# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e56b1f58-03f4-5139-b541-1586997aac5f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-08-22
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 22.08.2023 P/22567/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-22567-2019_2023-08-22.pdf

## Full Text

Siégeant : Monsieur Gregory ORCI, président ; Madame Catherine GAVIN et 
Monsieur Vincent FOURNIER, juges ; Monsieur Julien RAMADOO, 
greffier-juriste délibérant. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/22567/2019 AARP/320/2023 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 22 août 2023 

Entre 

A______, domicilié chez et comparant par Me B______, avocat,  

C______, domicilié chez M. D______, ______ [VD], comparant par Me E______, avocat,  

F______, G______ et H______, tous trois parties plaignantes, comparant par  

Me I______, avocat,  

appelants, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

appelant joint, 

 

contre le jugement JTCO/108/2022 rendu le 1er septembre 2022 par le Tribunal 

correctionnel, 

 

et 

 

J______, partie plaignante, comparant par Me K______, avocat,  

intimée.

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EN FAIT : 

A. a. En temps utile, A______, C______, F______, G______, H______ forment appel, 
et le Ministère public (MP) appel joint, contre le jugement du 1er septembre 2022 par 
lequel le Tribunal correctionnel (TCO), après avoir acquitté A______ des faits 
décrits sous chiffres 1.3 et 1.4 de l'acte d'accusation, l'a condamné à une peine 
privative de liberté de quatre ans et demi, sous déduction de la détention avant 
jugement subie, pour viol (art. 190 al. 1 du code pénal [CP]), tentatives de contrainte 
(art. 22 et 181 CP) et lésions corporelles simples (art. 123 ch. 1 CP). Les sursis 
octroyés le 28 novembre 2016 par le MP et le 12 avril 2018 par la Cour d'appel 
pénale du Tribunal cantonal de Lausanne n'ont pas été révoqués.  

Le TCO a condamné C______ à une peine pécuniaire de 100 jours-amende à 
CHF 100.- l'unité, avec sursis et délai d'épreuve de trois ans, pour complicité de 
tentatives de contrainte (art. 22, 25 et 181 CP).  

A______ et C______ ont été déboutés de leurs conclusions en indemnisation. Le 
premier a été condamné à verser à J______, à titre de réparation du tort moral et 
d'indemnité pour ses frais de défense, CHF 15'000.-, avec intérêts à 5% dès le 
29 novembre 2014, et CHF 9'617.60. Les deux ont été condamnés aux frais de la 
procédure, en CHF 22'149.90, à raison de trois quart et un quart. 

G______, F______ et H______ ont été déboutés de leurs conclusions civiles et en 
indemnisation. 

Le TCO a au surplus statué sur le sort des objets séquestrés. 

 b. A______ conclut, avec suite de frais, à son acquittement, à l'allocation d'une 
indemnité de CHF 61'200.- correspondant à CHF 200.- par jour de détention 
injustifiée, au déboutement des parties plaignantes de leurs conclusions civiles ainsi 
qu'à l'allocation d'une indemnité pour ses frais de défense en appel.  

C______ conclut, avec suite de frais, à son acquittement, à l'allocation d'une 
indemnité de CHF 5'000.- pour ses frais de défense, de CHF 3'257.65 et de 
CHF 200.-, avec intérêts à 5% dès le 12 septembre 2020, à titre de réparation du 
dommage matériel et du tort moral, et à la restitution de son téléphone portable.  

G______, F______ et H______ concluent, pour A______ et C______, à un verdict 
de culpabilité pour tentative et complicité de tentative d'extorsion et de chantage 
aggravé (art. 156 ch. 2 et 3 CP) en lien avec les chiffres 1.1. et 2.1. de l'acte 
d'accusation, ainsi que, pour A______, à un verdict de culpabilité pour lésions 
corporelles simples avec une arme ou un objet dangereux et menaces en liens avec 
les chiffres 1.2. et 1.3. de l'acte d'accusation. Ils concluent en sus à la condamnation 

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des deux prévenus à leur verser solidairement respectivement CHF 10'000.-, 
CHF 10'000.- et CHF 15'000.-, avec intérêts à 5% l'an dès le 26 mai 2019, à titre de 
réparation du tort moral, ainsi que CHF 10'400.- pour les frais de défense de 
première instance de G______, auxquels s'ajoutera l'indemnité pour ses frais de 
défense en appel.  

Le MP forme appel joint. Il prend les mêmes conclusions que les parties plaignantes 
sur le plan de la culpabilité, en y ajoutant pour A______ une condamnation pour 
infraction à la loi sur les armes (LArm) en lien avec le chiffre 1.4. de l'acte 
d'accusation. Il conclut par ailleurs à la fixation de la peine privative de liberté du 
précité à six ans. 

 c. Selon l'acte d'accusation du 3 mai 2022, il est reproché ce qui suit aux prévenus. 

c.a.a. A______ a tenté de forcer G______, F______ et H______ à lui verser 
CHF 150'000.- en les effrayant par ses propos, tenus à leur encontre ainsi qu'à leurs 
proches, et par la régularité et les circonstances de ses visites inopinées, dans les 
circonstances suivantes (ch. 1.1. de l'acte d'accusation).  

Le 26 mai 2019, il s'est rendu avec C______, L______ et M______ à l'établissement 
N______, sis rue 1______ no. ______. Ils y ont entouré G______ et, d'un air 
menaçant, lui ont réclamé le remboursement de la somme de CHF 150'000.- prêtée à 
son père, O______. Ils sont ensuite allés ensemble dans un café situé à l'angle [de la 
rue] 2______. C______, L______ et M______ sont restés à proximité afin de faire 
pression sur G______. A______ lui a dit que s'il ne remboursait pas cette somme, les 
précités pouvaient à tout moment venir chez lui pour lui briser les os et ceux de sa 
famille, et que s'il tenait à la vie, il avait intérêt à obtempérer.  

Le 30 mai 2019, A______ s'est à nouveau rendu au N______, avec C______, 
L______ et M______. L'un des précités a dit à l'épouse de G______, seule présente, 
que si elle tenait à la vie de son époux, il fallait qu'elle le raisonne. Cette dernière, 
effrayée, a rapporté ces propos à G______ lorsqu'il est arrivé quelques minutes plus 
tard. 

Le 6 juin 2019, A______ s'est rendu avec les mêmes personnes au domicile de 
H______ et a sonné à l'interphone. Seule la fille de cette dernière était présente à ce 
moment-là. A______ lui a dit que O______ leur devait de l'argent et qu'elle devait 
trouver une solution. 

Durant la soirée, il a envoyé C______, L______ et M______ à l'établissement 
P______, sis rue 3______ no. ______, où ces derniers ont réclamé à H______ la 
somme de CHF 150'000.-. 

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Le 2 juillet 2019, il s'y est lui-même rendu pour réclamer à cette dernière le 
remboursement du prêt.  

Dans la soirée, sur le trajet entre l'établissement le Q______, sis rue 4______ 
no. ______, et le R______, sis rue 5______ no. ______, A______ a déclaré à 
F______, frère de H______, qu'il allait le tuer et qu'il était prêt à tout pour récupérer 
son argent, même à s'en prendre aux enfants de G______. 

c.a.b. C______ a aidé A______ à tenter d'obtenir de manière indue le versement de 
la somme de CHF 150'000.-, en agissant les 26 et 30 mai ainsi que le 6 juin 2019 de 
la manière susdécrite (ch. 2.1.).  

c.b. Dans la nuit du 2 au 3 juillet 2019, dans le sous-sol du R______, A______ s'est 
muni d'une arme à feu réelle ou factice et a donné plusieurs coups sur le visage de 
F______, notamment au moyen de cet objet, jusqu'à l'intervention de tiers (ch. 1.2.).   

Avant de le frapper, A______ a agrippé F______ au niveau du col et lui a dit "je vais 
te tuer", tout en sortant une arme de poing, de manière à l'effrayer (ch. 1.3.). 

A______ a détenu intentionnellement et sans droit dans ces circonstances une arme à 
feu réelle ou factice de modèle et de marque inconnu (ch. 1.4.). 

c.c. Dans la nuit du 28 au 29 novembre 2014, à un endroit indéterminé et 
indéterminable de Genève, possiblement à la rue 6______, A______ a profité de 
l'état d'alcoolisation avancé et d'intoxication de J______ et du fait qu'elle était 
difficilement en état de résister, pour la faire monter dans un véhicule. Usant de sa 
force physique, il l'a ensuite pénétrée vaginalement et analement avec ses doigts, son 
pénis ou encore avec un objet, alors même que J______ se débattait et le repoussait 
(ch. 1.5. et 1.6.).   

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

Prêt de A______ à O______ 

a. O______ a emprunté de l'argent à A______ en 2017 et signé une reconnaissance 
de dette de CHF 150'000.- au plus tôt en janvier 2018, antidatée au 10 juin 2017. Il a 
fui en Turquie en 2018 sans rien rembourser.  

Son épouse, H______, et son fils, G______, sont restés à Genève, où ils géraient au 
moment des faits le N______, P______ et le S______ par l'intermédiaire de la 
société T______ Sàrl, dont ils sont respectivement associé-gérant et titulaire de la 
signature collective à deux.  

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F______ est le frère de H______.  

C______ était le dirigeant de la société U______, spécialisée dans la fourniture de 
matériel consommable, tels des gobelets, cuillères et serviettes. Il a reçu de A______ 
le 26 mai 2019 une copie de la reconnaissance de dette susmentionnée. 

b.a. Selon la plainte pénale de H______, A______ avait prêté une somme de 
CHF 100'000.- à son mari mais lui avait fait signer une reconnaissance de dette de 
CHF 150'000.- pour dissimuler le taux usurier du prêt. Elle ignorait ce qu'il était 
advenu de cette somme. Deux ou quatre mois après le départ de O______, A______ 
lui avait expliqué la situation par téléphone et l'avait menacée de la tuer si elle ne le 
remboursait pas. Elle l'avait invité à régler ce litige en Turquie avec son mari, avec 
lequel elle n'avait plus de contact. Elle n'avait ensuite plus entendu parler de 
A______ jusqu'à sa venue au N______. 

À la police, elle a précisé n'avoir pas été personnellement soumise à des pressions de 
la part de A______, qu'elle ne connaissait par ailleurs pas. Elle ignorait les détails 
concernant le prêt octroyé à son mari. 

b.b. À la police et au MP, A______ a expliqué être en litige avec O______ depuis 
deux ans. Très endetté, celui-ci lui avait emprunté, à lui et à un dénommé 
"V______", par le biais de l'entreprise W______, deux fois CHF 50'000.-, qu'il 
n'avait pas remboursés. Il lui avait proposé la vente de son tea-room à X______ [GE] 
pour un montant de CHF 150'000.-. Ayant accepté l'offre, A______ lui avait versé la 
différence de CHF 50'000.-. O______ avait toutefois quitté la Suisse et ne s'était pas 
présenté au rendez-vous avec la régie en vue du transfert du bail. 

A______ a ultérieurement précisé que O______ lui avait transmis les numéros de 
téléphone de sa femme et de son fils, lesquels devaient reprendre sa dette.  

Evénements du 26 mai 2019 

c. A______ et C______ se sont rendus au N______, en travaux à cette date. Ils 
étaient accompagnés de M______ et L______, pratiquants de sports de combat et 
amis de C______, qui louait au premier précité une arcade commerciale à Genève.  

S'y trouvaient G______, son épouse, Y______, son beau-frère, Z______, son beau-
père, AA______, et ses enfants. 

A______ s'est entretenu pour la première fois avec G______ pour lui demander le 
remboursement de la dette de CHF 150'000.-, d'abord au N______, puis dans un café 
plus loin, toujours en présence de C______, M______ et L______. 

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d.a. Selon la plainte pénale de G______, A______, qu'il ne connaissait pas, et trois 
individus étaient entrés dans l'établissement. Ils s'étaient rendus à l'arrière et l'avaient 
entouré. A______ lui avait exposé les causes du litige avec son père et montré sur 
son téléphone la reconnaissance de dette. Il lui avait ensuite demandé de le 
rembourser d'une manière ou d'une autre. Ses acolytes, lesquels étaient des 
investisseurs, lui avaient indiqué ne pas être venus pour rien et qu'il avait intérêt à 
rapidement trouver une solution. Il avait alors compris que cela pouvait devenir 
dangereux pour sa famille et invité tout le monde à discuter à l'extérieur. A______ 
avait affirmé que s'il n'obtenait pas le remboursement de son prêt, les individus 
présents pourraient à tout moment venir chez lui et, sans pitié, lui briser les os et 
ceux de sa famille. Il avait intérêt à rapidement trouver une solution s'il tenait à la 
vie.  

