# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 374b8ceb-9e3f-5555-b217-0c890e7986b4
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-05-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 21.05.2008 A/2853/2007
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-2853-2007_2008-05-21.pdf

## Full Text

Siégeant : Maya CRAMER, Présidente; Christine BULLIARD MANGILI et Monique 
STOLLER FÜLLEMANN, Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/2853/2007 ATAS/603/2008 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 
ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 5 

du 21 mai 2008 

 

En la cause 

Monsieur M______, domicilié à PLAN-LES-OUATES 

 

 

recourant 

 

contre 

LA CAISSE CANTONALE GENEVOISE DE COMPENSATION, 

sise route de Chêne 54, GENEVE 

intimée 

 

 

 

 

 

A/2853/2007 

- 2/8 - 

EN FAIT 

1. Monsieur M______, né en 1942 et domicilié officiellement à Genève, est assujetti 

au paiement des cotisations AVS/AI/APG/AC/AF/AMAT en tant que personne 

sans activité lucrative. 

2. Selon la communication non signée de l'administration fiscale du 13 juin 2005 à 

l'attention de la Caisse cantonale genevoise de compensation (ci-après : la caisse, 

puis l'intimée), la fortune nette totale (pour les couples : fortune du couple) au 31 

décembre 2003, y compris la fortune imposée en dehors du canton, est de 331'079 

fr. Le revenu acquis sous forme de rente (pour les personnes mariées, le revenu 

acquis sous forme de rente par l'épouse et l'époux) est en 2003 de 57'762 fr. Sous 

divers, il est indiqué sur cette communication qu'il s'agit d'une rente française. 

3. Par lettre du 24 novembre 2005, postée en France, l'assuré s'adresse à 

l'administration fiscale, en faisant référence à son courrier reçu le 7 juin 2005 

concernant l'imposition de l'année 2003. Il s'étonne que l'administration fiscale ait 

retenu le revenu de sa femme pour son imposition. Il mentionne que, durant 

l'activité de sa femme en tant que fonctionnaire internationale, il était imposé 

comme célibataire sans enfant. Sa femme a maintenant le statut de retraitée de 

fonctionnaire international française, vivant et payant ses impôts en France. Depuis 

ce moment, l'administration a inclus sa rente et son patrimoine dans le bordereau 

d'impôt suisse de l'intéressé. Il a indiqué également ce qui suit : 

"depuis que ma femme a accepté de me loger dans sa maison familiale en 

France, à l'automne 1994 et que j'étais en traitement pour une 

dépression et une maladie du cœur, bénéficiant de son assurance-

maladie de l'ONU, elle a bien accepté de me prendre en charge durant 

ce traitement, sachant que j'étais en faillite depuis nov. 1991 donc sans 

revenus et moyens de gagner ma vie. 

Jamais, je n'ai reçu de vous une imposition quelle qu'elle soit, durant une 

dizaine d'années où je n'avais aucun revenu. J'étais entièrement à la 

charge de ma femme qui a bien voulu m'accepter étant le père de nos 

enfants, car nous étions séparés depuis 8 ans. 

Par un respect de l'administration et comme bonne citoyenne, elle a 

voulu clarifier ma situation avec les impôts. Sans jamais se douter qu'elle 

serait aussi taxée par mon intermédiaire, surtout qu'elle n'a jamais eu 

affaire à l'administration fiscale du canton de Genève." 

 

 

 

 

 

A/2853/2007 

- 3/8 - 

4. Selon la communication non signée du 17 mars 2006 de l'administration fiscale à la 

caisse, l'assuré ne dispose d'aucune fortune au 31 décembre 2004 et a acquis un 

revenu sous forme de rente de retraite de 60'000 fr.  

5. Aux termes de la communication non signée du 31 janvier 2007 de l'administration 

fiscale à la caisse, la fortune et les revenus de l'assuré au 31 décembre 2005 sont 

identiques à ceux de 2004. 

