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**Case Identifier:** 9e4e4b28-47b5-52c8-a43c-197346054d45
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-05-14
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 14.05.2020 A/3249/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3249-2019_2020-05-14.pdf

## Full Text

Siégeant : Mario-Dominique TORELLO, Président; Willy KNOPFEL et Jean-Pierre 
WAVRE, Juges assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/3249/2019 ATAS/394/2020 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 14 mai 2020 

10ème Chambre 

 

En la cause 

Madame A______, domiciliée à GENÈVE 

 

 

recourante 

 

contre 

CAISSE CANTONALE GENEVOISE DE CHÔMAGE, sise rue 
de Montbrillant 40, GENÈVE  

 

 

intimée 

 

 
 
 

 

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EN FAIT 

1. Madame A______ (ci-après : l'assurée, l'intéressée, ou la recourante), mariée avec 
Monsieur M. B______ depuis le ______ 2015, s'est inscrite auprès de l'Office 
régional de placement le 29 octobre 2018. Un délai-cadre d'indemnisation lui a été 
ouvert dès ce jour-là. 

2. Elle a sollicité des indemnités de chômage de la Caisse cantonale genevoise de 
chômage (ci-après: la CCGC, la caisse ou l'intimée), dès le 29 octobre 2018, - 
faisant en outre valoir un droit aux allocations familiales auprès de l'assurance-
chômage pour 5 enfants nés respectivement le ______ 2001, ______ 2005, ______ 
2006, ______ 2008 et ______ 2011, dont les 4 derniers ont pour père M. B______.  

3. Dans les deux ans qui ont précédé son inscription, soit le 28 octobre 2018, l'assurée 
a indiqué avoir travaillé pour le compte de C______ du 29 octobre au 31 décembre 
2016, et pour D______ du 1er février 2017 au 31 mai 2018. 

En date du 20 mars 2018, l'employeur de l'assurée l'avait licenciée pour le 31 mai 
2018, soit à l'échéance du préavis de congé de deux mois. Ce congé était motivé par 
un changement de la stratégie de la société. 

4. Il ressort du dossier notamment les pièces suivantes : 

a. En ce qui concerne C______ : - un contrat de travail « version du 26 février 
2015 » entre l'assurée et C______ au terme duquel la collaboratrice est engagée 
en tant qu'assistante de direction (administration) au taux de 40% pour un 
salaire annuel de CHF 14'400.-. S'agissant de l'employeur, il est représenté par 
Monsieur E______;  

- une lettre de licenciement du 30 novembre 2016. Ce courrier, se référant à un 
entretien préalable du 22 novembre 2016 confirme le licenciement pour des 
raisons économiques à partir du 2 janvier 2017 : s'agissant du motif du congé, il 
est précisé : « l'O.N.G. C______ rencontre des difficultés financières qui 
l'empêchent de faire face aux charges fixes dont votre salaire en fait partie »; 

- Les extraits du livre de caisse du 23 mars 2015 au 30 décembre 2016 : toutes 
les entrées correspondent à des versements de « sponsoring » émanant de 
B______ (CHF 2'000.- le 25 mars 2015), D______ (CHF 3'000.- le 
15 décembre 2015), F______ AG Zurich (CHF 1'500.- le 15 août 2016), toutes 
les autres entrées étant invariablement d'un montant de CHF 250.- par mois, le 
15 de chaque mois, par Madame G______, Monsieur H______, Madame 
I______ et Monsieur J______ (totalisant CHF 2'000.- par mois, [4 x CHF 250.-
]). S'agissant des sorties, chaque mois une sortie de CHF 1'125.- est enregistrée 
en tant que « salaire A______ », ainsi que deux versements à la date du 8 juillet 
2016, respectivement CHF 1'098.05, et CHF 1'662.20 enregistrés sous la 
rubrique « paiement AVS ». 

b. En ce qui concerne D______ : 

 
 
 

 

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- le contrat de travail du 22 janvier 2017, selon lequel l'assurée est engagée en 
qualité de secrétaire dès le 1er février 2017, pour un salaire brut mensuel de 
CHF 5'000.-, 12 fois l'an, à raison de 44 heures par semaine, avec un temps 
d'essai de trois mois et un préavis de congé d'un mois (deux semaines pendant 
la période d'essai); 

- une lettre de congé du 20 mars 2018, aux termes de laquelle, l'employeur se 
référant au contrat de travail conclu avec elle en avril 2015, informe l'employée 
de la résiliation dudit contrat de travail pour fin mai 2018, pour des raisons de 
changement de stratégie par rapport aux activités de la société; 

- les fiches de salaire mensuelles de février 2017 à mai 2018 au nom de 
l'employée; 

- le livre de caisse de février 2017 à mai 2018 dont l'essentiel des sorties 
concerne le salaire de l'employée, les entrées étant alimentées par des 
versements de la société F______ à Zurich (ndr. société dont l'administrateur 
unique est M. B______, époux de l'employée); 

- la copie de quittances mensuelles de versement de salaire, établies sur des 
fiches de « factures », signées par l'assurée (étant précisé que la caisse avait prié 
l'assurée de fournir, en cas de versement de salaire en espèces, une attestation 
d'une fiduciaire agréée); 

- un extrait du registre du commerce (ci-après : RC) de Genève pour la société 
D______ succursale de la société enregistrée à Zurich, succursale radiée le 
11 novembre 2010; 

- un extrait du RC de Zurich pour la société D______ indiquant notamment que 
la société avait été mise en faillite le 1er septembre 2011 avec effet le jour même 
à 10 heures; que par jugement du 24 septembre 2012 la faillite avait été 
révoquée; que la faillite avait à nouveau été ouverte par jugement du 11 
décembre 2014 avec effet le jour même à 10 heures, avec la précision que 
l'ayant droit avait continué son exploitation, et qu'enfin la société avait été 
radiée d'office le 6 décembre 2015 après clôture de la procédure de faillite. 

5. Dans le cadre d'un contrôle interne, la caisse a constaté que l'époux de l'assurée 
était administrateur directeur avec signature individuelle de l'entreprise D______. 

