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**Case Identifier:** 491b8faa-a016-5b82-bc32-0114b54e2a8e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-08-14
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 14.08.2017 A/4331/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-4331-2016_2017-08-14.pdf

## Full Text

Siégeant : Valérie MONTANI, Présidente ; Larissa ROBINSON-MOSER et Maria 
Esther SPEDALIERO , Juges assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/4331/2016 ATAS/687/2017 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 14 août 2017 

6ème Chambre 

 

En la cause 

Monsieur A______, domicilié à GENÈVE 

 

 

recourant 

 

contre  

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITÉ DU CANTON DE 
GENÈVE, sis rue des Gares 12, GENÈVE 

intimé 

 

 
 
 

 

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EN FAIT 

1. Monsieur. A______ (ci-après : l'assuré), né le ______ 1957, marié, père de six 
enfants nés en 1985, 1988, 1990, 1992, 1994 et 1996, originaire du Kosovo, est 
entré en Suisse le 31 mai 1999. Il est titulaire d'une autorisation d'établissement C.  

2. L'assuré a exercé au Kosovo une activité d'agriculteur (1995-1998) et de chauffeur 
de poids lourds (1985-1995). Il a travaillé du 1er au 31 décembre 2000 pour 
B______ SA, du 1er au 30 septembre 2001 pour  C______ SA, en juillet 2003 pour 
D______ Sàrl et comme camionneur pour l'entreprise E______ en 2006. 

3. Le 4 juin 2007, le Dr F______, FMH pneumologie et médecine interne, a attesté 
qu'il avait examiné l'assuré le 1er juin 2007 pour un syndrome d'apnées du sommeil 
sévère (IAH à 32,1/h) et proposait l'introduction d'un appareil de pression possible 
continue (LPAP). 

4. Le 31 décembre 2008, le Dr F______ a attesté que le patient s'était adapté à son 
appareil et que le traitement était optimal. La légère somnolence dont il se plaignait 
encore était due probablement à l'état dépressif. 

5. Le 27 juillet 2009, l'assuré a déposé une demande de prestations de l'assurance-
invalidité en mentionnant un stress post-traumatique, un état dépressif et des apnées 
du sommeil. 

6. Depuis le 1er août 2009, l'assuré a bénéficié de prestations de l'Hospice Général. 

7. Le 17 août 2009, le Dr F______ a rempli un rapport médical AI en mentionnant un 
suivi du 1er juin 2007 au 19 février 2009 en raison d'un syndrome d'apnées du 
sommeil. Il présentait une fatigue persistante dans le cadre d'un état dépressif, une 
difficulté de concentration et des troubles mnésiques et utilisait un CPAP. 
L'oxymétrie nocturne était normalisée sous traitement. Sa capacité de travail était 
réduite de 20 % en raison de difficultés de concentration et ralentissement dans 
l'exécution des travaux depuis le 1er juin 2007. 

8. Le 24 août 2009, l'assuré a indiqué qu'il n'avait pas de formation et qu'il était 
conducteur de camions au Kosovo. 

9. Le 22 octobre 2009, le Dr  G______, médecine interne FMH, a rempli un rapport 
médical AI dans lequel il a posé le diagnostic d'état dépressif depuis au moins 2003 
et de syndrome d'apnées du sommeil depuis 2007. Il suivait l'assuré depuis le 21 
octobre 2003. Ce dernier consultait le Dr H______ pour l'état dépressif. 

10. Les 8 janvier et 25 février 2010, le Dr H______, FMH psychiatrie et 
psychothérapie, a rempli un rapport médical AI dans lequel il a diagnostiqué un 
syndrome de stress post-traumatique, un trouble dépressif récurrent, épisode actuel 
sévère et une personnalité anxieuse depuis 1999 ainsi qu'un syndrome d'apnées du 
sommeil sévère. Le traitement avait débuté le 5 octobre 2004. L'assuré présentait 
des troubles majeurs de l'investissement, de la concentration et de la mémoire sur 
état de stress post-traumatique et état dépressif avec difficultés d'adaptation et 

 
 
 

 

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d'apprentissage, fatigabilité extrême et intolérance multiples, au bruit, à la foule, 
aux contraintes, baisse du rendement et céphalées tensionnelles démobilisantes. Il 
présentait une symptomatologie anxieuse sous forme de séquelles post-
traumatique : cauchemars récurrents, sursauts, réviviscences, accès d'anxiété 
paroxystique en rapport à une personnalité évitante. Pas de signe de la lignée 
psychotique. Troubles du sommeil et de la mémoire. Fatigabilité extrême. La 
symptomatologie dépressive était majeure avec retrait, aboulie, désinvestissement 
douloureux de toute activité et souvent également des relations avec ses proches. Il 
restait mobile psychiquement malgré son vécu traumatique et sa tendance à 
l'évitement. Il avait de la difficulté et de l'appréhension à s'investir spontanément 
dans une tâche malgré une excellente volonté, il présentait des troubles mnésiques 
et de la concentration (état de stress post-traumatique et apnées du sommeil) et une 
perte des repères. 

Les handicaps fonctionnels existaient depuis la fin de la guerre au Kosovo en 1999. 
Il avait subi des violences extrêmes et répétées durant la guerre. 

L'incapacité de travail était totale depuis janvier 2007. 