6. Par courrier du 2 février 2007 à l'administration fiscale, l'assuré conteste le 

bordereau de paiement d'un montant de 1'441 fr., tout en expliquant qu'il ne touche 

qu'une rente AVS de 1'538 fr. depuis le mois de février 2007 et n'a aucune autre 

ressource. Il n'a jamais mélangé avec sa femme les deux revenus, lorsque celle-ci 

travaillait à l'ONU. Elle refuse totalement tout paiement d'impôts en Suisse, dans la 

mesure où elle les paie en France. 

7. Le 12 mars 2007, la caisse notifie à l'assuré une décision de cotisations pour 2003 

d'un montant de 2'907 fr. 20, fondée sur une fortune de 331'079 fr. et un revenu 

acquis sous forme de rente de 57'762 fr. A la même date, elle lui notifie également 

deux décisions de cotisations pour 2004 et 2005 d'un montant de 2'387 fr. 80, 

fondées sur un revenu acquis sous forme de rente de 60'000 fr. 

8. Par courrier du 10 avril 2007, l'assuré forme opposition aux décisions du 12 mars 

2007 de la caisse, en expliquant qu'il dispose uniquement d'une rente AVS. 

Auparavant, il touchait une rente d'invalidité d'un montant de 1'340 fr. par mois.  

9. Par décision du 18 juin 2007, la caisse rejette l'opposition de l'assuré, au motif que 

les cotisations des personnes mariées et assujetties aux cotisations AVS/AI/APG 

sont déterminées selon la loi sur la base de la moitié de la fortune et du revenu sous 

forme de rente du couple et ceci indépendamment du régime matrimonial. Le 

régime AVS ne connaît pas le statut de "conjoint séparé", de sorte que c'est la 

procédure applicable aux personnes mariées qui est suivie, même dans cette 

hypothèse. Pour calculer les cotisations dues, la caisse explique qu'elle s'est fondée 

sur la moitié de la fortune et des revenus sous forme de rente du couple. Si l'assuré 

persiste à les contester, il lui appartient de s'adresser à l'administration fiscale. Elle 

attire enfin son attention sur la possibilité de demander une réduction de ses 

cotisations personnelles. 

10. Par courrier du 17 juillet 2007 à la caisse, avec copie au Tribunal de céans, l'assuré 

conteste la décision sur opposition précitée, en concluant à sa "révision". Il reprend 

pour l'essentiel son argumentation antérieure. Il fait par ailleurs valoir que les 

décisions de cotisation sont fondées sur des communications fiscales totalement 

erronées. Il ne peut pas forcer sa femme à payer une partie de ses impôts et 

cotisations. 

 

 

 

 

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- 4/8 - 

11. Considérant cette lettre comme un recours, le Tribunal de céans ouvre une 

procédure et impartit le 23 juillet 2007 à la caisse un délai au 14 septembre suivant 

pour se déterminer sur le recours. 

12. Par courrier du 23 juillet 2007, la caisse répond à l'assuré qu'elle prend note de ses 

difficultés financières et lui adresse un formulaire de demande de réduction, tout en 

l'invitant à le lui retourner dûment complété et signé. Elle précise en outre qu'il n'a 

jamais été question de cotisations de son épouse.  

13. Par demande du 20 août 2007, l'assuré requiert de la caisse une réduction des 

cotisations personnelles AVS/AI/APG, en indiquant qu'il est séparé de son épouse, 

née en 1934, depuis 1986 et que son seul revenu est une rente AVS de 1'538 fr. par 

mois. Il ne peut pas payer plus que 436 fr. 80 par année à titre de cotisations 

sociales.  

14. Par courrier du 29 août 2007, la caisse répond à l'assuré qu'elle suspend l'examen de 

sa demande de réduction jusqu'à droit jugé dans la procédure pendante devant le 

Tribunal de céans. 

15. Dans sa réponse au recours du 12 septembre 2007, l'intimée conclut au rejet de 

celui-ci, tout en se référant à sa décision sur opposition. 

