au début du 
printemps 2009. Elle avait accepté de transporter de la drogue en raison de difficultés 
financières, dès lors que ses parents étaient démunis de source de revenus. V______ 
avait pour sa part été impliqué dans ce trafic par le biais d'un dénommé AR______, qui 
s'était chargé de leur fournir un passeport lituanien et de payer leur billet d'avion pour 

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Madrid, où ils avaient été accueillis par "I______". Elle avait ensuite effectué plusieurs 
transports de drogue pour le compte de ce dernier, toujours en compagnie de V______.  

Ainsi, à la demande de "I______", ils s'étaient tous deux rendus en Bolivie. Leurs billets 
d'avion avaient été financés par "AC______", dont elle ignorait le lieu de résidence. Ils 
étaient restés en Bolivie pendant un mois et demi à deux mois. Ils pensaient initialement 
devoir ingérer la drogue à transporter. Toutefois, sur place, le fournisseur de drogue, 
d'origine polonaise, leur avait indiqué qu'il était préférable de la transporter dans une 
valise. Celle-ci leur avait été remise à l'aéroport, à leur départ, après le passage des 
contrôles, par un membre de la sécurité, qui avait substitué à leur sac de sport à 
roulettes, un sac beaucoup plus grand, pesant de 10 à 20 kilogrammes, qu'ils avaient 
placé durant le vol dans le compartiment à bagages de l'avion. Arrivés à Madrid, ils 
avaient ouvert ce sac et constaté que la cocaïne était dissimulée sous des vêtements et 
un ou plusieurs tableaux, puis "I______" était venu en prendre possession dans l'hôtel 
où ils étaient descendus. Leur rémunération, de EUR 4'000.- chacun, leur avait été 
versée à Madrid par une femme venue de Suisse, qui s'était présentée comme étant la 
sœur de "AC______". Suite à ce premier transport, ils étaient retournés en Lituanie, où 
ils avaient changé leur passeport, ce qu'ils avaient par la suite encore fait à plusieurs 
reprises, pour dissimuler les destinations où ils s'étaient rendus. 

S'agissant des voyages subséquents, la drogue était ingérée avant d'être transportée. 
V______ se chargeait d'aller chercher la drogue, qu'ils avalaient dans un hôtel 
clandestin de Madrid. V______ restituait ensuite à "I______" le solde de la drogue 
qu'ils n'étaient pas parvenus à ingérer. Leur deuxième transport de drogue datait ainsi 
d'octobre 2009. Ils avaient voyagé de Madrid à Dublin, elle-même transportant environ 
40 doigts de cocaïne, tandis que V______ en avait ingérés 60 à 70. La drogue était 
destinée à des ressortissants nigérians établis en Irlande. Elle devait être payée EUR 
1'200.- pour ce transport, à l'instar de V______, montant qu'ils n'avaient toutefois pas 
perçu. Le 18 octobre 2009, elle avait effectué un troisième transport de drogue avec 
V______. Ils avaient voyagé de Madrid à Bâle, d'où ils avaient pris un train pour Berne. 
Ils avaient livré la cocaïne à un ressortissant nigérian dénommé "K______", qui était en 
contact avec V______. Lors de ce voyage, ils avaient avalé respectivement 40 et 70 
doigts de cocaïne. Leur rémunération s'était élevée à EUR 2'000.- chacun. Sur planche 
photographique, puis en audience devant le Juge d'instruction bernois, elle a identifié 
J______ comme étant le dénommé "K______", localisé à Berne grâce aux indications 
qu'elle avait fournies aux policiers genevois, qu'elle avait par ailleurs accompagnés dans 
cette ville. Le quatrième transport de cocaïne était intervenu courant octobre 2009, de 
Madrid à Tenerife, à nouveau en compagnie de V______, qui avait ingéré 70 doigts de 
cocaïne, tandis qu'elle n'avait été capable d'en avaler que 25. Ils avaient reçu une 
rémunération globale de EUR 3'000.-, soit EUR 1'500.- chacun. 

Au retour de Tenerife, ils étaient rentrés quelques jours en Lituanie. Entretemps, son 
frère, R______, avait été arrêté à Madrid, alors qu'il revenait du Pérou en possession de 
cocaïne. En compagnie de V______, de son propre père et de quatre autres amis, ils 
s'étaient à nouveau rendus à Madrid, où "I______" lui avait demandé, ainsi qu'à 

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V______, d'acheter des billets d'avion pour voyager en Suisse, en prévision du transport 
de drogue du 7 novembre 2009, lors duquel elle avait ingéré 43 doigts de cocaïne et 
V______ 70 doigts, drogue destinée à "K______". Après son interpellation par la 
police, puis sa relaxe, elle avait passé une première nuit dans un hôtel à Genève où elle 
avait expulsé 20 doigts de cocaïne. Sur instructions de "I______", qu'elle avait obtenue 
par l'intermédiaire de T______, identifié sur planche photographique, qu'elle avait 
contacté à cet effet, elle s'était rendue à Zurich, avait séjourné dans un hôtel, où elle 
avait expulsé le solde de la cocaïne, puis était demeurée dans l'attente des instructions 
de "I______" relatives à la drogue. 

A sa connaissance, V______ avait encore effectué, au cours de l'automne 2009, cette 
fois seul, un transport de cocaïne en Suisse, pour le compte de "I______", au cours 
duquel il avait livré de la cocaïne à "K______". W______ a encore précisé au Juge 
d'instruction bernois, s'agissant de ce voyage, que V______ s'était également rendu 
auprès de "K______" pour récupérer de l'argent, dont elle ignorait toutefois le montant, 
qui correspondait au remboursement d'une dette contractée par ce dernier auprès d'une 
personne d'origine africaine résidant à Madrid. 

Dans le cadre du trafic de stupéfiants, outre "I______", V______ avait eu des contacts 
téléphoniques avec d'autres personnes d'origines africaines, l'une d'elle ayant une sœur 
dénommée "AC______" ou "AS______". 

S'agissant des téléphones portables retrouvés en possession de V______, celui dans 
lequel était introduite la carte SIM espagnole lui avait été remis par les trafiquants de 
Madrid afin de pouvoir les atteindre. Les deux téléphones portables comportant des 
raccordements lituaniens appartenaient à V______. Confrontée par la police à certains 
SMS extraits des téléphones portable du précité (pièce 40092), W______ a admis avoir 
envoyé à V______, à la demande de ce dernier, sur l'un de ses raccordements lituaniens 
(2______), le nom des personnes, qui devaient voyager à destination de Madrid, en vue 
de futurs transports de drogue. En effet, O______, U______ et son propre père, 
AA______, avaient été recrutés par V______ pour effectuer des transports de drogue 
pour le compte de "I______". De la même manière, elle confirmait la teneur des 
messages de "I______" à V______ du 1er octobre 2009, envoyés sur le raccordement 
téléphonique espagnol de ce dernier (messages 13 et 13 pièce 40092) et avait 
effectivement voyagé en compagnie de V______, son propre frère, R______ et 
S______ à destination de Madrid. En cours de procédure, W______ a identifié, sur 
planche photographique, plusieurs mules recrutées par V______, dont son frère, 
R______, P______, dont elle a précisé qu'il avait par la suite été abandonné à Sao 
Paulo, T______, Q______, AA______, U______ et O______. Après avoir indiqué que 
toutes ces personnes avaient été recrutées par V______, elle s'est par la suite rétractée, 
affirmant que certaines l'avaient été par "AG______", tandis que d'autres s'étaient 
spontanément proposées d'effectuer des transports de cocaïne. 

c.b. Lors de la première audience d'instruction en confrontation avec V______, 
W______ s'est rétractée. Les informations fournies à la police bernoise lors de son 

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audition, y compris en confrontation avec J______ (dit "K______") s'expliquaient par le 
fait qu'elle avait été frappée par une gardienne. Elle s'était rendue précédemment à 
Berne avec V______, à des fins touristiques. Il en allait de même du voyage qu'ils 
avaient effectué en Bolivie. Le passeport saisi à son domicile en Lituanie était bien le 
sien; y figuraient les tampons douaniers des destinations où elle avait voyagé comme 
touriste. Pour le surplus, les détails qu'elle avait fournis lors de ses auditions ultérieures 
avaient été inventés par les policiers, qui l'avaient ensuite pressée de signer ses 
déclarations, préparées au préalable. 

d. Suite à l'interpellation de V______ et W______, la police a poursuivi ses 
investigations, notamment afin d'identifier la dénommée "AC______" et ses éventuels 
complices en Suisse. Les soupçons de la police se sont rapidement portés sur X______, 
domiciliée à Zurich, de même que sur Y______ et Z______, suspectés de lui avoir prêté 
leur concours en Suisse, ainsi que sur K______, M______ et N______, demeurant tous 
trois en Equateur, pour avoir fourni à la précitée de la cocaïne en vue de son importation 
en Suisse. X______ a dès lors fait l'objet d'écoutes téléphoniques actives, notamment 
sur le raccordement téléphonique 8______, de même que d'une surveillance policière.  

Ces mesures ont abouti à l'interpellation de X______, Y______ et Z______ le 25 
janvier 2010 et à la saisie, à leur domicile respectif, de plusieurs téléphones, documents 
et récépissés WESTERN UNION.  

e.a. A la police et à l'instruction, X______ a admis avoir pris part à un trafic de 
stupéfiants à dimension internationale, ayant besoin d'argent. Ainsi, en novembre 2009, 
elle avait été contactée par M______, qui résidait en Equateur. AE______, ressortissant 
d'origine lituanienne dont elle avait fait la connaissance dans le courant de l'été 2009, 
s'était ensuite rendu dans ce pays, dont il était revenu le 6 décembre 2009, porteur de 
300 grammes de cocaïne. A cette date, elle était allée le chercher à l'aéroport de Genève 
avec Y______, puis tous trois s'étaient rendus dans un hôtel, où AE______ avait 
expulsé la drogue, qu'il lui avait par la suite remise dans un sac en plastique. De retour à 
Zurich, elle avait vendu la drogue à un pakistanais indiquant successivement avoir retiré 
de cette vente CHF 10'000.-, puis CHF 15'000.-. Par le biais d'un tiers, elle avait 
transféré CHF 10'000.- à M______, via WESTERN UNION, rémunéré AE______ à 
hauteur de CHF 3'000.-, le solde de CHF 2'000.- lui étant destiné. 

