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**Case Identifier:** 8d27bea7-d0a9-5297-9342-1d01339b88c9
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2012-02-10
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 10.02.2012 C/23720/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-23720-2011_2012-02-10.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 14.02.2012. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/23720/2011 ACJC/171/2012 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 10 FEVRIER 2012 

 

Entre 

Alain (prénom fictif) AB________, domicilié _______ à Genève, appelant d'un arrêté 
du Conseil d'Etat daté du 21 septembre 2011, comparant en personne, 

et 

CONSEIL D'ETAT, p.a. Chancellerie d'Etat, rue de l'Hôtel-de-Ville 2, 1204 Genève, 

 

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EN FAIT 

A. Par arrêté du 21 septembre 2011, le CONSEIL D'ETAT a rejeté la requête en 
changement de nom présentée par Alain AB________. 

 En bref, cette autorité a retenu que le changement de nom n'était motivé que par 

des raisons subjectives et de convenance personnelle non compatibles avec 

l'art. 30 CC. 

B. Le 20 octobre 2011, Alain AB________ a formé recours contre l'arrêté précité. 

 Il n'a pas pris de conclusions formelles. 

 En substance, il a persisté dans ses arguments déjà exposés antérieurement, 

reproché à la décision attaquée de s'en tenir uniquement au côté juridique de la 

situation mettant, de côté l'aspect humain et émotionnel, et a invoqué ses "droits 

fondamentaux". 

 Par mémoire-réponse du 23 décembre 2011, le CONSEIL D'ETAT a conclu au 

rejet du recours. 

C. Il ressort de la procédure les faits pertinents suivants : 

a) Aux termes de son acte de naissance, Alain B______ est né le _______1991 de 
Madame B_______. 

 Selon mention portée en marge de cet acte de naissance, l'enfant a été reconnu par 

Monsieur A_______, ressortissant turc. 

b) Avec l'accord de sa mère, Alain B______ a été confié à son père, qui s'est 
installé avec lui en Suisse le 28 juin 1996. 

 A une date indéterminée, Alain B______ a obtenu la nationalité suisse par 

naturalisation facilitée. 

 Monsieur A_______ a épousé Madame C_______ (devenue alors Madame 

AC______) à Genève en 1996. Dès son mariage, celle-ci a pourvu à l'éducation de 

Alain B______. 

c) Par requête du 1er avril 2003, Madame AC_______ a conclu à l'adoption de 
Alain B______. 

 Monsieur A_______ et Madame B_______ ont donné leur consentement à 

l'adoption. 

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 Par déclaration écrite du 3 décembre 2003, Alain B______ a exprimé son souhait 

d'être adopté par AC_______, tout en précisant: "J'ai eu assez de mal à accepter, 

car je devrais changer de nom et m'appeler A_______, mais j'ai finalement 

accepté parce que l'on m'a dit que lorsque je serai majeur, je pourrai faire une 

demande pour redevenir B_______ en espérant de tout cœur que la démarche 

réussira". 

 Par pli du 18 avril 2004, Alain B______ a réitéré sa volonté d'être adopté, quelles 

qu'en soient les conséquences. 

 Par décision du 26 avril 2004, la Cour de justice a prononcé l'adoption de Alain 

B______ par AC_______. 

 Selon avis d'adoption, la Direction cantonale de l'Etat civil a communiqué 

qu'ensuite de l'adoption, l'enfant adopté portait désormais les noms et prénoms de 

Alain A______. 

d) Le 25 mai 2009, Alain A______ a saisi le Conseil d'Etat d'une requête en 
changement de nom, motivée ainsi : "Le nom A_______ est un nom qui n'a 

aucune consonance francophone. Personne n'arrive à le prononcer ou à l'écrire 

correctement. De plus c'est un nom auquel, depuis mon adoption, je n'ai pu 

m'habituer. C'est pourquoi j'aimerais reprendre mon nom de B_______, que je 

portais avant mon adoption. Nom auquel je suis toujours habitué car je me 

présente souvent sous ce nom. De plus étant un nom francophone, il va très bien 

avec mes prénoms francophones eux aussi". 