6. Par décision du 2 mai 2019, la caisse a informé l'assurée qu'aucune suite ne pouvait 
être donnée à sa demande d'indemnité, en raison de sa position de conjointe de 
l'employeur. En effet, seule une cessation définitive des activités de l'entreprise, une 
rupture totale de ses liens avec celle-ci ou l'accomplissement de six mois minimum 
dans une tierce entreprise d'une activité salariée postérieure en qualité de simple 
employée pouvaient la faire bénéficier des indemnités de chômage. 

7. Par courrier du 7 juin 2019, l'assurée a formé opposition à cette décision, en 
expliquant avoir totalement arrêté de travailler pour son ex-employeur. Elle 
précisait avoir suivi deux mesures du marché du travail à 100 %, et être disponible 

 
 
 

 

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pour prendre un emploi au même taux. Elle proposait pour le surplus de travailler 
bénévolement dans les services de la caisse pour prouver qu'elle ne travaillait plus 
pour son ex-employeur; elle demandait à la CCGC de procéder au calcul de son 
droit aux indemnités.  

8. Le 25 juillet 2019, la CCGC a rejeté l'opposition. Après avoir rappelé les 
dispositions applicables, la jurisprudence pertinente et les directives du secrétariat 
d'État à l'économie (ci-après : SECO) applicables au cas d'espèce, après examen des 
pièces du dossier, l'assurée demeurait, au 29 octobre 2018, dans une position 
assimilable à celle de conjointe d'un employeur. À ce titre, elle n'avait pas droit aux 
indemnités de chômage. 

9. Par courrier du 9 septembre 2019, l'assurée a saisi la chambre des assurances 
sociales de la Cour de justice (ci-après : la chambre des assurances sociales) d'un 
recours contre la décision sur opposition susmentionnée. La caisse de chômage ne 
pouvant apporter la preuve qu'elle travaillait encore pour son ex-employeur, et 
qu'en plus l'entreprise était fermée, elle estimait avoir droit de prétendre au 
chômage. Elle a produit une déclaration de son employeur à tous ses collaborateurs, 
de l'arrêt définitif de l'activité de l'entreprise. Dans la mesure où les cotisations 
d'assurance-chômage avaient été payées, il était hors de question que ses 
indemnités de chômage lui soient refusées. 

10. Le 27 septembre 2019, l'intimée a conclu au rejet du recours. La recourante 
n'apportait aucun élément nouveau qui permettrait à la caisse de revoir sa position. 
En effet, l'intéressée demeurait à ce jour dans une position assimilable à celle de 
l'employeur par le biais de son conjoint. Certes, la recourante a produit un courrier 
de l'entreprise de son époux D______ du 2 mai 2018, signé par ce dernier et adressé 
à ses clients, fournisseurs et partenaires, selon lequel l'entreprise mettrait fin à son 
activité à fin mai 2018. Or, M. B______ avait fait inscrire l'entreprise individuelle 
susmentionnée au RC de Zurich le 18 novembre 2008. Il avait été déclaré en faillite 
le 1er septembre 2011. Cette faillite avait été révoquée par jugement du 24 
septembre 2012, l'entreprise continuant d'exister tel qu'enregistrée. L'époux de la 
recourante avait à nouveau été déclaré en faillite le 11 novembre 2014, tout en 
continuant son activité, l'inscription restant en vigueur. Enfin, par jugement du 6 
octobre 2015, la procédure de faillite avait été clôturée et l'inscription de l'entreprise 
radiée le 12 octobre 2015. Force était dès lors de constater que les activités de 
l'époux de la recourante n'avaient pas cessé malgré les procédures de faillite. Bien 
plus : malgré la radiation de D______, l'entreprise ou son titulaire avait continué 
d'exercer, dès lors que le courrier du 2 mai 2018 avait été envoyé à ses clients, 
fournisseurs et partenaires, environ deux ans et sept mois après ladite radiation. 
Rien ne permettait dès lors de lever le doute sur l'absence de toute activité 
potentielle de l'époux de la recourante après fin mai 2018. En conséquence, le 
risque d'abus sanctionné par la jurisprudence était patent et l'activité de l'employeur 
et de son conjoint immaîtrisable. Enfin, l'argument de la recourante selon lequel 
elle aurait suivi des mesures de marché de l'emploi où elle était présente à 100 %, 

 
 
 

 

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ce qui prouverait selon elle qu'elle aurait totalement arrêté de travailler pour la 
société de son époux, ne convainc pas : le dossier ne contient que deux IPA 
accompagnées d'attestations de suivi de mesures de marché du travail pour 13 
demi-journées et un jour sur les mois de janvier et mars 2019. Plus encore, la 
recourante a été sanctionnée pour ne pas s'être présentée à une telle mesure en 
février 2019. Enfin, la question de la preuve du paiement du salaire devait être 
réservée, dans la mesure notamment où la caisse n'était toujours pas en possession 
des extraits de livres de caisse attestés par une fiduciaire, et de l'extrait de compte 
AVS/AS ou attestation mentionnant que le traitement de l'année 2018 était en 
cours. 

11. La recourante a répliqué le 24 octobre 2019 (date du timbre postal). En substance, 
elle rappelait que la société D______ avait été radiée du RC le 6 octobre 2015; mais 
ensuite son époux avait commencé à travailler comme indépendant sans être inscrit 
au RC, et elle avait travaillé pour son compte. Le nom de l'ancienne entreprise avait 
été utilisé parce que c'est sous ce nom que la clientèle la connaissait; mais cette 
société avait mis fin à ses activités le 31 mai 2018. Elle n'avait été que simple 
employée de M. B______, et ne disposait d'aucune procuration pour prendre des 
décisions d'employeur. Elle contestait n'avoir déposé que deux formulaires IPA en 
février et mars 2019. 