11. Le 17 mars 2010, l'assuré a indiqué à l'OAI qu'il n'avait jamais été hospitalisé dans 
un milieu psychiatrique. 

12. Le 28 juin 2010, le Dr H______ a précisé à l'OAI que l'état de stress post-
traumatique était consécutif aux événements vécus et aux violences ethnopolitiques 
au Kosovo en 1999. La récurrence des épisodes dépressifs sévères était d'environ 
quatre mois et successifs depuis quatre ans et la réponse au traitement modérée. 
Dans ce contexte comorbide sévère, le patient présentait une fatigue et une 
fatigabilité majeure, des troubles du sommeil (également dus à son syndrome 
d'apnées du sommeil), une aboulie, des sentiments de rejet, d'incompétences, 
d'inutilité, en particulier vis-à-vis de son rôle parental, des difficultés de 
concentration et de mémoire de travail, des crises d'anxiété et de larmes avec retrait, 
errance et isolement. Ces conditions étaient totalement incompatibles avec une 
reprise de travail, a fortiori dans sa profession comme chauffeur poids lourds. Une 
reprise de travail à temps très partiel était envisageable sous forme de stages 
probatoires et d'orientation professionnelle. Le pronostic était réservé. 

13. Le 29 septembre 2010, le SMR a estimé qu'une expertise psychiatrique était 
nécessaire. 

14. Le 12 octobre 2010, le Dr F______ a relevé que l'assuré était toujours bien adapté à 
son appareil CPAP et présentait moins de réveils nocturnes, de céphalées et une 
amélioration de la qualité du sommeil. La fatigue et le manque d'énergie qui 
persistaient étaient attribuables à l'état dépressif. 

15. Le 2 février 2011, à la demande de l'OAI, le Dr I______, FMH spécialiste 
psychiatrie et psychothérapie, a rendu une expertise fondée sur un entretien du 7 
décembre 2010 avec l'assuré et des examens paracliniques. L'expert a relevé que 
l'assuré avait exercé comme chauffeur de poids lourds en Serbie jusqu'en 1990, date 

 
 
 

 

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à laquelle il avait déposé une demande d'asile en Suisse (rapport p. 2), puis qu'il 
serait arrivé en Suisse en 1999 (rapport. p. 4), enfin qu'il avait fui son pays en 1998 
avant de déposer en 1999 une demande de prestations d'invalidité en Suisse 
(rapport p. 12) et qu'il n'avait pas travaillé depuis plus de vingt ans (rapport. p. 13). 
Il avait travaillé comme chauffeur un mois en 2006 mais avait été licencié en raison 
d'un accident. L'expert a constaté une bonne observance du traitement de Cipralex. 
Il a posé les diagnostics "d'état dépressif majeur de gravité légère PTSD en 
rémission, mauvaise intégration socioculturelle, difficultés socio-économiques et à 
trouver un emploi, conflit de couple et autre ?" 

Il s'agissait plus d'une situation d'acculturation et sociale que strictement médicale. 
L'hypothèse d'un trouble somatoforme indifférencié restait ouverte mais non 
incapacitante; la comorbidité psychiatrique était légère et il n'y avait pas de perte 
d'intégration sociale; la maladie servait à fournir des solutions concrètes à des 
problèmes économiques et professionnels. La capacité de travail était entière depuis 
2004. 

16. Le 7 mars 2011, le Dr J______ du SMR a rendu un avis selon lequel l'expertise 
était convaincante et claire de sorte que la capacité de travail était entière depuis 
2004. 

17. Par projet de décision du 21 mars 2011, l'OAI a rejeté la demande de prestations en 
se fondant sur l'expertise du Dr I______ du 2 février 2011 et l'avis du SMR du 
7 mars 2011. 

18. Par décision du 16 mai 2011, l'OAI a confirmé son projet de décision. 

19. Le 16 juin 2011, l'assuré, représenté par un avocat, a recouru à l'encontre de la 
décision de l'OAI du 16 mai 2011 en concluant à son annulation et à l'octroi d'une 
rente entière d'invalidité.  

Il a relevé que le Dr I______ était systématiquement mandaté par l'OAI à tel point 
qu'il en était pratiquement devenu "salarié", que l'expertise avait duré à peine vingt 
minutes alors que l'assuré ne s'exprimait que difficilement en français, que l'expert 
mentionnait à tort que des tests psychométriques avaient été réalisés et sollicitait un 
délai pour communiquer un avis du Dr H______. 

20. Le 20 juillet 2011, le Dr H______ a rendu un avis médical suite à l'expertise du Dr 
I______. L'assuré continuait de subir un envahissement de sa pensée par des scènes 
de guerre plusieurs fois par jour et des cauchemars qui le réveillaient plusieurs fois 
par nuit; il se décrivait comme nerveux, irritable et éprouvant des tensions, crampes 
intestinales, des transpirations, des sentiments de chaud-froid et des paresthésies 
aux bras et aux mains. Il n'avait pas de capacité à faire face, à se confronter à autrui, 
à affronter sa vie. Il passait ses journées à errer, en fuite du domicile familial. Cette 
symptomatologie d'évitement majeur contrastait avec l'homme actif entreprenant et 
motivé qu'il était avant la guerre. L'assuré n'avait travaillé qu'un seul mois en 2006 
depuis son arrivée en Suisse en 1999. Cette prise d'emploi avait été un échec. La 
récurrence des épisodes dépressifs sévères était toujours réelle. L'assuré était très 

 
 
 

 