 A la requête de la Direction cantonale de l'Etat civil, Alain A______ a précisé 

qu'un juriste consulté par sa mère adoptive était à l'origine de l'assurance qui lui 

avait été donnée de pouvoir requérir de s'appeler à nouveau B_______ à sa 

majorité, telle qu'exposée dans sa déclaration du 3 décembre 2003. Il a produit 

copie d'une note interne d'étude d'avocat, comportant la phrase suivante : "Le fils 

de votre ami prendra vraisemblablement le nom familial suite à son adoption. Il 

pourra tenter de reprendre son nom originel aux conditions prévues par l'art. 30 

al. 1 CC, mais sans grande chance de succès". 

 Alain A______ a également produit copies de document scolaires établis au 

double nom A______ B________, de cartes postales à lui adressées au nom de 

B_______, d'une déclaration de son père, traducteur-juré, indiquant notamment 

que A_______ signifie en turc "brave, costaud, intrépide" et se transcrit mal en 

caractères romains. 

e) Par courrier du 5 février 2010, la Direction cantonale de l'Etat civil a 
communiqué à Alain A______ qu'elle considérait la requête en changement de 

nom comme infondée et l'a invité à lui faire connaître s'il persistait dans sa 

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demande, laquelle serait cas échéant transmise au Conseil d'Etat pour décision 

formelle. 

 Par lettre du 1
er

 mars 2010, Alain A______ a persisté dans sa requête. Il a encore 

précisé, pièces à l'appui, que les autorités françaises le connaissaient sous le 

patronyme de B_______, et le "nom d'usage" de B_______-A_______, qu'il avait 

consenti à son adoption tout en signalant à l'autorité judiciaire qu'il n'acceptait le 

changement de nom que temporairement et formerait une requête pour reprendre 

son nom de naissance à la majorité. 

 Il a encore produit une attestation, datée du 28 janvier 2011, d'un 

psychothérapeute dont il résulte qu'il avait consulté pour un mal-être et une gêne 

autour de la problématique de son nom. 

Par lettre du 11 avril 2011, il a signalé à l'autorité des "faits nouveaux", à savoir 

qu'il pensait être l'objet de discriminations à cause de son nom turc, et produit un 

article de presse du 6 avril 2011 ainsi que trois courriers non motivés de refus 

d'offres d'emploi. 

EN DROIT 

1. Selon l'art. 30 al. 1 CC, le gouvernement du canton de domicile peut, s'il existe de 
justes motifs, autoriser une personne à changer de nom. 

 L'art. 54 al. 1 Tit. Fin. CC dispose que lorsque le code civil fait mention de 

l'autorité compétente, les cantons la désignent parmi les autorités existantes ou 

parmi celles qu'ils jugent à propos d'instituer. Ils règlent la procédure, à moins que 

le code de procédure civile du 19 décembre 2008 ne soit applicable. 

 L'art. 103 al. 1 LaCC prévoit que le Conseil d'Etat est l'autorité compétente pour 

les autorisations de changement de nom. 

 Selon l'art. 103 al. 2 LaCC, la Chambre civile de la Cour de justice est compétente 

pour connaître des recours contre les décisions visées à l'alinéa 1. 

2. L'art. 1 let. b CPC dispose que cette loi règle la procédure applicable devant les 
juridictions cantonales aux décisions judiciaires de la juridiction gracieuse. 

 Les affaires civiles gracieuses qui ne relèvent pas d'un juge ne sont pas soumises 

obligatoirement au CPC; il s'agit en particulier de toutes les affaires relevant des 

autorités administratives, telles les procédures en changement de nom  

- art. 30 CC - dans la mesure où le droit cantonal désigne comme compétente une 

autorité administrative (HALDY, Code de procédure civile commenté, ad art. 1 

n. 15). 

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 Il s'ensuit que la présente cause, soumise en première instance à la procédure 

administrative, relève du CPC au stade du recours, puisque celui-ci est de la 

compétence d'une autorité judiciaire. 

3. Les décisions judiciaires de la juridiction gracieuse en matière civile sont 
soumises à la procédure sommaire (art. 248 let. e CPC). La maxime inquisitoire 

s'applique (art. 255 let. b CPC). 

3.1 L'art. 308 al. 1 let. a CPC prévoit que l'appel est recevable contre les décisions 
finales et les décisions incidentes de première instance. 

 Peu importe que celles-ci aient été rendues en matière gracieuse ou contentieuse, 

qu'elle soit issue d'une procédure ordinaire, simplifiée ou sommaire (JEANDIN, 

Code de procédure civile commenté, ad art. 308 n. 3). 