Il leur avait répondu ne pas être au courant de ce prêt et ne jamais s'être porté garant. 
Son père ayant fui en Turquie, ils devaient le contacter.  

A______ s'était énervé et avait rétorqué n'envisager qu'une solution, soit le transfert 
gratuit, en sa faveur, de l'un de ses établissements. Ils étaient finalement tous repartis. 

d.b. À la police, G______ a précisé que A______ s'était montré verbalement très 
agressif et avait "proféré 10'000 menaces". Il avait depuis lors peur pour lui et sa 
famille. Cela était d'autant plus difficile qu'il n'avait ni validé ni accepté la dette de 
son père.  

Durant l'instruction, il a indiqué que C______ ne l'avait pas directement menacé mais 
lui avait fait comprendre que s'il ne remboursait pas la somme prêtée, sa vie et celle 
de sa famille serait en danger. Il lui avait indiqué être l'associé de A______ car il 
avait participé au prêt. Il souhaitait un remboursement ou le transfert du S______ ou 
du N______.  

e.a. Z______, Y______ et AA______ ont indiqué à la police que quatre ou 
six individus étaient entrés soudainement et avaient réclamé de l'argent à G______.  

e.b. Z______, qui déchargeait une voiture, a déclaré ne pas s'être senti en danger. Les 
individus avaient entouré G______ et discuté avec lui pendant une vingtaine de 
minutes, lui indiquant vouloir de l'argent ou le local, le tenant pour responsable de la 
dette contractée par son père. Ils lui avaient également montré quelque chose sur un 
téléphone et demandé qu'il signe un document afin que le restaurant soit racheté. 

e.c. AA______ a expliqué que les individus avaient commencé à menacer G______, 
raison pour laquelle il avait crié en leur disant qu'ils n'avaient pas le droit d'être là. Il 
n'avait pas eu peur et leur avait demandé de sortir.  

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e.d. Y______ n'avait pas apprécié que ces individus, dont elle avait perçu la présence 
comme une menace, débarquent sans frapper, en présence des enfants. L'un d'eux 
était énervé car on lui devait de l'argent, ce qu'elle pouvait comprendre, mais ils 
n'avaient pas à entourer de la sorte son mari, dans l'ignorance de la dette de son père. 
Un autre individu lui avait dit que leurs propos ne constituaient pas une menace et 
qu'il s'excusait si elle les avait interprétés comme tels. Son mari lui avait dit de ne pas 
s'inquiéter et d'aller retrouver les enfants. En retournant au restaurant, l'un des 
intervenants, qui n'était ni A______ ni C______, lui avait indiqué que si O______ 
avait une dette, son fils devait la rembourser. 

f.a. À la police, A______ a expliqué avoir demandé à G______ le remboursement de 
la dette ou le transfert du tea-room. Il lui avait montré le document de transfert de 
propriété et expliqué avoir entamé des poursuites mais qu'aucune solution n'avait été 
trouvée. G______ avait sollicité un délai d'une semaine pour trouver une solution. 
Aucune menace n'avait été proférée et C______ ne l'avait pas accompagné à des fins 
d'intimidation. 

La police était venue ce jour-là et avait dit à G______ de lui céder le tea-room. Le 
soir-même, F______ l'avait appelé pour le menacer, indiquant qu'il avait un pistolet 
chez lui et qu'il n'avait peur de rien.  

f.b. Au MP, A______ a déclaré que G______ lui avait assuré se souvenir de ce prêt 
et être disposé à trouver une solution. Il ne l'avait pas menacé, lui et sa famille, ce 
que la police avait elle-même pu constater. 

C______, au courant de toute l'histoire, avait avancé la somme de CHF 70'000.- ou 
CHF 75'000.- sur les CHF 150'000.- prêtés à O______. 

Il ne comprenait pas pourquoi G______ n'avait pas déposé plainte immédiatement 
s'il s'était senti menacé. Il ne connaissait pas L______ ni M______.  

f.c. En première instance, A______ a précisé que C______ s'était engagé à lui verser 
CHF 70'000.- pour s'associer à son nouveau projet de café à X______ [GE]. Il devait 
ce jour-là voir des clients en sa compagnie et voulait lui présenter G______ pour 
affaires. Il n'avait pas menacé qui que ce soit. G______ leur avait proposé de se 
revoir la semaine suivante, devant parler à sa mère dans l'intervalle, tout en affirmant 
s'être déjà résolu à rembourser la dette en espèces.  

g.a. C______ a expliqué à la police et au MP connaître A______ dans le cadre 
professionnel. Lui-même victime dans cette affaire, il n'avait en rien intimidé la 
famille G______, qu'il ne connaissait pas. 

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A______ lui avait proposé de rencontrer G______, qui allait ouvrir un restaurant à 
X______ [GE] et auprès duquel il voulait "récupérer une dette". G______ s'était 
engagé à contacter son père, qui lui avait laissé beaucoup de dettes et avec lequel il 
n'avait plus aucun contact, afin de trouver une solution. Ils n'avaient pas été violents 
ni menaçants. Ils avaient convenu de se revoir la semaine suivante.  

Il n'avait pas prêté CHF 75'000.- à O______. A______ lui avait demandé une telle 
somme mais il lui avait répondu devoir réfléchir. Il s'était concrètement uniquement 
porté garant à hauteur de CHF 70'000.- si sa société devait prêter de l'argent à 
A______. 

À l'intérieur du N______, l'une des personnes présentes avait pris un outil et était 
prête à en découdre, raison pour laquelle ils avaient décidé d'aller discuter ailleurs. 
L'échange était resté courtois. G______ avait allégué des menaces pour donner du 
sens à sa plainte. Le fait de venir à quatre pour réclamer de l'argent pouvait mettre la 
pression, mais ils étaient venus pour écouter les gens, sans arrogance.  

g.b. En première instance, C______ a précisé que A______ lui avait proposé de 
l'accompagner dans l'espoir de lui permettre de gagner un nouveau client. Ce type 
d'entraide était courant entre partenaires. Il lui avait expliqué avoir une créance mais 
que cela n'était pas inquiétant.  

Ne parlant pas le turc, il n'avait que très partiellement compris les propos échangés 
au N______. Il n'avait pas relevé de menaces, mais vu une personne d'un certain âge, 
énervée, brandir un tournevis en direction de A______. L'exiguïté des lieux excluait 
que G______ pût être entouré. G______ lui avait dit à la fin de la discussion de 
revenir la semaine suivante, ce qu'il avait pris pour une invitation et représentait la 
perspective d'un nouveau client. Il avait payé tous les cafés.  

h. M______ a expliqué à la police n'avoir aucun lien avec A______, ni avec la 
famille G______ et F______. On lui avait toutefois expliqué que ces derniers 
escroquaient une grande partie de leurs associés.  

L______ a indiqué ne pas connaître A______, ni F______, ni la famille G______.  

Evénements du 30 mai 2019 

i. A______ et C______ se sont à nouveau rendus au N______ pour demander le 
remboursement de la dette. Y______ et Z______ étaient présents. G______ y est 
arrivé plus tard, simultanément à la police qu'il avait appelée. Informés de la 
situation, les agents ont invité A______ et C______ à entamer des poursuites, à 
rapidement quitter les lieux et à ne plus prendre contact avec G______. 

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j. Selon la plainte de G______, à son arrivée sur les lieux, C______ avait expliqué 
aux agents la situation et précisé être l'associé de A______. Son épouse avait dit à la 
police qu'il lui avait vivement recommandé de raisonner son époux au sujet du 
remboursement de la dette "si elle [l'] aimait". A______, vraisemblablement présent 
à distance dès le début, était arrivé et avait expliqué à la police qu'il souhaitait se 
faire rembourser. Celle-ci l'avait enjoint à recouvrir sa dette par la voie de la 
poursuite. 

G______ a précisé durant l'instruction que A______ et C______ ne l'avaient pas 
menacé car la police était présente. 

k. Y______ a déclaré que C______ lui avait calmement demandé si elle avait 
raisonné son mari et si elle tenait à lui. Sur question, il avait dit qu'il ne s'agissait pas 
de menaces. Ses propos semblaient néanmoins calculés dans le but de la manipuler. 
Il lui avait suggéré de lui transférer le bail de leur établissement pour rembourser le 
prêt, précisant que c'était à lui que O______ devait de l'argent. Depuis ces 
évènements, son mari était très inquiet.  

l.a. Durant l'instruction, A______ a d'abord dit ne pas se souvenir des événements du 
30 mai, puis admis s'être rendu au N______, alors que C______ et la police étaient 
déjà sur place. Il a indiqué aux premiers juges qu'il ne s'était pas exprimé et n'avait 
pas entendu les conversations. La police lui avait dit que G______ s'était plaint de 
ses menaces.  

l.b. Au MP, C______ a déclaré qu'il s'était rendu au N______ avec A______ car 
celui-ci y avait rendez-vous et lui avait de nouveau proposé de l'accompagner. Il y 
était allé peut-être par curiosité ou dans l'espoir de récupérer le tea-room. G______ 
était arrivé accompagné d'une patrouille de police et avait expliqué que A______ le 
contraignait à payer la dette de son père.  

En première instance, il a expliqué que Y______ s'était adressée à lui pour lui dire 
que son beau-père était un escroc et que beaucoup de personnes leur réclamaient de 
l'argent.  

Evénements du 6 juin 2019 

m. Des individus se sont rendus à cette date au domicile de H______ et ont parlé 
avec la fille de cette dernière par l'interphone au sujet de la dette de son époux.  

Dans la soirée, C______, L______ et M______ se sont rendus à P______ et ont 
réclamé à H______ le remboursement de la dette. Contacté par AB______, cuisinier 
et serveur, F______ s'est rendu sur place après avoir interpellé une voiture de police. 
C______ a expliqué aux agents avoir prêté avec son associé, A______, 

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CHF 150'000.- à O______, que celui-ci, parti en Turquie, n'avait pas remboursé. Il 
était donc venu pour la première fois à Genève pour récupérer cette somme.  

À la suite du contrôle de leur identité, C______ et ses deux amis ont quitté les lieux.  

n.a. Selon la plainte de H______, A______ et ses comparses s'étaient rendus devant 
son domicile et avaient fait peur à sa fille. Le même jour, il avait aussi envoyé ses 
acolytes à P______ pour lui mettre la pression. Quatre personnes s'étaient présentées 
et l'une d'elles avait demandé le remboursement de CHF 150'000.-, précisant que cet 
établissement lui appartenait car il avait été payé avec son argent. Elle n'avait jamais 
vu A______ mais avait eu ouï-dire qu'il était prêt à tout pour recouvrer son dû. 

Devant les premiers juges, H______ a précisé que l'homme lui ayant demandé le 
remboursement était grand. Il ne s'agissait ni de A______ ni de C______. Son frère 
avait été entouré dès son arrivée et elle avait eu très peur.  

n.b. Selon la plainte de F______, A______ s'était présenté en bas du domicile de sa 
nièce afin de récupérer son argent. Lorsque celle-ci avait menacé d'appeler la police, 
l'homme qui était avec lui s'était énervé et l'avait insultée et menacée. Le même soir, 
"quatre hommes de A______" s'étaient rendus à P______ pour récupérer la somme 
due par O______.  

F______ a précisé à la police que lorsqu'il était arrivé dans l'établissement, quatre ou 
cinq personnes entouraient sa sœur et criaient. Celle-ci avait été très choquée. 
Lorsqu'il était intervenu, les individus l'avaient attaqué et menacé en lui disant "nous 
on a donné de l'argent, si tu ne nous rembourses pas, on te tue". 

n.c. Selon la plainte de G______, deux ou trois individus s'étaient rendus devant le 
domicile de ses parents, où seule sa sœur était présente. Ils lui avaient expliqué que 
O______ leur devait de l'argent, qu'il fallait qu'elle le contacte, qu'elle trouve une 
solution et ils l'avaient insultée. Il ignorait si des menaces avaient été proférées.  

o. AB______ a indiqué que quatre hommes, dont A______ ne faisait pas partie et 
qu'il voyait pour la première fois, étaient venus au restaurant, l'air menaçant. Deux 
étaient restés à l'extérieur. L'un avait demandé où était F______, lequel était arrivé 
quelques instants après. Il avait informé H______, qui était en cuisine, de la 
situation. Cette dernière était montée et l'un des protagonistes lui avait réclamé son 
argent. Les quatre hommes et H______ étaient sortis et s'étaient disputés. Depuis 
l'intérieur, il avait entendu l'un d'eux crier le montant de CHF 150'000.- et H______ 
répondre qu'elle ne les connaissait pas et ne leur devait rien.  

