# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 46d81004-d819-5875-8f3e-af5c06ee65be
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-11-06
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 06.11.2018 101 2018 225
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_101-2018-225_2018-11-06.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

101 2018 225

Arrêt du 6 novembre 2018

Ie Cour d’appel civil

Composition Président: Jérôme Delabays
Juges: Dina Beti, Sandra Wohlhauser
Greffier-rapporteur: Ludovic Farine

Parties A.________, requérant et appelant, représenté par Me Anne-
Christine Lunke Paolini, avocate

contre

B.________, défenderesse et intimée, représentée par Me Vanesa 
Mehmetaj, avocate

Objet Modification de jugement de divorce, mesures provisionnelles 
relatives au droit de visite et à la modification des contributions 
d'entretien

Appel du 23 août 2018 contre la décision de la Présidente du 
Tribunal civil du Lac du 9 août 2018

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considérant en fait

A. A.________, né en 1980, et B.________, née en 1983, se sont mariés en 2007. Un enfant 
est issu de leur union, soit C.________, né en 2012.

Par décision du 1er février 2016, la Présidente du Tribunal civil du Lac a prononcé le divorce des 
parties et homologué leur convention complète sur les effets accessoires, signée le 9 septembre 
2015. Celle-ci prévoit notamment que le droit de visite du père s'exercera "de manière aussi large 
que possible" et, à défaut, un week-end sur deux, du vendredi à 18.00 heures au dimanche à 
18.00 heures, ainsi que durant la moitié des vacances scolaires et, en alternance, pour les fêtes et 
jours fériés. En outre, A.________ – qui gagnait alors CHF 6'448.- net, y compris la part au 
13ème salaire – s'est engagé à contribuer à l'entretien de son fils par le versement d'une pension 
mensuelle de CHF 1'000.- jusqu'à l'âge de 6 ans, de CHF 1'100.- de 6 à 12 ans puis de 
CHF 1'200.-, plus allocations, et à celui de son ex-épouse par le paiement d'un montant de 
CHF 500.- par mois jusqu'aux 12 ans de l'enfant, cette somme étant réduite en cas d'augmentation 
du taux d'activité de B.________, qui gagnait alors CHF 3'422.- net à 60 %, y compris la part au 
13ème salaire. 

A.________ s'est ensuite remarié avec D.________ et le couple a deux enfants, soit E.________ 
et F.________, nés respectivement en octobre 2015 et en septembre 2017. Ils attendent un 
troisième enfant pour avril 2019 (cf. pièce 4 du bordereau d'appel).

Suite à des difficultés dans l'organisation du droit de visite, en raison des horaires professionnels 
irréguliers des deux parents et de leur manque de communication, le Président de l'Autorité de 
protection de l'enfant et de l'adulte du Jura bernois a institué en faveur de C.________, par 
décision du 5 septembre 2017 prononcée sur requête du père, une curatelle de surveillance des 
relations personnelles. Les tâches de la curatrice consistent notamment à organiser les relations 
personnelles selon les modalités convenues dans la convention de divorce homologuée, en 
mettant en place un plan équilibré du droit de visite, ainsi qu'à veiller à ce qu'elles se déroulent 
conformément au bien de l'enfant.

B. Le 27 novembre 2017, A.________ a introduit une procédure de modification de la décision 
de divorce, par laquelle il conclut principalement à se voir octroyer la garde de C.________, 
subsidiairement à un élargissement de son droit de visite et à une nouvelle fixation des 
contributions d'entretien. Parallèlement, il a requis que, par voie de mesures provisionnelles, son 
droit de visite soit précisé et élargi à 13 jours par mois, dont en principe deux week-ends pour 
autant qu'il ait congé, que le curateur soit chargé d'établir un planning le 10 de chaque mois pour 
le mois suivant, en fonction des obligations professionnelles et des congés de chaque parent, et 
que, dès le 1er décembre 2017, la contribution d'entretien en faveur de son fils soit réduite à 
CHF 550.- par mois, celle destinée à son ex-épouse étant supprimée. 

