# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 382aa14d-ac49-5f3b-a20d-dd9f7f35f8a6
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-09-26
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 26.09.2023 502 2023 125
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2023-125_2023-09-26.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2023 125

Arrêt du 26 septembre 2023

Chambre pénale

Composition Vice-Président : Jérôme Delabays
Greffière-rapporteure : Catherine Faller

Parties A.________, avocat, recourant

contre

MINISTERE PUBLIC DE L’ETAT DE FRIBOURG, intimé

Objet Indemnité de défenseur d’office en matière pénale

Recours du 5 juin 2023 contre l'ordonnance du Ministère public du 
23 mai 2023

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considérant en fait

A. Le 20 septembre 2021, B.________ a été arrêté et placé en détention provisoire. Une 
instruction a été ouverte par le Ministère public à son encontre pour infractions à la loi fédérale sur 
les stupéfiants.

Le 21 septembre 2021, le Ministère public a désigné Me A.________ comme défenseur d’office de 
B.________. Par décision du 26 avril 2022, il l’a déchargé de ce mandat, B.________ s’étant 
constitué un défenseur privé.

Me A.________ a transmis sa liste de frais au Ministère public le 11 avril 2023. Il sollicitait un montant 
de CHF 12'626.03 (honoraires : CHF 10'160.-; débours : CHF 1’563.-; TVA : CHF 903.03).

Par décision du 23 mai 2023, le Ministère public a arrêté l’indemnité due à Me A.________ à 
CHF 7'032.-, TVA comprise (honoraires : CHF 5'385.-; débours : CHF 269.25; frais de 
déplacement : CHF 875.-; TVA : CHF 502.75).

B. Le 5 juin 2023, Me A.________ a interjeté recours contre cette décision. Il conclut à la fixation 
de son équitable indemnité à un total de CHF 10'153.15 comprenant les honoraires à hauteur de 
CHF 8’145.-, les débours de CHF 407.25, les frais de déplacement de CHF 875.-, et la TVA de 
CHF 725.90, ainsi qu’à l’allocation d’une indemnité de CHF 1'130.85.-, TVA comprise, pour la 
procédure de recours. 

Le Ministère public a conclu au rejet du recours le 12 juin 2023.

en droit

1.

L’indemnité due au défenseur d’office du prévenu (cf. art. 132 ss CPP [Code de procédure pénale 
suisse du 5 octobre 2007; RS 312.0]) est fixée à la fin de la procédure par le ministère public ou par 
le tribunal qui statue au fond (art. 135 al. 2 CPP). Le défenseur d’office peut recourir devant l’autorité 
de recours (art. 20 CPP) contre la décision du ministère public ou du tribunal de première instance 
fixant son indemnité (art. 135 al. 3 let. a CPP; ATF 139 IV 199 c. 5.2). Le recours doit être adressé 
par écrit, dans un délai de dix jours dès la notification de la décision attaquée (art. 384 let. b CPP), 
à l’autorité de recours (art. 396 al. 1 CPP), qui, dans le canton de Fribourg, est la Chambre pénale 
du Tribunal cantonal (art. 85 al. 1 LJ [loi du 31 mai 2010 sur la justice; RSF 130.1]).

Aux termes de l’art. 395 let. b CPP, si l'autorité de recours est un tribunal collégial, sa direction de 
la procédure statue seule sur le recours, lorsqu'il porte sur les conséquences économiques 
accessoires d'une décision et que le montant litigieux n'excède pas CHF 5’000.-. Tel est le cas en 
l’espèce (CHF 10'153.15 - CHF 7'032.- = CHF 3’121.15). La cause sera dès lors tranchée par le 
Vice-Président.

La recevabilité du recours est par ailleurs incontestable.

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2.

2.1. Le défenseur d’office est indemnisé conformément au tarif des avocats de la Confédération 
ou du canton du for du procès. Dans le canton de Fribourg, le défenseur d'office est indemnisé selon 
le tarif concernant les indemnités allouées aux défenseurs d'office en matière d'assistance judiciaire 
(cf. art. 143 al. 2 LJ; ATF 139 IV 261). Les art. 56 ss RJ règlent notamment l’indemnité horaire de 
l’avocat d’office breveté (CHF 180.-; art. 57 al. 2 RJ), les critères de fixation (art. 57 al. 1 RJ), les 
débours (art. 58 RJ), etc.