12. L'intimée a dupliqué par courrier du 12 novembre 2019. Elle a persisté dans ses 
conclusions. Certes la recourante avait-elle produit un formulaire du 3 janvier 2019 
adressé à la caisse de compensation de Zurich, dans lequel son conjoint déclarait 
ses salaires pour la période du 1er janvier au 31 mai 2018. Or, non seulement l'on 
ignorait si ce formulaire avait véritablement été déposé, mais son contenu n'avait 
pas de caractère probant aux yeux de l'intimée, sachant également que le risque 
d'abus persistait : l'entreprise non inscrite au RC D______, pour laquelle elle avait 
travaillé, et qui était domiciliée à la même adresse que la société radiée 
précédemment, pouvait en tout temps la réengager puisque dirigée par son époux. 
Cette société était la continuité de l'entreprise du même nom qui était inscrite au RC 
jusqu'au 15 octobre 2015 à la même adresse. De plus, le conjoint de la recourante 
était à ce jour encore le seul membre du conseil d'administration de la société 
F_____ AG Zurich dont le but était similaire à celui de D______, qui avait été 
radiée du RC de Zurich en 2015. Elle était en outre domiciliée à la même adresse. 
Le bulletin LACI IC B 29 prescrivait que si une personne était propriétaire de 
plusieurs entreprises, qu'une de ses entreprises était mise en faillite et que la 
personne avait la possibilité d'exercer une activité similaire dans une autre de ses 
entreprises, le droit à l'IC devait lui être nié. Dans un tel cas de figure, le risque 
d'abus subsistait (ATFA 65/04 du 29 juin 2004). En l'espèce, le conjoint de la 
recourante avait dès lors tout loisir de la réengager, que ce soit en tant 
qu'entrepreneur non inscrit au RC ou par le biais de son statut d'administrateur 
unique de F_____ AG Zurich. 

 
 
 

 

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13. La chambre de céans a entendu les parties à l'audience de comparution personnelle 
du 6 janvier 2020. 

14. La recourante a déclaré : « Pour répondre à votre question je n'exerce aucune 
activité lucrative. Je vis des prestations complémentaires familiales que je touche en 
faveur de mes enfants mineurs domiciliés chez moi (K______, L______, M______ 
et N______), ce qui représente un montant de CHF 2'400.- par mois. Je touche en 
outre des allocations familiales pour ces mêmes enfants, ce qui représente un 
montant de CHF 1'500.- par mois. Je ne bénéficie en revanche, personnellement, 
d'aucune prestation complémentaire. Mon mari est domicilié à Zurich, comme il l'a 
toujours été. Vous me faites observer que selon la base de données de l'OCPM 
(CALVIN) mon mari est domicilié à la même adresse que moi à Genève depuis le 
1er octobre 2015: ce n'est pas complètement exact. En effet, il a dû se domicilier à la 
même adresse que les enfants, pour des raisons administratives, mais il a en réalité 
toujours conservé son domicile officiel à Zurich. En fait, il revient chaque vendredi 
soir à Genève et repart le dimanche soir. Je relève d'ailleurs qu'à l'époque, c'est une 
période qui a duré environ 5 ans, nos enfants, y compris O______ qui n'est pas le 
fils de mon mari actuel, mais de mon précédent, ont habité avec mon mari 
(M. B_____) à Zurich où ils ont fait des études. Pour ma part je restais domiciliée à 
Genève et c'est alors moi qui me déplaçais pour le week-end à Zurich lorsqu'ils ne 
venaient pas eux-mêmes à Genève. Mon mari a toujours travaillé dans la 
ventilation. La société F______ a beaucoup de problèmes. Il travaille toujours 
comme indépendant. En effet, (avec) les difficultés de ses entreprises précédentes, 
il a accumulé pas mal de dettes d'un côté, mais il est également bénéficiaire de 
nombreuses créances qu'il aimerait récupérer. S'agissant des motifs de mon recours, 
je ne comprends pas pourquoi on me refuse des prestations de chômage alors que 
les primes d'assurance-chômage ont régulièrement été réglées. Vous me faites 
observer que conformément à ce qu'explique la décision entreprise, la caisse de 
chômage, comme la jurisprudence d'ailleurs, considère que l'épouse du détenteur de 
l'entreprise qui m'employait ayant tout pouvoir de décision concernant l'entreprise 
pouvait ainsi décider de me réembaucher en tout temps, la cessation de tout contact 
avec l'entreprise en ce qui me concerne n'étant pas établie. En réalité je n'ai jamais 
eu de pouvoir de décision sur cette entreprise et c'est pour cela que je recours. 
J'observe encore que s'il est vrai que nous nous sommes marié en juin 2015 à 
Yaoundé, il n'a été enregistré en Suisse qu'en août 2018. Pour répondre à votre 
question je me suis inscrite au chômage le 29 octobre 2018. J'ai apporté cette 
précision parce que jusqu'en août 2018 je n'étais pas autorisée à dire que j'étais 
mariée avec M. B_____.  

Au sujet de l'ONG C______, qui était mon employeur pendant une partie du délai-
cadre de cotisation, je confirme qu'elle était à l'époque domiciliée à la rue Q______. 
Elle est aujourd'hui domiciliée chez moi. Il est vrai que l'adresse rue Q______ était 
mon ancien domicile, et qu'après que j'ai déménagé à mon adresse actuelle ce sont 
mes grands enfants qui ont continué à être domiciliés à la rue Q______. Il s'agit 

 
 
 

 

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d'une ONG internationale qui n'a pas de lien avec notre famille, et qui est destinée à 
venir au secours des enfants, dans le monde entier. Ladite ONG ne vit de rien. Nous 
avons essayé de trouver des fonds, mais en vain. Vous faites référence à une pièce 
du dossier de l'intimé, qui inventorie les crédits et débits de cette ONG. Toutes les 
entrées (une fois CHF 2'000.- par M. B_____ et régulièrement CHF 250.- par 
versement, tous versés par mes enfants), et les débits, étant les montants qui 
m'étaient versés comme salaire et pour l'AVS (charges sociales) dépendant de mon 
salaire. Je relève que le concert qui avait été organisé par cette ONG n'avait pas 
permis de dégager des fonds permettant d'assurer les aides et même les dépenses. 
Sur question d'un juge, mon activité pour l'ONG a consisté d'abord dans la 
rédaction des statuts, et ensuite je devais envoyer des lettres pour rechercher des 
sponsors et des dons. J'ai travaillé pour cette organisation pendant environ une 
année et demie dont la période du 29 octobre au 31 décembre 2016 pour ce qui est 
du délai-cadre de cotisation précédant mon inscription au chômage. Mon salaire 
était de CHF 14'400.- par année, soit CHF 1'125.- net par mois. 

