# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b2bdcf47-25d4-5f9c-a256-86ef9f3c6b7c
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2016 / 59
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2016---59_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JS15.035958-151677

680  

 

 

cour
d’appel CIVILE

____________________________

Arrêt du
17 décembre 2015

__________________

Composition
:               Mme             
Charif
Feller, juge déléguée

Greffière             
:              Mme             
Juillerat Riedi

 

 

*****

 

 

Art.
176 al. 1 ch. 1 CC

 

 

             
Statuant à huis clos sur l’appel interjeté par
F.________,
anciennement à Genève, actuellement à [...], intimé, contre l’ordonnance rendue
le 28 septembre 2015 par la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de Lausanne dans
la cause divisant l’appelant d’avec
E.________,
à Lausanne, requérante, la juge déléguée de la Cour d’appel civile du
Tribunal cantonal considère :

             
En fait :

 

 

A.             
Par ordonnance du 28 septembre 2015, la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de
Lausanne (ci-après : la présidente) a rappelé la convention partielle de mesures
protectrices de l'union conjugale ratifiée séance tenante lors de l'audience du 8 septembre
2015 (voir infra ch. C.4.) Elle a en outre dit que F.________ contribuera à l'entretien d’E.________
par le régulier versement, d'avance le premier de chaque mois, en ses mains, d'un montant de 3'150
fr., dès et y compris le 1er
octobre 2015 (II) et déclaré le prononcé, rendu sans frais ni dépens, immédiatement
exécutoire nonobstant appel (III). 

 

             
En droit, la seule question demeurée litigieuse était celle de l’éventuelle contribution
d’entretien à verser par F.________ à son épouse. A cet égard, le premier juge
a appliqué la méthode dite du minimum vital avec répartition de l’excédent.
S’agissant d’E.________, il a retenu qu’elle disposait mensuellement d’un revenu
de 1'000 fr. et de charges de 2'675 fr 80, de sorte qu’elle devait faire face à un déficit
de 1'675 fr. 80. Quant à F.________, son revenu s’élevait à 7'228 fr. pour
des charges de 2'595 fr. 70, de sorte qu’il disposait d’un solde mensuel de 4'632 fr. 30.
Le premier juge n’a pas tenu compte de la contribution d’entretien en faveur de son fils
né d’un premier mariage dans la mesure où celui-ci effectuait actuellement un stage rémunéré
et atteindrait prochainement son 25ème
anniversaire. En l’absence d’enfants
mineurs, le premier juge a réparti le solde disponible par moitié entre les parties. 

 

 

B.             
Par acte du 12 octobre 2015, F.________ a interjeté
appel à l’encontre du prononcé précité, concluant, avec suite de frais et dépens,
à ce que le chiffre II de son dispositif soit réformé en ce sens que la contribution d’entretien
due en faveur d’E.________ soit fixée à 1'800 francs par mois. Il a par ailleurs requis
l’octroi de l’effet suspensif à l’appel et  la production, en mains d’E.________,
de tous documents démontrant soit la demande, soit la perception d’allocations familiales
pour sa fille. 

 

             
Par décision du 19 octobre 2015, la juge de céans a rejeté la requête d’effet
suspensif de l’appelant.

 

             
Par décisions du 23 novembre 2015, la juge de céans a accordé aux parties le bénéfice
de l’assistance judiciaire requise pour la procédure d’appel.  

 

             
Dans sa réponse du 3 décembre 2015, E.________ a conclu, avec suite de frais et dépens,
au rejet de l’appel.

 

             
Le 16 décembre 2015, F.________ a déposé une nouvelle écriture contenant des allégués
complémentaires fondés sur des faits et des pièces nouveaux. 

 

 

C.             
La juge déléguée retient les faits pertinents suivants, sur la base de l’ordonnance
 complétée par les pièces du dossier :

 

1.               
E.________, née [...] le [...] 1961, de nationalité
française, et F.________, né le [...] 1963, se sont mariés le [...] 2014 à Prilly
(VD). 

