# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e0b8d9fa-2895-5191-9bc3-3e38dcb5d0e1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-02-08
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 08.02.2018 P/19477/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-19477-2013_2018-02-08.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/19477/2013 ACPR/75/2018 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du jeudi 8 février 2018 

 

Entre 

A______, domicilié ______, Albanie, comparant par Me Pascal MAURER, avocat, 

Keppeler Avocats, rue Ferdinand-Hodler 15 - case postale 6090, 1211 Genève 6, 

recourant 

 

contre l'ordonnance rendue le 3 octobre 2017 par le Ministère public, 

 

et 

B______ LTD, ayant son siège à Singapour, succursale de Genève, ______, (GE), 

C______ BV, ayant son siège à Amsterdam, succursale de Genève, ______, (GE), 

toutes deux comparant par Me Marc HENZELIN, avocat, Étude Lalive, rue de la Mairie 35 - 

case postale 6569, 1211 Genève 6, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés 

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EN FAIT : 

A. Par acte déposé au greffe de la Chambre de céans le 13 octobre 2017, A______ 
recourt contre l'ordonnance du 3 octobre 2017, notifiée à une date inconnue, par 
laquelle le Ministère public a admis la qualité de partie plaignante de B______ LTD 
(ci-après : B______ LTD) et de C______ BV (ci-après : C______ BV).  

Le recourant conclut, sous suite de frais et débours, à l'annulation de l'ordonnance 
entreprise. Il demande également qu'il soit dit que B______ LTD et C______ BV ne 
disposent pas de la qualité de partie plaignante et, subsidiairement, que la cause soit 
renvoyée au Ministère public pour nouvelle décision dans le sens des considérants.  

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. B______ LTD, C______ BV et D______ SH.A (ci-après : D______) sont trois 
sociétés actives dans le négoce de matières premières, notamment de ______. La 
première est immatriculée à Singapour et dispose de deux succursales, à Genève et 
Lucerne. La seconde, immatriculée à Amsterdam, a également deux succursales, à 
Genève et Lucerne. Quant à la dernière, elle est de droit albanais.  

E______ SA (ci-après : E______) est une société de droit suisse dont le siège social 
se trouve à Genève, active dans le ______ et la ______ des qualité, quantité et 
______ de produits bruts, entre autres, ainsi que, notamment, l'entreposage de ceux-
ci. Elle dispose d'une filiale, F______ (ci-après : F______), en Albanie.  

b.  Le 20 décembre 2013, E______ a déposé plainte pénale contre A______, 
actionnaire unique de D______, des chefs d'escroquerie, faux dans les titres et 
blanchiment d'argent. Ce dernier l'avait en effet amenée à conclure un contrat de 
"Collateral Management Services" (ci-après : CMA) par lequel elle devait contrôler 
et surveiller les produits ______ appartenant notamment à C______ BV alors que les 
réservoirs destinés à les contenir étaient conçus pour permettre au précité de pouvoir 
faire entrer et sortir le pétrole selon sa volonté, ce qu'elle ignorait.   

c.  Le 18 février 2014, le Ministère public a ouvert une instruction contre A______ 
pour escroquerie et faux dans les titres. 

d.  Lors de l'audience devant le Ministère public du 8 novembre 2015, A______ a 
été mis en prévention pour avoir, notamment, conclu, les 26 avril et 11 juillet 2012, 
au nom et pour le compte de D______, deux contrats CMA avec E______ et 
C______ BV, par lesquels E______ s'était engagée à surveiller la quantité de 
produits ______ en possession de D______ devant servir à garantir les montants dont 
cette dernière était débitrice envers C______ BV, en vertu d'un contrat d'achat/vente 

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avec réserve de propriété, et pour avoir sciemment trompé les représentants de 
E______ :  

 en leur faisant transmettre des informations erronées quant à la taille des 
citernes et la densité des produits ______ sous leur contrôle; 

 en faisant modifier les citernes contenant la marchandise sous le contrôle de 
E______ de façon à ce que ses inspecteurs mesurent un niveau de produit 
bien supérieur à celui figurant réellement dans les citernes; 

  en faisant modifier les vannes apposées sur les citernes et/ou en faisant 
apposer une vanne indétectable par les inspecteurs dépêchés sur place par 
E______; 

 en faisant vider les citernes sous contrôle de E______ sans briser les scellés 
apposés par les représentants de E______ et à l'insu de cette dernière; 

 en s'appropriant cette marchandise ainsi soustraite au contrôle de E______; 

 en amenant de la sorte E______ à émettre des attestations à l'intention des 
créanciers de D______ mentionnant le retrait d'une quantité inférieure à la 
réalité de la marchandise garantissant leur créance ("Wharehouse receipt"); 

 en faisant signer par des représentants de D______ des attestations établies 
par les inspecteurs de E______ ("Shore Tank Calculation Sheet") qui 
attestaient de la présence dans les citernes d'une quantité supérieure à la 
réalité de marchandise sous leur contrôle, trompant tant E______ que les 
créanciers de D______ sur la quantité de marchandise garantissant les 
créances de ces derniers.  

e.  Le 12 novembre 2015, E______ a envoyé au Procureur divers documents 
comprenant notamment des Release Orders [instructions de relâcher les produits sur 
demande des créanciers] émanant de C______ BV et de B______ LTD, dont 
l'exécution était, pour la plupart du temps, assumée par les succursales genevoises 
des précitées, à teneur des papiers à entête produits.  

f.  Le 21 décembre 2015, B______ LTD et C______ BV ont déposé plainte pénale 
avec constitution de parties plaignantes contre D______ et A______ des chefs d'abus 
de confiance, escroquerie et faux dans les titres.  

Les 17 avril et 12 juillet 2012, C______ BV – agissant par sa succursale de Lucerne 
– et D______ avaient conclu deux contrats d'entreposage, portant sur le stockage par 
cette dernière et sous sa responsabilité, de produits ______ dans des cuves lui 

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appartenant pour certaines, et pour d'autres louées à un tiers, en Albanie. Le but de 
ces contrats était d'entreposer ces produits ______ destinés à être vendus, selon 
contrat du 24 avril 2012, par C______ BV à D______. La vente se réalisait par la 
remise des biens à D______ dès réception, par C______ BV, du paiement du prix, 
lequel intervenait principalement sur un compte ouvert au nom de la succursale de 
C______ BV auprès de la banque G______ SA à Genève.  