Pour ce qui est de la société D______, raison individuelle de mon mari, j'étais la 
seule employée à Genève et je fonctionnais en qualité de secrétaire. Je travaillais 
depuis la maison en envoyant les documents par mail à Genève (recte : Zurich). Ces 
documents étaient en fait destinés à rechercher des mandats auprès des collectivités 
publiques ou des privés. Nous n'avons jamais concrétisé de démarche ayant 
débouché sur des mandats; certaines démarches ont abouti à des entretiens que j'ai 
pu obtenir pour mon mari, mais cela n'a pas abouti non plus. C'était trop compliqué, 
la société devant exister depuis plus de 3 ans pour pouvoir être éligible à travailler 
pour les collectivités publiques.  

Je n'ai pas d'autre acte d'instruction à solliciter. Je crois que j'ai déjà suffisamment 
expliqué les choses par écrit. Je prends donc note que la cause est gardée à juger ». 

15. Monsieur P______, pour l'intimée, a déclaré : « Nous persistons dans nos 
conclusions et n'avons rien d'autre à ajouter ». 

16. Sur quoi, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 8 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05), la chambre des assurances sociales connaît, en 
instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie 
générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA - RS 830.1) 
relatives à la loi fédérale sur l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas 
d'insolvabilité, du 25 juin 1982 (LACI - RS 837.0). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Le recours a été interjeté en temps utile (art. 38 al. 4 let. c et 60 LPGA).  

 
 
 

 

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Il satisfait aux exigences de forme et de contenu prévues par la loi 
(art. 61 let. a LPGA ; cf. aussi art. 89B de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10).  

Étant partie à la procédure ayant abouti à la décision attaquée, touchée par cette 
dernière et ayant un intérêt digne de protection à son annulation ou sa modification, 
la recourante a qualité pour recourir (art. 59 LPGA).  

Le recours est donc recevable.  

3. a. L’art. 8 al. 1 LACI, notamment en liaison avec d'autres dispositions (art. 13 et 
14 LACI) énumère les conditions d'octroi de l'indemnité de chômage. L'assuré doit, 
pour bénéficier de cette prestation prévue par l'art. 7 al. 2 let. a LACI, être sans 
emploi ou partiellement sans emploi (art. 10 LACI), avoir subi une perte de travail 
à prendre en considération (art. 11 LACI), être domicilié en Suisse (art. 12 LACI),  
avoir achevé sa scolarité obligatoire et n'avoir pas encore atteint l'âge donnant droit 
à une rente AVS et ne pas toucher de rente de vieillesse de l'AVS, remplir les 
conditions relatives à la période de cotisation ou en être libéré (art. 13 et 14 LACI), 
être apte au placement (art. 15 LACI), et satisfaire aux exigences de contrôle 
(art. 17 LACI). Ces conditions sont cumulatives; elles doivent toutes être réalisées 
au moment où l’assuré entend pouvoir bénéficier de l’ouverture d’un délai-cadre 
d’indemnisation (ATF 124 V 215 consid. 2; 112 V 220 consid. 2b; Boris RUBIN, 
Commentaire de la loi sur l’assurance-chômage, 2014, n. 1 ad art. 8). Elles sont 
précisées par plusieurs dispositions de la LACI et de l’ordonnance sur l'assurance-
chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité, du 31 août 1983 
(OACI - RS 837.02), ainsi que - dans les limites d’admissibilité de telles directives 
administratives (ATAS/1191/2014 du 18 novembre 2014 consid. 4 p. 5 s. et 
doctrine et jurisprudence citées) - par les instructions édictées par le SECO en sa 
qualité d’autorité de surveillance de l’assurance-chômage chargée d’assurer une 
application uniforme du droit (art. 110 LACI), notamment par le biais du Bulletin 
relatif à l’indemnité de chômage (Bulletin LACI IC). 

Selon la jurisprudence, celui qui, dans les limites du délai-cadre prévu à cet effet 
(art. 9 al. 3 LACI), a exercé durant douze mois au moins une activité soumise à 
cotisation, remplit les conditions relatives à la période de cotisation (art. 13 al. 1 
LACI dans sa version en vigueur depuis le 1er juillet 2003). En vue de prévenir les 
abus qui pourraient advenir en cas d'accord fictif entre l'employeur et un travailleur 
au sujet du salaire que le premier s'engage contractuellement à verser au second, la 
jurisprudence considère que la réalisation des conditions relatives à la période de 
cotisation (art. 8 al. 1 let. e et art. 13 LACI) présuppose qu'un salaire a été 
réellement versé au travailleur (DTA 2001 p. 228, C 329/00). Dans un arrêt 
(ATF 131 V 444), le Tribunal fédéral des assurances a précisé cette jurisprudence 
en indiquant qu'en ce qui concerne la période de cotisation, la seule condition du 
droit à l'indemnité de chômage est, en principe, que l'assuré ait exercé une activité 
soumise à cotisation durant la période minimale de cotisation. Aussi bien la 
jurisprudence exposée au DTA 2001 p. 225 ss (et les arrêts postérieurs) ne doit-elle 

 
 
 

 

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pas être comprise en ce sens qu'un salaire doit en outre avoir été effectivement 
versé; en revanche, la preuve qu'un salaire a bel et bien été payé est un indice 
important en ce qui concerne la preuve de l'exercice effectif de l'activité salariée 
(ATF 131 V 444 consid. 3 p. 449 ss). L'exercice d'une activité salariée pendant 
douze mois au moins est donc une condition à part entière pour la réalisation de la 
période de cotisation, tandis que le versement d'un salaire effectif n'est pas 
forcément exigé, mais permet au besoin de rapporter la preuve de cette activité. Le 
versement déclaré comme salaire par un employeur ne fonde cependant pas, à lui 
seul, la présomption de fait qu'une activité salariée soumise à cotisation a été 
exercée. Par activité soumise à cotisation, il faut entendre toute activité de l'assuré 
destinée à l'obtention d'un revenu soumis à cotisation pendant la durée d'un rapport 
de travail (Gerhard GERHARDS, Kommentar zum 
Arbeitslosenversicherungsgesetz [AVIG], vol. I, n. 8 ad art. 13 LACI p. 170). Cela 
suppose l'exercice effectif d'une activité salariée suffisamment contrôlable 
(ATF 113 V 352 et autre références citées; ATF 133 V 515 consid. 2.2 à 2.4 cité 
par Boris RUBIN, op. cit., n. 17 ad art. 13). 

b. En l’espèce, l’intimée a fondé la décision litigieuse sur la condition d’une perte 
de travail à prendre en considération, dont elle a nié la réalisation du fait que, pour 
la recourante, cette perte d’emploi était incontrôlable compte tenu de sa qualité de 
conjointe du chef d'entreprise avec signature individuelle au sein de la société dont 
elle avait été employée.  