Par le biais de AE______, elle avait ensuite recruté deux autres transporteurs de drogue, 
également d'origine lituanienne, soit G______ et H______. Elle avait financé leur 
voyage en Suisse, à hauteur de EUR 649.-, montant transféré aux précités par le biais de 
AE______, puis les avait pris en charge à leur arrivée à Zurich, le 12 décembre 2009, et 
durant leur séjour à Zurich, à l'hôtel ______. Le 15 décembre 2009, H______ et 
G______ avaient quitté la Suisse pour l'Equateur, où ils devaient prendre possession de 
la cocaïne fournie sur place par M______. Confrontée aux constatations policières, elle 
a confirmé s'être rendue, le 26 décembre 2009, à l'aéroport de Genève avec Y______ 
pour y accueillir H______, dont elle ignorait, à cette date, qu'il avait été arrêté à son 
départ de Guayaquil. G______ avait également été arrêté à son départ d'Equateur. 

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Même s'il était prévu d'importer une quantité importante de cocaïne, elle ignorait la 
quantité exacte de drogue qui devait être transportée, ayant investi CHF 10'000.- "pour 
les deux garçons". Si la drogue transportée par H______ et G______ était parvenue en 
Suisse, M______ lui aurait communiqué les coordonnées d'un dénommé "AT______" 
aux fins de la revente de la cocaïne. Elle ignorait à combien devait se monter sa propre 
rémunération.  

Concernant le financement du trafic, elle avait organisé un transfert de EUR 1'000.- afin 
que M______ achète un nouveau billet à G______. Elle avait également emprunté CHF 
10'000.-, envoyés le 4 janvier 2010 à N______, et avait organisé des transferts d'argent 
à hauteur de  
USD 3'000.- à l'attention de G______ et N______ (par AU______) le 6 janvier 2010. 
Elle avait en outre eu recours aux services de Z______ pour envoyer de l'argent en 
Equateur les 13 et 18 janvier 2010.  

S'agissant des raccordements téléphoniques qui lui étaient attribués, elle a, dans un 
premier temps, contesté être l'utilisatrice du numéro 8______, désigné par V______ 
comme étant celui de "AC______", bien que l'emballage de la carte SIM y relatif eût été 
retrouvé à son domicile, alléguant que celui-ci avait pu être laissé chez elle par des tiers, 
soit notamment Z______ ou K______. Confrontée aux écoutes téléphoniques, elle a 
reconnu être l'auteur de divers messages en lien avec le trafic de stupéfiants, de même 
qu'être l'utilisatrice du raccordement téléphonique du numéro 8______. Elle s'est ensuite 
à nouveau rétractée, ne se souvenant pas avoir utilisé le raccordement téléphonique en 
question. 

Si X______ a été constante s'agissant de la participation de Y______ au trafic de 
stupéfiants, le rôle de ce dernier consistant à réceptionner les mules à leur arrivée à 
Genève, elle a en revanche varié à plusieurs reprises en cours de procédure s'agissant de 
celle de K______ et de Z______. 

Ainsi, concernant K______, X______ a dans un premier temps reconnu qu'elle était 
impliquée dans le trafic, puis s'est rétractée, ignorant si l'intéressée y était mêlée, bien 
qu'elle sût que K______ se trouvait en Equateur en automne 2009. Dans ce cadre, 
X______ était entrée en contact avec M______, non par le biais de K______, mais par 
celui d'un dénommé "AT______", qui avait servi d'intermédiaire à M______ pour le 
financement du billet d'avion de AE______. Revenant sur ses dernières déclarations, 
X______ a, par la suite, à nouveau mis en cause K______ pour avoir été partie prenante 
au trafic, étant chargée, en Equateur, de l'accueil des mules, auxquelles M______ devait 
fournir la drogue. C'était bien K______ qui disposait des contacts directs avec 
M______, fournisseur de la cocaïne en Equateur (pièce 40360).  

S'agissant de Z______, X______ a exclu son implication lors de sa première audition à 
la police, tout en reconnaissant que cette dernière avait participé à la mise en place 
logistique et au financement de l'importation des stupéfiants. Lors de sa seconde 
audition à la police, elle a mis en cause Z______ pour avoir participé au trafic. Elle 

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ignorait pour quels motifs Z______ avait transféré à plusieurs reprises de l'argent à 
V______ dans le courant de l'année 2009. C'était également de son propre chef ou à la 
demande de K______, que Z______ avait transféré USD 935.- à N______ le 16 
novembre 2009. Elle ignorait les motifs du transfert effectué par Z______ à 
Amsterdam, de même que celui du transfert de USD 129.- le 26 décembre 2009 à 
N______, qui avait été suivi d'un appel téléphonique à K______. Ces éléments 
démontraient toutefois, selon elle, l'implication de Z______, qui agissait sur instructions 
de K______. Z______ savait en outre que, le 26 décembre 2010, elle s'était rendue à 
Genève avec Y______ pour récupérer H______ à sa descente d'avion, d'où l'objet de 
leurs quatre entretiens téléphoniques entre 17h28 et 19h22. Sur la base de la 
conversation téléphonique entre K______ et Z______ du 7 janvier 2010, il était possible 
d'affirmer que Z______ était au courant qu'une deuxième mule devait voyager. 
L'implication de Z______ ressortait pour le surplus des nombreux entretiens 
téléphoniques que cette dernière avait eus avec K______, notamment suite à 
l'arrestation d'H______. Le 13 janvier 2010, suite à l'appel de K______, Z______ avait 
envoyé USD 1'061.- à M______, argent destiné à G______. Il en allait de même du 
transfert effectué le 18 janvier 2010 à M______, de USD 990.50, effectué par Z______, 
cet argent devant également servir à l'achat du billet d'avion de G______. Elle ignorait 
en revanche les motifs du transfert effectué par Z______ le 10 septembre 2009 à 
destination de "AQ______" en Lituanie.  

En ce qui concernait ses rapports avec V______, elle le connaissait de nom, savait qu'il 
s'agissait d'un ami de AE______, et l'appelait parfois. Elle n'avait toutefois jamais fait 
"d'affaires" avec lui. Quant au dénommé AV______, titulaire d'un raccordement 
téléphonique ghanéen, il s'agissait de son frère. AV______ était au courant du trafic et 
servait parfois d'intermédiaire. Pour le surplus, elle ignorait tout du recrutement de 
P______ et AB______. Elle ne connaissait pas AQ______, dont elle avait obtenu le 
numéro de téléphone, enregistré sous "AW______" dans le répertoire de son téléphone 
portable, par l'intermédiaire de AE______. Les noms de AX______, AY______ et 
AZ______ lui étaient inconnus. 

f.a. A la police et à l'instruction, Y______ a admis être impliqué dans un trafic 
international de stupéfiants, à l'instar de X______, surnommée "AD______", Z______, 
dite "AS______" et K______, qu'il appelait "BA______". Il avait fait la connaissance 
de Z______ ("AS______") à l'époque où il travaillait dans un magasin africain et celle 
de X______ ("AD______"), par le biais de la dénommée BB______, mère de sa fille. 
Quant à K______, il l'avait rencontrée par l'intermédiaire de X______. K______ 
dirigeait le trafic de stupéfiants et organisait l'envoi de drogue depuis l'Equateur en 
Suisse, drogue qui devait par la suite être écoulée par elle-même et X______. Dans ce 
contexte, K______ appelait X______ et semblait lui donner des instructions, que cette 
dernière exécutait. Il avait pour sa part un rôle d'assistant et s'occupait de la prise en 
charge des mules avec X______. Le rôle de Z______ n'était pas clairement défini, mais 
elle connaissait l'existence du trafic. 

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Avant que K______ n’émigre en Equateur, elle lui avait demandé d'indiquer à un 
individu, au téléphone et en anglais, de se rendre à Zurich à une date précise. Cet appel 
avait été suivi d'un envoi d'argent de CHF 300.- ou CHF 400.- en Lituanie, qu'il avait 
effectué par le biais d'un tiers, toujours à la demande de K______. Il avait par la suite 
accompagné K______ à l'aéroport de Zurich pour y prendre en charge P______, qu'il 
avait conduit dans un hôtel. Deux jours plus tard, il l'avait reconduit à l'aéroport, d'où ce 
dernier devait s'envoler pour le Brésil, puis revenir avec de la drogue. Arrivé sur place, 
P______ avait été livré à son sort. K______, qui lui avait indiqué partir également au 
Brésil, s'était en réalité rendue en Equateur, d'où elle avait tenté de rapatrier P______.  