             

             
Les parties n'ont pas d'enfant commun. F.________ est le père d'un enfant issu d'une précédente
union, [...], né le [...] 1990. Quant à E.________, elle est la mère d’une fille
majeure en formation également issue d’une précédente union.

 

             
F.________ est employé en qualité d’agent technique par [...], à Genève. Quant
à E.________, elle travaille en qualité de maman de jour. 

 

2.               
Par ordonnance d'expulsion du 25 août 2015,
rendue sur la base du formulaire d’expulsion immédiate du logement commun établi par
la police le 15 août 2015 suite à leur intervention au domicile conjugal, la présidente
a prononcé l'expulsion immédiate de F.________ du logement commun (I) et lui a interdit de
pénétrer dans celui-ci, sous la menace de la peine d'amende prévue par l'article 292 CP
(II).

 

3.               
Le 25 août 2015, E.________ a déposé
une requête de mesures superprovisionnelles et de mesures protectrices de l'union conjugale. Elle
a notamment conclu, par voie de mesures superprovisionnelles, à l’expulsion immédiate
de son conjoint du domicile conjugal et au paiement d’une contribution d’entretien de 2'000
fr. par mois dès et y compris le mois d’août 2015 puis, par voie de mesures protectrices
de l’union conjugale, au régulier versement, par F.________, d'une contribution d'entretien
en sa faveur de 3'000 fr. par mois dès le 1er
septembre 2015.

 

             
Par ordonnance de mesures superprovisionnelles
du même jour, la présidente a autorisé les parties à vivre séparées pour
une durée indéterminée (I), attribué à E.________ la jouissance de l'appartement
conjugal (II) et a interdit à F.________ d'approcher son épouse à moins de 25 mètres
ou de lui causer quelque autre dérangement, sous la menace de la peine d'amende prévue par
l'article 292 CP (III).

 

4.               
Une audience de validation d'expulsion au sens
de l’art. 28b CC (Code civil suisse du 10 décembre 1907 ; RS 210) et de mesures protectrices
de l'union conjugale s'est tenue le 8 septembre 2015. F.________ s’y est présenté non
assisté. A cette occasion, la conciliation a partiellement abouti comme suit :

 

I.              
Les époux F.________ et E.________ conviennent
de vivre séparés pour une durée indéterminée, étant précisé que
la séparation effective est intervenue le 15 août 2015.

II.            
La jouissance du domicile conjugal, sis [...],
1012 Lausanne, est attribuée à E.________, qui en assumera seule le loyer et les charges.

             
F.________ restituera à E.________ la clé de la boîte à lettres à l'issue de
cette audience.

             
F.________ pourra récupérer ses effets personnels, le double de la clé de son véhicule,
son bureau y compris le contenu de celui-ci, les classeurs le concernant, ses livres et ses affaires
de bricolage, moyennant préavis donné à Me Brechbühl au minimum cinq jours avant.

III.           
F.________ s'engage à ne pas s'approcher
à moins de 25 mètres d'E.________ et à ne plus causer aucun autre dérangement quel
qu'il soit.

IV.         
Pour le mois de septembre 2015, F.________ s'acquittera
du paiement du loyer de l'appartement conjugal, de la prime d'assurance-maladie de son épouse ainsi
que d'un montant de Fr. 500.- (cinq cents francs), à valoir sur la contribution d'entretien à
fixer.

 

             
La présidente a ratifié sur le siège cette convention partielle pour valoir ordonnance
de mesures protectrices de l'union conjugale. Elle a en outre imparti à F.________ un délai
au 15 septembre 2015 pour produire le jugement de divorce concernant son précédent mariage
ainsi que la preuve du versement de la pension en faveur de son fils issu de la précédente
union. 

 

             
Par courrier du 14 septembres 2015, E.________ a produit le jugement de divorce de F.________. Elle a
par ailleurs modifié ses conclusions en ce sens qu’elle a conclu au versement d’une
contribution d’entretien en sa faveur de 3'750 fr. par mois dès le 1er
octobre 2015.  

 

             
Par courrier du 15 septembre 2015, F.________, désormais assisté d’un mandataire professionnel,
a transmis le jugement de divorce – dont il ressort que la pension de 1'400 fr. en faveur de son
fils était due jusqu’au 25 ans de celui-ci au plus tard, en cas d’études suivies
et sérieuses –, un décompte bancaire du 9 septembre 2015 attestant d’un virement
mensuel de 1'400 fr. pour les mois de mars à août 2015 à l’attention de son ex-épouse,
de même que ses fiches de salaires pour les mois de juin, juillet et août 2015.

 

5.               
A la suite de son expulsion du domicile conjugal,
F.________ s’est installé provisoirement chez ses parents, à Genève.

 

 

             
 

             
En droit
:

 

 

1.             
              a)
L'appel est recevable contre les prononcés de mesures protectrices de l'union conjugale, lesquels
doivent être considérés comme des décisions provisionnelles (art. 308 al. 1 let.
b CPC [Code de procédure civile du 19 décembre 2008; RS 272]; Tappy, Les voies de droit
du nouveau Code de procédure civile, in JdT 2010 III 115, spéc. p. 121), dans les causes non
patrimoniales ou dont la valeur litigieuse, au dernier état des conclusions devant l'autorité
inférieure, est supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC). Les prononcés de mesures
protectrices de l'union conjugale étant régis par la procédure sommaire, selon l'art. 271
CPC, le délai pour l'introduction de l'appel est de dix jours (art. 314 al. 1 CPC). L'appel
relève de la compétence d'un juge unique (art. 84 al. 2 LOJV [Loi d'organisation judiciaire
du 12 décembre 1979; RSV 173.01]).

  

             
              b)
Formé en temps utile par une partie qui y a intérêt et portant sur des conclusions patrimoniales
qui, capitalisées conformément à l’art. 92 CPC, sont supérieures à 10'000 fr.,
l’appel est recevable.

 

 

2.                     
L'appel peut être formé pour violation
du droit ou pour constatation inexacte des faits (art. 310 CPC). L'autorité d'appel peut revoir
l'ensemble du droit applicable, y compris les questions d'opportunité ou d'appréciation laissées
par la loi à la décision du juge, et doit le cas échéant appliquer le droit d'office
conformément au principe général de l'art. 57 CPC (Tappy, Les voies de droit du nouveau
Code de procédure civile, JdT 2010 III 134). Elle peut revoir librement l'appréciation des
faits sur la base des preuves administrées en première instance (Tappy, ibid. p. 135). Le large
pouvoir d'examen en fait et en droit ainsi défini s'applique même si la décision attaquée
est de nature provisionnelle (JdT 2011 III 43 consid. 2).

 

 

3.             
L'appelant a produit un onglet de 7 pièces
sous bordereau, soit ses bulletins de salaire pour les mois de septembre (1), août (2), juillet
(3) et juin (4) 2015, l’avis de prime d’assurance-maladie de l’intimée pour la
période du 1er
octobre 2015 au 31 décembre 2015 (5), un courriel par lequel « Chèques-emploi »
confirme à F.________ que son épouse est assurée pour les accidents professionnels et
non professionnels (6) et une pièce relative au calcul de la pension alimentaire (7). 

 

             
a) Les faits et moyens de preuve nouveaux ne sont
pris en compte que s’ils sont invoqués ou produits sans retard et ne pouvaient être invoqués
ou produits devant la première instance bien que la partie qui s’en prévaut ait fait
preuve de la diligence requise, ces deux conditions étant cumulatives (art. 317 al. 1 CPC). Il appartient
à l’appelant de démontrer que ces conditions sont réalisées, de sorte que l’appel
doit indiquer spécialement de tels faits et preuves nouveaux et motiver spécialement les raisons
qui les rendent admissibles selon lui (JdT 2011 III 43 et les réf. cit.).

 

             
              Des novas peuvent être
en principe librement introduits en appel dans les causes régies par la maxime d'office, par exemple
sur la situation des enfants mineurs en droit matrimonial, à tout le moins lorsque le juge de première
instance a violé la maxime inquisitoire illimitée (JdT 2011 III 43). 

 

                          
En l’espèce, le litige n’implique
pas d’enfants mineurs, de sorte que le régime ordinaire de l’art. 317 al. 1 CPC est
applicable. 

 

             
b)
En tant qu’il a été délivré à la fin du mois de septembre 2015, on doit
admettre – même si la date de sa réception demeure inconnue – que le bulletin de
salaire du mois de septembre constitue une pièce nouvelle, de sorte qu’il est recevable en
appel. En ce qui concerne les bulletins antérieurs, ils figurent déjà au dossier de première
instance, de sorte qu’ils sont également recevables.

 

             
S’agissant de l’avis de prime d’assurance-maladie de l’intimée, il n’est
pas daté ; dans la mesure où F.________ n’établit pas qu’il était
empêché de produire ce document en première instance, cette pièce est irrecevable.
Quant à l’échange de courriel  avec « Chèques-emploi »,
il date du mois de juillet 2015, de sorte qu’il est également irrecevable puisqu’il
pouvait être produit devant le premier juge. Cela étant, même recevables, ces pièces
ne sont de toute manière pas décisives (voir infra). 

 

             
En ce qui concerne le document illustrant le calcul de la contribution d’entretien, il ne constitue
pas un moyen de preuve, mais fait partie intégrante de l’appel. 

 

             
Les allégués complémentaires et les pièces jointes déposés le 16 décembre
2015, hors délai d’appel et alors que la liste des opérations avait déjà été
requise auprès des mandataires des parties, sont irrecevables à ce stade. 

 

 

4.             
L’appelant conteste le revenu effectif,
retenu par le premier juge. Il soutient en particulier qu’il réaliserait un revenu mensuel
net d’environ 6'450 fr. par mois et non de 7'228 fr. tel que cela apparaît dans le jugement
attaqué. Dans son tableau (pièce 7), il fait cependant état d'un montant de 6'934 francs.

 

             
a)
Les revenus nets de l'appelant, tels que calculés par le premier juge, sont les suivants :

 

septembre
2015               6'463 fr. 85 + 190
fr. (participation à la caisse maladie) = 6'653 fr. 85 

août
2015              6'490 fr. 70 + 190
fr. = 6'680 fr. 70 

juillet
2015               6'444 fr. 60 + 190
fr. = 6'634 fr. 60 

juin
2015              6'518 fr. 55 + 190             
= 6'708 fr. 55

 

             
Le salaire moyen basé sur ces quatre mois s’élève à 6'669 fr. 40, hors 13ème
salaire et allocations familiales. Si l'on y ajoute la part mensuelle d'un treizième salaire de
ce montant, on parvient à un revenu de 7’225 fr. 20 (6'669 fr. 40 + 555 fr. 80), hors allocations
familiales (écart de 2 fr. 80 par rapport au calcul du premier juge).

 

             
Toutefois, à la lecture des fiches de salaire de l'appelant, on constate que le montant de la participation
à la caisse maladie par 190 fr. a été ajouté au salaire brut et que l'employeur déduit
de ce total les charges sociales pour aboutir au salaire net de l'employé. Par conséquent,
il faut calculer le salaire net sans y ajouter la participation à la caisse maladie. Les revenus
nets s’élèvent ainsi à 6'463 fr. 85 pour le mois de septembre 2015, 6’490
fr. 70 pour le mois d’août 2015, 6'444 fr. 60 pour le mois de juillet 2015 et 6’518
fr. 55 pour le mois de juin 2015. La moyenne sur ces quatre mois s’élève ainsi à
6'479 fr. 40. Si l'on y ajoute la part mensuelle d'un treizième salaire de ce montant (6479 fr.
40 : 12 = 539 fr. 95), on parvient à un revenu net moyen de 7'019 fr. 35, 13ème
salaire compris.

 

 

5.             
L’appelant reproche également au premier juge de ne pas avoir tenu compte de frais de transport
pour 400 fr. et de frais de repas pour 200 fr. dans la mesure où il utilisait son propre véhicule
pour se rendre sur son lieu de travail, n’avait pas le temps de rentrer chez lui à midi et
devait prendre ses repas à l’extérieur. 

 

             
A cet égard, le premier juge a retenu qu'ensuite de son expulsion du domicile conjugal le 15 août
2015, l'appelant vivait chez ses parents à Genève où il travaillait, de sorte qu'il n'y
avait pas lieu de retenir des charges à ce titre. Le raisonnement du premier juge peut être
confirmé, dès lors que l'appelant ne démontre pas, au degré de la vraisemblance,
qu'il n'en serait pas ainsi depuis la séparation, soit que des frais de déplacement nécessaires
pour se rendre à son travail devraient être retenus à ce titre. Au demeurant, les frais
de places de parc ne font pas nécessairement partie des charges incompressibles (cf. TF 5P.423/2004
consid. 2.4).

 

             
Quant aux frais de repas, l'appelant ne démontre pas, au degré de la vraisemblance, qu'il aurait
à assumer des frais de repas supplémentaires pris à l'extérieur qui ne seraient pas
couverts, singulièrement au vu de ses fiches de salaire qui prévoient la prise en charge d'une
telle indemnité par l'employeur (54 fr. en septembre 2015 ; 18 fr. en août ; 36 fr. en
juillet et 36 fr. en juin, soit au total 144 fr. pour 4 mois).

 

 

6.                            
L’appelant conteste également le montant
des charges retenues à son égard. Selon lui, la contribution d’entretien de 1'400 fr.
en faveur de son fils majeur doit être prise en compte dans la mesure où elle est toujours
due, qu’il la verse effectivement et que le revenu que son fils réalise par son stage rémunéré
n’est pas connu. Il relève également qu’il n’a pas la possibilité de
réduire, voire de supprimer unilatéralement la pension qu’il verse à celui-ci. 

 

             
L'appelant doit en principe verser une contribution alimentaire de 1'400 fr. à son fils jusqu'à
ses 25 ans « au plus tard », soit jusqu'au 10 décembre 2015, date à laquelle
celui-ci aura atteint cet âge. Le premier juge a retenu que le fils majeur de l’appelant effectuait
un stage rémunéré et qu'il était ainsi financièrement autonome ; il n’a
dès lors, à juste titre, pas tenu compte de cette contribution dans les charges de l'appelant.
Celui-ci ne rend en effet pas vraisemblable que, nonobstant le stage rémunéré de son fils,
il serait tenu, voire qu’il continuerait à payer ladite contribution durant la période
déterminante pour le présent litige, soit du mois d’octobre jusqu’au 10 décembre
2015.

 

 

7.             
L’appelant conteste également le revenu de l’intimée retenu par le premier juge
qui s’élèverait à 1'400 fr. par mois au lieu de 1'000 fr., compte tenu des allocations
familiales ou d’études touchées pour sa fille restée en France.

 

             
Outre qu'il s'agit là d'un fait nouveau qui n'a pas été allégué devant le premier
juge et qui n'a pas non plus été rendu vraisemblable, il n'aurait de toute manière aucune
incidence sur les revenus de l'intimée à prendre en considération. En effet, les allocations
familiales ou de formation reviennent à l'enfant et non au parent qui les perçoit pour l'enfant.
C’est ainsi qu'il n'a pas été non plus tenu compte, à juste titre, des allocations
familiales de 400 fr. perçues par l'appelant, tel que cela ressort de ses fiches de salaire.

 

 

8.             
L’appelant conteste encore le montant de l’assurance-maladie de l’intimée, qui
s’élèverait à 195 fr. 70 au lieu du montant 210 fr. 80 pris en compte par le premier
juge, celui-ci tenant compte à tort d’une assurance-accident prise en charge par son employeur.

 

             
Dès lors que les pièces sur lesquelles se fondent l’appelant sont irrecevables (pièces
5 et 6 produites en appel), ce grief doit être rejeté. Cela étant, même si ces pièces
étaient recevables, force est de constater que le montant de 195 fr. 70 ne s'écarte guère
du montant de 210 fr. 80 retenu par le premier juge, qui s’est fondé sur la communication
des primes 2015 (15 fr. de différence), de sorte que ce montant peut de toute manière être
confirmé à ce stade. Quant au courriel de « Chèques-emploi », il n'est
de toute manière pas propre à remettre en cause le montant retenu par le premier juge à
titre d'assurance-maladie, dès lors que l’assurance-accident était effectivement supportée
par l'intimée, comme l'admet du reste l'appelant.

 

 

9.             
Compte tenu des éléments qui précèdent, les charges de l’appelant comprennent
son minimum vital pour débiteur vivant seul par 1'200 fr., un loyer mensuel hypothétique, charges
comprises, par 1'200 fr. et sa prime d’assurance-maladie par 195 fr. 70. Avec un revenu qui s’élève
à 7'019 fr. par mois, il dispose d’un disponible mensuel de 4'423 fr. 30. Quant à l’intimée,
ses charges comprennent son minimum vital pour débiteur vivant seul par 1'200 fr., son loyer mensuel,
charges comprises, par 1’193 fr., sa prime d’assurance-maladie par 195 fr. 70 et ses frais
de transport par 72 francs. Avec un revenu qui  s’élève à 1'000 fr. par mois,
elle doit faire face à un déficit de 1'675 fr. 80. Le budget global des parties laisse ainsi
apparaître un excédent de 2'747 fr. 50 (4'423 fr. 30 – 1'675 fr. 80). 

 

             
En appliquant la méthode du minimum vital avec répartition de l’excédent, qui n’est
pas contestée par l’appelant, la contribution mensuelle due par celui-ci doit ainsi être
fixée à 3'050 fr. (1'675 fr. 80 + [2'747 fr. 50 : 2] ; montant arrondi). 

 

 

10.             
a)
En conclusion, l’appel est partiellement admis et le chiffre II de l’ordonnance attaquée
est réformé en ce sens que la contribution mise à la charge de l’appelant en faveur
de l'intimée est fixée à 3'050 francs. 

 

             
b)
Vu le sort de la cause, les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 600
fr. (art. 65 al. 2 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010, RSV 270.11.5]), seront
répartis à raison de 540 fr. pour l'appelant et à raison de 60 fr. pour  l'intimée
(art. 106 al. 2 CPC). Dès lors que l’assistance judiciaire a été accordée aux
deux parties, ils seront toutefois laissés provisoirement à la charge de l'Etat.

 

             
c)
L’appelant versera à l’intimée des dépens réduits d’un montant
de 1'350 fr., l’assistance judiciaire ne dispensant pas du versement des dépens à la
partie adverse (art. 118 al. 3 CPC). 

 

             
Le conseil d’office de l’intimée pourra toutefois être rémunéré
équitablement par l’Etat si ce montant ne peut être obtenu de la partie adverse (art.
122 al. 2 CPC), de sorte qu’il y a lieu de fixer son indemnité de conseil d’office.
Il ressort de sa liste des opérations produite le 14 décembre 2015 qu’il a consacré
328 minutes à la cause. Compte tenu du tarif horaire de 180 fr. hors TVA (art. 2 al. 1 let. a et
b RAJ [Règlement sur l'assistance judiciaire en matière civile, RSV 211.02.3]), l’indemnité
d’office de Me Brechbühl doit être fixée à 984 fr. (5,4666 x 180 fr.), plus
49 fr. 20 de débours et 82 fr. 65 de TVA à 8% sur le tout, soit au total à 1'115 fr. 80
(montant arrondi).

 

             
d)
Le 16 décembre 2015, le conseil d’office de l'appelant a déposé une liste des opérations,
dont il ressort qu’il a consacré 9 heures et 18 minutes à la cause, ce qui apparaît
excessif, compte tenu de certaines opérations comme les téléphones et mémos quotidiens
qui n’étaient pas nécessaires au vu de la simplicité de la cause, le courrier de
demande de prolongation de délai pour présenter la liste des opérations et les allégués
complémentaires déposés simultanément à ladite liste. Il en est de même
s’agissant des opérations qui ne concernent pas la présente procédure (procédure
pénale), de sorte que le temps consacré à cette cause sera réduit à 6,43 heures.
Compte tenu du tarif horaire de 180 fr. hors TVA (art. 2 al. 1 let. a et b RAJ), l’indemnité
d’office de Me Kvicinsky doit être fixée à 1’158 fr. (6,43 x 180 fr. ;
montant arrondi), plus 92 fr. 65 de TVA (8%), soit au total à 1'250 fr. 65.

 

             
              e)
Dans la mesure de l’art. 123 CPC, les bénéficiaires de l’assistance judiciaire
sont tenus au remboursement des frais judiciaires et de l’indemnité à leur conseil d’office
mis à la charge de l’Etat.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
juge déléguée de la 

Cour
d’appel civile du Tribunal cantonal,

prononce
:

 

I.
L'appel est partiellement admis.

II.  
L'ordonnance est réformée comme suit
à son ch. II:

dit
que F.________ contribuera à l'entretien d'E.________, par le versement en ses mains, d'avance le
premier de chaque mois, d'un montant de 3'050 fr. (trois mille cinquante francs) dès et y compris
le 1er
octobre 2015.

L'ordonnance
est confirmée pour le surplus.

III.
Les frais judiciaires de deuxième instance,
arrêtés à 600 fr. (six cents francs) et mis par 540 fr. (cinq cent quarante francs) à
la charge de l'appelant F.________ et par 60 fr. (soixante francs) à la charge de l'intimée
E.________, sont laissés à la charge de l'Etat.

IV.
L'indemnité de Me Didier Kvicinsky, conseil
d’office de l'appelant F.________ est arrêtée à 1'250 fr. 65 (mille deux cent cinquante
francs et soixante-cinq centimes), débours et TVA compris.

V.  
L'indemnité de Me Martin Brechbühl,
conseil d'office de l'intimée E.________, est arrêtée à 1'115 fr. 80 (mille cent
quinze francs et huitante centimes), débours et TVA compris.

VI.
Les bénéficiaires de l'assistance judiciaire
sont tenus, dans la mesure de l'art. 123 CPC, de rembourser les frais et indemnités de leurs conseils
d'office, mis à la charge de l'Etat.

VII.                    
L'appelant doit verser à l'intimée la
somme de 1'350 fr. (mille trois cent cinquante francs) à titre de dépens de deuxième instance.

VIII.                  
L'arrêt motivé est exécutoire.

 

La
juge déléguée :              
La greffière :

 

 

 

 

Du
17 décembre 2016

 

             
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

 

             
La greffière :

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies à :

 

‑             
Me Kvicinsky (pour F.________),

‑             
Me Brechbühl (pour E.________).

 

             
La juge déléguée de la Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse
est supérieure à 30’000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de Lausanne.

 

             
La greffière :