4. a. Des indemnités de chômage ne peuvent être allouées qu’en cas de perte 
d’emploi, contrairement à l’indemnité en cas de réduction de l’horaire de travail, 
prévue par l’art. 7 al. 2 let. c LACI et régie par les art. 31 ss LACI, dont l’octroi 
suppose le maintien du rapport de travail quand bien même la durée normale du 
travail est réduite ou l’activité suspendue.  

La condition d’une perte de travail à prendre en considération énoncée à 
l’art. 8 al. 1 let. b LACI pour l’indemnité de chômage fait référence, explicitement, 
à l’art. 11 LACI, qui est intitulé « Perte de travail à prendre en considération » et a 
pour but d’établir une distinction entre les pertes de travail de faible importance, 
non indemnisables, et celles plus importantes, qui donnent droit à une 
indemnisation (Boris RUBIN, op. cit., n. 1 ad art. 11). L’art. 11 LACI ne contient 
pas formellement une disposition excluant le droit à l’indemnité de chômage dans 
des situations dans lesquelles l’octroi d’une indemnité en cas de réduction de 
l’horaire de travail est exclu, visées en particulier à l’art. 31 al. 3 let. b et c LACI, à 
savoir pour « le conjoint de l’employeur, occupé dans l’entreprise de celui-ci » de 
même que pour « les personnes qui fixent les décisions que prend l’employeur - ou 
peuvent les influencer considérablement – en qualité d’associé, de membre d’un 
organe dirigeant de l’entreprise ou encore de détenteur d’une participation 
financière à l’entreprise; il en va de même des conjoints de ces personnes, qui sont 
occupés dans l’entreprise ».  

 
 
 

 

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b. Le législateur a entendu empêcher le contournement des prescriptions relatives à 
l’indemnité en cas de réduction de l’horaire de travail, en prévoyant notamment, à 
l’art. 10 al. 2bis LACI, que n’est pas réputé partiellement sans emploi celui qui, en 
raison d’une réduction passagère de l’horaire de travail, n’est pas occupé 
normalement. Ainsi, dès qu’il existe formellement un licenciement pour le temps 
chômé, seules les dispositions concernant l’indemnité de chômage s’appliquent, 
même si la perte de travail pourrait ressembler à une réduction de l’horaire de 
travail. Les deux situations peuvent cependant être très proches l’une de l’autre. 
Aussi une application analogique d’une disposition restrictive du régime de 
l’indemnité en cas de réduction de l’horaire de travail peut-elle entrer en 
considération pour l’indemnité de chômage (Boris RUBIN, op. cit., n. 17 
ad art. 10), en vertu de la règle générale, exprimée à l’art. 2 al. 2 du Code civil 
suisse du 10 décembre 1907 (CC - RS 210), refusant toute protection à l’abus 
manifeste d’un droit, autrement dit s’opposant à ce qu’une institution juridique soit 
utilisée à l'encontre de son but pour réaliser des intérêts que cette institution 
juridique ne veut pas protéger (ATF 137 V 82 consid. 5.5-5.7; 133 II 6 consid. 3.2; 
122 III 321 consid. 4a; 121 II 97 consid. 4).  

Bien que l’art. 31 al. 3 LACI vise l’indemnité en cas de réduction de l’horaire de 
travail, l’exclusion du droit qu’elle prévoit s’applique selon le Tribunal fédéral 
également à l’indemnité de chômage (cf. arrêt du Tribunal fédéral C.152/06 du 
25 janvier 2007 consid. 2).  

Dans l’ATF 123 V 234 (consid. 7b/bb), le Tribunal fédéral a posé le principe d’une 
application analogique de l’art. 31 al. 3 let. c LACI précité dans le domaine de 
l’indemnité de chômage. Ainsi, un travailleur qui jouit d’une situation 
professionnelle comparable à celle d’un employeur n’a pas droit à l’indemnité de 
chômage lorsque, bien que licencié par une entreprise, il continue à fixer les 
décisions de l’employeur ou à influencer celles-ci de manière prépondérante 
(arrêt du Tribunal fédéral 8C_719/2008 du 1er avril 2009 consid. 3.3; arrêt du 
Tribunal fédéral des assurances C 32/04 du 23 mai 2005 consid. 3.1). Il en va de 
même pour leur conjoint occupé dans l’entreprise, ainsi que le prévoit ladite 
disposition, appliquée par analogie également dans ce cas (arrêts du Tribunal 
fédéral 8C_74/2011 du 3 juin 2011 consid. 5.1; 8C_1032/2010 du 7 mars 2011 
consid. 5.1; ATAS/985/2018 du 30 octobre 2018; ATAS/647/2016 du 23 août 2016 
consid. 3; ATAS/630/2016 du 16 août 2016 consid. 3; ATAS/47/2013 du 23 janvier 
2013 consid. 4).  

c. L’application de l’art. 31 al. 3 let. c LACI dans le domaine de l’indemnité de 
chômage est nécessaire pour prévenir une série d’abus potentiels, dont une perte de 
travail incontrôlable et, partant, un appel à l’indemnité de chômage abusif (cf., pour 
d’autres exemples, Boris RUBIN, op. cit., n. 19 ad art. 10, note 13 à la p. 98). Dans 
la mesure où le dirigeant licencié - ou son conjoint occupé dans l’entreprise, auquel 
il est assimilé - peut se réengager quand il le souhaite, c’est-à-dire dès qu’il le 
décide, son chômage ressemble potentiellement à une réduction de l’horaire de 

 
 
 

 

