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**Case Identifier:** 71760050-0894-53d8-8a2e-22cd8095f8b8
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-04-04
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 04.04.2013 P/19972/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-19972-2010_2013-04-04.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties et à l'autorité inférieure le 8 avril 2013 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/19972/2010 AARP/148/2013

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 4 avril 2013 

 

Entre 

A______, domicilié c/o ______, ______,______, comparant par Me______, avocat, 
rue ______ Genève, 

appelant et intimé sur appel joint, 

 

contre le jugement JTDP/268/2011 rendu le 28 septembre 2011 par le Tribunal de 

police, 

 

et 

B______, domicilié ______(France), 

C______, p.a. route   ______Perly, 

comparant tous deux par Me_______, avocat, rue ______Genève, 

 

intimés et appelants sur appel joint, 

 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de  
Chancy 6b, case postale 3565, 1211 Genève 3, 

 

intimé.

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P/19972/2010 

EN FAIT : 

A. a. Par courrier du 1er octobre 2011, A______ a annoncé appeler du jugement rendu 
par le Tribunal de police le 28 septembre 2011, dont le dispositif a été notifié aux 

parties le même jour et la version motivée le 12 octobre 2011, par lequel le tribunal 

de première instance l'a reconnu coupable de diffamation (art. 173 ch. 1 du Code 

pénal suisse du 21 décembre 1937 - CP ; RS 311.0) et condamné à une peine 

pécuniaire de 60 jours-amende à CHF 30.- l'unité, avec sursis durant 3 ans, et à payer 

les frais de la procédure par CHF 1'330.-, comprenant un émolument de  

CHF 900.-, ainsi qu'à verser à B______ et C______, parties plaignantes, une 

indemnité pour tort moral de CHF 3'000.-, plus intérêts à 5% dès le 28 septembre 

2010, et CHF 15'690.50 à titre de participation à leurs honoraires d'avocat durant la 

procédure. 

 b. Par actes du 29 septembre 2011, expédiés au greffe du Tribunal pénal par  
plis recommandés des 4 et 6 octobre 2011, A______ a formé la déclaration d'appel 

prévue à l’art. 399 al. 3 du code de procédure pénale du 5 octobre 2007 (CPP ; 

RS 312.0). 

 c.a B______ et C______ ont également annoncé appeler de ce jugement par pli 
recommandé du 29 septembre 2011, mais ont retiré leur appel le 19 octobre suivant.  

 c.b Par arrêt du 25 octobre 2011, la Chambre de céans a pris acte de ce retrait, rayé 
l'appel du rôle et condamné B______ et C______, conjointement et solidairement, 

aux frais de la procédure, comprenant un émolument de CHF 300.- 

(AARP/150/2011). 

 d. Par pli recommandé expédié le 28 novembre 2011 à la Chambre de céans, 
B______ et C______ ont déclaré un appel joint. 

B. Les faits pertinents pour l'issue du litige sont les suivants : 

 a. Le 20 avril 1999, A______ a été engagé au sein de C______, dont B______ est le 
directeur, en qualité de chef d'équipe sur les travaux de migration auprès des trois 

principaux clients de la société, à savoir D______, E______ et F______. 

 b.a Le 26 mars 2007, A______ a été licencié par courrier recommandé, signé par 
B______, ayant la teneur suivante : "Nous venons d'apprendre que vous avez inscrit 

en début d'année 2007 un jeune adolescent G______ à l'école de commerce André-

Chavanne en tant qu'apprenti pris en charge par notre entreprise (…) Vous n'aviez 

aucun pouvoir pour le faire (…) De plus, vous vous êtes présenté à l'école pour dire : 

a) que le motif de ses absences serait un enlèvement via des réseaux de mœurs, b) 

qu'à l'avenir il serait absent trois mois car la société C______ proposait à G______ 

de partir à Londres apprendre l'anglais. Les frais étant pris en charge par la société 

C______. Nous découvrons cela, nous sommes à la fois surpris et atterrés. Nous ne 

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pouvons que condamner ce comportement qui constituerait, via le biais de votre 

employeur non informé, à profiter de la crédibilité de certains jeunes, et à entraîner 

votre employeur, à son insu, dans des voies condamnables (…) Nous ne pouvons que 

vous signifiez votre licenciement pour faute lourde à effet immédiat à compter de ce 

jour". 

 b.b Il ressort de la procédure que A______ faisait l'objet depuis 2006 d'une 
procédure pénale en France pour corruption de mineur, laquelle s'est soldée par un 

non-lieu le ______2009. 

 c. Dès le mois d'avril 2007, A______ a écrit, par courriels ou courriers, aux employés 
de C______, à certains clients de cette dernière, notamment à E______, à la 

Chancellerie d'Etat et au Conseil d'Etat afin de dénoncer les agissements de C______ 

et de B______, qu'il traitait d'escrocs, prétendant qu'ils commettaient des 

escroqueries à l'assurance. Il accusait par ailleurs B______ de chercher à nuire à ses 

employés en ne respectant pas les prérogatives du droit du travail et en les licenciant 

pour des motifs fallacieux, sa propre lettre de congé étant mensongère. 

 d. Lors d'une audience de conciliation auprès du Tribunal de prud'hommes du 31 mai 
2007, A______ s'était engagé à s'abstenir définitivement de porter atteinte à 

l'honneur, à la réputation et au crédit de C______ et de son directeur sous quelque 

forme que ce soit, par écrit ou par oral, et à retirer toute éventuelle plainte pénale 

qu'il aurait déposée contre C______. 

 e. A______ a respecté cet engagement jusqu'au 28 septembre 2010 où il a écrit sur le 
forum de ______ en accusant C______ et B______ de : "contourner le fisc français", 

son ancien patron enfreignant "toutes les lois en France et en Suisse" ; de l'avoir 

"viré comme un mal propre pour de faux motifs" et de ne reculer devant rien pour le 

discréditer afin de l'empêcher de retrouver un emploi. 

 f. A______ a encore adressé plusieurs courriels, notamment au Service de 
l'assistance juridique, au précédent conseil des parties plaignantes, à H______, au 

Service de l'application des peines et des mesures et aux employés de C______, dont 

le contenu était en substance le suivant :  

- Il allait poursuivre B______ pour escroquerie à l'assurance maladie et disposait 

de suffisamment de documents pour démontrer ses accusations. Il n'inventait rien, 

il s'agissait de la vérité et il avait le droit de dire ce qui lui était arrivé. Il allait 

publiquement dénoncer les agissements illégaux et immoraux de son ancien 

patron  (courriel du 4 novembre 2010) ; 

- B______ le faisait notamment passer pour "un pédophile, un violeur de mineurs" 

dans le but de l'empêcher de retrouver un emploi et lui avait porté préjudice "en 

violant toutes les lois en vigueur dans ce pays". Il ne faisait que se défendre 

contre les propos diffamatoires, calomnieux et attentatoires à l'honneur colportés 

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par son ancien patron, qui l'avait licencié sous couvert d'une affaire de mœurs, 

alors qu'il avait bénéficié d'un non-lieu dans le cadre de la procédure pénale 

ouverte injustement à son encontre. Il avait conservé tous "les mails, les 

courriers, les billets d'avions, réservations, hôtels, convocations à des expertises 

médicales, suspensions abusives de salaire liées aux décisions de la ______" et 

était en mesure de démontrer la véracité des accusations portées contre B______ 

et C______  (courriel du 10 novembre 2010) ; 

- B______ était "un expert en destruction professionnelle et de carrière", qui ne 

cessait de détruire sa vie et l'avait poussé par ses attaques au suicide. Il était 

dangereux en tant qu'il avait déjà conduit par ses agissements d'autres personnes à 

se donner la mort. B______ ne reculait devant rien pour satisfaire "ses ambitions 

bassement pécuniaires". En réalité, il était "un voyou et un escroc". Il avait été 

victime d'harcèlement, d'intimidation et de menaces de la part de C______. Cette 

entreprise employait par ailleurs une personne au noir (courrier du 10 février 

2011). 