Par la suite, sur instruction de K______, il avait accueilli à l'aéroport de Zurich 
AE______, qui avait séjourné quelques jours chez X______. Il l’avait reconduit à 
l'aéroport de Zurich, d'où l'intéressé devait s'envoler pour l'Equateur. A cette époque, il 
lui était apparu clairement que K______ était impliquée dans un trafic de cocaïne. En 
décembre 2009, à la demande de K______, il avait accompagné X______ à l’aéroport 
de Genève, pour prendre en charge AE______. Sur place, compte tenu des 
circonstances, il avait compris qu'il s'agissait d'un transport de cocaïne. Il avait ensuite 
reconduit les précités à Zurich. K______ avait promis de le rémunérer CHF 2'000.- pour 
ses services, montant qu'il n'avait toutefois pas reçu. Ultérieurement, toujours à la 
demande de K______, il avait pris en charge H______ et G______ à leur arrivée à 
Zurich et les avait conduits dans un hôtel. Il était alors accompagné de AE______, qui 
avait organisé le voyage des précités en Suisse. Le 15 décembre 2009, il avait 
accompagné G______ à l'aéroport de Zurich, et déposé H______ à la gare pour que ce 
dernier prenne le train jusqu'à Genève. Les deux précités devaient voyager en Equateur. 
Le 26 décembre 2009, sur instructions de K______, il s’était rendu à Genève en train 
avec X______ pour réceptionner H______, qui n'était toutefois jamais arrivé. Sur le 
trajet du retour, K______ avait contacté X______. Il n’avait pas pu saisir le contenu de 
leur conversation, ne comprenant pas leur dialecte (Krobo). 

Ponctuellement, K______ l'appelait pour lui donner des nouvelles du trafic et lui 
demander conseil. Tel avait été en particulier le cas s'agissant de l'itinéraire à emprunter 
par la seconde mule, G______. Parfois, les conversations téléphoniques avec K______ 
avaient lieu au domicile de X______, où Z______ était également présente. En dépit de 
sa participation au trafic, il ignorait ce qu'il advenait de la drogue une fois livrée en 
Suisse. 

A la demande de K______, il avait envoyé de l'argent à V______, qu'il ne connaissait 
toutefois pas. Le transfert de CHF 10'000.- en Equateur avait aussi été effectué à la 
demande de K______, qui l’avait contacté à cet effet et le pressait de trouver cet argent, 
destiné à M______, qui devait s’en servir pour l’achat du billet d’avion de G______ et 
pour rémunérer un employé de l’aéroport de Guyaquil, afin d'éviter un contrôle de 
sécurité. Etant dans l’impossibilité de trouver un tel montant, il en avait parlé à 
X______, qui avait pu obtenir ces CHF 10'000.-, prélevés sur les fonds qu’un tiers lui 
avait confiés. L’argent avait été envoyé le 4 janvier 2010 à M______ et K______, ce 
dont Z______ avait été informée. A la demande de K______, il avait encore accepté de 

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procéder au transfert de CHF 400.05 au profit de AQ______, transfert effectué par le 
biais d’un tiers. K______ devait le tenir informé de la date de retour de G______, qu'il 
n'avait jamais reçue. Quant au solde des documents saisis lors de son interpellation, ils 
appartenaient à K______, qui les avait laissés dans son véhicule. 

g.a. Z______ a contesté tout au long de la procédure être impliquée dans un trafic de 
stupéfiants. Elle entretenait des relations amicales avec K______ ("AC______") et 
X______ ("AD______"), toutes trois venant du même village au Ghana. Elle avait 
certes entendu X______ parler de drogue, mais elle changeait de pièce lorsque tel était 
le cas. Elle était restée en contact avec K______ qui était partie en Equateur, tout en 
persistant à contester toute implication dans le trafic de stupéfiants, même confrontée au 
contenu de leurs conversations téléphoniques. Les "______" et "______" évoqués dans 
un de leurs entretiens téléphoniques se référaient à des amis de cette dernière en 
Equateur et ne désignaient pas des aéroports selon un langage codé. Elle savait que 
K______ avait été condamnée par le passé pour trafic de stupéfiants. En juin 2009, 
K______ lui avait proposé de voyager avec elle en Amérique du Sud dans le cadre de 
l'un de ses "business", ce qu'elle avait refusé, se doutant qu'il s'agissait de "drug 
business".  

Cela étant, elle avait accepté de rendre service à X______ en effectuant des transferts 
d'argent, à deux ou trois reprises, par l'intermédiaire de WESTERN UNION, lorsque 
cette dernière était occupée à d'autres tâches. X______ la rémunérait à hauteur de CHF 
10.- à CHF 15.- par envoi. Elle ne connaissait pas V______, tout en admettant, en cours 
de procédure, lui avoir envoyé, le 25 mai 2009, CHF 620.- sur instructions de K______, 
cet argent lui ayant été remis par X______, ainsi que, le 25 septembre 2009, CHF 
536.55, à la demande de K______ et, le 27 septembre 2009, CHF 835.-, à la demande 
de X______. 

Elle reconnaissait également avoir effectué, à la demande de X______, le 16 novembre 
2009, un transfert de USD 935.- à N______ en Equateur, le 15 décembre 2009, un 
transfert à Amsterdam de EUR 1'0154.-, ayant été rémunérée  
CHF 100.- à cette occasion, ainsi que, le 26 décembre 2009, un transfert de USD 129.- à 
N______ en Equateur, l'argent étant destiné à K______. De la même manière, elle avait 
encore procédé à un transfert de USD 1'000.- à M______ le 13 janvier 2010, et de USD 
925.82 le 18 janvier 2010. Lors desdits transferts, elle se contentait de remettre au 
guichetier le papier sur lequel X______ lui avait laissé toutes les indications, ne sachant 
elle-même ni lire, ni écrire.  

Elle ignorait que H______ devait voyager en Suisse porteur de drogue, de même que les 
motifs du déplacement de X______ et Y______ à Genève le 26 décembre 2009. Les 
nombreux échanges téléphoniques qu’elle avait eus avec X______ le jour en question 
étaient simplement destinés à prendre de ses nouvelles. 

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h. Suite à l'arrestation de V______ et W______, puis à celles de X______, Y______ et 
Z______, la police a mené une vaste enquête, comprenant notamment des commissions 
rogatoire en Espagne, Equateur et Lituanie, ainsi que des écoutes téléphoniques actives.  

h.a. En ce qui concerne plus particulièrement V______ et W______, il ressort de 
l'enquête les éléments suivants : 

h.a.a. Selon les renseignements fournis par la compagnie aérienne EASYJET, V______ 
et W______ ont effectué plusieurs voyages en Suisse en octobre et novembre 2009, aux 
dates suivantes (pièce 40012) : 

- le 18 octobre 2009, voyage des deux intéressés de Madrid à Bâle et retour de 
Genève à Madrid le 20 octobre 2009. Dans les deux cas, les billets ont été achetés le 
jour même et payés en espèces (EUR 423.- et CHF 531.-) ; 

- le 27 octobre 2009, voyage de V______ seul de Madrid à Genève ; 

- le 7 novembre 2009 : voyage des deux intéressés de Madrid à Genève et 
interpellation. Les billets d'avion, réservés la veille du voyage, ont été payés 
EUR 235.98. 

h.a.b. L'analyse rétroactive des raccordements téléphoniques utilisés par V______ a mis 
en évidence plusieurs éléments, à savoir : 

- le 28 septembre 2009, V______ a eu deux contacts téléphoniques avec le 
raccordement suisse 12______, souscrit au nom de P______ et attribué par la police à 
ce dernier, dès lors que ce raccordement a activé à cette date des bornes téléphoniques à 
Zurich, à proximité de l'hôtel où l'intéressé a séjourné du 27 au 29 septembre 2009 
(pièce 40104) ; 

- les 19 et 20 octobre 2009, l'un des raccordements téléphoniques lituaniens de V______ 
a activé des bornes téléphoniques à Berne, à proximité du domicile de "K______" 
(pièce 40106); 

- le 27 octobre 2009, V______ a eu un contact téléphonique avec un  numéro de 
téléphone brésilien enregistré sous "BC______" ; 

- du 27 au 29 octobre 2009, l'un ou l'autre des raccordements téléphoniques de V______ 
a activé diverses bornes téléphoniques en Suisse, correspondant à deux trajets aller-
retour entre Genève et Berne, où il a activé une borne téléphonique proche du domicile 
de "K______", avant de se rendre à Zurich. Le 27 octobre 2009, V______ a eu une 
conversation téléphonique avec un numéro équatorien enregistré dans le répertoire de 
son téléphone portable sous "BD______". Du 28 au 29 octobre 2009, V______ a 
également eu plusieurs contacts téléphoniques avec un numéro de téléphone lituanien 
enregistré dans le répertoire de son téléphone sous "BE______". La police a attribué ces 
deux numéros de téléphone à AB______, qui a voyagé d'Equateur à Madrid le 27 
octobre 2009, puis de Madrid Genève le 28 octobre 2009. A l'heure d'arrivée de 

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AB______ à Genève, le 28 octobre 2009, V______ a activé à plusieurs reprises une 
borne téléphonique dans le secteur de l'aéroport de Cointrin, étant précisé que 
AB______ a passé la nuit du 28 octobre 2009 à Genève à l'hôtel ______, nuitée 
réservée le jour même et payée en espèces (pièce 40103).  