Dans ce cadre, deux contrats de tierce gestion (CMA), datés des 26 avril et 11 juillet 
2012, avaient été conclus entre D______, C______ BV et E______, aux termes 
desquels cette dernière était désignée en tant qu'inspecteur indépendant de la gestion 
et de la conservation des stocks de marchandises. 

Tous ces accords avaient été négociés et signés à Genève, par des représentants de la 
succursale genevoise de C______ BV, lesquels étaient également et par la suite 
intervenus dans le cadre de l'exécution des différents contrats.   

Entre le mois de mai 2012 et le 7 juin 2013, plusieurs centaines de tonnes de ______ 
et une quantité similaire de ______ avaient été vendues à D______ par C______ BV, 
puis, dès octobre 2012, par B______ LTD, date à laquelle cette dernière avait repris 
les activités de négoce de matières premières de C______ BV et, ainsi, par contrat de 
novation, les droits et obligations du vendeur, puis, par amendement, été ajoutée 
comme partie aux contrats d'entreposage.  

Pendant la durée du stockage, des certificats de détention (Holding Certificate) 
confirmant la présence des produits ______ étaient régulièrement établis et signés 
par E______ et D______. Deux de ces certificats avaient été établis et signés le 5 
août 2013 par A______ pour le compte de D______ et contresignés par un inspecteur 
de E______. Ils attestaient de la présence de plusieurs dizaines de milliers de tonnes 
de ______ stockées dans les citernes. Quelques jours plus tard, un employé de 
B______ LTD, succursale genevoise, avait rencontré la sœur de A______, laquelle 
avait expliqué qu'au cours des mois de mars et avril 2013, D______ avait déplacé et 
vendu sans autorisation les marchandises de B______ LTD contenues dans les 
citernes, afin de se renflouer car elle était alors en proie à des difficultés financières. 
À la suite de cette réunion, B______ LTD avait exigé un rapport sur la situation du 
stock. À la fin du mois d'août 2013, E______ avait constaté que les citernes étaient 
vides, ce qu'avaient confirmé deux autres sociétés mandatées à cette fin. Le prévenu 
avait d'ailleurs confirmé à l'une d'elles avoir personnellement et illégitimement 
autorisé, entre avril et août 2013, le pompage de la marchandise des citernes. Selon 
B______ LTD, les produits ______ avaient très probablement été sortis du port sur 
présentation de faux documents de propriété.  

Elle avait déposé plainte pénale pour ces faits contre D______ en Albanie; toutefois, 
la procédure semblait sur le point d'être classée.  

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Les faits sus-décrits remplissaient les éléments constitutifs des infractions d'abus de 
confiance – les tonnes de produits ______ stockées en vertu du contrat d'entreposage 
étant des choses confiées que A______ s'était appropriées dans un dessein 
d'enrichissement illégitime – et de faux dans les titres – soit l'établissement des 
certificats de détention falsifiés dans le but de dissimuler l'appropriation illégitime de 
la marchandise –, voire d'escroquerie – en soustrayant les produits ______ du lieu de 
stockage avant de les faire sortir du port et de les revendre à des tiers, 
vraisemblablement à l'aide de faux certificats de propriété, tout en lui présentant de 
faux certificats de détention.  

La marchandise que s'était illégitimement appropriée D______ et/ou son actionnaire 
unique appartenait à la succursale suisse de C______ BV, puis à celle de B______ 
LTD. De plus, le paiement du prix devait intervenir sur un compte ouvert en Suisse 
de sorte que les autorités suisses étaient compétentes.  

À l'appui de leur plainte, B______ LTD et C______ BV ont produit, notamment, les 
deux Holding Certificates du 5 août 2013 signés par le prévenu; les contrats 
d'entreposage des 17 avril et 12 juillet 2012; le contrat de vente du 24 avril 2012; les 
contrats de tierce gestion (CMA) des 26 avril et 11 juillet 2012; le contrat de 
novation du 11 septembre 2012; et l'amendement du 11 septembre 2012 au contrat 
d'entreposage du 17 avril 2012.  

À teneur des CMA, E______ devait hebdomadairement établir un Good Status 
Report et, après chaque réception de produit, un Tank Receipt, faisant état de la 
quantité de marchandise contenues dans les cuves. Ces deux certificats devaient être 
envoyés "at the address shown in the introduction to this Agreement", soit celle de 
C______ BV, "acting by its registered foreign branch office" situé à Lucerne. Les 
contrats d'entreposage prévoyaient l'obligation pour D______ d'émettre des Holding 
Certificates à réception de chaque nouvelle cargaison détaillant la quantité de 
marchandise détenue au nom et pour le compte de C______ BV ("Branch Office 
Lucerne, Switzerland"), lesquels devaient être contresignés par E______, en sa 
qualité de surveillant. Par ailleurs, "any notices under this Agreement shall […] be 
given by sending the same email […] to the other Party's address as designated 
below […] C______ BV, Branch office in Geneva" et les "Geneva Business Hours" 
étaient déterminantes pour la "Release of the Goods". Enfin, le contrat de vente 
prévoyait que "all operational correspondence to be directed to the seller's Geneva 
service company".  

g.  Par lettre du 16 février 2016, C______ BV et B______ LTD ont transmis 
plusieurs copies de factures émises à l'attention de D______ dont le paiement devait 
intervenir, dès le mois de juin 2012, sur un compte ouvert auprès de la banque 
G______ à Genève.  