Après avoir donné à l'intimée l'occasion de se déterminer et avoir entendu les parties à son 
audience du 27 mars 2018, la Présidente du Tribunal civil du Lac a statué par décision du 9 août 
2018. Elle a rejeté la requête de mesures provisionnelles et réservé les frais.

C. Le 23 août 2018, A.________ a interjeté appel contre la décision du 9 août 2018. Il conclut, 
sous suite de frais, à ce que son droit de visite soit provisoirement fixé à deux week-ends par mois, 
du vendredi à 18.00 heures au lundi matin au début de l'école, à deux vendredis après-midi par 
mois pour autant qu'il ait congé, ainsi qu'à la moitié des vacances et jours fériés, à ce que mandat 
soit donné à la curatrice d'établir le planning du droit de visite le 11 de chaque mois pour le mois 
suivant, à ce que la contribution d'entretien en faveur de son fils soit provisoirement réduite à 

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CHF 688.- par mois dès le 1er décembre 2017, respectivement à CHF 525.- dès la naissance de 
son 4ème enfant en avril 2019, et à ce que la pension en faveur de son ex-épouse soit supprimée.

Dans sa réponse du 4 octobre 2018, B.________ conclut au rejet de l'appel et à la confirmation de 
la décision attaquée, sous suite de frais. De plus, elle a requis l'assistance judiciaire pour la 
procédure d'appel, requête qui a été rejetée par arrêt de la Vice-Présidente de la Cour du 
16 octobre 2018.

en droit

1.

1.1. L'appel est recevable notamment contre les décisions de première instance sur les mesures 
provisionnelles, pour autant que, dans les affaires patrimoniales, la valeur litigieuse au dernier état 
des conclusions soit supérieure à CHF 10'000.- (art. 308 al. 1 let. b et al. 2 CPC). Le délai d'appel 
en procédure sommaire – qui régit notamment les mesures provisionnelles pendant une procédure 
de modification de jugement de divorce (art. 271 CPC, par renvoi des art. 284 al. 3 et 276 al. 1 
CPC) – est de 10 jours (art. 314 al. 1 CPC).

En l'espèce, la décision attaquée a été notifiée à la mandataire de l'appelant le 13 août 2018. 
Déposé le 23 août 2018, l'appel a dès lors été interjeté en temps utile. Le mémoire est, de plus, 
motivé et doté de conclusions. En outre, vu notamment la contestation de l'étendue du droit de 
visite sur un enfant mineur, le litige n'a pas de valeur patrimoniale appréciable en argent (arrêt TF 
5A_218/2014 du 25 juin 2014 consid. 1.1), quand bien même il a néanmoins un aspect financier. Il 
s'ensuit la recevabilité de l'appel.

1.2. La procédure sommaire (art. 252 ss CPC) s'applique aux causes de mesures provisionnelles 
(art. 271 par renvoi de l'art. 276 al. 1 CPC), le tribunal établissant toutefois les faits d'office 
(maxime inquisitoire, art. 272 et 296 al. 1 CPC) et, s'agissant de questions concernant des enfants 
mineurs, n'étant pas lié par les conclusions des parties (maxime d'office, art. 296 al. 3 CPC).

1.3. La cognition de la Cour d'appel est pleine et entière, en fait comme en droit (art. 310 CPC).

1.4. Selon la jurisprudence la plus récente (arrêt TF 5A_788/2017 du 2 juillet 2018 consid. 4.2.1 
destiné à publication), lorsque, comme ici, le procès est soumis à la maxime inquisitoire illimitée 
(art. 296 al. 1 CPC), l'application stricte de l'art. 317 al. 1 CPC n'est pas justifiée; dès lors, les 
parties peuvent présenter des nova en appel même si les conditions de l'art. 317 al. 1 CPC ne sont 
pas réunies.

En l'espèce, le fait nouveau allégué par l'appelant, soit la grossesse de son épouse, est dès lors 
recevable.