- l'un des raccordements téléphoniques lituaniens de V______ a également entretenu de 
nombreux contacts avec plusieurs raccordements téléphoniques suisses, enregistrés 
respectivement sous les pseudonymes de "BF______" (4______), "BG______"" 
(7______) et "BH______" (8______), désignés par V______ comme étant utilisés par 
"AC______".  

h.a.c. La police a également traduit plusieurs SMS extraits des téléphones portables de 
V______ (pièce 40092). D'une manière générale, il en ressort que V______ a échangé 
divers messages avec l'un ou l'autre des raccordements téléphoniques attribués à 
"AC______", soit en particulier ceux qu'il avait enregistrés sous les noms de 
"BF______" (4______) et "BH______" (8______). L'analyse met également en 
évidence l'échange de messages avec "AM______" (9______), W______ (13______) et 
"I______" (14______). Il ressort en particulier de ces SMS que : 

- les 25, 26 et 27 septembre 2009, V______ a reçu de "AC______" ("BF______"; 
4______) les coordonnées de trois transferts WESTERN UNION effectués par 
Z______, avec les montants correspondants (messages 2, 3 et 8); 

- les 15, 16 et 25 octobre 2009, V______ a reçu de "AC______" ("BH______";  
8______), les références d'autres transferts d'espèces, dont celui du 25 octobre 2009, qui 
fait suite au SMS adressé le 17 octobre 2010 par V______ à "AC______" et se rapporte 
à l'envoi d'argent au Brésil à l'attention de P______ (messages 17 à 20);  

- le 26 septembre 2009, V______ a transmis à "AC______", ainsi qu'à "AM______", les 
coordonnées d'un vol Riga - Copenhague - Zurich au nom de P______ (messages 4 et 
5), et a reçu de ce dernier les références des voyages, auprès de la compagnie AIR 
CANADA, des dénommés AL______ et BI______ (messages 4, 5 et 6);  

- le 29 septembre 2009, V______ a transmis à "AC______" le nom de l'Hôtel ______, 
avec pour référence AB______ et O______ (message 10); 

- le 1er octobre 2009, V______ a reçu de "I______" les coordonnées et horaires des vols 
de la compagnie AIR BALTIC de Riga à Barcelone et de Barcelone à Madrid, se 
rapportant aux voyages des prénommés S______, Q______, W______ et R______ 
(messages 12 et 13);  

- le 12 octobre 2009, V______ a envoyé à "I______" le numéro de passeport de 
W______, en rapport avec un vol Madrid - Riga (message 15); 

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- le 31 octobre 2009, à la demande de V______, W______ lui a adressé les noms et 
prénoms des "personnes qui vont voyager", soit U______, O______ et AA______ 
(messages 21 à 23); 

- le 8 novembre 2009, soit le lendemain de son arrestation, V______ a encore reçu deux 
messages de "AC______" ("BH______" ; 8______), lui demandant de l'appeler, puis de 
lui communiquer son nom pour l'envoi d'argent (messages 34 et 35);  

- enfin, le 29 septembre 2009, V______ a reçu ou envoyé un message comportant le 
nom de son frère, BJ______, en lien avec une adresse, qui s'est avérée, après 
vérifications, être celle d'une prison en Angleterre (message 11). 

h.a.d. La police a également extrait diverses photographies de l'appareil saisi lors de 
l'interpellation de W______ et V______, soit en particulier (pièces 40335 et ss) :  

- deux clichés, non datés, montrant respectivement V______ poser avec des soldats 
arborant le drapeau bolivien, et W______ devant la statue du colonel bolivien ______ 
(pièce 40336); 

- cinq photographies prises à Madrid entre le 3 et le 5 octobre 2009, sur lesquelles 
figurent, outre V______, S______ et R______ (pièces 40337 et 40338); 

- deux clichés, datés respectivement des 8 et 10 octobre 2009, pris à Dublin, V______ 
apparaissant alité dans une chambre d'hôtel sur l'un d'eux (pièce 40339); 

- trois photographies, datées des 19 et 20 octobre 2009, soit une vue de Berne et deux 
portraits, respectivement de V______ et W______, pris dans un train (pièce 40340); 

- deux clichés de Tenerife, datés du 24 octobre 2009 (pièce 40341); 

- une photographie de U______ et AA______, prise dans un hall d'aéroport le 6 
novembre 2009 (pièce 40341). 

h.b.a. Selon les constatations effectuées par la police avant l'interpellation des 
protagonistes zurichois de l'affaire, qui sont résumées dans un rapport du 7 janvier 2010 
(pièces 20104 et ss), X______ s'est rendue à l'aéroport de Genève le 6 décembre 2009, 
aux alentours de 21h25, en compagnie de Y______. Tous deux ont attendu l'arrivée d'un 
vol Madrid - Genève, dans lequel se trouvait AE______, ressortissant d'origine 
lituanienne, en provenance initiale de Guyaquil en Equateur. Selon les images de 
surveillance de l'aéroport, à son arrivée, AE______ a été surveillé à distance par 
X______ et Y______, qui l'ont suivi jusqu'à la navette qui l'a conduit à l'hôtel ______ 
de l'aéroport, où les précités l'ont rejoint quelques minutes plus tard. Tous trois ont 
passé la nuit dans cet hôtel qu'ils ont quitté, cette fois ensemble, au cours de la matinée 
du 7 décembre 2009, conformément aux images prises par les caméras de surveillance 
de l'établissement.  Quelques jours plus tard, soit le 11 décembre 2009, deux autres 
ressortissants lituaniens, soit H______ et G______, sont arrivés à Zurich, où ils ont été 
accueillis par AE______, puis présentés à X______, qui les a pris en charge jusqu'à leur 

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départ pour l'Equateur, AE______ étant retourné en Lituanie le 12 décembre 2009. Le 
15 décembre 2009, H______ et G______ ont quitté la Suisse pour l'Equateur, via 
Madrid, le premier au départ de Genève et, le second, depuis l'aéroport de Zurich, où il 
a été accompagné par Y______. Il était initialement prévu que H______ revienne en 
Suisse le 26 décembre 2009, et G______ le 31 décembre 2009. Toutefois, le 25 
décembre 2009, H______ a été arrêté à son départ de Guayaquil alors qu'il transportait 
environ 2,7 kilogrammes de cocaïne, dissimulés dans le double-fond de sa valise. Le 26 
décembre 2009, X______ et Y______ se sont rendus à Genève en train. Ils sont arrivés 
à l'aéroport vers 17h24 et sont restés dans le hall des arrivées jusqu'à 20h50, heure à 
laquelle ils sont repartis en train pour Zurich. Au cours de l'attente, X______ a passé, 
respectivement reçu, plusieurs appels téléphoniques, notamment de Z______, sur l'un 
des raccordements faisant l'objet d'écoutes actives. 

h.b.b. Lors de l'interpellation de X______, la police a saisi au domicile de l'intéressée 
quatre téléphones portables munis de cartes SIM, de même que deux emballages de 
carte SIM, l'un d'eux se rapportant au numéro d'appel 8______, de même que divers 
documents libellés au nom de K______, une enveloppe comportant le nom de G______, 
un papier comportant les coordonnées de AE______ et "______", identifié par la suite 
comme étant AQ______ (pièce 40299), dont le numéro de téléphone, enregistré sous la 
mention "AW______", a été retrouvé dans un des téléphones portables saisis, à l'instar 
du numéro de téléphone de AE______, enregistré sous la mention "______" (pièce 
40302). La police a en outre découvert plusieurs récépissés WESTERN UNION, relatifs 
à des transferts d'espèces totalisant près de CHF 20'000.-, soit en particulier (pièces 
40181 et ss) : 

- un reçu no 9799276769 de CHF 5'000.- du 4 janvier 2010, montant transféré par 
BK______ en faveur de N______, en Equateur; 

- un reçu no 5948484585 de CHF 5'000.- du 4 janvier 2010, montant transféré par 
BL______ à M______, en Equateur; 

- un morceau de reçu no 4437883810 de CHF 339.02 du 6 janvier 2010, montant 
transféré par AU______ en faveur de G______; 

- un reçu no 6665114268 de CHF 1'114.60 du 13 janvier 2010, montant transféré par 
Z______ en faveur de M______, en Equateur; 

- un reçu no 6614647437 de CHF 222.92 du 13 janvier 2010, montant transféré par 
X______ en faveur de N______ en Equateur; 

- un reçu no 4477899632 de CHF 1'040.03 du 18 janvier 2010, montant transféré par 
Z______ en faveur de M______, en Equateur.   

h.b.c. Au domicile de Y______, la police a saisi plusieurs téléphones portables, l'un 
d'eux comportant le numéro de téléphone de AQ______, enregistré sous la mention 
"L.T.N", ainsi que celui utilisé par K______ en Equateur, sous la mention "E" (pièce 

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40394), de même qu'un papier comportant l'adresse de " AQ______" en Lituanie et des 
documents relatifs à la réservation d'un voyage au Brésil au nom de P______. La police 
a en outre découvert plusieurs récépissés WESTERN UNION, attestant de transferts 
d'espèces, en septembre et octobre 2010, totalisant près de CHF 1'750.-, ayant pour 
bénéficiaires "AQ______", V______ et P______ (pièces 40183 et 40184). 

h.b.d. L'analyse du téléphone portable correspondant au numéro d'appel 15______ saisi 
au domicile de X______, a mis en évidence que cette dernière avait échangé plusieurs 
SMS avec AQ______ (no 16______), entre le 5 et le 26 janvier 2010, faisant référence 
au recrutement de futures mules, AQ______ indiquant en substance à X______ avoir 
trouvé des personnes disposées à voyager, tandis que X______ lui demandait de 
patienter, promettant l'envoi prochain d'argent et de bonnes affaires à venir (pièces 
40302 à 40304).  

h.c. Au cours de son enquête, la police a également reçu divers renseignements d'autres 
organismes, tels qu'Interpol (ci-après : IP), ou encore la Drug Enforcement Agency 
américaine (ci-après : DEA). 

h.c.a. Selon les renseignements fournis par IP Londres, O______ et Q______ ont été 
arrêtés à l'aéroport de Londres-Luton le 10 novembre 2009, en possession de cocaïne, 
drogue qu'ils avaient ingérée. D'après les informations fournies par les précités aux 
autorités anglaises, ils avaient été recrutés par un certain "BM______", qui était leur 
voisin. Ils avaient dans un premier temps voyagé de Riga à Madrid en compagnie de 
cinq autres mules, leur billet d'avion ayant été financé par "BM______". A Madrid, ils 
avaient rencontré un ressortissant africain se faisant appeler "I______" qui les avait pris 
en charge et leur avait fourni la drogue, en leur indiquant où la livrer. Q______ avait 
ainsi ingéré 27 doigts de cocaïne, tandis que O______ en avait ingérés 50 et dissimulés 
23 (pièces 40110, 40111 et 40120 à 40127).  

h.c.b. Selon les informations fournies par IP Quito, O______ a voyagé en Equateur à 
deux reprises, soit du 3 au 23 août 2009, ainsi que du 29 septembre au 10 octobre 2009 
(pièce 40110). Quant à AB______, il a quitté Guayaquil le 27 octobre 2009 (pièce 
26102). 

h.c.c. Les renseignements fournis par la DEA, relatifs aux transferts d'espèces effectués 
par WESTERN UNION, ont fait l'objet d'un rapport de police du 4 mars 2010 (pièces 
40344 et ss). Il en ressort les éléments suivants : 

- Z______ a effectué cinq transferts entre le 16 novembre et le 18 janvier 2010, 
totalisant EUR 1'154.- et USD 3'115.50, soit : 1) le 16 novembre 2009, un transfert no 
2977458450 de USD 935.- en faveur de N______ en Equateur; 2) le 15 décembre 2009, 
un transfert no 0218934530 de EUR 1'154.- en faveur de BN______ à Amsterdam; 3) le 
26 décembre 2009, un transfert no 9703713308 de USD 129.- en faveur de N______ en 
Equateur; 4) le 13 janvier 2010, un transfert no 6665114268 de USD 1'061.- en faveur 
de M______ en Equateur; 5) un transfert de no 4477899632 de  
USD 990.50 en faveur de M______ en Equateur. 