 L'appel, écrit et motivé, est introduit dans les 30 jours (art. 311 CPC), sauf en 

procédure sommaire, où le délai est de 10 jours (art. 314 CPC). 

 L'appel doit être motivé, Cela signifie que l'appelant a le fardeau d'expliquer les 

motifs pour lesquels le jugement attaqué doit être annulé et modifié. La maxime 

inquisitoire et la maxime d'office ne dispensent pas l'appelant de motiver 

correctement (JEANDIN, op. cit., ad art. 311 n. 3). 

3.2 En l'occurrence, la décision attaquée n'était pas soumise au CPC, de sorte que 
le délai valant en procédure sommaire - dont la Cour fait application - ne s'impose 

pas. Au demeurant, le Conseil d'Etat a fait mention, dans sa décision, d'un délai de 

recours de 30 jours, dont l'appelant peut se prévaloir de bonne foi. 

 L'acte d'appel, émanant d'un plaideur en personne, ne comporte pas de 

conclusions, ni de critiques véritables de la décision. On peut toutefois 

comprendre que l'appelant entend obtenir l'annulation de cette décision, et 

l'admission de la requête qu'il a formée. 

 L'appel sera donc considéré comme recevable, ce que l'intimé ne conteste au 

demeurant pas. 

4. L'art. 30 al. 1 CC permet d'autoriser une personne à changer de nom, s'il existe de 
justes motifs. 

4.1 Il y a de justes motifs lorsque l'intérêt du requérant - en tant qu'individu et de 
lui seul - à porter un nouveau nom l'emporte sur l'intérêt de l'administration et de 

la collectivité à l'immutabilité du nom acquis et inscrit à l'état civil, et sur l'intérêt 

public à la fonction d'individualisation du nom (ATF 136 III 161 consid. 3.1.1); 

l'autorisation de changer de nom peut être justifiée par des considérations d'ordre 

moral, spirituel ou affectif (ATF 126 III 401 consid. 2b), par le caractère inadapté, 

ridicule, choquant ou odieux du nom (ATF 108 II 247 consid. 4c), voire par des 

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motifs professionnels ou administratifs (ATF 136 III 161 consid. 3.1.1); en toute 

hypothèse, cet intérêt doit être apprécié sur la base de critères objectifs (ATF 136 

III 161 consid. 3.1.1). 

 Le droit au nom fait partie de la personnalité (ATF 126 III 1 consid. 3c), et 

lorsqu'un changement de statut entraîne un changement de nom, l'intensité de 

l'atteinte augmente en fonction de la durée du port du nom précédent par 

l'intéressé. Le nombre d'années du port du nom ne saurait constituer un critère 

valable pour une délimitation bien fondée. L'argument de la durée comme 

justification du souhait de garder son  nom aboutit plutôt à l'exigence générale de 

pouvoir refuser le nom acquis par adoption de majeur (ATF 137 III 97). 

 La diversité des réglementations concernant le nom ne peut pas à elle seule 

justifier l'application de l'art. 30 al. 1 CC (ATF 126 III 1 consid. 4). 

4.2 Selon l'art. 267 al. 1 CC, l'enfant acquiert le statut juridique d'un enfant de ses 
parents adoptifs. 

 De par la loi, l'adoption entraîne donc pour l'adopté l'acquisition du nom de 

famille de l'adoptant (art. 270 al. 2 CC). 

 Compte tenu de cette réglementation claire, le Tribunal fédéral a dit que les 

inconvénients normalement liés à un changement de nom opéré à la suite d'une 

adoption ne constituent pas un juste motif de conserver le nom porté jusqu'alors: 

celui qui accepte d'être adopté doit assumer les conséquences légales de l'adoption 

(ATF 105 II 67 /68 consid. 3). 

 Il n'en reste pas moins que l'adopté peut reprendre son nom antérieur aux 

conditions ordinaires du changement de nom telles qu'elles ont été prévues à 

l'art. 30 al. 1 CC (HEGNAUER, Berner Kommentar, n. 37 ad art. 267 CC; 
HEGNAUER/SCHNEIDER, Droit suisse de la filiation, Berne 1978, p. 80; 

GROSSEN, Fiche juridique suisse 1357, p. 3 ch. III). Le principe de l'adoption 

plénière énoncé à l'art. 267 al. 1 CC n'a pas pour effet intangible que l'adopté doit 
conserver le nom de l'adoptant. On ne saurait se voir contraint à renoncer à 

l'adoption par cette seule raison: si l'adopté a un motif sérieux de reprendre son 

nom, il est fondé à s'en prévaloir après l'adoption, sur la base de l'art. 30 al. 1 CC, 

sans qu'on puisse lui reprocher de chercher à éluder les conséquences de l'art. 267 

al. 1 CC pour s'arroger une faculté de choix non prévue par la loi (ATF 136 III 

161 consid. 3; ATF 108 II 1 consid. 3). 