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isolé et évitant et vivait un conflit de couple avec une épouse elle-même victime 
d'un état de stress post-traumatique. Le couple avait été suivi au centre de thérapie 
brève des Hôpitaux Universitaires de Genève (ci-après : HUG) durant une année. Il 
présentait des troubles de la mémoire, de la concentration, une fatigue et une 
fatigabilité exacerbées par le syndrome d'apnée du sommeil dont l'expertise ne 
faisait pas suffisamment mentions ainsi que de douleurs diffuses qui constituaient 
un syndrome douloureux somatoforme persistant invalidant. L'assuré présentait une 
pathologie psychiatrique importante identifiée en 2004, qui évoluait probablement 
depuis 1999 de façon négative mais il n'était pas possible de se prononcer sur la 
période antérieure à 2004. L'incapacité de travail était totale. Il confirmait les 
diagnostics de syndrome de stress post-traumatique, trouble dépressif récurrent, 
épisode actuel sévère et personnalité anxieuse (évitante). 

21. Le 25 août 2011, l'assuré a relevé que le Dr I______ n'avait pas mentionné le suivi 
médical du couple au centre de thérapie brève des HUG et que l'expertise était 
superficielle. Il sollicitait l'audition des Drs H______ et F______ ainsi que 
l'ordonnance d'une expertise psychiatrique judiciaire. 

22. Le 13 septembre 2011, la Dresse K______ du SMR a rendu un avis selon lequel 
malgré les difficultés de langue, un contact de qualité avait pu être établi entre 
l'assuré et l'expert, au vu de l'anamnèse et du status psychiatrique. Le Dr H______ 
n'apportait pas, dans son avis du 20 juillet 2011, des constatations objectives. La 
symptomatologie permettant de classer l'épisode actuel de sévère et de récurrent 
n'était pas décrite. L'avis du SMR du 7 mars 2011 pouvait être confirmé. 

23. Le 21 septembre 2011, l'intimé a conclu au rejet du recours. Le fait qu'un médecin 
serait chargé régulièrement par l'OAI d'établir des expertises ne permettait pas de 
conclure à sa partialité. Il n'existait pas de durée de validité générale obligatoire 
pour un examen psychiatrique. L'expertise du Dr I______ contenait une anamnèse 
personnelle, affective, professionnelle et socio-économique complète avec la 
description de plaintes et les constations objectives de sorte que l'on pouvait en 
déduire que l'expert avait pris le temps nécessaire pour entendre le recourant et 
recueillir les données utiles pour établir son expertise. L'assuré avait été invité à 
faire savoir à l'expert s'il avait besoin d'un interprète, ce qu'il n'avait pas demandé. 
Les tests psychologiques n'étaient pas indispensables pour poser des diagnostics. 
L'anamnèse approfondie et le status psychiatrique détaillé étaient en l'espèce 
suffisants pour poser des diagnostics. L'avis du Dr H______ du 20 juillet 2011 
n'apportait aucune constatation déterminante pour l'évaluation de l'état de santé de 
l'assuré. Aucune limitation n'était décrite en relation avec le contexte familial 
difficile ayant donné lieu au suivi au centre de thérapie brève des HUG. L'expert 
n'avait donc pas à tenir compte de cet aspect. 

24. Par ordonnance du 17 novembre 2011, la Cour de céans a mandaté le 
Docteur  L______, FMH spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, pour établir 
une expertise psychiatrique. 

 
 
 

 

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25. Le 3 juillet 2012, le Dr L______ a rendu son expertise fondée notamment sur trois 
entretiens des 7, 15 février et 20 juin 2012. 

L'assuré se plaignait de difficultés respiratoires, d'apnées nocturnes, de tristesse, de 
fatigue, de douleurs dans la nuque, la région thoracique, la mâchoire, de 
fourmillements et de sensation de chaleur dans les bras, de réactions de sursaut, de 
troubles de la mémoire et d'oublis.  

Il a posé les diagnostics d'épisode dépressif léger et d'état de stress post-traumatique 
(EPST) de degré léger. Les symptômes de dépression et d'EPST étaient apparus peu 
après l'assassinat du neveu de l'assuré, événement qui avait généré ou nettement 
aggravé le conflit conjugal, lequel avait pérennisé lesdits symptômes.  

Il s'agissait d'un trouble chronique, apparu en 2001 et très peu évolutif. L'assuré 
pouvait au mieux exercer une activité dans le domaine de la manutention légère, 
dans une ambiance de travail peu stressante, les symptômes pouvant affecter le 
rendement, en particulier la fatigabilité et une baisse des capacités de concentration 
dans la durée et n'étaient pas compatibles avec une activité de chauffeur de camion. 

26. Le 3 août 2012, le Dr J______ du SMR a rendu un avis selon lequel l'expertise du 
Dr L______ permettait de confirmer l'appréciation du 7 mars 2011, l'atteinte à la 
santé n'étant ni sévère, ni incapacitante. Il n'y avait aucune limitation fonctionnelle 
psychique capable d'empêcher une activité lucrative. La capacité de travail était 
entière depuis 2004. 

27. Le 6 août 2012, l'OAI s'est référé aux conclusions du SMR. 

28. Le 31 août 2012, le recourant a observé qu'il ne pouvait plus exercer l'activité de 
chauffeur de camion de sorte qu'il fallait que l'intimé se détermine sur l'activité 
précise qu'il pourrait exercer et le revenu qu'il pourrait réaliser compte tenu d'une 
diminution de rendement et d'un abattement de 25 % en raison de son âge et de son 
handicap. 