Selon la jurisprudence relative à l’art. 135 CPP, l’autorité cantonale dispose d’un large pouvoir 
d’appréciation dans la fixation de l’indemnité du défenseur d’office. L’avocat d’office a cependant 
droit au remboursement intégral de ses débours ainsi qu’à une indemnité s’apparentant aux 
honoraires perçus par le mandataire plaidant aux frais de son client. Pour fixer cette indemnité, 
l’autorité doit tenir compte de la nature et de l’importance de la cause, des difficultés particulières 
que celle-ci peut présenter en fait et en droit, du temps que l’avocat lui a consacré, de la qualité de 
son travail, du nombre des conférences, audiences et instances auxquelles il a pris part, du résultat 
obtenu et de la responsabilité qu’il a assumée (arrêt TF 6B_1231/2018 du 20 mars 2019 cons. 2.1.1).

Comme celle d'un avocat choisi, l'activité du défenseur d'office ne doit être prise en considération 
que dans la mesure où elle s'inscrit raisonnablement dans le cadre de l'accomplissement de sa 
tâche, à l'exclusion des démarches inutiles ou superflues. L'intéressé doit cependant bénéficier 
d'une marge d'appréciation suffisante pour déterminer l'importance du travail qu'il doit consacrer à 
l'affaire (ATF 141 I 124 consid. 3.1; 109 Ia 107 consid. 3a). Il est donc reconnu que le temps consacré 
à la procédure ne doit être pris en considération que dans la mesure où il apparaît raisonnablement 
nécessaire à l'accomplissement de son mandat par un avocat expérimenté. Le temps consacré à la 
défense du client et les actes effectués ne peuvent être pris en considération sans distinction. Ainsi, 
le juge peut d'une part revoir le travail allégué par l'avocat, s'il l'estime exagéré en tenant compte 
des caractéristiques concrètes de l'affaire, et ne pas rétribuer ce qui ne s'inscrit pas raisonnablement 
dans le cadre de l'accomplissement de la tâche du défenseur; d'autre part, il peut également refuser 
d'indemniser le conseil pour des opérations qu'il estime inutiles ou superflues. L'avocat d'office ne 
saurait être rétribué pour des activités qui ne sont pas nécessaires à la défense des intérêts de 
l'assisté ou qui consistent en un soutien moral (arrêt TF 5D_149/2016 du 30 janvier 2017 consid. 
3.3 et les références.). D'une part, on doit exiger de la part de l'avocat qu'il soit expéditif et efficace 
dans son travail et qu'il se concentre sur les points essentiels. Le défenseur est tenu d'examiner la 
nécessité de démarches procédurales de manière critique et appropriée à la cause. Il n'y a dès lors 
pas lieu d'indemniser des démarches superflues ou excessives. D'autre part, le défenseur est tenu 
d'examiner toute opération qui pourrait être utile à son client. Partant, le reproche d'avoir entrepris 
des démarches superflues doit être fait avec retenue. Aussi, l'avocat bénéficie d'une certaine marge 
d'appréciation pour arrêter ses honoraires. Une intervention du juge n'est justifiée que s'il existe une 
disproportion entre la valeur des services rendus et la rémunération (BK – FELLMANN, art. 394 CO 
n. 426; RFJ 2000 p. 117 ss, consid. 5).

2.2. En l’occurrence, le Ministère public a procédé à treize corrections sur la liste de frais de 
Me A.________. Seules deux d’entre elles sont contestées en recours.

Le Ministère public a réduit de 18h45 à 4 heures les entretiens entre Me A.________ et B.________. 
Il a également supprimé le temps consacré par l’avocat à la rédaction d’une lettre le 29 mars 2022 
(35 minutes).

