# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 218c5c40-a6b0-5c76-8c46-fb5dfca71ee4
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2005-11-10
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 10.11.2005 BH.2005.33
**Docket/Reference:** BH.2005.33
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BH-2005-33_2005-11-10

## Full Text

Refus de mise en liberté (art. 52 al. 2 PPF);;Refus de mise en liberté (art. 52 al. 2 PPF);;Refus de mise en liberté (art. 52 al. 2 PPF);;Refus de mise en liberté (art. 52 al. 2 PPF)

Arrêt du 10 novembre 2005  
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Emanuel Hochstrasser, 
président, Barbara Ott et Tito Ponti,  
La greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni  

   
 
Parties 

  
A., 
 
représenté par Me Stefan Disch, avocat,  
 

recourant 
 

 Contre 
  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

 

partie adverse  
 

Juridiction inférieure  OFFICE DES JUGES D'INSTRUCTION FÉDÉRAUX  

 
 

Objet  Refus de mise en liberté (art. 52 al. 2 PPF) 

 

B u n d e ss t r a f g e r i c h t   

T r ib una l  pé na l  f édé ra l  

T r ib una l e  p e na l e  f e de r a l e  

T r ib una l  pe na l  f ede ra l  

Numéro de doss ier :  BH.2005.33 
 
 
 

 

 

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Faits: 

A. A. a été arrêté le 2 août 2003 en Macédoine dans le cadre d’une enquête 
de police judiciaire ouverte le 28 octobre 2002 par le Ministère public de la 
Confédération (ci-après: MPC) pour infractions graves à la loi fédérale sur 
les stupéfiants (ci-après: LStup), participation à une organisation criminelle 
et blanchiment d’argent. Il a été extradé en Suisse le 29 octobre 2003. Il est 
depuis en détention préventive. 

Le 8 mars 2004, A. a requis sa mise en liberté provisoire. Sa demande a 
été refusée le 26 mars 2004 par le MPC. Saisi d’un recours contre cette 
décision, le Tribunal pénal fédéral l’a rejeté par un arrêt du 17 mai 2004 
(BK_H 022/04), confirmé par le Tribunal fédéral (arrêt 1S.1/2004 du 9 juillet 
2004). 

Le 13 octobre 2004, A. a, à nouveau, sollicité sa mise en liberté. Le MPC a 
refusé cette requête le 21 octobre 2004. Le 10 décembre 2004, le Tribunal 
pénal fédéral a rejeté le recours dont il avait été saisi à ce sujet (BK_H 
183/04).  

 

B. Le 11 mai 2005, A. a requis une nouvelle fois sa mise en liberté immédiate, 
ce que le MPC lui a refusé par une décision du 24 mai 2005, confirmée par 
le Tribunal pénal fédéral le 22 juin 2005 (BH.2005.14). Par un arrêt du 14 
septembre 2005, le Tribunal fédéral a partiellement admis le recours inter-
jeté à ce sujet par l'inculpé, a annulé l'arrêt du Tribunal pénal fédéral, rejeté 
la demande de libération immédiate et transmis la cause au Juge d'instruc-
tion fédéral (ci-après: JIF) comme objet de sa compétence (arrêt 
1S.25/2005).  

 

C. Le 15 septembre 2005, une instruction préparatoire a été ouverte à l'en-
contre de A., de son frère et de leur père pour présomption de participation 
à une organisation criminelle (260ter CP), blanchiment d'argent (305bis 
CP) et infraction grave à la LStup (art. 19 ch. 1 et 2; act. 9.3). 

 

D. Le 6 octobre 2005, le JIF a rejeté la demande de mise en liberté du 11 mai 
2005, maintenant la détention pour risque de fuite et de collusion. Par acte 
du 17 octobre 2005, A. se plaint de cette ordonnance. Il conclut notamment 
à la constatation de l'absence de compétence des autorités suisses pour le 

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poursuivre et le juger, à l'interruption des recherches de la police judiciaire 
à son encontre et à sa mise en liberté immédiate, le cas échéant assortie 
de sûretés. 