 g. B______ et C______ ont déposé plainte pour calomnie contre A______ le 8 
décembre 2010 et le 15 mars 2011, le précité persistant dans ces agissements, 

notamment par l'envoi d'un courriel à plusieurs collaborateurs du______, qui était 

l'un des plus importants clients de C______. 

 h.a Le 16 février 2011, A______ a également déposé plainte pénale contre B______ 
et C______ pour "atteinte à la sphère privée et professionnelle. Injures, diffamation, 

escroqueries, abus de position dominante etc.", produisant de très nombreuses 

pièces. En substance, il exposait que B______ se permettrait "toutes les escroqueries 

possibles", jetait ses anciens collaborateurs "comme des chiffons sales" après les 

avoir bien exploités, à tel point qu'une secrétaire de direction s'était purement et 

simplement donné la mort, et qu'il existait chez C______ des "factures frauduleuses 

ou fictives", ainsi que "de faux employés suisses". 

h.b Par ordonnance du 17 mai 2011, le Ministère public n'est pas entré en matière sur 
les faits décrits dans la plainte de A______, les éléments constitutifs des infractions 

visées n'étant pas réunis.  

i. Entendu par la police le 28 février 2011, A______ a admis être l'auteur des textes 
incriminés et a persisté dans ses allégations au sujet des agissements illégaux de son 

ancien patron, de la campagne de dénigrement que ce dernier menait à son encontre 

pour l'empêcher de retrouver un emploi et dans l'affirmation qu'il était en mesure de 

démontrer la véracité de ses propos. Il refusait de s'engager à ne plus porter atteinte 

aux parties plaignantes. Il ne faisait que se défendre. Lorsqu'il s'était exprimé, en 

septembre 2010, sur le forum de______, il était très énervé contre B______, car ce 

dernier s'était permis de contacter la doctoresse I______ afin de s'enquérir de son état 

de santé. Il ne comprenait pas pour quelle raison son ancien patron avait agi de la 

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sorte alors qu'ils n'étaient plus en contact depuis près de quatre ans. Il avait 

recommencé à critiquer C______, suite à un article sur le chômage qui l'avait 

interpellé. 

j. B______ a été entendu par la police le 10 mars 2011. Il a exposé les circonstances 
dans lesquelles il avait été amené à licencier A______. Il n'avait jamais dénigré son 

ancien employé et réfutait toutes les accusations formulées à son encontre.  

k. Par ordonnance pénale du 17 mai 2011, frappée d'opposition, il était reproché à 
A______ d'avoir, à Genève, tenu des propos diffamatoires - les allégations 

énumérées sous let. f et h.a ci-dessus étant mentionnées - à l'encontre de C______ et 

de B______, entre le 28 septembre 2010 et le 3 mars 2011, à réitérées reprises.  

l.a Lors de l'audience de jugement du 29 août 2011, A______ a expliqué qu'il savait 
être atteint dans sa santé psychique mais que cela ne changeait rien à la véracité de 

ses propos. Il ne contestait pas être l'auteur des faits qui lui étaient reprochés et 

déposait des pièces ainsi qu'un CD-ROM en vue de prouver l'exactitude de ses 

allégations. Il n'avait fait que réagir à une attaque et avait agi en état de légitime 

défense. Il était convaincu d'avoir été licencié en raison de la procédure pénale 

ouverte à son encontre en France. 

l.b B______ a confirmé être victime de diffamation de la part de son ancien employé 
depuis de nombreuses années. A______ lui avait toujours donné satisfaction dans 

son travail et il ne lui avait pas tenu rigueur d'avoir des antécédents judiciaires. Il 

avait même adapté les mandats qui lui étaient confiés afin que son casier judiciaire 

n'y fasse pas obstacle. Il l'avait licencié pour faute grave après avoir appris qu'il avait 

engagé un apprenti, alors que C______ n'en avait jamais eu. Depuis cette date, il 

n'avait plus pu vivre tranquillement. Il avait été convoqué par certains de ses clients 

qui avaient eu connaissance des propos tenus par le prévenu contre C______. Le fisc 

français avait enquêté et n'avait absolument rien découvert d'illégal dans les activités 

de C______.  

l.c Le Tribunal de police a souhaité prendre connaissance des nombreuses pièces 
déposées par A______ avant de se déterminer sur leur recevabilité, raison pour 

laquelle la cause a été reconvoquée le 28 septembre 2011. 

 l.d Lors de l'audience de jugement du 28 septembre 2011, B______  
et C______ ont déposé des conclusions civiles aux termes desquelles ils concluaient 

à ce que A______ soit condamné à leur verser la somme de CHF 15'690.-, avec 

intérêts à 5% dès le 28 septembre 2010, à titre d'indemnité équivalant à l'intégralité 

des frais d'avocat encourus, et la somme de CHF 5'000.-, avec intérêts, à titre de 

réparation du tort moral subi. 

 Ils ont produit une note d'honoraires pour la période du 8 février au 28 septembre 
2011, faisant état de 62.30 heures pour des honoraires de CHF 13'879.17, frais de 

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dossier (CHF 200.-), copies au Tribunal (CHF 485.-) et TVA à 8% (CHF 1'126.33) 

en sus, portant ainsi le montant dû à CHF 15'690.50. 

C. a.a Dans sa déclaration d'appel, prolixe et confuse, A______ a notamment demandé 
l'octroi de l'assistance juridique et la désignation d'un avocat d'office. Il conclut en 

substance à son acquittement, ayant été condamné "au détriment de la vérité". 

 a.b Par ordonnance du 4 novembre 2011, Me ______ a été nommé en tant que 
défenseur d'office de A______. 

 b. Dans ses observations du 14 novembre 2011, le Ministère public conclut au rejet 
de l'appel, avec suite de frais. Il relève que A______ persiste dans sa position, alors 

même que rien dans le dossier n'est de nature à démontrer la véracité de ses écrits, ni 

même qu'il avait des raisons sérieuses de les tenir de bonne foi pour vrais. Pour le 

surplus, le Ministère public se réfère entièrement aux considérants du jugement 

attaqué. 

 c.a Par pli recommandé expédié le lundi 28 novembre 2011 à la Chambre de céans, 
B______ et C______ ont déclaré former un appel joint, concluant principalement à 

ce que A______ soit reconnu coupable de calomnie (art. 174 CP) et condamné à leur 

verser une indemnité pour tort moral de CHF 5'000.-, plus intérêts, ainsi qu'un 

montant couvrant la totalité de leurs honoraires d'avocat. Subsidiairement, ils 

prennent les mêmes conclusions à l'exception de la qualification juridique de 

l'infraction, concluant à ce que le prévenu soit reconnu coupable de diffamation (art. 

173 CP), si la calomnie ne devait pas être retenue. 

 S'agissant de l'appel de A______, ils concluent à son rejet. 

 c.b Sur l'appel joint, le Ministère public s'en rapporte à justice quant au montant de 
l'indemnité pour tort moral et à celui de la participation aux honoraires d'avocat. Il 

relève par ailleurs que la procédure n'a pas permis d'établir que A______ avait 

propagé ses allégations tout en connaissant la fausseté. Il conclut au rejet de l'appel 

joint et à la confirmation du jugement attaqué. 

 c.c A______ conclut également au rejet de l'appel joint et rappelle qu'il critique le 
jugement entrepris dans son ensemble. 

 d. Le 22 décembre 2011, la Chambre de céans a ordonné l'ouverture d'une procédure 
orale.  

 e.a Par courrier du 9 janvier 2012, le conseil de A______ a demandé que son 
mandant soit soumis à une expertise psychiatrique en vue de déterminer sa 

responsabilité pénale. 

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 e.b Lors des débats d'appel du 11 janvier 2012, A______, par l'intermédiaire de son 
conseil, a soulevé la question préjudicielle de l'ordonnance d'une expertise 

psychiatrique, à laquelle les parties plaignantes se sont opposées. 