29. Par arrêt du 8 octobre 2012 (ATAS/1205/2012), la chambre de céans a rejeté le 
recours en considérant que l’expertise du Dr L______ était probante ; l’assuré était 
capable de travailler à 100 % dans une activité adaptée et son degré d’invalidité 
était de 26 %. 

30. Le 30 octobre 2014, l’assuré a déposé une nouvelle demande de prestations en 
mentionnant une atteinte cardiaque, du diabète, une dépression et une apnée du 
sommeil. Il a communiqué :  

- un rapport du service des urgences des HUG du 23 mai 2013 attestant d’un 
séjour du 23 mai 2013 de l’assuré en raison d’une fibrillation auriculaire 
inaugurale, évoluant favorablement ; l’assuré avait bénéficié de la pose d’un 
stent en mars 2013 par le service de cardiologie invasive ; 

- deux rapports du service de cardiologie des HUG des 20 mars 2014 et 
23 octobre 2014 attestant d’une intervention, respectivement d’une ablation de 

 
 
 

 

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flutter auriculaire par radiofréquence et d’une ablation par radiofréquence d’une 
fibrillation auriculaire.  

31. Le 4 novembre 2014, le docteur M______, FMH cardiologie, a attesté d’un examen 
suite à l’ablation de la FA paroxystique qui était un succès.  

32. Le 29 novembre 2014, le Dr N______, FMH médecine interne, a attesté d’une 
angioplastie avec pose d’un stent le 11 mars 2013 en raison d’une maladie 
coronarienne symptomatique, une fibrillation auriculaire avec ablation par 
radiofréquence le 18 mars 2014, vaine, et une nouvelle ablation le 22 octobre 2014 
avec un maintien en rythme sinusal ; par ailleurs, il présentait une hernie ombilicale 
symptomatique depuis début 2013. 

33. Le 1er décembre 2014, le Dr H______ a attesté d’un suivi depuis le 5 octobre 2004 
et d’une péjoration de l’état de santé par la présence d’un état dépressif récurrent 
actuellement moyen (F 33.1) sur modification durable de la personnalité après une 
expérience de catastrophe (F 62.0) entrainant une incapacité de travail de 100 %. 

34. Le 11 décembre 2014, le Dr F______  a attesté d’un état de santé stationnaire ; la 
capacité de travail était de 100 % du point de vue pneumologique.  

35. Le 16 décembre 2014, le Dr N______ a attesté d’une aggravation de l’état de santé 
depuis mars 2013 par la survenance d’une cardiopathie ischémique et fibrillation / 
flutter auriculaire évoluant favorablement et une hernie ombilicale dont une cure 
était à prévoir au début 2015 ; le patient présentait une dyspnée à l’effort.  

36. Le 17 décembre 2014, le Dr M______ a attesté de fibrillation auriculaire 
paroxystique et maladie coronarienne, avec un risque élevé de récidive de FA. 

37. Le 18 février 2015, le Dr H______ a effectué un bilan de situation au 15 février 
2015 qu’il a transmis à l’OAI. Les diagnostics étaient un état dépressif récurrent 
actuellement moyen (F 33.1) et modification durable de la personnalité après une 
expérience de catastrophe (F 62.0). L’assuré présentait, dans le cadre de l’état de 
stress post-traumatique, des reviviscences et cauchemars qui l’épuisaient, le 
rendaient intolérant et très anxiogène, de l’anxiété et de l’irritabilité, de l’évitement, 
une récurrence des épisodes dépressifs sévères, une désinsertion sociale, un SAS 
entrainant des troubles de la mémoire, de la concentration et de la fatigue, des 
douleurs du rachis, des articulations, des épaules et des membres supérieurs, des 
céphalées, des chaud-froid / transpiration, des paresthésies des doigts en rapport 
avec la tension et l’anxiété.  

L’incapacité de travail était totale et partielle dans le cadre d’un travail protégé. 

38. Le 1er mai 2015, la doctoresse O______ du SMR a estimé qu’il convenait de 
questionner les médecins-traitant de l’assuré (Drs M______ et N______). 

39. Le 18 mai 2015, le Dr M______ a indiqué que l’évolution était bonne, sans récidive 
et qu’il n’y avait pas de limitations fonctionnelles et une capacité de travail totale 
depuis janvier « illisible ». Il a communiqué un courrier du 28 janvier 2015 au Dr 

 
 
 

 

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N______ selon lequel il n’y avait pas de contre-indication à une chirurgie de la 
paroi abdominale.  

40. Le 25 juin 2015, le Dr N______ a attesté qu’il n’existait aucune atteinte somatique 
avec répercussion sur la capacité de travail et que l’assuré était en incapacité de 
travail en raison de problèmes psychiatriques.  

41. Le 29 juin 2015, le Dr M______ a attesté d’un état de santé stationnaire et d’une 
bonne évolution cardiologique.  

42. Le 4 août 2015, le Dr N______ a informé par téléphone l’OAI qu’à sa connaissance 
aucune cure de hernie ombilicale n’avait été effectuée. 

43. Le 27 octobre 2015, la Dresse O______ a estimé qu’une évaluation psychiatrique 
était nécessaire afin de déterminer si l’assuré avait présenté une aggravation de son 
état de santé postérieurement à l’estimation du Dr L______ du 3 juillet 2012. 