 

E. Dans sa réponse du 24 octobre 2005, le JIF conclut au rejet du recours, 
dans la mesure de sa recevabilité. Le MPC requiert également le rejet de 
ce dernier. 

Dans sa réplique du 31 octobre 2005, le recourant persiste dans ses 
conclusions.  

Les arguments invoqués de part et d'autre seront repris dans les considé-
rants en droit en tant que de besoin.  
 
 
 
 
La Cour considère en droit: 

1.  
1.1 Les opérations et les omissions du procureur fédéral peuvent faire l’objet 

d’une plainte, respectivement d’un recours à la Cour des plaintes (art. 52. 
al. 2, 105bis al. 2, 214 à 219 PPF, 28 al. 1 let. a LTPF).  

1.2 S'agissant du délai dans lequel le recours a été interjeté, le JIF soutient que 
le défenseur du recourant s'est vu notifier la décision attaquée le 6 octobre 
2005 par fax à 18h35 et que c'est dès lors ce jour là, ou à tout le moins le 7 
octobre 2005 au plus tard, qu'il en a eu connaissance. Le délai pour dépo-
ser le recours venait donc à échéance le 12 octobre 2005, de sorte que la 
démarche serait tardive. Le recourant relève pour sa part que la notification 
par fax n'est pas conciliable avec les exigences de la procédure pénale en 
général et que la notification par courrier est seule déterminante. 

Le délai de recours est de cinq jours à compter de celui où le recourant a 
eu connaissance de l’opération (art. 217 PPF applicable par analogie, voir 
ATF 130 IV 43, 45 consid. 1.3). On peut se demander si l'envoi par fax de 
la décision attaquée suffit pour faire partir le délai de recours. L'art. 217 
PPF fait certes mention de la "connaissance" de l'opération comme point 
de départ du délai. Dans l'arrêt précité, le Tribunal fédéral a également re-
tenu que le délai de recours commence à courir seulement dès la connais-
sance effective de la décision de l'autorité; il statuait cependant sur le cas - 
différent - du titulaire d'un compte séquestré que la banque informe de la 
mesure (ATF 130 IV 43, 46 consid. 1.3). En l'espèce toutefois, le recours 

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vise une décision rendue sur requête du recourant. Dès lors, pour des rai-
sons de sécurité du droit, il convient d'appliquer par analogie l'art. 28 al. 3 
DPA qui distingue pour le point de départ du délai de recours entre la noti-
fication lorsqu'il s'agit d'une décision et la prise de connaissance pour un 
acte d'enquête. En l'occurrence, l'ordonnance querellée a été notifiée le 10 
octobre 2005 (act. 4.3). Déposé le 17 octobre, le recours est donc receva-
ble, considérant que le 15 était un samedi (art. 32 OJ et art. 2 de la loi fédé-
rale sur la supputation des délais comprenant un samedi; RS 173.110.3). 

 

2. Le recourant soutient que les autorités suisses ne sont pas compétentes 
pour instruire et juger la présente affaire. Il serait poursuivi principalement 
pour infractions graves à la LStup et c'est sur cette seule base qu'il aurait 
été extradé de la République de Macédoine. Au stade actuel de l'enquête, il 
n'existerait cependant aucune charge confirmant la réalisation de tels cri-
mes dans notre pays. Le blanchiment d'argent et la participation à une or-
ganisation criminelle seraient des chefs d'accusation secondaires, par ail-
leurs sans lien avec la Suisse, de sorte que les prendre en considération 
pour fonder une compétence des autorités suisses violerait l'art. 6bis CP. 
Le MPC et le JIF relèvent pour leur part que l'enquête de police judiciaire 
vise principalement le démantèlement d'une organisation criminelle interna-
tionale active dans le trafic d'héroïne à grande échelle, dont une partie a 
été saisie en Suisse, et que le prévenu est soupçonné d'avoir orchestré. 
Cela suffit à asseoir la compétence des autorités suisses. 