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Il avait appelé la police, laquelle avait calmé la situation. Il n'avait plus entendu 
parler de cet évènement ni revu les quatre hommes. Sa patronne était très énervée à 
cause des dettes laissées par son mari. F______ souhaitait trouver un arrangement. 

p.a. Entendu à la police, M______ a confirmé être venu à Genève avec L______ et 
C______ le 6 juin 2019. Il ne s'était pas rendu en bas de l'immeuble de la famille 
G______.  

C______ devait faire une livraison dans le magasin de A______, lequel leur avait 
expliqué avoir rendez-vous avec le fils de son associé et proposé de l'accompagner 
avant de visiter la ville, ce qu'ils avaient fait. Ils avaient été mis en présence de 
G______, son beau-père, sa femme et deux autres hommes qui faisaient de la 
peinture. Comme ceux-ci parlaient en turc, il n'avait pas tout compris, mais on lui 
avait expliqué que A______ n'avait plus de nouvelles de O______ et que G______ 
avait accepté de payer ce que ce dernier devait. Après cette discussion, G______ 
avait appelé A______ pour lui dire d'aller voir sa mère qui gérait l'argent de la 
famille, ce qu'ils avaient fait. Cette dernière leur avait crié dessus en les exhortant de 
partir et avait appelé la police. A______ cherchait juste une explication et la police 
lui avait conseillé de s'adresser aux autorité compétentes. Ils étaient retournés voir 
G______ qui avait également commencé à crier et à faire du scandale. A______ lui 
avait dit qu'il saisirait la justice et G______ avait rigolé en lui disant que le temps 
que l'affaire soit réglée, il aurait rejoint son père au pays.  

Lors de ses visites auprès de la famille G______, M______ n'avait jamais pris la 
parole.  

p.b. L______ a reconnu être venu à Genève le 6 juin 2019 avec M______. Ils avaient 
rejoint C______ après avoir mangé. Il ne se souvenait pour le surplus que s'être 
retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. À P______, ils avaient rencontré 
une femme hystérique et un autre homme. Lui-même était resté devant 
l'établissement. Une voiture de police était ensuite arrivée et il n'avait rien compris. 
Personne n'avait été agressé et les agents avaient expliqué à C______ la procédure 
pour porter plainte. 

q.a. Durant l'instruction, A______ a déclaré ne pas avoir été au courant que des 
individus s'étaient présentés au domicile de la famille G______ le 6 juin 2019 ni 
qu'ils s'étaient par la suite rendus à P______.   

q.b. C______ a expliqué ne pas avoir été présent en bas du logement précité. À 
P______, il n'avait pas menacé H______ ni un autre membre de la famille. Ce n'était 
ni son argent, ni ses affaires. Il se dirigeait vers les AW______ [GE] pour dîner avec 
L______ et M______ et ils avaient croisé en chemin H______ sur le trottoir. Elle 

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parlait fort et un échange avait eu lieu en turc, mais aucune menace n'avait été 
proférée. L'oncle, également présent, avait beaucoup bu et était vulgaire.  

Il était très surpris par les différents dépôts de plainte car ils n'avaient rien fait de 
mal. A______ réclamait uniquement son dû. Naïf dans les affaires, il ne pouvait donc 
pas avoir été menaçant.  

En première instance, C______ a déclaré que A______ les avait accompagnés et 
s'était arrêté à P______ pour discuter. Les échanges en turc avaient été tendus. 
A______ était énervé parce qu'il n'avait pas été remboursé. Il était parti avant d'avoir 
pu être contrôlé par la police.   

Evénements du 2 juillet 2019 

r. Durant la soirée, A______ s'est rendu à P______ pour réclamer à H______ le 
remboursement de la dette. Il y a rencontré F______ et ils sont convenus de se 
retrouver plus tard au Q______. Ils y ont consommé de l'alcool puis se sont ensuite 
rendus au R______, tenu par AC______, où seul ce dernier et AD______ étaient 
encore présents. 

Ils y ont eu une dispute au sous-sol et ont été séparés par les précités.  

F______ a subi un hématome au niveau de l'os maxillaire gauche, une plaie profonde 
de 6-8 cm au-dessus de l'arcade sourcilière gauche, une plaie profonde de 1 cm en 
arc de cercle, une plaie en étoile de 2-3 cm sur la joue gauche, une plaie superficielle 
au niveau fronto-temporal gauche, des plaies superficielles sur l'oreille externe au 
niveau de l'antitragus et l'entrée du conduit auditif externe.  

Les plaies du visage ont nécessité des points de suture. Il ressort de leur photographie 
qu'au vu de leur forme et profondeur, elles n'ont pas pu être causées par des coups 
portés à mains nues. 

Un pistolet AE______/7______ [marque, modèle], 9 mm, munitionné de 
six cartouches, a été retrouvé par la police au R______ lors de la perquisition du 
21 janvier 2020. Cette arme avait été frauduleusement acquise par AC______ sous le 
nom d'un tiers.  

s.a. Selon la plainte de F______ du 8 juillet 2019, vers minuit, cheminant en 
direction du R______ avec A______, celui-ci lui avait fait comprendre qu'il voulait 
vraiment récupérer son argent et que s'il le fallait, il le tuerait et s'en prendrait aux 
enfants de son neveu. Sur place, au sous-sol, A______, après être allé chercher 
quelque chose à l'étage, lui avait dit qu'il allait le tuer et avait sorti une arme de 
poing. Ils s'étaient ensuite saisis mutuellement jusqu'à ce que A______ crie "éteignez 

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la lumière, je vais le tuer". Il avait reçu des coups sur le côté gauche du visage au 
niveau de l'œil. La lumière s'était rallumée et AD______ les avait séparés. Il n'avait 
pas appelé la police car il avait eu peur pour sa famille. Il ne comprenait pas 
pourquoi A______ s'en était pris à lui. 

s.b. Au MP, F______ a indiqué qu'au Q______, A______ l'avait menacé de mort et 
lui avait dit qu'il allait tuer sa grande sœur, sa belle-sœur et ses enfants. Il avait eu 
très peur qu'il s'en prenne à sa famille. A______ ne portait pas de béquilles et ne 
l'avait pas forcé à aller au R______ ni à descendre au sous-sol de cet établissement. Il 
l'avait frappé le premier avec la pommette d'un pistolet. Une tierce personne était 
intervenue pour les séparer. Il avait reçu dans l'obscurité un coup à l'arcade 
sourcilière, un autre sur la pommette et un troisième sur le nez. Lorsque la lumière 
s'était rallumée, il avait constaté qu'il saignait. Après la bagarre, ils s'étaient tous assis 
et A______ avait recommencé à lui parler de la dette de son beau-frère. Depuis ces 
faits, il se sentait angoissé, avait tout le temps peur et était complètement détruit. 

s.c. En première instance, F______ a précisé que durant la bagarre, il était tombé et 
sa tête avait frappé le sol. 

t.a.a. À la police, AC______ a indiqué que A______ était déjà venu dans son 
établissement et était toujours accompagné par des gardes du corps. Il avait un peu 
peur de lui car il "se la jou[ait] mafieux". A______ avait des hommes de main pour 
faire pression sur les gens lui devant de l'argent. Il avait lui-même été en litige avec 
lui au sujet de l'éventuelle vente de son établissement et dû, dans ce contexte, lui 
rembourser CHF 15'000.- sur un montant de CHF 30'000.-. Il savait que A______ 
avait prêté de l'argent à O______ et que ce dernier avait quitté la Suisse sans le 
rembourser, raison pour laquelle le premier faisait pression sur les membres de la 
famille du second.  

Il avait vu A______ et F______ dans son établissement le 2 juillet vers 20h00. 
F______ était ivre et A______ ne portait pas de béquilles. Les deux hommes avaient 
pris deux bières et s'étaient dirigés vers l'arrière du café. Il avait soudainement 
entendu crier et compris qu'ils étaient descendus au sous-sol. Il y avait vu A______ 
et F______ se disputer. Il les avait séparés mais ils l'avaient exhorté de les laisser 
tranquilles. F______ n'avait alors pas de marques de coups sur le visage. Il était donc 
remonté. Il avait réentendu des cris plus tard et était redescendu. F______ saignait du 
visage et avait l'œil gonflé, son t-shirt était déchiré et il avait perdu connaissance sous 
les coups de A______. Ce dernier avait un pistolet dans la main et l'utilisait pour 
frapper F______. Lui-même avait mis des glaçons sur le visage de ce dernier. Les 
deux hommes avaient bu un café avant de quitter les lieux.  

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Le lendemain, il était retourné au sous-sol de son établissement et avait retrouvé 
l'arme. Ne sachant pas si elle était légale, il l'avait gardée pour la rendre à A______, 
qui n'avait cessé de l'appeler pour le dissuader de contacter la police. 

t.a.b. Au MP, AC______ a précisé ignorer que A______ était armé en arrivant dans 
son café. Lorsqu'il était descendu la seconde fois, il avait demandé à AD______ de 
l'aider à séparer les deux hommes. A______ était au-dessus de F______, lui assénait 
des coups sur la tête avec un pistolet et disait qu'il allait le tuer. F______ répliquait : 
"Fais pas ça! Fais pas ça!". Il n'avait pas vu celui-ci, assez âgé, frapper A______, 
mais entendu lui dire qu'il paierait cher son agression. 

AC______ s'est ultérieurement dédit au sujet de l'utilisation d'une arme par A______ 
pour frapper F______.  

t.b. Au MP, AD______ a déclaré que cinq ou dix minutes après leur arrivée au 
R______, A______ et F______ s'étaient disputés. AC______ était allé voir ce qu'il 
se passait et était revenu quelques minutes plus tard, les deux protagonistes lui ayant 
demandé de partir. Il n'avait pas vu A______ remonter de la cave ni s'il avait une 
arme sur lui. Ils avaient à nouveau entendu du bruit par la suite et étaient descendus 
au sous-sol. F______ insultait A______ et le menaçait. Il n'avait pas entendu 
A______ demander d'éteindre les lumières ni proférer des menaces de mort. Alors 
qu'ils se tenaient par le col, AC______ les avait séparés. Ils étaient ivres et leurs 
vêtements déchirés. A______ présentait une plaie à la lèvre ainsi que des rougeurs 
sur le nez, et F______ des rougeurs sur le cou et le visage ainsi qu'une blessure à 
l'arcade sourcilière. Il n'avait vu aucune arme.  

Après la bagarre, F______ avait menacé A______ en lui disant qu'il n'allait pas le 
laisser tranquille. Une fois calmé, il leur avait expliqué que son beau-frère avait 
emprunté de l'argent à A______ et que celui-ci lui mettait la pression pour en obtenir 
le remboursement.  

Les deux hommes avaient fait la paix, bu une nouvelle bière avant de quitter les 
lieux, et refusé d'être amenés à l'hôpital tout comme d'appeler la police.  

AD______ avait été étonné par l'attitude de F______, lequel paraissait heureux de ce 
qui s'était passé.  

u. Il ressort des plaintes pénales de G______ et de H______ que F______ leur avait 
rapporté avoir été menacé puis frappé avec une arme par A______.  

v. Durant l'instruction, A______ a nié avoir menacé qui que ce soit ou être allé 
chercher une arme au R______. Les membres de la famille G______ arnaquaient les 
gens et leurs accusations à son encontre constituaient un scénario monté de toutes 

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pièces pour ne pas le payer. F______ n'était pas blessé lorsqu'ils s'étaient quittés. 
Lui-même était en béquilles et n'avait donc pas pu le frapper. Après avoir discuté du 
litige autour de plusieurs bières, ils étaient repartis fâchés sans avoir trouvé de 
solution. Il n'avait pas d'arme et n'en avait pas vu.  

A______ a ultérieurement admis s'être disputé avec F______, sans toutefois le 
menacer. Tous les deux s'étaient attrapés par le col et il lui avait asséné un coup de 
poing sur la joue. Après l'altercation, ils avaient encore bu deux bières. Il n'avait pas 
parlé de cet épisode lors de ses précédentes auditions car F______ l'avait menacé et 
frappé. 

En première instance, il a précisé que lui-même et F______ avaient beaucoup bu. 
Celui-ci avait commencé à l'insulter et ils s'étaient battus, mais avaient ensuite fait la 
paix. Il avait aussi été blessé et n'avait proféré aucune menace ni utilisé d'objet. 

Evénements du 28 novembre 2014 

w.a. Le 28 novembre 2014, J______ était une étudiante en médecine âgée de 23 ans, 
encore vierge et domiciliée chez ses parents, à AF______ [GE].  

À la date précitée, elle s'est rendue après son travail, vers 20h00, chez AG______ et 
AH______, habitant à proximité de l'hôpital, pour prendre un apéritif, en compagnie 
également de AI______. Elle y a bu deux verres de vin blanc. Ils se sont ensuite tous 
déplacés au café AJ______, où ils ont bu deux bouteilles de vin ainsi que de l'alcool 
fort. Vers 01h30, légèrement titubante, J______ est partie soudainement, soucieuse 
de ne pas rater son dernier bus.  