1.5. L'art. 317 al. 2 CPC permet une modification des conclusions en appel à la double condition 
que les conclusions modifiées soient en lien de connexité avec la prétention initiale ou que la 
partie adverse ait consenti à la modification, d'une part (art. 317 al. 2 let. a et 227 al. 1 CPC), et 
qu'elles reposent sur des faits ou moyens de preuve nouveaux, d'autre part (art. 317 al. 2 let. b 
CPC). Pour déterminer ce qui constitue une "modification" au sens de cette disposition légale, il 
convient, vu le renvoi à l'art. 227 CPC, de se référer aux règles applicables en première instance; 
ainsi, alors qu'une restriction des conclusions est admissible en tout état de cause (art. 227 al. 3 
CPC), leur amplification, notamment (CPC – SCHWEIZER, 2011, art. 227 n. 14), après l'ouverture 
des débats principaux est soumise à des conditions similaires à celles valables en appel selon 
l'art. 317 al. 2 CPC (art. 230 al. 1 CPC). De plus, il apparaît que lorsque les conclusions portent sur 

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des montants qu'un débiteur reconnaît devoir, leur amplification correspond en fait à une réduction 
des sommes proposées, et vice versa.

En l'espèce, A.________ modifie en appel ses conclusions en lien avec le droit de visite et avec la 
contribution d'entretien en faveur de son fils. Ainsi, au lieu de demander que les visites – hors 
vacances et jours fériés – aient lieu à raison de 13 jours par mois, il conclut désormais à voir son 
fils un week-end sur deux du vendredi soir au lundi matin, ainsi que deux vendredis après-midi par 
mois pour autant qu'il ait congé; quant à la pension, au lieu de conclure à sa réduction temporaire 
à CHF 550.- par mois, il propose maintenant CHF 688.- par mois, puis CHF 525.- dès avril 2019. Il 
apparaît donc que la modification de ses conclusions consiste essentiellement en une restriction 
de celles-ci, l'amplification depuis avril 2019 – soit la réduction de la pension qu'il offre de verser – 
reposant de plus sur un fait nouveau. Il en découle que les conclusions modifiées de l'appelant 
sont recevables.

2.

2.1. L'appelant reproche d'abord à la première juge d'avoir refusé d'élargir son droit de visite. Il 
fait valoir que la convention de divorce prévoyait un droit "aussi large que possible" – et à défaut 
un droit de visite usuel – pour tenir compte de ses horaires professionnels irréguliers et 
qu'entendue en audience, son ex-épouse s'est déclarée d'accord que C.________ soit chez lui, 
lors des week-ends, jusqu'au lundi matin et dès le vendredi après-midi pour autant qu'il ait congé. 
Une telle extension étant incontestablement dans l'intérêt de l'enfant, qui pourrait ainsi passer plus 
de temps avec son père plutôt que d'être confié à une maman de jour, il serait incompréhensible 
que la Présidente n'ait pas au moins donné suite à cette volonté commune des parents (appel, p. 7 
s.).

La première juge a considéré à juste titre qu'une modification des relations personnelles instaurées 
dans un jugement de divorce nécessite un changement notable des circonstances, imposant 
impérativement, pour le bien de l'enfant, une modification de la réglementation adoptée dans le 
jugement. Les exigences à cet égard ne sont toutefois pas particulièrement strictes, dans la 
mesure où il suffit que le pronostic du juge du divorce sur les effets des relations personnelles 
entre le parent auquel la garde n'a pas été confiée et l'enfant se révèle erroné et que le maintien 
de la réglementation actuelle risque de porter atteinte au bien de l'enfant. Ainsi, il faut surtout 
garder à l'esprit que le fait nouveau est important et suffisant pour modifier le jugement lorsqu'un 
tel changement apparaît comme nécessaire pour répondre au bien de l'enfant (arrêts TF 
5A_101/2011 du 7 juin 2011 consid. 3.1.1 et 5A_866/2013 du 16 avril 2014 consid. 3.1).