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- X______ a effectué directement ou en recourant à des tiers, douze transferts, dont dix 
à destination de l'Equateur, totalisant USD 19'941.46, GBP 300.- et EUR 649.-, soit : 1) 
le 9 décembre 2009, un transfert no 3005282797 de USD 3'000.- de AE______ en 
faveur de M______ en Equateur; 2) le 9 décembre 2009, un transfert no 8558843670 de 
GBP 300.- de AE______ en faveur de BO______ (fils de K______) à Londres; 3) le 10 
décembre 2009, un transfert no 9044105045 de EUR 649.- de AE______ en faveur de 
H______ en Lituanie; 4) le 11 décembre 2009, un transfert  
no 6434877254 de USD 4'494.- de AE______ en faveur de M______ en Equateur; 5) le 
18 décembre 2009, un transfert no 7439273550 de USD 350.- de X______ en faveur de 
N______ en Equateur; 6) le 25 décembre 2009, un transfert no 9044913490 de USD 
350.- de X______ en faveur de M______ en Equateur; 7) le 30 décembre 2009, un 
transfert no 0275087309 de USD 100.- de X______ en faveur de N______ en Equateur; 
8) le 4 janvier 2010, un transfert no 5948484585 de  
USD 4'455.08 de BL______ en faveur de M______ en Equateur; 9) le 4 janvier 2010, 
un transfert no 9799276769 de USD 4'455.08 de BK______ en faveur de N______ en 
Equateur; 10 et 11) le 6 janvier 2010, deux transferts à destination de l'Equateur, 
respectivement de USD 300.- et USD 2'225.30 de AU______; 12) le 13 janvier 2010, 
un transfert no 6614647437 de USD 212.- de X______ en faveur de N______.  

La police a en outre mis en évidence que ces transferts étaient systématiquement suivis 
soit d'un appel, soit encore d'un SMS, adressé à K______ ou au dénommé "AM______ / 
AV______", mentionnant les coordonnées de l'expéditeur et le numéro de référence du 
transfert.  

h.d.a. Dans le cadre de son enquête, la police genevoise a collaboré avec la SIPA, 
section anti-drogue équatorienne et s'est également rendue en Equateur, en exécution 
d'une commission rogatoire internationale décernée par le magistrat instructeur.  

Selon le rapport de police du 26 avril 2010 (pièces 26091 et ss), H______ a été arrêté le 
25 décembre 2009 à l'aéroport de Guayaquil, alors qu'il s'apprêtait à voyager pour 
Genève, via Madrid, en possession de 2.638 kilogrammes de cocaïne dissimulés dans 
ses bagages. Dans le répertoire du téléphone portable de l'intéressé, figuraient le numéro 
attribué à "I______" (alias AM______) et celui attribué à K______ ("______") (pièce 
26097). G______ a pour sa part été arrêté le 22 janvier 2010 à l'aéroport de Guayaquil 
alors qu'il s'apprêtait à voyager à destination de Genève, en possession de 1.639 
grammes de cocaïne dissimulés dans ses bagages. L'un des numéros équatoriens 
attribués à K______ ("AS______"), le numéro de "I______" (AM______), ainsi que 
celui de AE______ étaient enregistrés dans le téléphone portable de G______ (pièce 
26097).  

Dès son arrivée en Equateur, le 30 septembre 2009, K______, titulaire de  plusieurs 
numéros de téléphone équatoriens, a résidé au domicile de M______ et N______. La 
SIPA a constaté qu'elle entretenait des contacts avec plusieurs personnes d'origine 
africaine, dont certaines faisaient l'objet d'investigations pour trafic de cocaïne (pièce 
26098).  

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Lors de son interpellation, M______ était en possession de quatre téléphones portables, 
dont celui comportant le numéro d'appel 17______, qui a appelé à au moins deux 
reprises, le 21 janvier 2010, le raccordement téléphonique numéro 18______ utilisé par 
G______ (pièces 26098 à 26100). Le domicile de M______ a fait l'objet d'une 
perquisition le 12 avril 2010. Celle-ci n'a pas permis d'apporter d'éléments utiles à 
l'enquête, à l'exception de la copie d'une réservation pour un billet d'avion émis au nom 
de AB______, datant du 23 octobre 2009, et se rapportant à un vol Guayaquil - Madrid 
le 27 octobre 2009, puis Madrid - Genève le 28 octobre 2009, découverte dans une 
poubelle du logement (pièce 26101). 

Le 16 avril 2010, la police s'est rendue dans la ville de Salinas. L'examen des fiches de 
l'hôtel ______ a permis d'établir que AE______ y avait séjourné du 21 novembre au 5 
décembre 2009, à l'instar de H______ et G______, qui étaient descendus dans cet hôtel 
à compter du 16 décembre 2009 (pièce 26111 et 26112), ce dernier ayant également 
séjourné dans un autre établissement de cette ville, l'hôtel ______, du 19 au 22 janvier 
2010, selon ce qui ressortait de la fiche dudit hôtel (pièce 26114). 

h.d.b. En Equateur, la police genevoise a en outre participé à l'audition de H______, 
G______, M______, N______ et K______.  

h.d.b.a. Selon G______, courant décembre 2009, H______ lui avait proposé d'effectuer 
un transport de drogue, ce dernier ayant été recruté par AE______, qui avait lui-même 
déjà effectué un transport de Guayaquil en Suisse. AE______ leur avait fait parvenir de 
l'argent en Lituanie afin qu'ils puissent acheter des billets d'avion et se rendre à Zurich. 
Dans cette ville, il avait fait la connaissance de X______ et Y______, organisateurs du 
trafic en Suisse et réceptionnaires de la drogue. X______ leur avait acheté les billets 
d'avion pour l’Equateur et Y______ devait les réceptionner à l'aéroport à leur retour. 
AE______ leur avait également indiqué qu'ils seraient contactés sur place, ce qui avait 
été le cas, par une dénommée "AS______", utilisant le numéro de téléphone 19______. 
Il a formellement identifié la voix de K______ comme étant celle de "AS______", 
confronté à l'enregistrement d'une conversation téléphonique de cette dernière avec 
Z______. Après l'arrestation de H______, il avait fallu lui procurer un nouveau billet 
d'avion. Il avait également dû changer d'hôtel à plusieurs reprises. Le 21 janvier 2010, il 
avait été contacté à deux reprises par un ressortissant africain utilisateur du 
raccordement téléphonique 17______, qui l'avait informé qu'il voyagerait le lendemain. 
Un autre ressortissant africain lui avait remis un nouveau billet d'avion le soir même, 
puis le lendemain, soit le 22 janvier 2010, une femme d'origine équatorienne lui avait 
remis le sac contenant la drogue. Il avait ensuite été arrêté à l'aéroport. 

h.d.b.b. Selon les explications fournies par H______, il avait été recruté en décembre 
2009 par AE______ pour effectuer un transport de cocaïne d'Equateur en Suisse. 
AE______ lui ayant demandé de trouver d'autres personnes susceptibles d’être 
intéressées par de tels voyages, il avait proposé à G______ de l'accompagner. 
AE______ lui avait envoyé l'argent nécessaire à son voyage à Zurich, où il s'était rendu 
à mi-décembre avec G______. AE______ les avait réceptionnés à leur arrivée en Suisse 

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et amenés à l'hôtel ______. A cette occasion, AE______ lui avait confié avoir effectué 
peu de temps auparavant un voyage identique en Equateur, d’où il avait ramené un 
kilogramme de cocaïne, sa rémunération s’étant montée à EUR 4'200.-. A Zurich, 
AE______ leur avait présenté X______ et Y______, qu'il a formellement identifiés sur 
planche photographique. Outre des indications quant à l'endroit où ils devaient se rendre 
en Equateur, les précités les avaient instruit de contacter une dénommée "AS______" à 
leur arrivée, dont il leur avait fourni le numéro de téléphone portable équatorien. De 
retour en Suisse, ils devaient également contacter un dénommé "I______", à un numéro 
de téléphone ghanéen. X______, qui avait financé l’achat de leur billet d’avion, leur 
avait également acheté des costumes, des chaussures, ainsi que des bagages, étant 
accompagnée de Y______ à cette occasion. Ce dernier leur avait au surplus donné de 
l'argent pour leurs dépenses en Equateur, puis avait conduit H______ à la gare de 
Zurich, d’où il avait pris un train pour Genève. Il avait voyagé de Genève à Madrid, où 
il avait retrouvé G______, qui avait pris l’avion à Zurich. Tous deux avaient ensuite pris 
le même avion pour Guayaquil. Sur place, il avait été en contact avec la dénommée 
"AS______", qui lui avait donné des instructions, notamment quant à la remise de son 
bagage à deux ressortissants africains, dont AY______, qu'il a formellement identifié 
sur planche photographique. Il a formellement identifié la voix de K______ comme 
étant celle de "AS______" confronté au même enregistrement que G______. Le jour de 
son départ, "AS______" l'avait contacté, puis une jeune femme lui avait apporté un 
bagage. Il l'avait suivie jusqu'à une voiture, qui l'avait emmené à l'aéroport, où il avait 
ensuite été arrêté.    