L'enquête de police judiciaire a été ouverte contre l'inculpé le 28 octobre 
2002 pour suspicion de participation à une organisation criminelle (260ter 
CP) et infraction grave à la LStup (art. 19 ch. 1 et 2; pièce MPC 010001). 
Elle a été étendue le 10 décembre 2002 à l'infraction de blanchiment d'ar-
gent (305bis CP; pièce MPC 010002). Certes, l'extradition du recourant a 
tout d'abord été octroyée pour infractions graves à la LStup (art. 19 ch. 1 et 
2) et pour blanchiment (décision du Ministère de la justice de la République 
de Macédoine du 17 octobre 2003). Toutefois, ainsi que l'a relevé la Cour 
des plaintes dans son arrêt du 17 mai 2004 dans cette même affaire (BK_H 
022/04 consid. 4), il s'agissait d'une erreur et le tribunal de Skopje qui a or-
donné l'extradition a rectifié sa décision en y impliquant également la parti-
cipation à une organisation criminelle au sens de l'art. 260ter CP (act. 9.1, 
pièces MPC 184056 - 184070). Ainsi que le soulignent le JIF et le MPC, 
c'est là l'objet principal de l'enquête en cours; on ne saurait donc, ainsi que 
le soutient le recourant, considérer qu'il s'agît d'un chef d'inculpation se-
condaire. Or, le fait que le recourant a été clairement mis en cause par di-
verses personnes - notamment son oncle B. (pièces MPC 130089 - 
130097) - pour être un des patrons d'un réseau de trafiquants de drogue 

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dure qui exerçait son activité également en Suisse, fonde la compétence 
des autorités suisses pour poursuivre le recourant pour ces faits en appli-
cation de l'art. 260ter al. 3 CP. L'art. 6bis CP ne trouve donc pas d'applica-
tion dans le cas d'espèce. En outre, c'est au terme de la procédure qu'il 
appartiendra de décider, sur la base des infractions qui pourront être rete-
nues contre le recourant, où ce dernier sera jugé (arrêt du Tribunal fédéral 
1S.1/2004 du 9 juillet 2004 consid. 5). Sur ce point, le recours est donc mal 
fondé.  

 

3. Le recourant demande préalablement à ce que l'autorité de céans se fonde 
sur les éléments connus au moment du dépôt de sa demande de mise en 
liberté du 11 mai 2005.   

La Cour des plaintes doit en principe prendre en considération la situation 
de fait existant au moment où elle statue. Ainsi peut-elle tenir compte de 
faits postérieurs au prononcé de la décision attaquée, voire au dépôt du re-
cours. Elle peut également prendre en considération des allégations et 
moyens de preuves nouveaux produits pour la première fois devant elle 
(arrêt du Tribunal pénal fédéral BB.2005.24 du 21 juillet 2005 consid. 3.2; 
ATF 110 Ib 105, 110 consid. 1d; ATF 70 I 94). Il y a donc lieu de statuer sur 
la base de l'état de faits actuel. L'autorité de céans ne saurait en revanche 
se fonder sur des éléments auxquels le recourant n'a pas eu accès, res-
pectivement sur lesquels il n'a pu se prononcer (arrêt du Tribunal fédéral 
1S.1/2004 du 9 juillet 2004 consid. 3). Depuis le 11 mai 2005, l'ouverture 
de l'instruction préparatoire ainsi que les menaces proférées par le recou-
rant et dénoncées par un enquêteur de la police judiciaire fédérale sont les 
principaux éléments nouveaux, dont l'inculpé a d'ailleurs connaissance; ils 
ne sauraient être ignorés. 

 

4.  
4.1 Selon l’art. 44 PPF, la détention préventive présuppose l’existence de gra-

ves présomptions de culpabilité. Il faut en outre que la fuite de l’inculpé soit 
présumée imminente ou que des circonstances déterminées fassent pré-
sumer qu’il veut détruire les traces de l’infraction ou induire des témoins ou 
coïnculpés à faire de fausses déclarations ou compromettre de quelque au-
tre façon le résultat de l’instruction. La détention préventive doit ainsi ré-
pondre aux exigences de légalité, d’intérêt public et de proportionnalité qui 
découlent de la liberté personnelle (art. 10 al. 2, 31 al. 1 et 36 Cst) et de 
l’art. 5 CEDH (arrêts du Tribunal fédéral 1S.3/2004 et 1S.4/2004 du 13 août 
2004 consid. 3.1). 

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L’intensité des charges justifiant une détention n’est pas la même aux di-
vers stades de l’instruction pénale. Des soupçons encore peu précis peu-
vent être considérés comme suffisants dans les premiers temps de 
l’enquête, mais la perspective d’une condamnation doit paraître vraisem-
blable après l’accomplissement de tous les actes d’instruction envisagea-
bles (ATF 116 Ia 143, 146 consid. 3c; arrêts du Tribunal fédéral 1S.3/2004 
et 1S.4/2004 du 13 août 2004 ibidem).  

Dans les arrêts précédents rendus dans ce dossier, il a été longuement 
précisé que les présomptions retenues contre l'inculpé ne se fondaient pas 
sur de vagues soupçons mais sur des éléments concrets. Il n'y a pas lieu 
d'y revenir. Il convient en revanche de déterminer si depuis le dernier arrêt 
rendu dans cette affaire (arrêt du Tribunal pénal fédéral BK_H 183/04 du 
10 décembre 2004), des éléments nouveaux, ou dont il ne pouvait être te-
nu compte auparavant en raison de leur confidentialité, peuvent être rete-
nus et quelle est leur portée. 

4.2 Lors de ses divers interrogatoires, le prévenu a nié à de multiples reprises 
avoir possédé un téléphone mobile, alors même que le numéro de celui en-
registré à son nom apparaissait dans plusieurs contrôles téléphoniques. 
L'épouse de l'inculpé et l'ancienne maîtresse de ce dernier, entendues 
comme témoins les 3 et 4 mai 2005 au Kosovo, ont toutes deux reconnu la 
voix du recourant sur les écoutes téléphoniques qui leur ont été soumises, 
et qui émanaient des contrôles effectués par les autorités allemandes et 
italiennes (BH.2005.14 act 3.3. p. 20 - 22 et act. 3.4. p. 6 - 9; rapport de la 
police judiciaire du 13 mai 2005, pièces MPC 050559 et 050560). L'oncle 
du prévenu a également reconnu formellement la voix de son neveu A. sur 
les enregistrements de plusieurs conversations téléphoniques (pièces MPC 
130094, 130095, 130096), précisant, s'agissant de l'une d'elle, que le re-
courant y parle de drogue et d'argent avec C. qui a été par la suite arrêté 
en Italie alors qu'il y convoyait de la drogue (pièce MPC 130094 et act. 2 
p. 5 et 6). Lorsque le recourant a été confronté aux mêmes écoutes, il a 
prétendu ne pas reconnaître les voix. Par ailleurs, il ressort des pièces an-
nexées au rapport de la police judiciaire du 16 mars 2005 que le 17 mai 
2004, le recourant était notamment inscrit comme propriétaire d'une Mer-
cedes E 270 Cdi Noir (pièce MPC 050538) et d'une DaimlerChrysler 163 
bleue le 23 mars 2004, évaluée à 34'000.-- euros (pièces MPC 050527 et 
050528) et a acquis, le 12 mars 2004, une Mercedes Benz SL 55AMG pour 
le prix de 117'640.-- euros (pièces MPC 050515 à 050518), alors que dans 
ses divers interrogatoires, notamment celui du 18 janvier 2005, il affirmait 
n'avoir jamais eu les moyens de se payer le luxe d'un téléphone mobile, 
n'ayant même pas de quoi nourrir ses enfants (pièce MPC 130105). Sa 
femme semble également disposer d'une Mercedes qui serait, selon le 
rapport de police du 13 mai 2005, propriété du prévenu (pièce MPC 

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050559). Or, il ressort de l'enquête que les membres du clan D. utiliseraient 
des transactions sur des voitures de prix pour blanchir l'argent de leurs ac-
tivités criminelles (arrêt du Tribunal pénal fédéral BH.2005.18 du 2 août 
2005 consid. 2). Le recourant a par ailleurs assuré avoir vécu au Kosovo 
depuis 1992 et n'en être sorti qu'occasionnellement pour se rendre chez 
son médecin en Macédoine (pièce MPC 130011). Il a plus particulièrement 
prétendu n'être jamais allé ni en Turquie, ni en Bulgarie (interrogatoires des 
3 décembre 2004 et 4 avril 2005, pièces MPC 130100 et 130111), or, sa 
maîtresse a précisé s'être à de multiples reprises rendue à l'étranger avec 
lui, notamment en Turquie (5 ou 6 fois), en Macédoine (souvent), en Alba-
nie (deux fois), au Monténégro et en Bulgarie (BH.2005.14 act 3.3 p. 5). 
Les dénégations du prévenu sont de plus contredites par un compte-rendu 
du service national d'enquêtes, section criminelle bulgare, qui fait état, pour 
la période de 2000 à 2003, de très nombreuses entrées et sorties de Bul-
garie, cela à des intervalles réguliers et souvent très rapprochés (pièce 
MPC 000213 - 000224), ce qui corrobore les déclarations de sa maîtresse 
et les rend dans leur ensemble d'autant plus crédibles. Enfin, alors que 
dans ses interrogatoires, l'inculpé persiste à nier connaître E. (pièce MPC 
130111), le compte-rendu précité démontre qu'il s'est au contraire rendu au 
moins 6 fois en Bulgarie avec lui.  

L'ensemble de ces éléments constituent des indices suffisants de participa-
tion à une organisation criminelle. L'art. 260ter CP a été adopté en raison 
de la difficulté d'établir la participation d'un inculpé à un acte spécifique, et, 
en particulier, de déterminer à qui revient, au sein de l'organisation crimi-
nelle, la responsabilité pour une infraction particulière. La simple apparte-
nance à l'organisation permet en effet l'application de cette disposition sans 
qu'il soit nécessaire de prouver la participation à la commission des infrac-
tions qui sont imputées à cette dernière (arrêt du Tribunal fédéral 
1S.15/2004 du 14 janvier 2005 consid. 2.3.4; STRATENWERTH, Schweizeri-
sches Strafrecht, Besonderer Teil II: Straftaten gegen Gemeininteressen, 
5è éd., Berne 2000, p. 200 no 25; FORSTER, Kollektive Kriminalität. Das 
Strafrecht vor der Herausforderung durch das organisierte Verbrechen, 
Bâle, 1998, p. 23; ARZT, CP 260ter, p. 289 no 53-56, in: Niklaus Schmid, 
[ed], Kommentar Einziehung, organisiertes Verbrechen und Geldwäscherei, 
vol. 1, Zurich 1998). Les éléments précités accréditent par ailleurs le rôle 
de premier plan que le recourant est suspecté d'avoir joué dans le trafic de 
drogue sur lequel enquêtent plusieurs juridictions européennes et attestent 
du peu de crédibilité que l'on peut accorder à ses déclarations. Malgré la 
durée de son incarcération, les charges qui pèsent sur le recourant sont 
ainsi suffisantes pour maintenir sa détention préventive. 
 

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5. L'enquête durant depuis près de 3 ans et la détention depuis 27 mois, l'in-
culpé conteste qu'il puisse y avoir encore un risque de collusion. Le JIF et 
le MPC soutiennent pour leur part que celui-ci est patent; ils invoquent no-
tamment les menaces proférées par l'inculpé et des actes d'instruction en-
core à effectuer, en particulier des confrontations.  

L'enquête de police judiciaire est maintenant terminée et a fait place à l'ins-
truction préparatoire qui n'est ouverte que depuis mi-septembre. Dans ce 
contexte des confrontations - notamment entre le recourant, son frère et 
son père - qui pourraient s'avérer décisives pour le sort de la cause auront 
lieu dans un proche avenir. Il reste donc un certain nombre d'actes d'en-
quête à exécuter qui pourraient être menacés par des démarches visant à 
une altération de la vérité. Le risque de collusion ne disparaît d'ailleurs pas 
nécessairement après la clôture de l'enquête, il peut, au contraire, persister 
même jusqu'après le jugement de première instance (ATF 117 Ia 257, 261 
consid. 4b; OBERHOLZER, Grundzüge des Strafprozessrechts, Berne 2005, 
no 991 p. 435; KELLER, Untersuchungshaft im Kanton St. Gallen - vom al-
ten zum neuen Strafprozessgesetz in PJA/8/2000, p. 938). Les craintes ex-
primées par B. qui estime que ses déclarations le mettent, lui et sa famille, 
en danger de mort (pièce MPC 130097) et de la maîtresse du prévenu qui, 
après son audition en mai 2005 est retournée auprès du magistrat l'ayant 
interrogée pour lui faire part de son inquiétude (pièce MPC 050560) 
concrétisent l'existence du danger de collusion sur le plan subjectif (arrêt 
du Tribunal pénal fédéral BK_H 026/04 du 27 avril 2004 consid. 4.1). Le fait 
que le 12 septembre 2005, le recourant ait menacé de mort un enquêteur 
de la police judiciaire fédérale (annexe à l'act. 1.1 rapport d'information de 
FEDPOL du 13 septembre 2005) rend par ailleurs les appréhensions des 
deux personnes précitées d'autant plus crédibles.  

 

6. En ce qui concerne le risque de fuite, le recourant ne le conteste pas; il 
considère cependant que des mesures de substitution pourraient y pallier, 
notamment la mise en gage ou la vente de biens de sa famille, ce qui per-
mettrait de réunir une caution suffisante pour garantir sa comparution à 
tous les stades de la procédure.  

L'importance de la garantie doit être appréciée au regard des ressources 
du prévenu, de ses liens avec des personnes pouvant lui servir de caution, 
et à la confiance qu'on peut avoir que la perspective de perdre le montant 
agira comme un frein suffisamment puissant pour écarter toute velléité de 
fuite (arrêt du Tribunal fédéral 1P.429/2002 du 23 septembre 2002 consid. 
2.2). L'autorité ne saurait fixer une caution sans égard aux particularités du 
cas d'espèce (ATF 105 Ia 186). Or, en l'espèce, la mesure proposée par le 

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recourant n'offre aucune garantie. Au vu des contradictions flagrantes entre 
les déclarations de ce dernier quant à sa situation financière ainsi que cel-
les de ses proches et les éléments au dossier, il n'est pas possible de dé-
terminer le montant d'une caution qui serait en rapport avec les possibilités 
réelles de l'inculpé ou de celles de ses parents (arrêt du Tribunal pénal fé-
déral BK_H 178/04 du 9 novembre 2004 consid. 6). De plus, dans la me-
sure où toute la famille de l'inculpé est suspectée d'avoir participé aux tra-
fics de drogue incriminés et d'avoir de ce fait réalisé des profits extraordi-
naires (arrêts du Tribunal pénal fédéral BH.2005.18 du 2 août 2005 et 
BH.2005.23 du 22 août 2005; rapport de la police judiciaire du 16 mars 
2005 pièce MPC 050499), l'origine de l'argent qui pourrait servir à fournir 
les sûretés paraît plus que douteuse de sorte que ces biens ne sauraient 
servir de garantie. Les évènements qui se sont déroulés ces derniers mois, 
notamment l'arrestation des parents de l'inculpé ainsi que la mise sous sé-
questre de plusieurs biens appartenant à sa famille, font que l'analyse faite 
dans le cadre des précédentes procédures de recours conserve toute son 
actualité.  

 

7. L'instruction préparatoire a été ouverte le 15 septembre 2005. Des interro-
gatoires et des confrontations sont d'ores et déjà prévus et le prévenu a été 
convoqué à comparaître les 31 octobre et 7 novembre 2005 (act. 4.5 rubri-
que 16 p. 4). Le principe de célérité est donc respecté.  

 

8. La détention préventive est disproportionnée et viole l'art. 5 § 3 CEDH lors-
que sa durée dépasse celle de la peine raisonnablement prévisible. Elle ne 
peut donc être prolongée que si son étendue ne s'approche pas trop de la 
peine concrète à envisager. Il en résulte une sorte de durée maximale ab-
solue de la détention préventive (arrêt du Tribunal pénal fédéral 
BH.2005.30 du 21 octobre 2005 consid. 5.1 et références citées). En l'es-
pèce, au vu de la gravité des infractions et, ainsi que relève le JIF, la peine 
menace maximale est la réclusion jusqu'à 20 ans. Vu notamment l'activité 
déployée par l'organisation criminelle que l'inculpé est soupçonné de diri-
ger, en particulier les différentes saisies d'héroïne effectuées en Suisse, 
pour un total minimum cumulé de 37 kilos (act. 1.1 p. 4), c'est selon toute 
vraisemblance une lourde peine qui l'attend. Même en prenant en considé-
rant la possibilité prévue par l'art. 38 ch. 1 CP d'une libération condition-
nelle après les deux tiers de la peine (arrêt du Tribunal fédéral 1P.18/2005 
du 31 janvier 2005 consid. 2), la détention préventive de 28 mois subie jus-
qu'à présent par le prévenu se situe encore en dessous de la peine à la-

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quelle il pourrait être condamné (arrêt du Tribunal pénal fédéral BH.2005.9 
du 4 mai 2005 consid 5.1). Par ailleurs, malgré son manque de collabora-
tion, les présomptions graves de culpabilité se sont renforcées à l'encontre 
du recourant durant l'enquête de police judiciaire, l'instruction préparatoire 
est maintenant ouverte et des mesures d'instruction sont actuellement en 
cours, de sorte que la détention préventive est encore proportionnée. 

 

9. Mal fondé, le recours doit donc être rejeté. Selon l'art. 156 OJ (applicable 
par renvoi de l'art. 245 PPF), la partie qui succombe est tenue au paiement 
des frais. Ceux-ci se limitent en l'espèce à un émolument, qui, en applica-
tion de l'art. 3 du règlement du 11 février 2004 fixant les émoluments judi-
ciaires perçus par le Tribunal pénal fédéral (RS 173.711.32) sera fixé à 
Fr. 1'500.--. 

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Par ces motifs, la Cour prononce: 
 
1. Le recours est rejeté. 
 
2. Un émolument de Fr. 1'500.-- est mis à la charge du recourant. 

 
 

Bellinzone, le 10 novembre 2005 
 
Au nom de la Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président:   la greffière:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Stefan Disch, avocat  
- Office des juges d'instruction fédéraux  
- Ministère public de la Confédération  
 
 

 

Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les arrêts de la Cour des plaintes relatifs aux mesu-
res de contrainte sont sujet à recours devant le Tribunal fédéral pour violation du droit fédéral ; la 
procédure est réglée par les art. 214 à 216, 218 et 219 de la loi fédérale du 15 juin 1934 sur la pro-
cédure pénale, qui sont applicables par analogie (art. 33 al. 3 let. a LTPF). 

Le recours ne suspend l’exécution de l’arrêt attaqué que si l’autorité de recours ou son président 
l’ordonne.