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travail qui se manifesterait par une suspension d’activité. Certes, le contournement 
de l’art. 31 al. 3 let. c LACI peut n’être qu’hypothétique, car les personnes 
licenciées pouvant continuer à fixer les décisions de l’employeur n’entendent pas 
forcément se réengager (ou se faire réengager par leur conjoint dirigeant de 
l’entreprise). Toutefois - ainsi que l’indique Boris RUBIN (op. cit., n. 20 s. 
ad art. 10) -, le procédé spécifique de vérification des conditions du droit à 
l’indemnité de chômage impose de nier d’emblée le droit aux personnes en 
question; statuer sur le droit à l’indemnité d’un chômeur suppose en effet un 
pronostic quant à la réalisation de certaines, sinon de toutes les conditions prévues 
par l’art. 8 LACI, au point qu’il est pratiquement impossible de déterminer à ce 
moment-là si un contournement visé par la disposition précitée est en voie d’être 
réalisé, tant que l’intéressé (ou son conjoint) maintient des liens avec sa société. 
C’est pourquoi la jurisprudence retient que le seul risque d’abus suffit pour que le 
droit à l’indemnité de chômage soit nié d’emblée, autrement dit n’exige pas que le 
risque considéré soit avéré (arrêt du Tribunal fédéral 8C_587/2012 consid. 3.2; 
arrêts du Tribunal fédéral des assurances C 172/04 du 5 janvier 2005 consid. 2.1; 
C 141/03 du 9 décembre 2003 consid. 4).  

d. Dans l’hypothèse où le chômeur occupe lui-même une position décisionnelle 
dans l’entreprise, il faut distinguer deux situations : lorsqu’il occupe une telle 
position du fait qu’il est membre du conseil d’administration ou d’un autre organe 
supérieur de direction de l’entreprise, il n’y a pas même lieu d’examiner la situation 
au regard des circonstances concrètes du cas, car il est alors réputé ex lege disposer 
d’un pouvoir déterminant au sein de cette dernière au sens de l’art. 31 al. 3 
let. c LACI, appliqué par analogie à l’indemnité de chômage (ATF 122 V 270 
consid. 3; arrêts du Tribunal fédéral 8C_171/2012 du 11 avril 2013 consid. 6.2; 
8C_776/2011 du 14 novembre 2012 consid. 3.3; 8C_515/2007 du 8 avril 2008); en 
revanche, lorsqu’il n’est pas formellement membre d’un organe supérieur de 
direction de l’entreprise, mais peut engager cette dernière, il s’impose de vérifier 
s’il a matériellement qualité d’organe dirigeant, compte tenu du pouvoir de décision 
dont il jouit effectivement, en fonction de la structure interne de l’entreprise, le seul 
fait qu’il soit autorisé à représenter cette dernière par sa signature et inscrit au RC 
n’étant pas en soi suffisant pour l’exclure du droit à l’indemnité de chômage 
(ATF 120 V 521 consid. 3; Boris RUBIN, op. cit., n. 24 ss ad art. 10; Bulletin 
LACI/IC B 17 ss; Bulletin LACI/RHT B 37 ss). Les mêmes règles s’appliquent 
dans la situation du conjoint d’une personne occupant une position assimilable à 
celle d’un employeur. Il faut cependant, pour que le droit à l’indemnité de chômage 
soit nié, que le chômeur ait été employé par l’entreprise de son conjoint et que ce 
dernier reste lié à ladite entreprise (arrêt du Tribunal fédéral 8C_231/2012 du 
16 août 2012 ; Boris RUBIN, op. cit., n. 24 ss ad art. 10).  

e. Il n’y a plus de parallélisme de la perte de travail avec une réduction de l’horaire 
de travail - et partant plus d’application analogique possible de l’art. 31 al. 3 
let. c LACI à l’indemnité de chômage - lorsque la personne qui occupe une position 

 
 
 

 

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assimilable à celle d’un employeur quitte définitivement l’entreprise en raison de la 
fermeture de cette dernière ou rompt définitivement tout lien avec l’entreprise qui 
continue d’exister (ATF 123 V 234 consid. 7b/bb ; arrêt du Tribunal fédéral 
8C_574/2017 du 4 septembre 2018 consid. 5.1). Un risque d’abus subsiste lorsque 
l’activité de l’entreprise est simplement « mise en veilleuse » ou en voie d’être mise 
en faillite, une reprise des activités restant possible dans ces éventualités (Boris 
RUBIN, op. cit., n. 29 ss ad art. 10).  

Il est également admis que les assurés occupant une position assimilable à celle 
d’un employeur et leur conjoint ont droit à l’indemnité de chômage s’ils se 
retrouvent au chômage après avoir été salariés d’une entreprise tierce (dans laquelle 
ils n’ont pas eu le statut de dirigeant), à la condition toutefois qu’ils l’aient été 
durant au moins six mois (arrêt du Tribunal fédéral des assurances C 171/03 du 
31 mars 2004 consid. 2.3.2). Lorsqu’une telle durée d’emploi comme salarié sans 
position dirigeante dans une entreprise tierce a été atteinte, il faut admettre que le 
rapport de travail ouvrant le droit au chômage n’a pas constitué un masque à une 
réduction de l’horaire de travail (Boris RUBIN, op. cit., n. 35 ad art. 10).  

Bien que cela ne soit pas pertinent en l’espèce, il sied de noter qu’une rupture 
définitive de tout lien avec l’entreprise continuant d’exister est aussi admise lorsque 
l’assuré a divorcé de la personne occupant une position dirigeante au sein de cette 
entreprise, mais qu’il ne suffit pas que les époux soient séparés de fait ou de droit 
ou que des mesures protectrices de l’union conjugale aient été ordonnées 
(ATF 142 V 263; arrêt du Tribunal fédéral 8C_574/2017 du 4 septembre 2018 
consid. 5.2).  