h.d.b.c. M______ et N______ ont également été entendus lors de la commission 
rogatoire exécutée en Equateur. Ils ont tous deux contesté toute implication dans un 
trafic de stupéfiants.  Les sommes reçues de Suisse étaient destinées à K______, qu’ils 
avaient accepté de loger à leur domicile. Ils ignoraient pour quelles raisons X______ 
désignait M______ comme étant le fournisseur de cocaïne. Ils ne savaient pas non plus 
de quelle manière un billet d’avion au nom de AB______, qu'ils ne connaissaient pas, 
avait pu être retrouvé à leur domicile. 

h.d.b.d. K______ a également contesté toute implication dans un trafic de stupéfiants 
lors de son audition en Equateur, même si elle reconnaissait avoir été condamnée pour 
ce motif par le passé, en Suisse et en Angleterre. A son arrivée en Equateur, elle avait 
été accueillie et hébergée par M______ et son épouse, ce dernier animant une fondation 
venant en soutien aux africains émigrés en Equateur. Seuls de petits montants, destinés 
à couvrir ses frais de nourriture, lui avaient été envoyés de Suisse, à l’exclusion de 
sommes plus importantes, vraisemblablement destinées à soutenir la fondation de 
M______. 

h.e. Dans le cadre de son enquête, la police s'est également rendue en Espagne, à 
Madrid, où elle a procédé à l'audition d'S______ et R______.  

R______ a indiqué avoir été recruté par V______, formellement identifié sur planche 
photographique, pour le compte de "I______", établi à Madrid, à l'instar de sa sœur, 

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W______ et S______. Selon lui, il devait transporter des diamants du Pérou à Madrid et 
ignorait qu'il s'agissait de drogue. Sa sœur et S______ faisaient partie de la même 
organisation dont les chefs étaient vraisemblablement le dénommé "I______", ainsi 
qu'une "AS______", à laquelle V______ faisait souvent référence. Il se reconnaissait, 
de même que V______ et S______, sur les photographies retrouvées dans l'appareil de 
sa sœur, qui avaient effectivement été prises à Madrid. Il ignorait que son propre père 
fût également impliqué dans un trafic de stupéfiants et ne s'était jamais rendu en 
Equateur, bien que les autorités de ce pays indiquassent qu'il y avait voyagé du 26 août 
au 3 septembre 2009. Il s'était uniquement rendu à Lima, avec S______, où ils étaient 
restés environ deux semaines, avant de repartir à Madrid après s'être vus confier deux 
valises par des tiers, ce qu’a confirmé S______, également recruté par V______, qu’il a 
identifié formellement sur planche photographique, pour le compte de "I______", afin 
d'effectuer un transport de cocaïne entre Lima et Madrid, portant sur plus de 2 
kilogrammes de drogue. Il a confirmé que V______ avait également recruté W______, 
ainsi que d'autres personnes. Les photographies extraites de l’appareil de W______ 
avaient été prises à l'Hôtel ______ à Madrid, peu avant son départ pour Lima. V______ 
faisait référence à "AS______", qu'il surnommait également "Boss" et qui devait être le 
chef de l'organisation. 

h.f. La police s'est en outre rendue en Lituanie, à Mazeikiu, dont apparaît avoir été 
originaire la majorité des transporteurs de drogue lituaniens. 

Au cours de la commission rogatoire, la police a procédé à diverses perquisitions, 
notamment au domicile de AE______, où elle a saisi un téléphone portable comportant 
le numéro de téléphone de X______ sous "______", une carte de visite de l'hôtel 
______ à Salinas en Equateur, de même que le passeport de AE______, qui contient des 
timbres de l'immigration équatorienne (pièce 13). La perquisition effectuée au domicile 
de la famille de W______ a notamment permis la découverte d'un passeport au nom de 
W______, valable du 3 juillet 2009 au 3 juillet 2019, comportant des timbres 
d'immigration boliviens, mentionnant l'entrée dans ce pays le 4 août 2009 et la sortie 
dudit pays le 13 septembre 2009 (pièce 23). 

h.f.a. La police a également procédé à l'audition de plusieurs ressortissants lituaniens, 
soupçonnés d’avoir procédé à des transports de drogue, dont AQ______. Selon 
l'intéressé, V______ était impliqué dans un trafic de stupéfiants comme transporteur de 
drogue et recruteur de mules pour le compte d'une femme d'origine africaine vivant en 
Suisse, de même que pour le dénommé "I______" vivant en Espagne. V______ l'avait 
introduit dans cette activité. Il avait ainsi été en contact avec "I______" et également 
avec une autre femme d'origine africaine vivant en Suisse. "I______" lui envoyait de 
l'argent, à l'instar de X______, K______, Z______ et Y______, argent dont V______ 
prenait une partie pour le recrutement des mules. D'une manière générale, V______ lui 
communiquait le nom des mules, qu'il répercutait à son tour à "I______". "I______" 
achetait les billets et lui transmettait les numéros de vol. Arrivées à l'aéroport avec leur 
passeport, les mules recevaient leurs billets d'avion. V______ avait de la sorte organisé 
le voyage de la mule T______ vers l'Espagne. 

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h.f.b. Selon P______, il avait été recruté par V______ à fin 2009. Depuis Riga, il avait 
pris l'avion pour Zurich, où il avait été accueilli par "un homme de couleur noire", qui 
l'avait conduit dans un hôtel où il avait résidé pendant deux jours. Puis, le même homme 
était venu le chercher et l'avait conduit à l'aéroport, d'où il avait pris un vol pour Sao 
Paolo au Brésil. Sur place, personne ne l'avait accueilli, contrairement à ce qui était 
convenu. Il s'était rendu dans l'hôtel dont les coordonnées lui avaient été fournies avant 
son départ. Cet hôtel affichant complet, il avait contacté V______ pour obtenir des 
instructions, puis s'était rendu dans un autre établissement où il était demeuré quatre 
jours. S’étant retrouvé sans ressources financières, il avait été conduit aux services de 
l'immigration, où il avait vécu trois mois avant de pouvoir être rapatrié en Lituanie.   

h.f.c. AB______ avait fait la connaissance de V______ en été 2009, par l'intermédiaire 
de AA______. V______ lui avait proposé de gagner de l'argent en voyageant de 
Lituanie en Suisse, puis de Suisse en Equateur et à nouveau en Suisse. V______ avait 
financé l’achat de son billet d’avion et de son passeport. En octobre 2009, il avait 
voyagé en compagnie de O______ de Riga à Genève, où une femme, qu'il a identifiée 
sur planche photographique comme étant X______, était venue le chercher. Elle leur 
avait donné USD 500.- chacun, de même que des billets d'avion et leur avait fourni les 
coordonnées de l'hôtel dans lequel ils devaient séjourner en Equateur. O______ avait 
quitté le premier l’Equateur après avoir ingéré de la drogue. AB______ avait dû se 
déplacer dans la ville de Salinas, où un inconnu était venu le chercher et avait pris son 
sac de voyage, qu'il avait remplacé par un autre. Il avait été accueilli à Genève par 
V______, y avait passé la nuit avec ce dernier, puis tous deux avaient pris le train le 
lendemain pour Zurich, où ils avaient été accueillis par X______, par la suite rejointe 
par Z______, également identifiée sur planche photographique. Parvenus à 
l'appartement de X______, où il avait rencontré Y______, cette dernière lui avait 
indiqué, après avoir examiné son bagage, qu’il n’avait pas ramené de drogue. X______ 
et Z______, cette dernière l'ayant hébergé durant son séjour, lui avaient ensuite proposé 
de voyager au Brésil, ce qu'il avait refusé. Il était retourné en Lituanie sans avoir été 
rémunéré, à l’inverse de O______, qui avait touché EUR 3'500.- en contrepartie de ses 
services.  

h.f.d. Selon Q______, à fin 2009, V______ lui avait proposé de transporter de la drogue 
en l'ingérant, contre une rémunération de EUR 3'000.-, ce dernier lui ayant indiqué avoir 
lui-même procédé à plusieurs transports de drogue. Aux alentours du 6 ou 8 novembre 
2009, il avait voyagé à Riga avec V______, W______, O______, U______ et 
AA______, identifiés sur planche photographique. De Riga, ils s'étaient rendus à 
Madrid. Après être demeurés trois jours dans une maison, un homme se faisant appeler 
"I______" leur avait apporté 100 capsules de 10 grammes de cocaïne chacune. Il était 
parvenu à en avaler 24 et O______ s'était chargé des 76 autres. Il avait voyagé avec ce 
dernier à Londres, où ils avaient tous deux été contrôlés et arrêtés par la police à 
l’aéroport de Luton. 

h.f.e. AE______ a admis lors de son audition par la police lituanienne avoir recruté 
H______ et G______ afin que ceux-ci transportent de la drogue d'Equateur en Suisse. Il 