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2.3. Dans son recours, Me A.________ insiste sur les difficultés auxquelles il a été confronté lors 
de l’exercice de son mandat compte tenu du caractère difficile de B.________. Il explique que celui-
ci souffre de schizophrénie paranoïde, et qu’il peut être agressif voire violent; quatre agents du 
groupe d’intervention de la police cantonale fribourgeoise (GRIF) étaient présents lors de son 
audition du 21 septembre 2021 et lors de l’audience du lendemain devant le Tribunal des mesures 
de contrainte. B.________ était très demandeur dans le suivi de son dossier et n’hésitait pas à traiter 
son avocat de « nom d’oiseaux » et à l’invectiver en proférant des menaces à son encontre ou 
envers sa famille si le dossier n’évoluait pas comme il le souhaitait. Ce comportement n’a pas 
empêché le recourant de mener à bien le mandant sans avoir à recourir à un changement d’avocat 
d’office; son intervention a été qualifiée de salutaire par C.________; elle a permis de calmer la 
situation sans nouveau recours au GRIF ou à un placement à des fins d’assistance.

2.4. D’emblée, il sied de s’arrêter sur une remarque du Ministère public dans sa décision, à 
laquelle le recourant a attribué une signification erronée : l’autorité intimée a fixé la durée admissible 
des entretiens entre l’avocat et son client à quatre heures « compte tenu encore une fois de l’état 
de santé particulier du prévenu ». Selon Me A.________, le Ministère public porte à croire qu’en 
raison de l’état de santé fragile de B.________, son avocat n’aurait pas dû s’y intéresser, partant, y 
consacrer du temps. La motivation contestée doit toutefois être lue en lien avec le paragraphe 
précédent de la décision, où le Ministère public indemnise exceptionnellement le temps consacré 
par l’avocat à « l’encadrement social » de son client, soit des entretiens avec sa sœur et son ex-
épouse, pour une durée de trois heures, « compte tenu de l’état de santé particulier du prévenu ». 
On comprend ainsi clairement que les quatre heures accordées pour les entretiens avocat-client 
apparaissent déjà bien comptées pour le Ministère public mais acceptables compte tenu des 
problèmes de santé précités. En d’autres termes, les problèmes de santé du prévenu justifient 
d’augmenter la durée raisonnable des entretiens, et non de la réduire.

2.5. Il n’est pas douteux que Me A.________ n’a pas ménagé ses efforts pour mener à bien son 
mandat malgré le caractère irritable de B.________. Il a dû composer avec les désirs et caprices de 
celui-ci. Ainsi, il s’est rendu à plusieurs reprises à la prison pour le voir, mais s’est alors confronté à 
un refus du prévenu (ainsi, 28.03.2022 : « Attente sur le client à la PC qui ne veut pas venir en raison 
de son emploi du temps »; ou encore, 26.01.2022 : « Sur le refus du client de me recevoir, attente 
à la PC et pourparlers sur place par interphone avec le client pour quand il veut quand même le voir 
(refus du client de me recevoir en raison de son emploi du temps) »).

Il appartient cela étant à l’avocat de mener la défense du prévenu; cela implique notamment de ne 
pas répondre à toutes les sollicitations de celui-ci, même si elles peuvent être insistantes. Il relève 
du reste de l’expérience que certains justiciables réclament sans retenu l’intervention de leur avocat 
d’office, sans toujours se soucier de la réelle nécessité de leurs démarches, précisément parce qu’ils 
n’ont pas à en supporter les coûts. C’est alors le rôle de l’avocat de fixer des limites, même si cela 
peut contrarier son client ou sa famille. Il peut également être attendu de l’homme de loi qu’il fasse 
preuve d’une certaine fermeté face à l’attitude déraisonnable de son client, même si cette attitude 
trouve sa source dans ses problèmes de santé. Il n’est ainsi pas acceptable qu’un prévenu en 
détention refuse de voir son avocat alors que sa visite était annoncée.

Cela étant relevé, il convient de noter ce qui suit : B.________ était incarcéré. Il n’est pas contesté 
que les problèmes de santé compliquaient sa défense. Me A.________ l’a assisté lors d’une 
audience devant le Tribunal des mesures de contrainte, une devant la police, et deux devant le 
Ministère public. Selon l’acte d’accusation, la procédure portait sur un trafic de cocaïne (250 g, dont 
177.5 de cocaïne pure), de marijuana et de haschich (quantités indéterminées) impliquant de 