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Par ailleurs, à teneur des copies des courriels contenant les Holding Certificates 
précédemment produits (cf. supra e.), ceux-ci étaient notamment adressés aux 
employés de la succursale genevoise de C______ BV, puis de B______ LTD, ainsi 
que cela ressortait d'une lettre adressée par ces dernières au Ministère public le 20 
avril 2016.  

h.  Le 5 mai 2017, sur requête du Ministère public datée du 1er mars 2017, A______ 
s'est attelé à la démonstration de l'incompétence ratione loci des autorités suisses. 
Seule B______ LTD était propriétaire des produits ______ et pouvait, en 
conséquence, avoir subi un appauvrissement à la suite de la dénonciation pénale, à 
l'exclusion des succursales suisses, lesquelles n'étaient pas parties aux contrats liant 
les parties et n'étaient mentionnées ni dans le contrat de novation, ni dans 
l'amendement au contrat d'entreposage. Cependant, faute d'appauvrissement en 
Suisse, les produits ______ étant payés en USD sur un compte bancaire ouvert à 
______ en faveur d'un compte bancaire ouvert en ______ et dont les titulaires étaient 
C______ BV, respectivement B______ LTD, il n'existait pas de résultat en Suisse.  

i.  Le 30 juin 2017, les plaignantes ont répondu aux arguments du prévenu, 
soutenant que celui-ci avait admis la qualité de partie plaignante de B______ LTD en 
reconnaissant que celle-ci était propriétaire des produits ______ et  pourrait, en 
conséquence, avoir subi un appauvrissement. Quant à la qualité de partie plaignante 
de C______ BV, elle devait également être admise, la date du premier retrait illicite 
des produits ______ étant inconnu et pouvant avoir eu lieu avant la reprise des 
activités par B______ LTD.  

Les autorités suisses étaient par ailleurs compétentes, la procédure ayant été initiée 
par la plainte pénale de E______ et, si elle existait pour cette procédure, elle ne 
pouvait être niée pour la seule plainte de C______ BV et de B______ LTD, qui 
portait sur le même complexe de faits et les mêmes infractions.  

Au vu des nombreux points de rattachement avec la Suisse A______ devait s'attendre 
à ce que ses actes soient soumis au droit suisse. En effet, l'acte de disposition 
préjudiciable aux intérêts des plaignantes, soit la signature des contrats matérialisant 
l'entrée en relation avec le prévenu, avait eu lieu en Suisse, de même que le lieu de 
survenance de l'erreur, soit par exemple les autorisations de relâches données par les 
succursales suisses, ou encore le lieu de résultat du faux dans les titres et le fait que 
l'appauvrissement ait eu lieu en Suisse, soit la non-augmentation de l'actif au lieu du 
compte en banque qui aurait dû recevoir la contre-valeur de la marchandise.  

j.  Par lettre du 14 juillet 2017, A______ a persisté dans ses arguments, soutenant 
l'incompétence des juridictions suisses faute de rattachement suffisant avec cet État, 
de sorte que la plainte devait être écartée, de même que la qualité de partie plaignante 
de C______ BV et de B______ LTD. Il ne devait pas envisager l'application du droit 

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suisse et les plaignantes n'avaient pas apporté la preuve que les discussions 
précontractuelles ou la signature des contrats avaient eu lieu en Suisse.  

C. Dans sa décision querellée, le Ministère public a retenu que la procédure portait 
principalement sur le reproche formulé aux prévenus d'avoir trompé E______ par des 
relevés et certificats mensongers quant à la quantité de produits ______ entreposés 
dans les citernes, l'empêchant ainsi de faire cesser les retraits opérés par D______ 
et/ou A______. Cette tromperie permettait en effet de continuer les actes de 
détournement de marchandises en Albanie.   

 Les Holding Certificates avaient été adressés par courrier électronique à la succursale 
genevoise de B/C______ (sic), de sorte que celle-ci avait également été trompée en 
Suisse. Les sièges de C______ BV et de B______ LTD ne semblaient pas avoir été 
informés de la teneur des relevés, et l'exécution des différents contrats était assumée 
par les employés genevois, suggérant ainsi que l'ensemble des informations relatives 
auxdits contrats était reçue à Genève. Partant, B/C______ (sic) avait également été 
trompée par les relevés et certificats mensongers en Suisse quant à la quantité de 
produits ______ entreposés dans les citernes, plus particulièrement en sa succursale 
genevoise – ce qui fondait le résultat de la potentielle infraction de faux dans les 
titres (art. 251 ch. 1 al. 3 CP) en territoire helvétique –, de sorte que sa constitution 
en tant que partie plaignante devait être admise.  

D. a. À l'appui de son recours, A______ soutient disposer de la qualité pour recourir, 
conformément à la pratique de la Chambre de céans à teneur de laquelle le prévenu 
bénéficiait d'un intérêt juridiquement protégé à s'opposer à l'admission d'une partie 
plaignante, sa situation étant péjorée par la présence de cette dernière, autorisée à 
faire valoir ses droits procéduraux comprenant celui de poser des questions de nature 
à influencer le sort de la procédure et à prendre des conclusions contre lui, qu'elles 
soient civiles ou pénales. De plus, son intérêt à recourir était actuel, quand bien 
même les intimées avaient déjà eu accès au dossier, dès lors que son intérêt à ce que 
la qualité de partie plaignante leur soit déniée dépassait le seul accès à celui-ci.  

 Il reproche au Ministère public d'avoir admis les qualités de parties plaignantes de 
B______ LTD et de C______ BV alors qu'elles n'étaient pas directement lésées par 
ses actes, faute de dommage direct ou d'appauvrissement des sociétés elles-mêmes 
ou de leurs succursales suisses.  

 En réalité, l'appropriation des produits ______ avait eu lieu en Albanie, là où ceux-ci 
étaient entreposés, et les mécanismes avaient pour but de tromper E______, seule 
lésée "économiquement" en sa qualité de garante des produits ______. 

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  Quant aux faux documents attestant de la contenance des cuves, ils n'avaient pas de 
fin délictuelle, mais avaient pour but de ne pas attirer l'attention sur les 
détournements de ______ en cours et ainsi de pouvoir les poursuivre. 

 Partant, la qualité de partie plaignante devait être refusée à C______ BV et à 
B______ LTD. 

 Par ailleurs, la question de la compétence des autorités suisses se posait. Le Ministère 
public ne l'avait examinée que sous l'angle du faux dans les titres, qui ne pouvait être 
retenu au vu du caractère préparatoire de cette infraction par rapport à l'escroquerie. 
Ainsi, pour déterminer la compétence des autorités helvétiques, il s'agissait de 
déterminer si le résultat de l'escroquerie avait eu lieu en Suisse. À cet égard, seule 
B______ LTD figurait sur le contrat de novation et sur l'amendement au contrat du 
17 avril 2012, à l'exclusion de ses succursales suisses, la plaçant comme seule 
propriétaire des produits ______ et, partant, seule à pouvoir se plaindre d'un 
appauvrissement consécutivement aux faits reprochés. Cela étant, la précitée n'avait 
jamais démontré un quelconque appauvrissement en Suisse ou ailleurs, alors que la 
production de ses comptes l'aurait simplement établi. 