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avait lui-même effectué un tel voyage, s’étant rendu en Suisse, où des personnes 
d'origine africaine lui avaient donné des billets d'avion pour l'Equateur et les 
coordonnées de l’hôtel ______ où il devait loger à Salinas. Il avait quitté la Suisse le 21 
novembre 2009 depuis Genève. Après deux semaines, une jeune femme lui avait remis 
un sac contenant de la drogue, qu'il avait ramené en Suisse. Arrivé à Genève, il avait 
passé la nuit du 6 au 7 décembre 2009 à l'hôtel ______, où il avait retrouvé "______", 
soit X______ et "______", prénom sous lequel il connaissait Y______. Le 7 décembre 
2009, ils avaient pris le train pour Zurich. Il avait reçu EUR 4'000.- pour ce transport. 
Les 9 et 10 décembre 2009, à la demande de X______, il avait effectué divers transferts 
de EUR 3'000.-, GBP 300.- et EUR 650.-, ce dernier montant étant destiné à l’achat des 
billets d'avion d'H______ et G______, qui devaient voyager en Equateur et ramener de 
la drogue en Suisse. Il avait réceptionné les précités à leur arrivée à Zurich, en 
compagnie de Y______ et X______.   

h.f.f. AA______ a contesté toute implication dans un quelconque trafic de stupéfiants. Il 
ignorait pour le surplus pour quel motif ses deux enfants, R______ et W______, étaient 
emprisonnés.  

h.g. J______ (dit "K______") a été interpellé dans le logement qu'il occupait à Berne, 
où il a pu être localisé grâce aux informations fournies par W______ et V______. Il 
était en possession de dix doigts de cocaïne ainsi que de plusieurs milliers de francs. Le 
11 janvier 2010, confronté à V______ et W______ devant le Juge d'instruction bernois, 
il les a formellement identifiés comme étant les personnes qui s'étaient rendues dans son 
appartement.  

C. a. L'audience de jugement, initialement prévue du 28 novembre au 1er décembre 2011, 
puis reportée du 12 au 15 mars 2012, s'est finalement déroulée du 30 janvier au 2 février 
2012, suite à l'arrêt 1B_684/2011 et 1B_686/2011 du Tribunal fédéral du 21 décembre 
2011, constatant une violation du principe de célérité et impartissant au Tribunal 
criminel un délai au 15 février 2012 pour juger la présente procédure.   

b. Lors de cette audience, V______ a persisté dans ses dénégations, à l'exception du 
transport de 60 doigts de cocaïne de Madrid à Genève le 7 novembre 2009, qu'il 
regrettait, ayant été motivé par la rémunération de EUR 2'000.- promise. Deux des trois 
téléphones portables saisis lors de son interpellation, soit celui correspondant au 
raccordement espagnol et l'un des deux téléphones comportant un numéro de 
raccordement lituanien, lui avaient été remis à Madrid le 6 ou le 7 novembre 2009, dans 
le cadre du transport de drogue, de sorte que les SMS antérieurs à cette date, enregistrés 
dans lesdits appareils, ne le concernaient pas. Il n'avait jamais rencontré les autres 
prévenus, à l'exception de W______. Le nom de Z______ lui était familier, dès lors 
qu'il l'avait vu apparaître dans le cadre des transferts WESTERN UNION qu'il avait 
accepté de recevoir à son nom, pour le compte d'un tiers, dont il ne souhaitait pas 
dévoiler l'identité.   

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S'agissant des voyages effectués en 2009, financés par les EUR 5'000.- d'économies 
qu'il avait pu réaliser en 2007 et 2008, il reconnaissait s'être rendu en Bolivie, où il avait 
fortuitement rencontré W______, de même qu'à Dublin, en Suisse, et à Madrid, comme 
en témoignaient les photographies extraites de l'appareil saisi lors de son interpellation, 
y compris celles sur lesquelles figuraient R______ et S______, prises dans un Hôtel 
______ à Madrid. A l'exception du voyage en Suisse du 18 octobre 2009, possiblement 
effectué avec W______, il avait toujours voyagé seul, en particulier le 7 novembre 
2009. Il ne se souvenait pas, en revanche, s'être rendu à Genève le 27 octobre 2009 et y 
avoir contacté AB______, qu'il avait rencontré à quelques reprises en Lituanie, à l'instar 
de P______. La liste comportant les noms et prénoms de diverses mules avait été 
dressée par la police, sur la base des données extraites des téléphones portables saisis. Il 
n'avait jamais proposé à celles-ci d'effectuer des transports de drogue, de sorte qu'elles 
mentaient lorsqu'elles le mettaient en cause pour les avoir recrutées, tout comme 
AQ______, auquel il ne s'était jamais associé.  

V______ a, pour le surplus, confirmé que son frère, BJ______, était détenu en 
Angleterre en raison de sa participation à un trafic de drogue, à l'instar du frère de 
W______, R______, détenu à Madrid. 

c. Lors de l'audience de jugement, W______ a indiqué avoir fait l'objet de pressions en 
cours de procédure de la part de V______, celles-ci étant à l'origine de ses rétractations 
en cours d'instruction. Elle avait ainsi transporté à cinq reprises de la cocaïne en 2009, 
systématiquement en compagnie de V______, contrairement à ce qu'il alléguait, soit de 
Bolivie à Madrid, de Madrid à Dublin, de Madrid à Tenerife, ainsi qu'à deux reprises, de 
Madrid à Berne. Ses souvenirs étaient pour le surplus vagues, vu l'écoulement du temps, 
notamment s'agissant de la quantité de drogue transportée lors de chaque voyage. Après 
avoir expliqué dans un premier temps l'émission d'un nouveau passeport en septembre 
2009 par la volonté d'en changer, elle a finalement admis que ce changement avait pour 
but de ne pas laisser apparaître les destinations en Amérique du Sud où elle s'était 
rendue. Elle connaissait AE______ et AQ______, qui étaient des amis de V______. 
Elle les avait rencontrés à deux ou trois reprises en Lituanie, au domicile de ce dernier. 
Pour le surplus, les espèces saisies lors de son interpellation correspondaient à sa 
rémunération pour le transport du 7 novembre 2009.  

d. X______ a confirmé avoir participé à un trafic de stupéfiants à compter du mois 
d'octobre 2009, trafic dans lequel elle avait été introduite par M______, contacté par 
l'intermédiaire d'un dénommé "BP______". Le trafic ne lui avait procuré qu'un bénéfice 
de CHF 1'000.-. 

Après avoir, dans un premier temps, à nouveau contesté l'implication de K______, elle 
a par la suite avoué que celle-ci se chargeait effectivement des contacts avec le 
fournisseur en Equateur et l'épouse de ce dernier, N______. Lors de ses conversations 
téléphoniques avec K______, elle n'avait toutefois jamais évoqué le trafic de drogue, 
pas plus qu'avec Z______, notamment le 26 décembre 2009. Cette dernière en ignorait 
tout et n'avait effectué aucun transfert d'argent à sa demande. Après avoir indiqué ne 

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plus se souvenir d'avoir envoyé de l'argent à N______ le 13 janvier 2010, elle a précisé 
que cet argent était destiné à permettre à cette dernière et à son époux de se nourrir, 
M______ en ayant fait la demande à "BP______".  

Les divers récépissés WESTERN UNION saisis à son domicile ne lui appartenaient pas 
et avaient dû y être oubliés par des tiers, dès lors qu'elle recevait de nombreuses visites. 
Elle s'est également rétractée s'agissant de ses liens avec V______, qu'elle a affirmé ne 
pas connaître et dont elle ignorait les liens avec AE______. Dans la même mesure, elle 
ignorait si elle avait été l'utilisatrice du raccordement téléphonique correspondant au 
numéro 8______ et ne se souvenait pas avoir envoyé des SMS à un numéro 
téléphonique espagnol.  

Elle a pour le surplus présenté des excuses et sollicité l'octroi d'une seconde chance, 
souffrant de voir son enfant grandir sans elle. 

e. Y______ a persisté à admettre sa participation à un trafic international de stupéfiants, 
notamment s’agissant de la prise en charge de AE______, le 6 décembre 2009, à son 
retour d’Equateur, ce dernier étant porteur d’une valise qui contenait la drogue, dont il 
ignorait toutefois la quantité. Il a confirmé ses précédentes explications s’agissant de la 
prise en charge de G______ et H______ lors de leur séjour à Zurich, tout en contestant 
avoir conditionné de l’argent destiné à être transporté en Equateur et remis à M______, 
contrairement à ce qui était mentionné dans l’acte d’accusation. Il avait effectivement 
accompagné X______ à Genève, le 26 décembre 2009, tous deux ayant voyagé en train 
à cette occasion. K______ ne lui avait en revanche pas demandé d’aller chercher 
G______ à son retour d’Equateur. Il ignorait que les  
CHF 10'000.- réclamés par K______ étaient destinés à l’achat de drogue, ce montant se 
rapportant selon lui exclusivement à l’acquisition d’un billet d’avion. Etant dans 
l’impossibilité de trouver un tel montant, il en avait parlé à X______, qui avait réussi à 
trouver cette somme, puis à la transférer en Equateur.  

P______ avait effectivement été envoyé au Brésil par K______. Après avoir appris que 
P______ se fut retrouvé livré à lui-même dans ce pays dont il ne parlait pas la langue, il 
lui avait envoyé de l’argent.  

Il s'est rétracté s'agissant de l'implication de Z______ dans le trafic de stupéfiants. Cette 
dernière se trouvant constamment avec X______, elle ne pouvait toutefois en ignorer 
l’existence.  

Après avoir affirmé que le nom de V______ lui était inconnu, il a reconnu lui avoir 
envoyé de l’argent par l’intermédiaire de sa cousine, à la demande d’un tiers. Quant aux 
récépissés saisis par la police, ils avaient été retrouvés dans son véhicule, où ils y 
avaient sans doute été laissés par K______, qu’il avait fréquemment véhiculée avant son 
départ pour l’Equateur. 