Aux environs de minuit, ne la voyant pas revenir, sa mère lui a envoyé un SMS, mais 
son téléphone était éteint. Entre 01h00 et 02h00, constatant que son téléphone était à 
nouveau rallumé, ses parents ont à nouveau vainement essayé de l'appeler.  

Entre 1h30 et 5h00, dans un lieu et des circonstances litigieux, A______ et J______ 
ont entretenu un rapport sexuel.  

J______ est montée seule dans le bus n°1 à l'arrêt "Hôpital" à 05h39. Elle s'est 
rapidement endormie et a été réveillée à trois reprises par des tiers l'ayant interpellée 
pour s'enquérir de son état. Elle est descendue à l'arrêt "AK______" à 07h28 et est 
arrivée chez elle à 7h30, les cheveux souillés et l'air désorienté. Elle a expliqué à son 
père n'avoir aucun souvenir de la soirée et ne plus avoir de sac à main ni de 
téléphone.  

Avec l'aide de sa sœur, elle a contacté AH______ pour lui demander ce qui s'était 
passé. En lui parlant, elle s'est rendu compte qu'elle n'avait plus sa culotte. Elle lui a 

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expliqué avoir eu un flash selon lequel elle était dans une voiture et se débattait avec 
un homme typé. 

Craignant d'avoir été abusée sexuellement, J______ a été conduite par son père à 
l'hôpital pour effectuer les examens d'usage. 

Son sac avait été retrouvé sur la chaussée au niveau de la rue 6______ no. ______.  

w.b. J______ présentait deux dermabrasions d'aspect frais de la région glutéale 
interne gauche, deux dermabrasions d'aspect frais du dos à gauche, une dermabrasion 
de la marge anale et une dermabrasion de l'introïtus vaginal. Ces deux dernières 
dermabrasions étaient compatibles avec un mécanisme de pénétration sans que 
l'origine (pénis, doigts, objets) en soit déterminable.  

Le sang de J______ comportait de l'éthanol, des benzodiazépines, de la cotinine et de 
la caféine.  

Le profil ADN de A______ a été mis en évidence sur les prélèvements effectués sur 
J______ au niveau de la vulve et du fornix (présence de spermatozoïdes), de l'anus 
(présence de liquide séminal) ainsi que sous les ongles de la main droite. 

x.a. Entendue par la police, J______ a déclaré que ses souvenirs de la soirée étaient 
flous dès après l'apéritif chez ses amis. Elle ne se rappelait plus du tout avoir quitté le 
café AJ______ ni du chemin emprunté, et n'avait eu que quelques flashs de ce qui 
s'était passé. Elle se souvenait avoir été à la rue 6______ et près d'une voiture. Elle 
pensait y être entrée, s'y être débattue et y avoir repoussé quelqu'un. Elle s'était sentie 
complètement perdue et désorientée.  

Elle avait cherché à monter dans n'importe quel bus, avait dû prendre celui de la 
ligne n°1 et s'y était certainement endormie. Quelqu'un l'avait secouée pour la 
réveiller. Elle était descendue à l'arrêt "AK______" à côté de chez elle.  

Ses souvenirs étaient meilleurs à partir de là. Arrivée devant chez elle, elle avait 
sonné car elle n'avait ni son sac, ni ses clés. Elle s'était demandée si elle avait rêvé ou 
si elle avait fait une sorte de "bad trip". Après avoir téléphoné à AH______ et s'être 
aperçue qu'elle ne portait plus de culotte, elle avait compris que quelque chose avait 
dû lui arriver. Elle s'était rendue à l'hôpital sans se doucher et avait constaté des 
traces de sang dans sa nouvelle culotte.  

De nature méfiante, elle n'était pas encline à faire connaissance avec des inconnus 
dans la rue, ce qui excluait qu'elle eût accepté de suivre quelqu'un. Elle avait constaté 
des bleus au niveau des genoux et sur le dessus du pied droit, ainsi qu'une douleur à 
la palpation au niveau de l'avant gauche du crâne, au début du cuir chevelu.  

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x.b. Selon ses déclarations en audience de confrontation au MP, elle s'était souvenue 
s'être retrouvée brièvement sur les sièges arrières d'une voiture et avoir cherché à se 
défendre, en repoussant quelqu'un avec les bras. Elle ne pouvait pas en décrire le 
visage.  

Elle n'avait pas l'habitude d'avoir des relations sexuelles non protégées. Elle avait fait 
une trithérapie préventive après les faits et la procédure était pour elle désagréable et 
pénible. 

Elle prenait à l'époque des faits des médicaments contre l'asthme ne contenant pas de 
benzodiazépine.  

y.a. À la police, A______ a d'abord contesté avoir rencontré J______. Sur 
présentation d'une photographie de cette dernière, il a expliqué qu'il s'était 
possiblement passé quelque chose avec elle, en discothèque, mais qu'il ne s'en 
souvenait pas. Il s'était séparé de sa femme en juin 2014 pendant environ sept mois et 
vivait alors dans un appartement à AL______ [GE]. Il avait eu plusieurs relations 
extra-conjugales non protégées avec des partenaires rencontrées dans des 
discothèques, parfois dans sa voiture, mais jamais sous la contrainte. Il avait eu 
plusieurs véhicules, toujours inscrits au nom de son épouse, dont certainement une 
AM______/8______ [marque, modèle] en 2014. Aucune de ses partenaires n'avait 
été totalement ivre. Lui-même, qui consommait beaucoup d'alcool en 2014, n'était 
pas agressif lorsqu'il buvait.  

Il avait pu laisser de l'ADN sur J______ en lui faisant des bisous ou des câlins, ainsi 
que dans son vagin, mais pas dans son anus, quand bien même il avait eu des 
rapports anaux à quelques reprises. 

y.b. Au MP, A______ a admis avoir eu une relation sexuelle avec J______ mais 
contesté l'y avoir contrainte. Il ne s'était jamais rien passé dans une voiture, en tous 
les cas pas lors de cette soirée. 

Il avait une fille, une sœur, une mère et une femme. Il n'était pas "une personne 
comme ça". Ça lui faisait mal d'entendre le mot viol.  

y.c. En première instance, il a décrit sa rencontre avec J______ comme suit. Elle était 
passée devant lui alors qu'il était assis sur un banc sur le quai 9______. Elle l'avait 
salué et s'était assise à ses côtés. Ils avaient discuté, bu de l'alcool qu'il s'était acheté 
plus tôt dans un magasin à proximité et "les choses" s'étaient passées. Ils avaient eu 
un rapport sexuel ni forcé ni violent, sans préservatif, en bas des escaliers au bord de 
AN______, endroit qu'il connaissait bien puisque situé proche de son ancien 
domicile conjugal. Il avait pénétré J______ vaginalement mais ne se souvenait plus 
d'un quelconque coït anal. Elle était un peu ivre, comme lui, mais avait paru normale 

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et joyeuse. La présence de son ADN sous les ongles de la jeune fille s'expliquait par 
le fait qu'elle lui avait touché le dos et les fesses. Ils avaient ensuite marché jusqu'au 
pont et étaient partis chacun de leur côté. Il avait dormi chez son épouse, dont il était 
séparé, car l'appartement de celui qui l'hébergeait à cette période n'était pas 
disponible.  

z. AO______, ancienne amante de A______, a été entendue en première instance.  

Ils s'étaient rencontrés en 2014 et avaient débuté une relation intime un mois plus 
tard. Elle était toujours sa compagne. Jamais violent, il était charmant et attentionné. 
Outre chez elle, ils avaient souvent fait l'amour dans sa voiture ou celle de A______. 
Il s'était fait opérer au genou et, comme il ne pouvait pas le plier, elle se positionnait 
généralement sur lui. 

Détention des prévenus et conclusions des parties en première instance 

aa.a. A______ a été placé en détention provisoire le 21 janvier et libéré le 
20 novembre 2020 (305 jours), sous les principales mesures de substitution suivantes 
: interdiction de quitter la Suisse, de contacter d'une quelconque manière les parties à 
la procédure, ainsi que L______ et M______, et de s'approcher à moins de 
100 mètres des établissements tenus par la famille G______ ainsi que du domicile de 
ses membres étant parties à la procédure.  

Il a été mis en détention puis placé sous d'autres mesures de substitution dans une 
procédure parallèle le 8 mars 2023 (P/10______/2022), soit après 837 jours sous le 
régime des mesures de substitution susmentionnées. 

En première instance, A______ a conclu au versement de CHF 61'200.-, 
correspondant à une indemnité pour la détention subie de CHF 200.- par jour.  

aa.b. C______ a conclu à l'indemnisation de ses frais de défense relative à l'activité 
de son précédent conseil, avocat de choix, à hauteur de CHF 5'000.-, à la réparation 
du dommage ainsi que du tort moral causé par son interpellation, de CHF 3'257.65 et 
de CHF 200.-, avec intérêts à 5% dès le 12 septembre 2020.  

aa.c. G______, H______ et F______ ont fait valoir des conclusions en réparation de 
leur tort moral respectivement à hauteur de CHF 10'000.-, CHF 10'000.- et 
CHF 15'000.-. 

G______ a en sus conclu à l'indemnisation de ses frais de défense à hauteur de 
CHF 10'400.-, soit le tiers des honoraires du conseil des parties plaignantes totalisant 
CHF 31'200.-, sur la base d'une activité de chef d'étude de 59h00 et de stagiaire de 

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4h50 (tarifs horaires de CHF 450.- et de CHF 200.-) pour la période du 10 juin 2021 
au 30 août 2022. 

aa.d. J______ a conclu au versement de CHF 15'000.- au titre de réparation du tort 
moral, ainsi qu'à l'indemnisation de ses frais de défense, que le TCO a arrêté à 
CHF 9'617.- en tenant compte de l'activité de conseil de la partie plaignante durant 
l'instruction, soit 9h30 et 3h00 pour le chef d'étude et le stagiaire, aux tarifs horaires 
de CHF 350.- et de 150.-, ainsi que de la durée des débats de 14h30. 

C. a.a. Durant les débats d'appel, A______ a confirmé que O______ lui avait donné le 
numéro de téléphone de sa femme et de son fils, ceux-ci devant le rembourser. Aussi 
s'était-il rendu à deux reprises dans les établissements de la famille G______, la 
troisième visite ayant eu pour but de rencontrer F______ sur invitation de ce dernier. 
Contrairement à ce qu'il avait expliqué durant la procédure, la moitié du prêt ne 
venait pas de C______, mais de son beau-frère.  

Le 26 mai 2019, ce dernier l'avait accompagné pour vendre ses propres produits et il 
ne connaissait pas les deux autres hommes présents. Marchant en béquilles, il n'avait 
pas adopté de comportement menaçant et personne n'avait entouré G______. Il avait 
bu un café avec ce dernier, qui, refusant de vendre son établissement, l'avait invité à 
s'adresser à sa mère.  

Le 30 mai 2019, C______, qui à l'origine devait reprendre le café de O______ avec 
lui, était présent car il avait été invité par G______. 

Le 6 juin 2019, il ne s'était pas rendu au domicile de H______ ni à P______ et n'y 
avait envoyé personne.  

Le 2 juillet 2019, il n'avait pas frappé F______ avec une arme. AC______, avec 
lequel il était en litige, avait menti pour se débarrasser de lui. F______ l'avait incité à 
boire et avait provoqué la dispute au R______, alors qu'en béquilles, lui-même 
peinait à tenir debout.  

Il avait honte des faits de viol dont il était accusé. En novembre 2014, il ne possédait 
pas de voiture, contrairement à son épouse, et n'utilisait que la camionnette de son 
entreprise, dont tout l'arrière avait été aménagé en espace frigorifique. Il ne se 
souvenait pas s'il avait eu des relations sexuelles avec AO______ en 2014 et il n'avait 
pas tenu un décompte du nombre de leurs rapports dans une voiture, soit, le cas 
échéant, dans celle de son épouse.  

Sa rencontre avec J______ au quai 9______ s'était déroulée naturellement. Ils 
avaient bu, discuté, rigolé puis s'étaient embrassés. Ils étaient descendus au bord de 
AN______ et y avaient eu une relation sexuelle très rapide. Elle avait touché ses 

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fesses et son dos, ce qui expliquait la présence de son ADN sous les ongles. Ils 
étaient restés ensemble entre 45 minutes et une heure. 

Il avait préalablement passé la soirée dans une épicerie à proximité, où il était resté 
un certain temps après la fermeture, jusqu'à 23h30 au maximum, et où il avait acheté 
de l'alcool, soit de la bière ou du whisky. Il logeait à l'époque dans le studio exigu et 
inconfortable d'un ami rue 11______.  