Or en l'espèce, comme la décision querellée (p. 4 s.) le retient, le père ne fait valoir aucun fait 
nouveau qui commanderait une réglementation différente des relations personnelles, et encore 
moins au stade des mesures provisoires: au contraire, sa situation professionnelle ne s'est pas 
modifiée depuis 2016 et il résulte du dossier (p-v du 27 mars 2018, p. 5) que – malgré quelques 
difficultés – les parents ont pu se mettre d'accord pour organiser les visites en fonction des 
horaires de chacun, en particulier pour modifier l'heure et le lieu de prise en charge de l'enfant le 
vendredi ou les jours de garde en cas d'événement particulier, tel qu'un anniversaire, de sorte 
qu'on voit mal pour quel motif il faudrait impérativement modifier en urgence les modalités 
d'exercice du droit de visite. A cet égard, il convient de rappeler que, dans la procédure au fond, 
l'appelant conclut à ce que la garde de son fils lui soit désormais confiée, ce qui justifie de se 
montrer prudent afin de ne pas imposer à l'enfant plusieurs changements successifs de son 
rythme de vie, à des dates rapprochées qui plus est. Au vu de ce qui précède, il n'est pas décisif 
que l'intimée ait déclaré le 27 mars 2018 (p. 5) qu'elle serait d'accord avec une extension des 
week-ends jusqu'au lundi matin et avec une prise en charge par le père dès le vendredi après-midi 
s'il a congé. En cas d'accord des parents à cet égard, rien ne s'oppose à ce que ponctuellement 

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les visites soient étendues dans cette mesure, mais il ne paraît pas souhaitable en l'état de 
formaliser ces nouvelles modalités. Certes, le père semble aujourd'hui voir moins son fils durant la 
semaine lorsque lui-même a congé, mais cette évolution est probablement aussi liée à la 
scolarisation de C.________ et aux diverses activités qu'il a en semaine. 

2.2. De même, les conclusions de l'appelant tendant à ce que mandat soit donné à la curatrice 
d'établir le planning du droit de visite le 11 du mois pour le mois suivant, ne peuvent être suivies. 
D'une part, la décision instaurant la curatelle donne déjà à la curatrice la compétence d'organiser 
les visites, de sorte qu'il ne paraît pas nécessaire de répéter ce point. A cet égard, il est relevé 
que, même si un projet de planning semble être établi par la mère – sur la base des disponibilités 
du père – et transmis par courriel (pièces 4 et 5 du bordereau de la réponse à l'appel), c'est 
finalement la curatrice qui l'approuve. D'autre part, l'appelant a admis en audience du 27 mars 
2018 (p. 4) qu'il ne respectait pas toujours l'échéance, fixée au 10 du mois, pour transmettre ses 
horaires de travail, mais attendait que le plan soit définitif, ce qui montre qu'il serait peu praticable 
d'imposer une deadline à la curatrice pour établir le planning des visites du mois suivant.

2.3. Au vu de ce qui précède, l'appel doit être rejeté en lien avec le droit de visite et son 
organisation.

3.

L'appelant critique aussi le refus de la Présidente de modifier provisoirement les pensions qu'il doit 
verser pour son fils et son ex-épouse. Il conclut à ce que la première soit diminuée à CHF 688.- de 
décembre 2017 à mars 2019, puis à CHF 525.-, et à ce que la seconde soit supprimée depuis le 
1er décembre 2017.

3.1.

3.1.1. L'art. 286 al. 2 CC, applicable par renvoi de l'art. 134 al. 2 CC, permet au parent débirentier 
de saisir le juge afin d'obtenir la modification ou la suppression de la contribution d'entretien fixée 
par le juge du divorce en faveur d'un enfant mineur. L'art. 129 al. 1 CC prévoit une disposition 
similaire s'agissant de la pension en faveur de l'ex-conjoint. La modification ou la suppression de la 
pension suppose que des faits nouveaux importants et durables surviennent, notamment en 
matière de revenus, qui commandent une réglementation différente: la procédure de modification 
n'a en effet pas pour but de corriger le premier jugement, mais de l'adapter aux circonstances 
nouvelles intervenant chez les parents ou l'enfant (ATF 137 III 604 consid. 4.1.1). Constitue un fait 
nouveau celui qui n'a pas été pris en considération pour fixer la contribution d'entretien; on 
présume néanmoins que celle-ci a été déterminée en tenant compte des modification futures 
prévisibles de la situation (ATF 138 III 289 consid. 11.1.1) Pour déterminer si un changement de la 
situation économique de l'une des parties a eu lieu, il convient de prendre en compte sa situation 
financière globale, et non pas uniquement ses revenus (CR CC I – PICHONNAZ, 2010, art. 129 
n. 21). 