44. Le 8 août 2016, le Docteur P______, FMH psychiatrie et psychologie, et Madame 
Q______, psychologue, spécialiste en psychothérapie FSP ont rendu un rapport 
d’expertise.  

L’assuré se plaignait de fatigue avec baisse de l’humeur de nature fluctuante ainsi 
que des sensations de brûlure interne et des douleurs peu systématisées à 
prédominance thoracique. Il mentionnait une irritabilité fluctuante depuis 2004 avec 
des moments d’anxiété difficiles à gérer et une relation conflictuelle avec son 
épouse. Il n’y avait pas de diagnostic avec répercussion sur la capacité de travail et, 
sans répercussion, un diagnostic de trouble dépressif léger avec syndrome 
somatique.  

L’assuré pourrait faire l’objet de mesure de réadaptation dans une activité simple. 
Les conclusions de l’expertise ne différaient guère de celle de 2011 et 2012 ; on ne 
retrouvait en effet aucun argument plausible soutenant une décompensation 
dépressive majeure ou un état de stress post-traumatique. Bien qu’existante, la 
pathologie dépressive était d’intensité légère avec des moments d’irritabilité et de 
baisse de l’humeur que l’assuré lui-même reconnaissait comme fluctuants. Sur le 
plan du vécu traumatique, une analyse des faits (notamment l’absence de toute 
atteinte à son intégrité physique ou de témoignage d’atrocités commises) et 
l’absence de tout élément probant du registre anxieux (flashbacks, réminiscences 
associées avec le déclenchement des crises d’anxiété, cauchemars répétitifs ayant 
un contenu en lien avec le trauma subi, impossibilité de se décentrer de ce même 
vécu) excluaient la présence d’un état de stress post-traumatique. Comme souvent 
dans ces cas d’espèce la très longue période d’inactivité ou d’activité a minima peu 
investie (qui précède l’arrivée en Suisse) rendait très difficile d’envisager un retour 
dans le milieu de l’économie libre. Toutefois et en termes de psychopathologie, il 
n’y avait pas de contre-indication à une telle démarche.  

 
 
 

 

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45. Le 3 octobre 2016, le docteur R______ et la Dresse J______ du SMR ont estimé 
que l’expertise psychiatrique était convaincante et que l’assuré était capable de 
travailler à 100 % dans toute activité.  

46. Par projet de décision du 13 octobre 2016, l’OAI a refusé à l’assuré le droit à une 
rente d’invalidité. 

47. Le 5 novembre 2016, l’assuré a écrit à l’OAI qu’il souffrait de dépression, de 
problème cardiaque et de diabète, que son traitement était lourd et entrainait une 
incapacité de travail totale.  

48. Par décision du 17 novembre 2016, l’OAI a refusé à l’assuré le droit à des 
prestations d’invalidité ; le lien de causalité entre l’atteinte à la santé et l’incapacité 
de gain n’était pas établi.  

49. Le 16 décembre 2016, l’assuré a recouru auprès de la chambre des assurances 
sociales de la Cour de justice à l’encontre de la décision de l’OAI du 17 novembre 
2016, en contestant le rapport du SMR ; il souffrait de troubles psychiques qui 
n’avaient pas été mentionnés et demandait une nouvelle expertise.  

50. Le 17 janvier 2017, l’OAI a conclu au rejet du recours en relevant que le recourant 
ne mentionnait aucun fait précis étayé susceptible de remettre en cause les 
conclusions médicales et le calcul du taux d’invalidité, étant relevé que l’expertise 
du Dr S______ était probante.  

51. Le 23 février 2017, le recourant a relevé que le Dr S______ ne l’avait vu qu’une 
seule fois alors que son psychiatre le suivait depuis 2004 de sorte qu’une nouvelle 
expertise devait être effectuée. Il a communiqué un rapport du 20 février 2017 du 
Dr H______ s’étonnant des dernières conclusions du rapport d’expertise de l’OAI 
attribuant à l’assuré une capacité de travail de 100 % ; dans ces circonstances 
l’assuré demandait une possibilité d’intégration professionnelle.  

52. Le 9 mars 2017, la chambre de céans a requis de l’OAI qu’il se prononce sur le 
droit du recourant à des mesures d’ordre professionnel ; elle s’est référée au rapport 
du Dr H______ du 20 février 2017 mentionnant la volonté du recourant de 
participer à une mesure d’intégration professionnelle, à l’expertise du 
Prof. P______ mentionnant la possibilité de mettre en place des mesures de 
réadaptation et un degré d’invalidité arrêté à 26 % (ATAS/1205/2012) 

53. Le 4 avril 2017, l’OAI a observé que le droit à une mesure de réadaptation 
professionnelle n’était pas ouvert au motif que le recourant ne présentait aucune 
incapacité de travail durable, ni d’atteinte à la santé invalidante au sens de la LAI et 
que d’éventuelles mesures d’ordre professionnel ne seraient ni nécessaires ni de 
nature à rétablir, maintenir ou améliorer sa capacité de gain. 

54. Le 5 mai 2017, l’assuré a observé que son état de santé l’empêchait de travailler, 
que les médecins de l’AI n’avaient pas eu suffisamment de temps pour établir un 
diagnostic, contrairement à son médecin traitant, que l’OAI n’avait pas pris 
connaissance de son dossier médical avant d’établir son rapport, qu’il avait 60 ans, 

 
 
 

 

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était suivi par un psychiatre, était diabétique, souffrait d’apnées du sommeil et avait 
subi trois opérations pour le cœur, qu’il ne pouvait exercer une activité physique et 
que son état psychique l’empêchait d’entretenir des relations stables, équilibrées et 
paisibles avec les autres.  