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nombreux acheteurs. Le prévenu a nié dans un premier temps avoir vendu des stupéfiants, avant 
de le reconnaître le 12 septembre 2022. La cause présentait ainsi une certaine gravité mais elle 
n’était pas particulièrement complexe sous l’angle des faits. Le mandat de Me A.________ a duré 
presque sept mois. Les 18h45 contestées par le Ministère public représentent ainsi environ 
2.5 heures d’entretiens par mois, en sus de ceux ayant immédiatement précédé ou succédé aux 
auditions. Cela est effectivement trop important, les points à discuter pour une défense efficace 
n’apparaissant pas nécessiter autant de discussion, même en tenant compte des difficultés de santé 
du prévenu. Il sied par ailleurs de relever que les entretiens précédant ou suivant immédiatement 
les auditions ont été rémunérés en sus des quatre heures retenues par le Ministère public.

Mais si on pouvait attendre du recourant qu’il se montrât plus ferme envers B.________ face à ses 
trop nombreuses sollicitations, ne lui allouer que quatre heures d’entretien sur sept mois est en 
revanche trop rigoureux. Il semble plus juste de fixer cette durée raisonnable à neuf heures, soit un 
peu plus d’une heure par mois. Cela représente cinq heures de plus que ce que le Ministère public 
avait admis. Le grief est en partie fondé.

2.6. En ce qui concerne l’autre réduction effectuée par le Ministère public, elle consiste en une 
diminution de 35 minutes d’opérations notées à hauteur de 55 minutes le 29 mars 2022 (« brève 
étude du dossier, courrier au Procureur, courrier explicatif circonstancié au client »). L’autorité 
intimée a considéré qu’une durée de 20 minutes est suffisante pour l’accomplissement des 
opérations en question. 

Me A.________ explique qu’il a dû rédiger à B.________ un courrier explicatif sur plusieurs 
documents qu’il n’a pu lui remettre la veille à la prison car il les avait refusés compte tenu de son 
emploi du temps.

En soi, il est toujours problématique pour l’autorité de se prononcer sur le temps nécessaire à 
l’établissement d’un courrier ne figurant pas au dossier. En outre, la démarche n’est pas superflue, 
même si elle a été occasionnée par le prévenu, et le Ministère public ne le prétend pas. Il convient 
dès lors de tenir compte de ces 35 minutes supplémentaires.

2.7. En définitive, c’est une durée de 335 minutes qui sera indemnisée en sus, ce qui représente 
un montant de l’ordre de CHF 1'000.-, soit CHF 6'400.- (arrondis) pour les honoraires, auxquels 
s’ajoutent les débours (CHF 320.-), les frais de déplacement (CHF 875.-), et la TVA (CHF 584.80), 
soit un total de CHF 8'179.80. Il s’ensuit l’admission partielle du recours.

3.

Me A.________ réclamait une augmentation de son indemnité de CHF 3’121.15; il obtient 
CHF 1’147.80 de plus que ce que le Ministère public lui avait octroyé, soit environ 1/3 de sa 
prétention.

Les frais judiciaires de la procédure de recours, fixés à CHF 300.-, seront par conséquent laissés à 
la charge de l’Etat par CHF 100.- et de Me A.________ par CHF 200.- (art. 428 al. 1 CPP).

Le recours étant en partie admis, Me A.________ a droit à une indemnité réduite (art. 436 al. 2 CPP) 
de CHF 200.-, TVA comprise, l’indemnité entière étant de CHF 600.-. Elle sera compensée avec les 
frais judiciaires mis à la charge du recourant.

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le Vice-Président de la Chambre arrête :

I. Le recours est partiellement admis.

Partant, le chiffre 1 de l’ordonnance du 23 mai 2023 du Ministère public rendue en la cause 
F 21 8629 est réformé en ce sens que l'indemnité due à Me A.________ pour la défense 
d'office de B.________ est fixée à CHF 8'179.80, TVA par CHF 584.80 comprise.

II. Les frais de la présente procédure sont arrêtés à CHF 300.- (émolument : CHF 200.-; 
débours : CHF 100.-) et mis à la charge de l'Etat par CHF 100.- et de Me A.________ par 
CHF 200.-.

Une indemnité de CHF 200.-, débours et TVA compris, est allouée à Me A.________ pour la 
procédure de recours.

Les frais et l’indemnité sont compensés.

III. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte 
de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 26 septembre 2023/jde

Le Vice-Président La Greffière-rapporteure