Si sa condamnation était confirmée, sa réputation dans la communauté turque, et 
donc sa vie, seraient détruites. 

 a.b. Par la voix de son conseil, A______ a requis à titre préjudiciel l'audition de 
J______, ce qui a été refusé pour les motifs développés infra au chiffre 2 de la partie 
EN DROIT.  

Sur le fond, il persiste dans ses conclusions, précisant qu'il ne s’oppose pas à un 
verdict de culpabilité de lésions corporelles simples. Il produit une note d'honoraires 
de son conseil d'un montant de CHF 26'878.30, couvrant l'activité de ce dernier du 
23 septembre 2022 au 1er juin 2023, et fondée sur les tarifs horaires de CHF 450.- ou 
CHF 350.-. Il conclut au surplus à la restitution des objets séquestrés, à l'allocation 
d'un montant symbolique au titre de la réparation du tort moral résultant de l’atteinte 
à sa liberté et à sa réputation causée par les accusations de viol. 

La famille G______, qui avait dit tout et son contraire depuis le début de la 
procédure, n'avait eu aucun scrupule à saisir la justice dans le but d'éluder le 
paiement de sa dette et de faire de lui un paria dans le milieu turc. Il était en fin de 
compte le seul lésé dans cette affaire, ayant perdu CHF 150'000.- et sa liberté. Il 
reconnaissait seulement avoir frappé F______ à une reprise, en réponse à l'agression 
de ce dernier.  

J______ n'avait aucun souvenir du moment qu'ils avaient passé ensemble et qui avait 
été reconstitué sur la seule base des traces ADN, lesquelles ne prouvaient pas le viol. 
La victime avait trop bu et peut-être pris des médicaments, point qui n'avait pas été 
instruit. Elle s'était montrée vulnérable et avait eu une première relation dans des 
circonstances que, même si elles n'impliquaient aucune contrainte, elle avait pu avoir 
des difficultés à admettre par après, eu égard à son milieu social. Elle portait un jeans 
serré, qui ne pouvait pas être enlevé de force. Elle n'avait constaté ne plus avoir de 
culotte que lors de sa conversation téléphonique avec son amie. Il ressortait de sa 
plainte qu'elle ne voulait accuser personne. Elle n'y avait allégué aucune contrainte et 
donné aucun élément permettant de retrouver l'auteur. 

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A______, père de deux enfants, était en fin de compte accusé sur la base de 
flashbacks, desquels il n'était pas possible de déduire le lieu du viol présumé ni du 
type de voiture dans laquelle il aurait été commis. 

Lors de la confrontation, son ancien conseil, qui n'avait pas eu accès au dossier, 
n'avait posé qu'une seule question à la victime.  

Cette dernière n'avait pas eu besoin de suivi psychiatrique et on pouvait imaginer 
qu'elle se portait bien aujourd'hui.  

b.a. C______ a confirmé avoir accompagné A______ au N______ le 26 mai 2019 
pour être présenté à G______ en tant que fournisseur, ce qui était une pratique 
courante. Le ton était rapidement monté sur place au sujet d'une dette avec laquelle 
lui-même n'avait rien à voir. Personne n'avait adopté une attitude menaçante et les 
lieux, en travaux, étaient trop exigus pour que G______ pût être entouré. Tout s'était 
terminé de manière cordiale.  

Il était retourné au N______ le 30 mai suivant sur invitation de G______ et de 
A______, étant précisé que si le premier était devenu l'un de ses clients, le second 
aurait touché une commission. Il n'avait cependant pas eu l'occasion de proposer sa 
marchandise.  

Il ne connaissait pas l'identité de la personne présente le 6 juin 2019, en sus de lui-
même, A______ et M______. Ils cheminaient en direction des AW______ [GE], où 
il voulait déjeuner et voir des clients. Il avait à un certain moment entendu des cris et 
vu A______ et M______ avec une femme. Il n'était pas rentré dans P______, étant 
resté de l'autre côté du trottoir.  

A______ lui avait proposé de s'associer à lui pour devenir gérant du S______ qu'il 
voulait acquérir.  

b.b. Par la voix de son conseil, C______ persiste dans ses conclusions.  

Il était un entrepreneur sérieux, propriétaire de deux sociétés et un chargé 
d’enseignement très apprécié et cultivé. Il n'avait pas d'antécédents spécifiques.  

Il n'avait aucun intérêt financier dans cette affaire. Les déclarations contraires de 
A______ durant la procédure étaient inconstantes, avaient été rétractées en première 
instance et ne reposaient sur aucun élément matériel. Il était pour le surplus 
convaincu de la légitimité des prétentions de A______ contre la famille G______.  

L'acte d'accusation n'évoquait aucune menace lors de leur visite du 26 mai 2019 et 
G______ ainsi que les autres personnes présentes n'en avaient pas mentionnées.  

- 22/47 - 

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H______ n'avait pas confirmé avoir fait l'objet de menaces le 30 mai 2019. 

Rien n'attestait sa présence au domicile de H______ le 6 juin 2019 et il était passé 
durant la soirée à proximité de P______ sans aucune intention de discuter avec la 
précitée.  

c. Par la voix de leur conseil, G______, présent lors des débats, ainsi que H______ et 
F______ persistent dans leurs conclusions. Ils chiffrent celles en indemnisation des 
frais de défense de G______ en appel à CHF 2'532.-, correspondant à un tiers des 
honoraires de leur conseil pour la procédure d'appel, de CHF 7'596.-, sur la base 
d'une activité de 14h50 de chef d'étude (CHF 450.- de l'heure) et d'une heure du 
stagiaire (CHF 200.- de l'heure).  

Les contradictions et les mensonges des prévenus étaient nombreux. A______ était 
allé jusqu'à contester l'existence d'une dispute au R______ et il persistait à se 
présenter comme une victime. C______ avait nié puis reconnu la présence de ses 
deux acolytes. Le précité n'avait parlé que tardivement de son espoir de faire de 
G______ un nouveau client. Il savait pertinemment que le but des différentes visites 
à la famille G______ était le recouvrement d'une dette. Sa présence à trois reprises ne 
pouvait pas relever du hasard. Quelles que fussent les modalités du prêt, la tentative 
d'extorsion était réalisée. En l'absence de dol, on ne comprenait pas pourquoi 
A______ s'était fait accompagner de trois hommes, dont deux "gros bras", alors que 
des poursuites avaient été introduites en Turquie et qu'il aurait pu en faire de même 
en Suisse.  

Les parties plaignantes avaient varié dans leurs propos dans une bien moindre 
mesure et de telles fluctuations s'expliquaient par leur peur. Elles ignoraient 
l'existence de la dette, dont on pouvait douter du fondement. La reconnaissance y 
relative avait été rédigée par l'épouse de O______ et antidatée. Elle ne s'inscrivait 
dans aucun document comptable. Les déclarations de A______ avaient constamment 
fluctué au sujet de l'origine du prêt, qui aurait été en partie financé par C______.  

L'attitude et les propos menaçants des deux prévenus étaient confirmés par le 
témoignage des autres membres de la famille. A______ avait un antécédent 
spécifique et était décrit par son épouse comme impulsif et têtu. Il résultait de la 
procédure parallèle qu'il avait commis le même genre de méfaits en France avec 
C______. Le 6 juin 2019, la présence des prévenus au domicile de H______ résultait 
du fait qu'ils s'étaient rendus le même jour à P______, ce qui ne pouvait pas être une 
coïncidence. La famille G______ avait certes d'autres créanciers mais elles n'étaient 
pas en litige avec eux. L'utilisation d'une arme à feu lors de la dispute avec F______ 
ressortait aussi bien de la photographie des lésions que du témoignage de AC______. 
Si celui-ci avait des raisons d'en vouloir à A______, il n'avait pas pu inventer cet 
élément lorsqu'il avait été interrogé par la police.  

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d. Le MP persiste dans ses conclusions, précisant qu'il renonce à requérir l'expulsion 
et la révocation des sursis antérieurs de A______, et qu'il requiert la mise de trois 
quarts des frais de la procédure d'appel à la charge du précité et du solde à celle de 
C______.  

A______, un homme pourtant violent, ainsi que cela résultait par ailleurs de la 
procédure parallèle et des messages retrouvés sur son téléphone, avait 
continuellement adopté une position de victime.  

Il ne pouvait pas ignorer que seul O______ était son débiteur. Il ressortait de ses 
déclarations que sa créance n'avait aucun lien avec le reste de la famille, qui ignorait 
en outre l'existence d'une telle dette. Les hommes qui l'avaient accompagné le savait 
également, à tout le moins par dol éventuel, car A______ ne s'était jamais prévalu 
d'une créance contre toute la famille 

Il s'était présenté à plusieurs reprises dans les établissements de la famille, hors des 
horaires d'ouverture, accompagné de plusieurs hommes, dont un champion de MMA 
("Mixed Martial Arts"), et ce malgré l'intervention de la police à deux reprises. 
L'existence d'intimidations et de menaces reposait sur les déclarations des témoins et 
des parties plaignantes. A______ était sans aucun doute à l'origine de la présence 
d'hommes au domicile de H______, dont il avait l'adresse, le 6 juin 2019, le jour 
même où une visite avait eu lieu à P______. AC______ avait confirmé qu'il 
cherchait les G______ partout. 

Les déclarations de A______ et de C______, par ailleurs contradictoires, selon 
lesquelles leur présence simultanée dans les différents établissements des G______ 
relevait du hasard et visait un but purement commercial, n'étaient pas convaincantes. 

Les violences physiques contre F______ au moyen d'une arme, quand bien même 
celle-ci n'avait pas été retrouvée, ou à tout le moins d'un objet dangereux, étaient 
attestées par les déclarations de la partie plaignante et du témoin AC______, elles-
mêmes corroborées par le constat médical.  

Le faits commis au préjudice de J______ seraient restés impunis sans la preuve par 
l'ADN. Ses déclarations brumeuses s'expliquaient par son état et démontraient qu'elle 
n'avait pas cherché à inventer ce qui avait pu se passer. Encore vierge, elle avait 
voulu rentrer rapidement chez ses parents, mais avait subi, durant une nuit de 
novembre, une pénétration vaginale et anale. Elle s'était souvenue avoir repoussé un 
homme et l'ADN du prévenu, le seul identifié, avait été retrouvé sous ses ongles. Les 
lésions subies étaient éloquentes et des traces de sang avaient été retrouvées sur sa 
culotte. Les déclarations de A______, s'adaptant aux preuves recueillies, avaient 
fluctué.  

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Sa faute était très lourde. Ancré dans la délinquance, il s'en était lâchement pris à 
l'intégrité sexuelle d'une jeune fille, agissant en prédateur de manière sordide pour 
assouvir ses pulsions. Il s'était attaqué au patrimoine de la famille G______ et plus 
particulièrement à l'intégrité de F______, par appât du gain facile et esprit de 
vengeance, alors qu'il avait à disposition des moyens de recours légaux et que sa 
situation n'expliquait en rien ses agissements. Il n'avait manifesté ni empathie ni 
regret, de sorte que la prise de conscience de la faute était absente. Le viol seul 
justifiait une peine privative de liberté de quatre ans et demi, à relever pour tenir 
compte de la circonstance aggravante du concours et de l'existence d'antécédents 
spécifiques. Il ne bénéficiait pas de la circonstance atténuante liée au temps écoulé 
compte tenu de son comportement dans l'intervalle.  

e. J______ conclut au rejet de l'appel de A______ et au versement de CHF 13'450.- 
pour ses frais de défense, dont CHF 3'832.- pour la procédure d'appel. Ce montant ne 
comprenait pas la durée des débats de seconde instance de 10h35. Il était fondé sur 
une activité du chef d'étude de 7h30 et de la stagiaire de 3h05, facturée aux tarifs 
horaires de CHF 450.- et de CHF 150.-.  

Le prévenu s'était beaucoup contredit, notamment sur le nombre et le type de 
voitures dont il était détenteur, le nombre et la nature de rapports sexuels qu'il y avait 
entretenus, son logement lors des faits, les lieux qu'il avait fréquentés plus tôt dans la 
soirée, ainsi que l'existence, le type et le déroulement de la relation sexuelle avec la 
victime. Il était séparé de sa femme et entretenait régulièrement des rapports avec 
d'autres partenaires.  

Le discours de J______ s'avérait constant, sincère et dépourvu d'exagération. Ses 
trous de mémoire s'expliquaient par sa consommation d'alcool combinée à la prise de 
benzodiazépine. Elle n'avait jamais auparavant eu de black-out, vomi ni consommé 
des stupéfiants. Elle n'avait aucun bénéfice à retirer de fausses accusations. Encore 
vierge, étudiante en médecine de 23 ans, il n'était pas concevable qu'elle eût suivi un 
inconnu, qui plus est pour avoir un rapport sexuel non protégé à l'extérieur au mois 
de novembre. Elle avait manifesté du désarroi lorsqu'elle avait constaté ne plus porter 
de culotte et dû imaginer ce qui avait pu se passer. Les lésions constatées et la 
présence de sang dans sa culotte corroboraient l'absence de rapport consenti. 