 De nombreux éléments plaidaient pour un rattachement étranger, soit le domicile 
hors de Suisse de toutes les parties aux contrats litigieux, l'acheminement depuis 
l'étranger des produits ______, la livraison, le stockage et la vente de ceux-ci en 
Albanie à une société albanaise, leur détournement dans ce dernier État et le fait 
qu'ils n'aient jamais transité ou été vendus en Suisse et/ou à une entité suisse. 
B______ LTD et C______ BV étaient d'ailleurs parfaitement conscientes de ces 
rattachements puisqu'elles avaient déposé une première plainte pénale en Albanie 
avant de se tourner vers les autorités suisses, une fois la procédure classée dans le 
premier pays saisi, ce qui pouvait également soulever la question du principe ne bis 
in idem. 

 Quant au rôle des succursales suisses, celles-ci n'avaient eu qu'une tâche 
administrative et n'étaient par ailleurs pas propriétaires de la marchandise détournée. 
Le fait qu'elles aient été utilisées comme "boîte aux lettres" n'avait pas engendré 
d'atteinte directe à leurs biens juridiques. Par conséquent, aucun dommage n'avait eu 
lieu en Suisse. 

 Enfin, le Ministère public avait violé son droit d'être entendu en omettant de se 
prononcer sur ses arguments soulevés dans ses courriers des 5 mai et 14 juillet 2017 
et relatifs à l'absence de rattachement suffisant pour admettre la compétence des 
autorités suisses.  

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b. Invité à se déterminer, le Ministère public conteste les explications du recourant 
à teneur desquelles les faux documents n'avaient pas de fin délictuelle et réfute avoir 
violé le droit d'être entendu de ce dernier.  

Le détournement des produits ______ avant le paiement du prix avait eu lieu en 
Albanie et le résultat s'était produit dans le patrimoine de C______ BV et de 
B______ LTD, réalisant ainsi un abus de confiance (art. 138 CP).  

L'ensemble des documents établis par F______ et D______ avaient pour but de 
tromper E______ et B/C______ (sic). Cette escroquerie avait généré une double 
dupe, la connaissance de la réalité par l'une entraînant sa communication à la 
seconde. Les justificatifs attestant de fausses quantités d'essence avaient servi à 
conforter B/C______ (sic) dans son erreur afin de permettre au recourant de 
poursuivre l'appropriation illégitime des produits ______ appartenant à la précitée. 
Ils étaient le pendant nécessaire à la réalisation de l'abus de confiance. Le faux dans 
les titres n'avait dès lors pas été commis en tant qu'"acte préparatoire" à l'escroquerie 
perpétrée au préjudice de E______, mais de manière autonome.  

Par ailleurs, l'ordonnance querellée ne se prononçait effectivement pas sur certains 
arguments développés par le recourant dans différents courriers, faute de pertinence 
face au constat de la commission d'un faux dans les titres et de son résultat en Suisse. 
Partant, la compétence des autorités suisses était donnée.  

c. À l'appui de leurs observations, B______ LTD et C______ BV concluent, sous 
suite de frais et dépens à la charge du recourant, au rejet du recours et à la 
confirmation de l'ordonnance entreprise. Elles relèvent que les contrats d'entreposage 
des 17 avril et 12 juillet 2012, de vente du 24 avril 2012 et de tierce gestion des 26 
avril et 11 juillet 2012 avaient été négociés et signés en Suisse et que le prix de vente 
des marchandises soustraites par le recourant aurait dû être crédité sur un compte 
ouvert auprès de la banque G______ SA.  

La qualité pour recourir du recourant était incertaine, ce dernier ayant attendu plus 
d'un an avant d'émettre, sans aucune explication, des doutes quant à leur constitution 
en tant que parties plaignantes, lors d'une audience devant le Ministère public le 8 
mars 2016. Par la suite, le recourant avait laissé s'écouler une année supplémentaire, 
au cours de laquelle elles avaient eu un libre accès à la procédure, avant de produire 
ses déterminations écrites, le 5 mai 2017, sur requête du Ministère public.   

Au fond, le recourant estimait qu'elles n'étaient pas lésées par les infractions 
commises. Or, elles avaient été directement touchées dans leurs droits de propriété 
sur la marchandise puisqu'elles en étaient encore titulaires – la position de garant 
n'étant à cet égard pas suffisante –, celles-ci ayant été soustraites avant la vente qui 
aurait dû intervenir. Ainsi, elles disposaient des qualités de lésées et de parties 

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plaignantes. Par ailleurs, l'existence d'un préjudice civil était dénuée de pertinence en 
vue de déterminer la qualité de lésé.  

S'agissant de la compétence territoriale des autorités pénales suisses, divers liens de 
connexité avec cet État auraient dû amener le recourant à envisager l'application du 
droit suisse. L'escroquerie, la gestion déloyale aggravée et l'abus de confiance, en 
tant qu'infractions à double résultat – soit l'appauvrissement de la victime et 
l'enrichissement de l'auteur –, induisaient deux lieux de commission pouvant justifier 
une poursuite en Suisse.  

L'acte préjudiciable à leurs intérêts était l'entrée en relation d'affaires avec le 
recourant, matérialisée par la signature des divers contrats, en particuliers les deux 
contrats d'entreposage des 17 avril et 12 juillet 2012, signés en Suisse, au travers des 
succursales suisses. Partant, le lieu de survenance de l'acte préjudiciable à leurs 
intérêts était en Suisse, s'agissant de l'escroquerie et de l'abus de confiance.  

De plus, le lieu de survenance de l'erreur – nécessaire à la qualification d'escroquerie 
– était également en Suisse. C'étaient en effet ses succursales dans ce pays qui 
avaient directement été trompées soit lors de la signature des contrats soit durant 
l'exécution de ceux-ci – la très grande majorité des Release Orders ayant été émise 
par la succursale genevoise et toutes les factures frauduleuses faisant apparaître cette 
dernière en tant que signataire – sur la quantité de marchandise encore présente dans 
les cuves, notamment par l'envoi de faux documents.  

