# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2f186ef3-0fd1-517f-b744-decd808e2618
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des curatelles Arrêt / 2019 / 175
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_008_Arr-t---2019---175_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

OC16.034012-190233

 37 

 

 

 

CHAMBRE
DES CURATELLES

____________________________________

Arrêt
du 26 février 2019

__________________

Composition
:               M.             
Krieger,
président

             
              M.             
Colombini et Mme Kühnlein, juges

Greffier
              :             
Mme              Nantermod Bernard Bernard

 

 

*****

 

 

Art.
138 al. 3 let. a CPC

 

 

             
La Chambre des curatelles du Tribunal cantonal prend séance pour statuer sur le recours interjeté
par A.F.________,
à Genève, et B.F.________,
au Sentier, contre la décision rendue le 12 octobre 2018 par la Justice de paix du district du Jura-Nord
vaudois dans la cause concernant B.F.________.

 

             
Délibérant à huis clos, la Chambre voit :

En
fait et en droit:

 

 

1.
              Par
décision du 12
octobre 2018, adressée pour notification le 29 novembre 2018, la Justice de paix du district du
Jura-Nord vaudois (ci-après : justice de paix) a maintenu la curatelle de représentation
et de gestion au sens des art. 394 al. 1 et 395 al. 1 CC (Code civil suisse du 10 décembre 1907 ;
RS 210) instituée en faveur d’B.F.________, née le [...] 1929, domiciliée au Sentier
(I) ; a maintenu T.________ dans ses fonctions de curateur, ses tâches restant celles énoncées
sous ch. IV de la décision d’institution de la mesure du 6 mai 2016 (II) ; a autorisé
en l’état le curateur à verser à A.F.________, au nom et pour le compte d’B.F.________,
un montant de 1'000 fr. par mois (III) ; a invité le curateur à signaler sans délai
à l’autorité de protection tout changement dans la situation financière de sa protégée
justifiant un réexamen de l’autorisation donnée sous ch. III ci-dessus (IV) et a mis
les frais de la décision, par 300 fr., à la charge d’B.F.________ (V).

 

             
Estimant que les conditions de la curatelle étaient
toujours réalisées, les premiers juges ont maintenu la mesure instituée le 6 mai 2016
en faveur 
d’B.F.________ et ont autorisé
le curateur à verser à A.F.________, fille unique de la personne concernée, un montant
maximal de 12'000 fr. par an, considéré comme un présent d’usage au sens de l’art.
412 al. 1 CC ; cette appréciation serait toutefois réexaminée régulièrement
au moment du dépôt des comptes annuels ou en tout cas si la situation se modifiait.

 

 

2.
              Par
courrier à la justice de paix
du 8 février 2019 et remis à la poste
le 11 du même mois, A.F.________ et B.F.________ ont recouru contre la décision précitée.

 

 

3.

3.1             
Le recours est dirigé contre une décision
de la justice de paix maintenant une curatelle de représentation et de gestion au sens des art.
394 al. 1 et 395 al. 1 CC en faveur d’B.F.________.             

 

3.2             
Les décisions de l’autorité de protection de l’adulte peuvent faire l’objet
d’un recours devant la Chambre des curatelles (art. 450 al. 1 CC ; 8 LVPAE [loi du 29 mai
2012 d’application du droit fédéral de la protection de l’adulte et de l’enfant ;
BLV 211.255] et 76 LOJV [loi d’organisation judiciaire du 12 décembre 1979 ; BLV 173.01]),
dans les trente jours dès la notification de la décision (art. 450b al. 1 CC). Le recours peut
être formé par toute personne partie à la procédure, par les proches de la personne
concernée ainsi que par les personnes ayant un intérêt juridique à l’annulation
ou à la modification de la décision attaquée (art. 450 al. 2 CC). 

 

             
Les dispositions de la procédure civile s’appliquent par analogie devant l’instance
judiciaire de recours (art. 450f CC).

 

             
Aux termes de l’art. 138 al. 3 let. a CPC (Code de procédure civile du 19 décembre
2008 ; RS 272), l’acte est réputé notifié en cas d’envoi recommandé,
lorsque celui-ci n’a pas été retiré, à l’expiration d’un délai
de sept jours à compter de l’échec de la remise, si le destinataire devait s’attendre
à recevoir la notification (Colombini, Code de procédure civile, Condensé de la jurisprudence
fédérale et vaudoise, Lausanne 2018, n. 7.1.1 ad art. 138 al. 3 CPC, p. 577).

 

             
En vertu de l’art. 142 al. 3 CPC, si le dernier jour du délai échoit un samedi, un dimanche
ou un jour férié reconnu par le droit fédéral ou le droit cantonal du siège
du tribunal, le délai expire le premier jour ouvrable qui suit.

 

             
Selon l’art. 143 al. 1 CPC, les actes doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai
soit au tribunal soit à l’attention de ce dernier, à la poste suisse ou à une représentation
diplomatique ou consulaire suisse.

 

             
Les délais légaux ne peuvent pas être prolongés (art. 144 al. 1 CPC).

 

3.3             
En l’espèce, la décision attaquée a été adressée pour notification
aux recourantes sous plis recommandés le 29 novembre 2018. Selon le suivi des envois de la Poste,
elle est arrivée à l’office de retrait/distribution du Sentier le 30 novembre 2008 et
à celui de Genève 4 Plainpalais le 1er
décembre 2018. Les recourantes n’ont pas retiré les plis recommandés alors qu’elles
devaient s’attendre à une telle notification, lesquels sont réputés leur avoir été
notifiés respectivement les 8 et 10 décembre 2018, à l’échéance du délai
de garde postal. La communication sous pli simple intervenue ultérieurement, le 11 janvier 2018,
après l’échéance du délai de recours ne faisant pas partir un nouveau délai
de recours, celui-ci, daté du 8 février 2019 et posté le 11 février 2019, est dès
lors tardif. Le vice tiré de la tardiveté est irréparable et entraîne l’irrecevabilité
de l’acte.

 

             
En conséquence, le recours doit être déclaré irrecevable. 

 

 

4.

4.1
              En
conclusion, le recours est irrecevable.

 

4.2
              Le
présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires de deuxième instance (art. 74a
al. 4 TFJC [Tarif du 28 septembre 2010 des frais judiciaires civils ; BLV 270.11.5]).

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des curatelles du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais judiciaires de deuxième instance, est exécutoire.

 

Le
président :              Le greffier
:

 

 

 

 

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

-    
Mme B.F.________,

‑             
Mme A.F.________,

‑             
M. T.________,

 

et
communiqué à :

 

‑             
M. le Juge de paix du district du Jura-Nord vaudois,

 

par
l'envoi de photocopies.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente
jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Le greffier :