Le tort moral alloué était équitable au vu des souffrances ressenties.  

D. a. A______, au bénéfice d'un permis C, est né le ______ 1986 en Turquie. Il est 
marié et père d'une fille de neuf ans et d'un garçon de plus d'une année. Il a vécu dans 
son pays d'origine jusqu'en 2008. Il y a effectué toute sa scolarité mais n'a pas 
terminé ses études. Sa mère et l'un de ses frères y habitent, son autre frère vit à 
Genève et sa sœur est décédée. 

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Après son mariage en 2007, lui-même et son épouse, ressortissante suisse, se sont 
installés à Genève. Il a toujours travaillé dans la restauration. Il gère aujourd'hui un 
établissement avec sa femme et ils réalisent ensemble un salaire de CHF 5'000.- ou 
CHF 6'000.- par mois. 

Il a subi deux opérations à sa jambe droite en novembre 2018 et novembre 2019 pour 
une correction d'axe du membre inférieur et une ablation au niveau du genou.  

  Selon l'extrait du casier judiciaire suisse, il a été condamné : 

-  le 8 novembre 2011 par le MP à une peine pécuniaire de 35 jours-amende à 
CHF 80.-, sursis durant trois ans, ainsi qu'à une amende de CHF 700.- pour 
faux dans les certificats et délit manqué d'obtention frauduleuse d'une 
constatation fausse ; 

-  le 28 novembre 2016 par le Ministère public de l'arrondissement de 
AP______ [VD] à une peine pécuniaire de 20 jours-amende à CHF 40.-, sursis 
durant trois ans, ainsi qu'à une amende de CHF 320.- pour conduite dans 
l'incapacité de conduire ; 

-  le 12 avril 2018 par la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal de Lausanne à 
une peine pécuniaire de 20 jours-amende à CHF 10.-, sursis durant trois ans, 
complémentaire au jugement du 28 novembre 2016, pour tentative de 
contrainte. 

b. C______, né le ______ 1980 en France, réside dans le canton de Vaud depuis 
2020 au bénéfice d'un permis B. Il est séparé et père de deux enfants de neuf et onze 
ans qui vivent avec leur mère à AQ______ [France] et qu'il voit pendant la moitié 
des vacances scolaires. Diplômé de l'Université de Lyon, il indique y donner des 
cours en microéconomie appliquée à la finance pour un salaire de EUR 1'200.- par 
mois. Il possède deux sociétés de distribution alimentaire, employant chacune cinq 
personnes. Leurs chiffres d'affaires pour l'exercice 2022 se sont élevés à 
CHF 1 million en Suisse et EUR 1.6 million en France. Ses revenus, également 
immobiliers, totalisent environ CHF 150'000.- par année. 

Selon l'extrait de son casier judiciaire suisse, il n'a pas d'antécédent. 

À teneur de son casier judiciaire français, il a été condamné le 13 avril 2005 par la 
Chambre des appels correctionnels de la Cour d'appel de AR______ [France] à une 
peine de quatre ans d'emprisonnement, dont trois avec sursis, ainsi qu'à une amende 
de EUR 8'000.- pour infraction à la loi sur les stupéfiants. 

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E. a. Me E______, défenseur d'office de C______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel comptabilisant, hors la durée des débats d'appel de 10h35, 6h00 
d'examen du dossier et de préparation aux débats ainsi que 1h30 d'entretien avec le 
client.  

 b. Me I______, conseil juridique gratuit de H______ et de F______, dépose un état 
de frais pour la procédure d'appel comptabilisant, hors la durée des débats d'appel, 
1h40 d'entretien avec les clients, 6h10 d'étude du dossier et de préparation des 
débats, 1h00 d'étude du dossier par le stagiaire, ainsi que 1h00 de rédaction de la 
déclaration d'appel.  

EN DROIT : 

1. Les appels et l'appel joint sont recevables pour avoir été interjetés et motivés selon la 
forme et dans les délais prescrits (art. 398, 399, 400 et 401 du code de procédure 
pénale [CPP]). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 
Aussi, il ne sera pas entré en matière sur les conclusions de A______ en restitution 
des objets séquestrés, formulées seulement durant les débats, alors que ce point du 
jugement n'a pas été attaqué dans la déclaration d'appel. 

2. 2.1. Conformément à l'art. 343 al. 3 CPP, applicable par renvoi de l'art. 405 
al. 1 CPP, l'administration immédiate des preuves qui, lors de la procédure 
préliminaire, ont été administrées en bonne et due forme, doit être réitérée durant la 
procédure orale d'appel lorsque la connaissance directe du moyen de preuve apparaît 
nécessaire au prononcé du jugement. Tel est le cas lorsqu'elle est susceptible d'influer 
sur le sort de la procédure, soit si la force du moyen de preuve dépend de manière 
décisive de l'impression suscitée au moment de sa présentation, notamment quand 
des déclarations constituent l'unique moyen de preuve – à défaut de tout autre indice 
– et qu'il existe une situation de "déclarations contre déclarations". Une 
administration immédiate des preuves par la juridiction d'appel peut également 
s'imposer lorsque celle-ci envisage de s'écarter des constatations de fait de première 
instance (ATF 143 IV 288 consid. 1.4.1 et 140 IV 196 consid. 4.4.2 ; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_1045/2021 du 16 septembre 2022 consid. 3.2.3).  

 2.2. En l'espèce, les charges de viol contre l'appelant A______ ne reposent pas 
entièrement sur les déclarations de la partie plaignante, qui ne constituent en tant que 
telles qu'un indice, insuffisant à asseoir la culpabilité du prévenu. Les souvenirs de 
l'intimée, flous et parcellaires, circonscrits quant au viol présumé à quelques flashs 
d'un événement survenu dans une voiture, n'ont en particulier pas permis 
l'identification de l'auteur. Sans le recoupement de l'ADN de l'appelant en 2020 avec 

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les traces prélevées sur le corps de la victime, rien n'aurait permis de le soupçonner. 
Plus globalement, la personnalité de la partie plaignante, son état physique et 
psychologique après les faits – lesquels seront appréciés ci-après – et le déroulement 
de la nuit du 28 novembre 2014 sont a priori bien plus accablants que le contenu de 
son témoignage.  

 La présente procédure n'a ainsi par pour objet une situation de "déclarations contre 
déclarations", où celles de la victime, contestées par le prévenu, représentent 
l'unique moyen de preuve. Aussi, la réaudition de la partie plaignante en appel, dont 
on peine à comprendre ce qu'elle apporterait près de neuf ans après les faits, 
n'apparaît pas nécessaire au prononcé du jugement. Il est rappelé au surplus que les 
parties ont été confrontées, ce à un moment, contrairement à ce dont l'appelant s'est 
plaint, où elles avaient un accès égal au dossier.  

 Enfin, la CPAR ne s'écartera pas des constatations de fait des premiers juges 
(cf. infra consid. 5). 

3. 3.1. Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, garantie 
par l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés 
fondamentales (CEDH) et, sur le plan interne, par les art. 32 al. 1 de la Constitution 
fédérale de la Confédération suisse (Cst.) et 10 al. 3 CPP, concerne tant le fardeau de 
la preuve que l'appréciation des preuves au sens large (ATF 144 IV 345 
consid. 2.2.3.1 et 127 I 28 consid. 2a). 

Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence signifie que le 
juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à l'accusé 
si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. Il 
importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui sont 
toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de 
doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en 
fonction de la situation objective (ATF 145 IV 154 consid. 1). 

3.2. Selon l'art. 156 ch. 1 CP, quiconque, dans le dessein de se procurer ou de 
procurer à un tiers un enrichissement illégitime, détermine une personne à des actes 
préjudiciables à ses intérêts pécuniaires ou à ceux d’un tiers, en usant de violence ou 
en la menaçant d’un dommage sérieux, est puni d’une peine privative de liberté de 
cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire. Si l’auteur fait métier de l’extorsion ou 
s’il a poursuivi à réitérées reprises ses agissements contre la victime, il est puni d’une 
peine privative de liberté de six mois à dix ans (ch. 2). S'il exerce des violences sur 
une personne ou s’il la menace d’un danger imminent pour la vie ou l’intégrité 
corporelle, la peine est celle prévue à l’art. 140 CP (ch. 3). 

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Pour que l'infraction soit objectivement réalisée, il faut que l'auteur, par un moyen de 
contrainte, ait déterminé une personne à accomplir un acte portant atteinte à son 
patrimoine ou à celui d'un tiers. Cela implique d'abord que la personne visée ait 
conservé une certaine liberté de choix et se lèse elle-même ou lèse autrui par son 
acte. Il faut en outre un dommage, c'est-à-dire une lésion du patrimoine sous la forme 
d'une diminution de l'actif, d'une augmentation du passif, d'une non-augmentation de 
l'actif ou d'une non-diminution du passif (arrêt du Tribunal fédéral 6B_275/2016 du 
9 décembre 2016 consid. 4.1 et 4.2.3). 

En cas d'extorsion et de chantage, l'illicéité résulte en principe déjà de la contrainte, 
dans la mesure où l'auteur amène la victime à réaliser un acte préjudiciable à ses 
intérêts pour obtenir un avantage illicite. Si le transfert de patrimoine est déjà illicite, 
il n'est pas nécessaire d'examiner l'illicéité du comportement contraignant (arrêt 
6B_275/2016 précité consid. 4.2.2). 

La menace d’un dommage sérieux est un moyen de pression psychologique. L'auteur 
doit faire craindre à la victime un inconvénient, dont l'arrivée paraît dépendre de sa 
volonté. Il importe peu qu'en réalité l'auteur ne puisse pas influencer la survenance de 
l'événement préjudiciable ou qu'il n'ait pas l'intention de mettre sa menace à 
exécution. La menace peut être expresse ou tacite et être signifiée par n'importe quel 
moyen. Le dommage évoqué peut toucher n'importe quel intérêt juridiquement 
protégé. Il faut toutefois qu'il soit sérieux, c'est-à-dire que la perspective de 
l'inconvénient soit propre, pour un destinataire raisonnable, à l'amener à adopter un 
comportement qu'il n'aurait pas eu s'il avait eu toute sa liberté de décision. Le 
caractère sérieux du dommage doit être évalué en fonction de critères objectifs et non 
pas d'après les réactions du destinataire (ATF 122 IV 322 consid. 1a et 106 IV 125 
consid. 2b). 

Sur le plan subjectif, il faut que l'auteur ait agi intentionnellement, le dol éventuel 
étant suffisant, et dans le dessein de se procurer ou de procurer à un tiers un 
enrichissement illégitime (arrêt 6B_275/2016 précité consid. 4.2.5). De manière 
générale, il n'y a pas de dessein d'enrichissement illégitime chez celui qui s'approprie 
une chose pour se payer ou pour tenter de se payer lui-même, s'il a une créance d'un 
montant au moins égal à la valeur de chose qu'il s'est appropriée et s'il a vraiment agi 
en vue de se payer (ATF 105 IV 29 consid. 3a). Aussi, ce dessein spécial fait défaut 
si l'auteur est ou croit être titulaire d'une créance à l'égard de la personne visée. Seule 
la contrainte (art. 181 CP), et non l'extorsion, entre alors en ligne de compte 
(L. MOREILLON / A. PAREIN-REYMOND, CPP, Code de procédure pénale, 
2ème éd., Bâle 2016, n. 19 ad art. 156). 

3.3. Aux termes de l'art. 22 al. 1 CP, le juge peut atténuer la peine si l’exécution d’un 
crime ou d’un délit n’est pas poursuivie jusqu’à son terme ou que le résultat 

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nécessaire à la consommation de l’infraction ne se produit pas ou ne pouvait pas se 
produire. 

La tentative suppose que l'auteur réalise tous les éléments subjectifs de l'infraction et 
qu'il manifeste sa décision de la commettre, mais sans en réaliser tous les éléments 
objectifs (ATF 120 IV 199 consid. 3e). S'agissant d'extorsion ou de chantage, il faut 
donc que l'auteur ait l'intention, dans le but de se procurer ou de procurer à autrui un 
enrichissement illégitime, de déterminer le lésé à un acte préjudiciable à ses intérêts 
pécuniaires ou à ceux d'un tiers, soit en usant de violence (extorsion), soit en 
menaçant le lésé d'un dommage sérieux (chantage) (arrêt du Tribunal fédéral 
6P.196/2006 du 4 décembre 2006 consid. 6.1). 