16. A la demande du Tribunal de céans, l'Office cantonal des personnes âgées (ci-

après : OCPA) lui fait savoir que le recourant n'est pas connu de ses services.  

17. Par courrier du 3 avril 2008, l'intimée transmet au Tribunal de céans les 

communications fiscales concernant le recourant pour les années 2003, 2004 et 

2005. Elle constate par ailleurs que ses décisions sont erronées, dans la mesure où 

elles ne tiennent compte que des montants communiqués par l'administration fiscale 

suisse, alors même que l'épouse du recourant réside en France. Or, pour fixer les 

cotisations personnelles du recourant, elle a également besoin de connaître les 

revenus et la fortune de son épouse. Si ceux-ci ne pouvaient être obtenus par le 

recourant, elle devrait les requérir au moyen du formulaire E 001. L'intimée 

propose ainsi que le Tribunal de céans interroge le recourant sur les éléments 

nécessaires au calcul des cotisations d'une personne mariée sans activité lucrative. 

18. A l'audience de comparution personnelle des parties du 7 mai 2008, seule l'intimée 

se présente. Elle admet que le calcul des cotisations du recourant est erroné. Dans la 

mesure où tous les éléments de calcul ne sont pas connus, elle conclut à ce que la 

cause lui soit renvoyée pour instruction complémentaire et, ceci fait, nouvelle 

décision. 

19. A l'issue de cette audience, la cause est gardée à juger. 

 

 

 

 

 

A/2853/2007 

- 5/8 - 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch.1 de la loi genevoise sur l'organisation 

judiciaire (LOJ), le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance 

unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale 

du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA), relatives à la loi 

fédérale sur l’assurance-vieillesse et survivants du 20 décembre 1946 (LAVS). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Interjeté en temps utile, le recours est recevable (art. 56 ss LPGA) 

3. Le litige porte sur les décisions de cotisations personnelles du recourant pour les 

années 2003, 2004 et 2005. 

4. a) Selon l'art.1a al.1 let. a LAVS, les personnes physiques domiciliées en Suisse 

sont assurées conformément à la loi. 

Les personnes sans activité lucrative sont tenues de payer des cotisations à compter 

du 1
er

 janvier de l'année qui suit la date à laquelle elles ont eu 20 ans, cette 

obligation cesse à la fin du mois où les hommes atteignent l'âge de 65 ans (art. 3 al. 

1 LAVS) 

Les conjoints sans activité lucrative d'assurés exerçant une activité lucrative sont 

réputés avoir payé eux-mêmes des cotisations, pour autant que leur conjoint ait 

versé des cotisations équivalentes au moins au double de la cotisation minimale 

(art. 3 al.3, let. a LAVS). 

Les assurés n'exerçant aucune activité lucrative paient une cotisation selon leur 

condition sociale (art. 10 al. 1 LAVS). Le Conseil fédéral édicte des prescriptions 

plus détaillées sur le calcul des cotisations (art. 10 al. 3 LAVS). 

Selon l'art. 28 RAVS, les cotisations des personnes sans activité lucrative, pour 

lesquelles la cotisation minimum (art. 10 al. 2 LAVS) n’est pas prévue, sont 

déterminées sur la base de leur fortune et du revenu qu’elles tirent des rentes. Les 

prestations propres à cette assurance ne font pas partie du revenu sous forme de 

rente (al. 1 première phrase). 

Si une personne n’exerçant aucune activité lucrative dispose à la fois d’une fortune 

et d’un revenu sous forme de rente, le montant de la rente annuelle multiplié par 20 

est ajouté à la fortune (al. 2). 

Pour calculer la cotisation, on arrondit la fortune aux 50'000 francs inférieurs, 

compte tenu du revenu annuel acquis sous forme de rente multiplié par 20 (al. 3). 