55. Sur quoi, la cause a été gardée à juger.  

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la Chambre 
des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des 
contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 
assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale 
sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI - RS 831.20). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. A teneur de l'art. 1 al. 1 LAI, les dispositions de la LPGA s'appliquent à l'assurance-
invalidité, à moins que la loi n'y déroge expressément. 

Toutefois, les modifications légales contenues dans la LPGA constituent, en règle 
générale, une version formalisée dans la loi de la jurisprudence relative aux notions 
correspondantes avant l'entrée en vigueur de la LPGA; il n'en découle aucune 
modification du point de vue de leur contenu, de sorte que la jurisprudence 
développée à leur propos peut être reprise et appliquée (ATF 130 V 343 consid. 3). 

3. Le délai de recours est de 30 jours (art. 60 al. 1 LPGA). Interjeté dans la forme et le 
délai prévus par la loi, le recours est recevable, en vertu des art. 56ss LPGA. 

4. Le litige porte d’une part sur le droit du recourant à une rente d’invalidité, 
singulièrement sur la question de l’aggravation de son état de santé depuis la 
décision du 16 mai 2011, d’autre part sur le droit du recourant à des mesures 
d’ordre professionnel. 

5. On peut envisager quatre cas dans lesquels un conflit peut surgir entre une situation 
juridique actuelle et une décision de prestations, assortie d'effets durables, entrée en 
force formelle: une constatation inexacte des faits (inexactitude initiale sur les faits) 
peut, à certaines conditions, être corrigée par une révision procédurale 
conformément à l'art. 53 al. 1 LPGA. Lorsqu'une modification de l'état de fait 
déterminante sous l'angle du droit à la prestation (inexactitude ultérieure sur les 
faits) survient après le prononcé d'une décision initiale exempte d'erreur, une 
adaptation peut, le cas échéant, être effectuée dans le cadre d'une révision de la 
rente au sens de l'art. 17 al. 1 LPGA. Si la décision est fondée sur une application 
erronée du droit (application initiale erronée), il y a lieu d'envisager une révocation 
sous l'angle de la reconsidération (art. 53 al. 2 LPGA). Enfin, il est des cas où une 
modification des fondements juridiques déterminants intervient après le prononcé 
de la décision (ATF 135 V 215 consid. 4.1; ATF 127 V 10 consid. 4b).  

 
 
 

 

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L’art. 17 al. 1er LPGA dispose que si le taux d’invalidité du bénéficiaire de la rente 
subit une modification notable, la rente est, d’office ou sur demande, révisée pour 
l’avenir, à savoir augmentée ou réduite en conséquence, ou encore supprimée. Il 
convient ici de relever que l’entrée en vigueur de l’art. 17 LPGA, le 1er janvier 
2003, n’a pas apporté de modification aux principes jurisprudentiels développés 
sous le régime de l’ancien art. 41 LAI, de sorte que ceux-ci demeurent applicables 
par analogie (ATF 130 V 343 consid. 3.5). 

Tout changement important des circonstances propre à influencer le degré 
d’invalidité, et donc le droit à la rente, peut motiver une révision selon 
l’art. 17 LPGA. La rente peut être révisée non seulement en cas de modification 
sensible de l’état de santé, mais aussi lorsque celui-ci est resté en soi le même, mais 
que ses conséquences sur la capacité de gain ont subi un changement important 
(ATF 134 V 131 consid. 3; ATF 130 V 343 consid. 3.5). Tel est le cas lorsque la 
capacité de travail s'améliore grâce à une accoutumance ou à une adaptation au 
handicap (ATF 141 V 9 consid. 2.3; arrêt du Tribunal fédéral 9C_622/2015 
consid. 4.1). Il n'y a pas matière à révision lorsque les circonstances sont demeurées 
inchangées et que le motif de la suppression ou de la diminution de la rente réside 
uniquement dans une nouvelle appréciation du cas (ATF 141 V 9 consid. 2.3; ATF 
112 V 371 consid. 2b; ATF 112 V 387 consid. 1b). Un motif de révision au sens de 
l'art. 17 LPGA doit clairement ressortir du dossier (arrêt du Tribunal fédéral des 
assurances I 559/02 du 31 janvier 2003 consid. 3.2 et les références). La 
réglementation sur la révision ne saurait en effet constituer un fondement juridique 
à un réexamen sans condition du droit à la rente (arrêt du Tribunal fédéral des 
assurances I 406/05 du 13 juillet 2006 consid. 4.1). Un changement de 
jurisprudence n'est pas un motif de révision (ATF 129 V 200 consid. 1.2). 

Le point de savoir si un changement notable des circonstances s’est produit doit 
être tranché en comparant les faits tels qu’ils se présentaient au moment de la 
dernière révision de la rente entrée en force et les circonstances qui régnaient à 
l’époque de la décision litigieuse. C’est en effet la dernière décision qui repose sur 
un examen matériel du droit à la rente avec une constatation des faits pertinents, 
une appréciation des preuves et une comparaison des revenus conformes au droit 
qui constitue le point de départ temporel pour l’examen d’une modification du 
degré d’invalidité lors d’une nouvelle révision de la rente (ATF 133 V 108 
consid. 5.4; ATF 130 V 343 consid. 3.5.2). 