Par ailleurs, le lieu de résultat du faux dans les titres se trouvait également en Suisse, 
les communications relatives à l'exécution des contrats – y compris les faux 
certificats de détention et relevés des citernes – étant en effet adressées aux 
succursales genevoises, notamment par courriel.  

Enfin, l'appauvrissement consécutif aux infractions précitées, sous la forme d'une 
non-augmentation de l'actif, avait eu lieu en Suisse. Les paiements du prix de la 
marchandise vendue à D______ avaient en grande majorité été effectués sur un 
compte ouvert en Suisse et le prix du ______ soustrait aurait également dû être versé 
en Suisse.  

d. Aucune écriture subséquente n'étant parvenue à la Chambre de céans, la cause a 
été gardée à juger. 

 

 

 

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EN DROIT : 

1. 1.1. Le recours a été déposé selon la forme prescrite (art. 385 al. 1 CPP) et concerne 
une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a 
CPP). Faute de preuve de notification (art. 85 al. 2 CPP), le délai légal de 10 jours 
(art. 396 al. 1 CPP) sera considéré comme observé. 

1.2. Selon l'art. 382 al. 1 CPP, toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à 
l'annulation ou à la modification d'une décision a qualité pour recourir contre celle-
ci.  

Ont qualité de partie, le prévenu, la partie plaignante et le Ministère public, lors des 
débats ou dans la procédure de recours (art. 104 al. 1 CPP).  

L'intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification d'une décision doit 
par ailleurs être actuel et pratique (ATF 137 I 296 consid. 4.2 p. 299). L'existence 
d'un intérêt de pur fait ou la simple perspective d'un intérêt juridique futur ne suffit 
pas (ATF 127 III 41 consid. 2b p. 42; 120 Ia 165 consid. 1a p. 166; 118 Ia 46 
consid. 3c p. 53, 488 consid. 1a p. 490 et les arrêts cités). De manière générale, un 
droit de recours contre une décision d'admission de la qualité de partie plaignante à la 
procédure pénale n'est ainsi reconnu aux autres parties que pour autant qu'elles 
puissent se prévaloir d'un intérêt juridiquement protégé à son exclusion (M. NIGGLI 
/ M. HEER / H. WIPRÄCHTIGER (éds), Schweizerische Strafprozessordnung / 
Schweizerische Jugendstrafprozessordnung, Basler Kommentar StPO/JStPO, 2ème 
éd., Bâle 2014, note 12c ad art. 118). De simples inconvénients de fait résultant de la 
participation de la partie plaignante à la procédure, par exemple l'allongement de la 
procédure et l'augmentation de son degré de complexité, ne suffisent à cet égard pas. 
Un intérêt juridiquement protégé peut en revanche être admis si, par exemple, le 
statut de partie plaignante permet l'exploitation indue de secrets d'affaires ou si la 
qualité de partie plaignante est revendiquée par un État étranger (cf. ACPR/369/2016 
du 16 juin 2016). 

Dans sa pratique, la Chambre de céans a fréquemment admis sans développement la 
qualité pour recourir du prévenu. Dans deux arrêts cependant, elle a abordé cette 
problématique, faisant savoir qu'elle n'entendait pas adhérer à la jurisprudence du 
Tribunal pénal fédéral, inspirée de celle du Tribunal fédéral fondée sur la notion de 
préjudice irréparable et niant la qualité pour recourir au prévenu contre l'admission 
d'une partie plaignante, hormis les cas où celle-ci était un État (ACPR/369/2016 du 
16 juin 2016 et ACPR/637/2015 du 25 novembre 2015). La qualité pour recourir du 
prévenu devait en effet être analysée en vertu du CPP et non de la LTF, de sorte que 
le prévenu devait disposer d'un intérêt juridiquement protégé à l'annulation de la 
décision d'admission de la qualité de partie plaignante, sans qu'il soit besoin que 
celle-ci lui cause un préjudice irréparable. Dans le premier arrêt, la problématique a 

https://intrapj/perl/decis/137%20I%20296
https://intrapj/perl/decis/127%20III%2041
https://intrapj/perl/decis/120%20Ia%20165
https://intrapj/perl/decis/118%20Ia%2046
https://intrapj/perl/decis/ACPR/369/2016

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P/19477/2013 

été écartée, le recourant n'étant finalement pas prévenu, et, dans le second, l'intérêt 
juridiquement protégé du prévenu a été admis, la situation de celui-ci étant péjorée 
par la présence des accusateurs privés autorisés à faire valoir leurs droits 
procéduraux, à prendre des conclusions, civiles et pénales, contre lui et à faire appel 
d'un éventuel acquittement.  

Enfin, dans l'ACPR/355/2016 du 13 juin 2016, la Chambre de céans a également 
admis l'intérêt juridiquement protégé du prévenu à s'opposer à l'admission de deux 
parties plaignantes, sa situation étant péjorée par leur présence dès lors qu'elles 
étaient autorisées à faire valoir leurs droits procéduraux et à prendre des conclusions, 
tant civiles que pénales, contre lui. Par ailleurs, son intérêt à recourir restait actuel 
quand bien même les parties plaignantes contestées avaient eu accès au dossier de la 
procédure, dès lors qu'elles avaient dû le restituer et que l'intérêt du recourant à ce 
que leur qualité de partie plaignante soit déniée dépassait le seul accès au dossier.  

Ces considérations ne dispensent toutefois pas l'autorité d'examiner, au cas par cas, si 
le prévenu dispose d'un intérêt juridiquement protégé à l'annulation de la décision 
d'admission de la partie plaignante, qui ne saurait être admis de façon automatique.  

La Chambre de céans a récemment laissée ouverte la question de savoir si les 
prévenus disposaient d'un intérêt juridiquement protégé actuel et pratique à contester 
la qualité de partie plaignante en cas d'infractions poursuivies d'office dans un cas où 
ils n'avaient pas expliqué de quelle manière, concrètement, la participation des 
intimés serait de nature à influencer le sort de la cause (ACPR/817/2017 du 28 
novembre 2017).  

1.3. En l'espèce, le caractère actuel de l'intérêt juridiquement protégé du recourant 
semble faire défaut. Les intimées ont déposé plainte pénale contre lui en décembre 
2015 et ont, dès janvier 2016, participé à la procédure, recevant et envoyant depuis 
lors des documents aux différents intervenants à la procédure. Or, le recourant ne 
s'est formellement déterminé sur leur qualité de partie que le 5 mai 2017 et sur 
requête du Ministère public, soit plus d'une année plus tard durant laquelle il n'a pas 
sollicité que l'accès à des documents potentiellement confidentiels leur soit refusé, 
faisant ainsi échec à l'invocation d'un intérêt juridiquement protégé à cet égard. De 
plus, les infractions pour lesquelles le recourant a été mis en prévention se 
poursuivent d'office, ce qui vient atténuer le rôle de la partie plaignante. Enfin, le 
refus d'admission de partie plaignante ne permettrait pas d'éviter une procédure 
longue et coûteuse, au vu de l'admission de E______ en cette même qualité, non 
remise en cause par le recourant, laquelle soutient déjà l'accusation.  

Par ailleurs, le recourant n'explique pas, concrètement, comment la participation 
active des deux sociétés intimées serait de nature à influencer le sort de la cause.  

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Dès lors, l'on peine à discerner l'intérêt juridiquement protégé, actuel et pratique, 
dont il pourrait se prévaloir.  

Cela étant, la question de la recevabilité du recours peut demeurer ouverte, celui-ci 
devant être rejeté pour les motifs exposés ci-après. 

2. Le recourant critique la décision entreprise en ce qu'elle a admis la compétence des 
autorités pénales suisses, sans se prononcer sur ses griefs présentés dans ses courriers 
des 5 mai et 14 juillet 2017.  

2.1. Selon l'art. 3 al. 1 CP, le Code pénal est applicable à quiconque commet un 
crime ou un délit en Suisse. Conformément à cette disposition, la Suisse revendique 
la compétence de ses tribunaux en cas d'infraction commise sur son territoire 
(ATF 108 IV 145 consid. 2 p. 146; arrêt du Tribunal fédéral 6B_549/2013 du 24 
février 2014 consid. 5.1). Un crime ou un délit est réputé commis tant au lieu où 
l'auteur a agi ou aurait dû agir qu'au lieu où le résultat s'est produit (art. 8 al. 1 CP).  

Selon la jurisprudence, la nécessité de prévenir les conflits de compétence négatifs 
dans les rapports internationaux justifie d'admettre la compétence des autorités 
pénales suisses, même en l'absence de lien étroit avec la Suisse (ATF 141 IV 205 
consid. 5.2 p. 210 et les références citées; ATF 133 IV 171 consid. 6.3 p. 177; arrêt 
du Tribunal fédéral 6B_659/2014 du 22 décembre 2017 consid. 6.3.1).  

2.2. S'agissant de l'escroquerie (art. 146 CP), les différents lieux de rattachement 
territorial peuvent être le lieu de l'acte ou les lieux de survenance des différents 
résultats, soit le lieu de survenance de l'erreur, le lieu de survenance de l'acte de 
disposition préjudiciable, le lieu de survenance du dommage ou encore celui de 
survenance de l'enrichissement (A. DYENS, Territorialité et ubiquité en droit pénal 
international suisse, Bâle 2014, p. 282 et ss.). Pour ce qui est du lieu de survenance 
de l'erreur, celle-ci se localise où la dupe est amenée à se forger une représentation 
erronée de la situation de fait (A. DYENS, op. cit., p. 282).  

Quant au lieu de survenance du dommage, il a été jugé suffisant pour fonder la 
compétence des autorités suisses le fait que l'argent obtenu à l'étranger par le biais 
d'une escroquerie soit crédité sur un compte ouvert dans un établissement bancaire 
suisse (ATF 133 IV 171 consid. 6.3 p. 177; arrêt du Tribunal fédéral 6B_659/2014 
du 22 décembre 2017 consid. 6.3.1) ou le fait qu'un compte ouvert en Suisse 
appartenant à une société ayant son siège en Suisse ne soit pas, à la suite d'un abus de 
confiance, crédité des actifs convenus (ATF 124 IV 241 consid. 4c et d p. 244 s.; 
arrêt du Tribunal fédéral 6B_659/2014 du 22 décembre 2017 consid. 6.3.1). 

2.3. En matière d'usage de faux (art. 251 ch. 1 al. 3 CP), le lieu de survenance du 
résultat se définit comme le lieu où le faux parvient dans la sphère d'influence de la 

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personne visée, soit le lieu où le destinataire reçoit le faux et acquiert la faculté d'en 
prendre connaissance. Est visé ainsi le faux expédié par courrier électronique depuis 
l'étranger à un destinataire suisse (A. DYENS, op. cit., p. 315-316).  

2.4. Le droit d'être entendu est une garantie constitutionnelle de caractère formel, 
dont la violation entraîne en principe l'annulation de la décision attaquée, 
indépendamment des chances de succès du recours sur le fond. Sa violation peut 
cependant être réparée lorsque la partie lésée a la possibilité de s'exprimer devant une 
autorité de recours jouissant d'un plein pouvoir d'examen. Toutefois, une telle 
réparation doit rester l'exception et n'est admissible, en principe, que dans l'hypothèse 
d'une atteinte qui n'est pas particulièrement grave aux droits procéduraux de la partie 
lésée; cela étant, une réparation de la violation du droit d'être entendu peut également 
se justifier, même en présence d'un vice grave, lorsque le renvoi constituerait une 
vaine formalité et aboutirait à un allongement inutile de la procédure, ce qui serait 
incompatible avec l'intérêt de la partie concernée à ce que sa cause soit tranchée dans 
un délai raisonnable (ATF 142 II 218 consid. 2.8.1 p. 226 s. et les références). 

2.5. En l'espèce et à ce stade de la procédure, de nombreuses pièces ont été produites 
lesquelles font apparaître le rôle des succursales suisses des intimées comme 
suffisamment important pour fonder un résultat en Suisse et ainsi reconnaître une 
compétence aux autorités de répression suisses. 

En effet, les Good Status Reports et les Tank Receipts, de même que les Holding 
Certificates, adressés en Suisse à teneur des contrats CMA et d'entreposage, 
fondaient vraisemblablement la base des autorisations de relâche des produits 
______, lesquelles étaient, la plupart du temps, émises par les employés des 
succursales genevoises. Il s'ensuit que le lieu de survenance de l'erreur de la dupe 
était en Suisse, là où les employés de la succursale ont autorisé la relâche de la 
marchandise sur la base de certificats prétendument faussés. Le fait que ces derniers 
aient été transmis en Suisse afin de pouvoir continuer à vider les cuves appartenant 
aux intimées suffit à admettre la compétence répressive des autorités suisses.  

Par ailleurs, les contrats d'entreposage et le contrat de vente prévoyaient une adresse 
de correspondance à Genève et le fuseau horaire de cette ville était déterminant pour 
la relâche des produits ______.  

Enfin, le lieu de survenance du dommage est également en Suisse, là où le produit de 
la vente aurait dû être crédité, sur un compte ouvert auprès de G______ à Genève, 
fondant ainsi un autre lieu de rattachement territorial.  

En tout état de cause, la compétence des autorités suisses ne saurait être niée 
uniquement en lien avec la plainte des intimées alors qu'elle est admise pour celle de 
E______, laquelle porte sur le même complexe de fait et sur les mêmes infractions.  

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Vu ce qui précède, dans la mesure où le recourant a eu l'occasion de s'exprimer et 
que ses griefs ont été traités par la Chambre de céans qui dispose d'un plein pouvoir 
de cognition en fait, en droit et en opportunité (art. 393 al. 2 CPP), force est 
d'admettre que l'éventuelle violation du droit d'être entendu dont il se plaint a été 
réparée. 

Dans ces circonstances, le grief sus-évoqué sera donc rejeté et il sera statué sur le 
fond. 

3. Le recourant reproche au Ministère public d'avoir admis la qualité de partie 
plaignante des intimées.  

3.1. Selon l'art. 118 CPP, on entend par partie plaignante, le lésé qui déclare 
expressément vouloir participer à la procédure pénale comme demandeur au pénal ou 
au civil. 

Au sens de l'art. 115 al. 1 CPP, il faut entendre par lésé toute personne dont les droits 
ont été touchés directement par une infraction. Cela suppose que l'intéressé soit 
titulaire du bien juridiquement protégé touché par l'infraction, ce qui est le cas du 
propriétaire ou de l'ayant droit dans le cadre d'une infraction contre le patrimoine 
(M. NIGGLI / M. HEER / H. WIPRÄCHTIGER, Schweizerische 
Strafprozessordnung / Schweizerische Jugendstrafprozessordnung, Basler 

Kommentar StPO/JStPO, Bâle 2014, n. 22 ad art. 115; A. KUHN / Y. JEANNERET 
(éds), Commentaire romand : Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011, n. 8 
ad art. 115). Le Tribunal fédéral a précisé que seul doit être considéré comme lésé 
celui qui est personnellement et immédiatement touché, c'est-à-dire celui qui est 
titulaire du bien juridique ou du droit protégé par la loi, contre lequel, par définition, 
se dirige l'infraction (ATF 119 Ia 342 consid. 2 p. 345; 119 IV 339 consid. 1d/aa p. 
343). Il convient d'interpréter le texte de l'infraction pour en déterminer le titulaire et 
ainsi savoir qui a qualité de lésé. Lorsque les faits ne sont pas définitivement arrêtés, 
il faut se fonder sur les allégués de celui qui se prétend lésé pour déterminer si tel est 
effectivement le cas (A. KUHN / Y. JEANNERET (éds), op. cit., Bâle 2011, n. 8 ad 
art. 115). La partie plaignante doit toutefois rendre vraisemblable le préjudice et le 
lien de causalité entre celui-ci et l'infraction dénoncée (arrêt du Tribunal fédéral 
1B_678/2011 du 30 janvier 2012 consid. 2.1; ACPR/198/2014 du 9 avril 2014). 
Seuls les biens juridiques protégés par l'infraction en cause peuvent, s'ils sont atteints 
ou menacés, fonder la qualité de lésé. Le fait que le bien juridique individuel soit 
protégé pénalement n'est pas non plus décisif, il faut que ce soit l'infraction qui fait 
l'objet de la procédure à laquelle le lésé entend participer qui tende à sa protection 
(A. KUHN / Y. JEANNERET (éds), op. cit., n. 9 ad art. 115). Le critère sus-évoqué 
de la titularité du bien juridique attaqué a pour corollaire que l'existence ou non d'un 
préjudice civil (par exemple sous la forme d'un dommage patrimonial) est dénuée de 

https://intrapj/perl/decis/119%20Ia%20342
https://intrapj/perl/decis/119%20IV%20339
https://intrapj/perl/decis/1B_678/2011
https://intrapj/perl/decis/ACPR/198/2014

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pertinence, sous l'angle de l'art. 115 al. 1 CPP, lorsqu'il s'agit de déterminer si une 
personne revêt la qualité de lésé. 

3.2. Réprimée à l'art. 146 CP, l'escroquerie est incorporée dans le Titre deuxième du 
Code pénal, soit dans les infractions contre le patrimoine. À ce titre, cette disposition 
vise à protéger, en tant que bien juridique, le patrimoine d'autrui, soit les intérêts 
pécuniaires du lésé (ATF 129 IV 230 consid. 2.1.1).  

3.3. Sous le titre marginal de faux dans les titres, l'art. 251 CP protège, en tant que 
bien juridique, d'une part la confiance particulière placée dans un titre ayant valeur 
probante dans les rapports juridiques et, d'autre part, la loyauté dans les relations 
commerciales (ATF 142 IV 119 consid. 2.2 p. 121 s. et les références citées). Le faux 
dans les titres peut également porter atteinte à des intérêts individuels, en particulier 
lorsqu'il vise précisément à nuire à un particulier (ATF 140 IV 155 consid. 3.3.3 
p. 159; 119 Ia 342 consid. 2b p. 346 s. et les références citées). Tel est le cas lorsque 
le faux est l'un des éléments d'une infraction contre le patrimoine, la personne dont le 
patrimoine est menacé ou atteint ayant alors la qualité de lésé (ATF 119 Ia 342 
consid. 2b p. 346 s.; arrêts du Tribunal fédéral 6B_991/2016 du 3 novembre 2017 
consid. 1.2; 6B_96/2017 du 16 octobre 2017 consid. 2; 6B_1315/2015 du 9 août 
2016 consid. 1.2.2). 