 

 

 

 

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- 6/8 - 

Si une personne mariée doit payer des cotisations comme personne sans activité 

lucrative, ses cotisations sont déterminée - indépendamment du régime patrimonial 

des époux - sur la base de la moitié de la fortune et du revenu sous forme de rente 

du couple (al. 4; VSI 1999 P.118). Cette règle est également valable, lorsqu'un seul 

conjoint est assuré à l'AVS et est soumis à l'obligation de cotiser (Directives sur les 

cotisations des travailleurs indépendants et des personnes sans activité lucrative - 

DIN - ch. 2078). 

Dans un arrêt publié aux ATF 127 V 67 (consid. 3a et les références), le Tribunal 

fédéral des assurances a confirmé la conformité à la constitution et à la loi de l'art. 

28 al. 4 RAVS, à teneur duquel les cotisations des personnes mariées qui n'exercent 

aucune activité lucrative, sont déterminées sur la base de la moitié de la fortune et 

du revenu sous forme de rente du couple.  

Enfin, l'art. 1bis RAI et l'art. 36 du règlement sur les allocations pour perte de gain 

prévoient un barème pour la perception des cotisations ainsi que l'application 

analogique des art. 28 à 30 RAVS. 

b) Selon l'art. 72 al. 1 LAVS, pour exercer ses fonctions de surveillance au sens de 

l’art. 76 LPGA, le Conseil fédéral peut charger l’office compétent de donner aux 

organes d’exécution de l’assurance des instructions garantissant une pratique 

uniforme. Il peut en outre autoriser l’office à établir des tables de calcul des 

cotisations et des prestations dont l’usage est obligatoire. L'OFAS a ainsi édicté des 

tables de cotisations "Indépendant et personnes sans activité lucrative dont l'usage 

est obligatoire (arrêt du Tribunal fédéral des assurances du 28 septembre 2001 H 

99/2001). 

5. En l'espèce, l'intimé a déterminé pour 2003 les cotisations du recourant sur la base 

des rentes et de la fortune du couple. Il ne les a cependant pas divisés par deux, 

alors même que seul un des époux est tenu de payer des cotisations sociales. 

Pour 2004 et 2005, les cotisations ont été calculées uniquement en fonction des 

rentes du couple, sans tenir compte de sa fortune. Cet élément n'est par ailleurs pas 

connu pour ces années. 

L’autorité administrative doit constater d’office les faits déterminants, c’est-à-dire 

toutes les circonstances dont dépend l’application des règles de droit (ATF 117 V 

261 consid. 3 p. 263 ; T. LOCHER Grundriss des Sozialversicherungsrecht, Bern 

1994, t.1, p. 438) . Ainsi l’administration est tenue d’ordonner une instruction 

complémentaire lorsque les allégations des parties et les éléments ressortant du 

dossier requièrent une telle mesure (ATF 117 V 282 consid. 4a, p. 283 ; RAMA 

1985 p. 240 consid.4 ; LOCHER loc. cit.). De son côté le juge qui considère que les 

faits ne sont pas suffisamment élucidés peut renvoyer la cause à l’administration 

pour complément d’instruction ou procéder lui-même à une telle instruction 

complémentaire (RAMA 1993 p. 136). 

 

 

 

 

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- 7/8 - 

En l'occurrence, il appert que les décisions de l'intimée sont manifestement 

erronées, comme cette dernière l'admet elle-même. Partant, il sied de les annuler. 

Cependant, l'instruction est incomplète. Aussi, la cause sera-t-elle renvoyée à 

l'intimée pour instruction complémentaire et, ceci fait, nouvelle décision. 

Le recours sera par conséquent partiellement admis. 

 

 

 

 

 

 

 

A/2853/2007 

- 8/8 - 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. L'admet partiellement. 

3. Annule la décision du 18 juin 2007. 

4. Renvoie la cause à l'intimée pour instruction complémentaire au sens des 

considérants et, ceci fait, nouvelle décision. 

5. Dit que la procédure est gratuite. 

6. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 

juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 

moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 

être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 

recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Claire CHAVANNES 

 La Présidente 

 

 

 

 

Maya CRAMER 

 

 

 

 
 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le