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Il était conscient d’avoir fait une erreur, qui l’avait conduit à être emprisonné, ce qui 
avait eu pour conséquence de punir ses deux enfants et sa famille, ce dont il avait 
souffert.   

f. Z______ a persisté dans ses dénégations devant le Tribunal criminel. S’agissant des 
transferts effectués en faveur de V______ en septembre 2009, le premier l’avait été à la 
demande de X______ et le second à celle de Y______. Le transfert du 16 novembre 
2009, de USD 935.- à l’attention de N______, avait été effectué à la demande de 
M______. L’argent avait été fourni à X______ par « BQ______ » et les instructions 
écrites provenaient de « BR______ ». Celui du 26 décembre 2009, de USD 129.- à 
l’attention de N______, était en réalité destiné aux besoins de K______. Les transferts 
des 13 et 18 janvier 2010 avaient été effectués à la demande de X______, l’argent ayant 
été remis à cette dernière par un dénommé « BS______ », qui avait également inscrit les 
indications nécessaires au transfert sur un bout de papier. Elle n’avait pas pu évoquer 
l’existence de « BS______ » préalablement au cours de la procédure, en ayant été 
empêchée par les policiers, l’un d’eux ayant même voulu la frapper. Elle n’en avait pas 
non plus parlé devant le Juge d’instruction, voulant répéter ce qu’elle avait indiqué à la 
police. Pour le surplus, elle n’avait logé aucun ressortissant lituanien à son domicile et 
le nom de AB______ lui était inconnu. 

Z______ a demandé à être pardonnée, ne s’étant pas rendue compte que les montants 
qu’elle avait transférés étaient aussi conséquents. 

g. K______, qui a été extradée de l'Equateur en Suisse début septembre 2011, a été 
entendue en qualité de personne appelée à donner des renseignements lors de l’audience 
de jugement. A cette occasion, elle a fait usage de son droit au silence.  

h. Le Tribunal criminel a pour le surplus procédé à l'audition des inspecteurs 
BT______, BU______ et BV______, qui ont confirmé la teneur et les conclusions de 
leurs divers rapports, dont ils ont résumé les principaux éléments. 

Les inspecteurs ont en particulier confirmé que l'enquête avait démarré grâce aux 
indications fournies initialement par V______, dont les déclarations avaient été 
corroborées par celles de W______, qui avait fourni certains éléments complémentaires 
aux enquêteurs, notamment quant à l'identité des mules et à l'endroit où logeait 
J______. L'audition de V______ s'était déroulée en anglais, langue suffisamment 
maîtrisée pour que ses déclarations puissent être claires, étant précisé qu'il en avait signé 
toutes les pages, après avoir été informé de ses droits en russe, qui lui avaient été pour le 
surplus notifiés. W______ avait été entendue en russe, d'abord dans le véhicule la 
ramenant de Zurich, puis en salle d'audition, où ses déclarations avaient été 
intégralement reprises et traduites, toujours en russe.  

L'analyse du raccordement lituanien saisi sur V______, duquel avaient été extraits 
divers SMS, démontrait qu'il en était l'utilisateur effectif.  Suite à l'interpellation du 
précité, le numéro d'appel 8______ avait fait l'objet d'une surveillance. Celle-ci avait 
permis d'identifier X______, et de découvrir son implication dans un trafic international 

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de stupéfiants, à l'instar des mules AE______, H______ et G______, et d'autres 
intervenants, tels que K______ et AQ______. Lors de leurs conversations 
téléphoniques, X______ et K______ manifestaient leur satisfaction à l'égard des mules 
recrutées par AE______, qu'elles envisageaient de faire voyager plusieurs fois.  

D'après les éléments recueillis au cours de l'enquête, le trafic de stupéfiants avait débuté 
à la fin de l'été 2009. L'enquête n'avait en revanche pas permis de déterminer l'identité 
de la personne qui avait rémunéré V______ et W______ pour le transport de drogue de 
Bolivie à Madrid, les déclarations des intéressés n'étant pas entièrement concordantes 
sur ce point.  

Le réseau comportait deux branches principales. La première, celle de Madrid, était 
dirigée par "I______", qui recevait la drogue directement d'Amérique du Sud et se 
chargeait de la distribuer en Europe. Dans ce contexte, J______ ("K______") avait un 
rôle d'intermédiaire chargé de la logistique. Il devait réceptionner les mules, attendre 
que la drogue soit expulsée par ces dernières, puis revendre celle-ci. J______ était venu 
exprès d'Espagne à Berne pour le compte de "I______". La seconde branche était celle 
de Zurich, composée de X______, Y______, Z______ et K______. Cette branche 
recevait directement la drogue d'Amérique du Sud de M______. A l'instar de K______, 
M______ se situait dans une position hiérarchique supérieure à celle des trois autres 
intéressés, qui étaient associés au même niveau, même si X______ disposait de contacts 
directs avec le fournisseur. Les deux branches étaient liées par l'utilisation des mules et 
leurs recruteurs. Le rôle de "AM______", qui signifie frère en ghanéen, désigné par 
X______ comme étant "AV______", son frère, était de transmettre, par le biais du 
raccordement téléphonique ghanéen dont il était titulaire, des informations entre la 
branche suisse et l'Equateur, en particulier les références des transferts WESTERN 
UNION et la confirmation de l'arrivée des mules à Genève, qui devaient le contacter 
une fois sur le territoire, afin d'éviter que ces informations importantes ne se trouvassent 
sur le réseau téléphonique suisse.  

A l'instar de Y______, l'implication de Z______ dans le trafic de stupéfiants était 
établie, notamment par les envois d'argent qu'elle avait effectués, mais également par le 
contenu des conversations téléphoniques qu'elle avait eues avec X______, notamment le 
26 décembre 2009, dont il ressortait qu'à l'instar de K______, elle était inquiète du fait 
que le "garçon" ne fut pas arrivé à destination, au point de recommander à X______ de 
rentrer à Zurich.  

Les noms de "AT______" et de "BS______" n'avaient jamais été mentionnés lors des 
écoutes téléphoniques. Il était pour le surplus difficile de se prononcer sur les aspects 
financiers du trafic, en l'absence de livres de comptes ou de découverte d'espèces, le 
seul élément probant consistant dans les montants importants transférés en Equateur 
entre l'arrestation de H______ et celle de X______, Y______ et Z______.  De la même 
manière, l'enquête n'avait pas permis d'établir l'identité des clients précités. 

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D.  a. V______, ressortissant lituanien, originaire de Mazeikiu, est né le ______ 1983. Il est 
célibataire et sans enfant. Ses parents sont divorcés. Il a deux sœurs et deux frères, 
BJ______ et BW______. Il a quitté l'école à 18 ans, après en avoir été renvoyé et n'a 
pas suivi de formation professionnelle spécifique. Il a par la suite travaillé dans le 
bâtiment, plus spécifiquement dans la construction de cheminées, a effectué des travaux 
de peinture et a également été employé dans un golf pendant trois ans, où il se chargeait 
de l'entretien du terrain. Il a travaillé de la sorte en Lituanie, Allemagne, Irlande et 
Espagne, réalisant parfois jusqu'à EUR 2'000.- de revenus en deux semaines. En janvier 
2009, il s'est installé à Madrid, où il a travaillé. Il a dépensé son salaire dans ses voyages 
et a également aidé financièrement sa famille, à hauteur de EUR 500.- tous les deux 
mois. Il n'a pas d'antécédents judiciaires, en Suisse et en Lituanie.  

b. W______, ressortissante lituanienne, originaire de Mazeikiu, est née le ______ 1989. 
Elle est célibataire et sans enfant. En Lituanie, elle vivait auprès de ses parents et de son 
frère, R______. Elle n'a pas achevé sa scolarité secondaire. Elle a travaillé dans une 
fabrique de glaces et comme garde d'enfants. Elle a par la suite vendu des vêtements sur 
les marchés avec sa mère, activité qui lui procurait un revenu d'environ EUR 50.- par 
semaine. A partir de l'été 2009, elle s'est retrouvée sans emploi et sa famille a subvenu à 
ses besoins. Elle a fait la connaissance de V______ en automne 2008. Elle n'a pas 
d'antécédents judiciaires en Suisse et en Lituanie.  

c. X______, ressortissante ghanéenne, est née le ______ 1975. Elle a deux frères et 
quatre sœurs. Elle a été scolarisée jusqu'à l'âge de 18 ans, mais n'a pas pu terminer ses 
études, sa famille ne parvenant pas à faire face aux coûts de celles-ci. Elle a par la suite 
travaillé comme vendeuse de vêtements dans un kiosque, puis a émigré en Suisse en 
2003, après avoir fait la connaissance de son époux actuel. Elle est mère de deux 
enfants, nés de deux unions différentes, âgés respectivement de 14 ans et 5 ans. Avant 
son interpellation, elle travaillait dans le domaine du nettoyage, à raison de deux heures 
par semaine, emploi qui lui procurait un revenu de CHF 500.- par mois. Pour le surplus, 
son époux, chauffeur de taxi de profession, subvenait à ses besoins. Suite à son 
incarcération, ce dernier s'est désintéressé du sort de leur fils, qui a été placé dans une 
famille d'accueil en région zurichoise, de sorte qu'elle n'a pu le voir qu'à quelques 
reprises en deux ans. X______ a des antécédents judiciaires, ayant en effet été 
condamnée :  

- le 15 février 2005, par le Bezirksgericht de Zurich, à 18 mois d'emprisonnement, 
assortis du sursis, délai d'épreuve de deux ans, pour infractions à la loi fédérale sur les 
stupéfiants; 

- le 2 novembre 2005, par le Staatsanwaltschaft de Zurich, à 14 jours d'emprisonnement, 
assortis du sursis, délai d'épreuve de trois ans, pour vol. 

d. Y______, ressortissant ghanéen, est né le ______ 1976. Il est issu d'une fratrie de six 
enfants, ayant deux frères et trois sœurs qui vivent au Ghana. Il n'a jamais connu sa 
mère biologiqu