6. Pour pouvoir calculer le degré d'invalidité, l'administration (ou le juge, s'il y a eu un 
recours) a besoin de documents que le médecin, éventuellement aussi d'autres 
spécialistes, doivent lui fournir (ATF 125 V 261 consid. 4). La tâche du médecin 
dans le cadre d'une révision de la rente selon l'art. 17 LPGA consiste avant tout à 
établir l'existence ou non d'une amélioration de l'état de santé de l'assuré en 
comparant les faits tels qu'ils se présentaient au moment de la décision initiale avec 
la situation au moment de son examen (ATF 125 V 369 consid. 2).  

 
 
 

 

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Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en 
procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales (cf. art. 61 
let. c LPGA), le juge n'est pas lié par des règles formelles, mais doit examiner de 
manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis 
décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur 
le droit litigieux. En cas de rapports médicaux contradictoires, le juge ne peut 
trancher l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons 
pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. 
L'élément déterminant pour la valeur probante d'un rapport médical n'est ni son 
origine, ni sa désignation, mais son contenu. A cet égard, il importe que les points 
litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur 
des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes 
exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la 
description des interférences médicales soit claire et enfin que les conclusions de 
l'expert soient bien motivées (ATF 125 V 351 consid. 3). 

Le juge ne s'écarte pas sans motifs impératifs des conclusions d'une expertise 
médicale judiciaire, la tâche de l'expert étant précisément de mettre ses 
connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de l'éclairer sur les aspects 
médicaux d'un état de fait donné. Selon la jurisprudence, peut constituer une raison 
de s'écarter d'une expertise judiciaire le fait que celle-ci contient des contradictions, 
ou qu'une surexpertise ordonnée par le tribunal en infirme les conclusions de 
manière convaincante. En outre, lorsque d'autres spécialistes émettent des opinions 
contraires aptes à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions de 
l'expert, on ne peut exclure, selon les cas, une interprétation divergente des 
conclusions de ce dernier par le juge ou, au besoin, une instruction complémentaire 
sous la forme d'une nouvelle expertise médicale (ATF 125 V 351 consid. 3b/aa et 
les références). 

7. D’après la jurisprudence, on applique de manière générale dans le domaine de 
l’assurance-invalidité le principe selon lequel un invalide doit, avant de requérir des 
prestations de l’assurance-invalidité, entreprendre de son propre chef tout ce qu’on 
peut raisonnablement attendre de lui pour atténuer le mieux possible les 
conséquences de son invalidité; c’est pourquoi un assuré n’a pas droit à une rente 
lorsqu’il serait en mesure, au besoin en changeant de profession, d’obtenir un 
revenu excluant une invalidité ouvrant droit à une rente (sur ce principe général du 
droit des assurances sociales, voir ATF 123 V 233 consid. 3c, 117 V 278 
consid. 2b, 400 consid. 4b et les arrêts cités). La réadaptation par soi-même est un 
aspect de l’obligation de diminuer le dommage et prime aussi bien le droit à une 
rente qu’à celui des mesures de réadaptation (art. 21 al. 4 LPGA). 

8. Selon l’art. 8 al. 1er LAI, les assurés invalides ou menacés d’une invalidité (art. 8 
LPGA) ont droit à des mesures de réadaptation pour autant que ces mesures soient 
nécessaires et de nature à rétablir, maintenir ou améliorer leur capacité de gain ou 
leur capacité d’accomplir leurs travaux habituels (let. a) et que les conditions 

 
 
 

 

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d’octroi des différentes mesures soient remplies (let. b). Le droit aux mesures de 
réadaptation n’est pas lié à l’exercice d’une activité lucrative préalable. Lors de la 
fixation de ces mesures, il est tenu compte de la durée probable de la vie 
professionnelle restante (art. 8 al. 1bis LAI en vigueur dès le 1er janvier 2008). 
L’art. 8 al. 3 let. b LAI dispose que les mesures de réadaptation comprennent les 
mesures d’ordre professionnel (orientation professionnelle, formation 
professionnelle initiale, reclassement, placement, aide en capital). 

Pour déterminer si une mesure est de nature à maintenir ou à améliorer la capacité 
de gain d'un assuré, il convient d'effectuer un pronostic sur les chances de succès 
des mesures demandées (ATF 132 V 215 consid. 3.2.2 et les références). Celles-ci 
ne seront pas allouées si elles sont vouées à l'échec, selon toute vraisemblance 
(arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 388/06 du 25 avril 2007 consid. 7.2). Le 
droit à une mesure de réadaptation suppose en outre qu'elle soit appropriée au but 
de la réadaptation poursuivi par l'assurance-invalidité, tant objectivement en ce qui 
concerne la mesure que sur le plan subjectif en ce qui concerne la personne de 
l'assuré (VSI 2002 p. 111 consid. 2 et les références). Selon la jurisprudence 
constante, le droit à des mesures de reclassement (et à d'autres mesures de 
réadaptation professionnelle) à cause d'invalidité ne peut être refusé en raison du 
manque de faculté subjective de reclassement que dans la mesure où la procédure 
de mise en demeure prescrite à l'art. 21 al. 4 LPGA a été observée (arrêt du 
Tribunal fédéral 9C_100/2008 du 4 février 2009 consid 3.2 et les références). 