3.4. Selon l'art. 25 CP, la peine est atténuée à l’égard de quiconque a 
intentionnellement prêté assistance à l’auteur pour commettre un crime ou un délit. 

Objectivement, la complicité, qui est une forme de participation accessoire à 
l'infraction, suppose que le complice ait apporté à l'auteur principal une contribution 
causale à la réalisation de l'infraction, de telle sorte que les événements ne se seraient 
pas déroulés de la même manière sans cet acte de favorisation. La contribution du 
complice est subordonnée : il facilite et encourage l'infraction. Il n'est pas nécessaire 
que l'assistance du complice ait été une condition sine qua non de la réalisation de 
l'infraction. Il suffit qu'elle l'ait favorisée. Subjectivement, le complice doit avoir 
l'intention de favoriser la commission, mais le dol éventuel suffit. Il faut qu'il sache 
ou se rende compte qu'il apporte son concours à un acte délictueux déterminé et qu'il 
le veuille ou l'accepte. À cet égard, il suffit qu'il connaisse les principaux traits de 
l'activité délictueuse qu'aura l'auteur (ATF 132 IV 49 consid. 1.1, 128 IV 53 
consid. 5f/cc et 121 IV 109 consid. 3a). 

3.5.1. En l'espèce, il est établi que l'appelant A______ s'est rendu inopinément dans 
les établissements tenus par G______ et H______ les 26, 30 mai et 2 juillet 2019. Il 
était les deux premières fois accompagné de trois autres hommes, à savoir C______ 
et ses deux amis pratiquant des sports de combat. Il a à chaque fois réclamé le 
paiement de sa créance en remboursement d'un prêt de CHF 150'000.- en faveur de 
O______, soit directement, soit par la remise d'un fonds de commerce. Lorsqu'il est 
venu au N______, une partie de la famille de G______, dont ses enfants, était 
présente.  

Il n'est pas établi qu'il s'est rendu au domicile de H______ le 6 juin mais il est 
démontré à satisfaction de droit que cette visite a eu lieu et a concerné la dette de 
CHF 150'000.-, de sorte qu'elle a forcément été faite, si ce n'est en présence, pour le 
moins à l'initiative de l'appelant A______. Cela a été dénoncé de manière constante 
par les parties plaignantes et s'est produit le même jour que la visite surprise de 
C______ et ses deux acolytes à P______, ce qui peut difficilement être une 

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coïncidence. Ladite visite surprise, concernant encore la créance de A______, a aussi 
forcément été réalisée en accord, voire sur ordre de ce dernier, soit le principal 
intéressé. C______ n'a jamais prétendu avoir agi à un quelconque moment sur sa 
propre initiative.  

G______ et F______ ont certes affirmé que des menaces graves leur avaient été 
adressées lors de ces visites, dirigées contre leur intégrité physique ou celle de leur 
famille, voire contre leur vie. Leurs déclarations sur ce point sont cependant 
inconstantes, apparaissent exagérées et ne recoupent aucun autre élément du dossier, 
y compris le témoignage des membres de leurs propres familles. Les menaces de 
mort que F______ aurait en particulier reçues de A______ le 6 juin à P______, qui 
plus est, à le suivre, en présence de la police, et le 2 juillet sur le chemin en direction 
du R______, ne peuvent s'appuyer sur aucun élément du dossier et les seules 
déclarations de la partie plaignante, inconstantes et souvent exagérées, sont 
insuffisamment probantes.  

Nonobstant l'absence de menaces explicites, il est indéniable que les cinq visites 
inopinées en cause menées par A______ durant un peu plus d'un mois, seul ou en 
présence de ses hommes, ou déléguées à ces derniers, étaient, considérées comme un 
tout, propres à intimider G______ et H______. Ceux-ci ont pu à tout le moins 
craindre que l'appelant A______ reviendrait aussi souvent que possible, seul ou 
accompagné, leur rendre visite, dans leurs établissements ou chez eux, sans que la 
présence des membres de leur famille, même des enfants, ni l'intervention 
subséquente de la police, ne les dissuadent, ce qui était de nature à perturber voire à 
traumatiser ceux-ci. Ils ont pu également craindre, même si aucune menace n'a été 
explicitement proférée à ce sujet, que l'appelant et ses hommes finissent par s'en 
prendre à leur commerce ou à leur intégrité. Ils ont donc fait l'objet d'une menace 
d'un danger sérieux au sens de l'art. 156 ch. 1 CP, étant rappelé que cette dernière 
peut être signifiée de manière tacite.   

3.5.2. L'appelant A______ s'est adressé aux parties plaignantes, directement et hors 
toute procédure judiciaire, en sachant n'avoir aucune créance contre elles. Il avait en 
effet prêté de l'argent personnellement et exclusivement à O______ et il ne résulte 
pas de ses propres explications ainsi que des autres éléments de la procédure que ce 
prêt concernait d'une manière ou d'une autre le reste de la famille du précité. Selon 
leurs déclarations constantes, les parties plaignantes ignoraient avant les faits 
l'existence de la dette litigieuse et elles ne connaissaient pas A______. 

Ce dernier a donc agi avec un dessein d'enrichissement illégitime. Dès lors que les 
parties plaignantes ont résisté à ses intimidations, il n'a pas obtenu le transfert de 
patrimoine illicite escompté.  

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L'appelant A______ sera ainsi reconnu coupable de tentative d'extorsion et chantage. 
Pour les motifs déjà exposés, les circonstances aggravantes relatives à la répétition de 
l'infraction ou à la menace contre l'intégrité physique ou la vie ne peuvent pas être 
retenues. Les différentes visites de l'appelant doivent en effet être appréhendées 
globalement comme une seule menace d'un danger sérieux et aucune menace directe 
et explicite contre l'intégrité ou la vie ne ressort du dossier à satisfaction de droit.   

3.6. L'appelant C______ s'est présenté les 26, 30 mai et 6 juin 2019 au N______ et à 
P______ avec l'appelant A______ et ses deux amis, M______ et L______, 
respectivement seulement avec le premier ou les seconds. Sa présence a en tant que 
telle contribué à intimider les parties plaignantes. Contrairement à ses protestations à 
ce sujet et conformément aux déclarations des parties plaignantes et des témoins, il a 
en sus fait pression sur ceux-ci par la parole le 30 mai et 6 juin 2019, en leur faisant 
comprendre qu'ils devaient rembourser le prêt, lequel concernait également ses 
intérêts, au titre d'associé de l'appelant A______. Il l'a même expliqué aux agents de 
police intervenus le 6 juin. Ainsi, bien qu'il l'ait toujours contesté, il résulte du 
dossier que d'une manière ou d'une autre, il était intéressé au remboursement du prêt, 
que ce soit, conformément aux premières déclarations de l'appelant A______ à ce 
sujet, parce qu'il avait fourni une partie de l'argent ou parce qu'il était disposé à 
investir dans le fonds de commerce que le précité voulait acquérir des parties 
plaignantes.   

L'appelant C______ n'a objecté que progressivement être entré en contact avec la 
famille G______ par l'intermédiaire de l'appelant A______ dans l'espoir d'obtenir un 
nouveau client. Or, une telle perspective n'est pas du tout crédible au vu du contexte 
litigieux avec les parties plaignantes, dont il avait été informé dès le départ, ayant 
reçu une copie de la reconnaissance de dette peu auparavant. Ce d'autant plus que les 
tensions s'étaient accrues au fil des visites, que la police était intervenue et qu'il était 
venu deux fois avec ses amis, lesquels n'avaient aucun lien avec ses affaires et dont 
la présence, qui ne relevait pas du hasard, avait pour seul but d'intimider les parties 
plaignantes. Les déclarations des deux hommes, selon lesquelles ils avaient été 
emmenés là par l'appelant C______ alors qu'ils souhaitaient uniquement visiter la 
ville et passer du temps avec le précité, ne sont pas du tout crédibles. Leur 
témoignage est pour le surplus particulièrement confus et incomplet, amalgamant en 
particulier les événements des 26 mai et 6 juin 2019, de sorte à les présenter comme 
une seule rencontre survenue par un simple concours de circonstances. 

Les allégations de C______ selon lesquelles il avait rencontré H______ le 6 juin par 
accident, en passant à côté de son établissement alors qu'il se dirigeait en direction 
des AW______ [GE], et qu'il était dès lors resté à l'écart des discussions, se heurtent 
par ailleurs à tous les témoignages recueillis en lien avec cet événement, y compris 
les constats de police. 

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L'appelant C______ a donc consciemment et volontairement aidé l'appelant 
A______ à intimider les parties plaignantes pour qu'elles remboursent la dette de 
O______. 

Dès lors qu'il a toujours affirmé avoir été convaincu que l'appelant A______ avait 
une créance contre la famille G______ et faute d'information sur ce que le précité lui 
a communiqué à ce sujet, il sera retenu, au bénéfice du doute, qu'il ignorait que son 
"associé" n'était légalement pas fondé à réclamer quoi que ce soit aux parties 
plaignantes. Il ne peut donc pas être condamné du chef d'extorsion et chantage. 

Sa culpabilité pour complicité de tentative de contrainte sera dès lors confirmée. 

4. 4.1. L'art. 123 ch. 1 punit, sur plainte, d'une peine pécuniaire ou d'une peine privative 
de liberté de trois ans au plus quiconque fait subir à une personne une autre atteinte à 
l’intégrité corporelle ou à la santé. L'auteur est poursuivi d'office s'il fait usage du 
poison, d'une arme ou d'un objet dangereux (ch. 2 al. 2).  

 L'art. 180 al. 1 CP punit, sur plainte, de la même peine quiconque, par une menace 
grave, alarme ou effraie une personne. 

 L'art. 33 al. 1 let. a LArm réprime notamment l'acquisition et la possession sans droit 
d'armes, d'éléments essentiels d’armes, de composants d’armes spécialement conçus, 
d'accessoires d’armes, de munitions ou des éléments de munitions. 

 4.2. En l'espèce, il est établi que les appelants A______ et F______ se sont battus au 
sous-sol du R______ et que le premier a infligé au second dans ce contexte des 
blessures au visage qui, au vu de leur gravité et de leur nature, n'ont pas pu être 
infligées à mains nues. L'appelant A______ a forcément eu recours à une arme ou un 
autre objet dangereux. 

 Il n'importe pas de déterminer la nature de cet objet dès lors que plainte pénale a été 
déposée.  

 La condamnation de l'appelant pour lésions corporelles simples sera dès lors 
confirmée, chef d'accusation que ce dernier ne conteste par pailleurs plus. 

 4.3. Il n'est pour le reste pas démontré que l'appelant A______ s'est muni d'une arme 
à feu, réelle ou factice. Le témoin AD______ ne l'a pas confirmé et le témoin 
AC______ s'est rétracté à ce sujet après l'avoir attesté. Son témoignage était en outre 
sujet à caution sur ce point dès lors qu'un pistolet illégalement acquis a été saisi dans 
son établissement et qu'il a pu mentir pour faire accroire que cette arme avait été 
amenée et laissée là par l'appelant A______, de sorte à éviter une condamnation pour 
infraction à la LArm.  

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 Il n'est pas non plus démontré à satisfaction de droit, que, préalablement à 
l'altercation, l'appelant A______ a menacé l'appelant F______ de le tuer. Les témoins 
précités ne l'ont pas confirmé et l'appelant F______ a eu tendance à exagérer les 
propos tenus par l'appelant A______. 

 L'acquittement du précité pour les faits visés aux chiffres 1.3. et 1.4. de l'acte 
d'accusation sera dès lors confirmé.  

5. 5.1. Aux termes de l'art. 190 al. 1 CP, celui qui, notamment en usant de menace ou 
de violence, en exerçant sur sa victime des pressions d’ordre psychique ou en la 
mettant hors d’état de résister, aura contraint une personne de sexe féminin à subir 
l’acte sexuel, sera puni d’une peine privative de liberté d'un à dix ans. 

 5.2. En l'espèce, il est établi, ce que l'appelant ne conteste plus sur le principe, qu'il a 
entretenu une relation sexuelle complète avec l'intimée la nuit du 28 novembre 2014, 
avec pénétrations vaginale et anale, les deux coïts étant prouvés par l'analyse des 
prélèvement ADN effectués au niveau de la vulve, du fornix et de l'anus de la 
victime. 