Cependant, la survenance d'un fait nouveau – important et durable – n'entraîne pas 
automatiquement une modification de la contribution d'entretien. Ce n'est que si la charge 
d'entretien devient déséquilibrée entre les deux parents, au vu des circonstances prises en compte 
dans le jugement précédent, en particulier si cette charge devient excessivement lourde pour le 
parent débirentier qui aurait une condition modeste, qu'une modification de la contribution peut 
entrer en considération. Le juge ne peut donc pas se limiter à constater une modification dans la 
situation d'un des parents pour admettre la demande; il doit procéder à une pesée des intérêts 
respectifs de l'enfant et de chacun des parents pour juger de la nécessité de modifier la 
contribution d'entretien dans le cas concret (ATF 137 III 604 consid. 4.1.1).

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3.1.2. Selon l'art. 276 al. 1 CPC, applicable en vertu du renvoi de l'art. 284 al. 3 CPC, le juge saisi 
d'une requête de modification de jugement de divorce ordonne les mesures provisionnelles 
nécessaires. La jurisprudence a précisé que, dans le cadre d'une action en modification de 
jugement de divorce, la diminution ou la suppression d'une rente ne sont justifiées au titre de 
mesures provisoires qu'en cas d'urgence et en présence de circonstances particulières (ATF 118 II 
228; arrêts TF 5A_641/2015 du 3 mars 2016 consid. 4.1 et 5A_732/2012 du 4 décembre 2012, 
consid. 3.2). De plus, les mesures provisionnelles ordonnées pour la durée de la procédure de 
modification du jugement de divorce sont des mesures d'exécution anticipée provisoires, dont le 
sort définitif est ensuite réglé dans le jugement de modification au fond; le juge de la modification 
doit donc statuer dans le dispositif de son jugement sur les contributions dues pour toute la période 
courant dès l'ouverture de l'action, les montants alloués en mesures provisoires étant décomptés 
(ATF 130 I 347 consid. 1.2; arrêt TF 5A_641/2015 du 3 mars 2016 consid. 2.1).

3.2. En l'espèce, la première juge a retenu que, si la naissance de sa fille E.________ un mois 
après la signature de la convention de divorce ne pouvait pas être considérée comme un fait 
nouveau, le remariage de l'appelant, son emménagement avec sa nouvelle famille et la naissance 
de son troisième enfant en 2017 constituaient des circonstances nouvelles, importantes et 
durables, susceptibles d'influencer sa situation économique. Elle a ensuite comparé les revenus et 
charges de l'appelant entre 2016 et 2018 pour constater que, son salaire étant demeuré similaire 
et ses charges ayant sensiblement diminué en raison de son concubinage / remariage, il avait 
toujours les moyens, avec un disponible supérieur à CHF 3'000.- avant entretien de ses enfants, 
de payer les contributions d'entretien auxquelles il s'est engagé envers son fils et son ex-épouse 
(décision attaquée, p. 8 à 11).

L'appelant lui reproche d'avoir écarté totalement le coût de E.________, alors que suite à la 
naissance de son fils F.________ et à la réorientation professionnelle de sa nouvelle épouse, sa 
situation s'est considérablement modifiée et qu'il fallait ainsi actualiser l'ensemble de ses revenus 
et charges. Il fait valoir que son disponible n'est pas supérieur à CHF 3'000.-, mais sensiblement 
inférieur dès lors que son épouse – qui gagne moins de CHF 1'000.- par mois – n'est pas en 
mesure de participer aux charges de la famille, à part à la moitié du minimum vital du couple. En 
outre, il critique le fait que ses derniers enfants soient réduits à leur strict minimum vital, à hauteur 
de CHF 750.- s'agissant de F.________, alors que C.________ bénéficie d'une contribution 
mensuelle de CHF 1'100.-, à laquelle s'ajoutent les allocations, soit CHF 1'320.- au total. En 
définitive, il soutient que son solde avoisinant les CHF 2'100.- par mois doit être réparti 
équitablement entre ses trois (et bientôt quatre) enfants, ce qui doit conduire à diminuer la pension 
pour C.________ et à supprimer celle pour son ex-épouse (appel, p. 8 à 13).