Sont réputées nécessaires et appropriées toutes les mesures de réadaptation 
professionnelle qui contribuent directement à favoriser la réadaptation dans la vie 
active. L’étendue de ces mesures ne saurait être déterminée de manière abstraite, 
puisque cela suppose un minimum de connaissances et de savoir-faire et que seules 
seraient reconnues comme mesures de réadaptation professionnelle celles se 
fondant sur le niveau minimal admis. Au contraire, il faut s’en tenir aux 
circonstances du cas concret. Celui qui peut prétendre au reclassement en raison de 
son invalidité a droit à la formation complète qui est nécessaire dans son cas, si sa 
capacité de gain peut ainsi, selon toute vraisemblance, être sauvegardée ou 
améliorée de manière notable (ATF 124 V 108 consid. 2a; VSI 1997 p. 85 
consid. 1). 

9. En l’espèce, le recourant a déposé une nouvelle demande de prestations le 
30 octobre 2014 en invoquant des atteintes somatiques et psychiques ; il estime que 
l’intimé a mal évalué son état de santé, vu son âge, sa santé psychiatrique, un 
diabète, de l’apnée du sommeil et trois opérations chirurgicales cardiaques.  

Il convient de se demander si l’état de santé du recourant s’est aggravé depuis la 
dernière décision de l’OAI du 16 mai 2011. 

Du point de vue somatique, la chambre de céans constate que les médecins traitants 
du recourant ont exclu toute limitation fonctionnelle ; le Dr F______ a estimé une 
capacité de travail de 100 % du point de vue pneumologique (avis du Dr F______ 

 
 
 

 

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du 11 décembre 2014) ; le Dr M______ a indiqué qu’il n’y avait pas de limitation 
fonctionnelle du point de vue cardiaque et que la capacité de travail était totale (avis 
du Dr M______ du 18 mai 2015) ; le Dr N______ a aussi relevé qu’il n’existait 
aucune atteinte fonctionnelle avec répercussion sur la capacité de travail (avis du Dr 
N______ du 25 juin 2015) ; Au demeurant, en l’absence d’atteinte somatique 
incapacitante, il n’existe pas d’aggravation déterminante de l’état de santé 
somatique du recourant depuis le 16 mai 2011. 

Du point de vue psychique, la chambre de céans constate que l’expertise du 
Prof. P______ remplit les réquisits jurisprudentiels précités pour qu’il lui soit 
reconnu une pleine valeur probante. Elle comprend une anamnèse complète, les 
plaintes du recourant, une description du status, elle se réfère aux pièces médicales 
du dossier, les diagnostics sont clairs et bien motivés ; enfin elle se réfère à 
l’expertise du Dr L______ du 3 juillet 2012 en relevant que les conclusions des 
deux expertises ne sont guère différentes. Le rapport d’expertise conclut à l’absence 
de diagnostics psychiatriques incapacitants. 

Le recourant conteste les conclusions du Prof. P______ et se prévaut de l’avis du 
Dr H______ du 20 février 2017 selon lequel celui-ci s’étonnait d’une 
reconnaissance d’une capacité de travail de 100 % du recourant et demandait une 
intégration professionnelle. Outre que cet avis est sommairement motivé,  il ne 
conteste pas véritablement les conclusions du Prof. P______ quant à la capacité de 
travail reconnue au recourant, de sorte qu’il n’est pas même de remettre en cause 
les conclusions de l’expertise. 

En conséquence, l’aggravation de l’état de santé invoquée par le recourant ne 
saurait être prise en compte, faute d’évaluation médicale la confirmant, tant du 
point de vue somatique que psychique.   

Le taux d’invalidité du recourant, inchangé, est ainsi de 26 %, (ATAS/1205/2012), 
soit un taux insuffisant pour ouvrir le droit à une rente d’invalidité.  

10. Se pose encore la question du droit du recourant à des mesures d’ordre 
professionnel.  

L’intimé s’y oppose en estimant que le recourant ne présente pas d’incapacité de 
travail durable, ni d’atteinte à sa santé invalidante.  

À cet égard, le recourant, s’est vu reconnaître un taux d’invalidité de 26 % 
(ATAS/1205/2012) ; en particulier il a été reconnu qu’il présentait de légères 
limitations fonctionnelles et que l’ancienne activité de chauffeur de camion n’était 
plus exigible ; le recourant pourrait, dans cette mesure, avoir droit à une mesure 
d’ordre professionnelle, par exemple par le biais d’une orientation professionnelle 
ou d’un réentraînement au travail. Cependant, il apparaît que le recourant n’a pas la 
velléité d’entreprendre une telle mesure, celui-ci invoquant une incapacité de travail 
totale en raison de multiples problèmes physiques et psychiques, comme relevé 
dans son écriture du 5 mai 2017. Par ailleurs, le Dr L______ a également estimé 

 
 
 

 

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que de telles mesures seraient vouées à l’échec vu l’absence de motivation du 
recourant (expertise L______ p.15).  

Partant, il n’y a pas lieu de renvoyer la cause à l’intimé sur ce point.  

11. Au vu de ce qui précède, le recours sera rejeté. La procédure n'étant pas gratuite 
(art. 69 al. 1bis LAI), il y a lieu de condamner le recourant au paiement d'un 
émolument de CHF 200.-. 

 

 

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Met un émolument de CHF 200.-  à la charge du recourant.  

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Julia BARRY 

 La présidente 
 
 
 
 

Valérie MONTANI 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le