5. a. Pour l’établissement des faits pertinents, il y a lieu d’appliquer les principes 
ordinaires régissant la procédure en matière d’assurances sociales, à savoir, en 
particulier, la maxime inquisitoire, ainsi que les règles sur l’appréciation des 
preuves et le degré de la preuve.  

b. La maxime inquisitoire signifie que l’assureur social et, en cas de litige, le juge, 
établissent d’office les faits déterminants, avec la collaboration des parties, sans 
être lié par les faits allégués et les preuves offertes par les parties, en s’attachant à le 
faire de manière correcte, complète et objective afin de découvrir la réalité 
matérielle (art. 43 LPGA; art. 19 s., 22 ss, 76 et 89A LPA ; Ghislaine FRÉSARD- 
FELLAY/Bettina KAHIL-WOLFF/Stéphanie PERRENOUD, Droit suisse de la 
sécurité sociale, vol. II, 2015, p. 499 s.). Les parties ont l’obligation d’apporter, 
dans la mesure où cela peut être raisonnablement exigé d’elles, les preuves 
commandées par la nature du litige et des faits invoqués; à défaut, elles s’exposent 
à devoir supporter les conséquences de l’absence de preuve (art. 28 LPGA; 
ATF 125 V 193 consid. 2; 122 V 157 consid. 1a; 117 V 261 consid. 3b et les 
références). 

c. Le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf dispositions contraires de 
la loi, sur les faits qui, faute d’être établis de manière irréfutable, apparaissent 

 
 
 

 

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comme les plus vraisemblables, c’est-à-dire qui présentent un degré de 
vraisemblance prépondérante. Il ne suffit donc pas qu’un fait puisse être considéré 
seulement comme une hypothèse possible. Parmi tous les éléments de fait allégués 
ou envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui paraissent les plus 
probables (ATF 130 III 321 consid. 3.2 et 3.3; ATF 126 V 353 consid. 5b; ATF 125 
V 193 consid. 2 et les références). Aussi n’existe-t-il pas, en droit des assurances 
sociales, un principe selon lequel l’administration ou le juge devrait statuer, dans le 
doute, en faveur de l’assuré (ATF 126 V 319 consid. 5a). 

6. a. En l’espèce, la recourante prétend au versement de l’indemnité de chômage sur 
la base de la perte de son emploi auprès de la société dont son conjoint est l'ayant 
droit et l'exploitant avec signature individuelle. La décision entreprise confirme la 
négation du droit à l'indemnité de chômage de la recourante, précisément en raison 
du fait que son mari est le dirigeant unique avec signature individuelle de 
l'entreprise D______ qui l'a employée du 1er février 2017 au 31 mai 2018 et qui a 
résilié son contrat pour cette dernière date, considérant que, selon la réglementation 
en vigueur, les personnes qui fixent les décisions que prend l'employeur, ou 
peuvent les influencer considérablement n'ont pas droit à l'indemnité de chômage, 
pas plus que n'y ont droit les conjoints de ces personnes qui sont occupées dans 
l'entreprise, dans la mesure où dans un tel cas de figure il est impossible de 
déterminer si les conditions légales sont réunies, sauf à procéder à un examen a 
posteriori de l'ensemble de la situation de l'intéressé, ce qui est contraire au principe 
selon lequel cet examen a lieu au moment où il est statué sur les droits de l'assuré. 
Selon la jurisprudence, seule une cessation définitive des activités d'entreprise, une 
rupture totale de ses liens avec celle-ci ou l'accomplissement de six mois minimum 
dans une tierce entreprise d'une activité salariée postérieure en qualité de simple 
employé pourra lui faire bénéficier d'une indemnité de chômage, ce qui, comme 
cela sera démontré, n'est pas le cas en l'espèce. 

b. Au vu des principes rappelés ci-dessus, et en particulier le fait que selon la 
jurisprudence, ce n'est pas l'abus avéré comme tel que la loi et la jurisprudence 
entendent sanctionner, mais le risque d'abus que représente le versement 
d'indemnités à un travailleur jouissant d'une situation comparable à celle d'un 
employeur, force est de constater que c'est à juste titre que l'intimée a nié le droit de 
la recourante à l'indemnité de chômage. L'instruction de la cause, tant au stade de la 
procédure administrative que dans le cadre du présent recours, a démontré que dans 
le cas particulier, le risque combattu par la jurisprudence est particulièrement élevé 
dans la situation de la recourante, dans la mesure où en l'occurrence, même si cette 
dernière a produit - outre la lettre de résiliation de son contrat de travail au 31 mai 
2018 - un courrier de l'employeur, adressé au début mai 2018 aux clients 
fournisseurs et partenaires de l'entreprise, indiquant au destinataire que cette 
dernière mettrait un terme à son activité à fin mai 2018, force est de constater qu'en 
pratique rien n'empêche l'époux de la recourante de reprendre en tout temps ses 
activités et de la réengager. En effet, l'entreprise non inscrite au RC D______ pour 

 
 
 

 

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laquelle la recourante a travaillé, et qui était domiciliée à la même adresse que la 
société radiée précédemment, peut en tout temps la réengager puisque dirigée par 
son époux. Cette société était la continuité de l'entreprise du même nom qui était 
inscrite au RC jusqu'au 15 octobre 2015 à la même adresse. L'extrait du RC de 
Zurich pour la société D______, versé au dossier de l'intimée indiquait notamment 
que la société avait été mise en faillite le 1er septembre 2011; que par jugement du 
24 septembre 2012 la faillite avait été révoquée, avant d'être à nouveau ouverte par 
jugement du 11 décembre 2014, avec la précision que l'ayant droit avait continué 
son exploitation, et que la société avait été radiée d'office après clôture de la 
procédure de faillite le 6 décembre 2015.  

