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**Case Identifier:** a984a63c-e533-5631-9236-b95e7f63c060
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-07-10
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 10.07.2018 C/17290/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-17290-2017_2018-07-10.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/17290/2017 ACJC/916/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 10 JUILLET 2018 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______, appelant d'un jugement rendu par la 9ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 15 juin 2018, comparant par 

Me Aurélie Valletta, avocate, boulevard de Saint-Georges 72, 1205 Genève, en l'étude 

de laquelle il fait élection de domicile,  

et 

Madame B______, domiciliée ______, intimée, comparant par Me Virginie Jaquiéry, 
avocate, boulevard des Philosophes 15, 1205 Genève, en l'étude de laquelle elle fait 

élection de domicile.  

  

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 11 juillet 2018. 

- 2/4 - 

 

 

C/17290/2017 

Attendu, EN FAIT, que par jugement JTPI/9698/2018 du 15 juin 2018, le Tribunal de 
première instance (ci-après : le Tribunal) a, statuant sur mesures protectrices de l'union 

conjugale, autorisé les époux B______ et A______ à vivre séparés et a notamment 

attribué à l'épouse la jouissance exclusive du domicile conjugal, l'époux disposant d'un 

délai d'un mois pour le quitter; 

Que le Tribunal a également attribué à l'épouse la garde de l'enfant C______, né le  

______ 2013, l'époux étant condamné à verser la somme de 850 fr. par mois à titre de 

contribution à l'entretien de l'enfant et 400 fr. pour son épouse et ce à compter du 

troisième mois suivant l'entrée en force du jugement;  

Qu'il ressort du jugement attaqué que les époux vivent encore sous le même toit avec 

leur fils, ainsi qu'avec les deux enfants de B______ et la sœur de cette dernière; 

Que A______ n'a pas un emploi stable, mais travaille chez D______ en qualité 

d'intérimaire; 

Que le Tribunal lui a imputé un revenu hypothétique correspondant à celui qu'il 

percevait lorsqu'il travaillait à temps complet et ce à partir du troisième mois suivant 

l'entrée en force du jugement, afin de lui laisser le temps de trouver un emploi; 

Que par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 22 juin 2018, A______ a formé 

appel contre le jugement du 15 juin 2018, reçu le 19 juin 2018; 

Qu'il a conclu, sur le fond, à être dispensé de contribuer à l'entretien de son fils et de son 

épouse et à ce qu'un délai de dix mois lui soit accordé pour quitter le domicile conjugal; 

Que préalablement, il a conclu à ce que l'effet suspensif de l'appel soit "confirmé" (sic); 

Qu'il a allégué ne pas disposer des ressources suffisantes pour s'acquitter des 

contributions d'entretien mises à sa charge et n'avoir aucune solution de relogement; 

Que l'intimée a conclu au rejet de la requête d'octroi de l'effet suspensif; 

Considérant, EN DROIT, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC; 

Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet 

suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC); 

Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut 

exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice 

difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de 

fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure 

ordinaire, qui en serait compromise (ATF 138 III 378 consid. 6.3; arrêt du Tribunal 

fédéral 4P_5/2002 du 8 avril 2002 consid. 3a); 

- 3/4 - 

 

 

C/17290/2017 

Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du 

Tribunal fédéral, il appartient en particulier à la partie recourante de démontrer qu'à 

défaut d'effet suspensif, elle serait exposée à d'importantes difficultés financières ou 

qu'elle ne pourrait pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle 

obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral 5A_708/2013 du 14 mai 

2014 consid. 1.1); 

Que le juge prendra également en considération les chances de succès du recours  

(ATF 115 Ib 157 consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral 4D_30/2010 du 25 mars 2010 

consid. 2.3); 

Que la Cour doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance 

que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation 

permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce  

(ATF 137 III 475 consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral 5A_403/2015 du 28 août 2015 

consid. 5); 

Qu'en l'espèce, l'appelant a conclu à la "confirmation" de l'effet suspensif;  

Que compte tenu des explications fournies, il y a lieu d'interpréter cette conclusion 

comme signifiant que l'appelant conclut en réalité à l'octroi de l'effet suspensif, l'appel 

ne produisant pas un tel effet ex lege lorsqu'il porte sur des mesures protectrices de 

l'union conjugale, considérées comme des mesures provisionnelles; 

Qu'en ce qui concerne l'attribution du domicile conjugal, l'appelant ne rend pas 

vraisemblable qu'il risquerait de subir un préjudice difficilement réparable en quittant 

celui-ci dans le délai imparti par le Tribunal pour ce faire, étant relevé qu'il n'en sollicite 

pas l'attribution et pourra, le cas échéant, rechercher une solution temporaire de 

relogement; 

Que sur ce point, l'effet suspensif ne sera pas accordé; 

Que s'agissant des contributions d'entretien mises à sa charge, il sera relevé qu'en l'état, 

l'appelant n'a pas les moyens de s'en acquitter, le Tribunal ayant tenu compte d'un 

revenu hypothétique que l'appelant devrait être en mesure de percevoir dans un délai de 

trois mois; 

Que si tel ne devait toutefois pas être le cas, le fait de devoir s'acquitter de contributions 

d'entretien placerait l'appelant dans une situation financière précaire; 

Que sur ce point, l'effet suspensif requis sera par conséquent accordé; 

Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec l'arrêt au fond 

(art. 104 al. 3 CPC). 

* * * * * 

- 4/4 - 

 

 

C/17290/2017 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

Statuant sur requête de suspension du caractère exécutoire du jugement 
entrepris : 

Admet la requête formée par A______ tendant à suspendre l'effet exécutoire attaché aux 

chiffres 7 et 8 du dispositif du jugement JTPI/9698/2018 rendu le 15 juin 2018 par le 

Tribunal de première instance dans la cause C/17290/2017-9. 

La rejette pour le surplus. 

Dit qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt au fond. 

Siégeant : 

Madame Paola CAMPOMAGNANI, présidente ad interim; Madame Jessica 

ATHMOUNI, greffière. 

La présidente ad interim : 

Paola CAMPOMAGNANI 

 
La greffière : 

Jessica ATHMOUNI 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

La présente décision, incidente et de nature provisionnelle (ATF 137 III 475 consid. 1 et 

2) est susceptible d'un recours en matière civile (art. 72 ss de la loi fédéral sur le 

Tribunal fédéral du 17 juin 2005; LTF - RS 173.110), les griefs pouvant être invoqués 

étant toutefois limités (art. 93/98 LTF), respectivement d'un recours constitutionnel 

subsidiaire (art. 113 ss LTF). Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans 

les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la décision 

attaquée. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.