3.3. Tant la décision attaquée que l'appelant oublient qu'il ne s'agit pas, au stade des mesures 
provisoires, de décider si des pensions ayant fait l'objet d'un accord homologué par le juge doivent 
être modifiées, mais uniquement d'examiner si l'ex-mari rend vraisemblable que leur versement 
pendant la durée de la procédure au fond ne peut plus être raisonnablement exigé de lui, compte 
tenu de l'évolution de sa situation financière. Si tel est le cas et que ces circonstances nouvelles 
révèlent une urgence particulière, alors le juge saisi des mesures provisionnelles dans le cadre de 
la procédure de modification peut décider de suspendre provisoirement – et non de supprimer – 
tout ou partie des contributions d'entretien.

Cela étant, l'appelant ne conteste pas qu'il a toujours le même emploi et que son revenu est resté 
plus ou moins stable entre 2016 et ce jour, à hauteur de CHF 6'500.- environ net, y compris la part 
au 13ème salaire mais hors allocations (décision attaquée, p. 9, et appel, p. 12). Contrairement à ce 
qui a été retenu par la Présidente, il est de plus patent, vu la naissance de sa fille intervenue en 
octobre 2015 – soit un mois après la signature de la convention de divorce – et le divorce 

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prononcé en février 2016, d'une part qu'il faisait alors déjà ménage commun avec celle qui est 
ensuite devenue sa femme, d'autre part que la naissance de sa fille a été prise en compte dans les 
négociations ayant conduit à la convention du 9 septembre 2015. En outre, les charges de la 
famille – en particulier le loyer, le leasing, les frais de déplacement et les impôts – sont restées 
plus ou moins équivalentes (décision attaquée, p. 9). En définitive, les seuls changements actuels 
dans la vie de l'appelant sont la naissance de son fils F.________ en septembre 2017 et la 
décision consécutive de son épouse, qui gagnait auparavant CHF 5'500.- net par mois, de se 
reconvertir professionnellement (p-v du 27 mars 2018, p. 3), à savoir d'arrêter tout emploi dans un 
premier temps, puis de débuter une activité de maman de jour qui lui rapporte un revenu beaucoup 
plus faible. Cette décision, prise en toute connaissance des obligations alimentaires de 
A.________, ne saurait toutefois – du moins au stade des mesures provisoires – être opposée à 
l'intimée et à son fils, ce d'autant moins que le débirentier qui s'est remarié ne peut invoquer que la 
protection de son propre minimum vital, et non celui de sa nouvelle famille dans son ensemble 
(ATF 137 III 59 consid. 4.2), et qu'il se justifie de retenir que la compagne de vie du débiteur 
participe pour moitié aux frais communs, même si sa participation effective est moindre (ATF 138 
III 97 consid. 2.3.2). Dès lors, il apparaît que l'appelant a aujourd'hui, hors entretien de ses 
enfants, un disponible déterminant de l'ordre de CHF 3'000.-, soit des revenus de quelque 
CHF 6'500.- et des charges – y compris les impôts – avoisinant les CHF 3'500.- (décision 
querellée, p, 9), compte tenu d'un partage du loyer et du minimum vital du couple par la moitié 
entre son épouse et lui-même. Avec un tel disponible, il paraît encore en mesure d'assumer 
l'entretien de ses deux enfants nés en 2015 et 2017 – le cadet ne devant naître que dans six mois 
environ – et de continuer provisoirement à verser les contributions d'entretien auxquelles il s'est 
engagé il y a deux ans, par CHF 1'600.- mensuels. 