Or, le fait que cette société ait été radiée n'a pas empêché l'époux de la recourante 
de poursuivre sinon de reprendre son activité, sous le nom de l'ancienne entreprise. 
La recourante ne le conteste d'ailleurs pas, puisqu'elle écrivait dans sa réplique que 
le nom de l'ancienne entreprise avait été utilisé parce que c'était sous ce nom que la 
clientèle la connaissait. C'est sans compter le fait que dans la lettre de congé du 
20 mars 2018, l'employeur se référait au contrat de travail conclu avec elle en avril 
2015 (alors que le contrat de travail produit est daté du 22 janvier 2017, prenant 
effet au 1er février 2017). Le fait que cette entreprise ait annoncé à sa clientèle et à 
ses fournisseurs avoir décidé de mettre fin à ses activités le 31 mai 2018, n'y change 
rien; rien n'empêche M. B_____, comme il l'a fait à maintes reprises par le passé, 
de reprendre une activité en tout temps et de réengager son épouse. À cela s'ajoute 
encore le fait que l'activité effective de la recourante pendant la période où elle a été 
engagée par son conjoint n'est pas sérieusement démontrée: entendue en 
comparution personnelle, la recourante a en effet déclaré qu'elle était la seule 
employée à Genève et qu'elle fonctionnait en qualité de secrétaire, travaillant 
depuis la maison en envoyant les documents par mail à Zurich, précisant que ces 
documents étaient en fait destinés à rechercher des mandats auprès des collectivités 
publiques ou des privés. Elle a ajouté qu'ils n'avaient jamais concrétisé de 
démarches ayant débouché sur des mandats; certaines démarches avaient conduit à 
des entretiens pour son mari, mais cela n'avait pas abouti non plus. Or, la recourante 
n'a produit aucun document pour illustrer ses propos, quels que soient les résultats 
concrets obtenus. De plus, comme l'intimée l'a justement fait remarquer, malgré les 
demandes faites à la recourante, cette dernière n'a jamais produit les documents 
demandés, soit la production des extraits de livres de caisse attestés par une 
fiduciaire, démontrant que les salaires avaient effectivement été payés, les pièces 
produites à cet égard étant largement insuffisantes. On observera d'ailleurs à ce 
sujet que les extraits du livre de caisse produits pour la période où la recourante a 
été employée par l'entreprise de son mari, de février 2017 à mai 2018 montrent que 
la quasi-intégralité des sorties concerne le salaire de l'employée, et les entrées 
consistent dans des versements périodiques de la société F______ AG Zurich 
(société dont l'administrateur est M. B_____, époux de l'employée); mais une fois 
encore, ces comptes n'ont pas été attestés par une fiduciaire et ne sauraient, au 
degré de la vraisemblance prépondérante requise en matière d'assurances sociales, 

 
 
 

 

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constituer des preuves d'une activité effective et encore moins de versement effectif 
des salaires, les quittances mensuelles signées par l'intéressée n'étant pas non plus 
probantes à cet égard. On ajoutera d'ailleurs, dans le contexte de la valeur probante 
des documents produits par la recourante, - et ceci quand bien même la caisse n'en a 
pas tenu compte pour nier le droit de l'assurée à l'indemnité de chômage (dans la 
mesure où, pendant le délai-cadre de cotisation, l'activité déclarée auprès de 
l'entreprise D______ dépassait à elle seule les 12 mois légaux pour pouvoir 
prétendre à l'indemnité) -, que la même problématique se posait pour l'activité 
précédemment déployée par la recourante, pour l'ONG C______: entendue en 
comparution personnelle, la recourante a en effet déclaré, sur question de la 
chambre de céans, que C______ était à l'époque domiciliée à la rue Q______ (son 
ancien domicile), et qu'elle était aujourd'hui domiciliée chez elle. Elle ne saurait 
toutefois convaincre lorsqu'elle explique qu'il s'agit d'une ONG internationale qui 
n'a pas de lien avec sa famille, et qui est destinée à venir au secours des enfants, 
dans le monde entier. Elle a, en effet, finalement admis - confrontée aux pièces 
produites et aux renseignements issus de CALVIN - que ladite ONG ne vivait de 
rien, et que toutes les entrées figurant sur les extraits de livres de caisse produits, 
intitulés sponsoring provenaient toutes soit de son mari soit de ses grands enfants 
nés d'un autre lit (dont M. E______ qui avait signé son contrat de travail pour le 
compte de l'ONG) et que la quasi totalité des débits, étaient les montants qui lui 
étaient versés comme salaires [à l'exception de deux versements pour l'AVS 
(charges sociales) dépendant de son salaire. Si en effet l'extrait de compte 
individuel 2016 mentionne le montant de CHF 14'400.-, soit le salaire annuel de la 
recourante auprès de C______, l'activité qu'elle décrit avoir déployée pour l'ONG 
n'est pas démontrée, et là encore – comme pour D______ - elle n'a produit aucune 
pièce susceptible de rendre vraisemblable une quelconque activité de cette entité. 

Enfin, comme cela ressort du dossier et comme l'a relevé l'intimée avec pertinence, 
le mari de la recourante est par ailleurs administrateur unique avec signature 
individuelle de la société F______ AG, inscrite au RC de Zurich en 2015 (recte : 24 
mai 2016), dont le siège social est à la même adresse que D______, et dont le but 
social est similaire à celui de cette dernière. Or, selon la jurisprudence, il peut par 
ailleurs arriver qu'une personne soit économiquement propriétaire de plusieurs 
entreprises. Si l'une d'entre elles tombe en faillite et que l'intéressé (qui occupait au 
sein de celle-ci une position analogue à celle d'un employeur) a la possibilité 
d'exercer une activité du même type au sein d'une autre entreprise qu'il contrôle, le 
droit à l'indemnité de chômage doit également être nié. Dans une telle éventualité le 
risque d'abus que représente le versement d'indemnités à un travailleur jouissant 
d'une situation comparable à celle d'un employeur est également réalisé (arrêt du 
Tribunal fédéral C.203/06 et C.292/06 du 29 août 2007 consid. 4.2 et les références 
citées; ATAS/200/2018 du 1er mars 2018). Les mêmes principes sont applicables au 
conjoint de l'intéressé, de sorte que là encore le risque de contournement de la 
législation sur le chômage existe bel et bien. Les allégations de la recourante selon 
lesquelles cette société serait en difficultés financières ne sont ni démontrées ni 

 
 
 

 

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pertinentes en l'occurrence, puisque cette société était encore inscrite et active en 
novembre 2019 (au moment où l'intimée a imprimé l'extrait du RC de Zurich pour 
produire la pièce). 

7. Au vu de ce qui précède, le recours est en tous points mal fondé et doit être rejeté. 

8. Pour le surplus, la procédure est gratuite. 

 

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Florence SCHMUTZ 

 Le président 
 
 
 
 

Mario-Dominique TORELLO 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’au Secrétariat 
d'État à l'économie par le greffe le