 Tout récemment, le Tribunal fédéral a modifié sa jurisprudence. Il considère 

désormais que le souhait de l'adulte adopté de continuer à porter son nom de 

famille d'origine peut constituer un juste motif selon l'art. 30 al. 1 CC. Il relève 

que les deux arrêts précédemment cités (ATF 105 II 65 et 108 II 1) datent de 1979 

et 1982 et étaient basés sur la révision du droit de l'adoption selon la loi fédérale 

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du 30 juin 1972. Le Tribunal fédéral avait alors accordé une importance décisive à 

la genèse et aux motifs de cette loi, récente. Depuis lors, l'importance du nom 

comme signe d'appartenance à une famille a diminué (ATF 126 III 1 consid. 1). 

Les révisions ultérieures du CC ont limité les effets des changements de statut sur 

le nom des majeurs, en accordant un poids accru au choix individuel du nom (cf. 

art. 30 al. 2 CC: choix du nom de l'épouse comme nom de famille; art. 119 

al. 1 CC: reprise du nom précédent par l'époux divorcé; art. 160 al. 2 CC, 

préposition du nom porté jusqu'alors par l'un des époux devant leur nom de 

famille commun). Aujourd'hui, il faut tenir compte de ces changements dans le 

cadre de l'appréciation des justes motifs au sens de l'art. 30 al. 1 CC. Qui plus est, 

le Tribunal fédéral a relativisé l'importance du nom de famille dans sa 

jurisprudence récente au sujet du changement de nom de l'enfant. Au vu de 

l'évolution récente des conceptions sociales, l'argument général selon lequel 

l'intérêt d'un enfant commanderait une unité de nom avec sa mère et son beau-père 

n'est plus considéré comme un juste motif pour un changement de nom (ATF 121 

III 401 consid. 2b; 121 III 145 consid. 2c). 

 Ainsi, dans le cas d'espèce qui lui était soumis, à savoir l'adoption d'une personne 

âgée de 57 ans, ayant requis quasi simultanément à la demande d'adoption, 

l'autorisation de pouvoir continuer à porter le nom de famille qui était le sien 

jusqu'alors, le Tribunal fédéral a considéré qu'il n'y avait pas d'intérêt public 

suffisant pour lui imposer le nom de l'adoptante, alors qu'elle faisait valoir avec 

raison la longue durée du port de son nom antérieur à l'adoption, que son souhait 

de continuer à porter ce nom démontrait à lui seul le lien étroit entre son nom et sa 

personnalité, ce qui suffisait comme juste motif au sens de l'art. 30 al. 1 CC pour 

autoriser le changement de nom (ATF 137 III 97 consid. 3; SJ 2011 369). 

 Auparavant, dans le cas de personnes adoptées mineures à l'âge de 10 et 12 ans, 

requérant un changement de nom à l'âge respectivement de 20 et 22 ans, le 

Tribunal fédéral avait considéré que le gouvernement cantonal avait à bon droit 

refusé la requête (ATF du 28 novembre 2006 5C._174/2006 et 5C._175/2006).  

4.3 La situation d'espèce est particulière, en ce sens que l'appelant a été adopté 
mineur, et, à peine majeur, a requis de pouvoir retrouver le nom qu'il portait avant 

son adoption. 

 Elle diffère donc des cas relatés ci-dessus. 

 L'appelant, né hors mariage, a porté le nom de sa mère de sa naissance à l'âge de 

13 ans, date à laquelle il a, par effet de son adoption, pris le nom de famille de 

l'adoptante. Comme celle-ci se trouvait être la femme de son père, il a de la sorte 

acquis le patronyme paternel, qu'il portait depuis 5 ans lorsqu'il a déposé la 

requête, à laquelle il faisait déjà allusion dans sa déclaration de consentement à 

l'adoption.  