 Entendu brièvement sur sa situation personnelle, A______ a confirmé ses 
déclarations au Tribunal de police et expliqué être sous traitement médical intensif, 

ne pas pouvoir rester seul et se sentir constamment harcelé par B______. La veille de 

l'audience, il avait été examiné par trois médecins, dont sa psychiatre, la doctoresse 

I______, en vue de l'établissement d'une expertise psychiatrique privée qu'il destinait 

à la Cour européenne des droits de l'homme. Il avait effectué son premier séjour en 

hôpital psychiatrique, à______, à l'âge de 12 ans et avait été hospitalisé plusieurs fois 

à______. Dans le cadre d'une procédure pénale dirigée à son encontre en 1977, il 

avait été déclaré irresponsable par le professeur J______. Il était sous traitement 

médicamenteux depuis plusieurs années, prenant notamment des anxiolytiques. Il 

avait cessé de prendre des neuroleptiques depuis vingt-cinq ans et, actuellement, il ne 

prenait plus que des somnifères. 

 Au fond, il conclut à son acquittement et au rejet des conclusions civiles déposées 

par les parties plaignantes.  

 e.c La Chambre de céans a décidé de ne pas statuer sur la question préjudicielle qui 
lui était soumise avant d'avoir pris connaissance de l'expertise privée évoquée par 

A______ et a invité ce dernier à la produire dans les meilleurs délais, la suite de la 

procédure étant réservée. 

 e.d Par courrier du 8 février 2012, le conseil de A______ a transmis à la Chambre de 
céans deux rapports de la doctoresse I______, datés______, destinés à l'assurance-

invalidité. Il ressort du premier que A______ souffre de maladies psychiques depuis 

l'adolescence, à savoir, selon le diagnostic posé, de "troubles graves permanents 

(paranoïaque)", de "dépression récurrente" avec des "tentamen à répétition" et des 

"moments de schizophrénie", et qu'il a fait l'objet d'une vingtaine d'hospitalisations à 

la Clinique psychiatrique de ______au cours des années 1974 à 1990, alors que le 

second, qui ne comporte pas la signature de son auteur, fait état des mêmes 

diagnostics, avec une aggravation de l'état de santé du patient, en particulier de son 

état dépressif, et d'un suivi psychiatrique régulier en cours. 

 e.e Par lettre du 15 février 2012, le conseil des parties plaignantes s'est à nouveau 
opposé à l'expertise sollicitée. 

 e.f Par courrier du 24 février 2012, le Ministère public a appuyé la demande 
d'expertise psychiatrique du prévenu. 

 e.g Le 22 mars 2012, la Chambre de céans a ordonné l'expertise sollicitée tout en 
réservant la suite de la procédure et en impartissant un délai aux parties pour se 

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déterminer sur le choix de l’expert, sur sa mission et pour proposer d’éventuelles 

questions complémentaires. 

 e.h Aux termes de l'expertise psychiatrique rendue le 11 octobre 2012 par le docteur 
K______, A______ souffrait d'un trouble de la personnalité borderline avec des traits 

de personnalité dyssociale et paranoïaque dont la symptomatologie était marquée, 

ainsi que d'un trouble dépressif récurrent dont l'épisode actuel est d'intensité 

moyenne.  

 Au moment des faits, il était "décompensé" depuis déjà plusieurs mois, ce qui 
signifie qu'il se trouvait dans un état de perte d'équilibre psychique, marqué par la 

production d'idées paranoïaques dont le contenu était qu'il se sentait victime d'un 

complot qu'il ne pouvait gérer qu'au travers de comportements qu'il considérait 

comme visant à remédier à cette injustice. Cette rupture d'équilibre semblait avoir été 

déclenchée en partie par la rupture de la relation professionnelle avec C______ et son 

directeur. La sévérité du trouble de A______ avait un impact tant sur sa capacité 

d'apprécier et de juger la réalité, de se déterminer d'après celle-ci que sur celle de 

contenir une impulsion, en les diminuant passablement. Ces capacités étaient 

particulièrement diminuées dans des situations à haute teneur émotionnelle comme 

dans le cas d'espèce, à savoir un conflit relationnel avec une personne qu'il idéalisait 

précédemment. 

 Lors de ses actes, la responsabilité de A______ était réduite. En revanche, le prévenu 

est conscient qu'il souffre d'un trouble psychique et "qu'il est de sa responsabilité de 

faire ce qu'il peut pour améliorer son état". Sa faculté d'apprécier le caractère illicite 

de ses actes et de se déterminer d'après cette appréciation était diminuée et sa 

responsabilité moyennement restreinte. 

 Le risque de récidive est élevé au vu de son trouble qui le conduit à dénoncer de 

"manière publique, virulente et répétée ce qu'il considère comme un complot ou une 

injustice à son égard dont il doit se défendre". Ainsi, tant que le sentiment d'injustice 

est marqué, le prévenu va vouloir multiplier les recours, qui "maintiennent, en 

quelque sorte, en vie la relation pathologique soit avec B______et C______, soit 

avec le système judiciaire (en d'autres termes ceux qu'il vit comme ses persécuteurs 

actuels)". 

 La doctoresse I______ suit l'expertisé depuis plus de trente-cinq ans sans 

interruption. Elle a expliqué qu'en période de crise A______ présentait des idées de 

persécutions obsessionnelles et des déficits majeurs dans la régulation des émotions 

qui lui faisaient vivre un sentiment subjectif de perte d'intégrité psychique. Il 

présentait alors des comportements paranoïaques visant à structurer et à reconstruire 

son intégrité psychique. Ces comportements consistaient en une recherche de 

confrontation avec les représentants des forces de l'ordre ou  

avec des individus ayant une position dominante ou "en vue" (dirigeants, policiers, 

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magistrats, personnalités politiques). Cette confrontation se faisait soit par la 

multiplication de courriers, soit par des provocations dans l'attente d'une réaction de 

ces individus. 

 L'expert souligne que le traitement que A______ poursuit actuellement est adéquat et 

doit être continué dans la mesure où il est intégré depuis plusieurs années, ce qui lui 

confère un caractère unique de par la relation avec sa thérapeute. Ce traitement a fait 

la preuve de son efficacité et de sa nécessité. Les mesures thérapeutiques ne 

pouvaient toutefois pas atténuer ou faire disparaître complètement la 

symptomatologie liée aux troubles psychiatriques de A______. Le traitement 

institutionnel n'a démontré aucun bénéfice sur l'évolution de ce type de 

psychopathologie et n'a d'utilité, dans le cas de l'expertisé, qu'en présence d'un risque 

d'urgence immédiate pour sa vie et pour une durée aussi brève que possible. Par 

ailleurs, un traitement ordonné contre sa volonté aurait peu de chance de pouvoir être 

mis en œuvre. 

 f.a Par observations du 29 octobre 2012, le Ministère public conclut à la 
confirmation du jugement attaqué s'agissant du verdict de culpabilité et à ce que la 

quotité de la peine soit réduite de moitié afin de tenir compte de la responsabilité 

moyennement restreinte du prévenu, tout en consentant au traitement de la suite de la 

procédure par la voie écrite. 

 f.b Par courriers des 31 octobre et 5 novembre 2012, les appelants ont déclaré n'avoir 
pas d'observations à formuler au sujet de l'expertise et accepter l'ouverture d'une 

procédure écrite pour traiter la suite de la procédure d'appel. 

 f.c Le 9 novembre 2012, la Chambre de céans a ordonné l'ouverture d'une procédure 
écrite et imparti un délai aux parties pour le dépôt de leur mémoire d'appel motivé. 

 g. Dans ses écritures d'appel du 5 décembre 2012, A______ se réfère à l'expertise 
psychiatrique en tant que sa pathologie diminue passablement sa capacité d'apprécier 

la réalité et de se déterminer, et fait grief à l'expert de ne pas avoir retenu son 

irresponsabilité. Tant la doctoresse I______ que l'expert relèvent que lors de périodes 

de crises, il n'a ni le choix ni la possibilité d'agir autrement qu'en mettant en œuvre 

des mécanismes de protection psychiques de nature paranoïaque. Il n'a donc pas la 

possibilité ou la capacité de résister à la sollicitation d'agir contrairement à l'ordre 

juridique. Dans ses conditions, il apparaît contradictoire de ne retenir qu'une 

responsabilité moyennement diminuée. En revanche, l'expert établit de manière 

convaincante qu'un traitement institutionnel ou ambulatoire serait moins efficace que 

le traitement actuellement suivi, raison pour laquelle il n'y a pas lieu de prononcer 

une mesure au sens de l'art. 19 al. 3 CP.  