Ce qui précède scelle le sort de la requête tendant à la modification provisoire des contributions 
d'entretien. Certes, l'appelant devra consentir certains sacrifices et se serrer un peu la ceinture. 
Cependant, il ne rend pas vraisemblable qu'un montant mensuel de CHF 1'400.- ne serait pas 
suffisant pour couvrir les frais de ses enfants E.________ et F.________ et, ainsi, qu'il serait 
empêché de continuer à assumer ses obligations durant la procédure. Il est relevé que la décision 
attaquée (p. 11) retient, sur la base des tabelles zurichoises, un coût effectif de CHF 398.55 par 
enfant; si on applique la méthode du minimum vital élargi, on arrive à des frais de 564.80 par 
enfant (CHF 500.- [montant de base de CHF 400.- + 25 %] + CHF 315.- [part au logement] + 
CHF 104.80 [caisse-maladie] – CHF 355.- [allocations familiales et patronales]), soit CHF 1'129.60 
pour les deux, ce qui est inférieur aux CHF 1'400.- dont dispose l'appelant. Partant, il n'y a pas 
matière à suspendre le versement des contributions d'entretien en faveur de l'intimée et de l'enfant 
C.________.

En conséquence, c'est à raison, quoique pour des motifs différents, que la Présidente a rejeté la 
requête de mesures provisionnelles. Comme déjà exposé, il appartiendra au Tribunal civil du Lac, 
dans le cadre de la procédure au fond de modification, de statuer sur le sort des contributions 
d'entretien depuis l'introduction de la procédure, soit depuis décembre 2017. L'appel doit ainsi être 
rejeté sur cette question également.

4.

4.1. Aux termes de l'art. 106 al. 1 CPC, les frais sont en principe mis à la charge de la partie 
succombante. Cette disposition est aussi applicable aux affaires de droit de la famille, quand bien 
même le tribunal a la faculté, en application de l'art. 107 al. 1 let. c CPC, de s'écarter des règles 
générales et de répartir les frais selon sa libre appréciation (ATF 139 III 358 consid. 3).

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En l'espèce, vu le rejet de l'appel, les frais seront mis à la charge de A.________, en application 
de l'art. 106 al. 1 CPC. Les frais de justice dus à l'Etat, fixés à CHF 1'000.-, seront prélevés sur 
l'avance qu'il a versée (art. 111 al. 1 CPC).

4.2. Selon l'art. 105 al. 2 CPC, le tribunal fixe les dépens selon le tarif, soit le règlement 
fribourgeois du 30 novembre 2010 sur la justice (RJ; RSF 130.11). En cas de fixation globale, 
comme en l'espèce, l’autorité tient compte notamment de la nature, de la difficulté et de l’ampleur 
de la procédure et du travail nécessaire de l’avocat, ainsi que de l’intérêt et de la situation 
économiques des parties (art. 63 al. 2 RJ). L'indemnité maximale en cas de recours contre une 
décision du juge unique est de CHF 3'000.-, montant pouvant être doublé si des circonstances 
particulières le justifient (art. 64 al. 1 let. e et al. 2 RJ).

En l'espèce, compte tenu de ces critères, les dépens d'appel de B.________ seront arrêtés 
globalement à la somme de CHF 1'500.-, débours compris, plus la TVA par CHF 115.50 (7.7 % de 
CHF 1'500.-).

la Cour arrête:

I. L'appel est rejeté.

Partant, la décision prononcée le 9 août 2018 par la Présidente du Tribunal civil du Lac est 
confirmée.

II. Les frais d'appel sont mis à la charge de A.________. Les frais judiciaires dus à l'Etat, fixés 
à CHF 1'000.-,  sont prélevés sur l'avance versée par A.________.

III. Les dépens d'appel de B.________ sont fixés globalement à la somme de CHF 1'500.-, 
débours compris, mais TVA en sus par CHF 115.50.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 6 novembre 2018/lfa

Le Président: Le Greffier-rapporteur: