# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9d7599d1-557c-51d6-8855-e0e9fa678371
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2015 / 223
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2015---223_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC15.037505-152050

338 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
14 décembre 2015

______________________

Composition
:              Mme             
Rouleau,
présidente

             
              Mme             
Byrde et M. Maillard, juges

Greffier
              :             
M.              Elsig

 

 

*****

 

 

Art.
321 al. 1 CPC

 

 

             
Vu le prononcé rendu le 8 octobre 2015, à la suite de l’audience du 29 septembre
2015, par la Juge de paix du district d’Aigle, prononçant la mainlevée provisoire de
l’opposition formée par
F.________,
à [...], à la poursuite n° 7'581'153 de l’Office des poursuites du district d’Aigle
exercée contre lui à l’instance de  
R.________,

 

             
vu le recours non motivé déposé le 19 octobre 2015 par le poursuivi contre ce prononcé,

 

             
vu le prononcé motivé adressé aux parties pour notification le 6 novembre 2015 et
non retiré par le poursuivi à l’échéance du délai de garde postal,

 

             
vu les autres pièces du dossier ;

 

             
attendu que le recours au sens des art. 319 ss CPC [Code de procédure civile du 19 décembre
2008 ; RS 272] doit être introduit auprès de l'instance de recours par acte écrit
et motivé (art. 321 al. 1 CPC), dans les dix jours à compter de la notification de la décision
motivée (art. 321 al. 2 CPC),

 

             
que le droit de recourir peut toutefois déjà s'exercer dans le délai de demande de motivation,
lequel est de dix jours à compter de la communication de la décision sous forme de dispositif
(art. 239 al. 1 et 2 première phrase CPC), un acte de recours déposé dans ce délai
étant alors considéré comme une demande de motivation,

 

             
que le prononcé a été envoyé sous forme de dispositif le 8 octobre 2015 pour notification,

 

             
que recours exercé le 19 octobre 2015, l’a été en temps utile ;

 

attendu
que la partie qui entend user d'une voie de droit a la charge de se conformer à certaines règles
de forme, à défaut de quoi sa démarche sera frappée d'irrecevabilité (Jeandin,
in
Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy (éd.), Code de procédure civile commenté, Bâle
2011, n. 1 ad art. 321 CPC), 

 

qu'en
particulier, selon l'art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être motivé, 

 

que
cette norme ne fait pas des conclusions formelles une condition de recevabilité du recours, 

 

qu'il
faut toutefois que la motivation du recours permette de comprendre ce que le recourant veut obtenir,
faute de quoi l'intérêt au recours n'est pas démontré (CPF, 9 décembre 2014/404
; CPF, 20 mars 2014/100 ; CPF, 7 février 2012/33 ; CPF, 30 décembre 2011/548),

 

que
l'instance de recours doit ainsi pouvoir comprendre ce qui est reproché au premier juge sans avoir
à rechercher des griefs par elle-même, ce qui exige une certaine précision quant à
l'énoncé et à la discussion des griefs (CREC, 11 mai 2012/173),

 

             
qu’en l’espèce le poursuivi n'a formulé aucun grief, motif ou moyen de recours
reconnaissable contre le prononcé levant provisoirement son opposition dans son écriture du
19 octobre 2015, 

 

             
qu'il n'a pas déposé d'autre acte après l’envoi des motifs de la décision,
qui sont réputés lui avoir été notifiés le 16 novembre 2015, échéance
du délai de garde, conformément à la fiction légale de l’art. 138 al. 3 let.
a CPC,

 

             
que l'absence de motivation du recours est un vice qui n'est pas réparable (cf. par analogie : TF
5P.429/2006 du 11 décembre 2006), 

 

qu'ainsi
l'art. 132 CPC, selon lequel le tribunal peut fixer un délai pour la rectification de certains vices
affectant un acte, ne s'applique pas dans le cas d'un acte de recours dépourvu de motivation,

 

qu'en
effet, l'absence de motivation ne constitue pas un vice purement formel visé par l'art. 132 al.
1 CPC, tel que l'absence de signature ou de procuration, et n'est pas non plus assimilable à une
motivation incompréhensible au sens de l'art. 132 al. 2 CPC (CPF, 2011/548 et 2014/100 précités),

 

que
l'art. 56 CPC, selon lequel le tribunal donne aux parties l'occasion de clarifier ou de compléter
leurs actes ou déclarations peu clairs ou manifestement incomplets, concerne des allégations
de fait et n'est pas applicable non plus en cas d'absence de motivation d'un acte de recours (ibidem),

 

que
l'acte du 19 octobre 2015, faute d'être motivé, ne satisfait pas aux exigences de forme posées
par la loi et doit par conséquent être déclaré irrecevable ;

 

attendu
que le présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires ni dépens.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais judiciaires ni dépens, est exécutoire.

 

La
présidente :               Le greffier
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. F.________,

‑             
M. Philippe Chiocchetti, agent d’affaires breveté, (pour R.________).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 2’400 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district d’Aigle.

 

             
Le greffier :