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 Du fait qu'il a actuellement le nom de son père, situation qui serait la sienne s'il 

était né dans le mariage, il n'apparaît pas qu'il subirait un préjudice particulier de 

cette situation, conforme au droit actuellement en vigueur. Il résulte, par ailleurs, 

du dossier, qu'il entretient des liens familiaux étroits avec son père et sa mère 

adoptive, mais non en revanche avec sa mère biologique. Sa situation 

patronymique correspond donc à sa situation familiale, depuis la date de son 

adoption. 

 Le nom qu'il porte actuellement est certes de consonance non francophone. Cette 

circonstance n'est de loin pas particulière au cas de l'appelant, puisqu'elle est 

partagée par de nombreuses personnes, suisses ou étrangères, établies dans notre 

pays. Elle  ne saurait donc en tant que telle constituer un intérêt au changement de 

nom.  

L'appelant tente de démontrer, par la production de différents courriers, qu'il en 

subirait une discrimination dans ses recherches d'emploi, ce qui n'est toutefois pas 

établi, puisque l'on ignore la cause des réponses négatives qu'il a reçues.  

 Le patronyme de l'appelant, qui à en croire le père de celui-ci revêt une noble 

signification dans sa langue d'origine, ne présente pas de particularité qui le 

rendrait ridicule en français, ou compliquerait à l'excès sa prononciation.  

 Enfin le fait que l'appelant porte un nom différent en France, du fait apparemment 

de la non transcription de l'adoption dans ce pays, n'est pas non plus relevant, 

selon les principes rappelés ci-dessus. 

 Ainsi, au sens de la jurisprudence rendue avant 2011, on ne discerne pas, à l'aune 

de critères objectifs, d'intérêt privé prépondérant au changement de nom. 

 Dans l'arrêt publié aux ATF 137 III 97, le Tribunal fédéral a toutefois rappelé que 

l'évolution législative avait limité les effets légaux des changements de statut sur 

le nom, en accordant davantage de poids au choix individuel, ce dont il fallait 

tenir compte dans l'appréciation des justes motifs au sens de l'art. 30 al. 1 CC. Il a 

relevé que le souhait de continuer à porter un nom démontrait le lien entre son 

nom et sa personnalité, ce qui suffisait comme juste motif pour autoriser un 

changement de nom. 

 En l'occurrence, l'appelant montre attacher une importance particulière et 

constante à la question de son nom, puisque, mineur mais capable de 

discernement, il indiquait déjà dans son consentement à l'adoption en 2004 que 

l'effet de celle-ci sur son patronyme le contrariait et qu'il entreprendrait une 

procédure de changement de nom dès sa majorité. 

 Les chances de succès d'une telle requête étaient faibles alors, en l'état du droit, ce 

que n'avait pas manqué de souligner le conseil juridique de l'adoptante à l'époque. 

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L'évolution législative a depuis accordé plus de poids au choix individuel, très 

marqué en ce qui concerne l'appelant, qui, dans son existence, a porté plus 

longtemps le nom de B_______ (13 ans) que celui de A_______ (plus de 7 ans à 

ce jour, dont près de 3 en qualité de majeur, mais seulement quelques mois lors de 

l'intentat de la présente procédure, particulièrement longue). 

 Dans le cas d'espèce, la Cour considère ainsi que l'appelant dispose d'un juste 

motif pour changer de nom. Elle annulera donc la décision entreprise, et autorisera 

le changement de nom. 

5. L'ETAT DE GENEVE supportera les frais, arrêtés à 500 fr. et couverts par 
l'avance de frais déjà effectuée (art. 107 al. 2 CPC). 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par Alain A______ contre l'arrêté du Conseil d'Etat 

du 21 septembre 2011. 

Au fond : 

Annule cet arrêté. 

Et statuant à nouveau : 

Autorise Alain A______ à changer le nom de A_______ en B________. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais de l'appel à 500 fr., couverts par l'avance de frais effectuée. 

Les met à la charge de l'ETAT DE GENEVE. 

Condamne l'ETAT DE GENEVE à rembourser 500 fr. à l'appelant. 

Siégeant : 

Madame Sylvie DROIN, présidente; Monsieur Blaise PAGAN et Madame Elena 

SAMPEDRO, juges; Madame Céline FERREIRA, greffière. 

 

La présidente : 

Sylvie DROIN 

 La greffière : 

Céline FERREIRA 

 
 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 

173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral par la voie du recours 

en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF indéterminée.