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 Il conclut à l'annulation du jugement entrepris, à ce qu'il soit reconnu irresponsable 
pénalement et libéré des fins de la poursuite pénale, à ce qu'aucune mesure ne soit 

ordonnée et au rejet des conclusions des intimés et appelants sur appel joint. 

 Pour le surplus, il produit un relevé des opérations effectuées pour sa défense en vue 
de la taxation de ses prétentions en indemnisation. Cette note d'honoraires, pour la 

période du 8 novembre 2011 au 5 décembre 2012, fait état de 23h35 d'activité pour 

un montant total d'honoraires de CHF 1'415.-. 

 h. Dans leur mémoire d'appel du 13 décembre 2012, B______ et C______ concluent 
à l'annulation, avec suite de frais et dépens, du jugement entrepris, à ce que A______ 

soit déclaré coupable de calomnie (art. 174 CP) et condamné à leur payer un montant 

de CHF 5'000.- avec intérêts à 5% dès le 28 septembre 2010 au titre de tort moral, 

ainsi que la somme de CHF 31'153.- couvrant la totalité des honoraires de leur 

conseil afférents tant à la procédure de première instance qu'à celle d'appel. 

 Ils relèvent que les faits retenus dans le jugement querellé ne sont pas contestés et 
prient la Chambre de céans de s'y référer. A______ ne conteste pas être l'auteur des 

écrits versés à la procédure et des allégations qui lui sont reprochées, et il est établi 

que lesdites allégations ont été adressées, à dessein, à des tiers qui sont pour la 

plupart des personnalités et/ou représentants de clients importants de C______. Il est 

également acquis que ces écrits consacrent une atteinte à l'honneur des appelants 

joints en tant qu'ils portent sur un comportement punissable injustement prêté à 

B______, respectivement C______, ce que le prévenu ne pouvait ignorer, son but 

étant de faire apparaître ces personnes physique ou morale comme méprisables et de 

ternir leur réputation. A______ connaissait la fausseté de ses allégations, à tout le 

moins s'agissant de celles en relation avec les motifs de son licenciement, raison pour 

laquelle l'infraction de calomnie est réalisée. Au vu de l'intensité de l'activité 

délictuelle déployée par le prévenu dans le cadre de son entreprise de dénigrement à 

large échelle, ainsi que de l'amusement que cela lui a procuré, comme il l'admet dans 

un courriel versé à la procédure, les parties plaignantes s'en rapportent à 

l'appréciation de la Cour s'agissant de l'application de l'art. 174 ch. 2 CP au cas 

d'espèce.  

 Les allégations proférées par A______ ont été propagées à grande échelle et dans le 

seul but de blesser. Les destinataires étaient particulièrement ciblés et la réputation 

de B______ durement atteinte. Les considérations qui précèdent et la requalification 

juridique de l'infraction en calomnie justifient une indemnité pour tort moral de CHF 

5'000.-.  

 En ce qui concerne les honoraires d'avocat réclamés, le premier juge a considéré,  

à juste titre, que le caractère prolixe des écrits du prévenu et des nombreuses pièces 

produites justifiait l'allocation de l'intégralité de l'indemnité sollicitée. Ce 

raisonnement doit s'appliquer mutatis mutandis à la procédure d'appel au cours de 

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P/19972/2010 

laquelle de nombreuses pièces ont à nouveau été produites, le "time-sheet" détaillé 

étant produit en annexe et attestant d'un montant total de CHF 15'462.50.  

 Il ressort de la note d'honoraires précitée que, pour la période du 11 octobre 2011 au 

12 décembre 2012, 69.25 heures d'activité ont été comptabilisées, majoritairement au 

tarif appliqué pour un avocat stagiaire, les postes les plus importants portant sur la 

prise de connaissance et la rédaction des actes de la procédure d'appel, l'examen des 

pièces produites et de l'expertise psychiatrique, la rédaction de multiples courriers 

dans le cadre de la procédure d'appel et la tenue de plusieurs conférences avec 

B______. Ont également été pris en considération des postes n'afférant pas à la 

procédure d'appel, mais vraisemblablement à une autre procédure impliquant les 

mêmes parties, totalisant CHF 1'812.50, à savoir : "audience d'opposition à 

l'ordonnance pénale (MP), préparation audience" datant du 20 janvier 2012 au tarif 

de CHF 1'125.- pour 2h30 de travail ; "audience au Ministère public" datant du 26 

mars 2012 au tarif de CHF 225.- pour 1h30 d'activité ; courriers "au Procureur" 

datant des 16 janvier, 22 et 30 mars 2012, pour un total de CHF 125.- (CHF 75.- + 

CHF 50.- + CHF 50.-) ; "analyse ordonnance pénale du 19.11.12 (P/10937/2011), 

courrier au client" datant du 29 novembre 2012, au tarif de CHF 337.50. 

 i. Par courrier du 19 décembre 2012, le premier juge a renoncé, compte tenu de 
l'expertise psychiatrique nouvellement établie, à formuler des observations. 

 j. Le Ministère public s'est référé à ses observations du 29 octobre 2012, les 
conclusions de l'expert devant être suivies s'agissant de la responsabilité 

moyennement restreinte du prévenu et la peine prononcée en première instance 

réduite de moitié de ce fait.  

 k. Dans son mémoire réponse à l'appel joint du 11 janvier 2013, A______ persiste 
dans ses conclusions. A supposer qu'il soit pénalement responsable de ses actes, 

aucun élément du dossier ne permet de retenir que les propos qu'il a tenus étaient 

considérés par lui comme faux dans le contexte de crise qui les a suscité. Il n'est dès 

lors pas établi qu'il connaissait la fausseté de ses allégations. Il ne ressort en outre pas 

du dossier que les allégations litigieuses auraient occasionné une souffrance morale 

particulière aux parties plaignantes, qu'elles auraient eu des répercussions sur l'état de 

santé de B______ ou sur sa vie sociale ou que C______ aurait perdu de la clientèle 

ou des affaires. Aucune indemnité pour tort moral ne doit donc être accordée aux 

intimés. Pour le surplus, il s'en rapporte à justice s'agissant des importants honoraires 

réclamés. 

 l. Par mémoire de réponse à l'appel, B______ et C______ concluent au rejet de 
l'appel, à l'admission de leur appel joint, ainsi que, dans les deux cas, à l'allocation en 

leur faveur d'une indemnité valant réparation des dépenses obligatoires encourues. 

Les conclusions de l'expertise psychiatrique sont le résultat de la prise en compte 

minutieuse de l'ensemble des éléments de la procédure, ainsi que des circonstances 

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P/19972/2010 

de la pathologie et de la situation personnelle de l'appelant, raison pour laquelle le 

grief soulevé par ce dernier tendant à ce qu'il soit déclaré irresponsable doit être 

rejeté, d'autant que l'expert n'est même pas arrivé à la conclusion d'une responsabilité 

fortement diminuée. Par ailleurs, A______ n'a pas sollicité un complément 

d'expertise ou une contre-expertise ou encore formulé des critiques à l'égard des 

conclusions de l'expert. 

 Pour le surplus, le montant des honoraires des appelants joints est amplifié de  
CHF 3'525.50, correspondant à 7h50 d'activité, portant ainsi le montant total des 

honoraires dus pour la procédure d'appel à CHF 20'507.- qu'il convient d'ajouter au 

montant alloué en première instance (CHF 15'690.50). 

m. A l’issue de cet échange d’écritures, la cause a été gardée à juger. 

D.  A______ est né le 17 octobre 1958 et de nationalité suisse. Il est célibataire et n'a pas 
d'enfant. Il est à la recherche d'un emploi depuis qu'il a été licencié de C______. Il a 

déclaré percevoir des allocations de l'assurance-invalidité de CHF 2'124.-. Son loyer 

s'élève à CHF 600.- et son assurance maladie est prise entièrement en charge par le 

Service de l'assurance maladie.  

Selon l’extrait de son casier judiciaire suisse, il a été condamné le 23 juillet 2004 par 

le Tribunal de police de Genève à 20 jours d’arrêts pour violations des règles de la 

circulation routière (commises à réitérées reprises). 

EN DROIT : 

1. L'appel et l'appel joint sont recevables pour avoir été interjetés et motivés selon la 
forme et dans les délais prescrits (art. 398 et 399 du Code de procédure pénale du  

5 octobre 2007 (CPP ; RS 312.0). 

 La partie qui attaque seulement certaines parties du jugement est tenue d'indiquer 

dans la déclaration d'appel, de manière définitive, sur quelles parties porte l'appel, à 

savoir (art. 399 al. 4 CPP) : la question de la culpabilité, le cas échéant en rapport 

avec chacun des actes (let. a) ; la quotité de la peine (let. b) ; les mesures qui ont  

été ordonnées (let. c) ; les prétentions civiles ou certaines d'entre elles (let. d) ; les 

conséquences accessoires du jugement (let. e) ; les frais, les indemnités et la 

réparation du tort moral (let. f) ; les décisions judiciaires ultérieures (let. g). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 

al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1.1 Selon l'art. 173 ch. 1 CP, le droit à l'honneur d'une personne est lésé lorsqu'on 
parle à son sujet « d'une conduite contraire à l'honneur, ou de tout autre fait propre à 

porter atteinte à sa considération ». 

- 13/24 - 

P/19972/2010 

 Cette disposition protège la réputation d'être une personne honorable, c'est-à-dire de 

se comporter comme une personne digne a coutume de le faire selon les conceptions 

généralement reçues. L'honneur protégé par le droit pénal est conçu de façon 

générale comme un droit au respect qui est lésé par toute assertion propre à exposer 

la personne visée au mépris en sa qualité d'homme (ATF 132 IV 112 consid. 2.1  

p. 115). 

 Pour apprécier si une déclaration est attentatoire à l'honneur, il faut se fonder non pas 

sur le sens que lui donne la personne visée, mais sur une interprétation objective 

selon la signification qu'un destinataire non prévenu doit, dans les circonstances 

d'espèce, lui attribuer (ATF 133 IV 308 consid. 8.5.1 p. 312). Un texte doit être 

analysé non seulement en fonction des expressions utilisées, prises séparément, mais 

aussi selon le sens général qui se dégage du texte dans son ensemble (ATF 116 IV 31 

consid. 5b p. 42).  

 L'atteinte à l'honneur doit porter sur un fait, et non pas un simple jugement de valeur 

(ATF 128 IV 61 consid. 1f/aa). Une simple critique, une évaluation ou une 

appréciation négative ne tombe pas sous le coup de cette disposition pénale. Un pur 

jugement de valeur peut cependant constituer une injure au sens de l'art. 177 CP. 

Pour distinguer l'allégation de fait du jugement de valeur, par exemple s'agissant  

des expressions « voleur » ou « escroc », il faut se demander, en fonction des cir-

constances, si les termes litigieux ont un rapport reconnaissable avec un fait ou sont 

employés pour exprimer le mépris. Lorsque le jugement de valeur et l'allégation de 

faits sont liés, on parle de jugement de valeur mixte (ATF 79 IV 20 consid. 2 p. 22). 

Dans cette hypothèse, c'est la réalité du fait ainsi allégué qui peut faire l'objet des 

preuves libératoires de l'art. 173 CP ou dont la fausseté doit être établie dans le cadre 

de l'art. 174 CP (arrêt du Tribunal fédéral 6B_498/2012 du 14 février 2013 consid. 

5.3). 

 Il ne s'agit pas d'une infraction de lésion (ATF 103 IV 23). Il importe peu que le tiers 

ait éprouvé ou non du mépris pour la personne visée, qu'il tienne ou non pour  

vraie l'allégation attentatoire à l'honneur (ATF 103 IV 22 s.) ou qu'il ait eu 

personnellement conscience de son caractère offensant (B. CORBOZ, Les infractions 

en droit suisse, vol. I, 3e éd., Berne 2010, no 46 ad art. 173). 

 Selon la jurisprudence, il y a, par exemple, atteinte à l'honneur si l'on accuse 

quelqu'un d'avoir fraudé le fisc (ATF 73 IV 30 consid. 1) ou si l'on dit que quelqu'un 

a commis une atteinte à l'honneur (ATF 81 IV 324). 

 Il faut que l'auteur ait conscience, au moins sous la forme du dol éventuel, du 

caractère attentatoire à l'honneur de sa communication et qu'il la profère néanmoins ; 

il n'est pas nécessaire qu'il ait voulu blesser la personne visée ou causer une atteinte à 

sa réputation (ATF 119 IV 47 consid. 2a). Il importe peu qu'il ait tenu le fait 

attentatoire à l'honneur pour vrai ou qu'il ait eu ou exprimé des doutes (ATF 102  

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P/19972/2010 

IV 185) ; en revanche, s'il est prouvé qu'il savait que ce qu'il communiquait était 

faux, on se trouve en présence d'une calomnie, et non pas d'une diffamation (art. 174 

ch. 1 CP ; ATF 71 IV 232 consid. 4). 

 2.1.2 L'art. 173 ch. 2 CP prévoit deux preuves libératoires, à savoir la preuve de la 
vérité et la preuve de la bonne foi. Il résulte cependant de l'art. 173 ch. 3 CP que 

l'accusé n'est pas admis dans tous les cas à apporter l'une de ces preuves libératoires. 

Autrement dit, il ne suffit pas toujours d'avoir dit la vérité pour échapper à la 

sanction pénale. Le juge doit examiner d'office si les conditions d'admission à la 

preuve libératoire sont remplies ; il faut toutefois préciser que l'admission à la preuve 

constitue la règle. Pour refuser la preuve libératoire, il faut d'une part que les propos 

aient été tenus sans motif suffisant et, d'autre part, que l'auteur ait agi principalement 

dans le dessein de dire du mal d'autrui (ATF 132 IV 116 consid. 3.1). Les deux 

conditions sont cumulatives (ibidem ; B. CORBOZ, op. cit., nos 52 à 55 ad art. 173).  

 Le prévenu doit ainsi être admis à apporter les preuves libératoires s'il a agi pour des 
motifs suffisants ou s'il n'avait pas principalement le dessein de dire du mal d'autrui. 

Il peut alors échapper à la condamnation pénale soit en apportant la preuve de la 

vérité, soit en apportant la preuve de sa bonne foi (B. CORBOZ, op. cit., nos 52 à 55 

ad art. 173).  

 Selon la jurisprudence, le prévenu qui a allégué la commission d'une infraction doit 

en principe en apporter la preuve par la condamnation pénale de la personne visée 

(ATF 132 IV 118 s.).  

 S'agissant de la preuve de la bonne foi, il faut se placer au moment de la 

communication litigieuse et rechercher, en fonction des éléments dont l'auteur 

disposait à l'époque, s'il avait des raisons sérieuses de tenir de bonne foi pour vrai ce 

qu'il a dit. L'auteur doit évidemment avoir cru ce qu'il disait tel qu'il le disait, sinon  

il n'est plus question de bonne foi, mais il faut de surcroît (et le fardeau de la preuve 

lui incombe) qu'il établisse les faits qui fondaient raisonnablement sa conviction 

(B. CORBOZ, op. cit., nos 75 et 77 ad art. 173).  

 2.2 Conformément à l'art. 174 ch. 1 CP, celui qui, connaissant la fausseté de ses 
allégations, aura, en s'adressant à un tiers, accusé une personne ou jeté sur elle le 

soupçon de tenir une conduite contraire à l'honneur, ou de tout autre fait propre à 

porter atteinte à sa considération, celui qui aura propagé de telles accusations ou de 

tels soupçons, alors qu'il en connaissait l'inanité, sera, sur plainte, puni d'une peine 

privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire.  

 La calomnie (art. 174 CP) est une forme qualifiée de diffamation (art. 173 CP) dont 
elle se distingue en cela que les allégations attentatoires à l'honneur sont fausses, que 

l'auteur doit avoir eu connaissance de la fausseté de ses allégations et qu'il n'y a dès 

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lors pas place pour les preuves libératoires prévues dans le cas de la diffamation 

(arrêt du Tribunal fédéral 6B 201/2009 du 10 juin 2009 consid. 2.1). 

 Sur le plan subjectif, la calomnie implique que l'auteur ait agi avec l'intention de tenir 

des propos attentatoires à l'honneur d'autrui et de les communiquer à des tiers, le dol 

éventuel étant à cet égard suffisant. Il doit, en outre, avoir su ses allégations fausses. 

Sur ce point, le dol éventuel ne suffit pas (cf. ATF 136 IV 170 consid. 2.1 p. 176 s. ; 

arrêt 6B_506/2010 du 21 octobre 2010 consid. 3.1.3). Cela suppose, par ailleurs, 

implicitement que le fait allégué soit objectivement faux. 

 2.3 En l'espèce, l'appelant admet les faits qui lui sont reprochés et ne cherche plus en 
définitive à apporter la preuve libératoire de la véracité de ses propos ou de sa bonne 

foi, plaidant son irresponsabilité. Partant, seule la qualification juridique des faits, 

remise en cause par les appelants sur appel joint, et la question de la punissabilité de 

l'appelant restent à trancher.  

 Au demeurant, il est établi que l'appelant a propagé à réitérées reprises, sur une 
longue période et auprès de nombreuses personnes et entités, ciblées dans le dessein 

de nuire, des allégations attentatoires à l'honneur des appelants sur appel joint - 

prétendant notamment que son ancien employeur fraudait le fisc, employait des 

travailleurs au noir, commettait des escroqueries à l'assurance, proférait à son égard 

des propos attentatoires à l'honneur, poussait ses employés au suicide, ne respectait 

aucune législation en vigueur ou encore n'avait aucun scrupule et des ambitions 

bassement pécuniaires - sans aucun motif légitime d'agir. Partant, l'apport de la 

preuve libératoire devrait lui être en tout état refusée, d'autant qu'aucune des pièces 

produites n'a permis de démontrer qu'il avait des raisons sérieuses de croire à la 

véracité de ses allégations.  

 Il n'en demeure pas moins, qu'en raison de son trouble psychique, l'appelant était 

convaincu de la véracité de ses propos et estimait nécessaire d'agir pour se défendre 

d'avoir été injustement licencié en raison de la procédure intentée contre lui en 

France. On ne saurait ainsi retenir que l'appelant connaissait la fausseté de ses 

allégations en les colportant, tant il ressort de la procédure que l'appelant reste 

certain, encore à ce jour, de son fait et de son bon droit à dénoncer les prétendus 

agissements de son ancien employeur. 

 Les éléments constitutifs de la calomnie ne sont ainsi pas réalisés, au contraire de 

ceux de l'art. 173 CP.  

 Par conséquent, l'appelant sera reconnu coupable de diffamation et le jugement 

entrepris confirmé sur ce point. 

3. 3.1.1 Selon l’art. 19 al. 1 CP, l’auteur n’est pas punissable si, au moment d’agir, il ne 
possédait pas la faculté d’apprécier le caractère illicite de son acte ou de se 

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déterminer d’après cette appréciation. Les mesures prévues aux art. 59 à 61, 63, 64, 

67 et 67b CP peuvent cependant être ordonnées (al. 3). 

 Selon la jurisprudence, l'autorité doit ordonner une expertise non seulement 

lorsqu'elle éprouve effectivement des doutes quant à la responsabilité de l'auteur, 

mais aussi lorsque, d'après les circonstances du cas particulier, elle aurait dû en 

éprouver, c'est-à-dire lorsqu'elle se trouve en présence d'indices sérieux propres à 

faire douter de la responsabilité pleine et entière de l'auteur (ATF 133 IV 145 consid. 

3.3 p. 147). La ratio legis veut que le juge, qui ne dispose pas de connaissances 

spécifiques dans le domaine de la psychiatrie, ne cherche pas à écarter ses doutes lui-

même, fût-ce en se référant à la littérature spécialisée, mais que confronté à de telles 

circonstances, il recourt au spécialiste (arrêt du Tribunal fédéral 6B_418/2009 du 21 

octobre 2009 consid. 1.2.1). 

 3.1.2 A l'instar des autres moyens de preuve, le juge apprécie librement la force 
probante de l'expertise. Cette liberté trouve sa limite dans l'interdiction de l'arbitraire. 

Si le juge n'est en principe pas lié par les conclusions de l'expert, il ne peut s'en 

écarter, sous peine de violer l'art. 9 Cst., qu'en exposant les motifs déterminants et les 

circonstances bien établies qui lui commandent d'agir de la sorte. En se fondant sur 

une expertise non concluante, le juge pourrait violer l'art. 9 Cst. Tel serait le cas si 

des motifs suffisants ou de sérieux indices lui faisaient douter de l'exactitude d'une 

expertise (ATF 129 I 49 consid. 4 p. 57 s. ; 118 Ia 144 consid. 1c p. 146). 

 3.2 En l'occurrence, l'expert a retenu que l'appelant souffre d'un trouble de la 
personnalité borderline avec des traits de personnalité dyssociale et paranoïaque dont 

la symptomatologie était marquée au moment des faits. La sévérité du trouble de 

l'appelant avait un impact sur sa capacité d'apprécier la réalité et de contenir ses 

impulsions, notamment dans des situations à haute teneur émotionnelle comme dans 

le cas d'espèce. Au moment d'agir, sa responsabilité était moyennement restreinte, sa 

capacité à se déterminer et apprécier le caractère illicite de ses actes étant diminuée. 

Le traitement suivi auprès de la doctoresse I______ était adéquat et avait démontré 

son efficacité, l'appelant ayant connu des périodes de stabilité étonnantes, de sorte 

qu'il devait être poursuivi, un traitement en milieu institutionnel étant voué à l'échec. 

 Aucun élément de la procédure ne permet de s’écarter des conclusions de l'expert, 
dont le diagnostic repose notamment sur l’anamnèse, la présence de la maladie 

depuis de nombreuses années, les dizaines d’hospitalisations de l’appelant, ainsi que 

sur les constatations de son médecin traitant.  

 Par ailleurs, suite à la conciliation intervenue en 2007 dans le cadre d'une procédure 

prud'homale, l'appelant a été capable de s'abstenir d'agir jusqu'en septembre 2010. A 

cet égard, il a expliqué avoir recommencé à diffamer les intimés après avoir appris 

que B______ avait contacté la doctoresse I______, ce qu'il jugeait inacceptable et 

l'avait énervé, et après avoir été interpellé par un article de presse sur le chômage. 

- 17/24 - 

P/19972/2010 

Ainsi, contrairement à ce qu'il affirme, l'appelant avait la capacité de se maîtriser, 

puisqu'il a réussi à s'abstenir de violer la loi pendant trois ans. 

 Le trouble de l'appelant est certes sévère et l'expert a établi qu'au moment des faits il 

était décompensé, il n'en demeure pas moins que ses capacités volitive et cognitive 

n'étaient pas nulles, mais diminuées. Il demeurait ainsi capable de se déterminer et 

d'apprécier le caractère illicite de ses actes dans une certaine mesure, d'autant qu'il a 

repris ses activités en représailles à un acte de B______, raison pour laquelle son 

irresponsabilité ne peut être retenue. 

 Au vu de ce qui précède, la Chambre de céans se rallie aux conclusions de l'expert, 

de sorte qu'elle retiendra que la responsabilité de l'appelant était moyennement 

restreinte au moment des faits. 

4. 4.1.1 Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il prend 
en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi que 

l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité de 

la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère 

répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure 

dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de 

sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). Comme sous l'ancien 

droit, le facteur essentiel est celui de la faute.  

 Les critères énumérés, de manière non exhaustive, par cette disposition légale 

correspondent à ceux fixés par l'art. 63 aCP et la jurisprudence élaborée en 

application de cette ancienne disposition conserve toute sa valeur, de sorte que l'on 

peut continuer à s'y référer (arrêt du Tribunal fédéral 6B_992/2008 du 5 mars 2009 

consid. 5.1). 

 4.1.2 Le juge atténue la peine en application de l'art. 19 al. 2 CP si, au moment d'agir, 
l'auteur ne possédait que partiellement la faculté d'apprécier le caractère illicite de 

son acte ou de se déterminer d'après cette appréciation. Les principes qui gouvernent 

l'application de cette disposition sont développés notamment dans un arrêt du 

Tribunal fédéral du 8 mars 2010 (ATF 136 IV 55). 

 Le juge doit apprécier la culpabilité subjective de l'auteur à partir de la gravité 

objective de l'acte. Dans le cadre de cette appréciation, il doit aussi tenir compte de la 

diminution de la responsabilité de l'auteur et doit indiquer dans quelle mesure celle-ci 

exerce un effet atténuant sur la culpabilité. Une diminution de la responsabilité au 

sens de l'art. 19 CP ne constitue qu'un critère parmi d'autres pour déterminer la faute 

liée à l'acte, et non plus un facteur qui interfère directement sur la peine. La réduction 

de la peine n'est que la conséquence de la faute plus légère (ATF 136 IV 55  

consid. 5.5, 5.6 et 6.1 p. 59 et suivantes, arrêt du Tribunal fédéral 6B_741/2010 du  

9 novembre 2010 consid. 3.1.2). En bref, le juge doit procéder comme suit en cas de 

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diminution de la responsabilité pénale : dans un premier temps, il doit décider, sur la 

base des constatations de fait de l'expertise, dans quelle mesure la responsabilité 

pénale de l'auteur doit être restreinte sur le plan juridique et comment cette 

diminution de la responsabilité se répercute sur l'appréciation de la faute. La faute 

globale doit être qualifiée et désignée expressément dans le jugement (art. 50 CP). 

Dans un second temps, il convient de déterminer la peine hypothétique, qui 

correspond à cette faute. La peine ainsi fixée peut enfin être modifiée en raison de 

facteurs liés à l'auteur (arrêts du Tribunal fédéral 6B_741/2010 du 9 novembre 2010 

consid. 3.1.2 et 6B_1092/2009 du 22 juin 2010 consid. 2.2.2). 

 4.2 En l'espèce, l'appelant ne critique ni la nature ni la quotité de la peine fixée par le 
premier juge, plaidant initialement son acquittement, puis son irresponsabilité. Les 

appelants sur appel joint ne se sont, à juste titre, pas prononcés sur la peine et le 

Ministère public a relevé que la peine devait être diminuée de moitié en raison de la 

responsabilité moyennement restreinte retenue dans l'expertise mise en œuvre en 

appel. 

 A l'instar du premier juge, la Chambre de céans relève que la faute de l'appelant n'est 

pas légère dans la mesure où il a diffamé les intimés durant plusieurs années auprès 

notamment de leurs clients dans le but de leur porter préjudice. Il s'est par ailleurs 

refusé au cours de l'instruction à cesser ses agissements en tant qu'il estimait devoir 

se défendre contre ses persécuteurs, et l'expert a relevé que le risque de récidive était 

élevé. L’appelant ne peut par ailleurs se prévaloir d’aucune circonstance atténuante 

au sens de l'art. 48 CP. En retenant une peine pécuniaire de 60 jours-amende à CHF 

30.- l'unité, le Tribunal de police a ainsi fait preuve de clémence, probablement en 

raison de doutes sur l'état psychique de l'appelant. 

 La responsabilité moyennement restreinte de l'appelant retenue par la Chambre de 

céans commande néanmoins de réduire la peine fixée par le Tribunal de police à la 

lumière de cet élément nouveau. 

 Une peine pécuniaire de 30 jours-amende à CHF 30.- l'unité, tenant compte de la 

responsabilité pénale de l'appelant et de sa situation financière, sera ainsi prononcée. 

 Le jugement entrepris sera modifié sur ce point.  

 4.3 La Chambre de céans n'a pas à se prononcer sur la question du sursis, dont les 
conditions sont au demeurant réalisées, ni sur celle de l'ordonnance d'une éventuelle 

mesure, le sort de l'appelant ne pouvant être aggravé en l'absence d'appel du 

Ministère public (art. 391 al. 2 CPP). 

5. Les appelants sur appel joint requièrent qu'une indemnité de CHF 5'000.- leur soit 
allouée en réparation de leur tort moral et que la totalité de leurs frais d'avocat soit 

prise en charge par l'appelant, lequel s'en est rapporté à justice s'agissant de ce 

dernier point et s'est opposé à l'allocation de l'indemnité pour tort moral sollicitée. 

- 19/24 - 

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 5.1 Conformément à l'art. 49 CO, celui qui subit une atteinte illicite à sa personnalité 
a droit à une somme d'argent à titre de réparation morale pour autant que la gravité 

de l'atteinte le justifie et que l'auteur ne lui ait pas donné satisfaction autrement. 

 L'ampleur de la réparation morale dépend avant tout de la gravité des souffrances 

physiques et psychiques consécutives à l'atteinte subie et de la possibilité d'adoucir 

sensiblement, par le versement d'une somme d'argent, la douleur morale qui en 

résulte. Sa détermination relève du pouvoir d'appréciation du juge. En raison de sa 

nature, l'indemnité pour tort moral, qui est destinée à réparer un dommage ne 

pouvant que difficilement être réduit à une simple somme d'argent, échappe à toute 

fixation selon les critères mathématiques, de sorte que son évaluation en chiffres ne 

saurait excéder certaines limites ; l'indemnité allouée doit toutefois être équitable.  

Le juge en proportionnera le montant à la gravité de l'atteinte subie et évitera que la 

somme accordée n'apparaisse dérisoire à la victime ; s'il s'inspire de certains pré-

cédents, il veillera à les adapter aux circonstances actuelles pour tenir compte de la 

dépréciation de la monnaie (ATF 125 III 269 consid. 2a p. 273 ; ATF 118 II 410 

consid. 2 p. 413 ; arrêt du Tribunal fédéral 6S.470/2002). 

 L’atteinte objectivement grave doit être ressentie par la victime comme une 

souffrance morale ; à défaut, aucune indemnisation ne peut lui être accordée. Comme 

chaque être humain ne réagit pas de la même manière à une atteinte portée à son 

intégrité psychique, le juge doit se déterminer à l’aune de l’attitude d’une personne ni 

trop sensible, ni particulièrement résistante. Pour que le juge puisse se faire une 

image précise de l’origine et de l’effet de l’atteinte illicite, le lésé doit alléguer et 

prouver les circonstances objectives desquelles on peut inférer la grave souffrance 

subjective qu’il ressent, malgré la difficulté de la preuve dans le domaine des 

sentiments (ATF 125 III 70 consid. 3a ; ATF 120 II 97 consid. 2b p. 98 s). La gravité 

de l’atteinte à la personnalité suppose en tout cas une atteinte extraordinaire, dont 

l’intensité dépasse l’émoi ou le souci habituel, de telle sorte qu’elle peut fonder une 

prétention particulière contre son auteur, alors que la vie exige de chacun qu’il tolère 

de petites contrariétés. 

 5.2 Dans le cas d'espèce, les appelants sur appel joint n'ont pas fait état d'une 
souffrance particulière, se bornant, dans leur écriture, à rappeler que les propos 

diffamatoires avaient été propagés à grande échelle à des destinataires 

particulièrement ciblés et à faire valoir que la réputation de B______ et C______ 

avait été durement atteinte.  

 Lors de l'audience de jugement, B______ a exposé ne plus pouvoir vivre 

tranquillement, avoir été contraint de s'expliquer auprès de certains de ses clients et 

avoir fait l'objet d'une enquête par les autorités fiscales françaises. 

 Il ne ressort toutefois pas de la procédure que les actes commis par l'appelant aient 
engendré des conséquences économiques pour C______, ni que cette dernière aurait 

- 20/24 - 

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perdu des clients suite aux allégations propagées par l'appelant, ou que B______ ait 

subi un réel traumatisme.  

  Il convient en outre de ne pas perdre de vue qu'en raison du trouble mental dont 

souffre l'appelant, les destinataires de ses écrits ne pouvaient leur apporter que peu de 

crédit, a fortiori au vu de leur caractère prolixe, confus et répétitif. 

 Même s'il est indéniable qu'être la cible perpétuelle des attaques de l'appelant doit 

être difficile à vivre, les appelants sur appel joint n'ont pas démontré subir une 

atteinte atteignant le seuil des souffrances donnant droit à une indemnité au sens de 

l’art. 49 CO. 

 Partant, les conclusions en réparation du tort moral des appelants sur appel joint 

seront rejetées et le jugement entrepris modifié sur ce point. 

 5.3.1 Selon l’art. 41 al. 1 du code des obligations du 30 mars 1911 (CO ; RS 220), 
chacun est tenu de réparer le dommage qu’il cause à autrui d’une manière illicite, soit 

intentionnellement, soit par négligence ou imprudence. La preuve du dommage 

incombe au demandeur (art. 42 al. 1 CO). La responsabilité délictuelle instituée par 

l’art. 41 CO requiert que soient réalisées cumulativement quatre conditions, soit un 

acte illicite, une faute de l’auteur, un dommage et un rapport de causalité naturelle et 

adéquate entre l’acte fautif et le dommage (ATF 132 III 122 consid. 4.1 p. 130). 

 5.3.2 Aux termes de l’art. 433 al. 1 CPP, la partie plaignante peut demander au 
prévenu une juste indemnité pour les dépenses occasionnées par la procédure si elle 

obtient gain de cause (let. a) ou si le prévenu est astreint au paiement des frais 

conformément à l’art. 426 al. 2 CPP (let. b). La partie plaignante adresse ses 

prétentions à l’autorité pénale et doit les chiffrer et les justifier (al. 2). En appel, la 

partie plaignante peut, aux mêmes conditions, également demander une telle 

indemnité (art. 433 al. 1 CPP, applicable en appel par le renvoi de l’art. 436 al. 1 

CPP). 

 La partie plaignante a obtenu gain de cause au sens de cette disposition lorsque  

le prévenu a été condamné et/ou si les prétentions civiles ont été admises (M. 

NIGGLI / M. HEER / H. WIPRÄCHTIGER, Schweizerische Strafprozessordnung / 

Schweizerische Jugendstrafprozessordnung, Basler Kommentar StPO/JstPO, Bâle 

2011, n. 6 ad art. 433 ; N. SCHMID, Schweizerische Strafprozessordnung : Praxis-

kommentar, Zurich 2009, n. 6 ad art. 433). La juste indemnité, notion qui laisse un 

large pouvoir d’appréciation au juge, couvre les dépenses et les frais nécessaires et 

adéquats pour faire valoir le point de vue de la partie plaignante, à l’exclusion de 

toutes démarches inutiles ou superflues (arrêt du Tribunal fédéral 6B_159/2012  

du 22 juin 2012 consid. 2.2 ; A. KUHN / Y. JEANNERET (éd.), op. cit., n. 8 ad art. 

433 ; N. SCHMID, op. cit., n. 3 ad art. 433). 

- 21/24 - 

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 5.4 Les appelants sur appel joint ont obtenu gain de cause en tant que l'appelant a été 
reconnu coupable de diffamation tant en première qu'en seconde instance. 

 L'appelant doit ainsi, sur le principe, se voir condamner à supporter les frais d'avocat 
des parties plaignantes, ce que le premier juge a dûment constaté.  

 A l'instar du premier juge, la Chambre de céans relève que l'appelant a produit un 

grand nombre de documents en vue de démontrer ses allégations et que le caractère 

prolixe de ses écrits, tout comme son trouble psychique, ont quelque peu compliqué 

la procédure, notamment par la tenue de deux audiences devant le Tribunal de police. 

La somme de CHF 15'690.50 requise s'agissant des honoraires afférents à la 

procédure de première instance apparaît ainsi justifiée. 

 S'agissant de la procédure d'appel, le montant de CHF 20'507.- requis doit en premier 

lieu être réduit de CHF 1'812.50  en raison de la comptabilisation, manifestement par 

erreur, d'activités concernant une autre procédure impliquant les mêmes parties dans 

"le time-sheet" de la procédure d'appel (cf. supra consid. C let. h). A cet égard, force 

est également de constater qu'il est vraisemblable que les nombreux contacts avec le 

mandant, engendrant des frais importants, aient concerné tant la procédure d'appel 

que l'autre procédure en cours. Par ailleurs, l'amplification de CHF 3'525.50 requise 

suite à la rédaction du mémoire de réponse à l'appel est excessive s'agissant de 

l'analyse d'un appel de sept pages, sans compter la page de garde, et de la rédaction 

d'une réponse équivalente (huit pages). Les parties plaignantes succombent en outre 

sur appel joint et dans leur prétention en réparation de leur tort moral. 

 Au vu de ce qui précède, il apparaît équitable d'accorder aux appelants sur appel 

joint, qui chiffraient la totalité de leurs frais d'avocat à CHF 36'197.50, un montant 

arrondi à CHF 25'000.- pour les deux instances. 

6. Vu l'issue de la procédure d'appel, il se justifie de rejeter les conclusions en 
indemnisation prises par l'appelant principal en application de l'art. 429 CPP, d'autant 

qu'il bénéficie d'un défenseur d'office, seul créancier envers l'Etat. 

7. Tant l'appelant principal que les appelants sur appel joint succombent pour 
l'essentiel, de sorte qu'ils supporteront chacun la moitié des frais de la procédure 

d'appel, comprenant dans leur totalité un émolument de décision de CHF 3'000.- (art. 

428 CPP et art. 14 al. 1 let. e du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale 

- RTFMP - E 4 10.03). 

* * * * * 

- 22/24 - 

P/19972/2010 

PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 

Reçoit l'appel formé par A______ et l'appel joint formé par B______ et C______ contre le 

jugement JTDP/268/2011 rendu le 28 septembre 2011 par le Tribunal de police dans la 

procédure P/19972/2010. 

Annule ce jugement en tant qu'il a condamné A______ à une peine pécuniaire de 60 jours-

amende à CHF 30.- l'unité, ainsi qu'au versement à C______  

et B______ d'un montant de CHF 3'000.-, avec intérêts à 5% dès le 28 septembre 2010, à 

titre de réparation de leur tort moral et d'un montant de CHF 15'690.50 à titre de 

participation à leurs honoraires d'avocat afférents à la procédure de première instance. 

Et statuant à nouveau : 

Condamne A______ à une peine pécuniaire de 30 jours-amende à  

CHF 30.- l'unité, avec sursis durant 3 ans. 

Condamne A______ à rembourser à B______ et C______ leurs honoraires d'avocat 

afférents à la procédure de première instance et à la procédure d'appel à hauteur de CHF 

25'000.-. 

Rejette toutes autres ou plus amples conclusions civiles des parties plaignantes, ainsi que 

les prétentions en indemnisation du prévenu. 

Confirme pour le surplus le jugement entrepris. 

Condamne A______, respectivement B______ et C______, chacun à la moitié des frais de 

la procédure d'appel, qui comprennent dans leur totalité un émolument de décision de CHF 

3'000.-. 

Siégeant : 

Madame Yvette NICOLET, présidente; Monsieur Pierre MARQUIS et Madame Verena 

PEDRAZZINI RIZZI, juges. 

 

La Greffière : 

Christine BENDER 

 La Présidente : 

Yvette NICOLET 

 

 

 

 

- 23/24 - 

P/19972/2010 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF ; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours en matière pénale. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

  

- 24/24 - 

P/19972/2010 

P/19972/2010 ETAT DE FRAIS AARP/148/2013

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais et dépens en matière 
pénale (E 4 10.03). 
 
 

Total des frais de procédure du Tribunal de police CHF 1'330.00 

Bordereau de frais de la Chambre pénale  
d'appel et de révision 

Mandats de comparution, avis d'audience et divers CHF 535.00 

Ordonnances et arrêts CHF 420.00 

HUG CHF 5'628.00 

Procès-verbal CHF 40.00 

Etat de frais CHF 75.00 

Emolument de décision CHF 3'000.00 

Total des frais de la procédure d’appel CHF 9'698.00 

Total général CHF 11'028.00 

 
Soit : 

 

A la charge de A______   A la charge de B______ et C______ 

 

CHF  1'330.-  (frais Tribunal de police)   

CHF  4'849.-  (1/2 frais d'appel)   CHF  4'849.-  (1/2 frais d'appel)