# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1bc057a9-d07c-5717-aaee-8bc893cb92c0
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-11-04
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Schuldbetreibungs- und Konkurskammer 04.11.2016 105 2016 82
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_003_105-2016-82_2016-11-04.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

105 2016 82

Arrêt du 4 novembre 2016

Chambre des poursuites et faillites

Composition Présidente: Catherine Overney
Juges: Adrian Urwyler, Dina Beti
Greffier-rapporteur: Ludovic Farine

Parties A.________ AG, plaignante

contre

OFFICE DES POURSUITES DE LA SARINE, autorité intimée

Objet Retrait d'une poursuite simultanément au dépôt de la réquisition, 
frais (art. 16 OELP)

Plainte du 9 septembre 2016 contre l'avis de retrait de réquisition du 
1er septembre 2016

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considérant en fait

A. Le 30 août 2016, A.________ AG a déposé une réquisition de poursuite pour un montant en 
capital de CHF 16'551.- à l'encontre de B.________ auprès de l'Office des poursuites de la Sarine 
(ci-après: l'OP Sarine). Dans la même enveloppe, elle a joint une déclaration de retrait de cette 
réquisition, précisant que celle-ci était déposée exclusivement à des fins d'interruption de la 
prescription, et a demandé la délivrance gratuite d'un reçu de la réquisition, conformément à 
l'art. 67 al. 3 LP.

Le 1er septembre 2016, l'OP Sarine a délivré le reçu demandé. Par avis du même jour, il a pris 
note du retrait de la réquisition de poursuite n° ccc et a fixé les frais à CHF 103.30, soit CHF 90.- 
pour l'établissement du commandement de payer et CHF 13.30 pour la notification – non effectuée 
toutefois – de celui-ci au poursuivi. La poursuivante a réglé ces frais.

B. Par acte du 9 septembre 2016, A.________ AG a cependant déposé plainte contre la 
décision de fixation des frais à CHF 103.30. Elle conclut, sous suite de frais et dépens, à ce que 
les frais dus dans la poursuite n° ccc soient réduits à CHF 5.- et à ce que l'OP Sarine soit astreint 
à lui rembourser la somme de CHF 98.30, subsidiairement à ce que la décision attaquée soit 
annulée et l'affaire renvoyée à l'autorité intimée pour nouvelle décision.

Dans sa détermination du 20 septembre 2016, l'OP Sarine conclut au rejet de la plainte.

en droit

1. Sauf dans les cas où la loi prescrit la voie judiciaire, il peut être porté plainte à l'autorité de 
surveillance lorsqu'une mesure de l'office est contraire à la loi ou ne paraît pas justifiée en fait 
(art. 17 al. 1 LP). La plainte doit être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu 
connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP).

En l'espèce, la plainte du 9 septembre 2016 dirigée contre la décision du 1er septembre 2016 a été 
déposée en temps utile. Brièvement motivée, elle est recevable en la forme.

2. a) Selon l'art. 16 al. 1 de l'ordonnance du 23 septembre 1996 sur les émoluments perçus en 
application de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (OELP ; RS 281.35), 
l'émolument pour la rédaction d'un commandement de payer, son établissement en double 
exemplaire, son enregistrement et sa notification est fonction du montant de la créance ; pour un 
montant en poursuite compris entre CHF 10'000.- et CHF 100'000.-, comme in casu, cet 
émolument s'élève à CHF 90.-. S'y ajoutent les débours, notamment les taxes postales, 
conformément à l'art. 13 al. 1 OELP.

Cependant, l'art. 16 al. 4 OELP dispose que l'émolument pour l'enregistrement d'une réquisition de 
poursuite retirée avant l'établissement du commandement de payer est de CHF 5.-, quel que soit 
le montant de la créance. Selon la doctrine (BOESCH in Commentaire LP, OELP / Ordonnance sur 
les émoluments, 2009, art. 16 n. 17), cette disposition vise le retrait de la réquisition par téléphone, 
tôt le matin-même de son arrivée par la poste – par exemple parce que le débiteur a payé – et 
avant la rédaction du commandement de payer ; cet auteur précise qu'un tel cas est rare, le 
courrier arrivé étant immédiatement traité, et qu'il est compréhensible de facturer l'émolument 

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complet lorsque le commandement de payer a été rédigé, l'office ayant alors exécuté la partie la 
plus importante de son travail.

b) En l'espèce, l'OP Sarine fait valoir qu'à réception de la réquisition de poursuite, il a saisi 
l'ensemble des données dans le logiciel de gestion du registre des poursuites, afin d'avoir une 
trace du dépôt de la réquisition, et que cette manière de faire provoque automatiquement 
l'émission du commandement de payer. Dès lors, il estime que l'art. 16 al. 4 OELP n'est pas 
applicable, mais bien l'art. 16 al. 1 OELP, d'autant que la poursuivante n'a pas retiré la réquisition 
parce qu'elle avait été payée, mais parce qu'elle l'avait déposée uniquement à des fins 
d'interruption de la prescription, ce qui selon lui est contestable.

Il résulte clairement du courrier accompagnant la réquisition de poursuite qu'elle était déposée 
uniquement aux fins d'interrompre la prescription. Or, pour que celle-ci soit interrompue selon 
l'art. 135 ch. 2 CO, qui prévoit notamment le cas dans lequel le créancier fait valoir ses droits par 
des poursuites, il suffit qu'une réquisition de poursuite valable soit remise à la poste (arrêt TF 
5P.305/2000 du 17 novembre 2000 consid. 3b et les références citées) ; l'effet interruptif vaut 
même si la notification du commandement de payer au poursuivi n'a ensuite pas lieu, par exemple 
en raison du retrait de la réquisition, et que ce dernier n'a ainsi pas connaissance de l'interruption 
de la prescription (ATF 114 II 261 ; arrêt TF 5P.339/2000 du 13 novembre 2000 consid. 3c ; BSK 
SchkG I – KOFMEL EHRENZELLER, 2ème éd. 2013, art. 67 n. 48). Il est dès lors loisible au créancier 
qui veut interrompre la prescription de joindre à sa réquisition de poursuite une déclaration de 
retrait de celle-ci, ce qui a pour effet que l'établissement et la notification du commandement de 
payer n'ont pas lieu et que la poursuite ne commence même pas (BSK OR I – DÄPPEN, 5ème éd. 
2013, art. 135 n. 6) : en effet, selon l'art. 38 al. 2 LP, celle-ci commence avec la notification du 
commandement de payer, qui a lieu dans un court laps de temps après la réception de la 
réquisition de poursuite (art. 71 al. 1 LP) et la rédaction quasi-simultanée du commandement de 
payer (art. 69 al. 1 LP). 

Au vu de ce qui précède, la position de l'OP Sarine ne saurait être suivie. Celui-ci a reçu le même 
jour, et sous le même pli, une réquisition de poursuite interruptive de prescription et une 
déclaration de retrait de cette réquisition, de sorte qu'il savait que la poursuite n'était pas 
maintenue et qu'il devait faire en sorte que le commandement de payer ne soit pas rédigé : ce qui 
est communément admis en cas de réception de la réquisition de poursuite et de retrait de celle-ci 
par téléphone doit valoir à plus forte raison dans le cas concret, dans lequel l'autorité intimée a eu 
connaissance simultanément de la réquisition et de son retrait. Les deux situations étant similaires, 
il n'est de plus pas déterminant que le logiciel de gestion du registre des poursuites génère 
automatiquement un commandement de payer lorsque les données y sont saisies. Au demeurant, 
puisque l'interruption de la prescription est effective même sans que le débiteur en ait 
connaissance, il n'est pas absolument nécessaire de saisir l'ensemble des données dans le 
système, ce qui pourrait être une parade à l'émission automatique de l'acte de poursuite. 

Quoi qu'il en soit, informé en même temps de la réquisition de poursuite et de son retrait, l'OP 
Sarine ne pouvait pas ici, de bonne foi, procéder à l'établissement du commandement de payer, 
puis le facturer à la poursuivante en application de l'art. 16 al. 1 OELP. Sous cet angle, la plainte 
est bien fondée.

c) Reste à déterminer quels frais peuvent être mis à la charge de la plaignante. DÄPPEN, 
dans le commentaire bâlois cité, est d'avis qu'en cas de retrait de la réquisition de poursuite 
simultané à son dépôt, ce sont les art. 4 ss OELP, et non l'art. 16 al. 4 OELP, qui trouvent 
application. Toutefois, l'art. 16 al. 4 OELP concerne le cas dans lequel une réquisition de poursuite 
est enregistrée, puis retirée avant l'établissement du commandement de payer, soit précisément la 

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situation qui est survenue en l'espèce. On ne voit dès lors pas pour quelle raison il ne faudrait pas 
appliquer cette disposition, qui a le pas sur les règles générales des art. 4 ss OELP.

Partant, A.________ AG doit verser à l'OP Sarine un émolument de CHF 5.-, conformément à l'art. 
16 al. 4 OELP. Quant aux frais de notification, ils ne sont pas dus, puisque le commandement de 
payer n'a pas été communiqué au poursuivi. Il s'ensuit que la décision du 1er septembre 2016 doit 
être modifiée dans le sens des conclusions principales de la plainte.

3. Il n'est pas perçu de frais, ni alloué de dépens (art. 20a al. 2 ch. 5 LP ; art. 61 al. 2 let. a et 62 
al. 2 de l'ordonnance du 23 septembre 1996 sur les émoluments perçus en application de la loi 
fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite [OELP ; RS 281.35]).

la Chambre arrête:

I. La plainte est admise.

Partant, l'avis de retrait de réquisition établi le 1er septembre 2016 par l'Office des poursuites 
de la Sarine dans la poursuite n° ccc est réformé, en ce sens que le solde des frais s'élève à 
CHF 5.-. L'office remboursera le montant de CHF 98.30 à A.________ AG. 

II. Il n'est pas perçu de frais, ni alloué de dépens.

III. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les dix jours qui 
suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de 
recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 4 novembre 2016/lfa

Présidente Greffier-rapporteur