3.4. En droit suisse, une succursale est une partie d'une entreprise principale qui 
dispose durablement de ses propres installations où elle exerce une activité analogue 
à celle de l'entreprise principale et qui jouit d'une certaine indépendance financière et 
commerciale (ATF 117 II 85 consid. 3 p. 87). Une succursale n'a pas la personnalité 
juridique et n'a pas la capacité d'ester en justice, ni celle d'être poursuivie, ce qui 
n'exclut toutefois pas la possibilité pour la succursale d'ester en justice au nom de la 
société en vertu d'un pouvoir de représentation spécial (ATF 120 III 11 consid. 1a 
p. 13; arrêt 4A_473/2011 du 22 décembre 2011; arrêt 4P.146/2005 du 10 octobre 
2005 consid. 5.2.2; arrêt 4C.270/2003 du 28 novembre 2003 consid. 1.1). Cette 
définition vaut aussi bien pour les succursales suisses d'entreprises suisses que pour 
celles d'entreprises étrangères (B. DUTOIT, Droit international privé suisse : 
commentaire de la loi fédérale du 18 décembre 1987, Bâle 2005, n. 4 ad art. 160 
LDIP). 

3.5. En l'espèce, c'est à juste titre que le Ministère public a reconnu la qualité de 
partie plaignante aux intimées et non à leurs succursales, qui ne peuvent être 
considérées lésées, faute de personnalité juridique, au vu de la jurisprudence 
susmentionnée. En leur qualité de propriétaires de la marchandise que s'est 
prétendument appropriée le recourant – les infractions de faux dans les titres et 
d'escroquerie ayant été rendues suffisamment vraisemblables à ce stade de la 
procédure – C______ BV et B______ LTD doivent être qualifiées de lésées. Il est en 
effet indéniable qu'en leur qualité de propriétaires des produits ______ jusqu'à leur 

https://intrapj/perl/decis/117%20II%2085
https://intrapj/perl/decis/120%20III%2011
https://intrapj/perl/decis/4A_473/2011
https://intrapj/perl/decis/4P.146/2005
https://intrapj/perl/decis/4C.270/2003

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revente subséquente à la société du recourant, C______ BV puis B______ LTD ont 
subi une atteinte directe à leur patrimoine matérialisée par le non-paiement de la 
contrepartie de la marchandise contenue dans les cuves. En admettant d'ailleurs 
l'appauvrissement potentiel de B______ LTD en sa qualité de propriétaire des 
produits ______, le recourant a admis la qualité de lésée de cette dernière et, ainsi, sa 
qualité de partie plaignante.  

Quant à celle de C______ BV, l'instruction n'a, en l'état, pas permis de déterminer les 
dates exactes de prélèvements litigieux, lesquels pourraient également avoir eu lieu 
avant le transfert des obligations à B______ LTD en octobre 2012. Dans ces 
circonstances, force est d'admettre que l'intéressée dispose également de la qualité de 
lésé et, partant, doit être admise en tant que partie plaignante.  

4. Justifiée, la décision querellée sera donc confirmée. 

5. Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, fixés en totalité à 
CHF 1'000.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en 
matière pénale, RTFMP; E 4 10.03). 

6. 6.1. Les intimées, qui obtiennent gain de cause dans la mesure où elles ont sollicité la 
confirmation de l'ordonnance entreprise, ont droit à une indemnité (art. 436 al. 1 et 
433 al. 1 let. a CPP). Celle-ci n’est due qu’à concurrence des dépenses occasionnées 
par l’exercice raisonnable des droits de procédure et seules les heures nécessaires 
passées effectivement et à bon escient à la préparation de la défense doivent être 
retenues, le juge devant s’inspirer des règles en vigueur en matière de défraiement de 
l’avocat d’office, de manière à éviter que les activités qui ne sont pas directement et 
raisonnablement en rapport avec les besoins effectifs de la conduite du procès soient 
indemnisées (J. PITTELOUD, Code de procédure pénale suisse - Commentaire à 
l’usage des praticiens, Zurich/St-Gall 2012, n. 1349 p. 889; N. SCHMID, Handbuch 
des schweizerischen Strafprozessrechts, Zurich 2009, n. 751).  

6.2. En l'espèce, l'indemnité requise (chiffrée à CHF 4'100.- et correspondant à plus 
de 10 heures de travail) est excessive et, partant, pas nécessaire à l'exercice 
raisonnable de leurs droits de procédure. Elle sera en conséquence réduite de moitié, 
soit CHF 1'750.- hors TVA, au tarif de collaborateur arrêté à CHF 350.- / heure, 
correspondant à 5 heures, largement suffisantes pour prendre connaissance du 
recours (2 heures) et y répondre (3 heures) par des observations, les questions traitées 
ayant déjà été abordées par les parties dans un échange de correspondances intervenu 
aux mois de mai, juin et juillet 2017. Cette indemnité sera mise à la charge du 
recourant (art. 433 al. 1 let. a CPP).  

* * * * * 

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P/19477/2013 

PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 
Rejette le recours.  

Condamne A______ aux frais de la procédure de recours, fixés en totalité à  CHF 1'000.-. 

Alloue à  B______ LTD et C______ BV, à la charge du recourant, une indemnité de 
CHF 1'890.- (TVA 8% incluse). 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, au recourant, soit pour lui son conseil, aux 
intimées, soit pour elles leur conseil, et au Ministère public.  

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Monsieur Julien CASEYS, greffier. 

 

Le greffier : 

Julien CASEYS 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière pénale au sens 

de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); la qualité et les autres 

conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être 

formé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent être remis au plus 

tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à 

une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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P/19477/2013 

P/19477/2013 ÉTAT DE FRAIS   

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 30.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF       

- délivrance de copies (let. b) CHF       

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 895.00 

-  CHF       

Total  CHF 1'000.00