 La partie plaignante a fait part de manière constante de souvenirs sous forme de 
flashs, selon lesquels elle s'était trouvée à l'arrière d'une voiture et avait dû résister à 
quelqu'un. Ses déclarations sont circonscrites à ses réminiscences, qu'elle n'a pas 
exagérées ni cherché à combler en faisant des conjectures, pour donner plus de poids 
à sa plainte. Elle a expliqué de manière cohérente qu'elle avait craint un éventuel 
abus de nature sexuelle dès lors qu'elle avait constaté ne plus porter de culotte et que 
cette crainte avait été renforcée par les taches de sang constatées sur celle ensuite 
mise pour se rendre à l'hôpital. Il apparaît dès lors qu'elle a porté plainte dans le but 
de trouver une réponse à ce qu'il s'était passé. Elle n'avait sinon aucun bénéfice à 
retirer de la procédure pénale. Celle-ci n'aurait pas servi à cacher à sa famille ou à 
justifier auprès de celle-ci un comportement qu'elle aurait tenu pour indigne. Si elle 
avait voulu lui cacher avoir eu une relation intime d'un soir, elle aurait donné une 
autre explication à son état et sa rentrée tardive, et refusé de se rendre à l'hôpital pour 
effectuer des analyses.  

 L'utilisation de la contrainte physique résulte pour le surplus du contexte, de l'état et 
de la personnalité de la partie plaignante, ainsi que des lésions subies et de l'analyse 
des prélèvements sous les ongles de la main droite de cette dernière. Jeune, vierge, 
elle a soudainement quitté ses amis vers 01h30, alcoolisée mais capable de marcher, 
dans le but de rentrer chez elle avec le dernier bus, et non de poursuivre la fête. Il 
n'est donc pas crédible qu'elle ait choisi de librement discuter avec un inconnu, et 
encore moins de le suivre afin d'entretenir un rapport sexuel non protégé à l'extérieur, 
en plein mois de novembre, pour ensuite poursuivre sa route. L'intimée présentait des 
dermabrasions, en particulier dans la région vaginale et anale. L'ADN de l'appelant a 

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été retrouvé sous les ongles de la victime, ce qui corrobore le fait qu'elle lui a résisté. 
Elle est rentrée chez elle après avoir erré en ville puis dormi dans le bus durant près 
de six heures, dans un état déplorable, sans son sac ni son téléphone, ce qui témoigne 
d'une perte complète de contrôle, due à une consommation d'alcool excessive 
associée à celle de benzodiazépines. Il n'importe pas de savoir comment cette 
substance-ci s'est retrouvée dans son sang, elle-même n'ayant pas le souvenir d'avoir 
pris des médicaments de ce type. Quelle que soit la réponse donnée, elle n'influe pas 
sur le constat que le rapport sexuel en cause n'a pas pu avoir lieu sans contrainte.  

 Quoi qu'en dise désormais l'appelant, il est établi qu'il disposait à l'époque des faits 
d'une voiture, vraisemblablement au nom de sa femme dont il n'avait été séparé que 
provisoirement, et qu'il y avait entretenu des rapports non protégés avec plusieurs 
partenaires. Cela est conforme à ses premières déclarations et a été confirmé par le 
témoin AO______.  

 Les déclarations du prévenu sont évolutives et imprécises. Il s'est défendu d'être un 
violeur mais n'a donné aucun détail convaincant sur le déroulement des faits, qui se 
seraient passés très rapidement dans le froid au bord de AN______. Sa thèse 
n'explique pas la présence de son ADN dans l'anus de la victime et les caresses de 
cette dernière sur son dos justifient bien plus difficilement la présence de son ADN 
sous les ongles de l'intimée que l'hypothèse, retenue, dans laquelle cette dernière a dû 
se défendre. L'appelant A______ a au surplus décrit la victime comme normale et 
joyeuse et expliqué qu'ils s'étaient séparés rapidement et naturellement après avoir 
marché ensemble, ce qui n'est pas du tout compatible avec l'état et les délais dans 
lesquels elle a pris le bus puis est rentrée chez elle.   

 Au vu de ce qui précède, il est établi à satisfaction de droit que l'intimée a eu le 
rapport susdécrit avec l'appelant A______ sous la contrainte, très certainement à 
l'arrière de la voiture utilisée par ce dernier à l'époque, garée à proximité du domicile 
conjugal, quai 9______, dès lors que le véhicule était inscrit au nom de son épouse, 
dont il n'était que provisoirement séparé.  

 Sa culpabilité pour viol sera dès lors confirmée.  

6. 6.1. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il prend 
en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi que 
l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité de 
la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère 
répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure 
dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de 
sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). 

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 La culpabilité de l'auteur doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs 
pertinents, qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, 
le caractère répréhensible de l'acte et son mode d'exécution (objektive 
Tatkomponente). Du point de vue subjectif, sont pris en compte l'intensité de la 
volonté délictuelle ainsi que les motivations et les buts de l'auteur (subjektive 
Tatkomponente). À ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter les facteurs liés 
à l'auteur lui-même (Täterkomponente), à savoir les antécédents (judiciaires et non 
judiciaires), la réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations 
familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la 
peine, de même que le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale 
(ATF 141 IV 61 consid. 6.1.1, 136 IV 55 consid. 5 et 134 IV 17 consid. 2.1). 

6.2. Selon l'art. 34 CP, sauf disposition contraire, la peine pécuniaire est de trois 
jours-amende au moins et ne peut excéder 180 jours-amende (al. 1, 1ère phrase). En 
règle générale, le jour-amende est de CHF 30.- au moins et de CHF 3'000.- au plus. Il 
est fixé selon la situation personnelle et économique de l’auteur au moment du 
jugement, notamment en tenant compte de son revenu et de sa fortune, de son mode 
de vie, de ses obligations d’assistance, en particulier familiales, et du minimum vital 
(al. 2). 

L'art. 41 al. 1 CP prévoit que le juge peut prononcer une peine privative de liberté à 
la place d’une peine pécuniaire (a) si une peine privative de liberté paraît justifiée 
pour détourner l’auteur d’autres crimes ou délits, ou (b) s'il y a lieu de craindre 
qu'une peine pécuniaire ne puisse pas être exécutée. 

La peine pécuniaire constitue la sanction principale dans le domaine de la petite et 
moyenne criminalité, les peines privatives de liberté ne devant être prononcées que 
lorsque l'État ne peut garantir d'une autre manière la sécurité publique. Lorsque tant 
une peine pécuniaire qu'une peine privative de liberté entrent en considération et que 
toutes deux apparaissent sanctionner de manière équivalente la faute commise, il y a 
en règle générale lieu, conformément au principe de la proportionnalité, d'accorder la 
priorité à la première, qui porte atteinte au patrimoine de l'intéressé et constitue donc 
une sanction plus clémente qu'une peine privative de liberté, qui l'atteint dans sa 
liberté personnelle (ATF 144 IV 313 consid. 1.1.1). Le choix de la sanction doit être 
opéré en tenant compte au premier chef de l'adéquation de la peine, de ses effets sur 
l'auteur et sur sa situation sociale ainsi que de son efficacité du point de vue de la 
prévention (ATF 147 IV 241 consid. 3.2). 

6.3. Selon l'art. 49 al. 1 CP, si, en raison d'un ou de plusieurs actes, l'auteur remplit 
les conditions de plusieurs peines de même genre, le juge le condamne à la peine de 
l'infraction la plus grave et l'augmente dans une juste proportion. Il doit, dans un 
premier temps, fixer la peine pour l'infraction abstraitement – d'après le cadre légal 
fixé pour chaque infraction à sanctionner – la plus grave, en tenant compte de tous 

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les éléments pertinents, parmi lesquels les circonstances aggravantes ou atténuantes. 
Dans un second temps, il augmentera cette peine pour sanctionner chacune des autres 
infractions, en tenant là aussi compte de toutes les circonstances y relatives 
(ATF 144 IV 313 consid. 1.1.2). 

 6.4. Aux termes de l'art. 51 CP, le juge impute sur la peine la détention avant 
jugement subie par l'auteur dans le cadre de l'affaire qui vient d'être jugée ou d'une 
autre procédure. Les mesures de substitution doivent être imputées sur la peine à 
l'instar de la détention avant jugement subie, la durée à imputer dépendant de 
l'ampleur de la limitation de la liberté personnelle en découlant pour l'intéressé, en 
comparaison avec la privation de liberté subie lors d'une détention avant jugement. 
(ATF 140 IV 74 consid. 2.4). 

 6.5.1. En l'espèce, la faute de l'appelant A______ pour l'infraction la plus grave dont 
il s'est rendu coupable, soit le viol, est lourde. Il s'en est pris à l'intégrité sexuelle et à 
la liberté d'une jeune fille vulnérable et isolée, encore vierge, dans l'espace public, 
pour la forcer à subir un acte sexuel, avec pénétrations vaginale et anale, 
vraisemblablement dans une voiture, en usant de violence dont témoignent les 
lésions constatées, pour assouvir ses pulsions. Bien que séparé à l'époque, il avait des 
relations avec d'autres partenaires. Il a laissé la partie plaignante seule, dans un état 
déplorable, alors qu'elle avait visiblement perdu le contrôle d'elle-même et n'était 
plus capable de se repérer ni de se déplacer normalement, en particulier pour rentrer 
chez elle.  

Contrairement à ce que suggère l'appelant, le fait que l'intimée ait pu poursuivre sa 
vie et sa carrière n'exclut nullement qu'elle ait souffert des événements, des analyses 
subies à l'hôpital et de la procédure, propres à causer une atteinte durable à son 
intégrité psychique. L'absence de souvenirs de la soirée combinée à la certitude 
qu'elle avait été abusée lors de son premier rapport sexuel était propre à nourrir 
davantage cette souffrance, qui a dû en outre être ravivée à la réouverture de la 
procédure six ans plus tard.   

 L'appelant A______ a admis l'existence d'un rapport après l'avoir nié, ce qu'il lui était 
difficile de persister à soutenir, confronté aux résultats accablants des analyses ADN. 
Il a toutefois continuellement réfuté toute forme de contrainte, s'enfermant dans un 
récit complètement irréaliste eu égard aux circonstances ainsi qu'à l'état et à la 
personnalité de la victime. Sa collaboration s'avère ainsi mauvaise et la prise de 
conscience de sa faute inexistante.  

 Le temps écoulé depuis l'infraction, qui n'excède en tous les cas pas les deux tiers de 
la durée de prescription de quinze ans, ne constitue une circonstance que faiblement 
atténuante dès lors que l'appelant a commis d'autres méfaits dans l'intervalle 
(cf. art. 48 let. e CP ; ATF 140 IV 145).  

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Au vu des éléments qui précèdent, la peine de base réprimant le viol peut être fixée à 
quatre ans et six mois. 

 6.5.2. La faute de l'appelant A______ pour la tentative d'extorsion et chantage est 
assez lourde. Il a la plupart du temps recouru aux services d'hommes de main, dont 
deux pratiquants de sports de combat, pour intimider les parties plaignantes durant 
une période d'un peu plus d'un mois. Il n'a pas hésité à agir en présence d'autres 
membres de la famille des lésés, y compris des enfants. L'intervention de la police à 
deux reprises ne l'a pas dissuadé de poursuivre la commission de l'infraction. Frustré 
de son débiteur, parti en Turquie, il s'en est pris à la famille de ce dernier à Genève 
pour obtenir le remboursement d'une dette conséquente, dont on ignore même si elle 
est entièrement due, sans passer par la voie judiciaire. Dès lors qu'il a persisté à nier 
toute forme de menace, sa collaboration ne peut pas être qualifiée de bonne, ce qui 
dénote une prise de conscience de la faute incomplète. Il a un antécédent spécifique. 
La tentative n'atténue que faiblement la peine, eu égard aux moyens déployés par 
l'appelant, restés sans effet grâce à la résistance psychique des parties plaignantes, et 
à l'importance du montant dont il exigeait le recouvrement.  

 La faute de l'appelant A______ est plutôt lourde relativement aux lésions causées au 
visage de F______, dont plusieurs ont nécessité des points de suture et ont dû rester 
visibles un certain temps. Il a agi sans nécessité, sous l'effet d'une colère mal 
maîtrisée. Arguant porter des béquilles, ce qu'aucun témoin n'a confirmé, il a 
longtemps contesté avoir donné des coups, puis les a admis tout en en relativisant 
leur gravité et en persistant à se placer dans une position de victime.  

La faute de l'appelant A______, ses antécédents et l'absence de prise de conscience 
suffisante de la gravité de ses agissements impose le prononcé d'une peine privative 
de liberté pour sanctionner chacune de ces deux infractions, une peine pécuniaire 
n'apparaissant pas propre à lui faire renoncer à l'usage de la violence. 

Pour tenir compte de l'aggravante du concours, la peine de base de quatre ans et demi 
sera augmentée de six mois pour tenir compte de la tentative d'extorsion et chantage 
(peine théorique de dix mois) et de quatre mois eu égard à l'infraction de lésions 
corporelles simples (peine théorique de six mois). 

L'appelant sera dès lors condamné à une peine privative de liberté de cinq ans et 
quatre mois, sous déduction de la durée de la détention subie pendant 305 jours. Il 
sera tenu compte des 837 jours de mesures de substitution, n'ayant l